La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 août 1940, Août
[" =, es Se, ho he hl a ges pa Ba A Li hw fm i 5 a a ee mr = aR an SE al \u201ca = = ie § = a QUINZE CENTS 4 5 PROVINCE DE QUEBEC UN ROMAN D AMOUR 4 Vag PLUS TAKE Je | A y 3 Le se By 2 Si i & Ry oy i = va Es de # aa PER = 5 és = 2 Populairte = R-334 FT 4 Se CON .= i hes s ë = .x sé + .À s A | 5 > , 2 Fa pe > = di aN 5 = se sa sa Se = Le $ = ss 5 i $ sos = a i & ts we $ Se Jen & ¥ ; = pet = ke 5e .Sy = « i æ La ! Su i oi ER 5 ie.â i vf a a FE ro 5% 7 % en a = ê # i È LS = Sa on Hr SE se & ii % = + g \u2014 i = pu ms s Gi a i qe ee 5 4 x # PS # saisies ven 58 en » Fn A # = be $B pi a CH EL Ed A 5 St oH sr 2 i Ha = Ë + 5 Ÿ # x i 3 s i a fy ke es % i = 5 > > = i $ Ë = 5 i , « à - = - sa 2 se = fev Si an i Sok 5 \u201cVoici la facon \u201cCoca-Cola\u201d plaît par sa pu- reté.Il est préparé nvec un A e 39 art acquis par toute une vie ; e S e ra ral C 11 d'expérience.Sa saveur délicieuse ne perd jamais \u201c\u2018l\u2019attrait\u201d qui vous a enchanté dès que vous y avez goûté .elle vous apporte toujours un rafraîchissement complet.La soif n'a besoin de rien d'autre.3 tone a p Su.À THE COCA-COLA COMPANY OF CANADA, LIMITED Empoignez une bouteille de \u201cCoca-Cola\u201d glacé et vous avez, dans la main, ce qui vous désaltérera.Portez-la à vos lèvres et buvez.Vous verrez tout de suite ce que signifie pour vous .la pause qui rafraichit grâce à un \u201cCoca-Cola\u201d glacé.Essayez-le. AoûT 1940 La Revue Populaire 33e année, No 8 Montréal, août 1940 SOMMAIRE ® Jai vu arriver les réfugiés .\u2026 LL 5 Adrien Hébert, peintre =.6 Henri Hébert, sculpteur 1 2 7 Violette Delisle, par Aimé Plamondon \u2026 .\u2026 8 L\u2019Ecole Ménagére Provinciale .9 Fin d'été en 10 Mme Alphonse Daudet, por Mme Henriette Tassé M NOTRE ROMAN COMPLET : Le Cœur Enchanté, par Léo Dartey Le 12 Mes enquêtes, par (Germaine Plante.20 Chez soi et en voyage .29 Pour finir la belle saison .30-31 La capitale .32 La métropole 2 33 Napperons Le LL Le em 34 Charmantes robes et blouses pour les jours d'été LL \u2026 \u2014 35-36 Les mots croisés de \u201c La Revue Populaire \u201d \u2026 38 Mon cours culinaire, par Mme Rose Lacroix 44 Les disques du mois ST 54 Les artisans du suffrage féminin, par Thérèse Fournier ee.54 Nos vieilles familles canadiennes, par Emile Falardeau \u2026 56-57 La nage de fantaisie, par Madeleine Kent mo 00 58 Littérature canadienne 12 59 Nos arts domestiques ._ _ 60 NOTRE PROCHAIN ROMAN COMPLET : Rose et argent, par Myrtle Reed La plus belle association au monde PENDANT LES MOIS qui précèdent la venue au monde de l'enfant, la santé de la mère dépend, dans une large mesure, du père \u2014 de la compréhension dont il fait preuve, et de l'aide intelligente qu'il prodigue à sa femme.C'est pourquoi, dès qu'ils ont des raisons de croire à la naissance prochaine d'un petit être, les futurs père et mère doivent aller, ensemble, demander conseil au médecin, pour apprendre de sa bouche, comment ils doivent se préparer, ensemble, en vue de ce grand événement.® S'il a reçu les instructions nêces- saires, le mari pourra aider sa femme à se conformer aux précieux conseils du médecin.Il pourra l'encourager à suivre le régime alimentaire équilibré, qui lui aura été prescrit, et à prendre le repos, l'exercice, le soleil, le grand air et les récréations dont elle a besoin.En l'aidant ainsi à lui rendre, pendant cette période, l'existence aussi heureuse et aussi saine que possible, le mari joue, à sa façon, un rôle essentiel en vue du développement d'un enfant bien portant et vigoureux.Pendant ce temps, le médecin, de son côté, fait ce qu'il faut.Des prises régulières de la pression artérielle de la future maman ; des pesées fréquentes ; un examen répété des dents, du cœur et des poumons.des analyses du sang et de l'urine.des mensurations minutieuses .tout cela contribue à rendre plus sûre et plus facile l'arrivée du bébé, et permet à la maman de reprendre sans difficultés son apparence normale et sa vie active.* La pratique se répand de plus en plus, parmi les médecins, de demander une somme fixe pour les cas de maternité.Cela veut dire que, dans ces cas, il n'en coûte pas plus cher aux futurs parents, de profiter des avantages que présentent des visites au docteur, précoces et aussi fréquentes qu'il est nécessaire.Dans la plupart des localités de quelque importance, il y a, pour les femmes en couches, des cliniques qui offrent leurs services aux personnes ne disposant pas des moyens nécessaires.La Metropolitan publie, sous le titre « Pour lire en attendant du nouveau » une brochure gratuite, qui contient une masse de précieux renseignements concernant la mére et l'en- ant.Demandez-la aujourd'hui même au Département 8-Z-40, Direction Générale au Canada, Ottawa.\u2014\u2014\u2014\u2014\u20140\"-\u2014-\u2014\"-\\\">-\"\"\u2014-\u2014- LA REVUE POPULAIRE TARIFS D'ABONNEMENTS Canada : Un an: $1.50 \u2014 2 ans : $2.00 Etats-Unis : Un an $1.75 \u2014 2 ans ; $2.50 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada PLATEAU 9638* LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C, tered March 23rd 1908, at the Post Office of St.Albans, Vt., U.S.A, as second class matter Entere are r under the Act of March 3rd 1879.: Jean Chauvin rnand de Verneuil .Roland Prévost Charles Sauriol Directeur Rédacteur en chef.Secrétaire de la ré Chef de la Publicité.Directeur artistique.Hector Brault Pages féminines .Mme Jules Fournier ; Chroniqueuse culinaire.Mme Rose Lacroix Tél.: Metropolitan Life Insurance Company (UNE COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) NEW-YORK AS ae à Président du Conseil : = == EON FREDERICK H.ECKER TEE Ti) 8 en Président : à ; =~ a 13 Ti LEROY A.LINCOLN 2 Bus Direction Générale av Canada, Ottawa AU SERVICE DU CANADA DEPUIS 1872 La REvuE POPULAIRE LES Ce) \u2014 wy ~~ 3 A = 4) $ 3 nl >> 7 ~~ yz \u201cSN FL ENV > yE LE SENT a = = pl 1 Q pE uR 7 5 - ~= po \u20ac D! ) s D 3 ess 7 Ÿ oN Rl ane IVE RS: \\ NN ssË AR BRA EN > _\u2014 90,00 RES ~ oNN SALA! - sal.gs, E pu pov! ANS ta ma AP nv APPO rRAVA! NES psoK 16,00 où ee ' & A ; © Ç f =.6 Ay dba 4 5 NE, == : a\u201d Zr t } Ca TOUT 08 RE EN \u2018À À bd et pla y ad Soe AoûT 1940 \u2018 5 J'AI VU ARRIVER LES REFUGIES \"AI vu arriver à Paris les réfugiés de Belgique, du Luxembourg et des régions de France envahies par l'ennemi.On ne peut imaginer spectacle plus tragique, plus douloureux que celui de ces milliers de pauvres gens fuyant devant les hordes ennemies.Des femmes, des vieillards, des enfants.Je les ai vus arriver sur les routes et dans les gares.Sur les routes, le défilé était interminable.C'était une foule pitoyable, épuisée, qui piétinait dans la poussière, sous le soleil.Vêtements en lambeaux.Souliers déchirés.Visages creusés par la fatigue, par les souffrances et par la douleur.Yeux encore agrandis par des visions d'horreur.Et toujours des femmes, des vieillards, des enfants.Tous ployaient le dos sous les paquets, les ballots où ils avaient entassé à la hâte le peu qu'ils avaient pu sauver.Ils marchaient depuis des jours et des jours.Ils avaient fait cent cinquante, deux cents milles à pied.Et leurs pieds enflés, saignants, ne pouvaient plus les porter.Leurs jambes brisées se pliaient.Et ils s'affai- saient, comme s'ils allaient mourir.Tous les véhicules, autobus, camions, voitures de toutes sortes, n'avaient pu charger que le gros de ces populations pourchassées par l'ennemi.Le reste suivait, en foule, sur la route, parmi les véhicules bondés où s'entassaient les matelas, les malles, les ballots de linge.Les femmes, ne pouvant plus se soutenir elles- mêmes, étreignaient leurs bébés.À leurs jupes s'accrochaient d'autres enfants qui se traînaient dans la poussière en pleurant de fatigue.ur un châssis garni de matelas, des femmes et des enfants étaient entassés parmi des couvertures et des ballots de linge.« LES AVIONS NOUS MITRAILLAIENT ! » Il faut avoir entendu parler tous ces pauvres gens pour savoir jusqu'à quelle atrocité peut aller a cruauté des Allemands.Une femme aux yeux hagards m'a dit : \u2014 Les avions allemands nous ont poursuivis sur la route.Ils volaient au-dessus de nous, à très haute altitude.Puis ils piquaient.Et à cent cinquante pieds à peine du sol, ils nous mitraillaient.Ils pourchassaient à la mitrailleuse ceux qui s'enfuyaient dans les champs.Mon petit garçon a reçu une balle dans la tête.La femme ne peut plus parler.Les sanglots l'étouffent.Un vieillard m'a montré le matelas qu'ils avait fixé sur le toit de sa voiture.\u2014 Tenez ! Regardez s'ils ne nous visaient pas.Le matelas est déchiqueté par les balles.J'ai vu des bras en écharpe, des têtes bandées, des, pansements raides de sang.Et dans cette foule de martyrs, j'ai vu des religieuses, des prêtres.Eux non plus n'avaient pas échappé à la férocité de l'ennemi.J'ai vu leurs visages suppliciés, leurs pieds en sang.Et toujours l'épouvantable cortège défilait.Des cyclistes chargés de paquets ficelés autour d'eux roulaient par peletons.Eux aussi, ils portaient les traces de la fusillade des aviateurs allemands.« CEUX QUI SONT RESTÉS SUR LA ROUTE » Ét tous ces pauvres gens, oubliant leurs fatigues, leurs souffrances, leurs blessures, ne pensent qu'à ceux qui sont restés sur la route, massacrés férocement par les troupes germaniques.Un vieillard m'a dit : \u2014 Sur la route, j'ai vu des femmes et des enfants éventrés, Nous avons emporté tous nos blessés.En cours de route des enfants blessés ont succombé à leurs blessures.Dans les gares ce sont les mêmes spectacles, les mêmes dêtresses et les mêmes récits de carnage et d'horreur.Pour tenter d'excuser leurs crimes, les Allemands prétendent que les évacués se mêélaient aux troupes et que c'est ainsi qu'ils ont été atteints.Le 4 juin, neuf jours avant l'entrée des Allemands dans Paris, notre correspondante à Paris nous envoyait sa dernière lettre et ses derniers articles de la capitale française.Elle en partait le soir même, pour une destination inconnue.Sa prochaine lettre suivra bientôt, si, comme nous l\u2019espérons, nos relations postales reprennent avec la France.C'est faux.Les évacués étaient seuls sur les routes.Sur les toits des ambulances les Croix Rouges les signalaient aux avions.Mais les avions ne s'acharnaient pas moins contre ces populations sans défense.Et les mitrailleuses abattaient les femmes, les vieillards, les enfants.Combien de volontaires américains ont été tués au volant de leur voiture ?Combien d'infirmiers, de prêtres et de religieuses ont été frappés alors qu'ils s'efforçaient de soulager les innombrables misères qui les submergeaient?Plus tard seulement nous connaîtrons le détail de ces atrocités et de ces crimes.Des miracles de courage, de dévouement et de bonté ont été accomplis par la France tout entière pour porter secours aux évacués et aux réfugiés.Tous les moyens ont été mis en œuvre pour emmener ces gens le plus vite possible hors de l'atteinte d'un ennemi impitoyable qui ne respecte rien.Une étrange photo à verser aux dossiers de la querre.Français et Anglais, de septembre 1939 à mai 1940, retranchés derrière la ligne Maginot, se croyaient à l'abri de toute attaque, convaincus que l'ennemi n'oserait jomais déclancher sa guerre-éclair.A l'arrière, on faisait plus ou moins la vie de caserne et les soldats accompagnaient les paysans aux champs.Rapportant tout & la guerre de 1914, on en vint & se convaincre, en hauts lieux, que la guerre de 1940 ne serait qu'une répétition, avec le même dénouement, de la première.Le gouvernement, l'armée, les civils ont fait des efforts prodigieux.Tous se sont dépensés sans compter, sans ménager leur peine ni leur vie.J'ai vu des religieuses, des scouts accueillir les réfugiés, panser des pieds meurtris, soigner des enfants, servir la soupe et préparer des biberons.J'ai vu des pauvres femmes apporter des vêtements, du linge, des langes.« DES CANADIENS DANS LA TOURMENTE » \u2018J'ai rencontré quelques familles canadiennes dans la tourmente.Elles venaient de Belgique.Elles avaient dû fuir devant l'ennemi.Elles avaient tout abandonné, tout perdu.Et je puis vous dire que pour elles, la Légation du Canada a fait tout ce qu'il était humainement possible de faire.Ceux qui avaient tout perdu ont été recueillis, hébergés, dirigés dans la province française, loin des canons et des avions ennemis.Et déjà, grâce au génie de la France, tout ce peuple émigré est à l'abri.es gens qui ont tout perdu retrouvent un foyer, une famille dans les foyers, dans les familles de France.Et l'espoir renaît.Mais un espoir terrible.Ces gens n'oublieront jamais les crimes qu'ils ont vu commettre.Ils garderont toujours inscrites dans leur chair, dans leur cœur, les atrocités qu'ils ont subies.Et il suffit de regarder ces figures serrées, ces yeux en feu, pour comprendre que ces gens n'ont plus qu'un désir, un espoir : le châtiment. ADRIEN HÉBERT EMBRE associé de l'Académie Royale du Canada, Adrien Hébert n'a besoin d'aucun titre officiel pour être, en 1940, avec Clarence Gagnon, le plus célèbre des peintres canadiens-français vivants.Il est tout à la fois, ce qui est rare, bon peintre et bon dessinateur.Son Atelier de la place Christin (près Saint-Denis), à Montréal, où furent prises ces photos, fut construit par Napoléon Bourassa, architecte, peintre, sculpteur et écrivain, vers 1875.Napoléon Bourassa, petit-fils de Louis-Joseph Papineau et père d'Henri Bourassa, y travailla jusqu'en 1914.Adrien Hébert, fils de Philippe Hébert, lui-même élève de Bourassa, y entra vers 1920.Trois ans plus tard, il travaillait à Paris avec quelques jeunes maîtres de l'école française contemporaine, ses amis André Favary, Charles Jacquemot, Marcel Roche et autres.Aucun peintre canadien, plus que lui, n'appartient à son époque sinon par la manière (la sienne est classique), du moins par l'inspiration. HENRI HEBERT SCULPTEUR ENRI: HéseErT, RCA, SSC, FRSA, docteur honoris causa de l'Université de Montréal, était à modeler, quand notre photographe fut introduit dans son atelier de la rue Labelle, un des bas-reliefs destinés aux portes du Palais de la Cour Suprême, à Ottawa, œuvre de l'architecte Ernest Cormier.L'atelier de la rue Labelle fut construit en 1884 par le célèbre sculpteur Philippe Hébert, père de Henri et d'Adrien, qui l'occupa jusqu'à sa mort, survenue en 1917.Au nombre des œuvres qu'exécute en ce moment Henri Hébert : le buste du Frère Marie-Victorin, directeur de l'Institut Botanique de l'Université de Montréal, et un projet de monument à la bienheureuse Catherine Tekakwitha.Henri Hébert est représenté dans tous les importants musées du pays et dans de nombreuses collections particulières.Son œuvre religieuse est considérable et, pour ne citer que quelques exemplaires; Sainte-Marguerite- Marie, dans la façade de l'église du même nom, à Montréal; Saint-Jean-Baptiste, à Fawtucket, U.S.A.; le Sacré-Cœur, de St-Henri, à Montréal.Photos Henri Paul, La Revue Populaire LA RevuE POPULAIRE VIOLETTE DzsLISLE PETITE QUEBECOISE, GRANDE ARTISTE u vIEUX Québec, il n'y a pas beaucoup d'années, vivait une petite fille qui ressemblait aux autres petites filles de son âge.Elle allait en classe, étudiait ses leçons, faisait ses devoirs et s'amusait avec entrain lorsque sonnait l'heure de la récréation.Comme elle témoignait de dispositions précoces pour le piano, sa maman qui adorait deux choses, sa fillette et la musique, lui donna elle-même ses premières leçons dès l'âge de six ans.Au bout de deux ans, un professeur de carrière fut chargé de développer le jeune talent et de discipliner ses efforts.Mais voici que, vers sa douzième année, la petite fille manifesta le désir d'étudier le violon.Bien entendu, la maman s'empressa d'exaucer ce nouveau souhait et quelques années plus tard, l'Académie de Musique décernait un diplôme supérieur de violon, avec la mention « grande distinction », à la jeune émule d'Isaye, de Jacques Thibaud et de Mischa Elman.C'est ainsi que l'adolescente, qui venait justement de couronner ses études scolaires par la brillante conquête d'un brevet universitaire, pouvait légitimement ambitionner de faire une remarquable carrière dans la musique instrumentale.Toutefois, il est bon maintenant que je vous révèle un petit secret, c'est que la gentille pianiste, la violoniste diplômée possédait également une fort jolie voix.Dès ses premières années de couvent, les religieuses s'en étaient aperçues et on ne manquait jamais de la faire chanter à la chapelle ainsi que dans les diverses démonstrations qui agrémentent la vie de communauté.Chaque fois, tout le monde était ravi, sauf la petite qui, si elle consentait volontiers à faire partie des chœurs avec ses compagnes, considérait toutefois l'exécution d'un solo de chant comme une tâche plutôt fastidieuse, quelque chose comme un devoir de classe assez peu attrayant.Par exemple, lorsqu'elle était ou du moins se croyait seule, elle s'amusait fréquemment tantôt à fredonner des bouts de mélodies qui lui avaient plu, tantôt à faire des jeux avec sa voix, l'accoutumant a exécuter des montées et des descentes, des trilles et des modulations de toutes sortes.Entre autres, un de ses passe-temps favoris consistait à faire jouer sur le phonographe les disques de Galli-Curci, cependant qu'elle s'essayait à imiter les vocalises de l'illustre cantatrice.Elle mettait tellement d'ardeur et d'application à ces exercices qu'elle ne s'aper- gut pas que sa maman et quelques connaisseurs, par elle convoqués, l'écoutaient depuis quelque temps avec une surprise qui faisait bientôt place à de l'admiration.Quand elle se rendit compte que son manège innocent et amusant était découvert, il était trop tard.Heureusement pour elle et pour nous.On lui donna immédiatement un professeur de chant qui lui révéla que la Providence l'avait gratifiée d'un trésor inestimable qu'elle avait le rigoureux devoir d'exploiter à fond.Elle comprit et dès ce jour étudia de toute son âme, travailla de toutes ses forces, sans jamais laisser voir la moindre lassitude ni la plus légère défaillance.Aussi, les résultats ne se firent pas attendre.Ce fut bientôt le succès.Ai-je besoin de vous dire après cela le nom de la petite fille à la voix d'or qui n'aimait pas à chanter en solo mais qui imitait en cachette Galli-Curci ?Sûrement pas, puisque vous avez deviné depuis longtemps déjà que c'était Violette DeLisle.Désormais, les étapes de la carrière de notre brillante cantatrice font pour ainsi dire partie du domaine public, comme tout ce qui concerne l'existence des grands artistes.Ainsi, tous savent que Violette DeLisle a fait en Europe trois séjours consécutifs d'une durée totale de huit ans et que durant cette période, elle fut l'élève de maîtres universellement réputés, tels que Mesdames d'Estain- ville, Chéreau, de Benevello et Dausset, que Gro- velez et Reynaldo Hahn lui prodiguèrent leurs conseils et leurs encouragements et qu'enfin elle recut des leçons de voix et d'interprétation du célèbre Igor Bouryanine.Au cours des deux dernières années qu'elle passa en France, notre célèbre soprano coloratura a pris part à de nombreux concerts en compagnie de chanteurs, de cantatrices et d'instrumentistes de grande classe dans plusieurs des endroits les plus réputés de Paris : la salle Chopin, les concerts Dubruille, chez la Marquise de Saint-Paul, chez le comte de la Roche Aymon, et elle s\u2019est fait enten- par AIMÉ PLAMONDON dre également au cours de diverses émissions radiophoniques, sous la direction de chefs d'orchestre célèbres, tels que Gaston Poulet, T'omasi et autres.Partout elle a remporté les plus brillants succès et d'éminentes personnalités du monde des arts, de VIOLETTE DeLISLE a Dans le rôle de '' Rosine \u2018\u201d du \u2018\u2019 Barbier de Séville \"\".Photos Desautels, Montréal la noblesse et de la politique lui ont prodigué à l'envi les compliments les plus flatteurs et les hommages les plus hautement admiratifs.Enfin pour ses débuts à l'opéra, elle a chanté plus de soixante fois le rôle de Rosine du « Barbier de Séville », aux côtés du fameux André Baugé, au cours d'une grande tournée qui l'a conduite dans toutes les principales villes de France, de Belgique.Elle a aussi joué dans Mignon, Rogoletto, Mireille et Carmen.Il faut lire dans les journaux français, sous la signature de critiques de notoriété reconnue, les appréciations laudatives qui célèbrent la virtuosité, le timbre, la pureté, la puissance et la séduction de la voix de Violette DeLisle, pour comprendre quel bonheur est le nôtre de posséder une artiste de cette envergure qui fait rejaillir une nouvelle auréole sur le nom canadien-français.Heureusement, nous comprenons mieux qu'autrefois importance de ces ambassadeurs bénévoles de notre race que sont les artistes et nous sommes plus en mesure de leur témoigner notre admiration et notre estime.Aussi, chaque fois que Violette DeLisle nous est revenue d'outre-mer, ses concitoyens sont allés en foule acclamer à chacun de ses concerts, toujours trop rares à leur gré.Et nombreux sont ceux des nôtres qui se disent intérieurement qu'au moins cette abominable guerre a ceci de bon qu'elle nous permet de garder plus près de nous pendant quelque temps cette mélodieuse cigale dont le chant nous enivre, nous berce et nous console.Ce serait une lourde erreur de croire que le succès a tourné la tête à Violette DeLisle, l'a rendue quelque peu distante ou d'un abord difficile.De tous les artistes qu'il m'a été donné de rencontrer, celle-ci est assurément l'une des plus simples en méme temps que des plus sympathiques.Si quelques- uns ont pu la juger un peu froide, c'est d'abord qu'ils l'ont insuffisamment connue et ensuite qu'ils ignorent l'ascendance corse qu'elle tient de sa mère, une Simeoni, \u2014 quel beau nom d'artiste, de général, d'explorateur! \u2014 et que cette précieuse hérédité a dosé harmonieusement en son tempérament la passion contenue et l'ardeur disciplinée du pays de Napoléon avec l'enthousiasme exubérant et la fougue communicative du sang canadien- français.Pour être réservée comme il se doit, Violette DeLisle n'est nullement poseuse et avec elle la conversation va toujours agréablement son petit bonhomme de chemin.Elle parle modérément, réplique avec à-propos et possède au point le plus aimable l'art d'écouter les autres, qualité aussi rare que méritoire.Son sourire est charmant, son rire sincère et elle ne ménage ni l'un ni l'autre.Je sais bien qu'elle m'en voudrait si j'osais insister sur l'agrément de son visage, la grâce de sa silhouette et l'élégance de son maintien, mais je me console en songeant que les milliers de connaisseurs qui l'ont admirée en personne et sur ses photos n'ont aucun besoin de mon avis sur ce point, Enfin, Violette DeLisle est demeurée entièrement Canadienne française malgré ses études, ses voyages, ses relations, ses amitiés, malgré ses succès mêmes, et si elle a appris à connaître et à admirer les autres, elle n'a pas été tentée un seul instant pour cela d'oublier les siens.C'est encore un mérite qui vaut sûrement d'être signalé.Ce soir, comme j'achève de tracer ces modestes lignes, voici justement que le speaker de Radio- Canada présente au micro Violette DeLisle.Surpris et charmé d'avance, je pose ma plume et j'écoute de tout mon esprit et de tout mon cœur.C'est bien elle en effet qui chante le difficile « Air des clochettes » de Lakmé, morceau particulièrement propre à mettre en relief les qualités de technique et les ressources variées d'un organe de soprano.Trilles, vocalises, modulations se suivent et s'en- tremélent avec une légèreté, une pureté, une justesse étonnantes.La voix, d'une rare puissance, possède un timbre à la fois chaleureux et gracieux, des demi- teintes moelleuses et des sonorités ravissantes.Mais le morceau est déjà terminé, la voix ensorceleuse de rossignol s'est évanouie tout d'un coup.Pourtant, en moi, l'enchantement demeure.Je repense avec émotion à la petite fille qui s'amusait autrefois à imiter Galli-Curci et je me sens heureux et fier de savoir que Violette DeLisle, petite québécoise, est maintenant une grande artiste. Août 1940 9 L'ÉCOLE MÉNAGÈRE PROVINCIALE ous n'avons pas besoin de dire à nos lectrices que la directrice culinaire de La Revue Populaire est avant tout la directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale (461 est, rue Sherbrooke, angle Berri, à Montréal).Les photos qui illustrent cette page et la page 61 ont été prises par notre photographe- reporter, Henri Paul, quelques jours avant la clôture de l'année scolaire et la distribution des prix.L'Ecole Ménagère Provinciale a été fondée en 1904 par la section féminine Entrée de l'aile nouvelle, construite en 1933 et inaugurée officiellement le 30 moi 1934.Démonstration culinaire donnée par Mme Rose Lacroix, directrice de l'Ecole, assistée de Mile Berthe Bigras.professeur d'art culinaire.de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, avec le concours d'un Comité de messieurs pour aider à la partie financière.L'Ecole Ménagère Provinciale a pour objet de donner à la femme avec la notion précise de ses devoirs, de leur importance et de leur beauté, des connaissances qui lui permettront de s'en mieux acquitter et d'obtenir un maximum de temps, d'effort et d'argent.Incorporée par acte de la Législature provinciale en juin 1906 Mme Rose Lacroix explique la façon de dresser des escalopes de veau entourées de pommes de terre \u2019\u2019 Duchesse Mlle Emerienne Rousse, normal, faisant remarquer à ses élèves le beau pain et les belles brioches qu'elles ont con- et affiliée à l'Université de Montréal en juin 1937, l'Ecole confère des diplômes et certificats à ses élèves selon la nature des cours suivis.Les subventions accordées par le Gouvernement provincial et la ville de Montréal (Lire la suite page 61) professeur du cours fectionnés et réussis à la perfection.Leçon de couture sous la direction de Mile Yvonne Cloutier.Mme Lacroix examine le travail des élèves.Deux photos ci-contre : L'heure du thé dans les salons de l'Ecole Ménagère Provinciale.Le portrait au mur est celui de Mlle Jeanne Anctil, première directrice de l'Ecole.\u2014 Madame Richard travaillant une pièce de lainage fin pour la confection d'un costume.Photos Henri Paul, La Revue Populaire Les élèves normaliennes font des expériences au laboratoire de chimie. 10 La Revue POPULAIRE FIN D'ÉTÉ E PRINTEMPS et le début de l'été ayant été chiches de soleil et de chaleur, on garde l'espoir que l'on reprendra à l'automne le beau temps perdu.Août et septembre seront un été tardif, mais un été quand même.Il sera toujours de saison, alors, de porter des vétements légers, pantalons, jupes ouvertes, blou- \"ses, toilettes du soir pour les bals blancs.Quant aux fichus, ils sont toujours pratiques pour le sport et l'automobile. AoûT 1940 MME ALPHONSE DAUDET PAR MME HENRIETTE TASSE * ADAME Alphonse Daudet vient de mourir a Paris à l'âge de 93 ans.C'est une person- | nalité du monde littéraire qui disparaît.Née en 1847, Julie Allard était une Parisienne qui pouvait se vanter d'une longue suite d'ancêtres parisiens.Elle avait les cheveux blonds cendrés, un teint frais de rose, de belles épaules, de beaux bras, une physionomie souriante et des manières simples et courtoises.«Je fus élevée, dit-elle, (1) dans ses Souvenirs autour d'un groupe littéraire, dans un foyer où les lettres étaient la grande passion, le réconfort, enveloppant d'un halo lumineux l'intérieur de mes parents ; tous étaient poètes.Toute jeune j'eus le respect des auteurs et des livres.» ans le salon familial de l'hôtel de Vaux, rue Saint-Gilles, elle connut Barbey d'Aurevilly, François Coppée, Sully-Prudhomme.Ses parents habitèrent plus tard Place des Vosges, à l'ancien hôtel Richelieu.On lit dans le Journal de Mme Daudet : « À Champrosay, en 1874, dès le matin mon mari et moi nous allons nous installer dans un petit kiosque, au fond du jardin de mes parents, emportant cahiers et plumes.C'est « Fromont jeune et Risler l'aîné » qui nous occupe, le premier grand roman.« Regarde ce chapitre-ci.me dit mon mari, pendant que je vais ébaucher l'autre.» Je parcours les pages, ajoutant quelques mots ici, effaçant la, car jaime que tout soit concis.C'est un délice de travailler à deux, dans le calme de ce fond de jardin où personne ne nous dérange.Léon, notre seul enfant alors, partage toutes nos heures.» me Daudet écrit plus tard dans le même Journal : « Nos habitudes de travail n'ont pas chan- LEON DAUDET, fils d'Alphonse, est un célèbre polémiste et mémorialiste.gé et j'ai toujours le bonheur après mes soins aux enfants, accomplis le matin, de m'associer pour ma petite part \u2014 critique ou conseiller \u2014 à l'élaboration d'une œuvre abondante et variée dans un cerveau supérieur que la souffrance élève et ennoblit tous les jours.*Madame Henriette Tassé, auteur des Salons Français, de Mme de Rambouillet à Mme Juliette Adam, (préface de Firmin Roz, membre de l\u2019Institut) ; La Vie et le Rêve, De toui un peu, La Femme et la Civilisation, La Vie Humoristique d'Hector Berthelot.« Cette visiteuse capricieuse qu'on appelle la gloire est venue sans que nous en doutions, mais tout se paye hélas et la santé de mon mari m'inquiète.« Dix ans après, non plus rien, j'étais seule \u2014 et la Loire avait remplacé la Seine.» Dans ses Souvenirs d'homme de Lettres, Alphonse Daudet, après une hémoptysie violente, s'exprime ainsi : « Je crus que c'était la fin, qu'il fallait s'en aller, laisser l'œuvre inachevée ; et dans un adieu qui me semblait l'adieu suprême, j'eus tout juste la force de dire à ma femme, au cher compagnon de toutes les heures bonnes ou mauvaises : « Finis mon bouquin.» Lorsqu'il put reprendre son travail, il ajouta : « Soutenu par la vaillante qui guidait ma plume encore hésitante, je vins à bout de l'œuvre tout de même.» Ce passage confirme ce que disait le comte Fleu- ry : « Ne reconte-t-on pas qu'elle collabora activement à l'œuvre de son mari, qu'elle fut souvent la conseillère, la réplique vivante qui entretient le feu de l'inspiration, la préparatrice de ce peintre de mœurs.» (2) « Dès mon jeune âge, dit Léon Daudet, j'ai connu le respect de la femme et l'aide qu'apporte l'épouse par le spectacle de ma mere collaboratrice assidue d'Alphonse Daudet.Ma mère, écrivain-née, est des d'un style naturellement parfait et lim- ide.?Mme Daudet a écrit des vers remplis d'observations fines.Enfants et Mères sont une œuvre délicate toute imprégnée de tendresse maternelle.Son premier ouvrage, Impressions de nature et d'art, parut en 1879.Dans l'Enfance d'une Parisienne il y a de petits tableaux de vie intime pris sur le vif qui ont beaucoup de grâce ; aussi des alinéas, des articles de critiques, des notes de voyages bien vivantes dans Miroirs et Mirages.Elle publia, en 1920, un Journal de famille et de guerre, 1914-1919.C'est d'après Jules Lemaître, « La plume la plus sensationniste du sexe sentimental.» Parlant de la collaboration présumée d'Alphonse Daudet et de sa femme, l'éminent critique ajoute : « Partout dans cette œuvre, même dans les pages les plus évidemment remarquées, même aux endroits où Mme Dau- det n'aurait collaboré que de son regard et de son muet encouragement, on sent l'influence diffuse et légère d'une « Beatrix » invisible et présente.» (4) Dans son salon, qui fut célèbre, il y eut deux grandes époques : L'époque d'Alphonse Daudet où l'on vit Edmond de Goncourt, Emile Zola, Gustave Flaubert, et l'époque des amis de son fils, le fougueux polémiste.Aux jeudis de Mme Daudet, à Paris, d'abord à l'hôtel Lamoignon, puis dans la rue de l'Université et à Champrosay, presque toutes les gloires de la IIIe République y ont passé des heures agréables et intéressantes.L'un des invités et le meilleur ami de Mme Dau- det, Henri Céard, avait une mémoire phénoménale.Si on avait un doute sur la date d'un livre ou d'une œuvre oubliée on n'avait qu'à s'adresser à lui.Anatole France fut un hôte assidu et déjeumnait quelquefois chez elle.Entre deux voyages Pierre Loti accourait.On y vit aussi la nièce de Napoléon, fille du roi Jérôme, la majestueuse princesse Mathilde, dont le salon fut si remarquable.On y rencontrait aussi Gambetta, Rochefort, Drumond, Hébrard, Guy de Maupassant, Mariéton, Aurélien Scholl, Tourguéneff, François Coppée, Stéphane Mallarmé, Leconte de Lisle, Sully- Prudhomme, José Maria de Heredia, Edmond Ha- raucourt, Albert Wolff, Théodore de Banville, Paul Hervieu, Georges Hugo, Maurice Barrès, Hennique, Montesquiou, Rodenbach, Geoffroy, Pierre de Nolhac, André Theuriet, Jules Lemaitre, Abel Hermant, Octave Mirbeau, Ernest Daudet, Hugues Leroux, Marcel Proust, André Gill, Whis- ler, Fugène Delacroix, Fugène Carrière, Risler, 11 ALPHONSE DAUDET ET SA FEMME.Massenet, Reynaldo Hahn, Maurice Rollinat, Raoul Pugno, Augusta Holmès, Stanley, Charpentier, Madeleine Lemaire, Adolphe Brisson et sa femme, (Mme Yvonne Sarcey).Georges Lecomte (5), dans son Histoire de la IIIe République, donne un aperçu du salon de Mme Alphonse Daudet qui est l'un des plus représentatifs de son époque : « Edmond de Goncourt est toujours là, à droite de la maîtresse de maison.Aux murs, le portrait de Mme Alphonse Daudet, par Renoir et par Albert Besnard, qui a excellement aussi représenté Lucien Daudet, son fils ; celui de sa fille, par Eugère Carrière.Sur la cheminée, un marbre de Rodin.» Dans le cabinet de travail, des écrivains, des journalistes littéraires discutent ; des peintres, des sculpteurs échangent leurs idées ; il y a aussi des femmes.Assis à son bureau, toujours vêtu d'un veston de fin velours noir, Alphonse Daudet, fumant sa pipe, raconte d'une manière pittoresque, provoque des répliques, entend tout, riposte gaiement.Reynaldo Hahn ou d'autres musiciens sont- ils présents, Alphonse Daudet, qui aime la musique, les prie de se mettre au piano pour chanter ou jouer une de leurs compositions, et pour les entendre, on se rend au salon avec Alphonse Daudet qui, toujours souffrant, s'appuie au bras de son fils Léon ou de quelque intime.Alphonse Daudet, qui était un causeur incomparable, dit son fils Léon, de sa voix chaude et caressante tenait ses hôtes sous le charme de ses improvisations brillantes ou comiques ; il savait aussi faire valoir l'esprit des autres.Dans les vastes appartements de la rue de l'Université où mourut Alphonse Daudet, Mme Daudet réunit en l'honneur de Marchand, le héros de Fa- choda, tous ses amis et relations.« Ce fut une inoubliable soirée, » dit Léon Daudet.(6) Le véritable Paris, celui de la littérature et des arts, de la science et de la société, enfin le Tout-Paris vint rendre hommage à celui que François Coppée appelait « l'Africain.» Pendant deux heures jeunes et vieux défilèrent devant lui et lui serrèrent la main.« Marchand était aussi à son aise parmi des artistes, des mondains ou des politiciens, qu'il peut l'être au centre de la brousse ou de la bataille.Sa foudroyante renommée ne l'étourdissait pas, sa popularité ne le grisait pas.« Mme Litvinne et Mlle Halto chantèrent, celle- ci étincelante et souple comme une Naïde ; des jeunes filles reprenaient les refrains des chansons.ounet Sully lut, comme il savait lire, les Contes la Lundi.(Lire la suite page 62) (1) Souvenirs autour d\u2019un groupe littéraire, 1910, p.3.Charpentier, éditeur.ca) La Société parisienne de nos jours.1908.Albin Michel, eur.(3) La Femme et l\u2019Amour.1930.Ernest Flammarion, éditeur.\u2018 (4) Les Contemporains.1er T, p.179, Lecène et Oudin, édi- eurs, (5) La vie parisienne, les rues et les salors.pp.119, 120.Librairie de France, éditeur.(6) Salons et Journaux.1932.pp.160, 161, 162.Bernard Grasset, éditeur. 12 COEUR ENCHANTE ICHEL VINCENT leva un regard surpris vers la toute jeune fille que le valet de chambre venait d'introduire dans son vaste cabinet de travail.I! fronça un peu les sourcils, redoutant une méprise.Cette enfant ne pouvait être la secrétaire attendue, recommandée par Maître Lureau comme une personne très sérieuse et capable, digne de la plus grande confiance .Allons donc ! Cette gamine toute blonde, toute rose, la collaboratrice d\u2019un écrivain aussi sceptique que lui, et résignée à vivre toute l'année à la campagne, dans la solitude la plus sauvage.Mais non, quelque petite quéteuse de la ville, sans doute, et qui avait trouvé cet habile moyen de forcer sa porte.