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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-04-15, Collections de BAnQ.

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[" AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Climat: le bilan canadien.Le Canada a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de seulement 2,2% en 10 ans.Pour atteindre la cible qu\u2019il s\u2019est ?xée, il lui faudrait les réduire de 2% par année durant 15 ans.Page A 3 Pâques \u203a Le Devoir ne sera pas publié lundi à l\u2019occasion du congé pascal.Continuez toutefois de vous informer sur notre site Web et notre application mobile.Avis légaux.C 2 Carrières .C 3 Décès.C 7 Mots croisés .D 4 Petites annonces .C 7 Sudoku .D 4 V O L .C V I I I N o 8 3 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 5 E T D I M A N C H E 1 6 A V R I L 2 0 1 7 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Présidentielle Bienvenue en Macronie Page A 2 Culture Des classiques chez les modernes Page E 1 Livres Partis à la rencontre de la France Page F 1 ?w w w .l e d e v o i r .c o m U N E S É R I E D E G R A N D E S R E N C O N T R E S S U R L\u2019 H I S T O I R E D E M O N T R É A L Jean Drapeau (1916-1999) Invité : Jean-Charles Panneton, historien Animateur : Éric Bédard, historien Auditorium de la Grande Bibliothèque, 18 avril 2017, 19h P h o t o : © A r m o u r L a n d r y e t J o h n G a i n e s COLLECTION FAMILIALE Le petit Zak, âgé de 14 mois, entouré de ses parents, Geneviève Beaudry et Jean-François Senécal, au Centre médical de l\u2019Université de Californie à Los Angeles Le pasteur protestant David Lefneski est ouvertement gai, côtoie des imams et accepte de marier les gens sans égard à leur confession ou à leur identité sexuelle.Rencontre avec un homme d\u2019Église qui a foi en la diversité.P H I L I P P E J E A N P O I R I E R Q uand le pasteur David Lefneski a entendu l\u2019histoire de ce fondamentaliste de la Floride qui menaçait de brûler un Coran le 11 septembre 2010 pour dénoncer la «menace islamiste», il a voulu poser un geste clair d\u2019ouverture religieuse.Le dimanche suivant, il a invité des leaders musulmans dans sa petite église protestante de la rue Clémenceau, à Verdun.«L\u2019imam a chanté des passages du Coran.Nous avons échangé bible et coran.C\u2019était le Pasteur de la diversité Exclu de plusieurs églises, David Lefneski prêche l\u2019ouverture à la différence ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le pasteur David Lefneski of ficie à l\u2019église protestante de la rue Clémenceau à Verdun.Le Québec est à l\u2019avant-garde des recherches en thérapie génique, mais, faute d\u2019équipements, certains patients atteints de maladies génétiques doivent se tourner vers les États- Unis pour être traités.À quand des traitements «made in» Québec ?P A U L I N E G R A V E L La semaine dernière, le petit Zak, âgé de 14 mois, a subi au Centre médical de l\u2019Université de Californie à Los Angeles (UCLA) la phase finale de sa thérapie génique qui devrait le guérir définitivement de son déficit immunitaire combiné sévère, une maladie génétique qui menace sa vie depuis sa naissance.Confiants et remplis d\u2019espoir, ses parents rêvent déjà de la vie normale que leur enfant pourrait enfin mener.Si le traitement réussit, Zak pourra désormais fréquenter la garderie, s\u2019amuser avec d\u2019autres gamins de son âge, et ses parents pourront enfin dormir plus sereinement.Pour en arriver là, ils ont dû se rendre en Californie, où se donne un traitement expérimental en thérapie génique.Une thérapie qui n\u2019est toujours pas disponible au Québec, malgré la présence de chercheurs à la fine pointe et d\u2019in- La thérapie génique connaît un second souffle Mais des patients doivent toujours se rendre aux États-Unis pour être traités A M É L I P I N E D A L a fin de semaine sera sous haute tension en Asie : après une escalade de menaces entre les États-Unis et la Corée du Nord, les deux pays font étalage de leur force militaire.Après avoir ordonné des frappes en Syrie et s\u2019être félicité d\u2019avoir largué la « mère de toutes les bombes» contre le groupe État islamique en Afghanistan, le président américain, Donald Trump, s\u2019est dit prêt à « régler le problème» de la Corée du Nord.Samedi, à l\u2019occasion du 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, premier dirigeant du pays, le leader coréen, Kim Jong- un, pourrait procéder à un nouveau tir de missile balis- t i q u e o u m ê m e à s o n sixième essai nucléaire, tous deux interdits par la communauté internationale.Selon les analystes de 38 North, un site Internet qui fait autorité sur le régime communiste et qui s\u2019appuie sur plusieurs images satellites récentes, le site d\u2019essais nucléaires de Punggye-ri est « amorcé et prêt » à servir.« Il y a toujours eu des tensions entre les deux pays, mais l\u2019escalade de menaces et de provocations dans les dernières heures laisse tout le monde dans l\u2019incertitude quant à l\u2019éclatement d\u2019un conflit à tout moment », souligne Gérard Her vouet, directeur du groupe d\u2019études de l\u2019Asie contemporaine de l\u2019Institut des hautes études internationales de l\u2019Université Laval.Escalade verbale entre Washington et Pyongyang Dossier \u203a Des thérapies géniques made in Québec.Page A 4 Techniques d\u2019administration de la thérapie génique.Page A 5 VOIR PAGE A 8 : PASTEUR VOIR PAGE A 8 : THÉRAPIE VOIR PAGE A 8 : ESCALADE La tension entre les États-Unis et la Corée du Nord atteint un sommet L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 5 E T D I M A N C H E 1 6 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 C H R I S T I A N R I O U X à Montpellier D ès la sortie de la gare, un jeune militant distribue aux voyageurs le programme d\u2019Emmanuel Macron.Dans le tramway qui mène vers les rives du Lez, des Montpelliérains parlent de leur candidat favori.Si la présidente du Front national, Marine Le Pen, arrivera probablement en tête dans le Languedoc-Roussillon, nul doute que Montpellier fera exception.Et pour cause : la septième ville de France a largement inspiré le favori de cette élection présidentielle, le candidat du mouvement En marche! Les Montpelliérains n\u2019hésitent pas à parler de leur ville comme du « laboratoire» de la conquête macronienne.Le lieu où tout a commencé.C\u2019est ici en effet que, le 18 octobre 2016, le ministre de l\u2019Économie de François Hollande, qui n\u2019était pas encore candidat, a achevé sa tournée de la France en réunissant au Zénith plus de 2000 partisans.Il avait alors vanté le «dynamisme» de cette ville universitaire, son «audace architecturale» et son «ouverture».Rien à voir avec le déclin économique de Bézier, à 80 kilomètres de là, aujourd\u2019hui dirigée par un maire proche du FN, Robert Ménard.Montpellier a non seulement célébré le premier mariage homosexuel en France, mais certains jours, elle se rêve en Silicon Valley hexagonale.Sa population d\u2019étudiants, de chercheurs et d\u2019employés d\u2019entreprises de haute technologie colle par faitement au programme de celui qui prêche la flexibilité dans l\u2019emploi et se dit à la tête d\u2019une «start-up» plutôt que d\u2019un parti politique.Indépendance Mais il y a plus.Montpellier est depuis 2014 la seule grande ville de France à être dirigée par un maire qui s\u2019est fait élire à la fois contre la droite et contre la gauche.Comme Emmanuel Macron, Philippe Saurel est issu du Parti socialiste.Comme lui, il s\u2019est présenté sur une liste indépendante.D\u2019ailleurs, Emmanuel Macron ne cache pas s\u2019être inspiré de cette expérience atypique.Reste à savoir si, comme a su le faire l\u2019électron libre de Montpellier, le candidat à la présidentielle saura garder son indépendance à l\u2019égard de ceux que l\u2019on surnomme ici les « éléphants socialistes».Cela n\u2019inquiète guère la centaine de membres d\u2019En marche ! qui défilent en cet après-midi ensoleillé du parc du Peyrou à la place de la Comédie en t-shirt avec des ballons bleus, roses et jaunes.Parmi eux, Francis Delvaux et Joël Bockaert ont le profil parfait des partisans de l\u2019ancien ministre de l\u2019Économie.Le premier est sur le point de lancer sa petite entreprise de menuiserie et le second est chercheur en neurobiologie.Le premier a toujours voté à droite, et le second, à gauche.Tous deux mentionnent l\u2019Europe comme la première raison de leur choix.« Macron est aujourd\u2019hui le seul candidat à ne pas critiquer l\u2019Europe, qui nous a tout de même amené 60 ans de paix», dit Joël Bockaert.Le premier a voté Alain Juppé et le second, Manuel Valls aux primaires de la droite et de la gauche.Déçus, ils se retrouvent aujourd\u2019hui dans le même cortège.Pour combien de temps?Eux-mêmes ne sauraient le dire.Un parti ou une start-up?Pour la représentante d\u2019En marche! à Montpellier, Coralie Dubost, le mouvement se veut «hors système».Il veut en finir avec le verrouillage des vieux partis et regrouper la gauche et la droite sous la bannière du «progressisme».Cette juriste de 34 ans est une néophyte en politique, au point d\u2019affirmer avoir voté pour la première fois en 2002 au second tour pour Nicolas Sarkozy contre\u2026 Marine Le Pen.Or, cette année-là, c\u2019est Jacques Chirac qui avait affronté Jean-Marie Le Pen au second tour! Peu importe, dit-elle, l\u2019essentiel réside dans la consultation des citoyens et le fonctionnement démocratique du mouvement.«Comme dans une start-up !» répète-t-elle en boucle.Pour elle, il s\u2019agit d\u2019abord de libérer l\u2019économie en protégeant la sécurité sociale.«La sécurité, la laïcité et la lutte contre le terrorisme ne sont pas les préoccupations principales des Français comme veut nous le faire croire le Front national, dit-elle.Ce sont des fantasmes, pas des problèmes réels.» Un laboratoire Il est vrai que Montpellier a été un laboratoire pour Emmanuel Macron, confirme Tristan Cuche, directeur de l\u2019hebdomadaire satirique L\u2019Agglorieuse, un journal qui se définit comme le poil à gratter de cette ville plutôt sage.«Comme Philippe Sau- rel, Macron est issu de l\u2019appareil socialiste avec lequel il a rompu.Mais la dif férence, c\u2019est que le mouvement En marche ! est de plus en plus phagocyté par les apparatchiks socialistes.» Après plus de 30 ans de mainmise socialiste, et le règne sans partage de l\u2019ancien maire de Montpellier Georges Frêche, surnommé « l\u2019Impera- tor », Montpellier ne manque pas d\u2019élus et d\u2019anciens élus socialistes à la recherche d\u2019une bouée de sauvetage.Depuis plusieurs mois, le torchon brûle entre le maire indépendant, qui veut former un ticket avec la députée sortante Anne-Yvonne Le Dain, et l\u2019organisation de base d\u2019En marche!, où l\u2019on trouve de nombreux cadres du PS, dont le député Patrick Vignal.Comme dans plusieurs régions de France, ces derniers ont massivement rallié le mouvement en préparation des élections législatives.La même chose s\u2019est produite à Perpignan, où la centriste Christine Espert a dénoncé la mainmise du PS.