La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 février 1947, Février
[" a Hs 35 % TRE EVRIE R 1 11% sr 5 Ce A LA REVUE Eu + 7 5 wi 2 HO a i #.re E a à = 5 59 $ = - # à A 8 + x Pr he SE 5 es\u201d PER ES > Li Tree 7 pe ee sa Ÿ A \\i)- 23 fs 4e a 8 0% % CON $ = \u20ac» \\U A + 4 i # B * Baer SRE I «8 sg # apa A /, 6 7/ x A # K oy a 3 ee , i ÿ° É i ! a | % it i + A 3 19 ~~ Me, e e £ PR % A A {| |! % \u201c4 ey MR Ww ok | & & a A, i | i \u2019 mes L 2 ie He | Ks Ss a\" tr) Es 3 | Fo es oy i iil b: be | = # # 3 i mes > osm, \u20ac.Ei aa = A pt i St Ne Bd, 8°, Wie \u201cHom A Boe se ne se a ; cc.ef i a = Wa bi oH qu & i kM Ww PE .+ Le, # ar io £ / jo pe < À pe = = #/ à UE\u201d, A i, 2, a ARS , ly od ey A FF x 4 > 4 For *% os oF ë ff a LS % 4 § / à i: ; Le [J ai 4 A f A © Aux pa a 5 Ys du soleil : A, MIAMI et BUENOS-AIR ES.4 = , © QUÉBEC, ville moderne, den ù par Aimé Plamondon wv, ® La Mode 4 e Paris et des 7 - LA RY plages d'hiver i ARTIER ® Femmes de Carrière Canadiennes pat reste in emo e i ® Son premier bal, nouvelle, par Magali ET nt Tom Le célèbre peintre, John Collins, nous démontre comment la Poudre pour la Figure Cashmere Bouquet \u201cNaturelle\u201d, une teinte 5 exclusive, illumine le teint d\u2019une blonde.POUDRE pour la Figure CASHMERE BOUQUET cHatwelle Voulez-vous que vos yeux semblent plus bleus?Que votre teint clair soit encore plus radieux, plus frappant?Dans ce cas, appliquez doucement sur votre figure la nouvelle teinte \u2018Flower Fresh\u201d NATURELLE de Cashmere Bouquet.D\u2019un ton discret, d\u2019une fraîcheur suave, elle donne à votre beauté un fini perlé.Elle masque les imperfections, adhère des heures durant .\u201cNaturelle\u201d est la découverte de l\u2019année.ROUGE À LÈVRES ET ROUGE POUR LA FIGURE harmonises Li Jaturelle LR Un rouge rosé qui ne déguise pas la couleur des lèvres! Convient par- failement aux blondes.Différent! Saisissant! Donne à votre maquillage un attrait subtil d\u2019une coquetterie indéfinissable! ji as a.COSMÉTIQUES BOUT r à l'anme enchanteur sd i RIFE À 1 Peer RENE ny La Revue Populaire LE MOIS LITTERAIRE Par Pean-Pieme Houle \u2018 \u201cJe veux que pendant des siècles, l\u2019on continue à discuter sur ce que j'ai été, ce que j'ai pensé, ce que j'ai voulu.\u201d Ce vœu de Talleyrand est pleinement exaucé, car il est le personnage historique qui intrigue le plus les historiens et dont la légende s\u2019enrichit à chaque nouvel ouvrage qu\u2019on lui consacre.On reste saisi devant un tel destin, devant une telle force du mal et on a beau retourner l\u2019homme en tous sens, on n\u2019arrive pas à lui trouver la moindre de ces qualités qui sont ordinairement le partage des \u2018honnêtes gens.Une intelligence prodigieuse, une vitalité extraordinaire, une absence monstrueuse de tout sens moral, voilà Talleyrand qui a trahi tous ceux qu\u2019il a servis, qui a vendus tous ceux qui l\u2019ont acheté.L'homme demeure quand même séduisant ; seul le charme qui se dégageait de sa personne peut expliquer que tant de ses contemporains, Napoléon tout le premier, aient consenti à l'utiliser alors qu\u2019ils n\u2019ignoraient pas ses trahisons.Ne croyons pas toutefois que Talleyrand trahissait par vengeance ou par dépit: la politique ne représentait pour lui que le meilleur moyen de réaliser une immense fortune et rien ne se paie aussi cher que les secrets d\u2019état.De l\u2019argent, toujours plus d\u2019argent pour payer les frais d\u2019une vie fastueuse et pour alimenter une passion terrible du jeu et des femmes.Mirabeau disait de l\u2019ancien évêque d\u2019Autun qu\u2019il n\u2019hésiterait pas à vendre son père s\u2019il pouvait y trouver quelque bénéfice.Talleyrand n\u2019a jamais protesté contre cette accusation.A-t-il servi quelqu\u2019autre que lui-même ?Il faut le reconnaître : Talleyrand a se-vi la pensée européenne ou plus exactement il a travaillé délibérément à façonner une certaine image de l\u2019Europe que l\u2019on a eu tort par la suite d\u2019oublier.Le mérite du livre de Madelin est de mettre en lumière cette politique européenne de Talleyrand ; c\u2019est par elle qu\u2019il demeure autre chose qu\u2019une canaille de grand style.(Flammarion, éditeur, Paris.) TALLEYRAND Par Louis Madelin, de l'Académie française Toute étude sur la vie ou l\u2019œuvre de Baudelaire ne peut nous laisser indifférents, car si elle est faite avec une sympathie clairvoyante, elle risque de nous apporter une lumière nouvelle, un enseignement précieux sur le douloureux et génial poète.L'un des baudelairiens les plus avertis et les plus au fait de tout ce qui touche le poète, M.Feuillerat a été étonné du peu d\u2019intérêt que les biographes de Baudelaire accordent à sa mère ou du mépris dans lequel ils la tiennent, et c\u2019est pourquoi il analyse avec une profonde sympathie les rapports de Baudelaire et de sa mère tels que les laisse deviner la correspondance du poète.Caroline Aupick, veuve Baudelaire, est à peu près tout le contraire de l\u2019insignifiante, odieuse personne qu\u2019on nous a jusqu'ici présentée.Elle ne manquait pas d'esprit et s\u2019y entendait fort bien en littérature, ayant un bon goût sûr, et Baudelaire lui doit indiseutablement quelques-unes des particularités de son tempérament littéraire.La vie de ces deux êtres trop semblables ne pouvait s\u2019écouler sans heurts, tout les portait à s\u2019affronter et à s\u2018exaspérer.\u201cIl y a dans leurs relations, les éléments d\u2019un véritable roman psychologique, à double face, roman de l\u2019amour maternel, roman de l\u2019amour filial, aux péripéties orageuses, parfois pathétiques.\u201d Un livre humain qui nous fait mieux connaître Baudelaire.(Les Editions Variétés à Montréal.) BAUDELAIRE ET SA MERE Par Albert Feuillerat A lire les ouvrages d\u2019Alexandre Arnoux, on devine un homme charmant, loyal et dont la conversation doit être un véritable feu d'artifice.De tous les écrivains français contemporains, il est de ceux qui ont de la langue la connaissance la plus fine.Avec un vocabulaire d\u2019une richesse prodigieuse, il trace des arabesques où s\u2019entremêlent la farce, le boniment forain, une grande pureté de sentiments et une connaissance profonde du cœur humain.A mes yeux, Arnoux a l\u2019immense mérite de ne pas céder à la tendance actuelle qui veut que toute littérature soit pessimiste pour être vraie.Son dernier roman est un \u201crécit dont aucun élixir ne vient altérer la persuasive beauté, et qui est d\u2019une fraîcheur exquise.\u201d\u201d Une œuvre qui mêle le rêve à la vie; mais qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas, derrière la féerie il y a toujours un secret, un grand secret que le lecteur attentif saura découvrir pour sa plus grande joie.(Grasset à Paris.) HELENE ET LES GUERRES Par Alexandre Arnoux \u201cPendant les années qui précédèrent l\u2019entrée des LA POLITIQUE ETRANGERE Etats-Unis dans le conflit, notre politique étrangère atteignit à la banqueroute dans l\u2019absurde, le seul DES ETATS-UNIS dénouement auquel elle put prétendre.\u201d En ces termes violents, Walter Lippman, le grand journaliste américain, juge et condamne la politique étrangère de son pays ou plus exactement l'absence d\u2019une telle politique dans une nation qui se considère à bon droit, une puissance.Lippman exagère-t-il ou cède-t-il à une rancœur partisane ?Nous en doutons lorsque nous nous rappelons la triste contribution des Etats-Unis à l\u2019édification d\u2019un ordre international après la guerre de 1914-1918.Cependant l\u2019auteur n\u2019a pas écrit un réquisitoire ; il ne se contente pas de condamner ; appuyé sur l\u2019histoire et sur une vaste expérience de journaliste, désireux de servir son pays, il lui trace un véritable programme de politique étrangère.Un livre honnête, courageux que particuliers et hommes d'état liront avec profit et dont nous adoptons pleinement la conclusion : \u201cLes grandes puissances ne perpétueront leur alliance que par l\u2019organisation d\u2019un ordre international où les autres peuples trouveront leurs libertés reconnues par des lois, des lois respectées des grandes puissances et que tous les autres seront, au besoin, forcés d\u2019observer.Que ce programme s\u2019accomplisse, l\u2019ordre nouveau ne reposera pas sur le sentiment, mais sur l\u2019intérêt, l\u2019intérêt éclairé.À cette condition seulement, il sera fort et son autorité s\u2019exercera.À cette condition seulement, il sera libéral et son autorité durera.\u201d (Editions de la Maison Française à N.-Y.) Par Walter Lippman Montréal, février 1947 Avant.oui, avant de tremper vos mains dans l\u2019eau chaude et savonneus?, protégez-les en employant la lotion protectrice adoucissante\u2014Trushay.Quelques gouttes de cette lotion crémeuse, appliquées sur vos mains avant d'entreprendre toute tâche ménagère\u2014 les conserveront belles.Vous pouvez aussi l\u2019employer après\u2014comme toute autre lotion, mais Trushay donne, en plus, cette protection antérieure.punis A dvnect au Much Mais la protection de Trushay ne s\u2019arrête pas aux mains.C\u2019est le produit rêvé pour satiner bras, coudes, gorge et genoux rugueux .pour rafraîchir les pieds atigués.Des milliers de femmes l\u2019emploient aussi comme crème de ond.Cette lotion crémeuse connaît une multiplicité d\u2019usages.Partout où l\u2019on s\u2019en sert, elle protège, adoucit et embellit l\u2019épiderme\u2014 quelle que soit la température.LA LOTION \u201cD'APPLICATION ANTÉRIEURE\u201c\u201d Un i» CN >, Pour vous épargner des pas, ayez plusieurs bouteilles de Trushay à la maison\u2014sur votre table de toilette, dans la salle de bain, la cuisine et la lavan- derie.Partout où vous serez, Trushay sera ainsi à la portée de la main.Trushay est économique parce qu\u2019il est concentré \u2014quelques gouttes suffisent pour chaque application.Trushay sert à tant d\u2019usages que c\u2019est un trésor dont vous ne sauriez vous passer.TRUSHAY = la lotion \u2018\u2019d\u2019application antérieure \u201c\u2014 protège vos mains même dans l\u2019eau chaude et savonneuse.- Un produst Bristol-Myers\u2014Fabriqué ax Canada aq La Revue Populaire 40e ANNEE No 2 MONTREAL, FEVRIER 1947 LA REVUE / / FAA HAATtWTY [] (M anon Oh 008.HL a Viole.Lez, Hild ep ; A \u2018 1, ALLL) CIARA AJ / Le mois littéraire, par Jean-Pierre Houle Le Canada et Cuba, par S.E.Emile Vaillancourt Miami et la Mode des plages du Sud Ce dont on parle, par Lucette Robert R.Si le rhumatisme articulaire aigu est dépisté de bonne heure, le traitement peut souvent prévenir, chez l\u2019enfant, les graves complications du côté du cœur.Québec, ville moderne, par Aimé Plamondon C\u2019est là une chose particulièrement importante, dans Des voyageuses et des immigrantes, cette maladie, car c\u2019est encore un des pires dangers qui par Marcelle Lepage- Thibaudeau menacent la santé des enfants de 5 à 15 ans.Et c\u2019est à \u2019 ! cette maladie que l\u2019on doit, dans une large mesure, les Femmes de carrière canadiennes maladies du cœur qui frappent les jeunes adultes.Son premier bal, nouvelle, par Magali @.Et les rechutes?NOTRE ROMAN D'AMOUR : R.Les rechutes sont un des grands dangers du rhumatisme, articulaire aigu.Ce n\u2019est guère que dans un tiers ESCALE DANS LA TEMPETE des cas que les enfants s\u2019en tirent avec une seule attaque., Des soins éclairés, à l\u2019occasion de la première crise, et par Alix André dès examens périodiques subséquents, contribueront à ° écarter les suites possibles.Votre médecin vous indiquera également comment remonter la santé générale de votre Buenos-Aires, ville européenne enfant, en le préservant des maux de gorge, de l\u2019amyg- Les mots croisés dalite, de l\u2019infection streptococcale, et d\u2019autres maladies qui peuvent précéder le rhumatisme articulaire aigu.Mes recettes de cuisine, par Mme Rose Lacroix @.Quels sont les symptômes du rhumatisme articulaire ai gu?Modes Simplicity Jambes imparfaites R.Les plus communs sont: une fièvre subaiguë per- Hommage à Marcel Dugas sistante, la perte de poids et d\u2019appétit, des douleurs dans les muscles et les jointures, de fréquents saignements de nez, et la chorée (danse de Saint-Guy).Ce ne sont pas Des quatre coins de la province des signes certains du mal, mais ce sont des avertisse- ,ments d\u2019avoir à consulter votre médecin.Parfois, le par Victor Barbeau rhumatisme articulaire aigu ne se traduit par aucun PENDANT que nous grelottons de symptôme, et seuls des examens médicaux périodiques froid et que l'humidité nous trans- > .f ; perce, des gens plus heureux que permettront de découvrir ses effets.; : nous se font brunir la peau sous le soleil cuisant de la Floride et c'est le plein été en Amérique du Sud.Nous transportons, par l'imagination et par l'image, nos lecteurs et lectrices aux pays du : sd: Emi .° i 5 § soleil.Notre couverture, du pein- La science médicale limite souvent Metropolitan Life \" 4d tre montréalais Albert Charter, les effets du rhumatisme ; 4 75 représente une élégante canodien- » - .N ne aux eux chargés \"envie con- articulaire aigu Insurance Company ; \\ ; femplan une baipreuse de cire A sur la plage imaginaire d'une vi- (COMPAGNIE A FORME MUTUELLE) irine de magasin, En plus de nombreux articles et chroniques 4 illustrés, \u2014 quelques-uns signés de Bien qu\u2019il n'existe pas encore de cure New-York ; ; noms réputés, \u2014 La Revue Popu- , .i : laire offre, ce mois-ci, à sa clien- spécifique pour le rhumatisme articulaire 2 fale, un roman inédit d'un très i i édi i : i ; : rand intérêt: Escale dans la aigu, la science médicale moderne fait de PRÉSIDENT DU CONSEIL: Frederick H.Ecker grand i fur Alix André.La Re: tels progrès que les parents peuvent espé- PRÉSIDENT: Leroy A.Lincoln M.= vue Populaire du pois prochain rer voir le mal limité souvent dans ses 1 Ban thème Lome sura pour effets.Par l\u2019entremise de leur médecin, Direction Générale au Canada: Ottawa ; ] \u201c10 fitre : La petite fille aux légendes i Annie et Pierre Hot.ils devront profiter des avantages de par Annle et Terr toute l\u2019aide que leur offrent les nouvelles connaissances acquises en médecine.Les parents devraient s\u2019efforcer également de Metropolitan Life Insurance Company LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTÉE maintenir le petit malade en gaîté, sur- Direction Générale au Canada, Ottawa.Membres de l'A.B.C.et de I'Association des Editeurs de Magazines tout pendant la convalescence, qui peut Veuillez m\u2019envover un exemplaire de dv Canada se prolonger: Re sige\u2019 LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM La majorité des enfants qui sont frappés 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can.\u2014 Tél.: PL.9638% de rhumatisme articulaire aigu seront a méme de mener une vie normale.Beau- Nom coup de ceux dont le cœur a été réellement Président Vice-Président.GEORGES POIRIER affaibli, éviteront les sérieux handicaps Numéro et rue JEAN CHAUVIN qui peuvent en résulter plus tard, dans Localité _ Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., U.S.A.l\u2019existence.Pour plus de détails sur cette as second class matter under the Act of March 3rd 1879.maladie, demandez à la Metropolitan sa Province 1 = : sere asc Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, brochure gratuite 27-Z intitulée \u201cA propos Ministère des Postes, Ottawa.Du Rhumatisme Articulaire Aigu\u201d. Montréal, février 1947 | - 5 i iy\u201d i, ) uy Uma itu ie, RE En 1843, James Douglas fondait le poste de commerce destiné à devenir plus tard la ville de Victoria, Colombie-Anglaise.Responsable, aussi, de l\u2019établissement de la célèbre \u201cCariboo Trail\u201d, au coeur même du district aurifère, Sir James Douglas, \u201cle Père de la Colombie-An- glaise\u201d\u2019, en devint le premier gouverneur et guida cette province au cours de ses premières années.me [Rt Peint pour Calvert par Adam Sherriff Scott, R.C.A.I! y a un siècle, DOUGLAS développait la côte du Pacifique Il y a trois siècles, CALVERT préparait les destinées du nouveau monde PUBLIÉ PAR CALVERT DISTILLERS EN VUE DE PROMOUVOIR L\u2019UNITÉ NATIONALE CALVERT, homme clairvoyant du 17ième siècle, disait à ses colons du Nouveau-Monde: \u201cJ'ai résolu de construire.je seconderai tous les efforts.\u201d Il y a 300 ans, Calvert, pionnier célèbre et Secrétaire d\u2019État sous Jacques ler, entrevoyait peut-être les destinées du Canada lorsqu\u2019il disait: \u201cCette terre nous rapportera beaucoup.Nous sommes en un pays prometteur.\u201d Champion de l\u2019unité dès les premiers 1600, les idéals de Calvert ont été partagés par tous les hommes clairvoyants qui se sont succédés depuis son temps.Soyons tous des hommes clairvoyants.et contribuons aux destinées du Canada.Notre pleine mesure comme nation dépend de l\u2019unité d'intention.Pour tout Canadien de jugement, il n\u2019y a qu\u2019un Canada.Les esprits clairs demandent .un Canada Uni Calvert DISTILLERS .(Canada) Limited AMHERSTBURG + ONTARIO CHEZ MOI ?La réponse ; à cette question bien naturelle vous étonnera sans doute.7 À La Revue Populaire à | M OUI, MADAME .la chimie perfectionne la plupart des articles d\u2019usage domestique.Le \u201cFréon\u201d est le réfrigérant de votre appareil frigorifique.des procédés chimiques améliorent les tissus .des engrais chimiques favorisent la pousse des 1égumes .\u201cCellophane\u201d, bas de nylon, brosses à cheveux, boutons .un grand nombre des objets dont vous vous servez chaque jour sont issus du laboratoire du chimiste.Guerre ou paix.crise économique ou ère de prospérité .rien de tout cela n\u2019entrave la progression de la chimie industrielle.Elle n\u2019a d\u2019autre but que de rendre la vie plus commode et plus agréable.La chimie, qui régit l\u2019univers, régit aussi votre foyer et il est peu d\u2019intérieurs où l\u2019on ne voit la marque ovale de la C-I-L, symbole d\u2019un organisme consacré au service des Canadiens, par mille applications pratiques de la chimie.Par exemple.des BROSSES & SOIES DE NYLON! Autrefois, on fabriquait des brosses a cheveux avec des soies de porc seulement.Disparues du marché par suite de la guerre, ces soies de porc, grâce à la chimie, ont cédé la place aux soies de nylon, plus utiles et plus durables.CANADIAN INDUSTRIES LIMITED \u201cBoîte Postale 10, Montréal 1M-47-1F Pa chimie au sevvice des Canactions Montréal, février 1947 Samuel de Champlain.ES PREMIÈRES CARTES DU PAYS qui s\u2019étend de chaque côté du fleuve St-Laurent, connu maintenant sous le nom de Province de Québec, après avoir porté ceux de \u201cBas-Canada\u201d, et Nouvelle-France ou Canada, contiennent certaines indications en espagnol, telles que \u201cTierra del Laborador\u201d pour ce qui est maintenant le Labrador; Monte Real, pour ce qui est aujourd\u2019hui l\u2019île et la ville de Montréal et aussi des endroits comme \u201cHonguedo\u201d que nous ne pouvons pas identifier définitivement comme espagnol ou portugais, mais qui doivent appartenir à l\u2019une ou l\u2019autre de ces langues.Jacques Cartier qui découvrit le Canada en 1534 et Samuel de Champlain, fondateur de Québec, appelé le \u201cPère de la Nouvelle France\u201d, ont affirmé avoir trouvé des traces de colonisation basque sur les rives du St-Laurent, en particulier à Tadoussac.Certains prétendent que les \u201cconquistadores\u201d espagnols sont aussi venus au Canada longtemps avant les Français et voici ce qu\u2019ils disent à l\u2019appui de cette théorie.Les Espagnols, on le sait, explorèrent la Nouvelle- France à la recherche de l\u2019or.Ils vinrent jusqu\u2019aux rives du St-Laurent et, n\u2019en trouvant pas, s\u2019exclamèrent: \u201cAca nada\u201d, ce qui signifie: \u201cIci, rien\u201d; d\u2019où, d\u2019après eux, le mot \u201cCanada\u201d.J\u2019ai rencontré à La Havane un diplomate portugais, homme cultivé, qui affirmait que le mot \u201cCanada\u201d était portugais et voulait dire détroit ou la rivière rétrécie, ce qui serait la traduction du mot indien \u201ckébeck\u201d et aurait la même signification.Il a ajouté que le mot \u201cCanada\u201d, en espagnol, s\u2019écrit avec un trait sur le n.Je dois dire que les historiens du Canada primitif sont à peu près d\u2019accord sur une étymologie : le mot indien \u201cKanatta\u201d, ce qui veut dire une agglomération de huttes.Cette photo représente un dessin du bateau à vapeur \u2018\u2019Virginius\u2019', à bord duquel le capitaine Ryan fut fait prisonnier en 1873.Pierre Le Moyne, Chevalier d\u2019lberville.Général William Ryan, LE CANADA ET CUBA pan S.E, Emile Vaillancourt MINISTRE DU CANADA A CUBA CHAMPLAIN.