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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-11-30, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CIX NO 273 / LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM CANADA Les crimes haineux envers les musulmans en forte hausse LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR L e nombre de crimes haineux déclarés a explosé au Québec en 2017, une hausse attribuable aux méfaits contre les musulmans, qui ont presque triplé, selon un rapport de Statistique Canada divulgué jeudi.Un sommet a été atteint en février, soit le mois suivant la fusillade au Centre culturel islamique de Québec, qui concentre à lui seul le quart (26 %) de tous les crimes haineux envers les musulmans déclarés à la police.Denise Helly, chercheuse à l\u2019INRS et spécialiste des questions sur les crimes haineux, n\u2019est pas étonnée par cette augmentation, car il s\u2019est créé un certain terreau fertile à la haine.« Il y a depuis un certain temps une atmosphère malsaine, notamment sur le Web, créée par les groupes d\u2019extrême droite, même si ce ne sont pas eux qui commettent les crimes haineux.Et ça peut encourager les jeunes, qui pour des raisons psychologiques ou sociales sont mal dans leur peau, à dire de telles choses offensantes, totalement impunément », a-t-elle constaté.La hausse peut s\u2019expliquer par une plus grande « visibilité » des minorités visibles et parce que les corps policiers, après s\u2019être fait pointer cette lacune, enregistrent désormais les crimes, depuis au moins trois, quatre ans, en fonction des INDEX Avis légaux.B8 Culture .B1 Décès .A6 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B9 Monde.A6 Mots croisés.B9 Sports.B9 Sudoku .B9 CULTURE La famille Paré de La petite vie s\u2019invite à Pointe-à-Callière B 1 ÉCONOMIE Bateau à la dérive, le G20 n\u2019est déjà plus ce qu\u2019il était à l\u2019origine B 6 ZEITGEIST Naître noire et le devenir B 10 Situé directement sous la Station spatiale internationale, l\u2019archipel des îles de la Madeleine est coupé du monde après qu\u2019une tempête eut sectionné un câble de fibre optique.NASA GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ À QUÉBEC ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR La tempête de vent qui a frappé jeudi les îles de la Madeleine ne serait pas la seule responsable du bris des câbles de fibre optique qui assuraient tous les services de télécommunications.Selon le député local, il faut aussi relever la « négligence » de Québec, entre les mains de qui traîne un projet de remplacement de ces câbles.« On peut regretter le fait qu\u2019une tempête a entraîné ce bris, mais il n\u2019y a personne qui connaît le dossier qui doit être surpris que ce soit arrivé, commentait en fin de journée Joël Arse- neau, élu péquiste des Îles-de-la-Ma- deleine.L\u2019usure prématurée des câbles est documentée depuis longtemps.» Bien avant que des vents allant jusqu\u2019à 130 km/h causent d\u2019importants dégâts Les îles de la Madeleine isolées Le député Joël Arseneau montre du doigt la « négligence » de Québec sur l\u2019archipel, le gouvernement Couil- lard avait reconnu la fragilité et « l\u2019importance stratégique de ces câbles ».Québec avait ainsi annoncé en décembre 2017 son «intention d\u2019appuyer» le Réseau intégré de communications électroniques des îles de la Madeleine (RICEIM), qui possède les deux câbles reliant la Gaspésie à l\u2019archipel.On promettait « d\u2019assumer le coût de réalisation du projet visant la rénovation ou le remplacement » de cette infrastructure sous-marine, qui avait subi deux bris depuis sa mise en service en 2005.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR De nombreux lobbys, dont ceux des géants de l\u2019Internet et de l\u2019industrie alimentaire, s\u2019activent en coulisses à Ottawa depuis plusieurs mois dans l\u2019espoir de bloquer un projet de loi destiné à limiter la publicité sur les boissons sucrées et la malbouffe pour protéger la santé des enfants.Sur les rails depuis deux ans, le projet de loi S-228, approuvé en troisième lecture par la Chambre des communes et rendu à son ultime étape, traîne devant la Chambre haute, où il semble tout à coup se heurter à la résistance de certains sénateurs.Plusieurs organismes de santé craignent maintenant que ce projet lancé par le Sénat en 2016 meure au feuilleton.« Ça traîne.Des lobbys s\u2019intensifient auprès des sénateurs.S\u2019ils votent un renvoi, S-228 sera torpillé et il sera impossible de l\u2019adopter avant les élections fédérales », craint Kevin Bilo- deau, directeur des relations gouvernementales pour le Québec de la Fondation des maladies du cœur et de l\u2019AVC (FMC-AVC).Délais au Sénat Cette situation met en furie l\u2019ex-séna- trice conservatrice Nancy Greene, au- jourd\u2019hui à la retraite et marraine de ce projet destiné à lutter contre l\u2019obésité infantile au Canada.Elle décrie les pressions intenses déployées par certains géants de l\u2019industrie pour faire capoter cette initiative.« L\u2019industrie travaille fort pour confondre les gens.Ce projet ne vise qu\u2019une chose : la publicité des boissons et aliments malsains auprès des enfants.Ça n\u2019empêchera personne de les vendre ou de les acheter, seulement d\u2019embêter les enfants.Pourquoi ce délai ?» a-t-elle déploré au Devoir.La semaine dernière, le sénateur Terry Mercer a pris la parole au Sénat, affirmant que S-228 pourrait nuire à la commandite d\u2019événements sportifs pour jeunes, citant le programme d\u2019aide au hockey junior Timbits, soutenu par Tim Hortons.Lobbys, Sénat et malbouffe Un projet de loi destiné à protéger la santé des enfants se heurte à la résistance de certains sénateurs Insulaires coupés du monde Anticosti Gaspésie Îles de la Madeleine Terre-Neuve Île-du-Prince-Édouard VOIR PAGE A 5 : MALBOUFFE VOIR PAGE A 2 : CRIMES J A C Q U E S N A D E A U L E D E V O I R VOIR PAGE A 4 : TEMPÊTE ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 Du plus petit au plus grand, chaque don est important?! Soutenir Le Devoir, c\u2019est soutenir le média de référence au Québec afin de lui permettre d\u2019innover et de défendre les idées et les causes qui assureront l\u2019avancement politique, économique, culturel et social de la société québécoise.Pourquoi donner?Parce que c\u2019est une façon de contribuer au développement et à la pérennité du Devoir.Vos dons permettent d\u2019enrichir l\u2019offre de contenu rédactionnel et la mise à jour de nos plateformes numériques.Objectif : 300 000?$ Pour faire votre don : www.lesamisdudevoir.com ou envoyer votre chèque à : Les Amis du Devoir 1265, rue Berri 8e étage, Montréal Québec, H2L 4X4 Partenaires d\u2019avenir FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Il y a de la haine dans l\u2019air et les instruments de Statistique Canada viennent une nouvelle fois d\u2019en prendre la mesure : le nombre de crimes haineux a atteint un sommet en 2017 au pays, indiquent les plus récentes données fédérales dévoilées jeudi.Ces crimes ont fait un bon surtout au Québec et en Ontario avec des croissances respectives de 50 % et 67 %, constatent par ailleurs les gardiens fédéraux du chiffre.Les « affaires ci- blant les musulmans, les juifs et les Noirs » alimentent la tendance partout au pays.« Ces chiffres ne sont pas étonnants, laisse tomber au téléphone Samira Laouni, présidente de l\u2019organisme Communication pour l\u2019ouverture et le rapprochement interculturel (COR).«Depuis plusieurs années, nous sentons la tension sur le terrain, tension qui s\u2019est renforcée depuis la reprise du débat sur les signes religieux lors de la campagne électorale.Cette croissance témoigne également de nos campagnes de sensibilisation sur l\u2019importance de rapporter ces crimes à la police.Oui, ils sont toujours sous-évalués.Mais ils commencent à l\u2019être moins.» Avec 2073 crimes haineux déclarés à la police, l\u2019année 2017 est la plus chargée en la matière, et ce, depuis 2009, constate Statistique Canada.Il s\u2019agit d\u2019une croissance de 47 % par rapport à l\u2019année précédente.Le Québec contribue fortement à la tendance avec un nombre de crimes qui y est passé de 183 en 2013 à 489 l\u2019an SOCIÉTÉ Hausse des crimes haineux partout au pays L\u2019augmentation la plus importante a été observée au Québec et en Ontario dernier, soit une croissance de 165 % en quatre ans.En 2016, 327 cas ont été rapportés à la police.Dans la province, le nombre de crimes contre les musulmans a triplé en un an.L\u2019Ontario donne corps également à cette tendance avec 1023 crimes haineux déclarés l\u2019an dernier, contre 600 en 2013.La haine à l\u2019égard des musulmans y a connu une croissance spectaculaire (+207%), tout comme celle contre les Noirs (+84%) et les juifs (+41%).À l\u2019échelle du pays, les crimes haineux sans violence, comme les graffitis, les incitations publiques à la haine sont les plus importants, avec une croissance de 64 %.Les menaces et les invectives contre les minorités, dans l\u2019espace public ou privé, sont également en hausse de 63 %.« C\u2019est une ambiance.C\u2019est une tendance mondiale qui est effrayante : la haine augmente partout, résume Ha- roun Bouazzi, cofondateur de l\u2019Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Qué- bec), joint par Le Devoir.Ces chiffres sont la conséquence d\u2019une légitimation de la peur de l\u2019autre qui passe entre autres par le discours de certains politiciens.Plusieurs ne cessent de nous dire que l\u2019autre, que le migrant, que le musulman, le minoritaire, le Noir, le réfugié est un danger.Cela finit par agir sur les éléments les plus excités de la société.» M.Bouazzi montre également du doigt des « médias qui pensent que c\u2019est très payant de jouer avec la peur des gens pour maximiser le nombre de clics », dit-il pour expliquer cette augmentation des signes extérieurs de l\u2019intolérance.Même les crimes haineux visant la religion sont en hausse de 80 % en un an \u2014 contre 43 % pour les crimes ci- blant la race ou l\u2019origine ethnique \u2014, Statistique Canada précise que ce genre de délits ne représente finalement qu\u2019une part très faible des crimes commis au pays, soit 0,1 % des 1,9 million déclarés par les services de police, autres que les délits routiers, en 2017.Les musulmans hésitent à porter plainte à la police critères permettant de les associer à la haine et la discrimination.Ce qui étonne toutefois la chercheuse, c\u2019est que ses plus récents travaux ont démontré que les musulmans, dont les récents chiffres montrent qu\u2019ils sont particulièrement ciblés, sont l\u2019un des groupes qui ont très peu tendance à dénoncer à la police, contrairement à des lobbys mieux organisés, comme ceux des communautés juive et noire.« Les victimes se tournent généralement vers la mosquée, vers l\u2019imam, qui juge ce qui est aberrant ou pas, s\u2019en remettant au fatalisme.Ça ne va pas toujours jusqu\u2019à la dénonciation.» La sous-dénonciation Encore plus étonnant : le premier volet d\u2019une recherche sur les crimes haineux contre les musulmans qu\u2019elle mène avec des collègues dans six grandes villes du Canada révèle un important phénomène de sous-dénonciation.Ces crimes seraient donc, en réalité, plus nombreux que les nouvelles données le laissent paraître.En 2014, selon une enquête de Statistique Canada récoltant le point de vue des victimes, 330 000 incidents criminels motivés par la haine auraient été vécus par les répondants \u2014 les « incidents » ont toutefois une définition moins stricte que les « crimes », qui sont des gestes de violence où la preuve doit être faite qu\u2019il y a une intention haineuse.Et de ce nombre, au moins les deux tiers n\u2019auraient pas été rapportés à la police par crainte de représailles.Au bout du compte, à peine 1295 crimes se sont vu attribuer le qualificatif « haineux ».Pourquoi une telle sous-dénoncia- tion ?Mme Helly cite le nombre encore relativement faible de campagnes de sensibilisation, un peu à la manière de celles du mouvement #MoiAussi, incitant les victimes à dénoncer.Certains organismes communautaires disposent également de peu d\u2019outils de sensibilisation, comme des lignes téléphoniques de plaintes.De plus, encore beaucoup de gens ignorent ce qu\u2019est un crime haineux.« Si on vous bouscule dans la rue et qu\u2019on vous dit \u201cmaudite Canadienne française\u201d, c\u2019est en principe un crime haineux, car on s\u2019attaque à votre origine nationale », explique la chercheuse, qui donnera une conférence le 5 décembre prochain sur le premier volet, à saveur juridique, de sa recherche.D\u2019autres victimes hésitent encore à dénoncer, même si la plupart des services de police ont maintenant une section pour les « crimes haineux ».Mais au-delà du travail des policiers, encore faut-il que les procureurs généraux estiment que les preuves permettant de conclure à ce type de crime sont suffisantes pour porter des accusations au criminel.« C\u2019est le procureur qui décide s\u2019il y a poursuite.Or, très peu acceptent d\u2019aller jusque-là.» Les politiciens doivent agir Selon la chercheuse, il faudrait qu\u2019il y ait une prise de parole publique, notamment de la classe politique, pour rappeler ce que sont les crimes haineux et qu\u2019il faut les dénoncer.Or, elle constate que les gouvernements sont très frileux à l\u2019idée d\u2019aborder la question, comme si cela allait davantage attiser la haine.« C\u2019est le moment de sortir sur la place publique, mais aucun politicien ne va parler, surtout pas François Le- gault », croit-elle.« Le seul qui aurait pu s\u2019insurger contre ce genre de chose est le premier ministre Trudeau, mais je suis à peu près certaine qu\u2019il ne le fera pas.C\u2019est une patate chaude, et les politiciens ne veulent pas donner l\u2019impression qu\u2019il y a des conflits et de la haine dans la société canadienne.Alors, on met la tête sous l\u2019oreiller.» Au Canada comme aux États-Unis, la liberté d\u2019expression, érigée en droit fondamental quasi inaliénable, est une valeur de plus en plus intouchable.