Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1941-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" QUINZE CENTS ET QUÉBEC UN ROMAN D'AMOUR aire 14: PLUS TAXE vi Par Tr ÿ a = N 534 Ex 7 3 SEPTEMBRE we RE ÿ ge B \u2014 i a SAYARE = # TABLEAU D \u201cDans le village, personne ne l\u2019appelle par son nom; c\u2019est \u2018\u201cle docteur\u201d.Il connaît tout le monde et tout le monde le connaît; depuis toujours.Il aide les jeunes à naître et à grandir sainement; 1l aide les vieux à mourir dans la paix.Jamais pressé, car il sait que dans le village la vie est lente et sans surprises, il est souriant car il sait que les souffrances ne sont pas éternelles.Il plaint ceux qui ne se plaignent pas et plaisante ceux qui se plaignent trop.Il ne demande rien à celui qui ne possède au monde qu'un maigre champ; mais à tous 1l donne plus qu\u2019on ne lui demande.Et la sérénité lui vient de sa science, qui varie peu, ainsi que de la terre au contact de laquelle librement il à choisi de vivre.\u201d (Publié en hommage aux médecins du Québec par la Brasserie Molson Ltée.) N .de GRANDMAISON « LEGEND DE DE RINGUET SEPTEMBRE 1941 La Revue Populaire 34e année, No 9 Montréal, Septembre 1941 SOMMAIRE Le Commonwealth et l\u2019Empire par Pierre Ranger \u2026 \u2026 0 4-5 Où va la musique canadienne ?par Gérald Danis Lo 7 Le Groënland, île sans illettrés .\u2026 \u2026 \u2026 8 Propos de rentrée \u2026 2e 0 9 L'Ecole des Beaux-Arts 10-11 NOTRE ROMAN COMPLET : Le Chemin des Cimes par Annie Savern 104 eee 12 Charles Boyer \u2026 ._\u2026.\u2026 14 Rêves du Paddock par Aimé Plamondon .15 Domino .Le Lee 2e eee 16-17 Les Framboises par Marcelle Lepage-Thibaudeau .\u2026 \u2026 \u2026 18 Le Homard \u2026 \u2026\u2026 20 Une page du passé canadien et polonais = 23 Les mots croisés de \u201cLa Revue Populaire\u201d \u2026 40 Mon cours d'art culinaire par Mme Rose Lacroix 52 Conseils de Francine .\u2026 \u2026 54 Lo Broderie .\u2026 \u2026 Le 4 0 55 Vêtements d'hiver pour le jardin \u2026 \u2026.\u2026 \u2026 56 Le dernier cri, en robes et tailleurs pour l'automne .57 L\u2019Action catholique chez les jeunes par Francine .ee B2 L'origine du mot \u201ctourtiere\u201d 63 Papa s'amuse \u2026 Les nee es 64 Peinture Moderne par Maurice Gagnon \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 66 © NOTRE PROCHAIN ROMAN : Une Pâle Inconnue par Charles Foley EEE LA REVUE POPULAIRE Directeur.un Jean Chauvin TARIFS D'ABONNEMENTS Rédacteur en chef.\u2026 Fernand de Verneuil : ._ ; Chet do le Publicité Charles Sauriol Comacn Un ant $s \u2014 2 om: $2.00 Directeur Istique \u2026 Hector Braw : : 54.Pages féminines.\u2026 Mme Jules Fournier 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada Chroniqueuse culinoire\u2026\u2026.Mme Rose Lacroix Tél.: PLATEAU 9638* LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C.Entered Merch 23rd 1908, af the Post Office of St.Albans, Vi., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.: BEE Ko var © ss di cp ra, TE ae gy | QUELLE EST LA MALADIE LA PLUS DANGEREUSE PENDANT LES Années Scolaires ?« LA FIEVRE RHUMATISMALE cause plus de cas d'incapacité grave, que n\u2019importe quelle autre maladie, parmi les enfants allant à l\u2019école ! En fait, c\u2019est à elle qu\u2019il faut attribuer la plupart des maladies du cœur chez les personnes au-dessous de 40 ans \u2014 maladies qui, dans beaucoup de cas, sont le résultat de crises de fièvre rhumatismale datant de la période scolaire.» En général, la fièvre rhumatismale se déclare après un coup de froid, ou après exposition aux intempéries.Elle s\u2019accompagne ou se complique fréquemment de mal de gorge, d\u2019amygdalite, ou d'un rhume.Les symptômes, souvent si mal définis ou si légers, que dans bien des cas ils passent inaperçus, peuvent se traduire par des battements de cœur, par une fièvre qui peut être légère, par de la pâleur de la face, un manque d'appétit, une perte de poids et de vigueur, et par des douleurs musculaires fugaces.Mais les symptômes peuvent être beaucoup plus prononcés, et affecter la forme de saignements de nez répétés, d'extrême nervosité, de raideur et de gonflement des articulations et des muscles, de douleurs voyageant d\u2019une jointure à l'autre.Il est de la plus haute importance que les parents se rendent compte que, si leur enfant présente l\u2019un quelconque de ces symptômes, il a peut-être la fièvre rhumatismale, et qu\u2019il lui faut des soins médicaux immédiats.Si votre médecin constate qu\u2019il s\u2019agit réellement de la fièvre rhumatismale, il attirera probablement votre attention sur les trois points importants suivants : » La fièvre rhumatismale est une maladie grave, et qui est susceptible de devenir chronique.La répétition Jes accès est chose commune, et le cœur est presque invariablement atteint.La gravité des lésions cardiaques dépend, dans une large mesure, de la violence et de la fréquence des accès, Aussi, des soins médicaux constants, durant la maladie et la convalescence, et après cela.des examens médicaux périodiques, seront-ils indispensables.L'accès peut durer pendant des mois, et même lorsque la fièvre et les douleurs ont disparu, le malade est souvent obligé de garder le lit pendant de longues semaines, avant que le médecin ne l'autorise à se lever.Etant donné que la maladie a tendance à être héréditaire, il sera bon de veiller à ce que le médecin examine périodiquement les autres enfants dans la famille.» La cause de la maladie nous est inconnue, et le remède reste encore à découvrir.Mais, en dépistant, dès le début, le mal et ses récidives, et en donnant sans tarder les soins nécessaires on pourra souvent en diminuer la sévérité, et aider les petits malades à mener une existence utile et heureuse.Des milliers de personnes qui ont été atteintes de la maladie pendant leur jeune âge, sont en bonne santé, à l\u2019heure actuelle, et mènent une vie active.Pour aider les parents à préserver leurs enfants des dangereux effets de la fièvre rhumatismale et de ses récidives, la Metropolitan offre deux brochures gratuites, intitulées : \u2018\u2018Protégez votre Cœur\u201d et \u2018Le Rbumatisme\u201d.Metropolitan Life Insurance C ompany (COMPAGNIE A FORME MUTUELLE) NEW-YORK Frederick H.Ecker PRESIDENT DU CONSEIL : Leroy A.Lincoln PRESIDENT : DIRECTION GENERALE AU CANADA : OTTAWA Metropolitan Life Insurance Company, Direction Générale au Canada, Ottawa.Veuillez m'envoyer un exemplaire de votre brochure 9-Z-41, \u2018\u201cProtégez votre Ceeur\u201d, [J ou 9-ZA-41, \"Le Rhumatisme.\u201d [J Nom \u2026._\u2026.\u2026._._u coco oecence cerner acer em Adresse o_o semence sen \u2014__ Ville ou localité + = J J'ai constaté dans mes voyages que la femme tient souvent à choisir le genre de calorifères à installer dans la maison.Ainsi, Mme Leblanc aurait voulu dissimuler les calorifères mais il n'y avait pas de renfoncements à cet effet.Un coup d'œil sur le calorifère dissimulé Crane, avec cabinet, et son problème fut réglé ! sx .PUIS IL Y EUT MME LEBRUN Les vues de Mme Lebrun étaient tout autres.Pour que les calorifères ne fassent pas saillie dans la 5 pièce, elle avait fait construire des renfoncements.Mais elle tenait à bénéficier à la fois de la chaleur de radiation et de convection.C'était simple pour moi : je lui montrai le radiateur \u201cConvection\u201d Crane, type a panneaux.Et j'eus une cliente satisfaite de plus ! .ET MME LENOIR Mme Lenoir était catégorique: \u201cle veux que les calorifères soient enfoncés dans le mur et aussi dissimulés\u201d, dit-elle.Je lui montrai dans mon catalogue une illustration du calorifère dissimulé Crane avec panneau.\u201cVoilà ce que je veux\", s'écria-t-elle .et ma vente était faite! hm, mE OT Crane offre un choix complet de caloriféres dissimulés ou de type convection, tous en fer de font\u201d, faciles à installer et d\u2019opération efficace, On peut combiner l\u2019un et l\u2019autre type dans le même système de chauffage.Voyez votre ingénieur > - \u2018ET JE ME GAGNE LES MARIS Petite de forme, mais géante par les résultats, cette chaudière à eau chaude sait vraiment plaire eux hommes.Elle permet d'avoir le chauffage à l'eau chaude économiquement dans les maisons de coût peu élevé.Renseignez-vous au sujet de la VIKING JUNIOR.en chauffage ou maître- plombier .mais exigez le CRANE.Les restrictions de guerre imposées par le gouvernement sur la fabrication non-industrielle des produits en métal nous empêchent de fournir certains types réguliers de panneaux métalliques.Toutefois, on peut obtenir des résultats similaires par l'emploi de différents bois de dessins variés.RANE CRANE LIMITED ; bureau-chef : 1170, square Beaver Hall, Montréal Succursales dans dix-huit villes du Canada et de Terreneuve LA Revue POPULAIRE Le Commonwealth et l\u2019Empire Par Pierre RANGER GEORGE VI, par la grâce de Dieu, Roi de Grande-Bretagne, d'Irlande et des Dominions britanniques au- delà des mers, Empereur des Indes, Défenseur de la Foi.ox N'A pas encore trouvé de meilleur résumé de ce que sont notre Commonwealth et notre Empire, de ce qu'ils représentent .cette phrase simple que l'on voit souvent sur les actes officiels ou que l'on entend parfois à la radio, martelée par une voix héraldique.George VI, par la grâce de Dieu, Roi .L'Empire britannique est une immense association de peuples et de gouvernements de toutes parties du monde, unis par allégeance commune à la Couronne britannique.Six cent millions d'hommes, sur les deux milliards d'humains et d'inhumains qui peuplent notre terre ; six cent millions d'hommes de toutes les couleurs, vivant sur le quart des territoires du globe, parlant toutes les langues, portant tous les costumes ou n\u2019en portant presque pas ; six cent millions d'hommes, comme vous et moi, reconnaissent comme leurs Souverains, un homme et son épouse, dont la maison, où ils vivent avec leurs deux enfants, a été plusieurs fois bombardée.Il semble paradoxal que cette association de peuples basée sur les principes démocratiques qui, telle un lion assoupi, vient de s'éveiller pour les défendre \u2014 il semble curieux que ce rempart du gouvernement du peuple par le peuple sur cette terre, reconnaisse l'autorité d'un Roi, « par la grâce de Dieu ».C\u2019est que cette association qui respecte si bien la dignité de l'homme .admet aussi la suzeraineté de Dieu.C\u2019est que cette association s'est formée lentement, sous la conduite d'un petit peuple insulaire qui avait le sens du passé autant que celui de l'avenir.C'est que cette union d'hommes et de territoires n'est pas un gonflement subit et éphémère résultant d'un coup de force; elle n'est pas le domaine couvert de ruines et de sang d'un gangster de génie et de sa suite de parvenus.Les conquêtes ont pu être l'occasion de sa naissance mais ce ne sont ni les conquêtes ni la force qui l'ont maintenue ensemble, forte et unie, à travers les siècles.Génie de la colonisation, sens de la mesure, «Fair Play», principes démocratiques .cherchons où nous voudrons l'origine de cet empire et la raison de sa solidité, le fait existe qu'il constitue la seule Société des Nations qui ait jamais marché.Le lien continu avec le passé, le gage de permanence pour l'avenir et l'un des symboles de notre soumission aux visées du Seigneur, c'est le Roi.Actuellement, il se nomme George VI et nous avons le droit d'être fiers de la façon dont lui et son auguste Reine s'acquittent des fonctions qu'ils détiennent « par la grâce de Dieu .de Grande Bretagne .« Nous défendrons notre Ile a tout prix ; nous nous battrons sur les pla- es, nous nous battrons sur les dé- Barcadores, nous nous battrons dans les champs et dans les rues, nous nous battrons sur les collines.Nous ne capitulerons jamais.» C'est ainsi que ce maitre de la politique et de l'éloquence, Winston Churchill, exprimait dans une de ces phrases cadencées qui semblent monter naturellement à ses lèvres, la volonté de résistance du peuple britannique, aux jours sombres de l'été dernier.Depuis lors, ce peuple que le petit tapissier autrichien appelait « décadent », donne monde l'exemple d'un héroïsme collectif comme on en a rarement vu.Cette nation transportée tout entière en première ligne, où la ménagère dans sa cuisine est aussi exposée que la sentinelle des avant-postes, a répondu au désir d'un chef élu qui lui a demandé \u2014 non à un Fuehrer ou à un Duce qui lui a commandé \u2014 de résister à tout prix, de sauver le monde ainsi qu'elle- même d'un retour à la barbarie.« Serrons les dents», a demandé Churchill, «et conduisons-nous de façon telle que si le Commonwealth et l'Empire britannique devaient dureg mille ans, les hommes disent encore : ce fut leur plus belle heure.» \u2014 C'est en effet leur plus belle heure et les Anglais ont prouvé qu'ils peuvent se battre jusqu'au dernier Anglais.« La liberté ou la mort » n'est pas une phrase creuse, aujourd'hui, dans les villes bombardées d'Angleterre.Il semble bien que l'Anglais moyen préfère être mort et enterré, plutôt que de vivre sous la botte allemande.C'est probablement à cause de cet amour de la liberté, qui dure depuis la Grande Charte, que les Britanniques n'en ont pas marchandé les bienfaits aux peuples qui vivent sous leur drapeau.On n\u2019a qu'à imaginer, pour s'en rendre compte, le traitement qu'un autre conquérant aurait servi à 60,000 colons abandonnés sur les bords du Saint-Laurent, en 1760.Si Murray s'était appelé Hitler, il y aurait peut-être encore trois millions de leurs descendants mais ils parleraient allemand et marcheraient au pas de l'oie.C'est pourquoi, aujourd'hui, la perfide Albion, le peuple de boutiquiers, la démocratie vermoulue dont la capitale est sur la Tamise, voit chaque jour arriver sur ses bords des volontaires venus de toutes les parties du monde pour la défendre.Canadiens, Irlandais, Boers, Hindous .on aura jamais vu tant de prétendus opprimés voler au secours du prétendu oppresseur, ,L'est pourquoi Londres est aujour- d'hui non seulement la capitale britannique mais la capitale de la Tchécoslovaquie, de la Pologne, de la Norvège, de la Belgique, des Pays- Bas, des Français Libres et de tous ceux qui ne veulent pas vivre sous cet ordre nouveau où la force prime le droit, que l'on croyait pourtant relégué à tout jamais dans la jungle.C'est pourquoi cette nation de possédants, qui a besoin de tout au- jourd'hui pour continuer la lutte jusqu'à la victoire, trouve son grand arsenal, précisément dans cette même république qui prenait naissance en se révoltant contre elle.Les Etats- Unis ont compris que l'Angleterre, ses hommes, ses femmes, ses enfants, son aviation et sa flotte sont aujour- d'hui le seul rempart qui empêche le fléau terrible en train de détruire l'Ancien Monde, de se répandre sur le Nouveau.C'est pour ne pas l'avoir SEPTEMBRE 1941 compris assez tôt que d'autres peuples sont aujourd\u2019hui dans les fers.dIrlande .Ah! Voila le défaut dans la cuirasse, diront certaines gens.Qu'est- ce qu'on fait de l'Irlande ?\u2014 L'Irlande, on n'en fait rien car ce sont les Irlandais qui ont leur mot à dire là-dessus.L'Irlande est la meilleure preuve aujourd'hui que le Commonwealth britannique est une véritable association libre où chaque nation- membre est égale aux autres.Un conflit se produit dont l'Irlande du Sud \u2014 ou l'Eire, si l'on veut \u2014 tient à s'écarter pour des raisons qu'elle croit bonnes.Très bien, il lui est loisible de garder la plus stricte neutralité, Mais devant le sort que les Nazis réservent aux petits peuples, les Irlandais doivent bien se dire : « Pourvu tout de même que les An- lais gagnent ! » Quant à l'Irlande du ord, elle constitue un noyau dont la loyauté n'est pas en doute.et des Dominions britanniques au-delà des mers.Les quatre Dominions \u2014 le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Union Sud-africaine \u2014 sont gouvernés par leurs propres Parlements et ils ont le même status que le Royaume-Uni.C'est aux Canadiens et aux Anglais que revient le mérite d'avoir, en 1867, inventé ce régime de gouvernement qui porte des colonies au rang de nations virtuellement libres.C'est dans le seul Commonwealth britannique que l\u2019on trouve ce système de gouvernement autonome pour les colonies ; les colonies des autres nations sont toutes, sans exception, régies directement par la métropole.Le status de Dominion est celui que possèderont éventuellement presque tous les territoires de l'Empire lorsque les circonstances et leur aptitude à s'administrer eux- mêmes le permettront.Deux de ces Dominions sont bilingues \u2014 le Canada et l'Afrique-Sud \u2014 et tous sont organisés sur le système fédératift qui coordonne admirablement les libertés locales et l'autorité du pouvoir central.Ce régime a su garder l'unité et la paix entre des races de langues et de cultures diverses, vivant dans un même pays.Empereur des Indes .L'empire des Indes comprend 380 millions d'habitants.qui parlent des langues nombreuses, appartiennent à des races diverses et pratiquent en liberté \u2014 comme partout dans l'Empire \u2014 des religions différentes.Ils vivent dans un immense pays.certains d'entre eux aux Indes ritanniques et d'autres dans les Etats indigènes sur lesquels règnent des princes hériditaires.Les Indes sont gouvernées par un vice-roi, un conseil exécutif et un corps législatif composé d'un conseil d'Etat et d'une assemblée législativ@.Les princes hindous, ces sonnages fabuleux coiffés du turban et décorés des médailles de l'Empire, maintiennent des relations, fixées par traités, avec le Royaume-Uni, qui est le pouvoir su- préme.Eux-mêmes, ainsi que leurs sujets, se trouvent sous la suzeraineté du Roi-Empereur.La Birmanie est administrée par un gouverneur, un sénat et une chambre des représentants.Les Indes, ces Indes lointaines et mystérieuses, ce pays aux trésors enfouis vers lesquelles partaient les découvreurs d'antan, les Indes, tout en ayant un certain degré d'autonomie, nont pas encore le status de Dominion.C'est dans ce but que travaille le Mahatma Ghandi, mais ce grand nationaliste hindou déclare lui-même qu'une victoire anglaise est le seul age de la liberté future des Indes.ne fois les Britanniques hors des Indes, ce grand continent serait immédiatement envahi par d'autres conquérants avides des trésors de Gol- conde, qui ne toléreraient certainement pas des campagnes de désobéissance civile et qui laisseraient, sans broncher, le Mahatma mourir de faim.Les Indes sont la plus grande colonie mais elles ne viennent qu'en tête d'une liste de noms pittoresques qui s'attachent à des territoires non moins pittoresques répartis sur toutes les parties du globe et sur lesquels flotte le drapeau britannique.L'autonomie de ces territoires varie suivant les conditions locales.Les protectorats sont souverains en ce qui regarde le gouvernement intérieur et leurs habitants ne sont pas des sujets britanniques mais des protégés du gouvernement britannique.Les condominiums, comme le Soudan anglo-égyptien, sont administrés conjointement avec d'autres Etats souverains.Les territoires mandatés sont administrés au nom de la Société des Nations.Cette classification comprend des Variations complexes et nombreuses mais chaque partie de l'Empire jouit de la faculté de disposer de soi dans la mesure où elle est capable de s'administrer en paix et d'assurer la justice et la liberté à ses peuples.Défenseur de la Foi!.Ce Roi, ce Commonwealth et cet Empire dont nous venons de brosser un tableau bien sommaire sont maintenant unis avec d'autres nations civilisées dans une lutte à mort pour défendre la foi \u2014 défendre la foi religieuse contre les doctrines païennes dont les excès ont été maintes fois condamnés par le Pape \u2014 défendre la foi en un monde libre, où chaque individu peut jouir des droits que Dieu lui a donnés \u2014 défendre la foi en notre civilisation chrétienne contre des peuples de proie qui voudraient faire régner sur le monde un nouvel âge de barbarie.C'est une lutte où nous sommes tous engagés et si nous avons besoin d'inspiration pour remonter notre courage, lisons les vers qu'a écrits notre grand poète, Louis Fréchette, sur le « Drapeau anglais » : Regarde, me disait mon père, Ce drapeau vaillamment porté ; Il a fait ton pays prospère, Et respecte ta llberté.C'est le drapeau de l\u2019Angleterre : Sans tache, sur le firmament, Presque à tous les points de la terre Il fiotte glorieusement.Oui, sur un huitième du globe C'est l'étendard officiel ; Mais le coin d'azur qu\u2019il dérobe Nulle part n\u2019obseurcit le ciel.Il brille sur tous les rivages ; Il a semé tous les progrès Au bout des mers les plus sauvages Comme aux plus lointaines forêts.Laissant partout sa fière empreinte, Aux plus féroces nations Il a porté la flamme sainte De nos civilisations.Devant l'esprit humain en marche Mainte fcis son pli rayonna, Comme la colombe de l\u2019arche, Ou comme l\u2019éclair du Sina.Longtemps ce glorieux insigne De notre gloire fut jaloux, Comme s\u2019il se fût cru seul digne De marcher de pair avec nous.Avec lui, dans bien des batailles, Sur tous les points de l\u2019univers, Nous avons mesuré nos tailles Avec des résultats divers.Un jour, notre bannière auguste Devant lui dut se replier ; Mais alors s\u2019il nous fut injuste, Il a su le faire oublier.Et si maintenant son pli vibre A nos remparts jadis gaulois, C\u2019est au moins sur un peuple libre Qui n'a rien perdu de ses droits.Oublions les jours de tempêtes ; Et, mon enfant, puisque aujourd'hui Ce drapeau flotte sur nos têtes, Il faut s\u2019'incliner devant lui.Pour vivre sans soucis \u2026.Mariée ou non, elle jouira de l'indépendance financière QU\u2019EST-CE qui vous plait le plus dans votre emploi?Est-ce le travail même?Ou n'est-ce pas plutôt la liberté et l'indépendance qu\u2019il vous assure?Il y a peut-être un peu des deux.Mais après avoir joui de l'indépendance financière, vous ne voudriez pas être obligée plus tard de dépendre des autres pour vivre.A moins, bien entendu, que vous vous mariiez.Le mariage signifie naturellement l\u2019abandon de votre chère indépendance et ne représente peut-être pas a sécurité financière pour toujours.C'est pourquoi, que vous vous mariiez ou non, vous aurez avantage à consi- déter la protection d\u2019un Plan de Pension Mutual Life.Aujourd\u2019hui, de plus en plus de femmes d\u2019affaires adoptent un Plan de Pension Mutual Life.Grice 4 ce plan, vous pouvez vous assurer, moyennant une petite somme hebdomadaire, un revenu pour la vie, à partir de 50, 55, 60 ou 65 ans .l\u2019Âge auquel vous avez l'intention de vous retirer des affaires.Si vous n'êtes pas mariée, ce revenu vous aidera à vivre dans le confort pour le reste de vos jours.Si vous vous mariez, cet argent sera un revenu additionnel précieux pour votre famille plus tard.Pour les besoins de temps de guerre.la \u2018POLICE DE LA VICTOIRE\" Pour ceux qui désirent combiner des économies substantielles de temps de guerre avec la protection adéquate d'une assurance, la Mutual Life of Canada a créé tout spécialement la nouvelle \"Police de la Victoire\u201d.Les primes sont extrémement minimes pendant les quelques premieres années, pendant que vous achetez des Certificats d\u2019Epargne de Guerre et que vous souscrivez aux Emprunts de Guerre.Cependant, la protection est immédiate et permanente, et vous pourrez payer les primes avec vos Certificats d'Epargne de Guerre au fur et à mesure qu'ils écherront.La \u2018Police de la Victoire\u201d est disponible pour tout adulte qui peut être assuré, et est particulièrement intéressante pour les hommes et les femmes qui ont un revenu modeste.Pour avoir tous les détails concernant la \u2018Police de la Victoire\u2019, voyez le représentant de la Mutual Life le plus proche, ou bien écrivez directement à: The Mutual Life of Canada, Waterloo, Canada.THE OF CANADA Fondée en 1869 SIÈGE SOCIAL e WATERLOO, CANADA TOUS LES BÉNÉFICES VONT AUX ASSURÉS La Revue PoPULAIRE DE NOS LECTEURS DES ELOGES Monsieur le directeur, Permettez-moi de m'adresser à vous dans des termes élogieux en raison de votre intéressante revue : La Revue Populaire.La Revue Populaire marque un progrès sans cesse grandissant à tous égards.Il n'est que trop juste d'affirmer que La Revue Populaire deviendra, tel que son nom tend à l'affirmer et à le réaliser, de plus en plus « populaire » en autant qu'elle saura intéresser par ses différents articles, les diverses classes de la société.Pour qu'elle soit populaire, la revue doit donc s'efforcer d'atteindre toutes les classes de notre peuple.Or, les derniers numéros, en particulier, présentent toutes les qualités propres à la rendre populaire, par son attrait et son intérêt général.Il y a donc lieu de s'en réjouir, et d'adresser des félicitations à la direction et de formuler des vœux pour une plus grande diffusion.C'est la, cher monsieur, le but de ma dictée, Recevez donc mes sincères félicitations.Ces appréciations en plus d'être personnelles, sont partagées par un groupe d'amis qui ent fait les mêmes constatations.Henri-Lours BELLEFLEUR Sherbrooke, P.Q.DES REPROCHES Chère Francine, Je lis toujours avec intérêt votre courrier de La Revue Populaire.Mais un de vos derniers articles m'a un peu surprise.Quand vous parlez de domestiques, vous dites d'être patiente avec une bonne, car si elle était plus intelligente il est fort probable qu'elle occuperait une autre situation.Il me semble, madame, qui si une jeune fille n'a pas eu l'avantage de se faire instruire pour gagner sa vie avec son instruction, elle peut avoir eu quand même une bonne éducation.On ne doit pas confondre, instruction et éducation, parce que I'éducation se fait dans la famille, auprès d'une bonne maman, qui a à cœur de bien élever ses enfants, malgré sa pauvreté.Les gens qui sont obligés de servir les autres, dans une situation moindre que celle de journaliste, dactylo: garde-malade, ne sont pas pour cela dépourvus d'intelligence.N'est-ce pas, madame ?UNE QUI AIME QUAND MÊME VOTRE COURRIER À cette dernière lettre (et nous en avons reçu plusieurs du genre) Francine répond par l'article suivant qui mettra, nous l'espérons, toutes nos lectrices d'accord : DESTINEE.Vous croyez peut-être, chères lectrices, qu'il n'existe pas de réunion plus riche en surprises qu'un bal costumé et vous regrettez que le coût toujours croissant de la vie les ait temporairement bannis de votre existence mondaine.Détrompez-vous, il y a des assemblées à la portée de toutes les bourses qui vous fourniront des sujets d'observation et des motifs d'étonnement qui laisseront loin dans l'ombre les plus habiles travestis.Je veux parler des réunions d'anciens élèves dans nos maisons d'éducation.Ceux que l'on cherche d'abord à reconnaître en pénétrant dans son Alma Mater ce sont d'abord professeurs et maîtresses dont on a si bien exercé la patience et qui, malgré cela, ont vieilli beaucoup moins rapidement que leurs élèves.Puis, ce sont les premiers de classe, ces fameux forts en thème ou en mathématiques qui nous ont donné tant de fil à retordre.Il yen a parmi eux qui ont suivi la ligne droite qu'ils s'étaient tracée dès leur jeunesse et qui ont réalisé leurs plus chères ambitions, de sorte qu'ils occupent aujourd'hui des situations enviables dans le haut clergé, la magistrature ou le collège des médecins.D'autres ont raté une carrière ui s'annonçait brillante, peut-être parce que leurs faciles succès d'autrefois les avaient rendus d\u2019un commerce difficile ou encore parce qu'ils étaient à 20 ans si satisfaits de leur mince bagage de savoir que jamais depuis ils n\u2019ont fait d'effort pour l\u2019'augmenter.Il y a les médiocres et parfois même les incapables qui ont fini par se tirer d'affaire mieux qu'on ne l'espérait, soit parce que la fortune paternelle leur permettait d'attendre et de se créer petit à petit une situation, soit parce qu'ils sont des fonctionnaires ponctuels et consciencieux qui grimpent chaque année un échelon dans l'administration qui les emploie, soit enfin parce qu'en réalité ils n'étaient pas du tout dépourvus, comme on aurait pu le croire au temps où ils traduisaient péniblement le De Viris illus tribus.Is n'avaient pas de facilité pour les langues mortes, c\u2019est entendu, mais ils possédaient ce qu'on est convenu d'appeler le \u201cCOME WIND, COME WEATHER\u201d Tel est le titre d\u2019un petit livre de chroniques vivantes qui nous montre le courage et la tenacité inébranlable des Britanniques, des Anglais, en cette heure particulièrement grave de leur histoire.L'auteur en est Daphne DuMaurier, romancière célèbre, épouse du plus jeune brigadier-général de l'armée britannique.Elle est la petite fille d'un écrivain français et est mère de trois enfants.Daphne DuMaurier est surtout connue comme auteur de Rebecca.Dans son recueil « Come Wind, Come Weather », elle aborde le monde de la spéculation des idées pour la première fois, autrement que sous une forme romancée.Son petit ouvrage en est un de propagande, mais de propagande bien faite et non sujette à caution.Chaque page reflète la sensibilité profonde de cette femme écrivain qui peint avec des couleurs vraies des fresques admirables de cette lutte suprême pour la vie qu'ont entreprise les Britanniques.On ne peut pas ne pas être ému à la lecture de ces dix chroniques qui racontent les actes d'abnégation quotidiens et de bravoure tranquille dont les villes de Grande-Bretagne sont les témoins depuis le début de la guerre aérienne.On se rend compte à la lecture de cet ouvrage que le moral anglais, loin de céder à la violence cruelle des bombardements, en demeure grandi et aguerri, prêt à affronter le pire.Voici un message d'optimisme et de confiance dans l'homme.Ce livre qui a été tiré à près d'un million d'exemplaires en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Canada, mérite la large publicité qui lui a été faite et l'extraordinaire diffusion qu'il a connue au sein des masses, en quelques mois d'affichage en librairie.(Le Bien Public) CLÉMENT MARCHAND sens des affaires, et cela ne leur a pas trop mal réussi, Il y a aussi ceux qui faisaient rire par leur gaucherie et leurs invraisemblables distractions.Il est fort possible que quelques-uns de ces rêveurs-là se livrent aujourd'hui avec succès à des recherches scientifiques ou se soient fait un nom dans le monde des arts.On pourrait continuer ainsi indéfiniment, constater que les missionnaires les plus zélés n'étaient pas nécessairement des élèves d\u2019une piété exemplaire et qu'inversement des enfants au sentiment religieux trop exalté pour être équilibré ont sombré dans l'indifférence.Mais ceci nous conduirait trop loin.Avant de terminer, jetons cependant un coup d'œil sur une réunion d'anciennes élèves et laissons un moment parler nos souvenirs.Nous revoyons des fillettes ambitieuses et égoïstes, avides de plaire, d'une intelligence moyenne et d'un physique agréable.Il fallait s'y attendre, ce sont celles-là qui ont mieux fait leur chemin dans la vie.Elles ont su choisir un bon mari et se faire obéir de leurs enfants.D'autres, intelligentes et dévouées, mais un peu moqueuses, ont eu d'abord des succès mondains, puis petit à petit leur esprit mordant a effrayé les jeunes gens qui se sont éloignés parce que, comme le disait un vieil ami de ma grand'mère, «les hommes n'aiment jamais les femmes capables de leur faire la classe ».S'il leur arrive de regretter parfois le foyer entrevu et surtout la maternité, elles ne sont pourtant pas malheureuses parce que plusieurs d'entre elles ont su s\u2019organiser une vie intéressante, consacrée aux œuvres de charité ou aux initiatives intellectuelles.Vous souvenez-vous de ces petites filles obligeantes et sensibles, toujours prêtes à rendre service, à compatir aux chagrins des autres ou à soigner leurs moindres bobos ?Vous ne serez pas surprises d'apprendre que plusieurs d\u2019entre elles sont devenues religieuses, d'autres infirmières laïques, et que quelques-unes élèvent des neveux orphelins.H y a celles que nous avons connues silencieuses et tranquilles comme de petites souris et qui, maintenant, parce qu'elles ont épousé un politicien en vue, tranchent à haute voix et sans la moindre hésitation les questions internationales les plus compliquées.Il y a celles qui à quinze ans écrivaient a des acteurs des lettres enflammées d'admiration et qui nous expliquent avec force détails dépourvus d'intérêts quelle éducation sévère elles donnent à leurs filles.N'oublions pas non plus celles qui n'ont jamais étudié avec application que la semaine qui précédait les examens et dont les enfants remportent à tour de rôle des bourses d'études.Mais on aperçoit soudain un visage prématurément vieilli et qui pourtant paraît familier.On hésite à prononcer le nom qui nous vient aux lèvres parce qu'il semble que cette femme à cheveux blancs a sûrement dix ans de plus que nous et n\u2019a pu, par conséquent, être notre compagne.On s'informe discrètement ; un nom est prononcé et, tout à coup.une image sort du passé et se précise.Celle d'une compagne à l'aspect frêle, à la mise aussi recherchée que le tolérait l'uniforme.Enfant choyée, fortunée, nonchalante, capricieuse et étourdie qui semblait préparée uniquement au bonheur, non à la lutte pour la vie.On apprend alors que la petite fille gâtée de jadis est devenue veuve alors qu'elle avait plusieurs jeunes enfants a sa charge.Elle a perdu ses parents dont la fortune avait été engloutie comme tant d'autres.Avec une énergie dont on ne l'aurait jamais cru capable, elle a traversé ces cruelles épreuves, surmonté les difficultés de l'existence quotidienne, fait instruire ses enfants qui aujourd'hui gagnent bien leur vie et sont en mesure de lui venir en aide.Maintenant qu'elle a enfin un peu de loisir, elle a éprouvé le désir de revoir ce couvent où elle a vécu des années d'heureuse insouciance et les anciennes compagnes dont sa vie laborieuse l'avaient peu à peu éloignée.Comme nous devons l'accueillir avec joie et lui redonner avec empressement la place à laquelle elle a droit parmi ses amies d'enfance, elle dont nous avons raison d'être fières bien que sa toilette sobre ne soit pas à la dernière mode.