Le devoir, 19 mars 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 5 9 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 M A R S 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Sports \u203a J.O.paralympiques de Pyeongchang.Une récolte de médailles historique pour le Canada.Page B 4 Société \u203a Une application pour mettre en contact prostituées et clients.Page B 3 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Fonds fédéraux Un retard à rattraper dans les projets de transport collectif au Québec Page B 5 Intégration Les élèves immigrants sont plus motivés, mais réussissent moins bien Page A 3 ALEXANDER ZEMLIANICHENKO ASSOCIATED PRESS « Nous allons travailler tout aussi dur, d\u2019une manière tout autant responsable et ef ficace », a promis dimanche Vladimir Poutine.A L E X A N D R E S H I E L D S A u moins deux projets industriels majeurs directement liés aux énergies fossiles ne seront pas officiellement soumis au « test climat » inscrit dans la nouvelle Loi sur la qualité de l\u2019environnement, a constaté Le Devoir.Québec promet toutefois que les enjeux climatiques seront pris en compte dans l\u2019analyse de ces projets, qui pourraient alourdir le bilan de gaz à effet de serre de la province.En vertu des nouvelles dispositions de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement (LQE), des projets industriels seront désormais soumis à un « test climat ».Cela signifie que le promoteur devra fournir un rapport de « quantification » détaillé des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui seraient produites, et ce, «pour chacune des phases du projet».Les émissions en « amont » et en « aval » devront aussi être évaluées, «en particulier» pour les projets « dont les émissions seraient très élevées et susceptibles de poser un risque élevé pour l\u2019atteinte des cibles de réduction de GES du Québec », a confirmé le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), par courriel.À la lumière des données fournies, le gouvernement pourrait exiger des mesures d\u2019atténuation des émissions, une modification du projet, ou alors carrément le refuser.L\u2019imposition de ce nouveau « test climat », une mesure sans précédent au Québec, entrera en vigueur le 23 mars prochain.Cela signifie que tout projet dont la demande a été déposée au MDDELCC avant cette date échappera aux directives of ficielles du « test climat » inscrit dans la refonte de la LQE, a admis le ministère.Terminal de carburant C\u2019est le cas du projet de terminal d\u2019approvisionnement de carburant aéroportuaire à Montréal- Est, qui est présentement évalué par le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement ÉMISSIONS DE GES Des projets échappent au « test climat» A N N A B E L L E C A I L L O U S ans surprise, le président de la Russie, Vladimir Poutine, a été reporté au pouvoir pour un quatrième mandat dimanche avec plus de 76 % des voix, selon les résultats partiels.Un scrutin qui a davantage pris les allures d\u2019un vote de confiance envers l\u2019homme, ses politiques et sa posture défiante face à l\u2019Occident.«À partir du moment où il n\u2019y a pas d\u2019alternative politique crédible qui s\u2019offre à l\u2019électorat, la légitimité du président passe par le taux de participation.[\u2026] La population valide par son vote le bon travail du président », explique Yann Breault, chargé de cours en Sciences politiques à l\u2019Université du Québec à Montréal.Le taux de participation était estimé à 60 % à 15 h (heure de Montréal) par la Commission électorale, un chif fre décevant par rapport à 2012 (65 %) et aux efforts déployés par le Kremlin pour mobiliser les électeurs.« Nous allons travailler tout aussi dur, d\u2019une manière tout autant responsable et efficace », a déclaré le président devant des centaines de partisans, voyant dans sa victoire « la reconnaissance du fait que beaucoup de choses ont été faites dans des conditions très difficiles».Si sept autres candidats se sont présentés à la présidentielle, ils n\u2019ont réussi à récolter que quelques miettes.Pavel Groudinine, du Parti communiste, est arrivé loin derrière en deuxième place avec un peu plus de 12% des voix.Il faut dire qu\u2019après plus de 18 ans à la tête de la Russie \u2014 14 comme président et quatre comme premier ministre \u2014, Poutine a su consolider son pouvoir et le contrôle de la politique en n\u2019hésitant pas à jeter en prison ses plus fervents opposants.Le militant Alexeï Navalny, le seul qui aurait pu s\u2019imposer comme véritable adversaire, en a PRÉSIDENTIELLE RUSSE Vladimir Poutine, pour six ans de plus Lire aussi \u203a L\u2019anti-Idiot.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 VOIR PAGE A 8 : RUSSIE P H I L I P P E C O U T U R E à Paris U n suicide.Puis, le choc.La pièce s\u2019intitule Notre innocence, pour évoquer l\u2019innocence perdue au contact de la mor t.C\u2019est la deuxième création de Wajdi Moua- wad à prendre l\u2019af fiche depuis qu\u2019il dirige le Théâtre national de la Colline, institution vénérée du vingtième arrondissement de Paris.Le Devoir s\u2019est invité dans ses coulisses, avant de voir la pièce, qui marque une quête de réinvention chez le dramaturge libano-québécois.Fascinante histoire que celle de la création de cette pièce, qui tire son origine de quelques THÉÂTRE Une jeunesse en quête d\u2019héroïsme À Paris, la nouvelle création de l\u2019auteur libano-québécois Wajdi Mouawad raconte un deuil qui bouscule tout SIMON GOSSELIN Notre innocence évoque l\u2019innocence perdue au contact de la mort.VOIR PAGE A 8 : CLIMAT VOIR PAGE A 8 : MOUAWAD A L E X A N D E R P A N E T T A à Washington L a même pépinière à trolls russes qui s\u2019était mêlée de l\u2019élection présidentielle américaine s\u2019en est aussi prise à des cibles canadiennes, comme des infrastructures pétrolières et le premier ministre fédéral, Justin Trudeau.Des preuves sont incorporées dans les données rendues publiques au cours d\u2019enquêtes menées aux États-Unis.Le Congrès examine actuellement des renseignements provenant de Russie obtenus dans la foulée de l\u2019élection de 2016.Un rapport du comité de la Chambre des représentants indique que l\u2019usine à trolls informatiques établie à Saint-Péters- bourg a publié en ligne près de la moitié moins de messages sur les ressources énergétiques que sur la politique présidentielle américaine.Keystone XL Ce comité a étudié plus de 4000 comptes liés à la désormais célèbre Agence d\u2019investigation de l\u2019Internet qui ont publié plus de 9000 messages sur Facebook, Twitter et Insta- gram concernant des oléoducs et la fracturation du sol, dont un cer tain nombre non précisé au sujet du projet canado- américain Keystone XL.Il n\u2019a pas publié les données brutes au sujet du Canada.La Presse canadienne a trouvé quelques dizaines de micro- messages se prononçant con - tre Keystone dans un ensemble de fichiers fourni par Twitter au comité de la Chambre des représentants.Certains micro-messages se contentaient de rediriger des titres de journaux, des références à des fuites de pétrole ou de rédiger un lien menant vers des ar ticles de blogue.Un de ces derniers portait le titre : « Oh ! Oh ! Les partisans progressistes de Justin Trudeau vont déchanter (indice : Keystone, Trump, OMG!) ».Le même fichier comprenait aussi des messages concernant M.Trudeau.La plupart d\u2019entre eux étaient des messages redi- rigeant les opinions du premier ministre sur les réfugiés, les musulmans et Fidel Castro.Le pourcentage de messages au sujet du Canada est très faible.Ainsi, sur plus de 203 000 micromessages remis par Twitter au Congrès, moins de 150 mentionnaient Justin Trudeau ou Keystone XL.Selon un expert sur les campagnes russes de désinformation, les infrastructures pétrolières canadiennes sont des cibles naturelles.« Je ne serais pas surpris [s\u2019ils s\u2019attaquaient au pétrole canadien], a dit Daniel Fried, un ancien du département d\u2019État qui a coordonné les sanctions américaines jusqu\u2019en 2017.Les Russes s\u2019ingèrent dans n\u2019importe quel sujet, déclenchant de façon délibérée des débats et tentant de les dévoyer malicieusement.Il est bien sûr ironique de voir les Russes employer des arguments des écologistes contre lesquels les autorités n\u2019ont aucune patience, pour miner les infrastructures énergétiques à l\u2019étranger.» Il croit que la meilleure façon de neutraliser les trolls russes est de les dénoncer.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 Violences à caractère sexuel sur les campus : la loi 151 va-t-elle assez loin ?Que pensent les diverses parties concernées de cette loi ?Les mesures prévues sont-elles adéquates ?Assureront-elles aux victimes le soutien et le suivi nécessaires ?Jeudi 22 mars 2018, à 18 h Salle Marie-Gérin-Lajoie du pavillon Judith-Jasmin, 405, rue Sainte-Catherine Est, local J-M400 (niveau métro), métro Berri-UQAM Prix : 12 $ à la porte (étudiants : gratuit sur présentation d\u2019une preuve) LE DEVOIR DE DÉBATTRE Animé par la directrice de l\u2019information du Devoir Marie-Andrée Chouinard Rachel Chagnon Professeure, Département des sciences juridiques, UQAM, et directrice de l\u2019Institut de recherches et d\u2019études féministes Hélène David Ministre responsable de l\u2019Enseignement supérieur et ministre responsable de la Condition féminine Mélanie Lemay Cofondatrice de Québec contre les violences sexuelles Jessica Nadeau Journaliste au Devoir Sandrine Ricci Sociologue, membre de l\u2019équipe ESSIMU (UQAM), coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes J A C Q U E S N A D E A U Ariel Kouakou : recours possible aux plongeurs Le Service de police de la Ville de Montréal envisage d\u2019avoir recours aux plongeurs pour fouiller la rivière des Prairies afin de retrouver le jeune Ariel Jeffrey Kouakou lundi ou mardi, si les tests effectués dimanche démontrent que la rivière est sûre.Pendant ce temps, l\u2019enquête de la police continue et, en début de soirée dimanche, les enquêteurs avaient reçu plus de 247 informations du public depuis l\u2019annonce de la disparition de l\u2019enfant la semaine dernière.Par ailleurs, le boxeur Adonis Stevenson a fait don de 15 000 $ à la famille Kouakou.Le champion a déclaré à la chaîne RDI qu\u2019il verse cette somme par compassion pour la famille.La Presse canadienne Forte présence féminine dans la mission canadienne au Mali?Ottawa \u2014 Le contingent que veut envoyer le Canada au Mali comptera un grand nombre de femmes, le gouvernement Trudeau voulant que le Canada montre l\u2019exemple dans ce domaine.Selon une source gouvernementale, le contingent des Forces armées devra compter de 200 à 250 militaires.La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, doivent dévoiler lundi les grandes lignes de l\u2019intervention canadienne au Mali.Six hélicoptères pourraient être déployés dans le cadre de cette opération de maintien de la paix dirigée par l\u2019Organisation des Nations unies.La Presse canadienne R O X A N N E O C A M P O G abriel Nadeau-Dubois a été investi dimanche comme candidat de Québec solidaire dans la circonscription montréalaise de Gouin, pres - que un an jour pour jour après avoir rejoint la formation.Co-por te-parole du par ti, M.Nadeau-Dubois porte également le chapeau de député de Gouin depuis le 29 mai dernier.Il avait été élu dans le cadre d\u2019un scrutin partiel visant à remplacer Françoise David, qui s\u2019était retirée de la vie politique par épuisement.Depuis ce «saut dans l\u2019inconnu», l\u2019ancien leader étudiant se dit fier de son bilan, qui compte notamment la fusion avec la formation souverainiste Option nationale.Samedi, l\u2019ex-chef d\u2019Option nationale, Sol Zanetti, a d\u2019ailleurs remporté l\u2019investiture de Québec solidaire dans Jean- Lesage, à Québec.M.Zanetti a dit croire en ses chances de gagner cette circonscription, alors que la fusion des deux partis permet selon lui de récupérer de nombreux votes.M.Nadeau-Dubois se montre pour sa part prudent.Avec une «petite année d\u2019expérience derrière la cravate », il dit ne rien tenir pour acquis.«Il n\u2019y a pas de château fort pour Québec solidaire.Ça n\u2019existe pas.Il y a seulement des gens à convaincre par tout au Québec», fait-il valoir.Il ne cache toutefois pas sa confiance en l\u2019attractivité de son parti.« Il n\u2019y a jamais eu autant de membres à Québec solidaire.Le financement ne s\u2019est jamais aussi bien porté, illustre-t-il.La prochaine campagne sera la plus grande de notre histoire.» « Je pense qu\u2019on va causer la surprise, a-t-il ajouté.J\u2019en suis con - vaincu: on aura plus de députés que jamais.» Le «mirage» de la CAQ Le politicien de 27 ans dit entrer en campagne électorale avec une « motivation intacte », déterminé à détourner les électeurs du «mirage de la CAQ».Comment compte-t-il s\u2019y prendre ?En montrant aux familles québécoises qu\u2019elles ont besoin de temps pour «souffler un peu », et non d\u2019une baisse d\u2019impôt.Il s\u2019engage à faire de la conciliation travail-famille son cheval de bataille.Quant aux électeurs tentés par le vote stratégique, il leur répond : «Élire un député solidaire, même si on n\u2019a pas encore la majorité à l\u2019Assemblée nationale, ça peut quand même changer les choses dans les quartiers».La Presse canadienne INVESTITURES Gabriel Nadeau-Dubois s\u2019attend à « plus de députés que jamais » pour Québec solidaire Parcours modifié pour le défilé de la Saint-Patrick Des milliers de personnes ont bravé le froid dimanche après-midi pour assister au 195e dé?lé de la Saint-Patrick, la fête des Irlandais, à Montréal.Le vert et le trè?e irlandais (le «shamrock») étaient évidemment à l\u2019honneur pour ce rendez-vous annuel festif.En raison des travaux menés sur la rue Sainte-Catherine, les 20 chars allégoriques et les 25 fanfares ont dé?lé sur le boulevard de Maisonneuve Ouest cette année.