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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-01-30, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 1 8 L E D E V O I R , L E M A R D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Monde \u203a Les États-Unis lèvent l\u2019interdiction d\u2019entrée pour les réfugiés de 11 pays.Les conditions d\u2019admission au pays seront durcies.Page B 1 Avis légaux.B 2 Décès.B 4 Météo.A 4 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a population doit se questionner sur son malaise avec le terme « islamophobie », croit le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui a profité de la commémoration de l\u2019attentat à la grande mosquée de Québec, qui a rassemblé des centaines de personnes, pour lancer un appel à un examen de conscience sur le sujet.« Pourquoi le mot islamophobie nous met mal à l\u2019aise ?» s\u2019est interrogé le premier ministre dans un bref discours.«On a tous peur parfois.Nous avons peur de l\u2019inconnu, de l\u2019étranger.Il faut passer au-delà de cela, mes amis, pour reconnaître nos propres faiblesses en tant que Québécois, en tant que Canadiens.Nos propres craintes, il ne faut pas faire semblant que ça n\u2019existe pas.Il n\u2019y a personne qui se COMMÉMORATION DE L\u2019ATTENTAT DE QUÉBEC Trudeau s\u2019attaque à la haine envers l\u2019Islam Des centaines de personnes se sont rassemblées à Québec en hommage aux victimes Ottawa La vague #MoiAussi inspire un projet de loi Page A 3 ALENA Prochain rendez-vous au Mexique en mars Page B 1 J E S S I C A N A D E A U A près avoir réclamé depuis plus de 20 ans la possibilité de prendre en charge les services de protection de la jeunesse, la communauté des Attikameks obtient enfin gain de cause et instaure un précédent à l\u2019échelle canadienne.Les enfants attikameks qui ont besoin d\u2019aide seront désormais « guéris » dans leur communauté et non plus par le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ), se réjouit le grand chef de la nation, Constant Awashish.« Ça a été une véritable bataille pour que l\u2019on reconnaisse notre autonomie en matière de protection de la jeunesse, affirme le grand chef Awashish en entrevue au Devoir.Ça a pris du temps, pour toutes sortes de raisons, mais on avait une réelle volonté de nous occuper de nos jeunes, et on a travaillé très fort pour en arriver à la signature de cette entente historique avec Québec.» Depuis le tournant des années 2000, la nation attikamek a adopté son propre système de protection de la jeunesse, en créant un équivalent du DPJ, appelé le Directeur de la protection sociale attikamek.Leur intervention après des jeunes se veut plus « holistique » et mise sur le soutien de la famille élargie, du conseil des sages et de toute la communauté, ont expliqué dif férents chefs lors de l\u2019annonce of ficielle historique en présence de nombreux dignitaires lundi à La Tuque.Le modèle attikamek est testé depuis une vingtaine d\u2019années dans le cadre d\u2019un projet pilote autorisé par Québec.Mais jusqu\u2019à ce qu\u2019ils en arrivent à cette entente, ils dépendaient toujours du DPJ.« Quand un dossier s\u2019ouvrait, c\u2019est le DPJ qui avait le premier droit de regard et, s\u2019il était d\u2019accord, il donnait le dossier aux autorités attikameks pour faire cheminer le dossier, illustre le grand chef de la nation at- tikamek, Constant Awashish.Le DPJ décidait de tout et avait toujours le dernier mot.Avec cette nouvelle entente, il n\u2019y aura plus personne pour venir nous dire quoi faire.» Enfance : la nation attikamek s\u2019affranchit de la DPJ VOIR PAGE A 8 : COMMÉMORATIONS JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Des centaines des personnes ont bravé le froid dans la Vieille Capitale lundi soir pour prendre part à une veillée en hommage aux victimes de l\u2019attentat de la grande mosquée de Québec.VOIR PAGE A 8 : ATTIKAMEK S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L es Indians de Cleveland enterrent par tiellement leur chef Wahoo.L\u2019uniforme des joueurs de baseball professionnel n\u2019arborera plus le célèbre logo caricaturant un autochtone avec peau rouge, nez et plume d\u2019aigle à partir de la saison 2019.Cette image est décriée comme offensante et même raciste depuis des années.La ligue majeure de baseball a annoncé le retrait de la représentation graphique après une « conversation constructive » avec des représentants de diverses organisations de défense des droits des Premières Nations.Les Indians vont par contre conserver leur nom officiel.Les Indians oui, le chef indien non.Le Plain Dealer, quotidien de Cleveland qui avait inventé le logo dans les années 1915, a pris position pour son retrait cent Quand le logo devient toxique Pourquoi Cleveland retirera le chef Wahoo de ses uniformes de baseball PATRICK SEMANSKY ASSOCIATED PRESS La célèbre figure du chef Wahoo disparaîtra des uniformes des Indians de Cleveland à compter de la saison 2019.L\u2019équipe fondée en 1900 conservera cependant son nom.VOIR PAGE A 8 : INDIANS Lire aussi \u203a Montréal.Un cri de ralliement antiraciste.Sherbrooke.L\u2019heure est au rapprochement.Reportage photo.Le triste anniversaire de l\u2019attentat en images.Page A 2 COMMEMORATIONS L E D E V O I R , L E M A R D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A 2 JACQUES NADEAU LE DEVOIR «On ne trouve pas les mots pour expliquer cette tragédie», a déclaré Valérie Plante lors d\u2019une cérémonie à l\u2019hôtel de ville de Montréal.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Dans une allocution à la Chambre des communes, Justin Trudeau a exhorté tous les Canadiens à se dresser « contre l\u2019islamophobie et contre toute forme de discrimination».LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Le ministre Luc Fortin et le maire Steve Lussier se sont rendus à la soirée commémorative de la mosquée A\u2019Rahmane, à Sherbrooke.RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Des proches des victimes s\u2019enlacent lors de la soirée commémorative à Québec.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une centaine de personnes se sont réunies devant la station de métro Mont-Royal, à Montréal, en souvenir des victimes de l\u2019attentat de Québec.S A R A H R .C H A M P A G N E «N ous refusons d\u2019oublier.» Une déclaration simple, devenue leitmotiv le temps d\u2019une soirée, au porte-voix et en chœur dans plusieurs quartiers de Montréal.Devant la station de métro Mont- Royal, les visages et les noms des six victimes de l\u2019attentat de Québec se sont fait étendards contre le racisme et l\u2019islamophobie.Des lampions allumés à la main, une centaine de personnes se massaient autour de ces pancartes, signes de ralliement.Au moins une quarantaine d\u2019événe- ments commémoratifs ont eu lieu d\u2019un océan à l\u2019autre dans les plus grandes villes du pays, pour la plupart des évé- nements indépendants, organisés par des universités, des mosquées ou des associations.«Nous refusons d\u2019oublier que cet attentat raciste contre des musulmans qui priaient à la mosquée de Québec n\u2019est pas un acte isolé », a commencé Nazila Bettache, qui a contribué à l\u2019organisation de l\u2019événement à Montréal.Elle a cité à ce titre les actes de vandalisme contre des mosquées et des écoles, ainsi que des attaques physiques et des insultes dont certaines personnes ont fait l\u2019objet.Des rassemblements avaient lieu simultanément dans sept quartiers de Montréal, dont Villeray, Hochelaga, Verdun et Montréal-Nord, et les citoyens étaient invités à signer en ligne une déclaration commune.Aucune organisation formelle n\u2019était à l\u2019origine de l\u2019initiative ; c\u2019est plutôt l\u2019œuvre de réseaux de citoyens, a précisé Mary Ellen Davis, une réalisatrice ayant contribué à la mobilisation.Cette déclaration dénonce notamment l\u2019annulation cet automne de la commission sur le racisme systémique par Québec.On y accuse en outre les débats sur les accommodements raisonnables, sur la charte des valeurs et sur le projet de loi 62 sur la neutralité de l\u2019État d\u2019alimenter le racisme antimusulman.Qualifiant l\u2019attentat de Québec de «pire attentat depuis la tuerie de Polytechnique », Mme Bettache a également invité la population à reconnaître que «ces six hommes sont morts pour avoir été des musulmans».« On aimerait voir les différents ordres de gouvernement adopter des positions plus fermes à propos de l\u2019extrême droite et du racisme, pas seulement faire des discours », a ajouté en entrevue Mme Davis.«Ne restez plus jamais silencieux devant des actes de racisme», a imploré Mohamed Jelassi, dernier à prendre la parole devant la station de métro Mont- Royal.Ancien journaliste, l\u2019homme d\u2019origine tunisienne est le fondateur de l\u2019Association de développement des arts martiaux adaptés (ADAMA).Déclarant d\u2019emblée sa foi musulmane et « le message de paix » porté par sa religion, M.Jelassi a appelé les gens à ne pas demeurer des témoins silencieux.« Répétez après moi : Je ne suis plus capable de suppor ter la haine, je ne suis plus capable de supporter la méchanceté humaine.» « La deuxième étape sera de former des groupes, des comités », a indiqué Mary Ellen Davis.Les citoyens présents pouvaient ainsi inscrire leur nom et leur adresse courriel pour participer à un comité antiraciste, afin de « donner une force de mobilisation et de faire des activités d\u2019éducation sur le ter rain », a précisé Nikolas Barry-Shaw.« La lutte contre le racisme est devenue un enjeu crucial et le climat toxique ne va pas s\u2019en aller tout seul.Il faut s\u2019organiser face à une extrême droite qui, elle, s\u2019organise », a-t-il conclu.Derrière lui, les échos de la foule répétaient les noms des six victimes de l\u2019attentat : « Nous refusons d\u2019oublier leurs noms, a scandé à nouveau Nazila Bettache.Azzeddine Soufiane, Mama- dou Tanou Barry, Khaled Belkacemi, Aboubaker Thabti, Ibrahima Barry et Abdelkrim Hassane.» Le Devoir MONTRÉAL Un cri de ralliement antiraciste L I S A - M A R I E G E R V A I S à Sherbrooke D es communautés musulmanes de tout le Québec ont profité de l\u2019anniversaire de l\u2019attentat à la grande mosquée de Québec pour poursuivre le rapprochement avec les non-musul- mans.À Sherbrooke lundi soir, un «5 à 7 » a rassemblé des dizaines de résidents et d\u2019élus à la mosquée A\u2019Rah- mane au pied du mont Bellevue, pour « créer un noyau solide », comme l\u2019indique Mohamed Kounna, le président de l\u2019Association culturelle islamique de l\u2019Estrie (ACIE).«On fait ça pour que ça ne se répète plus et pour donner l\u2019assurance aux Québécois de souche qu\u2019on peut dialoguer», a-t-il déclaré.Des fidèles, des convertis à l\u2019Islam, des dignitaires et de simples citoyens ont tour à tour pris la parole, une rose blanche à la main, pour appeler à la solidarité.Le ministre de la Famille et ministre responsable de la région de l\u2019Estrie, Luc Fortin, a tenu à être présent pour que jamais ne soit oublié cet « acte barbare ».« Nous avons tiré des leçons de ces événements et nous ne souhaitons pas que ça se reproduise, car nous sommes tous des Québécois », a-t-il dit.Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, a lui aussi invité au rapprochement.« Plus les gens en parleront, plus ils s\u2019entendront et moins il y aura d\u2019ignorance.» C\u2019est ce qui a convaincu Gérard Côté, un citoyen retraité, de se déplacer.« Il paraît qu\u2019on ne se connaît pas.Je suis venu pour ça.» Les dirigeants de l\u2019ACIE et de la mosquée A\u2019Rahmane ont d\u2019ailleurs insisté sur leur transparence et sur le fait que leurs por tes sont toujours ou- ver tes.« Tous nos prêches sont publics et on essaie de les diffuser à travers notre portail.C\u2019est important que ça soit accessible », a dit l\u2019ex-président de l\u2019ACIE, Mohamed Golli.Ayant fait ses études de théologie à l\u2019Université Laval, Jean-François Ther- rien, un Québécois converti à l\u2019Islam depuis 20 ans, avait contribué à la fondation de la grande mosquée de Québec.