L'itinéraire, 1 janvier 2019, vendredi 15 novembre 2019
[" Page 24 Lancement Écrits de camelots 2016-2019 Sentinelles II Page 14 Rédacteur en chef invité Billy Robinson Page 26 Entrevue Francine Ruel Volume XXVI, n?22 Montréal, 15 novembre 2019 Page 16 educalcool.qc.ca Comment l\u2019organisme élimine-t-il l\u2019alcool ?Le corps réagit différemment d\u2019une personne à l\u2019autre.Du verre à l\u2019estomac, les boissons effectuent un parcours similaire et pourtant, à consommation égale, il arrive qu\u2019un groupe d\u2019individus réagisse différemment.Et comme personne n\u2019est logé à la même enseigne, chacun doit prendre certaines mesures pour ne pas avoir de mauvaises surprises dans les heures qui suivent le début des festivités ! Même si celles-ci n\u2019ont pas été concluantes à 100 %, les expériences scientifiques ont révélé que les vins pétillants montent plus vite à la tête.Les parois de l\u2019estomac absorberaient l\u2019alcool plus rapidement face à la pression du gaz contenu dans la boisson.Dans une autre catégorie, les spiritueux (vodka, rhum.) ne sont pas assimilés tout de suite par l\u2019organisme.Donc si l\u2019objectif est de ressentir les effets rapidement, on aura tendance à se resservir.Grosse erreur ! Il faut également savoir que du côté génétique, notre genre, notre âge et notre taille ainsi que notre constitution musculaire conditionnent notre état après quelques verres.Aussi, prendre des médicaments, être à jeun ou fatigué ne font pas bon ménage avec la consommation d\u2019alcool.Quel que soit notre état psychologique et notre nature corporelle, la modération reste toujours la meilleure option.Des moments de fête.Pas si drôles Votre ami, en état d'ébriété, paye une troisième tournée de shooters pour fêter l\u2019obtention de son permis de conduire.Comment réagissez- vous ?a) Pourquoi pas, après tout, il y a de quoi fêter ! Et en plus, je ne ressens pas les effets des deux premiers shooters.2) J'accepte volontiers, mais je lui demande de retarder la commande.On ne sait jamais.3) Je préfère arrêter de boire.La dernière fois, je suis resté au lit le lendemain à cause d'une mauvaise nuit.Vous êtes invité(e) à une fête, mais une nouvelle très contrariante vient assombrir la soirée.1) Je bois les deux bouteilles de vin que j'ai apportées.Cela m'aidera à oublier et j'arriverai mieux à m'endormir.2) Je prends quelques cocktails légers et pleure sur l'épaule d'un ami, histoire de faire passer la pilule.3) L'alcool me rend triste, je décide de rentrer et d'aller au lit.La nuit porte conseil.En festival, vous avez un budget restreint, mais comment le gérez-vous ?1) Si je ne mange pas, l'alcool montera plus vite et j'aurai moins à dépenser pour avoir mon high.2) Je décide de manger un plat de pâtes avant de m'y rendre.Je n'aurai à utiliser mon argent que pour l'alcool.3) Je choisis de prendre un sandwich avec des frites avant de commander seulement un verre ou deux.Il est bon de tenir compte de plusieurs facteurs lorsque l\u2019on consomme de l\u2019alcool.\u2022 La physiologie : Les femmes supportent moins bien l\u2019alcool que les hommes ?Il est plus juste de dire que la physiologie d\u2019une femme tend à absorber l\u2019alcool plus rapidement due à la proportion de gras plus élevée dans le corps féminin.La taille et le poids étant inférieurs en moyenne, la concentration d\u2019alcool répartie dans le liquide corporel est donc plus élevée.Ces facteurs étant relativement variables, tout individu doit faire preuve de prudence.\u2022 La prise de médicaments : Sur la carte des cocktails explosifs, l\u2019un des plus nocifs reste le mélange d\u2019alcool avec les médicaments.Les réactions peuvent s\u2019avérer imprévisibles voire multipliées.De plus, le foie déjà très sollicité par l\u2019élimination de produits chimiques, élimine moins bien l\u2019alcool.Faire l\u2019impasse sur quelques verres peut donc s\u2019avérer payant.\u2022 Un repas copieux : Si on se demande pourquoi les effets de l\u2019alcool sont moindres après un repas, la réponse est simple.L\u2019estomac met plus de temps à assimiler l\u2019alcool pendant la vidange gastrique surtout si celui-ci contient des aliments riches en protéines et en hydrate de carbone.Pensez toujours à adapter vos aliments avant de prendre quelques verres.\u2022 Le piège du shooter : La forte concentration d\u2019alcool (boissons à 30 %) peut irriter les parois de l\u2019estomac et donc retarder l\u2019ouverture de la valvule pylorique.À part réchauffer l\u2019œsophage, les effets ne sont pas immédiats.Il ne faut pas tomber dans le piège de commander plusieurs shooters à la suite, car une fois absorbés, la surprise est nettement moins agréable! Absorption et élimination de l\u2019alcool : Les conseils du pro les effets inattendus E R I K M C L E A N ( U N S P L A S H ) ÉDUC\u2019ALCOOL EducALCOOL_15_Novembre_2019.indd 1 19-10-21 14:41 M anon est volubile.Sa tête foisonne d\u2019idées et de sujets d\u2019écriture\u2026 Ses « petits papiers » et son flot de notes prises çà et là en témoignent.Manon aime écrire.Elle dit que c\u2019est parce qu\u2019elle était bonne à l\u2019école, malgré son enfance difficile.Orpheline, elle sera placée chez les Fournier.Elle aime bien la maman bienveillante qui a déjà huit enfants.Mais Manon a tout un tempérament ! On décide donc qu\u2019elle fréquentera le Centre Villa-Maria la semaine et qu\u2019elle passera les fins de semaine dans sa famille adoptive jusqu\u2019à la majorité.À 18 ans, elle devra voguer seule.Enfin, presque seule\u2026 Elle vit un temps en appartement supervisé et entreprend des études en photocomposition puis en reliure à l\u2019école Calixa- Lavallée.Des études qu\u2019elle ne terminera pas.Refusant de vivre de l\u2019aide sociale, la jeune femme occupera différents postes dans le domaine de la sécurité.D\u2019abord agente assignée aux grèves et manifestations, on l\u2019embauchera ensuite comme détective de plancher puis opératrice de centrale d\u2019alarme et agente de stationnement au Casino de Montréal.Manon perd malheureusement son emploi en 2005.Elle enfile alors les petits boulots pendant des années qui s\u2019avèrent difficiles.Elle a des ennuis de santé et est hospitalisée.On découvre qu\u2019elle a une hépatomégalie.Elle souffre aussi de plusieurs allergies.C\u2019est en 2013 que Manon Fortier fait la rencontre de deux camelots.Ils l\u2019incitent à faire une visite à L\u2019Itinéraire.Se disant que la vente n\u2019est pas son métier, elle hésite.Puis, poussée par la curiosité et le besoin de travailler, elle se rend au coin Sainte-Catherine Est et de Lorimier.Elle repart avec ses 10 exemplaires et sa « passe » de transport gratuite pour la semaine d\u2019essai.Dès qu\u2019elle sort des locaux de L\u2019Itinéraire elle sait déjà qu\u2019il ne s\u2019agira pas seulement d\u2019un essai.Manon, qui est camelot depuis six ans, a aujourd\u2019hui trois points de vente, soit le Village Champlain, le métro Honoré-Beaugrand et l\u2019 île Sainte-Hélène, l\u2019été.Un bel endroit où elle passe souvent inaperçue auprès des touristes\u2026 Même si Manon aime son métier de camelot, elle souhaiterait travailler à nouveau dans le domaine de la sécurité.Son domaine.Un travail valorisant, plus payant et moins difficile physiquement que la vente du magazine.Elle rêve aussi d\u2019avoir un jour sa petite maison bien à elle.Une maison toute simple avec un beau terrain.Puis, tant qu\u2019à rêver, elle ajoute qu\u2019elle aimerait bien avoir l\u2019occasion d\u2019aller passer une semaine dans le Sud, elle aussi, un jour.Par Madeleine LaRoche ?Bénévole à la rédaction Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Camelot n° 1153 | Âge 53 ans Point de vente Village Champlain / Métro Honoré-Beaugrand Manon Fortier RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets GISÈLE BÉLANGER Imprimeur TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Depuis quatre ans, je voyage en transport en commun pour aller travailler comme comptable au centre-ville de Montréal et, à toutes les deux semaines, j\u2019achète religieusement le magazine à la camelot Nicole Giard au métro Longueuil.Et je le lis tout aussi religieusement.Je passe à travers chaque écrit et chaque page.Lorsque je croise d\u2019autres camelots qui vendent le magazine à d\u2019autres stations de métro, je leur fais un grand sourire pour les encourager et parfois aussi je leur dis bonjour en ajoutant que c\u2019est parce que je reste fidèle à Mme Girard que je ne leur achète pas d\u2019eux.Mais je leur dis de continuer.À force de lire le magazine et à voir leurs visages sur les articles, je les reconnais lorsque je les croise dans les corridors du métro ou ailleurs.Par contre, eux ne savent pas que je suis une lectrice assidue ! Céline Daoust Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement social à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Mots de lecteurs LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste, responsable société LAURENT SOUMIS Journaliste accompagnateur JASON PARÉ Journaliste, formation des participants MILTON FERNANDES Création visuelle ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur JUAN CARLOS JIMENEZ Webmestre bénévole CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARIE BRION, IMÈNE HAMCHICHE, MADELEINE LAROCHE, HÉLÈNE MAI, DANIELA ARANIBAR, SANDRINE BINKIE Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision Photo de la une CINDY BOYCE ADMINISTRATION SYLVANA LLANOS Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement social ISABELLE LACHARITÉ Intervenante psychosociale PIERRE TOUGAS Responsable du Café VANESSA TREMBLAY Chargée de projet \u2013 Distribution MÉLODIE GRENIER Chargée de projet volet autochtone NAHKA BERTRAND Coordonnatrice du Café de la Maison ronde ELLA MARTINDALE Coordonnatrice adjointe du Café de la Maison ronde CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire FRANCK BÉZIAUD - Banque Nationale Administrateurs MIVILLE TREMBLAY SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit ALEXANDRE VERDUN - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire JACQUES ÉLYZÉ - Réprésentant des camelots VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Quand on m\u2019a demandé d\u2019être « Rédacteur en chef invité » de ce numéro spécial sur la littérature du magazine L\u2019Itinéraire, j\u2019ai pensé : pourquoi moi ?Bien entendu, l\u2019écriture fait partie de l\u2019ADN de l\u2019équipe de rédaction, mais également des camelots qui rédigent dans les pages de L\u2019Itinéraire.De fait, pour moi aussi, l\u2019écriture fait partie de ma vie depuis que je suis tout petit.Des petits recueils de poésie que je laissais partout dans mon école primaire à la rédaction d\u2019articles culturels et sociaux dans le journal étudiant de mon institution secondaire à la publication de mon site internet dédié à Madonna et éventuellement à mon premier ouvrage sur mon idole ; l\u2019écriture a toujours été un moyen de me libérer, de m\u2019exprimer\u2026 de partager ! C\u2019est aussi l\u2019essentiel de mon travail comme libraire : partager avec les clients et lecteurs.Lorsque j\u2019ai fait la rencontre de l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire pour une collaboration au Salon du livre de Montréal, l\u2019accointance entre nous a été immédiate.Comme beaucoup de gens, je connaissais le magazine et ses camelots qui vendent fièrement chaque numéro au coin d\u2019une rue, beau temps, mauvais temps.Mais en discutant avec eux, je me suis rapidement rendu compte qu\u2019au-delà de l\u2019engagement collectif, le magazine offre cette fierté d\u2019avoir un travail, de faire partie d\u2019un groupe.D\u2019une famille.Tout ceci, par les mots.L\u2019écriture.Faut-il le rappeler, l\u2019organisme se distingue par ses objectifs de réinsertion sociale, mais, encore plus important, il dispense du soutien, de la formation et surtout, d\u2019une tribune pour plusieurs personnes qui n\u2019ont pas cette chance d\u2019être entendus.Leur offrir une plateforme qui leur redonne confiance en eux et leur donne ce pouvoir de changer quelque chose dans leur vie.Organisme communautaire ou média ?Cette dualité qui de prime abord ne semble pas cohabiter sainement dans les dédales politiques, pousse l\u2019équipe à se battre afin d\u2019obtenir cette aide précieuse et a peine à survivre ! Si les mots restent et que les paroles s\u2019envolent, j\u2019implore les instances publiques et les gens de notre société à bien comprendre la nécessité d\u2019un projet aussi important que celui de L\u2019Itinéraire.Et, surtout, qui doit se poursuivre ! Du moins, jusqu\u2019à ce que l\u2019organisme puisse fermer ses portes, lorsqu\u2019il n\u2019y aura plus personne dans le besoin\u2026 À l\u2019instar de mes amis, collègues et inspirations: Monique Proulx, Kim Thuy, David Goudreault et tous les autres auteurs, journalistes, réalisateurs, artistes et camelots qui ont écrit dans ces pages, je suis fier de maintenant faire partie de cette belle et grande famille ! Mais pourquoi moi ?Parce que ça peut arriver à n\u2019importe qui ! Parce que ça aide des centaines de personnes ! Parce que l\u2019écriture fait du bien.Parce que la lecture fait aussi beaucoup de bien.Parce que ça peut changer une vie.Parce qu\u2019en me procurant le magazine, j\u2019aide des hommes et des femmes à se sentir valorisés.Parce que je peux aider un organisme communautaire qui offre des services nécessaires.Si je peux inciter, ne serait-ce qu\u2019une personne, à mieux comprendre ces gens marginalisés, j\u2019aurai réussi.Alors, pourquoi pas ! 15 novembre 2019 Volume XXVI, no 22 Billy Robinson Rédacteur en chef invité Écrire l\u2019avenir ensemble 3 Zoom sur Manon 9 Maxine Timperley 9 Jean-Claude Nault 9 Cécile Crevier 42 Maxime Valcourt 42 Gilles Bélanger 42 Pascal Saint-Louis Mots de camelots 19 camelots ont participé à cette édition 26 14 3 8 Rond-point international 10 Dans l\u2019actualité Le pouvoir d\u2019en faire plus Laurent Soumis 11 Comptes à rendre La recette Ianik Marcil 13 Dans mes souvenirs 2000 $ pour respirer Saïd Farkouh 14 Pourquoi écrire ?Billy Robinson 16 ?Antonine Maillet La bâtisseuse Linda Pelletier 19 ?Webster L\u2019esclavage raconté aux enfants Mathieu Thériault 24 ?Lancement Sentinelles II La préface du livre Monique Proulx 26 ?Francine Ruel Itinérance d\u2019un proche : la souffrance des familles Alexandra Guellil 34 ?Mentorat Les camelots partagent leur savoir Laurent Soumis 39 ?Visite Delcia aime les camelots du premier au dernier Laurent Soumis 40 ?L\u2019itinéraire de Roxanne et David L\u2019Ouest américan 43 C\u2019t\u2019encore drôle L\u2019Halloween, la peur pis moé Christian Vanasse 44 ?Détente Pour l\u2019amour de l\u2019écriture Antonine Maillet et Webster 15 novembre 2019 Volume XXVI, no 22 À la une Qu\u2019ont en commun L\u2019Itinéraire, Antonine Maillet, Webster, Francine Ruel et notre rédacteur en chef invité Billy Robinson ?Nous serons tous au Salon du livre de Montréal, réunis par une seule passion : l\u2019écriture ! Découvrez celle qui anime chacun de ces auteurs dans notre dossier consacré à la littérature.16 Inde Esclavage sexuel Dans le Cachemire ravagé par la violence et les conflits notamment avec l\u2019Inde et les militants islamistes, la région est devenue un terreau fertile pour la traite de jeunes filles.Des milliers d\u2019entre elles sont vendues à l\u2019adolescence par leurs parents à des hommes plus âgés.Elles les épousent, font des enfants et vivent une vie de restriction que beaucoup assimilent à l\u2019emprisonnement.Et, la police ne peut pas vraiment enquêter puisque ces femmes sont légalement mariées.« La victime est généralement mariée à l\u2019homme de par la loi et il est difficile de déterminer son âge, car les documents ont déjà été falsifiés par les agents (\u2026) Le mariage se passe au grand jour et même si le fait qu\u2019elles soient vendues est un secret de polichinelle, leur union reste légitime et légale », explique un haut responsable de la police contre la traite des personnes.Aucune donnée n\u2019existe officiellement sur ce phénomène.