Le devoir, 3 janvier 2019, Cahier A
[" VOL.CIX NO 298/LE JEUDI 3 JANVIER 2019/1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Décès .A4 Éditorial.A6 Idées.A7 Culture .B1 Grille TV.B2 Économie.B4 Sports.B6 Avis légaux .B7 Monde .B7 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 CULTURE Série Notes d\u2019atelier : rencontre avec la compositrice et artiste multidisciplinaire Émilie Payeur, la tête dans les circuits ACTUALITÉS La reconstruction numérique de mondes disparus A 8 Pour suivre l\u2019actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.\u2019habite à un jet de pierre de mon sanctuaire.Il n\u2019y a pas de clocher au-dessus de celui-ci par contre.Qu\u2019une grosse feuille d\u2019érable rouge qu\u2019on éclaire la nuit venue.Là où j\u2019aime aller me recueillir, c\u2019est au Canadian Tire.Dans cette version moderne du magasin général, je trouve une certaine sérénité.Une sérénité totalement paradoxale quant à mes valeurs de réduction des avoirs et de consommation locale.Mais une sérénité quand même.Faut assumer.Au Canadian Tire, le «moi» de toutes les époques y trouve son compte.Le Philippe enfant peut encore y trouver des jouets clinquants et bruyants \u2014 ceux-là mêmes que je déteste au- jourd\u2019hui en tant que père.Le Philippe adolescent peut trouver tous types d\u2019équipements sportifs \u2014 patins, ballons et autres vélos qui ont presque du Le sanctuaire du Canadian Tire Hobby secret ou passion non avouée ?Avec un brin d\u2019autodérision, une petite série qui dévoile les plaisirs coupables de quelques journalistes du Devoir.PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR J Au Canadian Tire, le « Philippe » de toutes les époques trouve son compte.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR VOIR PAGE A 4 : PLAISIR Les défis à venir pour le gouvernement de Jair Bolsonaro, qui a pris ses fonctions mercredi au Brésil, sont immenses.Les décisions du nouveau président en ce qui concerne la protection de l\u2019environnement et notamment de l\u2019Amazonie, poumon vert de la planète, seront scrutées.Il a déjà fait savoir qu\u2019il ferait passer les intérêts miniers et agricoles en premier.VOIR PAGES A 3 ET B 8 MAURO PIMENTEL AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019Amazonie dans le viseur du nouveau président du Brésil ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR « Cela pourrait durer longtemps ».Le président Donald Trump a démarré l\u2019année comme il avait terminé la précédente : sur fond de blocage budgétaire et de tweets provocateurs critiquant l\u2019opposition démocrate, qui refuse de financer son mur à la frontière avec le Mexique.Car son mur, il y tient dur comme fer.Au point de prolonger s\u2019il le faut le shutdown qui paralyse partiellement la Maison-Blanche depuis près de deux semaines.« Je crois que les gens de ce pays pensent que j\u2019ai raison », a indiqué M.Trump mercredi, rejetant encore une fois la faute sur le Parti démocrate et semblant convaincu de gagner la bataille de l\u2019opinion publique.Les négociations sur la loi budgétaire sont au point mort aux États-Unis.Le président a d\u2019ailleurs rencontré les ténors du Congrès des deux camps politiques à la Maison-Blanche mercredi, pour discuter de la sécurité aux abords de la frontière avec le Mexique.Car là est le nerf de la guerre : Donald Trump réclame plus de cinq milliards pour édifier son mur et ainsi contrer l\u2019immigration clandestine, sans quoi il n\u2019apposera pas sa signature sur quelconque loi budgétaire.Les républicains ont toujours le contrôle du Sénat, mais toute loi budgétaire doit être adoptée par 60 voix sur 100 à la Chambre haute, et ils ne peuvent donc se passer des démocrates.Or l\u2019opposition ne l\u2019entend pas de cette oreille, considérant cette solution comme inadaptée au complexe et houleux débat sur l\u2019immigration.La porte- parole pour le camp démocrate à la SHUTDOWN Trump campe sur ses positions VOIR PAGE A 2 : ÉTATS-UNIS MON PLAISIR COUPABLE ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 3 JANVIER 2019 MONTRÉAL 1215, boul.Crémazie Ouest, face au Centre Rockland, Montréal QC H4N 2W1 514 382-1443 LAVAL 2323, aut.des Laurentides, sortie boul.Le Carrefour, Laval QC H7S 1Z7 450 682-3022 BROSSARD 8480, boul.Leduc, espace 10, Quartier DIX30MC, Brossard QC J4Y 0K7 450 443-4143 MAGASIN ENTREPÔT 2750, av.Francis-Hughes, Laval QC H7L 3Y7 450 978-4847 Certaines conditions s\u2019appliquent, détails en magasin.maisoncorbeil.com MONTRÉAL 1215, boul.Crémazie Ouest, face au Centre Rockland, Montréal QC H4N 2W1 514 382-1443 LAVAL 2323, aut.des Laurentides, sortie boul.Le Carrefour, Laval QC H7S 1Z7 450 682-3022 BROSSARD 8480, boul.Leduc, espace 10, Quartier DIX30MC, Brossard QC J4Y 0K7 450 443-4143 QUÉBEC 1215, boul.Charest Ouest, Québec QC G1N 2C9 418 681-2302 MUST SOCIÉTÉ GRIFFINTOWN 186, rue Peel, Griffintown, Montréal QC H3C 2G7 514 509-8871 MUST SOCIÉTÉ QUÉBEC 2785, boul.Laurier, Québec QC G1V 4M7 418 266-1404 Certaines conditions s\u2019appliquent, détails en magasin.mustmaison.com on paye l\u2019équivalent de la TPS sur tout + jusqu\u2019à 40% de rabais additionnel sur les démonstrateurs sélectionnés* on paye l\u2019équivalent de la TPS+ TVQ sur tout + jusqu\u2019à 40% de rabais additionnel sur les démonstrateurs sélectionnés* SOLDE DE FIN D\u2019ANNÉE Prolongation jusqu\u2019au 6 janvier 2019 ÉTATS-UNIS SUITE DE LA PAGE A 1 Chambre des représentants, Nancy Pelosi, compte proposer jeudi un texte qui prévoit l\u2019adoption des budgets de la plupart des départements du gouvernement jusqu\u2019au 30 septembre, mais en se limitant au 8 février en ce qui concerne le financement du budget du département de la Sécurité intérieure, qui supervise la sécurité des frontières.Une proposition balayée du revers de la main par Donald Trump.« Les 5,6 milliards sont un montant tellement petit et il s\u2019agit de sécurité nationale », a-t-il martelé, refusant d\u2019indiquer si ce chiffre était toutefois négociable.Vers un compromis ?« On risque d\u2019être plongé encore quelque temps dans une fermeture partielle du gouvernement, si les camps restent sur leur position.Combien de temps ?Difficile à dire, mais Donald Trump tient mordicus à ces milliards pour son mur et je vois mal les démocrates les lui accorder », estime Vincent Boucher, chercheur en résidence à l\u2019Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.Un compromis devra être trouvé plus vite qu\u2019on ne le croit, selon lui, alors que les effets du shutdown devraient davantage se faire ressentir dans les prochaines semaines.«Les conséquences réelles ont été dissipées par la période des Fêtes, où certains services sont habituellement suspendus.Mais tout va tranquillement reprendre, et 420 000 employés forcés de travailler sans recevoir de paie, ce n\u2019est pas rien», poursuit le chercheur.Il croit de plus que les démocrates américains \u2014 qui doivent s\u2019emparer officiellement jeudi de la majorité à la Chambre des représentants \u2014 n\u2019ont pas une minute à perdre s\u2019ils veulent mener à bien les multiples enquêtes et projets de loi promis.« Projet de loi sur la construction d\u2019infrastructures, régularisation des coûts des médicaments génériques, enquête parlementaire sur la possible collusion avec la Russie pendant la campagne électorale : ils ont du pain sur la planche et rien ne se fera sans la collaboration des républicains.Côté républicain, on acceptera sûrement un compromis tout en sachant que c\u2019est sûrement la dernière chose que les démocrates leur accorderont », croit Vincent Boucher.À ses yeux, les deux dernières années du mandat du locataire actuel de la Maison-Blanche s\u2019annoncent difficiles.La crédibilité de Donald Trump risque d\u2019en prendre un coup alors qu\u2019il devra vraisemblablement faire face à diverses enquêtes parlementaires et pourrait se voir forcé de dévoiler ses déclarations de revenus.C\u2019est sans parler d\u2019une possible procédure de destitution.Face à la fronde, le président américain pourra se consoler avec sa majorité renforcée au Sénat, qui sera en position d\u2019approuver plus aisément ses candidats à des postes cruciaux, notamment les magistrats de la puissante Cour suprême.Avec l\u2019Agence France-Presse Pas une minute à perdre Mitt Romney a des doutes sur la stature de Donald Trump L\u2019ancien candidat républicain à la présidentielle américaine de 2012, Mitt Romney, a remis en question la stature de Donald Trump.« Sa conduite ces deux dernières années et tout particulièrement ses mesures ce mois-ci démontrent que le président n\u2019a pas endossé le costume de sa fonction », a-t-il déploré dans une tribune du Washington Post.Sans vouloir réagir à chaque tweet ou polémique du président, il a averti qu\u2019il dénoncerait sans relâche ses propos ou mesures « racistes, sexistes, contre les immigrés, malhonnêtes ou qui sapent les institutions démocratiques ».Une sortie publique qui laisse présager que Mitt Romney, sur le point de devenir sénateur républicain, pourrait adopter une posture semblable à celle de l\u2019ancien sénateur républicain Jeff Flake, qui multipliait les critiques à l\u2019encontre de M.Trump.Un détail qui n\u2019a d\u2019ailleurs pas échappé au locataire de la Maison-Blanche.« Allons-y avec Mitt Romney, a-t-il rétorqué sur Twitter.Mais [pas] si vite ! La question sera : est-il un autre [Jeff ] Flake ?J\u2019espère que non.Je préférerais de loin que Mitt se concentre sur la sécurité frontalière et tant d\u2019autres choses où il peut être utile.» On risque d\u2019être plongé encore quelque temps dans une fermeture partielle du gouvernement, si les camps restent sur leur position.Combien de temps ?Difficile à dire, mais Donald Trump tient mordicus à ces milliards pour son mur et je vois mal les démocrates les lui accorder.VINCENT BOUCHER » Tandis que la journée de mercredi a été très froide \u2014 un maximum de seulement \u201310 °C a été atteint à 14 h à Montréal \u2014, le mercure devrait remonter rapidement et dépasser zéro vendredi.Depuis la mi-décembre, la température maximale quotidienne fait le yo- yo, passant de part et d\u2019autre du point de congélation à sept reprises.