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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-03-18, Collections de BAnQ.

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[" ALIMENTATION MANGER SAINEMENT C A H I E R T H É M A T I Q U E H \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 Manger sain dès le berceau Page H 5 Le bio a le vent dans les voiles Page H 2 Nous sommes plus qu\u2019une épicerie, nous sommes un mode de vie.ISTOCK En 2010, la valeur du marché bio était estimée à environ 55 milliards de dollars à l\u2019échelle de la planète, ce qui constituait une augmentation de plus de 50% en seulement cinq ans.C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale E n organisant sa première Expo manger santé et vivre vert en 1997, Renée Frappier était loin de se douter que son événement aurait pris autant d\u2019ampleur 20 ans plus tard.Au total, 33 000 personnes y sont attendues à Québec et à Montréal cette année.Un engouement à l\u2019image de celui pour la saine alimentation, en constante progression.« Il y a 20 ans, on organisait le premier salon au Collège Maisonneuve avec 90 exposants et 2000 visiteurs, se souvient Renée Frappier, pré- sidente-fondatrice de l\u2019exposition annuelle Manger santé et vivre vert qui a lieu ce weekend à Québec et le week-end prochain à Montréal.Cinq ans plus tard, on déménageait dans le Palais des congrès parce qu\u2019on était rendus trop gros.Aujourd\u2019hui, le nombre de nos exposants a quadruplé et nos visiteurs ont plus que décuplé.» Aussi cofondatrice de l\u2019Association Manger Santé Bio depuis 1985 et auteure de livres sur le sujet, dont le Guide de l\u2019alimentation saine et naturelle, Renée Frappier est aux premières loges depuis 40 ans pour témoigner de l\u2019évolution du marché biologique et du souci porté à la qualité des aliments.«L\u2019intérêt pour manger et consommer mieux ne cesse de se répandre », fait valoir cette pionnière.En ef fet, le marché mondial des aliments bio a progressé de 25 % en 8 ans, selon l\u2019Agence française pour le développement et la promotion de l\u2019agriculture biologique.En 2010, la valeur du marché bio était estimée à environ 55 milliards de dollars à l\u2019échelle de la planète, ce qui constituait une augmentation de plus de 50 % en seulement 5 ans, souligne pour sa part la Filière biologique du Québec.SAINE ALIMENTATION Un engouement qui ne se dément pas SOURCE EXPO MANGER SANTÉ ET VIVRE VERT Outre le volet alimentation, l\u2019événement Expo manger santé et vivre vert consacre toute une partie à l\u2019écologie et aux diverses plantations.VOIR PAGE H 4 : ENGOUEMENT ALIMENTATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 H 2 Découvrez plus d\u2019idées recettes : avocadosfrommexico.ca Salade hivernale D\u2019AVOCAT ET DE PAMPLEMOUSSE Ingrédients 1 c.à soupe de jus de lime 1 c.à soupe de sucre 1 c.à soupe d\u2019eau 2 c.à soupe de vinaigre de riz 1 c.à soupe de sauce poisson ou sauce soya 1 piment thaï, coupé en très fines rondelles (ou ½ c.à thé de flocons de piment fort broyés) ½ chou nappa ou laitue chinoise (environ 500 g/ 1,1 lb), tranché(e) finement ¼ de tasse de coriandre fraîche hachée 1 pamplemousse rose 1 avocat du Mexique, coupé en lamelles 1 poitrine de poulet (environ 400 g / 0,9 lb), rôtie au four Feuilles de coriandre fraîche pour servir Préparation 1.Préparer la vinaigrette en mélangeant le jus de lime avec le sucre, l\u2019eau, le vinaigre, et la sauce poisson ou la sauce soya.Ajouter le piment thaï ou les flocons de piment fort.2.Mélanger la moitié de la vinaigrette avec le chou nappa et la coriandre hachée.Laisser mariner à température ambiante.Conserver le reste de la vinaigrette pour la dernière étape de la recette.3.Trancher les deux extrémités du pamplemousse et le peler en suivant la courbe naturelle du fruit pour ne voir que la pulpe, sans la partie blanche.Trancher le pamplemousse en rondelles assez fines (env.1/4 de po / 1/2 cm d\u2019épaisseur), et couper les rondelles en quatre.4.Diviser le chou dans deux grandes assiettes de service.Répartir les morceaux de pamplemousse et d\u2019avocat sur les assiettes.E?ilocher grossièrement la poitrine de poulet et répartir les morceaux sur les deux assiettes.Décorer de quelques feuilles de coriandre fraîche et servir arrosé du reste de vinaigrette.5.ASTUCE : Pour cuire la poitrine de poulet : déposer la poitrine de poulet sur une plaque de cuisson légèrement huilée.Recouvrir la poitrine avec un morceau de papier parchemin.Rôtir à 400°F pendant environ 30 minutes (vérifier la cuisson après 20 minutes).Référence : USDA National Nutrient Database pour Standard Reference, publication 26 (2013) Par portion Calories Gras total Gras saturé Cholestérol Sodium AVOCAT 1 oz 50 4.5 (g) 0.5 (g) 0.0 (mg) 0.0 BEURRE 1 tbsp 100 12 7 30 90 CRÈME SURE 2 tbsp 45 4.5 3 10 10 MARGARINE 1 tbsp 100 11 2 0.0 95 FROMAGE 1 oz 110 9 5 30 180 MAYO 1 tbsp 90 10 1.5 5 90 UNE DÉLICIEUSE Alternative En ce mois de Mars, les Avocats du Mexique sont commanditaires o?iciels de la campagne du Mois de la Nutrition organisé par l\u2019association des Diététistes du Canada.Les Avocats du Mexique en quelques mots : Ils sont santés, délicieux, contiennent des bons gras et sont sans cholestérol ni sodium.Ils sont riches en nutriments et en minéraux et contribuent à la qualité de votre alimentation.Une portion d\u2019avocat de 1 once procure 20 vitamines & minéraux essentiels.Les avocats s\u2019ajoutent idéalement à tous vos plats préférés, que ce soit dans une salade, un smoothie, un dessert ou même en tartinade.S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale L es aliments biologiques ont la cote.Bien qu\u2019ils ne représentent environ que 5 % de la consommation totale d\u2019aliments, la croissance de leur consommation est impressionnante.Elle se situerait entre 9 et 10 % par année.Au Canada, le secteur du biologique génère des revenus de quatre milliards de dollars.Forte de ce succès, la Filière biologique du Québec (organisme qui chapeaute le secteur du bio) a lancé récemment la campagne «Le bio, ça vaut le coût».Elle a pour but de valoriser et de promouvoir les aliments biologiques québécois.La compagne vise plus spécifiquement à augmenter la régularité des achats d\u2019aliments biologiques québécois pour qu\u2019ils deviennent des produits de consommation quotidienne.On souhaite aussi faire valoir l\u2019apport du bio au chapitre de la protection de l\u2019environnement.Un sondage révélateur Un sondage datant de 2013 (un nouveau sera bientôt dévoilé) confirmait déjà le grand intérêt des consommateurs québécois pour le bio.Selon cette étude, 56 % des répondants ont affirmé consommer du bio.Parmi ces gens, 18 % en consomment tous les jours et 38 % toutes les semaines.Le tiers des répondants le faisait depuis plus de cinq ans et le quar t, depuis trois à cinq ans.Les raisons pour acheter bio étaient multiples.Un peu plus de quatre répondants sur cinq le faisaient pour des raisons de santé, 80 % pour encourager l\u2019économie locale et 63 % pour le goût qu\u2019ils considèrent comme supérieur à celui des produits non bio.Alain Rioux, directeur général de la Filière, croit que le nouveau sondage en préparation révè- lera des chif fres encore plus significatifs.Les jeunes au rendez-vous Bien que les plus grands consommateurs d\u2019aliments bio se situent dans la tranche d\u2019âge de 45 à 65 ans (motivés par le désir de réduire leur exposition à une panoplie de contaminants), les adultes de 30 à 45 ans représentent le groupe de consommateurs le plus désireux d\u2019acheter bio.