(IPS / INSP) Allemagne Idées extrêmes En Allemagne, depuis la mort de Walter Lübcke, membre du parti conservateur chrétien allemand, le débat sur l\u2019interdiction des organisations néonazies dans le pays a gagné en intensité.En particulier en ce qui concerne le groupe terroriste néonazi connu sous le nom de Combat 18.En entrevue avec le journal de rue Bodo, le sociologue Hendrik Puls trouve absurde que ce groupe n\u2019ait jamais été officiellement interdit.Il explique qu\u2019il y aurait une augmentation du nombre de menaces d\u2019extrême droite, de troubles violents graves et d\u2019enquêtes sur des groupes néonazis ou des personnes accusées de créer des organisations criminelles, terroristes ou d\u2019orchestrer des actes criminels dangereux.M.Puls juge l\u2019atmosphère explosive.Si le phénomène n\u2019est pas nouveau selon le sociologue allemand, il estime que ces groupes se sont préparés à mener une bataille armée où tout repose sur la violence.Et pire, il estime que l\u2019État ne prépare pas les citoyens à de tels actes étant donné qu\u2019il ne peut assurer à 100% la sécurité de ses concitoyens.« L\u2019 interdiction a toujours eu un effet symbolique (\u2026) Ce qui est tragique, c\u2019est que les résultats liés à l\u2019 interdiction sont discutables puisque ces réseaux ont été fondés il y a plus de 20 ans.Il faudrait donc se demander si cela a freiné leurs activités ou la popularité de leurs idées », conclut M.Puls.(BODO / INSP) BASTIAN PÜTTER S T E L L A P A U L | I P S Traduction Alexandra Guellil L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CHAMP-DE-MARS MAXINE TIMPERLEY CAMELOT MÉTRO JOLIETTE CÉCILE CREVIER CAMELOT MÉTRO L\u2019ASSOMPTION ET ÉPICERIE METRO MORGAN Premiers pas au CA À la dernière assemblée générale du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, j\u2019ai posé ma candidature pour un poste au conseil d\u2019administration.Après quatre ans à vendre L\u2019Itinéraire, je me sentais prêt à aller plus loin.Je souhaite mettre à profit mes compétences et m\u2019outiller à travers d\u2019autres défis et expériences.De plus, je souhaite connaître la mécanique de la gestion d\u2019un organisme comme le nôtre.Je n\u2019avais pas de grandes attentes quant au résultat de l\u2019élection et à ma grande surprise, j\u2019ai été élu.Le CA du Groupe L\u2019Itinéraire est constitué de neuf administrateurs auquel se joint le directeur de l\u2019organisme, Luc Desjardins.On compte cinq membres socio-économiques, un représentant élu par les camelots et trois autres camelots élus par l\u2019assemblée générale.Les rencontres ont lieu chaque deux mois.Le rôle du conseil est de déterminer les grandes orientations, les activités majeures du groupe, et bien sûr de gérer les finances de l\u2019organisme.J\u2019ai assisté à ma première rencontre au début du mois d\u2019août.Au début, j\u2019étais nerveux.J\u2019ai même eu du mal à avaler mon poulet Au coq offert avant la rencontre.Mais lorsque la séance fut ouverte, je suis parvenu à me calmer parce qu\u2019on parlait de sujets que je connais bien et qui m\u2019intéressent.Pour cette première réunion en tant qu\u2019administrateur débutant, j\u2019ai choisi humblement d\u2019écouter plutôt que de m\u2019exprimer.Toute une leçon d\u2019apprentissage que cette première expérience ! La femme moderne Depuis qu\u2019elle s\u2019affirme, la femme est plus épanouie qu\u2019avant.Elle sait s\u2019exprimer et elle sait aussi écouter.Elle jette un regard sur le monde et elle observe.À mon avis, elle a des atouts pour aider les jeunes qui se retrouvent à la rue et qui prennent des drogues.Des femmes, qui en ont peut-être arraché elles aussi, qui ont réussi à s\u2019en sortir en demandant de l\u2019aide et qui ont l\u2019expérience de la vie, sont en mesure de comprendre les jeunes en gardant l\u2019esprit ouvert.Chacune d\u2019entre nous, avec ses idées \u2014 en exerçant son métier et en restant ouverte aux autres \u2014 est capable de contribuer à régler des conflits et à calmer des tensions.Selon moi, Pauline Marois, Lise Payette et Jeanne Sauvé sont des modèles, des leaders, rebelles à leur façon, comme moi.Mon fils n\u2019a pas cherché à s\u2019éloigner de la maison jusqu\u2019à sa majorité.Je lui donnais 20 $ par semaine pour ses dépenses.Il avait plusieurs amis qui venaient écouter des films, jouer au Pokémon et manger du popcorn.Aujourd\u2019hui, il a un bon métier et il ne prend pas de drogue.Je l\u2019adore et je suis fière de lui.C\u2019est mon « petit Jésus ».Mon mari est décédé quand mon fils avait quatre ans.Je l\u2019ai donc élevé toute seule.Je vivais pour lui et pour ma famille.Maintenant, je vis un jour à la fois, je n\u2019ai aucun regret, j\u2019aime mon travail et j\u2019aime la vie.Connaissez-vous les pairs aidants ?Il s\u2019agit de personnes ayant vécu un problème de santé mentale, qui se sont rétablies et qui veulent aider à leur tour des gens aux prises avec la même problématique.J\u2019ai moi-même été diagnostiquée schizophrène en 2000.Et aujourd\u2019hui, en 2019, j\u2019ai comme projet de suivre la formation qui me permettrait à mon tour de devenir paire aidante.La formation se donne à Québec et elle est d\u2019une durée de trois semaines.Au terme des apprentissages, il faut réussir les évaluations ainsi qu\u2019un stage.Ce cours me paraît fascinant, mais ce que j\u2019appréhende, c\u2019est de devoir me lever tôt le matin une fois à Québec.Je dois prendre ma médication religieusement à 23 h le soir sans quoi, j\u2019ai des effets secondaires.Comme je la prends tard, je n\u2019arrive pas à me lever avant 10 h 30.De plus, je souffre d\u2019insomnie.Je verrai prochainement mon méde- cin-psychiatre.J\u2019ai l\u2019intention de lui parler de mon projet et de lui demander s\u2019il a des solutions à me proposer parce qu\u2019en plus cette médication me cause des étourdissements.Comme je souffre aussi d\u2019anxiété sévère, je ne sais si je vais réussir cette formation, mais j\u2019ai envie de m\u2019inscrire et d\u2019essayer quand même.J\u2019ai beaucoup d\u2019expérience des symptômes de la maladie, je suis intuitive, j\u2019ai de la compassion et j\u2019ai une bonne écoute.Je trouve des solutions facilement.Je crois être capable d\u2019aider les schizophrènes à devenir plus autonomes, à gérer leurs perceptions sensorielles.J\u2019ai eu une bonne nouvelle : il se pourrait que l\u2019hôpital où je suis suivie me donne une bourse pour défrayer le coût de la formation.Il me restera le coût du transport et du séjour à payer.Et, si je réussis, j\u2019ai déjà une promesse d\u2019embauche dans un organisme de pairs aidants qui soutient et accompagne les personnes atteintes de maladie mentale. Le pouvoir d\u2019en faire plus Minoritaire ! Voilà un bien vilain mot qui irrite tous les partis politiques.Pour les mis en minorité, il est synonyme de compromis, de négociation et de perte de pouvoir.Et pour ceux qui détiennent la balance du pouvoir, c\u2019est la crainte des pires compromissions et la peur de vendre son âme.Et pourtant.Dans les faits, les gouvernements minoritaires et les partis qui les appuient jouissent d\u2019un immense privilège.Ils sous-estiment ce pouvoir : celui d\u2019en faire plus, d\u2019en faire davantage pour leurs commettants.Les premiers peuvent souvent en faire plus qu\u2019ils ne l\u2019auraient fait en situation majoritaire.Et les seconds, bien davantage que s\u2019ils s\u2019étaient cantonnés dans le rôle ingrat de l\u2019opposition.À travers l\u2019histoire, les Canadiens se sont d\u2019ailleurs fort bien accommodés des 12 gouvernements minoritaires qui se sont succédés avant celui, tout récent, de Justin Trudeau.Et ces gouvernements ont laissé des legs qui ont largement servi à la construction de la démocratie sociale « à la canadienne ».Des alliances informelles Mis à part un seul, en temps de guerre (1917-1921), le Canada moderne n\u2019a jamais connu de gouvernement de « coalition », à proprement parler.La plupart du temps, il s\u2019agissait d\u2019alliances informelles, dans lesquelles des partis réformistes de gauche détenaient la balance du pouvoir.Et comme les Canadiens ont le cœur légèrement à gauche, c\u2019est le Parti libéral qui en a généralement profité.Quelques exemples : les libéraux de Lester B.Pearson (1963- 1965 et 1965-1968) n\u2019ont jamais regretté les programmes sociaux que leur ont inspirés leurs alliés néo-démocrates.Qu\u2019on pense à l\u2019universalité des soins de santé, au régime de pension du Canada, au financement fédéral de l\u2019aide sociale et des prêts étudiants : toutes des mesures qui sont devenues par la suite la marque de commerce du PLC.De la même manière, les libéraux de Pierre Trudeau (1972-1974) ont instauré des contrôles sur les dépenses d\u2019élection, créé Pétro- Canada et l\u2019Agence d\u2019examen des investissements étrangers.Pour se maintenir au pouvoir durant deux ans (2004-2006), Paul Martin a dû, en plein scandale des commandites, réinvestir massivement dans les programmes sociaux et renoncer à réduire les impôts des grandes corporations.Front commun contre l\u2019itinérance Pour ceux qui se battent contre la précarité, qui luttent contre l\u2019iti- nérance et qui croient que le logement social est l\u2019une des clés pour une société plus juste, les résultats de la dernière élection fédérale n\u2019ont donc rien de calamiteux.Au contraire, ils sont porteurs d\u2019espoir.Du moins pour les deux prochaines années puisque les gouvernements minoritaires survivent généralement une vingtaine de mois.Déjà le 1er octobre dernier, le coup de sonde mené par L\u2019Itinéraire indiquait les possibles chemins de traverse entre le gouvernement libéral et trois des quatre oppositions.Pour secourir les sans-abri, libéraux, néo-démocrates, bloquistes et verts s\u2019entendent déjà sur l\u2019expertise irremplaçable des groupes communautaires et la nécessité de leur fournir un financement adéquat, stable et récurrent.C\u2019est déjà ça de pris.De façon générale, les tiers partis appuient aussi la stratégie fédérale de lutte à l\u2019itinérance et souhaitent même la bonifier.Maintenant que les ententes sont signées avec les provinces, les prochains mois seront ceux des résultats.Des logements abordables Sur papier, libéraux et néo-démocrates s\u2019accordent également pour construire chaque année quelques dizaines de milliers de logements sociaux.Ils doivent maintenant s\u2019entendre sur le nombre de zéros à inscrire sur le chèque.Les grandes villes, comme Montréal, l\u2019attendent pour la première pelletée de terre.Les deux partis conviennent aussi que la bonification de l\u2019Allocation canadienne pour enfants a déjà soulagé la misère de dizaines de milliers de familles.Elle s\u2019avère un moyen rapide et direct pour faire reculer la pauvreté.Les deux formations sont également d\u2019accord pour hausser les prestations des aînés et fixer à 15 $ le salaire horaire minimal pour les entreprises sous juridiction fédérale.Deux autres mesures qui ont un impact sur la pauvreté ont aussi de bonnes chances de voir le jour dans les prochains mois.Le NPD et le PLC rêvent tous deux d\u2019un régime de service de garde pancana- dien et d\u2019un programme d\u2019assurance médicaments : deux dossiers dans lesquels le Bloc ne manquera pas d\u2019exiger une compensation financière pour les contribuables québécois qui disposent déjà de ces services.10 15 novembre 2019 itineraire.ca Laurent Soumis Dans cette chronique, je parle régulièrement d\u2019alimentation, parce que c\u2019est un sujet qui me semble fondamental en termes de justice sociale, même si le lien ne semble pas aller de soi.Bien évidemment, manger, sainement autant que possible, est un besoin élémentaire.Manger à sa faim, comme habiter dans un logement décent, devrait être un droit humain fondamental au même titre que l\u2019accès équitable à l\u2019éducation ou à la justice.Ça n\u2019est malheureusement pas le cas.Au Canada, l\u2019un des pays les plus riches du monde, les banques alimentaires reçoivent 1,1 million de visites par mois.Parmi ces personnes qui dépendent des dons de nourriture, 35 % sont des enfants, alors qu\u2019ils ne représentent que 20 % de la population.C\u2019est tout de même inouï : 35 % de 1,1 million, c\u2019est 385 000 enfants qui chaque mois ont besoin des banques alimentaires pour manger.Une injustice systémique Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que cette situation résulte de la pauvreté.Les initiatives, promesses et programmes qui ont été mis en place depuis des décennies pour « éradiquer la pauvreté » ont donné à peu près aucun résultat.C\u2019est que la pauvreté perpétue la pauvreté : la vaste majorité des enfants ayant grandi dans une famille pauvre demeureront pauvres (l\u2019inverse, pour les mieux nantis, est tout aussi vrai).Autrement dit, ce qu\u2019on appelle communément l\u2019« ascenseur social » ne fonctionne pas vraiment.Plusieurs facteurs expliquent cette perpétuation de la pauvreté.L\u2019éducation en est un des plus fondamentaux.La scolarisation est ce qui permet dans notre société, presque systématiquement, de se sortir de la pauvreté, toutes choses étant égales par ailleurs.Malheureusement, même si nous avons un système d\u2019éducation à peu près gratuit, ou à bas coût, et universellement accessible jusqu\u2019au cégep, il reste concrètement de nombreuses inégalités entre les élèves.Ces inégalités dans la réussite scolaires ont comme origine le bagage familial et les capacités d\u2019apprentissage.Si on grandit dans une famille scolarisée, dans une maison où il y a plein de livres et accompagné de parent(s) qui ont à cœur l\u2019éducation, on sera mieux outillé pour réussir à l\u2019école.Or, une saine alimentation fait aussi partie des « conditions gagnantes » à la réussite scolaire.Étudier quand on a littéralement le vente vide, ça n\u2019aide pas à la concentration.Plus largement, manger sainement permet d\u2019être en meilleur santé et d\u2019avoir une meilleure santé physique globale.Autonomie alimentaire En d\u2019autres mots, avoir accès à une variété d\u2019aliments de qualité peut aider à briser le cercle de la pauvreté.Ce n\u2019est évidemment pas suffisant, mais ça fait partie d\u2019un ensemble de mesures qui pourraient aider à sortir des milliers de familles de la pauvreté.Bien s\u2019alimenter nécessite, cependant, deux choses que les familles défavorisées n\u2019ont pas : du temps et de l\u2019argent.Ajoutons à cela un savoir-faire culinaire qui s\u2019est largement perdu avec le temps.Lorsqu\u2019on ne dispose de rien de tout ça, on perd largement en « autonomie alimentaire » et on dépend beaucoup des mets préparés industriels, riches en gras, sel et sucre (et autres cochonneries).Un coup de pouce qui pourrait être donné à bien des familles \u2014 et pas que les familles défavorisées d\u2019ailleurs \u2014 serait de multiplier les initiatives visant à développer ses habiletés en cuisine, à apprendre véritablement à cuisiner, pas simplement à suivre bêtement des recettes.Il y a des cuisines communautaires un peu partout à Montéal, mais elles manquent cruellement de moyens, et n\u2019atteignent qu\u2019une infime partie des familles qui pourraient en bénéficier.Je crois qu\u2019on devrait réintroduire des cours de cuisine obligatoire au secondaire.Pas un cours où on apprend à faire deux ou trois recettes, comme c\u2019était le cas à mon époque.Un véritable cours intensif, aussi important que ceux de maths ou de français, où les ados pourraient développer leur savoir-faire et atteindre, une fois partis de la maison, leur autonomie alimentaire.