Québec science, 1 janvier 2018, Juin 2018, Vol. 56, No. 8
[" QUEBEC SCIENCE JUIN 2018 J U I N 2 0 1 8 6,95$ M E S S A G E R I E S D Y N A M I Q U E S 1 0 6 8 2 PP 065387 DES VACCINS POUR GUÉRIR LE CANCER QUI ÉTAIT LA FEMME PRÉHISTORIQUE?50 QUESTIONS et voici nos RÉPONSES Santé QUE VOUS POSEZ À GOOGLE UN DOSSIER PRATIQUE À CONSERVER MC L\u2019icône du cœur et de la / seule et l\u2019icône du cœur et de la / suivie d\u2019une autre icône ou de mots sont des marques de commerce de la Fondation des maladies du cœur et de l\u2019AVC du Canada.coeuretavc.ca/VITE « L\u2019AVC peut frapper n\u2019importe qui, à n\u2019importe quel moment.Rappelez-vous du mot VITE, vous pourriez sauver la vie d\u2019un être cher.» Josée Boudreault Porte-parole 4 Éditorial Par Marie Lambert-Chan | 5 Mots croisés | 9 Polémique Par Jean-François Cliche 11 Technopop Par Catherine Mathys | 12 Je doute donc je suis Par Normand Baillargeon 54 Culture Par Émilie Folie-Boivin | 57 Notes de terrain Par Serge Bouchard | 58 Rétroviseur Par Saturnome SUR LE VIF 6 LES PLANTES MISES À NU Qu\u2019arrive-t-il lorsqu\u2019on soumet un iris à une résonance magnétique ?8 DES VACCINS POUR GUÉRIR LES CANCERS ?Ce traitement pourrait éviter bien des chimiothérapies.10 HÉRITAGE INDÉSIRABLE Opération nettoyage dans le secteur de l\u2019autoroute Bonaventure où les eaux souterraines sont contaminées.14 ÂGE DE PIERRE, ÂGE DES FEMMES?L\u2019historienne Claudine Cohen défait les idées reçues au sujet des femmes des cavernes.52 L\u2019IMPACT QUI CHANGE LA VIE DES BOUTS DE CHOU Miriam Beauchamp étudie le développement social des tout-petits victimes de commotion cérébrale.56 DES ENTREPRENEURS INNOVENT GRÂCE À LA RECHERCHE Pas facile d'innover.Et si le Réseau Trans-tech venait en renfort ?EN COUVERTURE SANTÉ: 50 QUESTIONS QUE VOUS POSEZ À GOOGLE Au moindre malaise, on se tourne vers le Web pour dénicher un diagnostic ou un remède miracle.Mais les informations qu\u2019on y trouve ne sont pas toujours exactes; pour ne pas dire qu\u2019elles sont parfois carrément fausses.A?n d\u2019y voir plus clair, les journalistes de Québec Science, avec l\u2019aide de professionnels de la santé et de scienti?ques, répondent de façon claire et concise aux 50 questions de santé les plus fréquemment posées à Google par les Québécois.Par Maxime Bilodeau, Marine Corniou, Mélissa Guillemette, Annie Labrecque et Etienne Masse SOMMAIRE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE JUIN 2018 18 14 10 54 42 I L L U S T R A T I O N D E L A C O U V E R T U R E : B E N O I T T A R D I F , C O L A G E N E .C O M Drôles, banales, embarrassantes: nos questions de santé en révèlent beaucoup sur nos préoccupations.Pour en apprendre davantage, lisez notre éditorial, en page 4. QUÉBEC SCIENCE 4 JUIN 2018 Q ue celui ou celle qui n\u2019a jamais « goo- glé » ses symptômes lève la main.Personne ?En effet, 97 % des individus connectés se tournent vers le Web pour obtenir des informations sur leur santé avant de se rendre chez le médecin.L\u2019autodiagnostic en ligne fait désormais partie de nos habitudes, au même titre que d\u2019avaler un cachet d\u2019analgésique en cas de mal de tête.Mais que cherchons-nous exactement ?Curieuse, l\u2019équipe de Québec Science a consulté Google Canada.Ses experts ont extrait de leurs données les 50 questions de santé les plus fréquemment posées au moteur de recherche par les Québécois.Résultat : on s\u2019interroge beaucoup sur les maux quotidiens, comme le hoquet et le ron?ement, ainsi que sur les maladies, la santé sexuelle, la santé mentale, la nutrition et le sport.Rien d\u2019étonnant aux yeux d\u2019Alexandre Coutant, directeur du Centre de recherche sur la communication et la santé à l\u2019Université du Québec à Montréal : « Généralement, on s\u2019informe en ligne pour trois raisons : trouver des remèdes aux petits tracas et des réponses à des questions embarrassantes; en apprendre davantage sur les sujets dont parlent les médias et le marketing, comme le gluten; mieux comprendre tout ce qui relève des maladies \u201csociales\u201d comme le stress, l\u2019angoisse et la fatigue.» Ainsi, consulter docteur Google est « une façon de se rassurer en attendant de voir un médecin », af?rme Alexandre Coutant.Un doudou numérique, quoi.Cela n\u2019est pas sans mérite alors que l\u2019accès aux soins de santé demeure dif?cile au Québec.Mais encore faut-il savoir où chercher sur le Web pour ne pas se laisser berner par des sources d\u2019information incomplètes, incorrectes ou délibérément trompeuses.Selon certaines estimations, environ 50 % du contenu en ligne portant sur la santé tomberait dans l\u2019une de ces catégories.De quoi alimenter des sentiments d\u2019angoisse et de confusion chez des internautes qui, déjà préoccupés par des symptômes souvent bénins, ?nissent par croire qu\u2019ils sont atteints d\u2019un mal incurable.Dans l\u2019espoir de vous éviter de tels moments de panique, seul devant votre écran, nos reporters ont cherché à répondre à ces 50 questions récurrentes, à l\u2019aide de professionnels de la santé et de scienti?ques.Sans avoir la prétention d\u2019être exhaustif, notre dossier spécial se veut avant tout un document auquel vous pouvez vous référer rapidement pour de courtes explications et des trucs éprouvés.Cependant, rappelez-vous que, tout comme le Web, notre magazine ne remplacera jamais votre médecin.= = = Même les plus grands voyageurs doivent, un jour, déposer leurs valises, nous explique avec nostalgie et tristesse Serge Bouchard dans sa chronique \u2013 sa toute dernière (à la page 57).Après avoir écrit plus d\u2019une centaine de textes dans Québec Science, cet infatigable bourlingueur a décidé de ralentir le rythme et de ranger sa plume.Il a publié sa première chronique en 2004, rédigée à quatre mains avec son complice, l\u2019anthropologue Bernard Arcand.À la suite du décès de ce dernier, en 2009, Serge a poursuivi l\u2019aventure en solo.Il nous lègue une collection de récits empreints de tendresse et d\u2019humanité où s\u2019entremêlent tour à tour l\u2019anthropologie, l\u2019histoire, la géographie et la philosophie; où les « remarquables oubliés » ont en?n un visage, une identité; où les lieux révèlent leur véritable esprit; où les notes de terrain se transforment en capsules à voyager dans le temps et l\u2019espace; où le particulier ?nit toujours par toucher à l\u2019universel.Il est impossible de rendre justice en quelques lignes au talent de Serge Bouchard.Il n\u2019est toutefois pas exagéré d\u2019af?rmer que sa contribution à notre magazine demeurera inestimable.Cher Serge, au nom de tous les lecteurs de Québec Science, merci.Mille fois merci.lQS C\u2019est grave, docteur Google ?L\u2019autodiagnostic en ligne fait désormais partie de nos habitudes.Mais que cherchons-nous ?Et trouvons-nous les bonnes réponses ?Environ 50% du contenu portant sur la santé serait incomplet, incorrect ou délibérément trompeur.Éditorial marie lambert-chan @mlambertchan N I C O L E A L I N E L E G A U L T LE BITCOIN, CE GOUFFRE ÉNERGÉTIQUE « L\u2019article d\u2019Alexis Riopel (avril- mai 2018) fait ressortir le gaspillage énergétique lié au bitcoin et avec raison.C\u2019est une \u201cmachine infernale\u201d insoutenable à long terme.Les analystes du bitcoin admettent que l\u2019offre est limitée à 21 millions d\u2019unités.Or, le bitcoin est divisible, donc fractionnable.Puisque l\u2019on peut transiger en fractions de bitcoins, le nombre de transactions est donc mathématiquement in?ni.Si l\u2019on peut acheter un cent milliardième de bitcoin, on peut aussi n\u2019en acheter qu\u2019une fraction de cette fraction.En bourse, les actions d\u2019une entreprise ne peuvent être négociées en fractions, ce qui limite le nombre de transactions sur un titre.[\u2026] Donc, un bitcoin peut occasionner des milliards de transactions, toutes devant être enregistrée en ordre chronologique par un grand nombre d\u2019ordinateurs qui doivent remettre à jour leur base de données \u201cbitcoin\u201d pour chacune de ces transactions.[\u2026] Quel gaspillage énergétique pour tout enregistrer et conserver ! » \u2014 Normand Bourgault L\u2019EGO DES SCIENTIFIQUES « Mme Lambert-Chan, simplement pour vous féliciter de votre éditorial (avril-mai 2018).Il est malheureux d\u2019apprendre que des organismes comme l\u2019Organisation mondiale de la santé et l\u2019université de l\u2019Alberta permettent à des chercheurs la publication d\u2019articles hautement discutables.L\u2019ego de ces scien- ti?ques semble supplanter leur éthique professionnelle.Merci de votre intervention.» \u2014 Pierre Labelle M****, ALORS ! « J\u2019ai apprécié votre dossier sur le caca (mars 2018), car j\u2019ai toujours pensé que la survie des humains doit tenir compte à parts égales des trois étapes de l\u2019alimentation : l\u2019ingestion des aliments, leur digestion et l\u2019évacuation des déchets.Pourtant, on n\u2019entend à peu près jamais parler de l\u2019étape ?nale qu\u2019on juge, à tort selon moi, dégoûtante.Mais à la blague, on dit que même le pape va à la toilette\u2026 Une dernière remarque : j\u2019ai relevé, dans votre dossier de 19 pages, 116 mentions différentes des excréments, mais une seule fois le mot \u201cétron\u201d et nulle part le mot \u201cmerde\u201d.Ce dernier est pourtant le plus éloquent ! Si vous aviez peur de choquer (qui au juste ?), je vous trouve un peu frileux.» \u2014 Michel Jacques D\u2019AUTRES SOLUTIONS POUR NOS ROUTES EN DÉROUTE « Dans le reportage \u201cRoutes en ruine\u201d (avril-mai 2018), vous explorez plusieurs méthodes pour améliorer la qualité des routes lors des futures constructions ou réparations.J\u2019ai été surpris de ne rien trouver concernant certaines solutions qui me paraissent valables.Lors de la préparation de la fondation des routes, du ciment peut être mélangé avec les agrégats pour former une masse solide et très résistante à la compression.De plus, des nanoparticules (autres que l\u2019oxyde de fer) peuvent être ajoutées au mélange.Celles-ci ne s\u2019hydratent pas lors de la prise du ciment, mais participent à la réparation des ?s- sures lors de certaines déformations du sol.Quant à la qualité des agrégats, leur résistance à la compression peut varier, même si leur composition chimique ne s\u2019altère pas.Il est de bonne pratique d\u2019inclure des normes de performance des agrégats dans les cahiers des charges remis aux fournisseurs et de rejeter les produits démontrant une résistance insuf?sante.» \u2014 Simon Leclipteux Mots croisés JUIN 2018 VOLUME 56, NUMÉRO 8 Rédactrice en chef Marie Lambert-Chan Reporters Marine Corniou, Mélissa Guillemette, Collaborateurs Normand Baillargeon, Maxime Bilodeau, Serge Bouchard, Sarah R.Champagne, Jean-François Cliche, Émilie Folie-Boivin, Annie Labrecque, Martine Letarte, Alice Mariette, Etienne Masse, Catherine Mathys, Saturnome Correcteur-réviseur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Louise Bilodeau, Iris Boudreau, Pascal Blanchet, Jean-François Hamelin, Nicole-Aline Legault, Christinne Muschi, Benoît Tardif, Vigg Éditrice Suzanne Lareau Coordonnatrice des opérations Michèle Daoust Comptabilité Mimi Bensaid Chargée de projets, communications marketing Lynda Moras Attachée de presse Stéphanie Couillard Vice-présidente marketing et service à la clientèle Josée Monette Publicité Claudine Mailloux 450 929-1921 514 909-4601 cmailloux@velo.qc.ca Chantal Verdon 418 559-2162 514 521-8356 poste 402 cverdon@velo.qc.ca Impression Transcontinental Interweb Distribution Messageries Dynamiques Parution: 17 mai 2018 (546e numéro) Québec Science est publié par Vélo Québec Éditions.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada: ISSN-0021-6127 Envoi Poste-Publications Convention no 40065387.© Copyright 2018 \u2013 La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d\u2019adaptation réservés.Indexé dans Québec Science reçoit l\u2019aide ?nancière du ministère de l\u2019Économie, de la Science et de l'Innovation du Québec.Nous reconnaissons l\u2019appui ?nancier du gouvernement du Canada.Le magazine Québec Science est imprimé sur du papier certi?é FSC® (Forest Stewardship Council®), donc issu de forêts bien gérées et d\u2019autres sources responsables.C M C A A U D I T E D Écrivez-nous courrier@quebecscience.qc.ca 1251, Rachel Est, Montréal (Qc) H2J 2J9 Suivez-nous www.quebecscience.qc.ca Abonnez-vous www.quebecscience.qc.ca/ abonnez-vous 514-521-8356 poste 504 1-800-567-8356 poste 504 Un changement d\u2019adresse : changementqs@velo.qc.ca QUÉBEC SCIENCE 5 JUIN 2018 QUEBEC SCIENCE MARS 2018 > Votre téléphone peut-il remplacer votre psy?+ LE PHARMACHIEN CONTRE-ATTAQUE! LA VOITURE À HYDROGÈNE, FUTURE REINE DES ROUTES?.COMMENT DÉBATTRE AVEC UN PARTISAN DE LA TERRE PLATE Pour la première fois de ma vie, je crains l\u2019impact de la pseudoscience sur l\u2019avenir de notre société.\u201d \u201c Les excréments nous dégoûtent.Mais, pour les chercheurs, ce sont des trésors.Plongez avec eux au fond de la cuvette! L'OR BRUN QUÉBEC SCIENCE 6 JUIN 2018 Le cabinet des curiosités C ontempler les plantes n\u2019est pas qu\u2019un bonheur pour les yeux; c\u2019est également un exercice fort utile auquel les biologistes se prêtent avec une panoplie d\u2019outils de plus en plus précis.Dans les années 1990, la biologie végétale avait pourtant quelque peu mis de côté les microscopes et l\u2019analyse de la morphologie des plantes au pro?t de techniques beaucoup plus « à la mode » : les outils moléculaires.« Tout le monde s\u2019est précipité sur les gènes, les protéines, le séquençage, le génome », se rappelle la professeure à l\u2019Université McGill Anja Geitman qui avait choisi son domaine d\u2019études après avoir découvert la beauté des plantes à travers un microscope électronique, à la ?n des années 1980.« Mais on a réalisé qu\u2019un génome ou une séquence d\u2019ADN ne nous disent rien, raconte celle qui est aussi doyenne de la faculté des sciences de l\u2019agriculture et de l\u2019environnement.Pour comprendre pourquoi un fruit devient beaucoup plus gros qu\u2019un autre, ou pourquoi il ne développe pas de semences, il faut lier les connaissances moléculaires avec ce qu\u2019on voit et avec le fonctionnement de l\u2019organisme.» Le retour au microscope a donc été inévitable, vers le début des années 2000, et, depuis, plusieurs méthodes d\u2019imagerie se sont ajoutées à l\u2019arsenal des biologistes : résonance magnétique, tomodensitométrie, tomographie par émission de positrons, imagerie par spectrométrie de masse ou par ?uorescence, pour n\u2019en nommer que quelques-unes.Leurs clichés sont parfois dignes d\u2019une œuvre d\u2019art.Grâce à plusieurs de ces avancées, les scienti?ques n\u2019ont plus à disséquer les plantes pour les étudier, explique Chi- thra Karunakaran, chercheuse au Centre canadien de rayonnement synchrotron, à Saskatoon.« Quand on coupe une plante, Les plantes mises à nu C A N A D I A N L I G H T S O U R C E 1 .A N J A G E I T M A N N / I R B V - 2 .M A R Y S E F A G N A N T , A .G E I T M A N N - 3 .M I N A K O K A N E D A , A .G E I T M A N N - 4 .L O U I S E P E L L E T I E R , A .G E I T M A N N Soumettre un iris à un PET scan ou à une résonance magnétique?Des chercheurs le font au nom du progrès de la botanique.Par Mélissa Guillemette 1 3 5 2 4 on perd de l\u2019information, explique-t-elle.Même chose si on sort les racines de la terre; l\u2019architecture des racines est alors brisée.» Dans son synchrotron, un accélérateur de particules qui permet de travailler avec une lumière ultra focalisée, et donc de produire des images de bonne résolution, les plants entiers sont examinés sous toutes leurs coutures sans perdre une feuille.Les spécimens vivants sont particulièrement utiles pour comprendre les processus comme la reproduction, la croissance ou encore les maladies.Chithra Karunaka- ran et ses collègues étudient justement la fusariose du blé, un champignon qui cause des maux de tête aux agriculteurs d\u2019ici et d\u2019ailleurs.« On utilise les rayons X pour comprendre comment les structures internes peuvent bloquer la propagation du pathogène dans l\u2019épi.» Tout ça dans le but d\u2019identi?er ou de créer les variétés de blé qui résisteront au ?éau.Chithra Karunakaran travaille également en collaboration avec des chercheurs de l\u2019université de la Saskatchewan, qui possèdent depuis quelques mois un phytoPET (PET signi?e tomographie par émission de positrons, et rappelle les PET scans utilisés à l\u2019hôpital).« Le phytoPET permet, par exemple, de suivre la vitesse de circulation des molécules de glucose dans une plante.En déposant ensuite le même plant dans le synchrotron, on peut analyser comment les structures sont organisées pour tenter de comprendre ce qu\u2019on a vu avec l\u2019autre appareil.» Ainsi, les techniques se complètent.Et nous émerveillent.lQS QUÉBEC SCIENCE 7 JUIN 2018 1 Gros plan sur le bois de pin réalisé avec un microscope optique qui montre différents types de ponctuations, ces petites ouvertures qui servent à connecter les vaisseaux transportant la sève.2 Cliché d\u2019un stomate (structure qui permet les échanges gazeux) sur une feuille de maranta.Produit à l\u2019aide d\u2019un microscope optique.3 Un pistil pollinisé d\u2019une ?eur d\u2019Arabidopsis capté à l\u2019aide d\u2019un microscope à ?uorescence.Les couleurs ont été ajoutées de façon numérique.4 Grain de pollen accroché à un poil sur la surface d\u2019un pétale d\u2019iris, saisi grâce à un microscope électronique à balayage.5 L\u2019imagerie en contraste de phase par rayons X permet de visualiser le système vasculaire de cet épi de blé.6 Des pousses émergent de semences de canola scannées via la tomodensitométrie.Elles cherchent l\u2019eau et les nutriments.7 Une ?eur de Haplophyllum lissonotum révèle la morphologie de ses organes reproducteurs grâce à la tomodensitométrie.«Les ?eurs sont généralement hermaphrodites et, grâce à ces scans, nous pouvons mesurer, sur une même ?eur, l'investissement de la plante dans sa fonction mâle (en comptant les grains de pollen) et dans sa fonction femelle (en comptant les ovules)», explique Yannick Staedler, chercheur principal à l\u2019université de Vienne.C A N A D I A N L I G H T S O U R C E Y .M .S T A E D L E R & S .M A N A F Z A D E H / S C H O E N E N B E R G E R L A B 6 7 QUÉBEC SCIENCE 8 JUIN 2018 L \u2019objectif de Claude Per- reault est ambitieux : concevoir des vaccins qui guériront les cancers, rien de moins.Pour y parvenir, ce scienti?que de l\u2019Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l\u2019Université de Montréal s\u2019adjoint les services d\u2019un allié de taille, le système immunitaire du malade.C\u2019est le principe de l\u2019immunothérapie, une stratégie de traitement des cancers qui a le vent en poupe depuis quelques années.L\u2019idée est d\u2019inciter le système immunitaire à détecter les cellules cancéreuses et à les attaquer.Or, les traitements d\u2019immunothérapie actuels n\u2019entraînent de régression tumorale que dans 25 % des cas, et pour certains cancers seulement.Ils « réveillent » le système immunitaire, sans toutefois le diriger spéci?quement vers les tumeurs.Claude Perreault, lui, a pris une autre voie.Il cible certaines molécules dans les tumeurs a?n d\u2019obtenir une réponse immunitaire beaucoup plus puissante.Et les résultats sont encourageants.Les cellules clés dans ce combat sont les lymphocytes T, des globules blancs qui jouent un rôle important dans le système immunitaire en distinguant les cellules et les molécules de l\u2019organisme (ce qu\u2019on appelle le soi) des molécules étrangères (le non-soi) ou anormales, qui doivent être éliminées.Or, les cellules cancéreuses arrivent à déjouer les lymphocytes T, et échappent ainsi à leur vigilance.Pour forcer les lymphocytes à reconnaître les tumeurs, et uniquement celles-ci, de nombreux scienti?ques cherchent à mettre la main sur des antigènes cancer-spécifiques (ACS), des molécules anormales caractéristiques de certaines cellules cancéreuses et susceptibles de faire réagir les soldats de l\u2019immunité.L\u2019an dernier, les équipes du docteur Perreault, de Pierre Thibault et de Sébastien Lemieux \u2013 tous chercheurs à l\u2019IRIC \u2013 ont découvert chez la souris ces ACS tant recherchés pour la leucémie et le cancer du côlon.L\u2019article qui rapporte cette découverte n\u2019est pas encore publié.« On a identi?é des fragments de protéines grâce à la spectrométrie de masse, une machine qui fonctionne un peu comme un questionnaire à choix multiples : pour qu\u2019elle trouve un antigène, il faut l\u2019inscrire dans les choix de réponses, explique Claude Perreault.C\u2019est là où tout le monde s\u2019était trompé.Les équipes cherchaient parmi les protéines créées par l\u2019ADN codant, qui représente 1 % du génome.Or, c\u2019est dans l\u2019ADN non codant, beaucoup moins connu, qu\u2019on a trouvé ces ACS.» Mais les ACS, à eux seuls, ne suf?sent pas à faire un vaccin ef?cace.Pour déclencher une réponse immunitaire forte, les Des vaccins pour guérir les cancers ?Ce traitement pourrait être administré dès le diagnostic et permettrait ainsi d\u2019éviter bien des chimiothérapies.Par Martine Letarte SUR LE VIF N O P P A R I T / I S T O C K P H O T O Claude Perreault QUÉBEC SCIENCE 9 JUIN 2018 w Les semences Round-Up Ready, qui ont été génétiquement modi?ées pour résister à un puissant herbicide, le glyphosate, sont-elles bonnes ou mauvaises pour l\u2019environnement ?Demandez à un « anti- OGM » et il vous répondra que l\u2019arrivée de ces semences sur le marché a fait exploser les quantités de glyphosate épandues dans les champs, ce qui est vrai.Demandez à un « pro-OGM » et il vous dira que le glyphosate est beaucoup moins toxique que les herbicides qu\u2019il a remplacés, ce qui est aussi vrai.Dans la sphère publique, le débat s\u2019arrête habituellement là.Ce qui est bien dommage, parce que c\u2019est justement ici que ça devient vraiment intéressant.En principe, les herbicides à base de glyphosate ne devraient pas avoir d\u2019effet sur les vertébrés parce qu\u2019ils ciblent une partie des cellules végétales qui n\u2019ont pas d\u2019équivalent chez les animaux.Cependant, au cours des 15 dernières années, de nombreuses expériences en laboratoire ont démontré que le Round-Up \u2013 pas juste le glyphosate, qui est l\u2019ingrédient actif de la formule, mais aussi les autres ingrédients qui entrent dans sa composition \u2013 était clairement nocif pour plusieurs espèces de grenouilles, entre autres.Maintenant, cette histoire prend une tournure particulière quand on sort du labo et que l\u2019on teste le Round-Up en milieu naturel.A priori, on s\u2019attendrait à observer la même nocivité que celle mesurée dans des vivariums universitaires.Mais voilà, dans de vrais étangs, la toxicité du Round-Up disparaît presque complètement.Il faut savoir que les laboratoires sont très utiles pour mesurer le potentiel de toxicité d\u2019une substance parce qu\u2019ils offrent des conditions contrôlées qui isolent l\u2019effet d\u2019une seule variable.Mais ces conditions ne se retrouvent jamais dans la nature, explique explique Vance Trudeau, chercheur en toxicologie environnementale de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Voilà pourquoi ses collègues et lui testent l\u2019effet de divers produits sur les écosystèmes à l\u2019aide d\u2019une installation fascinante nommée Long- term Experimental Wetland Area (LEWA), située au Nouveau-Brunswick, qui est un réseau d\u2019étangs et de milieux humides de 6 km2.En 2009 et 2010, M.Trudeau et son équipe ont divisé en moitiés trois étangs, chacune des moitiés restant parfaitement étanche par rapport à l\u2019autre.Des quantités égales d\u2019œufs de rainette des bois ont été introduites de chaque côté, puis les chercheurs ont ajouté du Round-Up dans l\u2019une des deux moitiés, à des concentrations équivalentes à ce qu\u2019on trouve dans des régions agricoles.En ?n de compte, les effets étaient faibles ou inexistants.« Les résultats donnent peu de raison de penser que l\u2019exposition à cet herbicide affecte l\u2019abondance, la croissance et le développement des têtards de la rainette des bois », lit-on dans un article de M.Trudeau publié en 2013 par Aquatic Toxicology.Pourquoi ?Cela reste à élucider.Peut-être que l\u2019herbicide est dégradé par l\u2019activité bactérienne très forte des étangs ou par l\u2019action des ultraviolets; on ne sait.Cela ne veut pas dire que les effets observés en labo ne se réaliseront jamais, avertit M.Trudeau.« En Argentine, par exemple, ils utilisent des quantités énormes de Round-Up.J\u2019ai des amis qui sont en train d\u2019en étudier les effets; ils n\u2019ont pas encore publié leurs résultats, mais des indices montrent qu\u2019on pourrait avoir des problèmes ici si on augmente de beaucoup notre utilisation de cet herbicide », dit-il.Pour l\u2019heure, on n\u2019a pas atteint ce point au Canada.Mais comme les ventes de glyphosate continuent d\u2019augmenter, peut-être que de mauvaises surprises nous attendent à plus ou moins long terme.lQS Le glyphosate, du labo à l\u2019étang Polémique JEAN-FRANÇOIS CLICHE @clicjf lymphocytes T doivent se faire présenter les molécules à combattre par des cellules spécialisées, appelées « cellules présentatrices d\u2019antigènes ».Ces sentinelles mettent en quelque sorte le nez des lymphocytes sur les intrus, histoire d\u2019aiguiser leur ?air.Or, vous l\u2019aurez deviné, les cellules cancéreuses ne présentent pas volontiers leur vrai visage aux lymphocytes.D\u2019où l\u2019idée du docteur Perreault de développer un vaccin qui contient à la fois des cellules présentatrices et les fameux antigènes cancer-spéci?ques.Chez des souris immunisées avec ce « cocktail », les lymphocytes T ont proliféré.