Le devoir, 11 décembre 2019, Cahier A
[" INDEX Avis légaux.B8 Carrières.B7 Décès .B6 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B5 Monde .B9 Mots croisés.B5 Sports .B5 Sudoku .B5 ACTUALITÉS Des accusations d\u2019abus de pouvoir et d\u2019entrave retenues contre Trump | B 10 CULTURE Le bédéiste à la rencontre du bédéphile : Les mômes et les enfants d\u2019abord, le plus récent disque de Renaud illustré par Zep Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.MARIE-MICHÈLE SIOUI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR SANTÉ ET SÉCURITÉ Boulet mise sur les milieux de travail pour évaluer le risque FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR Le programme de protection offert aux membres de Desjardins s\u2019étend à environ huit millions de Canadiens, une décision annoncée par l\u2019organisation lundi après qu\u2019elle a découvert que l\u2019ex-em- ployé responsable de la fuite de renseignements personnels des 4,2 millions de membres particuliers de Desjardins a aussi eu accès aux données de 1,8 million de détenteurs de cartes de crédit du Mouvement.La couverture élargie s\u2019étendra même aux clients de produits d\u2019assurance et de valeurs mobilières.Le président de Desjardins, Guy Cormier, a affirmé que cette découverte est survenue grâce à « l\u2019avancement de nos vérifications et analyses internes ».Il a toutefois répété à plusieurs reprises que les données personnelles de ces 1,8 million de détenteurs de cartes n\u2019ont pas été volées et n\u2019ont pas été transmises à de tierces parties.Ces personnes seront avisées au cours des prochaines semaines.« Nous intervenons de manière préventive dans un contexte élargi, a dit M.Cormier en guise d\u2019introduction lors d\u2019une conférence téléphonique.Au-delà de la fuite de renseignements personnels qui est survenue, il faut voir que nous vivons à une époque où le nombre de données en circulation est en augmentation constante.Les risques courus par les consommateurs, qui sont souvent en relation avec des dizaines de commerces et institutions, sont aussi croissants.» « Aucune carte de crédit n\u2019est compromise », ni « aucune solution de paiement comme Interac ou les cartes de débit », a dit le premier vice-président intérimaire Technologies de l\u2019information, Réal Bellemare.« Les mots VOL DE DONNÉES CHEZ DESJARDINS 1,8 million de détenteurs de cartes de crédit touchés Ces clients bénéficieront eux aussi du programme de protection CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT À LONDRES LE DEVOIR À 48 heures d\u2019une élection qui devrait reporter au pouvoir celui qui avait dirigé la campagne du Leave en 2016, en sait-on plus sur les origines profondes de cette révolte historique qui secoue le Royaume-Uni depuis trois ans ?À droite, on a accusé les partisans du Remain de vouloir continuer à dépouiller le Royaume-Uni de sa souveraineté.À Le Brexit est le produit de la désindustrialisation ÉCONOMIE Le Canada, le Mexique et les États-Unis signent le nouvel ALENA revu et corrigé | B 7 VOL.CX NO 282 / LE MERCREDI 11 DÉCEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ Avec sa très attendue réforme de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, le ministre Jean Boulet veut rendre les programmes de prévention obligatoire dans les milieux de la santé, de la construction et de l\u2019agriculture, a appris Le Devoir.« Dans ces secteurs-là, le nombre de lésions professionnelles [accidents et maladies] est en recrudescence »?; il s\u2019agit de « secteurs à risque », a confirmé le ministre du Travail au Devoir, lors d\u2019un entretien au sujet de la réforme qu\u2019il entend déposer en février.Selon des chiffres fournis par la CNESST, 52 % des « dossiers de lésions » acceptés en 2018 concernaient des travailleurs qui œuvrent dans des milieux où la loi n\u2019oblige pas les employeurs à se doter de mesures de prévention \u2014 comme ceux de l\u2019agriculture, de la construction ou de la santé.Depuis l\u2019adoption de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, en 1979, des «mécanismes de prévention» sont obligatoires \u2014 en tout ou en partie \u2014 dans trois groupes appelés «prioritaires», qui VOIR PAGE A 6 : BOULET VOIR PAGE A 6 : DESJARDINS Nous intervenons de manière préventive dans un contexte élargi GUY CORMIER » Le milieu patronal est favorable à l\u2019approche qu\u2019entend adopter le ministre duTravail ADRIAN DENNIS AGENCE FRANCE-PRESSE VOIR PAGE A 2 : BREXIT WWW.LEDEVOIR.COM ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 11 DÉCEMBRE 2019 * L\u2019offre « Recevez un rabais de 500 $ à l\u2019achat ou à la location » est disponible à l\u2019achat ou à la location de certains modèles 2019 et 2020 sélectionnés.Visitez votre concessionnaire Subaru participant pour tous les détails.L\u2019offre est valide jusqu\u2019au 31 décembre 2019.L\u2019offre de location s\u2019applique au modèle illustré, la Crosstrek 2.0 Commodité 2020 (LX1 CP), à transmission manuelle, dont le prix de détail suggéré est de 25 833 $ (taxes en sus).L\u2019offre de location comprend 208 paiements de 81 $ (taxes en sus) par semaine pour un terme de 48 mois avec un acompte de 0 $.Le premier paiement de 81 $ est requis à la signature du contrat.Le montant total exigé avant le début de la location est de 93,13 $ (taxes incluses).La location est basée sur une allocation annuelle de 20 000 km.Des frais de 0,10 $/km seront facturés pour les kilomètres excédentaires.Les frais d\u2019inscription au Registre des droits personnels et réels mobiliers, les frais de transport et de préparation, les droits spéci?ques sur les pneus neufs et les frais d\u2019administration sont inclus.Le permis de conduire, l\u2019immatriculation (prix varie selon le client) et les assurances sont en sus.Le concessionnaire peut louer à prix moindre.L\u2019offre et les spéci?cations techniques peuvent changer sans préavis.Le ?nancement est offert sous réserve de l\u2019approbation de crédit des Services Financiers Subaru par TCCI.L\u2019offre est en vigueur jusqu\u2019au 31 décembre 2019.Certaines conditions s\u2019appliquent.Visitez votre concessionnaire Subaru participant pour tous les détails.Crosstrek et Subaru sont des marques déposées.Information tirée du site Web Québec Original (quebecoriginal.com).Association des concessionnaires Subaru du Québec LACHUTE SUBARU Lachute SUBARU GRANBY Granby SUBARU MÉTROPOLITAIN Saint-Léonard SUBARU-MONTRÉAL Montréal SUBARU DE LAVAL Laval SUBARU BROSSARD Brossard SUBARU SAINTE-AGATHE Sainte-Agathe-Des-Monts SUBARU SAINT-HYACINTHE Saint-Hyacinthe SUBARU REPENTIGNY Repentigny SUBARU DES SOURCES Dorval SUBARU RIVE-NORD Boisbriand JOLIETTE SUBARU Joliette SUBARU SAINTE-JULIE Sainte-Julie Montant total exigé avant le début de la location : 93,13 $ (taxes incluses).Location basée sur une allocation annuelle de 20 000 km avec kilométrage additionnel de 0,10 $ le km.\u2022 Traction intégrale symétrique \u2022 Moteur Boxer® LA NOUVELLE 2020 $ Transport, préparation et frais d\u2019administration inclus, taxes en sus Prix de détail suggéré de 81$* par semaine taxes en sus 208 paiements à partir de acompte 0$ mois 48 Location de VÉHICULE À ÉMISSIONS QUASI NULLES quebecsubaru.ca Le Québec, c\u2019est 22 marchés de Noël.Une économie nationale à reconstruire BREXIT SUITE DE LA PAGE A 1 gauche, on a répondu aux partisans du Leave qu\u2019ils n\u2019étaient que des nostalgiques de la grandeur perdue de l\u2019Empire.Dans cette cacophonie, la voix de l\u2019historien David Edgerton émet un son différent.Pour l\u2019historien du King\u2019s College de Londres, auteur de The Rise and Fall of the British Nation (Penguin), les racines du Brexit se trouvent moins dans les frictions historiques entre Londres et Bruxelles que dans les choix économiques faits par le Royaume-Uni depuis 40 ans.Le sentiment de dépossession ressenti par toute une partie de la population britannique, dit-il, n\u2019a rien à voir avec la nostalgie de l\u2019Empire, comme l\u2019affirme une partie de la gauche, mais tout à voir avec la véritable disparition du capitalisme national, qui avait fait la prospérité de l\u2019après-guerre.« Vente de feu » « Depuis 40 ans, le Royaume-Uni s\u2019est désindustrialisé à un niveau difficilement imaginable, dit-il.Dans les années 1960, il était aussi industrialisé que la France et l\u2019Allemagne.Il y avait un capitalisme national britannique qui comprenait des industries automobiles, chimiques, pharmaceutiques et aéronautiques.Aujourd\u2019hui, pratiquement tout est disparu.Contrairement à celles de l\u2019Allemagne et de la France, toute notre industrie automobile est propriété étrangère.Les Français nous vendent encore des voitures alors que nous n\u2019en vendons plus en France.Les entreprises qui ont fait la réputation du Royaume-Uni n\u2019existent plus.Imperial Chemical a été vendu en pièces détachées.Il n\u2019y a pas d\u2019équivalent de Siemens ici.Les Français possèdent plusieurs de nos compagnies de transport.Sur certains bus de Londres, on peut même voir le symbole de la RATP.» Pour David Edgerton, cette transformation radicale n\u2019était pas inévitable.Ce fut d\u2019abord un choix idéologique.« Margaret Thatcher avait peut-être un discours nationaliste pendant la guerre des Falklands, mais sur le plan économique, c\u2019était une internationaliste.Elle était radicalement libre-échangiste.Imaginez qu\u2019après avoir été le premier producteur mondial, à la fin des années Thatcher, le Royaume-Uni était devenu un importateur net de charbon.C\u2019est comme si le Québec importait du sirop d\u2019érable ! » Selon l\u2019historien, cette désindustria- lisation radicale s\u2019est faite sans le dire.On parlait de profits, d\u2019ouverture sur le monde, de trouver les meilleurs gestionnaires (les Britanniques n\u2019étant jamais assez bons).En réalité, dit Edger- ton, on était en train de vendre le pays aux plus offrants.« Jusque dans les années 1970, l\u2019équilibre des comptes extérieurs était un indice de la santé de l\u2019économie.Aujourd\u2019hui, il est tellement mauvais qu\u2019on n\u2019en parle plus.» Le mirage londonien Bien sûr, le voyageur qui débarque à Londres n\u2019a pas cette impression de désolation.Mais, dit Edgerton, il ne faut pas se laisser impressionner pas cette prospérité.«Le reste du pays est largement dévasté et abandonné.Aujourd\u2019hui, 35% des Londoniens sont nés à l\u2019étranger.On a assisté à une croissance extraordinaire des services financiers liés à la libéralisation.Avec des emplois très bien payés, qui attirent même les élites étrangères.Londres est une île riche et cosmopolite dans une nation qui va très mal.Le fossé est abyssal.» Comme l\u2019a fait avant lui le sociologue français Christophe Guilluy, David Ed- gerton compare Londres aux cités-États du Moyen Âge.«Ce n\u2019est plus la capitale d\u2019une nation, mais une île, une cité-État mondialisée.Les Londoniens ont voté pour le Remain parce qu\u2019ils sont engagés dans l\u2019économie mondialisée européenne.Les Londoniens savent qu\u2019ils se font soigner par des infirmières nigé- riennes et des médecins espagnols.» Malheureusement, dit l\u2019historien, ni les travaillistes ni les conservateurs ne veulent parler de ce qu\u2019il faut bien appeler la disparition du capitalisme national en Grande-Bretagne.On se tait à ce propos.«Il se peut que des firmes internationales gèrent mieux notre électricité et nos transports, mais cela veut dire que vous n\u2019avez plus aucune indépendance économique.Et cela même dans des secteurs stratégiques qui ont une importance particulière pour un pays.» Or, le plus étonnant, dit-il, c\u2019est qu\u2019on n\u2019a jamais discuté de tout ça pendant le débat sur le Brexit.« Les Brexiters ont parlé de \u201creprendre le contrôle\u201d (take back control), mais jamais de renatio- naliser l\u2019économie britannique.On s\u2019est contenté de s\u2019en prendre à la bureaucratie bruxelloise, jamais au capital étranger.» Malgré les signes contraires que semble donner Boris Johnson dans cette campagne, et auxquels David Edger- ton ne croit guère, l\u2019historien déplore qu\u2019une grande partie des leaders du Brexit veuille encore plus de libre- échange et plus de dérégulation.