Ça n\u2019est pas la recette miracle pour régler le problème de la pauvreté systémique, bien évidemment, mais ça pourrait y contribuer.La recette 11 itineraire.ca 15 novembre 2019 ÉCONOMISTE INDÉPENDANT seulement souhaitable mais possible.C\u2019est le cas de l\u2019Entente Canada-Québec en itinérance signée l\u2019été dernier.À Montréal, l\u2019administration de Valérie Plante vise la réalisation de 6000 logements sociaux, dont 950 en itinérance d\u2019ici 2021.Cet objectif ambitieux a impérativement besoin de fonds fédéraux pour se concrétiser.Libéraux et NPD proposent par ailleurs de développer une allocation logement, une aide directe aux locataires pour payer le loyer.Cette mesure d\u2019aide est cependant coûteuse et inflationniste, ne s\u2019attaquant pas aux loyers élevés, mais les subventionnant.De plus, elle ne contribue pas au développement de nouveaux logements de qualité et accessibles aux personnes à faible revenu.Elle est aussi prévue en cofinancement imposé aux provinces.Des fonds accrus en itinérance Dans quelques jours, le gouvernement Trudeau livrera son discours du Trône, qui annonce le programme d\u2019un gouvernement.Outre le logement social, celui-ci doit aussi annoncer la volonté d\u2019accroitre le budget de Vers un chez soi, son programme de lutte à l\u2019itinérance.Les besoins sont nombreux en itinérance, les visages de l\u2019itinérance variés et les actions à soutenir le sont tout autant.Le premier gouvernement de Justin Trudeau avait fait des pas en ce sens, annonçant des fonds augmentés pour ce budget qui n\u2019avait jamais été seulement indexé depuis 1999.Il est également important que le gouvernement fédéral consacre une part plus grande de son budget des dépenses de 355 milliards $ à des actions qui réduisent la pauvreté.Le gouvernement libéral doit continuer à rehausser les prestations destinées aux personnes âgées, ce que défend tant le Bloc que le NPD.Dans ce nouveau contexte au fédéral, le RAPSIM continuera à porter activement ses demandes concernant les actions qui interpellent ce gouvernement en lien avec l\u2019itinérance.Les oppositions à Ottawa et la Ville de Montréal doivent aussi agir pour que ce gouvernement apporte promptement une aide importante pour contrer la crise qui prévaut dans les rues.Les élections fédérales du 21 octobre ont reporté au pouvoir le Parti libéral du Canada, minoritaire cette fois.Les engagements de ce gouvernement en itinérance, logement et pauvreté demeurent donc à l\u2019agenda.Il reste à voir comment ils vont s\u2019actualiser dans ce contexte.À Montréal, le manque de logements de qualité accessibles aux personnes à faible revenu est dramatique, alors que les refuges pour hommes débordent et que les ressources d\u2019hébergement pour femmes doivent effectuer des refus, faute de places, tous les jours.Le gouvernement fédéral doit rapidement contribuer davantage aux actions à mener pour contrer cette situation.Un budget crucial Les gouvernements minoritaires ont généralement le temps d\u2019adopter un budget, rarement deux.Il sera donc crucial que le premier budget de ce gouvernement donne le ton et annonce des investissements sociaux majeurs qui se concrétisent rapidement.La Stratégie fédérale en logement avait annoncé bien des engagements, essentiellement pour après les élections, en 2020.On y est ! Ottawa se doit d\u2019annoncer des fonds accrus et récurrents qui permettent de soutenir le développement de nouveaux logements sociaux.Le Bloc Québécois a défendu ce besoin, en demandant que le fédéral y consacre 3 milliards $ par an, soit 1 % des revenus annuels du fédéral, une demande largement portée dans le Rest of Canada (ROC) et que soutient aussi le NPD.Une entente qui presse La conclusion d\u2019une telle Entente Canada-Québec en logement doit se faire rapidement.Les fonds prévus par Ottawa doivent être disponibles dès 2020 pour contribuer aux actions prévues au Québec.Au Canada, seul le Québec a sans cesse soutenu la construction de logements sociaux depuis le retrait du fédéral en 1994, et les fonds fédéraux doivent permettre d\u2019accroitre leur développement.La conclusion d\u2019une telle entente asymétrique, où le fédéral adapte ses objectifs au Québec est non Nouveau gouvernement libéral Un mandat à assumer en itinérance Pierre Gaudreau ?Directeur du RAPSIM 15 novembre 2019 Chronique payée N u i t d e s s a n s - a b r i 2 0 1 9 N i c o l a s C o u t u r e En avril 2019, j\u2019étais aux soins intensifs de l\u2019hôpital Royal-Victoria du CHUM, après avoir subi une opération pour enlever la petite tumeur non cancéreuse qui bloquait ma respiration dans une narine.Dans la salle de réveil, quand j\u2019ai ouvert les yeux, j\u2019étais branché au moniteur des signes vitaux.J\u2019avais sommeil, mais chaque fois que j\u2019atteignais un sommeil profond, une alarme était déclenchée pour signaler que mon corps était en manque d\u2019oxygène.L\u2019infirmier qui me surveillait a dû me réveiller plusieurs fois pour que je puisse respirer.Lorsque j\u2019étais sur le point de sortir de l\u2019hôpital, mon médecin m\u2019a informé que je souffrais peut-être de l\u2019apnée du sommeil.Il m\u2019a demandé de passer des tests et m\u2019a donné un rendez-vous dans quelques mois avec un autre médecin spécialisé dans ce domaine.Je lui ai alors demandé : « Mais docteur, qu\u2019est-ce que l\u2019apnée du sommeil ?» Qu\u2019est-ce que l\u2019apnée Il m\u2019a expliqué : « L\u2019apnée du sommeil provoque des arrêts de la respiration pendant que tu dors.C\u2019est une maladie causée par la baisse générale du tonus des muscles pendant le sommeil.Dans la gorge, cela peut provoquer un écrasement de certains tissus qui bloquent le passage de l\u2019air, donc tu arrêtes de respirer pendant quelques secondes plusieurs fois par heure, quand tu atteins le sommeil profond.Quand ton cerveau détecte le manque d\u2019oxygène dans ton sang, il t\u2019ordonne de te réveiller pour te permettre de respirer.Il en résulte un manque de sommeil profond qui cause de la fatigue et l\u2019envie de dormir durant la journée.» Lorsque j\u2019ai rencontré le médecin spécialiste, il m\u2019a remis un questionnaire à remplir par écrit avant de me revoir : \u2022 Est-ce que vous ronflez souvent pendant votre sommeil ?\u2022 Avez-vous un mal de tête au réveil ?\u2022 Ressentez-vous de la fatigue durant la journée ?\u2022 Avez-vous souvent besoin d\u2019uriner pendant la nuit ?\u2022 Avez-vous envie de dormir et de faire des siestes pendant la journée, en lisant, en regardant la télé, en conduisant la voiture, etc.?Puisque que toutes mes réponses étaient positives, il était clair pour lui que j\u2019avais les symptômes de cette maladie.Il m\u2019a invité à faire un test chez moi pendant une nuit en utilisant un appareil prêté par l\u2019hôpital pour enregistrer le taux d\u2019oxygène dans le sang pendant le sommeil.Des causes multiples « Mais quelles sont les causes de cette maladie ?», ai-je demandé.« Il peut y avoir plusieurs causes : le surpoids ou l\u2019obésité, l\u2019âge, une obstruction nasale, des allergies respiratoires, la consommation d\u2019alcool, le tabagisme, la prise de médicaments pour dormir ou contre la douleur, a-t-il répondu.Heureusement, tu ne fumes ni ne boit.» « L\u2019apnée du sommeil peut toucher les hommes, les femmes et les enfants de tous âges et la plupart de ces personnes ne savent pas qu\u2019elles en souffrent, a-t-il expliqué.C\u2019est un problème sérieux, mais facilement identifiable et traitable lorsque diagnostiqué.» Après avoir fait le test, les résultats ont été transmis à mon médecin qui a confirmé que je faisais de l\u2019apnée du sommeil à un degré sévère et qu\u2019en conséquence, j\u2019avais absolument besoin d\u2019une pompe d\u2019air positive avec un masque sur le nez pour m\u2019aider à respirer confortablement pendant le sommeil et ainsi ne pas manquer d\u2019oxygène dans le sang.« Mais quels sont les risques et les complications associés à cette maladie ?», ai-je demandé.Une bonne et une mauvaise nouvelles « Laissée sans traitement, la maladie peut entraîner une envie de dormir et de faire des siestes pendant la journée (somnolence).Elle peut aussi avoir des conséquences importantes sur ta vie sociale et sur ta santé comme l\u2019hypertension, le diabète, un taux de cholestérol élevé et la dépression.» « Docteur, c\u2019est une bonne nouvelle que vous ayez diagnostiqué la maladie dont je souffrais depuis longtemps sans le savoir, mais la mauvais nouvelle pour moi, c\u2019est que cet appareil me coûtera 2000 $ et ce n\u2019est pas couvert par le système d\u2019assurance maladie.Comment un camelot comme moi peut-il payer 2000 $ ?J\u2019aurais besoin de deux ans de travail pour économiser cette somme-là.» Il a répondu en haussant les épaules : « Malheureusement, on n\u2019y peut rien.Tu peux toujours te plaindre au gouvernement\u2026 ».2000 $ pour respirer 13 itineraire.ca 15 novembre 2019 DANS MES SOUVENIRS SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY MILTON FERNANDES Billy Robinson Libraire à Montréal, Billy Robinson est aussi auteur et chroniqueur littéraire.Très impliqué dans le milieu littéraire au Québec, il a été, entre autres, membre du conseil d\u2019administration du Salon du livre de Montréal.Il a participé à plusieurs comités de sélection pour des prix littéraires dont le Prix des libraires du Québec et le Prix du Livre à Relire - Hervé Foulon.Il est aujourd\u2019hui suivi sur les réseaux sociaux par une légion de lecteurs.Collectionneur et passionné de la célèbre chanteuse Madonna, il publie en 2018 son premier livre Madonna en 30 secondes aux éditions Hurtubise.Depuis quelques mois, il donne une conférence intitulée 60 livres québécois à lire avant de mourir.en 60 minutes ! dans les bibliothèques et autres lieux littéraires du Québec. écrire ?Pourquoi Quand on leur demande « Pourquoi écrire ?», tous les auteurs et autrices vous le diront, il y a ce besoin viscéral de conter une histoire ou même de se raconter.Comme un appel plus fort que tout, qui ne demande qu\u2019à s\u2019extérioriser avec les mots.Raconté à travers un journal, un récit.Inventé à l\u2019aide de personnages fictifs ou simplement exprimé dans l\u2019intimité de la poésie.Et c\u2019est essentiellement ce que vous propose L\u2019Itinéraire dans ce numéro spécial dédié à la littérature.Notre littérature.Celle qui parle de nous à travers des voix puissantes comme les Joséphine Bacon ou Jacques Godbout.Celle qui nous rassemble comme Monique Proulx ou Kim Thuy.Celle qui nous interroge et qui nous ouvre sur les autres comme Michel Tremblay ou David Goudreault.Celle qui nous fait voyager comme Marie-Claire Blais ou Jacques Poulin\u2026 Et il y a, encore, toutes ces autres voix qu\u2019il faut découvrir ! Dans ce numéro, nous vous invitons à entrer dans l\u2019univers de quelques-uns de nos créateurs d\u2019ici.Figure connue du domaine littéraire depuis plusieurs années, Francine Ruel propose, cette saison, un récit émouvant sur le deuil d\u2019un enfant\u2026 encore vivant.Son style tendre et humain est indéniablement en lien avec le thème de ce numéro, soit l\u2019écriture comme moyen de catharsis.Un procédé aidant à extérioriser ses émotions.Une rencontre fascinante et touchante Deux autres personnalités qui s\u2019expriment avec les mots, ce sont Antonine Maillet et Webster.La rencontre entre ces deux générations d\u2019auteurs est remarquable tant par leur complicité à jouer avec la langue et sa poésie, que par ce désir évident de divertir par les mots.Cet entretien inattendu a été l\u2019occasion d\u2019échanger sur le processus créatif et ayant tous deux touché le théâtre ou la scène, ils nous parlent des différents styles et moyens utilisés par les écrivains pour se faire entendre, se faire lire.Trouver le mot juste.Celui qui touchera le lecteur ou le spectateur. C I N D Y B O Y C E Quand nous l\u2019interrogeons sur l\u2019état de la francophonie au Canada, Antonine Maillet se dit optimiste.D\u2019entrée de jeu, elle fait une distinction entre les Acadiens et les autres francophones du Canada, car l\u2019Acadie est la première colonie européenne à s\u2019établir en Nouvelle-France, quatre ans avant la fondation de la ville de Québec.Elle mentionne également que le Nouveau-Brunswick est la seule province à être officiellement bilingue.Notons que si le Nunavut n\u2019est pas une province, ce territoire est officiellement trilingue.Antonine Maillet avait à peine 10 ans quand le gouvernement du Nouveau-Brunswick a proclamé que la langue officielle de la province était l\u2019anglais.La population de Bouctouche, sa ville natale, était à 95 % francophone contre 5 % anglophone.« C\u2019était le pire des temps pour étudier la langue française en Acadie », affirme-t-elle.Elle admet qu\u2019avec le gouvernement actuel au Nouveau-Brunswick, et ceux d\u2019autres provinces comme l\u2019Ontario, la lutte est encore difficile pour tous les francophones du Canada, mais elle croit « qu\u2019on peut la gagner ».Fierté acadienne En 1604, les Acadiens étaient maîtres chez eux.Un paradis, selon Antonine Maillet : « Ce n\u2019était pas un pays pauvre.Ce n\u2019est pas pour rien que les Anglais nous ont chassés et nous ont enlevé notre coin de pays.Nous étions tous égaux et quand nous sommes revenus \u2014 en majorité des femmes parce que les hommes étaient à la guerre \u2014 nous étions tous pauvres.On avait perdu nos terres.En fait, on avait tout perdu.Cela a pris plusieurs années avant qu\u2019on parvienne à bien vivre, mais ce qui nous a sauvés, ce qui a fait que nous étions indépendants, c\u2019est l\u2019éducation.» Selon l\u2019écrivaine, l\u2019Université de Moncton a plus fait pour promouvoir la culture acadienne que tous les discours des grands politiciens.En 1979, Antonine Maillet gagne le prix Goncourt pour son roman Pélagie-la-charrette, qui se déroule après la déportation des Acadiens en 1755, un chapitre sombre de l\u2019histoire canadienne.Le livre raconte l\u2019histoire de Pélagie Bourg dite Le Blanc, qui retourne avec ses enfants sur les terres acadiennes à bord d\u2019une charrette.Tout au long de sa route, d\u2019autres Acadiens se joignent à elle et à son périple d\u2019une durée de dix longues années.Maillet Antonine La bâtisseuse Invitée d\u2019honneur au Salon du livre de Montréal 2019, Antonine Maillet nous a reçus dans son beau condo à Westmount.Accueillante et chaleureuse, elle nous a tout de suite mis à l\u2019aise, malgré notre nervosité ressentie à l\u2019idée de rencontrer cette légende vivante de la littérature francophone. Pour Antonine Maillet, ce prix a eu une grande importance dans sa carrière.C\u2019était la première fois que le Goncourt était remporté par une auteure non européenne.Ce prix lui a apporté une grande liberté et la confirmation qu\u2019elle pouvait écrire dans sa langue acadienne, qui est si riche, et a conservé d\u2019anciens mots de la langue française qui ne se parlent plus ailleurs.Un Québécois lui a demandé un jour comment il se faisait que le prix Goncourt soit allé en Acadie et non au Québec.