À ce temps-ci de l\u2019année, le maximum quotidien s\u2019élève en moyenne à \u20135 °C.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Météo en dents de scie ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 3 JANVIER 2019 Au cours des deux dernières années, plus de 8000 km2 de la forêt amazonienne ont disparu chaque année, en raison des coupes illégales et de l\u2019expansion de l\u2019agriculture.RAPHAEL ALVES AGENCE FRANCE-PRESSE ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro vient de nommer une ministre de l\u2019Agriculture connue pour sa défense du secteur agricole industriel, en plus de lui confier la gestion des terres indigènes.Un geste qui confirme les vives craintes exprimées par les défenseurs des peuples autochtones et de la forêt amazonienne, qui y voient le prélude à une accélération de la destruction de l\u2019Amazonie.Assermenté mardi à la présidence du Brésil, le leader d\u2019extrême droite a ainsi désigné Tereza Cristina da Costa pour diriger le puissant ministère de l\u2019Agriculture, un secteur qui constitue un jalon essentiel de l\u2019économie du pays le plus vaste et le plus peuplé d\u2019Amérique latine.M.Bolsonaro, un ancien militaire qui a reçu le soutien du secteur agricole industriel durant sa campagne, a du même coup choisi de confier à la nouvelle ministre (partisane du recours aux pesticides) la gestion des territoires indigènes, qui recouvrent actuellement près de 15 % de la superficie du pays.Ces territoires protégés constituent, dans plusieurs cas, les seuls véritables remparts contre la déforestation ou l\u2019exploitation des énergies fossiles et des ressources minières.Or, le nouveau président a répété à plusieurs reprises au cours des derniers mois que ces territoires sont « surdi- mensionnés », promettant de revoir la protection de ces terres convoitées par les entreprises qui lorgnent les importantes ressources naturelles du territoire occupé par la forêt amazonienne.« Plus de 15 % du territoire national est désigné comme terres indigènes ou quilombos [terres occupées par des descendants d\u2019esclaves].Moins d\u2019un million de personnes vivent à ces endroits, isolées du véritable Brésil, exploitées et manipulées par les ONG.Ensemble, nous allons intégrer ces citoyens », a d\u2019ailleurs réaffirmé mercredi Jair Bol- sonaro, sur Twitter.« Il n\u2019y aura pas un centimètre supplémentaire de terres indigènes », avait-il également martelé en campagne électorale.Déforestation « Vous avez vu ?Le démantèlement a débuté.La Fondation de l\u2019Indien n\u2019est plus responsable de l\u2019identification, de la délimitation et de la démarcation des terres indigènes », a répliqué, sur Twitter, la leader indienne Sônia Guajajara, ancienne candidate de gauche à la vice-présidence.Un autre leader autochtone, Dinaman Tuxá, a prédit le pire pour la suite des choses.«Il y aura une augmentation de la déforestation et de la violence contre les peuples autochtones», a-t-il affirmé en entrevue au quotidien britannique The Guardian.« Les peuples autochtones sont les défenseurs de l\u2019environnement», a-t-il ajouté, disant redouter les politiques du nouveau gouvernement.« Nous nous dirigeons vers un autre processus de colonisation.C\u2019est ce qu\u2019ils veulent.» Jair Bolsonaro ne s\u2019en cache d\u2019ailleurs pas : il entend développer l\u2019économie du Brésil en misant sur l\u2019exploitation des ressources naturelles du pays, dont les immenses superficies de terres qui, une fois déboisées, pourraient favoriser l\u2019expansion du secteur agricole tourné vers l\u2019exportation.Le Brésil est déjà le deuxième exportateur de produits agricoles dans le monde, selon les données de l\u2019Organisation mondiale du commerce.Et pour faciliter le développement de l\u2019industrie, le président souhaitait au départ fusionner le ministère de l\u2019Agriculture et celui de l\u2019Environnement, avant de se raviser en raison du tollé soulevé.L\u2019influent pasteur Silas Malafaia, ami de M.Bolsonaro, résume bien les visées du nouveau gouvernement, qui ne compte pas plier devant les critiques des groupes environnementaux et des scientifiques, qui mettent en garde contre la destruction de la forêt ama- zonienne, qui se trouve à 60 % en territoire brésilien.Selon M.Malafaia, les pays développés devraient carrément payer s\u2019ils veulent que le Brésil préserve l\u2019immense écosystème ama- zonien.« Nous allons tout préserver parce que les gringos [des pays développés] ont détruit ce qu\u2019ils avaient ?» a-t-il lancé au Guardian.Dogme climatique La destruction de ce milieu naturel unique et irremplaçable pourrait donc s\u2019accélérer sous la gouverne de Jair Bolso- naro.Déjà, au cours des deux dernières DÉFORESTATION Le nouveau président du Brésil à l\u2019assaut de l\u2019Amazonie Le gouvernement veut favoriser l\u2019exploitation des ressources naturelles, au détriment de la forêt ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR En ce début de nouvelle année, le volet du système fédéral de tarification du carbone applicable aux industries est entré en vigueur dans les provinces ayant refusé d\u2019implanter une formule équivalente.La redevance sur les combustibles, qui touchera plus directement les citoyens, sera quant à elle appliquée dès avril dans les provinces concernées.Depuis le 1erjanvier, les émetteurs industriels émettant au moins 50 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année et installés en Ontario, au Nouveau- Brunswick, au Manitoba, à l\u2019Île-du- Prince-Édouard ou en Saskatchewan sont assujettis au système de tarification fondé sur le rendement (STFR) fédéral.Pour chacun des secteurs, des limites d\u2019émissions sont établies, au- delà desquelles les entreprises doivent payer des pénalités, acheter des crédits compensatoires ou se procurer des crédits que d\u2019autres émetteurs avaient en excès.L\u2019extraction, le traitement et la production de bitume ou de pétrole brut font partie des activités visées.Dans les provinces récalcitrantes, la grogne se poursuit.Toronto et Regina mènent actuellement une fronde judiciaire pour faire annuler la taxe carbone, même si Ottawa a annoncé qu\u2019il rembourserait une somme forfaitaire aux citoyens au moment de leur déclaration de revenus \u2014 une stratégie censée inciter les Canadiens à adopter un mode de vie sobre en carbone sans toutefois les pénaliser.Le second volet du système fédéral, qui s\u2019appliquera à la manière d\u2019une taxe sur l\u2019essence et les autres combustibles fossiles, sera implanté le 1er avril.Celle- ci équivaudra à 20 $ pour chaque tonne de dioxyde de carbone en 2019, soit l\u2019équivalent d\u2019environ quatre sous par litre d\u2019essence.Ce montant augmentera de 10 $ par année, jusqu\u2019à 50 $ en 2022.Une même pénalité de 20 $ la tonne sera imposée aux industries se qualifiant pour le STFR qui dépasseront les limites établies par Ottawa.Les émissions permises seront modulées en fonction de la production \u2014 une limite de 0,733 tonne de CO2 émis par tonne de ciment gris, par exemple.Les émissions permises sont établies à 80 % de la moyenne actuelle pour chaque secteur, à l\u2019exception de quelques industries sujettes à une plus forte concurrence internationale.Les seuils pour le fer, l\u2019acier et certaines substances impliquées dans la production d\u2019engrais sont fixés à 90 % des émissions actuelles ; celles pour le ciment ou la chaux, à 95 %.L\u2019argent prélevé par le STFR sera redistribué, province par province, aux grands émetteurs industriels afin de promouvoir le développement de technologies vertes.Les redevances sur les combustibles, qui entreront en vigueur au printemps, ne seront pas facturées aux industriels dont les émissions sont déjà encadrées par le STFR.Donc, tandis que les citoyens vont payer une redevance sur tout le pétrole et le gaz qu\u2019ils brûlent, les grandes industries vont seulement être pénalisées pour les 5, 10 ou 20% qu\u2019elles émettent en excès.Une situation que dénonce le chef conservateur Andrew Scheer quand il fait allusion à des « exemptions massives pour les gros émetteurs ».Pour le Nouvel An, M.Scheer a donné une conférence de presse sur ce thème à Regina et a relayé un message anti-taxe carbone sur ses réseaux sociaux.La promesse d\u2019annuler la taxe carbone sera probablement au cœur de la stratégie conservatrice en vue des élections fédérales de cette année.GAZ À EFFET DE SERRE Le plan d\u2019Ottawa se met en branle Depuis le 1er janvier, les émetteurs industriels sont soumis à des plafonds d\u2019émission dans toutes les provinces canadiennes années, plus de 8000km2 ont disparu chaque année (18 fois la superficie de l\u2019île de Montréal), en raison des coupes illégales et de l\u2019expansion de l\u2019agriculture.Cette déforestation repartie à la hausse menace directement la bio- diversité de la région, qui compte notamment plus de 40 000 espèces végétales, plus de 400 espèces de mammifères, 1300 espèces d\u2019oiseaux et 3000 espèces de poissons.Outre la disparition de la biodiversité de ce vaste écosystème, la destruction du « poumon de la planète » risque d\u2019aggraver les impacts des changements climatiques, préviennent les groupes environnementaux.Le problème, c\u2019est que certains membres du nouveau gouvernement ont manifesté leur scepticisme par rapport à la réalité de