\u2014 Je vous demande pardon, Mademoiselle, fit-il assez froid, mon domestique a dû commettre une erreur ?Un flot de sang empourpra le teint clair.Et les yeux, de grands yeux d'un bleu pur et presque immatériel, s'affolèrent comme des oiselets pris au piége.\u2014 Je.je ne comprends pas, Monsieur, balbu- tia-t-elle.' Allait-on la renvoyer, maintenant, après ce voyage si pénible ?Mais déjà, Vincent précisait : \u2014 J'attendais une personne envoyée par Maître Lureau, de Paris et.\u2014 Mais, c'est moi, dit la jeune fille qui reprenait un peu son aplomb.\u2014 C'est vous ?fit-il d'un ton qui signifiait : \u2014 Mais c'est une enfant ! \u2014 C'est moi, redit-elle, un ton plus bas, reprise de peur.Un long moment l'écrivain la regarda.Ce physique bouleversait complètement ses prévisions : mais enfin, il fallait voir ?Si Maître Lureau la recommandait si chaleureusement.\u2014 Mademoiselle, insista-t-il.Je pense que mon vieil ami vous a mise au courant ?Ce n'est pas une sinécure qu'un poste de secrétaire ici ?Vous devez prendre en dictée, puis, recopier, corriger, mettre au net environ mille lignes par jour, sans compter les corrections d'épreuves, le courrier, les relations avec les éditeurs dont je ne veux m'occuper à aucun prix.Tout à fait assurée maintenant, elle hocha son front charmant avec une gravité sereine.\u2014 Je sais, Monsieur.Ce n'est pas non plus une sinécure que je cherche ! \u2014 Je ne voulais pas vous blesser, reprit-il plus doucement.Mais un tel emploi ne laisse guère le temps de s'occuper de soi-même, de penser à autre chose.Les fins sourcils châtains se tendirent au-dessus d'un regard que, soudain, l'orage rendait presque vert, comme l'eau des lacs sous la tempête.\u2014 Tant mieux ! dit la jeune fille d\u2019un air sombre.\u2014 Ah?fit-il surpris.J'aurais cru.Et avec un sourire indulgent, croyant la mettre à son aise : \u2014 Vous savez que je comprends très bien qu'à votre âge, on éprouve le besoin de penser parfois.Elle l'arrêta net, d'un geste.\u2014 Pas moi, Monsieur.Il me sera très doux, au contraire de trouver un travail capable d'absorber toutes mes pensées, toute mon activité.\u2014 Ah ! redit-il du même ton stupéfait.Je.je ne me reconnais pas le droit de vous demander la raison de cette misanthropie, si surprenante avec une telle jeunesse.Elle se redressa, toute rouge et protesta avec force : \u2014 Mais je ne suis pas si jeune que cela, Monsieur! \u2014 Ah! Ah! \u2014 J'ai vingt ans! lança-t-elle comme un argument décisif.Le sourire revint sur le visage habituellement sceptique de l'écrivain.\u2014 Voyez-vous cela ! fit-il un peu railleur.Je ne l'aurais pas cru ! La REvuE POPULAIRE Un petit tremblement agita les lèvres de la jeune fille.\u2014 Monsieur, il n'est pas très charitable de vous moquer ainsi.Pourquoi, si je ne peux pas vous convenir, ne pas me le dire simplement tout de suite ?Il remarqua que le bleu invraisemblable des grands yeux s'était embué, et, il fut soudain mécontent sans savoir au juste si c'était de lui ou de sa jeune secrétaire.\u2014 Je n'avais pas idée de me moquer.Quant à savoir si vous me conviendrez, il faut attendre de vous voir à l'épreuve.\u2014 En somme, vous voulez bien me prendre à l'essai ?dit-elle soudain frondeuse.\u2014 Mais non, Mademoiselle, fit Vincent nerveux.Il n\u2019est pas question de cela.Vous m'avez été chaleureusement recommandée par une personne en qui je puis avoir toute confiance.Mais je voulais avant de commencer notre collaboration bien préciser quels pourraient en être pour vous les désagréments, afin d'éviter une déception pour vous et pour moi.D'un ton coupant, il précisa : \u2014 J'ai horreur des récriminations ! D'ailleurs vous comprendrez que mon travail ne puisse supporter être troublé par de vains soucis ! Donc il convient que, dès aujourd'hui, nous établissions une fois pour toutes nos relations.Il faut que vous admettiez ma brutalité, même si vous ne pouvez l'excuser, Mademoiselle.J'ai horreur des questions d'affaires et ne les traite qu'à contre-cœur, le plus vite possible pour ensuite ne plus en entendre parler! Donc, vous entrez ici comme secrétaire, sténo-dactylo .C'est tout ! La jeune fille ouvrit de grands yeux.\u2014 Mais, Monsieur, je.je ne comprends pas quelles pourraient être mes autres attributions ?\u2014 Ah! fit-il avec un ricanement cynique, vous ne voyez pas?| \u2014 Ma foi non, reprit-elle très simplement.Car celles-ci doivent suffire à remplir tout mon temps, d'après ce que vous m'en avez dit tout à l'heure ?Vincent continuait à fixer la jeune fille d'un regard scrutateur et sceptique.Etait-elle réellement aussi ingénue, ou jouait-elle seulement les Agnès pour mieux ensuite essayer de le circonscrire, de le charmer et de gagner bientôt une autre place, un autre titre dans la maison sans femme de ce romancier célèbre et célibataire ?Accoutumé à douter de tout et surtout des femmes, prêt à supposer des calculs ambitieux à la base des actions les plus désintéressées, Michel Vincent ne s'était résigné qu'à regret à l'idée d\u2019introduire une femme chez lui.Il redoutait comme le feu ces jeunes secrétaires coquettes et enragées à plaire au patron dont elles espèrent faire un mari 13 ROMAN COMPLET PAR LEO DARTEY Dessin de F.-L.- NICOLET avantageux.Il en avait toujours eu l'horreur et la phobie.Aussi, lorsque, en remplacement du jeune Chartiste qui venait de le quitter pour raison de santé, il s'était vu recommander par Maître Lureau, une « jeune personne parfaite », il avait eu un mouvement de défiance et d'humeur.Mais il lui était bien difficile, en vérité, de ne pas accepter cette secrétaire, nantie de telles références, sans mécontenter gravement le vieil homme d'affaires qui était en même temps le meilleur ami de sa famille.Il s'était donc résigné à un essai.Mais la jeunesse déconcertante de la postulante avait encore exagéré sa mauvaise humeur.Il acheva de l'extérioriser par cette déclaration, bien sèche : \u2014 Vous connaissez vos appointements ?Vous êtes ici nourrie, logée.\u2014 Blanchie ! acheva-t-elle sèchement.Il la regarda, désemparé.\u2014 Blanchie ?.Pourquoi, blanchie ?\u2014 Parce que, reprit-elle avec tant d'assurance imperturbable, qu'il ne sut définir si elle était sérieuse ou se moquait.Parce que c'est l'usage, Monsieur, pour les domestiques.Il crut sentir un reproche dans cette pointe et s'empourpra, ce qui soudain rendait une jeunesse extrême à son visage habituellement crispé par un rictus sardonique.\u2014 Je vous ai avertie, Mademoiselle, qu'il fallait admettre ma brutalité même s'il vous était impossible de l'excuser.Je n'ai guère la tête à peser mes mots dans une discussion d'affaires quand un ouvrage autrement important requiert toute mon attention .D'un geste il désignait le manuscrit ouvert devant lui.Le ton adouci et cette explication étaient presque des excuses.Elles suffirent à panser l'amour- propre exacerbé de la jeune fille.Elle inclina le front et dit doucement.\u2014 Je vous ai dérangé à un mauvais moment, sans doute, Monsieur ?Il haussa une épaule et, sèchement : \u2014 Pour moi, c'est toujours le mauvais moment ! Autant en finir ce soir .Voyons, qu'avais-je encore à vous dire?Ah! Oui.Nous vivons constamment ici, à la campagne, loin de toute agglomération, et vous n'avez qu'un jour de sortie par mois! Par contre, un mois d'été, payé, bien entendu.\u2014 Je connais toutes ces conditions, Monsieur, dit-elle en inclinant la tête.\u2014 Et.elles vous agréent ?demanda-t-il moins durement.\u2014 Je les accepte ! rectifia-t-elle avec netteté.\u2014 Bon, parfait ! dit-il d'un ton aussi lugubre que s'il eut déclaré « C'est désolant ».Il ne vous reste plus qua prendre possession de votre chambre en attendant l'heure du dîner.Elle s\u2019inclina, sans un mot, se dirigea vers la porte.Comme elle allait l'atteindre, il jeta sur cette cible vivante qui avait résisté à ses attaques perfides, ce qu'il pensait être la flèche du parthe : \u2014 À propos, Mademoiselle.J'ai oublié de vous dire : H y a une femme ici ! 14 Cette fois elle sembla interdite, déconcertée et ne sut que répéter d'un ton plein d'incompréhension ahurie : \u2014 Ah! Ah?\u2014 Oui, acheva-t-il négligemment.C'est une vieille tante qui tient ici la place de maîtresse de maison.Les jolis yeux bleus sourirent.\u2014 J'en suis très heureuse, Monsieur ! \u2014 Voire ! songea-t-il derrière la porte qui retombait sur cette secrétaire indésirable.Enfin, tu es prévenue maintenant, ma petite.si la place te tenait, inutile d'avoir des espérances folles : elle est prise ! Chapitre II Dans le vestibule, derrière la porte qui se refermait, la jeune secrétaire eut sur ses lèvres fraîches la moue puérile des enfants qui retien- nen une grosse envie de pleurer.Immobile et désorientée, dans ce vaste hall désert elle resta une minute, les yeux vagues, les lèvres tremblantes.Puis, réagissant violemment contre l'impression pénible qui l'envahissait : \u2014 Quel étrange accueil et quel maître jantipathique! songea-t-elle déçue.La vie ne va pas être facile ici et il sera encore plus pénible de travailler dans ces conditions-là ! Mais soudain, ses sourcils se froncèrent en une expression de volonté.\u2014 Bah! I! n'y avait pas à choisir, n'est-ce pas?C'était ici ou nulle part.Alors il faudra accepter d'un cœur ferme les désagréments de la situation en considération de ses avantages.Maitre Lureau m'avait prévenue ; je n'étais pas facile a caser dans les conditions exceptionnelles où je me trouve .il est encore bien heureux que Michel Vincent se contente de la chaleureuse recommandation de mon vieil ami! Pourvu que cela dure?C'est actuellement tout ce que le sort cruel me permet de souhaiter !.Mais en attendant des jours meilleurs je ne vais pourtant pas rester ainsi campée dans ce vesti- ule ?Je finirai par y prendre racine.Mais où aller\u201d A qui m'adresser ?On dirait que la maison est vide Paralysée par la timidité et la crainte de commettre une maladresse elle fit quelques pas dans le hall et ses petits talons claquèrent, hors d\u2019un tapis d'Orient, sur une précieuse mosaïque ancienne.Le bruit appela l'attention d'un domestique, qui, correct et stylé, sortit d'une pièce voisine.\u2014 Mademoiselle désire ?TE suis la nouvelle secrétaire de Monsieur, articula-t-elle avec peine en ramassant sa petite valise posée là tout à l'heure, pouvez-vous m'indiquer la chambre qui m'est destinée ?D'un long regard surpris il balaya la silhouette gracile.Et la jeune fille comprit qu'on ne devait pas avoir l'habitude de voir des secrétaires de ce modèle évoluer dans la pénombre austère du manoir de Kersac.Ce regard, après l'accueil étrange du maître, lui fit mal augurer de l'avenir.Il semblait dire avec une malice goguenarde : « Toi, ma petite, tu ne feras pas long feu, ici!» Et elle frissonna un peu saisie soudain d'un froid inexplicable.Correct cependant d'attitude, le domestique s'inclinait : \u2014 Si Mademoiselle veut me suivre.Débarrassée de sa valise, elle suivit machinalement l'homme qui montait devant elle deux étages, puis suivait un long couloir et enfin, ouvrait la porte d'une pièce dont il allumait le lustre électrique.Le cœur battant à la pensée que c'était là qu'elle allait vivre désormais la petite secrétaire entra derrière lui.Mais elle demeura comme stupéfaite, immobile et sans voix, figée à la même place, avec des yeux incrédules, tandis que le domestique se retirait silencieusement après avoir déclaré « qu\u2019on sonnait trois coups pour le dîner et que Monsieur tenait à l'exactitude, » Ce fut en entendant le bruit sec de la porte qui se refermait qu'elle prit seulement conscience nettement de ce qui lui arrivait.Alors elle promena autour d'elle un regard effaré et plein de désespoir.\u2014 Ainsi c'est ici qu'il va me falloir vivre désormais .toujours, toujours.Ici! Encore une fois elle parcourut la pièce du regard et, avec un navrement infini elle répéta : \u2014 Ici! Ce n\u2019était pas que la chambre fût trop inconfortable ou qu'elle eut souhaité, espéré follement, un appartement trop luxueux pour sa situation subalterne.Mais la plus modeste mansarde aux murs peints à la chaux, au petit lit de fer étroit, lui eut semblé plus accueillante que cette grande pièce si austère et si sombre qu'il fallait un moment au regard pour s'y accoutumer et en détailler fo mobilier sévère.Un lustre très simple mais dont la clarté était tamisée par un épais abat-jour vert diffusait une lumière parcimonieuse sur des meubles d'acajou datant de Louis Philippe, et sur un papier au dessin cachemire de tons verdâtres et brunis.Sur ce lit placé en coin, sur les fauteuils, sur le guéridon une étoffe assortie à la tapisserie absorbait toute la clarté ambiante par ses tonalités sombres.Une armoire à portes pleines faisait vis-à-vis à une bibliothèque exhibant derrière un grillage de cuivre les rideaux de lustrine verte chers aux vieux archivistes de province.Entre les deux fenêtres un bureau surmonté de petits casiers à l'ancienne mode, supportait une lampe massive à l'abat-jour vert également.\u2014 Un véritable nid pour «rat de bibliothèque » .constata la jeune secrétaire navrée.Mais ses yeux se posèrent sur le parquet étincelant sur lequel étaient disséminés des petits carrés de tapis.Et, aussitôt, la gaîté de ses vingt ans reprenant ses droits, un éclat de rire jaillit dans la pièce austère dont les vieux meubles semblèrent scandalisés.\u2014 Et il y a même les patins chers à mon arrière Grand'Mère ! s'écria- t-elle prenant subitement son parti de rire de cet ameublement suranné.Dire que j'aimais tant à m'en servir quand j'étais petite.Je patinais ans toute la maison en chantant, je m'en souviens : « De-ci, de-là, cahin caha .va trottine, va patine.» Emportée par ses souvenirs elle avait posé un pied sur chaque patin de tapis et s'élançant à travers la pièce en glissades rapides elle fredonna inconsciemment le gai refrain de « Véronique» mis par elle au goût des circonstances.Mais, subitement, elle s'arrêta net, tout son entrain découragé par l'atmosphère hostile de cette pièce.\u2014 Mon Dieu, mon Dieu! gémit- elle immobilisée au milieu de son élan, faudra-t-il vraiment que je vive des mois, peut-être des années, dans cet air irrespirable, dans ce cadre glacial ?C'est un bureau pour vieil archiviste.mais ce n\u2019est pas la chambre d'une femme de vingt ans ! Brrr.j'ai froid dans le dos, moi, malgré ce radiateur.Pour secouer l'angoisse sourde qui peu à peu lui coupait les jambes, serrait sa gorge, sapait toutes ses résolutions de courage, elle voulut débarrasser sa valise, créer un peu d'intimité dans ce logis inhospitalier.Ses quelques vêtements rangés dans l'énorme armoire avaient l'air perdus et tout désorientés comme elle.Pour fuir l'aspect désolant de cette penderie aux trois quarts vide, elle songea à faire pour le dîner une toilette plus soignée.Mais une nouvelle constatation acheva de la désorienter.Pas une glace dans cette pièce.Pas un bout de miroir.Pour être certaine qu'elle n'avait pas mis sa robe à l'envers elle dut avoir recours au cabinet de toilette dont le lavabo était surmonté lui, d'un de ces objets indispensables à la coquetterie féminine ; mais réduit à la proportion minime d'un miroir à raser à trois faces dans lequel, à grand peine, elle pouvait voir sa tête tout entière.Cette nouvelle constatation, comme la découverte des patins tout à l'heure réveilla le sens critique et la bonne humeur de la jeune secrétaire.Un sourire vint éclairer et rajeunir encore son mince visage précocement müri par une expression soucieuse.Mais en apercevant dans le miroir à trois faces, ce sourire qui rendait plus bleus ses yeux aux longs cils sombres, qui animait l'ovale affiné de son visage au teint clair mais d'une pâleur unie et un peu souffrante, qui avivait le rouge naturel presque trop vif de ses lèvres bien ourlées, elle se sermonna gaîment.\u2014 Heu ! Voici, ma petite, un sourire bien déplacé dans ta nouvelle situation et son cadre sérieux! Il faudra éteindre un peu la lumière de ces yeux-là et enfouir celle de tes insolents cheveux dans une résille sombre si tu ne veux pas sembler indécente de clarté parmi ces vieilleries poussiérieuses ! Je crois même qu'un tablier et des petites manches de lustrine noire, avec des grosses lunettes rondes, ne seraient pas de trop pour t'assortir un peu au mobilier ! Pas de jenesse et de lumière choquante s'il te plait! Tous ces meubles semblent te le crier ! Kersac n'est pas un séjour de plaisance, ne l'oublions pas! D'ailleurs, si j'en étais tentée parfois pendant la jorir- née, dans le bureau luxueux et élégant de mon « patron » ma chambre sera 1a pour me rendre au juste sentiment de ma situation, le soir venu ! Un long moment elle brossa avec rage ses admirables cheveux d'un blond doré aimbré par places de coulées d'un or plus foncé et qui s'entétaient à étinceler malgré la couche exagérée de gomina dont elle venait de les couvrir pour réfréner toute ondulation rebelle.Puis elle les glissa dans une résille de soie marron qui achevait d'en atténuer l'éclat.À défaut de petites manches de lustrine et de tablier lustré, sa robe toute noire, simple, sans garniture aucune, quoique d'une coupe certes trop élégante pour une modeste secrétaire, achevait de donner à la mince silhouette, si menue et petite qu'elle en demeurait presque enfantine, un peu du sérieux qui lui était nécessaire.\u2014 La, fit-elle satisfaite.À défaut de lunettes, je n'ai qu'à tenir les cils baissés et me voici vieillie de dix ans, au moins.ce qui n'est certes pas fait pour déplaire à mon maître si j'en juge par le ton de son accueil ! Chapitre III ADEMOISELLE Vincent tricotait dans le salon en attendant que le dîner fut sonné, ainsi que chaque soir.Flle leva sur son neveu qui entrait, le doux regard surpris de ses yeux au bleu passé qu'adoucissaient La RevuE POPULAIRE encore les bandeaux blancs légèrement crépelés, \u2014 Michel, bonne journée ?Te voici bien en avance ce soir, le premier coup n'a pas encore sonné.Elle constatait de son œil affectueux et vif la mine soucieuse et peut-être encore plus sceptique du romancier.Mais accoutumée à son humeur changeante et autoritaire elle se gardait bien d'y faire une allusion directe.De lui-même Vincent laissa éclater son mécontentement en se laissant tomber dans un fauteuil en face d'elle.\u2014 Bonne journée ?Ah! Oui, par- lons-en ! Votre Lureau m'a joué un joli tour, ma T'ante ! Elle posa son tricot, assura ses lunettes sur son nez d'un petit coup sec et demanda sur un ton amusé : \u2014 Et quel tour a-t-il pu te jouer «mon » Lureau ?\u2014 Le plus stupide qui soit! Au lieu d'un secrétaire il m'expédie une femme et quelle femme! Une enfant, ma Tante, une enfant de vingt ans à peine qui en paraît quinze.qui devait encore jouer à la poupée l'année dernière et qui va me commettre toutes les étourderies possibles et impossibles.Mademoiselle moue indulgente : \u2014 Ça n'est pas si sûr.\u2014 Comment ?s'indigna-t-il.Mais est-ce qu'une femme est capable de faire quelque travail avec sérieux, de collaborer à une œuvre comme la mienne avec application et utilité ?Vous connaissez mon opinion la- dessus.\u2014 Oui, fit-elle paisible et souriante, elle est profondément injuste ! \u2014 Jamais de la vie! Il va sans dire que j'exclue de cet ostracisme les créatures de dévouement comme vous, Tante, qui à force de bonté et d'abnégation deviennent insexuées; mais les autres.celles qui subissent la loi commune ne sont que des des petits animaux futiles et plutôt nuisibles même quand elles ont atteint l'âge de raison ! Et celle qu'on m'envoie n'est qu'une gamine, je vous le répète, une enfant.Qu'est-ce que vous voulez que je fasse avec ça La porte s'ouvrit sans bruit juste a ce moment et, debout sur le seuil, la jeune secrétaire reçut la phrase méprisante en plein visage.Elle eut pu, peut-être, douter encore qu'elle s\u2019adressat a elle mais, le petit cri désolé de Mademoiselle Vincent et la rougeur brusque, la contrariété visible de son neveu qui se levait vivement d'un geste qui envoyaient bien loin le fauteuil, étaient assez éloquents pour la fixer à ce sujet.Mais préparée à toutes les avanies, raidie dans une cuirasse de résignation, elle frémit à peine et abaissa simplement avec vavacité ses longs cils sombres sur l'éclair bleu de son regard.mmobile dans une attitude modeste elle demanda simplement d'une voix a peine intelligible tant elle était étranglée par l'émotion.\u2014 J'avais cru entendre le second coup du diner .Si je suis en avance excusez-moi.Elle faisait un mouvement de recul.Mademoiselle Vincent se précipita vers elle, les mains tendues, envoyant rouler son tricot sur le tapis.\u2014 Mais non, mais non, ma chère petite, dit-elle avec la spontanéité de son cœur charmant désolé par la malencontreuse sortie de son neveu.Ne vous sauvez pas ! Nous serons enchantés au contraire de profiter de ces quelques minutes de grâce pour faire connaissance avec vous, avant le diner.Hésitante encore, mais déjà ras- rérénée par la bonne grâce de la Vincent eut une AoûT 1940 vieille demoiselle, elle avança de quelques pas.\u2014 Je craignais d'étre importune .\u2014 Esst-on jamais importune avec des yeux et des cheveux pareils ! s'exclama Mademoiselle Vincent avec enthousiasme.Mais, mon enfant, il n'y a que les hiboux pour redouter que le soleil puisse pénétrer chez eux ! Pour moi je suis ravie de le voir installé à demeure à Kersac.Elle se tourna d'un bond vers son neveu qui, les sourcils froncés, n'avait pu s'empêcher de faire claquer ses doigts d'un geste d'agacement.\u2014 Oui.oh! Je sais bien qu'à toi, il ne manque guère ! Tu souffres de la lumière et de la gaîté, comme les oiseaux de nuit.Et tes vieux bibliothécaires à calotte et à lunettes te suffisaient ! Mais moi, je préfère cette jeunesse toute dorée .Cette fois Michel Vincent ne put retenir un sourire qui rajeunit soudain son visage sévère.\u2014 Mais, ma Tante, vous exagérez! Jamais ce pauvre petit Laurel n'a porté ni calotte ni lunettes.et il avait vingt-cinq ans! Elle haussa une épaule avec une bonne humeur bourrue.\u2014 Je sais bien, je sais bien .Mais que veux-tu, il est des êtres qui ont soixante ans en venant au monde et qui, même tête nue semblent coiffées d'un éteignoir ! Ton Laurel était de ceux-là ! Le diable m'emporte si le me suis jamais avisée d'une présence jeune dans la maison pendant son séjour ! D'un bon primesautier elle se tourna vers la petite secrétaire et lança comiquement : \u2014 Et il portait des petites manches de lustrine, ma chère ! Pour économiser ses manchettes en celluloïd, sans doute ! À ces paroles la jeune fille ne put retenir un éclat de rire qui fusa franchement dans la grande pièce.Michel Vincent fronca un peu les sourcils tandis que sa Tante ravie battait des mains.\u2014 Ah! Que voila un joli rire.Mais seriez-vous moqueuse, ma mignonne, pour rire ainsi de votre prédécesseur ?Gentiment elle avoua avec une vague rougeur.\u2014 Pas du tout, Mademoiselle, c'est de moi-même que je me moque.car j'avais eu aussi l'idée des petites manches en lustrine ! Sa rougeur s'accentua et elle acheva : \u2014 Oui, je .je pensais que c'était de rigueur! \u2014 Au temps de ma jeunesse, fit Mademoiselle Vincent taquine.Mais aujourd'hui les secrétaires s'habillent de couleurs claires, s'ondulent et portent des bas de soie .Il ne faut donc pas vous gêner, ma petite.Elle s'interrompit et remarquant la robe noire elle dit avec une douceur nouvelle : \u2014 Ah! Pardonnez-moi, vous êtes peut-être en deuil ?Une nouvelle rougeur envahit le teint pâle.\u2014 Non, non.mais je.Désireuse de connaitre quelques détails sur cette secrétaire charmante, la vieille demoiselle insista curieuse : \u2014 Ah! Je pensais que peut-être \u2026.Ce n'est pas votre première place ?Les prunelles de la jeune fille tournoyèrent d\u2019un air affolé.\u2014 Si, Mademoiselle.La voix tomba et on sentait nettement qu'elle ne désirait pas s'engager en de plus longues confidences.Mademoiselle Vincent dut se résigner bien à contre-cœur.D'ailleurs son neveu, pour couper une conversation qui semblait l'agacer au plus haut point en donnant la vedette à sa nouvelle secrétaire, demandait poliment, mais avec toujours cet air dédaigneux qui glaçait ceux qui ne le connaissaient pas : \u2014 Je pense que vous êtes satisfaite de votre installation, Mademoiselle ?Elle inclinait la tête en silence.Mais Tante Vincent, d'un bond se retournait vers lui.~ Mais comment donc, ironisa-t- elle, elle doit en être ravie, transportée, cette petite! Le nid de hibou pour cette fauvette.Quelle aubaine! Mais ne vous tourmentez pas mon enfant, nous vous déménagerons demain matin.Pour aujourd'hui je m'excuse de n'avoir pas été là afin de vous installer.J'avais affaire en ville et comme je pensais que le nouveau secrétaire de mon neveu serait du même modèle que les pré- \u2014 Jacquemine.\u2014 Mais, Jacquemine fit-il un peu agacé.La rougeur disparut et fit place à une pâleur étrange, inquiétante, qui envahissait même les lèvres bien ourlées.Les cils se relevèrent et palpitèrent sur les prunelles éperdues.Enfin, très bas, comme un souffle, elle dit : \u2014 Bernier ! Monsieur.Mais il semblait avoir à peine remarqué sa gêne.Simplement il fit, avec hauteur : \u2014 Je vous remercie Mademoiselle.Donc, ma T'ante, vous vous passerez de Mademoiselle Bernier demain matin.J'ai un travail qui ne supporte aucun retard.comment ?Jacquemine Bernier, > NASP LA VOIX DES GRANDES ORGUES LES GRANDES ORGUES GRONDENT Pendant que dans mon cœur Une langueur Epuise des forces fécondes; Dans les fluides ondes Les grandes orgues grondent, LES GRANDES ORGUES PLEURENT, Aussitôt dans mes yeux Voluptueux, L'affection semble meilleure; Dans la chaste demeure Les grandes orgues pleurent.LES GRANDES ORGUES CHANTENT, Et déjà le soleil, A mon réveil, Prend des couleurs éblouissantes ! Heureuses, triomphantes, Les grandes orgues chantent.LES GRANDES ORGUES PRIENT, Harmonieuse voix ! Un doux émoi Pénètre en mon âme ravie; Dans la blanche abbaye Les grandes orgues prient.(Extrait de LAURENTIA, à paraître) cédents, je ne m'étais pas dérangée pour lui.Demain je vous descends d'un étage et je vous installe tout près de moi, dans la petite chambre bleue |! Vieille perse et citronnier, avec le soleil levant, ça vous va ?\u2014 Tout me va, Mademoiselle ! fit spontanément la jeune fille, gagnée par cette bonne humeur communicative et profondément heureuse de rencontrer ici cette délicieuse créature.Mais Michel Vincent devait trouver cette gaîté offensante.Il coupa un peu sèchement : \u2014 Demain matin, ma Tante, j'aurai besoin de Mademoiselle.Au fait, comment vous appelez-vous, Lureau ne me l'a pas écrit.Une rougeur intense envahit le fin visage, les yeux bas sous les cils presque clos, elle murmura : JEANNINE LAVALLEE \u2014 Je ferai donc le déménagement seule avec les domestiques soupira-t- elle, ce sera moins gai! \u2014 Mais, Mademoiselle, je suis confuse, commença Jacquemine.\u2014 Laissez, laissez donc, fit Mademoiselle Vincent.Il faut bien faire comme il veut! J'en ai l'habitude, vous savez.Déjà tout petit, c'était un véritable tyran \u2026.\u2014 Un véritable tyran, oh oui! soupira la jeune fille lorsqu'elle se retrouva seule dans la grande chambre sévère après un dîner dont les saillies de Mademoiselle Vincent avaient été toute la gaîté.Qui l'eut soupçonné, deviné à travers toute l'humanité douloureuse et tendre de ses livres ?15 Certes, Maître Lureau l'avait prévenue.Elle savait trouver en l'écri vain, célèbre avant l'âge, un homme sdeptique et distant, atteint d'une misanthropie intense et surtout miso- yne avec outrance.Sans que le vieil homme d'affaires n'eut commis la moindre indiscrétion à ce sujet Jac- quemine avait compris qu'un grand chagrin sentimental, une déception de jeunesse, avaient aigri ce caractère, gâté d'autre part par le succès et la gloire prématurés.Mais ce qu'elle n'eut jamais attendu de lui, ce que d'ailleurs tout l\u2019abord élégant et suprêmement distingué du jeune écrivain contredisait, c'était cette brutalité cette exagération de morgue despotique dont il avait fait montre vis-à-vis de la petite secrétaire.C'était ce manque de tact et de délicatesse incompatibles avec la finesse de ses traits, l'instinctive élégance de sa silhouette, la race de toute sa personne ! Cela, Jacquemine n'avait pu le supposer et même devant la réalité décevante, elle ne pouvait l'admettre encore ce soir ! \u2014 Non, non, se répétait-elle tout en procédant à sa toilette de nuit.Cette dureté n'est qu'ostentation, cette insolence qu'un masque destiné à me rebuter, à me chasser peut- être ! Il n'a pas osé me renvoyer à cause de Maître Lureau sans doute; mais quelque chose en moi lui a déplu, l'a heurté violemment dès le premier regard, je l'ai bien vu, et il n'a cherché qu'à me décourager, à provoquer mon départ volontaire.Innocemment elle contempla longuement dans la petite glace son menu visage, cherchant quelle tare, quelle trait avait pu déplaire aussi absolument à son nouveau maître.Pauvre petite! Pouvait-elle sup- oser que ce qui avait indisposé ichel Vincent, c'était justement ce qu'elle avait de plus pur, de plus charmant : sa jeunesse et sa beauté ?Quand elle eut, vainement, interrogé ses traits pour y trouver le défaut qui l'avait fait haïr au premier contact, elle se résigna à ne pas comprendre.Mais une buée de larmes, de ces larmes courageuses qu'on arrête au bord des cils par un effort immense, passa sur les beaux yeux d'azur.\u2014 Pourquoi?se demanda-t-elle désespérément, pourquoi ?Et voulant chasser cette triste impression de découragement qui l'envahissait.\u2014 Qu'importe, d\u2019ailleurs ! Il pourra dépenser toute sa mauvaise humeur et sa tyrannie en pure perte! Je ne partirai pas de moi-même, quoi qu'il me fasse ! Elle rentra dans la chambre en secouant ses cheveux moirés d'or.\u2014 Je ne partirai pas.parce que je ne saurai pas où me réfugier ailleurs qu'ici, où on a bien voulu m'accueillir sans autres renseignements que la recommandation de Maître ureau ! Et puis, pour me consoler de toutes les avanies que me réserve le Maître, n'aurais-je pas cette douce et charmante créature qu'est sa Tante?Oh! L'exquise vieille fille au cœur tendre et à l'esprit alerte! Quelle compagne elle va être pour moi dans cette demeure hostile ! Et, posée sur l'oreiller, la tête blonde fut longuement secouée dans l'ombre discrète de sanglots désespérés tandis que les beaux yeux de lumière s'éteignaient derrière un flot de larmes.de toutes ces larmes contenues jusqu'ici par un miracle de volonté.Chapitre IV N on, non, je n'ai pas faim, gémit Mademoiselle Vincent qui boudait l'assiette de sandwichs et les 16 petits gâteaux, placés sur la table à thé à l'ombre d'un grand rosier en fleurs.Par une telle chaleur je ne peux pas comprendre qu'on puisse manger entre les repas autre chose que des fruits.Jacquemine qui, ainsi que chaque jour servait le thé, fut debout en une seconde, les yeux brillants.\u2014 Mademoiselle, j'ai vu ce matin deux superbes pêches mûres ?Je vais aller vous les chercher ?Mais sans attendre la réponse, elle s'envolait déjà, plus légère semblait- il, de la vaporeuse mousseline de sa blouse, rigoureusement noire, cependant, de sa bonne grâce ailée, de tout ce bel été bourdonnant qui naissait avec des effets de lumière et des éclairs de joie.\u2014 Je me laisse gâter ! cria Mademoiselle Vincent qui la regardait s\u2019éloigner ravie et admirative, entre les massifs du jardin fleuriste, vers le verger.La mince silhouette noire, sous le soleil, semblait plus vive, plus menue, plus jeune encore.Et sa nuance sombre ne parvenait pas à avoir un air de deuil sous la royale chevelure d'ambre doré dont le rayonnement mettait une constante lumière autour du front pensif et pur.Brusquement elle se tourna vers Michel Vincent et elle vit que, tout en tournant d'un mouvement machinal sa petite cuiller dans la tasse de thé que venait de lui servir Jacque- mine, son neveu avait le regard tendu dans la même direction qu'elle tout à l'heure.\u2014 Hein, cette petite, fit-elle avec enthousiasme.Quel ange, quel amour! Nonchalamment, Michel détourna son regard de la mince silhouette lointaine.Il sourit avec une indulgente taquinerie.\u2014 Tante, Tante.quand per- drez-vous l'irrespectueuse habitude de mêler ainsi le profane au sacré ?Elle le nargua avec sa gaîté presque juvénile.\u2014 Raille ! Mais je te défie de me dire que cette petite fille-la n'est pas un miracle vivant ! Il baissa les paupières et dit doucement : \u2014 Je me contenterai de constater qu'en effet, Mademoiselle Bernier est une parfaite secrétaire et.une jeune fille charmante ! Elle haussa une épaule, bougonne : \u2014 Quel enthousiasme ! Tu n'as pas peur qu'il t'étouffe ?Michel releva sur sa Tante un regard où brillait une courte flamme railleuse.\u2014 Si je vous disais, ma Tante, que j'ai peur de bien autre chose ! \u2014 Et de quoi donc, s'il te plaît ?D'être obligé de revenir sur ta stupide opinion sur les femmes en générai et sur cette enfant en particulier, de reconnaître ton erreur et de confesser qu'à toi comme à moi, son esprit clair et droit, sa bonne humeur inaltérable, sa grâce charmante, sont devenus indispensables ?I! secoua le front et toujours moqueur avec un fond d'\u2019attendrissement qui se défendait encore.\u2014 Peut-être ! avoua-t-il.T LAURENCE OLIVIER Un nuage passa rapidement sur le front de l'écrivain, \u2014 Et cependant, il va bien falloir nous en dispenser, ma chère Tante! \u2014 Que me chantes-tu là ?fit-elle saisie.Tu ne vas pas la mettre à la porte, au moins ?\u2014 Dieu m'en garde! C\u2019est une aide parfaite et bien gracieuse, vous avez raison .Mais, c'est Mademoiselle Bernier elle-même qui nous quittera, et avant peu.\u2014 Autre histoire! Et pourquoi nous quitterait-elle ?Elle semble si parfaitement heureuse ici, cette enfant ! \u2014 Mais, pour prendre son congé annuel, ainsi qu\u2019il en a été convenu entre nous, fit-il soudain nerveux.Vous oubliez que nous sommes en pleine période de vacances ?Mademoiselle Vincent soupira profondément, comme soulagée d'un poids immense.\u2014 Ouf! Tu m'as fait une belle peur, méchant taquin ! Et je me suis effrayée pour rien, heureusement \u2026.De plus en plus nerveux, Michel haussa un sourcil.\u2014 Je ne comprends pas très bien, ma lante.\u2014 Evidemment, dit-elle avec un sourire ravi.Tu ne peux pas savoir que cette question des vacances, je l'ai abordée il y a quelque temps déjà, soucieuse comme tu peux le Avant sa venue en Amérique, il était le plus Populaire artiste du théâtre et du cinéma britanniques.Son rôle de Maxim de Winter dans \"\" Rebecca \"\u2019 l'a tout de suite classé au premier rang au cinéma américain.A San Francisco, à Chicago et à New-York, il donna \u2018ensuite sur la scène un \"\" Roméo et Juliette \u2018' qui n'eut pas le succès attendu, malgré la présence de Vivien Leigh à ses côtés.Ce qui a fait la popularité de Laurence Olivier, c'est en partie cette nostalgie intérieure, cette froideur apparente qui sont les caractéristiques de tout Anglais bien né.Laurence Olivier est âgé de 32 ans ; Vivien Leigh, 27 ans.penser de perdre, ne fut-ce que pendant un mois, la joie de ce sourire, de cette voix charmante, de toute cette jeunesse.Donc, j'ai posé la question et sais-tu ce que m'a répondu cette adorable Jacquemine ?Il s'agaça.\u2014 Comment le saurais-je ?\u2014 Eh bien, triompha la vieille demoiselle.Elle m'a déclaré que, si tu n'y voyais pas d'inconvénient, elle serait très heureuse de renoncer à son mois de vacances et de demeurer tout l'été ici.Une vague rougeur monta jusqu'au front de Michel.\u2014 Elle vous a dit cela ?dit-il d\u2019une voix étouffée.\u2014 Parfaitement ! \u2014 Et.elle le fera ?