« L'habit ne fait pas le moine », il y a longtemps que ce dicton est vrai et il ne cessera pas de l'être.La naissance, la richesse, la situation sociale ne peuvent être mises sur le même plan que les qualités du cœur et de l'esprit qui sont le trésor impérissable de chacun de nous, quelle que soit la route étroite ou ensoleillée que la Providence lui a tracée. AINTENANT que vous êtes au courant de la ligne de conduite qu'il a été convenu de suivre au cours de cette série d'interviews, j'entre tout de suite dans le vif du sujet et vous demande, M.T'anguay.si la fondation d'une école provinciale de musique \u2014 comme cela existe depuis longtemps pour les Beaux-Arts \u2014 ne serait pas l'impulsion nouvelle dont a grand besoin le mouvement musical de notre province ?\u2014 C'est par l'affirmative que je m'empresse de éponges à votre pre- miére question, car Yai toujours déploré l'inexistence chez nous d'un réel conservatoire ; c'est là, à mon point de vue, une nécessité de toute urgence, une chose qu'il nous faut à tout prix ! Naturellement, je reconnais que de louables efforts aient été entrepris en ce sens, et je tiens ici à rendre publique mon admiration, par exemple, pour l'Ecole Supérieure de Musique d'Outremont et l'Institut Nazareth d'où sont sortis des musiciens absolument remarquables, tels Cusson, Cloutier, Pellerin.Incidemment, vous n'ignorez peut-être * A droite, M.Georges-Emile Tanguay s'entretenant avec notre collaborateur.Ne pas manquer dans le numéro d'octobre le deuxième interview avec M.Jean-Marie Beaudet.Par GÉRALD DANIS Les perturbations du présent conflit n\u2018auront pas été que d'ordre géographique, politique, social, économique et industriel ; les relations scientifiques, littéraires, artistiques et musicales, que jusqu'en septembre 1939 nous avions entretenues avec l'Europe continentale, se sont soudainement rompues par I\u2018ampleur et la brutalité du conflit.Le sort de la guerre, depuis plus d\u2019un an, nous a séparés de la France, notre pôle de culture à nous, Canadiens-francais, et le malheur a voulu que la politique suivie par les dirigeants de ce qui reste de notre mère-patrie intellectuelle nous prive, jusqu\u2019à la fin des hostilités, des lumières sur lesquelles nous étions habitués de compter.Cet événement prend donc une tournure significative pour nous ; il nous met en présence d\u2019un fait : celui de l'indépendance éventuelle du nouveau monde dans le domaine culturel.Cette réflexion nous a suggéré l'idée de faire le point, le relevé ou le diagnostic, si l'on préfère, de l\u2019état actuel de notre vie musicale.C\u2019est pourquoi, nous avons jugé bon de consulter à cet effet nos sommités en la matière.Ainsi, à compter de ce numéro, nous commençons la publication d\u2019une série d'interviews sous la rubrique : OU VA LA MUSIQUE CANADIENNE ?Par MUSIQUE CANADIENNE, nous entendons tout ce qui concerne la musique chez nous.C'est avec M.Georges-Emile Tanguay que nous inaugurons cette série d'entretiens.Le musicien est trop connu pour que nous en fassions ici la présentation ; soulignons toutefois que M.Tanguay, organiste à I'lmma- culée Conception de Montréal, est fe secrétaire de l\u2019Académie de Musique de Québec.Compositeur réputé, harmoniste érudit, organiste brillant, improvisateur extraordinaire, M.Tanguay a poursuivi en Europe, pendant de nombreuses années, ses études musicales avec les maîtres de l\u2019heure.G.D.pas que l'Institut Nazareth n'existe plus, ce que je considère comme une perte nationale.\u2014 Il va sans dire que je partage votre admiration, et aussi votre regret pour ce qui est de Nazareth.mais en raison de leur caractére local et exclusif, ne trouvez-vous pas que ces rares institutions privées, en l'o- currence, ne comblent pas la lacune dont vous venez justement de parler ?\u2014 Vous avez raison.Et comme conséquence de cet état de choses, il se trouve malheureusement qu'une minorité d'élèves seulement puisse trouver dans quelques rares endroits forcément éparpillés, un peu de cette atmosphère bienfaisante qui existe dans certains centres européens et même américains de culture musicale, alors que le grand nombre, laissé à sa propre initiative, est privé de l'ambiance et du véritable stimulant qui découlent de l'enseignement collectif.D'autre part, l'inexistence d'un conservatoire officiellement reconnu explique la multiplicité, chez nous, de professeurs «à la plaque » et d'un nombre toujours trop grand de « boites à diplômes » que l'on peut considérer comme deux grandes causes de l'état stagnant où se trouve au- jourd'hui notre mouvement musical, (Lire la suite page 60) LE CFO NTRE l'Islande et le Labrador s'allonge une énorme masse de rochers et de glaces ayant une superficie de près d'un million de milles carrés dont trente mille milles carrés au plus sont habitables ; c'est le Groenland.Malgré la rigueur de son climat, le Groenland serait un formidable bastion avancé aux mains de nos ennemis qui pourraient ainsi menacer directement le Canada en y établissant des bases aériennes et navales ; il va sans dire que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour s'opposer à une telle éventualité et que les armées alliées seules pourront faire emploi des parties utiles de cet immense territoire.S'il est toutefois un pays au monde qui pensait se tenir toujours à l'écart des conflits armés, c\u2019est bien le Groenland dont la population paisible, honnête et laborieuse ne saurait que faire d'une armée et n'a même pas besoin de police.Il y a dix-sept mille indigènes et quatre cents Danois dont l'existence pourrait servir de modèle à bien des pays ; on ignore totalement, au Groenland, l'usage de l'alcool, le meurtre, le vol et les contestations d'argent.Par contre, l'instruction y est favorisée jusqu'aux limites du possible ; ce pays est probablement le seul du globe où il n\u2019y a pas un seul illettré.Tous les enfants fréquentent assi- dument les écoles primaires, et il existe à Juliane- haab une école supérieure pour ceux qui veulent poursuivre leurs études.Des carrières de cryolite et de marbre, la pêche côtière et le commerce de fourrures font vivre modestement, mais avec un réel confort tout de même, cette population sage qui fut probablement, il y a sept ou huit siècles, la plus civilisée dans tout le nord de l'Europe.Il y a peu de végétation là-bas, quelques maigres saules et bouleaux et la faune ne comprend que Deux jeunes Groenlandais, élèves de l'école supérieure de Julianehaab.(Photo Pix) La Revue POPULAIRE quelques animaux à fourrure tels que le renard bleu et l'ours blanc ; d'autre part, on y voit une multitude d'oiseaux de mer, pétrels, eiders et mouettes.On y parle un dialecte esquimau, le Karabit, qui mériterait certainement d'être appelé le langage de la paix. \u2014 a SEPTEMBRE 1941 RANGOISE et Pierre sont mes amis.Ils ont respectivement quatorze et quinze ans et représentent à mes yeux le « moyen » élève : rien n'est excessif chez eux, ni la nonchalance, ni l'ardeur au travail.Ni trop brillants, ni trop ternes, ils sont médiocrement dissipés en classe et médiocrement studieux chez eux.J'ai, de plus, le rare bonheur que ces « échantillons » de la gent écolière veulent bien m'honorer de leur confiance, ce qui leur permet, sans que j'aie la peine de les y autoriser, de dire tout ce qu'ils pensent de leurs professeurs, de leurs études, de leurs échecs, de leurs succès.Françoise et Pierre sont d'excellente famille ; leur père, avocat avisé et prospère, lorsqu'il n\u2019est pas engagé dans des campagnes politiques, ou trop préoccupé par des causes en cours, ou retenu à son club, profite de ces rares répits pour aller au cinéma ou assister à une partie de hockey ; il reste chez lui quand il a la grippe ou qu'il n'en peut plus de fatigue.Alors il est bougon et il ne faut pas le déranger.Leur mère est une personne très active qui dirige sa maison avec ordre (ce qui n'est pas une sinécure), participe à plusieurs œuvres de charité, assiste aux concerts, reçoit aimablement et souvent, bref c'est une parfaite femme du monde.Françoise et Pierre, lorsqu'ils avaient huit ou neuf ans, aimaient, en revenant de la classe, à Les filles d'un côté.Les garçons de l'autre.Photos prises par le peintre Jean Palardy, à la Petite-Rivière-St-François, comté de Charlevoix.PROPOS de Aevither À qui la faute quand les enfants sont ignorants et mal élevés ?Par un professeur de collège classique raconter ce qu'ils avaient appris : les grands noms de l'histoire, les merveilles des pays qu'on disait si belles.Enthousiasme d'avoir appris quelque chose, joie de le dire.Et si un problème était trop diff- cile, papa zélé se penchait sur le cahier avec autant de plaisir que s'il s'agissait d'un jeu de mots croisés.Beau début.mais papa se lassa vite et maman avait tant à faire.On a laissé tomber Françoise et Pierre.qui sont bien assez grands pour se débrouiller seuls ! Françoise et Pierre habitent une grande maison, mais ils manquent d'espace vital.Pas le moindre coin qui soit bien à eux à part leur chambre à coucher où ils ne trouvent qu'un fragile guéridon encombré de potiches.Pierre s'installe sur une table à jeu au sous-sol, Frariçoise se glisse dans le boudoir de sa mère, (Lire la suite page 66) 10 perse te omg air ue EE i Lx i L {et ¥ i is = Æ 4 ry, i i, Xo TE ri ; ?: Boy, 57 * sa 2 Sites i Si oon es oh Ss 2 = 5 7 L] Ë = pe Fa .ESS asa Su 2 ; fy + po 2 % A a r Ve a sd À | S x 7% svi x ss #* ?RSR = A > « a it y a ee Sins.ci RI Fa sn ; 3 oF 1 » nin Ge.a oh Si a 6 = » 5 2 ¥ 3 v ow P foe LA je, jo Eh Pile Site ge ar Ë Pere Lh oi ta, { ve Tad ge 3 3 } 4, La Revue PopuLAIRE SEPTEMBRE 1941 11 1.\u2014 Le vestibule de VEcole des Beaux-Arts de Montréal construite en 1922 par M.Ernest Cormier, architecte et ingénieur, pour le compte du gouvernement provincial.2 et 4.\u2014 L'atelier de céramique, dirigé par le professeur Pierre Normandeau.(Au tra- voil, l'élève Jean Claude Coiteux).3.\u2014 Cours de décoration de deuxième année (Professeur Henri Charpentier).5.\u2014La classe de dessin (4e année) du professeur \u2018 Maurice Félix.6.\u2014 Classe - d'architecture (Professeur Emile Venne).7.\u2014 Classe de \u201cpeinture de quatrième année (Professeur Charles Maillard, directeur de l'Ecole).8.\u2014 Le directeur Maillard, à côté de son portrait qu'il exécuta au cours d'une permission pen- dont la Grande Guerre.9:\u2014 Architecture.10.\u2014 Cours de modelage du professeur Alfred Laliberté.11.\u2014 Cours d'art publicitaire (Professeur Roland Charlebois).12.\u2014 La pause entre deux cours, 13 et 14, \u2014 Cours de décoration du professeur René Chicoine.\"oy PHOTOS HENRI PAUL LE CHEMIN DES CHAPITRE PREMIER LA FORÊT DORMAIT ENCORE.long frémissement.Sous la caresse de la brise matinale, un frisson courut parmi les feuilles et réveilla les buissons endormis.Un nuage de gaze argentée s\u2019effilochait lentement, saupoudrant au passage d'une rosée scintillante de mousses et lichens.Tout était ébauche et indécision dans cette éclosion d'un jour plein de promesses, La villa du roi d'Artus, si proche des frondaisons qu'elle semblait une enclave au milieu des bois, sommeillait sous un enroulement de plantes grimpantes.L'architecture de la villa, inspirée d'un pavillon de chasse du quinzième siècle, différait du modèle par l'ampleur des proportions et la place ménagée à la lumière.Les larges baies vitrées sur lesquelles se détachaient les colonnes doriques constituaient un évident anachronisme: mais les dentelles légères que ces ouvertures laissaient transparaître s'harmonisaient avec le léger décor fleuri.Deux demi- tours, peu élevées, le bâtiment ne comportant qu\u2019un étage, encadraient les terrasses.Le rez-de-chaussée, surélevé, surgissait d'une corbeille de fleurs.Une douve en miniature, comblée par des rhododendrons en plein épanouissement, en faisait le tour.Deux ponts enjambaient ce rempart fleuri.\u2018Telle qu'on peut ainsi se le représenter, la villa du roi d'Artus méritait les exclamations admiratives des passants.Comment ne pas évoquer, à la U* aube radieuse de mai l'émut soudain d\u2019un ROMAN COMPLET Par Annie SAVERN e DESSIN DE F.- L.Nicolet vue d'un pareil éden, un mirage de vie paisible et dorée ?En ce jour naissant de mai, chaque minute déga- eait de l'ombre un détail, un contour.Des lueurs ugitives, perçant les nuées, zébraient la blancheur des murs.Tout était mystère et silence, l'obscurité étant encore maîtresse de l'heure.Soudain, un rameau fleuri qui barrait audacieusement la fenêtre de l'une des tours, s'écarta sous la poussée d'une main féminine.Tel un accessoire de féerie, le soleil, comme s'il eût obd, a un signal, perça les nues et éclaira la villa.Tout aussitôt monta de la forêt la rumeur joyeuse des oiseaux saluant la clarté du jour.Accoudée sur l'appui de la fenêtre qui venait de s'ouvrir, une jeune fille, les yeux mi-clos, bercée ar les trilles et les appels qui sortaient des fourrés, buvait avec délices les boutfées de l'air matinal.Ses narines frémissaient d'aise en aspirant les effluves forestiers : odeurs balsaniques des pins, saveur pimentée des menthes et des serpolets, relent de terre mouillée, de mousses humides \u2026.IMES Françoise Albanel assistait au lever du jour.Sa pensée, encore embrumée de sommeil, ne la conduisait pas au delà du bien-être physique qui la pénétrait.La brise jouait dans les bouches claires de sa chevelure.Ses yeux, d'un vert changeant, illuminaient de leurs eflets dorés un visage d'une rare pureté de lignes.Une expression de mélancolie, loin de gâter cette belle créature, lui donnait un charme inexprimable.» C'est exquis « murmura-t-elle, Et, lentement, tristement, elle ajouta : « Pourquoi ne serais-je pas heureuse comme eux tous : oiseaux, biches, hêtres et humbles ronces ?» Celle de Françoise Albanel, à en juger par le voile qui assombrissait sa physionomie, devait comporter d'obscurs problèmes .La jeune fille secoua la tête dans un mouvement plein de grâce.Elle décidait de chasser les fantômes et de goûter, sans arrière-pensée, le bonheur d'avoir vingt ans et de vivre une jolie heure.Mais la joie ne vint pas, hélas ! toutes les fois qu'on l'appelle et, à moins de vivre en ermite, les plaisirs de la solitude sont courts.Un coup discret, frappé à la porte, les abrégea brusquement.Alice, la femme de chambre, entra : \u2014 Excusez-moi, mademoiselle, de venir si tôt.Madame vient de partir pour Compiègne.Elle m'a chargée de prévenir Mademoiselle.J'ai vu les volets de Mademoiselle ouverts, c'est pourquoi je me suis permis de.\u2014 Cela s'arrange à merveille, interrompit un peu fébrilement Françoise.Car j'ai moi-même l'intention de m'absenter aujourd'hui.Si vous voyez ma SEPTEMBRE 1941 mère, avant mon retour, dites-lui que je suis à Paris, chez Mile Heurtaut.\u2014 Bien, mademoiselle.La soubrette disparue, Françoise se laissa tomber sur le premier fauteuil à sa portée.Une grande tristesse chassait sa résolution d'optimisme.Sa mère partie.partie.encore.et toujours ! Et cette façon de la prévenir?.Le baiser matinal lui coûtait donc tant?.Tout à l'heure, prise au dépourvu, Mille Albanel avait jeté, comme une riposte, le nom de Denise Heurtaut.Pur hasard ou suggestion de l'inconscient ?Ni l'un, ni l\u2019autre.Ce réflexe correspondait à un besoin de conseil, de consolation.Au couvent, Denise avait joué, pour sa cadette, le rôle de « petite mère ».Cette aînée qui paraissait être venue au monde armée contre toutes les éventualités, séchait souvent les larmes d'une petite fille au cœur sensible.Vint l'heure de la séparation.On se jura de s'aimer toujours : naïves effusions si souvent éphémères, mais qui, pour les deux amies, devaient garder toute leur signification.Denise, enlevant brillamment une série de diplômes, achevait, à vingt-quatre ans, ses études de médecine.Elle demeurait la confidente et le soutien moral de la petite Albanel.Les tristesses de celle-ci, les hésitations sur un parti à prendre la conduisaient infailliblement vers le modeste studio qui abritait l'étudiante, rue Gay-Lussac.Françoise, décidée à partir pour Paris, réalisa soudain qu'il lui fallait compter avec l'heure du train.Elle s'habilla rapidement.Moulée dans un tailleur noir qu'éclairait une housse rubis, les cheveux flous débordant d'une toque de velours, elle rayonnait de fraîcheur et de jeunesse.En quelques bonds, elle fut au bas de l'escalier, demanda son auto et pressa le chauffeur.Manquer le départ lui eût inspiré une crainte irraisonnée.tant s'aiguisait en elle le désir de s'appuyer sur la sagesse de son amie.Flle respira plus largement en apercevant en gare son train soufflant et haletant, mais encore immobile.Escaladant un marchepied, elle s'effondra, tout essoufflée, sur la première banquette à sa portée et ferma les yeux quelques instants, fatiguée, mais détendue.Au rythme berceur du train, elle assista à la fuite des aimables paysages de l'Ile-de-France, noyés, à cette heure matinale, d'une opacité bleutée.Arbres, prairies, taillis glissent, imprécis, sous un voile de rosée.Cependant, la vie sourd derrière le brouillard.Une fumée, évocatrice d'un foyer, dessine des arabesques, s'aminçit, puis se dissout dans l'air fluide ; un vol d'oiseaux s'allonge au-des- sur d'un boqueteau: le cheminement lent d'une charrue déchire la surface brune de la terre et, le long des talus, de laiteuses primevéres sourient sous la caresse d'un soleil timide encore.L'arrêt du train à Chantilly vint rompre le charme.Françoise suit des yeux le mouvement des quais, l'assaut des compartiments.Un groupe de jockeys et d'entraîneurs lui remet en mémoire les incidents d'une agréable journée.Deux années auparavant, Jacqueline Dethuy, fille d\u2019un propriétaire de Chantilly, l'avait invitée.Après les courses, les jeunes filles s'étaient rendues au château dont Jacqueline avait fait les honneurs à son amie.L'incomparable collection de miniatures, les tableaux italiens de la Renaissance, les tapisseries anciennes, ainsi que les peintures des maîtres du dix-neuvième siècle, avaient déchaîné @hez Mlle Albanel un véritable enthousiasme.Françoise s'était attardée de salle en salle, sous le regard amusé de Jacqueline, très fière de son rôle de cicerone.Les souvenirs de la famille d'Orléans : armes, vêtements, portraits, livres, les avaient vivement intéressées.Cette intrusion dans le passé historique d'une famille royale avait captivé Franoise.Qui songerait à contester la puissance d'évocation des objets inanimés ?Un drapeau arraché à l'ennemi ressuscite plus vivement l'atmosphère d'une bataille que la plus imaginée des descriptions.Françoise, dans le train qui la berçait doucement, revivait les heures de cette journée à Chantilly à laquelle elle devait ses premières émotions artistiques.Soudain, ses yeux se remplirent de larmes, N'avait-elle pas trouvé alors, à son tour à Compiègne, le tendre baiser paternel ?Et, huit jours plus tard, le père tant aimé succombait au cours d'une opération, laissant sa petite Françoise à une mère énigmatique et distante.- Et depuis ?.L'orpheline poussa un grand soupir.Qui donc l'aimait vraiment ?Françoise s'abimait dans d'amères réflexions .- Des pensées tumultueuses s'agitaient autour de l'isolement de son cœur, de ses vains élans vers Une vie différente de celle qui lui était imposée.L'entrée à la gare du Nord l\u2019obligea à secouer ces papillons noirs.Elle sauta sur le quai et consulta sa montre.À cette heure matinale, Denise se rendait à son service d'hôpital.Françoise, devant les deux bonnes heures à tuer, décida de faire la route à pied, jusqu'à la rue Gay-Lussac.Boulevard Denain, le contact de l'asphalte opéra sur elle son charme habituel.Elle se sentait plus \u2018Des mains tentent encor Pp \u201c D'arrêter la fatalité.8 at Et quand retombent épuisées Ces mains losses de vains efforts Un soir, sur vos ailes brisées i \u201cLe cœur pleure ses rêves morts ! légère et comme libérée de liens encombrants lorsque, au sortir du sommeil de la province, elle retrouvait l'atmosphère si vivante de la rue de Paris.Elle goûtait là ce rien de spiritualité qui se dégage de la foule et se grisait de marche rapide, à la cadence générale.Au milieu des passants anonymes, Françoise jouissait de son propre anonymat.Plus de présence importune de domestiques, pas davantage de visages familiers qui scrutent vos intentions, aucune question indiscrète ou amicale à redouter.Chaque être coudoyé vit d'une vie cachée et emporte sa charge de soucis et de tourments secrets.Près de Françoise, un homme trébuche au bord du trottoir.La jeune fille le retient charitablement par la manche.; L'inconnu, un calepin à la main, prenait des notes en marchant.II accorda un regard Vague à la main qui venait de se tendre vers lui, murmura : 13 « Merci!.», et reprit son crayon.À quel besoin pressant cette idée d'écrire dans la rue pouvait-elle bien correspondre ?Fantaisie ou nécessité de gagner du temps ?Et voici la note gaie, bien parisienne : un groupe de voitures des quatre-saisons, qui menacent d'entrer l'une dans l'autre, arrête la, circulation.Au milieu d'une cohue, assaisonnée d'épithètes aussi pittoresques que malsonnantes, un agent gesticule et prêche dans le désert.Françoise suit la scène d'un œil amusé.Elle se corse bientôt de la dispute d\u2019un chauffeur et d'un laitier.Qui donc prétend que les chauffeurs parisiens sont tous des princes russes ?.Celui qui prend à partie le laitier n'est, à coup sûr, ni Russe, ni surtout prince.Il exhale \u2014 en quels termes, grands dieux ! \u2014 son mépris pour le lait « empoisonné » du maladroit, lequel a la riposte vive : \u2014 Empoisonné, mon lait !.Tu le prends donc pour celui de ta mére?.Un loustic, poussant une voiture à bras, leur crie : \u2014 Poisons vous-mêmes, qui empêchez ma Peugeot de passer ! \u2026.Dans ces ardentes invectives, Françoise discerne plus de bonne humeur que de méchanceté.Elle aime le peuple de Paris et les spectacles de la rue.Elle reprend sa marche, pensivement.Arrivée rue Gay-Lussac, des pas précipités derrière elle l'obligent à tourner fa tête.Denise Heurtaut, rentrant de l'hôpital, courait presque pour pouvoir rejoindre son amie.L'étudiante, après avoir embrassé Françoise, lui montra un inélégant paquet enveloppé de papier jaune et dit, gaîment : \u2014 Je rentrais avec une côtelette ; maintenant, il m'en faut deux.M'accompagnes-tu chez le boucher ?Bras dessus, bras dessous, les deux jeunes filles, tout à la joie du revoir, devisaient joyeusement.L'entrain de Denise déridait Françoise, qui affronta allégrement les cinq étages de la maison de son amie.Dès que la petite Albanel eut pénétré dans l'appartement de l'étudiante, son excitation tomba.Ses eux firent rêveusement le tour du modeste studio, ien qu'elle en connût tous les détails.\u2014 Ça sent la liberté ici! s'exclama-t-elle.\u2014 Hum ! corrigea Denise, une liberté relative | Que fais-tu donc de la tyrannie de mes bouquins ?\u2014 Ces maîtres silencieux te préparent un avenir enviable, Denise ! \u2014 Enviable ?.C'est possible, après tout ; mais ie n'en sais vraiment rien.Mon bonheur, si bon- eur il y a, me semble négatif, en tous les cas.Ie vis tellement de mon travail et dans ce travail! Si le labeur intensif endort l'inquiétude humaine, c'est une bien sèche nourriture pour un cœur de vingt- quatre ans !.\u2014 Ce cœur, ma chère, quand tu daigneras prendre le temps de l'écouter, battra un jour en faveur d'un de tes camarades qui t'épousera pour toi-même.Vous marcherez côte à côte vers un idéal identique de science et de perfectionnement.\u2014 Pas si vite, ma petite!.Il m'est interdit pour l'heure de penser au mariage.Le seul rêve que je me permette s'accroche à l'installation de ma vieille maman auprès de moi.\u2014 Oh! Denise !.Avoir une maman ! .\u2014 Petite fille trop gâtée, n'en as-tu pas une ?.Et ta fortune te met à l'abri des séparations .- \u2014 Ma fortune n'achètera jamais une once de tendresse .Des lieues te séparent de ta mère et cela ne t'empêche pas de sentir la chaleur de son amour, Moi, qui souffre par la mienne si peu mère, hélas ! \u2026.je t'envie.Je suis venue à toi aujourd'hui parce que j'ai le cœur très lourd.J'ai reculé le moment de t'importuner, ma grande, mais j'ai besoin de toi.\u2014 Voyons, chérie, que se passe-t-il?.Un dissentiment se dresse entre ta mère et toi, si je comprends bien ?.\u2014 Si ce n'était que cela, Denise !.protesta Françoise.La situation est bien pire et tellement incompréhensible .Puisqu'il en est ainsi, Francette, trancha l'étudiante qui surveillait, tout en causant, la cuisson des côtelettes, déjeunons avant toute chose ! Une délicieuse odeur de grillade imprégnait l'air.Denise, brandissant une fourchette, coucha les côtelettes ruisselantes de jus sur un lit de beurre frais.\u2014 Ta cuisine sent bonne, constata Françoise, et mon lever matinal m'a mise en appétit! \u2026.\u2014 Bien cela! approuva Denise.J'ai, heureusement, pour compléter le festin, des pommes de terre prisonnières dans le four ; elles doivent être ratatinées à souhait.- 14 N ne se rend pas toujours compte des immenses possibilités de la radio, cette merveille de communication qui se moque des distances.La radio qui, en temps ordinaire, se limite à distraire et à renseigner les foules, peut, à l'occasion, rendre d'inappréciables services à la patrie.On en a eu un magnifique exemple lors de la campagne nationale pour l'Emprunt de la Victoire qui eut lieu en juin dernier.Les quelques photos qui paraissent sur cette page nous rappellent de façon saisissante le véritable événement radiophonique et patriotique que fut l'émission radiodiffusée de la scène du théâtre Saint-Denis à Montréal, émission qui fut rehaussée par le précieux concours de l'acteur français célèbre, Charles Boyer.On se rappelle également que ce fut encore par la radio \u2014 de Hollywoëd cette fois \u2014 que fut souligné aux peuples canadien et américain l'éclatant succès de cette campagne d'emprunt national.Quelques personnages de notre radio locale avaient pris le chemin de la Californie pour cette circonstance.La Revue POPULAIRE .\u2014Charles Boyer.2 et 5.\u2014De gauche à droite : Charles Boyer, Antoinette Giroux, Jacques Cate- lain et Henri Letondal.3.\u2014 Charles Boyer, Antoinette Giroux et Jacques Catelain.4 \u2014- Jean-Marie Beaudet, Charles Boyer, Jacques Ca- telain (de profil), Antoinette Giroux, Roger Baulu, Gérard Arthur, Henri Letondal et autres. SEPTEMBRE 1941 + Par Aimé Plamondon NE belle journée d'août, chaude mais pas trop humide, avec une brise bienfaisante qui émousse aimablement les - dards du soleil.C\u2019est vraiment la température idéale pour aller aux courses.Bien entendu, je parle pour les amateurs sans consistance puisque les vrais de vrai s'y rendent par tous les temps avec un entrain que rien ni personne ne saurait entamer.Tous les chemins, tous les genres de véhicules, mènent également à Rome et à la piste, mais la façon la plus simple et la plus intéressante de faire le voyage est encore d'utiliser les taxis qui partent, à intervalles régulièrement irréguliers, des grands hôtels de l'Ouest pour s'en aller directement à Blue Bonnets, à Mont-Royal ou à King's Park, suivant les saisons du calendrier hippique.Le procédé, fort simple, consiste à s'installer dans l'auto censéme@t en partance et à attendre qu'il démarre, son chargement réglementaire de six ou sept passagers étant dûment complété.Selon l'état du baromètre, le jour de la semaine et l'humeur des passants, l'expectation peut être plus ou moins longue, elle n'est jamais sans charme.Pour tuer le temps, on fait des pronostics \u2014 déjà \u2014 sur l'heure probable du départ, on parie avec soi-même \u2014 excellente façon de s'entraîner à bon compte \u2014 que tel ou tel passant montera ou ne montera pas, enfin on épie le visage, l'attitude et la conversation des compagnons de voyage octroyés par le hasard.Ses i ¢ ès que la derniére place est prise, le chauf- - 2 ue ss ER eur s'installe au volant et l'auto se met en \u201cCes photos furent prises au cours d'une é i ée à ifi i preuve disputée à la magnifique piste de Blue marche, a ment.sone qu Bonnets.Celle du bas représente le coursier vainqueur, monté par le jockey Mann qui, m'ait jamais été possible de compren dre pour- comme la majorité de ses collègues, possède les grandes qualités sportives nécessaires pour quoi.(Lire la suite page 70) te mn Cette profession pleine de périls.Lu 16 LA Revue PopuLamr LOMO! UI eût cru, il y a quelques années à peine, que les jeunes gens de nos jours reprendraient, avec l'enthousiasme qui caractérise leur âge, les vieilles danses populaires d'autrefois, abondonnées à tout jamais, semblait-il, avec les crirflines et les faux-cols en celluloïde ?Bien peu, sans doute, mais il arrive aujourd'hui que cela est un fait.La jeunesse de 1941 danse les «reels» de nos arrières- grands-pères.À quoi faudrait-il alors attribuer cette renaissance des danses d'autrefois ?