la crise climatique.C\u2019est le cas du nouveau ministre des Affaires étrangères, Ernesto Araújo, qui a déjà dénoncé le « marxisme culturel » qui a « influencé le dogme scientifique du réchauffement climatique ».Et le ministre de l\u2019Environnement désigné, Ricardo de Aquino Salles, n\u2019a pas voulu confirmer que le Brésil demeurera bel et bien dans l\u2019Accord de Paris, tout en soulignant que la « souveraineté nationale » du pays est « non négociable ».Signe du changement de cap qui vient de s\u2019opérer dans ce pays dont le président admire son homologue américain, Donald Trump, le Brésil a renoncé à organiser la prochaine conférence de l\u2019ONU sur le climat, la COP25.Il y aura une augmentation de la déforestation et de la violence contre les peuples autochtones.Les peuples autochtones sont les défenseurs de l\u2019environnement.DINAMAN TUXÁ » LEDEVOIR // LE JEUDI 3 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F 270 conteneurs perdus par un navire en mer du Nord LA HAYE \u2014 Un navire a perdu au moins 270 conteneurs dans les eaux de la mer du Nord, dont quatre renfermant une substance potentiellement dangereuse, ont annoncé les gardes-côtes néerlandais et les autorités allemandes.Les conteneurs du MSC Zoe sont tombés à l\u2019eau dans la nuit de mardi à mercredi à proximité de l\u2019île allemande de Borkum, ont expliqué les gardes-côtes néerlandais.Trois conteneurs, pas encore été localisés, contiennent des barils de peroxyde organique.Ce composé extrêmement inflammable, dont la fumée dégagée quand il brûle peut être source d\u2019irritations, est en particulier utilisé dans la fabrication de plastiques, de polystyrène et de PVC.D\u2019après le commandement central allemand des urgences maritimes, le porte-conteneurs a été touché par une tempête.Agence France-Presse Netflix dénoncé pour le retrait de contenu contre Mohammed ben Salmane NEW YORK \u2014 L\u2019humoriste et commentateur politique américain Hasan Minhaj a critiqué mercredi la décision de Netflix de retirer de son service en Arabie saoudite un épisode de son émission dans lequel il décriait le prince héritier Mohammed ben Salmane.La plateforme a indiqué avoir retiré l\u2019épisode de l\u2019émission Patriot Act with Hasan Minhaj pour répondre à une «requête légale» des autorités saoudiennes, qui demandaient à Netflix de se conformer à la législation locale sur la cybercriminalité.Dans l\u2019épisode intitulé «Arabie saoudite», l\u2019humoriste, né d\u2019une famille musulmane d\u2019origine indienne, avait estimé que le moment était venu pour les États-Unis de «réévaluer notre relation avec l\u2019Arabie saoudite», à la lumière de l\u2019assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.Agence France-Presse Élections fédérales partielles : une quatrième circonscription se libère OTTAWA \u2014 Le premier ministre Justin Trudeau devrait déclencher des élections partielles dans trois circonscriptions fédérales au cours des prochains jours.Il pourrait maintenant en ajouter une quatrième alors qu\u2019un autre siège vient de se libérer aux Communes.Sheila Malcolmson a officiellement démissionné de son poste de députée néo- démocrate dans la circonscription de Nanaimo\u2013Ladysmith, en Colombie-Britannique.Elle quitte la scène fédérale pour se présenter à une élection partielle provinciale, convoquée mercredi par le premier ministre John Horgan.Outre Nanaimo\u2013Ladysmith, trois autres circonscriptions sont vacantes: Burnaby- Sud en Colombie-Britannique, York\u2013 Simcoe en Ontario et la circonscription montréalaise d\u2019Outremont.La Presse canadienne Les conteneurs du MSC Zoe sont tombés à l\u2019eau près de l\u2019île allemande de Borkum.AGENCE FRANCE-PRESSE Rêver des cossins en solde PLAISIR SUITE DE LA PAGE A 1 bon sens.Le Philippe adulte peut aussi s\u2019acheter un gradateur pour la lumière du salon de la locataire du trois et demi, un matelas gonflable pour la visite et de la litière agglomérante sans parfum pour le rouquin félin.À bien y penser, je suis peut-être une victime de la pub.Pendant combien de périodes des Fêtes ai-je vu à la télévision les annonces de Canadian Tire avec le lutin Gratteux et ce bon Michel Forget à la moustache réconfortante ?Ça laisse des traces.Déjà, petit, quand le Publisac arrivait à la maison, c\u2019est bien sûr le catalogue de l\u2019entreprise qui m\u2019intéressait.Il était \u2014 et est encore \u2014 rempli de magnifiques cossins en solde.Ça fait rêver, des cossins en solde.Encore aujourd\u2019hui, la quête de l\u2019escompte titille une corde sensible.De toute façon, qui fait des achats à plein prix chez Canadian Tire ?Tout est toujours en solde tous les trois mois, dirait-on.Quelque part, je suis encore en quête du plus gros pourcentage de rabais possible.Acheter un poêlon à moins de 73 % de rabais ?No way, José.Notez d\u2019ailleurs que les batteries de cuisine y sont toujours à prix réduit.La scène est classique : junior s\u2019en va en appartement, et ses parents lui achètent à un prix ridicule du stock Lagostina, qu\u2019il traînera ensuite jusqu\u2019à son mariage\u2026 avant de s\u2019en acheter des nouveaux en solde chez Canadian Tire.C\u2019est le cercle de la vie.Genre.Devant les soldes, il faut d\u2019ailleurs développer un certain contrôle des dépenses quand on est dans ma situation.Si je n\u2019écoutais que mon cœur, je serais clairement propriétaire d\u2019une bonne dizaine d\u2019ensembles de ratchets Mas- terCraft, d\u2019assez de lumières de Noël pour éclairer le Stade ainsi que de mille gogosses T-fal qui permettent de couper rapidement ses ingrédients, mais qui prennent une heure et quart à laver comme du monde.Et il y a l\u2019argent Canadian Tire, que Mononc\u2019 Serge qualifiait déjà, dès 1998, dans sa chanson La chute du huard de «monnaie la plus stable».«C\u2019est la devise que préconisent tous les investisseurs », rajoutait-il, à une époque où le dollar canadien périclitait.Quand même, quel génie que la monnaie frappée à l\u2019effigie d\u2019un vieillard moustachu \u2014 il y a décidément quelque chose entre Canadian Tire et la pilosité faciale.Voilà une ristourne colorée et divertissante qui ramène les fidèles dans les murs du divin magasin.Maintenant, j\u2019accumule les points sur une carte que je présente à la caissière chaque fois que j\u2019achète une ampoule, une pelle ou des p\u2019tits ronds en feutrine à coller en dessous des pattes de chaise pour ne pas égratigner le plancher.« Vous avez 32 sous accumulés, voulez- vous les utiliser ?» Isch, les garder ou les dépenser, là est la question.Confidence.Récemment, j\u2019ai déverrouillé le dernier tableau du disciple du Canadian Tire : je m\u2019y suis acheté des pneus d\u2019hiver.C\u2019est un peu là le Saint- Graal de ce magasin, la raison d\u2019être première du commerce à la raison sociale pneumatique.J\u2019étais gonflé d\u2019une fierté sans nom.Et devinez quoi ?Les pneus étaient en solde.LAURENT BANGUET À EL SEGUNDO (CALIFORNIE) AGENCE FRANCE-PRESSE Elle va fêter en 2019 son 60e anniversaire, mais n\u2019a pas une ride : blonde ou brune, longiligne ou ronde, princesse ou pompier, la poupée Barbie continue de séduire les enfants et se démène pour rester au goût du jour, jusque sur les réseaux sociaux.« Soixante ans, c\u2019est énorme dans une industrie du jouet où, aujourd\u2019hui, un succès dure entre trois et cinq ans », lance fièrement Nathan Baynard, directeur mondial du marketing pour la poupée Barbie.Malgré la concurrence de plus en plus rude, il s\u2019en vend chaque année 58 millions d\u2019exemplaires dans plus de 150 pays.Et la marque est aussi connue que Coca-Cola ou McDonald\u2019s, expliquait le responsable en décembre, lors d\u2019une visite privée du centre de design du groupe Mattel.Au total, plus d\u2019un milliard de Barbie se sont vendues depuis sa présentation au Salon du jouet de New York, le 9 mars 1959.Sa « maman » n\u2019est autre que la co- fondatrice de Mattel, Ruth Handler, qui eut l\u2019idée de cette poupée en regardant ses propres enfants.« Sa fille Barbara n\u2019avait qu\u2019un choix limité de jouets : des poupons.Le seul rôle dans lequel elle pouvait se projeter était celui de maman, alors que son fils s\u2019imaginait astronaute, cowboy ou pilote », explique Nathan Baynard.C\u2019est ainsi qu\u2019elle a créé Barbie (diminutif du prénom de sa fille), poupée adulte aux formes très féminines, pour « montrer aux petites filles qu\u2019elles pouvaient devenir qui elles voulaient.En 1959, c\u2019était une idée-choc » qui remportera un succès immédiat avec 300 000 poupées vendues la première année, souligne M.Baynard.Avec ses allures de pin-up, la première Barbie n\u2019avait, à première vue, rien d\u2019une féministe.«Elle correspondait aux canons de beauté de son temps» et ses mensurations irréalistes, qui ont depuis lors été revues par Mattel, étaient «adaptées aux tissus disponibles à l\u2019époque», plaide Carlyle Nuera, l\u2019un des designers de Barbie.SOCIÉTÉ Barbie, la sexagénaire qui n\u2019a pas pris une ride Créée en 1959, la poupée Barbie va fêter en 2019 son 60e anniversaire.CHRIS PIZZELLO ASSOCIATED PRESS AVIS DE DÉCÈS Archétype de la blonde californienne, Barbie a d\u2019ailleurs longtemps été poursuivie par cette image de femme superficielle, riche et oisive, qui lui a valu d\u2019incessantes critiques.Une caricature injustifiée, juge M.G.Lord, auteure du livre référence Forever Barbie.