\u2014 Ma foi oui! A moins, fit-elle goguenarde, que tu n'y mettes opposition ! Il haussa les épaules comme devant une chose invraisemblable.Mais il semblait encore hésitant, troublé.\u2014 Je trouce cela.commença-t-il \u2014 Contrariant ?\u2014 Bien au contraire, protesta-t-il avec vivacité.Mais, assez extraordinaire ! \u2014 Extraordinaire en quoi?Jac- quemine m'a fait remarquer qu'elle ne trouverait nulle part ailleurs un aussi beau pays, un air plus pur et, La Revue POPULAIRE a-t-elle même ajouté gentiment, une sympathie aussi affectueuse que la mienne .Michel Vincent salua, d'un air excédé et narquois.\u2014 Elle est trop aimable.Mais pour moi, n'a-t-elle rien ajouté d'aussi flatteur ?\u2014 Ma foi non, mon garçon ! Il n'était pas question de toi.C'est un entretien rigoureusement personnel entre nous deux.: \u2014 Convenez cependant, ma Tante, que si affectueuse que soit votre sympathie pour cette jeune fille, il est assez étrange qu'elle ne puisse trouver son équivalent nulle part ailleurs ?\u2014 C'est toi qui est trop aimable ! fit-elle ironique à son tour.Et pourquoi cela ?\u2014 Mais parce que .à son âge.il est invraisemblable que nulle amitié ne l'attire au dehors ! \u2014 Et cependant cela est! Il faut t'y résigner.\u2014 Quoi?Nulle amie, aucun parent ?Personne ne l'attend, ne l'appelle ?\u2014 Personne au monde, m'a-t-elle affirmé avec cette réserve un peu farouche qui la rend toujours très brève sur ce sujet que je suppose lui être très douloureux.D'ailleurs, je n'ai aucune peine à le croire.N'as-tu pas remarqué comme moi qu'elle ne FAN PY PY Ng] Aouar 1940 profite presque jamais de son jour de sortie par mois.Et encore, quand elle le fait est-ce uniquement pour se rendre en ville afin d'y effectuer quelque achat nécessaire uniquement! Vincent semblait suivre obstinément une pensée secrète.I] demanda d'un ton volontairement dégagé en fixant le gravier de l'allée.\u2014 Reçoit-elle beaucoup de courrier ?\u2014 Jamais la moindre lettre ! déclara catégoritquement Mademoiselle Vincent.Sauf une ou deux enveloppes à l'en-tête de l'étude de Maï- tre Lureau.Il releva un front qui semblait soudain éclairé.\u2014 Alors je moins, fit-il.\u2014 Cela se tient pourtant ?\u2014 Mais non, j'avais pensé que cette claustration volontaire pouvait être attribuée à quelque roman, à des fiançailles prolongées avec un soldat, un marin.un flirt d'outremer ! \u2014 Que vas-tu chercher ?fit-elle en levant les yeux vers le ciel.C'est une véritable enfant!.Non, elle est seule au monde, comme elle me l'a dit, simplement, horriblement seule ! Et voila tout! C'est d'ailleurs suffisant pour elle, la pauvre enfant.Quant à nous, je ne vois qu'avantage à cette situation qui nous permet de profiter complètement et absolument de la présence de cette jeune fille si parfaite sous tous les rapports.Un vague sourire courut sur le visage habituellement grave de Michel Vincent.\u2014 Vous avez raison, ma Tante! dit-il laconiquement, car au bout de l'allée Jacquemine apparaissait, courant, le teint animé, les yeux brillants.rapportant dans une petite corbeille basse deux magnifiques pêches prématurément mûries par le vif soleil de juillet.En silence il regarda s'avancer la silhouette menue dont tous les gestes étaient grâce et mesure, harmonie et élégance.Et, tandis que le goûter s'achevait, animé des saillies et du rire discret, un peu retenu de la jeune fille, plus précieux d'être rare et timide, il ne cessa de la contempler avec une expression toute nouvelle dans ses yeux d'acier au regard dominateur.Elle, accoutumée maintenant, aux silences de ce maître plutôt taciturne, n'y prêtait nullement attention.Depuis que Mademoiselle Vincent lui avait demandé de bien vouloir servir le thé à quatre heures, comme la jeune fille de la maison, elle accomplissait ce rite familial avec la bonne grâce discrète qu'elle mettait à toute tâche mais jamais elle n'en avait profité pour s'imposer et prendre une importance disproportionnée avec sa situation dans la conversation.Gentiment, sans fausse raideur elle répondait à Mademoiselle Vincent qui bavardait intarissablement et leur entretien était parfois si enjoué que la gaîté naturelle de ses vingt ans, fusait soudain en éclats vite réprimés : mais il était assez rare que Michel s'y mêla autrement que par monosyllabes.Et l'intimité tout naturellement née entre la vieille fille au cœur large et tendre et l'enfant solitaire n'avait nullement gagné les relations du patron et de la secrétaire.Toujours discrète vis-à-vis de lui, dans les entr'actes des heures de travail, Jacquemine redevenait l'employée déférente, intelligente et correcte dès que le labeur les réunissait dans le grand cabinet de travail du maître.Jamais il n'avait eu qu\u2019à s'en louer et certes les préventions levées en lui par le physique de la jeune fille s'étaient rapidement évanouies comprends encore devant les services qu'elle était capable de rendre.Peu a peu sa morgue hautaine s\u2019était assouplie, son attitude s'était déraidie; il traitait maintenant sa jeune secrétaire avec déférence et aussi avec une estime marquée ; mais nulle familiarité, aucune intimité ne s'était glissé dans leurs rapports.Cependant, aujourd\u2019hui, il semblair que dans le regard que l'écrivain attachait sur Jacquemine, un sentiment nouveau fait à la fois de surprise attendrie et de satisfaction dominatrice, se faisait jour peu à peu.\u2014 Seule.toute seule.sem- blaient-ils dire en se posant apitoyés sur la nuque fragile et les petites mains d'enfant, voltigeantes et adroites.\u2014 Toute entière pour moi! con- cluaient-ils avec un triomphe égoïste, en enveloppant la silhouette gracieuse la mignonne tête blonde dont il savait pouvoir attendre le jugement le plus droit, l'intelligence la plus vive et la collaboration la plus fine et la plus sensible.Sans se douter le moins du monde de l'attention nouvelle éveillée chez le maître par la conversation échangée avec Mademoiselle Vincent quelques instants avant, Jacquemine desservait maintenant avec une rapidité harmonieuse, la table à thé, rentrait dans la maison pour se laver les mains, remettre un ordre correct dans sa coiffure un peu dérangée par la course au plein air vers le verger, puis, calmement, rituellement, retournait prendre sa place dans le grand cabinet de travail derrière la petite table qui lui était affectée.Elle était déjà plongée dans un travail de recherches qu'il lui avait confié, lorsque Michel Vincent vint la joindre.elon son habitude il s'installa sans mot dire à son immense bureau, attira un bloc, un stylo.Mais le travail ne semblait pas devoir s'effectuer facilement aujourd'hui.À travers la grande pièce ses regards retournaient sans cesse vers un même point.Etait-ce le rayon de soleil pénétrant par cette fenêtre et dans lequel dansait une poudre d'or, était- ce la forme, pourtant connue de la table Louis XVI sur laquelle écrivait Jacquemine et que touchait le rayon, ou bien encore, plus loin derrière, les reliures riches de sa bibliothèque qui attiraient ainsi les yeux de Michel Vincent ce soir ?T n'eut certes pu le dire lui-même; mais ce qu'il savait par exemple, c'est qu'il était incapable de travailler ; sans bien s'expliquer pourquoi.Agacé, pris d'un soudain besoin de mouvement, il se leva, fit quelques pas dans la pièce sans que Jac- quemine, absorbée dans son travail, eut relevé la nuque blonde que dorait encore plus chaudement le rayon de soleil attardé.Enfin il s'approcha d'une fenêtre et, de loin, lui tournant le dos, il lança d'un ton négligeant : \u2014 À propos de vacances, Mademoiselle Bernier.Ces simples mots la firent se dresser, soudain pâlie.\u2014 Monsieur, j'aurais voulu vous dire.Il s'était retourné et la regardant bien en face ; mais sans l'ombre d'une ironie dans son regard scrutateur : \u2014 Vous vouliez me dire quelque chose ?Mais elle se troublait, prise d'une timidité insurmontable.Pendant leur travail cependant, jamais cette crainte, cette frayeur irraisonnée ne la paralysait en face de lui.Pourquoi était-elle ce soir bouleversée à l'idée d'une si simple requête à lui présenter.Il s'en étonna et ajouta à son trouble en insistant : \u2014 Que vouliez-vous me dire, voyons ?a bienveillance qui passait dans sa voix habituellement métallique et sourde la bouleversa définitivemen:.Incapable de parler, les lèvres tremblantes, les cils baissés, elle demeurait pâle et silencieuse.Il s'étonna de cette attitude et soudain, découvrit avec surprise qu'il s'en affligeait.Elle avait donc peur de lui, cette petite ?Peur ! \u2014 Pourquoi ne parlez-vous pas ?reprit-il plus doucement encore.Est- ce donc si difficile à dire.Mais il songea tout à coup qu'il prolongeait sciemment son malaise, puisqu'il savait de quoi il s'agissait et il décida d'y mettre fin avec une mansuétude qu\u2019il s'ignorait jusqu'ici lui-même.\u2014 Voyons, je vais vous aider.Ma Tante m'a dit que vous préfériez ne pas prendre de vacance du tout ; mais peut-être avez-vous changé d'avis ?Sa voix tremblait presque en disant cela.Eut-ce donc été un si grand malheur pour lui si soudain elle avait dit : « Oui » ?Mais, très vite, au contraire, elle jeta, de tout son cœur, en devenant toute rose : \u2014 Oh! non, Monsieur ! Il sourit soulagé d'une brève appréhension.\u2014 Ah! Vous êtes toujours dans les mêmes intentions ?si cela ne vous contrarie pas, Monsieur ! \u2014 Vous désirez réellement rester ici pendant le mois d'août?Mais vous avez besoin de repos ?\u2014 Je ne ressens aucune fatigue, Monsieur.\u2014 D'ailleurs cela n\u2019a aucune importance puisque j'ai l'habitude de me reposer pendant ce mois.Vous n'aurez donc rien à faire, absolument.Fille devint soudain très rouge, d'une rougeur pénible qui envahissait son front et son cou.\u2014 Monsieur .bien entendu si.si je ne puis me rendre utile, je.je paierai ma pension.H eut un sursaut et pâlissant comme sous une insulte.\u2014 Oh! fit-il d'un ton peiné.Oh! Vous avez dit cela, vous avez pu le penser.Mais, quel homme me croyez-vous donc ?Il y avait plus de douleur que de colère dans cette protestation.Et elle le vit soudain si désemparé, si plein d'humiliation et de chagrin qu'elle eut vers lui un geste désolé de ses petites mains tendues.\u2014 Mais non, Monsieur, ne croyez pas.Il est tout naturel.Cependant, après avoir passé sur son Front une main hésitante, il reprit avec force.\u2014 Evidemment, il est tout naturel que vous me jugiez ainsi après m'avoir vu sous le jour odieux où je me suis acharné à vous apparaître ! C'est ma faute.Je suis seul responsable du jugement que vous portez sur moi et tant pis si j'en souffre ! Je l'ai cherché, je l'ai voulu.Il la contempla un instant avec tant de douceur qu\u2019elle en ressentit comme un malaise inexplicable.\u2014 Mais comment, vous si fine, si compréhensive, avez-vous pu vous laisser prendre à ce leurre, n'avez- vous pas deviné sous le masque stupide que j'y avais posé, le vrai visage de mon esprit et de mon cœur ?Quand vous m'avez mieux connu, n'avez-vous jamais compris que je vous avais trompée le premier soir en me montrant si brutalement méprisant ?J'ai été abominable, oui, je le sais bien, allez; mais je croyais, j'espérais que vous l'aviez oublié.Ou que, peut-être, vous aviez compris.\u2014 pi.\u2018 17 Désemparée devant cette attitude si nouvelle de l'homme autoritaire et sceptique, elle murmura : \u2014 Que pourrais-je avoir compris, Monsieur ?\u2014 Que j'avais cherché ce premier soir à vous décourager, à vous dégoûter de moi, à vous engager à partir ?Oui, je sais, il eut été plus franc de vous renvoyer ; mais le pou- vais-je, engagé comme je l'étais vis- à-vis de Lureau ?Cependant, si vous saviez l'effet que me produisaient votre jeunesse, votre grâce, votre fraîcheur!.T'étais ébloui mais dans le mauvais sens.dans celui qui fait fuir la clarté aux oiseaux de nuit parce qu'ils en souffrent ! Vous me comprenez mal, ma pauvre petite fille; mais j'ai trop souffert jadis par confiance et par aveuglement pour n'être pas aujourd'hui hérissé de méfiance et d'hostilité au premier abord vis-à-vis de tous et de toutes ! Cette hostilité, je l'ai toujours éprouvée vis-à-vis du travail des femmes, a plus fortes raisons des.pardon- nez-moi si je vous offense.des enfants, car c'est cela que vous paraissiez être toute droite dans mon bureau ce soir-là ! Une pauvre petite fille bien plus près de jouer à la poupée que de s'intéresser à des travaux sérieux comme les miens ! J'ai eu peur de votre jeunesse, de son incompétence, du trouble qu'elle pouvait apporter dans le calme de ma demeure et dans mon travail.Eclairée soudain sur cette antipathie qui l'avait fait tant souffrir sans qu'elle en comprit la cause, elle ne put s'empêcher de s'écrier avec soulagement : \u2014 Ah ! C'était donc cela, pour cela seulement.Il l'enveloppa toute d'un sourire très doux.\u2014 Mais bien sûr, pour cela seulement.Qu'aviez-vous donc cru, ma pauvre petite fille ?Très rouge, un peu gênée encore.elle expliqua pricipitamment : \u2014 Je ne savais pas .mais j'avais très bien deviné que toute votre attitude était voulue, et.je me demandais ce qui en moi avait pu vous déplaire asez pour provoquer cette attitude destinée à me chasser, à me décourager ! et qui était si peu com- atible avec votre vrai caractère, onsieur.Il sourit encore, puis s'étonna.\u2014 Vous aviez compris, dites-vous.Et cependant, c'est en songeant à ma brutalité d'alors que tout à l'heure vous avez pu me proposer cette chose monstrueuse .Vous n'avez tout de même pas cru que si j'hésitais à vous garder cet été c'était par .par avarice, tout de même ?\u2014 Je n'ai rien à croire, Monsieur, protesta-t-elle.Il est tout naturel D'un geste sec et autoritaire il coupa la phrase.Et redevenu pour un instant le maitre, le despote auquel on ne résiste pas.\u2014 Assez sur ce sujet, je vous en prie.Vous me blessez ! Elle courba le front, rappelée a la réalité qu'elle avait pu publier un instant quand il s'était montré si humain et si doux.\u2014 Je vous demande pardon, Monsieur.Et, silencieusement elle s'assit et courba la tête sur son travail.Demeuré debout dans l'ambrasure d'une fenêtre, Michel s'absorba longuement dans la contemplation du parc qui déroulait sous ses yeux ses frondaisons encore si fraîches.Mais voyait-il seulement le vert lustré des feuillages que l'été n'avait pas encore fané, la grâce des parterres à la française qui s'avançaient jusque sous ses pieds, l'élégance des allées dessinées jadis par Lenôtre ?Non, Michel songeait sans doute à toute autre chose car, soudain, dé- 18 tournant la tête, il dit, au bout de vingt minutes.tout comme s'il achevait la phrase prononcée en dernier lieu : Il est bien entendu que, puisque vous le préférez, vous resterez près de nous, ici, pour y passer vos vacances.Ma T'ante et moi en serons très heureux, Mademoiselle.Une lueur de contentement passa sur le petit visage incliné ; mais rendue prudente, Jacquemine n'osa pas extérioriser sa joie et ce fut d'une voix posée, discrète et calme qu'elle prononça simplement : \u2014 Je vous remercie, Monsieur.Michel attendait-il autre chose ?Un moment encore il demeura debout, la regardant.Puis, voyant qu'elle continuait à écrire, il haussa les épaules avec colère, se précipita à son bureau et se mit à travailler sans plus lever la tête.Mais le lendemain en le relisant, il s'aperçut qu\u2019il pouvait recommencer tout le chapitre qu'il avait écrit tant il était incohérent.Chapitre V M ONSIEUR ! Oh! Monsieur comme ceci est curieux.Tout rose, animé par la surprise, le fin visage de Jacquemine se releva, se tourna vers Michel Vincent.Tout de suite, elle rencontra son regard intéressé et elle expliqua du même ton animé : \u2014 Cette idée qui vous était venue, à propos de la filiation des Bellè- mes.voici que je la retrouve ici, intacte dans ce vieux manuscrit du dix-huitiéme .Il s\u2019était levé et, avec une rapidité juvénile, prévenant son mouvement a elle, esquissé pour lui apporter le manuscrit, il vint se pencher au- dessus d'elle pour compulser les lignes pâlies posant machinalement la main sur son épaule.Jacquemine, immobilisée ainsi à sa place ne pouvait se lever pour lui céder sa chaise.Flle lui montra seulement du bout de son doigt rosé et court comme celui d'un bébé, la phrase qui les intéressait.\u2014 C'est.c'est curieux, en effet, constata Vincent d'une voix assez distraite et indifférente pour qu'elle en fut surprise.D'un mouvement instinctif elle tourna la tête pour le regarder et, dans ce geste, leurs deux visages se toucherent presque tant il était penché.Ensemble, ils eurent un vif recul et, tandis que la rougeur montait au visage de Jacquemine en lentes bouffées, celui de Michel devint un peu pâle.Loin de comprendre la cause exacte de cette distraction et de cette indifférence devant la découverte qui la passionnait elle, la jeune fille demanda, surprise : \u2014 Connaissez-vous donc ce document, Monsieur ?Vous ne paraissez pas étonné ?Il sembla se reprendre et secouer l'espèce de rêverie qui l'absobait.\u2014 Non, je ne le connaissais pas et je trouve cela en effet assez curieux.je n'avais émis là qu'une hypothèse, il est.surprenant que je me sois rencontré avec ce vieux savant.Voyons exactement ce qu'il dit ?À nouveau il se penchait au-dessus de la tête blonde.Mais au parfum discret et chaud qui en montait il éprouva le même vertige que tout à l'heure et la même incapacité de songer à autre chose.Et tandis que Jacquemine, appliquée à ne pas se laisser distraire de son travail par la présence si proche du maître, lisait à haute voix le passage intéressant, lui, les yeux mi-clos et les lèvres tremblantes, se grisait uniquement et voluptueusement du troublant encens qui montait vers lui de cette vivante cassolette d'or.Il était si loin de la réalité que, arrivée au bas de la page, Jacque- mine s'était tue depuis un moment déjà sans qu'il s'en fut aperçu, toujours courbé au-dessus d'elle.Surprise de ce silence et de cette immobilité, incapable de bouger sous le poids de la main posée sur son épaule, elle demeurait immobile et silencieuse, vaguement gênée par ce contact, par le souffle chaud qui faisait sur sa tempe voltiger quelques petits cheveux échappés à la stricte coiffure.Et elle se demandait anxieusement ce que signifiait l'attitude étrange de Michel Vincent depuis quelques jours.Il semblait à la fois distrait et concentré, préoccupé d'une idée fixe et étrangement indifférent .avec cela, insouciant et presque gai, lui si glacial jadis.Jacquemine, très respectueuse du travail du maître avait attribué ce changement d'humeur à l'obscure germinaison littéraire, à une inspiration absorbante.et, encore aujour- d'hui, bien innocemment, elle mettait sur le compte de l'idée fixe, absorbant uniquement l'esprit de l'écrivain, son immobilité et sa rêverie silencieuse.Attentive à ne pas troubler ces réflexions fécondes, à ne pas effaroucher par un mouvement si discret soit-il cet oiseau si léger et farouche qu'est l'idée .elle se faisait petite et immobile, retenant son souffle et les pulsations de son cœur en une respectueuse attente.Aussi fut-elle saisie lorsque, brusquement, Michel se redressant, quitta son épaule, s'éloigna avec une précipitation, une hâte qui ressemblait à une fuite et, sans un mot, courut presque se réfugier derrière son grand bureau sur lequel il s'accouda, cachant son visage bouleversé derrière ses mains jointes.Incapable décidément de rien com- pendre à cette attitude étrange.Jac- quemine, après un gros soupir, courba à nouveau son front sur le manuscrit.Mais son esprit était distrait de sa tâche, si attrayante soit-elle.Elle avait l'impression que, muré dans son impuissance à libérer l'inspiration confuse encore en lui, Michel souffrait et elle eut voulu pouvoir aller à son secours, l'aider, le soulager d\u2019une partie du poids écrasant que devait être cette angoisse de l'écrivain, trébuchant encore au seuil de l'idée, Peu à peu, surtout depuis l\u2019entretien qu'ils avaient eu au sujet des vacances, elle découvrait en lui un homme tout différent de celui qui, le premier jour, l'avait heurté si violemment en se montrant impérieux et dur.Il semblait que, regrettant la comédie de brutalité qu'il lui avait jouée, Vincent s'ingéniât d'ailleurs à se révéler maintenant sous un jour plus sincère et plaisant.Peu à peu sa morgue hautaine, son inflexible scepticisme s'atténuaient devant la petite secrétaire toute heureuse de ce changement et ce n'était plus maintenant seulement l'admiration glacée et un peu craintive des premiers jours mais un dévouement plus chaud, plus sympathique qui stimulait son zèle à seconder l'écrivain génial et l'homme délicat et prévenant qu'il était devenu.Aujourd'hui dependant, toute sa bonne volonté eut été incapable de le soulager, de l'aider dans la solution du problème qui s'agitait derrière ce front impérieux.Elle eut même éprouvé une certaine surprise si elle en avait connu la nature, certes ! Mais elle était bien loin de s'en douter, l'innocente Jacquemine, et ce fut avec un nouveau soupir d'impuissance désolée qu'ayant terminé le travail de recherches, elle vint poser sur le bureau devant le maître toujours accoudé dans la même pose réfléchie, les feuillets sur lequels se trouvaient résumées les notes qu'elle avait prises.Elle tressaillit en voyant les doigts fins et longs s'écarter, le regard étincelant se lever vers elle.Mais elle le croyait si bien entièrement absorbé par son travail intellectuel qu'elle fut toute saisie de l'entendre proférer, comme si tel était le résultat de ses réflexions.\u2014 Je pense que vous seriez heureuse d'aller à la mer, Mademoiselle Bernier ?Interloquée, complètement déroutée, elle demanda : \u2014 Mais Monsieur.je ne vois pas pourquoi vous me posez cette question?Je croyais que.qu'il était convenu que je pouvais rester ici.je.Elle avait à nouveau ce pauvre air palpitant et affolé de l'oiseau traqué, que Michel lui avait déjà vu au moment de son arrivée, puis lorsqu'il avait été question des vacances.Avait-elle si peur de ne pouvoir rester ici ?Et pourquoi, pour qui, tenait- elle tellement à y demeurer ?Une palpitation passa dans sa voix tandis qu'il annonçait calmement : \u2014 Vous pouvez y demeurer si vous le préférez ; mais ma T'ante songeait à prendre quelques jours de repos sur une plage bretonne et j'avais pensé que vous seriez peut-être heureuse de l'y accompagner ?Sans répondre elle secouait la tête négativement et elle gardait son air apeuré.Il insista en pesant sur les mots : \u2014 Cependant, si vous n'aimez pas la mer, il vous est très facile de rester ici puisque, moi, je ne bougerai pas de l'été.Elle hésita à peine une minute, puis, très vite, comme soulagée d'un grand poids : \u2014 C'est cela, Monsieur.Je déteste la mer.Ma santé la supporte très mal.Ft je hais les plages mondaines .Vincent sentit passer dans son re- ard une telle lueur de triomphe, qu'il Paissa prudemment les paupières.Il savait maintenant tout au moins, que ce n'était pas pour Tante Aline, qu'elle restait.Alors ?\u2014 C'est bien, murmura-t-il d'une voix adoucie jusqu'au murmure.Nous resterons ici, puisque vous n'aimez pas la mer ! Chapitre VI M ADEMOISELE Bernier, voulez-vous d monter, monsieur vous deman- e.Rapidement, Jacquemine se redressa.Elle tenait encore dans ses bras, la botte de glaïeuls que son sécateur avait moissonnés dans les plates- bandes, et, dominant les fleurs son joli visage semblait aussi frais, aussi jeune que les corolles écloses le matin même.Comme elle faisait le geste de tendre à la femme de chambre les fleurs et le sécadeur qui l'encombraient, une voix cria amicalement d'une fenêtre au premier étage : \u2014 Mais non, comme cela, avec vos fleurs.Justement mon cabinet en est dépourvu.Dans l'accent de la voix chaude et aussi dans le regard dont l'enveloppait cet homme, toujours si correct et si froid, perçaient une ardeur inusitée, une admiration presque caressante qui fit monter soudain le sang aux joues de Jacquemine.H y avait, lui semblait-il, une incorrection toute nouvelle en cet appel familier, et aussi dans le fait de monter chez son patron les bras chargés de fleurs.LA REvuE POPULAIRE \u2014 Allons, venez, insista Michel, du même ton mais tout en redressant sa haute silhouette, ce qui le fit paraître plus mince.Jacquemine hésita à peine.Pouvait- on discuter un appel, un ordre de Michel Vincent ?Elle n'y eut même pas songé, comme elle n'avait pas songé à s'étonner qu'il ne fut plus jamais question du départ de Tante invent pour la mer.ni que Vincent continuât à travailler pendant ce mois de vacances, malgré qu'il eût affirmé d'avance le contraire ! Incapable de deviner la raison profonde de ces contradictions, elle subissait, elle acceptait les décisions du Maître avec une soumission heureuse.Peu à peu celui-ci avait pris sur elle un ascendant fait à la fois d\u2019admiration, de respect et aussi, obscurément d'un sentiment peut-être plus doux ; mais aussi soumis.Et, quoique la chose lui semblât insolite, elle pénétra dans le cabinet de travail, non pas nette et un peu austère comme toujours dans sa robe noire et le crayon aux lèvres, mais un peu décoiffée et toute entière éclairée par sa moisson de fleurs, tenue dans un tablier de batiste.Toujours sur le balcon, Michel s'était retourné et il la regardait avec une douceur toute nouvelle qui la troublait.Gênée, elle vint poser la brassée de glaïeuls sur une table basse placée devant la porte-fenêtre où il se tenait.\u2014 Voilà, fit-elle gentiment souriante, et le regardant.\u2014 Mademoiselle Bernier vous êtes délicieuse ! dit-il en posant un regard admiratif sur la moisson parfumée déposée ainsi à ses pieds.Vous venez là de retrouver tout à fait le geste des vierges adorantes des Panathénées! Mais alors celles-ci fleurissaient la divine Athéna, tandis qu\u2019une telle offrande semble trop belle à celui que vous fleurissez ! Ses yeux tombèrent du regard gêné de Jacquemine vers les fleurs répandues à ses pieds et il dit presque brusquement, la voix un peu rauque : \u2014 Oui trop belle mille fois ! J'ai envie, de vous dire : « Reprenez ces fleurs! FEmportez-les, garlez-les! Elles vous conviennent mieux qu\u2019à moi!» \u2014 Oh! Monsieur, fit simplement Jacquemine scandalisée.Et sans discuter davantage elle prit les longues tiges une à une pour en garnir les vases de la pièce meublée avec une richesse un peu austère et grave.Longuement, Michel Vincent la regarda évoluer.Il avait quitté la fenêtre et installé derrière son large bureau, semblait compulser des papiers.Mais son grave et mâle visage s'\u2019éclairait d'un sourire attendri derrière la main posée en visière et son regard abandonnant les lignes suivait discrètement tous les gestes de la petite secrétaire.Petite, elle l'était extrêmement, et mince frêle, jusqu'à la fragilité du bibelot d'étagère.Elle avait des mains minuscules et voltigeantes qui semblaient, dans l'étreinte chaude d'une grande main d'homme, de tièdes oiseaux des Iles, palpitants, pleins de confiance .Michel se le rappelait et aussi qu'un jour il avait respiré sans le vouloir le frais et très discret parfum de ses splendides cheveux blonds ambrés de coulées plus sombres, des cheveux qui, sous le soleil, comme tout à l'heure dans les plates-bandes formaient une auréole .Et tandis que des pensées aussi étrangères à ses graves préoccupations habituelles, s'agitaient derrière la longue main fine de son maître, (Lire la suite page 21) ; La soupe la plus demandée au Canada .GOUTEZ-Y ET VOUS SAUREZ POURQUOI | VÉRIFIEZ L'ÉTIQUETTE ROUGE-ET- BLANC mils CNE Oro, or, Company in « 10.C amon COMMENT EN FAIRE UNE CREME DE TOMATES 73 8 ° , Au contenu d'une boîte ols pat annee.i Soups aux Tomes quantité égale de lait froid : chauffer.sans les femmes doivent imaginer des menus de repas.Tatar be a gos immédiatement.La soupe aux tomates est la plus souvent choisie.Je suis sûre, bel Et bien, que jamais T les ménagères trouvent la récompense de La saveur de la Soupe aux Tomates Campbell Je n'aurai un mets leur choix dans les exclamations de joie va de pair avec son air appétissant.C'est une Comme la Campbell! qui saluent l'apparition tout autour de la table belle purée de tomates mûries au soleil prépa- Pour la Soupe aux de famille des assiettes de soupe aux tomates.rée avec le meilleur beurre de table et légé- Tomates, se servir On a vite fait de les vider.et d'en rede- rement assaisonnée.Servie comme crème de d'eau au lieu de lait.mander.tomates (gravure ci-dessus), L'ORGUEIL DES JARDINS CANADIENS En été, la Soupe aux Tomates elle est enrichie encore par le La Soupe aux Tomates Campbell est faite Campbell est particulièrement bien lait.Ayez donc toujours des de tomates mûries au soleil et cucillies au accueillie.Lorsqu'on la sert avec boîtes de Soupes aux Tomates moment choisi.De elles tomates d une ; ; C bell ] .couleur éclatante, rondes, fermes et à point.des plats froids.ça stimule tous ampbell sous la main.I'orgueil de nos jardins potagers ! les appétits.Avec ces aliments chauds et froids.il y a contraste de couleur et de saveur.Et n'oubliez pas que pour préparer cette soupe, vous ne devez passer que quelques minutes à la cuisine Soupe aux Tomates Combi PREPAREE AU CANADA PAR LA CAMPBELL SOUP COMPANY, LTD, NEW TORONTO, ONTARIO cc.\u201cLes Kellogg\u2019s priment par leur saveur\u201d »- .VOilà ce que pense M.Maurice Aquarone le Chef renommé du Royal Con- naught Hotel, Hamilton, Ont.Les yeux bandés, il goûta aux quatre marques de flocons de maïs.L\u2019échantillon qu\u2019il choisit fut celui des Kellogg\u2019s.Ce Chef réputé ajoute: \u2018La saveur des Kellogg\u2019s a quelque chose de subtil qui la rend particulièrement alléchante au palais délicat.\u201d COS Vor}, ou LE CHOIX DES EXPERTS par BARBARA B.BROOKS, experte en diététique bien connue Le titre de cet article vous semble émouvant, n'est-ce pas?Et ce fut réellement émouvant pour nous aussi quand les experts en gustation, confirmèrent que les Kellogg's Corn Flakes primaient par leur saveur! Comme M.Aquarone, dont l\u2019opinion est donnée ci-dessus, ces experts firent l'essai dans des conditions contrôlées.Quand ils goûtaient aux quatre marques de flocons de maïs, les échantillons leur étaient absolument inconnus, Mais tous les experts apprirent que l'échantillon qu\u2019ils avaient choisi était celui des Kellogg's! 5 familles sur 6 les préferent! H aurait été bizarre que le choix des palais délicats ne fut pas le même que celui de la majorité des familles canadiennes.Au cours d\u2019un pointage récent, fait d'un littoral À l'autre par des enquêteurs compétents, on posa à plus de 2000 ménagères, dans toutes les provinces, la question suivante: \u2018Quelle céréale prête-à-manger, votre famille préfère- t-elle?\u201d Les Kellogg's furent nommés cinq fois plus souvent que n'importe quelle autre marque de flocons de maïs! Et puisque les Kellogg's priment par leur saveur, ils s\u2019écoulent \u2014 yy plus vite, vous parviennent plus frais.Et, vous avez un déjeuner prêt en 30 ; secondes, sans casseroles à laver.Demain, achetez plusieurs cartons du déjeuner favori au Canada! Les Vo ieliony ere Vous n'avez pas le temps de vous faire un appétit avant le déjeuner.Les Kellogg\u2019s Corn Flakes s\u2019en chargent pour vous , .ils vous font venir l\u2019eau à la bouche.Reveillez votre estomac endormi en le tentant! Les Kellogg's font ces trois choses essentielles: 1.RÉVEILLENT douce- \u2014 OR TN 5 endormi! La vue des Kellogg's Corn Flakes, vous aiguise l'appétit.2.Vous font DEMAR- RER vite! Les Kellogg's Corn Flakes vous aident à bien commencer la LL NN journée.r = 3.Vous aident à TENIR le coup! Des Kellogg's Corn Flakes avec de la crème et du sucre vous fournissent de l'énergie pendant des heures.La nourriture que vous obtenez des Kellogg\u2019s Corn Flakes alléchants est surprenante.Une portion ordinaire avec de la crème et du sucre a une valeur nutritive de 223.26 calories, autant que beaucoup d'aliments \u201cplus lourds.\u201d Et les Kellogg's sont si faciles à digérer qu'ils conviennent parfaitement comme collation avant le coucher.Les Halloggis Coin Hakes ment votre estomac = FRIMENT PAR LEUR SAVEUR \u2014 A ® Le secret des Kellogg's est jalousement gardé! Essayez le nouveau gros carton économique au- Jourd'hui! Quand vous mangez dehors, demandez le carton individuel scellé.Préparés par Kellogg.Fabrication canadienne.La Revue POPULAIRE MES ENQUÊTES PAR GERMAINE PLANTE \u201cSi vous n\u2019étiez pas vous, quel littérateur ou quel personnage de la littérature voudriez-vous étre?\u201d A cette question répondirent, dans \u201c LA REVUE POPULAIRE \u201c de juillet, Valdombre, pamphlétaire, romancier et auteur dramatique; Léopold Houlé, auteur dramatique, membre de la Société Royale du Canada; Louis Fran- cœur, journaliste, et Ringuet, l'auteur de \u201d Trente Arpents \u201c.Cette fois-ci répondent à la même question : Louis Bourgoin, chimiste, S V Péiste, professeur à l'Ecole Polytechnique de Montréal; Edouard Baudry, le célèbre auteur du radio-reman \u201d Rue Principale \u201c; lean Narrache, I'auteur de \u201c Quand j\u2018parle tout seul, \u201d etc, enfin Adrien Robitaille, l\u2019homme à la mémoire impitoyable, autre as de S.V.P.LOUIS BOURGOIN « Si je n'étais pas moi, quel littérateur je voudrais être ?En répondant à votre question, j'ai un peu l'air, ce me semble, du monsieur qui va chercher un costume dans le magasin des accessoires d'un grand théâtre.Aussi, comme je ne souffre pas du tout d'êire ce que je suis et que je n'en tire aucun or- queil, je puis sans vergogne, choisir la dépouille d'un quelqu'un qui a déjà été dépouillé par sa volonté.Oui, si c'était à refaire, j'aimerais avoir été l'inconnu génial qui a écrit l'œuvre incomparable signée « Shakespeare ».Etant inconnu, je vivrais tranquille, à l'abri des journalistes qui ne me connaîtraient pas.ne m'éplucheraient pas, épargneraient à la curiosité publique les indiscrétions qu'ils s'ingénient à surprendre parce que c'est leur métier.Je pourrais rigoler sous cape quand on magnifierait mon œuvre attribuée à un antre.Ce serait pour moi l'occasion de faire encore des acquisitions sur le comportement des sots, des gens d'esprit, des gens de cœur, des dames de pique et de carreau taillés dans le même pot où s'accomplit notre quotidienne existence.Etant l'auteur des écrits de Shakespeare, j'aurais la satisfaction d'avoir enrichi pas mal d'éditeurs et d'acteurs qui ont vécu de mes pensées, et ont pu accéder à une gloire que je ne jalouserais pas.Ayant tout donné et n'ayant rien reçu, je n'aurais aucune raison de me disputer avec autrui.Et j'aurais, en définitive, la satisfaction d'admirer un tombeau dans lequel je ne serais pas.» EDOUARD BAUDRY « Si je n'étais pas moi, qui je voudrais être ?Etrange question en vérité ! Changer d'identité, d'aspect.de peau, voilà, certes, un désir qui ne m'est jamais venu.Oh! pas parce que je suis satisfait de moi-même et que, comme certain comédien de mes amis, je récite à tous vents : « Ah! que je m'aime-t-y, que je m'aime ! » mais parce que, je l'avoue, je ne suis pas trop mécontent de mon sort et qu'une prudence, qui me vient probablement d'une lignée d'ancêtres petits bourgeois, me porte à une méfiance toute naturelle.Comme ma vieille grand'mère qui hésitait à donner ses huits jours à une bonne qui ne manquait pourtant pas de défauts, parce que, disait-elle, « ON sait ce qu'on a, mais on ne sait pas ce qu'on aura ».moi j'hésiterais à changer de «moi» parce que je sais ce que je suis, mais je ne sais pas ce que je serais! Mais à quoi bon faire autour de la question des virages savants et compliqués ?Ce que vous voulez, c'est une réponse nette.Vous voulez a toute forze me faire envier le sort de tel ou tel personnage de la littérature.Eh bien, soit, allons-y ! Si je n'étais moi, je voudrais être cet « Homme Invisible » qui contribua tant à la fortune de H.G.Wells.Dois-je expliquer pourquoi?Je ne le pense pas.Tous les hommes me comprendront.Les dames aussi d'ailleurs ! » M.Baudry nous donnait cette réponse il y a quelques semaines.Depuis, il nous a quittés pour aller combattre avec les armées alliées.Avec ses nombreux amis et admirateurs, nous souhaitons qu'il revienne bientôt reprendre sa place parmi nous.Place que nous lui conservons avec toute notre amitié.JEAN NARRACHE (Emile Coderre) « Si vous n'étiez pas « vous », quel littérateur voudriez-vous être ?Mademoiselle, après avoir passé en revue tous les littérateurs et personnages littéraires de À à Z, autrement dit depuis Abélard jusqu'à Zwingle, j'en suis venu à la conclusion que si je n'étais pas moi, je voudrais être.moi.Voyez-vous.