Reflet de société /, 1 janvier 2015, Été 2015
[" ReletdeSociété Comprendre le VIH Amour, travail, famille, soins,.Un regard différent sur notre société Vol.23 n °5 été 2015 goo.gl/KRFd0V 3 4 Éditorial Raymond VigeR www.raymondviger.wordpress.com goo.gl/2wLSsR Le 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse.Nous avons publié un magazine en avril et celui-ci en juin.Est-ce que cela va nous empêcher de traiter de ce sujet dans cet éditorial?Il semblerait que non.La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a envoyé un message aux journalistes leur demandant de publier un texte pour le 3 mai sur ce sujet.Avec nos dates de publication.mission impossible.Est-ce que la liberté de la presse se limite à un seul jour?Cette liberté ne mérite-t-elle qu\u2019on se déchire la chemise qu\u2019en cette journée?Journée de victoire, de deuil ou de mobilisation?Bonne question! Je me permets donc de vous présenter mon plaidoyer un mois après cette importante journée.Racines de la liberté Il y a des préalables pour que la liberté de la presse existe.Le journaliste doit avoir: \u2022 Accès à l\u2019information; \u2022 Accès à un réseau de diffusion pour rejoindre un public; \u2022 Le temps pour faire son reportage; \u2022 Les moyens pour le réaliser; \u2022 Le sentiment de sécurité permettant d\u2019atteindre ses objectifs.Les médias doivent être les promoteurs de cette liberté de la presse.C\u2019est à eux qu\u2019incombe la responsabilité de rassembler ces conditions.Le journaliste ne peut pas tout faire seul.Mais comment livrer un travail journalistique digne quand le texte est habillé par un pupitreur anonyme qui a pour mandat de vendre de la copie?Pressions politiques Les pressions indues que subissent les journalistes en ont amenés à s\u2019inventer des reportages, à plagier ou verser dans le sensationnalisme.Et nous sommes au Québec.Ima- ginez-vous comment la liberté de la presse peut être bafouée dans d\u2019autres pays plus hermétiques! Même la France, un pays qu\u2019on pourrait croire «civilisé», s\u2019est retrouvée avec un dictateur, excusez, un président Nicolas Sarkozy, qui avait le bras assez puissant pour faire congédier des journalistes qui écrivaient des choses lui déplaisant.La France, un pays où il est normal que le journaliste donne ses questions aux politiciens et ne sorte pas des sentiers préautorisés.Au Québec, Pierre-Karl Péladeau contrôlait Québécor, un empire médiatique.La famille Desmarais qui en possède un autre soutient le Parti libéral.L\u2019indépendance médiatique se déinit comment ?Même si le journaliste ne reçoit aucune contrainte politique pour écrire son texte, osera-t-il rester intègre?Ce contexte fragiliserait-il le journaliste dans son travail?Même si les propriétaires du média ne faisaient aucune demande, est- ce qu\u2019un supérieur de ce journaliste pourrait mettre de la pression pour rester dans la ligne du parti?Les commanditaires ?Un média a dû signer une lettre s\u2019engageant à ne faire aucune allusion négative envers un commanditaire.D\u2019autres acceptent de faire un reportage positif sur une entreprise en échange d\u2019achats de publicité.Est-ce que le média fait du chantage envers ces entreprises ou se prosti- tue-t-il à répondre à ces demandes?Et que dire des agents de communications payés pour camouler la vérité et bien faire paraître leurs clients?Ou encore les recherches scientiiques biaisées pour brouiller les pistes?L\u2019avenir La liberté de la presse peut se vivre dans un environnement où différents médias présentent la nouvelle.Le contraire de la convergence.Le contraire des tendances autant actuelles que des dernières décennies.Est-ce que la liberté de la presse a augmenté dans les dernières années?Les moyens de diffusion se sont multipliés avec l\u2019arrivée des réseaux sociaux, mais les budgets pour gérer et opérer se sont volatilisés.Est-ce que la liberté de la presse sera réservée à des bénévoles, des fanatiques ou des missionnaires?Est-ce que le métier de journaliste rejoindra les oubliettes comme celui de typographe ?La presse est-elle libre? Hizabeth Blouin-Brathwaite Lt Fo Elizabeth Blouin-Brathwaite, incontournable percussionniste.auteure, compositrice et interprète, présente des pièces originales et des collaborations tirées de son immense répertoire.My Bug, Morti, Fan, Baggas Un spectacle en formule acoustique où le hip-hop est métissé avec le Reggae, la Soul et la musique du monde, L'artiste se démarque des stéréotypes véhiculés dans ce genre musical.Sule Heitner Auteur, compositeur et interprète, Sule s'est fait découvrir par le public québécois avec une participation des plus remarquées à l'émission La Voix.Accompagné de son trio, il vous propose des pièces originales à Les Soirées Marrantes Animées par Gabrielle Caron.Un show d'humour tordant, devant une salle remplie et un public conquit par le charme des fhumoristes qui sen donnent à coeur joie.Spoken word, slam, poésie, monologues, des mots qui secouent et font du bien.Amélie Prévost est auteure et comédienne.Philippe Lonergan est musicien.Ensemble, ils offrent un spectacle drôle et touchant, où la musique et les mots ne font qu'un.saveur de blues et d'indie folk.8$ à la porte.Amélie Prévest Francis Leclerc voie, et Marise Demers Framswce, Migs irtafienn, Calg Spectacle Roots Crossing, Francis Leclerc en duo avec Marise Demers, percussionniste et multi-instrumentiste.Compositions, improvisation et interprétation de musique flamenco, brésilienne et cel tique.Davy Boisvert dt, Ry 0 Artiste polyvalent œuvrant dans le monde du RnB, de la soul et du hiphop.Davy est un performeur dans l'âme.Le rap, te chant et fa danse sont au coeur de ses spectacles toujours hauts en énergie et en termes de mises en scène.Gen Forest Sl, Fon, Un spectacle à saveur de grande chanson française s'amalgamant au soul américain des années 50-60 dans un enrobage pop.C'est avec une voix assurés et une empreinte nostalgique qu'elle transporte son public dans : son univers.www.le-ste-cath.com Le Bistro socialement engagé! ë 4264 Ste-Catherine Est Montréal, Quebec H1V 1X6 (514) 223-8116 mess - 6 Courrier du lecteur goo.gl/dE51DH Vélo en ville Je suis tout à fait d\u2019accord avec vous: le vélo doit se tailler une plus grande place dans notre société.Je crois que le gouvernement aurait intérêt de se dépêcher d\u2019améliorer les réseaux de pistes cyclables, car il est impensable que la société poursuive son développement sur sa lancée actuelle.Ça ne sera pas long avant que nous étouf?ons dans nos villes.À Québec, le maire préconise des travaux routiers aux dépens du développement des transports en commun, alors inutile de parler de développer les voies cyclables\u2026 Dès que le beau temps fait son apparition, les vélos sortent et les cyclistes prennent d\u2019assaut les rues.Or, cette proportion de cyclistes reste in?me par rapport au nombre de voitures qui circulent.De mon côté, je favorise les transports en commun et j\u2019admets que je ne sors pas souvent mon vélo, car je ne me sens pas en sécurité parmi les autobus et les voitures.L\u2019aménagement d\u2019un réseau cycliste sécuritaire favoriserait une plus grande utilisation de ce mode de transport.Bien sûr, il reste l\u2019éternelle question de l\u2019hiver et de son froid mordant.Mais il reste surprenant de voir des cyclistes aguerris pédaler en janvier\u2026 St Lawrence Pionniers Bravo, bravo à cette formidable équipe.Vous êtes des pionniers.Lors d\u2019une visite à Montréal, un détour au Ste-Cath sera une priorité pour déguster vos délicieux mets.Merci in?niment\u2026 Odette Thibeault, Matane 7 Courage Bonne chance à vous tous qui aidez la cause et bon courage à ceux qui trouvent la force de s\u2019en sortir.Monique Grégoire Prendre le temps Quand ton enfant arrive, arrête-toi et donne-lui une heure.Cela fait toute la différence.Si tu passes à côté 10 fois par jour, donne-lui un bec au front et une caresse.Autant de fois que tu veux, dit lui «Je t\u2019aime».Respecte tes enfants et ils te respecteront en retour.Moi je suis une arrière-grand-mère de 8 arrière-petits-enfants, mon cœur est millionnaire.Merci d\u2019être à l\u2019écoute de nos enfants.Anonyme, Verdun Un québécois à Paris Monsieur Georges Dutil aime Paris, et Paris aime Georges Dutil! David Morris L\u2019après suicide Bonjour les amis.Je suis ?ère de contribuer à cette aide que vous apportez aux jeunes.J\u2019ai moi-même vécu des épreuves avec le suicide de mon ?ls de 32 ans et c\u2019est un choc.Cela a fait 15 ans le 2 avril 2015.Merci à tous les jeunes! Anonyme Valeurs des enfants Je pense que les valeurs des enfants se constituent de ce qu\u2019ils absorbent de l\u2019ensemble de leur contexte socioculturel.Donc pas que les parents.Sandra CosmopolitEcho Prix Montreal community care Un «petit» pas pour le Café Graf- ?ti et le Journal de la Rue, mais un grand pas pour les citoyens du Québec.Daniel Camp, France Si le travail auprès des enfants blessés que vous faites n\u2019est pas toujours facile, il est néanmoins utile et essentiel.Félicitations! Dans les prochians mois, Re?et de Société reviendra avec un dossier sur l\u2019alimentation saine et la sécurité alimentaire.Si votre région a une initiative qui selon vous mérite d\u2019être partagée écrivez-nous à: communications@re?etdesociete.com 8 «On veut contrer les médias de masse et apporter un équilibre dans les informations.On va faire parler ceux qu\u2019on ne voit jamais.» Pauline, pleine de passion, s\u2019exprime sur son futur documentaire.Avec son compagnon Étienne (scénariste et réalisateur de formation), ils réalisent un documentaire sur le vélo.Depuis 3 ans, ce jeune couple va de tribulations en tribulations pour réaliser leur ?lm 5 vélos, 5 pays.5 vélo, 5 pays Étienne et Pauline se sont lancés dans l\u2019aventure en janvier 2012.Leur envie: faire un documentaire sur le vélo à travers 5 pays d\u2019Amé- riques pour montrer les possibilités de cet engin.Pas seulement pour le déplacement, mais comme un outil de développement social et pour certains, l\u2019indépendance entrepreneuriale.Depuis ces 3 années de travail, le couple y a investi du temps, mais également de l\u2019argent.Plus de 12 000$, à l\u2019heure actuelle, de leur propre poche, pour un budget total estimé à 80 000$.