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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-01-08, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 3 0 2 L E D E V O I R , L E L U N D I 8 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a Trump poursuit son offensive contre le livre dont il fait l\u2019objet alors que Bannon fait son mea-culpa.Page B 1 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Quand le doigt d\u2019honneur remplace le discours Page A 5 Des copeaux de bois plutôt que du sel pour déglacer les routes?Page B 5 GOLDEN GLOBES BIG LITTLE LIES RÉCOMPENSÉE PAUL DRINKWATER ASSOCIATED PRESS Big Little Lies, réalisée par le Québécois Jean-Marc Vallée, s\u2019est illustrée dimanche à la 75e cérémonie des Golden Globes en étant élue meilleure minisérie de l\u2019année.Nicole Kidman (en photo) a reçu le prix pour la meilleure actrice.La soirée a été hantée par le scandale impliquant Harvey Weinstein, le producteur accusé d\u2019inconduites sexuelles par plus de 100 femmes.Lisez notre compte rendu sur nos plateformes numériques.J E S S I C A N A D E A U L e gouvernement revient en arrière sur une mesure adoptée il y a quelques années visant à faciliter l\u2019intégration des poupons dans les garderies subventionnées et les CPE.Ce changement, qui entrera en vigueur en avril prochain, inquiète grandement l\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) et l\u2019Association des garderies privées du Québec (AGPQ), qui parlent d\u2019un « recul important » risquant d\u2019avoir un impact sur les parents et de ramener le problème des «bébés du printemps».En mai 2012, la ministre de la Famille de l\u2019époque, Yolande James, af firmait fièrement que « la problématique des bébés du printemps [était] réglée ».Dans un communiqué de presse, la ministre libérale annonçait une mesure donnant « plus de souplesse aux CPE et aux garderies subventionnées dans la gestion des groupes d\u2019enfants, ce qui aura pour effet d\u2019éviter que les parents de bébés nés au printemps soient pénalisés dans leur recherche d\u2019une place en service de garde ».Elle répondait aux nombreuses plaintes de parents, reçues à son ministère, relativement au manque de places en pouponnières pour les enfants âgés de 15,16 ou 17 mois.Les garderies ne s\u2019en cachaient même pas, plusieurs refusaient carrément les enfants nés entre les mois de mars et août parce qu\u2019ils leur occasionnaient des pertes financières.Ratio enfant-éducatrice Il faut savoir que Québec donne des subventions plus élevées pour les places en pouponnière, car le ratio enfant-éducatrice y est plus élevé.Or, à l\u2019époque, à partir du moment où un enfant atteignait l\u2019âge des 18 mois, Québec finançait sa place comme s\u2019il était dans un CPE ET GARDERIES SUBVENTIONNÉES Les «bébés du printemps» écopent Québec limite le nombre d\u2019enfants de plus de 18 mois dans les pouponnières VOIR PAGE A 8 : GALL S Y L V A I N C O R M I E R Ç a se calcule par trois.La mort en trois temps, la carrière en trois temps, l\u2019amour en trois temps.La mort de France Gall à 70 ans, dimanche matin à l\u2019hôpital de Neuilly, était la troisième étape de son combat contre le cancer du sein : il y a celui qu\u2019elle vainc au début des années 1990, et puis les deux récentes récidives, celle de 2015 et celle qui vient de l\u2019emporter.Elle aura mené trois carrières comme on vit trois vies.Elle fut la plus récalcitrante idole yéyé des années 1960, la « poupée de cire, poupée de son » de l\u2019opportuniste (mais génial) FRANCE GALL 1947-2018 Les trois vies d\u2019une battante Le parcours morcelé d\u2019une interprète française bien-aimée F R A N C O I S G U I L L O T A G E N C E F R A N C E - P R E S S E VOIR PAGE A 8 : POUPONS C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris C\u2019 est le jour où tout avait basculé.Trois ans après le 7 janvier 2015, c\u2019est dans la sobriété et la retenue que la France a rendu hommage aux victimes des attentats terroristes qui ont décimé la rédaction de l\u2019hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et, deux jours plus tard, les clients d\u2019une épicerie juive.Dix-sept morts en tout, dont on a voulu honorer dimanche la mémoire dans le silence et le recueillement.Pas de discours ni de rassemblements.Tels étaient les vœux des familles des victimes qui ont été respectés à la lettre.Dans la matinée, vers 11 heures, le président Emmanuel Macron a donc déposé une gerbe de fleurs devant les anciens locaux de Charlie Hebdo où presque toute la rédaction alors présente a été abattue froidement par les frères Chérif et Saïd Kouachi.Les noms des 12 victimes, dont ceux des dessinateurs Cabu, Wo- linski, Tignous, Honoré et Charb, connus de toute la France, ont été lus sobrement.Le président n\u2019était accompagné que de son épouse, de la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, de trois ministres et de quelques proches des victimes.Même sobriété deux rues plus loin, sur le boulevard Richard Lenoir, où le président avait tenu à rendre le même hommage à Ahmed Merabet, un policier d\u2019origine maghrébine TROIS ANS APRÈS LES ATTENTATS Tous ne sont plus «Je suis Charlie» VOIR PAGE A 8 : HEBDO L E D E V O I R , L E L U N D I 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Un temps pour aller jouer dehors Après le froid polaire, un radoucissement des températures est prévu pour le Québec au cours de la journée de lundi.Ces températures plus clémentes, près du point de congélation, seront toutefois accompagnées de chutes de neige sur le sud-ouest du Québec, qui s\u2019étendront graduellement vers l\u2019est de la province.Jusqu\u2019à mardi matin, entre 10 et 15 centimètres de neige sont attendus.Entre-temps, plusieurs routes du Québec demeurent glacées en raison du froid.Les abrasifs s\u2019avèrent peu efficaces et les vents sont parfois forts, causant de la poudrerie par endroits.R O S S M A R O W I T S L a fin possible de l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) représente une grave menace pour les compagnies ferroviaires canadiennes qui n\u2019ont pu tirer profit d\u2019une meilleure économie et d\u2019une plus grande demande dans le transpor t du pétrole brut, craignent des experts.« Qu\u2019est-ce qui nous tient éveillés la nuit ?demande Kevin Chiang, analyste chez Marchés des capitaux CIBC.Les négociations sur l\u2019ALENA.» Selon lui, les conséquences d\u2019une décision du gouvernement américain de se retirer du traité demeurent imprévisibles.La chute presque immédiate de 10 % des valeurs boursières dans la foulée du Brexit peut servir d\u2019exemple pour les secteurs industriels et des transports au Canada.« Nous ne serions pas surpris d\u2019observer des réactions immédiates similaires au sein du complexe industriel-transport canadien, particulièrement pour les entreprises très l iées au commerce nord-américain », a-t - i l écrit dans un rapport publié la semaine dernière.Fadi Chamoun, de BMO Marchés des capitaux, craint que l \u2019 a b r o g a t i o n d e l\u2019ALENA puisse avoir une inf luence sur l\u2019évaluation du Canadien National et du Canadien Pacifique.Il a écrit dans un rappor t qu\u2019environ 30 % des revenus des entreprises ferroviaires sont tirés du commerce trans- frontalier.De ces 30 %, entre 60 et 70 % proviennent des exportations canadiennes vers les États-Unis.Baisse du dollar En novembre, la Banque de Montréal prévoyait que le Canada connaîtrait un recul net de son PIB de 0,7 % à 1 % sur une période de cinq ans.La dépréciation du huard atteindrait 5%.Cette baisse du dollar canadien pourrait favoriser l\u2019exportation canadienne.Avec le temps, elle amortirait de moitié le recul du PIB résultant d\u2019une augmentation de 1,7 % des tarifs douaniers.Pour l\u2019économiste en chef de la BMO, Douglas Porter, la fin de l\u2019ALENA entraînerait des impacts sérieux mais gérables.La réforme fiscale aux États- Unis devrait favoriser la hausse du bénéfice des entreprises dont les activités se déroulent principalement au sud de la frontière.M.Chiang évalue que la baisse de l\u2019impôt des entreprises de 35 à 21% aidera le CN et le CP à augmenter le bénéfice par action.Sans ces changements, les analystes étaient optimistes.Selon eux, les prévisions de croissance contribueront à aider le secteur ferroviaire.Au chapitre du volume du fret ferroviaire, les perspectives se sont améliorées au cours des six derniers mois, les récoltes céréalières et le secteur automobile n\u2019ayant pas été aussi faibles que prévu.Les observateurs s\u2019attendent à ce que le transport du pétrole brut profite aussi aux entreprises ferroviaires.M.Chamoun prévoit que les envois en wagon complet croîtront d\u2019environ 2% cette année, après une augmentation d\u2019environ 4,5% en 2017.Cette croissance pourrait se traduire par une augmentation du bénéfice supérieur à 10 % pour l\u2019ensemble de l\u2019exercice financier.Transport pétrolier L\u2019augmentation de la production dans les sables bitumineux au cours des deux prochaines années devrait aussi favoriser le transport du pétrole brut jusqu\u2019à ce les oléoducs atteignent leur pleine capacité, affirme Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux.La Banque Royale prédit une hausse de production de 315 000 bari ls par jour en 2018 et de 180 000 barils par jour en 2019.M.Sprackin évalue que le CN et le CP n\u2019ont atteint que 38% de leur capacité en transportant de 35 000 à 40 000 wagons complets, comparativement à 110 000 wagons complets au cours de leur apogée en 2014.Même si les lignes du CN plongent plus profondément dans le territoire des sables bitumineux, M.Spracklin rappelle que l\u2019entreprise établie à Montréal a une capacité de transpor t du pétrole plus limitée.Cela pourrait permettre au CP de gagner une plus grande part du marché.Les deux entreprises doivent publier leur rapport financier pour l\u2019exercice 2017 d\u2019ici la fin du mois.Le CN devrait af ficher un bénéfice ajusté de 3,83 milliards, ou 5,05 $ l\u2019action, selon les exper ts consultés par Thomson Reuters.En 2016, le bénéfice ajusté du CN s\u2019était élevé à 3,58 milliards ou 4,59 l\u2019action.En 2018, ce bénéfice pourrait même atteindre 4,06 milliards ou 5,52 l\u2019action.Quant au CP, les analystes prévoient un bénéfice ajusté de 1,7 milliard ou 11,45$ l\u2019action, comparativement à 1,55 milliard ou 10,29 l\u2019action en 2016.En 2018, ce bénéfice pourrait grimper à 1,85 milliard ou 13$ l\u2019action.Agence France-Presse ÉCONOMIE La fin de l\u2019ALENA ferait mal aux compagnies ferroviaires J E S S I C A N A D E A U E n cette année électorale, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s\u2019attaque au bilan du gouvernement Couil- lard et promet une participation active aux prochaines élections.« On le sait, l\u2019austérité, ce n\u2019est pas un projet de société, ça appauvrit tout le monde et c\u2019est ça que nous a ser vi le gouvernement Couillard dans ses trois dernières années de mandat », a soutenu la présidente de la CSQ, Louise Chabot, en point de presse dimanche matin.« On n\u2019en veut plus d\u2019un gouvernement qui va nous imposer des sacrifices insensés pendant les trois quarts de son mandat alors que, dans la dernière année, il sort de son chapeau magique des lapins à coups de milliards de dollars.» « Le gouvernement a agi en illusionniste en nous faisant croire qu\u2019il y avait une crise financière publique, mais si c\u2019était le cas, il n\u2019y aurait pas par enchantement une marge de manœuvre de 7 milliards de dollars.» La CSQ prévoit que l\u2019année 2018 « sera bien chargée » et entend dépenser beaucoup d\u2019énergie en vue de la prochaine campagne électorale.« Dans toutes les régions du Québec, on va faire un bilan exhaustif du gouvernement au pouvoir actuellement, on va prendre le temps d\u2019analyser les enjeux électoraux, mais surtout, on va interpeller l\u2019ensemble des candidates et des candidats dans toutes les régions et sur le terrain pour faire en sorte que des choses concrètes concernant les services publics et le bien commun soient au rendez-vous.» Questionnée à savoir si la CSQ fera campagne contre le gouvernement en place, la présidente répond que la centrale syndicale n\u2019a pas encore pris une décision.