Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2018-06-19, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" VOL.CIX NO 136 / LE JEUDI 19 JUIN 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM DANEMARK Une blessure toujours ouverte Treize ans plus tard, que reste-t-il de l\u2019épisode des caricatures danoises qui ont enflammé l\u2019islam ?Au moment où l\u2019Italie refuse à un bateau chargé de migrants d\u2019accoster, l\u2019immigration déchire l\u2019Europe tout entière.Le Devoir est allé voir où en était ce débat au Danemark, l\u2019un des tout premiers pays européens à s\u2019interroger sur l\u2019immigration massive.Dernier article d\u2019une série de trois.CHRISTIAN RIOUX À COPENHAGUE LE DEVOIR Ce n\u2019est pas d\u2019hier que le Danemark chérit les caricatures.Pour fêter le centenaire de l\u2019installation du Parlement dans le somptueux château de Christiansborg, à Copenhague, on a choisi de déployer sur son parvis une exposition de caricatures politiques.Parmi la centaine de dessins, un seul évoque le célèbre épisode des caricatures de Mahomet qui ébranla le pays et le monde en 2005.Signe que le sujet est encore sensible, treize ans plus tard, le dessin effleure à peine le sujet en représentant le président de l\u2019époque en homme de Cro-Magnon tentant de s\u2019expliquer avec un musulman.Treize ans plus tard, le Danemark est toujours l\u2019une des cibles favorites des fatwas de toutes INDEX Avis légaux.B4 Décès .A4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B2 Mots croisés.B2 Petites annonces.A4 Sports.B6 Sudoku .B2 ACTUALITÉS Le trouble du jeu vidéo est enfin reconnu A 8 CULTURE L\u2019installation bidons de l\u2019artiste Christo à Londres B 7 Donald Trump s\u2019est invité lundi dans la crise politique en Allemagne, brandissant le spectre d\u2019une immigration hors de contrôle en Europe pour justifier sa politique d\u2019extrême fermeté aux frontières américaines, où quelque 2000 enfants migrants ont déjà été séparés de leurs parents.JOHN MOORE / GETTY IMAGES / AGENCE FRANCE-PRESSE Migrants : Trump justifie sa politique AMÉLIE DAOUST-BOISVERT LE DEVOIR Après un an d\u2019activité, les services d\u2019injection supervisée (SIS) de Montréal souhaitent abattre les contraintes qui découragent des usagers de drogues de les fréquenter.Santé Canada vient d\u2019autoriser l\u2019injection par un pair, demande qui était récurrente.La possibilité de tester sur place sa drogue pour détecter la présence de fentanyl sera aussi offerte sous peu.Santé Canada a d\u2019ailleurs renouvelé les permis des SIS pour les trois années à venir.L\u2019impossibilité de fréquenter les SIS accompagné d\u2019un tiers qui pourrait procéder à l\u2019injection était une « barrière assez importante à l\u2019accès aux services », a expliqué la directrice générale de Cactus Montréal, Sandhia Vadlamudy, en conférence de presse lundi.La santé publique dressait le bilan d\u2019un an d\u2019activité des SIS Montréal, qui comptent trois sites fixes et un site mobile.Santé Canada a autorisé un projet pilote de six mois pour l\u2019injection par un pair.Montréal compte parmi les six sites canadiens, sur une trentaine, à tester cette formule.« Ce ne sera pas du personnel qui procédera aux injections », a bien expliqué Mme Vadlamudy.Par exemple, certains usagers consomment en couple et préfèrent que l\u2019injection soit faite par leur partenaire.La détection de fentanyl à l\u2019aide de bandelettes sera aussi disponible d\u2019ici quelques semaines, a confirmé la Dre Carole Morissette, de la direction de la santé publique de Montréal.Une étude de faisabilité sera aussi conduite pour évaluer la possibilité d\u2019utiliser un appareil portable plus précis encore.ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Les avocats qui défendent Alexandre Bissonnette estiment que son profil ne correspond pas à ce que le gouvernement du Canada avait en tête quand il a décidé en 2010 de permettre aux tribunaux de condamner des meurtriers à des peines cumulatives de 25 ans par vie enlevée.« On fait référence à des gens sans remords, à des tueurs en série sans remords », a dit lundi Me Charles-Olivier Gosselin dans sa plaidoirie sur la peine au palais de justice de Québec.« L\u2019intention du législateur, a-t-il ajouté, était de viser des gens qui ne sont pas réhabilitables.» La décision de modifier le Code criminel a été prise en 2010 sous le gouvernement de Stephen Harper.Depuis son entrée en vigueur, la plus longue sentence cumulée à avoir été imposée est de 75 ans (pour le meurtre de trois policiers à Moncton par Justin Bourque).Or, les avocats d\u2019Alexandre Bisson- nette estiment que son cas est « diffé- rent » de celui de Justin Bourque parce qu\u2019il s\u2019est livré à la justice très rapidement alors que Bourque a été arrêté 28 heures après le début de la tuerie Les deux hommes ont en outre des profils différents, a fait valoir Me Jean- Claude Gingras de l\u2019équipe de Me Gosselin.Bourque était « un individu qui ATTENTAT DE QUÉBEC Bissonnette est réhabilitable, plaident ses défenseurs VOIR PAGE A 4 : CARICATURES La caricature avait été reproduite par plusieurs journaux.SCANPIX AGENCE FRANCE-PRESSE VOIR PAGE A 2 : DROGUE VOIR PAGE A 5 : ATTENTAT DROGUE Injection supervisée : une barrière tombe À Montréal, les usagers pourront demander à un ami de leur faire l\u2019injection ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 19 JUIN 2018 LAURENTIDES SAMEDI 23 JUIN Morin-Heights CANTONS-DE-L\u2019EST SAMEDI 8 SEPTEMBRE Bromont, montagne d\u2019expériences EN PARTENARIAT AVEC CH OIX DE PA RC OU RS 50 , 75 , 10 0, 125 ou 15 0 k m INSCRIVEZ-VOUS ! VELO.QC.CA Vivez l\u2019expérience lors des Dé?s.NOUVEAU TENTÉ PAR LE VÉLO DE MONTAGNE ?HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Justin Trudeau en développera-t-il une triskaïdékaphobie?La bataille dans Chi- coutimi-Le Fjord s\u2019étant soldée lundi soir par l\u2019élection du conservateur Richard Martel était la 13eélection partielle fédérale à se dérouler sous son règne de premier ministre, et la première où le chef libéral a perdu des plumes.Au moment d\u2019écrire ces lignes, avec 85 des 188 boîtes de scrutin dépouillées, M.Martel était largement en avance sur ses adversaires avec près de 53% des suffrages exprimés, alors que la candidate libérale, Lina Boivin, traînait loin derrière avec 29% des voix.La bloquiste Catherine Bouchard-Tremblay, qui a dû faire campagne sans l\u2019aide de l\u2019exécutif local parti en guerre contre la chef Martine Ouellet, récoltait moins de 7% des voix, ce qui la plaçait au quatrième rang, der- Chicoutimi-Le Fjord vire au bleu rière le néodémocrate Éric Dubois qui obtenait 9%.La candidate du Parti vert, Lynda Youde, se maintenait à 4%.Depuis l\u2019élection générale de 2015, 12 élections partielles fédérales avaient eu lieu: sept provoquées par le départ d\u2019un député conservateur et cinq par le départ d\u2019un libéral.Les troupes de Justin Trudeau avaient réussi à non seulement conserver leurs cinq sièges, mais à en arracher deux aux conservateurs, dont celui de Lac-Saint-Jean laissé vacant par l\u2019ancien ministre Denis Lebel.Lundi a marqué une rupture avec cette succession de victoires.Les libéraux n\u2019ont pas réussi à conserver Chicoutimi-Le Fjord que Denis Lemieux avait ravi pour eux en 2015.Il a démissionné cet automne pour des raisons personnelles.Cette victoire conservatrice constitue un revirement marqué puisqu\u2019en 2015, le candidat de Stephen Harper avait terminé la course en quatrième place avec 17% des suffrages exprimés.Richard Martel est très connu dans sa région, lui qui a été entraîneur dans la ligue de hockey junior majeur du Québec.Inversement, l\u2019effondrement des votes néodémocrates et bloquistes s\u2019est confirmé.Le parti de Thomas Mulcair avait terminé en 2015 à quelques votes du vainqueur libéral, avec 30% des voix.Quant au Bloc québécois, il était en voie de n\u2019obtenir que le tiers des 20,5% récoltés en 2015.Les conservateurs accordaient beaucoup d\u2019importance à l\u2019élection de lundi, la présentant comme le prélude à leur reconquête du Québec.Chicoutimi-Le Fjord a la particularité d\u2019avoir été représentée par les quatre principaux partis politiques fédéraux depuis 1984.La semaine dernière, dans les coulisses conservatrices, on s\u2019attendait déjà à ce qu\u2019une victoire soit minimisée par les adversaires au motif que c\u2019est la notoriété locale de Richard Martel et non la stature nationale de son chef, Andrew Scheer, qui lui a permis d\u2019être élu.«Mais, nous, on se dit que c\u2019est parce que notre chef doit être plutôt bon qu\u2019il réussit à recruter des Richard Martel.» Montréal, la Dre Mylène Drouin, se dit aussi « très satisfaite » du bilan.D\u2019autres contraintes La Dre Morissette se dit bien consciente que plusieurs règles et procédures « ne conviennent pas à tout le monde ».Le partage de drogues entre usagers, qui est illégal car assimilé à du trafic, en fait partie.« On souhaite dépasser cette norme-là à terme », a évoqué Sandhia Vadlamudy.Le pair aidant et employé du SIS Fa- rin Shore constate que cela pose effectivement problème.« C\u2019est un grand problème, les usagers qui veulent partager leurs drogues sont repoussés vers l\u2019extérieur », a-t-il expliqué en entrevue.Ayant lui même vécu dans la rue et été aux prises avec la dépendance, il se définit comme la « voix » des usagers.D\u2019autres barrières expliquent que, selon lui, une petite proportion seulement des usagers de drogues injectables fréquentent les SIS.Des personnes d\u2019horizons différents peuvent avoir de la difficulté à vivre ensemble.« Il y a parfois un clivage, par exemple entre les gens de la rue et d\u2019autres usagers, on travaille très fort là-dessus », relate- t-il.Des personnes ressentent aussi de la honte et ne souhaitent surtout pas être vues aux abords d\u2019un SIS.Les problèmes de santé mentale sont aussi une barrière, croit-il.Il dresse un bilan positif de la dernière année, ne serait-ce que pour les usagers qu\u2019il a accompagnés à l\u2019hôpital parce qu\u2019ils souhaitaient se sortir de la dépendance.« Des gens se sont trouvé un appartement, un emploi ou sont retournés aux études », se réjouit-il.Farin Shore, pair aidant et employé du SIS, explique que plusieurs facteurs peuvent éloigner les consommateurs de drogue injectable des sites d\u2019injection supervisée.AMÉLIE DAOUST-BOISVERT LE DEVOIR Des résultats satisfaisants DROGUE SUITE DE LA PAGE A 1 Après un an d\u2019activité, les SIS montréa- lais ont été fréquentés par 876 personnes qui y ont fait plus de 21 000 visites.Environ 80 injections par jour s\u2019y font.La capacité est de 300.« Nous sommes assez contents des résultats », a fait savoir la Dre Morissette.