étant philosophe, je me contente de peu.Se contenter de peu, tous les millionnaires vous le disent, c'est le secret du bonheur.Oui, j'aimerais encore mieux être moi : je suis celui que je comprends le mieux et que je parviens le mieux à supporter, même si cela épuise presque toute ma patience.Du reste.chaque littérateur ou personnage littéraire dont j'ai scruté la biogaphie avant de vous répondre a, certes, des côtés fort intéressants ; mais il a toujours, dans sa vie, quelque chose qui m'empêche de vouloir être lui plutôt que moi.Prenez François Villon, par exemple, auquel on donne le titre de père du lyrisme français.Voilà un titre que je ne détesterais pas.Seulement, on dit que Villon mourut probablement sur la potence.Moi qui déteste les faux- cols empesés, je ne me vois pas finissant mes jours pendu à une cravate de chanvre.Quant à Abélard.\u2026.Ah! bien, merci! En repassant les auteurs modernes ou contemporains, mêmes constatations.Les mieux connus ont presque tous eu la malencontreuse idée de mourir académiciens, officiers ou chevaliers de la Légion d'honneur.Comment me décider à être un de ceux-là, moi qui fais des neuvaines à tous les saints du paradis, de peur de me voir devenir membre de la Société Royale ?Enfin, si vous tenez à tout prix à ce que je sois un autre, je consentirais à être Diogène, le philosophe qui menait une vie de chien.Ça me changerait moins de mes habitudes.» (Lire la suite page 62) sa AoûT 1940 (Suite de la page 18) Jacquemine bien innocemment toute préoccupée de sa besogne actuelle qu'elle aimait entre toutes, fleurissait les vases et les corbeilles.Lorsqu'elle eut fini, un dernier coup d'œil satisfait jeté à l'ensemble, elle essuya sagement ses petites mains au tablier de mousseline blanche qui égayait son éternelle robe noire et elle commença d'en détacher les rubans pour venir reprendre sa place habituelle, derrière le petit bureau placé au bout de celui de Vincent.Mais, détachant sa main, il l'arrêta d'un geste : \u2014 Oh! Mademoiselle, pourquoi l'ôter ?Cela met une note gaie dans votre toilette et aussi dans toute cette pièce.Et puis cela vous donne une allure plus familière.Il semblait tout à l'heure, à vous voir avec votre petit tablier, fureter dans cette pièce et vous occuper de ces détails, il semblait que vous fussiez chez vous, la charmante maîtresse de maison en ce grand château triste.De plus en plus gênée, elle tordit le coin de son petit tablier entre ses doigts minces, et, toute rose : \u2014 Justement .icommença-t-elle.Mais il ne lui laissa pas achever sa protestation.\u2014 Et cela me semblait très bien ainsi ! dit-il lentement.Il la regardait toujours de la même façon profonde, grave, mais non dénuée d'indulgente tendresse et, tandis que, de plus en plus troublée, elle arrachait à demi le coin de l'innocent petit tablier, il acheva plus lentement encore : \u2014 Oui, cela me semblait très bien.Si bien, que j'ai songé à vous demander, mademoiselle, s'il ne vous déplairait pas de tenir toujours ce rôle désormais.Le cœur et l'esprit en déroute, ses grands yeux bleus ouverts largement : \u2014 Vous voulez que j'arrange vos fleurs tous les jours ?Mais il se leva et s'approchant avec une respectueuse ferveur : \u2014 Je voudrais, oh! Je voudrais tant, que vous acceptiez de devenir la maîtresse de cette maison, ma femme aimée et res.Il n'eut pas le temps de finir : en même temps qu'une pâleur effrayante descendait sur le petit visage de Jac- quemine, un cri lui échappait désespéré : \u2014 Votre femme ! \u2014 Oui, ma femme ! reprit-il doucement.Ne l'aviez-vous deviné, petite fille si chère ?.Mais elle arrachait ses petites mains à son étreinte, et tout le visage, tout l'être convulsé par une sorte d'horreur.\u2014 Ah! s'écria-t-elle, depuis ce matin je croyais, j'avais peur.Mais j'espérais, je voulais espérer, que je me trompais ! \u2014 Que vous vous trompiez ?fit-il, très pâle à son tour.Mais pourquoi?\u2014 Ah! lança-t-elle, avec une sorte de désespoir étouffé, parce que je ne peux pas.\u2014 Vous ne pouvez pas, vous ne voulez pas devenir ma femme ?fit- il saisi, mais très calme, très maître de lui.\u2014 Je ne peux pas ! Je ne peux pas! cria Jacquemine opposant un véritable affolement à la dignité de Vincent je ne pourrai jamais ! Et elle s'enfuit, le laissant désemparé, immobile et incrédule encore devant ce refus inattendu, inexplicable.\u2014 Jamais ?répéta-t-il en portant une main tremblante à son front.Jamais ! C\u2019est ce que nous verrons ! * Et dans son accent on retrouvait «le Maître ».Chapitre VII TANDIS que Michel Vincent examinait dans son cabinet le plan d'attaque grâce auquel il entendait venir à bout de ce « jamais » qui, sans le décourager, stimulait tous ses instincts de vainqueur, Jacquemine, d'un élan, avait couru jusqu'à sa chambre.Là, dans un désordre fou, les tempes bruissantes, les mains fébriles, elle avait jeté pêle-mêle sa mince garde-robe dans une petite malle et une valise.En bas, l'attendait l'auto qu'elle avait demandée à la femme de chambre, pour la conduire à la gare.La malle y était déjà casée et Jacquemine, sa valise à la main, s'apprêtait à y monter lorsque Vincent descendant pour le déjeuner aperçut ces préparatifs de départ du fond du hall.\u2014 Comment ! saisi, elle part ?C'étaient de toutes les hypothèses effleurées par lui pendant cette heure de recueillement déçu, la seule qu'il n'avait pas envisagée.Ce refus, affolé, désespéré, il n'avait pu que l'attribuer au bon sens droit qu'il connaissait à la jeune fille.Ce bon sens qu'il ne voulait pas admettre une union aussi disproportionnée que serait la leur et qui la lui interdisait ! Il entendait donc bien ne pas en rester à ce « jamais » qu'il avait résolu fermement de changer en «toujours ».Mais pour cela il fallait qu'il puisse la garder sous ses yeux dans l'enveloppement de sa tendresse convaincante qui peu à peu viendrait à bout de tous les arguments.Il fallait qu'il lui fasse comprendre combien il l'aimait.Il fallait surtout qu'il puisse se faire aimer ! Il avait compté sur son éloquence, sur la force communicative de sa tendresse, sur le contact journalier Et elle allait partir, elle partait ! Il ne fit qu\u2019un bond, lui, l'homme si calme, pour traverser le hall, descendre les quelques marches du perron et se dresser à côté d'elle.Mais ce temps avait suffi à lui mesurer le péril de la situation.Dire «restez» était provoquer la réponse «je pars».II s'inclina donc simplement et tout heureux d'avoir aperçu les yeux rougis, le petit visage défait qui disait si éloquemment qu'on ne le fuyait pas sans lutte, il dit très posément : \u2014 Vous me permettez, n'est-ce pas de monter à côté de vous, Mademoiselle, puisque nous suivons le même chemin ?Elle leva sur lui des yeux effarés.Mais elle n'osa demander d'explications sous les regards curieux des domestiques mis ern éveil par ce départ précipité.Avec aisance, le maître se tourna vers eux et dit de son ton le plus hautain : \u2014 Mademoiselle Bernier vient de recevoir des nouvelles alarmantes d'un parent qui est mon intime ami.Mais j'espère qu'elle s'est affolée à tort et que, très bientôt nous pourrons revenir.Tenez-vous donc prêts à un retour possible dès ce soir.Tout dépendra de l'état de notre malade.Déroutée, Jacquemine l'écoutait débiter le mensonge évidemment destiné à désarmer la malveillance au sujet de ce départ.Elle lui en fut vaguement reconnaissante ; mais elle ne pouvait comprendre pourquoi il mettait tout au pluriel.Où partait- il donc lui aussi ?Dans l'auto elle n\u2019osa poser aucune question à cause du chauffeur qui se tenait sur la banquette avant.À peine osa-t-elle risquer un coup d'œil vers Michel Vincent qui gardait une attitude parfaitement naturelle malgré le très léger gonflement de sa fit-il, tout haut, tempe qu'argentait à peine la quarantaine, et que la jeune fille connaissait pour être le signe de concentration d'esprit chez le romancier.Arrivée à la gare, elle le suivit, décontenancée de l'entendre demander au guichet.\u2014 Deux premières pour Paris.Ainsi il partait aussi ?Mais pourquoi, pourquoi partait-il ?Sur le quai elle se tut encore, gênée par le chauffeur qui attendait à trois pas portant sa valise.Ahurie, complètement désemparée, elle monta dans le compartiment qu'il ouvrait, laissa caser sa mallette dans le filet, trouva à peine la force de bredouiller : \u2014 Merci, François.\u2014 Au revoir, mademoiselle et à bientôt il faut espérer ! Elle ne sut que répondre et regarda avec stupeur Michel Vincent qui nonchalamment, tenant à la main les journaux qu'il \u2018venait d'acheter, montait à son tour et s'installait en face d'elle, juste comme le train s'ébranlait.Alors, comme par une suprême ironie du sort la question qu'elle se répétait tout bas depuis une demie- heure, ce fut lui qui la prononça avec un doux reproche dans la voix.\u2014 Ainsi vous vouliez partir ?Vous partiez, mais pourquoi ?Elle ne voulut pas remarquer qu'il mettait la phrase au passé, reléguant la menace comme quelqu'un bien assuré de la vaincre et elle répondit du même air éperdu qu'elle gardait depuis le matin et qui la rajeunissait encore, qui lui donnait l'air d'une pauvre petite fille punie sans qu'elle sache pourquoi.\u2014 Naturellement je pars, pouvais- je faire autrement ?\u2014 Mais oui, fit-il, doucement moqueur.Vous pouviez très bien ! tellement bien que j'en suis encore à me demander la cause réelle de ce départ.\u2014 Comment, comment ?fit-elle de plus en plus effarée, mais, monsieur, je vous ai dit.Très doux toujours, il murmura : \u2014 Vous m'avez dit que vous ne vouliez pas devenir ma femme.Mais ¢tait-ce une raison pour fuir ainsi, ma pauvre petite fille?Avez-vous cru que j'allais insister, vous importuner, vous torturer pour connaître la raison de ce refus ?Très ému sous son calme apparent, il guettait avec une joie confuse l'émotion qui bouleversait le petit vi- saae obstinément baissé.\u2014 Vous n'avez pas pu croire cela murmura-t-il.Vous me connaissez assez pour savoir combien je respecte la personnalité de chacun.Vous avez cru devoir refuser ce que je vous offrais de grand cœur.Soit ! Je n'ai qu'à m'incliner et à ne vous en reparler jamais, Peu à peu son attitude voulue obtenait ce qu'il désirait : une détente visible de tout le petit corps ramassé, du pauvre visage bouleversé.Alors, il reprit plus fermement : \u2014 Pourquoi partiez-vous ainsi sans me revoir, sans même me dire adieu, comme on fut un malfaiteur ?Qu'aviez-vous donc à me reprocher mon enfant?Sans l'avoir voulu, vous ai-je blessée, offensée ?Elle balbutia éperdue : \u2014 Oh! non, ce n'est pas cela, pas cela.Et on la sentait bouleversée de reconnaissance.\u2014 Alors, fit-il toujours aussi doux.Quelle impulsion folle vous a fait accomplir ce coup de tête ?Vous, toujours si raisonnable ?Vous n'avez pas pensé, pauvre petite, que si je n'avais pas eu la présence d'esprit d'expliquer les choses de façon vraisemblable, un tel départ vous com- 21 promettait à jamais dans l'esprit de ces gens?\u2014 Je.non, non, fit-elle, éclairée et toute confuse, je n'ai pensé à rien autre.\u2014 Qu'à me fuir, acheva-t-il tristement.Elle tordit ses petites mains l'une contre l'autre, comme impuissante à expliquer ce qui la torturait.\u2014 Oh! ce n'est pas cela, ce n'est pas cela, je vous jure.Il la regarda profondément.Quelle raison pouvaient avoir ce refus, cette fuite, puisqu'elle semblait en souffrir ?Il fallait un motif bien grave.Aftectueusement il demanda : \u2014 Ma chére petite fille, une seule fois, la dernière, je vous le jure, je vais vous poser une question.Après, je vous donne ma parole d'honneur de ne jamais vous reparler de ces choses.Elle semblait prévoir la question et son visage reprit son expression traquée, éperdue, tandis qu'elle murmurait comme devant une menace en croisant les mains : \u2014 Mon Dieu! .\u2014 Cela suffit, dit-il avec tristesse, vous ne pouvez pas me confier, n'est- ce pas la raison de votre refus?Sans pouvoir répondre, elle secouait farouchement la téte.\u2014 Bien, fit-il simplement.Maintenant je ne vous en reparlerai jamais.Je vous promets de respecter votre silence ! .La méme expression de détente glissa sur le petit visage.Doucement elle dit : \u2014 Je vous remercie.Il ne faut pas m'en vouloir.Je ne peux pas ! \u2014 Je ne vous en voudrai jamais, répondit Michel Vincent gravement.Soudain timide, elle osa poser la question qu'elle se répétait depuis une heure.\u2014 Mais vous, monsieur, pourquoi êtes-vous parti ?demanda-t-elle avec une sorte de crainte.Alors, paisiblement, presque souriant : \u2014 Tout simplement pour pouvoir vous ramener ! répondit-il avec l'assurance du maître qui se sait toujours obéi.Chapitre VIII Q UEL temps merveilleux ! fit Jo- sette Vincent en s'étirant gracieuse, avec des mines de jeune chatte.Ne trouvez-vous pas ?~ Oui, c'est un enchantement, murmura Jacquemine rêveuse.Et devant la splendeur de l'été rayonnant elle songeait moins à son charme qu'à cet autre enchantement inexplicable qui la retenait ici pri- sonniére, confiante et heureuse de l'être.Lorsque Jacquemine songeait à ce jour où, deux mois plus tôt, elle avait voulu partir, s'enfuir de cette maison, elle avait peine à comprendre comment tout depuis s'était arrangé, apaisé, presque oublié.Elle admirait dans ce brusque retournement de la situation le génie de Michel Vincent.Comme il avait su l'apaiser, calmer ses inquiétudes, la dominer surtout et lui imposer sa volonté tenace, inexorable! ° Mais comme il avait su surtout tenir la parole donnée! Jamais de sa part un mot, un regard, une allusion n'étaient venus réveiller ce passé qui paraissait mort.Y songeait-il encore parfois.Il semblait bien à Jacquemine que non, lui eut-il été possible vraiment de dissimuler sa pensée à ce point, d'être aussi le maître de ses regards, de son attitude ?Et non seulement, dès leur retour qui avait eu lieu le soir même aussi naturellement que possible, il avait repris vis-à-vis d'elle ses anciennes manières de patron 22 QUITTONS-NOUS POUR TOUJOURS! NON JULIE ! POURQUOI DIRE UNE CHOSE PAREILLE ?À «.TU MAIMES.OUI,JE T'AIME-MAIS JEAN,JE NE POURRAIS PAS ÉPOUSER UN ¥| HOMME QUI DEVRAIT VOIR SON | DENTISTE AU SUJET DE SON HALEINE ! «++ FAIT BRILLER LES DENTS J = x \u201cLA mousse pénétrante p spéciale de Colgate va dans les interstices cachés entre les dents.aide la brosse à dents à nettoyer les particules - d'aliments en décomposition et met fin aux odeurs de salive stagnante qui causent une grande partie de la mauvaise haleine.Et l'agent de polissage sûr et inoffensif de Colgate fait briller les dents de leur éclat naturel! Employez toujours la Crème à Dents Colgate \u2014 régulièrement.Il n\u2019y COLGATE COMBAT LA MAUVAISE HALEINE NN \u2019 \u2018 {'ES-TU CONTENTE QUE 1 Nous NE Nous SOYONS À PAS QUITTÉS.POUR 4 TOWOURS ?DES ÉPREUVES DÉMONTRENT QUE LA MAUVAISE HALEINE EST SOUVENT CAUSEE PAR DES PARTICULES D'ALIMENTS EN DECOMPOSITION ET PAR LA SALIVE STAGNANTE AUTOUR DE DENTS MAL NETTOYÉES.JE RECOMMANDE LA CREME A DENTS COLGATE .SA MOUSSE PÉNÉTRANTE SPÉCIALE ENLÈVE CES DÉPÔTS QUI ENGENDRENT DES ODEURS, ET C'EST POUR CELA QUE i PLUS TARD \u2014 GRACE A COLGATE.A cn is À UNE NOUVELLE MARIÉE a pas d'autre dentifrice semblable.\u201d e A ceux qui la préfèrent.LA la Poudre à Dents Colgate MAUVAISE donnera les mêmes résultats.HALEINE ACHETEZ DES NE GATE TIMBRES DE PLUS SON GUERRE BRILLANT chaque fois ue vou SOURIRE ! allez au pe | GEANT 40¢ moveN 10c magasin.Grandmodèle 25C courtois et discret ; mais encore pour éviter sans doute une intimité que la discrète présence de tante Vincent ne troublait guère et qui aurait pu les ramener à des allusions, des souvenirs, il avait fait venir une jeune cousine, pour le temps des vacances, au château.Tout de suite Josette Viflcent semblait s'être prise d'amitié pour la secrétaire de son cousin et l'avait traitée en amie.L'intimité des deux jeunes créatures encouragée par Michel l'avait certes, aidé à oublier la menace du passé, à s'engourdir dans la douce sécurité actuelle.Pourquoi ne pas se permettre d'être heureuse ici, pourquoi trembler, puisque tout était oublié, aboli comme si cela n'avait jamais existé; puisque Vincent, comprenant sans doute la folie d\u2019une telle union, avait accepté si facilement d'y renoncer ?Machinalement, Jacquemine soupirait en dévidant le chapelet de ses souvenirs.Pourquoi soupirait-elle ?Sans doute, n'eût-elle jamais cherché à le savoir si Josette ne lui eût posé brusquement la question.\u2014 Oh! Oh! quel gros soupir.que regrettez-vous donc, ma mie ?Elle devint toute rouge.\u2014 Hë, que voulez-vous que je regrette ?Ne suis-je pas ici la plus heureuse des secrétaires?Et par un temps semblable peut-on demander autre chose au ciel que d'être bleu, si bleu ?Josette hocha le menton.\u2014 Oh! Mais si, on peut lui demander beaucoup d'autres choses.A notre âge, ma petite.Elle eut soudain un geste désabusé qui la vieillissait.\u2014 Oh! pas moi, pas moi ! Josette levait déjà vers elle un regard surpris et interrogateur lorsqu'un pas vif et ferme leur fit en même temps tourner la tête.Sous les tilleuls argentés, embaumant le ciel de leur grisant encens, Michel Vincent venait à elles.Il avait, dans son costume de flanelle blanche, la démarche aisée, souple et rapide d'un homme très jeune et seules ses tempes où brillaient quelques fils d'argents disaient la quarantaine proche.Mais il demeurait si beau de traits, avec une telle expression de domination altière, qu'instinctivement toutes deux l'admirèrent.Cependant sur son visage habituellement impossible une expression inconnue durcissait les traits classiques, ce matin.Il semblait préoccupé et triste.Josette, avec l'espèce de servitude adorante qu'elle témoignait toujours à ce trop beau cousin, s\u2019approchant murmura : \u2014 Qu'avez-vous donc Mick ?souffrant ce matin ?Mais il la foudroya d'un regard dur.\u2014 Souffrant moi?Quelle est cette invention ?J'ai des préoccupations peut-être.\u2014 Graves ?fit-elle avec une sollicitude que nulle rebuffade ne désarmait.\u2014 Mais non ! dit-il en secouant les épaules avec agacement.Un ennui avec mon éditeur.À propos, j'aurais besoin de votre avis, mademoiselle ! Debout devant lui depuis un long moment sans qu'il eût paru s'en apercevoir, Jacquemine frémit au son glacial, inhabituel, dont était proféré ce « mademoiselle » détaché comme isolé volontairement du reste de la phrase.Elle dit simplement : \u2014 Bien, monsieur.Du même ton autoritaire qu'il n'employait habituellement qu'avec infiniment de réserve et de tact, il lança brièvement : LA RevuE PorpuLAIRE \u2014 Montons, voulez-vous ?Anxieuse, troublée, elle suivit l'allée derrière le romancier en cherchant quelle pouvait être la raison de son mécontentement.Jamais elle ne l'avait vu aussi froid et hostile.Que s'était-il passé ?Soudain, il se retourna au milieu de l'allée, comme quelqu'un qui ne peut attendre davantage une explication nécessaire.\u2014 Au fait, inutile de monter, nous sommes seuls ici.Son regard inspectait de chaque côté de l'allée ombragée les vastes parterres, les pelouses du jardin à la française.Seul le soleil y régnait en maître.Sur la terrasse inférieure, la silhouette de Josette se faisait toute petite, si lointaine qu'elle ne pouvait être vivante.\u2014 Nous sommes Michel avec force.Et se tournant vers elle : \u2014 Nous allons enfin pouvoir nous expliquer ! ou plutôt, reprit-il avec une sorte de sombre fureur, vous allez pouvoir m'expliquer.\u2014 Mais quoi donc?fit-elle, les mains jointes, effarée devant cette colère inhabituelle.\u2014 Votre attitude incompréhensible.Je vous estimais et j'avais en vous la confiance la plus aveugle.et vous m'avez trompé ! Subitement, il revit sur le petit visage levé l'expression d'oiseau affolé qu'avait amené sa demande en seuls ! répéta mariage.ous m'avez trompé sciemment, volontairement.J'hésitais à le croire, je voulais espérer encore.Mais je viens de lire dans vos yeux la condamnation de cet espoir.Il était devenu très pâle.La voix presque éteinte, il murmura : \u2014 Ainsi c'est vrai, vous êtes ma- rite, madame ?Jacquemine était devenue d'une rougeur douloureuse.Elle enfouit son front dans ses mains tremblantes: \u2014 Oh! comment avez-vous su ?\u2014 C'était vrai, c'était vrai ! répéta Michel comme un homme qui s'éveille du plus beau rêve dans une affreuse réalité.\u2014 Vous étiez mariée, et vous avez pu me le cacher, entrer chez moi sous une fausse personnalité, un faux nom!.\u2014 Ce n'est pas vrai! cria-t-elle en relevant un visage révolté.Ce n'est pas vrai ! Jacquemine Bernier est mon nom! Mon nom de jeune fille.Le seul que je consente à porter devant le monde ! \u2014 Mais devant la loi vous en avez un autre.Vous êtes madame Raveau ! Pourquoi me l'avoir caché, avoir surpris ma confiance ?Certes, femme ou jeune fille je vous aurais engagée avec une égale indifférence comme secrétaire sur la recommandation de Lureau.\u2014 Je ne sais pas, balbutia-t-elle.\u2014 Oui, je vous aurais engagée : mais je ne vous aurais pas aimée ! Vous sachant mariée, je n'aurais pas permis à mon esprit, à mon cœur d'entretenir une trop douce chimère qui, à présent, me fait souffrir cruellement ! Et même si j'avais été impuissant à résister à votre charme, je l'aurais su à temps ! Je n'aurais pas laissé le mal s'aggraver, s'installer en moi.Je n'aurais jamais supposé cela.J'ai agi sans réfléchir aux conséquences de mon acte, et puis, plus tard, lorsque vous m'avez dit que vous aviez songé à faire de moi votre femme, j'ai voulu partir, sou- venez-vous ?J'étais folle.Je n'avais que cette pensée : m'enfuir ! Et c'est vous qui m'avez obligée à rester.\u2014 Ah ! pouvais-je deviner, je vous croyais libre, retenue seulement par quelque scrupule. ut AoûT 1940 Toute frémissante, elle cria presque : \u2014 Eh bien, maintenant vous savez la vérité ! Je ne suis pas libre ! Je porte le nom d'un autre ! Elle s'arrêta, sembla reprendre haleine en appuyant ses deux mains sur son cœur, et reprit avec une violence nouvelle : \u2014 Mais, ce que vous ne savez pas, ce que vous ne pouvez savoir.c'est que cet homme, je le connais à peine, je le hais plus que tout au monde, et, cependant je reste liée à lui pour toujours, sans que rien, jamais, puisse nous séparer ! Chapitre IX G ur l'allée de tilleuls, un long silence était tombé que seule rompait la monotone stridulation des cigales.L'été, autour d'eux, bruissait soyeux et chaud, de toutes ses ailes déployées, de ses mille corolles effeuillées ; mais le silence était en eux, si lourd, si menaçant, qu'ils n'étaient plus capables de surprendre un autre bruit que celui de leurs cœurs.Au cri de Jacquemine, une lueur avait éclairé le regard ardent attaché sur elle.Ainsi, elle n'aimait pas! Même mariée, même liée à un autre, elle n'avait pas donné son cœur.Michel se sentait comme allégé, soulagé et cependant la réalité était toujours là, pesante, menaçante .cette horrible réalité dont il s'entêtait à douter un moment auparavent encore .cette réalité qu'il avait espéré confusément voir Jacquemine réduire à néant d'un mot! Mais ce mot, Jacquemine ne l'avait pas prononcé .liée elle l'était bien, légalement à un autre.Cependant puisque cet autre n'avait su conquérir son cœur, Michel restait maître d'un dernier espoir, bien faible hélas ! Mais ce qui dominait en lui pour le moment c'était la pitié, une pitié infinie qui le faisait se pencher avec une douceur nouvelle sur la pauvre enfant dont le cri semblait être le déchirement même d'un cœur.Mariée, mais éloignée d'un mari qu'elle avouait haïr plus que tout au monde .liée à un être qu'elle semblait fuir, qui lui faisait horreur, n'était-elle pas à plaindre plus que toute autre ?Qu'était auprès de la douleur révélée par son cri le chagrin qui l'avait atterré lui, Michel, quand il avait appris la cause réelle de son refus, quand il avait compris qu'il ne pouvait conserver aucun espoir de la fléchir et de la décider à l'épouser, parce qu'elle n'en avait pas le droit.parce qu'elle appartenait à un autre ?Et d\u2019un élan, il saisit ses petites mains tremblantes, tandis que doucement elle pleurait sans bruit, les paupières baissées, les épaules frémissantes.\u2014 Mon enfant! Ma pauvre petite fille ! dit-il de sa voix adoucie par la plus prenante et la plus respectueuse tendresse.Je viens de comprendre, à votre accent désespéré, que, quelle que soit la souffrance que j'ai éprouvée en connaissant la vérité, elle ne -peut égaler certes, celles que vous avez supportées.Ma pauvre petite fille, je vous demande pardon de m'être montré dur et brutal.Je voudrais au prix de ma vie racheter les larmes que je vous ai arrachées par mes injustes soupçons, mes reproches ! Est-ce moi qui vous aime si passionnément qui devais en ajouter à toutes celles que vous avez dû verser déjà ?Pardonnez-moi, Jac- quemine, mon enfant chérie ! Dites que vous voulez bien me pardonner ?Il l'avait fait asseoir sur un banc et en relevant la tête elle vit avec une stupeur indicible, cet homme fier et orgueilleux qui, agenouillé devant dlle, implorait son pardon comme un enfant.Et cela fut soudain, si doux à son cœur qu'elle ne put empêcher un sourire pâle et timide comme un soleil d'avril de rayonner à travers ses pleurs.Il vit le sourire des yeux mouillés, il y lut son pardon et, dans un élan de reconnaissance il posa ses lèvres chaudes sur les petites mains qu'il retenait, frémissantes comme des oiseaux pris au piège.\u2014 Chérie, soupira-t-il, pardonnez- moi ! Et puis, si vous le pouvez, con- fiez-vous à moi, comme à votre meilleur ami.Je ne veux être que cela pour vous maintenant.Je ne veux pas songer à autre chose qu'à la peine qui écrase votre cœur et qu'une main amicale, fraternelle, peut vous aider à supporter .Dites, mon petit, voulez-vous décharger sur moi un peu du fardeau de votre chagrin ?A deux, peut-être sera-t-il moins lourd à porter ?Flle secoua la tête lentement : \u2014 À quoi bon! C'est une triste histoire qui ne pourra qu'ajouter votre chagrin au mien.Puisque je ne suis plus libre, mieux vaut me laisser fuir, m'éloigner de cette maison où j'avais espéré trouver un asile sûr, un abri pour ma solitude.Ne me retenez pas, ne cherchez pas à en savoir plus.Vous souffririez davantage.N'est-il pas suffisant que je sois, moi, désespérée ?Laissez-moi emporter loin d'ici ma peine et ou- bliez-moi ! \u2014 Je ne vous oublierai jamais ! dit Vincent sourdement.Le mal est irréparable.Je vous aime pour la vie et l'éternité.De loin comme de près vous serez la grande douceur et le cher regret de ma vie.Jacquemine, écoutez-moi Notre séparation ne pourrait rien contre mon chagrin que l'accroitre au dela des forces humaines ! Mais vos confidences si pénibles soient-elles pour moi soulageront votre cœur.Vous êtes seule, si seule .ma pauvre petite, que peut- être vous vous êtes exagéré certaines choses ?Peut-être pouvez-vous être encore heureuse sans le savoir ?Elle se révolta : \u2014 Heureuse ?Quand la vie nous sépare ?Une grande douceur nouvelle coula dans le cœur de Michel.Quel aveu pouvait être plus sincère que cette protestation ?Mais il avait promis de ne songer qu'à elle en cette minute et, résolument, il insista : \u2014 Oui, heureuse, avec moi ou sans moi, qu'importe ! Mon seul désir est de reconstruire votre bonheur, de vous aider tout au moins à supporter votre malheur s'il est vraiment irréparable.Croyez-moi, ma petite chérie, et confiez-vous à l'être qui vous aime plus que tout au monde.A bout de forces de résistance, elle murmura en pleurant doucement : \u2014 C'est une histoire à la fois très simple et très triste, très décevante et incompréhensible.J'ai à peine connu mes parents, vous ne le savez pas, car je fuyais toujours les détails sur mon passé, craignant de laisser échapper une parcelle de la vérité douloureuse.\u2014 Mais pourquoi, enfin, méchante enfant ?\u2014 Parce que, murmura-t-elle le front bas, je n'avais d'abord pas à en être fière, vous le verrez et puis.ce passé, ce mariage, le nom que légalement je porte, je ne souhaitais que de les faire oublier, de les oublier moi-même ! Je redoutais aussi toujours de me voir poursuivie par celui auquel la\u2019 loi donne des droits \u201cBON POUR VOTRE PEAU le nouveau doux melange de Palmolive» PALMDLIVE EST MAINTENANT PLUS DOUX QUE JAMAIS JE N'AURAIS JAMAIS PENSÉ QU'IL ÉTAIT POSSIBLE > D'AMÉUORER LE \u2026 PALMOLIVE, MAIS y CE NOUVEAU PALMOLIVE EST REELLE- MENT PLUS DOUX ; QU'AVANT / i ps NOUVEAU PARFUM EXQUIS +.JAIME LE PALMOLIVE ENCORE MIEUX QU'AVANT POUR MON BAIN, DEPUIS QU'IL À CE PARFUM EXQUIS, SI DELICAT ET RAFRAÎCHISSANT / EXTU PLUS FERME, PLUS DURABLE! ET L'USAGE DU PALMOLIVE EST M MAINTENANT MOINS COUTEUX SA TEXTURE PLUS FERME LE REND PLUS DURABLE / Laissez le Palmolive, fait a la douce huile d'olive, conserver tout votre \u2018\u2019épiderme de jeunesse\u201d ! ROCUREZ-VOUS 3 morceaux du nouveau Palmolive amélioré.Vous serez enchantée de voir comme il aura tôt fait de donner à votre peau une jeunesse plus fraîche, plus belle et plus durable.Suivez ce simple traitement de beauté Voici le traitement de beauté facile qui est , =~ recommandé par les principaux spécialistes de |@ beauté du monde.Pour votre visage, votre cou, vos épaules, et dans le bain, frictionnez votre peau avec une mousse abondante et chaude de Palmolive.Nettoyez les pores à fond.Rincez-vous à l'eau, chaude puis froide.Ce traitement de beauté n'est pas plus compliqué que cela.Et cependant, il n'y a pas de plus sûr moyen d'aider à conserver la beauté réelle de toute la peau.Rappelez-vous qu'il n'y a rien de mieux que la douce huile d'olive dont le Palmolive est fait, pour conserver la douceur, la souplesse et la beauté de votre épiderme.ACHETEZ DES TIMBRES DE GUERRE \u2014 chaque fois que vous allez au magasin LE MODÈLE GÉANT POUR LE BAIN VOUS ÉPARGNE DE L'ARGENT RAPPELEZ-VOUS QUE LE Dr DAFOE A CHOISI LE DOUX PALMOLIVE POUR LES JUMELLES 24 sur moi.Je voulais me terrer loin du monde, du bruit, du mouvement.Le poste que Maître Lureau m'avait conseillé de prendre auprès de vous dans ce château isolé, au milieu d'une campagne peu fréquentée, semblait me mettre à l'abri de ce côté.Et puis, je craignais si vous appreniez la vérité, si vous me saviez mariée, que ma situation vous semblerait si étrange qu'elle vous inspirerait le désir de me renvoyer.\u2014 Chérie, murmura Viincent, c'est pour cela que vous ne vouliez pas prendre de vacances ?Elle hocha son front charmant.\u2014 Pour cela, oui.et puis.Il l'aida : \u2014 Peut-être pour ne pas me quitter aussi ?Cette fois la petite tête se baissa davantage, cherchant à \u2018cacher sa rougeur.Il la releva tendrement et, s'asseyant auvorès d'elle, attira ce front pur contre son épaule fraternelle.\u2014 Jacquemine, petite enfant douloureuse, ne craignez rien.Je n'abuserai pas de cet aveu pour vous importuner.Je vous ai promis de ne penser à cette minute qu'à vous.Continuez votre confidence.\u2014 Quoique ayant perdu ma chère maman à cing ans, j'ai gardé le culte de sa mémoire et de sa volonté en moi si vivace, que rien au monde encore maintenant ne saurait être plus fort pour moi.Quand elle me fut arrachée, mon père était mort depuis deux ans déjà.Tout naturellement, ayant senti venir la mort, elle a pensé à mon avenir.Lorsque j'eus dix-huit ans, mon tuteur et ma marraine qui m'avaient fait une triste existence d'enfant sans famille, ne quittant le couvent où je poursuivais mes études que pour me rendre, pendant les mois d'été, dans un autre couvent situé en Angleterre, où je passais les vacances, ces gens qui ne s'étaient jintéressés à imoi que dans la stricte mesure dont ils ne pouvaient se dispenser de le faire sans encourir le blame de leur conscience et du monde, furent bien aise de trouver mon avenir tout tracé dans une lettre de ma chère morte ! Elle soupira et se montra si puérilement jeune qu'on ne pouvait croire que ces événements fussent éloignés de deux ans déjà.l'avais dix-huit ans ! murmura- telle et, trop studieuse pour leur désir, j'avais eu le mauvais goût de décrocher mon baccalauréat.Qu'al- laient-ils faire de cette fillette libérée du couvent et dont ils ne se sou- claient ni l\u2019un ni l\u2019autre de s'embarrasser ?Heureusement, les dernières volontés de maman étaient là pour les soulager de tout souci à ce sujet.Avant de venir me chercher au couvent, ma marraine, afin d'être certaine de ne pas être longtemps embarrassée de ma présence, vint me lire une lettre, écrite sur son lit de mort, par ma mère.Après un instant de triste rêverie, elle expliqua : \u2014 Ma pauvre maman qui avait eu pendant sa jeunesse une amie très aimée souhaitait de toutes ses forces que j'épouse lorsque je serais en âge, le fils de celle-ci.Mais soucieuse avant tout de mon bonheur elle insistait sur la liberté de choix qu\u2019elle me laissait.Hélas, cette liberté, ceux qui auraient dû la remplacer auprès de moi ne s'en souciaient guère ! Ils surent si bien m'influencer, peser sur mon indécision de tout le poids que pouvait avoir pour une fille aimante ce vœu d'une mourante et puis, je sentais si bien que, hors du mariage, je ne pouvais trouver nulle part un foyer, une famille, que j'acceptais, avant d'avoir vu Antoine Raveau, l'idée de devenir sa femme.Un peu jaloux, Vincent ne put s'empêcher de demander : \u2014 Il était?.D'un mouvement d'épaule indiffé- rent, elle repoussa la question précise, \u2014 Comme tout le monde Plutôt sympathique et il sut se mettre en frais pour l'héritière que j'étais sans le savoir au juste ! Nous nous sommes vus trois fois et, chauffée à blanc par ma marraine qui en avait déjà assez de ma présence dans sa maison bien rangée .je consentais à ce mariage qui clevait être pour moi, pour ma jeunesse comprimée, pour mon cœur avide d'affection et de vie, une véritable évasion ! Tout a été bâclé si vite que je le connaissais à peine davantage le jour où on nous a mariés Elle était devenue si pâle, les paroles semblaient si cruelles à ses lèvres tremblantes, qu'il dit en prenant sa main : \u2014 Ecoutez ! Si la confession vous est trop pénible, taisez-vous.Ne dites rien! Je ne veux pas vous faire souffrir davantage Il était indigne de vous, cela, je l'ai compris déjà.Elle hocha la tête, puis, d'un seul trait : \u2014 Le jour même du mariage, pendant le voyage de noces, il a disparu : voilà ! Et sanglotante, elle s'abattit contre son épaule, ne sachant où trouver un autre refuge pour son désespoir, et sa honte.Bouleversé, il la berçait, murmurant des mots sans suite comme on en cit aux petits enfants désespérés.Une lueur d'espoir, maintenant brillait dans sa détrese.Mais le chagrin de ce petit corps secoué de sanglots contre lui l'épouvantait.\u2014 Mon enfant chérie, ma toute petite fille, ne pensez plus à ces choses.'Taisez-vous, ne dites plus rien si cela vous est tellement cruel ! Doucement, involontairement, ses lèvres s'étaient posées sur les cheveux au doux parfum grisant.Et cela suffit à réveiller Jacquemine du songe vague où se laissait aller son cœur désespéré.Eperdue, elle se redressa, s'éloigna de lui peureusement et disant d'une voix tremblante: \u2014Et maintenant, voilà, vous savez tout.Vous voyez bien qu'il faut que je parte! \u2014 Que vous partiez ?s'écria-t-il.Ah! Moins que jamais ! \u2014 Cependant, balbutia-t-elle désemparée.Je ne puis demeurer ici, près de vous, puisque j'appartiens à un autre pour toujours ! Nous avons voulu essayer de vivre ainsi; mais je sens que cela ne se pourrait plus ! Tant que je ne savais pas que vous m'aimiez, que vous pouviez souffrir, je suis restée, espérant que vous n'aviez obéi qu'à une fantaisie passagère.Maintenant, je ne peux pas demeurer ici.je ne le peux pas, je ne le dois pas ! Elle avait exhalé cet aveu c'ans un souffle, les yeux baissés, très pâle.Mais il s'emporta.