L'itinéraire, 1 janvier 2019, samedi 15 juin 2019
[" Volume XXVI, n?12 Montréal, 15 juin 2019 educalcool.qc.ca/benefices POUR UN SENS DU GOÛT PLUS DÉVELOPPÉ BOIRE BIEN, C\u2019EST MIEUX Il y a plusieurs bénéfices à respecter les limites d\u2019alcool recommandées.On contrôle mieux son poids.On se sent plus énergique et plus en forme.Le sommeil est plus réparateur et on n\u2019a plus jamais la gueule de bois.Décidément, il y a trop d\u2019avantages à la modération pour s\u2019en priver. L es yeux brillants de Cécile sont à la fois clairs et insondables.On croirait y déceler de la mélancolie, mélancolie qui ne transparaît cependant pas dans sa façon de se raconter.Quand je lui demande son âge, Cécile Crevier me dit avec un sourire moqueur qu\u2019elle a le « 50+ », son âge perpétuel ! Cécile est une vraie Montréalaise de la Petite-Patrie.Elle est née au coin des rues de Normanville et Bellechasse dans une famille peu nombreuse pour l\u2019époque.Elle n\u2019a qu\u2019un frère et une sœur qu\u2019elle ne voit pas souvent.Ils n\u2019ont pas le même genre de vie, explique-t-elle.Le travail n\u2019a jamais fait peur à cette femme débrouillarde.Pendant 20 ans, du lundi au jeudi, elle a exercé un métier aujourd\u2019hui pratiquement disparu : contrôleuse de la qualité dans une manufacture de manteaux de fourrure sur le boulevard Rosemont.On confiait à son œil expert les manteaux afin de garantir la qualité de leur confection avant qu\u2019ils ne soient vendus.Puis, le commerce de la fourrure est devenu à toutes fins pratiques « immoral ».L\u2019entreprise a fermé ses portes.Le vendredi, elle était préposée à la cabine d\u2019essayage de sous-vêtements chez Greenberg, rue Saint-Hubert.Pour tous, les hommes comme les femmes ! Cécile s\u2019est mariée à l\u2019église Saint-Étienne où elle a aussi été baptisée.Devenue veuve alors que son fils a à peine cinq ans, seul soutien de sa petite famille, elle occupe alors le poste de concierge de leur immeuble.Heureusement, elle a un peu d\u2019aide de sa mère qui garde le petit à l\u2019occasion.Cécile est une battante.Elle a eu des problèmes d\u2019alcool, mais a compris que sa réinsertion est incompatible avec la toxicomanie.Il y a quelques années, elle a eu le courage de retourner à l\u2019école pour suivre un cours de cuisine à l\u2019école Georges-Vanier.Son premier job ?Un emploi dans la cuisine du café du Groupe L\u2019Itinéraire.Sous la supervision de monsieur Paul, dès 9 h, elle préparait les cabarets du petit déjeuner en y plaçant les bines, le beurre de pinotte et la confiture des clients.Puis, elle faisait la vaisselle.Il y a maintenant cinq ans que Cécile est dans la famille.Elle n\u2019a pas l\u2019intention de lâcher son magazine de sitôt.Elle a encore beaucoup à donner et à gagner : la possibilité d\u2019écrire et surtout celle d\u2019avoir une vie meilleure et d\u2019être reconnue.Si vous voyez une camelot de 50 ans et plus aux grands yeux clairs qui scande : « Demandez L\u2019Itinéraire pour les démunis et les sans- abri ! », il s\u2019agit bien de Cécile, une petite femme forte, confiante en l\u2019avenir qui vous offre le fruit du travail de toute l\u2019équipe du magazine de rue.Par Madeleine LaRoche ?Bénévole à la rédaction Photo : Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Camelot n° 891 | Âge « 50+ » Points de vente Épicerie Métro rue Morgan et métro L\u2019Assomption Cécile Crevier RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets GISÈLE BÉLANGER Imprimeur TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le entre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! On aime ça vous lire ! Quand on vous croise dans la rue, vous nous dites souvent que vous aimez votre camelot, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.J\u2019ai lu avec beaucoup d\u2019intérêt votre article « Richesse et diversité : 350 ans de pratiques artistiques au Québec ».J\u2019ai aimé tout particulièrement le contenu documentaire et la structure narrative de votre reportage sur cette nouvelle exposition permanente au MNBAQ.Félicitations et merci pour cette présentation captivante ! Cordialement, Claude Trudel La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement social par courriel à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Prix de vente 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les 1,50 $ paie l\u2019impression + coûts de production Mots de lecteurs DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef JOSÉE PANET-RAYMOND Journalistes, responsables société ALEXANDRA GUELLIL, CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants JASON PARÉ Responsable de la création visuelle MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté ALEXANDRE DUGUAY Collaborateur IANIK MARCIL Webmestre bénévole JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, ÉLIE MADOYAN, HÉLÈNE MAI, AGATHE ROUX-LAFAY Bénévoles à la révision PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE Photo de la une THIBAULT CARRON ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot MARCELA CHAVES Adjointe administrative NANCY TRÉPANIER Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux PASCALE PLANET DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux ISABELLE LACHARITÉ Responsable du Café PIERRE TOUGAS Chargée de projet DOMINIC GUIMOND Chargée de projet volet autochtone MÉLODIE GRENIER Coordonnatrice du Café de la Maison ronde NAHKA BERTRAND Coordonnatrice adjointe du Café de la Maison ronde ELLA MARTINDALE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire : JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.FRANCK BÉZIAUD - Banque Nationale SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERRAULT - Réprésentant des camelots VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Pas toujours facile de jongler avec toutes les responsabilités de la vie, surtout quand on a des enfants.Dès le réveil débute la course contre la montre pour préparer la marmaille pour la garderie ou l\u2019école.Faut s\u2019assurer que tout le monde a bien mangé, ont des chaussettes de la même couleur, n\u2019oublient pas leur devoir faits quasiment sous la menace la veille, ne ratent pas l\u2019autobus scolaire.Tout en devant se préparer de la même façon pour le travail\u2026 Ouf ! Et il n\u2019est que 7 h 30.Puis, on s\u2019en va abattre une autre journée au boulot, et on finit par passer plus de temps avec nos collègues et patrons qu\u2019avec nos enfants.De leur côté, la progéniture passera le plus clair de son temps avec des éducatrices, des enseignants et le personnel scolaire.J\u2019ai souvenir, qu\u2019avec mes trois enfants, je me disais que ce n\u2019était pas la quantité de temps qui comptait, mais plutôt la qualité.Et pour être sûr d\u2019avoir du temps de qualité, il fallait que toutes les autres obligations \u2013 épicerie, préparation des repas, ménage, implication à l\u2019école, reconduire les petits aux activités et tout le tralala soient équitablement réparties entre les deux parents (quand il y a deux parents).Autres tâches connexes Fut un temps, il n\u2019y a pas si longtemps, que ces « autres tâches connexes » échoyaient invariablement à maman.Quand papa donnait un coup de main parce que maman était indisposée ou devait s\u2019absenter, on le couvrait de louanges.Les temps ont changé, heureusement.Mais malgré ça, il y a encore de vieilles habitudes qui ont la vie dure.Parfois papa s\u2019appuie sur l\u2019ancien modèle et parfois maman a de la misère à lâcher prise.Exemple : « Chéri tu plies le linge tout croche.Laisse faire, je vais le faire moi-même ».Ou encore : l\u2019école appelle maman parce que fiston est malade, tenant pour acquis que maternité et maladie sont plus compatibles ?Comme je disais : les temps changent.Tiens, notre graphiste vient d\u2019arriver avec son garçon qui va passer la journée avec lui au bureau parce qu\u2019il a une petite fièvre\u2026 Concilier famille et travail va toujours comporter son lot de défis.Après tout, il n\u2019y a que 24 heures dans une journée.En tant que société, on doit s\u2019offrir des mécanismes et des politiques qui vont favoriser une meilleure cohésion entre ces deux aspects importants de nos vies.C\u2019est ce que l\u2019on expose dans notre dossier.La famille qu\u2019on se crée La définition de la famille n\u2019est pas la même pour tout le monde.Parfois, en l\u2019absence de parents ou faute d\u2019en avoir qui n\u2019ont pas su remplir ce rôle, beaucoup de gens se créent leur propre famille.Vous pourrez le constater en lisant Dans la tête des camelots en pages 30 et 31.Comme le dit notre camelot France Lapointe, qui, à défaut d\u2019avoir eu une famille aimante espère toujours trouver la bonne : « Ça se fabrique une famille ».Pour d\u2019autres, comme Antoine Desrochers, « la famille c\u2019est le pilier le plus important pour une personne ».15 juin 2019 Volume XXVI, no 12 Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef 3 38 24 3 Zoom sur Cécile 9 Benoît Chartier 9 Diane Curadeau 9 Christian Tarte 34 Jacques Élizé 34 Sylvain Pépin-Girard 34 Michel Dumont Mots de camelots 21 camelots ont participé à cette édition 15 juin 2019 Volume XXVI, no 12 Roller derby Féminisme et inclusion, comme sur des roulettes 8 Rond-point international 10 Questions d\u2019actualité 3 questions à Michel Leblanc sur le budget provincial en itinérance Laurent Soumis 11 Comptes à rendre Les portes fermées de l\u2019ascenseur Ianik Marcil 21 Stage à La Presse 2019 Une expérience fort appréciée ! Yves Grégoire Une opportunité incroyable Mathieu Thériault 24 Dossier - Famille Papa et maman à part égale ! Alexandra Guellil 30 Dans la tête des camelots 32 BD Isabelle Raymond 35 Dans mes souvenirs Les arroseurs arrosés Saïd Farkouh 36 Des gens d\u2019exception Sœur Nicole Fournier L\u2019Accueil Bonneau tatoué sur le cœur Yvon Massicotte 38 Entrevue Axelle Lenoir \u2014 Bédéiste hors-pair Isabelle Raymond 43 C\u2019t\u2019encore drôle Citoyen du monde ! Fred Dubé 45 ?Détente Lors du très fameux Beast of the East, premier tournoi de roller derby de la saison, 16 équipes du Québec, de l\u2019Ontario et de l\u2019État de New-York se sont affrontées sur le terrain.L\u2019occasion pour L\u2019Itinéraire d\u2019en apprendre davantage sur ce sport mythique, aujourd\u2019hui largement dominé par les filles.Car le roller derby a la réputation d\u2019être un sport dur, militant.Pas du genre à attirer familles, poussettes et enfants.Et pourtant, dans une ambiance joviale aux odeurs de popcorn, celles-ci sont au rendez-vous.Mais qu\u2019a donc ce sport atypique pour les faire se déplacer un samedi, dans une aréna comble du Mile-End, alors que le soleil du printemps commence enfin à poindre ?À la une par Camille Teste 12 PAKISTAN Mariées de force De nombreuses femmes chrétiennes pakistanaises ont été mariées de force à des Chinois.Le stratagème était tel qu\u2019il leur suffisait de verser entre 10 000 et 20 000 dollars à des courtiers pour obtenir une épouse étrangère.Natasha Khokar, originaire du Pendjab, a été mariée l\u2019année dernière.On lui avait vendu du rêve.Alors qu\u2019elle s\u2019imaginait vivre dans une maison de luxe, elle a été enfermée dans une cabane sans couverture ou accès aux toilettes.Elle pensait même s\u2019engager avec un homme chrétien et laisser à sa famille un peu d\u2019argent, en vain.Cette histoire est malheureusement celle de centaines de femmes chrétiennes pakistanaises, victimes d\u2019une réelle traite humaine, qui avantage principalement les hommes chinois.Un des nombreux legs de la politique de l\u2019enfant unique de Beijing qui a été en vigueur entre 1979 et 2015.(Reuters /INSP) Traduction Alexandra Guellil TAIWAN Premiers mariages homosexuels Après plusieurs décennies de lutte pour l\u2019égalité des droits, Taiwan est devenue la première île d\u2019Asie à légaliser les mariages homosexuels.Le mariage pour tous a été officialisé à la fin du mois de mai par le Parlement, renforçant ainsi la réputation libérale de l\u2019île.Rappelons qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une des promesses électorales du président Tsai Ing-Wen.Lors du référendum de novembre 2018, les deux tiers des électeurs ont voté en faveur du maintien de la définition du mariage, défini comme étant l\u2019union entre un homme et une femme.Le mariage entre les personnes de même sexe est donc promulgué par une nouvelle loi, distincte de celle en vigueur.Cette tentative de consensus a tout de même ses limites : l\u2019union d\u2019un couple homosexuel n\u2019est autorisée qu\u2019entre Taiwanais ou avec des étrangers originaires de pays qui légalisent déjà le mariage de même sexe.Aussi, les couples homosexuels n\u2019ont le droit d\u2019adopter des enfants que s\u2019il existe déjà un lien biologique.