« Il n\u2019a jamais été question d\u2019objectifs de fréquentation, l\u2019idée, c\u2019est de répondre aux besoins », a précisé Mme Vadlamudy.Des complications chez les usagers ont nécessité 39 interventions d\u2019urgence, dont 10 administrations de l\u2019antidote aux surdoses de Fentanyl, la na- loxone.La majorité de ces événements ont été gérés sur place : seulement 7 transports en ambulance ont été nécessaires en un an.La majorité des usagers sont des hommes (83 %), et le quart vivent dans la rue.Ce sont 72 % des utilisateurs qui ont fréquenté les SIS plus d\u2019une fois dans l\u2019année, et 44 % plus de six fois.La cocaïne est la drogue la plus consommée (42 %), suivie des médicaments opioïdes (34 %) et de l\u2019héroïne (14 %).La directrice de la santé publique de Cannabis : la balle dans le camp du Sénat OTTAWA \u2014 Le ping-pong législatif est lancé.La Chambre des communes a renvoyé son projet de loi sur la légalisation du cannabis au Sénat.Le C-45, dépouillé des amendements dont ne voulait pas le gouvernement Trudeau, a été approuvé à 205 voix contre 82.Les libéraux et les néodémo- crates l\u2019ont appuyé.Les conservateurs et les élus du Bloc québécois et de Québec debout s\u2019y sont opposés.Exit, donc, l\u2019autorisation pour les provinces d\u2019interdire la culture à domicile, tout comme l\u2019interdiction d\u2019afficher les logos de producteurs de cannabis sur des t-shirts.Les sénateurs devront maintenant décider s\u2019ils acceptent ou non la nouvelle version du C-45.Un second ping-pong législatif a en outre été lancé sur le projet de loi sur les facultés affaiblies.Le gouvernement a confirmé qu\u2019il rejetait, là encore, les amendements du Sénat \u2014 notamment celui qui retirait les alcootests aléatoires du C-46.Les libéraux tiennent à cette mesure, mais certains sénateurs craignent qu\u2019elle mène à des contestations constitutionnelles et à du profilage racial.Le Devoir EN BREF L\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) souhaite mener un projet pilote pour une meilleure utilisation des données du Bureau du coroner dans la vigie des intoxications, notamment par les drogues.Les données toxicologiques sont souvent disponibles rapidement après qu\u2019un décès a été rapporté au coroner, bien avant que le rapport complet ne soit terminé.« Si on avait les données chaque semaine, on pourrait être alertés lorsque quelque chose sort de la normale », explique le pharmacien toxicologue Pierre-André Dubé.Et ce, tant pour les opioïdes que pour d\u2019autres substances.Le projet pilote de six mois a été autorisé, reste à obtenir l\u2019accès aux données du coroner pour le mettre en branle.« On ne pourra pas savoir, à cette étape de l\u2019enquête du coroner, si la substance trouvée est la cause du décès », note M.Dubé.Mais des drapeaux pourront être levés.« Si plusieurs décès par intoxications surviennent par exemple dans un pénitencier, on pourrait rapidement voir ce qui circule, s\u2019il y a une nouvelle drogue.» Un projet de surveillance des intoxications Il n\u2019a jamais été question d\u2019objectifs de fréquentation, l\u2019idée, c\u2019est de répondre aux besoins SANDHIA VADLAMUDY » Morneau blanchi Le ministre des Finances Bill Mor- neau est blanchi par le commissaire à l\u2019éthique et aux conflits d\u2019intérêts, Mario Dion.Il n\u2019a pas contrevenu à la Loi sur les conflits d\u2019intérêts en parrainant le projet de loi C-27 permettant la création de régimes de pension à prestations cibles, un changement législatif dont son entreprise familiale est susceptible de bénéficier.La Loi stipule qu\u2019on ne peut considérer une décision comme favorisant un intérêt personnel si elle est «de portée générale» ou si elle affecte une vaste catégorie de personnes dont fait partie le titulaire de charge publique.Le commissaire a statué que c\u2019était le cas en l\u2019espèce.Le NPD, qui avait porté plainte, estime au contraire que seulement deux sociétés autres que Morneau Shepell pourraient tirer profit de C-27.Le NPD demande donc que la Loi soit revue pour rehausser le critère.La création de régimes de pension à prestations cibles est une idée mise de l\u2019avant d\u2019abord par les conservateurs en 2014.Quatre provinces ont fait le même changement et le Québec l\u2019a permis pour le secteur des pâtes et papiers.Le Devoir Richard Martel ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 19 JUIN 2018 Bulletin de l\u2019opposition M ême si les résultats n\u2019ont pas été à la hauteur des espérances, la promotion de Véronique Hivon (Joliette) au rang de vice-chef du PQ atteste de la grande estime que lui voue la population, toutes allégeances politiques confondues.A À une époque où le cynisme envers la classe politique atteint un sommet, Manon Massé (Saint-Marie\u2013Saint- Jacques) est devenue un véritable symbole d\u2019authenticité en assumant pleinement sa personnalité hors norme.A Très efficace, le leader parlementaire de l\u2019opposition officielle, Pascal Bérubé (Matane-Matapédia) est aussi un des très rares députés péquistes dont la réélection peut être tenue pour certaine.C\u2019est largement grâce à lui que le projet de loi sur la protection des sources journalistiques a pu être adopté.B Jean-François Roberge (Chambly) a coupé l\u2019herbe sous le pied du ministre de l\u2019Éducation en présentant un projet de loi pour éliminer les frais abusifs imposés par les commissions scolaires.Il a également fait en sorte de rendre plus consensuelles les propositions de la CAQ en matière d\u2019éducation.B Amir Khadir aurait pu être réélu indéfiniment dans Mercier.Il a plutôt choisi de faire valoir les vertus du renouvellement.Au cours des derniers mois, il a dénoncé sans relâche la « culture du secret » entourant les dépenses des députés de l\u2019Assemblée nationale et donné l\u2019exemple en ouvrant les livres de Québec solidaire.B François Legault (L\u2019Assomption) a réussi à imprimer dans les esprits l\u2019idée que la CAQ était la solution de rechange aux libéraux, en recrutant une équipe crédible et en recentrant son discours.Il a cependant envoyé un très mauvais message en passant l\u2019éponge sur l\u2019implication de son président et candidat dans La Prairie, Stéphane Le Bouyon- nec, dans une entreprise qui pratique le prêt usuraire.B- Le rapport de la vérificatrice générale sur la SQI a donné à Éric Caire (La Peltrie) une autre occasion de dénoncer les faveurs accordées à la « clique libérale ».Il lui arrive de dépasser la mesure, mais il n\u2019a pas craint d\u2019égratigner son propre camp en déclarant que le prêt usuraire allait à l\u2019encontre des valeurs de la CAQ.B- Simon Jolin-Barrette (Borduas) peut être cinglant, mais il a maintenu une approche constructive en présentant deux autres projets de loi visant à améliorer l\u2019efficacité de la justice.Son apologie de la semaine de 60 heures, dans un livre inspiré par Lucien Bouchard, était plus discutable.B- Alain Therrien (Sanguinet) a fait mal paraître la ministre de l\u2019Économie, Dominique Anglade, qui a été incapable d\u2019évaluer la perte de valeur de l\u2019investissement de l\u2019État dans la CSeries, maintenant qu\u2019elle a été acquise par Airbus.Il ne gagne cependant rien à vociférer dès qu\u2019il ouvre la bouche.B- On avait surestimé l\u2019impact électoral de l\u2019arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois (Mercier).L\u2019enthousiasme avec lequel il a accueilli Vincent Marissal est devenu passablement gênant quand on a appris que l\u2019ancien chroniqueur de La Presse avait tenté à deux reprises d\u2019être candidat pour le PLC.Il a eu le bon goût de s\u2019effacer devant Manon Massé pour la candidature solidaire au poste de premier ministre.C De tous les départs annoncés, celui d\u2019Alexandre Cloutier (Lac-Saint-Jean), qui incarnait la relève, a été le plus difficile à encaisser pour le PQ.Le cœur n\u2019y était visiblement plus, mais la route du parc des Laurentides lui aurait sans doute paru moins longue s\u2019il avait été élu chef.C L\u2019héroïne caquiste de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, n\u2019a pas capté le signal lancé par son chef, quand il a dit vouloir privilégier les CPE, où la qualité des services est notoirement meilleure que dans les garderies privées.On peut comprendre sa surprise, mais elle a intérêt à s\u2019habituer aux virages.C Du début à la fin de sa carrière, Agnès Maltais (Tasche- reau) s\u2019est signalée par une pugnacité qui l\u2019a généralement bien servie, mais qui lui a aussi joué des tours.Elle a dû se rétracter après avoir accusé à tort de vol de documents deux anciennes employées péquistes passées à la CAQ.D Le soulagement de ses collègues péquistes à l\u2019annonce du départ de Martine Ouellet (Vachon) pour le Bloc québécois, puis de son brutal renvoi, était presque gênant à voir.L\u2019« in- terparlementarisme » dont elle vantait les mérites semblait surtout avoir celui de lui assurer un salaire.Cette pasionaria de la cause l\u2019indépendantiste, indéniablement sincère, n\u2019a jamais réalisé qu\u2019elle lui faisait plus de tort que de bien.E Le président Pendant des années, on a loué le travail de Jacques Cha- gnon (Westmount\u2013Saint-Louis) à la présidence de l\u2019Assemblée nationale.Tout s\u2019est écroulé au moment où il s\u2019apprêtait à prendre sa retraite.Ses efforts pour améliorer l\u2019image de l\u2019institution parlementaire ont été anéantis par les révélations sur le train de vie princier qu\u2019il menait aux frais des contribuables et son étonnement offusqué face aux réactions qu\u2019elles ont provoquées.E mdavid@ledevoir.com MICHEL DAVID MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Près de la moitié de la population québécoise est d\u2019avis que l\u2019immigration présente un « grand », voire un « très grand risque » pour le Québec, indique un sondage commandé par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).Précisément, 48 % des 1000 personnes sondées associent à un «grand» ou à un « très grand » risque l\u2019arrivée de dizaines de milliers d\u2019immigrants par année au Québec ; 28 % à un « moyen » risque et 22 % à un risque « faible » ou « négligeable ».« [Le motif] dépend toujours du répondant.Ça peut être un risque perçu pour sa sécurité, pour son emploi, pour la culture ou d\u2019autres raisons », explique la coauteure de l\u2019étude, Ingrid Peignier, dans un entretien avec Le Devoir.Les femmes, les personnes âgées de 55 ans et plus ainsi que les francophones « se montrent [les] plus inquiets », fait-elle remarquer.En effet, parmi ceux percevant des risques « grands » ou « très grands » associés à l\u2019immigration, il y a : 53 % de femmes contre 43 % d\u2019hommes ; 55 % d\u2019individus de 55 à 74 ans contre 39 % de moins de 35 ans ; et 50 % de francophones contre 36 % d\u2019anglophones et 31 % d\u2019allophones.Les Québécois associent un risque plus grand à l\u2019immigration qu\u2019à la pollution de l\u2019air et de l\u2019eau, à la renégocia- tion de l\u2019Accord de libre-échange nord- américain (ALENA), au terrorisme ou encore aux épidémies, indique le Baromètre CIRANO 2018 dévoilé à 100 jours et des poussières des prochaines élections générales.