« Certains ont peur qu\u2019on encombre les tribunaux si on élargit la définition de crime haineux pour y faire entrer les propos humiliants et méprisants », soutient Denise Helly.« Mais c\u2019est pourtant au Parlement d\u2019intervenir.» Une croix gammée avait été peinte par des vandales sur une synagogue d\u2019Ottawa en novembre 2016.Le nombre d\u2019incidents ciblant les juifs, tout comme les musulmans et les Noirs, est à la hausse au Canada.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE CRIMES SUITE DE LA PAGE A 1 Les crimes haineux contre les musulmans seraient, en réalité, plus nombreux que les nouvelles données le laissent paraître ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 Les deux Europes E n octobre dernier, sur la rive droite de la Vistule, le bruit des marteaux-piqueurs a retenti dans le parc de Praga, un des rares quartiers préservés de Varsovie.En quelques heures, le monument dit de « Reconnaissance aux soldats de l\u2019armée soviétique » a été réduit en poussière.Mais que célébrait donc cette masse de béton construite en 1946 dans le plus pur style du réalisme socialiste ?Pour les naïfs et autres amnésiques, il rappelait simplement la libération de Varsovie.Pour le peuple polonais, il n\u2019évoquait que la terreur communiste.Car, au moment où l\u2019Europe de l\u2019Ouest célébrait sa libération, l\u2019autre Europe, elle, entrait dans 40 ans de goulag.En ces temps où l\u2019Europe n\u2019a jamais été aussi divisée, ce genre de petits détails aide à comprendre la distance intellectuelle, historique et morale qui sépare aujourd\u2019hui encore ces deux Europes.En flânant sur les bords de la Vistule, là exactement où, en 1944, avant de « libérer » la ville, les Soviétiques attendirent patiemment l\u2019écrasement de l\u2019insurrection de Varsovie (et ses 200 000 morts), c\u2019est toute une sensibilité que l\u2019on découvre.Une expérience différente de la modernité.Il suffit de discuter quelques instants autour d\u2019un café pour mesurer combien cette histoire est prégnante.Ici, c\u2019est un sénateur, au français irréprochable, qui vous explique sa colère toujours vivace à l\u2019égard de ces anciens communistes recyclés dans le libéralisme le plus décomplexé.Version locale de la « gauche caviar », dira-t-on.Ici, c\u2019est un jeune prêtre qui déplore, depuis la chute du mur de Berlin, le peu de considération des élites européistes pour ce petit peuple regroupé autour de ses clochers dont la résistance n\u2019a pourtant jamais failli.Le même vous rappellera ironiquement qu\u2019en mai dernier, à l\u2019occasion du 200e anniversaire de Karl Marx, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, n\u2019a rien trouvé de mieux que d\u2019aller inaugurer dans sa ville natale de Trèves une statue de l\u2019auteur du Manifeste du parti communiste offerte par la Chine.L\u2019ancien maître luxem- bourgeois de l\u2019évasion fiscale faisant l\u2019éloge de Karl Marx.Cela ne s\u2019invente pas ! Ce fossé entre l\u2019Est et l\u2019Ouest, personne ne l\u2019avait mieux mesuré que Soljenitsyne, dont on célébrera le 100e anniversaire de naissance le 11 décembre prochain.Comme ces opiniâtres résistants polonais, l\u2019auteur de L\u2019archipel du goulag puisait sa détermination d\u2019homme libre au plus profond de sa foi et de son identité culturelle.Ce sont elles qui lui ont donné le courage de résister au péril de sa vie.Elles seules l\u2019ont préservé de ces idéologies qui firent de tant de représentants de la gauche occidentale les idiots utiles du communisme.Ce n\u2019est donc pas un hasard si ces pays refusent aujourd\u2019hui d\u2019adhérer naïvement au modèle multiculturel et libéral de la mondialisation tous azimuts.« Les pays d\u2019Europe centrale sont attachés à l\u2019enracinement et à l\u2019idée de patrie, écrivait récemment la philosophe Chantal Delsol.C\u2019est la culture qui les a sauvés à l\u2019époque communiste.Ils n\u2019acceptent pas que les origines chrétiennes de l\u2019Europe aient été biffées.» Une fois sorti du goulag, Soljenitsyne aurait dû se livrer à un éloge béat du libéralisme et d\u2019une mondialisation qui n\u2019en était encore qu\u2019à ses balbutiements.Pourtant, une fois « passé à l\u2019Ouest », lui aussi a cru y déceler les relents d\u2019un même vide spirituel, d\u2019une même négation des cultures nationales, d\u2019une même modernité déshumanisante.Car c\u2019est bien la déshumanisation qui est au cœur de l\u2019œu- vre de ce géant de la littérature.Et la première caractéristique de cette déshumanisation, c\u2019est le mensonge.Le mensonge institutionnel, incessant et permanent.Dans Conversations au bord d\u2019un lac, le romancier polonais Jaroslaw Rym- kiewicz fait dire à une femme qui fait la queue devant une boucherie que, si les Allemands tuaient, « ils laissaient quand même vivre ».Cette phrase terrible fait penser aux zeks du Premier cercle, à qui Soljenitsyne fait dire que, dans une société saturée par la propagande et l\u2019idéologie, on n\u2019est libre qu\u2019en prison.Seul endroit où l\u2019on n\u2019a rien à perdre.La démocratie a beau être le moins mauvais des régimes, elle ne nous autorise pas à regarder ces peuples de haut.Ni, surtout, à nous croire immunisés contre les idéologies et le mensonge.À entendre certains rêver d\u2019une société enfin débarrassée de l\u2019histoire, des sexes, des nations et de l\u2019humanisme, on se dit parfois que le rêve d\u2019un « homme nouveau » est loin d\u2019être mort.Et que certaines idéologies à la mode n\u2019ont rien à envier aux totalitarismes d\u2019hier.On revient de Pologne comme d\u2019un voyage dans le temps.Un temps que nous n\u2019avons pas connu et qui fut celui du triomphe des idéologies les plus mortifères.On revient de Pologne avec la conviction que l\u2019ancienne Europe de l\u2019Est ne vit pas tout à fait à la même heure que l\u2019Europe occidentale, même si Varsovie est dans le même fuseau horaire que Bruxelles et Paris.Mais on en revient aussi avec un doute profond.Celui que ces peuples ont vu ce que nous ne voyons peut-être pas encore distinctement.Et surtout qu\u2019en ces temps de rectitude politique et d\u2019excommunication à tout-va, le mot d\u2019ordre de Soljenitsyne est toujours aussi actuel : « Vivre sans mentir ».Le transport routier est responsable du tiers des émissions québécoises de gaz provoquant les changements climatiques.JACQUES GRENIER LE DEVOIR MARCO FORTIER GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Aux prises avec une hausse des émissions de gaz à effet de serre, le gouvernement Legault reporte de 10 ans l\u2019atteinte de la cible de réduction du Québec \u2014 à l\u2019année 2030, plutôt que 2020 comme prévu.Le Québec rate sa cible à cause de l\u2019accroissement du transport routier, désormais responsable du tiers (34,4 %) des émissions québécoises de gaz provoquant les changements climatiques.En raison de l\u2019inaction des gouvernements précédents, l\u2019État « n\u2019a pas de plan » pour réduire les émissions de GES, a déploré jeudi François Legault lors de sa première période de questions en tant que premier ministre.L\u2019environnement, considéré comme un maillon faible du programme de la Coalition avenir Québec (CAQ), a accaparé une bonne partie des échanges lors de ce premier test parlementaire pour François Legault et son équipe.Les trois partis de l\u2019opposition ont interpellé le gouvernement sur l\u2019échec imminent du Québec à réduire ses émissions de GES, confirmé jeudi par un rapport du ministère de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.Le Québec avait réduit en 2016 ses émissions de GES de 9,1% depuis 1990, indique le bilan.L\u2019objectif de 20 % d\u2019ici 2020 est hors d\u2019atteinte, a reconnu le gouvernement Legault.Les transports (routier, aérien, ferroviaire et fluvial) entraînent à eux seuls 43 % de toutes les émissions du Québec.Les émissions de ce secteur ont augmenté de 21,9 % depuis 1990.« Cette situation est due à l\u2019accroissement du parc automobile québécois, à l\u2019augmentation de la puissance, du poids et des accessoires des véhicules, ainsi qu\u2019à la hausse du kilométrage parcouru », précise le ministère.Pressions pour agir Les libéraux craignent que leurs successeurs aient déjà « abdiqué » devant l\u2019ampleur de la tâche à accomplir.« Les gouvernements précédents nous ont laissés dans une situation lamentable, a répliqué la ministre de l\u2019Environnement, MarieChantal Chassé.Pour atteindre les cibles de 2020, nous devrions réussir une performance équivalente en deux, trois ans qu\u2019eux ont réussi à atteindre en 25 ans.» La ministre a précisé qu\u2019elle était « fermement engagée à atteindre les cibles de 2030 » (soit une réduction de 37,5 % des émissions de GES par rapport au niveau de 1990).« On a regardé dans tous les tiroirs du ministère de l\u2019Environnement, on n\u2019a vu aucun plan qui nous amène à moins 20 % en 2020.[\u2026] Actuellement, il n\u2019y a pas de plan », a ajouté le premier ministre Legault.Le premier ministre a pourtant plusieurs plans dans ses cartons : troisième lien routier entre Québec et la Rive-Sud, présence des motoneiges dans un parc national et projet d\u2019usine pétrochimique à Bécancour, a souligné le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.Il a réclamé l\u2019adoption d\u2019un « projet de loi antidéficit climatique qui va [créer] une obligation légale de respecter nos cibles ».Manon Massé, chef parlementaire de Québec solidaire, a souligné de son côté le soutien de la CAQ à un projet de gazoduc du Témiscamingue jusqu\u2019au Saguenay.M.Legault a rétorqué que, « si on met du gaz pour remplacer du pétrole, ça améliore les choses ».Il a promis qu\u2019il faudra une acceptabilité sociale et que les études environnementales soient concluantes pour que le projet soit approuvé.Transports en commun Le premier ministre a aussi fait valoir qu\u2019il a des projets pour développer l\u2019offre de transport en commun à Montréal et à Québec, de même que pour accélérer l\u2019électrification des transports.Il faut agir rapidement pour contrer l\u2019étalement urbain et améliorer les transports collectifs, ont fait valoir les groupes environnementaux.« On a besoin d\u2019accélérer tous les projets de transports en commun au Québec », a déclaré Sydney Ribaux, directeur général d\u2019Équiterre.Par exemple, le simple projet de service rapide par bus sur le boulevard Pie-IX, dans l\u2019est de Montréal, permettrait de transporter chaque jour 30 000 passagers de plus qu\u2019à l\u2019heure actuelle.Avec Alexandre Shields ENVIRONNEMENT Réduction de GES : l\u2019atteinte des cibles reportée à 2030 La hausse du nombre de voitures au Québec fait grimper les émissions ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Le remplacement du patron du Centre de la francophonie des Amériques (CFA) par le gouvernement Legault crée des remous au sein de l\u2019organisation basée à Québec.L\u2019actuel p.-d.g., Denis Desgagné, en poste depuis huit ans, a appris mercredi qu\u2019il serait remplacé par Johanne Whit- tom, une proche de Philippe Couillard.La décision a été entérinée mercredi par le Conseil des ministres de la Coalition avenir Québec (CAQ).Plusieurs membres du conseil d\u2019administration sont « choqués », affirme Janaina Nazzari Gomes, une administratrice qui songe à partir.« Le conseil d\u2019administration n\u2019a pas été consulté.» Le CA, précise-t-elle, avait recommandé le renouvellement du mandat de M.Desgagné en lui accordant la cote A.« Je suis très déçu qu\u2019on n\u2019ait pas daigné contacter les membres », affirme un autre administrateur, Luc Doucet.Le remplacement du p.-d.g.coïncide avec celui de la présidente du conseil, lequel était toutefois prévu.Cette dernière, Diane Blais, cède sa place à Clément Duhaime.Créé en 2008 à l\u2019occasion du 400ean- niversaire de la fondation de Québec, le CFA a pour mission de promouvoir la francophonie dans les Amériques.Il compte une quinzaine d\u2019employés.Un groupe d\u2019administrateurs préparait jeudi soir une lettre à l\u2019intention du premier ministre Legault pour solliciter une rencontre et demander la révision de ses règles de gouvernance.« Nouvelle vision » Au cabinet du premier ministre, on explique qu\u2019« après deux mandats successifs accordés à la même personne », « il y avait une volonté de développer une nouvelle vision » pour le Centre.« Johanne Whittom a été nommée par le gouvernement dans le respect des règles prévues », a précisé l\u2019attaché de presse Ewan Sauves.La nouvelle p.-d.g.a été chef de cabinet adjointe de Philippe Couillard entre 2014 et 2017.Elle avait quitté son cabinet, il y a un peu plus d\u2019un an, pour devenir chef du protocole au ministère des Relations internationales.FRANCOPHONIE Une nomination qui dérange La démocratie a beau être le moins mauvais des régimes, elle ne nous autorise pas à regarder ces peuples de haut.Ni, surtout, à nous croire immunisés contre les idéologies et le mensonge.CHRISTIAN RIOUX LEDEVOIR // LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 4 DOSSIER DU SAMEDI L\u2019Allemagne, en marche vers la transition Première puissance européenne, l\u2019Allemagne est toujours très dépendante du charbon.Mais le pays mise plus que jamais sur les énergies renouvelables pour assurer sa transition énergétique.TEXTES ET PHOTOS ALEXANDRE SHIELDS À LIRE DEMAIN A l e x a n d r e S h i e l d s Un nouveau câble financé par l\u2019État TEMPÊTE SUITE DE LA PAGE A 1 Sauf que depuis un an, le dossier n\u2019a pas avancé.Ou plutôt, il a pris de l\u2019ampleur.Car selon les informations du Devoir, Québec souhaiterait maintenant arrimer le projet à celui annoncé en mai par Hydro-Québec.Cette dernière espère installer d\u2019ici 2025 un câble sous-marin depuis la Gaspésie pour alimenter l\u2019archipel en électricité propre \u2014 et fermer la centrale au diesel.Dans la version combinée des projets, l\u2019installation d\u2019un câble d\u2019Hydro- Québec enfoui dans le fond marin servirait en même temps à passer un nouveau câble de fibre optique.