(Reuters /INSP) ROND-POINT INTERNATIONAL P H O T O : T Y R O N E S I U / R E U T E R S PHOTO : TYRONE SIU/REUTERS L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 34 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo CHRISTIAN TARTE CAMELOT PJC BEAUBIEN / 28E AVENUE DIANE CURADEAU CAMELOT MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE DISTRIBUTION BENOÎT CHARTIER CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX / IGA PLACE BERCY Camelots dehors Les camelots doivent faire face aux intempéries de la nature.En été, il faut affronter le soleil, les moustiques, les guêpes, etc.En hiver, on doit endurer le gel des pieds, des mains et souvent la grippe qui vient avec.En automne, c\u2019est la pluie froide et le vent.Tous ces phénomènes sont amplifiés par le réchauffement planétaire ce qui nous oblige à s\u2019ajuster en tenue vestimentaire spécialisée car notre travail demande de rester sur place de longues heures.Par exemple, pour faire du surplace en plein hiver à -20 degrés, on doit s\u2019équiper nécessairement de bottes testées -40.Les coûts reliés à l\u2019habillement nécessaire ont beaucoup augmenté depuis deux ans environ.Les ventes, moins ces dépenses supplémentaires et les repas qu\u2019on prend sur le pouce, ne suffisent plus à faire assez de profit pour se payer un peu de luxe.Comme je suis un être sociable et que j\u2019ai besoin de contacts humains pour bien fonctionner dans la vie, je continuerai quand même à vendre mon magasine malgré ces intempéries.Et voir les beaux sourires des gens qui me donnent du feedback me réchauffe le cœur et me fait grand plaisir.Je tiens donc à remercier spécialement ceux qui m\u2019encouragent en restant fidèles.Sur ce, bonne journée.Gardez le sourire, ça vous va bien.Ma passion des chevaux Quand j\u2019étais jeune, mes parents et moi regardions beaucoup de westerns à la télévision.C\u2019est de là qu\u2019est venu mon amour des chevaux et j\u2019ai toujours rêvé de monter à cheval.Ce que j\u2019aime des chevaux, c\u2019est leur force et leur beauté.J\u2019adore les voir courir, sauter, danser, galoper et jouer au polo.Quand ils tombent, comme c\u2019est arrivé dans une rue de Montréal l\u2019été dernier ou à la cabane à sucre au printemps passé, je me sens triste.J\u2019apprécie aussi leurs magnifiques couleurs qui sont différentes selon les races.Dans les films, on voit souvent les chevaux guider les troupeaux de vaches et de taureaux dans les ranchs.Ça me donne le goût d\u2019aller au Festival Western de St-Tite pour voir de près mes animaux favoris.Je nourris ma passion des chevaux en collectionnant toutes sortes d\u2019objets qui les représentent: des bibelots, des casse-tête, des photos encadrées, des couvertures, des livres, des bijoux, des toutous et même des rideaux de douche et des serviettes.Avec le temps, j\u2019aimerais posséder des sacs à main, des tee-shirts et des chandails illustrés de chevaux.20 ans de sobriété En février dernier, cela a fait 20 ans que je ne bois plus.J\u2019avoue que la première année fut la plus laborieuse de toutes, surtout qu\u2019il y avait deux personnes proches qui me disaient souvent que j\u2019allais recommencer à boire pour toutes sortes de raisons aussi saugrenues les unes que les autres.Eh bien tout ce que ces deux imbéciles ont réussi à faire c\u2019est de me motiver encore plus à réussir, juste pour le plaisir de leur fermer la yeule.D\u2019ailleurs je les en remercie grandement.Vingt ans ça fait beaucoup de « un jour à la fois » (7300).Suis-je à l\u2019abri d\u2019une rechute ?Non pas vraiment.On dit que la soif ne passe jamais, eh bien, à date, c\u2019est vrai.Mais un bon Perrier on the rocks ça fait la job.Car même après toutes ces années, il m\u2019arrive encore d\u2019avoir le goût pour une tite frette.Ce que je trouve le plus drôle dans le processus de ma sobriété c\u2019est que les AA ne m\u2019ont été d\u2019aucune utilité peut-être parce qu\u2019ils ramenaient toujours tout à Dieu.J\u2019ai assisté à trois de leurs réunions et les trois fois ça me redonnait le goût de recommencer et en plus, leur café était infect.Un savant mélange de jus de chaussettes et de jus de punaises.Bon, allons-y pour un autre 20 ans un jour à la fois. P H O T O : C O S M O S I M A G E S questions à Michel Leblanc 3 en situation de fragilité.La question est de voir comment on les accompagne.Est-ce qu\u2019on est capable de prévenir les entrées et de faciliter les sorties de l\u2019itinérance ?Est-ce que les pouvoirs publics s\u2019acquittent adéquatement de leurs responsabilités envers les personnes sans abri ?Quand je pose la question aux divers refuges et institutions qui travaillent avec les itinérants, je suis toujours très surpris de la forte proportion de leurs ressources et de leur budget qui provient du secteur privé, de mécènes, d\u2019entreprises, des grands hôtels, des restaurants, des entreprises en alimentation, etc.La proportion qui est payée par l\u2019État et le gouvernement du Québec est bien en deçà de ce qu\u2019elle devrait être.S\u2019il y a un rôle qu\u2019on reconnaît collectivement à l\u2019État, c\u2019est bien celui de la solidarité.C\u2019est un rôle d\u2019accompagnement et d\u2019appui aux gens en situations difficiles.Si on paye des impôts, c\u2019est en partie pour s\u2019acquitter de cette tâche-là.À ce moment-ci, je prends bonne note des Montréal est une métropole relativement riche.Est-il acceptable que plus de 3000 personnes y vivent sans logis ?Effectivement, Montréal est une ville qui est maintenant sur un bon élan.Durant des décennies, on n\u2019a pas connu un tel momentum.Cela dit, Montréal est une ville riche dans un pays riche, par rapport au reste de la planète.Et je remarque que dans toutes les grandes villes \u2013 aussi riches soient-elles \u2013 il y a des phénomènes d\u2019itinérance.Les grandes villes sont des lieux de convergence de personnes qui ont eu des difficultés et qui se retrouvent en situation d\u2019itinérance.Que Montréal soit une ville riche et qu\u2019on y retrouve de l\u2019itinérance, c\u2019est une réalité avec laquelle on peut travailler.On peut réduire les niveaux d\u2019itinérance et améliorer la situation des individus, mais c\u2019est un effort qui ne doit pas seulement incomber à Montréal.Mon premier message, c\u2019est que la population itinérante de Montréal provient des régions et souvent du reste du Canada aussi.On aurait les meilleures stratégies concernant les itinérants montréalais qu\u2019on recevrait toujours des gens qui viennent de l\u2019extérieur et qui sont efforts additionnels qui ont été annoncés par le gouvernement du Québec.Je prends aussi note de tout ce que la Ville annonce et fait.Mais je considère que c\u2019est insuffisant.Je considère que c\u2019est à l\u2019État et au gouvernement de consacrer des ressources additionnelles pour aider les refuges et les programmes qui visent à prévenir et à sortir de l\u2019itinérance.C\u2019est le rôle fondamental du gouvernement.Ce n\u2019est pas à la Ville d\u2019accroître ses ressources.Montréal en fait déjà beaucoup.C\u2019est à l\u2019ensemble de la société québécoise de soutenir adéquatement les politiques, les initiatives et les organisations qui travaillent sur le terrain.Quelle devrait-être la part du secteur privé dans la lutte à l\u2019itinérance ?Il est clair que le secteur privé est déjà engagé.Il y a des engagements qui sont naturels compte tenu du type d\u2019opérations.On le voit avec les entreprises en alimentation, en restauration ou dans d\u2019autres d\u2019entreprises.Ce sont des liens naturels de solidarité.Par exemple, pour s\u2019assurer que les itinérants sont bien nourris, pour s\u2019assurer qu\u2019ils sont bien habillés et qu\u2019ils ont accès à des services.C\u2019est le premier geste que les entreprises doivent poser.Ensuite, il y a aussi des entreprises qui choisissent des causes.Qu\u2019elles décident de faire de l\u2019itinérance une cause qu\u2019elles veulent porter, c\u2019est à mon avis très noble.Je leur rends hommage.Et je l\u2019ai fait moi-même à quelques reprises.C\u2019est aux entreprises que revient tout le mérite.Je ne pense pas qu\u2019on doive leur fixer un objectif.Quand elles décident d\u2019investir dans une cause, elles le font avec une vision de ce qu\u2019elles veulent accomplir.Encore une fois, je constate que le secteur privé fournit environ la moitié des budgets consacrés à l\u2019itinérance.Ça me paraît très élevé.Je ne dis pas que le privé doit en faire moins.Je dis que le gouvernement devrait en faire plus.sur le budget provincial en itinérance président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain 15 juin 2019 itineraire.ca 10 LAURENT SOUMIS QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ C\u2019est à croire que la droite économique est obsédée par les mouvements verticaux.Il y a d\u2019abord la « théorie du ruissellement » (trickle-down).Cette pseudo-théorie a été énoncée à la fin du 19e siècle par un candidat démocrate à la présidentielle des États-Unis, W.J.Bryan.Il dénonçait ses adversaires qui croyaient « que si on légifère simplement pour laisser prospérer les plus riches, leur prospérité ruissellera sur ceux en-dessous. » Comment cela serait-il possible ?Les riches en s\u2019enrichissant dépenseraient davantage, ce qui favoriserait la croissance économique.Leur consommation augmente la production et, ce faisant, met à l\u2019ouvrage des travailleurs qui, à leur tour, consommeront davantage.Un barrage La richesse ne « ruisselle » pas vers le bas telle l\u2019eau d\u2019une rivière.Elle frappe plutôt un barrage.Ce barrage c\u2019est la thésaurisation, c\u2019est-à-dire l\u2019accumulation de richesses qui ne revient pas dans l\u2019économie qu\u2019on appelle réelle.Depuis quelques décennies, la sphère financière a gonflé à un point tel qu\u2019elle représente maintenant 12 fois l\u2019économie réelle.Autrement dit, la valeur des actifs placés en bourse et dans divers outils financiers est 12 fois plus importante que tous les biens et services qui sont produits dans l\u2019année.En 1990, ils représentaient à peine 2,6 fois l\u2019économie réelle.Passé un certain stade, les riches n\u2019ont plus de raisons de consommer.Une fois que vous avez deux ou trois voitures, en achèteriez-vous une quinzaine parce que vous être 15 fois plus riche ?Si vos dépenses alimentaires représentent 15 % de votre budget, donc 7500 $ si vous avez des revenus de 50 000 $, conserverez-vous ce même ratio si vous gagniez 10 fois plus d\u2019argent, soit 75 000 $ en épicerie ?Bien sûr que non.Chaque dollar supplémentaire gagné lorsqu\u2019on s\u2019enrichit, passé un certain seuil, n\u2019est pas consommé, mais presque totalement épargné, expédié vers la sphère financière, et bénéficie que très peu à l\u2019ensemble de la société.Pas facile de monter L\u2019autre mythe « vertical » avancé par la droite va dans le sens inverse, vers le haut.C\u2019est ce qu\u2019on appelle parfois l\u2019« ascenseur social », qui permettrait à quelqu\u2019un de se hisser dans l\u2019échelle de la richesse par rapport à la situation de ses parents.Par le mérite, la scolarisation et le travail acharné.Le rêve américain, en quelque sorte.Nous avons connu ce phénomène dans le Québec de la Révolution tranquille.Je vais prendre l\u2019exemple de ma famille pour l\u2019illustrer.Les parents de mon père étaient de très modeste condition et, à toutes fins pratiques, complètement analphabètes.Grâce aux sacrifices de sa famille (et surtout de sa sœur, son aînée, qui n\u2019a pas fait d\u2019études supérieures), mon père a pu aller à l\u2019université et compléter une maîtrise en mathématiques et informatique.Cela lui a permis de prendre l\u2019ascenseur social et d\u2019atteindre la classe moyenne aisée.Mais ça n\u2019est pas seulement du sacrifice de sa famille dont il a bénéficié.C\u2019est aussi, surtout, des institutions publiques édifiées pendant la Révolution tranquille qui lui ont permis (entre autres l\u2019accès quasi gratuit à la scolarité universitaire, mais aussi la mise en place d\u2019une fonction publique moderne, puisqu\u2019il a commencé sa carrière au gouvernement du Québec).Les tenants de la théorie du ruissellement de la richesse comme ceux du principe de l\u2019ascenseur social se basent sur une vision individualiste de la société et de l\u2019économie : quand on veut on peut, et notre réussite bénéficie à tout le monde.Sauf que c\u2019est faux.De nombreuses études empiriques ont démontré que ça ne fonctionne tout simplement pas dans la réalité.Il nous faut des outils, des leviers collectifs pour que tout le monde bénéficie de la richesse produite par nos sociétés.Et ces outils sont, en partie, les institutions publiques qu\u2019on massacre à coup de bulldozer idéologique depuis des décennies.Pas pour rien qu\u2019il y a tant de laissés pour compte.Les portes fermées de l\u2019ascenseur ÉCONOMISTE INDÉPENDANT 11 itineraire.ca 15 juin 2019 N + | VU i Foie PO CA 37 © Js Na \\X > | bell | \\ Ps A ir A = 5 + Ta Sd 2 OE Ur CET La Teh! Pr t : N Yh ee dri Hi why up+éE4 AS ry aN LA Fébues +*\"\" A ttt + ù 1+ > M : =r fal 3 {# Ti = 34 C5, TS = COUPS » ai 2 = \u2014_\u2014 Bm mn 2 2 ] = ww Pre Gi pa 2 \u2014 8 \u2018A y LOI A ¥ Tes ST or > J >>) f Ce ax nh .