Le devoir, 13 octobre 2018, Cahier B
[" allet de pinceaux sur fond de scie sauteuse dans un commerce anonyme en rénovation au cœur d\u2019un îlot commercial de la montée Masson à Mascouche.De l\u2019autre côté de la vitrine, cachée derrière du papier brun, peintres et électriciens s\u2019activent pour fignoler l\u2019intérieur d\u2019un nouveau venu dans le secteur.L\u2019enseigne n\u2019a pas encore été posée.Elle va trouver sa place entre celles d\u2019un restaurant vietnamien et d\u2019un op- tométriste, pas très loin du Party Expert, temple du déguisement et de l\u2019accessoire festif, qui s\u2019affiche avec ostentation face au vaste stationnement de cet espace commercial aussi prévisible que tranquille en ce milieu de semaine.«Ça va attirer du monde dans le secteur», se réjouit Maria Ranallo, assis- tante-optométriste qui vient de découvrir avec surprise, de l\u2019autre côté de ses étagères de lunettes, pour qui tous ces bruits de construction sont orchestrés: la Société québécoise du cannabis (SQDC), dont les portes vont s\u2019ouvrir aux premiers clients le 17 octobre prochain.Comme dans d\u2019autres villes du Québec, c\u2019est là que la nouvelle société d\u2019État va ouvrir une de ses 15 premières succursales pour faire passer le commerce du cannabis dans la légalité.« C\u2019est une bonne idée de l\u2019avoir située à cet endroit, ajoute Marc-Olivier Parisien, qui répare des cellulaires quel ques portes plus loin.C\u2019est un commerce qui devient nécessaire dans le contexte de la légalisation.Autant le placer là où il y a des gens qui passent et où il n\u2019y a pas trop d\u2019écoles autour, comme ici.» Pas encore ouvert, le nouveau pourvoyeur de pot au Québec ne semble pas induire de sentiments négatifs chez ses voisins immédiats.Ce qui est loin d\u2019être le cas plus loin dans cette ville de la banlieue nord de Montréal où, paradoxalement, les habitants redoutent depuis plusieurs mois la légalisation du cannabis au pays.Un sondage en ligne mené par la municipalité entre le 24 août et le 7 septembre dernier a fait ressortir cette peur : 58% des répondants ont appelé à l\u2019interdiction complète de la consommation du cannabis dans les espaces publics de la ville, comprenant les parcs et les trottoirs.La mesure est plus contraignante que pour la cigarette.La banalisation du geste, la fumée secondaire, l\u2019accessibilité du produit chez les jeunes, les enjeux liés à la sécurité routière ont nourri cette mise au ban.Entre autres.La municipalité, comme 30 autres sur tout le territoire du Québec, a donc modifié ses lois pour répondre aux préoccupations citoyennes.À Mascouche, se trouver dans un lieu public avec les facultés affaiblies par le cannabis ou flâner près d\u2019un point de vente de marijuana devient illégal.Des amendes de 200 à 400$ sont prévues en cas d\u2019infraction.Émotions à fleur de peau « Nous sommes très fiers de notre règlement, dit Guillaume Tremblay, maire de cette ville un peu dortoir, mais surtout familiale, de 50 000 âmes, dont 30 000 adultes.Quelque 5000 personnes ont répondu au sondage.C\u2019est une participation importante.Nous avons voulu, avec ce règlement, mettre notre population en sécurité.» Il est passé midi aux abords du parc du Grand-Coteau, en plein cœur de Mascouche.Par petits groupes, des élèves de l\u2019école secondaire juste à côté déambulent et crient sous un soleil de septembre aux tonalités encore estivales.L\u2019adolescence s\u2019y expose dans son exubérance, son profil sociodémo- graphique homogène, et ce, sans odeur ni fumée vraiment apparentes.« Après le 17 octobre, ça ne va pas être le chaos à Mascouche, laisse tomber Marylou Lemay, responsable des services à La Barack, une maison des jeunes qui a pignon sur la rue Sainte-Marie.Le cannabis, il s\u2019en consomme déjà dans les parcs à Mascouche.Et les gens qui le font sont très respectueux des autres autour.C\u2019est un geste social, pas une activité pour troubler la paix.» « La politique de Mascouche sur le cannabis témoigne bien plus d\u2019une grande peur que d\u2019un grand problème de consommation, résume Manon Massé, directrice générale d\u2019Uniatox, un centre de traitement de la toxicomanie dans la région.Dans le sud de Lanaudière, la consommation de cannabis a un peu diminué ces dernières années.Le 17 octobre, tout le monde ne va pas descendre dans la rue pour fumer.La consommation est déjà là.Elle ne va que devenir légale.» Dans son bureau, Mme Massé insiste.« On oublie que c\u2019est dans une optique de protection de la jeunesse que la décision de légaliser le commerce du cannabis a été prise.Mais la toxicomanie est quelque chose de très émotif et nous avons ici l\u2019expression de beaucoup d\u2019émotions.» Écran de fumée Sur la terrasse d\u2019un café montréalais, Dominic Desroches, professeur de philosophie au collège Ahuntsic, éclaire cette épidémie de la peur du cannabis qui s\u2019est emparée des petites villes du Québec, dans les banlieues et les régions principalement.« Beaucoup de gens trouvent que tout ça se fait rapidement, dit-il.Or, cette rapidité est une illusion, puisque les mœurs évoluent plus vite que les lois.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 CLIMAT L\u2019art de manquer le bateau.et de faire naufrage B 4 POLITIQUE La chronique de Michel David: le monde selon François Legault B 5 MONDE Disparition de Khas- hoggi: une délégation saoudienne en Turquie B 7 FABIEN DEGLISE LE DEVOIR La légalisation du cannabis va-t-elle attiser la tentation ?À quatre jours du passage officiel de la substance psycho- trope dans la sphère légale, la question s\u2019impose, comme l\u2019expression d\u2019une crainte, celle de voir sa consommation soudainement exploser.Une perspective qui, pour le moment, est loin de relever de l\u2019évidence.Oui : « Dans les cinq ou six premiers mois, nous nous attendons à un approvisionnement chaotique », laisse tomber Alain Brunet, président de la SAQ et surtout architecte de la Société québécoise du cannabis (SQDC), rencontré la semaine dernière par Le Devoir, laissant entendre que l\u2019offre pourrait ne pas suivre la demande.Une logistique à apprivoiser Mais, selon lui, ce « chaos » va surtout être induit par une industrie en cours de structuration qui va devoir mettre sa production naissante au diapason d\u2019un réseau de distribution qui se met lui aussi en place.Toute une logistique à apprivoiser et qui risque d\u2019affecter les stocks, bien plus qu\u2019une déferlante de clients dans les 12 succursales de la SQDC \u2014 des commerces distincts de ceux de la SAQ et dédiés à 100 % au cannabis.L\u2019enquête nationale sur le cannabis, menée chaque trimestre par Statistique Canada, tend à lui donner raison.Au deuxième trimestre de l\u2019année 2018, 16 % des Canadiens âgés de 15 ans et plus ont déclaré avoir consommé du cannabis dans les trois mois précédant l\u2019enquête.Au Québec, cette proportion est une des plus basses au pays, soit 11 %.Et alors que se profilait le spectre de la légalisation, les répondants n\u2019ont pas laissé entendre que la situation pourrait changer radicalement.En effet, des consommateurs actuels, un quart estiment qu\u2019ils pourraient augmenter leur consommation, sans préciser les quantités.Et des non- consommateurs, 5,7 % reconnaissent qu\u2019ils ont « l\u2019intention d\u2019essayer ».L\u2019exemple du Colorado La curiosité va s\u2019installer, puis faire son temps, comme cela est arrivé au Colorado, premier État américain à avoir légalisé le cannabis à des fins récréatives en 2014.Là-bas, la consommation régulière est aujourd\u2019hui stable chez les 18-25 ans (32%) \u2014 au Québec, c\u2019est 41,7% des 18- 24 ans qui fument du pot \u2014, comme chez les 26 ans et plus (14%), après avoir augmenté légèrement au lendemain de la légalisation, indiquent les plus récentes données fédérales de la National Survey on Drug Use and Health.Fait à noter : cette consommation est désormais en baisse chez les 12-17 ans (9 %), une frange de la population que la légalisation du cannabis voulait ainsi protéger.« C\u2019est vrai que depuis quatre ans, la consommation du cannabis a augmenté sensiblement chez les adultes, et ce, sans surprise, résume en entrevue Paul Seaborn, professeur au Daniels College of Business de l\u2019Université de Denver, au Colorado, et spécialiste de l\u2019économie du cannabis.CONSOMMATION Une explosion hypothétique Au Colorado, le cannabis est en baisse chez les ados B VOIR PAGE B 2 : SAUT VOIR PAGE B 3 : CONSOMMATION Un très grand saut vers l\u2019inconnu À Mascouche comme dans d\u2019autres villes, la crainte de la légalisation imminente du cannabis est palpable orsque la légalisation de la marijuana a été évoquée, la cause semblait entendue: les policiers arrêteraient moins de délinquants, les tribunaux traiteraient moins d\u2019accusations et les pénitenciers recevraient moins de condamnés.À quelques jours de l\u2019entrée en vigueur de la loi, les acteurs du milieu judiciaire ne sont plus aussi sûrs que les économies seront au rendez-vous.Car le resserrement des règles entourant la conduite avec les facultés affaiblies accompagnant la légalisation pourrait au contraire multiplier les causes.Encore l\u2019an dernier, pas moins de 38 498 «affaires» de possession simple de cannabis ont été rapportées au Canada, selon Statistique Canada, dont 9998 au Québec.Du lot, 13 768 (4559 au Québec) ont débouché sur des inculpations.Ces chiffres constituent pourtant un creux historique.En 2011, presque 62 000 affaires de possession simple avaient été rapportées.Les chiffres ont décliné sans cesse depuis, avec une diminution marquée à compter de 2015, année de l\u2019élection de Justin Trudeau.Dans les prisons provinciales, le ministère de la Sécurité publique estime qu\u2019en date du 31 juillet, 1306 de ses 4379 détenus (30 %) s\u2019y trouvaient pour des infractions liées à la drogue, dont 704 pour possession en vue d\u2019en faire le trafic et 146 pour possession simple.Des chiffres à prendre avec un bémol puisqu\u2019il est impossible de les ventiler par catégorie de stupéfiant.Dans une étude parue en juin, le Centre canadien sur les dépendances et l\u2019usage de substances a estimé à 1,8 milliard de dollars en 2014 les coûts pénaux de l\u2019usage du cannabis (interventions policières, procédures judiciaires, services correctionnels).Avec de telles données, il serait facile de conclure que le système de justice, dont on décrie l\u2019enlisement et la lenteur, s\u2019en trouvera allégé.Mais c\u2019est un pas que peu osent franchir.Bouchons en vue « Y aura-t-il moins d\u2019accusations pour possession simple ?C\u2019est sûr », admet Mia Manocchio, présidente de l\u2019Association québécoise des avocats de la défense.Mais il ne faut pas oublier les changements « majeurs » apportés à la conduite avec les facultés affaiblies, dit- elle.« Oui, ça va désengorger.Toutefois, de l\u2019autre côté, il y aura des changements aux facultés affaiblies et il y aura plus de contestations.Est-ce que ça arrivera kif-kif?Je ne sais pas.» La fiabilité des appareils pour détecter la présence de THC dans la salive est déjà mise en doute par certains, dit-elle, ce qui risque de déboucher sur des contestations.« Et ça, ça prend plus de temps.» Paul Calarco, criminaliste membre de la section de justice criminelle de l\u2019Association du Barreau du Canada (ABC), est du même avis.« Une des plus grandes sources de retards dans le système de justice criminelle est les accusations pour conduite avec les facultés affaiblies, affirme-t-il.On le voit avec l\u2019alcool.Les gens ont tellement besoin de leur permis de conduire, ils contesteront ces accusations [pour le cannabis] », prédit-il.M.Calarco pense que les accusations liées au cannabis augmenteront aussi en raison de la méconnaissance des limites de la légalisation.Les interdits demeurent sur les quantités pouvant être transportées ou cultivées à domicile, sur la provenance du produit ou encore sur les lieux de consommation.« En l\u2019absence d\u2019informations, les gens peuvent facilement franchir le fil rouge et se retrouver dans l\u2019illégalité.» Le cri- minaliste Jean-Claude Hébert pense d\u2019ailleurs que les policiers risquent de se montrer plus sévères pour faire respecter ces interdits et ainsi éviter « les débordements ».Eric Gottardi ne partage pas cet avis.Ce criminaliste de Vancouver, ex-di- recteur de la section de droit criminel du Barreau canadien prédit une baisse des causes devant les tribunaux, variable selon la province ou la ville.Car la loi actuelle n\u2019est pas appliquée de manière uniforme au pays.En 2017, il y a eu 4559 inculpations pour possession de cannabis au Québec, contre 4473 en Ontario, pourtant deux fois peuplé.M.Gottardi juge probable que les policiers décident d\u2019intervenir « rapidement et vigoureusement » lorsque les limites restantes seront transgressées, mais ils peineront à détecter l\u2019infraction dans un contexte de marijuana légalisée.Les policiers se fiaient souvent à l\u2019odeur de cannabis pour entamer une fouille.« Ils perdent cet outil d\u2019enquête.» Sur quelle base fouille- ront-ils les poches d\u2019un piéton pour découvrir qu\u2019il transporte plus que les 30 grammes permis ?Sur quelle base en- treront-ils dans un domicile (ailleurs qu\u2019au Québec et au Manitoba) pour débusquer les plants excédant la limite des quatre permis ?M.Gottardi prévoit même une diminution des accusations pour d\u2019autres types d\u2019infractions.Il pense à une personne fouillée parce qu\u2019elle sentait la marijuana et qui se fait pincer avec des armes à feu.« Désormais, ces accusations relatives aux armes seraient menacées parce que la raison initiale de la fouille est l\u2019odeur de marijuana.[\u2026] Cela rend le travail policier plus difficile et plus compliqué.» Le ministre de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, admet qu\u2019à cause du marché noir persistant et des dispensaires illégaux, les accusations pourraient se multiplier au début.Mais dans les cas de conduite avec les facultés affaiblies, les policiers pourront se contenter de confisquer le véhicule et de donner une contravention au contrevenant.Ce qui l\u2019amène à conclure que les changements allégeront le système de justice.