Étienne et Pauline en ont déjà tourné les trois quarts.En plus des séquences au Québec, ils sont partis au Nicaragua, Guatemala et Salvador pour ?lmer l\u2019importance du vélo auprès de ces populations.Actuel et dynamique Le jeune couple veut offrir un documentaire moderne: «Et notre thème est actuel et dynamique», explique Pauline.À quoi son compagnon ajoute que s\u2019ils restent collés à la réalité dans les faits, rien ne les empêche d\u2019adopter un style plus attractif dans la conception.«Tu peux avoir une intrigue, des personnages et des effets interactifs.Et c\u2019est ce que nous allons faire!» s\u2019enthousiasme-t-il.Grâce à la démocratisation du matériel, la création de documentaires s\u2019est ouverte à un plus large public.Durant leurs voyages en Amérique latine, Étienne et Pauline ont voyagé léger.Donc exit le gros matériel attirant les voleurs.Leur équipement se composait d\u2019une caméra à peine plus grande que la moyenne, un micro-cravate (donc très petit) et une enregistreuse.L\u2019avenir devant eux À l\u2019avenir, Étienne et Pauline partiront pour leur dernier lieu de tournage en Haïti.En attendant, ils sont à la recherche de ?nancement pour la suite de la production, de la postproduction et de la diffusion.Les Productions du Rapide Blanc les aident et ils sont en pourparlers avec Canal D pour une diffusion.Beaucoup de travail les attend encore, tel que la réalisation d\u2019une bande sonore, la quête de festivals, mais également leur retour en Amérique latine pour présenter le travail ?nal aux gens de la place.En attendant, venez découvrir sur leur blogue des extraits du futur documentaire et des articles de leurs aventures en Amérique latine: goo.gl/8KfdN4 Documentaire québécois Voyage au cœur de la réalisation Delphine Caubet P h o t o : G r a c i e u s e t é P a u l i n e C o r d i e r e t É t i e n n e L a n g l o i s .Étienne et Pauline en tournage à Rivas au Nicaragua.«Tu peux avoir une intrigue, des personnages et des effets interactifs.Et c\u2019est ce que nous allons faire!» 9 ON COMPREND MAL MON DÉSIR D\u2019AVOIR UN ENFANT PARCE QUE JE SUIS SÉROPOSITIVE POURTANT, EN 2014, UNE FEMME SÉROPOSITIVE PEUT ACCOUCHER SANS TRANSMETTRE LE VIH À SON ENFANT.C\u2019EST LE SIDA QU\u2019IL FAUT EXCLURE, PAS LES SÉROPOSITIFS. 10 Le VIH est-il toujours d\u2019actualité?Est-ce une maladie comme les autres?La question divise, mais pour Gary Lacasse, directeur de la Maison Plein Cœur (organisme d\u2019aide aux personnes séro- positives), la réponse est nette et franche: «Il y a une banalisation du VIH.On a l\u2019impression que ce n\u2019est pas grave, que c\u2019est une maladie comme les autres.» Il est vrai que les conditions de vie des personnes séropositives se sont nettement améliorées depuis les années 1980.Il n\u2019empêche, depuis 2011 c\u2019est plus de 3 000 nouveaux cas de VIH par an au Canada.Le Québec se situant dans le trio de tête avec un taux supérieur à la moyenne nationale.Les cibles Si vous êtes une femme ou une personne considérée comme non à risque (qui n\u2019est pas gay, n\u2019utilise pas de drogues injectables ou ne se prostitue pas), peu de chance d\u2019avoir entendu parler du VIH au cours des dernières années.«Il n\u2019y a plus de grandes campagnes de prévention», comme le disent Gary Lacasse et le Dr Réjean Thomas (Président de la clinique L\u2019Actuel, spécialisée auprès des patients séropositifs).«Car une campagne ne fonctionne que si le public est bien ciblé.Les campagnes nationales n\u2019ont que peu d\u2019effets» explique René Légaré, porte-parole à la COCQ sida.Le Ministère de la Santé et des Services sociaux fait régulièrement une campagne de prévention des ITS auprès des jeunes dans un contexte où les cours d\u2019éducation sexuelle ont été supprimés.L\u2019autre grande population touchée par les campagnes non gouvernementales est les HARSAH: hommes ayant des relations sexuelles avec d\u2019autres hommes.Gay 911 «Il y a une urgence auprès de la communauté homosexuelle», s\u2019exclame le Dr Thomas.Ces derniers sont la cible de bien des campagnes et à raison.D\u2019après CATIE (organisme d\u2019informations canadien sur le VIH et l\u2019hépatite C), 58,5% des nouveaux cas de VIH dans la province sont des HARSAH.Autre constatation: 25% d\u2019entre eux ignorent être séropositif.Des hommes qui peuvent avoir des rapports sexuels avec d\u2019autres personnes dites non à risques\u2026 et qui ne seront peu ou pas sensibilisées par des campagnes.Pour rejoindre au maximum les hommes homosexuels, la COCQ-sida s\u2019adapte à la drague 2.0.«Car 50% à 60% des nouveaux cas que nous voyons ont été contracté lors de rencontres via les réseaux sociaux», explique le Dr Thomas.Rencontre Gay Québec, Gay 411.Autant de sites internet où la COCQ-sida fait de la prévention.«Et je suis toujours surpris de la popularité que peuvent avoir des sujets qu\u2019on pense acquis, tels que la fellation par exemple», ex- VIH Portrait en 2015 Delphine Caubet Avancées médicales Depuis plusieurs années, les rapports de force entre les équipes médicales et le virus tendent à s\u2019inverser.Plusieurs avancées signi?catives ont été faites en la matière.En février 2015, une équipe de chercheurs a annoncé avoir testé un vaccin sur des singes.Ces animaux n\u2019ont présenté aucune infection pendant les 8 mois suivant et tout laisse à penser que cela pourrait se poursuivre sur plusieurs années.Régulièrement, des informations encourageantes paressent dans les médias.Un bébé a notamment était guéri du virus.Les avancées sont majeures et certains parlent de quelques années avant la réalisation d\u2019un vaccin pour les humains.Dans un même temps, de nouvelles souches immunisées aux médicaments apparaissent.«Il y a une banalisation du VIH.On a l\u2019impression que ce n\u2019est pas grave, que c\u2019est une maladie comme les autres.» 11 plique René Légaré.Si les sites de rencontres homosexuels laissent la COCQ-sida donner de l\u2019information, d\u2019autres sites hétérosexuels s\u2019y sont opposés.Santé sexuelle Ces démysti?cations sur la maladie, qu\u2019on pense acquise, ne sont pas juste le fait de la communauté homosexuelle.«On a un besoin en santé sexuelle dans notre société», explique Geneviève Némou- thé coordinatrice à la COCQ-sida.Si le taux de VIH est stable depuis plusieurs années, il y a en revanche une recrudescence de la chlamydia et de la syphilis.Si la COCQ-sida travaille un projet de prévention en santé sexuelle pour les femmes, il faut surtout apprendre à discuter avec ses partenaires.Homme, femme, homosexuel, hétérosexuel\u2026 peu importe.Il faut apprendre à connaître son partenaire et ses expériences passées.«La sexualité est le moteur de nos sociétés.C\u2019est probablement le sport national de l\u2019humanité.Sans sexe, il n\u2019y a pas d\u2019avenir», conclut Geneviève.L\u2019autre réalité Des conversations sans tabous.Un idéal à atteindre.Mais une autre réalité dans la prévention d\u2019ITS est le bare- backing: des personnes qui contracteraient volontairement le VIH.«Ils pensent que les personnes sé- ropositives sont mieux traitées que les autres.Qu\u2019ils ont plus de services.Alors ils vont dans des soirées et cherchent à avoir des rapports à risque», s\u2019insurge Benoit, séropositif lui-même.Cette pratique est une réalité avec certains lieux et sites internet qui se spécialisent dans ces rencontres, mais il ne faut pas généraliser.Les statistiques sur le VIH le prouvent, à quoi la COCQ-sida conclu qu\u2019il n\u2019y a pas de «crise du VIH au Québec.» Dépistage L\u2019un des enjeux en 2015 est le dépistage.«Car si toute la population se fait dépister et suit le traitement adéquat, le virus disparaitrait d\u2019ici quelques années», explique le Dr Thomas.L\u2019un des moyens serait le dépistage automatiquement lors d\u2019hospitalisation.«Avec toujours l\u2019option de refuser, nuance le président de la clinique L\u2019Actuel.Mais pour ça, il faut une vraie volonté politique.» Cette idée suscite des remous et la COCQ-sida est plus mitigée sur le dépistage massif.