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Titre :
Paysana
Éditeur :
  • Drummondville :La Parole ltée,1938-1981
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Paysana, 1949-09, Collections de BAnQ.

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[" Doc Ars rr, ~~ rd 2304 Fr Pe ad ES PA 1 oe PES Fp AF a Vds >.8 ve og 4 2 IA x9 REY, NS = (A Si) « Et IRN HT > 7 Ÿ \u2018 6 ù ll, { r TN q \u201c2 EH : qu BW A 42 ne RY | 2 M ANA BY 2 = ve Y= SN i] Ag 7 ho uly NN 3 AR y i soto AS LR] YY Wr - gti i Ug ll + Bab adel) ¢ /} Va \u201c4 Aq A 3 a) (A Lhd = WT) = es GR =, Vi: SW © I J v ==, ath Q i) Pel pad , Nt No > / + 2 à cp.se ZN Zs Va IN 4) i, NE 7 Septembre - Octobre 1949 ny NN > 2 ; À ÿ NM ny el 1Y WE 4 i + or RS HY a EX iy Uy 7 5 4 JU Em Sh 4 aq) oO À ALL] % 7, Le J) or 7 £ 7 A y 4) A dm < faa \u2014 A NE 76 es) 2 vu 4 wy i Gy = ga vi fl - = \"EF 7 7 4 Ac WN a At à | da, » LU ay pme Wy 2 Sh \\ A a |] J  / PR E es D ws a 2 es 08 ed = d oh pe 645 as \u2014o- S = SS ES.GE GT lS ID GAAS AED aE GND A) A SED Ne di \u201cATATS - ant sae OG dv Gp a Q Urs YU A DN Pc 3 \u2014 er Et 2m SNS N Nl Nes == == LL , Moy 4 : Q Le A A a 12e année \u2014 Nos 5-6 Beauceville-Est, Qué i ] aa.i | | | ia if | ul iit il N ju I Tree TT a Ra sli.IL | big PI = \\ © Vs NNN 5 me wil US N \\ N° NN WM \\N NN À > DEL, TE, = = > VA NON NN n° NN (lll 7 - | N NN J \\ SON NCS a pp \u2014] 2 NN OD ON OD ON \\ Ne NNN AS = SO N NN NN, NPC > iia 5 = NS SN N = NNAN SO RN NAN Ne ET 4% o == \u201cendl 4 - = _ Y ls = æ= g\u2014\" Ve Aites es pat / y facile Z4 2 aître \u201ctout, e ment \u2026âVec Rit/ Faites un vrai travail de professionnel sur des vêtements \u201c\u2018refaits\u201d pour les enfants\u2014en les teignant avec le nouveau Rit Tout-Usage.Des résultats parfaits sont garantis! Et vous pouvez faire plaisir aux jeunes enfants avec des couleurs gaies et jolies! Car il est facile de teindre, même les vêtements foncés en clair\u2014en employant tout d\u2019abord l\u2019Enlève-Couleur RIT.Voyez donc les nouvelles et Ws.LE COURRIER Nous avons répondu dans la mesure du possible aux personnes qui se sont inquiétées de l\u2019absence de PAYSANA durant l'été.Les multiples grèves et difficultés administratives tant dans le domaine de l\u2019imprimerie que dans celui de la production d\u2019édition nous ont créé de graves difficultés que nous tentons de surmonter le plus honnêtement possible.Tous nos abonnés auront extension de leur abonnement, lors de l'échéance, dans la proportion des numéros mensuels qui ont manqué.DE PAYSANA à soigner avec des restes de valeur nutritive.Que faire?R.\u2014 Vous pouvez toujours utiliser les restes de gruau, dans la soupe du midi, quelle qu\u2019elle soit.Coulez soigneusement.Cela donne un beau velouté à n'importe quel potage, et toute la valeur alimentaire de la farine d\u2019avoine s\u2019y trouve pour ceux qui la mangent.Vous pouvez aussi, lorsque le tout est très épais, lier avec du gruau sec, en moulant dans vos mains une petite boulette.Salez.Saupoudrez superbes teintes Rit\u2014et, cette année, de fromage râpé.Faites cuire au four rendez leurs vêtements aussi gais que ° à feu lent, et servez.Cela fait une des oeufs de Pâques! Oui, épargnez ; aes ; 4 » CPArgnez, Q.\u2014 Maintenant que le sucre est excellente pâtisserie .en teignant plus pour votre argent avec le Nouveau Rit Tout-Usage! Nouveau R1 TOUT- USAGE Teinte et Teinture Nouvelles GARANTIES pour tous tissus Préparez-vous un avenir sans regrets\u2014mMettez-vous à l'abri du besoin MAINTENANT en achetant une RENTE VIAGERE DU GOUVERNEMENT CANADIEN \u2014 vous ne pouvez acheter de meilleure garantie de vieillesse indépendante.® Une rente du gouvernement canadien vous garantit à peu de frais jusqua $1200 par année pour la vie.© La visite médicale n'est pas requise.@ Votre rente viagère ne peut être saisie en loi.Vous ne pouvez perdre votre argent, même si vos versements sont en retard.® Toute personne, âgée de 5 à 85 ans, est admissible.Service des Rentes viagères plus abondant et qu'il est possible de faire à peu près tout ce qu'on veut en fait de friandise, pourriez-vous me donner une recette de fudge divinité?R.\u2014 Deux tasses et demi de sucre, deux-tiers de tasse de sirop de blé d'inde, une demi-tasse d'eau, deux blancs d\u2019oeufs battus en neige, vanille au goût, une pincée de sel.Mélanger le sucre, le sirop et l\u2019eau .Brasser de temps à autre tandis que le mélange chauffe, mais pas une fois qu\u2019il commence à bouillir.Battre les oeufs en neige ferme, après y avoir ajouté le sel.À 242 ou 245° d\u2019ébullition, le sirop fait une boule dure dans l\u2019eau froide, verser alors lentement sur les blancs d\u2019oeufs en brassant constamment, avec le moussoir d\u2019abord puis avec une grande cuiller quand le mélange est trop épais.C\u2019est une opération qui doit presque forcément se faire à deux.Ajouter la vanille, et quand le mélange se tient, le verser dans un plat beurré, et le bien placer avec les mains.On peut varier la recette en employant du sucre d'érable au lieu du sucre blanc.Ou encore deux carrés de chocolat fondu au mélange chaud.À la recette blanche, on peut ajouter noix hachées ou cerises confites.e Q.\u2014 Je fais cuire du gruau tous \u201cles matins.Bien que mes enfants aiment bien cela, pour ne pas en manquer, j'en fais toujours plus que moins, et ça me coûte toujours d\u2019en jeter lorsqu\u2019ii en reste.J'habite a la ville, et je n\u2019ai pas de petits animaux Q.\u2014 Dans ma cuisine, le tour de l\u2019évier et le dessus d\u2019armoire sont recouverts de tôle.On dirait qu\u2019elle a été bien longtemps négligée par nos prédécesseurs.De quelle manière nettoyer cette tôle et ensuite comment l'entretenir pour qu'elle reste propre?\u2014 A COEUR-JOIE.R.\u2014 Cette tôle est sans doute de fer-blanc.Il faut la nettoyer à fond, avec laine d'acier et tous produits nettoyants et abrasifs qui mettront cette tôle à nu.Polissez avec du pétrole dans votre laine d\u2019acier, et continuez régulièrement ensuite.Q.\u2014 Depuis dix ans jessaie tous les ans de me saler des petits cornichons et je les ai perdus chaque fois, sauf une année, ol j'en ai sauvé quelques-uns, mais quand je les ai sortis de la saumure, ils étaient jaunes.R.\u2014 Le degré de température et le parfait état de propreté sont les deux facteurs les plus importants dans la préparation des cornichons salés ou sucrés.Si vous n'avez pas une cave où vous pouvez maintenir une permanence de température de 50°, n\u2019essayez plus.Et pour toutes recettes, écrivez au Ministère de l\u2019agriculture, à Ottawa, en demandant tous les livres de recettes de conserves et marinades, vous en recevrez plus que je ne pourrais vous en envoyer.Suivez les détails de procédé de préparation, avec grande minutie.PAYGANA REVUE MENSUELLE D'ARTS DOMESTIQUES, DE SERVICE SOCIAL RURAL, FA puis MINISTERE DU TRAVAIL HUMPHREY MITCHELL, Ministre A.MacNAMARA Sous-ministre Ces pe VT DU GOUVERNEMENT CANADIEN oY profsgent arr Mettez ce coupon à la poste aujourd\u2019hui, FRANC DE PORT est publiée sous la responsabilité de Madame Françoise GAUDET-SMET, avec Mille Thérèse HÉLIE, comme secrétaire générale.Les services d'abonnement sont au bureau 421, à 266 ouest, rue St-Jacques, Montréal, Les services des patrons sont à Claire-Vallée, St-Sylvère, (Nicolet) Qué.Prix de l\u2019abonnement : $1.50 par année $2.50 pour 2 ans iat | ; | ! Service des Rentes viagères, 3F ! Ministère du Travail, Ottawa.i Veuillez m\u2019expédier RENSEIGNEMENTS COMPLETS sur les Rentes viagéres du ! gouvernement canadien.1 ' ' ; Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa M PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 sd Valu, ur Wil h SOU à Cour ü beay Se \u201c82, log ke I lary It \u2018eu Ww - : 7 La, jg ° Py ode ¢ sSutvre : LS T6 py Stay lire a fy .| choisir eo (2h Bi en covsésaaceou oe Moun c\u2019est la troisieme fois que vous m\u2019écrivez, dites-vous, et, à la fin, vous voudriez bien avoir une réponse.Vous signez \u201cMaman à la page.\u201d (Quelle page?) Si vous aviez ajouté votre nom et votre adresse, il y a longtemps que je vous aurais répondu.Acceptez donc aujourd\u2019hui cette réponse en public.Vous me dites : \u201cVous n\u2019avez pas encore publié de bonnets avec des oreilles de lapin pour bébés.C\u2019est la grande mode.Vous publiez de bien beaux modèles de tricots, mais pourquoi ne montrez-vous jamais comment faire des bonnets de bébé avec des oreilles de lapin tricotées à même le bonnet ?Ca a lair si fin, en laine Angora.\u201d Ie oy de Noire sont pe alt guy gée pir pg Manière net ite comment este propre: ins doute de Madame, je n\u2019en publie pas et n\u2019en publierai jamais.Parce que je trouve cela Over à fon, horrible.Lorsqu\u2019un enfant naît avec un bec-de-lièvre ou avec des yeux de lapin, on ous produts commence par se demander, autour de cette infirmité, comment s\u2019y prendre pour an- qui mettront noncer cela à la mère.Ensuite, on pense à l\u2019hôpital Sainte-Justine où il doit bien y we du avoir les meilleurs spécialistes-pour-enfants qui vont arranger cela.On remue ciel et acier, of oor terre, on convainc père et mère qu\u2019il faut faire n\u2019importe quel sacrifice; tout le monde lite se ligue, et en définitive, on cherche à qui s\u2019adresser, comment et par qui obtenir les meilleures conditions possible, et le reste et le reste.Madame, si vous aviez un enfant infirme, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir , ; \u2019 esse tous our vous aider, mais pour les oreilles de lapin en laine angora ou en laine du pays, , p \u2019 pelt coni je regrette, je ne puis et ne veux rien faire.\u201d à chaque fis Et pendant que nous sommes sur le sujet de modes à multiplier ou à réprimer, je ] sauvé quel pense soudain à tant de gestes commencés et continués dans l\u2019inconscience, l\u2019irréflexion ou la niaiserie, et que tout le monde répète bêtement, en suivant les yeux ferles al sortis + jaunes, més, comme des automates bien en forme, et sans jamais faire aucune espèce d\u2019examen irate of le de valeur.sont les deux Il m\u2019a été donné, un jour, d'assister dans sa dernière maladie une belle vieille ants dans la dame qui me fit promettre de la coiffer, après sa mort, de l\u2019habiller moi-même et de ons salés 0 lui joindre les mains, avec son chapelet.Elle ajouta: \u201cFaut bien qu\u2019on se résigne à se as Ue (4% faire ramasser par un \u201centrepreneur\u201d après notre dernier soupir \u2014 quel commerce ! \u2014 5 né per mais comme ça fait plusieurs morts que j\u2019apercois, exposés sans aucune marque de piété, je 30, U8 les mains cachées, vous prendrez les moyens pour me joindre les miennes, si vous voulez pes recettes bien, comme cela a toujours été l\u2019usage dans nos familles.Je n\u2019ai jamais eu les bras V'agricltu- ballants de ma vie: tricote, couds, berce un enfant, travaille, prie; vous me les joindrez, tous ls n\u2019est-ce pas ?\u201d orres ol 8 L\u2019entrepreneur de pompes funèbres s\u2019arrangea pour se débarrasser de moi autant ; plus que qu\u2019il put, et quand je retrouvai la belle memère après l\u2019embaumement, elle était dans ape.Sus son cercueil.\u201cles bras ballants\u201d.préparation Je dis poliment au monsieur, mais sur un ton qui ressemblait bien à un ordre : \u2014Voici son chapelet, faut lui joindre les mains.\u2014Ce n\u2019est plus la mode.\u2014 La mode ! je l\u2019aurais giflé.\u2014En fait de mode, on va lui laisser suivre la sienne, monsieur.Allez, vite, aidez-moi.\u2014Elle a les bras trop raides maintenant.Faudrait presque les lui casser.\u2014Cassons-lui.Allez, vite ! Et c\u2019est sans aucune douleur que j\u2019entendis craquer les jointures, et que je travaillai, sans me lasser, pour assouplir les doigts raidis.Faut ce qu\u2019il faut, une fois qu\u2019on a décidé de faire quelque chose.Pour apparaître en chrétien pour sa dernière parade, pour vivre comme du monde, et non comme des lapins ou des moutons, il ne faut jamais démissionner devant le bon sens.Avec réflexion et plein consentement de la volonté, il faut se cramponner à lui, pour qu\u2019il finisse par être de grande mode.Il serait bien temps. \u201cCoupez les pommes en petits morceaux, prenez-en environ trois livres, enlevez les tiges et les coeurs.Ajoutez quatre tasses d\u2019eau.Couvrez la casserole, laissez mijoter dix minutes.FEcrasez avec un pilon lorsque la cuisson est terminée, puis laissez mijoter de nouveau cinq minutes, Extrayez le jus de pommes en plaçant la compote dans un sac de coton à fromage, Mesurez le sucre et le jus dans une grande casserole, puis laissez bouillir durant quinze minutes.Retirez du feu, et laissez reposer une minute.Versez rapidement dans des verres à gelée recouvrez d\u2019une couche de paraffine chaude, puis fermez hermétiquement.\u201d Voilà en quels termes nos livres de recettes nous invitent à utiliser les pommes pour la préparation de ces gelées qui rehaussent le prosaïsme et l'heure matinale du petit déjeuner.Cette introduction nous forcera nécessairement à dévier quelque peu de la ligne suivie jusqu'ici de ne parler que des arbres sauvages.En effet, le seul représentant de ce groupe dans notre flore québécoise, est le Pommier nain ou Pommier sauvage.Il y aura assez peu de choses a dire à son sujet; force nous sera donc, et très heureusement, de parler des variétés cultivées qui font la richesse et le bon renom de plusieurs régions de cette province.Le pommier-dans l\u2019histoire.La croyance populaire associe généralement le Pommier aux premiers faits et gestes du père de l'humanité et de sa compagne.Les imagiers, illustrateurs des scènes bibliques, nous représentent généralement Adam et Eve sous un Pommier en train de poursuivre leur conversation avec le serpent tentateur.Et les discussions ne manquent pas entre les pseudo-exégètes quant à savoir si oui ou non \u2018la pomme\u201d fut l'instrument de la déchéance de l'humanité.Et pourtant le texte biblique nous parle tout simplement, au chapitre deux de la Genèse de \u2018\u2018l\u2019arbre de la connaissance du bien et du mal\u201d.Quelques versets plus loin, il nous apprend que \u2018le fruit était bon à manger, agréable à la vue et désirable pour acquérir l'intelligence\u2019 (chapitre 3 v.6).Le Pommier était sûrement connu et assez abondant en Orient puisque le prophête Joël, parlant des malheurs qui frappaient le peuple d'Israël, écrit: \u2018La vigne est dans la confusion et les figuiers languissent; le grenadier et aussi le palmier et le pommier.