« Il y a une inquiétude, une perception des risques qui ne devrait pas être là », soutient Mme Peignier, rappelant que l\u2019immigration économique est arrimée en grande partie aux besoins du marché du travail québécois.« Ils ne devraient pas être inquiets », ajoute la directrice du CIRANO.À ses yeux, la perception des Québécois sur les enjeux liés à l\u2019immigration est « certainement teintée par certains discours » tenus par les partis politiques à l\u2019approche des élections.« Il y a un enjeu électoral.» Selon elle, il incombe aux acteurs politiques de « rassurer une certaine partie de la population » en expliquant les bénéfices de l\u2019immigration « pour améliorer l\u2019économie du Québec, combler des postes qui n\u2019existent pas ou où il y a vraiment un manque de main-d\u2019œuvre ».L\u2019immigration est «plutôt» ou «très» bénéfique dans l\u2019esprit d\u2019un Québécois sur trois (32 %).Malgré la pénurie de main-d\u2019œuvre appréhendée dans plusieurs régions du Québec, l\u2019apport de nouveaux arrivants est considéré comme « moyennement bénéfique » par 36 % de la population, et « plutôt pas » ou « pas du tout bénéfique » par 29% de la population, peut-on aussi lire dans le Baromètre.La santé, toujours la santé Cela dit, la santé demeure en tête des sources d\u2019inquiétudes de la population québécoise.Près de huit Québécois sur dix (79 %) considèrent que l\u2019engorgement dans les urgences constitue un « risque grand [ou] très grand » pour le Québec.Le nombre de Québécois voyant la situation de l\u2019accès aux services de santé comme un « grand » ou un « très grand risque » a, lui, fléchi, passant de 77 % en 2011 à 70 % en 2018.L\u2019inscription d\u2019environ 1,1 million de personnes par des médecins de famille depuis l\u2019arrivée de Gaétan Barrette à la barre du ministère de la Santé n\u2019y est pas étrangère, selon le CIRANO.Les enjeux liés à l\u2019éducation \u2014 le décrochage scolaire ou encore l\u2019accès à l\u2019éducation universitaire (frais de scolarité) \u2014 ont glissé respectivement au 24e et 34e rang des priorités de l\u2019heure des Québécois.Par exemple, le pourcentage de la population qui considère que le décrochage scolaire représente un « grand » ou un « très grand risque » au Québec a, lui, piqué du nez au cours des deux dernières années, passant de 49 % en 2016 à 40 % en 2018.Ce sont l\u2019état des infrastructures, la corruption et le vieillissement de la population qui complètent le «top 5 des enjeux les plus risqués » établi par CI- RANO après avoir interviewé 1013 répondants représentatifs de la population québécoise, entre le 5 et le 10 avril 2018.L\u2019état des infrastructures de transport \u2014 les routes, les ponts et les viaducs notamment \u2014 pose un « grand » voire un « très grand risque » pour le Québec selon 67 % de la population.Le groupe de recherche s\u2019en étonne.« La confiance dans le gouvernement diminue.Pourtant, on note peu de détérioration [dans les informations transmises par le ministère des Transports et la Ville de Montréal].Ce qu\u2019on note, c\u2019est l\u2019augmentation des travaux et des entraves à la circulation.Du coup, c\u2019est peut-être ça qui se reflète dans les données », avance Ingrid Peignier.Encore là, le gouvernement doit « mieux communiquer ses résultats », estime-t-elle.« On a l\u2019impression que les Québécois sont à certains égards trop négatifs par rapport à la réalité.» Deux ans et demi après le dépôt du rapport de la Commission d\u2019enquête sur l\u2019octroi et la gestion des contrats publics dans l\u2019industrie de la cons - truction, la corruption est toujours vue comme un « grand » ou un « très grand » risque par les deux tiers des Québécois.« Ça ne fait pas la une des médias comme durant la commission Charbonneau, mais il y a toujours une nouvelle qui sort [de temps à autre sur des cas allégués de] corruption, de collusion.» SONDAGE Les Québécois craignent l\u2019immigration plus que la pollution Pendant des années, on a loué le travail de Jacques Chagnon à la présidence de l\u2019Assemblée nationale.Tout s\u2019est écroulé au moment où il s\u2019apprêtait à prendre sa retraite.Selon le CIRANO, le gouvernement québécois devrait faire un effort particulier pour faire comprendre à la population les bienfaits de l\u2019immigration, notamment en ce qui a trait à la pénurie de main-d\u2019œuvre.Sur la photo, une visite industrielle à Val-d\u2019Or d\u2019immigrants à la recherche d\u2019un lieu où s\u2019établir pour contribuer à la société québécoise.LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR sortes.Quant au Jyllands-Posten, dont la douzaine de dessins représentant le prophète avait mis le feu aux poudres, il demeure sous haute protection policière.Il faut dire que, durant toutes ces années, quatre attentats ont été déjoués contre le quotidien publié à Aa- rhus, la deuxième ville du pays.Il n\u2019empêche qu\u2019à propos de l\u2019islam, les Danois n\u2019ont plus tout à fait la même naïveté, admet Jacob Nybroe, le nouveau directeur du quotidien nommé en 2016.« À l\u2019époque, personne \u2014 mais vraiment personne! \u2014 ne pouvait imaginer que ces caricatures provoqueraient une telle réaction.C\u2019était absolument inimaginable.On voulait provoquer un débat, pas déclarer une guerre.» Des valeurs incompatibles ?Rappelons les faits.Peu après l\u2019assassinat du cinéaste Theo van Gogh aux Pays-Bas par un extrémiste musulman, le Jyllands-Posten constate que l\u2019écrivain Kåre Bluitgen n\u2019avait trouvé personne pour illustrer un livre sur Mahomet.Il commande alors douze caricatures de Mahomet afin de lancer le débat et d\u2019illustrer un article sur la liberté de presse et l\u2019autocensure.Deux semaines plus tard, quelques milliers de musulmans manifestent dans les rues de Copenhague.Après que le premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, eut refusé de rencontrer les ambassadeurs de plusieurs pays musulmans en invoquant la liberté de presse, le monde musulman s\u2019embrasa.Les manifestations violentes firent une centaine de morts.Treize ans plus tard, « on a toujours peur », reconnaît Jacob Nybroe avant d\u2019admettre à regret que, pour des raisons de strictes raisons de sécurité, le quotidien ne publierait plus de ces caricatures.Car, la terreur, « ça marche ! », dit-il.Alors que, depuis plusieurs années, le Danemark a considérablement durci sa politique d\u2019immigration, l\u2019épisode dramatique des caricatures a-t-il joué un rôle dans les relations qu\u2019entretiennent les Danois avec les 250 000 musulmans qui habitent leur territoire ?Dans un article de la New York Review of Books publié en 2016, l\u2019essayiste Hugh Eakin constatait qu\u2019au Danemark, le consensus allait croissant selon lequel « une immigration musulmane à large échelle était incompatible avec la sociale démocratie européenne ».Périodiquement, la polémique refait surface.En septembre dernier, la controversée ministre de l\u2019Intégration, Inger Stojberg, a protesté contre la décision du musée Skovgaard, à Viborg, de ne pas présenter les caricatures de Mahomet dans le cadre d\u2019une exposition qui portait pourtant sur le blasphème depuis la Réforme protestante.« C\u2019est le choix du musée et il a tous les droits d\u2019agir ainsi.Mais c\u2019est une honte ! », a déclaré la ministre.Sur Facebook, son texte était illustré d\u2019une photo de sa tablette reproduisant la plus célèbre de ces caricatures montrant un homme barbu avec un turban en forme de bombe.Au Danemark, on a le droit de critiquer les religions, a ajouté la ministre avant de conclure : « Je pense que nous devrions être fiers de ces caricatures.» Dans la population, l\u2019épisode n\u2019a pas été oublié.« Ici, dit l\u2019anthropologue Peter Hervik, 80 % de la population pense que les valeurs des musulmans sont incompatibles avec les valeurs danoises».Selon lui, à l\u2019époque, le Jyllands-Pos- ten n\u2019a « fait qu\u2019utiliser le prétexte de la liberté de parole pour s\u2019attaquer à une minorité ».Peu après ces événements, Hervik a fait partie d\u2019une délégation de religieux et d\u2019intellectuels danois dépêchés en Égypte afin de tenter de calmer le jeu dans le monde musulman.Le leader musulman Mohamed As- lam était du voyage.Pour ce Pakistanais arrivé au Danemark en 1987, cette publication était une erreur.« Ce n\u2019était pas nécessaire, dit-il.Il faudrait poser une limite au blasphème.Il faudrait l\u2019interdire.» Une opinion avec laquelle l\u2019immense majorité des Danois est pourtant en total désaccord.La liberté a reculé « À l\u2019époque de la publication de ces caricatures, nous avons été terriblement déçus des critiques que nous avons entendues à l\u2019étranger à propos du Danemark, dit Marcus Knuth porte- parole du gouvernement libéral sur l\u2019immigration.Car, au Danemark, on a le droit de tout caricaturer et il n\u2019est pas question de plier là-dessus.Ce fut une vraie surprise de découvrir que tous n\u2019étaient pas d\u2019accord avec nous.» Le politologue Jorgen Goul Andersen ne croit pas non plus que les caricatures ont eu un effet sur les politiques d\u2019immigration du pays.Il n\u2019empêche que, « depuis, le Danemark est beaucoup plus réservé sur ces questions », dit-il.Dans les années qui ont suivi ces évé- nements, le Jyllands-Posten a largement couvert la montée de l\u2019islamisme en Europe.Depuis quelques années, admet Jacob Nybro, le journal est revenu à une couverture plus équilibrée.Mais la peur est toujours là.Récemment, la presse danoise s\u2019est inquiétée de la libération prochaine du Tunisien et des trois Suédois condamnés à 12 ans de prison pour avoir planifié un attentat en 2009 contre le Jyllands-Posten.Pour l\u2019ancien directeur des pages culturelles du journal qui avait commandé ces caricatures, Flemming Rose, il ne fait pas de doute que la liberté d\u2019opinion a reculé depuis 2005.«La liberté d\u2019opinion est en mauvais état», écrivait-il dans The Tyranny of Silence (Cato Institute), un livre publié en 2014.Selon lui, aujourd\u2019hui, «l\u2019autocensure est largement répandue» et «la peur est réelle» lorsque vient le moment de remettre en question les tabous religieux.Selon Jacob Nybroe, ce débat a posé la question suivante : « est-ce que les gens qui arrivent ont tous la même conception de la liberté d\u2019expression que nous?Je crois que non.Certains musulmans en particulier ne partagent pas nos conceptions.