À l'esprit du retour à la terre ?Au regain de popularité dont jouit la petite industrie ?Tout cela est vraisemblable, mais, à bien y réfléchir, qui nous dit que la jeunesse ne commence pas en avoir assez \u2014 pour le moment du moins \u2014 de ces sauteries syncopées, dont l'allure frénétique, vraiment, est de nature à inquiéter le psychiâtre le moins réfractaire ?C'est là, peut-être, l'explication la plus logique.Car, sans se soucier d'analyser les caprices de ses goûts, la foule, dans ses amusements, éprouve le besoin de la variété.Or, voulant chercher quelque chose de neuf en fait de danse, et ne le trouvant pas, les amateurs d'originalité trouvèrent qu'il n'y avait rien de mieux à faire que de reprendre ce dont on s'était moqué : les danses du bon vieux temps.Les photos ci-contre, ci-dessous ou en page de droite rappelleront aux générations moins jeunes que, décidément, il n\u2019y a rien de nouveau sous le soleil.Pour nous, nous voyons là un cas de renaissance d'art populaire, comme il s\u2019en produisit beaucoup au cours des siècles, et nous sommes d'avis que dans sa nouvelle vogue, cette danse des anciens subira quelques transformations, quelques recherches qui ne manqueront pas de la rendre encore plus pittoresque. r 17 SEPTEMBRE 1941 Ed i i x ; } Ses Aa sets + ho x * se | = wg! at gp OP Ea ig SE 924 pa saat he t Wve.1/7 7 MEL rn >» Ge = ms Ce re (Oo 3 \"ete | Pre 5 7 _ re a 7 k rm 4 i aN ne ES 2 = # dar.Gé hc?A ac re, Sets \u201d >» 2 Le ee.Li Gi + » ros ; \u2014 x5 A San Photos Conrad Poirier, de \u201cLa Revue Populaire\u201d 2 LS A par MARCELLE LEPAGE-THIBAUDEAU licenciée en soiences naturelles de l\u2019Université de Montréal UE d'évocations fait surgir ce simple mot ! Pour les gourmets, ce sont des desserts savoureux ! framboises nature et crème fraîche, poudingues plantureux et tartes croustillantes.Pour les uns, il rappelle un coin, du jardin, du verger, où croissent, appuyés à des tuteurs, les arbustes ligneux mais flexibles sur lesquels, en juillet, on cueille les fruits parfumés.Pour d'autres, les campagnards et peut-être les citadins privilégiés, il représente la cueillette bruyante, dans les bois, un dimanche d'été, une bande joyeuse, roulant dans la grande charrette à foin ou marchant au son des chaudières, des gobelets d'étain, dont les tintements marquent les pas et qui reluisent au soleil comme des instruments de fanfare.Elle va, la bande joyeuse, à travers les champs fleurant le trèfle et le foin mürissant qui parfument LA RevuE POPULAIRE l'air alourdi par les rayons ardents.Elle longe, quelquefois, les clôtures de pieux, quêtant un peu d'ombre aux aulnes envahissants, cueillant au passage l'églantine que la coquette mettra dans sa chevelure.Des sueurs perlent sur les fronts, mais le sourire demeure sur les lèvres.Là-bas, à l'orée de la forêt court sous la mousse une source fraîche à laquelle on se désaltèrera avant de commencer la besogne.La cueillette des framboises est une attraction champêtre qui n'a d'égale, en notre pays, que la cueillette des bluets qu'on préfère, toutefois, à la première, parce que les petites baies bleues sont plus accessibles que les drupéoles pourpres dont les tiges et les pédoncules sont armés de piquants redoutables.En pleine savane, les bluets tombent en pluie au fond des vaisseaux, mais il faut cueillir une à une les framboises, se frayer, pour les atteindre, un chemin à travers lesfhutres ronces, les jeunes pousses d'arbres, les troncs renversés.Et puis, ne risque-t-on pas de se trouver en présence d'un indésirable concurrent ?\u2014 L'ours brun raffole, en effet, des framboises dont il se gave durant toute la belle saison.Sur des souches, des pierres tapissées de mousse, faisons halte.En écoutant la chanson des trembles, en reposant nos yeux sur les aiguilles des épinettes, faisons plus ample connaissance avec l'arbuste qui nous intéresse aujourd'hui.La framboise appartient à une très grande famille botanique, celle des Rosacées.En conséquence, elle est la cousine des roses, celle de la pomme, de la poire, de la prune, de la fraise, des aubépines, des spirées, dont quelques espèces horticoles ornent, en mai, nos parterres de leurs guirlandes blanches.Elle est aussi la sœur des mûres.Quels sont les caractères qui rapprochent toutes ces personnalités qui nous semblent à nous, profanes, si différentes les unes des autres ?\u2014 Ils résident, en partie, dans les fleurs de ces espèces qui sont toutes bâties sur le type cinq.La corolle se compose, en effet, de cing pétales ; le calice, de cinq cépales ; cependant que les étamines, organes de reproduction mâles, sont en nombre considérable, une vingtaine environ, de même que les organes femelles, les carpelles, dont l'ensemble se nomme pistil.En outre, la feuille est toujours finement dentelée chez toutes ces espèces.Kappelez-vous la feuille du fraisier, celle du rosier.Quelquefois, des dents plus profondes s'insèrent entre les dents plus fines, ainsi, chez les aubépines, les spirées.La framboise appartient tout particulièrement au groupe des Ronces, au genre « Rubus », en langue botanique.On prétend que le nom français, Ronce, vient de « rumicen », dard, à cause des aiguillons garnissant plusieurs espèces ; ou encore, de «run- catio », signiflant « qui appartient aux buissons ».Quant au mot latin, Rubus, il signifie rouge, tout simplement, rappelant la couleur des fruits de la plupart des unités du groupe.Notre framboisier comestible a reçu, comme nom , international « Ronce du Mont Ida ».Et ces Dios- corides, un médecin de la Grèce antique, le plus ancien des botanistes reconnus, qui le baptisa ainsi parce qu'il croissait en abondance sur le mont du même nom, dans son glorieux pays.Le framboisier est un arbrisseau qui croît dans les endroits ombragés : orées des bois, bordures des chemins tracés dans la forêt, terrains en friche.II se maintient sur une tige souterraine, ligneuse, sur laquelle originent de longues tiges aériennes semées d'aiguillons droits.Les feuilles dentées sont composées de plusieurs parties, appelées folioles, soit généralement cing ou sept.La face supérieure est garnie de quelques poils, pendant que l'inférieure est entièrement poilue et blanchâtre.Ils épanouissent, en mai, juin, juillet, des petites fleurs blanches à cinq pétales plus courts que les cinq cépales qui les enveloppent.La queue de ces fleurs, ou plus exactement, le pédoncule, est garnie de petits aiguillons crochus.Les fruits issus de ces fleurs constituent, en somme, un ensemble de petits fruits, des drupes.La drupe est un fruit charnu à noyau renfermant une seule graine.Ce petit fruit composé provient du développement particulier de chacun des organes femelles réunis sur le même réceptacle qui a, ici, la forme d\u2019un cône.Le réceptacle n'est autre que le renflement du haut du pédoncule ou, si l'on aime mieux, de la queue de la fleur, et sur lequel s'insèrent les organes floraux : corolle, calice, étamines et pistil.A maturité, le fruit tombe de lui-même de ce réceptacle ou s\u2019en arrache facilement en laissant « le petit trou » conique que l\u2019on observe sur la framboise, Il y a lieu de remarquer aussi le duvet cotonneux qui la recouvre toute.(Lire la suite page 70) 19 SEPTEMBRE 1941 e la saveur de poulet! ucoup: stimprégné à : aiguise l'appétit ui aiguise Ww souper U! .Campbell's Ecoutez l'intéressant roman- + et QU ! ème \u20ac fleuve \u201cJeunesse Dorée\u201d de 1 pe AY poule vec Sauce Ce midi à midi quinze aux pos- so on Grillées fins tes: CBF Montréal, CBV s de Bac Muthin Québec, CBJ Chicoutimi.r v Lait Rien n\u2019a mordu au bout d\u2019'ma canne.Et mon chapeau tombe dans l'eau.Un\u2019 Soup\u2019 Campbell's à la cabane Me f'ra du bien! J\u2019y cours presto.PREPAREE PAR CAMPBELL\u2019S DANS SES CUISINES CANADIENNES MODERNES |.Le homard est si appétissant, si savoureux, i qu'il sera un vrai régal pour votre famille et : vos invités, : M se prête à la préparation de petits plats délicieux, de soupers succulents et de repas superbes.Avec d\u2019autres aliments peu coûteux, comme la laitue, les tomates et autres.légumes, ou avec des rêties, vous pouvez composér de merveilleux plats de homard pour régaler toute la famille 4 peu de frais.Vos achats de homard canadien en conserve aident les pêcheurs de homard du Canada à se tirer d\u2019une situation défavorable résultant de la perte des marchés d'outre-mer durant la guerre.Achetez au moins une boîte de homard la prochaine fois que vous itez chez l'épicier.MINISTÈRE DES PÉCHERIES, OTTAWA L'hon.J.E.Michaud, Ministre INSPECTE ET CLASSE SOUS LA SURVEILLANCE DU GOUVERNEMENT Seul le homard portant ces mots a été inspecté et classé d\u2019après sa qualité par le Gouvernement.Assurez-vous que le homard que vous achetez porte cette marque.C\u2019est une assurance de qualité.Le homard classé s'achète en trois qualités: \u201cDe luxe\u201d (Fancy), \u201cDe choix\u201d (Choice) et \u201cDe qualité réglementaire\u201d (Standard).Pro- posez-vous de servir du homard au moins une fois la semaine dorénavant.Ministère des Pêcheries, Ottawa 81 Veuillez m'envoyer votre nouvelle brochure: ; \u2018Le Homard\u2014 Recettes Economiques\u201d.Demandez la brochure GRATUITE: \u2018Le Homard \u2014 Recettes Economiques\u2019.Elle contient de nombreuses recettes intéressantes pour un usage très varié de ce superbe produit canadien.La RevuE POPULAIRE LE HOMARD Cuirassé de Table Cr CUIRASSE-LA jouit d'une bien meilleure réputation que les cuirassés de poche et il la mérite amplement.Un auteur, qui a quelque peu le sens de l'humour a dit de lui: «La vie privée du homard est intéressante, mais les gourmets préfèrent, en ce qui le concerne, les faits postmortem.avec une sauce convenable.» I arrive pourtant, lorsqu'on parle de homard devant certaines gens, qu'on se trouve en présence d'ennemis de ce succulent crustacé ; ennemis généralement de fraîche date et qui ont encore une bonne indigestion dans le souvenir ; ils vous en racontent tous les détails avec éloquence et ne semblent pas se douter qu'ils sont seuls responsables de leur indigestion.Un enfant de trois ans peut sans crainte manger du homard s'il a subi une cuisson convenable et surtout s\u2019il n'est pas assaisonné d'une multitude de produits plus indigestes les uns que les autres comme c'est trop souvent le cas dans quelques hôtels ou même chez soi.Bien préparé, le homard est une nourriture saine, agréable et qui se digère aussi facilement que du poulet, du poisson ou de la viande grillée.Ce crustacé fait l'objet d'un grand commerce tant au Canada qu'aux Etats-Unis ; dans ce dernier pays, c'est le Maine qui tient la tête pour les pêcheries ; elles donnent environ soixante-dix pour cent du total de la pêche.Celle-ci s'exerce, près de nos côtés et de celles des Etats-Unis, sur une longueur de treize cents milles allant du Labrador à la Caroline du nord.Cette zône de pêche est \u2014 sans jeu de mots \u2014 une véritable ligne car elle n'a que de trente a cinquante pieds de largeur pour une profondeur qui varie de six pieds a six cents.Il y a plusieurs manières d'apprêter le homard, les principales étant la cuisson à l'eau et celle à la vapeur et, dans le Maine on pratique l'une et l'autre avec une véritable maîtrise.Les touristes qui parcourent l'été cet Etat voient, bordant les routes, une multitude de restaurants où l'on déguste du homard excellemment préparé.Avant de se mettre à table ils peuvent jeter un coup d'œil sur des viviers bien installés où les homards vivants, provenant des pêches récentes, attendent que le désir du client termine leur carrière de crustacé.Le homard se pêche au moyen de sortes de nasses que l'on descend au fond de l'eau après les avoir garnies d'appât ; ces cages à homard sont construites de telle façon que l'animal peut y entrer très facilement mais ne peut plus en sortir; on le prend ainsi bien vivant et si on le transporte avec les soins voulus, il est possible de le conserver assez longtemps dans les viviers installés à cet effet.Dans leur élément, c'est-à-dire à l'état de liberté, les homards se nourrissent de coquillages, parfois d'herbes marines s'ils n'ont rien de mieux à se mettre, non pas sous la dent, mais entre les pinces et, à l'occasion, ils ne dédaignent pas leur propre espèce ; ils se régalent volontiers de petits homards longs de deux à quatre pouces.Les hommes n'ont donc pas inventé le cannibalisme.Les pêcheurs font la visite de leurs pièges à homard tout les deux ou trois jours et il est bien rare que, chaque fois, ils ne trouvent pas dans chacun d'eux une ou plusieurs prises.La préparation du homard n\u2019a rien de difficile ni surtout de mystérieux; une excellente méthode est celle de la cuisson à la vapeur qui donne une viande savoureuse et plus tendre que la cuisson à l'eau.Il faut toutefois avoir, pour cela, un récipient avec un couvercle fermant hermétiquement.On prend alors délicatement le homard en arrière des pinces et on le plonge tout vif dans cette marmite où l'on a mis de l'eau sur une hauteur d'un pouce seulement.On bouche bien et l'on procède à la cuisson; les homards de une à trois livres sont ceux qui conviennent le mieux pour ce procédé et il suffit de huit à dix minutes de cuisson au- dessus d'un feu assez ardent pour la cuisson ou de quinze à vingt minutes pour les plus gros.Se méfier ensuite des assaisonnements trop violents ou indigestes et destinés à flatter le goût ou bien à exciter l'appétit ; c'est à ces ingrédients que l'on doit les fameuses indigestions dont on accuse faussement le pauvre homard et qui sont particulièrement douloureuses quand l'estomac a déjà été surchargé par une forte quantité d'autres aliments solides ou liquides et qui ne font pas bon ménage ensemble.En fin de compte, vive le homard, ce cuirassé à pattes qui commence sa carrière à la mer et la finit sur la table des gourmets ; il se comporte ainsi au contraire des autres cuirassés mais c'est précisément pour cela que son rôle est des plus agréables.Mais pas pour lui, évidemment . SEPTEMBRE 1941 Tout en présidant la dinette, Denise bavardait.Elle savait intéresser son amie en lui parlant de sa vie d\u2019étudiante.Elle raconta avec humour les «blagues» et les ébauches de flirts de ses camarades, les petits tins de cénacle, les tics de son chef de service dont elle contrefaisait drôlement la voix de fausset.Le même chef de service lui inspirait une admiration sans bornes, tant par sa valeur professionnelle que par la façon lumineuse dont il diffusait son savoir.Quant a ses camarades, Denise les défendait contre les clichés courants.\u2014 Le type d'étudiant fantaisiste et noceur existe, certes, expliqua-t-elle, mais la masse de la corporation est sérieuse et\u2018 travaille On y trouve nombre de jeunes gens de mérite, vivant chichement et donnant des exemples d'énergie et d'abnégation.Tu verras, Cet après-midi, deux spécimens du genre, Freddy et Louisette, braves enfants qui apportent toujours avec eux un souffle de gaieté et de courage., Le déjeuner fini, Denise vint s asseoir sur le divan, auprès de son amie.\u2014 Je t'écoute, dit-elle, devenu soudain grave.Françoise s'expliqua lentement, en esant ses mots : + \u2014Je t'ai parlé, jadis, de l'indifférence de ma mère à mon égard.Cette froideur n'a fait que saccen- tuer et je m'épuise à en chercher la cause.Cette idée fixe déprime à la longue l'isolée que je suis.\u2014 L'isolée 7.s'étonna Denise.N'as-tu pas des amies et de nombreuses réunions mondaines ?\u2026 \u2014 J'ai le malheur de ne pas aimer le monde.Quant aux amies, ou celles qui se disent telles, elles m'encensent un peu trop pour être sincères.La fortune de mon père est lourde à porter.Pour en revenir à ma mère, elle me fuit à peu près chaque jour depuis quelque temps.Il est clair que je ne l'intéresse plus du tout .\u2018Quelle veuille refaire sa vie, c'est son droit mais ne justifie pas son absence de sentiment maternel.\u2014 N'exagères-tu pas, mon amie ?\u2014 Je le voudrais.\u2014 S'il faut admettre que tu voies juste, remontons à la genèse du mal, comme dit le père Auriol, notre professeur de pathologie .\u2014 Oh! la genèse ?.Elle est si confuse qu'elle ne se dégage pas.J'ai cherché en vain dans le passé un indice révélateur.\u2014 Révélateur de quoi ?\u2014 Du changement de maman depuis la mort de mon père.Celui-ci avait à peine rendu le dernier soupir que j'en ai eu une première preuve.Éperdue, déchirée, je fis vers ma mère un geste instinctif.\u2014 Tu te réfugias dans ses bras?Françoise acquiesça de la tête.\u2014 Elle me repoussa presque, con- tinua-t-elle, après silence tristement évocateur, et je découvris, à travers mes larmes, l'affreuse insensibilité de son visage.Rien.pas une contraction des muscles, qui décelât de la douleur.Son regard fixé sur le pauvre mort m'apparut sinqu- fièrement dur.\u2014 Ton chagrin t'égarait, ma pauvre petite !.\u2014 Le chagrin, rectifia âprement Françoise, double l'acuité des perceptions.en ce qui me concerne, du moins.Îl m'aida à éclairer non seulement cette minute tragique, mais un faisceau d'observations anciennes, de celles que les enfants enre- istrent à leur insu pour n\u2019en trouver fa clef que plus tard, beaucoup plus tard.LE CHEMIN DES CIMES (Suite de la page 13) \u2014 Je découvris brusquement, auprès du cadavre de mon père, une triste évidence: ma mère n'aimait pas son mari, et sa fille.pas davantage.\u2014 Je t'arrête là, Françoise ! Une femme peut voir mourir son mari sans éprouver de chagrin, \u2014 il y a tant de mauvais ménages | \u2014 mais le cas d'une mère qui n'aime pas son enfant est tellement rare qu'à priori j'en écarte la possibilité.\u2014 Je suis pourtant gratifiée de cette exception hors nature, Denise ! Des larmes perlaient le long des cils de Francoise.Denise cherchait en vain les mots qui rassurent et consolent.Elle rompit le silence pour demander : \u2014 Le ménage de tes parents sem- blait-il uni ?\u2014 En apparence, oui, mais certains mots incisifs, à peine remarqués au passage, me feraient supposer le contraire.Il semblait exister, entre ces deux êtres, un ressentiment obscur, soigneusement dissimulé \u2014 vraisemblablement à cause de moi.« Quand j'eus dix ans, ma mère décida mon entrée en pension, à Bruxelles.À ma sortie du couvent, ivre de liberté et amoureuse de la forêt, que j'explorais sans relâche, je ne songeais quère à faire de la psychologie au détriment de mes parents.Je rentrais de mes randonnées avec des brassées de fleurs que papa m'aidait à classer dans un herbier.« Les gais moments à jamais disparus!.Papa me couvait d'un tendre regard, il enlevait de mes cheveux des débris de feuilles arrachées aux buissons et me prédisait un retour imminent & la vie sauvage.Les fantaisies de son esprit assaisonnaient joyeusement le classement des tencriums et des proligiques composées.\u2014 Et ta mère .que disait-elle de cela ?\u2014 Maman ?.Elle n'était pas souvent là, à Vrai dire ; ses amies de Compiègne et de Paris l'ont toujours passablement accaparée.Denise prit une pose réfléchie : elle semblait rassembler les données d'un problème.\u2014 J'incline à penser, dit-elle, que Mme Albanel a dû souffrir par son mari et par toi.Les mères sont presque toujours exclusives.La tienne a certainement pris ombrage de ta prédilection pour ton père.L'excès de ta douleur auprès du lit du mort aura exaspéré cette jalousie latente.\u2014 S'il en était ainsi, Denise, répliqua Françoise, papa disparu, maman se serait appliquée à le remplacer dans mon cœur.Tout au contraire, ce grand malheur a déclenché.dans notre intérieur, ce que j'appellerai une période glaciaire.Maman, qui ne m'avait jamais prodigué de caresse, \u2014 sa nature, je crois, ne l'y prédispose pas, \u2014 avait entouré mon enfance de soins allant, lors de mes maladies, jusqu'au dévouement.Je m'étais attachée à elle malgré tout.\u2014 Tu l'aimais en lui préférant ostensiblement ton père ! \u2014 Instinctivement, rectifia Françoise : l'instinct des enfants ne les trompe pas.Denise ne se tint pas pour battue.\u2014 Il ressort de tes souvenirs, dit- elle, que ton père a quelque peu négligé sa femme en ta faveur, Françoise.L'étudiante prit un temps et poursuivit : \u2014 M.Albanel a-t-il laissé un testament ?\u2014 Oui.Je suis sa légataire universelle.\u2014 Et ta mère, épouse du richissime inventeur des moteurs Albanel, ne figure pas sur ce testament ?\u2014 Pardon !.dit Françoise, vivement.Suivant la volonté du mort, je verse à ma mère une pension d'un chiffre très élevé.\u2014 Si considérable que soit ce legs, ne vois-tu pas ce que sa forme indirecte a de blessant pour Mme Alba- nel ?Quel a pu être le mobile de ton père pour agir de la sorte ?\u2014 Je l'ignore!.laissa tomber Françoise, rêveusement.Et, changeant de ton, elle dit avec feu : \u2014 Papa ne faisait rien à la légère.Sa perspicacité et sa justice sont restées proverbiales dans le monde des affaires.\u2014 Et cet homme si clairvoyant aurait dressé sciemment un obstacle entre sa femme et sa fille ?Etais-tu, de son vivant, au courant de ses dispositions testamentaires ?\u2014 Jamais ! Voyons, Denise, peut- il être question d'argent entre des êtres tendrement unis ?\u2014 Comme tu l'aimais!.qua Denise.\u2014 Ses dernières paroles ont cependant été pour maman.Il a murmuré, dans un souffle suprême : ° « \u2014 Tu as promis!.toil.\u2014 À quoi pouvait-il faire allusion?\u2014 Je n'en ai pas la moindre idée.Denise, perplexe, conseilla : \u2014 Fions-nous au hasard pour nous éclairer à ce sujet.En attendant, je t'engage, Francette, à agir, vis-à-vis de ta mère, comme si tu ne t'apercevais pas de sa froideur.\u2014 Effort stérile.Un jour, comme j'avais le cœur très gros, j'ai pleuré en l'embrassant.« \u2014 À quoi sert, Françoise, m'a-t- elle reproché, de vivre avec les mots ?Habitue-toi à te passer de ton père ! «J'y arriverai, maman, mais il faut que tu m'aides.« Ce disant, je laissai tomber ma tête sur son épaule, quêtant un baiser, une caresse.Ma mère m'a repoussée sans brusquerie.« \u2014 Tu n'es plus une petite fille, m'a-t-elle dit.Nous sommes deux femmes désormais, deux amies, si tu le veux bien ?.« Amies ?Le mot m'a cinglée cruellement.J'ai tant besoin d'une maman, Denise, une maman que la tendresse de sa fille n'importunerait pas ! Françoise en était là de ses confidences quand la sonnette d'entrée se fit entendre.Denise alla ouvrir la porte au couple de fiancés attendus.Elle fit les présentations : \u2014 Louisette Mauclair et Freddy Deriennic, deux inséparables ! \u2014 Inséparables, pas encore! .protesta Louisette.Nous avons le temps de nous envoyer nos bouquins à la tête bien des fois avant l'enchaînement définitif ! \u2014 En fait de bouquins volants, vous échangez surtout des baisers et des paroles d'amour !.fit Denise.\u2014 Quelle réputation douceâtre tu nous fais, Denise ! .Freddy, il faut changer cela.À la première occasion, je t'ordonne de me mettre knock-out devant les camarades ! \u2014 Et s'il ne me plait pas de t'obéir, Louisette ?Si je t'aime mieux bébête que knock-out?.\u2014 Bébête!.Tu vas fort!.Que va penser de moi Mlle Albanel?\u2014 Mille Albanel pense seulement que votre sort est enviable, mademoiselle Louisette, dit Françoise.remar- Souviens- 21 Louisette eut un regard expressif qui jaugeait à la fois sa robe usée et l'élégante toilette de Françoise.\u2014 Louisette, Louisette, gronda gentiment Denise, ne fais pas de comparaisons !.Tu sais bien que tu es riche d'un bel amour et que les signes extérieurs ne sont qu'une apparence.\u2014 Denise a trouvé le mot juste, mademoiselle, appuya Françoise.Une femme privée d'amour est bien pauvre auprès de vous.\u2014 Oh ! s'écria Louisette, avec élan, cette déshéritée, ce ne peut être vous, mademoiselle, avec le visage que voilà ! D'un geste spontané l'étudiante entraîna Françoise devant une glace et énuméra avec humour : \u2014 Teint éblouissant, cheveux d'or, taille onduleuse, ovale de statue et les yeux.Ce que vous devez être photogénique, avec des yeux pareils ! Françoise, gênée, cherchait à se dégager.Elle s'inclina plaisamment devant Louisette : \u2014 Je vous remercie, mademoiselle, dit-elle, de m'indiquer une carrière.Le cinéma, entre autres avantages, me vaudrait de brûlantes déclarations d'amour pas dangereuses le moins du monde ! \u2014 C\u2019est inconcevable!.disait Denise, continuant une conversation avec Freddy.Et tu te trouves, naturellement, parmi ceux qui chahutent le plus fort.\u2014 Tu n\u2019y es pas du tout, la gosse ! Fini, le chahut !.L'ancien Freddy est mort.De profundis! .D'aucuns le regrettent.Il n'avait pas son pareil pour descendre dans la rue et narguer les flics ni quand il s'agissait de conspuer un examinateur rosse.Enterrées, ces petites fétes!.Je me « propage» désormais dans les hôpitaux, les laboratoires, et ne man- ue pas un cours.Et quand je grimpe ans mon pigeonnier, c'est pour y travailler comme un nègre.\u2014 Parce que ta négresse potasse à tes côtés.Va, je ne te plains pas ! déclama emphatiquement Denise.\u2014 N'empêche qu'elle me tient serrée, ton amie Louisette.Si tu savais, Denise, comme je sèche en ce moment sur les maladies de la peau ?\u2014 Comme nous séchons, corriaea Louisette.Nous en sommes au même point.C'est commode pour se poser des colles.\u2014 Et se passer d'horribles planches en couleur, fleuries de pustules, précisa le jeune homme.\u2014 Alors, on se regarde, «nous deux », et on n'y croit plus à ces horreurs, acheva Louisette gaiement.Les fiancés étaient lancés.Avec une inconscience d'amoureux, oubliant la présence de l'étrangère, ils poursuivirent leur marivaudage tout en absorbant une quantité respectable de toasts et de gâteaux.Le regard fixé sur eux, Francoise admirait leur belle vitalité et leur humeur légère.\u2014 Sont-ils gentils ! s'exclama-t-elle lorsque le couple se fut retiré.\u2014 Certes ! approuva Denise.Mais leur bonheur est exclusivement en eux et leur amour en fait tous les frais.Tu n\u2019imagines pas la somme de courage qu'il leur faut pour cultiver la gaieté à travers des difficultés sans nombre.Tu as vu la robe de Loui- sette.Elle date de deux ans au moins, et se maintient par des prodiges de soins.Et leurs souliers ?Quelle révélation ! Bien que ces pauvres enfants ne crient jamais misère, je gagerais que, certains jours, c'est tout juste s'ils ne manquent pas de pain.\u2014 Ils n'ont donc pas de parents ?\u2014 Si, mais, en braves cœurs qu'ils sont, ils laissent croire à leurs familles, nécessiteuses l'une et l'autre, u'ils ne manquent de rien.Louisette ait de la machine à écrire et Freddy 22 donne des leçons .quand il en trouve.Soutenus par leur tendresse mutuelle et par l'espoir d'un avenir meilleur, ils ne risquent pas de sombrer dans le découragement : ils sont de la race des vaillants, mais il y a, dans une existence de privations, des dessous que tu ne soupçonnes pas, Françoise.Françoise demeura quelques instants pensive.\u2014 Nous avons parlé de mon héritage, dit-elle tout d\u2019un coup.\u2014 Je te devine, interrompit vivement Denise, mais mes petits amis sont fiers.\u2014 Loin de moi l'intention de leur faire la charité, Denise.Veux-tu m'aider, mon amie, à améliorer le sort de ces jeunes gens .sans qu'ils s'en doutent, naturellement ?\u2014 Comment cela ?\u2014 Mon père écrivait, dans plusieurs revues, des articles techniques.J'ai commencé à classer les brouillons.Si Louisette voulait me les copier, cela me rendrait service.Quant à Freddy, ne pourrais-tu lui trouver un élève ?Denise, après une minute de réflexion, proposa : \u2014 Un de mes camaradees, orphelin, s'occupe de son jeune frère.Celui-ci, retardé par une enfance maladive, suit sa classe péniblement, mais son aîné n'a pas les moyens de lui faire donner des répétitions.\u2014 Parfait! acquiesca Françoise en vidant son porte-monnaie sur la table.Tu m'obligeras beaucoup, Denise, en t'occupant de cet écolier.D'autre part, je t'enverrai les manuscrits à copier.Tu m'avertiras quant tu n'auras plus d'argent.\u2014 Je ne puis accepter, Françoise, de me parer de ta belle action.\u2014 Parle à tes amis d'un bienfaiteur inconnu.Ne me nomme pas, c'est tout ce que je te demande.Arrange la chose au plus tôt avec le grand frère que je te donne la permission d'aimer, s'il en est digne.\u2014 Exiges-tu que je lui déclare ma flamme ?fit Denise, amusée.Ce ne serait guère dans mes cordes.De plus, en ce qui concerne Bernard, je n'arriverais pas bonne première, car il est très séduisant.Les deux amis se quittèrent sur ces gals propos.\u2019 Combien elle enviait le sort de Denise, cette solitaire, maitresse, de par son travail, d'un intéressant avenir.Etre médecin, faire des études qui ouvrent à l'intelligence un champ illimité, soulager parfois ses semblables et les consoler toujours, se donner à la science et à l'humanité, vérités qui dépassent toutes les abstractions, c'était vivre, celal.Quel contraste entre le labeur fécond d\u2019une Denise et la vie mondaine, si creuse, de Françoise Albanel ?Ces réflexions accompagnèrent Françoise jusqu'à la gare du Nord.Comme elle en franchirait la première marche, elle entendit des pas précipités et une voix joyeuse l'interpella : \u2014 France ! veine ! Jacqueline Dethuy accourait, essoufflée, \u2014 Jacqueline ! Ah! la bonne surprise ! dit à son tour Françoise.Elles grimpèrent dans le train et, penchées à une portière, s'amusèrent de l'affairement des retardataires.Le maquillage excessif d'une vieille coquette les mit en joie.« Cet âge est sans pitié».\u2014 Devine qui je viens de voir, dit Françoise en \u2018s'asseyant .Denise Heurtaut.\u2014 La Minerve du couvent?Ça colle toujours, cette grande amitié ?\u2014 Plus que jamais.Denise suit courageusement sa voix et soutiendra bientôt sa thèse de doctorat.c'est toi.quelle \u2014 Grand bien lui fasse ! s'exclama Jacqueline.Passer sa jeunesse dans les bouquins, quelle aberration ! \u2014 H y a le pour et le contre, remarqua Françoise, conciliante : toutes les femmes ne sont pas faites uniquement pour attendre l'amour.Le mot magique prononcé, la conversation prit un tour intime ; Françoise discuta les idées de l'auteur du livre de fine psychologie féminine récemment paru.\u2014 D'après Mme T., dit-elle pensivement, notre unique secret serait l'amour.C'est très joli, mais l'amour demande un partenaire.Cet oiseau rare, où niche-t-il ?\u2014 Peut-être tout près de toi et à ton insu, Françoise.Il s'agit de le découvrir.\u2014 Tâche bien malaisée en un temps où le langage et les habitudes de la jeunesse facilitent si peu les rencontres sentimentales.~ Ne nobus plaignons pas, Françoise ; c'est là la rançon de notre liberté.\u2014 C'était pourtant gentil, Jacqueline, la cour d'autrefois.\u2014 Cette cour, laquelle de nous tromperait-elle aujourd'hui?Nous connaissons trop la vie pour nous y laisser prendre.Bon pour nos aïeules, les madrigaux fleuris.Elles arrivaient à vingt ans avec une âme toute neuve, et des illusions à revendre.Nous n'avons pas à envier leur pâture : romances, fleurs séchées, vers dédicacés, le tout assaisonné d'une bonne dose de dissimulation.Les deux jeunes filles rirent de cette boutade.\u2014 Pour ma part, conclut Mille Dethuy, je n'échangerais pas ma liberté contre ces fadaises.\u2014 Moi, pas davantage, approuva Francoise.N'empéche que nos devanciéres avaient, dans leur foyer, une place que nous ne retrouverons plus.La vie actuelle, agitée de plaisirs, de déplacements, d'individualisme, a tout changé.\u2014 Avantageusement Pour nous, je le répète.Ces femmes de jadis n'avaient pas toujours la vie facile.Il leur fallait souffrir \u2026.\u2014 Souffrir et pleurer.répéta pensivement Françoise.Mme de Chateaubriand a écrit : « J'aime mieux avoir senti souffert et regretté que de n'avoir jamais ni pleuré, ni aimé.» Jacqueline éclata de rire.\u2014 4 tu remontes 3 Mme de Chateaubriand, fit-elle, où allons-nous ?Il eût sans doute mieux valu, pour cette femme gémissante, qu'elle trouvât un dérivatif à ses peines dans les sports, les voyages, l'auto.\u2014 Distractions pour gens heureux, mais remèdes inopérants sur un cœur qui souffre.Toutes modernes que nous soyons, Jacqueline, nous gardons des illusions dont la chute nous meurtrirait fort.Il s'agit de s'arranger pour ne pas tomber, voilà tout, et, pour ça, marcher dans la vie appuyée sur un scepticisme solide.Cette chevauché, sans déchirements, je la vois très bien auprès d'un garçon pas trop bête ni surtout ennuyeux, pour lequel j'aurais des trésors d'indulgence, à condition qu'il me laisse ma liberté d'action.\u2014 Je t'envie, Jacqueline, d'exiger si peu.Je retarde et je le déplore.Je ne puis m'habituer aux façons de la plupart des jeunes gens modernes qui nous abordent familièrement en costumes de sport, parfois ruisselants de sueur, et nous proposent d'abattre ensemble du cent à l'heure sur une belle route.Admets que tu acceptes la randonnée.Le premier mille franchi, le gai compagnon aura livré sa mentalité tout entière.Ses compli- lents à la moderne seront noyés dans des considérations avantageuses pour sa personne.Ses succès au tennis, au golf, ses projets de carrière ne seront pas un secret pour toi.« Je fais ceci, je pense cela, je dispose de grosses influences, etc, etc.\u2014 Aurais-tu la naïveté, mon amie, de croire que cette fatuité masculine est chose nouvelle ?