« Ces jeunes adultes sont aussi très sensibles à la nécessité d\u2019acheter des produits qui n\u2019ont pas voyagé des milliers de kilomètres avant d\u2019aboutir dans leur assiette, dit Daniel Dubé, président de la Filière biologique du Québec et principal artisan du déploiement des 13 épiceries-santé Rachelle-Béry du Québec.La Filière travaille donc à of frir aux consommateurs un nombre croissant d\u2019aliments produits et transformés ici.» M.Dubé juge cet intérêt des jeunes pour le bio très encourageant et por teur pour l\u2019avenir.Une offre en hausse L\u2019intérêt pour le bio se reflète aussi dans le nombre de produits offerts dans les épiceries.Entre 2010 et 2016, la hausse a été remarquable, passant de 4000 à 7500, soit près 800 nouveaux produits chaque année.Cela représente une augmentation de 88 % Le nombre d\u2019entreprises est aussi un indice de la vitalité du secteur.En 2003, il y avait 325 entreprises de production et de transformation dans le bio.Treize ans plus tard, en 2016, on en comptait 1500 ! La multiplication des points de vente du bio est la suite logique de ces indicateurs.«Les bannières Rachelle-Béry, Avril et Tau ouvrent de nouveaux magasins régulièrement, dit M.Dubé.Par exemple, parmi les 13 épiceries Rachelle-Béry, six ont ouvert au cours des trois dernières années.La surface de plancher des épiceries est aussi en croissance, car elle s\u2019adapte à la quantité croissante de produits of fer ts.Ainsi, Rachelle- Béry a vu la super ficie de ses épiceries doubler, ces dernières années, passant de 6000 à 12000 pieds carrés.» M.Dubé qui est aussi propriétaire d\u2019une épicerie Rachelle-Berry à Saint -Sauveur, soul igne qu\u2019on peut maintenant faire une épicerie complète dans ces magasins, allant des fruits et légumes aux céréales et aux viandes.À ces épiceries spécialisées, il faut ajouter le nombre croissant de supermarchés qui accordent un espace aux aliments biologiques.Secteur en effervescence Selon Alain Rioux, les cinq secteurs du bio (fruits et légumes, pr odui ts la i t iers , viandes, produits de l\u2019érable et les grains) connaissent tous une grande croissance.Et pour le prouver, M.Rioux donne quelques exemples.« Dans le secteur des grains, l\u2019entreprise La Milanaise vient d\u2019ouvrir une importante usine à Saint-Jean ; dans le lait, on compte 110 producteurs bio, et ils ont pour objectif de doubler leur production d\u2019ici 2024.La fromagerie bio L\u2019ancêtre exporte d\u2019ailleurs beaucoup de ses produits ailleurs au Canada.Dans les viandes, le producteur et transformateur de porc Du Breton exporte beaucoup de ses produits bio vers les États-Unis.Dans le secteur des fruits et légumes, le réseau d\u2019Agriculture soutenue pour la communauté d\u2019Équiterre connaît une croissance soutenue et le Groupe Bonduelle [présent notamment dans le secteur des légumes surgelés] a pour objectif d\u2019avoir 10 % de produits bio d \u2019 ici deux ans.Le Groupe achète déjà beaucoup de légumes bio québécois.Enfin, un grand nombre d\u2019acériculteurs adhèrent à la norme bio, car elle leur permet de protéger leur actif en préservant la bio- diversité de leur forêt et en contrôlant le nombre d\u2019entailles par arbre.» Une croissance encouragée par le gouvernement Depuis quelques années, le MAPAQ encourage le développement de la filière biologique.Un des aspects importants de cette stratégie a été le lancement du Programme d\u2019appui pour la conversion à l\u2019agriculture biologique.Ce p r o g r a m m e , q u i s \u2019 é t e n d de 2015 à 2022, a pour objectif d\u2019augmenter l\u2019of fre de produits agricoles biologiques au moyen d\u2019une aide financière aux agriculteurs désireux de se conver tir à la production biologique et d\u2019entreprendre le processus de certification.L\u2019aide est proposée pour une panoplie de productions : ma- raichère, apicole, acéricole, culture en serre, etc.Cette forme de soutien donne des résultats concrets.«En 2016, un nombre sans pré- cédent de 450 entreprises ont fait une demande pour entreprendre une pré-certification », dit Alain Rioux.Selon M.Dubé, le gouvernement et l \u2019Union des producteurs agricoles ont poussé à la roue pour développer le bio.« Le marché est là, grossit et, si les producteurs d\u2019ici ne le prennent pas, ce sont les producteurs étrangers qui vont le prendre.» Le bio a le vent dans les voiles ISTOCK «Le marché est là, grossit et, si les producteurs d\u2019ici ne le prennent pas, ce sont les producteurs étrangers qui vont le prendre», assure Daniel Dubé, président de la Filière biologique du Québec. ALIMENTATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 H 3 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Mark Drouin, vice-président des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel mark.drouin@ledevoir.com.N A D I A K O R O M Y S L O V A Collaboration spéciale A vec le vieillissement démographique en Occident, le déclin cognitif et les maladies telles que l\u2019Alzheimer deviennent des problèmes de santé majeurs.On estime qu\u2019en 2030, 1 million de Canadiens seront victimes de neurodégénérescence \u2014 plus communément appelée démence \u2014 et il n\u2019existe à ce jour aucun traitement médicamenteux pouvant annuler ses ef fets.D\u2019où l\u2019importance accordée à la prévention, surtout lorsqu\u2019on sait que 50 % des cas de démence peuvent être reliés à des facteurs de risque connus, comme l\u2019alimentation, l\u2019activité physique et la stimulation mentale.Alors qu\u2019on connaissait déjà l\u2019impor tance du régime alimentaire sur la santé physique, on découvre à présent les effets de l\u2019alimentation sur la santé du cerveau.Les premières recherches dans ce domaine ont été peu probantes, explique Matthew Parrott, chercheur en nutrition de l\u2019Université Concordia.