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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-03-16, Collections de BAnQ.

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[" C AHIER SPÉCIAL C LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 MARS 2019 Le français dans tous ses états L\u2019écrivain québécois d\u2019origine haïtienne Dany Laferrière, de l\u2019Académie française, maîtrise à la perfection la langue de Molière, dans toute sa beauté et toutes ses subtilités.Avec la magie et la poésie des mots, il nous transporte dans les univers qui sont les siens.Le Devoir a échangé avec lui par courriel, alors qu\u2019il attendait son avion pour Guangzhou, en pleine tournée de promotion à travers la Chine.Tour à tour, il nous fait part de ses observations sur l\u2019usage du français, nous parle de littérature en Haïti, de son dernier ouvrage, Autoportrait de Paris avec chat.Les univers de Dany Laferrière Les mots comme de la musique aux oreilles C H A R L E S - É D O U A R D C A R R I E R Collaboration spéciale Vous voyagez souvent et aux quatre coins du monde.Qu\u2019observez-vous quant à l\u2019usage de la langue française ?Comment se porte-t-elle aujourd\u2019hui ?Les langues n\u2019ont pas de vie personnelle, elles dépendent des aléas sociaux, politiques ou économiques, mais elles constituent souvent une des plus fortes passions humaines, d\u2019où la difficulté de les analyser.Cela dépend de leur classification dans les besoins.Il y a des peuples en guerre qui cherchent à survivre, des peuples sous la dictature qui cherchent à se libérer, des peuples affamés qui cherchent à manger et d\u2019autres qui résistent aux dogmes religieux.Quand on a résolu ces problèmes, on peut passer à des difficultés d\u2019ordre identitaire tout aussi essentielles.Je remarque simplement que les pays plus pauvres ne parlent jamais de la mort de la langue, ils se contentent de la parler et s\u2019estiment heureux quand on leur permet cela.Les pays plus riches en parlent souvent sous un angle nostalgique et évoquent parfois un temps où leur langue dominait la scène.Quant au Québec, son cas est particulier puisque tout en étant riche, il doit défendre sa langue, la plaçant ainsi au cœur de son identité.300 millions : c\u2019est le nombre de francophones répertoriés à travers le monde.Depuis 10 ans, on en dénombre même 35 millions de plus.Elle est bel et bien vivante, la langue de Molière.Celle-ci est toutefois au cœur de bien des luttes, à l\u2019échelle de la province, du pays et du monde.Au Québec, des voix s\u2019élèvent régulièrement pour la protéger et dénoncer son recul dans l\u2019espace public.À l\u2019occasion de la Semaine nationale de la francophonie, Le Devoir consacre un cahier spécial à la langue française, à ceux qui la font rayonner et aux enjeux qui y sont rattachés.VOIR PAGE C 3 : L AFERRIÈRE F R ANCOPHON I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 2 Vous sentez-vous jugés par votre accent ou votre manière de vous exprimer en français ?Peut-être souffrez-vous d\u2019insécurité linguistique.Zoom sur un complexe qui afflige surtout les francophones en contexte minoritaire.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale L ors d\u2019une recherche qu\u2019elle menait pour le ministère de l\u2019Éducation de l\u2019Ontario, Phyllis Dalley se rappelle qu\u2019une élève franco-ontarienne de quatrième année lui avait montré le Dictionnaire des dif ficultés de la langue française.« Elle m\u2019avait dit que ce dictionnaire était fait pour eux, car \u201cils ne parlaient pas bien français\u201d, alors que le français était leur seule langue d\u2019usage », raconte la sociolinguiste et professeure à l\u2019Université d\u2019Ottawa.À ses yeux, il s\u2019agissait d\u2019une manifestation d\u2019insécurité linguistique.Cette expression dési gne un sentiment d\u2019infériorité ou d\u2019incompétence vécu par plusieurs francophones en contexte minoritaire lorsqu\u2019ils s\u2019expriment en français, même s\u2019il s\u2019agit de leur langue maternelle.Cette impression prend sa source dans l\u2019idée que sa langue n\u2019a pas la même valeur qu\u2019une autre, par exemple l\u2019anglais, ou que l\u2019on ne s\u2019exprime pas dans la bonne variété de la langue, comme certains francophones du Canada peuvent le ressentir à la rencontre de Québécois, ou comme certains Québécois peuvent le ressentir à la rencontre de Français.S u z a n n e R o b i l l a r d , F r a n c o - Colombienne et doctorante en sociolinguistique à l\u2019Université d\u2019Ottawa, a vécu ce choc la première fois lorsqu\u2019elle a participé à des événe- ments d\u2019envergure nationale.« J\u2019ai rencontré des francophones en contexte majoritaire, qui pensaient que mon accent était anglophone, se souvient-elle.Je me faisais dire que je parlais très mal et qu\u2019on ne me comprenait pas.On voulait me parler en anglais, malgré le fait que j\u2019ai grandi en parlant français.» Ce complexe peut par fois se transformer en une crainte de prendre la parole, voire un refus ou un abandon de s\u2019exprimer en français.« On va voir des gens qui préfèrent utiliser l\u2019anglais parce qu\u2019ils sont mal à l\u2019aise avec la qualité de leur langue, ajoute Phyllis Dalley.Mais ce sentiment n\u2019est pas lié à une évaluation objective de leur compétence langagière.» Anne Vinet-Roy, présidente de l\u2019Association canadienne d\u2019éducation de langue française (ACELF), a aussi obser vé ce phénomène chez ses élèves durant la vingtaine d\u2019années où elle a enseigné au secondaire dans le nord de l\u2019Ontario.« Quand on leur reprochait de ne pas utiliser la langue française régulièrement, ils me disaient qu\u2019ils aimaient mieux parler anglais parce qu\u2019ils se sentaient moins jugés, moins cri t iqués.Pourtant, ils parlaient très bien le français », observe-t-elle.À ses yeux, la Semaine nationale de la francophonie, organisée par l\u2019ACELF, vise justement à contrer cette insécurité linguistique.Le thème de cette année, « Francophones\u2026 naturellement ! », est entre autres une invitation faite aux francophones du pays à développer le réflexe de ne jamais hésiter à demander des services ou à s\u2019exprimer en français.Une stratégie portée par les jeunes L\u2019insécurité linguistique n\u2019est pas nouvelle.En revanche, l\u2019expression circule de plus en plus dans la francophonie canadienne.« Il y a une prise de conscience depuis peu de temps », signale Phyllis Dalley, qui explore cette notion depuis les années 2000.Des discussions sur le sujet se sont déroulées dans le cadre du congrès de l \u2019ACELF en 2017.Pour lancer sa plateforme Web ONFR+ il y a quelques semaines, la chaîne franco-ontarienne TFO a mis en ligne une série de capsules, intitulée « Les accents », qui aborde la question.« Ce sont les jeunes qui ont commencé à s\u2019approprier le terme d\u2019insécurité linguistique », remarque Phyllis Dalley.C\u2019est le cas de Sue Duguay, présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF).La Néo-Brunswikoise raconte avoir vécu une forme d\u2019insécurité linguistique lorsqu\u2019elle entrait simplement à l\u2019épicerie dans son village natal, majoritairement anglophone.« Je n\u2019avais pas le courage de dire \u201cbonjour\u201d au lieu de dire \u201chi\u201d ou \u201chello\u201d », souligne-t-elle.Une semaine pour combattre l\u2019insécurité linguistique ISTOCK R F O P I E A N C H O N 2 0 1 9 Ensemble pour une francophonie solidaire dans les Amériques ! DÉCOUVREZ LE NOUVEL CÉLÉBREZ LE MOIS DE LA PARTICIPEZ AU CONCOURS ET TESTEZ VOS CONNAISSANCES SUR LA FRANCOPHONIE ! \u2022 31 livres numériques de la bibliothequedesameriques.com \u2022 \u2022 Zachary Richard, toujours batailleur \u2022 Un rêve américain (avec l\u2019artiste franco-ontarien Damien Robitaille) UN GRAND PRIX D\u2019UNE VALEUR DE 1 000 $ À GAGNER ! francophoniedesameriques.com Devenez membre d\u2019une communauté de plus de 33 millions de locuteurs de français dans les Amériques, c\u2019est GRATUIT ! « On va voir des gens qui préfèrent utiliser l\u2019anglais parce qu\u2019ils sont mal à l\u2019aise avec la qualité de leur langue.Mais ce sentiment n\u2019est pas lié à une évaluation objective de leur compétence langagière.» Avec le FJCF, elle travaille actuellement à l\u2019élaboration d\u2019une Stratégie nationale pour la sécurité linguistique, question d\u2019aborder cet enjeu avec « une vision plus positive ».Son objectif consiste à concevoir une stratégie qui pourrait être utilisée dans tous les domaines, par toutes les générations et dans toutes les régions du pays pour conscienti- ser les collectivités et trouver des solutions.Des consultations et un sondage ont été menés au cours des derniers mois sur la question, tandis qu\u2019un symposium sera organisé prochainement sur le sujet.Sans vouloir sauter aux conclus i o n s t r o p v i t e , S u e D u g u a y constate que l\u2019idée d\u2019une communication et d\u2019un dialogue entre les communautés linguistiques minoritaires et majoritaires pour comprendre les dif férentes réalités revient régulièrement parmi les commentaires entendus.Phyllis Dalley a des doutes quant à la possibilité d\u2019ef facer complètement l\u2019insécurité linguistique.« Il faudrait déconstruire tous les rapports de pouvoir entre les langues et les variétés de langue.» L\u2019école et les médias peuvent néanmoins faciliter, selon elle, un changement d\u2019attitude ou de perception.À l\u2019échelle de la personne, elle croit qu\u2019il faut travailler sur les capacités des gens à prendre la parole, même s\u2019ils se sentent mal à l\u2019aise ou ont l\u2019impression que leur manière de parler n\u2019est pas valorisée.Des ateliers En Colombie-Britannique, Suzanne Robillard a, quant à elle, mené des ateliers sur l\u2019insécurité linguistique pour des jeunes de 14 à 25 ans en collaboration le Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique (CJFCB).« On travaille avec les jeunes pour les écouter, pour entendre leur expérience, et puis on propose des solutions », dit-elle.Une par t impor tante de l\u2019exercice est consacrée à démontrer qu\u2019il n\u2019y a pas un bon et un mauvais français.Toujours avec le CJFCB, elle développe actuellement des ateliers pour les professeurs de français et les parents.« Ils sont peut-être moins sensibilisés aux enjeux que leurs enfants vivent », soulève-t-elle, en évoquant que plusieurs francophones d\u2019ailleurs s\u2019installent dans la province de l\u2019Ouest canadien.L\u2019une des solutions est, selon elle, de constituer un modèle linguistique plutôt que de corriger explicitement ceux qui prennent la parole, ce qui risque d\u2019être perçu comme une critique et n\u2019aide en rien les locuteurs à s\u2019améliorer.Elle juge que le discours dénonçant des calques de l\u2019anglais comme un signe de la détérioration du français vise la mauvaise cible.