«En réalité, Barbie est ce que l\u2019enfant qui joue avec elle veut qu\u2019elle soit.Le problème n\u2019est pas un bout de plastique haut de 28cm.Le problème est dans notre culture: l\u2019idée que nous avons de la féminité», affirme-t-elle à l\u2019AFP.Barbie est devenue astronaute dès 1965 \u2014 quatre ans avant que Neil Armstrong pose le pied sur la Lune \u2014, et sa première version à la peau noire a été commercialisée en 1968.Actuellement, «55% des poupées que nous vendons dans le monde n\u2019ont ni les cheveux blonds ni les yeux bleus», insiste Lisa McKnight, directrice générale de la marque Barbie.Une marque qui ne lésine pas pour développer de nouveaux prototypes : plus d\u2019une centaine de personnes y travaillent dans son centre d\u2019El Segundo, gigantesque hangar bien peu glamour coincé entre l\u2019aéroport de Los Angeles et une autoroute.À partir d\u2019une simple esquisse tracée par les designers, tout est fait à la main par une armée de virtuoses : sculpture avec un logiciel de pointe, impression 3D, peinture des traits du visage, couture des cheveux, choix des tissus et découpe des patrons pour les vêtements\u2026 Le processus peut durer 12 à 18 mois avant qu\u2019une nouvelle Barbie sorte enfin des ateliers californiens pour être envoyée vers les usines asiatiques du groupe Mattel, en Chine et en Indonésie.Barbie ne mène pas seulement la bataille du succès dans les rayons des magasins de jouets.Elle a investi massivement Internet et les réseaux sociaux pour devenir « une influenceuse » suivie par des millions d\u2019abonnés, expliquent les responsables de la marque.Pour nourrir l\u2019imaginaire des enfants et sa gamme de produits, Barbie avait déjà depuis longtemps une identité et une famille : Barbie Millicent Roberts, originaire de la ville fictive de Willows, dans les plaines du Midwest.Depuis quelques années, elle s\u2019adresse « directement aux enfants pour leur parler de ce qui se passe dans sa vie, des sujets qu\u2019elle trouve importants pour les filles d\u2019aujourd\u2019hui », explique Nathan Baynard.Barbie est ce que l\u2019enfant qui joue avec elle veut qu\u2019elle soit.Le problème n\u2019est pas un bout de plastique haut de 28 cm.Le problème est dans notre culture : l\u2019idée que nous avons de la féminité.M.G. LORD » LEDEVOIR // LE JEUDI 3 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 5 AVIS AUX LECTEURS DU DEVOIR À compter du 3 janvier 2019, le prix du Devoir en kiosque pour les éditions du lundi au vendredi sera augmenté selon la grille suivante?: Du lundi au vendredi?: 1,52?$ + TPS de 0,08?$ + TVQ de 0,15?$ = 1,75?$ Veuillez noter que le prix du samedi demeure inchangé.Merci à nos ?dèles lecteurs ! La direction du Devoir E N B R E F Six morts dans un accident de train au Danemark KNUDSHOVED (DANEMARK) \u2014 Six personnes ont été tuées mercredi et seize autres blessées au Danemark lorsqu\u2019un train de passagers a percuté un objet tombé d\u2019un train de marchandises qui circulait en sens inverse sur un pont suspendu balayé par des vents violents.L\u2019accident s\u2019est produit à 07h30 locales sur le pont du Grand Belt, qui relie l\u2019île de Seeland, où se situe la capitale Copenhague, à celle de Fionie.Selon l\u2019un des enquêteurs, une remorque de camion que transportait le train de marchandises semble être la cause de l\u2019accident.Le train de voyageurs transportait 131 passagers et 3 membres du personnel de la compagnie.Il s\u2019agit du pire accident ferroviaire au Danemark depuis 1988, lorsque 8 personnes avaient été tuées et 72 blessées dans le déraillement d\u2019un train à grande vitesse, à Soro.Agence France-Presse 28 personnes tuées dans l\u2019explosion due au gaz d\u2019un immeuble en Russie MOSCOU \u2014 Le bilan d\u2019une explosion due au gaz dans un immeuble d\u2019habitation à Magnitogorsk, dans l\u2019Oural russe, qui s\u2019est partiellement effondré le 31 décembre, s\u2019alourdissait mercredi en passant à 28 morts, alors que les secouristes continuaient de fouiller les décombres dans un froid glacial.Six personnes, dont deux enfants, ont pu être sauvées et on était toujours sans nouvelles de 13 autres personnes.Près de 1100 personnes habitaient dans ce bâtiment en béton de 35 appartements construit en 1973, à l\u2019époque soviétique.Les secouristes, qui travaillent par un froid glacial ayant atteint -27 °C, ont dégagé mardi des gravats un bébé vivant.Magnitogorsk, qui compte 400 000 habitants, abrite l\u2019une des principales aciéries de Russie.Agence France-Presse Les États-Unis et Israël ont quitté l\u2019UNESCO PARIS \u2014 Comme promis il y a plus d\u2019un an, les États-Unis et Israël ont officiellement quitté l\u2019UNESCO, mardi, alors que cette organisation de l\u2019ONU est accusée par certains de partis pris contre l\u2019État hébreu.Le gouvernement de Donald Trump avait déposé son avis de retrait en octobre 2017 et le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a rapidement emboîté le pas.Ce double retrait porte un nouveau coup à l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019éducation, la science et la culture (UNESCO).L\u2019organisation a été notamment dénoncée par ses détracteurs pour avoir critiqué l\u2019occupation israélienne de Jérusalem-Est, pour avoir classé des sites juifs historiques comme «sites du patrimoine palestinien», et pour avoir octroyé à la Palestine en 2011 une pleine adhésion à l\u2019UNESCO.Associated Press Le train de passagers immobilisé sur le pont du Grand Belt MICHAEL BAGER AGENCE FRANCE-PRESSE JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Faute d\u2019avoir pu empêcher la démolition de la maison Boileau, des citoyens de Chambly demandent maintenant que le terrain de la demeure ancestrale ainsi que ses alentours soient reconnus comme un site archéologique et que des fouilles plus approfondies y soient réalisées.Selon un avis archéologique commandé par la Ville de Chambly, le potentiel archéologique du terrain de la maison Boileau serait «très élevé» tant pour la période préhistorique qu\u2019historique.Faisant face au bassin de Chambly, la maison Boileau était située au 22-24, rue Martel.La Ville en avait fait l\u2019acquisition en 2016 avec l\u2019intention de la restaurer.Le 22 novembre dernier, le directeur général de Chambly, Michel Larose, a toutefois ordonné sa démolition, soutenant que son état de dégradation compromettait la sécurité publique.Les pelles mécaniques ont donc fait disparaître la demeure ayant appartenu au patriote René Boileau, au grand désespoir de citoyens qui militaient depuis des années pour sa préservation.La proximité du bassin de la Chambly et de la rivière Richelieu fait du secteur un endroit très propice à l\u2019occupation humaine, note Gina Vincelli, l\u2019archéologue d\u2019Artefactuel, qui a rédigé un avis archéologique à l\u2019intention de la Ville de Chambly en février dernier.« Le Richelieu constitue un axe de communication majeur entre les bassins versants du Saint-Laurent et celui du lac Champlain.Durant le XVIIe siècle, ce sont principalement les Iroquois de la Confédération des Cinq Nations qui emprunteront cette voie d\u2019eau dans le cadre de leur guerre contre les Français et leurs alliés amérindiens », rappelle-t-elle.Le site se trouve également à quelques mètres d\u2019un ancien de chemin de portage amérindien, ce qui laisse croire à un potentiel de découvertes intéressantes, d\u2019autant que d\u2019autres sites préhistoriques ont été identifiés dans les environs.« Le potentiel archéologique préhistorique est donc jugé élevé », conclut la spécialiste.De nombreux propriétaires Se basant sur les archives et plans anciens, dont ceux détenus par la Société d\u2019histoire de la seigneurie de Chambly, Gina Vincelli détaille aussi le passé de la maison Boileau construite vers 1819 par René Boileau fils sur la terre léguée par son père.Ce notaire était aussi un patriote et un passionné de chevaux.Il a habité la maison Boileau jusqu\u2019au décès de son père pour ensuite déménager dans la maison de celui-ci.Le neveu de René Boileau, Joseph- Alfred Porlier, a par la suite hérité du terrain et des bâtiments qui s\u2019y trouvent.Il a finalement vendu sa propriété au marchand John Smith Watts qui y fera construire un magasin général.Ce bâtiment correspond aujourd\u2019hui au 34, rue Martel.Il fera aussi bâtir une grange derrière la maison Boileau.Cette grange a cependant été épargnée par les démolisseurs.Artefacts déterrés La maison Boileau a connu plusieurs propriétaires successifs, dont Charles Édouard Gravel en 1934, qui la céda à ses fils Louis et Jean Gravel en 1957.Après avoir encore changé de mains, la maison en mauvais état fut menacée de démolition en 2016.La Ville de Chambly l\u2019a finalement acquise avec le dénouement que l\u2019on connaît.Dans son avis, Gina Vincelli souligne le potentiel élevé des découvertes archéologiques qui pourraient être faites sur le site, le sol ayant possiblement été peu dérangé au cours des siècles.Elle recommande également qu\u2019un relevé architectural soit réalisé par un archéologue à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur de la maison avant toute démolition.En mai dernier, à la demande de la Ville de Chambly, des excavations ont été faites à différents endroits sur le terrain.Des artefacts ont été déterrés et les fondations d\u2019une ancienne annexe ont été découvertes.Un rapport d\u2019étape d\u2019Artefactuel a été remis à la Ville de Chambly, mais le rapport final n\u2019a pas été rendu public.Site patrimonial ?L\u2019administration du maire Denis Lavoie compte maintenant reconstruire la maison Boileau à l\u2019identique.Lors de sa dernière assemblée, le conseil municipal a d\u2019ailleurs approuvé le lancement d\u2019un appel d\u2019offres pour la réalisation des plans et devis de la future maison.Maintenant que la maison Boileau n\u2019est plus qu\u2019un souvenir, Louise Chevrier, membre du Mouvement citoyen de Chambly, espère que des fouilles plus exhaustives seront réalisées sur le site.Elle a d\u2019ailleurs demandé à la direction générale du patrimoine du ministère de la Culture et des Communications que le secteur soit officiellement reconnu comme un site archéologique à préserver.Mais à plus long terme, une protection plus globale devrait être envisagée, croit-elle.