\u201d On retrouve également la mention du Pommier dans les mythologies grecques, scandinaves et druidiques.Les fruits d\u2019or des Hes- pérides que Hercule devait se procurer malgré la garde des dragons vigilants, semblent bien être des pommes.Dans les pays nordiques la déesse Iduna avait mission de garder, les pommes qui recélaient en elles Vave la u Canada ° le privilège de I'immortalité; conséquemment, ces fruits étaient réservés aux dieux qui les mangeaient lorsqu'ils se sentaient vieillir.Mais l\u2019esprit du mal, Loke, enleva Iduna et son Pommier et les cacha dans une forêt où ils ne purent être retrouvés par les dieux: c'est alors que les catastrophes s\u2019abattirent sur le monde.Les dieux devinrent vieux et infirmes, affaiblis physiquement et mentalement: ils ne purent alors porter la même attention aux affaires des humains et les hommes n\u2019ayant plus de protecteurs s\u2019égarèrent dans les voies du mal devenant la proie du mauvais esprit.Constatant finalement que les choses allaient de mal en pis les dieux firent un effort suprême et efficace pour forcer Loke à leur remettre le précieux Pommier: la terre connut alors une ère d'équilibre et de paix.Les druides portaient une vénération particulière au Pommier à cause de la saveur de ses fruits.Toutes ces croyances nous démontrent l'importance de cet arbre dont l'utilité, au point de vue économique, n\u2019est pas à discuter.La culture du Pommier en Nouvelle-France remonte aux origines mêmes de la colonie: selon Benjamin Sulte, le \u2018\u2018sieur de Monts avait envoyé à Québec des plants d'arbres fruitiers de la Normandie.Louis Hébert, ajoute-t-il, arrivant en 1617, apporta quelques tiges de pommiers\u2019\u2019.De son côté, Pierre Boucher dans son Histoire véritable et naturelle des moeurs et du pays de la Nouvelle-France, note dans un chapitre sur les arbres qui croissent au Canada: \u2018On n'a point encore planté ici d'arbres de France, sinon quelques pommiers qui rapportent de fort bonnes pommes et en quantité, mais il y a bien peu de ces arbres\u2019.Le grand initiateur des vergers demeure cependant l\u2019intendant Talon qui s'appliqua à multiplier les arbres fruitiers, les Pommiers surtout, et à diriger ces travaux scientifiquement.Et c'est ainsi, sans doute, que naquit chez-nous, grâce au sol particulièrement favorable, la \u201c\u2018pomme fameuse\u201d\u201d dont la réputation a traversé les mers et qui grâce à \u2018\u2018sa chair d\u2019un blanc de neige, sucrée, tendre et délicieuse\u201d a obtenu la faveur des gourmets.La \u2018\u2018fameuse\u2019\u2019, qui mérite bien son nom, a conquis toutes les palmes, bien qu\u2019elle soit supplantée aujourd'hui par la McIntosh.Le roi Edouard VII, alors qu\u2019il était prince de Galles, en fit planter une cinquantaine de jeunes plants dans son verger de Sandringham.Ces Pommiers ont bien poussé, mais les fruits sont dépourvus de cette couleur brillante et de ce goût caractéristique que leur donne notre terroir.* * * Les Pommiers sont des arbres ou arbrisseaux à feuilles alternes, dentées ou lobées, à fleurs voyantes, blanches ou rosées, disposées er fou coût 1s il Ws sil aient rt elfe.Mas cacha dans st alors que granit i gurat dos ts hommis a) drvondal 5 hos fie pout onnit aos régale Touts à Fete, y os Jonts Jl fo.Lows 5 de por stable à pe dans UF giné A0 ppt pi di pu fis Pon: ca ans ent Br Ji TS : (dics outs Ë ph \u201c inférieurement.PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 Le chiffre cing est bien caractéristique de cette espèce: cinq sépales, cinq styles unis à la base.On en compte une cinquantaine d'espèces dans la zone tempérée boréale.La province de Québec n'en a qu'un seul représentant, le Pommier nain.Après en avoir noté très brièvement les principales caractéristiques, nous nous attarderons un peu plus longuement à parler des variétés cultivées les plus impotantes dans le Québec: varitétés d'été, variétés d'automne, variétés du début de l'hiver et variétés de la fin de l'hiver.cymes simples et terminales.L\u2014- POMMIER NAIN Pommier sauvage \u2014 Common Apple-Tree MALUS PUMILA Originaire du sud-est de l'Europe et de l'Asie, notre Pommier sauvage est un arbre aux branches étalées qui peut atteindre de douze à vingt-quatre pieds de hauteur.Les feuilles pétiolées,\u2019 largement ovées ou ovales sont dépourvues de poils supérieurement et pubescentes Cet arbre fleurit au printemps et donne comme fruit, une pomme déprimée à la base.Les sujets que l\u2019on trouve à l\u2019état sauvage sont tous échappés de la culture.C\u2019est le plus important de tous nos arbres fruitiers: aussi est-il cultivé dans toutes les régions tempérées du monde.On en compte de quatre à cinq milles variétés, dérivées de deux espèces: la Malus pumila et le Malus baccata.Les Etats-Unis en possèdent sept ou huit espèces indigènes.II.- POMMIERS CULTIVES L'industrie fruitière a connu, depuis quelques années un important développement dans la province de Québec.On estime qu\u2019il y aurait présentement plus d\u2019un million de Pommiers dans nos vergers; la production commerciale pour l\u2019année 1946-1947 se chiffre à 1,200,- 000 boisseaux.Le verger domestique est une bénédiction pour la famille: il fournit à l\u2019année longue des fruits variés, délicats et sains et dont le coût est insignifiant; tandis qu'il faut payer le gros prix pour s'approvisionner ailleurs! Quelle est la meilleure variété de pommes à conseiller dans la province de Québec?Sans qu\u2019il soit nécessaire de faire ici un traité de pomiculture, 11 semble qu'au point de vue commercial la McIntosh ait les faveurs du marché, C\u2019est une pomme de toute première qualité dont l'arbre producteur possède une certaine rusticité qui lui permet, dans l'ouest de la Province, de subir sans trop d\u2019avaries les rigueurs de nos hivers laurentiens.Sans être une pomme de conserve, elle se garde assez longtemps pour atteindre le début de février.Leur réserve s'impose cependant pour la région de Québec où il faut en déconseiller la culture à cause de la délicatesse de ses tissus, Rappelons que la pomme McIntosh fut découverte en 1796, par John McIntosh, de Dundela, comté de Dundas, Ontario, qui trouva cet arbre le long du chemin et le transplanta sur sa ferme.En raison des difficultés de transport et de la rareté des pomiculteurs, à cette époque, ce ne fut que quatre-vingts ans plus tard, vers 1876 que les qualités de cette pomme furent appréciées hors de son centre d'origine.Depuis une quarantaine d'années, elle a connu une vogue justement méritée dans notre Province et à l'étranger où elle a gagné les premiers prix aux expositions fruitières, Afin de fixer les idées, rappelons que l\u2019on peut diviser les variétés de Pommiers cultivés en quatre groupes a) les Pommiers d'été; b) les Pommiers de fin d'été; c) les Pommiers d'automne; d)les Pommiers de commencement d'hiver.Malgré l\u2019aridité de cette nomenclature, nous croyons utile de rappeler ici, les variétés qui appartiennent à chaque section: ces précisions n'apprendront rien aux spécialistes, mais intéresseront sûrement le profane en lui permettant de faire, à l'occasion, des distinctions utiles.Ministère de l\u2019Agrieulture de la province de Québec a) POMMIERS D\u2019ETE 1) Crimson Beauty Ce Pommier est beaucoup plus rustique que l'arbre qui produit la McIntosh; il a une végétation qui varie de quatre-vingt cinq à quatre-vingt dix jours et donne généralement des fruits tous les deux ans.La pomme est de grosseur moyenne, jaune pâle, bien éclaboussée de rouge vif, et très attrayante.La chair est tendre et modérément juteuse, 2) Jaune-transparente D'origine russe, cette pomme jaune pâle, à la chair blanche, tendre et juteuse fait les délices des connaisseurs à partir de la mi-août et durant tout le mois de septembre.Ces Pommiers, dont la végétation est d'environ une centaine de jours, sont d\u2019un bon rapport, bien que les grosses récoltes soient généralement bi-mensuelles.Sa rusticité est plus prononcée que la McIntosh, mais inférieure toutefois à celle de la Crimson Beauty.b) POMMIERS DE FIN D\u2019ETE 1) Duchess d\u2019Oldenburg La Duchess est une pomme d\u2019origine russe et d'une très grande \u2018rusticité.De couleur jaune bien rayée de rouge vif, elle est à maturité vers la fin d'août, en septembre et au début d\u2019octobre.Le fruit de grosseur moyenne présente une chair juteuse et tendre qui est de qualité moyenne pour le dessert mais qui, par contre, fait d'excellentes confitures.L'arbre à port étalé est de vigueur moyenne et ne produit des fruits que tous les deux ans.Elle est de culture facile et devrait avoir sa place dans nos vergers domestiques.Il faut avouer cependant qu'elle n\u2019a pas les faveurs du marché car elle est très acide et exige beaucoup de sucre à la cuisson.2) Melba Voilà l\u2019une des variétés les plus recommandées pour les grands vergers commerciaux.Le fruit de grosseur moyenne est de couleur jaune pâle rayée et jaune foncé; la chair est juteuse, fondante et très savoureuse.Grâce aux qualités que nous venons de signaler, cette pomme dont les productions ne sont que bisannuelles, relègue au second plan toutes les autres variétés destinées à être consommées en septembre ou octobre.c) POMMIERS D\u2019'AUTOMNE 1) Wealthy Cette pomme est une création de M.Peter Gedeon, de Excelsior, Minn.Le fruit est de grosseur moyenne, mais il a tendance à prendre plus de proportions sur les jeunes arbres, ce qui oblige le pomiculteur à éclaircir les fruits, les années de récoltes abondantes.La peau est jaune pâle presque entièrement lavée de rouge carminé; la chair est blanchâtre, marbrée de rouge près de la peau, juteuse, tendre, d'une saveur et d\u2019une odeur très agréables.Les fruits sont à point durant les mois d'octobre à janvier.C'est un arbre de culture facile mais qui a peu de faveur étant supplanté par la Lobo.2) Fameuse L'origine de la Fameuse est malheureusement inconnue.Quoi- qu\u2019il en soit, le fruit est jaune pâle strié de rouge, la chair est très blanche, souvent veinée de rouge, très tendre, juteuse, un peu acide, de saveur merveilleuse, le tout rehaussé par un parfum délicat.Le pommier est moins rustique que le McIntosh et l\u2019arboriculteur doit se faire un devoir de lutter contre la Gale de la pomme qui cause de grands dommages à cette variété.Elle a beaucoup perdu là faveur dont elle jouissait autrefois car elle ne peut rivaliser avantageusement pour la taille et les autres qualités avec la McIntosh.Outre ces deux variétés, il conviendrait de mentionner au moins les suivantes qui présentent quelque intérêt pour la province de Québec: Hume, Joyce et Atlas.(Suite a la page 13) 6 LA JUSTE MESURE En cuisine il faut non seulement employer des mesures bien précises mais encore toujours se servir des mêmes ustensiles, de grandeur et de taille convenues, adoptés partout.Des tasses en verre ou en aluminium (huit onces) avec sur les côtés des crans indiquant toutes les fractions de la tasse: quarts, tiers, demie.Des cuillers spéciales: cuiller à soupe, cuiller à thé, demi-cuiller à thé, quart de cuiller à thé.Les mesures indiquées dans tous les bons livres de cuisine sont toujours des mesures RASES d\u2019ustensiles standards.POUR MESURER LA FARINE TOUJOURS SASSER LA FARINE UNE FOIS AVANT DE LA MESURER.Une tasse de farine tirée du sac peut facilement contenir 144 ou 1V, tasse de farine sassée une fois.Donc TOUJOURS SASSER LA FARINE UNE FOIS AVANT DE LA MESURER.S'il s\u2019agit de farine de blé entier, de farine graham ou de son, on les remuera un peu avant de les mesurer, mais sans sasser.POUR MESURER LES CUILLEREES Prendre une cuillerée et passer le dos d\u2019un couteau pour enlever le comble de la cuiller.I] est plus simple d\u2019avoir les cuillers convenables mais avec la cuiller même il est facile de faire la demie; prenant une cuillerée rase, avec le couteau bien marquer la demie et enlever ce qui entrait dans un côté de la cuiller.POUR MESURER LES TASSES Exception faite de la cassonade, il ne faut jamais presser les ingrédients secs dans la tasse à mesurer.Quand la tasse est pleine, passer le dos du couteau pour avoir la mesure rase.S'il s\u2019agit de mesurer du beurre ou de la graisse en paquet d\u2019une livre on n\u2019a qu\u2019à se rappeler qu\u2019une livre donne deux tasses et chaque tasse seize cuillerées à soupe.Quand la graisse est en chaudière et qu\u2019il faut, disons Y, tasse de graisse, la manière la plus simple consiste à remplir jusqu\u2019à la demie, avec de l\u2019eau froide la tasse à mesurer.Remplir la tasse avec des petites mottes de graisse.Quand le niveau de l\u2019eau marque 1 tasse nous avons bien une demi-tasse de graisse puisque la tasse contenait déjà 1, tasse d\u2019eau.S'il fallait 3 de tasse de graisse, l\u2019opération commencerait avec 2/3 de tasse d\u2019eau et ainsi de suite.POUR MESURER LES LIQUIDES Prendre tout ce que la tasse ou les cuillers peuvent contenir.Quand il s\u2019agit de mélasse ou d\u2019un liquide fort épais, passer le couteau pour avoir une mesure rase.Si la mesure est rincée à l\u2019eau froide avant de mesurer, la mélasse par exemple, le liquide se versera plus facilement, en collant moins.La petite spatule de caoutchouc facilite grandement la tâche quand il s\u2019agit de prendre toute la graisse, toute la mélasse, ou tout le chocolat, qui adhèrent à l\u2019ustensile dans lequel on les a mesurés.FAÇONS DE MELANGER La façon de mélanger les ingrédients a son importance en cuisine et toujours il convient de suivre la méthode indiquée dans la recette.UN OEUF BIEN BATTU c\u2019est un oeuf battu jusqu\u2019à être mousseux et moins liquide UN JAUNE BIEN BATTU est épais, d\u2019un jaune pâle comme du citron.UN BLANC D\u2019OEUF BIEN BATTU est épais au point qu\u2019on peut tourner le bol à Fenvers sans rien renverser.Il ne faut pas battre les blancs plus que cela ou ils deviendront secs et le gâteau en pâtira.Il existe trois façons d\u2019opérer le mélange des ingrédients; on peut les brasser, les battre et les envelopper.BRASSER c\u2019est mélanger en tournant comme les aiguilles d\u2019une horloge tandis que BATTRE veut dire que les tours de cuiller sont en profondeur.Quand il s\u2019agit \u2019ENVELOPPER, par exemple dans la pâte des blancs d\u2019oeufs battus en neige: il faut couper la pâte avec la cuiller, et retourner cette cuillerée sur les oeufs avec des gestes doux: Couper et retourner jusqu\u2019à ce que le mélange soit opéré mais pas une fois de plus et toujours avec précaution.PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 CONNAISSEZ-VOUS QUELQU'UN qui n\u2019aime pas les beignes ?Alors, allez me le chercher qu\u2019on lui en fasse manger des vrais, des beaux et des bons, Des beignes, c\u2019est toute une fête! Pendant qu\u2019on les fait, d\u2019abord.Roule, roule, la pâte; un soupcon de muscade, et la graisse pétille.Une petite boule, pour essayer.Bien oui, elle monte à la surface à la seconde, fait rouler des beaux bouillons, autour d\u2019elle.Allez, hop! c\u2019est le temps.Et le chaudron tout fumant ondule de bouées flottantes d\u2019un brun clair doucement harmonieux.Et surtout, pas de distractions.faut pas que ça tourne au téte-de-négre, parce que.Les provisions de beignes cuits en nombre et en foule sont toujours, durant l\u2019hiver, le secours d\u2019une bonne ménagère.Mis à geler pour une conservation parfaite, ils gagnent à faire un tour au fourneau juste au moment d\u2019être servis.Ils ne supportent pas deux réchauffages, mais ordinairement, il n\u2019y a pas de reste, après le premier.Cela fait-il quelque bien de mettre la pâte au froid avant de la faire cuire ?Qu\u2019est-ce que vous en pensez, vous tante Anna ?TANTE ANNA est en train d\u2019assembler sa catalogne, ce n\u2019est pas le temps de lui faire faire des beignes.Oui, mais.Tante Anna, est-ce que vous faites geler votre pâte de beignes, vous, avant de la faire cuire ?Tante Anna quitte sa couture, en pleine couture, dépose ses lunettes dans l\u2019amas de fines bandelettes de guénilles bien taillées, et se frotte un peu les paupières.Il faut bien qu\u2019elle réveille ses jeunes yeux pour apercevoir dans le passé ses premiers beignes.\u2014 Vous savez, que je me suis mariée à dix-sept ans.Done, à mon premier Noël de maîtresse de maison, je n\u2019étais pas vieille.Je me mets en train de faire des beignes.Maman m\u2019avait prévenue: \u201cTu sais, toi, en ville, avec un poêle à gaz, la flamme découverte, fais bien attention.S\u2019il fallait que le feu se mette dans ta graisse, tu serais flambée, et la maison avec.