« Les partisans du Leave ont le sentiment profond de s\u2019être fait voler quelque chose.Ces gens ne sont pas nostalgiques, ils se souviennent tout simplement que le Royaume-Uni a déjà été une puissance économique.» Comme les capitalistes britanniques n\u2019ont plus vraiment d\u2019intérêts nationaux et que ni les travaillistes ni les conservateurs ne croyaient réellement au Brexit, personne n\u2019a formulé de programme pour le mettre en pratique.Voilà qui explique la confusion actuelle, soutient Ed- gerton.Malgré tout, «le Brexit nous a instruits sur cette réalité et nous a montré à quel point notre économie était dépendante.Il faudra bien reconstruire une économique nationale, que ce soit dans l\u2019Union européenne ou en dehors.Ce sera absolument nécessaire.Il faudra bien une politique de cohésion nationale et que l\u2019on cesse de ne s\u2019occuper que des profits immédiats pour s\u2019occuper de la nation dans son ensemble.» Londres, explique David Edgerton, «ce n\u2019est plus la capitale d\u2019une nation, mais une île, une cité-État mondialisée.» DANIEL SORABJI AGENCE FRANCE-PRESS Londres est une île riche et cosmopolite dans une nation qui va très mal.Le fossé est abyssal.DAVID EDGERTON » Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat- Le Devoir. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 11 DÉCEMBRE 2019 I l y a un an, mardi, les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor atterrissaient dans les geôles chinoises.Une année passée en détention arbitraire, accusés faussement d\u2019espionnage, en véritables otages d\u2019un gouvernement n\u2019ayant cure de la primauté du droit dans sa réplique à l\u2019arrestation de la numéro deux du géant chinois des télécommunications Huawei par le Canada à la suite d\u2019une demande d\u2019extradition des États-Unis.Alors que la directrice financière Meng Wanzhou, bien défendue par ses avocats, attend de connaître son sort confortablement installée dans sa riche résidence de Vancouver, peignant et lisant pour se distraire, les deux hommes sont incarcérés dans de dures conditions, sans contact avec leur famille, privés d\u2019avocats et avec un accès restreint aux services consulaires canadiens.Mardi, le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé que l\u2019enquête sur les deux Canadiens était terminée et que leur dossier avait été transmis aux procureurs.Ce qui ouvre la voie à un procès qui peut prendre, selon l\u2019ancien ambassadeur canadien en Chine Guy Saint-Jacques, jusqu\u2019à 24 mois pour aboutir.Les représailles de Pékin ne se sont pas arrêtées là.La Chine a bloqué les importations de porc et de bœuf canadiens jusqu\u2019à tout récemment et maintient toujours son interdit sur le canola des Prairies.Le Canada poursuit ses démarches discrètes pour faire libérer les deux Michael et résoudre les autres conflits, mais chaque fois qu\u2019il se plaint publiquement de ces « détentions arbitraires », l\u2019ambassadeur chinois au Canada y va de ses avertissements.Du chantage ! En s\u2019en tenant à la primauté du droit et en laissant aux tribunaux le soin de juger de la justesse ou non de la demande d\u2019extradition américaine, le Canada est devenu malgré lui une victime collatérale de la guerre commerciale que se livrent les géants américain et chinois.En touchant à Mme Meng, le Canada a touché au fleuron chinois Huawei, une entreprise qui rêve de devenir le numéro un mondial des télécommunications.La compagnie, avec la bénédiction de Pékin, veut être associée au déploiement de la technologie sans fil de 5e génération (5G) dans le plus grand nombre possible de pays.Les États-Unis ont refusé, invoquant le danger pour leur sécurité nationale.D\u2019autres alliés du Canada les ont imités, mais Ottawa tarde à se décider, ce qui s\u2019ajoute aux motifs de l\u2019intimidation chinoise.Le climat de tensions entre le Canada et la Chine et les atteintes croissantes aux droits fondamentaux dans ce pays ont provoqué de multiples demandes en faveur d\u2019une révision de la politique canadienne face à Pékin.M.Saint- Jacques est du lot, comme les partis d\u2019opposition à Ottawa.Le Parti conservateur a présenté et fait adopter mardi une motion exigeant la formation d\u2019un comité parlementaire ad hoc pour effectuer cet examen.Le Nouveau Parti démocratique y était favorable, le Bloc québécois aussi, mais aurait préféré que la motion n\u2019exige pas que le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et l\u2019ambassadeur canadien en Chine témoignent.Le député bloquiste Stéphane Berge- ron craignait que ce passage prévu par les conservateurs ne fasse que braquer les libéraux et serve seulement des intérêts partisans dans un dossier qui ne doit absolument pas l\u2019être.Les libéraux, eux, ne s\u2019opposaient pas à un examen, mais estimaient que les comités existants pouvaient se charger du travail.L\u2019avantage d\u2019un comité ad hoc est de garantir la tenue de cette étude nécessaire, mais pour être utile, l\u2019exercice ne peut, en effet, être entaché de partisanerie, ce qui est loin d\u2019être assuré.Si tel devait être le ton, le comité pourrait être plus nuisible qu\u2019autre chose.Le Canada a besoin de projeter un front uni, surtout s\u2019il veut se montrer plus ferme face à l\u2019actuel gouvernement chinois, ce qui s\u2019impose.L\u2019autoritarisme du régime chinois n\u2019a fait que s\u2019aggraver sous la présidence de Xi Jinping : surveillance endémique de la population, répression des dissidents politiques et du mouvement démocratique à Hong Kong, détention d\u2019un million de membres de la minorité ouïghoure dans des camps de rééducation\u2026 De l\u2019avis de Guy Saint-Jacques, Ottawa doit adopter une politique qui tient compte de ce contexte politique et être prêt à défendre ses valeurs sans céder face à l\u2019intimidation de Pékin.Il doit aussi faire preuve de plus de vigueur face à l\u2019ingérence chinoise au Canada, où des agents surveillent des réfugiés ouïghours et interviennent pour empêcher ou perturber des manifestations en faveur du mouvement démocratique à Hong Kong.Le Canada n\u2019a pas le poids des États-Unis pour tenir tête à la Chine, il doit pouvoir s\u2019allier à d\u2019autres pays, qui ont toutefois leurs propres intérêts.L\u2019ancien diplomate convient que « la Chine a réussi par le passé à diviser pour régner », mais il note un début de remise en question dans certains pays.Aujourd\u2019hui, Pékin ne craint pas la méthode forte pour faire plier des pays moins puissants.Le Canada, qui a longtemps su trouver un juste équilibre entre ses intérêts économiques et la promotion de ses valeurs en Chine, est devenu une cible.Comment répondre sans couper les ponts ?Voilà la difficile et urgente question à laquelle le comité pourrait aider à répondre.S\u2019il est prêt à le faire sans cacophonie.Hausser le ton MANON CORNELLIER Le premier ministre François Legault, en mission économique en Californie, a rencontré mardi des représentants de Google.AMY OSBORNE AGENCE FRANCE-PRESSE MARCO BÉLAIR-CIRINO À MOUNTAIN VIEW, CALIFORNIE LE DEVOIR Le premier ministre, François Legault, a appelé à la prudence les défenseurs d\u2019un impôt sur le revenu des géants du Web à sa sortie du quartier général de Google, en Californie, mardi.«Je leur ai dit [\u2026]: «Nous, ce dont on s\u2019attend à faire avec les pays de [l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)], en 2020, c\u2019est de trouver un moyen de taxer la partie de leurs activités qui est faite au Québec», a-t-il déclaré à la presse, tout en pointant le Googleplex, où il avait rencontré quelques minutes auparavant des patrons de la multinationale.«Il faut être prudents.Il faut le faire ensemble», a-t- il poursuivi, demandant de «ne pas prendre de risques inutiles».Or, le gouvernement fédéral compte rapidement imiter la France, qui prélèvera un impôt sur les revenus bruts des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), et ce, au grand déplaisir de Donald Trump.Le Parti libéral du Canada a promis d\u2019instaurer une taxe de 3% sur les revenus au-delà de 50 millions de dollars générés au Canada par les médias sociaux, les moteurs de recherche et les marchés en ligne dont les revenus mondiaux excèdent 1000 millions.Ottawa pourrait engranger des revenus de quelque 500 millions en 2022-2023, a indiqué le Directeur parlementaire du budget.Le Québec réclamera sa «part» de ces recettes, soit la «même» que ce qu\u2019il tire de l\u2019impôt sur les sociétés, a précisé M.Legault.«Disons que c\u2019est [environ] moitié-moitié», a-t-il dit.« Est-ce que M.Trudeau veut agir seul ou il attend l\u2019OCDE pour ce qui est de l\u2019impôt sur les revenus bruts, pour compenser le manque d\u2019impôts sur les bénéfices des sociétés GAFA ?» a-t-il demandé aux journalistes.Le premier ministre québécois aura l\u2019occasion de poser lui-même la question à son homologue fédéral, Justin Trudeau, lors de leur première rencontre postélecto- rale, à Montréal vendredi.D\u2019ici là, il propose à M.Trudeau de s\u2019affairer à percevoir la taxe sur les produits et services (TPS) sur les ventes des GAFAM.François Legault a souligné à gros traits mardi que le Québec exporte davantage de biens et de services aux États-Unis qu\u2019il en importe.« Donc, on aurait beaucoup à perdre s\u2019il y avait des représailles contre le Québec ou contre le Canada », a-t-il dit, avant d\u2019ajouter : « Par contre, c\u2019est vraiment injuste présentement que les impôts des compagnies GAFA soient seulement payés aux États-Unis.» D\u2019ailleurs, M.Legault a dit avoir « senti » de la part des dirigeants de Google « une ouverture à dire : il y a une partie des impôts qui seraient payés dans les pays où on a des activités plutôt que de payer tous nos impôts sur les profits aux États-Unis ».Immanquablement, le fisc américain devra faire une croix sur ses recettes fiscales, selon lui.C\u2019est le vice-président principal aux affaires mondiales de Google, Kent Walker, qui l\u2019avait accueilli à Mountain View.Les deux hommes ont échangé une poignée de main devant un immense écran où la formule de salutation «Bienvenue premier ministre François Legault» et un fleurdelisé ont rapidement cédé la place au logo de la compagnie.Les géants du Web, qui sont basés dans la Silicone Valley, sont vus comme les principaux responsables de la crise financière frappant les entreprises de presse québécoise.Le premier ministre se trouvait dans le sud de la baie de San Francisco afin de discuter de « projets très intéressants pour créer des emplois très bien payés au Québec » sur la table à dessin de Google.« Je ne peux malheureusement pas vous en dire plus », a-t-il répété en boucle à la presse.M.Legault n\u2019hésitait pourtant pas la veille à dire à haute voix sur le site de The Walt Disney Company, devant les statues des souris Mickey et Minnie, qu\u2019il pouvait raisonnablement espérer des dépenses supplémentaires de centaines de millions de dollars de la part des studios cinématographiques et télévisés de Los Angeles au Québec.À Mountain View, il s\u2019était donné comme consigne de rester « motus et bouche cousue ».Le convoi de VUS du premier ministre s\u2019est ensuite ébranlé vers Palo Alto, où M.Legault et sa garde rapprochée ont échangé sur le financement des technologies vertes.Le chef de gouvernement a cherché par la suite à en savoir plus sur la recette du succès de la Silicon Valley auprès du président de l\u2019Université Stanford, Marc Tessier-La- vigne, ainsi que de membres de la communauté universitaire pour qui les jeunes pousses n\u2019ont plus de secrets.Il en a retenu des enseignements pour déployer son projet Saint-Laurent : une « Silicone Valley du Nord où nos universités seraient plus proches de nos entrepreneurs ?dans certains secteurs comme l\u2019ingénierie ou les technologies de l\u2019information ?, pour innover, et puis développer de nouveaux services, de nouveaux produits ».Après un lunch avec un savant aréopage, il a suivi la directrice du Laboratoire en intelligence artificielle, Erika Strandberg, dans une salle de classe où une dizaine d\u2019investisseurs japonais, tous plus souriants les uns que les autres, l\u2019attendaient.Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.MISSION ÉCONOMIQUE Legault prend garde d\u2019effaroucher Google et cie Taxer les GAFAM en l\u2019absence d\u2019entente internationale serait risqué, dit-il PIERRE SAINT-ARNAUD LA PRESSE CANADIENNE Jean-Claude Rochefort, cet admirateur de l\u2019auteur de la tuerie de Polytechnique, reviendra en cour jeudi pour son enquête sur le cautionnement.Rochefort, 70 ans, devait subir cette enquête mardi matin, puis dans Enquête sur le cautionnement reportée Accusé d\u2019avoir fomenté la haine contre les femmes, Jean-Claude Rochefort reviendra en cour jeudi l\u2019après-midi, mais la Couronne et la défense ont dû obtenir une nouvelle date, les parties prévoyant environ trois heures pour la procédure.Entre-temps, on a pu apprendre de son avocat, Me Marc-Olivier Carrier, que le septuagénaire, accusé d\u2019avoir fomenté la haine envers les femmes, a été jugé apte à comprendre la nature des procédures intentées contre lui à la suite d\u2019une évaluation psychosociale.La procureure de la Couronne, Me Jo- siane Laplante, qui prévoit de convoquer un témoin, a fait part de son intention de s\u2019opposer à sa remise en liberté en invoquant, notamment, un risque de récidive et la confiance du public envers l\u2019administration de la justice.La décision sera toutefois entre les mains du juge Pierre Labelle à ce moment.Rochefort, qui semblait un peu désorienté, n\u2019a donc fait qu\u2019une très brève apparition avant de reprendre le chemin des cellules en attendant la suite des procédures.Le blogueur, qui a déjà un passé bien documenté en la matière, a été appréhendé jeudi soir à son domicile montréa- lais après une longue enquête pour le retrouver.Il a été mis en accusation le lendemain, soit le jour même du 30eanniver- saire de l\u2019attentat antiféministe à l\u2019école d\u2019ingénierie de l\u2019Université de Montréal.De l\u2019avis de Guy Saint-Jacques, Ottawa doit adopter une politique qui tient compte de ce contexte politique et être prêt à défendre ses valeurs sans céder face à l\u2019intimidation de Pékin.Il doit aussi faire preuve de plus de vigueur face à l\u2019ingérence chinoise au Canada, où des agents surveillent des réfugiés ouïghours et interviennent pour empêcher ou perturber des manifestations en faveur du mouvement démocratique à Hong Kong. LEDEVOIR // LE MERCREDI 11 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR La construction du tramway dans la capitale va notamment forcer l\u2019abattage de nombreux arbres le long du boulevard René-Lévesque et la destruction de milieux humides.Au total, on estime que 49 500 m2 de milieux humides seront touchés, soit l\u2019équivalent de sept terrains de football, révèle la volumineuse étude d\u2019impact environnemental déposée par la Ville mardi.La plupart de ces tourbières et marécages se trouvent dans le secteur Legendre, où doit être construit le centre d\u2019entretien des trains.D\u2019une longueur de 23 kilomètres, le tracé du tramway relie le secteur Legendre à Charlesbourg.Entre les deux, le corridor passera par le boulevard Laurier, l\u2019Université Laval, le boulevard René-Lévesque, le Vieux-Québec, le quartier Saint-Roch et Limoilou.Abattage d\u2019arbres Un nombre important d\u2019arbres matures devront être abattus sur le boulevard René-Lévesque afin de libérer de l\u2019espace, a expliqué Laurence Goesel, directrice de projets à la firme AECOM lors de la présentation de l\u2019étude à l\u2019hôtel de ville.Mme Goesel était accompagnée du directeur de projet Daniel Genest, connu pour avoir aussi coordonné le chantier du pont Champlain, à Montréal.Mardi, les deux n\u2019étaient pas en mesure de dire combien d\u2019arbres devront être abattus.QUÉBEC Des arbres et des milieux humides dans le chemin du tramway L\u2019étude de plus d\u2019un millier de pages a été déposée au ministère de l\u2019Environnement mardi.Ce dernier devra ensuite évaluer si elle est complète et si elle justifie la tenue d\u2019audiences par le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE).Des fouilles dans le Vieux-Québec?Étant donné l\u2019emplacement central du parcours, notamment dans le Vieux-Québec, l\u2019étude avance que la trame archéologique risque aussi d\u2019être « perturbée », mais on ignore ce qui se trouve dans le sous-sol aux endroits ci- blés.Des fouilles en amont du projet devront donc être réalisées pour protéger d\u2019éventuels artefacts.Rappelons que dans le Vieux-Qué- bec, le tramway passera sous terre.D\u2019une longueur de 3,5 kilomètres, le tronçon sous forme de « métro » débutera sur le boulevard René-Lé- vesque, à la hauteur de la rue des Érables, pour se terminer dans le cœur de Saint-Roch, à l\u2019angle de La Couronne et de Charest.Dans l\u2019ensemble, l\u2019étude estime que les «plus grandes perturbations» se feront sentir pendant la phase de construction, et qu\u2019elles seront temporaires.En revanche, le projet apportera «des bénéfices importants et permanents» pendant la phase d\u2019exploitation, « à l\u2019exception de deux impacts visuels ».Ces deux exceptions sont l\u2019abattage d\u2019arbres sur le boulevard René- Lévesque, comme mentionné plus haut, et le remplacement du pont Drouin, situé à l\u2019entrée du quartier Limoilou, par un pont plus large, qui se trouvera au sud de l\u2019emplacement actuel.Positif pour 65 % de la population L\u2019étude énumère en revanche une série d\u2019effets positifs, comme la stimulation économique, des retombées fiscales, la réduction de la congestion routière, l\u2019ajout d\u2019infrastructures neuves et la réduction à long terme des émissions de gaz à effet de serre (GES), entre autres choses.Il faudra toutefois attendre six ans après la mise en service avant que le bilan de GES soit positif, puisque 91 000 tonnes de GES seront émises pendant la phase de construction.La Ville évalue que, grâce au projet, 65 % de la population aura accès à du transport en commun à moins de 800 mètres de marche, et ce, vers 81 % des emplois du territoire.Elle plaide que le réseau structurant pourra absorber des milliers de déplacements qui seraient autrement passés par l\u2019auto et ainsi limiter la dégradation des conditions de circulation qui point à l\u2019horizon.Le maire Régis Labeaume a signalé au BAPE qu\u2019il souhaitait la tenue d\u2019audiences publiques.Le consortium qui réalisera le projet doit être choisi à l\u2019automne 2021.Estimé à 3,3 milliards, le projet du réseau structurant comprend aussi un trambus de 15 kilomètres, qui traversera la ville d\u2019est en ouest, et l\u2019ajout de voies réservées.Ces deux volets n\u2019ont toutefois pas été étudiés dans le cadre de l\u2019étude d\u2019impact.Les travaux du réseau structurant doivent débuter en 2022 en vue d\u2019une mise en service en 2026.MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le premier ministre, François Le- gault, a confirmé mardi que son gouvernement annoncerait un plan sur la consigne des bouteilles de verre et des bouteilles de plastique « au début de 2020 ».Il avait affirmé en octobre que le plan serait dévoilé « d\u2019ici quelques semaines », malgré les critiques de certaines entreprises qui s\u2019y opposent.« C\u2019est une priorité pour nous, a-t-il indiqué depuis la Californie, où il effectue une mission économique.Je travaille très fort.J\u2019ai eu plusieurs rencontres.On veut idéalement consigner les bouteilles de plastique et les bouteilles de verre, incluant [celles] de la SAQ.» Legault promet un plan pour la consigne du verre en 2020 « Pourquoi ?, a-t-il ajouté.On a vu beaucoup de reportages sur le plastique qui se retrouve dans nos océans.Du côté du verre, c\u2019est important d\u2019avoir une qualité de verre en le séparant des autres matières qui sont recyclées pour mieux travailler dans les centres de tri, puis mieux recycler.» La Société des alcools du Québec (SAQ), qui était traditionnellement opposée à la consigne des bouteilles de vin, s\u2019était montrée ouverte lors de la commission parlementaire sur le sujet en août, à la condition qu\u2019elle n\u2019ait pas à collecter le verre.La SAQ estime à 200 millions le nombre de bouteilles qu\u2019elle vend chaque année.Dans son rapport, la commission recommandait d\u2019appliquer la consigne aux bouteilles de vin et de spiritueux pour qu\u2019elles soient recyclées.« Il faut que le montant de la consigne soit suffisant pour que ce soit efficace et que les gens rapportent réellement leurs contenants, a rappelé la députée de Québec solidaire, Ruba Ghazal.Il faut aussi que ce soit facile et c\u2019est pour ça qu\u2019on disait qu\u2019il fallait que ce soit à la SAQ, parce que les gens de toute façon allaient y retourner.» Elle avance un montant de 20 cents par bouteille.« Il faut que la SAQ participe de façon importante, donc qu\u2019on puisse aller y porter nos bouteilles de vin, a acquiescé le député péquiste, Sylvain Gaudreault.Et le fait que la SAQ dise qu\u2019elle ne peut pas le faire, pour moi, ce n\u2019est pas une raison.Ce n\u2019est pas suffisant.» Le gouvernement penche pour des dépôts où les Québécois pourront rapporter leurs contenants.M.Legault n\u2019a pas voulu préciser « combien il y a aura de dépôts au Québec, comment ça va fonctionner, qui va payer quoi », en ajoutant que le ministre de l\u2019Environnement, Benoit Charette, en ferait l\u2019annonce « éventuellement ».Même lorsqu\u2019elles sont déposées dans le bac de recyclage, les bouteilles de verre se retrouvent dans les sites d\u2019enfouissement puisqu\u2019il est moins cher pour les centres de tri de les jeter.Dans le Vieux-Québec, le tramway passera sous terre à partir du boulevard René-Lévesque, jusque dans le cœur du quartier Saint-Roch.VILLE DE QUÉBEC ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Le gouvernement Legault a décidé d\u2019abolir des mesures de protection du caribou forestier avant même d\u2019avoir en main des données scientifiques qui permettraient pourtant d\u2019évaluer avec plus de précision si ces cervidés menacés fréquentent trois territoires naturels protégés que le gouvernement a décidé d\u2019offrir à l\u2019industrie forestière.Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a décidé la semaine dernière de retirer le statut de conservation de trois massifs forestiers situés dans la région du Saguenay\u2013Lac- Saint-Jean et qui faisaient l\u2019objet d\u2019une « protection administrative » interdisant l\u2019abattage industriel d\u2019arbres.Même si ces territoires totalisant 460km2 avaient été établis comme des habitats propices pour le caribou forestier, le MFFP affirme aujourd\u2019hui que « les données récentes issues du système de suivi démontrent l\u2019absence de localisation de caribous dans ces secteurs».Une présentation d\u2019experts du MFFP datant de juin 2019 et consultée par Le Devoir indique toutefois que le portrait de la situation sur lequel s\u2019appuie la décision du gouvernement est incomplet.En fait, la région où se trouvent les trois massifs forestiers n\u2019a pas fait l\u2019objet d\u2019un inventaire aérien depuis l\u2019hiver 2012.D\u2019ailleurs, un inventaire est prévu en 2020, probablement au cours de l\u2019hiver.Or, la réalisation de tels inventaires est inscrite dans les mesures du « plan d\u2019action gouvernemental » pour protéger l\u2019habitat du caribou et assurer un « suivi rigoureux » des populations de ces cervidés avant la mise en place d\u2019une « stratégie à long terme ».Et si le gouvernement avait basé sa décision sur l\u2019inventaire aérien réalisé en 2012, il aurait constaté que des caribous avaient alors été observés dans au moins un des trois massifs, soit celui situé le long de la rivière Péribonka.Par ailleurs, selon ce qui est inscrit sur la carte fournie au Devoir pour justifier la décision d\u2019abolir les mesures temporaires de protection, les caribous n\u2019auraient pas fréquenté les trois territoires pour la période « 2017-2019 ».Cette analyse se base sur le suivi assuré grâce aux colliers télémétriques.Or, les données du MFFP indiquent qu\u2019il n\u2019y avait aucun collier « actif » au Saguenay\u2013Lac-St-Jean en 2017, puis 55 en 2018 et 53 en 2019.Décision prématurée L\u2019absence de relevé aérien récent et, surtout, les conclusions tirées des données des colliers télémétriques font dire au biologiste Martin-Hugues St- Laurent, spécialiste de l\u2019espèce, que la décision du MFFP est « prématurée ».Selon lui, il serait important de réaliser un nouvel inventaire aérien dans la région, même si cette technique présente des limites.