«Le problème, ce n\u2019est pas la structure de la langue, c\u2019est tout le complexe social qui entoure l\u2019utilisation du français, dont un aspect est cette insécurité qu\u2019on ressent parfois en s\u2019exprimant dans cette langue, croit la Franco-Colombienne.C\u2019est complexe comme problème, mais la première étape, c\u2019est la sensibilisation et l\u2019ouverture d\u2019esprit [à l\u2019idée] qu\u2019il existe d\u2019autres francophonies tout aussi valables et valides que le français québécois.» F R A N C O P H O N I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 3 EN COLLABORATION AVEC Cinéma et entretien Cinquante ans après la promulgation de la Loi sur les langues officielles, quel bilan en tirer ?Projection du ?lm La part du diable en présence de son réalisateur, Luc Bourdon, suivie d\u2019une discussion-débat.ANIMÉ PAR Jean-Benoît Nadeau, écrivain, journaliste et chroniqueur au journal Le Devoir AVEC Johanne Poirier, titulaire de la chaire Peter MacKell sur le fédéralisme à l\u2019Université McGill Luc Bourdon, réalisateur à 18 h 27 MARS À l\u2019Auditorium de la Grande Bibiothèque Grande Bibliothèque 475, boul.De Maisonneuve Est Montréal Berri-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 banq.qc.ca Dans le cadre du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles et à l\u2019occasion du Mois de la Francophonie LE MERCREDI D\u2019Haïti au Québec à l\u2019Académie À votre entrée à l\u2019Académie française, en mai 2015, vous avez mentionné qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une élection significative pour Haïti.Aujourd\u2019hui, celle-ci a-t-elle porté ses fruits pour Haïti et ses auteurs?J\u2019avais, dès l\u2019annonce de mon entrée à l\u2019Académie, dédié simplement cette élection à Haïti et au Québec.Le premier a structuré ma sensibilité littéraire, et c\u2019est au Québec que j\u2019ai d\u2019abord publié tous mes livres.Il y a une ligne directe entre ces deux pays dans le fait que je sois ce type d\u2019écrivain.Cela dit, lorsqu\u2019Anne Hé- bert a eu le prix Femina, on ne lui a pas demandé ce qu\u2019elle allait faire pour les écrivains du Québec.On peut, par des conférences et par sa présence sur la scène littéraire, faire c o m p r e n d r e à l \u2019 É t a t h a ï t i e n qu\u2019écrire est un métier, et à l\u2019État québécois qu\u2019écrire réclame une certaine fantaisie.Aux jeunes écrivains, que c\u2019est une histoire qui dure toute une vie.Qu\u2019ils doivent être attentifs à la vie qui se déroule autour d\u2019eux et chercher à en témoigner par tous les moyens que leur accordent leur sensibilité, leur sens musical et leur capacité à capter une époque comme une vie particulière.Vous serez l\u2019invité d\u2019honneur de la 25e édition de Livres en folie le 20 juin prochain en Haïti.Pour vous qui êtes né à Port-au-Prince, avez grandi à Petit-Goâve, avez écrit pour le journal Le Petit Samedi soir et avez fait partie de l\u2019équipe de Radio Haïti, que signifient ces rencontres en sol haïtien?Haïti n\u2019a jamais quitté le cœur du monde.Un peu par tout sur cette planète, on s\u2019étonne du fait que les chauf feurs de taxi haïtiens citent Rimbaud et donnent une opinion réfléchie sur la situation au Moyen- Orient.Est-ce un temps trop long sous la dictature qui les a obligés à s\u2019intéresser au reste du monde puisque le dictateur sanctionnait toute opinion sur la situation nationale ?Pour moi, ce sera un moment émouvant puisque j\u2019irai dans des villes que je n\u2019ai pas visitées depuis longtemps et j\u2019aurai la possibilité de converser avec une nouvelle génération.Votre plus récent livre, Autoportrait de Paris avec chat, marie écriture manuscrite et dessins.Il fait danser les paragraphes et illustrations dans l\u2019ordre et le désordre.De cette façon, n\u2019enlevez-vous pas un peu de cette magie laissée au lecteur lorsqu\u2019il met lui-même en scène le récit dans lequel il est plongé?Vous me dites que les dessins sont peut-être de trop et engagent un peu l\u2019imaginaire dans un étroit tunnel.je crois pour ma part qu\u2019il faut prendre un livre avec l\u2019univers qu\u2019il propose.La question est plutôt de savoir s\u2019il reste loyal à cet univers.Suggérer que telle ou telle chose ne se fait pas fait basculer l\u2019ar t dans l\u2019espace du pouvoir.Le pouvoir du possible, l\u2019art de l\u2019impossible.L\u2019art et le pouvoir créent ainsi une tension nécessaire à notre vie.D\u2019abord, ces dessins sont tellement liés au texte qu\u2019ils deviennent essentiels au livre.C\u2019est cela, le livre.Ce ne sont pas des photos.Le dessin est un art en lui-même.Quand je dessine Miles Davis, ce n\u2019est plus un Miles Davis objectif, mais une vision subjective du musicien.Les mots comme les dessins sur une page forment un tableau dans ce livre.Est-ce pour cette raison que certains lecteurs voient ce livre comme une expérience, une aventure littéraire?La magie d\u2019un texte, c\u2019est le lecteur qui doit la ressentir et c\u2019est assez unanime dans ce cas.On m\u2019a dit qu\u2019on entre dans ce livre sur la pointe des pieds pour s\u2019y installer assez vite.On s\u2019y perd dans des pièces parfois ensoleillées, d\u2019autres fois baignées dans une pénombre, on entend de la musique, celle du jazz, du rap, de Boris Vian ou de Duke Ellington, on assiste à l\u2019éclosion d\u2019un mythe comme celui de Coco Chanel ou au rapprochement étrange entre Villon et Doc Gynéco, et on s\u2019étonne de la force intellectuelle de James Baldwin.C\u2019est ce mélange des genres qui fait l\u2019originalité du livre.Votre premier roman, Comment faire l\u2019amour avec un Nègre sans se fatiguer, est sorti en 1985.Trente-quatre ans plus tard, avez-vous le sentiment que cette œuvre a bien vieilli?On ne peut pas savoir.En revanche, le livre est toujours en librairie et un livre que les gens lisent garde sa fraîcheur.Il arrive que des lecteurs vieillissent mal aussi.Au début, ils sont intrépides, lisent des livres réputés difficiles, puis, au fil du temps, ils ne lisent plus que des livres qui se laissent dévorer.Si le Dany Laferrière qui publiait l\u2019an dernier Autoportrait de Paris avec chat prenait un café avec l\u2019autre Dany Laferrière, celui à la veille du lancement de Comment faire l\u2019amour avec un Nègre sans se fatiguer, de quoi discuteraient les deux hommes?Du café.Celui de ma grand-mère, dont je n\u2019ai oublié ni l\u2019odeur ni le goût.Pas plus que le visage de celle qui a structuré ma sensibilité.Et comment voyez-vous le futur de la littérature française?Je ne lis pas dans le marc de café.SUITE DE L A PAGE C 1 LAFERRIÈRE JOEL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE « La magie d\u2019un texte, c\u2019est le lecteur qui doit la ressentir » Des auteurs à découvrir Frantz Duval est journaliste et rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste, le plus ancien quotidien d\u2019Haïti.Il est aussi membre du comité organisateur de la 25e édition de Livres en folie, un événement littéraire auquel Dany Laferrière participera à titre d\u2019invité d\u2019honneur.M.Duval nous propose de découvrir cinq romans francophones signés par une nouvelle génération d\u2019auteurs haïtiens.Rapatrié, par Nehemy Pierre Dahomey Il fallait venir un soir, par Billy Midy Les brasseurs de la ville, par Evains Wèche Nul chemin dans la peau que saignante étreinte, par Jean D\u2019Amérique La couturière de Martissant, par Ronald Paul F R A N C O P H O N I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 4 Journée internationale de la Francophonie 2019 Mobiliser, concer ter, former, innover : le français, outil de développement durable www.ifdd.francophonie.org M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale L e Programme canadien de bourses de la Francophonie (PCBF) travaille au renforcement institutionnel des pays participants.Cette année, il vise à former de hauts gestionnaires des universités des pays bénéficiaires à l\u2019instauration d\u2019une bonne pratique de la bonne gouvernance universitaire.Les universités évoluent dans un contexte concurrentiel, alors que les contraintes de financement, notamment public, se font de plus en plus prégnantes.De nombreuses universités, en particulier dans les pays en développement, doivent affronter un accroissement massif et continu du nombre d\u2019étudiants tout en assumant une bonne adéquation entre leurs offres de formation et de recherche et les besoins de la société.Les outils de la gouvernance universitaire, en particulier ceux de la planification et du pilotage stratégique, du management de la qualité et de la gestion du changement, sont un élément important de la réponse que les universités doivent apporter à ces défis.«Il n\u2019y a pas qu\u2019une seule réponse, mais des réponses adaptées au milieu de chacune des universités», précise Tony Toufic, directeur du programme.Une première cohorte Dès la rentrée 2019, une première cohorte de boursiers provenant d\u2019une dizaine d\u2019universités et d\u2019autant de pays participera à un programme de recherche de six mois axé sur la bonne gouvernance universitaire mis sur pied par le BCBF en collaboration avec l\u2019Agence universitaire francophone (AUF), qui possède un Institut pour la gouvernance universitaire basé au Cameroun.Les stagiaires devront faire un diagnostic et une analyse critique du champ de compétence qu\u2019ils souhaitent approfondir.«Ensuite, ils devront développer un plan d\u2019action pour améliorer cette gouvernance particulière en étant conscients de leurs ressources et de leurs limites, explique le directeur.On vise un apprentissage par modèle puisque chacun des boursiers sera jumelé à un coach-supervi- seur.» Ce coach sera responsable de l\u2019encadrement pendant et après le stage ainsi que de la sélection de per- sonnes-ressources à l\u2019intérieur ou à l\u2019extérieur de l\u2019université qui seraient susceptibles de les renseigner ou de les inspirer dans leurs démarches.Après les six mois de stage, les participants retourneront dans leur université pour mettre en application leur plan d\u2019action.«En vidéoconférence, on souhaite rassembler les participants pour une journée de partage où ils échangeront sur leurs succès, les enjeux affrontés ou les éléments auxquels ils ont dû s\u2019adapter\u2026 Ce sera la rencontre des champions de la gouvernance universitaire!» conclut Tony Toufic.Former des champions de la bonne gouvernance L\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) est constamment appelé à créer des mots pour décrire de nouvelles réalités de la vie moderne.Il a d\u2019ailleurs lancé pour la première fois cette année un concours de créativité lexicale pour les élèves du secondaire.Xavier Darras, coordonnateur de la production terminologique à l\u2019OQLF, et Julie Létourneau, porte-parole de l\u2019OQLF, répondent aux questions du Devoir sur cette mission un brin mystérieuse que constitue la création de mots.M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale Qui a la responsabilité de créer des mots en français et comment réali- sez-vous ce travail?Xavier Darras : Nous sommes une équipe d\u2019environ 15 personnes, des terminologues, qui travaillent sur le Grand Dictionnaire terminologique pour enrichir la langue française.Nous réalisons des travaux thématiques, comme créer le vocabulaire d\u2019un domaine particulier.Nous l\u2019avons fait récemment pour les réseaux sociaux, l\u2019électrification des transports et les systèmes d\u2019aide à la conduite.Nous avons aussi réalisé un vocabulaire pour l\u2019intelligence ar tificielle qui connaît un grand essor à Montréal.L\u2019Of fice a à cœur que les gens puissent travailler en français, alors il faut s\u2019assurer que les besoins terminologiques sont comblés.Nous répondons aussi à plusieurs questions du grand public, d\u2019entreprises, d\u2019associations et de la fonction publique.La plupart du temps, nous leur donnons le bon mot à utiliser qui existe déjà.Les autres fois, nous sommes devant une tendance récente qui n\u2019a pas encore été nommée, donc il faut créer un mot, un néologisme.Nous avons un fonctionnement assez souple pour le faire et je crois que c\u2019est notre force.Collaborez-vous avec la France pour réaliser ce travail?Nous avons une bonne collaboration avec notre équivalent, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, mais nous sommes autonomes.Nous prenons connaissance de ce que nous faisons de part et d\u2019autre.Parfois, la