\u201d Donc, j'ouvre un petit feu, bas, bas, et je mets ¢a d\u2019épais de graisse froide dans le chaudron.Un pouce tout au plus.Et attends, attends.J\u2019essaie timidement une petite noix de ma pâte.Les bouillons n\u2019étaient pas bien excités.Avec ce petit feu craintif et soupçonné, je n\u2019ai pas réussi grand chose de bien, je vous l\u2019assure.Les beignes languirent dans cette friture languissante, et avaient l\u2019air de piteux biscuits, graillonnants et maigrichons.Lorsque mon mari y goûta, il dit simplement: \u201cJ\u2019en ai déjà mangé des meilleurs!\u201d Dehors! le chaudron épeurant, et la pâte qui restait! Le lendemain, j'avais des remords.Je décide de recommencer, loin de tout regard.Là, je le monte le feu! Et hourra donc, la pâte gelée qu\u2019il falllut amollir, tailler.Comme j'étais excitée, je travaillais vite.Les conditions me servaient.Un pouce d\u2019épais, madame, les beignes, dans la belle graisse bouillonnante.Aujourd\u2019hui, mon mari me dit: \u201cTe souviens-tu la deuxième fois que tu avais fait des beignes ?\u201d \u2014Votre recette ?\u2014Ma recette ?Toujours la même.Un oeuf, deux-tiers de tasse de sucre, trois cuillérées à soupe de graisse, trois tasses de farine à pâtisserie, 4 cuil.à thé de poudre à pâte, deux-tiers de tasse de lait, du sel, de la muscade.Tous les ingrédients secs ensemble.Défaire la graisse en crème, y ajouter la moitié du sucre.Ajouter les ingrédients secs et le lait en alternant les deux.La pâte doit être molle, sans être collante.Couvrir le bol et laisser reposer au moins une heure avant de rouler la pâte.Le repos, c\u2019est pas nécessaire rien que pour le monde.Saupoudrer généreusement la planche de farine; presser ou rouler la pâte à un quart de pouce d\u2019épaisseur.Passer le découpoir dans la farine.Tailler les beignes.Avec un verre à vin, qu'on [ai un soup- surface chaudron 5 de dis- urs dune fourneau ny s que Vois plement: ple e dédie i jek Jée qi cite avait fs ls on 18 fois qu jp oth jrs i à pis arden dite Is I gre pile ai itr tf 8 Ler je pr git pt dans ls ¢ ; sil, PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 APRES la qualité intérieure qui est toujours la PREMIERE qualité à assurer et à apprécier, l'apparence extérieure est d\u2019une indiscutable valeur.La présentation soignée est toujours un signe de raffinement.VOULEZ-VOUS varier un peu le visage de vos beignes?Faites-les comme d\u2019habitude, selon la méthode qui vous réussit le mieux, et au moment de les servir ou peu de temps avant, un petit maquillage honnête et ragoûtant! Préparez au bain-marie, une sauce chocolat en utilisant le chocolat genre Baker, en carré, demi-doux, exactement comme si l\u2019on en veut des petits, Un verre à eau si on a meilleur appétit.Un dé découpera le milieu.Garder les retailles pour la fin et les faire cuire en lanières est encore mieux que les rouler et les remouler de nouveau, car cela durcit la pâte.Il n\u2019est pas nécessaire que la graisse soit profonde.L'essentiel est qu\u2019elle soit très chaude, à 360°F.Et il est important d\u2019en mettre peu à la fois.Ce qui importe c\u2019est que les beignes aient tout l\u2019espace voulu pour bien flotter.Et, tante Anna, vous savez faire des beignes à la gelée ?\u2014C'\u2019est de la fantaisie En voici une bonne reçette.Un oeuf entier.Une jaune d\u2019oeuf en plus.Une demi-tasse de sucre.Une demi-tasse de lait de beurre ou du lait sur.Deux tasses de farine à pâtisserie.Une demi-cuil.à thé de sel.Deux c.à thé de poudre à pâte.Soda à pâte.Une cuil.à soupe de graisse fondue ou d\u2019huile à salade.Aromatiser avec essence ou épices.Rouler la pâte de beigne plrss mince que d\u2019habitude.La découper en rondelles.Placer gelée ou confiture sur la moitié des rondelles.Couvrir des rondelles qui restent, pincer tout le tour et frire comme d'habitude.Merci, merci, tante Anna ! C faire Vallee lorsque vous saucez des bonbons pour les couvrir de chocolat.N\u2019y trempez que la moitié du beigne, que vous pouvez pour varier saucer en plus dans du coco râpé, dans des noix hachées.LE COTE NATURE, sans garniture aucune, ré- vèlera la qualité du beigne lui-même, et tout le monde, à belles dents, mordra dans la fantaisie du côté habillé.SERVANT DE LIT à une mousse de crème fouettée, ou à un blanc-manger de votre choix, des cerises, des raisins ou des fruits en saison, pour finir, 7 votre beigne aura vraiment un air \u201cà plomb\u201d et grande mine.Puis séparez-le en deux dans le sens de la largeur, et \u2014 ce ne sera pas qu\u2019une petite.farce! \u2014 cachez-y des gelées épaisses et qui se tiennent bien.Ou une belle tranche de pommes ou encore des bananes, écrasées à la fourchette, bien battues, et épaissies avec des flocons de maïs (Corn Flakes).Cela ne se croquera pas à belles dents à même le morceau, parce que peut-être qu\u2019il vous faudrait une .bavette, mais il y a une chose qui est certaine: conduite à destination avec une fourchette, une petite ou une grande cuiller, cette friandise disparaîtra comme par enchantement.Vous m\u2019en donnerez des nouvelles ?ET TOUJOURS, un beigne peut servir de base à une belle boule de crème glacée.Regardez-moi cela: est-ce que ça n\u2019a pas l\u2019air appétissant.Il faut garnir avec ce qu\u2019on a sous la main.Et entourer de tranches de pêche ou de bananes.Ce jour-là, les mûres étaient en pleine maturité.Avec leur grosse tête brun foncé, presque noir, elles étaient magnifiques coiffant le rose de la crème, trônant sur les épaules dorées des beignes.Et si vous les présentez autrement, pourquoi ne pas nous raconter cela?N\u2019est-ce pas les idées des unes ajoutées à celles des autres qui augmentent la valeur des sciences domestiques ?Alors, nous sommes d\u2019accord ?Faut soigner la qualité, l\u2019apparence, par la présentation.Ensemble ! [11 IMERIEZ- VOUS GA, passer A quelques jours dans les bois, a la péche?\u201d Par dessus ses lunettes, mon pére, qui nous avait mandés dans son cabinet, nous observait: mon cousin, et moi l\u2019aîné de ses fils, tous deux figés dans la surprise d\u2019une aubaine tout à fait inattendue.Notre mine aussitôt épanouie, plus qu\u2019un oui inutile, avait à l\u2019instant répondu.\u201cC\u2019est bon!\u201d avait ajouté mon père, et sa voix s\u2019était faite sèche et brève pour voiler la joie de faire plaisir où s'était toujours complu son grand coeur.\u201cNous partirons demain pour le lac Mékinac.Le curé de l'endroit m\u2019a souvent invité; je crois que nous ferons un beau voyage.Allez!\u201d J'étais abasourdi.La pêche! le lac Mékinac! le bois! C\u2019était inespéré comme tous les rêves qui se réalisent.D\u2019un bond, je fus dans la pièce voisine où maman fredonnait, penchée sur son tricotage.\u201cMaman! nous allons demain au lac Mékinac, à la pêche, dans le bois!\u201d J'avais alors quatorze ans.Petit pour mon âge, je portais plus que mon plein de vie.De plus, le microbe de l'aventure sylvestre m\u2019avait déjà victorieusement mordu, depuis ce jour où, sur les bords du lac St-Pierre, j'avais sorti de l\u2019eau ensoleillée ma première perchaude frétillante! Cela datait de quatre ans! Depuis, combien d'heures j'avais passées sur le banc d\u2019un canot, par vent, par pluie, à l\u2019aurore, au crépuscule, une branche à la main, une boîte de vers entre les pieds nus, à lutter de patience avec la barbotte ou la carpe! Et voilà que j'allais connaître la véritable pêche, celle des pêcheurs pour vrai, là-bas, bien loin, au lac Mékinac! Le lac Mékinac?Pour être franc, l\u2019endroit ne me disait rien de précis, mais ce devait être magnifique, perdu dans la forêt, sauvage comme son nom, foisonnant de poissons rares.Dans ma cervelle bouillonnante comme un galop de rapide, se heurtaient les désirs fougueux d\u2019une âme d\u2019adolescent.ll se faisait tard.Rendus dans notre chambre, je devisais à voix basse avec mon cousin, de deux ans mon aîné, grandi en plus de tout le prestige que lui valait sa qualité de parent américain.Je l\u2019écoutais religieusement raconter ses pêches fameuses et, lorsqu\u2019il sortit d\u2019un étui de toile une canne à pêche en trois bouts, une canne de bambou avec des oeillets et des douilles de nickel, je fus tout ébahi.Cette canne à pêche me parut d\u2019une longueur incroyable, et quand il m\u2019invita à palper la poignée de liège et que je serrai dans ma main tremblante cette chose si légère, si souple et si longue que le bout frémissant touchait à l\u2019angle du plafond, Je connus un de ces PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 remtier voyage petits bonheurs d\u2019enfant, à ce point complet, que même un peu d'envie ne peut y trouver place.Ensuite il exhiba un: moulinet, deux cuillers aux trépieds garnis de plumes multicolores, quelques mouches écarlates, tant et si bien que lorsque ma mère alertée par nos chuchotements, nous eut crié de la chambre voisine: \u201cVoyons les enfants! ca n\u2019est pas raisonnable, vite au lit!\u201d jJ\u2019'eus honte de moi, car j'en étais rendu à renier tout bas la gaule de taillis et la boîte de vers de terre! La nuit courte fut surpeuplée de rêves.Mes pieds, qui n'avaient encore connu que les aiguilles roussies des pépinières des coteaux Voisins et quelques rares sentiers aux confins de ma ville, foulëèrent fièvreusement des portages impossibles.Des montagnes et des bois monstrueux se bousculèrent sur l\u2019écran affolé de songes terrifiants; des vols de poissons fantastiques se précipitaient sur des cuillers ensorcelées.L\u2019aube nous trouva éveillés dès le petit jour.C\u2019était un matin de juillet.Le soleil clignotait à peine dans la buée.Très vite nous fûmes i la gare, impatients et joyeux, près de mon pê- re portant une valise dans laquelle maman avait soigneusement rangé du linge de rechange et, sans doute aussi, quelques friandises.Dans la salle d'attente exiguë se pressait déjà une petite foule.Je reconnus des commerçants de la ville qui saluérent tour à tour mon père d\u2019une main amicale ou d\u2019un coup de chapeau; mais mon attention fut bientôt attirée par un groupe d\u2019hommes de chantier, de voyageurs; comme nous avions l\u2019habitude de dire.J'avais souvent aperçu des voyageurs dans les rues de ma ville.C\u2019était chez nous d\u2019occurence saisonnié- re, \u2018au printemps et à l\u2019automne; cependant, jamais encore je n\u2019avais eu l\u2019occasion d\u2019en voir de près toute une équipe.Jls étaient tout habillés, ou peu s\u2019en faut, de la même manière : chemises de flanelle avec, autour du cou, l'indispensable mouchoir rouge à pois blancs; feutres sombres, culottes d\u2019étoffe du pays retenues par une ceinture de cuir; bottes cloutées reluisantes de graisse fraîche.Ce costume leur communiquait un air de force, une couleur d\u2019aventure, qui m\u2019impressionnérent profondément.Je remarquai qu\u2019ils étaient d\u2019aspect solide, carrés d\u2019épaules, et qu\u2019ils juraient avec excès.Mais la troupe entière dégageait une odeur de laine, de sueur et d\u2019âcre tabac canadien, qui bientôt satura l\u2019air confiné de la salle et m'\u2019affadit le coeur.Par les portes ouvertes sur le quai, mes yeux, cherchant l\u2019air pur autant que mes poumons, se portèrent sur un homme bien campé, vêtu lui aussi en voyageur, mais sans le mouchoir rouge, et de mise plus soignée.1l dominait les autres de toute la téte.Un petit cercle d\u2019auditeurs semblaient l\u2019écouter avec déférence.Je ne le voyais que de dos mais il se retourna et entra dans la gare: on s\u2019écarta sur son passage.Bientôt il fut près de nous.C'était le fils d\u2019un gros propriétaire de scierie de la ville.~ \u201cTiens! mais c\u2019est vous, docteur?Où allez-vous donc de si grand matin?\u201d fit-il d\u2019un ton jovial, en apercevant mon père.\u201cMontez-vous dans les hauts pour les chantiers?\u201d Nos Voisins s\u2019étaient retournés et nous considéraient.\u201cMon cher Frank\u201d, répondit mon père d\u2019un ton familier \u2014 il était depuis toujours le médecin de la famille \u2014 \u201cJ\u2019accompagne ces deux gargons-la pour une excursion dans le bois, au lac Mékinac.\u201d \u201cAu lac Mékinac?C\u2019est un beau petit voyage\u201d, reprit monsieur Frank.\u201cComme ça, les jeunes veulent aller à la pêche?\u201d Et son oeil se posa de haut sur le cousin américain, coiffé d\u2019une casquette à carreaux, avec un imperméable sur le bras et portant bien en évidence le fameux étui de la canne à pêche magique, puis sur l\u2019autre jeune, souriant sous son canotier et serrant honteusement tout au fond de la poche de son petit complet gris d'été, la boite de carton abritant l\u2019humide ficelle, les pesées et les hameçons de deux sous.Puis après une pause, entre deux bouffées de cigare : \u201cMais j\u2019y pense, docteur, pourquoi ne venez-vous pas avez nous?Je monte avec une \u201cgang\u201d au lac Batiscan.Là vous en verriez du vrai bois! Quant 3 la pêche, c\u2019est pas Une ques- \u2026 tion, c\u2019est \u201cà la tanne\u201d.Pas besoin de rien apporter, je me charge de tout.Ça vous fera du bien une bonne quinzaine dans les hauts!\u201d Mon pauvre père, esclave de sa cli- entéle, et qui ne s\u2019arrachait qu'avec peine, pour quelques heures, à son cabinet de consultation, leva des yeux éplorés.La seule idée d\u2019un pareil voyage l\u2019avait interloqué.Je vis trembler sur son bras mon paletot d\u2019automne que ma mère lui avait confié; les enfants sont si distraits! \u201cTu n\u2019y penses pas, Frank! finit-il pas dire, d\u2019une voix blanche.D'abord, on est parti pour deux jours, trois jours au plus; et puis je n\u2019ai pas le goût, ni l\u2019âge, et encore moins le temps, de courir les bois!\u201d Il nous regarda comme pour nous prendre à témoin; mais de dessous la casquette à carreaux et de dessous le canotier se levérent quatre prunelles si implorantes, qu\u2019aprés une longue pause il ajouta : \u201cEcoute, Frank! si les jeunes voulaient et que,.bien entendu,.sans te gêner, tu voulais aussi les emmener, peut-être que.\u201d \u201cCa va faire, docteur; jJemmeéne les jeunes, ils ne le regretteront pas; vous avez tort, tout de même, de manquer ce vovage-là.\u201d \u201cAll aboard!\u201d criait a instant le conducteur du train, et, sans trop savoir comment, nous voilà à la fenêtre d\u2019une voiture, disant adieu de la main à mon père resté sur le quai de la gare, la valise à la main, mon paletot sur le bras, l\u2019air un peu ému, mais pas fâché tout de même de retourner aussitôt à ses malades.Poussi! poussa! le train des Piles s\u2019arracha à la langueur somnolente de la gare, aussitôt reprise par le silence et le soleil.Bien sage sur un banc de bois de seconde, je me penchais pour voir défiler par la fenêtre (le cousin avait de droit pris la place du fond) les coteaux endormis sous les pins.Puis ce fut le pont de fer, ainsi désigné à cette époque pour le distinguer du point de bois à l\u2019usage des voitures et des piétons, à un demi-mille plus bas.Le pont de fer, frontière jamais franchie, qui jusque là avait su défendre contre mes désirs les bois du nord et leurs attirants mystères! Souvent, du sommet de l\u2019humble Cap-à-la-Corneille, lequel me faisait l\u2019effet d\u2019une montagne fort respectable, j'avais contemplé la rivière de bronze, la forêt mauricienne étalée immensément par delà, et ce pont jeté comme une tentation entre la ville et l\u2019aventure.Les poutres d\u2019acier trépidaient, les roues des wagons gringaient, mon coeur d'enfant était agité de petites secousses délicieusement nouvelles, en passant au-dessus de l\u2019eau cernée de remous, où des billes tournoyaient avant de reprendre le fil rapide du courant.Les hommes de chantier occupaient la voiture précédant la nôtre, mais trois ou quatre avaient pris place sur les banquettes de notre wagon.A tout instant il en passait quelques- uns, et je retrouvais, à leur passage, l\u2019odeur de laine mouillée et de cuir gras qui m'avait désagréablement touché le coeur.Cependant je commençais à m\u2019y faire, parce que les fenêtres ouvertes laissaient entrer, tout plein, l\u2019haleine matinale de la campagne.Leurs pas, désunis par les cahotements, résonnaient, métalliques, sur le dur parquet de la voiture.Deux d'entre eux s\u2019étaient arrêtés pour saluer des compagnons au siège voisin.Après une tape amicale sur l\u2019épaule, la conversation s\u2019était engagée, puis le grand avait tiré un flacon noir de la poche de sa culotte.