« Le nombre de lymphocytes T a augmenté un million de fois dans nos tests chez la souris, indique Claude Perreault.Et, une fois activés, les lymphocytes T anti-ACS éliminent sans dif?culté les cellules cancéreuses.» Ces résultats ont été suf?sants pour convaincre la Société canadienne du cancer de soutenir la suite des travaux.ENCORE CINQ ANS DE RECHERCHE Le docteur Perreault travaille maintenant à transférer ces découvertes chez l\u2019humain.« Nous nous attaquons d\u2019abord au cancer du poumon, qui tue le plus, et à la leucémie aiguë parce qu\u2019on a accès à la Banque de cellules leucémiques du Québec pour réaliser nos recherches », explique-t-il.Claude Perreault espère trouver les ACS pour ces cancers chez l\u2019humain d\u2019ici deux ou trois ans.« Le système immunitaire de l\u2019humain et celui de la souris sont très semblables, af?rme-t-il.On pense que ces ACS sont présents chez l\u2019humain comme chez la souris, mais avec une structure un peu différente.» Une fois trouvés, il faudra tester les vaccins avec des patients en récidive après une chimiothérapie.Le vaccin serait donc thérapeutique et non préventif, car, de façon générale, le cancer progresse suf?samment lentement pour permettre au système immunitaire de réagir à temps.Le docteur Perreault croit que deux années seront suf?santes pour voir si le vaccin fonctionne.Dans ce cas, cela pourrait révolutionner le traitement des cancers.« On pourrait utiliser le vaccin thérapeutique pour les patients dès le diagnostic et éviter bien des chimiothérapies, af?rme Claude Perreault.Il est aussi raisonnable d\u2019espérer pouvoir ensuite développer des vaccins pour tous les types de cancers avec la même méthode.» lQS À première vue, rien n\u2019y paraît.Mais, sous l\u2019autoroute Bonaventure et sous les berges à proximité où je me trouve, se décomposent des chaussures, du bois, du béton, du papier et même des hydrocarbures pétroliers ! C\u2019est que, de 1866 à 1966, le littoral du Saint-Laurent dans ce secteur était un site d\u2019enfouissement non con?né et peu réglementé.« À l\u2019époque, il n\u2019y avait pas de normes, si ce n\u2019est \u201cpas trop de rats et pas trop d\u2019odeurs\u201d », raconte Martin Chiasson, directeur environnement chez Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI), la société d\u2019État fédérale copropriétaire des lieux avec la Ville de Montréal (qui y possède un terrain).Pour bloquer la migration de ce beau cocktail de contaminants toxiques vers le ?euve, la PJCCI a lancé en juin 2016 le projet environnemental Solution Bonaventure, conjointement avec le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).Ce n\u2019est pas du luxe, particulièrement pour la zone ouest qui se situe autour du pont Champlain et jusqu\u2019au pont Victoria.« Ici, 100 % de l\u2019eau souterraine est contaminée », lance d\u2019emblée Jean Paquin, vice-président technologie chez Sanexen, l\u2019entreprise partenaire pour le secteur ouest du projet.Cette toxicité est notamment due à l\u2019azote ammoniacal, très dangereux pour la vie aquatique.« De nombreux contaminants taxent le métabolisme des poissons de façon évolutive, alors que la présence d\u2019ammoniac les tue carrément », explique Sébastien Sauvé, professeur au département de chimie de l\u2019Université de Montréal, qui n\u2019est pas impliqué dans le projet.Les analyses sur le terrain ont aussi révélé la présence d\u2019hydrocarbures polycycliques (HAP) et de métaux dissous dans les eaux souterraines.Il était donc nécessaire de les traiter, notamment pour protéger les poissons du ?euve.Le centre de traitement de la zone ouest est un petit bâtiment anonyme qui semble perdu en plein milieu des travaux du pont Champlain.Il est d\u2019ailleurs un peu complexe de s\u2019y rendre en ce moment : il faut avant tout parcourir un labyrinthe formé par les immenses poutres du futur pont stockées tout autour ! Mais, heureusement, le système est automatisé et une présence quotidienne n\u2019est pas requise.Les responsables y ont accès à distance Héritage indésirable Le grand ménage des eaux souterraines contaminées dans le secteur de l\u2019autoroute Bonaventure, à Montréal, a débuté il y a quelques mois.Une visite s\u2019imposait.Par Alice Mariette SUR LE VIF QUÉBEC SCIENCE 10 JUIN 2018 1 2 S O L U T I O N B O N A V E N T U R E QUÉBEC SCIENCE 11 JUIN 2018 La science à la sauce Facebook Facebook ne sert pas qu\u2019à montrer des photos de chats et de bébés.Pour beaucoup d\u2019abonnés, c\u2019est également une source importante d\u2019information à saveur scien- ti?que.Les pages plus populaires incluent celles des médias traditionnels comme National Geographic (près de 46 millions d\u2019abonnés), mais aussi celles de médias nés sur le Web, comme I Fucking Love Science (près de 26 millions d\u2019adeptes), et de personnalités publiques comme le vidéaste Hachem Al- Ghaili (8,4 millions d\u2019abonnés) ou le regretté Stephen Hawking (3,9 millions d\u2019abonnés).Le Pew Research Center a voulu mieux comprendre cet engouement.Pendant 6 mois, il a analysé 30 pages Facebook liées à la science, celles comptant parmi les plus suivies.Alors, Facebook est-il une bonne source d\u2019information pour nourrir l\u2019esprit scienti- ?que ?Oui et non.Les pages de science les plus populaires ont bien compris les rouages de ce média social et produisent davantage de statuts visuels avec peu ou pas de textes.Le rapport note aussi que seulement 3 messages sur 10 portent sur de nouvelles découvertes (comme celle d\u2019un nouvel organe humain, vous avez vu passer ça ?), et 2 messages sur 10 concernent de nouvelles pratiques (on est toujours curieux de savoir si on possède les traits de personnalité d\u2019un psychopathe\u2026).Ainsi, ce n\u2019est pas parce que la page se dit « scienti?que » qu\u2019on y trouve de la véritable science.Quatre des 15 statuts les plus populaires sur des pages Facebook personnelles ou organisationnelles proposaient des conseils ou des citations inspirantes : « Prenez soin de vos amis » ou encore, « Croyez en vous-même ».À ce stade, peut-on encore parler de science ?Néanmoins, ces données aident à comprendre comment le public trouve son information scienti?que en ligne et rappelle l\u2019importance de diversi?er ses sources pour avoir un portrait plus complet et, surtout, plus crédible de la science.Si les citations inspirantes se partagent bien, elles n\u2019aident en rien la formation d\u2019une pensée critique en la matière.Twitter n\u2019est pas en reste.C\u2019est le réseau préféré de certains médias et personnalités scienti?ques.C\u2019est le cas de l\u2019astrophysicien Neil deGrasse Tyson et du vulgarisateur scien- ti?que Bill Nye.Idem pour la NASA et Popular Science, qui aiment bien gazouiller.Bref, le buffet scienti?que est ouvert un peu partout sur le Web, mais il revient à nous de consommer de façon équilibrée.lQS Technopop CATHERINE MATHYS @Mathysc et sont alertés en cas de problème.À l\u2019intérieur, les machines tournent à plein régime, à toute heure du jour et de la nuit.Les bidons plus ou moins grands, les tubes colorés et les ?ltres se côtoient dans un bruit de fond constant : l\u2019eau suit ici son chemin de décontamination.Elle y est transportée grâce à 32 puits de pompage.« L\u2019idée est qu\u2019aucune goutte d\u2019eau ne passe à travers la barrière hydraulique pour se diriger vers le ?euve », explique Jean Paquin en indiquant, depuis l\u2019entrée du bâtiment, les 1,2 km de puits enfouis le long de la berge.Cette eau subit une première étape de mise en contact avec de l\u2019oxygène, puis passe à travers différents filtres qui éliminent des matières en suspension.C\u2019est ensuite au tour du réacteur biologique, situé à l\u2019extérieur de l\u2019immeuble, d\u2019entrer en action pour capter l\u2019azote ammoniacal.Ces différentes étapes réduisent les matières en suspension d\u2019environ 40 ppm (parties par million) à 15 ppm.Une baisse visible à l\u2019œil nu, si l\u2019on se fie aux différents prélèvements effectués au moment de ma visite.Concernant l\u2019ammoniac, le système permet d\u2019abaisser la concentration de 50 mg/L à moins de 3 mg/L, un taux qui dépend de la température de l\u2019eau et de son acidité (pH).« Ce taux est raisonnable dans un milieu urbain, sachant qu\u2019il n\u2019y a pas de puits destinés aux habitations.Mais pour protéger un environnement sensible, il faudrait viser encore plus bas », indique le professeur Sauvé.Par ailleurs, près de l\u2019entrée du bâtiment, plusieurs ?ltres, tuyaux et petits bidons servent à la recherche et au développement.Avec cette installation, Sanexen espère trouver une technologie plus ef?cace de réduction de l\u2019azote ammoniacal.C\u2019est un besoin notamment pour les mines, où l\u2019azote ammoniacal est en grande partie responsable de la toxicité des ef?uents.« Nous voulons améliorer la performance et être capables de traiter l\u2019eau, même à de très basses températures, pour des régions comme l\u2019Abitibi-Témiscamingue », explique Jean Paquin.À la ?n du processus de décontamination, l\u2019eau, qui n\u2019est plus toxique pour les poissons, est en?n envoyée vers le Saint-Laurent.STOPPER LES HYDROCARBURES Du côté est, entre les ponts Clément et Victoria, la présence d\u2019hydrocarbures pétroliers contaminés aux biphényles polychlorés (BPC) a été détectée et estimée à 650 000 L.L\u2019huile ?otte sur la nappe d\u2019eau souterraine depuis des décennies.« Minimiser les BPC est nécessaire, puisqu\u2019il s\u2019agit de composantes cancérigènes, mais aussi volatiles », avertit le professeur Sauvé.Il n\u2019a pas été possible de visiter ce secteur, puisque les installations se trouvent sous terre.Seules les deux petites stations de pompage situées aux extrémités du site sont visibles.Ici, c\u2019est un mur de con?nement de plus de 900 m et composé de 128 puits qui permet de stopper la migration des hydrocarbures pétroliers \u2013 lesquels sont présents sous l\u2019autoroute \u2013 vers le ?euve.Une fois récupérés, ceux-ci sont transportés par camion dans un centre de traitement.Il reste tout de même une inconnue dans cette équation : quand serons-nous dé?nitivement débarrassés de cet héritage toxique ?Peut-être jamais.Ou à tout le moins, ce ne sera pas avant plusieurs décennies, estime l\u2019équipe du projet.lQS 1 Pendant un siècle, cette zone fut un site d\u2019enfouissement où se décomposent encore des détritus et des hydrocarbures qui polluent les eaux souterraines.2 Récupération d\u2019hydrocarbures contenant des biphényles polychlorés (BPC). QUÉBEC SCIENCE 12 JUIN 2018 I l y a quelques mois, l\u2019existence d\u2019un grave con?it d\u2019intérêts impliquant deux renommés chercheurs de l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas a été mise au jour.On apprenait alors, entre autres, que ceux-ci agissaient à titre de conférenciers et de consultants pour les fabricants d\u2019un antipsychotique qu\u2019ils testaient auprès d\u2019un groupe de patients.L\u2019affaire ?t grand bruit.Avec raison, puisqu\u2019elle constitue un exemple de réelle menace à l\u2019intégrité de la recherche scien- ti?que et à sa poursuite désintéressée de la vérité qui demeure sa première ?nalité.Hélas, ce cas n\u2019est pas unique.Les liens troubles entre l\u2019industrie pharmaceutique et le monde de la recherche sont déplorés depuis longtemps.Des revues prestigieuses les ont d\u2019ailleurs dénoncés en des termes très durs.En mars 2004, The Lancet écrivait dans son éditorial que « nos revues deviennent des machines à lessiver de l\u2019information au béné?ce des pharmaceutiques ».L\u2019année suivante, le New England Journal of Medicine quali?ait les big pharmas de « machines de marketing déterminées à prendre le contrôle de tout ce qui pourrait s\u2019opposer à elles ».Il serait toutefois injuste de ne jeter la pierre qu\u2019aux compagnies pharmaceutiques.L\u2019intégrité scienti?que est actuellement cernée de toutes parts.Les sources de ?nancement privées exercent un contrôle désolant, voire dangereux, sur les sujets étudiés, les résultats de recherche obtenus et la décision de les publier ou non.L\u2019État ne fait guère mieux : il arrive que le gouvernement en place coupe les vivres à des organismes qu\u2019il n\u2019apprécie pas.Ou encore qu\u2019il néglige la recherche fondamentale au pro?t de la recherche appliquée.Au même moment, on observe une multiplication des revues savantes prédatrices qui, contre espèces sonnantes, publient parfois n\u2019importe quoi et n\u2019importe qui, depuis des chercheurs en mal de renommée jusqu\u2019à des travaux à la valeur parfois douteuse, et ce, sans véritable révision par les pairs.Tout cela sans oublier les biais de publication qui incitent à diffuser plus volontiers des résultats positifs que négatifs.Ou encore le « découpage de salami », une pratique bien nommée, qui consiste à tirer plusieurs publications d\u2019une même recherche, laquelle ne devrait raisonnablement donner lieu qu\u2019à un seul papier.Ces stratagèmes et ces manigances érodent la confiance du public en la science.Dans ce contexte, comment arrive-t-on à préserver l\u2019intégrité de la Un code d\u2019éthique pour chercheurs On observe une multiplication de stratagèmes douteux qui érodent la con?ance du public en la science.Comment peut-on préserver l\u2019intégrité de la recherche ?Je doute donc je suis normand baillarGeon @nb58 I L L U S T R A T I O N : V I G G QUÉBEC SCIENCE 13 JUIN 2018 recherche ?Comment un chercheur de- vrait-il se comporter devant ces menaces ?Ce sont là d\u2019urgentes et graves questions auxquelles le Forum économique mondial a tenté de répondre récemment à l\u2019aide d\u2019un code d\u2019éthique à l\u2019intention des chercheurs.Il a été rédigé par des scienti?ques établis de moins de 40 ans, issus de plusieurs pays et de différentes disciplines.Le document est présentement soumis pour discussion à la communauté scienti?que.Il se décline en sept volets, qui sont autant de recommandations.On y enjoint les chercheurs à entretenir des relations avec le public; à rechercher la vérité; à tenter de réduire les impacts possiblement néfastes de leurs travaux sur autrui, l\u2019environnement, la société, ainsi que la science elle-même; à collaborer et à échanger avec les décideurs; à encourager la diversité; à être un mentor; et à rendre des comptes.Ce document est salutaire et rejoint mes propres solutions pour freiner \u2013 idéalement stopper \u2013 les dérives évoquées plus haut.En voici quelques-unes, à méditer.D\u2019abord, des garde-fous devraient être érigés pour protéger les chercheurs contre la pression exercée par des sources de ?nancement et par des décideurs.Il pourrait s\u2019agir d\u2019ententes signées à cet effet et rendues publiques.Ensuite, la communauté scienti?que devrait faire un exercice d\u2019introspection et revoir des pratiques qui favorisent l\u2019avancement de carrière au détriment de la transparence et de l\u2019intégrité.Ainsi, on devrait encourager un chercheur à admettre qu\u2019il a commis des erreurs de bonne foi, au lieu de le stigmatiser.On devrait inciter les scienti?ques à se soucier davantage de la qualité de leurs articles plutôt que de la quantité d\u2019études à inscrire dans leur CV.On devrait valoriser la publication de résultats négatifs ou allant à l\u2019encontre de ce qui était souhaité, et reconnaître leur contribution à l\u2019accroissement des connaissances.On devrait exiger une présentation claire et objective de la méthodologie et des résultats de recherche, et rendre publiques les données brutes.On devrait généraliser la prépublication qui consiste à déposer un article qui n\u2019a pas encore été relu et approuvé par un comité de lecture.Cette pratique améliore l\u2019ef?cacité de la révision par les pairs et facilite l\u2019identi?cation des plagiats.Par ailleurs, les chercheurs chevronnés devraient très tôt apprendre aux étudiants comment interagir, dans un climat de respect mutuel et conformément aux normes éthiques souhaitables, avec les pouvoirs publics et les décideurs qui ont un intérêt dans la recherche ou qui contribuent à son ?nancement.Les chercheurs devraient aussi développer une éthique de la responsabilité qui nourrira la con?ance du public en la science et en ses résultats.Cela implique non seulement de s\u2019assurer que la science produite sera de qualité, mais aussi que l\u2019on sanctionnera comme il se doit la fraude et les comportements répréhensibles.Et vous, chers lecteurs, êtes-vous préoccupés par les nombreuses menaces à l\u2019intégrité de la recherche ?Quelle manœuvre estimez-vous la plus alarmante ?Le code d\u2019éthique proposé par le Forum économique mondial suggère-t-il des solutions susceptibles d\u2019apaiser vos inquiétudes ?Racontez-moi.lQS 1 AN \u203a 8 numéros \u203a 36 $ 2 ANS \u203a 16 numéros \u203a 58 $ 3 ANS \u203a 24 numéros \u203a 81 $ L\u2019ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE À LA PORTÉE DE TOUS Économisez jusqu\u2019à 51% sur le prix en kiosque ABONNEZ-VOUS ! quebecscience.qc.ca/abonnez-vous 514 521-8356 - 1 800 567-8356 poste 504 Aussi offert en édition numérique (plus taxes) 1 AN \u203a25 $* *Gratuit pour les abonnés à l'édition imprimée QUÉBEC SCIENCE 14 JUIN 2018 J E A N - F R A N Ç O I S H A M E L I N QUÉBEC SCIENCE 15 JUIN 2018 À prendre ou à protéger; les femmes préhistoriques restent encore aujourd\u2019hui enfermées dans ces représentations simplistes.Rien de plus faux, rétorque l\u2019historienne des sciences Claudine Cohen.Les femmes ont joué une multitude de rôles actifs et importants, que les progrès récents en paléontologie et en archéologie historique contribuent à révéler.Également philosophe et directrice d\u2019études à l\u2019École des hautes études en sciences sociales à Paris, Claudine Cohen fait la synthèse entre la science et l\u2019histoire des idées.Une ré?exion qui force à repenser la division des rôles, depuis les temps immémoriaux.= = Québec Science : Quelles sont les idées reçues au sujet des femmes préhistoriques ?Claudine Cohen : D\u2019abord, il y a cette vision des femmes exclusivement con?nées au « foyer », qui s\u2019occupent d\u2019un grand nombre d\u2019enfants et attendent que les hommes rapportent le produit de la chasse pour se nourrir.Une autre vision qui perdure est celle des femmes comme objets sexuels.Elles sont représentées dépoitraillées et violées dans les ?lms, et dans toute l\u2019iconographie de la préhistoire produite depuis le XIXe siècle.QS À quoi ressemblait réellement leur quotidien ?CC Les femmes ne restaient pas sédentaires au fond de la caverne, entourées d\u2019enfants.Elles pratiquaient probablement des activités corollaires de la chasse, cette dernière n\u2019étant pas exclusivement masculine.Les femmes pouvaient y participer, peut-être pas pour mettre à mort les animaux, mais pour les rabattre et pour ramener le gibier.Le rôle de la cueillette était aussi important.Les femmes contribuaient pour une très grande part à l\u2019alimentation du groupe, avec la collecte des végétaux ou des coquillages.Il faut rappeler que la préhistoire dure 7 millions d\u2019années; il y a donc plusieurs types de femmes au cours de cette période.Des espèces d\u2019homininés différentes ont existé : les Australopithèques, les Néandertaliens, les Homo sapiens et d\u2019autres.Plusieurs modes de vie ont marqué l\u2019époque, depuis celui des chasseurs-cueilleurs nomades du Paléolithique [qui se termine il y a 12 000 ans] jusqu\u2019à celui du Néolithique, avec le début de l\u2019agriculture.QS Les familles étaient-elles nombreuses ?CC Il est impossible d\u2019être totalement af- ?rmatif dans ces recherches.Il n\u2019y a pas de certitudes, car les indices sont rares; et les vestiges, fragmentaires.Mais les recherches récentes offrent des indices qui invalident la vision des femmes préhistoriques avec une progéniture très nombreuse.Des ethnologues ont démontré que les femmes vivant dans des sociétés de chasseurs-cueilleurs actuelles au Congo et en Nouvelle-Guinée n\u2019ont pas beaucoup d\u2019enfants à la fois, car elles participent à la mobilité du groupe, un groupe nomade.Sans dire que ces sociétés sont préhistoriques, puisque, évidemment, ce n\u2019est pas du tout le cas, on peut considérer qu\u2019elles ont un mode de vie qui ressemble à celui des chasseurs-cueilleurs de la préhistoire.On peut donc présumer que, comme les femmes nomades d\u2019aujourd\u2019hui, celles de la préhistoire avaient recours à des procédés de régulation des naissances pour ne pas avoir plusieurs enfants en bas âge en même temps, comme l\u2019allaitement prolongé qui retarde une éventuelle grossesse après une naissance.Qui étaient réellement nos ancêtres au cours de la préhistoire ?Chose certaine, l\u2019homme préhistorique était aussi une femme, dit l\u2019historienne Claudine Cohen.Propos recueillis par Sarah R.Champagne ENTREVUE AVEC CLAUDINE COHEN Âge de pierre, âge des femmes?Vénus de Grimaldi QUÉBEC SCIENCE 16 JUIN 2018 QS Que sait-on des autres rôles des femmes dans ces sociétés ?CC En allant plus loin dans les hypothèses, on peut avancer que le travail des ?bres était celui des femmes.Elles connaissaient les différents végétaux pour en tirer des remèdes et les mettaient aussi à pro?t pour le tissage des vêtements et le tressage des cordes, ainsi que des paniers.Pour tout le groupe, c\u2019était une activité importante, tant pour la cueillette, le portage des enfants, mais également pour l\u2019habillement.On les voit à moitié dévêtues avec des pagnes dans la plupart des représentations du XIXe siècle, mais elles s\u2019habillaient probablement de manière très soigneuse et savaient se vêtir chaudement, au besoin.QS Nous aurions donc nourri, à tort, une vision sexiste de la préhistoire ?CC Notre regard sur le passé est très coloré par notre vision du présent.C\u2019est aussi parce que la science de la préhistoire est née il y a seulement 150 ans, c\u2019est-à-dire à l\u2019époque victorienne, alors que les femmes n\u2019avaient aucun droit au Royaume-Uni ou en France.Et il faut reconnaître qu\u2019on n\u2019a pas beaucoup d\u2019éléments scienti?ques, de vestiges, pour concevoir la situation des femmes au cours de la préhistoire; ces éléments étaient encore plus rares, il y a 150 ans.QS Y a-t-il de nouveaux indices qui dé- construisent les idées reçues concernant les femmes préhistoriques ?CC On a dit très longtemps que la différence des sexes était invisible, qu\u2019on ne pouvait déterminer, par exemple, qui avait fabriqué un silex.Il reste que tailler le silex a longtemps été attribué aux hommes, puisqu\u2019on pensait que c\u2019était une question de force pure.L\u2019outil était une sorte de privilège de l\u2019homme.Depuis quelques décennies, on fait toutefois beaucoup d\u2019expérimentation.Dans le cadre de ces expériences, des femmes ont fabriqué des objets en silex, et elles n\u2019ont eu aucun mal à le faire.Au contraire, on s\u2019est aperçu que ce travail demandait de la ?nesse, de l\u2019adresse et de la ré?exion.QS Quant aux ossements, peut-on leur attribuer un sexe avec certitude ?CC Certains détails de la conformation du bassin donnent des indices qui restent fragiles, cependant.On regarde l\u2019écartement des os pelviens et l\u2019élargissement du bassin, si tant est que l\u2019on puisse avoir cette partie du squelette.On s\u2019est longtemps basé aussi sur la gracilité des os, supposant une stature plus faible chez les femmes, ce qui est aujourd\u2019hui remis en question.On avait par exemple baptisé un squelette inhumé des grottes de Grimaldi, « l\u2019homme de Menton », à cause de sa stature et de l\u2019opulence de la sépulture.Des examens récents du bassin du squelette ont permis de découvrir que c\u2019étaient plutôt les restes d\u2019une femme, malgré leur robustesse.Le dimorphisme sexuel [la différence d\u2019aspect entre le mâle et la femelle] était peu accentué, ou en tout cas moins accentué qu\u2019aujourd\u2019hui, chez les humains du Paléolithique supérieur.Il existe aussi des tests, même s\u2019ils ne sont pas souvent possibles.On a par exemple réussi à extraire l\u2019ADN nucléaire des ossements de l\u2019homininé de Denisova (découvert en Russie en 2010) et à le séquencer, même s\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019un bout de phalange.On a établi que ce vestige était celui d\u2019une petite ?lle.QS Pourtant, on continue de l\u2019appeler « l\u2019homme » de Denisova ! Qu\u2019en est-il de Lucy, le fossile le plus célèbre ?