\u2014 Ah! Cette fois, je ne vous laisserai pas vous échapper.Non, non ! \u2014 Mais ! Que voulez-vous faire ?demanda-t-elle d'un air égaré.\u2014 Vous garder! dit-il avec ferveur.Vous garder pour vous proté- er et vous défendre, ma pauvre en- ant, contre tout ce que votre situation a de trouble et d'équivoque.Contre la méchanceté, la duplicité des autres et aussi.contre vous- même et votre ignorance, votre confiance ! Vous protéger et vous sauver, conquérir votre bonheur.\u2014 Mon bonheur, murmura-t-elle, du même air égaré, il est condamné à jamais.Avec beaucoup de douceur, de réserve, il suggéra : \u2014 Voyons, un tel mariage ne saurait vous lier pour toujours, ma pauvre petite enfant?Vous pouvez en être facilement libérée, sans doute ! Mais elle répétait, toujours avec la même douleur : \u2014 Non, non, il n'y a rien à faire! Posant sa main sur l'épaule frémissante, avec cette fois l'autorité et l'affectueuse sollicitude d'un grand frère, il murmura : \u2014 Venez, nous allons nous promener un moment dans cette allée et vous me conterez tout.Michel avait bien calculé.Les pires aveux, les plus pénibles confidences se font plus facilement lorsqu'on ne sent pas peser sur son front un regard si tendre soit-il.Marchant a côté cle lui, avec le réconfort de cette main affectueuse sur son épaule, la pauvre petite évoqua sa pénible aventure.\u2014 Dix-huit ans! Et j'étais encore tellement enfant ! Lorsque je songe à celle que j'étais alors, il me semble que j'ai vieilli depuis, non pas de deux années, mais de toute une existence ! Comment sa rouerie et sa souplesse ne m'eussent-elles pas trompée sur ses vrais sentiments à mon égard ?\u2014 Il ne vous aimait pas ?\u2014 Il obéissait simplement en m'épousant, à un ultimatum de son père qui, en cas de refus, lui eut coupé tous subsisdes ! Mais cela, bien entendu, je l'ignorais .Tous ces gens, m'ont jouée, trompée, sans se rendre compte de l'abominable action qu'ils accomplissaient, aveuglés par les mobiles, louables évidemment, qui les poussaient ! Marraine et mon tuteur souhaitaient tellement me voir mariée, établie \u2014 comme ils disaient \u2014 qu'ils se persuadaient aisément que la mauvaise réputation d'Antoine Ra- veau était exagérée et qu'on ne pouvait lui tenir rigueur de quelques peccadilles de jeunesse.Ses parents à lui \u2014 puis-je blâmer une mère de croire en ses enfants enverd et contre tout \u2014 espéraient que le mariage aurait vite raison de son tempérament cissipé.\u2014 Et.et vous?demanda-t-il soudain craintif.\u2014 Moi, je n'ai jamais cru l'aimer ; mais j'avais la ferme volonté de m'attacher à lui et l'espoir que de son côté la même bonne volonté l'animait.Oh! Il ne m'a jamais joué la grande passion, cela je dois en convenir .mais je me félicitais de ce que j'appelais tout bas son tact, sa délicatesse, son respect ! J'allais à la vie les yeux fermés sur un trop beau rêve : celui de trouver dans ce maria- e souhaité par ma mère, le grand bonheur.paisible et doux, fait de confiance et de protection, qui avait illuminé la vie de mes parents.Pou- vais-je savoir qu'il y a dans la vie autre chose et d'autres êtres.des êtres sans foi, sans honneur, sans franchise comme cet homme.L'idée de me défier de celui qui devait être mon mari, mon compagnon, mon soutien, mon conseil ne me serait même pas venue ! Il paraît que mon tuteur avait pris lui, toutes ses précautions en faisant établir un contrat qui me protégeait.contre l'autre ; mais hélas, pas contre moi- même.Par malheur, à cause d'une tante dont la présence à Paris était retardée par une maladie, les parents de mon fiancé décidèrent, peut-être à l'instigation de celui-ci, de fixer le mariage civil trois jours avant la cérémonie religieuse.Pour moi, rien ne semblait changé et je ne me considérais pas comme mariée.Cependant Antoine, prétextant la nécessité de faire quelques opérations boursières LA REvuE POPULAIRE avant notre départ en voyage de noces, m'avait fait signer quelques papiers.Je n'avais même pas compris de quoi il s'agissait.Je n'avais rien lu.l\u2019idée d'en parler à mon tuteur, ou seulement aux parents de mon fiancé, ne me vint même pas .Que fit-il pendant le bref célai qui, de par ma volonté, le faisait maître de ma fortune?J'ai su depuis qu'il s'était fait consentir une très grosse avance sur des ventes de valeurs dont il avait donné l'ordre.Il le pouvait, j'avais signé, paraît-il une procuration générale sans m'en douter le moins du monde ! \u2014 Malheureuse enfant ! \u2014 Oh ! Oui, bien malheureuse, car, à partir de cette minute je sentis confusément qu'il y avait quelque chose de changé entre mon fiancé et moi.Il se montra pendant les quarante- huit heures qui nous séparaient de la cérémonie, sombre, taciturne, nerveux.Brusquement, au dernier moment, il changea l'itinéraire de notre voyage de noces et décida que nous irions dans le mici au lieu de nous rendre en Ecosse.À cette nouvelle je vis sa mère pâlir.Affectueusement elle me prit à l'écart le matin même du mariage et, avec mille précautions dans la crainte de m'effaroucher, elle me supplia : \u2014 Ma mignonne, vous allez vous trouver sur la Côte d'Azur en plein mouvement mondainé N'oubliez pas que c'est le pire ennemi du bonheur conjugal ! Fuyez ces endroits de fête, les dancings, les.casinos.Et surtout, surtout ne vous laissez pas en- trainer dans .les salles de jeu, mon enfant ! N'y laissez pas entrer votre mari.La pauvre femme n'osait pas me confier franchement ses craintes.Surprise de l'émotion qu'elle dissimulait mal, je répondis doucement : \u2014 Je vous promets bien volontiers de ne pas y mettre les pieds.Quant à Antoine.j'espère qu'il ne sera pas si pressé de me quitter.Elle me regarda longuement, comme si elle avait pu trouver une assurance clans la vue de ma silhouette enroulée de voile blanc, dans mon visage, mes yeux, mes cheveux.Et soudain, avec une tendre expression d'admiration elle m'embrassa : \u2014 Moi aussi je l'espère, ma chérie! Vous êtes si jolie ! Les invités commençaient à arriver.Je n'eus plus le temps de songer à cette étrange recommandation.Les Raveau avaient énormément de relations si bien que, quoique orpheline et sans amis personnels, je dus subir le long défilé à la sacristie, puis, les interminables présentations au lunch.Mais Antoine semblait de plus en lus nerveux et pressé de s'enfuir.e rejoignant à un moment, il me glissa à l'oreille : \u2014 J'ai pensé qu'il vous semblerait peut-être amusant de voyager en avion, tout au moins jusqu'à Marseille.J'ai donc fait retenir deux places ; mais il faut nous hater si nous voulons arriver a temps pour le départ.Allez vous appréter sans rien dire a personne.Bousculée, pressée, emportée dans un tourbillon qui ne me permettait plus dep enser, je le suivis.Dans l'avion nous ne pouvions avoir l'occasion d'échanger beaucoup d'impressions .j'étais, je dois l'avouer, un peu effrayée et mal à l'aise.Antoine lui, préoccupé et anxieux, s'absorbait dans des calculs auxquels je ne pouvais rien comprendre.plusieurs reprises, cependant je le vis relever le front et sourire d'un air de triomphe.À un moment même, je l'entendis murmurer dans le fracas des moteurs : ; \u2014 Cette fois, ça y est, c'est certain ! Août 1940 \u2014 Qu'est-ce qui est certain ?de- mandais-je en hurlant pour essayer de ramener un peu sa pensée vers moi.\u2014 Notre fortune ! cria-t-il rayonnant.Vous verrez, Jacquemine, grâce à moi, nous allons devenir riches, riches.Je savais d'après les comptes de mon tuteur que ma fortune était largement suffisante pour nous, surtout si Antoine se décidait à pratiquer sérieusement sa carrière d'avocat.Je crus que c'était à cela qu'il faisait allusion et je répliquais : \u2014 Je ne vois pas, pour moi la nécessité de devenir si riche que cela ; mais si votre nom était un jour célèbre, je serais bien heureuse et votre maman aussi.Il me regarda avec surprise comme si sa pensée avait été à cent lieues de la mienne.Puis, il sourit avec une pitié indulgente, comme à un petit enfant.Et il se renferma dans son mutisme que favorisait le moyen de locomotion choisi par lui.Pour ma part je n'en étais pas particulièrement enchantée.Ce genre de voyage, succédant a la fatigue et aux émotions d'une telle journée commençait à me causer quelques malaises.En mettant pied à terre, je sentais mes tempes serrées comme dans un étau de fer, dans l'étreinte de la fa- cheuse migraine.Cependant, je n'osais protester quand Antoine décida que nous prendrions immédiatement une auto pour nous rendre à Monte- Carlo.J'essayais timidement c'e sug- érer que je ne connaissais rien de a côte et que nous pourrions peut- être nous arrêter avant.Il s'indigna.\u2014 Mais Monte-Carlo est le bijou de la Côte d'Azur! C\u2019est là que je veux que vous fassiez connaissance de la Méditerranée demain à votre réveil ! Vous verrez.quel enchantement ! « Je n'osais pas insister.Les tempes serrées, je ne voyais rien du voyage merveilleux.Fort heureusement, Antoine, toujours aussi absorbé et nerveux, ne semblait pas désireux d'engager une conversation suivie.De temps à autre il levait les yeux du carnet sur lequel il continuait à aligner des chiffres et il me signalait quelque point de vue, ou bien il me demandait si j'étais bien.« Mais je sentais bien que c'était machinalement et par pure courtoisie sans que sa pensée se rapprochât un seul insant de moi.\u2014 Quel étrange voyage de noces ! ne put s'empêcher de constater Michel Vincent qui, au fonc' s\u2019en trouvait ravi.\u2014 J'avoue, fit-elle, que malgré mon malaise constant, je commençais à m'en étonner.Inlassablement je cherchais quel motif pouvait rendre mon « mari » si étrange .Je ne pouvais penser qu'il eut contre moi quelque grief, car il ne me témoignait aucun mécontentement .Non, il était absent, simplement .ailleurs, et tout entier préoccupé d'une idée qui m'était totalement étrangère.Peu à peu à mesure que nous avancions, sa nervosité croissait, ses mains s'agitaient de tremblements fébriles, ses yeux luisaient d\u2019une impatience fiévreuse.Lorsque nous descendîmes d'auto devant l'hôtel où il avait retenu un appartement il faisait nuit, bien que nous soyons en été.Il me demanda si j'avais faim, si je voulais dîner ; mais avec l'anxiété de quelqu'un qui souhaite une réponse négative.Je refusais d'ailleurs, épuisée de fatique et de migraine.« \u2014 Eh! bien, allez vite vous reposer, me dit-il.Pendant ce temps je m'occuperai des bagages et je ferai préparer un petit souper au cas où vous vous éveilleriez affamée.« Au fond j'étais enchantée de cette solution.Je pensais qu'il avait c'eviné mon malaise et avait eu pitié de moi et de ma fatigue et je lui fus reconnaissante de cette nouvelle délicatesse.«Il m'accompagna jusqu'au seuil de ma chambre, baisa ma main distraitement.« \u2014 Bonne nuit et jolis songes ! me dit-il presque joyeusement, avec cette sorte d'impatience enfantine que j'avais déjà remarquée.« Puis il s'évada rapidement.Je ne l'ai jamais revu ! Stupéfait, l'écrivain ne put retenir un cri : \u2014 Comment ?Que dites-vous ?Lentement elle répéta : \u2014 Je ne l'ai jamais revu ! Quand je me suis éveillée le matin, j'ai vainement attendu sa visite, puis je me suis décidée à demander de ses nouvelles à la femme c'e chambre.Celle- ci ne savait rien.Je dus m'adresser à la réception.Mon mari n'était pas à l'hôtel.Je ne pouvais rien tirer d'autre de ces gens qui semblaient gênés et contraints devant moi.L'idée me vint de m'adresser au gérant.Celui-ci m'expliqua, d'une manière gênée, que « Monsieur Raveau était sorti la veille au soir, peu après notre arrivée et qu'il n'était pas rentré.» Je l'attendis vainement pour déjeuner.Affolée, cragnant un accident, je poussais mon enquête.J'appris que « Monsieur Raveau était sorti tout habillé en tenue de soirée, sans doute pour se rendre au casino, comme il en avait l'habitude.» J'ignorais quant à moi qu'Antoine eut des habitudes à Monte-Carlo.La familiarité des gens me semblait suspecte.Je télégraphiais à son père.Lorsqu'il arriva, celui-ci, à mes explications, ne répondit que par un cri : \u2014 Le malheureux .il s\u2019est laissé tenter, il a dû jouer, encore, perdre.«Il était impossible de me cacher la vérité plus longtemps.Là, dans ce pays de rêve, sous un ciel en fête, j'appris d\u2019un seul coup que celui que j'avais épousé était un joueur invétéré, qu'après avoir presque complètement ruiné ses parents, il n'avait accepté de m'épouser qu'à son corps défendant et que, dès le premier soir où il s'était retrouvé sur ce sol dangereux où il m'avait entraînée, il n'avait pu résister au mauvais démon de la tentation.« Une enquête approfondie nous apprit qu'après avoir perdu toute la nuit, il avait pris au petit matin le premier train sans même reparaître à l'hôtel pour y changer de tenue.« L'énormité de la somme engagée et perdue devait éclairer son père.Il eut un instant l'affreuse peur que, cédant à la honte de son infamie, le malheureux eut pris quelque parti extrême.Pendant quelques jours l'angoisse domina le dégoût.Puis, sur une nouvelle rassurante qui nous parvint de l'étranger, je compris que craindre, cela, c'était faire encore trop d'honneur à Antoine Raveau.Il s'était enfui, peut-être sous le coup de la honte d'avoir risqué et perdu ce qui ne lui appartenait pas ; mais il n'en continuait pas moins de mener à l'étranger la même vie de dissipation.Alors, j'ai résolu de fuir à mon tour tout ce qui pouvait me rappeler cette erreur abominable qui m'en- chainait a jamais.J'ai appris un métier, puisque les minces ressources qu'il m'avait laissées étaient insuffisantes à mon existence.Maître Lu- reau, touché par mon désarroi m'a conseillée, soutenue.C'est lui qui m'a proposé d'entrer ici comme secrétaire, sous mon nom de jeune fille, puisque je voulais tenter d'oublier l'autre.Il savait que sur sa recommandation vous m'engageriez sans chercher c'autres références.Pendant les premiers temps de mon séjour ici j'ai repris haleine après les mois affreux que j'avais vécus.J'ai pu me croire 25 Adoptez la recette du livre magique des Débutantes\u2026 essayez Le Cocktail au Savon Woodbury MLLE.\u201cMes amies la dois.\u201d Cette exquise débutante de New- York pleine de vie, s\u2019intéresse à tout.L\u2019aquaplane et le ski nautique sont ses sports préférés.La charmante Pat au teint doré nous dit: vantent ma chance d\u2019avoir une peau lisse et douce.En vérité, c\u2019est à Woodbury que je (Holy Enseherbocher CÉLÈBRE JOURNALISTE MONDAIN DIT : \u201cQuand j'aperçois une débutante et son cavalier servant faisant table à deux, j'inscris une nouvelle victoire au compte de Sieur Cupidon.Ce Cocktail Woodbury de 5 heures que s\u2019octroient nos jolies débutantes a précipité plus d\u2019une demande inattendue.\u201d \u201c\\ (C HÉRIE, vous êtes ravissante ! \u2019\u2019 Les jeunes mondaines savent que tout le sang bleu de leurs veines ne compense pas un vilain teint.Quand l'éclat des projecteurs éclaire impitoyablement leurs visages, les jeunes filles prévoyantes rendent grâce au Cocktail Woodbury.Les huiles fines du Savon Woodbury condamnent les impuretés qui ternissent.Une vitamine tonique rend à la peau sa vitalité.Achetez Woodbury aujourd'hui | POUR LA PEAU DOUCE AU TOUCHER 1, L\u2019exquise Patricla Plunkett, 2.\u201c Pour obtenir une peau douce comme l'oreille d\u2019une chatte, il faut employer un savon de beauté comme Woodbury.\u201d (FABRICATION CANADIENNE) débutante pleine d\u2019éclat, remplit son carnet d\u2019invitations enviables.3.Pat ajoute : \u2018C'est fantastique comme un Cocktail Wood- bury ranime la peau fatiguée après une journée folle. N\u2019invitons pas les Potvin, chérie- Il est aimable mais elle.Pourquoi s\u2019exposer à être laissée de côté ?Protégez facilement votre charme avec MUM ! P ourauor tant de femmes s'imagi- nent-elles encore que le bain sufit, surtout pour les dessous de bras \u2014 alors que le bain n'enlève réellement que la transpiration passée, mais jamais les odeurs à venir ?Si vous oubliez Mum, l'odeur de transpiration des aisselles se produit si rapidement, et sans que vous puissiez la prévoir.Toutes vos qualités ne comptent plus lorsque cette odeur désagréable incommode les autres.\u2014 Les femmes avisées emploient donc Mum tous les jours.Et Mum est le plus employé des désodorants.Mum est RAPIDE \u2014 30 secondes suffisent pour l'appliquer.sû \u2014 Mum n'affecte ni la peau ni le linge.FIABLE \u2014 Mum empêche l'odeur sans arrêter la transpiration.Rappelez-vous que la beauté ne peut aller sans les soins du corps.Achetez Mum aujour- d'hui à la pharmacie, pour être certaine de votre charme.DES MILLIONS DE FEMMES EXIGENT MUM Pour serviettes hygiéniques Pour serviettes hygiéniques, il vous faut un désodorant sûr et doux \u2014 c\u2019est pourquoi tant de femmes _emploient Mum.Employez toujours Mum de cette façon.VI CHASSE Fabrication canadienne L\u2019ODEUR DE TRANSPIRATION sauvée, protégée contre tout ce qui m'effrayait : la méchanceté du monde, une poursuite possible de celui qui pouvait toujours s'appeler « mon mari», et la pitié ironique de tous ceux qui m'avaient connue.J'ai été presque heureuse .Ces mots elle les avait murmurés, presque soupirés, avec une douceur ineffable qui inonda le cœur de Vin- vent.Il se pencha vers elle, avec une émotion attendrie.\u2014 Et bientôt, vous le serez, tout à fait ! murmura-t-il à son tour.Mais elle recula devant lui avec une sorte de terreur.Non, non.ne me dites pas cela ! C'est impossible, hélas ! Il secoua la tête avec une indulgence émue.\u2014 Toujours cette même crainte ! Mais ma pauvre petite fille, vous n'avez aucune idée de la vie.ce mariage.Elle jeta les mains en avant d'un geste désespéré.\u2014 Rien ne pourra le rompre, jamais ! \u2014 Vous tenez donc à me désespérer, Jacquemine ?demanc'a-t-il avec une grande douceur.\u2014 Oh! gémit-elle en portant les mains à son front.Il les écarta doucement et, plon- eant ses yeux dans le regard ef- Faye, un peu fou, qu'elle levait vers lui : \u2014 Non ?dit-il en souriant.Alors, pour me rendre un peu de courage, dites-moi simplement, ma petite bien- aimée que, si un jour, vous étiez libre de vous-même, vous croyez que vous pourriez.Elle lut la supplication des yeux qui l'enveloppaient d'une caresse à la fois impérieuse et implorante et l\u2019aveu jaillit du fond de son cœur, de tout son être, passant sur ses lèvres sans qu'elle eut la force de le retenir : \u2014 Vous aimer ?Ah ! De toutes mes forces et nul autre homme au monde! Mais enivré par cet aveu si spontané, il n'eut pas même le temps de baiser les petites mains qui s'arrachaient aux siennes.Eperc'ue, pleine de confusion et de trouble, elle s'enfuyait déjà vers la maison le laissant savourer son bonheur au chant monotone et strident des cigales.\u2014 Oh! Chapitre X N TEL aveu laisse Michel Vincent enivré de félicité.Plus rien au monde ne comptait pour lui! Qu'importait si la loi la liait à un autre, si cet autre, elle le haïssait sans lui avoir jamais appartenu que légalement ! De tels liens se rompent, se dénouent facilement.Ft Michel se faisait un jeu d'en délivrer la pauvre Jacquemine.La seule chose qui puisse compter pour lui maintenant au monde c'était ce qu'il avait lu dans ses yeux, ce que lui avaient crié son émotion et ses lèvres mêmes.C'était qu\u2019elle l'aimait lui, Michel! Après les hésitations, les troubles, les craintes du début de sa passion, après la jalousie, les doutes, soulevés par son premier refus, après l'horrible choc de la révélation du mariage secret.la certitude de cet amour partagé était si merveilleuse qu'elle effaçait, qu'elle anéantissait tout le reste aux yeux qu'elle éblouissait.Elle l'aimait ! Ah ! Combien comptait peu en face de cela l'illusoire mariage cont elle avait été la victime douloureuse! Elle l'aimait.ol Bientôt ils seraient heureux ensem- e ! Car Michel ne voulait pas un instant s'arrêter au trie Fg gan LRU EUR hPa AG uit nan E datant guère plus d'un siècle, Ottawa (l'ancienne Bytown) ne semblait pas, à ses débuts, destinée à être un jour la florissante et belle capitale du Dominion qu'elle est aujourd'hui.Son emplacement, tout d'abord occupé par quelques rares colons, fut divisé en lots, en 1826, par le lieutenant-colonel John By qui fit également faire plusieurs travaux d'aménagement.Ces lots furent vendus à des acquéreurs qui durent s'engager à bâtir dans le cours de l'année, surtout dans la partie qui devait être la haute ville, car la partie de la ville basse n'était, à proprement parler, qu'une sorte de marécage.Un intérêt annuel de soixante cents, payable à la Couronne, était simplement exigé par tête de résident ; heureuse époque dont les tarifs nous semblent appartenir aujourd hui plutôt au domaine du rêve ! Il est vrai que.depuis ces temps, la ville a bien changé, et ceux qui en ont jeté les bases ne la reconnaîtraient certainement plus aujourd'hui! La population alors principalement ouvrière logeait dans des cabanes construites dans l'espace compris aujourd'hui entre le pont Laurier et le pont des Sapeurs.L'endroit se nommait Corktown et le chiffre de la population ne dépassait pas deux mille âmes.C'est en 1847 que la ville eut sa charte civile.et dix ans plus tard, en 1857, que la reine Victoria la désigna comme capitale du Canada et résidence officielle du gouverneur général.En face d'Ottawa, et complétant en quelque sorte cette ville, se trouve celle de Hull qui appartient toutefois, non pas a la province d'Ontario mais a celle de Québec ; c'est après Montréal.Québec et Trois-Rivières, le centre industriel et commercial le plus important de notre province.: Il ne s'y trouve pas moins d'une trentaine de manufactures qui exploitent la pulpe, le papier, le ciment.les lainages, la fabrication des meubles, des bi'oux, des instruments aratoires, des tentes, etc.Ces manufactures ont à leur disposition une énergie de plus de cent mille chevaux-vapeur fournie par les barrages des rivières Outa- ouais et Gatineau.Hull fut fondée à peu près à la même époque que sa voisine Ottawa, soit en 1832 et ce nom lui fut donné.d'après celui d'une ville d'Angleterre, par Philémon Wright qui, de 1797 à 1832, fit faire des défrichements considérables dans la région et jeta ainsi les bases de son commerce futur.Il est à peine besoin d'ajouter que les touristes sont assur!s de trouver, tant à Ottawa qu'à Hull, bon nombre d'hôtels de premier ordre pourvus de tout le confort moderne et complétés par des garages fort bien outillés. AoûT 1940 .(e) -~ \u201cnme wus bet | So >\" ter.+ : *, ; :! tes 1 \u2018 i tuszste NS 2Z2E2EZ i, METROPOLE ONDÉE en 1642, Montréal doit son titre de Métropole du Canada surtout à sa situation géographique.Elle a vite remplacé Québec comme principal port maritime du Saint-Laurent.Avant la construction des canaux du Haut Saint-Lau- rent, c'est à Montréal que se concentraient tous les produits de l'arrière-pays à destination de l'Europe.Et même depuis un siècle, les expéditions de denrées et de produits manufacturés se font par Montréal, mal- v gré la concurrence des ports américains (grâce au canal : Erié).Dans le domaine industriel, elle a été moins heureuse puisque depuis près de dix ans Toronto produit plus que #4 a « = nous.Ne perdons pas notre temps a en chercher les causes.Montréal est métropole d'abord par sa population, aux tion à plusieurs centaines de milles de l'Atlantique la met .trois quarts canadienne-française.à l'abri d'une attaque ennemie par voie des eaux.- Aux approches du troisième centenaire de sa fonda- Malgré ce qu'en disent les Montréalais, leur ville est ! ! g q y 4 tion, on tente un mouvement en vue de donner à Mont- propre, si on la compare à de grandes agglomérations réal une figure plus francaise.Espérons que ce sera américaines pourtant fières de leur nom.bientot t | d : ¢ ile fait ti Il ne faut pas oublier que la plupart des rues furent os oo es gran Sd res, notre ville tait sentir tracées a une époque ou les véhicules allaient lentement son Influence dans un grand rayon.et en nombre assez restreint.Depuis quelques années, l'ad- = « Wi Petites villes et villages jusqu'à plus de cent milles du + Mont-Royal vivent directement ou indirectement de la ministration municipale s'est eforcée d'obvier à ces incon = Métropole, du moins en grande partie.: .a - Dans la belle plaine qui borde de chaque côté la rivière On comprend de mieux en mieux l'importance de l'ur- Richelieu.des terres très riches produisent en abondance banisme.D'abord, les entrées de la ville ont ete beaucoup des denrées pour Montréal.Et c'est particulièrement à améliorées en ces dernières années.Et l'aménagement de Montréal que les cultivateurs du nord et du sud font l'île Sainte-Hélène en un parc splendide est un grand leurs principaux achats.actif pour la Métropole qui, aux jours fériés.y déverse Port maritime parfaitement outillé, la Métropole du un grand nombre de ses citoyens avides d'air pur.Et Canada joue un rôle de tout premier plan à notre époque n'oublions pas le magnifique Jardin botanique.de guerre.Elle peut exporter rapidement vers l'Europe Pour que Montréal reste Métropole, il faut que chaque bouleversée d'immenses quantités des produits de l'in- Montréalais aime sa ville, s'y intéresse, travaille à son dustrie et du sol canadiens.Sans compter que sa situa- enrichissement et à son embellissement ! (D ler rang: 2e rang : 3e rang : 4e rang : Se rang : 6e rang : ler rang: 2e rang : 3e rang : } hi 0) oh ve x el ê HH a 4 > A 4 4 J ol TI \" ) } M 4 H \u2019 1 \u2018 + $e 4 \" yond ) Wi e019 VU 4 + 4 4 (LIN à } { 4 4 \u2018 \" nee \\ 0 nue Ib NA + [MM Le a Wl 4 ) 4 HHT IT Hi FH I La Revue PoPuLAIRE MATERIEL REQUIS 3 balles de Fil Blue Label Mercer-Crochet de Coats, No 40, F.610 (écru).\u2014 (Ceci donne 15 motifs et 9 remplissages.) 1 crochet d'acier à tricoter de Milward.No 414 anglais ou No 9 américain.MESURES I motif = 3 pouces de diamétre (environ) Grand napperon, 28 motifs Petit napperon, 15 motifs ABREVIATIONS p.de ch.= point de chaînette p.c.= point coulé m.s.= maille simple demi-m.= demi-maille m.d.= maille double s.b.= simple bride d.b.= double bride oii \u201ctr Faire une chaînette de 25 points, joindre par | p.c.pour former un anneau.Dans l'anneau faire 64 m.s., joindre par 1 p.c.a la première m.s.* 1 demi-m.dans la m.s.suivante, | m.d.dans la m.s.suivante, 1 s.b.dans la m.s.suivante, 2 d.b.dans la m.s.suivante, 1 s.b.dans la m.s.suivante, 1 m.d.dans la m.s.suivante, 1 demi-m.dans la m.s.suivante, 1 p.c.dans la m.s.suivante.Répéter depuis * encore 7 fois, faire le dernier p.c.dans le p.c.de jointure du rang précédent.Faire des p.c.jusqu'au haut du premier pétale, * 10 p.de ch., | m.s.dans la pointe du pétale suivant, répéter depuis % tout le tour, finir le rang avec 1 p.c.dans la pointe du premier pétale.Dans chaque boucle de 10 p.de ch., faire 12 m.s., joindre par 1 p.c.à la première m.s.12 p.de ch., * sauter 5 m.s., 1 m.d.dans la suivante, 9 p.de ch.répéter depuis * encore 14 fois finir par 1 p.c.dans le 3e des 12 p.de ch.Dans chaque boucle, faire 6 ms.8 p.de ch, (pour former un picot).6 m.s., finir le rang par 1 p.c.dans la première m.s.Casser le fil.Travailler encore 19 autres motifs comme celui-ci.MOTIF DE REMPLISSAGE 4 p.de ch.joindre par | p.c.dans le premier p.de ch.4 p.de ch., 15 s.b.dans l'anneau, joindre par 1 p.c.au 4e des 4 p.de ch.4 p.de ch.1 s.b.au même endroit que le dernier p.c.2 s.b.dans chaque s.b.autour de l'anneau, joindre par 1 p.c.au 4e des 4 p.de ch.(32 sb.4 p.de ch.comptant pour 1 s.b.).1 m.s.dans la s.b.suivante.2 p.de ch, 1 p.c.dans le premier des 2 picots libres sur le motif, 2 p.de ch, 1 ms.dans chacune des 2 s.b.suivantes.2 p.de ch., 1 p.c.dans le 2e picot du même motif, 2 p.de ch, 1 m.s.dans les 6 s.b.suivantes, * 2 p.de ch., 1 p.c.dans le premier picot du motif suivant.2 p.de ch.1 m.s.dans chacune des 2 sb.suivantes, 2 p.de ch, 1 p.c.dans le 2e picot du même motif.2 p.de ch, 1 m.s.dans les 6 s.b.suivantes.répéter depuis * encore 2 fois, finir par 1 m.s.dans les 5 s.b.suivantes.1 p.c.dans la première m.s.Casser le fil.ASSEMBLAGE Pour assembler.joindre 2 pointes de chaque motif à 2 pointes du motif contigu, laissant 2 pointes libres sur chaque motif.entre les joints, pour être remplies par les motifs de remplissage.Laver, empeser et étirer = ma, Août 1940 POUR LES JOURS FRAIS DE L'ÉTÉ ei A, Simplicity 3465 3457 \u2014 Blouse et jupe charmantes, gr.12 a 20.Pour un 14 : la blouse, 134 v.de 357-39\u201d ou 114 v.de 44\u201d.3% v.de ruban de 34\u201d pour le col et les manches.Fermeture-éclair de 7\u201d.La jupe, 27% v.de 35\u201d-39\u201d ou 17% v.de 54\u201d.Fermeture-éclair de 7\u201d pour la jupe.20 cents.3460 \u2014 Robe de fillette, gr.6 à 14 ans.Pour un 10 : 234 v.de 35\u201d ou 2% v.de 39\u201d.1% v.de ruché de 1\u201d.7 v.de ruban de 34\u201d pour les boucles.Ceinture de votre choix.Ferme- ture-éclair de 8\u201d.15 cents.3460 Simplicity 3465 \u2014 Robe distinguée, gr.32 à 42.Pour un 36 : 354 v.de 35\u201d ou 35 v.de 39\u201d.Fer- meture-éclair de 9\u201d, 20 cents.3466 \u2014 Robe et bouffants de fillette, gr.2 à 8 ans.Pour un 4 ans : 2 v.de 35\u201d ou 134 v.de 39\u201d.13% v.de ruban de 14\u201d.Fermeture- éclair de 5\u201d.Les bouffants, 34 v.de 357-39\u201d.15 cents.3467 \u2014 Robe pratique, gr.12 à 20.Pour un 16 : 314 v.de 35\u201d ou 3 v.de 39\u201d.Fermeture- éclair de 9\u201d.25 cents.Simplicity \u2018 (g) Simplicity 3466 Simplicity 3457 Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrens de \"La Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns, Lid., 489 College St., Toronto.Ont. (h) LA Revue POPULAIRE POUR PASSER DE CHIC VACANCES 3420 \u2014 Robe amincissante, gr.11 à 18.Pour un 13: 314 v.de 35\u201d ou 35 v.de 39\u201d.L4 v.de 35\u201d-397-44\u201d pour le collet.Fermeture-éclair de 9\u201d.20 cents.Simplicity 3437 3428 \u2014 Robe très élégante, gr.12 à 20.Pour un 16 : 4 v.de 35\u201d ou 3% v.de 39\u201d.3 v.de froncé de 1\u201d.34 v.de taffetas de 39\u201dou d'organdi de 44\u201d pour les manches.Fermeture-éclair de 9\u201d.Ceinture de votre choix.20 cents.3437 \u2014 Robe pratique, gr.12 à 20.Pour un 20 : 4 15 v.de 35\u201d ou 354 v.de 39\u201d, Fermeture-éclair de 9\u201d.25 cents.LS {0 Simplicity Simplicity 3420 3442 \u2014 Jolie robe d'enfant, gr.6 à 14 ans.Pour un 8 ans: la robe, 21g v.de 35\u201d ou 2 v.de 39\u201d.La blouse et les po- 10e ches : 1 v.de 357-39\u201d ou 7% v.de 44\u201d.{es 15 v.de ruban de L4\u201d pour la boucle.14 v.de taffetas de 39\u201d ou d'organdi de 44\u201d pour les manches.15 cents.3445 \u2014 Robe sportive, gr.10 à 20.Pour un 10 : 234 v.de 35\u201d.15 v.de 35\u201d de contrastant pour collet et blouse.Ceinture de votre choix.14 v.de mousseline pour les manches.Fermeture-éclair de 1 » 14\u201d 15 cents.Ni \\ Simplicity Simplicity 3442 3428 Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons de \"La Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns, Ltd., 489 College St., Toronto, Ont. a a LL 0 OL Le LA AoûT 1940 LE COEUR ENCHANTE (Suite de la page 28) \u2014 Vous dites comme moi, lorsqu\u2019on m'a raconté l'aventure.Garder un mari pareil, qu'on connaît à peine, qu\u2019on ne sait où trouver, qui s'est moqué de vous, qui vous a ridiculisée, bafouée, abandonnée, volée.Il faut être vraiment trop bête.ou alors.\u2014 Ou alors ?répéta Mademoiselle Vincent.D'un coup d'œil félin Josette remarqua le frémissement presque imperceptible de la portière placée au seuil du cabinet de travail de Michel.D'un ton tout à fait natuel elle lança à très haute voix.\u2014 Alors.il faut l'aimer d'une facon vraiment.Mais une sorte de rugissement lui coupa la parole.Sortant de sa cachette Michel se ruait sur elle, si rouge, si exalté qu'elle leva son coude comme pour se protéger contre une violence.\u2014 Tu mens! cria-t-il.Tu mens méchamment comme une petite misérable que tu es.La beauté et la pureté de cette malheureuse enfant ont excité ton innommable jalousie au point de te pousser aux plus odieuses calomnies.Va-t-en! Je ne veux pas te voir un jour de plus sous mon toit ! \u2018Quand la jeune fille, bouleversée, se fut enfuie dans sa chambre afin d'y faire ses bagages, Mademoiselle Vincent s'approchant de son neveu qui s'était écroulé dans un fauteuil, lui dit doucement.\u2014 Michel! Michel .Quelle maladresse ! Tu viens de faire une ennemie mortelle à cette pauvre petite Jacquemine, déjà si malheureuse ! Il releva un front éclairé et se suspendant à sa main sèche et douce : \u2014 Ah! N'est-ce pas, ma Tante, qu'elle est injustement calomniée et que sa pureté, sa loyauté peuvent seules égaler son malheur, n'est-ce pas que cette petite misérable a menti, n'est-ce pas qu'elle m'aime ?Car, déjà le poison avait fait son œuvre dans son esprit et il avait besoin qu'on lui affirmât ce qu'il avait pourtant lu dans les yeux de Jacque- mine, pour continuer d'y croire ! Mademoiselle Vincent ne se trompait pas.À peine Josette eut-elle quitté Kersac de quinze jours, sur un serment de haine, qu'un billet anonyme y apporta à nouveau le trouble et le désarroi.Ivre de rage Michel lut : « Ceux que la bonne entente du jeune ménage Raveau pourrait intéresser n'ont qu'à se rendre à Monte- Carlo où il leur sera facile de voir la belle Jacquemine qui s'est empressée d'aller y retrouver son mari, dès qu'elle eût appris qu'il s'y trouvaient .sans doute pour tenter de reprendre la conversation là où il l'avait laissée le soir de leur mariage.UN AMI DEVOUE » \u2014 Ce n'est pas vrai! rugit Michel.Mais le soir méme il faisait ses valises.DEUXIEME PARTIE Chapitre Premier J aMals Monaco n\u2019avait été plus féerique dans sa joliesse de décor d'opérette.Jamais à ses pieds Monte- Carlo ne s'était étendu sur une mer plus intensément bleue, avec les silhouettes fines de ses yachts somptueux dans le port et, à l'extrême pointe gauche de la baie la piscine verte comme une émeraude du Mon- te-Carlo Beach.Jamais la montagne qui élève derrière les deux villes célèbres parmi les lieux de plaisir, l'opposition de son austère beauté, ne s'était parée de nuances aussi riches et chaudes.Jamais le ciel n'avait été plus pur, plus lumineux, sur ce pays de rêve.Et pourtant, pourtant, comme elle s'intéressait peu a tout cela, cette jeune voyageuse qui, chargée d'une valise légère sortait de la gare d'un air préoccupé.oute désemparée, semblait-il, elle héla une voiture et se fit conduire dans un hôtel relativement modeste, à côté des palaces somptueux, mais correct et confortable.Retirée dans sa chambre elle ne songea même pas à dîner.Île semblait en effet pressée de revêtir une robe du soir élégante ; mais très jeune fille de coupe et taillée dans un crêpe blanc qui affinait sa taille menue mais faisant ressortir l'élégance et la perfection de sa silhouette gracile.Bien peu coquette cependant, elle revêtait la jolie toilette sans un regard vers la glace, comme s'il s'agissait d'un uniforme nécessaire, distraitement, et sans hâte.Puis elle coiffa discrètement ses jolis cheveux blonds, posa sur ses épaules une cape blanche, et ayant fait appeler une voiture elle se fit conduire directement au casino.Pendant le court chemin elle demeura fébrile, les mains crispées l\u2019une contre l\u2019autre, les lèvres pâlies par une angoisse qu'elle parvenait mal à dominer.Au moment où la voiture s'arrêta devant l'édifice où s'engloutissent tant de fortunes, où se perd tant d'honneur, où se consacrent tant de ruines, elle porta les mains à son cœur, comme si elle craignait de le sentir se rompre.Mais par un effort de volonté dont on eut cru incapable cette femme, si fragile qu'elle semblait encore une enfant, elle parvint à vaincre la défaillance rapide de tout son être, et, figeant sur ses lèvres un sourire un peu crispé, elle gravit les degrés du temple de la folie.N'ayant jamais fréquenté les casinos, elle pensait entrer directement dans les salles de jeux et elle atteignit la porte du hall avec une assurance relative.Mais là, une surprise pénible l'attendait.Un huissier, galonné comme un général, correct comme un notaire, l'arrêta avec un regard de surprise.