À Hérouville- Saint-Clair, dans le Calvados, on a même constaté l\u2019existence de cinq groupes rivaux soutenant tous Emmanuel Macron! «Macron, c\u2019est Hollande» L\u2019ancien candidat du Modem Boudjemaa Laliam a créé la première page Facebook en faveur d\u2019Emmanuel Macron à Montpellier.Contrairement à tous les anciens socialistes aujourd\u2019hui à l\u2019avant-scène, il était de la toute première réunion de soutien dans le bureau du maire socialiste de Castries, Gilbert Pastor.« Pour moi, Macron, c\u2019est devenu François Hollande, dit- il.Tous les vieux caciques du PS se recyclent chez lui.Le dernier en date, c\u2019est Bernard-Henri Lévy.C\u2019est devenu un parti at- trape-tout !» Laliam, qui dirige l\u2019Observatoire de la laïcité de Montpellier, a été particulièrement choqué par le discours d\u2019Emmanuel Macron à Marseille.«C\u2019est un appel au vote com- munautariste, dit-il.Il veut aller chercher ces voix contre le FN.À l\u2019époque, il m\u2019avait pourtant dit qu\u2019il était pour l\u2019interdiction du voile islamique à l\u2019université.Il ne l\u2019a jamais répété.» Depuis, plusieurs de ses amis ont décidé de voter Mélenchon.Le politologue Emmanuel Négrier, de l\u2019Université de Montpell ier, constate lui aussi la « colonisation » d\u2019En marche ! par les socialistes.« Ce mouvement a besoin de relais, mais il ne faut pas que ça se voie, dit-il.Tous les héritiers de Georges Frêche se disputent l\u2019héritage.» Quant à Macron, dit-il, « il propose un programme idéal pour cette bourgeoisie postin- dustriel le et postnationale dont regorge Montpellier et qui regroupe des urbains sur- diplômés ».Le politologue qui étudie depuis dix ans une population cible constate néanmoins que l\u2019immense majorité des Français se positionne toujours à gauche ou à droite.C\u2019est l\u2019inconnu de ce scr utin, dit-il.«Ces clivages existent toujours.Ils n\u2019ont pas disparu, loin de là.Et il est loin d\u2019être cer tain qu\u2019un regroupement au-delà de la gauche et de la droite, comme En marche !, ait une capacité d\u2019action durable.» Le politologue s\u2019inquiète encore plus d\u2019un second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.« Ce serait un duel surréaliste entre un saut dans l\u2019inconnu, celui d\u2019une société huberisée, et un saut dans un monde passéiste totalement fantasmé.Un duel entre deux postréalités.» Le Devoir PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE Bienvenue en Macronie À Montpellier, les partisans d\u2019Emmanuel Macron croient en leur bonne étoile.Mais les socialistes se disputent déjà le gâteau.C H R I S T I A N R I O U X L a rutilante mairie de Montpellier s\u2019élève sur les rives du Lez comme une fête à la postmodernité.C\u2019est dans cet ouvrage bleu sombre, construit aux limites de la ville par Jean Nouvel et François Fontès, que règne l\u2019homme qui se targue d\u2019avoir inspiré Emmanuel Macron.Depuis trois ans, Philippe Saurel s\u2019enorgueillit de gouverner la ville contre les socialistes, les verts et tous les partis de droite, y compris le Front national.Issu du sérail socialiste, cet ancien adjoint de «l\u2019Imperator» Georges Frêche (qui a dirigé la ville pendant 27 ans) n\u2019a pas hésité en 2014 à défier le PS et à se présenter en indépendant contre sa famille politique.On comprend pourquoi Emmanuel Macron l\u2019invita à Bercy dès janvier 2016, alors qu\u2019il était encore ministre de l\u2019Économie de François Hollande.Les deux hommes se retrouvèrent peu après à Montpellier.« Nous avons discuté jusqu\u2019à 2 heures du matin, dit le maire.Il a tout de suite tilté sur nos questionnements.» Philippe Saurel se définit comme un « socialiste tendance Jean Jaurès», qui n\u2019hésite pas à se servir dans les programmes de la droite lorsque cela lui convient.Il va même jusqu\u2019à affirmer son respect pour son homologue de Bézier, Robert Ménard, proche du FN.« Le FN a posé les bonnes questions et il lui arrive même d\u2019avoir de bonnes réponses », dit-il.Certains jours, Philippe Saurel avoue même avoir de la sympathie pour Jean-Luc Mélenchon.Le maire de Montpellier dit avoir inspiré au futur candidat à la présidence plusieurs éléments de son programme, sur les rythmes scolaires, le renforcement de la sécurité ou les pays de la Méditerranée.Résolument opposé aux partis politiques, Saurel a fait tirer au sort tous les membres de ses conseils de quartier.«Pour faire plaisir aux lobbies, les par tis ont sacrifié la souveraineté de l\u2019État», déplore-t-il.Il reproche d\u2019ailleurs à Emmanuel Macron de vouloir transformer son mouvement en parti.Phil ippe Saurel est au- jourd\u2019hui en guerre ouverte contre les représentants d\u2019En marche ! à Montpellier, où l\u2019on retrouve de nombreux caciques socialistes.« Aux élections législatives, ce sera la foire d\u2019empoigne», constate Tristan Cuche, qui dirige l\u2019hebdomadaire satirique L\u2019Agglorieuse.Pour l\u2019instant, advenant l\u2019élection de Macron, le maire dit n\u2019être candidat à aucun poste de ministre.Bien que, ajoute-t-il, le ministère de l\u2019Intérieur le fasse quand même hésiter.Dans la foulée, il n\u2019hésite pas à comparer Emmanuel Macron à Justin Trudeau.«Votre premier ministre est cool, il a un langage direct et bouscule les codes», dit- il, le sourire aux lèvres.Lorsqu\u2019on lui rappelle que le premier ministre canadien est aussi le chantre du multicultu- ralisme, il change aussitôt de tête.« Ah bon ?Je ne le savais pas.Moi, je ne connais que des citoyens.Pas de communautés !» Le Devoir L\u2019homme qui a inspiré Emmanuel Macron PASCAL GUYOT AGENCE FRANCE-PRESSE Ancien ministre de l\u2019Économie et président du mouvement En marche !, Emmanuel Macron fera sans doute obstacle à Marine Le Pen dans la ville universitaire de Montpellier.Le maire de Montpellier dit avoir inspiré au futur candidat à la présidence plusieurs éléments de son programme Macron est aujourd\u2019hui le seul candidat à ne pas critiquer l\u2019Europe, qui nous a tout de même amené 60 ans de paix Joël Bockaert, membre du mouvement En marche ! « » LA PRESSE CANADIENNE Nathalie Normandeau M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L\u2019 ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, l\u2019ex-ministre Marc-Yvan Côté et leurs cinq coaccusés devront se passer d\u2019une enquête préliminaire : leurs avocats ont été avisés jeudi par la Couronne que cette étape du processus judiciaire n\u2019aura finalement pas lieu.La poursuite, à qui revient le «pouvoir exceptionnel» d\u2019opter pour un acte d\u2019accusation direct, a fait volte-face à quelques semaines du début des procédures, prévu le 5 juin.La décision fait fulminer la défense, qui travaille depuis près d\u2019un an sur l\u2019enquête préliminaire \u2014 une étape qui lui ser t notamment à tester sa preuve et à entendre les témoins de la par tie adverse.Dans cer tains cas, si le juge estime que la preuve de la poursuite est insuffisante, l\u2019enquête préliminaire peut servir à libérer un prévenu des accusations qui pèsent contre lui.« On ne connaît pas les raisons de la décision de la poursuite.Nous nous verrons le 8 mai, lors du dépôt de l\u2019acte d\u2019accusation direct [au palais de justice de Québec] », a déclaré l\u2019avocat de Nathalie Nor- mandeau, Maxime Roy.L\u2019enquête préliminaire de Nathalie Normandeau, de Marc-Yvan Côté et de leurs cinq coaccusés devait durer six semaines.Les deux parties s\u2019étaient entendues sur le calendrier il y a près d\u2019un an, a rappelé Me Roy.Le changement de cap de la poursuite implique désormais une «gymnastique difficile, même pour le juge», a-t-il déploré.Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté font face à des accusations de complot, de corruption de fonctionnaires et d\u2019abus de confiance.L\u2019ex-chef de cabinet de Mme Norman- deau, Bruno Lortie, les ex-atta- chés politiques Ernest Murray et François Roussy, l\u2019ex-vice- présidente de la firme de génie- conseil Roche France Michaud et l\u2019ex-président et chef de la direction chez Roche, Mario Martel, sont accusés de chefs divers de complot et d\u2019abus de confiance, notamment.Le Devoir Pas d\u2019enquête préliminaire pour Nathalie Normandeau Funérailles du Dr Mark Wainberg Les funérailles du docteur Mark Wainberg, un spécialiste de la recherche contre le sida mort tragiquement en Floride, ont été célébrées à Montréal, vendredi.Il s\u2019est noyé mardi lors d\u2019une baignade avec son fils à Bal Harbour, à Miami.Le réputé chercheur montréalais était âgé de 71 ans.Le fils de M.Wainberg a déclaré lors des funérailles que la disparition de son père était une perte pour le monde entier.«Combien de gens dans le monde peuvent dire que leur travail a sauvé des millions de vies?» a lancé Zev Wainberg dans un poignant témoignage.Le Dr Wain- berg était parmi les chercheurs qui ont découvert le premier médicament antirétroviral pour traiter le VIH.Il était le directeur du Centre SIDA McGill et professeur en médecine, microbiologie et immunologie à l\u2019Université McGill.La Presse canadienne I S A B E L L E P A R É L a croissance continue du secteur pétrolier et gazier a presque annulé les ef for ts accomplis depuis 10 ans en matière de lutte contre les gaz à effet de serre dans d\u2019autres secteurs de l\u2019économie canadienne, limitant à pas plus de 2,2 % la réduction totale des émissions de GES obser vée au Canada depuis 2005.Le tout dernier inventaire national du ministère fédéral de l\u2019Environnement sur les sources d\u2019émissions de gaz à effet de serre démontre qu\u2019en 2015, les émissions totales de GES se sont élevées à 722 mégatonnes, un recul de moins de 1 % par rappor t à l\u2019année précédente et une diminution nette de seulement 16 Mt (2,2 %) par rapport aux émissions de 2005 (738 Mt).Cette piètre per formance place le Canada bien loin des objectifs qu\u2019il devrait atteindre s\u2019il souhaite respecter son objectif prévu de 30 % de réduction des émissions d\u2019ici 2030 par rapport aux émissions de 2005.En fait, il faudrait que le Canada redouble ses efforts au cours des 15 prochaines années pour arriver aux cibles fixées pour respecter l\u2019Accord de Paris, dont l\u2019objectif est de limiter à deux degrés la hausse du climat planétaire par rapport à l\u2019ère préindustrielle.« L a r é d u c t i o n d e v r a i t presque être de 2 % des émissions par année pour y arriver, et ce qu\u2019on voit c\u2019est que les mesures actuelles ne sont pas suffisantes.On se retrouve avec l\u2019héritage des années d\u2019inaction du gouvernement Harper et cela va prendre du temps avant que les changements de politiques se reflètent dans une ré- d u c t i o n s e n s i b l e d e s émissions », a fait valoir vendredi Patrick Bonin, porte-parole du programme Climat Énergie pour Greenpeace.Selon ce dernier, les émissions de 189 Mt issues du seul secteur pétrolier et gazier pour 2015 dépassent, pour la troisième année consécutive, celles générées par le secteur des transports (de 173 Mt).