À l\u2019époque, on ne pouvait pas mesurer la profondeur de ces différences culturelles.Ce débat est ouvert, et c\u2019est une bonne chose.C\u2019est aussi un débat au sein de l\u2019islam.En Suède, par exemple, il est souvent tabou.Heureusement, chez nous il ne l\u2019est pas.» LEDEVOIR // LE MARDI 19 JUIN 2018 ACTUALITÉS A 4 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en lo-cation (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convict ions pol i t iques, la langue, l'origine ethni-que ou nationale, la condit ion sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE LES PETITES ANNONCES Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution 100$ ou 4 samedis consécutifs 100$ Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Le droit de critiquer CARICATURES SUITE DE LA PAGE A 1 Incertaines de la somme disponible pour les sorties culturelles pour la prochaine année scolaire, plusieurs directions d\u2019écoles ont opté pour l\u2019annulation de ces activités éducatives.NICOLAS HOANG VICKY FRAGASSO-MARQUIS LA PRESSE CANADIENNE De nombreuses écoles du Québec ont annulé des sorties culturelles en prévision de l\u2019année prochaine, dans la foulée d\u2019une directive du ministre de l\u2019Éducation qui exige la gratuité pour toute sortie ou activité culturelle offerte dans le cadre scolaire.« On est en train de \u201cscraper\u201d un début de génération ; l\u2019empreinte culturelle est très importante dans ces âges- là », a déploré en entrevue Jacques Pineau, président du Réseau indépendant des diffuseurs d\u2019événements artistiques unis (RIDEAU).Selon M.Pineau, plus de 5000 annulations \u2014 correspondant à 5000 élèves \u2014 ont été effectuées depuis quelques jours, et ce ne serait que le début.Dans un communiqué diffusé lundi après-midi, le RIDEAU et l\u2019association Théâtre Unis Enfance Jeunesse (TUEJ) dénoncent la confusion qui règne dans la directive ministérielle du ministre Sébastien Proulx, qui, selon eux, n\u2019est pas assez claire sur ce qui est gratuit ou non.Ils ajoutent que les commissions scolaires n\u2019ont parfois pas les moyens d\u2019offrir gratuitement ces sorties.La directive adoptée le 7 juin édicte que les élèves ont droit à la gratuité pour « les sorties et les activités éducatives organisées en application du régime pédagogique et du calendrier scolaire ».Les représentants du RIDEAU se désolent de l\u2019impact négatif de ces annulations sur les enfants, mais aussi sur le milieu culturel en général.« Ce sont des dizaines de compagnies de théâtre qui vont avoir des difficultés ÉDUCATION Gratuité : l\u2019annulation de sorties scolaires inquiète le milieu culturel financières et qui ne survivront peut- être pas», a déploré Julie-Anne Richard, directrice générale de RIDEAU.L\u2019attachée de presse du ministre Proulx a tenu à préciser que les sorties scolaires n\u2019étaient pas compromises par cette directive.« Elles vont se poursuivre, et les commissions scolaires ont les moyens de les offrir.Pour les sorties et activités culturelles, plus de 50 millions sont disponibles pour les écoles.Cette aide sera bonifiée pour la prochaine rentrée scolaire », a déclaré Marie B.Des- champs dans un courriel.« Il appartient aux commissions scolaires de respecter la loi sur l\u2019instruction publique en matière de frais pouvant être chargés aux parents.» Décision peut-être temporaire Caroline Lemieux, directrice des communications et des affaires publiques pour la Fédération des commissions scolaires du Québec, a expliqué que les commissions scolaires attendaient des fonds du gouvernement qui seront consacrés aux sorties scolaires.Puisque les commissions scolaires sont dans l\u2019attente, certaines d\u2019entre elles ont choisi d\u2019annuler ces activités pour l\u2019instant, mais il n\u2019est pas impossible que ces sorties soient de nouveau offertes aux élèves, selon Mme Lemieux.« C\u2019est sûr que tant qu\u2019on ne connaît pas les montants qui vont être alloués aux commissions scolaires pour les sorties culturelles, eh bien, oui, on est un peu en attente et certaines écoles et commissions scolaires ont fait le choix d\u2019annuler », a-t-elle indiqué.« On comprend très bien l\u2019inquiétude du milieu culturel », a-t-elle ajouté.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Après le Bureau de l\u2019inspecteur général, c\u2019est au tour de la vérificatrice générale de la Ville de Montréal d\u2019écorcher l\u2019organisation de la course de Formule E.Dans son rapport annuel déposé lundi au conseil municipal, Michèle Galipeau souligne que la Ville n\u2019a pas suivi ses propres règles en matière de gouvernance et que l\u2019administration Coderre n\u2019avait aucune vision des risques de ce projet.Le cadre de gouvernance dont la Ville s\u2019est dotée en 2010 prévoit notamment la préparation d\u2019un dossier d\u2019affaires, une définition des rôles et des responsabilités, un suivi financier et une reddition de comptes.Mais Michèle Galipeau note de nombreuses lacunes à cet égard.« Les rôles et les responsabilités n\u2019ont pas été définis adéquatement.Nous avons constaté que la coordination des interventions ainsi que les informations s\u2019y rattachant transitaient par le cabinet [du maire Coderre] », écrit-elle.« Aucun dossier d\u2019affaires comprenant notamment une description du projet, des enjeux, des risques et des coûts globaux n\u2019a été présenté aux instances.» Dans ce contexte, « l\u2019administration municipale n\u2019avait aucune vision globale des enjeux et des risques de ce projet d\u2019envergure », indique la vérificatrice générale.La Ville a dépensé 26 millions dans ce projet, calcule-t-elle.Quant aux billets pour la course, la vérificatrice générale précise que seulement 13 646 d\u2019entre eux ont été vendus, alors que les 34 730 autres ont été donnés.Rappelons qu\u2019en novembre 2017, à quatre jours des élections municipales, l\u2019organisateur de l\u2019événement, Montréal c\u2019est électrique (MCE), avait indiqué que 20 000 billets avaient été vendus.Michèle Galipeau précise même que « dès le lendemain de la présentation de l\u2019événement, la répartition entre le nombre de billets vendus et donnés était disponible et connue ».Pendant des mois pourtant, l\u2019ex- maire Coderre avait refusé de les dévoiler, s\u2019en remettant plutôt au promoteur Evenko.« L\u2019ancien maire était tellement obsédé par son idée qu\u2019il a décidé de garder les informations pour lui parce que ce n\u2019était pas à son avantage », a commenté la mairesse Valérie Plante.« On ne peut pas être un élu, de surcroît un maire, et mentir en disant qu\u2019on ne peut pas avoir les données alors qu\u2019elles étaient disponibles.» De son côté, le chef de l\u2019opposition Lionel Perez n\u2019a pas voulu commenter le dossier, indiquant ne pas avoir eu le temps de lire le rapport.Michèle Galipeau présentera son rapport annuel mardi lors d\u2019une séance plénière au conseil municipal.Formule E : la vérificatrice générale écorche à son tour Denis Coderre Ce sont des dizaines de compagnies de théâtre qui vont avoir des difficultés financières et qui ne survivront peut-être pas JULIE-ANNE RICHARD » « L\u2019administration municipale n\u2019avait aucune vision globale des enjeux et des risques de ce projet d\u2019envergure », indique Michèle Galipeau voulait simplement contester les autorités, notamment policières; c\u2019est ça qui a nourri le passage à l\u2019acte », a-t-il avancé.« Ce n\u2019est pas nécessairement une souffrance du même type que celle de M.Bissonnette.» La défense réclame une peine de 25 ans avec possibilité de réhabilitation.Alexandre Bissonnette a déjà plaidé coupable pour les six meurtres et les nombreux blessés graves qu\u2019il a faits en attaquant la mosquée de Québec le 29 janvier 2017.La défense dit ne rien minimiser Lundi, certains membres des familles des défunts étaient présents dans la salle, dont la veuve d\u2019Azzedine Soufiane et la fille du professeur Belkacemi.La salle était toutefois loin d\u2019être bondée, comme ce fut le cas lors des témoignages en avril dernier.Au début de sa plaidoirie, Me Gosselin a voulu souligner « la gravité des gestes » commis par son client.« Nos représentations n\u2019auront jamais l\u2019effet de minimiser les impacts autant sociaux parfois même politiques et sur les nombreuses victimes », a-t-il dit.« Si M.Bissonnette obtient une libération conditionnelle \u2014 peu importe le moment où il l\u2019obtient \u2014, il sera soumis pour le restant de ses jours à des conditions qui peuvent être très restrictives », a poursuivi l\u2019avocat.Dans 25 ans, Alexandre Bissonnette aura 53 ans.Ses avocats ont répété qu\u2019il pourrait alors être réhabilitable.« Tous les troubles de personnalité se traitent », a-t-on notamment fait valoir.La plupart des psychiatres qui ont évalué l\u2019homme de 28 ans s\u2019entendent pour dire qu\u2019il a un profil de « narcissique fragile».Me Gosselin a souligné à plusieurs reprises que M.Bissonnette était quelqu\u2019un qui souffrait beaucoup et qu\u2019il avait exprimé des regrets.Il a aussi invité le juge à ne pas trop tenir compte de la teneur raciste de son crime, facteur qui peut être aggravant au moment de déterminer la peine d\u2019un meurtrier.« Son crime n\u2019était pas motivé par des préjugés raciaux, mais ces préjugés ont aidé à le justifier », a- t-il expliqué.L\u2019avocat a aussi voulu mettre en avant l\u2019humanité de l\u2019accusé qui, contrairement à ce qu\u2019avaient affirmé des témoins, n\u2019était pas « professionnel » et « méthodique » lors de la tuerie.Son incapacité à défaire le cran de sûreté de son arme le démontre, a-t-il plaidé en ajoutant qu\u2019il avait eu besoin de l\u2019effet « désinhibant de l\u2019alcool » pour tuer.Alexandre Bissonnette n\u2019a pas visé les enfants, a-t-on aussi avancé.Lors des témoignages en avril, des témoins avaient souligné que des impacts de balles avaient été trouvés dans la vitrine au nord de la mosquée, dans un axe où se trouvaient des enfants.Or, Me Gosselin a fait valoir que ces balles avaient d\u2019abord ricoché à partir du sol.Il a également voulu minimiser l\u2019importance de l\u2019échange du tueur avec l\u2019intervenante Guylaine Cayouette, au cours duquel Bissonnette avait dit regretter de ne pas avoir tué plus de gens.Au juge qui a semblé à un certain moment sceptique, il a demandé de ne « pas écarter complètement les regrets, la honte qu\u2019il a exprimés de par l\u2019unique déclaration qu\u2019il a faite à Mme Cayouette dans les circonstances qui ont été décrites ».Les observations sur la peine se poursuivent mardi avec la conclusion de la plaidoirie de la défense et la présentation de celle de la Couronne.Le juge a réservé des plages horaires au dossier jusqu\u2019à jeudi.Sa décision sur la peine doit être rendue à l\u2019automne.LEDEVOIR // LE MARDI 19 JUIN 2018 ACTUALITÉS A 5 Des amis de Clément Ouimet ont tenu une randonnée silencieuse sur le mont Royal quelques jours après la mort du jeune cycliste en octobre dernier.JACQUES NADEAU LE DEVOIR AMÉLIE DAOUST-BOISVERT JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Jugeant que « la solution la plus adéquate pour assurer la sécurité des cyclistes et piétons » près de la voie Ca- millien-Houde, sur le mont Royal, « n\u2019est pas facile à trouver », le coroner chargé de l\u2019enquête sur la mort de Clément Ouimet, en octobre, ne tranche pas sur les solutions à mettre en place.Dans un rapport de cinq pages rendu public lundi, le coroner Jean Brochu confirme que le conducteur d\u2019un VUS a percuté le jeune cycliste, qui portait son casque, après avoir « subitement décidé d\u2019effectuer un virage en U ».