\u2014 Non, certes!.Mais elle se développe à notre détriment.Pendant que nous nous flattons d'être clairvoyantes et affranchies, nous passons tout doucement au second plan.Jacqueline allait protester, mais un coup de sifflet, succédant au ralentissement du train, annonça la gare de Chantilly.\u2014 Déjà ! s'écria Mlle Dethuy en extrayant de son sac à main le poudrier et la glace de poche qui tiennent désormais une si large place dans les habitudes féminines.Envolées, les idées graves ! L'important, n'est-ce pas de redresser un chapeau, d\u2019assagir des boucles folles, de souligner les lèvres d'un trait hardi.Françoise invita chaleureusement son amie : La forêt et moi, lui dit-elle, nous nous lions plus intimement tous les jours.Tu subiras son charme à ton tour dès que tu auras respiré l'indéfinissable parfum que distillent ses frondaisons et ramassé des morilles au pied des chênes.Nous irons ensemble nous mirer dans l'étang de Saint-Pierre.Une promesse, un baiser d'adieu et Françoise retrouva sa solitude peuplée de pensées.A Compiègne, la jeune fille aper- cut sa mère sur le quai de la gare.\u2014 Tu savais donc, maman, que j'étais à Paris ?s'étonna-t-elle.\u2014 Je l'ai appris de la façon la plus simple .en téléphonant à Alice.Je tenais à te présenter un ami d'autrefois que j'ai retrouvé à Compiègne comme par miracle.Alors seulement, Françoise vit que sa mère n'était pas seule.\u2014 Le colonel Mémoret, présenta Mme Albanel, un heureux mortel qui savoure les douceurs de la retraite, et son fils, Daniel, future étoile du barreau.\u2014 Vous raillez, madame, mon humble personnage, protesta un jeune homme qui s'inclina devant Françoise.Celle-ci lui tendit la main et la conversation s'engagea.Françoise observait les deux étrangers.Le colonel, un beau type de soldat bronzé par le soleil FAL que, se livrait à des frais d'amabilité et à des dépenses d'esprit.Il déplut à Françoise.Le jeune avocat, à la physionomie franche et sympathique, bénéficia d'un jugement plus favorable.u moment où les deux femmes firent mine de se retirer, Mme Alba- nel parut frappée d'une idée subite : \u2014 Au fait, proposa-t-elle, pourquoi ne viendriez-vous pas dîner avec nous demain soir.Nous jouissons, en ce moment, d'un clair de lune miraculeux.\u2014 II n'est pas besoin, madame, dit galamment le colonel, d'une attraction aussi romantique pour nous faire accepter votre invitation.\u2014 S'il en est ainsi, poursuivit Mme Albanel, repoussons la contemplation des rayons lunaires au second lan et arrivez-nous dès l'après-midi.aniel, qui aime le tennis, trouvera à qui parler.On se quitta sur un « a demain ! » plein de cordialité.Pendant que Mme Albanel donnait des ordres à son chauffeur, Françoise suivit pensivement des yeux les deux hommes qui s'éloignaient.Sans qu'elle sit pourquoi, la brusque intru- LA Revue PopPuLAIRE sion de ces étrangers dans sa vie la contrariait.L'auto, quittant la gare, traversa le pont de pierre et monta la rue Sol- férino sans qu'une seule parole eût été échangée entre Françoise et sa mère.Mme Albanel attendait une réflexion, une question au sujet de ses nouveaux amis.Françoise se taisait sans aucune intention hostile, simplement parce parce qu'elle se méfiait des mots qui lui viendraient aux lèvres.Elle redoutait, par-dessus tout, de froisser sa mère.Cette dernière, visiblement agacée par le mutisme de sa compagne, rompit le silence.Elle ne se jeta pas im- médiatemer® au cœur du sujet et critiqua le chauffeur leur imposer un arrêt rage.\u2014 Rien ne nous presse, heureusement, remarqua paisiblement Françoise.De nouveau, l'atmosphère de silence se reforma.Les allées d'arbres succédaient maintenant à l'alignement des rues.\u2014 C'est une vraie joie pour moi, dit soudain Mme Albanel, d'avoir retrouvé un ami de toujours.toujours ?.questionna ui venait de evant un ga- \u2014 De Françoise.\u2014 De ma jeunesse, tout au moins.Alors que mon père commandait régiment a Tours, le lieutenant Mé- moret passait pour le plus brillant de ses officiers.J'avais alors ton âge et la vie me paraissait une aventure prodigieuse, ajouta-t-elle, rêveusement.Après un an de succès mondains, M.Mémoret, nommé en Algérie, disparut de notre cercle, laissant plus d'un regret.Je n'ai plus entendu parler de lui.Dernièrement, une rencontre plus fortuite chez les Faillart nous a fait revivre les beaux jours de notre jeunesse.\u2014 Sa femme se trouvait-elle avec lui, chez Mme de Faillart ?~ Il est veuf depuis dix ans.Que dis-tu de son fils ?.Charmant.n'est-ce pas ?Françoise acquiesça mollement : \u2014 Bien physiquement et pas antipathique au premier abord \u2026.\u2014 Quelle drôle de fille tu fais ! .À ton âge, je me serais emballée illico pour un aussi joli garçon ! \u2014 L'espèce en était donc si rare, maman, dans ta jeunesse ?.Moi, j'en connais quelques spécimens qui valent Daniel Mémoret, mais j'ai sans doute l'esprit mal tourné : ils me laissent froide.\u201c Françoise se tut, prise soudain de la crainte d'avoir laissé percer, dans son appréciation, une nuance de supériorité.Elle observa sa mère à la dérobée et se rassura aussitôt.Une lueur de rajeunissement éclairait le visage de la veuve, tout à l'évocation d'un passé prestigieux.Françoise, bannie des souvenirs de cette mère dont elle se sentait très loin, éprouva pour celle-ci une tendre compassion.Les paroles de Denise lui revinrent et elle se promit d'accueillir gentiment les invités du lendemain.\u2014 Etant donnée notre amitié, vieille de vingt-cinq ans, poursuivit Mme Albanel, qui suivait le développement de sa pensée, nous pourrons abréger les préliminaires habituels des relations.\u2014 Il me semble que c'est déjà fait, ne put s'empêcher de remarquer la jeune fille.N'as-tu pas invité ces messieurs à dîner ?Bien que Françoise se fût efforcée de corriger cette pointe par la légèreté du ton, Mme Albanel en perçut l'ironie et ne dit plus rien.Décidément, le tête-à-tée, malgré (Lire la suite page 24) 4 SEPTEMBRE 1941 Une page du passe Canadien et Polonais par KRYSTYNA ZBIERANSKA A PRISE de Varsovie, par les troupes russes en septembre 1831 marqua la fin de l'héroïque insurrection polonaire contre la Russie.Des milliers de Polonais, refusant de déposer les armes, du- , rent quitter la patrie.Le mouvement elé dans l'histoire de la Pologne pi Grande Emigration» eut lieu, et des flots de refugiés polonais peu- lerent les capitales occidentales.aris devint le siège de la société lonaise et le centre de la vie po- onaise à l'étranger, à cette époque.Londres accueillit un nombre d'émigrés polonais relativement res- , treint, dont plusieurs personnages éminents.François-Xavier Garneau, portant déjà dans son âme la résolution d'écrire l'histoire du Canada partit pour wl'Europe au mois de juin 1831.Débarquant en Angleterre, il se rendit à Londres mais n'y resta que peu de temps.Il se rendit en France, «la grande patrie des Canadiens fran- - Çais», et séjourna brièvement à Paris, où il visita les principaux monuments.Rentré à Londres, il accepta l'offre de M.Viger, délégué par la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada auprès du gouvernement anglais à Londres, qui lui proposait l'emploi de secrétaire.F.-X.Garneau resta donc à Londres deux ans et, pendant ce temps, il rédigea des mémoires destinés au ministre des Colonies, pour réclamer la destitution du procureur général J.Stuart et plus encore pour lui exposer la situation politique du Bas- Canada.Durant son séjour dans la capitale, il fréquenta le milieu où se réunissaient des hommes célèbres dans les lettres et dans les sciences.C'est alors qu'il fut également admis dans les rangs de la Société littéraire des Amis de la Pologne, sur la proposition de Thomas Campbell, président de cette association et déja l'auteur des « Lines on Poland », contenant ces vers.And have I lived to see thee sword in hand reprise again, immortal Polish Land ! qu'exprimaient les opinions de la plus grande partie de la société anglaise, vivement touchée par la lutte inégale de la Pologne contre la tyrannie de la Russie.Le travail auquel le jeune Canadien se livrait à Londres, sous la direction de M.Viger, réchauffait ses sentiments patriotiques.F.-X.Gar- neau le dit, dans sa lettre à son ami M.Winter a Québe® en date du ler septembre 1831 : « Nous travaillons, M.Viger et moi, depuis trois semaines, comme des enthousiastes de la patrie » Dans une autre lettre, également à M.Winter, en date du 29 décembre 1832, parlant du second ministère de lord Grey, qui, après une défaite et une tentative infructueuse du duc de Wellington de former un gouvernement tory, avait repris le pouvoir, et s'arrétant à ce propos sur les affaires canadiennes, il s'exprime ainsi : « La domination étrangère est le plus grand mal dont un peuple puisse être frappé.Plusieurs de nos griefs ressemblent à ceux dont les braves et malheureux Polonais avaient à se plaindre.Mais courage ! La cause de la justice et de la liberté est trop sainte pour ne pas triompher : si ce triomphe est lent et pénible, il n'en sera que plus certain et plus durable ».On sent dans cette comparaison sa grande sympathie pour les Polonais, quoique ses opinions à propos des affaires canadiennes n'aient pas toujours été tout à faite justes.C'est, au dire de M.Chauveau, qu'il «ne pouvait s'empêcher de comparer les Canadiens aux Irlandais et aux Polonais, bien que notre sort fût diffé- rent de celui que subissaient ces deux nations.Nous avions plutôt à nous débarrasser des langes et des bandelettes de l'enfance coloniale, serrés étroitement autour de nous par une bureaucratie avide et jalouse, qu'à briser des fers comme ceux qui étaient rivés aux membres ensanglantés de la Pologne, aux mains décharnées et suppliantes de l'Irlande.» L'esprit de F.-X.Garneau, frappé par les événements contemporains tels que la révolution francaise de 1830 et celle de Belgique restait sous l\u2019influence de O'Connell, tribun irlandais qui plaidait la cause de l'Irlande ; il devint trés sensible au sort de la derniére insurrection et de la Pologne.Il I'avoua vingt ans plus tard, dans son « Voyage », qu'il a rédigé et remanié d'après ses notes prises en Europe.Ce petit volume nous révèle le grand intérêt qu'il portait à la cause polonaise.«Mes loisirs étaient alors remplis par les affaires de la Pologne, dont la situation avait quelqu\u2019analogie avec la nôtre.La Pologne luttait pour sa nationatilé comme nous : mais les circonstances étaient aussi différentes dans les deux pays que l'organisation de la société l'est dans les deux hémisphères.» Il raconte comment il a connu les Polonais séjournant à Londres.« J'étais lié d'amitié depuis quelque temps avec le Dr Schirma, naguère professeur de philosophie morale à l'université de Varsovie, et ancien élève de l'université d'Edimbourg.Ayant pris part à la dernière révolution de Pologne, il avait été obligé de s'expatrier à la suite des succès des Russes, et vivait à Londres où il avait plusieurs connaissances parmi les hommes de lettres.Il m'initia aux affaires de son pays et à la politique de la Russie.» Plus loin, F.-X.Garneau donne des détails concernant la « Société Littéraire des Amis de la Pologne», en citant Thomas Campbell, auteur des « Pleasures of Hope », son président.Les vice-présidents en étaient le comte de Camperdown, lord Pan- mure et MM.Beaumont et Wyse, deux membres de la Chambre des Communes.« Cette association qui s\u2019étendit ensuite à plusieurs villes d'Angleterre et d'Ecosse, comme Hull, Bristol, Birmingham, Manchester, etc., adressa des pétitions au parlement pour appeler son attention sur les affaires de la Pologne, publia divers mémoires pour faire connaître à l'Angleterre la situation des choses de Varsovie.Les débats se renouvelèrent plusieurs fois dans les deux chambres, et surtout aux Communes où lord Pal- (Lire la suite page 69) | ÉMANE de la 1 Anglaise 0 universellement \u2014 un naturel, UNE grâce de C'est ce do Produits que rehausse \\ particulier.gratifient les Yardley et grance essenti .esinvoite délicieusement désin Lavande Yardley: Pour mettre en lumiére votre charme naturel \u2014 pour acquérir une fraicheur jeune et fascinante \u2014 la Lavande Yardley est un choix heureux.Vous verrez comme son parfum est séduisant et exquisement féminin.\u2014 65¢ a $13.50.Lavande Carnation n le reconnaît certain éclat maintien nt vous de Beauté ellement femin RRS fr HER A 27 sr FOURNISSEURS BREVETÉS Rien n\u2019égale le Savon de Lavande Anglais Yardley, dont la riche mousse délicatement parfumée de Lavande caresse gentiment le satiné de votre peau et s\u2019y imprègne.C\u2019est l\u2019Aristocrate des Savons de Toilette \u2014 mais il dure si longtemps qu\u2019il est vraiment peu coû- teux.35¢ le gros pain \u2014 3 pour $1.00. 24 une bonne Volonté réciproque, s'avérait périlleux ! La grille de la propriété s'ouvrit devant l'auto.\u2014 Françoise, descendue la première, tendit la main à sa mère dans un mouvement plein dé gentillesse.La soirée se passa sans incidents.Le lendemain matin, comme Françoise achevait de s'habiller, la sonnerie du téléphone retentit.\u2014 Ici, Mlle Albanel! renseigna-t- elle.\u2014 Mademoiselle, implora une voix lointaine, vous plairait-il d'accorder une interview à un vieil écrivain embarrassé ?\u201c \u2014 Une interview 7.Vous devez vous tromper de numéro, monsieur ! \u2014 Nullement, mademoiselle Vous pouvez me rendre un très grand service.Françoise lâcha l'écouteur.« Qu'est-ce que cette fumisterie ?» se dit-elle.Les appels se multipliant, elle se décida enfin à y couper court.« Voyons ce que veut ce vieux fou!.» pensa-t-elle.Et elle reprit l'écouteur.\u2014 Allo! .fit-elle.\u2014 Oh! mademoiselle!.d'être revenue, vous faites là, croyez- moi, une bonne action.Et comme si l'inconnu craignait une nouvelle interruption, il expliqua, très vite : \u2014 Je travaille un roman d'actualité.De grâce, aidez-moi à construire le personnage d'une jeune fille moderne.Françoise ne songeait plus à fuir.elle s'amusait.\u2014 Rien de plus facile, monsieur l'écrivain, dit-elle.Ouvrez un magazine à la mode et vous cueillerez, palpitante, l'âme de votre héroïne : cocktails, cigarettes, flirts hardis, sentimentalité courte et camaraderies osées.\u2014 N'en jetez plus, mademoiselle, et laissez croire à la vieilie barbe que je suis que, si ce monstre existe, il encombre plus souvent la littérature que les rues!.Mon héroïne sera tout autre.Elle aura pris au siècle le goût de la culture intellectuelle et une grande franchise d'allures.Mai- tresse de sa pensée et de ses actes, pudique bien qu'avertie, elle s'assimilera, par une délicate sensibilité, aux- femmes de ma jeunesse.Françoise dressa l'oreille.Elle publiait l'incorrection de l'entretien.\u2014 Qui vous dit, s'enquit-elle cu- rleusement, que j'ai des lumières sur ces Agnès accommodées à la moderne?.Il me semble, d\u2019ailleurs, que vous campez fort bien votre personnage sans le secours de personne ! \u2014 Erreur, mademoiselle !.J'ai déjà eu recours à votre expérience, \u2014à votre insu, je dois l'avouer, \u2014 et ce n'est qu\u2019un complément de documentation que je désire.\u2014 Ah çà ! coupa Françoise.Je reviens à ma première idée: vous faites erreur.sur la personne, monsieur le romancier ! \u2014 Du tout, du tout! s'empressa d'affirmer l'inconnu.Les murs ont des oreilles, mademoiselle, et les wagons de la Compagnie du Nord, à la faveur d'un rideau baissé, livrent parfois des conversations délicieuses.\u2014 Joli métier, que vous faites là, monsieur! .\u2014 Ne faut-il pas, mademoiselle, pardonner beaucoup à un tâcheron des lettres qui cherche à s'instruire ?En vous écoutant, j'ai failli crier : Euréka!.\u2026.\u2014 Votre découverte, monsieur l\u2019indiscret, ne me paraît pas valoir celle d'Archimède !.Mais, j'y songe, qui vous a donné mon adresse ?\u2014 Vous-même, mademoiselle.N'in- vitâtes-vous pas votre amie à venir vous voir, à la villa du roi Artus ?.Merci LE CHEMIN DES CIMES (Suite de la page 22) Si cette jeune fille n'y accourt pas tout de suite, je lui refuse le sens de la beauté : les arbres et les étangs nacrés vous inspirent de si jolies choses.\u2014 Bst-ce sur cet air de romance que vous m'avez jugée tout entière ?\u2014 Tout entière, vous l'avez dit, mademoiselle ! Sans quoi, je ne serais pas ici à vos pieds, implorant votre aide.Le téléphone retentit du rire de Françoise, un rire frais, presque enfantin.\u2014À vos pieds!.ironisa-t-elle.Au bout du fil, tout au plus, monsieur, un fil qui ne vous conduira pas très loin, je le crains.Sur ce, vous laissant à mes pieds, je vous .tire ma révérence ! Cette fois, la sonnerie multiplia en vain les appels.La plaisanterie avait assez duré.Françoise soupçonnait le vieux romancier de n'avoir pas les cheveux tout à fait blancs.Pensive, elle s'appliqua à reconstituer sa conversation avec Jacqueli- balles tous les jours, ce n'est peut- être pas tout à fait suffisant pour se connaître.Nous avons certainement beaucoup de choses à nous dire.Elle l'entraîna vers un banc et déclara plaisamment en s\u2019asseyant : \u2014 Ici finit notre amitié.La parole est maintenant aux fiancés.Malgré cette invite, un silence embarrassé pesa sur les deux amis.Leur camaraderie sportive ne les avait pas préparés à de tendres épanchements.aniel, timide parce que sincèrement épris, craignait de se montrer maladroit dans l'expression de son amour.Quant a Francoise, elle avait tellement hésité avant d'engager sa vie ; qu\u2019elle réalisait difficilement sa si- :tuation actuelle.Il'y avait un peu plus de quatre mois que le fils du colonel Mémoret et Mille Albanel se rencontraient presque chaque jour sur le terrain de tennis.Françoise se livrait avec pas- -sion à son jeu favori et a préciait ne.Entrainées par leur sujet et le - : sentiment trompeur de la solitude, les deux jeunes filles avaient parlé à voix haute.Quelle aubaine pour l'indis- Françoise n'avait-elle pas cret!.livré sa pensée intime à propos du livre de Mme T.?Qu'importait, après tout !.Le coup de téléphone venait vraisemblablement d'un joyeux garçon désireux de s'amuser aux dépens d'une voyageuse imprudente .rançoise, sans accorder à l\u2019incident \u2014 qui l'avait d\u2019ailleurs divertie un instant \u2014 plus d'importance qu'il - n'en comportait, acheva de s'habiller | pour sortir \u2018 II RANÇOISE, êtes-vous prête ?Sous la fenêtre de la chambre de Mille Albanel, Daniel Mémoret, sa raquette à la main, attendait.a silhouette élégante se détachait sur les murs blancs de la villa.Une expression d'épanouissement heureux éclairait son visage.\u2014 Me voici! répondit la jeune fille.- Légère et rapide, elle descendait l'escalier et apparut dans l'encadrement de la porte d'entrée, éblouissante de fraîcheur.\u2014Un instant.ne bougez pas, Françoise ! Vous avez l'air d'une apparition dans votre robe blanche !.s'exclama le jeune homme avec ferveur, \u2014 Méfiez-vous du fantôme, rele- va-t-elle gaiement.Il médite de vous prouver tout à l'heure qu'il n'a rien d'immatériel.Je me sens en forme, ce matin et espère vous < avoir » avant le troisième set.\u2014 Dure perspective ! gémit plaisamment Daniel, mais exercice salutaire pour un pauvre garçon que vous « aurez », je le crains plus d'une fois, sans balles ni raquette.ls se dirigeaient vers le terrain de tennis, la main dans la main, couple harmonieux et, semblait-il, admirablement assorti.La veille, Daniel avait passé, au doigt de Mlle Albanel, la bague de fiançailles.La partie s'engagea, désastreuse pour Daniel, plus occupé à admirer la grâce de l'adversaire qu'à riposter sérieusement.\u2014 Vous n'existez pas, ce matin, lança Françoise en jetant sa raquette sur le gazon.\u2014 Dites plus exactement, Françoise, que je n'existe pas depuis hier au soir.\u2014 Ne jouons pas sur les mots, et causons, voulez-vous ?Echanger des le beau joueur qu'était Daniel: Celui-ci, vivement impressionné : par la beauté de sa partenaire, n'avait \u2018par tardé à lui faire l'aveu de son : amour.Cette déclaration, bien que n'\u2019ap- - prenant rien à Françoise, \u2014 les fem- \u2018mes sont si habiles à discerner, sous :un léger badinage, les mots qu'on n'ose dire, \u2014 la contraria vivement.Éllé sermonna son ami : \u2014 Vous m'aimez, dites-vous?.; Vous m'en voyez touchée, car j'ai i pouf vous une affectueuse sympathie mais, croyez-moi, Daniel, nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre.\u2018Ne gâtez pas nos joyeuses parties de plein air.Restons amis !.Le voulez- vous ?Daniel, déçu, ne se tint pas pour battu : le temps et l'habitude sont de tels auxiliaires pour les âmes patientes!.La sienne fut mise à une rude épreuve.De longues semaines s'écoulèrent .en expectative.Frañçoise semblait avoir oublié les ; aveux du jeune homme, ou, du moins, , : n'en garder qu'un souvenir ; leur pacte d'amitié.Comme par le passé, Daniel fréquentait assidûment la villa du roi Artus.Il y était toujours bien accueilli.Parfois, les jeunes gens délaissaient le tennis pour une promenade à pied.Le nez au vent, humant l'air avec délices, Françoise devenait expansive.Elle initiait son compagnon aux frissons de la forêt : plainte des arbres sous le vent, jeux du soleil à travers les branches, appel d'amour des tarins et des linots, fuite éperdue d'une biche, tout ce qui est envol, frôlement, vie secrète, dans l\u2019épaisseur d'un bois.L'amoureux vibrait-il à l'unisson ?Assez indifférent aux séductions de la nature, il se contentait d'admirer le lyrisme de celle qu'il aimait et d'attendre son heure.Un monde de pensées contradictoires bouillonnait sous le détachement apparent de Françoise.Au début de ses relations avec les Mémoret, la jeune fille avait englobé le père et le fils dans un même sentiment de méfiance qu'envenimait l'attitude de Mille Albanel.La veuve, transformée, rajeunie, accueillait avec une faveur marquée - la cour que lui faisait « l'ami de jeu- ; nesse ».Les vingt ans de Françoise, cruellement ironiques, manquaient d'indulgence pour ce flirt d'arrière-saison.Elle accusait sa mère d'avoir méconnu un mari exceptionnel, et ré- La Revue POPULAIRE Servé ses grâces féminines pour un Mémoret médiocre et fat.Le colonel faisait la roue et acceptait comme redevances naturelles les attentions et les flatteries de Mme Albanel.Celle-ci, en favorisant les vues de Daniel sur Françoise, poursuivait visiblement un double but.Assister impassible à ce manège horripilait la jeune fille qui ne voulait, à aucun prix, entrer dans le jeu.Elle résolut de s'en expliquer nettement, durement même, s'il le fallait, avec le jeune Mémoret.La gentillesse de Daniel la désarma.Elle remit de jour en jour l'explication nécessaire.À la longue.elle regarda le jeune homme avec des yeux moins, prévenus.Elle apprécia son humeuf\u201d égale et sa - soumission aux désirs qu'elle exprimait.Ces qualités ne pesèrent cependant pas d\u2019un grand poids le jour où Daniel lui avoua son amour.Faire de ce joli garçon le compagnon de toute sa vie, non, mille fois non ! Ce réflexe, Françoise en était redevable à sa formation passée.Elle s'était forgé un idéal à l'image de son père, lequel lui avait inculqué le goût des idées et de l'élévation morale.Bagage bien inutile, désormais.- rançoise, saturée d'apinions toutes faites, consacrées par la mode, avait essayé d'entraîner Daniel à des controverses moins conventionnelles.Elle avait vite compris qu'ils ne parlaient pas la même langue et.s'était sagement repliée sur el e-même.cette cause de mésentente \u2018s\u2019en joignait une autre, plus grave : Fran- £oise exécrait le colonel.Sa piété filiale se révoltait lorsque cet étranger se carrait dans le \u2018fauteuil de M.lbanel ou feuilletait un des livres du mort.; : Familier, trop à l'aise, «l'ami de jeunesse » se voyait déjà dans la place et s'incrustait dans un foyer édifié par le labeur d'un autre.On peut se demander, dans ces conditions, comment Françoise en était venue à accepter de devenir la belle-fille de cet homme Un désir grandissant de fuir le foyer qui allait devenir celui de son ennemi l'avait emporté sur ses préventions.Partir seule, quelle tentation !.\u2026 Ailleurs, elle se ferait dans la solitude une existence supportable.Mais le côté chimérique d'une pareille solution n'abusa pas longtemps la® jeune fille.Pendant un an encore, sa mère et tutrice userait du droit de la retenir.Un an.un siècle! Supporterait-elle aussi longtemps sa pénible situation ?.Le mariage constituait donc l'unique porte de sortie.Parmi les nombreux prétendants à sa main, Françoise n'en distinguait aucun et les soupçonnait tous de la rechercher par intérêt.Daniel seul lui paraissait entièrement sincère.Île ne pouvait lui reprocher qu'une futilité native, mais il avait de grandes qualités de caractère, ce qui facilite beaucoup la vie en commun.C'est à l\u2019aide de raisonnements de cette sorte que Mille Albanel, lasse de lutter en elle-même, accepta de se fiancer à Daniel Mémoret.Elle connut alors la détente qui suit une résolution longuement débattue et se persuada que cette sensation d'apaisement correspondait à de la joie.Ce matin de mai, le premier qui se levait sur ses fiançailles, Françoise se sentait de bonne humeur.Les aspects du jour exerçaient sur sa sensibilité une action marquée et il faisait si beau, ce jour-là ! Le soleil, comme lavé par le brouillard matinal dont il semblait issu. SEPTEMBRE 1941 incendiait la villa et les parterres du jardin.Sur le miroir des courts s'agitait l'ombre mouvementée des feuillages., Et Françoise pensait : - «Je jouis d'une quiétude nouvelle.Mes aspirations montaient jusqu'à vos cimes, chers vieux hêtres ! Mais n'y a-t-il pas, au ras de terre, un peu de bonheur à cueillir ?.» Tandis qu'elle parlait ainsi aux arbres, ses amis, une tendre pression de main la rappela a son nouveau rôle., Daniel se sentait oublié.Le silence de sa fiancée, chargé de signification secrète, l'inquiétait.: Il dit son amour, trouva les mots qui touchent, les mots éternels que toute jeune fille attend dans le secret de son cœur.Ils évoquèrent leur première rencontre sur le quai de la gare de Compiègne.10 - \u2014 Je vous ai aimée tout de suite | dit avec élan le jeune Mémoret.\u2014 Moi, Daniel, je me suis- attachée à vous progressivement ; cela vaut bien votre coup de foudre.\u2014 Erreur, petite fiancée |.C'est si bon de se sentir terrassé par un amour ardent !.Touché de tant de ferveur, Françoise s'abandonna sur l'épaule de son fiancé.Ils restèrent enlacés et silencieux un certain temps, lui enivré, elle pensive.Brusquement, Françoise se redressa, la raquette à la main.\u2014 Votre revanche, Daniel ?.proposa-t-elle.Mais la partie se traîna, les balles tombaient mollement.Françoise éclata de rire : \u2014 C'est la faillite du tennis, dit- elle, et le triomphe du banc de Te- pos ! Asseyons-nous et \u2018causons ! Lorsqu'ils eurent épuisé le \u2018sujet de leur future installation, Daniel, enveloppant Françoise d'un regard admiratif, dit : \u2014 Vous me ferez honneur, Françoise |! Dès que vous paraîtrez dans les salons, vous en serez la reine ! \u2014 Minute !.se récria gaiement la jeune fille.J'abdique avant la lettre.J'ai largement goûté aux succès mondains, j'en connais le.néant.- Et, plaisamment, elle parodia une devise célèbre - \u2014 « Françoise suit, reine ne daigne!.» du moins, corrigea-t-elle, j'accepte de régner, mais seulement à mon foyer, auprès de vous ! \u2014 Dont acte !.comme disent les juristes, fit Daniel, un peu contrarié; mais, que vous le vouliez ou non, les succès viendront à vous.Nous ne pourrons pas vivre comme des sauvages ! \u2014 Rassurez-vous, .Daniel.Je ne rêve pas d'une hutte de Sioux.Je ne proscris ni la danse, ni les chevauchées en forêt derrière une chasse ; mais ce sont là hors-d'œuvre et trame bien légère pour tiser du bonheur.Vivre pour le monde, comme certains ménages, les Liruelle, par exemple, ou comme le baron Renaudan, vous m'avouerez que ces fastidieux ! Les noms des deux cercleux, évoqués par Françoise, semblèrent électriser Daniel.Lancé sur un sujet familier, le jeune homme raconta quelques potins éclos de la dernière chasse.\u2014 À propos de Renaudan, incarnation à retardement du «lion » du second Empire, savez-vous comment on a surnommé sa grosse femme ?\u2026.«La part du lion».N'est-ce pas trouvé ?\u2014 Bien trouvé, peut-être, mais, à coup sûr, beaucoup cherché ! Les amateurs de ce genre d'esprit se donnent beaucoup de mal pour la galerie.Ramenant la conversation sur le plan sérieux, elle ajouta : \u2014 Daniel, vous valez mieux que ces gens-là.et quand vous serez inscrit au barreau.I] l'interrompit vivement : \u2014 Ne vous faites pas d'illusion, ma chérie ! J'ai fait mon droit, mais n'ai rien de ce qu'il faut pour réussir comme avocat.\u2014 Seriez-vous attiré par quelque autre profession ?\u2014 J'avoue n'y avoir pas songé ! répondit asez piteusement.le jeune homme.\u201c Bt il pensait : « À quoi me serviraient les millions du père Albanel, si je dois me.mettre en servage ?.> Le ton réticent de.Daniel et le si- | lence qui suivit donnèrent beaucoup à penser à Françoise.Ils rentrèrent à pas lents, une paille s'étant glissée dans leur entente, mais, unis, malgré tout, par leur jeunesse pleine d'espérance.+ .Le déjeuner se déroula animé, cordial.Un vent de trêve soufflait entre le colonel et sa future belle-fille.Mme Albanel, au comble de ses | vœux, se montra presque tendre pour l'enfant qu'elle méconnaissait.: Comme le repas s'achevait, Françoise Barut frappée d'une idée subite.ù avais-je la tête ?.dit-elle.| J'ai totalement oublié de décomman- | der ma couturiére, qui m'attend au- jourd'hui, à Paris!.\u2014 Qua cela ne tienne, Françoi- sel.servirai de chauffeur, si vous le voulez bien.\u2014 Je ne puis accepter votre offre, Daniel.Vous n'avez pas idée de la longueur des stations chez « Frédérique et Sœurs»: attente, essayage, choix des garnitures, on n'en finit pas !.:.Je prendrai le chauffeur et reviendrai le plus tôt possible.Je ne vous défends pas de penser à moi d'ici là ! ajouta-t-elle, armée de son plus séduisant sourire.Daniel n'osa pas insister.La couturière, en l'espèce, se nommait Denise Heurtaut.Françoise se devait de parler à son amie de l'engagement de la veille.ue Gauy-Lussac, elle dut attendre une bonne heure.Denise rentra en coup de vent: \u2014 Je viens de chez mon éditeur, expliqua-t-elle, et j'en rapporte, pour les corriger, les épreuves de ma thèse.Cette odeur de papier sortant de la presse me semble délicieuse ! Françoise flaira les paperasses et fit la moue : \u2014 Faut-il que tu sois contente, Denise, dit-elle, pour trouver que cette liasse sent bon ! \u2026.Ce disant, elle mit deux baisers sur les joues de son amie, en disant : \u2014 Un de ta petite fille .Un pour ta maman ! s'empressa Daniel.Je vous | \u2014 A la bonne heure, tu es en train, | aujourd'hui, Francette.Cela va donc mieux chez toi?\u2014 Hum!.cela dépend.Il m'arrive une aventure que je ne réalise pas très bien : je suis fiancée.Denise ! \u2014 À mon tour de te féliciter, ma chérie, car il va sans dire que tu es heureuse.Raconte-moi ton roman.Françoise exposa la situation avec sincérité.Dans un besoin de franchise et frappée sans doute, à mesure qu'elle parlait, par certaines évidences, elle appuya inconsciemment sur les mauvais côtés de la résolution.Le front de la « sage Minerve » se rembrunit.\u2014 Je retire mes félicitations, dit- elle sérieusement.Pour rien au monde, je ne consentirais à me marier dans de semblables conditions.Il est bien tard pour te donner un conseil et, cependant \u2026.\u2014 Dis toujours, ma grande.