« À la CSQ, on a une pratique de ne pas prendre pour un par ti, [bien que] ça nous est arrivé de prendre position pour voter contre un par ti.Maintenant, concernant nos stratégies électorales, on a commencé à en débattre un peu avant les Fêtes avec notre instance et on va continuer [à le faire].» « Mais il y a une chose qui est claire : on va bien identifier les enjeux sur lesquels on souhaite que les candidats s\u2019engagent, tous par tis confondus.On a l\u2019intention d\u2019interpeller tous les candidats dans toutes les régions.On a l\u2019intention de mettre de l\u2019avant des enjeux auxquels ils devront trouver des réponses et c\u2019est sur cette base-là qu\u2019on va inviter nos membres à voter.» D\u2019ores et déjà, Louise Chabot annonce que la question du financement des services publics et de leur qualité sera au rendez-vous.« On souhaite résolument que le prochain gouvernement rompe avec l\u2019orientation inquiétante de privilégier le secteur privé au détriment du secteur public.» Réforme des normes du travail D\u2019ici là, la CSQ entend talonner le gouvernement pour qu\u2019il « procède rapidement » à la réforme des normes du travail, annoncée l\u2019an dernier par la ministre du Travail, Dominique Vien.«On ne comprend pas pourquoi le gouvernement Couillard tarde à déposer un projet de loi aussi majeur, a soutenu Louise Chabot.On l\u2019attend, on l\u2019espère, au retour de la session parlementaire.» La CSQ propose une hausse du salaire minimum à 15 $ de l\u2019heure, 10 jours de congé de maladie payé, une semaine de vacances supplémentaire après une année de travail, l\u2019abolition des heures supplémentaires obligatoires, l\u2019interdiction des clauses de disparité de traitement pour les régimes de retraite et une bonification des congés de compassion.Le Devoir GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Louise Chabot et Daniel B.Lafrenière, respectivement présidente et secrétaire-trésorier de la CSQ, ont dévoilé dimanche la stratégie de la centrale syndicale pour les prochains mois.Année électorale : la CSQ promet de talonner le gouvernement Couillard « L\u2019austérité, ce n\u2019est pas un projet de société », soutient Louise Chabot Environ 30 % des revenus des entreprises ferroviaires sont tirés du commerce transfrontalier GARY WIEPERT PC CN et CP n\u2019auraient atteint en 2017 que 38 % de leur capacité. L E D E V O I R , L E L U N D I 8 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 D erek Nepinak, l\u2019ancien chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Manitoba, a intenté une action collective d\u2019un milliard de dollars contre plusieurs épiciers canadiens après que les compagnies Loblaw et George Weston eurent admis avoir eu recours, pendant quatorze ans, à des ma- nœuvres pour fixer le prix du pain.Il n\u2019est pas inutile de se rappeler que la civilisation du blé, laquelle a définitivement posé pied en Amérique au XVIe siècle, a donné l\u2019envie du pain aux humains qui s\u2019y trouvaient déjà.Être tous humains sous le grand chapiteau de la culture du pain, cela a confiné à une certaine aliénation culturelle et économique, rappelait Le goût de la farine, un film de Pierre Perrault.C\u2019est ainsi qu\u2019on trouve paradoxalement au- jourd\u2019hui aux avant-postes de la défense du droit au pain un illustre descendant de ceux qui se sont trouvés forcés d\u2019en manger.Pour s\u2019excuser d\u2019avoir trafiqué les prix du pain, les compagnies unies que sont Loblaw et George Weston offriront, à compter de ce lundi 8 janvier 2018, une carte de 25 $ aux clients qui en feront la demande.« Ce type de comportement est inacceptable et n\u2019a pas sa place au sein de notre entreprise ni au sein du secteur canadien des magasins d\u2019alimentation », a affirmé Galen Weston, président du conseil et chef de la direction de George Weston et Loblaw.Si cela n\u2019avait pas sa place, alors pourquoi lui en a-t-on fait une pendant si longtemps ?Qui d\u2019ailleurs peut croire que le pain est le seul aliment touché par ces pratiques de crocodiles qui, après coup, se montrent sagement repentants, la larme à l\u2019œil ?Les actions collectives offrent le reflet d\u2019un monde sans cesse victime de son exploitation.Car au nom de quelle volupté privée ce système se donne-t-il le droit de jouir à ce point de l\u2019exploitation de ses voisins?Des automobilistes de Victoriaville, Thetford Mines, Sherbrooke et Magog recevront 10$ dans le cadre d\u2019une action collective intentée il y a dix ans contre un cartel de l\u2019essence qui sévissait dans cette région.Cette action collective montrait que des détaillants avaient déterminé entre eux les prix de l\u2019essence entre 2001 et 2006.Plusieurs cabinets d\u2019avocats ont déposé des demandes d\u2019actions collectives contre la compagnie Apple.Ces derniers jours, deux firmes de juristes du Québec entendent poursuivre le géant après que celui-ci eut admis ralentir volontairement le rendement de certains de ses appareils.Action collective ou pas, il n\u2019empêche que tout ce système continue de danser de plus belle tandis que le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser.Tant et si bien qu\u2019au matin du 2 janvier, les cent dirigeants les plus payés au Canada avaient déjà empoché, comme chaque année, autant que ce qu\u2019un travailleur moyen met 365 jours à gagner.L\u2019écart ne cesse de se creuser, même s\u2019il est usuel désormais de voir les gens fortunés se plaindre publiquement, la main sur le cœur, qu\u2019il faut faire plus au chapitre de la charité.Leurs fondations privées d\u2019aide à ceci ou à cela constituent des parades de vertu que ces richards s\u2019emploient à agiter sous le nez d\u2019une population autrement indignée par leurs abus nauséabonds.Remarquez que jamais on n\u2019entend ces gens-là réclamer que soit changée la structure du système qui entretient leur opulence pharaonesque.Une famille à faible revenu gagne moins de 24000$ par année au Québec.Oh, bien sûr, la pauvreté est une donnée relative.Selon les Nations unies, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019une personne sur sept vit dans une extrême pauvreté sur la planète alors que les richesses n\u2019ont jamais été aussi nombreuses.Que les revenus des puissants soient croissants, cela est dans l\u2019ordre des choses, disent ceux qui croient encore à l\u2019asséchante théorie du ruissellement.Selon cette théorie, l\u2019argent coulerait en cascade continue depuis les hauteurs où se tiennent ces possédants jusqu\u2019aux bas-fonds de la misère sociale, laquelle serait ainsi irriguée pour devenir une terre plus fertile.Voilà la conception du monde qu\u2019avance un Donald Tr ump pour défendre ses politiques de réductions massives des impôts pour les riches.Ainsi sommes-nous invités sans cesse à croire que les riches plongent de plus en plus haut dans l\u2019eau de leurs piscines de plus en plus grandes pour être mieux à même d\u2019abreuver la société grâce à leurs éclaboussures.Mais le problème de cette théorie simpliste du ruissellement est qu\u2019elle laisse bien des gens à sec.Les rapports annualisés ne cessent de le montrer.Depuis la révolution industrielle, l\u2019enfer des pauvres continue d\u2019être le combustible dont se chauf fe le paradis des riches.Entre 1980 et 2016, nous apprend le Rapport sur les inégalités mondiales 2018 coordonné par Thomas Piketty et une centaine d\u2019économistes, le 1 % le plus fortuné de la population du globe a capté à son seul profit 27 % des richesses mondiales.Mais nous continuons pourtant de croire que la lumière viendra à la suite de nouvelles plongées dans les mêmes abysses des ténèbres.Tout un monde ne cesse pourtant de s\u2019y noyer dans les eaux glacées du calcul égoïste.Combien faudra-t-il allumer de lumières encore pour faire voir le soleil ?Le calcul égoïste JEAN-FRANÇOIS NADEAU S T E P H A N I E L E V I T Z à Ottawa U ne décision imminente du gouvernement Trump sur le sort de quelque 200 000 Sal- vadoriens pourrait bousculer les plans du gouvernement canadien, qui s\u2019est préparé à une possible nouvelle vague migratoire à sa frontière cet hiver.Le gouvernement américain est sur le point de décider s\u2019il renouvellera ou non un statut de protection temporaire datant de 2001 qui a permis à des Salvadoriens de rester aux États-Unis sans craindre la déportation.Leur statut vient à échéance en mars, et alors que les États-Unis ont mis fin au programme de protection temporaire de citoyens de plusieurs pays dans les derniers mois, il est possible que les Salvadoriens soient les prochains.Le gouvernement du président Donald Trump juge que l\u2019aspect temporaire du programme n\u2019a pas été respecté et que les conditions faisant de ces pays des endroits dangereux \u2014 les catastrophes naturelles ou les conflits \u2014 ont changé.Mais ces décisions pourraient provoquer la déportation de milliers d\u2019individus vers des pays qu\u2019ils n\u2019habitent plus depuis de nombreuses années.Interrogé sur ce qu\u2019il ferait advenant l\u2019abolition du statut de protection temporaire, le Salvado- rien Carlos Reyes, qui habite Long Island, à New York, a évoqué le Canada comme option lors d\u2019une entrevue avec le journal local Newsday.«Une chose que je sais, c\u2019est que je vais perdre mon emploi, et si je n\u2019ai pas d\u2019emploi qu\u2019est- ce que je peux faire?Je ne veux pas aller là-bas [au Salvador], mais je ne pourrai pas rester ici», a-t-il confié.« Il y a le Canada, mais je ne sais rien du Canada.Ma vie, tout est ici.» Les Salvadoriens représentent la plus importante population couverte par le programme de statut temporaire et la possibilité qu\u2019ils se tournent vers le Canada avait été signalée par des diplomates canadiens établis aux États-Unis, après la vague migratoire de l\u2019année dernière.Dans le contexte de réévaluation du statut de protection temporaire des Haïtiens par le gouvernement Trump, plusieurs d\u2019entre eux ont franchi la frontière de façon irrégulière pour demander l\u2019asile au Canada.Les Haïtiens avaient commencé à affluer au pays bien avant que la décision définitive ne soit prise, et cette arrivée massive \u2014 jusqu\u2019à 200 personnes franchissaient la frontière par jour l\u2019été dernier \u2014 a contraint le gouvernement libéral à élaborer un plan.Des abris temporaires ont été établis à la frontière entre le Québec et l\u2019État de New York et des dizaines de policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et d\u2019agents de l\u2019immigration ont été déployés dans la région pour gérer la situation.Un plan de contingence prêt Au même moment, le gouvernement fédéral s\u2019est préparé face à la possibilité d\u2019une autre vague migratoire.Des caravanes aménagées pour l\u2019hiver ont été achetées et sont maintenant utilisées à la frontière de Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec.Et un plan de contingence \u2014 dont les détails ne sont pas rendus publics \u2014 est prêt.Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a suggéré qu\u2019il ne serait pas encore mis en œuvre.