La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 mai 1962, Mai
[" I A REVUE\t20c LE MAGAZINE DE LA CANADIENNE POPULAIRE EX-2- LE MAGAZINE DE LA CANADIENNE dans le soleil MAI 1962, LA LUMINEUSE MODE DU PRINTEMPS ET DE L\u2019ETE Oui ou non.qui sait?®?1B® Sa teinte est si naturelle que seul son coiffeur le sait! Elle est au comble du bonheur\u2014comme toute jeune maman \u2014et sa joie immense auréole toute sa personnalité.Mille reflets chantent la jeunesse de sa chevelure au frais coloris vivant .maintenue ainsi par Miss Clairol.Seules les teintes Miss Clairol donnent une apparence si naturelle.Extrêmement faciles à utiliser, elles ne demandent que quelques minutes! Et elles gardent les cheveux chatoyants.Les coiffeurs du monde entier préfèrent les teintes Miss Clairol à toute autre, parce qu\u2019elles ne déçoivent jamais.Ils savent pouvoir se fier à son action exactement prédéterminée qui masque vraiment le gris.Et, Miss Clairol donne non seulement un coloris absolument naturel aux cheveux, elle les rend souples, soyeux.Essayez Miss Clairol CREME F1 O R MULA miss1 CLAIROL HA,R color bath- ,he naturaMook,ng ha.rcolor.ng lightens «s it colors NATURAL.LOOKING COLOR .COVERS GRAY COMPLETELY miSS CLAIROL $ i* to 5(0 5 K n ?aujourd\u2019hui même.En formule crème ou ordinaire.Guaranteed 1 Good Housekeeping _ADVERTISED^ t HAIR COLOR BATHt UNE TEINTE D\u2019APPARENCE NATURELLE \u2022 PLUS DE FEMMES SE SERVENT DE MISS CLAIROL QUE DE TOUS LES AUTRES COLORANTS RÉUNIS *Marque de Commerce de Clairol Inc.of Canada, Knowlton, P.Q.Tous droits réservés.\ttMarque Enregistrée LA REVUE POPULAIRE MAI 1962\t55e année, No 5\tMONTREAL - SOMMAIRE- EDITORIAL 3 Un réveil de fierté nationale .\t.Francine Montpetit CHRONIQUES 5\tMademoiselle Populaire 6\tLa Boutique Fantasque .6 Un Certain Sourire .\t.\t.8 Embellir la Maison .\t.12 A Livre Ouvert .18 Rendez-vous avec Michelle ARTICLES 10 Qui est cette Femme ?.\t.24 La Beauté de Cléopâtre .26 Michèle Morgan .28 Serai-je une jolie maman ?34 Je suis Taureau .44 Les bons Plats à l\u2019Ananas .50\t« Twist » dans le Soleil .REPORTAGE 38 J\u2019ai un enfant pas comme les autres Renée Pelletier-Rowan ROMAN 22 Une Preuve d\u2019Amour.Claude Serv DIVERTISSEMENT 55 Mots Croisés.Hector Riopel .\t.Luc Simon .\t.Dr Guy Boisclair .\t.\t.\t.Luc Simon .Pierre Tisseyre Michelle Tisseyre .\t.\t.Hélène Pilotte .Marie-Noëlle Stien .Hélène Pilotte .\t.\t.\t.J.Gauvain Jean-Marie Tremblay .Germaine Gloutnez .Francine Montpetit Rédactrice en Chef : FRANCINE MONTPETIT Directeur Artistique :\tGILLES MORIN ADJOINTS A LA REDACTION : Michelle Tisseyre, Renée Pelletier-Rowan, Germaine Gloutnez, Marie-Noëlle Stien, Luc Simon, Stéphanie Paquet, Emilia B.- Allaire, Jean-Marie Tremblay, Hélène Pilotte NOTRE PAGE COUVERTURE : 2/4 contre 4/4 et en avant la musique ! Modernes comme le « twist » la nouvelle danse qui fait fureur, nous vous offrons ce mois-ci des ensembles colorés et amusants, créés pour la canadienne par la compagnie Shamrock.Jeunes, pratiques et de prix extrêmement raisonnable, les cotonnades lavables de Shamrock conviennent à toutes les personnalités.Le twist est jeune.votre silhouette aussi ! Et en avant la musique ! 2/4 contre 4/4 ! (Les modèles de la couverture font partie des ensembles « twist » de Shamrock.La photo est de Dik Nye.) LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l\u2019A.B.C.et de l\u2019Association des éditeurs de Magazines du Canada, LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE, 975-985, rue De Bullion, Montréal 18, P.Q.(Canada).Téléphone : UN 1-5757* G.POIRIER, JR, B.Com., président ; W.M.WILKINS-WLEKLINSKI, L.L.M., M.Ec.Sc., vice-président ; A.POUPART, JR, B.C.L., secrétaire ; CHARLES SAURIOL, chef de la publicité; ODILON RIENDEAU, chef du tirage.Abonnement à LA REVUE POPULAIRE (Canada) : 1 an, $1.50; 2 ans, $2.50; (Etats-Unis): 1 an, $2.00; 2 ans, $3.50; (au numéro : 20 cents).Published monthly at 975 De Bullion St., Montreal, P.Q.55th year, No 5.Second class postage paid at Saint Albans, Vermont.« Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication.» UN REVEIL DE FIERTE NATIONALE Un député de Vancouver a récemment déclaré : « Pourquoi faire tant de cas du Canada français et des Canadiens français ?Si nous attachons trop d'importance à leurs revendications, il nous faudra bientôt écouter celles des Italiens, des Hongrois et de tous les immigrants qui ont trouvé refuge chez nous .» Cette citation, tirée d\u2019un article paru dans un quotidien montréalais a de quoi faire bondir d\u2019indignation n\u2019importe quel citoyen aussi désintéressé soit-il de la chose politique.Si l\u2019idée de l\u2019indépendance prend tant de force et revêt de moins en moins le caractère insidieux qu\u2019elle avait il y a encore cinq ans, c\u2019est que certains Canadiens anglais nous forcent peu à peu à y penser, puis à l\u2019accepter.Sans rejeter d\u2019emblée ce que nous avons à apprendre d\u2019eux (sur le plan des affaires, par exemple), il reste, malgré la bonne volonté de la majorité, que nous en sommes arrivés à un point de saturation.Nos voisins ontariens le sentent bien qui consacrent des pages entières à l\u2019étude du séparatisme.Pour la femme, ce mot n\u2019a pas encore de résonnance bien précise.Elle n\u2019arrive pas, dans les trois-quarts des cas, à analyser les avantages et les désavantages d\u2019une aussi gigantesque entreprise.C\u2019est que justement, aucun des mouvements existants ne lui a encore apporté de solutions concrètes à ses problèmes.La femme, malgré tout ce qu\u2019on dit d\u2019elle, regorge de sens pratique : elle pense allocations, services sociaux, pension de vieillesse.En d\u2019autres termes, elle déteste patauger dans l\u2019idéologie et préfère la brutale réalité.En général, celle qui s\u2019objecte au séparatisme est depuis longtemps en rappport direct avec des Canadiens de langue anglaise.Des amitiés sont nées, des relations d\u2019affaires se sont établies, et elle se sent parfaitement heureuse dans un milieu qui l\u2019accepte et la comprend.En raisonnant ainsi, elle fait abstraction de certains problèmes qui touchent la majorité et renonce à analyser la situation dans son entité.Celle qui adhère au mouvement est déjà plus renseignée.Elle a lu les journaux et les volumes publiés sur le sujet, regardé des émissions de télévision, suivi les conférences de presse.Elle a jugé le séparatisme et l\u2019a accepté en toute lucidité.Cette femme est seule, seule à se battre pour une idée qui n\u2019a pas encore gagné la masse.Qu\u2019on ne proteste pas.Il n\u2019y a pas tellement longtemps, une enquête menée à la télévision nous le prouvait.De toutes les femmes interrogées, une sur cinq était vaguement au courant.Les autres fuyaient, répondaient à peu près ou niaient avoir déjà entendu parler de séparatisme.J\u2019en reviens à ma première idée : le séparatisme n\u2019a rien gagné en sens pratique.Ce point acquis, il gagnera les femmes.Mais elles n\u2019auront pas fini de s\u2019interroger, parce qu\u2019elles exigeront beaucoup du R.I.N.ou de tout autre mouvement du même genre.La multiplicité de ces mouvements est au départ un argument contre eux.Pour être encore plus forts, il faudrait qu\u2019ils s\u2019unissent dans une pensée commune, qu\u2019ils trouvent des adhérents susceptibles de les aider sur tous les plans : économique, politique, culturel.Il ne suffit pas que la solution des problèmes soit pensée .il faut satisfaire les québecquois en la trouvant et en prouvant la possibilité de son application pratique.La femme a toujours eu une énorme influence sur l\u2019homme et il ne faudrait pas que les indépendantistes négligent cet aspect de la question pour en arriver à soulever les sentiments populaires.Qu\u2019ils ne disent pas : nous aurons les hommes et le reste viendra par surcroît.La femme n\u2019est pas un « reste ».elle est un « produit » complet.La solution véritable ne se trouve-t-elle pas simplement dans une affirmation toujours plus grande de nos droits et de nos revendications ?En d'autres termes, l\u2019indépendance n\u2019est-elle pas une potion amère, que le Québec malade se refuse d\u2019avaler ?Le gouvernement actuel qui, par certains actes fermement posés, semble faire comprendre que la Province ne se laissera plus désormais marcher sur les pieds, n\u2019est-il pas en train de résoudre la question sans bouleverser pour cela le pays tout entier ?Autant de questions que la femme curieuse se pose.La situation actuelle, c\u2019est nous-mêmes qui l\u2019avons créée, voulue, pensée.A nous de nous en sortir honorablement .et le moyen le plus honorable sera le bon.\tF.M.EDITORIAL FRANCINE MONTPETIT m La Revue Populaire, mai 1962 3 i Montera-t-il ou ne montera-t-il pas?La Joule est nombreuse et, vêtue de ses plus beaux atours, elle attend avec emotion, l heure du depait! ' üiii ***** Aujourd\u2019hui, l\u2019avion fait partie de la vie de tous les jours.Seul un départ pour une autre planète pourrait susciter l\u2019intérêt des premiers décollages.La mode en 1910 A cette époque, l\u2019avion, ce nouveau mode de transport, fascinait les grands comme les petits.Tout le monde attendait, le coeur serré, lorsqu\u2019un \u2019\u2019homme-oiseau\u201d se préparait a décoller cahin-caha, pour décrire un cercle dans le ciel et venir ensuite atterrir, non moins péniblement.En Amérique, la chanson à la mode était, ajuste titre, \"Come Josephine in my flying machine .Marie Dressier, actrice d\u2019origine canadienne, connaissait alors ses plus grands succès.Une Ford neuve se vendait $950.00 et le bacon, 25^ la livre.Une famille de cinq personnes s\u2019habillait, des pieds à la tête, pour $100.00 seulement.Toute femme élégante avait, dans sa garde-robe, un corset aux dimensions impressionnantes, un chandail descendant jusqu\u2019aux genoux, un parasol, un tailleur de coupe masculine et un chapeau a larges bords aux nombreuses garnitures.La mode en 1962.Vous projetez peut-être de partir en jet pour l\u2019Europe cet été, car prendre l\u2019avion est devenu chose presque aussi familière que de se rendre au chalet, en voiture, pour la fin de semaine.Pour ce voyage, vous emporterez, dans une seule valise, des vêtements ne nécessitant pas de repassage.Vous serez toujours impeccable, même si vous êtes constamment en train de défaire et refaire votre valise.Vos chandails, vos tailleurs, vos robes vous iront à la perfection parce que vous aurez eu la precaution d\u2019emporter avec vous deux soutiens-gorge Magic-Cling* de Playtex*.Le Magic-Cling est tellement efficace! En fin coton égyptien et nylon joliment brodé, ce modèle irrésistible offre une caractéristique exceptionnelle.Le Magic-Cling présente, dans le dos, un ruban élastique qui ne glisse pas.Ce ruban assure la fixité absolue du Magic-Cling.Celui-ci moule a merveille, ne glisse pas, ne remonte pas, ne serre pas.Le devant, comme le dos, reste bien en place.L\u2019insertion élastique spéciale des bretelles vous permet toute liberté de mouvements, en tout confort.Le Magic-Cling est toujours confortable.Demandez à voir le nouveau Magic-Cling.Portez-le à la maison, comme en voyage.Vous obtiendrez la silhouette de vos rêves.Magic-Cling de Playtex, est en vente chez votre fournisseur habituel.En blanc, 32A à 38C,$3.00 Le Magic-Cling est tellement plus seyant.Il assure un maintien intégral et un confort absolu! Le devant, comme le dos, reste bien en place.Playtex * * Marques déposées mademoiselle .T~.\u2014 ses populaire IDEES TROUVAILLES TROTS MEDECINS SUR QUATRE LE RECOMMANDENT Lorsque IRENE DE MONTREAL présente une collection de chapeaux, elle ne peut réprimer son sens de l\u2019humour et de la fantaisie .c\u2019est tant mieux pour nous.Ce chapeau pour le soir, elle l\u2019a baptisé : « Trois médecins sur quatre le recommandent ».le calot en tulle avec son nuage d\u2019organza noir encadre bien le visage ; c\u2019est un modèle seyant, flatteur qui vous donnera à vous, ou du moins aux autres, l\u2019impression d\u2019être toujours jeune et jolie .c\u2019est un chapeau qui remonte le moral ! EN FURETANT DANS LES MAGASINS Mlle Populaire a découvert pour vous trois produits de maison fort pratiques.Le premier, le savon liquide Gossard, un savon qui se dissout instantanément dans l\u2019eau froide.Idéal pour le lavage des vêtements élastiques (gaines, soutiens-gorges, bas, etc.), des cachemires et lainages, des soies délicates.\u2014 SI.50 la bouteille de plastique de 12 onces.Le second, un nettoyeur spécial pour les produits Rubbermaid .aussi bien que pour tous les articles de maison en caoutchouc : descentes de bain, fonds d\u2019évier, dessus d\u2019armoire, couvre-marches, carpettes, etc.\u2014 $1.00 la boîte de métal de 16 onces.Le troisième, aussi un nettoyeur, mais cette fois pour enlever les taches sur les tasses, soucoupes, etc.en plastique.Beaucoup de femmes se plaignent qu\u2019après un certain temps, leur vaisselle en plastique se tache et devient peu appétissante.Voici donc un produit facile d\u2019emploi et qui donne de bons résultats ; il s\u2019agit de Topic qui sert également à détacher cafetières et théières.La boîte de poudre de Topic de 8 onces se vend $0.89.LES TISSUS BOUSSAC Cette jolie robe de plage est en coton, mais pas n'importe lequel puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un imprimé en coton de Boussac, maison française que vous connaissez sûrement.Mais ce que vous ne savez peut-être pas c\u2019est que vous pouvez trouver les tissus Boussac, voile léger, loveline, crêpe satiné, voile tergal et tissu éponge en vente dans tous les magasins spécialisés du Canada.\u201e*> - ËiiiiÉÏÏ ¦ LA FATIGUE- UN BIENFAIT INSOUPÇONNE à \"fcr Personne n\u2019aime être fatigué.Pourtant, la fatigue peut être un bienfait insoupçonné.En effet, si nous ne ressentions la fatigue, nous travaillerions sans doute au delà de nos forces.En outre, le diagnostic de certaines maladies, dont la fatigue constitue le symptôme prémonitoire, pourrait être longuement retardé.Il existe plusieurs genres de fatigue et plusieurs causes à celle-ci.Ainsi, il y a la simple fatigue physique que nous ressentons après un effort exténuant.En réalité, c\u2019est là un genre de fatigue bienfaisante\u2014à laquelle il est habituellement très facile de remédier.Un bon repos ou une bonne nuit de sommeil suffit à dissiper cette fatigue.La fatigue peut également être causée par la faible teneur en sucre du sang\u2014 surtout chez les personnes qui déjeunent peu ou point du tout.Toute personne bien portante qui sent la fatigue avant midi devrait prendre un déjeuner qui comprend des aliments riches en protéines\u2014particulièrement de la viande, des oeufs et du lait.De la sorte, elle peut compter sur une provision constante de \u201ccombustible\u201d pour maintenir son énergie.Par contre, beaucoup de gens souffrent d\u2019un genre de fatigue persistante et exténuante qui n\u2019a aucun rapport avec l\u2019effort physique ou le régime alimentaire.C\u2019est la fatigue d\u2019origine nerveuse ou émotive.Provoquée par l\u2019inquiétude, la tension ou l\u2019ennui, cette fatigue sape constamment et insidieusement l\u2019énergie.Si vous êtes constamment fatigué, examinez votre mode de vie.Combien d\u2019exercice régulier prenez-vous chaque jour ?L\u2019activité physique est souvent en effet l\u2019élément le plus nécessaire pour surmonter la fatigue d\u2019origine émotive.Quand c\u2019est possible, on trouvera aussi avantage à changer d\u2019allure ou à se reposer de la routine quotidienne pendant quelques minutes.Si la fatigue persiste, consultez votre médecin.Un examen révélera si cette fatigue est attribuable à une maladie quelconque.En outre, un franc entretien touchant vos soucis peut vous aider à dissiper ces troubles émotifs qui font que vous êtes toujours fatigué.Rappelez-vous que, à propos des genres de fatigue les plus ordinaires, les toniques ne valent à peu près rien.Si la fatigue ne disparaît pas après le sommeil ou le repos, vous devriez éviter de prendre des médicaments non prescrits par le médecin.La fatigue, de même que tout autre symptôme de désordre physique ou mental, devrait faire l\u2019objet d\u2019un prompt examen de la part du médecin.COLLEZ LE COUPON SUR UNE CARTE POSTALE Metropolitan Life Insurance Company, Direction Générale au Canada, Ottawa 4, Canada.Veuillez m\u2019envoyer la brochure gratuite intitulée: \u201cLe Stress\u2014ce qu'il représente pour vous.\u201d 52Z (en moulé s.v.p.) Ville & Zone_ METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY (COMPAGNIE  FORME MUTUELLE) Direction Générale au Canada, Ottawa 4, Ontario La Revue Populaire, mai 1962 5 PHOTO : WAL-MIR ON DEMANDE DE L\u2019ESPACE TïlïIJïïïïïUff Mon amie Alice est une fouinavde.Je l\u2019avais invitée à prendre le thé, hier, aux heures creuses de l\u2019après-dîner.Je m\u2019étais efforcée de tout remettre en place, car Alice est une maniaque de l\u2019ordre.Pourtant, elle ne fut pas sitôt installée sur un fauteuil, que son oeil inquisiteur commença sa ronde sur les meubles, les murs et les planchers.Loin de me formaliser de son indiscrète inspection, je m\u2019en amusais ; ma conscience tranquille ne me reprochais pas le plus petit grain de poussière.Je commis jpourtant une erreur, quand je la priai de m\u2019accompagner à la cuisine pour préparer le casse-croûte.J\u2019ouvrais une armoire quand elle éclata : \u2014\tMa pauvre Geneviève, comment fais-tu pour t\u2019y retrouver dans ce fouillis?Tes tablettes sont tellement surchargées que tout risque de s\u2019écrouler chaque fois que tu ouvres une porte.-Je le sais bien, Alice, mais le moyen de faire autrement ?Je n\u2019ai pas de garde-manger ; je suis forcée d\u2019entasser ma vaisselle et mes conserves dans mon armoire.Je n\u2019ai pas le choix.\u2014\tTu ne sais pas t\u2019y prendre.Regarde: d\u2019abord, tes tablettes sont trop éloignées l\u2019une de l\u2019autre.Tu perds de l\u2019espace.Il y a place pour une planche ou deux de plus.Et puis, qu\u2019est-ce que tu fais de ce grand espace vide au-dessus de ton réfrigérateur ?C\u2019est récupérable, cela.\u2014\tTu ne t\u2019imagines tout de même pas que je vais dépenser pour faire construire une autre armoire.Mon propriétaire me fait payer assez cher mon petit cinq pièces, je n\u2019ai pas de cadeaux à lui faire.\u2014\tQui te parle de faire construire?Tu achètes une a;moire pré-fabriquée en bois naturel.Tu n\u2019es même pas obligée de la fixer au mur ; les dessus du réfrigérateur assure une base solide.\u2014\tJe veux bien te croire, Alice, mais tu avoueras quand même que dans un espace aussi réduit que ma minuscule cuisine, il est difficile de maintenir l\u2019ordre.\u2014\tErreur, ma chère, il y a toujours moyen de trouver de 1 espace de rangement.Tu prends tes boîtes à farine, à sucre, à café et à épices qui encombrent ton comptoir ; elles auraient davantage leur place sur une tablette fixée au mur au dessus de ta cuisinière.Il n\u2019y a pas que les planchers qui peuvent recevoir des meubles, les murs aussi.C\u2019est comme .non, je m\u2019arrête.Tu vas me trouver impossible.\u2014\tNon, non, continue.Tu es trop bien partie.\u2014\tTout à l\u2019heure, quand j\u2019étais assise au salon, ma vue plongeait dans la chambre de tes garçons.Je n\u2019ai pas pu m\u2019empêcher de constater que leurs livres s\u2019amoncelaient en pyramides sur leur commode, comme autant de défis à l\u2019équilibre.\u2014\tMais, ma pauvre Alice, tu as vu l\u2019exiguïté de cette chambrette.Je t\u2019assure qu\u2019il ne reste pas un pouce carré de plancher où poser une bibliothèque.\u2014\tMais encore une fois, pourquoi t\u2019imaginer que tout doive reposer sur le sol ?Tu as certainement entendu parler des rayonnages muraux, aussi jolis que pratiques?\u2014\tJe sais de quoi tu parles.J\u2019v avais pensé aussi ; mais, jamais le propriétaire ne nous autorisera à percer des trotis dans ses précieux murs.