« Je connais des gens qui ne sont plus ici aujourd\u2019hui », a-t-il témoigné, très ému.Après la fusillade, il s\u2019était rendu sur place pour rencontrer les familles des victimes.« La plupart se disent encore en paix au Québec et veulent s\u2019intégrer de plus en plus profondément », a-t-il dit.Encore la peur Dimanche, un autre événement de commémoration, intitulé « Je me souviens», a eu lieu devant l\u2019hôtel de ville.Environ une semaine après les attentats de Québec, un homme a été accusé à Sherbrooke pour avoir menacé le maire de l\u2019époque, Bernard Sévigny, de même que celui de Québec, Régis Labeaume, et menacé de s\u2019en prendre aux mosquées de Sherbrooke.Au cours de la dernière année, l\u2019Association culturelle islamique de l\u2019Estrie a également reçu des messages haineux.Un individu venu rôder a même perdu son portefeuille sur place, qui contenait un permis de port d\u2019arme.«Mais on a tout dénoncé à la police.On a une excellente collaboration avec eux.» Lundi soir, la peur avait toutefois cédé la place au rapprochement.Après avoir nommé les six personnes assassinées, qui ont laissé « 17 orphelins », Mohamed Kounna a conclu par un «Bienvenue chez vous» bien senti.Le Devoir SHERBROOKE L\u2019heure est au rapprochement Ne restez plus jamais silencieux devant des actes de racisme Mohamed Jelassi « » EN IMAGES, LE TRISTE ANNIVERSAIRE DE L\u2019ATTENTAT DE LA MOSQUÉE DE QUÉBEC L E D E V O I R , L E M A R D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 J ean-François Lisée a dû faire preuve d\u2019une humilité qui ne lui est pas coutumière pour reconnaître que le PQ n\u2019allait nulle part sous sa seule gouverne, mais nécessité fait loi.La nomination de Véronique Hivon comme «vice-chef » ne changera pas la nature profonde du PQ, mais c\u2019est quand même le nec plus ultra dans l\u2019art de faire du neuf avec du vieux.Il est douteux que cela suffise à combler le désir de changement qui tenaille l\u2019électorat, mais l\u2019effet positif sur les militants péquistes a été immédiat.Accueillis par un nouveau sondage de mauvais augure, les délégués au conseil national ont quitté Saint-Hyacinthe le sourire aux lèvres dimanche.Toutes proportions gardées, cela rappelait le regain d\u2019espoir qu\u2019avait provoqué la nomination de Lucien Bouchard comme « négociateur en chef » trois semaines avant le référendum de 1995.À huit mois de l\u2019élection générale, il n\u2019était pas trop tôt pour remonter le moral des troupes sur le terrain.En associant Mme Hivon à son leadership, M.Lisée a également coupé court à tout grenouillage au sein du par ti.L\u2019af fection qu\u2019on voue à la députée de Joliette le protégera.Ceux qui rêvaient de voir Pierre Karl Péladeau reprendre son ancien poste à brève échéance devront maintenant patienter au moins jusqu\u2019après le 1er octobre.Pour n\u2019importe quel chef de parti, partager les feux de la rampe n\u2019est pas un réflexe naturel, mais cela ne l\u2019empêche pas de conserver le dernier mot.Si, contre toute attente, le PQ parvenait à former un gouvernement, Mme Hivon n\u2019aura pas plus de pouvoir que n\u2019en aurait eu M.Bouchard au lendemain d\u2019un Oui.?D\u2019ici l\u2019élection, la principale mission de Mme Hivon sera de donner un visage humain à cet « État fort » dont M.Lisée a fait l\u2019apologie avec une rare insistance samedi.Après une période où le PQ et son chef ont semblé hésiter sur la direction à prendre, le programme adopté au congrès de septembre dernier avait consacré le choix de la social-démocratie, malgré l\u2019échec de la tentative de rapprochement avec Québec solidaire.Si cette profession de foi dans les ver tus de l\u2019État a l\u2019avantage de marquer clairement la dif fé- rence entre le PQ et la CAQ, elle risque toutefois d\u2019ef faroucher ceux qui l\u2019associent sur tout à une floraison de structures et de bureaucratie.C\u2019est là qu\u2019inter vient Mme Hivon.Le doigté et l\u2019empathie dont elle a fait preuve dans le débat sur l\u2019aide médicale à mourir lui ont conféré une aura incomparable.Elle saura mieux expliquer que M.Lisée ce que Jacques Parizeau voulait dire quand il disait que le rôle de l\u2019État était de « protéger les gens contre les aléas de la vie ».Comme dans le tandem Parizeau-Bouchard, l\u2019un fera appel à la raison, l\u2019autre au cœur.Si Mme Hivon peut sans doute ramener au PQ quelques électeurs tentés par QS, faire changer d\u2019avis ceux qui sont passés à la CAQ sera plus difficile.Le dernier sondage Léger-Le Devoir a non seulement démontré à quel point celle-ci est associée au changement désiré par la population, mais aussi la grande confusion qui existe dans les esprits quant à ses orientations.Ses adversaires ont beau accuser François Legault de charlatanisme quand il promet de réinvestir massivement dans les services publics tout en abaissant les impôts, il est plus tentant pour l\u2019électeur de croire celui qui promet à la fois le beurre et l\u2019argent du beurre que celui qui lui demande de renoncer à l\u2019un ou à l\u2019autre.?En présentant sa nouvelle colistière, M.Lisée a déclaré : « On a des regards différents, mais on regarde dans la même direction.» Il est cependant bien conscient que ses adversaires, de même que les médias, vont tenter de les mettre en contradiction.Ils ont certainement pris le temps nécessaire pour accorder leurs violons avant d\u2019officialiser leur union.Sur la tenue du référendum, il ne devrait pas y avoir grande divergence.Son retrait prématuré de la course à la chefferie de 2016 avait dispensé Mme Hivon de se commettre, mais son désir initial de s\u2019en tenir au «pourquoi» plutôt qu\u2019au «quand» et au «comment» de la souveraineté ne traduisait pas une grande hâte.Déjà, elle semblait de toute évidence faire partie de ceux qui trouvaient plus urgent de battre les libéraux que de tenir un référendum.Sur la question de la laïcité et du por t de signes religieux, Mme Hivon faisait toutefois partie des «inclusifs».À l\u2019époque, ce n\u2019était pas avec Jean-François Lisée, mais plutôt avec Alexandre Cloutier qu\u2019on l\u2019imaginait faire équipe.La Charte 2.0 de M.Lisée ne l\u2019a certainement pas emballée.Au conseil national de la fin de semaine dernière, les mots « laïcité » ou « neutralité de l\u2019État » n\u2019ont pas été prononcés une seule fois.Quand M.Lisée a parlé d\u2019identité, il l\u2019a associée uniquement à la langue.Ce n\u2019était certainement pas le fruit du hasard.La mission de Véronique Hivon MICHEL DAVID JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les amas de neige dans les rues de la métropole se sont transformés en glace.Les niveleuses et autres chasse-neige s\u2019y sont attaqués lundi, mais les bris d\u2019équipement pourraient être nombreux.J E A N N E C O R R I V E A U A près avoir fait son mea culpa concernant sa décision de ne pas lancer une opération de chargement de neige la semaine dernière, l\u2019administration de Valérie Plante envisage de revoir la politique de déneigement instaurée par l\u2019ex-maire Denis Coderre il y a trois ans.Nadya Mirarchi se souviendra longtemps de l\u2019épisode de verglas de la semaine dernière.Alors qu\u2019elle venait de quitter son domicile du quartier Rivière-des-Prairies jeudi dernier, elle a glissé sur le trottoir et s\u2019est fracturé la cheville.Sa mésaventure lui a finalement valu deux voyages en ambulance, car elle a dû à nouveau se rendre à l\u2019hôpital dimanche en raison de saignements provenant de sa blessure.« Ils n\u2019ont pas mis de sel ou d\u2019abrasifs depuis mardi dernier même si on a fait plusieurs plaintes.Les ambulanciers ont été obligés de mettre du sel qu\u2019ils avaient dans leur propre véhicule », a-t-elle raconté au Devoir.Mère de deux jeunes enfants, elle s\u2019attend à devoir subir des traitements de physiothérapie pendant des mois et compte bien intenter des recours contre la Ville.Urgences-santé a d\u2019ailleurs signalé avoir eu à traiter une quarantaine de cas de chute sur les trottoirs durant la fin de semaine.Anjou déneige Le responsable des services aux citoyens, Jean-François Parenteau, a admis avoir fait une erreur en ne décrétant pas de chargement de neige la semaine dernière.Il comptait sur le redoux annoncé pour faire fondre la neige, mais celui-ci a été moins important que prévu.Cette décision n\u2019est pas liée à une question de coût, a-t-il af firmé : « Ce n\u2019est jamais une question de budget.La neige va tomber à Montréal et on va continuer à l\u2019enlever.Il n\u2019y aura jamais de négligence quant à la sécurité des citoyens.» Rappelons que chaque chargement coûte entre 15 et 20 millions de dollars.Selon lui, les écarts de température ont joué de mauvais tours à la Ville.« Je pense qu\u2019on est excessivement bons à Montréal pour ramasser de la neige, mais pour gérer les épisodes de glace et de redoux, je crois qu\u2019on a encore de l\u2019amélioration à faire », a-t-il dit.Depuis que l\u2019administration de l\u2019ex-maire Denis Coderre a révisé les règles de déneigement en 2015, il revient à la ville-centre de décréter le lancement du chargement de la neige.Le maire d\u2019Anjou, Luis Miranda, a fait fi de la décision de la ville-centre et il a lancé une opération de chargement dans son arrondissement mercredi dernier.« J\u2019ai donné une directive de procéder à un chargement parce que je suis responsable de la sécurité de mes citoyens», a-t-il confié au journal Le Flambeau.«On a déjà reçu une lettre [de la ville-centre] où on me tape sur les doigts, je m\u2019en fous.» Selon lui, l\u2019expérience de cette semaine démontre que la politique de déneigement n\u2019est pas efficace.Cette politique peut être modifiée, a reconnu Jean-François Parenteau qui entend rencontrer, dans les prochaines semaines, les maires de tous les arrondissements pour parler du dossier.«Je veux entendre ce qu\u2019ils ont à dire et étudier les meilleures pratiques», a-t-il indiqué au Devoir.Si de nouvelles règles devaient être mises en place, elles ne seraient en vigueur que l\u2019hiver prochain.Le Devoir MONTRÉAL La Ville pourrait revoir sa politique de déneigement H É L È N E B U Z Z E T T I M A R I E V A S T E L Correspondantes parlementaires à Ottawa L e Parlement fédéral a repris du collier lundi, entamant ses travaux avec un débat tout à fait dans l\u2019air du temps : le harcèlement en milieu de travail.Les élus ont convenu d\u2019accélérer l\u2019adoption du projet de loi C-65 obligeant les employeurs, incluant les députés fédéraux, à se doter d\u2019un mécanisme formel de traitement des plaintes.Le débat a été l\u2019occasion pour certaines élues de se vider le cœur.« Les femmes sont encore touchées.Nos cheveux sont encore caressés.Nos épaules sont encore massées.On nous fait encore des accolades ou des baisers sur les joues qui s\u2019étirent un peu trop longtemps », s\u2019est désolée la conservatrice Michelle Rempel.Elle offre ce conseil à ses collègues masculins : «Les gens devraient se servir de leur tête et ne pas faire les imbéciles.Ils ne devraient pas se saouler avec un groupe de jeunes employés et prendre un taxi avec l\u2019une d\u2019elles pour les ramener à la maison.» La libérale Pam Damoff s\u2019est elle-même souvenue d\u2019un député qui lui avait fait « des avances sexuelles complètement inappropriées » lorsqu\u2019elle travaillait sur la colline parlementaire dans sa jeunesse.