« J\u2019ai confiance que cela peut être positif à long terme », dit-il en entrevue avec Le Devoir.Il y a un décalage entre le temps des institutions, très lent, et le temps des individus, qui adaptent leur jugement sur un objet de manière plus rapide », comme cela a été le cas sur le cannabis.Un décalage qui donne l\u2019impression, à l\u2019approche du 17 octobre, de disparaître à certains endroits dans la société derrière un écran de fumée.« Une substance bannie, honnie, dangereuse et taboue depuis des décennies va intégrer le champ du permis et donc de l\u2019acceptable, dit-il.La symbolique est forte.Elle peut faire peur et vient ainsi alimenter cette démesure » qui fait ce spectacle contemporain auquel le présent aime s\u2019abreuver.« Le problème, c\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui, la peur de quelques individus, par les réseaux sociaux, accélère le sentiment de peur chez les autres.» À Repentigny, ville voisine de Mas- couche où le conseil municipal a aussi choisi la ligne dure à l\u2019endroit du cannabis en septembre dernier, trois retraités discutent et rigolent à côté d\u2019une rampe de mise à l\u2019eau sur le fleuve.« Je suis d\u2019accord avec le règlement, résume Gilles Brown, ex-soudeur à la retraite qui loge pas très loin du parc Saint-Laurent.Il y a assez de problèmes avec les jeunes comme ça.Ils n\u2019ont pas besoin de la légalisation du cannabis pour être fous.» Dans son commerce de lunettes de la rue Masson, Maria Ranallo, elle, écoute tout ça avec amusement.« Mascouche, c\u2019est une ville propre et tranquille.Après le 17 octobre, rien de tout ça ne va changer », si ce n\u2019est qu\u2019après une visite chez l\u2019optométriste ou un lunch dans un resto vietnamien, il va être possible d\u2019acheter du cannabis légalement.Un recul pour les uns.Un progrès pour d\u2019autres.LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 PERSPECTIVES B 2 Les préoccupations citoyennes SAUT SUITE DE LA PAGE B 1 La fiabilité des appareils pour détecter la présence de THC dans la salive est déjà mise en doute par certains, ce qui risque de déboucher sur des contestations.JACQUES NADEAU LE DEVOIR HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Un engorgement des tribunaux en vue?Le resserrement des règles entourant la conduite avec les facultés affaiblies accompagnant la légalisation du cannabis pourrait multiplier les poursuites judiciaires Ci-contre : Maria Ranallo, assistante-optométriste.À droite en haut : Manon Massé, directrice générale d\u2019Uniatox, un centre de traitement de la toxicomanie.JACQUES NADEAU LE DEVOIR À droite en bas : Guillaume Tremblay, maire de Mascouche.VILLE DE MASCOUCHE L Une des plus grandes sources de retards dans le système de justice criminelle est les accusations pour conduite avec les facultés affaiblies.On le voit avec l\u2019alcool.Les gens ont tellement besoin de leur permis de conduire, ils contesteront ces accusations [pour le cannabis].MIA MANOCCHIO » La majorité des personnes au Colorado qui ont voté pour la légalisation considéraient la consommation légale comme acceptable », ce que le marché est venu confirmer, avec des revenus de taxes, pour 2017 seulement, qui ont atteint les 232 millions de dollars.« Cet argent a été utilisé dans la construction d\u2019écoles, dans les programmes d\u2019éducation des jeunes, entre autres, ajoute-t-il.L\u2019industrie du cannabis emploie aujourd\u2019hui plus de 20 000 personnes aussi et stimule de manière significative l\u2019économie de l\u2019État.» «Au Québec, la consommation de cannabis est déjà là.La légalisation ne va rien changer au lendemain du 17 octobre, dit Karine Iguarta, présidente de l\u2019Association des médecins psychiatres du Québec, qui suit de près depuis des années les effets de cette substance sur la santé mentale au pays.Ce n\u2019est pas la légalisation qui fait augmenter la consommation, c\u2019est la publicité.» Or, les lois qui se préparent à encadrer la consommation du cannabis au pays interdisent cette publicité et la promotion du cannabis par l\u2019évocation d\u2019un style de vie, comme le fait actuellement l\u2019industrie de l\u2019alcool.« Il y a un risque que la légalisation banalise le cannabis, dit Mme Iguarta, mais elle a aussi du bon, parce qu\u2019à partir de maintenant, nous allons pouvoir parler de cette substance pour informer et inciter les gens à adopter des comportements responsables.» LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 PERSPECTIVES B 3 Une curiosité temporaire CONSOMMATION SUITE DE LA PAGE B 1 Au Colorado, le nombre de décès sur les routes impliquant du cannabis a doublé après la légalisation en 2014.JACQUES NADEAU LE DEVOIR FABIEN DEGLISE LE DEVOIR C\u2019est bien connu : le cannabis trouble les perceptions de manière inconstante d\u2019un consommateur à un autre.Et c\u2019est ce qui semble se produire dans le monde du travail où la légalisation à venir dans quelques jours fait apparaître des cadres aussi variés qu\u2019opposés.Ces derniers jours, l\u2019interdit est tombé chez Air Canada et WestJet, deux compagnies qui ont banni le cannabis pour le personnel occupant des « postes critiques pour la sécurité », dont les pilotes.Y compris en dehors des heures de travail et durant leurs temps libres.À la Défense nationale, une période de latence de 8 heures sans cannabis est imposée à tous les membres des Forces avant un retour au travail, et de 24 heures à 28 jours pour les emplois à risque.Quant à l\u2019Agence des services frontaliers, elle presse ses agents de ne pas fumer 24 heures avant un quart de travail.Ce délai atteint 28 jours pour les membres de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), alors qu\u2019au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), aucune restriction n\u2019est imposée en sus de celle interdisant déjà d\u2019être intoxiqué pendant les heures de travail.Les cadres restrictifs s\u2019imposent dans un contexte où les travailleurs canadiens, eux, semblent nombreux à ne pas vouloir mêler cannabis et environnement de travail, au même titre que l\u2019alcool.Un sondage mené par Ipsos pour le compte d\u2019ADP, une entreprise spécialisée dans la gestion du personnel, a révélé qu\u2019à peine 6 % d\u2019entre eux croient que leur employeur autorisera la consommation du cannabis à des fins récréatives pendant, ou juste avant les heures de travail.Pas moins de 7 % des employés ne faisant pas partie de la direction prévoient de consommer du cannabis avant le travail, et 4 % pendant les heures de travail, indique le coup de sonde.Favoriser la discussion À l\u2019heure actuelle, 38 % des conseillers en ressources humaines estiment que l\u2019usage des drogues par les employés est un peu ou beaucoup problématique dans leur organisation, révélait un sondage réalisé en juin dernier.Plus de 65 % des entreprises pour lesquelles ces conseillers travaillent disposent d\u2019une politique encadrant l\u2019usage des drogues.Pour l\u2019Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (OCRHA), la légalisation du cannabis « fournit une belle occasion de favoriser la discussion ouverte sur le sujet en milieu de travail, de rehausser la prévention et la sensibilisation et d\u2019accompagner les employés aux prises avec une dépendance », indique sa directrice générale, Manon Poirier, par voie de communiqué.Des interdits variables au travail FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Nombreuses incertitudes au volant La capacité de détection du THC par les corps policiers demeure complexe Le pot, mode d\u2019emploi 18 ans L\u2019âge légal pour acheter du cannabis séché ou de l\u2019huile à compter de mercredi (d\u2019ici à ce que François Legault hausse l\u2019âge minimum à 21 ans) 12 succursales de la Société québécoise du cannabis (SDQC) ouvriront leurs portes à Montréal (3), Québec (2), Lévis, Trois-Rivières, Mascouche, Mirabel, Saint-Jean- sur-Richelieu, Drummondville et Rimouski.D\u2019autres ouvriront à Jo- liette et à Brossard d\u2019ici la fin d\u2019octobre, et une de plus à Montréal et 5 autres, dont l\u2019emplacement reste à préciser, avant 2019.Internet Les Québécois pourront acheter du cannabis récréatif sur le site de la SQDC.Possession Les consommateurs pourront être en possession d\u2019un maximum de 30 g ; un maximum de 150 g à la maison.Les voyageurs pourront transporter sur eux un maximum de 30 g à bord de vols intérieurs, mais il sera interdit de passer les frontières avec du cannabis.Culture Elle sera interdite à domicile au Québec Le Québec plus dur que le ROC Plusieurs provinces seront plus permissives que le Québec face à la consommation de cannabis.21 ans L\u2019âge légal requis pour consommer au Québec sera le plus tardif au pays, dès que le gouvernement Legault sera assermenté.Dans le reste du pays, consommer du cannabis sera légal au même âge que l\u2019alcool.Seul le Manitoba a fixé à 19 ans cet âge légal plutôt que 18.Pas de culture Seuls le Québec et le Manitoba interdiront la culture de plants à domicile.Interdit en public Plusieurs villes souhaitent permettre la consommation dans les lieux publics, mais le gouvernement de la CAQ veut l\u2019interdire au Québec.La règle sera la même au Manitoba, en Saskatchewan, au Nouveau-Bruns- wick, à Terre-Neuve et à l\u2019Île-du- Prince-Édouard.Les quatre autres provinces autoriseront le cannabis là où est permis le tabac.Vente Comme au Québec, le cannabis sera vendu par l\u2019entremise d\u2019une société de la Couronne au Nouveau-Brunswick, en Nou- velle-Écosse, à l\u2019Île-du-Prince- Édouard.La Colombie-Britannique a opté pour un modèle pu- blic-privé.Le Québec comptera 12 succursales mercredi, et 20 d\u2019ici janvier.Le Nouveau-Bruns- wick, moins populeux, en prévoit 20 aussi.L\u2019ancien gouvernement avait prévu 150 points de vente au Québec, mais la SQDC n\u2019avance plus d\u2019objectif final.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Ces derniers jours, l\u2019interdit est tombé chez Air Canada et WestJet, deux compagnies qui ont banni le cannabis pour le personnel occupant des « postes critiques pour la sécurité », dont les pilotes 38 % C\u2019est le pourcentage des conseillers en ressources humaines qui estiment que l\u2019usage des drogues par les employés est un peu ou beaucoup problématique dans leur organisation, selon un sondage.Le chiffre n\u2019invite ni à la détente et ni à l\u2019abandon.Sur les routes du Colorado, la présence du cannabis a été impliquée dans 1 décès sur 5 en 2017, soit le double d\u2019en 2013, un an avant la légalisation de cette substance psy- chotrope, indique le dernier rapport sur l\u2019impact de la légalisation conduit par des opposants à cette loi, le Rocky Mountain High Intensity Drug Trafficking Area.En entrant dans la légalité, le cannabis pourrait devenir une nouvelle sour - ce d\u2019affaiblissement des capacités de conduite au pays, estiment plusieurs observateurs inquiets.Au Québec, 71 % des personnes sondées en ligne par Desjardins Assurance ont dit croire que la conduite sous l\u2019influence du cannabis allait augmenter après la légalisation.Les résultats ont été dévoilés cette semaine.« La capacité affaiblie au volant par le cannabis n\u2019est pas une chose nouvelle, dit à l\u2019autre bout du fil Maxime Laroche, expert-conseil juridique à l\u2019École nationale de police du Québec.Elle existait avant le 17 octobre [date d\u2019entrée en vigueur de la légalisation].Elle va continuer à exister après.» 14 % des Canadiens Au début de l\u2019année, 14 % des Canadiens avec un permis de conduire ont admis avoir conduit dans les deux heures qui ont suivi la consommation de cannabis.C\u2019est en Colombie-Britannique que ce taux est le plus bas, 8 %, alors qu\u2019il est de 15 % au Québec.Or, rappelle M.Laroche, si la substance devient légale, son usage au volant, lui, ne le devient pas.« Les policiers sont déjà formés à 90 % pour détecter la présence de cannabis et autres drogues chez les conducteurs, dit-il.Le 17 octobre prochain, cela ne change pas grand-chose pour eux.» Sans pouvoir évaluer une hausse éventuelle de la consommation de cannabis au volant après la légalisation, M.Laroche dit que les corps policiers sont prêts à y faire face.Actuellement, 140 agents évalua- teurs sont en fonction sur le territoire du Québec pour traquer les conducteurs fautifs.Ils vont être 60 de plus d\u2019ici la fin de 2019.Leur travail consiste à réaliser une évaluation en 12 étapes visant à confirmer la présence d\u2019une drogue dans l\u2019organisme et de préciser laquelle.Cette évaluation est admise par les tribunaux.Sanctions prévues Une prise de sang peut également être imposée afin de mesurer les nanopar- ticules de THC \u2014 la substance active du cannabis \u2014 dans le sang.Entre 2,5 et 5 par millilitre de sang, le conducteur s\u2019expose à des sanctions.Au-delà de 5 et en combinaison avec d\u2019autres drogues et alcools, il pourra être passible d\u2019emprisonnement.« Au Québec, nous avons le défi de procéder à cette prise de sang dans les deux heures qui suivent l\u2019arrestation, dit M.Laroche, ce qui est encore compliqué en ce moment.» Il avoue également que le seul appareil de détection approuvé par Santé Canada n\u2019est pas utilisé au Québec.Son efficacité, particulièrement par temps froid, est remise en question.« Mais pour le moment, cela ne chan - ge rien pour les policiers, qui sont en mesure de très bien faire leur travail de détection.» Les outils de la police Paradoxalement, la population n\u2019en est pas convaincue.Pas moins de 84 % des répondants au sondage de Desjardins estiment que la police ne dispose pas des outils et des ressources nécessaires pour détecter les conducteurs dont les facultés sont affaiblies par le cannabis.Et ce, dans une province où des traces de cannabis ont été trouvées chez 21 % des personnes décédées sur la route en 2015.C\u2019est 5 points de pourcentage de plus que 15 ans plus tôt. LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 PERSPECTIVES B 4 Le plus récent rapport du GIEC est formel : l\u2019humanité se dirige vers un naufrage climatique aussi dévastateur qu\u2019irréversible, à moins de mettre en œuvre dès maintenant des changements sans précédent dans toutes les sphères de nos sociétés.Est-il trop tard pour changer les choses ?La question se pose, puisque les décideurs politiques ont démontré à maintes reprises leur incapacité à agir pour éviter le pire.