À elle seule, l\u2019exploitation des sables bitumineux est désormais responsable de plus de 37 % des émissions du secteur pétrolier et gazier, avec des rejets qui ont bondi de 35 Mt en 2005 et à 71 Mt en 2015.Des résultats peu étonnants, quand on sait la croissance exponentielle qu\u2019a connue la production de pétrole provenant des sables bitumineux en Alberta ces dernières décennies.«Cette industrie a connu une croissance de 600 % depuis 1990 et les émissions issues de l\u2019exploitation des sables bitumineux ont augmenté de 360 % », souligne Patrick Bonin.Cette industrie fait de l\u2019Alberta la plus forte émettrice de GES, avec des émissions en hausse de 18 % entre 2005 et 2015.La province génère d\u2019ailleurs plus d\u2019émissions que le Québec et l\u2019Ontario réunis.Si la tendance se poursuit, le seul secteur de l\u2019exploitation des sables bitumineux pourrait peser plus lourd que l\u2019ensemble du Québec dans le bilan national des gaz à effet de serre, estime le porte-parole de Greenpeace.Faibles progrès en transport Si le secteur de l\u2019énergie génère désormais plus de 81% des GES émis au Canada, les secteurs industriel (75 Mt) et de la production agricole (73 Mt) ont vu leurs émissions plafonner ou fléchir légèrement.Mais pas l\u2019industrie des transports, qui continue de peser lourd dans ce bilan national.L\u2019augmentation de la flotte de véhicules énergi- vores et polluants, notamment des véhicules utilitaires sport (VUS) et des camions lourds, a favorisé une hausse de 4% des émissions entre 2005 et 2015.Mais ce secteur de l\u2019économie enregistre toutefois des baisses depuis 2013.Même si le Canada compte pour peu dans le bilan mondial des GES, il reste toutefois en tête des pays ayant les plus fortes émissions par habitant, avec 20,1 tonnes par habitant.« Il va falloir continuer de réduire la consommation de pétrole et exiger que le gouvernement mette en place très rapidement les mesures annoncées dans le cadre canadien de lutte contre les changements climatiques, dont on ne sait toujours pas comment 44 Mt seront éliminées », souligne Patrick Bonin.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 5 E T D I M A N C H E 1 6 A V R I L 2 0 1 7 A 3 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - Noisette Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter .ACTUALITES COLE BURSTON AGENCE FRANCE-PRESSE Le secteur pétrolier et gazier a émis 189 Mt de gaz à ef fet de serre durant l\u2019année 2015.Le Canada a réduit ses émissions de GES de seulement 2,2 % en 10 ans Le secteur pétrolier reste le plus grand émetteur de GES au pays H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e gouvernement de Justin Trudeau plaide l\u2019erreur et promet de corriger le tir.Il ne sera plus possible qu\u2019un organisme pro-vie reçoive une subvention fédérale pour of frir des emplois d\u2019été à des jeunes.Du moins, pas de la part d\u2019un député libéral.L\u2019histoire a été mise au jour par le site iPolitics.Le groupe opposé à l\u2019avortement Canadian Centre for Bio-Ethical Reform a reçu en 2016 une somme de 56 695 $ du programme Emplois d\u2019été Canada pour embaucher des jeunes.La subvention avait été approuvée par la libérale torontoise Iqra Khalid.Pourtant, Justin Trudeau avait promis en campagne électorale que tous ses députés seraient tenus d\u2019adopter une position pro-choix dans leurs décisions.Le programme Emplois d\u2019été Canada finance des emplois destinés à des personnes âgées de 15 à 30 ans au sein d\u2019organismes sans but lucratif, d\u2019entreprises ou d\u2019institutions gouvernementales.La subvention couvre 100 % du salaire minimum dans le cas des OBNL et 50 % pour les autres.Bien que ce soit le ministère Emploi et Développement social qui reçoive les demandes de subvention et en vérifie la conformité, ce sont ultimement les élus qui les accordent.Chacun des 338 députés reçoit une liste des demandes valides dans sa circonscription et choisit celles lui apparaissant les plus en phase avec les «priorités locales ».Il a été impossible en ce vendredi de Pâques de joindre le Canadian Centre for Bio-Ethi- cal Reform pour connaître la nature des emplois financés avec l\u2019argent fédéral.Toutefois, son site Internet vante son programme de stages au terme duquel les stagiaires seront «parmi les militants pro-vie les mieux formés et les plus efficaces du pays ».Une photo accompagne le texte, sur laquelle on voit deux jeunes femmes arborant une affiche sanglante d\u2019un fœtus avorté s\u2019adressant à trois passants devant les édifices du Parlement à Ottawa.Le bureau de Mme Khalid n\u2019a pas rappelé Le Devoir vendredi.Il avait indiqué à iPoli- tics, au nom de la députée, que la subvention avait été accordée «par inadvertance».«C\u2019est pourquoi nous nous sommes assurés que, cette année, cette organisation ou d\u2019autres organisations similaires ne recevront pas de financement dans la circonscription de Mississauga- Erin Mills.» Les demandes de subvention sont présentement à l\u2019étude pour l\u2019été 2017.Le bureau de la ministre responsable du programme, Patty Hajdu, a indiqué que le mot d\u2019ordre avait été donné aux députés libéraux de ne pas accorder de subventions à des groupes pro-vie cette année.Une source indique qu\u2019il n\u2019est toutefois pas possible d\u2019astreindre les députés des autres formations politiques à ces mêmes exigences, par respect pour la liberté d\u2019opinion.iPolitics a retrouvé la trace des subventions accordées à des groupes pro-vie par des élus conservateurs.Cependant, le porte-parole de Mme Hajdu a indiqué que le pouvoir des députés de choisir eux-mêmes ceux qui reçoivent ces subventions est remis en question par la ministre.«Cela soulève d\u2019importantes questions concernant la façon dont les décisions de financement du programme sont prises.Le ministre s\u2019engage à se pencher sur cette question à temps pour l\u2019année prochaine », écrit Matt Pascuzzo.En coulisses, on explique que les députés ne sont pas toujours au fait des idées préconisées par les organismes déposant les demandes.On donne l\u2019exemple des camps de jour.Des églises peuvent solliciter une subvention pour embaucher des jeunes moniteurs.Le député qui donne son feu vert ne vérifie pas pour autant ce qui est enseigné dans ces camps de jour.Le gouvernement de Justin Trudeau a doublé l\u2019an dernier le budget d\u2019Emplois d\u2019été Canada, à 220 millions par an.Le nombre d\u2019emplois financés devait ainsi passer à 70 000 par été.Le Devoir Emplois d\u2019été : les libéraux ne financeront plus les groupes pro-vie SEAN KILPATRICK LE DEVOIR Ordre a été donné aux députés libéraux fédéraux de ne pas accorder de subvention à l\u2019emploi aux groupes pro-vie.Yukon Nouveau-Brunswick Nouvelle-Écosse Ontario Île-du-Prince-Édouard Territoire-du-Nord-Ouest Québec Colombie-Britannique Canada Manitoba Terre-Neuve Saskatchewan Alberta Nunavut -43,0 % -31,0 -30,0 -19,0 -14,0 -12,0 -10,0 -4,7 -2,2 0,7 2,1 7,8 18,0 38,0 Variation Variation des émissions de gaz à effet de serre au Canada entre 2005 et 2015 Source : Environnement et Changement climatique Canada On se retrouve avec l\u2019héritage des années d\u2019inaction du gouvernement Harper Patrick Bonin, Greenpeace « » Selon ce dernier bilan fédéral, le Québec a réussi à réduire de 10 % ses émissions de GES entre 2005 et 2015, faisant passer ses émissions annuelles de 89 à 80 Mt.Toutefois, depuis cinq ans, la baisse s\u2019établit à 2,5 %.Le Québec affiche même une hausse de ses émissions de 100 000 tonnes pour 2015.« Il faudra quadrupler les efforts pour atteindre la cible de réduction prévue de 20 % des GES d\u2019ici 2020 pour le Québec», selon Patrick Bonin, de Greenpeace.Une étude plus approfondie du rapport fédéral révèle également que, si certains progrès ont été accomplis dans certains secteurs industriels et manufacturiers, on note une hausse des GES émis au Québec dans le secteur des transports, notamment ceux attribuables au transport par camions lourds.Le Québec devra quadrupler ses efforts L es chercheurs québécois aimeraient tester chez l\u2019humain les thérapies géniques innovantes mises au point dans leur laboratoire, mais ils doivent acheter à des prix astronomiques les vecteurs viraux nécessaires aux études cliniques à des sociétés étrangères.C\u2019est pourquoi ils caressent le projet de créer un centre de production de ces vecteurs pour thérapie gé- nique au Québec.Avec un tel laboratoire, nos scientifiques pourraient valoriser leurs découvertes ici et of frir à leurs patients les thérapies gé- niques qui en découlent à moindre coût, font-ils valoir.Ne manque qu\u2019un financement de quelques millions de dollars pour concrétiser ce projet.Tout milite en faveur de la mise sur pied d\u2019un tel laboratoire au Québec.En raison d\u2019un effet fondateur, les Québécois sont un peu plus nombreux qu\u2019ailleurs dans le monde à souffrir de certaines maladies génétiques rares.Pour cette raison, les spécialistes de la thérapie génique, notamment américains, viennent au Québec recruter des patients pour leurs essais cliniques.En février dernier, un pionnier de la thérapie gé- nique, le Dr James Wilson, de l\u2019University of Pennsylvania, était justement de passage au Québec pour donner des conférences sur les avancées de ses recherches, mais aussi pour enrôler des Québécois atteints d\u2019hypercholestérolé- mie familiale qui accepteraient de participer à ses prochains essais cliniques.Prix prohibitifs Le chercheur Jacques-P.Tremblay, du Centre de recherche du CHU de Québec, s\u2019applique depuis plusieurs années à mettre au point des thérapies géniques pour l\u2019ataxie de Friedreich et la dystrophie musculaire de Duchenne.Il envisage maintenant de mener des essais cliniques pour vérifier l\u2019ef ficacité de ses découvertes chez des patients.«Pour ces essais, je dois faire produire les vecteurs viraux dont j\u2019ai besoin aux États-Unis, mais le prix est exorbitant.Pour traiter une dizaine de patients, le coût varie entre 2 millions et 18 millions $US.Nous aimerions pouvoir produire au Québec les vecteurs viraux que nous aurons développés nous-mêmes pour nos thérapies géniques, et ce, à des prix plus abordables », fait savoir M.Tremblay.Les traitements que des Québécois, comme Zak (voir texte en page A 1), reçoivent dans des centres hospitaliers universitaires américains « ne coûtent rien pour le moment, car ils sont donnés dans le cadre de protocoles de recherche.Mais quand il faudra payer toute cette procédure, ça va coûter très cher.Pour cette raison, il faut que le Québec se dote d\u2019installations nous permettant de faire nous-mêmes ce traitement », ajoute le Dr Élie Had- dad, clinicien-chercheur au CHU Sainte-Justine.L\u2019hôpital pédiatrique a d\u2019ailleurs recruté en 2016 le Dr Fa- bien Touzot, jusque-là responsable du Laboratoire de thérapie cellulaire et thérapie génique de l\u2019hôpital Necker- Enfants malades à Paris, où furent menés les tout premiers essais cliniques de thérapie génique chez les enfants- bulles atteints d\u2019un déficit immunitaire sévère.Le Dr Touzot a reçu le mandat de développer à Montréal des thérapies gé- niques ayant pour cible des maladies génétiques, mais aussi le cancer.Le Québec détient donc le savoir, mais également l\u2019expertise dans la production des vecteurs viraux puisque depuis une vingtaine d\u2019années, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) possède un programme dédié aux vecteurs viraux pour la thérapie génique.