\t[Lire la suite page 12] \u201d w * un certain sourire ELLE A HATE DE PORTER DES DENTIERS ! LES GENERATIONS qui nous ont précédés participèrent à une véritable course au trésor dont le prix consistait à échanger les dents naturelles pour deux pièces de prothèse complète.On aimait devenir infirmes ! Toutes les raisons possibles et impossibles furent invoquées pour légitimer cette décision.Ces actes étaient le résultat d\u2019une hystérie collective.On répétait que les dents causaient tous les maux.Les dentistes et les médecins du temps tombèrent eux-mêmes dans le panneau.Il en existe encore un peu trop de nos jours ! ON DESIRAIT POSSEDER des dents comme telle ou telle artiste du cinéma ! On voulait des dents comme celles de la voisine ou de la tante ! On trouvait toutes les raisons possibles pour se faire confectionner des dentiers incassables.Que de personnes demandaient des dentiers avec de la poussière d\u2019or ! On trouvait que celles qui portaient des dentiers avec une ou deux dents en or étaient très chanceuses.Beaucoup de gens avaient hâte que les dents se carient et qu\u2019elles commencent à faire mal afin de pouvoir convaincre efficacement le dentiste.DE NOS JOURS, il existe encore beaucoup trop de personnes imbues de cette erronée et fatale notion.De petites « TETES FOLLES » féminines et masculines invoquent une série de raisons pour essayer de forcer la main du dentiste à procéder à l\u2019extraction générale des dents.La plupart des diagnostics posés par la maman ou le papa ou la tante sont loin de la réalité.L\u2019esthétique facial servira souvent de moto ! On laisse de côté le fait de savoir si les dents sont bonnes et en santé.On veut faire extraire les dents parce que dit-on, elles ne sont pas belles ; d\u2019autres invoqueront le fait qu\u2019elles sont trop longues ou trop petites ou croches.On se fera vider la bouche à cause d\u2019espace ou parce que les gencives saignent.La fameuse pyorrhée réussit admirablement bien à provoquer la perte totale des dents.Ces quelques raisons ne devraient pas justifier pareil acte.Pourquoi ?Parce que souvent, un simple traitement pourrait venir à bout de ces troubles.LA RAISON LA PLUS RIDICULE invoquée est celle qui fait dire à des adolescents et adolescentes ceci : « Docteur, je voudrais avoir des dentiers avec de belles petites dents blanches comme madame une telle ».Ridicule ?Oui, parce que toutes les bouches sont différentes le« unes des autres.Il n\u2019y a pas deux bouches semblables.Heureusement, le nombre faisant partie de cette catégorie diminue sensiblement.L\u2019éducation commence à porter des fruits et l'avenir est franchement très encourageant.CHERES MAMANS, nous comptons sur vous pour inculquer à vos enfants l\u2019idée de conservation.Plusieurs personnes regrettent la perte de leurs dents.Une fois les dents disparues, il est trop tard.Le dentiste ne peut que confectionner des dentiers.C\u2019est mieux que rien, mais les dents naturelles auront toujours leurs places dans la bouche pour aider à mastiquer les aliments et pour agrémenter la forme des visages.Dit GUY BOISCLAIR D.H.D.P., M.R.S.H.6 La Revue Populaire, mai 1962 cLAnne séchant ses cheveux dans le plus grand confort! Anne termine son café parfaitement détendue sous le bonnet de son séchoir portatif.Ce séchoir est silencieux, léger et portatif.Il permet de continuer à vaquer aux occupations pendant que les cheveux sèchent! Le bonnet est muni d\u2019une doublure spéciale qui répartit également la chaleur tout autour de la tête.Vous avez le choix de trois degrés de chauffe et d\u2019une ventilation à l\u2019air frais.une merveilleuse innovation! de plus .vous pouvez, sans enlever le bonnet, toucher vos cheveux afin d\u2019en vérifier l\u2019humidité.Rien de surprenant que plus de Canadiennes choisissent les appareils ménagers de General Electric de préférence à tous les autres.SECHOIR PORTATIF Pour obtenir gratuitement notre brochure contenant des suggestions de cadeaux, écrire à: CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED, Barrie, Ontario.9 9 La Revue Populate, mai 1962 7 LUC SIMON MADAME HERVE FORTIN soumet à mon approbation un choix de couleurs qui me paraît très judicieux.Je me permettrai pourtant une petite suggestion.Le blanc porcelaine légèrement teinté d\u2019abricot donnerait du ton à ces grandes surfaces murales qui.autrement, risqueraient la monotonie, sinon la froideur.Je peindrais abricot le plafond de la cuisine et celui du passage qui est dans son prolongement.Si vous deviez peinturer les portes qui ouvrent sur ce long couloir, alternez le beige et l\u2019abricot : vous rythmeriez ainsi cet espace vide.Pour les armoires de la cuisine, rejetez le vert et appliquez plutôt le beige ou l\u2019abricot.L\u2019arborite gris \u2014 donc neutre \u2014 n\u2019est pas une entrave__ \u2014 Bonne chance, madame, et grand merci pour vos compliments.____ MICHELE DE TROIS-RIVIERES veut faire l\u2019acquisition de meubles de style PROVINCIAL.Elle de-demande s\u2019ils s\u2019adaptent à un cadre moderne et s\u2019ils compliquent le choix des couleurs murales.11 existe le provincial français et le provincial italien Vous ne précisez pas.De même, l\u2019un et l'autre de ces styles offrent plusieurs finis: noyer, acajou, blanc et or, etc.Il vous faudrait d\u2019abord faire un choix.Chose certaine, vous commettriez une erreur en songeant à meubler toutes les pièces de votre appartement dans ce style unique.Imaginez une assemblée composée exclusivement de jeunes femmes blondes portant toutes la même robe ; on n\u2019arriverait même plus à percevoir le charme particulier de chacune, tant la répétition de la même chose \u2014 si belle soit-elle \u2014 engendre la monotonie.De même pour un mobilier : il faut savoir composer des groupes aimables et éviter les rencontres fâcheuses.Par exemple, dans une salle-à-dîner, une belle table ovale aux pures lignes modernes ferait bon voisinage avec des chaises de style provincial ; au salon, les fauteuils de style ressortiront dans toute leui splendeur si les tables qui les cô- NOTRE COURRIER DE DECORATION PHOTO : COURTOISIE DE SINGER SEWING MACHINE COMPANY CETTE NURSERY S\u2019ADAPTE A L\u2019AGE DE L\u2019ENFANT.Un délicieux refuge pour le dodo du bébé a été conçu par Singer.Cette nursery a l\u2019heur d\u2019accommoder et d\u2019enchanter également le poupon, le bébé qui en est à ses premiers pas et le jeune enfant.Lorsqu\u2019il est temps de remplacer le moïse par le berceau *u le lit d\u2019enfant, la chambre s\u2019avère idéale pour la petite fille comme pour le petit garçon.La jupe et la capote du moïse peuvent être confectionnées de nylon matelassé ou de tissu lustré, à motif floral.La jupe est formée de trois volants gradués; l\u2019ampleur de chacun égalant trois fois la circonférence du moïse.Le même tissu est utilisé pour les rideaux café et le lambrequin.Les persiennes intérieures sont peintes de façon à contraster avec le gai papier tenture à papillons.Une combinaison armoire-chiffonnier remplace la garde-robe, pour les petits vêtements.Un porte-vêtement de bois, en forme de girafe, est de la bonne hauteur pour un enfant.toient sont d\u2019un dessin dépouillé.Vous avez compris le procédé ?En d\u2019autres mots, il ne faut pas qu\u2019un très beau morceau se fasse voler le « show » par un entourage trop éclatant.Ainsi sélectionnés, les meubles de style trouvent leur habitat dans n\u2019importe quel cadre moderne.Les coloris muraux dépendent de la nuance du bois et des tissus de recouvrement du mobilier.Les meubles de style affectionnent généralement les couleurs chaudes et les imprimés habillés.Madame PROSPER BOULIANNE DE BAIE COMEAU me demande mon avis sur la palette de couleurs qu\u2019elle a choisie pour son appartement de quatre pièces et voudrait des suggestions poui quelques articles complémentaires :\trideaux, carpettes, etc.Vous avez beaucoup de jaune au salon : murs, tapis et un fauteuil.Seul, le divan tranche avec sa masse brune.Il conviendrait donc de choisir des tentures dont le coloris opposerait à cette uniformité un ton complémentaire Je songe, par exemple, à un imprimé aux dominantes bleues.Prélevez sur ce tissu de quoi confectionner quelques coussins qui répéteront le refrain.Dans la chambre de la fillette, vous avez joué sur une douce symphonie de blanc et de jaune.Ici encore, les carpettes donneront l\u2019accent fort avec des tons très vifs : vert jade, violet ou rouge éclatant.L\u2019échantilion de l\u2019imprimé du couvre-lit que vous m\u2019envoyez donne la clef des coloris pour votre chambre.Rideaux rose pâle et tapis empruntant la belle nuance violacée qui compose le fond de cet imprimé.Les rideaux de la cuisine seront confectionnés dans une belle cotonnade aux motifs tangerine et bleus sur fond blanc.Les chaises seront habillées de tangerine.Dans la salle-de-bains, optez donc pour des accessoires couleur pêche.Us s\u2019harmoniseront à merveille au bleu des murs.MADAME J.B.DE LA 3ième AVENUE, QUEBEC aimerait dissimuler des portes vitrées qui font 8 La Revue Populaire, mai 1962 face à sa fenêtre au salon.Elle avait songé à habiller le tout avec des tentures identiques à celles de la fenêtre ; mais elle estime, avec justesse, que cela ferait trop.Elle précise que ces portes vitrées sont le mur d\u2019appui de son divan.Ces portes vitrées sont-elles une source d\u2019éclairage indispensable pour la pièce voisine ?Dans ce cas, il faudrait se contenter d\u2019un voilage très léger qui emprunterait la couleur des murs ou, mieux encore, d\u2019écrans japonais en soie légère ou en parchemin translucide.Si toutefois ces portes n\u2019étaient pas fonctionnelles, il y aurait une solution originale qui consisterait à exploiter la structure même de ces portes pour les rendre décoratives, j\u2019imagine qu\u2019elles se composent de petits carreaux montés sur des cadrages de bois ?Chaque carreau pourrait recevoir une gravure, ce qui composerait un ensemble de petits cadres juxtaposés les uns aux autres et dont l\u2019effet serait des plus attrayants au-dessus dr divan.Il va sans dire que ces gravures seraient toutes de la même inspiration et d\u2019un dessin discret :\tfeuillages, fleurs, oiseaux.MADAME D.P.D\u2019OTTAWA a suspendu sur un mur un grand miroir qui laisse de part et d\u2019autre une surface de trois pieds de largeur.Elle le trouve un peu perdu tout seul dans son coin.Elle se demande si du papier-tenture n\u2019en ferait pas ressortir la beauté ou s\u2019il ne faudrait pas lui adjoindre des chandeliers muraux ou, si encore, une tablette placée dessous ne serait pas un bon voisinage.Un miroir de cette importance doit être soutenu par un élément de mobilier, une jolie table console par exemple.Vous pourriez vous dispenser alors des chandeliers muraux.L\u2019idée du papier-tenture me plaît, pourvu que vous le choisissiez judicieusement d\u2019après les coloris ambiants et que ses dessins soient discrets.LOUISE BOIVERT DE ROUYN a dix-sept ans.Elle partage une grande chambre avec sa jeune soeur.Elle a des problèmes d\u2019aménagement des meubles qu\u2019elle me demande de résoudre.Votre mobilier est assez disparate.11 faudrait pouvoir lui donner une unité de style.Vos parents consentiraient-ils à vous le laisser peinturer blanc ou jaune paille ?Voyez vos deux commodes : l\u2019une est haute et profonde ; l\u2019autre, étroite et longue.Joignez-les de façon à ce que les tiroirs se rencontrent sur une même ligne.Un nouveau dessus en contreplaqué comblera le vide laissé derrière par le meuble étroit.De même, des rayons pour les livres échafaudés sur cette commode rétabliront la différence de hauteur avec l\u2019autre.Vous composeriez ainsi un élément de rangement unique plutôt que deux choses dépareillées.De nou velles poignées orneront tous les tiroirs et compléteront le subterfuge.Le coffre en cèdre que vous jugez encombrant pourrait devenir une commode banquette pour peu qu\u2019on lui adjoigne de jolis coussins, je le placerais, quant à moi, sous la fenêtre quitte à repousser quelque peu les lits vers le mur opposé.Ne gagneriez-vous pas de l\u2019espace en collant ces lits l\u2019un à l\u2019autre plutôt que de ménager cette ruelle entr\u2019eux ?MADAME ALEX BEAULIEU D\u2019EDMUNDSTON, N.B.s\u2019in- g quiète des couleurs à employer pour repeindre les murs de son appartement.je verrais très bien au salon, avec vos fauteuils rouge vin et votre tapis gris et rouge, des murs d\u2019un veit très doux (vert printemps).Plafond blanc.Si vous deviez remplacer votre tapis, prenez donc du gris uni cette fois.Que diriez-vous d\u2019une chaude teinte pêche pour la salle-à-manger ?Elle ferait ressortir votre ameublement en bois naturel.Quant à cette nouvelle armoire que vous faites construire, parez la de la même couleur que les murs.Mettez du blanc au plafond ainsi qu'à l\u2019intérieur de vos armoires.Du jaune pâle dans la chambre.Murs et plafond.Dans la cuisine, vous aimerez peut être des murs blancs.Le plafond et les armoires pourraient se détacher en bleu azur, alors que l\u2019in- fi térieur de ces armoires pourrait reproduire la tonalité pêche de la saile-à-dîner.QUELQUES MOTS DE LUC SIMON Plusieurs correspondants me demandent des réponses personnelles et joignent à leur lettre des enveloppes-réponses affranchies.Te me dois de préciser que cette rubrique est ouverte à tous les lecteurs de La Revue Populaire et, qu\u2019en conséquence, elle ne doit revêtir aucun j§ cachet privé.Les conseils que je prodigue ici constituent une sorte de service public ; je ne saurais en aucun cas en faire une affaire personnelle.Je me refuse aussi aux consultations | par téléphone.Il est donc inutile de demander mon numéro à mes employeurs, à la Revue.Qu\u2019on sache également qu\u2019une revue mensuelle exige une longue préparation.Le numéro que vous lisez aujourd\u2019hui était déjà pensé, il y a deux mois.Ceci pour expliquer qu\u2019il m\u2019est impossible de répondre immédiatement aux lettres reçues pendant le mois.N\u2019attendez donc pas à la toute dernière minute pour me faire parvenir vos problèmes.[ Lire la suite page 12 ] g rs UNE 1 beconde Doue lie Merveille A LA MAISON SURTOUT S\u2019IL S\u2019AGIT D\u2019UNE CABINE À DOUCHE FIAT PRÉFABRIQUÉE! GAIN DE TEMPS Et gage de bonne humeur\u2014la cabine à douche FIAT préfabriquée supprime l\u2019énervement du matin alors que toute la famille attend son tour à la salle de bain.En quelques minutes, papa et tous les enfants peuvent prendre leur douche et partir bien dispos vers le bureau ou l\u2019école.GAIN D\u2019ESPACE 3 pieds carrés voilà tout l\u2019espace nécessaire pour installer une cabine à douche FIAT.Encastrée dans un mur, ou placée dans un coin, elle peut être installée n\u2019importe où .dans la salle de bain .dans un placard .dans la salle de jeux .sous l\u2019escalier de la cave .ou peut-être dans le garage.GAIN D\u2019ARGENT FIAT a su combiner parfaitement la plus haute qualité au prix le plus raisonnable.La raison en est simple: les éléments sont préfabriqués.Votre plombier les reçoit au complet dans \u201cun seul paquet\u201d.Il peut les assembler et installer les tuyauteries en moins de temps.et à moindre prix., ^ .\u201c /\u2019 LA \u201cCADET\u201d ANGULAIRE FIAT est une cabine à ^ douche spacieuse qui utilise le minimum d\u2019espace.Ses lignes classiques et lisses embelliront votre intérieur.Les cabines à douche FIAT, si faciles à installer, sont livrées dans un seul carton.Elles sont offertes en blanc ou dans un choix de jolies couleurs décoratives.Voyez votre plombier dès aujourd\u2019hui! Demain vous apprécierez votre cabine à douche FIAT! PRODUCTS LIMITED TORONTO \u2022 ORILLIA \u2022 MONTRÉAL Reps: Vancouver \u2022 Edmonton \u2022 Saint-Jean, N.-B.La Revue Populaire, mai 1962 Sur le plateau C, en face du bar, au bout du couloir, elle risque sa tête.Elle a tué un homme.Il l\u2019avait déshonorée en l\u2019accusant d\u2019avoir trompé son mari.Mais c\u2019était un faux témoignage, car l\u2019homme était à la solde du mari.Elle s\u2019est vengée .mais le crime ne paie pas et elle sera traînée dans la houe après avoir été un moment adulée par la foule.qui est cette femme Ô\\§) .\ta.-.,/ a.-.,.W*- « * a iiaVaYA*91 g.V- 2.\tEntre temps, mesurer l\u2019eau tiède dans un grand bol; ajouter en remuant 1 c.à thé de sucre.Saupoudrer avec la levure.Laisser reposer 10 mn, puis bien brasser.Incorporer le mélange d\u2019avoine tiédi et I tasse de farine.Battre en pâte lisse et élastique.Ajouter petit à petit la farine suffisante pour faire une pâte molle (env.2% tasses de plus).3.\tSur une planche farinée, pétrir jus- mmm qu\u2019à ce que lisse et élastique.Placer dans un bol graissé.Graisser le dessus.Couvrir.Laisser lever au chaud, à l\u2019abri des courants d\u2019air, jusqu\u2019au double du volume (env.1 h Vf).4.\tAbaisser la pâte avec le poing.Renverser sur la planche et pétrir jusqu\u2019à ce que lisse.Diviser en 2 parties ,V l -ixP \\\\ égales.Couvrir d\u2019un linge et laisser reposer 10 mn.Façonner en pain chaque moitié de pâte et la placer dans un moule à pain graissé, de 4'/2 pouces sur 8V2, mesures du haut à l\u2019intérieur.Graisser le dessus.Couvrir.Laisser lever au double du volume (env.40 mn).Cuire à four chaud (400°) de 45 à 50 mn.Pour 2 pains.Procurez-vous ce magnifique livret de recettes illustré en couleurs: \u201cLe Secret des Pâtes à la levure\u201d.Envoyez 25^ en espèces ou 10 sachets vides de Levure Fleischmann à : STANDARD BRANDS LIMITED, Service des Consommateurs, Section C, 550, rue Sherbrooke Ouest, Montréal, P.Q.La Revue Populaire, mai 1962 35 UNE PREUVE D'AMOUR faut que cette demoiselle de Paris arrive pour parler, pour remuer de l\u2019air, s\u2019intéresser à la vie d\u2019ici.c\u2019est drôle.Une cloche sonne \u2014 l\u2019appel de Nanou pour le déjeuner.Sylvaine n\u2019en revient pas \u2014 la matinée a passé si vite.elle n\u2019est même pas descendue encore dans le jardin et il est déjà midi.Assises l\u2019une devant l\u2019autre \u2014 loin l\u2019une de l\u2019autre car la table est immense dans cette immense salle à manger, Sylvaine mange à peine.Elle regarde sans cesse Marianne.Cette nourriture des yeux semble lui suffire \u2014 et elle bavarde, racontant le pays, les gens, les sales Allemands qui sont partout, et papa qui n\u2019est jamais là.\u2014 Jamais îà ?\u2014 Oh.si rarement.Et quand il est là, ou il s\u2019enferme dans la bibliothèque, ou il s\u2019en va encore.\u2014 Où va-t-il donc ?\u2014 Je ne sais pas.\u2014 Sylvaine, que ferons-nous cet après-midi ?Je vous propose deux choses : ou nous restons, et je vous confectionne une poupée de ma façon.ou nous allons faire un grand tour car le temps est beau et j\u2019aimerais connaître un peu le pays.On a opté pour cette dernière solution.Sylvaine s\u2019emmitoufle vite, chausse ses sabots, et, en route.Dehors le temps s\u2019est adouci.Le pâle soleil de décembre, dans cette Bretagne du sud au climat doux, appelle à la marche.On respire tellement mieux ici qu\u2019à Paris.Marianne se sent reprise par « le pays » \u2014 son âme bretonne se décontracte \u2014 tout lui paraît acceptable, agréable même.Elle commence à être attendrie, attirée par cette petite fille solitaire qui se livre vite et à laquelle elle fera du bien, elle en est sûre.En passant devant la niche du chien, Marianne se penche : \u2014 Où est-il, votre chien ?on ne le voit pas ?-\u2014 Il boude.ou il a froid.\u2014 Eh bien, il va se réchauffer avec nous.Et Marianne accroupie devant la niche, appelle la bête qui se profile doucement, craintivement, au bord de sa maison de bois.C\u2019est un bel épagneul roux, au poil doux et doré, mais terni par la paille et par le manque d\u2019exercice.Il avance en rampant, avec précaution à l\u2019appel de cette voix inconnue, l\u2019oeil inquiet, la queue basse.¦\u2014Allons.n\u2019aie pas peur, mon vieux.Et, d\u2019une main douce, Marianne lisse le poil qui tressaille légèrement.\u2014 Peut-on le détacher ?Sans attendre la permission, elle défait le gros crochet qui tenait la bête captive.Celle-ci hésite, regarde Sylvaine médusée et s\u2019élance droit devant elle jusqu'au bout de la cour.