Était-ce bien une femme ?CC Il y a eu des débats sur les restes de Lucy, car leur analyse reste équivoque.Ils sont très morcelés et, en plus, on avait très peu de points de comparaison avec d\u2019autres squelettes de son espèce quand on l\u2019a trouvée, en 1974.Au-delà de toutes les discussions sur l\u2019attribution du sexe féminin à Lucy, elle a incarné une sorte d\u2019ancêtre; une sorte de grand-mère de l\u2019humanité, même si on sait aujourd\u2019hui qu\u2019il y a d\u2019autres fossiles beaucoup plus anciens.Je pense que c\u2019était un grand tournant dans la vision de la différence des sexes dans la préhistoire : on a en?n reconnu qu\u2019une femme pouvait exister et présenter un intérêt dans l\u2019étude de cette période.QS Vous avez analysé l\u2019art de la préhistoire.Qu\u2019avez-vous appris ?CC Attention, l\u2019art existe seulement à la ?n du Paléolithique supérieur, à partir d\u2019il y a 40 000 ans.On trouve d\u2019abord une abondance de ?gurines féminines, des Vénus paléolithiques comme celles de Grimaldi.Certaines étaient des amulettes qui ont pu être fabriquées par des femmes pour leur propre usage, par exemple pour protéger une grossesse.Des préhistoriens ont aussi émis des observations sur l\u2019art pariétal, en particulier Dean Snow qui a étudié les mains sur les parois ornées de grottes en France et en Espagne.On trouve ce genre de mains partout, à toutes les époques du Paléolithique supérieur.Snow a remarqué que beaucoup des mains de l\u2019art paléolithique sont féminines, grâce à une analyse par logiciel qui évalue les proportions.Déjà, cela prouve que les femmes n\u2019étaient pas exclues de ce qui était probablement des rituels ou des fêtes; elles y avaient une place.D\u2019autre part, certains panneaux, comme celui de la grotte du Pech Merle en France, sont entourés de mains de femmes.C\u2019était peut-être une signature.L\u2019hypothèse n\u2019est pas si extravagante.QS Tout ça vous amène-t-il à repenser la question des rôles sociaux ?CC Il ne faut pas penser la condition féminine comme relevant de la nature, mais de la culture et du social.C\u2019est vrai aujourd\u2019hui, comme dans la préhistoire.lQS ENTREVUE «Il ne faut pas penser la condition féminine comme relevant de la nature, mais de la culture et du social.C\u2019est vrai aujourd\u2019hui, comme dans la préhistoire.» Célébrons 10 ans de réussite en découverte de médicaments ! Générons l\u2019espoir pour les années à venir ! SYMPOSIUM ANNUEL MACHINE LEARNING / SYSTÈMES BIOLOGIQUES 22-23-24 OCTOBRE 2018 INSTITUT DE RECHERCHE EN IMMUNOLOGIE ET EN CANCÉROLOGIE www.iricor.ca Au moindre malaise, au moindre symptôme, on se tourne vers le Web pour dénicher un diagnostic ou un remède miracle.Mais les informations qu\u2019on y trouve ne sont pas toujours exactes; pour ne pas dire qu\u2019elles sont parfois carrément fausses.A?n d\u2019y voir plus clair, les journalistes de Québec Science, avec l\u2019aide de professionnels de la santé et de scienti?ques, répondent dans ce numéro de façon claire et concise aux 50 questions de santé les plus fréquemment posées à Google par les Québécois*.Par Maxime Bilodeau, Marine Corniou, Mélissa Guillemette, Annie Labrecque et Etienne Masse Illustrations : Benoît Tardif *MÉTHODOLOGIE Les questions publiées dans ce dossier ont été trouvées à l\u2019aide des spécialistes de Google Trends.Elles sont celles ayant suscité le plus d\u2019intérêt chez les Québécois entre 2012 et 2017.Au départ, nous avions 60 questions, mais certaines étaient très similaires et, par conséquent, ont été réunies (par exemple, « Fièvre, quand consulter ?» et « Quelle température est considérée comme étant une ?èvre ?»).Par ailleurs il s\u2019agit de requêtes rédigées sous forme de questions par les internautes et non de mots clés.Cela peut expliquer pourquoi certaines maladies ne se retrouvent pas dans la liste, telles la dépression et la maladie d\u2019Alzheimer.En?n, notons que la numérotation des questions est un choix éditorial et ne re?ète donc pas la popularité des requêtes.50 questions santé qui préoccupent les québécois de UN DOSSIER PRATIQUE À CONSERVER NON LOIN DE L\u2019ARMOIRE À PHARMACIE. 1Boire un verre d\u2019eau la tête en bas, avoir peur, retenir sa respiration, sucer un glaçon ou un citron, croquer un morceau de sucre avec du vinaigre ou encore sauter à pieds joints les bras en croix.Les remèdes de grands-mères pour faire passer le hoquet sont aussi variés que loufoques.C\u2019est la preuve que le hoquet reste en partie un mystère, tant pour les grands-mères que pour les scienti?ques ! Connu médicalement sous le terme singultus, mot latin pour « sanglot », le hoquet est dû à des contractions involontaires des muscles respiratoires (en particulier le diaphragme et les muscles intercostaux).Ces contractions entraînent une inspiration rapide d\u2019air, suivie par la fermeture brutale du larynx et de la glotte, qui provoque le fameux « hic ! » plus ou moins retentissant.Le phénomène a beau être très courant, y compris chez les animaux, sa fonction biologique n\u2019est pas claire.« Chez les adultes, il ne semble jouer aucun rôle physiologique.Cependant, l\u2019observation fréquente de hoquet chez des fœtus in utero lors des échographies prénatales suggère qu\u2019il pourrait servir à entraîner les muscles inspiratoires a?n qu\u2019ils soient prêts pour la respiration après la naissance », peut-on lire dans une revue de la littérature publiée sur le sujet en 2015.Pour d\u2019autres chercheurs, ce ré?exe, qui fait intervenir plusieurs nerfs, dont le nerf vague, permettrait plutôt au fœtus d\u2019avaler du liquide amniotique en début de grossesse et de le faire circuler dans son organisme avant que le réflexe de déglutition se développe.Cela expliquerait pourquoi le fœtus passe 12 % de son temps à hoqueter entre la neuvième et la quatorzième semaine de grossesse.Après la naissance, le hoquet peut être déclenché par un trop gros repas, un re?ux gastro-œsophagien, la consommation d\u2019alcool ou de certains médicaments (notamment des anesthésiants), mais il survient le plus souvent sans cause évidente.Et il s\u2019arrête de lui-même au bout de quelques minutes.Dans de rares cas (une personne sur 100 000 environ), le hoquet devient chronique \u2013 c\u2019est-à-dire qu\u2019il persiste plus de 48 heures.Les « hic ! hic ! » comiques deviennent alors une vraie souffrance, engendrant troubles du sommeil, problèmes d\u2019alimentation, dépression, etc.De nombreuses maladies ont été mises en cause relativement à ces hoquets réfractaires : des troubles cérébraux; des affections in?ammatoires, infectieuses, métaboliques ou cancéreuses, sur lesquelles de multiples médicaments ont été testés, avec plus ou moins de succès.Charles Osborne, lui, n\u2019a jamais réussi à mettre un terme à son hoquet qui a duré pendant 68 ans, entre 1922 et 1990.Cet Américain avait pourtant reçu 4 000 lettres lui décrivant des méthodes anti-hoquet infaillibles ! À ce sujet, dif?cile de trouver des études scienti?ques ?ables sur les remèdes.Le citron ou le vinaigre, en stimulant les nerfs du larynx, peuvent court-circuiter le ré?exe de hoquet.Le fait de retenir son souf?e, en augmentant la concentration sanguine en dioxyde de carbone, pourrait aussi aider à faire cesser les contractions musculaires.Un massage rectal digital a été proposé en 1988 à un patient admis aux urgences d\u2019un hôpital de Floride pour un hoquet qui durait depuis trois jours.Le rectum étant particulièrement innervé, l\u2019idée était de stimuler le système nerveux parasympathique pour interrompre les spasmes.Selon le rapport médical, la manœuvre fut hautement ef?cace, mais on doute de votre volonté de l\u2019essayer.M.C.QU\u2019EST-CE QUI CAUSE LE HOQUET ?COMMENT S\u2019EN DÉBARRASSER ?M A U X Q U O T I D I E N S E T B I E N - Ê T R E QUÉBEC SCIENCE 20 JUIN 2018 2 Recette p our guér ir un orgele t 1.Imbibez une compresse de gaze stérile avec de l\u2019eau bouillie préalablement tiédie.2.Appliquez-la sur votre œil, de 5 à 15 minutes.Quand la compresse devient froide, n\u2019hésitez pas à la remouiller.3.Répétez trois à quatre fois par jour.Savourez chaque instant de votre vie sans orgelets ! On apprenait, en février dernier, que plus du quart des Québécois évitent le dentiste en raison des coûts élevés.Ce constat de l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socioé- conomiques a-t-il un lien avec cette question posée maintes fois dans Google ?Combien parmi vous cherchent des trucs pour éviter un séjour dans le fauteuil du dentiste ?La meilleure solution reste d\u2019aller chez le dentiste.Il demeure le mieux placé pour trouver la source de vos maux.« Ce peut être une carie, un traitement de canal, un abcès dentaire ou un déchaussement gingival », explique Robert Durand, co-chef du Service de dentisterie préventive de la faculté de médecine dentaire de l\u2019Université de Montréal.La prise d\u2019anti-in?ammatoires comme l\u2019ibuprofène ou d\u2019antidouleurs comme l\u2019acétami- nophène peut toutefois vous aider à tenir bon jusqu\u2019au rendez-vous.Vous pouvez tenter d\u2019identi?er vous-même ce qui cause la douleur : il peut s\u2019agir d\u2019aliments chauds, froids ou trop durs.Abstenez-vous d\u2019en consommer jusqu\u2019à ce que vous ayez consulté.Il existe également des produits pour anesthésier la région touchée, « comme l\u2019Oragel, que vous pouvez appliquer si la douleur vient de votre gencive », précise Robert Durand.Si votre budget est restreint, contactez les facultés de médecine dentaire de l\u2019Université McGill, de l\u2019Université de Montréal ou de l\u2019Université Laval, qui offrent des consultations à prix réduit.E.M.3 que faire quand j\u2019ai mal aux dents ?COMMENT SOIGNER UN ORGELET ?> On le reconnaît par son apparence peu esthétique, celle d\u2019une petite boule rougeâtre qui pousse sur la paupière à la base des cils.Mais pas de panique ! L\u2019orgelet est une infection bénigne de la glande sébacée, qu\u2019on retrouve à la base d\u2019un poil (comme les cils).L\u2019orgelet se guérit généralement de lui-même en quelques jours.Les symptômes sont variés : en?ure, larmoiement, sensibilité à la lumière, impression d\u2019avoir un corps étranger dans l\u2019œil et douleur.Cette dernière permet d\u2019ailleurs de différencier l\u2019orgelet du chalazion qui se développe, quant à lui, à l\u2019intérieur de la paupière et qui ne provoque aucune douleur.Que faire ?Les gouttes antibiotiques vendues sans ordonnance pour traiter les conjonctivites sont inef?caces contre les orgelets.Utilisez plutôt la recette suggérée ci-dessus.Puis gardez l\u2019œil ouvert ! Après 48 heures de compresses, la situation devrait s\u2019améliorer.N\u2019hésitez pas à consulter un médecin si l\u2019orgelet grossit ou que vous ressentez davantage de douleur.Surveillez aussi l\u2019apparition de saignements.Pour prévenir les orgelets, quelques trucs simples vous aideront.Évitez de vous mettre les doigts dans les yeux et de partager votre maquillage.Vous éviterez ainsi de transmettre des bactéries.Un démaquillage avant d\u2019aller au lit est par ailleurs conseillé.En?n, suivez bien la procédure recommandée par votre optométriste pour mettre vos verres de contact.E.M. QUÉBEC SCIENCE 21 JUIN 2018 > « Il ne faut jamais \u2013 JAMAIS! \u2013 utiliser le coton-tige.Si on peut passer ce message, on va éviter beaucoup de perforations tympaniques », met en garde le docteur Issam Saliba, professeur en oto-rhino-laryngologie à l\u2019Université de Montréal.« Ça ne nettoie pas l\u2019oreille.On croit qu\u2019on l\u2019a fait, mais c\u2019est faux.» La paroi du conduit auditif est tapissée de petits cils qui sont très ef?caces pour acheminer le cérumen vers l\u2019extérieur.Le coton-tige, quand il est frotté sur le conduit de l\u2019oreille, les détruit.« On entre dans un cercle vicieux : on détruit les cils, puis l\u2019oreille a du mal à éliminer le cérumen [NDLR : communément appelé la \u201ccire\u201d], et on revient encore avec le coton-tige », déplore le docteur Saliba.Pour nettoyer ou déboucher vos oreilles dans les règles de l\u2019art, utilisez une débarbouillette.« Le doigt, dans la débarbouillette, va aller chercher ce que l\u2019oreille elle-même a éliminé », explique le spécialiste.Certains individus produisent plus de cérumen que la moyenne des gens.Si c\u2019est votre cas, consultez votre médecin.Il vous dirigera vers un O.R.L.qui dispose d\u2019instruments pour l\u2019aspirer.Autre méthode pour évacuer le cérumen : « L\u2019huile d\u2019olive et l\u2019huile minérale, ça fait ramollir les bouchons ! » indique le docteur Saliba.Instillez une goutte dans l\u2019oreille atteinte 2 fois par semaine, et utilisez ensuite la méthode de la débarbouillette.E.M.M A U X Q U O T I D I E N S E T B I E N - Ê T R E 4 COMMENT SOIGNER UNE BRÛLURE ?> Ne perdez pas de temps ! Dans les 20 minutes suivant la brûlure, faites couler de l\u2019eau fraîche sur la région touchée durant 5 à 30 minutes.Vous pouvez également immerger la surface touchée (si possible).L\u2019eau ne doit pas être glacée, car cela pourrait causer une vasoconstriction et aggraver la lésion.Nettoyez ensuite la peau avec un savon doux, sans frotter.Privilégiez plutôt le tamponnage.Pour éviter les infections, vous pouvez appliquer un onguent antibiotique qu\u2019on retrouve en pharmacie, surtout si votre peau semble endommagée.Selon la gravité de la brûlure, il est recommandé de poser un pansement.Dernier conseil, hydratez votre peau une fois la brûlure guérie.« Une hydratation avec une crème permettra à votre peau de retrouver toutes ses couches et ses composantes naturelles, en minimisant l\u2019apparence des cicatrices », précise Francis Cossette, pharmacien communautaire.Privilégiez un hydratant sans parfum et sans produits super?us.Il vaut mieux vous tenir loin des méthodes miracles trouvées sur le Web.Si on a déjà cru à des remèdes maison, comme l\u2019application de dentifrice, de vanille ou de vinaigre, la science n\u2019a jamais con?rmé leur ef?cacité.Pour soulager la douleur causée par les brûlures, consultez votre pharmacien qui pourrait vous recommander des antidouleurs ou un anti-in?ammatoire comme l\u2019ibuprofène.ÇA PIQUE ! Les brûlures causent parfois des démangeaisons importantes lors de la guérison, dues à la régénération des cellules endommagées.La prise d\u2019antihistaminiques comme la diphenhydramine peut vous aider.Et surtout, ne vous grattez pas ! QUAND CONSULTER ?\u2022?Dans?le?cas?d\u2019une?brûlure?chimique,?communiquez sans délai avec un centre antipoison.\u2022?Si?la?brûlure?est?très?étendue?sur?le?visage?ou près des articulations.\u2022?Si?la?brûlure?affecte?un?enfant?de?moins?de 5 ans ou un adulte de plus de 70 ans.\u2022?Si?la?brûlure?a?été?causée?par l\u2019électricité.E.M.ATTENTION ! Il est possible de se faire laver les oreilles, à l\u2019eau, chez le médecin ou dans certaines pharmacies.Selon le docteur Saliba, ce n\u2019est pas la meilleure méthode, mais elle reste moins risquée que le coton-tige, surtout quand il est impossible de consulter un O.R.L.rapidement.L\u2019intervention est toutefois contre-indiquée si vous souffrez de diabète ou d\u2019immunodé?cience.Vos risques d\u2019infection sont plus élevés.COMMENT DÉBOUCHER UNE OREILLE ?5 QUÉBEC SCIENCE 22 JUIN 2018 > La mauvaise haleine, ou hali- tose, nous touche tous un jour ou l\u2019autre, surtout après avoir dégusté des crevettes à l\u2019ail ou une bonne salade de thon.Mais bien que les relents d\u2019ail soient ef?caces contre les vampires, ils sont problématiques s\u2019ils deviennent récurrents.L\u2019haleine émane la plupart du temps, de la bouche, mais aussi des cavités creuses du nez, des sinus ou du pharynx.Les mauvaises odeurs apparaissent lorsqu\u2019il y a une activité intense des bactéries buccales, un écosystème regroupant pas moins de 700 espèces différentes.Selon une revue de la littérature publiée en 2014 dans Oral Health & Preventive Dentistry, de 22 % à 50 % de la population aurait mauvaise haleine.Celle-ci est causée dans plus de 80 % des cas par les bactéries situées sur la langue.En se nourrissant des résidus alimentaires, celles-ci entrent profondément dans les interstices de la langue pour s\u2019y multiplier.Résultat de leur digestion : le relargage de composés sulfurés volatils, dont le sulfure d\u2019hydrogène, qui sont malodorants.Au-delà d\u2019une bonne hygiène buccale quotidienne comprenant brosse à dents et soie dentaire, on se débarrasse des indésirables « en brossant et en raclant la partie postérieure de la langue pour les déloger », suggère Daniel Grenier, professeur à la faculté de médecine dentaire à l\u2019Université Laval, à Québec.Le menthol, qui entre dans la composition du rince-bouche, du dentifrice et de la gomme à mâcher, peut favoriser une bonne odeur buccale.D\u2019autres huiles essentielles, comme celle tirée de la cannelle, s\u2019avèrent aussi utiles, selon une étude de Daniel Grenier publiée en 2017 dans Archives of Oral Biology.Le chercheur et son équipe ont remarqué que l\u2019huile essentielle de cannelle parvient à réduire l\u2019halitose et à contrer la croissance d\u2019une bactérie en particulier, Solobacterium moorei.« Chez les individus ayant mauvaise haleine, la bactérie Solobacterium moorei est presque toujours présente contrairement à ceux qui n\u2019en souffrent pas », observe Daniel Grenier.Si l\u2019halitose est persistante, il est conseillé de consulter un médecin ou un dentiste, car cela pourrait indiquer une infection des gencives ou des voies respiratoires, ou encore un problème de digestion.A.L.Un rince-bouche qui n\u2019en était pas un Le rince-bouche Listerine rafraîchit l\u2019haleine, mais il ne fut pas utilisé comme tel dans le passé.Développé en 1879, on s\u2019en servait comme désinfectant chirurgical, nettoyant pour les planchers, produit contre les pellicules ou encore traitement pour la gonorrhée ! C\u2019est à partir de 1914 que Listerine est commercialisé comme rince-bouche.À l\u2019urgence\u2026 pour mauvaise haleine ! Un Torontois s\u2019est rendu à l\u2019urgence, devant l\u2019insistance de sa femme.Pourquoi ?Il avait une haleine insupportable ! Un médecin a extrait de sous sa langue une pierre calcaire de 23 mm qui bloquait un canal salivaire depuis une vingtaine d\u2019années.L\u2019odeur putride de fromage bleu a plané dans la pièce pendant des heures.On comprend mieux l\u2019obstination de sa conjointe ! 7 s h o u i i i i s h o u i i i i s h o u i i i i s h o u i i i COMMENT SE DÉBARRASSER D\u2019UNE MAUVAISE HALEINE ?QU\u2019EST-CE QUI CAUSE DES SIFFLEMENTS D\u2019OREILLE ?6 Que le sif?ement ressemble à un « shouiiii », un « cliisssshhhh » ou plutôt à un « tssssssskkkkk », il s\u2019agit probablement d\u2019acouphènes, des sif?ements ou bourdonnements audibles uniquement par les personnes atteintes.S\u2019ils sont chroniques, les acouphènes peuvent causer bien des désagréments : problèmes de concentration, troubles du sommeil, anxiété et même dépression (de quoi faire bourdonner les oreilles).On estime que 1 personne sur 10 est enquiquinée par cette étrange affection.Quelle est la source de ce mal mystérieux ?« Juste avec cette petite question, on pourrait écrire un livre, explique le chirurgien O.R.L.et chercheur au CHUM, Issam Saliba.Les acouphènes peuvent venir du cerveau et non de l\u2019oreille elle-même.» Dans l\u2019immense majorité des cas, le son est causé par une mauvaise interprétation des signaux sonores extérieurs par le cerveau ou par des dysfonctionnements du système auditif.D\u2019ailleurs, plusieurs personnes atteintes d\u2019acouphènes ont aussi des problèmes d\u2019audition, et il n\u2019est pas rare que la situation survienne après un traumatisme sonore.Les causes étant très variées, et parfois graves (malformations artérioveineuses, tumeurs du nerf acoustique), il faut en parler à votre médecin.« D\u2019autant qu\u2019il existe des solutions », rassure le docteur Saliba.De la cortisone peut notamment être administrée si l\u2019acouphène a été causé par un trauma sonore très aigu.Quant aux produits naturels offerts en pharmacie pour soigner les acouphènes, ils sont inef?caces, tient à préciser l\u2019O.R.L.E.M. COMMENT TROUVER UN MÉDECIN DE FAMILLE ?> S\u2019il y a une question spéci?que au Québec dans la liste, c\u2019est bien celle-ci.Et pour cause : au début de l\u2019année 2018, plus de un Québécois sur cinq n\u2019avait toujours pas de médecin de famille.Ce taux « d\u2019orphelins » grimpait même à 35 % à Montréal.Pourtant, en avril 2016, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a lancé le Guichet d\u2019accès à un médecin de famille, ou GAMF, « une banque de données unique, hébergée à la RAMQ (Régie de l\u2019assurance maladie du Québec), dans le but de simpli?er l\u2019inscription des personnes sans médecin de famille, et de faciliter leur prise en charge », résume Marie-Claude Lacasse, relationniste au MSSS.S\u2019inscrire au guichet est donc une bonne première étape, mais elle n\u2019est que le début du périple et n\u2019offre aucune garantie.Selon les régions et l\u2019état de santé du patient, le temps d\u2019attente moyen s\u2019échelonne de 99 jours (à Laval) à 416 jours (en Abitibi-Témiscamingue).Cela dit, dans certaines régions ou quartiers, notamment dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, certains résidants attendent depuis deux ans.On est donc bien loin de la cible que s\u2019était initialement ?xée le ministre de la Santé Gaétan Barrette : 30 jours pour les personnes les plus vulnérables, 90 jours pour celles en santé.« Il est également possible pour une personne de chercher un médecin de famille par elle-même (sans s\u2019inscrire au GAMF).Cette personne peut contacter les cliniques médicales ou groupes de médecine de famille situés près de chez elle pour véri?er s\u2019ils acceptent de nouveaux patients », rappelle Marie-Claude Lacasse.Il ne reste plus ensuite qu\u2019à croiser les doigts.M.C.QU\u2019EST-CE QUI CAUSE LA DIARRHÉE ?10 Voilà un motif d\u2019appel populaire en hiver chez Info-Santé, indique Yan-Emmanuel Paradis, in?rmier clinicien du service.La cause la plus fréquente de ce symptôme gênant est la gastro- entérite (voir « Comment soigner une gastro-entérite ?», à la page 34).Ensuite, une panoplie de raisons peut expliquer l\u2019apparition soudaine de selles liquides ou semi-liquides.« Ce peut être un effet indésirable d\u2019une médication, ou une intolérance alimentaire.La diarrhée peut même marquer le début d\u2019une maladie chronique, comme la maladie de Crohn.» Le stress, lui aussi, peut être responsable de diarrhées.Dans tous les cas, l\u2019important est de demeurer bien hydraté.Si vous urinez moins souvent ou plus du tout, que vous avez soif ou que votre bouche est desséchée, ou encore si vous êtes amorphe, vous êtes potentiellement déshydraté, prévient l\u2019in?rmier : « Info-Santé suggère une consultation médicale quand une personne est en état de déshydratation modérée à sévère et qu\u2019elle n\u2019est pas capable de se réhydrater.» M.G.Produit à partir d\u2019une entrevue avec Dalia Aziz, pharmacienne à Longueuil.M.G.OUI OUI OUI NON NON NON NON Ouch ! Mangez plus de ?bres (produits céréaliers, légumineuses, fruits et légumes, par exemple) et buvez huit verres d\u2019eau par jour.Vous pouvez au besoin utiliser des suppositoires ou des laxatifs, ou même les deux.Consultez un médecin, car l\u2019accumulation des matières fécales dans l\u2019intestin vous met à risque de fécalome (communément appelé « bouchon »).Mangez plus de ?bres (produits céréaliers, légumineuses, fruits et légumes, par exemple) et buvez huit verres d\u2019eau par jour.Ça ne fait jamais de tort ! Votre crainte de la douleur explique potentiellement la constipation.Soignez vos hémorroïdes (voir la question à la page 24) et\u2026 mangez plus de ?bres (produits céréaliers, légumineuses, fruits et légumes, par exemple) et buvez huit verres d\u2019eau par jour.Mais vos selles sont dures, c\u2019est ça ?Depuis combien de temps ?Un émollient pourrait vous aider.Moins de 7 jours Avez- vous des hémorroïdes ?Plus de 7 jours Bravo ! Vous n\u2019êtes pas constipé.Est-ce un problème qui arrive souvent?Allez-vous quand même un peu à la selle ?OUI QUE FAIRE EN CAS DE CONSTIPATION?9 8 COMMENT SOIGNER DES HÉMORROÏDES ?> Les hémorroïdes peuvent être internes ou externes \u2013 on leur donne alors le surnom affectueux de « chou-?eur ».Quoi qu\u2019il en soit, le gon?ement des veines anales est des plus désagréables.Il touche entre 4 % et 40 % de la population, selon différentes études.En général, le mal passe seul.Pour soulager la douleur, en attendant : « On peut prendre des bains de siège d\u2019eau tiède durant 20 minutes 3 à 4 fois par jour, dit Yan-Emmanuel Paradis, in?rmier clinicien à Info-Santé.On suggère aussi d\u2019appliquer des compresses d\u2019eau froide sur la région douloureuse 10 à 20 minutes, 3 ou 4 fois par jour.» Des crèmes topiques et des suppositoires disponibles en pharmacie peuvent également aider.Un article publié en 2017 dans Current Gastroenterology Reports souligne toutefois qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019essais cliniques probants démontrant l\u2019ef?- cacité de ces produits à long terme.En fait, l\u2019utilisation prolongée de certaines de ces thérapies pourrait même avoir des effets négatifs.Une modi?cation des habitudes de vie peut prévenir les hémorroïdes : éviter de repousser le moment d\u2019aller à la selle, manger plus de ?bres, boire beaucoup d\u2019eau et cesser de soulever des charges lourdes.Une bonne hygiène de la région anale, à l\u2019aide d\u2019un savon sans parfum, est particulièrement importante en temps de crise.S\u2019i l s \u2019agit d\u2019un premier épisode d\u2019hémorroïdes, les in?rmières d\u2019Info-Santé vous conseilleront de consulter un médecin pour obtenir un diagnostic.Même chose si la douleur est trop vive ou si les crises minent votre qualité de vie.