« Malheureusement, les choses ont peu changé depuis le début des années 1980.» La ministre de l\u2019Emploi et du Travail, Patricia Hajdu, a soutenu que « la colline parlementaire est le théâtre d\u2019un déséquilibre de pouvoirs, qui perpétue une culture où les gens avec beaucoup de pouvoir et de prestige peuvent l\u2019utiliser pour victimiser les gens qui travaillent pour nous ».Elle a parlé de son projet de loi comme d\u2019une initiative « qui va abattre la culture patriarcale dans laquelle nous vivons, pensée par les hommes pour les hommes ».Le projet de loi C-65 oblige tout employeur sous juridiction fédérale (transport aérien, télécommunication, banque) à se doter d\u2019un processus pour traiter les plaintes de harcèlement, incluant la désignation d\u2019un tiers pour agir à titre de médiateur lorsque l\u2019agresseur présumé est l\u2019employeur.Le médiateur rédigera des recommandations qui devront être respectées.Chacun des 338 petits bureaux de députés devra se doter d\u2019un tel mécanisme.Ils pourront s\u2019inspirer de gabarits conçus par le ministère du Travail.Quant à l\u2019absence de pénalité dans le projet de loi, la ministre Hajdu se fait rassurante.Un rapport public serait déposé à la Chambre des communes en cas de non-application des recommandations du médiateur.« Il y a, comme vous le savez, des implications politiques importantes pour un député ou un parlementaire quand une chose aussi terrible est discutée à la Chambre de communes.» Conservateurs et néodémocrates comptent proposer des amendements au C-65.Ils demandent que les notions de harcèlement sexuel et de consentement soient clairement définies, et que le lieu de travail soit défini de manière à inclure les lieux associés aux activités parlementaires.Hehr et Dykstra Ce débat sur vient alors que d\u2019autres allégations ont fait surface au cours de la fin de semaine.Rick Dykstra a quitté son poste de président du Parti progressiste-conservateur ontarien (PPCO) après qu\u2019il a été dévoilé qu\u2019il avait fait l\u2019objet d\u2019une plainte à la police pour agression sexuelle en 2014 alors qu\u2019il était encore député fédéral.Une ancienne employée parlementaire l\u2019a accusé de l\u2019avoir rejointe dans un taxi au terme d\u2019une soirée arrosée et d\u2019avoir insisté pour qu\u2019elle l\u2019accompagne chez lui.Une fois dans l\u2019appartement, il l\u2019aurait forcée à lui faire une fellation.La jeune femme dit avoir avisé à l\u2019époque le bureau du whip conser vateur.M.Dykstra a néanmoins pu être candidat à l\u2019élection de 2015.Il n\u2019a pas été réélu et s\u2019était recyclé au sein du PPCO.M.Dykstra nie ces allégations.Le chef conservateur fédéral, Andrew Scheer, a refusé d\u2019expliquer cette situation lundi.«Je ne peux pas discuter des décisions prises par les équipes de campagne précédentes, mais si le par ti était mis au courant d\u2019une allégation d\u2019agression sexuelle aujourd\u2019hui, la personne en cause serait immédiatement rejetée en tant que candidat du Par ti conser vateur du Canada, jusqu\u2019à la fin d\u2019une enquête», a-t-il martelé.Il a cependant refusé d\u2019indiquer s\u2019il demanderait des comptes au parti ou la démission des personnes impliquées à l\u2019époque.Pour sa part, le ministre déchu Kent Hehr s\u2019est fait reprocher d\u2019avoir placé sa main sur l\u2019arrière-train d\u2019une jeune femme au moment de prendre une photo avec elle.Cette seconde allégation visant M.Hehr a été transmise à l\u2019enquêteuse externe retenue par le Parti libéral pour faire la lumière sur le cas de M.Hehr.Le Devoir OTTAWA #MoiAussi inspire un projet de loi Les employeurs fédéraux devront se doter d\u2019un protocole de traitement des plaintes Au tour d\u2019Elizabeth May Le Parti vert du Canada a retenu les services d\u2019un cabinet d\u2019avocats de Toronto pour mener une enquête indépendante sur les allégations de harcèlement visant sa chef.Trois ex- employés du parti reprochent à Elizabeth May d\u2019avoir instauré un climat de travail malsain caractérisé par la violence «verbale et émotive».L\u2019un d\u2019eux a parlé de la chef comme d\u2019une « intimidatrice » qui est «mesquine jusqu\u2019à la moelle ».Certains des faits reprochés datent de 2006.«Ces histoires sont risibles, même si je ne ris pas», a indiqué Mme May.C\u2019est elle-même qui a demandé cette enquête dont les résultats seront rendus publics d\u2019ici quatre semaines.«Ces trois individus ont esquissé une caricature de ma personne qui n\u2019a aucune ressemblance avec la réalité.» Pour n\u2019importe quel chef de parti, partager les feux de la rampe n\u2019est pas un réflexe naturel Lire aussi \u203a Au tour du politique.L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page A 6 S T É P H A N I E M A R I N U n policier de la Sûreté du Québec (SQ), Denis Burelle, n\u2019a pas utilisé son arme d\u2019impact avec prudence et discernement, lors de la manifestation du 4 mai 2012 à Victoriaville, tranche le Comité de déontologie policière.Cette manifestation particulièrement houleuse avait eu lieu dans cette ville où se réunissait le Parti libéral du Québec en conseil général du 4 au 6 mai et avait été l\u2019une des journées marquantes du Printemps érable.Des manifestants s\u2019y sont rendus pour protester contre la hausse des frais de scolarité décrétée par le Parti libéral.Un plan de déploiement des forces policières avait été confectionné à l\u2019avance, et ce soir-là, six utilisateurs d\u2019armes d\u2019impact Arwen 37 qui lancent des balles de plastique étaient sur place, dont l\u2019agent Burelle.Celui-ci a été ce jour-là «dépassé par les événements », n\u2019ayant aucun souvenir concernant l\u2019utilisation de son arme d\u2019impact, juge le Comité, dans une décision datée du 24 janvier.Selon le Comité, l\u2019agent Burelle n\u2019a pas utilisé son arme d\u2019impact avec prudence et discernement ce jour-là.Trois personnes ont été gravement blessées, dont deux au visage.Une jeune femme, Dominique Laliberté-Martineau, a été blessée à la bouche et a subi deux fractures à la mâchoire en plus d\u2019avoir six dents cassées et la lèvre lacérée.Alexandre Al- lard a eu des convulsions après l\u2019impact de la balle, a eu le lobe d\u2019oreille déchiré, une fracture à un os du visage et deux commotions cérébrales.Selon le Comité, il est évident que le policier de la SQ a tiré trop haut puisqu\u2019il a atteint deux manifestants au visage.Il est aussi noté que ceux-ci n\u2019étaient «aucunement menaçants» pour les policiers : deux avaient les mains vides et la troisième, une jeune femme, tenait un téléphone cellulaire dans une main et un maracas dans l\u2019autre.«L\u2019agent Burelle a failli à ses obligations, en ne respectant pas les règles d\u2019engagement qu\u2019il devait suivre », tranche le Comité.Utilisation punitive proscrite Il a été précisé devant le Comité de déontologie que le recours à l\u2019arme d\u2019impact vise à empêcher un individu d\u2019accomplir tout geste ou manœuvre de nature à causer des blessures graves et immédiates à un policier ou à un citoyen.L\u2019utilisation ne doit pas être effectuée de façon punitive.Si la personne a déjà lancé une grosse pierre, le policier ne doit pas engager l\u2019arme.Dans une intervention, la cible est généralement la cuisse et le tir doit se faire à plus de 20 mètres.Le tireur doit éviter certaines zones du corps, dont la tête et le thorax, parce que les projectiles peuvent être mortels.Le 4 mai, il y avait environ 2000 manifestants devant le Centre des congrès, et, selon l\u2019évaluation des policiers, la manifestation est devenue de plus en plus violente.Des projectiles sont lancés contre les policiers : boules de billard, tomates, chaînes, pavés, billes de métal, roches, pancartes et même des poteaux de métal de six ou sept pieds de long.Des pièces pyrotechniques sont lancées sur le toit du centre des congrès.Du gaz est projeté vers des manifestants et certains membres du «Black Bloc» envoient aussi du gaz lacrymogène vers les policiers.Des barrières sont jetées par terre, des vitres du Centre des congrès sont cassées.L\u2019agent Burelle rapporte que le bombardement de projectiles était constant.«Les projectiles, y en pleuvait», dit-il.Dans ce contexte, il dit avoir fait ce qu\u2019il pouvait pour protéger ses confrères.Il a utilisé son arme à 10 reprises.D\u2019autres agents ont aussi tiré.Selon la preuve déposée \u2014 rapports des autres policiers et vidéos \u2014, le Comité a conclu que les blessés avaient été tous trois atteints par l\u2019agent Burelle.Celui-ci n\u2019a pu certifier avoir atteint sa cible qu\u2019une seule fois.Il n\u2019a pas pris de notes ni fait de rapport à ses supérieurs ce jour- là sur ses tirs, expliquant ne pas avoir eu le temps étant donné la situation.Pour savoir combien de fois il a tiré, il a dû soustraire le nombre de projectiles restant dans son sac du total qu\u2019il avait avant l\u2019intervention.« Il est évident que sa mémoire des événements du 4 mai 2012, plus par ticulièrement quant au nombre de tirs qu\u2019il a ef fectués, la cible qu\u2019il visait pour chaque tir, et l\u2019endroit où le projectile a atterri, lui fait défaut.» Pour cette raison, le Comité conclut qu\u2019il était dépassé par les événements.Une audition aura lieu prochainement afin de déterminer la sanction à être imposée à l\u2019agent.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M A R D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Mardi 20?h Partenaire média: CE SOIR UNE INTERVIEW DE L\u2019ANCIEN AMBASSADEUR RAYMOND CHRÉTIEN PAR LA CHEF D\u2019ANTENNE DE RADIO-CANADA CÉLINE GALIPEAU.Les conférences internationales du CORIM Une production de: Abonnements et achats à la boutique action-nationale.qc.ca au téléphone 514 845-8533 (sans frais : 866 845-8533) L\u2019Action Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Hausse des arrestations de demandeurs d\u2019asile Ottawa \u2014 Le nombre de demandeurs d\u2019asile qui ont franchi la frontière canado-américaine de façon irrégulière a augmenté d\u2019un peu plus de 20% en décembre par rapport à novembre.De nouvelles données du gouvernement fédéral révèlent que 1978 migrants ont été interceptés à la frontière par la GRC en décembre, comparativement à 1623 en novembre, et après une baisse enregistrée depuis la vague de l\u2019été dernier.La presque totalité de ces demandeurs entrés en décembre (1916) ont été interceptés au Québec.La Presse canadienne Un homme accusé de cinq meurtres à Toronto La police de Toronto ne voulait pas parler jusqu\u2019ici de «tueur en série», mais un sexagénaire est maintenant accusé du meurtre prémédité de cinq hommes qui avaient été portés disparus du quartier gai de la métropole de 2012 à 2017.Bruce McArthur, 66 ans, avait été accusé, il y a dix jours, du meurtre prémédité de Selim Esen et d\u2019Andrew Kinsman.Il est maintenant accusé aussi du meurtre de Majeed Kayhan, Soroush Mahmudi et Dean Lisowick.Les enquêteurs ont découvert des restes humains démembrés d\u2019au moins trois hommes sur une propriété liée à l\u2019accusé, un paysagiste.Les ossements ont été trouvés au fond de trois bacs à fleurs.La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des manifestants s\u2019étaient rendus à Victoriaville entre le 4 et le 6 mai 2012 pour protester contre la hausse des frais de scolarité décrétée par Québec.G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É I l n\u2019y aura finalement pas de membre de la direction de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) dans le processus d\u2019enquête mis sur pied pour traiter les plaintes de harcèlement sexuel.La direction de l\u2019OSM a annoncé lundi avoir plutôt nommé une intermédiaire externe, ce que le comité des musiciens salue.Dans un cour riel envoyé aux musiciens et obtenu par Le Devoir, la directrice générale, Madeleine Ca- reau, écrit que la psychologue Louisiane Gauthier remplacera Jean Gaudreault comme « personne ressource » dans le dossier.M.Gaudreault est directeur du personnel musicien à l\u2019OSM.On lui avait demandé d\u2019être le lien entre d\u2019éventuelles plaintes et l\u2019enquêteuse indépendante mandatée par l\u2019OSM après la réception d\u2019une plainte de harcèlement sexuel contre l\u2019ancien chef Charles Dutoit.Cette plainte a été déposée le 22 décembre 2017.Malgré la bonne réputation de M.Gaudreault à l\u2019interne, le comité des musiciens de l\u2019OSM avait fait valoir que certaines personnes pourraient être mal à l\u2019aise avec l\u2019idée de devoir passer par un membre de la direction avant de pouvoir parler à l\u2019enquêteuse.Lundi, le président du comité s\u2019est montré satisfait de la solution proposée.