« Elles se concentraient sur la prise de suppléments ou l\u2019appor t d\u2019un seul aliment.Or, c\u2019est seulement avec le changement global du régime alimentaire que les effets sur le vieillissement cognitif deviennent significatifs », explique le chercheur.Le régime gagnant Matthew Parrott fait partie de l\u2019équipe qui a dirigé le projet NuAge ; une étude qui a suivi 1300 Québécois pendant trois ans en observant leur régime alimentaire et leur vieillissement cognitif.Une étude qui a produit des résultats amplement convaincants.Les participants qui avaient un régime alimentaire occidental ont présenté un déclin cognitif deux fois plus important que ceux qui suivaient un régime santé.Cela signifie que, sur les trois ans qu\u2019a duré l\u2019étude, ceux qui avaient une alimentation occidentale ont vu leur cerveau vieillir de quatre ans de plus que les autres.Le régime dit occidental est basé sur un grand apport en protéines et il est très por té sur les sucres raf finés et les produits transformés.«Viande rouge, pommes de terre, pain blanc», énumère le chercheur, voici la triade néfaste qui participe à augmenter les chances d\u2019un vieillissement prématuré de l\u2019esprit.En quoi consiste un régime sain?Là-dessus, c\u2019est le régime dit « méditerranéen » qui sort gagnant.Une étude menée en Espagne a montré que l\u2019adoption d\u2019un régime méditerranéen a significativement contrecarré les ef fets du vieillissement sur le cerveau.Et le régime méditerranéen a aussi produit de meilleurs résultats que le régime sans graisse, longtemps considéré comme le sommet en matière de santé.« Aujourd\u2019hui, toutes nos recherches privilégient le régime méditerranéen », déclare M.Parrott.Une bonne nouvelle, car il implique assez peu de privations et n\u2019est pas aussi dif ficile à adopter qu\u2019on peut le croire.Riche en fruits, noix, légumes et légumineuses, il s\u2019accompagne d\u2019une bonne dose d\u2019huile végétale (principalement d\u2019olive) et d\u2019une consommation modérée de vin.Il favorise la consommation de légumes crus, en salade par exemple, et de poisson à la place de la viande.Et surtout, loin de certaines tendances puristes en nutrition, il contient une bonne quantité de céréales et une quantité modérée de produits laitiers.Jouer avec les facteurs Il n\u2019existe évidemment pas de régime miracle qui pourrait annuler les ef fets du temps.«Tout le monde vieillit et, avec le temps la flexibilité mentale ainsi que la mémoire diminuent », prévient le chercheur.« Ce qui nous intéresse, c\u2019est ce qui accélère ou ralentit ce déclin des capacités.» Entre les facteurs génétiques, le statut socio-économique, les trajectoires individuelles et l\u2019alimentation, il est parfois bien difficile de savoir quel facteur influe sur quoi.Certains résultats peuvent même déconcerter les scientifiques.Afin de vérifier l\u2019ef fet de l\u2019alimentation sur le développement de la maladie d\u2019Alzheimer, on a réalisé une expérience sur des souris génétiquement modifiées, chez qui ont a introduit le gène qui prédispose à la maladie d\u2019Alzheimer.Les souris ont ensuite été divisées en deux groupes : l\u2019un était soumis à une diète saine, l\u2019autre mangeait comme d\u2019habitude.À la grande surprise des chercheurs, le groupe à l\u2019alimentation saine présentait une diminution des capacités cognitives plus impor tante que le groupe témoin.Preuve qu\u2019on ne peut pas jouer avec des facteurs aussi complexes que la génétique simplement en claquant des doigts.Ce que l\u2019on sait avec certitude, c\u2019est que la circulation sanguine joue un rôle crucial, puisque le cerveau a besoin de l\u2019apport d\u2019oxygène apporté par le sang.Le rapport entre alimentation saine et circulation est donc en grande partie responsable de la préser vation des capacités cognitives.Mais d\u2019autres facteurs ont aussi leur importance.« Certains nutriments peuvent influer sur l\u2019épaisseur du cortex et la densité du cerveau », explique le chercheur.D\u2019autres ont des effets sur la mémoire : « Il y a des régions du cerveau qui continuent de produire des neurones à l\u2019âge adulte, comme l\u2019hippocampe, et il y a des preuves que cer tains aliments, comme les oméga 3, ont un effet positif sur cette production.» Mais surtout, il faut rappeler que l\u2019alimentation n\u2019est qu\u2019un facteur parmi de nombreux autres pour aider l\u2019esprit à se maintenir en santé.«Stimuler son cerveau, avoir une vie riche en interactions sociales, tous ces éléments influent grandement sur le rythme du vieillissement du cerveau», avance M.Parrott.L\u2019éducation joue aussi un rôle majeur.«Entre deux personnes qui ont le même mauvais régime alimentaire, celle avec un niveau d\u2019éducation plus élevé sera davantage protégée contre les effets du déclin cognitif.» Le plus impor tant, finalement, n\u2019est pas d\u2019avoir une diète stricte, mais une vie riche et stimulante.Bien manger aide à maintenir l\u2019esprit en santé, et bien manger en bonne compagnie d\u2019autant plus.Comme le disait le philosophe antique Plutarque : « Nous ne nous asseyons pas à la table pour manger, mais pour manger ensemble.» Manger mieux pour garder son cerveau en santé ISTOCK Riche en fruits, noix, légumes et légumineuses, le régime méditerranéen s\u2019accompagne d\u2019une bonne dose d\u2019huile végétale (principalement d\u2019olive) et d\u2019une consommation modérée de vin.Il favorise la consommation de légumes crus, en salade par exemple, et de poisson à la place de la viande.C A R O L I N E R O D G E R S Collaboration spéciale S i les Aztèques dégustaient l\u2019ahuacate \u2014 ou ahua quatl, nom qui en langue aztèque signifie testicule \u2014 pour son goût et pour ses prétendues vertus aphrodisiaques, le fruit vert à la saveur subtile et à la texture crémeuse est aujourd\u2019hui plus populaire que jamais, tant pour sa polyvalence en cuisine que pour sa valeur nutritive.Jadis relativement confiné aux salades et au guacamole, du moins dans l\u2019esprit des Nord- Américains, l\u2019avocat est aujourd\u2019hui ser vi à toutes les sauces.On l\u2019intègre maintenant aux burgers, aux smoothies, aux brownies, aux truffes et même à la crème glacée.Sur Instagram, on trouve plus de 5,4 millions de photos de plats à base d\u2019avocat.Cette folie culinaire se décline sous plusieurs formes : photos d\u2019avocats sculptés en forme de roses, avocats frits, burgers avec des tranches d\u2019avocats remplaçant le pain, sans oublier le désormais classique toast à l\u2019avocat, une idée née en Australie et popularisée par des restaurants de New York et de San Francisco.Le toast à l\u2019avocat est apparu sur les menus des cafés aux États-Unis au début des années 2000 et sa popularité n\u2019a pas cessé de croître depuis, faisant du fruit de l\u2019avocatier le nouvel incontournable des brunchs citadins.Santé cardiovasculaire On ne sera donc pas étonné d\u2019apprendre que la production mondiale d\u2019avocats a augmenté de 62 % entre 2004 et 2014, et que la consommation d\u2019avocats a augmenté de 35 % entre 2013 et 2016 au Canada.