«Car il faut de l\u2019accompagnement.On ne peut pas juste dire à une personne qu\u2019elle est séropositive.Il faut que ce soit une démarche personnelle, sans panique», précise René Légaré.Depuis 2014, la Colombie-Britannique offre tous les 5 ans un dépistage de routine à sa population.Mais certaines initiatives ont choqué l\u2019opinion publique, comme lorsqu\u2019ont été offerts des repas gratuits aux itinérants de Vancouver contre un dépistage.Système à 2 vitesse Au Québec, il est possible de se faire dépister gratuitement dans les services de santé, mais il faut plusieurs semaines avant de recevoir les résultats.La COCQ-sida véri?e régulièrement l\u2019offre de service et il leur arrive d\u2019avoir des surprises comme lors du non-remplacement d\u2019une in?rmière ITSS pendant un congé de maternité.Pour une réponse rapide, il faut passer par des cliniques privées, dont les résultats varient entre 30 minutes à 3 jours.Un service payant pour les populations dites non à risque.Dans la lutte contre le VIH, il faut aussi démysti?er la maladie et vaincre la peur du dépistage.Comme le souligne le Dr Thomas: «Il faut lutter contre les préjugés.Il y a encore une peur des clichés des années 1980.» La COCQ-sida et la Maison ¸Plein Cœur acquiescent, l\u2019autre enjeu de 2015 est les conditions de vie des personnes séropositives.Ailleurs au pays Au Canada, le pro?l du VIH est très diversi?é.Si au Québec, la maladie touche essentiellement les hommes ayant des relations sexuelles avec d\u2019autres hommes (HARSAH), au Manitoba elle concerne à plus de 60% les hétérosexuels.Quant au Saskatchewan, plus de 76% des personnes séro- positives l\u2019auraient contractée via des drogues injectables.Au Canada, les trois provinces dépassant la moyenne nationale sont: la Colombie-Britannique, le Québec et l\u2019Ontario.«La sexualité est le moteur de nos sociétés.C\u2019est probablement le sport national de l\u2019humanité.Sans sexe, il n\u2019y a pas d\u2019avenir» 12 Benoît est un jeune homme d\u2019une trentaine d\u2019années très actif.Il aime rire, aller au théâtre et sortir avec ses amis.Et des amis, il en a beaucoup.Malade ou pas d\u2019ailleurs.Ah oui, j\u2019ai oublié de préciser: Benoit est séropositif, il a le VIH.Pour Benoit, tout a commencé en 2002, à la ?n du cégep.Le jeune homme se prépare à entrer dans la vie active et se cherche une assurance privée.Banalement, il fait des tests de santé, mais on lui révèle que quelque chose cloche\u2026 Le verdict «Au début, le médecin ne savait pas ce que c\u2019était.Il voyait juste que quelque chose n\u2019allait pas dans les résultats.Un jour, ma mère m\u2019a demandé si j\u2019avais dit être gay.Je n\u2019y avais pas pensé.C\u2019est à ce moment-là qu\u2019on m\u2019a fait un test de dépistage du VIH», raconte Benoit.C\u2019est un choc.Benoit est positif.Pendant une semaine le jeune homme est en crise et pleure.Il est jeune.Il a 23 ans.«Mais j\u2019ai décidé d\u2019arrêter de pleurer et me prendre en main», explique-t-il.Le jeune homme de St-Jean-sur-Richelieu part pour Montréal, prend contact avec des organismes et décide d\u2019en apprendre davantage sur sa maladie.Si Benoit a été dépisté relativement rapidement, c\u2019est souvent le contraire.D\u2019après la COCQ-sida (coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida), près d\u2019un quart des personnes infectées seraient dépistées au stade sida.Gary Lacasse, directeur de la Maison Plein Cœur (organisme d\u2019aide aux personnes séropositives), intervient auprès de nouveaux diagnostiqués: «Le diagnostic est une sentence, annonce-t-il de but en blanc.Cela peut engendrer une dépression et de la colère.La personne peut en contaminer d\u2019autres sans le savoir si elle n\u2019a pas un bon suivi.Nous, on travaille auprès d\u2019eux pour que le VIH ne dé?nisse pas qui ils sont.» Prix pour la vie Pour Benoit, son VIH a entrai- né des problèmes de plaquettes.«Mais l\u2019aspect médical s\u2019est beau- VIH Vivre avec la maladie Delphine Caubet Contamination Pour contracter le VIH, il faut que du sang (ou autres ?uides) rentre dans l\u2019organisme.Donc par le biais de relations sexuelles non protégées ou d\u2019échanges de seringues par exemple.Si le sexe oral est moins à risque, il reste néanmoins un facteur de transmission.Le VIH est un virus qui meurt à l\u2019air libre.Donc il n\u2019y a pas de risque de transmission par un vêtement souillé de sang ou autre.Le VIH ne se transmet pas par la salive ou les urines.Benoit accompangé de son amie Gabrielle, intervenante à la Maison Plein Coeur.P h o t o s a r t i c l e e t c o u v e r t u r e : D e l p h i n e C a u b e t . 13 coup amélioré, explique-t-il.Au début, les médicaments avaient des effets secondaires.Je faisais de l\u2019insomnie ou au contraire j\u2019étais tout le temps fatigué.Aujourd\u2019hui, les effets secondaires ont beaucoup diminué.C\u2019est peut-être pour ça que la maladie est perçue comme banale, comme si c\u2019était du passé.Parce que nos conditions de vie se sont améliorées.» Effectivement, en 2015, les patients séropositifs vivent en moyenne jusqu\u2019à plus de 70 ans et grâce à la trithérapie, le risque de contamination est réduit de 96%.Mais ces améliorations ne doivent pas faire passer sous silence les autres aspects de la vie des personnes séropositives.Comme le prix des médicaments notamment.Pour les personnes qui travaillent, la Régie d\u2019assurance maladie du Québec rembourse une partie des frais.Pour l\u2019autre partie, impossible de compter sur une assurance privée.Extrêmement rares (pour ne pas dire aucune) sont celles qui accepteront des séropositifs.Alors, le montant annuel à la charge du patient peut s\u2019élever jusque 900$.Un montant important pour les travailleurs à faible revenu.«Certaines personnes arrêtent de prendre leur médicament à cause de cela, explique Gary Lacasse.Et durant cette période leur charge virale augmente.» Et certains cas peuvent être dramatiques.Il y a quelques années, la Maison Plein Cœur a suivi une jeune ?lle séropo- sitive.Alors qu\u2019elle travaillait, elle ne pouvait pas toujours se payer ses médicaments.Mais à force de les arrêter et de les recommencer, elle a développé une immunité au traitement.Elle est décédée à 21 ans.Un scénario qui n\u2019est pas courant, mais qui re?ète la pression que peuvent ressentir les séropositifs avec un emploi.«Et ce sont eux les plus faibles, explique Gary Lacasse.Car leur équilibre est fragile et ils peuvent vite s\u2019effondrer.On doit tout faire pour les maintenir en emploi.» Chasse aux sorcières Pour Benoit, le sida a signi?é l\u2019arrêt de sa vie professionnelle.Les va-et-vient à l\u2019hôpital et les effets secondaires du traitement l\u2019ont poussé à stopper son emploi dans une école.Mais pour d\u2019autres patients, la vie au travail peut devenir compliquée.La seule façon pour eux de souscrire à une assurance privée et de faire partie d\u2019une assurance colletive.Comme en entreprise par exemple.Mais le prix des cotisations augmentera «et particulièrement s\u2019il y a peu d\u2019employés, explique René Légaré.Une chasse aux sorcières peut s\u2019installer pour connaître le responsable.Certains ont déjà été dénoncés publiquement pendant des réunions en demandant leur renvoi.» D\u2019après un sondage de la COCQ-si- da, 51,5% des personnes vivant avant le VIH seraient rejetées par leurs collègues de travail.Pourtant, avec un bon suivi médical, ces personnes peuvent passer inaperçues et être totalement autonomes, explique Gary Lacasse.À quoi, il est bon de briser une légende: Benoit et toute autre personne ayant le VIH peut pratiquer n\u2019importe quel emploi.«Même cuisinier», précise-t-on à la COCQ-sida.Briser l\u2019isolement En théorie, une personne vivant avec le VIH n\u2019a pas de restriction dans la vie quotidienne.Mais pour certains, le diagnostic signi?e l\u2019isolement total.Benoit s\u2019investit auprès d\u2019eux depuis 2004.Il fait du bénévolat à la Maison Plein Cœur et participe au programme Théâtre à 2 pour briser l\u2019isolement des sé- ropositifs.Mais pour que la population comprenne mieux les personnes malades, Benoit est surtout devenu une ?gure publique.Il s\u2019af?che ouvertement en tant que séropositif et répond aux questions.Que cela soit en entrevue avec des journalistes ou au quotidien.Comme lorsque sa belle-mère, inquiète, se demandait si elle devait jeter un t-shirt où il avait saigné.Pas de panique.Le t-shirt peut être lavé normalement, il n\u2019y a aucun risque.Si Benoit ne s\u2019est pas isolé, c\u2019est aussi grâce à ses parents.Les deux le soutiennent depuis son diagnostic et il s\u2019est particulièrement rapproché de sa mère.Depuis 2002, Benoit a vécu, eu des relations amoureuses et s\u2019est investi dans sa communauté.Sa prochaine étape il l\u2019espère: le retour à l\u2019emploi.VIH et sida VIH: nom du virus.À savoir: Virus de l\u2019Immunodé?cience Humaine.Les personnes infectées voient se détruire progressivement les cellules qui coordonnent les défenses immunitaires.Avec le temps, les personnes atteintes développent des co-infections qui pro?tent de cette baisse immunitaire.Sida: Syndrome d\u2019Immuno Dé?cience Acquise.Stade du VIH où le patient a développé des co-infections (autres maladies contractées par la baisse immunitaire).Une personne avec le VIH peut passer plusieurs années sans atteindre le stade du sida. 14 En 2011, plus de 75% des personnes vivant avec le VIH au Canada étaient des hommes.Une réalité qui écarte bien souvent les femmes des ressources sur le terrain.Pour en apprendre davantage sur ces enjeux, Alexandra a accepté de répondre à nos questions.Delphine Caubet: Depuis quand as-tu le VIH et comment l\u2019as-tu contracté?Alexandra: Je l\u2019ai contracté en 2006, alors que j\u2019avais 27 ans.