=D < \\ M (| Lors du très fameux Beast of the East, premier tournoi de roller derby de la saison, 16 équipes du Québec, de l\u2019Ontario et de l\u2019État de New-York se sont affrontées sur le terrain.L\u2019occasion pour L\u2019Itinéraire d\u2019en apprendre davantage sur ce sport mythique, aujourd\u2019hui largement dominé par les filles.Début de saison à l\u2019aréna Saint-Louis de Montréal.Sur la piste ovale, les équipes s\u2019échauffent.Elles poussent des cris de guerre, motivent le public.Dans les gradins, ce dernier n\u2019est pas en reste : depuis quelques années, à Montréal, le roller derby a repris du galon, entraînant dans son sillon une foule hétéroclite, qu\u2019on n\u2019attendrait pas forcément.Car le roller derby a la réputation d\u2019être un sport dur, militant.Pas du genre à attirer familles, poussettes et enfants.Et pourtant, dans une ambiance joviale aux odeurs de popcorn, celles-ci sont au rendez-vous.Mais qu\u2019a donc ce sport atypique pour les faire se déplacer un samedi, dans une aréna comble du Mile-End, alors que le soleil du printemps commence enfin à poindre ?Bloquer ou jammer Pour comprendre le roller derby, il faut d\u2019abord en saisir les règles de base.Au coup de sifflet les deux équipes envoient cinq joueuses sur la piste, chacune d\u2019entre elles chaussée de patins à quatre roues, type quad, et habillée des protections nécessaires.Parmi ces joueuses, on trouve une jammeuse, un pivot et trois bloqueuses.Les jammeuses doivent marquer des points.Pour y parvenir, elles doivent dépasser les bloqueuses et les pivots du peloton, qui luttent avec vigueur pour les en empêcher.Photos Thibault Carron Reportage par Camille Teste Chaque séquence de jeu dure jusqu\u2019à deux minutes et s\u2019appelle un jam.La lutte peut être violente : un spectacle pour le public, un moment grisant pour les équipes, dont les noms \u2014 Les Filles du Roi, la Racaille ou les Contrabanditas \u2014 annoncent clairement la couleur.Pour autant, tous les coups ne sont pas permis.On ne frappe pas quelqu\u2019un dans le dos, on n\u2019utilise pas ses mains ou ses avant- bras pour faire tomber ses adversaires, on ne s\u2019agrippe pas à ses coéquipières pour empêcher le passage d\u2019une joueuse de l\u2019équipe adverse.En dehors de cela, les joueuses sont invitées à se « lâcher lousse » sur la piste plate à l\u2019oval irrégulier, une version simplifiée des anciennes pistes de roller derby.Patin à roulettes Il ne faut pas s\u2019y méprendre.Le roller derby d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est pas celui d\u2019hier.Tout au long du 20e siècle, la discipline n\u2019a cessé d\u2019évoluer.Aux États-Unis, c\u2019est à partir de 1884 que la pratique du patin à roulettes commence à se populariser.On organise alors les premières courses d\u2019endurance.Dès le départ, le sport est brutal : ses participants n\u2019hésitent pas à se pousser violemment les uns les autres ou à se faire trébucher, quitte à provoquer des accidents.Dans les années 1930, Leo Seltzer, propriétaire de salles de cinéma et organisateur de marathons de danse - une activité très populaire à l\u2019époque - apprend que 93 % des Américains patineront sur roue à un moment ou un autre de leur vie.Il se lance alors un défi : inventer un sport complet qui s\u2019appuierait sur le patin à roulettes.En 1935, il organise une course mythique, la Transcontinentale, dans le Chicago Coliseum.Sur la piste en bois, inclinée et bordée de rails, des équipes de 25 joueurs, hommes et femmes, doivent parcourir une distance équivalente à celle qui sépare Los Angeles de New York.L\u2019événement dure un mois ; c\u2019est le début d\u2019un succès qui durera plusieurs décennies.Peu à peu, cette discipline se structure pour devenir davantage un sport de contact.À partir de 1948, il bénéficie d\u2019une exposition massive à la télévision ce qui en fera un véritable phénomène de société et ce, jusqu\u2019en Europe.14 15 juin 2019 itineraire.ca Malgré la présence de figures fortes à l\u2019esthétique rock\u2019n\u2019roll, à l\u2019image de la Noire américaine Gwen « Skinny Minnie » Miller (décédée en 2018), le sport perdra en popularité à partir des années 1970.De l\u2019oubli au féminisme Quelques tentatives pour faire perdurer le roller derby sous d\u2019autres formes verront le jour par la suite.On essayera d\u2019en faire un sport scénarisé, à l\u2019image des ligues de lutte professionnelles, mais sans grand succès.Au début des années 2000 pourtant, le roller derby renaît là où on ne l\u2019attend pas.Dans les milieux alternatifs américains, plusieurs équipes de femmes veulent réinventer ce sport pour en faire un outil d\u2019émancipation.Très vite, la version contemporaine du roller derby, pratiquée sur piste plate et non plus inclinée, bénéficie d\u2019un véritable engouement.En 2010, la WFTDA (Women\u2019s Flat Track Derby Association), qui réglemente le tout depuis 2004, compte 450 ligues à travers le monde.Parmi elles, il y a celle de Montréal, la première à avoir été créée au Canada, en 2006.Sam, alias GameBoi, est un homme trans.« J\u2019ai commencé à faire du derby il y a huit ans, avant ma transition », raconte-t-il.Plus tard, il a participé à l\u2019intégration des personnes trans dans la ligue.« Pour moi le roller derby est un sport inclusif, mais ça reste encore trop classiste.L\u2019équipement, les frais d\u2019adhésion, tout ça coûte cher et empêche les gens avec moins de moyens de s\u2019intégrer. » Des athlètes Il faut dire que ce nouveau roller derby sait comment se démarquer.Dans une société où les sports masculins sont souvent les seuls qui comptent, ce sport-là voit ses règles réécrites par des femmes et s\u2019avère largement dominé par elles.D\u2019ailleurs, contrairement à la plupart des autres sports, comme le soccer ou le tennis, on n\u2019utilise pas l\u2019adjectif « féminin » pour qualifier le roller derby joué par des filles ; on dit roller derby, un point c\u2019est tout.Entre deux matchs, nous interrogeons Yuna Guivarc\u2019h, qui joue pour la ligue de Montréal.« Aujourd\u2019hui, les joueuses de roller derby sont de vraies athlètes, affirme celle que le monde du derby connait plutôt sous le nom de Falcon Punch.On s\u2019entraîne 10 ou 15 heures par semaine et on a un excellent niveau, en particulier à Montréal.Honnêtement, le roller derby fait partie de ces sports dans lesquels les femmes peuvent affronter les hommes sur le terrain sans craindre de perdre.» Et de poursuivre : « On est loin du cliché des filles juste hot en fishnet et en jupe qui se font des jambettes.Ça existe encore, surtout pour le fun, mais on n\u2019est clairement pas que ça ».Dans le vestiaire, un peu à l\u2019écart, Yuna Guivarc\u2019h alias Falcon Punch, nous confie sa rage.« C\u2019est fou la différence de considération qu\u2019il y a entre les athlètes masculins et féminins.Comme si nous les femmes, on n\u2019était pas de vraies athlètes.Pour moi, rajouter \u201c féminin \u201d après le nom d\u2019un sport ou mettre directement les femmes dans la catégorie B, c\u2019est dégradant. » Du roller derby d\u2019avant, ces nouvelles joueuses n\u2019ont pourtant pas tout jeté.Comme leurs aînées, elle continue à se rebaptiser, une manière de créer un personnage pour le terrain.« Il y a plein de filles qui n\u2019avaient jamais fait de sport à ce niveau dans leur vie et je crois qu\u2019avec ce pseudonyme, elles mettent un nom sur cette nouvelle facette d\u2019elles-mêmes », explique celle qui doit le sien au personnage de jeu vidéo Falcon et à son fameux coup de poing.Par les joueuses, pour les joueuses Le caractère exceptionnel du roller derby ne s\u2019arrête pas là.C\u2019est aussi dans son organisation que la discipline impose son style.Contrairement à la plupart des autres sports, gouvernés, dans les plus hautes sphères, par des bureaucrates ou des hommes d\u2019affaire, la discipline est gérée de façon démocratique par ses athlètes.Chaque ligue féminine, de la plus imposante à la plus amatrice, a voix au chapitre et siège à la WFTDA.De cette façon, toutes participent à l\u2019orientation de ce sport amateur en constante expansion.D\u2019ailleurs, dans ce sport principalement bénévole, tout le monde y met du sien.« Dans le roller derby, en dehors du terrain, chacun doit donner de son temps, précise Laurence Monarque, chargée des relations médias pour le Montreal Roller Derby.Les joueuses peuvent s\u2019 impliquer dans l\u2019organisation des tournois, des repas, dans la recherche de partenaires ou dans la communication, par exemple.» Selon elle, cela contribue à créer un sentiment d\u2019appartenance et de communauté tout à fait en accord avec la philosophie du sport.Inclusivité Car si, sur la piste, on s\u2019acharne sans vergogne contre l\u2019équipe adverse, en dehors du terrain, on se serre les coudes.« Ici tout le monde s\u2019aime.On a des adversaires mais ensuite on va tous boire une bière ensemble, explique Falcon Punch.C\u2019est sûr qu\u2019 il y a des coups chiens sur la track, mais en dehors, il y a un vrai esprit de communauté.» De fait, dans ce sport, l\u2019inclusivité est une valeur portée en étendard.Aujourd\u2019hui, il s\u2019agit sans doute de l\u2019un des sports les plus inclusifs, notamment en matière de genre.Dans les ligues féminines, on trouve aussi des personnes non binaires et des personnes trans.« En fait, tout le monde peut intégrer nos équipes, sauf les hommes cis, qui ont des ligues qui leur sont réservées [mais que les femmes peuvent 17 itineraire.ca 15 juin 2019 Myriam Latulippe, alias G-String Theory, est astrophysicienne.Elle fait partie de l\u2019équipe des Filles du Roi.« Ce que j\u2019aime dans ce sport, c\u2019est que c\u2019est à la fois badass et familial, sourit-elle.Pour moi, c\u2019est un bon moyen de montrer aux enfants que si t\u2019es une fille, tu peux être une princesse, mais tu peux aussi péter des gueules. » toutefois intégrer, NDLR] », précise Myriam Latulippe, qui a récemment joint l\u2019équipe des Filles du Roi.Pour cette jeune astrophysicienne, la pratique du roller derby a d\u2019ailleurs été l\u2019occasion de s\u2019ouvrir davantage aux questions LGBTQ+ et à la différence en général.« Moi je viens d\u2019un monde scientifique composé surtout d\u2019hommes blancs hétérosexuels, explique celle qu\u2019on connait dans son équipe sous le pseudonyme de G-String Theory.Avec le roller derby j\u2019ai pu fréquenter des gens de toutes sortes de genres, de milieux et d\u2019âges.» Un sport politique ?Selon certains participants pourtant, le roller derby pourrait encore faire mieux.C\u2019est ce que croit par exemple Sam, alias GameBoi, homme trans et adepte du roller derby depuis huit ans.« Je pense qu\u2019on pourrait être encore plus inclusif.Je trouve que c\u2019est un sport qui reste encore très blanc, et qui, par ailleurs, est assez cher, et donc réservé à ceux et celles qui en ont les moyens.» Sam craint aussi que malgré la surreprésentation des ligues féminines, les vieux travers du sport, à commencer par la valorisation des équipes masculines, ne reprennent le dessus.« Les ligues masculines sont arrivées plus tard dans le roller derby contemporain, mais on est en train de se rendre compte qu\u2019elles ont beaucoup plus de facilité à se faire connaître, et à voir leurs compétitions diffusées à la télévision, notamment sur ESPN », déplore-t-il.Encore nouveau dans le paysage sportif, le roller derby semble malgré tout bien parti pour imposer sa place.À voir l\u2019énergie déployée par les équipes sur le terrain, et l\u2019ambiance électrique qui règne dans les arénas en temps de match, on ne prend pas grand risque à postuler que ce sport a, pour sûr, de très beaux jours devant lui.18 15 juin 2019 itineraire.ca Transport gratuit du 21 juin (16 h) au 27 août pour les 6 à 11 ans* stm.info/sortiesenfamille * CERTAINES CONDITIONS S\u2019APPLIQUENT Pour des programmes d\u2019insertion adaptés et diversifiés Pour répondre aux besoins des personnes en situation ou à risque d\u2019itinérance, il est nécessaire de développer et de soutenir des programmes d\u2019insertion diversifiés et adaptées aux besoins de différentes populations : des programmes pour les jeunes, pour les personnes de 40 ans et plus, pour les femmes, des programmes pour les personnes qualifiées et d\u2019autres pour celles qui sont très éloignées du marché de l\u2019emploi.Les parcours menant à l\u2019itiné- rance sont multiples et les besoins des personnes le sont tout autant.Surtout, il est essentiel de favoriser des approches incitatives et volontaires, et de reconnaître que certaines personnes, en raison de leur parcours de vie, ne seront pas en mesure de s\u2019insérer sur le marché du travail dit traditionnel.Pour ces personnes, il est nécessaire de préserver des programmes d\u2019insertion sociale tels que le PAAS-Action (voir encadré) ou d\u2019autres initiatives mises en place par des groupes communautaires afin de répondre aux besoins des personnes qu\u2019ils rejoignent.Ces programmes jouent un rôle essentiel pour prévenir et réduire l\u2019itinérance.Des groupes comme L\u2019Itinéraire avec la production et la vente de son magazine, le Groupe Information Travail avec ses programmes en ébénisterie, le Y des femmes de Montréal avec sa friperie et autres programmes d\u2019insertion, ont développé une expertise solide en matière d\u2019insertion sociale et professionnelle et doivent être soutenus adéquatement pour leurs actions.En effet, ils permettent de rejoindre des personnes qui ne le sont pas par des programmes gouvernementaux plus normés ou plus contraignants.En offrant des possibilités de participation adaptées, ces programmes communautaires sauvent des vies.Ils permettent à des personnes d\u2019avoir accès à un revenu mais surtout de retrouver une place dans la communauté.Il y a un peu plus d\u2019un an, le Programme Objectif Emploi (POE) entrait en vigueur.Fortement critiqué par les groupes de lutte à la pauvreté, dont le RAPSIM, ce programme impose des parcours obligatoires aux personnes qui sont admissibles pour une première fois à l\u2019aide sociale.Un an plus tard, quels échos avons-nous de l\u2019application de ce programme et de ses impacts pour les personnes en situation ou à risque d\u2019itiné- rance ?Quels besoins demeurent en matière d\u2019insertion pour ces personnes ?Un an de mise en œuvre du Programme Objectif Emploi Avec le POE, les primo-demandeurs à l\u2019aide sociale doivent choisir un parcours (recherche d\u2019emploi, formation, développement d\u2019habiletés sociales) et définir, avec leur agent d\u2019aide sociale, un plan d\u2019intégration en emploi.Des pénalités financières, impliquant des coupures de leurs prestations, sont prévues en cas de non-respect de ses engagements par la personne prestataire.Cette approche obligatoire et punitive a été