\u201cPasse la corneille qu\u2019on mouille ça Polydor; on monte rien qu\u2019une fois par voyage\u201d, avait lancé une voix pâteuse.Tous buvaient à même la bouteille, et, après chaque gorgée aspirée longuement, les yeux clos, ils s\u2019essuyaient la bouche avec la manche de leur chemise.J\u2019ouvrais, tout grands, des yeux naïvement avides, tandis que mes oreilles effarouchées s\u2019accoutumaient déjà aux jurons robustes, soulignés d\u2019énormes crachats de jus de chique, Nous parlions peu, mon cousin et moi, tout a l'impatience d\u2019arriver au but de notre voyage.Pendant les longs stationnements du convoi, qui s'arrétait aux gares des rares Vvilla- ges pour Se charger de sacs d'avoine ou de balles de foin, nos langues se déliaient, histoire de tuer le temps, oy A ue PE mais les to plable bols ve, à el de décid fran! lourd mont En tes | [hor cha ol ¢ demi re Hi dre \u20ac wage quant camp for Le ment sn sin, | fenê den avg [i S08 non le fi têtes dre cou Un de fr than pent ton 8 ti post sort LE seul trey Sain Four dise, i ax de Le bou th Cer Li Gang vait hy iy Ua Par] ty ry te) étés de 1 git noir ile fois jent leur gti PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 mais toujours nos regards, par delà les toits rouges des gares toutes semblables, cherchaient à découvrir des bois et des montagnes.La locomotive, après tout un chapelet de sifflets et de coups de cloche, finissait par se décider, en geignant, à mettre en branle ses wagons de plus en plus lourds, sur un chemin de plus en plus montant.Enfin, la crête bleuâtre des premières pentes des Laurentides apparut à l\u2019horizon; la ligne des bois se rapprocha graduellement, jusqu'au moment où elle étouffa le dernier champ, la dernière friche.Alors, pour la premié- re fois, je ressentis, sans la comprendre encore, cette détente mêlée de vague inquiétude qui vous envahit quand, du champ cultivé et de la campagne, on passe subitement à la forêt.Les voyageurs s'étaient tus un moment.Bientôt une chanson, une chanson à répondre, s\u2019éleva du wagon voisin, et le refrain, repris par toutes ces fortes poitrines, s\u2019évadait par les fenêtres, s\u2019amplifiait dans les coupes de rochers, courait le long du train avec la fumée tourbillonnante.Etourdi par le bruit et les chansons, Je regardais défiler les arbres, non sans jeter de temps à autre, vers le filet métallique au-dessus de nos têtes, un oeil attendri à l\u2019étui de toile grise où dormait la canne à pêche du cousin d'Amérique.Un remue-ménage subit, des coups de freins brutaux, et le convoi, débouchant d\u2019une gorge, s\u2019allongea en serpentant le long du Saint-Maurice, en contre-bas du vollage des Piles.Sur le quai rudimentaire de la gare régnait l\u2019animation ordinaire à ce poste, qui jouissait alors d\u2019une importance qu\u2019il ne connaîtra plus jamais.C\u2019était en effet le terminus du seul chemin donnant accès aux nombreux et importants chantiers du Saint-Maurice, l\u2019unique port fluvial pour le transbordement des marchandises; si bien que, provisions, outils et tout l\u2019équipement indispensable aux travaux d'exploration forestière, devaient emprunter la voie des Piles.Le village vivait du St-Maurice et le pouls de son commerce battait au rythme de celui de la forêt qui l\u2019encerclait de toute part.La, je me sentis plongé tout à fait dans une ambiance singulière qui m\u2019avait étonné depuis le départ.Tout le long de la petite rue montant à l'église, sur le quai de la rivière, sur le quai de la gare, partout, gens, choses, parlaient un seul langage : celui des chantiers.Les hommes, sac au dos, descendaient des wagons; au bord de la rivière, d\u2019autres hommes, bottés dans le bois et en chemise, portaient sur leurs épaules d\u2019invraisemblables fardeaux qu\u2019ils posaient dans des chalans amarrés à la file.À quelques pas de là, des chevaux se tassaient dans un étroit enclos; un peu plus loin, des charpentiers construisaient des barges de drave aux bouts effilés dont les charpentes, soutenues par des étançons, ressemblaient à des carcasses de gros poissons.Monsieur Frank nous cherchait des yeux; il nous apergut et s\u2019avança vers nous, accompagné d'un grand et solide gaillard.\u2014Tiens, Jos, voila tes élèves.Tu vas avoir bien soin de ces garçons-là; ils montent avec nous à la Batiscan! \u2014C'est bon, Monsieur Frank, répondit le guide avec déférence, tout en lorgnant, un peu narquois, la casquette à carreaux et le canotier qui se sentaient si dépaysés, si perdus, si petits! Il s\u2019en rendit compte aussitôt; alors sa bouche s\u2019éclaira d\u2019un sourire bienveillant, ce qui nous mit immédiatement en confiance.\u2014 Ça, les jeunes, c\u2019est Jos Dufour, le meilleur homme de toute la \u201cgang\u201d, conclut Monsieur Frank.Nous ayant ainsi présentés à notre garde de corps, il lui donna un vigoureux coup de coude dans les côtes et s'en fut en riant vaquer à ses affaires.Notre guide nous conduisit à une maison de pension du bas du village.La salle à manger débordait de voyageurs en route pour les \u2018\u201c\u2018hauts\u201d\u2019.Des bouches affamées mastiquaient bruyamment; des mains calleuses maniaient les fourchettes avec des gestes gauches, pour les déposer, aprés quelques moments, et continuer avec le seul couteau, ce dernier diner servi sur une nappe blanche.Lorsque la servante, une rougeaude forte en chair, sortait de la cuisine les bras chargés de plats, les dineurs la saluaient de boutardes grasses qu\u2019elle semblait ne pas entendre.Un jeune, plus hardi ou plus émêché que les autres, ayant voulu lui prendre la taille au passage, elle le gratifia d\u2019une gifle si retentissante qu\u2019il en avala de travers, et toute la salle éclata en quolibets et en rires moqueurs.- L\u2019après-dîner nous retrouva au bord de la rivière.Pendant notre absence, le \u201cSamson\u201d était venu s\u2019amarrer au quai, en avant des chalands.Le \u201cSamson\u201d, orgeuil des gens des Piles, était un remorqueur dont l\u2019entrave, blindée de plaques de tôle, avait l\u2019aspect d'un front de taureau.Construit pour la dure navigation sur le Saint-Maurice, il pouvait, avec sa double quille de chêne protégée par des lisses de fer, se frotter sans risques aux cailloux des rapides.Sa grosse cheminée pouffait d\u2019un souffle impressionnant.Le pilote, un vieux de la vieille, qui avait depuis longtemps échangé avec fierté sa tuque de draveur pour une casquette de navigateur, était debout sur la passerelle, les mains derrière le dos, contemplant de haut les voyageurs, d\u2019un air qui voulait dire : \u201cC\u2019est moi le pilote du \u201cSamson\u201d, le meilleur bateau du Saint-Maurice!l.\u201d Jos Dufour nous fit monter à bord et nous installa sur le pont supérieur, près de la cheminée.Sur le qual, les gens levèrent la tête.\u201cRegarde-moi donc la casquette car- reautée et le chapeau de paille! C\u2019est pas dommage! Ils vont faire le voyage sur le \u201cSamson\u201d, confia tout haut, un grand maigre à son voisin.Le soleil d\u2019un étouffant midi de juillet, joint à la chaleur humide qui montait de la chambre des machines sous pression, nous faisait déjà suer à grosses gouttes, lorsque le pilote lança d\u2019une voix de commandant de flotte : \u201cSlaque les amarres!\u201d Aussitôt une demi-douzaine de gamins nu-pieds, qui n\u2019attendaient que ce moment, se précipitèrent sur les câbles en se bousculant.Le plus fort attrapa le filin, le lança adroitement sur le pont du bateau, puis, fier de son coup, se retourna vers ses compagnons penauds.\u201cHein! les gars! c\u2019est moi qui l\u2019ai décrochée l\u2019amarre du \u201cSamson\u201d, disaient ses petits yeux triomphants.Nous démarrâmes lentement.Plusieurs voyageurs, mêlés aux villageois qui n\u2019avaient garde de manquer un départ du \u201cSamson\u201d, s\u2019alignaient sur le quai; et quand le capitaine-pilote tira sur la corde de sirène, malgré la pluie de vapeur bouillante qui s\u2019abattit sur la casquette de \u201cmain street\u201d et sur le canotier trifluvien, les deux élèves de Jos Dufour se redressèrent \u2018fièrement face la foule.Ce fut un des beaux moments du voyage.Monsieur Frank ne tarda pas à nous rejoindre avec deux des contremaîtres.lls causaient de chantiers, de barrages, de campements, Je sus que notre équipe de bûcherons s\u2019en allait préparer le terrain pour la coupe de l\u2019automne.Le \u201cSamson\u201d avait pris sa marche accoutumée, il remorquait à la file sans effort, deux longs chalands dont les étraves carrées refoulaient patiemment les eaux rapides de la rivière.Le premier était chargé à couler d\u2019une dizaine de chevaux et d\u2019un monceau de balles de foin, de barils et de sacs.Dans le second, les voyageurs, assis sur leurs paquetons, ou étendus parmi les godendards et les bacagnoies, fumaient indifférents.Tout à l'arrière, attachées au dernier chaland, trois barges de drave rouges zigzaguaient, légères, au gré des .remous.La rivière coulait majestueuse et brune entre les hautes rives boisées.Habitué aux grèves sans relief du lac Saint-Pierre et aux berges sablonneuses du Saint-Laurent, je me sentis transporté dans un monde nouveau.J'éprouvais, à contempler les collines sévères, les rochers abrupts, les ondulations infinies de la forêt, un rapetissement de tout mon être.La nature sauvage du pays mauricien, que le plus chaud soleil ne parvient jamais tout à fait à faire sourire, ver- + Sylvain + sait dans mon âme neuve son apaisante mélancolie: Devant nous, des chevauchements de montagnes barraient la route, fermaient l\u2019horizon, qu\u2019un tournant brusque nous découvrait, barré de nouveau par d'autres montagnes aux étranges découpures.Un chat monta du groupe des voyageurs.Une voix sonore et jeune lançait allègrement les couplets d\u2019une chanson de chantier.Un choeur discordant, que dominaient des éclats de plus en plus rauques, reprenait à con- tre-temps le refrain.J\u2019entendis près de nous un contremaître dire à Jos Dufour : \u201cY font bien d\u2019en profiter; c\u2019est leur dernière journée; du train qu\u2019ils mènent ça, j\u2019pense qu\u2019ils ne prendront pas de temps à se mettre à sec.\u201d En effet, chaque voyageur, ou peu s\u2019en faut, tête nue, poitrine au vent, brandissait à bout de bras un flacon de gin, la boisson favorite des bûche- rons, tandis que les falaises indulgentes se renvoyaient d\u2019une rive à Vautre le chant connu, et que le \u201cSamson\u201d, tout à son affaire de remonter le courant, pouffait avec placidité.Souvent il arrivait que des billots de l\u2019ancien temps, des billots gros et lourds \u2014 on ne dravait pas alors des allumettes, disent dédaigneusement les vieux \u2014 venaient heurter la coque du bateau.Cela produisait un bruit sourd sous nos pieds, suivi d\u2019un frottement qui courait tout le long du remorqueur.Les premières fois, je ne pus retenir un sursaut d'inquiétude; mais je regardais le pilote imperturbable et je finis bientôt par m\u2019habituer à ces bruits insolites.Au rapide Manigonce les choses se corsèrent.On était aux eaux basses d\u2019un été anormalement sec.Dès que le \u201cSamson\u201d se fut engagé dans le rapide, il y fut reçu par des coups de bélier qui firent vibrer sa solide membrure.Notre vaillant bateau frappait des rocs submergés, grattait sa quille sur des cailloux, s'arrêtait presque, de biais dans le courant, puis, han! à grand effort de son hélice, il se redressait et reprenait sa course.Le chapeau de paille d\u2019une main, je m\u2019agrippais de l\u2019autre, tout en regardant d'un oeil peu rassuré danser, autour de nous, des pointes écumantes et rouler des tourbillons.A ce moment j\u2019avisai trois croix plantées sur un platin à notre droite.\u2014 Qu'est-ce que c\u2019est que ces trois croix-là, demandais-je.à notre guide.\u2014Ces croix-là, mon p'tit gars, c\u2019est pour un canot qui a chaviré, au milieu du rapide.lls étaient trois dedans; ils ont pas été chanceux.C\u2019est pas rare dans le- Saint-Maurice ces monuments-là; t'en verras tout le long, un peu \u2018partout.Depuis le temps qu\u2019on drave, c\u2019est pas surprenant.De peine et de misère, notre \u201cSamson\u201d, et sa remorque, avaient réussi à atteindre la tête du rapide.Je contemplai, une dernière fois, les trois (Suite à la page 16) 10 PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 Beau temps \u2026.visage lL [1 L.| N parle.; 4 ( I De 1871 à 1901, la province moins quinze cents paroisses | de Québec a perdu environ agricoles canadiennes.Si nous .off Rien de plus indiscret que 631,662 de ses enfants.Je avions cette population au Ca- i votre visage, mesdames.Vous sais bien que tous ne sont pas nada, la situation serait tout % marder J ; .; .r | pouvez garder une silhouette établis hors du Canada; met- autre.Nos écoles d'agricultu- np relativement jeune, élégante, re .x \u2018 four ¢ mais votre visage c\u2019est un bavard.Etes-vous faible ?Votre sang tons qu'il y en ait 200,000 qui re serviraient peut-être à former ,Ç est-il pauvre ?Votre figure le dira.Ne permettez pas à la fatigue, sont allés dans l'Ontario ou au plus d'agriculteurs, cultivant Ne aux douleurs de dos ou de reins de cerner vos yeux.Ne laissez pas vos _ ._ .le troubles internes faner votre teint et vous vieillir avant le temps.Nord Ouest, nous aurions \u20acnco leurs fermes.Une population | Sauvez votre fraîcheur et votre apparence en soignant vctre sang re le chiffre énorme de 430,000 agricole plus nombreuse aurait bé avec les bonnes PILULES ROUGES.des nôtres qui sont allés accroî- sans doute exigé un système édu- les hi Commencez un traitement tout de suite.Vous ne serez pas les tre la population et la richesse cationnel plus en rapport avec et de seules à bénéficier des bons effets de ce tonique.Depuis 50 ans les _.ae ._ .bonnes PILULES ROUGES ont aidé des milliers de jeunes filles et de de nos Voisins, les Américains.les fins agricoles.Et lo cultu de jeunes femmes qui souffraient de : fatigue, faiblesse, paleur, périodes C'est donc 430 paroisses de re intensive serait plus favori- Jean, douloureuses cu irrégulières dues à lANEMIE ou autres malaises 1,000 âmes chacune que nous sée.belle causés par un manque de fer (hémoglobine) dans le sang.f d .A .d L Leur popularité qui va sans cesse grandissant n\u2019est-elle pas la aurions pu fonder dans cet in- vec trois cents paroisses de aun meilleure preuve de la valeur et de l\u2019efficacité des bonnes PILULES tervalle: 430 paroisses! assez plus dans la province de Québec, royal ee EE bon tonique, le préféré des femmes canadiennes, est en pour constituer quatre ou cinq il ne serait pas nécessaire de deux grands diocèses.compter sur les autres provinces dul : Si les trois millions de Cana- pour nourrir notre population.nied PILULE S ROUGE S diens français, issus des 60,000 Nous pourrions alors parler de la pa