\u2014 Pour nous, jeunes filles d'au- jourd'hui, le mariage ne saurait se FRAIS COMME UN PÉTALE DE ROSE Soyez bien renseignée sur le savon de beauté que vous choisissez Deux des meilleures huiles de beauté produites par la nature entrent dans la fabrication du Palmolive Voulez-vous une peou douce jeune et fraîche comme un pétale de rose?Confiez alors le soin de votre beauté au seul savon de beauté de grande marque fait aux douces huiles d'olive et de palme .Le secret de beauté de la nature pour la beauté NATURELLE de la peau.ou OLIVE La mousse veloutée rafraichit et tonifie la peau Nettoie sans la moindre irritation Vous pouvez avoir belle peau .un teint superbe .si vous em- .ployez le savon Palmolive dont la mousse est NATURELLEMENT plus douce.Rappelez-vous qu'il n'entre pas de graisse animale dans le Palmolive.Il ne contient pas non plus de colorants ni de décolorants artificiels susceptibles d'irriter une peau délicate.Faites du Palmolive votre moyen NATUREL de beauté intégrale.Bénéficiez des avantages naturels du PALMOLIVE Le Palmolive étant fait aux huiles de palme et d'olive, deux des meilleures aides de beauté dans la nature, sa couleur est naturelle .sa mousse est douce pour la peau.son effet de nettoyage bienfaisant et rafraichis- sant.Grâce à sa pureté naturelle, le Palmolive a été choisi comme savon exclusif des jumelles Dionne.Seul Palmolive vous donne tous ces avantages naturels de beauté .et cela, sans coût additionnel.Achetez-en trois morceaux aujourd\u2019hui.PALMOLIVE \u2014 LE SAVON DE BEAUTÉ NATUREL QUI VOUS AIDE ce Lind d'écolièrr 26 Cobina Wright, Jr., et Ted North, dans \u2018\u2018Char- lle Chan in Rio\u2019\u201420th Century - Fox.Jergens rend vos mains douces et ravissantes.CES SOINS s MAINS ONNEZ A vo ° QUASI PROFESSIONNELS | jamais vos mains devenir oe n sches et ridées 1 Des milliers jeune ate i régulie i i es emploient ot ve in ons 1 Elle donne aux Paie pige fénitive embellissante.: PA in rédients particuliers dont se de médecins pour ren gueuse sa douceur MAINS £7 PAS MES NE REGARD 1 RECHES! ET JE s SONT ELLE VaIS À UNE SOIRÉE! E laissez cett .contient 2 ng servent nombre 3 la pean dure \u20ac! ET 256, 106 \u2014 .as., 2, .exquise.Ne cons Pis de cosmétiques co ERGENS?ELLE DONNÉ 3 $1.00 aux \u2018on Jergens- pi MOITEUR LÉNITIVE a Demandez ja Lotion ME LA PEAU DES ë s CHERIE TU A LES DOUCES MAINS QU'UN HOMME VEUT RETENIR} ET BIENTOT APRES ON REND LES ai SEULE APPLICATION I ree PLUS LISSES, PLU MÊME UNE MAINS JE VAIS MEN SERVIR TOUT DE SUITE! (FABRICATION CANADIENNE) GRATI S [ .UN FLACON DE POCHE ADRESSEZ CE COUPON AUJOURD'HUI 1 | | I I 1 (Collez sur une carte postale, si vous voulez) ! The Andrew Jergens Company, Ltd, 1 4625 Sherbrooke St, Perth, Ontario I Veuillez bien m\u2019envoyer \u2014 gratis \u2014 mon | flacon de poche de la célèbre Lotion Jergens.! POUR LES MAINS Nom i DOUCES, ! | | 4 ADORABLES Rue présenter comme un but obligatoire.Ce renoncement de soi, qui coupe les ailes a nos désirs en les subordonnant à la fantaisie d'un autre, annihile nos élans personnels, mérite d'être composé par un grand amour.Chez une femme de ta sorte, Françoise, l'union avec un garçon médiocre me paraît un désastre.Pardonne-moi de te parler ainsi.Je me place peut-être trop à mon point de vue personnel.Je frémis, vois-tu, à la pensée que je pourrais sacrifier ma chère solitude et les pensées qui l'habitent à un étranger.\u2014 Je connais Daniel depuis plusieurs mois, balbutia Françoise.\u2014 Ne cherche pas à te leurrer, ma petite.Tu sais très bien ce que j'entends par étranger.Tu vois sans cesse M.Mémoret : lui as-tu confié tes tourments intimes ?\u2014 Pouvais-je lui avouer que son père m'est odieux et que je me détache avec déchirement de maman, sa future belle-mère ?Denise poursuivit ses impitoyable raisonnements : \u2014 Si tu l'aimais, observa-t-elle, il y a longtemps que tu n'aurais plus de secrets pour lui ! Et, dans un soupir, elle conclut : \u2014 Je désire que tu sois heureuse, ma petite Francette.Il se peut que je me trompe, la vérité est si complexe! Comme une vraie mère, j'avais rêvé pour toi une autre destinée.j'ai peut-être regardé trop haut! Et aussi, passant à un sujet diffé- rent, elle donna à Françoise des nouvelles de ses protégés.\u2014 Grâce aux leçons de Freddy, Jean-Claude se place désormais à la tête de sa classe.Quant aux fiancés, ils font plaisir à voir.Louisette a des souliers de daim \u2014 son rêve ! \u2014 et Freddy est entièrement vêtu de neuf.\u2014 Oh! Denise, comme je les envie, ces deux-là ! \u2014 Pourquoi n'avoir pas davantage, Françoise ?.que vingt ans.\u2014 Une orpheline a toujours plus que son âge.Et Françoise, troublée, prenait congé de son amie sur ce mot amer.Denise la serra dans ses bras.Elles avaient grand'peine l'une et l'autre à retenir leurs larmes.Le chauffeur attendait Françoise à la porte: elle se fit conduire au Luxembourg.Quelques instants de solitude dans le jardin qu'elle aimait la remettraient de son entretien avec Denise.Elle s'assit sur un banc et suivit des yeux les allées et venues des passants.Des étudiants, une serviette sous le bras, passaient, rapides et affairés.Un couple d'amoureux déboucha d'une allée.Tout occupés d'eux- mêmes, enlacés et languides, ils se parlaient tout bas.Pour ceux-là, l\u2019univers tenait dans des yeux aimés.Françoise envia la destinée de Denise Heurtaut .Ces graves pensées, ces aspirations refoulées, accompagnèrent la jeune fille jusqu'au seuil de sa maison où Daniel l'attendait.Elle eut conscience du peu de place que Daniel avait occupé dans sa rêverie solitaire et I'aborda avec un tendre sourire.Le dîner fut gai.Daniel, rompu aux jeux de la conversation mondaine, déchaîna les rires au détriment de quelques fantoches de salons.Au dessert, les jeunes gens disparurent.Le colonel et Mme Albanel suivirent, d'un air satisfait, leur exode vers la serre.Le clair de lune y exerçait, à travers les vitres, une féerie d'ombres et de lumières.Ses rayons laiteux baignaient les palmes et les fleurs d'azalées, dessinant au passage de minuscules étangs lumineux sur le sol.atienté u nas LA REvuE POPULAIRE C'était là un cadre idéal pour un tête-à-tête sentimental.Les fiancés, assis sur un banc de mousse, observèrent d'abord un silence quasi religieux.La beauté du décor, le souffle tiède de la nuit, idéalisaient leurs sensations.La voix de Françoise s'éleva pour exalter la beauté de l'heure et l'étrange éclat d'une orchidée zébrée de rayons lunaires.Sa main caressait une touffe de sensitives, aux feuilles repliées pour le sommeil.\u2014 Je raffole de cette petite plante, fit-elle.Nous lui ferons une place dans notre serre future.Au « notre serre » succéda «notre» salle à manger, «notre» chambre, « notre » studio .toute l'installation y passa, coupant court prosaïquement à toute expansion intime.Daniel ne quittait pas sa fiancée des yeux.Invité à admirer des plantes et des effets de lune, il se sentait indifférent à tout ce qui n'était pas la beauté de Françoise, le regard de Françoise et le mouvement des jolies lèvres si cruelles en ce moment.Il attendait en vain un mot de tendresse, un encouragement aux effusions.Paralysé par une insurmontable timidité, l'amoureux acquiesçait distraitement à tout ce que proposait Françoise.Celle-ci, qui ne pouvait se méprendre à l'ardeur des regards du jeune homme, lui sut gré de sa réserve.Elle savourait intérieurement une trêve de confiance et de paix.Retirée dans sa chambre, la sévérité des appréciations de Denise lui apparut évidente.Pour la première fois, elle surprenait sa « grande » en défaut.Pourquoi n'aimerait-elle pas Daniel à la longue ?Au pis aller, se laisser aimer, jouir de l'air qui passe et du soleil qui crée la joie, n'était-ce point suffisant pour être heureuse ?Et Françoise arpenta sa chambre à grands pas qui semblaient autant de protestations contre le doute.Sur cet accès d'optimiste passa soudain un rien, une réminiscence, une formule lue quelque part : « Deux âmes dans une même pensée.» Une même pensée .Chimère dangereuse .\u2026.Passe encore s'il s'agit de préférences, de goûts matériels ou intellectuels, mais une même âme, un même cœur, quelle utopie ! «On n\u2019est pas plus romanesque, pensa Françoise en faisant mousser fébriquement sa toison de cheveux dorés.La vie n'est pas faite que de réalités.Et notre monde intérieur est une fiction que chacun de nous crée comme il l'entend.» L'hérésie d'un pareil sophisme s'\u2019avérait trop criante pour ne pas déclencher une réaction immédiatte.Etait-ce bien elle, Françoise, qui pensait ainsi ?Ne savait-elle pas que, tel quel, le rythme de la vie dépend de l'âme.« La vérité n'est pas le monde extérieur et visible, lequel nous offre une scène de changement », a écrit saint Augustin et l'apôtre Thomas n'enseignait-il pas que « tout provient du travail de l'intelligence sur les sensations ?» Plus près de nous, Descartes, pris d'un accès de doute universel, ne peut douter de sa pensée : sa pensée lui reste.Françoise, qui a beaucoup lu, ne peut se défendre contre les réminiscences qui l'assaillent .Et, toujours, la phrase insidieuse dominait ce chaos : \u2014 Deux âmes dans une même pensée.Ce devait être si doux, si près de l'harmonie divine! S'absorber dans un autre être.noyer son regard dans un autre re- SEPTEMBRE 1941 gard, si compréhensif que toute parole demeure vaine, éprouver à deux de nobles émotions : élans de cœur, recherche de la vérité, jouissances in- tellectuellles et charnelles, toute I'ardeur de vie et l'amour de la vingtième année.° Françoise, tout en réfléchissant de la sorte, se disposa à se coucher.Au moment de gagner son lit, elle fit le geste d'enlever sa bague de fiançailles.Le bijou, reçu le jour même, ne se trouvait pas à son doigt.Dans un effort d'attention, la jeune fille repassa les événements de la journée.À son retour de Paris, elle s'était rendue à l'office pour disposer, dans un vase, un bouquet offert par Daniel.N'avait-elle pas, machinalement, retiré sa bague à ce moment-là ?.Elle descendit doucement l'escalier, pour n'éveiller personne.Ce scrupule se trouva vain, en ce qui concernait les domestiques.Malgré l'heure tar- tive, on menait grand train dans la cuisine .Francoise reprit possession de sa bague, oublié sur une planchette à verres, et demeura clouée sur place.Ce qui se disait dans la pièce voisine la concernait trop directement pour ne pas exciter sa curiosité.La voix de Vincent, le chauffeur, dominait les autres.Beau parleur, il déchaînait les rires.Françoise l'entendit singer le colonel.\u2014 Aïe! mon arthrite ! nasillait-il.Cranons, que diable!.Ma connaissance, bien qu'un peu blette, vaut le coiit!.\u2014 Peuh! corrigea dédaigneusement Josèphe, la cuisinière, elle n'a pas le ond!.\u2014 Quel œuf tu fais, Josèphe ! reprit Vincent.La rombière est plus fine que toi! Ne t'en fais pas pour elle, elle aura sa part du gâteau ! C\u2019est pas pour rien qu'elle couve dans le même nid le coquelet et la poule aux œufs d'or!.\u2014 Plains-les, ces oiseaux-là ! murmura Josèphe : ils filent le parfait amour.La voix d'Alice s'éleva à son tour: \u2014 Oh! lui, parbleu!.opina-t- elle.Il faudrait voir qu'il « boude » une belle héritière, ce pauvre avocat de quatre sous!.Quant à Mademoiselle, c\u2019est pas le même boulot ; si vous me dites qu'elle rigole, je ne vous croirai pas.J'en ai même du chagrin.\u2014 Vous en faites pas pour les autres, sensible enfant ! conseilla Vincent.Et puisque votre maîtresse est si chouette, soufflez-lui donc de vous doter.Je vous montrerai alors qu'on sait faire la cour comme dans la haute! \u2014 Trop peu pour moi! .riposta la femme de chambre.Je ne suis pas aussi poire que Mademoiselle.je saurai choisir.\u2014 V'lan, dans l'œil!.Merci toujours, mademoiselle la sucrée!.\u2026.Le chauffeur devait être vexé, car il ne dit plus rien.Du reste, Françoise en avait assez entendu.Comment méconnaître la part de vérité de ces propos vulgaires ?.Le rôle muet de nos domestiques est un trompe-l'œil : ils nous regardent vivre et nous jugent.Françoise remonta chez elle sous une pénible impression.Le lendemain, éveillée tôt, comme à son habitude, elle décida d'aller entendre la messe à R.Ce village lui était cher parce qu'il servait souvent de but à ses promenades avec son père.Plus que partout ailleurs, elle retrouvait dans son humble église le souvenir du cher disparu.Pour se rendre a F., distant d'un mille et demi de la villa du roi Artus, Françoise suivit le plus séduisant des chemins forestiers.À cette heure matinale, une brume argentée noyait les buissons.Le souË- fle frais d'une brise aigrelette activait les pas de la promeneuse ; il y avait en elle tant de vie et le matin était si beau!.Lointain d'abord, pressant comme une joyeuse sollicitation, le son de la cloche appelait les fidèles à l'office.L'église apparut voilée de brume sur un ciel aux nuances encore imprécises.Ce matin-là, la jeune fille, grisée de grand air, cheminait d'un pas léger vers l'office divin.Sa robe blanche, ses cheveux clairs, l'éclat de son teint, trouaient la demi-obs- curité d'autant de point lumineux.La journée s\u2019annonçait belle : une ligne dorée commençait à éclairer le sommet des arbres et, sur leurs branches basses, les effilochures du brouillard matinal achevaient de s'user.Françoise entra dans l'église.Il n'y avait là que trois ou quatre vieilles femmes marmonantes et courbées sous le poids de la vie.Leur décrépitude s'opposait à la rayonnante jeunesse de la nouvelle venue.Et cependant.humbles paroissiennes et fille de millionnaire, agenouillées pareillement devant l'autel, s'apparentaient par une même expression de ferveur, d'ardente supplication.Françoise demandait à Dieu de bénir ses fiançailles.Son regard, aimanté par un brusque rayon de soleil, s'arrêta sur une naïve statue de saint au geste compassé.Jadis, son père, en lui montrant cette statue, en avait souri, avec un peu d'attendrissement.A ce souvenir, Françoise se crut transportée dans le passé heureux.Son père était là, priant auprès d'elle ; il ramenait ses cheveux en arrière d'un geste qui lui était familier ; il souriait à sa petite fille.« On ne meurt vraiment que lorsque s'éteint le dernier souffle de ceux qui vous ont aimé ! » se dit Françoise.Son cœur réchauffé à cette constatation, évadé des tristesse présentes, un sourire erra sur ses lèvres.Et cependant, ses yeux s'embuèrent de larmes.Tout à ses souvenirs, la petite Al- banel se croyait seule avec Dieu.Moins absorbée, elle eût pu découvrir, sur un des bas-côtés de l'église, une silhouette masculine.Un jeune homme se trouvait là et ne perdait pas une seule des expressions du visage de la jeune fille.Figé d'admiration, il eût donné beaucoup pour percer le mystère d'une aussi pathétique prière.Cet inconnu attendit patiemment la sortie de Mlle Albanel.Il la vit longer, d'un pas souple, l'allée centrale de l'église.Un rayon lumineux, empruntant ses couleurs au vermillon d'un vitrail, se jouait sur son pur visage et enflammait la blancheur de sa robe.Au moment de sortir, Françoise se retourna, comme pour dire un dernier adieu à l'Hôte du tabernacle.L'indiscret saisit son regard au passage.Sous la frange des cils presque noirs, le vert sombre des yeux brillait d'un incomparable éclat : ils rayonnaient de douceur et de spiritualité.« Elle est telle que je l'avais devinée > murmura le jeune homme.Ah ! pouvoir consoler la mélancolie d\u2019une aussi merveilleuse créature! Il laissa la jeune fille prendre de l'avance sur lui et la suivit de loin.Quand il la vit entrer au cimetière, il en longea le mur, bien décidé à pour- vre son aventure.Le hasard le servit.puis amplifié, LORETTA YOUNG, VEDETTE DE \"LADY FROM CHEYENNE\" 27 \u2014 UNIVERSAL \u2018Pour le charme du Teint Matinal dit Fonte nw \u201d appliquez ce soir un Masque Nocturne Woodbury selon LOUELLA PARSONS, célèbre critique de l'écran Loretta Young nous dit: \u2018Pas de maquillage sur l'oreiller! Avant de me coucher je m'essuie le visage avec la Crème Woodbury \u2014 elle nettoie si bien ! Le spécialiste qui traite mon teint est de cet avis \u2014 il explique que Woodbury contient un élément épuratif spécial qui élimine tout germe de cette crème \u201cMais la Crème Woodbury fait mieux que nettoyer! Elle lisse et assouplit la peau \u2014 donc, après le nestoyage je remets une couche légère de cette même crème qui pendant la nuit accomplit son miracle de beauté.Je reste fidèle au Masque Nocturne a ou, WOODBURY COLD CREAM THE 3-WAY BEAUTY CREAM Woodbury, et si vous croyez qu'il n'aide pas mon teint, demandez au maquilleur ! Il vous dira à quel point ma peau est devenue plus claire, plus nette et plus douce !\u201d Achetez \u2014 aujourd'hui \u2014 Woodbury Cold Cream, la crème à triple résultat qui neftoie, assouplit et adoucit.De jour en jour notez sur votre teint un nouveau velouté, un attrait neuf.Pour une peau spéciale \u2014 une crème spéciale Si votre peau est normale, Woodbury Cold Cream suffit.Si vous avez la peau grasse nettoyez-la avec Woodbury Cleansing Cream.Si elle est trop sèche, servez-vous de Wood- bury Dry Skin Cream.Dans tous les cas, employez Woodbury Foundation Cream comme base de poudre.GRATIS- GRANDS ÉCHANTILLONS DE CREME (Adressez ce coupon aujourd\u2019hui.une carte postale) John H.Woodbury, Ltd.Dépt.7219, Perth, Ontario Veuillez bien m\u2019envoyer \u2014 gratis \u2014 un échantillon de Woodbury Cold Cream et un de la crème désignée.Aussi les 6 nuances de Poudre Woodbury.(Marquez-en une seulement) a Dry Skin a Foundation a Cleansing Collez sur \u2019 Cream Cream Cream Nom Rue Ville oo eee Province _ (FABRICATION CANADIENNE) 28 \u201cVous ne savez pas ce que vous perdez .si vous n'employez Bon Ami que pour vos fenêtres!\u201d Voyez comme il nettoie vite l'évier! Oui, le nettoyeur de vitres préféré des Canadiens \u2014 Bon Ami \u2014 est aussi efficace pour l'évier de la cuisine.Il est aussi rapide que vous pouvez le désirer.Pourtant, au contraire des nettoyeurs graveleux, il ne laisse aucune de ces fines égratignures où s'accumulent la saleté et la graisse, rendant les éviers plus difficiles à garder propres.Voyez comme il fait briller le bain ! Bon Ami polit la porcelaine tout comme il polit la vitre ! Voilà pourquoi les bains nettoyés au Bon Ami littéralement brillent de propreté.Pourquoi, pour tous vos nettoyages, ne pas employer le sûr et rapide Bon Ami?Bon Ami garde les éviers propres et faciles \u201cn'a pas ÎÎ encore anettoyer.égratigné\u201d FARRIQUE AU CANADA Il marchait nerveusement, dans une attente fébrile, lorsqu'il s'arrêta net, l'oreille aux aguets.Derrière le mur, une plainte s\u2019élevait.Des pas précipités éparpillèrent le gravier du champ des morts.Françoise en sortit en courant.Elle cherchait visiblement des yeux une aide, un secours.Le jeune homme se précipita à sa rencontre : \u2014 Puis-je vous être de quelque utilité, mademoiselle ?proposa-t-il.\u2014 Venez vite, monsieur, dit-elle.Il a là un enfant mourant.Bile le guida a travers les tombes jusqu'à un massif de cyprès auprès duquel gisait un garçonnet évanouie jeune homme s'assura de ce que l'enfant vivait encore et, le prenant dans ses bras, il demanda : \u2014 Où puis-je porter ce pauvre petit ?Françoise le guida vers une maison proche.C'était celle de la mère Lan- delle.Celle-ci aida les jeunes gens à coucher le malade et courut préparer un grog.Quelques gouttes de boisson chaude ranimèrent un semblant de couleurs sur les joues du petit.\u2014 J'ai faim! gémit-il entr'ouvrant les yeux.Tançoise et l'inconnu, en entendant la voix de la misérable petite créature, échangèrent un regard de soulagement.L'émotion éprouvée en commun ébauchait entre eux un imperceptible lien.Quand l'enfant se fut alimenté, il vit, penché sur lui, deux beaux visages éclairés par la même tendre pitié.\u2014 Te sens-tu mieux, mon petit ?lui demanda Françoise.Pour toute réponse, l'enfant détourna la téte et se rencogna boudeu- sement vers le mur.Francoise, ayant attendu quelques instants, renouvela sa question avec une insinuante douceur.Un grognement sortit de dessous les couvertures : \u2014 Je ne suis pas un petit, je suis une fille ! \u2014 Qu'à cela ne tienne! concéda Françoise qui se garda de marquer de l'étonnement.Ne t'agite pas.Tu nous raconteras ton aventure plus tard, quand tu t'en sentiras la force.La malade n'entendit pas ces dernier mots : ses paupières se fermaient et, bientôt, rompue de fatigue, elle tomba dans un profond sommeil.\u2014 Si vous le permettez, madame Landelle, dit alors l'inconnue, j'attendrai ici le réveil de cette enfant.Mes soins peuvent lui être utiles, je suis étudiant en médecine.\u2014 Moi, décida Françoise, je resterai aussi.Cela vous permettra, Mme Landelle, de vous rendre à votre travail.\u2014 Ce n'est pas de refus, mademoiselle.On m'attend, ce matin, à Pierrefonds.Je rentrerai dans deux heures.Si Mademoiselle veut bien «espérer > jusque-là ?\u2014 Éntendu ! Ce m'est tout à fait facile .Elle eût pu ajouter : « Et agréable ! » La brave femme, après avoir avancé des chaises à ses hôtes, se coiffa de son fichu et sortit.Autour de la maisonnette, la rumeur des cours de fermes, le roulement des chariots, le grincement des chaînes de puits composaient une symphonie rustique.Les jeunes gens en firent la remarque et échangèrent quelques lieux communs sur la beauté du jour.La nécessité de parler tout bas donnait à ces banalités une allure de mystère.Ils s'en amusèrent.Françoise dit : \u2014 Vous vous êtes trouvé sur mon chemin bien à propos, monsieur.monsieur ?LA Revue PoPULAIRE ~ Le Prat.Bernard Le Prat, en congé après un examen de médecine très dur.\u2014 Vous dites bien Bernard ?\u2014 Parfaitement, mademoiselle .mademoiselle ?\u2014 Albanel, en congé illimité.J'habite près d'ici.Je vous ai fait répéter votre prénom parce que mon amie, Denise Heurtaut, m'a parlé d'un Bernard, son camarade d'hôpital.\u2014 Et votre serviteur, mademoiselle.J'ajouterai que j'aime beaucoup Denise.\u2014 Il y a réciprocité.La sage Minerve, \u2014 comme nous l'appelions au couvent, \u2014 m'a parlé de vous en de tels termes que je lui ai conseillé.Mais, j'allais dire une bêtise ! \u2014 Une bêtise Mais il n'y a que cela de vraimeït gai dans la vie! Continuez, je vous en prie, mademoiselle ! \u2014 Au surplus, puisque vous goûtez la plaisanterie, je me risque.Je lui ai conseillé de vous épouser.\u2014 Qui m'\u2019eût dit, gouailla gaîment l'étudiant, qu'une fée tutélaire présidait à ma destinée ?Et, sur un ton sérieux, il ajouta : \u2014 Denise est admirable et je pourrais souhaiter qu'elle fit pour moi plus qu'une.amie, mais voila.Lee voilà rend rêveur.La perfection aimable de Denise, son indiscutable intelligence, la hauteur de son esprit mériteraient mieux, sans compter d'autres avantages : Denise est fraîche et jolie.\u2014 Admirable !.Ne vous méprenez pas, mademoiselle.Ce cri du cœur ne s'adresse pas à Denise, mais à votre plaidoirie.fi est si rare qu'une femme vante sans restriction l'une de ses pareilles ! Pour en revenir à ma camarade, il y a deux sortes de femmes : celle qui fixera votre vie et.les autres.Malheureusement pour moi, Denise, dont je reconnais la supériorité, fait partie des autres.\u2014 Verdict un peu absolu, monsieur Le Prat.\u2014 En amour, c\u2019est tout ou rien! Il mettait dans ces mots une chaleur qui le surprit lui-méme et lui ins- ira soudain la crainte du ridicule.\u2018expression du visage de sa partenaire le rassura : il y lut une muette approbation et en éprouva une joie exagérée.La malade, ayant poussé un gémissement, il s'approcha du lit, mais c'était une vaine alerte.Le sommeil de l'enfant, agité de soubresauts nerveux, n'en était pas moins profond.Françoise eut tout le loisir d'observer son compagnon, pendant qu'immobile et attentif, il comptait les battements du pouls de la petite.Ce qui la frappa d'abord, en dehors de la haute stature du futur médecin, ce fut le front, un large front d'intellectuel.Des yeux qui savaient regarder avec une lumineuse douceur, corrigeaient la dureté du masque, énergique, accentué.\u2014 Tout va bien, dit le jeune homme : elle dort.Nous n'avons plus qu'à attendre le réveil.Le mot «attendre» sonnait si joyeusement que Françoise en sourit malicieusement.Ainsi s'écoulaient les minutes, scellant la secrète attirance que subissaient les jeunes gens.Le soleil embrasa soudain la cabane et se répandit en nappe dorée sur le pauvre intérieur.Enjambant la fenêtre, Bernard tendit la main à Françoise.Elle sauta lestement auprès de lui.Après s'être assurés qu'ils restaient à la portée de la voix de l'enfant endormie, ils s'installèrent au pied d'un chêne.Le silence régnait en maître, toutes les maisons étant désertées pour le travail des champs. SEPTEMBRE 1941 Bernard et Françoise, dans cette atmospère de recueillement et de simplicité rustique, se sentaient gagnés par un insurmontable attendrissement.\u2014 Mademoiselle, dit tout à coup Bernard, je vous dois un aveu.Ce n'est pas aujourd'hui la première fois que je vous vois.Elle eut un sursaut : \u2014 Je serais curieuse de savoir où vous m'avez rencontrée, monsieur Le Prat.\u2014 Oh! pas dans une soirée ni dans une chasse.Ce n'est pas mon «rayon».Comment vous expliquer la chose?.J'en éprouve une telle confusion ! Pas le moindre encouragement ne sortit des lèvres de Françoise.Elle était bien trop occupée à un travail mental.Un éclair traversa sa mémoire : La voix .ses inflexions graves.aux sonorités un peu cuivrées.ou donc l'avait-elle entendue?\u2014 J'y suis!.s'écria-t-elle.Vous avez bu un breuvage enchanté, à l'instar du docteur Faust, monsieur le vieil écrivain ! .Je ne saisis pas, je l'avoue, le sens de votre plaisanterie.téléphonique.\u2014 Plaisanterie?.Oh! non! protesta-t-il vivement.Passe-temps de désœuvré?.Pas davantage.Mettons impulsion irrésistible, désir exaspéré d'entendre votre voix.Je suis obligé de plaider « coupable », mais le souvenir des quelques minutes pendant lesquelles vous m'avez si gentiment bafoué m'est si doux que je ne puis regretter mon inconséquence.\u2014 J'espère, monsieur, que vos impulsions irraisonnées s'arrêteront là, au bout d'un fil téléphonique?\u2014 Détrompez-vous, mademoiselle! reprit-il vivement.Depuis notre conversation a distance, je suis obsédé par le désir de vous voir, de vous parler.J'ai appris que vous vous rendiez presque journellement ici, à l'église.J'étais disposé à vous guetter, s'il le fallait, pendant plusieurs jours.Mes désirs les plus audacieux ne me faisaient pas prévoir un aussi prompt rapprochement.rançoise se dit qu'il lui fallait couper court à un pareil lyrisme.Une force mystérieure retenait cependant sur ses lèvres l\u2019aveu de ses fiançailles.Elle vivait une si jolie page de roman !.Comment reprocher au jeune homme son exaltation quand elle subissait, elle-même, des impressions bizarres, excessives ?.Un murmure venant de la cabane les avertit du réveil de l'enfant.Ils tressaillirent comme s'ils sortaient d'un rêve.Françoise se hâta d'accourir auprès du lit et demanda : \u2014 Te sens-tu mieux, ma petite ?\u2014 Oui! J'avais faim seulement.faim et sommeil.\u2014 Tu vas maigtenant nous raconter ton aventure.\u2014 Monsieur et madame, il ne faut pas me gronder, ni me ramener chez papa, sinon, je ne dirai rien.\u2014 Aie confiance en nous, rassura Françoise, et sois franche.\u2014 Je m'appelle Miette, commença la petite fille.Je suis partie depuis cinq jours de la maison.\u2014 Où habites-tu ?\u2014 Roye-sur-Matz.\u2014 Tu es venue à pied ?\u2014 Oui.\u2014 Pourquoi t'es-tu sauvée ?\u2014 Parce que.parce que.Elle hésita, puis, conclut, d'un ton farouche : \u2014 Je le referais encore ! \u2014 Ce ne sont pas là des explications, Miette, gronda doucement Françoise.Si tu veux que nous devenions tes amis, il faut tout nous dire.La petite, le front barré, ne répondit pas.Mais la douce insistance de Françoise finit par avoir raison\u2019 de son entêtement : Elle reprit, très vite : \u2014 Maman est morte, il y a un an.Elle était très bonne.Élle me disait : « Miette, ma petite Miette, ma chérie!» et me prenait sur ses genoux.J'étais hrureuse.oh! si eureuse |.Un sanglot étuuffa ces derniers mots.Françoise essuya les yeux de l'enfant et, lui prenant la main, attendit qu'elle se calmât.\u2014 Un jour, continua la petite, papa a amené chez nous une autre femme, qui avait un fils, un gars de mon âge, très méchant.\u2014 Et ta marâtre te brutalisait, sans doute ?\u2014 Non !.\u2026.Elle ne m'a jamais battue.ni jamais embrassée, non plus.Elle me regardait comme si j'étais un petit chien, un petit chien qu'elle n'aurait pas aimé.Je la voyais caresser Tatave comme maman me caressait, border son lit le soir, l'embrasser.Cela me faisait de plus en plus mal là.(Elle montra son cœur).Le soir, dans mon lit, je pleurais et mordais mes draps pour ne pas crier et appeler : « Maman !.» Alors, je me suis sauvée dans les habits de atave.\u2014 Tu as faim de caresses, pauvre petite ! dit Françoise, dont la voix tremblait un peu.Oh! comme je te comprends ! \u2026.Et la jeune fille embrassa tendrement les joues maculées de poussière de la transfuge.Celle-ci saisit les mains de Françoise et les couvrit de baisers.Bernard, qui observait cette scène, vit briller une larme entre les cils de Françoise.Cependant, il ne pouvait approuver l'escapade de Miette.\u2014 Ce que tu as fait n'est pas bien! lui dit-il.Ton père te cherche en ce moment et doit être très malheureux.Moi, qui suis orphelin, j'aurais supporté bien des peines pour avoir un foyer.Crois-moi, tout vaut mieux que d'être seul au monde! Était-ce bien à Miette que ces derniers mots s'adressaient ?.Françoise les releva : \u2014 Si vous ignorez, monsieur, dit- elle lentement, l'isolement auprès d'un être aimé, je vous envie ! Ces paroles étaient montées à ses lèvres comme malgré elle.Son visage s'empourpra : elle regrettait cette confidence intempestive.; L'arrivée de la mère Landelle mit fin à son embarras.\u2014 Je n'ai que le temps de rentrer pour le déjeuner, remarqua Françoise, après avoir consulté sa montre.Je vous confie cette enfant, madame Landelle, je viendrai la prendre en auto cet après-midi.Et, se retournant vers Bernard : \u2014 Je vous remercie, monsieur ! dit-elle, simplement, mais sa sympathie spontanée éclatait dans son beau regard.\u2014 Je reste votre obligé, mademoiselle!.Je vous dois une matinée inoubliable .Ils se séparèrent sur une poignée de main, inconsciemment prolongée de part et d'autre.Françoise reprit le chemin de la villa, lequel, dégagé des brumes matinales, perdait Beaucoup de son poétique aspect; ce qui n'empécha pas la jeune fille de lui trouver un charme nouveau.Elle portait en elle une exaltation qui allégeait ses pas, magnifiait le chant des oiseaux et la 29 ON SENT AU TOUCHER LA QUALITE DU DRAP ET ; CNE FOR USE AS À MOTOR FUEL ONLY CONTAINS LEAD |B (tETRAËTHYL) QE ET QUAND VOUS ACHETEZ DE L'ESSENCE, C'EST À CET EMBLÈME QUE VOUS RECONNAISSEZ LA MEILLEURE « L'EMBLEME ETHYL sur une pompe à essence équivaut à un surplus de qualité générale et de propriétés anticognantes (octane).Les échantillons en sont vérifiés à la fois par votre compagnie pétrolière et les laboratoires Ethyl, Pour votre auto, \u2018\u2018Ethyl\u2019 signifie une température de moteur moins élevée en été ; un démarrage plus rapide en hiver ; une puissance et une souplesse additionnelles pendant toute l\u2019année.Au dépôt d'essence, l\u2019emblème Ethyl vous indique la pompe qui contient la meilleure.A MEILLEURE ESSENCE, MEILLEURE AUTO ETHYL GASOLINE CORPORATION, NEW-YORK 30 splendeur du jour, exaltait la séduction des bois.\u2018Tenter de raisonner ces incomparables sensations.à quoi bon ?.Françoise en jouissait, tout.Flle déjeuna en face de sa mère, à laquelle elle raconta la fugue de Miette, en mentionnant incidemment l'aide reçue d'un étranger.\u2014 Puisque nous sommes seules, lui dit Mme Albanel, si nous parlions de la date de ton mariage ?.Nous sommes aujourd'hui le 30 mai.Que dirais-tu de la fin juin ?Françoise s'effara.Préciser une date ?.Déjà?.\u2014 N'as-tu pas entendu ma question ?.insista Mme Albanel, un peu agacée.\u2014Permets-moi, maman, de réfléchir avant de répondre .Je ne pense pas me marier avant deux ou trois mois.\u2014 Tu as tes raisons, Françoise, j'ai peut-être aussi les miennes, dit la mère, d'un air pincé.\u2014 Je ne te les demande pas, maman, cela serait puéril.;Marie-toi quand tu le voudras.Comme je n'ai pas l'intention de me mettre en tiers dans ton ménage, je voyagerai pendant quelque temps.\u2014 Et Daniel, que devient-il dans ce beau projet ?.