« Certaines personnes ne peuvent plus conduire ou n\u2019arrivent plus à travailler parce qu\u2019elles font des crises toutes les semaines », donne en exemple M.Paradis.Dans certains cas, une chirurgie ou une intervention médicale sera nécessaire.Quant à l\u2019ef?cacité de l\u2019invocation de saint Fiacre, patron des personnes souffrant d\u2019hémorroïdes (oui! oui !), on vous laisse en juger\u2026 M.G.QUÉBEC SCIENCE 24 JUIN 2018 Vous n\u2019êtes pas seul(e) à vous le demander.Selon les résultats de l\u2019Enquête canadienne sur les mesures de la santé pour la période allant de 2007 à 2013, 43 % des hommes et 55 % des femmes de 18 à 64 ans ont déclaré avoir de la dif?culté à trouver le sommeil ou à rester endormis.Comme dans plusieurs sociétés occidentales, un sommeil de courte durée et de piètre qualité est relativement fréquent.En effet, environ le tiers des personnes interrogées dormaient moins que le nombre recommandé d\u2019heures, soit entre sept à neuf heures, peut-on lire dans le document.Cette carence ne devrait pourtant pas être sous- estimée.Le manque de repos est associé à un plus faible système immunitaire, une mémoire moins ef?cace et une hausse des risques d\u2019obésité et de diabète, entre autres.Dormir, c\u2019est du sérieux ! Selon Mélanie Vendette, neuropsychologue clinicienne à l\u2019Hôpital du Sa- cré-Cœur de Montréal, on peut améliorer la qualité du sommeil en instaurant une routine avant d\u2019aller au lit et en effectuant quelques changements à ses habitudes de vie.« Il faut éviter les activités physiques intenses ou le bain chaud trop près de l\u2019heure du coucher.Cela stimule notre métabolisme et élève la température du corps, un état physiologique qui n\u2019est pas favorable au sommeil.En soirée, on privilégie plutôt des activités calmes ou de relaxation », explique-t-elle.La même routine, quant à elle, aide et M A U X Q U O T I D I E N S E T B I E N - Ê T R E 12comment mieux dormir ?11 I R I S B O U D R E A U QUÉBEC SCIENCE 25 JUIN 2018 POURQUOI SUIS-JE TOUJOURS FATIGUÉ ?> Voilà une complainte populaire autour de la machine à café, mais aussi dans le bureau du médecin.La fatigue est évoquée (directement ou indirectement) dans 29 % des consultations auprès d\u2019un médecin de famille, selon une étude menée il y a une quinzaine d\u2019années par le docteur Denis Phaneuf, infectiologue au CHUM.Google vous sera peu utile, puisqu\u2019un nombre presque in?ni d\u2019affections très différentes peuvent entraîner un épuisement : cancers, maladie cœliaque, sclérose en plaques, anémie, arthrite, insuf?sance cardiaque, diabète, troubles métaboliques, dépression, etc.La « fatigue chronique », qui touche de 0,5 % à 2 % des Canadiens, est un cas particulier.Son vrai nom est l\u2019encéphalomyélite myalgique et ses causes sont encore mal comprises.Les personnes qui en souffrent sont extrêmement fatiguées depuis au moins six mois, et le repos n\u2019y change rien.Même lire est dif?cile, car la mémoire à court terme est affectée\u2026 à très long terme.« Quatre ans après le début de la maladie, environ 15 % des patients sont totalement guéris, 15 % ont vu leur état se détériorer et 70 % ont trouvé des trucs pour améliorer leur qualité de vie », explique le docteur Phaneuf qui étudie la maladie et suit de nombreux patients qui en sont atteints.Les traitements ef?caces manquent encore à l\u2019appel.Pour revenir aux causes possibles de la fatigue, il y a les médicaments ayant un effet secondaire désagréable.Le style de vie peut aussi être la source du problème.« Beaucoup de gens ne dorment simplement pas assez ! s\u2019exclame le docteur Phaneuf.Ils disent ne pas avoir le temps.Ou alors ils prennent trois ou quatre cafés et s\u2019étonnent de ne pas s\u2019endormir, le soir ! Il n\u2019y a pas une pilule qui va pouvoir vous aider à tenir comme ça ! » L\u2019utilisation des téléphones intelligents avant le coucher n\u2019aide peut-être pas non plus; elle est associée à un sommeil moins long et de moindre qualité, selon une étude parue en 2016 dans PLOS ONE (quoique le lien de causalité soit incertain).M.G.conditionne le cerveau qui se prépare au dodo.ÉCRANS Ordinateur, tablette et cellulaire sont les ennemis de Morphée.La lumière bleutée provenant de l\u2019écran inhibe la production de mélato- nine, l\u2019hormone du sommeil, au niveau du cerveau.« On ferme ces appareils au moins une heure avant le coucher », suggère Mélanie Vendette.Elle recommande même de laisser le cellulaire dans une autre pièce que la chambre.INSOMNIE « Le phénomène d\u2019insomnie est exacerbé par l\u2019anxiété.Il est important d\u2019évacuer le stress pendant la journée, car, lorsqu\u2019on est dans le lit, le cerveau a le temps de penser et reste ainsi actif », signale Mélanie Vendette.Comment dompter votre cerveau ?La neuropsy- chologue propose des techniques de relaxation (comme celles de Jacobson ou de Schultz) pour chasser les préoccupations et de suivre un horaire de sommeil constant.« Si l\u2019heure du coucher varie beaucoup, on risque d\u2019avoir un sommeil plus fragile », dit-elle.A.L.COMMENT ARRÊTER DE RONFLER ?> Si vous posez cette question, c\u2019est probablement parce que votre conjoint vous supplie de trouver une solution ou que, inversement, votre nuit de sommeil est entrecoupée par le bruit de moteur assourdissant de votre douce moitié, voire de votre coloc de l\u2019autre côté du mur.Les études ne s\u2019entendent pas toutes, mais, en moyenne, 40 % de la population ron?erait, la nuit venue.Depuis des millénaires, on a essayé de bien des façons de réduire les ron?ements.Par exemple, des écrits égyptiens de 1 550 ans avant notre ère suggéraient l\u2019inhalation d\u2019ef?uves de thym.Ou encore, au début du XXe siècle, on recommandait d\u2019attacher un dispositif au dos du dormeur pour prévenir le sommeil dans cette position qui contribue au ron?ement.Certaines inventions ressemblent presque à des objets de torture.Mais comment produit-on ce son si dérangeant ?Le ron?ement est le signe d\u2019une résistance dans les voies respiratoires supérieures pendant l\u2019inspiration, mais aussi parfois à l\u2019expiration.« Pendant une période de sommeil profond, couché sur le dos, le tonus des muscles se relâche.La langue vient alors basculer vers l\u2019arrière, provoquant le ron?ement.Celui-ci peut être encore plus important lorsqu\u2019on est très fatigué ou si l\u2019on a pris de l\u2019alcool, car cela procure un effet relaxant supplémentaire au niveau des muscles », explique Chantal Lafond, pneumologue à l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.Les causes sont multiples : obstruction nasale (rhume, allergies), surplus de poids, anomalie craniofaciale (menton fuyant), espace restreint en arrière de la base de la langue, etc.La pneumologue suggère le nettoyage régulier du nez avec de l\u2019eau salée, d\u2019éviter la cigarette, de dormir sur le côté et de privilégier un poids santé.« La perte de poids peut aider, car cela entraîne une diminution des tissus adipeux au niveau du cou », explique Chantal Lafond.Le passage de l\u2019air est ainsi facilité.Chez certains ron?eurs, le port d\u2019une orthèse, qui ressemble au protecteur buccal d\u2019un joueur de hockey, est parfois nécessaire pour dégager la gorge.Mais le ron?ement peut aussi être le symptôme d\u2019un malaise beaucoup plus sérieux : l\u2019apnée du sommeil qui se manifeste par des arrêts respiratoires d\u2019une dizaine de secondes.Dans ce cas, un appareil à pression positive, qui insuf?e de l\u2019air au dormeur tout en créant de l\u2019espace dans les voies respiratoires, devra être utilisé.A.L.Le didjeridoo contre l\u2019apnée du sommeil ?Pousser la note dans un didjeridoo, ce long tuyau en bois, pourrait réduire l\u2019apnée du sommeil modérée et les ron?ements, selon une étude publiée en 2005 dans le British Medical Journal.Toutefois, les chercheurs ne précisent pas ce qui est le plus irritant : les bruits de ron?ement, la nuit, ou le son caverneux du didjeridoo, le jour.13 14 QUÉBEC SCIENCE 26 JUIN 2018 > Hélas, le système immunitaire n\u2019est pas un guerrier gaulois : aucune potion magique, aliment, supplément ou autre vitamine ne peut le rendre invincible.Comme son nom l\u2019indique, le système immunitaire est un système, très complexe, qui fait intervenir des centaines de molécules et de cellules dont les interactions sont ?nement régulées.Dif?cile, donc, de booster tout ce petit monde sans le dérégler, quand bien même on saurait le faire ! En fait, ce serait même une assez mauvaise idée.Pour mieux comprendre, il faut savoir qu\u2019on distingue l\u2019immunité innée de l\u2019adaptative.La première est une réponse immédiate qui constitue la ligne de défense initiale.Elle repose surtout sur des cellules « mangeuses » d\u2019intrus, qui ne tiennent pas compte de la nature de l\u2019ennemi, et qui provoquent une réaction in?ammatoire associée à des symptômes désagréables (?èvre, douleurs, etc.).L\u2019immunité adaptative, elle, est la deuxième ligne de défense.Elle fait appel à une armée de lymphocytes B et T qui produisent des anticorps ou sont dotés de récepteurs permettant la reconnaissance ciblée d\u2019une multitude d\u2019agents infectieux.On acquiert cette immunité spéci?que à force d\u2019être confronté à des infections, ou par la vaccination qui reste le meilleur moyen de booster son immunité.Renforcer l\u2019une ou l\u2019autre de ces armées ne servirait pas à grand- chose : c\u2019est le côté adaptable du système \u2013 il s\u2019active seulement quand nécessaire \u2013 qui le rend si performant.D\u2019ailleurs, les personnes qui ont un système immunitaire trop réactif sont sujettes aux maladies auto-immunes.C\u2019est ce qu\u2019a démontré en 2016 l\u2019équipe de Luis Barreiro, chercheur au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine : les Afro-Américains, qui ont une réponse immunitaire aux infections beaucoup plus forte que les Blancs, sont aussi plus susceptibles de développer des maladies in?ammatoires et auto-immunes, comme la maladie de Crohn.Alors, comment peut-on se préparer à affronter rhumes et gastros ?Une chose est sûre : de manière générale, le fait d\u2019avoir de saines habitudes de vie, de ne pas fumer et de bien dormir est associé à une meilleure capacité à résister aux infections.Autre certitude, le stress chronique affecte bel et bien le système immunitaire, en agissant sur des hormones comme le cortisol.Du côté des aliments censés renforcer nos défenses, pas de miracle, mais il faut bien sûr éviter les carences.On peut toutefois souligner que l\u2019arginine, un acide aminé présent dans certaines protéines, favorise la prolifération des lymphocytes T, tout comme le zinc qui semble jouer de nombreux rôles pour favoriser l\u2019immunité.Plusieurs études ont démontré que la supplémentation en zinc permettait de réduire le nombre d\u2019épisodes infectieux, mais beaucoup de ces études ont été menées auprès de populations carencées en zinc.Si l\u2019alimentation est équilibrée, l\u2019intérêt de tels suppléments est moins établi.Une méta-analyse publiée en 2013 a tout de même démontré que la prise de zinc dès le début d\u2019un rhume (plus de 75 mg/j) permet de réduire la durée des symptômes de une journée.Prêts pour le combat ?M.C.15 COMMENT « BOOSTER » SON SYSTÈME IMMUNITAIRE ?> Nous sommes bien embêtés de vous répondre, puisque la crise de foie \u2013 tout comme son « engorgement » \u2013 n\u2019existe tout simplement pas ! Le foie est responsable de plus de 500 fonctions essentielles au corps humain, dont nettoyer le sang de l\u2019alcool, des médicaments et des déchets que nous produisons naturellement.Ce qu\u2019il fait avec brio, sans s\u2019engorger pour autant.Pas la peine de faire une « détox » du foie, même si plusieurs produits naturels et autres recettes de jus verts vous invitent à le faire.Ce qu\u2019on quali?e communément de « crise de foie » réfère plutôt à des problèmes de digestion.Quand vous abusez de bonne chère, par exemple, c\u2019est votre intestin qui écope, pas votre foie.Les causes de l\u2019inconfort peuvent être multiples; consultez un professionnel si ces maux sont fréquents.Mais n\u2019accusez plus votre vaillant foie ! M.G.16 QUE FAIRE EN CAS DE CRISE DE FOIE ? QUÉBEC SCIENCE 27 JUIN 2018 « En moyenne au Québec, toutes les 10 minutes, quelqu\u2019un apprend qu\u2019il est atteint d\u2019un cancer et, toutes les 24 minutes, quelqu\u2019un en meurt.» Cette phrase, qu\u2019on peut lire sur le site de la Fédération québécoise du cancer, permet de saisir l\u2019ampleur du ?éau.Au cours de sa vie, un Canadien sur deux sera atteint d\u2019un cancer, et cette affection est désormais la première cause de mortalité dans de nombreux pays.Est-ce pour autant une fatalité ?En partie seulement.En résumé, le cancer est causé par une accumulation de mutations génétiques au sein d\u2019une cellule, dues à l\u2019âge, au hasard ou à certains facteurs environnementaux, qui conduisent à une prolifération cellulaire incontrôlée.Selon l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), de 30 % à 50 % des cas de cancer sont évitables, à condition d\u2019agir sur certains facteurs de risque.LE TABAGISME La cigarette demeure, dans le monde, le facteur de risque le plus important, responsable d\u2019environ 22 % du total des décès dus au cancer.Au Canada, le cancer du poumon, principalement dû au tabac, représente 14 % de tous les nouveaux cas de cancer.L\u2019ALCOOL Environ 5 % des cas de cancer sont attribuables à la consommation d\u2019alcool.« Prendre en moyenne un verre d\u2019alcool par jour augmente le risque de décès lié au cancer de la cavité buccale et du pharynx de 42 %, et prendre deux verres par jour augmente ce risque de 96 % », rappelait l\u2019organisme Éduc\u2019Alcool en mars 2018, précisant toutefois que les risques absolus de développer ces cancers restent faibles.LE SURPOIDS ET L\u2019OBÉSITÉ Il existe un lien avec de nombreux types de cancer tels ceux de l\u2019œsophage, du côlon, du rectum, du sein, de l\u2019endomètre et du rein, rappelle l\u2019OMS.LE RÉGIME ALIMENTAIRE On a fait l\u2019exercice : en 4 minutes de recherche sur Google, on a dénombré 26 « aliments anticancéreux», aussi divers que l\u2019ail, les champignons, les courges ou le vin rouge.Le Web a beau foisonner de conseils sur les régimes à adopter pour prévenir le cancer, peu d\u2019entre eux reposent sur des études scienti?ques.Il faut dire qu\u2019il n\u2019est pas facile d\u2019établir un lien entre un aliment précis et la protection contre le cancer, car la carcinogenèse est complexe et s\u2019étale sur de nombreuses années, et que l\u2019alimentation est, par dé?nition, variable.Il existe tout de même un certain consensus : alors qu\u2019une diète riche en fruits et légumes est associée à un risque moindre de cancer, la consommation excessive de viandes rouges, de charcuterie et d\u2019aliments trop salés est associée à un risque accru de cancer colorectal.En?n, notons que les compléments alimentaires à base de bêta- carotène (pourtant souvent présentés comme anticancéreux) peuvent, à fortes doses, augmenter le risque de plusieurs cancers, en particulier chez les fumeurs.LE MANQUE D\u2019EXERCICE La pratique d\u2019une activité physique régulière réduit le risque relativement à plusieurs cancers, notamment ceux du côlon, du sein, du poumon et de l\u2019endomètre.CERTAINES INFECTIONS Dans le monde, 22 % des décès par cancer sont dus à des agents infectieux, en particulier les virus de l\u2019hépatite B et C, et le papillomavirus.Dans les pays développés, ce pourcentage chute à 6 %, notamment grâce à la vaccination.L\u2019ENVIRONNEMENT La pollution de l\u2019air, de l\u2019eau et des sols est en cause dans 1 % à 4 % de tous les cancers, selon l\u2019OMS.M.C.COMMENT PRÉVENIR LE CANCER ?17 J A C O B L U N D / I S T O C K P H O T O SEXE ET REPRODUCTION QUÉBEC SCIENCE 29 JUIN 2018 > Ce mot ne vous dit rien ?Normal.Même les professionnels de la santé ne le connaissent pas toujours.D\u2019ailleurs, en mars dernier, à l\u2019occasion du mois de la sensibilisation à l\u2019endométriose, le docteur Sukhbir S.Singh, professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa, soulignait qu\u2019il est urgent d\u2019accorder plus d\u2019attention à la maladie.« L\u2019impact pour certaines femmes se traduit en des années de douleurs, de multiples visites chez le médecin ou aux urgences, et potentiellement plusieurs chirurgies.Nombre d\u2019entre elles se font dire qu\u2019elles sont folles sans obtenir plus d\u2019aide », a-t-il écrit sur le blogue de la Société canadienne pour la promotion de l\u2019excellence en gynécologie.Parfois confondue avec des douleurs menstruelles, l\u2019endométriose touche de 5 % à 10 % des femmes en âge de procréer.Au programme, des douleurs pelviennes intenses et parfois des problèmes de fertilité.L\u2019endomètre est cette muqueuse qui s\u2019épaissit chaque mois dans l\u2019utérus en prévision d\u2019une éventuelle conception.Il est ensuite évacué avec les règles s\u2019il n\u2019y a pas de grossesse.Chez les femmes atteintes d\u2019endométriose, on retrouve des cellules endométriales en dehors de l\u2019utérus, sur les ovaires ou les trompes de Fallope, par exemple, et parfois sur des organes voisins comme la 18 QUAND SE PRODUIT L\u2019OVULATION ET COMMENT CALCULER LE CYCLE OVARIEN ?> Prendre sa température chaque matin à la même heure avant de sortir du lit pendant quelques mois peut permettre aux femmes de bien comprendre leur cycle.Le jour suivant l\u2019ovulation, la température sera quelque peu augmentée jusqu\u2019aux menstruations.Évidemment, quand la température monte, il est trop tard pour concevoir, mais cela fournit des données pour les prochains mois.Le schéma ci-dessus est un exemple à titre indicatif pour une femme ayant un cycle de 28 jours.M.G.20 COMMENT AUGMENTER SES CHANCES DE TOMBER ENCEINTE ?> Il y a bien les trucs classiques : faire de l\u2019activité physique, manger sainement, avoir un poids santé, bien gérer son stress, éviter le tabac, les drogues et la caféine.Et réduire sa consommation d\u2019alcool, quoiqu\u2019une étude \u2013 et ce n\u2019est pas la seule \u2013 menée auprès de 6 000 Danoises, et publiée dans le British Medical Journal en 2016, n\u2019a observé aucun effet sur la fertilité pour moins de 14 verres par semaine.Mais la véritable question que vous posez à Google n\u2019est-elle pas : combien de fois faut-il faire l\u2019amour, chaque mois ?Car, sur le « terrain », il y a une grande variabilité : les couples qui tentent de concevoir un enfant ont de zéro à 60 rapports sexuels par mois, d\u2019après une étude parue en février dernier dans le Journal of Sexual Medicine ! Pour maximiser ses chances, on suggère de faire des galipettes tous les deux ou trois jours pendant la fenêtre fertile du cycle ovarien, soit les cinq jours précédant l\u2019ovulation, ainsi que la journée de l\u2019ovulation (et potentiellement le lendemain matin, car l\u2019ovule est viable pendant 24 heures).Sauter une journée serait une façon de maximiser la qualité du sperme.La veille et le jour de l\u2019ovulation sont les plus importants.Pour bien identi?er cette fenêtre, les femmes peuvent suivre leur cycle pendant quelques mois (voir la question 19 ci-contre) ou encore opter pour une trousse de prédiction de l\u2019ovulation en vente à la pharmacie.Les bandelettes permettent de mesurer la concentration de l\u2019hormone lutéinisante dans l\u2019urine, une hormone qui grimpe 24 à 48 heures avant l\u2019ovulation.Dans tous les cas, gardez en tête qu\u2019il faut en moyenne cinq à six mois pour en?n obtenir un test de grossesse positif.M.G.QU\u2019EST-CE QUE L\u2019ENDOMÉTRIOSE ?Menstruations 9 10 11 12 13 14 15 16 1 2 3 4 5 6 7 8 17 18 19 20 2122 23 24 25 26 27 28 É p a i s s e u r d e l a m u q u e u s e u t é r i n e Production et dégénérescence du corps jaune Période féconde Ovulation : jour 15 Développement de l\u2019endomètre Jours du cycle menstruel Croissance du follicule ovarien 19 I L L U S T R A T I O N S : B E N O I T T A R D I F / C O L A G E N E .C O M QUÉBEC SCIENCE 30 JUIN 2018 1 Ouvrir l\u2019emballage par l\u2019extrémité, avec les doigts (oubliez les ciseaux ou les dents !) pour ne pas abîmer le condom.2 Pincer le réservoir au bout, pour éviter que de l\u2019air y demeure et que le condom se déchire au moment de l\u2019éjaculation.3 Poser le préservatif à l\u2019extrémité du pénis en érection et le dérouler jusqu\u2019à la base, pour qu\u2019il reste bien en place.S\u2019il ne se déroule pas facilement, c\u2019est qu\u2019il est posé à l\u2019envers.Et il faut alors recommencer l\u2019opération avec un nouveau condom.4 Après l'éjaculation, tenir la base du condom pendant le retrait.M.G.COMMENT METTRE UN CONDOM ?21 vessie ou le côlon.Même « délocali- sées », ces cellules sont in?uencées par les hormones ovariennes.La douleur est ainsi plus vive pendant les règles.On ne sait pas encore ce qui cause cette maladie, mais plusieurs hypothèses ont été émises.La plus acceptée veut que les cellules endométriales sortent de l\u2019utérus grâce aux menstruations rétrogrades, c\u2019est-à-dire quand le flux menstruel remonte vers les trompes de Fallope et jusqu\u2019à l\u2019abdomen.Ce processus survient chez 90 % des femmes, alors que seule une petite partie d\u2019entre elles développent l\u2019endométriose.« Un système immunitaire dé?cient pourrait expliquer cette différence », dit le docteur Togas Tulandi, chercheur à l\u2019Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et clinicien au Centre de reproduction du CUSM.Il étudie quant à lui le rôle d\u2019un groupe de protéines, les WNT, dans le développement de la maladie.Pour ajouter au mystère, l\u2019endomé- triose est dif?cile à identi?er.Il s\u2019écoule généralement entre 7 et 12 ans entre le premier signalement par la patiente et le diagnostic, selon la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada.Il faut dire que, pour con?rmer le diagnostic, on doit examiner l\u2019intérieur du corps par laparoscopie.Mais les travaux récents d\u2019une équipe américaine publiés dans Molecular Medicine laissent croire qu\u2019on pourrait déceler la maladie en testant le sang menstruel des femmes atteintes.Dans le cadre d\u2019un projet de recherche, le docteur Tulandi et ses collègues cherchent quant à eux une façon de diagnostiquer la maladie en analysant un échantillon de tissu utérin.En attendant de pouvoir con?r- mer leur diagnostic, les spécialistes peuvent suggérer la prise d\u2019une contraception orale pour apaiser les douleurs et ralentir la progression de la maladie, même sans être sûrs à 100 % du diagnostic.Dans certains cas, une intervention chirurgicale est indiquée pour enlever les cellules envahissantes.Mais ce n\u2019est qu\u2019un soulagement temporaire, le problème revenant peu à peu.Vivement qu\u2019on trouve la cause, un outil de diagnostic moins invasif et un nouveau traitement ! M.G.S A N T É S E X U E L L E E T R E P R O D U C T I V E Endométriose Endométriose Endométriose Utérus Ovaire Trompe de Fallope Vagin Col de l'utérus I R I S B O U D R E A U QUÉBEC SCIENCE 31 JUIN 2018 > Gare à ceux ou celles qui espèrent trouver un médicament pour régler leur « problème » illico presto, prévient Katia Fournier, sexologue au Centre sexologique de l\u2019Estuaire, à Rimouski.« J\u2019appelle ça des consultations de garagistes, une vision hydraulique du fonctionnement de la sexualité ! C\u2019est vrai que le désir dépend des hormones.Mais ce n\u2019est pas tout : le désir est modulé par la qualité de la relation, par le monde affectif, par le stress, etc.Ce n\u2019est pas une pilule qui va changer grand-chose.» Des équipes étudient tout de même le lien entre la libido et un déséquilibre des excitateurs dans le cerveau (testostérone, œstrogène, progestérone, mélanocortine et dopamine) ou des inhibiteurs (prolactine et sérotonine).Le ?ibanserin, une molécule qui agit justement sur des inhibiteurs et des excitateurs chez les femmes, est en évaluation par Santé Canada, alors que les États-Unis ont déjà approuvé son utilisation.Son ef?cacité semble toutefois très moyenne et ses effets secondaires, importants : évanouissements et épisodes de très basse pression, notamment.Chose certaine, la science a bien du mal à cerner le sujet.Rien qu\u2019identi?er la prévalence des problèmes de libido est un véritable casse-tête : de 9 % à 43 % des femmes seraient concernées et de 3 % à 28 % des hommes, selon la méthodologie et la dé?nition utilisée.« Que signi?ent vraiment ces données ?Ces personnes n\u2019ont plus de désir du tout ?Ou pas envers leur conjoint ?Est-ce que ça leur arrive d\u2019avoir une pensée sexuelle au bureau ?» s\u2019interroge la sexologue.Si oui, la « machine » n\u2019est donc pas réellement en panne.Car oui, Katia Fournier pense que ce sont des personnes en couple qui ont posé la question à Google.« Le couple est stable, sécurisant, prévisible, alors que le désir est alimenté par ce qu\u2019on n\u2019a pas, ce qui est à distance, ce qui est anticipé; par le mystère, le risque, le danger et la nouveauté.» Cela ne signe en rien l\u2019arrêt de mort de la libido pour les amoureux de longue date ! De multiples études ont démontré que le simple fait de considérer comme normaux les hauts et les bas de la libido dans un couple contribuait à maintenir un meilleur désir à long terme.Mais il faut trouver vos propres moyens pour continuer à admirer votre partenaire, à voir en lui ou en elle encore du mystère.D\u2019ailleurs, les couples fusionnels auront plus de mal à se désirer à long terme, con?rme une revue du sujet publiée en 2016 dans Sexual Medicine Review.« Certains me disent : \u201cQuand ma conjointe est passionnée par quelque chose que je ne connais pas, que je la vois s\u2019emballer, ça me donne envie de m\u2019approcher\u201d », observe Katia Fournier.La sexologue reconnaît que ces conseils sont dif?ciles à appliquer concrètement.