« Nous avons développé la technologie pour produire des vecteurs viraux.À Montréal, sur la rue Royalmount, nous disposons d\u2019une installation unique au Canada ayant la capacité de produire des vecteurs à une échelle préindustrielle.Non seulement, nous avons développé des procédés qui sont de qualité suffisante pour fabriquer des lots cliniques, mais en plus, nous pouvons en produire de grandes quantités », af firme Bernard Massie, gestionnaire principal du secteur Thérapeutiques en santé humaine du CNRC.«Toutefois, nous ne disposons pas de laboratoires nous permettant de faire la production dans des conditions de bonnes pratiques de fabrication [BFP] requises pour la préparation de produits pharmaceutiques destinés aux humains.» Un labo tout prêt\u2026 ou presque Pourtant, à l\u2019hôpital Maison- neuve-Rosemont toutes les infrastructures nécessaires existent déjà au Centre d\u2019excellence en thérapie cellulaire (CETC).Ce centre a en effet été conçu pour permettre la production de vecteurs viraux, mais à l\u2019époque de son érection, le financement n\u2019a pas été suffisant pour réaliser cette section réservée à la thérapie génique.«Les salles ont déjà été dessinées, elles sont aménagées et prêtes à recevoir l\u2019équipement qui permettra de produire différents types de vecteurs viraux pour la thérapie génique.Ces salles sont situées dans un centre qui possède déjà une expertise en manipulation de cellules destinées à être administrées chez l\u2019humain.Le personnel est entraîné à travailler dans des salles blanches », confirme le Dr Denis-Claude Roy, directeur scientifique du CETC, qui juge avoir besoin de 3 à 4 millions pour équiper les salles destinées à la fabrication de vecteurs viraux.« Beaucoup de nos chercheurs ont des idées géniales, mais ils sont contraints d\u2019en vendre la propriété intellectuelle pour presque rien à des compagnies qui font valoir qu\u2019elles devront investir plusieurs millions de dollars pour les amener en clinique.Mais si nos chercheurs peuvent éprouver leurs découver tes par des études cliniques ici, avec des vecteurs que nous produirons, et qu\u2019ils démontrent que leur produit est intéressant, ils donneront ainsi une valeur commerciale à leurs découvertes, explique le Dr Roy.Des biotechs québécoises ou canadiennes qui ont construit de nouveaux vecteurs et qui désirent les rendre disponibles en clinique voudraient aussi faire af faire avec une organisation comme la nôtre parce que les rares compagnies privées qui pourraient le faire exigent des prix prohibitifs.» Des demandes de financement ont été présentées à la Fondation canadienne pour l\u2019innovation ainsi qu\u2019au ministère de l \u2019Économie, de la Science et de l \u2019Innovation (MESI) du Québec.Le Dr Roy espère que les décideurs comprendront à quel point ce projet est prometteur.Le Devoir A 5 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 5 E T D I M A N C H E 1 6 A V R I L 2 0 1 7 REPARER LES GENES A 4 4 1 1 2 2 Des thérapies géniques made in Québec 3 à 4 millions Pour équiper les salles destinées à la fabrication de vecteurs viraux.2 à 18 millions $US Pour faire produire les vecteurs viraux aux États- Unis.Méthodes d\u2019administration Gène normal Modification des cellules IN VIVO Modification des cellules EX VIVO Gène normal Le vecteur viral est directement injecté dans l\u2019organe cible Le gène normal est transféré dans un vecteur viral Le vecteur viral pénètre dans les cellules souches prélevées chez le patient Les cellules se multiplientet expriment le gène normal Les cellules modifiées sont réinjectées dans l\u2019organisme Vecteur viral Prélèvement de cellules souches dans la moelle osseuse Le Dr Touzot a reçu le mandat de développer à Montréal des thérapies géniques ayant pour cible des maladies génétiques, mais aussi le cancer.TEXTES DE PAULINE GRAVEL PHOTOS DE GUILLAUME LEVASSEUR Le Centre d\u2019excellence en thérapie cellulaire (CETC) de l\u2019hôpital Maisonneuve-Rose- mont possède des salles blanches qui permettraient de produire des vecteurs viraux dans des conditions de bonnes pratiques de fabrication (BFP) requises pour la préparation de produits pharmaceutiques destinés aux humains.Les BFP requièrent des conditions d\u2019asepsie élevées, dont notamment des salles confinées où l\u2019air est filtré et purifié.Effet fondateur Un effet fondateur se produit lorsqu\u2019un petit groupe d\u2019immigrants s\u2019établit sur un territoire inoccupé et se reproduit en vase clos.Au Québec, un tel effet fondateur, conjugué à une forte natalité, a accru le nombre d\u2019individus porteurs de certaines mutations génétiques rares, ce qui a fait croître la probabilité que deux personnes porteuses de la même mutation se marient et donnent naissance à des enfants dotés de deux copies de la mutation qui entraînent le développement d\u2019une maladie grave.L a thérapie génique vise à rétablir la fonction du gène portant une mutation.Pour ce faire, on insère dans le génome des cellules af fectées une copie normale du gène muté.Dans un avenir prochain, on réparera le gène défectueux grâce au fameux système CRISPR/Cas9.Méthode classique Actuellement, la thérapie gé- nique ne peut être envisagée que pour des maladies causées par une mutation qui empêche le fonctionnement du gène dans lequel elle se situe.Dans de tels cas, le gène muté ne produit pas suffisamment, ou pas du tout, la protéine qu\u2019il devrait fournir normalement à l\u2019organisme.On s\u2019applique alors à introduire dans les cellules des tissus af fectés une copie normale de ce gène, qui compensera le gène déficient.Pour assurer la livraison de cette copie normale du gène, on a recours à des virus qui ont été atténués et ont perdu leur capacité de se répliquer.Vecteurs En raison de leur propension à infecter les cellules, les virus constituent d\u2019excellents vecteurs.Le Dr James Wilson du Rose H.Weiss Orphan Disease Center de la Perelman School of Medicine à la University of Pennsylvania a découvert en 2000 la famille des virus adéno- associés (AAV), qui infectent tous les humains sans les rendre malades.«Il s\u2019agit de virus latents qui sont très stables et faciles à produire.Ils sont capables d\u2019acheminer le gène jusque dans le noyau des cellules.Et ils ne causent pas d\u2019inflammation et n\u2019activent pas la réponse immunitaire», a-t-il précisé au Devoir lors de son passage au Québec en février dernier.Le Dr Wilson a identifié plus d\u2019une centaine de ces nouveaux AAV.Chaque sous-type infecte mieux certains tissus que d\u2019autres.Selon le tissu qui est visé par la thérapie gé- nique, on choisit donc un sous- type plutôt qu\u2019un autre.« Les AAV pénètrent dans le noyau des cellules, mais ils ne s\u2019intègrent généralement pas dans le génome.Le gène qu\u2019ils contiennent s\u2019exprime sans avoir besoin de s\u2019intégrer, c\u2019est ce qui est important », précise le Dr Daniel Gaudet, professeur au Département de médecine de l\u2019Université de Montréal.In vivo Cynthia Turcotte, qui est atteinte d\u2019hyperchylomicronémie familiale (HF), a subi en 2009 une thérapie génique expérimentale qui utilise des AAV conçus par le Dr Wilson.Ces AAV devaient acheminer une copie normale du gène responsable de la production de la lipase lipoprotéine (LPL), une enzyme qui débarrasse le sang des gras alimentaires qui y sont déversés lors d\u2019un repas, dans ses cellules musculaires, où est normalement synthétisée la LPL.Les études cliniques menées sur cette thérapie génique (appelée Glybera) par le Dr Daniel Gaudet au Centre études cliniques Eco- gene-21 de Chicoutimi ont finalement abouti à son approbation par l\u2019Agence européenne des médicaments.«Il s\u2019agit à ce jour de la seule thérapie génique autorisée en Occident », souligne fièrement le Dr Gaudet.Pour Cynthia Turcotte, cette thérapie lui a permis de « gagner un peu de qualité de vie et sur tout d\u2019estomper la peur de souf frir à nouveau d\u2019une pancréatite aiguë», une complication de l\u2019HF qui peut laisser de sérieuses séquelles et même causer la mort.«Une limite de cette méthode est qu\u2019il n\u2019y a pas moyen de réguler finement l\u2019expression du gène correcteur que l\u2019on introduit dans la cellule, car son expression est en général contrôlée par les séquences de régulation du vecteur viral.L\u2019expression du gène correcteur est continue et toujours la même, alors que, n o r m a l e m e n t , dans une cellule humaine, elle subit des modulations », ajoute le Dr Fabien Touzot, clinicien chercheur dans le service d\u2019immunologie et rhumatologie pédiatrique du CHU Sainte-Justine.Ex vivo La thérapie génique qu\u2019a reçue le petit Zak cette semaine (voir texte en page A 1) se déroule un peu différemment.Il y a quelques semaines, on a prélevé de 50 à 100 ml de moelle osseuse dans l\u2019os de sa hanche dans le but de recueillir des cellules souches hématopoïétiques (CSH), qui produisent toutes les cellules du sang : plaquettes, globules rouges et globules blancs, dont les lymphocytes T, chefs de file de l\u2019immunité.En laboratoire, ces CSH ont été mises en présence de rétrovirus de la famille du VIH \u2014 ayant été inactivés et ayant perdu la capacité de se multiplier \u2014 dans lesquels on avait introduit une copie normale du gène ADA portant la mutation.Lorsque les rétrovirus infectent les CSH, le gène correcteur s\u2019intègre dans le génome des CSH, qui acquièrent ainsi la capacité de produire des cellules sanguines parfaitement normales.Cette semaine, on a réinjecté par transfusion ces CSH modifiées à Zak après lui avoir administré une chimiothérapie destinée à détruire ses CSH anormales.Les CSH contenant une copie normale du gène ADA devraient maintenant migrer dans sa moelle osseuse, où elles produiront des cellules sanguines normales.Le principal risque associé à cette méthode est le fait que « les virus contenant le gène correcteur s\u2019intègrent à un endroit aléatoire du génome de la cellule.Lors des premiers essais de thérapie génique, il y a eu des inser tions près de gènes suppresseurs de tumeurs qui ont entraîné des anomalies de ces gènes et abouti au développement de leucémies, dont l\u2019une fut mortelle.Mais depuis on a beaucoup amélioré les vecteurs viraux de façon à ce qu\u2019ils n\u2019interviennent pas sur les gènes avoisinant leur site d\u2019insertion », rappelle le Dr Touzot avant de souligner que « les patients qui ont subi cette thérapie génique en 1999-2000 sont toujours guéris de leur déficit immunitaire ».L\u2019édition de gènes avec CRISPR/Cas9 L\u2019approche qui sera adoptée dans un avenir prochain sera microchirurgicale et permettra de réparer la mutation présente dans le gène.Cette approche, qui n\u2019a pas encore été expérimentée chez l\u2019humain, fait appel au système CRISPR/Cas9, qui a le pouvoir de couper les brins d\u2019ADN du génome à des endroits très précis si on lui fournit des repères sous la forme d\u2019un petit ARN guide.Dans un vecteur viral, on introduira le gène codant pour l\u2019enzyme Cas9, l\u2019ARN guide lui permettant de couper le brin d\u2019ADN de part et d\u2019autre du gène muté, ainsi qu\u2019« une copie du gène normal, qui servira de séquence modèle au système de réparation de la cellule qui corrigera l \u2019anomalie génétique.Ainsi, le gène que nous réparons reste sous le contrôle des séquences de régulation de la cellule », explique le Dr Tou- zot, qui a été recruté par le CHU Sainte-Justine pour mettre en œuvre cette approche thérapeutique au Québec.Le Devoir Techniques d\u2019administration de la thérapie génique L\u2019immunothérapie du cancer L\u2019utilisation de la thérapie génique pour s\u2019attaquer au cancer est l\u2019une des voies les plus prometteuses de traitement pour cette impitoyable maladie.La technique consiste à prélever des cellules immunitaires du patient, en l\u2019occurrence des lymphocytes T, dans lesquelles on insère un gène codant pour un récepteur qui s\u2019exprimera à leur surface.Ce récepteur permettra à ces lymphocytes T de reconnaître les cellules cancéreuses, de les repérer, et ensuite de les détruire.