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Trudeau visé par des trolls russes Un rapport du Congrès américain indique que l\u2019agence qui s\u2019est mêlé de la présidentielle de 2016 s\u2019est en aussi prise à des cibles canadiennes JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE La plupart des messages redirigeaient les opinions du premier ministre sur les réfugiés, les musulmans et Fidel Castro.Gabriel Nadeau-Dubois L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 M A R S 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 L e 24 avril prochain, à l\u2019invitation du ministère de la Santé et des Services sociaux, Montréal et la plupar t des grandes villes du Québec procéderont à un dénombrement des itinérants.Le premier exercice du genre, tenu à Montréal dans la nuit du 24 au 25 mars 2015, avait fait le compte d\u2019un peu plus de 3000 personnes qui se trouvaient dans une situation visible d\u2019itinérance.Ce chiffre avait vite été contesté.Comment en une nuit, alors que le froid de l\u2019hiver sévit encore, peut-on prétendre circonscrire ce phénomène aux contours fluctuants ?Reste que de tels inventaires de l\u2019itinérance sont désormais monnaie courante dans différentes grandes villes.À Paris, il y a quelques semaines, des habitués de ce monde de pauvreté raillaient le fait que les autorités puissent considérer que des individus abrités ne serait-ce que sous une coque de noix ne devaient pas être comptabilisés.Compter ceux qui sont les plus dépossédés, cela ne donne pas forcément une meilleure mesure de la réalité.On pourrait même penser que cela rend surtout compte de la démesure d\u2019une société conduite par une volonté de tout mesurer, y compris ce qui à l\u2019évidence ne saurait tenir seulement à des appréciations chiffrées.Et si la vie, après tout, ne se mesurait que par elle-même ?Dans un monde qui ne cesse de se goinfrer de toujours plus d\u2019images, les sans-abri constituent une icône de la bonne conscience dont aiment se gaver les beaux discours.I ls ne forment pourtant que la petite partie émergée de l\u2019iceberg de la pauvreté sous laquelle restent cachés des phénomènes plus profonds qu\u2019on laisse geler dans les eaux froides de l\u2019oubli et du cynisme.La misère ordinaire, celle du bien-être social, des loyers rongés par les champignons, des squats à vingt-quatre, des foyers pour personnes seules, des centres d\u2019accueil et des personnes qui ne mangent pas, cette misère- là, moins spectaculaire, on s\u2019en détourne volontiers parce qu\u2019elle risque à tout moment de faire exploser notre bulle pour la transformer en bombe.Il existe donc de bons pauvres : ceux que l\u2019on aide parce qu\u2019ils sont à la rue, ceux encore qui gardent le silence lorsqu\u2019on les conseille sur la meilleure façon de dépenser pour s\u2019alimenter.Et il existe les mauvais pauvres : ceux qui, tandis que leur nombre augmente, affirment que la sympathie dont la société se targue à leur égard ne change pas leur condition.Au chapitre de la pauvreté, les itinérants forment vraiment une catégorie à part.Quand tous les prix augmentent, ce sont les seuls qui continuent invariablement d\u2019espérer l\u2019offrande des mêmes miettes et piécettes.Rue Saint-Denis à Montréal, il y eut longtemps un itinérant chantant des turlutes d\u2019un autre temps.Entre chaque couplet inventé selon la tête du passant, il demandait 50 $ ou 100 $ à ces gens soudain surpris d\u2019une telle audace.Mais peut-être cet homme avait-il pris la juste mesure des modalités qu\u2019il convenait d\u2019envisager pour changer radicalement sa vie ?Sous les airs doucereux de la philanthropie que revêtent les milliardaires, nous vivons dans un monde où l\u2019égoïsme est présenté comme une vertu.La charité relève pour eux d\u2019un choix personnel.Jamais ils ne remettent en question la structure qui fait qu\u2019une société sécrète des inégalités au point de laisser sur la paille plusieurs de ses concitoyens.L\u2019argent est tout.L\u2019homme n\u2019est rien.Et si nos richards s\u2019honorent et s\u2019émeuvent, au nom de leur amour-propre, de voir leurs noms associés à de « bonnes causes », il ne leur viendrait pas pour autant à l\u2019idée de changer les conditions sociales qui président à la reproduction et à l\u2019expansion de la pauvreté.La charité bienveillante n\u2019apparaît pas à l\u2019ordre du jour, sauf justement pour le mendiant.« Ce n\u2019est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais de l\u2019attention qu\u2019ils portent à leur propre intérêt.Nous nous adressons non à leur humanité, mais à leur amour d\u2019eux-mêmes, et nous ne leur parlons jamais de nos propres besoins, mais de leur avantage.Il n\u2019est personne, si ce n\u2019est un mendiant, pour dépendre de la bienveillance de ses concitoyens ».C\u2019est Adam Smith, le père du laisser-faire économique, qui le remarquait au passage.On comprend que, selon cette triste logique, nos philanthropes of frent d\u2019une main l\u2019aumône aux pauvres tout en recevant de l\u2019autre un crédit d\u2019impôt pour leur geste.Ce qui compte reste leur intérêt.La charité est devenue une arme qui ser t d\u2019abord à tuer les vautours du remords, tout en laissant croire qu\u2019il suf fit alors de laisser voler la sympathie en rase-mottes pour éviter que les pauvres gens ne s\u2019écrasent davantage.Mesure d\u2019une démesure C A R O L I N E M O N T P E T I T L es élèves immigrants de première ou de seconde génération sont généralement plus motivés à l\u2019école que ceux qui sont nés dans le pays où ils étudient.Par contre, les élèves immigrants, particulièrement les immigrants de première génération, ont davantage de difficultés à l\u2019école, et sont désavantagés dans d\u2019autres domaines influençant leur bien-être.Ils ont en général un sentiment moins développé d\u2019appartenance aux institutions scolaires, éprouvent moins de satisfaction face à leur vie, et sont plus anxieux au sujet de l\u2019école.C\u2019est ce que montre un rapport rendu public lundi par le Programme international pour le suivi des acquis aux élèves (PISA) de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), portant sur les immigrants étudiant dans 35 pays.« Dans la plupart des pays, lit-on dans le rapport, les élèves immigrants ont une plus grande motivation à réussir leurs études que les élèves natifs.En particulier, en Belgique, au Canada, au Danemark, en Finlande et aux Pays-Bas, les élèves immigrants sont 30 % moins à risque de souffrir de faible motivation que les élèves natifs.» Au Royaume-Uni, l\u2019écart atteint 46 %.Inversement, en Israël ou au Mexique, les élèves immigrants sont moins motivés dans la poursuite de leurs études que les élèves natifs.En général, par contre, les élèves immigrants affichent une moins bonne performance scolaire que les élèves natifs.Le rapport note que cela est particulièrement vrai pour les immigrants de première génération, qui sont eux- mêmes, comme leurs parents, nés à l\u2019extérieur du pays.En moyenne, dans tous les pays de l\u2019OCDE, 51 % de ces élèves n\u2019atteignaient pas les critères minimaux en lecture, en mathématiques et en science, comparativement à 28 % des élèves natifs du pays.Ces différences sont par ticulièrement probantes en Autriche, en Belgique, en Finlande, en Allemagne, en Islande, au Japon, au Luxembourg, en Slovénie, en Suède et en Suisse.Dans ces pays, les élèves immigrants sont deux fois plus à risque que les natifs de ne pas atteindre les exigences scolaires de base.Des obstacles majeurs L\u2019étude tentait d\u2019établir les facteurs de résilience des élèves immigrants dans leur pays d\u2019accueil, et relevait, parmi ceux-ci, le sentiment d\u2019appartenance à l\u2019institution scolaire, l\u2019usage de la langue du pays d\u2019accueil, les conditions socioéconomiques, l\u2019anxiété liée à la performance scolaire et le sentiment général de satisfaction par rapport à la vie.Dans tous les pays de l\u2019OCDE, le désavantage socio-économique et la barrière de la langue constituaient des obstacles majeurs à l\u2019intégration des élèves immigrants.En France, en Islande, en Espagne, et au Royaume-Uni, les élèves immigrants exprimaient moins de satisfaction générale de la vie que les élèves natifs.En Espagne ou en Slovaquie, les immigrants ont un sentiment d\u2019appartenance à l\u2019institution scolaire beaucoup moins développé que les jeunes natifs de ces pays.Parmi les politiques et pratiques stimulant la résilience des élèves immigrants, le rapport mentionne la politique canadienne qui évalue les aptitudes langagières et les aptitudes en mathématiques des nouveaux arrivants.On cite aussi les deux années préscolaires obligatoires, pour les enfants de quatre à six ans, qui visent l\u2019intégration du langage, au Luxembourg.On mentionne également la nécessité d\u2019octroyer des ressources scolaires supplémentaires en milieu socio-économiquement faible.Cette étude survient à un moment où le nombre d\u2019immigrants est en croissance rapide dans les pays de l\u2019OCDE.En 2015, un élève de 15 ans sur quatre des pays de l\u2019OCDE était né à l\u2019étranger ou avait au moins un parent né à l\u2019étranger.Entre 2003 et 2015, cette proportion a grimpé de six points, selon les calculs de l\u2019OCDE.Le Devoir Les élèves immigrants sont plus motivés, mais réussissent moins bien Dans les pays de l\u2019OCDE, le désavantage socioéconomique et la barrière de la langue constituent des obstacles majeurs à leur intégration A L E X A N D R E S H I E L D S L es 338 municipalités qui veulent imposer des règles plus contraignantes que celles du gouvernement Couillard pour protéger l\u2019eau potable dans le cadre des forages tentent de « manipuler le public » pour nuire à l\u2019industrie, selon l\u2019Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ).Ces municipalités souhaitent obtenir le droit d\u2019instaurer une distance minimale de deux kilomètres entre un forage pétrolier ou gazier et une source d\u2019eau potable.Mais le gouvernement Couillard leur refuse cette dérogation, en soulignant que les règles actuelles, qui fixent cette distance à 500 mètres, reposent « sur des assises scientifiques solides » et qu\u2019elles sont déjà très «sévères».L\u2019APGQ va plus loin et af firme au Devoir qu\u2019« une distance de 100 mètres entre tout forage et source d\u2019eau potable est pleinement sécuritaire ».Les règles fixées par Québec dans le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) sont donc d\u2019autant plus sécuritaires, selon l\u2019APGQ.«Ces distances de sécurité sont le résultat de décennies d\u2019expériences, de consultations et d\u2019études scientifiques », ajoute le regroupement, qui représente les entreprises qui détiennent des permis d\u2019exploration pétrolière et gazière dans la province.Des bâtons dans les roues L\u2019APGQ accuse par la même occasion les 338 municipalités de vouloir mettre des bâtons dans les roues de ses membres.