« C\u2019était une gifle qu\u2019 il me donnait.Alors je lui ai répondu que le prix Goncourt n\u2019a pas été donné à l\u2019Acadie, mais à une écrivaine.» L\u2019origine de la Sagouine Avant que La Sagouine devienne un livre, Antonine Maillet a habité en France durant un an et pour arrondir ses fins de mois, elle écrivait des textes sur sa vie là-bas.Elle envoyait ses mini-récits à la station de Radio-Canada à Moncton.Puis, à son retour, elle s\u2019est établie à Montréal et a poursuivi sa collaboration avec la chaîne publique, sauf que raconter la vie montréalaise n\u2019était pas très exotique pour les Acadiens.Alors une journée, Antonine Maillet s\u2019est fâchée contre elle-même et elle s\u2019est dit : « Les premiers mots qui sortiront sur ma feuille de papier seront les bons.Et ce fut la Sagouine qui a parlé.La Sagouine que je portais en moi depuis si longtemps.Alors j\u2019ai écrit le premier texte en me disant : \u201cça passe ou ça casse\u201d.Eh bien, j\u2019ai reçu un appel téléphonique pour que j\u2019écrive d\u2019autres textes comme celui-là.Les Acadiens voulaient entendre la Sagouine parler.Il y a eu 16 textes en tout.» C\u2019est ainsi qu\u2019est née la pièce de théâtre qui a été jouée plus 2000 fois entre 1971 à 2013 et qui a été adaptée à deux reprises à la télévision (une première fois en 1976, puis de nouveau en 2006).Quand Antonine Maillet parle de Viola Léger \u2014 elle précise qu\u2019on prononce Légère et non Léger \u2014 elle semble un peu triste, car l\u2019interprète de la Sagouine a perdu la mémoire.Il ne lui reste que la mémoire à court terme.L\u2019auteure dit que Viola Léger a donné un corps et une âme à la Sagouine, cette femme qui « lavait le plancher des autres ».Le temps qui passe Dans son plus récent livre Clin d\u2019œil au temps qui passe, Antonine Maillet propose en quelque sorte une autobiographie, même si au départ, ce n\u2019est pas ce qu\u2019elle souhaitait faire.« Je ne voulais pas me mettre en scène.Ce n\u2019était pas du tout mon but.J\u2019ai voulu écrire mes souvenirs, comme un peintre qui lance des taches sur une toile, explique l\u2019écrivaine.Seulement, un auteur ne peut parler d\u2019autre chose que de ce qu\u2019 il connaît.Et ce qu\u2019 il connaît est ce qu\u2019 il a appris.Et ce qu\u2019 il a appris, c\u2019est ce qu\u2019 il a vécu.» Donc, selon Antonine Maillet, il est difficile pour un auteur de ne pas parler de lui, même si l\u2019œuvre n\u2019est pas écrite à la première personne.« Quand j\u2019ai écrit la Sagouine, je parlais de moi aussi, poursuit-elle.C\u2019était ma vision de la Sagouine.La différence entre Clin d\u2019œil au temps qui passe et mes autres livres, c\u2019est que je parle au \u201c je\u201d.C\u2019est la première fois.Parvenue à l\u2019âge de 90 ans, je peux me permettre d\u2019utiliser le \u201c je\u201d.» Ce qui ne l\u2019empêche pas d\u2019être universel et de rejoindre l\u2019autre.« Je me suis permis de le faire en me disant que c\u2019était peut-être mon dernier livre, bien que je n\u2019aime pas dire que c\u2019est mon dernier livre.C\u2019est mon plus récent.» Clin d\u2019œil au temps qui passe a été plus long à écrire que ses précédents livres.Antonine Maillet dit que plus elle avance en âge, plus elle est exigeante envers elle-même.« Vous savez, à l\u2019âge de 20 ans, je me croyais déjà une écrivaine.J\u2019écrivais, je ne me corrigeais 17 itineraire.ca 15 novembre 2019 Camelot marché Maisonneuve par Linda Pelletier pas beaucoup et j\u2019envoyais mon manuscrit », raconte-t-elle.Pour l\u2019auteure, devenir écrivain, ça s\u2019apprend : « J\u2019ai un doctorat en littérature, mais écrire, ça s\u2019apprend à force d\u2019écrire.Il n\u2019y a pas un professeur qui peut te donner ton style d\u2019écriture, tes sentiments.Il peut corriger tes fautes, mais c\u2019est tout.C\u2019est lorsqu\u2019on n\u2019écrit plus comme les autres, qu\u2019on a trouvé son style et qu\u2019on se rend inimitable que l\u2019on est un écrivain.» Un jour, le grand écrivain Marcel Dubé lui a raconté une anecdote: la première fois qu\u2019il a voulu aller en France, il devait écrire sa profession sur son passeport.Il n\u2019osait pas écrire « écrivain » et pourtant, il avait déjà écrit ses plus belles œuvres.Pour la suite du monde Lorsqu\u2019on lui demande qui sont ses écrivains préférés, Antonine Maillet répond qu\u2019elle aime bien se souvenir des hommes et des femmes qui l\u2019ont influencée : « Quand j\u2019étais jeune, celui qui m\u2019a le plus marquée est Alphonse Daudet.Non pas qu\u2019 il soit le plus grand des écrivains, mais il a été mon premier maître.À l\u2019école le vendredi, la maîtresse nous lisait Contes du lundi d\u2019Alphonse Daudet et contrairement aux autres élèves, j\u2019adorais ça.» Parmi ses auteurs préférés, il y a Rabelais, Racine, Molière, Proust, mais « le plus grand de tous c\u2019est Shakespeare, déclare-t-elle.J\u2019ai eu la chance de le lire dans sa version originale et il y a plusieurs mots français dans Shakespeare.Il a écrit au 16e siècle, époque où les aristocrates et la bourgeoisie parlaient français.De Shakespeare j\u2019aime la musicalité et la beauté de sa langue, la profondeur de son propos, la justesse de son regard.Sa littérature est grandiose ! » Même si elle ne peut pas oublier qu\u2019elle a 90 ans, Antonine Maillet rêve encore comme si elle en avait 16.Elle aimerait beaucoup faire le tour du monde « avant de partir ».Fière de sa santé, elle est très heureuse de nous raconter que deux médecins qui ne se connaissent pas lui ont affirmé qu\u2019elle vivrait jusqu\u2019à l\u2019âge de 108 ans.Comme tout le monde, elle dit bâtir sa vie au jour le jour.« Bien sûr, je suis moi aussi préoccupée par les changements climatiques et la négligence envers la planète.Je voudrais voir le jour où on aura triomphé de cette grande menace envers l\u2019humanité entière.À l\u2019âge de 10 ans, je rêvais qu\u2019on triomphe du nazisme.Je crois qu\u2019aujourd\u2019hui, il faut être du côté de ceux qui veulent sauver la planète.» Antonine Maillet a d\u2019ailleurs un autre livre qui est presque prêt, mais elle hésite encore pour le titre.Elle nous en a mentionné un qui lui tente davantage que les autres, mais elle nous a demandé de garder le secret, puisqu\u2019elle doit en parler avant avec son éditrice chez Leméac : « Ce sera des petites fables, comme celles qu\u2019on racontait au Moyen Âge.» Une idée qui semble tout à fait appropriée pour cette grande dame qui est une « raconteuse » hors pair.18 15 novembre 2019 itineraire.ca C I N D Y B O Y C E Webster est un personnage à part dans l\u2019univers artistique québécois.Son nom ne vous dit peut-être rien, mais vous en avez sans doute quand même un peu entendu parler.À l\u2019origine, c\u2019est un rappeur de Limoilou à Québec, un musicien de talent, connu pour ses textes riches et engagés.Fils d\u2019un père sénégalais et d\u2019une mère québécoise, il s\u2019efforce de faire mieux connaître l\u2019histoire des Noirs \u2013 et de l\u2019esclavage \u2013 au Québec et au Canada.Plus récemment, il a aussi été au centre de la controverse autour de la pièce SL?V de Robert Lepage, de tout le débat sur l\u2019appropriation culturelle et le manque de diversité dans la scène artistique.W e b s t e r L\u2019esclavage raconté a u x e n f a n t s Camelot Bernard / de l\u2019Épée par Mathieu Thériault J\u2019ai lu le livre sur Olivier Le Jeune.Comment est né ce projet ?Ça n\u2019a même pas commencé avec l\u2019idée d\u2019un livre.En fait, le projet est né lors d\u2019un festival littéraire à Québec, appelé Québec en toutes lettres, qui associe des auteurs avec des illustrateurs, afin de raconter une histoire qui est illustrée en direct sur scène, devant public.J\u2019ai décidé de raconter l\u2019histoire d\u2019Olivier Le Jeune et ValMO s\u2019y est tout de suite intéressée.Il y a eu une bonne réaction dans la salle et on nous a proposé de l\u2019éditer.C\u2019était en 2014, donc ça a pris cinq ans avant de voir le jour.Parle-nous de cette collaboration avec ValMO, qui fait les superbes illustrations du livre.Au festival Québec en toutes lettres, on a tout de suite connecté.C\u2019est une femme extraordinaire.Elle a beaucoup de talent et elle est très drôle.Même dans les moments plus creux, quand on ne savait pas si la maison d\u2019édition allait sortir le livre, elle a toujours été là, elle a toujours cru en moi.Et vice-versa.Parfois, c\u2019est moi qui n\u2019étais pas disponible, des fois c\u2019était elle, mais le contact et le travail ont toujours été faciles entre elle et moi.Le livre s\u2019adresse à un public de quel âge ?Quelle a été la réaction jusqu\u2019à maintenant ?Est-ce que des écoles ou des profs ont embarqué ?Car il me semble que ce pan de l\u2019histoire du Québec, qu\u2019on ne connaît pas, devrait être enseigné dans toutes les écoles ! Il y a eu une bonne réaction, beaucoup de gens m\u2019en parlent.Des profs m\u2019en ont parlé, mais je n\u2019ai pas eu encore de rencontres formelles.Ça fourmille un peu partout.Je ne sais pas encore quelle en sera l\u2019ampleur, mais j\u2019ai déjà eu de bons retours quant à ce bouquin-là, ce qui me rend très fier.Pour ce qui est de l\u2019âge, c\u2019est plus compliqué.On a voulu faire un livre jeunesse, mais un éditeur m\u2019a dit que le propos était trop vieux pour un public jeune, disons de 8 à 10 ans.Sauf que les dessins le rendent trop jeunes pour des préados, disons de 12 à 16 ans.Alors je dirais qu\u2019on cible les enfants de 11 ans ! (rires) Je pense que les jeunes, il ne faut pas les prendre pour des bébés, et il y a un lexique à la fin pour les mots qui sont un peu plus difficiles.Des gens m\u2019ont dit que le livre a permis de susciter des discussions sur l\u2019esclavage, qui est un sujet difficile.Parfois, on essaie de garder nos enfants dans un environnement un peu plus safe au niveau historique, loin de toutes ces violences, mais je crois qu\u2019il y a un moyen de le raconter.Je voudrais que les adultes puissent l\u2019apprécier aussi.C\u2019est un livre jeunesse un peu par défaut, ou par son format, mais je pense que c\u2019est vraiment un livre pour tout le monde.Dans les derniers mois, il a publié un livre jeunesse vraiment superbe intitulé Le grain de sable, qui raconte l\u2019histoire d\u2019Olivier Le Jeune, le premier esclave noir connu en Nouvelle-France.Le bouquin, magnifiquement illustré par ValMO, s\u2019adresse aux ados, mais démontre à merveille toute l\u2019horreur, l\u2019incompréhension et la tragédie que pouvait ressentir un enfant africain qu\u2019on venait arracher de force à ses terres pour en faire un esclave en Amérique.C\u2019est de ce dernier projet dont nous voulions parler avec lui autour d\u2019un café au Centre-Sud.Cependant, avec un esprit aussi allumé que celui de Webster, la conversation est évidemment allée ailleurs.Résumé d\u2019un entretien comme on en voudrait plus. Est-ce que tu vois une différence entre la colonisation anglaise et la colonisation française quant au traitement des esclaves ?Pour moi, il n\u2019y en a pas, car cela s\u2019inscrit dans la même trame historique.Sauf que je vois beaucoup d\u2019historiens, surtout ceux d\u2019une certaine génération, pour qui l\u2019histoire semble s\u2019arrêter à la conquête de 1760.Comme si l\u2019histoire du Québec, c\u2019était de 1608 à 1760.Ce qui vient avant, les milliers d\u2019années de présence autochtone n\u2019existent pas, et ce qui vient après, la domination britannique, n\u2019existe pas sauf si c\u2019est pour parler de cette domination anglaise.Pour moi, ce sont deux histoires qui se ressemblent en ce sens où ce sont deux puissances coloniales qui sont venues prendre possession de territoires pour y faire une exploitation économique et humaine.C\u2019est donc deux épopées coloniales et esclavagistes.Sauf que sous le régime français, la plupart des esclaves sont autochtones.Il y a aussi des esclaves afro-descendants, comme Olivier Le Jeune le sujet du livre, et d\u2019autres comme Marie-Josèphe Angélique, qui a été exécutée pour un incendie à Montréal.D\u2019ailleurs, son bourreau lui-même était un esclave noir martiniquais.Il y a eu au moins 200 esclaves africains connus sous le régime français.Sous le régime anglais, on va voir arriver plus d\u2019esclaves noirs, surtout après l\u2019arrivée des loyalistes qui fuyaient les 13 colonies qui allaient devenir les États-Unis.Pour moi, la principale différence est là, d\u2019un niveau ethnique.Il y avait beaucoup plus d\u2019esclaves noirs sous le régime anglais alors qu\u2019ils étaient plutôt autochtones sous le régime français.Pourquoi l\u2019esclavage s\u2019est-il développé de façon aussi massive aux États-Unis, mais de façon plus marginale au Canada ?Au point où on pense souvent qu\u2019il n\u2019y en a jamais eu ?En fait, c\u2019est simple, c\u2019est le climat.Jusqu\u2019à récemment, les gens pensaient ici qu\u2019il n\u2019y avait jamais eu d\u2019esclavage.Au Canada, l\u2019esclavage était surtout domestique, c\u2019était les esclaves dans les maisons.Aux États-Unis et dans le reste des Amériques, c\u2019était un esclavage économique : les gens récoltaient du coton, du tabac, du café ou de la canne à sucre dans les plantations.Ici, on n\u2019a pas le climat pour avoir des plantations, car si on l\u2019avait eu, on aurait eu le même type d\u2019esclavage qu\u2019ailleurs dans les Amériques.Souvent, nos historiens des années 1800 et des débuts 1900 nous présentent comme si on était une poche exceptionnelle dans les Amériques.Pourtant en 1680, le gouvernement de la Nouvelle-France a écrit au roi Louis XIV pour avoir le droit d\u2019avoir des esclaves, car on trouvait que les domestiques coûtaient trop cher.Il faut se rappeler que les Français qui sont venus ici sont les mêmes qui sont allés en Guadeloupe et en Martinique.Et les Anglais présents ici sont les mêmes que ceux qui se sont établis dans les 13 colonies.Donc, on appartient à ce même monde atlantique.C\u2019est le climat qui fait qu\u2019on va avoir une destinée différente, notamment quant à l\u2019esclavage.Quelle différence vois-tu entre l\u2019exploitation des Noirs venus d\u2019Afrique et le traitement réservé aux Autochtones ?Bien sûr les Autochtones ont aussi été colonisés et ils ont subi un génocide social et culturel, il faut le dire.Par contre, l\u2019esclave autochtone coûte deux fois moins cher que l\u2019esclave noir.Selon l\u2019historien Marcel Trudel, le Noir peut vivre en moyenne 25 ans, alors que l\u2019Autochtone ne vit que 18 ans.Bien sûr, ce sont des moyennes et il faut tenir compte de la mortalité infantile, mais l\u2019esclave noir est considéré comme plus robuste.