qui formaient la nation cana- division de nos terres et de leur fi Pour les Femmes Pâles et Faibles dienne en 1760, étaient, sinon mise en culture de façon plus fi .50g la boite ou 3 pour $1.35 tous dans la Province de Qué- pratique, parce que nous n\u2019'au- tonbi bec, au moins dans la puissan- rions plus beaucoup d\u2019autres bon- ; , .ye , ! sûre \u20ac ine, Ltée.srg.Cie Chimique FRANCO Américaine, Ltée., ce du Canada, ne serions-nous nes terres a défricher, parce que mt 1566, rue St-Denis, - - Montréal pas incomparablement plus forts notre population augmentant de- ks pour défendre et réclamer les vrait forcément s'établir dans les ito \u2019 | droits de notre langue et de paroisses déjà ouvertes, si nous so notre foi, et pour protéger les Ne poussons pas en dehors du tit 20 groupes plus faibles de nos na- pays.if BELLES.PRIMES ; , ns .; .i tionaux noyés au milieu des ra- Quinze cents paroisses agrico- Mies à vofre choix | ces souvent hostiles à la nôtre?les de plus au Canada, cela re- hr Le Père Martineau, s.j., présenterait pour nos manufac- ed 7 (en 1908) turiers, pour toutes les classes de i æ GAGNER far e travailleurs aussi bien que pour fn EURLS ef es les classes professionnelles, un on ; 1 : .MOINE JEUNES.Cependant des milliers d\u2019acres tel appoint, que nous aurions peu \u201c \u2018 = , ., I Gagnez facilement de Pargent ou d'excellente terre, près de vos connu la dépression présente.tab ortes, n\u2019attendent que des bras .: de superbes cadeaux gratuits en ç : et .q dé Et pourtant, ces quinze cents cloud vendant pendant votre temps li- orts et vigoureux pour se .Paroisses ne représentent pas en- fn, bre nos cartes de Noël et Bonne pouiller des antiques forêts qui core la\u2019 population que nous , ë - 4 Song née.sone si belles cc les ombragent * pour récom- avons cherché à remplacer par i rtim varié que vous - Ç ; | n'avez qu'à les varié que penser au centuple la main '\"\" des étrangers, en dépensant tant i q à vos dustrieuse qui les voudra culti- 4 illi ki les: dr e millions de notre argent, en amis pour les vendre.ver.Il importe donc de diri- qi ; roi Gen GN CE, : one sacrifiant de si larges territoires TD ger de ce côté-lé ceux de nos sur nos terres nt Aucune expérience nécessaire.Clest si frères qui seraient tentés d'émi- Lo le fe facile.Mallez-nous le coupon et nous 1, Penserons-nous enfin à notre \u2018 vous enverrons, un bel assortiment d'une grer et de les retenir ainsi dans intérêt ?Un leur de $790 de canes 23 Pour 106 le sein de notre patrie, assez Ado terons n tre \u2018 \\ \u2018temps.pus Fétournez l'argent.seule- vaste et assez riche pour renfer- Adop les | devis autremen ment après es avoir vehdu,-et nous vous .u en paroles la evise : retournons alors la prime que vous chos< mer, nourrir une population q P ; sissez.- beaucoup plus nombreuse.Aux Canadiens la terre cana- ] dienne.| Lettre collective des .2 ; et agirons-nous comme des hom- ly évéques du Québec , ., M mes sérieux qui travaillent pour 0 \u2018 (en 1850) ' .ne Veuillez m'expédier um assortiment de $7.90 l'avancement de la cause natio- à x catalogue d J PI © Un © cartes et catalogue de primes.Je re- : .AUTRES PRIMES \u201c9 toumncrai l\u2019argent' après en avoir terminé la\u2019 ! nale, pour le plus grand avantage Qe GRATIS A vente afin de récevoir la prime que je choisirai, 1 Quelle est la cause réelle du du pays ?ÿ .D ; ; th MONTRE POUR DAME 8 Non: 1 lai d It > © FER ELECTRIQUE : : i malaise de notre agriculture?SN amas MRE 1 C\u2019est qu\u2019il nous manque pour le J.-E.Laforce (en 1932) i ' ® CRUCIFIX È çÇ 4 ity, adress @ PRIMES, DE Rd MINISTERE DE LA COLONISATIQ de paroisse, fi Nou; hoy Co.fit toy gic fo Avant Piletign UR quip sème éd.Port orge lo uly.US fave.oisses de Québec, saire de provinces pulation, ter de Jo + de leur on plus 0s ou: utes bon- parce que ntont des + dons le , 51 nous hors du es age , tel re manufac: classes de que pou elle, un rons ped se, ne cents nt pos en ie nous cer par gant font gent, \u20ac° eros motte pement mo CO des ho fst a ge sol grt o TL PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 aATION Il est nécessaire d\u2019aider le colon.Intellectuellement d\u2019abord.J'entends : le former, lui donner une âme de pionnier, lui faire comprendre la portée et la grandeur du rôle auquel il est appelé.N'est-ce pas ainsi qu'ont procédé les vrais colonisateurs: l\u2019abbé Hébert lorsqu'il entrainait les hommes de la Baie-Saint-Paul et de Kamouraska vers les solitudes mystérieuses du Lac Saint- Jean, Mgr Labelle \u2014 le curé Labelle ! \u2014 jetant au coeur des Laurentides les bases de notre royaume du Nord, Fabbé Bilo- deau, établissant dans les plaines du Témiscouata, la petite colonie dont on sait l'émouvante épopée?Si cet esprit de conquête et d'abnégation leur fait défaut, combien parmi ceux que la misère chasse de la campagne auront le courage de préférer le rude sentier de la forêt aux routes attrayantes de la ville?Combien, surtout, établis en pays de colonisation, pourront supporter les difficultés inévitables des premiers mois : l\u2019âpreté du climat, la rudesse du travail, les souffrances de l'isolement?Education de l\u2019homme, éducation de la femme aussi.Sans une compagne courageuse, pas de vrais colons, pas de fondations stables, pas de ces demeures chaudes et vivantes où l\u2019affection de l'époux et des enfants panse les blessures de la vie et fait aimer la besogne ingrate, pas de ces groupements qui s\u2019enracinent peu à peu au sol vaincu et font bientôt montrer dans le ciel le fier clocher de nos paroisses canadiennes.Le R.P.Papin Archambault, s.j.(1932) © La propriété paysanne, \u2018quand l'amour du sol préside à sa naissance, est souveraine pour parer au malaise rural.Elle est inefficace quand la tiédeur a remplacé l'amour\u201d.Or, I'amour de la tere s\u2018attiédit au coeur de notre peuple.Les uns vivent sur la terre sans l'gi- mer.Les autres, comme de médiocres fils de parvenus, n\u2019entretiennent pas pour la terre et ceux qui la cultivent le respect et la considération qui lui sont dus.Il nous faut choisir de raviver notre amour de la terre par la colonisation et l'amélioration de notre agriculture; sinon, nous rompons avec le passé.Nous renonçons à l'élément essentiel qui nous a permis de jouer un rôle sur ce continent.Le R.P.Lévi Côté, o.m.i.La race, la langue, l'éducation et les moeurs forment ce que j'appelle un élément personnel, national.Mais cet élément devra périr s\u2019il n\u2019est pas accompagné de l'élément territorial.Si plus tard, on voulait s'attaquer à notre nationalité, quelle force le Canadien français ne trouvera-t- il pas pour la lutte dans son enracinement au sol ?Sir Georges-Etienne Cartier, (en 1855) L'oeuvre de restauration économique se ramène donc pour nous principalement à une oeuvre de restauration rurale.Et par restauration rurale, nous entendons 1.\u2014 l'occupation effective de toutes les terres disponibles de notre province; 2.\u2014 le relèvement de notre agriculture existante par l\u2019adaptation aux besoins de nos marchés, l'amélioration des rendements, l'amélioration et la diversification des produits; 3.\u2014la mise en oeuvre des ressources locales et régionale susceptibles de donner lieu à une industrie de transformation, petite ou moyenne, qui serait comme le prolongement de l'agriculture elle-même.Esdras MINVILLE DE LA PROVINCE DE QUEBEC OXO est épatant ! Il fait en un clin d'oeil un bon breuvage chaud ou une soupe délicieuse.Il est un auxiliaire précieux pour toute la cuisine du camp ou de la maison.Il a tôt fait d\u2019apporter à vos repas l\u2019excellence et la saveur du boeuf.En cubes ou liquide, Oxo vous donne tant pour si peu ! 11 \u201cPour éclipser l\u2019adversaire il faut briller grace 3a NUGGET !\u201d\u2019 ROUGE, NOIR ET TOUTES COULEURS DE BRUN wer 8 LT 3F-49 tel 12 JAN SR NAY 3 > = TE a i) ya Hs 5 EE SH ri \u201c= i VC NE 7 Ip) 7 is A 7 ÿ re: +) 4 Cahier de tricots, en francais pour enfants, dames et messieurs.Monarch No 100 .40 cts Claire-Vallée, St-Sylvère (Nicolet) PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 Modèle 2001.\u2014 Nos petites filles sont Modèle 3078.\u2014 Ce petit costume, il toujours gentilles quand leur maman en fera rêver des fillettes.Les trois- soigne la toilette.Belle tunique et pièces dans le même patron : jupe, blouse.Pour 6 à 14 ans.blouse et boléro.Pour 2 à 10 ans.Modèle 2491.\u2014 Petite salopette et Modèle 3079.\u2014 La jupe à bretelle et jaquette pour faire ensemble.Rien de la blouse pour les jours doux, et, sous plus serviable pour les petits qui ont la même jupe, un chandail ferait bien.les genoux à l'abri des écorchures.Pour 6 à 14 ans également.Pour 1 an, 2, 4 et 6 ans.PAS DE CHAPEAU SANS FORMES Il est aussi nécessaire pour une femme un peu adroite d\u2019avoir des formes à chapeaux que d\u2019avoir un bon patron de coupe pour tailler ses robes et une machine à coudre.Les formes à chapeaux ont cet avantage qu\u2019elles ne varient guère dans leurs lignes essentielles.En voici un jeu complet qui a été préparé à l\u2019atelier de PAYSANA, en beau pin du pays.Trois formes de calotte qu\u2019il sera ensuite facile, en paille ou en feutre, de pincer et de draper ici et là, selon les fantaisies de l\u2019artisane.Puis le grand bord plat qui sera ou tombant ou relevé.Le bord roulé pour faire le breton également tombant ou relevé.Les entrées de tête à chevilles s\u2019ajustent facilement à l\u2019une ou l\u2019autre de ces formes de base et sont pour 21 puis 22 pouces.Le cerceau permet la transformation de n\u2019importe quelle calotte en bérét.Le jeu complet de ces formes à chapeaux, huit morceaux en tout, se vend $15.net, à L\u2019ATELIER, Claire-Vallée, St-Sylvère (Nicolet).Voil quil pro Qu de moyenne sement bi mais Rit pur exo gon df Gus tlle tl Lire Dppz 852 anh sea lation (it mom tae de la ning (one, (na Sages pa Joplin puma d' ln dem coude, à La pomme lint plug qui autre Un somme de M Grigg n Pris.Tous in le Gly : nay, is ly ly iy Mage Tsay Carly \u20ac de à Cay; Moy; \\ tir gy Mir à \u201cte it, Ying i Bg by i Bo Les \u201cn Et A PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 Vive La pomme.(Suite de lu page 5 d) POMMIERS DE COMMENCEMENT D\u2019HIVER 1) Lobo Produisant des fruits tous les deux ans, l'arbre qui nous donne la pomme Lobo est de grande valeur.En effet, ce fruit est exceptionnellement attrayant en raison de sa couleur rouge vif et de sa chair juteuse, fondante et savoureuse, D'octobre à janvier, elle fait les délices des amateurs de bonne pomme et d'excellente santé.Elle a tendance à déplacer la Wealthy sur le marché en raison de son apparence.2) MeIntosh Voilà l'arbre le plus demandé dans la province de Québec parce qu'il produit la variété de pommes qui connaît le plus de succès au point de vue commercial.La McIntosh est une pomme de grosseur moyenne, de forme arrondie, allongée parfois vers le pédoncule, légèrement bosselée, d'un jaune pâle presque entièrement couvert de rouge cramoisi, à la chair blanche, tendre, juteuse, ayant un petit goût acide ct aromatique très agréable.C\u2019est la pomme fondante et savoureuse par excellence.L'arbre étalé a plus ou moins de rusticité selon les régions et produit régulièrement d'intéressantes récoltes.3) Cortland Grosse pomme jaune pâle et rouge cramoisi, très agréable au goût: telle est la Cortland qui connaîtra probablement une certaine vogue.@ Est-ce que ce petit être impuissant a assez à manger?Ne vous inquiétez pas, mamans! S\u2019il n\u2019a pas suffisamment, il vous le dira probablement \u2014et fort.Les bébés semblent savoir quelle quantité de nourriture il leur faut.Quand on leur en donne trop, ils la refusent.Quand ils ont ce qu\u2019ils veulent, ils s\u2019endorment repus.Quand ils en ont trop peu, ils crient pour en redemander.Le poids de bébé est ce qui importe.Mais ne vous À quels changements vous attendre dans le & A2 4 Loi # œ \u2018 alarmez pas si le poids de votre bébé différe d\u2019une livre ou deux du poids moyen donné sur le tableau ci-dessous.Cependant, si la différence est trop grande, consultez votre médecin.L'arbre est vigoureux et donne des fruits chaque année car il se dêve- loppe assez rapidement: ceux-ci sont propres à la consommation de TABLEAU DES AÂGES\u2014POIDS \u2014TAILLES ve 2 .Ez no mbre a mars.; PTR ; POUR GARÇONS POUR FILLES À Signalons enfin parmi les autres variétés d'hiver demandées pour - 3 .by: .1 3 6 9 12 18 24 Taille 1 3 6 9 12 18 24 3 plantation domestique: la Saint-Laurent d'hiver et la Milwaukee.mo.mo.mo.mo.mo.mo.ma.(pou) mo.mo.mo.mo.mo.mo.mo.A Cette nomenclature est bien longue: elle démontrera toutefois l'impor- 3 20 3 E 3 Lol x ; ; ; .9 10 21 9 10 E tue tance de la pomiculture dans la province de Québec et les recettes fort wo al 22 10 | E intéressant tte culture peut apporter à ceux qui veulent s\u2019 1 12/8 23 11 12 18 fe mn téressantes que cette ture peut app q y nopiz 2 Hes, ji ite el consacrer.13 25 13 1 15 | ; 24 Le 13 14 15 16 4 15 Bin de On a vanté les propriétés médicinales de la pomme et des cam- 15 17 17 18 26 15 16 17 17 qui ot set ; ; ies : ; 16 18 18 19 27 16 17 18 18 vire pagnes pacifiques et intensives ont été entreprises pour convaincre la 19 19 20 20 28 19 19 19 19 population d'en manger abondamment.Voici en quels termes un 0H |U |A 25 19 12022 journal d\u2019outre-mer renchérit sur ces avancés: \u2018\"Chacun sait qu'il n'est 7121513 2 % HU 11131313 rien de meilleur que de manger une pomme bien mûre avant de se 24 24 24 25 32 23 24 24 - .As 24e 26 26 26 33 25 25 coucher, et cela ne peut faire aucun mal, même à un estomac délicat.27 27 34 2 2 : , La pomme est un excellent aliment pour le cerveau, parce qu\u2019elle con- 2512 35 29 29 pr Lo tient plus d'acide phosphorique en éléments assimilables que n'importe 21 3% 30 ir des quel autre fruit.Elle stimule les sécrétions du foie, elle provoque \u2014\u2014 \u2014\u2014 , ; ; ; ,.(Les poids indiqués ci-dessus sont en livres) olr Un un sommeil profond et salutaire et est excellent désinfectant de la bou- tailler : che.Mais ce n'est pas tout: elle prévient aussi les indigestions et les Le premier grand changement dans le menu pudre.* diverses maladies de la gorge: enfin, on en fait un thé délicieux\u201d.Et de bébé se produit quand le médecin dit .> .\u2019il est prét pour les aliments solides\u2014 cl ourrions-nous ajouter un cidr n .qui est pret p 2 : > p S .ou .e qui n'a pas son pareil .mais cela généralement quand bébé a environ quatre guere nous entrainerait trop loin! mois.Maman et bébé découvrent alors le | Revenons plutôt aux arbres chargés de fruits mûrs, lourds et si praisir que procurent les Purées Helnz\u2014 ne ied 3 : , : ; ras riété i t appétissantes faites de délicieux à voir: c'est l'offrande de la be i - #{ variêtés saines et app .' ., ¢ b Île sa son al agriculteur be avec des légumes, des fruits et des viandes ANA, sogneux.c'est la récompense de son travail persévérant et consciencieux.de choix\u2014passées au tamis pour être de Mais cette richesse fruitière a été préparée, il y a plusieurs mois, par la consistance lisse et uniforme, faciles | sea féerie inoubliable des Pommiers en fleurs.Rien n'égale en décor la à avaler et à digérer pour bébé.Le grand changement suivant se Heinz, les Aliments Heinz pour Bébés sont scientifiquement cuits\u2014et mis en boîtes sous atmosphère inerte\u2014de Ù ments Heinz pour Bébés (Etiquette bleve), d'Aliments Heinz pour clair de la Laurentie les branches innombrables et parfumées de tes pommiers en fleurs .AN n fer magnificence de cette mise en scène pour fêter le retour de la vie fré- | produit quand bébé atteint environ li missante, de la sève capiteuse ct le renouveau des espérances illimitées.