À cette époque, j\u2019utilisais des drogues injectables et je faisais le travail du sexe.Mais je faisais vraiment attention pour ne pas attraper de maladies.En même temps, je fréquentais un homme\u2026 il ne m\u2019a pas dit être séropositif.C\u2019est comme ça que j\u2019ai contracté le VIH, en ayant des relations sexuelles avec mon conjoint.DC: Qu\u2019est-ce que cela a changé dans ta vie?A: J\u2019ai appris que j\u2019avais le VIH alors que j\u2019étais à l\u2019urgence pour un abcès.L\u2019in?rmière me l\u2019a dit froidement et est repartie.Je n\u2019ai eu aucun support sur le moment.Je ne connaissais rien de la maladie, je savais juste que j\u2019allais mourir.Les 6 mois suivants ont été une catastrophe et je me foutais de tout.J\u2019utilisais, entre autres, des seringues usagées d\u2019autres séropositifs\u2026 À cette époque, ma charge virale était très haute et j\u2019étais sur le point de basculer au stade sida.J\u2019ai été admise à l\u2019hôpital et c\u2019est ce qui a fait que j\u2019allume.J\u2019ai été déconnectée de tout et une in?rmière m\u2019a aidée à comprendre et à faire des démarches pour m\u2019en sortir.Depuis tout va bien! Je travaille dans 2 organismes d\u2019intervention.Un pour les toxicomanes et un autre pour les travailleuses du sexe.Et c\u2019est mon vécu qui fait que je suis ef?cace dans mon travail.Je peux les comprendre et ne pas essayer de sauver la planète entière.J\u2019y vais par étape, comme ça a été le cas pour moi.DC: Est-ce qu\u2019être séropositive interfère avec ton travail?A: Non pas vraiment.J\u2019ai juste des rendez-vous chez le médecin, mais je préviens à l\u2019avance et ça ne pose pas de problème.Mais je travaille dans le communautaire aussi.Avant cela, je travaillais dans une boutique de vêtements.Mes collègues savaient que j\u2019étais séropositive et cela ne les a pas dérangés.DC: Comment l\u2019annoncer à un amant?A: Mon conjoint actuel savait que j\u2019avais le VIH avant de me courtiser.Lui est séronégatif.Mais avant lui, cela s\u2019est bien passé.J\u2019ai toujours prévenu avant Photo: Delphine Caubet.VIH Alexandra veut un enfant Delphine Caubet J\u2019utilisais des drogues injectables et je faisais le travail du sexe (.).J\u2019ai contracté le VIH, en ayant des relations sexuelles avec mon conjoint. 15 d\u2019avoir des relations et en général on me répondait: «Ben y a les condoms!» Une seule fois cela a posé problème.Un ami m\u2019avait conseillé ne pas informer l\u2019homme que je fréquentais et je lui ai dit que le lendemain que j\u2019étais séroposi- tive.Il a capoté! Il est parti direct l\u2019urgence et quand il a vu que l\u2019in?rmière lui faisait une prise de sang sans gant, il a réalisé qu\u2019il avait peut-être réagi de façon exagérée.Il ne connaissait pas les risques, alors qu\u2019on s\u2019était protégé.Depuis je le dis dès les premières rencontres et dans toutes mes relations.Que se soit en amitié, en amour ou autres.Et il faut le faire la tête haute.DC: Comment envisages-tu la maternité?A: Avant je pensais ne pas vouloir d\u2019enfant.Mais depuis que je suis avec mon chum, je pense autrement.Pour lui, c\u2019est vraiment important! Pour la conception, comme ma charge virale est très basse, cela va se faire normalement.Je vais juste me faire suivre par un médecin et mon accouchement devrait être par voie naturelle.À la naissance, l\u2019enfant aura un traitement préventif à la trithérapie pendant quelques semaines.C\u2019est tout.La seule chose que je ne pourrai pas faire, c\u2019est l\u2019allaiter.Après je serai comme toutes les mères, et s\u2019il se blesse je pourrai lui poser son pansement par exemple.DC: Comment sont les services pour les femmes sé- ropositives?A: Il se fait peu de choses pour les femmes! J\u2019ai appris que je ne pouvais pas allaiter dans un livre pour queer, alors que je ne le suis pas! Je comprends qu\u2019il faille cibler les populations à risque comme les HARSAH (hommes ayant des relations sexuelles avec d\u2019autres hommes), mais les femmes aussi sont touchées.Mais il y a de l\u2019espoir, en 2015, les choses commencent à changer et on parle davantage des femmes.Responsabilité légale Le droit canadien ne donne pas une réponse claire si les personnes séropositives doivent divulguer ou non leur état de santé à leurs partenaires sexuels.Selon un jugement de la Cour suprême du Canada, les séropositifs ont l\u2019obligation juridique de divulguer leur état de santé à leurs partenaires avant d\u2019avoir des rapports à «risque important».Il est possible d\u2019être reconnu coupable d\u2019une infraction criminelle si ont lieu des rapports à «risque important» de transmission, sans divulguer au partenaire.Des poursuites judiciaires pourraient avoir lieu même si le partenaire sexuel n\u2019a pas contracté le VIH, car il a été exposé à un risque sans en avoir conscience.Le point épineux est de déterminer ce qu\u2019est un «risque important».Des personnes séropositives avec une charge virale indétectable ont déjà été disculpées d\u2019accusations par le passé.L\u2019utilisation de condom en est élément essentiel. 16 Au Canada, 1,30% de la population carcérale est atteinte du VIH.Un chiffre 10 fois supérieur au reste de la population.Même si l\u2019information est connue, voici un rappel: le VIH (incurable) est une infection qui se transmet sexuellement et par le sang (ITSS).Donc, est à risque toute personne qui a des rapports sans condom ou qui utilise des seringues usagées.Autant dire que le VIH a le potentiel de faire des ravages en prison entre les rapports homosexuels, les tatouages et les drogues.Alors, les milieux carcéraux sont-ils des bouillons de culture pour la propagation du virus?1 seringue, 20 hommes C\u2019est la base d\u2019une incarcération: les drogues y sont interdites.Cette mesure est relativement ef?cace, mais cela n\u2019empêche pas d\u2019en trouver.Les plus dangereuses pour la propagation de maladies sont les drogues injectables avec des seringues.Ces dernières, interdites, coûtent excessivement cher sur le marché noir, comme l\u2019explique Jean-Pierre Bellemare, ancien détenu et chroniqueur à Re?et de Société.Si théoriquement il n\u2019y a pas de stupé?ants en prison, la réalité apporte un tout autre éclairage.Dans un sondage des Services correctionnels du Canada de 1995, il est énoncé qu\u2019une seringue pouvait servir jusqu\u2019à 15 à 20 hommes.Une bombe en puissance.Pour éviter la transmission d\u2019ITSS, certains pénitenciers ont offert des seringues neuves aux détenus.En 2015, les horloges s\u2019étant mises à l\u2019heure Harper, ces programmes ont disparu.En santé Il faut toutefois se réjouir de l\u2019ef?cacité de la prévention qui a été faite.Dans chaque prison ou pénitencier, des services d\u2019informations et de prévention sont offerts.Sylvie est in?rmière dans une prison provinciale (2 ans et moins).Chaque mois, elle offre des cours aux nouveaux détenus et donne à leur demande une trousse an- ti-ITSS.Au menu: tampons d\u2019alcool, gants en latex et eau de javel entre autres.D\u2019après l\u2019expérience de Sylvie en prison à sécurité minimale, certains détenus ont pris conscience de leur santé et veulent en prendre soin.«C\u2019est presque comme s\u2019ils étaient venus que pour ça en prison.On les sensibilise aux comportements à risque qu\u2019ils ont pu avoir et on les dépiste», conclut Sylvie.Selon Jean-Pierre, dans les pénitenciers fédéraux (plus de 2 ans d\u2019incarcération), la vision d\u2019un esprit sain dans un corps sain est plus relative.«C\u2019est comme donner à un condamné à mort une cigarette sans nicotine, plaisante Jean-Pierre.Condamné pour condamné.» Ce à quoi certains refuseraient de se faire dépister par peur d\u2019enlever tout espoir quant à leur avenir.Avant leur incarcération, les trois quarts des détenus auraient abusé d\u2019alcool ou de stupé?ants.Et comme le con?rme Sylvie, les détenus séropositifs l\u2019avaient contracté avant leur emprisonnement.Alors exit l\u2019idée du bouillon de culture.Au contraire, une condamnation peut servir à prévenir les contaminations en détectant les personnes infectées.Des personnes qui à l\u2019extérieur prenaient des risques et ne se faisaient que rarement dépister.Désintox à l\u2019ombre Comme en témoignent Sylvie et Colin McGregor (détenu en pénitencier fédéral depuis plus de 20 ans), l\u2019incarcération est souvent un moyen d\u2019arrêter de consommer des drogues dures.«J\u2019ai vu des toxicomanes et des alcooliques qui ont combattu leurs démons derrière les barreaux, explique Colin.Mais toujours avec beaucoup de peine.Un héroïnomane que je connais a passé 7 mois tout seul dans sa cellule, sans thérapie, sans méthadone pour se \u201cdessécher\u201d.Il m\u2019a avoué que c\u2019était les VIH À l\u2019ombre des barreaux Delphine Caubet I l l u s t r a t i o n : S a n k . 