« On a beau savoir qu\u2019il faut garder du mystère et être autonome, on ne sait pas forcément comment appliquer ça dans la vraie vie.» VOICI DES PISTES DE RÉFLEXION : l Pour activer le mécanisme d\u2019anticipation, vous pouvez donner rendez-vous à votre moitié pour faire l\u2019amour.« Des couples trouvent ça épouvantable, mais je leur rappelle que, à leurs débuts, rien n\u2019était plus prémédité que la relation sexuelle du prochain rendez-vous », signale Katia Fournier.l S\u2019interroger sur les blocages moraux.« Si vous avez des fantasmes sur une personne autre que votre mari, ne pourriez-vous pas les utiliser pour nourrir votre libido avec votre conjoint ?» l La sexologue déboulonne également le mythe de la spontanéité.« On surestime l\u2019idée que ça prend du désir pour faire l\u2019amour.Oui, le désir est dans le tapis en début de relation.Mais on n\u2019a pas à attendre cette intensité pour entrer en relation sexuelle quand les débuts sont passés; on peut commencer à s\u2019embrasser, à se caresser et le désir peut arriver après l\u2019excitation sexuelle.» l Exit les séances de « cocoonnage » dans le but de ?nir les jambes en l\u2019air.« On ne désire pas ce qu\u2019on a de collé sous le nez, dit Katia Fournier.Trop de proximité se solde par moins de désir.» M.G.comment augmenter sa libido ?22 F L I S A K / I S T O C K P H O T O MALADIES EN TOUT GENRE COMBIEN DE TEMPS DURE UN RHUME ?UNE GRIPPE ?> Commençons par une mise au point : le rhume et la grippe sont deux maladies différentes, causées par des virus différents.Surtout des rhinovirus dans le premier cas; des virus de la grippe, aussi appelée in?uenza, dans le second.Les symptômes se ressemblent (congestion nasale, toux, fatigue), mais la grippe est généralement plus intense.Elle débute brutalement, entraîne souvent des maux de tête, une ?èvre élevée, des frissons, des courbatures, et une sensation de malaise général.Elle est nettement moins fréquente que le rhume.Cela dit, il n\u2019est pas toujours simple de distinguer ces deux infections.La plupart du temps, le rhume dure de trois à sept jours, même si certains symptômes comme la toux ou les sécrétions nasales peuvent persister deux semaines.Pas étonnant qu\u2019il n\u2019y ait pas de durée précise, quand on sait qu\u2019il existe près de 200 virus responsables du rhume et qu\u2019un adulte en attrape facilement 2 à 6 par année.Chez les enfants de moins de 2 ans, c\u2019est plutôt 8 à 10 ! La grippe, elle aussi, s\u2019estompe en général au bout de trois à sept jours, mais la toux et la fatigue se prolongent souvent deux ou trois semaines.Quant à la croyance populaire selon laquelle le fait de prendre froid cause le rhume, la communauté scienti?que la réfute, aucune étude n\u2019ayant pu prouver la chose clairement.Quelques chercheurs af?r- ment néanmoins que le froid diminue la réponse immunitaire aux infections, du moins chez la souris.En 2005, un chercheur britannique a demandé à 180 volontaires de plonger leurs pieds dans des bols d\u2019eau glacée pendant 20 minutes.Quelques jours plus tard, ils étaient 29 % à rapporter des symptômes de rhume, contre 9 % de ceux dont les pieds étaient restés chauds.Selon l\u2019auteur, avoir froid aux pieds entraînerait une constriction des vaisseaux sanguins, y compris dans le nez, ce qui diminuerait la quantité de globules blancs présents pour faire rempart aux virus.Une théorie qui, toutefois, est loin de faire l\u2019unanimité.M.C.> La température de 38 °C est considérée comme la limite inférieure pour la ?èvre.Mais, dans les faits, il y a une certaine variabilité entre les individus et au ?l de la journée.De quoi y perdre son latin ! Le seuil de 38 °C a été établi en 1868 par un Allemand, le docteur Carl Wun- derlich.Il est parvenu à cette valeur en posant un thermomètre (de 30 cm de long !) sous le bras de plus de 25 000 individus, et ce, au cours d\u2019une collecte de données ayant duré 18 ans.En 1992, une étude américaine est parvenue, quant à elle, à une valeur plancher de 37,2 °C le matin et de 37,7 °C pour le soir, en observant 148 participants de 18 à 40 ans.L\u2019équipe appelait à une révision complète des normes en thermométrie clinique, mais, à ce jour, personne n\u2019a refait un exercice aussi vaste que celui du docteur Wunderlich.À l\u2019autre bout du spectre, il y a les aînés.En 2005, des chercheurs ont joué du thermomètre dans une résidence pour personnes âgées et ont réalisé que très peu des participants atteignaient le fameux 37 °C considéré comme « normal » depuis l\u2019époque de Wunderlich.Leur trouvaille a été publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society, en 2005.Mais ces travaux ont été critiqués, car la prise de température se faisait par la bouche, ce qui n\u2019est pas nécessairement ?able si les sondés sont indisciplinés.Car voilà une autre donnée importante : le site de prise de la température influence le résultat.Sachez que la température rectale s\u2019abaisse moins rapidement que dans le reste du corps, que le « d\u2019sous de bras » est moins précis et que l\u2019ingestion récente d\u2019aliments in?uence la prise de température buccale.Par ailleurs, aucune technologie n\u2019est parfaite.Même les thermomètres à infrarouge au front et au tympan qui, à première vue, semblent efficaces ne le sont vraiment que si l\u2019on abaisse quelque peu la valeur considérée comme une ?èvre.C\u2019est du moins un résumé de plusieurs études compilées par la Société canadienne de pédiatrie.Vous pensez faire de la ?èvre ?Ce n\u2019est pas nécessairement la peine de prendre un comprimé, si vous arrivez à l\u2019endurer.La ?èvre n\u2019est pas dangereuse en soi, et son intensité n\u2019est pas un critère de gravité.Traditionnellement, on recommandait de la traiter systématiquement, pour éviter une pression supplémentaire sur un corps malade : les besoins métaboliques augmentent avec la température, tout comme la consommation d\u2019oxygène.Les scienti?ques réalisent toutefois qu\u2019elle a aussi ses avantages.Par exemple, la surchauffe ralentit la reproduction des virus et des bactéries.Des études menées ces dernières années laissent croire à son potentiel, mais il n\u2019y a pas encore de consensus.Pour ce qui est de la seconde colle, à savoir quand consulter, cela dépend de plusieurs facteurs.Pour un nourrisson de moins de trois mois, la question ne se pose même pas; on fonce chez le médecin.Pour les enfants plus vieux et les adultes : dans les cas où elle se prolonge plusieurs jours ou dépasse 41 °C, il faut consulter.M.G.QUELLE TEMPÉRATURE EST CONSIDÉRÉE COMME INDICATRICE D\u2019UNE FIÈVRE ?QUAND CONSULTER ?23 3 8 ° C 24 I L L U S T R A T I O N S : B E N O I T T A R D I F / C O L A G E N E .C O M QUÉBEC SCIENCE 34 JUIN 2018 LE ZONA EST-IL CONTAGIEUX ?> En un mot, oui.Mais une personne atteinte de zona ne transmettra pas le zona, cette affection qui se traduit par une éruption cutanée douloureuse localisée sur un côté du corps.Elle transmettra plutôt la varicelle ! En effet, le virus en cause, le VZV, a la particularité de provoquer deux maladies bien distinctes : la varicelle et le zona.« La première infection avec le VZV cause la varicelle, explique Anne Gershon, pédiatre spécialiste du VZV au Columbia University Medical Center.Le virus se tapit ensuite dans les cellules nerveuses, où il reste dormant.Si le système immunitaire s\u2019affaiblit, l\u2019infection latente peut se réactiver.Le virus sort alors des neurones pour atteindre la peau, où il cause un zona.» Ce dernier apparaît chez environ 30 % des personnes ayant eu la varicelle, mais plusieurs décennies plus tard.Le VZV est présent dans les vésicules qui apparaissent sur la peau en cas de zona.C\u2019est à ce moment-là, avant que celles-ci ne forment des croûtes, que le malade est contagieux, en cas de contact direct avec ses lésions (il n\u2019y a pas de transmission aérienne, contrairement à la varicelle).Attention, donc; s\u2019il y a dans l\u2019entourage des bébés ou des personnes n\u2019ayant jamais attrapé la varicelle, il y a un risque ! Et pour être clair : « On n\u2019attrape pas le zona si on est en contact avec quelqu\u2019un qui a la varicelle.Le zona vient d\u2019un virus déjà présent dans l\u2019organisme », ajoute l\u2019experte.Deux vaccins, le Zostavax et le Shingrix, sont recommandés aux personnes de 60 ans et plus pour empêcher le réveil du VZV.M.C.D\u2019abord, de grâce, restez chez vous pour vous soigner ! Surtout qu\u2019on sait maintenant que les norovirus, responsables d\u2019au moins la moitié des cas de gastro, peuvent se propager par voie aérienne sur plusieurs mètres, selon une étude de chercheurs de l\u2019Université Laval publiée dans Clinical Infectious Diseases, en 2015.On croyait auparavant que la transmission se faisait uniquement par voie oro-fécale.Le plus important est de demeurer bien hydraté quand les diarrhées ou les vomissements vous mènent la vie dure.L\u2019idéal, pour les enfants comme pour les adultes, est de boire des solutions de réhydratation vendues en pharmacie, qui fournissent la bonne proportion de sels minéraux pour récupérer.D\u2019ailleurs, laissez tomber les soupes poulet et nouilles du commerce, beaucoup trop salées : elles déshydratent.Faut-il s\u2019abstenir de manger jusqu\u2019à ce que le mal passe ?C\u2019est un mythe.L\u2019alimentation contribue à la guérison, à condition de choisir de bons aliments, comme des pâtes, du riz, de la viande maigre ou du poisson, des légumes cuits et des œufs.Oubliez les aliments très sucrés ou très gras.Et après, il faut être patient, car aucun médicament n\u2019est encore disponible pour vaincre ce mal que tous craignent comme la peste.Mais la recherche pourrait se trouver accélérée, car, depuis peu, on arrive à cultiver des norovirus humains en laboratoire (grâce à des bactéries), alors qu\u2019auparavant, pour les étudier, il fallait provoquer l\u2019infection chez des volontaires.(Quoi ?Des volontaires ?) Côté médicament, le fa- vipiravir suscite de l\u2019espoir.Présentement testé pour contrer l\u2019in?uenza, cet antiviral serait aussi ef?cace chez la souris af?igée d\u2019une infection à noro- virus, selon des observations faites par des chercheurs britanniques en 2014.Il arriverait aussi à contrecarrer la réplication des norovirus humains cultivés en laboratoire, mais aucune étude n\u2019a encore démontré son ef?cacité sur les malades en chair et en os.Cependant, il y a d\u2019autres avenues.« Des vaccins sont à l\u2019étude et démontrent une certaine ef?cacité, indique Ian Goodfellow, chef de la division virologie au département de pathologie de l\u2019université de Cambridge, au Royaume-Uni.Également, la molécule CMX521 est en essai clinique de phase 1 pour le traitement des norovirus.» Allez, tenez bon ! M.G.Info-Santé propose une recette de boisson de réhydratation, si une virée à la pharmacie du coin vous semble risquée.Respectez le dosage à la lettre.360 ml de jus d\u2019orange pur 600 ml d\u2019eau bouillie refroidie 1/2 c.à thé de sel Comment soigner une gastro-entérite ?25 26 I R I S B O U D R E A U QUÉBEC SCIENCE 35 JUIN 2018 > On dit souvent que les pierres aux reins peuvent entraîner les pires douleurs, comparables même à celles de l\u2019accouchement.Il faut dire que ces cristaux, parfois aussi gros qu\u2019une balle de golf, se logent dans le système urinaire et peuvent bloquer l\u2019évacuation de l\u2019urine.Résultat, les voies se distendent et ça fait mal ! Certains cristaux de petite taille peuvent toutefois être expulsés sans douleur et passer inaperçus.Selon la Fondation canadienne du rein, 1 Canadien sur 10 souffrira au cours de sa vie de pierres aux reins, aussi appelées lithiases ou calculs rénaux.« Et dans 50 % des cas, il y a une récidive dans les cinq années qui suivent.C\u2019est un vrai problème de santé publique, qui coûte cher et qui est malheureusement mal connu », déplore le docteur Julien Letendre, urologue au Centre hospitalier Maisonneuve-Rosemont.Concrètement, ces pierres résultent de la cristallisation de certaines substances qui devraient normalement être diluées dans l\u2019urine.Si ces éléments s\u2019agrègent ainsi dans les canaux rénaux, les uretères et la vessie, c\u2019est soit parce qu\u2019ils sont présents en trop grande quantité dans l\u2019urine, soit par manque d\u2019eau (l\u2019urine est trop concentrée).Plus de 100 maladies et facteurs de risque favorisent la formation de cristaux urinaires, et une centaine de composés chimiques ont été identi?és dans les calculs rénaux.Dif?cile, donc, d\u2019énumérer toutes les causes possibles.Cela dit, dans environ 80 % des cas, les calculs sont formés d\u2019oxalate de calcium.Et, le plus souvent, ce sont les mauvaises habitudes alimentaires qui sont à blâmer : consommation excessive de protéines et de sel, apport insuf?sant en eau, ou penchant trop marqué pour des aliments riches en oxalate, au premier rang desquels se trouve le chocolat.« Beaucoup de patients concernés sont aussi de gros buveurs de Pepsi ou de Coke, qui contiennent énormément d\u2019oxalate », dit Julien Letendre.Les feuilles de thé, la rhubarbe, les épinards et les betteraves font aussi partie de la liste, quoiqu\u2019ils soient moins addictifs ! Ce n\u2019est donc pas pour rien que la lithiase a souvent été considérée comme une maladie liée à l\u2019opulence.D\u2019ailleurs, des calculs rénaux ont été repérés sur des momies égyptiennes datant de 4 400 ans avant notre ère.Et de nombreux souverains, depuis Alexandre le Grand jusqu\u2019à Charlemagne, en passant par Henri VII d\u2019Angleterre ou Napoléon III, ont souffert de cette « maladie de riches ».La prévalence des calculs rénaux a triplé en Amérique du Nord depuis les années 1970, et augmente dans tous les pays industrialisés en raison des changements de régime alimentaire et, dans une moindre mesure, des changements climatiques (la sécheresse étant un facteur de risque).Quant aux produits laitiers, souvent dénoncés pour leur teneur en calcium, pas besoin de les supprimer, au contraire : ils atténuent la formation des cristaux en baissant l\u2019absorption de l\u2019oxalate, s\u2019ils sont consommés en quantité raisonnable.« Certains patients sont aussi de grands adeptes des suppléments alimentaires, comme la vitamine C qui est transformée en oxalate lorsqu\u2019elle est métabolisée.Chez quelqu\u2019un qui a une alimentation équilibrée, ces suppléments sont inutiles », rappelle le docteur Letendre.Mais attention, dans 40 % des cas, les cailloux sont dus à une maladie sous- jacente, comme le diabète, l\u2019hyperpa- rathyroïdie, la sarcoïdose, une infection urinaire ou une maladie génétique.D\u2019où l\u2019importance d\u2019analyser la composition des cristaux pour comprendre l\u2019origine du mal.M.C.QU\u2019EST-CE QUI CAUSE LES PIERRES AUX REINS ?27 M A L A D I E S E N T O U T G E N R E P I O T R _ M A L C Z Y K / I S T O C K P H O T O QUÉBEC SCIENCE 36 JUIN 2018 COMMENT SOIGNER UNE SINUSITE ?> Longtemps, la réponse a été : avec des antibiotiques ! Il y a quelques années, environ 25 % des antibiotiques oraux prescrits au Canada l\u2019étaient pour le traitement de la sinusite, cette infection des sinus qui se traduit par une obstruction nasale, des sécrétions jaunâtres et des douleurs aggravées lorsqu\u2019on penche la tête.« Même quand la cause est bactérienne, les antibiotiques ne sont pas toujours nécessaires, affirme le docteur Martin Yvon Desrosiers, chercheur au CHUM et auteur principal des lignes directrices canadiennes sur le traitement de la sinusite.S\u2019il n\u2019y a pas de maladie sous-jacente, on peut attendre la résolution spontanée, ou prescrire des corticostéroïdes topiques.En règle générale, on attend 7 à 10 jours avant de prescrire des antibiotiques.Pour soulager la douleur et permettre aux gens de mieux dormir, on recommande des mesures de confort : lavage du nez à l\u2019eau salée, analgésiques, voire décongestionnant topique pendant trois à cinq jours.» Inutile, donc, de se précipiter à la clinique en cas de douleur aux sinus, situés derrière les yeux ou les arcades sourcilières, et au niveau des dents.Surtout que ce symptôme n\u2019est pas forcément le signe d\u2019une sinusite; il est très fréquent au cours des premiers jours d\u2019un rhume.« Les symptômes du rhume et de la sinusite se ressemblent.La différence, c\u2019est que, en cas de sinusite, ils sont plus intenses et durent plus longtemps, au moins sept jours », explique le spécialiste.On utilise d\u2019ailleurs souvent le terme « rhinosinusite », tant il est dif?cile de distinguer l\u2019in?ammation de la muqueuse nasale de celle des sinus.Bien que les médecins la prescrivent encore parfois, la radiographie est inutile en cas de sinusite aiguë (qui dure depuis moins de quatre semaines).Elle ne permet pas de poser le diagnostic.La situation est toutefois différente en cas de sinusite chronique.Loin d\u2019être une sinusite aiguë qui ne guérit pas, il s\u2019agit d\u2019une autre pathologie, impliquant des bactéries différentes et dont les mécanismes restent mal compris.« Si les symptômes de sinusite perdurent malgré le premier traitement, il faut une évaluation médicale », conseille le docteur Desro- siers.Des examens spéci?ques sont alors nécessaires, notamment pour déceler des polypes ou une déviation de la cloison nasale, par exemple.M.C.QU\u2019EST-CE QUE LE LUPUS ?30 On le surnomme « la maladie aux mille visages ».C\u2019est que le lupus, de son nom complet lupus systémique ou lupus érythémateux disséminé, est une maladie in?ammatoire chronique pouvant affecter de nombreux organes.Il évolue par poussées entrecoupées de rémissions et se manifeste par des symptômes extrêmement variés, tant par leur nature que par leur sévérité.Parmi les plus courants, on retrouve des douleurs articulaires (de type arthrite, notamment aux doigts ou aux poignets) et une rougeur caractéristique en forme d\u2019ailes de papillon au niveau du visage, d\u2019où la maladie tire son nom (lupus signi?e « loup » en latin, une référence au masque).À cela peuvent s\u2019ajouter des aphtes, une in?ammation du péricarde (l\u2019enveloppe du cœur), une anémie, une atteinte rénale, des maux de tête, des problèmes de circulation sanguine et bien d\u2019autres.En cause ?Des anticorps qui se retournent contre l\u2019organisme au lieu de le défendre.Ces anticorps visent tout particulièrement certains constituants du noyau des cellules, dont l\u2019ADN, ce qui explique que les symptômes soient si diversi?és.« On ne sait pas ce qui cause ce phénomène, mais il s\u2019agit probablement d\u2019une combinaison de facteurs génétiques et de déclencheurs environnementaux qui peuvent être des virus, une exposition à des contaminants > Quiconque a déjà expérimenté cette affection comprend le désir de s\u2019en débarrasser au plus vite ! Uriner est un cauchemar, et les envies, pressantes, se multiplient dans la journée.Tout ça à cause d\u2019une vilaine bactérie; et la plupart du temps, c\u2019est de Escherichia coli dont il est question.Il n\u2019y a pas 36 solutions.Il faut prendre rendez-vous chez le médecin qui prescrira des antibiotiques.Boire beaucoup d\u2019eau est également conseillé pour favoriser l\u2019élimination des bactéries.Quand ce mal vous af?ige (une femme sur deux y est sujette dans sa vie), les probiotiques intravaginaux ne sont pas recommandés par l\u2019Institut national d\u2019excellence en santé et en services sociaux du Québec (INESSS), puisque les données sur leur ef?ca- cité sont contradictoires.Les œstrogènes oraux et vaginaux (pour les femmes ménopausées) n\u2019ont également pas fait leurs preuves.Même chose pour la canne- berge.Si certains essais cliniques suggèrent un effet préventif pour les femmes qui ont des infections récurrentes, les méta-analyses ne l\u2019ont pas con?rmé.Il faut certainement trouver d\u2019autres moyens de traitement ou de prévention, puisque, à l\u2019échelle mondiale, des milliers de cas d\u2019infection urinaire antibiorésis- tante ont été observés.Un rapport de l\u2019INESSS, publié à l\u2019automne 2017, souligne d\u2019ailleurs que Escherichia coli résiste à certains antibiotiques au Québec.M.G.29 Comment guérir d\u2019une infection urinaire ?28 H Y R M A / I S T O C K P H O T O QUÉBEC SCIENCE 37 JUIN 2018 ou à la pollution », souligne Sasha Bernatsky, médecin à la Clinique du lupus du Centre universitaire de santé McGill, à l\u2019Hôpital général de Montréal.Dans une étude publiée en 2016, elle a démontré que la pollution de l\u2019air par des particules fines était corrélée à un risque accru d\u2019être atteint d\u2019un rhumatisme auto-immun in?am- matoire de type lupus.Au Canada, la maladie touche environ 1 personne sur 2 000.Elle est deux à trois plus fréquente chez les personnes d\u2019origine asiatique ou africaine et chez les Autochtones que chez les Blancs.Le principal facteur de risque est le genre : dans 9 cas sur 10, la maladie touche des femmes entre la puberté et la ménopause.M.C.Que faire en cas de migraine ?31Près des trois quarts des adultes dans le monde ont eu mal à la tête au cours de l\u2019année écoulée, estime l\u2019Organisation mondiale de la santé qui classe les céphalées troisièmes sur la liste des maladies « incapacitantes ».Mais attention, tout mal de tête n\u2019est pas forcément une migraine.Celle-ci se caractérise par des crises récurrentes qui s\u2019accompagnent, dans environ 90 % des cas, d\u2019une sensibilité à la lumière et au bruit; ainsi que de nausées et de vomissements dans près de la moitié des cas.Le plus souvent, le mal de tête est unilatéral (un seul côté du crâne), pulsatile (la douleur donne l\u2019impression de suivre le rythme des battements du cœur) et aggravé par des mouvements simples comme bouger la tête ou monter un escalier.« La céphalée de tension, ou le mal de tête classique, donne plutôt un effet de serrement autour de la tête et une douleur bilatérale », précise Sandra Bélanger, pharmacienne et chargée d\u2019enseignement à la faculté de pharmacie de l\u2019Université Laval.Dans 20 % des cas de migraine, des symptômes neurologiques réversibles apparaissent avant la crise : troubles visuels, sensoriels, moteurs ou du langage.C\u2019est ce qu\u2019on appelle l\u2019aura.« Le mal de tête dure de 4 à 72 heures chez les adultes et de 2 à 48 heures chez les enfants », rappelle un article de synthèse sur la migraine publié dans The Lancet début 2018.Les crises aiguës peuvent être très invalidantes.Le hic, c\u2019est qu\u2019à peine la moitié des personnes souffrant de migraine reçoivent le bon diagnostic et un traitement approprié.« Outre les antidouleurs classiques, comme l\u2019ibuprofène et l\u2019acétaminophène, il existe des médicaments de la classe des triptans ef?caces pour soulager la douleur d\u2019une crise aiguë.Ceux-ci sont ef?- caces seulement en cas de migraine et non pour d\u2019autres types de maux de tête », ajoute Sandra Bélanger.Un traitement préventif peut aussi être prescrit a?n de diminuer la fréquence et l\u2019intensité des crises, au bout de 4 à 8 semaines d\u2019utilisation.Il repose principalement sur des bêta-bloqueurs, des antidépresseurs, des anticonvulsivants et la toxine botulique.« Chaque thérapie se doit d\u2019être individualisée et encadrée par un professionnel de la santé », rappelle Sandra Bélanger.DES TRUCS l Être attentif aux prodromes, qui surviennent chez 30 % des patients.Ces signes précurseurs (bâillements, changement d\u2019humeur, irritabilité, douleurs dans le cou, dif?cultés de concentration) peuvent survenir environ 12 heures avant le début du mal de tête.Les cerner rapidement permet de prendre le médicament plus tôt.l Tenir un journal des crises migraineuses pour identi?er les déclencheurs.Les personnes atteintes de migraine remarquent souvent que leurs crises surviennent en cas de changement météorologique, de stress ou à certains moments du cycle menstruel, ou encore après avoir consommé des aliments particuliers.l Adopter un mode de vie sain.Des études ont prouvé que l\u2019hypoglycémie et le manque de sommeil favorisent les crises.C\u2019est pourquoi il est conseillé d\u2019avoir une bonne alimentation, ainsi que des horaires de repas et de coucher réguliers.l Éviter l\u2019abus d\u2019antidouleurs.C\u2019est un cercle vicieux : la consommation excessive d\u2019analgésiques en cas de maux de tête peut causer\u2026 des maux de tête ! On parle alors de céphalées d\u2019origine médicamenteuse qui peuvent être quotidiennes.Mieux vaut limiter la consommation d\u2019analgésiques à moins de 15 jours par mois; et la consommation de triptans, de dérivés ergotés ou de combinaison d\u2019analgésiques à moins de 10 jours par mois, conseille l\u2019article du Lancet.M.C.\u201c \u201e OUTRE LES ANTIDOULEURS CLASSIQUES, COMME L\u2019IBUPROFÈNE ET L\u2019ACÉTAMINOPHÈNE, IL EXISTE DES MÉDICAMENTS DE LA CLASSE DES TRIPTANS EFFICACES POUR SOULAGER LA DOULEUR D\u2019UNE CRISE AIGUË.\u2013 Sandra Bélanger, pharmacienne W U N D E R V I S U A L S / I S T O C K P H O T O QUÉBEC SCIENCE 38 JUIN 2018 Comment arrêter une toux ?> La toux provoque jusqu\u2019à 50 % des visites chez les médecins généralistes.