« Les gens sont de plus en plus soucieux de ce qu\u2019ils mangent, et l\u2019avocat a des propriétés nutritives importantes.Plusieurs aliments santé, dont l\u2019avocat et le quinoa, entre autres, deviennent tendance au Canada.Les gens prennent conscience des bienfaits nutritifs de ce qu\u2019ils consomment», explique Amélie Trezel, chef de projets pour Sopexa, agence de communications et de marketing internationale spécialisée dans les aliments et boissons.Un avocat moyen complet contient environ 360 calories et 30 grammes de gras, dont 75 % sont des gras mono-insaturés, considérés comme des gras bons pour la santé.«Les gras mono-insaturés, comme ceux que l\u2019on trouve dans l\u2019avocat et l\u2019huile d\u2019olive sont considérés comme bénéfiques pour la santé cardiovascu- laire.De façon générale, manger des fruits est bon pour la santé, mais l\u2019avocat est le seul fruit qui contient ces gras mono-insaturés », indique Nathalie Jobin, nutritionniste et directrice scientifique d\u2019Extenso, le centre de référence sur la nutrition de l\u2019Université de Montréal.Il faut toutefois garder à l\u2019esprit le fait que l\u2019avocat est très calorique.«Les gras mono-insaturés devraient être notre principale source de gras, ajoute Mme Jobin.C\u2019est certains que l\u2019avocat représente beaucoup de calories et que, comme toute chose, il ne faut pas en abuser, mais si on n\u2019a pas eu de sources de gras mono-insaturés dans notre alimentation dans la journée, l\u2019avocat est une bonne façon d\u2019en consommer.Ce n\u2019est pas juste un liquide comme de l\u2019huile, il est bon, s\u2019ajoute bien dans une salade et apporte de la variété au menu.» L\u2019avocat contient une vingtaine de vitamines, de minéraux et de phytonutriments.Il est une bonne source de potassium, ce qui en fait un bon aliment pour les sportifs et les gens actifs physiquement.Un demi-avocat contient 534 mg de potassium.À titre de comparaison, la banane en contient 422, une pomme de terre cuite au four en contient 610, une demi-tasse de purée de tomates en conser ve, 580, et une demi-tasse de courge musquée ou poivrée en contient près de 500.«C\u2019est aussi une excellente source de vitamine K, qui est essentielle à la coagulation du sang, et contient beaucoup de fibres.Un demi-avocat contient environ 7g de fibres.Et il contient aussi des vitamines C, B6 et B5.» En ce qui concerne la mode des toasts à l\u2019avocat, la nutritionniste apporte une nuance : « Les gens qui mangent des toasts à l\u2019avocat ont une bonne source de gras le matin, complétée par les glucides du pain, mais il n\u2019y a pas suf fi- samment de protéines pour un petit-déjeuner soutenant.Il faudrait y ajouter une source de protéines comme un morceau de fromage, un verre de lait ou un yogourt grec.» Les avocats, bons pour le cœur ISTOCK L\u2019avocat contient une vingtaine de vitamines, de minéraux et de phytonutriments.Il est une bonne source de potassium, ce qui en fait un bon aliment pour les sportifs et les gens actifs physiquement. ALIMENTATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 H 4 Environ 300 000 personnes souf frent d\u2019allergies alimentaires au Québec.Beaucoup de chemin a été parcouru au cours des dernières années pour améliorer la qualité de vie de ces individus.Ils sont mieux compris qu\u2019il y a 15 ou 20 ans, mieux soutenus, et ils peuvent envisager l\u2019avenir avec espoir.ALLERGIES ALIMENTAIRES Du chemin a été parcouru M É L A N I E G A G N É Collaboration spéciale L e Dr Jean-Nicolas Boursi- quot, allergologue au CHU de Québec et coauteur du Guide complet des allergies (publié aux éditions Édito), le confirme : «C\u2019est quelque chose qui est devenu une réalité et avec lequel on apprend à vivre.Sans vouloir banaliser les allergies, il faut quand même les relativiser.Il y a une amélioration par rapport à la compréhension des allergies, de nouvelles initiatives ont été mises en œuvre pour diminuer le risque de faire des réactions allergiques et, sur le plan de la recherche médicale, des bonds phénoménaux ont été faits au cours des dernières années qui peuvent nous laisser espérer qu\u2019un jour nous pourrons guérir les allergies.» Caroline Migneault, de Ri- mouski, est allergique aux fruits de mer depuis l\u2019adolescence.L\u2019un de ses enfants, Nathan, 13 ans, est allergique aux arachides depuis qu\u2019il est bébé.Mme Migneault est de ceux qui ont noté une amélioration au sujet de la compréhension des allergies alimentaires.« C\u2019est pris plus au sérieux.Par la famille, d\u2019abord.La population est aussi plus éduquée, le sujet est plus médiatisé.À l\u2019épicerie, on trouve plusieurs produits certifiés sans allergènes, les garderies et les écoles forment leur personnel.C\u2019est plus simple de vivre avec les allergies aujourd\u2019hui.» Environ 40 000 enfants souffrant d\u2019allergies alimentaires fréquentent les écoles primaires du Québec.Chaque commission scolaire a sa façon de gérer le problème.L\u2019association Allergies Québec souhaite standardiser la gestion des allergies dans les écoles.«Notre but est que, peu importe l\u2019école qu\u2019il fréquente, l\u2019enfant qui a une allergie soit toujours accueilli de la même façon, avec les mêmes normes.Nous souhaitons que l\u2019ensemble du personnel scolaire soit formé de la même façon, que tous aient les mêmes connaissances.On a fait un projet-pilote l\u2019an passé et nous allons le poursuivre l\u2019année prochaine.C\u2019est un projet qui nous tient beaucoup à cœur », raconte Lucie Bérubé, directrice générale d\u2019Allergies Québec et nutritionniste.Nouveaux traitements Actuellement, la seule façon de traiter l\u2019allergie alimentaire est d\u2019éviter l\u2019aliment allergène.Le principal traitement de la réaction anaphylactique est l\u2019administration rapide d\u2019adrénaline intramusculaire par un auto-injecteur (EpiPen).Toutefois, d\u2019autres traitements devraient apparaître au cours des prochaines années, après avoir été approuvés par Santé Canada: la désensibilisation orale et le timbre épidermique.Des projets de recherche sur la désensibilisation orale sont d\u2019ailleurs en cours dans la province.La désensibilisation alimentaire est une approche prometteuse, selon le Dr Boursiquot.