\u2014 Samuel de Champlain, né a Brouage, dans la province de Saintonge, France, vers 1567, est le premier lien historique reliant le Canada à Cuba.Durant les guerres religieuses, il servit sous Henri de Navarre, et, lors de sa démobilisation en 1598, s\u2019enrôla sous le roi d\u2019Espagne et visita l\u2019Amérique Centrale en 1600 et 1601, surtout les Antilles, Cuba et Cartagena.Plus tard, en 1608, il commanda l\u2019expédition qui fonda le poste de Québec et le reste de sa vie fut consacré au succès de cette colonie.En 1612, il fut nommé commandant de la Nouvelle-France et, en 1617, en devint le Gouverneur, à l\u2019époque de la Compagnie des Cent Associés.Il mourut à Québec en 1635 et mérita avec raison le titre de \u201cPère de la Nouvelle- France.Voici, en résumé, ce que Champlain raconte de son voyage à Cuba en 1600 : \u201cLe port de La Havane est un des plus beaux que j'ai vus aux Antilles.Son entrée est étroite mais, par là même excellente et munie de tout ce qui est nécessaire pour le protéger.De chaque côté de l\u2019entrée sont des forts qui sont rattachés l\u2019un à l\u2019autre par une lourde chaîne qui ferme l\u2019entrée du port.Six cents soldats composent la garnison de ces forteresses dont l\u2019une est appelée \u201cMorro\u201d, sur le côté est et a une garde de 400 soldats et l\u2019autre, à l\u2019ouest,.le nouveau Fort est dans la ville même protégé par deux cents soldats.A l\u2019intérieur du port, il y a une baie dont la circonférence est de plus de six lieues et la largeur d\u2019une lieue.Plusieurs navires à la fois peuvent jeter l\u2019ancre à une profondeur de 3, 4, 6, 8, 10, 15 et 16 brasses.La ville est prospère, quant à son commerce.Il n\u2019existe aucune mine d\u2019or ou d\u2019argent, mais des dépôts métallifères dont les produits servent à La Havane même pour la fonte de l\u2019artillerie.Il n\u2019y a ni vin, ni blé sur cette île ; ce que l\u2019on consomme vient de la Nouvelle-Espagne et coûte fort cher.L'ile produit une abondance de fruits savoureux, dont les ananas.On enlève la peau, on les coupe en deux comme des pommes et le goût est aussi agréable que celui du sucre, Il y a beaucoup de bétail comme des taureaux, des vaches et des cochons [ Lire la suite page 70] La célébration à La Havane du 240e anniversaire de la mort de Pierre d'Iberville, cérémonie organisée par S.E.Emile Vaillancourt. =, te « en LE \u201cver a, Es i he rb \u201c LA 5) aù A \\j a) ye oa = if 2 : \u20ac.[ 25.i oir a er s voir # 2 i veld ve pol\u2019 is fl | | A AA | rd?e praprimé pisse © | ette de Rob* aus a | | y I} Il Hifi // 2 Bet Deux-pièces en brun et blanc, manches Les rayures noires sont fort jolies tors- trois-quarts, boutons de plastique que la robe est jaune, genre tailleur.KA 3.\\, > \u2014 A _ i % b Su \\ xd => : Ÿ 2 kh y À by ; 3 NS VV NUE 4 Z 4 | # we ° - fn z É ny Nh Ensemble de plage en jersey: jupe marine, blow C02 srrire?originale imprimée en vert, capucine et bl a Photos Black Star\u2014Exclusivité La Revue Populaire = 2 ii & che\u201d 0 su or Le] .b® une 0?pes ot ao \\o® \\S oN ob ao.3° oF 153 2 Z~ y ; ( ¢ t, NS YN Vv he GS VN NE EAD - (77 MN - sv oN \u2014_\u2014t) TNC Ny FRET + ph wnuugs à Lincoln Road, Miami Beach.La rue commerçante la plus riche du monde, avec ses 200 magasins de luxe.Photo collection R.T.Pancoast (Holiday).BEACH est, cette année encore, la station hivernale la plus extravagante du monde.Pendant la grande saison, le prix quotidien d'une chambre, dans ses 328 hôtels et 1000 maisons de rapport, représente environ le loyer mensuel d\u2019un ouvrier moyen.Rendez-vous d\u2019honnétes citoyens en quête de soleil, de profiteurs de guerre et d'émigrés de luxe.Au centre de la Floride, à Okeechobee, existe une colonie canadienne-française où de nombreux compatriotes vivent heureux et à peu de frais, l'année durant.La Floride compte aussi Palm Beach, plage exclusive, et St.Augustine, la plus ancienne ville d'Amérique, fondée ar les Espagnols il y a de quatre cents ans. M.ROBERT VICTOR, consul de France.Ci-dessus : PERRAULT, O.B.E.Ci-contre : MARJORIE (E DONT a ANDRE AUDET ON DARLE par Lucette Robert N PARLE de Madame Joseph- Edouard Perrault dont le dévouement inlassable aux œuvres de guerre fut récompensé, récemment, par l\u2019Ordre de l\u2019Empire britannique.Mme Perrault s'occupe, également, de plus d\u2019une vingtaine d\u2019œuvres de charité et de civisme dont je ne citerai que les plus importants \u201cfaits d\u2019armes\u201d.Mme Per- rault fut présidente conjointe du comité de souscription avec Mrs J.W.McConnell, de l\u2019Exposition de chefs-d\u2019œuvre de la peinture, tenue en 1942, et qui fut l\u2019entreprise artistique la plus considérable réalisée à Montréal.Son amour des arts n\u2019est pas un amour de néonhyte : dès l\u2019âge de 14 ans, elle visitait les musées de France et d\u2019Italie et cultivait ce goût infaillible qui marque le décor de sa vie.Elle possède plusieurs Morrice ; des Horatio Walker ; une œuvre ancienne de Clarence Gagnon (La plage de Dinard), souvent prêtée aux expositions d\u2019Ottawa et de Toronto, et dont la facture rappelle celle de Morrice.Un autre tableau de Gagnon est dans une pièce que Mme Perrault a garnie de blanc crémeux, afin de ne pas diminuer la merveilleuse tonalité bleue des montagnes.Seule autre note de couleur, une tapisserie des Gobelins qui couvre un mur entier: c\u2019est la chasse royale d\u2019une série de deux, et dont l\u2019autre fut achetée par S.E.le comte de Dampierre.Mme Perrault possède aussi une collection de 850 autographes dont les plus illustres sont encadrés dans son cabinet de travail.Vous y lisez les signatures de Napoléon Ier, de Louis XVI, de Liszt, de Goethe, de Wagner, etc.Elle me raconta l\u2019histoire de l\u2019autographe de Victor Hugo qui fut le premier qu\u2019elle acheta.Incertaine encore de sa valeur, elle en parla le soir même à deux hommes célèbres qui étaient ses voisins de table à un dîner : \u2014 \u201cMais, Madame, vous risquiez d\u2019être trompée !\u201d dit l\u2019un, avec effroi, cependant que l\u2019autre lui demandait le nom du marchand.Le cœur tremblant, elle répondit, Mme J.-E.Madame DUNTON.pour s'entendre dire que, par un bienheureux hasard, elle était tombée sur un des meilleurs connaisseurs de France.Pendant la guerre, Mme Perrault fut présidente conjointe, avec Mmes Alex Hutchison et Gérard Parizeau, du Comité consultatif féminin des Finances de guerre.Elle est aussi membre du comité exécutif de l\u2019administration de l'hôpital Sainte-Justine.Elle fut présidente de la Bibliothèque des Enfants pour 1945-46 et présidente conjointe du comité de secours aux Enfants depuis 1944, et vice-présidente, depuis octobre 1946, du comité national de cette organisation de charité.Après avoir été membre du comité exécutif du \u201cWomen's Canadian Club\u201d, en 1942, elle en occupa la présidence en 1943-44, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle eut un des postes les plus importants accordés à une Canadienne.Une des initiatives auxquelles son nom restera toujours attaché est la fondation du Musée Laurier dans la maison d\u2019Arthabaska que Sir Wilfrid Laurier avait construite et habitée.Le gouvernement provincial actuel en a continué l\u2019entretien et le catalogue des documents, des lettres et des tableaux réunis par Mme Per- rault est entre les mains du conservateur du musée provincial, M.Paul Rainville, » Est-il vrai qu\u2019une maison de commerce très puissante, et qui n\u2019a jamais ménagé son aide à la société des Concerts symphoniques de Montréal, fera bientôt construire la salle de concerts dont nous avons tant besoin ?A l\u2019exemple du Massey Hall de Toronto qui porte le nom de ses donateurs, la nouvelle salle perpétuera la mémoire de ses mécènes.Espérons que cette généreuse idée ne sera pas morte et enterrée.et mise en bière.» Mme Marjorie Dunton, directrice, à Paris, des services artistiques de la Radiodiffusion nationale (Emissions pour l\u2019Amérique du Nord) est venue en mission officielle au Canada qui est sa patrie d\u2019origine et qu\u2019elle n\u2019avait pas vu depuis huit ans.Propriétaire, avant la guerre, d\u2019une maison de haute couture, rue du Faubourg Saint-Honoré, sa connaissance de tout ce qui tente une femme élégante, ses aperçus sur la vie parisienne, qui est la sienne depuis 17 ans, donnent à ses émissions (en français pour Québec et en anglais pour les autres provinces) une autorité véritable et incontestée dans le domaine féminin.Le gouvernement français récompense ainsi le cou- rage d\u2019une Canadienne dont les connaissances bilingues lui permirent de faire un précieux travail clandestin pendant la dernière guerre.» La Société d\u2019étude et de conférences présentera, le 25 février prochain, M.Robert Victor, consul de France, et chargé des Affaires culturelles à Montréal.M.Victor, qui a vécu en Orient et aux Indes, avant et pendant la dernière guerre, parlera de l\u2019enfance du grand poète hindou Rabindranath Tagore, titulaire du prix Nobel 1913.Après la lecture de textes du poète, le conférencier décrira ce qu\u2019était Calcutta a la fin du siècle dernier et fera connaître des passages inédits de Tagore, réunis et traduits par Mlle Bossenec et Jacques Baïf (qui est le pseudonyme de M.Robert Victor).C\u2019est sous ce nom qu\u2019il a fait paraître \u201cNaufrage\u201d et la série des Apprentis faussaires, \u201cLes navires truqués\u201d et \u201cL\u2019oiseleur des ombres\u201d.Son œuvre est ex- \u2018trêmement puissante et marquée d\u2019une influence mauriacienne dans cette désillusion de la chair qui est une forme de châtiment, sinon de remords.» Si André Audet réalise son projet de monter \u201cLa guerre de Troie n\u2019aura pas lieu\u201d, de Giraudoux, nous sommes assurés de voir le spectacle le plus intéressant de l\u2019année.Une entreprise audacieuse n\u2019est pas pour effrayer ce pionnier qui monta \u201cLe songe d\u2019une nuit d\u2019été\u201d, de Shakespeare, il y a dix ans, alors que Pierre Dagenais débutait dans le rôle de Puck.C\u2019est encore lui qui fit jouer, le premier, à Montréal, \u201cL\u2019annonce faite à Marie\u201d de Claudel, avec des acteurs canadiens-français.A l\u2019île Sainte-Hélè- ne, aux expositions d'artisanat, il présenta un théâtre de marionnettes qu\u2019il avait fait sculpter à la ressemblance de figures d\u2019actualité.Bien connu des radiophiles pour le programme de Madeleine et Pierre dont il est, depuis dix ans, l\u2019auteur et le metteur en scène, il écrit aussi: Les mémoires du Dr Lambert, depuis sept ans, et commence, cette année, un nouveau programme, Le vieux clocher, dont la réalisation a été confiée à Guy Mauffette.Une fois par an, au temps des Fêtes, il compose, en s\u2019inspirant de sa continuité radiophonique, Madeleine et Pierre, une pièce de théâtre où les adultes se font une joie d\u2019accompagner les enfants.En 1944, il avait intercalé dans son spectacle une féerie: \u201cLes trois princes\u201d, dont les décors et les costumes étaient l\u2019œuvre de Pellan.D\u2019autres artistes de talent (Jacques Pelletier, Paul Beaulieu et Jacques Beaulieu) ont brossé les décors de Madeleine et Pierre.L'innovation du spectacle de cette année était une chorégraphie d\u2019Elizabeth Leese sur une musique de scène composée par Paul Roussel, critique et musicographe du journal \u201cLe Canada\u201d.» Monsieur Paul Baby, homme d\u2019affaires bien connu de Montréal, vient d\u2019acheter.un jeu d\u2019échecs unique au monde.Il est sculpté dans le bois par Marie-Laure Bou- JEAN-MARIE MARCOTTE, auteur de Mektoub, à Fez, Maroc, en janvier 1944.chard, de la Baie Saint-Paul, et les figures sont canadiennes par le costume et l'inspiration.L'artiste qui a exécuté ce travail est la sœur du sculpteur Stanley Bouchard et des peintres Cécile et Mary Bouchard, celle-ci, morte.l\u2019an dernier.» \u201cMektoub\u201d (traduction arabe de \u201cc\u2019était écrit\u201d) de Jean- Marie Marcotte est le livre le plus vivant qui ait été écrit sur des souvenirs de guerre.L'auteur nous parle surtout de l\u2019Afrique du Nord dont il parcourut 4,000 milles dans sa jeep \u201cColette\u201d.On le voit ici devant Fez, \u201cqui colle au fond d\u2019une immense cuvette comme le marc au fond d\u2019une bouteille de vin.\u201d De la vie et de la ville d\u2019Alger dont tant de correspondants de guerre avaient déjà parlé, il tire encore de l\u2019inédit, et dans ces pages d\u2019un reportage fouillé et précis, que de jolis morceaux littéraires! Je voudrais citer le paragraphe qui commence par \u201cFlâner dans Fez.\u201d; le chapitre sur \u201cUn dimanche dans la Casbah\u201d ; la scène du lavoir à Bou-Saada et la description étonnante d\u2019une invasion de sauterelles.Jean-Marie Marcotte possède, surtout, cette qualité du bon journaliste de découvrir quelque chose \u2018d\u2019humain, de sensible au milieu d\u2019un décor héroïque.Ainsi, pendant l\u2019invasion de la Corse, il découvre un compatriote vivant à Ajaccio depuis 18 ans et son analogie entre l\u2019humour anti des Cagayous et celle de notre Fridolin est assez drôle.M.Marcotte était l'invité récemment de la Société géographique de Montréal devant laquelle il prononça une conférence intitulée: \u201cSous le signe du croissant de lune.\u201d » Parmi les nombreux amis du Canada que j'ai rencontrés en France et dont le souvenir reste sensible à tous ceux qui ont admiré leurs œuvres, je signalerai le sculpteur Louis Leygue.Il fut un des artistes invités à décorer l\u2019Ambassade de France à Ottawa.Comme motif pour les statues et la fresque allégorique.qui ornent la salle de bal de l\u2019ambassade, il s\u2019inspira de l\u2019admirable tapisserie Circontre : [ Lire la suite page 811 sacqQuEs THIBAUD Ci-dessus : Petit cavalier du sculpteur Louis Leygue.11 Le maire Lucien Borne au travail.i scot HBTs Le Conseil de ville de Québec en séance et \"Hotel de ville de Québec.QUÉBEC, VILLE MODERNE par rÉimé Plamondan ILLE HISTORIQUE, \u2018cité romantique, Québec s\u2019est donné depuis quelques années, sans doute par esprit de contraste, le maire le plus résolument réa.iste qui se puisse concevoir.C\u2019est cette constatation maintes fois faite qui m\u2019a conduit, par une fin d'après-midi de septembre dernier, dans le cabinet de son honneur Lucien Borne, premier citoyen de la vieille capitale.Quand j'ai pénétré dans la vaste pièce du troisième étage dont les fenêtres en saillie permettent au visiteur d\u2019embrasser d\u2019un seul coup d\u2019œil, par delà le spectacle coloré de la rue de la Fabrique, le grandiose panorama de la côte de Beaupré dont les paliers verdoyants s\u2019étagent jusqu\u2019aux premiers contreforts des majestueuses Laurentides, le Maire travaillait en compagnie de son infatigable chef de cabinet, Louis-Phi- lippe Desjardins, mon ancien condisciple au petit séminaire de Québec.\u201cComme vous voyez, me dit-il, en désignant d\u2019un geste large le paysage extérieur éclairé par un soleil de cinéma, puis sa table de travail encombrée de documents, là, c'est la poésie, et ici c\u2019est la prose.\u201d Après quoi, il a'luma un cigare, se renversa légèrement dans son fauteuil et se mit à me parler de Québec, sa grand\u2019 ville, comme aurait dit le bon roi Henri IV.Alors, pendant près d\u2019une heure et demie, ce Français canadien, fils d\u2019un héroïque soldat de la guerre de 1870 et d\u2019une mère française, originaire du Grand Duché de Luxembourg, m\u2019a entretenu de ma ville natale avec un enthousiasme raisonné, constructif, qui m\u2019a intéressé et instruit au plus haut point.Si bien que n\u2019ayant pas osé l\u2019interrompre et m\u2019étant abstenu par discrétion de prendre des notes, je me sens fort embarrassé pour résumer de façon convenable cet impressionnant cours d\u2019histoire- contemporaine sur la situation actuelle de Québec et les développements imminents de son proche avenir.Puissent mon prof:sceur émerite et les lecteurs de La Revue .Populaire me pardonn.r en raison de la franchise de mon aveu, les évidentes déficiences de cette chronique.La cité de Québec avec sa population actuelle de plus de 187,000 habitants est définitivement en passe d\u2019accéder au rang de grande ville, tant par l\u2019importance de son commerce que par le nombre de ses industries et l\u2019organisation de ses principaux services publics.C\u2019est ainsi que l\u2019année 1946 a vu l\u2019achèvement d\u2019un système d\u2019égoût collecteur dont le projet original, conçu dès 1884, n\u2019a pu être réalisé qu\u2019à partir de 1939, soit en pleine période de guerre.On devine facilement quels prodiges de ténacité, de courage, de subtile diplomatie il a fallu déployer pour convaincre les gouvernants aux prises avec les formidables tâches issues du conflit mondial de mener à terme cette œuvre gigantesque qui est en même temps un ouvrage d\u2019art de prz:mier ordre.Le maire Borne me signale à ce propos que les Québécois ont contracté une dette imprescriptible de reconnaissance envers le grand Canadien Ernest Lapointe qui se fit en cette cir- con:tance, comme en nombre d\u2019autres, leur irréductible champion.Cela, je le savais déjà mais je sais également de source non moins sûre qu\u2019il s\u2019agit, en l\u2019espèce, d\u2019une hypothèque conjointe dont celui qui me parle en ce moment est créancier pour une large moitié.Une autre réalisation dont Québec est justement fier, c\u2019est celle de l\u2019Exposition Provinciale qui, d\u2019entreprise déficitaire qu\u2019elle semblait devoir être à perpétuité, est maintenant devenue une institution nationale constituant un actif imposant pour la ville et un magnifique médium de publicité pour toute la Province.Pour ce qui est de l\u2019amusement des jeunes et de la \u2018satisfaction des goûts sportifs de la population en général, un vaste stade municipal et de nombreux terrains de jeux remarquablement outillés y pourvoient de façon adéquate.Parce qu\u2019ii est depuis toujours un fervent disciple de la science moderne de l\u2019urbanisme, le maire Borne s\u2019emploie sans répit à assurer l\u2019exécution d\u2019un plan général de travaux de drainage, d\u2019aqueduc, d\u2019éclairage destinés à faciliter et activer le céveloppement des nouveaux quartiers en même temps que l\u2019embellissement d\u2019ensemble de la vieille capitale.Grands administrateurs et grands bâtisseurs ont toujours été d\u2019avis que leur tâche était de préparer l\u2019avenir en même temps -qu\u2019i:s édifiaient le présent.C\u2019est sans doute pour être fidèle à cette noble tradition que le maire Borne mène de front avec une indomptable persévérance deux entreprises intimement liées dans sa conviction à la prospérité de son cher Québec.La première, soit l\u2019acquisition par la ville de l\u2019important arsenal de Saint-Malo, se situe dans le plan des réalisations immédiates tandis que l\u2019autre, l'institution d\u2019un port franc à Québec, concerne plus spécialement l\u2019avenir.L\u2019un et l\u2019autre de ces projets sont d\u2019ailleurs suffisamment complexes pour taxer jusqu\u2019à leur ultime limite la puissance de travail et la résistance physique d\u2019un homme bâti en force.Cela ne semble pourtant pas impressionner le maire outre mesure car après m'avoir lu avec un accent de compréhensible satisfaction, et en primeur s\u2019il vous plaît, une lettre de l\u2019honorable Maurice Duplessis, premier ministre de la Province de Québec, qu\u2019un secrétaire vient de lui remettre \u2014 j'ai bien regretté pour une fois de ne pas faire partie de la rédaction d\u2019un quotidien car j'aurais eu là un \u201cscoop\u201d à faire jaunir d\u2019envie tous mes chers confrères \u2014 et dans laquelle il promet à la ville l\u2019appui entier du Gouvernement pour lui faciliter cette transaction exceptionnelle, M.Borne me donne quelques détails sur cette acquisition d\u2019envergure où il est question entre autres choses de 21 bâtisses formant 1,200,000 pieds carrés de plancher ainsi que de trois milles de rues entièrement pavées.L\u2019unique mobile de ce marché \u2014 le maire insiste fortement sur ce point \u2014 c\u2019est d\u2019attirer à cet endroit particulièrement bien aménagé diverses industries qui donneront du travail de façon permanente à un grand nombre d\u2019ouvriers.À tel point qu\u2019on cédera telle ou telle portion de la vaste propriété à des conditions plus faciles à une usine qui s\u2019engagera à employer 500 ouvriers qu\u2019à une autre offrant un prix sensiblement plus élevé mais incapable de garantir de l\u2019ouvrage à plus de 200 personnes.Et nous voici arrivés à la question du port franc, ce rêve des rêves de Lucien Borne, celui auquel il ne cesse de songer à travers les plus absorbantes besognes et à la réalisation duquel il consacre le meilleur de ses énergies, malgré toutes les difficultés, parfois même en dépit de certaines rebuffades.