« C'est toutefois un ré?exe normal servant à maintenir nos voies respiratoires dégagées, rappelle Marie-Ève Girard, inha- lothérapeute à l\u2019Association pulmonaire du Québec.Ainsi, la toux grasse survient lorsque les voies respiratoires sont encombrées par des sécrétions.Elle sert à les déloger et à les expulser.» La toux sèche, elle, est souvent plus problématique, d\u2019autant que « plus on tousse, plus les bronches s\u2019irritent ce qui augmente la toux », ajoute-t-elle.Pour arrêter ce cercle vicieux, certains médicaments antitussifs, notamment à base de codéine, de diphenhydramine ou plus souvent de dextrométorphane, sont disponibles en vente libre.Leur ef?cacité est toutefois relative.Une méta-analyse signée par la Cochrane Collaboration parue en 2014 concluait qu\u2019il n\u2019y avait pas de preuves tangibles quant à l\u2019ef?cacité de ces antitussifs, faute d\u2019essais cliniques probants.Le dextrométorphane (qui ne doit pas être administré à des enfants de moins de six ans) donnerait toutefois des résultats, selon Alyn Morice, chercheur à l\u2019université Hull, au Royaume-Uni : « Ce médicament atténue la sensibilité des centres nerveux responsables de la toux au niveau cérébral, mais, jusqu\u2019à tout récemment, on comprenait mal le reste du circuit nerveux responsable de la toux.Des médicaments plus ef?caces sont aujourd\u2019hui en développement.» Ce spécialiste mondial de la toux a justement mis au point un composé racheté par les laboratoires Merck, qui semble diminuer de 37 % la fréquence de la toux, selon les premiers essais cliniques.En attendant sa commercialisation, Alyn Morice, qui reçoit des patients de toute l\u2019Europe, note que l\u2019effet adoucissant de certains sirops suf?t.« Un remède à base de miel et de citron peut soulager, même si ce n\u2019est que sur une courte durée.Cette stratégie devrait être le premier choix, en particulier chez les enfants », écrit-il dans une synthèse publiée en 2016.Quant à la toux chronique (plus de huit semaines), elle requiert impérativement une visite chez le médecin, car, pour l\u2019arrêter, il faut comprendre ce qui la provoque.Et, contre toute attente, la cause n\u2019est pas toujours respiratoire.Certes, les récepteurs mécaniques et chimiques qui déclenchent le ré?exe de toux sont surtout situés dans les voies aériennes et la sphère O.R.L.(nez, sinus, larynx, pharynx, canaux auditifs).Mais il y en a également dans l\u2019œsophage et l\u2019estomac.Si bien que, dans de nombreux cas, la toux chronique est due à un re?ux gastro-œso- phagien passé inaperçu, car il n\u2019entraîne pas de brûlures d\u2019estomac.« Il s\u2019agit d\u2019un re?ux gazeux non acide, que beaucoup de médecins ne savent pas reconnaître, af?rme Alyn Morice.Dans ces cas, les antia- cides ne marchent pas, mais les médicaments dits prokiné- tiques peuvent être extrêmement ef?caces.» Autres causes fréquentes des toux chroniques : l\u2019asthme et la rhinosinusite, qui peuvent nécessiter un traitement de fond.Quelle qu\u2019en soit la cause, si vous toussez, faites-le dans le pli de votre coude.Lors d\u2019une étude publiée en 2014, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology ont ?lmé et modélisé le nuage de gouttelettes expulsé en toussant.Ils ont démontré que les plus petites gouttelettes peuvent voyager 5 à 200 fois plus loin que les grosses.De quoi propager les germes avec une ef?cacité redoutable.M.C.Est-ce que la bronchite est contagieuse ?Comment la soigner ?> « Tout dépend du type de bronchite, aiguë ou chronique », distingue d\u2019emblée l\u2019inhalothérapeute Marie-Ève Girard.La bronchite aiguë est, dans l\u2019immense majorité des cas, causée par un virus, ce qui la rend contagieuse.Plus de 180 virus pouvant causer une in?ammation et un encombrement des bronches ont été répertoriés, généralement les mêmes que ceux qui provoquent le rhume.La bronchite guérit le plus souvent d\u2019elle-même en une dizaine de jours (les antibiotiques ne sont d\u2019aucune aide), même si la toux, sèche au début et grasse ensuite, peut persister deux à trois semaines.La bronchite chronique, quant à elle, se dé?nit par une toux qui dure au moins trois mois par an, pendant deux années de suite.Accompagnée d\u2019expectorations (crachats), la bronchite chronique est généralement la conséquence « d\u2019un historique de tabagisme ou d\u2019une exposition prolongée à des polluants environnementaux, et n\u2019est pas contagieuse », précise Mme Girard.Dans ce cas, le seul traitement ef?cace est l\u2019abandon du tabac ou la ?n de l\u2019exposition aux contaminants.Les bronchodilatateurs et les corticoïdes, ces « pompes » utilisées contre l\u2019asthme, peuvent aider à soulager les symptômes.M.C.32 33 QUÉBEC SCIENCE 39 JUIN 2018 Est-ce que la pneumonie est contagieuse ?> La pneumonie est une in?ammation des poumons liée dans la majorité des cas à une infection bactérienne ou virale.« Elle est donc contagieuse.Elle peut se transmettre directement, à la suite d\u2019une poignée de main, par exemple, et indirectement, en touchant entre autres les mouchoirs souillés par le malade, et par les gouttelettes en étant à moins de 2 m d\u2019un malade qui tousse », résume Marie- Ève Girard.Pour se protéger, le bon sens prévaut : se laver les mains, ne pas partager les ustensiles ou autres objets avec un malade.« Comme les principaux agents en cause sont les pneumocoques et l\u2019in?uenza, les vaccins antipneumococcique et antigrippal sont des incontournables », rappelle la spécialiste.Notons que c\u2019était la troisième cause d\u2019hospitalisation au Québec en 2014-2015, rien de moins.M.C.Qu\u2019est-ce que la maladie pulmonaire obstructive?> Pas étonnant que ce terme, bien que pointu, se taille une place dans le palmarès : il fait partie de la vie de 20 % des Québécois de 65 ans et plus (et de 9,6 % des 35 ans et plus).La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), aussi appelée bronchopneumopathie chronique obstructive, est un terme générique qui regroupe les affections caractérisées par une obstruction chronique et irréversible de la circulation de l\u2019air à l\u2019intérieur des poumons.Les symptômes principaux sont un essouf?ement (ou manque d\u2019air) qui s\u2019aggrave peu à peu, et une toux chronique avec production de crachats.La MPOC est malheureusement une maladie évolutive pour laquelle il n\u2019y a pas de traitement curatif, et elle représente la quatrième cause de décès dans le monde.En fait, ce diagnostic inclut les bronchites chroniques et l\u2019emphysème.« Il est possible d\u2019être atteint d\u2019une des deux maladies ou des deux à la fois.Elles sont la plupart du temps dues à l\u2019utilisation du tabac [NDLR : dans 80 % à 90 % des cas] », explique l\u2019inhalothérapeute Marie-Ève Girard.La pollution atmosphérique ainsi que les poussières et les produits chimiques sur le lieu de travail sont également des facteurs de risque.Alors que la bronchite entraîne une in?ammation et un rétrécissement des bronches, l\u2019emphysème est plutôt associé à une destruction des alvéoles, ces petits « sacs » pulmonaires dans lesquels se font les échanges gazeux.« L\u2019air demeure emprisonné à l\u2019intérieur des alvéoles endommagées, ce qui rend la respiration plus laborieuse.Les échanges gazeux sont eux aussi affectés », précise l\u2019inhalothérapeute.Depuis une quinzaine d\u2019années, plusieurs recherches suggèrent que la MPOC pourrait être une maladie autoimmune déclenchée par la consommation de tabac, ouvrant des pistes thérapeutiques nouvelles.M.C.> Le mal de gorge est un symptôme responsable d\u2019environ 3 % des consultations chez le médecin.En cause ?Un virus, dans 85 % à 95 % des cas chez les adultes et dans 70 % des cas chez les jeunes de 5 à 15 ans.La douleur passe alors en moins d\u2019une semaine et peut être associée à des symptômes de rhume, à de la ?èvre ou à une toux.Les autres cas sont, en gros, dus au fameux streptocoque, une bactérie que l\u2019on décèle rapidement avec le Streptest, un petit prélèvement effectué chez le médecin ou dans certaines pharmacies.Si le test est positif, des antibiotiques sont généralement prescrits.Une revue de la littérature publiée en 2013 a démontré que ces médicaments permettent de réduire la durée des symptômes d\u2019environ un jour seulement, mais ils réduisent le risque de complications (notamment le rhumatisme articulaire aigu) associées \u2013 rarement \u2013 aux pharyngites bactériennes.Notons que les pastilles de type Strepsils, pour ne pas les nommer, qui contiennent un anesthésiant, sont ef?caces pour soulager la douleur, selon une revue de trois essais cliniques publiée en 2017.Quant aux gargarismes d\u2019eau tiède salée, si leur ef?cacité n\u2019est pas absolument prouvée, ils semblent apaiser la douleur et pourraient contribuer à drainer le mucus et à « lessiver » bactéries et virus.S\u2019il suf?t souvent de prendre son mal en patience, certains symptômes associés au mal de gorge doivent amener à consulter rapidement : une impossibilité à déglutir ou des douleurs à la mâchoire (qui peuvent être un signe d\u2019abcès), une fatigue qui subsiste plus de sept jours (mononucléose infectieuse, leucémie) ou une dif?culté à respirer.Dans certains cas, le mal de gorge n\u2019est pas dû à une infection, mais plutôt à des allergies, à l\u2019exposition à des irritants (pollution, tabac, etc.), à du re?ux gastro- œsophagien ou même à certains troubles comme l\u2019hypothyroïdie.Tout mal de gorge chronique justi?e donc un bilan de santé.M.C.35 34 36 Quand doit-on consulter pour un mal de gorge ?Que faire ?Lexique AMYGDALITE : infection des amygdales, ou tonsilles palatines, ces organes situés de part et d\u2019autre de la glotte.PHARYNGITE : infection des muqueuses du pharynx.PHARYNGO-AMYGDALITE : un terme de plus en plus utilisé, puisque la différence entre une amygdalite et une pharyngite n\u2019est pas toujours évidente, que ce soit sur le plan clinique ou dans la littérature scienti?que. QUÉBEC SCIENCE 40 JUIN 2018 > On l\u2019appelle «le tueur silencieux» : l\u2019hypertension artérielle ne cause généralement aucun symptôme.« Contrairement à la tension nerveuse qui crée un sentiment d\u2019anxiété, la haute pression ne se remarque pas, même si elle peut parfois entraîner des maux de tête », rappelle Lyne Cloutier, présidente de la Société québécoise d\u2019hypertension artérielle.C\u2019est néanmoins le premier facteur de risque cardiovasculaire, directement lié à 13 % des décès dans le monde, selon l\u2019OMS.Cette pathologie correspond en fait à une pression élevée du sang contre les parois des vaisseaux.Cette pression, générée par le cœur à chaque battement lorsqu\u2019il éjecte du sang dans les artères, est ce qu\u2019on mesure lorsqu\u2019on prend la « tension ».Normalement, celle-ci est d\u2019environ 120 mmHg (millimètres de mercure) quand le cœur se contracte et de 80 mmHg quand il se relâche, c\u2019est pourquoi on la note 120/80.« On parle d\u2019hypertension artérielle au-delà de 140/90 mmHg.À partir de ce seuil, le risque d\u2019avoir des complications est élevé », explique Mme Cloutier qui est aussi professeure au département des sciences in?rmières de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières.Car une pression trop forte en permanence endommage les vaisseaux, mais aussi le cœur qui doit pomper plus fort.« Au Québec, une personne sur cinq est hypertendue.Après 65 ans, c\u2019est une sur deux.Selon le type d\u2019artère endommagé, les complications peuvent toucher le cerveau (AVC, démence vasculaire), le cœur (infarctus, insuf?sance cardiaque), les reins (insuf?sance rénale), la rétine (cécité) », énumère la spécialiste.L\u2019hypertension multiplie par six le risque d\u2019accident vasculaire cérébral, par exemple.Et elle est encore plus problématique lorsque le patient souffre aussi de diabète, d\u2019obésité, d\u2019hypercholestérolémie, ou s\u2019il fume, des facteurs qui augmentent eux aussi le risque de maladies cardiovas- culaires.« La bonne nouvelle, c\u2019est qu\u2019on peut très bien contrôler l\u2019hypertension », rappelle Lyne Cloutier.On peut aussi la prévenir, dans une certaine mesure, en adoptant de saines habitudes de vie.D\u2019ailleurs, une fois la maladie installée, certaines mesures peuvent être aussi ef?- caces qu\u2019une pilule pour faire baisser les « chiffres tensionnels » : réduire la quantité de sel dans l\u2019alimentation, faire une activité physique régulière (30 minutes de marche rapide par jour), perdre du poids et privilégier une diète riche en fruits et légumes.« Mais il s\u2019agit d\u2019une maladie et la prise d\u2019un médicament peut être nécessaire en plus de ces changements.Cela ne doit pas être vu comme quelque chose de négatif, d\u2019autant qu\u2019on a accès à un grand choix de médicaments », tient à préciser Lyne Cloutier.Selon une étude parue en 2016, 68 % des hypertendus canadiens réussissaient à contrôler leur maladie en 2013, un taux qui est plutôt de 50 %, voire moins, dans les autres pays développés.Quant aux causes, elles ne sont pas tout à fait élucidées, même si des facteurs génétiques et environnementaux entrent en jeu.L\u2019âge joue également un rôle : le vieillissement est associé à une perte d\u2019élasticité des artères, qui contribue à l\u2019augmentation de la pression.M.C.basse pression Les cardiologues ont coutume de dire que plus la pression artérielle est basse, mieux c\u2019est.Une pression artérielle inférieure à 100/60 mmHg peut toutefois entraîner fatigue chronique, vertiges et malaises.Elle peut survenir en cas d\u2019infection, de déshydratation et d\u2019insuf?sance cardiaque.Des baisses de tension subites, lors des changements de position \u2013 ce qu\u2019on appelle l\u2019hypotension orthostatique \u2013, sont des causes fréquentes de malaises.Elles sont généralement liées à une dysfonction du système nerveux autonome, secondaire à certaines pathologies comme le diabète, des infections et des maladies neurologiques.Une consultation auprès d\u2019un professionnel de la santé est nécessaire.QU\u2019EST-CE QUI CAUSE LA HAUTE PRESSION ARTÉRIELLE ?COMMENT L\u2019ABAISSER ?37 L E N E T S _ M I K O L A Y / I S T O C K P H O T O QUÉBEC SCIENCE 41 JUIN 2018 COMMENT FAIRE BAISSER SON TAUX DE CHOLESTÉROL ?> Environ 40 % des Canadiens de 6 à 79 ans ont un taux de cholestérol total nuisible à la santé, selon Statistique Canada.Le chiffre a de quoi inquiéter, quand on sait qu\u2019un taux élevé de cholestérol dans le sang est directement lié au développement de l\u2019athérosclérose, cette maladie qui « bouche » les artères et augmente le risque d\u2019accident car- diovasculaire.Contrairement aux idées reçues, le cholestérol est indispensable à l\u2019organisme, puisqu\u2019il entre dans la composition des membranes des cellules.Et il n\u2019existe pas différents types de cholestérol, mais plutôt différentes molécules responsables de son transport dans le sang : les lipoprotéines de haute densité (HDL), que l\u2019on associe au « bon » cholestérol, et celles de faible densité (LDL), que l\u2019on désigne comme le « mauvais » cholestérol.Les LDL favorisent le dépôt de graisses sur la paroi des artères et donc l\u2019apparition de plaques d\u2019athérosclérose.C\u2019est pourquoi, lorsqu\u2019on fait un « bilan lipidique », on mesure dans le sang les taux de cholestérol total, de HDL, de LDL, et de triglycérides, d\u2019autres lipides du sang.« Pour diminuer le taux de cholestérol LDL, la nutrition est la pierre angulaire du traitement.On recommande de diminuer la quantité de gras saturés et d\u2019éliminer les gras trans », résume Chantal Blais, nutritionniste spécialiste du sujet à l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal.E n g r o s , l e s conseils habituels de santé prévalent : outre l\u2019activité physique, il faut privilégier les fruits et légumes, diminuer la quantité de viandes grasses, de produits laitiers (ou choisir les produits écrémés) et de certaines huiles végétales comme l\u2019huile de coco.« Les ?bres alimentaires comme celles de l\u2019avoine, de l\u2019orge et des légumineuses peuvent baisser de 5 % à 10 % le taux de cholestérol si elles sont consommées régulièrement », dit-elle.Par ailleurs, des médicaments appelés statines permettent d\u2019abaisser sensiblement le taux de LDL (de 40 % à 50 %).En 2015, ils étaient prescrits à 31 % des assurés du régime public d\u2019assurance médicament, et à 67 % de ceux ayant déjà eu une maladie cardio- vasculaire.Cette prescription à large échelle suscite des controverses, certains chercheurs ayant remis en question l\u2019effet protecteur des statines lorsqu\u2019elles sont prescrites en prévention chez des personnes n\u2019ayant jamais eu de problème cardiovasculaire.Les débats autour du cholestérol ne cessent d\u2019ailleurs de ressurgir.« Récemment, des études ont démontré qu\u2019on avait peut-être surestimé l\u2019in?uence du cholestérol alimentaire.Cela dit, l\u2019adoption de saines habitudes de vie reste béné?que, au-delà de la baisse du LDL », rappelle Mme Blais.M.C.Découvrez le nouveau complice de vos week-ends\u2026 www.ledevoir.com/samedigratuit ou 514 985-3355 Essayez-le?! On vous ofre Le Devoir du samedi gratuitement pendant 4 semaines.Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E Lire Dans la tête de Gérard Depardieu Vivre Périple dans la Jamaïque des rastafaris L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 J A N V I E R / 2 0 1 8 Rentrée culturelle La belle envolée 38 QUÉBEC SCIENCE 42 JUIN 2018 SANTÉ MENTALE, TROUBLES DU COMPORTEMENT ET DÉPENDANCES COMMENT ARRÊTER DE FUMER ?> Les experts s\u2019entendent tous sur ce point : arrêter de fumer est la meilleure décision qu\u2019une personne peut prendre pour améliorer sa santé.Dans les 20 minutes qui suivent l\u2019arrêt du tabac, le rythme cardiaque et la pression artérielle diminuent.Au bout de quelques semaines, la fonction pulmonaire s\u2019améliore.Dans l\u2019année qui suit, le risque de maladie cardiaque est réduit de moitié.Et, dans les 10 ans, le risque de cancer du poumon est lui aussi réduit de moitié, par rapport aux fumeurs, rappelle l\u2019Organisation mondiale de la santé.Malheureusement, la moitié des personnes qui tentent d\u2019arrêter rechutent en moins d\u2019une semaine.D\u2019abord, parce que la nicotine est une substance hautement addictive agissant sur le cerveau où elle entraîne la libération de dopamine.Ensuite, parce que seul un tiers des fumeurs qui se décident à écraser demandent de l\u2019aide.Plusieurs études ont pourtant démontré qu\u2019être conseillé par quelqu\u2019un, même aussi brièvement que trois minutes, permet de doubler le taux de succès.« La première étape est d\u2019appeler la ligne 1 866-JARRETE, conseille Michel Lebel, in?rmier clinicien au Centre de santé universitaire McGill, spécialisé en cessation tabagique.Le programme liste toutes les ressources disponibles au Québec et propose un soutien téléphonique ou par texto.» Parmi les méthodes ayant fait leurs preuves, on distingue les interventions comportementales, comme la psychothérapie et les groupes de soutien, ainsi que les aides pharmacologiques.Dans le premier cas, les fumeurs apprennent à identi?er les situations qu\u2019ils associent à la cigarette (boire un café ou un verre de vin), à trouver des substituts ef?caces (exercice de respiration et de visualisation) et à contrôler leur stress.Les substituts nicotiniques, qu\u2019il s\u2019agisse de timbres, de gommes, de sprays ou autres, augmentent quant à eux de 50 % à 70 % les chances de succès, comme l\u2019a démontré une synthèse de 117 essais cliniques publiée en 2012.« Souvent, les gens sont réticents à utiliser les timbres, par exemple.Ils pensent qu\u2019ils vont remplacer une dépendance par une autre, ou que c\u2019est dangereux.Or il y a beaucoup d\u2019études qui ont prouvé que c\u2019est sécuritaire », souligne Michel Lebel qui coordonne depuis quatre ans le programme IMPACT au Centre universitaire de santé McGill, un programme qui consiste à rencontrer tous les patients hospitalisés pour leur parler de l\u2019abandon du tabac.La cigarette électronique peut aussi être un outil pertinent, puisqu\u2019elle est beaucoup moins dangereuse que la cigarette classique et que la dose de nicotine peut être diminuée progressivement.Dans son travail, M.Lebel combat deux idées reçues qui reviennent souvent : « Les gens pensent parfois qu\u2019il suf?t de vouloir arrêter pour y arriver, ou au contraire que c\u2019est impossible, car cela fait 20 ou 30 ans qu\u2019ils fument.Quand ils se retrouvent à l\u2019hôpital, sevrés malgré eux, ils sont parfois impressionnés par le fait que ce n\u2019est pas un besoin essentiel.» Un message encourageant pour les 1,3 million de Québécois qui fument régulièrement.M.C.QU\u2019EST-CE QUE LE TROUBLE DU DÉFICIT DE L\u2019ATTENTION AVEC OU SANS HYPERACTIVITÉ ?> Votre enfant est agité, peine à écouter les consignes ou semble toujours dans la lune ?Et s\u2019il avait un « TDAH » ?Cette question, bon nombre de parents se la posent, tant le terme est à la mode.En réalité, le trouble du dé?cit de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité, ce fameux TDAH, touche de 5 % à 8 % des enfants et environ 4 % des adultes.Bien qu\u2019il existe une liste de critères diagnostiques assez longue, le TDAH se traduit le plus souvent par un dé?cit d\u2019attention (grande distractivité, difficulté à suivre les consignes, manque de concentration, de persévérance), une impulsivité (agir avant de ré?échir, répondre avant la ?n de la question, gestes brusques) et une hyperactivité (agitation permanente, dif?culté à tenir en place).L\u2019hyperactivité peut être absente du tableau : l\u2019enfant peut au contraire être calme, rêveur, introverti.« Pourquoi les inclut-on dans un seul et même trouble ?L\u2019inattention et l\u2019hyperactivité réfèrent à une immaturité ou à un dysfonctionnement des mêmes régions du cerveau, ce qui en 39 40 QUÉBEC SCIENCE 43 JUIN 2018 I L L U S T R A T I O N S : B E N O I T T A R D I F / C O L A G E N E .C O M M E D I A P H O T O S / I S T O C K P H O T O fait une seule et même entité diagnostique », rappelle l\u2019Association québécoise des neuropsychologues.Évidemment, être un peu turbulent de temps à autre ne suf?t pas pour entrer dans la catégorie des enfants TDAH.« Tous les enfants peuvent présenter certains de ces symptômes de temps en temps.Or, un enfant qui souffre de TDAH présente plusieurs symptômes de manière régulière, sur une longue période et dans une majorité d\u2019activités », rappelle l\u2019équipe du CHU Sainte-Justine, qui a produit en février 2018 une série de 14 capsules vidéo pour démysti?er le TDAH.Le diagnostic n\u2019est pas toujours facile, le TDAH pouvant se confondre ou se superposer à d\u2019autres troubles, comme ceux du spectre de l\u2019autisme, les troubles du langage et la dé?cience intellectuelle.En cas de doute, « le parent doit absolument en parler à son pédiatre ou à son médecin de famille a?n d\u2019entamer un processus d\u2019évaluation », conseille l\u2019hôpital.Certains TDAH ne sont diagnostiqués qu\u2019à l\u2019âge adulte : l\u2019agitation est généralement moins présente, mais on retrouve souvent des dif?cultés à s\u2019organiser, à dé- ?nir des priorités, un sentiment persistant d\u2019insécurité, d\u2019ennui, etc.M.C.QUE FAIRE PENDANT UNE CRISE DE PANIQUE ?41« Rien ! » af?rme la psychologue et cofondatrice de la Clinique de l\u2019anxiété et de la dépression à Québec, Vicky Murray.Les crises de panique apparaissent sans crier gare, alors que vous conduisez vers la maison ou que vous magasinez des brosses à dents.La gorge se serre, le cœur palpite, la nausée s\u2019installe, ou encore des douleurs thoraciques vous gênent; dans tous les cas, un sentiment de terreur domine.Le mieux reste d\u2019attendre que tout ça passe, soit environ 20 minutes.« L\u2019adrénaline a été envoyée dans le sang, car notre cerveau a décidé de nous sauver la vie, même s\u2019il n\u2019y a pas de danger réel, explique la psychologue.C\u2019est une fausse alarme.Tout comme on ne sortirait pas en courant de la maison avec les enfants simplement parce que le détecteur de fumée retentit à cause d\u2019un petit dégât dans le four.Il ne faut pas succomber à l\u2019énervement.C\u2019est très désagréable, mais ce n\u2019est pas dangereux.Assoyez-vous et respirez par le ventre pour éviter l\u2019hyperventilation qui augmente l\u2019inconfort.» Plus vous luttez contre les symptômes, plus vous augmentez le sentiment de danger et plus le cerveau produit d\u2019hormones de stress, ce qui accentuera le malaise.Fuir la situation \u2013 votre véhicule ou la pharmacie, par exemple \u2013 est également une mauvaise idée.« Ce sera très dif?cile de revenir ensuite dans le même genre de lieu, assure Vicky Murray.Les gens peuvent développer de l\u2019agoraphobie, c\u2019est-à-dire la peur de faire une attaque de panique dans une situation où ce serait dif?cile de s\u2019échapper.» Bonjour l\u2019isolement.Nul n\u2019est à l\u2019abri : plus d\u2019une personne sur cinq fera au moins une crise de panique au cours de sa vie.« Parfois, c\u2019est parce qu\u2019on est plus fatigué, ou qu\u2019on a bu beaucoup de café ou de boisson énergisante.J\u2019ai souvent vu des crises à la suite de la consommation de marijuana ou d\u2019alcool.» Auprès d\u2019un petit pourcentage de personnes, les crises se transformeront en trouble; on estime le taux de prévalence au cours de la vie à 1 % ou 2 %.« Pour ces gens, la peur de faire une attaque de panique déclenche des attaques.Je dis souvent qu\u2019on arrête d\u2019en faire le jour où ça ne nous dérange plus d\u2019en faire.» Certains confondent la crise de panique avec un malaise cardiaque ou une schizophrénie soudaine, et ont alors le ré?exe de consulter; plusieurs se rendent même aux urgences en ambulance.