« J\u2019espère que ça va permettre à l\u2019enquête de vraiment démarrer, parce qu\u2019il y a quand même eu un blocage », soutient Stéphane Lévesque.Sur papier, le rôle de Mme Gauthier est limité: elle «ne pourra en aucun moment s\u2019enquérir des faits, de l\u2019identité des témoins concernés.Son rôle exclut également toute possibilité d\u2019émettre une opinion quelconque quant au bien-fondé de la plainte.» Elle agira exclusivement « comme intermédiaire administrative» et ne «pourra rien divulguer à qui que ce soit», sauf à l\u2019enquêteuse.La chef des relations médias de l\u2019OSM a affirmé au Devoir que le rôle de Mme Gauthier est nécessaire «pour s\u2019assurer que le processus se déroule de manière ordonnée, indépendante et respectueuse des personnes souhaitant formuler une plainte».Mme Gauthier est notamment membre du conseil de discipline de l\u2019Ordre des psychologues.Elle a dans le passé eu un mandat d\u2019«évaluation de la crédibilité d\u2019adul - tes alléguant des agressions sexuelles par des prêtres pour l \u2019évêché de Montréal et pour la Ville de Montréal », indique le curriculum vitae envoyé aux musiciens de l\u2019OSM.Le processus d\u2019enquête de l\u2019OSM vise toute plainte de harcèlement sexuel contre un membre présent ou passé du personnel de l\u2019orchestre \u2014 et pas seulement l\u2019ancien chef Dutoit, qui a été directeur artistique entre 1977 et 2002.Depuis la mi-décembre, 10 femmes ont affirmé avoir été agressées sexuellement par le chef d\u2019orchestre dans dif fé- rentes villes et sur plusieurs décennies.M.Dutoit nie les allégations.Avec Christophe Huss Le Devoir HARCÈLEMENT SEXUEL L\u2019OSM change d\u2019intermédiaire pour son enquête La présence d\u2019un membre de la direction dans le processus causait un malaise PRINTEMPS ÉRABLE Un policier blâmé pour l\u2019utilisation imprudente de son arme La pilule abortive sera plus accessible Une entente intervenue entre Québec et les médecins omnipraticiens devrait faciliter l\u2019accès à la pilule abortive pour les Québécoises.La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) confirme avoir convenu d\u2019un tarif avec le gouvernement pour cet acte médical.Annoncée en décembre par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, la disponibilité de la pilule abortive était mise à mal depuis, car les médecins de famille ne pouvaient facturer la RAMQ pour cet acte qu\u2019ils jugent au moins aussi complexe que l\u2019avortement chirurgical.Selon la FMOQ, l\u2019approvisionnement du Myfegymiso devrait aussi se régulariser, les établissements de santé devant fournir le médicament aux cliniques qui offriront ce type d\u2019avortement.Pour les femmes, ce soin est gratuit au Québec.Le Devoir Lac-Mégantic : voie de contournement annoncée «avant juillet » Le gouvernement Couillard espère annoncer la construction d\u2019une voie ferrée de contournement avant le cinquième anniversaire de la tragédie qui a frappé Lac-Mégantic en juillet 2013.Selon ce qu\u2019a précisé l\u2019attachée de presse du ministre des Transports, André Fortin, lundi, Québec et Ottawa sont déjà d\u2019accord pour aller de l\u2019avant avec le projet de construction d\u2019une voie qui permettrait aux convois d\u2019éviter de traverser le cœur de la ville.L\u2019aménagement d\u2019un tronçon de 12 kilomètres pourrait coû- ter au moins 120 millions de dollars, selon une évaluation préliminaire.Québec s\u2019attend à ce que le fédéral paie la majorité de la facture, selon le ministère.Le Devoir Louisiane Gauthier est notamment membre du conseil de discipline de l\u2019Ordre des psychologues L E D E V O I R , L E M A R D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec A près avoir officialisé la nomination de Véronique Hi- von au poste de vice-chef du Parti québécois, Jean-François Lisée a fait allusion à l\u2019humilité démontrée par son ex-patron Jacques Parizeau en s\u2019effaçant derrière Lucien Bouchard en plein milieu de la campagne référendaire de 1995.Le « Oui » avait gagné au moins cinq points grâce au chef blo- quiste, perçu comme un « sauveur ».Y aura-t-il un « effet Hi- von » ?a demandé un journaliste dimanche.Les yeux rivés sur leur écran, des stratèges libéraux et caquistes ont pouf fé de rire.Les médias surestiment la popularité de l\u2019ex-ministre déléguée aux Services sociaux, selon eux.« Tout le monde l\u2019apprécie, mais elle est nettement surévaluée», dit l\u2019un d\u2019eux dans un échange avec Le Devoir.Selon lui, le recrutement de Mme Hivon ser t avant tout à apaiser l\u2019anxiété des élus et des militants péquistes à huit mois des élections générales.« Il a sélectionné la députée qui lui semble être la plus populaire et lui cède son leadership.Il a conscience qu\u2019il a des lacunes à connecter avec la population.Alors, il se colle à elle, tentant de créer une entité bicéphale à l\u2019américaine : le duo \u201cLisée-Hivon\u201d.L\u2019ef fet sur l\u2019issue du scrutin sera sans doute marginal », estime-t-il.M.Lisée a réussi à « sauver » son conseil national au moyen de ce « coup de marketing », renchérit un autre conseiller politique.« Ça ne changera rien parce que le problème du PQ n\u2019est pas Jean-François Lisée, il est plus profond : à peu près tout le monde est convaincu qu\u2019on ne fera pas la souveraineté du Québec », soutient-il, avant d\u2019ajouter : «Les péquistes, eux, continuent de faire semblant.» Cela dit, au PLQ et à la CAQ, on convient que l\u2019élue de Joliette projette une image consensuelle comme aucun autre acteur de la scène politique.À peine 6 % de la population québécoise avait une mauvaise opinion de Mme Hivon en juin 2016, comparativement à 4 % une année plus tôt, selon le baromètre des personnalités politiques du Québec de la firme Léger.Des marques égalées à ces moments-là seulement par son confrère du Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier.Le hic : moins de la moitié de la population (48 %) la connaissait en 2015, et ce, même si elle avait opéré une révolution médicale en pilotant la légalisation de l\u2019aide médicale à mourir.Cette proportion a toutefois crû à 68 % à la suite de son saut dans la course à la direction du PQ au printemps 2016.Le taux de notoriété de Véronique Hivon a un « énorme potentiel de croissance », fait valoir un stratège péquiste de premier plan.De son côté, le PQ « progressiste et indépendantiste » rebondira dans les intentions de vote, dépassera le Parti libéral du Québec pour se retrouver nez à nez avec la Coalition avenir Québec avant le départ des autobus de campagne à la fin de l\u2019été prochain, prédit-il, sûr de lui.Les péquistes font face à une pente pour le moins escarpée.Ils occupent le troisième rang, recueillant 20% des intentions de vote, et ce, derrière les ca- quistes (39 %) et les libéraux (28 %), selon un sondage Lé- ger-Le Devoir publié samedi.De lieutenante à vice-chef Jean-François Lisée a conféré à Véronique Hivon une forte influence au sein du PQ au lendemain du congrès national de septembre dernier.Il lui a donné accès à des rencontres de planification stratégique, ce qui en a surpris plus d\u2019un.Elle est « lieutenante du chef de l\u2019opposition officielle», leur rap- pelait-on.D\u2019ailleurs, ce titre a été biffé du site Web du PQ au profit de celui de «vice-cheffe».Durant l\u2019automne, Mme Hi- von, qui est associée à l\u2019aile moins identitaire du PQ, a joué de son influence.À l\u2019instar d\u2019autres députés, elle a contribué à freiner les ardeurs de son chef, qui comptait déposer un projet de loi sur la laïcité assor tie de sanctions avant les Fêtes.Une première tournée Véronique Hivon a revêtu ses habits de vice-chef lundi en participant à la commémoration citoyenne de l\u2019attentat de la grande mosquée de Québec organisée à l\u2019hôtel de ville de Montréal.Elle ef fectuera cette semaine une « tournée express » en Mauricie, en Es- trie et dans les banlieues nord et sud de Montréal, où le PQ est en difficulté, pour y détailler le programme de son parti en matière de famille avant de filer à l\u2019Assemblée nationale en prévision de la reprise des travaux mardi prochain.Elle y par tagera la vedette avec M.Lisée.D\u2019autre part, Mme Hi- von continuera de participer activement au recrutement de candidats en vue du scrutin du 1er octobre prochain.Le one- man-show est terminé au Parti québécois.Une connaissance des membres du tandem a hâte de voir la direction du PQ planifier les sorties médiatiques de l\u2019un et de l\u2019autre.«Véronique, elle est solide.Elle sort lorsqu\u2019elle est vraiment sûre et vraiment prête.Mais cela prend du temps ! Jean-François, c\u2019est le contraire.» Pauline Marois se réjouit L\u2019ex-première ministre Pauline Marois s\u2019est réjouie de la désignation de Véronique Hi- von comme « vice-chef » du PQ.« Cela envoie un message porteur d\u2019espoir pour toutes les Québécoises et tous les Québécois qui croient aux politiques progressistes que nous défendons.Et puis une femme qui occupe une place significative à tes côtés, c\u2019est aussi un signal fort envoyé aux Québécoises», a-t-elle écrit lundi.Pour sa part, l\u2019ex-chef du PQ Pierre Karl Péladeau n\u2019a pas commenté la «surprise» réservée par son successeur aux délégués rassemblés samedi et dimanche à Saint-Hyacinthe.Il n\u2019a pas pour autant éteint sa « machine à Twitter » \u2014 expression de l\u2019ancien député de Chicoutimi, Stéphane Bédard \u2014 au fil des dernières heures.En ef fet, l\u2019homme d\u2019af faires «en réserve de la République» a notamment pris soin de dénoncer le refus du gouvernement fédéral de percevoir la taxe sur les services en ligne de Netflix.Le Devoir POLITIQUE Des stratèges doutent d\u2019un «effet Hivon » J E A N N E C O R R I V E A U M ontréal a abandonné l\u2019idée de recourir à des structures gonflables pour couvrir le chantier de la rue Sainte- Catherine Ouest.Le concept est jugé trop risqué par l\u2019administration de Valérie Plante qui craint que les inconvénients surpassent les bénéfices.«L\u2019analyse qu\u2019on a faite, c\u2019est qu\u2019on ne pouvait pas mettre les structures gonflables directement sur le chantier.Il fallait les mettre devant le chantier à cause de la machinerie.Il y avait de forts risques que ça retarde le chantier », a expliqué le responsable du développement économique au comité exécutif, Robert Beaudry.L\u2019administration entend utiliser à d\u2019autres fins les 2 millions prévus pour l\u2019achat et l\u2019installation des structures.Cette somme servira à améliorer le projet de ré- aménagement de la r ue Sainte-Catherine Ouest, a assuré M.Beaudry.Rappelons que le concept de design retenu par un jury en 2016 avait été présenté comme un « geste emblématique » qui aurait offert une « identité visuelle forte et audacieuse » à la célèbre artère commerciale.De l\u2019audace Quant aux trottoirs chauffants, aucune décision n\u2019a été prise à ce sujet, a indiqué M.Beaudry.Les chances que ce volet se concrétise semblent cependant minces.La mauvaise condition des trottoirs ces jours- ci à Montréal n\u2019influencera pas la décision de l\u2019administration, a affirmé M.Beaudry: «On n\u2019appuiera pas notre décision sur une situation anecdotique, sinon tous les trottoirs de Montréal seraient chauffants.» Projet Montréal continue d\u2019analyser le projet de réamé- nagement de la rue préparé par l\u2019ancienne administration.Plusieurs aspects pourraient être revus, comme la largeur des trottoirs ou le nombre d\u2019espaces de stationnement, a reconnu M.Beaudry : «Le projet [de l\u2019ancienne administration] n\u2019avait pas assez d\u2019audace.Il y a une soixantaine de commerces fermés sur Sainte-Catherine.Il faut qu\u2019à la fin des travaux, on ait fait une différence.» Le directeur général de Destination Centre-ville, André Poulin, estime que la Ville a pris la bonne décision au sujet des structures gonflables.Cette « nouvelle aventure» pouvait être très risquée, a-t-il dit.