[ Lire la suite page 70] Photos Roger Bédard. Montréal, février 1947 .13 DES VOYAGEUSES ET DES IMMIGRANTES par Marcelle Lepage - Thibaudeau UI A AFFIRMÉ que les plantes étaient des êtres sédentaires, fixés à jamais là où se sont agrippées leurs\u2018racines, soit dans ce jardin, sur le faîte de cette montagne, au fond de tel marais ?Les plantes sont, au contraire, de grandes voyageuses, des immigrantes même qui vont de villages en villages, de pays en pays, d'îles en îles, voire de continents en continents.L\u2019individu certes est fixé : cet érable qui couvre de sa verdure le toit de votre maison finira ses jours où il vit présentement, mais l\u2019espèct érable voyage, immigre, parce que les fruits d\u2019érable qui contiennent de nouveaux arbres ne s\u2019implanteront pas forcément au pied de l\u2019individu générateur, mais seront emportés, sur les ailes des vents, dans une pérégrination dont personne ne peut prévoir le point d\u2019arrivée.Comment voyagent-t-elles, les plantes?Mais, depuis toujours, comme voyagent aujourd'hui, les hommes, ces personnages infatués qui croient tout inventer, alors que tout est dans la nature et y était bien avant leur propre existence.L\u2019homme voyage à dos d\u2019animal, à dos d'âne dans les montagnes, à dos de chameau dans le désert, partout dans les pays civilisés, à dos de cheval.Les plantes utilisent ce facile moyen de transport.Il en est, parmi elles, qui ont des fruits tout petits qu\u2019on appelle des akènes.Souvent ces akènes sont garnis de crochets, de harpons, de dents, de pointes, qui leur permettent de s\u2019accrocher au poil et à la laine des animaux.Un cheval passe-t-il dans une route mal entretenue, vient-il manger des herbes dans un fossé, un mouton broute-t-il dans un champ, un chien de chasse attrape-t-il, dans un fourré, quelque perdrix, voilà que des centaines, des milliers de petits fruits s\u2019accrochent à eux et font ainsi, fort commodément, des voyages plus ou moins longs.Quand, par quelque frottement, ils se détacheront de la toison qui les a véhiculés, ils seront peut-être très loin de g leur lieu d\u2019origine.Ainsi de la Benoite, une plante de la famille des rosiers, de la y i Sp \u2014 Cardére, qui pousse un gros bouton de minuscules fleurs lilas, auxquelles succe- dent des fruits barbelés, du Bident, fleur jaune ressemblant à une marguerite et, oo ; , .encore d\u2019une autre plante que vous connaissez mieux, la Bardane ou Rapace, dont Les fruits barbel la Cardère s'accrocheront à la toison l\u2019agglomération de fruits qu\u2019on appelle dans la langue populaire \u201ctoques\u201d, qui ne | des animaux.(Photo Marcel Cailloux) dédaignent pas de voyager gentiment accrochés à vos précieux bas de nylon.D\u2019autres plantes voyagent en avion.Mais oui, et pourquoi pas?C\u2019est plus rapide et l\u2019on peut voir en moins de temps tellement de pays! Vous avez déjà observé des fruits d\u2019érable, qu\u2019on nomme des samares : deux petites boules aplaties, accolées l'une à l\u2019autre et auxquelles s\u2019attachent des membranes légères, deux ailes ?Voilà donc le minuscule avion dans lequel voyage les précieuses graines, les futurs érables.Quand elles sont mûres, ces samares se détachent du rameau et tombent sur le sol ; les vents les soulèvent alors et les entraînent dans l\u2019espace.Quelle splendide envolée dans l'air, la lumière éblouissante! Mais les ailes se brisent à la fin et les petits avions sans pilote font des atterrissages forcés à des centaines, à des milliers de lieues de leur point de départ.C\u2019est l\u2019histoire de toutes les samares, c\u2019est-à-dire de tous les fruits ailés : fruits d\u2019Orme, de Frêne ; et c\u2019est aussi l\u2019histoire de certaines graines qui sont elles-mêmes ailées : graines de Pin, de Sapin, d\u2019Epinette qui sont attachées sur les écailles des cônes ou cocotes.Quand elles s\u2019en séparent, elles s\u2019envolent légères, tels des cerfs-volants.Mais voici une plante plus audacieuse, puisque c\u2019est le saut en parachute qui a sa préférence.C\u2019est une de vos connaissances, le Pissenlit.Vous avez déjà souff:é sur la boule duveteuse que forme l\u2019ensemble de ses fruits?Quand vous en aurez l\u2019occasion, examinez-la de plus près et vous distinguerez tous les minus- .eules akènes, fruits bruns, prolongés chacun d\u2019une fine pointe qui s\u2019épanouit en une série de barbules placées sur un même plan et qui forme précisément parachute.Dès qu\u2019il est mûr, hop! Un souffle léger l\u2019emporte très haut dans l\u2019azur ou il danse des rondes plus ou moins vives, selon l\u2019humeur du vent qui l\u2019entraîne souvent très loin de son lieu d\u2019origine, et c\u2019est enfin la descente vertigineuse.Voilà qui explique, monsieur le jardinier, la présence insolite du pissenlit dans votre pelouse si bien entretenue.Il se moque bien, comme vous voyez, du déplantoir, du sel, voire du 2-4-D, puisque s\u2019il rêve de quitter le lieu vague, sans attrait où a vécu son père, il peut espérer justement de tomber un jour, à l\u2019improviste, au beau milieu d\u2019un splendide jardin, si le destin et les vents lui sont favorables.Est-il seul, le Pissenlit à connaître cette merveilleuse aventure ?Non, une multitude d\u2019autres plantes ont des fruits garnis d\u2019aigrettes soyeuses et souples et voyagent ainsi portées par les brises.Chez d\u2019autres plantes, ce sont les graines contenues dans un fruit qui sont pourvues de faisceaux de plumes infimes, donnant prise aux souffles les plus légers.Citons: ici, les flocons duveteux des Peupliers que les vents printaniers charrient de toutes parts, les graines ouatées des saules, la fine chevelure blanche de la graine de l\u2019Asclépiade, renfermée avant son prodigieux voyage dans ce fruit vert que vous connaissez probablement et que l\u2019on appelle communément chez-nous, \u201cpetits cochons\u201d.Et l\u2019on voyage aussi en canot, chez les plantes.Le magnifique nénuphar b'anc, - \u2014\u2014\u2014 dit aussi lis d\u2019eau, produit des fruits qui, débarrassés de leur cloison verte, la\u2019 } .remplacent par une sorte de mucilage auquel se mélent des bulles d\u2019air.Ne voilà- Fin du voyage de la graine aux cheveux blancs de I'Asclépiade.t-il pas un canot avec chambre à air ?C\u2019est sûr et confortable à la fois et l\u2019on peut .accomplir dans cette légère embarcation, tantôt au gré des vents, tantôt au gré (Photo Marcel Cailloux) des flots, des migrations longues de plusieurs mois.Et l\u2019on explore tout le lac, après l\u2019on s'engage dans cette petite rivière qui coule en cascade sur un fond pierreux, pour échouer, un jour ou l\u2019autre, [ Lire la suite page 72], 14 MADAME ARGENTINE \u201cadore la campagne et le chant des oiseaux\".Son goût exquis et fantaisiste l'a aidée à acquérir la réputation d'une grande modiste de Montréal.Après avoir appris la confection des chapeaux à Shawinigan Falls, sa ville natale, et aux Trois-Rivières, Mme- Argentine, née Desforges, s'est installée rue Sherbrooke ouest.Son salon est artistement décoré, sa conversation brillante, ses chapeaux d'une grande élégance et séduisants à l'extrême.Sa clientèle est nombreuse et choisie, .* La Revue Populaire ia Les œuvres de SIMONE DENECHAUD sont bien connues chez nous.Sa personnalité laisse entrevoir toute la richesse et la subtilité de son talent.Diplômée des Beaux-Arts, Professeur de dessin, cette artiste expose, à maintes reprises, des toiles brossées d'une pâte épaisse et en des tons rompus et gais.Thèmes favoris : portraits et fleurs.La Baie Saint-Paul et l'Ile d'Orléans sont les paysages de prédilection de nos peintres.Mlle Déné- chaud partage lZurs goûts, s'y repose et y travaille chaque année.Un grand écrivain féminin, MADAME GERMAINE GUEVREMONT.Chef du secrétariat de la Société des Ecrivains canadiens et membre de la Société Historique de Montréai,, Mme Guèvremont a déjà publié deux livres à succès : \"En pleine terre\u201d et \"Le Survenant\u2019.Ce dernier roman lui a valu le prix Duvernay (1945) et le premier prix David (1946).Il attira même l'attention du jury du prix Fémina.Née Grignon, Mme Guèvremont appartient à l'une des familles les plus connues dans le monde littéraire.Née en Ecosse, admise au barreau américain, DOROTHY BEAUCHAMP occupe chez nous une situation splendide.Vice-présidente de la compagnie canadienne \"Charles of the Ritz\u201d, Mme Beauchamp fait preuve d'une activité étonnante et d'un goût raffiné : la publicité de cette maison le démontre bien.Cette femme d'affaires rêve, dans ses rares heures de, loisirs, de l'élevage des poussins.Souhaitons-lui plus de chance qu'en a eu Betty MacDonald, l'auteur de \"The Egg and !\u201d, ce grand succès américain.MADAME ALBERTE SENECAL est le chef du Service français de l'Information à la Commission des prix et du commerce.Au moyen de la radio et des journaux, Mme Senécal nous expose régulièrement les ordonnances de la Commission.Femme intelligente, elle s'est consacrée à cette tâche énorme et multiple avec tant d'ardeur et de succès que la décoration royale M.B.E.lui fut décernée l'an passé.Le péché mignon de Mme Senécal est bien féminin: elle adore collectionner les chapeaux, petits et grands.Des lunettes de corne, des yeux enjoués et moqueurs, le nez dans un livre, \u2018 voilà HELENE GRENIER, bibliothécaire.Mlle Grenier ne vit pas que de livres, bien qu'elle soit fondatrice et directrice de la bibliothèque des instituteurs de Montréal.Elle est passionnée de musique et ambitionne de devenir un collectionneur d'art.Sa passion pour la musique, après lui avoir permis de chanter Reynaldo Hahn, l'a amenée à s'occuper des matinées symphoniques.Ailleurs\u2018, c'est-à-dire Paris est le rêve de sa vie. bah bambi md $+ A.Montréal, février 1947 SON PREMIER BAL, U BAS DE L'ESCALIER, on entendait déjà, langoureusement chanté par les violons, \u201cJ\u2019aime tes grands yeux\u201d, l\u2019air à la mode cette année-la.Les trois femmes, mère et filles, montaient doucement les marches de pierre recouvertes d\u2019un tapis rouge.Décor banal d\u2019une maison parisienne cossue : l\u2019électricité éclairait crûment les murs blancs où se détachaient, à chaque palier, les massifs de plantes vertes et d\u2019azalées disposés là pour la fête.La mère, en Chantilly noir sur fond argent, beau profil fin et fier sous des bandeaux très blancs, les yeux étaient admirables de bonté sereine et chaude.La-fille aînée, mince et plus que mince ; un aspect puritain; une robe de tulle blanc, comme saupoudrée de gouttelettes scintillantes, qui s\u2019accordait bien avec le charme de distinction glacée que cette robe frissonnante habillait.: La plus jeune sœur \u2014 de six ans la cadette \u2014 dix sept ans, avait une robe semblable, mais rose.Si différente de son aînée, épanouie déjà comme une rose franche \u2014 le rose bien rose à odeur de rose \u2014 des cheveux bruns, touchés d\u2019éclatants reflets d\u2019acajou verni et la peau blanche des rousses \u2014 pas de celles qui ont des aigreurs de lait tourné où on a \u201cjeté une poignée de son \u2014 un blanc où les ombres se bleutaient selon le modelé de la chair.Elle levait ses yeux, larges et bruns, vers l\u2019étage supérieur d\u2019où venait le chant des violons.Il y avait, dans ce regard, une aspiration inconsciente vers tout ce que la vie a de coloré, d\u2019amusant, de luxueux, de tentant sous toutes ses formes.Au seuil de l\u2019appartement dont les portes étaient grandes ouvertes \u2014 la musique s\u2019était tue \u2014 le bruit des conversations les étonna un peu.Elles arrivaient tard et durent chercher la maîtresse de maison qui circulait parmi les groupes d\u2019invités : \u2014 Ah! vous vous êtes décidée à nous amener Violette.Quelle bonne idée, chère amie.' Elle prononça la phrase avec l\u2019amabilité distraite de l\u2019hôtesse qui, tout en prodiguant des mots d\u2019accueil, est constamment obsédée, à l\u2019arrière plan de sa pensée, par le souci du succès de sa soirée (\u201cJe parie que Marie ne s\u2019en sort pas, au vestiaire.J\u2019aurais dû m\u2019en tenir à ce devis du glacier.quand on fait les choses, autant les faire bien.pour la différence que ça fait au bout du compte.Si jamais le champagne manque.etc, etc.\u201d) \u2014 Elle en avait tant envie que j'ai cédé.Jaurais cependant préféré.Elle est si jeune.\u2014 Mais vous avez bien fait.Elle est ravissante, cette enfant, et si joliment développée qu\u2019on lui donnerait dix-huit ans.Sous la câlinerie mondaine de l'accent, on sentait une pointe de jalousie maternelle: les trois filles du logis étaient laides.Leur mère fit un signe et toutes trois amenèrent docilement de plates petites figures rose vif, comme écorchées.Les tziganes à vestes rouges s\u2019accordaient doucement avant d\u2019attaquer.\u2014 Voulez-vous que je vous présente un danseur ?demanda l\u2019aînée des trois sœurs, bien dressée, \u2014 Non.non.nous devons retrouver ce soir chez vous pas mal d\u2019amis.Ne vous inquiétez pas: nous nous tirerons \u2018très bien d\u2019affaires \u2014 la sœur de Violette - répondait hâtivement : elle avait toujours peur, celle-la, de déranger, de gêner ! \u201cTenez.nous allons nous mettre là.Ne vous occupez plus de nous: vous ne devez plus savoir où donner de la tête ?\u2014 Le fait est.murmura la jeune fille qui déjà s\u2019éloignait, appelée par un geste de la mère.\u2019 Violette était restée tout ce temps silen- \u2018cieuse.Elle avait à peine entendu les phrases banales.Elle ouvrait sur le bal des yeux avides qui semblaient vouloir attirer, aspirer, absorber les toilettes, les lumières, les parfums, les fleurs.Ses narines s\u2019ouvraient.Elle se sentait comme baignée dans un élément nouveau: il la portait, et la pénétrait en méme temps.Quel état étrange.comme si elle n\u2019avait plus été la Violette qu\u2019elle connaissait, la Violette de tous les jours: un peu inhibée, paralysée, envahie en même temps de sensations délicates et brûlantes.C\u2019était aigu, amusant, troublant.elle était la proie de quelque chose de très puissant et de très doux qui l\u2019empêchait de penser, de vouloir et ne lui permettait que de sentir avec acuité.Absorbée dans ce bouleversement intime, elle sentit pourtant qu\u2019un regard se posait sur elle.Ce regard était un appel et un poids tangible posé sur toute sa personne.Il la gênait.Il lui plaisait.Elle leva les yeux et \u201cle\u201d vit: pas très grand, un teint de plein air, des yeux clairs.Auprès de lui, il y avait la brune Micheline, bien connue dé Violette.Déjà, les deux jeunes gens s\u2019avançaient vers elle.\u2014 Bonjour Bébé, gouailla Micheline.Je te présente mon frère Maurice, tu sais, celui qui fait de l'aviation.Il y a assez longtemps que je te parle de lui.mais ce n\u2019est pas souvent qu\u2019il daigne m\u2019escorter dans le monde.Quel ours.Il n\u2019y a que toi qui l\u2019as déridé: depuis que tu es entrée, je te préviens qu\u2019il n\u2019a d\u2019yeux que pour toi.Sur ce, je vous laisse en tête- à-tête.Débrouillez-vous.Elle eut un rire moqueur.Ses yeux, qui avaient le brillant d\u2019un éclat d\u2019anthracite, eurent un regard complice.Tournant prestement sur ses hauts talons, elle se faufila entre les danseurs et disparut.Violette était rouge comme une pivoine.Mais le garçon, sans aucune gêne : \u2014 Venez donc dans le boudoir.On étouffe ici.Dang la petite pièce, ils furent seuls, assis l\u2019un à côté de l\u2019autre.Les mains de Violette, gantées de suède blanc, reposaient sagement sur ses genoux.\u2014 Pourquoi gardez-vous vos gants?Vous avez de vilaines mains ?Violette fut choquée, mais elle ne répondit que par un petit rire dont elle eut honte : un rire embarrassé, bêta.Et voilà qu\u2019en même temps elle enlevait ses gants.\u201cIl verra si mes mains sont vilaines.Mais comme il me regarde et comme il me parle !.Micheline a raison : c\u2019est un ours.Ce n\u2019est pas un garçon convenable.Je devrais m\u2019en aller.Mais la Violette qui pensait cela n\u2019avait, pour l\u2019instant, aucune possibilité de se manifester : l\u2019autre Violette, la Violette née ce soir de bal, la subjuguait entièrement.celle-là\u2019 laissait le jeune homme assis à côté d'elle prendre sa main, l\u2019admirer, la serrer dans les siennes, poser ses lèvres au creux de la paume.C\u2019est à ce moment-là qu\u2019Alain parut au seuil : [ Lire la suite page 72] Magalt 15 16 és ÉCRIVANT une courbe impeccable, la Packard aux belles lignes sobres, tous ses nickels étincelants au soleil, vint se ranger devant le perron central de l\u2019usine Victor Morand \u2014 constructeur d'avions \u2014 et s'immobilisa.Geneviève Morand sauta à terre, et, après avoir demandé de l\u2019attendre au chauffeur vêtu de blanc, debout à la portière, elle gravit légèrement les degrés et franchit le seuil.Elle traversa le hall clair et nu aux vastes proportions qui constituait l'entrée privée, et poussant une des trois grandes portes vitrées qui donnaient accès sur le terrain d\u2019essai, se trouva de nouveau au dehors.Geneviève Morand se dirigea vers le bureau de son père où on pouvait accéder directement du terrain.Comme elle y pénétrait, sans s\u2019annoncer selon sa coutume, il la devina à l\u2019ombre projetée jusqu\u2019à lui et leva la tête vivement.En même temps que la jeune fille, un grand rayon de soleil était entré, et semblait jeter sous ses pas l\u2019offrande de sa clarté.Monsieur Morand s\u2019écria : .\u2014 Ne bouge pas, mon petit, ne bouge pas que je te voie encore un peu ainsi, \u2019 La jeune fille sourit et obéit aussitôt en s\u2019arrétant.Elle était, du reste, habituée aux explosions d\u2019admiration de son père.Celui-ci, de carrure massive, les gestes brusques, le cou épais, le visage coloré hérissé d\u2019épais sourcils grisonnants et d\u2019une moustache abondante, souvent en désordre, ressentait à l\u2019égard de sa fille un perpétuel et presque respectueux étonnement que les années n\u2019avaient pu atténuer.Comme l'artisan émerveillé, qui, sans y prendre garde, a produit un chef-d\u2019œuvre et le voit sortir de ses mains doué d\u2019une beauté rare, d\u2019une perfection à laquelle il n\u2019aurait osé s'attendre, monsieur Morand regardait sa fille ; et cependant, sentiment contradictoire bien que tellement naturel, son orgueil paternel se plaisait à constater entre elle et lui des traits de ressemblance indéniables.C\u2019était, au moral d\u2019abord, la même intelligence vive et une volonté tout pareillement indomptable, qui avaient amené monsieur Morand, fils du maître d\u2019école d\u2019un petit village, à la tête des millions qu\u2019il possédait ; volonté dont il avait eu le tort d\u2019accueillir chez sa fille les moindres manifestations avec un plaisir point toujours suffisamment dissimulé.Physiquement peu de traits les rapprochaient : la forme bombée et têtue du front et peut-être aussi les yeux d\u2019une nuance assez particulière, noisette clair, plus larges et par instants comme pailletés chez Gene- Roman d amour fran six André viève, plus aigus et perçants chez industriel.Pour le reste monsieur Morand ne se retrouvait plus ; Geneviève rappelait sa mère qui était belle et qu\u2019elle n\u2019avait point connue.Elle possédait un visage ovale à la peau claire, un nez de médaille et une bouche parfaite ; des cheveux bruns au travers desquels quelques mèches dorées étaient comme des coulées de soleil, un corps long et souple dont la démarche harmonieuse eût seule suffi à la faire remarquer.Et s\u2019approchant d\u2019une des portes qui se trouvaient au centre du panneau vitré dominant le terrain d\u2019essai, Geneviève l\u2019ouvrit toute grande et s\u2019avança sur la petite esplanade, limitée par une grille de fer forgé, qui ceinturait sur trois côtés le bureau de l\u2019industriel.Celui-ci admira un instant, appuyée à la balustrade, la mince silhouette élégamment drapée dans une robe sombre que de larges manches amenuisaient encore par le contraste de leur ampleur, puis, un souffle d\u2019air ayant eu l\u2019impudence de déplacer plusieurs feuillets sur sa table de travail, il s\u2019écria : \u2014 Mes papiers, vandale ! Sans beaucoup de conviction d\u2019ailleurs, tant il lui eût semblé intempestif de manifester à sa fille le moindre mécontentement alors qu\u2019elle lui faisait le si grand plaisir de venir le voir.Il prit donc le parti d\u2019écraser sous un cube de marbre.presse-papier les notes récalcitrantes, et vint rejoindre Geneviève sur le balcon.\u2014 Que regardez-vous ainsi, Mlle EmbrouiNe- Tout ?demanda-t-il en glissant sous le sien le bras de la jeune fille.Celle-ci désigna l\u2019appareil qui évoluait toujours au-dessus du terrain, quoique à une plus faible altitude.\u2014 Qui est là-haut ?demanda-t-elle.