Évidemment, je n\u2019étais pas là, mais à partir du moment où les esclaves sont considérés comme des biens meubles, qu\u2019est-ce que ça change ?La femme noire ou la femme autochtone peuvent être battues ou violées, le servant noir ou autochtone peut être battu ou vendu.Ceci dit, la femme blanche ou le servant blanc peuvent aussi être violés ou battus, mais au moins ils s\u2019appartiennent et ils ont la possibilité d\u2019aller travailler ailleurs.C\u2019était dur pour tout le monde, mais pas égal pour autant.Quand tu es considéré juridiquement comme un bien meuble et que ton corps appartient en entier à ton propriétaire, qui peut donc te vendre, te violer ou te battre, c\u2019est une cruauté psychologique de plus.Tu n\u2019as même pas l\u2019option d\u2019aller travailler ailleurs.itineraire.ca 15 novembre 2019 21 Le grain de sable : Olivier Le Jeune, premier esclave au Canada de Webster et ValMO a été publié aux éditions Septentrion.Webster est l\u2019un des invités d\u2019honneur du Salon du livre de Montréal 2019 qui se tient du 20 au 25 novembre.Comment faisait un esclave pour s\u2019affranchir ?Comment pouvait-il regagner son statut d\u2019homme libre et qu\u2019est-ce que cela changeait concrètement ?Dans l\u2019univers de l\u2019esclavage, il y avait toujours ce rêve de racheter sa liberté.Ils n\u2019étaient pas payés, donc ils ne pouvaient forcément pas économiser.Mais, il y avait toujours une possibilité de gagner de l\u2019argent à gauche et à droite, si le maître n\u2019était pas trop cruel, pour éventuellement « acheter » sa liberté.Je ne sais pas combien d\u2019esclaves ont racheté leur liberté ici.Souvent, en fin de vie, des propriétaires rendaient leur liberté aux esclaves.Sur la base de « tu m\u2019as bien servi.Tu as été loyal, je te libère ».Sauf que c\u2019est un altruisme biaisé, si tu veux vraiment rendre sa liberté à ton esclave, pourquoi attendre la fin de sa vie et que le citron soit complètement pressé ?Sinon, la seule autre possibilité était la fuite.Il y a eu des annonces dans les journaux de l\u2019époque pour retrouver des esclaves en fuite.Ceux-ci devaient donc changer d\u2019identité, d\u2019apparence, de ville, bref de vie complètement.C\u2019est sûr que dans les années 1700 ou 1800, c\u2019était peut-être plus facile techniquement de changer d\u2019identité, mais sûrement plus difficile de se fondre dans la masse.On pense que l\u2019esclavage a disparu ici au début du 19e siècle.Mais les mentalités qui permettent de garder quelqu\u2019un en esclavage à cause de la couleur de sa peau, elles perdurent.Donc c\u2019est sûr que c\u2019est difficile pour les gens de trouver du travail, il n\u2019y a pas de mobilité sociale.Certains réussissent mieux en devenant entrepreneurs ou en trouvant des jobs de type « allumeurs de réverbères ».D\u2019autres sont allés travailler sur les bateaux à partir des années 1830, tandis que d\u2019autres sont retournés domestiques dans un cadre qu\u2019ils connaissaient, cette fois salarié plutôt qu\u2019esclave.Si on va un peu ailleurs, on t\u2019a d\u2019abord connu par le rap et la musique.Es-tu toujours actif à ce niveau ?As-tu des projets ?J\u2019ai publié un manuel sur l\u2019écriture hip-hop et je travaille depuis deux ans sur un projet hybride entre le jazz et le rap, avec un groupe qui s\u2019appelle Five for Trio.L\u2019album vient de sortir en début d\u2019année.On a un clip sur la montée de l\u2019extrême-droite qui se nomme Idiotie.On parle des médias qui propagent la haine et la méfiance, de ceux qui la reçoivent sur internet et la diffusent, mais aussi de l\u2019extrême-droite de rue comme les skins et les nazis.Sinon, j\u2019arrive aussi d\u2019une tournée de plus de deux semaines en Inde et au Népal, où j\u2019ai de plus de plus un public.C\u2019est dans le cadre du réseau des Alliances Françaises, alors je rappe et chante en français, mais je m\u2019exprime beaucoup en anglais entre les chansons pour être sûr que le public comprenne au moins l\u2019essentiel du propos.Donc c\u2019est autant un concert qu\u2019une mini-confé- rence.C\u2019était particulier en Inde de raconter aux gens là-bas tout le bagage colonial et de dire que Jacques Cartier avait baptisé les Premières Nations « les Indiens », car il se croyait en fait en Inde.Même le terme « Amérindien » ne fait pas tellement plus de sens et est très colonial, car il s\u2019agit d\u2019une tentative de racheter l\u2019erreur historique d\u2019un aventurier européen et, disons-le perdu, car il n\u2019y aucun lien entre l\u2019Inde et l\u2019Amérique.En plus, il faut se rappeler que Cartier a fait subir toutes sortes de tortures aux Autochtones quand il les ramenait de force en Europe.Et Colomb encore pire que lui, puisque lors de son troisième voyage, il a été ramené enchaîné parce que même sa « gang » l\u2019estimait complètement psychopathe et trouvait qu\u2019il allait trop loin.Les historiens ont trop souvent tendance à considérer que l\u2019histoire de notre pays est une histoire récente, car ils ne considèrent que la parenthèse de la présence européenne qui est de plus ou moins 400 ans, alors que l\u2019histoire ici date de milliers d\u2019années. Ton nom a été associé à la controverse autour des pièces SL?V et Kanata de Robert Lepage.Comment trouves-tu que le débat sur l\u2019appropriation culturelle a évolué depuis ?Avons-nous fait du chemin ou régressé ?J\u2019ose croire qu\u2019on a fait du chemin, du seul fait que tout ça a poussé les gens à réfléchir et à discuter.Je pense par contre que beaucoup de gens ont mal interprété nos intentions dans ce débat.Ce qui me blesse dans tout ça, ç\u2019a été de me faire dire « tu es qui toi pour venir critiquer le Québec, notre culture et qui nous sommes ?».Alors que quand un chroniqueur X ou Y vient faire une critique, on va le situer sur une échelle gauche-droite.Sauf que moi, en me disant cela, c\u2019est comme si on me privait de ma « québécitude », comme si je n\u2019avais pas grandi dans Limoilou et que je n\u2019écoutais pas Passe-Partout quand j\u2019avais six ans.C\u2019est comme si on m\u2019avait privé de mon droit de parole parce que je traitais tout le Québec de « raciste », ce que d\u2019ailleurs je ne crois pas.Je voulais simplement amener des arguments sur la diversité dans la scène culturelle au Québec.C\u2019est sûr que de voir des gens que certains ne considèrent même pas « des nôtres » dire à un monument culturel comme Robert Lepage : « on n\u2019est pas d\u2019accord avec ce que vous faites », ç\u2019a dérangé beaucoup de choses.Sauf qu\u2019il y a une colère et un sentiment d\u2019injustice historique qui va bien au-delà d\u2019une pièce de théâtre.On a sûrement encore beaucoup de chemin à faire avant que tout le monde arrive à se comprendre et à s\u2019entendre.Montréal H2K 1V8 2222, rue Ontario Est 514 526-5969 LIVRE ACHÈTE LOUE RÉPARE JOUE BOITEAMUSIQUE.CA Sentinelles II s\u2019en vient ! Ce n\u2019est pas tous les jours que l\u2019on publie un livre ! Après un long processus qui a exigé beaucoup de temps et d\u2019énergie, le recueil Sentinelles II, encore tout chaud, vient d\u2019être livré dans nos locaux.Trois ans après Sentinelles, ce deuxième opus des meilleurs écrits de camelots 2016-2019 sera officiellement lancé le 20 novembre, tout juste avant le Salon du livre de Montréal, où l\u2019ouvrage sera en vente.Et bien sûr, vos camelots se feront une joie de le vendre dans la rue ! Encore une fois, c\u2019est l\u2019écrivaine Monique Proulx, marraine de L\u2019Itinéraire et membre du jury de sélection des textes qui signe la préface du livre.Nous vous l\u2019offrons avec plaisir en exclusivité.Sentinelles II Écrits de camelots 2016-2019 L\u2019Itinéraire, 2019 - 216 pages MONIQUE PROULX, 2012 MARIO LANGLOIS Les revoici.Celles et ceux qui s\u2019interposent soudain sur votre trajectoire bien huilée, qui vous ralentissent dans votre course avec leurs dossards noirs et leurs magazines brandis, qui irritent votre heure de pointe frénétique\u2026 (« Mais j\u2019ai pas le temps ! Mais j\u2019ai déjà donné l\u2019an dernier ! Mais qu\u2019est-ce qu\u2019 ils me veulent encore !!! » ) Vos sentinelles.Rappelez-vous : vous êtes un humain propulsé par l\u2019amour, quoi qu\u2019on vous ait raconté de contraire et de désespérant, et vous êtes grand parce que vous n\u2019êtes pas seul.C\u2019est ce que les camelots de L\u2019Itinéraire ne cessent de vous redire, puisque ce sont, oui, vos sentinelles sur le chemin trop souvent oublié de la solidarité.Et les revoici avec un livre, le second de leur carrière.Encore une fois, il ne sera pas question d\u2019une lecture tranquille et apaisante.Les textes dans lesquels vous pénétrerez comme par effraction sont parmi les meilleures chroniques des dernières années de L\u2019Itinéraire, et ils jettent une lumière crue sur ce qui grince et égratigne dans notre si parfait petit monde, avec une authenticité qui secoue, galvanise ou fait sourire.Vous retrouverez bien entendu des témoignages à avaler de travers, dans lesquels vos camelots-sentinelles vous déballent sans pudeur et sans armure tous les recoins de leur vie douloureuse: ce qu\u2019on leur a fait, ce qu\u2019ils ont fait eux-mêmes, ce qui les affecte et les ralentit.Mais ils ont pris du mordant, et ils ont appris de la dégringolade.Leur discours maintenant se raffine, se complexifie, s\u2019ouvre aux autres et aux enjeux qui plombent la société.S\u2019il est encore question de pauvreté et d\u2019humiliation, puisqu\u2019on n\u2019en a pas fini avec ces deux mamelles gangrenées de notre façon de vivre, les écrivains de ce livre portent leur empathique curiosité sur bien d\u2019autres sujets chocs : la crise des migrants, la laïcité obligée, l\u2019appropriation culturelle, l\u2019intégration des autochtones, l\u2019intimité des drag queens, la souffrance des femmes saoudiennes \u2014 et même celle des pédophiles.Et nulle part vous ne trouverez de jugement dans les portraits qu\u2019ils vous tissent de toutes ces humanités autres, aussi rocailleuses soient-elles.Les lecteurs fidèles de L\u2019Itinéraire reconnaîtront ici des signatures fortes qui les ont déjà touchés : le style percutant de Josée Cardinal, Pierre St-Amour, Lorraine Sylvain, l\u2019humour de Simon Jacques, Maxime Valcourt, Gilles Leblanc, l\u2019humanité de Saïd Farkouh, Yves Manseau, Mostapha Lotfi, l\u2019audace de Jo Redwitch, l\u2019humilité de Gisèle Nadeau, la générosité de Linda Pelletier, la harangue baveuse et salvatrice de Mathieu Thériault\u2026 Mais de les avoir ainsi tous sous la main, réunis en gerbe, constitue une tout autre expérience, magnifiée, une lecture qui devient un voyage au cœur de l\u2019humanisme.Prenez donc le temps de ralentir votre course aujourd\u2019hui, et osez recevoir une décharge profonde d\u2019humanisme.En vous procurant ce livre nouveau qui se vend sur la rue, prenez conscience de la grandeur du petit geste que vous venez de poser.Vous êtes bel et bien l\u2019une des batteries, comme l\u2019écrit Michel Dumont, qui permettent à vos sentinelles fidèles de continuer à voir de la lumière au bout de leur tunnel.La préface du livre Deux fois Sentinelles 25 itineraire.ca 15 novembre 2019 Comme de nombreux parents, Anna est une de ces mamans qui se remettent en question en se demandant ce qu\u2019elle n\u2019a pas fait de la bonne façon ou ce qu\u2019elle aurait dû faire mieux ou autrement.Cette culpabilité écrasante est le leitmotiv du nouveau roman de Francine Ruel.À travers ces pages, la comédienne et autrice québécoise nous invite à nous questionner sur ce qu\u2019elle nomme « les dommages collatéraux » de l\u2019itinérance et des problèmes de santé mentale : la souffrance des familles.De plus en plus, au Québec comme ailleurs dans le monde, on commence à admettre que le rôle des aidants se transforme au fur et à mesure de l\u2019évolution de la personne itinérante, dépendante ou malade.Or, les familles elles-mêmes sont souvent laissées pour compte dans ces problématiques, alors même qu\u2019elles font aussi partie des solutions.L\u2019Itinéraire a eu l\u2019occasion de s\u2019entretenir avec Francine Ruel qui envoie avant tout un message d\u2019espoir à toutes ces personnes qui souffrent en dedans, qui sont finalement impuissantes face aux difficultés que traversent leurs proches.Dans son dernier roman Anna et l\u2019enfant- vieillard, Francine Ruel nous plonge dans un univers à la fois intime et fictif.C\u2019est celui d\u2019Anna, son personnage principal, une maman couturière, qui malgré tout son doigté et toute son expérience, ne parvient pas à recoudre la vie de son fils, Arnaud, devenu toxicomane et itinérant.Ruel Francine Itinérance d\u2019un proche : la souffrance des familles Entrevue par Alexandra Guellil C O U R T O I S I E Certaines de vos phrases sont poignantes, dont celle-ci prononcée par Anna à son enfant à naître : « Surtout, je vais t\u2019apprendre à te tenir debout, c\u2019est ça l\u2019essentiel, se tenir debout ».Ce roman est-il une façon de vous tenir debout ?Je crois que oui.Moi je viens d\u2019une famille avec une maman qui s\u2019est retrouvée presque mère célibataire : mon papa est parti quand l\u2019aînée avait huit ans, moi j\u2019avais sept ans et le bébé deux mois \u2026On était cinq filles.Et, ma mère nous a inculqué l\u2019importance de se tenir debout.Elle nous disait tout le temps que quoiqu\u2019il arrive dans la vie, c\u2019est ce qu\u2019il faut essayer de faire, se tenir debout quand même, passer au travers.C\u2019est une phrase qui a été très importante dans mon enfance.Il y avait une de ses autres phrases qui était un peu particulière.Elle nous disait qu\u2019on allait « leur » montrer qu\u2019on est capables de s\u2019en sortir.Mais avec le temps, je me rends compte que c\u2019est à double tranchant parce qu\u2019on se construit une carapace sans montrer qu\u2019on a de la peine ou que la vie peut parfois être difficile avec toutes les batailles que l\u2019on a à mener.Mais c\u2019est ça, on a vraiment appris à se tenir debout, à être responsable.Je dis toujours en blague que quand je suis née et qu\u2019il a été question de couper le cordon ombilical, j\u2019ai sûrement dû dire au médecin « donne-le-moi, j\u2019vais l\u2019 faire là ! ».Alors il y a beaucoup de cela chez moi : être responsable de sa vie, être responsable de ses actes.27 itineraire.ca 15 novembre 2019 Tout comme vous, Anna avait l\u2019espoir de montrer à son fils que la vie était merveilleuse\u2026 À l\u2019époque, je ne savais pas encore que c\u2019était un garçon.Je soulevais mon chandail et je parlais à ce petit enfant à naître.Au bout de trois mois de grossesse, j\u2019ai commencé à avoir des saignements, le placenta décollait.J\u2019ai failli le perdre, j\u2019ai donc été obligée de m\u2019arrêter et d\u2019être alitée, ce qui n\u2019est pas beaucoup dans ma nature.La bataille a vraiment commencé là.Je lui disais : « Agrippe-toi à tout ce que tu peux, moi j\u2019 ferai le reste ! Agrippe-toi parce qu\u2019autrement, tu n\u2019y arriveras pas ».Quand on est maman, on apprend à ses enfants à marcher à quatre pattes, on les aide à se tenir debout, on leur apprend à parler, on leur apprend un peu la vie puis après on leur apprend à devenir autonome.Dans un des chapitres, Anna dit d\u2019ailleurs à son fils : « Je t\u2019avais promis que la vie c\u2019était formidable », parce qu\u2019elle est capable intérieurement de faire le constat que la vie n\u2019est peut-être pas toujours si merveilleuse que cela.Anna, c\u2019est vous ?Anna, c\u2019est en partie moi.Le jour où j\u2019ai trouvé le personnage d\u2019Anna, qui est une couturière, je savais pourquoi je choisissais ce métier bien que ce ne soit pas le mien.Elle qui est si habile à refaire ou réparer des vêtements, elle est incapable de réparer la vie de son fils.Et ça, cette impuissance-là, ça la tue! Et tout comme Anna, vous avez tenté maintes fois de réparer la vie de votre fils\u2026 Oh\u2026 Qu\u2019est-ce que vous en pensez?Sous toutes les coutures\u2026 Mais comme tous les parents, j\u2019ai envie de dire « nonos », parce qu\u2019ils aiment trop, on veut tellement pour nos enfants.On veut qu\u2019ils s\u2019en sortent, on veut tellement qu\u2019ils se tiennent debout, on veut tellement qu\u2019ils soient heureux.Je ne souhaite pas que mon fils réussisse dans la vie, je veux qu\u2019il réussisse sa vie à lui.Je l\u2019ai laissé libre de son choix d\u2019orientation sexuelle, de trouver le métier qui lui tente, qu\u2019il choisisse d\u2019être menuisier, fleuriste ou universitaire, tant qu\u2019il fait ce qu\u2019il aime.Qu\u2019il fasse ses propres choix qui ne peuvent qu\u2019être les meilleurs pour lui parce que ce sont les siens, c\u2019est ça le plus important pour moi.