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR TRANSITION L\u2019opposition parlementaire s\u2019organise dans un enthousiasme partagé CLIMAT L\u2019art de manquer le bateau\u2026 a scène se déroule en novembre 1989.Plus de 60 pays sont réunis aux Pays-Bas pour négocier un accord climatique qui permettrait de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre (GES) à leur niveau de 1990, et ce, avant l\u2019an 2000.Mais sous les pressions du gouvernement américain, les discussions se concluent finalement sur une déclaration qui évoque simplement l\u2019idée que « plusieurs » nations sont favorables à un gel de la croissance des émissions.Quelles nations ?Quelles émissions ?Le texte demeure silencieux.Cela se passait il y a près de 30 ans.On savait alors déjà que les GES provenant de notre dépendance aux énergies fossiles allaient modifier à jamais le climat terrestre, avec des conséquences irréparables pour l\u2019ensemble de l\u2019humanité.Dès 1979, il y a donc de cela 40 ans, une évaluation scientifique commandée par le Bureau de la politique scientifique et technologique, chargé de conseiller le président américain, avait conclu que la croissance des GES entraînerait une hausse des températures moyennes de 3 °C, ainsi que des changements climatiques « significatifs ».« Il y a cela 30 ans, nous aurions pu sauver la planète », titrait d\u2019ailleurs en août le New York Times, en présentant un long reportage qui raconte cet échec climatique.Le journaliste Nathaniel Rich y donne la parole à John Sununu, architecte du déraillement des négociations de 1989.Les leaders politiques de l\u2019époque, raconte-t-il, voulaient faire mine de s\u2019intéresser à la question, mais « sans avoir à prendre d\u2019engagements fermes qui puissent priver leurs nations de ressources importantes ».Et M.Su- nunu d\u2019ajouter : « Honnêtement, nous en sommes encore là aujourd\u2019hui.» Intérêts nationaux En réagissant lundi à la publication du rapport du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC), la ministre canadienne de l\u2019Environnement, Catherine McKenna, a réaffirmé que le Canada est « déterminé » à atteindre les objectifs de l\u2019Accord de Paris, soit tenter de limiter le réchauffement à 1,5 °C.Ces objectifs, qui imposeraient de laisser sous terre la vaste majorité des ressources pétrolières et gazières, devront toutefois être atteints dans un contexte de croissance marquée de la L production des sables bitumineux, mais aussi de la construction des pipelines Trans Mountain et Keystone XL, en plus du mégaprojet d\u2019exportation de gaz de schiste LNG Canada.Bref, l\u2019urgence climatique ne doit pas priver le Canada de ressources importantes.Le gouvernement Trudeau n\u2019est évidemment pas le seul à protéger ses intérêts nationaux, souligne le biologiste Claude Villeneuve, auteur du livre Est-il trop tard?Le point sur les changements climatiques.Dans le cadre des tractations politiques menées la semaine dernière pour l\u2019approbation du rapport du GIEC, l\u2019Australie et la Pologne ont critiqué le passage qui précise l\u2019obligation de mettre un terme à l\u2019utilisation du charbon d\u2019ici 2050.L\u2019Arabie saoudite a quant à elle tenté de faire retirer toute référence au recul nécessaire du pétrole.En fin de compte, le rapport scientifique n\u2019en demeure pas moins très clair.L\u2019humanité doit rapidement réduire ses émissions de GES pour éviter d\u2019aggraver trop sévèrement les bouleversements du climat, et ainsi exacerber l\u2019ensemble des impacts désastreux pour toute la vie sur Terre.À l\u2019horizon 2050, il faut même ramener à « zéro » les Je vais vous dire la vérité.Nous sommes très loin de l\u2019objectif.JOHN KERRY » La « tyrannie de la majorité », vous connaissez ?a demandé sans ambages une journaliste à la députée réélue Geneviève Guilbault au lendemain de la victoire électorale de la Coalition avenir Québec.La crainte d\u2019Alexis de Tocqueville de voir, dans La démocratie en Amérique, une majorité opprimer une minorité ne semblait pas tourmenter la « porte-parole de la transition vers le gouvernement [de la CAQ] ».« Nous avons pris la décision, il y a déjà quelques décennies, d\u2019ériger une société laïque.[\u2026] Nous avons été élus après avoir promis des règles claires [sur le port de signes religieux] », a répondu Mme Guilbault, l\u2019air impassible, devant un rideau noir et quelques drapeaux du Québec le 3 octobre dernier.La députée de Louis-Hébert a réitéré la volonté de l\u2019équipe de François Le- gault, qui a fait élire 74 candidats sur 125 le 1er octobre dernier ?mais recueilli à peine 37,4 % des voix ?de faire adopter par l\u2019Assemblée nationale un projet de loi sur la laïcité de l\u2019État visant à interdire aux employés de l\u2019État en position d\u2019autorité d\u2019arborer un signe religieux.Les droits fondamentaux d\u2019enseignants, de policiers, de procureurs de la couronne, de juges et de gardiens de prison issus d\u2019une minorité seraient ainsi bafoués, sont d\u2019avis les détracteurs de cette mesure.La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, appelle M.Legault à se garder de « diviser » les Québécois en légiférant dans la précipitation pour baliser le port de signes religieux \u2014 même si QS n\u2019y est pas opposé, du moins sur papier \u2014 pour plutôt les « unir [\u2026] derrière la lutte [contre les] changements climatiques ».Ragaillardis par l\u2019élection de huit de leurs camarades à l\u2019Assemblée nationale, Manon Massé et Gabriel Nadeau- Dubois abordent leur second mandat dans l\u2019opposition au sein du « plus gros caucus de l\u2019histoire de Québec solidaire », ce qui les réjouit.En revanche, l\u2019opposition parlementaire à la CAQ s\u2019organise dans un enthousiasme partagé au Parti libéral du Québec et au Parti québécois, dont plus d\u2019un élu a ressenti les résultats du scrutin du 1er octobre dernier comme un camouflet.Les chefs intérimaires du PLQ, Pierre Arcand, et du PQ, Pascal Bérubé, devront aussi composer avec des membres de leur caucus dont l\u2019attention se détourne déjà vers la course à la chefferie de leur parti politique respectif.Plusieurs membres de la députation libérale lorgnent déjà, sans se cacher, la succession de Philippe Couillard.Parmi eux, Dominique Anglade, André Fortin et Sébastien Proulx côtoieront quotidiennement les autres élus libéraux et leur personnel politique dès la rentrée parlementaire.Battu dans Châteauguay, Pierre Moreau n\u2019entend toutefois pas se faire oublier des seize femmes et treize hommes, y compris des autres candidats pressentis à la direction du PLQ , qui formeront l\u2019opposition officielle à l\u2019Assemblée nationale.Le ministre de l\u2019Énergie sortant a rappelé à la presse jeudi que les anciens députés pouvaient accéder sans difficulté à l\u2019hôtel du Parlement ?ce qu\u2019il n\u2019a LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 PERSPECTIVES B 5 Le monde selon François Legault L e sommet d\u2019Erevan a suivi l\u2019élection de trop près pour permettre de se faire une idée du comportement que le nouveau premier ministre du Québec adoptera au sein de la Francophonie, notamment dans les relations avec la France, et sur la scène internationale en général.Il est clair que l\u2019économie sera sa grande priorité, mais saura-t-il aller au-delà ?Le « Nouveau projet pour les nationalistes » que François Legault avait présenté en 2015 promettait qu\u2019un gouvernement caquiste jouerait « un rôle actif en matière de relations intergouvernementales canadiennes », notamment qu\u2019il réclamerait de nouveaux pouvoirs, mais il était muet sur les relations internationales.Il est vrai que ce document se voulait une profession de foi dans la fédération canadienne.S\u2019aventurer sur un terrain que le gouvernement canadien considère comme sa chasse gardée aurait affaibli le message.Du reste, on n\u2019a jamais noté chez M.Legault un quelconque intérêt pour la politique internationale.Qu\u2019il ait tenu à se rendre en Arménie même s\u2019il n\u2019est pas encore entré officiellement en fonction est néanmoins un signe positif.Au cours du dernier demi-siècle, les gouvernements québécois successifs se sont employés, avec une énergie variable, à élargir la brèche créée dans les années 1960.Dans son célèbre discours prononcé en 1965, Paul Gérin-Lajoie, alors vice-pre- mier ministre dans le gouvernement Lesage, avait déclaré qu\u2019il revenait au Québec d\u2019assumer sur le plan international « le prolongement de ses compétences internes ».La suite des choses a cependant démontré que cette doctrine était plus facile à énoncer qu\u2019à appliquer.L\u2019affirmation de la personnalité internationale du Québec a pris dès le départ l\u2019allure d\u2019une guérilla, Ottawa lui mettant sans cesse des bâtons dans les roues.M.Legault reprendra-t-il le flambeau ou se contentera-t-il de faire du tourisme ?Le premier objectif de la politique que la ministre Christine St-Pierre a publiée l\u2019an dernier était de « rendre les Québécois plus prospères ».À ce chapitre, il ne fait aucun doute que le nouveau gouvernement s\u2019inscrira dans la continuité.Son adhésion au deuxième objectif, soit « contribuer à un monde plus durable », est moins évidente.À en juger par le programme de la CAQ, il pourra difficilement prétendre jouer un rôle de leader dans la lutte contre les changements climatiques, quoique l\u2019exemple de Justin Trudeau démontre bien qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire de passer de la parole aux actes.M.Legault n\u2019est pas le xénophobe décrit par la presse française, mais il aura également du mal à se présenter en champion de la solidarité internationale et de l\u2019accueil des réfugiés.Le troisième objectif de la politique libérale était de « promouvoir la créativité, la culture, le savoir et la spécificité du Québec ».Se poser en défenseur du français dans le monde tenait presque de la fumisterie, compte tenu du laisser-faire linguistique du gouvernement Couillard au Québec même.Il ne devrait pas être trop difficile de faire mieux.Le message tient souvent dans le messager.Le choix de celui ou celle à qui M.Legault décidera de confier les Relations internationales donnera une indication du ton qu\u2019il entend leur donner.Les premiers ministres péquistes avaient choisi des personnalités dérangeantes en Bernard Landry, Louise Beaudoin et Jean-François Lisée.Certes, la chicane avec le gouvernement fédéral s\u2019inscrivait dans une stratégie de promotion de la souveraineté, mais le Québec n\u2019en réussissait pas moins à faire entendre une voix distincte.Jean Charest avait désigné Monique Gagnon-Tremblay, une femme nettement plus effacée, canadienne d\u2019abord et avant tout, qui donnait parfois l\u2019impression d\u2019œuvrer au niveau fédéral.Son successeur, Pierre Arcand, n\u2019était pas davantage un homme d\u2019affrontement.Il est vrai qu\u2019à partir du moment où les Québécois ont décidé de demeurer au sein du Canada, ils se sont eux- mêmes condamnés à l\u2019insignifiance internationale.Pendant trente ans, c\u2019est essentiellement l\u2019appui de la France qui a permis au Québec d\u2019échapper partiellement à la tutelle fédérale.Malgré la sympathie que le projet souverainiste pouvait lui inspirer, il lui a bien fallu prendre acte du résultat du référendum de 1995.Pendant des années, elle n\u2019avait pas hésité à mécontenter son allié canadien, mais elle ne pouvait tout de même pas accompagner le Québec là où il ne voulait pas aller.S\u2019il n\u2019a pas la brutalité de Nicolas Sarkozy, qui associait la souveraineté à du sectarisme, Emmanuel Macron n\u2019en est assurément pas un partisan, et le projet autonomiste de M.Legault ne le séduira sans doute pas davantage.Il a liquidé Michaëlle Jean pour favoriser les intérêts de la France en Afrique, mais il ne se brouillera sûrement pas avec Justin Trudeau pour servir ceux d\u2019une simple province.mdavid@ledevoir.com émissions de CO2.Ce n\u2019est pas cependant ce que les pays signataires de l\u2019Accord de Paris se sont engagés à faire, loin de là.En fait, à supposer que tous tiennent leurs promesses, le climat gagnera au moins 3 °C au cours des prochaines décennies.« Il ne faut pas atteindre une telle hausse », insiste toutefois le directeur général du consortium de recherche Ouranos, Alain Bourque.Selon lui, les impacts deviendraient alors extrêmement dommageables.Le problème, ajoute-t-il, c\u2019est que « le bilan historique des pays soulève des doutes» sur la possibilité de ne pas atteindre cette hausse dramatique des températures.Claude Villeneuve doute également de la capacité à agir à temps.« Le Canada, l\u2019Australie et les États-Unis ne respecteront pas leurs engagements.Et les émissions continuent de grimper en Inde et en Chine, deux gros consommateurs de charbon », déplore-t-il.Selon lui, le prochain rapport complet du GIEC pourrait d\u2019ailleurs tenir pour acquis un réchauffement de 2 °C à 3 °C, « dans le meilleur des cas ».Bref, se préparer au pire.S\u2019adapter au pire Dans ce contexte, Alain Bourque estime que les efforts consentis pour les mesures d\u2019« adaptation » sont nettement insuffisants, notamment pour se préparer aux vagues de chaleur, à l\u2019érosion côtière, aux problèmes du secteur agricole ou encore aux événements climatiques extrêmes.« Même si on réduit les émissions de GES, le climat va continuer de changer.Dans 20 ans, nous allons continuer de vivre des impacts importants et qui vont s\u2019amplifier.On parle donc d\u2019impacts majeurs, notamment au Québec », explique-t-il.M.Bourque mentionne le niveau des océans, qui est appelé à augmenter, ce qui menacera directement 70 à 80 millions de personnes au cours des prochaines décennies, même en supposant une action très musclée pour contrer les bouleversements climatiques.Qui plus est, le phénomène des « réfugiés climatiques » risque de venir aggraver les crises politiques et sociales liées aux flux migratoires actuels.Est-ce que l\u2019ambition, mais aussi l\u2019enthousiasme qui avaient mené à la signature de l\u2019Accord de Paris en 2015 seront de retour lors du prochain sommet, la COP24, prévu en décembre à Katowice ?Les rencontres des derniers mois des négociateurs des 195 États ont plutôt démontré toute la difficulté d\u2019élaborer des règles de mise en œuvre de l\u2019entente.Et encore, il n\u2019est pas question ici de rehausser radicalement le niveau d\u2019ambition, comme le prescrit le GIEC.