\u2014 Mademoiselle.qu\u2019avez-vous fait.il ne va plus revenir.Poker.Poker.ici.C\u2019est la deuxième conquête que Marianne ait fait en une journée car Poker, libre enfin \u2014 est-ce reconnaissance ?est-ce attraction ?est-ce instinct ?\u2014 Poker ne la quittera plus.A partir de cette heure bénie où le chien a connu la liberté grâce à elle, il sera le compagnon fidèle, permanent de la jeune fille \u2014 son plus sûr ami.Le petit chemin qui mène au château de Guéménec au bourg longe la rivière sinueuse.Il est à peine assez large pour y laisser passer, en se serrant, les deux compagnes précédées de Poker, un Poker inconnu, queue en l\u2019air et museau au vent, faisant mille tours, apparaissant, disparaissant, bondissant après une mouette, se jetant sur un terrier, ivre d\u2019air et de joie.De chaque côté du sentier se dressent de hautes fougères à peine roussies par l\u2019automne finissant, dentelles légères qui caressent le visage et répandent une vague odeur sucrée.Quelques-unes sont restées vivaces, encore vertes, et Marianne en cueille, s\u2019en charge les bras, en est toute cachée.\u2014 Que voulez-vous en faire ?c\u2019est laid, déclare Sylvaine avec mépris.\u2014 Laid 1 Vous verrez comme les deux grands vases, dans ma chambre, ne trouveront pas ça laid, eux.Ils ont l\u2019air bêtes, tout vides.Vous n\u2019aimez pas les fleurs, Sylvaine ?\u2014\tPeuh.les fleurs, oui, mais pas les fougères.\u2014\tIl faut se contenter de ce qu\u2019on a, voyez-vous.Pas de fleurs, prenons des feuilles.pas d\u2019amie ?prenons une poupée.\u2014\tMais.j\u2019ai peut-être une amie, maintenant, dit Sylvaine en hésitant.__\t7 L\u2019enfant rougit, toussotte et boude un moment.« La demoiselle n\u2019a pas voulu comprendre ?eh bien.qu\u2019elle ne comprenne pas.Je ne lui ferai jamais plus d\u2019avance.je la déteste., oui.je suis bien bête.Elle va voir, quand je déteste quelqu\u2019un.» La promenade se poursuit en silence.Sylvaine affecte d\u2019ignorer Marianne \u2014 Marianne qui est en train d'éprouver la fillette.\u2014 elle lui a quitté la main et marche devant, muette.A l\u2019entrée du bourg, la silhouette d\u2019un Allemand se profile, faisant les cent pas le long du quai.C\u2019est un jeune garçon d\u2019une vingtaine d\u2019années, le fusil sur l\u2019épaule, les mains sûrement gelées car elles serrent à peine le fusil qui semble tenir par habitude.Au passage des deux promeneuses, il murmure un vague : « Pon-jour.» dans une langue qu\u2019il manie à peine mais qu\u2019il est fier d\u2019employer.D\u2019inst.nct, Sylvaine se rapproche de Marianne, comme pétrifiée de peur.Sont-ils donc si terribles, les occupants, pour que leur vue seule fasse déjà peur ?Le coeur de Marianne se serre, lui f-.t mal: «Est-ce que Frantz, lui aussi, fait peur aux enfants ?Mon Dieu, épargnez-moi de voir jamais Frantz sous ce costume.jamais.jamais » \u2014 Que dites-vous ?Sans doute Marianne a pensé tout haut car Sylvaine a entendu le mot « jamais » prononcé à voix basse, mais distinctement : « Jamais quoi ?» réitère l\u2019enfant.\u2014\tJ\u2019ai dit « jamais », vous croyez ?\u2014\tOui.oui.j\u2019ai entendu.\u2014 Jamais?Ah, oui.je me disais que jamais.un Allemand.sans doute, ne pourrait faire de mal à un enfant.Oui.c\u2019est cela., c\u2019est ce que je me disais.Sylvaine regarde Marianne avec un drôle de regard.La demoiselle aimerait-elle les Allemands, par hasard ?Ça, ce serait vraiment terrible, car Sylvaine les déteste, comme son père aussi, les déteste.\u2014 Moi, je suis sûre du contraire, jette l\u2019enfant violemment.Ici, ils ont été ter- ribles, méchants, féroces.Demandez à la jeune fille de la poste.vous verrez ce qu\u2019elle vous dira.Et papa.oh.papa.il ne peut pas les voir.Si vous dites « jamais » devant papa.eh bien- Marianne ne répond rien.L\u2019aveu proche qu\u2019elle avait sur les lèvres, elle le retient brusquement.C\u2019est impossible, elle s\u2019en rend bien compte, dans ce pays âpre et plus dressé qu\u2019un autre devant l\u2019ennemi présent et redouté, et haï, c\u2019est impossible d\u2019avouer qu\u2019autre-fois, c\u2019est naturel qu\u2019un amour naisse entre un Allemand et une Française.On ne comprendrait pas \u2014 elle serait suspecte \u2014 on la chasserait.\u2014 Mais pourquoi, si votre père déteste tellement les Allemands \u2014 ce que je comprends bien, moi aussi, dit-elle lentement, pourquoi ne s\u2019est-il pas battu.comme les autres.Peut-être est-il trop âgé ?\u2014 Papa?.mais non.il a 3G ans.\u2014 Alors.?\u2014 Alors.je ne sais pas \u2014 c\u2019est à cause de son pied, je crois.\u2014 Ah, oui.\u2014 Vous savez, il a mal au pied.\u2014 Oui.oui.Yvon me l\u2019a dit.\u2014 .mais ça ne se voit pas, ajoute fièrement Sylvaine comme pour défendre son père qu\u2019elle croit attaqué.Il court vite.il a 36 ans.et.c\u2019est vrai que la guerre est finie.qu\u2019il n\u2019y a plus rien à faire.Marianne songe âprement à François, à François dont il y a plus d\u2019un mois qu\u2019elle n\u2019a de nouvelles, à François qui a 17 ans et qui vit traqué, caché comme une bête quelque part dans la brousse et qui luttera pour la défendre, le jour où il pourra réellement se battre.Que fait donc ce monsieur de Guéréault, avec ses 36 ans, dans sa belle demeure, lui qui, pourtant, déteste les Allemands ?Marianne ne le connaît pas encore, mais elle sent bien qu\u2019elle le méprise déjà, avec le mot « d\u2019embusqué » au bord des lèvres.\u2014 A quoi passe-t-il son temps, votre papa, hasarde Marianne ?Il n\u2019y a pas grand\u2019chose à faire, en ce moment.Pourquoi vous laisse-t-il si souvent seule ?\u2014 Il s\u2019occupe de son herbier.\u2014 De son herbier ?\u2014 Bien sûr.C\u2019est très joli, très captivant.Je vous montrerai ses albums.quand il ne sera pas là, ajoute la fillette avec mystère.Il n\u2019aime guère qu\u2019on y touche, mais je vous les montrerai tout de même.\u2014 C\u2019est à cause de son herbier, alors, qu\u2019il n\u2019est pas là ?\u2014\tOui, il va chercher loin les plantes qui lui manquent.Il faut aller souvent, surtout l\u2019hiver, vous comprenez.car elles ne poussent pas partout.\u2014\tAh, oui.je vois.Marianne a répondu « je vois » au hasard, pour clore cette conversation qui l\u2019écoeure un peu.Elle vient d\u2019évoquer deux camps : Frantz \u2014 François.Cela seul compte.Les autres.Le retour au château, à la nuit qui descend vite, rend plus agréables encore les grands feux qui brillent dans toute la maison.Marianne a obtenu que Poker entre, lui aussi \u2014 il est si doux, si obéissant depuis sa brusque mise en liberté qu\u2019on peut l\u2019admettre près de soi \u2014 au chaud \u2014 avec des présences humaines.\u2014 Vous voyez, Sylvaine, qu\u2019on ne peut vivre seul.Je suis sûre que vous allez vous détendre, vous dilater près de moi, et que le brave Poker, lui aussi, sera notre compagnon permanent au lieu d\u2019être une pauvre bête solitaire, cachée au fond de sa niche.\u2014 Oui.mais que va dire papa ?\u2014 Pourquoi ?c\u2019est votre père qui le retient attaché ?Encore une raison pour rendre ce père inconnu plus antipathique à Marianne.« Décidément, je ne suis plus guère pressée de le connaître, songe Marianne.D\u2019ailleurs, je m\u2019arrangerai pour le rencontrer le moins souvent possible.Cela me paraît facile, car il semble plus occupé de ses plantes que de sa fille.» A peine a-t-elle cette pensée, pendant qu\u2019elle cherche un livre dans la haute bibliothèque dont les reliures brillent sous l\u2019éclat vif des bûches proches, que la porte s\u2019ouvre en coup de vent et qu\u2019apparaît monsieur de Guéréault.Son premier regard est pour Poker, couché près du feu, et qui a dressé les oreilles au bruit des pas.A la vue de son maître, il se précipite vers lui, lui lèche les mains avec amour et crainte, la queue basse et rentrée entre les pattes.On dirait qu\u2019il sent qu\u2019il a fait mal, qu\u2019il a peur qu\u2019on le chasse.Monsieur de Guéréault s\u2019approche du chien, lui caresse doucement la tête, se baisse et, contre le museau, comme à un ami, il dit : « Tu sais bien, Poker, qu\u2019il ne te faut pas la liberté, mon pauvre vieux.Ta liberté.ce serait me.Mais qui t\u2019a détaché ?-\u2014 Moi, monsieur.La voix est sortie de l\u2019ombre.Dans la demi-lumière que jettent les bûches, Marianne apparaît, dressée bien droite, enveloppée de reflets dorés, ses blonds cheveux flamboyants et belle comme une apparition.Monsieur de Guéréault la regarde un moment sans rien dire, surpris et médusé, s\u2019attendant si peu à cette vision qu\u2019il ne trouve pas de mot pour s\u2019exprimer.Marianne vient à lui sans hâte \u2014 elle redoute un peu les reproches du maître de maison mais ne les évite pas.Pour rompre le silence, elle se présente : « Marianne Le Goffic.monsieur.je suis la personne que vous attendiez.auprès de votre fille Sylvaine.» Monsieur de Guéréault a repris son aplomb.Il tend la main à Marianne, cherche des yeux sa fille et appelle : « Sylvaine.Sylvaine.?Je vais vous la présenter, mademoiselle.» Marianne éclate de rire : « Me la présenter, monsieur ?mais nous sommes déjà deux amies.» \u2014 Deux amies, Sylvaine et vous ?\u2014 Mais oui.Je devrais dire: trois amis puisque, sans votre permission, j\u2019ai détaché Poker et que je crois qu\u2019il m\u2019en est très, très reconnaissant.Qu\u2019est-ce qui a pu se passer pour que Sylvaine, en si peu de temps, se civilise ainsi ?son père n\u2019en revient pas.Sa sauvageonne ne se ressemble plus.Elle est descendue au dîner les cheveux bien coiffés, les mains propres, avec un petit sourire au coin des yeux qui lui est peu habituel.Sans doute Marianne est la magicienne qui a provoqué ce miracle.Elle occupe, à table, une place restée depuis si longtemps vide que monsieur de Guéréault, en l\u2019y voyant assise, sent son coeur se troubler.Il y a huit ans que la comtesse est morte \u2014 huit ans.Depuis, DESTINATION : VOYAGE DE NOCES ! Vous vous rappelez le mois dernier ?La Revue Populaire, en collaboration avec le Canadien National, vous offrait une série de voyages convenant à toutes les bourses.Les prix indiqués étaient ceux de 1961.Pour 1962, ils ont été légèrement modifiés et leurs parcours quelque peu changés.Voici donc les corrections qui s\u2019imposent : PQlir $ 800.00 ______De Montréal à Jasper, au Lac Louise et à Banff (10 jours) Pour $ 504.00 \u2014 De Montréal en Nouvelle-Ecosse à Halifax et le long du « Cabot Trail » \u2014 (8 jours I Pour $ 294.00 \u2014 De Montréal à la Péninsule de Gaspé (5 jours) Pour $ 166.00 De Montréal à New York (4 jours) Pour $ 160.00 De Montréal à Toronto et aux Chutes Niagara (4 jours) Pour $ 44.00 \u20141 ne fin de semaine au Château Laurier à Ottawa.11 est à noter que les prix mentionnés sont toujours pour DEUX personnes.Pour obtenir des renseignements supplémentaires, il faut s\u2019adresser au bureau des ventes du Canadien National (877-3650 pour Montréal) ou à n\u2019importe quelle agence de voyage.La Rédaction 36 La Revue Populaire, mai 1962 UNE PREUVE D'AMOUR il vit seul, le coeur, l\u2019existence vides.Sylvaine est bien là, sans doute, mais a-t-elle jamais complètement comblé sa solitude ?Il est resté en marge de la société, seul au milieu de ses souvenirs \u2014 et ses souvenirs, peu à peu se sont estompés, ont reculé dans l\u2019espace, se sont évanouis.La vie sans but a continué son rythme pendant des années dans la grande demeure presque abandonnée par ses hôtes.Xavier de Guéréault s\u2019est replié sur lui-même, laissant les heures, les mois, les années s\u2019écouler sans rien imaginer qui puisse changer le cours des choses.Et puis, brusquement, la guerre a éclaté.Mais quoi faire ?que faire de bon comme soldat dans une guerre dont il ne pouvait faire partie à cause de son pied infirme ?Il a donc assisté de loin au cataclysme de son pays \u2014 inutile et absent.Depuis- Tout cela, il l\u2019explique à Marianne, les rares soirs où il est au château.Cela a créé une intimité immédiate entre eux \u2014 intimité ?plutôt amitié qui commence à faire son chemin, dans le coeur de l\u2019un et de l\u2019autre.Xavier a trouvé auprès de la jeune fille instruite, intelligente, curieuse, une auditrice attentive et intéressée.Il a, lui-même, une haute culture, et sans le drame qui a endeuillé sa vie, serait-il resté ainsi, perdu au milieu de ses landes, sans aucun but ?Non, sans aucun doute.Mais il s\u2019est détaché progressivement de tout, semble-t-il, et son herbier seul le captive.Marianne voudrait bien lutter contre cette apathie apparente, l\u2019attacher à quelque chose d\u2019actif, lui redonner goût à l\u2019existence.Que pourrait-elle suggérer ?L\u2019attrait de la terre ?il n\u2019y a pas d\u2019écho \u2014 des recherches littéraires ?il n\u2019y a pas de centres culturels dans le pays, et Rennes est trop loin, maintenant, sans moyens de communication.Marianne n\u2019ose pas encore parler de la Résistance \u2014 le sujet brûle ses lèvres, mais jamais le comte n\u2019a fait allusion aux Allemands, à leur présence permanente, à leurs crimes répétés dans le pays.Peut-elle lui en parler la première ?lui suggérer que là, il y aurait à faire, certainement.Quand elle fait allusion aux ennemis qui occupent le petit bourg, le comte paraît agacé, fuyant.Est-ce que Sylvaine aurait raconté sa première promenade avec mademoiselle, et ses craintes de la croire prête à les excuser ; jamais les Allemands.Ce « jamais », comment Sylvaine l\u2019a-t-elle interprété ?Elle avait paru choquée de l\u2019explication un peu embarrassée de sa gouvernante, explication qui cachait mal un mensonge, alors qu\u2019en parlant Allemand, elle pensait Frantz.Depuis, Frantz est loin \u2014 il semble à Marianne qu\u2019une partie de sa vie s\u2019efface, peu à peu, que son attachement de jeune étudiante pour l\u2019étudiant étranger n\u2019était, au fond, qu\u2019assez puéril.Dans son coeur, maintenant, un sentiment autrement profond s\u2019incruste.Depuis qu\u2019elle vit au château, c\u2019est à un homme fait, souffrant, compréhensif qu\u2019elle a affaire.Quelle différence de ton ont leurs entretiens, comme sa présence est un réconfort, une sécurité.Malgré son inaction, l\u2019air rêveur et absent qu\u2019il a quelquefois, surtout au retour de ses mystérieuses randonnées, Marianne sent bien qu\u2019il lui cache quelque chose : « Ce n\u2019est pas possible qu\u2019un herbier représente le seul agrément, le seul souci d\u2019un homme intelligent, sensible, doué pour des travaux supérieurs.Il est dans la force de l\u2019âge, solide, bien portant.A peine quelques fils blancs s\u2019insinuent près des tempes, adoucissant le beau visage énergique.A quoi lui sert donc son énergie ?ou bien n\u2019est-ce que l\u2019amour naissant de la jeune fille qui Ten pare illusoirement.?A-t-il un secret ?se demande souvent Marianne ?Comment pourrais-je le savoir ?» Le temps passe.Sylvaine et Marianne son maintenant inséparables.De plus en plus attachées Tune à l\u2019autre, elles forment un duo si charmant que le comte de Guéréault, à chaque retour au château, semble revivre à leur vue.Il en repart toujours pressé, sans prévenir d\u2019avance.Il a accordé bien vo- lontiers à Marianne la liberté de Poker qui ne quitte guère sa protectrice, mais avec la clause absolue de laisser le chien à la niche dès que son maître s\u2019en va : « Ça, dit le comte, c\u2019est primordial \u2014\tje vous supplie de m\u2019obéir.sur ce seul point, ajoute-t-il avec un regard navré d\u2019imposer une volonté à celle qu\u2019il commence à tant chérir.» \u2014 Vous craignez qu\u2019il n\u2019abime vos plantes, se risque à interroger Ma- É rianne qui ne comprend pas cet ordre, le seul qu\u2019elle reçoive du comte ?Xavier la regarde profondément, |ji hausse les épaules, hoche la tête et soupire.Un éclair passe dans ses yeux \u2014\til fait un pas vers la jeune fille.et Ê se tait.Il n\u2019a rien dit, encore cette fois, || et c\u2019est lui-même qui prend Poker par s son collier et l\u2019emmène doucement vers g sa niche, comme avec regret.Le chien g se laisse faire, regarde son maître.On | dirait qu\u2019il comprend, qu\u2019il sait qu\u2019il g n\u2019y a pas à résister, qu\u2019il faut être atta- Ig ché périodiquement jusqu\u2019à ce que Ma- |g rianne, le matin, vienne détacher le |g gros crochet lourd au cou de la bête.Et ainsi jusqu\u2019à la prochaine fois.Ce || manège dure depuis l\u2019arrivée de Marianne.Elle est là depuis décembre ¦-on est en février.La nature est dépouillée, ouverte à tous les regards.Marianne, qui n\u2019a reçu qu\u2019une lettre de sa grand-mère depuis son arrivée \u2014 lettre qui lui donnait de vagues nouvelles de François \u2014 s\u2019inquiète pour les deux chers êtres si près et si loin d\u2019elle.Elle a tant envie de revoir sa grand-mère qu\u2019elle se décide à deman-der au comte, un soir : « Me permettez-vous de vous quitter un jour ou deux ?ma grand-mère habite à une i cinquantaine de kilomètres d\u2019ici \u2014 le train s\u2019arrête près de chez elle.Si Yvon || pouvait, un jour, me conduire à la gare.Je serais si heureuse.il y a tant de temps.» \u2014 Vous n\u2019avez plus que votre grand-mère, comme toute famille ?\u2014 Non, j\u2019ai aussi un frère.très jeune.\u2014 Quel âge a-t-il ?\u201417 ans.\u2014 Eh.où est-il, ?demande avec g| hésitation le comte.Marianne, elle aussi, hésite.Va-t-elle lui parler de François, lui dire qu\u2019il a pris le maquis \u2014 ce maquis breton si périlleux, si dangereux car l\u2019Allemand le traque, le cerne, est à l\u2019affût de ses moindres missions ?Non, le comte ne comprendrait pas, sans doute, puisqu\u2019il n\u2019y a pas pensé pour lui-même.Il serait peut-être hostile à ce frère révélé seulement aujourd\u2019hui \u2014 il en voudrait peut-être à Marianne.\u2014 Il est à Paris.poursuivant ses |g études.Là \u2014 le gros mensonge est fait.La || jeune fille garde son secret puisque Xavier, elle le sent bien, garde le sien.En tout cas, la permission est tout de suite donnée.Seule Sylvaine se récrie : « Ah non, par exemple.mademoiselle ne va pas s\u2019en aller.je ne veux pas.elle ne reviendra pas.j\u2019en suis sûre.et comme je serais malheureuse si elle n\u2019était plus là.» Xavier, lui aussi, tremble de crainte : si elle allait ne plus revenir.« Que deviendrais-je, pense-t-il, moi non plus, je ne peux plus me passer d\u2019elle.»\t|| Soudain, Sylvaine a une illumination : «Je veux bien que vous alliez voir votre grand-mère, mais emmenez-moi.» L\u2019emmener ?Certes, Marianne en serait heureuse, mais c\u2019est impossible : «Avec grand-mère nous allons sûrement ne parler que de François.C\u2019est s impossible.Sylvaine rapporterait nos propos à son père.il ne faut pas qu\u2019il sache.je ne lui ai jamais dit.et je viens de lui mentir.Non.non » La scène est pénible.Le comte comprend mal l\u2019entêtement de Marianne, son opposition à ce que Sylvaine l\u2019accompagne \u2014 elle donne de bien mauvaises raisons pour étayer son refus.Il lui aurait pourtant confié sa fille de bon coeur.Enfin, c\u2019est inutile d\u2019insister, malgré que Sylvaine se torde les || mains, supplie.en vain.Et Marianne, un matin, conduite par le brave Yvon, refait seule, en sens inverse, le chemin parcouru trois mois auparavant, pendant que la cariole bal- [ Lire la suite page 42 ] |l Un lustre admirable.Un séchage remarquable Le séchoir à cheveux Lady Sunbeam, à réglage de chaleur caresse vos cheveux avec un léger courant d\u2019air, et les assèche complètement et rapidement à la température désirée, même aux endroits difficiles où les cheveux sont plus épais.Le très grand bonnet s\u2019adapte à toute coiffure, simple ou fantaisiste.Vous sauvez aussi du temps\u2014 le séchage complet se fait en quelques minutes, et vous en sortez toute fraîche et confortable, car le courant d\u2019air, concentré sur les cheveux, n\u2019atteint ni votre visage, ni vos épaules.En plus, vos mains restent libres pour la lecture, l\u2019écriture et le soin de vos ongles (que Lady Sunbeam assèche pour vous).Quand le séchoir n\u2019est pas employé, le bonnet et le boyau se rangent dans le boîtier portatif pour les voyages.Comblez vos cheveux et vous-même, avec un séchoir à cheveux Lady Sunbeam $35.95* *prix équitable de détail.LES MEILLEURS APPAREILS ÉLECTRIQUES La Revue Populaire, mai 1962 37 * : ».