« Aujourd\u2019hui, la stratégie de désensibilisation est de développer une tolérance par rapport à un aliment.Ça ne veut pas nécessairement dire que la personne va s\u2019en trouver guérie, mais la tolérance alimentaire est quand même très importante.Ça sous-entend qu\u2019on augmente le seuil de sensibilité d\u2019un individu par rapport à un allergène alimentaire, amenant la personne allergique à tolérer des traces ou de petites quantités sans qu\u2019il y ait de réaction clinique.Par rapport aux arachides, peut-être que l\u2019enfant allergique ne sera pas en mesure de prendre tous les jours une tartine au beurre d\u2019arachides, mais il sera beaucoup moins inquiet s\u2019il va dans un buf fet ou s\u2019il a un contact accidentel avec l\u2019arachide.» M.Boursiquot salue l\u2019initiative de son collègue Philippe Bégin, du CHU Sainte-Justine, qui développe un projet de clinique d\u2019immunothérapie alimentaire.Allergie ou intolérance?Bien que le sujet soit mieux connu, une certaine confusion demeure, selon M.Boursi- quot.Un bon nombre de personnes confondent allergie et intolérance.«Dans un cas, l\u2019intolérance se manifeste par des symptômes digestifs, souvent à retardement.Vous mangez des fruits de mer et, quelques heures après, vous avez des maux de ventre, des vomissements, de la diarrhée.L\u2019intolérance ne touche pas le système immunitaire.C\u2019est incommodant, mais pas dangereux.L\u2019allergie, quant à elle, peut se manifester par des symptômes digestifs, mais dans 90% des cas il y aura également des symptômes cutanés, donc des rougeurs sur la peau, de la démangeaison, et il peut y avoir aussi une atteinte respiratoire et/ou cardiovasculaire.Lorsque plus d\u2019un système est atteint, c\u2019est ce qu\u2019on appelle une anaphylaxie.» Certains mythes persistent On ne naît pas avec une allergie alimentaire, on la développe.L\u2019allergie est une réaction excessive de la par t du système immunitaire.Le corps développe des anticorps par rapport à des substances inoffensives avec lesquelles il est en contact : poils d\u2019animaux, acariens, pollens, aliments.Les adultes peuvent aussi développer des allergies alimentaires.Le Dr Boursiquot rencontre tous les jours des patients âgés de 50 à 70 ans qui croient avoir développé une allergie à un aliment.« Ils ont consommé, par exemple, des noix toute leur vie et, soudainement, ça survient.Donc, c\u2019est possible.L\u2019allergie alimentaire n\u2019est pas à proprement dit une pathologie pédiatrique, même si elle est prédominante chez les enfants.» L\u2019alimentation des bébés L\u2019introduction précoce d\u2019aliments au potentiel allergène aux bébés est maintenant recommandée par les médecins.L\u2019étude LEAP (Learning Early About Peanut Allergy), publiée en 2015, a été déterminante.Les résultats de cette étude démontrent que l\u2019introduction d\u2019arachides très tôt dans la vie diminue de 80 % le risque de développer une allergie.« Ce qui nous amène à penser que la tolérance alimentaire se joue probablement dans les premiers mois de la vie.C\u2019est prouvé pour les arachides.Est-ce qu\u2019on peut conclure la même chose pour les autres aliments?Il est encore un peu trop tôt pour extrapoler, mais la logique voudrait que, plus vite on introduit un des aliments avec un potentiel d\u2019allergie tôt dans la vie des enfants, plus on diminue le risque chez ces enfants de développer une allergie », explique l\u2019allergologue Boursiquot.Où s\u2019informer?Allergies Québec a été fondée en 1990 par une infirmière.L\u2019association a développé de nombreux outils d\u2019information et de soutien au fil des ans.«Notre site Web regorge d\u2019informations! On a une ligne de soutien gratuite pour les gens qui ont reçu un diagnostic.Nous avons aussi développé un système de parrainage.Des familles qui viennent de recevoir un diagnostic peuvent être accompagnées par un parrain.On a des parents bénévoles qui ont des enfants allergiques et qui acceptent de parrainer des familles à des moments charnières de leur vie.Nous avons aussi formé des psychologues qui sont capables d\u2019aider les familles quand une allergie importante a un gros impact sur la vie familiale», résume Lucie Bérubé.Allergies Québec est également à la base de la certification de produits « Allergène contrôlé ».«C\u2019est comme une paix d\u2019esprit qu\u2019on assure aux parents», ajoute Mme Bérubé.GETTY IMAGES Environ 40 000 enfants souffrant d\u2019allergies alimentaires fréquentent les écoles primaires du Québec.En 2014, l\u2019estimation de la valeur de ce marché avait grimpé à 82,6 milliards.La variété des produits bio offerts au Québec a aussi connu une hausse remarquable de 2010 à 2015, relate Renée Frappier, passant de 4000 à 7500 produits différents disponibles.«De plus en plus de grands magasins spécialisés dans l\u2019alimentation biologique ouvrent aussi au Québec et ailleurs, et le marché de masse consacre de plus en plus d\u2019espace au bio», ajoute-t-elle.C\u2019est pour donner un élan à ce mouvement à sa façon que Renée Frappier et son équipe récidivent avec leur Expo année après année.« J\u2019ai créé l\u2019exposition parce qu\u2019elle s\u2019inscrit dans une démarche éducative, continue la fondatrice de l\u2019événement.Je veux sensibiliser les gens, leur apprendre ce qui existe et comment s\u2019en servir.» Ouvrant gratuitement les portes de l\u2019Expo aux 16 ans et moins, Renée Frap- pier est convaincue qu\u2019il faut commencer cette éducation le plus tôt possible, voire à la maternelle, rêve-t-elle, avec des cours sur l\u2019environnement, l\u2019alimentation, l\u2019agriculture, et la nutrition.Bien que l\u2019exposition soit plutôt éphémère, Mme Frappier est convaincue de son impact à long terme.« L\u2019ef fet se fait sentir toute l\u2019année sur les changements des habitudes alimentaires et de mode de vie de nos visiteurs, qui viennent pour s\u2019y informer et s\u2019y motiver.C\u2019est ce qui nous pousse à continuer.L\u2019Expo donne la possibilité à chaque citoyen de prendre sa santé en main.» Mme Frappier remarque aussi que la clientèle type du marché bio est beaucoup plus diversifiée qu\u2019il y a 20 ou 40 ans.« Je vois aujourd\u2019hui autant de professionnels, de journaliers, de retraitées que de jeunes à l\u2019exposition, c\u2019est vraiment encourageant.De plus en plus d\u2019hommes viennent aussi avec intérêt, pas seulement pour accompagner leur femme!», dit-elle en riant.350 exposants et 170 conférences Cette année, quelque 350 exposants sont regroupés en trois grands thèmes à l\u2019exposition : l\u2019alimentation saine, « qui est de plus en plus végétale et biologique » af firme Mme Frappier, l\u2019écologie, avec des produits d\u2019entretien et des cosmétiques, ainsi que la santé globale, comprenant notamment des ser vices thérapeutiques santé.