\u2014 Il m'attendra, voilà tout ! \u2026.Cette réponse délibérée jeta un froid.Mme Albanel eut pour sa fille un regard inquisiteur.e repas terminé, Françoise gagna son studio et se mit en devoir d'écrire au père de Miette.Elle plaida la cause de la fugitive avec chaleur.La lettre terminée, la jeune fille, appuyée sur son secrétaire, la tête dans ses mains, réfléchit longuement.Incapable de s'expliquer la sorte de vertige qui avait suivi sa rencontre avec Bernard, elle se sentait partagée entre une joie irraisonnée et une légitime inquiétude.Elle reconstitua, avec une implacable lucidité, ses faits et gestes de la matinée.Dès les premiers mots, l'aveu du coup de téléphone aurait dû la mettre en garde contre un jeune homme trop entreprenant.Pourquoi ne se l'avouerait-elle pas ?Tandis que Bernard parlait, elle se sentait prise tout entière par la clarté de son regard et la sincérité de son accent.Le coup de foudre, alors ?Il sembla à Françoise, qui avait un solide fonds de raison, que c'était là un bien grand mot pour définir un marivaudage agréable et quelque peu romanesque.L'isolement dans la forêt, l\u2019atten- drissemerit sur le sort d\u2019un enfant, le désœuvrement des heures d'attente dans la tiédeur d'une belle matinée, en avaient fait tous les frais.Françoise se débattait contre l'inexplicable emprise qu'elle subissait.Mais un regard la suivait, insistant, ardent, et les accents d'une voix mâle résonnaient à ses oreilles.Denise lui avait dit : « L'amour, le vrai, surgira un jour pour te donner des regrets.» « Trop tard!» murmura-t-elle.Fiancée aprés mires réflexions, elle ne pouvait trahir la parole donnée.III Paris, 8 juin 19.«Ma petite Francette, «Le cœur battant, je viens d'affronter cinq juges en robes rouges qui ont bien voulu m'octroyer le titre e docteur en médecine.« Pour fêter ce point final tant dé- sité, j'aurai demain quelques amis.oubliant .Je ne conçois pas cette réunion sans toi.Viens donc, ma chérie, « toute affaire cessante ».«Ta grande au septième ciel, « DENISE.» Francoise, ayant lu ce billet, rougit de plaisir.La joie de son amie rejaillissait sur elle.Il y avait quelque part, en Périgord, une vieille maman ui en ressentirait le contre-coup ; rançoise consacra à cette heureuse mère une pensée attendrie.À côté de ces raisons de sentiment brillait pour Mile Albanel la perspective d'un agréable après-midi.Chaque jour, hélas! scellait son pacte de fiançailles.Quelles raisons eût-elle pu invoquer pour le rompre ?Daniel, resté le compagnon de ses jeux et de ses promenades, demeurait immuablement tendre et attentif à lui plaire.Ah! ne pouvoir rien lui reprocher ! Comment s'étonner des nombreuses distraction que remarquait l'entourage de la jeune fille.Evadée de la conversation, elle sursautait parfois comme au sortir d'un rêve.Son esprit quittait alors, à reret, la cabane de la mère Lan- delle.L'emprise contre laquelle Françoise se débattait devait avoir des sources profondes.Tous ses rêves de jadis, les plus exigeantes aspirations de son ardente imagination, s'étaient concrétisés au hasard d\u2019une rencontre.Bernard était l'homme qu'elle aurait aimé.Pourquoi était-il venu tard dans sa vie ?Mélancolique constatation qui déchaînait invariablement une contrepartie, Françoise possédant l'esprit critique.Elle s'appliquait à juger froidement les circonstances de la rencontre dont le souvenir la poursuivait.À tout prendre, les déclarations de Bernard n'étaient peut-être qu'un chapitre aimable ajouté à la fantaisie téléphonique ?Sans doute pouvait-on se tromper à certaines paroles visiblement sincères ?Mais encore ?L'imprévu de l'aventure, l'enchantement de la forêt, le bouillonnement de la jeunesse, pouvaient expliquer bien des choses.Et voilà que Françoise, raisonnant de la sorte, se sentait le cœur étrangement serré.Souffrant du doute, elle chérissait néanmoins sa chimère.Une sensation de légèreté, d\u2019indicible joie, dominait en elle toutes les incertitudes : délicieuse emprise d'un premier amour ! Cet état d'euphorie ne pouvait passer inaperçu.Le colonel dévisageait parfois la réveuse d'un air soupçonneux.Daniel commençait à souffrir de la froideur de sa fiancée.Bien que celle-ci fût décidée à se résigner à son sort, coûte que coûte, elle inventait mille prétextes pour reculer la date de son mariage.Elle prenait même un certain plaisir à ce jeu qui exaspérait son futur beau- père.Ce fut dans ces dispositions d\u2019esprit qu'elle se rendit chez Denise, heureuse de laisser derrière elle le mensonge de ses fiançailles.Elle entra chez son amie, une brassée de fleurs à la main.Après les embrassades et les remerciements d'usage, la nouvelle doctoresse, prenant Françoise par la main, fit les présentations.Bernard se trouvait là.Son regard aimanta immédiatement celui de la nouvelle venue.Il put lire dans les yeux de la jeune fille un mélange de malice et d'émotion, tandis que Denise, innocemment, renseignait son amie : \u2014 Mon ami, Bernard Le Prat, reçu le premier au concours de l\u2019internat.ernard s'inclina devant Françoise.Le chœur des étudiants scanda : \u2014 C'est un as!.C\u2019estun as! Deux d'entre eux croisèrent sur la tête de «l'as » des branches arrachées au bouquet.Bernard les écarta d'un geste machinal : il se sentait absent de leurs louanges.absent de tout ce qui l'entourait ! Il échangea avec Françoise un sourire significatif : un secret, c\u2019est si amusant et quelquefois si doux ! Le rayonnement du visage de Françoise, dans lequel ils n'étaient pour rien, parut enchanteur aux hô- tes de Denise.Ils défilèrent un à un : \u2014 Robert Guivel.Jean-Louis Briatte .et Sonia Chetvine, \u2014 très près de nous par le cœur, bien que d'une patrie lointaine, \u2014 tous étudiants en médecine et camarades- amis.Quant à Freddy et Louisette, tu les connais, Francette.La conversation s'engagea.Comme il fallait s\u2019y attendre, le ton n'en demeura pas longtemps mesuré.Les paradoxes et les saillies fusèrent.On sautait d'un sujet à l'autre : réforme sociale, base d'un redressement moral, films et romans du jour, gouailles sur de graves sujets.La petite Albanel s'amusait follement.Les amis de Denise lui ouvraient des horizons nouveaux.Politique, morale, sciences, psychologie, tout y passait.Robert, le démocrate de la bande, clamait son horreur de la démagogie.Freddy et Louisette défendaient le suffrage universel, agonisant, au dire de Jean-Louis.Quant à Sonia, épave d'une noble famille décimée par la révolution soviétique, elle inclinait vers l\u2019impérialisme, ou tout au moins une dictature « blanche ».Le royaliste Bernard caressait l'espoir d'un pouvoir sacré et unique, accommodé aux exigences du temps.Des idées .un flux d'idées, Françoise, tout oreilles, en était un peu étourdie.Robert prit à partie le royaliste isolé : \u2014 1! n'y a qu'un chambardement total, un essai de communisme dit-il, qui puisse nous sortir de la pourriture actuelle.\u2014 Et déchaînant les pires instincts de la masse, quand il faudrait, au contraire, lui mesurer la laisse, répliqua Bernard, Renan a fait dire à Caliban \u2014 le peuple \u2014 qu'un prince a instruit : « Comment Prospero n'a-t- il pas compris que le langage qu'il me donnait, je l'emploierais à le maudire.» Françoise, machinalement, compléta la citation : \u2014 « Le crocodile n\u2019a pas une grande bouche pour ne pas s'en servir ! » \u2014 Comment, mademoiselle, s'étonna Bernard, vous avez lu le théâtre philosophique ?\u2014 Et quelques autres petites choses aussi, ne vous en déplaises, \u2014 entre deux chroniques de la mode, ~_riposta Françoise, moqueuse Dès lors, ayant surmonté un \u2018premier accès de timidité, Mlle Albanel fit brillamment sa partie dans le chœur.A Denise qui passait auprès d'elle, elle souffla dans l'oreille : \u2014 Su tu savais comme je suis bien !.Ici, j'ai l'impression de revenir dans un monde d'où l'on m'aurait exilée.Denise sourit et se retourna, grondeuse, vers Freddy : \u2014 Freddy, dit-elle en affectant la sévérité, tu viens de prononcer un mot : colibacille.Parler médecine est défendu.Donne un gage ! Freddy tendit son canif.La REvuE POPULAIRE \u2014 Je te le rendrai après le goûter, à condition que tu nous racontes une histoire.\u2014 Une petite histoire courte et claire, à la façon de Giraudoux ?gouilla Freddy.\u2014 Tu serais embarrassé, gosse, si je te prenais au mot.Le nom de Giraudoux fit rebondir la conversation.Les auteurs modernes furent l'objet d'appréciations passionnées, chacun des étudiants érigeant une statue à une idole différente.Ils demandèrent l'avis de Françoise.\u2014 Je suis un mauvais juge parce que je les aime tous, les tâcherons des lettres, compagnons de nos heures de réflexion.D'aucuns font le miracle de nous\u201daider à voir clair en nous-mêmes.Un silence ponctua cette déclaration.Françoise y avait mis un tel accent que tous les regards convergèrent vers elle.La vierge timide du début se révélait vibrante, passionnée.Les joues de la jeune fille, objet d'une curiosité soudaine, s'empourprèrent joliment sur le fond nacré de sa carnation de blonde.Jean-Louis, un peu gris, s'écria : \u2014 L'épanouissement d'une rose ! Bernard ne quittait pas Françoise des yeux.Il vint à son secours : \u2014 En fait d'écrivains, dit-il en désignant Robert, nous avons parmi nous une gloire naissante.\u2014 Merci toujours, Bernard ! J'apprécie comme il convient la saveur de ton ironie.La vérité, c'est que je rêve d'écrire, et, s'il ne me fallait pas travailler pour le bifteck, je ne courrais pas après mon diplôme.Tant pis! .J'exercerai la médecine dans une petite ville.J'épouserai une jeune file calme et douce qui maintiendra, autour de mes essais littéraires, une atmosphère silencieuse et comme feutrée.\u2014 Epouse garantie vingt ans, sans remontage ni entretien, ironisa Jean- Louis.Article hors série à l'usage d'un futur grand homme! \u2014 D'un futur pauvre homme .releva Bernard.Le rôle de la femme collaboratrice, amie, égale de son mari, lequel l\u2019associe à toutes ses pensées, est autrement enviable.\u2014 Moi, dit Sonia, je verrais assez bien cela, mais auprès d'un homme qui me dominât par l'intelligence et le caractère.\u2014 Brrr ! remarqua Denise.Ta formule sent le servage, Sonia.Le couple idéal doit cultiver la parfaite égalité et mettre en commun sa volonté, ses efforts journaliers, son intelligence et ses plus nobles aspirations.N'est-ce pas ton avis, Francette ?\u2014 Sans doute.mais il faut se méfier des rêves qui visent trop haut.Et, sur ces derniers mots, la voix de la jeune fille tomba comme une plainte.Denise continua : \u2014 Freddy et Louisette, je vous mets hors concours.Vous avez trouvé le secret du bonheur.\u2014 Ce bonheur, dit Freddy drôlement, ne sera complet, Denise, que lorsque nous savouererons des toasts qui embaument.Je ne te cache pas que j'ai une faim de loup.On se groupa autour de la table.La première fringale apaisée, les convives continuèrent à philosopher.Quelqu'un jeta le nom de l'abbé Lemaire : \u2014 Il travaille du chapeau, celui-là, opina Freddy.\u2014 Freddy, releva Bernard, tu affectes le genre paysan du Danube, mais cela ne prend pas.Tu l'admires comme nous « ce travailleur du chapeau» aux prises avec l'infini des mondes connus et inconnus. SEPTEMBRE 1941 \u2014 À quoi bon ?Einstein nous avait servi du même plat et nous n'en sommes ni plus fiers, ni plus heureux, Ledit Einstein n'est d'ailleurs pas plus malin que les camarades, puisque Lemaire démolit son systéme.\u2014 L'un et l'autre nous ouvrent des horizons passionnants, objecta Sonia.\u2014 Tant pis pour toi, Sonia, si cet abbé t'enrôle, s'entêta Freddy, mais ses idées, plus troublantes qu'utiles, ne nous empêcheront pas de mourir sans rien comprendre à ce que nous sommes.\u2014 Ça! intervint Bernard, c'est une autre question dont il faut chercher la solution ailleurs.\u2014 Je sais, je sais! interrompit Freddy.Ton catholicisme exclut toute discussion.C'est tout ce qu'il y a de plus commode.\u2014 Et de plus près de la vérité.Trouve-moi une certitude dans les divers systèmes philosophiques.Les divinations et les prémonitions seules peuvent nous faire pénétrer dans l'espace absolu en encore, n'y entrons-nous qu'avec notre entendement qui est court.Freddy, ne nous perdons pas dans les problèmes qui nous dépassent.« \u2014 Surtout, petit m'a recommandé un vieil oncle, ne cherche pas l'âme avec ton scalpel! \u2014 Il ne cousinait pas un peu avec M.Homais, ton vieil oncle ?intervint Jean-Louis.\u2014 Pas que je sache.\u2014 C'était un précurseur, dit Françoise : le scepticisme ne se porte plus guère.\u2014 C'est un vêtement qui n'a jamais tenu chaud à personne, approuva Denise.\u2014 Vous devenez pompiers ! fit Robert en simulant un bâillement.Jean-Louis se mit en devoir de déboucher une bouteille de mousseux.Les bouchons sautèrent.A la troisième coupe, il ne fut plus question de philosophie, sinon d'amour.\u2014 L'amour, dit Jean-Louis, la bonne blague ! Balançoire pour poètes et romanciers.\u2014 Je t'attendais au tournant, beau parleur : tu seras pincé un jour comme les camarades.\u2014 Toi, la petite, ainsi que ton Freddy, vous n'avez pas voix au chapitre.t, affectant un air de profonde pitié, il ajouta : \u2014 Laissons ces deux intoxiqués chérir leur mal.Que dis-tu de l'amour, Robert ?\u2014 Je l'ignore .il ne m'a pas encore atteint de sa griffe.\u2014 Et toi, Sonia ?\u2014 Je m'en garde autant que possible.\u2014 Tu te gardes pour le chevalier de rêve qui viendra un jour.Cela se chante, ça ! dit Freddy.Bernard, que penses-tu de l'amour ?\u2014 N'attendez pas que je définisse I'indéfinissable .ettons qu'être amoureux, c\u2019est se sentir la proie d'une force irr@istible, impérieuse et folle.On ne raisonne plus quand on aime, pas plus qu'on ne s'accroche quand un torrent impétueux vous entraîne.Eprouver un sentiment délicieux et écrasant, être heureux jusqu'à la souffrance.ce doit être cela, l'amour ! Le ton de Bernard s'était haussé r degré, des signes d'émotion se isaient sur son visage.\u2014 Bernard amoureux ! scanda le chœur des étudiants .il est a-mou- reux.! Bernard se boucha les oreilles et haussa les épaules.Autour de lui, l'attention s'éparpilla.Seule Françoise pénétrait la signification des paroles du jeune Le Prat.Le vertige décrit, ne le subissait-elle pas ?Ayant levé les yeux, elle rencontra, pesant sur elle, le regard ardent de Bernard, ce regard dont l'éclat la poursuivait nuit et jour.Elle ne sut réprimer un tressaillement ni dominer le réflexe qui rivait ses yeux à ceux de l'étudiant.Le petit jeu des définitions continuait : Denise déclama : L\u2019amour c\u2019est la vie! et Françoise, interpellée à son tour, compléta : C\u2019est tout ce qu\u2019on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit décliner.\u2014 Oh! le couchant de Mlle Alba- nel! pouffa Jean-Louis.\u2014 Un ban pour le déclin de Mlle Albanel, renforça Robert.La table trembla sous la vigueur du ban, cependant que Françoise, interdite et rougissante, souriait avec grâce : la timidité et l'émotion donnaient à ce sourire un charme enfantin.Denise passa son bras autour de la taille de son amie.\u2014 Excuse ces grands enfants, lui dit-elle, tout bas.Ils sont vrais et leur admiration ne saurait te choquer.\u2014 Loin de moi pareille pensée, Denise ! Je me sens si heureuse ! Denise, brandissant le canif de Freddy, lui rappela son gage.Il s'exécuta : \u2014 Une nuit, conta-t-il, un brave homme de savant fut réveillé par la sonnerie du téléphone.Sa femme prit l'appareil : «Allo! C'est vous, monsieur X\u2026.?« \u2014 Non, je suis sa femme.Que désirez-vous ?« \u2014 Poser une question capitale au maître en personne.«M.X.vint écouter à son tour : « \u2014 Voulez-vous me dire, maître, ce que vous donnez à manger à la grande ourse ?\u2014 L'histoire est bonne, remarqua Robert, mais loin d'être inédite.À la place de Denise, je ne te rendrais pas ton canif que si tu y ajoutais une réflexion de ton cru.\u2014 Soit! Le savant, qui entendait la plaisanterie, répondit avec le plus grand sérieux : «\u2014Je nourris la grande ours avec la voie lactée, mais celle-ci ne se laisse traire que par des gens sérieux.« Prenez-en de la graine, mes petits ! Un éclat de rire accueillit cette improvisation.Bernard, moins bruyant que ses camarades, semblait absorbé dans un rêve intérieur.\u2014 T'aurions-nous oublié dans la grande ourse, Bernard ?plaisanta Sonia.Qu'as-tu donc aujourd'hui ?.Pour un triomphateur, tu manques d'entrain ! \u2014 Un très grand bonheur prend en général la forme grave.Qui te dit, Sonia, que je ne l'éprouve pas, ce très grand bonheur ?.Le chœur des enfants terribles scanda de nouveau : \u2014 Bernard est a-mou-reux!.\u2014 De profundis! psalmodia Jean- Louis Robert, en roulant des yeux de détective.On quitta la table Denise dirigea ses amis vers son secrétaire : \u2014 Qui veut voir, proposa-t-elle, les dernières photographies prises dans le service de Mme Bylowski?.~\u2014 Je supposais, observa Sonia, que tu l'aurais invitée, la grande patronne.\u2014 Certes, je n'y ai pas manqué, sans grand espoir, d'ailleurs! Elle sa jeunesse au couchant 3 \u201cJ'aimerais mieux que Grand-père ne vive pas chez nous!\u201d Une jeune maman apprend comment résoudre un vieux problème 1.Je n\u2019aime guère à corriger mon petit Jacquot mais, l\u2019autre jour, il fut si impoli envers son grand-père que je dus lui donner la fessée.Mon beau-père, un homme charmant, est d\u2019ailleurs mal à l\u2019aise d\u2019être obligé de rester avec nous.2.Le trouble commença lorsque je priai Grand-père de donner à Jacquot son laxatif.Celui-ci déteste prendre ce laxatif et Grand-père dut le lui faire avaler malgré lui.C\u2019est alors que Jacquot fit la scène à son grand-père.TEE 4, \u2018Vous risquez ainsi de blesser son système nerveux si délicat\u201d, continua-t-elle.\u201cIl faut donner aux enfants un laxatif qui a bon goût, qui est fait spécialement ur eux, et non pas pour les adultes.ourquoi ne pas essayer le Castoria ?Il est sûr, efficace et a bon goût\u201d.6.Et la prochaine fois que Jacquot eut besoin d\u2019un laxatif, je laissai Grand-père le lui donner.Le petit en aima si bien le goût, qu\u2019il lécha la cuiller et remercia son grand- père.Les deux sont maintenant de grands amis et, grâce au Castoria, le problème du laxatif n\u2019en est plus un! 3.Je me vis donc forcée de punir l\u2019enfant, et l\u2019atmosphère était À l\u2019orage lorsque ma cousine, une garde-malade diplômée, entra tout à coup.Mise au courant de la situation, elle me dit: \u201cPourquoi obliger un enfant à prendre un laxatif qui lui déplait ?\u201d\u201d 5.\u201cEt l\u2019on peut sc fier au Castoria car, bien qu\u2019il soit bénin, il ne manque jamais son effet.Cependant, il ne contient pas de drogues drastiques.Essaie-le\u201d, conclut ma cousine, \u201cet tu verras!\u201d Je courus en acheter une bouteille sans délai, à la plus proche pharmacie.\u2019 RENSEIGNEMENTS D'ORDRE MEDICAL Les traités de médecine disent: (1) dans la plupart des cas, le séné ne dérange pas l'appétit ni la digestion et ne cause pas de nausées; (2) le séné produit surtout son effet dans le gros intestin; (3) dosé convenablement il facilite l\u2019élimination et n\u2019a guère tendance à occasionner de l\u2019itritation ou de la constipation après qu\u2019on en a fait usage.Le séné est soumis à un procédé spécial dans le Castoria de manière à éviter la colique et à produire un effet laxatif bénin.CASTORIA A Le laxatif SUR pour les enfants 32 traditions canadiennes.nes depuis plusieurs générations.3 ménagères sur 4 l\u2019emploient \u2014 comme le font d\u2019ailleurs les plus grandes autorités en art culinaire \u2014parce qu\u2019elle donne toujours des résultats æniformes, que l\u2019on peut toujours compter sur elle pour obtenir des gâteaux légers, à mie fine, tendres et délicieux.; Aucune équipe de\u2018\u2018maman et fillette\u201d ne saurait être complète sans la\u2018Magic\u2019,la poudre à pâte de qualité supérieure dont l\u2019efficacité a été prouvée.\u2018Très économique, elle coûte moins de un sou par cuisson ordinaire.@ LIVRE DE CUISINE GRATUIT ! Si vous cuisez à la maison, 'ser- vez-vous du nouveau Livre de Cuisine \u2018Magic\u2019.Contient plus de 300 recettes.Adresse: Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019, Fraser Avenue, Toronto, 2.FABRIQUEE AU CANADA Avant longtemps, ses gâteaux à la \u2018Magic\u2019 seront aussi tendres et délicieux que les vôtres OTFRE fillette aime à vous imiter\u2014 et vous êtes fière de lui servir de modèle.Vous serez un bon modèle, en ce qui concerne la cuisson des gâteaux, si vous l\u2019initiez jeune à l\u2019usage de la Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019, conformément aux meilleures La \u2018Magic\u2019 est de droit la poudre à pâte préférée des Canadien- est de plus en plus débordée : c'est la rançon du succès ! \u2014 Quel dommage ! .soupira Sonia.Et cette exclamation en disait long sur la popularité de la doctoresse.Penchés sur les épreuves photographiques, les jeunes gens en discutaient la valeur.Bernard en profita pour se rapprocher de Françoise que ce genre de conversation isolait.\u2014 Qu'est devenue la petite Miette, demanda-t-il comme suite à leur muette entente.\u2014 Son père est venu la chercher.Elle a eu, au moment de me quitter, un tel désespoir que j'en ai été touchée.J'ai proposé au bonhomme de me laisser la petite.Miette est maintenant l'aide et l'apprentie de ma femme de chambre.Je n'ai qu'à me louer d'elle, à condition de l'embrasser tous les soirs.Bien que l'excès de sensibilité de cette enfant soit un peu inquiétant, je ne regrette rien.Il y a toujours de la ressource avec cœurs aimants.\u2014 Vous faites connaissances en philosophant, dit Denise, qui avait saisi les derniers mots.\u2014 Quoi de plus passionnant, ma rande, fit Françoise, que d'approfondir la vie?.\u2014 Celle des cœurs aimants, par exemple .Je te reconnais quelque compétence sur ce sujet, ma petite Francette.Et, d'un geste maternel, elle effleura les boucles de celle qu'elle appelait sa petite fille.Tant d'amitié eût appelé un élan de sincérité, mais le pacte tacite de silence entre Bernard et Françoise, invisible lien, ne fut pas rompu.\u2014 Nous parlions, dit seulement Françoise, d'un cas d'extrême sensibilité chez une fillette d\u2019un milieu très ordinaire.\u2014 Anomalie courante.Qui peut déterminer les atavismes dont elle semble la conséquence ?.\u2026.\u2014 Personnellement, Denise, je subis le poids d'un atavisme obscur.J'ai la sensation de retrouver chez toi mon véritable « climat », celui de quelque ancêtre lointaine.\u2014 C'est gentil pour nous, cela! s'exclama Bernard.\u2014 L'étudiante réincarnée m'a tout l'air de s'entendre le mieux du monde avec toi, Bernard ! remarqua Denise.Françoise consulta sa montre et se leva brusquement.\u2014 Oh! fit-elle, d'un ton de regret.Comme Cendrillon, je vais être obligée de quitter le palais enchanté ! d Elle échangea des adieux à la ron- e.Dans sa main brûlante, Bernard retint plus que de raison une petite main qui ne se dérobait pas.Françoise prit un taxi et se fit conduire à la gare.Le train s'ébranla.Alors seulement, la jeune fille tä- cha de mettre un peu d'ordre dans le tumulte de sa pensée.Sa muette entente avec Bernard lui apparut dangereuse, parce que sans issue possible.Peine perdue! Submergée de bonheur, elle emportait, du plus bel après-midi de son existence, un inoubliable souvenir.Que n'avait-elle pu lire dans les yeux de Bernard ?.De l'admiration.certes! mais surtout une compréhension, une fraternité d'âme inexplicables.Ils n\u2019avaient été maîtres, ni l'un ni l'autre, de la chaude corespondance que peut trahir l'échange d'un regard.Et combien vides et imparfaites les paroles auprès de cet enivrement des yeux!.Françoise poussa un soupir : avoir rencontré un bien unique et cons- La REvuE PopuLAIRE truire tout sa vie sur des regrets, hélas!.Rentrée chez elle, la jeune fille se vit obligée de reprendre son rôle.Le diner, ce soir-la, manqua d'animation.Mme Albanel, un peu dédaigneuse vis-a-vis de Denise Heurtaut, n'insista pas pour avoir des détails sur la réunion chez l'étudiante.Daniel qui était sorti à cheval, sauva la conversation grâce aux péripéties d'une chasse qu'il avait rencontrée et suivie.A sa demande, on décida que les fiancailles officielles auraient lieu prochainement.Rien ne pressait, Françoise ne désirant pas se marier avant l'automne.Les jours Ets suivirent ne laissèrent guère à Françoise le temps de penser.Chaque soir, lassée par les courses dans les magasins et les réceptions en son honneur, la jeune fille s'effondrait sur son lit et, le jour, il lui semblait accomplir, comme un automate, sans plaisir et sans peine, les gestes nécessaires.Vint la soirée des fiançailles.Françoise, dans une toilette de taffetas azuré, rehaussée de perles blanches, quitta sa chambre sous le regard admiratif de sa femme de chambre.Au bas de l'escalier, elle fut accueillie par un compliment de sa mère : \u2014 Tu es tout à fait à ton avantage! lui dit celle-ci, d'un ton où l'on eût pu discerner une satisfaction mitigée.Les vingt ans de Françoise et leur rayonnement lui portaient ombrage.Et cependant, la veuve, dans un fourreau de satin noir étoilé d'une magnifique attache en diamants, ne manquait ni d'allure, ni de \u201clatteurs.rançoise dut s\u2019arracher à l'admiration fervente de Daniel pour recevoir ses amies.Jacqueline Duthuy entrait : .\u2014 Qu'as-tu fait de tes théories pessimistes, petit masque ?.fit-elle, gaîment.D'ailleurs, ton fiancé est charmant et justifie toutes les abdications.Inconsciemment, Jacqueline, par ce rappel de leur récente conversation, rouvrait, dans le cœur de son amie, une blessure mal cicatrisée.Autour de cette douleur secrète, les papotages allaient leur train.Le clan des mères de jeunes gens à marier se montrait impitoyable : , \u2014 Inimaginable ! ._.s'indignait l'une d'elles.Ce petit Mémoret, avocat sans cause et sans fortune, décrocher une pareille timbale ! Les jeunes filles chuchotaient : elles trouvaient à la fiancée un drôle d'air.: \u2014 Moi, confiait a Jacqueline une brunette, je m'épanouirai davantage le jour de mes fiançailles ! \u2014 Qu'est-ce que cela prouve ?dit Jacqueline.que Francoise est Moins expansive que toi, voilà tout ! \u2014 Non ! s'entêta la petite, ce n\u2019est pas tout.Et si tu avais vu comme moi, tout à l'heure, les fiancés en tête-à-tête dans la serre, tu penserais comme moi ! di = Tu les espionnais 7.Joli mé- ier |.~ Nous passerons par la a notre four, c'est toujours utile de s'instruire.On rit: la petite classe n'avait rien à apprendre des autres.elle savait flirter, elle aussi ! Quand les derniers invités se furent retirés, Françoise, rentrée dans sa SEPTEMBRE 1941 chambre, sentit son stoïcisme des dernières semaines l'abandonner.Accoudée à la fenêtre, elle demeura longtemps immobile et douloureuse.Les minutes passaient.Absorbée par ces souvenirs, la jeune fille ne prit pas garde au changement des nuées, à l'aigreur qui montait soudain de la terre, au réveil des oiseaux apeurés.À peine put-elle se garer d'un volet mal accroché qu\u2019une rafale soudaine venait de rabattre, cependant qu'un éclair illuminait la chambre.Françoise jeta un dernier coup coup d'œil aux arbres qui se tordaient dans d'impressionnantes convulsions.Cinglée au visage par de larges gouttes de pluie, elle leur trouva le goût parfumé des essences sylvestres exaltées par l'orage.Elle ferma la fenêtre à regret, mais s'assit tout auprès : elle ne voulait rien perdre du drame extérieur.Un craquement retentissant la fit sursauter : la foudre venait de tomber sur le paratonnerre.Françoise se sentait, dans cette tourmente, plus petite qu'un grain de sable.Dès lors, pourquoi attacherait- elle tant d'importance à sa destinée ?Et pourquoi les hommes qui n'occupent guère plus de place dans l\u2019univers qu'un arbre ou un champignon possèdent-ils un tel pouvoir de souffrir ?Ne peuvent-ils donc accepter une fois pour toutes leur sort capricieux et éphémère ?Il y avait bien la foi.la foi de Bernard.Bernard .toujours Bernard.De ce chrétien convaincu, Françoise ne pouvait attendre aucun secours.aucune joie non plus.Elle murmura : « Seigneur, ayez pitié de moi ! » Accablée par un fardeau trop lourd, elle s'endormit sur place, petite et misérable dans son grand fauteuil.Le surlendemain de la soirée des fiançailles, une représentation au profit de l'œuvre des campagnes, attirait une foule élégante dans un théâtre du boulevard.Les autos se succédaient au ras du trottoir, déversant des flots d'élégance.Une haie de curieux, dont l'admiration cachait une pointe d'envie, dénombraient les toilettes et les bijoux des arrivantes.Un murmure flatteur salua l'arrivée de Mme Albanel et de sa fille.Une midinette, aux joues fraîches et au rire prompt, dévorait Françoise des yeux : \u2014 Mince, alors! dit-elle à son compagnon, à la place de cette belle fille, je rigolerais mieux que cela, moi ! Françoise avait l'oreille fine : elle sourit à la fillette.Celle-ci dit drôlement : \u2014 Si elle regarde son amoureux avec ces yeux-là, il est fichu, le pô- vre ! © Le spectacle commençait lorsque les deux femmes, accompagnées du colonel et de son fils, pénétrèrent dans la salle.Les retardataires, guidés par un jeune homme, gagnèrent leurs places en pleine obscurité.Dans la loge des Albanel, à la faveur d'un remue-ménage de l'installation, la haute silhouette du guide se précisa.Françoise tressaillit.Un rapprochement subit lui donnait la curiosité de distinguer le visage de l'inconnu.Mais celui-ci, sa tâche remplie, disparut sans prononcer une parole.Françoise passa sa main sur son front, comme pour en chasser un rapprochement importun et, se tournant vers son fiancé, elle lui sourit.Par delà ce sourire, ses yeux cherchaient une silhouette dans la salle et, dès lors, tous les efforts qu'elle fit pour s'intéresser au spectacle demeurèrent vains.Entre l'écran et ses yeux s'interposaient les révélations de Denise sur la misère des étudiants.Fallait-il croire que Bernard en était réduit au rôle d\u2019ouvreuse ?Malgré qu'elle en eût, l'idée prenait corps dans son esprit et lui étreignait le cœur.Scrutant tous les fauteuils au- dessous d'elle, elle en avisa un demeuré vide.Une grosse dame louvoyait pour l'atteindre.L'installation de cette opulente personne fut laborieuse.La lampe de poche de l'ouvreur oscillait dans tous les sens, si bien qu'un rayon lumineux effleura le visage du jeune homme.Bernard apparut à Françoise.Elle faillit pousser un cri: elle avait, à la fois, désiré voir le jeune homme et redouté de le retrouver dans un rôle aussi humble.Françoise attendit fébrilement l'en- tr'acte : le désir de parler à Bernard, plus fort que tous les raisonnements, la tenaillait.\u2014 Voulez-vous que nous fassions un tour au foyer ?proposa Daniel.\u2014 Merci, j'aime mieux ne pas bouger.Et, tout aussitôt, affectant un léger frisson : \u2014 Mon écharpe oubliée au vestiaire me manque, dit-elle.\u2014 Je cours la chercher, dit Daniel en se levant.Donnez-moi votre ticket.Françoise affecta d'explorer les compartiments de son sac : \u2014 Impossible de mettre la main sur cet indispensable petit carton, fit- elle.Mais je reconnaîtrai mon bien.Et avant que Daniel pût insister pour l'accompagner, la jeune fille avait disparu.Arrivée dans le couloir, elle erra dans tous les sens, dépitée de ne pas découvrir Bernard.Au vestiaire, où elle prit son écharpe, même déception.Le temps passait.Une grande ombre se profila soudain sur le mur du côté opposé à la poursuite de la jeune fille.Elle y courut.\u2014 Enfin ! murmura-t-elle en abordant le jeune homme.Et de ses deux mains, d'un élan spontané, saisirent les mains de l'introuvable.Bernard se méprit sur la signification de ce geste.« Elle me fait l'aumône de sa sympathie ., pensa-t-il, raidi dans son orgueil, mais infiniment troublé par la pression des douces petites mains.Il se dégagea sans brusquerie et attendit que Francoise parlat.Un silence écrasant et délicieux s'établit entre eux.Pour l'un et pour l'autre, à cet instant, tout était inconscience et enivrement des yeux.Il semblait que leur cœurs, battant au même rythme accéléré, se rejoignaient.