largement décriée par les groupes communautaires, dont le RAPSIM, pour ses impacts potentiels sur les personnes les plus éloignées de l\u2019emploi.En coupant un chèque déjà largement insuffisant, on attaque le droit à un revenu décent de personnes qui sont parmi les plus pauvres tout en brimant leurs chances de s\u2019en sortir.C\u2019est pourquoi le RAPSIM fait partie des groupes qui ont demandé le retrait pur et simple des pénalités financières et la mise en place d\u2019une approche incitative et volontaire visant à accompagner les personnes au lieu de les contraindre à l\u2019insertion.Ces demandes n\u2019ont malheureusement pas été entendues.Et le POE est entré en vigueur le 1er avril 2018.Un an plus tard, les échos du terrain révèlent que peu de pénalités financières ont été appliquées.Il s\u2019agirait de cas d\u2019exception.Aussi, il semblerait que l\u2019entrée dans le programme ait été appliquée avec plus de flexibilité, en favorisant l\u2019exemption de certaines personnes très éloignées de l\u2019emploi.En pratique donc, la mise en œuvre semble se faire avec davantage de souplesse que le règlement d\u2019application ne le laissait entrevoir.Reste que cette indulgence relève du bon vouloir des agent.e.s et n\u2019est d\u2019aucune façon sanctionnée par un règlement.Or la protection des droits des personnes ne peut reposer sur la volonté et la marge de manœuvre dont disposent des agent.e.s d\u2019aide sociale.Elle doit être garantie par la loi.C\u2019est pourquoi, tout en soulignant l\u2019aspect positif d\u2019une application souple du Programme, le RAPSIM demeure opposé à l\u2019approche contraignante et maintient sa demande d\u2019abolir les pénalités financières prévues.Mieux répondre aux besoins des personnes itinérantes Insertion Par Alice Lepetit ?Organisatrice communautaire au RAPSIM PAAS-Action : une vocation d\u2019insertion sociale à préserver?Créé en 2011, le Programme d\u2019aide et d\u2019accompagnement social (PAAS-Action) visait à l\u2019origine à répondre aux besoins des personnes les plus éloignées de l\u2019emploi.Un récent sondage réalisé par la RAPSIM auprès de ses membres montre que, malgré cet objectif, ce programme permet de moins en moins de rejoindre les personnes ayant ce profil et favorise au contraire celles qui sont plus proches de l\u2019emploi.Les organismes notent particulièrement une pression croissante vers les programmes d\u2019employabilité, rendant de plus en plus difficile pour les prestataires de renouveler leur participation au programme.Cette tendance n\u2019est pas nouvelle et le RAPSIM, en lien avec d\u2019autres groupes de lutte à la pauvreté, défend le maintien de la vocation originelle du programme soit l\u2019insertion sociale et non pas l\u2019employabilité.CHRONIQUE PAYÉE Du 6 au 10 mai dernier, j\u2019ai eu l\u2019opportunité avec d\u2019autres de faire un stage au journal La Presse.D\u2019emblée, la salle de rédaction de La Presse est un endroit extrêmement stimulant.Des dizaines d\u2019employés et de journalistes se côtoient dans une ruche où on a l\u2019impression que le monde se réécrit chaque jour.Personnellement, la vague impression que j\u2019en avais me venait de la télésérie Scoop, œuvre de Réjean Tremblay du début des années 1990 qui se déroulait justement dans une presse imaginaire.Nos hôtes journalistes, Silvia Galipeau et Tristan Péloquin, nous ont introduits à ce riche univers en commençant le lundi matin par un « tour du propriétaire ».Locataire, vaudrait-il mieux dire, puisque La Presse, désormais un OBNL dont la pérennité financière est loin d\u2019être assurée, n\u2019est plus propriétaire de ses locaux comme à l\u2019époque dorée du « quotidien de la rue Saint-Jacques » dont Power Corporation remplissait les coffres.En ce lundi matin, ç\u2019a été toute une visite que de rencontrer les Rima Elkouri, Hugo Dumas, Marc Cassivi, Serge Chapleau, entre autres.Pour moi, de voir en vrai comment se construit au quotidien un journal que je lis depuis ma jeune adolescence fut assurément une découverte.Pour une troisième année consécutive, des camelots de L\u2019Itinéraire ont eu l\u2019opportunité de suivre un stage à La Presse.Les journalistes Silvia Galipeau et Tristan Péloquin ont offert de leur temps et de leur précieuse expertise afin de faire connaître les rouages du métier à Lynn, Yves et Mathieu.Ces derniers témoignent de leur expérience qui s\u2019est étendue sur une semaine et qui a été riche en enseignements et bénéfique pour leur confiance en soi.21 itineraire.ca 15 juin 2019 incroyable Une opportunité PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT BERNARD / DE L\u2019ÉPÉE ma zone de confort ! En vrac, j\u2019ai écrit un papier sur des parents qui prénomment leur enfant en l\u2019honneur des personnages de Game Of Thrones, j\u2019ai couvert une conférence de la mairesse Valérie Plante, j\u2019ai assisté au nouveau spectacle de l\u2019humoriste Guillaume Wagner, j\u2019ai interrogé le réalisateur d\u2019un documentaire qui a réussi à faire le tour du monde en 80 jours sans un sou en poche et j\u2019ai participé à l\u2019interview d\u2019un bédéiste célèbre ! Médias en crise Au total, trois textes que j\u2019ai écrits ont été publiés dans La Presse, signés de mon nom ! Même si j\u2019ai déjà eu l\u2019occasion de publier un texte dans La Presse et sans dénigrer L\u2019Itinéraire, pour quelqu\u2019un comme moi, il s\u2019agit tout de même d\u2019une opportunité incroyable.Je fus également vraiment troublé de constater à quel point le milieu des journaux traversait des temps troubles.Même le Journal de Montréal, pourtant le plus lu au Québec, n\u2019a plus de salle de rédaction.À savoir que quand bien même il voudrait nous offrir un stage comme celui de La Presse, il ne le pourrait pas puisque chaque journaliste travaille désormais à partir de chez lui, isolé, en lien avec une salle de rédaction virtuelle et sans lieu d\u2019ancrage.Pourtant, de tout ce que j\u2019ai pu voir dans ma vie, une salle de rédaction en plein fourmillement est de loin la plus grande source de stimulation intellectuelle que je n\u2019ai jamais côtoyée.Si j\u2019ai retenu quelque chose de cette semaine de stage, c\u2019est l\u2019importance de journaux crédibles et sérieux en cette ère de fake news.Plus que jamais, la presse (en général) a un rôle fondamental pour nous aider à distinguer le vrai du faux, la vérité de la rumeur.Mais cela exige un travail, fait par des professionnels, qui ne pourra jamais être celui du quidam qui exprime son opinion ou sa théorie sur Facebook ou ailleurs.La rigueur et la recherche, ça demande du temps et plus que 140 caractères.Alors si vous le pouvez, soutenez La Presse, L\u2019Itinéraire et tous les médias qui vous semblent pertinents.C\u2019est le meilleur cadeau qu\u2019on puisse se faire collectivement.À tout instant, les artisans de La Presse nous ont fait sentir comme si on faisait partie de la famille, jamais comme si on était là pour quêter quelque chose ou si on dérangeait.On nous a présenté chaque département, chaque section, et chacun a pris le temps de s\u2019arrêter pour répondre à nos questions, nous expliquer son rôle et ce qu\u2019il faisait dans le journal.Après deux jours, même les gardiens de sécurité étaient sympathiques et m\u2019appelaient par mon prénom, alors que mon expérience à vie avec ce type d\u2019employés s\u2019est à peu près toujours résumée à des airs bêtes et de lourds silences.Alors on fait quoi ?Au fil de la semaine, en parlant avec nos deux « profs journalistes », et je ne pourrai jamais assez dire combien ils étaient engagés et pertinents, j\u2019ai fini par apprendre qu\u2019ils étaient pratiquement plus stressés que nous au commencement.C\u2019est un stage de cinq jours et ils nous ont vraiment mis dans la peau de ce qu\u2019un journaliste peut vivre au quotidien.Tu commences ta journée en ne sachant jamais ce que tu vas en faire.En somme, tu es à la merci de l\u2019actualité et de ce qui se passe dans le monde.Alors pas plus eux que nous pouvions deviner de quoi notre semaine serait faite.Pour nos deux coachs, le stress était surtout de savoir s\u2019ils auraient quelque chose de pertinent à nous faire couvrir.Je peux dire que dans mon cas, ç\u2019a été franchement réussi.Les quelques lecteurs qui lisent parfois ma chronique En toute liberté, à chaque premier du mois, savent que j\u2019écris en général sur l\u2019actualité, la politique ou la société.Eh bien, on m\u2019aura fait sortir de p u b l i c i t é J\u2019ai vécu une semaine de stage au journal La Presse en mai dernier.Les journalistes qui nous ont guidés pendant cette semaine étaient Silvia Galipeau et Tristan Péloquin.L\u2019équipe de stagiaires était composée Lynn Champagne, Mathieu Thériault et moi.Quant à Jean-Claude Nault, il a dû malheureusement se désister pour cause de maladie.Pendant les cinq jours du stage nous avons couvert plusieurs sujets d\u2019actualité, été sur le terrain et travaillé sur des textes.La première journée, on nous a présenté certains journalistes de La Presse, des éditorialistes et même Serge Chapleau, le caricaturiste bien connu.C\u2019est lui qui a conçu Gérard D.Laflaque pour la populaire émission québécoise.On a rencontré beaucoup de gens, par exemple, l\u2019équipe qui est en train de monter un dossier sur les coroners au Québec.Ces journalistes doivent lire à peu près mille rapports médicaux afin d\u2019écrire cette histoire.Un travail impressionnant ! Sur le terrain Nous avons couvert des sujets d\u2019actualité.On est allés visiter Deux- Montagnes et Sainte-Marthe-sur-le-Lac afin de se renseigner sur la situation des inondations.Dans le cadre du stage, j\u2019ai écrit le texte suivant à ce sujet : « Deux semaines après le drame, le gouvernement Legault a finalement annoncé la reconstruction de la digue de Sainte-Marthe- sur-le-Lac.L\u2019 inondation avait recouvert le tiers de la ville et forcé l\u2019évacuation de près de 6000 personnes.L\u2019Itinéraire y était alors que les citoyens inondés vivaient encore une pénible attente.Il a fallu de longues journées avant de savoir si le gouvernement allait reconstruire la digue.Pendant ce temps, nos inondés broyaient du noir, en attendant d\u2019avoir des réponses sur les indemnisations, les montants et les conditions.En plus de se questionner sur les assurances : qui est couvert ?De l\u2019eau dans la cave, est-ce considéré comme une inondation ?Quel montant va-t-on recevoir ?Et quel genre de reconstruction fera-t-on, rafistolage ou digue moderne?Un propriétaire rencontré en train de vider sa maison a raconté qu\u2019 il venait de la vendre samedi matin, et que la vente avait été annulée samedi soir, suite à l\u2019 inondation.Un citoyen qui n\u2019est pas au bout de ses peines.À la suite des crues de 2017 et à la rupture de la digue de cette année, plusieurs questions se posent.Après 40 ans sans problème, la plupart des citoyens veulent rester chez eux.Même si leurs maisons ne valent plus grand chose, ils espèrent pouvoir rester là où ils demeurent et là où ils ont construit leur vie.» J\u2019ai retravaillé ce texte avec Silvia Galipeau à la fin de la semaine.Un fait divers Par la suite, nous avons couvert le démantèlement d\u2019un laboratoire de drogues.Nous n\u2019avons pas pu y entrer, parce qu\u2019il y avait un risque de contamination.Lynn et moi, avec l\u2019aide de Tristan, avons questionné Manuel Couture, un policier relationniste, qui se charge de parler aux journalistes.Lynn et moi avons d\u2019ailleurs écrit un article au sujet de notre expérience.Celui-ci a été publié dans La Presse pendant la semaine du stage (le 8 mai).J\u2019ai aussi fait une entrevue avec une journaliste, Josée Lapointe, avec l\u2019artiste-chanteur Antony Carle, et un encadré de mon texte a été publié dans La Presse (le 21 mai) à ce sujet.J\u2019ai aussi écrit les bas de vignettes pour les photos.Le jeudi j\u2019ai assisté à une entrevue avec Guylaine Tremblay et ses acolytes en compagnie du journaliste Luc Boulanger à la Licorne.Un encadré de mes impressions a été publié le 14 mai.La comédienne se souvenait de moi à L\u2019Itinéraire.Elle m\u2019avait rencontré brièvement lors de notre événement Camelot d\u2019un jour.Le vendredi nous sommes revenus sur notre semaine de stage.Nous, les stagiaires, avons donné nos impressions et en retour nous avons reçu les commentaires et conseils de nos journalistes ; Silvia et Tristan.Dans mon cas c\u2019est surtout Silvia qui m\u2019a conseillé.Elle m\u2019a rappelé de prendre plus de notes et de faire des citations, ce qu\u2019elle m\u2019avait déjà suggéré lors de l\u2019écriture de mes textes.Ils nous ont dit de continuer notre travail et de mettre en pratique les conseils qu\u2019ils nous ont prodigués.J\u2019allais là pour du nouveau et j\u2019ai été servi car le journalisme ne ressemble pas à ce que je suis habitué de faire.J\u2019ai beaucoup apprécié l\u2019expérience.23 itineraire.ca 15 juin 2019 fort appréciée ! Une expérience PAR YVES GRÉGOIRE PARTICIPANT À LA DISTRIBUTION PHOTO ADITYA ROMANSA (UNSPLASH) Par Alexandra Guellil Papa et maman à part égale ! Tous les parents le confirmeront : l\u2019arrivée d\u2019un enfant change tout.S\u2019ils peuvent être courts, longs ou partagés, les congés de maternité, de paternité ou parentaux, tels qu\u2019ils existent au Québec, ont de quoi faire des envieux. Des réflexions plus que jamais d\u2019actualité alors que le gouvernement Legault effectue une réforme sur le droit de la famille.Sur sa table à langer, Flavie, six mois, échange des regards complices avec son père, Vincent Dionne.