« Le cycliste qui arrivait derrière n\u2019a pas eu le temps de freiner et de ralentir sa course de façon significative ».« On ignore si le conducteur du VUS a actionné son clignotant » ou « s\u2019il a vu le cycliste », ajoute le coroner.Le coroner montre du doigt la difficulté d\u2019accès au belvédère du mont Royal, non loin du lieu de l\u2019impact.Il est impossible pour un véhicule arrivant de l\u2019ouest de retourner dans cette direction, après un arrêt au belvédère, sans effectuer un demi-tour, manœuvre illégale.Il en est de même pour un véhicule arrivant de l\u2019est et dont le conducteur veut se rendre au belvédère.Accès au belvédère « Y aurait-il lieu de réaménager l\u2019accès au belvédère ?», demande le coroner, sans apporter de solution définitive.Si l\u2019accès devait être complètement fermé aux véhicules, le Dr Brochu propose l\u2019instauration d\u2019une navette pour transporter les visiteurs au parc du Mont-Royal.L\u2019administration Plante n\u2019exclut pas l\u2019idée de limiter l\u2019accès au belvédère aux cyclistes et aux piétons.« Tout est envisagé à ce stade-ci.C\u2019est pour ça qu\u2019on consulte », a expliqué Marianne Giguère, responsable du transport actif au comité exécutif.« Pourrait-on dédier une navette qui irait des stationnements du haut de la montagne jusqu\u2019au belvédère Camil- lien-Houde de façon régulière et sécuritaire ?C\u2019est une voie qui pourra certainement être envisagée.» À l\u2019heure actuelle, le belvédère est desservi en tout temps par des autobus de la STM.Ce service est aussi bonifié en période estivale.Un projet pilote interrompant la circulation automobile au sommet de la montagne pour une période de cinq mois est en cours.« Comme nous, le coroner constate qu\u2019il n\u2019y a pas de solution simple.[\u2026] C\u2019est pour ça qu\u2019il y a une grande consultation qui est en cours », a rappelé Mme Giguère.L\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville estime que, depuis son arrivée au pouvoir, l\u2019administration de Valérie Plante n\u2019a pas fait de geste concret pour mieux protéger les cyclistes sur la montagne.Le projet-pilote en cours pour interdire la circulation de transit sur la voie Ca- millien-Houde n\u2019apporte aucune solution aux préoccupations soulevées par le coroner, selon le chef de l\u2019opposition, Lionel Perez.« Ce même genre d\u2019accident pourrait avoir lieu encore une fois sur la même partie du mont Royal », a-t-il signalé.« Il y a moins d\u2019achalandage pendant le projet-pilote, mais il n\u2019y a aucune mesure qui a été prise pour améliorer le sort des cyclistes sur la partie où ils partagent encore la route avec les automobilistes.» MONTRÉAL Camillien-Houde : le coroner n\u2019a pas de solution à proposer MARCO FORTIER LE DEVOIR L\u2019excès de vitesse était « la seule option » pour rattraper un homme qui faisait l\u2019objet d\u2019une filature, a dit lundi le policier Patrick Ouellet, de la Sûreté du Québec (SQ), lors de son témoignage.Sa voiture banalisée a heurté de plein fouet un véhicule qui arrivait en sens inverse et qui a fait un virage vers la gauche, tuant un enfant de cinq ans qui se trouvait sur le siège arrière.Le policier âgé de 29 ans au moment du drame, en février 2014, a témoigné lundi à son procès pour conduite dangereuse ayant causé la mort.Le petit Nicholas Thorne-Belance, 5 ans, qui était assis dans un siège d\u2019appoint à l\u2019arrière du côté droit de la voiture, est mort quelques jours après la violente collision.La voiture banalisée du policier, une Toyota Camry noire, a roulé jusqu\u2019à 134 km/h dans une zone de 50 km/h avant la collision, a-t-on appris durant le procès, au palais de justice de Longueuil.Patrick Ouellet a expliqué que les conditions étaient « idéales » pour lui permettre de rattraper un collègue qui menait la filature d\u2019un homme soupçonné d\u2019abus de confiance et de corruption.La chaussée était sèche, la visibilité était bonne et il y avait peu de circulation sur le boulevard Gaétan-Boucher, à Saint-Hubert.Vers 7 h 50, à l\u2019angle de la rue Davis, un véhicule Kia gris arrivant en sens inverse s\u2019est avancé lentement pour faire un virage à gauche.Le policier, qui roulait à haute vitesse à environ 100 mètres de l\u2019intersection, a constaté que la voiture n\u2019aurait jamais le temps de traverser la rue.« Aussitôt que je l\u2019ai vu, j\u2019ai freiné.Je tiens le volant à deux mains pour éviter la collision.Il est arrivé devant moi directement dans ma voie.L\u2019impact arrive dans ma voie », a témoigné le policier d\u2019un ton calme.Il avait sept ans d\u2019expérience au moment du drame, dont un peu moins d\u2019un an comme agent de filatures.Exercer son jugement L\u2019agent Ouellet a appelé le 911 dans les secondes ayant suivi la collision.Il a constaté que l\u2019enfant se trouvait dans un état critique : « Je te confirme que c\u2019est plus compliqué que ça, il y a un enfant qui va être mort en arrière, d\u2019après moi », dit-il à la personne qui prend l\u2019appel d\u2019urgence.Le policier venait de percuter la voiture d\u2019un père de famille qui conduisait ses enfants à l\u2019école et à la garderie.La poursuite tente de démontrer que le policier a agi d\u2019une manière déraisonnable, qui mettait en péril la sécurité de la population, en roulant à une aussi grande vitesse en pleine heure de pointe du matin.L\u2019homme qui faisait l\u2019objet de la filature avait un comportement prévisible, et le supérieur de Patrick Ouellet me- PROCÈS L\u2019excès de vitesse était « la seule option », selon le policier Ouellet La défense met en avant « l\u2019humanité » de Bissonnette ATTENTAT SUITE DE LA PAGE A 1 nait déjà la filature, seul, un peu plus loin à l\u2019avant, a souligné la procureure de la Couronne.L\u2019agent Ouellet a expliqué qu\u2019en pareille situation, les policiers ont l\u2019ordre de rattraper la filature « le plus rapidement possible » pour éviter de faire échouer l\u2019opération.« La vitesse était la seule option [pour rattraper le suspect].À 80 km/h, je n\u2019aurais jamais rattrapé le sujet », a expliqué le policier.« On nous demande de respecter le CSR [Code de la sécurité routière] dans la mesure du possible », mais de telles missions nécessitent généralement des excès de vitesse, a-t-il précisé.Le policier doit constamment exercer son jugement pour éviter de mettre en danger la population, selon lui.Une politique interne de la SQ prévoit que les agents responsables d\u2019une filature peuvent contrevenir au CSR lors de situations urgentes.Le policier Ouellet a indiqué qu\u2019il n\u2019a jamais pris connaissance de cette politique lors de sa formation.La filature n\u2019était pas « urgente », mais néanmoins « pressante », a-t-il précisé.Le procès de Patrick Ouellet doit se poursuivre mercredi avec les plaidoiries de la poursuite et de la défense.Le juge devra déterminer si le policier a agi selon les règles de conduite de la profession, s\u2019il a agi de façon dangereuse et si sa conduite a causé la mort de l\u2019enfant.Je te confirme que c\u2019est plus compliqué que ça, il y a un enfant qui va être mort en arrière, d\u2019après moi PATRICK OUELLET » Le coroner Jean Brochu montre du doigt la difficulté d\u2019accès au belvédère du mont Royal, non loin du lieu de l\u2019impact Alexandre Bissonnette MATHIEU BÉLANGER LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LE MARDI 19 JUIN 2018 ÉDITORIAL A 6 LE DEVOIR // FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Luce Julien Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Vice-président des ventes publicitaires Mark Drouin Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Directrice de l\u2019information Marie-Andrée Chouinard Directeur de l\u2019information numérique Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet e président américain, Donald Trump, s\u2019enfonce une fois de plus dans les bas-fonds de la bigoterie et du ressentiment avec sa politique migratoire.Voilà qu\u2019il prend maintenant des enfants en otage dans le vain espoir d\u2019arracher aux démocrates des concessions sur la construction d\u2019un mur entre les États-Unis et le Mexique.En l\u2019espace de six semaines, près de 2000 enfants ont été arrachés à leurs parents après avoir tenté de franchir illégalement la frontière entre le Mexique et les États-Unis.Obnubilé par l\u2019immigration illégale, le gouvernement Trump a décidé de poursuivre en justice les migrants qui tentent de s\u2019infiltrer aux États- Unis, qu\u2019ils soient accompagnés ou non d\u2019enfants.En raison de décisions rendues par les tribunaux, les enfants ne peuvent pas être envoyés dans des prisons avec leurs parents.Il ne reste donc plus, dans cette logique tordue, qu\u2019à les séparer.Le procureur général, Jeff Sessions, cite la Bible en appui de cette politique de tolérance zéro proprement répugnante.Comble du dégoût, les versets choisis (Romains, 13) sont les mêmes qui furent évoqués jadis pour justifier l\u2019esclavage des Noirs aux États-Unis.Aucun gouvernement n\u2019échappe aux problèmes engendrés par l\u2019immigration illégale.Le gouvernement Obama avait essuyé aussi des critiques pour avoir fait un recours accru à des camps de détention à la frontière.Jamais les démocrates n\u2019ont envisagé une seule seconde de séparer des enfants de leurs parents.Les démocrates avaient multiplié les visites et les messages de prévention dans les pays d\u2019Amérique latine, dans l\u2019espoir de dissuader les migrants d\u2019entreprendre un long périple qui se solderait inéluctablement par leur arrestation à la frontière, mais rien n\u2019y fit.En matière d\u2019immigration illégale, les politiques de tolérance zéro et leur message de dissuasion générale génèrent de bien modestes résultats.Le message est trop diffus à l\u2019échelle d\u2019un continent, au point qu\u2019il en devient inaudible.Et il ne décourage aucunement des centaines de milliers de gens qui fuient leur pays en quête d\u2019un meilleur avenir.Bien qu\u2019il soit utopique d\u2019envisager un monde sans frontières auquel nous convie une certaine gauche, il est du devoir des pays occidentaux, dits « civilisés », d\u2019offrir aux enfants les protections qui leur reviennent en raison de leur grande vulnérabilité, et de traiter les migrants dans le respect de leur dignité et des conventions internationales.