France adopte des mots qui ont été créés au Québec, comme « courriel », dont l\u2019inventeur reste d\u2019ailleurs inconnu.Et parfois, c\u2019est nous qui adoptons les mots créés en France.Comme «mégadonnées».Pouvez-vous me donner des exemples de mots créés par l\u2019OQLF qui se sont imposés dans les dernières années?Nous avons créé « baladodiffusion » en 2014.Il a fallu un peu de temps pour que son utilisation soit généralisée, mais l\u2019un des premiers à l\u2019avoir utilisé a été le blogueur Bruno Guglielminetti.Il y a aussi « pourriel », « clavardage », « hame- çonnage », « infonuagique » et « mot- clic ».Le mot « égoportrait » n\u2019a pas été créé par l\u2019Of fice, mais par le journaliste du Devoir Fabien De- glise.Nous l\u2019avons adopté et nous avons créé une fiche dans le Grand Dictionnaire terminologique qui fut la plus consultée pendant trois ans ! Ces mots sont ensuite généralement intégrés au Petit Larousse ou au Petit Robert, lorsque ce n\u2019est pas aux deux.Peut-on parler d\u2019un domaine sur lequel vous travaillez actuellement?Nous sommes entre autres en train de créer un vocabulaire pour tout ce qui touche à la cr yptomonnaie [bitcoin].Nous avons déjà réalisé des fiches terminologiques récemment pour « minage », « minage clandestin », « parachutage », etc.Nous poursuivons notre travail dans le domaine.Pourquoi avez-vous décidé de lancer cette année un concours de créativité lexicale?Julie Létourneau : C\u2019est important de pouvoir travailler en amont avec les jeunes, de proposer des options en français pour les mots anglais qu\u2019ils utilisent.Nous voulons montrer avec le concours que le français est une langue vivante, pas figée ni rigide.Nous leur donnons ainsi la possibilité de faire des propositions pour permettre d\u2019exprimer en français quatre concepts qu\u2019ils utilisent dans leur vie de tous les jours : « athlei- sure », « life hack », « streamer » et «youthquake».Puis, on leur laisse un cinquième concept au choix.Nous voulons qu\u2019ils s\u2019amusent avec la langue, qu\u2019ils puissent trouver des mots le fun pour décrire leur réalité.Le concours, qui se tient dans le cadre de La Francofête, est réalisé en collaboration avec les professeurs de français du secondaire et est directement lié au programme de formation.Les propositions sont acceptées jusqu\u2019au 29 mars et ensuite, nous prendrons le temps de les analyser.Nous prévoyons d\u2019annoncer les gagnants le 6 mai.OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE L\u2019art de créer des mots « Il n\u2019y a pas qu\u2019une seule réponse, mais des réponses adaptées au milieu de chacune des universités » Les néologismes proviennent de partout.Le mot « égoportrait », par exemple, n\u2019a pas été créé par l\u2019Office, mais par le journaliste du Devoir Fabien Deglise.ISTOCK Entre 500 et 700 C\u2019est le nombre de fiches ajoutées par année au Grand dictionnaire terminologique de l\u2019OQLF.Plus de 1000 y sont aussi mises à jour annuellement.Chaque fiche peut comprendre un ou plusieurs termes, soit le terme principal ainsi que ses synonymes et ses variantes.Plus d\u2019une centaine de ces mots sont qualifiés de néologismes de forme ou de sens.Ces nouveaux mots ou nouveaux termes complexes composés de quelques mots sont créés par l\u2019OQLF, ou sont répertoriés dans la documentation.   CONTENU PARTENAIRE ÉC R I T PA R L\u2019 ÉQ U I P E B I S L E D E VO I R Les francophones au Canada sont loin de vivre seulement au Québec?: on en retrouve dans toutes les provinces, ainsi que dans les territoires.Plus de 600 000 francophones vivent en Ontario.C\u2019est la plus grande communauté franco-can- adienne hors Québec.On trouve aussi en Ontario plus de 1,5 million d\u2019habitants qui ont une connaissance du français.Près de 240 000 habitants du Nouveau-Brunswick sont francophones.Plus de 26 000 personnes connaissent le français à Terre-Neuve-et- Labrador.Près de 100 000 francophones vivent en Alberta.Plus de 70 000 francophones habitent en Colombie-Britannique.Près de 43 000 francophones vivent au Manitoba.Source : Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada https://carte.immigrationfrancophone.ca/ Une francophonie bien vivante d\u2019un bout à l\u2019autre du pays «?Les Franco-Canadiens font des choses extraordinaires et se battent au quotidien pour maintenir leur culture en vie et obtenir des services en français?» « Plus on augmente nos connaissances sur ce qui se vit ailleurs au Canada, plus on se rapproche. » z e Découvr i \u2019 t à l s s n e i r a t n s O e D i s d , d l i t t e l r v i e v x d u e r u e t h n o e f rs d i l l i s d i r n f n e e i d i t o u r q u e t i b s h h c s a e t s i t r s a e , d s i a ç n a t é ?i s d t l t n e n n o y a s r n e i d a i je c , s e jet qu o r e p r c u s o du c n e s r i u e s e m J «  e t r v u o c é n d O é b é u s Q e i l s e \u2019 , d s e c n i v o r p s e y a u p a s a i a ç c a l p e n l ie s b i a s s i a nn o t an l l i a v a r n t e e t p m é d t i l a t i e v t t e e c t u o m i \u2019 t l n e v u o t s n s o i o c c n a r a f \u2026 L t s e u n o t e s z e a n o a n r e n s d t n e ar s p e c s e v .A s y a u p é du f t i al t i a v e l r d e n g i o m é r t u o é p l a r né é G e né r u o T s n a e t l n o s s l i \u2019 u n q o i s s e r p a v i n v e i t b s e e i n o h p o e e m e n a T é à t i v n é i a ét c an r s f é t au n u m e n i g i r o \u2019 - n a r s i m e é l l e v u o e n n , u e a r n f e e r v i s à v l u e s s a n e Ca rs l e v a r e à t t n n e a e n o p o c n a r a l r u o p e l a r é n é e G é n r u o l .I e nn ie d a c s et a e n o h p o .V s T i n U \u2019 n d o i s .s y a u p s a i a ç n e m ê , m e t c .E a d s e n e r e è t t t s i et t e n o h p o c an r e f m m o c o s s u o n , c e b é u Q u A «  an r e f gu an a l e l ie d v r u s e o m ê e m r l u o t p a e b s e à t t n a iv n v ie é b t au n u m é l a d i \u2019 i qu s n i t a s e \u2019 C ain S e d e air igin r o , e l ra u e t a m i , an t e d u A an y r B » ne n e i ad n a c e i on oph c a s s i a nn o , je c c e b é u Q n li i b ie d a n m o c t t s e e r è p , m o t n i h c e n d o s i a n r , e s et s e r i a t i r jo a m s e m m .e s i a ç a r l e r u s s f?: a i t c je b i , qu s y a e p s l r e v a r - m o e c n t u r e v u o c .n o t x a C - e d - e i Él - t - né é G e né r u o T e d r e é bl m e \u2019 d ue q i nd i , - an r a f u l e s p è r s t i .e u g e g a t an v s a e é l t a t s n o l a c , i n emen n er v u o g u d é y o l p em me ç an r e f gu an a l é à l h c a t t s a è r e t e d g â \u2019 al à l é r t n o é à M iv r r , a a ç an r e f l o c é \u2019 é l t n e qu é r s a f i a a et à T w a t t i à O d an r l a g , i e s i o i t î o J n i t s u J e t n o c a r e t d n ie a ét s l i \u2019 qu e p l i c a s f a p t i a t é \u2019 n e a p s l è r p «?A .é t i al g é \u2019 et l t n e i a r e t i b ha o c nc a r f , s nc la B ou s s l i \u2019 qu s, t an t i ab h r u e é r e c t d i a v ê r s R i u o e L é n r u jo e r êt \u2019 s d - a c t , e et s i a , s n s a i o r n o .S e s i - n o r o i t i l t an n e t n i a m t i a i f , qu n o s hn , e g u o e R r iè iv a r l e s d i ét s M e r i d e s d e r t ê c an s e r m u o e , c l ie s R i u o e L n d o s i a d n ct e p s e r e l ns da e bl m e ns e , s e n ho p o l g n a ou s e n ho p o s i t é M s, n ie d n i r é m A t n oie s e s l u o ù t a o b o t i an n M e n o h p o c an r s f i ét e M l.C ie n io t a n r e t n i \u2019 e à l nnu o c e S n i l o ar e C nn ie d a c a s o p m o c - re u te u a \u2019 L v r e s s e r d i n e t b ie et o v e t n i a r m u o n p ie d i t o qu a n i d r o a r t x s e e s o h s c e d an r s F e .L ie m é d a c A r ta S é à p i ic t ar p s r u e l l i a \u2019 d a qu i d n , i a d a an e C s l r e v e qu e c t d û ff a \u2019 s à l n i o m m s y s - r a e p r o n h p o c s é r p r p p a o C «  - ar a p e à s c â r al g t an n e t n i a , m ie o v a te rè p r te n i - e c i r t i .» s i a ç an r n f s e e ic n e e r u t l u r c u e r l i n t au n e t t a e b s et s e r i t n o s f n ie d a an C - o c e d 2 1 0 e 2 r u t u o m a l i , qu et d u an A y r e B - a r e à t s s a e p i s s e m m o s s u o , n e s i m é \u2019 l s an e d t n o c a , r » e  n o u t l u c a l t n o d s, y a p u a s e t n e c s e t n e r é f if d s e l ur s e dr n e s v i a l u o , je v n ie d a an e C m m o s c e et l e r oi t s i h qu s, i ét s M e n u je s s i a n e e r n t u i o v e s d i a , m s e c a r t et r c u o l p i a v a r t o .M e qu o p é \u2019 e l d a t p n ie a t n e s é r p m o s c é r é d i s n o c g m an s r u e c l e v A r c u e s s r a a m s e c n io s - an r f e r s e ur lt u t n e m i a r » .  s e r êt c s an r u e e l s d t a b m r u e e l r d n e r p m o t c n e l u e v i s e z l e h é c t r ie a f e l e d c an n , o s e é s ann e qu l e s qu i u p s e é d s s i a a a l .Ç n o s i a e r t n o du s r e e a p r è p - d n a r n g s i a l g an a d a an du C al é d i \u2019 l s - e e r s n l .I s r u p m s i e e d m t n ie a t é s i t é M s e l , é g an l é .e qu o e p g a nn o s r e e p t et r c e gu é t l i a l u o l v i \u2019 et qu s e i a ç n a r e f e l é qu s i al é l a r I qu i l xp , e e n o h p o l g e an c an n i m n u s an d e r iv v e e d c r o f s qu i a ç n a r e f e l r d n e r p p a é r an f n s e e u s l a e i \u2019 qu s r o «?L .s e n o h p o c n a r f s t n e r a p e f s l i r p p t a n a t r u o t p i a v a s e e à s r u t l u e c e s s e h c i e r n t u s .et d u an A y r B e - i m o d é r p à u ie l du à r e t p i a v l a i \u2019 e é d d i c é l a d , i s t s e e s s d i a ç n a r e n i t a , p an h k C ic r t a P .é f a e c l p m i n s r u e d ê , m s i a ç n a r n f s e e ic v r e s ujo o t t i a v e e d l l e \u2019 et qu e b c n i v o r e p l u e a s s l an d a l t i a v a e l l e \u2019 u q , t an f n e e v u o t s i a s i i d u e l r è a m s e r l l , e e l a r né é G e né r u o T s d r o .L é t i al é e r t et n c ie b e c oi V he T n à io t a p i ic t n mu c e r i d i ust J e \u2019 C a n a c s r e v c an r f u s p e im t d é m s u l e p e l qu i t s i t r ar u - n a m m o r c u o e p m s e r d e d an m e s d r u , s y a e du p gu n i l i e r v vi e d e c an h c t i a e ét l l e \u2019 qu s r o , l t n t n e m m o e c t n o c a e à g a s s a n p o e s e n ar c n , i e c an r n F e an du M s e gu n i l i s b é t i l a p i ic t a i c o s s A \u2019 e l l d a r é n é r g u e t oph c n a r f s i t é M n u , on s n oh J n a e b al d v e h n c s u r u e l l i a \u2019 t d s e.n n e i d o c an r a f s l an r d i r v u o c é é à d t i e u ut o t t i a n f l y a e .I e n o h p o a c e à l n u s je è r i t s n i r a i r v u o \u2019 x u e c n a h c s è r t t n a n e t ain m qu s, an 8 2 e d e qu i p m y l o é l l i a a n m , u r e h c u o B t a s i e e qu t c s e \u2019 C h c n u à t n e v u o s s le , s e hon op l g o n i s m r u ie s u l p s e g a s i v s r u ie s n o h p o c an r f a L A R F A L D E L L E I M S L E a et b o t i s e n d io , e on e e d l l i a t ie n o h p - i e d n e r u t l u ir o v a \u2019 d - s e \u2019 s i - o c an r f s ( oi k s a s an r n f ie ic g r e g o t à R n e m m a t o é n iv r r .e gu n a l r u e l e r d r e p e d u e v e i s s u a t on s s e on h op c n a r f - an \u2019 s d é r u o t n , e r .O s é t i r n i e s n o s n e e l l i e u c c a et - u l p c n o d a e nn ie d a an c ie E I H O N P C O N S E G A S I V n i s u o c s o n t n o s s n ie d a an C nn ie d a an ie c n o h p o c an r f s du r e h c o r s p u l e p r n et êt oi s n e r n p , e c e b é u s au Q i qu c a t o s n n i o u m e n p e u r d n e r p d n O « .n io t a r i p s n i \u2019 d e c r u o s e s g e n c u e et