«On a tellement de difficulté à gérer le b.a.-ba des chantiers.Je ne pense pas qu\u2019on soit prêts à ce type de structure.Par tout dans le monde, on isole les chantiers plutôt que d\u2019en faire un espace d\u2019animation.» L\u2019administration prévoit présenter son projet de réaména- gement de la rue Sainte-Cathe- rine au début du mois de mars.Rappelons que le coût de la première phase de ce projet est estimé à 131 millions.Le Devoir TRAVAUX Montréal renonce aux structures gonflables sur la rue Sainte-Catherine JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au PLQ comme à la CAQ, on convient que l\u2019élue de Joliette projette une image consensuelle comme aucun autre acteur de la scène politique.Grève du transport scolaire à Montréal Les conducteurs de la compagnie Transco sont en grève mardi et mercredi.«Le conflit de travail touchera près de 15 000 élèves répartis sur plus de 300 parcours scolaires à Montréal », écrit par communiqué le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Transco (STTT), affilié à la CSN.Les 330 membres ont rejeté les offres patronales à 98 % la semaine dernière et voté deux jours de grève.Ils disent refuser le gel des salaires offert pour les deux premières années de leur nouvelle convention collective de cinq ans.«Nous voulons notre juste part des sommes que les commissions scolaires remettent à notre employeur afin d\u2019augmenter nos salaires convenablement», a déclaré Carole Laplante, présidente du STTT-CSN.Une conciliatrice avait été nommée l\u2019automne dernier pour permettre aux parties de s\u2019entendre.La Commission scolaire de Montréal, les commissions scolaires Lester B.Pearson, Marguerite- Bourgeoys et English-Mont- réal, ainsi que le Collège Sainte-Anne sont touchés.Le Devoir Plusieurs aspects du chantier pourraient encore être revus Ce n\u2019était qu\u2019une question de temps pour que le milieu politique soit visé par des dénonciations de harcèlement et d\u2019inconduite sexuels.Trois politiciens du Canada anglais en ont payé le prix la semaine dernière après des révélations dans les médias ou sur les réseaux sociaux, un troisième a été démis de ses fonctions, mais après une enquête de son parti.Que faut-il en retenir ?ercredi soir dernier, avant même la diffusion d\u2019un reportage du réseau CTV au sujet d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle contre lui, le chef conser vateur ontarien Patrick Brown niait avec émotion les faits reprochés.Dans les heures qui ont suivi, des membres de sa garde rapprochée démissionnaient, son caucus le rejetait, le forçant à abandonner son poste.Le même soir, une ancienne adjointe du ministre fédéral Kent Hehr publiait sur Twitter un message faisant état de commentaires à connotation sexuelle qu\u2019il aurait émis à l\u2019endroit de collègues et envers elle.Le lendemain, le premier ministre Justin Trudeau acceptait sa démission «en attendant le résultat de l\u2019enquête » con?ée à un bureau d\u2019avocats.Encore mercredi, le chef conservateur néo- écossais Jamie Baillie démissionnait.Alerté en décembre d\u2019allégations de harcèlement sexuel le concernant, son parti a demandé une enquête externe dont les conclusions ont convaincu son caucus de lui montrer la porte.M.Baillie a eu l\u2019occasion de se défendre avant que l\u2019af faire ne devienne publique, les deux autres, non.Il ne s\u2019agit pas de prendre ces derniers en pitié, ni de mettre en doute le sérieux des allégations des femmes qui les ont dénoncés, mais si elles l\u2019ont fait dans les médias et sur les réseaux sociaux, c\u2019est parce que, comme bien d\u2019autres victimes, elles n\u2019avaient pas d\u2019autres voies pour le faire.Dans une lettre récente publiée dans le Globe and Mail, Margaret Atwood disait que le mouvement #MoiAussi était symptomatique «d\u2019un système judiciaire brisé », un système qui a longtemps mis en doute la crédibilité des femmes.Parlez-en aux victimes d\u2019agression sexuelle ou aux familles des femmes autochtones assassinées et disparues ! Les femmes ont décidé que c\u2019en était assez, mais où le dire ?Le système judiciaire n\u2019est pas le seul en cause.Trop d\u2019entreprises, d\u2019établissements d\u2019enseignement, d\u2019organisations n\u2019ont aucun mécanisme crédible pour traiter avec diligence et respect les plaintes d\u2019intimidation, de harcèlement ou d\u2019inconduite sexuelle contre des collègues ou des personnes en position d\u2019autorité.Il en va de même de l\u2019arène politique, le lieu par excellence des rapports de pouvoir inégalitaires.Le personnel souvent jeune et à statut précaire y est particulièrement vulnérable.?Les dénonciations et leurs retombées font craindre à certains un glissement vers une justice expéditive qui juge coupable une personne simplement parce qu\u2019elle est accusée sur la place publique.Le dérapage est possible, mais personne ne le souhaite.La meilleure façon de l\u2019éviter demeure la création d\u2019espaces où les victimes ont la conviction d\u2019être écoutées et en sécurité pour dénoncer leur harceleur ou agresseur, mais où ces derniers peuvent aussi donner leur version des faits et s\u2019estimer jugés équitablement.Le gouvernement Trudeau a présenté un projet de loi en novembre dernier pour inscrire dans le Code canadien du travail des dispositions pour prévenir les incidents de «harcèlement et la violence » en milieu de travail.Il prévoit des mécanismes de résolution des plaintes au sein de toutes les entreprises sous juridiction fédérale, mais aussi, et c\u2019est une première, à la Chambre des communes et au Sénat.Tous les types de harcèlement ou de violence sont visés, mais contrairement à la loi québécoise sur le harcèlement psychologique, C-65 ne dé?nit malheureusement pas le harcèlement.Malgré ce défaut, ce projet est un premier pas important pour policer une partie de l\u2019arène politique.Les partis fédéraux restent cependant à l\u2019abri, ce que les conservateurs proposent de corriger et qui mériterait d\u2019être examiné.Pour l\u2019instant, le plus heureux demeure l\u2019absence de partisa- nerie entourant ce projet qui a été débattu pour une première fois lundi.Tous les partis se sont même entendus pour l\u2019envoyer en comité dès lundi soir.Il faut maintenant souhaiter que cet esprit de coopération perdure.mcornellier@ledevoir.com L E D E V O I R , L E M A R D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Quitter nos exils pour bâtir un pays Nous avons laissé les Trudeau, Couil- lard, Legault et compagnie tenter de marginaliser l\u2019idée d\u2019indépendance en nous présentant un fédéralisme tiède et sans saveur pour nous maintenir dans un état d\u2019indifférence inconfortable.Fatigués, déçus et désabusés des résultats référendaires, nous avons baissé les bras devant la lourde tâche qui nous incombait pour rebâtir l\u2019espoir d\u2019une libération nationale.Comme d\u2019autres, nous avons pris des chemins d\u2019exil et enfoui nos idéaux dans les terres lointaines de l\u2019oubli.Mais maintenant, il y a péril en la demeure ; nous sommes placés devant l\u2019éventualité de la disparition du principal véhicule pouvant nous conduire vers l\u2019indépendance du Québec.Pour sauver le Parti québécois, le temps est venu de sortir de notre léthargie collective.Dans la foulée des Lisée, Aussant, Péladeau et autres têtes d\u2019affiche, nous devons nous remettre au boulot et placer l\u2019idée d\u2019une nécessaire souveraineté au cœur de notre quotidien.Il nous faut convaincre les plus jeunes et les nouveaux arrivants que leur identité doit s\u2019appuyer sur des racines bien ancrées dans une culture francophone en terre d\u2019Amérique pour ensuite s\u2019épanouir dans le monde entier.Nous devons être fiers de ce que nous L I B R E O P I N I O N A M I R K H A D I R Député de Mercier pour Québec solidaire L\u2019 attentat à la mosquée de Québec, c\u2019était il y a un an: 6 morts, 19 blessé.es et une minorité identifiable terrorisée à l\u2019idée que ce qu\u2019a fait Alexandre Bissonnette puisse se répéter.Heureusement, le Québec tout entier a réagi avec justesse et dignité.Accusés par plusieurs d\u2019alimenter la haine contre les immigrant.es et les musulman.es, même des radio-poubelles et certains de leurs animateurs se sont empressés de se montrer solidaires avec les victimes de la tuerie, bien qu\u2019on doive un jour examiner avec sérieux la responsabilité de leurs propriétaires, qui n\u2019ont habituellement aucun scrupule à faire du fric en alimentant les ressentiments, sinon la haine des uns contre les autres.Depuis ces événements, et même avant, on débat à juste titre d\u2019une épineuse et lancinante question : l\u2019islamophobie existe-t-elle au Québec ?Une enseignante québécoise, immigrée du Maghreb, proche de l\u2019une des victimes de la fusillade, se confiait ainsi à l\u2019émission de Denis Lé- vesque: «Personnellement, nous n\u2019avons pas été victimes d\u2019islamophobie.[\u2026] Au Québec, moi, j\u2019ai été agressée par des musulmans, pas des Québécois.» Elle affirmait même que réclamer une journée de sensibilisation sur l\u2019islamophobie est «s\u2019ingérer dans les affaires du Québec».Bien que ces affirmations contiennent beaucoup de contresens, je ressens de la sympathie pour cette enseignante, chez qui je devine un souci aigu d\u2019éviter d\u2019alimenter les ressentiments ou d\u2019offenser celles et ceux qui ont fait preuve de générosité envers elle et sa famille en les accueillant au Québec.Rend-on pour autant service au Québec en occultant ce qui nous arrive ?Cette précaution louable de ne pas amalgamer l\u2019ensemble du Québec avec la terrible vision du monde et les agissements d\u2019un petit nombre de xénophobes et de racistes doit-elle nous empêcher d\u2019appeler un chat, un chat?Le Québec mérite mieux de notre part Non, le Québec n\u2019est pas islamophobe dans son ensemble, pas plus que le Québec n\u2019est raciste ou xénophobe.Mais il existe malheureusement, au Québec comme ailleurs dans le monde, des racistes et des xénophobes.Je parle d\u2019ailleurs, car lorsqu\u2019on pense à ce qui se vit aux États-Unis ou dans cer tains pays européens, on peut sans gêne af firmer que nous sommes une société heureusement tolérante dans son ensemble, où les manifestations de haine et de racisme pâlissent en comparaison.Mais le Québec mérite mieux de notre part.Nos attentes devraient être plus élevées que de remporter la comparaison avec nos voisins du Sud, où la montée en puissance de supréma- cistes blancs, galvanisés par leur président, est franchement inquiétante.Le Québec dont nous sommes fiers mérite que nous ayons le courage de reconnaître les problèmes qui nous font obstacle.Le courage de reconnaître que les idées délirantes qui ont alimenté la haine d\u2019Alexandre Bissonnette, pour qui « les Blancs risquent la marginalisation au Québec », ont malheureusement d\u2019autres adeptes chez nous.Le courage de reconnaître qu\u2019Alexandre Bissonnette n\u2019est pas seul à vouer une admiration sans bornes à Trump et Le Pen, qui tous deux ont cherché leur succès politique en brandissant la présence des minorités d\u2019origine musulmane sur leur territoire comme une menace aux sociétés occidentales.Cela s\u2019appelle de l\u2019isla- mophobie, et on en trouve plusieurs adeptes et partisans ici.Le courage de reconnaître qu\u2019il y a aussi chez nous une minorité franchement raciste et dangereuse, comme le groupe Atalante, qui affiche ses convictions néonazies et qualifie de « parasite » un immigrant comme moi sur des affiches placardées dans les rues de Montréal.Le Québec dont nous pouvons collectivement être fiers doit trouver le courage d\u2019admettre le problème croissant de xénophobie et d\u2019is- lamophobie, qui