17 pires 7 mois de sa vie, mais il dit aussi que la prison lui a sauvé la vie.» Si les drogues sont dif?ciles à faire entrer «en dedans», elles restent néanmoins un moyen d\u2019échapper au quotidien.Et les drogues dures qui nécessitent des seringues sont aussi celles qui disparaissent le plus rapidement de l\u2019organisme.Alors si vous êtes en prison, vous vous inquiétez des tests d\u2019urine aléatoire et voulez un shoot, vous avez des chances de vous tourner vers une seringue usagée.Petit dessin sur gros dur L\u2019autre grande tradition des milieux carcéraux est le tatouage.Dans un contexte où vous êtes privé de liberté et où plus rien n\u2019est sous votre contrôle, s\u2019approprier son corps peut être une revanche sur la réalité.Comme le disent en cœur Sylvie, Colin et Jean-Pierre: les prisonniers ne manquent pas de débrouillardise.Pour éviter les infections et la propagation de maladies, le pénitencier de Cowansville avait offert à ses détenus un salon de tatouage, tenu par un professionnel avec de l\u2019équipement stérile.Initiative qui dura 1 an et demi\u2026 Mais rassurez-vous, le tatouage reste une pratique encore en vogue dans ce microcosme: «Il y a toujours 1 ou 2 tatoueurs dans chaque prison», explique Jean-Pierre.Pour ce faire, chaque tatoué a son morceau de corde de guitare avec lequel il se présente au jour J.«Et comparativement au nombre de tatouages frais que j\u2019ai vus, il y a très peu d\u2019infections», s\u2019étonne Sylvie.Bien briefés sur les ITSS, les détenus ont aussi à leur disposition de l\u2019eau de javel pour nettoyer corde de guitare, seringue, embout en métal ou tout autre outil à tatouage.«Mais les autorités sont frileuses à ce qu\u2019on donne de l\u2019eau de javel, explique Sylvie.On ne doit en fournir qu\u2019en très petite quantité\u2026 et même là c\u2019est compliqué.» Jean-Pierre con?rme que l\u2019eau de javel est une substance dif?cile à obtenir.En théorie, tous devraient y avoir accès facilement, mais en pratique elle serait parfois détournée pour d\u2019autres usages.Sexe en prison L\u2019ultime moyen de contracter le VIH (et le plus répandu en dehors de la prison) est d\u2019avoir des relations sexuelles non protégées, mais cette question est encore un tabou.Les détenus ont accès à des condoms par le biais d\u2019in?rmières comme Sylvie ou par des distributeurs.En pratique, Sylvie confesse qu\u2019on ne lui en demande que rarement, et lorsque c\u2019est le cas, il s\u2019agirait de provisions pour une sortie proche.Paradoxe D\u2019après les Services correctionnels du Canada, 1,30% de la population carcérale vivrait avec le VIH.Un chiffre 7 à 10 fois supérieur à la population générale.Cette dissonance entre la prévention et le nombre de patients s\u2019explique par l\u2019incarcération de personnes ayant eu des rapports à risque.En prison, les femmes sé- ropositives sont plus nombreuses que les hommes (contrairement à l\u2019épidémie dans le reste de la société) car sont incarcérées notamment les prostituées.Le VIH et l\u2019hépatite C sont des maladies relativement bien contrôlées dans ce milieu, en revanche, Sylvie constate une recrudescence de la syphilis et de la chlamydia.L\u2019in?r- mière diagnostiquerait 1 à 2 nouveaux cas de VIH ou d\u2019hépatite C par an, contre 1 par mois pour la chlamydia et la syphilis. 18 ON M\u2019A REFUSÉ DES SOINS MÉDICAUX PARCE QUE JE SUIS SÉROPOSITIF POURTANT, EN 2014, L\u2019APPLICATION DES PRÉCAUTIONS UNIVERSELLES PRÉVIENT LA TRANSMISSION DU VIH.C\u2019EST LE SIDA QU\u2019IL FAUT EXCLURE, PAS LES SÉROPOSITIFS. 19 Nous sommes en octobre 1970.Une douce brise pousse les feuilles tombées vers le bas de la petite colline, traverse la chaussée de la Côte-St-Antoine et se rend vers la pelouse de l\u2019autre côté, parfaite comme un vert de golf.Un jeune garçon, inconfortable avec sa cravate et son blazer de laine qui pique, regarde par la fenêtre de sa classe le tank stationné à l\u2019entrée de l\u2019école.Il n\u2019a jamais rien connu de tel, durant sa courte vie.À la récréation, il observera les quelques élèves plus âgés rassemblés autour du chêne, au bout de la patinoire de hockey, maintenant couverte de gravier.Ceux-là railleront le tireur embusqué dans l\u2019arbre, assis sur une branche, une radio à la main, une mitraillette dans l\u2019autre.Un professeur grand et sévère, habillé d\u2019un veston de tweed, courut vers le pied de l\u2019arbre pour en chasser les élèves, dans un accent écossais rude et prononcé.Nous sommes en octobre 1970, à Westmount, dans l\u2019école privée Selwyn House School où primaire et secondaire sont sous un même toit de cuivre.En haut de la colline, le croissant de route devant un large manoir de pierre est couvert de voitures de police et de reporters.C\u2019est la résidence de James Cross, un diplomate britannique qui est aux mains du Front de libération du Québec (FLQ).Personne ne sait au juste ce qu\u2019est le FLQ, mais mes professeurs de la Selwyn House doutent des présomptions des autorités.Selon ces dernières, une armée de milliers de séparatistes québécois, entraînés par des of?ciers cubains, se cacherait dans un camp secret des Laurentides.Beaucoup de nos élèves sont partis rejoindre leurs familles dans les États de New York et du New Jersey, pour y attendre à l\u2019abri la révolution attendue, à distance sécuritaire de la frontière canado-américaine.Pour un garçon de 8 ans, cela n\u2019a rien de terri?ant.C\u2019est, au contraire, excitant.Les hélicoptères et les véhicules blindés ne sont que des versions agrandies des modèles réduits que j\u2019assemble durant de longs week-ends.En observant par la fenêtre de ma classe de français le tank stationné devant le 95 chemin de la Côte-St-Antoine, je réalise que le vert que j\u2019utilise pour peindre mes modèles est trop clair.Je fais le vœu de harceler mes parents jusqu\u2019à ce qu\u2019ils m\u2019achètent la bonne nuance à la boutique de l\u2019avenue Victoria.Sauf que mes parents sont trop tendus pour que je puisse les pousser à acheter de la peinture à modé- lisme.Comme mes professeurs, ils ne croient pas les reportages des médias à propos d\u2019une invasion imminente québéco-cubaine.Mes parents possèdent un petit commerce, une agence de voyages.Ils craignent que les seuls billets vendus par la McGregor Travel à ses clients de l\u2019avenue Greene soient des allers simples hors Québec.Ils craignent la dévaluation des propriétés, l\u2019éducation obligatoire en français pour leurs enfants, et les hausses d\u2019impôts et de taxes.Ils s\u2019inquiètent de ce que les sociétés déménagent leurs pénates vers la stable et terne Toronto, entraînant leurs amis avec elles.Mais il se trouve des occasions d\u2019affaires dans les fausses guerres comme dans les vraies.Un de mes camarades de classe, Freddie, amène son berger allemand Fang devant le manoir Cross, et vend du café aux reporters et policiers à 75 cents la tasse, une fortune à l\u2019époque.Plus les 25 cents pour le sucre et le lait qui ne sont pas optionnels; sauf si vous voulez que Fang approche ses crocs de votre mollet.Les journalistes tirent au sort pour voir qui va traiter avec Freddie.Il devient célèbre sous le nom de Fast Freddie, Freddie le rapide, avec une photo pleine-page de lui en uniforme scolaire \u2013 cravate jaune et noire, veston de laine piquante, pantalon gris piquant \u2013 ornant le cahier week-end d\u2019un quotidien.Par cet après-midi d\u2019automne, alors que je rêvasse en regardant par la fenêtre, un messager arrive à notre classe de français.Freddie doit se rendre au bureau du principal.Notre classe est au rez-de-chaussée.Freddie comprend.Il se fau?le par la fenêtre, s\u2019enfuit en descendant la colline, fendant les feuilles mortes glissantes et courant vers la pelouse parfaite.Mais pour les enfants, la loi des mesures de guerre n\u2019est qu\u2019un jeu comme tout le reste.Les médias sont cruels; infâme pour un jeune de 8 ans.À la ?n de la journée, je marche vers chez moi.Notre maison se trouve sur le terrain de l\u2019école.Nous sommes locataires.C\u2019est une courte promenade.La fenêtre de ma chambre donne sur la cour de récréation, la patinoire et le chêne.Je regarde le soleil se coucher, les feuilles arrachées des arbres par le vent.Le jour s\u2019éteint lentement, comme le monde anglophone dans lequel je suis né.Octobre vu par un jeune anglophone Colin MCGreGor, Centre De féDéral De forMation - laval 20 T\u2019es atterris dans ma vie comme une météorite, Tu m\u2019as appris à croire en moi, À être fort et héroïque, À concrétiser mes efforts, Au-delà de la théorie.Tu as leurré ma peur, Et fait éclore mon courage, Tu m\u2019as fait voir un monde meilleur, En coloriant mes paysages, Tes myriades de mirages m\u2019ont débarré des portes, Et m\u2019en ont bloqué d\u2019autres, C\u2019est de ta faute si j\u2019ai osé écrire en prose, Et prendre la parole.Alcool, Lorsque ton onde de choc a inondé Mon corps pour la première fois, Ça a ressuscité ma foi, Sans me clouer sur la croix, T\u2019as dénoué les entrelacs de mon karma, T\u2019as matérialisé mon art hors de son trou à rat, Je t\u2019échangerais pas contre tout l\u2019or du monde, Même du vingt-quatre carats, Jusqu\u2019à ma tombe tu resteras, À la fois, ma pierre philosophale, Et la cause de mes angoisses.Alcool, Je t\u2019aime, Je te déteste, Et ce même si je célèbre mes joies Et mes peines avec toi, T\u2019es aussi délétère que les métastases d\u2019un cancer, Tu me désaltères jamais assez, Rien ne se compare à ton extase, Et dans ma tête, c\u2019est une terre stérile, C\u2019est un désert aride, tu es mon seul ami, Le seul oasis qu\u2019il me reste, Puisque tu n\u2019es jamais à sec.Alcool, Tu t\u2019abreuves à mes faiblesses Quand tu te mets à l\u2019œuvre, Tu me fais une peau neuve En laissant la vieille derrière elle, Tel un reptile qui mue, Je te bois, Jusqu\u2019à la dernière bière, Jusqu\u2019aux plus hautes altitudes, Sans respecter ni codes ni règles, Tu t\u2019insinues dans mes ?ssures, Tu es vital et tu me tues, Comme tu continues de tuer tellement