« Le volume de personnes qui ont franchi la frontière de façon irrégulière à Lacolle récemment est comparable aux niveaux que nous avons vus cet automne », a écrit Scott Bardsley dans un courriel.Un peu plus de 1500 personnes ont traversé la frontière de façon irrégulière en novembre, alors qu\u2019ils étaient 5530 en août.Mais les chiffres du mois de novembre dernier sont malgré tout bien élevés: en janvier 2017, seulement 315 personnes étaient entrées au Canada irrégulièrement.Campagne de dissuasion du Canada En plus des préparations à la frontière, le gouvernement canadien a aussi lancé une campagne aux États-Unis pour dissuader les gens de venir au pays.Certains demandeurs d\u2019asile ont décidé d\u2019aller vers le nord, car ils ont été influencés par des rumeurs voulant que le Canada ait des programmes d\u2019immigration spéciaux pour les gens couverts par les programmes de statut temporaire aux États-Unis.Des députés parlant l\u2019espagnol et le créole, ainsi que le ministre de l\u2019Immigration, sont allés en Floride, au Texas, en Californie et au Minnesota afin de s\u2019adresser à ces communautés.Les consulats de dizaines de villes aux États-Unis ont aussi multiplié les démarches pour expliquer le système d\u2019immigration canadien, notamment dans les médias locaux.La Presse canadienne IMMIGRATION Ottawa se prépare à une nouvelle vague Une décision américaine sur les Salvadoriens pourrait avoir des conséquences au Canada JOHN MOORE GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE Les immigrants salvadoriens bénéficient depuis 2001 d\u2019une protection temporaire qui leur permet de rester aux États-Unis sans craindre la déportation.K R I S T Y K I R K U P à Ottawa L es hommes députés doivent contribuer à créer un changement de culture sur la colline du Parlement et à lutter contre les inconduites sexuelles, a déclaré le député néodémocrate Nathan Cullen, qui a l\u2019intention de collaborer avec ses collègues de tous les partis à ce sujet.Selon lui, « l\u2019écosystème » d\u2019un parlement, dans lequel se côtoient des employés, des lob- byistes et des élus, crée un espace où peuvent se brouiller vie personnelle et vie professionnelle.« On passe de longues heures loin de la maison, dit-il.L\u2019environnement professionnel est net, mais il y aussi les réceptions et des occasions qui permettent à des gens, volontairement ou pas, de causer du tort ou de mal comprendre une relation.Ça, je l\u2019ai observé.» La ministre de l\u2019Environnement, Catherine McKenna \u2014 qui s\u2019est publiquement insurgée contre ceux qui la surnommaient «Climate Barbie » sur les sites Internet \u2014, soutient que ces cas de harcèlement doivent être combattus au parlement et dans tout milieu de travail.Selon elle, des mouvements comme #MoiAussi ne seront ef ficaces que s\u2019ils sont appuyés par des gestes concrets.«Si nous n\u2019agissons pas, quel exemple établi- rons-nous pour les filles et les garçons ?a demandé Mme McKenna.J\u2019ai deux filles.J\u2019ai un fils.Parviendrons-nous à rendre notre monde meilleur, plus sûr, plus égal pour tous?» Des comportements inacceptables La Presse canadienne a mené une enquête le mois dernier auprès des députées fédérales sur la question des inconduites sexuelles.Des 38 répondantes (sur 89 élues), plus de la moitié ont révélé avoir déjà subi une forme d\u2019inconduite sexuelle, qu\u2019il s\u2019agisse de remarques, de messages textes et de commentaires inappropriés sur les réseaux sociaux ou encore de gestes déplacés.Quatre députées ont af firmé avoir déjà été victimes de harcèlement sexuel dans le cadre de leurs fonctions et trois disent avoir subi une agression sexuelle.Près de la moitié des répondantes ont dit avoir été l\u2019objet de commentaires inappropriés sur les réseaux sociaux.« Cela me blesse, me trouble, mais cela ne me surprend pas, a reconnu M.Cullen.C\u2019est un témoignage sur l\u2019environnement auquel nous avons permis d\u2019exister.Je ne sais pas comme cela se compare avec les autres milieux de travail, mais le parlement doit être un exemple d\u2019endroit sûr pour les gens qui y travaillent.» La chef du Parti vert, Elizabeth May, estime qu\u2019on pourra commencer à régler le problème lorsque les hommes députés dénonceront les comportements inacceptables dès qu\u2019ils les connaîtront.«Si vous entendez quelque chose d\u2019inapproprié au cours d\u2019une réunion de votre caucus, dites-le à vos collègues masculins», conseille-t-elle.«Changer cette culture et avoir des élus masculins qui comprendront vraiment que les féministes existent seront des pas importants.» Le chef conser vateur, Andrew Scheer, dit que le processus de plainte établi lors de la dernière législature évoluera au rythme des incidents.Quand il était président de la Chambre des communes, se souvient-il, les réformes recevaient un fort appui.« Les représentants de tous les partis politiques sont vraiment motivés à améliorer la situation.Ce n\u2019était pas un débat partisan.C\u2019était plutôt : \u201cessayons de trouver quelque chose qui pourra fonctionner\u201d.» La Presse canadienne Les députés masculins doivent dénoncer le harcèlement au parlement, dit Nathan Cullen Cela me blesse, me trouble, mais cela ne me surprend pas Nathan Cullen, député néodémocrate « » L E D E V O I R , L E L U N D I 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Plus de 600 millions de personnes dans le monde utilisent Adblock Plus et d\u2019autres extensions Web permettant d\u2019empêcher des publicités d\u2019apparaître sur les sites Internet visités.L O Ï C P I A L A T à Los Angeles C\u2019 est presque un paradoxe pour un groupe dont les revenus liés à la publicité ont dépassé les 70 milliards de dollars en 2017.Le 15 février, Google va lancer un bloqueur de publicités intégré à son navigateur Chrome.La firme de Mountain View ne scie pas pour autant la branche sur laquelle elle est assise.Elle s\u2019adapte.Les adblockers, ces extensions Web censées chasser la publicité des sites Internet et accélérer la navigation, connaissent une période florissante.Leur utilisation a augmenté de 30 % dans le monde en 2016, selon le rapport annuel du cabinet PageFair, et la tendance a dû se poursuivre en 2017.Au total, 615 millions de personnes utilisent un bloqueur de publicité sur un ordinateur, un téléphone intelligent ou une tablette.Formats intrusifs Plutôt que de laisser la main à des développeurs tiers, Google a donc choisi de proposer son propre service.La filiale d\u2019Alphabet fait désormais partie de la Coalition for Better Ads (coalition pour de meilleures publicités), une organisation mondiale militant pour la fin des fenêtres intempestives ou des vidéos avec son se lançant automatiquement.« Nous pensons que les in- ternautes ne sont pas contre la publicité, qu\u2019ils la savent nécessaire à la pérennité des médias gratuits.Ils s\u2019opposent en fait à certains types de formats publicitaires, notamment sur mobile, qui sont trop intru- sifs », a expliqué récemment Carlo d\u2019Asaro Biondo, président de Google Europe.Publicités «acceptables» L\u2019idée n\u2019est évidemment pas de détr uire la publicité en ligne, mais d\u2019exiger des annonceurs des bannières ou des vidéos qui ne feront plus fuir les internautes.Les autres extensions peuvent être plus énergiques, avec un impact économique sérieux pour les sites concernés.Selon un calcul de la start-up AdBack, YouTube perd près de 2,5 millions de dollars en revenus publicitaires par an rien qu\u2019en Suisse.Dans le monde, treize sites enregistreraient un manque à gagner supérieur à 100 millions de dollars.Le bloqueur de Google Chrome a face à lui des dizaines de concurrents.Parmi eux, Adblock Plus est installé sur 100 millions d\u2019appareils, ce qui en fait le bloqueur de publicité le plus populaire sur la planète.En septembre, Eyeo, maison mère d\u2019Adblock Plus dirigée par l\u2019Allemand Till Faida, a annoncé qu\u2019elle avait trouvé un système pour bloquer les publicités sur Facebook.Mais les ingénieurs du géant de Menlo Park, dont l\u2019équilibre financier dépend des annonceurs, finissent toujours par tromper ceux de la firme de Cologne.Comme Google et Adblock (autre bloqueur de publicité populaire, utilisé par 40 millions de personnes), Adblock Plus, conscient des réalités de l\u2019écosystème du Web, a mis en place un programme de « publicités acceptables » et une « liste blanche » d\u2019annonceurs autorisés par défaut sur l\u2019extension.Protection de la vie privée « Nous aimerions encourager les sites Web à utiliser de la publicité honnête et discrète.C\u2019est pourquoi nous avons établi des lignes directrices strictes afin de recenser les annonces acceptables, par défaut.Si vous souhaitez tout de même bloquer toutes les publicités, vous pouvez désactiver cela dans les paramètres en quelques secondes », prévient l\u2019extension.Sur le principe, l\u2019initiative agace nombre d\u2019utilisateurs, qui se tournent vers uBlock Origin.Également gratuite et en logiciel libre, l\u2019extension a l\u2019avantage de ne pas solliciter autant la mémoire de l\u2019ordinateur, alors que, sur un même site, le nombre de publicités bloquées (indiquées dans l\u2019icône à côté de la barre URL) par la version standard est sensiblement le même qu\u2019avec Adblock Plus.Mais des filtres de contenus plus stricts peuvent être facilement ajoutés selon le bon vouloir de l\u2019utilisateur sur les deux extensions.Logiciel payant AdGuard, qui se présente comme « le plus avancé des bloqueurs », a également ses amateurs, mais il est payant.Ghostery, qui peut aussi bloquer des fichiers témoins, a adopté une politique de transparence en expliquant clairement que l\u2019extension pouvait vendre les données personnelles collectées.Or, si le ras-le-bol des inter- nautes vis-à-vis de la publicité explique le succès grandissant des bloqueurs, la sécurité et la protection de la vie privée sont leur autre motivation majeure.Le Temps MÉDIAS L\u2019irrésistible montée en puissance des bloqueurs de publicités Le géant Google se lance dans la chasse aux fenêtres intempestives DANIEL SORABJI AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019idée de Goople n\u2019est évidemment pas de détruire la publicité en ligne, mais d\u2019exiger des annonceurs des bannières ou des vidéos qui ne feront plus fuir les internautes.A L E X A N D R E S H I E L D S L a mer de Chine est le théâtre d\u2019un important déversement pétrolier et d\u2019une tragédie humaine, alors qu\u2019un pétrolier transportant près d\u2019un million de barils de pétrole brut a pris feu samedi soir, après être entré en collision avec un navire chinois.Selon les informations diffusées par le ministère chinois des Transpor ts, le pétrolier Sanchi a « entièrement pris feu » à la suite de la collision survenue à environ 300 kilomètres au large de Shanghai, en plein cœur de la mer de Chine orientale.Toujours selon les autorités chinoises, les 32 membres d\u2019équipage du pétrolier sont por tés disparus.Il faut dire que, sur des images diffusées par la télévision d\u2019État de Chine, on voyait dimanche le navire en proie à un intense brasier, dominé par d\u2019épaisses volutes de fumée noire s\u2019élevant dans le ciel.Marée noire Le pétrolier, appartenant à une entreprise iranienne mais battant pavillon du Panama, faisait route vers la Corée du Sud, selon les données du site MarineTraf fic.Construit en 2008, il transpor tait plus de 136 000 tonnes de pétrole léger, soit près d\u2019un million de barils de brut.Une nappe de pétrole était d\u2019ailleurs déjà bien visible dimanche sur les lieux de l\u2019accident.Une partie de celle-ci était en feu.On ne connaît pas pour le moment l\u2019ampleur de la marée noire provoquée par cet accident maritime.À titre de comparaison, le pétrolier Prestige, qui a provoqué un désastre environnemental sur les côtes européennes en 2002, avait laissé fuir environ 63 000 tonnes de pétrole, soit moins de la moitié de la quantité que transportait le Sanchi.Le second navire impliqué dans la collision en mer de Chine est un bateau de fret hongkongais, en provenance des États-Unis.Il transportait des produits alimentaires.Les 21 personnes d\u2019équipage, toutes chinoises, ont été secourues.Séoul a envoyé sur place un bateau de garde-côtes et un avion pour participer aux recherches.À ce stade, les causes de la collision sont inconnues, mais les accidents ne sont pas rares en mer de Chine, une zone très fréquentée où transite un tiers du commerce maritime mondial.