À l\u2019exception de quelques fidèles au sein du gouvernement Trump, cette décision a suscité une réprobation générale, aussi bien chez les démocrates que les républicains.L\u2019ancienne première dame Laura Bush a dénoncé une politique immorale, qui n\u2019est pas sans lui rappeler les camps d\u2019internement des ressortissants japonais durant la Seconde Guerre mondiale.Le secrétaire général de l\u2019ONU, António Guterres, et le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l\u2019homme, Zeid Ra\u2019ad Al Hussein, ont aussi déploré ces pratiques cruelles et inadmissibles qui laisseront des enfants traumatisés.Et Donald Trump ?Il a fait de lui-même une mauvaise caricature de Frank Underwood.Il a rejeté la responsabilité de ce fiasco « horrible » sur les démocrates, en leur reprochant leur blocage sur la réforme des politiques migratoires.Dans les faits, il suffirait d\u2019une directive du président pour que le procureur général mette un terme à cette expérience indigne d\u2019un pays démocratique.Le président Trump se sert des enfants comme un instrument de négociation avec les représentants et les sénateurs qui s\u2019opposent à sa réforme plus large des politiques migratoires.Faut-il s\u2019en surprendre ?C\u2019est le même homme qui pourfend ses alliés occidentaux \u2014 le Canada, l\u2019Allemagne, la Corée du Sud et autres \u2014 pour mieux saluer la fermeté d\u2019un despote philippin ou d\u2019un dictateur nord-coréen.Cette fois, il ne s\u2019attaque pas au multilatéralisme, mais à l\u2019héritage des droits universels.Son legs sera marqué par l\u2019indignité.CLAUDE ARSENAULT RÉSIDENT DE POINTE-CLAIRE ET CITOYEN ENGAGÉ Le village de Pointe-Claire, riche d\u2019une histoire qui remonte à plus de 300 ans, représente l\u2019un des plus beaux exemples de l\u2019évolution d\u2019un territoire depuis la Nouvelle-France, pour le Québec et le Canada.La ville de Pointe-Claire arbore fièrement comme emblème son moulin de 1710, faisant croire ainsi qu\u2019elle a à cœur son patrimoine, mais qu\u2019en est-il vraiment?Depuis mon enfance, que j\u2019ai passée ici même dans le village de Pointe-Claire, j\u2019ai pu voir une vingtaine de bâtiments historiques démolis.C\u2019est entre autres pour cette raison qu\u2019en l\u2019an 2000, j\u2019ai fondé avec d\u2019autres citoyens la Société pour la Sauvegarde du Patrimoine de Pointe-Claire (SSPPC).Le travail acharné et bénévole des dix- huit dernières années aura permis d\u2019accomplir plusieurs choses importantes.Je songe tout d\u2019abord à la préservation de plusieurs éléments essentiels de notre patrimoine, notamment de l\u2019intégrité architecturale de la pointe claire par l\u2019évitement de la construction de la salle paroissiale en 2005, de même qu\u2019à la sensibilisation de la Ville à la création du site patrimonial de la pointe claire en 2013 et à l\u2019arrêt de la vente du couvent pour le transformer en appartements en 2017.Récemment, nous avons appris que la démolition de l\u2019Hôtel Pointe- Claire/le Pionnier, bâtiment fiché d\u2019intérêt patrimonial, était envisagée.Dans l\u2019inventaire des bâtiments d\u2019intérêt patrimonial de la Ville de Pointe-Claire, ce bâtiment est considéré comme important du point de vue historique, même si d\u2019importantes modifications ont altéré son intégrité, et il est précisé qu\u2019il devrait être conservé en raison de son bon potentiel de mise en valeur et être restauré comme sur les photos anciennes.Lors de la période de questions à la réunion du conseil municipal du 5 juin dernier, des citoyens préoccupés par la situation se sont adressés au maire.Ce dernier leur a répondu qu\u2019il n\u2019avait pas le pouvoir de discuter d\u2019un projet non encore soumis au comité de démolition et que le bâtiment était de toute manière dans un piètre état, voire irrécupérable et que la Ville n\u2019était pas en position de sauver ce bâtiment.Cependant, nous avons appris qu\u2019un promoteur avait rencontré le maire concernant un projet de construction immobilier et d\u2019espace commercial dans le village, se trouvant sur l\u2019emplacement du bâtiment patrimonial de l\u2019Hôtel Pointe-Claire/le Pionnier.Le promoteur a déclaré à CTV le 4 juin qu\u2019il avait une entente avec la Ville pour l\u2019acquisition du stationnement appartenant à la Ville, adjacent au Pionnier, pour construire des appartements.Nous présumons donc que le projet a reçu l\u2019aval des plus hautes instances de la Ville.Ainsi, le maire, qui a fait campagne sur l\u2019importance d\u2019une gestion de transparence avec comme slogan « Citizens First » et était « not a condo man » lors de sa campagne électorale l\u2019année dernière, semblerait plutôt en faveur de l\u2019im- Le Tanguy canadien Le phénomène Tanguy décrit la situation de jeunes adultes qui refusent de quitter le giron familial, considérant que les avantages d\u2019y rester minimisent les inconvénients de le quitter.Appliqué au peuple québécois, ce réflexe de vouloir demeurer canadien, tout en niant une partie de son identité reliée à sa différence et à son histoire, est en train de se concrétiser dans le choix électoral à venir.Comme l\u2019affirmait récemment Michel David, le Québec est en phase de passer à côté du véritable changement qui résulterait de la mutation de son état de province à celui de pays.Dans le contexte actuel, les électeurs avides de « nouveautés » bombent le torse pour appuyer une CAQ qui propose des changements cosmétiques en présentant de nouveaux visages qui joueront la même pièce que celle du gouvernement précédent.Denys Arcand, dans son film Le confort et l\u2019indifférence, présentait déjà une population plus consommatrice que citoyenne [\u2026], craignant de perdre un confort matériel qui l\u2019emprisonne dans le déni.Pourtant, l\u2019histoire québécoise fut faite de résistance et d\u2019affirmation pour le maintien d\u2019une identité autour d\u2019une langue française et d\u2019institutions qui lui sont propres.De porteurs d\u2019eau à celui de porteurs de culture, la société québécoise a su maintenir ses assises et inventer des avenues prometteuses d\u2019avenir dans tous les domaines de son développement [.].Oui, le véritable changement n\u2019est pas dans le camp fédéraliste qui nous propose le statu quo avec ses confrontations, ses délais interminables, ses compromissions et la marginalisation des idéaux québécois.Offrons-nous le confort d\u2019être chez nous dans un pays qui sera à l\u2019image de notre différence, et où tous les Tanguy hésitants oseront tenter l\u2019aventure de leur libération.Marcel Perron Neuville, le 18 juin 2018 qui est le chien de garde pour la protection du patrimoine.Force est d\u2019admettre que l\u2019avenir du patrimoine à Pointe-Claire est loin d\u2019être assuré.C\u2019est le constat que je fais, en lien avec les élus et l\u2019administration en place à la Ville de Pointe-Claire et avec les épreuves que la SSPPC a dû traverser, au fil des années.Il importe d\u2019être partie prenante dans ce combat qui peut mener au début de la fin pour notre village ou au début d\u2019une nouvelle ère de respect et de mise en valeur de sa richesse patrimoniale pour les générations à venir.Les dix-huit dernières années m\u2019ont enseigné que le seul moyen de préserver notre patrimoine et de faire bouger les choses est l\u2019implication des citoyens.Il est temps d\u2019agir, car il est minuit moins une pour notre patrimoine.Il faut que tous les gens qui ont à cœur le village de Pointe-Claire s\u2019impliquent dans ce combat et expriment auprès du maire et des élus municipaux leur volonté de préserver le patrimoine de Pointe-Claire pour les générations futures.plantation de copropriétés maintenant dans le Village.Qu\u2019en est-il de la transparence et du « Citizens First », seulement des slogans ?Comment la Ville peut-elle prétendre défendre son patrimoine si elle permet la démolition de ce bâtiment patrimonial ?Est-ce seulement l\u2019argent qui va décider de l\u2019avenir de ce bâtiment et de tout un village ?Début de la fin Si la démolition de l\u2019Hôtel Pointe- Claire, bâtiment d\u2019intérêt patrimonial construit en 1900-1901, va de l\u2019avant, ce sera le début de la fin, car ce projet tracera la voie pour d\u2019autres projets similaires.Le 11 juin 2018, j\u2019ai remis ma démission du poste de président et de membre du conseil d\u2019administration de la SSPPC.J\u2019ai pris cette décision afin de pouvoir m\u2019exprimer ouvertement et librement, sans craindre que les ripostes de la Ville de Pointe-Claire à la suite de mes déclarations, comme par le passé, se répercutent de manière négative sur le travail de la SSPPC, Le début de la fin du village de Pointe-Claire ?LIBRE OPINION LETTRES IMMIGRATION Trump prend des enfants en otage L fondé de son option.Dans un entretien accordé à La Presse canadienne, le député n\u2019y va pas de main morte avec l\u2019inertie du PQ eu égard à la promotion de l\u2019indépendance, s\u2019étonnant notamment du fait que le PQ n\u2019a produit aucun document «substantiel» décrivant les avantages de l\u2019accession du Québec au statut de pays depuis l\u2019échec référendaire de 1995.M.Gendron n\u2019est pas tendre non plus envers ceux et celles qui fomentent à répétition des querelles à l\u2019intérieur d\u2019un mouvement sou- verainiste [.].À ce sujet, questionné pour savoir s\u2019il partage le constat de l\u2019ex-chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, qui soutenait, au moment de sa démission, que le mouvement souverainiste était «malade», M.Gendron n\u2019a que de bons mots pour la députée, une femme «de conviction», «authentique», qui «porte la cause» souverainiste.Enfin, aux yeux de M.Gendron, il faut reprendre le bâton du pèlerin et clamer clairement et ouvertement aux citoyens ce qu\u2019ils ont à gagner à transformer le Québec en pays.Il faut ranger dans le placard les méandres tortueux des stratégies partisanes et revenir à la base du militantisme, à savoir «sortir, parler, convaincre».Henri Marineau Québec, le 18 juin 2018 La parole à François Gendron Au terme d\u2019une carrière de 42 ans, le député de 73 ans François Gendron, élu pour la première fois en 1976 avec l\u2019équipe de René Lé- vesque, porte un jugement très sévère sur le Parti québécois (PQ), créé avec l\u2019objectif de faire du Québec un pays, mais qui s\u2019est montré inapte à faire la démonstration aux citoyens du bien- BRIAN MYLES LEDEVOIR // LE MARDI 19 JUIN 2018 A 7 IDÉES NICOLAS BOURDON PROFESSEUR AU COLLÈGE DE BOIS-DE-BOULOGNE Les cégeps ne sont soumis à aucune norme nationale en matière de langue d\u2019enseignement.Ils se sont pour la plupart dotés d\u2019une politique de valorisation de la langue française, mais celle- ci peut être facilement abrogée par la direction d\u2019un établissement.Le cégep de Sainte-Foy a ainsi modifié, en juin 2017, sa politique de valorisation de la langue française : le français n\u2019est désormais plus la seule langue d\u2019enseignement, mais bien la langue « prépondérante ».Ce changement permet à l\u2019établissement de créer deux nouveaux DEC où, cette fois, c\u2019est