« La demande des municipalités d\u2019interdire toute installation dans un rayon de 2000 mètres nous apparaît comme une tentative de manipuler le public avec de fausses informations dans le but de nuire à l\u2019industrie pétrolière et gazière du Québec », soutient l\u2019organisation.Les municipalités estiment au contraire qu\u2019elles doivent avoir le droit de protéger l\u2019environnement sur leur territoire, dont les sources d\u2019eau potable de leurs citoyens.Des représentants des municipalités qui réclament une dérogation au RPEP doivent d\u2019ailleurs rencontrer la ministre de l\u2019Environnement, Isabelle Melan- çon, ce mardi, pour discuter de cet enjeu.Le comité qui pilote la demande des 338 municipalités doit aussi tenir une rencontre le 24 mars prochain, à Drummondville.Il y sera question de lancer une action en justice pour obtenir le droit d\u2019imposer une distance de deux kilomètres entre un éventuel forage et une source d\u2019eau.300 permis Ce dossier concerne plusieurs régions du Québec.Selon les plus récentes données officielles, il existe plus de 300 permis d\u2019exploration pétrolière et gazière en vigueur dans la province.Ces permis, accordés sans consultation publique, essentiellement entre 2006 et 2010, couvrent une superficie de 53 225km2.L\u2019entrée en vigueur prochaine de la Loi sur les hydrocarbures doit d\u2019ailleurs permettre de relancer les travaux d\u2019exploration, y compris en recourant à la fracturation hydraulique.Le gouvernement Couillard n\u2019a toutefois pas encore publié la réglementation finale qui doit préciser les dispositions de cette première législation sur les énergies fossiles de l\u2019histoire du Québec.Lors de la publication des projets de règlements, en septembre dernier, il était question d\u2019autoriser les forages à proximité des secteurs résidentiels, des écoles, des hôpitaux, des territoires naturels protégés et dans les cours d\u2019eau.Le Devoir EAU POTABLE Le lobby pétrolier et gazier accuse les municipalités de vouloir « manipuler » le public Les règles fixées par le gouvernement sont sécuritaires, selon l\u2019Association pétrolière et gazière du Québec JEAN-FRANÇOIS NADEAU Sous les airs doucereux de la philanthropie que revêtent les milliardaires, nous vivons dans un monde où l\u2019égoïsme est présenté comme une vertu 51 % C\u2019est la proportion des élèves immigrants de première génération qui n\u2019atteignent pas les critères minimaux en lecture, en mathématiques et en science, selon le rapport.Cette proportion est plutôt de 28% pour les élèves nés dans le pays où ils étudient.DAVID BOILY AGENCE FRANCE-PRESSE Selon les plus récentes données of ficielles, il existe plus de 300 permis d\u2019exploration pétrolière et gazière en vigueur au Québec. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 M A R S 2 0 1 8 A 4 A V I S L É G A U X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S La suite des avis se trouve en page B 4 AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (art.795, C.c.Q.) Prenez avis que, à la suite du décès de Donald Groleau, en son vivant domicilié au 2-177, rue Leblanc Est, Longueuil, Québec J4J 1L4, survenu le 4 octobre 2017, un inventaire de ses biens a été dressé par Pauline Groleau et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Vincent BEAUREGARD, notaire, située au 100-1691, rue Montar- ville, Saint-Bruno-de-Montarville, province de Québec (450 653-7897).Fait à Saint-Bruno-de-Montarville, ce 15 mars 2018 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que suite au décès de Lucien GOUGEON, en son vivant domiciliée au 318, rue Notre-Dame, Lanoraie, Québec, J0K 1E0, survenu le 28 mai 2016, un inventaire des biens du défunt a été déposé et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Khanh Linh Vo Doan, notaire, sise au 7077, rue Beaubien Est, bureau 201, à Montréal, (QC), H1M 2Y2.Fait ce 14 mars 2018, par Me Khanh Linh Vo Doan, notaire.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès de Rolland CHICOINE 354, chemin du Fleuve à Co- teau-du-Lac, Québec, J0P 1B0, décédé le 19 janvier 2018, un inventaire des biens du défunt a été fait par le liquidateur, le 14 mars 2018.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Marie-Claude Leblanc, notaire, 560 boul.Jacques Bizard, bureau 101, Ile Bizard, Québec, H9C 2H2.Donné ce 14 mars 2018 Marie-Claude Leblanc, Notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que monsieur Luc Gagnon, en son vivant domicilié au 5590 boulevard des Laurentides, en la ville de Laval, province de Québec, est décédé le 28 novembre 2017.Un inventaire de ses biens a été dressé et peut être consulté par les intéressés à l'étude de la notaire soussignée, au 51 chemin Château-Salins, en la ville de Lorraine, J6Z 3P8.Me Line Bumaylis, notaire CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE LONGUEUIL COUR SUPÉRIEURE (Chambre de la famille) No : 505-104-026624-189 STÉFANIE ADILENE ROMERO, Demanderesse c.CARLOS MAGDIEL HERNANDEZ, Défendeur -et- DIRECTEUR DE L'ÉTAT CIVIL, mise-en-cause AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (Articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Monsieur Carlos Magdiel Hernandez Cortez de se présenter au greffe de la Cour supérieure du district de Longueuil au Palais de justice de Longueuil situé au 1111, boul.Jacques-Cartier Est dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 13 mars 2018 par le greffier adjoint de la Cour supérieure du district de Longueuil dans le dossier numéro 505-04-026624-189.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Longueuil, ce 14 mars 2018 RICHER, GAGNON ET ASSOCIÉES Me Anissa Cadieux-Perron Avocates de la demanderesse APPEL D'OFFRES PUBLIC \u2013 TRAVAUX DIRECTION DES TRAVAUX PUBLICS Soumission CDN-NDG-18-AOP-TP-011 Réfections mineures de trottoirs, de bordures et de travaux d\u2019utilité publique, là où requis, sur les différentes rues de l\u2019arrondissement de Côte-des- Neiges\u2014Notre-Dame-de-Grâce (RMTUP-2018).Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 heures, le mercredi 4 avril 2018 au bureau Accès Montréal, 5160, boulevard Décarie, rez-de-chaussée, Montréal (Québec), H3X 2H9.Les soumissions seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.Renseignements : Division Infrastructures et aqueduc : bureau des études techniques Courriel : bureautechniquecdn-ndg@ville.montreal.qc.ca Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du lundi 19 mars 2018.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat doivent obligatoirement se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents doivent être obtenus au coût établi par le SEAO.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin dans une enveloppe cachetée, clairement identifiée, et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 19 mars 2018 La secrétaire d\u2019arrondissement substitut, Julie Faraldo-Boulet Appel d\u2019offres AVIS PUBLIC AVIS PUBLIC est par la présente donné à l\u2019effet que le public et, plus particulièrement, la communauté éducative de la Commission scolaire Marguerite- Bourgeoys (CSMB), les parents et les membres du personnel, sont invités à une séance publique d\u2019information, conformément à l\u2019article 220.1, LIP, à l\u2019occasion de laquelle sera présenté le contenu du rapport annuel 2016-2017 de la CSMB.La séance aura lieu le mardi 3 avril 2018, à 18 h 30, au siège social de la Commission scolaire, au 1100, boulevard de la Côte-Vertu, arrondissement Saint-Laurent, à la salle du Conseil des commissaires.Marie Josée Villeneuve Secrétaire générale 1100, boulevard de la Côte-Vertu Saint-Laurent (Québec) H4L 4V1 Fait à Saint-Laurent, ce 19 mars 2018 JOURNÉE D\u2019ENREGISTREMENT POUR LES PERSONNES HABILES À VOTER AYANT LE DROIT D\u2019ÊTRE INSCRITES SUR LA LISTE RÉFÉRENDAIRE DE LA ZONE 0093 1000, rue de la Commune Est PROJET PARTICULIER RELATIF À LA CONSTRUCTION D\u2019UN BÂTIMENT RÉSIDENTIEL 1.APPROBATION RÉFÉRENDAIRE D\u2019UNE RÉSOLUTION AUTORISANT UN PROJET PARTICULIER Lors de sa séance du 13 mars 2018, le conseil d'arrondissement a adopté la résolution CA18 240125 autorisant la construction d\u2019un bâtiment résidentiel sur le site situé au 1000, rue de la Commune Est, et ce, en dérogation à l\u2019article 381 du Règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatif à l\u2019interdiction d\u2019implanter un débarcadère pour un bâtiment résidentiel qui n\u2019est pas situé dans un secteur de la catégorie R.1 - pp 358 (dossier 1177303011); Cette résolution comportant une disposition susceptible d\u2019approbation référendaire, les personnes habiles à voter ayant le droit d\u2019être inscrites sur la liste référendaire de la zone 0093 peuvent demander qu\u2019elle fasse l\u2019objet d\u2019un scrutin référendaire en inscrivant leur nom, adresse et qualité, et en apposant leur signature dans un registre; elles devront alors faire la preuve de leur identité en présentant leur carte d\u2019assurance-maladie, leur permis de conduire ou leur passeport canadien.2.OUVERTURE DU REGISTRE Ce registre sera accessible le 28 mars 2018, de 9 h à 19 h, à la salle du conseil situé au 800, boulevard De Maisonneuve Est, rez-de-chaussée (station de métro Berri-UQÀM).Le nombre de demandes requis pour qu\u2019un scrutin référendaire soit tenu est de 71 et, si ce nombre n\u2019est pas atteint, la résolution sera réputée approuvée par les personnes habiles à voter.Le résultat de la procédure d\u2019enregistrement sera annoncé sur place à la fin de celle-ci.3.DESCRIPTION DU TERRITOIRE VISÉ Le territoire visé est constitué de la zone 0093; il peut être représenté comme suit : 4.PERSONNES HABILES À VOTER AYANT LE DROIT D\u2019ÊTRE INSCRITES SUR LA LISTE RÉFÉRENDAIRE ET DE SIGNER LE REGISTRE \u2022 Toute personne qui n'est frappée d'aucune incapacité de voter et qui, le 13 mars 2018, remplit les conditions suivantes : - être domiciliée dans le territoire visé; - être domiciliée depuis au moins 6 mois au Québec; ou \u2022 tout propriétaire unique d'un immeuble ou occupant unique d'un établissement d'entreprise qui n'est frappé d'aucune incapacité de voter et qui, le 13 mars 2018, remplit la condition suivante : - être, depuis au moins 12 mois, propriétaire d'un immeuble ou occupant d'un établissement d'entreprise situé dans le territoire visé; ou \u2022 tout copropriétaire indivis d'un immeuble ou cooccupant d'un établissement d'entreprise qui n'est frappé d'aucune incapacité de voter et qui, le 13 mars 2018, remplit les conditions suivantes : - être, depuis au moins 12 mois, copropriétaire indivis d'un immeuble ou cooccupant d'un établissement d'entreprise dans le territoire visé; - être désigné, au moyen d'une procuration signée par la majorité des copropriétaires ou cooccupants depuis au moins 12 mois, comme celui ayant le droit de signer le registre en leur nom et d'être inscrit sur la liste référendaire, le cas échéant; la procuration doit avoir été produite avant ou être produite lors de la signature du registre.S'il s'agit d'une personne physique, elle doit être majeure, de citoyenneté canadienne et ne pas être en curatelle.S'il s'agit d'une personne morale, elle doit avoir : - désigné parmi ses membres, administrateurs ou employés, par résolution, une personne qui, le 13 mars 2018, est majeure, de citoyenneté canadienne, qui n'est pas en curatelle et n'est frappée d'aucune incapacité de voter prévue par la loi; - produit avant ou produire, lors de la signature du registre, une résolution désignant la personne autorisée à signer le registre et à être inscrite sur la liste référendaire, le cas échéant.Sauf dans le cas d'une personne désignée à titre de représentant d'une personne morale, nul ne peut être considéré comme personne habile à voter à plus d'un titre conformément à l'article 531 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ, c.E-2.2).CONSULTATION DES DOCUMENTS PERTINENTS Les documents pertinents (dossier 1177303011) peuvent être consultés, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville- Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM, et au rez-de-chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Montréal, le 19 mars 2018 Le secrétaire d'arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 13 h 30 à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d'offres : 18-16647 Descriptif : Fourniture de luminaires décoratifs DEL et consoles \u2013 36 mois Date d'ouverture : 12 avril 2018 Dépôt de garantie : 5 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Daniel Léger, agent d'approvisionnement II : 514 872-1059 Appel d'offres : 18-16731 Descriptif : A58 \u2013 Service d\u2019entretien ménager de la maison de la culture Claude-Léveillée Date d'ouverture : 5 avril 2018 Dépôt de garantie : 10 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Badre Eddine Sakhi, agent d'approvisionnement II : 514 872-4542 Appel d'offres : 18-16752 Descriptif : Collecte et transport de matières résiduelles pour Verdun et Sud-Ouest Date d'ouverture : 5 avril 2018 Dépôt de garantie : 5 000 $ par lot (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Laurence Théorêt, agent d'approvisionnement : 514 872-4313 Appel d'offres : 18-16823 Descriptif : Acquisition d\u2019un système clé en main pour la gestion des appels d\u2019urgence pour le Centre de communication du SIM Date d'ouverture : 26 avril 2018 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Bernard Boucher, agent d'approvisionnement : 514 872-5290 Documents : Les documents relatifs à ces appels d'offres seront disponibles à compter du 19 mars 2018 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 19 mars 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service des infrastructures, de la voirie et des transports Direction des infrastructures Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant, 13h30 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 424810 Descriptif : Travaux de voirie à divers endroits, dans les pistes cyclables de la Ville de Montréal Date d\u2019ouverture : 10 avril 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 19 mars 2018 Visite supervisée des lieux : N/A Appel d\u2019offres : 327101 Descriptif : Travaux de voirie, d\u2019éclairage et de feux de circulation dans le boulevard Newman, de la terrasse Newman à la rue Allard Date d\u2019ouverture : 12 avril 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question, s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 19 mars 2018 Visite supervisée des lieux : N/A.Appel d\u2019offres : 336101 