| Un an et que le médecin conseille des : sane C'est l'heure où dans la nature tout ce qui vit se sent pousser des ailes | \u201climents de consistance plus coriace.; É + des désirs infini , .; : A ce moment-là, choisissez les ali- He b ga 00 et des désirs infinis vers un épanouissement tout fait de beauté et ments de bébé parmi les 17 appétis- Z| E qulé d'amour.Printemps, saison des bourgeons et des pollens, saison des santes variétés d\u2019Aliments Heinzpour Quond vous faites 9 2: 3 Jo amours végétales, reviens-nous chaque année pour aligner sur le cie] | Enfants.Tout comme les Purées cherchez je gamme F2 i | Zi E jo fi oo i I Enfants (Etiquette rouge) IN iné t les deux réales ; façon à conserver les sels minéraux et Primo en pe BIBLIOGRAPHIE: | autres éléments nutritifs à un haut Cotes pour Bébés, > Le s sxe .é ; Béb Ay Frere Marie-Victorin, La Flore laurentienne.i degré.Heinz souriant.¢ \u2018 ypdor E.L.Massicotte, Cent fleurs de mon herbier.feu ä alte Brownee, Trees of America, 1846, om R.Père Léopold, La cul itiè \"Una à > p a culture fruitière dans la ! , ° YAP QUARTIER GENERAL 5 | .Province de Québes.UV eo des aliments (il | it.Père Honoré, La culture du pommier, 1932, POUR BEBES fouh Les professeurs de Ste-Anne de LIER la Pocatière, lé Les Champs, 1947. PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 puis 7707s ae oi IN RA A { I : à i 4 ?+ 3 IT ï \u2018 4 + À N | A \\ 3d NB « \u2018 + S 4 \u2018 N T4] | \u2018 4 \\ \\* + Modèle 2891.\u2014 Un ravissant modèle de costume deux-pièces, jupe de ) bonne ampleur et de lignes seyantes.Corsage boléro-jaquette qui, Hd taillé dans une robe ancienne ou une jupe trop courte, et qui peut 0 accompagner plus d\u2019une robe.Sans manches, il est pratique à porter, lem quand viennent les jours froids, sous un manteau demi-saison.On ne or} lui reprochera pas de \u201c\u2018bourrer\u201d, mais il tiendra bien au chaud.Ce 8 modèle est pour toutes tailles intermédiaires de 12 à 20 ans, donc Vous, pour tailles fillettes et adolescentes, et vient aussi dans les coupes 0 pour adultes, de 34 à 48.Het Modèle 2009.\u2014 La robe tunique a toujours toutes les faveurs de la bh jeunesse.Elle fait allure étudiante, et les jeunes filles qui l\u2019adoptent ol § {51 en ont presque d\u2019année en année une autre à se faire à nouveau pour Tate Ti se donner l\u2019illusion de rester toujours jeune.Celle-ci n\u2019est-elle pas 0g rés coquette et élégante, avec la belle ampleur de la jupe, l\u2019aplomb des [772 bretelles, la ligne ajustée du corsage et les belles poches?Le patron Hog i de blouse vient avec celui de la tunique.Grandeur 10 à 20 ans.\u2019 at shits vite i Modèle 2856.\u2014 Une robe de toilette sobre, gracieuse et élégante.Elle tg ; pourra tout aussi bien étre taillée en fin crépe de laine aux teintes lai chaudes d'automne, les bruns variés, les ocres multiples et les verts fig de toutes nuances; en lourd crêpe rayonne pour une belle tombée des an, godets, ou en imprimé de toutes dimensions.Le col pourra étre fermé ou bien ouvert.Pour tailles de 12 à 20 ans, ou 36 à 26.LA Hy Modéle 2014.\u2014 Le rappel des empiécements, corsage et jupe, est par- \u201cir ticulièrement heureux.1! permet pour les rayés ou les quadrillés une ag opposition de lignes qui est déjà toute une garniture.Une robe jeune ly et gracieuse, pour tailles de 10 à 20 ans.ky Modéle 2939.\u2014 Ce sera peut-être le modèle le plus recherché et le plus populaire.Ce corsage, de belles lignes qui demandent un ajustement bien précis, a belle allure pour accompagner une jupe de velours à côtes (corduroi) particulièrement en vogue, cette année.Le sac, Modèle 2251, en une seule grandeur, vient à part et doit être comman- Cu dé en plus.Le costume est pour tailles de 10 à 20 ans.Modèle 3074.\u2014 Et voici, par excellence, la robe de grande élégance.Mod la tombée de ces panneaux flottants et gracieux est de création heu- art reuse.Avec le mouvement d\u2019allongement qui finit en douce à l'arriè- ven re, vous aurez là, madame, une robe de vraie beauté.Elle fera la joie ry des minces et la grâce des rondes.Pour tailles 12 à 20 ans.Ou de 36, 38, 40 et 42 pouces de poitrine.N - Ve Chaque patron se vend 3Scts 2 , je de jette qui qui peut à porter, ©.Où De aud.Ce ms, done 5 COPE rs di 18 adoptent eau pour elle ps pb des g patron is.ne.Ee y teintes Jos verts gbée des être fer est par és Dé pe jen dé ol lo 1 guste p géloufs lé st cop jé jan HF j rk a I joe cts PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 / o Lo \\ e Ç ; « ; \\ + ,Ç | A : AWN EN al LL Modèle 3043.\u2014 Ce modèle sera pour le triomphe des femmes maigres ou minces.Les rayures ainsi disposées n\u2019avantageraient pas une femme grasse ou rondouillette.Mais elles sont d\u2019un chic indiscutable pour les grandes minces.Un beau tissé-main, solide de chaîne, avec ses fantaisies dans les rayures, chèvrefeuille ou délicates incrustations, serait particulièrement mis en valeur.Pour tailles 10 à 20 ans, ou 36, 38, 40.Modèle 2817.\u2014 La jupe à plis-cachés à l\u2019avant et au dos a toujours les faveurs des personnes qui aiment la ligne droite pour l\u2019ensemble.La jaquette, de belle coupe, en quadrillé ou en uni, velours ou lainage, est de la ligne exacte de l\u2019heure, et ne se démodera pas du jour au lendemain.La manche longue est bien ajustée.Pour 12 à 20 ans.Ou 36 à 48.Modèle 3094.\u2014 Cette espèce d'empiècement au corsage qui est taillé exactement sous-bras dans la même ligne que les poches est une surprise.Et c\u2019est de ligne remarquablement gracieuse.On ferait empiècement et poches en velours sur lainage que cela n\u2019aurait nullement l'air d\u2019un mauvais mariage.Pour points intermédiaires impairs (ce qui n\u2019est pas commun) 9 ans, 11, 13, 17, 19 ans.Le bérêt est le No 2007, à commander à part.Modèle 2943.\u2014 Culotte et brassière, Modèle 2838, Jupon.Les sous- vêtements durent toujours plus longtemps quand on les confectionne soi-même, du fait qu\u2019ils sont toujours mieux ajustés.On peut alors poser aux endroits désirés des renforts à-propos, et il y a toujours les retailles pour venir au secours.Le 2943 est pour tailles 34 à 50; le jupon 36 à 52.Modèle 3091.\u2014 La robe de travail domestique qui est toujours une nécessité.Les pinces au corsage sont prévues pour une robe maternité, et on les défait au besoin des agrandissements nécessaires.La fermeture-éclair a bien aussi son avantage, ou si on aime mieux la couture se continue de haut en bas, sans aucun attachage, l\u2019ouverture de l'encolure devant suffire pour la mise de la robe.Pour 12 à 20 ans.36 à 48.Modèle 3088.\u2014 Un beau tablier a toujours son élégance.Celui-ci est particulièrement élégant.Les dentelés du haut du corsage se retrouvent dans la grâce des poches posées comme des pensées vigilantes et serviables.Et ce même modèle de poche est tout trouvé pour faire des poignées à casseroles.Le patron est taillé pour petite, moyenne ou grande taille.Bien mentionner.Les patrons ne sont pas retourna- bles.à Claire-Vallée, Saint-Sylvère (Nicolet) i TIRE i} N N R \\ Ÿ À IN 3 N | 2 [ S 16 lg epacr A UN: #7 INVENTION #5) ETONNAN (E 5% OFFRE de présentation An SX Ensemble complet$ 00 FABRIQUE UN TAPIS DE 24 x 36\u201d EN 5 HEURES ! 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Le jour baissait.Comme il arrive en pays accidenté, seule une rougeur sur les sommets témoignait d\u2019un invisible et lointain crépuscule.Peu à peu, les rives escarpées se grandissaient de toute la hauteur de leur ombre réfié- tée dans la rivière.De partout, des torrents cachés se prirent à gronder dans le silence croissant.Mon âme d'enfant de ville frissonna, en même temps que ma chair, sous les premiers effleurements de l\u2019air frais du soir.Un long coup de sirène, repris par des échos, me tira brusquement de ma rêverie.A quelques arpents à notre droite, sur une butte déboisée, apparut une maison grise, à toit pointu, flanquée d\u2019une dépendance : le poste de la veuve Thibault, En ce temps-là, la route n\u2019avait pas encore modernisé le sauvage Saint- Maurice, et, pour monter dans les \u201chauts\u201d, il fallait emprunter l'unique voie de la rivière : l\u2019été, en canot ou \u2018en bateau; l\u2019hiver en traîneau ou en raquettes sur la glace.Aussi pour la commodité des voyageurs s\u2019écheton- naient le long de la rive, le plus souvent au pied des grands portages, quelques postes de relais où l\u2019on trouvait, en toute saison, le gîte pour la nuit et le couvert toujours sur la table.Le \u201cSamson\u201d s\u2019approcha du rivage en pente douce.L'eau, très profonde à cet endroit, permit d\u2019amarrer le bateau à une souche de pin, à quelques pieds du bord.Un bout de madrier nous servit de passerelle, et, quelques instants après, à la suite de Monsieur Frank, nous montions allé- grement vers la maison.De sa cheminée de grès sortait une fumée engageante.La sirène avait réveillé les passagers du chaland, depuis longtemps endormis la tête sur leurs paquetons.Une clameur monta de la rivière et tout l\u2019équipage sauta, en se bouseu- lant, sur le rivage.Avant d'entrer, Jos Dufour se tourna vers nous : \u201cLes p\u2019tits gars, préparez-vous à faire connaissance avec les tartes à la ferlouche de la mère Thiabult! Elles sont pas piquées des vers, ces tartes-1a, j'ai rien qu\u2019ça à vous dire!\u201d Pas besoin d'ajouter que ces mots trouvèrent un écho sonore dans nos estomacs de quinze ans, dilatés par le grand air des bois.Comme invités de Monsieur Frank, nous eûmes le privilège d\u2019une table dans la maison, d\u2019une nappe de toile et de couverts de faïence.Lorsque l\u2019hôtesse, qui se faisait un honneur de servir nos tables, passa derrière moi, portant deux bols fumants, la chambre s\u2019emplit d\u2019une odeur si savoureuse que je tournai la tête vers la table voisine, où étaient assis Monsieur Frank et son guide.Ce n'était pourtant que de la soupe aux pois; mais quelle soupe aux pois! Etait-ce l\u2019effet de l\u2019ambiance, de l\u2019excitation, ou tout simplement d\u2019une faim inusitée?Le souvenir de cette PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 première soupe de chantier m'est resté dans la bouche.Je plongeai une cuiller gourmande dans mon bol de faïence bleue.C'était lourd de pois bouffis et de blé d\u2019Inde lessivé, moucheté d\u2019étoiles de persil! Je dégustai avec complaisance un premier bol; mon estomac en réclama un second.Je comptais sur les fèves au lard; je ne fus pas déçu, encore que ce plat banal, dont j'étais fort friand, fut, lui aussi, ce soir-là, toute une révélation.Après la soupe, monsieur Frank expliquait la cuisson des fèves au lard sous la cendre \u2014 la manière de préparer un lit de pierre rougies et de tisons au fond d\u2019une fosse où l\u2019on dépose le chaudron de fer que l\u2019on recouvre de sable et de braises \u2014 quand Madame Thibault sortit de sa cuisine avec ses plats.Le mets familier des voyageurs avait acquis, dans son four de terre, un arôme tout particulier.Les fèves, jaunies à point, avaient absorbé en entier les vapeurs du lard tout le temps de sa longue cuisson en vase clos.Elles fondaient au palais! Jamais encore je n'avais pu me résoudre à goûter à cette chose molle et grasse qu\u2019est le lard salé.Mais celui qui mijotait dans mon assiette était d\u2019une chair si blanche, vernissé de brun si tendre, que je ne pus résister à l'envie d'en risquer une petite bouchée, en fermant les yeux.Je fus à l'instant conquis.Ma fourchette ne trouva plus les morceaux assez gros jusqu\u2019au fond de ma platée.Et le pain, donc! Un pain de ménage au goût d'amande, de la croûte à la mie! J\u2019en oubliai le beurre, inconnu alors sur les tables des chantiers.Même le thé sans sucre me parut délectable! Nous attendimes, rassasiés mais impatients, les fameuses tartes à la ferlouche.Elles s\u2019amenérent à point, luisantes de mélasse, boursoufflées de raisins, avec une généreuse couronne de pate dorée.La mére Thibault posa l\u2019assiette devant nous.Alors Jos Dufour lanca.d\u2019un ton complimenteur : \u201cJ'vous l\u2019avais bien\u2019 dit, les p\u2019tits gars, regardez-moi ces tartes-la! Elles n\u2019ont pas leurs pareilles dans tout le Saint-Maurice!\u201d Et il cligna de l'oeil à l'adresse de la veuve Thibault, qui s\u2019était retournée pour lui sourire.Je n\u2019avais que quatorze ans; je me souviens encore qu\u2019elle était jolie! Nous eûmes une seconde tarte qui se trouva aussi succulente que la première.Ah! ce premier souper dans les hauts!.Tandis que monsieur Frank et Jos Dufour fumaient leurs pipes sur le perron, en compagnie de notre logeuse qui avait enlevé son tablier et paraissait toute fière de cette aubaine, je me dirigeai, flanqué du cousin des Etats, vers la bâtisse située à une cinquantaine de pieds de la maison.Des éclats de voix, des rires bruyants, sortaient pressés par la porte grande ouverte.Ce que j'avais cru être une grange banale servait en réalité de salle à manger et de dortoir aux bû- cherons de passage.Deux longues tables, faites de planches brutes posées sur des chevalets, et flanquées de banes de bois sans dossiers, composaient tout l\u2019ameublement.Dans le fond, une échelle, appuyée au rebord d\u2019une trappe ouverte dans le plafond, conduisait au fenil dont le plancher, recouvert de paille, pouvait recevoir une soixantaine de coucheurs.Pour l'instant, les hommes débraillés, l\u2019appétit creusé par le jus de \u2018\u201ccorneille\u201d, engouffraient gloutonnement des monceaux de grillades de lard et d'incroyables platées de fèves.Le \u201ccook\u201d et ses aides faisaient une incessante navette entre les deux tables et un poêle de fonte carré, haut sur pattes, campé au milieu de la salle.Le dessus du poêle était recouvert de tout un bataillon de chaudrons de fer et de quatre formidables théières de granit aux becs fumants.Des lampes mal mouchées, suspendues au plafond par des broches, projetaient plus d\u2019ombre que de lumière.A un certain moment, un lourd ballot fut jeté sans façon sur le plancher d\u2019en haut par un voyageur en maraude dans le dortoir.Cela fit un bruit sourd; les lampes dansèrent au bout de leurs broches et tout une pluie de brins de paille et de terre séchés s\u2019abattit dans les assiettes et dans les gobelets de ferblanc des dîneurs.II s\u2019ensuivit un beau chahut! Une voix éraillée hurla au milieu des jurons : \u201cAie! l\u2019mangeux de paillasse! t'attendras au printemps pour secouer les poux dés matelas de la mère Thibault!\u201d Après le repas, les hommes sortirent! Accroupis sur le sol ou- appuyés au mur, l\u2019un après\u2019 l\u2019autre, ils allumaient leur pipe.L\u2019obscurité complé- te était venue et la flamme dansante, aspirée dans les fourneaux, éclarait un moment les faces osseuses; on aurait dit des feux follets faisant la ronde parmi la troupe.,\u2018 Un peu à l\u2019écart, perdu dans un monde irréel, jessayais, pour la pre- miére fois, d\u2019entendre le murmure palpitant des grands bois dans la nuit.\u201cCa serait mieux de vous coucher, les jeunes; on part demain matin au p\u2019tit jour\u201d, vint nous dire notre guide, et il nous ramena à la maison.La mère Thibault nous fit monter sous les combles.Grisés d\u2019air de montagne et de senteurs de pins, à peine étions-nous allongés dans nos lits que, d\u2019un premier souffle, nous fûmes profondément endormis.Cependant, était-ce en rêve?Je crus percevoir par courts moments des airs de musique à bouche ponctués de coups de talons frappant en cadence.Non, les voyageurs, histoire de se dégourdir les jambes, avaient dansé jusqu\u2019aux petites heures.Le lendemain, le sifflet du \u201cSamson\u201d sonna un précoce réveil.Une aurore indécise effleurait à peine les cimes.Déjà de la cuisine montaient des bruits d\u2019assiettes et l\u2019odeur fade du thé.