« Ce livre était à la fois une évidence et une urgence pour moi.» Anna et l\u2019enfant-vieillard Éditions Libre Expression, 2019, 200 pages Pourquoi ne pas avoir écrit une autobiographie ?Je ne voulais pas écrire de récit au « je », c\u2019était très clair pour moi.Ce n\u2019est pas mon premier ouvrage, c\u2019est mon seizième, mais c\u2019est sans doute le plus profond et le plus intime.En prenant un personnage de fils et un personnage de mère, j\u2019avais une certaine distance qui me permettait de voir le portrait, de le comprendre et de le nommer.J\u2019ai l\u2019image que quand on fait un récit, c\u2019est comme si on étalait nos tripes sur la table en disant au lecteur « regarde, fouille et prends c\u2019qui fait ton affaire ».Et c\u2019est très collé à la réalité alors que si on prend un peu de recul avec un personnage fictif, on se permet une certaine analyse laissant le droit au lecteur d\u2019avoir ses propres émotions.Quand on écrit au « je », on n\u2019est que souffrances, blessures et pleurs.Et si je pleure ou je souffre, les gens vont se dire que je pleure ou que je souffre, et ce n\u2019est pas ça que je voulais.Je voulais qu\u2019ils comprennent l\u2019impuissance des parents parce que quand on a tout essayé, on a vraiment tout essayé.Pourquoi raconter votre histoire seulement maintenant ?C\u2019est peut-être inconscient de ma part, mais je ne pensais vraiment pas que j\u2019ouvrirais la boîte de Pandore.Quand j\u2019ai proposé ce roman à mon éditrice, elle était enthousiaste.Tout le monde à la maison d\u2019édition connaissait un peu le parcours de mon fils dans la vraie vie et tout ce qui est arrivé.On m\u2019a prévenu que je devrais en parler, me livrer et que je ne pourrais pas nier.Mon deal était qu\u2019ils me laissent écrire le premier jet de l\u2019histoire avant de parler de comment on passerait cela dans les médias.Si on avait décidé de cela au début, avant que j\u2019écrive, j\u2019aurais eu la chienne et je n\u2019aurais jamais écrit ce roman.J\u2019aurais eu peur, pas pour moi, mais pour lui.Il y a tout un enjeu là, je dois le protéger.On parle de mon fils qui est vivant-là ! Et quand on a vu comment on pouvait en parler, j\u2019ai compris que j\u2019étais obligée de me mouiller et que je ne pouvais pas tricher.Mettons que je pensais descendre une petite côte alors que là c\u2019est plus l\u2019Himalaya que je descends ! Et c\u2019est seulement maintenant que je comprends l\u2019ampleur de tout cela.Comment vous sentez-vous à parler autant de vous, de votre fils et de ces choses qui sont avant tout intimes ?Maintenant ça va.J\u2019ai fait une thérapie pendant deux ans et comme je le dis à tous ceux qui veulent l\u2019entendre : je ne crois pas qu\u2019on puisse se sortir de là tout seul.C\u2019est important de se faire aider par une personne ou d\u2019aller voir des groupes d\u2019entraide parce qu\u2019on ne peut pas s\u2019en sortir tout seul.Au Salon du livre du Saguenay, en septembre dernier, j\u2019ai pris de nombreuses personnes dans mes bras.Plusieurs personnes s\u2019identifient à l\u2019histoire d\u2019Anna, à mon histoire, en me parlant de leur propre fils, fille, frère, père ou mère.Une personne m\u2019a dit un jour qu\u2019elle n\u2019avait jamais réalisé que les itinérants avaient aussi une famille.On s\u2019en approche pour leur donner de l\u2019argent, jaser ou leur donner à manger, mais on peut facilement occulter cela.Il y a des dommages collatéraux à l\u2019itinérance d\u2019un proche et on en parle peu.Il y a des personnes qui ont perdu des enfants, disparitions ou suicides, d\u2019autres qui ont des enfants qui ne souhaitent plus leur parler, mais dans toutes ces histoires de vie-là, c\u2019est tout le monde qui a le cœur qui saigne. Vous sentez-vou coupable ?La culpabilité que l\u2019on peut ressentir dans ces moments-là est énorme.Dans cette responsabilité de se tenir debout, il y a aussi toutes les questions que l\u2019on peut se poser intérieurement : qu\u2019est-ce que je n\u2019ai pas fait ?Qu\u2019est-ce que j\u2019aurai dû faire ?Qu\u2019est-ce que je n\u2019ai pas fait comme il le fallait ?Cette culpabilité appartient aux deux parents.Dans mon cas, son père est décédé.Et, même si nous n\u2019étions pas tout à fait d\u2019accord sur certaines choses, il y avait de l\u2019amour, c\u2019est sûr ! Mais toute cette responsabilité dont je parle, on l\u2019apprend au fur et à mesure en tant que parent.Et quand on se fait aider, on nous rappelle qu\u2019on est deux dans tout cela : lui, l\u2019enfant, et nous, le parent.S\u2019il a 14 ans, on peut comprendre que les responsabilités ne sont pas encore tout à fait prises, mais quand il a 40 ans et plus, comme mon fils, c\u2019est un homme.Un homme qui a certes perdu pied et qui apprend à se relever, mais qui doit apprendre à s\u2019aider aussi.Vous mettez en lumière une réalité crève-cœur et on ne le sait que trop bien à L\u2019Itinéraire : on ne peut pas aider une personne qui n\u2019honore pas ses rendez-vous médicaux ou n\u2019accepte pas d\u2019aide d\u2019autrui.Entre la réalité et la pratique, comment avez-vous réussi à lâcher prise ?Bien des fois, on pense que l\u2019on aide alors que ce n\u2019est pas forcément le cas.Je suis en contact avec des intervenants et travailleurs sociaux qui eux savent où aller, qui prennent le relais, et ça fait du bien.Vous savez, en tant que parent, il peut arriver que l\u2019on aime mal nos enfants.On veut parfois tellement trop faire qu\u2019on finit par tout faire à leur place.J\u2019ai tout fait à la place de mon fils.Mais, je le sais maintenant, ce n\u2019était pas forcément la chose à faire.On ne se rend pas non plus compte que lorsqu\u2019on prend des décisions pour son enfant, il se sent obligé voire coupable de faire les choses.Tout cela génère de l\u2019incompréhension.Au moment où l\u2019on se parle, cela fait six mois que je n\u2019ai pas eu de ses nouvelles.Mais ce qu\u2019il s\u2019est passé, c\u2019est qu\u2019il y a six mois, ma thérapeute, une personne extraordinaire, n\u2019a cessé de me répéter de lui redonner sa vie et de reprendre la mienne.Et il y a six mois, je lui ai dit que j\u2019avais réalisé que j\u2019avais pris des tonnes de décisions à sa place alors qu\u2019il ne souhaitait pas ces choses-là.À quoi bon l\u2019envoyer en désintox s\u2019il ne la finit pas ?Je lui ai dit que je prenais toutes les décisions à sa place alors que ce n\u2019était pas forcément les bonnes pour lui.Je lui ai donc expliqué que je ne prendrais plus de décisions pour lui.Et j\u2019ai confiance, celles qu\u2019il prendra seront forcément les bonnes, parce que c\u2019est lui qui fera ses propres choix.Il me disait qu\u2019il m\u2019appellerait tous les jeudis et je lui ai répondu de ne rien me promettre, qu\u2019il m\u2019appellera quand il m\u2019appellera.Bon au bout de six mois, je fatigue un peu et je m\u2019interroge en espérant qu\u2019il va bien, mais j\u2019assume.Je lui ai demandé de prendre ses propres décisions et d\u2019être responsable et c\u2019est ce qu\u2019il fait.Je ne l\u2019accablerai pas parce qu\u2019il ne m\u2019appelle pas.S\u2019il ne veut pas m\u2019appeler, c\u2019est qu\u2019il a toutes les bonnes raisons du monde de ne pas le faire.« Je voulais qu\u2019on comprenne l\u2019impuissance des parents parce que quand on a tout essayé, on a vraiment tout essayé.» Comment fait-on, en tant que maman, pour accepter de lâcher prise même si on a mal ?On fait sans doute comme la première phrase du livre : « J\u2019ai besoin de faire le deuil d\u2019un enfant vivant et je ne sais pas comment faire cela ».J\u2019ai écrit ce livre pour faire le deuil de certaines choses, mais aussi pour lui montrer à quel point il est formidable.Mon fils est un être fabuleux avec une grande générosité, une grande ouverture d\u2019esprit.Mais il doit s\u2019en rendre compte seul.Au moment où l\u2019on se parle, je crois qu\u2019il ne sait pas encore que j\u2019ai écrit ce livre, peut-être que quelqu\u2019un le lui a dit.S\u2019il veut lire ce roman, je m\u2019arrangerai pour aller le lui remettre.Mais là encore, c\u2019est à lui de faire ce choix, pas à moi.Comprenez-vous les raisons qui ont poussé votre fils à la rue ?Au début, je ne comprenais pas trop ce qui arrivait.Vous savez, il y a tellement de « pourquoi » qui sont gros pour nous quand on est touché par l\u2019itinérance, la dépendance ou la santé mentale.C\u2019est effrayant quand même.L\u2019hiver, quand il fait en dessous de zéro, je ne dors pas.Je me demande s\u2019il mange, s\u2019il a froid et surtout s\u2019il est seul dans la rue.Anna dit à son psychologue qu\u2019elle aurait sans doute mieux fait d\u2019avoir un enfant trisomique, autiste ou quadri- plégique, parce que ce sont des maladies qui ont des noms et qui sont plus acceptables en société.Pour beaucoup de personnes, les gens qui sont dans la rue sont des pouilleux, drogués, paresseux et ne veulent pas s\u2019en sortir.Ce n\u2019est pas vrai.Il y a du monde incroyable qui a fini dans la rue, j\u2019en connais moi des sommités qui ont tout perdu du jour au lendemain ! Moi, si je me retrouvais itinérante demain, je me gèlerais sans doute la fraise parce que ce n\u2019est pas facile la vie dans la rue.Depuis son accident, mon fils vit avec 66 plombs dans le corps, imaginez un peu comment cela peut être insupportable.Je crois que dans la vie, certains enfants naissent avec des petits ressorts en dessous des pieds pour rebondir et il y en a qui n\u2019en ont pas et qui ne s\u2019en sortent pas.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils ne veulent pas, c\u2019est juste parce qu\u2019ils n\u2019y arrivent pas.Mon fils est dans cette catégorie-là, je pense.Il doit apprendre à trouver sa place en société et peut-être qu\u2019un jour, qui sait, il écrira sa propre version de l\u2019histoire.Ce roman conclut-il en quelque part votre thérapie ?Non pas vraiment, je crois plus qu\u2019il ouvre la porte aux possibilités.Des parents m\u2019ont écrit pour me dire que j\u2019étais chanceuse d\u2019avoir les mots.Et c\u2019est vrai, c\u2019est mon métier les mots.Dans la vie, on a deux solutions quand on ne va pas bien : se rouler en boule et pleurer dans notre lit ou créer quelque chose et essayer de faire œuvre utile.C\u2019est ce que j\u2019ai essayé de faire avec ce livre.Si mes mots peuvent aider quelqu\u2019un, c\u2019est que j\u2019aurai réussi mon pari.Beaucoup de livres m\u2019ont aidée personnellement, donc peut-être que ce sera le cas pour ce livre avec d\u2019autres personnes.Mais, vous savez, il n\u2019y a pas vraiment de solutions quand on est parent à part mettre nos limites, leur faire confiance, et ce, même si on a peur et essayer de reprendre sa vie en main.C\u2019est important ça\u2026 reprendre sa vie.Je crois bien que ce livre était à la fois une évidence et une urgence pour moi.Que diriez-vous aux parents qui vivent la même chose que vous ?Ne restez pas tout seul avec votre peine.Parlez-en à quelqu\u2019un, un psychologue ou des groupes de soutien.Ma psy à moi m\u2019a guidée, elle m\u2019a appris à dire non, à fermer le robinet parce que j\u2019allais perdre ma chemise.Et ensemble nous avons travaillé à trouver des solutions.Elle a été honnête en me disant que la peine ne partirait peut-être jamais, mais elle m\u2019a aidée à reprendre ma vie, à laisser la vie de mon fils et à refuser simplement ce qui n\u2019était pas à moi.31 itineraire.ca 15 novembre 2019 le livre qui t\u2019a le plus marqué ?Quel est SHARON MCCUTCHEON | UNSPLASH Téléportation à volonté C\u2019est un livre que j\u2019ai lu quand j\u2019étais ado.C\u2019est le roman de science-fiction La fin du non-A de A.E.van Gogt dans lequel le personnage Gosseyn a le pouvoir de se télé- porter à volonté.J\u2019avais trouvé intéressante l\u2019histoire d\u2019avoir plusieurs corps qui survivent dans différents mondes.Ce que j\u2019ai trouvé vraiment spécial, c\u2019est que dans un de ces mondes, Gosseyn met fin à une religion en tuant un dieu endormi qui était l\u2019un de ses corps.Une fois téléporté dans ce corps, il se lève et il meurt devant ses fidèles.ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE METRO, SAINT-HUBERT / BOUCHER De la télé à l\u2019écriture J\u2019ai lu le livre de Jean-Marie Lapointe qui s\u2019appelle Être face à la rue.C\u2019est un intervenant de l\u2019Accueil Bonneau qui me l\u2019avait prêté.C\u2019est une compilation des entrevues que Jean-Marie Lapointe a faites avec des gens de la rue qui ont participé à son émission.Grâce à celle-ci, il a cassé les préjugés sur les sans-abri.J\u2019ai été particulièrement touché par le témoignage des femmes vivant dans la rue.Ça m\u2019a appris bien des choses et m\u2019a fait découvrir des réalités qui sont cachées.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE Prédictions à venir Le livre Les prophéties de Nostradamus.Il a prédit la Première Guerre mondiale, la prise de pouvoir par Hitler et les bombes nucléaires.Il exprimait ses prédictions dans ses termes à lui, car il vivait dans une autre époque.Il a prévu aussi la destruction de la planète, la pollution, les maladies incurables.Ce qui m\u2019a amené à lire ce livre, c\u2019est la curiosité, après avoir vu des documentaires sur Nostradamus à la télé.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL / MENTANA Bonheur et pauvreté La cité de la joie de Dominique Lapierre.C\u2019est un prête d\u2019origine française.Il est allé à Calcutta et à Bombay en Inde.Ça raconte la vie d\u2019une jeune hindoue que son père tient absolument à marier.Le livre parle également de la vie des Indiens en général.Malgré les difficultés de la vie et de leur grande pauvreté, ils sont heureux.C\u2019est un livre qui fait vraiment réfléchir, particulièrement sur notre rapport à l\u2019argent.SYLVIE DESJARDINS PARTICIPANTE Mauvaises influences Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée\u2026 une biographie de Christiane Felscherinow, écrite par les journalistes Kai Hermann et Horst Rieck.Christiane a été amenée dans ce milieu par des mauvaises influences.Ces personnes semblaient gentilles et elle est tombée dans le piège.Elle a eu beaucoup d\u2019opportunités de s\u2019en sortir, mais elle était dépendante aux drogues.Elle était une belle femme.Elle avait tout pour réussir.J\u2019ai aimé ça, car j\u2019aurais pu vivre la même chose.Si je m\u2019étais laissé faire, j\u2019aurais pu finir comme elle.CÉCILE CREVIER CAMELOT SAINTE-CATHERINE EST / MORGAN ET MÉTRO L\u2019ASSOMPTION On s\u2019en lèche les pouces J\u2019aime beaucoup le magazine Coup de Pouce.Il y a beaucoup de recettes.C\u2019est facile à lire et les instructions sont simples.Ça ne parle pas uniquement de cuisine, mais aussi de mode.Ça sort tous les mois.La recette qui m\u2019a le plus marquée, c\u2019est le chili con carne.Il y en a du végétarien et avec du bœuf haché.Il y a aussi le spaghetti végétarien.C\u2019est pratique, parce que les deux peuvent être congelés.JOHANNE BESNER CAMELOT CENTRE COMMERCIAL MAISONNEUVE ET SCHWARTZ\u2019S SAINT-LAURENT / NAPOLÉON 15 novembre 2019 itineraire.ca 33 Depuis trois ans, les camelots de L\u2019Itinéraire profitent d\u2019un programme de mentorat : une occasion de transmettre leur savoir-faire en s\u2019appropriant les valeurs « de dignité, d\u2019empowerment et d\u2019entrepreneuriat social » de l\u2019organisme.ci-contre Cette année, les camelots-mentors sélectionnés sont (dans l\u2019ordre habituel) Jo Redwitch, Jean-Claude Nault, Christian Tarte, Claude Lyrette et Yvon Massicotte.Sont absents sur la photo, Alain Lepage et Isabelle Beaupré.mentorat Les camelots partagent leur savoir par Laurent Soumis Avec la collaboration de Yvon Massicotte, camelot métro Université-de-Montréal et Jean-Claude Nault, camelot métro Champ-de-Mars CHARLES-ÉRIC LAVERY « En 2016, nous avons constaté que nos camelots quittaient souvent l\u2019organisme avant la fin de leur période d\u2019essai de trois mois, se rappelle le chef du développement et de l\u2019impact social Charles- Éric Lavery.Nous nous sommes interrogés sur la meilleure façon d\u2019accueillir et d\u2019 intégrer les camelots pour qu\u2019 ils puissent bénéficier de nos services à plus long terme.» « Nous avions des camelots plus âgés et très expérimentés et nous cherchions une façon de faire profiter les autres camelots de leur compétence et de leur expérience.Le programme de mentorat est né de cette intention.Rien de tout ça n\u2019aurait été possible sans le soutien financier de nos partenaires », souligne-t-il.Depuis trois ans, Canada Vie (qui regroupe maintenant les assureurs Great-West, London Life et Canada Vie) ainsi que la Fondation Marcelle et Jean Coutu, ont été et sont encore des partenaires de cœur avant tout.