« La Ville pourrait faire une déclaration de site du patrimoine du village de Chambly-Bassin.Mais on est avec une administration municipale qui n\u2019est pas du tout à l\u2019écoute de ce genre de chose là », dit-elle.HISTOIRE Potentiel archéologique relevé autour de la maison Boileau Des citoyens de Chambly demandent que le site soit protégé Les débardeurs ont voté presque à l\u2019unanimité à la mi-décembre pour un mandat de grève.GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Les ouvriers qui chargent et déchargent les navires au port de Montréal se sont dotés d\u2019un mandat pour exercer des moyens de pression pouvant aller jusqu\u2019à déclencher une grève « au moment opportun », a annoncé leur syndicat mercredi.Leur convention collective a échu au tournant du Nouvel An.Les membres du Syndicat des débardeurs du Port de Montréal, SCFP, section locale 375 avaient déjà voté pour ce mandat il y a plus de deux semaines.Le 16 décembre, 600 des 1100 syndiqués avaient participé à une assemblée extraordinaire où la proposition avait été adoptée à 99,5 %.Cependant, le vote de grève est essentiellement symbolique, puisque les syndiqués ne pourront vraisemblablement pas l\u2019exercer étant donné qu\u2019il est valide durant 60 jours et que le Conseil canadien des relations industrielles entendra l\u2019employeur et le syndicat du 4 au 15 février sur ce qui constitue un service essentiel.Depuis la signature de la dernière convention collective, en 2013, les relations entre les syndiqués et l\u2019employeur, l\u2019Association des employeurs maritimes (AEM), a été «excessivement difficile», souligne Michel Murray, un conseiller syndical du SCFP.«Les débardeurs doivent être disponibles 19 jours sur 21, et avec le volume qu\u2019il y a actuellement au port de Montréal, près de 90 % des débardeurs travaillent toutes ces journées.» Bien qu\u2019il se réjouisse de l\u2019abondance de travail, M.Murray déplore cependant que la vie familiale des syndiqués passe au second plan dans ces conditions.« Nous ne sommes pas en 1936 en Europe de l\u2019avant-guerre: en 2019, la conciliation travail-famille, c\u2019est important », lance-t-il.« Le message que l\u2019industrie doit saisir, c\u2019est que les débardeurs en ont soupé, et que c\u2019est assez.» La question des vacances Outre de meilleurs salaires, les syndiqués aimeraient aussi que l\u2019AEM les informe de leur horaire du lendemain dans les délais prévus par la précédente convention collective, c\u2019est-à-dire entre 18 h et minuit.« C\u2019est toujours le bordel ! » s\u2019exclame Michel Murray en entrevue.Les débardeurs sont parfois informés d\u2019un horaire, mais sont régulièrement rappelés plus tard dans la soirée pour un changement, explique-t-il.La question des vacances pour les plus employés avec moins d\u2019ancienneté fait également partie des enjeux.Pour les centaines d\u2019employés qui ont été engagés depuis cinq ans, il est presque impossible d\u2019obtenir des vacances l\u2019été.Une solution pourrait être de fermer le port pendant deux semaines lors de la saison chaude, comme le font certains ports européens, évoque Michel Murray.L\u2019AEM est une organisation à but non lucratif qui regroupe des entreprises du transport maritime au Québec et en Ontario.Elle a été fondée en 1969 afin de centraliser la répartition du travail.Les débardeurs opèrent sur des navires appartenant à plusieurs entreprises.Leurs horaires (de jour, de soir, de nuit) varient au gré de l\u2019arrivée des bateaux au port.Un porte-parole d\u2019AEM a assuré au Devoir que la direction négocie « de bonne foi » et espère trouver un terrain d\u2019entente rapidement, mais n\u2019a pas voulu commenter le dossier davantage.Les deux parties sont actuellement en médiation.Avec La Presse canadienne NÉGOCIATIONS Menace de grève des débardeurs du Port de Montréal Le Richelieu constitue un axe de communication majeur entre les bassins versants du Saint- Laurent et celui du lac Champlain.Durant le XVIIe siècle, ce sont principalement les Iroquois de la Confédération des Cinq Nations qui emprunteront cette voie d\u2019eau dans le cadre de leur guerre contre les Français et leurs alliés amérindiens.GINA VINCELLI » ui avait prévu, en janvier 2018, qu\u2019un mouvement issu des régions françaises comme celui des gilets jaunes ferait plier un président fraîchement élu ?Ou que Doug Ford deviendrait premier ministre d\u2019une province dont les commentateurs sont reconnus pour donner des leçons de bonne conduite au monde entier ?Sur la scène économique, rien ne laissait entrevoir la conclusion d\u2019une entente (au demeurant médiocre) entre le Mexique, le Canada et Donald Trump, pas plus que la contre-performance des marchés boursiers, alors que la finance présente des résultats records.Il n\u2019y a rien de plus difficile à prévoir que l\u2019évolution des systèmes économiques, des mouvements sociaux et des humeurs d\u2019une population à l\u2019origine des grands bouleversements.Économistes et sociologues ont beau tenter de prédire la direction du vent à l\u2019aide d\u2019équipements de plus en plus sophistiqués, aucune de leurs savantes analyses n\u2019est assez complète pour conduire à la construction de modèles fiables.À quelques heures seulement du dépouillement des urnes lors des élections américaines de 2016, le New York Times donnait Hillary Clinton gagnante avec un taux de probabilité de plus de 90 %.Quant au mouvement des gilets jaunes, vraiment personne ne l\u2019avait vu venir.Or, à lui seul, ce soulèvement force aujourd\u2019hui l\u2019ajout d\u2019une variable déterminante dans la vie politique de tous les pays occidentaux.De même en est-il de la question de l\u2019immigration dans ses diverses composantes.Justin Trudeau et l\u2019ensemble du milieu des affaires insisteront autant comme autant en brandissant l\u2019argument très rationnel de la pénurie de main-d\u2019œuvre, celui-ci pourrait fort bien voler en éclats au contact de la méfiance d\u2019une majorité de Canadiens lors des prochaines élections.N\u2019est-ce pas d\u2019ailleurs le genre de situation qui a permis, en 2016, aux défenseurs du Brexit de remporter le référendum, et à Donald Trump de se faire élire en promettant la construction d\u2019un mur à la frontière mexicaine ?Avec la mondialisation, ce ne sont plus seulement les biens et les usines qui franchissent les frontières, mais des millions d\u2019individus en quête d\u2019une vie meilleure, et surtout les idées, la culture et le mode de vie.On essaiera tant qu\u2019on voudra, à droite comme à gauche, de se mettre à l\u2019abri de ces courants sociaux, on ne reviendra pas en arrière.Cela dit, rien n\u2019est simple quand on tient à protéger sa spécificité, sa culture et son économie, lorsqu\u2019on refuse en somme de n\u2019être qu\u2019un esquif fragile et docile ballotté par la vague.Plus que jamais, l\u2019humanité a soif de connaissances, de découvertes technologiques aussi bien qu\u2019artistiques, d\u2019ouverture sur un monde sans frontières\u2026 pourvu que les siennes propres soient respectées.Nous n\u2019en sommes plus à une contradiction près, reconnaissons-le.Alors, que faire ?Dans bien des cas, ces avancées culturelles ou technologiques ébranlent nos certitudes sans nous fournir les outils qui permettraient de différencier ce qui nous fait avancer de ce qui nous emprisonne plus fermement dans un confort relatif.Qui niera l\u2019importance que l\u2019informatique et Internet ont prise dans nos vies, mais qui contestera la vacuité des échanges qui ont cours sur les réseaux sociaux si populaires ?Ceux qui rêvaient d\u2019un monde dans lequel les citoyens pourraient communiquer directement entre eux sans l\u2019intermédiaire des médias et des gouvernements voient leur rêve réalisé.Du moins, une partie de ce rêve, car pour ce qui est de la naissance d\u2019une communauté sans frontières mobilisée pour un monde meilleur, il faudra attendre ! Le temps que tous les petits chatons de la planète aient eu leur minute de célébrité.Le temps que tous les enragés aient aussi eu leur minute de gloire à vomir leur frustration.De quoi 2019 sera-t-elle faite?La Bourse connaîtra-t-elle la pire crise de son histoire ou consolidera-t-elle les acquis des dix dernières années ?Les recherches en intelligence artificielle aboutiront-elles à des découvertes créatrices de sens et d\u2019utilité ou serviront-elles à la formation de la première armée de robots tueurs d\u2019hommes?La lutte contre le réchauffement climatique fera- t-elle enfin consensus ou sera-t-elle l\u2019élément déclencheur d\u2019un affrontement entre le citoyen conscient et le même citoyen consommateur?En science économique, on a l\u2019habitude de poser comme hypothèse à la construction d\u2019un modèle prévisionnel que « toute chose doit être égale par ailleurs ».Le problème, c\u2019est qu\u2019en société, rien n\u2019est « égal par ailleurs » parce que tout bouge plus vite que la pensée.Les seules prévisions vraiment fiables restent donc celles qui concernent le passé.Bonne année 2019.LEDEVOIR // LE JEUDI 3 JANVIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Conrad Ouellon Président du Conseil supérieur de la langue française (CSLF) du Québec de 2005 à 2011 et de 2014 à 2015 La crise linguistique ontarienne fait comprendre que le compromis linguistique canadien est bien fragile.On peut y voir les influences d\u2019un populisme ambiant qui favorise l\u2019expression publique de réflexes qu\u2019on pouvait penser morts mais qu\u2019il est maintenant perçu légitime de ressusciter et d\u2019exprimer à haute voix.Au