« L\u2019énergie de Paris a été perdue », résumait le mois dernier l\u2019un des rares chefs d\u2019État présents au sommet sur l\u2019action climatique de San Francisco, le Hongrois Janos Ader.« Je vais vous dire la vérité.Nous sommes très loin de l\u2019objectif », soulignait pour sa part John Kerry, ancien chef de la diplomatie de Barack Obama, qui négocia l\u2019Accord de Paris de 2015.pas exclu de faire au cours des prochains mois.Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bé- rubé, refusait de « tirer un trait » sur l\u2019histoire du Parti québécois, qui a souligné son 50eanniversaire sur un champ de ruines cette semaine.« Non.L\u2019histoire se poursuit.Nous continuons avec l\u2019esprit des pionniers de ce grand mouvement politique.Nous avons neuf députés, bientôt dix.Près de 700 000 personnes nous ont donné leur vote, un grand projet pour les Québécois, des idées concrètes et positives pour la vie quotidienne des gens, une riche histoire et l\u2019avenir entre nos mains », a déclaré le député de Matane-Matapédia dans le foyer du Parlement mardi.« Le rôle d\u2019une opposition, quelle qu\u2019elle soit, c\u2019est d\u2019ouvrir les portes de nos institutions à ces idées nouvelles, à ces courants qui transforment la société.C\u2019est ce que je m\u2019appliquerai à faire.» Petit moment de réjouissance : le PQ a obtenu un 10e siège à l\u2019Assemblée nationale au terme d\u2019un dépouillement judiciaire des bulletins de vote dans Gaspé, jeudi.Il ravira le statut de deuxième groupe d\u2019opposition à QS \u2014 dans la perspective où la CAQ et le PLQ les reconnaissent comme groupes parlementaires.En effet, le PQ et QS exhortent la CAQ et le PLQ à les reconnaître comme groupes parlementaires, ce qui leur permettrait d\u2019embaucher plus d\u2019attachés politiques et de bénéficier de plus de temps de parole à l\u2019Assemblée nationale.Pour un parti politique, «c\u2019est le jour et la nuit», indique un employé de QS.Selon nos informations, le chef intérimaire Pierre Arcand serait enclin à acquiescer à leur demande.Cela dit, c\u2019est le caucus libéral qui tranchera, ex- plique-t-on au Devoir à un mois de la rentrée parlementaire.Changement de garde La première séance de la « nouvelle » Assemblée nationale a été convoquée pour le mardi 13 novembre.Les députés de la 42e législature prêteront serment tout au long de la semaine.Le PLQ faisait place nette cette semaine dans l\u2019édifice Honoré-Mercier, qu\u2019il occupe depuis l\u2019élection de l\u2019équipe de Jean Charest au printemps 2003 ?hormis le séjour de dix-huit mois de la première ministre péquiste Pauline Marois.À l\u2019extérieur, les camions de Shred-It, une entreprise offrant des « services de destruction sûrs », sillonnaient la colline Parlementaire ces derniers jours.Les fonctionnaires récupéraient le matériel prêté au personnel politique.Certains ont déployé un zèle hors du commun pour terminer leur mission bien avant la passation officielle du pouvoir, a fait remarquer un ministre sortant.La transition s\u2019opère.Le Canada atteindra- t-il les objectifs de l\u2019Accord de Paris ?Le plus récent rapport du GIEC conclut que pour respecter l\u2019objectif le plus ambitieux de l\u2019Accord de Paris, soit limiter le réchauffement global à 1,5 °C, il faudra réduire les émissions de CO2 de 45 % d\u2019ici 2030, par rapport à 2010.Pour le Canada, un tel objectif signifie de diminuer les émissions annuelles de CO2 de façon à les ramener à 325 millions de tonnes.Or, selon le plus récent bilan fédéral disponible, le plan climatique permettra tout au plus de les ramener à 500 millions de tonnes en 2030.Cela signifie que les émissions de CO2 du Canada équivaudront à 154 % de l\u2019objectif fixé par le GIEC.Par ailleurs, il faudra voir dans quelle mesure le fédéral pourra réduire les émissions de méthane, qui représentent 15 % des émissions de gaz à effet de serre du pays.Le méthane, un puissant facteur de réchauffement, est directement lié au secteur pétrolier et gazier.et de faire naufrage MICHEL DAVID M.Legault reprendra-t-il le flambeau ou se contentera-t-il de faire du tourisme ?Dans son célèbre discours prononcé en 1965, Paul Gérin-Lajoie, alors vice-premier ministre dans le gouvernement Lesage, avait déclaré qu\u2019il revenait au Québec d\u2019assumer sur le plan international « le prolongement de ses compétences internes » Les régions polaires subissent certains des effets les plus intenses des changements climatiques.Sur cette photo d\u2019avril 2016, la glace de mer se fragmente plus tôt qu\u2019à l\u2019habitude dans la saison en raison de températures particulièrement élevées.USGS ET NASA Près de 700 000 personnes nous ont donné leur vote, un grand projet pour les Québécois, des idées concrètes et positives pour la vie quotidienne des gens, une riche histoire et l\u2019avenir entre nos mains PASCAL BÉRUBÉ » B 6 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 S u i t e d e s a v i s d e l a p a g e A 6 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com APPEL D\u2019OFFRES POUR RECHERCHE DE LOCAUX Numéro de l\u2019appel d\u2019offres : AO-2018-023 Le Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval (ci-après désigné le « CISSS ») désire louer des espaces dans un édifice de bureaux (ci-après désignés les « Locaux »), pour y loger le CLSC des Mille-Îles situé à Laval, Québec.Ces locaux sont plus amplement décrits dans les documents de l\u2019appel d\u2019offres (ci-après désigné le « Document ») respectant en résumé les critères principaux suivants : Localisation : Les locaux, accessibles sans restriction aux personnes à mobilité réduite, seront sécuritaires pour l\u2019accès piétonnier et situés au maximum à deux cent cinquante (250) mètres d\u2019un arrêt de transport en commun.Ils devront être situés à Laval dans le périmètre formé par les rues suivantes : Nord Boul.de La Concorde Est (à partir du Croissant de Callières jusqu\u2019à l\u2019autoroute 125, autoroute 125 vers le Nord jusqu\u2019à la voie ferrée, la voie ferrée vers l\u2019Est jusqu\u2019à l\u2019autoroute 25); Est Autoroute 25 (entre la voie ferrée et le boul.Lévesque Est); Sud Boul.Lévesque Est (entre l\u2019autoroute 25 et la rue Montrose); Ouest Rue Montrose et (entre le boul.Lévesque Est et le boul.de Croissant De Callières la Concorde Est).Superficie : Les locaux devront avoir une superficie principale (utilisable) minimum de mille huit cent trente-trois (1 833) mètres carrés (19 730 pi2), mesurée suivant la méthode de calcul prévue au Bail.Configuration : Les locaux pourront être aménagés sur un (1), deux (2) ou trois (3) étages contigus ayant une superficie de plancher minimum de six cent onze (611) mètres carrés.Livraison des locaux : Deux dates : le 1er février 2020, les locaux devront être livrés par le Bailleur avec tous les éléments de base décrits dans le Document et le 1er août 2020 avec tous les travaux d\u2019aménagement du Locataire dûment complétés suivant les plans et devis du Locataire.Période d\u2019installation et de déménagement : du 1er août 2020 au 30 août 2020, et ce, sans frais de location (incluant loyer de base, frais d\u2019exploitation et taxes foncières) de la part du Locataire au Bailleur.Début de la durée de location : Le 1er septembre 2020 Durée de la location : Quinze (15) années avec une (1) option de renouvellement de cinq (5) ans.Plans et devis des travaux d\u2019aménagement du Locataire : Ils seront préparés par les professionnels du Locataire suivant le concept de ce dernier et seront fournis au Bailleur le 30 septembre 2019.Les plans relatifs aux éléments de base devront être remis aux professionnels du Locataire avant le 1er mai 2019.Exécution des travaux d\u2019aménagement du Locataire : Ils seront effectués par le Bailleur (avec ses professionnels), sous le contrôle du Locataire et de ses professionnels, suivant les modalités prévues au Document.Allocation financière pour travaux d\u2019aménagement du Locataire : En sus des coûts reliés à la livraison de l\u2019élément de base, le Bailleur versera au Locataire une allocation financière, sous forme de dépôt de garantie exécutoire, équivalente à sept cents dollars (700,00 $) par mètre carré de superficie principale incluant les honoraires des professionnels du Locataire pour contribuer aux coûts des travaux d\u2019aménagement du Locataire.La TPS et la TVQ seront ainsi exemptes pour le locataire.Plans de blocage d\u2019espaces : Le proposant devra fournir à ses frais un plan de « blocage d\u2019espaces » illustrant l\u2019emplacement exact des espaces, des accès, des ascenseurs, des colonnes ainsi que les escaliers, locaux techniques de même qu\u2019un plan identifiant l\u2019emplacement de chaque stationnement requis.Heures d\u2019affaires : Le CISSS sera ouvert à la population sept (7) jours par semaine, du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h et le samedi et dimanche de 8 h à 16 h.En conséquence, l\u2019édifice devra permettre l\u2019accès à la clientèle et fournir au CISSS les services de ventilation, climatisation et chauffage requis pour assurer un niveau de confort suivant les normes prévues au Bail pendant les heures d\u2019affaires du CISSS ainsi que les services décrits au devis d\u2019entretien ménager.Durant le terme du Bail, ces heures de fonctionnement peuvent varier selon les besoins du CISSS.Espaces de stationnement extérieur ou intérieur : Le proposant devra mettre à la disposition du CISSS un minimum de cent cinquante (150) espaces de stationnement (+ 5) dont cent vingt-cinq (125) à moins de cent cinquante (150) mètres des locaux et vingt-cinq (25) adjacents à l\u2019édifice dont quatre (4) réservés aux personnes à mobilité réduite, quatre (4) pour voitures électriques et un (1) débarcadère pour marchandise.Informations et procédures : Le projet sera expliqué au cours d\u2019une seule réunion d\u2019information tenue à 10 h, le 18 octobre 2018 à l\u2019Hôpital juif de réadaptation de Laval, Service des approvisionnements, 3205, Place Alton-Goldbloom, salle B-1151, Laval (Québec) H7V 1R2, par notre « Représentante », madame Lisa Munger, accompagnée de monsieur Michel Sicotte, de Devencore, courtier immobilier commercial (notre « Courtier »).Les documents de l\u2019appel d\u2019offres seront alors disponibles sur le site SEAO # A0?2018?023.Veuillez confirmer votre présence auprès de madame Lisa Munger et lui adresser vos demandes concernant l\u2019appel d\u2019offres par téléphone au 450 688-9550, poste 4305 ou par courriel à : lisa.munger.cissslav@ssss.gouv.qc.ca.Date limite de réception : Pour être considérées, les propositions devront être remplies sur le Formulaire de proposition du Document et reçues, avant 14 h, le 13 novembre 2018, adressée à madame Lisa Munger, Hôpital juif de réadaptation, Service des approvisionnements, 3205, Place Alton-Goldbloom, bureau B-1102, Laval (Québec) H7V 1R2.Elles seront ouvertes le même jour à 14 h et devront être accompagnées d\u2019un cautionnement au montant correspondant à 10 % du loyer annuel de la première année de la proposition excluant les taxes foncières présentées ou d\u2019un chèque certifié du même montant fait au nom du CISSS de Laval.Une lettre de crédit irrévocable du même montant d\u2019une institution financière reconnue constitue une garantie suffisante.Les propositions présentées devront être conformes aux règlements d\u2019urbanisme et de zonage en vigueur au jour de l\u2019adjudication du contrat au proposant.Les propositions doivent être valides pour cent vingt (120) jours à compter de la date d\u2019ouverture des propositions.Le CISSS de Laval n\u2019est pas tenu d\u2019accepter ni la plus basse ni aucune autre des propositions présentées.Lisa Munger, agente d\u2019approvisionnement Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval Avis est donné selon l'Article 795 du Code Civil du Québec que Raymond Darveau, résidant au 875 rue Nadon, Ste-Thérèse-de -Blainville, (Québec), J7E 2P1 est décédé(e) le 25 Janvier 2018.L'inventaire des biens est détenu aux bureaux de La Société de fiducie Banque de Nouvel- le-Écosse situés au 1002 Sherbrooke ouest, bureau 540, Montréal (Québec), H3A 3L6 pour fins de consultation.PRENEZ AVIS que Danny (Sylvain) Bouchard, en son vivant domicilié au 141, rue Provost, Château- guay (Québec) J6J 2Y6, est décédé le 7 avril 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par toute personne ayant un intérêt au domicile du liquidateur, au 3585, rue Émile, Saint-Hubert (Québec) J3Y 5L2.