>; « J\u2019AI UN ENFANT PAS C T COMME LES AUTRES 9) n W Ses progrès sont très lents, ils n'ont rien de sensationnel, mais ce qui importe avant tout c'est que nous ayons enfin trouvé l'aide dont nous avions tous tellement besoin - pour notre fils, une \" école sur mesure \" - pour mon mari et moi, des gens pour nous guider, nous encourager.\" \u2022 Il y a, à Montréal, au moins 600 enfants qui souffrent de troubles émotifs profonds.De ce nombre, 32 seulement fréquentent des centres de rééducation spécialement prévus pour eux : 20, l'école Richmond ; 12, The Harterre School.Tous les autres grandissent au sein de leur famille ou sont placés en institution sans recevoir les traitements appropriés et l'éducation auxquels ils ont droit comme tout autre enfant normal ou handicapé physiquement.[ Lire la suite page suivante 3 V '\u2022 _ ^ - ¦ : * s , « .'\t\u2022 > V I iâ£i ,\t'IP*/' w» SSSi.UN REPORTAGE DE RENEE PELLETIER-ROWAN photos: Paul Gélinas Comment expliquer cette situation ?Pendant de nombreuses années ces jeunes malades mentaux ont été oubliés, négligés par la socité et le gouvernement.'Dans le domaine psychiatrique, particulièrement pour les enfants, nous sommes 25 ans en retard sur les Etats-Unis et le Québec commence à peine à bouger : tout ou presque tout reste à faire.\u2022 Parce que ce problème énorme affecte tant de parents et d\u2019enfants, parce que tous ont tellement besoin d\u2019aide, parce que cette histoire vraie peut être en partie la vôtre et qu elle peut vous mettre sur la piste, j\u2019ai rencontré pour vous la famille d\u2019un de ces jeunes malades mentaux, j\u2019ai visité l\u2019école qu\u2019il fréquente, vu son professeur, interrogé une travailleuse sociale et un psychiatre.Mais laissons d\u2019abord parler les parents : « Pierre a maintenant sept ans ; il est grand pour son âge, beau bonhomme, très bien développé physiquement, mais il ne parle pas, il vit dans son monde à lui, le monde des schizophrènes : ce n\u2019est pas un arriéré, mais un malade mental.\u2022 « Il est le dernier d\u2019une famille de huit enfants.Tous ses frères et soeurs sont normaux.A sa naissance, le médecin n\u2019avait rien remarqué de spécial : il semblait en bonne santé.Je suis revenue à la maison très fière, tenant précieusement dans mes bras un beau bébé tout blond.Dès les premiers jours, j\u2019ai remarqué avec inquiétude qu\u2019il s\u2019arquait tout à fait, la tête touchant presqu\u2019aux pieds, lorsque je lui donnais ses biberons.Le pédiatre, venu le voir, nous assura qu\u2019il ne s\u2019agissait de rien de grave : « C\u2019est un bébé nerveux ».Et pourtant, entre ses heures de boire c\u2019était un petit être placide, passif même.Son comportement ne ressemblait en rien à celui de nos autres enfants, e « Vers l\u2019âge de trois mois, j\u2019avouai à mon mari que je le croyais sourd.Nous en avons parlé au médecin qui ne sembla pas de cet avis et nous conseilla de laisser passer le temps sans nous alarmer outre-mesure.« Les mois passèrent : tout son développement physique progressa normalement.Comme les bébés de son âge, il apprit en temps et lieu à s\u2019asseoir, se tenir debout, se traîner et enfin à marcher.«Vers un an et demi, du bébé passif qu\u2019il était, il devint un bambin super actif, ne tenant pas en place plus de deux minutes, touchant à tout, grimpant partout.Il ne parlait pas, mais émettait des sons, une espèce de murmure continu qui nous permettait de le répérer partout dans la maison.Vers la même époque, nous avons remarqué que Pierre ne regardait jamais personne en face ; il ne venait pas à nous facilement et repoussait nos témoignages d\u2019affection.Il ne s\u2019intéressait ni aux gens, ni aux choses autour de lui.Il souriait rarement, ne pleurait jamais, ne versait aucune larme, il se réveillait souvent la nuit en criant puis restait éveillé de longues heures.\u2022 « Troublés, inquiets, nous avons fait venir un psychiatre à la maison Pierre avait alors un peu plus de deux ans.Le spécialiste passa quelques heures dans la salle de jeux à observer l\u2019enfant, à le regarder agir, s\u2019amuseï, courir, manier des jouets.et à nous interroger.Son diagnostic *.« C\u2019est un enfant normal, mais très nerveux.il est gâté, surpro- tégé ».L\u2019ordonnance :\tdes comprimés pour le calmer et nous, parents, nous efforcer d\u2019être plus exigeants avec lui, de ne pas satisfaire tous ses caprices, par exemple de ne pas nous coucher avec lui la nuit lorsqu\u2019il s\u2019éveillait, etc.« Encore une fois, nous étions rassurés, mais à demi et à mesure que ies semaines passaient, nous étions de plus en plus convaincus que Pierre était sourd.A l\u2019âge de trois ans, on l\u2019opéra pour des végétations dans le nez et on en profita pour lui examiner les oreilles.Aucun diagnostic positif : il était encore trop jeune.« A quatre ans, par faveur spéciale, nous avions obtenu de le conduire une après-midi par semaine chez les Sourds-Muets, où il assistait à une classe maternelle en prévision de l\u2019année suivante.Ses agissements n\u2019étaient pas du tout ceux des autres enfants.Rien, ni personne n\u2019arrivait à capter son attention : il était extrêmement agite et ne tenait pas en place.Il dérangeait les petits élèves et la religieuse nous prévint que s\u2019il continuait ainsi, elle ne pourrait l\u2019accepter à la maternelle régulière en septembre.\u2022 « Entre temps, nous avions rencontré un médecin, ami de la famille, qui nous proposa de lui faire subir de nouveaux tests.Il examina ses oreilles, ne décela rien de spécial, mais nous laissa entendre qu\u2018il y aurait peut-être autre chose, d\u2019autres possibilités à explorer.« Et nous avons repris, plus angoissés que jamais, la tournée des spécialistes.« Sur les conseils de ce médecm-ami, nous sommes allés voir un neurologue éminent.Il nous dit ce que nous savions déjà:\t«Votre enfant a besoin d\u2019être calmé, il est excessivement ner- veux pour son âge ».C\u2019est tout.Le diagnostic : à peu près le même que celui du psychiatre.Le traitement : une fois encore, des cachets pour le tranquilliser.\u2022 «Nous n\u2019étions pas satisfaits, nous sentions qu\u2019il y avait plus que cela.Le problème nous dépassait mon mari et moi.Nous étions fatigués, brisés par des heures de surveillance continue, par des nuits sans sommeil.Et il y avait le problème de nos autres enfants à élever dans un climat de tension, de nervosité.Ceux-ci adorent leur jeune frère, le protègent, mais ils ont parfois des mouvements d\u2019impatience bien compréhensibles.Us ont toujours refusé (le plus âgé c maintenant 20 ans) que nous envisagions même la possibilité de le placer dans une institution.\u2022\t- A cette époque, lorsque Pierre était fâché contre nous ou mécontent, il se frappait la tête contre les murs ou les fenêtres.Plus d\u2019une fois, il fit voler la vitre en éclats, mais avec une telle technique, qu\u2019il arrivait à ne pas se blesser la plupart du temps.Il ne marchait pas, mais courait sur la pointe des pieds ou sautillait.Il pouvait jouer seul pendant des heures sans s\u2019occuper de son entourage, tout comme si ses frères et soeurs n\u2019existaient pas Ses jeux étaient routiniers ; par contre, il réussissait à assembler des casse-têtes destinés aux 10-12 ans et recopiait l\u2019alphabet imprimé en haut de son tableau noir.11 dessinait aussi, mais seulement des formes abstraites ou des alliages de couleurs (du cubisme, quoi!).Là où il était et est encore le plus heureux, c\u2019est au parc public : il est très habile dans les exercices à la barre \u2014 il adore faire du trapèze.Son sens d\u2019équilibre est remarquable.C\u2019est vers 4 ans et demi 40 La Revue Populaire, mai 1962 ou même un peu plus jeune qu\u2019il commença à vouloir s\u2019enfuir.Nous ne pouvions laisser aucune porte ouverte, même un instant, qu\u2019il était déjà hors de la maison Enfermés, des crochets sur toutes les portes, nous vivons dans la panique, toujours inquiets de ses réactions.« Lorsque nous nous sommes r endus compte.que les traitements du neurologue n\u2019aboutissaient à rien, nous avons décidé d\u2019aller consulter un neurochirurgien afin de voir si une intervention sur le cerveau ne pourrait apporter une amélioration au comportement de notre fils.« D\u2019autres examens, d\u2019autres tests.Le diagnostic : Dr X émit l\u2019hypothèse que l\u2019enfant au moment de la naissance ou avant aurait subi un choc traumatique entraînant une légère lésion cérébrale, lésion non décelable même à la radiographie, mais qui serait la cause des perturbations dont souffrait Pierre.Le traitement :\tpas question d\u2019opération.Le cas de notre fils, nous dit-il, relevait du domaine psychiatrique.\u2022 Nous vers, depuis les troubles émotifs mineurs du type de la phobie, de l\u2019oppression, jusqu\u2019aux troubles émotifs profonds du genre schizophrénique, psychotique, autistique.Ces enfants profondément atteints mentalement peuvent parler ou ne pas parler ; contrairement aux arriérés mentaux, leur quotient intellectuel est normal ou même plus élevé que la normale dans certains cas, mais à cause de perturbations graves, le développement de leur intellect est sérieusement entravé.« Votre petit Pierre, continua la travailleuse sociale, vit renfermé dans son monde à lui, un monde de magie, d\u2019hallucination, de fantaisie, de crainte ; il faut essayer de le sortir de ce monde intérieur où il se débat, replié sur lui-même, pour l\u2019amener peu à peu au monde extérieur réel, normal.En d\u2019autres mots, disons qu\u2019il est bloqué psychologiquement et que nous devons chercher à provoquer chez lui un déblocage.\u2022 Elle insista ensuite sur le fait que nous devions lutter contre tout sentiment de culpabilité : beaucoup de Children », appellation sur laquelle on ne s\u2019est d\u2019ailleurs pas encore entendu quant à sa traduction française la plus juste :\ton a suggéré « Société d\u2019aide aux enfants souffrant de troubles émotifs ».Cette société est dirigée par un Conseil d\u2019administration composé de parents d\u2019enfants ayant des t~oubles mentaux, de personnes intéressées et de gens de la profession.Ce Conseil administratif est secondé par un Conseil consultatif formé d\u2019hommes d\u2019affaires et d\u2019un Conseil médical et technique formé de psychiatres, de pédiatres, d\u2019assistantes sociales et de psychologues.LES PRINCIPAUX BUTS DE LA SOCIETE SONT LES SUIVANTS : ACCROITRE chez le public la compréhension du problème de la maladie mentale chez les enfants.ENTREPRENDRE les démarches nécessaires pour établir des écoles de jour et des internats pour ces enfants.droit comme tout autre enfant normal ou handicapé (le sourd-muet, l\u2019aveugle, l\u2019arriéré, etc.).L\u2019ECOLE RICHMOND peut accommoder une vingtaine d\u2019enfants à la fois : depuis ses débuts, elle s\u2019est occupée de trente-quatre enfants : 26 garçons et 8 filles.Certains n\u2019y sont restés que quelques mois, d\u2019autres pendant une période de 3 ans.o L\u2019école a ceci de particulier qu\u2019elle s\u2019occupe autant des enfants de langue anglaise que de langue française, sans aucune distinction de nationalité ou de religion : c\u2019est une carastéristique à noter puisqu\u2019à Montréal la plupart des services bénévoles d\u2019hygiène et de bien-être fonctionnent sur une base professionnelle.Les enfants qui fréquentent l\u2019école Richmond ont d\u2019abord été suivis en clinique psychiatrique ou nar un psychiatre privé.J\u2019ai visité l\u2019école Richmond qui a ses locaux dans trois grandes salles de cours de l\u2019école Devonshire rue Clark, salles mises à la disposition de la So- WÜ0SÜZ *- 5 ._ n\u2019étions pas au bout de nos peines et notre anxiété ne faisait qu\u2019augmenter.Nous avons donc pris rendez-vous avec un psychiatre pour enfants, le Dr Y.Pierre venait d\u2019avoir 5 ans.Il fui gardé pendant cinq semaines, sous observation, dans le département psychiatrique d\u2019un de nos hôpitaux pour enfants.Puis, on nous le rendit.Le diagnostic du psychiatre : « Votre fils entend comme vous et moi \u2014 il ne parle pas parce qu\u2019il vit emmuré dans son monde intérieur à lui.Il souffre de perturbations émotionnelles profondes.Ses recommandations :\tdemander son admission à l\u2019école Richmond de' Montréal, centre de jour qui s\u2019occupe du traitement des enfants atteints de troubles émotifs profonds.\u2022 « Nous étions sidérés, complètement pris au dépourvu.Pierre, notre fils, n\u2019était pas sourd : c\u2019était un malade mental.Sous la violence des faits, nous n\u2019avons pas eu le courage, ce jour-là, de questionner le Dr Y.: nous n\u2019avons fait qu\u2019écouter, tout à notre peine.En présence d\u2019une assistante sociale, il nous exposa pendant près d\u2019une heure son diagnostic ¦ il nous expliqua la nature de la maladie dont souffrait notre petit garçon ainsi que les traitements envisagés.Nous écoutions, mais sans bien enregistrer.Nous sommes rentrés à la maison complètement effondrés.« Quelques jours plus tard, nous avons de nouveau rencontré la travailleuse sociale qui avait assisté à notre rencontre avec le psychiatre : une fois de plus, elle reprit avec nous les explications du Dr Y.: elle nous interpréta son diagnostic.Le premier choc passé, nous étions davantage préparés à accepter, ou du moins à écouter et à questionner.\u2022 « Beaucoup d\u2019enfants, à un moment ou l\u2019autre de leur développement sont atteints, nous dit-elle, de troubles émotifs, mais à des degrés di- parents se sentent fautifs d\u2019une manière ou d\u2019une autre d\u2019avoir mis au monde un enfant anormal.Dites-vous bien que l\u2019on trouve des enfants qui souffrent de troubles mentaux dans toutes les classes de la société, si élevé soit le niveau d\u2019intelligence des parents, si aimante soit l\u2019atmosphère de la maison.Il n\u2019y a aucun cas où l\u2019on puisse affirmer de façon certaine que les troubles mentaux chez un individu soient héréditaires, contrairement à l\u2019arriération mentale où l\u2019on peut être catégorique dans une proportion de 5 à 10% des cas.« Dans quelle mesure pouvons-nous aider notre fils ?est-il récupérable ?« A cette question, l\u2019assistante sociale nous répéta ce que le psychiatre nous avait déjà dit : un certain nombre de ces enfants sont éducables \u2014 à des degrés divers.Toutefois, les enfants qui ont souffert de troubles émotifs profonds restent un peu différents malgré les progrès qu\u2019ils peuvent réaliser : il n\u2019existe malheureusement aucune formule magique pour les guérir complètement du jour au lendemain.Les progrès sont lents ; il s\u2019agit d\u2019un long travail d\u2019amour et de patience Mais votre fils placé dans un milieu approprié, recevant les traitements nécessaires dans une « école à sa mesure », ^ous pouvez espérer.Quelques semaines plus tard, Pierre fut admis à l\u2019école Richmond et nous sommes devenus membres de la « Society for Emotionally Disturbed Children ».Nous avions trouvé l\u2019aide dont nous avions tous tellement besoin, notre fils, mon mari et moi.Pierre avait cinq ans et demi : nous allions enfin commencer à travailler à son éducation.» * * * On a fondé à Montréal, en 1956, la « Society for Emotionally Disturbed ENCOURAGER et appuyer la recherche scientifique portant sur \u2019es causes et le traitement des maladies mentales de l\u2019enfance.COLLABORER avec d\u2019autres agences de santé et de bien-être à des projets d\u2019intérêt général pour aider tous les enfants handicapés.STIMULER et mettre au point l\u2019appui gouvernemental envers ies maladies mentales chez les enfants.En octobre 1958, la Société ouvrait les portes de sa première école de jour pour les enfants de 6 à 12 ans atteints de troubles mentaux profonds.L\u2019école Richmond, comme on Ta appelée, est depuis septembre dernier sous la direction de M.Ronald Arellano, travailleur social expérimenté dans le domaine de l\u2019aide à l\u2019enfance.Cette école relève directement du Comité d\u2019éducation de l\u2019enfance, actuellement sous la présidence de Mme Caria Melvyn.\u2022 Avant l\u2019établissement de l\u2019Ecole R\u2019chmond, les maternelles thérapeutiques de 1 Hôpital Sainte-Justine et du Montreal Children\u2019s Hospital étaient les seules à recevoir des enfants ayant des troubles mentaux : ces centres n\u2019ont d\u2019ailleurs pour fonction que d\u2019aider m diagnostic et de traiter les enfants d\u2019âge préscolaire.Lorsqu\u2019un enfant avait atteint cinq ans et demi ou six ans, il n\u2019y avait plus de place pour lui dans ces maternelles ni d\u2019endroit où le diriger, sauf de très rares écoles privées (enlre autres Harterre School, à Montréal) écoles qui sont loin d\u2019être à la portée de tous sur le plan financier.N\u2019étant pas assez malade pour être placé dans une institution, cet enfant n\u2019était pas non plus assez bien pour répondre aux exigences d\u2019une école ordinaire.Il devait alors rester à la maison, privé des traitements et de l\u2019éducation à laquelle il avait ciété par la Commission des Eco i es protestantes.Ces salles ont été redivisées en 6 classes plus petites et repeintes : elles sont claires et ensoleillées.\u2022 On s\u2019occupe de chaque enfant séparément car il n\u2019y en a pas deux qui présentent le même problème.L\u2019école attache beaucoup d\u2019importance aux relations entre l\u2019enfant et l\u2019instituteur compréhensif qui lui accorde tout son appui.L\u2019école travaille sur les possibilités de chaque enfant.Comme la méthode de travail est individuelle, chaque institutrice n\u2019est chargée que de 3 ou 4 enfants au maximum Ainsi il peut y avoir dans la même pièce trois enfants âgés de neuf ans, mais aucun d\u2019entre eux n\u2019accomplissant le même travail.Un peut être assez avancé en lecture, mais faible en arithmétique ; un autre très bon en dessin, mais ne sachant pas encore reconnaître toutes ses iettres ; le rythme particulier de chaque enfant est respecté.Les livres de base sont ceux de la Commission scolaire catholique ou protestante selon le cas, mais le programme est « fait sur mesure », c\u2019est-à-dire à la mesure de chaque jeune malade.Les méthodes employées sont souvent des méthodes d\u2019avant-garde, ainsi la méthode Cuisenaire pour apprendre à compter.\u2022 Les plus petits suivent un programme de maternelle avec jeux libres ou dirigés, emploi de matériel divers, jeux d\u2019eau, période de repos, chansons, musique, contes.\u2022 Les enfants arrivent à l\u2019école à 9 h.30 du matin et quittent les lieux à 3 h, de l\u2019après-midi : ils sont amenés rue Clark et reconduits à la maison en taxi.Ils apportent leur casse-croute et reçoivent un verre de lait à midi.Les parents qui le peuvent paient $40.00 par mois : ce montant sert uniquement à défrayer le salaire des chauffeurs de taxi, salaire qui est élevé à cause du long périple qu\u2019ils ont à parcourir et La Revue Populaire, mai 1962 41 de leurs grandes responsabilités.L\u2019école vit des souscriptions de ses bienfaiteurs : elle ne reçoit aucune subvention gouvernementale ou autre.Chaque jeune malade coûte à l\u2019école environ $2500 par année.Deux travailleuses sociales, l\u2019une de langue française, l\u2019autre de langue anglaise, agissent comme traits-d\u2019union entre les parents et les professeurs.Ces mêmes travailleuses sociales visitent les familles à domicile de temps à autre et rencontrent les parents individuellement ou en groupe dans le but de mieux comprendre le milieu dans lequel évolue le jeune élève : en travaillant avec des enfants qui ont des troubles émotifs profonds, ces rapports étroits avec leurs familles sont essentiels pour arriver à de meilleurs résultats.Les parents ont aussi besoin d\u2019être guidés, encouragés dans leur lourde tâche d\u2019élever un enfant malade mentalement.