a v d u an A y r B n o h p o c an r f a l e d s e u s s i s c e t u o t t an r v u o c é n d E e?!?» qu i f i n g a t m s e \u2019 .C s t an f n e n ie b s, e h c o r p s - o c an r s F e .L e a e l e d t s e e g a t n a v a e d r d r u o e p gu an e l r e r êt - t u e p t i a r v e e l ab t i r é e v n s u n , e nn ie d a an c ie s e nn o s r e s p e le ie d a an e c r oi t s i h \u2019 l e é d r t i t Cr ancophone e ic v n ie i b s s u t a s , e e nn s fr s liens en éer de s n d io t a r é d é a F e l t d n e d i s é r p - e tr ab é t i a é s qu i a m e t qu i t a r e p n u e r i p e qu m m e f a r s l n a e d g n o l p d o s i p n é s u an D s ab ujet s s e L ab i h e qu n o h p - m o s c e 1.8 9 1 n c e e b é u Q u ie a l o , a d a an u C e a t an r u o s c è r , ux o p n é o e s m d o e n d l n a e l e et d g a i r a é du m t i al é s u o l n l e b p am a C i d a , N e .e g ar s l è r t t n e s s i t a s r é d r o i , qu ) an w e h c t ka s a n S e e t i l p i \u2019 s qu a s p i a n i g a m i \u2019 e m n r d u e t a n am s u i u i s oi qu M o h p o c an r é f t au n u m m o c a l y i \u2019 qu t r e v u o c é d e m ê m r t B i o r , c e h c o r p ap e r n s o s au C r u e l l i t a i e v i s e qu r c u s a ç an r s F e t l n o e s e l s qu u l p r i o v t y a i a v u o , je y e k c o e h g.e p i nn i e à W n e s s o r e g n u t i a v i a \u2019 .J et d u an A y s u l , p a d a an » e?!  c an r e F s d i v a n u r B u- a e v u o N , à S o i r a t n n O e t d i o n s o \u2019 u Q s e t n i o rs p u e i s u l c p e n u e v u o r t e r on , k c i w s b l n A e e r o d i s I - t n i a o d à M En - e l i e M s l n a .n u m m o n c on h p o c n a r f e d e l u o f e n a o t c n o u à M a o t r e y r u b s e k w a , à H l a é r t n r a f e l n d i e au s ho p o nc a r f is t é M e b r l u o t p n e m o J n i t s u J r u o P an r io f ar t n O \u2019 e l d m m a t o r n e nn o d e n r e v u o e g u l v F s e l r u o p r i o n l a ét , i r û n s ie t b E s e u , e nn ie d a an ie c n o h p o c an e ac l p r u le t n e v ou r t s e n s e e l r qu u o e et p m s i gu n i l i - am t o n t a b e s i qu , n o s hn .s i a ç é t i s r e iv n U \u2019 jet d o r e p t l n e - an d ab r o g F u o e D t d n e m t n o i qu , s n ie ar t n O - o c an r e n m o t au \u2019 e l n d io t s e é qu t qu \u2019 t c .E t l i t n o c a , r » n  io g é e r m ê a m l s h l i \u2019 e qu c ar i p u z l e h e c t t u l e ] à v n o d a N r [ ie iv l e O t s i r i a i , qu io d a io R d a e R s d u b r a u e p p a e r u l ç e n a r «?O s?! é t i s nu i n o s c n e i s l e r d e s s i e t s d i m e é n u je e t u o a t l , à j é t d E g?!?» e p i nn i e W s d et J e l i m r a p s one ph o c n a r f s de t b é n d \u2019 et d u an A y r e B s an t d n e t i ab a r l e t u o c r é i n - o m hu \u2019 é l t i v n - o c a n J e i d a c s i o f r a \u2026 p s et r c - r e a p n io s s i m s de s n a s i t r a p s o b t u al S et à lé a é s r c Su m o s, c e r t au e r t n , e t an v s oi c é b é u n Q , u t e d u A l y a l , i d r o b a \u2019 .D a r é m a c v i e d p i qu e é n i u n u é r r n F e u m ê m - i u , l e l ra f e h c n e r u e t c a d é r et e B p p i l i h .P r e i v n a n j e é G e né r u o T n io s s i m é \u2019 l s l e r d e é r r c u o t p s e \u2019 C o \u2019 u q c au n n o d qu é \u2019 l s g e d e à T l u o r r u o T e \u2019 C du p e d r o c qu i d n i s é t ô s c e .À s r u o nj r à u e qu i n o hr e c m - a ar p u a u a v n o \u2019 qu n a y r r B u e t a m i n a \u2019 a t l an v e e d ié f i s r e , a n ie r a t n O - o c n a - né é G e né r u o T e d r u e t c du o r , p et n r u r u e jo u l v a e l a r né e ux qu e e r t n s e n ie m é \u2019 l e d s é t vi n i s e l e r v u o c é d n d r r o u e t l an v e , d l e r u t a c n e r é f n o c o é d i a v e l s i l i t e u p i e du C r t au \u2019 t à l u o n b u \u2019 s d n e c a e f r d n joi e r r u o .P o t n o r o g a n r u o e t t l n o , d le a r é n é G e é n s s i s m e e d n u \u2019 t l n e m e t s u t j s .r i r v u o c é s à d y a o c an r s f n i o ux c e r b m o e n 8 an , à 2 i et qu d u an A y r e B n o h p o c an r s f i t ar r p i o v u o P «  i n g i é s a ét e l ra e à l g a s s a n p o s n io s s i , r u e t a n i t s e \u2019 .C e , a d a an t n e m e l i - é e d e s e s d n io s e n o h p - n , a e s e e d c an t r o p m i \u2019 e l s et d e - é s M e t d n e m e t r e v u r o e l .f i t a ic f - né é G e né r u o T n io s s i m é \u2019 e al r é n é e G é n r u o T a ux f ie e m vie d n n a e o \u2019 qu t b s e \u2019 .C s y a e p s l r e v a r à t r êt \u2019 é d t r ie e f n e u t u o y a t ie d v r u s a e l e d l l i a t a b a e l d an A y r e B qu i d n , i ] e l a ér én G d a e c s l an d r [ e r t n o c n e à r e g g u s s e r d e y o v n s e u o n e f n d i e l t p i o n v , o à j é D «  s e e n an o g n r e » .  e r t î a nn o e c r i e t c s e \u2019 au et c e e n o h p o c n a r e f l , i e gu n a a l e l à l e d - u .A et d u e né r u o T e e d r s n e e g s d n io t s s e n o h p o c an r .u u e c e je n e qu nn ie d a an c v u o c é t d n o e f s m l I «  s i v o r p m i \u2019 e d p u o r du g o t , s e air in l ip c s di i t ul m N r ie iv l O et l l e b p am C o c an r s F e e l v u o r et n r o n î a r t i p qu c e v a ar e P a n Ç Ç «  , » s  a s p i a s s i a nn o - o c an r é f t i l a é a r r l i r .e n i é t o r p m n I io t a s e r b m e m x u e d s u s e t s i t ar s e d , n o d a a i d a s N n ie ar t n O - , . » t s e u n Q o k u au Y e h e c e d s r u o a c t à l i a p i ic t ar u r B - u a e v u o N du c du e i L m é R n d r e e l ar u p n a p , o e l p m e x s h o r n i r v u o \u2019 et d m r e s p u o a y r e B m r i ff , a e m r a h n c o a a s g st une section qui r Bis e au n o s u l P «  .l i - t - e m a l c s h è r t t n ie a r e s s c i u e et je s r i a n t qu n e m i a r t v s e \u2019 c y a e au p l ô r r u e l e s d n ie , k wic s n t c e r i .s n o z i r o .et d u n A .oir v De édaction du La r s oduits pour de us pr en s cont oupe de egr e c an s s i a nn o c s o n e t n e m - x e \u2019 » s !  a r ç i o e v ux d e r u e s e r êt c s an e e m n qu i a t r e - i d r o a r t x e \u2019 e d s o h e c qu l e , al n o i t a au n e t a l n p r u u s s oduction de ce é impliquée dans la pr s ét a pa \u2019 n s gens de che .s annonceurs s lieux et le ent le sent é s qui pr y du pa ournée sions t s émis se de opo V pr nis T U 2 h i à 2 d e r c r e é le m s u ff i d , .us en s cont .z nous e coins tr ux qua s a . M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale E n vue de faire découvrir de nouvelles expressions de langue française et d\u2019enrichir au passage nos interactions quotidiennes, l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) est allé chercher la chroniqueuse Catherine Ethier pour produire Le petit guide du parler formidable, sous forme de capsules vidéo.Celles-ci portent sur un sujet chaud \u2014 mais abordé avec humour \u2014, à savoir celui de se faire servir en anglais au restaurant, au magasin et au café.Le Devoir a rencontré la chroniqueuse.Pourquoi avez-vous accepté de devenir le visage (et le cerveau !) derrière Le petit guide du parler formidable ?Je trouve que c\u2019est une belle façon de se battre pour le français, quelque chose que j\u2019essaye de faire d\u2019une certaine façon dans tous mes mandats.On me dit souvent que je parle comme un dictionnaire, mais ce n\u2019est pas un personnage, c\u2019est ma façon de m\u2019exprimer.C\u2019est intéressant aussi parce que les capsules sont un peu funny, dans la légèreté, alors que les gens se fâchent souvent lorsqu\u2019il est question de parler français.Et vous, comment réagissez-vous lorsqu\u2019on vous sert en anglais dans un commerce?Je suis toujours polie, mais je réponds en français.La plupar t du temps, la personne comprend et je trouve qu\u2019il n\u2019y a rien de plus charmant que quelqu\u2019un qui fait un effort pour essayer de parler en français.Plus jeune en revanche, j\u2019étais intimidée lorsque les gens me parlaient en anglais et j\u2019avais tendance à répondre en anglais en m\u2019excusant de mon accent.Je trouve qu\u2019il faut plutôt être fier de parler français et qu\u2019on a tendance à plier un peu trop facilement lorsqu\u2019une personne parle anglais.Avez-vous rédigé vous-même les capsules ?Oui ! L\u2019OQLF m\u2019a laissé beaucoup de liberté.Il a accepté mon ton un peu décalé.F R A N C O P H O N I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 6 De 1987 à 2018 le Programme a permis d\u2019offrir près de 2,700 bourses à des personnes quali?ées provenant d\u2019institutions des 37 pays béné?ciaires de la Francophonie.Le PCBF atteint ses objectifs attendus grâce à l\u2019excellence de ses candidatures (95% de taux de réussite) et la réinsertion de ses boursier-ière-s au retour (85% réinséré-e-s dans les six mois de leur retour).www.boursesfrancophonie.ca RENFORCER LES INSTITUTIONS Catherine Ethier : pour l\u2019amour de sa langue Le Centre de la francophonie des Amériques, situé à Québec, constate la vitalité de la langue française et même, parfois, un regain d\u2019intérêt à son égard dans différentes régions.M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale L e documentaire Zachary Richard, toujours batailleur explore la résistance acadienne à travers l\u2019histoire sur les lieux où ont vécu ses ancêtres, de la Nouvelle-Écosse en passant par l\u2019Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et la Louisiane.«Le français aurait pu disparaître en Louisiane et, d\u2019ailleurs, il a déjà été interdit de le parler, mais on voit actuellement que la communauté franco- louisianaise retrouve sa fierté et le besoin d\u2019af firmer sa langue et sa culture», indique Johanne Whittom, pré- sidente-directrice générale du Centre de la francophonie des Amériques, qui a pour mission de renforcer les relations entre francophones et francophiles à travers les Amériques.Plusieurs initiatives politiques ont été réalisées en Louisiane pour assurer les droits des francophones, notamment l\u2019obligation des commissions scolaires de créer un programme d\u2019immersion lorsque les parents de 25 enfants en font la demande.Des mesures ont aussi été prises pour éliminer les listes d\u2019attente.En devenant membre du Centre de la francophonie des Amériques, ce qui est gratuit, on a accès à ce film et à d\u2019autres, de même qu\u2019à une trentaine de livres numériques d\u2019auteurs francophones des Amériques.Si on s\u2019abonne aussi à la bibliothèque, on a accès à 12 000 livres, allant du roman au livre de cuisine, sans oublier la bande dessinée et le livre historique.« Nous souhaitons rejoindre le plus de francophones et de francophiles sur l\u2019ensemble des Amériques par nos différents programmes et activités», explique Johanne Whittom.Par exemple, pendant le Mois de la Francophonie tenu cette année au Centre sur le thème «Ensemble pour une francophonie solidaire dans les Amériques», plusieurs activités sont organisées, comme le concours « Slame tes accents » à travers les Amériques.Quelques rendez-vous littéraires sont aussi organisés, comme celui avec Kim Thùy et les étudiants de l\u2019Université nationale autonome du Mexique le 27 mars, par vidéoconférence.Des francophones et des francophiles dans des endroits étonnants Des étudiants qui parlent français au Mexique?Tout à fait ! Le français est très présent aussi dans les Caraïbes en raison du mouvement de colonisation français avec les départements et régions d\u2019outre-mer que sont la Martinique et la Guadeloupe, puis les collectivités d\u2019outre-mer que sont Saint-Martin et Saint-Barthélémy.Sans oublier Haïti, bien sûr.