nom d\u2019une certaine vision d\u2019un monde uniforme, lisse, à pensée unique, souvent sous prétexte économique, on s\u2019attaque à des droits consentis à divers groupes minoritaires.L\u2019air du temps semble encourager l\u2019uniformisation linguistique, le pouvoir du majoritaire, du plus riche, du plus fort en gueule\u2026 On croyait les minorités francophones ou acadiennes assoupies, plus ou moins résignées, sinon satisfaites de leur sort.Les francophones ontariens nous démontrent le contraire.Les Acadiens ont également de plus en plus de raisons d\u2019être inquiets et craignent des coupes de services.Quant au Québec, il se complaît dans sa « sécurité linguistique » ; le dossier de la langue française a glissé sous le tapis et à peu près rien de ce qui concerne la valorisation de la langue française, dans son usage ou dans sa forme, n\u2019a vraiment fait l\u2019objet des préoccupations gouvernementales au cours des dernières années.Par ailleurs, il est assez stupéfiant de constater le silence quasi généralisé de la grande presse anglophone canadienne au cours des dernières semaines quand on pense à son indignation tonitruante en réaction à des événe- ments aussi insignifiants que l\u2019épisode du Pastagate ou du Bonjour-Hi.J\u2019ai rencontré à de nombreuses reprises des membres des communautés francophones et acadiennes.J\u2019ai aussi eu le privilège de remettre l\u2019Ordre des francophones d\u2019Amérique à plusieurs d\u2019entre eux.J\u2019en revois aujourd\u2019hui plusieurs sur diverses tribunes, plus convaincus que jamais de la nécessité de reprendre le combat.Je connais également quelques-uns des principaux artisans de l\u2019Université de l\u2019Ontario français et je sais qu\u2019ils ne laisseront pas aller le morceau facilement, dussent-ils recourir aux tribunaux.Ce qui me semble tout aussi important, c\u2019est de voir que les jeunes francophones ontariens reprennent le flambeau et manifestent leur volonté de faire leur vie en français.Comment peut-on enlever des pouvoirs au Commissariat aux services en français de l\u2019Ontario quand on sait qu\u2019il s\u2019adresse à plus de 600 000 citoyens ?Je rappelle par ailleurs que le Québec a créé en novembre 2017 un Secrétariat aux relations avec les Québécois d\u2019expression anglaise relevant du ministère du Conseil exécutif pour mieux protéger sa minorité linguistique, autrement mieux lotie que la minorité francophone de l\u2019Ontario.Comment peut-on abolir l\u2019Université de l\u2019Ontario français?C\u2019est nier l\u2019importance d\u2019offrir une formation post-secondaire en français à une communauté qui y travaille depuis des décennies et qui y a droit.L\u2019UOF propose des formations originales et innovantes et elle est la seule université francophone de la région la plus peuplée de l\u2019Ontario.Elle offre un environnement universitaire et culturel en langue française unique; les universités bilingues ne peuvent le faire.Je n\u2019insiste pas sur la comparaison avec l\u2019offre de formation universitaire en langue anglaise au Québec.Bref, ce que vit la francophonie ontarienne est un signal d\u2019alarme pour l\u2019ensemble de la francophonie canadienne.Le gouvernement du Québec a enfin exprimé clairement son appui aux francophones ontariens.Le gouvernement canadien l\u2019a fait tout aussi fermement en confirmant son soutien à la mise en place de l\u2019UOF ; il reste à voir la suite des événements.La politique du chacun pour soi n\u2019est plus acceptable.Quoi qu\u2019il advienne, il faut saisir l\u2019occasion de rétablir de nouveaux liens entre les francophones de tous les coins du Canada et mettre en place des modes de collaboration respectueux des intérêts de toutes nos communautés.C\u2019est l\u2019ensemble de la francophonie canadienne et la Francophonie tout court qui en profiteront.Des travaux nécessaires pour la sécurité du public Hydro-Québec procède depuis l\u2019automne dernier à des travaux de réfection du mur de soutènement du barrage Simon-Sicard, Réveil passager ou reprise en main du destin des francophones ?LIBRE OPINION LETTRES PERSPECTIVES 2019 Si la tendance se maintient\u2026 Q ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Ce que vit la francophonie ontarienne est un signal d\u2019alarme pour l\u2019ensemble de la francophonie canadienne La revue de l\u2019année, du plaisir pour les neurones ! J\u2019ai grandement apprécié votre revue de l\u2019année 2018 en dessins.Merci beaucoup.Garnotte enchaîne des opus plus tordants les uns que les autres.J\u2019avoue que le dessin sur l\u2019affaire Khas- hoggi est un chef-d\u2019œuvre dans le genre qui n\u2019a certainement pas plu à toutes et à tous, et c\u2019est très bien ainsi.Le consensuel à la québécoise, y en marre.Quant aux textes, c\u2019était du grand et remuant Baillargeon, à la plume acérée comme jamais.La République en marche devenue la France en panne est exemplaire de son style si unique.Que du bonheur pour mes neurones, ces grandes négligées de notre époque\u2026 Gaétan Fontaine Montréal, le 1er janvier 2019 qui a été construit en 1929 dans le cadre de l\u2019aménagement hydroélectrique Rivière-des-Prai- ries.Il s\u2019agit de travaux importants et nous sommes conscients qu\u2019ils peuvent causer des désagréments.Toutefois, le mur de soutènement est au- jourd\u2019hui vieillissant et les travaux sont nécessaires pour la sécurité du public.D\u2019une longueur de 1,3 km, le mur a une fonction de soutien et de protection de la rive.Divers experts d\u2019Hydro-Québec ont réalisé des études techniques et environnementales afin de préparer la réfection du mur.La protection des paysages a été un facteur important lors de l\u2019élaboration des travaux.Nos équipes sont présentement à l\u2019œuvre dans les sections qui montrent des signes de vieillissement, essentiellement aux endroits où frappent les glaces en hiver.Bien que ces travaux soient d\u2019une certaine envergure en milieu urbain, il est important de rappeler qu\u2019ils respectent les normes environnementales en vigueur.Lorsque le chantier arrivera à sa fin, la technique utilisée, soit le remblai en enrochement, permettra le réaménagement des berges tout en favorisant la bio- diversité.Le concept de réamé- nagement a notamment été présenté à la Ville de Montréal ainsi qu\u2019à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) afin de respecter les orientations du Abattre des murs Monsieur le Président Trump, un peu d\u2019ouverture d\u2019esprit abat bien des murs, et cela ne coûte pas cher.André Mainguy Longueuil, le 23 décembre 2018 JEAN-ROBERT SANSFAÇON Plan directeur de développement des berges de la rivière des Prairies.Enfin, dans un souci de bien informer les citoyens des travaux à venir, nous avons travaillé en étroite collaboration avec l\u2019arrondissement d\u2019Ahunt- sic-Cartierville, la CSDM, la Société d\u2019histoire d\u2019Ahuntsic-Car- tierville, le Comité ZIP Jacques- Cartier, etc.Les citoyens ont également été invités à venir échanger avec l\u2019équipe Projet lors de deux soirées d\u2019information qui ont eu lieu en juin et en novembre derniers.En terminant, mentionnons que l\u2019achèvement des travaux au printemps prochain permettra de réduire la largeur actuelle du remblai.Le réaménagement des berges suivra par la suite avec une nouvelle piste cyclable et un sentier piétonnier en rive, notamment dans le secteur So- phie-Barat.Jean-Philippe Rousseau, responsable des relations avec le milieu dans le cadre du projet, Hydro-Québec Le 31 décembre 2018 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 3 JANVIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Maurice Angers Auteur La réaction repentante de Robert Lepage du 28 décembre dernier au sujet des critiques et de la manifestation qu\u2019avait suscitées son association avec le spectacle SL?V mérite un effort d\u2019élucidation.Il avoue humblement ne pas avoir su quoi répondre sur le coup et, tout en répondant maintenant, ne pas se sentir en terrain solide.Faire référence à Albert Memmi et à son essai percutant, Portrait du colonisé (1957), m\u2019apparaît éclairant pour comprendre l\u2019imbroglio dans lequel Lepage se trouve placé.Memmi, dans son essai, cherche à saisir la dynamique qui s\u2019instaure dans une situation de domination entre le groupe dominant et le groupe dominé.Tunisien d\u2019origine juive, Memmi a connu la colonisation française, mais dans une position singulière.Il ne faisait partie ni du groupe dominant, le colonisateur français, ni du groupe dominé, le Tunisien arabe.En tant que juif, il était subordonné au colonisateur, mais il n\u2019était pas pour autant considéré comme inférieur, comme l\u2019Africain arabe.Il a pu ainsi observer avec un certain recul les réactions possibles en situation coloniale, qu\u2019il a par la suite généralisées à toute situation de domination dans son essai L\u2019homme dominé (1968).Du point de vue de Memmi, Lepage fait partie du groupe des dominants, les « Blancs » dans ce cas-ci.Cependant, dans tout groupe dominant il y a une minorité qui refuse de jouer le jeu, c\u2019est-à-dire qui désapprouve le traitement que son groupe fait subir aux dominés, les « Noirs » dans ce cas-ci.Le spectacle SL?V, de ce point de vue et pour ce qu\u2019on en sait, serait d\u2019une certaine manière un réquisitoire antiesclavagiste en faisant entendre la voix des dominés, esclaves d\u2019hier comme d\u2019aujourd\u2019hui.Memmi a rencontré des Français en Tunisie qui, comme Lepage, dénonçaient à l\u2019époque la colonisation française.Il les appelle les « colonisateurs qui se refusent ».Il s\u2019agissait d\u2019une frange des dominants qui sympathisait avec le groupe dominé.C\u2019était la posture de Lepage en créant SL?V.Il voulait ainsi faire entendre la