« La Canada Vie est heureuse d\u2019appuyer la mission de L\u2019Itinéraire, qui travaille au quotidien à déstigmatiser et surtout à mettre fin à l\u2019 itinérance.Nous sommes fiers de soutenir des projets porteurs d\u2019espoir, comme le programme de mentorat, afin de contribuer à redonner de la dignité à des êtres humains qui le méritent grandement, améliorant ainsi la vie des Québécois et des Canadiens de partout au pays », déclare Monique Maynard, présidente, Affaires du Québec de Canada Vie.Une troisième année En cette troisième année du programme, il y a déjà une douzaine de camelots-mentors qui ont participé.Près de 25 camelots ont fait l\u2019objet d\u2019un accompagnement sur une période plus ou moins longue.De plus, d\u2019ici juin, les mentors animeront une quinzaine de conférences dans les milieux scolaires et corporatifs de la région.Au cours des dernières années, des conférences et des activités de sensibilisation sur L\u2019Itinéraire \u2014 et surtout sur le parcours des camelots-mentors \u2014 ont eu lieu dans les locaux de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, dans des bibliothèques municipales, des écoles secondaires, chez Hydro-Québec et à l\u2019école d\u2019été de l\u2019Institut du Nouveau Monde.Le but ?Valoriser leurs connaissance et compétences auprès de la communauté, particulièrement les jeunes, pour démystifier l\u2019itinérance et ainsi assurer un meilleur avenir pour tous.Le financement permet de rémunérer les conférenciers, d\u2019assurer leurs frais de déplacement et le coût de leur repas et bien sûr les frais d\u2019administration du programme.35 itineraire.ca 15 novembre 2019 mentorat MILVILLE TREMBLAY Une année particulière « Notre partenariat avec Canada Vie continue de se développer », remarque Charles-Éric Lavery.Cet automne, Canada Vie a participé aux festivités du 25e anniversaire de L\u2019Itinéraire et à l\u2019événement Camelot d\u2019un jour.En octobre, des bénévoles de l\u2019entreprise sont venus donner un coup de main tout au long de la journée dans nos locaux.Camelot depuis 13 ans et désormais mentor, Yvon Massicotte est un chaud partisan du programme de mentorat.« Plusieurs camelots ne peuvent et ne pourront vraisemblablement pas retourner sur le marché du travail, explique-t-il.En devenant mentors, on assure la relève des camelots.» « Chacun des camelots a un bagage de vie différent, souligne Yvon.Certains sont directement issus de la rue, d\u2019autres ont vécu des situations différentes : une perte d\u2019emploi après plusieurs années au même endroit, une séparation, un problème de santé mentale, etc.Le mentor doit aider à identifier les besoins réels de l\u2019 individu.» Le succès est dans la persévérance La vente du magazine, qui est un véritable travail, permet aux nouveaux camelots de socialiser avec les clients et de créer des liens.« C\u2019est avec persévérance que nous réussissons à être ce que nous sommes aujourd\u2019hui », affirme Yvon.Une fois que le nouveau camelot a compris ce que la vente du magazine peut apporter, une autre étape doit être franchie pour donner un sens à tout cela.« Lorsque le camelot a réussi à se débrouiller par lui-même et que sa régularité au travail est visible, il est temps de lui montrer comment il est possible d\u2019être plus engagé dans l\u2019organisme, raconte Yvon.La collaboration à la rédaction du magazine fait partie de cette réinsertion.Elle nous permet de nous exprimer et de se sentir utiles à la vie d\u2019un média.» Place aux conférences Les camelots les plus aguerris sont ensuite invités à participer à des conférences à l\u2019extérieur.« De cette façon, ils apprendront à mieux structurer leurs pensées et sauront parler de leurs expériences de vie, de la précarité de leur situation et de l\u2019environnement où ils se trouvaient », explique Yvon.Pour certains camelots, il sera possible de faire ensuite quelques apparitions dans les médias.Tout cela pour faire comprendre à la société que nul n\u2019est à l\u2019abri de l\u2019itinérance.Et que la mission de L\u2019Itinéraire est là pour redonner la dignité par un programme de réinsertion.Jean-Claude Nault est l\u2019un de ceux qui a profité de l\u2019accompagnement avec Yvon.« Ceci m\u2019a permis d\u2019assister à une première conférence dans une classe devant les élèves du Collège Montmorency, dit-il.Elle consistait à sensibiliser les jeunes à la cause de L\u2019Itinéraire et les encourager à acheter le magazine.» Surmonter la gêne Luc Desjardins, directeur général de L\u2019Itinéraire et Charles-Eric Lavery, chef du développement et de l\u2019impact social, étaient également présents.« J\u2019ai alors dû surmonter la gêne et la peur du jugement lors du récit de mon parcours.Les jeunes ont fait preuve d\u2019une bonne écoute et posaient des questions qui m\u2019ont facilité la tâche.Tout est devenu plus facile.Je me revoyais jeune assis dans une classe en train d\u2019écouter le professeur.» Jean-Claude a ensuite pu donner lui-même deux conférences.La première a eu lieu au Collège Bourget à Rigaud, en compagnie d\u2019une autre mentorée Isabelle Raymond.Une équipe de femmes leaders de la Canada Vie a participé à l\u2019événement Camelot d\u2019un jour.Dans l\u2019ordre habituel, Diane Grégoire, Mélanie Dugré, Lynne Chlala, Luisa Picarazzi et Élyse Lemay entourent la camelot Jo Redwitch qui brandit le magazine.36 15 novembre 2019 itineraire.ca ALEXANDRE DUGUAY « La direction de l\u2019école avait aménagé un kiosque au pied de l\u2019escalier où nous présentions des exemplaires du magazine en expliquant notre rôle de vendeur et leur décrivant la mission, raconte-t-il.Nous répondions à leurs questions.Nous sommes ensuite allés dans un local pour présenter la conférence aux étudiants.Nous leur avons parlé de notre parcours, de la mission de L\u2019Itinéraire.Nous avons ensuite formé des équipes pour aller vendre des magazines dans l\u2019école.Ce fut vraiment agréable.Les élèves ont bien aimé leur expérience.» « Mon autre expérience en tant que mentoré s\u2019est déroulée à Moisson Montréal, poursuit Jean-Claude.J\u2019étais alors accompagné du responsable du café, Pierre Tougas, et de Dominique, un ancien employé de L\u2019Itinéraire.Devant les employés et les membres de la direction de Moisson Montréal, pendant leur pause du dîner, nous nous sommes réunis dans une salle de conférence.J\u2019ai alors parlé de mon parcours et je les ai beaucoup fait rire.» Une source d\u2019ouverture et de confiance « J\u2019ai personnellement beaucoup apprécié la visite guidée des entrepôts où sont déposées les diverses denrées.On nous a expliqué le déroulement de la préparation des fournitures et de leur expédition.Cette expérience formidable m\u2019a procuré plus d\u2019ouverture, de confiance.» « Je suis plus sensibilisé à la cause de L\u2019Itinéraire et j\u2019en ressens un plus grand sentiment d\u2019appartenance, conclut-il.J\u2019ai fait du chemin et ça m\u2019a aidé à avancer.Je ne suis plus juste un vendeur de magazine de rue.Je ressens une grande fierté de faire partie d\u2019une équipe formidable.Et j\u2019en suis un des ambassadeurs.Je me sens comblé et apprécié.Ils m\u2019ont fait confiance et j\u2019en ai été digne.Je me sens prêt à transmettre mon expérience à d\u2019autres camelots désireux d\u2019apprendre.» La cohorte 2019-2020 de mentors a été sélectionnée en août dernier par un comité externe composé de Dany Jutras, consultant en innovation chez Talsom, d\u2019Émilie Madeleine Dextraze, conseillère en développement des affaires chez BICOM, et de Julie Arsenault, agente en emploi et aux ressources gouvernementales à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Était absent lors de la prise de la photo Noah Redler, fondateur d\u2019ARCHE Innovation.Enrichir des vies, fortifier des collectivites Nous aidons les Québécois à réaliser leur plein potentiel, chaque jour.Canada Vie et le symbole social sont des marques de commerce de La Compagnie d\u2019Assurance du Canada sur la Vie.La parfaite alliance communautaire est une marque de commerce de La Great-West, compagnie d\u2019assurance-vie. En octobre dernier, L\u2019Itinéraire a posé un geste historique avec l\u2019adhésion de plus de 75 % de ses effectifs à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Ce faisant, le magazine devient un partenaire média privilégié de la FPJQ et renforce ainsi son statut de voix unique dans le paysage médiatique québécois.La signature de l\u2019entente de partenariat a eu lieu dans les bureaux montréalais de la FPJQ en présence de la directrice générale Catherine Lafrance, de l\u2019éditeur et d.g.de L\u2019Itinéraire, Luc Desjardins et de l\u2019éditrice adjointe et rédactrice en chef du magazine Josée Panet-Raymond.PUB_FPJQ_2019_1PP.indd 1 19-10-24 16:32 C L A U D E D O Y O N Pour son 25e anniversaire, L\u2019Itinéraire a reçu cet automne un cadeau tout à fait inestimable : un coup de fil d\u2019une lectrice de la première heure, Delcia Fortin, qui, à 93 ans, revendique le titre de la plus vieille amie du magazine.C\u2019est en tout cas l\u2019une des plus adorables.« J\u2019aime tous les camelots, dit-elle au téléphone.Du premier au dernier.» Pour la remercier de ses bonnes paroles, notre camelot France Lapointe a accepté de livrer à son domicile d\u2019Anjou quelques exemplaires supplémentaires du numéro souvenir de 25e anniversaire et du recueil des meilleurs textes écrits par les camelots.Histoire aussi de montrer ça à ses amies qu\u2019elle a invitées pour l\u2019occasion.Une bonne cause « Ça fait 25 ans que je lis tout ce qu\u2019 il y a d\u2019écrit dans le magazine, explique notre vénérable lectrice.Au début, c\u2019était un mensuel.Maintenant, c\u2019est un bimensuel.À l\u2019époque, le magazine était un peu vieillot.Ce n\u2019est pas du tout la même chose aujourd\u2019hui.» Delcia Fortin constate aussi que la mission de L\u2019Itinéraire s\u2019est élargie au fil des années.« Maintenant vous avez le café de la Maison Ronde pour venir en aide aux itinérants autochtones.C\u2019est une bonne cause.» Son amie, Rollande Parent est aussi une fidèle de L\u2019Itinéraire.« J\u2019achète des fois le magazine au coin des rues Sherbrooke et Langelier.» Née rue Mentana, sur le Plateau Mont-Royal, elle connaît bien le point de vente de notre camelot France.« Avant, j\u2019 invitais les itinérants à manger au restaurant, rappelle-t-elle.Maintenant j\u2019envoie de l\u2019argent aux organismes qui les aident.» Comme à Cannes « On se croirait à Cannes », lance de son côté, leur amie, Fleurette Ducharme, toute surprise de voir qu\u2019un photographe s\u2019est retrouvé dans cette amicale de bonnes amies.Originaire de Rouyn, elle est la sœur de l\u2019ancien animateur Yvan Ducharme (Les insolences d\u2019un téléphone).Leur quatrième comparse, Lucie Ouellet, apprécie aussi la qualité des derniers numéros de L\u2019Itinéraire.Elle est la fille du dernier gardien de phare, sur le fleuve Saint- Laurent, à la hauteur de Saint-André-de-Kamouraska.« J\u2019aime la vie, assure-t-elle.Ils ont dit à la télé ce matin (1er octobre) que c\u2019était aujourd\u2019hui la fête des aînés.Alors c\u2019est une belle journée pour nous visiter.» Chaque année, le 1er octobre, le Canada fête la Journée internationale des aînés qui coïncide avec la Journée internationale des personnes âgées des Nations unies.Dernière heure Deux semaines après cette agréable rencontre, L\u2019Itinéraire a reçu une carte de remerciement.Touchante.« Chers amis\u2026 la trop brève rencontre que j\u2019ai vécue ce premier octobre 2019 \u2013 que je pourrais qualifier de spirituelle \u2013 m\u2019a vivement émue et impressionnée.Elle sera à jamais gravée dans mon cœur.À la prochaine.Je vous aime tous.» Signée Delcia.Delcia aime les camelots du premier au dernier La visite complète de France sur la version numérique itineraire.ca par Laurent Soumis Nous sommes deux voyageurs, Roxanne Regimbald et David Sanchez, et nous avons entrepris un voyage engagé en réduisant au maximum notre empreinte carbone.Partis du Québec en avril 2019, nous parcourrons 50 000 km jusqu\u2019à la pointe sud du continent sud- américain à Ushuaia au cours des deux prochaines années.L\u2019auto-stop, la marche, le vélo, le transport collectif et même le bateau- stop, voilà nos moyens de locomotion.Nos objectifs : zéro-déchet, zéro-pollution, visiter et encourager les initiatives locales, équitables et environnementales et, bien sûr, aller à la rencontre de la solidarité humaine.Your Wonderland The Navajo Relief Fund, Navajo Nation, Arizona La nation navajo est la plus grande réserve autochtone des États-Unis et la plus prospère de toutes les autres tribus américaines.Malgré leurs ressources et leur sens des affaires, la plupart des habitants vivent tout de même dans la misère.Le taux de pauvreté est de 38 %, soit deux fois plus élevé que l\u2019ensemble de l\u2019État de l\u2019Arizona.Plus de la moitié de la population active est sans emploi.Nous y avons rencontré quelques membres de Navajo Relief Fund, un organisme qui vient en aide aux plus vulnérables de la communauté grâce à un solide programme de volontariat communautaire au sein de la réserve.Ils fournissent des vivres en cas de catastrophes naturelles, comme les fréquents feux de forêt, offrent un service de banque alimentaire, et vont même jusqu\u2019à faire des réparations domiciliaires pour les aînés.Nous avons été agréablement surpris par l\u2019hospitalité des Autochtones qui n\u2019hésitent pas à s\u2019arrêter à la vue de notre pouce.Ce fut une expérience enrichissante de prendre conscience des conditions des Premières Nations. Prochaine destination : Nord de la Californie dans l\u2019édition du 15 décembre ! Shadowcliff Mountain Lodge, Grand Lake, Colorado Lors de notre passage dans le Rocky Mountain National Park, au nord du Colorado, nous avons marché sur un tronçon de 30 km de la fameuse Continental Divide Trail (CDT), un sentier qui relie le Canada au Mexique à travers la chaîne des montagnes Rocheuses.Après 12 heures de marche, exténués, nous sommes finalement arrivés au village de Grand Lake et sommes tombés sur une charmante auberge, veritable oasis pour nos jambes en compote.Shadowcliff Mountain Lodge est un écogîte avec une histoire plutôt passionnante.Il a été construit dans les années 1970 et 1980 par des centaines de bénévoles de partout dans le monde.Aujourd\u2019hui, l\u2019établissement abrite un organisme sans but lucratif qui offre non seulement un lieu de détente pour les courageux marcheurs de la CDT, mais aussi un point de recueillement pour des ateliers de yoga et de méditation.Ils organisent en plus des séminaires sur les principes de développement durable provenant de la nature pour des individus, des compagnies ou même des législateurs ! Ce sanctuaire des montagnes, comme les bénévoles aiment bien le surnommer, a été une délicieuse découverte.Un tour des parcs nationaux du Sud-Ouest Que ce soit au Colorado, en Arizona ou en Utah, les parcs nationaux se suivent, mais ne se ressemblent pas.Nous avons marché 30 km dans le parc national des montagnes Rocheuses, sommes descendus dans les profondeurs du Grand Canyon et avons contemplé l\u2019immensité du parc Zion.Une bonne façon d\u2019avoir un impact positif dans notre voyage, c\u2019est de visiter et d\u2019encourager, en payant le prix modique des entrées.Ces parcs protègent le peu de biodiversité qu\u2019il nous reste.De cette manière, nous avons découvert que les États-Unis, ce n\u2019est pas juste des grosses villes, mais aussi de grands espaces éblouissants.L\u2019 Ouest américain PASCAL SAINT-LOUIS CAMELOT PJC ROSEMONT / IBERVILLE GILLES BÉLANGER CAMELOT JEANNE-MANCE / RENÉ-LÉVESQUE MAXIME VALCOURT CAMELOT AUX THÉÂTRES DU NOUVEAU MONDE ET DU RIDEAU VERT Me voilà camelot ! Le PAAS-Action est un programme d\u2019Emploi Québec qui vise à aider les gens à prendre de l\u2019expérience en emploi pour réintégrer le marché du travail.Mais, souvent, après quelques années, le Ministère met fin à notre participation dans le programme pour laisser la chance à d\u2019autres.Au cours des quatre dernières années, j\u2019ai fait du ménage dans les locaux de L\u2019Itinéraire dans le cadre de ce programme.J\u2019ai fait ce travail jusqu\u2019à ce que mon problème d\u2019angoisse reprenne et que j\u2019aie de la misère à voir les choses devant moi.Je rentrais le matin et tout était bien jusqu\u2019à ce que commencent les angoisses chroniques.J\u2019avais du mal ; j\u2019en avais trop pendant ma journée.J\u2019ai continué quand même pour aider les gens de L\u2019Itinéraire.Un jour, je suis entré le matin et je leur ai dit que c\u2019était trop, que je voulais arrêter.Alors, ils m\u2019ont dit : « C\u2019est bien, tu as besoin de repos ».Ils m\u2019ont dit qu\u2019ils trouveraient quelqu\u2019un pour me remplacer.J\u2019ai fait mon dernier mois et après je me suis inscrit pour être camelot.Je travaille aussi à la livraison de la Moisson pour la nourriture distribuée aux camelots.Deux mercredis pendant le mois, nous déchargeons aussi les revues pour la nouvelle édition.