« Si nous ne voyons pas de caribous, ce n\u2019est pas une garantie du fait qu\u2019il n\u2019y en a pas dans le secteur.Ils utilisent des centaines de kilomètres carrés », souligne-t-il.M.St-Laurent répète en outre qu\u2019il ne faut pas conclure à l\u2019absence des cervi- dés sur les seules données provenant des colliers télémétriques.« C\u2019est un raccourci scientifique très maladroit de dire que s\u2019il n\u2019y a pas de localisation, il n\u2019y a pas de caribous.[Avec 53 ou 55 colliers], il y en a suffisamment pour voir le comportement de sélection d\u2019habitats, mais trop peu pour conclure à l\u2019absence d\u2019animaux dans un secteur.» « Quelle est l\u2019urgence de lever les mesures de protection ?On pourrait très bien attendre d\u2019avoir un portrait plus précis de la situation avant de prendre une décision, surtout que les données disponibles nous indiquent très clairement que ces massifs forestiers sont des habitats intéressants pour les caribous.C\u2019était justifié d\u2019avoir des mesures de protection à ces endroits », fait aussi valoir Pier-Olivier Boudreault, chargé de projet en conservation à la Société pour la nature et les parcs.Caribou : Québec a pris sa décision sans étude préalable Le gouvernement penche pour des dépôts où les Québécois pourront rapporter leurs contenants L\u2019étude énumère en revanche une série d\u2019effets positifs, comme la stimulation économique, des retombées fiscales, la réduction de la congestion routière, l\u2019ajout d\u2019infrastructures neuves et la réduction à long terme des émissions de gaz à effet de serre (GES), entre autres choses LEDEVOIR // LE MERCREDI 11 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Le Québec devrait s\u2019aligner sur les recommandations de l\u2019Organisation mondiale de la santé et envisager des réductions de 20 % de la maltraitance des enfants d\u2019ici cinq ans, a affirmé la Dre Suzanne De Blois, de la Direction régionale de santé publique de Montréal, mardi, devant la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (commission Laurent).Il s\u2019agit d\u2019un véritable « enjeu de santé publique », a renchéri plus tard le Dr Alain Poirier, au nom des 18 directions régionales de santé publique.Québec consacre moins de 2 % de son budget en santé publique, a déploré pour sa part la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal.« Ça a déjà été 3,4 % au Québec », a précisé le Dr Poirier.Or, l\u2019Organisation mondiale de la santé recommande 5 %.C\u2019est sans compter que les budgets consacrés à la santé publique, au cours des dernières années, ont été largement amputés, parfois jusqu\u2019à 30 %.Comment, avec si peu de moyens, éviter un glissement vers le bas en matière de maltraitance des enfants, se demande la Dre Drouin.À l\u2019échelle gouvernementale, « en ce moment, 15 ministères se partagent 25 millions pour 29 orientations en matière de prévention de la santé, explique le Dr Poirier.Ce n\u2019est rien ! » Voir à réduire les iniquités Le lien entre la pauvreté et les problèmes de santé est universel, explique en entrevue au Devoir le Dr Alain Poirier.Si on considère « l\u2019espérance de vie en santé » comme indicateur, on voit que celui-ci progresse en fonction du PIB dans les pays les plus pauvres.Mais que se passe-t-il lorsqu\u2019on observe les pays les plus riches, comme COMMISSION LAURENT Réduire les iniquités pour diminuer les cas de maltraitance les États-Unis ou le Canada ?Le lien direct entre la richesse du pays et « l\u2019espérance de vie en santé » se perd parce que toutes sortes de facteurs d\u2019iniquités entrent alors en ligne de compte.« Pour rétablir ce lien entre la richesse et l\u2019espérance de vie en bonne santé, il ne faut plus regarder seulement la richesse du pays, mais aussi le niveau d\u2019iniquité, les inégalités de richesse », soutient le Dr Alain Poirier, en citant comme modèle le Japon et les pays scandinaves.Parmi les parents québécois qui ont des enfants de moins de cinq ans, 7 % vivent dans un ménage dont le revenu annuel est de 20 000 $.Cette proportion atteint près de 30 % chez les familles monoparentales, constate le mémoire présenté par les directions régionales de santé publique.Ces conditions de pauvreté, parmi d\u2019autres, constituent des entraves au développement optimal de l\u2019enfance.HÉLÈNE BUZZETTI MARIE VASTEL CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR Contrairement à son voisin saskatche- wanais Scott Moe, qui était sorti furieux de sa rencontre avec Justin Trudeau, le premier ministre albertain Jason Ken- ney s\u2019est dit optimiste à l\u2019issue de sa conversation avec le premier ministre fédéral.Mais M.Kenney a prévenu du même souffle qu\u2019il s\u2019attend à des gestes concrets d\u2019Ottawa, et rapidement.« Nous avons eu une conversation très franche à propos de la crise économique en cours en Alberta ; la répercussion qu\u2019elle a sur la prospérité du Canada, et sur son unité aussi », a commenté M.Kenney mardi.«Au moins, nous avons un gouvernement fédéral et un premier ministre disposés à nous écouter et qui ont démontré une ouverture sur un certain nombre d\u2019enjeux», a-t-il dit, réjoui, alors qu\u2019il venait de rencontrer à son tour M.Trudeau pour la première fois depuis la réélection du gouvernement libéral à Ottawa.Ces propos tranchaient quelque peu avec le ton plus conflictuel qu\u2019avait adopté le premier ministre albertain depuis quelques mois face à Ottawa.Mais Jason Kenney a précisé que sa patience aurait des limites.« Les prochaines semaines seront critiques pour déterminer le sérieux de ce gouvernement fédéral à répondre aux préoccupations profondes et légitimes de l\u2019Ouest », a-t-il insisté.M.Kenney est arrivé dans la capitale fédérale avec une liste de demandes : notamment que le projet de loi C-69 sur l\u2019évaluation environnementale soit modifié pour en exempter les projets énergétiques intraprovinciaux ou ceux qui viennent réduire la production d\u2019émissions de gaz à effet de serre.À cette requête, Justin Trudeau s\u2019est montré ouvert, selon lui.« Il y a une certaine ouverture, et j\u2019espère qu\u2019il y aura des suivis concrets là-dessus.» Kenney sort optimiste d\u2019une rencontre avec Trudeau Le premier ministre albertain, Jason Kenney, avait une liste de demandes à soumettre au premier ministre canadien, Justin Trudeau.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Les directions régionales de santé publique observent par ailleurs avec inquiétude une surreprésentation des minorités ethnoculturelles dans l\u2019appareil de la DPJ, de même qu\u2019une surre- présentation des enfants autochtones au sein des familles d\u2019accueil, en considérant des biais à l\u2019endroit de certains groupes et des problèmes systémiques qu\u2019il faut prendre mieux en compte.Bonifier et former La Dre Anne-Marie Bureau, coprésidente de l\u2019Alliance québécoise de la pédiatrie sociale, une organisation structurée par la Fondation du Dr Julien, s\u2019est fait demander par André LeBon, vice- président de la commission, si l\u2019enjeu de la collaboration proposée par ce regroupement entre les instances comme les siennes et le secteur public se fait «avec ou au détriment » des services publics.Pour la Dre Bureau, le travail de ces centres de pédiatrie, même s\u2019ils sont pourvus de personnels issus du secteur public, peut «libérer le système» et «bonifier le réseau de proximité».Son constat sur le réseau est clair: «On étouffe.» Professeur émérite en travail social, Daniel Turcotte a souligné mardi devant la commission Laurent, entre autres choses, à quel point la formation de base du personnel et les mises à niveau offertes dans le réseau lui apparaissaient mal adaptées aux besoins actuels.On forme, a-t-il dit en substance, sans vérifier si la formation est correctement implantée par la suite dans le réseau.M.Carr n\u2019a cependant pas pour autant certifié que la liste de projets soumis au C-69 pourrait être allégée.« Avoir un esprit ouvert implique qu\u2019on ait des discussions », s\u2019est-il contenté de répliquer, en s\u2019assurant de rester vague.Jason Kenney réclamait en outre qu\u2019Ottawa garantisse à l\u2019Alberta que la construction du projet d\u2019agrandissement de l\u2019oléoduc Trans Mountain soit terminée d\u2019ici trois ans.M.Carr a assuré que le gouvernement fédéral n\u2019avait « aucun intérêt à ce qu\u2019il y ait des délais inutiles ».Ottawa ne fixera toutefois pas de date précise pour la fin des travaux.« Parce qu\u2019on ne sait jamais avec les échéanciers de construction exactement quand ceci ou cela va arriver», a expliqué M.Carr.Programme de stabilisation Le premier ministre albertain a, en revanche, peut-être réussi à décrocher un gain : les ministres des Finances fédéral et provinciaux discuteront la semaine prochaine du Programme de stabilisation fiscale, qui permet de venir en aide à une province ayant subi une diminution abrupte de ses revenus.Le programme actuel fait plafonner les sommes qui peuvent être versées en vertu de ce fonds à 60 $ par habitant.M.Kenney demande un dédommagement rétroactif, en date du début du ralentissement économique dans sa province en 2014, qui se chiffrerait à 2,4 milliards de dollars, selon ses calculs.LA PRESSE CANADIENNE À PÉKIN Le ministre de la Justice du Canada se dit préoccupé par le fait que deux Canadiens détenus en Chine se sont vu refuser l\u2019accès à des avocats alors qu\u2019ils font face à des procès où les condamnations sont pratiquement garanties.Ni Michael Spavor ni Michael Kovrig n\u2019ont vu un avocat ou un membre de leur famille dans l\u2019année ayant suivi leur arrestation, dans le cadre de ce qui est largement considéré comme des représailles pour l\u2019arrestation par le Canada de la dirigeante de Huawei, Meng Wanz- hou, en raison d\u2019une demande d\u2019extradition des États-Unis.Les deux hommes ont rencontré mensuellement des responsables consulaires du Canada, qui qualifient les détentions d\u2019arbitraires.À son arrivée pour la réunion du cabinet mardi matin \u2014 jour du premier anniversaire des détentions \u2014, le ministre de la Justice, David Lametti, s\u2019est dit troublé par le fait qu\u2019ils n\u2019ont pas eu accès à un avocat.Il affirme que le premier ministre, Justin Trudeau, et le ministre des Affaires étrangères, François-Phi- lippe Champagne, ont fait de la libération des deux hommes « leur priorité ».Ces efforts ont été encore davantage mis en doute, mardi, lorsqu\u2019une porte- parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré à des journalistes à Pékin que les cas de MM.Spavor et Ko- vrig avaient été remis à des procureurs « pour enquête et poursuites », en lien avec des allégations de menace à la sécurité nationale.« Les autorités judiciaires chinoises traitent les cas dans le strict respect de la loi et protègent les droits légitimes des deux citoyens canadiens », a affirmé Hua Chunying, selon une transcription en anglais publiée sur le site Web du ministère.Elle a ajouté que les deux hommes « se portent bien », mais n\u2019a pas répondu aux questions concernant leur accès à un avocat.M.Kovrig, un ancien diplomate canadien, est employé par l\u2019International Crisis Group, une organisation non gouvernementale.M.Spavor est un entrepreneur spécialisé dans les affaires en Corée du Nord.Spavor et Kovrig n\u2019auront pas droit à un avocat pour leur procès, tranche Pékin Le conseiller spécial du premier ministre, Jim Carr, n\u2019a pas contredit Jason Kenney à sa sortie de la rencontre, à laquelle il participait lui aussi.