* * * Mais revenant à notre petit Pierre.Il a maintenant 7 ans et fréquente l\u2019école Richmond depuis un an et demi.Il en est encore au stage de la maternelle, mais il a fait des progrès.H y a six mois, il ne dessinait que des formes géométriques ; pour la première fois, à l\u2019Halloween, il dessina une citrouille.il venait de prendre contact avec le monde extérieur, un mur était tombé.Depuis, il dessine des obejts et des formes humaines.H découpe très bien.Il est relativement plus calme, plus réceptif.Ses problèmes émotionnels s\u2019améliorent dans la mesure où ses activités extérieures augmentent.Depuis un an, il est aussi possessif avec sa mère qu\u2019il était indifférent à son égard.Et il a appris à pleurer (ce Que l\u2019on considère comme un progrès).Ces «déblocages» sont encourageants.Interrogés sur leurs projets d avenir, les parents de Pierre m\u2019ont répondu : «Nous nous laissons guider par la Providence.nous avançons avec la Société et souhaitons de toutes nos forces qu\u2019elle avance vite, car.» ® Car après l\u2019école Richmond, lorsque l'enfant aura atteint 12 ans, où le diriger, que faire pour continuer à l\u2019aider s\u2019il ne peut encore suivre une classe régulière ?CETTE QUESTION, je l\u2019ai posée au Dr Denis Lazure, directeur de la clinique psychiatrique à l\u2019hôpital Sainte-Justine et membre du conseil médical à l\u2019école Richmond.SA REPONSE : il n\u2019y a que deux alternatives \u2014 garder l\u2019enfant à la maison ou le placer en institution.Où ?Jusqu\u2019à 14 ans, au Mont-Providence, où il y a plus de 1,000 enfants dont 300 seulement sont éducables et où on ne fait à peu près rien pour eux (faute de personnel et d\u2019argent) et après 14 ans, à Saint-Jean-de-Dieu où la situation est celle que nous connaissons tous.Et c\u2019est pour venir en aide à tous ces jeunes malades mentaux qui ont droit comme tout autre enfant à une éducation et à des traitements appropriés que le Comité de psychiatrie infantile de l\u2019Association canadienne de psychiatrie a fait les recommandations suivantes, il y a quelques jours, à la Commission fédérale Hall.LE COMITE DEMANDE: 1\t\u2014 des classes spéciales pour les enfants souffrant de troubles émotifs modérés.Recommandation : 10 enfants par professeur.On aurait besoin d\u2019une quarantaine de classes de ce genre dans le Québec.2\t\u2014 pour les enfants souffrant de trou- bles graves, des externats spéciaux Recommandation : 30 à 40 enfants par externat, avec un maximum de 5 enfants pour 2 professeurs.On aurait besoin de 7 ou 8 de ces externats.3\t\u2014 des internats spéciaux pour chaque catégorie d\u2019enfants (pour ceux qui ont des troubles graves, pour ceux qui ont des troubles modérés).Recommandation :\t60 enfants au maximum dans chaque internat qui adopterait le système de pavillions.Le Québec aurait besoin d\u2019au moins 3 de ces internats.4\t\u2014 au niveau de la maternelle, des maternelles spéciales.Pour bien des raisons, il vaut mieux que ces enfants malades mentalement fréquentent une maternelle le plus tôt possible.Ces maternelles devraient de préférence relever d\u2019une clinique psychiatrique.Recommandation : 2 jardinières par 5 enfants.La province aurait besoin d\u2019au moins 6 ou 7 de ces maternelles.5\t\u2014 des cliniques de psychiatrie infan- tile pour le dépistage des jeunes malades mentaux.Recommandation : une vingtaine au moins de ces cliniques.6\t\u2014 des lits pour le traitement psychia- trique, à l\u2019hôpital, des enfants el des adolescents.Recommandation : au lieu des 20 lits dont on dispose présentement, on aurait besoin de 400 lits pour toute la province.D\u2019autre part, le Dr Lazure a insisté sur la nécessité pour les Commissions scolaires de prendre une fois pour toutes leurs responsabilités et d\u2019avoir leurs propres cliniques de dépistage.Mettre sur pied un tel programme prendrait 4 à 5 ans et représenterait dans le Québec une dépense de capital de l it £ dix millions de dollars (soit approximativement le prix de deux bombardiers supersoniques).C\u2019est beaucoup, mais c\u2019est peu si Ton considère qu\u2019il en coûte à l\u2019Etat et au contribuable $1,000 par année pour chaque individu placé dans un asile dont il ne sortira probablement jamais parce que Tor aura rien fait pour l\u2019aider à en sortir iorsqu\u2019il en était encore temps.Le budget annuel octroyé au service psychiatrique (adultes et enfants) est cinq fois plus élevé en Ontario que dans le Québec * * * IL EST GRANDEMENT TEMPS QUE LA PROVINCE S\u2019OCCUPE DE SES MALADES MENTAUX, TOUT PARTICULIEREMENT DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS, COMME IL EST TOUT A FAIT INADMISSIBLE QUE LA SEULE SOLUTION POUR LES PARENTS QUI ONT UN ENFANT «PAS COMME LES AUTRES» SOIT SAINT - JEAN - DE - DIEU, « CET ENFER », COMME ON L\u2019A APPELE.\u2022 LE TRAVAIL ACCOMPLI PAR L\u2019ECOLE RICHMOND et LA SOCIETE D AIDE AUX ENFANTS SOUFFRANT DE TROUBLES EMOTIFS NE REPRESENTE QU\u2019UN GRAIN DE SABLE DANS LE DESERT: LE GROS DE LA TACHE APPARTIENT AVANT TOUT AU GOUVERNEMENT QUI DOIT ENFIN PRENDRE SES RESPONSABILITES.RENEE PELLETIFR-ROWAN UNE PREUVE D'AMOUR lotait sur la route une jeune fille peureuse, hésitante, tremblant à l\u2019idée de l\u2019inconnu qui s\u2019ouvrait devant elle.Pouvait-elle deviner, alors, qu\u2019elle laisserait, en quittant le château, une grande partie de son coeur entre les murs sombres de la belle demeure ?Aurait-elle pu imaginer une seconde que le maître du logis, le comte Xavier de Guéréault tiendrait si vite la première place dans sa vie?Car depuis le premier jour elle a senti une attirance immédiate vers cet homme doux et bon, sensible, attentif à ses moindres désirs \u2014 les prévenant, même \u2014 et cette attirance s\u2019est vite transformée en un sentiment plus profond.Marianne en est sûre, aujourd\u2019hui : elle aime Xavier de Guéréault comme elle n\u2019a jamais aimé.Cette certitude l\u2019enivre.Le seul point noir est le secret qu\u2019elle sent entre eux \u2014 car elle est à peu près certaine que son amour est partagé.Trop de nuances, de détails l\u2019ont renseignée \u2014 son instinct de femme ne la trompe pas : Xavier l\u2019aime.Elle se répète cette phrase grisante tout le long du chemin \u2014 sa figure^ en est si rayonnante qu\u2019Yvon lui-même s\u2019aperçoit du changement survenu chez la voyageuse :\t« C\u2019est pas pour dire, mais not\u2019 pays fait du bien à mademoiselle.si elle voyait sa mine qu\u2019elle a, comparativement à l\u2019autre, celle de la demoiselle parisienne qu\u2019a débarqué, v\u2019ià trois mois.» Et il rit, le brave homme, tout heureux du succès de son pays \u2014 « notre » pays, rectifie en souriant Marianne, car je suis bretonne, moi aussi.» \u2014 Ça, ça se voit tout de suite.et.et une belle Bretonne de chez nous, si j\u2019peux m\u2019permettre, mademoiselle Marianne.Tout l\u2019monde est maintenant transformé, au château, depuis vot\u2019 arrivée.Mademoiselle Sylvaine \u2014 ce p\u2019tit diablotin.ce qu\u2019elle nous en faisait voir.\u2014 C\u2019est une brave petite ! \u2014 Heu.heu.une brave petite.depuis vous.\u2014 Mais non, elle a un si bon fond.Mais, sans maman.\u2014 C\u2019est vrai, ça.sans maman.Heureusement, vous lui en tenez lieu, à c\u2019t\u2019heure.Monsieur le comte, lui aussi, il est plus pareil \u2014 autrefois, toujours sombre, toujours autre part, on aurait dit.pensant à.Dieu sait quoi ?à ses plantes.Y a autre chose à penser, pour un homme, que des plantes.Et Poker, donc, en v\u2019ià un qu\u2019est heureux.Avant l\u2019arrivée des Allemands, il était libre.jamais attaché.monsieur le comte pouvait pas faire un pas sans lui.Sans vous, encore.\u2014 Ah ?on le laissait libre, avant ?\u2014 Mais oui.jamais bête avait été plus libre.Il a fallu qu\u2019un jour, il soit attaché.C\u2019était pitié.Monsieur le comte a dit que c\u2019était rapport à ses plantes.Toujours la même excuse.\u2014 Il y a donc peu de temps que monsieur Guéréault s\u2019occupe de son herbier ?\u2014 Il s\u2019en est toujours occupé.\u2014 Ah!.Alors, l\u2019excuse est mauvaise \u2014 il y a autre chose.Xavier de Guéréault ne veut pas être suivi par son chien, c\u2019est clair.Mais où va-t-il ?Marianne se pose, sans y trouver de réponse, la même question.Elle en est là en arrivant chez sa grand-mère.Mais, auprès d\u2019elle, elle n\u2019a plus qu\u2019une pensée : François.Où est-il ?quand l\u2019as-tu vu ?est-il en danger ?Raconte, grand-mère.raconte.Madame Le Goffic dit tout ce qu\u2019elle sait sur lui \u2014 c\u2019est peu.La seule chose nouvelle est qu\u2019à sa dernière apparition, il lui a confié qu\u2019il changeait de secteur.\u2014 Se rapproche-t-il du château de Guéménec ?\u2014 Je ne sais trop, ma chérie.Il ne m\u2019a donné aucune précision \u2014 il ne le peut pas, tu comprends, avec ces perquisitions si fréquentes que l\u2019Allemand fait par ici.Il vaut mieux que je ne sache rien.Je crois pourtant avoir compris que son groupe montait vers vous.Mais à quoi cela te servirait de le savoir ?Le comte de Guéréault n\u2019a pas l\u2019air de s\u2019occuper du maquis, à ce 42 La Revue Populaire, mai 1962 UNE PREUVE D'AMOUR que tu me dis.Toi-même, en cherchant à te renseigner, tu pourrais peut-être l\u2019indisposer, ou le gêner.ta situation est délicate, mon enfant.Songe à toi \u2014 laisse François tranquille.Il sait où tu habites, je le lui ai dit.S\u2019il peut te joindre, tu verras bien.Au retour, Marianne est nerveuse, triste \u2014 elle a perdu son bel enthousiasme de la veille.Comparer les dangers que court sans cesse François si jeune, si ardent, et l\u2019espèce d\u2019indifférence au pays qu\u2019affecte le comte la déçoit, l\u2019atttriste.Elle vibre devant le courage de son frère, le suit en pensée, l\u2019admire.Hélas.comme elle voudrait admirer aussi celui qui occupe son coeur.Elle voudrait tant le mettre sur un piédestal, le hausser, lui insuffler son ardeur.Elle ne peut que regretter un état de fait.Pourtant son coeur bat plus vite quand elle rentre, la nuit tombée, au château.Personne dans le grand salon, personne dans la bibliothèque où meurt le feu.Au bas de l\u2019escalier, elle appelle : « Sylvaine.Sylvaine ?» Pas de réponse.Au haut de l\u2019escalier une silhouette se penche.C\u2019est Nanou, protégeant la flamme de sa bougie devant sa main ouverte, car toutes les lumières doivent être cachées, pendant cette guerre.Elle met un doigt devant sa bouche, murmure un « chut » étouffé.En un bond Marianne grimpe l\u2019escalier : « Qu\u2019y a-t-il, Nanou ?Où est Sylvaine,?demande la jeune fille affolée.\u2014 Là.là.mademoiselle, ne vous mettez pas dans c\u2019t\u2019état.Elle dort, ma Sylvaine, c\u2019est tout.J\u2019étais montée près d\u2019elle.Maintenant qu\u2019vous v\u2019ià, je m\u2019en retourne.\u2014 Elle dort ?elle est malade, n\u2019est-ce pas ?Mon Dieu ! Marianne entre à pas de loup dans la chambre de la fillette.Elle allume une lampe basse, s\u2019approche du lit.Sylvaine dort, en effet, mais elle est rouge, brûlante, et siffle un peu en dormant.A l\u2019approche de Marianne, elle ouvre les yeux, regarde la jeune fille, se dresse sur son séant, ouvre les bras : « Marianne.ah.que je suis heureuse.Vous voilà revenue.j\u2019avais si peur.si peur.\u2014 Si peur de quoi, ma chérie ?\u2014.si peur que vous ne reveniez pas.\u2014 Allons.allons.en voilà des idées.La température est rassurante.L\u2019énervement, la crainte, l\u2019angoisse de l\u2019enfant ont pu déterminer cette crise.Mais par prudence, Marianne la laisse au lit, s\u2019installe auprès d\u2019elle, lui raconte son voyage.\u2014 Et papa ?il est parti ?\u2014 Oui.hier matin.à peine après votre départ.Comment laisse-t-il sa petite fille seule juste au moment où Marianne s\u2019absentait elle-même ?c\u2019est incroyable.\u2014 Et quand revient-il?-Est-ce que je sais ?Mais vous êtes là, maintenant, ça m\u2019est égal.\u2014 Je laisserai la porte ouverte entre nos deux chambres, Sylvaine.Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi.\u2014 Oh.je dormirai bien tranquille, maintenant.Marianne, elle, ne dort pas tranquille.Malgré la température peu inquiétante, Sylvaine couve peut-être quelque chose et, pendant la nuit, elle se lève pour écouter la respiration de l\u2019enfant.Vers deux heures du matin, comme le front de Sylvaine lui paraît encore chaud, Marianne décide de lui donner de l\u2019aspirine : cela ne peut lui faire que du bien.Dans sa chambre, Marianne cherche en vain l\u2019aspirine : « Où diable l\u2019ai-ie mise ?» Tout en cherchant elle se souvient qu\u2019elle a passé la boîte l\u2019autre jour à Nanou qui se plaignait de mal de dents : « Elle ne m\u2019a pas rendu la boîte.Elle est sûrement restée dans la cuisine.» Marianne prend un bougeoir, descend doucement l\u2019escalier, cherche dans la vaste cuisine.Elle avait raison, la boîte est là, sur la console.Au moment où elle va remonter l\u2019escalier, elle dresse l\u2019oreille.Il y a des voix qui parlent, semble-t-il, dans le grand salon où Ton ne va jamais \u2014 des murmures, d\u2019ailleurs, plutôt que des voix: «Je suis mal réveillée, pense Marianne.Ce n\u2019est pas possible qu\u2019on parle dans 'e grand salon.» Pourtant, elle ouvre avec précaution la porte de la bibliothèque : il y a un rai de lumière qui filtre sous cette porte et, en y collant son oreille, elle entend de mieux en mieux le murmure de plusieurs voix.Il y a là des hommes qui parlent \u2014 de brusques silences \u2014 et puis un éclat : « Vers la ferme Taleck, mon capitaine, c\u2019est impossible.» \u2014 Il faut y aller, cependant, répond une voix bien connue qui fait tressaillir Marianne.Haletante, retenant son souffle, elle colle de plus près encore son oreille contre l\u2019huis pour perdre le moins possible le son assourdi des voix.\u2014 Le coin est cerné.les Frigolins sont partout.\u2014 Le convoi passe sur le chemin des Futaies.Vous pouvez faire un détour.par chez Tuhaut.ou, plus à gauche, chez Lemelec.\u2014 Où attend exactement le sous-marin ?\u2014 A Brigneau.Un silence \u2014 et puis la même voix, si chère, mais dont le ton est changé, haché, brusque : « Langlois.c\u2019est une question de vie ou de mort.si le convoi ne passe pas.Vous connaissez la suite.certaine.\u2014 Bien sûr, mon capitaine.\u2014 Il faudra passer.Vous prendrez deux hommes avec vous.\u2014 Les frères Juhaut ?\u2014 Non \u2014 pas deux frères.Ici la voix du comte Xavier s\u2019assourdit encore.\u2014 J\u2019ai compris.\u2014 Soyez à 8 heures précises au carrefour des Futaies.J\u2019y serai moi-même, et si vous n\u2019avez trouvé personne pour aller avec vous, je.Plusieurs voix s\u2019élèvent, protestent : « Non.pas vous.Qu\u2019est-ce qu\u2019on deviendrait, sans vous.?Marianne en a assez entendu.Elle frémit à la pensée du danger que court le comte, qu\u2019elle ignore mais devine grave \u2014 et elle tremble de joie.Voilà donc le secret percé \u2014 enfin.Cette invention d\u2019herbier, de plantes à trouver, ces éclipses fréquentes, la prudence envers Poker, tout cela cachait l\u2019activité de Xavier, son action directe dans un réseau de résistance, l\u2019utilité de sa présence parmi tous ces gars ardents, décidés, qui ont, d\u2019avance, donné leur vie au pays :\t« Je peux l\u2019aimer avec fierté, se dit la jeune fille.Son courage dépasse ce que je pouvais espérer.Dans sa chambre, elle ouvre la fenêtre, regarde vers la mer, là-bas, au loin, cette mer où il va peut-être risquer sa vie.Quelques lumières horizontales barrant le parc \u2014 elles viennent des fenêtres du grand salon : « Ils vont se faire repérer, songe-t-elle, les lumières sont interdites.Le black-out n\u2019est pas complet.quelle imprudence.Le lendemain matin, Sylvaine elle-même vient réveiller Marianne.Elle est rose, souriante, l\u2019alerte d\u2019hier est passée \u2014 elle va très bien.\u2014 Paresseuse mademoiselle.voulez-vous vous réveiller ?Il est déjà huit heures et vous dormez encore ?Nous avons une longue promenade à faire, vous savez, chercher des oeufs à la ferme Taleck.C\u2019est loin.Levez-vous vite.La ferme Taleck ?Marianne se lève d\u2019un bond.Ce nom lui remémore la scène de cette nuit \u2014 ce n\u2019était pas un rêve.il y a bien une ferme Taleck.\u2014 Sylvaine, ma chérie, j\u2019ai quelque chose de plus pressé à faire, ce matin.Allez à la ferme avec Nanou.Moi, je vais plonger dans vos grandes armoires.celles du grenier sont pleines de vieilles étoffes, de vieux rideaux déteints.\u2014 Pour quoi faire ?\u2014 Pour ne pas se faire.repérer par les Frigolins.Sylvaine n\u2019en demande pas plus.Elle s\u2019envole vers le jardin, si sûre d\u2019avoir retrouvé mademoiselle qu\u2019elle peut la quitter, maintenant, sans crainte de la perdre.Marianne a trouvé ce qu\u2019elle cherchait.Le grenier est un vrai magasin d\u2019antiquités \u2014 on n\u2019a qu\u2019à y plonger.Elle redescend dans le grand salon et, à l\u2019aide d\u2019un escabeau, décroche les rideaux.Ils sont tous là, par terre au milieu de la pièce dans un beau désordre.Elle est très occupée à en doubler un quand la porte s\u2019ouvre brusquement et le comte paraît.Il s\u2019arrête, interdit, devant ce désordre imprévu, étonné, puis, apercevant Marianne accroupie par terre, à moitié ensevelie sous le rideau qu\u2019elle double, il demande, inquiet : « Que faites-vous là, mademoiselle ?Mais.tous les rideaux sont enlevés.c\u2019est de la folie.Vous savez qu\u2019il faut absolument cacher toute lumière.\u2014 C\u2019est justement pour ça, répond tranquillement Marianne sans lever la tête.\u2014 Je ne comprends pas.vous enlevez les rideaux et vous dites.\u2014 Je dis comme vous : il faut absolument cacher toute lumière.\u2014 Eh bien.?\u2014 Eh bien.\u2014 ici la voix de la jeune fille hésite, puis reprenant tout de suite de l\u2019énergie, elle se lève, s\u2019approche du comte et le regardant tendrement dans les yeux, tout droit : « On voyait de la lumière, cette nuit, à travers les rideaux, pendant que.le capitaine de Guéréault donnait des ordres à ses troupes.\u2014 Marianne.Ils se taisent maintenant, tous deux.Pour Xavier, à quoi lui servirait de dissimuler plus longtemps ?La jeune fille a surpris son secret \u2014 les quelques mots qu\u2019elle vient de prononcer sont clairs : elle sait la vérité.Pour Marianne, elle attend que le comte s\u2019exprime.Parler, c\u2019est lui prouver sa confiance, lui livrer ce dont personne ne se doute, ici, mais qui la fera plus proche de lui encore.Aussi, pendant que l\u2019un réfléchit, que l\u2019autre attend, le silence demeure.Et puis, brusquement, Xavier s\u2019approche de Marianne, la serre dans ses bras, la presse contre lui, cherche dans le cou blanc de la jeune fille, à la naissance des cheveux d\u2019or, une place où poser son premier baiser.Elle, étourdie, palpitante, ne résiste pas à l\u2019étreinte.Ce baiser muet, c\u2019est le pacte qui les lie tous deux, maintenant, mieux que des paroles, plus fort qu\u2019un serment.Ils l\u2019ont compris l\u2019un et l\u2019autre en même temps.Désunis, Xavier écarte un peu de lui Marianne, la regarde longuement comme on admire une oeuvre d\u2019art, et puis murmure avec adoration : « Ma chérie.» sans chercher à dissimuler son trouble.Marianne, la première, se reprend et, en riant, regarde l\u2019amas de rideaux à leurs pieds et s\u2019écrie : « Dieu merci.ces rideaux étaient transparents.sans eux.» \u2014 Si \u2014 même sans eux, bientôt.ces jours-ci.je vous aurais tout confié, ma chérie.Un secret était impossible, de plus en plus impossible entre nous.Je vous aime trop, Marianne, pour imaginer que quelque chose pourrait nous séparer désormais.Me suis-je trompé ?A son tour Marianne se jette dans ses bras, cache sa figure dans la bonne épaule protectrice et avoue, d\u2019une petite voix timide, sans le regarder : « Il faut que, moi aussi, je vous dise la vérité.la vérité que je n\u2019avais pas osé vous dire : mon frère François.vous savez.j\u2019ai menti, dernièrement à son sujet.il n\u2019est pas à Paris.il ne termine pas ses études.le pauvre petit.il est.» Et, brusquement découvrant son visage et regardant Xavier avidement : « Mais., vous le connaissez peut-être ?Il est dans le maquis.oui, le maquis breton depuis trois mois déjà.Grand-mère m\u2019a appris hier qu\u2019il remontait vers l\u2019ouest.Est-il des vôtres ?: Non \u2014 il n\u2019est pas dans son secteur \u2014 la description qu\u2019en fait Marianne ne correspond à aucun de ses gars.D\u2019ail leurs, il les connaît à peu près tous et sait d\u2019où ils viennent.François n\u2019est pas parmi eux, il en est sûr : [ Lire la suite paç/e 49 ] VENEZ VISITER .