\u2014 C\u2019est Cartier, répondit l\u2019industriel.Ils se turent un instant, attentifs aux virages savants dessinés en plein ciel et avec une sûreté à la fois téméraire et tranquille, puis la jeune fille reprit : \u2014 Pourquoi est-ce toujours lui qui s\u2019expose ?NES La Revue Populaire \u2014 Mais, mon petit, parce que c\u2019est son métier et qu\u2019il est là pour ça.\u2014 Je croyais que vous l\u2019aviez engagé comme ingénieur.\u2014 Bien sûr, et même comme mon premier ingénieur.Mais un ingénieur qui essaye lui-même le matériel qu\u2019il fabrique ; il y a ainsi deux sûretés pour l\u2019usine.Drôle de garçon! Remarquable à tous les points de vue; son intelligence est supérieure, sa conscience professionnelle hors de pair ; il possède une science de son métier qui m\u2019en impose à moi-même, une santé de fer, un physique agréable, en un mot tout, ou presque tout ce qui fait qu\u2019on aime la vie, et cependant.\u2014 Cependant ?\u2014Il joue avec la sienne comme s\u2019il en possédait en réserve deux ou trois de rechange, enfourchant son « coucou » dix fois plus souvent qu\u2019il ne serait nécessaire pour se rendre compte de telle chose qui cloche ou d\u2019une autre qui pourrait aller mieux, défiant le danger, violant les lois établies, provoquant les défaillances de la machine, bref, flirtant, pourrait-on dire, avec la mort.: a \u2014 Manque-t-il donc à ce point de prudence ?demanda la jeune fille, un imperceptible frémissement dans la voix.\u2014 Si Cartier était présent, mon enfant, il te répondrait qu\u2019un tel mot n\u2019existe point au dictionnaire d\u2019un pilote d\u2019essai.Et monsieur Morand caressa d\u2019une tape légère la joue de sa fille.\u2014 Tiens, le voilà qui atterrit ! L\u2019avion.en effet, se mettait à descendre et touchait bientôt le sol sur lequel il glissa aussi légèrement qu\u2019un cygne effleure l\u2019eau.\u2014 Cela se trouve bien, remarqua Geneviève, j'ai justement a lui demander des nouvelles de mon appareil.\u2014 Dis-moi, mon petit, tu ne crois pas que tu aurais pu m\u2019en parler d\u2019abord ?\u2014 À vous, papa ?Mais cela eût été complètement inutile.Vous m\u2019auriez, une fois de plus, assuré que Montreal, février 1947 la sortie de l\u2019usine doit avoir lieu demain.Non, c\u2019est le résultat absolument véridique du travail que je veux.Et monsieur Cartier seul a qualité pour me le donner.Monsieur Morand se mit à rire ; puis, craignant sans doute une nouvelle incursion de la brise dans ses dossiers, il fit passer la jeune fille devant lui et rentra à sa suite dans la pièce dont il referma soigneusement la porte.Geneviève alla s\u2019asseoir sur un angle du bureau, et son regard erra un instant \u2018sur ce décor qu\u2019elle connaissait si bien: les grands meubles de macassar lisses et sombres qui faisaient songer à des coffre- forts, les sièges de cuir vert et tubes d\u2019acier, le mur crépi de beige, dont une carte du monde en relief et richement décorée occupait le centre et indiquait, par des signes particuliers, les trajets sur lesquels les avions Morand étaient utilisés.En bas, sur le terrain, le pilote avait émergé de sa carlingue.Une grande silhouette burina sur le ciel - clair sa combinaison de cuir fauve qui ne parvenait pas à l\u2019alourdir.Le casque ôté, il apparut avec un visage fin aux lèvres minces, au nez à peine busqué, aux yeux bleus.Ses cheveux étaient blonds comme ceux d\u2019un enfant, et, sur son front, une mèche rebelle tombait, sans cesse repoussée par la main nerveu- [ Lire la suite page 21 ] Dans la fuite trop lente des heures, c'était encore Geneviève quil cherchait, Geneviève et l'instant de son arrivée, vers lequel, impatiemment, tout son être était tendu.\u2014C'est complet, pensa- t-il avec une ironie amère, voilà que je ne peux plus me passer d'elle ! Dessin de JEAN MILLET 18 La Revue Populaire Une des grandes places de Buenos-Alres avec, au centre, le monument du général Don José de San Martin, le libérateur.Au fond, l'immeuble Kavanagh, 32 étages, le plus hout gratte-ciel de l'Amérique latine.NA JR ' ! * + i L'Avenue du 9 de Juillet est, selon les portenos (ou citoyens de Buenos-Aires) la plus large du monde.La population de Buenos- Aires, de 3,500,000 habitants, représente le quart du poys.= : = - La capitale de l'Angentine cet une des villes les pluc élégantes et les plus civilésées \u2018du continent américain E TOURISTE qui visite pour la première fois la capitale de l\u2019Argentine est, dès le premier abord; frappé par le caractère cosmopolite de cette ville.Pour s\u2019y rendre, il aura sans doute pris un avion de transport américain, à moins que ce ne soit un train hongrois, traîné par une locomotive de fabrication anglaise.\u2019 Quant au métro, il est d\u2019origine a'lemande et espagnole, et il est aussi somptueusement décoré qu\u2019un kiosque, d\u2019exposition.L'automobile qui conduit le voyageur à son hôtel est d\u2019origine américaine et ornée de fioritures compliquées qui évoquent le Portugal.Les vastes avenues qu\u2019il traverse ont de larges trottoirs avec cafés en plein air, tout comme à Paris.L'hôtel où il descend a été construit par des Danois et il ast,\u201d tout naturellement, géré par des Suisses.Le téléphone est la propriété d\u2019une compagnie suédoise, mai\u2019 le courant est produit par un générateur belge, à moins qu'il ne soit hollandais.La baignoire, dans laquelle le nouvel arrivant se plonge avec délice, est venue pour lui de Tchécoslovaquie, et la femme de chambre qui lui offre gentiment ses services a des grands-parents qui habitent l\u2019Irlande.Le soir venu, quand lé touriste s\u2019asseoira à la table d\u2019un restaurant, à 10 heures, car la journée se prolonge tard dans les pays chauds, il se demandera en quelle langue il doit commander son menu.Evidemment, la langue parlée par tous les Argentins est l\u2019espagnol.Si on a quelque difficulté à s\u2019exprimer en espagnol, on peut, presque à coup sûr, se tirer d'affaire en parlant anglais.Il arrive aussi qu\u2019on puisse se faire comprendre si l'on emploie le français, l\u2019italien, l\u2019allemand, le polonais, ou le turc, bien que la langue la plus répandue, après l\u2019espagnol, soit l\u2019anglais.La population de Buenos-Aires est de 3,500,000 habitants, soit un quart de celle de toute l\u2019Argentine.La vie mondaine y est très brillante.Les toilettes sont riches et élaborées.Les hommes y attachent autant d'importance que les femmes.Les repas jouent un rôle important dans la vie quotidienne.Les Argentins n'hésitent pas à consacrer deux heures à leur lunch et trois à leur dîner.C\u2019est un peuple sociable et hospitalier, il aime les foules, le bruit, les fêtes.Il a le goût du théâtre, du cinéma, de la danse et de la musique.La saison d\u2019opéra de Buenos-Aires est toujours très brillante.L\u2019un des endroits qui attirent, et cela a juste titre, la curiosité des étrangers, est le fameux marché de La Plata.Ceux d\u2019entre eux qui ont connu les restrictions alimentaires restent émerveillés devant un amoncellement de biftecks et de côtelettes, des fromages.aux imposantes dimensions, des légumes et des fruits de toutes tailles et de toutes couleurs.Non loin du marché, il y a la cathédrale qui est aussi la plus ancienne église de la ville puisqu\u2019elle remonte Le Ministère de l'Agriculture, magnifique bâtiment d'architecture moderne, L'Argentine, comme le Brésil et l'Uruguay.est plus avancée que les pays de l'Amérique du Nord en matière d'architecture pure et même d'urbanisme.Documentation Ray Josephs (Holiday!.Photos Ministère de l'Information argentine.compte trente-deux étages.au XVIIe siècle.Autour de la Plaza Mayo, se dressent la Casa Rosada, résidence du président, le nouvel édifice de la Banque de la Nation, le ministère de l\u2019Agri- : culture et le Cabildo récemment reconstruit., Le panorama de Buenos-Aires n\u2019a peut-être pas la beauté de celui de la baie de Rio-de-Janeito ou des hauteurs de Mexico.Il mérite quand même d\u2019être longtemps contemp!'é, et l\u2019un des meilleurs endroits pour le voir en détails est le toit de l\u2019hôtel Kavanagh.Cet édifice, le plus élevé qu\u2019il y ait en Amérique latine, De cette hauteur, on a une vue admirable sur la ville et sa banlieue notamment sur le ministère des Affaires Etrangères qui est tout proche et sur les enchanteurs magnolias en fleurs de la Plaza San Martin.On remarque aussi les gigantesques élévateurs a grains qui se comparent a ceux de Chicago.Beaucoup des constructions espagnoles der jadis ont cédé la place à d\u2019autres d\u2019une architecture plus moderne, bien que derrière des façades assez banales se dissimulent toujours des patios qui sont de véritables oasis de verdure.Ceux qui ont le privilège d\u2019y pénétrer sont aussitôt sous le charme de la quiétude et de la fraîcheur qu\u2019offrent pareils abris.On s\u2019y croirait bien loin de la grande ville avec ses quartiers d\u2019affaires, ses autos pressées, ses passants aux costumes multicolores qui font queue aux portes des innombrables cinémas pour réclamer des billets retenus à l\u2019avance.Quant aux théâtres proprement dits, il .y en a quarante, et les répertoires étrangers y tiennent une place importante, notamment les pièces françaises.C\u2019est ainsi que Louis Jouvet remporta là-bas, durant la guerre, un succès triomphal.La vie intel'ectuelle tient une très grande place dans les préoceupations des Argentins.Leurs soixante- dix journaux quotidiens en font foi, et aussi les librairies, presque aussi nombreuses, en proportion de la population de Buenos-Aires, que les pharmacies dans la ville de New-York. POUR FAIRE LA SOUPE PRÉFÉRÉE AU CANADA Charnues, mûries à point, regorgeant de saveur et contenant les éléments nutritifs et les vitamines essentiels à la santé \u2014 telles sont les succulentes tomates qui entrent dans la Soupe aux Tomates Campbell\u2019s.Chacune de ces belles tomates rouges et mûres est le fruit de longues années d'essais patients poursuivis par Campbell\u2019s pour produire des tomates ayant le goût exact et uniforme qu\u2019il leur faut pour cette soupe renommée.Campbell\u2019s prend ces superbes tomates qui proviennent de graines spéciales, les mélange, les fait cuire et les assaisonne d\u2019après une recette qui a fait ses preuves.Vous ne pourriez faire mieux que de commencer un repas par des assiettées de cette soupe fumante qui est toujours bienvenue.Pourquoi ne pas y ajouter du lait pour en faire une crème de tomates extra-riche et extra-délicieuse ?SOUPE AUX TOMATES oi Préparée par Campbell's au Canada RECHERCHEZ L'ÉTIQUETTE .ROUGE-ET-BLANC 20 E Vicks VapoRub est le remède des familles le plus connu, que vous puissiez employer pour soulager votre enfant des souffrances du rhume.Frictionnez-en bien la gorge, la poitrine et le dos, au coucher.Son action soulageante se fait immédiatement sentir\u2014de deux façons à la fois: dans les bronches; y répandant ses vapeurs medicamentées: IL STIMULE la poitrine et le dos comme un cataplasme rechauffant Cette action pénétrante - stimulante spéciale continue à agir pendant des heures, durant la nuit, soulageant la souffrance pendant que l\u2019enfant dort.Souvent, au réveil, le pire du rhume est soulagé.Essayez-en! Demandez le Vicks VapoRub .le remède des familles le plus connu pour soulager votre enfant des souffrances du rhume.La Revue Populaire LIVRES CANADIENS L\u2019HERITAGE, par Ringuet, de l\u2019Académie canadienne-française.30 arpents a consacré le talent de Ringuet romancier, Un monde était leur empire l\u2019a révélé historien ; voici l\u2019écrivain sous un nouvel aspect: celui de conteur.Les récits réunis dans ce volume conduisent le lecteur du Canada à Tahiti, en passant par le canal de Panama.Qu'il évoque la vie d\u2019un petit village canadien, ou qu'il décrive la nature exotique des îles du Pacifique, Ringuet montre le même talent, fait de sobriété et de force.L'héritage raconte l'effort émouvant d\u2019un ouvrier qui s\u2019acharne à faire fructifier une terre ingrate.C\u2019est celle-ci qui finira par l'emporter et l'homme devra abandonner sa terre.\u2018Dans ses autres contes, Ringuet se montre tour à tour un observateur narquois et plein d\u2019humour des mœurs canadiennes et un évocateur puissant des sortilèges exotiques.Il y a une âpre grandeur et beaucoup de vérité humaine dans son portrait de ce pauvre fou qui continuait à monter la garde autour du matériel abandonné par la Société française du Canal de Panama, pour le rendre un jour à M.de Lesseps.La profonde humanité de tous ces récits touchera profondément les lecteurs de Ringuet.(Un ouvrage de 184 pages publié par Les Editions Variétés.Prix: $1.25, par la poste $1.35.En vente dans toutes les bonnes librairies et aux Editions Variétés, 1410, rue Stanley, Montréal, Canada.) 696 HEURES D\u2019ENFER, avec le Royal 22e Régiment, par le major J.-G.Poulin.Le Royal 22e Régiment, l\u2019unité canadienne-française par excellence de la Première Division, s\u2019est toujours couvert de gloire.La bravoure de ses soldats est légendaire.Dans la campagne d\u2019Italie, et surtout lors de la percée de la ligne Gothique, ce régiment joua un rôle particulièrement brillant.Le major Poulin a connu cette vie d\u2019enfer, sous le ciel d'Italie, et il raconte simplement les heures terribles que lui et ses compagnons ont vécues.Pages émouvantes dans lesquelles le lecteur retrouvera des parents ou des amis.Edition Beauchemin, \u2014 Un volume, illustré, de 184 pages.Prix: l\u2019'exemplaire $1.35, Par la poste $1.45, LES ENGAGES DU GRAND PORTAGE, par Léo-Paul Desrosiers.Un voyage historique dans l'immense Canada à peine exploré.Tout le commerce des pelleteries vers l\u2019année 1800, avec ses rivalités sanglantes ; les mœurs des \u201cengagés\u201d du Nord-Ouest, le tableau d\u2019une époque pittoresque, violente, haute en couleurs.Rééditée 9 fois en France au cours de la guerre, cette œuvre canadienne deviendra sûrement classique.($1.25).PIEDS NUS DANS L\u2019AUBE, par Félix Leclerc.Pieds nus dans Uaube c'est une chanson du printemps, c\u2019est l\u2019hymne à la vie d\u2019un petit bonhomme qui s'éveille aux réalités extérieures, dans un décor de pays neuf canadien.Le style de Félix Leclerc est d\u2019une vitalité extraordinaire, ses images sont riches et neuves.Ce roman d\u2019une grande puissance d\u2019émotion témoigne du talent de ce jeune auteur canadien.($1.25).LE CITOYEN CANADIEN-FRANÇAIS, par Esdras Minville.\u201cAvec une clarté et une netteté incisives l\u2019auteur précise les normes de la formation du citoyen canadien-français, il en trace les caractéristiques.C\u2019est l'instrument de travail le plus parfait que puissent trouver les éducateurs de notre jeunesse, quel que soit le champ de leur apostolat.\u201d Frère M.-Alcantara Dion, o.fm.(préface).(2 vol.$3.25).e L\u2019ACTUALITE DU BONHOMME, par Robert-E.Llewellyn.Les fables de La Fontaine appliquées aux temps modernes.Un volume de haute valeur littéraire et artistique.Magnifiques illustrations pleine-page de Jean Simard.Impression en 2 couleurs.LE LONG DE LA ROUTE, par Sylvain.Un livre qui chante la terre et la vie champêtre.À travers les champs, Sylvain est un guide incomparable ; discrètement il souligne un détail, met en lumière un paysage.Un livre qui met au cœur l\u2019amour des petites gens et des humbles chasses, Illustrations par Rodolphe Duguay.($1.00).\u201cVARIATIONS SUR TROIS THEMES\u201d, de Jean Béraud, Léon Franque et Marcel Valois.En juillet dernier, trois collaborateurs assidus de \u201cLa Presse\u201d, Jean Béraud, directeur de la rubrique des spectacles et concerts, Marcel Valois, critique musical, et Léon Franque, chroniqueur cinématographique, constataient que leur signature revient chaque samedi, au bas de leur chronique respective, depuis quinze ans.Abandonnant à leur sort leurs innombrables articles, comptes rendus et interviews, ils ont cependant accepté notre suggestion de grouper pour cet ouvrage un choix de leurs chroniques, de celles où le lecteur pourrait retrouver un reflet de la vie et de l\u2019évolution des arts d\u2019interprétation à Montréal, et sauvegarder avec eux le souvenir de ce que nous ont offert l\u2019Europe et l'Amérique en ces trois domaines du théâtre, du cinéma et de la musique.Jacques LaRoche, Roger Champoux et Jean Dufresne, grâce à leur double personnalité de Jean Béraud, Léon Franque et Marcel Valois, préservent intacts, à travers les multiples tâches que leur impose le journalisme quotidien, leur très vive curiosité envers les arts et le désir constant de soutenir les artistes sérieux, \u2018Variations sur trois thèmes\u201d en apporte un nouveau témoignage. Montréal, février 1947 ESCALE DANS LA TEMDÉTE [ Suite de la page 17] se, qui, l\u2019instant d\u2019avant, domptait, au gré de son caprice, la machine gron- dante et rétive.Tout en dégrafant sa combinaison, Daniel Cartier traversa le terrain, et, en deux bonds, franchit les marches qui conduisaient directement au bureau.Sur l\u2019esplanade il s\u2019arrêta, une hésitation effleurant ses traits.I] venait de s\u2019apercevoir que monsieur Morand n'était pas seul.Mais ce recul fut bref et les occupants de la pièce dans laquelle, d\u2019ailleurs, le jeune homme pénétra aussitôt, ne le perçurent point.\u2014 Excusez-moi, monsieur, dit-il après s\u2019être incliné devant Geneviève, je venais vous faire mon rapport.Je repasserai plus tard.\u2014 Restez donc, mon cher Daniel, interrompit Morand.Ma fille ne nous gênera pas ; elle va nous quitter.\u2014 Pas si vite, papa.Vous savez bien que j'ai quelque chose à demander à monsieur Cartier.\u2014 Ah! en effet; je l'avais complètement oublié \u2014 Monsieur Morand mentait effrontément \u2014 Eh bien, arrangez cela ensemble.quelques lettres a dicter, je vais, en attendant, dans le bureau des dactylos; vous m\u2019y rejoindrez, Daniel.Et, faisant jouer un des panneaux qui encadraient la carte géographique, l\u2019industriel dévoila une pièce proche dans laquelle, rapidement, il disparut.Éeneviève enveloppa l'issue refermée d\u2019un regard ironique.\u2014 Quel soldat peu brave que mon père, ne trouvez-vous pas ?demanda- t-elle.Il fuit devant le danger.Le jeune homme répondit par un vague sourire, puis : \u2014Il y a plusieurs sortes de braves, mademoiselle, dit-il, et ce ne sont pas toujours les moindres qui, comme vous venez de l\u2019exprimer, tournent le dos au péril.\u2014 Comment, monsieur Cartier ! Mais ces braves-là sont des lâches tout simplement.\u2014 Ils le seraient peut-être davantage encore de vouloir le combat avec ses risques, et, en tout cas, la déchéance que son acceptation comporte.Combattre, c\u2019est vouloir vaincre, n\u2019est- il pas vrai?Or, dans bien des cas, quelle misère qu\u2019être le plus fort! Et comme l\u2019on découvre vite que nos pauvres victoires n\u2019ont guère servi à autre chose qu\u2019à nous donner un potentiel de souffrance supérieur.Non, non, poursuivit-il la voix étrangement émue soudain et comme marquée d\u2019une sorte de violence envers lui-même, la fuite, la dérobade, cela seul est hon- néte et digne d\u2019un homme.cela seul, mais il faut pouvoir ! Le jeune homme s\u2019arrêta, toute véhémence tombée soudain ; son regard venait d\u2019effleurer celui de Geneviève, qui, avec acuité, le considérait.Il passa rapidement la main sur son front comme pour en chasser un souci importun, et, redevenant lui-même par un perceptible effort, s\u2019excusa.\u2014Je vous demande pardon, mademoiselle, ce n\u2019est assurément pas pour entendre une aussi particulière philosophie que vous avez désiré me voir.\u2014En effet, monsieur, répondit-elle enfin, il s\u2019agit de tout autre chose \u2026 Et, assez brusquement : \u2014 Je voudrais savoir où en est la construction de mon avion particulier.Daniel ne sourcilla pas, et à peine eût-il une inflexion étonnée.\u2014 Monsieur Morand ne vous a donc pas dit ?.Nous l\u2019avons abandonnée.Ce fut au tour de Geneviève d\u2019être surprise ; seulement, chez elle, la contrariété dominait.\u2014 Abandonnée ! murmura-t-elle ; et pour quelles raisons ?\u2014 Des raisons de sécurité, mademoiselle Quand cette construction a été décidée et entreprise, certains dispositifs nouveaux dont nous attendons beaucoup, n\u2019étaient pas d\u2019une mise au point assez définitive pour que nous puissions en envisager l\u2019emploi ; et nous les avions délibérément écartés de notre épure comme des projets chimériques et destinés à demeurer encore longtemps tels! Mais nous avons fait du chemin depuis, et il manque très peu de chose pour que nos efforts soient couronnés de succès.Cependant, c\u2019est désormais sur d\u2019autres bases et après une modification profonde des plans que nous devrons entreprendre toute construction nouvelle.Et cela vous explique, non, pas, je me suis mal exprimé, l\u2019abandon total de l\u2019exécution de votre appareil, mais uniquement la révision qui s'impose du projet primitif, et par là, le retard de sa mise en chantier.L\u2019ingénieur se tut.Geneviève l'avait écouté sans l\u2019interrompre.Elle était toujours assise sur l\u2019angle du bureau de monsieur Morand, et paraissait fort occupée à tracer, à l\u2019aide d\u2019un coupe papier d'ivoire, des lignes enchevé- trées sur une feuille blanche.