Descriptif : Travaux d\u2019égout, de conduites d\u2019eau et de voirie dans la rue Victoria, de la 6ième avenue à la 1re avenue - Arrondissement de Lachine Date d\u2019ouverture : 12 avril 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question, s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 19 mars 2018 Visite supervisée des lieux : N/A.Appel d\u2019offres : 409510 Descriptif : Travaux d'égout, de conduites d'eau, de voirie et de feux de circulation dans la rue Berri, de la rue Roy à l'avenue Duluth et dans l'avenue Laval, de la rue Square Saint-Louis à la rue Roy Date d\u2019ouverture : 12 avril 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question, s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 19 mars 2018 Visite supervisée des lieux : N/A.Appel d\u2019offres : 316201 Descriptif : Travaux de construction d\u2019aqueduc, d\u2019égout, de massifs électriques et de télécommunications, d\u2019aménagement de trottoirs en pavés de béton avec fosses d\u2019arbres et bordures de granite, et d\u2019éclairage urbain pour la rue Peel entre la rue Sherbrooke et l\u2019avenue des Pins Date d\u2019ouverture : 19 avril 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question, s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 19 mars 2018 Visite supervisée des lieux : N/A.Appel d\u2019offres : 438410 Descriptif : Installation des luminaires DEL pour passage inférieur et tunnel - 36 mois Date d\u2019ouverture : 24 avril 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question, s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 19 mars 2018 Visite supervisée des lieux : N/A.Les personnes et les entreprises intéressées par ces contrats peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de Ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 19 mars 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Veuillez noter que l\u2019ouverture des soumissions pour l\u2019appel d\u2019offres public PARCS-17-04 prévue le 20 mars 2018 est reportée au 10 avril 2018, à 10 h 30.Fait à Montréal, le 19 mars 2018 La secrétaire d\u2019arrondissement, Danielle Lamarre Trignac, avocate, M.A.Appel d\u2019offres public Service des grands parcs, du verdissement et Mont-Royal Bureau de projets d'aménagement - Grands parcs Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 13 h 30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 18-6214 Descriptif : Réfection du système d\u2019éclairage du terrain de balle du parc Arthur-Therrien Date d\u2019ouverture : 10 Avril 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dgpv@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 19 mars 2018 Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire : Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux au Service du greffe à l'Hôtel de Ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 19 mars 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Appel d\u2019offres Division des études techniques Direction du développement du territoire et des études techniques Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 11 h 00, à la date ci-dessous, au bureau de réception des soumissions du greffe de l\u2019arrondissement de Rosemont\u2013La Petite-Patrie, Ville de Montréal, situé au 5650, rue D\u2019Iberville, 2e étage, Montréal, H2G 2B3, pour: Catégorie : Travaux de construction Appel d\u2019offres : RPPP18-01004-OP Descriptif : Parc De Gaspé / Réaménagement du terrain de micro soccer Date d\u2019ouverture : Le 4 avril 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : vrodriguez@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du lundi 19 mars 2018 sur le SEAO.Visite supervisée des lieux : N/A Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du cahier des charges.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement audit bureau d\u2019arrondissement, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 19 mars 2018 Le secrétaire d\u2019arrondissement Arnaud Saint-Laurent Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d'offres : 18-16678 Services professionnels pour de la surveillance des travaux du Square Viger et des rues limitrophes L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 19 mars 2018 est reportée au 5 avril 2018 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 19 mars 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres U n artiste français du Cirque du Soleil est mort samedi après avoir fait une chute pendant une représentation du spectacle Volta, à Tampa, en Floride, a annoncé l\u2019entreprise culturelle, dimanche.Spécialiste des anneaux suisses et du « solo spin », Yann Arnaud exécutait un numéro de sangles aériennes lorsqu\u2019il est tombé sur la scène.Transporté à l\u2019hôpital, l\u2019homme âgé de 38 ans a succombé à ses blessures.Par voie de communiqué, le Cirque du Soleil a dit recueillir « toutes les informations relatives à cet événement tragique » et offrir sa « pleine collaboration aux autorités » pendant leur enquête.Les deux dernières représentations de Volta prévues à Tampa ont été annulées dimanche.M.Arnaud était un ar tiste d\u2019expérience grandement apprécié par ses pairs.Il a participé pendant deux ans au spectacle O présenté à Las Vegas, au Nevada, et à Totem.« La grande famille du Cirque du Soleil est sous le choc et dévastée par cette tragédie.Yann était avec nous depuis plus de 15 ans et était aimé par tous ceux et celles qui ont eu la chance de le connaître.Au cours des jours et semaines à venir, nous concentrerons notre énergie à appuyer la famille de Yann et tous nos employés, particulièrement l\u2019équipe de Volta, alors que nous traversons ces moments dif ficiles tous ensemble », a déclaré le président et chef de la direction du Groupe Cirque du Soleil, Daniel Lamarre.En entrevue avec La Presse canadienne dimanche après- midi, M.Lamarre a insisté sur le fait que les confrères et les consœurs du défunt ne subiront aucune pression de sa part pour retourner sous les projecteurs rapidement.« Je leur ai expliqué que le spectacle ne recommencera pas tant et aussi longtemps que toute l\u2019équipe ne se sentira pas capable de reprendre \u201cdu service\u201d », a-t-il expliqué.« Des psychologues ont été dépêchés sur place pour aider tout le monde à passer à travers ce drame-là », a-t-il jugé bon d\u2019ajouter.« Dans un cas comme ça, la dimension humaine l\u2019emporte de loin sur l\u2019aspect financier.Il faut donner la priorité aux employés », a souligné Daniel La- marre, visiblement ému.Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019un artiste du Cirque du Soleil trouve la mor t à la suite d\u2019un accident survenu pendant un spectacle.En 2013, l\u2019acrobate Sarah Guillot-Guyard avait péri après avoir fait une chute mortelle de près de 30 mètres pendant la scène finale du spectacle KÀ présenté à Las Vegas.En 2009, un acrobate ukrainien, Olexandre Jourov, surnommé Sacha et âgé de 24 ans, avait ef fectué une chute mor telle lors d\u2019un entraînement à Montréal.Avec l\u2019Agence France-Presse La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 BRUCE WEAVER AGENCE FRANCE-PRESSE Une fusée Falcon 9 de Space X contenant un satellite a décollé du centre spatial Kennedy, en Floride, en mars 2017.Astranis rejoint Space X et OneWeb parmi les entreprises cherchant à dif fuser Internet depuis l\u2019espace plutôt que par des câbles souterrains.Quatre milliards de personnes dans le monde en sont privées partiellement ou totalement.Aux États-Unis, la course à Internet par satellite s\u2019intensifie PATRICE LAMOUREUX Représentation du spectacle Volta du Cirque du Soleil à Montréal en avril 2017 Un acrobate du Cirque du Soleil fait une chute mortelle pendant un spectacle en Floride L O I C P I A L A T à Los Angeles J ohn Gedmark a grandi loin de la Silicon Valley, dans le Kentucky.Quand il entend que la moitié de la planète n\u2019a pas un plein accès à Internet, il pense à cet État rural du Midwest américain autant qu\u2019aux pays pauvres à l\u2019autre bout du monde.Alors, avec son associé Ryan McLinko, ce diplômé de Stanford veut contribuer à combler le fossé numérique.Les deux hommes ont fondé la start-up Astranis en 2015.À San Francisco, une vingtaine d\u2019employés développe des satellites capables de diffuser Internet depuis l\u2019espace dans les régions les plus reculées.As- tranis a lancé en début d\u2019année son premier prototype.Il a envoyé depuis l\u2019espace deux vidéos : les images du lancement et des extraits de\u2026 la victoire de Roger Federer à l\u2019Open d\u2019Australie (l\u2019un des ingénieurs est fan de tennis).« Nos satellites sont à peu près de la taille d\u2019un mini-frigo», explique Gedmark au site Venture Beat.C\u2019est-à-dire moins lourd (300 kilos) qu\u2019un satellite traditionnel et surtout moins cher.Plusieurs dizaines de millions de dollars par rapport à des centaines de millions, affirme le patron d\u2019Astranis.Sa start-up a déjà levé 18 millions de dollars, dont 13,5 millions lors d\u2019un cycle mené par Andreessen Horowitz.Ce qui a plu au célèbre capital-risqueur, dont c\u2019est le premier investissement «spatial», c\u2019est qu\u2019Astra- nis pourra rendre Internet accessible rapidement.Dès que son premier satellite sera en orbite géostationnaire (à environ 35 000 kilomètres d\u2019altitude).Et le premier lancement commercial est espéré l\u2019an prochain.Les ambitions de Space X L\u2019avantage est incontestable face à la concurrence, qui se concentre plutôt sur l\u2019orbite basse (2000km ou moins).Le mois dernier, Space X a lancé Tintin A et Tintin B, deux satellites expérimentaux de 400 kilos dans le cadre de son programme Starlink.Elon Musk compte en envoyer 4425 dans l\u2019espace, soit presque trois fois plus que le nombre total de satellites actuellement en activité.Selon le Wall Street Journal, Starlink pourrait générer 30 milliards de dollars de revenus d\u2019ici à 2025.Une somme qu\u2019Elon Musk utiliserait pour financer son rêve suprême, la conquête de Mars.Mais à cette altitude, si la vitesse d\u2019Internet est logiquement supérieure à celle d\u2019As- tranis (les données ont une distance plus courte à parcourir), le rayon d\u2019action des satellites est limité.C\u2019est pour cela que Space X a besoin de quadriller la planète.Le système ne serait opérationnel qu\u2019avec au minimum 800 satellites.Engins qu\u2019il faut produire à la chaîne puis lancer.Or, Space X n\u2019a réalisé que 17 lancements en 2017.OneWeb, un autre acteur majeur de ce marché naissant, prévoit d\u2019envoyer, quant à lui, 700 satellites dans l\u2019espace.La légitimité de l\u2019entreprise d\u2019Arlington en Virginie vient de ses soutiens : Coca, Softbank, Qualcomm, Airbus, Virgin et Blue Origin, la société aérospatiale de Jef f Bezos.Boeing aussi ambitionne de développer sa propre constellation de 3000 satellites.Alphabet et Facebook stagnent Pour Alphabet et Facebook, dont le modèle économique repose sur la publicité, une augmentation du nombre d\u2019inter- nautes se traduit par une hausse des revenus.Les deux géants de la Silicon Valley cherchent donc eux aussi à rendre Internet accessible aux 4 milliards d\u2019êtres humains qui en sont privés.Alphabet a investi dans Space X, mais la firme de Mountain View expérimente depuis 2013 un service Internet fourni par des ballons à haute altitude (20 000 mètres environ).Le groupe ne communique pas sur le coût de ce projet « Loon », mais un ballon coûte moins qu\u2019un satellite.Quelque 100 000 Por tori- cains en auraient profité après l\u2019ouragan qui a détr uit les moyens de communication sur l\u2019île l\u2019an dernier, tout comme le Pérou, frappé par des inondations.Un ballon est resté en altitude pour une durée record de 190 jours.Mais un partenariat avec le Sri Lanka fait polémique sur place et la liste d\u2019écrasements de ballons tests s\u2019allonge chaque mois.Facebook aussi a été con - fronté à de graves accidents.Le satellite AMOS-6 censé rendre Internet accessible dans une partie de l\u2019Afrique subsa- harienne a explosé en même temps que la fusée Falcon 9, qui devait le transpor ter en septembre 2016.Mark Zucker- berg et ses équipes travaillent désormais sur le projet Aquila.Internet serait cette fois accessible grâce à un drone de l\u2019envergure d\u2019un Boeing 737, alimenté par l\u2019énergie solaire.Facebook a mené des tests plutôt concluants en Arizona, mais le drone a fini par s\u2019écraser bien avant les trois mois de sa durée de vie espérée.Le Temps Space X a besoin de quadriller la planète.Le système ne serait opérationnel qu\u2019avec au minimum 800 satellites.M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa Des soumissionnaires ont rempor té ces derniers mois des appels d\u2019offres gouvernementaux pour des «Com - puters and Peripherals for the Department d\u2019Affaires autochtones », des « générator \u2014 entretien », ainsi que des « XXXXXXXFRENCH HE- REXXXXXXXX ».En revanche, le gouvernement cherchait toujours, à la mi-mars, des fournisseurs pour les besoins en «aliemantation» dans des établissements correctionnels de l\u2019Ontario, pour des «dalarme personnels portatifs [DAPP]» et pour «l\u2019évacuation d\u2019un hélicoptèr sous l\u2019eau formation».Ces appels d\u2019offres, qui figurent dans la version française d\u2019un site du gouvernement du Canada, ne représentent qu\u2019une fraction des cas de traductions bancales recensés par Chantal Carey, ex-employée politique du NPD aujourd\u2019hui étudiante en droit à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Si certains collectionnent des timbres, des pièces de monnaie ou encore des œuvres d\u2019ar t, Mme Carey, elle, collectionne les perles linguistiques.Depuis janvier seulement, elle en a pêché des dizaines dans une variété de sites gouvernementaux.La Néo-Brunswickoise d\u2019origine reconnaît que ses trouvailles ne représentent probablement qu\u2019une goutte d\u2019eau dans un océan de coquilles linguistiques.Mais selon elle, il n\u2019y a clairement «pas le même soin qui est accordé aux versions anglaise et française» des publications fédérales.