\u2019Ontario offre un panorama 'S&RIEfir tellement varié! Campagne verdoyante, forêts paisibles, lacs limpides .villes modernes .lieux historiques.Oui,cette année, venez visiter l'Ontario! GRATIS! BROCHURES DU TOURISME EN ONTARIO Postez ce coupon à: Ontario Travel, A697 Parliament Bldgs., Toronto, Ontario.BUREAU DE POSTE,.PROV.CONNAISSEZ MIEUX L\u2019ONTARIO Ministère du Tourisme et de la Publicité de l\u2019Ontario Hon.Bryan L.Cathcart, Ministre La Revue Populaire, mai 1962 43 De plus en plus, la cuisine des îles Hawaiiennes se gagnent des adeptes.Parmi les mets que ces dernières nous offrent, les mets à l\u2019ananas sont des plus goûtés.Il est vrai que la cuisine française, depuis toujours a exploité les ressources de ce fruit délicieux et rafraîchissant.Aussi, trouverez-vous dans cette chronique, un mélange de cuisine traditionnelle et de cuisine exotique, qui, je l\u2019espère, vous plaira.PAR GERMAINE GLOUTNEZ ILLUSTRATION : GILLES MORIN CREVETTES A L'HAWAÏENNE 2 LBS DE GROSSES CREVETTES FRAICHES 2 OEUFS % DE TASSE D\u2019EAU Va DE TASSE D\u2019AMIDON DE MAIS Va DE TASSE DE FARINE TOUT USAGE 1 PINCEE DE SEL % C.A THE DE GLUTAMATE MONOSODIQUE Va DE C.A THE DE SEL Vz C.A THE DE POUDRE A PATE ^ Cuire les crevettes 8 minutes clans de l\u2019eau bouillante fortement salée ; (]/4 de tasse de sel par tasse d\u2019eau).Les passer à l\u2019eau froide, les décortiquer et enlever la veine noire.Battre les oeufs et l\u2019eau, tamiser le reste des ingrédients et incorporer lentement au mélange (boeufs.Ceci donne une pâte très claire.Tremper les crevettes bien asséchées et enfarinées dans cette pâte et cuire en pleine friture 1 ou 2 minutes, juste pour dorer.Egoutter ¦ sur papier.Pour servir, placer dans un plat de service et arrosée de sauce à l\u2019ananas.Sauce à l'ananas 1\tBOITE DE 20 OZ D\u2019ANANAS EN MORCEAUX 2\tC.A TB.DE PIMENT ROUGE EN DES 2 C.A TB.DE BEURRE OU DE MARGARINE Vt TASSE DE CASSONADE 2 C.A TB.DE JUS DE CITRON 1 C.A TB.D\u2019AMIDON DE MAIS 1 PINCEE DE SEL Egoutter les ananas ; mesurer le jus et ajouter assez d\u2019eau pour obtenir 1 tasse de liquide.Ajouter le beurre ou la margarine, la cassonade, le jus de citron et chauffer.Ajouter l\u2019amidon de maïs délayé dans 1 c.à tb.d\u2019eau froide et cuire en brassant jusqu\u2019à épaississement.Mettre les ananas et les piments dans la sauce et chauffer complètement.Verser sur les crevettes chaudes.ROTI DE PORC EN COURONNE A LA MODE DES TROPIQUES 1 ROTI DE PORC EN COURONNE (6 A 8 LBS) ENVIRON 12 A 14 COTES) % DE TASSE DE RIZ Va DE TASSE DE BEURRE OU DE MARGARINE lVt TASSE DE BOUILLON CHAUD OU D\u2019EAU 1\tC.A THE DE SEL POIVRE NOIR 2\tOIGNONS MOYENS HACHES 1\tTASSE DE CELERI HACHE 4 TASSES DE MIETTES DE PAIN SECHE 2\tC.A THE DE SAUGE EN POUDRE 1 BOITE DE 14 OZ D\u2019ANANAS EN MORCEAUX EGOUTTES Demandez au boucher de vous préparer un rôti de porc en couronne ; demandez-lui de couper le bout des côtes en biseau afin d\u2019obtenir un effet de couronne.Assaisonner parfaitement de sel et de poivre.PI acer le rôti dans une lèchefrite.Cuire le riz dans le beurre jusqu\u2019à ce qu\u2019il commence à dorer.Ajouter le bouillon et le sel.Chauffer au point d\u2019ébullition.Couvrir et laisser sur feu très doux 20 minutes.Mêler le riz et le reste des ingrédients.Rectifier l\u2019assaisonnement.Farcir la couronne.La recouvrir d\u2019une feuille d\u2019aluminium afin de l\u2019empêcher de se dessécher à la cuisson.Cuire au four à 325° F.environ 33 minutes à la livre ou 3l/2 à 4 heures.Pour décorer la couronne : piquer des morceaux d\u2019ananas sur des brochettes et les fixer en couronne près de chaque côte.(Servir 2 côtes par personne.) POULET A L'AIGRE-DOUCE 2 POITRINES DE POULET CUITES PATE A CREPES FRITURE Quand le poulet est refroidi, détailler les poitrines en filets (4 par poitrine).Enfariner chaque filet, les passer dans la pâte à crêpes et les cuire en pleine friture.Les égoutter sur papier et les réserver au chaud.Préparer la sauce suivante.Sauce à l'ananas 1 TASSE DE VINAIGRE 1 BOITE D'ANANAS DE 20 OZ EN CUBES V3 DE TASSE DE CASSONADE LE JUS DE LA BOITE D'ANANAS ET ASSEZ D'EAU POUR FAIRE 2y2 TASSES 1 PIMENT VERT EMINCE 1 PETITE GOUSSE D\u2019AIL 4 C.A TB.D\u2019AMIDON DE MAIS SEL ET POIVRE V2 C.A THE DE GLUTAMATE MONOSODIQUE Egoutter l\u2019ananas et ajouter assez d\u2019eau au jus pour obtenir 2 V% tasses de liquide.Mélanger ce liquide avec le vinaigre, l\u2019ail, le sucre, le glutamate, du sel et du poivre au goût.Chauffer au point d\u2019ébullition, ajouter les ananas, puis l\u2019amidon de maïa délayé dans une égale quantité d\u2019eau froide.Cuire en brassant jusqu\u2019à épaississement.Ajouter les piments verts et cuire 1 minute.Joindre le poulet et chauffer le tout.Servir entouré d une couronne de riz au cari.PETONCLES A L'ANANAS 1 LB DE PETONCLES 6 TRANCHES D\u2019ANANAS Vt DE TASSE DE BEURRE OU DE MARGARINE 1 C.A THE D\u2019OIGNON RAPE Vt DE C.A THE DE SAUCE WORCESTERSHIRE Coût: *655.80 (première classe, Hawaii) pour retrouver la saveur des ananas 'jÿh Pour déguster des ananas frais et bien mûrs, vous pouvez vous rendre jusqu\u2019aux plantations de Libby à Hawaii\u2014ou acheter des ananas Libby chez votre épicier.Dans les deux cas, vous obtenez les ananas les plus juteux, les plus tendres et les plus savoureux.Le | sol d\u2019Hawaii, cette île enchanteresse, est celui qui se prête le mieux à la culture de l\u2019ananas.C\u2019est pourquoi tous les ananas Libby proviennent d\u2019Hawaii.Achetcz-en sous forme fie jus, en morceaux, broyés, en pointes ou en tranches.r SLICED 1 PINEAPPLE La Revue Populaire, mai 1962 45 Graisser un plat à gratin peu profond, égoutter les ananas et les placer dans le fond du plat.Saler les pétoncles, les enrober de fine chapelure ; en placer 3 ou 4 au centre de chaque tranche d\u2019ananas.Fondre le gras, ajouter l\u2019oignon et la sauce Worcestershire et arroser les pétoncles de ce mélange.Placer au four chaud 450° F.pour environ 10 minutes, puis allumer le gril pour faire dorer le dessus environ 2 minutes.Arroser au moins 1 fois au cours de la cuisson soit au moment de mettre sous le gril.GATEAU AU FROMAGE A L'ANANAS Abaisse aux miettes : 1?4 TASSE DE MIETTES DE BISCUITS GRAHAM Vx TASSE DE BEURRE OU DE MARGARINE Fondre le beurre ou la margarine, ajouter les miettes et bien mêler.Etendre uniformément et bien presser dans le fond et sur les parois d\u2019un moule de 8 pouces à fond détachable.Cuire au four à 350° F.environ 10 minutes.Refroidir.Garniture : 2\tENVELOPPES DE GELATINE GRANULEE 'h TASSE D\u2019EAU FROIDE % DE TASSE DE SUCRE >/4 DE C.A THE DE SEL IV2 TASSE DE JUS D\u2019ANANAS 1 C.A TB.DE ZESTE DE CITRON RAPE 1 TASSE DE FROMAGE COTTAGE 1 PAQUET (8 OZl DE FROMAGE A LA CREME 3\tC.A TB.DE JUS DE CITRON 1/2 TASSE DE CREME A FOUETTER 1 BOITE (20 OZ) D\u2019ANANAS EN MORCEAUX Gonfler la gélatine à l\u2019eau froide.Chauffer le jus d\u2019ananas avec le sucre, le sel et le zeste de citron.Ajouter la gélatine, brasser pour la dissoudre.Refroidir légèrement.Passer le fromage cottage à travers un tamis et mêler avec le fromage à la crème.Travailler à la fourchette afin de bien amollir les fromages.Ajouter un peu de gélatine et bien mélanger.Ajouter graduellement et en mêlant bien le reste de la gélatine et le jus de citron.Rattre jusqu\u2019à ce que le mélange soit lisse et crémeux.Placer au congélateur ou au réfrigérateur afin de refroidir rapidement mais ne pas laisser prendre.Battre la crème.Egoutter les ananas et en incorporer la moitié ainsi que la crème fouettée à la préparation de fromage et de gélatine refroidie.Verser délicatement par cuillerées dans l\u2019abaisse de miettes.Refroidir plusieurs heures.Pour garnir : 2 TASSES DE FRAISES 2 C.A TB.DE SUCRE 2 C.A THE DE GELATINE GRANULEE 'h DE TASSE DE SUCRE I C.A TB.DE JUS DE CITRON Trancher 1 tasse de fraises et les saupoudrer de 2 c.à tb.de sucre.Passer l\u2019autre tasse de fraises au tamis, saupoudrer la gélatine ainsi que le reste du sucre ( Y\\ tasse) sur les fraises.Chauffer sur feu très doux pour faire fondre le sucre et la gélatine.Ajouter le jus de citron et refroidir.Disposer joliment autour du moule, les fraises tranchées et les morceaux d\u2019ananas qui restent.Avec une cuillère, verser le sirop de fraises refroidi afin de glacer le dessus du gâteau.Laisser refroidir pour que la glace prenne.ANANAS A LA POMPADOUR 10 TRANCHES D\u2019ANANAS EN CONSERVE 2 C.A TB.DE GELATINE GRANULEE LE JUS D\u2019UN DEMI CITRON 6 CERISES AU MARASQUIN 6 NOIX DE GRENOBLE 1/3 DE TASE DE SUCRE % TASSE D'EAU FROIDE 1 TASSE DE JUS D\u2019ANANAS OU DE SIROP DE CONSERVE 1\tTASSE DE CUBES D\u2019ANANAS 2\tTASSES DE CREME A FOUETTER Egoutter les ananas et garnir de demi tranches un moule à charlotte.Gonfler la gélatine à l\u2019eau froide et l\u2019ajouter au jus d\u2019ananas préalablement chauffé avec le sucre.S\u2019assurer que la gélatine est dissoute.Laisser refroidir et quand le mélange a une consistance de sirop, ajouter les ananas en morceaux, les cerises coupées en filets, les noix de grenoble et le jus de citron.Verser ensuite délicatement ce mélange dans la crème fouettée ; bien incorporer, verser dans le moule préparé et laisser prendre.Démouler et garnir de crème fouettée et de cerises.TARTE MOUSSELINE A L'ANANAS 1 ABAISSE DE TARTE CUITE ET REFROIDIE Mousseline à l'ananas : 1 C.A TB.DE GELATINE >/i DE TASSE D'EAU FROIDE IV2 TASSE D\u2019ANANAS DECHIQUETE % DE TASSE DE SUCRE V2 TASSE DE JUS D'ANANAS 1\tC.A TB.DE JUS DE CITRON 2\tBLANCS D\u2019OEUFS 1 PINCEE DE SEL Egoutter les ananas, chauffer le jus avec la moitié du sucre.Faire gonfler la gélatine dans l\u2019eau froide et la dissoudre dans le jus chaud.Ajouter le jus de citron, l\u2019ananas et laisser refroidir.Ajouter le sel aux blancs d\u2019oeufs et les monter en neige.Quand ils sont fermes, ajouter graduellement le reste du sucre, bien battre entre chaque addition de sucre.Quand la préparation à l\u2019ananas commence à prendre, l\u2019ajouter graduellement aux blancs d\u2019oeufs.Verser dans l\u2019abaisse cuit*' et refroidie.Laisser prendre.N.B.\u2014 Dans toutes les recettes ci-dessus, on peut remplacer l\u2019ananas en conserve par de l\u2019ananas frais.Un détail important qu\u2019il faut se rappeler : Pour une préparation à base de gélatine, il faut cuire l\u2019ananas dans un sirop léger avant de l\u2019employer, ceci afin de détruire ce ferment qui a nom la bromeline, lequel ferment a la propriété de dissoudre les substances protéiques.C\u2019est ce même ferment qui en fait un fruit si rafraîchissant surtout servi cru à la fin d\u2019un copieux repas.ANANAS GLACE Couper un ananas frais dans le sens de la longueur et l\u2019évider sans briser l\u2019écorce.Détailler la chair en petits dés et la mettre macérer avec une égale quantité de fraises fraîches coupées en deux, 1 tasse de raisins coupés en deux et épé-pinés, le tout saupoudré de Y2 tasse de sucre à fruits.Laisser macérer dans un récipient couvert, au frais, au moins 2 heures.Au moment de servir, préparer une glace aux bananes : Réduire en purée 3 petites bananes, les additionner de 3 c.à tb.de jus de citron et les sucrer avec 14 de tasse de sucre à fruits.Remplir les moitiés d\u2019ananas en alternant un rang de fruits et un rang de glace aux bananes.Terminer par des fruits.Parsemer le tout d\u2019amandes en filets.!¦! ¦inn ¦¦¦¦¦¦¦ ¦ ¦ ¦ POUR $ 1.10 GERMAINE GLOUTNEZ OFFRE AUX LECTRICES DE LA REVUE POPULAIRE UN LIVRE DE RECETTES INTITULE : « MON COURS D\u2019ART CULINAIRE ».ENVOYEZ UN CHEQUE OU MANDAT-POSTE A 3060, AVENUE MAPLEWOOD, APP.4, MONTREAL 26, P.Q., AU NOM DE MADEMOISELLE GERMAINE GLOUTNEZ.¦ ¦ ¦ ¦ m u ¦¦¦an 46 La Revue Populaire, mai 1962 CONTENTER TOUT LE MONDE.ET SA FAMILLE A FARINES OGILVIE VOUS Y AIDERONT PRE-TAMISEE TOUT USAGE S\u2019il est vrai qu\u2019on parvient rarement à contenter tout le monde et son père, rien n\u2019empêche d\u2019essayer.Quatre excellentes farines Ogilvie vous y aideront.Idées nouvelles ou recettes traditionnelles que vous voudrez redécouvrir, toutes les possibilités de ces quatre splendides farines vous plairont.Les \u201cpop-over\u201d par exemple, gonflés, croustillants, légers comme un souffle, vous les réussirez à tout coup, si vous les faites avec la farine tout-usage Ogilvie, pré-tamisée.Pour recevoir ces recettes et beaucoup d\u2019autres, veuillez écrire sans plus tarder à The Ogilvie Flour Mills Co.Ltd., Dept.M5, Edifice Sun Life, Montréal, P.Q.wsygg ¦* JV\u201e f A .Farine DE SEIGLE Farine DE BLÉ ENTIER Dès la première bouchée, vous apprécierez la saveur exquise de ce pain aux fruits, attribuable aux saines qualités de la farine de blé entier Ogilvie.La recette qui est suggérée sur le paquet vous tentera sûrement.Le pain de seigle est un pain dont la saveur, surtout si vous y ajoutez des grains de cumin, est irrésistible.Il est meilleur lorsqu\u2019il est fait de farine de seigle Ogilvie.Demandez-la chez votre épicier aujourd\u2019hui.Tout le monde aime les muffins.En avez-vous déjà fait avec la magnifique farine complète Graham d\u2019Ogilvie?Vous n\u2019en voudrez plus d\u2019autres! Vous pouvez également en faire des crêpes incomparables! DANS TOUTES LES BONNES CUISINES ;S '00m, ¦ Z- Ijflgjljj BiiSsil A r v, * d \\ 1 \"¦ lista a* jiijffigti i tfV! _ Faudra-t-il courir au telephone?UN TÉLÉPHONE SUPPLÉMENTAIRE PEUT VOUS ÉVITER DES PAS ET DES ENNUIS! POUR COMMANDER LE VOTRE, APPELEZ BELL Non: il y en a un dans la chambre! CARILLON BELL\u2014nouvelle sonnerie téléphonique à trois réglages (normal, carillon ou cloche) qui vous avertit de tous /os appels.Renseignez-vous sur le carillon Bell I UNE PREUVE D'AMOUR \u2014 Cependant, je ferai tout mon possible, ajoute le comte, pour retrouver sa trace.Nous sommes plusieurs secteurs dans le Finistère.Si je peux, je le ferai verser dans le mien, rassurez-vous, ma chérie.Malgré votre manque de nouvelles, je n\u2019ai entendu parler de rien d\u2019alarmant parmi nos jeunes gens.Soyez calme \u2014 il faut être courageuse, à notre époque, vous savez, Marianne, et nous avons besoin qu\u2019on soit courageux autour de nous.Il n\u2019est que de regarder Marianne.Il sait d\u2019avance qu\u2019elle lui apportera le réconfort de son amour, désormais, et qu\u2019il peut compter entièrement sur elle.Cependant la vie continue.Personne, pas même Sylvaine, n\u2019a été prévenu des projets que font, dès qu\u2019ils sont seuls, Xavier et Marianne.Il est plus sage d\u2019attendre des temps meilleurs \u2014 la guerre est là \u2014 elle seule réclame toutes les pensées, toutes les actions.Comme les actions du maquis sont silencieuses mais dangereuses, hasardeuses, le comte de Guéréault ne veut pas que celle qu\u2019il considère comme sa femme de demain risque quoique ce soit à cause de lui.Il est préférable qu\u2019ils restent, pour le moment, comme ils sont : pour lui, s\u2019il est pris, ce n\u2019est que sa vie qu\u2019il engage.Marianne, en tant que gouvernante de sa fille, passerait à travers toutes représailles possibles \u2014 c\u2019est mieux ainsi.Le printemps commence à poindre \u2014 il met des bourgeons à chaque branche, des chants nouveaux dans le monde actif des oiseaux.Le château de Gué-ménec sourit presque, bien planté au milieu de la verdure renaissante.Marianne et Sylvaine, de plus en plus, font des promenades.Souvent celles-ci les mènent au petit bourg proche.L\u2019enfant n\u2019a plus peur des silhouettes allemandes.D\u2019ailleurs, c\u2019est toujours le même gros garçon blond qui leur dit bonjour quand elles débouchent du petit chemin amenant au port.Poker les accompagne à chaque promenade, file devant l\u2019Allemand sans même le voir, fait cent tours avant de retrouver les jeunes filles qui l\u2019attachent en entrant en ville \u2014 c\u2019est obligatoire.Aujourd\u2019hui, les promeneuses bavardent, heureuses du soleil naissant.Le petit chemin sent bon, des fleurs de lait poussent au pied des arbres, mélangeant leurs pâles couleurs à celle des violettes des bois.Sylvaine en fait un frais bouquet, le tend à Marianne.Elle va peur le mettre à son corsage quand un violent aboiement suivi de bruit de voix lui fait dresser la tête.Des yeux elle cherche Poker et ne le voit pas : «Est-ce lui qui vient d\u2019aboyer ainsi ?demande-t-elle, un peu inquiète, à Sylvaine.Il me semble avoir reconnu sa voix.» \u2014 Moi aussi, je crois bien que c\u2019est lui qui vient d\u2019aboyer.A qui en a-t-il ?Pour faire un pareil tapage, il doit se battre avec un lapin.Des voix d\u2019hommes, cette fois, répondent nettement aux jappements du chien.Plus de doute, il est arrivé quelque chose à Poker.Les jeunes filles courent, contournent le tournant de la rivière et s\u2019arrêtent interdites devant l\u2019Allemand tenant Poker par le collier, un Poker furieux qui fait des efforts inouïs pour se dégager de la poigne de fer qui ne le lâcbe pas.Un autre Allemand, près de lui.se tient la main \u2014- on dirait que du sang coule.Mon Dieu.pourvu.Marianne et Sylvaine sont devant le jeune soldat blond qui leur disait toujours bonjour.C\u2019est lui qui tient solidement Poker et regarde ses maîtresses d\u2019un oeil courroucé, terrible.Il indique 1 autre soldat et dit, d\u2019une voix rauque : « Camarade.là.vous voir.la main.» Que s\u2019est-il passé ?Impossible d\u2019obtenir d\u2019éclaircissement \u2014 les deux soldats ne parlent pas notre langue.Mais Marianne comprend que le chien a dû mordre le soldat nouveau qu\u2019il ne connaissait pas, car ce dernier éponge, d\u2019un large mouchoir à carreaux, sa blessure semblant profonde.Marianne se confond en excuses, mêle le français à l\u2019anglais, l\u2019anglais au français sans arriver à calmer le blondinet, apparem- ment furieux.Elle s\u2019approche de lui voulant délivrer Poker et l\u2019attacher à sa laisse, mais l\u2019Allemand recule, tenant toujours son prisonnier à bout de bras et fait signe aux jeunes filï?s de le suivre : \u2014 Herr lieutnant.kommen sie mit mir.herr lieutnant.