« On communique beaucoup par le non verbal.Si on partage ces moments, c\u2019est parce que je suis à la maison depuis sa naissance », confie-t-il sous le regard attendri de sa conjointe, Audrey Simard.La parentalité n\u2019a pas toujours été une évidence pour ce couple de trentenaires.Pendant très longtemps, Audrey ne voulait pas donner naissance et visait plutôt l\u2019adoption.Et puis, à force de discussions, la maman de 37 ans a changé d\u2019avis.« Ça a pris trois ans et demi avant que cela fonctionne.J\u2019ai pu confronter mes peurs et mes craintes et en discuter avec Vincent.Une de mes conditions était qu\u2019 il reste avec moi à la maison.Je ne voulais pas me retrouver seule avec Flavie, au bout de ses cinq semaines de congé de paternité.» Quand Flavie est enfin arrivée dans leur vie, les jeunes parents ont eu le temps de se préparer émotionnellement, mais aussi financièrement.À deux, ils ont établi un budget familial viable sur un an, leur permettant cette nouvelle vie de parents à la maison.Année sabbatique Le couple se dit chanceux d\u2019avoir pu réaliser ce projet parce qu\u2019une telle option n\u2019est pas envisageable pour toutes les familles.« Si certains ne pensent pas à cette possibilité, dans la majorité des cas, c\u2019est une question de finances.En faisant cela avec Vincent, nous sommes devenus des privilégiés de la société », explique Audrey Simard.Car prendre congé du travail pour s\u2019occuper des enfants, cela signifie renoncer à un pourcentage conséquent du revenu familial, et dans certains cas, devenir quasiment dépendant du Régime québécois d\u2019assurance parentale (RQAP) ou des allocations familiales, lorsqu\u2019elles sont présentes.Avant de mettre leurs vies professionnelles en sourdine, Audrey travaillait dans le communautaire tandis que son conjoint était programmeur et concepteur de jeux vidéo.Les employeurs de Vincent n\u2019étaient pas vraiment habitués à dealer avec une telle demande.Pour la plupart des entreprises, c\u2019est le congé de paternité de cinq semaines qui reste commun.« Administrativement, cette demande a été enregistrée comme une année sabbatique, sans solde donc.Mais nous avions prévu le coût », raconte le papa qui a, en quelque sorte, ouvert la voie à une autre vision de la paternité.« Quand j\u2019ai annoncé que je partais un an aux collègues, j\u2019ai vu des mâchoires tomber par terre, pas forcément négativement, au contraire.Beaucoup m\u2019ont dit que si c\u2019était à refaire, ils le feraient.» à part égale ! Charge mentale Qui dit bébé, dit couches, lingettes, vêtements et accessoires.Qu\u2019on fasse un choix jetable, lavable, emprunté ou neuf, tout ce kit de soins essentiels a un prix.Audrey et Vincent ont pu bénéficier de dons et de prêts d\u2019amis, eux aussi parents.Leurs dépenses ont donc été réduites de facto.Mais, les clichés ont parfois la vie dure.Un papa qui est à la maison avec son bébé reste hors norme et, s\u2019il prend part aux tâches quotidiennes, il est perçu comme celui qui aide la maman au lieu de prendre sa juste place à la maison.Ces ouï-dire ont fait sourciller Vincent qui dit avoir expérimenté le fameux concept de la charge mentale.Au quotidien, leurs journées sont rythmées par Flavie : Vincent prépare les repas, s\u2019occupe de bébé qui se réveille la nuit ou la journée, pendant qu\u2019Audrey se repose avant le prochain boire ou prend une douche.Et inversement.Le couple se relaye et évite ainsi l\u2019épuisement.« Sans Vincent, j\u2019aurai sûrement mangé des céréales et des toasts », s\u2019amuse la maman.Du temps avec bébé Autre couple, autre organisation.Marie-Ève Bergeron et Pascal Philippe-Bergeron ont quelque peu innové.Lorsqu\u2019ils ont eu Léonard, 18 mois, chacun a bénéficié du congé qui lui était dû, leur permettant de passer les cinq premières semaines en famille.Par la suite, ils ont divisé leur congé parental de façon équitable.Chaque parent a donc passé six mois, seul avec bébé, pendant que l\u2019autre travaillait.« Nous voulions tendre vers un peu plus d\u2019égalité pour que chacun ait son moment avec Léonard.Chacun a sa façon de vivre sa parenta- lité et est libre de créer sa routine.On a tous les deux une place particulière à prendre en tant que parent et cela demande du temps de la trouver », explique la mère.« On m\u2019a souvent dit que ça peut être difficile de se sentir père avant que l\u2019enfant ait deux ans.Je ne voulais pas ça.Mais c\u2019est vrai que comprendre mon bébé et distinguer le sens de ses différents pleurs m\u2019a pris un peu de temps », raconte Pascal.Si ce long congé de six mois a été bien perçu au travail de Pascal, sa conjointe se souvient des préjugés et propos souvent contradictoires qu\u2019elle a essuyés.« Je ne serai pas capable de laisser mon enfant à son père (\u2026) je suis une mauvaise mère parce que je ne suis pas capable de rester à la maison, etc.Tout cela versus Pascal qui était perçu comme le papa ultra-impliqué », se souvient Marie-Ève.Malgré tout, le couple n\u2019a aucun regret et envisage de procéder de la même façon pour leur second enfant.Papa et héros ! Valérie Harvey, sociologue, rappelle que depuis 2006, plus de 75 % des pères ont pris leur congé de cinq semaines.Et ce chiffre ne cesse d\u2019augmenter.De plus, de nombreux pères utilisent aussi les congés parentaux partagés avec la mère.Les mœurs ont évolué à tel point « qu\u2019un père qui utilisera moins que ces cinq semaines allouées sera regardé bizarrement voire questionné.» Les pères rencontrés par Mme Harvey, lors de son étude, ont expliqué que leur conjointe leur avait « permis ou donné » un peu de temps sur « leur » congé parental.En d\u2019autres termes, ce temps est souvent attribué uniquement à la mère alors qu\u2019il est, dans les faits, partageable entre les deux parents.« Certains ont dit avoir négocié, parfois férocement, avec leur conjointe qui ne souhaitait pas diviser cette période.C\u2019est pour cela que c\u2019est important que les papas aient un congé bien à eux.» Dans l\u2019imaginaire collectif, ce sont encore les mères qui doivent s\u2019occuper des enfants et prendre soin de la famille.« Le père qui s\u2019 investit auprès de ses enfants, en fait probablement plus que son père à lui.Il est perçu comme un héros parce qu\u2019 il est plus impliqué.Tandis qu\u2019une mère qui s\u2019 implique moins auprès de ses enfants parait moins bien que sa mère à elle, qui en a sûrement fait plus qu\u2019elle, qui était toujours présente à la maison et sur qui on pouvait toujours compter », soutient l\u2019auteure.Parmi les pères qui ont pris leurs cinq semaines de paternité, nombreux étaient ceux qui retournaient au travail avec l\u2019impression de « rater tous les premiers moments, comme les premiers mots et premiers pas de bébé.Certains ont même dit qu\u2019 ils avaient le goût de lancer le téléphone dans le mur lorsqu\u2019 ils recevaient une photo prise par leur blonde, parce qu\u2019 ils étaient absents.» 26 15 juin 2019 itineraire.ca Un père impliqué auprès de ses enfants est perçu comme un héros.Il en fait plus que son père à lui.Une mère moins impliquée paraîtra toujours moins bien que sa mère à elle.Valérie Harvey FAMILLE SIMARD-DIONNE PHOTO ALEXANDRA GUELLIL FAMILLE SIMARD-DIONNE PHOTOS ALEXANDRA GUELLIL Mentalités à changer En règle générale, le congé parental est très peu partagé.Dans de nombreux cas, les deux parents se retrouvent à la maison en même temps.Si cela est positif sur bien des aspects, il faut aussi noter que l\u2019autonomie parentale peut être affaiblie.C\u2019est la vision de Marilyse Hamelin, journaliste indépendante et auteure de Maternité, la face cachée du sexisme.Elle souligne que dans la majorité des cas, les pères prennent une partie du congé parental parce que la mère n\u2019est pas admissible, car sans emploi, aux études, en congé de maladie ou prestataire de la CNESST.S\u2019il est vrai qu\u2019il existe aujourd\u2019hui au Québec une part de conscientisation sur l\u2019égalité entre les hommes et les femmes, Marilyse Hamelin invite à ne pas confondre avancement et égalité atteinte.« La société tient souvent pour acquis le travail des mères.Mais, les mères elles-mêmes tiennent pour acquis que certaines tâches leur reviennent.Elles peuvent penser être totalement égalitaires avec leur conjoint sans se rendre compte qu\u2019elles bonifient un peu trop certaines de leurs actions et minimisent les leurs », explique l\u2019auteure.« Comme société, on ne devrait rien enlever aux femmes parce que ce sont encore des acquis fragiles.Il faudrait juste valoriser plus le rôle de chaque parent.» Marilyse Hamelin estime enfin que le marché du travail doit s\u2019habituer à ce que les pères prennent des congés pour raisons familiales, qu\u2019ils soient parentaux ou de maladie.Car dans le modèle actuel, la mère reste le parent principal : si son enfant est malade et qu\u2019il doit s\u2019absenter de la garderie ou de l\u2019école, c\u2019est elle qui doit prendre congé.Et elle en paye souvent le prix dans sa carrière. Temps parental À chaque famille, son schéma.Céline Le Bourdais, professeure de sociologie à l\u2019Université McGill a étudié pendant plusieurs années les trajectoires familiales.S\u2019il est vrai que les hommes et les femmes se partagent les tâches, une donnée essentielle manque à l\u2019appel : le temps parental.« S\u2019 impliquer dans les tâches domestiques ne veut pas dire forcément passer du temps avec les enfants », précise la professeure.Ainsi, « les hommes en font plus parce que les femmes en font moins dans le travail domestique, car elles sont plus présentes sur le marché de l\u2019emploi ».Elles ont donc souvent recours à des services extérieurs, comme l\u2019achat de mets déjà cuisinés ou l\u2019emploi d\u2019une aide ménagère, ce qui leur permet de gagner du temps sur leurs tâches quotidiennes.D\u2019un autre côté, Mme Le Bourdais rappelle que la forme actuelle des congés parentaux et les garderies à coût réduit permettent aux mères d\u2019avoir le plus haut taux d\u2019activité au pays.« Il y a 35 ans, c\u2019était le contraire.Le taux d\u2019activité des femmes et des mères au Québec était relativement faible.Tout cela renverse donc toute la question de l\u2019égalité au sein du couple.Les femmes sont plus présentes dans leur emploi, ont donc plus de moyens, et sont plus facilement en position de négocier un meilleur partage des tâches dans le couple.» Moins de mariages, plus d\u2019unions libres Si dans le passé, le modèle du couple marié (ou uni) civilement (ou religieusement) l\u2019emportait, aujourd\u2019hui, c\u2019est plus l\u2019union libre qui a la cote.Selon les chiffres publiés par l\u2019Institut de la statistique du Québec, la part des personnes déjà mariées à 25 ans a fortement réduit pendant le baby-boom des années 1946-1966.Et, dans le tiers des mariages qui sont célébrés aujourd\u2019hui, il s\u2019agit d\u2019un remariage pour au moins l\u2019un des conjoints.« Aujourd\u2019hui, au Québec, les enfants naissent beaucoup plus en union libre qu\u2019en mariage et, même les couples mariés sont devenus plus instables.On se sépare, on reforme des nouvelles unions dans lesquelles on a souvent déjà des enfants qui sont nés d\u2019unions antérieures.Les couples en union libre et les familles recomposées accordent plus d\u2019 importance au partage des tâches du travail rémunéré, mais aussi du travail domestique », vulgarise Céline Le Bourdais.Ces changements résultent principalement de toutes les luttes féministes québécoises.Parent seul La monoparentalité est aussi un enjeu clé.Difficile néanmoins de se fier totalement au recensement pour le mesurer : les familles monoparentales sont considérées comme telles lorsque les enfants sont présents le jour J.« Pour un couple séparé, qui ne s\u2019est pas remis en union, et qui vit dans des logements séparés, on comptera leur enfant une seule fois, soit à l\u2019endroit où il passe la majorité de son temps.Dans le cas d\u2019une garde partagée, on prendra en compte l\u2019endroit où ils ont dormi la veille du recensement.Ainsi, un homme peut être recensé comme vivant seul, tandis qu\u2019une femme peut être considérée comme monoparentale et inversement ».Une telle catégorisation peut sous-estimer la représentativité des pères monoparentaux qui ne seront pas dénombrés si leur enfant ne vit pas avec eux la plupart du temps.Congés parentaux, le modèle québécois Les possibilités de congés attribués à la parentalité sont nombreuses.Il y a d\u2019abord le congé de maternité, d\u2019une durée de 15 à 18 semaines suivi du congé de paternité de 3 à 5 semaines.Ces deux congés sont réservés uniquement au père ou à la mère.Enfin, il y a le congé parental qui peut durer jusqu\u2019à une année et est partageable à souhait entre les deux parents.Ailleurs au pays, il n\u2019existe pas de congé uniquement alloué au père.Ce dernier ne bénéficie que d\u2019un congé parental.Rappelons qu\u2019avant que le gouvernement libéral de Jean Charest instaure, en 2006, le Régime québécois d\u2019assurance parentale (RQAP) tel qu\u2019on le connaît aujourd\u2019hui, certains papas avaient recours au régime fédéral d\u2019assurance-emploi pour obtenir quelques prestations.Alors que le gouvernement Legault a lancé une consultation publique sur la réforme du droit de la famille, il serait intéressant de réfléchir aux cas particuliers.Deux exemples ont notamment été cités par Valérie Harvey : la bonification des congés dans le cas d\u2019une naissance de jumeaux ou triplés et la mise en place d\u2019un congé de paternité dans le cas d\u2019une fausse couche avancée.Et, tous nos intervenants ont rêvé de leur société idéale permettant aux papas de prendre un congé égal à celui octroyé à la mère.29 itineraire.ca 15 juin 2019 Tissé serré J\u2019ai eu de bons parents, mais ma mère ne m\u2019a jamais fait confiance.La famille, c\u2019est quelque chose d\u2019important, mais pour moi, c\u2019est souvent une affaire de piasses.Y\u2019a seulement ma tante Gemma avec qui j\u2019ai de bons contacts.Elle a 93 ans, et elle très lucide et très en forme.Je l\u2019appelle tous les jours.Elle habite dans le Bas-du- Fleuve.Elle vit encore seule dans sa propre maison.On a des liens tissés serrés.Je suis allé la voir à ses 90 ans.On m\u2019a invité et on m\u2019a payé le billet d\u2019autobus.BENOIT CHARTIER MÉTRO LIONEL-GROULX ET IGA PLACE BERRY Proche de ses proches Je suis proche de mon père et de ma mère.Ils sont originaires de la Gaspésie, mais ils habitent actuellement à Laval.Je les vois toutes les semaines.Quand je pense à la petite fille qui est morte à Granby, je me trouve chanceux.Je vois aussi mes sœurs régulièrement, mon frère moins souvent.Mon père a toujours été présent et ma mère était aimante, malgré ma tache de naissance.