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir Un million de barils de pétrole brut dans l\u2019océan La collision entre deux navires en mer de Chine provoque une tragédie humaine et environnementale AGENCE FRANCE-PRESSE La garde côtière coréenne a fourni une photo où le pétrolier iranien est aperçu en flammes après une collision avec un navire chinois.P aris \u2014 Le premier ministre français, Édouard Philippe, s\u2019est dit dimanche favorable à la publication des pamphlets antisémites de l\u2019écrivain Louis-Ferdinand Céline, qui fait débat en France, mais à condition qu\u2019elle soit « soigneusement accompagnée ».«Je n\u2019ai pas peur de la publication de ces pamphlets, mais il faudra soigneusement l\u2019accompagner », a déclaré le chef du gouvernement dans un entretien au Journal du Dimanche.«Il y a d\u2019excellentes raisons de détester l\u2019homme, mais vous ne pouvez pas ignorer l\u2019écrivain ni sa place centrale dans la littérature française.» L\u2019éditeur Gallimard prévoit de publier, sous le titre Écrits polémiques, un volume rassemblant les textes antisémites et racistes de Céline : Bagatelles pour un massacre, L\u2019école des cadavres et Les beaux draps.Le préfet Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l\u2019antisémitisme et la haine anti- LGBT, avait mis en garde Gal- limard en décembre sur les risques d\u2019une réédition, réclamant des « garanties » en matière d\u2019accompagnement critique de l\u2019ouvrage.L\u2019éditeur assure que son « intention est d\u2019encadrer et de replacer dans leur contexte des écrits d\u2019une grande violence, marqués notamment par la haine antisémite de l\u2019auteur ».L\u2019appareil critique et l\u2019avertissement seront établis par Régis Tettamanzi, un spécialiste de l\u2019œuvre célinienne, l\u2019écrivain Pierre Assouline signant la préface.Défenseur de la cause des déportés juifs de France, Serge Klarsfeld, qui réclame l\u2019interdiction de la réédition de ces pamphlets, s\u2019est indigné des propos du chef du gouvernement.« Il est probable que le premier ministre n\u2019a pas lu une seule page de ces abjects pamphlets anti-juifs, a réagi M.Klars- feld dans un communiqué.Sinon il n\u2019aurait pas utilisé l\u2019argument de la \u201cplace centrale\u201d de Céline dans la littérature française pour accepter la publication de ces pamphlets \u201csoigneusement accompagnés\u201d».«Il n\u2019est pas envisageable que la société politique française accepte la diffusion de tels textes nocifs et talentueux d\u2019incitation à la haine raciale et à l\u2019extermination des Juifs », a ajouté cet inlassable militant de la mémoire de la Shoah.« Nous ne laisserons pas republier de tels textes qui ont mené nos parents à la mort.» Le Bureau national de vigilance contre l\u2019antisémitisme (BNVCA) demande pour sa part «au Président de la République d\u2019intervenir auprès des éditions Gallimard pour qu\u2019elles renoncent à publier les oeuvres de l\u2019anti-juif» Céline.L\u2019association a déploré «que la propagande antijuive, parce qu\u2019elle est l\u2019œuvre de Céline, soit encore considérée de façon scandaleuse comme un art et fasse partie de la littérature de notre pays».«Dans les universités, il n\u2019y a pas de livres interdits», a réagi de son côté la ministre de l\u2019Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, dimanche sur France 3.«Ce qui est im- por tant évidemment, c\u2019est qu\u2019on explique le contexte, pourquoi ça a été écrit, qu\u2019est- ce qu\u2019on peut en penser».Les trois textes antisémites \u2014 publiés entre 1937 et 1941 \u2014 n\u2019ont pas été réédités depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.On peut cependant les trouver assez facilement sur le Web, sans appareil critique.Agence France-Presse Le premier ministre français s\u2019invite dans le débat sur Céline L\u2019éditeur Gallimard prévoit publier les pamphlets antisémites de l\u2019écrivain Nous pensons que les internautes ne sont pas contre la publicité, qu\u2019ils la savent nécessaire à la pérennité des médias gratuits Carlo d\u2019Asaro Biondo, président de Google Europe « » L E D E V O I R , L E L U N D I 8 J A N V I E R 2 0 1 8 SOCIETE A 5 Quand les doigts valent mieux qu\u2019un long discours T oute forme de vie sur Terre repose sur quatre « lettres » (A, C, T, G) qui, mises bout à bout, forment les gènes, autant ceux des bactéries que les nôtres.Voilà que des scientifiques commencent à ajouter deux lettres à l\u2019alphabet \u2014 et qu\u2019une bactérie est capable de s\u2019en servir.Déjà en 2014, une équipe de l\u2019Institut Scripps, en Californie, avait annoncé dans la revue Nature être parvenue à insérer deux lettres supplémentaires \u2014 ou nucléotides \u2014 baptisées X et Y, dans une bactérie E.coli.Nucléotides qui avaient ensuite été transmis aux générations suivantes, chaque fois que la bactérie se divisait.Restait à voir si ces lettres supplémentaires étaient fonctionnelles, et c\u2019est ce qu\u2019une autre équipe de l\u2019Institut Scripps, toujours dirigée par Floyd Romesberg, du département de chimie, prétend avoir accompli : produire de nouvelles protéines sur demande, lit-on dans l\u2019édition du 29 novembre de Nature.À long terme, l\u2019objectif est de produire des protéines qui auraient un usage pharmaceutique, mais qui ne sont, pour l\u2019instant, pas produites naturellement par des êtres vivants.Les chercheurs ont démontré qu\u2019il était possible à une bactérie de produire de telles protéines « étrangères », et qu\u2019il leur était possible de les récupérer.Reste à voir s\u2019ils pourront produire des protéines qui ser viront à quelque chose, plutôt que d\u2019être une simple curiosité scientifique.Agence Science-Presse Les deux nouvelles lettres de l\u2019alphabet génétique ISTOCK Une équipe de l\u2019Institut Scripps, en Californie, a annoncé être parvenue à insérer deux nucléotides dans une bactérie E.coli (photo).J U L I E R A M B A L L e 28 octobre, Juli Brisk- man, mère de famille quin- qua originaire de Sterling, aux États-Unis, part faire son tour à vélo habituel lorsqu\u2019elle croise le cor tège de Donald Trump.Ni une ni deux, elle dégaine un vigoureux doigt d\u2019honneur devant la voiture du président américain.L\u2019image, immor talisée par un photographe, fait le tour des médias.Interrogée sur les raisons de son geste, elle confie : « Il passait par là et mon sang n\u2019a fait qu\u2019un tour.Je me disais : \u201cil a fait retirer des publicités pour l\u2019inscription à l\u2019Obama- care, seulement un tiers de la population de Porto Rico a de l\u2019électricité, et il est encore à son satané golf\u2026\u201d » Analyste marketing pour une entreprise au service du gouvernement, la nouvelle reine des réseaux est également licenciée, à cause de son geste.Mais reçoit un soutien massif : 450 000 of fres d\u2019emploi spontanées et 120 000 dollars, grâce à une cagnotte de sociofinancement lancée par un admirateur, qui proclame : «Juli Briskman est une inspiration pour nous tous.» Il faut dire que Donald Trump n\u2019en est pas à sa première insulte digitale.Après son élection, les égoportraits de majeurs tendus devant la Trump Tower devinrent une petite tendance des réseaux sociaux, même des actrices aux manières policées ont osé le geste, telle Marion Cotil- lard, allée directement poster sur le compte Instagram du président une salve de doigts d\u2019honneur colorés, en version émoji.Après tout, ce symbole est disponible sur smar tphone depuis 2015, alors autant en profiter\u2026 Majeur à l\u2019honneur D\u2019autant plus que ce geste aux origines injurieuses semble avoir glissé du registre trans- gressif à la posture «cool».Car le majeur est désormais partout: sur des t-shirts, des bijoux, et même dans un film américain de 2016 avec un superhéros déguisé en doigt d\u2019honneur, qui n\u2019a pas vraiment marqué le box- office.Frédéric Beigbeder en a aussi fait l\u2019af fiche de son dernier film, Thierry Ardisson le brandit face caméra chaque fois qu\u2019il évoque un détracteur et l\u2019architecte octogénaire Frank Gehry l\u2019a tendu à un journaliste alors qu\u2019il recevait un prix des mains du roi d\u2019Espagne.Dès 2012, le designer britannique Paul Allimadi s\u2019amusait, dans une tribune du Huffington Post, de voir le doigt d\u2019honneur devenir mode, recensant un nombre incalculable de demoiselles des beaux quar tiers brandir leur majeur, avec un grand sourire, sur les réseaux sociaux\u2026 C\u2019est que, pour s\u2019inscrire dans ce millénaire, mieux vaut maîtriser une nouvelle langue digitale dont la variété d\u2019émojis sur téléphone intelligent témoigne de la richesse : du pouce levé au «shaka» des surfeurs (pouce et auriculaire levés signifiant que l\u2019on vous transmet de bonnes ondes), aux cornes du diable ef fec- tuées avec l\u2019index et l\u2019auriculaire (geste issu du milieu rock qui signifie aujourd\u2019hui que l\u2019on passe simplement du bon temps), l\u2019argot des doigts ne cesse de s\u2019étoffer\u2026 et, comme tous les argots, échappe aux non-initiés qui osent s\u2019y aventurer sans en maîtriser les codes.Slogans gestuel En pleine campagne présidentielle, fin 2016, le maire de Bordeaux Alain Juppé s\u2019était ainsi retrouvé dans un montage vidéo narquois de l\u2019émission Quotidien, de Yann Bar- thès, après avoir tenté d\u2019imiter une bande d\u2019adolescents en train d\u2019exécuter le « signe de Jul ».Ce geste, créé par le rap- peur du même nom, consiste à former deux pistolets avec ses mains, avant de les taper l\u2019une contre l\u2019autre.À connotation « cool », il car tonne dans les cours de récré et les stades de foot\u2026 Et fait visiblement bien rire les millénariaux quand des papy-boomers s\u2019y essaient.Mais si les millénariaux raffolent des slogans digitaux, ils n\u2019ont rien inventé.Car les gestes symboliques existent depuis, toujours selon l\u2019anthropologue Nicolas Adell.«Toutes les sociétés ont partagé des rituels pour renforcer leurs liens, et l\u2019expression de la main en fait partie, note-t-il.Du salut des gladiateurs aux gestes codifiés des rap- peurs, l\u2019expression manuelle a une fonction de reconnaissance à l\u2019intérieur d\u2019un groupe.Psychologiquement, elle joue sur l\u2019effet miroir, et permet d\u2019affirmer que l\u2019on partage les mêmes valeurs ou le même savoir initiatique.Ce processus peut exprimer plusieurs registres: le respect, la prière, son appartenance à une tribu, l\u2019insulte\u2026» Ces gestes hautement symboliques sont à distinguer de ce que l\u2019anthropologue nomme « la palabre gestuelle », c\u2019est-à- dire tous les gestes que l\u2019on exécute machinalement avec les mains dès que l\u2019on s\u2019exprime avec fougue et « qui ne servent qu\u2019à appuyer visuellement le discours, sans dire grand-chose.Ils sont de simples signes de ponctuation ».Une ponctuation néanmoins efficace puisque, selon le psychologue américain Geoffrey Beat- tie, spécialiste de la communication non verbale, les gestes augmentent de 60 % la portée des messages, car ils ont un lien direct avec nos émotions.Raison pour laquelle, d\u2019ailleurs, ils accompagnent souvent les luttes, tel le poing levé, symbole de révolte autant que d\u2019unité qui a traversé l\u2019histoire et les combats, des communistes aux Black Panthers.Et dont l\u2019une des évolutions a donné le fameux check, ou fist bump, qui consiste à se saluer en cognant les poings.Digitus impudicus À l\u2019origine emblème de solidarité face aux discriminations raciales, comme le retrace Shake It Out \u2014 un passionnant documentaire qui lui est consacré \u2014, le check est ensuite devenu signe de ralliement dans la contre-cul- ture hip-hop, avant d\u2019être, là encore, récupéré par le tout-venant, jusqu\u2019à se transformer en jeu dans les cours de récréation\u2026 Mais les gestes emblématiques n\u2019ont pas tous une histoire aussi forte, alors certains n\u2019hésitent pas à broder des légendes.C\u2019est le cas du doigt d\u2019honneur, dont on peut lire ici et là que l\u2019origine remonterait à la Rome antique, où il aurait porté le nom de digitus impudi- cus (doigt impudique) et aurait été chéri par Caligula.Une légende qui fait sourire Nicolas Adell : «Il est toujours très difficile d\u2019établir le parcours historique des gestes, et le doigt d\u2019honneur s\u2019est sans doute démocratisé beaucoup plus tard», tempère-t-il.D\u2019autant que les gestes ont rarement la même signification d\u2019un pays ou d\u2019une culture à l\u2019autre, comme l\u2019expliquait déjà l\u2019anthropologue Desmond Morris à la fin des années 1970 dans une vaste anthologie de la gestuelle humaine à travers le monde (La clé des gestes, Ed.Grasset).Au XXIe siècle, chez les Occidentaux, en tout cas, un digitus impudicus peut rappor ter 120 000dollars à son auteur\u2026 Le Temps L\u2019homme a toujours aimé parler avec ses mains, mais à l\u2019ère du tout numérique, les millénariaux ont érigé la chanson de geste au rang d\u2019ar t et leurs doigts deviennent des slogans qui renvoient vite au siècle dernier tous ceux qui n\u2019y comprennent rien\u2026 Du salut des gladiateurs aux gestes codifiés des rappeurs, l\u2019expression manuelle a une fonction de reconnaissance à l\u2019intérieur d\u2019un groupe.Psychologiquement, elle joue sur l\u2019effet miroir, et permet d\u2019affirmer que l\u2019on partage les mêmes valeurs ou le même savoir initiatique.Nicolas Adell, anthropologue « » ISTOCK Un manifestant anti-Trump fait un doigt d\u2019honneur à un groupe de partisans du président américain rassemblés au Centre des congrès de San Diego, en mai 2016. Le président américain, Donald Trump, poursuit son œuvre de démolition des politiques environnementales de son prédécesseur, Barack Obama.Place aux forages le long des littoraux de l\u2019Arctique, du Pacifique et de l\u2019Atlantique.ans la dernière ligne droite de son mandat à la présidence des États-Unis, Barack Obama avait réussi à protéger 94 % des zones maritimes contre le forage pétrolier et gazier.De concert avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau, il avait annoncé un moratoire de cinq ans sur l\u2019octroi de nouveaux permis d\u2019exploration en Arctique.D\u2019un coup de plume, Donald Trump vient de biffer ce legs à la postérité.Dans le communiqué officiel de l\u2019annonce, le gouvernement Trump se vante d\u2019avoir ouvert 90% des zones maritimes américaines à l\u2019exploration, alors qu\u2019elles étaient jusqu\u2019à tout récemment presque complètement épargnées du forage.Le revirement est complet.En matière d\u2019environnement, les États-Unis ont reculé d\u2019une décennie, en appliquant des politiques qui semblent empruntées à l\u2019ancien vice-président pro-pétrolières Dick Cheney.Concrètement, le secrétaire à l\u2019Intérieur, Ryan Zinke, a annoncé la mise en vente prochaine de 47 permis d\u2019exploitation : 19 le long du littoral de l\u2019Alaska, 7 dans le Pacifique, essentiellement au large de la Californie, 12 dans le golfe du Mexique et 9 dans l\u2019Atlantique, du Maine jusqu\u2019en Floride.Ce plan est à la fois le plus ambitieux et le plus généreux à l\u2019endroit des industries pétrolières et gazières puisqu\u2019elles pourront déterminer elles-mêmes les règles encadrant l\u2019exploitation, selon le principe de l\u2019autorégulation.En effet, le gouvernement Trump a levé les embûches réglementaires adoptées au lendemain de la pire marée noire de l\u2019histoire des États-Unis, survenue en 2010, lors de l\u2019explosion de la plateforme Deepwater Horizon, exploitée par BP dans le golfe du Mexique.Il appartiendra donc aux entreprises, et non à l\u2019État, d\u2019évaluer la sécurité des installations sur les plateformes de forage.La logique derrière cette politique environnementale dépasse l\u2019entendement.Les États-Unis espèrent établir une «dominance énergétique » en Amérique du Nord en accélérant le forage en mer, dixit M.Zinke.La démarche est tout à fait cohérente du point de vue d\u2019un gouvernement climato-négationniste qui croit par ailleurs en l\u2019avenir du charbon, une énergie fossile dépassée dont même la Chine commence à se distancier.Mais pour quiconque s\u2019inquiète du réchauffement climatique et de ses conséquences sur l\u2019ensemble des espèces vivantes, cette politique rétrograde est inacceptable.Le gouvernement Trump pense faire un pas vers la dominance énergétique ?Elle s\u2019enfonce au contraire dans une stratégie de fuite en avant.Sur la scène internationale, l\u2019ouverture sans contraintes aux forages marins sera perçue comme une nouvelle manifestation de l\u2019isolationnisme américain en matière de lutte contre les changements climatiques, un isolationnisme qui affecte à la fois le prestige et l\u2019influence des États-Unis dans les instances de coopération internationale, fondée sur le multilatéralisme.Sur le front économique, cette politique d\u2019accommodement déraisonnable au bénéfice des industries fossiles retarde un inévitable et nécessaire virage en faveur des énergies renouvelables.Et c\u2019est sans parler des risques environnementaux qui pèsent sur les écosystèmes fragiles des littoraux, dont celui de l\u2019Arctique.Et maintenant, que vaudra le moratoire canadien dans l\u2019Arctique?En cas de catastrophe environnementale, une marée noire ne connaîtra pas de frontières.Les pêcheries, le tourisme et la vie quotidienne de centaines de millions de citoyens américains ont pesé moins lourd dans la balance que les intérêts de l\u2019industrie pétrolière.Le Sierra Club a mis le doigt sur le malaise, en déclarant que la décision se résume «à une vente des communautés côtières, des eaux américaines et du climat à quelques pollueurs industriels».Tout n\u2019est pas joué pour autant.Des gouverneurs républicains et démocrates ont manifesté leur inquiétude dans neuf États.Certains États, comme la Californie, traumatisée lors d\u2019un déversement sur les plages près de Santa Barbara, en 1969, ont adopté des lois qui encadrent sévèrement l\u2019industrie pétrolière et qui limitent les possibilités de connecter par des pipelines les plateformes en mer à des installations côtières.Les prix du pétrole (le Brent se vend à moins de 68 $ le baril) ne rendent pas l\u2019exploitation en mer très attrayante.Les plateformes n\u2019apparaîtront pas comme par enchantement à court terme, mais cela ne rend pas le forage marin plus acceptable.L E D E V O I R , L E L U N D I 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Misons sur des traversiers brise-glace Les récents problèmes rencontrés par les traversiers entre Québec et Lévis, devant des glaces trop épaisses à la faveur de la marée descendante, soulèvent de nombreuses questions.La fiabilité du service en souffre au point même d\u2019éloigner la clientèle régulière.Le service est-il rétabli ou annulé?S\u2019il est rétabli, réussirons-nous à traverser dans un délai raisonnable?Autant de questions soulevées par des paramètres variables qui ulcèrent l\u2019usager.La fiabilité alors détonne, c\u2019est devenu une loterie! Coup de théâtre, la vague de froid de décembre a présenté des glaces aussi épaisses qu\u2019en fin de janvier.L\u2019appel aux brise-glace pour libérer les traversiers débute alors plus tôt en saison et ce n\u2019est pas terminé.Nos valeureux traversiers arrivent en fin de vie.La solution pour l\u2019avenir demeure dans la construction de bateaux plus puissants, possédant une coque de type brise- glace ainsi qu\u2019une étrave convexe.De cette L I B R E O P I N I O N É M I L I E G É L I N A S Conférencière, diplômée d\u2019une maîtrise en sociologie, Université du Québec à Montréal L a vague de dénonciations #MeToo qui a déferlé dans les médias sociaux après l\u2019affaire Weinstein révèle un constat assez ef farant : rares sont les femmes qui n\u2019ont pas subi de harcèlements et d\u2019agressions sexuels.Pour plusieurs, la notion de consentement ne semble pas claire du tout.Comment se fait-il qu\u2019elle soit aussi floue ?Comment se fait-il qu\u2019il y ait un manque si généralisé de prise en compte de la volonté et des désirs de l\u2019autre ?L\u2019un des endroits où l\u2019on présente des rapports sociaux dénués de considération pour autrui, c\u2019est bien dans la pornographie mainstream, celle qui est gratuite.Cette pornographie, qualifiée de gonzo, est la plus produite et la plus vue.Le gonzo repose sur une représentation de la sexualité qui se veut brute.Rien ne doit interférer avec l\u2019immédiateté des pulsions ou des désirs : là réside ce qu\u2019il y a de plus pur, de plus «réel».Il s\u2019agit d\u2019une sexualité «désubstantiali- sée» du social, c\u2019est-à-dire une sexualité qui ne doit pas être façonnée, réfléchie ou transformée par quelque chose d\u2019extérieur comme pourraient l\u2019être une norme, un compromis, ou plus largement la culture.C\u2019est un retour à l\u2019état de nature.Les relations sexuelles sont sans contexte, sans construction du désir et sans communication.Ce qui compte, c\u2019est la satisfaction immédiate des pulsions de celui qui jouit.Norbert Elias décrivait la civilité comme une « lutte [qui] se déroule dans [le] moi entre les manifestations pulsionnelles prometteuses de plaisir et les interdictions et restrictions lourdes de menaces, les sentiments de pudeur et d\u2019inconfort d\u2019origine sociale ».Dans la pornographie gonzo , cette lutte n\u2019existe pas.Alors que la civilité marque un trait entre l\u2019autre et moi, ce type de pornographie efface ce trait en présentant des individus assujettis à leurs pulsions brutes et immédiates.Dépourvue de restriction face au désir individuel, la pornographie gonzo représente une sexualité marquée par une absence de civilité et de conscience d\u2019autrui.Dans la pornographie gonzo, la notion de consentement reste assez floue, pour ne pas dire absente.Bon nombre de titres de vidéos décrivent des viols : « il viole sa femme de ménage » ou encore « forcée à sucer des mecs».Dans le documentaire Hot Girls Wanted (2014), qui porte sur les conditions des jeunes femmes actrices dans le milieu amateur, on y présente le tournage du film Virgin Manipulations.La scène se déroule comme suit : une adolescente est seule à la maison.Un ami de la famille vient faire un tour et constate que les parents sont absents.Il saisit l\u2019occasion pour avoir un rapport sexuel avec elle.Lors du tournage, le réalisateur spécifie à la jeune actrice qu\u2019elle ne doit en aucun cas démontrer qu\u2019elle est consentante.