« Nos membres viennent d\u2019ailleurs en grande partie du Canada et d\u2019Haïti, même si nous en avons vraiment partout dans les Amériques, continents qui comptent 33 millions de locuteurs francophones, précise Johanne Whittom.D\u2019ailleurs, c\u2019est méconnu, mais plusieurs pays enseignent le français dans le système d\u2019éducation publique, comme le Costa Rica et la République dominicaine.» Les livres numériques en français du Centre de la francophonie des Amériques peuvent d\u2019ailleurs apporter une grande aide aux apprenants.« Grâce à la technologie, nous arrivons à soutenir l\u2019enseignement du français, alors que les outils pédagogiques dans la langue de Molière sont rares dans bien des régions des Amériques, note Johanne Whit- tom.Nous avons même des clubs de lecture dans des écoles membres de notre bibliothèque, qui ré- ser vent des livres gratuitement pour leurs élèves.» D\u2019après le Centre de la francophonie des Amériques, parmi les apprenants français dans les Amériques, 54 % proviennent du Canada, 30 % des Caraïbes, 8 % des États-Unis, 7 % de l\u2019Amérique du Sud et 1 % de l\u2019Amérique centrale.Les francophones sont aussi très présents aux États-Unis, à l\u2019extérieur de la Louisiane.Le Centre précise qu\u2019on en compte plus d\u2019un million en Californie, dont près de 100 000 dans la Silicon Valley, où se trouve une forte concentration d\u2019entreprises en technologies numériques.La Floride est aussi un lieu important pour la francophonie avec plus de 200 000 immigrants francophones en provenance du Canada, plusieurs centaines de milliers d\u2019Haïtiens et près de 50 000 Français.CENTRE DE LA FRANCOPHONIE DES AMÉRIQUES Un français bien vivant, du Canada à l\u2019Amérique latine 33 millions C\u2019est le nombre de locuteurs francophones qu\u2019on retrouve dans l\u2019ensemble des Amériques.Catherine Ethier MARIE-ÈVE LEVESQUE Le français est très présent aussi dans les Caraïbes en raison du mouvement de colonisation français avec les départements et régions d\u2019outre-mer que sont la Martinique et la Guadeloupe, puis les collectivités d\u2019outre-mer que sont Saint-Martin (notre photo) et Saint-Barthélémy.ISTOCK Vous êtes dans différents médias, que ce soit à Gravel le matin à ICI Première le vendredi, ou dans le journal Métro, où vous maniez le verbe avec brio.Mais cette carrière n\u2019était pas tracée d\u2019avance pour vous.Quel a été votre parcours et comment êtes-vous tombée amoureuse de la langue française?J\u2019ai toujours été forte en français à l\u2019école et j\u2019ai toujours aimé écrire et lire, mais je ne baignais pas dans un milieu très littéraire et je ne pensais jamais que je pourrais en faire carrière.J\u2019avais choisi le chemin des sciences, plus précisément de la biochimie, dans le but de devenir médecin.Une catastrophe! J\u2019ai finalement abandonné le baccalauréat pour étudier en publicité.Lors de voyages, j\u2019ai commencé à écrire de longs courriels de groupe sur Hotmail : il n\u2019y avait pas Facebook à l\u2019époque.C\u2019était des récits de voyage où j\u2019exagérais, et je me suis rendu compte que je pouvais avoir un public, que les gens aimaient me lire.« Je sais bien que la vie est très occupée, qu\u2019on n\u2019a pas nécessairement le temps de se mettre de la dentelle sur la noix pour déclamer nos plus belles phrases, mais parfois c\u2019est le fun de faire un petit effort » Vous aimez beaucoup les expressions : quel est votre coup de cœur en ce moment?J\u2019ai toujours aimé porter attention aux expressions.J\u2019habite sur le Plateau, où il y a beaucoup de Français, et j\u2019adore les écouter pour en apprendre de nouvelles.J\u2019écris tout ce que j\u2019entends dans un carnet de notes.Jeune, j\u2019adorais par exemple quand mon grand-père me sortait des expressions du genre : «ce n\u2019est pas lui qui a inventé les springs après les sauterelles », pour dire que ce n\u2019était pas quelqu\u2019un de très brillant.Récemment, j\u2019ai appris cette expression en vieux français que j\u2019aime beaucoup: «y a fait un petit bout sur le poil des yeux.» Ce qui signifie qu\u2019il est tombé face la première.Il y a plusieurs personnes qui ont fait un petit bout sur le poil des yeux cet hiver ! Ça me rend très heureuse de pouvoir placer une expression de ce genre dans une chronique! Y a-t-il une expression que vous détestez ?Ces temps-ci, le franglais est très présent et j\u2019utilise moi-même beaucoup de mots en anglais dans mes textes pour créer des ef fets et faire rire.Mais on entend plus i e u r s e x p r e s s i o n s c h e z l e s jeunes, comme « I guess que\u2026 » Je trouve ça d\u2019une laideur inouïe ! Ça revient toujours, comme une béquille, et au final, ça constitue les trois quarts du vocabulaire d\u2019une personne.Je trouve qu\u2019on s\u2019assoit par fois sur notre français.Je sais bien que la vie est très occupée, qu\u2019on n\u2019a pas nécessairement le temps de se mettre de la dentelle sur la noix pour déclamer nos plus belles phrases, mais par fois c\u2019est le fun de faire un petit effort.Pour visionner les capsules : https://bit.ly/2HehF4h F R A N C O P H O N I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 7 Jeudi 11 avril - 12h à 14h Présentation du rapport quadriennal de l\u2019OIF Avec Clément Duhaime, Richard Marcoux et Alexandre Wolff Salle Jean-Chapdelaine Édifice Hector-Fabre à Québec Jeudi 11 avril - 19h30 à 20h La langue française dans le monde 2019 Avec Alexandre Wolff, Richard Marcoux et Johanne Whittom Salon international du livre de Québec - Centre des congrès Vendredi 12 avril - 10h à 11h30 La langue française dans le monde : qu\u2019en est-il en 2019?Avec Jean-Louis Roy, Richard Marcoux et Alexandre Wolff Auditorium BAnQ Montréal PRÉSENTATIONS DE L\u2019OUVRAGE Plusieurs facteurs sont associés à une plus grande proportion du temps de travail en français.DYLAN GILLIS UNSPLASH Difficile d\u2019imaginer qu\u2019à une certaine époque au Québec, les conventions collectives se négociaient en anglais, même si elles visaient des travailleurs francophones.Et si les choses ont bien changé depuis, c\u2019est en partie grâce aux efforts déployés par la FTQ, qui a joué un rôle clé dans la francisation des milieux de travail.Aujourd\u2019hui encore, l\u2019organisation multiplie les efforts pour que plus de Québécois puissent travailler en français.C H A R L E S - É D O U A R D C A R R I E R Collaboration spéciale U ne étude de l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) réalisée en 2016 indique que l\u2019usage du français au travail est stable depuis près de 20 ans.Cependant, on note une diminution de l\u2019usage général ou exclusif du français au travail entre 1989 (73,4 %) et 2016 (67,3 %).Daniel Boyer, président de la FTQ, refuse de voir ces chif fres comme étant le reflet d\u2019un échec dans les efforts de francisation.Il renvoie plutôt la balle aux derniers gouvernements au pouvoir : « Il y a beaucoup d\u2019efforts qui ont été faits, mais peut- être moins ces dernières années.Les gouvernements en place ont accordé une moins grande importance au français au Québec.C\u2019est pour ça qu\u2019on revendique [à la FTQ] année après année des augmentations de subventions aux organismes qui préconise la langue française.» L\u2019impact du milieu de travail Selon cette même étude de l\u2019OQLF, plusieurs facteurs sont associés à une plus grande propor tion du temps de travail en français.Par exemple, avoir étudié en français, travailler à l\u2019extérieur de l\u2019île ou de la couronne de Montréal, avoir plus de 55 ans ou ne pas occuper un poste de gestion sont des facteurs qui augmentent les chances de travailler en français.En fonction de l\u2019employeur, la proportion de gens qui travaillent en français augmente lorsque ceux-ci œuvrent dans une entreprise privée dont le siège social se trouve au Québec mais à l\u2019extérieur de la grande région de Montréal, ou encore lorsqu\u2019ils travaillent pour une municipalité, le gouvernement provincial, un service d\u2019enseignement public ou privé, un organisme communautaire ou un OSBL.Ces constats ne surprennent pas Daniel Boyer : « Dans tous les cas, comme organisation syndicale, on a un grand rôle à jouer dans le but de permettre non seulement aux gens qui ne maîtrisent pas la langue de l\u2019apprendre, mais aussi de permettre à ceux qui la maîtrisent de pouvoir l\u2019utiliser dans le cadre de leur travail.» Outiller les immigrants Le président de la FTQ est également d\u2019avis que le déclin démographique au Québec complique les efforts de francisation au travail : «Il y a de plus en plus de personnes immigrantes qui viennent travailler ici.On a besoin de cette main-d\u2019œuvre, mais elle n\u2019est pas toujours francophone.Si les immigrants ne maîtrisent pas la langue, il faut leur permettre de l\u2019apprendre.Une intégration réussie, ça passe par la connaissance de la langue d\u2019usage au Québec, et le milieu de travail est l\u2019endroit le plus propice pour l\u2019apprendre.» Pour y arriver, il n\u2019y a pas de solution miracle : il faut donner aux immigrants les outils nécessaires pour travailler en français.Par ailleurs, l\u2019arrivée de François Legault au pouvoir pourrait donner un second souffle aux structures déjà en place: «On a déjà eu des ratés parce que les budgets et les efforts n\u2019étaient pas au rendez-vous.Cependant, avec le nouveau gouvernement, on comprend qu\u2019on veut mettre des efforts supplémentaires pour offrir des cours de français.C\u2019est de la musique à nos oreilles, se réjouit Daniel Boyer.On sent qu\u2019il y a un vent de changement et qu\u2019on est prêt à mettre des ressources, tant financières qu\u2019humaines, sur les cours de français pour les personnes immigrantes.» Depuis plusieurs années, la FTQ revendique des amendements législatifs dans le but de permettre à plus de milieux de travail d\u2019avoir des comités de francisation, mais demande également plus de latitude sur le terrain pour organiser des cours de français là où les employeurs sont moins enclins à le faire.« On va regarder comment le nouveau gouvernement de la CAQ se positionnera par rapport au programme pour la francisation qui sera mis en place.Comme organisation syndicale, on pense qu\u2019on peut y jouer un grand rôle », assure M.Boyer.La plateforme LangueDu- Travail.org, une initiative de la FTQ, est un bel exemple de la façon dont l\u2019organisation et ses par tenaires peuvent contribuer aux efforts des gouvernements et des employeurs pour la francisation.50 ans de lutte pour un travail en français Forte de ses cinq décennies à faire campagne pour préserver la place du français en milieu de travail, la FTQ présentera, du 18 au 22 mars, l\u2019exposition 50 ans d\u2019actions pour la francisation pendant la Semaine du français au travail.«Fernand Daoust, ancien secrétaire général et président de la FTQ, a été non seulement un ardent défenseur de la langue française, mais a aussi été un pionnier de la langue française comme langue de travail.C\u2019est à partir de lui qu\u2019on a fait l\u2019historique de nos actions depuis l\u2019adoption de notre politique linguistique en 1969, souligne l\u2019actuel président, Daniel Boyer.