\u2014 Vous n\u2019allez pas nous emmener voir votre lieutenant pour une petite morsure.c\u2019est ridicule.ridicule.Le soldat ne veut rien entendre.Il répète :\t« Kommandantur.her lieut- nant.Kommen sie.» Il ne sait que répéter ces mots que Marianne, malgré son ignorance de l\u2019allemand, comprend très bien.Sylvaine, elle, tremble de peur.Elle se serre contre Marianne, pleure presque.Mais pleurs et supplications ne servent à rien \u2014 l\u2019Allemand est intraitable.Il pousse les jeunes filles devant lui, tenant toujours Poker enfin calmé, l\u2019autre soldat fermant la marche.Marianne rassure Sylvaine \u2014 au fond, cette petite mésaventure n\u2019est pas grave \u2014 elles s\u2019expliqueront à la Kommandantur \u2014on ne les mangera pas, que diable.Cela fait même sourire Marianne qui a retrouvé tout son calme, ce petit cortège à travers les rues du bourg.Les commerçants les regardent passer en haussant les épaules \u2014 ils sont habitués aux mauvaises humeurs des Fritz \u2014 c\u2019est bon signe \u2014 ça prouve qu\u2019ils commencent à avoir peur de nous, disent-ils entre eux.La Kommandantur a établi son quartier général dans le plus bel hôtel de la petite ville, entièrement désaffecté et ressemblant maintenant à une caserne.Il y a là généralement peu d\u2019allées et venues, mais aujourd\u2019hui la place est bruyante, pleine de camions.Il doit y avoir une relève des troupes, une nouvelle arrivée, en tout cas, ce qui explique ce remue-ménage.Le soldat tenant Poker a du mal à frayer un passage à sa petite troupe personnelle, et les jeunes filles le suivent avec peine au milieu des soldats qui vont et viennent en tous sens.On monte un escalier.Devant la grande porte qui ouvrait jadis sur le cabinet particulier de l\u2019hôtelier, le soldat s\u2019arrête et frappe doucement.Pas de réponse.Il refrappe un peu plus fort.Une voix à peine perceptible commande enfin d\u2019entrer.La porte s\u2019ouvre et les quatre acteurs de la comédie entrent dans la pièce.L\u2019officier, assis devant son bureau, très occupé à écrire, continue à fixer son dossier sans bouger.Le blondinet toussotte, figé dans un impeccable garde-à-vous, la main à la visière du képi et prononce un « Heil Hitler » si vibrant que l\u2019officier lève la tête, regarde chacun et pousse une exclamation : \u2014 Marianne.C\u2019est Frantz.L\u2019émotion de Marianne est indescriptible.En une seconde des pensées éperdues se heurtent en même temps dans sa tête : « Quel hasard atroce.est-ce possible ?.parmi les millions d\u2019Allemands rencontrer Frantz ici.c\u2019est affreux.affreux.Et Sylvaine.que va-t-elle penser.?» Lui, Frantz, paraît stupéfait mais ravi.Il commence à demander au soldat l\u2019explication de cette irruption et, en un moment, arrange les choses : d\u2019abord laisser les demoiselles reprendre leur chien \u2014 conduire le blessé à l\u2019infirmerie \u2014 et sortir.Le blondinet paraît ahuri, ne comprenant visiblement pas la mansuétude de son chef.Mais il a reçu des ordres.Il claque des talons \u2014 refait le salut militaire, réclame très fort « Heil Hitler ;> et sort, suivi du blessé.Voilà donc Frantz.Ce que maintes fois Marianne a tenté d\u2019imaginer est devant elle : Frantz, officier allemand.Sous le costume sévère, il a perdu cet aspect enfantin, naïf qui faisait son charme, cette hésitation dans le mouvement, cet air étonné et souriant qu\u2019il avait devant toutes choses.Sa voix a changé \u2014 elle est nette, précise.Il n\u2019a pas oublié son français \u2022\u2014 il le parle parfaitement encore.Loin d\u2019être navré de leur rencontre, il manifeste une joie profonde, si visible que Sylvaine, devant une pareille familiarité, semble interdite.Elle regarde successivement Frantz et Marianne, cette dernière fi; * < presque glaciale, pendant que l\u2019officier, au contraire, interroge, questionne, s\u2019approche de la jeune fille et lui parle i r paraissant la connaître parfaitement Marianne est au supplice.Cette rt 1-contre brusque et combien impré\\n avec son ancien fiancé la boulevei^> Un mélange de peur et de joie joue dans son coeur : peur à cause de £\t- vaine \u2014 joie parce que Frantz est \\-vant et qu\u2019il lui rappelle toute une fl époque de son passé proche, charmant.Pourquoi est-elle obligée d\u2019être si froide, si distante ?Elle préférerait tellement interroger, elle aussi, sans regret, sans reproche.La guerre, en sont-ils responsables, l\u2019un et l\u2019autre Un affreux hasard les a rendus ennemis \u2014 mais leurs pays, seuls, sont ennemis, pas eux, bien irresponsables du drame international.En tout cas cela semble le sentiment de Frantz.Seul dans son bureau, sans espion près de lui pour le dénoncer, il clame à Mi-rianne son regret, le supplice qu\u2019il i n -dure \u2014 son obligation d\u2019obéir qui lui paraît insoutenable encore depuis qu\u2019il .est en France.Marianne ne peut s\u2019empêcher de lui parler :\t« Où étiez-vous ?Est-ce la première fois que vous venez en France.je veux dire que vous êtes affecté dans un secteur français.?Frantz aurait tant de choses à de- || mander, à répondre.Il regarde la || pendule, au-dessus de la cheminée \u2014 || elle avance à grands pas et la conversation ne peut se prolonger sans susciter des commantaires ou des reproches en haut lieu.Mais Frantz a retrouvé Marianne en Bretagne, dans ce petit coin « tout au bout de la terre », dit-il en riant.Il faut absolument que je vous revoie, Marienne.Je suis affecté ici pour.je crois au moins un mois.Où habitez-vous ?vite.répon-dez-moi vite.?» Que répondre ?Mentir ?Sylvaine ne f| comprendrait pas pourquoi.D\u2019ailleurs, devant le silence de Marianne, c\u2019est Sylvaine elle-même qui dit son nom, son adresse et ajoute, en appuyant durement sur la fonction de Marianne : « Mademoiselle Le Goffic est ma gouvernante.» Elle a espéré, ainsi, vexer Marianne, se venger de son intimité apparente avec l\u2019officier allemand, stupéfiée qu\u2019elle est devant le mystère que représente pour elle cette rencontre.Frantz n\u2019ajoute rien.Il joint les talons, baise la main de Marianne, caresse Poker et dit gentiment adieu à Sylvaine qui ne répond pas à son salut.Vite, vite, quittons cette horrible || Kommandantur.Le jour commence à baisser \u2014 il faut se hâter pour retrouver le petit chemin où la nuit guette les jeunes filles.Poker, bien tenu en laisse, tire dessus, sentant la maison proche.Marianne songe à cet événement qui la bouleverse, car elle sent bien la méprise que peut faire Xavier quand il saura ce qui vient de se passer.Elle est décidée à lui dire la simple vérité \u2014 mais la croira-t-il ?Ne se méfiera-t-il pas d\u2019elle ?il ne la connaissait pas, trois mois auparavant.L\u2019amour qu\u2019il a pour elle, dont elle est sûre, ne va-t-il pas recevoir un choc devant l\u2019aveu de son passé, aussi honnête qu\u2019il ait été mais qui la liait à un Allemand ?Elle était fiancée à un Allemand, et lui, Xavier, || est à la tête d\u2019un réseau de résistance.Il le lui a confié, se livrant entièrement à elle.Ne va-t-il pas redouter, maintenant.Oh.ce serait affreux.atroce.|| Quel hasard terrible, cruel, pense Marianne désemparée.Que pourrai-je lui dire pour garder sa confiance.?» Il semble à la pauvre fille que tout son bonheur récent s\u2019écroule en un fl moment.Hélas.est-ce de la prémonition.?Sylvaine, généralement si bavarde, si affectueuse avec sa chère demoiselle ne lui parle pas.Aux quelques mots que || dit Marianne, elle ne répond pas, ne s\u2019adressant qu\u2019à Poker auquel elle rappelle, avec des mots blessants, l\u2019entrevue de tout à l\u2019heure : « Tu te sauves vite, hein, mon vieux.loin de ces sales Boches.avec leur Heil Hitler.leurs claquements de talons.ils sont gro- [ Lire la suite page 54 ] || Sucrez-le sans calories! Sucrez votre café ou votre thé avec Sucaryl, et vous n\u2019aurez plus envie de vrai sucre! Surveiller son poids n\u2019est plus un problème.Avec Sucaryl, qui n\u2019a aucun goût amer, vous pouvez vous régaler avec vos desserts favoris sans y ajouter une seule calorie! On l'emploie facilement en cuisine.* Demandez Sucaryl en comprimés ou en solution dans toutes les pharmacies! *Demandez à votre pharmacien la brochure gratuite des \u201cRecettes moins riches en calories avec le Sucaryl Recherchez les produits alimentaires et les boissons à basses calories marqués: \u201cSucré avec Sucaryl\u201d, dans votre magasin habituel.\t] 9016F La Revue Populaire, mai 1962 49 Le soleil est là.vive le soleil! Et vivent aussi ces styles gais frais, peu coûteux qui flattent la silhouette et rajeunissent celles qui les portent.Nous vous offrons ce mois-ci une série de cotonnades lavables allant du petit tailleur simple et stylisé au pantalon court si pratique à la campagne.« Touououou.ist dans le soleil ! » Et pourquoi pas ?Malgré la chaleur qui vient à grands pas, les jeunes n\u2019hésiteront pas à se laisser aller à leur danse favorite.Raison de plus pour endosser des vêtements à la fois légers et élégants.Françoise et Renée sont du nombre.Elles sont jeunes, elles aiment les vêtements fonctionnels, du genre interchangeable.Elles ont trouvé avec SHAMROCK ce qui convient le mieux à leur type et à leur personnalité.Mieux encore : elles ont découvert que cette compagnie s\u2019intéresse aux problèmes de toutes les femmes.Les « petites tailles » (7-9-11 et 13 ans) et les «grandes tailles» ( 18]/2 à 24 (4 ) seront servies cette année .et fort bien servies ! Françoise et Renée vous présentent maintenant leur garde-robe printemps-été.POUR LE MATIN \u2014 Françoise a trouvé ce charmant ensemble trois pièces bleu pâle, jupe droite, veste à manches courtes, sans col.La blouse, au petit col couventine est piquée de gros pois et ajoute au tout une allure très féminine.Choix de couleurs : noir, bleu-marine, rose, bleu pâle.Pour la blouse : blanche piquée de noir, rose ou bleu.Le prix : $14.95 ! ¦¦¦¦¦ \u201e ¦¦¦¦ POUR L\u2019APRES-MIDI \u2014 Joliment décolletée, cette veste aux manches courtes et aux rayures verticales est jetée sur une jupe à plis non pressés aux rayu-rés horizontales.Françoise a une prédilection pour cet ensemble qui laisse libre tous ses mouvements.Elle l\u2019a choisi turquoise mais elle aurait pu l\u2019avoir or ou orange.Son prix : $10.95.POUR TOUTES LES CIRCONSTANCES \u2014 Simples, ravissants élégants : deux tailleurs pour n\u2019importe quel moment de la journée.Le premier, à gauche, style Chanel, manches courtes, col ouvert sur une blouse de piqué blanc, jupe droite, pli arrière, se vend séparément si l\u2019acheteuse le désire.La veste : $6.95 la jupe : $6.95.Les couleurs : bleu, brun, vert.Le second, à droite, est du style sport le plus parfait.Jupe plissée, veste à quatre boutons, col tailleur, manches trois-quart, le tout solide, durable.et lavable ! Les couleurs : rose, brun or, vert, blanc et noir, bleu marine, orange, bleu pâle, citron et framboise.Le prix : $12.95.\t_\t_\t_ ****** POUR LE SPORT \u2014 Douceur et gaîté de l\u2019imprimé ! Des couleurs vives, frappantes comme les rayons du soleil.Ensemble de gauche : blouse style Chanel, manches trois-quart, imprimée bleu, rouge ou brun et jetée sur une jupe à plis piqués.Cette jupe, idéale pour la promenade est bleue, or, rose, beige, orange, verte, noire ou blanche.Le prix de la blouse : $4.98.Celui de la jupe : $6.95.Ensemble de droite : Une autre blouse de piqué imprimé, sans manches, à motifs floraux, décolletée.Bleue, rose ou orange, elle est jeune et amusante.Son prix : $3.98.Les pantalons courts, bleus, roses, beiges, orange, or, verts ou noirs coûtent également $3.98.\tPHOTOS : DIK NYE \t ¦\"\u2019\u2019'T'-'\"\u2014 -\u2014\u2014 - \u2014 LE SOLEIL EN RIT DE PLUS EN PLUS ! et Renée est heureuse, détendue dans eette simple blouse de piqué blanc ornée de discrets boutons dorés.Du plaisir, du plaisir en perspective ! Le prix de la blouse : $3.98, Ses « J amaica », toujours à la mode, confortables et merveilleux pour le tennis ou la plage lui coûtent $4.98.Elle les a choisis noirs, mais elle aurait pu les avoir bleus, verts, bruns ou marine. I DANS LE SOLEÜL 1 TOUOUOUOUOUOUOU POUR LA PETITE FEMME (tailles 7-9-11 et 13 ans) le fameux style interchangeable.Deux blouses, Une jupe ei un pantalon court ornés de franges délicates et taillés dans un léger coton à carreaux rose et blanc, bleu et blanc ou lîine et blanc.Premier ensemble à gauche ; la blouse : $3.98 la jupe :\t$6.95 Deuxième ensemble à droite : la blouse : $3.98 ET EN AVANT LA MUSIQUE POUR UN TWIST DANS LE SOLEIL! Tous ces ensembles sont des ensembles Shamrock.Ils sont en vente dans tous les bons magasins à trarer le Canada.earaiaii la jupe est DOULEURS MENSTRUELLES La menstruation est un processus naturel et nécessaire mais les douleurs menstruelles ne le sont pas.Prenez simplement un comprimé de Midol, Marie, et ne souffrez pas.Midol apporte un soulagement plus rapide aux douleurs menstruelles\u2014il soulage les crampes, calme le mal de tête et chasse le \"cafard.\" J0tMs£ \\lmlïsÿ aeeajite/ty PAQUET DE 29c Dept.B-52 Post Office Box 1875 Terminal A Toronto, Ontario Veuillez m\u2019envoyer(emballageanonyme) un paquet de 29*5 de MIDOL.J'inclus 100 pour frais de port et de manutention.Offre valable seulement au Canada NOM.RUE.VILLE.PROV.Cette offre expire le 31 déc.1962 UNE PREUVE D'AMOUR tesques.Ah.ah.la.la.toucher seulement leur main.le bout de leurs doigts.il ne faut pas être dégoûté.» Et ta, ta, ta.Tout le long du chemin l\u2019amertume de Sylvaine s\u2019exhale, et Marianne ne trouve rien à lui dire, rien à lui expliquer, rien qui puisse la disculper, car elle se sent honteuse, coupable, suspecte même aux yeux de de cette enfant qui, par son attitude, refuse toute explication.Au château, heureusement, il n\u2019y a personne.Le comte n\u2019est pas là.S\u2019il rentre, ce sera tard et sa fille sera couchée.Cela permettra à Marianne d\u2019être la première à lui parler.Elle est décidée à le faire tout de suite, elle-même, sans qu'il soit déjà informé \u2014 et mal informé \u2014 par Sylvaine.La soirée s\u2019étire péniblement.Sylvaine trouve toutes sortes de raisons pour être seule.Elle a à ranger sa chambre \u2014 à chercher quelque chose dans le grenier \u2014 c\u2019est urgent.D\u2019ailleurs sa poupée, celle que Marianne lui a confectionnée avec tant de soin et de tendresse, sa poupée est laide, sale.Il lui faudra une autre robe.Pour le moment elle ira dormir tout au bout de la maison \u2014 en pénitence, semble dire la fillette \u2014 en tout cas loin d\u2019elle.Tant de travail patient d\u2019approche, tant de douceur, d\u2019affection augmentée de jour en jour, tant de semaines passées pour dompter la petite sauvageonne devenue peu à peu confiante, tendre, pour qu\u2019en un moment tout change, tout s\u2019effondre.Marianne souffre affreusement.Que dire ?que faire ?Il faut laisser passer la nuit.Demain, Marianne aura repris son calme et Sylvaine sera plus facile à convaincre.Oui, demain.La jeune fille s\u2019accroche à cet espoir du lendemain lent à venir.Elle laisse la petite fille se coucher seule, sans lui donner le baiser de chaque jour, tant attendu au moment de dormir.Ce soir, il n\u2019y en aura pas \u2014 à peine un « bonsoir » murmuré du fond d\u2019un lit, et la lumière s\u2019éteint dans la chambre rose.Mais Marianne n\u2019est pas seule à souffrir.Sylvaine a dû faire un gros effort pour maintenir son ressentiment jusqu\u2019au coucher.A la Kommandantur, certes, après sa stupéfaction devant la « Marianne.» jeté par l\u2019officier, elle a haï mademoiselle \u2014 elle avait envie de se sauver, ou de griffer l\u2019Allemand, ou Marianne.Oui, là, elle était folle de rage.Mais, en route, tout en parlant à Poker, elle se disait à elle-même : « Qu\u2019est-ce que cela veut dire ?Il y a sûrement quelque chose que je ne comprends pas.Mademoiselle.chère mademoiselle.je l\u2019aimais tant.Mais elle n\u2019a rien fait.c\u2019est ce sale Allemand., lui seul.Elle.elle avait l\u2019air si froid, si dur.Pourtant, elle s\u2019est laissé baiser la main.C\u2019était peut-être pour qu\u2019on nous rende Poker.! » Toutes ces pensées se sont heurtées dans sa tête, mais elle n\u2019a pas voulu faire un pas vers Marianne, avoir l\u2019air de pardonner.C\u2019est pourquoi elle a continué à être dure, attendant un geste, un mot qui ne sont pas venus.Et même pas un baiser.Oh.qu\u2019elle est méchante.comme j\u2019ai du chagrin.» Si Marianne avait pu deviner.! Elle-même anxieuse, guette un bruit de pas sur le gravier.Les aiguilles tournent, le feu baisse dans la haute cheminée.Marianne est si nerveuse qu\u2019elle ne peut même pas ouvrir un livre en attendant le cher aimé qui ne revient pas.Il est minuit.La jeune fille a froid, baille, regarde l\u2019heure sans arrêt.Quand rentrera Xavier ! La nuit est longue, longue.A bout d\u2019attente, elle s\u2019endort.Combien de temps dort-elle ainsi, près du feu éteint, tu tic tac de la grosse horloge, pendant que tout dort dans la grande demeure ?Xavier rentre enfin \u2014 il est deux heures du matin.Avant de monter dans sa chambre, il aperçoit la lumière de la bibliothèque filtrer sous la porte.De la lumière, à cette heure ?Inquiet, il entre vivement dans la pièce et s\u2019arrête sur le seuil : Marianne est là, la tête penchée, les yeux clos.Que fait-elle là ?Xavier s\u2019approche, lui tâte doucement la main qui ne frémit pas, regarde celle qu\u2019il aime avec émotion, ferveur, un long moment.Et puis, avec 54 des précautions infinies, il écarte de son front une mèche rebelle et, à sa place, pose un baiser.Sous ce léger contact, la jeune fille ouvre les yeux, des yeux bizarres, inquiets, hagards : « Xavier.oh.Xavier.» C\u2019est comme un cri douloureux qu\u2019elle vient d\u2019exhaler.Le comte la prend dans ses bras, la berce : « Qu\u2019avez-vous, ma chérie.vous semblez défaite.Qu\u2019est-il arrivé ?» Marianne se serre contre lui, se blottit contre sa poitrine sans rien dire.Il faut pourtant aprler \u2014 lui dire.Debout contre lui, elle se dégage un peu de cette étreinte, regarde longuement et profondément celui auquel elle va faire mal, sûrement.: « Xavier, mon ami.mon cher aimé.si vous saviez comme le hasard peut être atroce.» et elle laisse à nouveau sa tête tomber sur l\u2019épaule du comte, sans rien ajouter.Pendant un long moment celui-ci la berce, doucement.Il sent bien qu\u2019un aveu va venir, pénible, sans doute, mais il faut savoir \u2014 il veut savoir.Et ses yeux quêtent une parole, sans brusquerie, patiemment.Alors, la tête baissée, la main dans les deux grandes mains qui l\u2019enserrent avec tendresse \u2014 oiseau palpitant qui se blottit \u2014 Marianne raconte ses fiançailles anciennes, ses projets de jeune étudiante avec un autre étudiant, il y a trois ans.Elle insiste sur les études qu\u2019ils faisaient ensemble, sur leur jeunesse studieuse et sentimentale, sur les promenades au grand Luxembourg, les cours dans la vieille et chère Sorbonne.\u2022\u2014 Tout cela n\u2019est pas bien grave, ma chérie.Vous ne l\u2019aimiez pas sérieusement, sans doute, ce premier amour.puisque, depuis trois ans, dites-vous, vous n\u2019avez plus aucune nouvelle de.Bah.chacun a un passé, petite fille romanesque.ne vous troublez pas ainsi.Je ne suis pas jaloux de cet amour, ma chérie, puisque vous me l\u2019avouez, et je suis tellement sûr de vous.Allons, séchez ces yeux que j\u2019aime.Tenez, ajoute-t-il en riant, dites-moi le nom de ce vaincu que nous n\u2019appelions pas notre fils, plus tard, comme.\u2014 Xavier.je ne vous ai pas tout dit : ce vaincu, comme vous l\u2019appelez, s\u2019appelait.Frantz.et c\u2019est l\u2019officier allemand devant lequel on nous a amenées, Sylvaine et moi cet après-midi, à cause de Poker qui avait mordu un soldat.Voilà \u2014 tout est dit maintenant.Le comte de Guéréault a lâché la main de Marianne, de surprise, et sa figure a changé d\u2019expression.Il fronce le front péniblement, un tic nerveux fait cligner ses paupières.Il dit simplement : « Ah!.» et un long, long silence s\u2019établit.Combien de temps dure-t-il ?Dans l\u2019esprit de chacun un travail profond s\u2019effectue, une lutte s\u2019engage, sans bruit.Marianne sent que son bonheur vacille, que Xavier ne pardonnera jamais son manque de confiance, car elle aurait dû depuis longtemps, lui livrer toute sa vie passée.Lui, Xavier, il est profondément touché.Que des fiançailles aient eu lieu trois ans auparavant, des fiançailles rompues par l\u2019absence, ce n\u2019est pas grave \u2014 c\u2019est insignifiant.Ce qui ne l\u2019est pas c\u2019est que le fiancé était allemand et que jamais, avant d\u2019y être obligée par ce qu\u2019elle appelle un « hasard atroce », Marianne n\u2019en a parlé.Ils étaient devenus assez intimes, cependant.Il ne lui cachait rien \u2014 absolument rien \u2014 et il avait en elle une si profonde confiance.