À la fin du tournage, elle se confie au caméraman du documentaire et dit qu\u2019elle sait désormais ce que peut ressentir une victime de viol.Civilité Les titres des vidéos pornographiques démontrent un manque de civilité.Les mots en français «enculer», «défoncer» et «élargir» sont fréquemment utilisés pour démontrer la brutalité de l\u2019acte sexuel.Pourquoi représenter ainsi une sexualité dépourvue de civilité, de considération pour l\u2019autre?La pornographie n\u2019est certes pas à l\u2019image des rapports sociaux réels, mais elle agit en tant que média d\u2019influence sur la sexualité.Elle présente la suprématie du désir individuel sur le savoir-vivre en société.Comment nommer cette attitude qui consiste à faire triompher son désir en niant celui de l\u2019autre ?Peut-on dire que c\u2019est de l\u2019individualisme ?Du narcissisme ?Modernité L\u2019individualisme, chez Tocqueville, est le fait que chaque individu recrée une petite société à l\u2019intérieur de lui-même.Ainsi, il n\u2019agit qu\u2019en fonction de ses propres normes et volontés individuelles.Pour Charles Taylor, l\u2019individualisme constitue l\u2019un des malaises de la modernité.Ce malaise laisse place à une dérive si l\u2019individualisme prend un caractère monologique, c\u2019est-à-dire que l\u2019individu ne pense qu\u2019à ses propres désirs personnels, en dehors du bien commun.L\u2019individualisme peut être positif s\u2019il prend un caractère dialogique, soit en interaction avec un « autre », vers une morale universelle.Le narcissisme est le fait qu\u2019un individu soit incapable de dissocier le «soi » de « l\u2019autre ».C\u2019est comme cela que Narcisse serait tombé dans l\u2019eau en voulant embrasser son reflet, étant incapable de dissocier le monde extérieur de lui- même.Le narcissisme est l\u2019aboutissement radical de l\u2019individualisme.La pornographie gonzo est une pornographie narcissique.Alors qu\u2019elle laisse croire que l\u2019individu est plus libre que jamais d\u2019assouvir ses pulsions et désirs, elle l\u2019emprisonne dans des schémas et des stéréotypes sexuels et sociaux bien définis.Cette liberté sexuelle et individuelle est un leurre, une sexualité contre elle-même.On ne peut faire l\u2019expérience du monde que si nous sommes en interaction avec autrui.Pourtant, il existe des pornographies altruistes.Seulement, elles sont rarement gratuites et beaucoup moins accessibles.Compte tenu des événements #MeToo, il serait intéressant de promouvoir, du moins, des pornographies dans lesquelles il y a respect et consentement.De #MeToo à la pornographie FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET manière, les traversiers éviteront les dérives et pourront se dépêtrer eux-mêmes dans la glace.Pour des traversées en toute quiétude, la belle technologie a un prix! Michel Beaumont Québec, le 7 janvier 2018 FORAGE EN MER Trump, un président pour les pétrolières D BRIAN MYLES Les relations sexuelles sont sans contexte, sans construction du désir et sans communication.Ce qui compte, c\u2019est la satisfaction immédiate des pulsions de celui qui jouit.Un nouveau type de génie, version 21e siècle « Tout au long de ma vie, mes deux atouts ont été ma stabilité mentale et le fait d\u2019être, genre, très intelligent [\u2026] Je suis passé d\u2019homme d\u2019affaires TRÈS prospère à grande star de la télé et à président des États-Unis [à mon premier essai].Je pense qu\u2019on peut me qualifier non seulement de malin, mais de génie\u2026 et un génie très stable en plus ! » a modestement écrit vendredi Donald Trump sur son fameux compte Twitter.Léonard de Vinci, William Shakespeare, Ludwig van Beethoven, Alber t Einstein peuvent aller se rhabiller, nous avons af faire à un nouveau type de génie, version 21e siècle.Ignorant, inculte, grossier, haineux, sexiste, raciste, mythomane, démagogue, cupide, arrogant, narcissique, vaniteux, mégalomane\u2026 Ainsi on peut répondre à tous ces qualificatifs, devenir milliardaire, puis président de la première puissance du monde et avoir le culot de s\u2019autoproclamer « malin, très intelligent et génial » à la face du monde.Y a-t-il encore quelque chose à rajouter sur Donald Tr ump ?Et dire qu\u2019on en a encore pour au moins trois ans à se taper ces énormités sur une base quotidienne\u2026 Jusqu\u2019où irons-nous dans la bêtise humaine ?Yann Leduc Gatineau, le 6 janvier 2018 Romney en 2020 ?Que fera Mitt Romney, le candidat républicain de confession mormone qui a perdu en 2012 face à Barack Obama?Remplacer le sénateur républicain de l\u2019Utah (où vit une importante population de confession mormone), Orrin Hatch, qui a annoncé qu\u2019il ne se représenterait pas en novembre, ou Thomas Monson, le président de l\u2019Église mormone, décédé le 2 janvier?Nous savons que Romney déteste cordialement Donald Trump, qu\u2019il a déjà traité de charlatan.S\u2019il devient sénateur, il aura deux ans pour mettre des bâtons dans les roues du président, l\u2019empêcher de se représenter en 2020 et tenter sa chance une deuxième fois à la présidentielle, les candidats républicains respectables ne courant pas les rues.M\u2019est avis que Hatch déteste lui aussi Trump et qu\u2019il force la main de Romney en rendant son tablier.Sylvio Le Blanc Montréal, le 5 janvier 2018 L E D E V O I R , L E L U N D I 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).F R A N Ç O I S B L A I S Député de Charlesbourg, ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale ans un texte paru dans Le Devoir, l\u2019historien Benoit Marsan s\u2019en prend au Plan d\u2019action pour l\u2019inclusion économique et la participation sociale 2017-2023 que j\u2019ai dévoilé le 10 décembre dernier en présence du premier ministre (« Plan de lutte contre la pauvreté : nouvelles mesures, vieille rengaine », 23 décembre 2017).Selon toute vraisemblance, il ne l\u2019a pas lu, car il y trouverait une somme d\u2019informations qui vont à l\u2019encontre de son propos alarmiste et sur tout de la lecture très « mar xisante » qu\u2019il propose de l\u2019évolution récente des politiques sociales, lecture qui ne colle aucunement à la situation particulière du Québec qui demeure, rappelons-le, la social-démocratie la plus développée d\u2019Amérique de Nord.Pour arriver à dresser son tableau tout en noir, l\u2019auteur reprend à son compte l\u2019idée selon laquelle il n\u2019y en a dans ce plan que pour les personnes ayant des contraintes sévères à l\u2019emploi, les « bons pauvres » dit-il, expression condescendante s\u2019il en est, qui fait fi de la dure réalité de personnes qui ne réussiront jamais à subvenir à leurs besoins.Dif férents transferts Je lui rappellerai que les «bons pauvres» en question ne profitent pas de la relance économique actuelle du Québec ni des possibilités offertes par un marché du travail qui frôle le plein- emploi dans plusieurs régions.La plupart vivant seuls, ils ne peuvent pas non plus compter sur les améliorations notables du revenu des familles des 15 dernières années qui ont permis à un grand nombre d\u2019entre elles de sortir de la pauvreté.Sait-il par exemple qu\u2019au Québec, une famille reçoit différents transferts de l\u2019État qui lui permettent d\u2019atteindre en moyenne 80 % de la mesure du panier de consommation avant même que l\u2019un de ses membres ait commencé à travailler une seule heure ?Avec ses 43 mesures, 18 ministères ou organismes impliqués et un budget global de près de 3 milliards de dollars, le plan gouvernemental vient en appui à différents groupes dans le besoin.Les bénéficiaires à l\u2019aide sociale sans contraintes à l\u2019emploi, les « mauvais pauvres » de M.Marsan, ne sont pas en reste.Tous transferts compris, ils maintiennent avec ce plan le revenu disponible le plus élevé au Canada pour ce groupe.D\u2019importantes mesures sont aussi annoncées pour leur permettre ainsi qu\u2019à leurs enfants de progresser vers une plus grande autonomie économique.À terme, ce troisième plan procurera une sor tie permanente de la pauvreté à plus de 100 000 personnes, dont la très grande majorité sont des personnes vivant seules.Il permettra au Québec pour la première fois d\u2019accéder au peloton de tête des pays industrialisés en matière de lutte contre la pauvreté, peloton formé de pays comme la Finlande, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et la Suisse.C\u2019est ce qui en fait la politique gouvernementale la plus ambitieuse des dernières années en matière de justice sociale.« Bons pauvres » et « mauvais pauvres »\u2026 Vraiment ?PHILIPPE LOPEZ AGENCE FRANCE-PRESSE Avec ses 43 mesures, 18 ministères ou organismes impliqués et un budget global de près de 3 milliards de dollars, le Plan d\u2019action pour l\u2019inclusion économique et la participation sociale 2017- 2023 vient en appui à dif férents groupes dans le besoin, plaide le ministre François Blais.J U L E S O \u2019 S H E A Département de génie électrique, École polytechnique e 27 novembre, le premier ministre, Philippe Couil- lard, a évoqué la possibilité de relier Québec et Montréal par un monorail à grande vitesse.Les critiques ont vite reconnu qu\u2019il s\u2019agissait du concept TrensQuébec.Ce concept consiste en un monorail suspendu qui se déplacerait au- dessus de l\u2019autoroute 20 en transportant 60 passagers à 250 km/h.Un monorail du type suspendu est un bon choix compte tenu du climat du Québec, car le chariot, auquel la cabine serait suspendue, roule à l\u2019intérieur d\u2019un conduit en forme de «U» inversé, donc à l\u2019abri de la neige et du verglas.À l\u2019opposé, le monorail supporté comme celui construit par Bombardier à São Paulo roule sur une « poutre » (le rail) exposée aux intempéries.Mais pour que le TrensQuébec puisse supporter une cabine transportant autant de personnes à une vitesse aussi grande, il lui faudrait une str ucture très robuste.De plus, en étant superposé à l\u2019autoroute et en se déplaçant à une vitesse plus de deux fois celle tolérée pour les automobiles, l\u2019accélération dans les courbes atteindrait un niveau inacceptable pour les passagers tout en exigeant une structure d\u2019autant plus robuste encore que celle exigée par le seul poids des 60 passagers.Son coût serait donc élevé et, sur le plan esthétique, cette grosse structure entraînerait plus de contestation que pour les pylônes de l\u2019Hydro-Québec.Ce qui serait plus réaliste, et qui fait l\u2019objet de projets sur ses parties constituantes par mes étudiants depuis plusieurs années, consiste en un monorail suspendu où circuleraient des véhicules au moins dix fois plus petits et deux fois moins rapides que ceux proposés par TrensQuébec.Ainsi ce serait non seulement moins stressant pour la structure qui maintient en place le monorail, mais aussi moins stressant pour les passagers.En effet, on ressent tou jours une cer taine anxiété quand on ne veut pas manquer le train, l\u2019avion ou le bateau, car le prochain viendra beaucoup plus tard.Par contre, on ne ressent aucune anxiété quand il faut utiliser un ascenseur dans un grand édifice ; il n\u2019y a pas d\u2019horaire à respecter, il suffit d\u2019appuyer sur un bouton quand on est prêt et le temps d\u2019attente est court.De même, pour le monorail qui fait l\u2019objet de notre recherche, l\u2019utilisateur n\u2019aurait qu\u2019à appuyer sur un bouton et tout se passerait pour lui comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un ascenseur sauf que ce serait dans le plan horizontal plutôt que dans le plan vertical.Une fois monté dans la cabine du monorail (d\u2019une capacité de quatre ou six personnes), le passager pourrait choisir sa destination au moyen de boutons comme dans un ascenseur et, comme dans un ascenseur, il ne serait pas nécessairement seul.On peut déduire qu\u2019aux heures de pointe, il y aurait des centaines de ces cabines qui circuleraient sur le réseau du monorail.Toutes seraient commandées par ordinateur pour réguler leur vitesse et leur espacement ainsi que pour procéder à l\u2019aiguillage vers une voie d\u2019évitement et s\u2019arrêter là où quelqu\u2019un est rendu à destination puis accélérer afin de rejoindre la voie principale de nouveau et s\u2019y insérer entre deux autres cabines se déplaçant à grande vitesse.On voit que ce concept s\u2019apparente au PRT («personal rapid transit ») qui a fait l\u2019objet de plusieurs études dans les années 1970.Le monorail plus réalisable décrit ci-dessus pourrait être érigé au-dessus des autoroutes et des chemins de fer existants.On minimiserait ainsi les expropriations et en particulier les expropriations de terres agricoles.De plus, il n\u2019y aurait pas le problème du corridor non disponible, comme c\u2019est le cas pour le REM.Par exemple, si un tel monorail était construit au-dessus des voies du Canadien Pacifique (CP) à partir de la gare Windsor, on pourrait se rendre à l\u2019aéroport sans faire un détour par Saraguay comme le fera le REM parce que le corridor permettant de se rendre directement à Dor val est déjà totalement occupé par la route 20, par les voies ferrées du CN et par celles du CP.De plus, la vitesse de ce monorail n\u2019excédant pas celle tolérée sur nos autoroutes et suivant leur tracé ne produirait pas d\u2019accélération exagérée dans les courbes.Ce serait aussi un moyen, en étageant les voies, d\u2019en ajouter à nos routes congestionnées.AutoTransit Il existe encore la possibilité de rendre ce concept plus innovateur en troquant les cabines fixes du monorail pour des cabines amovibles.En vue de favoriser davantage l\u2019adoption des voitures électriques, les cabines amovibles seraient en fait des voitures électriques