« Le premier ministre a réitéré l\u2019ouverture du gouvernement à discuter de la mise en œuvre [de C-69], tout en gardant à l\u2019esprit l\u2019objectif de la loi, à savoir que les projets construits soient de bons projets, qu\u2019il y ait suffisamment de consultations avec les peuples autochtones et que les projets soient capables de passer le test des investisseurs, des environnementalistes et des peuples autochtones.» 5 % C\u2019est la part d\u2019un budget qu\u2019un État devrait affecter à la santé publique, selon l\u2019Organisation mondiale de la santé.Québec y consacre moins de 2 %, selon la directrice régionale de santé publique de Montréal. LEDEVOIR // LE MERCREDI 11 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 6 Niveau de risque BOULET SUITE DE LA PAGE A 1 comprennent par exemple le secteur des mines ou de la première transformation des métaux.En revanche, la loi ne prescrit pas que les travailleurs d\u2019une vingtaine d\u2019autres secteurs y aient automatiquement droit.Selon la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), seuls 12 % des travailleurs québécois ont ainsi accès à des mécanismes de prévention en vertu de la loi.Or, le ministre Boulet souhaite faire « table rase » de ces secteurs prioritaires, qui prévalent au Québec depuis 40 ans.« Il ne faut plus penser selon l\u2019angle de secteurs prioritaires coulés, statiques, avec des mécanismes prédéfinis », a-t-il fait valoir.Mieux vaut désormais « s\u2019adapter au niveau de risque de chaque milieu de travail », à son avis.Son plan : demander aux milieux de travail d\u2019évaluer le niveau de risque associé aux tâches de leurs travailleurs afin de les arrimer à des programmes de prévention.« Au lieu de dire : \u201cSi tu es dans ce secteur-ci, [\u2026] il faut que tu fasses A, B, C ou D\u201d, on va dire : \u201cDépendamment du niveau de risque, tu devras avoir tel et tel mécanisme de prévention\u201d », a-t- il illustré.Les travailleurs de la santé impatients Parmi ceux qui attendent impatiemment la réforme du ministre se trouvent les travailleurs de la santé et des services sociaux.Dans leur secteur, la prévention n\u2019est pas obligatoire.Et 48 nouveaux accidents de travail sont recensés tous les jours, rappelle la vice- présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Linda Lapointe.Puisque ses travailleurs ne font pas partie des trois premiers « groupes prioritaires », les mesures en santé et en sécurité sont « aléatoires »?, très différentes d\u2019un milieu à l\u2019autre, remarque Mme Lapointe.« Ça ne fait pas la job comme avoir des programmes de prévention [prévus dans la loi] », affirme-t-elle.« Tant que les employeurs ne seront pas obligés de faire une action [en santé et en sécurité du travail], on pense qu\u2019ils ne le feront pas.Ils ont toujours autre chose comme priorité », dit-elle.La CNESST s\u2019en trouve de surcroît restreinte dans ses actions, à son avis.« Elle n\u2019a pas le pouvoir d\u2019obliger l\u2019employeur en disant : ça n\u2019a pas de bon sens, il faut que tu me fasses un programme.» Pour remédier à cette situation, le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, estime qu\u2019il « n\u2019y a pas de révolution à faire dans la loi ».« Il faudrait juste l\u2019appliquer à tous les secteurs », suggère-t-il.Son organisation prône l\u2019instauration de comités santé et sécurité et la nomination de représentants en prévention dans tous les milieux de travail, ce à quoi s\u2019oppose le Conseil du patronat du Québec (CPQ).« La loi, il y a 40 ans, fixait des obligations mur à mur », remarque le président et chef de la direction du CPQ, Yves-Thomas Dorval.Aujourd\u2019hui, mieux vaut selon lui favoriser une loi qui soit « le résultat d\u2019une analyse par milieu de travail, en fonction de ses propres spécificités ».Le ministre suivra vraisemblablement cette voie.« [Je veux] qu\u2019il y ait une évaluation des risques dans chacun des milieux.Dépendamment du niveau de risque, il y aura des mécanismes de prévention qui seront adaptés », a-t-il déclaré.Le ministre n\u2019a pas évalué les coûts de sa réforme, mais il fait le pari que son approche axée sur la prévention permettra de diminuer la fréquence et la gravité des lésions professionnelles.«Ce que tu vas devoir engager comme coûts, en matière de ressources humaines, tu vas en retirer de grands avantages par un absentéisme réduit, une efficacité supérieure au travail et une meilleure productivité », a-t-il assuré.Identité numérique DESJARDINS SUITE DE LA PAGE A 1 de passe, les questions de sécurité et les numéros d\u2019identification personnelle ne sont pas touchés.» Le programme de protection des membres de Desjardins couvre quatre « piliers », soit l\u2019abonnement au service de surveillance d\u2019Equifax, la garantie des actifs, un accompagnement en cas de fraude et le remboursement des frais associés à la restauration de l\u2019identité jusqu\u2019à concurrence de 50 000 $.Le service Equifax sera aussi offert aux anciens membres et anciens détenteurs de cartes.L\u2019annonce survient une semaine après le départ de deux vice-présidents bien en vue au Mouvement Desjardins, M.Cormier ayant alors évoqué un enjeu de « confiance ».L\u2019organisation avait fait état de « vérifications internes concernant la fuite de renseignements personnels » en disant que, « dans la foulée de ces vérifications, Desjardins annonce qu\u2019elle remanie sa haute direction ».Le départ de ces dirigeants est le résultat d\u2019un « commun accord », avait-elle écrit.Entreprises Desjardins a indiqué que le nombre de membres entreprises touchés se situe toujours à 173 000 sur un total d\u2019environ 350 000.La coopérative a déjà mis de côté 70 millions pour couvrir les mesures de protection offertes aux membres.Sous la gouverne de M.Cormier, Desjardins s\u2019affaire présentement à mettre sur pied une branche québécoise du Digital ID and Authentification Council of Canada.Elle travaille également à l\u2019écriture d\u2019un rapport sur la gestion des renseignements et les efforts déployés ailleurs dans le monde en matière d\u2019identité numérique, un document qui sera publié dans les premiers mois de 2020.De plus, Desjardins a annoncé la semaine dernière la création d\u2019un bureau pour coordonner l\u2019ensemble de sa stratégie en matière de sécurité et préparer un processus de reddition de comptes.« Nous prenons acte des nouvelles initiatives annoncées par Desjardins qui couvrent maintenant l\u2019ensemble des membres et des clients actuels et anciens », a indiqué le cabinet du ministre des Finances, Eric Girard, dans une déclaration écrite.« La Sûreté du Québec poursuit son enquête et l\u2019enquête interne est toujours en cours chez Desjardins.Les résultats de celles-ci permettront de faire toute la lumière sur la situation.» Le gouvernement Legault est « très conscient des différents défis que représente la protection des données personnelles des Québécois », a affirmé le cabinet Girard.Outre le dépôt d\u2019un projet de loi sur l\u2019encadrement des agences de crédit, comme Equifax et TransUnion, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, déposera un projet de loi sur la protection des renseignements personnels, a-t-il ajouté.Le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, « travaille activement sur la première stratégie de cybersécurité du gouvernement ».Rapport sans recommandation Les partis d\u2019opposition ont cependant exprimé une vive déception la semaine dernière en soulignant que le rapport de huit pages de la commission parlementaire spéciale sur le cas Desjardins ne contenait aucune recommandation, seulement des observations.« La Commission des finances publiques doit absolument se réunir avec un nouveau mandat d\u2019initiative pour étudier sérieusement l\u2019enjeu complexe des fuites de données en général, et en particulier chez Desjardins, ce qui n\u2019a toujours pas été fait à ce jour par la CAQ », a affirmé Vincent Marissal, député de Québec solidaire.La première annonce de la fuite de données personnelles chez Desjardins a eu lieu le 20juin.Le nombre de membres particuliers touchés était alors de 2,7 millions.Ce chiffre est passé à 4,2 millions de membres particuliers le 1er novembre, au lendemain d\u2019un appel téléphonique que M.Cormier a reçu de la SQ.La SQ avait révélé en septembre l\u2019interrogatoire de 17 personnes dans le cadre de son enquête, une opération découlant de rencontres avec 91 personnes dans les secteurs de Montréal, de Laval et de Québec.«Les policiers ont également réalisé six perquisitions dans quatre résidences et deux commerces permettant de saisir, notamment, du matériel informatique pour analyse», avait écrit la SQ.Avec Mylène Crête SIDHARTHA BANERJEE LA PRESSE CANADIENNE Les avocats de Sami Bebawi ont plaidé mardi que les millions qui se sont retrouvés dans les comptes de l\u2019ancien cadre de SNC-Lavalin, accusé de fraude et de corruption, étaient en fait des primes tout à fait légitimes, autorisées par le président de la firme de génie.Dans leurs plaidoiries finales au procès, les avocats de la défense ont soutenu que l\u2019argent avait été versé à M.Be- bawi pour son travail \u2014 il devait jongler avec des contrats complexes en Libye.Me Alexandre Bien-Aimé a déclaré que M.Bebawi et son ancien subalterne Riadh Ben Aissa avaient partagé ces sommes pour le travail effectué et que ces primes avaient été autorisées par le président de SNC-Lavalin à l\u2019époque, Jacques Lamarre.La poursuite allègue que l\u2019entreprise montréalaise a transféré environ 113 millions de dollars à des sociétés fictives pour payer des gens qui l\u2019ont aidée ensuite à recueillir de l\u2019argent et à décrocher des contrats en Libye, à partir de la fin des années 1990.La Couronne a soutenu au procès que ce qui restait dans les comptes après le paiement des pots-de-vin et des factures était divisé moitié-moitié entre les deux hommes \u2014 M.Bebawi JUSTICE Sami Bebawi a touché des primes légitimes, plaide la défense M. Bebawi, âgé de 73 ans, est accusé de huit chefs de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d\u2019un agent public étranger.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR empochant 26 millions de dollars.M.Bebawi, âgé de 73 ans, est accusé de huit chefs de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d\u2019un agent public étranger.Le procès s\u2019est concentré sur les liens de SNC-Lavalin avec le fils de Mouam- mar Kadhafi, Saadi, qui aurait été en mesure de faciliter les transactions commerciales du géant montréalais en Libye.Me Bien-Aimé a demandé aux jurés mardi de se méfier de Riadh Ben Aissa, le principal témoin à charge de la Couronne dans cette affaire, qui a répété selon lui « toujours les mêmes slogans ».La défense a également rejeté l\u2019idée que le fils Kadhafi était un « agent public étranger », comme le stipule le chef d\u2019accusation.Saadi Kadhafi a plutôt été décrit comme un enfant gâté qui avait certes une ligne directe avec le dictateur libyen, mais qui n\u2019avait pas le pouvoir de conclure lui-même des contrats.Il appartient à la Couronne de prouver la culpabilité hors de tout doute raisonnable de M.Bebawi.Ses avocats ont renoncé la semaine dernière à appeler des témoins à la barre \u2014 y compris l\u2019accusé.Les jurés doivent entendre mercredi les dernières directives du juge Guy Cournoyer, de la Cour supérieure, avant de se retirer pour délibérer.Les maladies psychologiques indemnisées Comme il l\u2019avait révélé au quotidien Le Soleil en juin, le ministre Boulet entend aussi faire reconnaître certaines maladies psychologiques comme des maladies professionnelles.