\u2014 Pensez-vous, monsieur Cartier, que votre explication me suffise et me croyez-vous convaincue ?\u2014 Mais, mademoiselle.\u2014 Raisonnons, voulez-vous?.L'usine est-elle arrétée?.Ne prenez- vous plus de commandes?.N'en li- vrez-vous pas chaque jour ?.\u2014 est certain que nous travaillons, mademoiselle, et que des appareils sortent ; mais ceux-là n\u2019ont rien de commun avec celui que vous nous avez demandé et qui doit nécessiter tous nos soins, exiger la quintessence de notre science, afin de présenter, en un mot, le maximum de sécurité.\u2014 Je vous arréte, monsieur.« Sécurité » est-ce donc un mot qui varie suivant les personnes ?\u2014 Vous me comprenez mal, mademoiselle, reprit-il en exagérant une sérénité qu\u2019il sentait d\u2019ailleurs, à mesure, lui échapper ; mais vous savez trop vous-même ce qu\u2019est notre usine pour persister longtemps dans votre erreur.Non, la garantie qui dépend de la machine n\u2019a point de degrés différents, et nous sommes ici nombreux, qui, auprès de votre père, travaillons à ce but de tout notre pouvoir, et avec notre entière conscience, je vous en donne ma parole sans aucune fausse modestie.Mais, après qu\u2019un appareil a été construit avec le maximum de soins, essayé comme vous avez pu me le voir faire tout à l\u2019heure, dans les conditions les plus dures de puissance, de pression et de régime, et qu\u2019il a quitté l\u2019usine, c\u2019est fini.les vies qui en dépendent ne nous intéressent plus parce que nous ne pouvons plus rien pour elles.Elles sont désormais fonction de l'entretien, des éléments, de la maîtrise et de la science du pilote ; et c\u2019est à lui de les défendre.Mais pour vous! Pour vous, nous devons être à la fois et par avance le ciel clément, le vent calme, le rouage exact et bien graissé, le pilote savant.la sauvegarde d\u2019une vie précieuse.Brusquement le jeune homme se tut et une légère rougeur envahit son wi- sage, comme s\u2019il craignait tout à coup d\u2019avoir laissé les mots dépasser sa pensée, ou, au contraire, la trop bien dévoiler.Geneviève avait tressailli.A brûle- pourpoint elle demanda, son regard au 21 Son Amour baisse ?VERA-ELLEN dit: \"Vos mains rêches ont peut-être apeuré l'amour.Avec la Lotion Jergens les mains lisses et douces savent séduire.J'emploie Jergens.\" Si facile et si agréable! AVEC VERA-ELLEN, ETOILE DE LA DANSE CHEZ SAMUEL GOLDWYN, DANNY KAYE DANS \u201cTHE KID FROM BROOKLYN\" D\u2019AUTRES VEDETTES DISENT COMME VERA-ELLEN 7 sur 8 Vedettes emploient la Lotion Jergens.Etonnamment améliorée.Rend les mains encore plus douces et lisses ; protège plus longtemps contre les mains rêches et gercées.Grâce aux recherches de guerre, Jergens est plus efficace que jamais, gardant toujours ses deux remèdes lénitifs \u2014 bénis de bien des docteurs.Apaisement immédiat des gerçures.Et l\u2019emploi régulier de la Lotion Jergens peut empêcher cette humiliation.N\u2019est jamais grasse ; ne colle pas.Reste toujours 10c à $1.00 pour ces soins préférés des Vedettes.Pour les Mains les plus Douces et Adorables, prenez la LOTION JERGENS (Fabrication Canadienne) Plus Efficace que jamais\u2014depuis les Recherches de Guerre 22 fond duquel un espoir se levait fixé sur le pilote : \u2014Précieuse.pour qui, monsieur Cartier ?Daniel se baissa pour ramasser un de ses gants tombe a terre.\u2014 Mais.pour votre père, mademoiselle.\u2014 Vous avez oublié au moins une personne, monsieur Cartier, qua ma mort désespèrerait.Daniel Cartier se retourna, raidi soudain dans l\u2019attitude militaire qu\u2019il semblait, une fois pour toutes, avoir volontairement adoptée dans ses rapports avec mademoiselle Morand.Il demeura muet un instant, fixant au- delà de Geneviève la carte mondiale du mur; puis, ramenant vers la jeune fille un regard plus assuré et des forces nouvelles.Un instant, il parut hésiter, mais, baissant les yeux comme un coupable, il prononga enfin avec effort : \u2014Qui?.Mais monsieur l\u2019abbé Morand votre oncle, mademoiselle.Une sorte de sourire ironiquement triste traversa le visage de Geneviève, et ses deux mains pressèrent plus nerveusement les dossiers devant elle empilés.\u2014 Très bien, monsieur Cartier, dit- elle.C'était, bien entendu, à mon parrain que je pensais aussi.La jeune homme ne répondit point.De nouveau il se dirigea vers la porte.Rapidement, comme si le sol brûlait sous ses pas, il en franchit le seuil, et, quittant l\u2019esplanade, descendit vers le terrain.Quand elle l\u2019eût perdu de vue, Geneviève abandonna sa place et vint jusqu\u2019au centre du bureau où le grand fauteuil vert de monsieur Morand tendait ses bras d\u2019acier.Avec, dans toute son attitude, un découragement profond, la jeune fille s\u2019y assit et laissa dans ses belles mains jointes sur la table reposer le fardeau de son front creusé, tandis qu\u2019elle murmurait douloureusement : \u2014 Mon Dieu! il ne parlera donc jamais ! Quelques instants dont elle n\u2019eut pu évaluer la durée elle demeura prostrée, inerte dans son abattement, et ce fut seulement le bruit de la porte glissant sur elle-même, qui lui rappela son père, et la fit se redresser consciente du lieu où elle se trouvait.L'industriel, après avoir d\u2019un regard circulaire fait le tour de la pièce, parut très étonné.\u2014 Cartier n\u2019est donc plus avec toi ?questionna-t-il, je croyais qu\u2019il devait m\u2019attendre.\u201411 a probablement trouvé que vous étiez long a venir.\u2014 Mais, mon petit, je lui avais demandé de passer à côté en se retirant, et je n\u2019ai tardé que pour vous donner le temps nécessaire à vos explications.Si j'en juge d\u2019après ton visage, elles ont été plutôt orageuses, n\u2019est-ce pas\u201d?La sonnerie du téléphone qui retentit au même moment ôta à Geneviève l'embarras de répondre.Abandonnant son père à l\u2019invisible auditeur, elle s\u2019avança de nouveau jusqu\u2019au balcon, et, le front appuyé aux vitres, laissa ses yeux parcourir le terrain d'essai.Il était vide, maintenant.L\u2019avion de Cartier avait été rentré, et, par la porte entr\u2019ouverte du hangar qui bordait la prairie, on apercevait la partie de son aile droite attachée au fuselage, qui, en recul de cet étroit carré noir, se profilait, gigantesque.\u2014 Une visite qui te fera plaisir, Geneviève ! La jeune fille tressaillit.Elle n\u2019avait point écouté un seul mot de la conversation échangée.Revenant vers son père qui souriait : \u2014 Qui est-ce ?demanda-t-elle.\u2014 Maxime.\u2014 D'où vous parlait-il ?\u2014 Il était en bas, chez le concierge.Geneviève releva la tête dans un mouvement de surprise.\u2014 Depuis quand Maxime s\u2019annonce- t-il à vous d\u2019une aussi cérémonieuse façon ?\u2014 Mais.c\u2019est la première fois, mon enfant.Il me croyait, a-t-il dit, en conférence avec un journaliste et craignait de nous déranger.D'\u2019ailleurs, il nous expliquera cela lui-même, le voici.CHAPITRE Il OUSSANT, en effet, en habitué du lieu, la porte vitrée, où sa silhouette à la fois puissante et nerveuse venait de se découper en impression d\u2019ombra sur le soleil couchant, Maxime de Chanceray apparut.Il était de taille au-dessus de la moyenne et cependant le parfait équilibre de ses proportions retardait tout d\u2019abord l\u2019impression qu\u2019il fut grand.Si on le remarquait par la suite, cela n\u2019ajoutait rien au charme que déjà le jeune homme exerçait par la vigueur robuste et tranquille qu\u2019on lui devinait, l\u2019autorité de l\u2019attitude, l'élégance du geste, ce je ne sais quoi, enfin, de racé, dont toute sa personne portait l'empreinte indéniable, et la grave bea-té du visage: une face halée de méhariste qui paraissait avoir bu tout le soleil du désert pour lirradier autour d\u2019elle, un profil net, et cependant trés doux, un regard ardent ou l'infini des espaces se reflétait, cent fois multiplié par la flamme intérieurs qui l\u2019habitait.Pour accueillir l\u2019arrivant, Geneviève eut un beau sourire lumineux, un sourire qui transforma instantanément son visage, et monsieur Morand s\u2019avança vers lui les mains tendues.C\u2019étaient, en réalité, des liens déjà anciens et dont l\u2019immuabilité avait été éprouvée par les années, qui unissaient Maxime de Chanceray, dernier descendant d\u2019une des plus vieilles familles de l\u2019aristocratie parisienne, à Victor Mo- rand, industriel enrichi et fils de ses œuvres.Un même petit village de la banlieue de Paris, un de ces clairs villages de l\u2019Ile-de-France, qui, entre Seine et côteau, étalent leurs constructions, nettes comme des jouets neufs, avait vu grandir Victor et Pierre Morand à la maison d\u2019école, Maxime et Gilles de Chanceray entre les murs de leur vieux château.Et ceux-ci avaient été les inséparables compagnons de ceux- là, malgré la différence de fortune, de rang, d\u2019habitudes, de labeur ; en dépit même d\u2019un écart d\u2019âge assez prononcé, puisque Maxime n\u2019était presque point sorti de l\u2019enfance quand Victor Mo- rand comptait déjà les années d\u2019un homme.Puis, les événements avaient nivelé les destinées et changé des dispositions qu\u2019on eût pu supposer immuables, sans refroidir en rien des amitiés d'une trempe particulière.Le frère cadet de monsieur Morand, attiré par le sacerdoce, s\u2019était donné à Dieu.I vivait simplement, obscurément, au sein de cette paroisse qui l'avait vu naître ; et le maintien de son ministère en ce lieu cher à son cœur, était le seul avantage qu\u2019il ait voulu accepter de l\u2019élévation de son frère et de son influence.Car Victor Morand, lui, était monté.Son intelligence, sa puissance presque surhumaine de travail, son indomptable volonté, l\u2019avaient amené au faîte d\u2019une situation enviable, a laquelle, d'\u2019ailleurs, sa droiture et sa modestie enlevaient toute insolence.Du côté des Chanceray, la mort avait fait le vide.Il y avait déjà plusieurs années que Gilles de Chanceray s\u2019était tué dans un accident d\u2019automobile.Sa femme, qui l\u2019accompagnait, n\u2019avait pas été épargnée.Ils ne laissaient point d\u2019enfants, mais cette double disparition faisait tout de méme une orpheline: la jeune sceur de madame Gilles qui était pauvre et ne possédait plus, proche ou lointain, aucun parent.Sim- LA VIE COURANTE .par George Clark radio.\u2014 M'est d'avis que nous ferions bon ménage avec nos voisins d'à côté.Nous lisons les mêmes magazines et écoutons les mêmes programmes de La Revue Populaire plement, Maxime accueillit chez lui cette étrangère et l\u2019y garda.Monsieur de Chanceray père n\u2019avait en effet jamais désiré qu\u2019un enfant, un fils, bien entendu, afin que fussent réunis sur une même tête et plus brillamment représentés toutes les gloires anciennes des Chanceray, leur fortune actuelle et leurs biens présents.Aussi, son aîné, qui lui ressemblait trait pour trait, avait-il dès sa venue flatté son orgueil, capté ses espoirs et retenu sa puissance d'affection.Maxime, lorsqu\u2019il naquit, se trouva le malvenu, le demeura toujours et ne fut point aimé.En vain, madame de Chanceray qui était une créature tendre et bonne ten- ta-t-elle de contrebalancer par un surcroît d\u2019amour la part paternelle dont il était frustré.Elle ne vécut point assez pour que son rôle soit bienfaisant, et, après son départ, l\u2019âme profondément juste et sensible de Maxime, ressentit plus douloureusement encore l'impression d\u2019être au foyer l\u2019indésirable, l\u2019intrus, celui qui volait un légitime héritage.Les dispositions testamentaires de M.de Chanceray se révélèrent aussi parfaitement injustes que l'avait été, de son vivant, sa conduite.Ses fils recevaient bien de sa fortune une part égale et dont l\u2019importance eût comblé les plus difficiles; mais Belle-Ile, la demeure ancestrale, le berceau de sa famille, la maison natale de ses enfants, revenait en propre à Gilles, à son fils aîné, celui qui seul, d\u2019après lui, était digne de la posséder, non pas uniquement, disait-il, à cause de la supériorité de son caractère.mais encore en vertu de ce droit d\u2019aînesse dont il s\u2019était fait une loi.Ce fut pour Maxime un rude choc que la révélation de cette volonté dernière.Ainsi, c\u2019en était fait! Il se trouvait chassé de cette vieille maison qu\u2019il adorait ; qui, en dépit des injustices dont il y avait souffert, avait toujours été pour lui à la fois un monde et un paradis; dont chaque arbre du parc recélait une tendresse et la moindre pierre des murs épais un souvenir! Il était désormais, vis-à-vis de ces chères choses de son enfance dont le regret saignait cruellement en lui, aussi dénué qu\u2019un simple passant, un vagabond de la route, qui, apercevant les frondaisons sombres entourant le massif édifice, ses quatre tours rondes et élancées coiffées d\u2019ardoise et ses admirables lucarnes à frontons crossés d\u2019acanthe, pourrait les admirer au delà des barrières mises, mais non point - franchir celles-ci.Dès qu\u2019il connut son dépouillement, la résolution de Maxime fut prise.Rien ne le retenait: nulle attache, nul devoir et point d\u2019affection ; il était libre et décida de s\u2019expatrier.Fuir la France pour errer à travers le monde au gré de son désir, parcourir des pays inconnus dont les beautés nouvelles fassent momentanément oublier celles inégalables et à jamais ravies de Belle- Ile ; n\u2019être plus qu\u2019un voyageur qu\u2019aucun lien n\u2019attache à aucun lieu et dont l\u2019errance inentravée peut durer des mois ou des années, voilà le seul remède que le jeune homme eut trouvé à son mal.C\u2019était, en effet, le meilleur.Et, durant des années, Maxime de Chanceray avait parcouru la terre; parfois, quand une de ses haltes secourables l\u2019arrêtait au gré de la souffrance humaine en quelque lieu perdu, il bénissait cette force qui l'avait poussé, en dépit des sarcasmes de son père, à étudier la médecine, à poursuivre une science dont il n\u2019avait pourtant jamais envisagé de faire profession.Et si ces mots dont son impitoyable père l\u2019accablait autrefois: On n\u2019a jamais vu un Chanceray docteur ! revenaient alors à son esprit, ils n\u2019y réveillaient plus l\u2019amertume mais seu- Montréal, février 1947 23 - \u2014aspol [6 S.La jolie vedette, Elyse Knox, l'a.un teint éclatant du matin au soir.\u2018Pour un nettoyage qui embellit aussi .1 il faut la Crème Intégrale Woodbury ! T ya H 5 A x Cet \u201cAspect Toujours Frais\u201d Merveille Magique Woodbury Nettoyez avec la Crème Intégrale Woodbury; pressez avec les doigts en remontant.Essuyez.poussière et maquillage.Remettez de la Crème pour adoucir.Les quatre lénitifs Woodbury sont.embel- - \u201clissants.Vif rinçage à l'eau froide.Et fa peau a cet \u201cAspect Toujours Frais.\u201d PROBLÈMES SPÉCIAUX DE LA PEAU Peau Sèche: nettoyage Crème Wood- bury.Woodbury Special Dry Skin Cream pour adoucir\u2014riche en lanoline.Sous le fard, Woodbury Creampuff Powder Base.La peau a une fraîcheur ma- xa tinale après ce bain de rosée qu\u2019offre la Crème Intégrale Woodbury.Même Baby Sharon admire la beauté \u201cToujours Fraiche\u201d de sa mere.Comme dit Elyse Knox : \u201cAu petit matin \u2018se faire la figure\u2019 \u2014 avec la Créme Intégrale Woodbury \u2014 produit l\u2019effet ma- Sique.Embellit en nettoyant.Essayez!\u201d La délicieuse Elyse avec son xa mari adorateur, l\u2019as du football, Tommy Harmon.elle a la peau étincelante aprés son nouveau nettoyage Magique Woodbury.\u201cLa Creme Intégrale Woodbury enléve en un instant la saleté de l\u2019atelier et mon maquillage.rend ma peau resplendissante ! \u201d Peau Grasse: Woodbury Liquefying Cleansing Cream.Légére, fond sur la peau.Woodbury Vanishing Facial Cream -pour finir.Ne luit pas.Stericin dans toutes les Crèrges Woodbury les purifie; protège contre les germes poussibreux.ED FABRICATION CANADIENNE Woodbury encore.Nettoyage BX de Crème Intégrale Woodbury, \u201cUne couche légère,\u201d dit Elyse, \u201cadoucit pendant la nuit!\u201d Les 4 huiles fines de Woodbury embellissent.Suivez la Merveille Magique Woodbury pour le tour de cadran avec l\u2019\u2018\u201c\u201cAspect Toujours Frais\u201d! 24 lement un doux triomphe et une intime joie.Pendant ce temps, inutile et prodigue, Gilles de Chanceray se ruinait.Il y employa, d\u2019ailleurs, non pas un seul, mais à peu près tous les procédés connus, afin probablement que le résultat fut plus vite acquis : les courses, le baccara, le luxe, l\u2019oisiveté et de hasardeuses spéculations.En vain M.Morand tenta-t-il d\u2019user de son influence pour enrayer la débâcle ou la retarder: Gilles acceptait bien de son amitié certains prêts, mais point de conseils: et, fatalement, l'instant vint où l'aîné des Chanceray se trouva en possession d\u2019une telle formidable culotte, qu\u2019il devenait impossible, même au plus généreux des amis, de le tirer sans garantie d'un aussi mauvais pas.Quelques années avaient suffi pour qu\u2019une fortune entière coulât de ses mains insouciantes.M.Morand, instruit à l\u2019avance, n\u2019eut d\u2019ailleurs point la gêne de faire comprendre au joueur malchanceux que toute amicale complaisance possède des limites ; car, lorsque celui-ci se présenta à son bureau, blême et désemparé, ce fut non pour crier l\u2019appel au secours auquel l'industriel s\u2019attendait, mais bien pour lui proposer sans détours ni préambules, d\u2019acheter Belle- Ile.Il faut avouer, tout à sa louange, que malgré l\u2019intime et vive satisfaction que lui causait cette offre, les premiers mots de Victor Morand furent pour rappeler à Gilles l\u2019existence de son frère et l'opportunité qu\u2019il y aurait à lui céder plutôt qu\u2019à un autre son domaine.Observation très juste, mais d\u2019une réalisation impraticable.Maxime, en effet, voyageait au loin.Où ?nul n\u2019eût pu le dire avec précision, car il donnait rarement de ses nouvelles, et si parfois un bref message annon- gait qu'il se trouvait ici, on pouvait être sûr qu\u2019à la réception de celui-ci il était déjà ailleurs.Or, de mémoire d'homme, une dette d'honneur n\u2019a jamais attendu qu\u2019on retrouve à travers le monde un voyageur égaré.M.Mo- rand devint donc, si rapidement qu\u2019il eût d\u2019abord quelque peine lui-même à s\u2019en convaincre, propriétaire du Château de Belle-Ile ou son admiration d\u2019enfant s\u2019était jadis exaltée, sans que, depuis, son ambition d\u2019homme ait osé en souhaiter la possession, méme en rêve.Peu de temps après, une embardée brutale sur une route glissante, rayait Gilles de Chanceray du nombre des vivants; et Maxime enfin atteint par la nouvelle, ne rallia à grands coups d\u2019ailes le sol paternel, que pour trouver la tombe de son frère refermée et Belle-Ile vendu.En cette circonstance monsieur Mo- rand montra le tact d\u2019un véritable gentilhomme.Malgré le sacrifice moral que cette abdication comportait, il offrit au jeune homme de lui revendre Belle- Ile dont il était légitime qu\u2019il fut dé- sprmais le possesseur.Avec non moins de noblesse Maxime refusa.Ce qui avait été la rançon de l'honneur des Chanceray devait rester aux mains qui l\u2019avaient sauvé, aux mains par son frère choisies.Et si cette subtilité de sentiments, peu commune à notre époque, son frère, le prêtre, n\u2019en fut aucunement surpris.Ils insistèrent, mais en pure perte.Et cependant, Maxime, sans se l\u2019avouer à lui-même, commençait à ressentir la lassitude de son existence vagabonde et le désir d\u2019un foyer.Avant de repartir, car il repartit une fois encore, il avait installé dans son petit hôtel du bois, occupé et gouverné en son absence par une vieille amie de sa mère, qui se fut, sans lui, trou- wée dans la gêne, la jeune belle-sœur de son frère, inconnue quelques jours avant, et seul héritage que celui-ci lui aît laissé.Il avait, en outre, prévoyant le jour prochain où la nostalgie de son pays le gagnerait, racheté un bien autrefois possédé par sa famille, un simple et vaste pâturage situé à une portée de fusil du parc de Belle-Ile, vierge de tout ce qui eût été une offense a la nature ou un obstacle au regard, et confié & un architecte réputé le soin de lui bâtir là une demeure.Ce ne fût que bien après l\u2019achèvement de cette construction nouvelle, bien après que mademoiselle Rose et la jeune Sonia l\u2019eurent aménagée ; exactement lorsque la haie de cyprès décoratifs qui délimitait sa propriété du côté de Belle-Ile fut assez haute et touffue pour masquer en grande partie celui-ci, que Maxime revint.Et il y avait six mois, jour pour jour, qu\u2019il avait touché la France, ce soir de mai, où, après s\u2019être annoncé, il pénétra dans le bureau de M.Morand.