d\u2019artistes.Le triste cycle se perpétue, De Bukowski à Mistral, Du Marquis de Sade à Stephen King, De Baudelaire à Hemmingway, Comme si écrire et s\u2019enivrer étaient inter-reliés, Moi, j\u2019ai du mal à escalader Les palissades de mon âme malade, J\u2019ai tant de mal à prendre mon essor, Même si manœuvrer dans la marde, M\u2019emmène à pondre des œuvres d\u2019art, Les secondes coulent comme des coups de gong, J\u2019ai égaré mon auréole.C\u2019est pour ça que je bois de l\u2019alcool, Parce que la vie c\u2019est une ostie de folle, Allergique au bonheur, L\u2019avenir me fait peur, Vous me faites peur, Parce que vous êtes plusieurs.Je crains l\u2019erreur à chaque pas comme un démineur, Car j\u2019ai encore un enfant qui se cache à l\u2019intérieur, J\u2019ai l\u2019instinct d\u2019un animal, Dans un esprit agnostique, Et j\u2019ai de plus en plus de mal, À gravir la colline.Je m\u2019appelle David, Et je suis alcoolique.Alcool Le Grand Slack Poème récité lors d\u2019une édition de Paroles en l\u2019air, soirée à micro ouvert organisée au bistro Le Ste-Cath. goo.gl/BnQ7pF 22 Un ex-toxicomane nous raconte son cheminement tumultueux à partir de son adolescence où il a débuté sa consommation, en passant par la période où il s\u2019est retrouvé dans la rue jusqu\u2019à au- jourd\u2019hui à l\u2019aube de ses 30 ans.Regard sur la drogue par un ex-toxicomane.Marqué de plusieurs tatouages avec son regard vif et son grand sourire, Victor (prénom ?ctif ) raconte avec émotions comment il a débuté dans l\u2019univers de la drogue.Il se souvient que c\u2019est à l\u2019âge de 12 ans qu\u2019il prend sa première bouffée de marijuana.Un moyen pour lui de contrôler ses émotions: «La drogue est une fuite pour oublier la réalité», explique-t-il.Vide affectif La nuit, Victor prépare ses petits sacs d\u2019une demi-once pour les vendre le lendemain à l\u2019école.Son stock est bon et il devient rapidement un bon vendeur.Ceci engendre de la jalousie auprès de ses concurrents et fait en sorte que plusieurs personnes le surveillent.Des étudiants de l\u2019école le dénoncent, les surveillants et la police qui travaillent en collaboration ?nissent par l\u2019arrêter un matin.Lui a l\u2019impression d\u2019être seul et d\u2019avoir le monde pour ennemi: «J\u2019étais presque paranoïaque», conclut-il.Une fois dans un centre de détention pour jeunes, Victor apprend que ça fait un an qu\u2019on le surveille et qu\u2019il existe plus de 150 vidéos où on le voit faire du tra?c de drogues.Il obtient un casier judiciaire pour possession de drogues et on lui interdit d\u2019aller aux États-Unis jusqu\u2019en 2020.À sa sortie, l\u2019école où il étudiait organise une projection de certaines vidéos de lui dans l\u2019auditorium devant tous les étudiants et les parents pour montrer ses activités criminelles.Il est par la suite renvoyé.Au total, six écoles le mettent à la porte.Partout où il passe, les professeurs l\u2019excluent et ne le considèrent pas.Ils le jugent et certains lui disent même qu\u2019il est un poison pour la société.Il arrive tout de même à terminer son secondaire 5 et à entreprendre des études au niveau collégial.Mais peu de temps après il retombe dans la drogue pour payer ses dettes: «C\u2019est une erreur de retourner constamment vers la vente de drogues pour s\u2019en sortir, parce que tu ne fais pas d\u2019argent.Plus tu vends, plus tu consommes et c\u2019est une spirale infernale.» La rue Victor tombe ?- nalement dans la rue pour environ 6 ans: «C\u2019est la débauche parce que tu trouves de tout dans la rue.La violence, l\u2019alcool, le sexe et la drogue font partis de ton quotidien.Ce sont des m o m e n t s dif?ciles.» Il explique qu\u2019il en est arrivé là parce qu\u2019il avait une haine de lui-même qu\u2019il ne pouvait gérer.Il voulait se détruire: «J\u2019ai pendant longtemps été en guerre contre moi-même.Mais à un certain moment, j\u2019ai voulu changer de vie».Famille en crise Avec le recul, il fait un parallèle entre sa consommation de drogues et son environnement familial dys- fonctionnel.Jeune, il éprouve des problèmes affectifs.Il se sentait délaissé par son père, un homme au tempérament changeant et complexe, qui ne lui témoigne aucun intérêt.Lorsque ce dernier quitte le foyer, sa mère devient monoparentale.Rapidement, un beau-père fait son entrée dans la maison et tente de lui imposer son autorité et ses règles.Il évite les discussions et s\u2019isole de plus en plus.Les premières fois où il est surpris avec de la drogue, sa mère et son beau-père le battent et l\u2019attachent Je suis toxicomane annie Dion-CléMent «C\u2019est une erreur de retourner constamment vers la vente de drogues pour s\u2019en sortir, parce que tu ne fais pas d\u2019argent.Plus tu vends, plus tu consommes et c\u2019est une spirale infernale.» 23 au lit a v a n t de le dénoncer à la police.Souvent, ils c o n s e r ve n t une partie de la drogue et en consomment: « C \u2019 é t a i t vraiment h y p o - crite de leur part.Cette façon d\u2019agir ne faisait qu\u2019empirer notre relation.J\u2019étais de plus en plus rebelle et je repoussais constamment les limites.» N\u2019ayant pas véritablement de père, il veut fuir et cherche des modèles chez d\u2019autres hommes; notamment les gangsters.Victor écoute des ?lms et la télévision, et il rêve d\u2019être l\u2019un d\u2019eux.Il est fasciné par leur image et leur force.La drogue s\u2019inscrit dans son cheminement pour correspondre à cette image.L\u2019attention que Victor obtenait en étant dealer venait en quelque sorte guérir la souffrance qu\u2019il entretenait face à l\u2019indifférence de son père: «La vente permet d\u2019avoir du pouvoir parce que tu es populaire.Tu incarnes la désobéissance et beaucoup de gens à la fois te craignent et t\u2019admirent.Tu ne passes pas inaperçu», dit-il.Retour sur le passé Aujourd\u2019hui, il constate qu\u2019il a fait beaucoup d\u2019erreurs irréparables: «Les actions que tu poses sont permanentes.Si tu prends de la drogue, ça peut assombrir ta vie et tu peux avoir de graves problèmes.» Il croit cependant que personne n\u2019est parfait.L\u2019adolescence est, pour lui, une période pour explorer et parfois faire des choses interdites de manière à s\u2019opposer à ses parents et à s\u2019af?rmer.«On apprend à se connaître à travers les erreurs qu\u2019on fait.» Selon Victor, il est inutile d\u2019aborder la drogue auprès des jeunes en leur faisant peur.Il faut tout simplement les renseigner sur les conséquences néfastes qu\u2019elle peut avoir à long terme sur leur vie.«Si un jeune veut tenter l\u2019expérience, il en prendra.Il faut l\u2019accompagner et ne pas le juger.C\u2019est l\u2019amour qu\u2019on donne aux jeunes qui les aide à s\u2019en sortir», explique-t-il.Maintenant, il se pardonne et accepte son passé: «J\u2019ai un parcours original avec des hauts et des bas.Je ne cherche plus à m\u2019associer à une image de gangster.Je veux être moi-même et faire le bien.» Victor est devenu un artiste graf- feur payé pour ses œuvres, et qui malgré son corps recouvert de tatouages, s\u2019intègre dans les écoles pour apprendre aux jeunes le dessin et le graf?ti.Victor aime s\u2019exprimer à travers les arts qui ont pris une place considérable dans sa vie.Ils ont été un processus thérapeutique dans l\u2019arrêt de sa consommation de drogues.«Mais j\u2019aime ma vie d\u2019adrénaline», dit-il.Le jeune homme continue de s\u2019intégrer dans notre société tout en conservant sa touche de marginalité.N\u2019ayant pas véritablement de père, il veut fuir et cherche des modèles chez d\u2019autres hommes; notamment les gangsters. 24 Les artistes du bistro Spoken word, slam, poésie, monologue, appelons ça comme on voudra, les mots qui claquent, secouent et font du bien sont au cœur de la démarche artistique d\u2019Amélie Prévost, comédienne et auteure.Diplômée de l\u2019école de théâtre du cégep de St-Hyacinthe, elle a débuté sa carrière au théâtre et à la télévision (Réal-TV, Les Bougons, etc.) mais c\u2019est par le biais de la dramaturgie comique qu\u2019elle s\u2019est mise à l\u2019écriture.Le succès de ses pièces Six mois avant Noël, Tout le monde peut jouer Feydeau (collaboration avec Annie Girard) ou Les grosses geishas (collaboration avec Mélissa Dion Des Landes) a renforcé son besoin de joindre l\u2019écriture au jeu.Depuis 2010, Amélie a participé à une centaine d\u2019événements poétiques au Québec.Ses textes à la fois narratifs, poétiques, drôles et empreints de sa vision du monde ont gagné le cœur du public.En 2014, elle a été couronnée championne montréalaise des compétitions de la LIQS (ligue québécoise de slam).Elle a aussi remporté la 2e place au Grand Slam du Québec la même année.Au ?l des ans, ses textes ont été publiés dans différents recueils et revues.Elle a eu le privilège de se produire dans des événements tels que Les Francofolies de Montréal, les Journées de la culture, la Fête nationale, la Nuit de la poésie et une quantité folle de scènes ouvertes, de bars, de maisons de la culture régionales et de salles de spectacle.Amélie rentre d\u2019une résidence de création au Banff Center (Alberta), où elle a collaboré avec des artistes de la parole d\u2019un peu partout au Canada et dans le monde, et dont le travail est in?uencé par le conte, le rap, le théâtre et l\u2019humour.Sur scène, Amélie Prévost se démarque par sa prestance et son charisme.Ses textes frappent, déstabilisent, inquiètent, touchent, font rire, ré?