« C\u2019est plutôt inutile dans les faits, surtout que les symptômes auront disparu le temps de se rendre », rappelle Vicky Murray.Bref, pas de panique.M.G.COMMENT ARRÊTER DE BOIRE ?> On présume ici qu\u2019il s\u2019agit d\u2019arrêter de boire de l\u2019alcool, bien que la consommation abusive d\u2019eau, la potomanie, soit elle aussi dangereuse pour la santé ! On se débarrasse rarement de l\u2019alcoolisme, véritable maladie, par la simple volonté.Comme pour le tabac, mieux vaut donc s\u2019entourer pour se défaire de cette dépendance.Si les programmes en 12 étapes, de type Alcooliques Anonymes, sont les plus connus, ils ne sont pas ef?caces pour tous.En fait, une multitude d\u2019organismes de soutien, publics ou privés, se spécialisent dans le sevrage, en accompagnant leurs membres et en formant un réseau.Le site web de Toxquébec, par exemple, offre une liste de centres de réadaptation et de ressources par région, et des questionnaires pour évaluer la consommation individuelle.Les centres locaux de services communautaires (CLSC) peuvent renseigner sur le programme Alcochoix+, gratuit, qui peut être suivi seul ou en groupe.« Il y a aussi des cures de désintoxication et des approches pharmacologiques, dont la naltrexone et l\u2019acamprosate, qui aident à prévenir les rechutes », expliquait à Québec Science Didier Jutras-Aswad, directeur de l\u2019Unité de psychiatrie des toxicomanies 42 QUÉBEC SCIENCE 45 JUIN 2018 > Les trucs de Marie-France Marin, chercheuse au Centre de recherche de l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal: BOUGER « Le cerveau ne fait pas la différence entre un stresseur absolu, comme être en zone de guerre, et un stresseur relatif, comme un examen à l\u2019école.Dans les deux cas, il relâche les mêmes hormones \u2013 l\u2019adrénaline et le cortisol \u2013 qui mobilisent l\u2019énergie pour affronter la menace.Mais en 2018, dans 99 % des cas, personne n\u2019utilise cette énergie.On sent alors un bouillonnement intérieur.Il faut l\u2019évacuer en s\u2019activant; par exemple, en prenant l\u2019escalier après une réunion super stressante ou en faisant des pompes.On évite ainsi de sortir le trop-plein d\u2019une mauvaise façon, en étant agressif avec un proche.» RESPIRER EN GONFLANT LE VENTRE, CHANTER OU RIRE « Les gens ne croient pas vraiment à ces trucs.Pourtant, le mécanisme est logique.En respirant avec le ventre, le diaphragme s\u2019étire au maximum.Quand ce muscle est étiré, la réponse de stress (les hormones) est freinée.C\u2019est simple : si vous entrez dans un dépanneur et que quelqu\u2019un vous met un fusil sur la tempe, c\u2019est sûr que vous allez retenir votre respiration.Respirer à pleins poumons indique donc au cerveau qu\u2019il est impossible que votre vie soit en danger.C\u2019est le même principe pour le chant et le rire.» SE TROUVER DES PLANS B « Si on menace de couper des postes au boulot et que ça vous stresse, vous pouvez mettre votre curriculum vitæ à jour et regarder les offres d\u2019emploi.Le plan B peut également être farfelu.Y ré?échir stimule le lobe frontal, une partie du cerveau qui se désactive quand on est devant un grave danger.Ça indique encore une fois que notre vie n\u2019est pas menacée, puisqu\u2019il y a une porte de sortie.» TENIR UN JOURNAL DU STRESS « Ce truc demande plus de travail, mais puisque le stress contribue à beaucoup de maladies, ça vaut le coup.Notez chaque jour toutes les situations qui vous angoissent.Il faut ensuite lier chacune d\u2019entre elles à l\u2019un des quatre facteurs que la littérature scienti?que a déterminés : est-ce une situation nouvelle; une qui diminue votre sens de contrôle; qui est imprévisible; ou qui pose une menace à votre ego ?On retourne ensuite la situation.Comment faire pour diminuer l\u2019effet de nouveauté ou augmenter votre impression de contrôle si vous décrochez un nouveau poste, par exemple ?Ce peut être de discuter de votre nouveau poste avec la personne qui l\u2019occupait auparavant.» M.G.1.Pour relire le reportage sur le baclofène, consultez le numéro de janvier-février 2017 de Québec Science ou rendez-vous sur notre site : www.quebecscience.qc.ca.du CHUM, contacté pour notre article «Pilule anti-alcool: miracle ou mirage» portant sur le baclofène, un médicament controversé1.« Les principaux dé?s du traitement de l\u2019alcoolisme surviennent après la désintoxication, dans le maintien de la sobriété, car les pulsions (ou cravings) peuvent être très puissantes et invalidantes », expliquait Ronald Fraser, directeur du service de désintoxication en établissement du Centre universitaire de santé McGill, également interviewé dans le cadre de ce reportage.Le fameux baclofène, prescrit de manière non officielle par certains médecins, semble justement réduire les cravings, à condition d\u2019être pris à très haute dose.Selon les experts interrogés, le principal obstacle reste l\u2019accès au traitement.« Au Québec, comme ailleurs, les médecins de première ligne n\u2019ont pas beaucoup de temps et ne sont pas encore bien formés pour prendre en charge les dépendances.Les interventions ne sont pas miraculeuses, mais on ne les met même pas en place correctement », déplorait le docteur Jutras-Aswad.Ainsi, moins de 15 % des personnes buvant de façon excessive seraient prises en charge au Canada.M.C.COMMENT MIEUX GÉRER SON STRESS ?43 C H U W Y / I S T O C K P H O T O QUÉBEC SCIENCE 46 JUIN 2018 nutrition et santé sportive QUÉBEC SCIENCE 47 JUIN 2018 > On ne répond malheureusement pas à cette question en criant « gluten ».Les deux protagonistes de cette affection sont la prolamine et la gluténine, les deux protéines qui composent le gluten et qu\u2019on trouve dans le pain, les gâteaux, les céréales, ainsi que dans plusieurs aliments transformés.Ils donnent du ?l à retordre à votre estomac, mais aussi aux chercheurs et aux professionnels de la santé ! Deux types de personnes tolèrent mal ces protéines : celles qui sont atteintes de la maladie cœliaque et celles qui ont une « sensibilité au gluten non cœliaque ».La première catégorie est sous-diagnosti- quée : des études indiquent que jusqu\u2019à 9 malades sur 10 ignorent leur condition.Quant à la sensibilité, communément appelée intolérance, elle est encore très mal comprise \u2013 et controversée.Il est ardu d\u2019établir un diagnostic pour la maladie cœliaque qui touche environ 1 % de la population, car ses symptômes sont communs à d\u2019autres maladies.« Ils sont super génériques : avoir mal au ventre, être constipé, avoir de la diarrhée, souffrir de ballonnements.Ce sont des symptômes que n\u2019importe qui peut avoir tous les jours pour quantité de raisons différentes », signale Bernard Lavallée, nutritionniste et auteur du livre N\u2019avalez pas tout ce qu\u2019on vous dit.Pour compliquer les choses, certains patients sont asymptoma- tiques et d\u2019autres ont des symptômes qui n\u2019ont rien à voir avec la digestion, comme l\u2019infertilité ou la fatigue chronique.Pour con?rmer le diagnostic de la maladie cœliaque, il suf?t d\u2019une prise de sang et d\u2019une biopsie intestinale, deux tests qui repéreront les lésions de l\u2019intestin et les anti-transglutaminases.Ces anticorps attaquent la paroi intestinale.Une modi?cation de la diète peut toutefois fausser les résultats.« Quand les gens retirent le gluten de leur alimentation avant d\u2019aller passer des tests, le marqueur sanguin n\u2019est pas là », indique Bernard Lavallée.C\u2019est pourquoi il est impératif de consulter un professionnel de la santé avant d\u2019entreprendre tout changement majeur de votre alimentation.La maladie cœliaque n\u2019est pas à prendre à la légère : la paroi de l\u2019intestin peut s\u2019en trouver abîmée et l\u2019absorption des nutriments est alors compromise.Pour éviter ces conséquences, un régime sans gluten doit être suivi à la lettre.La sensibilité au gluten non cœliaque touche quant à elle environ 6 % des Canadiens.Les symptômes sont très similaires à ceux de la maladie cœliaque et du syndrome du côlon irritable.Par contre, il n\u2019existe pas de test pour con?r- mer cette affection, car aucun biomar- queur n\u2019a encore été identi?é.En outre, la science n\u2019arrive toujours pas à expliquer pourquoi l\u2019élimination du gluten chez ces patients réduit les malaises intestinaux.Est-ce vraiment le gluten qui pose problème ?« Quand on retire un aliment de notre diète, on retire aussi toutes les molécules différentes dont il est constitué.C\u2019est dif?cile de savoir laquelle a un impact précis sur notre santé », soutient Bernard Lavallée.Une étude publiée en février dernier dans la revue scienti?que Gastroente- rology laisse croire que les fructanes, présentes dans plusieurs aliments, dont le blé, l\u2019ail et les oignons, peuvent être responsables des symptômes, dans certains cas.D\u2019autres pistes sont également suivies par les scienti?ques, dont l\u2019effet des inhibiteurs de l\u2019amylase/trypsine, des protéines qui permettent au blé de se défendre contre les parasites.Ils sont davantage présents dans le blé moderne et déclencheraient une réaction immunitaire.Dans le doute sur le gluten, consultez toujours votre médecin.Et faites attention aux pièges du marketing, rappelle Bernard Lavallée: « Un gâteau sans gluten n\u2019est pas meilleur pour la santé.Ça reste un gâteau ! » E.M.44 45 QUELLE QUANTITÉ DE SUCRE PAR JOUR EST CONSIDÉRÉE COMME SAINE ?> La réponse dans le mille : il ne faut pas consommer plus de 10 % de son apport énergétique quotidien sous la forme de sucre ajouté, selon l\u2019Organisation mondiale de la santé.Chez l\u2019adulte moyen, cela équivaut à environ 50 g.Par exemple, une cannette de boisson gazeuse contient 39 g de ces sucres qui ne sont pas naturellement présents dans un aliment.Pensons au sucre blanc, au sirop de maïs, mais aussi au sirop d\u2019érable et au miel.Mais c\u2019est toute une gageure de réussir à comptabiliser la consommation.Lors de la rédaction de son livre La vérité sur le sucre, André Marette s\u2019était lancé le dé?.Dès le déjeuner, c\u2019était l\u2019impasse : impossible de savoir combien sa con?ture de fraises contenait de sucre ajouté, malgré une étude approfondie de l\u2019étiquette (et un doctorat !).L\u2019information est simplement inexistante.« Ce constat me laisse pantois : je commence à peine mon petit-déjeuner et [je ne peux] déterminer la quantité de sucre ajouté que je consomme », écrit le chercheur à l\u2019Université Laval.La bonne nouvelle, c\u2019est que Santé Canada ordonne à l\u2019industrie alimentaire d\u2019améliorer l\u2019étiquetage de ses produits d\u2019ici 2022.Le pourcentage de la valeur quotidienne recommandée en sucre contenu dans une portion devra être indiqué, comme pour les gras.La mauvaise nouvelle, selon André Marette, c\u2019est que l\u2019industrie risque de contourner les nouvelles normes, en ajoutant de faux sucres, par exemple.« Malheureusement, on ne sait pas si les nouveaux édulcorants naturels comme le stevia sont béné?ques ou non pour la santé.Seules quelques études ont été réalisées sur des modèles animaux pour en tester l\u2019innocuité.Nous menons actuellement des recherches à ce sujet », explique le spécialiste du diabète.Le recrutement des participants a eu lieu en janvier 2018 et les premiers résultats sont attendus dans un an.D\u2019ici là, impossible de savoir si l\u2019on remplace un mal par un autre.M.B.QUELS SONT LES SYMPTÔMES D\u2019UNE INTOLÉRANCE AU GLUTEN ?I L L U S T R A T I O N S : B E N O I T T A R D I F / C O L A G E N E .C O M QUÉBEC SCIENCE 48 JUIN 2018 COMBIEN DE CALORIES DEVRAIS- JE CONSOMMER PAR JOUR ?46 Vous faites bien de poser la question, car lorsqu\u2019on demande à des adultes en bonne santé combien de calories ils ingèrent au quotidien, leur réponse est souvent en deçà de leurs besoins réels.C\u2019est du moins le constat de Simone Lemieux, dans le cadre de ses recherches à l\u2019Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels.Pourtant, des « besoins énergétiques estimatifs » sont consignés par Santé Canada dans un tableau accessible en ligne.Ainsi, un Canadien actif de 19 à 30 ans doté d\u2019un gabarit « standard » aurait besoin d\u2019ingérer environ 3 000 calories par jour pour satisfaire ses besoins, plus ou moins 400 calories a?n de tenir compte de l\u2019inévitable variabilité interindividuelle.Chacune des valeurs présentées est elle-même dérivée de formules mathématiques qui prennent en compte l\u2019âge, la taille, le poids, le sexe et le niveau d\u2019activité physique.Santé Canada se base sur des travaux de 2005 de la National Academy of Medicine aux États-Unis.Simone Lemieux sait d\u2019expérience que les chiffres avancés par Santé Canada sont ?ables \u2013 la professeure à l\u2019Université Laval a pu les véri?er à maintes reprises.Par contre, cela ne signi?e pas qu\u2019ils soient nécessairement utiles pour le commun des mortels.« Même avec un calcul super précis, on va toujours arriver un peu en haut ou en dessous de ces besoins.Notre corps, par l\u2019entremise des signaux de satiété qu\u2019il nous envoie, est le meilleur juge en la matière.Il faut l\u2019écouter », plaide-t-elle.ET LES PROTÉINES ?En un mot, on doit consommer quotidiennement 0,8 g de protéines par kilogramme de poids corporel pour satisfaire ses besoins minimaux.Pour une personne de 65 kg, c\u2019est 52 g de protéines par jour, ou environ 200 calories.Santé Canada souligne néanmoins que les protéines peuvent combler jusqu\u2019à 35 % des besoins énergétiques quotidiens sans que cela soit dommageable.Dans ce scénario, la personne consomme alors 175 g de protéines par jour, ou 700 calories.Bien sûr, cela exige une alimentation assez pointue, où les aliments protéinés, mais gras, comme la viande ou les noix, sont exclus de facto.Bref, il faut aimer le fromage cottage\u2026 M.B.COMMENT SOIGNE-T-ON UNE TENDINITE ?> En temps normal, lorsqu\u2019on se déchire un muscle, il se produit une in?ammation.Bien que douloureuse, cette réaction normale du corps humain est souhaitable; sans elle, la structure atteinte ne peut se réparer.Certains traitements créent même un cycle in?ammatoire de façon délibérée pour favoriser la guérison.Avec un tendon, toutefois, l\u2019histoire est différente.« Contrairement au muscle, le tendon est très peu vascularisé.Le résultat de ce faible apport sanguin : les réactions inflammatoires qui s\u2019y produisent sont minimales », explique Nicolas Dumont, professeur adjoint à l\u2019École de réadaptation de la faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal.Pour soigner une tendinite, il faut se tourner vers le renforcement musculaire de type excentrique préconisé par le docteur William Stanish, auteur de la bible sur les tendinites : Tendinitis, Its Etiology and Treatment, publiée en 1984, puis republiée au tournant des années 2000.La technique de ce chercheur de l\u2019université de Dal- housie, en Nouvelle-Écosse, sollicite le tendon à la fois en torsion et en traction.Dans le cas d\u2019une tendinopathie du tendon d\u2019Achille, l\u2019une des plus communes, l\u2019exercice consiste à s\u2019appuyer sur la pointe des pieds au bord d\u2019une marche, puis de contrôler (donc de freiner) lentement la descente.« Avec le protocole de Stanish, on impose un stress mécanique important qui force les ?bres tendineuses à se réaligner et à cicatriser.De toutes les modalités de traitement possibles, ce sont les exercices qui sont les plus ef?caces pour traiter les tendinopathies », af?rme Nicolas Dumont.Improviser de tels exercices à la maison s\u2019avère toutefois dif?cile.Et même risqué : en abuser peut avoir l\u2019effet contraire à celui recherché, soutient M.Dumont.« On devrait consulter un professionnel de la santé plutôt que de risquer d\u2019empirer le problème », recommande-t-il.En attendant une consultation, il faut agir à la source et diminuer, voire cesser, l\u2019activité sportive ou le mouvement fautif.Puis, on peut appliquer de la glace sur le site douloureux et avaler des comprimés d\u2019antidouleurs, comme de l\u2019acétaminophène.Surélever le membre atteint est aussi une bonne idée.Partant pour une petite soirée de fainéantise ?M.B.COMMENT DÉCOINCER UN NERF SCIATIQUE ?48 Rassurez-vous, vos nerfs sciatiques, au nombre de deux, ne sont pas véritablement coincés, mais plutôt irrités.S\u2019ils l\u2019étaient, vous ne poseriez pas la question \u2013 et prendriez plutôt le chemin de l\u2019urgence.Les nerfs sciatiques sont les plus gros et les plus longs du corps humain; pas surprenant qu\u2019ils soient ceux qui « coincent » le plus souvent.La douleur ressentie lors d\u2019une scia- talgie re?ète cette réalité anatomique : les engourdissements se font sentir dans le bas du dos, ainsi que d\u2019un côté du corps dans la fesse, la cuisse et parfois jusque dans le pied.Pour comprendre comment il se bloque, il faut toutefois remonter aux origines du nerf, à la ?n des vertèbres lombaires et au début de celles du sacrum.« L\u2019irritation du nerf sciatique est souvent due à une hernie discale ou à l\u2019arthrose », con?rme Martin Descarreaux, professeur au département des sciences de l\u2019activité physique de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières.Dans le premier cas, la répétition de certains efforts physiques et de positions inadéquates sur plusieurs années est la principale cause du débordement du disque intervertébral en dehors de son socle, ce qui presse légèrement sur le nerf.« On parle de mouvements en ?n de ?exion, de rotation et de ?exion latérale du rachis, souvent en situation de soulèvement de charge », explique l\u2019expert en lombalgies.Quelqu\u2019un a dit « déménagement » ?Dans le cas de l\u2019arthrose, de petites 47 C O N C O R D I A .C A / S A N T E LA SANTÉ NOUVELLE GÉNÉRATION T 1 8 - 4 3 9 7 0 T h i n k s t o c k / S h u t t e r s t o c k protrusions osseuses se forment au niveau des trous de conjugaisons, d\u2019où émergent les racines des nerfs.Avec le vieillissement, c\u2019est un phénomène tout à fait normal et contre lequel on ne peut pas grand-chose.Sauf apprendre à vivre avec.La bonne nouvelle, c\u2019est que plus de 60 % des hernies discales se résorbent d\u2019elles-mêmes, sans qu\u2019on lève le petit doigt.La mauvaise, c\u2019est que les interventions conservatrices, comme les thérapies manuelles, la prise d\u2019anti-in?ammatoires non stéroïdiens ou les exercices thérapeutiques, ne font qu\u2019atténuer les symptômes de la sciatalgie, sans régler le problème.« Il faut partir de l\u2019idée que cela est réversible.Ce qu\u2019on veut éviter, c\u2019est que la douleur s\u2019ampli?e, un scénario synonyme d\u2019interventions plus lourdes comme la chirurgie », af?rme Martin Descarreaux.Avis aux zélés : il semble qu\u2019une combinaison de diverses interventions soit légèrement plus ef?cace que d\u2019opter pour une seule.M.B.QUE FAIRE EN CAS DE COMMOTION CÉRÉBRALE ?> Laissez votre ordinateur et consultez un médecin ! « Si vous attendez d\u2019être sûr d\u2019avoir une commotion cérébrale pour interroger Google, c\u2019est qu\u2019il est généralement trop tard », lance d\u2019entrée de jeu Dave Ellemberg, professeur à l\u2019Université de Montréal où il dirige l\u2019Institut des commotions cérébrales.Le commun des mortels se pose rarement des questions dans les premiers jours suivant un potentiel traumatisme craniocérébral, remarque le neuropsycho- logue clinicien.« Par contre, les gens sont soudainement assaillis d\u2019interrogations après un, deux, voire trois mois de symptômes persistants.C\u2019est là qu\u2019ils viennent nous consulter pour tenter de réparer les pots cassés », regrette-t-il.Ne vous ?ez pas à votre propre jugement pour écarter la possibilité d\u2019une commotion cérébrale, puisque, même pour un médecin, ce n\u2019est pas simple.Il n\u2019existe pas d\u2019outil ou de test ?able à 100 % pour détecter un traumatisme crânien.« Il faut en reconnaître les signes et symptômes \u2013 il n\u2019y en a pas toujours \u2013, de même que les circonstances qui peuvent le causer, avant d\u2019aller consulter.C\u2019est le médecin qui le diagnostique au ?nal », explique l\u2019auteur de Tenir tête à la commotion cérébrale.Au moindre soupçon de commotion cérébrale, la victime devrait s\u2019observer pendant au moins 48 heures.« P e n d a n t cette période, on documente par écrit l'historique du traumatisme et les comportements anormaux qui s'ensuivent.Puis, on note ce que l\u2019athlète ressent, s\u2019il veut bien nous le rapporter », souligne Dave Ellemberg.La nuance est importante.Dans une étude publiée plus tôt cette année dans la revue Clinical Journal of Sports Medicine, des chercheurs de l\u2019Université McGill rapportent que jusqu\u2019à 80 % des athlètes ignorent volontairement leurs symptômes de commotion, comme des maux de tête ou de la sensibilité à la lumière.Résultat : mieux vaut ne pas croire un sportif sur parole.Surtout que jouer à l\u2019autruche retarde la récupération.Selon Dave Ellemberg, maintenir un effort physique et mental considérable à la suite d\u2019une commotion cérébrale peut étirer le temps de guérison, comparativement au repos accompagné d\u2019une très légère activité.Ne pas s'arrêter peut même s'avérer fatal : dans le cas d\u2019un athlète, jamais au grand jamais il ne devrait retourner au jeu immédiatement, sous peine d\u2019être victime du syndrome du second impact qui cause la mort d\u2019une dizaine de jeunes sportifs chaque année en Amérique du Nord.« Lorsqu\u2019elle est prise en charge et bien gérée, une commotion cérébrale se règle d\u2019elle-même en deux semaines environ.Et les conséquences à long terme sont alors négligeables », assure-t-il.Dans le cas contraire, les séquelles persistantes sont appelées « syndrome post-commotionnel ».C\u2019est plutôt ça que vous devriez « googler ».M.B.49 Diabète, démangeaisons, cellulaire et risques de cancer: les lecteurs de Québec Science ont aussi des questions de santé qui les turlupinent.Découvrez-les sur notre site : www.quebecscience.qc.ca.Que dois-je manger avant de m\u2019entraîner ?Course à pied, CrossFit, curling, peu importe : le succès d\u2019une séance d\u2019entraînement de plus d\u2019une heure débute dans l\u2019assiette.Sans des réserves de glycogène suf?santes, ces longues chaînes de glucides emmagasinées dans le foie et les muscles, le corps manque littéralement de carburant.Trop manger n\u2019est pas mieux, cependant : le sportif risque de souffrir d\u2019inconforts gastriques et intestinaux, comme des ballonnements ou des nausées.« La digestion, comme l\u2019exercice, requiert du sang pour être accomplie.S\u2019il y a compétition pour celui-ci, les deux tâches pâtissent nécessairement », explique Marielle Ledoux, professeure au département de nutrition de l\u2019Université de Montréal.Dans la seconde édition du livre Nutrition, sport et performance, dont elle est coauteure, Marielle Ledoux propose un tableau sur le délai d\u2019ingestion et la composition des repas avant l\u2019effort.On y apprend qu\u2019un repas normal sans friture ni sauces grasses de 500 à 800 calories est le choix optimal si l\u2019on dispose de trois ou quatre heures avant l\u2019entraînement.« Les matières grasses ralentissent considérablement la digestion, de là l\u2019idée d\u2019en minimiser la consommation », souligne la professeure.Si on dispose de peu de temps, il faut alors se tourner vers des collations riches en glucides, la source d\u2019énergie principale des muscles.Ainsi, une heure et moins avant l\u2019exercice, il faut consommer des aliments composés de 85 % à 100 % de glucides, comme une compote de pommes, une banane ou une barre énergétique.Pour les estomacs capricieux (ou stressés par une compétition), les aliments liquides sont à privilégier, a?n d\u2019alléger la digestion.Un smoothie ou une boisson sportive fera l\u2019affaire.Être diligent quant à ces questions améliore les chances de trouver une place sur le podium, indiquaient des spécialistes canadiens et américains en nutrition dans une déclaration commune parue en 2016 dans Medicine & Science in Sports & Exercise.La consommation de 1 g à 4 g de glucides par kilogramme de poids corporel une à quatre heures avant une longue séance d\u2019entraînement améliore systématiquement les performances, af?rment-ils.M.B.50 | 2 recherche au service de la santé des femmes \u2014_\u2014 77 = ro \\ WN 5 re Sew | fo k Po - \u2014\u2014 R Yi \\ \\< {7 .« A JP tk oma or i Nf \\ | A =\" A ce v7 Ii Hl ÿ tn de à ~N 0 J z = =x J pen ze \u2014 Ae of \u2014\u2014} La professeure Isabelle Plante étudie les mécanismes du développement du cancer du sein et les effets des polluants environnementaux qui accélérent la puberté.INRS AINRS.CA UNIVERSITÉ DE RECHERCHE QUÉBEC SCIENCE 52 JUIN 2018 Miriam Beauchamp doit sa carrière en recherche au neurologue Oliver Sacks \u2013 du moins, en partie.Comme tant d\u2019autres, elle a découvert, à travers les écrits de ce vulgarisateur scienti?que, notamment L\u2019homme qui prenait sa femme pour un chapeau, les effets spectaculaires que de simples lésions cérébrales peuvent avoir sur le comportement.« J\u2019étais fascinée par la capacité d\u2019Oliver Sacks à faire le pont entre l\u2019anecdotique et la science », raconte-t-elle.Dans son laboratoire de neuropsychologie développementale ABC, au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine, la neuropsychologue pédiatrique étudie les conséquences néfastes d\u2019atteintes au cerveau chez les tout-petits.Une question de recherche la turlupine tout particulièrement depuis qu\u2019elle a commencé à s\u2019intéresser au sujet, il y a maintenant 10 ans : comment les commotions cérébrales et les traumatismes craniocérébraux (TCC) in?uencent-ils le développement social des nourrissons, des enfants et des adolescents ?