Ça nous a permis de constater tout le chemin qui a été fait en matière de francisation, de revenir sur toutes les campagnes menées par la FTQ, sans parler des nombreuses revendications avec les gouvernements qui se sont succédé et de notre présence continuelle à l\u2019Office québécois de la langue française à titre d\u2019organisation syndicale.Il y a beaucoup de chemin qui a été parcouru et nous sommes très fiers de présenter cette rétrospective.» L\u2019exposition se tiendra dans le hall d\u2019entrée de l\u2019édifice du Fonds de solidarité FTQ, situé au 545, Crémazie Est, à Montréal.Pour un survol des grandes initiatives de la FTQ en matière de francisation, un volet virtuel de cette rétrospective a été mis en ligne à www.ftq.qc.ca/50ansfrancisation.Le défi de travailler en français Pour souligner les 50 ans de la politique linguistique de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, son président, Daniel Boyer, fait un état des lieux du français en milieu de travail au Québec F R A N C O P H O N I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 8 M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale L\u2019 U n i v e r s i t é d e M o n t r é a l (UdeM) est fréquentée par de plus en plus d\u2019étudiants qui n\u2019ont pas le français comme langue d\u2019usage et « il faut être innovant et trouver de nouvelles façons de les accueillir », lance d\u2019emblée Monique C.Cormier, professeure titulaire, vice-rectrice associée à la langue française et à la francophonie au vice-rectorat aux affaires internationales et à la francophonie.Bien sûr, des cours de français existent, mais il faut d\u2019autres façons de donner accès à la langue française, et c\u2019est ainsi que le programme de jumelage linguistique a vu le jour l\u2019an dernier à l\u2019UdeM.«Ce programme fait en sorte de jumeler un étudiant qu\u2019on appelle mentor à un étudiant non francophone qui étudie au cycle supérieur », explique celle qui est également la directrice du Bureau de valorisation de la langue française et de la francophonie.Chaque année, l\u2019UdeM accueille des étudiants qui, en sciences fondamentales, vont venir passer quelques sessions dans un laboratoire ou avec un professeur en particulier.Ce sont les mentorés: «Cette année, ces étudiants proviennent de 13 pays, ajoute-t-elle.Pour eux, le français est une troisième ou même une quatrième langue.» Ce projet de jumelage a été conçu afin d\u2019accompagner les étudiants pour faire en sor te qu\u2019ils puissent fonctionner en français à l\u2019UdeM au quotidien.Les mentors sont aussi des étudiants, mais ils proviennent quant à eux des départements de linguistique, de littérature ou de la Faculté des sciences de l\u2019éducation.« Ce sont tous des étudiants ayant un intérêt pour la question linguistique et, de plus, ils sont rémunérés », insiste la professeure.Si le service est en effet complètement gratuit pour les mentorés, les mentors reçoivent quant à eux un salaire.À raison de deux heures par semaine, le mentor rend visite à son mentoré sur son lieu de recherche.Cette année, l\u2019objectif pour la session d\u2019automne aura été de faire en sorte que l\u2019étudiant puisse fonctionner dans son quotidien d\u2019universitaire, à la bibliothèque, à la cafétéria ou au secrétariat, « pour qu\u2019il puisse interagir en français sur le campus ».Dans le présent trimestre, l\u2019étudiant devra être en mesure de parler minimalement de sa recherche.Il pourrait par exemple présenter une communication en français sans toutefois entrer dans la term i n o l o g i e d e s a d i s c i p l i n e .«Nous cherchons à ce que l\u2019étudiant ait un minimum de vocabulaire général lié à la recherche scientifique », précise Monique Cormier.Vers un élargissement Tout au long de l\u2019année universitaire, les mentors sont guidés par une coordonnatrice, dont le rôle est de donner des formations.« Parallèlement, on a mis en place un projet de création de matériel pédagogique à l\u2019attention des mentors », ajoute la directrice.Ce matériel libre de droits sera prochainement mis en ligne et pourra être utilisé non seulement par les mentors de l\u2019UdeM, mais par toute autre université qui voudrait s\u2019en inspirer.« Un mentoré s\u2019exprimera facilement devant son mentor et va prendre de l\u2019assurance parce qu\u2019une relation s\u2019établit entre eux », affirme la directrice, qui mentionne que l\u2019activité suscite un grand intérêt et que le Bureau de valorisation de la langue française reçoit de nombreuses demandes.Un tri doit alors se faire.Ainsi, les mentors doivent non seulement être issus des programmes déterminés, mais aussi faire preuve d\u2019empathie et d\u2019ouverture.« Plusieurs de nos mentors sont eux-mêmes passés par le processus d\u2019immigration ou de francisation », explique la professeure, qui ajoute que « c\u2019est une expérience professionnelle, mais c\u2019est également une expérience humaine ».Quant aux mentorés, ils devront se plier à un court entretien et démontrer leur motivation.Un contrat moral est signé, dans lequel l\u2019étudiant s\u2019engage à terminer le programme.Parce que celui-ci a très bien fonctionné cette année, Monique Cormier songe à augmenter le nombre de participants l\u2019an prochain.C\u2019est un programme personnalisé qui fait ses preuves et « c\u2019est un moyen de francisation qui s\u2019ajoute à d\u2019autres, précise Mme Cormier.Ça ne les remplace pas, mais ça vient bonifier l\u2019offre qui est proposée aux étudiants».Pour une intégration réussie Un programme de jumelage linguistique, créé à l\u2019Université de Montréal il y a un an, suscite l\u2019intérêt « Nous cherchons à ce que l\u2019étudiant ait un minimum de vocabulaire général lié à la recherche scientifique » J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale L\u2019 année 2018 n\u2019a pas été de tout repos pour les communautés franco-canadiennes et acadienne.À peine élu, le gouvernement conservateur de Doug Ford reniait sa promesse d\u2019appuyer la création de la première université entièrement francophone en Ontario.Cet établissement devait ouvrir ses portes à Toronto en 2020.Le Commissariat aux services français, mis en place en 2007 afin d\u2019assurer que des services soient fournis dans cette langue dans plusieurs régions onta- riennes, passait ensuite à la trappe, tout comme l\u2019aide financière de 2,9 millions de dollars promise par les libéraux au théâtre la Nouvelle Scène (LNS) Gilles Desjardins.Au Nouveau-Brunswick, l\u2019élection du 24 septembre 2018 a finalement débouché, quelques mois plus tard, sur la prise du pouvoir par le Parti pro- gressiste-conser vateur de Blaine Higgs, un unilingue anglophone.Pour la première fois depuis trente ans, le premier ministre de la seule province of ficiellement bilingue ne peut s\u2019adresser à ses citoyens francophones dans leur langue.M.Higgs a déjà été membre du défunt par ti Confederation of Regions (CoR), qui militait contre le bilinguisme dans les ser vices publics.Il a même tenté sans succès d\u2019en prendre la tête en 1989.Minoritaire, le gouvernement de Blaine Higgs doit s\u2019appuyer sur le parti People\u2019s Alliance, dont le programme électoral en 2018 prônait l\u2019abolition du Commissariat aux langues of ficielles de la province, ainsi que celle du réseau de santé francophone et du système de transport scolaire francophone.Le budget a le dos large Il y un trait commun entre ces récentes attaques contre les droits linguistiques des Franco-Ontariens et des Acadiens.Dans les deux cas, des raisons budgétaires et non iden- titaires sont invoquées pour justifier les compressions.L\u2019annulation de l\u2019université francophone en Ontario a ainsi été expliquée laconiquement par « un examen plus détaillé de la situation financière de la province ».Idem pour les autres coupes.Au Nouveau-Brunswick, les militants anti-bilinguisme en dénoncent les coûts pour les finances publiques de la province.« Ce sont les nouveaux habits de la francophobie, tout simplement », explique Serge Miville, titulaire de la Chaire de recherche en histoire de l\u2019Ontario français à l\u2019Université Laurentienne.Au début du XXe siècle, rappelle-t-il, des arguments identitaires alimentaient les mesures anti-francophones, comme la volonté de promouvoir l\u2019anglais et de fonder un pays homogène cultu- rellement et linguistiquement.La francophobie était alors plus explicite, notamment dans les propos virulents de l\u2019Ordre d\u2019Orange ou des catholiques irlandais.I l donne l \u2019exemple du règle - ment 17, adopté en Ontario en 1912.Ce dernier interdisait l\u2019usage du français comme langue d\u2019enseignement et de communication dans les écoles.À l\u2019époque, cette mesure visait directement à contrer le développement d \u2019une communauté franco-ontarienne en plein essor.Des raisons semblables ont présidé La francophonie canadienne aux abois La montée d\u2019un courant politique francophobe au Canada inquiète à l\u2019interdiction de l\u2019enseignement en français après la deuxième année du primaire en Alber ta, en vigueur jusque dans les années 1960.Faire entendre sa voix Une situation que Jean Johnson, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), a bien connue.Originaire de Donnelly, dans le nord de l\u2019Alberta, il se souvient de l\u2019époque où il se rendait à l\u2019école avec ses petits camarades francophones, pour se faire enseigner dans une langue qu\u2019aucun d\u2019entre eux ne maîtrisait.Inutile de préciser qu\u2019il observe avec tristesse et colère les nouvelles attaques contre les droits linguistiques des francophones, qu\u2019il décrit comme une manifestation canadienne de la tentation du populisme.Loin de baisser les bras, il rappelle l\u2019impor tance de r é p o n d r e à c e u x q u i f o n t d u « Québec bashing » ou t iennent des propos anti-francophones ou anti-bilinguisme.« Il faut relancer ces gens avec des contre-arguments, affirme-t-il.C\u2019est justement le rôle de la FCFA de mettre en lumière la richesse et l\u2019importance du fait français au pays et les avantages liés à un Canada bilingue.» La Fédération porte d\u2019ailleurs la parole des francophones jusqu\u2019au sommet de l\u2019État.M.Johnson a récemment rencontré le premier ministre Justin Trudeau, afin de lui confier ses inquiétudes et de présenter sa vision de la dualité linguistique au pays.Au passage, il a réitéré la revendication de la FCFA d\u2019obtenir une révision de la Loi sur les langues officielles.M.Trudeau devrait présenter au cours des prochaines semaines un projet de loi type.La FCFA a dévoilé le 5 mars sa vision des changements à apporter à cette loi, laquelle célèbre cette année son cinquantième anniversaire.La Fédération souhaite notamment la création d\u2019une autorité centrale capable de faire respecter cette loi dans toutes les institutions fédérales et celle d\u2019un tribunal administratif des langues officielles, ainsi que le renforcement du rôle du commissaire aux langues of ficielles.Elle propose aussi que tous les transferts de fonds aux provinces et territoires comportent une obligation d\u2019adopter des mesures d\u2019appui aux langues officielles.Réapprendre à se parler La FCFA travaille également à l\u2019organisation d\u2019un grand sommet des francophones du Québec, des Franco-Ca- nadiens et des Acadiens.Un projet auquel le premier ministre François Legault et Sonia LeBel, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, se seraient montrés ouver ts, selon M.Johnson.Ce dernier rêve d\u2019un gigantesque rassemblement à l\u2019été 2020, combinant fête culturelle et grande conversation nationale sur la dualité linguistique au pays.«Il faut ouvrir un dialogue et créer un espace d\u2019échange récurrent, croit- il.Les francophones ont eu tendance à se concentrer sur leur propre communauté depuis plusieurs années, mais la mobilisation nationale du 1er décembre dernier a montré la force de l\u2019unité.» Cette journée-là, des milliers de Franco-Canadiens de partout au pays sont descendus dans la rue pour manifester contre les compressions décrétées dans les services aux francophones en Ontario.Bien sûr, ce grand rassemblement ne peut que rappeler les états généraux de 1966-1969.Or, ces derniers avaient marqué une rupture entre les Québécois et les Franco-Canadiens.