pourvues d\u2019un dispositif, sur le toit, capable de s\u2019arrimer à un dispositif complémentaire situé au-dessous du chariot du monorail (là où une cabine traditionnelle est habituellement fixée).Le dispositif d\u2019arrimage incorporerait aussi un couplage par induction permettant d\u2019alimenter la voiture en électricité pour recharger sa batterie et pourvoir au chauffage ou au conditionnement de l\u2019air de son habitacle.Donc on éliminerait la crainte de la batterie à plat et le problème du premier-der- nier kilomètre que connaissent tous les systèmes de transport en commun.En résumé, avec ce monorail, que je nomme AutoTransit, on pourrait partir de chez soi avec sa voiture électrique, se rendre à un poste de raccordement du monorail, parcourir la distance la plus longue en étant arrimé au monorail, s\u2019y séparer à un poste prévu à cet effet le plus près de sa destination puis parcourir avec sa voiture la distance restante.Dans un tel contexte, la voiture électrique deviendrait sans conteste la bonne voiture.Imaginez la possibilité de passer au-dessus des autres voitures bloquées dans les bouchons ou dans la neige ! Sa batterie, se rechargeant en cours de route, serait de taille réduite par rapport à celle des autres voitures électriques.Par ailleurs, son dispositif d\u2019arrimage lui donnerait une caractéristique distinctive par rapport aux voitures importées ; elle pourrait être fabriquée au Québec sans compétition, notre économie en profiterait sans compter la réduction du pétrole importé.Les solutions discutées ci-dessus réduiraient la durée du voyage entre Montréal et Québec par rapport à ce qu\u2019il en est actuellement sans être toutefois le monorail à grande vitesse pour lequel M.Couillard a manifesté de l\u2019intérêt.Que ce soit en mode PRT ou en mode AutoTransit, le monorail proposé constituerait une bonne prouesse technologique avant d\u2019attaquer l\u2019objectif plus ambitieux de la grande vitesse.Il fournirait un moyen de transport efficace entre la grande ville et ses banlieues particulièrement celles qui sont les plus éloignées.Pour un monorail plus lent, mais plus fréquent Imaginez la possibilité de passer au-dessus des voitures bloquées dans les bouchons L a question est shakespearienne : le peuple québécois existe-t-il en droit ?Si oui, en découle-t-il un droit à l\u2019autodétermination?La Cour supérieure se prononcera très prochainement là-dessus plus de dix-sept ans après l\u2019adoption par l\u2019Assemblée nationale de la Loi sur l\u2019exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple et de l\u2019État du Québec, communément appelée « loi 99 ».Cette loi, qui ne compte que 4 chapitres et 14 articles, prévoit notamment que le peuple québécois a le droit inaliénable de choisir librement le régime politique et le statut juridique du Québec et qu\u2019il détermine seul, par les institutions politiques qui lui appartiennent en propre, les modalités d\u2019exercice de ce droit.Elle a été adoptée à la majorité, le 7 décembre 2000, par les 68 députés du Parti québécois, y compris le premier ministre Lucien Bouchard, avec l\u2019appui de Mario Dumont alors chef (et seul député) de l\u2019ADQ ; Jean Charest et les 40 autres députés du PLQ votaient contre.Contestée depuis 2001 par l\u2019ancien chef du disparu Parti égalité, Keith Henderson, lui-même rejoint dans sa croisade par le gouvernement fédéral en 2013, la loi est au centre d\u2019une cause, finalement entendue en mars dernier.Ses opposants tentent d\u2019en faire invalider les principaux articles ou d\u2019en réduire totalement la portée.L\u2019enjeu est tout autant politique que juridique.La loi 99 trouve son origine dans le référendum de 1995, perdu par à peine 52 000 voix.Par peur d\u2019être confronté rapidement à un troisième référendum, gagnant cette fois, Ottawa brandit à partir de ce moment à la fois la carotte (le tristement célèbre programme des commandites) et le bâton de la « Loi donnant effet à l\u2019exigence de clarté formulée par la Cour suprême du Canada» qui interprète abusivement l\u2019Avis consultatif rendu par ladite cour en 1998.C\u2019est que, contre toute attente, alors que le gouvernement de Jean Chrétien pense obtenir à la suite de son Renvoi relatif à la sécession du Québec une déclaration de la Cour suprême voulant que le Québec n\u2019a pas le droit de se séparer du Canada, le tribunal donne une réponse plus nuancée que prévu, notamment grâce au travail de l\u2019amicus curiae, Me André Joli-Cœur.Un vote qui aboutirait à une majorité claire en réponse à une question claire conférerait au projet de sécession une légitimité démocratique que tous les autres par ticipants à la Confédération auraient l\u2019obligation de reconnaître, tranche la plus haute instance.Or, en vertu de cette loi C- 20 parrainée par Stéphane Dion, la Chambre des communes s\u2019arroge le droit de définir, par exemple, a posteriori, les règles du jeu concernant «une majorité claire ».Ainsi, pour Ottawa, la règle des 50 % plus 1 ne s\u2019applique plus, comme en 1980 et en 1995.Concrètement, si le résultat est de 53 % en faveur du OUI, la Chambre peut décréter après coup qu\u2019il fallait 55 %.Et ainsi de suite.Cette loi inique de mise en tutelle de la démocratie québécoise fera réagir à l\u2019étranger.En France, de gauche à droite, en passant par le centre, elle sera dénoncée, tant par l\u2019ancien premier ministre Raymond Barre que par des ténors politiques tels que Jean-Pierre Chevènement, Philippe Séguin et Paul-André Wiltzer.Dans Le Nouvel Observateur, Jacques Julliard, aujourd\u2019hui à Marianne, signera un cinglant éditorial intitulé «Pour que le Québec reste\u2026 libre».À Québec, la réplique viendra donc sous la forme de la loi 99, celle-là même qui est au- jourd\u2019hui contestée.Le gouvernement du Québec présentant une défense jugée molle, la Société Saint-Jean-Baptiste a réussi à se faire reconnaître comme intervenante par la Cour et c\u2019est son président, Me Maxime Laporte, qui défend la loi dans son intégralité.Cette guérilla juridique peut sembler très théorique, voire futile, au temps d\u2019aujourd\u2019hui, alors que la question de l\u2019indépendance n\u2019est pas à l\u2019ordre du jour.Mais l\u2019avenir dure longtemps.Ne devons-nous pas tenter de garder toutes les portes ouvertes?Même si, bien sûr, l\u2019avenir se jouera aussi ailleurs, c\u2019est-à-dire sur le terrain politique, là où les indépendantistes auront à convaincre leurs concitoyens d\u2019obtenir le meilleur score possible lors d\u2019un nouveau rendez-vous référendaire, en même temps qu\u2019ils doivent dès maintenant s\u2019activer à l\u2019international.Car, comme le rappellent douloureusement les exemples kurde et catalan, il n\u2019y a pas d\u2019État indépendant sans reconnaissance internationale.Être ou ne pas être LOUISE BEAUDOIN Pour Ottawa, la règle des 50 % plus 1 ne s\u2019applique plus, comme en 1980 et en 1995.Concrètement, si le résultat est de 53 % en faveur du OUI, la Chambre peut décréter après coup qu\u2019il fallait 55 %.L D On ressent toujours une certaine anxiété quand on ne veut pas manquer le train, l\u2019avion ou le bateau, car le prochain viendra beaucoup plus tard L E D E V O I R , L E L U N D I 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Gainsbourg, ballottée dans le métier jusqu\u2019à en être dégoûtée.Et puis elle et Michel Berger se trouvèrent, et leur couple sera fusionnel jusque dans la création, l\u2019auteur-composi- teur lui donnant des mélodies et des mots faits pour exprimer ce qu\u2019elle voulait vraiment exprimer, de Si maman si à Ella, elle l\u2019a.Et à la suite de l\u2019abrupt décès de celui-ci, terrassé à 44 ans par une crise cardiaque, elle deviendra à plein temps la gardienne de sa mémoire et ses chansons, jusqu\u2019à la comédie musicale Résiste, qu\u2019elle coécrit avec son compagnon Bruck Dawit, présentée en 2015 et 2016 à Paris et à travers l \u2019Europe francophone.Notez : Berger meurt en 1992, et le cancer est diagnostiqué l\u2019année d\u2019après.Avant que Michel Berger ne lui écrive en 1974 La déclaration d\u2019amour, sans doute le plus émouvant message personnel écrit par un auteur- compositeur amoureux à l\u2019interprète de son cœur \u2014 « Quand je suis seul et que je peux rêver/Je rêve que je suis dans tes bras/Je rêve que je te fais tout bas/Une déclaration\u2026 » \u2014, France Gall aura eu deux notables liaisons, qui donnèrent aussi lieu à des chansons : Claude François (Comme d\u2019habitude) et Julien Clerc (Souffrir par toi n\u2019est pas souf frir).Elle parlera peu ou pas de ces amours d\u2019avant le grand amour, de la même façon qu\u2019elle évitera le plus souvent d \u2019évoquer ses années Salut les copains, et ne chantera presque plus jamais sur scène les succès très mythifiés de cette période où elle ne décidait de rien.Berger, encore lui, dira tout ce qu\u2019elle ressent dans la chanson Tout pour la musique : « Et ils répètent ces mots/Sans suite et sans logique/Comme on dit des mots magiques/Tout pour la musique\u2026 » Qui a eu cette idée folle?C\u2019est Rober t Gall, père d\u2019Isabelle (son véritable prénom), qui lui écrit Sacré Charlemagne en 1964.Ritournelle imparable : « Qui a eu cette idée folle/Un jour d\u2019inventer l\u2019école ?» Elle a 17 ans, on la joue fillette, elle pose avec des figurines en bois sur le Super 45 tours, où il y a aussi Nounours et Au clair de la lune.Le contraste sera d\u2019autant plus frappant lorsqu\u2019elle remporte le concours de l\u2019Eurovision l\u2019année d\u2019après, où elle défend cette chanson où Serge Gains- bourg tourne en dérision la fabrication des midinettes du yéyé tout en investissant le marché plus que lucratif : Poupée de cire, poupée de son.Plus tard, cela donnera Les sucettes, sommet de per versité où Gainsbourg lui fait chanter « Lorsqu\u2019elle n\u2019a sur sa langue que le petit bâton/Elle prend ses jambes à son corps/Et retourne au drugstore\u2026 » Il faut voir le Serge triomphant, susurrant Les sucettes, en duo avec France, pour l\u2019émission de fin d\u2019année 1966 Dents de lait, dents de loup.En entrevue pour Le Devoir, elle m\u2019avait juré n\u2019avoir compris le second degré que bien après, et qu\u2019elle s\u2019était sentie « trahie, presque violée ».On com - prend son mutisme, et son refus d\u2019écrire une autobiographie.De toute cette période, elle n \u2019aura d \u2019af fection que pour ses incursions jazzy (Le cœur qui jazze, Jazz à gogo).Il n\u2019empêche que ses disques d\u2019alors sont devenus cultis- simes, et que la France Gall de Laisse tomber les filles, Baby pop, Teenie weenie boppie, Nous ne sommes pas des anges, Chanson pour que tu m\u2019aimes un peu, ainsi que l\u2019indicatif de l\u2019émission Dim Dam Dom, fait aujourd\u2019hui la joie des amateurs de Swinging 60\u2019s French Ye-Ye Girls, un peu par tout dans le monde.Plus jamais comme avant À la fin des années 1960, il n \u2019y avait même plus Gains- bourg pour lui pondre des tubes : sur l\u2019étiquette La Compagnie, elle enregistre des bêtises : L\u2019orage, La torpédo bleue.On ne retient qu\u2019Homme tout petit, qu\u2019elle vient chanter en spectacle au Québec en 1969, un séjour pas très heureux.Il faudra sa participation à la première version de Starmania, l\u2019opéra pop de Luc Plamondon et Michel Berger, pour que le contact se renoue.Le couple Gall-Berger aura même son pied à terre à Outremont, pas loin de chez Plamondon.C\u2019est le parolier qui répondit au téléphone et lui passa l \u2019appel lorsque je l\u2019interviewai au milieu des années 1980 pour CIBL : c \u2019était ma toute première entrevue, j\u2019en bégayais.Elle ne se produisit plus ja- ma is sur scène chez nous après 1969.Je la vis à Paris, salle Pleyel, grâce à Hélène Morin de chez Warner.Son spectacle lui ressemblait, les chansons de son Michel Berger éta ient les s iennes, et elle inspirait toute une géné- rat ion de jeunes femmes : Diego libre dans sa tête , Il jouait du piano debout, Ella, elle l\u2019a, Cézanne peint, Mu- s ique , Rés iste , Débranche , Donner pour donner (son duo avec Elton John), Laissez passer les rêves, la poignante Évidemment écrite en souvenir de Dan iel Balavo ine, tant d\u2019autres titres de son « vrai » réper toire .La chanson gagnera encore en per tinence en 1997, quand sa fille Pauline, un de ses deux enfants, sera emportée par une maladie génétique.