« Les enfants en bas âge victimes d\u2019un TCC ne se plaignent pas qu\u2019ils souffrent de problèmes de mémoire ou qu\u2019ils ont de mauvaises notes à l\u2019école.Ce sont là des préoccupations d\u2019adultes ! Ils rapportent plutôt qu\u2019ils ont moins d\u2019amis, qu\u2019ils sont exclus d\u2019activités sociales et qu\u2019ils ont de la dif?culté à entretenir des relations interpersonnelles de belle qualité », explique Mme Beauchamp qui est également professeure au département de psychologie de l\u2019Université de Montréal.Cette avenue de recherche originale a d\u2019ailleurs valu à Miriam Beauchamp le prix Relève scienti?que lors de la plus récente cérémonie des Prix du Québec, en novembre 2017.Créé pour souligner le 40e anniversaire des Prix du Québec, cet honneur est remis à une personnalité de 40 ans et moins s\u2019étant illustrée en sciences.Pronostic parfois sombre Tous les jours, de deux à huit enfants ayant eu un impact à la tête se présentent à l\u2019urgence du CHU Sainte-Justine.De ce nombre, environ le tiers (29 %) reçoit un diagnostic de TCC, selon un rapport de l\u2019Institut national d\u2019excellence en santé et en services sociaux (INESSS) paru en février dernier.Toujours Le développement social des tout-petits victimes de commotion cérébrale pourrait-il se trouver à jamais affecté par ce genre d\u2019incident ?Miriam Beauchamp veut le savoir.L\u2019impact qui change la vie des bouts de chou CHERCHEUR EN VEDETTE EN PARTENARIAT AVEC LES FONDS DE RECHERCHE DU QUÉBEC J E A N - F R A N Ç O I S H A M E L I N QUÉBEC SCIENCE 53 JUIN 2018 selon l\u2019INESSS, 83 % des TCC sont « légers », autre terme pour désigner les commotions cérébrales.Parmi ceux-ci, plus de la moitié (53 %) concernent des enfants de moins de cinq ans, le groupe d\u2019âge qui intéresse surtout Miriam Beauchamp.Les causes de ces impacts sont nombreuses, depuis le bambin qui se frappe la tête en tombant de la table à langer jusqu\u2019à l\u2019intrépide qui déboule les escaliers.La vaste majorité des jeunes victimes de commotions cérébrales récupèrent heureusement de l\u2019événement dans un délai de trois mois et n\u2019en garde pas de handicaps cognitifs importants.Chez les autres, le pronostic est cependant plus sombre, et ce, en dépit de leur âge tendre.« On a longtemps cru qu\u2019un cerveau en plein développement est malléable, donc qu\u2019il récupère plus vite d\u2019un choc.Ce qu\u2019on sait maintenant, c\u2019est qu\u2019il peut subir des séquelles importantes qui vont ralentir les apprentissages de l\u2019enfant et modi?er sa trajectoire de vie », nuance la chercheuse.Si les troubles cognitifs n\u2019apparaissent que dans les cas les plus graves, il en va différemment des conséquences sociales.Des suites se manifestent et persistent pendant plusieurs mois, tant dans les cas légers de TCC que pour les cas plus lourds.Dans une étude publiée en 2016 par la revue Journal of Neu- ropsychology, l\u2019équipe de Miriam Beauchamp rapporte en effet que les enfants qui subissent une commotion cérébrale ont de moins bonnes interactions avec leurs parents, six mois après l\u2019incident.L\u2019étude a été menée auprès de plus de 130 enfants âgés de 18 mois à 5 ans.En moyenne, ceux ayant subi une commotion cérébrale ont démontré davantage de comportements négatifs que leurs vis-à-vis sains, même si certains enfants s\u2019en sortent sans problème.Cette conclusion n\u2019est pas anodine.De toutes les relations qu\u2019un enfant entretient, celle avec ses parents est de loin la plus importante, car elle présage ses compétences sociales futures.« Nous voulons maintenant savoir si le phénomène persiste au ?l du temps ou s\u2019il s\u2019amoindrit.Aussi, nous voulons mieux comprendre les facteurs qui prédisent une baisse de la qualité des interactions sociales.Est-ce à cause de l\u2019enfant ?Du parent ?De la sévérité de la blessure ?Nous l\u2019ignorons pour l\u2019instant », souligne-t-elle.Combler un vide À plus long terme, ces travaux pourraient mener à la mise sur pied de programmes d\u2019intervention pour les enfants victimes de commotions cérébrales.De manière plus fondamentale, ils aident déjà les professionnels de la santé à calmer les inquiétudes des parents de jeunes victimes d\u2019impacts à la tête, fait valoir Jocelyn Gravel, urgentologue au CHU Saint-Justine et proche collaborateur de Miriam Beauchamp; il se charge entre autres du recrutement de ses sujets.« Avant que Miriam commence à travailler sur ce projet, nous n\u2019avions pas de réponses à fournir aux parents : la littérature considérait les enfants comme de petits adultes, ni plus ni moins ! Aujourd\u2019hui, on sait que c\u2019est faux.» Selon lui, c\u2019est là l\u2019originalité des travaux de sa collègue.« Elle n\u2019est pas carriériste pour deux sous et veut vraiment le bien de ses patients.Je ne suis pas surpris qu\u2019on lui ait décerné un Prix du Québec », conclut M.Gravel.lQS Par Maxime Bilodeau Les questions de Rémi Quirion R.Q.: Quels dé?s avez-vous rencontrés dans votre carrière de jeune chercheuse ?M.B.: Les chercheurs sont appelés à être très polyvalents.C\u2019est un dé?de se maintenir à jour dans une multitude de disciplines et de techniques, tout en innovant; surtout avec la technologie et les connaissances en constante évolution.En même temps, c\u2019est ce qui fait que le travail de recherche est toujours différent et passionnant.R.Q.: Quelles avenues de recherche aimeriez-vous maintenant explorer ?M.B.: Je mets sur pied un nouveau projet auprès de jeunes enfants (six mois à six ans) qui subissent des commotions cérébrales.C\u2019est un projet d\u2019envergure en partenariat avec plusieurs hôpitaux canadiens et on espère que ce sera la plus grande cohorte de ce genre au monde.Cela devrait me garder occupée pendant un certain temps ! R.Q.: Si vous aviez un autre grand projet audacieux sur lequel vous aimeriez vous concentrer, quel serait-il ?M.B.: J\u2019utiliserais des technologies dynamiques, immersives et attrayantes pour les jeunes a?n de créer de nouveaux outils d\u2019évaluation et d\u2019intervention.Par exemple, la réalité virtuelle et augmentée, les tablettes numériques, les jeux vidéo sérieux, les robots éducatifs, les applications et l\u2019intelligence arti?cielle en santé offrent des avenues intéressantes pour favoriser la réadaptation et les apprentissages chez les jeunes.R.Q.: Qu\u2019est-ce que ce Prix du Québec signi?e dans votre carrière ?M.B.: Je suis sincèrement honorée d\u2019être reconnue comme un exemple pour les chercheurs scienti?ques en émergence.Je vois ce prix comme une reconnaissance de mes travaux, mais aussi comme un catalyseur pour les années à venir.Cette distinction est fort encourageante, car elle démontre que les efforts des jeunes chercheurs sont remarqués et que la relève occupe une place notable dans la communauté scienti?que.SCIENTIFIQUE EN CHEF DU QUÉBEC* scienti?que-en-chef.gouv.qc.ca facebook.com/RQuirion * Le scienti?que en chef du Québec conseille le gouvernement en matière de science et de recherche, et dirige les Fonds de recherche.C H R I S T I N N E M U S C H I QUÉBEC SCIENCE 54 JUIN 2018 ÉCOUTER Balade cosmique La Lune au temps d\u2019Apollo vulgarise et démysti?e avec ef?cacité (et émotion !) les enjeux entourant la conquête de la Lune.Si certaines questions paraissent évidentes de nos jours, elles méritent tout de même qu\u2019on s\u2019y intéresse de nouveau, 50 ans plus tard, pour comprendre tous ces petits détails qui ont mené à ce « pas de géant pour l\u2019humanité ».Une jolie porte d\u2019entrée vers les autres épisodes du balado Voyage dans l\u2019espace, un produit 100 % québécois du journaliste Claude La?eur et du géographe Mathieu Rancourt, deux grands passionnés d\u2019espace.Voyage dans l\u2019espace, épisode La Lune au temps d\u2019Apollo.55 minutes, sur iTunes, Soundcloud et sur la page facebook.com/ voyagedanslespace V I S I T E R Si les émissions de rénovation à la télé nous ont appris quelque chose, c\u2019est bien que la conception des cuisines fait parfois de spectaculaires entorses aux principes de l\u2019ergonomie.Des savants ont pourtant étudié comment le design peut nous faciliter la vie.C\u2019est le cas de l\u2019architecte autrichienne Margarete Schütte-Lihotzky qui a révolutionné l\u2019aménagement de la cuisine.Son plan, griffonné sur un bout de papier en 1926, est l\u2019un des précieux objets contenus dans Culte du labo : une histoire non conformiste des rapports entre la science et l\u2019architecture, présentée par le Centre canadien d\u2019architecture (CCA) de Montréal.Cette exposition relate le dialogue continu entre la science et l\u2019architecture, d\u2019où ont émergé des solutions pratiques aux dé?s du design, depuis la cuisine jusqu\u2019aux plans d\u2019urbanisme.Parmi les artéfacts, on retrouve notamment une planche de l\u2019Encyclopédie de Diderot et de d\u2019Alembert (1763) qui détaille l\u2019architecture intérieure d\u2019un laboratoire de chimie, ainsi qu\u2019une série de photographies des exercices effectués par les étudiants de l\u2019architecte soviétique Nikolaï Ladovski pour mesurer leur précision visuelle et leur perception spatiale.Cette pièce unique est d\u2019ailleurs l\u2019un des trésors que le commissaire invité, l\u2019historien en architecture américain Evangelos Kotsioris, a exhumé des archives du CCA pour l\u2019occasion.À la ?n de la visite, qu\u2019on peut entreprendre avec un guide audio, on fait une pause à la splendide librairie du CCA.En plus d\u2019ouvrages spécialisés sur l\u2019urbanisme, le design et la photographie, on y trouve une sélection toute spéciale de documents qui complètent l\u2019exposition.Culte du labo, au Centre canadien d\u2019architecture de Montréal, jusqu\u2019au 2 septembre 2018.cca.qc.ca Tête-à-tête entre la science et l\u2019architecture C uL e TR u ÉMILIE FOLIE-BOIVIN @efolieb C C A QUÉBEC SCIENCE 55 JUIN 2018 LIRE Déni démystiié Las d\u2019argumenter avec les créationnistes sur les forums de discussion, Thomas C.Durand, docteur en biologie végétale et vulgarisateur scienti?que français, a voulu comprendre ses interlocuteurs.Telle est l\u2019origine de L\u2019ironie de l\u2019évolution, un ouvrage dense et fouillé où il expose notamment les raisons de l\u2019incompréhension envers la théorie darwiniste, tout en montrant comment les biais cognitifs (qui s\u2019expliquent ironiquement par des mécanismes évolutionnaires) peuvent nous conduire à rejeter la théorie de l\u2019évolution.Laborieux par moments, mais un point de vue d\u2019une indiscutable originalité.L\u2019ironie de l\u2019évolution, par Thomas C.Durand, Seuil, 247 p.La vie avant la clé USB Ah ! ce doux sentiment d\u2019être un vieux croulant ! Surtout quand nos enfants tombent sur de vieilles disquettes carrées et notre chaîne haute ?délité à cinq CD qui, il n\u2019y a pas si longtemps, étaient à la ?ne pointe de la technologie.Le livre On n\u2019arrête pas le progrès présente, en six temps, l'évolution des objets de notre quotidien (lampe, calculatrice, tracteur) sur une double page joliment illustrée avec de courts textes explicatifs.Vous pourrez ainsi en boucher un coin aux plus jeunes en leur apprenant le poids du premier téléphone (4 kg !) et que le premier ordi prenait six secondes à réaliser une multiplication ! On n\u2019arrête pas le progrès, par Pascale Hédelin, illustré par Félix Rousseau, Saltimbanque Éditions, 40 p.Sans même sortir du Vieux-Montréal, vous pouvez, ces jours-ci, « toucher » un séquoia ou y grimper, ressentir le bourdonnement des battements des ailes d\u2019une libellule qui explore une forêt et vivre les sensations fortes \u2013 et en « odorama » \u2013 du voyage de la comète 67P/chourioumov-Guérassimenko.Ces expériences sont parmi les meilleures œuvres immersives du moment, réunies pour l\u2019exposition Particules d\u2019existences, au Centre Phi.On y offre une dizaine de récits poignants, planants et amusants, couvrant autant les changements climatiques et les mystères de l\u2019Univers que le pouvoir au féminin.Puisqu\u2019un nombre limité de places est disponible pour chaque plage horaire de trois heures, il est fortement suggéré de réserver son billet en ligne au préalable.Particules d\u2019existence, jusqu\u2019au 12 août 2018, au Centre Phi, phi-centre.com VOIR Pour accéder à une section de la Grande barrière de corail d\u2019Australie, les artisans du documentaire Chasing Coral montent à bord d\u2019un party boat sur lequel des fêtards dansent, ignorant complètement le drame qui se déroule sous leurs pieds.Cette métaphore de l\u2019attitude de l\u2019être humain envers le dépérissement de ce trésor naturel est l\u2019une des images fortes du documentaire, primé au festival de Sundance.À la manière du documentaire-choc, Chasing Ice, qui balançait en pleine ?gure l\u2019ampleur des changements climatiques en observant en temps réel la fonte des glaciers, Chasing Coral révèle l\u2019envergure de la tragédie en ?lmant, sur une période de deux mois, les derniers balbutiements de quelques colonies du plus grand récif corallien du monde.On y apprend le fonctionnement de ces organismes simples en apparence, mais spectaculairement sophistiqués, tout en suivant l'équipe de tournage dans sa quête remplie de dé?s! Soutenu par une sublime direction photo, le ?lm rappelle l\u2019importance de cette partie fondamentale de l\u2019écosystème, que nous tardons à protéger.Une heure trente fort instructive, à regarder en famille.Chasing Coral, de Jeff Orlowski, (présenté sur Net?ix, disponible en français).Au chevet des coraux R E G A R D E R De libellule à comète S A N D R A L A R O C H E L L E T H E O C E A N A G E N C Y / X L C A T L I N S E A V I E W S U R V E Y / C H R I S T O P H E B A I L H A C H E I l y a quelques années, l\u2019entreprise Dental Wings a mis au point une sonde intraorale, qui numérise en 3D les empreintes dentaires.Elle avait son prototype, mais ne disposait d\u2019aucune chaîne de production à haut rendement pour assembler ses sondes.Dental Wings est donc allée frapper à la porte d\u2019Optech, un centre collégial de transfert de technologie (CCTT) en optique photonique.Ensemble, ils ont réalisé et intégré la ligne de production en 18 mois.Optech est l\u2019un des 49 CCTT présents à l\u2019échelle du Québec.Ces organismes ont pour mission d\u2019accompagner les entreprises, en particulier les PME, dans leur démarche d\u2019innovation.« Environ 1 400 experts sont présents dans les CCTT pour mettre leur savoir au service des entreprises et des organisations, et ainsi jouer un rôle dans le développement socioéconomique du Québec », explique R.Mathieu Vigneault, président-directeur général du Réseau Trans-tech qui regroupe tous les CCTT.La plupart œuvrent dans des domaines techniques et scienti?ques, mais six établissements mettent au point des pratiques sociales innovantes.Parmi ces derniers, on trouve le Centre d\u2019études des conditions de vie et des besoins de la population (ÉCOBES), à Jonquière.Récemment, l\u2019organisme a réalisé une recherche pour le compte de la Fédération des comités de parents du Québec a?n de trouver les causes du décrochage scolaire dans les Laurentides.« Ce type d\u2019expertise est unique dans la province », croit M.Vigneault.Les CCTT facilitent aussi les changements technologiques, comme le virage numérique qui donne actuellement des maux de tête à de nombreux gestionnaires.Pour réaliser l\u2019opération avec succès, l\u2019entreprise familiale Confection C.Cliche, qui produit entre autres des vêtements en tricot, a fait appel à Vestechpro, un CCTT spécialisé dans l\u2019industrie de l\u2019habillement.Après avoir aidé l\u2019entreprise à cartographier la chaîne de production, Vestechpro a évalué les besoins et suggéré l\u2019adoption d\u2019un progiciel de gestion intégré a?n que les cadres puissent suivre les activités en temps réel.« Les CCTT n\u2019ont pas de produits à vendre, mais ils proposent les solutions les plus pertinentes présentes sur le marché, ce qui est apprécié des entreprises », précise M.Vigneault.Le Réseau Trans-tech, qui célèbre ses 25 ans cette année, réalise environ 9 000 projets par année auprès de 4 500 entreprises.Plusieurs ont donc pris l\u2019habitude d\u2019avoir recours aux services des CCTT quelques fois par année.« Elles le prévoient dans leur budget annuel pour s\u2019assurer de rester innovantes », explique R.Mathieu Vigneault.En moyenne, les projets sont bouclés en trois mois.« Les CCTT sont rapides, ?exibles, parlent le même langage que les PME et arrivent vraiment à développer des solutions concrètes pour répondre à leurs besoins », constate Marie Thibault, gestionnaire au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), l\u2019un des partenaires des CCTT.Les résultats sont au rendez-vous : les CCTT ont généré près de 1,3 milliard de dollars en valeur ajoutée dans l\u2019économie québécoise, a révélé une étude de KPMG en 2014.Et les efforts se poursuivent alors que le gouvernement du Québec a annoncé dans son dernier budget un investissement supplémentaire dans les CCTT de 20 millions de dollars en trois ans et la création d'une dizaine de CCTT.lQS Par Martine Letarte LES V ISAGES DE LA RECHERCHE APPL IQUÉE AU QUÉBEC QUÉBEC SCIENCE 56 JUIN 2018 Des entrepreneurs innovent grâce à la recherche Innover est devenu incontournable, mais les entrepreneurs ne savent pas toujours comment s\u2019y prendre.Et si le Réseau Trans-tech venait en renfort ?L O U I S E B I L O D E A U La production de ce reportage a été rendue possible grâce au soutien du Réseau Trans-tech.R.Mathieu Vigneault, président-directeur général du Réseau Trans-tech Q uelque part, dans ma lointaine jeunesse, je me suis mis à rouler, à marcher, à voler.Et j\u2019ai vu l\u2019immensité de l\u2019Amérique, la fatigue de l\u2019Europe, le courage de la Russie, les montagnes de Tbilissi en Géorgie, le sable rouge de l\u2019Afrique du Nord, l\u2019église Sainte-Sophie en Turquie, la pierreuse Yougoslavie, la « bouette » de l\u2019Ukraine.J\u2019ai découvert la blancheur de l\u2019Espagne, la douceur de l\u2019Italie, le liège du Portugal, le tramway de San Francisco, le palmier de Los Angeles, avant de me perdre dans les brumes de l\u2019Islande, les pins gris de la Finlande, et puis, bien sûr, les lumières du Nord.Avec mon ?ls de 12 ans, nous avons roulé de Montréal à Albuquerque et de San Diego à Montréal, en passant par le Wyoming.Cela ne m\u2019a pas suf?.J\u2019ai épuisé la route entre Montréal et Anchorage en Alaska, toujours avec mon ?ls, comme si de rien n\u2019était.Puis, d\u2019autoroutes en Interstates, j\u2019ai voyagé dans tous les États américains, hormis le Tennessee.j\u2019ai roulé dans toutes les provinces du Canada, dans leur nord, dans leur sud; autant de villages, de forêts, de marécages.Le voyage cessa d\u2019être un événement, une parenthèse, une sortie; il devint simplement ma vie.Ce furent des routes de routine, des cauchemars d\u2019avion, des plongées dans le noir, des passages et repassages, devant un paysage devenu familier, un arbre dans la plaine, une maison abandonnée.Je suis allé mille fois sur la Côte-Nord, au-delà de la limite des Tim Hortons, j\u2019ai volé sur les ailes argentées des DC-3 des Ailes du Nord, jusqu\u2019aux marges du Labrador.Et puis le Boeing bleu de Nordair m\u2019a mené à Kuujjuaq, il atterrissait sur des pistes de gravier à la baie James.Et cet autre Boeing, brun et blanc, de la compagnie Polar Bear, qui s\u2019envolait vers Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest et Whitehorse, au Yukon.Des vols souvent costauds : brouillards, retards, grosses turbulences, vents extrêmes, tempêtes de neige.Dans ma tête, je traverse le parc de La Vérendrye pour une centième fois, une image de renard, je vois venir Val-d\u2019Or, ma bien-aimée Abitibi.J\u2019ai vu naître des routes à travers des forêts ravagées, de grandes distances de gravier, ?nalement asphaltées.Je médite dans la vallée de la Matapédia, Amqui: je bataille sur l\u2019ancien boulevard Talbot, à Chicoutimi; je m\u2019évade vers Chibou- gamau, Mistissini et la route du nord vers Nemiscau.Que dire des soirs de novembre et des nuits de décembre sur les routes glacées de l\u2019Acadie, ou dans la solitude de l\u2019Ontario, entre Kapuskasing et Chapleau ?J\u2019ai parcouru la route 11 dans le nord de l\u2019Ontario à plusieurs reprises, sous le soleil, à travers les mouches noires, ou dans des blizzards cruels.Les connaisseurs apprécieront.Les frères Mercure, originaires de Québec, tenaient un saloon sur la place centrale de Santa Fe, en 1840.C\u2019est devant leur enseigne que François Xavier Aubry écoulait à grands pro?ts la marchandise qu\u2019il convoyait à partir de Saint-Louis jusque-là, le long d\u2019un trajet qui allait devenir mythique, la future route 66, mais qui était alors la routine aussi familière que dangereuse des voyageurs commerçants du Missouri.C\u2019est dans le saloon des Mercure que le même Aubry fut assassiné par un Américain, à la suite d\u2019une dispute d\u2019orgueilleux, comme on en voyait si souvent dans le far west.L\u2019un des frères Mercure connut lui aussi un destin tragique.Responsable des Affaires indiennes dans les territoires du Nouveau-Mexique, il voyageait beaucoup.Pour une raison inconnue, il fut frappé de folie, s\u2019enfonçant à pied dans le désert, tout nu, essayant d\u2019échapper à des monstres dans sa tête.Évidemment, cette course lui fut fatale, on le retrouva mort et déshydraté sur la piste.La vie des plus grands voyageurs ?nit toujours par s\u2019arrêter quelque part.Le terminus ultime est là qui nous attend.L\u2019amplitude de mes interminables allers- retours, entre Montréal et la Qu\u2019Appelle, entre Saint-Quentin et Bâton Rouge, entre Sainte-Foy et Santa Fe, ne peut plus se répéter.Je dois jeter l\u2019ancre à bon port; descendre du navire, une dernière fois.Encore heureux que je sois toujours en vie, à peu près en un seul morceau.J\u2019aurais pu devenir fou dans une tempête, lutter contre un gros orignal noir ou emboutir un poteau, un simple poteau.J\u2019aurais pu « faire un face-à-face » avec un gros camion de billots conduit par un Algonquin essayant d\u2019éviter un ours.Et me voilà, assigné à résidence, loin de mes terrains, refaisant dans ma tête, un à un, les sentiers de ma vie.Cette chronique est ma dernière, c\u2019est ma ?erté d\u2019en avoir tant écrites dans la revue Québec Science, depuis un si grand nombre d\u2019années.Mais à partir du moment où je ne voyage plus, je ne vois pas ce qui pourrait intéresser le lecteur dans le fait que ma table de travail se situe côté rivière ou côté rue.lQS Le dernier voyage QUÉBEC SCIENCE 57 JUIN 2018 Notes de terrain serge bouchard @mammouthlaineux P A S C A L B L A N C H E T QUÉBEC SCIENCE 58 JUIN 2018 RÉTROVISEUR l\u2018hisToire des sciences vue Par saTurnome LE GENTLEMAN COLLECTIONNEUR SCIENCE, ART ET ÉMOTIONS Chaque année, de nouvelles espèces ou sous-espèces animales sont décrites et c\u2019est particulièrement vrai en entomologie.En fait, il s\u2019agit d\u2019un mandat qu\u2019accomplit Stéphane Le Tirant, conservateur de la collection scientifique de l\u2019Insectarium à Espace pour la vie.En une décennie, on peut découvrir de 5 à 10 000 nouvelles espèces d\u2019insectes.Tous les jours, Stéphane supervise le classement, l\u2019installation, la présentation et l\u2019importation des insectes de la collection scientifique\u2026 incluant aussi le plaisir de découvrir de nouvelles espèces.En fait, depuis 2005, il en a même découvert une trentaine ! Mais il faut garder l\u2019œil ouvert, car la présence de spécimens jusque-là inconnus peut se révéler autant lors d\u2019une expédition qu\u2019à la réception d\u2019une nouvelle collection.Tous les moments sont propices à la découverte ! Les nouvelles espèces ne sont généralement pas accessibles au public, car ce sont des spécimens rares et il serait dommage que des agents de détérioration comme la lumière les affectent.Il y a cependant une exception ! En effet, le Golofa limogesi sera exposé dans une vitrine du Centre sur la biodiversité, car l\u2019Insectarium en a plusieurs de la même espèce.NOUVELLE ESPÈCE, NOUVEAU NOM Nommer un nouveau spécimen est une responsabilité importante.Certains choisissent l\u2019humour comme pour le spécimen de mite Darthvaderum, mais Stéphane Le Tirant préfère rendre hommage à des collègues ou à des personnalités qui ont laissé leur marque à l\u2019Insectarium.Ce fut le cas pour Georges Brossard, fondateur de l\u2019Insectarium, pour Fernand Boivin avec qui il a créé l\u2019événement Papillons en liberté et pour Anne Charpentier, actuelle directrice de l\u2019Insectarium.Mais ce qu\u2019il préfère plus que tout, c\u2019est mettre en valeur la beauté des insectes et leur rôle dans l\u2019écosystème à l\u2019aide d\u2019histoires et de thématiques.C\u2019est à la fois sa mission, sa responsabilité et sa passion ! espacepourlavie.ca PIE-IX Eupholus brossardi, coléoptère nommé par Stéphane Le Tirant en l\u2019honneur de M.Georges Brossard, fondateur de l\u2019Insectarium de Montréal.Photo : Insectarium (René Limoges) Prévenir le cancer, une bouchée à la fois Étudier les propriétés préventives dans l\u2019alimentation humaine pour prévenir et traiter le cancer?Une idée brillante."]
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