«Quand on compare l\u2019anglais et le français, la fréquence des problèmes en français est tellement élevée! Chaque semaine, on voit des anomalies, de mauvaises traductions, des omissions\u2026 mais quand on regarde en anglais, on n\u2019a pas du tout cette fréquence», a-t-elle expliqué en entrevue.La titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa, Linda Cardinal, abonde dans ce sens; elle estime qu\u2019il y a deux poids deux mesures en matière de langues officielles au sein de l\u2019appareil gouvernemental fédéral.« Voir si on accepterait qu\u2019un site en anglais ne soit pas bien traduit ! », s\u2019est-elle exclamée à l\u2019autre bout du fil.« Je pense que la langue demeure un angle mort dans les dif férents ministères [\u2026] Il faut vraiment donner un coup de barre si on veut maintenir les langues officielles dans la fonction publique fédérale », a argué la professeure à l\u2019École d\u2019études politique.Et ces bourdes linguistiques ne sont pas plus acceptables même si elles se trouvent sur des sites Web peu fréquentés par un large public, a souligné Mme Cardinal.«Ça vient miner le lien de confiance qu\u2019on a avec notre gouvernement», a-t- elle soutenu.Le député conser vateur Alu pa Clarke fait valoir que des erreurs de traduction dans des appels d\u2019offres pourraient «potentiellement avoir des conséquences juridiques» si un fournisseur n\u2019ayant pas décroché un contrat convoité décidait de contester en se basant sur un argument linguistique.Le député Clarke juge «normal » que des erreurs de traduction puissent se produire étant donné que « la machine gouvernementale bureaucratique est une grosse machine».En revanche, «quand c\u2019est à répétition comme ça, il semble y avoir un problème systématique», a-t-il mentionné.Au cabinet de la ministre des Services publics et de l\u2019Approvisionnement Canada (SPAC), Carla Qualtrough, on a qualifié d\u2019« inacceptables » les « mauvaises traductions», après que La Presse canadienne eut fourni un échantillon des traductions inadéquates se trouvant sur le site Internet des appels d\u2019offres gouvernementaux.Traduction « fantôme» La solution à ce problème passe peut-être par un recours systématique et obligatoire, pour tous les ministères fédéraux, aux services du Bureau de la traduction, suggère son collègue néodémocrate François Choquette.« Présentement, les ministères peuvent faire ce qu\u2019ils veulent.Ils peuvent soit utiliser le Bureau de la traduction, soit utiliser n\u2019importe quel autre organisme \u2014 même des bureaux de traduction qui viennent d\u2019autres pays», a-t-il fait remarquer.Le député s\u2019inquiète du phénomène des «boîtes de traduction fantômes » qui a fait son apparition dans certains ministères, comme l\u2019ont décrit plusieurs témoins cités dans un rappor t déposé en juin 2016 par le comité permanent des langues officielles.La pratique, dans ces bureaux internes, consiste à ce qu\u2019un «employé qui connaît un peu les deux langues officielles prenne Google Translate ou un autre outil» pour traduire et évaluer ensuite, selon son niveau de maîtrise, si le résultat tient la route, explique M.Choquette.Le rapport produit par le comité en 2016 portait sur le Bureau de la traduction.Ce service chapeauté par SPAC s\u2019était retrouvé dans la tourmente après que Radio-Canada eut rapporté que son outil de traduction automatique connaissait des ratés.Les compressions budgétaires imposées par le précédent gouvernement conser vateur avaient été montrées du doigt pour expliquer, du moins en partie, la situation.Depuis, il y a eu réinvestissement de sommes fédérales et changement à la tête de l\u2019organisation.Les ministères, en revanche, n\u2019ont toujours pas eu le mot d\u2019ordre de passer obligatoirement par le Bureau de la traduction avant de publier des appels d\u2019offres ou d\u2019autres types de publications sur leurs sites Web.La Presse canadienne Le français malmené sur les sites Web du gouvernement fédéral Ce qu\u2019on appelle la « grande guerre africaine» aurait fait, entre 1998 et 2003, jusqu\u2019à cinq millions de morts en République démocratique du Congo \u2014 dans l\u2019indif férence générale de la communauté internationale.Quinze ans plus tard, la RDC est à nouveau au bord d\u2019une implosion de grande envergure \u2014 dans le même climat d\u2019indif férence.a RDC est un pays immense au potentiel social et économique colossal.Mais elle est, au cœur de l\u2019Afrique, la représentation de tout ce qui dérègle depuis 60 ans les efforts de développement du continent.De 1965 à 1997, le dictateur kleptomane Mobutu Sese Seko a fait de l\u2019ex-Zaïre son terrain de jeu et sa propriété privée, jusqu\u2019à ce qu\u2019il ne soit plus utile aux États-Unis et que, dans la foulée du génocide rwandais, le président Paul Kagame nouvellement installé à Kigali arrive à le chasser du pouvoir pour le remplacer par l\u2019allié Laurent Kabila.Mobutu a laissé un peuple exsangue, Kabila fera pareil.La rupture subséquente de ce dernier avec Kagame débouche sur une guerre régionale impliquant huit pays et des dizaines de milices emmenées par autant de seigneurs de guerre, sur fond funeste d\u2019instrumentalisation des rivalités ethniques.Les con?its s\u2019éternisent par le fait du pillage à grande échelle des extraordinaires ressources minières du pays.Quand Kabila est tué en 2001, le ?ls prend le relais.De père en ?ls, Joseph Kabila a passé les 17 dernières années à se remplir les poches et celles de sa coterie.Inutile de dire que l\u2019État congolais est un État failli.Joseph Kabila aurait dû quitter le pouvoir en 2016 après deux mandats présidentiels, mais il s\u2019accroche au pouvoir, comme le font malheureusement trop de chefs d\u2019État africain.«Il est prêt à mettre le feu au pays pour éviter de déclencher des élections», nous disait récemment un travailleur humanitaire basé à Kinshasa depuis au moins dix ans.Et c\u2019est ce qu\u2019il fait, après avoir refusé d\u2019honorer un accord de sortie de crise (l\u2019accord de la Saint-Sylvestre) qui prévoyait que des élections se tiendraient, sans lui, avant la ?n de 2017 et qu\u2019un gouvernement d\u2019union nationale serait formé.Ces derniers mois, trois grandes manifestations paci?ques organisées à Kinshasa, soutenues par l\u2019Église catholique, ont été brutalement réprimées.Loin de la capitale, dans l\u2019est du pays, dix des 26 provinces sont en proie à des con?its armés, avec le résultat que les violences ont déplacé près de 5 millions de personnes.Il ne se passe pas une semaine sans que les dépêches rapportent un carnage ou que l\u2019ONU fasse état d\u2019un af?ux de réfugiés dans un pays voisin.Mardi dernier: massacre d\u2019une trentaine de personnes dans des villages de l\u2019Ituri.Vendredi, l\u2019ONU relevait que, depuis le début de l\u2019année, près de 60 000 Congolais avaient fui en Ouganda les violences et les viols qui af?igent les populations en Ituri et au Nord-Kivu.Si bien qu\u2019il y a des signes probants que la RDC est en train de retomber dans le cauchemar des années 1990 et que la mission des Casques bleus, dont l\u2019inef?cacité est notoire, n\u2019y peut pas grand-chose.Non plus qu\u2019il est exagéré de dire que les conditions de vie de la population sont aujourd\u2019hui aussi mauvaises qu\u2019elles l\u2019étaient sous Mobutu.L\u2019inaction de ladite communauté internationale face à cette dérive est sidérante.Quelles collusions ou quels intérêts économiques empêchent les capitales occidentales de s\u2019insurger haut et fort contre l\u2019attitude véreuse de Joseph Kabila ?Les activités tentaculaires des minières canadiennes interdisent-elles au Canada de Justin Trudeau de s\u2019employer plus activement à soigner la crise sociale et humanitaire qui s\u2019y déploie?Le Conseil de sécurité de l\u2019ONU ne trouve guère rien d\u2019autre à faire que d\u2019exiger que les élections se tiennent en?n en décembre prochain \u2014 comme si ces élections étaient une ?n en soi.Soit, il faut que Kabila soit écarté.Reste que l\u2019opposition politique est à l\u2019heure actuelle divisée, et ?nalement assez peu crédible, dans la mesure où cette opposition, en partie formée d\u2019anciens membres de l\u2019entourage de M.Kabila, semble moins désireuse de défendre le bien commun que ses intérêts de clique.Le baume sur ce grand chaos, c\u2019est que la rue congolaise donne des signes de colère comme rarement cette ancienne colonie belge en a vu.Facteur marquant, l\u2019Église en ce pays très catholique s\u2019est mise à jouer un rôle mobilisateur de premier plan en tenant tête à Kabila et en faisant siennes les revendications populaires.C\u2019est ici l\u2019Église dans sa fonction la plus socialement engagée.Des évêques congolais se trouvaient à Bruxelles la semaine dernière, puis à Montréal en ?n de semaine, pour rappeler que l\u2019implication de la communauté internationale était essentielle à l\u2019entreprise de reconstruction nationale.Partant, il s\u2019agit nécessairement d\u2019un travail de longue haleine.De la stabilité de la RDC dépend celle de toute l\u2019Afrique subsaharienne.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 M A R S 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S La CAQ est raciste, insinue le PLQ Le ministre des Finances, Carlos Lei- tão, vient de révéler en avant-première, dans une entrevue au quotidien The Montreal Gazette, quel sera le clou sur lequel tapera le Parti libéral du Québec (PLQ) en octobre, lors des prochaines élections, pour tenter de faire barrage à la Coalition avenir Québec (CAQ).La peur du référendum ne faisant plus recette \u2014 à cause de la décision du Parti québécois (PQ) de ne pas tenir de référendum au cours d\u2019un premier mandat si jamais il était porté au pouvoir \u2014, le PLQ va désormais agiter ce qu\u2019il appelle, pudiquement, le « nationalisme ethnique » de la CAQ.Sous-entendu, car le Parti libéral n\u2019ose pas lancer pareille accusation ouvertement tant il sait qu\u2019elle est mensongère : la CAQ\u2026 est raciste.La CAQ aime le Québec, les Québécois, la langue française et est déterminée à défendre les intérêts du Québec ?L I B R E O P I N I O N A B D E L W A H E D M E K K I - B E R R A D A Professeur en anthropologie à l\u2019Université Laval* D ans les colonnes du Devoir du 12 mars 2018, des citoyennes et des citoyens se sont montrés préoccupés par l\u2019avenir de notre laïcité au Québec.Ils ont bien raison.Ils sont «offusqués» et «consternés» par la décision du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) d\u2019autoriser, pour autant que leur visage soit bien visible, les citoyennes et les citoyens qui souhaitent se présenter comme candidats aux élections parlementaires en portant le hidjab dit musulman, le turban sikh ou la kippa juive.Les citoyens préoccupés voient une poignée de religieux intégristes derrière ce stratagème du DGEQ qu\u2019ils jugent anti-laïque (laïcophobe?), une poignée d\u2019extrémistes religieux qui menaceraient notre laïcité en imposant à leurs coreligionnaires respectifs le port du hidjab, du turban et de la kippa.Ils s\u2019indignent aussi du fait que des citoyens, élus potentiels, puissent un jour imposer leurs valeurs religieuses aux autres citoyens par le simple fait qu\u2019ils portent un hidjab, un turban ou une kippa.L\u2019on peut entrevoir ici un mépris qui relève du non-dit (non-su?) et qui consiste à nier au DGEQ, aux députés de l\u2019Assemblée nationale, ainsi qu\u2019aux députés potentiels et aux autres citoyennes et citoyens leur capacité à adhérer aux valeurs qu\u2019ils souhaitent sans subir passivement la tyrannie de quelques centimètres carrés de tissus portés par l\u2019Autre.Pour emprunter des expressions chères au philosophe Michel Foucault, le sujet québécois est un «sujet agissant» et non un «sujet assujetti».Les Québécoises et les Québécois sont en effet, faut-il vraiment le préciser, des sujets agissants car en mesure de prendre leurs propres décisions sans être influencés, ni par une poignée d\u2019intégristes religieux excités, ni par une certaine laïcité paternaliste.La laïcité a ceci en commun avec la religion \u2014 et bien d\u2019autres institutions sociales \u2014 que toutes incluent des extrémistes incapables d\u2019écoute et d\u2019ouverture à la différence : les «ul- tralaïques» (selon une expression de l\u2019historien de la laïcité Jean Baubérot) qui traitent d\u2019obscurantistes rétrogrades celles et ceux souhaitant porter des signes dits religieux; et les «surmu- sulmans» (selon l\u2019expression du psychanalyste Fethi Benslama) qui traitent de sauvages infidèles et d\u2019islamophobes celles et ceux qui ne se réclament pas de l\u2019islam.Projet collectif Dans les deux cas, il s\u2019agit respectivement d\u2019intégristes laïques et d\u2019intégristes religieux qui déshumanisent ceux qui ne pensent pas comme eux.Les citoyennes et les citoyens qui font le plus grand tort au projet collectif d\u2019une société québécoise laïque sont, bien entendu, les surmu- sulmans, les sursikhs, les surjuifs, les surhin- dous, les surbouddhistes, les surchrétiens, etc., qui sont dans l\u2019intolérance absolue, mais aussi, les surlaïques, à savoir ces «ultralaïques» rétifs à toute voix qui n\u2019est pas la leur.Ce sont ces derniers (tout comme les petites minorités religieuses intégristes et selon une même logique discursive) qui font le plus de bruit malgré leur petit nombre et qui veulent rendre invisible l\u2019altérité en promouvant l\u2019homogénéisation collective (homogénéisation de l\u2019habillement, de la langue, des valeurs, des origines).L\u2019ultra-laïcité débouche ici sur la faillite du respect de l\u2019autre et se rapproche des dérives qu\u2019elle condamne.Les ultralaïques proposent, dans le cas nous concernant ici, une idéologie reposant sur ce que l\u2019anthropologue Didier Fassin nomme l\u2019« ana- tomo-politique [c\u2019est-à-dire] l\u2019ensemble des disciplines qui s\u2019exercent sur le corps».Cela n\u2019est pas sans rappeler le dévoilement des femmes musulmanes par l\u2019État pater familias à l\u2019aube de l\u2019indépendance en Iran, en Tunisie et en Turquie, dévoilement qui est à l\u2019origine une stratégie ana- tomo-politique colonialiste européenne; et leur voilement imposé aussi par l\u2019État (au sud de l\u2019Irak, en Arabie saoudite et en Iran, les seuls endroits au monde où le voilement est imposé par la loi) ; dans les deux cas, voilement et dévoilement, il s\u2019agit d\u2019un contrôle du corps physique des femmes qui précède ou accompagne toujours (consciemment ou inconsciemment) un projet de contrôle du corps social et du corps politique.Cette obsession contrôlante est étroitement liée à l\u2019obsession sécuritaire qui s\u2019empare des sociétés contemporaines, une obsession devenue paradigmatique : contrôle des frontières (sécurisation), des nations (colonialisme), des populations (biopolitique), avec comme passage obligé le contrôle des corps (anatomo-politique).Mais pourquoi devons-nous continuer d\u2019être les otages de ces petites minorités d\u2019intégristes de tous bords, que ceux-ci soient ultrareligieux ou ultralaïques?Et pourquoi tenons-nous pour acquis que religion et laïcité sont fondamentalement incompatibles?Serait-il donc impossible d\u2019être à la fois laïque, religieux et ouvert à l\u2019altérité?Pour répondre à ces questions, nous devons d\u2019abord avoir le courage de sortir du confort que nous procurent les discours de vérité absolue.Tout un défi pour notre humanité.*Lettre cosignée par : Gilles Bibeau, professeur émérite à l\u2019Université de Montréal ; François Crépeau, professeur en droit international public à l\u2019Université McGill ; Ghayda Hassan, professeure en psychologie interculturelle à l\u2019UQAM; Laurence Kirmayer, professeur en psychiatrie transculturelle à l\u2019Université McGill ; Frédéric Laugrand, professeur en anthropologie à l\u2019Université Laval ; Richard Marcoux, professeur en sociologie à l\u2019Université Laval ; Madeleine Pastinelli, professeure en sociologie à l\u2019Université Laval ; Cécile Rousseau, professeure en psychiatrie transculturelle à l\u2019Université McGill.Les intégrismes laïques et religieux : un même combat pour gouverner les corps FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Le chaos et le remède L GUY TAILLEFER Moins pour le même prix Je vous écris en réponse à un article de La Presse canadienne, publié dans votre journal, «Les Canadiens produiraient de plus en plus de déchets» (édition des 10 et 11 mars 2018, page A4).Oui.nous l\u2019entendons suffisamment, nous sommes une société de consommation\u2026 alors normal que nous produisions plus de déchets.Mais j\u2019aimerais attirer votre attention sur un autre facteur, soit celui de la réduction des quantités.Les boîtes de mouchoir ont déjà contenu 200 mouchoirs, maintenant nous sommes chanceux d\u2019en avoir 92.Récemment, le fromage est passé de 500 g à 460 g, la boîte de jus d\u2019orange, de 2 litres à 1,87 à 1,75, etc.Au lieu d\u2019augmenter le prix, les fabricants décident de diminuer la quantité afin de garder le prix fixe.Résultat : les consommateurs doivent acheter plus du produit afin de satisfaire le même besoin que par le passé, et ainsi augmenter les déchets en jetant plus d\u2019emballage.À quand les lois qui obligent la réduction de l\u2019emballage excessif ?Éric Girouard, Gatineau, le 13 mars 2018 « Nationalisme ethnique », accuse insidieusement Carlos Leitão.Ce n\u2019est qu\u2019un début, soyons-en assurés, la petite musique se transformera sous peu en musique de fanfare.Jacques Benoit, journaliste retraité Le 16 mars 2018 Électoralisme éhonté Le ministre des Finances, Carlos Lei- tão, s\u2019engageait récemment sur un terrain glissant en affirmant que la CAQ de François Legault prônait un «nationalisme ethnique ».Propos de prime abord surprenants de la part d\u2019un ministre qui nous a plus habitués à sa réserve qu\u2019à des déclarations provocantes, voire incendiaires dans le contexte ambiant.Les récents sondages indiquant un faible pourcentage du vote francophone en faveur du PLQ, et le fait que ce parti devra conséquemment s\u2019adresser majoritairement aux anglophones et aux allophones, ne sont certainement pas étrangers au choix délibéré des propos du ministre.Le spectre d\u2019un éventuel référendum ne pouvant plus être brandi impunément, on comprend que le thème « identitaire » sera donc le socle du discours libéral de la prochaine campagne électorale.Tous les pays dans le monde af firment pourtant leur identité, ce qui est considéré comme parfaitement normal, l\u2019identité étant le fondement des peuples et de chaque être humain.On est donc en droit de se demander par quels détours tor tueux le concept «d\u2019identité » en est venu au Québec à être \u2014 erronément \u2014 associé au nationalisme étroit, au repli sur soi, à l\u2019exclusion, au racisme et autres fâcheuses tendances.Et il est surtout infiniment triste que des élus censés nous représenter et gouverner pour le bien commun s\u2019abaissent à pareilles manœuvres électoralistes faisant appel à la démagogie, à la manipulation et au plus petit dénominateur commun, et ce, au risque réel de « mettre le feu dans la cabane », de polariser et d\u2019antagoniser leur propre peuple dans l\u2019unique but de conserver le pouvoir.Pierre Deschênes Montréal, le 17 mars 2018 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 M A R S 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).D A N I È L E B É L A N G E R Titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les dynamiques migratoires mondiales l y a deux ans, l e 1 8 m a r s 2016, l\u2019Union européenne et la Turquie signaient une déclarat ion en ver tu de l a q u e l l e l a Turquie s\u2019engageait à retenir sur son territoire les migrants, dont des demandeurs d\u2019asile, de manière à endiguer les nombreux départs en direction des côtes grecques.En échange, l\u2019Union européenne promettait à la Turquie une enveloppe de six milliards d\u2019euros destinée à l\u2019assistance des ressortissants syriens.Cet accord concrétisait alors le processus de fermeture de la route des Balkans occidentale, route empruntée en 2015 par 764 038 personnes, selon les estimations de l\u2019agence FRONTEX (l\u2019agence de l\u2019Union européenne chargée du contrôle et de la gestion des frontières extérieures de l\u2019espace Schengen).La suite d\u2019événements ayant mené à la signature de cette déclaration débute en 2014 avec l\u2019augmentation rapide du nombre de réfugiés cherchant à fuir les conflits et l\u2019insécurité sur les territoires syrien, afghan et irakien ; un nombre qui culmina au cours de l\u2019année 2015.Sur le territoire européen, après une période de relative ouverture où les demandeurs d\u2019asile furent tolérés en vertu de la ratification de la Convention de Genève de 1951, certains pays commencent à ériger des barrières et procèdent à la fermeture progressive de leurs frontières.La Hongrie, par exemple, clôt ses frontières en septembre 2015, ce qui crée rapidement un engorgement pour les migrants ayant transité par les Balkans et désireux d\u2019atteindre l\u2019Allemagne .Le 31 août 2015, Angela Merkel lance son célèbre appel «Nous pouvons le faire » («Wir schaf- fen das ») et ouvre les frontières le 4 septembre.Mais le refoulement des demandeurs d\u2019asile reprend peu de temps après .Plus ieurs pays européens instaurent des contrôles frontaliers et suspendent de facto l\u2019accord Schengen de libre circulation.Au courant de l \u2019 au tomne 2015, seuls ceux dés ignés comme ISA (Irakiens, Syriens et Afghans) sont autorisés à progresser.Les autres sont refoulés sur la simple base de leur nationalité.Siège désespéré En février 2016, le verrouillage de la route des Balkans se poursuit avec la Macédoine ; 12 000 personnes en transit se retrouvent piégées du côté grec de la frontière .Com - mence alors le long siège désespéré du poste-frontière d\u2019Idomeni, menant aux deux démantèlements forcés de ce camp spontané qui disparaît, définitivement, à la fin mai 2016.Aujourd\u2019hui, la route de l\u2019est de la Méditerranée et la route des Balkans sont pratiquement fermées, comptant à peine quelques milliers de passages en 2017, toujours selon les estimations de FRONTEX.Et pourtant, les conflits et l\u2019insécurité continuent de faire rage dans les pays d\u2019origine de ces demandeurs d\u2019asile.La Syrie par exemple a donné lieu à ce jour à plus de 12 millions de déplacés dont 5,5 millions vivent désormais dans les pays frontaliers.Un total d\u2019environ 4,5 millions d\u2019exilés syriens ont trouvé refuge en Turquie et au Liban, où une large part d\u2019entre eux constitue une main-d\u2019œuvre extrêmement vulnérable et sujette à exploitation, étant donné leur statut juridique précaire, voire non existant.En Jordanie, le troisième pays d\u2019accueil en importance dans la région, près de 140 000 demandeurs d\u2019asile sont confinés dans des camps dénaturés desquels il s\u2019avère extrêmement dif ficile de sortir.Pendant ce temps, l\u2019industrie du passage entre la Turquie et la Grèce survit, et ce, en dépit de la réduction considérable des effectifs mensuels.La traversée s\u2019avère de plus en plus coûteuse et dangereuse, et de nouvelles routes encore plus périlleuses sont offertes par les passeurs.Amnistie internationale estime à 16 000, le nombre de réfugiés piégés sur les îles grecques et vivant dans des conditions sanitaires inacceptables et inhumaines.Si, après des mois d\u2019attente nécessaire à son traitement, une demande d\u2019asile est jugée irrecevable, les autorités responsables procèdent au refoulement du débouté du droit d\u2019asile vers la Turquie.En Serbie, on compte 8000 migrants bloqués, dont plusieurs installés près des frontières dans le but d\u2019y tenter leur chance en dépit de possibles refoulements violents et de risques pour leur vie.En décembre dernier, une fillette de six ans est décédée des suites d\u2019un refoulement à la frontière hongroise.Il ne s\u2019agit là que de quelques exemples.Marchandage politique Or, ces drames ne suscitent aucune remise en question des accords et politiques en vigueur.Pire, les réfugiés bloqués font l\u2019objet de marchandage politique et économique entre les pays de l\u2019Union européenne et ceux recevant des fonds pour contenir les migrants hors des frontières de l\u2019Europe.Par exemple, en février dernier, la Serbie et la Commission européenne signaient un accord qui octroie à la Serbie 28 millions d\u2019euros destinés à renforcer ses frontières et à entretenir les migrants en attente sur son territoire, et ce, malgré l\u2019absence d\u2019un futur possible pour ces derniers.Dans les Balkans et au Moyen-Orient, dans tous les pays recevant des fonds dans le cadre de cette externalisation des frontières, on trouve des acteurs à fois publics et privés bénéficiant d\u2019entrées d\u2019argent frais et profitant, à leur façon aussi, du marchandage des indésirables.Mentionnons que l\u2019effort canadien face au conflit syrien est fort louable, mais modeste, car il représente moins de 1 % des réfugiés ayant fui ce pays.En somme, la crise humanitaire de 2015 et 2016 est loin d\u2019être terminée ; elle