«On peut même imaginer de transférer ce gène à des cellules souches hématopoïétiques, ce qui permettrait une production quasiment continue de lymphocytes T ciblant les cellules cancéreuses», avance le Dr Fabien Touzot.Pour quelles maladies ?Diverses maladies monogé- niques telles que : Des déficits immunitaires, dont le déficit immunitaire combiné sévère (SICS) Des maladies de l\u2019hémoglobine, telles que la bêta-thalas- sémie et la drépanocytose ou anémie falciforme; Le déficit de la coagulation, dont l\u2019hémophilie B; Des maladies du foie, dont la tyrosinémie héréditaire hé- patorénale et l\u2019hypercholes- térolémie familiale; Des maladies de la rétine, comme la rétinite pigmentaire; Des pathologies affectant le cerveau ou les neurones moteurs qui commandent la contraction des muscles, dont l\u2019ataxie de Friedreich, la dystrophie musculaire de Duchenne, l\u2019amyotrophie spinale et certaines formes de sclérose amyotrophique latérale (SLA).L\u2019approche qui sera adoptée dans un avenir prochain sera microchirurgicale et permettra de réparer la mutation présente dans le gène «Nous aimerions produire au Québec les vecteurs viraux que nous aurons développés nous-mêmes pour nos thérapies géniques» J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U T out en s\u2019excusant du fait que sa série ait pu heurter certaines sensibilités, la direction de la CBC a continué de défendre cette semaine Canada : The Story of Us en soutenant qu\u2019elle sera l\u2019objet de matériel éducatif, disponible d\u2019ici la fin du printemps.Le débat a été du coup relancé.Selon la direction de l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Amérique française (IHAF), principale association d\u2019historiens professionnels du Québec, la perspective de Canada: The Story of Us «repose à la fois sur une confusion des genres et sur la décision des concepteurs de se priver de l\u2019expertise variée des historiens et de la qualité du rappor t au passé qu\u2019ils peuvent offrir».Pour l\u2019IHAF, la confusion des genres est telle dans les épisodes qu\u2019il convient d\u2019affirmer qu\u2019« il ne s\u2019agit pas d\u2019une série historique et, à ce titre, elle ne correspond pas au contenu des programmes d\u2019enseignement de l\u2019histoire».À la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ), le président Raymond Bédard considère que la volonté de la CBC de décliner la série sous forme de matériel pédagogique est aberrante.« Ils ne sont vraiment pas sérieux.Avec des collègues, on en parle : c\u2019est une histoire à eux.[\u2026] Je suis un peu outré qu\u2019ils pensent à proposer ça comme matériel d\u2019enseignement.» Selon le président de la SPHQ, « les professeurs d\u2019histoire n\u2019utiliseront pas ça».Il ne comprend pas par ailleurs pourquoi la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, se refuse à commenter la série.« C\u2019est aberrant qu\u2019elle ne réagisse pas.Elle devrait venir assister à nos cours d\u2019histoire.Elle verrait que le Canada, contrairement à ce que dit son premier ministre, ne commence pas avec la bataille de Vimy.» Dans les ministères La porte-parole du ministre de l\u2019Éducation du Québec, Marie B.Deschamps, rappelle la demande du ministre des Relations canadiennes, Jean- Marc Fournier, d\u2019obtenir de vraies excuses de la CBC.Elle précise par ailleurs que la production de la CBC « n\u2019est pas du matériel pédagogique approuvé par le ministère».En Acadie, l\u2019onde de choc provoquée par la série se poursuit.La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Sylviane Lan- thier, n\u2019est « pas du tout enchantée » par l\u2019idée de voir cette série être utilisée désormais par des professeurs.La série, dit-elle au Devoir, « présente un point de vue réducteur sur la présence française au Canada».La FCFA ne se contente pas des excuses formulées par la CBC.« C\u2019est un peu comme si on disait \u201cOn s\u2019excuse, mais on continue\u201d.CBC dit qu\u2019elle va désormais faire des débats sur le Web pour équilibrer tout ça.On met de la sor te le fardeau d\u2019évoquer l\u2019histoire sur ceux qui considèrent que leur histoire n\u2019est pas bien représentée ! Et puis on continue quand même à dif fuser à des heures de grande écoute la série à des gens qui ne verront pas le débat qu\u2019elle engendre.» Dans une lettre adressée à Hubert Lacroix, le président de Radio-Canada, la FCFA affirme être inquiète « au plus haut point » de voir la série utilisée dans les écoles.« À notre sens, présenter cette série aux jeunes Canadiens et Canadiennes sans contexte additionnel reviendrait à promouvoir une vision clairement anglo- dominante de l\u2019histoire de notre pays.» Pas d\u2019intention Au ministère de l\u2019Éducation de la Nouvelle-Écosse, on affirme au Devoir qu\u2019«on verra» une fois le matériel proposé rendu disponible en juin.Au Nouveau-Brunswick, la porte-parole du ministère de l\u2019Éducation, Véronique La- casse, affirme de son côté qu\u2019il n\u2019y aura tout simplement pas d\u2019encouragement à utiliser du matériel pédagogique préparé à par tir de cette série de la CBC : « On n\u2019a pas le désir de faire quoi que ce soit avec ce matériel.» Le porte-parole de la ministre du Patrimoine a réitéré au Devoir que Mélanie Joly n\u2019entend toujours pas commenter le contenu de la série.«La ministre a été claire : on a entendu les critiques.Et c\u2019est à CBC de répondre à ces inquiétudes, notamment en ce qui concerne le matériel pédagogique», a expliqué son attaché de presse.La CBC a confirmé au Devoir qu\u2019elle maintient son « intention de rendre disponible la série et son matériel pédagogique complémentaire sur curio.ca ».Le Devoir Faut-il utiliser la série «Story of Us » en classe ?Des provinces affichent leur prudence dans l\u2019attente du matériel pédagogique tiré du docudrame de la CBC L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 5 E T D I M A N C H E 1 6 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 6 *Plus taxes, réduction sur le prix en kiosque WWW.VELOMAG.COM/CONCOURS2017 DÉCOUVREZ LE NOUVEAU GUIDE D\u2019ACHAT MONTAGNE 1 AN = 25 $ (40 % de réduction)* 2 ANS = 41 $ (51 % de réduction)* 3 ANS = 57 $ (54 % de réduction)* Et participez au concours en vous abonnant dès maintenant à un tarif exeptionnel : GRAND CONCOURS PLUS DE 6 500 $ EN PRIX À GAGNER PHOTOS : ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR, BOB CHWEDYK ASSOCIATED PRESS, GALI TIBBON AGENCE FRANCE-PRESSE Vendredi saint La traditionnelle Marche du Pardon a été célébrée par plusieurs fidèles partout à travers le monde à l\u2019occasion du Vendredi Saint.À Montréal, l\u2019Archevêque de Montréal, Mgr Christian Lé- pine a pris part à la procession des pèlerins qui se sont arrêtés devant plusieurs églises de la métropole.En banlieue de Chicago, aux États-Unis, l\u2019homme qui joue Jésus est flagellé par des soldats romains pendant qu\u2019il porte la croix sur le chemin de souffrance.À Jérusalem, les pèlerins chrétiens marquent cet anniversaire en marchant du jardin de Gethsémani, sur le Mont des Oliviers, jusqu\u2019à l\u2019église du Saint Sépulcre, au milieu de la vieille ville, un ancien sanctuaire, qui a été construit selon les chrétiens sur le site original de la crucifixion et l\u2019enterrement de Jésus.J E A N N E C O R R I V E A U A u cours des dernières années, de grands pas ont été franchis afin de faciliter la conciliation travail-famille pour les élus municipaux montréa- lais.Dans un avis qu\u2019il vient de publier, le Conseil des Mont- réalaises propose à la Ville d\u2019aller encore plus loin en envisageant notamment de revoir l\u2019horaire des séances des commissions et des consultations publiques.En juin 2015, la tenue des assemblées du conseil municipal de Montréal a été devancée d\u2019une heure afin de permettre aux élus de terminer leurs débats à 22 h au lieu de 23 h.Le changement n\u2019est pas aussi mineur qu\u2019il peut le paraître.« Ça sert tout le monde, pas seulement ceux qui ont des enfants, signale la conseillère Émilie Thuillier.Après 22 h, personne n\u2019est très efficace.» Plusieurs élus sont même d\u2019avis que le conseil devrait ajourner ses travaux après la période de questions des citoyens le lundi.Au fil des ans, d\u2019autres améliorations dans les conditions de travail des élus montréa- lais ont été apportées.Ceux-ci ont désormais droit à un congé parental de 18 semaines sans risque de perdre leur siège.Il s\u2019agit là d\u2019un traitement auquel n\u2019ont même pas accès les députés provinciaux et fédéraux.Dans l\u2019avis qui sera déposé à la prochaine assemblée du conseil municipal, le Conseil des Montréalaises recommande à la Ville de pousser plus loin sa réflexion pour aider les élus à concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale.Il recommande notamment une révision des plages horaires des commissions et des consultations publiques qui se tiennent généralement en soirée.La conseillère Elsie Lefebvre croit que de tels aménagements sont souhaitables.La commission de l\u2019environnement qu\u2019elle dirige tient désormais trois réunions sur quatre le jour, indique-t-elle : «Ce sont des petits changements, qui ne bouleversent pas l\u2019institution, mais qui font une grosse dif fé- rence dans le quotidien.» Ces changements font d\u2019ailleurs l\u2019af faire des organismes communautaires qui veulent par ticiper à ces réunions, de même que les personnes âgées qui n\u2019aiment pas se déplacer le soir.Viser la parité Le Conseil des Montréa- laises croit aussi que la Ville devrait mettre plus de personnel administratif à la disposition des élus.Et que l\u2019attribution de ce personnel soit encadré «par un processus non partisan», précise-t-on.L\u2019organisme prône aussi la parité hommes-femmes au sein des instances et des commissions, suggérant « que les rémunérations de ces commissions et instances respectent le principe de l\u2019équité salariale».Des progrès ont tout de même été observés au cours des dernières années à cet égard.La propor tion des femmes au sein des commissions est passée de 35,8 % en 2011 à 47,4% en 2016, note-t-on.