« Il y a effectivement une possibilité en ce sens, confirmait jeudi Lynn St-Laurent, porte-parole d\u2019Hydro-Québec.Il y a une ouverture d\u2019Hydro pour arrimer les deux initiatives, on en discute avec Québec.Mais on est en phase d\u2019avant- projet.» Jeudi, le gouvernement Legault confirmait son intention de financer le passage d\u2019un nouveau câble de télécommunications, tout en renvoyant les questions vers Hydro-Québec.L\u2019horizon 2025 est assurément « trop éloigné et incertain », estime Joël Ar- seneau.« Reporter de sept ans le remplacement des câbles de télécommunications, c\u2019est une solution déplorable », dit-il.Dégâts Vers 18 h jeudi, quelque 2000 des 7700 clients des Îles n\u2019avaient pas d\u2019électricité \u2014 des équipes supplémentaires d\u2019Hydro devaient être sur place dans les heures suivantes.Ce sont surtout les télécommunications qui ont payé le prix des bourrasques : pas de réseau cellulaire ; pas d\u2019Internet ; pas de transactions bancaires possibles ; pas de télémédecine (un outil autrement « grandement utilisé ») ; pas de contrôle du trafic aérien.La tempête a frappé au cœur de la vie quotidienne, n\u2019épargnant que les communications entre les téléphones fixes des résidents.Une « situation extrêmement préoccupante », selon le maire des Îles, Jonathan Lapierre, joint par téléphone satellite.Pour la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, une « intervention d\u2019urgence » s\u2019imposait, au- delà de ce que la Sûreté du Québec et les autorités peuvent faire sur place.Québec a donc demandé au gouvernement fédéral qu\u2019un avion de l\u2019armée soit mis à sa disposition.Il devrait se rendre aux Îles vendredi, avec différents intervenants et du matériel à bord.Mme Guil- bault a précisé que malgré les inconvénients, on ne dénotait aucun blessé.Les télécommunications pourraient néanmoins rester interrompues un bon moment.« On prévoit un gros mois pour être en mesure de faire une réparation, si on n\u2019essuie pas trop de tempêtes durant l\u2019hiver», selon le maire Lapierre.Mais différentes solutions temporaires pourraient parer au plus important, a avancé le député Arseneau.« Nos équipes travaillent à déterminer le lieu et la cause des coupures », indiquait de son côté Vanessa Damha, porte-parole chez Bell.Des plongeurs devraient être envoyés dès que la tempête se sera calmée.Anormal ?« C\u2019est rare, des bris [de ce type], mais ça peut arriver lors de grandes tempêtes », indique Marc-André Désy, ingénieur et propriétaire d\u2019une compagnie spécialisée en travaux sous-marins.Enfouis ou non, de tels câbles peuvent bouger avec le temps, en raison des mouvements importants dans les fonds marins.« Les grandes vagues en surface se répercutent jusque dans les fonds marins.Ça peut déplacer les câbles qui ne peuvent pas s\u2019étirer à l\u2019infini et ça peut finir par se sectionner.Ça peut aussi être des roches déplacées qui ont entraîné un bris », explique l\u2019ingénieur.« On ne connaît pas toute la situation, mais c\u2019est sûr qu\u2019on peut se demander pourquoi le câble s\u2019est sectionné alors que les îles n\u2019en sont pas à leur première ni à leur dernière tempête.Le câble était-il bien protégé, bien installé ?Ça peut sembler anormal comme situation.» Il n\u2019a pas été possible de joindre le RICEIM jeudi.MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR La protectrice du citoyen, Marie Rin- fret, a dévoilé jeudi les principales « plaintes » visant des ministères qui ont été déposées par des personnes durant la dernière ligne droite du règne libéral.Elle les a acheminées à l\u2019équipe de François Legault.Quelques faits saillants de son rapport annuel d\u2019activités 2017-2018.Apparence de « maltraitance » dans les CHSLD Mme Rinfret se désole de voir des résidents de centre d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ne «re- cev[ant] pas les soins et les services dont [ils] ont besoin » en raison d\u2019une pénurie de main-d\u2019œuvre.« Un tel état de situation s\u2019apparente à de la maltrai- tance », souligne-t-elle, pointant la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité.Les infirmières et les préposées aux bénéficiaires « peinaient à suffire à la tâche » dans les CHSLD visités par les membres de l\u2019équipe de la protectrice du citoyen.« Cette situation découle entre autres d\u2019absentéisme, de roulement de personnel ainsi que d\u2019un ratio personnel-résidents qui ne tient pas compte, dans certains cas, des besoins plus lourds d\u2019une partie de la clientèle hébergée », indique-t-elle dans un rapport déposé à l\u2019Assemblée nationale jeudi.À ses yeux, « certaines » initiatives prises par les CHSLD pour pallier le manque de personnel sont « contraires aux engagements des orientations ministérielles devant guider la prestation des soins dans un milieu de vie ».Aux prises avec des effectifs incomplets, le personnel se voit forcé de limiter les soins prodigués aux personnes hébergées aux soins de base, dont l\u2019administration des médicaments, l\u2019alimentation et certains soins d\u2019hygiène minimaux.« [Du coup,] des services comme les bains hebdomadaires, les soins d\u2019hygiène buccale, le rasage et la coiffure sont reportés », déplore Mme Rinfret.Cellules « sales et surchargées » ?La protectrice du citoyen dénonce, dans son rapport, l\u2019incarcération de personnes dans des cellules « sales et surchargées d\u2019effets personnels ».Le ministère de la Sécurité publique (MSP) indique, de son côté, avoir résorbé la pénurie de places en milieu carcéral depuis la visite de membres de l\u2019équipe de la protectrice du citoyen.Le recours au « triplement cellulaire » (trois personnes dans une cellule aménagée pour deux) est « dorénavant limité, en cas de nécessité, à un nombre très restreint de cellules d\u2019une grande dimension et à une très courte durée, soit au plus 24 heures », souligne le MSP.Aucune cellule double des dix-huit établissements de détention n\u2019était occupée, jeudi, par trois personnes incarcérées.Le nouvel établissement de détention d\u2019Amos, où ont été transférées toutes les personnes incarcérées dans l\u2019ancien bâtiment le 17 novembre dernier, affichait jeudi un taux d\u2019occupation de 71,1 %.Néanmoins, « les établissements de détention n\u2019arrivent pas à respecter leur obligation d\u2019offrir aux personnes incarcérées des conditions de déten- Que retenir du rapport de la protectrice du citoyen ?tion humaines et sécuritaires », a déclaré Marie Rinfret en conférence de presse, jeudi.Pauvres privés d\u2019argent La protectrice du citoyen se désole de voir 45 000 personnes à faible revenu privées du crédit d\u2019impôt pour solidarité en raison de l\u2019adoption de nouvelles pratiques par le gouvernement québécois.Depuis juillet 2011, les prestataires de l\u2019aide financière de dernier recours doivent demander leur remboursement de TVQ au moyen de leur déclaration de revenus.Or, environ 45 000 d\u2019entre eux ne produisent pas de déclaration de revenus et, conséquemment, ne bénéficient pas de ce remboursement auquel ils ont pourtant droit.« Seule la mise en place d\u2019une mesure automatique de versement de la composante TVQ du CIS permettrait aux personnes les plus vulnérables de bénéficier de la mesure », fait valoir Mme Rinfret.De longs délais malgré l\u2019urgence Face à l\u2019ampleur des inondations printanières, qui ont touché 291 municipalités en 2017, le ministère de la Sécurité publique a mis sur pied un programme particulier d\u2019aide financière.La protectrice du citoyen « déplore les longs délais de traitement des demandes d\u2019aide financière », dont « bon nombre » sont imputables au ministère.« Pour les citoyennes et citoyens, la communication avec les analystes responsables s\u2019est souvent avérée ardue : difficulté à joindre ces analystes, absence de rappel téléphonique ou encore de suivi à des courriels ou à des documents acheminés, fréquents changements d\u2019interlocuteur », note-t-elle.Dans son rapport, Marie Rinfret montre du doigt une situation de surpeuplement dans des prisons de la province.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR JESSICA NADEAU LE DEVOIR Après la démission de sa présidente, Tamara Thermitus, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse souhaite tourner la page.« C\u2019est le dernier épisode d\u2019une saga quand même assez longue pour la Commission », répond le président par intérim, Philippe-André Tessier, en entrevue au Devoirquelques heures après que sa présidente, dans la tourmente et en congé depuis plus d\u2019un an, a annoncé sa démission officielle.« Mon état d\u2019âme par rapport à sa démission n\u2019a pas vraiment d\u2019importance, ajoute-t-il.Dans les circonstances, ce qui est important, c\u2019est que ça permet à la Commission d\u2019aller de l\u2019avant.» Il demande à l\u2019Assemblée nationale de la remplacer et de pourvoir les autres postes vacants le plus rapidement possible.« Je rappelle qu\u2019il n\u2019y a pas que le poste de présidence qui est vacant depuis aujourd\u2019hui ; il y a aussi le poste de vice-présidence jeunesse et trois postes de membre à temps partiel.Ça fait cinq postes vacants sur treize.On s\u2019attend donc à ce que l\u2019Assemblée nationale procède rapidement à ces nominations-là, parce qu\u2019une situation d\u2019intérim qui se prolonge, ce n\u2019est pas optimal, pour n\u2019importe quelle organisation publique.» Plus tôt jeudi, Mme Thermitus a envoyé une lettre de démission aux parlementaires à Québec, qui s\u2019apprêtaient à la destituer à la suite d\u2019un rapport dévastateur publié en mai dernier.« Tenant compte des circonstances, je me vois dans l\u2019obligation de me retirer de mon poste et je vous informe par la présente de ma décision de démissionner de mes fonctions de présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse à compter de ce jour », écrit l\u2019avocate.Elle faisait également l\u2019objet d\u2019une enquête du Protecteur du citoyen pour abus de pouvoir, mauvaise gestion et attitude irrespectueuse.Elle avait pris les rênes de l\u2019organisme en février 2017 et était en arrêt de travail depuis octobre 2017.Tamara Thermitus remet sa démission La Commission des droits de la personne entend tourner la page 12 % Les services de l\u2019Aide financière aux études demeurent difficilement accessibles par téléphone.En août 2017, sur 188 969 appels reçus, 22 704 seulement ont donné lieu à une réponse, soit 12 %, a appris la protectrice du citoyen.Elle presse le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur d\u2019« apporter les corrections appropriées ».Ce sont surtout les télécommunications qui ont payé le prix des bourrasques LEDEVOIR // LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 5 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le gouvernement fédéral a sous-estimé la facture de l\u2019arrivée de migrants irréguliers au pays, qui pourrait coûter au moins 700 millions au fédéral.Et ces frais risquent de n\u2019aller qu\u2019en augmentant, prévient le directeur parlementaire du budget.Plus de 20 000 réfugiés ont traversé la frontière canado-américaine de façon irrégulière en 2017-2018, en évitant un poste frontalier.En moyenne, le fédéral aura à débourser 14 321$ pour s\u2019occuper de chacun d\u2019eux et traiter leur demande d\u2019asile au fil des prochaines années.Une facture qui atteindra 340 millions au total, prévoit le directeur parlementaire du budget Yves Giroux dans un rapport déposé jeudi.Or, l\u2019afflux de migrants irréguliers demeure le même à la frontière (17 120 de janvier à novembre cette année).Et la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié (CISR) peine à traiter toutes les demandes d\u2019asile, ce qui fait qu\u2019elle accuse un important arriéré (28 300 demandes en date de septembre).Le coût d\u2019accueil des prochaines cohortes de migrants irréguliers risque donc d\u2019atteindre 368 millions pour ceux qui arriveront cette année, et pourrait atteindre 396 millions pour les migrants de l\u2019an prochain si la tendance se maintient.« C\u2019est un tweet qui a coûté cher, #BienvenueauCanada », a déploré la conservatrice Michelle Rempel en évoquant le gazouillis de Justin Trudeau en janvier 2017.Yves Giroux ne sait pas prédire sur quelle période s\u2019échelonneront ces frais que le fédéral aura à assumer pour gérer l\u2019accueil de ces migrants.Tout dépend des délais de traitement des IMMIGRATION Les migrants irréguliers coûtent plus cher que prévu à Ottawa Les millions mis de côté par le fédéral ne suffiront pas à éponger les frais d\u2019accueil, qui risquent encore d\u2019augmenter MALBOUFFE SUITE DE LA PAGE A 1 «C\u2019est faux, on biaise les infos.Le projet de loi exempte nommément ce type d\u2019événements», insiste M.Bilodeau.Selon l\u2019ex-sénatrice, l\u2019industrie des « aliments et boissons sucrés » monte au front en raison du mécontentement général dû aux changements imminents prévus au Guide alimentaire canadien et aux règlements sur l\u2019étiquetage des aliments, faisant de S-228 une victime collatérale de leur grogne.