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Célestina ARSENAULT, en son vivant domiciliée au 4995, Bellechasse, appartement 11, Montréal, province de Québec, est décédée à Montréal , le 3 février 2018.Un inventaire des biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de VALLÉE & VALIQUETTE, NOTAIRES INC., au 2665, rue Beaubien Est, Montréal, Québec, H1Y 1G8.Fait à Montréal, le 11 octobre 2018 Andréa COMEAU, liquidatrice AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est donné conformément au Code civil du Québec de la clôture de l'inventaire en regard de la succession Serge TURGEON, né le 12 mars 1946, en son vivant domicilié et résidant au 1930, Amélia Earhart, en la ville de Montréal, province de Québec, et décédé le 18 mai 2004 à Montréal.Cet inventaire peut être consulté par toute personne ayant un intérêt, à l'étude Beauchamp et Gilbert, Notaires, au 507 Place d'Armes, bureau 1300, Montréal, province de Québec, H2Y 2W8.Montréal le 13 octobre 2018 Beauchamp et Gilbert, Notaires ORDONNANCES À sa séance du 9 octobre 2018, le conseil d\u2019arrondissement a adopté les ordonnances suivantes : - B-3, o.584, P-1, o.533, 01-282, o.213, CA-24-085, o.128, CA-24-085, o.129, P-12-2, o.135, C-4.1, o.223 et 17-079, o.2 relatives la tenue d\u2019événe- ments sur le domaine public (saison 2018, 8e partie, A); - E-7.1, o.57 permettant de fixer diverses dates concernant les activités des demandeurs de permis pour l\u2019année 2019; - 5984, o.140 exemptant le propriétaire du bâtiment projeté sur le lot 1 338 890 (2025-2029, rue Peel), de l\u2019obligation de fournir 31 unités de stationnement; - 5984, o.141 exemptant le propriétaire du bâtiment situé au 2050, rue Mansfield, de l\u2019obligation de fournir 9 unités de stationnement.et ce, en vertu des règlements concernant le bruit (R.R.V.M., c.B-3), la paix et l\u2019ordre sur le domaine public (R.R.V.M., c.P-1), l\u2019urbanisme (R.R.V.M., 01- 282, article 560), le civisme, le respect et la propreté (CA-24-085), la propreté et la protection du domaine public et du mobilier urbain (R.R.V.M.c.P-12.2), la circulation et le stationnement (R.R.V.M., chapitre C-4.1), les calèches (17-079), l\u2019exposition et la vente d\u2019œuvres artisanales, picturales ou graphiques sur le domaine public (R.R.V.M., c.E-7.1) et les exemptions en matière d\u2019unités de stationnement (5984).Ces ordonnances entrent en vigueur à la date de la présente publication; elles peuvent être consultées aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM, et au rez-de-chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Montréal, le 13 octobre 2018 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC Avis public DEMANDE DE PARTICIPATION À UN RÉFÉRENDUM Règlement modi?ant le Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282), le Règlement sur les dérogations mineures (CA-24-008) et le Règlement sur les certi?cats d\u2019autorisation et d\u2019occupation (CA-24-224) a?n de promouvoir la mobilité durable (dossier 1186399006) AVIS EST DONNÉ aux personnes intéressées de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et des zones contigües des arrondissements de Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve, du Plateau-Mont-Royal, d\u2019Outremont, de Côte-des- Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce, de Rosemont-La Petite-Patrie et du Sud-Ouest et ayant le droit de signer une demande de participation à un référendum : 1.APPROBATION RÉFÉRENDAIRE À la suite de l\u2019assemblée publique de consultation tenue le 26 septembre 2018 le conseil d\u2019arrondissement a adopté, lors de sa séance du 9 octobre 2018, le second projet de règlement CA-24-282.116 intitulé Règlement modi?ant le Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) a?n de promouvoir la mobilité durable.Ce second projet de règlement contient une disposition qui peut faire l\u2019objet d\u2019une demande de la part des personnes intéressées a?n qu\u2019un règlement qui la contient soit soumis à l\u2019approbation de certaines personnes habiles à voter conformément à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ, c.E-2.2).2.OBJET DU SECOND PROJET Ce second projet de règlement vise, entre autres, à éliminer l\u2019obligation de fournir des unités de stationnement pour automobile pour l\u2019ensemble des usages sur le territoire, de boni?er les exigences minimales de stationnement pour vélo, de permettre l\u2019installation de bornes de recharge pour véhicules électriques en façade et dans toutes les cours selon certaines conditions et d\u2019exiger l\u2019aménagement d\u2019un certain nombre d\u2019unités de stationnement équipées pour la recharge d\u2019un véhicule électrique dans les projets autres que résidentiel dont l\u2019aire de stationnement comprend 20 unités de stationnement et plus.3.DISPOSITIONS SOUMISES À UNE APPROBATION RÉFÉRENDAIRE les articles 2, 3, 9 à 17 et 19 à 22 ayant pour objet d\u2019éliminer l\u2019obligation de fournir un nombre minimal d\u2019unités de stationnement pour véhicule automobile pour l\u2019ensemble des usages sur le territoire; les articles 4 à 6 ayant pour objet de permettre à certaines conditions l\u2019installation de bornes de recharge pour véhicules électriques sur la façade et en cour avant; l\u2019article 18 ayant pour objet d\u2019exigé l\u2019aménagement d\u2019un certain nombre d\u2019unités de stationnement équipées pour la recharge d\u2019un véhicule électrique dans les projets autres que résidentiel dont l\u2019aire de stationnement comprend 20 unités de stationnement et plus.Une telle demande vise à ce que le règlement soit soumis à l\u2019approbation des personnes habiles à voter de la zone à laquelle le règlement s\u2019applique et de celles de toute zone contiguë d\u2019où provient la demande.4.TERRITOIRES VISÉS Une demande relative à cette disposition peut provenir d\u2019une zone faisant partie de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et des zones contigües situées dans les arrondissements de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, du Plateau-Mont-Royal, d\u2019Outremont, de Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce, de Rosemont\u2013La Petite- Patrie et du Sud-Ouest.Le plan illustration l\u2019ensemble des zones du territoire de l\u2019arrondissement et ses zones contiguës peut être consulté sur le site internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante www.ville.montreal.qc.ca/villemarie : aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est durant les heures normales de bureau, soit de 8 h 30 à 16 h 30 du lundi au vendredi.5.CONDITIONS DE VALIDITÉ D\u2019UNE DEMANDE Pour être valide, une demande doit : - indiquer clairement la disposition qui en fait l\u2019objet et la zone d\u2019où elle provient; - être signée par au moins 12 personnes intéressées de la zone d\u2019où elle provient ou, si leur nombre dans la zone n\u2019excède pas 21, par au moins la majorité d\u2019entre elles; - être reçue avant 16 h 30, le 22 octobre 2018, à l\u2019adresse suivante : Demandes de participation à un référendum a/s de Me Domenico Zambito, Secrétaire d\u2019arrondissement Ville de Montréal, arrondissement de Ville-Marie 800, boulevard De Maisonneuve Est, 17e étage Montréal (Québec) H2L 4L8 6.PERSONNE INTÉRESSÉE Toute personne qui n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter en vertu de la loi et qui remplit les conditions suivantes le 9 octobre 2018 : - être majeure, de citoyenneté canadienne et ne pas être en curatelle; et - être domiciliée dans une zone d\u2019où peut provenir une demande valide et, être depuis au moins six (6) mois, au Québec; ou - être, depuis au moins douze (12) mois, propriétaire d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise au sens de la Loi sur la ?scalité municipale (RLRQ c F-2.1), dans une zone d\u2019où peut provenir une demande.Condition supplémentaire aux copropriétaires indivis d\u2019un immeuble et aux cooccupants d\u2019un établissement d\u2019entreprise : - être désigné, au moyen d\u2019une procuration signée par la majorité des copropriétaires ou cooccupants, comme celui qui a le droit de signer la demande en leur nom et être inscrit sur la liste référendaire, le cas échéant.Condition d\u2019exercice du droit de signer une demande par une personne morale : toute personne morale doit désigner parmi ses membres, administrateurs ou employés, par résolution, une personne qui, le 9 octobre 2018, est majeure et de citoyenneté canadienne, n\u2019est pas en curatelle, et n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter prévue par la loi.Les personnes morales, les copropriétaires et cooccupants doivent produire leur résolution ou leur procuration en même temps que la demande.Elle prend effet lors de sa réception et demeure valide tant qu\u2019elle n\u2019est pas remplacée.Sauf dans le cas d\u2019une personne désignée à titre de représentant d\u2019une personne morale, nul ne peut être considéré comme personne intéressée à plus d\u2019un titre conformément à l\u2019article 531 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ c F-2.1).7.ABSENCE DE DEMANDE Ce second projet de règlement contient une disposition propre à un règlement susceptible d\u2019approbation référendaire.Les dispositions qui n\u2019auront pas fait l\u2019objet d\u2019une demande valide pourront être incluses dans un règlement qui n\u2019aura pas à être approuvée par les personnes habiles à voter.8.CONSULTATION DES DOCUMENTS PERTINENTS Le second projet de règlement peut être consulté, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM, et au rez-de- chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Fait à Montréal, le 13 octobre 2018 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie Le pape François a accepté vendredi avec réticence la démission de l\u2019influent cardinal américain Donald Wuerl de son poste d\u2019archevêque de Washington, puisqu\u2019il est soupçonné par un jury populaire d\u2019avoir étouffé un vaste scandale d\u2019agressions sexuelles en Pennsylvanie.Soumis à une forte pression et se disant désireux d\u2019aider une Église abîmée par les scandales, Mgr Wuerl, 77 ans, un fidèle soutien du pape argentin dans un paysage catholique américain parfois hostile, avait présenté sa demande de démission le 21 septembre.Le pape François l\u2019a laissé partir en louant dans une lettre personnelle « la noblesse » de sa ligne de défense.Des propos ambigus, mais qui révèlent aussi une nouvelle donne : désormais, la haute hiérarchie de l\u2019Église, jugée sévèrement dans l\u2019arène publique, ne peut plus avoir de traitement de faveur en interne.WIN MCNANEE AGENCE FRANCE-PRESSE Le scandale des abus sexuels fait tomber le cardinal américain Donald Wuerl Un tribunal turc a remis en liberté, vendredi, le pasteur américain Andrew Brunson, dont la détention puis l\u2019assignation à résidence en Turquie ont suscité une grave crise entre Ankara et Washington.Le tribunal à Aliaga, dans la région d\u2019Izmir (ouest), a condamné le pasteur à trois ans et un mois de prison, mais l\u2019a remis en liberté en tenant compte du temps qu\u2019il a déjà passé en prison et de son comportement pendant son procès.Andrew Brunson s\u2019est vu infliger cette peine de prison après avoir été reconnu coupable de « soutien à des organisations terroristes », en l\u2019occurrence le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes) et le réseau de Fethullah Gülen, le prédicateur accusé par Ankara d\u2019avoir orchestré le putsch manqué de juillet 2016.Le tribunal a en outre accédé aux demandes des procureurs de lever l\u2019assignation à résidence et l\u2019interdiction de quitter le territoire turc imposées à Andrew Brunson, qui pourra ainsi quitter le pays.Le président américain, Donald Trump, s\u2019est félicité de sa libération.« Mes pensées et prières vont au pasteur Brunson, et nous espérons le revoir rapidement et sans encombre à la maison », a-t-il écrit sur Twitter.Dans un précédent message, Donald Trump avait indiqué « travailler très fort » pour faire libérer M.Brunson.Andrew Brunson, 50 ans, a quitté le B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 E N B R E F Israël maintient l\u2019interdiction d\u2019entrer à une étudiante américaine TEL-AVIV \u2014 Un tribunal israélien a confirmé vendredi l\u2019interdiction d\u2019entrée en Israël d\u2019une étudiante américaine bloquée à l\u2019aéroport de Tel-Aviv depuis 10 jours pour son soutien supposé au mouvement pro-palestinien de boycottage d\u2019Israël.Lara Alqasem, 22ans, est l\u2019un des cas les plus médiatisés de refus d\u2019accès au territoire israélien en vertu d\u2019une loi controversée adoptée en 2017 qui permet d\u2019interdire l\u2019entrée aux partisans du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) appelant au boycottage économique, culturel ou scientifique d\u2019Israël.«Tout État qui se respecte défend ses intérêts et ceux de ses citoyens, et a le droit de combattre les actions de boycottage contre ses ventes à l\u2019étranger et sa culture, ainsi que les atteintes à son image», a tranché le tribunal.Agence France-Presse Schengen : Bruxelles appelle à cesser les contrôles aux frontières LUXEMBOURG \u2014 La Commission européenne a appelé vendredi à « mettre fin » à la prolongation des contrôles aux frontières à l\u2019intérieur de l\u2019espace Schengen, une mesure censée être exceptionnelle, mais qui est régulièrement reconduite par plusieurs pays.«Je ne peux pas imaginer l\u2019Europe avec des frontières intérieures fermées.Nous ne permettrons jamais à l\u2019Europe de revenir à son passé», a affirmé le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, lors d\u2019une réunion à Luxembourg des ministres de l\u2019Intérieur des 28.Six pays ont réintroduit depuis 2015 des contrôles dans l\u2019espace Schen- gen (la France, l\u2019Allemagne, l\u2019Autriche, le Danemark, la Suède, la Norvège), utilisant des dérogations légales au principe de la libre circulation dans cette zone.Agence France-Presse Moon appelle Washington à avancer sur une déclaration de paix SÉOUL\u2014 Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a appelé Washington vendredi à avancer vers une déclaration officielle de la fin de la guerre de Corée, réclamée par la Corée du Nord, au moment où les deux alliés semblent de plus en plus diverger en ce qui concerne Pyongyang.Washington rechigne à une déclaration de paix pour mettre fin à la guerre qui s\u2019est achevée en 1953 sur un armistice, demandant au préalable que le Nord prenne davantage de mesures pour la dénucléarisation.«Déclarer la fin de la guerre constituerait une déclaration politique selon laquelle les États-Unis mettent un terme à des décennies de relations hostiles avec le Nord», a déclaré M.Moon.