« Pourquoi ne m\u2019a-t-elle rien dit ?Je lui ai tout confié de moi, jusqu\u2019à mon rôle important dans la résistance.Elle, par contre, ne m\u2019a rien dit d\u2019elle, sinon qu\u2019elle avait un frère.A-t-elle vraiment un frère ?et dans la résistance.?Ne l\u2019a-t-elle pas inventé pour me faire parler.Je suis entièrement entre ses mains.Mais.je suis fou.pourquoi me trahirait-elle ?.C\u2019est impossible.je l\u2019aime trop.et elle semble tant m\u2019aimer.» Xavier fait des efforts contre ses pensées, lutte contre le doute qui s\u2019insinue, qu\u2019il repousse avec horreur \u2014 qu\u2019il veut repousser mais qui commence son lent travail.Pour l\u2019un et pour l\u2019autre, ces minutes tiennent du cauchemar.Enfin, après un long pressement de mains, ils montent lentement en tentant, pendant le court sommeil qui les sépare du matin, de calmer leurs coeurs douloureux.Le lendemain matin, à peine Marianne et Sylvaine avaient-elles terminé leur petit déjeuner que des aboiements furieux de Poker les alertèrent, comme la veille dans le petit chemin.Cette fois, c\u2019était dans la cour même du château.Qu\u2019avait-il de nouveau ?Elles sortaient en hâte de la salle à manger quand elles trouvèrent Yvon tremblant tendant une lettre au comte de Guéréault qui, alerté lui aussi, était déjà au bas de l\u2019escalier.Après avoir pris connaissance de la lettre remise par Yvon, sa figure se contracta.Il reprit vite de l\u2019empire sur lui-même et, sans regarder les jeunes filles, à la canton-nade, il dit seulement : « C\u2019est bien \u2014 il n\u2019y a qu\u2019à s\u2019incliner, n\u2019est-ce pas.» Puis, devant les personnes présentes, muettes et inquiètes, il ajouta: «Viens, Yvon, suis-moi dans mon bureau \u2014 je vais te donner ma réponse.Qui t\u2019a remis ce pli ?» Le vieux domestique tremblait de peur.Il balbutia : « Un Allemand, monsieur le comte.le premier qui ait osé monter jusqu\u2019au château, je crois bien.\u2014\tCe ne sera pas le dernier, Yvon \u2014 il va falloir t\u2019y habituer.Il disparut dans la bibliothèque sans attendre Yvon qui enlevait ses sabots-avant de suivre son maître.Quelques moments après Yvon reparut porteur d\u2019une lettre et se hâta de la porter au soldat qui attendait dans la cour.Cette scène dura quelques minutes à peine \u2014 mais ces minutes passées dans l\u2019angoisse avaient paru interminables à Marianne.Elle comprit vite, à la figure défaite de Xavier lisant le papier que quelque chose de grave se préparait.Elle n\u2019avait pas tort.Xavier reparut à son tour et dit d\u2019une voix froide : « Mademoiselle Le Goffic, vous voudrez bien vous occuper avec Nanou de faire préparer trois chambres.Nous aurons, à partir d\u2019aujourd\u2019hui, trois officiers ennemis logés au château.» \u2014\tMarianne.je suis entre vos mains, vous le savez.Je crois en vous.mais c\u2019est à vous de faire face, maintenant.Faire face ?Qu\u2019avait-il voulu dire ?Comment pouvait-elle empêcher les Allemands de venir \u2014 car Xavier soupçonnait bien que c\u2019était à cause d\u2019elle qu\u2019ils venaient.La cohabitation sera insupportable.Frantz ne profitera-t-il pas de cette occasion unique pour tenter de reprendre.pour jouer sa chance devant le double ennemi qu\u2019était pour lui Xavier : Xavier Français et aimé d\u2019elle.?Comment pourrait-elle, dans de telles conditions, faire renaître une confiance qu\u2019elle sentait si ébranlée ?Qui lui en donnerait jamais l\u2019occasion ?Partir ?ce serait tout briser \u2014 Rester ?Il lui fallait rester, cependant \u2014 faire face, comme avait dit Xavier avec une figure crispée, douloureuse, si émouvante.Il fallait laisser faire le destin.La vie de tous les jours, au château, maintenant que trois officiers allemands \u2014 dont Frantz, bien entendu \u2014 l\u2019habitaient, n\u2019apportait guère de calme dans le coeur bouleversé de Marianne, j Xavier n\u2019avait rien changé à ses habitudes passées \u2014 il continuait à disparaître des nuits, des jours entiers, la laissant dans une folle inquiétude.Elle savait que les dangers qu\u2019il avait déjà I courus étaient encore augmentés par ! la présence de l\u2019ennemi dans son domicile même.Etait-ce par bravade ?pour mettre davantage sa fiancée à l\u2019épreuve ?Il semblait à celle-ci que le comte multipliait les imprudences, les absences, le mystère de ses disparitions inexplicables aux yeux des Allemands.Elle évitait, autant qu\u2019il lui était possible, de les rencontrer, mais les heures des repas les rassemblaient forcément.Elle s\u2019efforçait d\u2019y faire bonne figure \u2014 les officiers étaient des plus corrects, des plus courtois, même.Jamais Frantz ne faisait allusion, devant ses camarades ou devant le comte et Sylvaine, à ses années d\u2019étude à Paris \u2014 il semblait ( Lire la suite page 56 ) La Revue Populaire, mai 1962 I, l I i 1 ! S l I 5 « l I! II.j 3 - i1- I - I N S MOTS CROISÉ I.2.3.4.\t5.\t6.\t7.\t8, 9.lO, IU 12, 13, 14, 15, !6, 17, HORIZONTALEMENT 1.-Prénom de la Rédactrice en chef de la Revue Populaire.\u2014 Accessoires pour jouer au tennis de table.2.\t\u2014 Ancienne épée.\u2014 Manière d\u2019agir civile et honnête.3.\t\u2014 Lieu où l\u2019on bat le grain.\u2014 Nom du Directeur artistique de la Revue Populaire \u2014 Rongeurs.4.\t\u2014 Nom donné à l\u2019aurochs.\u2014 Genre de mollusques lamellibranches.\u2014 Gaz stomacal.5.\t\u2014 Préposition qui marque l\u2019origine.\u2014 Qui est en vie.\u2014 Soubrette de comédie.\u2014 Titre qu\u2019on donne à un membre du barreau (initiales).6.\t\u2014 Facile.\u2014 Ancêtre.7.\t\u2014 Complaisante.\u2014 Sert à compren- dre un problème \u2014 Symbole chimique du cérium.8.\t\u2014 Fils du marquis et de la marquise de Montespan.\u2014 Inflammation de l\u2019oreille.\u2014 Fleuve torrentueux de France.9.\t\u2014 Confondue en un.\u2014 Corps céleste qui tourne autour du soleil.\u2014 Couleur vermeille des joues.10.\t\u2014 Onomatopée du bruit d\u2019un coup.\u2014 Lassitude morale.\u2014 Méprisables (fig.).11.\t\u2014 Symbole chimique de l\u2019aluminium.\u2014 Préfixe.\u2014 Qui sont privés de chaleur.12.\t\u2014 Héros hébreu.\u2014 Assister.13.\t\u2014 Ante Méridiem (abr.).\u2014 Mur de fortification.\u2014 Article.\u2014 Symbole chimique de l\u2019hélium.14.\t\u2014 De peu de valeur.\u2014 Dieu marin.Ecorce réduite en poudre.15.\t\u2014 Quatorzième roi de Juda.\u2014 Plus résistant que le fer.\u2014 Retrait d\u2019une côte maritime.16.\t\u2014 Qui fait le commerce.\u2014 Arbre qui fournit un fruit succulent.17.\t\u2014 Genre de champignons.\u2014 Coif- fure de certaines religieuses.VERTICALEMENT 1.\t\u2014 Tromperie au préjudice du fisc.\u2014 D\u2019abord, avant.2.\t\u2014 Crier, en parlant des cerfs.\u2014 Qui ne dure qu\u2019un an.\u2014 Contrefaire.3.\t\u2014 Rude au goût.\u2014 Laborieux.\u2014 Petite hutte.4.\t\u2014 Du verbe nier.\u2014 Corrompu.\u2014 Avant d\u2019un navire.\u2014 Substantif.Pour ©§ gODlÜXo] jOttOF c\u2019est du Champagne m ïb; qu'il faut ! /\t' m LES BONS pÉ yïns/^riqhts DEPUIS 1874 Le Champagne Président, vieilli dans les caves de Bright d\u2019après un procédé de fermentation datant de 200 ans, est fait de raisins spéciaux de la péninsule du Niagara.i /rTs-,' NsT\u2019i-' 5.\t\u2014 Démonstratif.\u2014 Fourrure t:ès estimée.\u2014 Dernier grand maître des templiers.\u2014 Symbole chimique.6.\t\u2014 Se rendra.\u2014 Métal.\u2014- Grande étendue d\u2019eau.\u2014 Genre de liiia-cées.7.\t\u2014 Négation.\u2014 Ornement sacerdotal.\u2014 Qui a les jambes tortues.8.\t\u2014 Qui cède facilement au toucher.\u2014 Etendue d\u2019eau peu profonde.\u2014 Affliction.9.\t\u2014 Mettre la dernière main à.\u2014 Af- fluent du Danube.\u2014 Espèce de toque ronde.10.\t\u2014 Interstices de la peau.\u2014 Balle j pour jouer à la paume.\u2014 Pour la j troisième fois.IL \u2014 Ligne dont le premier mot est : rentré.\u2014 Allongea.\u2014 Fleuve.12.\t\u2014 Genre de linacées.\u2014 Habitude : ridicule (fig.).\u2014 Ancienne forme ; de oui.\u2014 Durillon.13.\t\u2014 Conjonction.\u2014 Genre de singes.\u2014 Donner une solution à.\u2014 Préfixe privatif.14.\t\u2014 Trois fois.\u2014 Possédée.\u2014 Plis du visage.\u2014 Petite prairie.15.\t\u2014\u2022 Titre donné autrefois à l\u2019empe- i reur de Russie.\u2014 Aller très vite ; (fig.).\u2014 Couverture d\u2019un bâti- j ment.16.\t\u2014 Ancienne épée.\u2014 Cabanes des nègres.\u2014 Chat qui vit et chasse dans les bois.17.\t\u2014 Localité du Piémont, à l\u2019Est de Bardonnèche.\u2014 Lieu où l\u2019activité est le plus intense (fig.).Solution du problèoie d\u2019avrii 2«8A-(2|f LE PIANO WILLIS Le préféré des Canadiens depuis 1871.Le Willis est un piano qui a été conçu spécialement pour répondre à toutes les exigences du mélomane moderne.Il possède un son riche et un style incomparable.Plusieurs beaux modèles au choix.WIILLIS & CO.LIMITED 1430, rue Sainte-Catherine Ouest 6990, rue Saint-Hubert, Montréal.'\u2022\t2.3.4.S.6.\t7.fl.9.10.IL 12.13.4.15, 16.Avez-vous des cadeaux à faire P Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le samedi, La Revue Populaire et Le Film.Remplissez NOS COUPONS D\u2019ABONNEMENT.SEMELLES ET TALONS MOUS et élastiques anti-déra pants m semelles demies ou complètes CAT-TEX CHEZ TOUS LES BONS CORDONNIERS Pourquoi rester .sourdr Vous entendrez parfaitement NOUVEL APPAREIL INVISIBLE Entendez de nouveau \u2014 comme à 15 ans \u2014 Magic Hearing Center 2950 Masson, Chambre 402 RA.7 - 6543 ( NOM .( ADRESSE < VILLE La Revue Populaire, mai 1962 55 CIGARETTES BOUT UNI OU FILTRE AMÉLIOREZ votre apparence, jouissez vous aussi d'une belle taille aux lignes harmonieuses par l'emploi des PILULES PERSANES $1.50 la boite de 40 pilules, 3 boîtes pour $4.00 PILULES PERSANES Dans toutes bonnes pharmacies ou expé diées franco par malle, sur réception du prix.Société des Produits Persanss^r^®?®\" \u201cassy ) CENDRIER DE SURETE PROTEGE MEUBLES, ETC.UTILE AU BRIDGE.ETC.LA CHUTE BASCULE LE MEGOT DANS $2.10 LIVRE.\tLE CENDRIER COMMANDEZ AUJOURD'HUI PAS DE C.O.D.\u2014 GARANTI L.SCHMIDT, 310.TACHE.HULL.QUE.MARIÉES DE 1962! 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entrant, elle poussa une légère exclamation : Frantz était là, assis sur un des fauteuils de cuir qui faisait face à la haute cheminée, fumant tranquillement un cigare.Jamais il ne s\u2019était permis cette familiarité.Quand le I\tcomte était là, chacun remontait dans sa chambre, le repas terminé.Pourquoi i ce soir, et justement parce qu\u2019elle était g seule, Frantz s\u2019était-il donné le droit d\u2019entrer dans la pièce où l\u2019on ne l\u2019avait SI jamais reçu ?Elle en éprouva une telle impression de malaise qu\u2019elle s\u2019arrêta net sur le S seuil, la figure changée.Frantz se lève d\u2019un bond, la main I; tendue, un gentil sourire sur les lèvres, |S les yeux gais :\t« Eh bien, Marianne, II\tc\u2019est moi qui vous cmplche d\u2019entrer?C\u2019est impossible, ça.Allons.Venez.fs Pour un soir que nous pouvons bavar-s der.Il y a des jours et des jours que I j\u2019attends cette minute.Que craignez-|| vous ?s> Que craint-elle, au juste?Frantz a îf raison.Ils sont seuls, pour une fois.! Elle va, au contraire, pouvoir lui dire.Elle s\u2019est ressaisie.Elle referme dou-¦ cernent la porte après s\u2019être assurée qu\u2019aucun bruit ne vient de la chambre de Sylvaine.Non \u2014 elle dort.Ma-: rianne l\u2019a constaté en allant l\u2019embrasser.Ils sont donc bien seuls, Frantz.1| et elle, comme autrefois.Comme autrefois ?Autrefois, c\u2019était l\u2019avant-guerre, la §| rue des Ecoles où régnait l\u2019abondance, le Luxembourg fleuri de riches cor-I bed les aux mille couleurs, les grandes || salles bruyantes de la Sorbonne, où l\u2019on guettait un nom, sur le petit papier collé à la porte, pour savoir si l\u2019on était reçu.C\u2019était la pâtisserie, au I coin du Boul\u2019Miche, où l\u2019on attendait les premiers croissants chauds \u2014 c\u2019était le Dupont accueillant où l\u2019on s\u2019inter-!f pelait d\u2019une table à l'autre devant un ! bon biftcck-pommes-frites \u2014 c\u2019ctait les | longues stations sous les arcades de ! l\u2019Odéon à la recherche du livre rare \u2014 j c\u2019était.c\u2019était la paix, la jeunesse, |f c\u2019était le bon temps.Aujourd\u2019hui.Il semble que Frantz ait complète-f ment oublié qu\u2019il est en Bretagne, au château de Guéménec non comme in-f vité mais comme occupant, qu\u2019il n\u2019a I plus sa veste de velours brune mais un i affreux dolman vert de gris, que Ma- I\trianne n\u2019est plus sa fiancée et que son pays est en guerre depuis trois ans contre la France.On dirait, au con- II\ttraire, qu\u2019il reprend le dialogue en ef-!! façant d\u2019un revers de la main ces trois ans : ils sont fiancés, il aime Marianne, |f ils se marieront.¦\u2014 Frantz.vous divaguez ?\u2014 Mais non, ma chérie, je ne divague I\tpas.Nous vivons un cauchemar, c\u2019est I: vrai, mais nous sommes jeunes.Quand II\tce sera fini \u2014 car les cauchemars ne || durent pas toujours, n\u2019est-ce pas ?\u2014 eh bien.on oubliera tout cela, vous i l verrez.Gagnants ?perdants ?nous serons tous perdants.Alors ?Pourquoi I nous garderions-nous rancune ?Est-ce I de votre faute?est-ce de la mienne?; Nous sommes des victimes, pas autre | chose, et les victimes ont besoin de se consoler entre elles.» Il rit de bon coeur, comme il riait jadis, confiant, || amical.Marianne est abasourdie.Tant de candeur chez Frantz la laisse rêveuse.L\u2019aimerait-il encore ?Lui sent bien que la jeune fille n\u2019est pas à l\u2019unisson.Il a beau tenter de la mettre à son aise, il n\u2019arrive pas à la dérider.Aussi, avec un peu d\u2019hésitation, cessant de sourire, il ose poser cette question : « Marianne.vous êtes ici depuis trois mois, m\u2019a-t-on dit.et le comte de Guéréault est veuf.ça je le sais aussi.Est-ce que.il m\u2019a semblé.oh.c\u2019est une simple impression.il m\u2019a semblé.\u2014 Il vous a semblé.quoi ?interroge Marianne, vivement.\u2014 Oh.j\u2019ai dû me tromper.Frantz s\u2019arrête et sourit comme pour se donner une contenance.\u2014\u2019Mais.achevez.je vous en conjure.?\u2014 Comme elle est nerveuse., anxieuse.¦\u2014 Oui.il m\u2019a semblé.le comte.il vous regarde bien tendrement.oui, c\u2019est cela.il m\u2019a semblé.qu\u2019il vous aime ?» Aucune réponse de Marianne, sa figure seule a légèrement tressailli.Frantz a t-il vu se tressaillement.?Il continue, devenu plus grave : « Moi, ma chérie, je vous considère toujours comme ma fiancée.Je n\u2019ai pas changé \u2014\tje vous aime autant.autant qu\u2019avant.Et vous ?Marianne va-t-elle lui avouer qu\u2019il n\u2019est plus rien pour elle \u2014 absolument rien \u2014 que son coeur est tout entier à l\u2019autre.à celui qui la regarde tendrement.Si Frantz allait en prendre ombrage ?se venger \u2014 car il peut tout, l\u2019Allemand est le maître, actuellement.se venger de Xavier.ce serait affreux.Aussi trouve-t-elle la force de sourire, regarde son interlocuteur en hochant un peu la tête et murmure : « Allons, Frantz.laissons là les rêves.Hélas.nous sommes en pleine réalité, en ce moment.Plus tard.» et sa main achève, d\u2019un geste, la phrase laissée en suspens.Maintenant chacun a regagné sa chambre.La nuit est obscure \u2014 pas une étoile \u2014\tle ciel est pur mais absolument noir.Marianne ne trouve pas le sommeil.Xavier est encore parti \u2014 parti où ?Les missions, elle le sait, sont de plus en plus dangereuses car le temps passe et l\u2019ennemi se sent moins sûr de son succès \u2014¦ sa cruauté augmente.Si jamais Xavier était découvert, c\u2019en serait fait de lui.Marianne a, ce soir, une angoisse plus vive que d\u2019habitude.Cette conversation avec Frantz l\u2019a énervée.Comment arrivera-t-elle à lui apprendre la vérité, à lui dire qu\u2019elle ne l\u2019aime plus, qu\u2019il n\u2019a plus rien à espérer d\u2019elle ?Il vaudrait tellement mieux ne rien dire, et qu\u2019il s\u2019en aille, qu\u2019il quitte le château, la France.que jamais plus aucune nouvelle de lui n\u2019arrive.Marianne songe à tout cela, accoudée à sa fenêtre.La nuit sent bon.Il y a des effluves d\u2019ajoncs en fleurs, de lilas, de pins qui caressent sa figure trop rose.Que l\u2019air vienne calmer sa fièvre, le bon air breton parfumé.Subitement, elle tend l\u2019oreille \u2014 on dirait des bruis de pas sur le gravier.Elle se penche, scrute l\u2019ombre.Ne sont-ce pas des silhouettes qui se profilent dans le chemin qui mène à la cour, ces bruits de voix assourdies ?D\u2019un élan elle sort de sa chambre, descend l\u2019escalier en trombe, arrive au seuil du château au moment où cinq hommes l\u2019atteignent.Deux de ces hommes tiennent, comme sur un brancard, un homme couché.Il est enroulé dans une couverture.Des deux autres, l\u2019un se tient le bras et semble souffrir.Marianne les fait pénétrer dans le grand hall, allume une bougie, écarte la couverture qui recouvre la tête du blessé et retient un cri : « C\u2019est Xavier pâle et couvert de sang.\u2014 Qu\u2019est-il arrivé ?dites vite ?Dans un murmure l\u2019un des hommes explique rapidement : une embuscade \u2014\tdeux gars sans doute tués \u2014 le capitaine blessé.heureusement ,1a blessure n\u2019est pas grave.mais il faut le cacher.nous cacher.vite.nous sommes suivis.En un moment tous montent l\u2019escalier.Marianne ouvre la porte de sa chambre, indique son lit : « Couchez-y le comte et restez tous là, sans bouger.» Elle referme la porte à clé.Elle a pris sa décision immédiate, absolue.Elle franchit l\u2019étage qui la sépare de Frantz, frappe sa porte à coups redoublés :\t« Frantz.Frantz.au nom du ciel.ouvrez-moi.» Frantz dormait.Croit-il qu\u2019il rêve ?Il a reconnu la voix de Marianne.C\u2019est bien elle qui frappe à sa porte.D\u2019un bond il quitte son lit, enfile une robe de chambre et entr\u2019ouvre l\u2019huis : «Vous, Marianne, à cette heure ?Qu\u2019y a-t-il ?» \u2014 Frantz.au nom du ciel.si vous m\u2019aimez encore.vous me le disiez il y a quelques minutes.\u2014 Oui.oui.mais qu\u2019est-ce qu\u2019il y a ?\u2014 Prouvez-moi votre amour.Frantz, vous le pouvez.\u2014 Comment ?-\u2014 On va.on vient.arrêter le comte de Guéréault.oui.oui.le maquis.Frantz.sauvez-le.Elle n\u2019en dit pas plus \u2014 Frantz a compris Il regarde Marianne : elle porte le nom, elle a la stature soudain immense du pays que son pays combat.Il peut, d\u2019un mot, abattre cette statue dressée devant lui, éperdue, suppliante.Que va-t-il faire ?qui l\u2019emportera : l\u2019étudiant amoureux ?l\u2019officier obéissant faisant son devoir ?Une seconde, Frantz chancelle.Des bruits de bottes résonnent dans la cour \u2014 des voix rauques, sonores s\u2019interpellent.Un fusil frappe durement contre la grande porte d\u2019entrée.Marianne descend lentement l\u2019escalier.Frantz, accoudé à la rampe du deuxième étage n\u2019a pas bougé.Marianne ouvre la porte, fait jaillir la lumière.Des soldats se précipitent \u2014 ils sont 7 ou 8.Ils commencent à invectiver la jeune fille, parlant tous à la fois.Leur langage est rude \u2014 Marianne ne comprend rien.Elle les regarde sans faire un mouvement.Devant son mutisme les soldats s\u2019énervent davantage.Ils commencent à gravir les premières marches de l\u2019escalier.Soudain la voix de Frantz résonne, de là-haut.Tous lèvent la tête, aperçoivent l\u2019officier vivement éclairé par le grand lustre, se mettant au garde-à-vous.\u2014 Qu\u2019y a-t-il ?demande Frantz d\u2019une voix sèche ?Pourquoi tout ce bruit ?cette irruption ?\u2014 Mon lieutenant, nous venons de découvrir, dans un bois, une section d\u2019hommes armés.il y a eu lutte.deux sont morts.nous croyons.mais les autres se sont sauvés.ils se cachent ici, nous en sommes sûrs \u2014 Vous n\u2019êtes sûrs de rien.Ceci est dit nettement.Personne n\u2019est venu, ne s\u2019est réfugié ici, j\u2019en réponds.Vous vous êtes trompés.Cherchez ailleurs.Les hommes se regardent hésitent, rebroussent lentement chemin.Sur le pas de la porte, après un « Heil Hitler » vague, ils repartent comme ils sont venus.Marianne a assisté, muette, à cette scène.Elle se cramponne, les yeux clos, à la porte qui vient de se refermer ¦\u2014 tout vacille.elle va tomber.elle va tomber.Deux bras solides la retieiment, l\u2019aident à remonter l\u2019escalier.Arrivé à la hauteur de son étage, Frantz s\u2019incline.Marianne le regarde, avec un tel regard.Elle a à peine la force de murmurer : « Frantz.merci.mon Dieu.merci.Pourquoi avez-vous fait ça.Jamais je ne pourrai vous dire.je l\u2019aime tant.» \u2014 Ne me remerciez pas, petite Française courageuse.J\u2019avais bien compris, ce soir, malgré votre silence.j\u2019avais compris votre double amour : celui de votre pays.celui de.Demain, je serai parti.Qu\u2019au moins je laisse un souvenir, dans votre coeur.puisque je ne l\u2019aurai jamais plus à moi.Claude Serv 56 La Revue Populaire, mai 1962 Luxueuse?Oui! 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