\u2019 Je ne touchai que du bout des doigts le déjeuner, abondant comme un diner.\u201cMangez, mangez! les enfants\u201d, nous dit Jos Dufour, \u201cvous ne dinerez pas a l'heure des bourgeois chez la mère Thibault, aujourd\u2019hui.\u201d Mais le jour se levait, et le criard du \u201cSamson\u201d se faisait si insistant, que les crêpes au lard croustillaient vainement dans nos assiettes.La cuisinière qui s\u2019en aperçut s\u2019approcha de notre table : \u201cC\u2019est pas de votre goût?\u201d s\u2019infor- ma-t-elle d\u2019une voix chagrine.\u201cOh! c\u2019est pas ça, madame Thibault\u201d, lui dis-je, \u201cvos crêpes sont = FIs da dal ab dll il Le i me tra qu dat Y Ue Ua.le a hry, MS dé, Ju t \u201c.Wingy, de larg Y fèves, le ent wep, 5 deux te Carré, hay leu de | Était Tête, | de Chay.frmidableg 4 fomants, fi, suspen.Ube, pr mig, Uhlig, Plancher I\" 4 maray- fan bruit ent au bout Une plie de 8 SÉhés sa, et dom les dingy, |) tl Une vou des jurons: lasse! t'a.secouer les mère Thi mmes sortie , ou appuyés re, ils alli rité complè ne dansante, us, Éclarait uses, on ab sant fa ron qu dans un jour fa pre: Je murmure gs dans là jus couche, in matin a notre guides also sf monter à 'ajr de môfr ins, i pene nos lits qué: fumes pre ve) Je os amants des pons on cadencé pesé p dansé js 3 ST À piel Une api les , ponte Ider fade toes ol ne j pli Fi ort 1 PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 aussi bonnes que vos tartes! Vous savez .c'est notre premier voyage dans le bois.on a tellement hâte d'arriver!\u201d Ces mots furent débités d\u2019un élan si naïf, que, ugelques instants après, alors que nous lui faisions nos adieux, elle me glissa un paquet de tartines solidement enveloppées et ficelées dans du papier d\u2019emballage.Les voyageurs sortaient du bâtiment par petits groupes de deux ou trois, chacun portant son paqueton, les bottes délacées.Le contremaître de l'équipe tournait nerveusement devant la porte.À tout moment il rentrait, tempétant contre les retardataires.Nous avions regagné notre poste sur le pont du bateau; mon cousin, portant son inséparable canne à pêche, et moi, le paquet de tartines de la mère Thibault.Toutes les cinq minutes, le pilote consultait une grosse montre à chaîne d\u2019or, la remettait dans sa poche d\u2019un geste brusque, puis tirait sur la corde de la sirène.Enfin, le contremaître se décida à descendre.Il tenait à la main un calepin neuf et comptait du doigt les noms des hommes.\u2014Il m\u2019en manque un! lança-t-il dès qu\u2019il fut près de nous.\u2014Qu'il s'arrange! embarque! répondit monsieur Frank.Nous avions à peine démarré qu'un homme sortit du bois, où, sans doute, il avait cuvé son gin à la belle étoile.Le pauvre diable, d\u2019une main traînait sa poche, et de l\u2019autre gesticulait en criant.Mais le pilote n\u2019était pas d\u2019humeur à rebrousser chemin pour un trainard.Du chaland fusèrent des quolibets.Je compris que notre retardataire en était à son premier voyage; aussi les anciens ne manquaient pas de l'apostropher.Toujours courant à toutes jambes, il disparut un moment derrière les taillis, puis réapparut sur une pointe du rivage, sautant de roche en roche.|| finit par s'écraser, à bout de souffle, et lorsqu'au milieu des rires de toute l\u2019égüi- pe, le \u201cSamson\u201d salua l'homme d\u2019un sifflet narquois, j'eus grande pitié pour le pauvre voyageur abandonné sur la grève.Moi aussi j'en étais à mon premier voyage.Le soleil jaillit éblouissant dans une- coupe de montagne.Au caprice de la rivière et de son chenal sinueux, nous.passions tour à tour de l\u2019ombre frai- che du matin à la chaude lumière d\u2019un.soleil de juillet.Je prenais plaisir à.gonfler ma poitrine, à baigner mes poumons de rosée ensoleillée.Et toujours devant nous changeait le paysage.|| me semblait feuilleter, d\u2019une main lente, les pages illustrées d\u2019un grand livre où la rivière dévoilait sa rude beauté, avec de longues pauses, pour me la mieux faire comprendre.Par moments, lorsque le cours du Saint-Maurice se redressait, je regardais courir l\u2019eau sombre, échappée de milliers de lacs tranquilles.Je maîtrisais mon impatience à la pensée que dès ce soir nous serions rendus.Sur le midi, monsieur Frank et son.guide entrèrent dans la cabine du pilote, toujours muet à sa roue.Un coup: de cloche avait modéré la marche des machines; c\u2019est à peine si nous gagnions sur le courant.A notre droite, par une entaille, une rivière, comme nous en avions croisé des centaines, sortait du bois.Le bras tendu, Jos.Dufour indiquait uné gréve de sable.Peu à peu nous nous approchâmes de la rive, tandis qu\u2019à l\u2019avant du bateau un homme sondait au moyen d\u2019une longue gaffe.A environ cinquante pieds du bord, le pilote-capitaine du \u201cSamson\u201d fit mouiller l\u2019ancre.Nous étions arrivés.Dans le chaland des voyageurs, les hommes s'affairaient.Quelques-uns avaient amené \u201cleg barges de drave\u2019, sauté dedans, et, sous les ordres d\u2019un contremaître, ils avaient promptement accosté au rivage.Les eaux basses laissaient à découvert les bords de la rivière, peu profonde à cet endroit.Plus haut, une lisière de broussailles marquait la limite des crues; au delà, à perte de vue, s\u2019étendait la forêt mauricienne, sombre, impénétrable.Quelques coups de haches maniées avec entrain eurent tôt fait d\u2019ébaucher un chemin dans les buissons, pour rejoindre le portage.Pendant ce temps, monsieur Frank causait avec Jos Dufour.Je compris qu\u2019avec un portageur nous devions prendre les devants pour atteindre le lac Batis- can, à quelque cinq milles de lä, dans les terres.J'avais des fourmis dans les talons.Enfin, j'allais connaître le vrai bois, les lacs sauvages, la forêt vierge! Le pilote, sa tâche achevée, était allé à l\u2019arrière du bateau.Assis sur le cabestan, la casquette sur les genoux, il fumait son brûle-gueule, et regardait, de son oeil narquois de marinier, les hommes occupés à déplacer des ballots, à préparer le déchargement.Loin de sa roue de gouvernail, il me parut plus engageant.Pour tromper mon excitation, je me risquai à l\u2019aborder.\u2014C'\u2019est un beau bateau votre \u201cSamson\u201d, capitaine, lui dis-je en m\u2019approchant.\u2014Je pense bien le p\u2019tit, que c\u2019est du bateau, mon \u201cSamson\u201d.Si c\u2019avait pas été.de ces sacrés nez carrés de chalands, t\u2019aurais vu comme ça l\u2019achale pas le courant du St-Maurice, mon \u201cSamson\u201d.Tiens! regarde-moi ça ce qu\u2019ils ont pu embarquer d'affaires dans ces deux chalands-1a! Je regardai, surpris, l\u2019'empilement des sacs, des tonneaux, des caisses que l\u2019on déplaçait.Les barges se chargeaient à pleins bords, et aussitôt libérées revenaient pour un autre voyage.Pourtant il n\u2019y paraissait guère, \u2018quoique la grève fût déjà encombrée.On avait enlevé les câbles qui clô- türaient, à l\u2019avant du premier chaland, l\u2019espace occupé par les chevaux.Les bonnes grosses bêtes attendaient, indifférentes, les pattes dans le fumier.Deux hommes firent avancer un premier cheval sur le devant du chaland.L\u2019un tirait sur le licol, l\u2019autre lui donnait des petits coups de bâton sur la croupe.Rendu au bord, le cheval, les deux pieds d\u2019avant arc-boutés, allongea le cou, regarda la terre, puis, baissant la tête, flaira l\u2019eau en renâ- -clant, partagé entre le désir de fouler le sol et la crainte d\u2019un bain forcé.Mais ce ne fut pas long.Après quel- \u2018ques jurons et une couple de coups bien appliqués, voyant que la bête se butait, trois hommes, un de chaque -côté et l\u2019autre en arrière, la poussèrent sans façon par-dessus bord.L'animal se débattit un moment, mais aussitôt il nagea vers la terre.L\u2019un après l'au- \u2018tre tous les chevaux furent débarqués, les derniers se jetant à l\u2019eau d'eux- mêmes, en hennissant.Pour hâter le déchargement des provisions, une dizaine d'hommes, tout habillés, s'étaient mis à l\u2019eau jusqu'aux aisselles, et ils transportaient sur leurs épaules des sacs d'avoine et de farine, des caisses et des balles de foin.Mon cousin vint me rejoindre.\u201cJ\u2019pense qu'on va descendre tout de suite\u201d, me dit-il tout joyeux.Une barge s\u2019était amenée près du \u201cSamson\u201d, et un voyageur (c\u2019était Ti- Tom Prenovost, un des plus forts por- tageurs du Saint-Maurice) était en frais d'y déposer les effets de monsieur Frank que lui passait le guide.Un canot d\u2019écorce, gommé de frais sur toutes ses coutures, s\u2019allongeait sur les deux bancs d'arrière de la barge.Jos Dufour nous cria : \u201cC'est le temps de débarquer vos bagages, les jeunes; ça serait mieux de mettre vos bottes avant de descendre!\u201d Je me tournai, interloqué, vers mon cousin, portant sa canne à pêche et son imperméable; mon cousin lorgna vers le paquet de tartines de la veuve Thibault; je dus répondre pour les deux, ingénument et sans détour inutile : \u201cOn n\u2019a pas d'autre bagage.Mon père a oublié de nous donner la valise de voyage et mon paletot.\u201d Je ne compris pas alors la grimace de monsieur Frank, ni le haussement d\u2019épaules du guide.\u201cGa s\u2019ra pas pesant à portager, le bagage des jeunes!\u201d conclut Ti-Tom Prenovost, en train de ranger une dernière caisse et il éclata de rire.Rendus i terre, nous avançâmes de quelques pas jusqu'à la lisière de la forêt, là où devait déboucher le chemin de portage.J'avais imaginé un large sentier et je n\u2019en voyais guère trace.Ce n\u2019était pas étonnant car même nos deux voyageurs, des vétérans de chantier, se consultaient.Depuis au delà de vingt-cinq ans, on n\u2019avait pas fait la coupe dans la région, et les pousses nouvelles avaient tout envahi.Ti-Tom finit par trouver ce que j'appris plus tard être une veille \u201cplaque\u201d, mais où je ne vis alors qu\u2019une tache sur l\u2019écorce.Nous étions dans la bonne voie.Notre portageur sortit son collier et, aidé de Jos Dufour et de monsieur Frank, se mit en frais de prendre sa charge.Les yeux ronds, nous regardions s\u2019empiler sur son large dos les ballots et les caisses, jusqu\u2019au moment où, disparaissant sous le fardeau, il donna quelques coups d\u2019épaules et dit au guide : \u201cJ\u2019cré que j'ai pas mal ma charge, Jos!.\u201d Monsieur Frank, nous voyant tout ébahis, ajouta en badinant : \u201cQuand vous serez fatigués, les jeunes, vous n\u2019aurez qu'à le dire, Ti-Tom vous a gardé une place, il vous prendra par-dessus le marché, pour le ballant!\u201d A son tour, Jos Dufour, d\u2019un seul élan, se jeta sur les épaules un énorme sac, puis, par-dessus, il installa le canot.Un peu confus de n\u2019avoir rien à porter j'offris timidement mes services : \u201cJ'aimerais bien à porter quelque chose, monsieur Frank, je suis pas mal solide, vous savez!\" Le guide me regarda de dessous son canot, hésita un moment, puis pour me faire plaisir : \u201cMonsieur Frank\u201d, dit-il, \u201cpassez-lui donc la petite hache attachée à votre 17 GRATIS 39 Recettes Merveilleuses Recettes délicieuses pour gâteaux.bis cuits.desserts faciles à appréter, par les experts réputés de SWANS DOWN.Ecrivez: \u201c39 Excellentes Recettes\u2019, sur carte postale ou sur une feuille de papier.Ajoutez vos noms et adresses.Postez à : oes, 4 SWANS DOWN Cobourg, Ont.CAKE FLOUR Les enfants aiment le canari qui gazouille.ils aiment le faire manger, lui donner à boire, l\u2019entourer de soins.La diète aux Graines pour Oiseaux Brock avec le régal GRATUIT à base delevure, réussit bien aux canaris.Et n\u2019oubliez pas le Gravier Brock pour lui garder les pattes propres et faciliter sa digestion.ARUN AVEZ UNE A) TLE: { D'AUSTRALIE LA NOURRITURE BROCK PO N'ES Une Vive Démangeaison Me Rendait Fo C\u2019est alors que je découvris la source extraordinaire d'un soulagement rapide: la Prescription D.D.D, du Dr.D.D.Dennis.Ce médicament liquide pur, rafralchissant et universellement connu, adoucit et calme prom tement les démangeaisons cruelles causées l\u2019eczéma, les boutons, les dartres, le pied d\u2019athlète et les autres affections dela u.Pas graisseux, il ne tache pas.Bouteille d'essai 35c.PA première application arrête la démangeaison la plus vive, sinon votre argent vous est remis.Demandez dès maintenant à votre Lharmacien la Prescription D.D.D.e POUR GRANDIR maigrir, améliorer vue, débarrasser lunettes, timidité, tabae, alcool, rhumatismes.Pousser cheveux, remédier cheveux gris, culture physique, beauté, psychologie, réussir.Envoyez 10c D.EVANS, Case 141, Station G., Montréal 18 SPECIAL FIL 4000 VERGES Fil mercerisé \u2014 $1.25 Idéal pour la couture à la main ou à la machine.Vêtements.Courte-pointes.2 grosses bo- blnes de 2,000 verges, noir ou blanc, $1.25 payé d'avance ou payable sur livraison C.0.D.port en plus.Satisfaction garantie ou argent remis.SELCO PRODUCTS DEPT, 22 5363, Avenue du Parc, Montréal, Qué. 18 paqueton; il pourra au moins se défendre contre les ours!\u201d Jos Dufour, la main gauche sur la barre de son canot, une hache i la main droite pour abattre les branches poussées en travers du chemin, battait la marche.Venait ensuite notre portageur, les deux mains de chaque côté de la tête, tirant sur les courroies de son collier.Tous deux avaient pris leur pas de \u2018\u201c\u2018portageux\u201d.Leurs bottes .Solides évitaient les trous vaseux et les pierres, se posaient en longues et régulières foulées.Je trottinais derrière mon cousin, me protégeant d\u2019une main malhabile contre les branches basses qui, un moment ployées par son passage, revenaient me fouetter le visage.D'un pas inégal, je m\u2019appliquais de mon mieux à éviter les flaques, à sauter de roche en roche, glissant, pataugeant, la jambe en alerte.Derrière nous, monsieur Frank sifflotait, tête nue, de bonne humeur.Tout alla passablement bien pour le premier quart d'heure.Le sentier montant était aussi sec qu\u2019il peut l\u2019ê- tre dans un bois touffu, mais, habitué à la marche égale sur les trottoirs de bois de la ville, je ne parvenais pas à me faire aux imprévus du terrain.En vain, concentrant mon attention sur la piste étroite, que mes yeux novices discernaient à peine, je calculais chaque enjambée; & tout moment mon pied glissait sur le dos d\u2019une pierre humide, ou bien, croyant se poser sur une touffe de mousse, s\u2019enfonçait jusqu\u2019à la cheville dans la boue froide.D'un geste rageur, je m\u2019arrachais à cet enserrement visqueux, qui m\u2019énervait plus que les glissades.J'en étais rendu à me défier de la moindre tache de mousse, ce qui m'obligeait à une allure décousue, à des écarts fatigants.Et toujours ces satanées branches! A l'instant même où je sautais de côté pour éviter un mauvais pas, elles venaient me fouetter la figure quand elles n\u2019accrochaient pas mon pauvre chapeau de paille.Exaspéré, je me surpris à laisser échapper entre mes dents un des jurons salés que j'avais entendus dans le train.Le malheureux canotier, pour sa part, connaissait son plus mauvais jour.A peine était-il remis d\u2019aplomb sur ma tête, qu\u2019un rameau taquin le faisait sauter'd\u2019un petit coup sec.Les premières fois je l\u2019avais ramassé et remis en place d\u2019une main patiente; mais, la plaisanterie menaçant de s\u2019éterniser, je fus contraint de cheminer mon chapeau sous le bras.Parfois, du sommet de quelque butte, il me semblait entrevoir une éclaircie prometteuse.Je m\u2019imaginais que c'était l\u2019annonce prochaine du lac Batiscan et je comptais mes pas: deux, trois.; encore cent, deux cents.cinq cents pas et nous serons rendus! Mais le chemin descendait, et je ne voyais bientôt plus que des branches, encore des branches.Ce n\u2019était rien encore! La piste, maintenant, traversait un bas-fond marécageux au niveau de la décharge que l\u2019on entendait couler, toute proche.Les mousses se firent plus abondantes, les pierres plus rares, mais toute une moisson de racines crochues envahirent notre chemin.Elles couraient à fleur de terre, innocentes et traîtresses, camouflées d'herbes de marais.Elles accrochaient mes talons alourdis ou bien prenaient sournoisement en serre mes semelles.Je tombai plusieurs fois de tout mon long.Quand je me relevais, j'avais les genous et les coudes gluants, et mes mains qui, dans mes chutes, s\u2019accrochaient aux branches de sapins, furent bientôt gommées de belle façon.De temps a autres, monsieur Frank m'\u2019encourageait d\u2019un mot.Je m\u2019effor- gais de faire bonne figure et lui répondais en badinant.Alors qu\u2019hésitant, les deux pieds sur un bout de racine, je m\u2019apprêtais à sauter une source, j'entendis Ti- Pom Prenovost dire à Jos Dufour : \u201cOn est chanceux que le temps soit sec, le portage est bien meilleur que j\u2019pensais!