voix des sans-voix.Un transfuge Chez les dominés, quelqu\u2019un de l\u2019autre bord qui prend fait et cause pour eux s\u2019avère un allié inattendu, et il brouille les cartes en quelque sorte.Il s\u2019ensuit un malaise certain.C\u2019est ce qu\u2019a ressenti Lepage même si on l\u2019a reçu avec civilité.Memmi expliquerait cette réaction par le fait que, malgré toute sa bonne volonté, Lepage est vu comme un transfuge.Il demeure un « Blanc » qui continue à profiter de tous les privilèges rattachés à sa condition, comme le fait qu\u2019il soit extraordinairement plus aisé pour lui de se faire une place dans la société en général, et dans le monde de la culture en particulier.Cela explique sans doute que certains de ses pourfendeurs n\u2019y soient pas allés de main morte au début de la controverse avec des accusations de racisme, et plus généralement d\u2019appropriation culturelle, comme une spoliation de leur identité.Les représentants afro-descendants qui ont rencontré Lepage, selon ce qu\u2019il nous rapporte, ont adopté une position de dialogue franc avec lui.Ce dernier a réagi, entre autres, en leur proposant Robert Lepage, Albert Memmi et l\u2019appropriation culturelle Roméo Bouchard Saint-Germain-de-Kamouraska On le sentait que ce système, qui enrichit un groupe de plus en plus restreint d\u2019individus au détriment de la masse et génère un peu partout des despotismes, des discriminations, des dérèglements écologiques et des inégalités sociales intolérables, allait finir par éclater.Le Printemps arabe, le Printemps érable, la crise grecque, la crise des migrants, les mouvements d\u2019indignés, la crise du climat avaient sonné l\u2019alarme.La révolte des mouvements populistes avait fait craindre le pire, aux États-Unis avec Trump, en France avec Le Pen et Macron, en Italie avec le Mouvement 5 étoiles, en Autriche, en Hongrie, au Danemark, aux Pays-Bas, au Canada avec Sheer et Ford, sans oublier le Brexit au Royaume-Uni.Au Québec, l\u2019inquiétude est venue de la montée des mouvements d\u2019extrême droite et d\u2019extrême gauche, aux prises sur les questions identitaires et l\u2019immigration, le racisme et le racialisme, le nationalisme et le multiculturalisme, les minorités de toutes sortes.La vague de censure culturelle déclenchée par les controverses autour de SL?V et de Kanata et la crise du #MoiAussi ont mis à l\u2019avant-scène une armée de chevaliers de la différence qui ont alimenté une sorte de dénigrement du Québec et des Québécois (Quebec bashing) de l\u2019intérieur, parfois pire que celui qui nous vient de l\u2019extérieur.Sous un tout autre angle, la prise de conscience de l\u2019urgence climatique et environnementale exerce une pression croissante sur le système économique, de plus en plus perçu comme le grand responsable de cette menace qui pèse sur l\u2019espèce humaine.Mais deux événements majeurs ont fait basculer cette dynamique au cours de l\u2019année 2018.L\u2019élection de la CAQ chez nous et la révolte des gilets jaunes en France.L\u2019élection de la CAQ L\u2019élection de la Coalition avenir Québec a renvoyé dos à dos libéraux fédéralistes, péquistes désorientés et solidaires multiculturels, pour redonner la parole aux Québécois ordinaires des régions, des banlieues et des quartiers ouvriers urbains, ces Québécois qui ne sont ni indépendantistes, ni écologistes, ni révolutionnaires, mais qui travaillent fort pour arriver, qui sont fiers d\u2019être Québécois, qui n\u2019acceptent pas de se faire taper dessus par le Canada, l\u2019immigration, les bobos, les chevaliers de la censure, qui refusent que la transition écologique se fasse sur leur dos et qui ne veulent plus continuer à payer pour tout le monde comme les dindons de la farce.À l\u2019usage, Legault a su se faire aimer, se montrer ouvert et rendre ces Québécois fiers et confiants de nouveau : il a réussi à contourner la contestation.Les trois partis d\u2019opposition ont été réduits pour le moment à pédaler dans le vide.Le Pacte pour la transition écologique, qui s\u2019est donné la mission de nous représenter, est en voie de s\u2019arrimer au gouvernement Legault.Le Québec pousse un grand soupir de soulagement.N\u2019en déplaise aux fins finauds de la gauche éclairée.Les gilets jaunes Mais le coup de canon dans le système, ce sont les gilets jaunes qui l\u2019ont tiré.Ils n\u2019ont pas fait la révolution attendue, mais ils l\u2019ont commencée.Ils ont fait une brèche qui ne pourra plus se refermer dans la légitimité du système économique et du pouvoir politique, parce qu\u2019ils ont remis en question leurs fondements de trois façons : 1) en mobilisant tous les gagne-petit à tous les niveaux et partout sur le territoire, avec l\u2019appui de 80 % de la population, ils ont établi la légitimité du peuple face à celle de l\u2019État ; 2) en contestant l\u2019injustice d\u2019une transition écologique qui se fait sur leur dos, ils ont mis au grand jour les inégalités sociales et le détournement fiscal intolérables que génère le système ; 3) en refusant de passer par les mécanismes de représentation reconnus par les élus, les partis politiques et la société civile, en choisissant la démocratie directe, ils ont remis à l\u2019avant-scène le principe de la souveraineté du peuple 2018 : la revanche du monde ordinaire comme fondement de l\u2019État et ils ont échappé à toute récupération politique.La révolution des gilets jaunes n\u2019est pas en train de mourir dans l\u2019œuf, contrairement à ce que beaucoup de politiciens et de médias voudraient croire.Les concessions consenties par Macron mettront sérieusement à mal les budgets de l\u2019État et ses engagements face à l\u2019Union européenne.La concertation promise ne changera pas le rapport de force.En exigeant le référendum d\u2019initiative citoyenne plutôt qu\u2019une élection générale, comme le préconisaient Le Pen et Mé- lenchon, les gilets jaunes ont gardé l\u2019initiative de la guerre.Ils ont placé Macron en garde à vue comme une marmotte traquée dans son terrier.L\u2019état de démocratie directe n\u2019est pas levé ni oublié: il peut rentrer en action n\u2019importe quand, quand ils le décideront.L\u2019année s\u2019est donc achevée sur un certain espoir, au Québec du moins.La révolution est un processus: elle fait son chemin envers et contre tout.Elle est bel et bien commencée avec les gilets jaunes.Le peuple, «celui sur qui s\u2019exerce le pouvoir et qui n\u2019a jamais la possibilité de l\u2019exercer» (Onfray), le monde ordinaire, revient à l\u2019avant-scène.Chez nous, la CAQ a rétabli l\u2019équilibre des forces et la confiance chez les Québécois en général.La prise de conscience écologique, ici et ailleurs, progresse et s\u2019ajuste à vive allure.Les astres s\u2019alignent, mais attention à la surchauffe de la planète\u2026 et aux explosions imprévisibles.de leur faire une place dans sa propre compagnie, Ex Machina.Memmi y aurait vu une situation inédite, car le dominant qui se refuse dans une situation de domination classique n\u2019a pas la marge de manœuvre requise ou le pouvoir pour renverser la vapeur en faveur des personnes ostracisées.Dans ce cas-ci, on peut penser que tout le milieu culturel « blanc » ne va pas nécessairement le suivre.Memmi constate que le dominant qui se refuse, comme Lepage, qui se montre, en d\u2019autres mots, sensible à la cause du groupe dominé, n\u2019est pas pour autant au bout de ses peines.Ce que demandent d\u2019abord et avant tout les représentants du groupe dominé, ce n\u2019est pas qu\u2019on parle d\u2019eux, mais qu\u2019on leur donne l\u2019espace créatif nécessaire pour qu\u2019ils puissent parler d\u2019eux eux-mêmes.À ce moment-ci, il y a tout de même quelques réponses qu\u2019il me semble possible d\u2019apporter pour éclaircir le débat.Est-ce qu\u2019on a le droit de manifester contre un spectacle comme celui de SL?V ?Certainement.Est-ce qu\u2019on doit se réjouir de l\u2019annulation de ce spectacle ?Certainement pas, si on croit à la liberté d\u2019expression.Est- ce que c\u2019est se censurer que de soumettre au préalable son texte de création à ceux et celles qu\u2019on prétend représenter ?Dans la même veine, de- vrait-on s\u2019obliger à respecter un quota profilé dans un spectacle ?Cette fois, la réponse ne peut pas être tranchée en un mot ou deux.Est-ce qu\u2019on peut témoigner de la souffrance des autres ?Pourquoi pas ?Il me semble que c\u2019est déjà un pas vers la réconciliation.Est-ce que cela peut se faire sans impliquer les gens concernés ?Bien sûr, mais alors ces derniers ont le droit de réagir, et nous devons accepter de les entendre.C\u2019est ce à quoi Lepage s\u2019est engagé, et on ne peut que s\u2019en réjouir.Avec SL?V, Robert Lepage affirmait vouloir faire entendre la voix des sans- voix.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manifestation des gilets jaunes à Marseille le 15 décembre dernier.Les gilets jaunes ont fait une brèche qui ne pourra plus se refermer dans la légitimité du système économique et du pouvoir politique.BORIS HORVAT AGENCE FRANCE-PRESSE La révolution est un processus : elle fait son chemin envers et contre tout.Elle est bel et bien commencée avec les gilets jaunes. STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR L\u2019offre d\u2019emploi figure sur le site du projet Rome Reborn.L\u2019équipe multidisciplinaire internationale recherche des spécialistes de l\u2019animation numérique capables de créer des avatars qui pourront se déplacer dans la reconstruction maintenant terminée de la cité éternelle du début IVe siècle.Les exigences très précises concernent un garçon et une fille d\u2019environ 7 ans « habillés de tuniques », des adolescents de plus ou moins 15 ans, l\u2019un en toge, l\u2019autre « en stola sur une tunica intima ».Et ainsi de suite pour des couples de 20, 35 et 50 ans.