permet aujourd\u2019hui à ces groupes néonazis d\u2019organiser des rassemblements provocateurs pour alimenter la haine contre les immigrants.Critiquer l\u2019islam dans un débat d\u2019opinions n\u2019est pas de l\u2019islamophobie.Pas plus que de critiquer les musulmans comme n\u2019importe quels acteurs de la société \u2014 pour ce qu\u2019ils font et non pour ce qu\u2019ils sont.Mais des gens influents présentent les citoyens québécois d\u2019origine maghrébine ou musulmane comme une menace à « la survie de notre nation » ! Il y a même des animateurs et des chroniqueurs régulièrement payés pour écrire tout ce qui peut alimenter le ressentiment contre cette minorité.C\u2019est ce qu\u2019on appelle isla- mophobie, et nous pouvons avoir le courage de le reconnaître.Nous devons trouver ce courage pour ne plus voir l\u2019Assemblée nationale et les élites politiques se montrer frileuses à l\u2019idée même de débattre de manière structurée et formelle de la discrimination systémique en commission parlementaire.Qu\u2019on les nomme ou pas, ces problèmes existent.Et ils risquent de croître si nous ne trouvons pas les mots et le courage pour le dire.Trouvons le courage d\u2019appeler un chat un chat FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET sommes et cesser d\u2019accepter d\u2019être définis par les autres d\u2019ici ou d\u2019ailleurs qui aiment bien se grandir en nous rapetissant.Oui, quitter nos exils et bâtir un pays qui nous ressemble, voilà le défi exaltant qui est à notre portée, si nous nous donnons la peine d\u2019y adhérer.Marcel Perron Neuville, le 29 janvier 2018 Vieux Québécois Quand j\u2019étais jeune, la défense du français, du Québec, était une des grandes causes qui passionnaient mon entourage.Un grand projet rassembleur, à portée universelle dans son appui à toutes les autres nations dominées par les impérialismes économiques et culturels.Alors aujourd\u2019hui, quand j\u2019entends ces artistes québécois francophones de plus en plus nombreux qui chantent uniquement en anglais, je ressens un malaise et des questionnements.Pourquoi ma génération n\u2019a-t-elle pas su transmettre ses idéaux à la suivante ?Dans quel autre pays occidental a-t-on vu un tel changement culturel ?Mais je sais, le Québec n\u2019est pas un pays.Ces jeunes qui se veulent artistes n\u2019essaient pas de me rejoindre et, en retour, je n\u2019essaie pas de les encourager.Ils pensent sans doute à leur « carrière », souhaitent élargir leur public et peut-être faire plus de cash, mais s\u2019inté- ressent-ils à faire rêver leurs proches, leur famille et leur petite nation fragile ?Pourraient-ils au moins interpréter de temps en temps une chanson en français pour accommoder les Québécois, comme disait l\u2019autre ?C\u2019est entre autres cela, vieillir : se sentir de plus en plus étranger à sa société.Pas besoin d\u2019être Québécois pour ressentir cela.Gérard Depardieu exprime aussi dans son dernier livre sa lassitude du monde.S\u2019il était Québécois, sa lassitude serait bien pire, je crois.Louis Bélanger Québec, le 28 janvier 2018 Un appel au civisme Très bon ar ticle sur un urbanisme mieux adapté aux aînés paru lundi dans Le Devoir.Il y manque une seule chose : un appel au civisme et au souci de l\u2019autre.Avec les trottoirs glacés et les amas de neige sur le bord des rues, il serait agréable de voir de jeunes adultes aider des personnes qui ont de la difficulté à franchir des obstacles ou à traverser une rue.La plupart du temps, ils contournent avec agilité la personne qui hésite à avancer plutôt que d\u2019offrir de l\u2019aide, ce qui n\u2019est pas le cas dans les pays nordiques.Je suppose que leur ADN est différent du nôtre! Michèle Stanton-Jean Le 29 janvier 2018 #MOIAUSSI Au tour du politique M MANON CORNELLIER Le Québec doit trouver le courage d\u2019admettre le problème croissant de xénophobie et d\u2019islamophobie L E D E V O I R , L E M A R D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).R égulièrement, les consommateurs ont recours aux ressources en ligne pour vérifier la crédibilité des professionnels et des autres personnes qui sollicitent leur confiance.Cette commodité pourrait tirer à sa fin.Dans un projet de politique rendu public la semaine dernière, le Commissariat à la protect ion de la v ie pr ivée du Canada (CPVPC) préconise d\u2019obliger les moteurs de recherche à supprimer les liens menant à des documents, peu importe que ces liens conduisent à des documents qui sont parfaitement conformes aux lois.Les personnes qui souhaitent cacher des informations pourraient forcer les moteurs de recherche à effacer les hyper- liens qui y conduisent sans avoir à démontrer leur caractère illégal.Actuellement, il est bien établi au Canada que les tribunaux peuvent, après avoir constaté qu\u2019un document se trouvant sur Internet contrevient aux lois, ordonner sa suppression.Les juges ordonnent aussi la suppression des liens hyper textes menant à des documents contraires aux lois.Il y a donc un équilibre entre le droit de rechercher librement des informations et le droit de protéger la vie privée et la réputation.Dès lors qu\u2019il est démontré qu\u2019un document viole la réputation d\u2019une personne ou sa vie privée, un juge peut ordonner sa suppression de même que l\u2019effacement des hyperliens qui y conduisent.Le CPVPC propose de rompre cet équilibre.Équilibre rompu Le CPVPC s\u2019appuie sur une interprétation extrême de la législation sur la protection des renseignements personnels.Une interprétation qui a pourtant été écartée par la Cour suprême.Selon le raisonnement du CPVPC, lorsqu\u2019un in- ternaute introduit le mot « rose » et le mot «petit » dans une requête sur un moteur de recherche, cela ferait en sorte que le moteur de recherche recueille, utilise et communique des renseignements personnels au sens de la Loi sur la protection des renseignements personnels s\u2019il s\u2019avère que les mots correspondent au nom d\u2019une personne ! L\u2019approche du CPVPC fait abstraction du fait que les informations qui sont licitement en ligne font partie de l\u2019espace public.Par exemple, les médias en ligne présentent des informations sur les faits et gestes publics d\u2019un très grand nombre de personnes.On veut donner à ceux qui ne veulent pas que ces informations publiques circulent sur Internet le droit de forcer un moteur de recherche à effacer les liens qui y conduisent.Et cela sans qu\u2019un juge évalue la légalité des documents concernés.Il s\u2019agit en substance d\u2019importer au Canada la vision extrême émanant d\u2019une décision rendue en 2014 par la Cour de justice de l\u2019Union européenne.Cette décision décrétait qu\u2019un individu vivant en Europe peut exiger que les moteurs de recherche suppriment des listes de résultats les liens qui conduisent à des documents licitement en ligne qui comportent son nom et qu\u2019il veut rendre invisibles.Effacer l\u2019histoire gênante?Au nombre des informations menacées par ce veto accordé à ceux qui veulent faire oublier leurs faits publics, il y a les archives des médias et les autres informations ayant un caractère historique.Les clientèles naturelles de tels recours en effacement d\u2019hyperliens sont les personnes condamnées ou les professionnels ayant fait l\u2019objet de sanctions disciplinaires qui peuvent trouver opportun d\u2019occulter un passé gênant.Avec le mécanisme mis en avant par le CPVPC, nul besoin de faire constater l\u2019illégalité d\u2019un document pour réclamer qu\u2019il soit camouflé.Le document demeure en ligne, mais il est effacé des résultats de recherche destinés aux simples citoyens.Mais ceux qui font profession de fouiller le passé des gens à des fins lucratives peuvent continuer à utiliser d\u2019autres moyens pour chercher des informations sur de futurs employés, débiteurs ou ex-conjoints ! On ne fait que rendre les documents licites plus difficiles à trouver.Plutôt broche à foin comme mode de protection de la vie privée ! Le CPVPC tient pour acquis que les informations qui circulent sur le Web sont toutes sujettes à un «consentement» révocable des personnes.Or, les informations qui se trouvent licitement dans l\u2019espace public ne le sont pas en raison d\u2019un « consentement » des personnes.Un condamné pour une agression sexuelle n\u2019a pas à consentir à ce que les informations sur ses délits soient disponibles au public.Le public a intérêt à connaître ce type d\u2019information.S\u2019il se souciait du droit du public à l\u2019information, le CPVPC postulerait plutôt que les informations licitement en ligne sont des renseignements publics et non des renseignements intimes, comme le sont les informations se trouvant dans les dossiers de crédit ou les dossiers médicaux.La protection de la vie privée pose d\u2019importants défis.Il est désolant que le CPVPC mette tant d\u2019efforts sur la censure des informations publiques.Les vraies menaces sont pourtant ailleurs.MOTEURS DE RECHERCHE Vers la censure ?PIERRE TRUDEL B E R N A R D T R E M B L A Y Président-directeur général de la Fédération des cégeps es journaux ont fait état de la publication par le CIRANO du l ivre Le Québec économique et de son chap itre Éducation et capital humain pour faire écho à une hypothèse des auteurs Robert La- croix, ex-recteur de l\u2019Univers ité de Montréal, et Lou is Maheu, professeur au même établissement, selon laquelle le taux de diplo- mation universitaire au Québec est beaucoup plus faible qu\u2019ailleurs au Canada en raison de l\u2019existence des cégeps.Ce n\u2019est pas sans un certain étonnement que nous avons pris connaissance de cette affirmation, alors qu\u2019en cette année du 50e anniversaire des cégeps, politiciens, acteurs économiques et autres ont salué la création de ces établissements, mais aussi l\u2019ampleur de leur contribution au développement de notre société.Alors que les défis en matière de qualification se font toujours plus nombreux au Québec, nous pensions également en avoir définitivement fini avec les débats de structure.D\u2019autant plus qu\u2019en 2004, après que la Fédération des commissions scolaires du Québec, puis la Conférence des recteurs des universités, dont M.Lacroix était alors le président, eurent en quelque sorte proposé l\u2019abolition de la formation préuniversitaire au cé- gep, le gouvernement avait tenu le Forum sur l\u2019avenir de l\u2019enseignement collégial, en clôture duquel le Québec avait refait le choix du cégep, convaincu qu\u2019il constituait toujours notre meilleur atout.Aujourd\u2019hui, ce constat demeure.Et nous pouvons évaluer la performance du cégep après ses cinquante années d\u2019existence, ce qui est largement suffisant pour dresser un bilan exhaustif.Et que dit ce bilan?Notamment que le cégep a permis la démocratisation de l\u2019enseignement supérieur, en le rendant accessible gratuitement sur l\u2019ensemble du territoire, à des jeunes qui n\u2019auraient autrement peut-être jamais atteint ce niveau de scolarité.Que cette idée audacieuse de la commission Parent a favorisé l\u2019accès des femmes à l\u2019enseignement supérieur, faisant du Québec une société plus égalitaire.Que tous les jeunes ont pu suivre une formation générale commune, devenant ainsi des citoyens éclairés capables de penser et de jouer un rôle actif au sein de la société.Et que des étudiants des milieux préuniversitaire et technique se côtoient dans un même établissement en ayant la possibilité de changer de parcours.Ce bilan indique aussi que deux millions de diplômés sont sortis des cégeps depuis leur création et que le Québec s\u2019est hissé au premier rang au Canada en matière d\u2019obtention d\u2019un diplôme postsecondaire : 50 % de nos jeunes détiennent un tel diplôme, contre 29,9 % en Ontario, soit la province à laquelle les auteurs nous comparent, af firmant que celle-ci fait mieux que le Québec en matière de diplo- mation à l\u2019université parce que les jeunes y passent directement du secondaire à l\u2019université.Un portrait incomplet Or, les auteurs soutiennent aussi que les francophones au Québec seraient moins portés à suivre des études de baccalauréat que les anglophones.Les anglophones, disent-ils, possèdent une tradition de fréquentation universitaire et de valorisation de l\u2019éducation.Ce qui ferait que, dans leur cas, le passage au cégep ne constituerait pas un frein à la poursuite d\u2019études universitaires ! Si cette hypothèse était fondée, dans leur comparaison avec l\u2019Ontario, pourquoi les auteurs ont-ils alors imputé à l\u2019existence du cégep la faible diplomation à l\u2019université des Québécois plutôt qu\u2019à leur langue maternelle ?Par ailleurs, chaque année, 80 % des étudiants qui obtiennent leur diplôme d\u2019études collégiales au préuniversitaire passent directement à l\u2019université, ce qui diffère grandement du portrait que brossent les auteurs lorsqu\u2019ils af fir- ment que bon nombre de diplômés du préuni- versitaire remettent leurs études universitaires à plus tard.