\u201d Je ne pus m'empêcher de jeter un coup d'oeil, chargé de dépit, à la pince endiablée du\u2019 canot naviguant adroitement parmi les aulnes, puis sur la charge prodigieuse dressée en pyramide au-dessus du portageur dont je ne voyais que les jambes, des jambes a doubles mollets qui se détendaient sans défaillance; je compris que Ti- Tom ne plaisantait pas du tout.D'un jarret désespéré, je franchis la source.Après un temps qui me parut infini, le sentier gravit une colline.Le sol, redevenu pierreux, s\u2019assécha.Un léger souffle de vent agita quelques feuilles.Le soleil ne parvenait pas à percer le ciel de feuillage tendu au-dessus de nos têtes, mais sa chaleur inondait le bois humide.Des gouttes de sueur perlaient sur mon front, me coulaient sur la nuque; sous mon bras, je sentais s'amollir les tartines de la mère Thibault, et dans ma main droite, la petite hache pesait comme une massue.Autour de nous, tout était silence, un mystérieux silence, où je croyais discerner le chuchotement d'êtres invisibles qui nous observaient.Très peu d'oiseaux, mais de nombreux écureuils roux que dérangeait notre passage.A la vue du canot, ils s'immobilisaient sur une branche, regardaient passer, indifférents, notre portageur; mais il me semblait qu\u2019un cri étonné, moqueur, sortait de leur gorge gonflée dès qu\u2019ils m\u2019apercevaient, A vrai dire, je présentais une bien piteuse apparence.D\u2019épinette en sapin, de sapin en noisetier, et pour finir, au frôlement indiscret d\u2019une joyeuse bande de framboisiers embusqués dans une clairière, mon complet se trouva dans un état pitoyable.Souillé de boue par le bas, gommé par le haut, abimé un peu partout, il aurait fait mon désespoir si mon attention n'eût été de plus en plus absorbée par mes bottines.Le chapeau, la belle affaire! Le complet, à la rigueur, ça pouvait passer; mais on ne badine pas, dans un mauvais portage avec ses chaussures.Depuis les premiers pas, le sol divers de la Batiscan s\u2019était acharné sur mes légères bottines.Si bien que, avec leurs hausses ramollies, bavant l\u2019eau par tous les oeillets, les semelles tordues, de plus en plus baillantes, elles n\u2019en pouvaient plus.En vain je m\u2019appliquais, désespérément, à poser mes pas dans les larges empreintes des guides, l\u2019enragé portage trouvait à chaque instant le moyen de me tendre quelque nouveau piège.Entre deux faux pas j'observais PAYSANA, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1949 mon cousin; chaussé de solides souliers neufs, il semblait s\u2019en tirer assez bien.Et toujours la pince ensorcelée du canot de Jos Dufour s\u2019élevait, s'abaissait, écartait les branches; et la charge monstrueuse de Ti-Tom Prenovost suivait à une allure implacable.Parfois, à la faveur de quelque descente facile, je cherchais à endormir ma détresse en échangeant, d\u2019une voix essouflée, quelques phrases avec mon cousin.Répit passager; des pensées moroses venant aussitôt ajouter à mon accablement.C\u2019est cela, la marche dans les grands bois!.Je me prenais à regretter le lac Mékinac et quelque cahotante charet- te qui nous aurait conduits jusqu\u2019à bord de l\u2019eau.Un peu plus, j'aurais demandé à notre portageur de me hisser sur son ballot.Au passage d\u2019un ruisseau, l\u2019arête d'un caillou décloua tout i fait l\u2019une de mes semelles.M.Frank me voyant clopiner jugea que j'avais mon compte.!l fit arrêter ses hommes.Jos Du- four sortit de dessous son canot; Ti- Tom Prenovost, lui, se retourna à demi: \u201cSi ça vous fait rien, monsieur Frank, dit-il de sa voix rauque, j'vais continuer jusqu\u2019au camp; on a plus que la moitié de fait; ça me fera du bien de me dérouiller les pattes!\u201d Et, de son pas infatigable, il poursuivit son chemin.Après un examen sommaire de ma lamentable chaussure, M.Frank dit à son guide : \u201cII ne peut pas continuer comme ça; dans dix minutes, il sera nu-pieds.Regarde donc dans mon sac, Jos, je pense que mes petites bottes lui feraient pas trop mal.\u201d Jos Dufour défit son paqueton et, en effet, trouva une paire de bottes à courtes hausses, solides et fraîchement cloutées.\u2014Quel point que tu chausses, mon gars?me demanda le guide.\u2014Des six.\u2014Des six.Ca, c\u2019est pas bien grand, mais c\u2019est des dix.tu pourras nager dedans.J'enfilai trois paires d\u2019épais chaussons de laine par-dessus mes chaussettes d'été et, tant bien que mal, je m'installai dans mes premières bottes de portage.\u2014Passe-lui donc aussi un gilet, Jos, son petit habit d'ville n'a pas lair de s\u2019accorder avec les fardoches.Jos, ayant placé mon veston, mon canotier et ce qui restait de mes chaussures dans la pince de son canot, me donna un gilet de laine rouge qui me descendait jusqu'aux genoux, et dont le bout des manches repliées me remontait jusqu'aux coudes.Il me considéra en riant et lança : \u201cRegardez-moi donc c\u2019te graine de portageux\u201d! La graine de \u201cportageux\u201d avait du coup retrouvé sa bonne humeur.Une halte prolongée au bord du ruisseau, le soleil qui nous inondait par une trouée, et les tartines de la Mère Thibault arrosées d\u2019eau de source, m'\u2019avaient presque remis d'aplomb.J'eus quelque peine a m\u2019habituer a -mes nouvelles chaussures, des vraies bottes de Petit Poucet, encore que Petit Poucet était emporté par ses bottes de sept lieues, alors qu\u2019il me fallait traîner les miennes.Tout de même, je parvins, sans trop d'ennuis, à me rendre jusqu\u2019au bout du chemin.Lorsqu\u2019enfin nous débouchâmes subitement au bord du lac Batiscan et que, sortant du grand bois, je contemplai pour la première fois un lac sauvage dormant un lumineux sommeil au pied de ses montagnes, je n\u2019éprouvai plus ni tristesse, ni fatigue; ayant bu, d\u2019un seul trait, cette image nouvelle, aussi belle que mes rêves, je ne pus me retenir de dire à Jos Dufour, qui avait déposé sa charge devant le camp et qui lui aussi regardait le lac : \u201cMon Dieu, que c\u2019est beau!\u201d Il ne répondit rien.Ses yeux de voyageur disaient la même chose.Ti-Tom Prenovost n\u2019avait pas perdu son temps.Dans le vieux camp de bû- cherons, nettoyé et aménagé depuis peu en vue de notre arrivée, il avait rangé les effets et les provisions qu\u2019il avait portés sur son dos.Je remarquai même que les lits avaient reçu une couche épaisse de rameaux de cèdre frais.En dépit de la chaleur, il avait allumé le poêle de fonte pour chasser l\u2019humidité.L\u2019odeur du bois brûlé, mêlée à l'arôme des rameaux verts, formait un parfum qui me parut délicieusement sauvage.Le soir vint bientôt, mon premier soir dans la forêt.\u2018Cependant, la fatigue, l\u2019ombre épaisse et ce petit frisson de crainte qu\u2019engendre une solitude inaccoutumée, eurent tôt fait de me mettre au lit.Je m'endormis à la lueur jaune d\u2019une chandelle, gardant une dernière vision de deux jambes musclées et terreuses, ployant pour la première fois depuis l\u2019aurore : les jambes de Ti-Tom Prenovost, le meilleur porta- geur du Saint-Maurice, qui, pipe éteinte au bec, disait à genoux sa prière du soir.Sylvain.© HUILE NÉTTOYANTE POUR PEAUX SECHES : L'Huile des Orientales nettoie les pores à fond; fait disparaître boutons, dartres, points noirs, irritation .89 et $1.55 e CREME NETTOYANTE POUR PEAUX GRASSES : La mousse au Citron nettoie profondément les pores et BLANCHIT le teint LL.LL, .65 et $1.25 ® Pour TOUTES LES PEAUX et TOUS LES AGES: Créme nourrissante et ANTIRIDES : INSURPASSABLE pour prévenir les rides et même pour ATTENUER celles déjà marquées .$1.25 et $2.25 DUPUIS FRERES Institut de Beauté \u201cFrance\u201d 5600, Avenue Decelles, Dépositaires a Montréal SARRAZIN & CHOQUETTE ® LOTION TONIQUE ASTRINGENTE a base de fruits; referme les pores dilatés, efface le double-menton, donne de l'éclat au teint.Prix .89 et $1.55 e MOUSSE DE PETALES DE ROSES \u201cFond de Teint\u201d velouté; incomparable pour tenir la poudre .$1.25 et $2.25 © ROUGE EN CREME EGYPTIEN : Naturel, inoffensif .89 e POUDRE A L'ORIENT : qualité garantie.Douce et non irritante.Naturelle.Rachel et Ocre Rose .$1.00 Montréal PHARMACIE MONTREAL pédions pas de C.O.D.Commandes expédiées franc de port sur réception d\u2019un mandat postal.I sur demande.Veuillez inclure la taxe de vente.Nous n'acceptons pas de chèques et n'ex- Brochurette incluse gel fw al A frig Li bu se il œil da dr ou M Hoy \"liée Wl Me ding n vait dy 7.Une ise, ar Une fe Thi.ma luer à Vraies ie Pe.4 bot: \"+ fat.* mé, Mit, à eng, My.te Otten.la Bu somme] nb.dant pe mou jen Dufour, vant le fait de ut de st, à perdu de bi depuis | avait ns qu'il es lits à der tde là fle dt L'odeur ne des um qui age.remit! la fi it ris pe sol fait de june arnière is emièré es de port tein prière 1 fo dt 155 SES it 15 y\u201d th Eu fl fi Ant ot beauté CORRESPONDANTE DE TRENTE ANS.\u2014 Mu Chère umie, malheureusement, l'espace me manque pour répondre convenablement à vos quinze questions jetées au hasard de quatre pages, Que voulez-vous ?Il y a aussi les autres correspondantes.Sachez pourtant que tous vos problèmes se résument à une chose : le souci constant de votre charme et que ce charme ne réside absolument pas dans la couleur d'un rouge où d\u2019une poudre; l'épaisseur d\u2019un sourcil.Tous ces détails sont secondaires, croyez-moi.Le charme, c'est avant tout: l\u2019ORDRE.L'ordre autour de vous, sur vous, dans vos pensées et vos actes.Quoi de plus udmi- rable qu\u2019une femme bonne et méticuleusement mise, duns une atmosphère ordonnée et propre?Le visuge compte aussi, ne dites-vous?Oui, j'en conviens et je dirais même que cela compte pour beaucoup.Mais je soutiens aussi que ce n'est pus tant ln purtie artifice qui importe comme la PROPRETE : la santé de la peau.Et pour cela, uccentuez les soins indispensables : le nettoyage à fond des pores \u2014 tous les soirs \u2014 et l'application d\u2019un aliment-toni- que de l'épiderme; ce que j'appelle communément un anti-rides Un maquillage?Oui; si vous le voulez.Mais un maquillage léger et naturel; pas une vulgaire couche de peinture, badigeonnée monstreusement.En d'autres termes : soyez vous-même, dans un cadre scrupuleusement ordonné.Vous-même, soignée, retouchée, enjolivée \u2014 si vous préférez l'expression; mais duns la mesure d'un goût cultivé et sûr.Voilà l'assurance du charme véritable, de la beauté dans l'équilibre.Envoyez-moi une enveloppe affranchie et je vous mentionnerai une marque de produits très recommandables.YVETTE Mc.\u2014 Profitez bien de vos vacances d\u2019automne.Insistez surtout sur la marche au grand air.Le matin de préférence, avant que le soleil ne soit trop accablant.Du soleil! Vous n\u2019en aurez jamais trop.Pourtant, même en cela, il y a la qualité et l'heure propice.Abstenez-vous de maquillage; votre peau a également besoin le repos.Tenez-vous-en a l'application de votre antirides tous les soirs et le matin, une bonne lotion tonique et astringente à base de fruits, qui préviendra la dilatation des pores par la chaleur et le vent Donnez-moi de vos nouvelles; je pense que vous serez enchantée du traitement que je vous ai conseillé honnêtement.RECONNAISSANTE.\u2014 Je vous remercie de votre attention.Dans mon métier, on est tellement plus exposé à la critique qu\u2019aux félicitations.l\u2019arfois on m\u2019accuse d\u2019étroitesse de vues parce que je conseille à une jeune fille de seize ans de profiter de sa belle jeunesse en évitant les artifices.Par contre, on me blâme parfois de conseiller à celles plus avancées en âge de consentir les efforts et les traitements nécessaires afin de se conserver aussi attrayantes et charmantes que possible pour le bonheur de leur muri, leurs enfants, leurs amis et même par considération pour leurs collègues de travail.La perfection n\u2019est pas chose facile ! En tous cas, j'ai la satisfaction d'agir aussi consciencieusement que possible, Et si je conseille certains produits de préférence aux autres, ce n\u2019est pas que je les crois les seuls bons produits, Mais tout simplement parce que j'en connais entièrement la composition.Ce qui me permet de parler avec une certaine connaissance de cause de leur valeur et des résultats qu'on a le droit d\u2019espérer par leur emploi.A bientôt.Désirez-vous une réponse personnelle ?Ecri- vez à Andrée Chantal, 5600, Avenue Decelles, Montréal.Ayez soin d'inclure une enveloppe, adressée et affranchie pour le retour, sans quoi vous ne recevriez pas de réponse.À cette même adresse, vous pouvez également vous procurer tous les produits de l'Institut de Beauté \u2018France\u2019 moyennant l'envoi d\u2019un mandat postal (non d'un chèque).Veuillez ajouter la taxe de vente.Nous payons pour l'expédition des colis mais nous n\u2019envoyons pas de C.0.D.POINTS NOIRS Les points noirs disparaissent rapidement à l\u2019aide d\u2019un procédé très simple qui les dissout.Procurez-vous deux onces le poudre peroxine chez votre pharmacien, appliquez avec soin sur les points noirs à l\u2019aide d\u2019un linge chaud et humide \u2014 vous vous demanderez où sont allés vos points noirs.HOROSCOPE GRATIS \u2014 Voulez-vous connaître votre HOROSCOPE ! 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T-GiT-0TV TIn838) Sy 05 Ph GHVNOO3 SW FIN 06 A34 h : a 0 NN N NN a0 y ~~) Py Comme à vous et à moi, la vie ne lui a pas toujours souri.Il lui était difficile parfois de joindre les deux bouts.Mais il a quand même pensé à l\u2019avenir.Il a mis de l\u2019argent de côté.Pas beaucoup à la fois, mais de façon méthodique.Et c\u2019est ainsi qu\u2019il peut maintenant se consacrer tout entier à ses fleurs.Vous également, vous pouvez préparer votre retraite, en prenant dès maintenant ou en conservant l\u2019habitude d\u2019économiser.Les Obligations d\u2019épargne du Canada vous faciliteront la tâche.Achetez-en dans les banques, chez les courtiers de placement ou au moyen de retenues sur votre salaire.Accumulez des économies\u2014 Achetez des » I Obligations d'épargne z= NE SHS) du Canada LC émission Jemanier EN VENTE A PARTIR DU LUNDI 17 OCTOBRE "]
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