est simplement contenue dans les pays frontaliers des Balkans et du Moyen-Orient et dans les pays où sévissent les conflits.Les réfugiés piégés sur la route est-méditerranéenne et sur la route orientale des Balkans vivent en suspens, dans une attente absurde et sans issue, en proie à la précarité ainsi qu\u2019à de nombreux problèmes de santé physique et mentale.En dépit de cette situation pour le moins désastreuse, rappelons que de nombreuses communautés locales et ONG se mobilisent chaque jour pour répondre aux besoins des arrivants, tentant comme elles peuvent de pallier la déshumanisation croissante des politiques migratoires et sécuritaires et de faire pression sur les pouvoirs publics.De plus, loin de n\u2019être que des victimes, les demandeurs d\u2019asile oubliés tentent sans relâche et par tous les moyens d\u2019améliorer leur situation et de faire valoir leurs droits.Ainsi, profitons de ce triste anniversaire pour agir, et ce, à tous les niveaux d\u2019intervention, pour restaurer le droit d\u2019asile, humaniser les migrants et cesser le marchandage d\u2019indésirables auquel se livrent impunément les gouvernements.Crise migratoire et marchandage des indésirables I LOUISA GOULIAMAKI AGENCE FRANCE-PRESSE Une enfant regarde à l\u2019extérieur d\u2019une tente établie dans un camp de migrants sur l\u2019île grecque de Samos.C A R O L I N E C A M B O U R I E U Directrice de recherche à l\u2019Institut sur la gouvernance d\u2019organisations privées et publiques Y V A N A L L A I R E Président exécutif du conseil de l\u2019Institut sur la gouvernance d\u2019organisations privées et publiques a rémunération globale des omnipraticiens et des médecins spécialistes québécois a suscité la colère et l\u2019incompréhension au sein de la population.Ce sont par des ententes bipartites négociées à huis clos entre les deux fédérations médicales et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) que la rémunération des médecins est établie et que sont prévues des modifications dans les façons de les rémunérer.En vertu de ces ententes, le nombre d\u2019actes rémunérés augmente, les tarifs de base des actes sont majorés et des modulations de la rémunération sont instaurées (par exemple, selon le milieu ou la région de pratique, selon les caractéristiques et le nombre de patients traités).C\u2019est le cas, notamment, du mode de rémunération à l\u2019acte qui inclut désormais des incitations financières (rémunération à la performance) et rembourse le paiement des actes non cliniques (formation, supervision et administration).Avec le temps, ces changements ont bonifié et complexifié la rémunération des médecins.Les ajouts successifs de nouveaux modes et modalités de rémunération à celui de la rémunération à l\u2019acte ont changé le portrait de la rémunération médicale.Selon des données récentes (ICIS, 2015-2016), la rémunération à l\u2019acte et les mesures incitatives représentent 85,2 % de la rémunération totale chez les médecins spécialistes et 69,6 % pour les médecins de famille.Le reste de leur rémunération provient d\u2019autres modes comme la rémunération mixte, les honoraires forfaitaires, les salaires et honoraires fixes, la rémunération incitative à forfait et à primes, les mesures incitatives particulières et les autres programmes et avantages.À cette pluralité de modes s\u2019ajoute le fait que le médecin peut exercer sa profession au sein d\u2019une société par actions (SPA) ou d\u2019une société en nom collectif à responsabilité limitée (SENCRL) et voir sa rémunération annuelle modifiée en raison des effets de la fiscalité.Des manuels complexes La rémunération à l\u2019acte (et les mesures incitatives) est établie à partir des manuels québécois de facturation des omnipraticiens et des spécialistes, lesquels sont parmi les plus complexes au Canada.Au total, les deux manuels québéco is font quelque 1330 pages (auxquelles il faut ajouter celles traitant des nombreuses règles de facturation).Le calcul de la rémunération des médecins est devenu tellement complexe que la très grande majorité d\u2019entre eux ont recours à des agences privées de facturation lorsqu\u2019ils demandent leurs paiements à la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ).De plus, le traitement des demandes de pa iements acheminées à la RAMQ exige souvent de nombreux échanges avec les médecins pour clarifier les instructions sur la facturation.En raison de la pluralité des modes de rémunération des médecins déployés pour corriger des situations ponctuelles au fil des ans, le système est devenu hyper-complexe et les initiatives en matière de rémunération ont souvent abouti à des effets contraires.Il s\u2019agit là d\u2019un symptôme classique d\u2019interventions dans des systèmes complexes quand on n\u2019en maîtrise pas toute la dynamique.Des lacunes connues Les lacunes de la rémunération à l\u2019acte sont multiples et bien connues, mais son remplacement par d\u2019autres formes de rémunération soulève de difficiles enjeux, car chaque mode comporte son lot d\u2019effets imprévisibles et souvent contre-intuitifs (défavorables et favorables).Dans le but louable d\u2019atteindre des objectifs multidimensionnels (ciblant l\u2019accès et la qualité des soins, les milieux de pratique), on a modulé et diversifié les composantes de la ré- munérat ion méd icale, ma is on a souvent about i à des résultats d i f férents, vo ire contraires, de ceux recherchés.De plus, l\u2019impact de ces nouvelles combinaisons de modes de rémunération sur la performance des systèmes de santé est variable et dif ficile à évaluer par le gouvernement tiers-payeur.Les combinaisons de modes de rémunération des médecins doivent être conçues de façon à bénéficier des avantages de chacun et pallier leurs lacunes.Parmi les lacunes attribuées au mode de rémunération à l\u2019acte arrive au premier rang la dispensation de plus de soins que nécessaires pour le patient ; au contraire pour le médecin rémunéré par patient (paiement fixe par patient durant une période donnée), le médecin n\u2019a aucune incitation à produire trop d\u2019actes, mais les soins dispensés peuvent être inférieurs à ce qui serait optimal pour le patient.Il importe de prendre en compte les contextes dans lesquels ces combinaisons de mode évoluent.Mis à part une quasi-unanimité quant aux difficultés et limites de la rémunération à la performance, la définition d\u2019un modèle optimal demeure extrêmement difficile, car il devrait intégrer les effets positifs et négatifs des différentes combinaisons de modes de rémunération des médecins.Or, l\u2019établissement d\u2019un mode optimal est pourtant un enjeu majeur pour le système de santé québécois.Pourrions-nous apprendre de ce qui se fait ailleurs ?Pourrait-on expérimenter et évaluer des modes de rémunération différents dans différents contextes de façon à tirer les leçons appropriées?À ce jour, les effets des modes de rémunération et de leurs modulations ainsi que les actes du manuel de facturation sont très rarement soumis à une évaluation systématique.De toute évidence, les modes de rémunération et la proportion des dépenses publiques allouées à la rémunération des médecins québécois (20,5 % en 2017) exercent une influence sur la per formance du système de santé.Il est grand temps de revoir les modes de rémunération des médecins québécois afin de s\u2019assurer que les façons de les rémunérer sont bien alignées, d\u2019une part, sur l\u2019intérêt collectif de l\u2019ensemble des Québécois et, d\u2019autre part, sur l\u2019objectif d\u2019un système de santé performant.Rémunération des médecins québécois, la boîte de Pandore L ISTOCK Les modes de rémunération et la proportion des dépenses publiques allouées à la rémunération des médecins québécois exercent une influence sur la performance du système de santé. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 M A R S 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S histoires vraies.À l\u2019arrière- plan, le suicide de Tristan, ami de Wajdi Mouawad à l\u2019École nationale de théâtre au début des années 1990.À l \u2019avant- plan, la mort de Camille, élève de troisième année du Conservatoire de Paris, peu après qu \u2019elle eut été dirigée par Mouawad dans un atelier intitulé Défenestration.La réalité rejoignait la fiction, créant un trouble au sein de la cohorte.Pour explorer cette noirceur, Mouawad s\u2019est entouré de jeunes comédiens nés entre 1988 et 1994, qui incarnent un groupe d\u2019amis ébranlés par le décès de l \u2019une des leurs, Victoire.Dix-sept Français et deux Québécois insufflent à la production l\u2019énergie des premières fois.Un souffle de jeunesse et de rébellion auquel l\u2019auteur d\u2019Incendies est loin d\u2019être étranger.La colère, dans cette pièce attendue par le Tout-Paris, s\u2019exprime d\u2019ailleurs souvent par un « tabarnak » bien senti ! Si Mouawad s\u2019est fait discret au Québec depuis la tourmente de l\u2019affaire Cantat en 2011, son esprit continue manifestement de résonner tout naturellement dans son œuvre.« La présence de la langue québécoise rend ce spectacle très multidimensionnel », pense le comédien Étienne Lou, qui vit à Paris sa toute première expérience sur une scène professionnelle.L\u2019acteur de 25 ans, mi-québécois, mi- chinois, n\u2019a même pas encore fini sa formation à l\u2019École nationale de théâtre.Le suicide en strates Mounia Zahzam, diplômée de la même école en 2015, abonde dans ce sens.La comédienne née en Algérie, vue récemment dans Antioche, de Sarah Berthiaume, et dans la série Med sur Vrak.tv, se reconnaît particulièrement dans la question de l\u2019héritage que pose la pièce.Comment porter et honorer ses origines?se demande le groupe, saisi par un sentiment d \u2019absurdité à la mort de l\u2019amie Victoire.Un sentiment aussi teinté d\u2019un effroi qui a fini par contaminer le plateau.« J\u2019ai eu peur de mourir pendant les répétitions de ce spectacle tellement la mort rôdait, confie Mounia Zahzam.Mais, comme le dit l\u2019une des comédiennes pendant la pièce, il faut aimer la mort parce qu\u2019elle éveille en nous quelque chose de très vivant.Dans Notre innocence, la mort de Victoire évoque toutes les morts de l\u2019histoire universelle et elle pousse les humains à être de meilleurs vivants.» Les ter rains sur lesquels évolue Notre innocence sont nombreux.Doit-on toujours se revendiquer de nos héritages?Faut-il se sentir responsable des crimes ou des er reurs commises par ceux qui nous ont précédés?Devant la mort, les 19 comédiens sont saisis de l\u2019urgence de faire la radioscopie de leur monde, remettant en question leurs origines comme leurs faits et gestes actuels, auscultant les notions de responsabilité et d\u2019héroïsme, cherchant une utopie com - mune avant de se heurter au mur de leurs individualités impossibles à harmoniser.Ils jettent un regard dégoûté, un brin superficiel et naïf, sur une époque de mise en scène de soi et de dick pics envoyées à la va-vite.Ils cherchent des coupables, se réfugient dans la dérision, creusent les avenirs possibles.Ils trouveront peut-être espoir dans la figure de la petite Alabama, enfant abandonnée par la mère défenestrée.Mais peut-être pas.Porter un ailleurs «C\u2019est un spectacle sur le regard qu\u2019on pose sur le monde après la mort, dit Étienne Lou.Le groupe tente d \u2019abord de réagir à la mor t à l\u2019unisson.Puis, le spectacle montre à quel point cette utopie ne peut fonctionner, à quel point elle est amenée naturellement à se craqueler et à se nuancer par la multiplicité des regards.» « Mais c\u2019est aussi un spectacle sur la singularité de nos identités dans un monde pluraliste, poursuit Mounia Zah- zam.Wajdi voulait faire entendre des gens qui por tent en eux un ailleurs.» De retour à la méthode de création collective qui avait fait naître la trilogie à succès Le sang des promesses, composée des pièces Littoral, Incendies et Forêts, Mouawad s \u2019est nourri des discussions et des improvisations de sa jeune troupe, bâtissant pour elle un spectacle qui fait résonner ses préoccupations.Entre le réalisme parfois banal des discussions et les envolées lyriques façonnées par l\u2019écriture maîtrisée de l \u2019auteur, l \u2019équilibre n\u2019est pas toujours atteint.Mais la profondeur du regard finit par s\u2019imposer.D\u2019abord tragique, dans une puissante scène chorale qui laissera une impression durable, le spectacle puise dans un lyrisme typiquement mouawa- dien, avant d\u2019emprunter à Robert Lepage quelques manies dans des séquences réalistes chapeautées de gros surtitres, où les corps sont déplacés par un grand mur amovible.En résulte une esthétique épurée et minimalement technologique qui laisse toute la place à la parole.Qui résonne longtemps après la tombée du rideau.Collaboration spéciale Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MOUAWAD Une année très québécoise à La Colline Ce n\u2019était pas une habitude du temps de Stéphane Braunschweig, prédécesseur de Wajdi Mouawad à la direction artistique de La Colline, mais il semble bien que le Québec va désormais y être une figure récurrente.La saison 2017- 2018 a d\u2019abord fait une place de choix à l\u2019auteure dramatique Annick Lefeb- vre et à sa nouvelle création, Les barbelés, applaudie en novembre rue Malte- Brun.La Colline a aussi accueilli en février l\u2019incontournable Robert Lepage, qui a foulé les planches sous les traits du maquis de Sade.Quills, qu\u2019il a mis en scène avec Jean-Pierre Cloutier, a ravi une partie de la critique parisienne.SIMON GOSSELIN Scène de la pièce Notre innocence.Assis à la table, les comédiens d\u2019origine québécoise Mounia Zahzam et Étienne Lou.