\u2014 Bonjour, docteur, murmura Geneviève.Sans répondre, Maxime considéra la jeune fille en souriant, puis, s\u2019adressa à son ami.\u2014 C\u2019est enfantin, dit-il.J\u2019ai remarqué que ce titre de docteur qu\u2019elle me donne parfois, devenait entre ses lèvres une appellation agressive, lourde de menaces et qui sonnait la guerre ; et je n\u2019ai jamais pu le lui entendre employer sans frémir intérieurement comme à l\u2019approche d\u2019un danger.La jeune fille haussa légèrement les épaules tandis que son père se mettait à rire.\u2014 Et maintenant, pria-t-il, peut-être jugeras-tu opportun de nous dire en vertu de quels rites nouveaux tu as demandé, tout à l'heure, la permission de monter jusqu'ici ?Cela aussi est simple, et je t'ai déja répondu.Je te croyais en conférence.\u2014 Avec qui?\u2014 Surgères.Victor Morand sursauta dans son fauteuil, toute velléité de plaisanterie tombée, tandis que son visage naturellement coloré prenait une teinte plus foncée encore.\u2014Je ne recevrai point ce garçon, scanda-t-il d\u2019un ton sans réplique.Un étonnement se refléta dans le regard du jeune homme.\u2014 Et depuis quand ne reçois-tu plus les journalistes ?questionna-t-il.\u2014 Depuis qu\u2019ils ont l\u2019audace de demander la main de Geneviève.La jeune fille rougit, et, touchant l\u2019épaule de son père : \u2014 Ce sont des choses qu\u2019on ne doit pas dire, murmura-t-elle.\u2014 Et pourquoi donc ?tempêta monsieur Morand.Pourquoi me priverais- je de traiter comme il le mérite ce petit monsieur ?Est-ce parce que son père possède un journal, de hautes relations et une fortune convenable ; ou que lui-même est de bonne force au golf, s\u2019habille à Londres et écrit des articles dans la paternelle feuille de choux ?.toutes raisons insuffisantes, à mon avis, pour lui jeter avec ravissement ma fille dans les bras.Maxime réfléchit quelques secondes: \u2014 Tu as peut-être tort, dit-il.Le père Surgères est puissant, et comme, d\u2019après ce que tu m\u2019apprends, je le suppose assez mal disposé à ton égard, il serait plus sage de ne pas s\u2019en faire un ennemi.Mais monsieur Morand était buté.Le pli qui barrait son front l\u2019indiquait d\u2019une façon certaine.Geneviève était déjà debout et rassemblait autour d\u2019elle les pièces de son habillement dispersées.Sans mot dire Maxime l\u2019aida à passer son manteau.\u2014 Vous attendrai-je pour dîner, ce soir, père ?demanda-t-elle.\u2014 Oui, mon enfant, à moins d\u2019imprévu je te promets d\u2019être exact.Seulement, comme j'ai à travailler tard à la maison et que le concours de Cartier m\u2019est nécessaire, il partagera notre repas si tu le veux bien.Geneviève rougit légèrement, et, par une sorte de réflexe dont elle s\u2019en vou- LA VIE COURANTE .par George Clark \u2014 Je lirais beaucoup plus si ça ne m'engraissait pas tellement.Pour lire il me faut ma boîte de chocolats.La Revue Populaire lut aussitôt, ses yeux se levèrent sur Maxime dont ils rencontrèrent le regard; ce grave et pénétrant regard qui semblait, avec une incroyable perspicacité, lire jusqu\u2019au fond des âmes.Une fois de plus, la jeune fille eut la certitude d\u2019avoir été devinée, et elle, s\u2019en irrita comme d\u2019une violation.En même temps un obscur sentiment l\u2019avertissait qu\u2019elle n\u2019aurait point, en cette occasion, un allié dans la personne du docteur.Aussi les yeux qu\u2019avaient rencontrés ceux du jeune homme de- vinrent-ils durs tout à coup et comme métallisés par une bravade secrète, tandis que Geneviève répondait : \u2014 Très bien, je ferai donc mettre trois couverts.Tranquillement Maxime s\u2019avança.\u2014 Quatre, pria-t-il, Geneviève.Mille Rose et Sonia sont à la campagne.vous ne voudrez pas me condamner à une aussi pénible solitude.La jeune fille saisit brusquement son sac à main, et, riant avec une sorte de nervosité : \u2014Entendu, dit-elle.Vous avez, Maxime, une façon tellement attendrissante de vous poser en victime qu\u2019on aurait fort mauvaise grâce à vous résister.Puis, elle s\u2019avança vers la porte, et voulant bien marquer sans doute qu\u2019elle ne désirait pas être accompagnée : \u2014 Au revoir tous les deux, dit-elle.A tout à l\u2019heure.CHAPITRE Ill ANS L\u2019AUTO, qui, à travers Paris, la ramenait à son hôtel de Passy, Geneviève Morand demeurait soucieuse ; et la contraction de ses fins sourcils indiquait une méditation grave, profonde, peut-être douloureuse, en tout cas pénible.Contrairement à son habitude, elle était passée sans s\u2019y arrêter devant le dispensaire de l\u2019usine ; dispensaire fondé et entretenu par monsieur Morand à l\u2019intention de son personnel, et qui, sans être une annexe directe des bâtiments de l\u2019usine, ne s\u2019en trouvait séparé que par trois ou quatre cent mèê- tres, et dressait, dans une rue proche, sa façade abondamment ajourée de moderne hôpital.Une à une, et sans que la jeune fille y prit garde, les grandes avenues défilaient sous ses yeux, toutes baignées de cette douce et lumineuse clarté si particulière aux beaux soirs parisiens, La voiture repartit.Bientôt ce fut Passy avec ses villas simples ou somptueuses, demi-cachées dans la verdure ou fièrement retirées derrière d\u2019aristocratiques grilles.Plusieurs tours de roues encore, et la Packard, après avoir franchi l\u2019une d\u2019elles et écrasé quelques mètres durant le sable d\u2019or d\u2019une spacieuse allée, s'arrêta devant un hôtel particulier au crépi blanc, aux ferronneries rutilantes, dont un péristyle à colonnes, surélevé de quelques marches, abritait la porte d\u2019entrée.Tout autour, un jardin à la française, un peu raide d'aspect, un peu compassé de lignes, tirait pourtant le plus heureux effet du contraste savamment ménagé entre les corbeilles éclatantes de fleurs et la sombre verdure de groupes d\u2019arbres caducs.L'intérieur de l'habitation raffermissait cette impression de luxe de bon aloi qu\u2019avait donnée sa vision extérieure.Un modernisme sans outrance avait présidé à son aménagement et à sa décoration ; un modernisme en quelque sorte classique, et qui tirait toute sa réussite des belles matières employées : bois précieux, marbres splendides, glaces rares, plutôt que d\u2019une recherche extravagante des lignes.Geneviève mit pied à terre, congédia le chauffeur, et pénétra dans la villa où elle donna immédiatement les ordres mécessaires à l\u2019ordonnance du repas.Puis, après un rapide séjour dans sa chambre, ayant échangé sa ro- Montréal, février 1997 25 einte la plus Nouvelle! Rien d' étonnant que cette reine des rouges = hed °°} À pd Ly ; 9 \u201cbeautés de Holaod \u201cMajesty, Tangee\u2014soit la sensation de New-Yoket | oo Half\u201d du Red Majesty.\u2018de Hollywood.C'est que cette nouvelle teinte de ~~~ \u2018 a rouge est la plus royale de toutes.Vous serez mervedlée de son effet sur vos lèvres! ; Le plus Chic Étui de 1947 | D roier cri \u201cd'élégance d'après-guerret Étui d'un ; cuivre brillant \u2014 délicatement gravé.Votre Red Majesty.surgit avec un simple coup de pouce.Le Rouge a Lèvres le plus Répute Amérique : Des experts touf à fait impartiaux ont dirigé récemment une enquête à laquelle furent soumis les 27 bâtons de rouge les plus connus.Le rouge à à lèvres \u201c Tangee au Fini-Satiné se classa er .tout particu- fièrement porce qu'il s'applique 1 très Ÿ \u2018adhère plus.longtemps.in CONSTANCE LUFT HUHN directrice de la maison Tangee et créatrice du Rouge à Lèvres Tangee Red Majesty et du \u2018\u2019cake make-up\u2018 au Fini-Pétalé.VOUS VERREZ COMME VOUS POUVEZ ÊTRE JOLIE 26 be de laine contre une autre, plus légère, en mousseline bleu pastel jonchée de violettes, elle redescendit au rez-de-chaussée et se dirigea vers un bureau attenant à la salle à manger, avec l'intention d\u2019y écrire quelques lettres.Ah! ne pouvait-on rien, vraiment, contre ce souci lancinant et douloureux qui la poursuivait sans trêve, contre ca lourd chagrin dont chaque instant de sa vie était empli, contre cette fatalité qui la rivait, elle, en dépit de sa beauté, de sa richesse, ou plutôt à cause de cela à la plus triste des renonciations, au plus cruel des sacrifices!.Car Daniel ne parlerait pas, il ne parlerait jamais.Elle le connaissait assez, maintenant, pour savoir que, dût sa vie en dépendre, il demeurerait les lèvres closes, scellées sur le secret de son amour, farouchement ; discipliné désormais et à l\u2019abri de toute surprise par l\u2019orgueil et par l\u2019habitude.Et pourtant, comme il l\u2019aimait! Geneviève avec une émotion profonde repassait dans son esprit tout ce qui lui avait, à l\u2019insu du jeune homme, dévoilé cette passion secrète et si bien défendue : ses hésitations, ses silences, ses craintes et jusqu\u2019à son clair regard avide d\u2019espace, fait semblait-il pour supporter l\u2019éclat du soleil, et qui se baissait, ébloui, devant le sien.Oui, il l\u2019aimait, mais sa fierté était trop haute, son honnêteté trop grande, ses scrupules trop inébranlables pour se laisser aller à cette affection ardente dont toute la lâcheté lui apparaissait \u2026.qu'\u2019était-il donc en face de Geneviève ?un simple ingénieur sans valeur particulière, un obscur rouage de cette industrie dont elle était la souveraine, un employé inconnu hier, oublié demain, à moins que, vaincu, il ne devienne celui dont on dirait d\u2019un ton plein de sous-entendu et en se poussant du coude : ; \u2014Il'à épousé la fille de son patron! Voila ce qui devait, Geneviéve en était certaine, hanter l\u2019esprit de Daniel ; voila ce qui faisait absolue sa résolution de silence, et inflexible son choix de souffrir.Et le temps passerait sur cet orgueil coupable, sans pouvoir l\u2019entamer, ni le faire plier.le temps, qui, à la longue, aurait pourtant sa revanche, et, transformant en cendres le bel amour dédaigné, ne laisserait plus en leurs cœurs las qu\u2019un foyer vidé où les derniers regrets mêmes se seraient consumés, Le soir \u2018descendait, calme, fondant les couleurs des parterres en des teintes estompées et plus harmonieuses.La brise avait fraîchi et secouait mollement un rosier précoce accroché à une des colzrines du péristyle et dont une branche retombante heurtait par instant le mur tout près du visage de Geneviève; une paix sereine enveloppait ce coin de terre où les bruits de là rue ne parvenaient qu\u2019assourdis.Le contraste entre ce calme et l\u2019agitation dont son esprit était habitué parut tout à coup insoutenable à Geneviève.Doucement, sur ce soir trop clair, elle referma la fenêtre, et prenant au passage un livre ouvert sur un guéridon, gagna un large fauteuil de soie marine capitonné, situé à l\u2019autre extrémité de la pièce.Elle avait à peine parcouru distraitement quelques pages quand des pas aussitôt reconnus dans le vestibule lui annoncèrent l\u2019arrivée de Maxime de Chanceray.Sans laisser au valet de chambre le temps de l\u2019introduire, elle alla à sa rencontre, désireuse d\u2019effacer par son accueil la nervosité à peine motivée dont le jeune homme avait eu à souffrir tantôt par elle.Geneviève possédait une nature essentiellement juste et qui lui faisait toujours, le premier mouvement passé, reconnaître des torts dont elle ne pouvait supporter le poids sans chercher aussitôt à les réparer.Maxime venait d\u2019entrer dans la pièce et son beau profil brun se détacha vigoureusement sur les murs bleu de cobalt de celle-ci.\u2014 Mon Dieu, Geneviève, s\u2019écria le jeune homme en désignant la robe claire dont sa compagne était vêtue, dites-moi donc: Avez-vous commandé votre robe pour votre salon ou votre salon pour votre robe ?La jeune fille sourit.Bien qu\u2019elle ne fût point coquette, ce compliment d\u2019une bouche qu'elle en savait avare, lui causait un certain plaisir.Alors seulement elle se rendit compte que le tissu de sa robe était de ton exactement semblable à la peinture des murs, de sorte que, dans ce cadre si parfaitement en harmonie avec sa personne, son vêtement se fondait, et, seul, son visage entouré d\u2019une chevelure brune à reflets d\u2019or haut relevée sur le front, ressortait, prenant une valeur part'\u2018- culière.\u2014 Fi! murmura-t-elle en indiquant auprès du sien un fauteuil à l\u2019arrivant, des compliments entre vieux amis comme nous!.Savez-vous que cela serait presque ridicule, Maxime.\u2014 Dites anciens, Geneviève, corrigea le jeune homme en choisissant une cigarette dans le coffret en bois des Îles qui lui était présenté ; à mon âge on supporte mal certains termes.Ne fumez-vous pas ?Geneviève se mit à rire, tout en secouant négativement la tête.\u2014 Vraiment, s\u2019écria-t-elle, je n\u2019avais jamais songé à voir en vous un patriarche! Maxime sourit vaguement, et, tout en faisant avec distraction tomber la cendre de sa cigarette dans un petit sachet de cuir astucieusement accolé au bras du fauteuil : \u2014 Je suis le camarade de votre père, dit-il.\u2014 Son camarade, peut-être, mais point tout à fait son contemporain.il y a une nuance.Le regard que le docteur tenait baissé se releva et vint gravement interroger la jeune fille : \u2014 Pensez-vous vraiment cela, Geneviève ?Sous le ton indifférent, elle décela une anxiété réelle, aussi se fit-elle mi- plaisante, mi-sérieuse, pour affirmer : \u2014 Aussi vrai que nous avons l\u2019un pour l'autre une affection trés vive.fraternelle.inchangeable, Maxime, je vous trouve et vous étes véritablement jeune.plus jeune que papa, bien entendu, infiniment plus qu\u2019aucun des jeunes gens de notre entourage, plus que le docteur Taïberg, plus que Surgères, plus que Cartier.Le crissement du sable des allées, entraîné par la rapidité d\u2019une course qui était hors des habitudes de M.Mo- rand, fit se dresser ensemble Maxime et Geneviève, La jeune fille était allée vers la fenêtre dont elle souleva un des rideaux de tulle, et son compagnon qui l\u2019observait, vit passer sur son visage mobile une déconvenue.\u2014 Père est seul, dit-elle.Le jeune homme allait à son tour regarder au dehors, mais déjà Victor Morand pénétrait dans la pièce; un Victor Morand au teint encore plus vif qu\u2019à l\u2019ordinaire, au sourcil en bataille, à l\u2019air tout à la fois désolé et furieux de celui qu\u2019une grave déconvenue vient d\u2019atteindre.\u2014 Eh bien, questionna aussitôt Maxime, qu\u2019arrive-t-il ?Geneviève devint très pâle, et ses mains, pour se raccrocher à quelque chose, saisirent le bord d\u2019un guéridon.\u2014 Un accident ?balbutia-t-elle la voix tremblante.Monsieur Morand se retourna vers la jeune fille.\u2014 Non, répondit-il, mais presque aussi ennuyeux pour moi.Et, sans préambule : \u2014 Tiens-toi bien, Cartier nous quitte! LA VIE COURANTE .par George Clark \u2014 J'ai décidé de ne plus faire de dettes pour nos achats.A l'avenir, tout va se payer comptant, même s'il faut emprunter ! La Revue Populaire Les yeux de Geneviève s\u2019agrandirent.: \u2014 Nous quitte.répéta-t-elle interrogativement comme si elle n\u2019avait pas, du premier coup, découvert le sens de la phrase.\u2014 Oui, reprit assez brusquement M.Morand, il m'a, si tu le préfères, prié de lui trouver un remplaçant dès que je le pourrai.Comme si un ingénieur de sa qualité se trouvait sous une hélice.Ah! cela te surprend aussi, poursuivit-il remarquant le visage atterré de Geneviève.C\u2019est la réalité, pourtant.Va, tu peux mettre ton esprit à la torture pour chercher à deviner les raisons d\u2019une si brusque décision, te demander quels puissants mobiles ont pû déterminer ce garçen à abandonner une situation enviable ; tu ne trouveras pas, plus que je ne l\u2019ai trouvé moi-même, à ce que je m'\u2019obstine à appeler un coup de tête, l\u2019ombre d\u2019un motif ! Et l'industriel ponctua cet aveu d\u2019impuissance d\u2019un vigoureux coup de poing donné sur l\u2019accoudoir du fauteuil.Les jambes fauchées, Geneviève s\u2019était assise sur un divan bas à quelques pas des deux hommes.Elle ne songeait pas à dissimuler son trouble; elle écoutait, la tête penchée, la voix de son père; mais les paroles dites lui parvenaient indistinctes, tandis que d\u2019autres entendues le soir même, mais comprises maintenant à peine, résonnaient douloureusement dans son esprit : \u2014» z m n m mjol|» z|o|-|4|»/j0/® D æ milly u|2|DJ[T M AIMJS [AIT cl» ™ 3 > m| mjaimi-|z cje|-[=|9 cix i] m ® A|P[C [910 4 c a S © mle] n=] x|Clo|\u2014-|w m ® =] mliA(n]-|o m|ialm|=|o c = a[me]m]o]m w -Jojz|n njz[m[a|a]o a z|[r|v Z|>|rjm|u a m|-|c|rin RR m m ~ clx D|D|JCJOJU x|c{m|-jz w ml2/-|mx mi ZT|m|R|R]| =| Ow |wixa|T \u2014-|=]Z]|=|w mn z|- ws|æ|>|w c|-|v fw \u2014|m|r wm n P|-ju o12 n alam \u2014-l mln] E m z z Solution du Problème du mois dernier Cette fenêtre s\u2019ouvrit soudain et une femme s\u2019y accouda.\u2014 Mon Dieu quelle belle soirée ! murmura pour elle-même mademoiselle Rose.Allons, les enfants y verront aussi clair qu\u2019en plein jour pour rentrer.«Les enfants», selon le vocable fantaisiste de mademoiselle Rose, étaient Sonia et Maxime convives à Belle-Ile, où, ce soir même, quelques familiers du château réunis fêtaient les fiançailles de Geneviève.Elle-même s\u2019en était retournée tantôt, peu après la fin du repas.\u2014 Il n\u2019est pas bon de veiller très tard pour les vieilles personnes, avait-elle objecté à l\u2019abbé Morand qui essayait de la retenir.Mademoiselle Rose regarda encore devant elle l'ombre claire et soupira.Elle se sentait, en dépit des efforts faits pour s\u2019y soustraire, envahie par une mélancolie qui était, lui semblait-il, une sorte de dédoublement de la peine d\u2019une autre.Et, de nouveau, le pâle visage aux yeux brillants de fièvre la visita.Elle secoua avec mécontentement la tête en murmurant : \u2014 Je deviens tout à fait folle.Puis, prête à rentrer, elle pencha une | dernière fois au-dessus de la terrasse son corps osseux, immuablement vêtu d\u2019une robe noire à poignets blancs et col de guipure retenu par un beau camée, tourna à droite et à gauche sa tête fine où des cheveux neigeux ondulaient et poussa soudain une exclamation de surprise en apercevant celle-là même qu\u2019avec tristesse son esprit venait d\u2019évoquer : \u2014 Sonia !.que fais-tu donc là ?La jeune fille ne répondit pas, mais elle quitta sa place, poussa la porte d\u2019entrée et pénétra dans la maison.Vivement la vieille demoiselle referma la fenêtre et alla à sa rencontre.Sonia s\u2019avangait, dans une robe d\u2019organdi blanc qui accentuait encore sa fragilité.Son cou et ses épaules aux lignes gracieuses mais pures, n\u2019étaient point d\u2019une blancheur plus grande que son visage aux paupières baissées où seule la bouche très rouge conservait quelque éclat.Les sourcils de mademoiselle Rose se froncèrent, et, sur son front soucieux, le nuage un instant chassé réapparut : elle demanda doucement à la jeune fille : \u2019 \u2014 Rentres-tu déjà, Sonia ?La pupille de Maxime secoua négativement la tête.\u2014 Non.je viens seulement chercher mon violon et de la musique pour le docteur Talberg.On lui a demandé là-bas de se faire entendre.et, bien entendu, il n\u2019avait point son instrument.Ayant dit, Sonia voulut continuer son chemin.Mademoiselle Rose la retint.\u2014 Et pourquoi donc n\u2019a-t-on pas | envoyé un domestique ?demanda-t- elle.La réponse vint, trop prompte pour n\u2019être point préparée.\u2014 Moi seule savais où se trouvaient les partitions.La vieille amie de Maxime n\u2019insista pas.S'étant détournée, elle gagna le bureau du docteur en laissant la porte entr'ouverte afin d\u2019entendre les pas de la jeune fille quand celle-ci traverserait de nouveau le vestibule.Elle devinait trop bien ce qu\u2019était pour Sonia cette course nocturne : une halte dans la souffrance, un apaisement très court, la possibilité de déposer son masque, de laisser crever son cœur dans un cri, un sanglot, avant de reparaître au festin des autres, convive oubliée du bonheur.Elle traversa les pelouses en courant, gagna la route, et quelques minutes après, la grille de Belle-He franchie, se retrouva devant le château.La Revue Populaire La cour d'honneur était brillamment éclairée par les torrents de clarté que déversaient les fenêtres grandes ouvertes des appartements ; et les ifs taillés dont la sombre bordure suivait la balustrade, émergeaient comme des bornes qui eussent délimité le domaine de la nuit.Au delà d\u2019eux, sous la voûte des arbres, c'était l\u2019obscurité et le silence.: Bien que ce repas de fiangailles fut presque uniquement une féte familiale, à laquelle seuls quelques proches amis prenaient part, M.Morand s'était fait un point d'honneur d\u2019y déployer un faste qui en compensa l'intimité.Les trois salons d\u2019enfilade, à peu près jamais habités, avaient été magnifiquement décorés, ainsi que la vaste salle à manger dont toute la massive argenterie, plats immenses et finement ciselés, lourds hanaps d'argent, brocs de cristal taillé à anse et capuchon de vermeil, marqués aux armes des Chan- ceray et extraits des profondeurs de vieux bahuts revoyaient le jour.La jeune fille avait elle-même désigné ses convives, et ils étaient peu nombreux.Les ingénieurs de l'usine : Arval, Ducos et Cartier, le docteur Paul Talberg médecin du dispensaire et sa mère s\u2019étaient assis autour d'elle, avec, bien entendu, l\u2019abbé.Morand, mademoiselle Rose et Sonia.La pupille du docteur pénétra dans le vestibule très haut, dont de lourds piliers soutenaient les arcades ogivales et s'arrêta un instant, le cœur rendu battant par sa course de biche poursuivie.Par une porte ouverte à deux battants on apercevait entièrement le salon directoire qui était le premier de l\u2019enfilade, et dans lequel, momentanément, les hôtes de Belle-Ile se trouvaient réunis.Sur la banquette basse du piano à- queue, madame Talberg qui devait accompagner son fils, était assise, causant tranquillement et selon toute probabilité musique, avec le docteur Paul, Arval et Ducos, tous trois debout.