« La difficulté du travail découle du fait que les vêtements anciens tels que la stola, la toge et la tunique ne collaient pas au corps, contrairement aux vêtements modernes, explique le site rome- reborn.org.Surtout, lorsque les personnages commencent à marcher, les vêtements doivent couler et se balancer avec leur propre physique.Le logiciel d\u2019animation standard que nous avons utilisé donne des résultats historiquement incorrects : lorsque les avatars bougent, les vêtements s\u2019accrochent étroitement (et de manière absurde) aux corps.» Le souci des détails.La précision maniaque.La volonté de vérité.Les historiens des reconstructions virtuelles ont beau utiliser les mêmes outils que les départements d\u2019effets spéciaux du cinéma ou des jeux vidéo, ils ne badinent vraiment pas avec les faits et l\u2019authenticité.Le projet Rome Reborn demeure l\u2019un des plus ambitieux des humanités numériques.Le chantier a mobilisé 50 historiens, archéologues et informaticiens pendant 22 ans pour recréer 7000 édifices et monuments de la Rome de l\u2019an 320, au moment où le développement urbain de la ville éternelle atteignait son apogée.La promenade numérique dirigée par une équipe de l\u2019Université de l\u2019Indiana couvre une superficie équivalant à celle du Montréal contemporain.La maquette dématérialisée permet de survoler la cité éternelle et de pénétrer dans le forum et la basilique de Maxence et Constantin.Le Colisée et le Panthéon suivront bientôt.Le projet a aussi conçu The Flight Over Ancient Rome pour décliner le modèle, mais en réalité virtuelle avec casque de visualisation.L\u2019immersion complète demande deux heures de visite et permet d\u2019aller du Circus Maxi- mus au temple d\u2019Hadrien.À long terme, la reconstruction spatiale va remonter le temps jusqu\u2019aux origines romaines pour montrer la transformation de la cité sur un millénaire.Montréal en vue Les reconstructions plus ou moins semblables abondent.Le site Realm of History recensait à la mi-décembre dix animations numériques de villes anciennes: Ur, Knossos, Armana, Babylone, Alexandrie, Pompéi, Corinthe, Constantinople, l\u2019incontournable Rome, et bien sûr Athènes, vraisemblablement le chouchou des renaissances en ligne.« Les reconstructions virtuelles occupent principalement en histoire de l\u2019antiquité, explique le professeur d\u2019histoire Léon Robichaud de l\u2019Université de Sherbrooke.Ce sont des La révolution numérique permet maintenant de reconstituer des vestiges du passé.Le Devoir propose un petit tour d\u2019horizon de ce grand bouleversement rétrofuturiste.Premier arrêt : le virtuel appliqué à l\u2019histoire et l\u2019archéologie, ici comme ailleurs.LEDEVOIR // LE JEUDI 3 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.PASSÉS RECOMPOSÉS La reconstruction numérique de mondes disparus sites connus et en danger dans bien des cas, on l\u2019a vu en Syrie récemment.» Et ici ?Et pour l\u2019histoire nationale ?« Disons que je suis encore un peu une bebitte dans ma discipline, répond Léon Robichaud, spécialiste de la Nou- velle-France et de l\u2019informatique appliquée à l\u2019histoire.Il y a beaucoup plus de chercheurs dans le domaine au Canada anglais et aux États-Unis.» Son propre intérêt remonte au début 1990 quand il a participé à la modélisation virtuelle de Montréal, ville fortifiée (1725-1805), pour une exposition pionnière du Centre canadien d\u2019architecture.Il a ensuite aidé à reconstruire Savannah en Géorgie.« Je n\u2019étais pas satisfait de ce qu\u2019on pouvait faire au début des années 2000, dit l\u2019historien.Je m\u2019y suis remis plus à fond quand de nouvelles technologies disponibles avec HTML5 ont permis d\u2019intégrer directement dans un fureteur Web des modèles 3D, sans avoir à télécharger un plugiciel.» Le fin connaisseur de la Nouvelle- France est alors devenu codirecteur du Laboratoire d\u2019histoire et de patrimoine de Montréal, basé à l\u2019UQAM.Le chantier a reconstitué des bâtiments existants mais modifiés dans le temps, dont l\u2019usine Raymond, devenue l\u2019Usine C, et les cinq gares patrimoniales de Montréal (Viger, Berri, Windsor, Dalhousie et Montreal & Southern).Les historiens numériques ont aussi recréé le marché Sainte-Anne, le parlement du Canada, brûlé par les tories en 1849.Une forge Sonia Blouin, étudiante du professeur Robichaud en informatique appliquée à l\u2019histoire, s\u2019intéresse précisément à l\u2019organisation spatiale des forges à Montréal au XVIIe siècle, son sujet de maîtrise.Un volet cartographique va situer l\u2019emplacement des forgerons dans la ville.Un volet numérique va reconstruire virtuellement à quoi ressemblait une forge en particulier.« Ce ne sera pas une forge en particulier, même si je vais me baser sur l\u2019inventaire après décès de la forge de Jean-Baptiste Demers, réalisé pour sa veuve, en combinant avec d\u2019autres documents de l\u2019époque, explique la jeune chercheuse, également diplômée en multimédia.J\u2019ai la liste des outils, par exemple.Éventuellement, on pourra se promener dans l\u2019espace de travail et cliquer sur les objets pour comprendre leur usage.» Il n\u2019est pas question de faire s\u2019y promener des avatars, costumés à l\u2019ancienne ou pas.Mme Blouin cite un article de 2010 de Mathieu Rocheleau (La modélisation 3D comme méthode de recherche en sciences historiques) pour avancer que cette technique fournit des outils inédits pour faire des découvertes et émettre des hypothèses non envisageables par des moyens traditionnels.« Quand on modélise, on doit se poser des questions très précises, ajoute- t-elle.Où était la porte, par exemple.Il faut collecter et hiérarchiser le plus d\u2019informations possible, dans le plus de documents disponibles.Et une fois la modélisation réalisée, elle-même devient une source qu\u2019on peut interroger comme telle.Le modèle génère même de nouvelles questions qu\u2019on ne se posait pas nécessairement en consultant les documents.» Valider une idée M.Rocheleau est un autre étudiant du professeur Robichaud.Il a lui-même modélisé le temple d\u2019Athéna à Posei- donia.« Parfois, la meilleure option pour valider une idée, c\u2019est de passer par la modélisation en 3D, enchaîne le professeur Robichaud pour justifier l\u2019emploi de l\u2019informatique en histoire.« Dans certains cas très élaborés, on peut par exemple faire appel à des ingénieurs pour valider certaines méthodes de construction.La modélisation permet aussi de mieux comprendre la configuration spatiale d\u2019un site, ne serait-ce que les déplacements par les habitants et les usagers d\u2019une ville ou d\u2019un bâtiment.» La reconstruction virtuelle du Coli- sée de Rome montre qu\u2019un discours de l\u2019empereur pouvait facilement rejoindre tous les gradins.De même, en reconstituant le terrain réel de l\u2019affrontement militaire, les historiens ont pu expliquer les choix tactiques souvent décriés du général Lee pendant la bataille de Gettysburg (1863).Le projet Rome Reborn a mobilisé 50 historiens, archéologues et informaticiens pendant 22 ans pour recréer 7000 édifices et monuments de la Rome de l\u2019an 320.YOUTUBE Du vieux neuf Les historiens de l\u2019art et les artistes reconstituent par le dessin ou la maquette des trésors disparus ou en ruine depuis des siècles.Les outils numériques amplifient maintenant la pratique en facilitant la collecte de données, la modélisation puis la visualisation du résultat.Le projet Rome Reborn s\u2019inspire d\u2019ailleurs à la base de la maquette de l\u2019archéologue Italo Gismondi réalisée à l\u2019échelle 1 : 250 entre les années 1930 et 1971.Le grand chantier de numérisation des œuvres et des monuments du monde, commencé à la fin des années 1980, s\u2019étend à une vitesse exponentielle.Google offre déjà la visite virtuelle de plus d\u2019un millier de musées et de centre culturels, mais aussi de plus de 6 millions d\u2019œuvres d\u2019art.L\u2019International Journal of Digital History a publié cette année son troisième numéro.Un article y défend l\u2019idée que la reconstruction 3D constitue un tournant en histoire de l\u2019art et de l\u2019architecture.La reconstruction pousse la logique de la reproduction encore plus loin en redonnant forme à ce qui a disparu.La représentation numérique se contente de saisir un objet, par exemple à l\u2019aide d\u2019un scanneur ou d\u2019une caméra, assez souvent avec des techniques semi-automatisées.La reconstruction virtuelle requiert une interprétation humaine des données disponibles pour créer un modèle appuyé d\u2019un logiciel.Des chercheurs du MIT de Cambridge ont numérisé le site de Machu Pichu au Pérou cette année en captant quelque 9000 images à l\u2019aide d\u2019un appareil photo panoramique, de scanneurs et de drones.Un modèle 3D de la cité inca est en préparation.Des savants de l\u2019Université de Californie à Berkeley viennent de reconstruire virtuellement le temple de Pumapunku en Bolivie, maintenant en ruine.La structure pré-inca, de la culture Tiwanaku (500 à l\u2019an 1000 environ), est maintenant complètement démontée, avec quelque 140 immenses blocs taillés répartis sur un grand site.L\u2019équipe californienne a utilisé des logiciels et des imprimantes pour créer un modèle miniature.Les archéologues ont reconstruit le temps à l\u2019aide de ces Lego qui ont aussi permi de comprendre que les bâtisseurs de Pumapunku eux-mêmes travaillaient en reproduisant des prototypes originaux.Un savant de Berkeley a parlé d\u2019une « version précolombienne d\u2019IKEA ».Une version en ligne permettra éventuellement d\u2019améliorer la contribution avec les suggestions des internautes."]
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