[\u2026] Il faut aussi rappeler que tous les jeunes francophones et anglophones ne souhaitent pas aller à l\u2019université, étant davantage attirés par la formation technique au collégial dans un contexte où, selon Emploi-Québec, 110 000 emplois de techniciens, de techniciennes et de technologues seront à pourvoir d\u2019ici 2024.Par ailleurs, on dénote, depuis une dizaine d\u2019années, que des étudiants universitaires reviennent au cégep.En 2016, 3300 d\u2019entre eux ont déposé une demande d\u2019admission dans un programme collégial, principalement au secteur technique.L\u2019argumentaire de MM.Lacroix et Maheu repose de toute évidence sur des hypothèses.Il est, par exemple, impossible d\u2019affirmer que la diplomation universitaire équivaudrait à celle des établissements des autres provinces si le cégep n\u2019existait pas, étant donné le rapport à l\u2019éducation des francophones notamment.Cependant, le document soulève plusieurs questions intéressantes.Pour quelle raison les francophones seraient-ils moins portés à poursuivre des études universitaires ?Comment composer avec les effets de la baisse démographique ?Les établissements d\u2019enseignement, du primaire jusqu\u2019à l\u2019université, mettent-ils en œuvre les meilleures stratégies pour favoriser la réussite et la diplomation de leurs élèves et de leurs étudiants ?Face aux défis qui nous incombent, il nous semblerait beaucoup plus productif de réfléchir aux manières de rendre plus efficient notre système scolaire actuel que de remettre encore en question l\u2019une de ses composantes \u2014 que nous envient plusieurs pays \u2014 sur la base d\u2019hypothèses difficiles à vérifier.Le cégep, un avantage pour la poursuite d\u2019études universitaires G A B R I E L R O B I C H A U D Comédien et écrivain e suis Acadien.Mon nom de famille est Robichaud.L\u2019un des originaux, m\u2019a-t-on appris, dit et redit.Je suis Acadien du plus loin que je me souvienne.Un Acadien né à Moncton, au Nouveau-Brunswick, en 1990.Ça m\u2019a tou jours été présenté comme quelque chose d\u2019important, alors rapidement j\u2019y ai cru, et plus je vieillis, plus je comprends que ça l\u2019est.Je ne serais rien de qui ou de ce que je suis si je n\u2019étais pas Acadien.L\u2019Acadie, c\u2019est un paradoxe profond, une dose d\u2019improbable et d\u2019impossible, une irrévérence batailleuse, goguenarde, railleuse, ratou- reuse qui s\u2019affranchit plus souvent par en dessous que par la grande porte.Elle sait se courber en apparence pour mieux se tenir droite, tout comme elle sait se perdre entre une quête de légitimité dans l\u2019espace public et le travail de ses guérillas dispersées dans le monde qui l\u2019entoure, entre l\u2019idée de la vie et de la survie de son peuple.Disons que ça, c\u2019est un peu son idéal et sa beauté, malgré tout ce que ça peut avoir de contradictoire.Reste que concrètement, ça ne dit probablement pas grand-chose.L\u2019Acadie contemporaine, c\u2019est ce qu\u2019en fait son peuple.Ce peuple est dispersé.Je continue de croire que ce qui fait la force de ce peuple, c\u2019est sa capacité historique à survivre, étendu sur d\u2019aussi lointaines distances, à reconnecter malgré le temps, malgré les routes et leurs travers.Par contre, je crois que l\u2019avenir de ce peuple passera non pas par cette aptitude à la survivance, mais par sa résilience à vivre d\u2019abord et avant tout.Comme Acadien du Nouveau-Brunswick, c\u2019est facile de s\u2019enfermer dans une ignorance du vécu des Acadiens de la diaspora.À moins de chercher à s\u2019informer, de voyager ou d\u2019avoir de la famille un peu partout, la réalité de l\u2019Aca- die de la Nouvelle-Écosse, de l\u2019Île-du-Prince- Édouard, des Îles-de-la-Madeleine, de la Gaspé- sie, de la Louisiane, du Maine, de Terre-Neuve ou d\u2019ailleurs devient facilement oubliable, ou encore diluée dans sa spécificité par une masse plus importante.Cette réalité est tout aussi présente à l\u2019intérieur même du Nouveau-Brunswick, entre les régions, les villes et les médias.Radio-Canada Aca- die est à Moncton, la région du Sud-Est en bénéficie et la propagation sur les ondes dites nationales du réseau passe souvent par le couloir de la «métropole acadienne».Caraquet devient un autre pôle d\u2019attraction, et la place de la péninsule acadienne est souvent perçue comme prépondérante dans L\u2019Acadie nouvelle.Tout ça se transforme rapidement en guerre de clochers et fait très peu avancer les choses.On tire la couverte, on oublie Edmundston, Campbellton, Bathurst, Shippagan, les communautés acadiennes de Fredericton, Saint-Jean et Miramichi.[\u2026] Pour une Acadie vivante J\u2019ai longtemps été partisan de l\u2019Acadie de la diaspora et des statistiques gonflées par la descendance éparpillée un peu partout.Je ne suis pas tout à fait prêt à laisser cette perspective.Reste que, dernièrement, m\u2019est arrivé ce questionnement sur la place que l\u2019Acadie pourrait garder dans l\u2019espace social si on arrêtait de parler français dans l\u2019Est canadien.Hormis un apport historique ou folklorique, je crois que le tout se perdrait assez rapidement.En ce sens, sans exclure la place des Acadiens assimilés, il me semble que le destin de l\u2019Acadie contemporaine passe à la fois par sa francophonie et sa capacité à créer des espaces sociaux dans son quotidien, tant au Nouveau-Brunswick qu\u2019ailleurs.Cependant, ces espaces, à mon sens, seront tout à fait inutiles s\u2019ils ne s\u2019ouvrent pas à la fois à la perspective d\u2019immigrés, de francophones d\u2019ailleurs au pays ou encore de francophiles.Si l\u2019Acadie arrive à faire de la place à cette diversité en son sein et à lui permettre d\u2019adhérer à ce que peut devenir une forme de projet de société au sein de sa diaspora, à mon avis, elle continuera de se pouvoir.En Acadie, à ma connaissance, encore à ce jour, hormis quelques enseignants zélés, la culture acadienne fait trop souvent figure d\u2019absente au sein du milieu scolaire.Comme le milieu de l\u2019éducation en est un qui devient un espace social pour ses élèves et que la raison d\u2019être d\u2019un système d\u2019éducation en français est le fait qu\u2019il existe une culture francophone, l\u2019absence fréquente de la pertinence de ce qui s\u2019est créé et (surtout) continue de se créer en Aca- die dans ce qu\u2019on enseigne à ses élèves est aberrante.Car si l\u2019Acadie a survécu et vit encore, c\u2019est bel et bien parce qu\u2019on l\u2019a créée et que l\u2019on continue de contribuer à sa création.C\u2019est ainsi qu\u2019elle s\u2019ancre, c\u2019est ainsi qu\u2019elle voyage et c\u2019est ainsi qu\u2019elle trouvera et prendra sa place tant dans son monde qu\u2019ailleurs.C\u2019est ainsi que je tente de la vivre et de la propager.C\u2019est aussi ainsi que je lui souhaite de continuer de vivre.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.L\u2019Acadie au-delà de la survivance DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue À bâbord !, décembre 2017-janvier 2018, no 72.J MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Deux millions de diplômés sont sortis des cégeps depuis leur création en 1967.L L E D E V O I R , L E M A R D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S plaint du mot homophobie [\u2026] Mais l\u2019islamo- phobie, ça nous dérange.C\u2019est une réflexion que nous allons devoir avoir en tant que société.Pourquoi ?Pourquoi ça dérange ?» Dans le même discours, M.Trudeau a aussi écorché le groupe identitaire La Meute.« C\u2019est facile de condamner le racisme, l\u2019intolérance, la discrimination\u2026 On sait c\u2019est qui les racistes\u2026 C\u2019est l\u2019autre, ce sont les nonos qui se promènent avec des pattes de chiens sur leurs t- shirts », a-t-il lancé, ce qui lui a valu une salve d\u2019applaudissements.M.Trudeau, le premier ministre Philippe Couillard, le maire de Québec, Régis La- beaume, et de nombreux dignitaires prenaient tous part lundi soir à une cérémonie commémorant la tuerie qui a fait six morts au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) l\u2019an dernier.L\u2019événement venait clore une longue fin de semaine de commémorations qui avait inclus une rencontre publique avec les familles des victimes à l\u2019intérieur même du CCIQ.L\u2019anniversaire Le rassemblement, qui s\u2019est tenu par grand froid, visait aussi à rappeler celui qui avait réuni l\u2019an dernier à pareille date 5000 personnes venues manifester leur solidarité envers les musulmans qui vivent à Québec.Cette fois-ci, ils étaient plusieurs centaines à s\u2019être réunis.Certains avaient apporté une immense banderole noire sur laquelle on pouvait lire « Ensemble contre la haine et le racisme ».On y avait aussi collé les photos de chacun des hommes tués l\u2019an dernier.À quelques pieds de là, Muriel Beaulieu sirotait un café avec sa sœur Monique.«C\u2019est tellement terrible ce qui est arrivé l\u2019année passée.[\u2026] L\u2019an passé, je n\u2019étais pas assez bien pour venir, alors cette année, je me reprends.» Résidente du quartier, Mme Beaulieu a été pendant 15 ans la voisine de la famille de Kha- led Belkacemi, qui est au nombre des défunts.«Je n\u2019ai pas de mots pour dire comment ça m\u2019a fait mal.» Comme plusieurs, elle a été touchée par les messages positifs des familles des victimes, notamment les propos tenus dans les médias par Aymen Derbali, l\u2019un des blessés, qui a survécu mais est resté lourdement handicapé.« Il a reçu six balles, dont une à la moelle épinière, et il a encore un discours serein ! Si on est le moindrement humain, il faut les supporter, leur dire qu\u2019ils sont autant chez eux que nous.» M.Derbali a d\u2019ailleurs reçu des applaudissements particulièrement nourris quand il s\u2019est présenté sur scène.Remerciant les gens pour leur soutien, il a dit vouloir à l\u2019avenir sensibiliser les jeunes au vivre-ensemble parce qu\u2019ils sont, a-t-il dit, l\u2019avenir de la société.Liens avec Polytechnique Les organisateurs avaient aussi invité Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique, en 1989.« Je suis frappée par les nombreuses similarités qui nous rapprochent », a-t- elle dit en soulignant l\u2019esprit de solidarité et de dignité des représentants des familles et du Centre culturel islamique de Québec.« Je suis chavirée parce que vous avez raconté, partagé », a-t-elle dit en soulignant qu\u2019elle avait mis beaucoup de temps à comprendre et à surmonter la tragédie.Avant elle, plusieurs personnes s\u2019étaient présentées au micro, dont deux veuves des victimes.« Je vous remercie du fond du cœur pour votre profonde solidarité », a déclaré Louiza Mohamed Said, épouse de feu Karim Hassane.«Depuis le jour du drame, vous ne pouvez imaginer à quel point toute cette sollicitude nous a aidés à surmonter notre immense peine.» « Nous voulons lancer un message de paix et d\u2019amour afin de vaincre la haine, le rejet et l\u2019incompréhension », a lancé quant à elle la veuve de M.Belkacemi, Safia Hamoudi, au nom des autres femmes qui ont perdu leur mari l\u2019an dernier.