« Au bout du compte, ce sont les enfants qui seront les premières victimes de ce lobby », pense-t-elle.Géants à l\u2019œuvre Selon la Fondation des maladies du cœur, pas moins de 79 lobbyistes ont été à l\u2019œuvre sur la colline pour faire entendre la voix de leurs clients, au fil de 233 rencontres obtenues de représentants gouvernementaux depuis le dépôt de S-228.Vérification faite au registre des lob- byistes du Canada, plusieurs compagnies ont effectivement sorti l\u2019artillerie lourde pour que leurs lobbyistes exposent leurs réticences auprès de conseillers politiques, de ministres délégués et de fonctionnaires.Parmi eux figurent notamment Coca-Cola Ltée, l\u2019Association canadienne des boissons (représentant notamment Coca-Cola, PepsiCo et Red Bull), Food & Consumers Products of Canada (FCPC), la Ligue nationale de hockey (LNH), le Conseil canadien des viandes, Restaurants Canada (représentant notamment McDonald\u2019s, Subway, A&W).En plus de rencontres obtenues par le Bureau de la publicité interactive du Canada (IAB), qui compte parmi ses 250 membres Amazon, Facebook, Snapchat et d\u2019autres géants du numérique, Google est intervenu plus de vingt-deux fois depuis six mois lors de rencontres auprès de députés et divers représentants du gouvernement où S-228 figuraient à l\u2019ordre du jour.Une « catastrophe commerciale » Joint pour connaître les raisons de cette opposition, le responsable des affaires publiques de Google Canada a dirigé Le Devoir vers le Bureau de la publicité interactive du Canada (IAB).La présidente de ce bureau, Mme Sonia Carreno, a confirmé jeudi que son association avait réitéré son opposition farouche au projet de loi auprès de représentants de Santé Canada il y a quelques semaines.« Nous soutenons les efforts pour combattre l\u2019obésité, mais un interdit sur la publicité en ligne sera inefficace, l\u2019Internet n\u2019a pas de frontières », a-t-elle martelé.Qualifié de « techniquement irréaliste » et « dévastateur » dans une lettre adressée cet été à Santé Canada, ce projet de loi priverait ses membres de jusqu\u2019à 10 % des revenus publicitaires du secteur « aliments et boissons ».Mme Carreno assimile l\u2019interdit imposé à son industrie à de la « censure de contenu » en ligne.Il serait possible de mettre en place des « murs » ou des outils pour l\u2019accès des enfants à certaines pubs, dit-elle.Mais cela forcerait les éditeurs numériques à recueillir des informations sur les utilisateurs et à enfreindre ainsi la loi canadienne sur la protection de la vie privée, plaide-t-elle.L\u2019IAB juge que ces restrictions publicitaires sont contraires à la liberté d\u2019expression, garantie par la Charte canadienne.«Si Internet a tant d\u2019influence, pourquoi le gouvernement ne l\u2019utilise pas plutôt pour faire du marketing positif auprès des enfants pour arriver à ses fins ?» soulève la porte-parole de l\u2019IAB.Les instigateurs du projet de loi S-228, eux, disent s\u2019inspirer des lois du Québec qui prohibent la publicité directe auprès des enfants depuis les années 1980, des lois qui ont passé le test des tribunaux.Il est maintenant temps que ces restrictions s\u2019appliquent partout au Canada et s\u2019étendent aux plateformes numériques, où les enfants sont les cibles de choix, affirme Nancy Greene.Depuis 1980, le taux d\u2019obésité chez les jeunes a triplé au Canada, ajoute M.Bi- lodeau.« La preuve que ces mesures peuvent aider, c\u2019est que les enfants du Québec sont moins affectés par l\u2019obésité que ceux des autres provinces.Il faut voir la réalité en face, le principal tueur au Canada, ce n\u2019est plus seulement le tabac, mais toutes les maladies liées au régime alimentaire.» demandes d\u2019asile à la CISR \u2014 trois ans actuellement, en comptant les appels \u2014 et du nombre de migrants qui interjetteront ensuite appel à la Cour fédérale si leur demande est refusée.Mais le processus entier pourrait prendre cinq ou six ans, pour les migrants qui arriveront l\u2019an prochain.Une facture exponentielle Le gouvernement de Justin Trudeau avait mis de côté 173 millions sur deux ans dans son dernier budget.Une somme insuffisante, tranche M.Gi- roux.Pourtant, le fédéral estimait lui- même qu\u2019il lui en coûterait 19 000 $ par migrant.Qui plus est, pendant que les demandeurs d\u2019asile attendent de connaître leur sort, c\u2019est le fédéral qui paie leurs soins de santé.« C\u2019est un peu se tirer dans le pied, sous-financer la CISR et les autres agences gouvernementales, parce que faire ce genre d\u2019économies là, ça accroît les coûts fédéraux », explique M.Gi- roux.Le fédéral devra ainsi dépenser 48,8 millions en couverture de soins de santé pour la cohorte de l\u2019an dernier, mais la facture passera à 76,4 millions pour celle arrivée cette année et 104,5 millions pour la suivante.Ni le ministre de l\u2019Immigration, Ahmed Hussen, ni celui de la Sécurité frontalière, Bill Blair, n\u2019ont indiqué si le gouvernement bonifierait ses budgets pour accoter les prévisions du directeur parlementaire du budget.« Je crois que notre obligation première, c\u2019est de nous assurer que tout est fait de façon efficace, au moindre coût possible, tout en respectant nos obligations légales », s\u2019est contenté de répondre M.Blair en martelant que les arrivées mensuelles ont quelque peu réduit depuis les mois d\u2019été.Yves Giroux note en outre que les frais engagés par les provinces \u2014 pour l\u2019aide sociale et le logement, notamment \u2014 s\u2019ajouteront à cette facture.« Une pression considérable sur les provinces », note-t-il.L\u2019Ontario réclame 200 millions à Ottawa.Québec demandait au fédéral 146 millions pour couvrir ses frais de 2017.Le gouvernement caquiste n\u2019a pas fourni d\u2019estimé mis à jour à M.Gi- roux, puisqu\u2019il était en pleine élection.Le Canada a déjà reçu depuis janvier davantage de migrants irréguliers qu\u2019à pareille date l\u2019an dernier.Ce qui fait dire aux conservateurs que la facture de plus de 300 millions deviendra annuelle, puisque le Canada accueillera au rythme actuel une nouvelle cohorte de plus de 20 000 migrants irréguliers chaque année.« Actuellement, il n\u2019y a rien qui est fait pour arrêter.L\u2019afflux continue, a déploré Pierre Paul-Hus.S\u2019il n\u2019y a rien qui est fait, ça va continuer comme ça.» Yves Giroux a admis que « si les flux continuent de se maintenir, ça devient des coûts qui sont annuels ».Janet Dench, du Conseil canadien pour les réfugiés, rejette cependant ce genre de calcul financier.« On ne peut pas mettre un prix sur la vie humaine », réplique-t-elle, notant que plusieurs de ces migrants travaillent pendant le traitement de leur demande et paient donc des impôts.Ce qui vient modifier le portrait économique dénoncé par le Parti conservateur.Le néodémocrate Matthew Dubé estime que la facture est telle parce que le gouvernement a tardé à répondre à cet afflux de migrants.« Ultimement, il y a un coût humain aussi qu\u2019il ne faut pas négliger », a-t-il plaidé.Les agents de la GRC ont intercepté entre janvier et novembre 2018 un peu plus de 17 000 demandeurs d\u2019asile ayant traversé la frontière de manière irrégulière entre les États-Unis et le Québec.CHARLES KRUPA ASSOCIATED PRESS Les enfants d\u2019abord touchés McDonald\u2019s est l\u2019une des nombreuses chaînes de restauration rapide qui ont fait entendre leur voix sur la colline parlementaire à Ottawa.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Nous soutenons les efforts pour combattre l\u2019obésité, mais un interdit sur la publicité en ligne sera inefficace, l\u2019Internet n\u2019a pas de frontières SONIA CARRENO » A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 AVIS DE DÉCÈS E N B R E F L\u2019année 2018 en voie d\u2019être parmi les plus chaudes enregistrées GENÈVE \u2014 L\u2019année 2018 devrait figurer au 4e rang des plus chaudes jamais enregistrées, a alerté jeudi l\u2019ONU dans un rapport publié avant le sommet sur le climat COP24.Dans sa déclaration provisoire sur l\u2019état du climat mondial, l\u2019Organisation météorologique mondiale (OMM) observe que la température moyenne à la surface du globe, pour les 10 premiers mois de l\u2019année, était supérieure de quasiment 1 °C aux valeurs de l\u2019époque préindus- trielle (1850-1900), de sorte que « 2018 s\u2019annonce comme la 4e année la plus chaude jamais enregistrée ».Conséquence : la tendance au réchauffement de la Terre sur le long terme « est évidente et se poursuit », a déclaré le secrétaire général de l\u2019OMM, Petteri Taalas.Agence France-Presse Washington autorise le départ de diplomates « non indispensables » en Haïti WASHINGTON \u2014 Les États-Unis ont autorisé jeudi le personnel diplomatique non indispensable en Haïti à quitter l\u2019île à la suite des tensions créées par des manifestations émaillées de violences contre le gouvernement.« Il y a actuellement des manifestations non prévisibles et sporadiques à Port-au- Prince et ailleurs en Haïti », relève le département d\u2019État.« Le gouvernement américain a autorisé le départ des membres du personnel gouvernemental américain non indispensable ainsi que de leurs familles », ajoute-t- il.Depuis le 18 novembre, Haïti est sous tension à la suite d\u2019une large mobilisation nationale réclamant la démission du président Jovenel Moïse, suivie par plusieurs jours de grève paralysant surtout Port-au-Prince.Agence France-Presse Brésil : le gouverneur de Rio arrêté dans un énième scandale de corruption RIO DE JANEIRO \u2014 Le gouverneur de Rio de Janeiro, Luiz Fernando Pezao, a été arrêté jeudi, soupçonné d\u2019avoir détourné des millions de reaux (la monnaie brésilienne).« Le gouverneur est membre d\u2019une organisation criminelle, qui a commis de nombreux crimes contre l\u2019administration publique, notamment de corruption et blanchiment », a annoncé le Parquet.Avec Pezao, les quatre derniers gouverneurs de l\u2019État de Rio depuis 1998 auront été emprisonnés.Les soupçons portent sur les années 2007-2014, à l\u2019époque où il était le vice-gouverneur de Sergio Cabral, emprisonné en 2016 et condamné à une peine cumulée de plus de 180 ans pour corruption.Mais il aurait encore touché des pots-de-vin en 2015, une fois gouverneur.Agence France-Presse Le sud du Québec a vécu une vague caniculaire importante à l\u2019été 2018.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR AGENCE FRANCE-PRESSE À BEYROUTH L\u2019aviation israélienne a bombardé jeudi soir plusieurs positions près de Damas et dans le sud du pays, a indiqué l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019homme (OSDH), les médias syriens évoquant des tirs antiaériens contre des objectifs non précisés.Selon le directeur de l\u2019OSDH, Rami Abdel Rahmane, « les forces israéliennes bombardent depuis une heure des positions dans la banlieue sud et sud-ouest de Damas », dont le secteur de Kesswa où se trouvent des entrepôts d\u2019armes appartenant au Hezbollah libanais ainsi qu\u2019aux forces iraniennes.« Les frappes visent également des secteurs dans le sud de la Syrie, à la frontière de la province de Qouneitra » située non loin d\u2019Israël, a-t-il ajouté.Rami Abdel Rahmane a fait état de « plusieurs explosions » dans les régions ciblées, assurant que les tirs de la DCA étaient « intensifs ».De leur côté, les médias officiels syriens ont fait état de tirs contre des objectifs « hostiles » près de Damas, sans donner de détails.« Notre défense antiaérienne est entrée en action et a visé des objectifs hostiles au-dessus de la région de Kesswa » dans la banlieue de Damas, a indiqué l\u2019agence officielle de la Syrie Sana.Cette terminologie est souvent utilisée par le régime syrien pour désigner des avions ou des missiles israéliens.Les tirs de la DCA se poursuivaient en fin de soirée, au moment où ces lignes étaient écrites.Sana a assuré que la défense antiaérienne « a détruit tous les objectifs hostiles », lesquels « n\u2019ont pas atteint leur but ».L\u2019Iran et le Hezbollah, ennemis d\u2019Israël, aident le régime de Bachar al-As- sad dans la guerre en Syrie.Leurs positions en Syrie ont été la cible de plusieurs raids aériens israéliens.Le secteur de Kesswa a déjà été visé par des frappes israéliennes, qui ont provoqué des incendies et tué des combattants des Gardiens de la révolution iraniens et de milices chiites pro-ira- niennes, selon l\u2019OSDH.« C\u2019est la première fois que la défense antiaérienne syrienne entre en action depuis la chute de l\u2019avion russe » le 17 septembre dernier, a ajouté M.Abdel Rahmane.La défense antiaérienne syrienne avait alors ouvert le feu pour intercepter des missiles israéliens visant des dépôts de munitions dans la province de Lattaquié (nord-ouest), abattant par erreur un appareil russe.L\u2019incident a causé la mort de 15 militaires russes à bord de l\u2019appareil et provoqué des tensions entre la Russie et Israël, qui mène régulièrement des frappes en Syrie contre des positions du régime syrien et de ses alliés.En réaction, la Russie a livré début octobre des batteries de défense antiaérienne S-300 à l\u2019armée syrienne.Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a déclaré après cet incident qu\u2019Israël continuerait à combattre la présence iranienne en Syrie tout en poursuivant « la coordination sécuritaire entre les armées israélienne et russe ».SYRIE Israël bombarde des positions non identifiées Un avion de combat F-35 israélien décollant de la base aérienne militaire de Hatzerim, dans la région désertique de Negev, en Israël, le 27 décembre 2017.JACK GUEZ AGENCE FRANCE-PRESSE THOMAS URBAIN À NEW YORK AGENCE FRANCE-PRESSE Michael Cohen, ex-avocat et homme de confiance de Donald Trump, a reconnu jeudi avoir menti au Congrès américain sur ses contacts avec des Russes au sujet d\u2019un projet immobilier, une mauvaise nouvelle pour le président américain qui a balayé ces nouvelles déclarations.Lors d\u2019une audience devant un tribunal fédéral de Manhattan jeudi, Michael Cohen a affirmé avoir menti au sujet de discussions sur un projet immobilier en Russie.Ce projet avait déjà été évoqué par plusieurs médias américains et implique le conglomérat de Donald Trump.Ces nouvelles révélations de l\u2019ancien conseil du président sont un rebondissement important dans l\u2019enquête du procureur spécial Robert Mueller, que le milliardaire républicain s\u2019emploie presque quotidiennement à discréditer, affirmant n\u2019avoir eu aucun contact avec des Russes durant sa campagne.M.Mueller enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016 et sur les soupçons de collusion entre Moscou et l\u2019équipe de Donald Trump.Quelques minutes après la fin de l\u2019audience, Donald Trump a contre- Cohen a donné le change sur un projet immobilier en Russie Donald Trump a aussitôt attaqué son ancien avocat après ces nouvelles révélations attaqué son ancien avocat, qu\u2019il a qualifié de « personne très faible » cherchant avant tout à obtenir une peine réduite pour son implication dans des dossiers qui ne sont pas directement liés à lui.