À ce sujet, Émilie Thuillier déplore que le maire de Montréal, qui a le pouvoir de nommer les membres des commissions et des diverses instances, détienne dans ses mains une masse salariale aussi importante.Faire des choix Au quotidien, la conciliation travail-famille s\u2019appuie aussi sur des choix.Elsie Lefebvre arrive systématiquement à 8h45 aux réunions du comité exécutif le mercredi même si celles-ci commencent à 8 h.Car pour elle, reconduire ses enfants à l\u2019école est une priorité.La fonction d\u2019élu requier t aussi de faire acte de présence à des événements dans son arrondissement.Émilie Thuillier a fixé sa limite : trois soirées de travail par semaine, dit-elle.Père d\u2019un garçon depuis septembre dernier, le maire d\u2019arrondissement François Croteau reconnaît faire un tri dans les invitations.« C\u2019est une question de choix et d\u2019équilibre.La représentation sur le terrain, ça fait partie du travail, mais on n\u2019est pas obligé d\u2019être partout et de participer à tous les événements.Ce n\u2019est pas ça qui va faire que les services aux citoyens vont être meilleurs », dit-il.Le Devoir AVIS DU CONSEIL DES MONTRÉALAISES Des idées pour concilier famille et politique On n\u2019a pas le désir de faire quoi que ce soit avec ce matériel Véronique Lacasse, porte-parole du ministère de l\u2019Éducation du Nouveau-Brunswick « » Ça sert tout le monde, pas seulement ceux qui ont des enfants Émilie Thuillier, conseillère municipale d'Ahuntsic « » Femmes autochtones: report des consultations régionales de l\u2019Enquête nationale L\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées a décidé de reporter ses prochaines consultations régionales.La semaine dernière, des groupes militant pour les droits des femmes autochtones avaient manifesté de l\u2019inquiétude, affirmant que la commission n\u2019avait pas adéquatement tenté de joindre les familles.La commission tient des consultations régionales dans le but d\u2019obtenir des conseils sur les enjeux devant être abordés au cours de ses audiences publiques qui doivent commencer le mois prochain.L\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées a publié un communiqué, tard jeudi, indiquant avoir reçu des commentaires négatifs au sujet des consultations régionales qu\u2019elle mène en ce moment.«Les renseignements obtenus à Whitehorse [\u2026] et ailleurs au pays ont révélé que le processus de consultation régionale doit être reformulé », pouvait-on lire.« On nous a conseillé de réfléchir à notre démarche, afin de veiller à ce qu\u2019à l\u2019avenir, nous soyons en mesure de nous adapter aux besoins des différentes régions, différents peuples et différentes collectivités », ajoutait- on.Les prochaines consultations devaient avoir lieu à Edmonton et à Thunder Bay.La commission n\u2019avait pas fourni de nouvelles dates pour ces rencontres.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 5 E T D I M A N C H E 1 6 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 7 HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Collaboration spéciale I l fait \u201315 °C à l'extérieur, sans compter le vent glacial qui s\u2019engouffre dans la petite rue Saint-Roch.Dehors, le verglas a tout ?gé mais, en face, l\u2019église orthodoxe Evangelis- mos Tis Theotokou, avec ses touches de bleu ciel et de blanc, rappelle l\u2019architecture des îles grecques ensoleillées.C\u2019est aujourd'hui jour de funérailles et le jeune révérend Dimitri termine son café au comptoir avant de traverser la rue pour accueillir la famille et ses proches tout de noir vêtus.« Aujourd\u2019hui, nos morts reposent ici, à Montréal, à Laval, explique Mary Deros, conseillère municipale du district.Cet été, j\u2019ai un oncle qui est décédé en Grèce alors qu\u2019il était en vacances.Son corps a été ramené pour qu\u2019il repose ici.C\u2019est la preuve que nous nous sentons maintenant complètement Québécois.» Quelque 86 000 Québécois revendiquent des origines helléniques, en très grande majorité dans la région métropolitaine.Si quelques Grecs sont arrivés ici au tournant du XXe siècle, la plupart sont venus d\u2019abord pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors que leur pays était occupé par l\u2019Allemagne nazie et l\u2019Italie fasciste, et ensuite durant la dictature des colonels, entre 1967 et 1974.La koinatita «Ils sont arrivés sans diplôme, raconte Andreas Crilis, vice-président de la Communauté hellénique du Grand Montréal et patron d\u2019une entreprise de service d\u2019entretien des hottes dans les restaurants.Nos pères ont travaillé à l\u2019usine, nos mères dans l\u2019industrie du vêtement.Quant à nous, les enfants, nous sommes allés à l\u2019école anglaise car à l\u2019époque, les écoles françaises refusaient les élèves qui n\u2019étaient pas catholiques.» Nombreux sont ceux qui s\u2019installèrent dans Parc-Extension.C\u2019est là qu\u2019ils furent accueillis par la communauté of?ciellement constituée en 1906, la koinatita, comme ils la nomment.Aujourd\u2019hui, ils sont nombreux à être partis vers Laval ou la Rive-Sud.Mais les grands moments de rassemblement se tiennent toujours dans le quartier.«Le jour du défilé de notre fête nationale du 25 mars 1979, il neigeait, se souvient M.Crilis.Il n\u2019y avait que des Grecs et c\u2019était ici, dans la rue Saint-Roch.Aujourd\u2019hui, le défilé a pris de l\u2019ampleur et c\u2019est toutes les communautés qui sont invitées à fêter avec nous.Cela se passe désormais rue Jean-Talon.Ce jour-là, la rue est fermée et elle est complètement bleue.» Des rassemblements qui ont principalement lieu lors des grandes fêtes religieuses que sont, pour les orthodoxes, Pâques et l\u2019Assomption de la Vierge Marie le 15 août.C'est l\u2019occasion de communier tous ensemble, mais aussi de danser, d\u2019écouter de la musique et de cuisiner les mets typiques de leur région d\u2019origine.«Les valeurs de la Grèce restent très fortes dans la communauté, indique Dimitri Ilias, chanteur d\u2019opéra, qui, avec sa compagne Maria Diamantis, contribue à transmettre la culture grecque aux jeunes générations à travers la musique.Lors de ces fêtes, ce sont toutes les générations qui se retrouvent.» Socrates et Démosthène Ils af?rment d\u2019ailleurs que les jeunes sont très friands de cette culture hellénique.Si la langue tendait à se perdre auparavant à la deuxième génération \u2014 les premiers arrivants, trop occupés au quotidien à nourrir leur famille, n\u2019ayant pas toujours fait l\u2019effort de la transmettre \u2014, les nouvelles générations, elles, sont très ?ères de pouvoir la parler.Un renouveau qu\u2019on doit notamment aux écoles grecques Socrates et Démosthène.Dimitri Ilias fréquente régulièrement les jeunes de ces établissements dans le cadre de ses activités musicales.« Ils ont une fierté à la fois d\u2019être Grecs et de vivre ici, au Québec, assure-t- il.Je crois pouvoir dire que notre génération à nous a bien réussi.On retrouve aujourd\u2019hui des Grecs dans toutes les sphères de la société.Il y a des avocats, des médecins, des sportifs, nous sommes dans le milieu culturel, un petit peu en politique.Et je suis certain que ça va aller en s\u2019amplifiant.» Nouvel eldorado Il dépeint également une communauté ouverte, qui a su prendre le meilleur de Montréal.Une communauté susceptible de faire évoluer les mentalités en Grèce même, où la population est surtout blanche et orthodoxe, alors que le pays est frappé par une grave crise économique et l'af?ux de réfugiés syriens.Andréas Crilis croit même que la crise va grossir les rangs de la communauté héllenique de Montréal de professionnels à la recherche d\u2019un nouvel eldorado.« On voit même un retour de ceux qui étaient partis se réinstaller en Grèce et de leurs enfants, nés ici et qui ont donc la citoyenneté, signale Marie Deros.Pour eux, c\u2019est plus facile de débarquer.La communauté est en train de changer.Mais s\u2019il y a bien une chose dont je suis fière, c\u2019est que nous ne vivions pas aux crochets de la société.Nous sommes des travailleurs et des contribuables.C\u2019est sans doute cela, notre plus grande contribution à Montréal.» La semaine prochaine : les communautés noires Des Grecs fiers de leurs traditions CONTENU COMMANDITÉ PAR LA SOCIÉTÉ DES CÉLÉBRATIONS DU 375E ANNIVERSAIRE DE MONTRÉAL Trois petites tables accueillent désormais les clients de la pâtisserie Afroditi, où ils peuvent déguster un bon café accompagné de petits biscuits aux amandes ou au miel dont les Grecs ont le secret.C\u2019est ici, rue Saint-Roch, au cœur du quartier Parc-Extension qui les a accueillis, eux ou leur famille, il y a plusieurs décennies de cela, que quelques membres de la communauté hellénique ont donné rendez-vous au Devoir un matin froid de février.Le Devoir poursuit cette semaine, en collaboration avec la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, la publication de sa série de portraits des communautés culturelles qui ont bâti le Montréal d\u2019aujourd\u2019hui.Prenez part à la ligne du temps participative du 375e de Montréal Explorez les petits et grands moments de l\u2019histoire de Montréal 375mtl.com/lignedu temps MONTRÉAL COULEURS CAFÉS Guillaume Levasseur Dimitri Ilias, directeur musical, Andreas Crilis, vice-président de la Communauté hellénique du Grand Montréal, et Marie Deros, conseillère municipale de Parc-Extension.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec S ylvain Lafrenière presse les membres de Québec solidaire de sortir des sentiers battus afin de « faire le plein » de nouveaux appuis en vue des prochaines élections générales.L\u2019aspirant co-porte-parole de QS a dans sa mire les électeurs « tannés des vieux par tis », y compris les sympathisants de la Coalition avenir Québec.«[Ils] ne sont pas nécessairement tous très à droite.J\u2019entends souvent des gens dire : \u201cJ\u2019hésite entre vous et la Coalition avenir Québec\u201d», affirme le conseiller budgétaire dans un entretien avec Le Devoir.Qui plus est, le programme de QS est, selon lui, collé à leurs «préoccupations».