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE Du monde de confiance Si j\u2019avais eu une bonne famille, j\u2019aurais mieux considéré la vie, mon destin, mais je n\u2019ai pas eu cette chance.Je m\u2019en cherche toujours une en espérant trouver la bonne.Ça se fabrique une famille.Ça peut être des amis.Il nous faut un bon entourage, du monde de confiance.À cause de mon âge, je ne peux plus avoir d\u2019enfants.Mais, j\u2019ai toujours espoir de trouver le bonheur.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL/MENTANA Ramenons nos aînés De nos jours, les distances et les carrières font éclater les familles.La mienne est éparpillée entre Laval, Longueuil, Trois-Rivières et même jusqu\u2019en Ontario.C\u2019est un problème qui est répandu.J\u2019aimerais que les aînés vivent de nouveau avec leur famille.Ils pourraient transmettre leurs connaissances aux plus jeunes et s\u2019occuper des enfants, comme on faisait à une certaine époque.Personnellement, je suis encore proche de ma grand-mère, de mes cousins, de mes oncles, mais je me suis éloigné de ma mère.ALEXANDRE VERDUN DEVIN CAMELOT MÉTRO JARRY DANS LA TÊTE DES CAMELOTS La famille c\u2019est quoi pour toi ? Prendre soin de ses enfants C\u2019est des gens qui ne te laissent pas tomber, qui te soutiennent tout au long de ta vie.La famille doit chérir et protéger ses enfants, en prendre soin.J\u2019ai été adopté.La personne avec qui j\u2019ai gardé contact, c\u2019est l\u2019une de mes tantes.Elle est venue à L\u2019Itinéraire à plusieurs reprises.Elle a 78 ans.C\u2019est une religieuse et elle fait souvent des pèlerinages.Elle est la plus jeune du côté de mon père.On se rend visite quand elle est à Montréal et elle m\u2019écrit régulièrement.MICHEL DUMONT CAMELOT MÉTRO CARTIER ET MANSFIELD/RENÉ-LÉVESQUE Le noyau familial La famille est le noyau de ce qui constitue un individu.Autour, il y a les amis, mais la famille demeure le pilier le plus important.Mon oncle a été un élément significatif pour la formation de ma personnalité.Je le fréquente encore.C\u2019était le plus jeune du côté de ma mère, alors il était plus proche de nous.ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO, SAINT-HUBERT/BOUCHER Ce qui compte Je me suis posé cette question tout récemment.Je réfléchissais à la famille, aux valeurs, à ce que c\u2019est pour moi.J\u2019ai fini par comprendre que c\u2019est les gens pour qui je compte qui sont ma vraie famille : L\u2019Itinéraire.LYNN CHAMPAGNE CAMELOT MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE 25 ans d\u2019entraide C\u2019est L\u2019Itinéraire.Ce sont des gens qui m\u2019aident beaucoup.Ça me permet de manger et de me loger.Ça fait 25 ans que je suis ici, de manière sporadique, selon si j\u2019avais une job ou pas.Mais là, je suis trop vieux pour trouver du boulot.GÉRARD LANTHIER CAMELOT MÉTRO SNOWDON PHOTO JEHU CHRISTAN (UNSPLASH) 31 itineraire.ca 15 juin 2019 PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR BD 1er septembre 2019 Réservez votre espace publicitaire dès maintenant ! 96 pages Édition spéciale 514 597-0238 poste 234 publicite itineraire.ca MICHEL DUMONT CAMELOT MÉTRO CARTIER ET MANSFIELD/ RENÉ-LÉVESQUE SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER JACQUES ÉLIZÉ CAMELOT SAINT-LAURENT / SAINTE-CATHERINE SAINTE-CATHERINE / SHERBROOKE À mes amis réfugiés Parlons de certaines politiques d\u2019immigration et de toutes les difficultés qu\u2019elles entraînent.Notamment des politiques inhumaines, injustes, ethno- centristes qui atteignent des sommets de folie, comme ce mur insensé de Trump qui a des conséquences graves sur les êtres humains.Ce sont des millions de dollars investis pour l\u2019armée et pour la construction de ce fameux mur.Il serait mieux de placer cet argent dans une politique d\u2019immigration plus efficace, comme pour aider les demandeurs d\u2019asile et les personnes sans papiers.Pour ces personnes d\u2019autres pays, obtenir les papiers est un processus trop long.Elles attendent sans avoir le droit de travailler, sans sécurité, sans logement, hiver comme été, pendant plusieurs mois ou plusieurs années.La plupart vivent en petits groupes comme vous avez sûrement vu aux nouvelles dernièrement, avec les caravanes de réfugiés d\u2019Amérique latine et centrale vers les États-Unis.Si les agents et les membres du gouvernement attendaient aussi longtemps pour avoir un toit, ils auraient tôt fait de boucler les dossiers.Le problème avec ces politiques d\u2019immigration, c\u2019est qu\u2019elles vont engendrer plusieurs discours irrespectueux, mais jamais de solutions.Il faut accepter les différences, pour que les différences nous acceptent en retour ! Mes Capsules Bonjour chers lecteurs, Pour le 25e anniversaire de L\u2019Itinéraire, je vous présente officiellement « Les Capsules de Michel » en ligne sur YouTube.Ce sont des capsules d\u2019informations concernant en premier lieu l\u2019organisme L\u2019Itinéraire.Je présente, entre autres, les nouveaux numéros du magazine qui sortent.Je peux aussi parler de certaines anecdotes s\u2019il y a lieu, mais je fais par ailleurs des capsules spéciales comme ma quatrième où je parlais de la Saint-Valentin.Il va y avoir d\u2019autres styles de capsules, mais je ne vous dévoile pas tout maintenant, car si je le faisais, vous ne les regarderiez pas car vous sauriez ce qu\u2019il y a dedans ha ha ha ! Le but de ces capsules est de me faire connaitre davantage et de vous aider à mieux connaître L\u2019Itinéraire.Si vous en avez la chance, visionnez-mes capsules, likez-moi, partagez-moi entre amis et le plus important, abonnez-vous ! Vous pouvez également aller sur le site itineraire.ca Vous pouvez toujours me retrouver sur l\u2019un ou l\u2019autre de mes spots de vente, soit au coin de Mansfield et René-Lévesque ou au métro Cartier à Laval.En conclusion, pour les gens qui n\u2019ont pas eu la chance de voir mes vidéos, je vous invite à le faire, en vous souhaitant de les aimer autant les unes que les autres.Bonne journée et amusez-vous bien avec mes capsules.Un organisme communautaire L\u2019Itinéraire, c\u2019est un organisme connu qui dessert un grand territoire.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019en faire une publicité, c\u2019est déjà fait.Nous avons de bons commentaires mais il est bon, de temps à autres, de parler de la bonne équipe de camelots.Plus on en parle, plus on est reconnu.L\u2019ambiance est bonne à l\u2019intérieur de nos bureaux au deuxième et au troisième étages.Sans oublier le premier étage avec le personnel de la cuisine qui offre un bon menu, un menu classé cinq étoiles, je vous le jure.Un détail que je ne veux pas oublier, ce sont les ateliers des arts, comme l\u2019écriture (poésie), la peinture à l\u2019acrylique, la musique, tout ça animé par la belle Camélia, enveloppée d\u2019une grande sagesse, sans oublier son côté psychologique et sa diplomatie qui ne passes pas inaperçus.Si un jour elle nous quitte, on ne pourra pas l\u2019oublier car des Camélia comme elle, on en veut des tonnes.Reste avec nous Camélia, tu es notre confort moral, notre psychothérapeute.Merci, merci, garde ton sourire.Au nom de l\u2019organisme, et même si la température est parfois discutable, je vous souhaite un bon été ! J\u2019avais 20 ans lorsque ma mère a acheté un petit terrain dans une région montagneuse de la campagne syrienne, à l\u2019ouest du pays, près de la côte méditerranéenne, dans le village de Mashta-al-Helou.Le terrain était situé à flanc de montagne et surplombait la vallée.Il était composé de terrasses en escaliers supportées par des murets de pierres construits par le propriétaire précédent afin de les rendre propices à l\u2019agriculture.Le terrain acheté par ma mère consistait en deux champs en terrasses.Il y avait un grand rocher d\u2019un côté et un chêne au centre.Les champs des voisins tout autour étaient plantés de grenadiers et de pommiers, ainsi que de légumes comme des tomates, des oignons et du maïs.Irrigué à l\u2019ancienne Après avoir préparé le terrain et construit une petite maison de deux pièces, nous avions une surface de jardinage égale à celle de la maison.Mes frères et moi étions très heureux d\u2019avoir un jardin parce que nous en étions privés à notre résidence permanente en ville.Avec le temps, nous avons planté des arbustes, un citronnier, un figuier, des vignes et quelques fleurs.Après plusieurs années, les arbustes avaient poussé et nous mangions les fruits, en particulier le raisin.Les vignes avaient grimpé jusqu\u2019au toit et faisaient de l\u2019ombre.C\u2019était très agréable quand on s\u2019assoyait là le matin ou le soir pour prendre un café avec les amis.Au petit matin, j\u2019entendais le bruit de l\u2019eau et des pelles des villageois.Les terrains étaient irrigués à l\u2019ancienne méthode de leurs ancêtres, soit l\u2019irrigation gravitaire traditionnelle.Ils utilisaient un petit aqueduc qui venait d\u2019une source d\u2019eau en altitude et qui irriguait les terrains sans avoir besoin de pompes ou de tuyauterie.Un usage collectif Notre jardin était relativement petit et nous étions satisfaits de l\u2019arrosage par un boyau de plastique branché au robinet de la maison.Mais un jour, un de nos voisins nous a dit que nous avions le droit d\u2019utiliser l\u2019aqueduc après s\u2019être inscrits sur la liste des usagers du système d\u2019irrigation.Un ami du village m\u2019a aidé à savoir à l\u2019avance ce qu\u2019il fallait faire quand l\u2019heure de l\u2019arrosage du jardin arrivait.Mon père était passionné d\u2019agriculture et le travail dans le jardin lui procurait beaucoup de plaisir.Il était ravi de la nouvelle méthode d\u2019arrosage lorsque je l\u2019ai informé de la date.Le jour venu, le fermier qui m\u2019a précédé m\u2019a dit qu\u2019il avait fini d\u2019arroser ses terres et que je pouvais maintenant utiliser l\u2019aqueduc pendant deux heures.J\u2019ai pris la houe et je me suis dirigé vers le sommet, à la source d\u2019eau qui se trouvait à environ 20 minutes à pied.Puis j\u2019ai enlevé mes chaussures pour descendre dans le petit aqueduc qui était à peine plus large que mes pieds.Je marchais dans le cours d\u2019eau et chaque fois que je voyais une ouverture latérale qui servait d\u2019embranchement pour arroser un autre terrain, je la fermais avec des pierres, du gravier et de la boue, jusqu\u2019à ce que l\u2019eau atteigne un petit trou dans le rocher près de notre maison.Jouer au fermier Lorsque l\u2019eau a atteint le jardin, mon père et moi avons fait de notre mieux pour contrôler la répartition de l\u2019eau sur tous les arbres, mais le débit était très fort et mon père était en panique.Il s\u2019est blessé à la tête sur une branche d\u2019arbre et il est allé à la maison chercher quelque chose pour mettre sur sa blessure.Je suis resté seul dans le jardin, pressé de contrôler l\u2019eau, tellement que j\u2019ai cassé la houe.Après environ une demi-heure, la terre était inondée.Je suis monté rapidement et j\u2019ai arrêté le cours de l\u2019eau.Ce fut une journée merveilleuse pour mon père et moi qui avions travaillé à la manière des villageois.Nous nous étions amusés à jouer aux fermiers.Malgré les difficultés dues à notre inexpérience, nous sommes parvenus à une réalisation dont nous étions fiers, satisfaits de nous être intégrés aux villageois en partageant leur savoir-faire.Pour une fois dans notre vie, nous avons arrosé le jardin à la manière traditionnelle de nos ancêtres, comme ils le faisaient il y a des milliers d\u2019années.Les arroseurs arrosés 35 itineraire.ca 15 juin 2019 PAR SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY DANS MES SOUVENIRS PHOTO : GRACIEUSETÉ SŒURS DE LA CHARITÉ DE MONTRÉAL SŒURS GRISES Les démunis sont nombreux à avoir bénéficié des actions de sœur Nicole Fournier, directrice de l\u2019Accueil Bonneau pendant 21 ans.Portrait d\u2019une femme engagée reconnue pour sa bonté et sa générosité.Sœur Nicole Fournier est née en 1941, dans le village de Saint- André-d\u2019Argenteuil.Elle a fait des études à l\u2019Université de Montréal, à l\u2019Université du Québec à Montréal, de même qu\u2019à l\u2019Institut de pastorale de Montréal.Elle a fréquenté l\u2019école normale des Sœurs de la Charité de Montréal, mieux connue sous le nom des « Sœurs grises », puis elle se joint à la congrégation en 1959.Fondée en 1737 par Marguerite d\u2019Youville, les Sœurs grises de Montréal ont comme mission d\u2019apporter soins, nourriture et réconfort au plus grand nombre