\u2014 Oh! vous retrouver ainsi ! soupira enfin Françoise.\u2014 Je pourrais vous répondre, mademoiselle, dit Bernard, blessé au vif, qu'aucun métier ne saurait rabaisser un homme.Mais ce point de vue m'est personnel et je vous vois si apitoyée sur mon sort que j'aime mieux vous avouer que je sers ce soir de remplaçant à mon ami Freddy.Françoise, allégée, leva sur le jeune homme un regard chargé de tendre émoi.Comment les chaudes prunelles brunes auraient-elles pu résister à cet appel muet ?Un courant irrésistible s'établit entre eux pendant que Françoise, pour se donner une 33 RIEN N'EST PLUS | AU CHARME FÉMININ QU'UN ÉPIDERME VELOUTÉ.ON ME VOIT DE SI PRÈS DEVANT LES CAMÉRAS ET CHEZ MOI AUSSI / \u201cUn épiderme velouté attire l\u2019amour et le garde\u201d, dit cette ravissante étoile de l\u2019écran.Elle vous indique comment vous donner, chez vous, ce soin de beauté de Hollywood.et Lev Fabrication rrr Le nettoyage facial à la Mousse Crémeuse est si facile avec le Savon de Toilette Lux.Il enlève vite impuretés, cosmétiques fanés \u2014 laisse l\u2019épiderme vraiment frais, plus doux au toucher! Vous serez ravie de la façon dont ce nettoyage facial prend soin de votre épiderme.Essayez-le durant 30 jours.Voyez ce que la Mousse i Crémeuse du Savon de Toilette Lux peut faire pour vous! 2 15 pitt, Ne 1 = a \u201cKee Lory LE SOIN DE BEAUTÉ à la « Mousse ÉTOILE 20th CENTURY-FOX gy ha .DE HOLLYWOOD ! DONC, JE NE NÉGLIGE JAMAIS MON NETTOYAGE FACIAL AU SAVON DE TOILETTE LUX.TAPOTEZ-EN LA MOUSSE DANS LA PEAU, RINCEZ À L'EAU CHAUDE, PUIS FROIDE | ASSÉCHEZ EN TAPOTANT.VOTRE À ÉPIDERME EST PLUS DOUX A * AU TOUCHER - PARAÎT PLUS FRAIS / Es 9 étoiles de l'écran sur 10 emploient le Savon de Toilette Lux 34 NGINES ES * A Ligue Nationale, | en des arbitres actifs de toutes les ligu eurez est honoré dans l'heure.out la troisième annés les mon ren Liorgines servent aux arbitres des ligues criajoures, | Ÿ Bill Klem Dorte comme montré personnelle ; une Longines Trotteuse- Arrét.; LA MONTRE LA PLUS HONORÉE Longines domine quand il s'agit de sport, de l'aviation et de la navigation, car les ingénieurs et horlogers Longines savent produire des montres de fonctionnement précis dans des conditions les plus difficiles.Mais pardessus tout, les montres Longines doivent leur renommée mondiale à la précision, longévité et fiabilité des _millionsde montres Longines, partout le monde, depuis ces derniers 75 ans.Dix grands prix d'expositions mondiales, 28 médailles d'or, et plus d'honneur pour l'exactitude que toute autre horlogerie appuyent la renommée des montres Longines.Aujourd'hui les bijoutiers Longines étalent les montres Longines 7Sième Anniver- satre à $50 et plus; aussi les montres Wittnauer à $29.75 et plus, produits de LONGINES-WITTNAUER WATCH CO.of CAN.LTD.New York MONTREAL Genève LONGINES Hontses [5 Lune iirersacre SERIES contenance, faisait l'éloge de Fred- y.Un couple, qui passait auprès d'eux, les dévisagea.À leur insu, leur allure trahissait un colloque insolite, Bernard et Francoise formaient d'ailleurs un groupe disparate, elle, ultra-élégante dans une vaporeuse robe de soirée, lui en costume de rue.Une sonnerie annonça la reprise du spectacle.Françoise sembla sortir d'un rêve.Elle implora : \u2014 J'ai à vous parler.Demain, cinq heures, au Luxembourg, fontaine Mé- dicis, voulez-vous ?Bernard pressentit-il le déchirement vers lequel il se précipitait ?.Il mit un rien d'hésitation dans son acquiescement.Françoise regagna sa place dans l'obscurité, le spectale était commencé, Cela lui épargna la vue du visage mécontent de sa mère et permit à Daniel de dissimuler sa tristesse.IV L* DOCTORESSE Anne Bylowski habitait rue Tronchet, le premier étage d'une maison de rapport.N'était l'affluence des autos de maître stationnant devant l'immeuble, la plaque médicale placée sur la porte d'entrée eût pu passer inaperçue.Mme Bvlowski possédait la vogue, cette capricieuse et si souvent insaisissable faveur du ciel.Dans les cinq à sept mondains, on racontait ses cures avec une pointe d'exagération, chacun ayant à cœur d'être mieux documenté que le voisin.Qu'il s'agisse d\u2019exalter le mérite ou de divulguer le mal, les langues gardent rarement la mesure .A la vérité, la doctoresse chérie du public avait la main heureuse : un flair professionnel incontestable joint à une lumineuse intelligente la guidaient généralement vers la réussite.Au surplus, son physique la servait.Grande et racée, elle s'imposait par son sang-froid et son beau regard exerçait sur les malades une action quasi-magnétique.Et cette fin d'après-midi d'octobre, sa consultation terminée, la doctoresse rangea ses fiches d'observation, ouvrit largement ses fenêtres et revint s'accouder à son bureau, dans une pose méditative.Les bruits de la rue montaient jusqu'à elle.Mieux que le silence, cette rumeur, en dépit de sa discordance, s'accordait avec le rythme tumultueux de sa pensée.Les dernières lueurs du jour s'éteignaient.Dans la demi-obscurité, une lassitude inusitée envahie la vailante femme.Des souvenirs lancinants dissolvaient son énergie.Un désir soudain d'évasion, de campagne dorée par l'automne et de bois odorants, la submergeait.Où irait-elle ?Il y avait bien quelque part, en Bretagne, un coin sauvage qui gardait à jamais une parcelle de son cœur : vieux manoir délabré, parc romantique.Hélas! ce cadre de son enfance lui était devenu étranger.Pourrait-elle revoir sans déchirement sa maison natale, désormais entre des mains étrangères ?La petite Anne avait grandi là, entre un père et une mère figés dans le passé et insoucieux de l'avenir.Par quel caprice de la nature ou mystère d'hérédité l'unique enfant du gentilhomme campagnard, dont les préoccupations ne dépassaient pas celles de ses fermiers, s'était-elle révélée, dès son plus jeune âge, assoiffée d'intellectualité ?Un professeur, retiré à quelques milles du château, assuma la charge de l'instruction de la fillette.Celle- ci montra pour l'étude une passion toujours grandissante.Quand elle eut dix-huit ans, M.et Mme de Kervoniz, emportés par un courant irrésistible, durent consentir à envoyer Anne à Paris.Anne, étudiante en médecin, atteignait sa vingt et unième année lorsqu'elle perdit sa mère.Peu de temps après son père succombait à son tour, et les hommes d'affaires envahissaient le château familial.Règlement de succession désastreux pour l'orpheline, à laquelle il restait une somme à peine nécessaire pour lui permettre d'achever ses études médicales.L'étudiante ne perdit pas courage.À côté de la catastrophe se levait une aube, celle de l'amour.ne épousa son camarade Stanislas Bylowski.Ici se place, dans les souvenirs de Mme Bylowski, une année de bonheur, d'un bonheur si grand que son évocation lointaine la fait trembler d'émotion.Auprès d'un mari très aimé, passionné de science autant qu'elle- même, quelles heures de plénitude n'avait-elle pas connues ! Egalement doués et ardents au travail, ils pouvaient tout espérer de l'avenir.Heélas!.Stanislas Bylowski, interne des hôpitaux et grand favori du concours de l'agrégation, succombait, à vingt-huit ans, des suites d'une intoxication professionnelle.Il laissa sa jeune épouse désespérée et presque sans ressources.Un peu plus tard, le diplôme de docteur en médecine, conquis à travers mille privations, permit à la veuve de s'installer, très modestement, dans la banlieue de Paris.Des années de labeur et d'obscurité grignotèrent la jeunesse de la pauvre femme.Que d'étapes franchies depuis ! Mme Bylowski enveloppa d'un regard expressif son cabinet de travail, modèle de confort et de luxe discret.Le mobilier en bois plein se détachait sur un fond qui en atténuait la somptueuse austérité : tentures claires, tapis d'Orient aux chaudes colorations.Au mur, des images agrestes: échappées de plein air signées de paysagistes cotés, gravures japonaises sur papier de riz, collection de statuettes.Rien qui puisse attrister le client lorsqu'il pénétrait, craintif et soucieux, dans cete sorte de confessionnal.Un rideau dont la soie orange s'enflammait à l'heure du couchant servait de fond et masquait l'entrée du boudoir où s'écoulaient les rares heures de loisir de la doctoresse.Elle se réfugia dans cette retraite pour achever de remonter le cours de ses souvenirs.Effroyablement triste son étape à Saint-Denis !.La morne sensation des jours succédant aux jours sans aucun espoir d'évasion l\u2019étreignait encore.Vint la délivrance.sous la forme d'une rencontre providentielle.Le docteur Priellé, professeur à la Faculté de médecine, appelé en consultation par Anne Bylowski, s'émut de voir son ancienne élève dans une situation plus que médiocre.Il lui offrit de collaborer à une grande redue médicale.Très vite, les articles de la doctoresse la firent sortir de l'ombre.Dès lors, son étoile ne cessa de grandir.Installée à Paris, elle s'imposa rapidement à la clientèle élégante des abords de la Madeleine.Sa renommée ne tarda pas à franchir ce cercle limité.Des confrères jaloux, mais attentifs à se plier aux désirs de leurs clients, l'appelèrent en consultation.La Revux PopuLAIRE Aujourd'hui, en pleine réussite, la veuve mesurait le néant de toutes choses au vide de son cœur.Le bilan de sa vie était simple : sa part de bonheur avait sombré dans le dernier soupir de son mari.Et depuis?.Elle devait tout à la tâche quotidienne qui fut sa raison d'être et sa sauvegarde.Un flambeau brillait cependant dans cette grisaille la doctoresse possédait un refuge spirituel : son amour de la science, goût passionné, voisin du fanatisme.\u2014 Le progrès dans les sciences, dé- clara-t-elle un jour à ses élèves, voilà la seule réalité humaine, l'idée demeurant, dans son abstraction, la forme la plus vraie de l'être, la plus durable égaleMent, puisqu'elle se transmet d'une génération à l'autre.côté des consolations de cet ordre, Mme Bylowski cueillait quelques joies le long de la route.À l'hôpital, la faveur de faire partie de son service soulevait bien des compétitions.Son charme, son intelligence, ses explications patientes et lumineuses lui donnaient un grand ascendant sur ses élèves.Elles les réunissait chez elle tous les quinzes jours.On.prenait le thé en échangeant des idées, parfois même des confidences.Mme Bylowski, avec une indulgence souriante, corrigeait au passage, sans jamais appuyer, ici, une erreur, là, une excessivité.Ils avaient tous pour elle une admiration sans bornes.On savait, d'autre part, qu'elle exerçait chez les déshérités un véritable apostolat .payé souvent d\u2019ingratitude.Qu'importait ?Anne Bylowski avait pris l'habitude de regarder très haut, plus haut que sa douleur et que les petitesses humaines.Parmi ses élèves, Bernard Le Prat occupait une place à part.L'instinct de maternité que toute femme porte en elle la rapprochait de l'orphelin.Ce sentiment n'occupait cependant que le deuxième plan dans la prédilection dont l'étudiant bénéficiait.Très vite, la doctoresse avait discerné en lui un esprit scientifique et une puissance de travail servis par une belle intelligence.Or, les débuts difficiles de la praticienne, son besoin de se faire une place au soleil, les exigences d'une clientèle toujours en accroissement, avaient éloigné cette savante née des travaux de laboratoire.Elle pensait à ceux-ci en exilée .Tel père poursuit son rêve, demeuré insaisissable dans sa lignée.Bernard, devenu pour Mme Bylow- ski une sorte d'enfant adoptif, réali- serait-il les chers espoirs de celle qu'il appelait sa marraine ?C'était dans les choses possibles.Les vingt-cinq ans du jeune homme s'inclinaient vers les études scientifiques les plus ardues.Bernard passait ses heures de loisir à courir les bibliothèques.Entouré de vénérables in-folio, il interrogeait les auteurs anciens et modernes, espérant découvrir des secrets oubliés, des théories suggestives.À cet égard, la lecture d'un récent ouvrage du professeur B.fut pour l'étudiant une sorte de révélation.Elle lui valut un véritable bouillonnement d'idées.Les études biologiques, si pleines de promesses, les incursions dans le monde des microbes et des inframi- crobes le passionnèrent.« Suggérer autant que prouver », avait écrit l'auteur du livre.Formule magique dont Bernard s'empara pour pénétrer à la suite d'un savant dans le mystérieux domaine des infiniment petits. SEPTEMBRE 1941 Il écrivit à son tour, dans un style clair et sobre, une série d'hypothèses sur les modifications de la matière animée et le pouvoir pathogène, encore mal défini, de certains microbes.Cette étude renfermait une grande part d'imagination, mais d\u2019une imagination scientifique nullement en contradiction avec les connaissances biologiques actuelles.a lecture de cette plaquette éclaira d'un trait décisif la vocation que Mme Bylowski pressentait chez son protégé.En admettant que le jeune homme restât dans l'obscurité, ses expériences ne pouvaient demeurer stériles : il n'est pas de travail perdu, en science particulièrement.Le savant peine souvent sans résultat appréciable.Mais un éclair, issu de son labeur, peut jaillir soudain, quelquefois après de longues années.Qui peut évaluer la valeur d'une idée scientifique avant que cette idée, germe fragile, se soit développée et enrichie progressivement ?Un Pasteur, un Calmette prévoyaient-ils, à l'origine de leurs recherches, les résultats que leur réservait l'avenir ?Partant de ce principe, Mme By- lowski prit vis-à-vis d'elle-même la résolution de ne rien ménager, ni ar- uments, ni argent, pour aiguiller ernard vers le travail de laboratoire.Une circonstance fortuite allait lui en fournir les moyens.On dit vulgairement qu'une idée qui vient de prendre corps était «dans lair» et, plus fortement encore, qu'un désir intense asservit parfois les événements.À la vérité, il s'établit souvent de curieuses concordances entre la pensée et les faits.Quelques jours s'écoulèrent, durant lesquels s'affermirent les projets de Mme Bylowski.Un matin, comme la doctoresse sortait de l'hôpital, elle vit venir à elle un de ses confrères, le docteur Gerbaut._\u2014 Je vous guettais, chère amie, lui dit celui-ci.j'ai à vous soumettre une proposition qui me paraît intéressante.\u2014 Et qui l'est, je suis persuadée.Avez-vous votre voiture ?\u2014 Non, je suis venu à pied.\u2014 Parfait ! Je vous reconduis et nous causerons chez vous.Ils atteignirent l'appartement qu'occupait dans l'île Saint-Louis le presseur Gerbaut.\u2014 Avez-vous parcouru les annonces de l'Aurore Médicale, parue ce matin ?s'informa celui-ci dès qu'ils eurent pénétré dans le salon.\u2014 Je n\u2019en ai pas pris le temps.\u2014 Alors, mon amie, fit le docteur en sortant un journal de sa poche, lisez ceci.Du doigt, il indiquait quelques lignes marquées au crayon rouge.« Professeur Michaelsen, de la Faculté de Copenhague, demande un jeune collaborateusfrançais pour travaux de laboratoire.Engagement de deux ans.Large rétribution.Indemnité de voyage.» « Qu'en dites-vous?.Je gage que cette annonce nous suggère un même nom.Le Prat est l'homme qu il faut à notre confrère nordique, éminent bénéficiaire d'un prix Nobel.\u2014 Vous aussi, cher ami, vous tablez, je le vois, sur l'avenir de Bernard.2 Certes !'.Et cela ne date pas d'aujourd'hui.Je suis ce gaillard-là avec un intérêt croissant : il a certainement quelque chose dans le ventre.\u2014 Allons, tout est pour le mieux ! dit Mme Bylowski.Il reste à faire agréer notre candidat par le vieux savant ; car pour ce qui est de Bernard.\u2014 N'allez pas si vite, chère amie, interrompit le docteur.Nous ne savons rien de la vie sentimentale de ce grand garçon.t il ajouta, avec regret : \u2014 Si j'étais jeune, je ne me gênerais pas pour couper l'herbe sous les pieds de votre protégé.Avoir toute sa vie devant soi et des possibilités d'accroissement de l'intelligence eti du savoir.\u2014 Oui, résuma rêveusement la doctoresse, il fut un temps où nous faisions des rêves magnifiques.\u2014 Pour en revenir à Michaelsen, son annonce nous honore.C'est à notre pays qu'il demande un collaborateur .\u2014 Quelle chance de pouvoir lui offrir un Bernard Le Prat ! \u2014 Voulez-vous, chère amie, vous charger de pressentir celui-ci ?\u2014 Je lui parlerai demain matin, car il me sera impossible de le joindre cet après-midi.La doctoresse s'était levée et prenait congé.\u2014 Vous me quittez déjà ?protesta poliment son hôte.\u2014 Avouez, lui répondit-elle en riant, que ce regret, amicalement exprimé, ne correspond pas à votre pensée.On vous attend et on m'attend.et cela, a toute heure du jour.\u2014 Quel métier ! \u2014 Chut ! Ne médisez pas de votre esclavage ; il nous empêche de sentir le mal de vivre.Le premier soin de Mme Bylowski, en quittant le professeur, fut d'arrêter son auto devant un bureau de poste.Elle écrivit un petit bleu : «J'ai à te parler, Bernard ; c'est très urgent.Viens déjeuner avec moi, demain.« MARRAINE.» Fidèle au rendez-vous, Bernard, le lendemain matin, dégustait un perdreau en face de la « grande patronne ».Le repas terminé, la femme de chambre annonça que le café était servi dans le boudoir.Mme Bylowski ne fit pas languir l'étudiant : \u2014 Causons, dit-elle, après avoir allumé une cigarette.J'ai à te faire une proposition merveilleuse qui appelle une solution rapide.Et, lui tendant l'annonce parue dans l'Aurore Médicale : \u2014 Que penses-tu de cette offre, mon petit ?lui demanda-t-elle.Bernard, visiblement interdit, fixait l'annonce prometteuse, comme s'il n'arrivait pas à en dégager le sens.Il balbutia : \u2014 Marraine .Vous croyez donc que je pourrais.que je serais capable de.\u2014 Je ne le crois pas, j'en suis siire!.Ton hésitation me surprend, mon cher enfant.Bernard ne répondit pas.Mme Bylowski s'attendait à une explosion de joie.Sa déception perça dans le : « Que décides-tu ?» qu'elle prononça un peu sèchement.Et elle ajouta : \u2014 Il y a là, pour toi, une circons- tanée providentielle ! Bernard, de plus en plus troublé, dit tristement : \u2014 Je crains, marraine, que la Providence que vous évoquez n'ait songé à moi un peu trop tard.\u2014 Trop tard ?.Explique-toi, je t'en prie.Il n'y a pas une raison au monde qui vaille contre la chance ui t'est offerte de te développer dans ton véritable « climat ».35 Dis la vérité, Gitane \u2014 pas de mariage pour Anne Ë i i i Ë Lo Lo : ' ÿ @ Ne vous fiez pas qu'à votre bonne étoile \u2014 enrayez l'odeur des aisselles avec Mum ! IN #TuReLLEMENT, un bel inconnu peut rencontrer Anne sur son chemin \u2014 mais il ne s\u2019attardera pas.Pas un ne le fait et pas un ne le fera \u2014 jamais.Jamais tant que Anne ne s'ouvrira pas les yeux sur la négligence qu\u2019aucun homme ne peut pardonner.Une jeune fille qui incommode par l'odeur des aisselles ne peut pas s'attendre à devenir populaire \u2014 pas plus qu\u2019elle ne peut espérer d'être aimée un jour.Pas un n\u2019avertira Anne.Anne continuera de s\u2019imaginer que pour être populaire, il lui faudra être encore plus jolie, plus fine.Mais ce dont elle a réellement besoin, est l'emploi quotidien de Mum pour enrayer l\u2019odeur incommodante des aisselles, .I est futile de prétendre que le bain peut supprimer cette odeur régulièrement.Le bain n\u2019est efficace que pour la transpiration qui a séché \u2014 Mum éloigne toute possibilité d'odeur tout le long du jour ou de la soirée.Pour l'élégance, le charme, la popularité, employez Mum journellement \u2014 et surtout avant chaque rendez-vous.MUM EPARGNE DU TEMPS ! A peine 30 secondes et vos aisselles sont rafrai- chies pour la journée.MUM NE DETERIORE PAS LE LINGE ! Le Sceau de l'American Institute of Laundering vous dira que Mum n\u2019abime aucun tissu.Inoffensif aussi pour l\u2019épiderme \u2014 même après vous être rasé les aisselles ! MUM CONSERVE LE CHARME ! Mum rend toute odeur impossible \u2014 non parce qu\u2019il est destiné à enrayer la transpira- tion\u2014mais parce qu\u2019il neutralise l\u2019odeur à sa source même.Procurez-vous un pot de Mum dès aujourd\u2019hui chez votre pharmacien.Merci du conseii Mile.Aucune in- \u2018quiétude depuis que j'emploie Mom avec me Pour les Serviettes Sanitaires Plus besoin maintenant de vous inquiéter au sujet des serviettes sanitaires, si vous retenez que Mum vous conservera la fraîcheur.Mum est si sar.si commode.L'ARTICLE AUSSI POUR LES SERVIETTES SANITAIRES ! Ah oui, j'ai toujours employé Mum de cette fa- con, C'est sir, commode, fiable mg \\ MUM FAIT AU CANADA SUPPRIME L'ODEUR DE LA TRANSPIRATION 36 \u2014 J'en- suis convaincu, marraine, et, pourtant, il m'est impossible de partir.\u2014 Enfin, que t'arrive-t-il, mon grand ?reprit Mme Bylowski, avec plus de douceur.\u2014 Je suis amoureux, marraine.\u2014 Accident normal à ton âge et que tu aurais tort de prendre au tragique.\u2014 Que ne puis-je envisager cet «accident» aussi légèrement que vous le faites vous-même, marraine ?Il ne s'agit malheureusement pas d'une amourette passagère, mais d'une passion qui me possède tout entier.~ Eh bien! marie-toi, et emmène ta femme a Copenhague.\u2014 Celle que jaime, hélas! m'est inaccessible.\u2014 Si cette jeune personne est au méme diapason que toi, il n'y a pas d'impossibilité qui tienne.\u2014 Il y en a une, insurmontable : étant pauvre moi-même, je ne puis épouser qu'une femme qui viendrait à moi les mains vides.Celle que j'aime est riche.extrêmement.\u2014 Fille t'aimera peut-être assez pour partager la médiocrité de ton existence.\u2014 Transporter une mondaine, saturée de plaisirs et d'élégances, à l'ombre d'un laboratoire.marraine, Vous n'y pensez pas.de l'aime d'ailleurs trop pour la condamner à une vie aussi austère.\u2014 Et tu l'aimes aussi trop pour renoncer à elle.Comment allons-nous sortir de là ?.Il ne te reste qu'une alternative : l'épouser et demeurer dans son sillage.Bernard se redressa, farouche : \u2014 Cela, marraine, jamais !.Et vous avez supposé un instant .\u2014 Que tu étais prêt à jouir d'un luxe que tu n'aurais pas payé?Rassure-toi, je connais mon Bernard.En dehors du sentiment d'honneur qui te guide, tu n'as pas le droit, humainement parlant, de renier, dans \u2018 une vie trop facile, les forces qui sont en toi.Bernard coupa, amèrement : \u2014 Vous vous faites des illusions, marraine, je ne suis qu'un pauvre garçon, en face d'un avenir incertain et qu ne possède rien, sinon la faculté e beaucoup souffrir.Mme Bylowski, remuée par cette douleur vraie, abandonna la partie.Que pensalent-ils, l'un et l'autre, durant le long intervalle de silence qui suivit ?Mis en face d'un problème insoluble, Bernard se débattait mentalement et cherchait en vain une branche de salut.D'un brusque mouvement, comme s'il eût voulu chasser une tentation dangeureuse, il releva la tête.me Bylowski put voir les yeux du pauvre garçon embués de larmes, cependant que, sur sa physionomie contractée, se lisait une résolution virile.\u2014 Ne craignez rien, marraine, dit- il, j'agirai en homme.fe n'attendais pas moins de toi, mon petit.Alors, tu acceptes l'offre de Michaelsen ?\u2014 Naturellement \u2026.« Pourvu qu'il soit trop tard!» souhaita-t-il malgré lui.La doctoresse devina ce dernier sursaut de faiblesse.\u2014 L'annonce a paru ce matin, constata-t-elle.J'ai envoyé immédiatement au Danois ta brochure et un mot pour le prier de ne prendre aucune décision avant que tu lui écrives.Bernard jeta sur sa bienfaitrice un regard de naufragé.\u2014 Remets-toi, mon enfant, dit-elle, et raconte-moi ton roman.\u2014 Oh ! mon roman .\u2026.J'ai vu Mlle Albanel trois fois en tout \u2014 \u2014 Albanel! ! Tu dis Albanel?.La fille de Claude Albanel ?questionna la doctoresse, au comble de la surprise.\u2014 Élle-même, marraine, je croyais vous l'avoir déjà nommée.Si occupé qu'il fût de sa douleur, le jeune homme remarqua l'agitation subite de Mme Bylowski.Il s'étonna de trouver à celle-ci un visage qu\u2019il ne lui connaissait pas : une expression de trouble en altérait l'habituelle sérénité.Bernard se sentit en plein mystère.\u2014 Vous connaissez Françoise ! s'exclama-t-il.Quelle curieuse coïncidence ! Elle sembla n'avoir pas entendu ces mots et s'enferma dans un mutisme inexplicable.De longues minutes s'écoulèrent -ainsi.Se ressaisissant enfin, la doctoresse dit vivement : \u2014Mais c'est fou, cette histoire! Tu t'éprends d'une jeune fille, à peine entrevue, et tu ne sais rien d'elle.Ignores-tu donc que Françoise Alba- nel est fiancée ?Il dit amèrement : \u2014 Hélas ! non.Et il ajouta, en regardant la doctoresse : \u2014 Vous êtes, marraine, admirablement renseignée.Comment ?.Je brûle de le savoir.\u2014 Jai connu les Albanel autrefois.très.autrefois.et dans une circonstance particulièrement pénible .« Je ne suis plus en relations avec eux.Je les ai perdus de vue.\u2014 Cependant, objecta Bernard, vous venez de me prouver que Françoise n'est pas une étrangère pour vous, \u2014 Je ne sais presque rien de cette jeune fille, Bernard, sinon qu'elle va épouser un brave garçon.Je croyais à un mariage d'inclination, mais tes confidences me déroutent.\u2014 Et votre réponse, marraine, est loin de me satisfaire.Pardonnez- moi de penser que vous connaissez Françoise mieux que vous ne voulez l'avouer \u2026.\u2014 Que je ne puis l'avouer, rectifia la doctoresse, de plus en plus fébrile.Puisque tu me pousses dans mes derniers retranchements, sache qu'il y a là un secret qui ne m\u2019appartient pas.Je me hâte de te dire qu'il n'entache en rien la personnalité de Françoise.Et, maintenant, Bernard, continue ton histoire.Bernard, bien que puissamment intrigué, obéit sans insister : \u2014 Je venais de passer mes La nouvelle éclata comme une bombe, provoquant une émotion légitime : le sérum curatif du cancer était trouvé ! Après de patientes recherches, deux savants, les docteurs Michaelsen et Le Prat, offraient au monde médical un moyen d'action de premier ordre pour combattre les affections cancéreuses.Sans doute manquait-il à cette découverte le recul des années, mais les résultats s'avéraient incontestables.Des cancéreux, mortellement atteints, sortaient de l'hôpital de Copenhague avec tous les signes d'une santé intégrale.H y eut bientôt, autour du laboratoire du docteur Michaelsen, une nuée de savants et de reporters.presse du monde entier commenta l'événement.H advint que Françoise mit la main sur un journal du soir, avide de révélations sensationnelles.Elle en parcourut les colonnes à la recherche de l'article qui l'intéressait entre tous.Sous une énorme manchette, elle lut un reportage qui finissait ainsi : « Nous arrivons un peu tard pour souhaiter à M.Le Prat un succès désormais acquis.Nous nous contenterons de lui offrir nos vœux de bonheur.« Mais ne soyons pas indiscrets .« La science alliée à l'amour .les plus hautes et les plus douces aspirations humaines réalisées à la fois.Notre jeune savant est un élu des dieux.» En lisant ces lignes, il semblait à Françoise qu'elle recevait un coup de massue.Elle les relut cependant lentement, comme pour faire pénétrer dans son cerveau des mots incompréhensibles .Comment n'avait-elle pas deviné jusqu'alors une rivale en cette Dag- nie, dont tous les envoyés de Copenhague exaltaient la beauté ?Ecrasée par une évidence que confirmait l'étrange silence de Bernard, elle s\u2019effondra sur son lit, sanglotante, désespérée.Lorsque la doctoresse rentra, une heure plus tard, elle trouva sa fille, à la même place, dans un état de véritable prostration.Entourant de ses bras la pauvre enfant, elle tenta de la consoler : \u2014 Ma petite fille, dit-elle, ne condamne pas notre Bernard sur des racontars de journalistes.Aie confiance en lui.\u2014 Mais, maman, il me croit mariée : il a bien pu s'engager avec cette Dagnie.\u2014 Attendons, ma chérie.L'Académie de médecine réclame Bernard.Celui-ci va nous arriver incessamment.Tout s'expliquera, alors.Et passant un bras autour de la taille de la jeune fille, elle l'entraîna ves la salle à manger, où le dîner venait d'être servi.Pendant que Mme Bylowski essayait de ranimer le courage de sa fille, un événement capital survenait dans la vie de Bernard.Le docteur Michaelsen, frappé de congestion, mourait dans sa quatre- vingt-neuvième année.Le savant garda sa lucidité jusqu\u2019à son dernier souffle ; la veille de sa mort, il eut un long entretien avec Bernard.\u2014 Mon enfant, lui annonça-t-il, je vous ai désigné comme héritier de mon laboratoire.Bernard fit un geste de protestation.\u2014 Votre acceptation, continua le mourant, me donnera une dernière (Lire la suite page 65) 61 90% plus poreux gue son plus proche concurrent se vendant ou même prix LES FAITS : Aux températures de lo peau et de la pièce, le Poli & Ongles Cutex a transmis en moyenne 90% plus d'humidité que son plus proche concurrent.Avec Cutex, l'humidité peut atteindre vos ongles.Votre poli à Ongles a-t-il toutes ces caractéristiques ?V Est-il poreux \u2014 laisse-t-il pénétrer l'humidité ?4 S'étend-i uniformément \u2014 sèche-t-il assez lentement pour permettre une surface unie \u2014 durcit-il assez pour résister à l'usure de tous les jours ?Conserve-t-il son lustre et son éclat jusqu'au manucure suivant sans s'écailler et se fendiller ?\\ La nuance de vos ongles rehausse-t-elle la couleur de votre teint ainsi que la teinte de votre nouvel ensemble ?.Procurez-vous une bouteille de Pol poreux Cutex dès aujourd'hui \u2014 et rendez-vous compte, vous-même, qu'il répond bien à toutes ces caractéristiques ! Dans de jolies bouteilles nouvelles créées par Donald Deskey, fameux dessinateur industriel de New-York.Northam Warren, Montréal, New-York, Londres Cutex ne Nouvelle L'Enlève-poli confient pas oléagineux d'acétone.bouteille 50% plus grande. 