l\u2019anglais qui tient une place importante\u2026 La popularité des programmes bilingues au collégial continue de s\u2019accroître avec la signature d\u2019une entente en gestion de commerce entre le cégep de Limoilou et le cégep Saint-Lawrence en janvier 2018.D\u2019autre part, des DEC bilingues sont déjà solidement implantés dans les collèges privés : les collèges Mérici, O\u2019Sullivan (Montréal et Québec), LaSalle, Sainte-Anne et Laflèche en offrent.De plus, des partenariats de DEC bilingues existent en tourisme entre le cégep de Limoilou et le cégep St- Lawrence, en sciences de la nature et sciences humaines entre Saint-Laurent et Vanier.Les DEC bilingues sont vantés par les directions collégiales comme le moyen de «devenir bilingue».Il faut détruire le mythe véhiculé par cette vision: les étudiants qui s\u2019engagent dans un parcours bilingue au cégep sont, pour la très grande majorité, déjà bilingues.Rappelons que l\u2019anglais est une matière obligatoire à partir de la première année du primaire et qu\u2019au secondaire les élèves sont exposés à au moins 100 heures d\u2019anglais chaque année pour un total d\u2019au moins 500 heures à la fin des cinq années.Ajoutons à cette exposition déjà grande à la langue de Shakespeare, le fait que certaines écoles primaires offrent l\u2019anglais intensif en sixième année du primaire et on obtient un total considérable de 1200 heures d\u2019anglais, selon le chroniqueur Mario Asselin.Enfin, au collégial, la réforme Robillard de 1993 a imposé deux cours d\u2019anglais nécessaires à l\u2019obtention d\u2019un DEC.En analysant les chiffres de Statistique Canada, le mathématicien Charles Castonguay notait que « [\u2026] parmi les 20-29 ans au Québec en 2011, 78 % des anglophones se déclaraient bilingues, comparé à 57 % des francophones.Dans la région de Montréal, l\u2019écart se rétrécit encore plus, à 80 % et 70 % respectivement.Dans l\u2019île, c\u2019est 78 % et 79 % ».Dans ce contexte, on comprend que l\u2019augmentation de l\u2019offre de La démission des cégeps francophones devant l\u2019anglais cours en anglais dans les cégeps répond davantage aux besoins d\u2019étudiants qui désirent faire leurs études collégiales en anglais plutôt qu\u2019à un désir légitime de maîtriser la langue de Shakespeare.En vérité, cette course à l\u2019anglicisa- tion des cégeps francophones n\u2019est pas le fruit d\u2019une réflexion collective éclairée sur l\u2019offre de cours en anglais et le niveau de bilinguisme des jeunes Québécois.Le taux de bilinguisme n\u2019a jamais été aussi élevé au Québec et il continue de croître : on ne peut donc pas prétendre sans rire que les étudiants francophones et allophones ne sont pas exposés à l\u2019anglais et qu\u2019ils ne l\u2019apprennent pas ! Les directions des cégeps francophones, particulièrement sur l\u2019île de Montréal, sont tout simplement paniquées.Leurs murs sont vides, alors que les murs des cé- geps anglophones débordent.Démission Plutôt que de respecter leur âme francophone, ils se transforment et s\u2019anglicisent pour attirer plus d\u2019étudiants.Bref, ils démissionnent.On n\u2019a entendu aucun cégep francophone militer pour le respect des devis (nombre limite d\u2019étudiants imposés à chaque cégep), que les cégeps anglophones dépassent outrageusement, ou pour l\u2019imposition de la loi 101 au cégep, solution qui apporterait pourtant une solution durable à la baisse d\u2019effectifs à laquelle ils font face.Aucun regroupement de cégeps francophones n\u2019a eu lieu pour juguler la crise.Personne ne s\u2019est levé pour dire : « Nous devons trouver des solutions ensemble et ces solutions doivent être globales et bénéfiques pour tous les cé- geps francophones du réseau.» Le « réseau » collégial n\u2019a de réseau que le nom.Les cégeps sont plutôt des entités autonomes qu\u2019aucun lien de solidarité ne réunit.Les cégeps francophones, en particulier, se livrent une concurrence féroce, et les DEC bilingues sont au cœur de cette compétition : c\u2019est à qui sera le plus bilingue, le plus rapidement.Quant à Hélène David, ministre de l\u2019Éducation supérieure, fidèle aux mantras néo-libéraux du laisser-faire et de l\u2019individualisme qui caractérisent sa formation politique, elle n\u2019impose aucune balise aux DEC bilingues et elle ne fait que répéter que les cégeps ont toute la latitude voulue pour en créer.Il y a cinquante ans, la création des cé- geps a permis à des milliers de francophones d\u2019accéder à l\u2019éducation supérieure: les cégeps ont joué un rôle libérateur à cette époque.En revanche, en anglicisant toujours davantage leur offre de cours au détriment du français et en présentant cette anglicisation comme si elle était la plus belle invention après la roue, les cégeps francophones, loin d\u2019être les vecteurs «d\u2019ouverture et de diversité» qu\u2019ils se targuent d\u2019être, rétrécissent l\u2019horizon des étudiants québécois et participent plutôt au mouvement général de standardisation culturelle par l\u2019anglais auquel le Québec se doit de faire face impérativement.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un texte paru dans la revue L\u2019Action nationale, mai 2018, volume CVIII, no 5.Le « réseau » collégial n\u2019a de réseau que le nom.Les cégeps sont plutôt des entités autonomes qu\u2019aucun lien de solidarité ne réunit.MAXIME PELLETIER CANDIDAT AU DOCTORAT EN SCIENCE POLITIQUE À L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL RODOLPHE PARENT CANDIDAT À LA MAÎTRISE EN SCIENCE POLITIQUE À L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Dans un vote à l\u2019Assemblée nationale, les députés libéraux ont rejeté le rapport de la Commissaire à l\u2019éthique et à la déontologie blâmant le député Pierre Paradis pour son utilisation des allocations de logement.Ce faisant, ils lui ont évité de payer l\u2019amende que recommandait la Commissaire.Lorsque vient le temps de juger si l\u2019un de leurs collègues a commis une faute éthique, ce sont donc les députés eux-mêmes qui ont le dernier mot.Résumons d\u2019abord les faits.Dans un rapport déposé à l\u2019Assemblée nationale, la Commissaire à l\u2019éthique blâme Pierre Paradis pour une utilisation fautive de ses allocations de logement et recommande de lui imposer une pénalité de 24 443 $.Les députés libéraux expliquent avoir en main un avis juridique externe affirmant au contraire que les actes de Pierre Paradis ne contrevenaient pas au code de déontologie, et ils votent contre le rapport.Ce dernier devant être entériné aux deux tiers des voix et les libéraux ayant une majorité à l\u2019Assemblée nationale, le rapport est rejeté.La Commissaire, sentant son institution entière attaquée, diffuse un communiqué dans lequel elle dénonce le dangereux précédent créé par ce rejet.En réponse, Pierre Paradis met en demeure la Commissaire et lui demande de se rétracter, expliquant que le vote en Chambre démontre qu\u2019il n\u2019a rien à se reprocher.Comment en est-on arrivé là ?Lorsque les scandales en lien avec l\u2019éthique font la manchette, la pression est forte sur les politiciens pour que ceux-ci créent des chiens de garde en matière d\u2019éthique.C\u2019est ce que les libéraux ont fait en 2010 en adoptant un code d\u2019éthique en pleine crise ayant mené à la création de la commission Charbonneau.Cependant, ces organismes manquent souvent de moyens afin de faire appliquer les règles.C\u2019est ce qui s\u2019est passé lors de l\u2019adoption du Code d\u2019éthique et de déontologie : ce dernier prévoit que les sanctions pour infractions au code d\u2019éthique ne s\u2019appliquent que si elles sont entérinées par un vote aux deux tiers de l\u2019Assemblée nationale.En adoptant ce code, les élus ont donné l\u2019impression d\u2019agir en matière d\u2019éthique tout en conservant le pouvoir ultime de s\u2019autoréguler sur cette question.Conflits d\u2019intérêts et partisanerie Le vote en Chambre pour décider des sanctions à imposer à son ou sa collègue est problématique pour au moins deux raisons.D\u2019abord, il est évident que permettre aux députés de voter sur les recommandations du Commissaire à l\u2019éthique pose un énorme problème de conflits d\u2019intérêts.Les politiciens ne sont pas différents des autres groupes de la société et ont une tendance naturelle à protéger les intérêts de leur groupe.Cette propension à la protection des membres d\u2019un même groupe professionnel a été observée amplement chez les ingénieurs et les policiers au cours des dernières années.De la même manière que nous avons décidé récemment de créer un Bureau des enquêtes indépendantes pour enquêter sur les faux pas chez les policiers, nous devrions retirer aux politiciens le privilège de juger les manquements de leurs collègues.Le second problème avec le système actuel est qu\u2019il permet à la partisane- rie de s\u2019immiscer dans les débats éthiques.Étant donné la présence d\u2019une ligne de parti très stricte dans notre système politique, il faut s\u2019attendre à ce que les votes concernant les questions d\u2019éthique suivent les fractures partisanes.On l\u2019a d\u2019ailleurs vu cette semaine alors que les deux partis d\u2019opposition ont appuyé le rapport de la Commissaire, tandis que les députés du Parti libéral du Québec s\u2019y sont opposés en bloc.À long terme, cette politisation a des conséquences néfastes.Lorsque les enjeux éthiques deviennent politisés, élus et citoyens ont tendance à percevoir les blâmes éthiques envers des membres de leur parti comme des attaques partisanes, et donc à les balayer du revers de la main.Or, les questions d\u2019éthique devraient au contraire traverser les lignes partisanes et s\u2019élever au-dessus de celles-ci.Tant que les élus auront la possibilité de se prononcer sur les sanctions à adopter, une telle élévation sera improbable.Une situation à corriger La mise en demeure qu\u2019a fait parvenir Pierre Paradis à la Commissaire à la déontologie et à l\u2019éthique illustre bien l\u2019incongruité de la situation.