possible.Dans les années 1960, sœur Nicole est institutrice au Québec pendant sept ans.Plus tard, en 1971, elle est appelée à enseigner au collège Mazenod de Ngaoundéré au nord du Cameroun.Missionnaire dans ce pays pendant près de 14 ans, elle apprend à mieux connaître la culture et les mœurs de ce peuple africain.Du Cameroun à l\u2019Accueil Bonneau Après avoir terminé son mandat, elle revient dans sa terre natale au Québec en 1984.On lui demande de donner un coup de main bénévole à la cafétéria de l\u2019Accueil Bonneau, ce qu\u2019elle accepte.Dévouée, elle devient rapidement responsable des bénévoles.L\u2019année suivante, constatant la ferveur de son implication, on la nomme directrice générale de l\u2019organisme qui est une ressource reconnue pour ses interventions sociales auprès de la population itinérante de Montréal.L\u2019Accueil Bonneau tatoué sur le cœur Norman Bethune icole Fournier Sœur PAR YVON MASSICOTTE CAMELOT MÉTRO UNIVERSITÉ-DE-MONTRÉAL ACCUEIL BONNEAU PHOTO JEAN GAGNON/WIKIPEDIA CREATIVE COMMONS Elle dirigera l\u2019organisme de 1985 à 2006 : un mandat de 21 ans.Sous sa gouverne, l\u2019Accueil Bonneau grandit et se développe.Audacieuse et visionnaire, elle se préoccupe beaucoup de la réinsertion sociale des itinérants et des gens vivant des situations de précarité à la rue.Les logements sociaux et l\u2019accompagnement psychosocial seront son fer de lance.L\u2019explosion Le 9 juin 1998, le bris accidentel d\u2019une conduite de gaz naturel provoque une explosion qui détruit une bonne partie des locaux de l\u2019Accueil Bonneau.La déflagration fait trois victimes : deux bénévoles (Marie-Liliane Lavallée et Céline Corriveau) et une religieuse (Sœur Claire Ménard).Une dizaine de personnes sont également blessées, dont trois grièvement.Le premier ministre Lucien Bouchard se rend sur place dans les heures suivant le drame.D\u2019une main de maître, Sœur Nicole se démène afin de trouver les fonds pour la reconstruction de cet organisme montréalais voué à la réinsertion sociale.Grâce à des dons atteignant 3,5 M $, l\u2019Accueil Bonneau ouvre à nouveau ses portes quatre mois seulement après l\u2019explosion.L\u2019année suivante, elle reçoit le Prix d\u2019humanisme de l\u2019Association des médecins psychiatres du Québec pour son extraordinaire dévouement, puis le Prix du Gouverneur général du Canada pour l\u2019entraide en 2005.Toujours active Lorsqu\u2019elle quitte la direction de l\u2019Accueil Bonneau en 2006, quatre maisons d\u2019hébergement ont vu le jour, dont la dernière, construite en 2004-2005 au coût de 5 M $, contient une salle de jour, un lieu de répit situé à la campagne ainsi que des services de repas, d\u2019habillement, de pastorale et d\u2019accompagnement psychosocial.Sœur Nicole devient alors secrétaire générale de la congrégation des Sœurs grises.Elle est également membre du comité de développement de Moisson Montréal ainsi que des conseils d\u2019administration de Renaissance Montréal, des Œuvres de Saint- Jacques et de Radio Ville-Marie.Incarnant la bonté et la générosité, sœur Nicole reçoit la Médaille de Chevalière de l\u2019Ordre national du Québec en 2006.Trois ans plus tard, on lui décerne le titre de Grande Montréalaise dans la catégorie sociale, et enfin, on la nomme Commandeure de l\u2019Ordre de Montréal en 2016.Depuis 2017, sœur Nicole donne des conférences en remplissant une double mission, soit celle de présenter un portrait de femme engagée, déterminée et active tout en partageant ses connaissances d\u2019une communauté religieuse impliquée dans son milieu.En effet, sœur Nicole Fournier ne parle pas seulement de son parcours exemplaire, elle profite de l\u2019occasion pour faire connaître les œuvres de la congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal, dont elle fait partie depuis 60 ans.En 2018, afin de souligner les 20 ans de la réouverture de l\u2019Accueil Bonneau, un journaliste du Journal Métro lui a demandé si la lutte à l\u2019itinérance était un combat sans fin.Voici ce qu\u2019elle a répondu : « On n\u2019arrivera pas à vaincre la pauvreté, mais la solution, elle est dans la solidarité.Si dans 30 ans, on est encore là à donner à manger et à aider, ce ne sera pas un constat d\u2019échec.[\u2026]Le rôle des organismes communautaires, c\u2019est d\u2019alerter, d\u2019attirer l\u2019attention et de soutenir les intérêts de ces gens.» Que dire de plus ?37 itineraire.ca 15 juin 2019 Camelot Métro Jolicoeur Pour beaucoup de créateurs et de créatrices, leur vie personnelle et celles de leurs personnages de fiction s\u2019entremêlent, l\u2019une influençant les autres.C\u2019est le cas d\u2019Axelle Lenoir, bédéiste depuis une quinzaine d\u2019années, qui vient de publier une compilation des bandes dessinées Si on était\u2026, à l\u2019origine imprimées dans le magazine Curium.Ces histoires parlent de deux adolescentes, qui pour tuer le temps et s\u2019évader de leur train-train quotidien, jouent à s\u2019imaginer être dans la peau de quelqu\u2019un d\u2019autre : si on était des Vikings, des magiciennes, des rock stars\u2026 Entrevue avec cette créatrice originale et rafraîchissante.par Isabelle Raymond Axelle Lenoir Bédéiste hors-pair Comment sortir du lot Entrevue SI ON ÉTAIT\u2026 COURTOISIE AXELLE LENOIR À l\u2019origine, les histoires de Si on était\u2026 sont publiées dans Curium.Peux-tu nous parler de ce magazine ?Je l\u2019appelle « le meilleur magazine pour ados que j\u2019aurais aimé qui existe lorsque j\u2019étais jeune ».Il y a plein d\u2019articles scientifiques, de sciences sociales.Il parle de sexualité, de relations amoureuses et il y a plein de bandes dessinées.Ils ont eu des plaintes à cause de moi.Il y a beaucoup de jeunes abonnés et ça peut atterrir dans des familles plus conservatrices.Mes BD parlent d\u2019homosexualité et je n\u2019aime pas trop les compromis.Je sais que ça peut parfois faire grincer des dents et ça me fait plaisir.Par contre, je dois censurer la nudité.Même pour L\u2019esprit du camp, j\u2019ai dû ajouter plein de petites bulles pour les petites filles nues, à la demande de mon éditeur.Les petites filles sont dessinées d\u2019une façon moins réaliste que les ados et les adultes, avec des formes géométriques très simples, mais ce n\u2019était pas suffisant.En plus, comme cette BD sort aux États-Unis, je me suis dit : « eux autres, ils vont en vouloir de la bulle ».(rires) Un autre thème récurrent dans tes BD : les premières amours d\u2019une jeune lesbienne.Qu\u2019est-ce qui t\u2019interpelle dans ce thème particulier ?C\u2019était vraiment un concours de circonstances.Pour L\u2019esprit du camp, ce n\u2019était pas décidé au début de l\u2019écriture.Je savais que Catherine allait être lesbienne, mais pour Élodie je n\u2019étais pas sûre.À la base, ce que je voulais raconter, c\u2019était un coup de foudre en amitié.J\u2019en ai eu beaucoup dans ma vie, donc, très platonique.Pour ce qui est de Si on était\u2026 ce n\u2019était pas vraiment prévu au départ, je l\u2019ai découvert à peu près en même temps que tout le monde, au fur et à mesure.Je souhaite montrer des filles qui ne sont pas juste des objets, montrer d\u2019autres facettes de la féminité.C\u2019est important, autant pour les gars que pour les filles, d\u2019avoir des modèles différents.Je ne sais pas si ça choque.À date, 39 itineraire.ca 15 juin 2019 Le thème de l\u2019amitié revient souvent dans tes BD, quelle place prennent tes amis dans ta vie ?Sont-ils plus importants que les membres de ta famille ?Je ne sais pas s\u2019ils prennent la même place ou une place plus grande, mais ils ont une place quand même assez spéciale.Comme j\u2019ai décidé de ne pas avoir de famille, en vieillissant, ce qui nous reste, ce sont nos amis.On se rencontre souvent et on se considère vraiment comme une famille.On part en vacances ensemble.Là, on est en train de se planifier un séjour dans un chalet.On n\u2019a pas d\u2019enfants, on est juste un paquet de mi-trente- naires et début quadragénaires.Je ne me suis jamais posé la question en écrivant mes BD, mais c\u2019est vrai que ça tourne beaucoup autour de l\u2019amitié.Ça doit être moi qui transpose ma réalité sans m\u2019en rendre compte.Pourquoi choisis-tu souvent des adolescentes comme personnages principaux ?Est-ce que ta BD s\u2019adresse avant tout aux jeunes ?Non, je ne pense pas.Il y a de plus en plus de jeunes qui lisent mes BD, mais c\u2019est quand même assez récent.Je te dirais que depuis L\u2019esprit du camp, il commence à avoir plus d\u2019ados et même des enfants de la fin du primaire qui les lisent.Je suis une éternelle adolescente et cela explique pourquoi je suis attirée vers ça.Le temps est plus lent à l\u2019adolescence.Tu as un cerveau mi-adulte, tu te penses plus smatte que t\u2019es, mais comme tu ne connais pas grand-chose, tout est plus magique.Je trouve que ça rend chaque expérience qu\u2019un personnage peut avoir plus intense, plus précieuse. L\u2019ESPRIT DU CAMP COURTOISIE AXELLE LENOIR SI ON ÉTAIT\u2026 COURTOISIE AXELLE LENOIR les gens sont contents de ça.Tout le monde peut s\u2019identifier à l\u2019amour.Avant cela, j\u2019ai fait plusieurs livres avec des héroïnes et vu que j\u2019étais dans le placard, les filles n\u2019avaient jamais de chums.Je m\u2019identifiais beaucoup à mes personnages principaux.Il n\u2019était pas question qu\u2019elles frenchent des gars.Étant trans et lesbienne, dans mes projets, je ne suis pas attirée par les romances traditionnelles.On ne voit pas le visage des parents de Marie et de Nathalie.Pourquoi ?Je trouve que ça aurait été weird.Dans cette BD, c\u2019est un peu à huis clos, il n\u2019y a pas vraiment de décors.Ils sont très optionnels.Pour la chambre de Nathalie, je pense qu\u2019elle a eu trois designs différents.Là, je me suis dit que je vais m\u2019en tenir au dernier que j\u2019ai fait.Dans une case, l\u2019accent est vraiment mis sur les deux filles.Je trouvais que montrer trop d\u2019information comme les visages des parents et ceux des professeurs, ça briserait leurs univers.Un peu comme dans Charlie Brown, on n\u2019a jamais vu les adultes et ça serait très bizarre.J\u2019aime bien qu\u2019on ne voie que le langage corporel du père.Il est quand même cool.C\u2019est uniquement pour la publication en album que j\u2019ai fait les pages des journaux intimes des personnages afin de faire des transitions entre les différentes histoires.J\u2019y ai dessiné le visage du grand frère adulte de Nathalie, c\u2019est la seule exception.Dans Si on était\u2026 il y a beaucoup d\u2019allusions à la culture populaire.Pourquoi ?C\u2019est le fun de s\u2019inspirer de la culture populaire, comme les Star Wars.Je pense faire un clin d\u2019oeil à Naruto à un moment donné.Parce que ça me permet aussi, à travers de la parodie, d\u2019emprunter ces univers légalement pendant quelques pages.Faire du Harry Potter, je n\u2019aurais jamais le droit de faire ça, sauf dans Si on était\u2026.L\u2019adolescence, c\u2019est l\u2019époque où on cherche son identité, et la culture populaire est plus qu\u2019importante.J\u2019ai un grand plaisir à insérer des thématiques de culture populaire.Côté graphique, quelles sont tes influences ?J\u2019en ai plein dont je suis consciente et plein dont je suis inconsciente.Enfant, j\u2019ai grandi avec la BD européenne : le classique Philémon a été l\u2019une de mes plus grandes influences.Le dessinateur est arrivé dans une époque où ça devait être très réaliste, bien dessiné.Les autres croyaient qu\u2019il ne savait pas dessiner alors que je trouvais que c\u2019était le truc le plus beau, le plus poétique et onirique qui soit.Ensuite, je suis allée vers le manga.Étrangement, les gens qui me lisent m\u2019identifient toujours au manga, et ça, je ne l\u2019ai jamais compris.La première BD que j\u2019ai faite professionnellement, je n\u2019avais jamais lu un manga de ma vie.J\u2019ai fait du dessin animé, peut-être que ça vient de là ?Les gens disent que mes personnages ont de gros yeux.Le but est d\u2019exprimer les émotions des personnages le mieux possible, beaucoup de BD font ça.Mes influences sont très très changeantes, elles viennent de partout.Les amateurs de BD québécoises te connaissent sous le nom de Michel Falardeau, mais tu as changé d\u2019identité récemment.Est-ce un peu risqué pour une artiste ?Des gens du milieu m\u2019ont récemment parlé de la chose.Ils ont essayé de me convaincre de garder le nom de Michel Falardeau ou de prendre les deux.Je ne suis pas d\u2019accord.Je veux que ce nom disparaisse.En anglais, on utilise le terme « dead name ».Pendant un bout, ça m\u2019irritait de voir ce nom.Maintenant, ça me surprend, car j\u2019oublie que ce nom existe.Ça me rappelle aussi que je dois remplir la paperasse pour faire changer mon nom légalement.Si on parle du marché québécois qui est quand même petit, tout le monde le sait dans le milieu.Je m\u2019en fous un peu, je vais en subir les conséquences, mais je n\u2019ai pas l\u2019impression que ça va changer de quoi.41 itineraire.ca 15 juin 2019 Pourquoi as-tu également changé ton nom de famille et pas seulement ton prénom ?Faire une coupure.J\u2019en ai parlé à mes parents.Ils trouvaient ça un peu spécial, mais ça ne les dérangeait pas plus que ça.J\u2019ai pensé prendre le nom de ma mère, ou garder celui de mon père.