« Ces six hommes dont la vie a été prise étaient tous des hommes pacifiques venus chercher la paix dans ce beau pays, dans cette belle province.Collectivement, ne les oublions pas et faisons tout ce qui est possible pour que de telles tragédies ne se reproduisent jamais.» Son fils, Amir, s\u2019est quant à lui exprimé au nom des 17 orphelins de la tragédie.«C\u2019est important pour chacun d\u2019entre nous de faire des efforts pour se rapprocher, se connaître, se reconnaître, se dire bonjour dans la rue afin que plus jamais, plus jamais un 29 janvier n\u2019arrive.[\u2026] Faites en sorte, s\u2019il vous plaît, qu\u2019on n\u2019ait plus jamais besoin de le dire.» La cérémonie a aussi été marquée par la prestation d\u2019une chorale formée d\u2019un groupe de réfugiés.Réunis dans le cadre d\u2019un projet intercultu- rel piloté par l\u2019Université Laval, ils ont interprété une chanson intitulée La langue de nos âmes.« Chantons ensemble la langue de nos âmes/Chantons ensemble, célébrons nos différences/Pour apaiser la douleur/À la chaleur du cœur.» Les organisateurs de l\u2019événement avaient aussi intégré au montage vidéo l\u2019extrait « Ma maison, c\u2019est votre maison» de la chanson Mon pays, de Gilles Vigneault.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 COMMÉMORATIONS ans plus tard en le qualifiant lui aussi de discriminatoire.Le logo utilisé dans les années 1940 était encore plus stéréotypé.« Il y a des plaintes parce que des gens se sentent blessés et, à un moment donné, il faut en tenir compte », commente Benoît Melançon, professeur de littérature de l\u2019UdeM qui tient le blogue L\u2019oreille tendue sur les mutations de la langue.« Les Premières Nations, les autochtones font des appels répétés pour faire cesser ces pratiques.Il faut les écouter.» Trois cas de figure Le cas des Indians s\u2019arrime à plusieurs autres.Le professeur Melançon propose alors une typologie simple mais éclairante des problèmes et des solutions de dénomination en tenant compte de la perspective des principaux intéressés : Le changement partiel.C\u2019est le choix de l\u2019équipe des Indians qui mise sur une disparition progressive de la référence visuelle blessante tout en conservant le nom qui désigne encore en anglais tous les peuples précolombiens.D\u2019ailleurs, l\u2019équipe utilise un grand C comme logo depuis quelques années et l\u2019emblème du chef Wahoo se faisait discret sur l\u2019uniforme.Le refus du changement.Les Redskins de Washington, dans la Ligue nationale de football, refusent de délaisser leur appellation on ne peut plus connotée, datée, carrément raciste.« Le terme peau rouge a changé de sens, est devenu encombrant, mais l\u2019équipe trouve que le faire disparaître, ce serait faire disparaître l\u2019histoire de l\u2019équipe, dit le professeur Me- lançon.C\u2019est un argument patrimonial, mais c\u2019est un mauvais argument.Comme les mots changent de sens, l\u2019utilisation qu\u2019on en fait devrait changer.Il n\u2019y a pas eu d\u2019équipe de baseball qui s\u2019est appelée les Negros, mais il y a eu la Negro League.Évidemment, personne ne penserait aujourd\u2019hui créer une ligue semblable parce que ce mot est tellement connoté.L\u2019argument des Redskins est donc mauvais.» La Ligue canadienne de football a aussi son cas de figure avec les Eskimos d'Edmonton.Les Inuits considèrent ce terme comme offensant.De nombreuses voix se sont d'ailleurs élevées cet automne pour réclamer une nouvelle dénomination, ce à quoi s'oppose fermement la direction de l'équipe.Le statu quo.Les Seminoles de la Florida State University ont reçu l\u2019accord enthousiaste de la nation séminole pour continuer à utiliser leur nom et un logo représentant une pointe de flèche.Des bébelles Le fruit gâté de Cleveland devait donc sinon tomber, au moins flétrir.Les protestations autour de l\u2019image honnie ont commencé dans les années 1980.Le nouveau militantisme autour des questions identitaires a peut-être joué en faveur du retrait.«Ces problématiques reliées au sport ressurgissent périodiquement à la faveur de tensions sociales et politiques», note le professeur Frank Pons de l\u2019Université Laval, spécialiste du marketing et du sport, qui explique avoir vécu cinq ans à San Diego, où les équipes de l\u2019université s\u2019appellent les Aztecs, non sans reproches.« On pose de plus en plus de questions sur l\u2019immigration, mais aussi sur la manière dont ont été traitées les Premières Nations.Ce contexte force les organisations sportives à se poser des questions et à agir.En tout cas, si un logo devient toxique, c\u2019est parce que dans une société, on l\u2019accepte de moins en moins.» Le professeur Melançon, spécialiste de la culture, ajoute qu\u2019« il y a un lien à faire avec les statues [sudistes] qu\u2019on a décidé de faire disparaître du paysage public états-unien au cours des dernières années».Les monuments s\u2019arrachent d\u2019un coup, une fois la décision prise de les retirer de l\u2019espace public.Pour le professeur Pons, le retrait progressif des logos et des appellations dans le monde du sport se justifie par les contraintes symboliques et économiques liées à la marque.«Il y a une dualité entre la perspective éthique qui demande de ne pas utiliser un logo ou un nom et une perspective commerciale qui ne veut pas abandonner une marque construite pendant des années et sur laquelle repose en partie le succès de l\u2019entreprise», dit le directeur de l\u2019Observatoire international en management du sport.« Le développement d\u2019une marque prend beaucoup de temps et énormément d\u2019argent.Je crois que la plupart des équipes reconnaissent que certains aspects de leur marque ne sont plus appropriés.Elles doivent par contre agir avec prudence en imposant des changements de transition.» C\u2019est exactement le cas de Cleveland.La tête clichée du chef Wahoo continuera d\u2019orner différents matériels de marketing de l\u2019équipe, y compris les bébelles vendues à la boutique souvenir du Progressive Field de Cleveland.Le chef Wahoo, sorti par la grande porte du stade, va donc y rentrer par une petite fenêtre.Il faut finalement rappeler que ce casse-tête ne se poserait pas sans l\u2019étrange habitude nord-américaine de donner des noms bizarres aux équipes sportives.Ici, les Yankees de New York, le Canadien de Montréal, les Cowboys de Dallas ou les Patriots de la Nouvelle-Angleterre; là-bas, le FC Barcelone, le Manchester United, le Paris Saint- Germain ou le Real Madrid.Mettons que la chance de glisser avec des appellations figées, hiératiques, voire blessantes ou choquantes semble plus grande d\u2019un côté de l\u2019Atlantique Nord.« On est tous d\u2019accord : les choix de certains des noms d\u2019équipe en Amérique du Nord s\u2019expliquaient à une certaine période, mais ne sont plus adéquats, conclut le professeur Pons.Le souci éthique était sans doute moins pesant à une certaine époque\u2026 » Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 INDIANS Enfants déracinés Ainsi, les enfants pourront rester dans la com munauté et bénéficier de services « dans le respect des réalités et des valeurs autochtones attikameks », explique le grand chef Awashish.« La prise en charge des jeunes dans un environnement qui n\u2019avait rien à voir avec leur réalité ne faisait qu\u2019ajouter aux difficultés et à l\u2019injustice dont étaient victimes ces enfants », déplore-t-il.Ce dernier reconnaît que des efforts étaient faits par le DPJ, mais « les valeurs, les traditions, la culture et le contexte particulier de notre communauté, ce n\u2019était pas pris en compte lors des interventions».La langue était notamment un « obstacle » aux interventions du DPJ.«Mais il y avait aussi le manque de confiance associé au fait que des gens non autochtones inter viennent auprès d\u2019eux», ajoute le grand chef.Souvent, les enfants étaient sortis de leur communauté par le DPJ et envoyés dans des familles d\u2019accueil non autochtones, ce qui causait son lot de problèmes.« Pour plusieurs d\u2019entre nous, ça évoquait de mauvais souvenirs liés aux pensionnats autochtones.Pour ceux qui sont encore en choc post-traumatique, c\u2019était comme un retour en arrière, on venait leur prendre leur enfant, on les emmenait de force.C\u2019était vécu très dif ficilement, les familles réagissaient mal, ça se répandait dans la communauté et ça créait un climat social négatif pour tout le monde.» Ce problème a d \u2019a i l leurs été soulevé à maintes reprises par différentes communautés autochtones dans le cadre de la commission Viens, qui se penche sur les relations entre les autochtones et les ser vices publics au Québec.Plusieurs chefs avaient dénoncé ce qu\u2019ils considéraient comme un « pouvoir abusif » du DPJ et parlaient d\u2019un climat de suspicion envers le DPJ.En juin, dans le cadre de cette même commission, le Directeur de la jeunesse de la nation crie avait lui-même reconnu que les services donnés auprès de cette population «ne représentent pas les besoins » des enfants et des familles autochtones.Responsabilité collective Dans le cadre de l\u2019annonce officielle de cette entente « historique », la ministre déléguée à la protection de la jeunesse, à la santé publique et aux saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, a elle aussi reconnu que le fait de sortir ces jeunes de leur communauté n\u2019était plus une option envisageable.« Nous avons une responsabilité collective de fournir aux jeunes les outils et un cadre de vie pour faciliter leur intégration.On veut les laisser grandir dans leur milieu, dans leur culture et non pas les déraciner.On a eu des témoignages d \u2019enfants devenus adultes qui n \u2019ont plus d \u2019identité, qui ne se retrouvent nulle part, et ce n\u2019est pas ce qu\u2019on souhaite au Québec.» Le service de protection sociale attikamek a fait ses preuves et a «démontré ses capacités à exercer ses pleines responsabilités », assure Lucie Charlebois.« Même dans le cadre d\u2019une telle entente, le ministère de la Santé et des Services sociaux va demeurer responsable, ajoute-t-elle.Le gouvernement déploiera des efforts soutenus et nous allons prendre les moyens pour que tout fonctionne bien.» Une période de six mois a été prévue pour faire la transition, et un comité de suivi se penchera sur divers aspects logistiques de cette nouvelle autonomie, notamment sur le plan financier.Intérêt des autres nations Cette entente constitue un précédent, non seulement au Québec, mais au Canada, se réjouit la ministre déléguée.Et déjà, d\u2019autres communautés autochtones du Québec ont annoncé leur intérêt à marcher dans les pas de la communauté attikamek et à se prévaloir de cette disposition prévue dans la Loi sur la protection de la jeunesse, confirme Lucie Charlebois.« La nation attikamek trace la voie pour les autres nations, s\u2019est félicité le grand chef, Constant Awashish.Quand on regarde notre histoire, c\u2019est incroyable qu\u2019on soit rendus là.On connaît tous ce qui se passe dans nos communautés, ce n\u2019est pas toujours facile.Au- jourd\u2019hui, c\u2019est une grosse lumière au bout du tunnel.C\u2019est un pas vers l\u2019autonomie de la nation attikamek.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ATTIKAMEK Qui sont les Attikameks ?Les Attikameks sont répartis dans trois réserves : Manawan, au nord de Saint-Michel- des-Saints dans Lanaudière, Wemotaci, au nord de La Tuque en Haute-Mauricie, et Opitciwan, sur la rive nord du réservoir Gouin à une centaine de kilomètres au sud de Chibougamau.La communauté compte environ 7000 membres.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Des participants à la veillée ont profité du rassemblement pour propager un message de paix et de tolérance."]
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