« [Les parties] vont devoir tenir compte des incidences potentielles de la nature ou de l\u2019organisation du travail sur le niveau de développement possible d\u2019une maladie d\u2019ordre psychologique », a-t-il confirmé.Des travailleurs souffrant d\u2019anxiété, de dépression ou de choc post-traumatique pourraient ainsi avoir droit à des indemnisations.Ici, l\u2019inquiétude pour les employeurs concerne l\u2019admissibilité aux compensations financières, résume Stéphane Forget, de la Fédération des chambres de commerce du Québec.« Comment on départage ce qui est lié au travail et ce qui est lié à quelque chose d\u2019autre ?», demande-t-il.« Le diagnostic ne peut plus être uniquement celui du médecin traitant », ajoute Yves-Thomas Dorval.« Ce sont des problématiques multifactorielles.C\u2019est difficile d\u2019identifier ce qui est le résultat d\u2019une situation personnelle et ce qui est le résultat du travail.» La poursuite allègue que SNC-Lavalin a transféré environ 113 millions de dollars à des sociétés fictives pour payer des gens qui l\u2019ont aidée ensuite à recueillir de l\u2019argent et à décrocher des contrats en Libye, à partir de la fin des années 1990.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Votre protection.Notre priorité.Offerte à tous nos membres et clients.Pour plus d\u2019information, visitez desjardins.com.Vous avez des questions?Nous avons à cœur l\u2019intérêt de nos membres et de nos clients.C\u2019est pourquoi la Protection Desjardins a été mise en place.Elle offre des mesures de protection pour TOUS nos membres et clients.Nous continuons de travailler à des solutions de pointe en matière de protection des renseignements personnels.Protection Les actifs que vous détenez et les transactions que vous effectuez chez Desjardins sont protégés.Remboursement Dans le cadre de la restauration d\u2019identité, vous aurez droit à un remboursement pouvant aller jusqu\u2019à 50 000 $ pour des frais engagés tels que les frais de notaire et d\u2019avocat, et autres dépenses.Surveillance Service de surveillance du crédit d\u2019Equifax sans frais pendant cinq ans.En cas de vol d\u2019identité, nous assurons une prise en charge personnalisée.Nous vous accompagnerons à chacune des étapes pour restaurer votre identité.Accompagnement LEDEVOIR // LE MERCREDI 11 DÉCEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin \u2019un des engagements du parti de Justin Trudeau dont on a peu parlé au cours de la dernière campagne électorale consiste à faire passer de 15 à 26 le nombre de semaines de prestations de maladie pour les travailleurs et travailleuses admissibles à l\u2019assurance-emploi.La promesse est revenue dans l\u2019actualité cette semaine grâce à une rencontre organisée par le Bloc québécois entre des ministres du gouvernement, dont M.Trudeau, et une patiente de la région de Québec en quête d\u2019une meilleure protection financière.Au Canada et au Québec, seules les entreprises d\u2019une certaine taille, généralement syndiquées, offrent une couverture d\u2019assurance suffisante pour remplacer une partie du revenu des employés absents pour maladie pendant plusieurs semaines.Dans la plupart des PME, ces employés n\u2019ont pour seul recours que l\u2019assurance- emploi, qui offre un maximum de 15 semaines de prestations aux employés ayant cotisé au moins 600 heures au cours des 52 dernières semaines.Après une semaine de latence, ces personnes ont droit à des prestations pouvant atteindre 55 % du salaire moyen déclaré, jusqu\u2019à concurrence de 562 $ par semaine.Après ces 15 semaines, plus rien.Le programme d\u2019assurance-emploi est devenu une sorte de patchwork construit au gré des gouvernements dont la logique n\u2019est pas toujours évidente.Un exemple: depuis quelques années, un proche aidant est admissible à 35 semaines de prestations alors que la personne malade n\u2019a droit qu\u2019à 15 semaines.Au lieu de créer de nouveaux programmes, on a choisi de modifier les normes de l\u2019assurance-emploi pour financer la formation de la main-d\u2019œuvre, les congés parentaux, les congés de compassion, ceux pour proches aidants et les congés de maladie pour les salariés qui ne sont pas protégés par une assurance collective dans leur entreprise.Cette façon de faire a certainement permis de réduire les frais de gestion, mais la formule ne répond pas toujours aux exigences propres aux mesures sociales adoptées.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui a conduit Québec à créer son propre programme de congés parentaux, plus généreux que son équivalent canadien.Pour ce qui est du congé de maladie, les libéraux fédéraux ont promis en campagne électorale de hausser le nombre de semaines de prestations à 26 semaines au lieu de 15, mais l\u2019amélioration projetée est jugée insuffisante par la plupart des individus qui ont eu à combattre une maladie grave pendant plusieurs mois.Curieusement, dès 2012, un certain député d\u2019opposition libérale, Denis Coderre, avait présenté un projet de loi qui, s\u2019il avait été adopté par les conservateurs, aurait porté le nombre maximum de semaines de prestations à 52.Pourquoi, sept ans plus tard, les libéraux ont-ils sabré leur engagement de moitié ?À ceux qui croient qu\u2019une telle prolongation du congé de maladie encouragerait les employés à abuser du système, les réflexions du DPB amènent à répondre que cela est peu probable à cause de l\u2019exigence d\u2019une preuve médicale.En 2017, seulement 36 % des bénéficiaires ont perçu le maximum de 15 semaines de prestations, les autres étant retournés au travail avant la fin.En revanche, les trois quarts des prestataires ayant atteint le maximum de 15 semaines auraient eu besoin d\u2019un soutien prolongé, peut-on conclure du fait qu\u2019ils ont mis plusieurs semaines supplémentaires sans revenu, ou sur l\u2019aide sociale, avant de reprendre le travail.Le programme d\u2019assurance-emploi s\u2019autofinance en totalité grâce aux cotisations des travailleurs et des employeurs.Or, grâce à la bonne performance de l\u2019économie, ces cotisations qui ont longtemps servi à réduire le déficit budgétaire annuel des gouvernements fédéraux sont en baisse depuis plusieurs années.De 3,70 $ pour chaque tranche de 100 $ de salaire en 2015 au Québec, elles sont tombées à 2,88 $ cinq ans plus tard, les 7/12 étant assumés par l\u2019employeur.Selon la promesse libérale, le passage du congé de maladie à 26 semaines au lieu de 15 pourrait se faire sans hausse des cotisations, simplement en limitant les futures baisses.Mais qu\u2019en serait-il d\u2019un passage à 50 semaines de prestations ?Dans une analyse effectuée le printemps dernier, le Directeur parlementaire du budget (DPB), à Ottawa, a calculé que la nouvelle mesure exigerait une hausse des cotisations de 6¢ par 100$ de salaire pour les employés et de 8,4¢ pour l\u2019employeur.Ce n\u2019est pas rien puisque cela s\u2019ajouterait à l\u2019augmentation déjà prévue des cotisations au RRQ causée par la bonification du régime.Mais compte tenu des avantages de cette mesure pour les employés, et pour les employeurs qui n\u2019offrent aucun congé de maladie prolongé, la proposition est une aubaine comparativement au prix d\u2019une assurance collective.Louis Demers Avocat Au début de cette année, j\u2019ai démissionné comme agent de Yves- François Blanchet auprès d\u2019Élections Canada, je me suis retiré comme avocat des dossiers judiciaires du Bloc et j\u2019ai refusé un poste au bureau national du parti.Depuis toujours, la politique ne m\u2019intéresse que si elle fait avancer l\u2019idée essentielle de l\u2019indépendance du Québec.La campagne du Bloc a été efficace et, comme prévu, le parti a obtenu un bon succès ; enfin, plus de députés.On cherche cependant encore un sens à cette victoire.Je trouve toujours inadmissible que le chef d\u2019un parti indépendantiste ne profite pas des débats télévisés, moments uniques et cruciaux d\u2019une campagne électorale, pour faire la promotion de l\u2019option fondamentale de son parti.Yves- François Blanchet n\u2019a parlé d\u2019indépendance qu\u2019à la toute fin des débats, lorsqu\u2019il en fut obligé et en se défendant presque d\u2019être souve- rainiste.Déplorable.Il aurait été pourtant facile de dire simplement que, si le oui l\u2019avait emporté en 1995, nous ne serions pas à demander encore l\u2019approbation d\u2019une autre nation pour nos politiques, par exemple, de laïcité, d\u2019immigration, de langue, d\u2019aide médicale à mourir ou d\u2019environnement.Nous serions plutôt à continuer de bâtir avec fierté une société riche, solidaire, donnant l\u2019exemple par notre exploitation des énergies vertes.Cette fine tactique des dirigeants du Bloc de ne pas parler d\u2019indé- La « mikewar- disation » de l\u2019humour québécois L\u2019humour est défini dans plusieurs dictionnaires comme étant « une forme d\u2019esprit qui s\u2019at tache à souligner le caractère comique, ridicule, absurde ou insolite de certains aspects de la réa lité ; marque de cet esprit dans un discours, un texte, un dessin, etc.Raconter ses propres mésaventures avec humour ».Depuis le 8 décembre 2019, il est convenu au Québec que l\u2019humour est mikewardisé (prononcé avec l\u2019accent français).C\u2019est-à- dire que, désormais, au Québec, l\u2019humour n\u2019est plus seulement une tentative imagée d\u2019expliquer des travers psychologiques, sociologiques, politiques etc.de certaines personnes ou de certains groupes de personnes.Mais aussi de mettre en exergue des défauts physiques chez une personne.Des défauts que la personne a malencontreusement subis depuis sa naissance\u2026 et sur lesquels les gens, comme chez les peuples primaires, peuvent s\u2019épivarder.J\u2019ai dit primaires et non primitifs.Je veux dire des peuples qui sont demeurés à un niveau infantile de développement, tant intellectuel que psychologique et affectif\u2026 peut-être plus affectif.Ce que nous pouvons constater chez les enfants qui se moquent de tares dont sont affligées certaines personnes, soit depuis leur naissance, soit à la suite d\u2019un malheureux accident de la vie.Des tares peu répandues, de telle sorte que les esprits peu développés ne peuvent encore les accepter.Ce qui a été confirmé le dimanche 8 décembre 2019 dans nos télévisions québécoises.La semaine dernière, j\u2019écoutais Jérémie en entrevue télévisée : quel esprit structuré.Il parle déjà comme un individu mature qui a développé son parler français depuis des lustres.Toute sa pensée coulait aisément, sans ambages, sans ambiguïtés.Tout le contraire de ce qu\u2019on entend de la grande majorité des humoristes de notre scène québécoise.Je crois bien que tous nos lecteurs connaissent suffisamment nos humoristes et leur petitesse intellectuelle ; je n\u2019en discourrai pas davantage.Cher Jérémie, il est évident que tu n\u2019auras pas besoin ni de sacres, ni de jurons, ni de te vautrer dans les scatologies si répandues dans le monde des humoristes d\u2019au- jourd\u2019hui au Québec.Je sais que tu réussiras une belle et brillante carrière peu importe dans quel domaine tu travailleras.Cher Olivier, toi, assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, je te fais parvenir une boîte de boules Quies.Sache que tu nous manques.Tu nous manques beaucoup.Tu nous manques énormément.Claude Doré Québec, le 10 décembre 2019 LIBRE OPINION LETTRES PRESTATIONS DE MALADIE La maladie qui ruine ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu pendance devant les micros, mais plutôt seulement devant les assemblées partisanes a peut-être permis d\u2019avoir quelques votes de plus, mais n\u2019a certainement pas fait progresser l\u2019idée première de notre engagement.Cette stratégie allait d\u2019ailleurs à l\u2019encontre du programme de re- fondation du parti, voté par les délégués au congrès de mars 2019 après un long et difficile processus de refondation et de réunification.Ce programme prévoyait clairement que nos représentants parlent d\u2019indépendance « à chaque tribune et à chaque occasion ».Il ne sera même pas mis sur le site du parti.On y verra plutôt une plate-forme électorale décidée par un petit groupe de professionnels de la politique.Le mot indépendance (en fait, indépendantiste) ne se retrouvera qu\u2019une seule fois dans ce texte de 13 pages.Le Bloc, nous a-t-on vendu, devait servir de porte-parole du Québec, donc de la majorité fédéraliste de l\u2019Assemblée nationale auprès des fédéralistes d\u2019Ottawa.Dans les faits, Legault et Trudeau s\u2019en serviront bien quand ils en auront besoin, l\u2019un pour mettre un peu de pression, l\u2019autre pour conserver le pouvoir.Tout cela, pour le meilleur fonctionnement du Canada.J\u2019espère que les élus bloquistes arriveront à exprimer leurs convictions profondes et à agir en conséquence avec force.J\u2019espère aussi que les membres du PQ n\u2019accepteront plus cette façon de faire la promotion de l\u2019indépendance en en parlant le moins possible.Cela a entraîné pendant trop longtemps le mouvement souverainiste à ressembler, comme le disait Jacques Parizeau, à un champ de ruines.Les indépendantistes sont sortis de situations difficiles dans le passé.Je me souviens, par exemple, de 1988, où le même Jacques Parizeau devenait chef d\u2019un PQ mal en point et ayant oublié sa raison d\u2019être.Par la suite, nous nous sommes rendus à la porte de notre pays.Sortir du champ de ruines On ne peut se contenter de ne parler d\u2019indépendance que du bout des lèvres Les indépendantistes sont sortis de situations difficiles dans le passé.Je me souviens, par exemple, de 1988, où le même Jacques Parizeau devenait chef d\u2019un PQ mal en point et ayant oublié sa raison d\u2019être.Par la suite, nous nous sommes rendus à la porte de notre pays.Une procédure de destitution « bidon » « Nous avons un dossier en bé- ton », a déclaré à CNN Jerry Nad- ler, président de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants.« Si ce dossier était présenté à un jury, un verdict de culpabilité serait rendu en trois minutes chrono.» Toutefois, malheureusement pour M.Nadler, le scénario prévu dans la procédure de destitution du président n\u2019aboutira pas devant un jury, mais plutôt au Sénat, majoritairement composé de républicains pour la plupart favorables à l\u2019acquittement du président.Et toute cette saga où des dizaines de témoins crédibles ont fourni aux démocrates pendant des semaines des preuves flagrantes, telles que abus de pouvoir et corruption, entrave à la bonne marche du Congrès et entrave à la justice.Mais, là où le bât blesse avec le plus d\u2019acuité, c\u2019est que la base militante sur laquelle s\u2019appuie Trump lui est restée fidèle pendant toute la durée de l\u2019enquête.Résultat?L\u2019aiguille des sondages n\u2019a pas bougé, les Américains sont divisés dans une proportion de 50% pour le président, 50% contre.Or, il est évident que le Sénat ne sera pas aussi partagé que la population.Le dossier «en béton» des démocrates va se faire engouffrer par une procédure de destitution «bidon» dont on pouvait connaître les conclusions avant même le début de toutes ces audiences.En bref, Donald J.Trump sera acquitté\u2026 and the show will go on! Henri Marineau Québec, le 9 décembre 2019 JEAN-ROBERT SANSFAÇON L A 9 LEDEVOIR // LE MERCREDI 11 DÉCEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Va, vis, deviens V a pour le maquillage.Va aussi pour la jupe découvrant des mollets d\u2019homme, le chemisier de soie sur une poitrine velue, les cheveux longs et les couleurs vives\u2026 Si un jeune homme \u2014 en l\u2019occurrence l\u2019élève qui a été renvoyé de l\u2019école Robert- Gravel à cause de son « maquillage artistique » \u2014 veut sortir du carcan vestimentaire traditionnel, pourquoi pas ?Il n\u2019y a pas beaucoup d\u2019inspiration à trouver dans un veston-cravate.Aujourd\u2019hui, de plus en plus d\u2019individus, garçons et filles, hommes et femmes, font un pied de nez au conformisme et, surtout, à une identité sexuelle strictement « genrée ».Simple mode ?Véritable combat politique ?Difficile à dire, mais l\u2019ère de Ken et Barbie semble tirer à sa fin.Il y a un certain soulagement, avouons-le, à ne pas devoir correspondre parfaitement aux stéréotypes sexuels d\u2019usage.On a beau naître femme, ou homme, on ne le devient jamais parfaitement.Seulement, cette transgression des normes va beaucoup plus loin qu\u2019un simple brouillage d\u2019ondes sexuelles à la Hubert Lenoir.Depuis juin 2017, « l\u2019identité de genre » est protégée au Canada au même titre que le sexe, la race, l\u2019orientation sexuelle ou la religion.Sur votre passeport, et dans de nombreuses institutions, on vous permet désormais de cocher « autre », plutôt que « homme » ou « femme ».Tout citoyen, toute citoyenne, peut décider de se définir sexuellement, en d\u2019autres mots, uniquement à partir de comment il ou elle ou « ielle » se sent intérieurement.Toutes les autres données fournies au gouvernement, ou à Statistique Canada, sont d\u2019ordre scientifique, c\u2019est-à-dire qu\u2019elles sont vérifiables ; celle-ci, l\u2019identité de genre, soudainement ne l\u2019est plus.Nous baignons dans une véritable révolution de mœurs, mais sans l\u2019avoir vue venir et, surtout, sans en avoir préalablement discuté.Alors que la question d\u2019un « troisième sexe » pose certainement autant de questions morales, sociales et politiques que l\u2019aide médicale à mourir, la loi fédérale est passée, dans ce cas-ci, comme une lettre à la poste.Qui en a entendu parler ?Cette loi, bien sûr, n\u2019est pas sans raison d\u2019être : les transgenres, ceux et celles qui se sentent emprisonnés dans le mauvais corps, et ça existe, ont besoin de protection au même titre que toute autre minorité.Mais à quels coûts ?C\u2019est la question que certains groupes de femmes commencent à se poser.« Devoir aujourd\u2019hui inclure un homme dans des espaces de femmes, simplement parce qu\u2019il s\u2019identifie comme une femme, est troublant et dangereux », dit la féministe canadienne Meghan Murphy.Au Canada, les personnes trans sont maintenant admises en prison en étant associées à leur identification sexuelle, plutôt qu\u2019à leur sexe biologique, selon les règles du Service correctionnel canadien.Ce n\u2019est pas sans créer un émoi chez les détenues.En Angleterre, une femme transgenre a récemment été condamnée pour avoir agressé sexuellement d\u2019autres prisonnières.On s\u2019attend également à ce que des femmes trans, peu importe leur degré de « transition », soient admises dans les centres d\u2019aide aux victimes de viol.Le Rape Relief and Women Shelter de Vancouver, le plus vieux centre d\u2019aide aux victimes de viol au Canada, s\u2019est fait couper les vivres par la Ville après avoir refusé d\u2019admettre une femme trans.En Colombie-Btannique, une esthéticienne a été poursuivie pour avoir refusé d\u2019épiler les parties génitales d\u2019une trans- genre à l\u2019appareil biologique mâle.Qui a raison ici ?Les femmes qui exigent depuis longtemps un espace séparé, une chambre à elles, un refuge par mesure de sécurité ?Ou les personnes trans qui exigent d\u2019être traitées comme toute autre femme ?Une lutte sans merci est engagée par le lobby trans qui refuse la binarité homme-femme, les vieilles catégories sexuelles, pour favoriser plutôt celui du genre.Celui-ci s\u2019oppose, parfois férocement (je m\u2019attends moi-même à recevoir quelques briques), au lobby féministe qui veut à tout prix conserver la différence homme-femme et trouve insensé qu\u2019on n\u2019ait pas davantage réfléchi avant d\u2019ouvrir la porte bien grande au phénomène trans.Le problème n\u2019est pas seulement celui de la sécurité de femmes vulnérables.Ou encore, d\u2019injustice.Par exemple, il est de plus en plus question de laisser des athlètes trans com- pétitionner (en tant que femmes), nonobstant leur énorme avantage hormonal et musculaire.Au moment où le dopage est à nouveau décrié dans le monde du sport, en quoi serait-ce acceptable ?Au-delà de ces préoccupations, il y a celle, plus fondamentale encore, de l\u2019avancement des femmes comme tel.Tous les progrès accomplis depuis 50 ans l\u2019ont été à partir de la reconnaissance des inégalités hommes-femmes.Ces inégalités sont basées sur le sexe, rien d\u2019autre.Nier ou même minimiser cet aspect des choses, c\u2019est nier ce qui a été fait tout comme ce qui reste à accomplir.Le malentendu, il me semble, a assez duré.Au moment où des menaces pèsent à nouveau sur des femmes parce qu\u2019elles sont des femmes, il est temps de trouver un compromis qui les protège tout en permettant aux personnes trans de vivre en paix.FRANCINE PELLETIER Gérard Szaraz Ingénieur forestier et ancien forestier en chef Depuis maintenant plusieurs années, le débat fait rage entre les protagonistes de la sauvegarde du caribou et ceux du maintien des emplois qui dépendent de la foresterie.Comment ménager la chèvre et le chou ?De toute évidence, en évitant de les trouver au même endroit au même moment ! Cela peut vouloir dire d\u2019assurer, au nord, un habitat propice au caribou et de concentrer plus au sud la production forestière, sans toutefois s\u2019y limiter.La tournée régionale du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs de 2019 montre qu\u2019un éventail de solutions potentielles existe.Ici aussi, comme pour la biodiversité ou les changements climatiques, c\u2019est maintenant qu\u2019il faut agir.D\u2019une part, il est vital d\u2019assurer un habitat propice au caribou, car l\u2019aménagement forestier contribue à accentuer la présence des prédateurs par des transformations de l\u2019habitat, entraînant une diminution des populations.La recherche doit se poursuivre à cet égard pour mieux comprendre les interrelations de cause à effet du déclin des caribous.Il y a cependant lieu d\u2019appliquer le principe de précaution, où l\u2019absence de certitude scientifique complète ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l\u2019adoption de mesures visant à prévenir une dégradation de l\u2019environnement.Un habitat propice contribue aussi, en synergie, au déploiement du réseau d\u2019aires protégées, à la protection du territoire du Plan Nord et au maintien de vieilles forêts boréales qui, non perturbées, stockent des quantités plus importantes de carbone.Aussi, le caribou est une espèce « parapluie », considérée comme un indicateur de l\u2019état de santé de la forêt boréale.D\u2019autre part, la production des ressources forestières plus au sud se rapproche des travailleurs, des communautés, des usines de transformation et du marché.Aussi, le climat et les sols généralement plus favorables aboutissent à de meilleurs rendements.Ces facteurs ne sont pas négligeables et de là, des économies régionales plus rési- lientes devraient être favorisées, face aux crises forestières, aux perturbations naturelles et aux changements climatiques.Il est essentiel que l\u2019offre et les conditions d\u2019emplois attrayants soient maintenues, idéalement améliorées, dans un contexte de pénurie de main-d\u2019œuvre.En effet, on risque de manquer de bras avant de manquer de bois.Rentabilité Dans la situation actuelle, la frange forestière commerciale, longeant la limite nordique d\u2019attribution du bois, contient de grands secteurs où les sols, la topographie et l\u2019hydrographie contraignent la récolte forestière, considérant également la récurrence des incendies.Il en résulte une rentabilité marginale difficilement soutenable à long terme, surtout pour les produits à faible valeur ajoutée.Il en va aussi de l\u2019accès à certains marchés, notamment par les exigences des normes de la certification forestière, telle celle du Forest Stewardship Council (FSC).Ceci n\u2019exclut pas une utilisation durable du bois par un aménagement forestier dans certaines zones nordiques, notamment par les communautés autochtones ou pour certaines initiatives innovantes de valeur ajoutée par l\u2019industrie des produits du bois.