À l\u2019époque, les délégués avaient adopté une résolution désignant le Québec comme territoire national du Canada français.Les Franco-Onta- riens et une bonne partie des francophones de l\u2019Ouest et des Acadiens s\u2019y étaient opposés et avaient eu l\u2019impression d\u2019être abandonnés par les francophones du Québec.«Il est temps d\u2019oublier cet épisode et de recommencer à se parler, affirme Serge Miville.Il faut multiplier les points de rencontre entre le Québec et les francophones du reste du Canada, cibler nos intérêts convergents et nous unir pour créer un meilleur rapport de force.Le Québec gagne quand la francophonie canadienne va bien, et l\u2019inverse est aussi vrai.» F R A N C O P H O N I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 9 Le français, c\u2019est dans l\u2019ADN de l\u2019UdeM L\u2019Université de Montréal promeut une exploration universelle et sans complexe de la langue française.Le concours « Délie ta langue ! » et la consultation « Mon idée pour le français à l\u2019UdeM » ont invité des jeunes à se l\u2019approprier et le public à en conforter l\u2019avenir.francais.umontreal.ca Manifestation à Ottawa contre les coupes du gouvernement ontarien dans les services aux francophones le 1er décembre dernier PATRICK DOYLE LA PRESSE CANADIENNE « Ce sont les nouveaux habits de la francophobie, tout simplement » F R A N C O P H O N I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 10 S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale M obiliser, concerter, former, innover ; le français, outil du développement durable.Tel est le thème du mini-colloque organisé le 28 mars à Québec par l\u2019Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD).Un thème qui résume bien la mission que s\u2019est donnée l\u2019IFDD.Une mission qui s\u2019est élargie au fil des années.Créé en 1988, l\u2019IFDD se nommait à l\u2019époque Institut de l\u2019énergie ayant en commun l\u2019usage du français.L\u2019organisme se concentrait surtout sur les questions énergétiques.En 2013, après le sommet Rio+20 et la préoccupation grandissante pour le développement durable, l \u2019organisme a changé de nom pour celui d\u2019Institut de la Francophonie pour le développement durable.Depuis ce temps, il fait la promotion des multiples facettes du développement durable, de diverses façons.En créant des par tenariats, en publiant des guides (destinés aux décideurs, par exemple), des revues spécialisées et des documents scientifiques et techniques, en français.Ou encore en organisant des événements visant à informer et à sensibiliser le public sur le développement durable.L\u2019IFDD a d\u2019ailleurs été très actif à ce chapitre lors de la 24e Conférence des parties à la Convention- cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP24) à Katowice, en Pologne, en décembre dernier.« Nous avons organisé plus de 40 activités parallèles pour traiter des actions prises en développement durable notamment par nos partenaires et notre organisme en association avec l\u2019Organisation internationale de la Francophonie [OIF], af firme Issa Bado, attaché de programme à l\u2019IFDD.Ces activités se sont tenues au Pavillon de la Francophonie sur le s i te de la COP24.» On y a traité, par exemple, de l\u2019initiative de la Grande Muraille verte qui vise à stopper la désertification au Sahel, ou encore de l\u2019impact des changements climatiques sur la santé.Une autre action importante de l\u2019IFDD est d\u2019of frir du soutien aux négociateurs et des outils pour les décideurs.C\u2019est ainsi que l\u2019IFDD produit depuis des années des guides, en français, destinés aux négociateurs des pays de la Francophonie des conférences de l\u2019ONU sur les changements climatiques, la biodiversité et la désertification.Et cela, afin de les aider à mieux comprendre les enjeux entourant ces rencontres internationales.«Cette année, par exemple, nous avons produit un guide des négociations pour la COP24 et un résumé destiné aux décideurs pour cette même conférence, dit Issa Bado.Puisque cet événement et plusieurs autres se déroulent en anglais, cela aide beaucoup les participants de la Francophonie dont la langue d\u2019usage est le français.» INSTITUT DE LA FRANCOPHONIE POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE Pour un monde plus durable\u2026 en français Il y a 30 ans, TV5 ouvrait une grande fenêtre sur la francophonie.Des regards d\u2019ici et d\u2019ailleurs se sont croisés.Des accents de toutes les couleurs s\u2019y sont mêlés.Plus que jamais ouverte sur le monde, sur sa diversité et sa beauté, au plus près de l\u2019aventure humaine, TV5 continue de voir les choses autrement\u2026 La 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques à Katowice, en Pologne, en décembre dernier IFDD « Nous avons organisé plus de 40 activités parallèles pour traiter des actions prises en développement durable » S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale E n octobre 2018, le Réseau international francophone de formation policière (FRANCOPOL) tenait son cinquième congrès à Dakar, au Sénégal.À cette occasion, il a été question de gestion des risques et des nouvelles menaces.L\u2019organisme qui existe depuis septembre 2008 est l\u2019initiative de l\u2019École nationale de police du Québec (ENPQ), de la Sûreté du Québec et de la Police nationale française.Il a pour mission de favoriser la mise en commun des meilleures pratiques, de partager des expertises et d\u2019of frir des formations.« Avant, il y avait un partage bilatéral d\u2019expertises entre pays francophones, mais depuis la création de FRANCOPOL, ce par tage est devenu multilatéral », explique Pierre St-Antoine, directeur des af faires institutionnelles et des communications à l\u2019ENPQ et trésorier et administrateur numérique de FRANCO- POL.L\u2019organisme a ainsi permis des avancées importantes dans plusieurs domaines liés à la sécurité publique.« Des comités techniques composés d\u2019experts de divers pays francophones ont ainsi rédigé des guides destinés aux corps policiers de ces pays », affirme M.St-Antoine.À ce jour, quatre ont été publiés (ex.: pratiques inspirantes en matière de lutte contre la radicalisation et le contrôle des foules en respect avec les droits et libertés).Selon M.St-Antoine, le réseau FRANCOPOL reçoit aussi des mandats de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF) afin d\u2019offrir des formations ou des séminaires à des corps policiers de pays africains.« Des formations de ce type ont eu lieu notamment sur le ter rorisme, sur le droit des femmes et sur la radicalisation », précise son trésorier.D\u2019autres sont à venir.Pour de meilleures élections Dans un souci d\u2019améliorer les processus électoraux et démocratiques, le Réseau des compétences électorales francophones (RECEF), dont le siège se trouve à Québec, a aussi été créé en 2011.L\u2019une des réalisations de ce réseau a été la publication d\u2019un guide pour les obser va- teurs d\u2019élections par le Directeur général des élections du Québec (DGE).« Le réseau travaille au développement de bonnes pratiques, accueille des délégations étrangères et par ticipe à des missions électorales », indique Michel Constantin, conseiller aux affaires politiques et institutionnelles à la direction de la Francophonie du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.Il mentionne d\u2019ailleurs que des représentants de pays francophones se sont rendus à Québec, lors des dernières élections provinciales d\u2019octobre dernier, afin d\u2019en apprendre davantage sur le système électoral en vigueur ici.« Ils ont été impressionnés par la rapidité avec laquelle nous diffusons les résultats du vote », affirme-t-il.Pour une amélioration du droit Au fil des années, les membres francophones de l\u2019Association internationale des procureurs et poursuivants (AIPP) ont réalisé l\u2019importance d\u2019accroître la présence francophone au sein de cette instance, dont les travaux se déroulent en anglais.En 2009, l\u2019Association internationale des procureurs et poursuivants francophones a ainsi été créée.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales du Québec (DPCP) y a grandement contribué.« L\u2019association a ainsi permis la traduction d\u2019un manuel sur les droits de l\u2019Homme qui n\u2019était jusque-là disponible qu\u2019en anglais », illustre M.Constantin.Dans le but de permettre une meilleure entraide et une meilleure coordination entre pays francophones sur les droits de la personne, l\u2019Association des ombudsmans et médiateurs de la Francophonie (AOMF) a quant à elle été créée en 2009.C\u2019est le Protecteur du citoyen du Québec qui en a été l\u2019instigateur et qui a été chargé de rédiger le projet de statuts.Depuis, l\u2019AOMF s\u2019engage à promouvoir et à défendre la démocratie, l\u2019État de droit et la démocratie dans les pays francophones.La formation et le transfert de connaissances sont au cœur de sa mission.Toujours dans le domaine des droits de la personne, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse s\u2019est investie dans la création de l\u2019Association francophone des commissions nationales des droits de l\u2019Homme.Depuis 2002, elle a pour mission notamment de mettre en réseau des institutions nationales œu- vrant dans le domaine des droits de l\u2019Homme (INDH), de soutenir les INDH, d\u2019aider à leur développement et de favoriser leur création dans les pays où il n\u2019y en a pas.F R ANCOPHON I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 11 900 4,400 51% Un programme qui contribue à sa carboneutralité : près de 4,400 arbres plantés pour compenser 645 tonnes de CO 2 émis.Une stratégie d\u2019égalité en genre (AGIR) qui donne des résultats: 51% des bousier-ière-s sélectionné-e-s en 2018 sont des femmes .Près de 900 boursières diplômées PRÈS DE 2,700 BOURSES DISTRIBUÉES DANS LES 37 PAYS BÉNÉFICIAIRES www.boursesfrancophonie.ca Acteur important au sein de la francophonie, le Québec exerce un rôle primordial en matière de droits de l\u2019Homme, de démocratie et de sécurité publique.Au fil des années, des institutions québécoises ont donné un coup de pouce dans la création d\u2019organismes et de réseaux membres.Coup de projecteur sur quelques initiatives.Le Québec engagé dans la francophonie « Avant, il y avait un partage bilatéral d\u2019expertises entre pays francophones, mais depuis la création de FRANCOPOL, ce partage est devenu multilatéral » Collaboration de FRANCOPOL au projet PAX pour la lutte contre l\u2019exploitation sexuelle des enfants au Maroc FRANCOPOL F R A N C O P H O N I E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 M A R S 2 0 1 9 C 12 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.Lettre ouverte de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, et de la ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel Aujourd\u2019hui 20 mars, plus de 274 millions de locuteurs francophones établis sur les cinq continents célèbrent le fait français, cette langue commune qui nous unit et dont nous sommes si fiers.Notons d\u2019ailleurs que la langue française se hisse au second rang des langues les plus apprises dans le monde.C\u2019est dans cet esprit que le gouvernement du Québec souhaite notamment affirmer son leadership en Francophonie, que ce soit au sein du Canada, des Amériques et du monde entier.Le Québec, un chef de file en Francophonie Le Québec est membre de plein droit de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF).De