Étant donné leur popularité, davantage de conférences et démonstrations culinaires seront présentées cette année, alors que l\u2019exposition bénéficiera d\u2019une scène de plus que l\u2019an dernier.Au total, 170 conférences seront présentées sur les scènes Culinaire, Santé, Vivre, Ateliers et Gourmandes d\u2019ici.On pourra ainsi écouter la maître herboriste Marie Provost dans la conférence Clef des champs : confort, bonheur, détente, ces plantes qui nous font du bien.Le conseiller en alimentation et président d\u2019Isens, Philippe Mollé, parlera du bio comme d\u2019une tendance et non une mode.La nutritionniste Catherine Lefebvre parlera du sucre comme elle le fait dans son livre Sucre, vérités et conséquences, dressant un portrait objectif de cet aliment après avoir mené son enquête sur le sujet.Le nutritionniste urbain Bernard Lavallée parlera quant à lui des tendances alimentaires, et Isabelle Huot, doc- teure en nutrition, auteure et fondatrice de Kilo solution, s\u2019adressera aux femmes pour discuter de saine alimentation.Soulignons aussi le passage de visages bien connus, comme la comédienne et auteure Ja- cynthe René, qui parlera de la beauté au naturel, ainsi que de l\u2019auteure-compositrice-inter- prète France D\u2019Amour, aussi passionnée de bio, qui racontera sa prise de conscience personnelle concernant l\u2019alimentation.EXPO MANGER SANTÉ ET VIVRE VERT 18 et 19 mars au Centre des congrès de Québec 24, 25 et 26 mars au Palais des congrès de Montréal expomangersante.com SUITE DE LA PAGE H 1 ENGOUEMENT Le bio à travers le monde La surface mondiale cultivée de façon biologique était estimée à près de 43,7 millions d\u2019hectares en 2014.Elle représentait 0,99% de l\u2019ensemble du territoire agricole des 172 pays enquêtés.Près de 2,3 millions d\u2019exploitations agricoles certifiées bio ont été enregistrées en 2014.Le marché bio mondial était estimé à 82,6 milliards en 2014.87 pays s\u2019étaient dotés d\u2019une réglementation pour l\u2019agriculture biologique en 2015.En Amérique du Nord, différentes estimations du marché ont démontré, au cours des 15 dernières années, une progression moyenne de l\u2019ordre de 15 à 20 % par année.Sources : Agence française pour le développement et la promotion de l\u2019agriculture biologique et la Filière biologique du Québec ALIMENTATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 H 5 La chaîne d\u2019épiceries biologiques Rachelle-Béry mettra en vedette l\u2019alimentation et les soins naturels des tout-petits lors de la prochaine Expo manger santé et vivre vert à Québec et Montréal.Outre présenter ses produits bio aux parents, il s\u2019agit aussi de tâter le pouls de la jeunesse, la clientèle de demain.Manger sain, dès le berceau Contenu commandité et présenté en collaboration avec La Clef des champs Photo : La Clef des champs L a Clef des champs est née en 1978 dans la cuisine de sa fondatrice, Marie Provost.L\u2019entrepreneure, qui avait suivi une formation d\u2019herboriste à Vancouver, fabriquait elle-même un onguent cicatrisant aux herbes pour soigner les lésions cutanées bénignes.Pendant les dix années qui ont suivi, elle a développé un à un ses produits.L\u2019entreprise de Val-David emploie aujourd\u2019hui 40 personnes et propose 350 sont vendus partout au Canada par l\u2019entremise de nombreux détaillants.« J\u2019étais seule dans l\u2019entreprise à l\u2019époque et je faisais tout, raconte Marie Provost.Je cultivais les plantes, je les transformais et j\u2019en faisais la vente, principalement par correspondance.» La Clef des champs offre 150 produits reconnus comme naturels par Santé Canada.Ils ont été évalués pour leur inno- rhume et grippe, symptômes de la ménopause, et bien d\u2019autres.Les extraits sont vendus sous forme de capsules, de teintures ou d\u2019onguents.L\u2019entreprise vend également des plantes à tisanes.« Nous sommes vraiment les leaders en herboristerie traditionnelle.Au Canada, nous sommes l\u2019entreprise d\u2019herboristerie présente depuis le plus longtemps et qui jouit du plus grand rayonnement.Nos extraits thérapeutiques et nos produits sont faits sur place, à Val-David, à partir de plantes fraîches comme le millepertuis ou l\u2019achillée.Nous cultivons et nous faisons macérer nos plantes le jour même de la récolte, pour en extraire les principes actifs.» Aujourd\u2019hui, Marie Provost ne cueille plus les plantes elle- même, mais c\u2019est elle qui conçoit les produits de la Clef des champs et qui veille à leur qualité.« Je suis maintenant une gestionnaire, mais je suis aussi encore une herboriste, dit-elle.L\u2019herboristerie fait partie des médecines douces et complémentaires.On travaille essentiellement avec des produits qui n\u2019ont pas de toxicité pour résoudre des problèmes de santé qui ne sont pas des menaces sévères.Entre le bouillon de poulet et la salle d\u2019urgence, il y a une étape où les gens commencent à avoir des symptômes et veulent se soigner avant d\u2019aller à l\u2019hôpital.Par exemple, Drastix, notre casse-grippe : on commence à le prendre quand on a un petit mal de gorge pour ralentir le développement microbien.L\u2019herboristerie donne un coup de pouce à l\u2019organisme pour voir s\u2019il a les ressources nécessaires pour se guérir.Si ça ne fonctionne pas, on consulte un médecin.» L\u2019entreprise s\u2019implique activement dans le développement de l\u2019herboristerie et de son encadrement.« Quand Santé Canada a décidé de réglementer le secteur - sonnellement impliquée pendant quinze ans pour représenter l\u2019herboristerie traditionnelle dans le développement réglementaire au sein de groupes consultatifs, ce qui illustre bien notre leadership dans le domaine.» Le grand Jardin Clef des champs, aménagé en terrasses au sommet d\u2019une montagne de Val-David, est ouvert en été aux visiteurs qui souhaitent découvrir cet environnement horticole unique au Québec.LA CLEF DES CHAMPS LEADER DE L\u2019HERBORISTERIE AU CANADA.C A M I L L E F E I R E I S E N Collaboration spéciale «L\u2019 éducation alimentaire débute dès le plus jeune âge, avant même d\u2019être un acheteur de produits naturels, santé ou biologiques », croit la directrice principale de l\u2019enseigne Ra- chelle-Béry, Geneviève Dugré.Développer un goût, éveiller la curiosité des saveurs et éduquer à des valeurs un peu plus grandes que soi.Ce sont les principales missions que se donne Rachelle-Béry avec cet événement.Et dans son travail quotidien, assume la directrice.Les parents sont devenus une clientèle cible, explique Geneviève Dugré, qui espère bien faire connaître la chaîne d\u2019épiceries comme étant « une destination pour les jeunes parents souhaitant inculquer des valeurs de consommation conscientisées à leurs enfants ».Des soins naturels pour l\u2019hygiène et la santé des bambins, comme des nettoyants, des vitamines et des sirops, jusqu\u2019aux aliments dans leur assiette, la directrice souhaite aussi démystifier le bio auprès de certains parents.Notamment en faisant la promotion du programme le Club des apprentis bio, lancé en 2012, pour les enfants de 10 ans et moins, qui reçoivent gratuitement une collation biologique en magasin.