À l\u2019extrémité du salon, mun- sieur Morand, la main posée contre le mur, expliquait par le détail à Maxime la restauration qu\u2019avait rendu obligatoire, l\u2019année précédente, une grave dégradation des boiseries.Assis un peu à l\u2019écart dans les fauteuils gondoles tendus de soie paille si trompeusement confortables, l\u2019abbé Morand et Cartier, pareillement rêveurs, se taisaient.Et, proche des deux hommes, Geneviève, plus belle dans sa longue robe blanche brodée de nacre qu\u2019une vierge du Titien, rectifiait d\u2019une main distraite le jaillissement de splendides orchidées que contenait, posé à même le sol, un vase de bronze.Chacun des auditeurs avait gagné sa place en silence, et, dans la pièce recueillie, les génies appelés livrèrent leur âme immortelle.Geneviève s\u2019était retirée dans l\u2019embrasure d\u2019une fenêtre par un désir de solitude né dès le début de la soirée.Son regard, lentement, parcourut le salon, pesa sur les assistants, embrassa les tapisseries, les fleurs rares, glissa sur les lumières, inutile apparat destiné à ensevelir son triste cœur.Mais, lassée bientôt par ce douloureux contraste, elle se détourna vers le parc sombre et demeura ainsi, immobile, les bras appuyés à l\u2019accoudoir de granit, le visage offert à la nuit.Derrière elle les mélodies naissaient et se déroulaient émouvantes.L'âme profondément triste de Tchaikovsky disait le regret des amours perdus, l\u2019amertume des tendresses méconnues et des séparations ; puis, Beethoven de sa magnifique angoisse empoigna les cœurs.« Bonheur, n\u2019est-ce pas toi?.» où était-il son bonheur, son \u201cpauvre bonheur mort avant que d\u2019éclore ?.Sur son bras droit nu, sa main gauche reposait, ayant à l\u2019annulaire le rubis prin- Montréal, février 1947 cier, que, dès son arrivée, Maxime in- différent et sans tendresse y avait passé.Son doigt inhabitué au bijou en était presque meurtri et sa main lui semblait lourde comme l\u2019était son cœur du joug qu\u2019elle avait accepté.Les longs rideaux de taffetas frémirent à peine, et nul bruit ne décela que sa retraite était violée.Cependant, sans avoir besoin de se retourner pour vérifier le choc intuitif d\u2019ondes propagées, Geneviève sentit auprès d\u2019elle une présence, Elle ne bougea pas, n\u2019eut pas le moindre tressaillement, n\u2019ébaucha aucun geste au moment où, contre la balustrade de pierre, tout près d\u2019elle, Cartier s\u2019accouda.Les modulations de l'instrument montaient ainsi que de longs cris de tendresse joyeuse, la valse s\u2019exaltait, emplissant la pièce de son amoureuse harmonie.Geneviève, le cœur palpitant, entendit son nom murmuré tout bas.Elle hésita d\u2019abord, puis se retourna vers Daniel avec une sorte de sauvage brusquerie, planta son regard dans celui du pilote, et attendit.Daniel balbutia : \u2014 Je voudrais vous faire mes adieux, mademoiselle.Elle feignit de ne pas comprendre et murmura la voix brève : \u2014 Vous nous quittez déjà, monsieur ?il n\u2019est pourtant pas si tard.Le jeune homme la regarda, indécis, ne sachant s\u2019il devait se retirer ou aller au bout de sa peine.Il reprit enfin : \u2014 C\u2019est de mon départ définitif qu\u2019il s\u2019agit.Je quitte l\u2019usine le quinze, monsieur Morand s\u2019étant depuis peu entendu avec l'ingénieur qui doit me remplacer.Geneviève laissa s\u2019écouler quelques secondes ; puis elle se redressa, et, très calme, nette et sans réplique, sa voix laissa tomber : \u2014 Vous demeurerez à l'usine, monsieur Cartier.Il la considéra, effaré, sans comprendre d'abord; mais.la résolution dont son visage était empreint l\u2019éclaira soudain, et il murmura, avec un émoi qui disait assez son épouvante anticipée : \u2014 Vous exigez que.je reste auprès de monsieur Morand ?Geneviève inclina la tête et, froidement, laissa tomber : \u2014 Je ne l\u2019exige pas, monsieur .j'en laisse le soin à l\u2019honnête homme, que, je crois, vous êtes.Votre démission en un pareil moment pourrait parai- tre.étrange ; je vous prie de la remettre à plus tard.Une expression de désespoir contracta le fin visage de Cartier, dont les yeux clairs se levèrent vers Geneviève comme pour demander grâce.\u2014 C'est bien, mademoiselle, dit-il.Je resterai.Alors, pour la première fois désarmée, et avec sa spontanéité habituelle, Geneviève tendit la main au pilote en murmurant : \u2014 Merci ! Comme elle achevait le mot et le geste, elle étouffa soudain un léger cri d\u2019effroi.Une ombre venait de s\u2019étendre sur leurs mains jointes, et, levant aussitôt la tête, la jeune fille heurta des yeux la haute taille de Maxime, qui, surgie entre les rideaux, interceptait la clarté du salon.La pâleur du docteur était visible sous son hâle, et il parut à Geneviève que sa voix frémissait : \u2014 Geneviève, nos amis se retirent et voudraient vous saluer.Sans répondre, elle glissa entre les jeunes gens et rejoignit au centre de l\u2019appartement monsieur Morand, qui, entouré de ses hôtes, debout, l\u2019air paisible et heureux, accueillait leurs adieux.e A l\u2019appui de la croisée, Geneviève s\u2019attarda.Ce repos là, cet abandon, cette halte, valaient mieux pour elle que l\u2019anéantissement dans le sommeil dont elle n\u2019était point sûre, d\u2019ailleurs, qu\u2019il accourût à son appel et la délivrât.Les veilles tardives, le corps inutilement allongé, la tête vide et douloureuse à force de s\u2019agiter sur l\u2019oreiller, les yeux grands ouverts dans l\u2019ombre, l\u2019effrayaient comme les crises inévitables d\u2019un mal reconnu dont on ne pouvait que différer la rencontre redoutable.De la nature endormie montait une fraîcheur exquise, apaisante, à laquelle on était contraint de s\u2019abandonner.Un calme absolu enveloppait les alentours, et le silence, déchiré seulement par le cri nostalgique qu\u2019une reinette, dans les roseaux du bord de l\u2019eau, jetait à la nuit, paraissait en retombant plus parfait encore.Indécise, la jeune fille reporta son regard vers la rivière qui coulait effleurant les pierres, sans un froissement, balançant mollement au pied des marches vétustes sa barque à proue blanche, aux rames jointes comme des bras endormis ; et, brusquement sollicitée, elle se décida.Elle jeta un châle sur ses épaules et descendit dans le château silencieux où ses pas étaient légers et sans écho.Geneviève traversa le couloir étroit qui menait à la porte de l\u2019embarcadère, en poussa le verrou et se trouva au dehors.Sans bruit, la chaîne de fer se détacha, libéra l\u2019esquif que des rames habiles éloignèrent de la terrasse et mirent au fil de l\u2019eau.Tout à coup, comme elle passait sous l\u2019arche d\u2019un pont rustique jeté au travers du ruisseau, la jeune fille connut qu\u2019elle franchissait les limites de Bel- le-Ile, et se trouvait maintenant chez Maxime, mais elle ne ralentit pas.Elle s\u2019aida au contraire des rames pour avancer vers la maison de verre qu\u2019un groupe de cèdres cachait à ses yeux, car une soudaine curiosité lui était venue de savoir si, plus heureux qu'\u2019elle, ses habitants avaient trouvé le sommeil.Le rideau des arbres atteint, elle s\u2019arrêta à leur ombre et regarda.Surgie à quelques mètres à peine, la villa n\u2019était point la demeure endormie qu\u2019elle attendait.Une large baie, au premier étage, livrait une vive clarté, et, sur l\u2019écran de tulle de son rideau, une silhouette repassait sans cesse, jetant le sombre film de sa promenade ininterrompue.Pensivement, Geneviève la suivit des yeux.Comme elle-même Maxime ne s'était point couché, ou peut-être le sommeil n\u2019avait-il pas voulu de lui ?Et, dans cette incessante agitation, son esprit revivait sans doute les incidents de la soirée écoulée.\u2019 La jeune fille se rappela avec une sorte de remords qu\u2019elle avait laissé partir Maxime sans lui donner la main.Elle ne gardait de lui que le visage étrangement contracté, apparu dans l'encadrement des rideaux.Mon Dieu! qu\u2019avait-il donc supposé de son aparté avec Daniel?S\u2019était-il mépris sur le sens du désir qu\u2019elle exprimait au jeune homme et avait-il mis sur son ordre de rester, l'étiquette d\u2019une prière ou d\u2019un cri d\u2019amour ?Dans l\u2019ombre, Geneviève sentit la confusion embraser son visage.Mais elle s\u2019en défendit.Maxime la connaissait assez pour savoir que son orgueil la préservait d\u2019une semblable chute, et sa loyauté d\u2019un amour défendu.Et il devait aussi être.certain qu\u2019elle se sentait désormais liée à lui d\u2019une façon trop absolue, pour permettre à son cœur des complaisances ou même un compromis avec ses souvenirs.Inconsciemment, Geneviève courba le front.Geneviève eut un mouvement irréfléchi et violent en avant, vers cet homme qu\u2019elle n\u2019'aimait pas, mais qui avait la nature- la plus noble, ame la 39 \\ \u201cDites-moi, ocCleur.gieux, comment faire pour empêcher l\u2019infection de se répandre par toute la maison?Dans les grands hôpitaux, naturellement, vous pouvez prendre toutes sortes de précautions, mais à la maison .\u201d L'hôpital vous apprendra comment combattre l\u2019infection à la maison.La science moderne vous procure une arme puissante contre les germes qui sont causes d'un grand nombre d'infections ordinaires.Dans les principales maternités du Canada et dans presque tous les hôpitaux de l\u2019Empire britannique, les médecins, les chirurgiens et les gardes-malades protègent leurs patients \u2014 et ils se protègent eux-mémes \u2014 au moyen de Dettol\u2019.Et \u2018Dettol\u2019 se trouve à votre pharmacie! Aussi étrange que cela paraisse, voici un germicide hautement efficace, essayé et éprouvé dans des millions de cas, qui n\u2019est pourtant pas toxique; il ne ta-he même pas le linge.Il se présente sous la forme d\u2019un liquide pur, clair, d\u2019odeur agréable et assez inoffensif pour qu\u2019un enfant puisse s\u2019en servir.Ainsi \u2018Dettol\u2019 tout en étant mortel pour les microbes est sans mauvais effet sur vous.Sur la coupure ou l\u2019égratignure qui peuvent s\u2019ulcérer, dans la chambre d\u2019où l'infection peut se répand-e, sur vos mains lorsque vous agissez comme garde- DET L'ANTISEPTIQUE » malade, utilisez \u2018Dettol\u2019 comme le font les hôpitaux.C\u2019est la voie sûre vers la sécurité.Lorsque vous êtes garde - malade LES MAINS Avant et après avoir pansé une blessure ou traité un cas infectieux, lavez-vous les mains avec une solution de \u2018Dettol\u2019 à 5% dans l'eau (4 cuillérées à table pour une pinte d\u2019eau).LE LINGE Stérilisez le lit et les draps en les trempant dans le \u2018Dettol\u2019 à 2Y,% (4 cuillérées à table pour un demi-gallon d\u2019eau).LES USTENSILES Les ustensiles ot vases sanitaires d\u2019une chambre de malade doivent être stérilisés par immersion dans le \u2018Dettol\u2019 à 244% (2 cuillérées à table pour une pinte d\u2019eau).LE BAIN Lorsque vous lavez un patient au lit et quand vous prenez vous-même votre bain, ajoutez \u2018Dettol\u2019 à l\u2019eau.BLESSURES MINEURES Nettoyez la blessure et la peau avoisinante au moyen de coton absorbant ou d'une gaze imbibée d\u2019un mélange de \u2018Detinl\u2019 et d\u2019eau à raison d\u2019une cuillérée à table aans un verre d\u2019eau.Recouvrez ensuite d'une gaze ou de charpie sèche.EN GARGARISME 10 i 20 gouttes de \u2018Dettol\u2019 dans un verre d'eau chaude forment un gargarisme recommandé.T OL MODERNE RECKITT & COLMAN (CANADA) LIMITED.DIVISION PHARMACEUTIOUE.MONTREAL G.14 40 plus loyale dont on puisse souhaiter l'estime méritée.Elle allait quitter sa barque, s\u2019avancer vers la Maison de verre, faire un geste, elle ne savait pas encore lequel, qui amenât Chance- ray à venir à elle; mais a cet instant, brisant son élan, la rejetant brutalement sur terre, une voix étouffée tout près d\u2019elle murmura son nom.Muette de stupeur Geneviève tourna la tête vers les cèdres.Là, à deux mètres à peine de la rivière, assise sur un banc adossé aux arbres et que dérobait leur ombre, se tenait Sonia.Le premier sentiment qu\u2019éprouva Geneviève fut une vive contrariété en devinant que, de sa place, la jeune fille n\u2019avait rien perdu de ses hésitations et de sa perplexité.D'un coup de rame elle fut près de l\u2019orpheline, et ébauchant un sourire qui voilait mal son irritation : ,Ç \u2014 Eh bien quoi, petite fille, dit-elle d\u2019un ton protecteur que ne justifiait guère ses deux années d\u2019aînesse.On n\u2019est pas encore couchée?.Que pensera votre tuteur s\u2019il apprend cela demain ! \u201cLa mince tache claire que faisait dans l\u2019ombre le visage de Sonia, parut g'amenuiser encore.La jeune fille resserra autour d\u2019elle le manteau qui l\u2019enveloppait comme si un froid soudain I'avait saisie, et, d\u2019une voix imprécise mais où Geneviève crut discerner une intention se rapportant à sa propre promenade : \u2014 Vous ne le lui direz pas, murmu- ra-t-elle.Geneviève haussa les épaules, mais Sonia, très vite, continuait : \u2014 Geneviève, je voudrais vous parler.La rameuse qui repoussait déja son canot dans le courant s\u2019arréta, tout mouvement suspendu, le visage levé dans une expression d\u2019intense surprise.\u2014 Geneviève.renoncez à lui.La fiancée de Maxime eut un tressaillement à peine perceptible que l\u2019ombre déroba à l\u2019orpheline.Son visage s'était fait soudainement glacé comme une nuit de décembre, mais n\u2019exprimait rien qu\u2019il fut possible d\u2019interpréter.\u2014Je ne comprends pas, dit-elle brièvement et sans trouble, expliquez- vous.Sonia releva la téte dans un mouvement d\u2019ardeur sauvage.Cette tranquillité qu\u2019elle devinait inentamable et légèrement dédaigneuse, soulevait dans son cœur tous les mauvais sentiments enfouis ; et l\u2019aversion, la jalousie, la colère, laves silencieuses qui, jusqu\u2019alors, n\u2019avaient qu\u2019invisiblement bouillonné, fusèrent soudain incroyablement puissantes.\u2014 Mais vous voyez bien pourtant, qu\u2019il souffre! s\u2019écria-t-elle avec .une véhémence qui la faisait trembler de la tête aux pieds.Vous ne pouvez pas ne pas le voir! TH est triste, abattu, malheureux, et le sera toujours si vous ne consentez a lui rendre sa parole.Dites, que vous importe & vous, lui ou un autre ?Vous ne \u2019aimez pas.Vous ne devez pas prendre sa vie! Geneviève releva fièrement la tête.\u2014 Votre imagination vous égare, Sonia, dit-elle avec froideur.Monsieur de Chanceray s\u2019est librement engagé à moi et nul n\u2019a le droit de penser que je ferai son malheur.\u2014 Geneviève, écoutez-moi.Non, je ne divague point, je vous dis la vérité, soyez-en sûre.Ah! si seulement vous vouliez voir sa lassitude, sa détresse.Oui, sa détresse qu\u2019il dissimule sous un enjouement factice par lequel ceux qui l\u2019ai.qui le connaissent ne sont point trompés.Cela a commencé, tenez, exactement le soir où nous avons appris vos fiançailles, et depuis.Oh! depuis quel changement en Maxime et comme paraît lointain l\u2019homme qu\u2019il était!.Ses paroles, ses silences, son sourire, rien ne se trouve exactement comme avant.On sent en lui une sorte de brisure si profonde que le ressort même de sa vie en paraît menacé.Il est malheureux, enfin, et c\u2019est pour cela que je vous demande grâce.Il ne faut pas qu\u2019une âme comme la sienne soit blessée, car elle ne guérirait pas, jamais.Oppressée, à bout de mots, Sonia se tut; et, anxieusement penchée sur d\u2019embarcation épia le mouvement de Geneviève.Celle-ci n\u2019avait pas cessé de considérer l\u2019eau fuyante ; ses rames y traînaient, barrant le courant, faisant rejaillir des myriades de perles.Ses bras nus frôlaient les bords rudes de la barque, et l\u2019écartement du châle livrait la robe blanche étincelante dont le reflet parut à Sonia tellement insoutenable que la jeune fille dût fermer les yeux.Geneviève releva enfin la tête et son regard s\u2019appuya longuement à l\u2019orpheline, comme si, maintenant à peine, elle la découvrait.Puis elle articula nettement : \u2014 Maxime ne m\u2019aime pas, c\u2019est vrai.Je ne l\u2019aime point non plus.Cependant soyez rassurée.Nous allons l\u2019un vers l\u2019autre loyalement, sans fausses promesses, et, quoiqu\u2019il advienne, on ne peut, dans ce cas, souffrir beaucoup.Il parut à Sonia que le dernier mot traînait indéfiniment au fil de l\u2019eau.Elle était toujours debout, le pied effleurant la rivière, dans un mouvement irréfléchi qu\u2019elle avait fait pour retenir Creneviève.Le sillage argenté du bateau s\u2019était effacé depuis longtemps lorsqu\u2019elle se détourn.enfin vers la maison de verre.La villa n\u2019était plus qu\u2019une masse sombre, où rien maintenant ne veillait.En même temps que sombrait sa dernière espérance, la lampe de Maxime s\u2019était - éteinte.CHAPITRE IX sa splendeur de moissons dorées, de fruits mûrs, de fleurs tièdes et de glorieux couchants.Belle-Ile y gagnait peu.Sa structure massive à la livrée inchangée, ses arbres séculaires, ses ifs si parfaitement taillés, lui constituaient, durant trois saisons sur quatre, le même cadre aristocratique mais à peu près immuable, la même apparence d\u2019orgueilleux qui sait se suffire par sa seule beauté et n\u2019avoir aucun besoin d'artifices vains.La Maison de Verre, au contraire, qu\u2019on apercevait une fois franchies les limites du parc, paraissait une large coupe débordante de ce que le plus bel été peut accorder de meilleur.De la terrasse qui lui tenait lieu de toit, de multicolores pétunias dégringolaient en cascades; d\u2019autres jetaient leurs vagues hors des invisibles jardinières qui garnissaient chaque croisée.Les polyantas remontants cou- | = coulait doucement dans toute - vraient plus prodigalement que jamais les arcades du patio; et, tout autour de la maison, au revers du talus, les œillets de velours grenat, les géraniums rouges, les escholtzias d\u2019or, les verveines bleues se groupaient, s'emmélaient, se chevauchaient en un désordre charmant.Comme elle refermait derrière elle la petite porte dérobée du parc, Geneviève, en robe de toile, une grande capeline de paille sur la tête, tourna les yeux de ce côté, et, quelques secondes, s\u2019immobilisa.Bien qu\u2019à distance et dans le fondu de l\u2019éloignement, cette orgie de couleurs la frappait, et davantage encore à cause de l\u2019opposition avec le beau paysage sévère qu\u2019elle quittait.Cette issue du parc que la jeune fille empruntait volontiers, donnait sur une petite route, un sentier, plutôt, qui conduisait au village mais à la façon d\u2019un chemin pour écoliers, et après bien des détours, de charmants et inu- LA VIE COURANTE .par George Clark \u2014 I a tout pour plaire, l'apparence, la personnalité et l'auto de son père, chaque fois qu'on sort ensemble ! La Revue Populaire tiles méandres à travers bois que rien n\u2019expliquait.La route officielle large, bitumée, filait en sens contraire et gagnait sans défaillance le but.Geneviève l\u2019avait en horreur ! Sans hésiter, la jeune fille prit au plus long.Elle marcha quelque temps en terrain découvert, traversa le vieux pont par lequel se touchaient les terres du château et celles de la Maison de Verre, et, peu après, rentra sous bois.Le sol était en maints endroits couvert de mousse.De grands arbres, beaucoup de hêtres et quelques sapins y projetaient une ombre fraîche, souvent percée par une flèche de soleil.Quelques clairières coupaient les fourrés.Geneviève dans sa petite enfance les évoquait toujours dès les levers de lune, peuplées de jeunes lapins, qui, la nuit venue, devaient accourir des terriers les plus reculés pour danser rondes et farandoles aussi insoucieuse- ment que si l\u2019aube n\u2019eut jamais dû venir.Et maintenant encore, elle souriait en les traversant.Car le bois était giboyeux et on ne devait pas compter pour un de ses moindres charmes, à condition de savoir les écouter, certains bruits, des frôlements, des fuites, des appels doux et imprécis, toutes choses trop légères d\u2019ailleurs pour troubler une rêverie.Et tout à coup, à deux pas de Geneviève, un oiseau à vol lourd s\u2019éleva des buissons en faisant grand bruit.Troublée dans sa méditation, la jeune fille ne put retenir un tressaillement, immédiatement suivi d'un léger cri d\u2019effroi.Un coup de feu avait claqué, sec, et l'animal foudroyé venait de tomber à ses pieds.Avant même que le chien, un setter orange et blanc bien connu de Geneviève se fut complètement dégagé du fourré pour courir vers sa proie, les branches qui, au-dessus de la haie, formaient un rideau épais, furent violemment écartées, et livrèrent le visage mortellement pâle de Maxime.