par son statut au sein de cette organisation, il joue un rôle d\u2019influence, ayant un accès privilégié auprès des chefs d\u2019État et de gouvernement qui partagent notre langue commune.Cette organisation rend possible la signature des ententes permettant, par exemple, à des étudiants québécois de vivre des expériences d\u2019études ou de travail en Afrique francophone ou en Europe, et à des chercheurs et à des étudiants de ces continents de séjourner au Québec.Ainsi se construisent les réseaux qui, demain, feront de notre monde un endroit plus ouvert.Le Québec souhaite contribuer aussi à la modernisation de la Francophonie en mettant son expertise à son service, que ce soit le renforcement de l\u2019État de droit, la protection des droits de la personne et l\u2019égalité entre les femmes et les hommes.Nous sommes fiers de mettre les talents du Québec au service des pays de l\u2019espace francophone pour contribuer au renforcement des capacités en matière d\u2019élections, de formation policière et d\u2019institutions judiciaires.Quelques jours après l\u2019élection du nouveau gouvernement, le premier ministre François Legault participait au XVIIe Sommet de la Francophonie à Erevan et à l\u2019adoption d\u2019une politique sur la transparence, que le Québec avait pilotée.C\u2019est aussi à Erevan qu\u2019étaient adoptées la Résolution sur l\u2019éducation à la citoyenneté et aux droits de l\u2019Homme et la Stratégie de la Francophonie pour la promotion de l\u2019égalité entre les femmes et les hommes, des droits et de l\u2019autonomisation des femmes et des filles.Le Québec et la France Le Québec est le berceau de l\u2019Amérique française et par ce fait même, notre activité internationale se conjugue avec un fort devoir de mémoire.Une responsabilité historique repose sur le gouvernement du Québec pour jouer un rôle important de promotion de la langue française et des valeurs qui y sont associées au sein de l\u2019espace francophone.À cet égard, notre relation directe, privilégiée, stratégique et structurelle avec la France dénote cette priorité commune entre nos deux nations.La lutte contre les inégalités et la création de la richesse pour tous sont aussi des chantiers majeurs de l\u2019espace francophone.La France et le Québec sont des alliés indéfectibles sur la scène internationale pour mener de front ces priorités qui nous tiennent à cœur.Une vision pour l\u2019Afrique En 2019, se considérer un joueur sérieux en Francophonie, c\u2019est aussi faire preuve de leadership en portant un regard plus attentif sur le continent africain.En 2100, 40 % de la population mondiale sera située en Afrique et 30 % de celle-ci aura moins de 35 ans.Sur 88 pays membres et observateurs à l\u2019OIF, 34 sont situés sur ce continent.Il faut profiter du fait que plusieurs pays africains sont membres de l\u2019OIF, ce qui a permis au Québec d\u2019entretenir sur une base régulière des liens directs avec eux.Le gouvernement du Québec sera donc proactif en Francophonie, en s\u2019intéressant davantage à l\u2019Afrique, qui fait face à de nombreux défis sur les plans de la démographie, de l\u2019emploi, du développement économique, du développement durable et de la radicalisation.Les défis de l\u2019Afrique sont désormais ceux de toute la Francophonie.C\u2019est pourquoi nous avons investi près de 67 millions de dollars dans des projets de solidarité prioritaires pour notre gouvernement.D\u2019ailleurs, pour l\u2019année 2018- 2019, 174 jeunes Québécoises et Québécois participeront à un projet de solidarité internationale dans l\u2019espace francophone, notamment en Afrique.Le Québec a des liens de longue date avec l\u2019Afrique et nous allons renforcer nos actions et nos colla borations en appui à nos représentations de Dakar, d\u2019Abidjan et de Rabat.C\u2019est dans ce contexte, et avec l\u2019ambition économique de plusieurs nations africaines, que le Québec se munira d\u2019une « vision Afrique », qui accordera une importance particulière à la jeunesse, au développement économique et à la langue française.Le Québec, leader auprès des francophones canadiens La contribution du gouvernement du Québec au renforcement de l\u2019espace francophone s\u2019exprime aussi au sein du Canada, et nous voulons renouveler nos efforts en ce sens.Au cours des derniers mois, l\u2019attention portée à la francophonie canadienne s\u2019est accompagnée d\u2019un regain de solidarité des Québécoises et des Québécois envers les francophones de tout le Canada.Nous souhaitons que cet élan de solidarité se poursuive et qu\u2019il s\u2019incarne dans des actions concrètes, porteuses de retombées pour les communautés francophones et acadiennes comme pour le Québec.C\u2019est pourquoi nous croyons qu\u2019il est temps, pour notre gouvernement, d\u2019examiner notre rôle dans la francophonie canadienne.Ensemble, avec tous les partenaires de la francophonie canadienne, nous soutenons déjà la vitalité, la promotion et l\u2019épanouissement de la langue française, des cultures francophones et des communautés francophones et acadiennes qui les font vivre au quotidien.Notre politique québécoise de la francophonie canadienne doit bénéficier encore plus à tous ces acteurs.Nous souhaitons ainsi accroître notre leadership auprès des communautés francophone au sein du Canada.En terminant, le gouvernement du Québec souhaite que le français soit une langue porteuse de prospérité pour chacun.Nous voulons une Francophonie forte, rassembleuse, prospère, inclusive, fière de ses différents visages et reconnue pour ses avantages.Sonia LeBel Nadine Girault À l\u2019heure où l\u2019anglais s\u2019impose comme langue internationale, on pourrait penser que le français perd peu à peu du terrain.Or, ce dernier serait plutôt en progression, nous apprend l\u2019ouvrage La langue française dans le monde.C A T H E R I N E M A R T E L L I N I Collaboration spéciale D epuis 10 ans, on dénombre 35 millions de francophones de plus à l\u2019échelle planétaire, soit un total de 300 millions, fait état l\u2019ouvrage La langue française dans le monde, rapport quadriennal de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF), publié par Galli- mard le 3 avril.L\u2019Obser vatoire démographique et statistique de l\u2019espace francophone (ODSEF), dont le siège social est à l\u2019Université Laval, a contribué une troisième fois à cette édition, sa première collaboration datant de sa fondation, en 2009.Son apport à l\u2019ouvrage est significatif : son réseau de chercheurs provenant de 40 pays dans le monde a permis d\u2019ajouter de la rigueur au processus de dénombrement des francophones en fournissant à l\u2019OIF des données de qualité.« Il n\u2019existe pas de recensement international du nombre de francophones dans le monde », souligne Richard Marcoux, professeur titulaire au Département de sociologie de l\u2019Université Laval et directeur de l\u2019ODSEF.Grâce au travail de l\u2019ODSEF, le calcul du nombre de francophones repose maintenant à 93 % sur des statistiques fiables.« Pour un pays comme Monaco qui compte 250 000 habitants, que l\u2019on obtienne des données de 92 % ou de 95 %, l\u2019écart ne gêne pas trop, mais pour la République démocratique du Congo, où les estimations variaient auparavant de 15 à 60 millions de francophones, la marge d\u2019erreur n\u2019avait aucun sens.» L\u2019Afrique, reine du français « Des 300 millions de francophones, 235 millions font partie de ce qu\u2019on appelle la galaxie francophone, soit les pays pour lesquels le français est une réalité, c\u2019est-à-dire où on trouve de l\u2019affichage en français et une population qui le parle », précise Richard Marcoux.C\u2019est le cas de la France, du Québec, de certains pays du Maghreb, comme le Maroc, la Tunisie, l\u2019Algérie, et de l\u2019Afrique subsaharienne.65 millions d\u2019autres font par tie d\u2019un pays où le français n\u2019est pas une langue of ficielle ou n\u2019est pas une réalité quotidienne.Dans la galaxie francophone, 90 % proviennent de l\u2019Afrique, dont 75 % de l\u2019Afrique subsaharienne et 15 % de l\u2019Afrique du Nord.« Cette progression s\u2019explique d\u2019abord par la forte croissance démographique des pays d\u2019Afrique subsaharienne, mais aussi par des investissements majeurs dans l\u2019éducation en français dans des pays comme le Sénégal, le Burkina Faso et le Mali », ajoute-t-il.Tout n\u2019est toutefois pas rose pour cette région qui doit faire face à des enjeux de taille liés à la qualité de l\u2019enseignement et au climat sociopo- litique.« Au Burkina Faso, les écoles se vident par crainte des parents d\u2019y envoyer leurs enfants à cause du climat d\u2019insécurité qui y règne.Même les enseignants ne veulent plus se présenter, car ils sont menacés», note le directeur de l\u2019ODSEF.Si le français en Afrique progresse, les pays asiatiques, eux, sont parmi ceux où la langue de Mo- lière connaît peu d\u2019essor.Il en va de même en Europe du Nord, où des pays comme la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède, qui jouissent d\u2019une langue nationale très forte, s\u2019orientent vers l\u2019anglais plutôt que le français dans l\u2019apprentissage d\u2019une autre langue.Être ou ne pas être francophone Le plurilinguisme prend également le pas sur l\u2019unilinguisme, observe-t- on.C\u2019est pour cette raison que dans les estimations, la langue maternelle n\u2019est pas choisie pour définir ce qu \u2019on entend par « f ranco - phones» dans le monde.« Si on ajoutait cette dimension à la définition, il n\u2019y aurait pratique- m e n t a u c u n f r a n c o p h o n e e n Afrique, soutient Richard Marcoux.Léopold Sédar Senghor et Dany Laferrière, tous deux membres de l\u2019Académie française, ne seraient donc pas considérés comme des francophones !» Bien que l\u2019ODSEF tente d\u2019harmoniser les définitions de «francophones» en les adaptant aux réalités de chacun des pays, des différences demeurent.En Afrique, par exemple, c\u2019est la capacité à lire et à écrire en français qui se révèle un bon indicateur de la francophonie sur ce continent.Au Canada, c\u2019est la définition de Statistique Canada qui est utilisée, soit la capacité de parler dans les deux langues officielles, ce qui correspondrait à 10 millions de personnes.Cela inclut les gens de langue maternelle anglaise, qui utilisent l\u2019anglais comme langue parlée à la maison, mais qui lors du recensement déclarent être à même de comprendre et de s\u2019exprimer en français dans une conversation.De plus, ce n\u2019est pas parce que le français a progressé que cela signifie a contrario que l\u2019anglais régresse.« L\u2019anglais est vraiment en train de se consolider comme langue internationale : elle est partagée par des milliards d\u2019individus comme première langue, mais aussi comme langue seconde et tierce.On est vraiment dans un contexte plurilingue.» Des présentations de l\u2019ouvrage La langue française dans le monde sont prévues à Québec, le 11 avril au Salon international du livre de Québec, et le 12 avril prochain à Montréal, à Bibliothèque et Archives nationales du Québec.Le français se porte-t-il bien dans le monde?« Des 300 millions de francophones, 235 millions font partie de ce qu\u2019on appelle la galaxie francophone, soit les pays pour lesquels le français est une réalité, c\u2019est-à-dire où on trouve de l\u2019affichage en français et une population qui le parle » Vue aérienne du marché central de Bamako, au Mali.Le Mali fait partie de ces pays d\u2019Afrique subsaharienne où le français continue de progresser.MICHELE CATTANI AGENCE FRANCE-PRESSE "]
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