\u2014 Pour entrer \u2014 dans les salles, il faut demander une carte au commissariat, Mademoiselle.Il désignait une pièce qui ressemblait à une salle de banque, avec derrière son comptoir circulaire, les visages impassibles des commissaires, au-dessus des plastrons blancs de leurs habits.La jeune voyageuse pénétra dans cette salle d'un pas mal assuré.Elle hésita une minute, puis piqua droit sur celui des commissaires qui, au- dessus de sa cravate blanche, montrait un visage moins rébarbatif que les autres.\u2014 C'est pour une carte, Monsieur, expliqua-t-elle devant sa mine stupéfaite.Je voudrais entrer dans la salle de baccara et on m'a dit qu'il fallait .Il la dévisageait avec une sorte de réprobation.Enfin, il articula : \u2014 Vous m'exuserez, Mademoiselle, si je me permets de vous demander votre age?(Lire la suite page 39) Connaissez-vous bien Hollywood ?TY N 4 Elle ne peut s'asseoir ! C\u2019est en s'appuyant sur des planches capitonnées et inclinées que se reposent les vedettes de l'écran .afin de ne pas froisser leurs jupes.Et pour éviter certains contours révélateurs, les élégantes de Hollywood font comme la plupart des femmes.elles choisissent les serviettes périodiques Kotex ! Grâce à leurs bouts plats et amincis, les Kotex ne trahissent pas leur présence .comme il arrive dans le cas de serviettes à bouts volumineux.On s'évertue à accentuer la sveltesse des vedettes .car l'appareil tend à leur prêter un embonpoint qu\u2019elles ne possèdent pas ! Les dessinatrices font donc usage de plis pour éviter tout soupçon de volume.La Kotex est conçue d\u2019après le même principe.Faite de plis moelleux (avec plus de matériel où il est requis.et moins aux points secondaires de la serviette).La Kotex fait mieux.elle est moins volumineuse.que les serviettes à remplissage libre et taponné ! Ne vous alarmez pas ! Cette ligne d'horizon est une simple toile de fond.le parapet est à trente pouces seulement du plancher du studio ! La sécurité des vedettes est la première considération des producteurs de films.Et votre sécurité est le premier souci des fabricants de Kotex ! Ainsi\u2014pour vous donner une plus grande marge de sûreté \u2014une sorte améliorée de matériel résistant à l\u2019humidité est maintenant placée entre les plis moelleux de toute serviette Kotex.A Hollywood\u2014comme dans votre ville\u2014 les bas se vendent en 3 longueurs différentes.Et Kotex, en 3 dimensions différentes: Junior \u2014 Régulière\u2014 Super ! Vous pouvez donc avoir la dimension qui vous convient exactement ! (Ou bien vous pouvez changer de dimension pour répondre aux besoins de différents jours!) Achetez les trois dimensions de Kotex, ce mois-ci.et Vous connaîtrez un confort véritable ! Pourquoi pas ?Les 3 dimensions se vendent au même bas prix ! \u201cC\u2019est à peine si vous avez conscience de porter la Kotex\u201d Marque déposée ÉPROUVEZ SA NOUVELLE DOUCEUR .ÉPROUVEZ SA NOUVELLE SÛRETÉ .COMPAREZ SES NOUVEAUX EOUTS PLUS PLATS 38 Les Mots Croisés de \u201cLa Revue Populaire\u201d GRANDE SERIE \u2014 No 46 Solution du problème dû mois dernier.10.11.12.13.14.15.16.G D R T SER EJTjU Tot \u20ac F A E H A E HORIZONTALEMENT .Acarien parasite des volailles.\u2014 Pastel des teinturiers qui donne une couleur bleue.\u2014 Chapeau haut de forme, monté gurressorts.\u2014 Protozoaire microscopique des eaux douces et salées.Dieu de la guerre.\u2014 Vêtement de femme, ample et sans manche.\u2014 Arme a feu.\u2014 Mouvement subit avec effort.Colère.\u2014 Se dit d'un jour de fête religieuse ou civile.\u2014 Ferme dans le midi de la France.\u2014 Bout d'une pièce de bois.\u2014 Titre anglais.Démonstratif.\u2014 Os de la cuisse.\u2014 Ancienne mesure de capacité.\u2014 Réa d'une poulie (mar.).\u2014 Sans ornements.Chez les Romains, âmes des morts considérés comme divinités.\u2014 Nom italien de la fièvre paludéenne.\u2014 Empereur romain de 54 à 68.Danger, risque.\u2014 Polythéisme des premiers chrétiens.\u2014 Sorte de balai.Mammifère carnassier de l'Inde.\u2014 Opéra-comique de Massenet.\u2014 Fabuliste grec.\u2014 Navigateur d'origine vénitienne (1451-1498).Manière d'être.\u2014 De faibles dimensions.\u2014 Principe de tout nombre.\u2014 Masse de neige durcie.De peu de valeur.\u2014 Unité de mesure de longueur.\u2014 Débit de boissons.\u2014 Planète.\u2014 Interjection.Préfixe.\u2014 Grêle, mince, menu.\u2014 Petite embarcation non pontée.\u2014 Ce qui demeure d'un tout.\u2014 En les.La plus petite des Cyclades.\u2014 Variété de chien barbet.\u2014 Fleuve de France.Creuser, miner.\u2014 Tache colorée sur un fond de couleur différente.\u2014 Sentier.Exprimer sa peine.\u2014 Chant babillard de quelques oiseaux.\u2014 Formé par l'éducation.\u2014 Ch.-1.de c., arr.de Draguignan.Rivière d'Arménie.\u2014 Ville de Belgique.\u2014 Bois noir, dur et pesant.\u2014 Qui fait preuve de snobisme.A moi.\u2014 Nigaud.\u2014 Roue à gorge.\u2014 Vain, fier.\u2014 Genre de loranthacées.Carte à jouer.\u2014 Garnir en général.\u2014 Genre de mollusques la- mellibranches.\u2014 Instrument qui sert de hache et de marteau.\u2014 T'erminaison.17.Détériorer.\u2014 18.Appartiendrez.\u2014 .2.3 4 5 6 7 8 9 10 1, 12, 13, 4, IS, 16, La Revue POPULAIRE 17, 18, 19, 20, 21, 22 23 © EN, nA wn © \u2014 \u2014 .~ ui +* gi s 17, ia 19.20.21 22.23 Peur, appréhension.\u2014 Extrême blancheur (fig.).Mannequin monté sur un pivot.\u2014 Capitale de la Corée., 19.Mouvement de l'âme qui aspire à la possession d'un bien.\u2014 Plume légère.\u2014 Partie extérieure de la bouche.\u2014 Apres au toucher.20.Nom donné à l'Irlande.\u2014 Séparer, choisir Parmi plusieurs.\u2014 Le même que le quatrième du treize horizontal.\u2014 Fort délié, fort mince.21.Action de lancer.\u2014 Genre d'oléa- cées.\u2014 Terroir où croît une chose.\u2014 Petit ongle pointu derrière le pied du coq.\u2014 Sainte (abr.).22.Toi.\u2014 Amas de brouillard, suspendus dans l'atmosphère.\u2014 Fille de Jupiter et de Latone.\u2014 Fille de Bélus, roi de Tyr.\u2014 Du verbe avoir.23.Puissance physique.\u2014 Fourche à trois dents, emblème de Neptune.\u2014 Apporté en naissant.VERTICALEMENT 1.Linge bénit qui couvre le cou et les épaules du prêtre à la messe.\u2014 Mouvement de croissance des marées.\u2014 Cépage noir cultivé dans la Côte-d'Or.\u2014 Ce qu'on doit.2.Qui n'est pas commun.\u2014 Chaussure contre la boue.\u2014 Fille de Saturne et de Cybèle.\u2014 Suite ininterrompue.3.Volonté.\u2014 Corps simple doué d'un éclat particulier.\u2014 Ville de la Syrie.\u2014 Etre couché.10.11.12.13.14.Premier en son genre.\u2014 Ecrivain et moraliste français né à Bourg (1596-1646).\u2014 Propos.\u2014 Qui appartient à la mer.\u2014 Lac du Soudan.Lieu pour serrer les foins.\u2014 Mélanger.\u2014 Se heurter.\u2014 Fourrure (en anglais).Ville de Lituanie.\u2014 Genre de poissons acanthoptères.\u2014 Ch.-l.de c., arr.de Digne.\u2014 Peur.Elexir composé de cannelle de safran et de muscade.\u2014 Produit par le croisement de races différentes.\u2014 Consacrer au culte.\u2014 Grand filet pour la pêche.Confondre en un.\u2014 Celui qui fait paître des troupeaux.\u2014 Couvrir de pain émietté.\u2014 Se dit des objets disposés cinq par cing.Saison.\u2014 Habitude bizarre.\u2014 Publiciste français né à Dijon.\u2014 Fermentée dans la cuve.Article contracté.\u2014 Argent caché.\u2014 Petit couteau de poche, \u2014 Demander avec instance.\u2014 Ce qui est dû à quelqu'un.Ville d'Italie.\u2014 À l'usage de tous.\u2014 Qui annonce de la gaieté.\u2014 En deçà.Chose exquise.\u2014 Genre de graminées.\u2014 Consacré.\u2014 Trace.piste des bêtes.Sorte de laine d'Espagne.\u2014 Grande masse de pierre.\u2014 Qui ne dure qu'un an.\u2014 D'une seule couleur.Arbre vert.\u2014 Enchaînement.\u2014 Une des îles Shetland.\u2014 Canal 16.17.18.19.20.21.22.23.qui conduit l'eau de la mer dans les marais.\u2014 Pronom.Point où l'on vise.\u2014 Côté d'où descend un cours d'eau.\u2014 Nom do à la région ténébreuse de I *\u2014 Tache sur la peau.Congommer par l'usage.\u2014 Observer.\u2014 Air libre.\u2014 Facteur d'instruments de musique français né à Strasbourg (1752-1831).Autrement.\u2014 Différentes parties d'une -habitation.\u2014 Bref.\u2014 Instrument, ustensile.Donner des éloges.\u2014 Anneaux de cordage.\u2014 Pronom personnel.\u2014 Eau chargée d'acide carbonique.Ch.-l.de c., arr.d'Agen.\u2014 Canal qui conduit l'eau de la mer dans les malais salants.\u2014 Soutirer.\u2014 Au bout de peu de temps.Moi.\u2014 Monnaie d'or de la Perse.\u2014 Ville d'Irlande.\u2014 Action d'égoutter.\u2014 Conjonction.Pronom.\u2014 Inventeur de la dynamite.\u2014 Etendue d'eau peu profonde.\u2014 Prêtre français (1610- 1680.) Eau dans laquelle on se baigne.\u2014 Etoiles qui augmentent subitement d'éclat.\u2014 Débarrasser les étoffes des nœuds.\u2014 Qui se fait avec lenteur.Large sillon \u2014 Maréchal de France.\u2014 Agent de la force publique, en Italie.\u2014 Humeur aqueuse qui sort par les pores de la peau. AoûT 1940 (Suite de la page 37) Stupéfaite de cette question à laquelle elle était loin de s'attendre, elle lança étourdiment : \u2014 Vingt ans, Monsieur ; mais je ne vois pas.Le visage froid se fit plus impénétrable encore.\u2014 Je regrette mille fois, mais je ne puis vous délivrer de carte, Mademoiselle.\u2014 Oh! fit-elle déçue ; mais pourquoi ?\u2014 L'entrée des salles est rigoureusement interdite aux mineures pendant le jeu.Si c'est en simple visiteuse vous pouvez venir un matin entre huit et neuf heures.Toute rouge, elle s'énerva, prête à pleurer de déception.\u2014 Je ne savais pas.Mais vous vous méprenez, Monsieur, je ne viens pas pour jouer.Je voulais seulement parler à une personne qui se trouve dans la salle.\u2014 Impossible tous nos regrets.\u2014 Mais Monsieur, je vous jure que je ne resterai qu'un instant.\u2014 Mademoiselle, il est inutile d'insister.La consigne est inflexible.\u2014 Oh! balbutia la jeune fille désemparée.Quelle malchance! Que vais-je faire ?Elle ne savait plus quelle contenance tenir.L'effort avait été déjà énorme pour sa timidité innocente d'oser venir jusqu'ici et, maintenant, si près du but, il lui fallait renoncer, partir sans avoir obtenu ce qu'elle voulait ! Une buée de larmes ternit son beau regard désolé.t puis, il lui semblait lire dans le regard du commisaire une ironie insultante.Et elle ne savait plus comment partir, sortir de cette salle où tous semblaient la considérer avec suspicion et mépris.Elle fit quelques pas en chancelant.Mais soudain une voix autoritaire et bien connue la cloua sur place.\u2014 Pardon.Il y a ici une erreur absurde.Madame est mariée \u2026 D'un bond elle s'était retournée.Tremblante de stupéfaction elle contemplait Michel droit devant elle, élégant dans son habit noir impeccable.Mais le premier regard qu'elle croisa avec lui éteignit toute sa joie tremblante et folle.Sur le visage de l'écrivain une expression de froideur et presque de colère répondait seule à l'émotion de Jacquemine.Elle balbutia, affolée par cette présence inexplicable.\u2014 Vous.Vous ici?D'un regard froid et autoritaire il l'interrompit et, s'inclinant avec une correction glacée.\u2014 Voulez-vous me permettre d'expliquer la méprise dont vous êtes victime ?Je vous conduirai ensuite où il vous plaira d'aller.Et sans lui accorder un regard plus doux il se tourna vers le commissaire.\u2014 Madame Antoine Raveau désire aller retrouver son mari qui se trouve dans la salle de baccara.Le commissaire s'inclina et son visage exprima que ce nom lui était bien connu.\u2014 Cela change complètement la situation, en effet.Voici votre carte Madame, dit-il en appuyant sur le dernier mot avec un sourire discret.Veuillez l'accepter avec toutes nos excuses.Mais.une telle jeunesse .et la consigne est si sévère, que ne vous ayant jamais vue avec Monsieur Raveau.D'un ton coupant Michel arrêta le flux de paroles obséquieuses.\u2014 Veuillez aussi établir une carte à mon nom, dit-il sèchement en tendant une carte d'identité.Au nom déjà célèbre l'amabilité du commissaire se nuança de respect.Il se hâta de satisfaire le désir de l'écrivain et se perdait encore en excuses et en formules de politesses lorsque Michel, coupant court, prit le bras de Jacquemine pour l'entraîner dehors.Ils se retrouvèrent dans le hall où le va-et-vient des joueurs et une foule élégante les isolaient mieux que la pire solitude, sans avoir encore bien repris le contrôle d'eux-mêmes.\u2014 Vous! Vous ici.répéta Jac- quemine en levant vers lui des yeux qu'éclairaient une insoutenable lumière.Mais elle ne rencontra pas ceux de Michel qui, âprement, presque douloureusement, avec une surprise anxieuse et admirative, enveloppaient sa silhouette si nouvelle pour lui, cette silhouette caressée, enveloppée d'une robe élégante et décolletée, silhouette de femme jeune, jolie, séduisante Jamais il ne l'avait vue ainsi parée, habillée, ou plutôt déshabillée par cette robe du soir liliale.Et elle lui semblait si belle soudain qu'il éprouva une jalousie folle, insensée, plus douloureuse encore que celle qu'il avait ressentie tout à l'heure en la reconnaissant ici, à la porte de cette salle où elle venait retrouver son mari.Car elle venait le retrouver, il ne pouvait y avoir de doute.Eut-il encore voulu espérer le contraire, malgré toute évidence, cela lui eut été interdit par l'attitude de Jacquemine même : elle n'avait pas protesté tout à l'heure lorsqu'il avait affirmé au commissaire qu'elle venait retrouver son mari.Cette pensée, cette certitude renversant soudain tous ses rêves, tous ses espoirs, toute sa confiance envahissaient son être d'une telle tourmente de sentiments qu'il n'en fut pas absolument maître une minute, lui l'homme impassible.\u2014 Sortons ! dit-il violemment bien qu'à voix basse, en la saisissant par le bras pour l'entraîner vers la porte qui donnait sur les jardins.Elle résista un peu, stupéfaite, presque apeurée.\u2014 Mais.mais alors pourquoi demander ces cartes ?D'une voix sourde, rauque, étrange, il murmura : \u2014 J'ai absolument besoin de vous parler, avant tout ! Dans les jardins nous serons seuls, tranquilles.Venez ! Autoritaire comme toujours il I'entraînait.Mais dans ses ordres Jac- quemine ne retrouvait plus la douceur de Kersac, et dans sa voix les caresses qui pendant si longtemps l'avait adoucie pour elle.Frémisante d'émotion et de crainte elle avait l'impression de vivre dans un rêve.Comment Michel se trou- vait-il ici en même temps qu'elle ?Comment savait-il qu'Antoine s'y trouvait aussi et qu'elle venait le retrouver ?Pourquoi surtout avait-il cette attitude glaciale, pleine de rancune et d'accusation.Était-ce de sa fuite de Kersac qu'il lui en voulait si cruellement ?Elle se rendait bien compte qu'elle avait dû le faire souffrir et un élan de remords et de tendresse la pressa soudain un peu plus près de lui.Il sentit contre le sien le frémissement du bras nu sous la cape blanche et son cœur battit plus vite.Mais raidi dans son attitude hostile, il demanda simplement : \u2014 Vous n'aurez pas froid ?La nuit est très douce.La nuit était en effet d\u2019une douceur embaumée et un peu grisante dans les jardins qui descendent devant le casino suspendus en terrasses au- dessus de la Méditerranée.\u2014 Non, balbutia-t-elle, je n'ai pas froid ; mais je suis si émue, si stu- Faites une Croisière sur les GRANDS LACS @ Pour vos vacances, cet été, faites une croisière sur les vastes mers intérieures du Canada\u2014les lacs Huron et Supérieur \u2014 à bord d'un luxueux vapeur du Pacifique Canadien.La cuisine est excellente, les cabines confortables, le service parfait et les amusements variés, C'est une croisière océanique en miniature.° A COMPTER DE $40 ° De Port McNicoll ou Owen Sound à Fort William et retour Le vapeur \u201cManitoba\u201d quitte Port McNicoll et Owen Sound chaque lundi, du 8 juillet au 26 août inclusivement.Ces croisières du \u201cManitoba\u201d sont agréables et variées.Vous naviguez sur les lacs Huron et Supérieur, passez au nord de l'île Manitouline, traversez le canal du Sault-Ste-Marie et atteignez finalement Fort William.Au retour, le vapeur suit la même route.5 JOURS INOUBLIABLES \u2014 À COMPTER DE $50 Croisières circulaires de Port McNicoll à la tête des Lacs et retour Chaque mercredi par le \u201cKEEWATIN\u201d Chaque samedi par l'\u201c\u201cASSINIBOIA\u201d du 15 juin au 11 septembre inclusivement, y compris un jour et demi à Fort William et Port Arthur \u20145 heures au Sault-Ste-Marie Tous renseignements de votre agence de voyages ou du Ayez toujours des chèques de voyageurs des Messageries du Pacifique Canadien.39 40 Tout le mon de VOIT VOS JAMBES ! ENLEVEZ LES POILS SUPERFLUS de cette façon facile et rapide ! Pour être jolies.douces, attrayantes et féminines les jambes ne doivent pas avoir de poils! Conservez le charme\u2019 de vos jambes et de vos bras.Comme des millions de femmes, enlevez les vilains poils superflus \u2014 par la méthode facile de NEET.NEET est la célèbre crème que vous étendez sur les poils superflus.et que vous lavez ensuite à l'eau.C'est tout.NEET enlève les poils rapidement et sans douleur \u2014 laissant votre peau douce comme du satin.Pas de poils coupés Avec NEET, plus de poils coupés qui peuvent briser vos bas, et aucun dan- *ger de vous érafler la peau.Pour por- Wter les nouvelles dé d jupes courtes, il faut NEET vous laisse les plus que jamais des jambes comme du jambes parfaites.Avec ou sans bas.vos jambes paraissent mieux si elles n'ont pas de poils.Procurez-vous NEET aujourd'hui ! En vente dans les pharmacies et les magasins à rayons.Tube d'essai en vente dans les bazars.HATER [A LA II\" AGREABLEMENT PAR péfaite.Je voudrais savoir comment.Ils se trouvaient a ce moment suf- fusamment isolés de tous les autres promeneurs par un massif d'arbustes exotiques.Il s'écarta d\u2019elle vivement, et d'une voix où perçait enfin librement la colère et l'accusation.\u2014 Ah ! Non, ne renversons pas les rôles ! Est-ce à vous de questionner ?N'est-ce pas moi qui suis en droit de vous demander pourquoi vous êtes ici ?Il ne lui laissa pas le temps de répondre et poursuivit, d'une voix âpre et douloureuse.\u2014 D'ailleurs à quoi bon .Est-ce que je ne le sais pas ?Il est aussi inutile pour moi de questionner que pour vous de mentir une fois de plus ! \u2014 Moi ! s'écria-t-elle stupéfaite et indignée.Moi, mentir?Comment pouvez-vous oser.Mais, presque brutalement il posa la main sur son bras.\u2014 T'aisez-vous ! Chacune de vos parole m'est une brûlure ! Plus bas, moins durement, il continua : \u2014Je vous ai crue si sincère, si pure, si loyale .Je vous ai crue, je vous ai plainte quand vous m'avez dit que vous haïssiez cet homme, je n'ai plus songé qu'à vous en délivrer, à conquérir votre bonheur et votre liberté.Sa voix tomba puis se fit plus grave, plus douloureuse pour prononcer lentement comme un reproche.\u2014 Ainsi vous êtes venue le retrouver ?\u2014 Oui, fit-elle d'une voix tremblante : mais.\u2014 Vous êtes venue le retrouver ! Après ce que vous m'avez confié, ce que vous m'avez laissé dire, ce que vous m'avez dit vous-même ! Ah! Vous vous êtes bien jouée de moi, misérable petite coquette .\u2026.\u2014 Moi! fit-elle affolée ; mais je vous jure ! \u2014 Ah! A quoi bon maintenant ! Je ne vous croirai pas, je ne vous croirai plus, jamais, jamais.Tout en vous n'est que mensonge et tromperie.Vous n'êtes comme les autres femmes qu'un petit monstre de duplicité et de fourberie.Un monstre adorable et cruel qui s'est amusé follement à me troubler le cœur, à m\u2019affoler pour mieux me faire souffrir ensuite ! Mais pourquoi, pourquoi, vous moquer ainsi?Vous pensez peut- être le reconquérir, pauvre innocente! Mais avez-vous donc une seconde fortune à lui offrir, pour qu'il consente à vous jouer la comédie de l'amour pendant le temps nécessaire à la dilapider ?Les paroles passaient méprisantes, haineuses sur les lèvres desséchées par la fièvre.Incapable de les retenir, Michel l'était encore plus de les prononcer.T'oute sa rancœur, tous ses désespoirs s\u2019exhalaient invinciblement en un flot presque dément.Atterrée, Jacquemine comprenait bien plus à son manque de mesure qu'aux paroles mêmes qui lui échappaient, combien il était ravagé par le doute.Et ce fut certes bien plus par pitié pour lui que pour se défendre contre ses accusations qu'elle protesta.\u2014 Vous avez cru cela?Vous avez cru cela ?Vous avez pu croire que c'était pour cela que je suis ici ?\u2014 Et pourquoi serait-ce, demanda- t-il haletant en cherchant à lire sur son visage dans l'obscurité qu'argentait le rayon laiteux de la lune.Pour quelle autre raison seriez-vous accourue ici aussitôt que vous y avez connu sa présence ?\u2014 Vous n'en voyez vraiment aucune autre ?demanda-t-elle très douce soudain.\u2014 Que voulez-vous insinuer encore?demanda-t-il encore méfiant mais moins raidi dans sa colère.N'essayez plus de me tromper.Je sais maintenant que ce n'est pas moi que vous aimez.\u2014 Ainsi reprit-elle plus stupéfaite qu'indignée.vous avez pu croire que j'aimais Antoine Raveau ?\u2014 Comment voulez-vous que je puisse croire autre chose?Pour quelle autre raison valable refuse- riez-vous de faire rompre et annuler le mariage illusoire qui vous lie à cet homme dont vous avez eu à souffrir la pire humiliation, après la plus honteuse escroquerie ?Pour quelle raison le poursuivriez-vous jusqu'ici ?Pourquoi fuiriez-vous l'amour d'un homme probe et honnête ?Pourquoi refuseriez-vous de donner aucune explication à cette conduite illogique et contradictoire ?Jacquemine pressa son front d'une main tremblante.\u2014 Oui, oui.Maître Lureau avait raison ; je me suis conduite d\u2019une façon enfantine ! J'ai voulu garder secret le motif que je croyais, que je crois toujours avoir de ne pouvoir m'affranchir de ce mariage odieux.Ja eu tort ! Un frémissement agita Michel.Dans l'ombre il saisit le bras de Jac- quemine, nu sous la cape blanche, et il le serra doucement.\u2014 Jacquemine ?Est-ce bien vrai ?Ne cherchez-vous pas à me leurrer d'un nouveau mensonge ?Ce mariage vous est vraiment odieux ?\u2014 Ah! s'écria-t-elle, il me l'était déjà avant de vous connaître avant de.mais maintenant il m'est devenu insupportable ! \u2014 Oh!.Jacquemine.soupi- ra-t-il apaisé par un nouvel espoir que faisait naître la voix frémissante.Est-ce vraiment pour moi.\u2014 Que je souhaiterais de toutes mes forces en être affranchie ?dit- elle ardente.Oh! Comment pouvez- vous encore en douter ?\u2014 Ma chérie, balbutia-t-il illuminé.C'était donc bien vrai ce que vous m'avez dit & Kersac.que, si vous étiez libre vous consentiriez peut- être un jour à m'aimer, moi et nul autre au monde ?\u2014 Oh! fit-elle douloureuse.Vous avez pu croire que je mentais ! Ces quelques mots étaient pour Michel le plus éloquent des aveux.D'une geste enveloppant et tendre il attira contre lui le buste frissonnant dans l'ombre complice et, enfin, il osa poser sur le front qui se posait sur son épaule, un timide baiser.\u2014 Jacquemine, soupira-t-il.Ma fiancée chérie.Mais déjà ressaisie après ce bref moment d'abandon elle se redressait, le repoussant de ses deux mains tendues.\u2014 Non, non, je n'ai pas le droit ! Je suis la femme d'un autre.Il la retint, avec une tendre autorité et sa voix se fit grondeuse.\u2014 Mon enfant chérie, ces scrupules ne vous sont plus permis.C\u2019est votre fiancé, votre futur mari qui vous les interdit, vous entendez.Maintenant que je sais que vous m'aimez et que cet homme vous fait horreur, rien ne m'empêchera de vous faire rendre votre liberté.\u2014 Et cependant, murmura-t-elle gravement en se redressant si je vous disais que je n'ai pas le droit de la reprendre.si je vous en donnais la preuve ?\u2014 Rien au monde ne peut vous obliger, ma pauvre petite fille, à de meurer liée légalement à cet homme qui est pour vous un étranger, un ennemi.\u2014 Si, fit-elle plus gravement encore : un serment ! Il tressaillit.\u2014 Un serment fait devant la croix sur la tombe de ma mère ! Croyez- vous, Michel, vous, l'homme de toutes les droitures, de tous les devoirs, que je pourrais faillir à un tel engagement ?La Revue POPULAIRE \u2014 Jacquemine, je ne puis comprendre ainsi .expliquez-vous pour l'amour de Dieu ! \u2014 C'est bien, murmura-t-elle.Je vais vous dire la vérité absolue et entière, telle que je me suis refusée à la confier à qui que ce soit : Michel, je vous ai dit que j'avais épousé Antoine Ravaux parce qu'une lettre écrite par maman à son lit de mort me le désignait comme le fiancé désiré par elle pour moi .Cette lettre, pour comprendre mes scrupules et tout au moins les admettre .cette lettre, il faut que vous la lisiez.Venez, venez.Fébrile, elle l'entraînait vers un lampadaire électrique qui, un peu plus loin, éclairait directement un banc placé en face de la Méditerranée murmurante.D'un petit sac en perles, elle sortit un portefeuille et avec mille précautions en tira une lettre dont le papier jauni et les pliures usées disait combien elle avait du être lue, relue et couverte de larmes.Avec quelques difficultés, il en prit connaisance.« Ma bien aimée petite fille, puisque le sort m'arrache à toi si cruellement avant que j'aie pu assurer ton avenir, le préserver de toute embûche, j'ai songé qu'il me restait un dernier devoir à accomplir après t'avoir confiée à l'honnête homme que sera ton tuteur, à la tendre amie qui est ta marraine .Je pense aux années qui viendront et qui feront de toi une femme.Je voudrais, ma fille chérie, que cette femme que je ne connaîtrai pas, soit heureuse ; mais je voudrais surtout qu'elle le fit d'un bonheur qui a été le mien, qui est celui de toute créature de devoir et de tendresse ! Je veux que tu te maries, ma petite Jacquemine.Tu dois me donner cette supréme consolation d'accomplir le vœu que je forme au seuil de la mort.Je tremble à la pensée que tu puisses lier ton destin à un être qui n'en soit pas digne absolument, complètement, car, et c'est ici que j'ai la chose la plus grave à te dire, mon enfant, quel que fut cet homme, quelle que puisse être son indignité, je ne te reconnaîtrais jamais le droit de séparer vos deux destinées ! » Michel s'interrompit car il comprenait soudain que cette phrase contenait l'arrêt de son destin.\u2014 Mais, s'écria-t-il, votre mère ne pouvait pas prévoir, elle ne pouvait pas soupgonner.\u2014 Lisez.dit seulement la jeune fille d'une voix brisée.« D'autres te diront, ma petite fille, que certaines situations autorisent la femme à reprendre tout ou partie de son indépendance, que certaines unions peuvent être brisées, annulées, sans crime.N'oublie jamais que si tu les écoutes, tu iras contre la suprême volonté d'une morte qui est ta mère ! J'ai eu un frère, Jacque- mine, Il a abandonné sa malheureuse jeune femme et son enfant.Mais je suis certaine que si celle-ci n'avait pas à son tour consacré leur désunion en demandant la séparation légale, le malheureux ne serait iamais tombé aussi bas qu'il a roulé.L'idée que son nom était partagé par une innocente l'aurait peut-être retenu, guidé, relevé.Ma fille, souviens-toi que je fais retomber le poids de la déchéance de ce frère si léger sur la conscience de celle qui ayant accepté d'être sa compagne « pour le meilleur et pour le pire» a déserté son poste et au lieu de tendre tous ses efforts à régénérer celui dont la loi et l'Eglise avaient fait son époux, l\u2019a abandonné à son sort, à sa dégradation! Jacquemine, lorsqu'on accepte de partager le nom d'un homme on accepte en même temps un de- Aoûr 1940 voir vis-à-vis de cet homme, de ce nom! Ce devoir veut que tout soit tenté pour sauver l'un et l'autre s'ils sont menacés.«C'est pourquoi ma petite fille chérie, je te dis : réfléchis ! N'accepte pas à la légère ni un homme qui ne t'inspirerait pas toute confiance, ni un nom que tu ne te sentirais pas la force de défendre, de protéger, de garder.Car lorsque tu les auras pris, jamais je ne te reconnaîtrais le droit de t'en défaire ! » \u2014 Mais, reprit encore Michel, angoissé.Votre mère ne pouvait pas prévoir.\u2014 Ma mère avait tout prévu, Michel.Voyez plus loin elle me dit encore : « J'ai fait un rêve pour toi, ma chérie.Après avoir tendrement aimé Suzanne Raveau et avoir trouvé en elle la fidélité de l'amitié, la droiture du cœur et de l'esprit, je pense que son fils, ce petit Antoine élevé par elle dans le culte des mêmes vertus qu'elle pratiqua si bien toute sa jeunesse, serait peut-être un mari digne de ma Jacquemine.Lorsque tu seras en âge de lire cette lettre, si ton cœur n'a pas encore parlé pour un autre, accepte de le connaître, de l'étudier, de chercher à savoir si tu pourrais l'aimer.C'est tout ce que je te demande.Je veux te laisser la liberté entière de ton choix, car ce choix, mon enfant chérie, je veux qu'il soit définitif et sans appel ! Songes- y bien avant d'épouser Antoine ou tout autre.Réfléchis et lorsque tu seras prête à donner ta parole, viens sur ma tombe prendre l'engagement solennel que j'exige de toi : celui de ne jamais rompre de toi- même l'union que tu me demanderas de bénir.» La voix de Jacquemine se brisa sur les derniers mots.\u2014 Une telle lettre ne peut vous engager éternellement, Jacquemine, essaya de protester Michel troublé.\u2014 Mais mon serment ?reprit-elle d'une voix plus ferme.Michel, j'ai réfléchi, j'ai accepté, j'ai juré.Est-ce bien vous qui pouvez me blamer de considérer ce serment comme inviolable ?Instinctivement il releva la tête.Il allait crier avec toute l'indignation de son cœur saignant : \u2014 Non, mas celle qui vous a arraché ce serment homicide ! Cependant, sur les lèvres tremblantes de la jeune fille, dans ses beaux yeux levés vers lui, il lut en tel amour soumis pour celle qui n\u2019était plus, que, par un effort surhumain, il arrêta sur ses lèvres la protestation qui aurait pu blesser cet amour, profaner ce culte.Et dans ce regard il lut en même temps la condamnation de leur bonheur et de tout espoir.\u2014 Jacquemine ! soupira-t-il seulement avec une douleur infinie en laissant tomber dans ses mains son front lourd de déception.Ah! Je souffre trop ma pauvre petite amie pour ne pas compatir à votre souffrance et songer à vous blâmer! Mais tout est-il vraiment perdu?Ne puis-je rien ?Doucement, avec des larmes elle secoua la tête.\u2014 J'ai juré, Michel ! Il courba davantage les épaules sentant ce que ces mots contenaient d\u2019inexorable prononcés par un être de la qualité morale de Jacquemine.Et soudain elle murmura, pleine de reconnaissance.\u2014 Ah! Michel vous n'avez pas trompé ma confiance .Cette lettre que je n'ai voulu lire à personne, le motif de mon obstination à conserver le nom de cet homme, que je n'ai voulu dire à nul être au monde, parce que je redoutais les railleries, les critiques, les blâmes qu'ils susciteraient et que je ne pouvais admettre contre ma mère.ce que ni marraine, ni mon tuteur, ni l'excellente Maître Lureau n'auraient admis, compris .vous, vous cependant qui en êtes la première victime, vous l\u2019acceptez avec une résignation douloureuse ; mais respectueuse ! Michel, je vous remercie de tout mon cœur d'avoir compris que ma résolution était inébranlable et mon serment sacré.I prit en tremblant les mains qu'elle lui tendait, et les serrant loyalement, fraternellement : \u2014 Ah! murmura-t-il avec douleur, que nous soyons au moins unis dans ce sentiment, puisque c'est la seule façon qui nous soit permise .Puis, cédant à une soudaine révolte : \u2014 Mais non, non ! se récria-t-il, il ne se peut pas que tout espoir nous soit interdit ! Il faut que je trouve un moyen de vous libérer sans que vous ayez failli à votre serment.il le faut ! \u2014 Mon pauvre ami, soupira-t-il, comment voulez-vous.A moins que mon mari \u2014 et elle appuyait avec dérision sur ce titre illusoire \u2014 ne prenne lui, l'initiative de demander l'annulation de notre étrange union, un jour.je ne vois vraiment pas ce qui pourrait me délivrer.Et voyant passer sur le visage tendu vers elle un espoir fulgurant, elle protesta en écartant de ses mains tendues une tentation horrible.\u2014 Car je ne veux pas penser à la mort.Michel! Michel!.à quoi songez-vous ?Votre visage me fait peur.Mais soudain la physionomie du jeune écrivain se détendit et une ombre de sourire, encore timide et hésitante, se dessina sur ses lèvres.\u2014 Ne craignez rien, Jacquemine.Je respecte trop notre amour, votre bonheur pour vouloir jamais les tacher de sang! Mais j'ai peut-être trouvé un autre moyen d'écarter ce misérable de votre route.Cependant, il reste encore un point obscur pour moi.Comment se fait-il que je vous ai retrouvée ici, ce soir, allant le joindre au casino ?.\u2014 Vous ne croyez plus que c'était pour le reconquérir parce que je l\u2019aime, Michel?demanda-t-elle très douce.\u2014 Oh! Je vous en supplie, ne me rappelez pas ce doute horrible dont je ne suis qu'à demi responsable \u2014 Et vous me croirez, vous me pardonnerez lorsque vous saurez que c'était pour le sauver ?Un cri sourd échappa à Michel.\u2014 Quoi, lui ?\u2014 Lui, ou tout au moins son honneur, celui de son nom, de sa famille, dont ma mère m'a commandé d'être la fidèle gardienne.\u2014 Mais comment avez-vous su.\u2014 À Paris, j'ai reçu par l'entremise de Maître Lureau auquel je confiai mon adresse chez des religieuses amies.\u2014 Oh! s'exclama Vincent, le trai- tre, il a refusé de me la faire connaître ! \u2014 Il ne faisait qu'exécuter ma consigne, ne lui en voulez pas.J'étais résolue à vous fuir, pour mieux vous fuir moi-même ! Et je voulais que nul ne connut ma retraite.« Mais j'avais prié Maître Lureau de me faire parvenir le courrier qu'il pourrait recevoir.Elle baissa le front et murmura imperceptiblement : \u2014 J'avais pensé que.peut-être, vous m écririez et.\u2014 Ah! fit-il, je n'y ai pas songé.J'ai téléphoné pour tacher de connai- tre votre retraite ; mais il ne m'a rien dit qui puisse me faire soupçonner qu'il connût votre adresse ! Si j'avais su.41 *SACS DE THE ORANGE PEKOE \u2018SALADA * [ls sont si commodes! TROIS REVUES QUI S'IMPOSENT: LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM IL n'existe pas de revues plus canadiennes-françaises.Elles appartiennent, toutes trois à la même famille canadienne - française depuis près de soixante ans.De plus, elles peuvent se comparer avantageusement à un grand nombre de magazines anglo - canadiens, américains ou français.LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM contiennent exactement les feuilletons, les romans, les articles et les chroniques qui plaisent aux nôtres, qui les amusent et les instruisent en même temps.Leur prix est des plus abordables.Ces trois magazines essentiellement canadiens - français DEPUIS cinq ans, LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM ont fait de tels progrès qu'ils en sont devenus méconnaissables.Sans augmenter leur prix, on les a embellis cent pour cent.On en a fait des magazines dignes des Canadiens français.Ils poursuivent, dans un domaine jusqu'ici accaparé par les capitaux anglais et américains, une œuvre vraiment nationale.C\u2019est notre devoir, À NOUS, de faire de beaux magazines, beaux et intéressants; c'est votre devoir, A VOUS, de les acheter et de contribuer à leur diffusion.sont à la portée des bourses les plus modestes.aa DS COUPON D'ABONNEMENT AUX TROIS MAGAZINES Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement ) pour un an d'abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.NOM cee ete.VIE eee eee nes cas Province .coos POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, Canada EEE NN ae ù S 0 % 4 9 9 NN NN 4 NN à 9 0 à 4 NN à 4 4 ms 42 [ UNE FAMILLE \u2018POLIE\"\u2014 5 & Oa AE © x > .© 1 - .