«Le Nord a arrêté tous ses tests nucléaires et balistiques et démantelé son seul site d\u2019essais nucléaires», a-t-il plaidé.Agence France-Presse Lara Alqasem JACK GUEZ AGENCE FRANCE-PRESSE LUANA SARMINI-BUONACCORSI RAZIYE AKKOC À ANKARA AGENCE FRANCE-PRESSE Une délégation saoudienne est arrivée en Turquie pour des entretiens portant sur l\u2019enquête liée au sort du journaliste saoudien dissident Jamal Khashoggi à Istanbul, au moment où Riyad est accablé par des révélations lui imputant sa disparition ou son assassinat.Une source diplomatique turque a déclaré vendredi à l\u2019AFP que la délégation saoudienne était arrivée à Ankara.Selon l\u2019agence de presse étatique Ana- dolu, elle devait rencontrer des responsables turcs pendant la fin de semaine.Ibrahim Kalin, le porte-parole de la présidence turque, a annoncé jeudi soir la formation d\u2019un « groupe de travail » turco-saoudien pour tenter d\u2019élucider le mystère de la disparition du journaliste.L\u2019éditorialiste critique du pouvoir saoudien et collaborateur du Washington Post n\u2019a plus donné signe de vie depuis son entrée, pour des démarches administratives, au consulat d\u2019Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre.Des responsables turcs ont affirmé qu\u2019il y avait été assassiné par des agents saoudiens.Riyad dément cette allégation et maintient, sans preuves à l\u2019appui, qu\u2019il a quitté le bâtiment.Selon le Washington Post, Ankara aurait affirmé à Washington qu\u2019il détient des enregistrements audio et vidéo montrant comment Khashoggi a été « interrogé, torturé puis tué » à l\u2019intérieur du consulat, avant que son corps soit démembré.Une montre intelligente L\u2019Arabie saoudite a donné mardi son feu vert à une fouille de son consulat à Istanbul, mais celle-ci n\u2019avait toujours pas eu lieu vendredi.Riyad s\u2019est félicité vendredi soir de la formation d\u2019un groupe de travail chargé d\u2019élucider les conditions de la disparition de Jamal Khashoggi, a indiqué une source officielle saoudienne.Ce responsable cité par l\u2019agence officielle saoudienne SPA a qualifié de « pas positif » la décision de la présidence turque « d\u2019accepter la demande du Royaume d\u2019Arabie saoudite de réunir des spécialistes des deux pays pour déterminer les conditions de la disparition » du journaliste.Par ailleurs, les quotidiens Sözcü et Milliyet ont rapporté vendredi que M.Khashoggi portait, lorsqu\u2019il est entré au consulat, une « montre intelligente » connectée à un téléphone qu\u2019il avait laissé entre les mains de sa fiancée, Hatice Cengiz.Les deux journaux affirment que des enregistrements audio ont ainsi été transmis au téléphone et qu\u2019ils sont actuellement examinés par la justice.Disparition de Khashoggi : une délégation saoudienne en Turquie Toutefois, si Milliyetaffirme que des cris et une querelle ont été enregistrés, Sözcü rapporte que des dialogues, mais pas de cris, peuvent être entendus dans cet enregistrement de «quelques minutes».Projets d\u2019affaires en suspens Plusieurs pays occidentaux, dont le Royaume-Uni et la France, se sont dits préoccupés par le sort du journaliste, et l\u2019affaire Khashoggi refroidissait vendredi les ardeurs du monde des affaires, qui s\u2019enthousiasmait encore il y a un an pour les pharaoniques projets économiques du prince héritier.Des partenaires tels que le Financial Times, le New York Times et The Economist ont ainsi retiré leur soutien à la deuxième édition du sommet « Future Investment Initiative » qui doit se tenir du 23 au 25 octobre à Riyad.Le patron d\u2019Uber, Dara Khosrowshahi, a annoncé qu\u2019il n\u2019irait pas non plus à ce sommet, «à moins qu\u2019une série de faits considérablement différents n\u2019émerge», selon Bloomberg.Washington a également mis la pression sur son allié saoudien, tout en se limitant à ce stade à des demandes d\u2019explications.La Maison-Blanche et le chef de la diplomatie américaine Mike Pom- peo se sont entretenus avec le prince héritier Mohammed ben Salmane.Si les autorités saoudiennes ont rapidement jugé « infondées » les affirmations selon lesquelles M.Khashoggi a été assassiné dans le consulat, elles sont depuis restées cantonnées dans leur silence.Jusqu\u2019à présent, la seule réponse de Riyad a été d\u2019affirmer que les caméras du consulat ne fonctionnaient pas ce jour-là.Des gardes de sécurité surveillent l\u2019entrée du consulat d\u2019Arabie saoudite à Istanbul, vendredi.PETROS GIANNAKOURIS ASSOCIATED PRESS Justin Trudeau dit être ferme face à l\u2019Arabie saoudite Justin Trudeau a déclaré vendredi que le Canada était « très préoccupé » par la disparition du journaliste américain Jamal Khashoggi, même si le premier ministre reconnaît que les informations sont pour l\u2019instant parcellaires dans ce dossier.Interrogé par les journalistes au Sommet de la Francophonie, en Arménie, M.Trudeau a ajouté que le Canada déployait depuis plusieurs années en Arabie saoudite un important effort diplomatique sur la question des droits de la personne et qu\u2019il avait eu personnellement une conversation avec le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud au printemps dernier.Le premier ministre a soutenu que le Canada maintiendra une posture claire et ferme pour défendre les droits de la personne dans le monde, « quel que soit l\u2019interlocuteur ».La controverse survient après le conflit diplomatique entre le Canada et le royaume saoudien, déclenché lorsque la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a appelé à la libération immédiate d\u2019activistes détenus, dont Samar Badawi, militante des droits des femmes et sœur du blogueur Raif Badawi, lui-même emprisonné depuis 2012 pour avoir critiqué des leaders religieux.La Presse canadienne FULYA OZERKAN À ALIAGA AGENCE FRANCE-PRESSE TURQUIE Le pasteur américain Brunson libéré tribunal à l\u2019issue de l\u2019audience et s\u2019est rendu chez lui à Izmir à bord d\u2019un convoi de voitures.Son avocat américain, Jay Sekulow, a indiqué dans un communiqué que le pasteur « s\u2019apprête à rentrer aux États-Unis ».Sanctions américaines « Je suis un homme innocent.J\u2019aime Jésus, j\u2019aime la Turquie », a déclaré pendant l\u2019audience le pasteur, portant un costume sombre sur une chemise blanche.Installé en Turquie depuis une vingtaine d\u2019années, il était à la tête d\u2019une petite église protestante à Izmir.Il démentait en bloc les accusations d\u2019activités « terroristes » qui pesaient contre lui.La crise diplomatique alimentée par cette affaire entre ces deux pays alliés au sein de l\u2019OTAN a provoqué un effondrement en août de la livre, la monnaie turque, et mis en lumière les fragilités de l\u2019économie turque.Son cas a été brandi par des conservateurs chrétiens américains, une importante base électorale pour le président Donald Trump, qui a qualifié Andrew Brunson de « merveilleux pasteur chrétien » et d\u2019« otage patriote ».Washington a haussé le ton et imposé une série de sanctions à la Turquie après le refus du tribunal de libérer le pasteur lors d\u2019une précédente audience en juillet.Le 10 août, notamment, Washington a doublé les droits de douane sur l\u2019acier et l\u2019aluminium de provenance turque, ce à quoi la Turquie a immédiatement répliqué en prenant une mesure similaire.Selon Anthony Skinner, du cabinet de consultants en risques Verisk Ma- plecroft, l\u2019économie turque « se serait trouvée sous des pressions encore plus accrues » si le pasteur n\u2019avait pas été libéré.« Washington aurait probablement imposé de nouvelles mesures punitives ».Outre le cas de Brunson, les États- Unis dénoncent aussi l\u2019incarcération de plusieurs Américains en Turquie, dont Serkan Gölge, un scientifique de la NASA, ainsi que de deux employés turcs de missions diplomatiques américaines.Un autre dossier qui nourrit les tensions entre les deux pays est celui de la banque publique turque Halkbank, dont l\u2019ex-directeur général adjoint, Mehmet Hakan Atilla, a été condamné en mai par un tribunal américain à 32 mois de prison après avoir été reconnu coupable de contournement des sanctions américaines contre l\u2019Iran. e n\u2019est certes pas dans l\u2019allégresse que les péquistes soulignent les 50 ans de la fondation du Parti québécois, issu de la fusion du Mouvement Souveraineté-Association (MSA) de René Lévesque et du Ralliement national (RN), une formation de droite dirigée par l\u2019ex-créditiste Gilles Grégoire.Deux semaines plus tard, le Rassemblement pour l\u2019indépendance nationale (RIN), de Pierre Bourgault, un parti socialiste, se sabordait pour rejoindre le nouveau parti.On le voit : le PQ était une large coalition aux tendances divergentes et impétueuses à côté de laquelle la Coalition avenir Québec a l\u2019air d\u2019une sage chorale qui chante à l\u2019unisson.L\u2019heure n\u2019est donc pas à de festives célébrations pour les péquistes, dont le parti a obtenu son pire score de l\u2019histoire en pourcentage des voix.De fait, les deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis 50 ans amorcent une difficile période de reconstruction.Du côté du Parti libéral, le directeur de la dernière campagne, Alexandre Taillefer, semble avoir quelques idées bien arrêtées sur le sujet ; dans le milieu des affaires, on dit d\u2019ailleurs qu\u2019on apprend bien davantage de ses échecs que de ses réussites.Au Parti québécois, la réflexion est d\u2019autant plus vitale qu\u2019elle doit porter non seulement sur l\u2019avenir d\u2019un parti, mais aussi sur celui du mouvement souverainiste.Il serait présomptueux de notre part de proposer des solutions toutes faites qui régleraient d\u2019un coup de baguette magique les sérieux problèmes du PQ, un parti plongé dans une situation qui nécessitera d\u2019intenses réflexions et échanges.Allons-y toutefois de quelques observations.D\u2019entrée de jeu, mentionnons que les problèmes du PQ ne datent pas d\u2019hier.Déjà, la défaite de 2014 avait fait dire à bien des péquistes, comme Alexandre Cloutier, que le parti devait être reconstruit et son programme, réécrit.Et Jean-François Lisée a fait la preuve que la solution ne passe pas par des stratégies fines où l\u2019option souverainiste est mise sous le boisseau et son actualisation, reportée à des calendes plus ou moins grecques.Les mouvements d\u2019indépendance nationale s\u2019appuient sur les forces vives d\u2019une société.C\u2019était évidemment le cas dans les années 1970, où le PQ de René Lévesque incarnait un mouvement social et culturel, un projet de société résolument progressiste.En Écosse, par exemple, le Scottish National Party a rallié les écologistes, les féministes, les pacifistes, et il se présentait comme le parti anti-austérité, supplantant dans ce rôle le Parti travailliste.L\u2019indépendance se fait avec les progressistes et non pas avec les réactionnaires.L\u2019identité du peuple québécois fait forcément partie de l\u2019équation : si nous étions « Canadians first and foremost » comme la majorité des citoyens de la fédération, l\u2019enjeu de l\u2019indépendance ne se poserait évidemment pas.Mais les questions identitaires ne doivent pas occulter le fait que le projet porte sur la liberté politique d\u2019une nation pluraliste.Le PQ a commis une grave erreur en insistant sur le caractère identitaire de sa charte des « valeurs québécoises », tentant d\u2019exploiter les sentiments chauvins et xénophobes d\u2019une frange réactionnaire de la population sous le couvert d\u2019une défense de nobles principes républicains.Trop radical, ce projet de charte, qui divisait l\u2019électorat, n\u2019a fait qu\u2019éloigner des citoyens \u2014 des jeunes, en particulier \u2014 de l\u2019option souverainiste.Si l\u2019accession à l\u2019indépendance est l\u2019affaire des forces vives d\u2019une nation, le PQ, pour assurer son avenir, doit pouvoir les rallier.Ses orientations clairement sociales-démocrates ne devraient pas l\u2019en empêcher.Nous croyons aussi que le PQ, avec son programme, est davantage en phase avec la population que Québec solidaire, dont le programme exhale des relents marxistes-léninistes dès qu\u2019on s\u2019en approche de trop près.Or, la liberté politique du Québec n\u2019a plus la cote.L\u2019indépendance n\u2019est plus essentielle quand il s\u2019agit de se réaliser sur le plan individuel ici ou ailleurs sur la planète.Pour certains, il y a quelque chose de satisfaisant à vivre chacun pour soi dans un « État post-national » qui n\u2019a pas d\u2019identité propre, comme l\u2019a affirmé Justin Trudeau, citoyens du monde transportés par une utopie mondialisée, partisans d\u2019un cosmopolitisme apolitique.Un jour ou l\u2019autre, nous en reviendrons.Et comme la question nationale demeure irrésolue, le projet indépendantiste demeure pertinent.Le PQ n\u2019a d\u2019autre choix que de le porter avec détermination.Même si rallier à nouveau les forces vives de la nation représente une énorme tâche tant pour le parti fondé par René Lévesque que pour l\u2019ensemble du mouvement souverainiste.LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Marie-Claude Gauthier Maman, citoyenne, enseignante de français au secondaire et doctorante en psychopédagogie Le débat qui mobilise les réseaux sociaux, notamment celui concernant l\u2019auteure-compositrice-inter- prète Safia Nolin, est racoleur, fielleux et contre-productif.Une insulte à sa poésie.Il suffit de jeter un œil sur Facebook, Twitter ou sur le fil de commentaires apparaissant dans une récente chronique de Marc Cassivi dans La Presse+ pour mesurer l\u2019ampleur de la hargne qui habite des centaines, voire des milliers de lecteurs malhabiles et méprisants.Ma colère est telle devant ce déversement de haine que je m\u2019en remets à l\u2019écriture, pour dénoncer, certes, mais aussi pour m\u2019en débarrasser, comme disait Romain Gary.Les sources de ma colère sont doubles.Comme enseignante de français au secondaire, je tente, jour après jour, de convaincre mes élèves de plonger dans des œuvres littéraires riches et humanistes.Je m\u2019évertue à les convaincre, avec toute la passion et l\u2019optimisme qui m\u2019habitent, que la littérature nous aide à vivre et à comprendre le monde qui nous entoure ; que la littérature fait de nous des êtres plus empathiques.Or, l\u2019empathie est un des grands remèdes pour mettre un frein à la violence verbale et écrite dont sont quotidiennement victimes les marginaux de notre société : les pas beaux, les vieux, les gros, les pôvres\u2026 les génies, aussi ! En début d\u2019année, l\u2019œuvre théâtrale Incendies, de Wajdi Mouawad, œuvre apolitique dénonçant l\u2019ignorance qui nourrit le fil de la colère en contexte de guerre, les a d\u2019abord bouleversés, confrontés, enragés\u2026 À leur mesure, mes élèves ont vécu une espèce de catharsis qui les aidera, j\u2019en suis sûre, à poser un regard plus compatissant sur tous les réfugiés qu\u2019ils côtoient sans les connaître.En novembre, c\u2019est l\u2019univers de Momo, un fils de pute de 10 ans, personnage marquant du roman La vie devant soi, qui les émouvra.Tout droit sortie du passé et de l\u2019imaginaire de l\u2019un des plus grands écrivains humanistes du XXesiècle, Romain Gary, cette histoire à la fois lumineuse et cruelle les poussera à se questionner sur la réalité des marginaux de notre société.Comment en sont-ils venus là?Quel est leur parcours ?Qu\u2019est- ce qui explique leur