«Mais on n\u2019arrive pas à passer notre message comme il le faut», constate-t-il avec regret.Même chose avec les «anglophones » ou encore les « personnes racisées», auxquels il dit : «Arrêtez de voter pour ce parti qui fait plus de clientélisme [\u2026] qu\u2019autre chose.» «Ils aimeraient avoir un véhicule comme Québec solidaire.Je pense qu\u2019ils nous font confiance», indique-t-il.Contre la convergence Cependant, une alliance électorale avec le PQ stopperait toute avancée dans bon nombre de circonscriptions traditionnellement acquises au Parti libéral du Québec, avertit-il.Trois ans après l\u2019épisode de la charte des valeurs, «ils sentent encore qu\u2019il y a une menace pour eux avec le Parti québécois».Pour cette raison et bien d\u2019autres, M.Lafrenière presse les membres de Québec solidaire de rejeter catégoriquement les appels du pied du PQ lors du congrès annuel de mai prochain.L\u2019homme âgé de 54 ans craint de voir QS être «piégé » dans une négociation par le PQ, qui a trahi sa « confiance » à plusieurs reprises dans le passé.«Je ne suis pas convaincu que [l\u2019élection d\u2019un gouvernement péquiste en 2018] améliorerait le sor t de la population tant que ça », lance-t-il sans détour.La question de la « convergence » divise les candidats au poste de co-porte-parole.En ef fet, Jean-François Lessard plaide en faveur d\u2019une d\u2019alliance non sans condition avec le PQ tandis que Gabriel Na- deau-Dubois a été peu loquace sur le sujet.«Leadership collaboratif» Sylvain Lafrenière refuse de laisser le champ libre à l\u2019ex-fi- gure de proue du Printemps érable, qui, selon lui, n\u2019a pas encore fait ses classes pour assumer les responsabilités de porte-parole.Pour M.Lafrenière, QS a tout à gagner à compter sur un porte-parole qui, comme lui, «connaît un peu le parti».«Peut-être que je suis l\u2019anti- Gabriel là-dessus.Ce n\u2019est pas dans ma nature d\u2019arriver dans une organisation que je ne connais pas et de me présenter tout de suite comme porte-parole ou chef», lâche-t-il.Le militant communautaire promet d\u2019exercer un « leadership collaboratif » si les membres le choisissent.L\u2019entrée en scène de «GND», il y a plus de cinq semaines, en a bousculé plus d\u2019un dans les rangs de la formation politique de gauche.L\u2019ex-por te-parole étudiant «est arrivé très ferme sur trois propositions» : moderniser l\u2019implication militante dans le parti, recruter de nouveaux visages et favoriser une fusion avec Option nationale \u2014 ce à quoi s\u2019oppose également M.Lafrenière.« La fusion pose problème » puisqu\u2019elle forcerait QS à mettre au rancard sa promesse de tenir une assemblée constituante ouverte.«J\u2019y tiens encore.» Le Devoir QUÉBEC SOLIDAIRE La grande séduction Le candidat Sylvain Lafrenière souhaite attirer les électeurs délaissés par les « vieux partis » GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Candidat au poste de porte-parole masculin de Québec solidaire, Sylvain Lafrenière se méfie d\u2019une alliance électorale avec le Parti québécois.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es militants et les candidats eux-mêmes se plaignaient du format trop rigide des débats entre aspirants chefs du Parti conservateur.Le parti les aura entendus.Il modifie la formule pour le dernier affrontement avant le vote, question de permettre plus d\u2019échanges entre les 14 adversaires.Kevin O\u2019Leary se dit satisfait et fera donc acte de présence.Le débat bilingue de Toronto aura lieu le 26 avril et sera crucial dans la mesure où, deux jours plus tard, les militants commenceront à remplir leur bulletin de vote.Pour cette ultime joute, le parti remise la formule traditionnelle des 14 candidats alignés sur scène répondant à tour de rôle à une question sans véritable échange.Trois sous-groupes seront plutôt créés par tirage au sort (deux de cinq candidats, un de quatre).Chaque sous-groupe montera sur scène à tour de rôle.Une seule question sera posée afin d\u2019encourager les adversaires à s\u2019affronter.Le second segment du débat ramènera tout le monde sur scène et chacun disposera de 90 secondes pour débiter une dernière fois son boniment.Après chaque laïus, les adversaires pourront répliquer.O\u2019Leary ravi Dans le camp de Kevin O\u2019Lear y, on se dit ravi des changements apportés.«Nous sommes heureux que le parti ait pris en compte les préoccupations de M.O\u2019Leary et des autres candidats, écrit au Devoir son porte- parole, Ari Laskin.Nous participerons au débat du 26.» M.O\u2019Leary avait boudé le débat d\u2019Edmonton à la fin de février, sous prétexte que la formule ne lui convenait pas.Il a dû payer l\u2019amende de 10 000$ imposée par le par ti.Kevin O\u2019Lear y s\u2019est lancé dans la course à la chefferie le lendemain du seul débat uniquement en français tenu à Québec.Dans les coulisses de certaines campagnes, on se plaint de ces débats à 14 qui n\u2019ont pas permis aux meneurs de véritablement s\u2019affronter et de se démarquer.Dans au moins deux camps on estime que le parti aurait dû organiser une sorte de « primaire » pour éliminer à mi-course les candidats les moins populaires.Une personne critique même les candidats eux-mêmes.«Les sept derniers vont avoir nui grandement à la course.Beaucoup de membres vont leur en vouloir d\u2019être restés jusqu\u2019à la fin.» Les sondages indiquent systématiquement que Maxime Bernier et M.O\u2019Leary arrivent en tête des intentions de vote des militants avec environ 20% chacun.Andrew Scheer et Erin O\u2019Toole sont présentés comme les candidats du compromis.Les ex-ministres Kellie Leitch, Lisa Raitt et Michael Chong sont en milieu de peloton eux aussi.Les sept autres candidats récoltent chacun moins de 5% des intentions de vote (Steven Blaney, Brad Trost, Pierre Le- mieux, Chris Alexander, Andrew Saxton, Deepak Obhrai et Rick Peterson).Ces intentions de vote sont trompeuses, car le vote est préférentiel et pondéré géographiquement.Le nouveau chef sera connu le 28 mai.Le Devoir PARTI CONSERVATEUR Ravi de la formule remaniée, O\u2019Leary prendra part au prochain débat Peut-être que je suis l\u2019anti-Gabriel là-dessus Sylvain Lafrenière, candidat au poste de porte-parole masculin de Québec solidaire, à propos de sa connaissance du parti « » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 5 E T D I M A N C H E 1 6 A V R I L 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites 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David Lefneski a aujourd\u2019hui les coudées franches à 57 ans, il n\u2019en a pas toujours été ainsi dans sa vie.Ce grand gaillard à lunettes, toujours affable et souriant, a grandi au sein d\u2019un culte fondamentaliste de Guelph, en Ontario.«Chaque fois que j\u2019ai changé d\u2019Église, c\u2019était pour des raisons d\u2019exclusion.Lorsque j\u2019ai embrassé un homme pour la première fois à 27 ans [il était alors pasteur pentecôtiste à Montréal-Nord, marié et père de deux enfants], j\u2019ai été expulsé de la paroisse le dimanche suivant.Après huit ans de travail dans une paroisse que j\u2019avais fondée.» Même sort dans l\u2019Église presbytérienne Saint- Luc, à Rosemont, où il officie les 10 années suivantes.Son statut de père divorcé est accepté, mais pas celui de pasteur gai.«Quand j\u2019ai assumé que mon amour pour un homme gai était un bon amour, j\u2019ai dû partir.Encore une fois.» C\u2019est l\u2019Église unie du Canada, reconnue pour accepter l\u2019homosexualité, qui est venue à sa rescousse.«Ils m\u2019ont dit : homme divorcé, papa gai, ce ne sont pas des empêchements pour nous.David, tu es un bon pasteur.C\u2019est tout ce qui compte.» Un culte pour tous Fort de cet appui, le pasteur maintenant dépêché dans Verdun ouvre progressivement les portes de son église aux « réfugiés spirituels » qui sollicitent ses services.Chacun arrive avec son histoire, parfois dramatique.«Le premier mariage gai que j\u2019ai célébré est celui de deux sœurs catholiques ayant choisi de vivre leur sexualité hors de l\u2019Église.C\u2019était un geste d\u2019amour très puissant.Pendant la cérémonie, j\u2019ai pleuré.» Au fil des ans, les demandes ont afflué : mariage d\u2019une chrétienne et d\u2019un musulman qui attendent un enfant, de catholiques divorcés, de couples de la communauté LGBT.En mars dernier, Katherine et sa conjointe, un couple de lesbiennes de Verdun, ont fait baptiser leur fils rue Clémenceau.Jointe par téléphone, la femme d\u2019origine américaine partage sa surprise d\u2019avoir trouvé un culte si accueillant.« Quand j\u2019ai ouvert le dépliant, c\u2019était écrit noir sur blanc qu\u2019ils acceptaient de célébrer les mariages et les baptêmes de familles LGBT.Je n\u2019avais jamais vu ça de ma vie ! J\u2019ai immédiatement su que notre famille recevrait un accueil inconditionnel et j\u2019en suis très reconnaissante.» Katherine, qui se définit comme pratiquante, reconnaît avoir délaissé la messe ces dernières années.« J\u2019étais tannée de faire des recherches et des vérifications\u2026 Car ce n\u2019est jamais clair si une Église est pour ou contre l\u2019homosexualité.» En fin de compte, le signal sans équivoque de l\u2019Église unie du Sud-Ouest l\u2019a convaincue de reprendre le rendez-vous dominical avec sa petite famille.L\u2019autre grande ouverture du pasteur Lefneski est envers le fait français.L\u2019histoire d\u2019amour part sur les chapeaux de roues, lors de son arrivée à Montréal avant le référendum de 1980.« Je suis dans la rue Sainte-Catherine et je vois une nuée de drapeaux bleus qui va du Métropolis jusqu\u2019au centre-ville.Les gens étaient venus écouter le prédicateur René Lévesque.C\u2019était ça, pour moi, le Québec : fervent, passionné ! Je me suis aussitôt senti chez moi.» Après un an d\u2019études à l\u2019Université Laval, il prêche en français à Montréal-Nord, puis à Rose- mont.On le retrouve plus tard à Verdun, où il tente de jeter des ponts entre les anglophones et les francophones.Les efforts sont là : site Web partiellement traduit en français, liturgie francophone à la demande, célébration d\u2019une messe communautaire bilingue une fois par mois à la mission.Tout cela, soulignons-le, dans une communauté principalement anglophone.Vivre la diversité à l\u2019ère de Trump Face à un président américain qui méprise les femmes, les Noirs, les Mexicains, les immigrants et les handicapés, on se demande bien comment réagit le pasteur.«Écoutez, on a assez de problèmes chez nous», répond-il avec détachement.En fait, David Lefneski agit là où il peut avoir un impact : en organisant un «Mini-Marché » et une cantine de fin de mois dans le quartier, en aidant une famille musulmane menacée d\u2019expulsion, en hébergeant un jeune réfugié.Quand la tuerie de Québec a eu lieu, le pasteur s\u2019est empressé de communiquer avec l\u2019imam du Centre islamique : « Est-ce qu\u2019il y a quelque chose que l\u2019on peut faire ensemble qui serait aidant ?» a-t-il demandé.Le résultat a été une vigile de 150 personnes dans le parc du Souvenir, devant la mairie de Verdun.«Après la vigile, tout le monde s\u2019est réuni à la mosquée.C\u2019était beau.C\u2019était vrai.Du bon voisinage.» On imagine le pasteur à son aise dans la foule bigarrée.