Évoquant l\u2019enjeu de la participation des communautés autochtones, il est indispensable de les impliquer tout au long de la conception et de la mise en place des actions pour s\u2019assurer d\u2019une compatibilité avec leurs modes de vie.Les enjeux du rétablissement du caribou ne sont pas nouveaux, et les grands éléments d\u2019analyse et de solutions sont établis dans une approche pondérée selon divers scénarios depuis 2015.Actuellement, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs envisage de protéger 80 % de l\u2019habitat préférentiel du caribou forestier, sans avoir d\u2019impact pour l\u2019industrie forestière, selon les mesures d\u2019atténuation considérées.Il est aussi important que la stratégie soit intégrée pour assurer une synergie notamment avec les aires protégées, les changements climatiques et la production de bois, le tout incluant la participation et le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones.Bien que les éléments de la « stratégie caribou » soient passablement définis, sa mise en œuvre complète aurait lieu dans seulement quatre ans.Ceci comporte un risque de procrastination qui pourrait mener à sacrifier la chèvre et le chou.BIODIVERSITÉ Le caribou forestier, la chèvre et le chou Reporter les mesures de protection augmente les risques pour l\u2019espèce Jacques Roy Professeur associé à l\u2019UQAR et président du Réseau Masculinités et Société La distance entre les pères et le milieu de la protection de la jeunesse constitue un phénomène documenté dans le champ des pratiques.Cette distance observée tient à différents facteurs.Un de ces facteurs concerne les hommes eux-mêmes dans leur rapport avec les services en général.Les écrits sont nombreux à constater que les hommes sous-utilisent les services existants pour des motifs tenant à la socialisation masculine traditionnelle.Plus globalement, il existerait, dans l\u2019esprit de certains hommes, une contradiction entre l\u2019identité masculine et le fait de recourir à de l\u2019aide et à des services.Notamment, un sondage réalisé en 2014 auprès de 2084 hommes québécois révélait les degrés d\u2019accord suivants pour ces énoncés : « Je n\u2019aime pas me sentir contrôlé par les autres » (92,4 %) ; « Quand j\u2019ai un problème, j\u2019essaie de le résoudre tout seul » (84,6 %) ; « J\u2019aime mieux régler mes problèmes par moi-même » (74,9 %) (Tremblay et al., 2015).Il y a ici une première collision frontale entre les hommes et la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) comme institution : les hommes, très majoritairement, n\u2019aiment pas être contrôlés par d\u2019autres, alors que la DPJ est une institution de contrôle social de par sa loi constituante.La méconnaissance des types de socialisation masculine et des compétences des pères de la part du personnel de la DPJ serait un facteur déterminant dans le fossé existant entre les pères et la DPJ (Devault et al., 2015).Aussi, selon Deslauriers (2012), il faudrait trouver un point d\u2019équilibre entre l\u2019intervention sur les facteurs de vulnérabilité des pères et celle qui aurait pour effet de reconnaître le potentiel des pères et les étapes qu\u2019ils franchissent en matière de paternité.Observation qui met en lumière l\u2019existence d\u2019un conflit potentiel entre des intervenants (souvent axés sur les problèmes et la perception parfois négative des clientèles masculines) et les hommes.Enfin, tant les intervenants de la DPJ que les pères sont régulièrement exposés à un conflit de cultures où les points de référence de chacun ne sont pas les mêmes pour comprendre le point de vue de l\u2019autre.Et cela conditionne le regard porté sur les hommes par les intervenants.Certains auteurs avancent même que les pères seraient perçus comme de bons ou de mauvais pères avant même qu\u2019ils aient pu prendre la parole dans le contexte d\u2019une rencontre avec un intervenant ou une intervenante (Dominelli et al, 2011 ; Maxwell et al, 2012).Une expérience d\u2019accompagnement En complément à la littérature scientifique, une expérience d\u2019accompagnement professionnel d\u2019hommes auprès de la DPJ sur trois ans au Centre de ressources pour hommes l\u2019AutonHommie à Québec a permis de dresser un certain nombre de constats.Nous retenons ici les principaux.Il existerait une opposition entre le contrôle social exercé par la DPJ en vertu de sa mission et la quête d\u2019autonomie des hommes.Ce serait un facteur majeur expliquant des difficultés de rapports entre les pères et la DPJ.Il y a également la complexité du système de protection de la jeunesse et de la justice qui entre en ligne de compte ; sans accompagnement, des hommes peuvent se sentir perdus dans cet univers.Enfin, il n\u2019est pas rare que certains hommes confient se sentir totalement incompris par les intervenants.De guerre lasse, ils ne parlent plus, se réfugient dans le mutisme ou devinent ce qu\u2019il faut dire ou ne pas dire.Cependant, dans ce parcours sur trois ans, il y a eu de belles histoires.Elles avaient toutes les mêmes caractéristiques : attitude d\u2019accueil et de non- jugement de la part des intervenants, écoute attentive du père, mise en confiance de celui-ci, recours à un langage accessible, capacité de l\u2019intervenant à mobiliser le père sur ses forces, à l\u2019encourager à persévérer comme parent et à reconnaître son engagement paternel.Des solutions Afin d\u2019améliorer le rapport entre les hommes et la DPJ au bénéfice premier des enfants et des familles, quatre pistes apparaissent incontournables : a) formation des intervenants de la DPJ sur les réalités masculines dans un contexte d\u2019intervention ; b) développer des interventions misant sur les forces des hommes, leurs acquis, leurs expériences ; c) appuyer les parents dans leurs rôles parentaux et conjugaux ; et d) encourager le développement de la formule des accompagnateurs au sein du réseau social et dans des organisations communautaires et publiques et clarifier le rôle d\u2019accompagnateur pour favoriser le rapport « hommes et DPJ ».La recherche sociale révèle qu\u2019aider les hommes, c\u2019est également aider les enfants, les femmes et la société.À ce titre, il est certain que le secteur de la protection de la jeunesse pourrait avantageusement profiter de cette réflexion collective qui s\u2019engage sur l\u2019avenir de la DPJ pour mieux améliorer son rapport avec les pères et être ainsi plus efficace.PROTECTION DE L\u2019ENFANCE Un fossé existe entre les pères et la DPJ Sa mission de contrôle social s\u2019oppose au besoin d\u2019autonomie des hommes Nous baignons dans une véritable révolution de mœurs, mais sans l\u2019avoir vue venir et, surtout, sans en avoir préalablement discuté Il est important que la stratégie soit intégrée pour assurer une synergie notamment avec les aires protégées, les changements climatiques et la production de bois, le tout incluant la participation et le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones LEDEVOIR // LE MERCREDI 11 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS DE DÉCÈS - LE MÉMORIEL Téléphone 514 525-1149 Courriel deces@lememoriel.com PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.PAULINE GRAVEL LE DEVOIR L a calotte glaciaire du Groenland a perdu 3800 milliards de tonnes de glace depuis 1992.Et elle continue de rétrécir à un rythme sept fois plus rapide que dans les années 1990, révèle une étude publiée mardi 10 décembre dans la revue Nature.Une équipe de 96 spécialistes des sciences polaires dénommée IMBIE (Ice Sheet Mass Balance Inter-com- parison Exercise) a analysé et comparé 26 relevés satellitaires du Groenland obtenus entre 1992 et 2018.Ces relevés ont ainsi permis de préciser l\u2019ampleur de la détérioration de cette deuxième plus grande masse de glace sur Terre après celle de l\u2019Antarctique.« Bien que le volume de glace emprisonné dans le Groenland ne représente que 12 % de celui que renferme l\u2019Antarctique, ses récentes pertes de glace ont néanmoins été près de 36 % plus grandes en raison d\u2019un réchauffement atmosphérique et océanique relativement important qui s\u2019est produit dans son voisinage, ce qui en fait une source majeure de la montée du niveau de la mer, un statut qu\u2019il devrait conserver dans le futur », soulignent les auteurs de l\u2019article.Dans les années 1990, la masse de glace de cette calotte glaciaire était presque en équilibre : les précipitations de neige l\u2019hiver contrebalançaient plus ou moins la fonte des glaces durant l\u2019été.Mais, par la suite, cet équilibre a été rompu, les pertes de glace ont commencé à s\u2019accroître progressivement, atteignant un taux maximum de 335 milliards de tonnes de glace perdues par année, en 2011.À partir de 2012, la tendance s\u2019est inversée, les pertes annuelles ont ralenti grâce une circulation atmosphérique favorisant des conditions plus fraîches, et une baisse des températures de l\u2019océan.Entre 2013 et 2017, elles s\u2019élevaient en moyenne à 217 milliards de tonnes de glace par an.Mais compte tenu des records de chaleur que nous avons connus en 2019, la fonte pourrait à nouveau s\u2019accroître, avancent les chercheurs, qui ne disposaient pas de données pour 2019.En utilisant des modèles du climat régional, les chercheurs ont pu quantifier la contribution des deux processus responsables de la perte de masse de l\u2019inlandsis du Groenland.Ils estiment que la fonte de la glace en surface de la calotte glaciaire qui survient en raison de l\u2019augmentation des températures de l\u2019air et de la réduction du couvert nuageux durant l\u2019été compterait pour 52 % de la perte totale.« Cette eau de fonte peut ruisseler à la surface du glacier, mais aussi s\u2019infiltrer dans des anfractuosités et se retrouver sous le glacier, où elle s\u2019écoulera vers la mer, entraînant avec elle le glacier.Cette eau peut ainsi accélérer le mouvement du glacier vers la mer », explique Jean-Éric Tremblay, spécialiste de l\u2019océanographie des mers froides à l\u2019Université Laval.Les experts ont évalué que 48 % de la perte de glace du Groenland est imputable au déplacement du glacier vers la mer.Hausse du niveau des océans « Le glacier glisse graduellement de la terre vers l\u2019océan.Et lorsqu\u2019il entre en contact avec l\u2019eau de la mer, laquelle s\u2019est réchauffée, il se brise en morceaux, d\u2019où une formation accrue d\u2019icebergs », précise M.Tremblay.Globalement, le Groenland s\u2019est vu délesté de 3800 milliards de tonnes de glace depuis 1992.La fonte de toute cette glace a entraîné une hausse globale du niveau de la mer de 10,6 millimètres depuis 1992.L\u2019eau que renferme la calotte glaciaire du Groenland pourrait, si elle fond, élever le niveau global des océans de 7,4 mètres, précisent les auteurs de l\u2019étude.« À chaque centimètre d\u2019élévation du niveau global de la mer, six millions de personnes supplémentaires seront exposées à des inondations côtières à travers la planète » affirme Andrew Shepherd, de l\u2019Université de Leeds, co-auteur de l\u2019étude.Les pertes totales de glace au Groenland sont très proches de celles qui avaient été prédites par le scénario le plus catastrophique de l\u2019Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), lequel prévoyait une hausse additionnelle de 50 à 120 millimètres du niveau de la mer en 2100, font remarquer les auteurs.Or, une telle hausse exposerait 40 millions de personnes de plus à des inondations annuelles.Jean-Éric Tremblay salue la qualité des résultats de cette étude, qui a été effectuée par « tous les experts mondiaux du domaine » et qui a permis de préciser les estimations de l\u2019état du glacier et de déterminer avec plus d\u2019exactitude les causes de sa détérioration.La force de l\u2019étude réside dans le fait qu\u2019ils ont utilisé différentes approches, dont des données satelli- taires, lesquelles ont donné des renseignements sur la vitesse à laquelle le glacier glisse vers la mer, sur son volume et son altitude, ainsi que sur « les anomalies du champ magnétique de la terre qui sont proportionnelles à la masse de glace en présence », précise M.Tremblay.CLIMAT Le Groenland se liquéfie Ses pertes totales de glace sont très proches de celles qui avaient été prédites par le scénario le plus catastrophique de l\u2019Intergovernmental Panel on Climate Change "]
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