échir et sourire au ?- nal.L\u2019artiste est facile d\u2019approche et sans prétention, quoiqu\u2019elle démontre beaucoup de caractère à travers son œuvre.Pendant ses récitations, le public à l\u2019impression de se faire brasser par une montagne russe d\u2019émotions, mais déterminée à nous faire apprécier la vie.Lors de son premier spectacle solo, L\u2019histoire de la ?lle, en 2010, Amé- lie a commencé à travailler avec le musicien Philippe Lonergan.Leur collaboration a mené à une série de représentations de 3 ans.Forts du succès de ce 1er spectacle, ils ont créé en 2013 Ma langue dans ton oreille, un spectacle intime et percutant toujours en cours.Ma langue dans ton oreille, c\u2019est intime, trash, excitant, direct et drôle en même temps.C\u2019est un peu dérangeant, mais c\u2019est doux et quoiqu\u2019il arrive, ça reste entre nous.On s\u2019y retrouve comme dans un salon pour parler bonheur, liberté, vérité et de toutes ces choses qui n\u2019existent pas, mais qui nous aident à mieux vivre.Amélie Prévost est une belle découverte pour le Ste-Cath en visite mensuelle au Bistro.Amélie Prévost Pourquoi ces artistes?Pendant ses spectacles bistro- nomiques, le Ste-Cath invite les organismes communautaires à pro?ter de ses soirées pour organiser leur propre levée de fonds.Une façon d\u2019encourager le communautaire à s\u2019auto?nancer tout en démocratisant la culture.Pour que vous aussi vous appreniez à les connaître, nous offrons une page à chacun pour vous montrer leur vrai visage.Des artistes de cœur pour un projet au cœur du communautaire.P h o t o : G r a c i e u s e t é A m é l i e P r é v o s t . 25 26 Les artistes du bistro Davy Boisvert Pas besoin de se poser plus de questions, Davy Boisvert œuvre et excelle en tant que danseur, rappeur, chanteur et chorégraphe.Autant omniprésent à vos écrans que sur les planches, les coulisses, les plateaux et les studios de danse, l\u2019artiste choisit maintenant les projets qui répondent à ses passions et ambitions.Même si le meilleur semble encore à venir pour Davy, cet artiste de la Rive-Sud n\u2019a rien à envier aux autres artistes.Bien au contraire, beaucoup lui doivent leurs premiers pas de danse ou de breakdance.Intéressé aux arts de la scène depuis l\u2019âge de 13 ans, Davy est une inspiration pour les danseurs et rappeurs québécois.Il s\u2019est fait remarquer en tant que rappeur au sein de la formation Complys (qui a marqué la scène hip-hop québécoise à la ?n des années 1990); mais également avec les groupes NRJ (Nouveau Rock Jeunesse) et 4You (formation de chanteurs/danseurs qui lui a permis de découvrir l\u2019Europe et de gouter au star-système français).Davy a toujours été reconnu pour ses passages de voix, autant dans ses couplets que dans les refrains plus chantés.D\u2019ailleurs, il était parmi les premiers rappeurs à dé?er la loi des puristes qui condamnaient presque l\u2019utilisation du chant dans le rap.Comme si un rappeur n\u2019en était plus un à partir du moment où il pousse quelques notes\u2026 Plus tard, Davy adoptera le chant et af- ?rmera sa liberté de création, au point de le mettre à l\u2019avant-plan de sa carrière et de ses compositions\u2026 même si le rappeur en lui se fait toujours sentir.Davy Boisvert a souvent zigzagué entre la danse et la voix, qui ont représenté pour lui des avenues intéressantes et prometteuses.C\u2019est la conjugaison de toutes ces passions, dans un même univers, qui fait la signature de Davy.L\u2019artiste n\u2019en voudra sûrement pas à Re?et de Société si l\u2019on se permet d\u2019avancer qu\u2019il est un genre de Justin Timberlake du Québec; avec ses talents de danseurs, de chorégraphe, d\u2019acteur et de chanteur de soul et R\u2019n\u2019B issu de la culture hip-hop.Au ?l du temps, Davy est devenu un incontournable chorégraphe au Québec après avoir chorégraphié Mix manias, Bye Bye, En direct de l\u2019univers, L\u2019heure de gloire, On a pas toute la soirée, La ?n du monde est à 7 heures, etc.Le tout en plus de quelques rôles au cinéma.Visuellement, ses spectacles sont à l\u2019image de ses talents de danseurs et de chorégraphe et vocalement l\u2019artiste étonne avec son jeu passant par plusieurs styles.Sa personnalité chaleureuse et son sens de l\u2019humour installent une ambiance décontractée qui est de mise pour ses textes humoristiques, sexy, festifs et parfois personnels et touchants.En octobre 2014, Davy Boisvert sortait son mini-album intitulé Rouge octobre.Son univers rejoint les amateurs de R\u2019n\u2019B, soul, funk, hip-hop et de mises en scène.À ne pas manquer prochainement au Ste-Cath dans le cadre des spectacles bistronomiques.P h o t o : G r a c i e u s e t é D a v y B o i s v e r t .Il est un genre de Justin Timberlake du Québec; avec ses talents de danseurs, de chorégraphe, d\u2019acteur et de chanteur. 27 Les artistes du bistro Par une soirée ordinaire au Lac St-Jean, une chanteuse de Maxville (Ontario), n\u2019a aucune idée que la rencontre avec le bluesman du New Jersey, Ted Stilles, sera le début d\u2019une nouvelle aventure musicale.Pour le plus grand plaisir des amateurs de blues et de country du Québec.Ce soir-là, Jennifer fusionne son univers avec celui du guitariste qui n\u2019en croit pas ses oreilles.Jennifer est une chanteuse qui a du coffre et le bagage pour se lancer dans un jam et surprendre ce bluesman de la vieille école.Les chemins de Jennifer et Ted se sont croisés et n\u2019ont fait qu\u2019un, jusqu\u2019à ce jour.Jennifer Tessier s\u2019est fait découvrir par le grand public lors de sa participation à Star Académie, en 2012.Si l\u2019émission est l\u2019une des plus appréciées et controversées, la production aura au moins permis à Jennifer de gagner en con?ance.Non pas à cause des commentaires positifs qui abondent, mais grâce au courage que ça lui a pris pour affronter les caméras et le public.Jen est sortie surprise de l\u2019émission, mais plus forte.La mobilisation de la population d\u2019Alma, au Lac St- Jean, lors de son passage à l\u2019émission, l\u2019a touchée au plus haut point.Si Jen verse souvent des larmes lors de poignantes interprétations, imaginez son émotion au moment où elle a pris conscience de cet amour.Pour une personne qui a manqué de con?ance en soi, ce genre de support peut changer une vie! Pendant que Jen vivait ses premières expériences de scène, le guitariste Ted Stilles poursuivait son riche parcours sur scène, d\u2019un état américain à l\u2019autre.Stilles est issu de la scène du New York City blues des années 70.D\u2019innombrables collaborations ?eurissent sur sa route, dont ses prestations aux côtés de Willie Dixon, Muddy Waters et Johnny Winters.Ted a accumulé les enregistrements, d\u2019abord avec Spivy Records puis avec la compagnie de disques Telewbar Records.Le guitariste qui affectionne particulièrement le funk psychédélique, où la guitare est soumise à de curieux voyages exploratoires, a trouvé son compte avec cette compagnie.Son histoire ne se raconte pas en quelques pages, car elle est chargée de riches épisodes dont Stacy Lattisaw, Gloria Gaynor et le Buddy Hank Band (entre autres) en jalonnent les pages.Maintenant installés à Montréal, Tessier et Stilles accumulent les concerts.Ils présentent leurs pièces originales et interprètent des classiques du blues et folk, en plus de quelques titres de Johnny Cash et d\u2019autres monuments du rock, du reggae et du country.Jennifer compose et chante en anglais et en français avec un accent teinté d\u2019anglais, qui se prête bien au style.Jennifer Tessier et Ted Stilles sonnent comme le New Jersey, le Lac St-Jean, Maxville, Nashville et Montréal en une paire.Ne les manquez pas de passage au Ste-Cath, dans le cadre des spectacles bistro- nomiques.Jennifer Tessier & Ted Stilles Pendant que Jen vivait ses premières expériences de scène, le guitariste Ted Stilles poursuivait son riche parcours sur scène, d\u2019un état américain à l\u2019autre.P h o t o : G r a c i e u s e t é J e n n i f e r T e s s i e r e t T e d S t i l l e s . 28 Prix Leviers Jeunes à l\u2019honneur Jeff Dacelin La députée d\u2019Acadie, Christine St-Pierre, le Centre Communautaire Bon Courage et le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec sont fiers de remettre un Prix Levier à Jeff Dacelin.Au cours de cette année, Jeff s\u2019est impliqué avec beaucoup de sérieux dans le programme d\u2019aide aux devoirs de son centre communautaire comme aide-moniteur.Il s\u2019est montré sérieux, dynamique, attentif aux besoins des enfants qu\u2019il soutenait dans la réalisation de leurs devoirs.Jeff a démontré avec enthousiasme qu\u2019il souhaitait aider sa communauté et devenir un exemple pour ses pairs.Alexis Katumbayi et Wigens By La députée d\u2019Acadie, Christine St-Pierre, le Centre Communautaire Bon Courage et le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec sont ?ers de remettre un Prix Levier à Wigens By et Alexis Katumbayi.Wigens Katumbayi et Alexis By se sont continuellement impliqués dans les activités de leur centre communautaire avec beaucoup de sérieux, de dynamisme et de créativité.Wigens et Alexis se sont imposés en leaders: en animant les premières émission de radio de la nouvelle émission La Voix de Saint-Lo, en présentant un atelier de sensibilisation sur le transport pour les jeunes et en organisant des ateliers de ?nancement pour des projets qui leur tenaient à cœur.Mais plus que tout, Alexis et Wigens ont su communiquer leur enthousiasme à leurs pairs.Alexis est un garçon joyeux, farceur, gourmant, passionné de basket, d\u2019informatique, de musique et de cuisine.Plein d\u2019énergie, il communique sa joie de vivre à tous ceux qui l\u2019entourent.Toujours plein d\u2019idées et de projets, il a su communiquer son enthousiasme à ses pairs en s\u2019impliquant activement dans de nombreux projets.Wigens est un garçon sur qui l\u2019on peut compter! Toujours disponible, curieux et aimant aider, il s\u2019est impliqué dans les activités et projets du Centre.Comme chaque année, le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) décerne les Prix Léviers à des jeunes qui se sont distingués par leur implication et leur réussite dans un organisme.Une façon de reconnaitre ces jeunes et leur cheminement.Pour une meilleure reconnaissance, Re?et de Société a choisi de publier ces jeunes pour souligner leur engagement et leur détermination.Alexis Katumbayi.Wigens By.Jeff Dacelin. 