> WN Co OÙ \u2019 A » 2 TOUS POUR \u201cNUGGET\u201d Ça prend le \"Nugget\" pour dommer aux chaussures un poll brillant, durable .pour les conserver molles et souples.Servez-vous tous les jours de \"Nugget\".Noir, Bleu et toutes les teintes de Brun.Murine soulage agréablement.Murine enlève complèrement et doucement les particules de poussière, calme et rafraîchit les membranes délicates.Employez Murine après avoir été au vent, après avoir lu, tricoté, etc.URINE; ® Lu Pou YE ux DANS TOUTES LES PHARMACIES FABRICATION CANADIENNE TI MEMBA-SEAL PAU NT RU [A1 (112) ET GÉLÉES ot double\u201d jest Ot ¢ grace ?Le T térieure .3 n.y Re cristatiisati® S ag moderne NDRE 10c Partout Pour échantillon GRATUIT écrivez à MEMBA PECTIN CO.VANCOUVER, B.C.pr ES \u2014 C'est donc par son entremise que j'ai reçu il y a trois jours ce billet.Stupéfait de reconnaître l'écriture de la lettre qu'il avait reçue lui-même, il lut : « Madame Antoine Raveau est informée que son mari est en train de commettre une dernière folie qui peut entraîner le déshonneur de toute sa famille.Ceux qui auraient intérêt à l'arrêter sur cette pente fatale, à le sauver moyennant quelques milliers de francs pourront le retrouver facilement dans les salles de jeux de Monte-Carlo qu'il ne quitte guère pour y risquer sa dernière chance d'échapper à la honte définitive.« UNE AMIE DévouéEe.» Longuement Michel tourna et retourna en tous sens la lettre dont l'aspect le troublait étrangement.Il releva enfin le front vers elle et demanda simplement : \u2014 Alors ?\u2014 Alors, fit-elle avec sa charmante simplicité, j'ai un peu hésité, j'ai beaucoup prié .et puis je suis venue, apportant les dernières bribes de ma fortune afin de tenter de sauver l'honneur du nom qui m'a été confié et de rappeler peut-être à un plus juste sentiment de ses devoirs, ce malheureux qui désespère la vieillesse de ses parents ! \u2014 Après ce qu'il vous a fait ?murmura Michel.Vous avez tenté cela ?Mais n'avez-vous pas compris que c'est une folie inutile, ma pauvre petite ?\u2014 Je ne crois pas, dit-elle avec une force nouvelle, que rien ne soit inutile en ce monde ! \u2014 Et pourtant, vos derniers billets dévorés par ce monstre n'empêcheront pas qu'il continue sa vie dégradée .\u2014 Qui sait?Une main si frêle qu'elle soit peut empêcher une noyade, si elle est tendue au bon moment.\u2014 Vous voulez le sauver et reprendre auprès de lui la vie commune?fit-il, repris d\u2019une soudaine jalousie.Elle secoua les épaules avec véhémence.\u2014 Oh! Cela non, jamais ! Jamais ! Je suis décidée à me retirer d'un monde où je ne puis trouver de bonheur possible tant que celui dont je porte le nom vivra ; mais auparavant j'ai jugé que je devais accomplir tout mon devoir vis-à-vis de ce nom que d'honnêtes gens m'ont confié.Pour cela j'ai décidé de m'assurer tout d'abord si la situation est bien aussi critique que la lettre le dit et s'il ne s'agit pas d'un odieux chantage de ce malheureux pour m'extorquer le peu qu'il m'a laissé.afin de le jouer simplement ! Michel secoua la tête : \u2014 Je ne le pense pas, dit-il calmement.Surprise elle le regarda.\u2014 Parce que, expliqua-t-il, je n'ai pas l'impression que ce soit lui qui vous ait envoyé cette lettre ! \u2014 Pas lui, fit-elle stupéfaite ; mais qui donc alors ?\u2014 Celui ou celle qui m'en a adressé également une à moi, pour m'informer que vous veniez ici rejoindre votre mari.Lisez et comparez les écritures.Toute effarée, Jacquemine lut à son tour le billet anonyme : « Ceux que la bonne entente du jeune ménage Raveau pourraient intéresser n'ont qu'à se rendre à Mon- te-Carlo ou il leur sera facile de voir la belle Jacquemine qui s\u2019est empressée d'aller y retrouver son mari dès qu'elle eut appris qu\u2019il s'y trouvait.sans doute pour tenter de reprendre la conversation là où il l'avait laissée le soir de leur mariage.Un Ami Dévoué.» \u2014 Vous voyez, dit Michel.Tout y est: même papier, même écriture, même style ! \u2014 Voici donc pourquoi vous êtes venu ici, dit-elle.Mais qui, qui donc a pu nous envoyer ces lettres ?\u2014 Evidemment quelqu'un dont le plus cher désir était de me persuader que vous aimiez votre mari et cherchiez à le reconquérir ! Et le plan n'était pas si malhabile, ma foi ! Si je m'étais contenté de vous épier de loin, j'aurais pu me laisser abuser par les apparences en vous retrouvant ici où il se trouve actuellement.\u2014 Oh! Mon Dieu.et vous auriez pu repartir sans vous montrer et j'aurais toujours ignoré tout cela.et vous auriez cru.Mais Michel! Michel!.c\u2019est horrible, abominable ! \u2014 C'est mon avis aussi, dit-il froidement en songeant à la créature perfide qui avait pu utiliser de tels moyens pour tenter de décourager son amour.Aussi, je vous jure bien que, quelle qu'elle soit, je saurai faire payer à la personne qui est l'auteur de ces lettres, les tourments qu'elles m'ont causés et ceux.encore bien plus grands qu'elles auraient pu nous causer ! \u2014 Mais, auparavant, vous avez quelques chose à faire ici, reprit-elle avec douceur.Une tâche à remplir .\u2014 Ici?En vérité, je ne vois pas.\u2014 Vous avez à me remplacer dans la tâche que je m'étais assignée, Michel ! Oui, puisque vous voici, je m'en remets à vous complètement pour élucider ce qu'il y a de vérité dans cette révélation et.si malheureusement elle n'a pas menti, pour traiter avec Antoine Raveau Il releva le front, les yeux lumineux.\u2014 Quoi?Vous voulez bien?.\u2014 Je vous supplie de me rendre ce service ! J'aurais éprouvé la plus grande répugnance à me retrouver en face de lui.Mais je ne pouvais confier le secret de l'honneur d'une famille à personne autre que moi- même.\u2014 Et cependant, murmura-t-il, à moi, vous consentez.Flle eut un cri irrésistible : \u2014 Vous et moi.mais c'est la méme chose, Michel! \u2014 Ah ! s'écria-t-il.Maintenant, la vie peut venir avec son cortège de douleurs et d'épreuves.Vous venez de me rendre le plus heureux des hommes, Jacquemine ! Doucement dans l'ombre et la solitude propices il s\u2019était laissé glisser à genoux devant elle.Et tandis qu\u2019il couvrait ses petites mains de baisers, il sembla à Jacquemine sentir rouler sur elles une larme de bonheur.Doucement elle releva vers lui son visage bouleversé d'une joie surhumaine.\u2014 Et cependant, ami.soupira-t-elle.Mais il se redressait plein d'exaltation et de force.\u2014 Non, non.ne me dites pas ue notre bonheur est condamné.aintenant, vous m'avez donné la force de le conquérir.Oui, j'irai trouver cet homme, jagouemine, je lui parlerai, et quand il saura quel ange de bonté et de dévouement vous êtes, il est impossible qu'il ne se sente pas touché.Timidement elle insista : \u2014 Vous voulez bien faire une rapide enquête pour savoir exactement si la lettre n\u2019a pas menti et si sa situation est aussi désespérée qu'elle le dit ?\u2014 Je vous le promets.mon pauvre La Revue POPULAIRE \u2014 Et.si cela est, vous vous chargerez de lui remettre ceci.peu de chose en réalité ; mais c'est toute ma fortune.\u2014 Je lui remettrai le double, le triple, si cela est nécessaire pour que le nom que vous portez légalement soit préservé de toute tache, je vous en donne ma parole d'honneur.Je vais simplement vous demander une chose.Voulez-vous me permettre de lui communiquer les deux lettres que vous m'avez laissé lire ce soir?\u2014 Mais .fit-elle hésitante.Pourquoi ?\u2014 Parce que ce sont les meilleures armes, me semble-t-il qui puissent me permettre de combattre et de vaincre.car vous souhaitez, n'est-ce pas, Jacquemine, que votre sacrifice porte ses fruits, que son exemple serve au moins à guérir ce malheureux égaré, à le ramener dans une voie plus normale ?\u2014 Oui, vous l'avez compris ; mais, la lettre de ma mère \u2026.\u2014 Jacquemine, je vous promets de ne la lui donner à lire que si j'en vois la nécessité absolue.Voulez-vous vous fier à moi ?\u2014 Ah! Entièrement et de grand cœur.\u2014 Maintenant, ma petite fille, dit- il tendrement, vous allez rentrer bien sagement à votre hôtel, pendant que je vais m'occuper de mériter cette confiance ! Chapitre II \\//INCENT était entré dans les salles de jeu.Ce fut dans celle de baccara qu'il trouva celui qu'il cherchait.Ne le connaissant pas, il avait demandé à un groom de le lui montrer et une brève conversation avec ce dernier avait achevé de l'édifier au sujet de la lettre anonyme reçue par Jacquemine.Loin d'être acculé comme le prétendait cette lettre, Antoine Raveau, au dire de cet homme qui le voyait ici tous les soirs, était dans une passe de chance incroyable et gagnait largement depuis quelques jours.La lettre avait donc menti, cela, dans le seul but d'attirer ici la malheureuse Jacquemine pour mieux la perdre aux yeux de Michel ! Et maintenant celui-ci était certain qu'elle venait de Josette, la jalouse perfide qui lui avait envoyé à lui-même celle qui lui devait à jamais les séparer ! Cependant, bien que convaincu par cette rapide enquête qu'Antoine Ra- veau n'avait nul besoin des quelques milliers de francs généreusement gf- ferts par Jacquemine, Michel ne s'en allait pas ! Debout derrière les joueurs, faisant semblant de s'intéresser à la partie, il détaillait de son regard perspicace et durci, la physionomie de celui auquel Jacquemine se trouvait liée pour toujours.Jeune, élégant, il eut pu être assez joli garçon si sa hideuse passion n'avait posé sur ses traits ses stigmates ineffaçables.Flétri avant l'âge, les paupières boursoufflées, le teint plombé par les nuits de veille, il avait un regard fixe, presque hagard pour suivre le jeu, des mains qui semblaient déjà celles d\u2019un vieillard, agitées d\u2019un tremblement nerveux quand elles poussaient les jetons qui représentaient ses espoirs, sur le maudit tapis vert.Son visage, assez fin, était tiré par des tics nerveux, ses lèvres crispées par un rictus perpétuel.Tout son être sans jeunesse et sans énergie disait la veule paresse insouciante et soumise aux hasards déprimants d'une chance incertaine.Certes, ce visage, ce corps marqués du sceau indélibile d'un vice immonde ne faisaient que répéter à un exemplaire de plus l'éternel visage AoûT 1940 du joueur, ce visage multiple et cependant unique, rencontré autour de toutes les tables de jeux.Même ici, contre ce tapis vert, on pouvait en voir le reflet sur dix autres visages .c'était celui des êtres qui ont fait du hasard un dieu, de la paresse un culte, de la déchéance une habitude ! Mais pour Michel, il était significatif, écœurant, révoltant, lorsqu'il songeait à la jeune innocence de Jac- quemine, si pure, si fraîche, si énergique et loyale, confiée à cet être avili ! Longuement, cependant, malgré l'é- cœurement qu'il en ressentait, il le regarda jouer.e sort soudain avait tourné.Maintenant Antoine Raveau perdait, et sur son front soudain vieilli s'inscrivait la ride de rage impuissante qui marque les visages de ceux que la chance abandonne.Aprement, Michel le regardait toujours, perdre, s'énerver, trembler davantage, s'affoler sous son impassibilité de commande, prendre le visage anxieux, verdâtre, malade des joueurs malchanceux.La «veine» ce soir était contre lui et Michel s'en félicita.Ebranlé par un rude assaut peut-être serait- il plus facilement maniable, accessible à une pitié humaine.ou à un calcul bestial ! Qu'importait le mobile pourvu qu'il cédât, qu'il accordât ce que l'écrivain était résolu à obtenir de lui : la liberté de Jacquemine ! Impassible il vit le jeune homme perdre jusqu'à son dernier jeton, hésiter, puis se décider à en demander d'autres au changeur contre des billets de banque qu'il tira d'un portefeuille encore bien gonflé, les risquer, les perdre encore.Ce fut le moment que choisit Michel pour lui toucher doucement l'épaule.Il se retourna d'un bond, comme si on l'eut dérangé au milieu d'un rêve et, le visage durci devant cet inconnu : \u2014 Que me voulez-vous ?\u2014 Un instant d'entretien, dit calmement Michel.\u2014 Le moment est mal choisi, fit l'autre impatienté et les yeux déjà attirés par le tapis vert.Mais sans se démonter et avec sa hauteur souveraine qui si facilement imposait sa volonté aux autres, il insista : \u2014 Pardonnez-moi, je crois l'avoir arfaitement choisi, au contraire.oute la soirée j'ai attendu, ne voulant pas suspendre la bonne passe dans laquelle vous étiez.Maintenant je crois que je puis, sans inconvénient pour vous, déranger votre partie.La veine est passée.Vous ne gagnerez plus ce soir ! Cette façon de parler l'argot des joueurs inspira quelque sympathie au jeune homme pour cet inconnu.Il eut un soupir de regrets, un haussement d'épaules et se levant avec nonchalance, il jeta d\u2019un ton ironique : \u2014 Après tout, vous avez raison.Cela m'a l'air mal engagé! Vous êtes donc mon bon génie qui venez m'arracher à la série noire, Monsieur ?Impressionné par l'élégance aristocratique de son interlocuteur, il s\u2019inclinait d'un air interrogatif.Michel se présenta non sans hauteur : \u2014 Ah! s'écria le mari de Jacque- mine enchanté.J'ai lu beaucoup de vos livres, Monsieur.J'admire profondément votre talent et je suis infiniment heureux du hasard qui me procure l'honneur de vous connaître! D'un geste instinctif il tendait à demi la main.Mais il vit que Michel Vincent ne semblait pas apercevoir ce geste et, un peu gêné, il enfouit cette main inutile dans une de ses poches, d'un geste qui voulait être désinvolte.\u2014 Ne remerciez pas le hasard, dit froidement Michel.Vous ne lui êtes pas redevable de cette rencontre.J'ai fait huit cents milles exprès pour avoir avec vous un entretien sérieux.Stupéfait le jeune homme le regardait.Üne ombre de crainte passa sur son visage fané ; mais il voulut cacher, sous une attitude pleine de désinvolture, l'espèce de méfiance qui germait en lui.\u2014 Mais, mon cher maître, fit-il un peu narquois, l'honneur n'en est que plus grand pour moi, bien que ce lieu ne me semble pas très propice à un entretien de ce genre.D'un pas rapide Michel l'entraînait vers un petit salon presque désert.\u2014 C'est cependant celui qui me convient, dit-il froidement.Désemparé ; mais cherchant encore à adopter une allure paisible, l\u2019autre se laissa à son tour, tomber dans un profond fauteuil de cuir.\u2014 Soit ! fit-il en croisant les jambes, parlez donc, je vous écoute .il s'agit ?Lentement, Michel laissa tomber : \u2014 Il s'agit de Mademoiselle Ber- nier, votre femme.Il le vit tressaillir, puis, reprenant la maîtrise de ses nerfs, lever vers lui un regard interrogateur, attentif.Certes, ce haut-le-corps, le romancier l\u2019attendait ; mais ce qu'il n'attendait pas ce fut, la première surprise calmée, le sourire ironique et l'espèce de raillerie qui ponctua sa réponse.\u2014 Ah! Oui.Ah! Bon! Parfait.Puis, soudain souverainement goguenard, les mains dans les poches.une cigarette aux lèvres : \u2014 Mais .pardon ! S'il s'agit bien de ma femme, veuillez dire je vous prie : Madame Antoine Raveau.\u2014 Je dis Mademoiselle Bernier, reprit Michel avec une assurance inébranlable.Vous savez que ce nom est le seul que réellement elle peut porter.C'est pourquoi je suis venu m\u2019entendre avec vous au sujet des .mesures a adopter pour le lui rendre.Le même ricanement sardonique secoua les épaules du joueur.\u2014 Vraiment ?Autrement dit vous voulez que je prenne une séparation?Impassible, il rectifia : \u2014 Que vous demandiez non pas le divorce ; mais l'annulation pure et simple d'un mariage rendu non valable par votre conduite même.\u2014 Rien que ça?L'annulation ! Amusant !!! Mais pourquoi ne l'a- t-elle pas demandé elle-même, puis- qu'elle a tous les motifs, alors que moi, je dois convenir galamment n'en avoir aucun.Michel commençait à trouver cette attitude étrange.Il pressentait dans cette résistance une manceuvre obscure, un chantage exaspérant.Il brusqua les choses.\u2014 Je n'ai aucune explication de ce genre à vous donner, pour le moment du moins.Admettez qu'il ne lui plaise pas pour un motif tout moral, de se poser en demanderesse .\u2014 Et.elle compte sur moi pour le faire ?\u2014 Non pas elle.mais des amis qui connaissent très exactement la situation ont jugé que vous ne pouviez refuser ce service à une jeune fille envers laquelle vous n'avez aucun grief, comme vous venez de le reconnaître loyalement ! Toujours goguenard, il ricana : \u2014 Mais, lui rendais-je réellement un service en plaidant contre elle ?\u2014 En lui rendant une liberté qu'elle ne se reconnait pas le droit de reprendre par excès de scrupule.en lui permettant de disposer à sa guise d'une existence que vous n'avez pas voulu lier à la vôtre.vous lui per- (Lire la suite page 47) Le sourire est plus séduisant - lorsque les gencives sont traitées a l'Iipana Contre le saignement des gencives, pour raffermir les gencives et les dents, adoptez IPANA ET LE MASSAGE N JOLI SOURIRE est un des plus précieux attraits de la personnalité.Mais le sourire manque d\u2019éclat, les dents deviennent ternes \u2014 lorsque les gencives sont tendres et sensibles, Et elles s'amollissent davantage à cause des aliments peu solides que l\u2019on mange aujourd'hui, à moins que vous ne leur donniez vous-même l'exercice nécessaire, C\u2019est alors que vous risquez de voir cette dangereuse nuance rosée sur votre brosse à dents.C\u2019est pourquoi les dentistes modernes recommandent si souvent la méthode saine de la Pâte Dentifrice Ipana et du massage.En effet, Ipana est destinée non seulement à nettoyer parfaitement les dents mais, avec le massage des gencives ( avec le doigt ou la brosse), chaque fois que vous nettoyez vos DENTIFRICE dents, à activer la circulation, à conserver la fermeté et la santé des gencives.Essayez vous-même la Pâte Dentifrice Ipana.En vous servant d'Ipana et du massage, vous aurez des dents plus blanches, un sourire plus séduisant.Achetez chez votre pharmacien un tube économique d'Ipara, dès aujourd\u2019hui, Un essai démontre que I'lpana est plus rafraîchissante ! Vous ressentez vraiment le repos qu'apporte l\u2019Ipana \u2014 son action stimulante sur les gencives lorsque la circulation est activée.Essayez-la \u2014 et voyez comme l'Ipana est plus saine et plus rafraichissante ! PÂTE 44 AEE CrEME GLACEE au CAFE PRALINEE 2 tasses de lait 1 tasse de créme non fouettée Va tasse de café moulu 2 cuillerées à thé de gélatine 1 tasse de sucre 1 cuillerée à table de forine 1 tasse de crème pour fouetter 2 œufs 1 cuillerée à table de vanille Ebouillanter le café avec le lait, laisser reposer 15 heure et couler.Battre dans un bol le sucre, les jaunes d'œufs et la farine, y ajouter l'infusion de café et 1 tasse de crème, cuire au bain-marie jusqu'à épaississement.Ajouter gélatine gonflée dans 2 cuillerées à table d'eau froide.Refroidir et faire prendre dans le tiroir du réfrigérateur.Battre avec le moussoir, y ajouter les blancs battus et l'autre tasse de crème également fouettée ; aromatiser.Remettre au réfrigérateur pour glacer.Quand le mélange est assez ferme, mouler et laisser glacer ferme.Démouler et passer dans du pralin.Frurrs FrapPÉs 1 pamplemousse 3 oranges Le jus d'un citron Extraire le jus d'un pamplemousse et des oranges et faire congeler soit dehors à une température en bas de zéro ou au réfrigérateur.Il faut agiter le mélange très souvent pendant la congélation pour l'empêcher de prendre en glace.Servir en coupes avec des morceaux d'oranges et garnir de cresson ou de feuilles de menthe.SALADE INDIVIDUELLE Tailler des tranches de pain de 14 de pouce d'épaisseur de formes fantaisistes et variées.Beurrer une tranche et la couvrir de poulet bien assaisonné.Recouvrir d'une autre tranche et la garnir de jambon ou de langue froide.Placer une 3e et 4e tranche beurrée et garnir l'une de céleri finement haché et l'autre de tomates, le tout bien assaisonné.Bien presser les 4 tranches.Recouvrir le tout comme on ferait avec des petits gâteaux, de fromage à la crème battu et d'arachides rapées (peanuts).Déposer sur feuilles de laitue et garnie de mayonnaise, d'olives farcies, etc.Ces petites salades peuvent se conserver au frais bien couvertes.CRÈME GLACÉE À L'ORANGE 2 tasses de jus et pulpe d'oranges 1 cuillerée à table de zeste Le jus d'un citron 2 œufs 1 tasse de sucre 1 chopine de crème à fovetter Faire chauffer le jus et la pulpe des fruits avec le sucre, ajouter les > PAR MME ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciaie et de l'Institut Ménager de la REVUE POPULAIRE et du SAMEDI jaunes d'œufs et laisser cuire jusqu'à épaississement, Congeler dans un réfrigérateur ou dans une sorbetière.Quand tout est pris à consistance de mousse, ajouter la crème fouettée plutôt légèrement et faire congeler jusqu'à ce que bien ferme.Servir avec une cuiller de forme ronde et couvrir de sauce au chocolat.SAUCE AU CHOCOLAT 1 tasse de sucre Va tasse d'eau 1 carré chocolat Va de cuillerée à thé de crème de tartre V2 cuillerée à thé de vanille 1 pincée de sel Faire bouillir le sucre, l'eau et crème de tartre, 5 minutes.Fondre le chocolat à la vapeur et verser le sirop dessus.Aromatiser, refroidir et en couvrir la crème.CockTAIL CRÉOLE FrapPÉ 3 tasses de jus de tomates 1 petit oignon 1 feville de laurier Quelques feuilles de céleri 2 cuillerées à table de sauce Chili 2 cuillerées à thé de sauce anglaise 1 cuillerée à thé de raifort Le jus de 1 citron 1 cuillerée à table de sucre, sel et poivre au goût Mêler tous les ingrédients au jus de tomates, et laisser mariner quelques heures.Couler et faire congeler comme un sorbet, ie.déposer dans un tiroir du réfrigérateur et brasser toutes les 10 minutes, ou dans une sorbetière, ou bien placer simplement au froid et agiter durant la congélation.Servir garni de cresson et de tranches d'olives farcies.SORBET AU CITRON 1 pinte d'eau 2 tasses de sucre 3% de tasse de jus de citron Faire bouillir eau et sucre 5 minutes.Ajouter le jus de citron.Couler, refroidir et faire congeler.Sitôt que les bords commencent à prendre, agiter avec une fourchette pour éviter que cela prenne en glace.SALADE SUPRÊME 6 tomates moyennes Va tasse de céleri V2 tasse de pois verts SALADE MEXICAINE 1 tasse de céleri 1 tasse de pois verts 1 petite branche d'échalote finement hachée Va botte d'asperges V2 tasse de piment vert Couper tous les légumes en dés, assaisonner avec de la bonne mayonnaise.Déposer dans des feuilles de laitue bien croquantes et placer sur le dessus en garniture, des 7 tomates joliment découpées et garnies de boulettes de fromage à la crème.LA Revue POPULAIRE 1 concombre taillé en petits cubes œufs cuits durs Vider les tomates et les bien égoutter.Les farcir avec les légumes ci- haut mentionnés bien assaisonnés de mayonnaise.Les parer joliment avec des filets de blancs d'œufs et servir sur une belle feuille de laitue.PorrES À LA MAURESQUE Faire cuire des poires séparées en deux dans un sirop vanillé, les dresser dans un plat, et faire cuire de même des demi-bananes.Séparer les poires avec les bananes, couvrir d\u2019une sauce au chocolat.Garnir de crème fouettée et de pralin.SAUCE AU CHOCOLAT 1 carré de chocolat non sucré 14 tasse de sucre 2 cuillerées à table de beurre 2 cuillerées à table de sirop de mals Va tasse d'eau bouillante Quelques grains de sel Ve de cuillerée à thé de cannelle Fondre le chocolat à la vapeur ; ajouter le sucre, le sirop de maïs puis l\u2019eau bouillante.Laisser cuire 5 mi- minutes.Ajouter le beurre et battre, Refroidir un peu avant de verser sur les fruits.Sirop VANILLÉ 2 tasses de sucre 2 tasses d'eau 1 cuillerée à thé de vanille Fondre le sucre ; monter au point d'ébullition, et y faire cuire les poires, puis les bananes.PuncH CARDINAL 3 tasses de jus d'orange 1 tasse de jus de citron 1 tasse de jus d'ananos 1 tasse de sirop de framboise 1 tasse de sucre 2 tasses de thé noir 1 pinte d'eau gazeuse Faire une forte infusion de thé noir en versant 3 tasses d'eau bouillante sur 15 tasse de feuilles de thé.Laisser reposer 5 minutes.Couler et verser sur le sucre.Ajouter tous les autres ingrédients et laisser macérer environ 1 heure.Si l'on a un bol à punch, on peut verser le tout sur un bloc de glace et y ajouter des tranches d'oranges et.de citron.Juste au moment de servir, ajouter l'eau gazeuse.Si l'on sert dans des verres, on pourra déposer dans chaque verre un cube de glace dans lequel on aura fait geler une cerise.Servir très froid. \"INDUSTRIE canadienne du homard fait face à une situation critique par suite de la perte de débouchés d'outre-mer du fait de la guerre.Le Canada a pris des mesures pour tenir le coup.mais nous avons besoin de votre secours.Tout achat de homard canadien en conserve aidera à surmonter les difficultés de l'industrie en temps de guerre.un service au pays et un régal pour la table! Le homard est à la portée de toutes les familles.Proposez-vous maintenant d'en servir à votre famille au moins une fois par semaine.Ne manquez pas d'en acheter au moins une boîte chaque fois que vous faites vos achats de provisions.Si toute ménagère achetait maintenant au moins une boîte de homard .ce serait un grand pas de fait pour saveur cette importante industrie canadienne.Ménagères canadiennes\u2014nous avons besoin de gf votre secours! Nous savons que nous ne serons pas désappointés.Mosdames : Demandez la brochure gratuite.Le Ministère des Pêcheries ._ _ ~ a préparé une nouvelle ee, el Te \u2026 brochure intitulée: \u2018\u2019Le si .ol te e / homard Recettes écono- se Te Te / miques\u201d.Faites aujour- Su ee Tee / d'hui la demande de ~ veu Te, ee / votre exemplaire gratuit see .sue, Te 4 bomand a Besoin de: Jupp 46 50 RTS ry ©\" Rens Teng LES ETinyg gp hi ARTISANS DU QUEBEC par JEAN-MARIE GAUVREAU, directeur de l'Ecole du Meuble Le livre attendu du M.Jean-Marie Gauvreau sur les artisans du Québec vient de paraître.Il est magnifique.Un texte solide et d'une lecture agréable.De très belles photos et à profusion.Bref, un livre de grand luxe pour le prix d'une édition courante.Un n'a jamais vendu chez nous un livre aussi riche pour la modique somme d'un dollar.Si nous en parlons tout particulièrement dans La Revue Populaire.c'est que nous aimerions que tous nos lecteurs et lectrices lisent ce livre.Artisans du Québec.$1.00.est en vente dans toutes les bonnes L'ARSENAL DE LA RUE CRAIG.A MONTREAL Cet arsenal fut construit en 1885.Des travaux de restauration s'imposant le ministére fédéral des Travaux Publics décida d'en reconstruire la façade.L'entreprise fut confiée à M.Antoine Monette et le plan fut établi chez MM.G.-A.Monette, Antoine Monette et Marcel Parizeau, architectes.MM.Antoine Monette et Marcel Parizeau sont tous deux anciens élèves de l'Ecole Polytechnique de Montréal et de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris.Tous les matériaux de cette façade sont de provenance canadienne.Le parement extérieur est en granit de la Rivière-à-Pierre (granit éclaté et granit av petit pic pour encadrements, corniche et base}.Maquette d'Emile Brunet, sculpteur, aux armes canadiennes (20° x 24°) et, sur chacune des trois portes d'acier émail cuit, un écusson de bronze (maquettes d'Emile Brunet) aux armes de l'Artillerie Royale Canadienne, de la Province de Québec et du Régiment de Maisonneuve.La corniche, d'inscription toscane, o une saillie de 4'O\"*.Photo La Revue Populaire LA REvuE POPULAIRE ARTS & LETTRES librairies.Le livre a été édité par le Bien Public, des \"Trois-Rivières.Si vous ne pouvez le trouver dans votre localité, nous nous ferons un plaisir de comm niquer votre commande à qui de droit.Envoyez tout simplement un dollar ($1) au Directeur de La Revue Populaire, 975, rue de Bullion, Montréal, et vous recevrez aussitôt votre exemplaire par la poste.GRAMMAIRE ET LINGUISTIQUE par M.CHARLES Bruneau, de la Sorbonne La Société Radio-Canada, répondant aux vœux et aux instances de ses auditeurs, vient de publier aux Editions Bernard Valiquette, Grammaire et Linguistique, comprenant les causeries prononcées aux postes du réseau français par M.Charles Bru- neau, de la Sorbonne.M.Bruneau dans ses causeries s\u2019est tout d'abord demandé quelle était exactement la qualité du français que nous parlions normalement.Il a décrit ce qui avait frappé son oreille, c'est-à-dire notre façon d'articuler.Puis, passant à la lexicologie et à la syntaxe, il tient à nous rassurer Car ces études présentées comme il convient n'ont rien de rebutant.En vérité, il nous fait pénêtrer d'une façon très agréable dans le domaine de la grammaire, dans les études de l'article, du nom, du pronom, du verbe, de l'adverbe, du subjonctif, du participe, de la préposition, etc.Il termine en parlant de la clarté française.Toutes ces questions de grammaire, comme il l'a dit lui-même, ont « leur charme, un charme austère, mais qui n'en est pas moins un charme ».Ajoutons qu'un art enveloppe la prose pittoresque et savante à la fois de l'éminent conférencier de Radio-Canada.« Savoir écrire, savoir employer le terme juste, connaître la règle des accords, voilà ce qui dans la formation du style, \u2014 ou de l'écriture tout simplement.confine à la fois à la science et à l'art.Et cette science et cet art ont chez nous.leurs adeptes enthousiastes, de pieux fidèles, parfois de redoutables défenseurs.Aussi y a-t-il lieu de croire que l'ouvrage de M.Bruneau sera très favorablement accueilli.Il enrichira la bibliothèque de l'étudiant comme celle de l'homme de culture qui croit à la valeur génératrice des lettres, à la discipline du langage, à la vertu de l'expression propre.» L.H.Grammaire et Linguistique, par M.Charles Bruneau, se trouve en vente aux Editions Bernard Valiquette, 1534, rue Saint-Denis, Montréal, et dans toutes les bonnes librairies, au prix de 75¢ l'exemplaire.LE SAULT DU GOUFFRE par MAXINE 1940 René Josselin est à la recherche d'un vieux document légué, jadis, par son ancêtre à un pieux missionnaire du pays des Iroquois.Le 27 mai 1939, René Josselin se rend à Calgary, en Alberta, où les Indiens donnent une grande fête en l'honneur du passage de nos gracieux souverains.À cette fête sont présents les principaux chefs.Et c'est en interrogeant les plus vieux que Josselin fini par découvrir la trace du fameux document lequel est un vieux manuscrit relatant l'histoire de Clément Josselin venu avec M.de Maisonneuve, en 1653, et qui.mais lisez le livre de Maxine, vous ne perdrez pas votre temps.L'auteur a le don de nous faire aimer les choses de notre histoire, car il peint si bien ses images historiques que jamais la fiction n'en atténue les couleurs.Le Sault du Gouffre est artistiquement illustré par Louis Archambault.La typographie et l'impression de ce livre sont dignes des Éditions Beauchemin.Editions Beauchemin, Montréal.ATT 7 f \u20ac AoûT 1940 (Suite de la page 43) mettrez d'être heureuse et vous n'avez nul motif de souhaiter le contraire ?Michel Vincent, en prononçant ces paroles, fixait sur le jeune homme un regard scrutateur.On eut dit qu'il voulait aller chercher dans cette pauvre âme le secret de sa véritable nature et peser ce qu'on pouvait encore en attendre de bien et de bon.Mais il ne vit qu'une raillerie sceptique luire dans le regard qui se levait vers lui.\u2014 Si je vous comprends bien, ma femme aurait des raisons de désirer cette liberté .sans doute pour l'aliéner à nouveau ?Et elle ne veut pas la reprendre d'elle-même, alors elle a compté sur moi pour la lui rendre ?\u2014 Exactement, dit Michel avec force.Un instant le silence pesa sur eux.Puis d'un ton sec, agressif, le jeune homme déclara après avoir secoué sa cigarette : \u2014 Ma foi, ce n'est pas mal imaginé.Il n'y a qu'un seul empéchement a ce petit programme, c'est que, a moi non plus il ne plait pas de me poser en demandeur ! Vincent tressaillit malgré son empire sur lui-même.\u2014 Vous refusez ?\u2014 Energiquement, fit l'autre en se levant.Posément alors, le romancier reprit : \u2014 J'ai du mal à me faire comprendre ; vous pensez bien qu'en échange de votre attitude qui rendrait service à.\u2014 À ma femme et à vous, si je ne me trompe ! acheva-t-il sarcastique.Mais Michel Vincent ne se laissait pas désarmer aussi facilement.Avec son flegme hautain il reprit, les yeux toujours fixés sur le visage de son interlocuteur : \u2014 En effet, à votre femme et à moi.nous vous consentirions des avantages pratiques.Mais d'un mouvement de révolte Antoine Raveau se leva, pâli.\u2014 Oh ! fit-il blessé, je ne suis pas à vendre.ni ma femme à acheter! Il fixait sur Michel un regard indigné, plein de provocation.Mais cette attitude bien loin de décourager l'écrivain sembla le soulager.Brusquement il laissa tomber de ses traits le masque de dédain qu'il y tenait accroché jusqu'ici et, tendant la main au jeune homme.\u2014 Je suis heureux de constater que Jacquemine avait raison, dit-il.Vous êtes un honnête homme ! Excusez- moi, Monsieur.Cette attitude sembla pétrifier d'étonnement Antoine.Il regarda un in- tant sans oser y toucher cette main qui se tendait, loyale.Enfin, dominé par la personnalité du romancier i baissa le front et murmura stupé- ait : \u2014 Jacquemine vous a dit que j'étais un honnête homme ?\u2014 Oui, reprit-il avec force.Malgré.certaines circonstances qui ont conduit tant de gens à vous mépriser, elle persiste à le croire, et je viens d'éprouver qu'elle ne se trompe pas ! Sans répondre il tenait le front bas, songeant peut-être à ce soir où, en quelques instants, il avait dépouillé l'innocente créature qui s'était confiée à lui.Profitant de cet instant, Michel reprit doucement.Soudain, relevant la tête, le jeune homme prit cette main qu'on lui tendait et, la serrant : \u2014 Merci ! dit-il simplement.Mais Vincent ne s'y trompait pas.Cette poignée de main c'était celle qu'échangent avant la lutte deux ennemis loyaux.Dans le regard éclairci; mais aussi, affermi de son rival il venait de lire la résolution de se battre.Cependant l'honnêteté réveillée dans un sursaut chez le malheureux dévoyé lui semblait réceler une ressource suprême.Il tenta d'y avoir recours.\u2014 Vous ne voudrez pas répondre à cette confiance que Jacquemine garde en la décevant, n'est-ce pas ?dit-il d'un ton adouci.Mais, brusquement l'autre retira sa main, la passa sur son front.\u2014 Je viens de me laisser attendrir comme un gamin et vous voulez déjà en profiter! Mais c'est inutile.Ni par pitié, ni par intérêt, ni par .faiblesse, je ne céderai.Ma décision est prise.Qu'elle fasse ce qu'elle voudra, qu'elle profite des avantages que mon attitude a pu lui laisser jusqu'ici si tel est son désir ; mais personnellement je ne ferai rien pour que Madame Raveau redevienne Jac- quemine Bernier, avant de prendre un autre nom.Ils échangèrent un regard de défi.\u2014 Vous dites « jusqu'ici» remarqua Michel pris d'une crainte soudaine.Avez-vous donc l'intention de changer d'attitude à son égard ?\u2014 Peut-être ! fit-il avec un regard de provocation.C'est mon droit et jajouterai méme que.ce serait mon devoir ! La colère à cette menace agita la voix de Vincent : \u2014 Un tel devoir aussi tardivement compris deviendrait une mauvaise action! Ne vous trompez pas.Si vous refusez de fui rendre la liberté que je sollicite pour elle, Jacquemine est résolue à vivre à l'écart de tout et de tous, retirée en quelque communauté.\u2014 Mon autorité maritale peut s'y opposer ! \u2014 Mais dans quel but le feriez- vous ?Que vous importe ce que peut faire l'innocente créature dont vous avez volontairement repoussé et ignoré l'existence depuis plus d'un an.\u2014 Admettez que j'y prenne intérêt soudain ?fit-il goguenard.\u2014 Le seul intérêt que vous puissiez lui témoigner serait de lui rendre la liberté.\u2014 Pour qu'elle puisse l'offrir à un autre, n'est-ce pas ?lança-t-il la voix sifflante.\u2014 En vérité, reprit Michel qui gardait son calme par un effort surhumain.Qu'est-ce que cela peut bien vous faire ?Pris d'une colère subite il s'énerva, frappa du pied, secoua les épaules.\u2014 Est-ce que je me le demande moi-même ! En vérité, à qui m'eut parlé de tout cela hier, j'aurais répondu en riant ; mais aujourd'hui.Mais Michel Vincent n'était pas impunément le plus fin psycholoque de la littérature contemporaine.A force d'étudier le cœur humain il commençait à le connaître.Lentement il dit : \u2014 Aujourd'hui vous refusez de rendre la liberté à votre femme.uniquement pour qu'elle ne puisse pas devenir celle d'un autre ! Il eut un rire contraint.