« Avec le recul, dit-il, je m\u2019aperçois que j\u2019ai toujours été habité par une soif d\u2019hospitalité radicale.» On ne peut mieux résumer son parcours.Collaboration spéciale Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PASTEUR frastructures qui permettraient de l\u2019offrir.On a diagnostiqué la maladie de Zak alors qu\u2019il n\u2019était âgé que de deux mois.«Zak ne prenait pas de poids et lors d\u2019une grosse fièvre, les médecins se sont rendu compte qu\u2019il souf frait d\u2019une infection urinaire et d\u2019une pneumonie.Quand on lui a administré des antibiotiques, ceux-ci n\u2019ont eu aucun effet.Une prise de sang a alors révélé que Zak ne possédait aucun lymphocyte T, ces cellules de l\u2019immunité qui reconnaissent les pathogènes \u2014 virus et bactéries \u2014 et participent à leur élimination», raconte au bout du fil Geneviève Beaudry, la maman de Zak, depuis Los Angeles.Les médecins du CHU Sainte-Justine ont alors réalisé que Zak était atteint d\u2019un déficit immunitaire combiné sévère (DICS) en raison d\u2019une mutation dans le gène codant pour l\u2019adénosine désaminase (ADA), une enzyme essentielle aux lymphocytes T et dont l\u2019absence provoque leur mort.Geneviève Beaudry et son mari ignoraient qu\u2019ils étaient tous les deux porteurs de cette mutation, et Zak a hérité de deux copies du gène portant cette mutation, l\u2019une de sa mère et l\u2019autre de son père.Zak a alors été placé en isolement et on a commencé à lui injecter chaque semaine un médicament renfermant l\u2019enzyme ADA, pour lui permettre d\u2019acquérir une certaine protection immunitaire.«À cinq mois, il a pu rentrer à la maison, car les médicaments l\u2019aidaient à combattre les microbes présents dans l\u2019environnement.Il ne devait toutefois pas entrer en contact avec d\u2019autres enfants ni avec des gens malades.Chaque semaine, on devait l\u2019amener à l\u2019hôpital pour vérifier qu\u2019il ne couvait pas d\u2019infections », poursuit Mme Beaudry.On a expliqué alors aux parents de Zak que le traitement classique de cette maladie génétique était la greffe de moelle osseuse.«Mais il nous fallait trouver du sang de cordon ou un donneur de moelle osseuse compatibles, ce qui s\u2019avérait extrêmement dif ficile, très long, voire impossible », se rappelle Mme Beaudr y.Sans donneur parfaitement compatible, le succès de la greffe est très variable en raison des risques de rejet et de mortalité, précise le Dr Élie Had- dad, chef du service d\u2019immunologie et rhumatologie pédiatrique du CHU Sainte-Justine.On a donc proposé aux parents de Zak un traitement expérimental : la thérapie génique.«On réfléchit deux fois à une thérapie expérimentale pour son enfant.La décision a été dif ficile, déclare la maman de Zak.Mais on nous a expliqué que depuis 16 ans ce traitement donnait de très bons résultats pour les DICS de type ADA et qu\u2019il évite toutes les réactions de rejet étant donné qu\u2019on injecte au patient ses propres cellules.» «Le pire qui puisse arriver est que la thérapie génique ne fonctionne pas.Dans ce cas, il restera toujours la gref fe de moelle osseuse.L\u2019autre bémol est qu\u2019on ne sait pas si cette thérapie fonctionnera toujours quand notre enfant aura 25 ou 50 ans.La modification génétique sera-t-elle toujours présente, sera-t-elle déréglée?On ne le sait pas, car les premiers essais cliniques ont été effectués il y a 16 ans.» Portés par l\u2019espoir, les parents se réjouissent de voir Zak en pleine forme malgré la chimiothérapie reçue avant de procéder au transfert de ses cellules souches contenant un gène ADA normal.À son retour à Montréal, Zak devra passer quatre semaines en isolement au CHU Sainte-Justine, soit le temps que ses cellules souches génétiquement modifiées fabriquent suffisamment de lymphocytes T pour lui assurer une bonne immunité.Un traitement en plein essor La thérapie génique a actuellement le vent dans les voiles.La mise au point de thérapies visant à guérir diverses maladies génétiques incurables, voire le cancer, foisonne, y compris au Québec.Ce dynamisme succède à une période plutôt sombre de ce secteur de recherche.« Il y a 20 ans, il y a eu un énorme enthousiasme pour la thérapie génique.Nous avons créé des comités à l\u2019hôpital.Il y avait une association québécoise de thérapie génique.On était très actif.Il y avait énormément d\u2019espoir », se souvient le Dr Grant Mitchell, spécialiste des maladies génétiques et métaboliques au CHU Sainte-Justine.Un arrêt forcé Puis, en 1999-2000, lors des premiers essais cliniques de thérapie génique pour le déficit immunitaire combiné sévère menés en France, plusieurs enfants ont développé une leucémie consécutive au traitement et l\u2019un d\u2019entre eux en est mort.«Tous les essais ont été stoppés pour essayer de comprendre ce qui se passait et pour chercher comment on pouvait éviter ce type d\u2019effets secondaires.Durant cette période, on a développé de nouveaux vecteurs viraux [pour acheminer le gène normal dans les cellules du patient] qui sont moins susceptibles d\u2019induire des cancers », af firme le Dr Fabien Touzot, clinicien- chercheur au CHU Sainte-Justine et ancien responsable du Laboratoire de thérapie cellulaire et thérapie génique de l\u2019hôpital Necker-Enfants malades à Paris.À la même époque, aux États-Unis, un jeune de 18 ans avait succombé aux ef fets secondaires d\u2019une thérapie génique qui consistait à introduire dans les cellules de son foie une copie fonctionnelle d\u2019un gène défectueux qui empêchait son organisme d\u2019éliminer l\u2019ammoniac produit lors du métabolisme des protéines.En raison de ce décès, la Food and Drug Administration (FDA) a interdit au Dr James M.Wilson, de l\u2019University of Pennsylvania, auteur de cette thérapie et responsable de l\u2019étude clinique à laquelle participait le jeune homme, d \u2019entreprendre tout nouvel essai pendant six ans.«L\u2019adénovirus qu\u2019il utilisait alors comme véhicule pour acheminer la copie normale du gène avait induit une réponse immunitaire contre les cellules qui avaient été infectées par ce virus, ce qui a conduit au décès du patient.Ce décès a entraîné l\u2019arrêt total des essais cliniques de thérapie génique par tout dans le monde pendant plusieurs années, durant lesquelles ils ont cherché de nouveaux vecteurs qu i so ient plus sûrs » , se rappelle Jacques-P.Tremblay, chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec.Armés de nouveaux vecteurs viraux plus fiables, les chercheurs ont finalement repris les études cliniques destinées à éprouver des thérapies géniques visant diverses maladies génétiques.Les résultats étant encourageants, les projets visant à s\u2019attaquer à d\u2019autres maladies et même au cancer foisonnent, notamment ici, au Québec.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 THÉRAPIE Le porte-avions américain Carl Vinson, escorté de trois navires lance-missiles, a été envoyé dans la péninsule coréenne.Cette «armada», qui comprendrait de 70 à 80 avions ou hélicoptères, dont une cinquantaine d\u2019avions de combat, est prête à répliquer à toute «provocation» de la Corée du Nord, a prévenu le président Trump.«Avec les récentes frappes américaines, le message envoyé à la Corée du Nord est clair.Un tir de leur par t provoquerait une guerre », mentionne Benoît Hardy-Chartrand, spécialiste de l\u2019Asie du Nord-Est au Centre pour l\u2019innovation dans la gouvernance internationale.La Corée du Nord a promis de répondre à l\u2019envoi « insensé» de ce groupe aéronaval, se disant prête pour la «guerre ».L\u2019armée coréenne soutient que les bases américaines en Corée du Sud, « tout comme les quar tiers généraux du Mal » tels que la présidence sud-coréenne à Séoul, seraient « pulvérisées en quelques minutes» en cas de conflit.Les spécialistes doutent toutefois que la Corée du Nord décide d\u2019aller de l\u2019avant avec une telle attaque.« Larguer un missile ou la bombe nucléaire dans les conditions actuelles n\u2019avantagerait pas la Corée du Nord.Elle a en ce moment entre les mains un revolver à un coup.La réplique américaine se ferait sentir rapidement, et les pertes seraient plus importantes pour la Corée du Nord puisqu\u2019elle ne possède pas assez de ressources pour un faire face à un long conflit », indique M.Hervouet.La Chine, médiateur Considérée comme le plus proche allié de la Corée du Nord, la Chine a envoyé un signal de désapprobation du programme nucléaire du régime coréen de Kim Jong-un.Elle a annoncé que tous les vols de la compagnie aérienne Air China entre Pékin et Pyongyang seront suspendus à partir de lundi.«La Chine a le rôle du pays médiateur et elle est exaspérée par la Corée du Nord.Elle a commencé à poser des gestes de représailles parce qu\u2019elle ne veut pas que le régime de Kim Jung-un continue à avancer dans la voie du nucléaire », explique M.Hardy-Chartrand.Dans les derniers mois, la Chine a notamment cessé l\u2019importation de charbon.« C\u2019est un geste important, mais si elle souhaite donner un avertissement plus ferme elle devra avoir des mesures qui montrent sa désapprobation de l\u2019attitude de la Corée du Nord.On pourrait penser à une surveillance aérienne ou encore à l\u2019entrée de l\u2019armée chinoise sur une partie du territoire nord-coréen», dit M.Hervouet.Pékin plaide depuis plusieurs semaines pour une solution dite de « suspension contre suspension » : Pyongyang doit interrompre ses activités nucléaires et balistiques, et Washington ses exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, des manœuvres annuelles considérées par le Nord comme une provocation.La Chine, qui estime qu\u2019un «conflit peut éclater à tout moment», croit que « le dialogue est la seule issue », a dit le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, lors d\u2019un point de presse à Pékin.«Le vainqueur ne sera pas celui qui tient les propos les plus durs ou qui montre le plus ses muscles », a réagi vendredi Wang Yi, sans citer explicitement les initiatives américaines.«Si une guerre a lieu, le résultat sera une situation dont personne ne sortira vainqueur.» Se disant « très inquiète», la Russie a aussi appelé toutes les parties à la « retenue» et mis en garde contre « toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation».Le vice-président américain, Mike Pence, doit se rendre ce week-end en visite officielle en Corée du Sud.Au moment d\u2019écrire ces lignes, des unités militaires étaient déjà massées à Pyongyang en vue d\u2019une démonstration de force du régime nord- coréen pour les festivités de l\u2019anniversaire de la naissance de Kim Il-sung.Des centaines de camions à plateau remplis de soldats étaient ainsi alignés peu avant l\u2019aube le long des rives du Tae- dong, le fleuve qui traverse la capitale nord-coréenne, en vue d\u2019un défilé à travers la ville.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ESCALADE ED JONES AGENCE FRANCE-PRESSE Des camions militaires se déplacent dans une rue de Pyongyang en prévision du défilé qui aura lieu ce samedi à l\u2019occasion du 105e anniversaire de la naissance du fondateur de la Corée du Nord."]
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