29 Cédrik Têtu-Paré Le député de Charlevoix-Côte- de-Beaupré, Caroline Simard, la Maison des jeunes l\u2019Énigme de Beaupré et le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec sont ?ers de remettre un Prix Levier à Cédrik Têtu-Paré.Cédrik est un jeune homme rempli de talent et très persévérant! Dans la dernière année, il a vécu des dif?cultés, mais il a surtout réalisé de belles choses.Avec le soutien d\u2019un travailleur de rue, il a organisé un spectacle, concept chansonnier, à la microbrasserie Des Beaux Prés.Ce spectacle a été un grand succès! Cédrik a pu chanter avec son père et coordonner l\u2019événement.Il a ainsi développé des compétences: trouver les chansons, les chanteurs, le technicien, plani?er les répétitions, trouver le lieu, faire la promotion\u2026 Des compétences qui ont déjà un impact positif sur sa vie.Suite à ce projet, Cédrik a été embauché pour réaliser un spectacle au Camping de Ste-Anne-de-Beaupré.Miasara Brault Le député de Lotbinière-Fronte- nac, Laurent Lessard, le Réseaux d\u2019entraide des Appalaches et le Regroupement des organismes communautaires autonomes du Québec sont ?ers de remettre un Prix Levier à Miasara Brault.Miasara est une jeune femme et une jeune maman de 19 ans brillante, colorée, organisée, déterminée, honnête et volontaire.Elle a des buts, des rêves, des objectifs et des ambitions réalistes, mais aussi un parcours sinueux, des choix pas toujours adéquats, des comportements sanctionnés, une cellule familiale désorganisée.Le plus fabuleux et extraordinaire est que Miasara a choisi d\u2019exécuter un virage à 360 degrés et de se concentrer sur le moment et non sur son passé.Depuis juin 2014, elle est embauchée of?ciellement à la Malterie Frontenac pour un emploi à temps plein.Elle s\u2019ajoute des responsabilités et s\u2019est inscrite à l\u2019école a?n de terminer ses études secondaires.Miasara souhaite étudier en ingénierie, et aux dires de son employeur (ingénieur lui-même), elle a tout le potentiel pour y arriver.Cédrik Têtu-Paré Jessica Couture-Denoncourt La députée de Taschereau, Agnès Maltais, la Maison Marie-Frédé- ric et le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec sont ?ers de remettre un Prix Levier à Jessica Couture-Denoncourt.L\u2019organisme a eu cette chance de voir Jessica évoluer dans sa reprise de pouvoir.Sa con?ance en elle, très fragile au départ, s\u2019est transformée.Elle en est venue à s\u2019impliquer activement dans sa communauté et à aider les autres.Elle s\u2019est impliquée comme bénévole dans des activités et projets d\u2019aide auprès des enfants et des personnes handicapées.Jessica se propose d\u2019emblée pour organiser des activités artistiques, ludiques, sportives et y prend part avec une envie surprenante et pétillante.Débordante d\u2019énergie, elle contamine positivement son prochain avec son bien-être, sa volonté d\u2019améliorer sa vie et celles des autres et son authenticité hors du commun.Miasara Brault.Jessica Couture-Denoncourt. arom) RefletdeSociéte]] prenom Nom Adresse: M1 an-6nos 37,95$ Chèque ou mandat à Ville: Province: l\u2019ordre de Code Postal: Tél.Q2 ans - 12 nos 65,99$ Reflet de Société , | i | 4233, Ste Catherine Est Courriel: p3ans-18 nos 89,955 Montréal, QC H1V 1X4 Cate n® 1 00 LILLE bb El bhi Téléphone: (514) 256-9000 Sans frais; 1-877-256-9009 Taxes incluses Date expiration:] DOIVISA MASTER CARD [TIAMEX International 45% CAD 1 an.LIL Signature: TOUTE CONTRIEUTION SUPPLEMENTAIRE POUR SOUTENIR NOTRE TRAVAIL EST LA BIENVENUE m\u2014\u2014- \u2014.-\u2014\u2014\u2014 a FISH SES > Snirmmige, RefletdeSociete ginal: paar im ter: ptr etait \u201cil a) GENERAL r VIOLENCE rv VIH-SIDA BD Aide juridigue Hochelaga {514} 864-7313 JCALACS Montréal (514) 934-4504 C.0.C.Q.Sida (514) 844-2477 Protection de la jeunesse (DPJ) 1-800 665-1414 Chaudiére-Appalaches{418) 774-6858] La Maison du Parc (514) 523-6467 Info-Santé 811 Lévis 1-800-835-8342] NoPa MTS/VIH (514) 528-2464 Centre antipoison 1-800-463-5080 Centre de référence du grand MTL {514) 527-1375 | CAVAC Montréal (514) 277-9860 \" 3 r | | Québec {418) 648-2190 DECROCHAGE CENTRE DE CRISE DE MONTREAL Groupe d'aide et d'info sur le Éducation coup de fil Harcélement sexuel au traval(514) 526-0789 (514) 525-2573 Tracom (centre-ouest) (514)483-3033] SOS violence conjugaie (514} 728-0023 Revdec (514) 259-0634 Iris (nord) (514) 388-9233 Trêve pour elles (514) 251-0323 1-866-329-4223 L'Entremise {est-centre-est) (514)351-9582 Centre pour les victimes Carrefour Jeunesse (514) 253-3828 L'Autre-maison (sud-ouest) (514)768-7225 D'agression sexuelle (24h) (514) 934-4504 a Centre de crise Québec (418)688-4240 Armée du salut (514) 934-5615 ALIMENTATION L'Ouest de l'île (514)684-5160 L'Accès (450) 679-8689 Le Chic Resto-Pop (514) 521-4089 Archipel d'Entraide (418)649-9145 Jeunesse au Soleil (514) 842-6822 Prévention du suicide (418)683-4588 | DROGUE ET DÉSINTOXICATION a LIGNE D'AIDE ET D'ÉCOUTE , HEBERGEMENT DE | DEPANNAGE ET D'URGENCE | Toxic-Action (Dolbeau-Mistassini) (418) 276-2090] |Gai Ecoute 1-888-505-1010 pAuberge de l'amitié pour femmes Centre Jean-Lapointe Mil adulte (514) 288-2611 [Tel-Jeunes (514) 288-2266 (418) 275-4574 Le grand chemin Québec Jeunesse (418)523-1218 ou Pavillon du Nouveau pointde vue (4850)867-2392 Tel-aide et ami à l'écoute 1-800-263-2266 (514) 935-1101 Bunker (514) 524-0029 Le refuge des jeunes (514) 849-4221 Urgence 24 hres (514) 288-1515 Jeunesse-j'écoute 1-800-668-6868 +Chainon (514) 845-0151 Portage (450) 224-2944 Suicide action Montréal (514) 723-4000 En Marge (514) 849-7117 Centre Dollard-Cormier Jeunesse (514)882-4531 Prévention du suicide Passages (514) 875-2119 Centre Dollard-Cormier Adulte (514) 385-0046 «Accueil-Amitié» (418) 228-0001 Regroupement maisons Le Pharillon {514) 254-8560 Partout au Québec 1-866-APPELLE dhébergement jeunesse du Québec Drogue aide et référence 1-800-265-2626 Secours-Amitie Estrie 1-800-667-3841 (514) 523-8559 Un foyer pour toi 430) 663-0111 Cocaïnomanes anonymes {514)527-3999 Foyer des jeunes travailleurs L'Anonyme 514) 236-6700 Déprmés anonymes (514) 278-2130 (514)522-3198 Cactus 514)847-0067 Gamblers anonymes (514) 484-6666 Auberge communautaire du Sud-Ouest Dopamine et Préfix 514) 251-8872 Intervenants en toxicomanie 450) 646-3271 ( ( (514) 768-4774 ( Escale Notre-Dame (514) 251-0805 ( ( ( ( ( Gam-anon (proches du joueur) (514)484-6666 Maison le parcours (514)276-6299 1-800-484-6664 Oxygène (514)523-9283 FOBAST 418) 682-5515 Narcotiques anonymes (514)249-0555 L'Avenue (514)254-2244.Dianova 514) 875-7013 ou 1-800-879-0333 L'Escalier (514)252-9886 Maison St-Dominique (514)270-7793 Auberge de Montréal (514)843-3317 Le Tournant (514)523-2157 La Casa (Longueuil) (450)442-4777 Armée Salut pour hommes (418) 692-3956 Mission Old Brewery (514) 866-6591 Mission Bon Accueil (514)523-5288 La Maison du Pere (514)845-0168 AubergeducœurEstrie (819)563-1387 Centre Casa Centre UBALD Villeneuve Au seuil de L'Harmonie 418) 871-8360 418) 663-5008 418) 660-7900 Outremangeurs anonymes Parents anonymes Jeu: aide et référence 1-800-461-0140 Alanon & Alateen (514) 866-9803 Ligne Oéan (santé mentale) (418) 522-3283 Sexoliques anonymes (514)254-8181 Primes-Québec (soutien masculin) (418)649-1232 Émotifs anonymes (514) 990-5886 Alanon & Alateen (418) 990-2666 Alcooliques Anonymes Québec (418) 529-0015 (514) 490-1939 1-800-361-5085 FAMILLE Grands frères/grandes sœurs (418) 275-0483, | Familles monoparentales (514) 729- 6666.Regroupement maisons de Jeunes (514) 725-2686 Grossesse Secours (514)271-0554 Montréal (514)376-9230 LamaisonTangente (514)252-8771 Chantiers Jeunesses (514) 252-3015 Laval (450)629-6635 HébergementSt-Denis (514)374-6673 Réseau Hommes Québec {514)276-4545.Rive-Sud (450)670-9480 L'Abris de la Rive-Sud, homme Patro Roc-Amadour (418)529-4996 Mauricie-Saguenay-Lac Saint-Jean (866)376-6279 (450) 646-7809 Pignon Bleu YMCAMtl centre- vilie YMCAHochelaga-Maisonneuve Armée du Salut La Marie Debout (418)648-0598 (514) 849-8393 (514)255-4651 (514)932-2214 (514) 597-2311 NAR-ANON Montréal Saguenay abus aux ainés (514) 725-9284 (514) 542-1758 (514) 489-2287 Maison Elisabeth Bergeron, femme (450) 651-3591 goo.gl/L0SEvu goo.gl/Yg2O4a 4237 rue Ste-Catherine Est, Montréal Qc.H1V 1X4 \u2022 www.editionstnt.com "]
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