« C\u2019était un projet bien connu [\u2026] Ça n\u2019a pas duré longtemps.Je n\u2019ai pas mené ce projet », s\u2019est défendu le milliardaire républicain, avant de s\u2019envoler pour le sommet du G20 en Argentine, à propos de ce possible investissement en Russie.«Il n\u2019y aurait rien eu de mal si je l\u2019avais mené, a-t-il ajouté.Je ne l\u2019ai pas fait pour un certain nombre de raisons.La première, même si rien ne m\u2019y obligeait, est que j\u2019étais vraiment occupé à faire campagne pour la présidentielle.» Dans la foulée, le président américain a annulé la rencontre prévue avec son homologue russe, Vladimir Pou- tine, une décision qu\u2019il a attribuée à la crise entre Ukraine et Russie.Vérités et mensonges Objet de poursuites pénales, M.Cohen avait déjà plaidé fin août coupable de plusieurs chefs d\u2019accusation et, après avoir pris ses distances avec le président américain, coopère avec le procureur spécial Robert Mueller.« Aujourd\u2019hui [Michael Cohen] a dit la vérité et rien que la vérité.Donald Trump l\u2019a traité de menteur.Qui croyez-vous ?» a publié sur Twitter l\u2019un des avocats de Michael Cohen, Lanny Davis.Lors d\u2019une audition par la commission du Sénat sur le renseignement, Michael Cohen avait assuré que les contacts relatifs au projet immobilier avaient pris fin en janvier 2016, selon un document versé jeudi au dossier et rendu public.« J\u2019ai établi que le projet n\u2019était pas réalisable pour une série de raisons et devrait être abandonné », avait alors déclaré l\u2019avocat.Mais il a avoué jeudi que les discussions s\u2019étaient en réalité poursuivies jusqu\u2019en juin 2016, soit très tard dans la campagne présidentielle.Michael Cohen aurait même longtemps envisagé de se rendre en Russie, notamment pour discuter avec des officiels russes des autorisations nécessaires à la réalisation du projet, a-t-il admis.Beaucoup soulignaient jeudi que l\u2019enjeu pour Donald Trump ne concernait pas tant les contacts en eux-mêmes, qui n\u2019étaient pas illégaux, mais davantage une éventuelle contradiction entre les déclarations de Michael Cohen et celles que le président a transmises récemment à l\u2019équipe de Robert Mueller.Si les versions ne se recoupaient pas, l\u2019ancien promoteur immobilier pourrait être accusé de parjure.DREW ANGERER / GETTY IMAGES / AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019Iran et le Hezbollah, ennemis d\u2019Israël, aident le régime de Bachar al-Assad dans la guerre en Syrie.Leurs positions en Syrie ont été la cible de plusieurs raids aériens israéliens. A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 E N B R E F Boko Haram : les pays du lac Tchad demandent le « soutien » international N\u2019DJAMENA \u2014 Les présidents Muham- madu Buhari (Nigeria), Mahamadou Issoufou (Niger), Idriss Déby (Tchad), et le premier ministre du Cameroun, Philémon Yang, ont demandé jeudi « le soutien » de la communauté internationale dans la lutte contre le groupe djihadiste Boko Haram, à l\u2019issue d\u2019une réunion à N\u2019Djamena, selon un communiqué.Ils « sollicitent le soutien de la communauté internationale » dans la « lutte contre le terrorisme » et pour « la stabilisation » de la région du lac Tchad.Lors de leur rencontre à huis clos, « les chefs d\u2019État et de gouvernement ont exprimé leur profonde préoccupation quant à la recrudescence des attaques » et ont affirmé vouloir « changer d\u2019approche dans la lutte contre Boko Haram ».Agence France-Presse Rougeole : hausse de plus de 30 % des cas dans le monde en 2017 GENÈVE \u2014 Les cas de rougeole ont bondi de plus de 30 % dans le monde l\u2019an dernier par rapport à 2016, faisant 110 000 morts, a indiqué jeudi l\u2019Organisation mondiale de la santé, qui alerte sur la résurgence de cette maladie extrêmement contagieuse.En raison des lacunes de la couverture vaccinale, des flambées de rougeole sont survenues dans toutes les régions, selon un rapport de l\u2019OMS.« Le nombre de cas déclarés de rougeole a atteint un pic en 2017, plusieurs pays ayant connu des flambées sévères et prolongées de cette maladie », a souligné l\u2019organisation dans un communiqué.C\u2019est dans les régions des Amériques, de la Méditerranée orientale et de l\u2019Europe que les hausses du nombre de cas ont été les plus fortes.Agence France-Presse Syrie : l\u2019ONU s\u2019inquiète des raids aériens à Idleb GENÈVE \u2014 L\u2019ONU a alerté le monde jeudi sur les raids aériens russes sur Idleb, ultime grand bastion insurgé et djihadiste dans le nord-ouest de la Syrie, jugeant qu\u2019ils risquaient de mettre le feu à une «gigantesque poudrière».«Nous sommes très inquiets face à l\u2019évolution récente de la situation», a déclaré le chef du groupe de travail de l\u2019ONU sur l\u2019aide humanitaire en Syrie, Jan Egeland.La province d\u2019Idleb fait l\u2019objet depuis septembre d\u2019une trêve négociée entre Moscou, allié du régime de Damas, et Ankara, parrain traditionnel des rebelles.Mais dimanche, la Russie a mené dans la région d\u2019Idleb des frappes aériennes \u2014 les premières en plus de deux mois \u2014 contre des positions «terroristes» en représailles à une attaque chimique présumée menée selon Damas à Alep, dans la province voisine, samedi soir.Agence France-Presse Le site d\u2019une attaque-suicide par Boko Haram, en avril dernier, à Maiduguri au Nigeria JOSSY OLA ASSOCIATED PRESS HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Presque deux mois après l\u2019assassinat du journaliste Jamal Khashoggi par un commando saoudien au consulat du Royaume à Istanbul, le Canada impose ses premières sanctions.Dix-sept personnes soupçonnées d\u2019être responsables ou complices du meurtre sordide sont interdites de territoire et voient leurs avoirs canadiens gelés.« Nous continuons de demander une enquête transparente et indépendante sur la mort de M.Khashoggi», a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.La ministre se trouve actuellement en Argentine pour la tenue du Sommet du G20, auquel participeront aussi le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le prince héritier d\u2019Arabie saoudite, Mohammed ben Sal- mane (MBS), entre qui les relations sont tendues depuis cette affaire.En coulisses, si on soutient ne pas avoir attendu d\u2019être en Argentine pour faire l\u2019annonce des sanctions (qui devaient être approuvées par le cabinet et la gou- verneure générale), on reconnaît que la coïncidence fait l\u2019affaire du gouvernement canadien.Ces sanctions, pense-t- on, donneront plus d\u2019impact encore aux propos que les responsables canadiens entendent tenir au sujet du cas Khas- hoggi à Buenos Aires.Au moment où ces lignes étaient écrites, il n\u2019avait pas encore été déterminé si Justin Trudeau et Mme Freeland rencontreraient MBS.Les 17 ressortissants saoudiens visés par le Canada sont exactement les mêmes que ceux contre lesquels les États-Unis ont déjà sévi de la même manière il y a deux semaines.Il s\u2019agit des 15 personnes qui faisaient partie du commando qui s\u2019est rendu à Istanbul pour abattre M.Khashoggi, auxquelles s\u2019ajoutent Mohammad al-Otaibi, le consul saoudien qui était en poste au moment du meurtre, et Saud al-Qahtani, un proche conseiller de MBS congédié depuis.L\u2019interdiction de territoire imposée par le Canada est quelque peu théorique, toutefois, puisque 15 de ces 17 personnes ont été arrêtées et emprisonnées par Riyad dans la foulée de l\u2019assassinat.Il n\u2019a par ailleurs pas été possible de connaître la valeur des avoirs canadiens de tous ces gens.Jamal Khashoggi, un journaliste d\u2019origine saoudienne basé aux États-Unis, s\u2019était rendu au consulat saoudien d\u2019Istanbul, sur rendez-vous, pour y obtenir des documents nécessaires pour son mariage.Un enregistrement de ce qui lui est arrivé en ce 2 octobre fatidique existe et a été écouté par plusieurs, notamment le chef du Service canadien du renseignement de sécurité.Parmi les 15 membres du commando visés par les sanctions canadiennes, on retrouve Maher Abdulaziz Mutreb, un proche de MBS qui a été vu dans son entourage lors de voyages à l\u2019étranger.Dans l\u2019enregistrement, on entend M.Mutreb dire, après la mort du journaliste : « Dis-le à ton patron.» Plusieurs analystes soupçonnent que ce « patron » serait MBS lui-même.Un autre membre du commando visé par les sanctions, Salah Mohammad Tu- baigny, était le médecin légiste en chef du ministère saoudien de la Sécurité.AFFAIRE KHASHOGGI Le Canada impose des sanctions à 17 ressortissants saoudiens C\u2019est lui qui aurait découpé le journaliste après sa mort, pour mieux le faire disparaître.On l\u2019entend dans l\u2019enregistrement dire aux autres personnes présentes : « Quand je fais ce travail, j\u2019écoute de la musique.Vous devriez faire de même.» Depuis que cette affaire a éclaté, le Canada est sous pression pour suspendre sa vente d\u2019armes à l\u2019Arabie saoudite.Le gouvernement libéral a enclenché une révision de tous ses permis d\u2019exportation d\u2019armes et interdit pendant ce temps l\u2019émission de nouveaux permis, mais les permis actuels ne sont pas pour autant suspendus.General Dynamics Land System a conclu un contrat de 15 milliards de dollars avec l\u2019Arabie saoudite pour lui fournir un nombre non divulgué de véhicules blindés légers.Jusqu\u2019à présent, M.Trudeau s\u2019est opposé à l\u2019annulation de ce contrat au motif que cela entraînerait des pénalités de « milliards de dollars ».Les partis d\u2019opposition ont salué les sanctions, mais ils estiment que plus doit être fait.Le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois demandent la fin des ventes d\u2019armes au régime.La néodémocrate Hélène Laverdière réclame une enquête indépendante pour découvrir qui a commandé le meurtre.Mais la communauté internationale réussira-t-elle vraiment à obtenir la vérité en la matière ?« Si on n\u2019essaye pas, c\u2019est évident qu\u2019on n\u2019ira pas au bout de la question.» Le conservateur Pierre Paul- Hus estime que M.Trudeau devrait poser la question directement au prince lors d\u2019un tête-à-tête.TUPAC POINTU BUENOS AIRES AGENCE FRANCE-PRESSE Finalement, c\u2019est non: le président américain, Donald Trump, a brusquement fait monter la tension et imposé son tempo avant même le début du G20, en annulant sa rencontre prévue avec son homologue russe, Vladimir Poutine, sur fond d\u2019escalade en Ukraine.« En partant du fait que les navires et les marins n\u2019ont pas été restitués par la Russie à l\u2019Ukraine, j\u2019ai décidé qu\u2019il serait mieux pour toutes les parties concernées d\u2019annuler ma rencontre préalablement prévue en Argentine avec le président Vladimir Poutine », a-t-il écrit sur Twitter, peu après avoir quitté Washington.Une heure auparavant, le président américain, coutumier des volte-face brutales, avait encore confirmé aux journalistes cette rencontre bilatérale, dans un contexte « très opportun », avait-il même dit.« C\u2019est comme ça que les grands leaders agissent ! » a déclaré le président ukrainien, Petro Porochenko, en répercutant sur Twitter le message de Donald Trump.Le Kremlin a réagi avec froideur.Un porte-parole a noté que Moscou n\u2019avait pas été informé officiellement et ajouté que Vladimir Poutine « aurait quelques heures de plus à consacrer à des réunions utiles en marge du sommet» si ce tête-à-tête tombait à l\u2019eau.Les deux hommes se sont rencontrés à quatre reprises depuis l\u2019arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, mais une seule fois lors d\u2019un sommet, à G20 Trump fait volte-face et annule sa rencontre avec Poutine Helsinki en juillet.La Russie est accusée d\u2019ingérence massive dans la présidentielle américaine de 2016.Les tête-à-tête de Trump Les chefs d\u2019État et de gouvernement des vingt premières puissances économiques mondiales se réunissent vendredi et samedi dans une capitale argentine sous haute surveillance, alors que des manifestations sont prévues hors de la zone ultrasécurisée.Avant même son arrivée en Argentine, le président américain a donc imposé son rythme à cette réunion, qui sera scandée par ses tête-à-tête avec d\u2019autres dirigeants.Pour la plupart, il s\u2019agira d\u2019apartés et non de rencontres bilatérales formelles.Le président américain avait pourtant, une heure auparavant, confirmé la rencontre avec son homologue russe.BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE-PRESSE Les marins ukrainiens « transférés » à Moscou SIMFÉROPOL \u2014 Les marins ukrainiens faits prisonniers lors d\u2019un accrochage avec des garde-côtes russes dimanche au large de la Crimée ont été transférés dans une prison de Moscou, ont annoncé jeudi à l\u2019AFP deux de leurs avocats.