vie atypique ?Ces questions, nous nous les poserons ensemble pour tenter de comprendre la détresse qui habite les personnages et, par extension, les humains.Pendant ce temps, certains médias, sociaux ou non, voguent à contre-courant et réduisent à néant toutes les tentatives d\u2019éduquer\u2026 à coups de chroniques démagogiques, de raccourcis intellectuels et de commentaires haineux.Est-ce le modèle que l\u2019on veut donner à notre jeunesse qui peine à trouver sa place dans l\u2019immensité du monde 3.0?Un monde rempli de haine En 2012, en plein cœur de la crise qui a secoué l\u2019Égypte, plusieurs ont salué le pouvoir libérateur des réseaux sociaux.On a cru alors que les plus opprimés disposaient enfin d\u2019un outil de communication puissant pour espérer faire la révolution et aspirer à un monde plus libre, plus égalitaire.Cette révolution tant espérée n\u2019a malheureusement pas vraiment eu lieu.Mais les réseaux sociaux, eux, sont bien enracinés et sont plus populaires que jamais.En effet, tapis derrière l\u2019anonymat, des millions d\u2019internautes alimentent désormais le fil de la colère des uns et l\u2019ignorance des autres avec des propos approximatifs, souvent dénués de sens, gratuits et haineux.Comme réponse à cette épouvantable réalité, plusieurs bien-pensants, largement cités dans les médias, se qualifiant tantôt de philosophes tantôt de sages, ne voient pas encore l\u2019utilité d\u2019intégrer le numérique à l\u2019école : « Gardons la technologie loin de nos enfants ! Faisons de l\u2019école un sanctuaire ! » Quelle hypocrisie ! Les jeunes ont plus que jamais besoin qu\u2019on leur apprenne à lire et qu\u2019on les éduque à la citoyenneté numérique.Il s\u2019agit d\u2019une urgence nationale.L\u2019école doit prendre ses responsabilités, de concert avec les parents, afin que les influenceurs de ce monde, ceux qui nourrissent en ce moment la polémique pour accroître leurs cotes d\u2019écoute, leur tirage ou leur nombre de votes, soient un jour obligés de dire ou d\u2019écrire des propos intelligents et nuancés pour espérer qu\u2019un public sensible, allumé et bien informé leur tende l\u2019oreille.En attendant ce moment, à l\u2019instar de Safia Nolin, j\u2019aimerais bien me protéger de la violence ambiante en errant comme un fantôme amnésique dans les rues de Limoilou\u2026 Le crucifix n\u2019est pas un bien patrimonial Témoin fondateur de la foi chrétienne, le crucifix n\u2019a pas sa place dans les lieux du pouvoir.Toute sa vie, Jésus-Christ a rejeté les honneurs et les richesses, les pouvoirs et les ors du pouvoir, ce n\u2019est pas pour finir en objet patrimonial au même titre qu\u2019une colonne en marbre ou un buste en bronze.C\u2019est lui qui, le premier, a fait la distinction entre le spirituel et le temporel : « Mon Royaume n\u2019est pas de ce monde », en rupture totale avec l\u2019État antique qui, « étroitement lié à la religion, venait d\u2019elle et se confondait avec elle » (F.de Coulanges, La cité antique).La présence du crucifix à l\u2019Assemblée nationale altère l\u2019image de notre démocratie et dénature le sens de la crucifixion.Elle nous ramène à l\u2019époque révolue de l\u2019alliance du trône et de l\u2019autel quand le pouvoir était partagé exclusivement entre « ces deux moitiés de Dieu, le pape et l\u2019empereur » (V.Hugo, Hernani).Si, pendant un siècle et demi, de l\u2019Acte de Québec de 1774 à la Révolution tranquille, l\u2019Église était associée au pouvoir civil, L\u2019éducation à la citoyenneté numérique, pour des lendemains meilleurs LIBRE OPINION LETTRES LES 50 ANS DU PQ Rallier les forces vives C ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu mocraties.On veut en finir avec le bipartisme politique entre les deux principaux partis de chaque pays qui ne pensent qu\u2019au pouvoir et on dit non à la corruption.Le droit au travail, à la culture, à la santé, à l\u2019éducation et au logement représente les droits de base prônés par les indignés.Ils rêvent d\u2019un monde plus égalitaire.C\u2019est une économie mondiale barbare que les indignés dénoncent.Ils refusent que les peuples paient le prix de la crise financière et ils demandent une vraie démocratie et une révolution éthique.On proteste et on revendique partout contre la précarité liée à la crise financière et au pouvoir de la finance.C\u2019est à cause du chômage, des petits boulots et des petits salaires que nos économies ont besoin de toujours plus de dettes.Il y a beaucoup trop de diplômés n\u2019ayant pas réussi à s\u2019insérer dans la société et les jeunes sont deux fois plus touchés par le chômage que le reste de la société.Les indignés croient aussi que c\u2019est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négociation sur les salaires qu\u2019on sortira durablement de l\u2019emprise du pouvoir de la finance et espérer une plus grande justice sociale.Mario Leclerc Pointe-Claire, le 11 octobre 2018 cela était dû à des circonstances historiques et a, du reste, retardé l\u2019avènement d\u2019une démocratie avancée.Il est temps d\u2019accorder nos institutions avec l\u2019évolution des mentalités, et de « rendre à l\u2019État ce qui lui appartient et à Dieu ce qui lui appartient », par conséquent, que les couleurs et les symboles de Jacques Cartier et de Samuel de Champlain, la croix et le lys, témoins fondateurs de la nation, remplacent le crucifix au Salon bleu.Cela s\u2019appelle la séparation de l\u2019État et de la religion, idée libérale qui fonde notre démocratie et lui donne tout son éclat.Sam Haroun, auteur Le 12 octobre 2018 Le mouvement des indignés Ce mouvement est connu partout dans le monde entier.Il est apolitique et est orienté vers le citoyen.Il n\u2019est pas lié à un parti politique ni à une organisation syndicale.C\u2019est un mouvement qui est pacifique et il s\u2019est installé dans plus de 1500 villes dans le monde entier, et ce, en peu de temps.Les indignés réclament une restructuration de l\u2019économie, mais surtout une répartition des pouvoirs qui favorisent davantage les citoyens.On désire de réelles dé- Tapis derrière l\u2019anonymat, des millions d\u2019internautes alimentent désormais le fil de la colère des uns et l\u2019ignorance des autres avec des propos approximatifs, souvent dénués de sens, gratuits et haineux ROBERT DUTRISAC Réglons d\u2019entrée un problème de vocabulaire.Les fake news, cette expression que Donald Trump a largement contribué à propager, ne sont pas tout à fait des fausses nouvelles.En anglais, on distingue les fake news (des « imitations » ou « simulacres » de nouvelles) des false news (des nouvelles inexactes ou erronées).En français, on ne fait pas la distinction.On parle, globalement, de fausses nouvelles, une traduction imparfaite de fake news, mais que nous retenons parce que le terme est largement répandu\u2026 et faute de mieux.Essayons de préciser les contours de l\u2019expression.Le terme fake news est un concept polysémique et politiquement controversé.Le journaliste canadien Craig Silverman, longtemps basé à Montréal, serait à l\u2019origine de la propagation récente de cette notion qu\u2019il se souvient d\u2019avoir utilisée pour la première fois dans un tweet le 14 octobre 2014.Il dénonçait alors la fausse nouvelle d\u2019un site de fake news, le national- report.net, qui annonçait la mise en quarantaine d\u2019une ville du Texas après qu\u2019une famille eut prétendument contracté l\u2019Ebola, un virus fort contagieux qui a fait des milliers de morts lors d\u2019une épidémie en Afrique de l\u2019Ouest de 2014 à 2016.Le travail de Silverman sur les fausses nouvelles était à cette époque peu connu.Cette situation changea à l\u2019automne 2016 après ses articles fracassants sur l\u2019ampleur de ce phénomène sur Internet dans le cadre de l\u2019élection présidentielle américaine.Depuis, Donald Trump, lui-même pécheur impénitent et coupable de milliers d\u2019affirmations fausses depuis son assermentation, a fréquemment utilisé cette formule sur Twitter ou en entrevues, en en changeant le sens, et pour attaquer les médias et les journalistes qui, à ses yeux, produisaient des reportages erronés ou orientés.En vérité, une grande confusion règne autour de ce concept dont on parlait peu avant l\u2019arrivée de Trump au pouvoir.En avril 2018, un sondage effectué aux États-Unis par la Monmouth University révélait que 25 % des répondants jugeaient que le terme fake news s\u2019appliquait « seulement aux histoires où les faits sont faux », alors que 65 % jugeaient que cela s\u2019appliquait aussi « à la façon dont les médias d\u2019information prennent des décisions éditoriales sur ce qu\u2019ils choisissent de rapporter ».On peut se demander si l\u2019interprétation que colporte Donald Trump ne se reflète pas en partie dans les résultats de cette enquête et dans la compréhension que le public américain a des fake news.Au-delà de leur popularité et de leurs mutations récentes sur Internet, les fausses nouvelles restent toutefois un vieux phénomène.Aux États-Unis, des canulars et des histoires abracadabrantes et forgées de toutes pièces, publiées notamment dans les tabloïds B 9 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Extraits condensés de l\u2019introduction de l\u2019ouvrage Les fausses nouvelles, nouveaux visages, nouveaux défis, publié cette semaine aux Presses de l\u2019Université Laval, sous la direction de Florian Sauvageau, Simon Thibault et Pierre Trudel.Florian Sauvageau et Simon Thibault Respectivement professeur émérite de l'Université Laval et professeur adjoint en sciences politiques à l\u2019Université de Montréal Pas de solution magique aux fausses nouvelles Patrick Mbeko Journaliste indépendant résidant à Montréal Dans son ouvrage Principes élémentaires de propagande de guerre, la profes- seure Anne Morelli fait observer que « la guerre a généralement pour mobile la volonté de domination géopolitique, accompagnée de motivations économiques ».Mais, ajoute-elle, ces mobiles « sont inavouables à l\u2019opinion publique ».Il en est de même en politique, où toute vérité n\u2019est pas toujours bonne à dire quand vient le temps d\u2019expliquer certaines décisions.Un article de RFI (Radio France internationale) permet de mieux comprendre les raisons qui ont poussé la France à appuyer la candidature de la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, à la tête de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF).Et ce, contre l\u2019avis des personnalités françaises et des organisations de défense des droits de la personne.Il n\u2019est pas seulement question de «valeurs démocratiques » et de « candidature portée par l\u2019Afrique», comme se plaisent à le déclarer les responsables français, mais aussi d\u2019inavouables enjeux économiques et géopolitiques.En effet, derrière le soutien apporté à la candidate rwandaise, il y a une formidable convergence d\u2019intérêts économiques et géopolitiques.Le journaliste Antoine Glaser, spécialiste de l\u2019Afrique, rappelle que l\u2019Hexagone s\u2019est toujours servi de l\u2019OIF comme un instrument pour défendre ses intérêts.« Sous François Hollande, la France n\u2019ayant plus les moyens a passé la main au Canada, qui a imposé la candidature de Michaëlle Jean », dit-il.Emmanuel Macron tente aujourd\u2019hui de reprendre la main en soutenant la candidature du Rwanda, qui exerce une influence disproportionnée dans la région des Grands Lacs grâce au soutien que lui apportent les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël.« Pour le pragmatiste Emmanuel Macron, normaliser les relations avec le Rwanda permettra à la France de reprendre sa place dans la région économiquement stratégique des Grands Lacs où les Américains sont omniprésents depuis Bill Clinton », observe le journaliste Pascal Airault, coauteur d\u2019un ouvrage sur la Françafrique.Antoine Glaser abonde dans son sens, soulignant qu\u2019avec cet appui à Mme Mus- hikiwabo, Emmanuel Macron « réconcilie la France avec le Rwanda d\u2019une part et s\u2019assure d\u2019autre part que la direction de l\u2019OIF revient à l\u2019Afrique ».« C\u2019est un coup de maître digne d\u2019un champion d\u2019échecs, car personne ne sait mieux que le président français que désormais la sauvegarde des intérêts de la France passe par les chefs d\u2019État africains.Cela peut paraître très cynique, mais c\u2019est ainsi », analyse-t-il.Dans cet univers « francophonien » bousculé par la candidature de Louise Mushikiwabo, la France n\u2019est pas le seul État occidental à privilégier ses intérêts géopolitiques et économiques au détriment de la langue française, mais aussi de la démocratie et des droits de la personne, dont l\u2019OIF se targue pourtant d\u2019être la défenseure.Selon les médias français, le premier ministre Justin Trudeau a troqué la candidature de Mi- chaëlle Jean en échange d\u2019appuis dans la campagne du Canada au Conseil de sécurité des Nations unies.La position de Paris et d\u2019Ottawa dans cette affaire est d\u2019autant plus surprenante que l\u2019actuel pouvoir rwandais, qui a la réputation d\u2019être l\u2019un des régimes les plus répressifs de la planète, est soupçonné d\u2019avoir commandité les assassinats des ressortissants français et canadiens dans les mois qui ont suivi le génocide de 1994 au Rwanda.Des officiers proches de l\u2019actuel homme fort du Rwanda, Paul Kagame, sont dans le collimateur de la justice française et espagnole.Tout laisse donc penser que, entre les valeurs démocratiques prônées par l\u2019OIF et les intérêts géopolitiques et économiques, le Canada et la France, toujours prompts à faire la leçon aux Mugabe et Kim Jong-un de ce monde, ont opté pour la tyrannie rwandaise incarnée par Louise Mushikiwabo.Celle- là même qui n\u2019a pas hésité à justifier l\u2019assassinat à l\u2019étranger des Rwandais opposés au régime qu\u2019elle sert au- jourd\u2019hui.Quant à Michaëlle Jean, elle a refusé jusqu\u2019à la fin de s\u2019avouer vaincue.Devant les 84 chefs d\u2019État et de gouvernement de l\u2019OIF réunis à Erevan, elle a eu le temps de lâcher sa petite bombe : «Une organisation qui ruse avec ses valeurs et ses principes est déjà une organisation moribonde.» À bon entendeur\u2026 Derrière le soutien à la candidate rwandaise, une formidable convergence d\u2019intérêts KONRAD YAKABUSKI vendus dans les supermarchés, ont marqué l\u2019histoire du journalisme.Les fausses nouvelles ont aussi été au cœur de campagnes de propagande pour servir les intérêts d\u2019acteurs politiques, militaires et autres.De fait, l\u2019histoire du XXe siècle fournit, lors des conflits, maints exemples d\u2019opérations de propagande et de fausses histoires destinées soit à conforter l\u2019opinion publique, soit à faire peur à l\u2019adversaire.Mais si le débat d\u2019aujourd\u2019hui se situe dans une perspective historique certaine, les défis que pose la transmission rapide de quantités énormes de messages à des milliers de personnes (notamment grâce à des robots ou bots) exigent de nouvelles réponses.Plusieurs s\u2019inquiètent de l\u2019impact de cette désinformation sur la qualité de notre expérience démocratique que mettrait déjà en péril l\u2019infrastructure technique de la Toile en nous alimentant d\u2019information reflétant nos préférences et en nous enfermant ainsi dans des chambres d\u2019échos.D\u2019autres avancent que la multiplication des fausses nouvelles, répandues par les trolls et les bots à la solde d\u2019acteurs aux visées partisanes, idéologiques et géostratégiques, menacerait l\u2019intégrité de nos consultations démocratiques, comme lors de l\u2019élection américaine de novembre 2016.Journalistes et universitaires Qu\u2019en est-il ?Les fausses nouvelles constituent-elles le danger annoncé ?Comment contrer le phénomène?Faut- il faire confiance à Facebook et à ses semblables qui réitèrent régulièrement leurs promesses de limiter la diffusion des fausses nouvelles ?Quel est le rôle des journalistes?Les rubriques de vérifications des faits mises en place par plusieurs médias sont sans doute utiles, mais cela ne suffit pas.