« Y a comme un goût amer en nous/Comme un goût de poussière dans tout/Et la colère qu i nous su i t par tout/Év idemment/Év i - demment/On danse encore/Sur les accords/Qu\u2019on aimait tant/Mais pas comme avant\u2026 » Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GALL «France Gall a traversé le temps grâce à sa sincérité et à sa générosité » \u2014 Le président français, Emmanuel Macron «France, nous avions 20 ans, des bonheurs, des chagrins.Une part de ma vie s\u2019en va avec toi.» \u2014 Le chanteur Julien Clerc «France Gall fut l\u2019une des icônes de la chanson française.Elle s\u2019en est allée, rejoignant Michel Berger.Qu\u2019elle repose en paix.» \u2014 L\u2019acteur Gérard Depardieu «Icône de la chanson française, intemporelle, France Gall n\u2019appartenait pas à une génération : elle a su s\u2019adresser à toutes.Elle a affronté les combats personnels en donnant tout pour la musique.» \u2014 La ministre de la Culture, Françoise Nyssen Agence France-Presse Hommages LE DEVOIR Pochette d\u2019un 45 tours lancé au Québec en 1969 groupe ordinaire.Pour tant, dans les faits, celui-ci restait souvent dans le groupe des poupons, car les groupes se forment en septembre et peu de places se libèrent avant l \u2019année suivante, quand les plus vieux partent pour l\u2019école.Les enfants de plus de 18 mois se retrouvent donc «coincés» dans les groupes de poupons, car il n\u2019y a pas de place ailleurs, mais les subventions de Québec ne suivaient pas, ce qui représentait un déficit financier pour les garderies.Ces dernières n\u2019avaient donc aucun intérêt à accepter les poupons qui allaient atteindre les 18 mois en cours d\u2019année.Tolérance Québec a tenté de régler le problème en adoptant une « tolérance administrative » afin d\u2019étendre le financement des enfants en pouponnière jusqu\u2019à l\u2019âge de 23 mois.Mais le problème persistait, car avec le prolongement du congé parental, qui s \u2019étend désormais sur 12 mois, les enfants arrivaient de plus en plus âgés à la pouponnière.Et ce sont les bébés du printemps, qui arrivaient à la pouponnière en septembre à l\u2019âge de 15, 16 ou 17 mois qui étaient les plus touchés, a constaté le ministère de la Famille dans un rapport publié au printemps 2012.Les auteurs écrivaient que la prolongation de la tolérance jusqu\u2019à l\u2019âge de 29 mois «pourrait influencer à la baisse la propension présumée de certains prestataires de services de garde à hésiter à accueillir des poupons plus âgés ».Ce fut donc chose faite.Or, six ans plus tard, Québec revient en arrière sur cette mesure.En effet, les gestionnaires de services de garde ont appris dans les dernières règles de l\u2019occupation qu\u2019il y aura une limite sur le nombre d\u2019enfants qui pourront bénéficier de cette tolérance.Et le ministère ne descend pas la limite à 23 mois, comme c\u2019était le cas auparavant, mais bien à 18 mois.Ainsi, dans une pouponnière de 10 places, seuls quatre enfants pourront avoir plus de 18 mois sans quoi le service de garde se retrouvera en déficit.Oui, il y aura encore un peu de marge de manœuvre, reconnaissent les gestionnaires de garderie, mais c\u2019est bien insuffisant, car le nombre d\u2019enfants âgés de plus de 18 mois est généralement plus élevé que cela, comme en témoignait d\u2019ailleurs le rapport ministériel de 2012.En ef fet, l\u2019étude montrait qu\u2019environ 15 530 enfants âgés de 18 à 23 mois faisaient l\u2019objet d\u2019une tolérance administrative, soit 61 % des enfants en pouponnière.« Presque toutes les pouponnières subventionnées (97,8 %) comptent au moins un cas de tolérance administrative au cours d\u2019une année », constatait le ministère.À cela se sont encore ajoutés, depuis 2012, les enfants de 23 à 29 mois.Le ministère estimait alors qu\u2019environ 2030 enfants seraient touchés par la prolongation de la tolérance administrative, soit 8 % des enfants de la pouponnière.Le coût annuel de cette mesure était évalué à 17,5 millions.Impacts « Les données préliminaires de notre sondage interne montrent que cela toucherait un nombre impor tant de nos CPE, et les sommes retranchées pourraient équivaloir à quelques milliers de dollars par installation », affirme la directrice générale de l\u2019AQCPE, Geneviève Bélisle.« La tolérance administrative, ça répondait vraiment à un besoin, ajoute-t-elle.Ce serait un recul.» Mme Bélisle estime que cela risque d\u2019entraîner un effet domino avec un plus grand nombre de « manipulations » dans la compos it ion de tous les groupes.« Sur le plan de la stabilité, on perd en valeur éducative, et c\u2019est là que ça nous inquiète.» De son côté, le président de l\u2019Association des garderies privées du Québec, Samir Alah- mad, estime que les enfants et leurs parents seront les premiers à souffrir de cette décision de Québec.«Les services de garde vont s\u2019adapter, ils vont recommencer à refuser des enfants.Ils vont dire aux parents : \u201ctu mets ton enfant à la pouponnière à 8 mois maximum en septembre, sinon on ne le prend pas\u201d.Ça va toucher les parents, et pas à peu près.» Qualité Au ministère de la Famille, on explique ce changement aux règles d\u2019occupation par une volonté d\u2019offrir un service de meilleure qualité pour ces enfants.«La situation n\u2019est pas idéale pour les enfants qui demeurent dans la pouponnière alors qu\u2019ils ont largement dépassé l \u2019âge d \u2019 intégrer un groupe plus âgé.Ils ne bénéficient pas d \u2019un programme éducatif et de matériel adapté à leur âge et ne profitent pas de l\u2019effet stimulant des interactions avec des enfants de leur âge », répond le porte-parole du ministère de la Famille, Alexandre Noël.Mais à l\u2019AQCPE, on estime que c\u2019est un argument qui ne tient pas la route.« Normalement, il ne devrait pas y avoir de valeur éducative moindre, parce qu\u2019il y a toutes sortes de possibilités d\u2019organiser l\u2019environnement physique et les interactions pour apporter une valeur éducative aux plus vieux des poupons, explique la directrice générale, Geneviève Bélisle.On peut sécuriser un coin avec une petite table pour les enfants plus vieux, avoir des casse-tête plus complexes et un coin adapté à leurs besoins.Une éducatrice qui connaît bien le développement de l\u2019enfant va être capable de mettre les bons environnements éducatifs, ça ne devrait pas être un problème.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 POUPONS Sur le plan de la stabilité, on perd en valeur éducative, et c\u2019est là que ça nous inquiète La directrice générale de l\u2019AQCPE, Geneviève Bélisle « » sauvagement assassiné et dont la seule faute aura été de se trouver sur le chemin des djiha- distes alors qu\u2019ils prenaient la fuite.Le cortège s\u2019est ensuite transpor té por te de V in- cennes, devant l \u2019Hyper Cacher où un troisième djihadiste, Amedy Coulibaly, avait pris en otage et tué quatre clients et un employé juifs.La veille, il avait assassiné, en pleine rue de Montrouge, Clarissa Jean-Philippe, une policière née en Martinique.L\u2019unanimité disparue Trois ans plus tard, le temps n\u2019est plus aux manifestations monstres, comme celle qui, dès le 11 janvier, avait fait descendre dans les rues des millions de Français accompagnés d\u2019une cinquantaine de chefs d\u2019État et de gouvernement \u2014 à l\u2019exception notable du président américain et des premiers ministres canad ien et québéco is .À cette époque, le monde entier entonnait « Je suis Charlie ».Il n \u2019aura fallu que quelques sema ines pour ébranler cette unanimité et constater que les populat ions issues de l \u2019 immigrat ion ne s\u2019étaient pas jointes aux manifestations.Dans les lycées de banlieue, de nombreux jeunes refusèrent aussi de participer aux hommages aux dessinateurs qu\u2019ils accusaient d \u2019avoir blasphémé l\u2019islam.Samedi , c \u2019est sous protection policière qu\u2019une assemblée de débats et de concerts intitulée « Toujours Charlie » a rappelé qu \u2019en France, tous ne se sentaient pas Charlie.Elle était organisée aux Folies-Bergère en présence de l\u2019ancien premier ministre Manuel Valls et de la mairesse de Paris, Anne Hidalgo.Très applaudie, la philosophe féministe Élisabeth Ba- dinter a déploré le fait que cer tains sujets concernant l\u2019islam ne pouvaient plus être enseignés dans les écoles.« Beaucoup sont prêts à tous les abandons, a-t-elle déclaré, pour avoir une paix et ne pas avoir à défendre ces valeurs [républicaines].» Cette soirée qualifiée par certains de « laï- carde » intervient alors qu\u2019une polémique oppose depuis plusieurs semaines le site d\u2019information Mediapart, dirigé par Edwy Plenel, à l\u2019hebdomadaire satirique et à son éditorialiste, Riss.Accusé par ce dernier de complaisance à l\u2019égard de l\u2019islamisme (et notamment du prédicateur Tariq Ramadan avec qui il a donné des conférences), Edwy Plenel a à son tour accusé Charlie de diaboliser « tout ce qui concerne l\u2019islam et les musulmans ».À l\u2019origine de cette controverse, une première page où l\u2019hebdomadaire, qui n\u2019a jamais ménagé les religions, montrait Tariq Ramadan (accusé de viols et d\u2019agression sexuelle) en érection sous ce titre : « Le 6e pilier de l\u2019islam ».Derrière des portes blindées «Est-il normal qu\u2019un journal soit contraint de vivre sous protection publique et privée?De travailler derrière des portes blindées?», a demandé samedi le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Gérard Biard.Dans sa dernière livraison, titrée «Trois ans dans une boîte de conserve», Charlie Hebdo révèle que, depuis trois ans, les menaces de mort n\u2019ont jamais cessé contre sa rédaction et ses collaborateurs.Journalistes et dessinateurs ne peuvent plus se déplacer ni partir en reportage sans une protection policière de tous les instants.Une protection qui coûte d\u2019ailleurs à l\u2019hebdomadaire près d\u2019un million et demi d\u2019euros par an.Les dédicaces et même la pièce tirée d\u2019un texte posthume de Charb (Lettre ouverte aux escrocs de l\u2019is- lamophobie qui font le jeu des racistes) se déroulent sous protection policière.Selon un sondage réalisé par l\u2019Ifop, trois ans plus tard, 61% des Français disent toujours s\u2019identifier au slogan «Je suis Charlie».Dix points de moins qu\u2019il y a un an, précise néanmoins le directeur de l\u2019institut, Frédéric Dabi.Selon lui, «c\u2019est sur les réseaux sociaux qu\u2019il y a le plus de remises en cause de Charlie» et que «certains disent que le journal dépasse les bornes».Ce débat se poursuivra samedi prochain lors d\u2019une grande rencontre organisée en Seine-Saint- Denis intitulée, Avec Charlie, laïcité j\u2019écris ton nom.On y entendra notamment l\u2019auteure et militante québécoise Djemila Benhabib ainsi que En- saf Haidar, qui habite Sherbrooke.Invitée d\u2019honneur, Ensaf Haidar est l\u2019épouse du blogueur Raïf Badawi emprisonné en Arabie saoudite où il a été condamné pour apostasie et blasphème.Les attentats islamistes ont fait 241 morts en France depuis ce fatidique 7 janvier 2015.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 HEBDO CHRISTOPHE ARCHAMBAULT AGENCE FRANCE-PRESSE Des passants photographient les portraits des victimes et figures emblématiques de Charlie Hebdo, soit l\u2019économiste Bernard Maris, le caricaturiste Bernard Verlhac (Tignous), le directeur de l\u2019hebdo et dessinateur Charb, ainsi que les caricaturistes Jean Cabut (Cabu) et Georges Wolinski, près des bureaux de l\u2019hebdomadaire sur la rue Nicolas-Appert, à Paris "]
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