«Ils sont transférés à la prison de Lefortovo à Moscou», a déclaré l\u2019avocat Djemil Temichev.Dimanche, les garde- côtes russes ont arraisonné au large de la Crimée trois bateaux de guerre ukrainiens qui tentaient de pénétrer dans la mer d\u2019Azov via le détroit de Kertch la reliant à la mer Noire.Il s\u2019agit du premier affrontement militaire ouvert entre Moscou et Kiev depuis l\u2019annexion de la péninsule ukrainienne et le début la même année d\u2019un conflit armé dans l\u2019est» de l\u2019Ukraine entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses qui a fait plus de 10 000 morts.Pas question d\u2019aparté entre deux portes, toutefois, avec le président chinois Xi Jinping, mais Donald Trump a prévu un dîner de travail.Objectif de cette rencontre très attendue : tenter d\u2019enrayer l\u2019escalade de représailles douanières entre les deux pays, qui menace la croissance mondiale.« Nous espérons que les États-Unis et la Chine pourront faire un pas l\u2019un vers l\u2019autre », a dit jeudi un porte-parole du ministère chinois du Commerce.Donald Trump, lui, maintient la pression, louant d\u2019un côté sur Twitter les taxes douanières contre la Chine, qui emplissent les caisses américaines.Mais se disant aussi « très près » de conclure un accord commercial avec Pékin.L\u2019expert Thomas Bernes, du cabinet canadien CIGI, estime que le président américain, « sous pression », pourrait tout aussi bien conclure une trêve qu\u2019«augmenter les tarifs sur les produits chinois et précipiter le monde dans une guerre commerciale, ce qui serait désastreux pour la planète».Coordination entre Européens Les autres protagonistes du G20, groupe qui cumule 85% du PIB mondial, tentent de s\u2019organiser autour de ce pas de deux.Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé qu\u2019il organisait une réunion de « coordination » vendredi matin pour les Européens.Il en profitera pour évoquer le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.Emmanuel Macron dit vouloir en parler directement au premier concerné, Mohammed ben Sal- mane : « J\u2019aurai l\u2019occasion indubitablement de l\u2019évoquer avec le prince héritier [saoudien] en marge du sommet », a-t-il dit jeudi.Loin des tractations diplomatiques, un contre-sommet a planté ses tentes en plein centre de Buenos Aires, tentant d\u2019attirer l\u2019attention sur les difficultés des Argentins, aux prises avec une grave crise économique.« Il y a beaucoup de gens qui n\u2019ont pas de maison, ni de travail.[Les dirigeants présents au G20] ne se concentrent pas sur les gens qui ont des problèmes», dénonce Ariel Villegas, 47 ans.Nous continuons de demander une enquête transparente et indépendante sur la mort de M. Kha- shoggi CHRYSTIA FREELAND » epuis le début de 2017, l\u2019afflux de migrants entrés au Canada de façon irrégulière exerce une intense pression sur le processus de reconnaissance du statut de réfugié.L\u2019arriéré de demandes s\u2019accroît, les délais s\u2019allongent.Malgré cela, Ottawa ne débloque pas toutes les ressources nécessaires pour éviter que la situation s\u2019aggrave.Dans le budget 2018, le gouvernement Trudeau n\u2019a fait les choses qu\u2019à moitié.Il n\u2019a alloué que 173,2 millions sur deux ans aux organisations responsables de la sécurité frontalière et du traitement des demandes d\u2019asile.À elle seule, la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié (CISR) n\u2019a eu droit qu\u2019à 72 millions sur deux ans.Selon le directeur parlementaire du budget Yves Gi- roux, qui publiait jeudi un rapport sur le sujet, on peut parler sans hésiter de sous-financement.Son bureau estime que la cohorte de migrants irréguliers arrivés en 2017-2018 coûtera à elle seule 340 millions au fédéral, une facture qui s\u2019alourdira avec le temps.Et pour une raison bien simple : le temps d\u2019attente pour le règlement des demandes d\u2019asile s\u2019allonge, ce qui accroît entre autres les dépenses en santé qu\u2019Ottawa doit assumer tant qu\u2019une personne n\u2019a pas obtenu le statut de réfugié ou n\u2019a pas été renvoyée.Cet automne, la CISR reconnaissait que les délais atteignaient environ 21 mois.Et cela aurait pu être pire sans les ressources supplémentaires accordées en mars.Quant à l\u2019arriéré de demandes en attente, il atteignait près de 65 000 dossiers anciens et nouveaux en septembre dernier.Selon M.Gi- roux, cela « démontre clairement qu\u2019il n\u2019y a pas suffisamment de fonds pour traiter l\u2019afflux de migrants irréguliers ».Un afflux qui ne cessera pas de sitôt.Selon les Nations unies, le monde connaît actuellement sa pire crise migratoire depuis les lendemains de la Deuxième Guerre mondiale.Le Canada est peu touché et donc capable de relever un sursaut d\u2019arrivées.À la condition de planifier en conséquence.Or, même s\u2019il a reçu plus de 52 000 demandes d\u2019asile en 2017-2018, il persiste à se fixer des objectifs inférieurs pour les deux années suivantes.Le sous-financement qui peut en découler aura pour conséquence d\u2019alourdir la facture à long terme.Bref, on est face à des économies de bout de chandelle et à une forme de déni face à la nouvelle donne migratoire mondiale.En juin dernier, un rapport indépendant recommandait de doter la CISR d\u2019un fonds de prévoyance pour faire face aux crises cycliques.Le gouvernement a fait la sourde oreille, comme il ignore les demandes des provinces qui paient pour les services sociaux, l\u2019hébergement d\u2019urgence et l\u2019éducation des enfants.Ottawa ne leur a accordé que 50 millions en juin dernier, dont 36 millions au Québec, qui estimait avoir déboursé 146 millions de janvier 2017 à mars 2018.Le fédéral a tous les pouvoirs en matière de reconnaissance du statut de réfugié.Son système est considéré comme un modèle d\u2019équité procédurale et de professionnalisme.Il souffre cependant depuis trop longtemps de la pingrerie du gouvernement, une situation qui ne peut durer dans le contexte canadien et international actuel.LEDEVOIR // LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Christian Dufour Politicologue, auteur de plusieurs textes et rapports sur la réforme du mode de scrutin à Québec et à Ottawa Louis Sormany Secrétaire adjoint à la législation au ministère du Conseil exécutif du Québec de 2001 à 2013 L\u2019engagement que le premier ministre du Québec, François Le- gault, a pris dans le dossier de la réforme du mode de scrutin est de déposer un projet de loi sur ce sujet durant la première année de son mandat, d\u2019ici donc le 1er octobre 2019.Pour le reste, rien n\u2019est acquis, M.Legault ayant sagement rappelé dans son discours inaugural de mercredi cette évidence qu\u2019on ne saurait procéder de façon légitime à une réforme constitutionnelle d\u2019une telle envergure sans qu\u2019il y ait consensus à ce sujet.On ne saurait de fait réformer sans cela une institution politique que les Québécois se sont appropriée depuis deux siècles et qui est au cœur de leur culture démocratique.Or, force est de constater que ce consensus indispensable, qui n\u2019est pas l\u2019unanimité comme l\u2019a fait remarquer M.Legault, n\u2019existe pas actuellement.En effet, tenant compte de la tradition parlementaire de type britannique qui est la nôtre depuis 1791, on ne saurait parler d\u2019un consensus sur un sujet de nature constitutionnelle qui engage à ce point l\u2019avenir, sans au moins le concours de l\u2019opposition dite «officielle », comme ce dernier qualificatif le manifeste bien.Il en va de la légitimité d\u2019une réforme dont l\u2019objectif est justement d\u2019augmenter la légitimité de nos processus politiques auprès des citoyens.Les Québécois ne doivent pas avoir l\u2019impression d\u2019un coup de force par des élites massivement opposées au système actuel: la légitimité du nouveau mode de scrutin sera d\u2019autant plus importante qu\u2019il aura forcément, lui aussi, des effets pervers qui sont malheureusement difficiles à déterminer de façon précise tant qu\u2019on ne saura pas de quelle réforme on parle au juste.S\u2019il n\u2019existe pas de consensus institutionnel dans cette affaire faute d\u2019appui de l\u2019opposition officielle, reste évidemment l\u2019option de faire valider le tout par les citoyens québécois dans le cadre d\u2019un référendum.Ce n\u2019est pas un hasard si cela a toujours été le cas dans les situations analogues ailleurs au Canada.Il est pour le moins ironique de constater que les défenseurs de la proportionnelle, qui ont toujours le mot « démocratie » à la bouche, ne veulent pas consulter les citoyens pour un changement aussi majeur.C\u2019est manifester bien peu de confiance dans leur aptitude à convaincre les Québécois de l\u2019intérêt des changements fondamentaux qu\u2019ils proposent, de même qu\u2019une conception de la démocratie aux antipodes des beaux énoncés à la base de leur projet.Quant à nous, à mesure que le débat se fera, nous sommes convaincus qu\u2019il deviendra de plus en plus clair que le consensus requis dans cette affaire n\u2019existe pas non plus au sein de la société québécoise.Il est loin d\u2019être sûr, par exemple, que les gens adhéreront à une réforme qui permettrait à des personnes non élues de siéger comme députés et qu\u2019ils souscriront à un système soumettant à une règle mathématique complexe à appliquer la détermination de qui, parmi ces non-élus, deviendra député.Enfin et surtout, il deviendra évident qu\u2019on parle d\u2019une réforme dont l\u2019un des principaux effets sera de diminuer le pouvoir du seul gouvernement contrôlé par une majorité francophone sur le continent, de même que le poids politique de cette majorité.François Legault ne voudra sûrement pas que son nom reste dans l\u2019histoire du Québec comme celui d\u2019un premier ministre qui aurait imposé à la majorité francophone une deuxième réforme de nature constitutionnelle diminuant son poids politique, après la Constitution que Pierre Elliott Trudeau a imposée à cette même majorité en 1982.N\u2019en déplaise aux croisés de la proportionnelle, le mode de scrutin actuel n\u2019appartient pas à des élites déconnectées du pouvoir québécois, il appartient au peuple québécois.Aux employé(e)s de la SAQ Je me réfère à un membre de ma famille qui travaille à la SAQ depuis une vingtaine d\u2019années (son entrée à la SAQ s\u2019est faite à l\u2019âge de 18 ans).Durant plusieurs années, il était sur appel et il a travaillé dans un nombre incalculable de succursales de Montréal à se faire «barouetter», en bon québécois.Finalement, avec notre aide, tant financière que morale, nous avons réussi à ce qu\u2019il ne «lâche pas».Comme parents, nous lui avons mis de la pression, parce nous pensions que devenir un employé de l\u2019État était louable\u2026 Après plusieurs années, il a finalement obtenu un poste permanent offrant des conditions décentes.Alors j\u2019appuie fortement tous ces travailleurs et travailleuses qui veulent briser le cercle vicieux que le gouvernement impose à ses employé(e)s depuis trop longtemps.Il n\u2019y a pas de consensus sur la réforme du mode de scrutin LIBRE OPINION LETTRES MIGRATION IRRÉGULIÈRE Le grippe-sou fédéral RÉDUCTION DES GES Échec libéral, devoir caquiste D \u2019il nous fallait une preuve que le gouvernement québécois est mollasson et inefficace dans sa lutte contre les changements climatiques, nous venons d\u2019en obtenir non pas une mais deux, coup sur coup.Dans une entrevue accordée au Devoir et publiée jeudi, le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, demande au gouvernement québécois de montrer moins d\u2019insouciance et de passivité à l\u2019égard du péril climatique alors qu\u2019« il faudrait qu\u2019on bouge pour ne pas arriver dans un mur ».Que le CPQ, qui représente des milliers d\u2019entreprises, dont de grands émetteurs industriels de gaz à effet de serre comme les alumineries et les papetières, sente le besoin de rappeler à l\u2019État son devoir d\u2019accélérer la transition vers une économie verte grâce à la réglementation et à l\u2019écofiscalité, c\u2019est le monde à l\u2019envers.C\u2019est aussi le signe que quelque chose ne va pas au gouvernement.Selon Yves-Thomas Dorval, le premier ministre Philippe Couillard avait fait preuve de la même « myopie » il y a trois ans quand le patronat a tenté en vain de le convaincre de l\u2019importance d\u2019adopter une stratégie pour contrer les pénuries de main-d\u2019œuvre.En politique, on « repousse toujours les problèmes qui sont à long terme », fait-il observer.Le président du CPQ n\u2019est guère rassuré par le nouveau gouvernement caquiste, dont l\u2019électorat considère toute nouvelle initiative environnementale « comme une affaire venant du Plateau Mont-Royal ».À l\u2019Assemblée nationale jeudi, la sémillante MarieChantal Chassé, ministre de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, a ajouté une autre preuve au dossier en déposant l\u2019Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2016 et leur évolution depuis 1990.On y apprend que les émissions de GES ont très légèrement augmenté entre 2015 et 2016, ce qui signifie que nous ne nous sommes aucunement rapprochés de la cible de réduction de GES de 20 % d\u2019ici 2020, par rapport à 1990.