À l\u2019ère des robots, des usines à rumeurs et des masses d\u2019information, les journalistes doivent repenser leurs méthodes.Craig Silverman plaide, par exemple, pour une collaboration accrue des journalistes et des universitaires et considère « l\u2019apport de la recherche et de l\u2019informatique indispensable à sa démarche journalistique».Faut-il souhaiter l\u2019intervention de l\u2019État, comme en Allemagne et en France?Si oui, comment le faire sans restreindre la liberté d\u2019expression et verser dans la censure?Qui décidera qu\u2019une nouvelle est fausse ou pas?En France, le projet de loi sur la manipulation de l\u2019information a donné lieu à de nombreuses critiques, notamment dans la presse.En juin dernier, le journal Le Mondea coiffé un éditorial de son directeur du titre «Loi sur les fake news: la confiance dans l\u2019information ne se décrète pas».Il faut en effet plutôt fournir au citoyen des outils lui permettant de déterminer lui-même la valeur de l\u2019information qu\u2019on lui propose.Les programmes d\u2019éducation aux médias vont dans ce sens.Au Québec, il reste à adapter ces programmes aux nouvelles façons de s\u2019informer et à leur accorder l\u2019importance et les ressources qu\u2019exigent les nouveaux visages de la manipulation de l\u2019information.En sachant bien qu\u2019il n\u2019y a pas de solution magique au problème des fausses nouvelles.ISTOCK Emmanuel Macron et Louise Mushikiwabo LUDOVIC MARIN AGENCE FRANCE-PRESSE Les rubriques de vérifications des faits mises en place par plusieurs médias sont sans doute utiles, mais cela ne suffit pas La chronique de Konrad Yaka- buski fait exceptionnellement relâche cette semaine. B 10 LE DEVOIR DE PHILO LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 JÉRÔME BLANCHET- GRAVEL LAURIE DUBOIS T Religions et conflits de loyauté envers l\u2019État Thomas Hobbes aurait jugé que le multiculturalisme peut conduire à la division du corps social en plusieurs factions homas Hobbes (1538-1679) est l\u2019un des quelques philosophes anglais étudiés dans les universités dont l\u2019œuvre n\u2019annonce pas le développement ultérieur du libéralisme et de son avatar économique, le libre-échange.Hobbes a définitivement posé les bases d\u2019un État fort, se rangeant du côté de l\u2019absolutisme dans une Angleterre où les rois Stuart cherchaient à imiter les puissants souverains français.En ce sens, la pensée de Hobbes anticipe moins celle de son compatriote Locke (1632-1704) que celle de Rousseau (1712-1778).Bien qu\u2019elle reste ancrée dans un contexte historique particulier, la philosophie politique de Hobbes exposée dans le Léviathan (1651) permet de mettre en question l\u2019évolution actuelle du multiculturalisme.Elle permet aussi de mieux comprendre l\u2019engagement de la Coalition avenir Québec d\u2019interdire le port de signes religieux ostentatoires pour les juges, les policiers et les enseignants.Thomas Hobbes aurait appuyé le premier ministre François Legault dans l\u2019optique de préserver la paix sociale au Québec.Premièrement, par son grand souci de l\u2019unité, la pensée hobbesienne fait ressortir le contraste existant entre la manière forte de concevoir la souveraineté de l\u2019État et le multiculturalisme comme idéologie par excellence du morcellement territorial et du retour du religieux.En effet, la lecture de Hobbes permet de mieux comprendre le caractère apolitique ou antiétatique du multiculturalisme dans les sociétés occidentales.Deuxièmement, la pensée hobbe- sienne permet d\u2019entrevoir la faillite du multiculturalisme, dans la mesure où ce dernier mène à la fin du contrat social, c\u2019est-à-dire d\u2019une société fondée sur l\u2019adhésion commune à des principes universels.Thomas Hobbes aurait perçu dans le triomphe du multi- culturalisme un retour à l\u2019état de nature replongeant l\u2019Occident dans l\u2019esprit du bellum omnium contra omnes [la guerre de tous contre tous].Hobbes et l\u2019état de nature Hobbes est l\u2019un des tout premiers philosophes à s\u2019être imaginé la société comme une association créée de toutes pièces par des hommes soucieux de leur autoconservation.Selon l\u2019initiateur de la philosophie politique « contractualiste », l\u2019homme n\u2019était pas naturellement prédisposé à vivre en société comme le croyait Aristote.Au contraire, Hobbes pensait que l\u2019état de nature dans lequel vivaient autrefois les hommes était un stade fondamentalement apolitique, une période plus ou moins fictive de l\u2019histoire où rien ne leur garantissait que leurs vies seraient protégées et leurs intérêts, assurés.Sans jamais complètement nier l\u2019existence de droits naturels, le penseur anglais était convaincu que la création de la société politique avait été réalisée à l\u2019encontre d\u2019une condition primitive, contre un ensemble de lois barbares intrinsèques à l\u2019ordre premier du monde.À l\u2019état de nature, les hommes ne vivaient pas dans un paisible jardin d\u2019Éden comme l\u2019auraient pensé certains théologiens chrétiens, mais bien dans un lieu dangereux et chaotique où chacun était appelé à tuer pour préserver son intégrité et son individualité.L\u2019homme n\u2019était pas un animal politique, mais un fauve anarchique.En suivant les traces de Machiavel (1469-1527), Hobbes allait opérer un bouleversement majeur dans l\u2019histoire des idées, en substituant aux logiques naturalistes et théologiques une vision mécanique de la société.Hobbes ne pensait pas, comme les Anciens, que l\u2019humanité devait vivre en conformité avec les lois du cosmos, mais affirmait que son devoir était de façonner la société selon sa propre volonté.De même, Hobbes ne croyait pas qu\u2019il fallait s\u2019en tenir à la conception judéo-chrétienne de l\u2019histoire selon laquelle l\u2019humanité obéit au péché originel lorsqu\u2019elle commet des actes moralement répréhensibles.Il affirmait plutôt que l\u2019humanité était régie par des lois immanentes, par des mécanismes matériels qu\u2019il fallait réguler grâce à l\u2019État.Avec l\u2019avènement du politique, une création ex nihilo résultant du contrat passé entre les hommes, on pouvait désormais compter sur un arbitre omniprésent, sur une force rayonnante capable d\u2019assurer la concorde.L\u2019État se porterait garant de la paix tant et aussi longtemps qu\u2019il parviendrait à garder unie une population autrefois divisée.La religion et la guerre des légitimités La manière avec laquelle Hobbes a abordé le problème théologico-politique est cruciale pour comprendre les effets de l\u2019idéologie multiculturaliste sur le Québec.Dans un climat social marqué par la deuxième guerre civile anglaise de 1648-1649, Thomas Hobbes a élaboré une solution au conflit de loyauté qui opposait le christianisme aux forces laïques et politiques des monarchies.Le philosophe anglais observera que toutes les allégeances n\u2019étaient pas compatibles : quand le chrétien souhaitait une chose, le citoyen en voulait une autre.Le chrétien ne pouvait en même temps obéir à l\u2019Église et à son souverain.Bien souvent, l\u2019homme était partagé entre la cité céleste et la cité terrestre, une source de tension qui était en train de faire naître bien des guerres religieuses en Europe.On se souvient d\u2019ailleurs de la pensée de Machiavel à ce sujet, lui qui considérait les chrétiens comme de faux patriotes, comme de mauvais gardiens de la cité en raison de leurs prétentions universelles détachées de toute appartenance politique.Pour tenter de mettre fin à cette guerre des légitimités, Hobbes a élaboré un modèle de société très unitaire.Pour le penseur du XVIIe siècle, il n\u2019était pas question que des religions entrent en concurrence avec l\u2019État de manière à remettre en cause son rôle prépondérant.Il ne s\u2019agissait pas d\u2019abolir ou d\u2019interdire les religions, mais de s\u2019assurer, au minimum, que celles-ci demeurent soumises au pouvoir souverain.Aujourd\u2019hui, c\u2019est grosso modo ce que souhaite la Coalition avenir Québec.Pour Hobbes, l\u2019octroi de « libertés religieuses » ne pouvait mener qu\u2019à des actes de sédition.Par nature, la religion pousse à la trahison, elle vous force à obéir d\u2019abord à Dieu, ensuite à l\u2019État.Dans cette optique, il apparaît évident que Hobbes aurait considéré l\u2019implantation récente de religions étrangères comme une menace à la sécurité intérieure des pays occidentaux.De même, il aurait pensé que l\u2019immigration massive pouvait mettre en péril la cohésion sociale, dans la perspective où certains nouveaux arrivants seraient tentés de rester entièrement fidèles à leur religion.Dans le contexte actuel, le philosophe aurait probablement prêté attention à la montée de l\u2019islam, une religion qui s\u2019accompagne d\u2019un système de droit complet (la charia) en plus d\u2019hériter de l\u2019universalisme judéo-chrétien qu\u2019il critiquait.En outre, Hobbes se serait méfié d\u2019un mul- ticulturalisme menant officieusement à l\u2019établissement d\u2019un pluralisme juridique et séparant le corps social en plusieurs communautés culturelles, religieuses et identitaires.Le multiculturalisme et la division du corps social Hobbes plaide pour la concentration de la souveraineté.Selon lui, la souveraineté est indivisible, elle ne doit en aucun cas être « répartie » ou « partagée » dans la société civile comme le veulent les libéraux désireux de limiter l\u2019étendue du pouvoir.Seul le maintien d\u2019un État unitaire (aussi bien dire au- jourd\u2019hui un État à la française) peut prévenir les conflits de loyauté qui traversent la population à l\u2019état de nature.C\u2019est une dimension malheureuse de la condition humaine : les conflits perdurent toujours sous un aspect latent.Selon Hobbes, l\u2019état de nature est toujours susceptible de réapparaître, notamment de manière particulièrement violente sous la forme de guerres civiles.Pour démontrer que l\u2019ensauvage- ment n\u2019était jamais bien loin, Hobbes donnait l\u2019exemple des nations européennes qui étaient toujours prêtes à se faire la guerre, une situation que Kant (1724-1804) tentera de corriger avec son projet de paix perpétuelle.Dans une certaine mesure, on pourrait dire que ce projet kantien aura été d\u2019agrandir au maximum le territoire d\u2019application du contrat social dans le cadre d\u2019une grande alliance entre les nations.Finalement, Thomas Hobbes aurait perçu dans le multiculturalisme un retour à l\u2019état de nature.Non pas d\u2019un caricatural retour à l\u2019âge de pierre, mais d\u2019un retour à un stade apolitique de l\u2019histoire dans lequel les communautés sont appelées à faire sécession, à s\u2019affranchir du pouvoir afin de faire valoir leur propre souveraineté.Si l\u2019État était autrefois parvenu à unifier le corps social, voilà qu\u2019avec le concours du libéralisme, le multiculturalisme revient en arrière en le divisant en plusieurs factions antagonistes.Des commentaires?Écrivez à Robert Dutrisac : rdutrisac@ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo : www.ledevoir.com/societe/ le-devoir-de-philo Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.Jérôme Blanchet-Gravel L\u2019auteur est essayiste.Son dernier livre, La face cachée du multiculturalisme, a paru aux Éditions du Cerf.Pour le penseur du XVIIe siècle, il n\u2019était pas question que des religions entrent en concurrence avec l\u2019État de manière à remettre en cause son rôle prépondérant.Il ne s\u2019agissait pas d\u2019abolir ou d\u2019interdire les religions, mais de s\u2019assurer, au minimum, que celles-ci demeurent soumises au pouvoir souverain.Aujourd\u2019hui, c\u2019est grosso modo ce que souhaite la Coalition avenir Québec.TIFFET La pensée hobbesienne permet d\u2019entrevoir la faillite du multicultura- lisme, dans la mesure où ce dernier mène à la fin du contrat social LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2018 B 11 PETITES ANNONCES DEMEURES , OCCAS IONS D \u2019AFFAIRES ET L IEUX PR IV ILÉG IÉS 514.985.3322 1 800 363.0305 petitesannonces@ledevoir.com PRESTIGE TROIS-PISTOLES (Bas St-Laurent) MLS : 16949822 LE BOCAGE avec son cachet unique saura vous séduire.Avec ses grandes pièces ouvertes et ses 6 chambres avec SDB, vous pourrez offrir à vos clients, repos gîte et repas.Terrain de 20 acres avec vue sur le Fleuve.Tout meublé et équipé.Permis de restauration et d\u2019hébergement en règle.PRIX RÉVISÉ : 350 000 $ NÉGO.(succession) 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