\u2014 Peut-être! Vous connaissez l'histoire du chien du jardinier qui, quoique ne voulant pas manger sa soupe, ne peut supporter qu'un autre s'en approche ?Une soudaine révolte secoua l'être tout entier de Michel.\u2014 Vous ne pouvez pas, non, pour un tel motif, condamner tout l'avenir de Jacquemine, de cette créature de bonté, de dévouement, de devoir sur laquelle nous ne sommes dignes, ni l'un ni l'autre de lever les yeux, sans respect et sans admiration .Il sourit avec toujours cette intention de se moquer en provoquant : Les nouveaux radiateurs si attrayants et si compacts sont d\u2019un prix à la portée de fout propriétaire.Nous illustrons ici trois des nouveaux radiateurs Crane bien jolis et peu volumineux.Ils sont fabriqués et garantis pour vous donner 2\u2014Radiateur dissimulé avec cabinet.Là où il n\u2019est pas possible de faire un enfoncement, ce genre d'installation est pratique.3\u2014Un radiateur type \u2018\u2018Convection\u2019\u2019 placé dans un enfoncement du mur, économise de l\u2019espace tout en fournissant de la chaleur par radiation.Pour suivre la tendance moderne de la décoration d'intérieur, Crane a conçu des radiateurs où la.Peauté remplace le VOLUME dans le chauffage central des résidences Hung, HR le maximum de chaleur et un très long service sans ennui.Les radiateurs Crane sont idéals pour votre demeure.Dans l\u2019assortiment complet Crane, vous trouverez le type que vous désirez pour chaque pièce de votre maison.1\u2014Radiateur dissimulé avec panneau.Un type d'installation très populaire.Types d\u2019installation pour tout besoin Tout type d'installation peut être obtenu de deux genres de radiateurs: radiateur \u201cConvection\u2019\u2019 Crane et radiateur \u2018\u2018dissimulé\u201d Crane.Les radiateurs Convection Crane pen- vent être installés dans un enfoncement ou laissés visibles.Ils sont sans pareil pour leur efficacité de chauffage; ils occupent une superficie de ! /5 moindre que tout autre radiateur d'égale capacité.Les radiateurs dissimulés Crane sont entièrement fabriqués en fonte \u2014 le métal le plus efficace pour la transmission de la chaleur.Ils peuvent être posés en des enfoncements de n\u2019importe quelle largeur.Ils seront tout aussi efficaces, même s\u2019ils sont employés dans la même installation avec d\u2019autres types de radiateurs.Votre architecte, votre maître-plom- bier ou toute succursale Crane vous fournira avec plaisir tout renseignement que vous désirez.Faites venir notre dépliant gratuit \u201cRadiateurs pour tout genre de décoration\u2019.Il contient tout ce que vous devriez savoir au sujet des radiateurs Crane, ainsi que nombre d'illustrations d'installations auxquelles ils conviennent, CRANE / CRANE LIMITEE, SIEGE SOCIAL : 1170, SQUARE BEAVER HALL, MONTREAL Succursales dans 18 villes du Canada et de Terre-Neuve 48 FORTIFIEZ VOTRE SANTE Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Employez LE TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL VOUS POUVEZ AVOIR UNE BELLE APPARENCE AVEC LE TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C'est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu'à la femme.AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES GRATIS : Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 heures à 5 heures p.m.939335585000 0000000 à à 9 9% 9 9 V Mme MYRRIAM DUBREUIL 5941, Avenue Delorimier Boîte Postale 2353, Place d'Armes, Montréal, P.Q.Ci-inelus 5c pour échantillon du Traitement Myrriam Dubreull avec brochure.Nom Adresse Ville Prov.Crème Orientale GOURAUD a La Crème qui protege Ia peau avant une part e longue et dure.Coups de soleil et teint luisant ne sont pilus à redouter 1 Blanc Chair.Rachel.Sun-Tan.EN VENTE AUX PHARMACIES Généreux échantillon expédié par la poste contre cinq cents.D.WATSON & CO., 286 ouest, rue Saint-Paul, Montréal.\u2014 Elle est assez charmante en effet pour être admirée par des hommes de goût, cette petite.\u2014 Ah! Ce n'est pas de cela qu'il s'agit.Vous ne connaissez pas celle qui porte votre nom! Non, vous ne la connaissez pas et c'est moi qui, ce soir, vais vous la faire connaître ! Et peut-être que lorsque vous saurez jusqu'où peut aller son sens du devoir et du dévouement, vous comprendrez qu'il n'y a nul mérite à faire le sacrifice d'une vanité passagère et mensongère au bonheur d'un tel être! Monsieur Raveau jusqu'ici, je vous ai parlé de mon propre chef et Jac- quemine n'est au courant ni de ce que je vous ai demandé, ni de ce que jai espéré de vous! Ayant promis solennellement à la mémoire de sa mère qu'elle ne romprait jamais et dans quelque condition que ce soit l'union qu\u2019elle contractait avec vous elle se considère liée pour la vie.D'elle-même, elle a renoncé à toute chance de bonheur auprès d'un autre qui l'aime et.qu'elle aime aussi ! Les sourcils froncés, les poings serrés soudain il fit un pas en avant : \u2014 C'est vous ! \u2014 C'est moi, dit calmement Michel.Mais je connais trop le sens de l'honneur de cette enfant pour savoir qu'elle ne faillira jamais a la parole donnée.C'est pourquoi j'ai songé à faire appel à votre honneur à vous, en vous demandnt de réparer dans la mesure du possible le tort qu\u2019une telle union a causé à celle que vous avez épousée.Si vous refusez, c'est son bonheur condamné à jamais.\u2014 Et si je vous disais que je ne tiens pas du tout à ce qu'elle soit heureuse avec un autre ?\u2014 Mais pourquoi ?Puisque vous n'avez pas voulu qu'elle le fât avec vous ?Soudain, un nuage passa sur les yeux du jeune homme et son visage pâlit : \u2014 Savez-vous, sait-elle, moi-même ce que j'ai voulu ?\u2014 Mais ce que vous ne savez pas non plus, reprit Michel ardemment, c'est ce qu'est cette enfant dont vous sacrifiez si facilement l'existence, ce qu'elle vaut, ce qu'elle est capable de faire, elle, pour accomplir ce qu'elle considère comme un devoir ?Pour que vous en soyez enfin convaincu il me reste à accomplir près de vous la mission dont elle m'avait chargé.Monsieur, une main inconnue a adressé à celle qui porte encore votre nom, la lettre que voici, il y a deux jours .veuillez en prendre connaissance en même temps que du contenu de cette enveloppe que Jacque- mine m'a chargé de vous remettre.Surpris du ton solennel, il lut rapidement les quelques lignes de la lettre anonyme, puis, décachetant d'un coup d'ongle l'enveloppe de Jac- quemine il en sortit à demi les billets de banque qu'elle y avait insérés.Une rougeur subite envahit son front et tout son visage.Ses yeux se relevèrent pleins d'éclairs vers Vincent qui l'observait.\u2014 Qu'est-ce que cela Elle me fait l\u2019'aumône ?\u2014 Elle vous rend simplement un service.\u2014 Mais, fit-il absolument suffoqué.À quel titre.pourquoi ?\u2014 Pour essayer de sauver l'honneur du nom qu\u2019elle partage avec vous et envers lequel elle considère garder un devoir impérieux.\u2014 Ça, fit-il de plus en plus stupéfait en regardant les billets qui palpitaient encore dans ses doigts, ça, par exemple ! C'est.Mais soudain il releva le front, amer.\u2014 Mais, était-ce bête ! C'est tout simplement une manière d'acheter mon consentement ! Ah ! Décidément, elle ne me juge pas d'une façon flat- sais-je signifie ?teuse.Il est vrai que c'est ma faute.si je.Mais Michel le coupa vivement.\u2014 Il n'est nullement question de cela.Je vous répète que le début le notre conversation est inconnu de Jacquemine qui n'est venue ici, elle, que dans l'espoir de vous sauver sur la dénonciation de cette lettre qui vous montrait en fâcheuse posture.\u2014 Allons donc ! Elle n'a aucune raison de s'intéresser à moi, cette petite ! fit-il incrédule.\u2014 Mais, ne croyez-vous pas que celle qui a le courage de renoncer au bonheur de toute son existence par respect d'un serment fait à la mémoire de sa mère, peut être capable de sacrifier beaucoup moins en réalité, quoique ces quelques pauvres billets représentent actuellement toute ce qui reste de sa fortune, pour la tranquillité d'une autre mère : la vôtre ?Michel se tut.Il sentait soudain son interlocuteur à bout de forces.Déjà aux mots accusateurs « tout ce qui reste de sa fortune » il I'avait vu pâlir terriblement, jusqu'aux lèvres.À l'évocation de sa mère il vacilla légèrement et dut s'appuyer au dessier d'un fauteuil.Mais cette faiblesse ne devait être que de courte durée.Très vite, il se ressaisit et, passant sur son front où perlaient quelques gouttes de sueur, une main agitée de tressaillements nerveux, il tendit l'autre encore fermée sur l'enveloppe d\u2019où sortaient les billets de Jacquemine.\u2014 Reprenez cela! Ah! Reprenez- le ! fit-il presque égaré comme si cet argent lui brûlait les doigts.aisiblement Michel remarqua : \u2014 Vous refusez son aide ?\u2014 Je refuse sa pitié, sa charité ! Dites-lui que je n'en ai que faire et Pour la bien persuader que ce n'est pas moi qui lui ai adressé cet appel honteux, que, tout de même je n'en suis pas arrivé là encore .dites-lui également que, bien au contraire, je suis en mesure de lui rendre le montant de.l'emprunt que je lui avais fait jadis.Michel tressaillit à son tour.Que projetait donc cet homme pour qu'il se décide ainsi à se libérer ?Mais il dissimula son inquiétude soudaine sous un calme apparent.\u2014 Je n'y manquerai pas.\u2014 Et.poursuivit-il trés vite, comme pressé d'en finir, dites-lui aussi que, puisqu'elle se trouve ici, c'est demain, à elle-même que je veux faire cette restitution.Cette fois Vincent ne put retenir un mouvement de violente contrariété.Pourquoi recherchait-il l'occasion de revoir Jacquemine ?\u2014 Je ne pense pas, dit-il sèchement, qu'il entre dans l'intention de Mademoiselle Bernier, de vous accorder un entretien en tête-à-tête.\u2014 Si je l'en priais, cependant, fit- il menaçant.\u2014 Je me verrai obligé de le lui déconseiller ! Vous ne pensez pas que je suis assez niais pour lui laisser échapper la seule chance de reconquérir un jour sa liberté.Jacquemine ne peut et ne doit en aucune façon avoir seulement l'air de reprendre avec vous des habitudes d'intimité que vous n'avez pas voulu contracter ! Furieux de voir ses intentions déjouées, il protesta les dents serrées : \u2014 Et cependant je veux, avant de prendre aucune décision concernant notre séparation, avoir avec elle un entretien.Je veux la voir, lui parler, savoir si tout ce que vous venez de me dire est vrai! On ne peut tout de même exiger que je prenne d'aussi sérieuses résolutions sans en avoir pesé la nécessité.\u2014 Vous ne refusez donc plus ?de- manda-t-il soulagé.LA REevuE POPULAIRE Mais Antoine le regarda profondément avec des yeux presque hagards.\u2014 Je ne sais pas.Il faut que je voie Jacquemine, que je lui parle ! fout ce que vous venez de me dire m'a troublé.Je ne sais plus.Longuement Michel le regarda, en silence.Un combat douloureux se livrait en lui.Autoriser cet homme à recevoir Jacquemine, à lui parler, n'était-ce pas courir un risque grave ?Il se souvenait de certaines paroles menaçantes.Antoine n'avait-il pas dit « Les avantages que mon attitude a pu lui laisser jusqu'ici.» que ce jusqu'ici était gros de menaces ! Si- gnifiait-il que le malheureux était décidé à changer d'attitude « à présent » et à reprendre vis-à-vis de sa femme, celle que la loi lui conférait, lui indiquait ?Il y avait aussi cette histoire du chien du jardinier.Pourquoi un tel être se soucierait-il soudain de reconquérir une femme dédaignée jusqu'ici ?Nul ne pouvait le savoir ; mais la crainte en demeurait permise après ces quelques allusions.Michel devait-il en courir le risque, y exposer la jeune innocence de Jacquemine ?\u2018autre part, il sentait le jeune homme ébranlé, profondément secoué par l'attitude si crâne et élégante de sa femme légale.S'il n'y avait qu'une chance de lui arracher le consentement à son bonheur, avait- il le droit de l'entraver par une jalousie peut-être vaine ?Michel ne connaissait-il pas le cœur de Jacquemine tout entier à lui maintenant ?Comment pouvait-il redouter qu'elle songeât un seul instant à revenir à l'autre ?Cette pensée reconfortante décida de son attitude.\u2014 Je ne puis prendre aucun engagement, pour elle, dit-il froidement.Toutefois si elle devait consentir à cet entretien, il ne pourrait avoir lieu que dans un endroit public, aux yeux de tous.Il fronça tout d'abord les sourcils visiblement contrarié dans ses desseins, puis, un sourire sardonique détendit ses lèvres minces comme s'il venait de trouver la solution à un calcul compliqué.\u2014 C'est facile.Voulez-vous lui dire de venir me retrouver ici, demain soir à pareille heure ?Je pense que vous ne pouvez demander mieux comme endroit public.Même dans ce petit salon ou nous sommes seuls, nous nous trouvons en vue de plus de cinquante personnes par les portes vitrées.Il ricana soudain, les poings serrés.\u2014 Croyez bien que c'est cela qui m'a arrêté ce soir au bord des gestes extrêmes où me poussait votre insolence à vous mêler des affaires de mon ménage ! C'est vous donner l'assurance qu'il en sera de même demain au cours de l'entretien.d'un tout autre genre, que j'aurai avec ma femme ! Les poings serrés aussi Michel se dressa devant lui menaçant.\u2014 J'en accepte l'augure.Cependant sachez que de toutes manières je serai là, prêt à lui porter secours à la défendre contre vous.D'un nouveau ricanement il le défia.\u2014 Et.contre elle-même ?\u2014 Aussi! acheva Michel avec force.S'il en était besoin.Mais je ne crains pas cette nécessité.Demain si à pareille heure vous n'avez pas vu venir Jacquemine Bernier, c'est qu'elle n'aura pas consenti à vous voir.Adieu, Monsieur.Chapitre III ICHEL, dès le lendemain matin, raconta tout au long leur entretien à Jacquemine, stupéfaite. AoûT 1940 \u2014 Oh! murmura-t-elle très rouge, vous lui avez demandé cela ?Vous l'avez prié de réclamer lui-même l'annulation de notre mariage ?\u2014 Mais, fit-il inquiet un peu, n\u2019était-ce pas le seul moyen de vous libérer, puisque vous ne pouvez la demander vous-même.Vos scrupules ne vous interdiraient pas de l'accepter sollicitée par lui, je pense ?Mais toutes ses craintes s'envolèrent bien vite devant le regard de joie lumineuse qu'elle levait vers lui.\u2014 Oh! dit-elle en frappant des mains comme une enfant comblée, la bonne idée que vous avez eue là ! La bonne idée ! Flle ne m'était pas venue à moi.Et qu'a-t-il répondu ?\u2014 Il doit donner sa réponse ce soir, dit-il d'un ton qui était peut- être un peu plus détaché qu\u2019il n'eut fallu pour sembler absolument sin- cére.Cela suffit a alarmer Jacquemine dans sa joie pleine d'espoirs.\u2014 Il a donc demandé un délai ?murmura-t-elle navrée.Ne pouvait- il accepter tout de suite ?Pourvu qu'il consente ! l sourit au petit visage apeuré qui se tendait vers lui en un geste de confiance et de supplication.\u2014 Mais oui, il consentira, ma chère toute petite.Ne vous tourmentez pas avec ces craintes.Il consentira parce que, nul intérêt ne l'empêche de consentir .Puis, avec son visage violent, autoritaire, il acheva les poings serrés, la voix sifflante : \u2014 De toutes manières bien l'obliger à consentir ! Effrayée davantage, elle jeta les mains vers lui et, haletante elle sup- pli : \u2014 Oh! Michel, quel visage vous avez pour dire cela ?Vous n'allez pas vous colleter avec ce misérable ?Le provoquer ?Michel, il faut que vous sachiez que, contrairement à beaucoup de jeunes gens de sa génération il est très fort aux armes.À la boxe aussi, d\u2019ailleurs .et puis, c'est un être sans scrupules, sans honneur, il est capable de tout, Michel! De tout ! Et, brusquement, oubliant toutes les petites réserves qui la retenaient encore, trop récente secrétaire du maître respecté pour devenir immédiatement la fiancée libre et confiante qu'il souhaitait cependant de toutes ses forces : \u2014 Jai peur pour vous, Michel ! cria-t-elle en se jetant sur son cœur, entre ses bras.Si vous saviez comme j'ai peur ! Une joie merveilleuse irradia le beau visage mâle de Michel.Tendrement, d'un geste protecteur et passionné à la fois il serra contre lui le petit corps abandonné tout frémissant.Du nid blond et parfumé ue formaient les boucles de la jeune ille montait la senteur fraiche et risante à la fois qu'il aspira d'une ente, d'une religieuse caresse de ses lèvres.Cette fois elle ne se reculait pas, blottie contre lui, rendue hardie et plus femme par l'inquiétude qui la bouleversait pour lui.\u2014 Chérie !.murmura-t-il enfin d'une voix rendue plus sourde par l'émotion.Chérie petite Mienne, rendue plus mienne, si complètement, si merveilleusement mienne, je n'ai plus peur de rien, maintenant ! L'autre peut venir essayer de vous reprendre, je ne le crains plus ! Je sais que je suis le plus fort puisque j'ai votre cœur.\u2014 Oh! murmura-t-elle en levant un visage surpris.Vous avez craint cela, ichel?Encore?Mais que faut-il faire pour vous convaincre que seul vous comptez pour moi au monde ?je saurai \u2014 Ma chérie, j'ai honte de ma faiblesse devant une telle confiance, une tendresse si merveilleuse ! \u2014 Honte ! Oh! \u2014 Si, il me faut vous l'avouer.Oui, j'ai un pauvre cœur tremblant qui n'ose pas croire à sa merveilleuse aventure.J'ai peur perpétuellement de vous voir regretter un mari tout jeune, très séduisant.moi qui serais vieux plus vite que lui.Car Jacquemine, Jacquemine .j'ai plus de trente ans ! \u2014 Si vous saviez comme vous me faites mal en me disant ces choses ! murmura-t-elle doucement avec tristesse.\u2014 Moi?C'est vrai?Oh! Je suis impardonnable ! Mais c'est une situation étrange que la mienne.Vous ne pouvez vous rendre compte.On n'aime jamais sans crainte celle qui fut la fiancée d'un autre.On redoute ses comparaisons, ses regrets.On les imagine! S'il voulait vous reprendre ?Alors, d'un geste fort et calme, surprenant chez cette frêle créature, elle s'écarta de lui.\u2014 Et moi, je ne veux pas que vous conceviez ces craintes.Je veux que vous sachiez ce que je ferai s'il voulait me reprendre.Je veux le voir et me rendre au rendez-vous demandé par lui.Je ne veux pas qu'en me tenant à l'écart comme je le souhaitais, vou puissiez penser que je le crains.Il eut un cri, se souvenant des menaces déguisées de l'autre.\u2014 Jacquemine, vous ne savez pas à quoi vous vous exposez ! \u2014 Tout de même, fit-elle calme et souriante, il ne va pas me battre ou m'enlever au milieu des joueurs du casino ?D'ailleurs vous serez à proximité.Brusquement il comprit qu'en luttant davantage il se diminuait.Il courba la tête.Il acceptait la lutte inégale pendant laquelle, spectateur sourd et impuissant, il ne pourrait même pas se défendre.\u2014 Soit, dit-il, je dois cette preuve de confiance à votre amour.Allez à lui, parlez-lui, écoutez-le.Je sais, et je dois vous en prévenir que, pour quelque raison obscure il est bien capable de tenter de vous reconquérir, de vous imposer ses droits de mari.Votre cœur décidera ! \u2014 Mon cœur, Michel ?Et dans le magnifique regard qu'il recevait en réponse, il comprit bouleversé d'espoir et de tendresse ; qu'elle le lui avait donné tout entier et pour toujours.Leur journée fut un long émerveillement.D'un tacite accord ils ne parlaient pas de l'entrevue du soir et dont devait dépendre tout leur avenir, on eut dit même qu'ils voulaient en chasser la pensée.Une gaîté enfantine, puérile animait leur entretien, les tenait joyeux et tendres comme si vraiment il leur eut semblé que leur commun amour ne pouvait rien craindre ou bien, les les malheureux comme si, ne connaissant que trop la réalité et la possibilité des menaces qui pesaient sur lui, ils s'efforçaient à en retarder l'accomplissement en les oubliant.Peut-être après tout, dans l'ardeur qui les jetait sur les gourmandises de leur déjeuner pris à Menton, en face de la mer impassible et bleue, qui les émerveillait à chaque beauté, découverte sur cette côte bénie, qui les rapprochait mains jointes et épaules proches, regards extasiés et lèvres frémissantes, n\u2019y avait-il que l'appétit désespéré de ceux qui se savent condamnés et veulent profiter \u2018de leurs dernières minutes de liberté et de bonheur ?L'après-midi, appuyés l\u2019un à l\u2019autre, dans un vertige de tendresse et de confiance, ils gravirent ensemble le chemin qui monte de Monte-Carlo à Monaco, de la cité de plaisirs vers la calme petite ville, blottie sur son rocher abrupt, aux pieds de sa cathédrale, entre un minuscule palais orangé et une mer indigo.Ils oubliaient ! Pour Jacquemine qui voyait réellement pour la première fois ce pays enchanteur qu'elle n'avait pas aperçu à travers ses larmes lors de son premier séjour, tout était sujet d'émerveillement.Lorsqu'ils eurent gravi la pente qui conduit à la ville seigneuriale en passant devant le musée océanographique et son merveilleux jardin, entre la cathédrale et le palais de justice, elle eut, en débouchant sur la place d'armes un cri ravi : \u2014 Oh! L'exquise chose ! C'était, cette petite ville plantée toute de guingois comme un décor d'opérette sur la scène du chatelet, une chose exquise en effet, et qui semblait irréelle, féerique.Ses ruelles étroites bordées de maisons roses ou ocrées, que rejoignent parfois des voutes étroites, des arc-boutants débordants de fleurs et de feuillages légers, avaient la grace reposée et un peu mystérieuse, avec les façades percées de très rares fenêtres de certains quartiers espagnols ; mais tout cela si net, si propre, si gentil qu'on eut plutôt cru à un jouet, un tableau charmant et tendre.Cependant le bijou, la perle de cette petite merveille, est certainement sa place d'armes avec son ravissant château princier.Dans le couchant qui déjà rosait toute la ville de son aile incendiée, il apparaissait ce château, théâtral et charmant avec ses tours crénelées blanches posées sur l\u2019ocre rose des murailles tellement irréel que Jacque- mine ne put retenir un cri : \u2014 Mais c'est une ville joujou et voici la forteresse de carton pâte, les canons de plomb, les petits soldats de bois ! Il faut faire un effort en effet pour se rappeler que cette demeure ravissante, malgré son aspect d'enluminure enfantine est vraiment celle d'un prince authentique et que ces soldats empanachés qui montent à la porte une garde souriante font partie cependant d'une armée régulière et non des cadres d'un régiment de bois.Il y a trop de grâce, vraiment dans ce décor familier et puéril ! Derriè- rière le palais, les Alpes grandioses ont beau monter elles, une garde austère, toute la joliesse de la ville regimbe contre leur âpre grandeur et se montre d'autant plus futile et féerique que les montagnes apparaissent majestueuses et sévères.Oublieuse de la gravité de l'instant proche qui allait décider de sa vie, Jacquemine, émerveillée joignait les mains, murmurait avec ferveur : \u2014 Que c'est charmant! Michel, quand on s'aime on voudrait vivre toujours ici.Dans cette lumière rose, devant cette mer de saphir, parmi ces choses exquises, il semble vraiment que le malheur ne puisse vous atteindre jamais! Michel, si nous nous marions il faudra revenir souvent .Mais soudain sa voix s'étrangla dans sa gorge, ces simples mots l'avaient rappelée à la cruelle réalité.Grave soudain, devinant son angoisse, Michel posa sur son épaule une main protectrice.\u2014 Oui, ma chérie, murmura-t-il tout bas, nous reviendrons .Mais lui non plus n'eut pas le courage d'en dire davantage.ls venaient de penser tous deux, ensemble, que peut-être ils ne reviendraient jamais ! Chapitre IV [_ OrsquE Jacquemine vint rejoindre Michel dans le hall de son hôtel où il l\u2019attendait, il eut un mouvement 49 EE - SALETÉS Fabrication ES renvois d\u2019eau obstrués sont vite dégagés avec la Lessive Gillett Pure en Flocons.Celle-ci enlève la graisse, la saleté et les obstructions.Garde les renvois libres.Versez-en pure dans les renvois et bols de cabinet.Employez-la en solution* pour tous les gros travaux de nettoyage.Commandez-en une boîte aujourd\u2019hui même! #Ne faites jamais dissoudre la lessive dans l\u2019eau chaude.L'action de la Jessive elle- même réchauffe l\u2019eau.BROCHURETTE GRATUITE \u2014 Demandez une copie de la bro- churette de la Lessive Gillett à la Standard Brands Ltd.Fraser Ave & Liberty St.Toronto, Ont.Améliorez votre apparence, jouissez vous aussi d\u2019une belle taille aux lignes harmonieuses.Les: PILULES PERSANES donneront à votre poitrine cette rondeur et cette fermeté si recherchées.$1.00 ta boîte, 6 boîtes pour $5.00.Dans toutes Jes bonnes pharmacies ou expédlées franco par la malle, sur réception du prix.1 Sociéth des Produits Persans 496, rue Notre-Dame, Est, Montréal Voici quelque chose de nouveau et de différent ! Des perles de beauté \u2014 petites capsules remplies d'une nouvelle crème faciale homogénéisée qui rajeunit et adoucit la peau.Et pouvez-vous imaginer une méthode plus pratique de présenter un traitement de beauté ?Très pratiques pour le voyage puisqu'elles ne prennent pas plus de place qu'une boîte de pilules ; de même dans votre sac à main, et au bureau, de sorte que vous pouvez employer n'importe quand cette méthode propre et efficace.Vous n'avez qu'à presser ces jolies petites perles roses pour en faire sortir la crème que vous étendez ensuite avec vos doigts.Le jour, on enlève la crème avant de se maquiller.Mais on la laisse en place toute la nuit.En vous en servant souvent, vous aurez sûrement un teint doux et bien vivant. 50 GAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA AAA AAAAAA FAITES VOTRE PROPRE BRITANNIQUE \u2014 IRRETRECISSABLE\u2014 INDELEBILE 36 ou 54 pouces de large.Dans tous les magasins ou thez Geo.L.Holland, 1011, edifice New-Birks, Montreal VYVYVYYVVYVYYYVYYVYYYYYVYVYVVVVVV LA BEAUTE PHYSIQUE C'EST LA JOIE DE VIVRE Etes-vous déprimée?Nerveuse?Sans énergie ?Délaissée ?La vie n'a-t-elle pour vous que des désagréments! Souffrez-vous de maigreur 7 De vertiges?De migraines 7 et votre teint a-t-il perdu sa fraicheur 7 C'est alors que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux TRAÎTEMENT SANO \u201cA\u201d élimineront tous ces poisons, De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront plus fermes, votre teint s\u2019éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre produit SANO VOS YEUX Pour les vacances à la campagne avec randonnées en forêt, dans les sous- bois, il existe des verres spéciaux d'un jaune bouton d'or qui diffuse la lumière sans crainte d'éblouissement.Les nouveaux modèles de lunettes ne reposent plus uniquement sur le nez et leurs branches solides assurent un appui général sans peser.Leur matière doit être incassable et ininflammable.\u2014 Si votre visage est large, choisissez des verres de forme ovale.S'il est étroit et anguleux, adoptez au contraire ceux de forme ronde.Les verres de forme pantoscopique peuvent couper court à toute hésitation, car ils s'harmonisent avec tous les visages.Mais avant toute chose, pensez à préserver réellement vos yeux.Depuis quelques années, les verres dits travaillés remplacent de plus en plus les verres simplement teintés, ceux- ci ne répondant pas à ce qu'on en attend ; indépendamment de la couleur même, les défauts de surface qu'ils peuvent présenter donnent lieu à des déformations optiques comparables à celles des vitres ordinaires.Cet inconvénient explique la fatique et les maux de tête souvent ressentis par les personnes qui portent des lunettes achetées sans discernement.La forme de la monture, dêter- minée par celle du verre, répond également à une nécessité d'ordre pratique.Faites attention aux points de contact avec le visage pour éviter les marques douloureuses sur le nez et obtenir, par l'éloignement du verre de l'œil, une aération qui supprime toute sensation de chaleur et de transpiration.Vos verres doivent alors être grands, afin de rester dans le champ du rayon visuel ; il faut que votre regard puisse se mouvoir dans toutes les directions sans être gêné d'une façon quelconque.Voici pourquoi les modèles nouveaux sont adaptés aux traits du visage auquel ils sont destinés.La RevuE PopuLAIRE Mme ALPHONSE DAUDET (Suite de la page 11) « Dans l'assemblée brillaient les uniformes glorieux de Baratier et de Hourst.Pendant deux heures les gens d'esprit furent au-dessus d'eux-mêmes et les jolies femmes plus jolies que jamais.« Coppée disait: c\u2019est dommage que notre cher Alphonse ne voit pas cela, Rochefort taquinait les uns et les autres.L'étincelante beauté de la jeune Mme Henri Rochefort prouvait que tout fauve est, comme tout polémiste, apprivoisable.De temps en temps, il se tournait vers elle, la prenait à témoin : « N'est-ce pas, Marguerite ?puis au premier signe de contradiction d\u2019un auditeur, son œil devenait courroucé.» Pierre Mille dit qu'Henri Rochefort est peut-être le plus spirituel et le plus grand polémiste qui ait jamais existé.Il fonda La Lanterne, dont le premier numéro fut vendu à 80,000 exemplaires.Il parut sous le Second Empire, le premier juin 1868.Ce numéro débutait par la phrase restée célèbre : « La France compte trente- six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentements.» Dans son hôtel de la rue de l'Uni- ersité « où plane l'ombre d'Alphonse Daudet », Mme Daudet, qui s'exprimait avec une délicatesse exquise, recevait avec affabilité et tous étaient attirés par l'atmosphère si accueillante de la maison.Édmée (7) aidait à faire les honneurs du salon de sa mère ; ses fils, Léon, le grand écrivain, et Lucien, l'artiste et l'ami de ° Marcel Proust mettaient de l'animation dans ce salon.Avec Mme Alphonse Daudet s'éteint la dernière survivante des grands salons français.Elle suivait avec attention le mouvement des idées et son œuvre lui assure une place dans les lettres contemporaines.Les véritables salons ont disparu.Il y a encore certainement des réunions d'intellectutels qui savent apprécier les plaisirs de la conversation, mais ils n'ont plus le prestige de ceux d'autrefois, ils ne dictent plus l'opinion, ils n'appartiennent plus à l'histoire, car leur influence ne s'étend plus au-delà de leur propre cercle.(7) Elle épousa en 1913 M.Robert Chauvelot.LITTÉRATURE ARTISANS DU QUEBEC par JEAN-MARIE GAUVREAU directeur de l'Ecole du Meuble Le livre attendu de M.Jean-Marie Gauvreau sur les artisans du Québec vient de paraître.Il est magnifique.Un texte solide et d\u2019une lecture agréable.De très belles photos et à profusion.Bref, un livre de grand luxe pour le prix d'une édition courante.On n'a jamais vendu chez nous un livre aussi riche pour la modique somme d'un dollar.Si nous en parlons tout particulièrement dans La Revue Populaire, c'est que nous aimerions que tous nos lecteurs et lectrice lisent ce livre.Artisans du Québec, $1.00, est en vente dans toutes les bonnes librairies.Le livre a été édité par le Bien Public, des Trois-Rivières.Si vous ne pouvez le trouver dans votre localité, nous nous ferons un plaisir de communiquer votre commande à qui de droit.Envoyez tout simplement un dollar ($1) au Directeur de La Revue Populaire, 975, rue de Bullion, Montréal, et vous recevrez aussitôt votre exemplaire par la poste.e LE SAULT DU GOUFFRE par MAXINE Editions Beauchemin, Montréal, 1940 René Josselin est à la recherche d'un vieux document légué, jadis, par son ancêtre à un pieux missionnaire du pays des Iroquois.Le 27 mai 1939, René Josselin se rend à Galgary.en Alberta, où les Indiens donnent une grande fête en l'honneur du passage de nos gracieux souverains.À cette fête sont présents les principaux chefs.Et c'est en interrogeant les plus vieux que Josselin fini par découvrir la trace du fameux document, lequel est un vieux manuscrit relatant l'histoire de Clément Josselin venu avec M.de Mai- sonneuve, en 1653 et qui.mais lisez le livre de Maxine, vous ne perdrez pas votre temps.Le Sault du Gouffre est artistiquement illustré par Louis Archambault.La typographie et l'impression de ce livre sont dignes des Éditions Beau- chemin.LE CHARME FÉMININ Le désir de supprimer du corps humain toute odeur de transpiration n'est pas une exigence moderne.Bien au contraire, l'histoire nous apprend qu'elle remonte aux temps les plus reculés.On employait alors les déodorants comme substituts du bain et autres soins hygiéniques indispensables.Ainsi que chacun sait, le savon n'était pas alors en usage, ce qui annulait en partie l'efficacité de l'eau pour tout ce qui regardait le lavage et le nettoyage.C'est pourquoi on enduisait le corps d'huiles, de baumes et d'onguents.Les parfums furent également, et cela dès leur origine, destinés à masquer une odeur déplaisante et même à la remplacer par une odeur agréable.On aurait tort de croire qu'il est facile de détruire complètement l'odeur désagréable qui se dégage du corps humain quand il transpire.Il est évident que si le bain quotidien est essentiel pour parvenir à ce résultat, il n'est tout de même pas suffisant.I arrive qu'une femme quitte son foyer le matin, pimpante et frai- che comme une rose, mais qu'au bout de quelques heures l'atmosphère lourde et renfermée de la pièce où elle travaille ne tarde pas à la mettre en nage.Impossible de retourner chez elle prendre un bain, ni même de quitter son travail assez longtemps pour se donner un bain d'éponge.Cependant, elle s'aperçoit avec confusion que ses compagnons de travail se tiennent, autant que possible, à distance.Comment peut-elle remédier à ce grave inconvénient ?En se servant chaque jour d'un déodorant qui a fait ses preuves, tel Mum, le déodorant fabriqué par la maison Bristol-Myers de New-York. .Chaque voyage .chaque excursion \u2026 offrent des occasions de prendre des instantanés superbes.et les instantanés les plus beaux sont quel- .quefois pris tout prés de la maison.Les mots ne peuvent exprimer ce que vous voyez, ni la mémoire le retenir.Mais un Kodak fait les deux.dar À din che: 2., ,L ; Quand un instantané est \u2018saisissant\u2019.i] est probable quil a été pris sur un Film Kodak EY ttn in ye si alin a ES millions d'instantanés sont faits chaque semaine .par des gens qui ont découvert comment on peut obtenir de superbes instantanés facilement et sûrement \u2014 rien qu'en chargeant son appareil avec un Film Kodak.SI vous vous servez d'un appareil ordinaire, le Film VERICHROME Kodak vous assurera tout le temps les meilleurs résultats.Il atténue les petites erreurs de pose.Il fait un travail excellent, même quand le temps n\u2019est pas tout à fait propice.Vous pouvez, chaque fois, vous fier au Verichrome.DU NOUVEAU\u2014 Un important Facteur de Sécurité: Un procédé exclusif de \"biseautage\u201d protège tous les Films Kodak de grandeurs ordinaires contre l\u2019infiltration de la lumière le long des bords du film \u2014 une assurance supplémentaire que le Film Kodak donnera de meilleurs résultats, Au Canada, KODAK est la marque de commerce déposée et la propriété exclusive de Canadian Kodak Co., Limited, Toronto.\"Mas L'usine Kodak de Toronto, où les Films j SA Kodak sont fabriqués, emploie des cen- | J taines de Canadiens.Des milliers d'autres SV Canadiens fournissent les matières premières et les produits fabriqués pour approvisionner cette usine moderne.Quand vous achetez des Films Kodak, vous faites bénéficier le Canada car vous donnez du travail aux Canadiens.Et vous obtenez de meilleures photos avec ce film bien connu\u2014il est parfait pour le Canada parce qu'il est fait au Canada.d\u2019avtre que lo fm M CIEE TTL TR marque déposée KODAK ae.Vieille maison à pignon Au village de Baie d\u2019 Urfé, près de Montréal Ici dans la province de Québec, reliquaire du baigne cette pittoresque habitation vicille de ; passé, où le Canada d'aujourd'hui retrouve les deux siècles est symbolique du Canada français vestiges émouvants de sa première histoire, les .tout comme votre verre où mousse la bière vieilles choses nous parlent lc langage d'antan.Dow Old Stock, riche elle aussi de sa qualité L'atmosphèrc de screinc et robuste maturité qui aflinée par un siècle et demi d'expérience.Py dn Bière REE TE TE on 150e ANNIVERSAIRE * WM.DOW & CO.* 1790-1940 "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.