À la lumière des données de 2016, à trois ans de l\u2019échéance donc, le Québec a parcouru moins de la moitié (9,1 %) du chemin.Depuis la publication du Plan d\u2019action 2013-2020 par le gouvernement libéral, la réduction n\u2019a pas dépassé deux points de pourcentage.Tandis que le gouvernement Legault parle du troisième lien à Québec comme d\u2019une chose acquise, il est à noter que les émissions de GES imputables aux transports, dont 80 % proviennent de la circulation routière, ont bondi de 22 % depuis 1990 ; c\u2019est le secteur industriel qui a principalement contribué à la réduction.Il y a fort à parier que le gouvernement caquiste s\u2019appuiera sur ces données pour renoncer à l\u2019objectif de 2020.On ne peut reprocher à François Legault de constater l\u2019échec environnemental du gouvernement libéral et de considérer que cette cible soit hors de portée.Mais le premier ministre doit maintenir l\u2019objectif ultime d\u2019une réduction de 35 % d\u2019ici 2030.Il devra aussi réaliser que des mesures énergiques et contraignantes seront nécessaires.Et que c\u2019est, au premier chef, son électorat banlieusard et en région, fortement dépendant de l\u2019automobile, qui sera mis à contribution.S ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Ces employé(e)s sont compétent(e)s et travaillent très fort pour nous donner un service de haute qualité, tout en se privant des avantages que la Société leur refuse: meilleur aménagement de travail et conciliation travail-fa- mille.Il ne faut pas perdre de vue les bénéfices nets que fait la Société.Cet argent est probablement, espérons-le, injecté dans la Santé et les Services sociaux, qui nous coûtent très cher.Pour l\u2019année 2017, le bénéfice net a été de 1,1 millard.Pour l\u2019année en cours, la Société s\u2019est dite «satisfaite» des résultats obtenus.Peut-être, au fond, de- vrait-elle faire un effort pour donner satisfaction à ses employé(e)s qui n\u2019ont pas tous la même chance d\u2019obtenir de l\u2019aide de la part de leur proche.Alors un petit effort\u2026 Donnons notre appui à ces 4125 employé(e)s à temps partiel sur un total de 5500 employé(e)s, qui font la grève pour seulement vouloir améliorer leur qualité de vie.Jacinthe Blouin Longueuil, le 23 novembre 2018 Aux antipodes ?Le critique du Devoir Michel Bélair écrit dans l\u2019édition du 24 novembre : « James Ellroy et Henning Mankell sont deux des plus grands noms de la littérature dite policière\u2026 mais ils n\u2019ont pas beaucoup de choses en commun.Ils sont même aux antipodes l\u2019un de l\u2019autre : Mankell est un humaniste qui déplore la perte progressive de l\u2019idéal collectif, alors qu\u2019Ellroy prend plaisir à la décrire dans des détails souvent sanguinolents.» Je sais qu\u2019Ellroy se considère lui- même comme conservateur et réactionnaire, mais ce n\u2019est pas parce qu\u2019il prend plaisir à décrire dans des détails souvent sanguinolents la perte progressive de l\u2019idéal collectif qu\u2019il est moins humaniste que Mankell pour autant.L\u2019important, c\u2019est l\u2019effet du livre sur le lecteur une fois refermé.Entre les deux écrivains, lequel rend l\u2019homme meilleur avec ses œuvres?Sylvio Le Blanc Montréal, le 25 novembre 2018 MANON CORNELLIER ROBERT DUTRISAC A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Veuillez jeter après usage L \u2019image capturée sur l\u2019autoroute par un citoyen est surréaliste : l\u2019enseigne du Ar- chambault gît sur le côté, ligotée sur une remorque.L\u2019emblème devenu bout de ferraille, en route vers nulle part.Stupéfaction générale.La Ville avait, semble-t-il, été avertie du retrait, mais puisque personne ne s\u2019est précipité pour récupérer l\u2019enseigne, on l\u2019a décrochée comme un vieux cadre qui jure avec la peinture neuve.La bévue survient dans un moment propice à l\u2019indignation patrimoniale.Les esprits sont échaudés par la démolition, à Chambly, de la maison Boileau, une construction du début du XIXe siècle, typique de son époque, où les patriotes auraient tenu des assemblées politiques.Un rare vestige à la fois physique et symbolique de ce fragment de notre histoire qui n\u2019avait toutefois jamais été classé.En 2016, alors qu\u2019on tentait de raser la maison Boileau, le maire de Chambly, philosophe, invitait les citoyens à « faire preuve de pragmatisme et lâcher l\u2019émotivité », puisque « tout ce que construit l\u2019homme a une finalité dans le temps ».Rappel fort ironique tant cela relève de l\u2019évidence, dans notre société qui n\u2019a que le présent comme horizon.Soyez raisonnables, veuillez jeter après usage.Après la démolition de la maison Boileau, la ministre de la Culture, Nathalie Roy, s\u2019est dite déterminée à passer à l\u2019« action », proposant de créer un répertoire des biens patrimoniaux à risque.Un appel à l\u2019action bien passif, alors que plusieurs groupes font déjà une telle vigile, laquelle ne sert jusqu\u2019ici qu\u2019à rendre tristement compte de la situation, en l\u2019absence de vision et d\u2019une réelle volonté d\u2019agir.Le problème naît en partie de la loi, qui définit mal la responsabilité de chacun.On a donné des pouvoirs étendus aux municipalités en matière de classement et de conversation, mais l\u2019argent n\u2019a pas suivi.Quant à la responsabilité des particuliers, la législation sur le patrimoine échoue à tempérer l\u2019absolutisme de la propriété privée.Les bâtiments d\u2019intérêt plantés sur des terrains privés sont souvent laissés en décrépitude, jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit urgent d\u2019envoyer la pelle mécanique.Pendant que le patrimoine bâti s\u2019effrite, on fait grand cas du patrimoine immatériel, celui-là politiquement plus facile à défendre.Au rythme où vont les choses, peut-être faudra-t-il bientôt ranger les maisons dans cette catégorie.La racine de ce problème est à chercher du côté de notre rapport au passé.On enfile les gaffes et les « trop peu, trop tard », et des éléments patrimoniaux passent à la trappe sans que quiconque lève le doigt.Mais chaque fois qu\u2019une démolition frappe l\u2019imaginaire, on s\u2019empresse de déplorer la « tragédie », spécifiant, toutefois, qu\u2019il n\u2019y avait rien à faire.Il est fascinant de nous entendre parler de l\u2019effritement du patrimoine comme quelque chose « qui arrive », comme les intempéries.Le temps passe, érode la pierre, « tout ce que construit l\u2019homme a une finalité dans le temps », pourquoi s\u2019attacher au passé, c\u2019est l\u2019instant présent qu\u2019il faut saisir.Je badine, mais le cafouillage entourant l\u2019enseigne du Ar- chambault, retirée avant que les parties concernées \u2014 la Ville, Renaud-Bray et Québecor \u2014 se soient entendues sur un plan, démontre exactement cela.Tous y ont vu d\u2019abord une affaire commerciale, l\u2019autorité publique comprise, et on a agi en conséquence.Pour apaiser rapidement les esprits, la Ville s\u2019est d\u2019abord dépêchée d\u2019annoncer que l\u2019enseigne serait exposée ailleurs.Tout comme on a promis de reconstruire la maison Boileau à l\u2019identique.On nous fait donc gober l\u2019approche Las Vegas : on plaque tout sur tout, les symboles et les références culturelles n\u2019étant que des bibelots et la persistance dans le temps, signe de rien d\u2019autre.Si bien que tout peut être déplacé, aliéné, reproduit.Cette vanité est à l\u2019image de notre époque : pour préserver les traces du passé, on préférera mettre en avant la technique moderne.Pourquoi restaurer, après tout, si l\u2019on peut tout refaire en neuf (sous-entendu : en mieux) ?Le culte du simili-véritable sert à rendre hommage au passé tout en le gardant à sa place, c\u2019est-à-dire à bonne distance.Umberto Eco l\u2019écrit bien : l\u2019information historique n\u2019arrive plus à être traitée par nos sociétés que sous ce rapport.Les duplicatas en vrai faux-vrai confortent notre sentiment de responsabilité par rapport au passé tout en affirmant la primauté du présent \u2014 qu\u2019il faut bien sûr consommer au maximum, de façon renouvelée.Et si nos sociétés adolescentes sont obsédées par « l\u2019authenticité », elles ne supportent aucune marque du passage du temps ; on préfère de loin vénérer le faux absolu, heureux que nous sommes à patauger dans l\u2019éternel présent.On pourrait au fond remplacer l\u2019enseigne du Archambault par un imprimé « Carpe Diem » en caractères fantaisistes géants.Ils en ont de beaux, chez IKEA.Laval Gagnon Journaliste à la retraite, ex-gestionnaire à Télé-Québec; Chicoutimi Au lendemain de l\u2019élection du 1er octobre, le Québec présente les symptômes d\u2019une société divisée, en morcellement, affichant de profonds clivages politiques, culturels, sociaux, économiques et ethniques sur l\u2019île de Montréal même, entre la métropole, sa banlieue et le reste du Québec, entre les régions centrales et périphériques, entre l\u2019urbain et le rural.Deux référendums sur la souveraineté et une vingtaine d\u2019années plus tard, le modèle de société né de la Révolution tranquille se serait donc effrité, déstructuré même.L\u2019État québécois ne serait plus le dépositaire d\u2019une société francophone originale de facture sociale-démocrate, avec des institutions nationales et civiles influentes, bien implantées et actives sur le territoire.Au plus serait-il devenu le gestionnaire des services à la population et aux individus, consacrant ses efforts au développement économique pour les financer.Il faut rejeter cette option.Dans les sphères du pouvoir, municipal, gouvernemental ou parapublic, ces clivages, bien réels, posent des défis pressants qui remettent en question les capacités et l\u2019efficacité du système de gouvernance du Québec.L\u2019actualité nous montre régulièrement à tous les niveaux des cas coûteux où sont mises à mal la simple cohérence et la nécessaire cohésion dans l\u2019action des pouvoirs publics.Les médias font continuellement état du phénomène avec un cynisme de circonstance qui biaise malheureusement le débat démocratique.Le diagnostic est pourtant clair.Le système de gouvernance est affligé d\u2019impotence, ses outils d\u2019intervention sont déficients.Paradoxalement, il faut en chercher la cause principale dans l\u2019hypercen- tralisation du pouvoir gouvernemental.Sous l\u2019influence du néolibéralisme financier et des idéologies de désengagement de l\u2019État comme gestionnaire et arbitre du bien commun, le Québec a évolué vers un degré extrême de centralisation, autant dans son système politique que dans son appareil administratif, l\u2019un souvent de concert et en complicité avec l\u2019autre.Le phénomène est devenu une stratégie de gouvernance qui a été particulièrement exploitée sous le long règne libéral de Charest et Couil- lard.Hormis la trêve brouillonne du PQ au pouvoir, l\u2019histoire de cette période est celle d\u2019une centralisation agressive et constante de la gestion, du financement et de la livraison de services publics réduits, principalement en santé et en éducation, mais pas uniquement, au détriment des diverses populations régionales et des communautés locales, en dehors de l\u2019île de Montréal donc.Un fossé se creuse Conséquemment, le fossé s\u2019est creusé et la relation s\u2019est détériorée entre les députés et le Conseil exécutif, entre le pouvoir politique et la population, entre l\u2019État et la société civile, entre les institutions et les citoyens, entre les élus de l\u2019Assemblée nationale et le peuple, entre les ministères et les bénéficiaires des services, entre les municipalités et le gouvernement, entre les patries régionales et le national.En même temps, les contre-pouvoirs ont été neutralisés et dépouillés de leur influence démocratique par un système plus ou moins occulte de lobbys, préférablement économiques et financiers, opéré à partir du Conseil exécutif et du bureau du premier ministre.Avec son personnel politique bien branché sur les cabinets ministériels, il est devenu l\u2019antichambre de ces lobbys, les uns évidemment plus influents que les autres.En son centre, un premier ministre puissant mais solitaire qu\u2019une charge écrasante amène à des compromissions où le pouvoir met en abyme la démocratie représentative de la société civile.Jean Charest l\u2019assumait en donnant toute la corde à ses ministres jusqu\u2019à la pendaison par l\u2019opinion publique.Pauline Marois s\u2019est enfargée dans les stratégies partisanes et l\u2019obsession référendaire.Philippe Couil- lard, lui, dans sa solitude politique, en a remis en imposant l\u2019austérité.François Legault mène la CAQ comme un chef d\u2019entreprise et semble vouloir diriger le Québec comme un p.- d.g.Les circonstances le favorisent.Son élection annonce une gouvernance besogneuse, moins idéologique, affichant un nationalisme de centre droit, pragmatique en économie, rassurant dans son incarnation identi- taire, mais troublant dans son approche environnementale.Comme il le dit lui-même, on verra à l\u2019usage.Il annonce un étonnant déploiement d\u2019effectifs de la fonction publique dans les régions.Mais on ignore s\u2019il accepterait de se dépouiller lui-même comme premier ministre d\u2019une partie de son énorme pouvoir pour mettre en œuvre une véritable décentralisation administrative et une régionalisation de la gouvernance québécoise.Au-delà des joutes partisanes et des débats qui s\u2019annoncent à propos de la représentation électorale sur la patinoire de l\u2019Assemblée nationale, plusieurs ont la conviction profonde que le Québec a besoin d\u2019une réforme majeure de ses institutions démocratiques et de son système de gouvernance, pour rapprocher le pouvoir politique des milieux de vie, locaux et régionaux, pour redonner un pouvoir réel et les ressources aux élus municipaux et aux députés dans les régions, ces petites patries qui composent la richesse et la diversité du Québec contemporain.Et qui sont les garantes de son avenir.Décentraliser pour rassembler Devlin Kuyek GRAIN David Bruer Inter Pares Serge Langlois Développement et Paix \u2014 Caritas Canada « Est-ce qu\u2019un homme peut à lui tout seul détruire la planète ?» Tel était le titre d\u2019un récent article du New York Magazine après l\u2019élection, il y a quelques semaines, de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil.Cet article démontre la manière par laquelle le programme agricole de Bolsonaro pour la forêt amazonienne contribuera aux problèmes des changements climatiques de la planète, avec l\u2019équivalent d\u2019une deuxième Chine et l\u2019équivalent des États-Unis d\u2019Amérique.Transformer la forêt tropicale en plantations industrielles et en ranchs d\u2019élevage produira des quantités phénoménales de CO2.Mais pour comprendre pourquoi ce nouveau leader d\u2019extrême droite du Brésil est si désireux de détruire la plus importante forêt tropicale du monde, appelée le Cerrado, il faut comprendre les liens très étroits qui unissent son administration à l\u2019élite brésilienne de l\u2019agrobusiness.Le Brésil a l\u2019un des systèmes de distribution des terres les plus inégalitaires au monde, la plus grande part de ses terres cultivables étant entre les mains d\u2019un très petit groupe de propriétaires très puissants.Bolsonaro et le lobby de l\u2019agroentreprise ont annoncé leur intention de revenir sur les politiques \u2014 déjà bien modestes \u2014 de protection environnementale contre la déforestation et l\u2019utilisation de pesticides dangereux.Bolsonaro a juré de s\u2019attaquer aux organisations paysannes qui soutiennent la réforme agraire comme à des terroristes et de ramener à plusieurs décennies en arrière les droits des peuples autochtones et traditionnels, obtenus après de longues et difficiles luttes.Le Brésil était déjà l\u2019endroit le plus meurtrier sur terre pour les défenseurs de la terre osant s\u2019attaquer à l\u2019agroentreprise.