Ça faisait presque 40 ans que j\u2019étais mal dans ma peau, c\u2019était important de faire une coupure.J\u2019ai pris le prénom et le nom de famille de deux héroïnes que j\u2019ai créées et auxquelles, en cachette, je m\u2019identifiais énormément.Une a été publiée et l\u2019autre non.Au début, j\u2019ai utilisé Axelle Lenoir pour être incognito sur Facebook.Ce nom s\u2019est imposé par la suite de lui-même.Jouais-tu à Si on était\u2026 lorsque tu étais jeune ?Je ne m\u2019en souviens pas, j\u2019y joue surtout depuis que je suis adulte.C\u2019est drôle parce que l\u2019an passé, j\u2019en parlais avec des amis, je disais que le jeu est juste un prétexte pour faire des BD et une amie m\u2019a dit « Ben t\u2019es tout le temps en train de jouer à ça ! » Aussitôt qu\u2019il y a un temps mort, je commence à proposer des situations impossibles à des gens.Tu sais, pendant un long voyage de char, je suis capable de le faire pendant trois heures.Quand c\u2019est plate, je joue à ça.Quelles BD lis-tu ces temps-ci ?Bakuman, un manga.J\u2019ai aussi lu Boruto, qui est la nouvelle génération de Naruto.Je ne suis pas certaine d\u2019avoir aimé ça.Je lis également la BD de Mister Miracle alors que je ne suis pas du tout fan de DC Comics, mais je la conseille, c\u2019est vraiment malade ! Autoportrait d\u2019Axelle Lenoir, une bédéiste québécoise qui publie depuis 15 ans, accompagnée de Madame Bruno, son chat.Une BD vraiment captivante.Elle nous fait voyager d\u2019un monde imaginaire à l\u2019autre.Elle saura divertir autant les jeunes que les adultes.Disponible en librairie depuis le 29 mai.Si on était.Tome 1 Axelle Lenoir FRONT FROID - mai 2019, 80 pages publicité Selon le leitmotiv de ma génération, le monde se divise en deux : les héros qui ont voyagé pis les losers.Quand j\u2019vais boire des drinks servis dans une botte de cowboy dans le Mile-End, la question qu\u2019on me pose d\u2019emblée c\u2019est pas « As-tu voyagé ?», mais « Où t\u2019es allé ?».Moi, je suis pas un loser.J\u2019ai voyagé au Vietnam, au Pérou, au Chili, au Portugal, en Espagne, au Maroc, en France, dans l\u2019Ouest canadien, à Terre-Neuve, name it ! Je suis heureux d\u2019avoir contribué à l\u2019industrie du tourisme, qui est responsable de 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondial.Eh oui.On voyage pas comme les outardes.Quand on se déplace, ça chie dans fan, pis ça laisse des traces.Je fais partie de la première mouture des milléniaux, un vieux Y, ou autre appellation inventée par des publicistes pour désigner un nouveau public cible à qui vendre des bidules.Je peux vous confirmer que l\u2019environnement nous tient tellement à cœur qu\u2019on se déplace à vélo même en hiver.Mais on a un seul rêve : s\u2019envoler en avion à réaction vers l\u2019Asie du Sud-Est, maganer (malgré nous !) les écosystèmes du delta du Mékong avec l\u2019industrie touristique.Je suis un citoyen du monde ! Les voyages forment la jeunesse ! Même si la grosse majorité des jeunes dans le monde ne peuvent pas voyager.Est-ce que ça veut dire qu\u2019y sont pas formés ?Les jeunes Nigériens sont tellement pas YOLO.Je suis un citoyen du monde qui connaît l\u2019importance de manger local.Chaque fois que je prends l\u2019avion pour aller en Espagne, en Indonésie ou en Argentine, je m\u2019assure de manger local.Je laisse pas les légumes venir à moi, c\u2019est moi qui vais aux légumes.Manger local, c\u2019est bon pour la planète.Je suis un citoyen du monde ! Le tourisme de masse explose, Barcelone est en train de manquer de tapas.Mais moi, je suis pas un touriste.Je suis unique.Je veux donc un voyage unique.Je voyage hors des sentiers battus.À l\u2019agence de voyages, j\u2019ai pris le forfait « aventurier ».C\u2019est tout dire ! Quand je voyage, je veux être avec les locaux.Admirer des enfants laids sans les juger.Je suis un backpacker qui pratique l\u2019antivoyage ! Haïti, oui, mais de façon authentique.Je veux pouvoir dire, comme Dany Laferrière : « J\u2019ai vu la goyave cracher le choléra.» Une nouveauté cette année dans le forfait aventurier : ils ont rajouté le volet maladie indigène.Selon la durée de l\u2019odyssée, tu choisis un, deux ou trois virus du terroir.Évidemment, on est super bien encadrés.Aucun danger : un médecin nous accompagne 24 heures sur 24.On dira ce qu\u2019on voudra, les maladies procurent les meilleures anecdotes de voyage.Y\u2019a une communion qui s\u2019opère entre les routards : des Occidentaux réunis, atteints d\u2019une maladie exotique.J\u2019ai vu des hommes et des femmes qui n\u2019avaient jamais eu de forte diarrhée chronique se chier le corps pour retrouver l\u2019enfant malade en eux.De retour au Québec, on est plus le même.Ça change quelqu\u2019un perdre 50 livres.Je suis un citoyen du monde ! Je pratique aussi le tourisme humanitaire.Voyager, changer le monde et devenir un meilleur être humain\u2026 Tout ça, en deux semaines ! Caresser des lépreux au Ghana pour avoir de belles expériences de vie à mettre dans son CV.L\u2019expérience « lépreux », c\u2019est une valeur sûre ! Donner des crayons de couleur aux Péruviens en échange d\u2019une tuque pointue en alpaga.Peinturer des murs d\u2019orphelinats au Cambodge, parce que c\u2019est bien connu que les enfants là-bas ont besoin de nouveaux parents à chaque deux semaines.Construire des bécosses au milieu d\u2019un bidonville parce qu\u2019eux autres y\u2019ont pas la technologie pour faire ça : chier assis.Y\u2019ont pas de genoux, me semble.J\u2019ai même pu donner un atelier aux villageois sur comment déféquer à l\u2019occidentale et l\u2019art de bien s\u2019essuyer comme Kim Kardashian.Les selfies étaient hallucinants ! Le tourisme humanitaire permet aux Occidentaux d\u2019aller guérir leur dépression dans les pays pauvres.J\u2019ai entendu de superbes témoignages lors de ma dernière promenade humanitaire.Un homme m\u2019a confié : « Je veux pas seulement voyager, je veux me sentir utile.J\u2019ai participé à une retraite de yoga au Sri Lanka, ça a fait du bien aux gens là-bas.J\u2019ai changé le monde à ma façon.Si j\u2019avais des seins, j\u2019aimerais allaiter l\u2019Inde au complet, mais je peux pas, je ne suis qu\u2019un simple directeur de banque ».J\u2019ai trouvé ça beau.Je suis un loser du monde ! 43 itineraire.ca 15 juin 2019 Citoyen du monde ! PAR FRED DUBÉ HUMORISTE Solutions dans le prochain numéro xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Mettaient bas Traînaient À nous Spécialistes du mouvement des projectiles Dieu du foyer Sera attaqué par des larves (se) Cliché Demi-cercles de dressage Voudra Léger Dune Obscurité Suinte Existerai Dévêtu Ouille Traité Dans Libertaires Cantique Rude Qu\u2019ils possèdent Flasque Amidonna Essaie Or Champion Décoreras Exuvies Mettaient bas Traînaient À nous Spécialistes du mouvement des projectiles Dieu du foyer Sera attaqué par des larves (se) Cliché Demi-cercles de dressage Voudra Léger Dune Obscurité Suinte Existerai Dévêtu Ouille Traité Dans Libertaires Cantique Rude Qu\u2019ils possèdent Flasque Amidonna Essaie Or Champion Décoreras Exuvies Réponses du 15 JUIN 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 C B M V U M E S S U E O R N R E A S M E P E A S O A I N E T S A C A H N T N U I T E N O M N T A I E C S R E A I E D S I E R R A V O L T A I L A B N A I L T E E S P E R L U E T T E S V E R S A I L L A I S E E M E T T R E M S M N E T I A M B I Q U E T S R O S A I S I R U T A N S S E E E R I G N E S E R R A L I N E A I R E A I R L E S A R U E L L E S E L U F E S S I E Z Réponses du 15 JUIN 2019 horizontalement 1.Signes typographiques.2.La cour de Louis XIV l\u2019était.3.Diffuser.- Samarium.4.Précis.- Composé de pieds de deux syllabes.5.Travailleur social.- Colorais.- Iridium.6.Do.- Année.- Aire de vent.7.Crochet monté sur un manche.- Comprima.8.Longueur occupée par des marchandises sur des rayonnages.- Mélodie.9.Trompa.- Voies.10.Ministre.- Corrigiez.verticalement 1.Hypothétique.2.Qui paraît aux six mois.3.Paré.- D\u2019une locution signifiant « sans en avoir conscience ».4.Existe.- Bisqua.5.Limita.6.Prendras connaissance.- Irlande.7.Docteurs musulmans.- Cours d\u2019eau.8.Article étranger.- Répétées.9.Sassée.- Mesure itinéraire chinoise.10.Titane.- Oiseau.11.Épongeriez.12.Mettre en terre.- Point d\u2019union équin.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Aider Année Prenions Fabriquais Dans la rose des vents Texte Briseras Danses De l\u2019âne Époques Mille cent trois Ancienne échelle Marteau Note Dans Légumineuse Victoire de Napoléon Astate Couverture Obscur Cérémonie Déchiffrerais Alliage Ville du Japon Existes Page Râteler Thymus Greffe Crochets Aider Année Prenions Fabriquais Dans la rose des vents Texte Briseras Danses De l\u2019âne Époques Mille cent trois Ancienne échelle Marteau Note Dans Légumineuse Victoire de Napoléon Astate Couverture Obscur Cérémonie Déchiffrerais Alliage Ville du Japon Existes Page Râteler Thymus Greffe Crochets Réponses du 1er JUIN 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 P U P A S E S E S R E E N T E E N L A O I T S U L I R I A S I R S O N I R A S S T E T E C M I I I A T A S A E R S S A I N S E I S A I O S N S A C S S R E A S SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Diabolique Grille numéro : 67438 3 7 7 6 1 9 8 4 9 4 2 5 6 1 7 9 8 3 1 3 6 8 2 7 1 6 8 9 5 3 5 8 7 9 2 4 1 6 4 2 7 6 3 1 9 5 8 6 9 1 5 8 4 7 3 2 7 8 9 4 2 3 5 6 1 5 3 6 1 7 9 2 8 4 2 1 4 8 5 6 3 7 9 1 4 3 9 6 5 8 2 7 9 7 5 2 1 8 6 4 3 8 6 2 3 4 7 1 9 5 Grille Sudoku Diabolique à imprimer du samedi 15 septembre 2018 06:00:01 1 / 1 1er juin 2019 publicité DÉTENTE Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Débutant Grille numéro : 67454 7 9 3 1 5 4 1 8 7 3 2 3 8 7 6 5 6 4 3 1 7 6 2 4 8 5 8 9 2 6 4 3 4 7 7 8 4 6 9 2 5 3 1 3 2 9 5 1 4 7 6 8 5 6 1 8 7 3 9 2 4 2 1 3 9 8 5 4 7 6 9 5 6 4 3 7 8 1 2 4 7 8 1 2 6 3 9 5 6 3 2 7 4 8 1 5 9 8 9 7 2 5 1 6 4 3 1 4 5 3 6 9 2 8 7 Grille Sudoku Débutant à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 06:00:01 1 / 1 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3. Open from Monday to Friday - 8 am to 6 pm Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 18 h 2330 rue Ste-Catherine O.\u2022 Square Cabot 2330 Ste-Catherine Street West \u2022 Cabot Square Promoting social diversity and the empowerment of vulnerable Indigenous people The one and only Indigenous Cafe in Montréal Favoriser la mixité sociale et l\u2019empowerment des personnes autochtones vulnérables L,unique Café autochtone à Montréal Partenaires \u2022 Partners 514 872-9465 itineraire.ca/cafe-maison-ronde = DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : À propos de Gaétan En 2008, Gaétan Prince fait un pied de nez à son passé mouvementé pour devenir camelot à L\u2019Itinéraire.Originaire de Val-Morin, ce « gars du nord qui s\u2019ennuie du bois » suit les conseils de son frère et se rapproche du magazine qui lui donne un second souffle.Avec la bienveillance des passants, « c\u2019est plus un divertissement qu\u2019un simple travail » se réjouit Gaétan qui remplit son rôle de vendeur avec aisance.Au gré des saisons, il alterne entre la promenade Masson l\u2019été et la station Bonaventure l\u2019hiver, haut lieu de l\u2019effervescence montréalaise.Centre Bell Depuis 1996, l\u2019enceinte du Centre Bell vibre au son des Go Habs Go chaque fois que le Tricolore joue à domicile.On n\u2019y a pas oublié les anciennes générations qui autrefois, s\u2019entraînaient au Forum de Montréal, et sont aujourd\u2019hui honorées à travers différents objets et photos.Mais la structure du Centre Bell est plus adaptée pour recevoir plus de 21 000 fans en délire.Tandis qu\u2019il nous conjugue ses parties de hockey au passé simple, Gaétan nous accompagne sur la place des Canadiens, véritable musée à ciel ouvert.Sur place, on peut admirer, entre autres, les quatre statues de légendes de la LNH telles que Howie Morenz, Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur.Gare centrale Porte d\u2019accès vers les régions voisines, la gare centrale voit passer près de 30 millions de passagers chaque année.Gaétan apprécie le va-et-vient perpétuel de la foule et aime se perdre dans les couloirs du terminal : « l\u2019effervescence de la journée me permet d\u2019apprécier davantage le calme de la maison ».Inaugurée en 1943, la gare centrale possède des ouvrages patrimoniaux multiples, à commencer par les frises décrivant l\u2019histoire des Canadiens et qui ornent les deux extrémités du hall principal.Sur la façade extérieure nord de l\u2019édifice, des figures mythologiques en bas-reliefs et des médaillons rectangulaires représentent les divers modes de transport canadiens.Square Victoria Quand la température monte, les travailleurs du Quartier international descendent profiter du square Victoria, ce carré de verdure très fréquenté à l\u2019heure du dîner.Sur place, ils peuvent admirer la statue solennelle de l\u2019ancienne impératrice des Indes moulée par Marshall Wood.En face de la reine, l\u2019édicule du métro signé Hector Guimard, don de la Ville de Paris en 1965, fait la part belle à l\u2019Art Nouveau.Un peu plus loin, l\u2019œuvre Simple Fouet en Thai Chi du Taïwanais Ju Ming domine le coin Viger.La position zen de ce personnage imposant accompagne les pauses de Gaétan lorsqu\u2019il s\u2019installe contre l\u2019un des arbres de l\u2019ancienne place du marché au foin.Regard sur un quartier par Gaétan Prince, camelot pour L\u2019Itinéraire Regard sur un quartier est un publireportage commandité par l\u2019arrondissement de Ville-Marie, avec la collaboration de Diane Martin-Graser (texte et photos).© D i a n e M a r t i n - G r a s e r .© D i a n e M a r t i n - G r a s e r © D i a n e M a r t i n - G r a s e r © C a m i l l e L a m y 6 000 activités réparties sur plus de 700 sites de fête vous attendent Découvrez toute la programmation au FETENATIONALE.QUEBEC "]
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