« Votre Laissons la Commissaire juger des questions d\u2019éthique Les députés libéraux ont rejeté le rapport de la Commissaire \u2014 et ont exempté Pierre Paradis de payer l\u2019amende \u2014 sur la base d\u2019un avis juridique commandé par le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE rapport n\u2019a pas été adopté et [\u2026] par conséquent il n\u2019est pas possible d\u2019affirmer que j\u2019ai commis un quelconque manquement », y clame M.Paradis.Ainsi, selon cette logique, le fait que ses anciens collègues du PLQ aient refusé d\u2019entériner le rapport signifie que les conclusions de la Commissaire n\u2019ont aucune importance en soi.En mettant ainsi en opposition l\u2019interprétation de la Commissaire par rapport au jugement de ses pairs, Pierre Paradis mine la crédibilité et la confiance dont la Commissaire a besoin afin de s\u2019acquitter adéquatement de sa tâche.Chers députés et députées, l\u2019objectif avoué du Code de déontologie était de restaurer la confiance du public envers vous.Or, rien n\u2019encourage davantage le cynisme que de voir des élus se protéger entre eux lorsqu\u2019ils commettent une faute éthique.Il est temps de tirer des leçons de cet épisode peu reluisant.Rendez la Commissaire réellement indépendante en modifiant la Loi afin que ses rapports n\u2019aient plus besoin de votre assentiment pour être contraignants.Si la confiance du public vous tient réellement à cœur, la situation actuelle ne peut pas durer.Votre rapport n\u2019a pas été adopté et [\u2026] par conséquent il n\u2019est pas possible d\u2019affirmer que j\u2019ai commis un quelconque manquement PIERRE PARADIS » ACTUALITÉS A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com LEDEVOIR // LE MARDI 19 JUIN 2018 MARLOWE HOOD À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE Passer des jours et des nuits sur sa console, et oublier de manger ou de dormir\u2026 La dépendance aux jeux vidéo a été reconnue lundi comme une maladie à part entière par l\u2019Organisation mondiale de la santé, permettant aux joueurs compulsifs de bénéficier de soins.«Après avoir consulté des experts dans le monde entier, et avoir examiné la littérature de manière exhaustive, nous avons décidé que ce trouble devait être ajouté», a déclaré le directeur du département de la Santé mentale et des toxicomanies de l\u2019OMS, Shekhar Saxena.Le « trouble du jeu vidéo » a donc intégré la 11e version de la Classification internationale des maladies (CIM, en anglais ICD), première mise à jour globale de cette nomenclature depuis le début des années 1990.L\u2019OMS avait publié dès janvier une définition de ce trouble, en annonçant son projet de reconnaître cette maladie.Ce trouble est, selon elle, « un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d\u2019autres centres d\u2019intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables ».Pour établir le diagnostic, ce comportement extrême doit avoir des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles », et « en principe, se manifester clairement sur une période d\u2019au moins 12 mois ».Ces joueurs compulsifs sont incapables de se détacher de leur ordinateur, appareil mobile ou console de jeu, au point d\u2019abandonner toute vie sociale et de mettre en danger leur santé.Certains en sont même morts d\u2019épuisement, faute d\u2019avoir fait des pauses.Les scientifiques divisés Quelque 2,5 milliards de personnes dans le monde jouent aujourd\u2019hui aux jeux vidéo.Mais le trouble ne touche qu\u2019une « petite minorité », a souligné le responsable de l\u2019OMS, ajoutant: «Nous ne disons pas que toute habitude de jouer aux jeux vidéo est pathologique.» Depuis Pong en 1972 jusqu\u2019à Fortnite ou FIFA 18, le jeu vidéo a connu une croissance fulgurante.Le chiffre d\u2019affaires de l\u2019industrie a atteint 108 milliards de dollars en 2017, le double de celui du cinéma en salles, d\u2019après le cabinet spécialisé Superdata.La communauté scientifique est divisée sur l\u2019existence ou non de ce « trouble du jeu vidéo ».Dans une étude publiée cette année sur le site Internet de la Société pour l\u2019amélioration des sciences de la psychologie (États-Unis), 36 chercheurs ont jugé les preuves insuffisantes.«Sachant l\u2019importance de la nomenclature des diagnostics et son incidence plus large sur la société, nous exhortons nos collègues de l\u2019OMS à se ranger à la prudence pour le moment et à retarder la formalisation», écrivaient-ils.Sans surprise, l\u2019industrie du jeu vidéo est également contre.« Le processus de l\u2019OMS pèche par son opacité, a de graves défauts, et manque de fondement scientifique », affirmait dans un communiqué en mars le directeur général de l\u2019Entertainment Software Association, Michael Gallagher.La dépendance aux jeux vidéo reconnue comme une maladie Selon l\u2019OMS, les joueurs compulsifs sont incapables de se détacher de leur ordinateur, appareil mobile ou console de jeu, au point d\u2019abandonner toute vie sociale et de mettre en danger leur santé.KAMIL ZIHNIOGLU ASSOCIATED PRESS A ctuellement, il n\u2019existe pas d\u2019offre élargie de services pour soigner la cyberdé- pendance au Québec.« Les régions y vont selon les demandes.Il est parfois difficile d\u2019accéder aux ressources et il manque d\u2019information », résume le coordonnateur des services professionnels au Grand chemin, Miguel Thé- riault.Ce centre d\u2019hébergement traite environ 250 cyberdépendants chaque année, majoritairement des adolescents.Une plus grande connaissance du problème permet d\u2019espérer de meilleurs services, avance-t-il.« Ça ne changera pas du jour au lendemain, mais ça nous dirige vers un ordre de service mieux structuré, dont l\u2019ensemble des Québécois pourrait bénéficier », dit-il.Ce souhait est partagé par plusieurs intervenants, dont le président de la Fédération québécoise des sports électroniques, Patrick Pigeon.La dépendance aux jeux vidéo est dans le collimateur de la fédération depuis sa fondation, il y a deux ans, précise-t-il.Elle préoccupe également la joueuse professionnelle, réputée mondialement pour ses exploits virtuels, Stéphanie Harvey.« Présentement, c\u2019est une réalité très difficile à quantifier et à définir, constate la porte-parole de DreamHack Canada, le plus grand festival de gamersau pays.En rendant le sujet \u201cofficiel\u201d, on aura de meilleures ressources pour comprendre et aider.» Même son de cloche chez le président de la campagne électorale du Parti libéral du Québec, Alexandre Taillefer, qui a fait de l\u2019accès aux soins de santé mentale son cheval de bataille depuis que son fils Thomas, qui souffrait de cyberdépendance, s\u2019est enlevé la vie en 2015.Selon lui, il s\u2019agit d\u2019une occasion en or pour les parents d\u2019établir un dialogue avec leurs jeunes.« On ne se réjouit jamais quand il y un problème de santé », souligne pour sa part le chercheur à la Direction de la santé publique de Montréal, Jean-François Biron.Néanmoins, lui aussi applaudit la reconnaissance de cet enjeu, qui permettra selon lui de mieux le définir et le comprendre.La présidente de l\u2019Ordre des psychologues du Québec, Christine Grou, abonde dans le même sens.Selon elle, la classification de l\u2019OMS pourrait faire de la dépendance aux jeux vidéo un véritable enjeu de santé publique.Mince ligne L\u2019OMS définit le trouble du jeu vidéo comme un « comportement [\u2026] qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d\u2019autres centres d\u2019intérêt et activités quotidiennes ».Comme pour toute forme de dépendance, la ligne est mince entre l\u2019usage récréatif et maladif, entre la passion et la maladie.M.Thériault observe chez les jeunes soignés au Grand chemin les mêmes symptômes de sevrage que pour d\u2019autres formes de dépendance.« On voit énormément d\u2019obsession, d\u2019angoisse et de stress.» « C\u2019est très complexe de tracer une ligne, surtout au niveau des sports électroniques, qui demandent beaucoup de temps, les joueurs professionnels s\u2019entraînant plusieurs heures par semaine.En ayant une reconnaissance officielle, ça va être plus facile d\u2019identifier qui est vraiment à risque », estime M.Pigeon.Le jeu vidéo est un puissant moyen d\u2019évasion, note-t-il.« N\u2019importe quel jeu fait une coupure avec la réalité.» Lui-même a déjà consacré une quarantaine d\u2019heures par semaine à la pratique du jeu vidéo tout en occupant un emploi à temps plein.Mais il n\u2019est pas devenu ac- cro pour autant.«C\u2019est une passion, mais je me contrôlais», explique-t-il.En 20 ans de gaming, il a toutefois vu certains de ses proches basculer dans la dépendance.« J\u2019ai des amis qui ont tout perdu à cause du jeu », assure-t-il.Stéphanie Harvey insiste sur l\u2019importance de maintenir un équilibre, tant « dans le jeu qu\u2019en dehors du jeu ».La dépendance aux jeux vidéo ne concerne « qu\u2019une petite minorité » des joueurs, a souligné l\u2019OMS lundi.Le phénomène étant récent, il n\u2019est pas encore documenté au Québec, mais on estime qu\u2019il touche moins de 3 % des gamers dans le monde.Néanmoins, si l\u2019organisation a ajouté le trouble du jeu vidéo à son classement, « c\u2019est parce qu\u2019une croissance de la problématique a été portée à l\u2019attention des experts », fait valoir Christine Grou.Ceci n\u2019est pas une raison pour stigmatiser les joueurs, prévient-elle.« Il ne faudrait pas sombrer dans un contexte où chaque fois [qu\u2019un parent] voit ses ados sur une console, il s\u2019inquiète et les amène en consultation.» M.Biron rappelle que les adolescents sont à un âge caractérisé par la recherche de nouvelles expérimentations.« L\u2019usage peut être transitoire.Un jeune peut se faire de nouveaux amis et arrêter de jouer », cite-t-il en exemple.La suite des choses Maintenant que le trouble du jeu vidéo est officiellement reconnu, on peut s\u2019attendre à ce que cette maladie soit davantage documentée au cours des prochaines années, avance Mme Grou.Québec travaille présentement à l\u2019élaboration d\u2019un plan de lutte contre les dépendances.« La cyberdépendance est un nouvel enjeu dans notre société sur lequel nous nous penchons », a déclaré la directrice des communications du cabinet du ministre de la Santé, Marie-Ève Morneau, au Devoir.Miguel Thériault rêve que des outils comparables à DEP-ADO (utilisé dans les écoles pour aborder les dépendances à l\u2019alcool et aux drogues) voient le jour afin de mieux détecter les signes de cyberdépendance chez les jeunes.« Ceux qui reçoivent des services actuellement sont ceux pour qui la situation est grave », soutient-il.Selon lui, la prochaine étape serait de reconnaître d\u2019autres formes de cy- berdépendances au même titre que le trouble du jeu vidéo, notamment celle aux réseaux sociaux, qui touche beaucoup de jeunes adolescentes, observe-t-il.Alexandre Taillefer va un peu plus loin en souhaitant que davantage de responsabilités incombent aux compagnies qui développent des jeux vidéo, parfois conçus pour être addic- tifs.« Ça ouvre la porte à la création d\u2019une jurisprudence en la matière », avance-t-il.Alexandre Taillefer va un peu plus loin en souhaitant que davantage de responsabilités incombent aux compagnies qui développent des jeux vidéo La dépendance au jeu vidéo est désormais une maladie.Voilà une bonne nouvelle, se réjouissent des intervenants, tant du côté de la communauté des gamers que du milieu de la santé au Québec.En ajoutant « le trouble du jeu vidéo » à son classement, l\u2019OMS ouvre la voie à une meilleure reconnaissance de ce mal moderne, ce qui pourrait mener à de meilleurs traitements.MARIE-LISE ROUSSEAU LE DEVOIR CYBERDÉPENDANCE Reconnaître pour mieux soigner En légitimant le trouble du jeu vidéo, l\u2019OMS ouvre la porte à de meilleurs traitements "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.