[\u2026] Au Québec, les gens seront surpris d\u2019apprendre qu\u2019ils ont des intérêts directs dans cet agrobusiness violent et destructeur de l\u2019environnement.Le régime de pension de la province, géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), a massivement investi dans un fonds de terres agricoles TIAA-CREF qui, selon divers rapports de recherche et une récente mission d\u2019établissement des faits, est impliqué avec certains des plus grands accapareurs de terres ayant réussi à acquérir de larges étendues de forêts brésiliennes et de terres cultivables, utilisant la violence et la fraude.Accaparement des terres Au cours de la dernière décennie, avec des centaines de millions de dollars provenant de fonds de pension canadiens au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario, TIAA a pu acquérir près de 740 000 hectares de terres agricoles au Brésil, par ses deux fonds, soit l\u2019équivalent d\u2019environ 15 fois l\u2019île de Montréal.Dans ses efforts pour diversifier son portefeuille, la CDPQ et d\u2019autres fonds de pension canadiens ont involontairement participé à l\u2019accaparement de terres au détriment de petits agriculteurs et paysans qui en dépendent pour vivre, ainsi que dans des régions de forêts pluviales et de savanes riches en biodiversité et desquelles nous dépendons toutes et tous pour prévenir les pires impacts des changements climatiques.Ici, au Canada, l\u2019acquisition en 2013 par l\u2019Office d\u2019investissement du Régime de pension du Canada d\u2019un portfolio de 46 500 hectares de fermes en Saskatchewan a entraîné une vive réaction et un moratoire sur toute acquisition de terres agricoles par des fonds de pension.Au Québec, l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA) est indignée par la décision de la CDPQ et du Fonds de solidarité (FSQ) d\u2019investir 10 millions de dollars chacun dans Pangea, une compagnie qui achète et consolide des terres agricoles au Québec.L\u2019UPA affirme que ces investissements équivalent au fait « d\u2019utiliser l\u2019argent des Québécois pour financer une prise de contrôle hostile de notre héritage agricole ».Mais il serait hypocrite de condamner la financiarisation des terres agricoles ici pendant que nous investissons à travers nos fonds de pension dans l\u2019accaparement de terres agricoles à l\u2019étranger.Avec Bolsonaro au pouvoir au Brésil, la CDPQ et les autres fonds de pension qui ont investi dans les terres agricoles au Brésil devraient demander à ce que TIAA se retire immédiatement.Toute autre décision devrait être vue comme de la complicité avec un gouvernement engagé dans des politiques qui accélèrent les changements climatiques et entraînent une recrudescence de la violence envers les populations rurales du Brésil.Les Canadiennes et les Canadiens peuvent jouer un rôle important en demandant aux gestionnaires de leurs fonds de pension de laisser les terres agricoles aux mains des familles d\u2019agriculteurs, ici au Canada et à travers le monde.Le Brésil et nos fonds de retraite François Legault mène la CAQ comme un chef d\u2019entreprise et semble vouloir diriger le Québec comme un p.-d.g., estime l\u2019auteur.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE AURÉLIE LANCTÔT Pendant que le patrimoine bâti s\u2019effrite, on fait grand cas du patrimoine immatériel, celui-là politiquement plus facile à défendre.Au rythme où vont les choses, peut-être faudra- t-il bientôt ranger les maisons dans cette catégorie. LEDEVOIR // LE VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Hôpital Pierre-Boucher : Gaétan Barrette blanchi par la commissaire QUÉBEC \u2014 L\u2019ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette n\u2019a pas dérogé aux règles en écartant un projet en pédiatrie dans la circonscription de la péquiste Diane Lamarre, tranche la commissaire à l\u2019éthique Ariane Mignolet dans un rapport déposé jeudi à l\u2019Assemblée nationale.En 2017, l\u2019ex-députée Diane Lamarre avait demandé à la commissaire de faire enquête.Elle soupçonnait M.Barrette d\u2019avoir enfreint le Code d\u2019éthique et de déontologie des membres de l\u2019Assemblée nationale en suspendant un projet en pédiatrie à l\u2019hôpital Pierre-Boucher pour des raisons politiques.La commissaire a dit ne pas avoir trouvé suffisamment de preuves que M.Barrette était au courant du report du projet qui était entre les mains de ses sous-ministres.Le Devoir Le patron de l\u2019UPAC sera choisi par l\u2019Assemblée QUÉBEC \u2014 Les patrons de l\u2019UPAC (Unité permanente anticorruption), de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) seront dorénavant choisis par un vote aux deux tiers de l\u2019Assemblée nationale, a confirmé le gouvernement Legault en déposant jeudi son projet de loi 1.Concrètement, un comité d\u2019experts sera chargé de préparer une liste de candidats.Le premier ministre choisira un nom pour le soumettre à un autre comité, formé cette fois-ci de représentants de tous les partis.Après une rencontre avec le candidat, le comité fera rapport au premier ministre.Celui-ci soumettra ensuite (ou pas) la candidature au vote de l\u2019Assemblée.Le prochain commissaire de l\u2019UPAC, dont le poste est vacant, devrait être choisi ainsi.Le Devoir Ontario : Amanda Simard quitte les conservateurs OTTAWA \u2014 La députée franco-onta- rienne Amanda Simard s\u2019est attiré une pluie d\u2019éloges après avoir décidé de claquer la porte du caucus progres- siste-conservateur de l\u2019Ontario, jeudi.Elle menait la fronde contre son propre parti pour dénoncer les compressions dans les services aux francophones.L\u2019élue siégera à l\u2019Assemblée législative de l\u2019Ontario en tant qu\u2019indépendante.Le geste posé par la jeune politicienne a été qualifié de courageux par plusieurs, notamment par la ministre fédérale de la Francophonie et des Langues officielles, Mélanie Joly.Pour sa part, le député conservateur Steven Blaney n\u2019était pas prêt à faire porter le blâme au premier ministre Ford.« [.] Ce qui est important en politique, c\u2019est de défendre ses convictions », a-t-il offert.La Presse canadienne Robert Lafrenière a quitté son poste de commissaire de l\u2019UPAC le 2 novembre.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR En démolissant la maison Boileau la semaine dernière, la Ville de Chambly a violé son propre règlement.Mais comme la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme ne prévoit pas de sanctions dans de tels cas, des citoyens examinent les actions à leur disposition afin que Chambly soit rappelée à l\u2019ordre et que, à l\u2019avenir, les villes québécoises prennent mieux soin de leur patrimoine.Le règlement sur la démolition d\u2019immeubles de la Ville de Chambly prévoit que nul ne peut procéder à la démolition d\u2019un immeuble avant d\u2019avoir obtenu un certificat d\u2019autorisation du comité de démolition.Le directeur général de la Ville, Michel Larose, n\u2019avait pas de tel certificat et a lui-même reconnu que le règlement n\u2019avait pas été respecté.Sur toutes les tribunes, il a soutenu ne pas avoir eu le choix, car, a-t-il répété, la maison Boileau représentait un réel danger.Des sanctions pourraient-elles être imposées à la Ville de Chambly pour avoir enfreint son règlement ?Cela paraît peu probable.« La Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme ne prévoit pas expressément ce qui se produit lorsqu\u2019une municipalité ne respecte pas sa propre réglementation », a indiqué au Devoir Sébastien Gariépy, relation- niste au ministère des Affaires municipales et de l\u2019Habitation (MAMH).Selon le ministère, il revient aux tribunaux de se prononcer sur la question.Un citoyen pourrait s\u2019adresser à une cour pour contester la décision d\u2019une Ville.Il pourrait aussi interpeller le Commissaire à l\u2019intégrité municipale et aux enquêtes (CIME), souligne le ministère.L\u2019action de celui-ci se limite toutefois à formuler un avis ou une recommandation à une municipalité, précise-t-on.Mobilisation citoyenne À Chambly, les citoyens encore sous le choc de la démolition de la maison Boi- leau n\u2019entendent pas en rester là.La vieille maison n\u2019existe plus, mais bien d\u2019autres demeures ancestrales et bâtiments patrimoniaux sont en danger partout au Québec.Négligé depuis des années, bien qu\u2019il ait été classé en 1962, le moulin du Pe- tit-Sault, à L\u2019Isle-Verte, a été partiellement rasé samedi dernier.Jeudi, Le Devoir rapportait aussi le cas de la maison Charbonneau, à Laval, construite en 1736 et protégée par l\u2019État depuis 1977, qui se détériore rapidement faute d\u2019entretien et que le propriétaire souhaite démolir.Plusieurs citoyens de Chambly examinent la possibilité de porter plainte, mais ils ignorent encore auprès de quelle instance ils le feront.« Il faut que ça cesse et il faut rappeler la Ville de Chambly à l\u2019ordre », estime Louise Chevrier, membre du Mouvement citoyen de Chambly.« La société civile commence à se réveiller.L\u2019intérêt [pour le patrimoine], qui semblait dor- PATRIMOINE Les citoyens s\u2019organisent pour tenir Chambly responsable Leur réponse à la démolition de la maison Boileau pourrait se faire par les tribunaux La maison Boileau, située à Chambly et rare témoin de l\u2019histoire des patriotes, a été démolie le 22 novembre dernier.JACQUES NADEAU LE DEVOIR mir, est bien là.S\u2019il y a des responsables, il faut qu\u2019ils soient montrés du doigt.» Faire un exemple De son côté, Christian Picard n\u2019écarte pas l\u2019idée de s\u2019adresser aux tribunaux pour dénoncer le comportement de la Ville de Chambly.Le 22 novembre dernier, le candidat défait du Parti québécois dans Chambly lors des dernières élections a tenté d\u2019empêcher la machinerie de poursuivre la démolition de la maison Boileau.Arrêté par la police, il a été accusé de méfait et devra comparaître en cour en janvier prochain.Dans un premier temps, il compte demander au conseil municipal de Chambly d\u2019imposer les pénalités prévues (jusqu\u2019à 25 000 $) à la personne qui a ordonné la démolition, soit le directeur général Michel Larose.La prochaine séance du conseil municipal aura lieu le 4 décembre.M.Picard entend aussi exiger la démission du maire Denis Lavoie et des conseillers qui l\u2019appuient.« Je considère qu\u2019il y a un bris de confiance entre la population et le maire, qui avait le mandat de protéger la maison et notre patrimoine bâti », dit-il.Christian Picard a lancé une campagne de sociofinancement afin d\u2019amasser des fonds pour le paiement des honoraires d\u2019avocats nécessaires à sa défense.Il soutient que s\u2019il recueille plus d\u2019argent, il le consacrera à engager des procédures judiciaires contre la Ville de Chambly.« Je veux faire un exemple avec Chambly pour que l\u2019ensemble des villes et des propriétaires de maisons patrimoniales sachent qu\u2019il y a des règles et qu\u2019il faut qu\u2019ils les suivent.» Il dit cependant faire confiance à la ministre de la Culture, Nathalie Roy, et croit qu\u2019elle voudra améliorer la Loi sur le patrimoine culturel, qui, avance-t-il, protège mal le patrimoine québécois, qu\u2019il soit classé ou non.Selon lui, le 22 novembre 2018, jour de la démolition de la maison Boileau, demeurera une « date marquante » dans la prise de conscience des Québécois à l\u2019égard de leur patrimoine.Au cabinet de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, on indique que la Commission municipale du Québec pourrait se pencher sur la démolition de la maison Boileau.La Commission devrait entreprendre une enquête sur le dossier du maire Denis Lavoie relativement aux allégations d\u2019abus de pouvoir mises en lumière dans un reportage de l\u2019émission Enquête la semaine dernière.« [La démolition de la maison Boileau] fait partie de la gestion de la municipalité au sens large », estime Hugo Lemay, attaché de presse de la ministre Laforest.Le Commissaire à l\u2019intégrité municipale et aux enquêtes pourrait aussi s\u2019intéresser au dossier de la maison Boileau, croit-il.Mais la ministre Laforest n\u2019entend pas intervenir autrement au sujet de la démolition de la vieille demeure.« Les municipalités sont quand même autonomes dans leur gestion.Des mécanismes sont déjà prévus.Le geste qu\u2019elle pouvait faire, c\u2019est demander à la Commission municipale de se pencher [sur le dossier du maire de Chambly], c\u2019est ce qu\u2019elle a fait », dit M.Lemay.Le ministère de la Culture et des Communications avait offert à la Ville en 2016 de subventionner une part importante de sa sauvegarde.JACQUES NADEAU LE DEVOIR "]
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