« Cela permet de faire connaître certains produits qui, à première vue, ne paraissent pas toujours alléchants parce qu\u2019ils sont naturels, alors que leur goût est bon et que leur valeur nutritive répond aux besoins d\u2019un enfant », explique Mme Dugré.Des produits comme la boisson non laitière Veggemo, qui ressemble à s\u2019y méprendre à un lait de soja.«La texture est identique et les yeux fermés on croirait que c\u2019en est, mais c\u2019est en fait à base de légumes [protéines de pois, tapioca et pommes de terre] ! Cela se met aussi dans les smoothies et les céréales et peut par faitement remplacer le lait de soja, qui est devenu la norme mais pour lequel certaines personnes ont des intolérances», explique la directrice.Créer des habitudes dès le plus jeune âge Cesser de penser que les enfants n\u2019aiment pas certains aliments trop verts ou imparfaits, c\u2019est une idée avec laquelle est parfaitement d\u2019accord la naturopathe Audrey Sckoropad, qui présentera chaque jour sa conférence Introduction à l\u2019alimentation des tout-petits au kiosque de Rachelle-Béry.Cette jeune mère de famille végane estime que plus tôt les parents font goûter des saveurs variées à leurs enfants, plus ces derniers seront disposés à manger de tout, de la laitue romaine aux saveurs plus épicées, comme le gingembre.La conférencière et blogueuse compte bien conseiller les parents qui se posent des questions sur l\u2019alimentation végétalienne pour leurs enfants, comme « leur expliquer que les nutriments qui se trouvent dans la viande se retrouvent dans le monde végétal », tandis que le mode de vie végane séduit de plus en plus de familles, pense-t-elle.« Mais quand on change d\u2019alimentation, on ne sait pas toujours comment faire et on peut se demander : qu\u2019est-ce que ma famille va manger demain?» La jeune femme fera également une démonstration culinaire de pouding au chia, une petite graine riche en fibres, source de calcium, de fer et de vitamine C, « par faite pour l\u2019alimentation des enfants », d\u2019après elle.Suivre le rythme de l\u2019enfant La naturopathe espère également faire réfléchir à quelques règles imposées par la société, comme le fait qu\u2019à six mois, un nourrisson doit manger des aliments solides mixés en purée.«Le développement est différent selon chaque enfant, certains vont s\u2019assoir ou avoir des dents et pouvoir mastiquer plus tôt que d\u2019autres.» Aussi prône-t-elle l\u2019alimentation autonome du bébé, ou baby led weaning en anglais, qui peut débuter lorsque le nourrisson se tient correctement assis et qu\u2019il peut mâcher.Exit la purée, « l\u2019enfant mangera ce que ses parents mangent».Suivre le r ythme de son bambin est une bonne manière selon elle d\u2019éviter de futures allergies.« Les bébés ont un système digestif fragile et pas encore mature, il ne faut pas introduire les aliments solides trop rapidement.Quand l\u2019intestin est perméable, les protéines peuvent passer à travers et aller dans le sang.Or, une trop grande accumulation de protéines peut créer des allergies à certains aliments plus tard », précise-t-elle.Quant aux questions sur les carences alimentaires que pourraient avoir les enfants mangeant végane, la naturopathe se veut rassurante.« Le fait de voir que mes enfants sont en bonne santé et quand je parle de mes prises de sang durant ma grossesse végane, je montre que cela est possible », dit-elle, tout en rappelant que comme dans toute alimentation, cela demande un effort.«On peut manger des chips, des frites et de la pizza végétaliens et avoir des carences », nuance-t-elle.Fidéliser les adultes de demain Outre les parents, les aînés constituent l\u2019autre clientèle cible de Rachelle-Béry.Avec une population vieillissante, la directrice voit un intérêt grandissant du côté des 60 ans et plus pour le bio.«L\u2019appétit est moins au rendez-vous, on passe d\u2019une vie active à une vie plus sédentaire, ils s\u2019intéressent donc plus à nos suppléments alimentaires et aux solutions proposées pour éviter d\u2019avoir à se diriger vers la médecine traditionnelle », remarque-t-elle.Alors si dès l\u2019enfance il est possible de jeter les bases d\u2019une saine alimentation et de « créer du lien» avec ce jeune public, autant en profiter, selon Geneviève Dugré.«On vit dans un environnement pollué, mais au moins les produits que je mets dans l\u2019assiette de mes enfants, j\u2019essaie qu\u2019ils soient le plus naturels possible », conclut- elle.Et pour qu\u2019à leur tour ils prennent le réflexe du bio, elle ajoute qu\u2019au-delà de l\u2019Expo manger santé et vivre vert, la chaîne d\u2019épiceries réfléchit à lancer une série d\u2019ateliers de cuisine pour enfants dans certains de ses magasins.Les bébés ont un système digestif fragile et pas encore mature, il ne faut pas introduire les aliments solides trop rapidement.Quand l\u2019intestin est perméable, les protéines peuvent passer à travers et aller dans le sang.Or, une trop grande accumulation de protéines peut créer des allergies à certains aliments plus tard.Geneviève Dugré, directrice principale de l\u2019enseigne Rachelle-Béry « » JACQUES NADEAU LE DEVOIR Il faut déboulonner le mythe selon lequel les enfants n\u2019aimeraient pas certains aliments trop verts ou imparfaits.Une idée avec laquelle est parfaitement d\u2019accord la naturopathe Audrey Sckoropad, qui présentera chaque jour sa conférence Introduction à l\u2019alimentation des tout-petits à Expo manger santé et vivre vert.«On vit dans un environnement pollué, mais au moins les produits que je mets dans l\u2019assiette de mes enfants, j\u2019essaie qu\u2019ils soient le plus naturels possible» I S T O C K ALIMENTATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 M A R S 2 0 1 7 H 6 C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale D epuis des années, Vigilance OGM milite en faveur d\u2019un projet de loi sur l\u2019étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM).«Lors de l\u2019élection de Jean Charest, en 2003, celui- ci avait promis l\u2019étiquetage obligatoire des OGM mais, depuis ce temps, on attend toujours, résume Thibault Rehn, coordinateur de Vigilance OGM.Cela fait plus de treize ans que le gouvernement promet un tel projet de loi.» Le Québec deviendrait ainsi le premier gouvernement en Amérique du Nord à imposer un tel étiquetage, précise-t-il.Il y a bien eu le Vermont qui, l\u2019été dernier, a promulgué une telle obligation mais, un mois plus tard, le gouvernement fédéral (américain) a voté une loi qui permet aux entreprises de passer outre à cette obligation.«La loi du Vermont n\u2019a eu d\u2019effet que durant un mois, puis est tombée à l\u2019eau», déplore M.Rehn.Par contre, le Québec rejoindrait 64 pays où un tel étiquetage est imposé, ajoute-t-il.Nous, le laboratoire des OGM Vigilance OGM aimerait qu\u2019on puisse savoir clairement, grâce à un pictogramme apposé sur les produits alimentaires, quels sont ceux qui contiennent des OGM.« Cela pourrait se faire sur le modèle de l\u2019étiquetage des produits biologiques», suggère le coordinateur de Vigilance OGM.Cependant, il existe relative- m e n t p e u d \u2019 a l i m e n t s q u i contiennent des OGM en eux- mêmes.Comme l\u2019explique Thibault Rehn, ce sont essentiellement le coton, le canola, le soja et le maïs qui ont été génétiquement modifiés.« On ne parle pas de fraises, comme on l\u2019entend souvent dire, pré- cise-t-il, alors que la tomate OGM \u2014 l\u2019un des premiers aliments OGM vendus \u2014 n\u2019existe plus.Elle a été retirée de la consommation tellement elle était mauvaise ! » C\u2019est dire que, dans la vie de tous les jours, on consomme directement très peu de produits OGM: «pas de fruits ni de légumes », souligne M.Rehn.Par contre, quantité d\u2019aliments transformés contiennent des traces de maïs ou de soja OGM.« Il y a en fait une grande probabilité pour qu\u2019ici, en Amérique du Nord, ceux-ci r epo s en t sur de s cu l ture s OGM», ajoute-t-il.Il faut en ef fet savoir que nous sommes le grand producteur de cultures OGM puisque les États-Unis et le Canada génèrent à eux seuls 50 % des OGM du monde.« Le Canada et les États-Unis sont les premiers pays au monde à avoir planté des OGM, en 1995 », rappelle Thibault Rehn.Nous sommes, en quelque sorte, le laboratoire du monde.Le problème vient surtout de ce que les cultures d\u2019OGM ser vent à l\u2019alimentation animale.« On ne possède pas de chif fres, mais les trois quarts des aliments que nous consommons proviennent sûrement d\u2019animaux nourris à partir de céréales OGM » , expl ique M.Rehn.On pense alors aux œufs, à la viande, au lait, etc., conçus à partir de nourriture OGM.On estime par conséquent qu\u2019il y aurait entre 70 à 80 % des produits transformés qui pourraient contenir des traces d\u2019OGM.Soyons vigilants ! Thibault Rehn s\u2019est installé au Québec il y a onze ans, ce Français d\u2019origine ayant entendu « de belles choses » à notre sujet.« Il y a ici un beau mélange entre l\u2019Europe et l\u2019Amérique du Nord, un bel équilibre\u2026 », nous confie cet ingénieur en génie des matériaux qui possède également une maîtrise en économie et gestion de l\u2019environnement.« Au dépar t, précise-t-il, je croyais que les OGM présentaient un certain nombre de bénéfices pour les agriculteurs et qu\u2019ils étaient moins chers, par exem- p l e .Mai s j e me suis aperçu avec le recul \u2014 puisque la culture des OGM se fait depuis vingt ans \u2014 que les avantages ne se sont pas concrétisés.Au contraire même, il y a plein de conséquences néfastes sur l\u2019environnement et pour ceux qui les utilisent.» Au début des années 2000 existait le Réseau québécois contre les OGM, une coalition informelle rassemblant Greenpeace, l\u2019Union paysanne, des associations de consommateurs, Option consommateurs, l\u2019ACEF du Québec et la CSN de Montréal, rappelle Thibault Rehn.En 2009, Greenpeace Canada a toutefois décidé de suspendre ses activités reliées à l\u2019agriculture et aux OGM.« C\u2019est alors qu\u2019on s\u2019est décidés à relancer le réseau puis à créer, en 2012, V ig i lance OGM», raconte le militant.« Il nous semble que les conséquences du fait de cultiver des plantes OGM sont rarement connues des consommateurs, ajoute-t-il, et c\u2019est ce que nous essayons de faire à Vigilance OGM.» Un risque pour notre santé?Vigilance OGM rappor te que, d\u2019après un sondage réalisé par la firme SOM pour le compte du MAPAQ et publié en janvier 2016, 58,7 % des répondants croient que les OGM présentent un risque pour la santé des consommateurs.Or, comme le reconnaît lui- même Thibault Rehn, la nocivité des aliments OGM n\u2019a jamais été démontrée.« Il faut beaucoup d\u2019études pour déterminer qu\u2019un produit est nocif pour la santé humaine, explique-t-il, et malheureusement, dans le cas des OGM, on a très peu testé, de façon indépendante, s\u2019ils ont un impact sur la santé.Donc, aujourd\u2019hui, il n\u2019y a pas un consensus pour dire que les OGM sont bons ou mauvais pour notre santé.» De fait, ajoute-t-il, si les OGM étaient réputés dangereux pour notre santé, « il ne faudrait pas les étiqueter, mais bien les bannir »! «L\u2019étiquetage est là pour dire aux consommateurs : si, vous, vous ne voulez pas avantager ce type de culture \u2014 que ce soit pour des enjeux environnementaux, des raisons éthiques ou des questions de santé \u2014, vous avez le droit de ne pas en consommer.» « On ne réclame pas un étiquetage parce qu\u2019on considère que les OGM sont mauvais pour la santé, mais parce que c\u2019est un droit fondamental qu\u2019ont les consommateurs de 64 pays du monde», dit-il.C\u2019est ainsi que Thibault Rehn donnera une conférence à Expo manger santé et v i v r e v e r t .« Nous a l l on s d\u2019abord expliquer ce que sont les OGM et où ils se trouvent, dit - i l , puisque beaucoup de gens pensent que tous les fruits et les légumes sont OGM.On parlera aussi des problèmes des pesticides qui découlent de la concentration des entreprises OGM.Et on expliquera qu\u2019en tant que citoyens, les gens peuvent avoir de l \u2019 influence sur le système alimentaire et donc sur ce qu\u2019ils retrouvent dans leur assiette ! » ÉTIQUETAGE DES OGM Les consommateurs ont le droit de savoir Comme le reconnaît lui-même Thibault Rehn, la nocivité des aliments OGM n\u2019a jamais été démontrée PEDRO RUIZ LE DEVOIR «Lors de l\u2019élection de Jean Charest, en 2003, celui-ci avait promis l\u2019étiquetage obligatoire des OGM mais, depuis ce temps, on attend toujours, résume Thibault Rehn, coordinateur de Vigilance OGM.Cela fait plus de treize ans que le gouvernement promet un tel projet de loi.» "]
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