(BAPE).Ce projet comprend un quai de transbordement, huit réservoirs d\u2019une capacité totale d\u2019entreposage d\u2019environ 164 millions de litres de carburant, mais aussi une installation de chargement de wagons-citernes et de camions-citernes.Lors des audiences du BAPE du mois dernier, Équiterre a d\u2019ailleurs déposé un mémoire qui recommande à l\u2019organisme de «considérer l\u2019impact climatique» du projet de terminal, ce qui supposerait de «couvrir notamment la construction, l\u2019opération, la fin de vie et les impacts en amont et en aval associés au projet (y compris les émissions de GES en dehors du Québec)».Concrètement, cela signifierait de tenir compte des différentes phases du transport du carburant (bateaux, trains et camions), mais aussi de son utilisation dans les avions qui décolleront de Montréal, d\u2019Ottawa ou de Toronto.Est-ce que ce sera le cas ?« Les émissions de GES produites durant la construction et l\u2019exploitation du terminal» doivent faire partie «de l\u2019analyse environnementale du projet », a simplement indiqué le MDDELCC.Projet gazier exempté Un autre projet industriel, beaucoup plus impor tant que le terminal de carburant de Montréal-Est, échappera lui aussi aux dispositions formelles du « test climat » : Énergie Sa- guenay.Les promoteurs américains de ce projet prévoient des investissements de 7,5 milliards de dollars pour la construction d\u2019une usine de liquéfaction de gaz naturel à La Baie, au Saguenay.Ce gaz, acheminé d\u2019abord au Québec par gazoduc, serait ensuite exporté à bord de méthaniers de type Q-Flex, qui peuvent transporter 217 000 m3 de gaz.Les exportations annuelles atteindraient 11 millions de tonnes.Le plus impor tant projet de transpor t et d\u2019exportation d\u2019énergie fossile de l\u2019histoire du Québec a reçu la « d irect ive » du MDDELCC pour la production de son étude d\u2019impact en 2015.Et même si GNL Québec admet ne pas être encore à l\u2019étape de la production de cette étude, l\u2019entreprise n\u2019aura pas à se plier aux dispositions du « test climat ».« Dans la mesure où cette directive a été établie avant le 23 mars 2018, cette disposition par t icul ière ne sera i t pas appl icable », a confirmé le MDDELCC.Au cabinet de la ministre de l\u2019Environnement Isabelle Melançon, on se veut toutefois rassurant .La « directive » du MDDELCC pour l\u2019étude d\u2019impact « mentionnait que l\u2019initiateur doit, dans l\u2019analyse des impacts du projet, porter attention, notamment, aux effets du projet sur les grands enjeux de nature atmosphérique, dont les gaz à effet de serre et les changements climatiques», a-t-on indiqué.« La ministre a également le pouvoir d\u2019exiger de l \u2019 informat ion supplémentaire .Par conséquent, lors du dépôt de l\u2019étude d\u2019impact, cet aspect du projet sera analysé en détail par le ministère pour s\u2019assurer que cet enjeu soit bien documenté avant de passer à la phase publique de la procédure d\u2019évaluation environnementale », a ajouté le bureau de la ministre Melançon.La directive transmise aux promoteurs du projet Énergie Saguenay indique ef fective- ment l\u2019obligation d\u2019analyser « les ef fets du projet sur les grands enjeux de nature atmosphérique », dont les GES et les changements climatiques.Mais celle-ci ne donne pas davantage de précisions sur les façons de le faire et ne mentionne pas l\u2019enjeu des émissions en amont et en aval.Analyse promise GNL Québec, qui pilote le projet dans la province, promet cependant d\u2019analyser l\u2019ensemble des GES liés au futur terminal méthanier.« En ce qui concerne l\u2019évaluation en amont et en aval, une analyse de cycle de vie du projet sera réalisée.Cette analyse prendra en compte les émissions de la production à l\u2019utilisation », a précisé sa vice-présidente, affaires publiques, Marie-Claude Lavigne.Quant au gaz naturel qui serait exporté à partir du terminal du futur terminal du Saguenay, l\u2019approvisionnement pourrait provenir entièrement de l\u2019Ouest canadien, a indiqué Mme La- vigne.Le gaz dit « non conventionnel », dont le gaz de schiste, y représente une part croissante de la production, selon les données de l\u2019Office national de l\u2019énergie.Pour Patrick Bonin, de Greenpeace, il est impératif que le gouvernement soumette le terminal de carburant de Montréal-Est et Énergie Saguenay à un « test climat » qui évaluerait « l\u2019ensemble du cycle de vie de ces projets ».« Ce test climat devrait également permettre d\u2019évaluer les projets en regard des objectifs climatiques des gouvernements et de l\u2019Accord de Paris.» «Même l\u2019Office national de l\u2019énergie avait décidé d\u2019appliquer un test climat pour le projet Énergie Est, proposition à laquelle TransCa- nada et l\u2019industrie pétrolière étaient fortement opposés, car ils savaient très bien qu\u2019un véritable test climat serait un échec», rappelle M.Bo- nin.Le gouvernement Trudeau a aussi décidé de soumettre le projet de pipeline Trans Mountain à un test climat, et ce, une fois l\u2019évaluation environnementale bien entamée.Ce test est d\u2019autant plus per tinent, selon Greenpeace, que le Québec est toujours loin de ses objectifs de réduction de GES.Selon le bilan mi-parcours du Plan d\u2019action 2013-2020 sur les changements climatiques, dont Le Devoir révélait récemment la teneur, les quatre milliards de dollars de fonds publics prévus permettront seulement de « stabiliser » les émissions du Québec.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CLIMAT fait les frais.Arrêté à plusieurs reprises pour avoir organisé des manifestations non autorisées, il a été déclaré inéligible.Peu après le dévoilement des premiers résultats, il a accusé le Kremlin d\u2019avoir fait gonfler la participation par de nombreuses fraudes, en bourrant les urnes, en organisant le transport massif d\u2019électeurs vers les bureaux de vote et en les incitant à participer à coup de buffets gratuits et d\u2019autres cadeaux.L\u2019ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, a dressé sur son site Internet une carte des fraudes faisant état de plus de 2700 irrégularités.Mais quand bien même Alexeï Navalny se serait présenté comme candidat, Vladimir Poutine aurait tout de même remporté l\u2019élection haut la main, soutient Yann Breault.Si, pour la presse occidentale, le militant anticorruption représente un «héros défenseur de la démocratie», sa cote de popularité ne fait pas de vague en Russie.«C\u2019est un communicateur très habile, présent sur les réseaux sociaux, capable d\u2019alimenter le cynisme de la population face aux élites.Mais dans les faits, il rejoint peu de gens, il n\u2019avait jamais plus de 7 ou 8% en moyenne dans les sondages.» Alexeï Navalny aurait sans aucun doute présenté Vladimir Poutine «sous un jour moins glorieux».«L\u2019empêcher de se présenter n\u2019était qu\u2019une façon pour Vladimir Poutine de contrôler son image auprès des Russes», souligne M.Breault.Un président populaire Bénéficiant du soutien des trois quarts des électeurs ayant fait valoir leur vote dimanche, Vladimir Poutine a prouvé que sa popularité ne faiblit pas.Au contraire, elle augmente, puisqu\u2019il n\u2019avait récolté que 63,6% des voix en 2012.« Sondage après sondage, il obtient un taux de satisfaction de près de 80 %.Il a un appui certain de la population ; ce n\u2019est pas juste une fabrication des médias », fait remarquer Virginie Lasnier, chercheuse postdoctorante affiliée au Centre d\u2019études et de recherches internationales (CÉRIUM).« Mais est-ce un soutien enthousiaste comme dans ses premiers mandats ou plutôt un support par dépit car les gens ne voient aucune alternative crédible ?» se ques- tionne-t-elle.Au cours de son dernier mandat, les décisions du président russe ont pourtant maintes fois plongé le pays dans des crises diplomatiques.Les Russes ont envahi l\u2019Ukraine, annexé la Crimée et bombardé la Syrie.On les a aussi accusés d\u2019avoir interféré avec l\u2019élection présidentielle américaine et ils se sont vantés, à leur tour, de posséder l\u2019arsenal nucléaire le plus sophistiqué de la planète.Début mars, Londres a mis en cause la Russie dans l\u2019empoisonnement d\u2019un ex-espion russe, Sergueï Skripal, et de sa fille sur le sol britannique.Des accusations qualifiées de «grand n\u2019importe quoi» par le Kremlin.Cette nouvelle crise diplomatique n\u2019a fait que renforcer la mobilisation des électeurs, croit Virginie Lasnier.«Les Russes n\u2019apprécient pas que leur pays soit accusé à tort.Ils aiment que Vladimir Poutine se tienne debout devant l\u2019Occident, qui ne veut toujours pas reconnaître le pays comme une grande puissance mondiale.» La chercheuse croit d\u2019ailleurs que, loin de s\u2019améliorer, les relations avec les pays occidentaux vont encore plus se polariser.Yann Breault partage son opinion, rappelant que la Russie a su retrouver une place importante sur la scène internationale, notamment depuis le début de son intervention militaire en Syrie en 2015 en soutien au régime de Damas.« Plus personne ne pense pouvoir résoudre le conflit syrien sans les Russes à la table des négociations, alors qu\u2019il y a quelques années encore personne ne s\u2019intéressait à leur opinion », explique le chercheur.Dernier mandat?Un nouveau mandat en poche, Vladimir Pou- tine risque toutefois de passer les six prochaines années à se chercher un successeur plutôt qu\u2019à améliorer la situation économique de son pays, estiment les experts.« C\u2019est sûr qu\u2019il pourrait prendre le chemin de Xi Jinping, en Chine, et rouvrir la Constitution pour s\u2019assurer de rester au pouvoir, reconnaît M.Breault.Mais il a tellement martelé en 2008 l\u2019importance de ne pas la rouvrir pour ne pas déstabiliser le pays que je doute qu\u2019il le fasse.» D\u2019autant plus qu\u2019en 2012, Vladimir Poutine s\u2019était attiré la foudre de la population, frustrée de le voir se représenter une nouvelle fois à la présidence après avoir échangé de place pour un mandat avec son premier ministre Dimitri Medvedev.«Les Russes ont vite compris que c\u2019était entendu d\u2019avance depuis 2008 et n\u2019ont pas aimé ça», indique Mme Lasnier.« En 2024, Vladimir Poutine aura 72 ans et, même s\u2019il est en bonne santé physique et pourrait vouloir rester au pouvoir, je pense qu\u2019il irait plutôt chercher un successeur loyal, ajoute-t-elle.Peut- être qu\u2019il va se créer une fonction symbolique sans briser la Constitution pour garder une influence sur la politique russe et son successeur.Encore faut-il, toutefois, que son gouvernement résiste au départ de ce personnage emblématique.» Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RUSSIE Montréalais polarisés Une petite foule s\u2019est massée dimanche devant le consulat général de la Fédération de Russie à Montréal pour prendre part à une élection dont le résultat ne devait pas surprendre.Dans la file, Vladimir accepte de se confier aux médias, mais préfère ne pas donner son nom de famille.Le camionneur n\u2019est pas seul à montrer une certaine réticence à commenter la situation dans son pays d\u2019origine.Ekaterina Kondratyeva, âgée de 30 ans, estime que, face à l\u2019histoire de leur pays, ses compatriotes ont raison d\u2019être craintifs.«Chaque famille a perdu des personnes à cause de leurs opinions, explique-t-elle.Je pense que c\u2019est dans notre sang d\u2019avoir peur.» Ses grands-parents, qui demeurent toujours à Moscou, n\u2019osent pas discuter de n\u2019importe quel sujet au téléphone, illustre-t- elle.Mme Kondratyeva a tenu à participer au scrutin de dimanche, même si elle doute que celui-ci puisse changer les choses.Elle attribue la popularité du président sortant à une machine de propagande bien huilée.Vladimir, lui, ne croit pas que ce long règne diffère de celui de la chancelière allemande, Angela Merkel, en selle depuis 2005.Il félicite l\u2019ex-officier du KGB d\u2019avoir redressé sa patrie, de laquelle il tire maintenant une fierté renouvelée.«Dans les années 1990, j\u2019avais honte de dire que j\u2019étais Russe, ici au Canada», se souvient-il.Lioudmila Aldatova, qui a fui la Russie il y a 18 ans, durant la seconde guerre de Tchétché- nie, croit elle aussi que M.Poutine a redoré le blason de la Russie.«Il doit être le président.C\u2019est le seul choix», a-t-elle lancé, catégorique.La Presse canadienne «Les Russes n\u2019apprécient pas que leur pays soit accusé à tort.Ils aiment que Poutine se tienne debout.» "]
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