À chaque mercredi de la fin du mois, il y a aussi la rencontre de tous les camelots qui travaillent à L\u2019Itinéraire.Maintenant, même si je me lève tôt le matin, je peux prendre mon temps parce que j\u2019ai de la flexibilité.La plupart des gens que je rencontre dans ma journée m\u2019encouragent.Par contre, d\u2019autres me disent que ce n\u2019est pas bien, que je me pogne le « beigne ».Pourtant, comme je le disais, beaucoup m\u2019encouragent et me disent « bonne journée».Souvent, je leur explique c\u2019est quoi L\u2019Itinéraire, et je leur dis qu\u2019ils peuvent aller voir sur internet pour se renseigner.J\u2019espère vraiment que ça va durer le plus longtemps possible ! Novembre Les jours sont plus courts.Quand on se lève le matin, il fait encore noir et des fois on n\u2019est pas couchés qu\u2019il fait déjà nuit.Quand je travaille le soir, là je trouve que les journées sont longues.Rendu en décembre, on va être habitué à la noirceur et au froid, mais certains jours, je me demande si vraiment la planète se réchauffe.Heureusement, avec l\u2019éclairage des rues et les phares des voitures, il y a de la vie en ville.On se tannerait peut-être s\u2019il faisait toujours beau et chaud.On peut se compter chanceux de connaître quatre saisons, chacune avec ses avantages : l\u2019automne et ses magnifiques paysages colorés, les fruits et légumes en abondance; l\u2019hiver et son décor de neige, les lacs gelés, la pêche blanche et les sports de glisse; le printemps et le réveil de la nature, les premières fleurs, les nouvelles odeurs parfumées; l\u2019été et sa lumière brillante, la chaleur et les découvertes à vélo.En novembre, la nature s\u2019endort, les oiseaux ont migré, les animaux sont moins actifs et moi j\u2019en profite pour travailler davantage puisque c\u2019est la haute saison des théâtres.C\u2019est la façon que j\u2019ai trouvée de passer au travers du « mois des morts ».Profitons des beaux jours du mois de novembre ! Jeunesse et vieillesse Quand j\u2019étais enfant je ne me rendais pas compte où j\u2019étais.J\u2019ai été placé à la campagne à partir de quatre ans.Je trouvais les choses très grandes.Quand j\u2019ai commencé à parler, j\u2019ai compris que je ne connaissais pas les adultes qui étaient devant moi.J\u2019ai connu ma mère à l\u2019âge de 14 ans.À 18 ans j\u2019ai commencé à me débrouiller par moi-même.Je logeais en chambre, je faisais mes affaires.C\u2019était facile, et parfois difficile, mais je m\u2019arrangeais pour m\u2019occuper de moi à chaque jour.C\u2019était difficile d\u2019avoir des contacts avec les gens.J\u2019étais isolé.Puis j\u2019ai réussi à me faire des amis.À partir de 30 ans, j\u2019ai trouvé que ça passait trop vite.J\u2019ai travaillé dans les restaurants et depuis 22 ans je vends L\u2019Itinéraire.Je n\u2019ai pas vu le temps s\u2019écouler.Je me disais : on n\u2019est pas déjà rendu là ! Il faut l\u2019accepter et prendre la vie comme elle vient.C\u2019est l\u2019esprit qui compte.Maintenant que je suis plus vieux, j\u2019habite dans l\u2019est de Montréal où je suis nourri et logé.Je suis bien.Mais en vieillissant on ne sait pas ce qui peut arriver avec la santé.Je vois mon médecin deux fois par an.Il me dit que tout va bien et de continuer comme ça.Je travaille dehors en plein air, c\u2019est ce qui me tient en forme.Je n\u2019ai pas peur de vieillir, je sais plus de choses.Je me rends compte de ce qu\u2019est la vieillesse par rapport à la jeunesse.À 61 ans, je me sens très heureux.Merci à tous mes clients, je vous aime. Ouain, je sais que c\u2019est passé, mais je voulais revenir sur ce phénomène quand même intéressant qui consiste à se faire peur en se déguisant en toutes sortes d\u2019affaires qui n\u2019existent pas : des zombies, des vampires, le chupacabra, un libéral honnête\u2026 Tsé, de la fiction pour avoir des frissons.Mais curieusement, et Satan sait que j\u2019ai cherché, personne n\u2019a osé cette année se déguiser en phoque moine des Caraïbes.Pas un.Pourtant\u2026 Hey, pire encore, personne n\u2019a trouvé original de porter un costume de bouquetin des Pyrénées ou même de Melomys rubicola.Ouain, tsé c\u2019t\u2019un petit rongeur australien qui était ben cute\u2026 Ben oui, j\u2019en parle au passé parce qu\u2019il fait partie des 40 % de vertébrés disparus au cours des 40 dernières années.Pis disparu, on s\u2019entend, c\u2019est pas disparu comme dans : voyons, y étaient icitte tantôt pis là je les trouve pu, y sont rendus où les p\u2019tits coquins donc ?Non.C\u2019est disparu comme dans : cette espèce, donc tous les individus la composant, est disparue de la surface de la planète.Rayée.Fini.Y\u2019en a plus.Oubliez ça.Y\u2019en a zéro comme dans Ouellet, dirait le prophète.Et ça, ça devrait nous faire peur ! En tant que vertébrés nous-mêmes, je vous le rappelle, ça devrait nous foutre la chienne solide.Mais on dirait que non.On dirait qu\u2019on s\u2019en sacre.Remarque, c\u2019est toutes des animaux qu\u2019on mange pas.Hey, s\u2019y fallait que le bacon disparaisse, oh bo-boy ! Ça ferait la première page du Journal de Montréal certain.T\u2019entendrais le monde crier à Denis Lévesque, y\u2019aurait des manifestations historiques, y\u2019a même du monde qui bloqueraient le pont Jacques-Cartier pour ça.Mais le bouquetin des Pyrénées\u2026 bof.Ça fait pas très Bob le chef.Pas de raison qu\u2019on s\u2019en occupe.On est de même faut croire, si c\u2019est pas utile, on s\u2019en sacre.La preuve, si on n\u2019avait pas besoin d\u2019huile pour nos tattoos, ça fait longtemps qu\u2019on aurait laissé crever les émeus.Pis dans le même ordre d\u2019idées, j\u2019ai aussi appris que le caribou, la girafe pis le papillon monarque sont entrés cette année sur la liste des espèces en voie d\u2019être menacées.Bon, mon père dirait : « Bah.Pas de raisons de paniquer.Ils sont pas menacés, ils sont en voie de l\u2019être.Ils voient arriver le truck.Mais il leur est pas passé dessus encore.» Hey l\u2019autre soir, ma blonde me dit : « On mange-tu du caribou ?» Je la regarde, je lui dis : « Mais voyons mon p\u2019tit Melomys rubicola, ils sont en voie d\u2019être menacés ».Elle me répond : « Ben c\u2019est ça.Faut savoir ce que ça goûte avant qu\u2019y en ait pu.Après y va être trop tard.» J\u2019ai dit « Ben oui, ça fait du sens ».Facque, on s\u2019est fait 4-5 steaks de caribou avec un ossobuco de girafe pis une salade de papillons monarques.Hu-hummm.J\u2019peux-tu vous dire qu\u2019on s\u2019est huilé les tattoos après ?Je rigole, mais ces disparitions d\u2019espèces m\u2019inquiètent un peu quand même.Hey, celle dont la disparition me fait le plus de peine, c\u2019est le cougar.Vraiment disparu de tout l\u2019est du Canada.Ça m\u2019attriste surtout parce que « cougar » c\u2019était une vitesse sur ma vieille tondeuse.Avec tortue pis lapin.Tortue, lapin, cougar, dans l\u2019ordre.Remarque à la vitesse qu\u2019allait ma tondeuse sur « cougar », je comprends qu\u2019il soit disparu.Ça allait pas si vite que ça au fond.Mais je vais dire quoi à mon gars quand y va me demander c\u2019est quoi cette vitesse-là ?Cougar.Il va googler pis juste trouver des photos de madame un peu louche.Tsé, dans la culture amérindienne, la tortue symbolise la Terre.Le lapin, c\u2019est la peur.Pis le cougar représentait la capacité d\u2019avancer.Asteure que le cougar est pu là, j\u2019ai juste la chienne\u2026 itineraire.ca 15 novembre 2019 L\u2019Halloween, la peur pis moé CHRISTIAN VANASSE AUTEUR-HUMORISTE 43 F E M I N I S A T I O N O X A C I D E S L U E R C A T N S E D E M A T U R I T E S S S E V E N E M E N T S R A D A R E A U Z E I N D I A N I S T E P O T E S E R R A N R E M I S E R A I T S A S U I S S E S S E Réponses du 15 NOVEMBRE 2019 horizontalement verticalement 1.Action de donner un féminin à un mot.2.Acides.- Parcourue.3.Radio-Canada.- Astate.- Accompagne Jésus-Christ.- Ville du Nigeria.4.Plénitudes.- Schutz-Staffel.5.Faits.6.Détecteur.- Chef-lieu de canton du Gers.7.Personne qui étudie la civilisation indienne.8.Enlèves.- Rôda.9.Garerait 10.À lui.- Helvète.1.Fonderions.2.Creusant.3.À moi.- Maréchal de l\u2019air britannique (1890-1967).4.De l\u2019Yonne.5.Traitera par l\u2019acide nitrique.- Actionné.6.Idem.- Préfixe négatif.- Deux.7.Qu\u2019il embaume.- Nazi.8.Appliques.- Existes.9.Unité antique.10.Terre entourée d\u2019eau.- Transpireras.11.Instruments de musique.- Rigoles.12.Issues.- Renverse.Solutions dans le prochain numéro xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Cachots Filtre Numéroterions Came Remorquait Donnais Frappera à petits coups Établissement de prix Comprendrais Vites Sélénium Pronom Trois Mesure Médis Monnaie Orne Le faire, c\u2019est dédaigner Sapais Premier-né Grisons Lui Cent un Arbre Cor Tramais Naturel Comité olympique À lui Cachots Filtre Numéroterions Came Remorquait Donnais Frappera à petits coups Établissement de prix Comprendrais Vites Sélénium Pronom Trois Mesure Médis Monnaie Orne Le faire, c\u2019est dédaigner Sapais Premier-né Grisons Lui Cent un Arbre Cor Tramais Naturel Comité olympique À lui Réponses du 1er NOV 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 T D C B N I S I U N E S O N C E S E I B O L I S T I S A S I S A P R E C I O C E N T I F I M N A S I S F I I A N E I P G E A R I S R A P D I E S A T P O E T R A SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 72569 7 8 5 9 4 1 6 7 5 5 3 6 5 4 7 2 4 9 5 2 9 4 7 8 2 6 2 3 1 4 4 8 7 8 3 5 2 9 4 1 6 4 2 9 1 6 7 3 8 5 6 5 1 4 8 3 9 7 2 3 1 6 8 5 4 7 2 9 2 7 4 3 9 6 8 5 1 5 9 8 2 7 1 6 3 4 9 4 5 7 1 8 2 6 3 8 6 2 9 3 5 1 4 7 1 3 7 6 4 2 5 9 8 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du mercredi 05 juin 2019 18:00:01 1 / 1 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3. Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Criasses Exsuderions Adjectif démonstratif Écumèrent Personnes qui partagent des terrains Lance Repère Latente Avant-midi Destitua Règle Située Vis Nombre Greffe Choix Enduits imitant le marbre Retouché Salve Produits pour préparer des cuirs Odeur Immatériels Mesures anglo-saxonnes Gaines Broyer du lin Liée Compagnie ferroviaire Pronom Deux Criasses Exsuderions Adjectif démonstratif Écumèrent Personnes qui partagent des terrains Lance Repère Latente Avant-midi Destitua Règle Située Vis Nombre Greffe Choix Enduits imitant le marbre Retouché Salve Produits pour préparer des cuirs Odeur Immatériels Mesures anglo-saxonnes Gaines Broyer du lin Liée Compagnie ferroviaire Pronom Deux Réponses du 1er NOV 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4 D B P R I T R I S S E R E P I E N T T S U C S O N G N U I E E S N T U E R T A N S E S N O C E S T E A E R E I N S M A E U T I S R E V Q O U A O L C A I L S E SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Débutant Grille numéro : 72568 9 9 2 8 7 5 6 3 1 7 5 3 4 1 4 6 8 9 1 6 7 4 2 4 3 6 8 1 7 5 8 1 9 2 6 8 3 9 7 1 5 4 2 1 9 4 5 3 2 6 8 7 5 2 7 8 6 4 3 1 9 7 5 2 3 4 9 8 6 1 3 4 6 2 1 8 9 7 5 9 1 8 6 5 7 4 2 3 4 3 5 7 2 6 1 9 8 2 6 9 1 8 3 7 5 4 8 7 1 4 9 5 2 3 6 Grille Sudoku Débutant à imprimer du mercredi 05 juin 2019 18:00:01 1 / 1 1er novembre 2019 DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : dossier : STM-191009 client : STM date/modif.rédaction relecture D.A.épreuve à description : Pub Plein Page Octobre 1 09/10/19 100% titre : Des idées qui nous transportent sc/client infographe production couleur(s) publication : Itinéraire 4c format : 8,5\u201d x 10,875\u201d infographe : CM 358, rue Beaubien Ouest, bureau 500 Montréal (Québec) H2V 4S6 t 514 285-1414 STM_191009_Itineraire_PP.indd 1 19-10-09 13:59 À propos de Gilles Après 22 ans à L\u2019Itinéraire, Gilles Bélanger connaît sa partition par cœur.Ceux qui foulent le boulevard René-Levesque reconnaissent bien ce personnage qui n\u2019hésite pas à distribuer les salutations matinales.Gilles n\u2019a pas toujours été à l\u2019aise avec la vente : « je me souviens de mon premier jour, c\u2019était très difficile d\u2019aborder les gens » avoue-t-il.Faire la promotion du journal est désormais un jeu d\u2019enfant.Pour en savoir plus, on le retrouve au milieu du tumulte du centre-ville.Le camelot offre un éclairage intéressant sur son intégration dans l\u2019équipe du journal et sa relation auprès des commerçants du Complexe Desjardins.À peine entré dans l\u2019édifice, Gilles ne cesse d\u2019envoyer des sourires cordiaux aux lecteurs réguliers qui traversent les artères du centre commercial.En lui demandant ce qui l\u2019inspire sur son lieu de travail, il pense tout de suite au Musée d\u2019art contemporain, au Parcours Lumière, et à la Cathédrale Marie-Reine du Monde.Le Musée d\u2019art contemporain (MAC) Lorsqu\u2019on lui demande son avis sur les lieux marquants du Quartier des spectacles, le camelot jette un œil dans son rétroviseur.Ce disciple de l\u2019art évoque les souvenirs lointains d\u2019une visite au Musée d\u2019art contemporain avec son ami, aujourd\u2019hui disparu : « nous avons passé l\u2019après-midi là-bas et nous sommes promenés parmi les collections permanentes ».Avec 8000 œuvres acquises à son actif, le MAC fait rayonner l\u2019art québécois.Par ailleurs, l\u2019institution s\u2019aligne sur l\u2019ère du multimédia incluant la vidéo, la musique et des performances expérimentales.Véritable exercice de minimalisme, sa façade connaîtra un relooking complet en 2023.Cathédrale Marie-Reine du Monde Ce symbole patrimonial et religieux revêt un caractère exceptionnel.Tout d\u2019abord parce qu\u2019il fait contraste avec les gratte-ciels aux alentours mais aussi parce qu\u2019il est la réplique au tiers de la basilique Saint-Pierre à Rome.D\u2019abord baptisée Saint-Jacques-le Majeur, on lui octroie cette nouvelle dénomination en 1904.Mettre un pied dans ce haut lieu sacré, c\u2019est s\u2019aventurer dans un écrin néo-baroque qui renferme les richesses d\u2019une époque conservatrice.Gilles Bélanger le sait bien, sa visite dans la basilique est l\u2019occasion d\u2019admirer l\u2019orgue monumental, le baldaquin aux colonnes torsadées, les autels en marbre et la galerie de 13 statues sur la façade de la Cathédrale.Un trésor qui vaut le coup d\u2019œil ! Parcours Lumière À la tombée de la nuit, c\u2019est une promenade illuminée qui se révèle aux piétons sur 1 km2.Le long des trottoirs, les lieux de diffusion culturelle sont balisés par des ronds rouges, synonymes du tapis rouge foulé par les célébrités et des Red Light du passé.Les projets de Parcours Lumière s\u2019invitent dans notre champ de vision à travers les illuminations projetées sur le relief des édifices clés du quartier: clocher de l\u2019UQAM, cinémathèque, 2-22.L\u2019événement Luminothérapie s\u2019installe au cœur de la programmation hivernale avec une approche interactive qui mêle nos sens à la musique et au design.Regard sur un quartier par Gilles Bélanger, camelot pour L\u2019Itinéraire Regard sur un quartier est un publireportage commandité par l\u2019arrondissement de Ville-Marie, avec la collaboration de Diane Martin-Graser (texte et photos).© D i a n e M a r t i n - G r a s e r © U l y s s e L e m e r i s e © D i a n e M a r t i n - G r a s e r © D i a n e M a r t i n - G r a s e r LANCEMENT 20 NOVEMBRE 2011 180 4 200 Li NE La * ji 4 face NE LIBRAIRIE VERDUN {50 RUE WELLINGTON 4 , "]
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