62 Faites votre propre ROBE Ram\" CREPE DE LAINE LAVABLE Largeur, 54 pouces.Dans tous les magasins ou écrivez à Geo.L.Holland, 1011, édifice New-Birks, Montréal.Aussi MONTRE-BRACELET pour DAME ou MONSIEUR, Couverture de Luxe, etc, données ABSOLUMENT GRATIS pour la vente facile de 24 bouteilles de parfum à prix réduits.VOUS N'AVEZ AUCUN DEBOURSE A FAIRE ECRIVEZ pour nécessaire de vente en employant L'ESPACE CI-DESSOUS.; NEW ERA GIFT CO, \" 6431 Avenue Delorimier, Montreal Ree Ville, Améliorez votre apparence, jouissez vous aussi d\u2019une belle taille aux lignes harmonieuses.Les PILULES PERSANES donneront à votre poitrine cette rondeur et cette fermeté si recherchées.PILULES PERSANES $1.00 [a boîte, & boîtes pour $5.00.Dans toutes les bonnes pharmacies ou expédiées franco par la malle, sur réception du prix.1 Société ; des Produits Persans Pilules 405, ruo Notre-Dame, Est, Jr Persanes LA Revue PoPULAIRE Un important groupe de Noélistes photographiés lors de leur congrés annuel, en face du Jardin Botanique de Montréal.Au centre, le chanoine Valois, protecteur diocésain des groupements de Montréal.La présidente actuelle est Mile Gisèle Dugas.E Noël a pris naissance en France vers 1895.Ce mouvement a eu pour fondateur le Père Claude Allez, religieux Assomp- tionniste.Il se répandit non seulement en France, mais dans tous les pays de langue française : Belgique, Suisse, Canada, empire colonial français et même dans des pays d'origine latine : Italie, Portugal, républiques de l'Amérique du Sud.Un comité de Noë- listes s'organisa à Montréal au lendemain du Congrès Eucharistique de 1910.Ce premier comité fut celui de Saint-Paul, dans la paroisse Notre-Dame, et la première présidente fut Mile Marguerite Bourgeois, aujourd\u2019hui Sœur Marie de Nazareth, religieuse Dominicaine.Depuis, cinq autres comités se sont formés dans les paroisses : Saint- Jacques, Saint-Viateur, Notre-Dame- de-Grâce, Saint-Germain et Saint- Louis-de-France.Il existe aussi une organisation noëliste à Québec et une autre à Granby.Le chanoine Valois est le protecteur diocésain des groupements de Montréal et chaque comité a, en outre, un protecteur particulier.La présidente sortant de charge est Mille Magdeleine Piché, la présidente actuelle, Mlle Gisèle Dugas; vice- présidente : Mile Magdeleine Piché ; secrétaire : Mille ireille Ethier : trésorière : Mlle Claire Bolduc ; les Par Francine présidentes de chaque comité font également partie du conseil.Les Noëlistes ont de 15 à 30 ans bien qu'il n'existe aucune règle fixe à ce sujet.Elles poursuivent trois buts qui leur ont été nettement tracés par leur fondateur : la formation générale de l'esprit et du cœur; l'apostolat du milieu ; l'orientation vers les œuvres.Elles s'efforcent de les atteindre de diverses manières, notamment : réunions bi-mensuelles pendant lesquelles elles cousent ou tricotent pour les pauvres tandis que l'une d'elles donne lecture d'un petit tavail littéraire qu'elle a elle-même préparé.Elles soulagent de leur mieux les misères morales et matérielles.Dans ce but, elles organisent chaque année un arbre de Noël auquel 200 enfants pauvres sont invités, elles confectionnent des trousseaux de Première Communion, distribuent et ap- rêtent elles-mêmes des réveillons de oël tandis que grâce à elles les heureux bénéficiaires de leurs largesses assistent à la messe de minuit, s'intéressent activement à divers patronages et colonies de vacances.En décembre dernier, les Noëlistes montréalaises prenaient la direction (Photo \u201cLa Revue Populaire\u201d) du comptoir de papeterie à la Vente de Charité organisée par des dames bienfaisantes pour venir en aide aux Petites Sœurs de l'Assomption.Comme toute œuvre désireuse de se propager, celle du Noël a depuis longtemps reconnu la nécessité de osséder un journal bien à elle.En rance, les Noélistes en avaient même plusieurs qui s'adressaient aux enfants, aux adolescentes, aux jeunes femmes.Comme ces diverses publications ne nous parviennent plus, les Noëlistes de Montréal ont fondé cette année un petit bulletin nommé l'Etoile qu'elles rédigent en collaboration et dont les articles sont modestement signés de pseudonymes.Elles ont pour patronne attitrée Sainte Jean:e-d'Arc, aussi se font- elles un devoir d'assister chaque année à Notre-Dame, à la messe célébrée le jour de la fête de la libératrice de la France.Parmi leurs activités religieuses, il convient de mentionner des journées de récollection au couvent des Sœurs Missionnaires de l'Immaculée Conception, et parmi leurs activités sociales, un congrès annuel qui comprend une journée d'études pendant laquelle les membres donnent lecture de divers travaux.Ceux du mois de juin dernier traitaient du grave problème de nos responsabilités : personnelles, familiales et sociales. SEPTEMBRE 1941 L'origine du mot \u201ctourtiére\u201d si appréciée en hiver et qui s'appelle « tourtière » ?Cette pâtisserie ou plutôt ce pâté date de longtemps déjà, et c'est Vraiment un plat de famille.Nos grand-mères confectionnaient la tourtière avec un art méticuleux ; elles faisaient cuire cette pâte contenant un mélange de viande de porc, de lièvre et surtout de « tourte » sur l\u2019ancien poèle à deux ponts.Au fait, qu'était-ce donc que la tourte ?Un oiseau qui abondait dans toute la province et surtout dans Charlevoix, il y a soixante-quinze ans.Cet oiseau sauvage était de la grosseur d'un pigeon auquel il ressemblait d'ailleurs beaucoup ; il y en avait tellement qu'on voyait parfois les tourtes s'abattre par véritables nuages sur les champs ensemencés, où c'était alors la dévastation.Comme, d'autre part, leur chair était succulente, la soupe à la tourte connut vite la vogue, et deux tourtes suffisaient à faire une excellente soupe pour douze personnes.On fit également les tourtières, soit les pâtés rappelés plus haut, et ce fut, en conséquence, la chasse impitoyable aux tourtes.On les tuait jusque dans les cours des fermes et avec tant d'ardeur qu'on en négligea la messe du dimanche.C'est alors que le clergé « conjura » les tourtes pour les faire disparaître.De fait, on n'en voit plus aujourd'hui au Canada ni aux Etats- Unis.Que sont-elles devenues ?Leur espèce est-elle éteinte ?Toujours est-il qu'elle a donné naissance au mot « tourtière ».ALPHONSE BoiLy, de la Baie Saint-Paul Ga que tout une histoire se rattache à cette belle et bonne friandise A propos de marinades La saison des marinades est, pour la moyenne des foyers canadiens, une date importante.Elle annonce l'approche de l'hiver et la nécessité de s'affairer à remplir les tabletttes de la cave avec des conserves dont on se servira tout le long de l'hiver.Il existe une foule de variétés de marinades, mais il semble que celles qui plaisent davantage sont celles qui sont préparées à la moutarde.La moutarde fait d'une marinade le condiment par excellence a servir avec le rosbif, la langue et le jambon froids aussi bien qu'avec les viandes en gelée, et c'est une bonne idée que de la mêler au fromage ou à la viande dont on fait des sandwiches.Avant de confectionner des conserves, assurez-Vous que tous vos ingrédients sont frais, que le vinaigre et la moutarde soient d'une marque de qualité et, particulièrement en ce qui concerne les marinades à la moutarde, procurez-vous la meilleure moutarde qui soit sur le marché.Il vaut mieux laisser les marinades vieillir pendant quelques semaines avant de les manger, si toutefois vous pouvez résister aussi longtemps à la tentation.Ces quelques semaines supplémentaires achèveront de leur donner cette saveur supérieure qui résulte du mélange d'ingrédients de première qualité.HARICOTS A LA MOUTARDE 1 mesure haricots au beurre ou haricots verts 3 chopines vinaigre de cidre 214 livres cassonade 1 tasse moutarde 1 tasse farine 2 cuillerées à table safran d\u2019Inde 2 cuil.à table graine de céleri 1 cuillerée à thé sel Laver et préparer les haricots.Coupez-les la longueur voulue.Cuire à l'eau bouillante salée pendant 15 minutes.Couler, puis mêler aux autres ingrédients.Amener au point d'ébullition en remuant tout le temps.Quand le mélange est épais, le verser sur les haricots et laisser bouillir de nouveau.Cuire pendant 5 minutes.Embouteiller et cacheter.MARINADES DE GRAND-MERE 1 douzaine concombres verts 3 livres petits oignons Peler et trancher les oignons et les concombres comme si vous deviez les servir à table.Mettre tremper dans une saumure de l4 tasse de sel pour 1 pinte d'eau.Laisser reposer plusieurs heures.Couler, puis rincer à l'eau froide.Faites en même temps la préparation suivante : 114 pinte vinaigre 1 tasse farine 14 tasse moutarde 2 tasses cassonade 1 cuillerée à thé graine de céleri 1 cuillerée à thé poivre blanc 1 cuillerée à thé safran d'Inde 14 cuillerée à thé sel Mélanger les ingrédients secs, puis ajouter le vinaigre.Amener au point d'ébullition et ajouter les légumes après les avoir coulés.Bouillir tout ensemble pendant 5 minutes.Embouteiller et cacheter.\u201cWear-Ever; Ustensiles de Cuisine en Aluminium 63 ® Le Trés Honorable Winston Churchill a dit avec raison que \"les ouvriers sont des soldats qui se servent d'armes différentes, mais avec outant de courage\u201d.Les cultivateurs, les ouvriers d'usines, les employés de bureaux, les femmes dans leur foyer, tous servent maintenant sur le front domestique.Quoique la guerre ait grandement restreint la production des Ustensiles de Cuisine en Aluminium \u201cWear- Ever\u201d, et qu'il en soit résulté une réduction du personnel et des sacrifices financiers inévitables, nous attendons avec confiance le jour où tous nos ouvriers coopéreront de nouveau avec nous pour fournir les maisons -conadiennes en ustensiles de cuisine Le roman de septembre : LA SOURCE DU BONHEUR por Leo Dartey Poirier, Bessette & Cle, limitée 975, rue de Buillon, Montréal, P.Q.Ci-inclus le montant d\u2019un LE FILM : $1.00 pour 1 Nom AVIS IMPORTANT LE FILM Le magazine de cinéma le plus en vogue est en vente partout aux premiers jours du mois.Voulez-vous être au courant de ce qui se passe au cinéma ?Achetez chaque mois LE FILM qui en plus de ses nombreux articles de cinéma renferme un ROMAN COMPLET.D'ABONNEMENT s-snuunnannnnns abonnement au grand magazine de cinéma an ou $1.50 pour deux ans.Adresse Localité Prov. 64 JEUNESSE! D ES milliers de femmes seraient jeunes, même après la quarantaine si elles n'étaient esclaves des malaises particuliers à leur sexe, si la douleur ne les rendait nerveuses, irritables, incapables de goûter les bonnes choses de la vie ! Nous invitons ces femmes souffrantes à prendre régulièrement des Pilules FEMOL.FEMOL est mieux qu\u2019un simple calmant : ce concentré végétal va à la source du mal, soulage la douleur, tonifie les organes particuliers au sexe féminin et les rend plus aptes à remplir leurs fonctions naturelles.Demandez donc Femol à votre pharmacien.Chaque boîte renferme une brochure médicale indispensable à la femme.FEMOL CONCENTRÉ PUREMENT VÉGÉTAL INSTITUT CAZO 637, rue Craig ouest, Montréal.Crème Orientale GOURAUD Protège la peau contre re soleil et le vent sur le terrain de golf.Cette sensation de peau sèche disparaît.Une crème embellissante parfaite pour vos réunions dv jour ou du soir.Blanc.Chair, Rachel.Sun-Tan EN VENTE AUX PHARMACIES Généreux échantillon expédié par la poste contre cing cents.D.WATSON & CO., 286 ovest, rue Saint-Poul, Montréal.Pour bridges et thés d'après-midi, les sandwiches au Paris-Pâté sont ün vrai délice.Délicat «ss @Xquis .,, un véritable régal.PARIS PATE % ) OU LES \u201cSOINS PATERNELS\u201d Par Fran cine L arrive que les jeunes mamans s'inquiètent, surtout s'il s'agit d'un premier-né, du développement physique et intellectuel de leur bébé.Élles le comparent avec un sentiment de jalousie qu'elles s\u2019efforcent en vain de dissimuler, à tel ou tel enfant prodige de leur entourage.Elles voudraient que leur rejeton ne soit pas simplement normal mais qu'il soit beaucoup plus avancé que les autres petits du même âge.Si cette ambition est assez naturelle, elle est parfois imprudente, car il ne faut jamais forcer le développement physique ou intellectuel d\u2019un enfant.Il est très difficile de fixer l'âge exact qui .orrespond avec les divers progrés d'un bébé, et les indications qui vont suivre ne sont qu'approximatives.Tout le monde comprend, par exemple, qu'un enfant né avant terme ou qui a subi une grave maladie sera temporairement en retard sur les autres du même âge.Règle générale, un bébé de quatre mois, et quelquefois de trois, peut se tenir la tête droite pourvu qu'on lui soutienne le dos.Îl rit tout haut, quand il a de trois a cing mois.Entre cinq et sept, il cherche à saisir les objets et commence peu après à les manier.Vers sept ou huit mois, un enfant en bonne santé peut se tenir assis sans s'appuyer.Pendant le neuvième ou le dixième mois, il fera des tentatives pour se lever et se tenir debout seul.Il y réussira quand il aura de douze à treize mois.et à quinze ou seize, il marchera sans appui.Bien entendu, il ne faut jamais forcer un enfant à marcher.Il ne demandera pas mieux que de le faire dès qu'il sentira que ses muscles et ses os sont assez solides pour le porter.Un enfant d'un an commence à articuler tant bien que mal de petits mots faciles et qu'il a souvent entendus, comme papa et maman.À deux ans, il devrait pouvoir assembler quelques mots en de courtes phrases.Si, au contraire, il ne fait à cet âge aucune tentative pour articuler des sons, il serait bon de consulter un spécialiste.L'instinct d'un bébé étant de tout porter à sa bouche, il est important de choisir avec soin ses jouets et les objets qu'on laisse à sa portée.Il faut donc éloigner de lui les jouets qui ont des pointes ou des angles, ceux qui se séparent en plusieurs morceaux dont quelques-uns trés petits; ceux qu'il pourrait avaler ou introduire soit dans son nez, soit dans ses oreilles ; ceux qui sont recouverts de peinture ; ceux qui sont fabriqués en laine ou en poil qu'il pourrait arracher et avaler.En choisissant des jouets il faut se rappeler qu'ils ne sont pas seulement un moyen d'amuser un enfant mais encore de contribuer à son développement.C'est pourquoi, il vaut mieux donner la préférence à ceux qui éveillent son imagination et son esprit d'initiative.Pour les garçons de tous les temps, rien de comparable aux blocs, aux soldats, aux balles, aux locomotives et aux autos, tandis que les petites filles aiment par-dessus tout les poupées, leur mobilier et leur trousseau, ainsi que les minuscules ustensiles de ménage qui leur procurent la satisfaction d'imiter leur maman ou leur bonne.On doit enseigner aux enfants a prendre soin de leurs jouets et a les ranger eux-mêmes chaque soir dans un endroit réservé à cet usage.Ils doivent aussi apprendre à s'amuser PETITS CONSEILS La Revue PoruLAIRE NNN NA Co Photo La Revue Populaire pendant quelque temps avec le joujou qu'ils ont choisi et à ne pas laisser traîner sur le plancher le contenu entier de leur armoire à jouets.Il n'est pas bon de surexciter un enfant en jouant avec lui a des jeux violents comme les papas savent parfois en inventer.D'une manière générale, il faut aussi éviter n'importe quel jeu quand approche l'heure du coucher.Il est naturel qu'un enfant qui n'est plus un bébé veille un peu afin de voir son père quand celui-ci rentre à la maison après son travail, mais il ne faut pas que la soirée se prolonge pour lui plus tardivement que l'heure fixée pour son repos, sinon l'enfant refusera de se mettre au lit et, quand on l'y aura mis de force, sera trop énervé pour s'\u2019endormir.POUR LA MAMAN Chaussetttes décolorées 11 arrive que le cuir d'une chaussure tache ou décolore le tissu d'une chaussette.Pour remédier à cet inconvénient et rendre à la chaussette ses brillantes couleurs, mettre environ une cuillerée à bouche d'ammoniaque dans l'eau de lavage ; la tache disparaîtra en tout ou en partie et, s'il s'agit d'une chaussette de laine, le tricot en deviendra plus souple.Pour enlever les taches de fruits Pour faire disparaître des taches de pêche, de poire ou de prune sur de la toile blanche, faire bouillir un quart d'heure dans un gallon d'eau très savonneuse à laquelle vous ajoutez deux cuillerées à bouche de peroxyde.Quand les taches auront disparu, rincer la toile dans de l'eau chaude et faire sécher au soleil.Truc pour démouler les gâteaux sans les abimer Au sortir du four, recouvrez com- pletement le moule d'un torchon épais mouillé.L'humidité du gâteau ne pouvant s'évaporer aide au dé- moulement.Laissez ainsi un assez long moment.Le gâteau se démoulera alors très facilement.Souricière Il paraît que mes dames les souris préfèrent au fromage les aliments suivants : le chocolat, les noix et la viande de porc, surtout le bacon.Qui pourrait les en blâmer ? = dull SEPTEMBRE 1941 LE CHEMIN DES CIMES (Suite de la page 61) joie, celle d'assurer la survivance de mon œuvre.Je ne mets aucune condition à ce legs mais, en tant que grand-père, je vous demande de ne pas abandoner ma petite Dagnie.Et il ajouta, timidement: \u2014 Vous avez vu Dagnie à l'œuvre: c'est un cœur charmant et, de plus, une intelligence .Quoi de plus désirable dans la vie d'un homme tel que vous?Craignant d'avoir été trop loin, le vieillard rectifia : \u2014 Mon vœu, vous le devinez, mais il est indépendant de mes dispositions testamentaires.Je vous supplie seulement de garder à Dagnie votre protection, votre amitié.Bernard, troublé, répondit : \u2014 Je suis confus, maître, du don magnifique que vous m'offrez.J'ai pour Dagnie plus d'admiration que je ne saurais le dire.\u2014 Et sans doute aussi un peu de tendresse ?interrogea craintivement le grand-pére.\u2014 Beaucoup de tendresse ! rectifia chaleureusement Bernard.Les paupières du vieillard s'abaissèrent.Son visage, contracté par la douleur, prit une expression de détente.Mais l'effort l'avait épuisé ; il eut une faiblesse.Dagnie, qui veillait dans la pièce voisine, accourut.L'alerte fut vive.Quand le vieillard revint à lui, il aperçut, penchés sur lui et très près l'un de l'autre, les visages des deux jeunes gens; une grande paix entra dans son âme.Dans la soirée, la garde les ayant remplacés auprès du malade, Bernard mit Dagnie au courant des volontés de son grand-père.\u2014 M.Michaelsen me comble, dit- il, mais il m'est impossible d'accepter un don de pareille valeur.\u2014 J'espère, monsieur, que vous n'avez pas attristé par un refus les derniers moments de mon grand- père ?\u2014 Rassurez-vous, Dagnie.J'ai feint de m'incliner devant son désir et j'ai remercié, sans commentaires.\u2014 Feindre, ce n'est pas assez, monsieur Bernard.Si vous vous êtes attaché à mon grand-père, il faut lui obéir.Le cher grand savant s'est résigné à disparaître que parce qu'il croit que la pensée de toute sa vie demeurera, grâce à vous.Elle parlait avec calme, la petite Dagnie, le malheur qu'elle sentait proche lui conférant une autorité nouvelle.Mais son clair regard de vierge nordique, fixé sur Bernard, était singulièrement émouvant.Bernard se sentait au supplice.Comment pourrrait-il rapporter la suite de son entretien avec le docteur, sans prendre un engagement vis-à-vis de Dagnie ?Un long silence plana.Dagnie, qui tricotait, semblait s\u2019absorber dans sa tâche, mais les jeunes filles possèdent toutes l'art de voir sans regarder.Le trouble de Bernard ne lui échappait pas ; elle en devinait la cause.Elle laissait cependant le jeune homme à ses pensées et continuait à travailler comme si elle se trouvait seule.Sa silhouette se détachait en clair sur le fond sombre des tentures.Bernard, sensible à la fraîcheur et à la grâce de cette femme-enfant, lui jetait, par intervalles, un coup d'œil admiratif.Sacrifierait-il tout ce que cette charmante créature pouvait lui offrir de tendresse et de sécurité à un amour impossible, sans issue ?\u2014 Dagnie, dit-il brusquement et comme mii par une inspiration soudaine, je tiens à vous dire que je n'accepterai le laboratoire que provisoirement : je tiendrai à honneur de vous conserver le capital qu'il représente.\u2014 Ce serait désobéir à mon grand- père.\u2014 La volonté, ou du moins les désirs de celui-ci, vont plus loin.J'ose à peine Vous avouer ce que lui a suggéré sa bonté pour moi.Elle ne questionna pas.Ils étaient, l'un et l'autre, profondément émus et évitaient de se regarder.Dagnie affectait de compter des mailles dans son ouvrage.Bernard, la gorge serrée, ne se décidait pas à parler.Il fallait en finir.\u2014 Dagnie, dit-il, si votre grand- père meurt, accepterez-vous de devenir ma femme et de vous appuyer toute votre vie sur ma tendresse ?Le mot amour était évité.La nuance n'échappa pas à la jeune fille.Son visage s'empourpra, on eût pu y lire une immense tristesse.Elle prit un temps assez long avant de répondre.\u2014 Bernard, dit-elle, \u2014 c'était la première fois qu\u2019elle adoptait l'appellation familière, \u2014 soyons tout à fait francs l'un et l'autre.« Avant que mon grand-père vous ait parlé de moi, aviez-vous l'intention de me demander de partager votre vie ?Sur le visage de Bernard passa une lueur d'embarras.Son hésitation le trahit.Allait-il mentir?.Elle I'espérait presque.Ce serait si doux, des paroles d'amour dans la bouche de celui qu'elle aimait secrètement ! Son besoin de sincérité l'emporta cependant.Si cruelle que fût la vérité, Dagnie la voulait tout entière.Son regard droit interrogeait Bernard.Il dit, enfin : \u2014 Dagnie, petite amie très chère, j'ai vécu auprès de vous en aveugle, me contentant de jouir de votre gentillesse, de vos délicates attentions.mais, aujourd'hui, je vous vois sous votre véritable jour, celui d'une femme désirable entre toutes.\u2014 Ft moi, cher grand ami, répli- qua-t-elle en se servant intentionnellement de termes identiques, je ne vous découvre pas.Il y a longtemps que je lis en vous comme dans un livre.Etait-ce bien la petite Dagnie, toute de discrétion et d'effacement, qui prononçait ces paroles, tout au moins osées ?Décidément, Bernard découvrait une jeune fille qu'il ne connaissait pas.\u2014 Et ce livre vous a appris ?in- terrogea-t-il.\u2014 Que vous souffrez, Bernard, d'une peine secrète.De là à conclure qu'il y a ou qu'il y a eu une femme dans votre vie.Bernard sursauta.Jamais il ne s'était douté des muettes investigations de la petite compagne qu'il traitait en enfant.Elle insista : \u2014 Avouez votre tourment à l'amie qui, si vous le voulez-bien, demeurera une sœur pour vous., Confessez- vous, Bernard, mon grand frère ! Elle s'approcha de lui et lui prit la main.Il ne put résister à la douceur de ce geste, \u2014 Chère Dagnie, dit-il d'une voix étouffée, ayez pitié de moi ! Je maudis le sort qui ne m'a pas permis de vous rencontrer plus tôt.Je sens si bien à quel point je vous eusse aimée avec un cœur neuf !.Hélas ! vous l'avez deviné.Quand je suis arrivé (Lire la suite page 67) 65 GA NE VA PAS, LOUIS?JE WAL PAS DORM! LA WOIT LE PATRON M'A FAIT DES J'AI LU QUELQUE CHOSE TRAVAIL WEST pps DERNIÈRE.J'AI DES DOULEURS REPROCHES AUJOURD'HOL AU SUJET DES SELS Ton RHUMATISMALES DANS L'ÉPAULE XRUSCHEN Aussi BON BE CE \u2019 CS Pourquoi ne GOR TEMPS -CI ; AN PAS LES 9) =~, - nS > ca FRE \"ESSAYER = Sue YE P = ON > FST ra eu, JS 7 A , \u201c13 VOICI UN FLACON DE KRUSCWEM, | JE VEUX BIEN CPR AI SRE MERCH, PATRON.JE D0IS LE PHARMACIEN DIT QUE DES Eee NT TON TRAVAIL EST EXCELLENT CELA À KRUSCHEN.-_ DOUZAINES DE ss DEPUIS 2 SEMAINES, LA oer Wr SES CLIENTS Oo BY ™, a UNE QUOTIDIENNE\" EN FONT USAGE | ~ JIE = AFMT DED, = Ets IS 57 Navementanion wor un 5 ca CSTE A AUTRE (4) SN 5 nomme [+ AN = 7 / / 4 20 QUEL SOULAGEMENT QUE À DE NE PLUS ENDURER DE Ÿ DOULEURS RHUMATISMALES! Vous ne pouvez donner votre plein rendement quand les douleurs rhumatismales vous tenaillent.Comme tous les rhumatisants pourraient être soulagés s\u2019ils voulaient mettre les Sels Kruschen à l'essai! Des milliers \u2014 des millions même \u2014 prennent Kruschen contre les rhumatismes.Il faut que votre organisme soit libéré des déchets toxiques, votre sang, dépourvu d'impuretés.Vous vous croyez peut-être ruschen ne se compose pas seulement d\u2019un ou deux sels minéraux, mais de plusieurs, tous raffinés.Ensemble, ces sels s\u2019attaquent à la cause des malaises qui vous empêchent de bien travailler et de jouir de l'existence.Procurez-vous un flacon de Kruschen et, chaque matin, prenez-en la quantité qui tient sur une pièce de 10 sous.Vous comprendrez alors ce que peut signifier l\u2019ines-.\u201crégulier\u201d, mais nombre de personnes fimable \u2018\u2018sensa- régulières\u201d n'éliminent pas complète- tion Kruschen.\u201d ment.Un bon moyen: prendre chaque 25¢ et 75¢ dans jour \u201cla petite dose\u2019 de Sels Kruschen.les pharmacies.& C\u2019EST LA PETITE DOSE QUOTIDIENNE QUI FAIT TOUT! KRUSCHEN La beauté physique c'est la joie de vivre Etes-vous déprimée ?Nerveuse ?Sans énergie ?Délaissée ?La vie n\u2019a-t-elle pour vous que des désagréments ?Souf- frez-vous de maigreur ?De vertiges ?De migraines ?et votre teint a-t-il perdu sa fraîcheur ?C\u2019est alors que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux TRAITEMENT SANO \u201cA\u201d élimineront tous ces poisons.De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront fermes, votre teint s\u2019éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre produit SANO «A».CORRESPONDANCE STRICTEMENT CONFIDENTIELLE Mme CLAIRE LUCE LES PRODUITS SANO ENRG Casier Postal, 2134 (Place d\u2019Armes), Montréal, P.Q Ecrivez lisiblement ci-dessous Votre nom Votre adresse \u2014 66 \u201cVOICI LE NO UVEAU NETTOYEUR OLD DUTCH AMÉLIORÉ LA BOÎTE EST LA MÊME \u2014LA DIFFÉRENCE EST C\u2019EST ÉPATANT! IL DIMINUE PRESQUE DE MOITIÉ LE TEMPS DU NETTOYAGE! À L'INTÉRIEUR\u201d IL DISSOUT SIMPLEMENT LA GRAISSE D'EMBLÉE! J PROPOS DE RENTREE (Suite de la page 9) où un divan trop profond, trop mou, l'éloigne du travail par le chemin de la rêverie.Françoise et Pierre qui avaient bien débuté dans leurs études, glissaient insensiblement vers la queue de la classe.Par hasard, un jour, leur père s'en aperçut et s'en émut.Le fils d'un avocat célèbre vingt-quatriè- me sur trente, pensez-y! «Et toi, Françoise », disait la maman, VENDUE À LA MESURE PAR VOTRE EPICIER Le PACS CNE Ayr: ELASSE»/BARBADES \u201cUN PRODUIT PUR\u2014SANS MELANGE\u201d Achetons des Obligations de la Victoire ou des Certificats d'Epargne de Guerre 70 RELEVE LE BUSTE ABAISSE LE DIAPHRAGME RÉDUIT LES HANCHES ® nouve SP@NITIF DE CONTRÔLE pa EVEN-PUL ost a nt [TT] [TT EVEN-PUL Te FOUNDATIONS f Exclusivit TAN CORSET off.AMINCIT LA TAILLE EVEN-PUL, ; ELU CIO TRIER SUR LES LA VÉRITÉ SUR 1 eLes cors sont causés par pression et frottement.Mais il est maintenant facile de les eule- ver.Placez d\u2019abord un emplâtre Blue-Jay sur le cor ; ceci soulage la douleur en ôtant la pression.Un médicament spécial agit ensuite sur le cor, le détache et permet de le soulever.En évitant ensuite pression et frottement, vous empêchez la réapparition du cor.Achetez les Emplâtres Anti-cor Blue-Jay \u2014 25c pour 8.step LUE-JAY == DETECTIVES Agents-Secrets.Hommes anbitieux de 18 ans et plus demandés partout au Canada, pour devenir Détectives.Ecrivez imme- diatement à M.S.Jullen, Casler 25, Station T., Montréal.REVES DU PADDOCK (Suite de la page 15) D'autant plus que le chaland de la douzième heure, en outre d'être sous- frait aux ennuis de l'attente, hérite sans conteste de la meilleure place, sur la banquette d'avant, à côté du chauffeur.Justice humaine, voila bien de tes coups! Alors que ce chançard peut à son aise admirer le paysage, griller une cigarette et consulter à loisir son journal de sport, ceux qui occupent le siège d'arrière ou les strapontins sentent leurs jambes s'ankyloser rapidement, sont à peu près incapables de repasser la « forme » du jour, cependant qu'ils ont la gorge oppressée, les yeux brûlés par l'âcre fumée du havane mâchonné par un voisin sans égard et que le vent généreux leur rabat toute brûlante dans la figure.Par bonheur, comme tout est éphémère ici-bas, même les trajets en taxi, on finit par atteindre le champ de courses.Chacun descend, paie le chauffeur et distribue par portions égales, à divers contrôleurs solennels, son coupon d'entrée.Vient ensuite l'achat du programme de la matinée avec son volumineux crayon d\u2019accompagnement et l'on foule, enfin, d'un pas prématurément vainqueur, l'herbe grise et desséchée de la pelouse.D'après le cadran officiel qui accomplit ce tour de force de toujours retarder sans jamais marcher, la pre- miére course a lieu dans dix minutes.Déjà, répondant à l'appel d'un cor au son grêle, apparenté d'assez loin avec celui de Roncevaux, chevaux et jockeys ont commencé à tourner en rond dans ce carrousel pour grands enfants qu'est le paddock, sous les regards inquisiteurs des soi-disant connaisseurs et des simples curieux.Une multitude bruyante et fiévreuse achève de remplir la grande estrade qui semble, sous la lumière aveuglante, une immense corbeille ceinturée de verdure et débordante de fleurs Vivantes représentant toutes les nuances du prisme éclatant des toilettes féminines.Dans le pavillon du pari mutuel où l'atmosphère est déjà suffocante, on s'empresse devant les tableaux mais on gage très peu encore.Pour se décider, le menu fretin attend l'inscription des cotes de seconde ligne et surtout l'arrivée des parieurs professionnels, ceux qui misent les gageures dites « wise money », expression proprement intraduisible mais pleine de sens et même de contresens.Attention! Voilà la parade qui s'avance.Ils sont huit chevaux, précédés par un commissaire tout de rouge vêtu, monté sur un destrier bai, également caparaçonné d'écarlate.Tout en nerfs et en muscles, les purs sang s'avancent d'un pas dansant, retenus à grand'peine par leurs jockeys.Ces derniers avec leurs casaques de soie et le satin aux couleurs éclatantes, ont l'air de gladiateurs nains venant saluer les milliers de césars de l'estrade et de la pelouse avant d'aller s'affronter en des duels forcenés, toujours périlleux pour l\u2019homme comme pour la bête, Maintenant que les chevaux sont passés, en route pour la barrière, on gage ferme et tous les guichets sont pris d'assaut.Le déclic sec des totalisateurs crépite sans arrêt, imitant à s'y méprendre le tir rapide d'une batterie de mitrailleuses bombardant à bout portant les goussets des parieurs, cible merveilleuse où presque tous les coups font mouche.Soudain après une dernière rafale, probablement plus meurtrière que les autres, la fusillade cesse brusquement et la cohue s'élance vers l'estrade ou la clôture pour voir le départ.Instantanément, comme sous l'effet d'un choc électrique, tout le monde est debout sur l'estrade et dans les tribunes, cependant que les spectateurs de lia pelouse s'écrasent tout le long de la clôture, Désormais, les cris d'encouragement et les vociférations de reproche vont se confondre indistinctement dans un hurlement collectif qui s'amplifie à mesure que les coureurs s'avancent, franchissent les premières furlongs galopant à l'extérieur de l'ovale, contournant le dernier dé- four pour apparaître enfin à la hauteur de l'estrade et passer en trombe, montures et cavaliers rivés les uns aux autres, devant le poteau d'arrivée, enface de la tribune des juges.Un instant de profond silence, dé- fente nerveuse inévitable, succède au vacarme.En l'espace d'un éclair, les parieurs réalisent mentalement leurs positions respectives et envisagent l'avenir immédiat.c'est-à-dire la prochaine course au programme.Les vainqueurs, salués par les acclamations de leurs partisans, sont revenus au passage et l'on affiche sur le grand tableau fatidique les résultats officiels avec les montants payés par les gagnants.Des cris farouches de triomphe accueillent les dividendes inespérés tandis que des soupirs non moins éloquents trahissent le remords des indécis, des impulsifs qui ont délaissé au dernier moment leur premier choix judicieux pour miser au hasard sur un hors-cote sans valeur.Et c'est ainsi que, jusqu'après la dernière course, au jour tombant, les espoirs souvent déçus s\u2019entremêlent aux illusions renaissantes.KM WL j Kk i Coupon d'abonnement Ct-joint le montant d'un abonnement au grand magazine de cinéma LE FILM, $1 pour 1 an ou $1.50 pour 2 ans.?> dresse Prov.= x T POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.LES FRAMBOISES (Suite de la page 18) Les framboises sont consommées fraîches.On en fait d'excellentes confitures, des gelées, des sirops.En France, on fabrique aussi un remède appelé «eau de framboise » vendu dans les pharmacies.On l'utilise aus- Si pour parfumer certains vins.En Russie, en Pologne, une excellente boisson alcoolique est tirée de son jus.Le fameux sirop de vinaigre, si cher à nos grand-mères et qui s'obtient en infusant des framboises dans le vinaigre et en ajoutant du sucre à cette infusion, est une boisson rafraîchissante dont la recette nous vient de France.La framboise possède en outre plusieurs propriétés curatives dont la plus efficace serait une infusion de feuilles pour guérir la dysenterie.Et voilà ! Les framboises, l'un de nos meilleurs « fruitages » éveilleront en nous, désormais, un paysage et tout un monde.Un paysage : habitat solitaire et ombragé, paradis de l'ours brun où elles mûrissent.Un monde : le peuple innombrable et somptueux des roses, celui de tant d'autres fruits qui font aussi nos délices.MARCELLE LEPAGE-THIBAUDEAU La REvuE POPULAIRE UNE PAGE DU PASSE .(Suite de la page 69 ) plusieurs membres de ka société et plusieurs Polonais déjeunèrent chez Campbell.Le Dr Schirma adressa à la réunion quelques mots en anglais, qu'il termina en citant ces beaux vers de Campbell lui-même : \u201cCome should the heavenly shock my life [destroy, And shut its flood gates with excess of Joy, \u2014 Come but the day when Poland's fight is won, And on my grave-stone shine the narrow [sun .\u201d La poésie que F.-X.Garneau composa à l'occasion du triste anniversaire a été publiée dans la «Polonia» revue mensuelle qui s\u2019imprimait a Londres sous les auspices de la Société Littéraire.L'éditeur du « Foyer Canadien » qui a réimprimé le « Voyage » en 1863, après l'édition de 1855, supprimée par l'ordre de l'auteur, nous affirme que cette pièce de vers n'a pas encore été publiée au Canada.n effet, on ne la trouve pas dans le « Répertoire National ou recueil de littérature canadienne » compilé par J.Huston.M.Chauveau, dans son livre, nous cite trois strophes de cette ode qu'il juge, tout justement,
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.