\u2014 Geneviève, s\u2019écria-t-il sur un ton d'angoisse inexprimable, n\u2019êtes-vous pas blessée ?.Au nom du ciel ré- pondez-moi ! Elle fit non de la tête, en souriant, honteuse de se sentir en ce moment incapable d\u2019articuler un mot.Enjambant les ronces qui s\u2019accrochaient a ses vé- tements, repoussant les rameaux dont les extrémités lui frappaient le front, Maxime en quelques secondes fut auprès de la jeune fille, et son regard ardent la parcourut toute comme s\u2019il ne se fut pas uniquement fié à son témoignage pour être sûr qu\u2019un malheur était évité.Et Geneviève remarqua le tremblement convulsif de la cicatrice blanche au coin de sa lèvre.Un soupir profond de soulagement souleva enfin la poitrine du docteur, il passa la main devant ses yeux et murmura : \u2014 Quelle folie de tirer ainsi, en plein bois !.J'aurais pu vous défigurer ou vous tuer!.Geneviève s\u2019était cssaisie.\u2014 Il n\u2019y a aucun mal, vous le voyez bien.J\u2019ai été très sotte de crier.Puis, se sentant prise d\u2019un embarras inexplicable sous ce regard anxieux qui ne la quittait pas, elle se détourna, et désignant le chien immobile dans un rapport de grand style, le faisan en travers de la gueule : \u2014 Pauvre Slip, remarqua-t-elle en passant sa main sur la tête de l\u2019animal, il ne comprend pas pourquoi vous tardez à le féliciter.C\u2019est pourtant une belle prise.Machinalement, Chanceray saisit le gibier tout chaud entre les dents délicates de la bête, et le jeta sans lui accorder un regard dans son carnier, tandis que Geneviève faisait quelques pas en avant comme pour continuer sa route.Aussitôt, d\u2019ailleurs, le docteur la rejoignit, et, sans lui en demander [ Lire la suite page 45] Pour la pr ne g ration de ménagères, tout com EI rand\u2019 [di #4 tecrot LTE a da om 1 Li vi, la prépar LR 04) trefo \\ JL ails TE 4 cel re x gncor Jar au d su ffo la ne al è CAL) (IN) r ran iiliong de f cn) yg LUT] I) Pre us 4 ; CO arg TL ple de cof ¢f la EL = y\" Ÿ Ly Al Lu w assurer une distribution équi able das approvisionnements disponibles L J en Xe ox J 5 x.~ A Ÿ mi pH VE 4 v Fa di se ?a i) h 3 5 - Ye: Cas ; +4 $ a 4 Ps Wis off Q NY ig PE > Ay a PU #24 fe & 4 ~ ga APP 006 2h ! ee tm se ma\u201d 4 wou ÿ Hl A oy M ws TY =} Ry Ng > F pie.na 7 wpe i.ÿ \\ x Zt Re > 2 + 3 ve i.\u20ac ¥ e 7 ÿ wow Wy Adal ® Pp y \u201ca LAT aA ay, - We pd J > > = Î a» ol 5 2 Fy RL T és yy +, % + » a Va\u201d 7 ¢ Vz 2e Paca a 4 (er Fu _ c SNS Cd PD) WN SLY Chl SN; Ze > SSS Le) > PT I Z T GOÛT DE FUMÉ ad 2 wr / Sr us\u201d 42 La Revue Populaire MES RECETTE Par Mme ROSE LAC] GATEAU AU GINGEMBRE DE LUXE) Utilisez votre recette préférée de gâteau au gingembre ou un paquet de mélange préparé et cuisez tel qu'indiqué.Quand le gâteau est refroidi, coupez-le en carrés et séparez chaque carré en deux étages.Amollissez du Fromage & [a crème Philadelphia avec un .Peu de lait, fouettez-le et placez-en entre les étages de vos carrés de gâteau.Servez chaque carré avec une sauce au citron chaude et surmonté d'une généreuse cuil- lorée du savoureux Fromage à la crème Philadelphia fouetté.SALADE-SOLEIL! Pour les so- lades, il vous faut un fromage à la crème aussi frais que vos laitues.la marque \u201cPhiladelphia\u201d de Kraft est votre garantie de froi- cheur.Amollissez le Philadelphia avec du lait, puis battez-le mousseux avec une cuiller ou une fourchette.Sur de la laitue croustillante, disposez en pétales des sections d'orange et de pamplemousse.Au centre mettez une généreuse quantité du fromage à la crème fouetté.Garnissez de cerises au marasquin et servez avec une sauce vinaigrette.Fou EE PA le 2 POUR RECEVOIR A L'IMPROVISTE, rien de mieux que des sandwiches garnis de Fromage à la crème Philadelphia mélangé avec des morceaux d'olives, du relish, de la gelée ou autres délicieuses garnitures à sandwiches.Le Philadelphia à aussi sa place dans le lunch des travailleurs, car c'est un aliment sain et nourrissant.Le Philadelphia est fabriqué dans les établissements canadiens de Kraft, réputés pour leur propreté, et il est garanti frais.Les fromages les plus populaires au monde sont fabriqués par les gens de AA / Copr.1946 par Kraft Foods Limited La saison se préte aux réunions intimes.Y a-t-il rien de plus agréable que de deviser autour d\u2019une tasse de thé en dégustant de petites gâteries, toutes plus délicates les unes que les autres.Une simple rôtie beurrée, un biscuit chaud, des petits sandwichs légers et poliment présentés, quelques friandises, des biscuits croquants, le tout arrosé d\u2019un vin généreux, d\u2019un thé parfumé, d\u2019un café brûlant ou d\u2019un chocolat crémeux crée une atmosphère de cordialité et de chaude sympathie qui ne manque jamaïs de plaire.Mesdames, n'oubliez pas que tout ce que vous élaborez vous-mêmes dans vos cuisines, vaut toujours mieux que ce qui vient de la meilleure pâtisserie.C\u2019est pour vous aider à réaliser cet idéal que je vous présente ce mois-ci une série de recettes simples et faciles d\u2019exécution.Bon succès, Mesdames.QUELQUES SUGGESTIONS POUR L\u2019HEURE DU THÉ SABLES FRANÇAIS 1 tasse de beurre 15 tasse de cassonade 1 c.à thé de vanille 2 tasses de farine Défaire le beurre en crème, ajouter graduellement la cassonade puis la vanille.Incorporer la farine.La pâte doit être bien liée et ferme.Abaisser à l\u2019épaisseur d\u2019un 44 de coupe.Découper à l\u2019emporte-pièce de la forme désirée.Piquer toute la surface avec une fourchette et cuire à four modéré 350° F.20 à 25 minutes ou jusqu\u2019à ce que les biscuits soient légèrement dorés.Ces petits biscuits se conservent très longtemps et accompagnent fort bien un verre de vin.LEGUMES EN GELEE (Illustration ci-dessous) 2 tasses tomates en conserve ou jus de tomates 1 pincée poivre 1 c.à thé sel 1 petite feuille de laurier 3 c.à table oignon haché fin 1 enveloppe Jell-O au citron 2 c.à table eau froide 114 tasse fromage cottage 2 c.à table piment vert haché 1h tasse céleri coupé en dé 1 tasse légumes verts cuits ou 2 tasses de chou déchiqueté 14 tasse mayonnaise ou salad dressing 3 clous de girofle 1 c.à table vinaigre Mêler les tomates, le sel, poivre, laurier, clous et oignon dans une casserole.Cuire 20 minutes.Tamiser, mesurer et ajouter de l\u2019eau chaude pour obtenir 1 tasse et 1e de liquide.Faire dissoude le Jell-O dans ce liquide chaud.Ajouter le vinaigre.Mesurer 4 tasse de ce mélange, ajouter l\u2019eau froide et laisser prendre dans un moule en forme de couronne ou dans des moules individuels.Laisser refroidir le reste du mélange de Jell-O jusqu\u2019à épaississement.Ajouter les autres ingrédients.Saler au goût.Déposer dans le moule, sur le Jell-O, et laisser prendre.Démouler sur un lit de laitue.8 portions.Photo Adams Studios \u2014 General Foods Corp. OIX, Montréal, février 1947 > DE CUISINE Directrice de l'Institut Ménager de la REVUE POPULAIRE et du SAMEDI BISCUITS À LA GELÉE 15 tasse de shortening 1, tasse de mélasse 1 tasse de sucre 1% c.à thé de soda à pâte 2% à 3 tasses de farine 1 œuf Défaire en crème le shortening, ajouter la mélasse, le sucre et l'œuf.Bien mélanger la pâte.Tamiser la farine avec le soda, ajouter au premier.mélange en quantité suffisante pour obtenir une pâte molle mais non collante.Cette pâte devra être refroidie parfaitement car elle doit être abaissée très mince ; ce qui est impossible quand la pâte est chaude.Cela oblige à ajouter de la farine et alors, on a un biscuit sec mais dur, ce qui ne ressemble pas du tout à un biscuit croquant.Il faut donc dans la confection de tous les biscuits, mettre le moins de farine possible.Le seul moyen de réussir, c\u2019est de laisser refroidir la pâte.Abaisser très mince et découper avec un petit emporte-pièce rond.Faire cuire au four de 350° F.8 à 10 minutes.Retirer du four, refroidir et au moment de servir, mettre de la gelée entre 2 petits biscuits.On devra garnir de gelée au fur et à mesure les petits biscuits, autrement ils ramollissent, tandis que sans gelée, ils se conservent très longtemps.MERINGUETTES AUX FRUITS ET AUX NOIX 1 tasse de dattes hachées 1 tasse de cerises 1 tasse de sucre à glacer 1 tasse de noix de Grenoble hachées 15 tasse de noix de coco râpée 2 blancs d\u2019œufs Couper finement les dattes, séparer les cerises en 4.Saupoudrer le tout d\u2019une 4 tasse de sucre.Battre les blancs d\u2019œufs fermes, ajouter le reste du sucre.Incorporer aux blancs les fruits et les noix.Laisser tomber par cuillerée à thé sur une tôle beurrée et faire cuire à four très doux, 250° F.jusqu\u2019à ce que les meringues soient légèrement dorées.TARTE AUX CERISES (Illustration ci-dessous) V4 tasse all bran 115 tasse farine tamisée 15 ¢.a thé sel 15, tasse shortening 4 c.à table eau froide 4 tasses cerises en conserve 14 c.à thé essence d\u2019amande 1 e.à table farine 34 tasse sucre Emietter le all bran ; mêler à la farine et au sel.Ajouter le shortening, couper finement.Verser graduellement l\u2019eau, jusqu\u2019à ce que la pâte ne colle pas aux doigts.Rouler sur une planche farinée jusqu\u2019à épaisseur de 14 de pouce et couper de la forme d\u2019un rectangle.Doubler les bords d\u2019un moule avec deux languettes de pâte.Mêler les cerises, l'essence, le sucre et la farine ; verser ce mélange dans le moule, couvrir de pâte et décorer de quelques cerises.Cuire 15 minutes à four chaud 450° F.puis diminuer la chaleur à 350° et cuire 35 minutes environ.6 à 8 portions.Photo Kellogg Co.[ Lire la suite page 83] 43 Dans Pius de Foyers \u2014 k de préférence a toute autre marque PLACE, LES AMIS.JE NE PUIS ATTENDRE UNE SECONDE DE PLUS POUR GOÛTER À CE MERVEILLEUX CAFE.IL EST SI ÉPATANT/ Jeanne aime à paresser au lit, mais elle ne peut résister à l\u2019arome extra-invitant du Maxwell House.Il est extra-délicieux parce qu\u2019il contient des cafés de choix de l'Amérique Latine, chacun d\u2019eux spécialement choisi pour sa saveur, son arome ou son velouté.REMPLIS-LA, MAMANCLES \u201c HOMMES AFFAIRÉS ONT BESOIN : DE BEAUCOUP DE MAXWELL - HOUSE, SAVOUREUX VELOUTÉ | Î i i i Si Papa\u2019 fait un \u2018bon début de TR journée en prenant \u2018une: tasse\u201d.5 géante de café, qui peut trouver \u2018à redire?YI aime le Maxwell > _ House parce qu\u2019ilest mélangé par : des experts pour donner un café 7 niche et corsé, bien qu\u2019exéep- i tionnellement moelleux et velouté.UM-M-M.LE MAXWELL HOUSE DONNE VRAIMENT ENTIERE SATISFACTION.IL EST BON JUSQUA LA DERNIERE GOUTTE x.Maxwell House est acheté et savouré par plus de gens que toute autre marque de café au monde, 2 EMPAQUETAGES: A 3 IS ° A) EN Sacs doublés en Glassive Mouture à Toutes Fins D fir RE VY AN Soeurette devrait savoir qu'on ne peut arracher un amateur de café à son Maxwell House.La Marque Dé en Boites Herwnitiques À Moutures: Filtre Torréfaction Radiante retient Café Maxw axwell mélange Maxwell House .fait qu\u2019il donne toujours entière | satisfaction, Î us : MH-17MF et Ordinaire toute la saveur du merveilleux Un Produit de General Foods + tr nas À 44 La Revue Populaire \u2026 POUR LES CANADIENS Chaque Canadien se pose aujourd\u2019hui cette question: \u201cCombien me coûtera-t-il de plus pour vivre, demain?\u201d P La réponse dépend de nous.Le coût de la vie ne devrait pas augmenter: SI\u2014 nous continuons tous de résister à la tentation d\u2019acheter plus que notre part légitime des marchandises disponibles; SI\u2014nous continuons de limiter nos achats au strict nécessaire; SI\u2014nous continuons de produire autant que possible, au meilleur marché possible; SI\u2014nous continuons d\u2019appuyer entièrement les sages mesures de contrôle de notre Gouvernement; SI\u2014nous continuons de progresser dans la voie de la modération, modération dans nos plaisirs, dans notre façon de voir et d\u2019agir; SI\u2014 comme la Maison Seagram l\u2019a toujours suggéré \u2014nous continuons de penser à demain et d\u2019observer aujourd\u2019hui la modération! Les fommes qui pensent à demain oboervent coujeurd bai da modération! LA MAISON SEAGRAN * * * -_\u2014\u2014llll re ope deeb eA tuby Ee \u2018 Montréal, février 1947 - [SCALE DANS LA TEMPETE [ Suite de la page 40] la permission, réglant son pas sur le sien, se mit à marcher près d\u2019elle.Il était vêtu d\u2019un élégant costume de chasse brun, guêtré de cuir fauve.Un feutre de teinte sombre ombrageait largement ses yeux, et sa poitrine était barrée par la double courroie d\u2019une gibecière et du fusil anglais de marque qu\u2019il venait d\u2019y replacer.Les jeunes gens avancèrent quelque temps dans un absolu silence.Maxime ne faisait aucun effort pour le rompre.Il paraissait plus taciturne encore que de coutume, ou du moins très absorbé ; et le geste impatient par lequel il repoussait parfois un rameau prêt à fouetter le visage de sa compagne, était le seul indice marquant à la jeune fille que sa présence n\u2019était point complètement oubliée.Vainement Geneviève cherchait dans son esprit soudain aride, la phrase sams banalité qui les ramenât vers des routes meilleures.Car, de même qu\u2019en ce moment leur marche coupait à vif dans le bois, elle ressentait l\u2019impression que tout en eux était éperdument jeté hors des sentiers battus, et, pour la première fois, elle en concevait un regret.\u2014 Pourquoi ne vous a-t-on pas vu depuis une semaine à Belle-Ile ?Maxime tressaillit.Il tourna vers la jeune fille un regard encore absent, et Geneviève comprit qu\u2019il revenait de très loin et retombait avec peine dans la mesquinerie de ses reproches.\u2014 Pourquoi ?.dit-il enfin lentement, mais votre père me boudait, vous le savez bien.\u2014 Il me boudait aussi.c\u2019est terminé.Je crois, d\u2019ailleurs, qu\u2019il a en ce moment des soucis plus graves.Chanceray s'arrêta court répétant interrogativement : \u2014 Des soucis plus graves ?.lesquels ?\u2014 Des menaces de grève à l\u2019usine.la production est ralentie, mon avion qu\u2019on devait me donner cette quinzaine n\u2019est pas encore équipé.Maxime eut un fugitif sourire, et regardant Geneviève : \u2014 Vous y tenez donc toujours, à votre appareil ?.Je pensais que vous en aviez abandonné l\u2019idée.\u2019 La réponse vint, marquée d\u2019une vivacité que rien n\u2019expliquait.\u2014 Et pourquoi donc l\u2019aurais-je fait?J'en ai, au contraire, demandé la mise en chantier peu après notre dernière\u2019 rencontre à l\u2019usine, vous vous souvenez ?Le jeune homme, en signe d\u2019acquiescement, inclina la téte.\u2014 J'ai quelque raison pour ne point l\u2019avoir oublié, dit-il.Cependant j\u2019ignorais le maintien d\u2019une décision.déraisonnable.Cela vous ressemble si peu, cet entêtement à exiger de votre père un appareil destiné à servir à peine.Imperceptiblement, Geneviève s\u2019était redressée.Elle dit, essayant de plaisanter, mais déjà cabrée et prête au combat : \u2014 Soyez sûr que mon avion sera construit pour durer.La fabrication Morand n\u2019a jamais, que je sache, été contestée au point de vue endurance et solidité.Comme la jeune fille jetait avec une feinte désinvolture ces mots, Maxime s\u2019arrêta soudain.Il regarda bien en face le clair visage un peu contracté, et, avec gravité, très fermement, articula : \u2014 Mon Dieu, Geneviève, je crois que nous jouons sur les mots.Continuer serait dangereux, et, pour moi, indigne d\u2019une honnêteté élémentaire.Vous devez tout au moins savoir ceci : ma femme ne volera plus! La jeune fille avait eu un involontaire recul qui n\u2019échappa point au docteur.Il crut que l\u2019image évoquée par ces deux mots décisifs qu\u2019il venait enfin de dire la faisait frémir et se rétracter, alors que seule la tranquille certitude de cette déclaration si simple, mais à coup sûr inébranlablement mûrie, la laissait toute étourdie.Pour retarder l'instant d\u2019une révolte qu\u2019il pressentait, Chanceray enchaîna : \u2014 Vous comprenez maintenant pourquoi la sagesse vous conseille de ne point poursuivre une aussi coûteuse folie.Renoncez-y de votre plein gré, cela sera tellement mieux! Avec peine, Geneviéve jugula la rébellion qui se déchaînait en elle.Elle dût serrer les dents quelques instants, afin de laisser s\u2019apaiser les chocs tumultueux de son cœur qui menaçaient de lui couper la voix.Puis elle murmura, et cela était un persiflage mais non point une quelconque réponse : \u2014 Décidément, docteur, quel pusillanime vous faites ! Je pense que, dans bien des cas, vos malades ont dû avoir du courage pour deux.Maxime palit légèrement mais il continua à regarder droit dans la profondeur des bois et ne répondit point.Lui qui avait combattu la mort, les éléments, et parfois, sous plusieurs latitudes, les bêtes fauves, se devait d'\u2019accepter calmement les paroles légères et cependant si cruelles de cette enfant.Maxime, tourné vers sa compagne, l\u2019interrogea avec indifférence : \u2014 Où alliez-vous donc ?\u2014 Je me rendais au village.\u2014 Impossible !.articula-t-il après une seconde et rapide inspection du ciel; il ne nous reste plus qu\u2019à revenir en arrière.\u2014 Comment ?pas ?\u2014 Pas précisément, mais couper au plus court par les prairies.La villa n\u2019est pas éloignée, nous allons tâcher de la gagner.Regardez! et tout en parlant Maxime indiquait de sa main tendue, le toit fleuri de la Maison de verre émergeant, rapetissé par la distance, sur leur gauche au creux du vallonnement.La jeune fille protesta : \u2014 Mais je ne veux pas.je puis très bien continuer.\u2014 À moins de tenir essentiellement à recevoir l\u2019averse en préparation qui me paraît devoir être sévère, interrompit paisiblement Maxime, je vous conseille de ne pas vous entêter.Geneviève fronça ses fins sourcils.Elle hésitait visiblement.H lui déplaisait de prolonger cette rencontre en se réfugiant chez son fiancé.Cependant, elle ne pouvait guère refuser.Le temps pressait; déjà les gouttes de pluie tombaient plus serrées et abondantes sur la terre dont la généreuse odeur commençait à se dégager.Comme elle allait se tourner vers Maxime pour le suivre, brusquement, celui-ci s\u2019empara de son \u2018bras, et, avec une autorité qu\u2019elle ne lui connaissait pas: \u2014 Allons, venez! ordonna-t-il d\u2019une voix presque rude, Vous agissez en ce moment comme une enfant ! Surprise par le ton plus encore que par le geste, Geneviève, par un réflexe inconscient qu\u2019elle regretta aussitôt, avait vivement reculé.Chance- ray était soudain devenu blême, et l\u2019altération de ses traits causa à la jeune fille une sorte de frayeur irraisonnée.Le docteur demeura quelques secondes interdit et comme cloué au sol; puis, il s\u2019arracha de sa place, se jeta dans le sentier, et, sans plus se pré- Retourner sur nos 46 J c'est encore le meilleur Coupures, lésions dermiques Brôlures (flamme nu liquides bouillants) Ii y a près d\u2019un siècle que les mamans canadiennes accordent toute leur confiance à la gelée de pétrale\u2018\u201cVaseline\u201d; elle ne coûte pas cher et ses effets sont toujours heureux.Mains rugueuses et gercées Exigez toujours la marque Vaseline quand vous achetez de la gelée de pétrole; c\u2019est une garantie de qualité supérieure\u2014 En bocaux (10g, 154 et 25¢), ou en tubes (15¢, 20¢ et 25¢).Chesebrough Manufacturing Co.Cons'd.Mal de gorge Soin de la peau (bébés) Usages Essayez aussi les A autres préparations > SR de marque SN | \u201cVaseline Vaseline LL occuper de Geneviève, il se mit a dévaler la pente, le setter blanc sur ses talons.Derrière lui, la jeune fille s\u2019élança.Tous deux à peu de distance l\u2019un de l\u2019autre contournèrent le bois, coururent le long d\u2019un chemin pierreux qui, tout à l'heure, serait torrent, traversèrent quelques pâturages déjà détrempés, des champs où la terre se soulevait en mottes, et atteignirent enfin le portail forgé de la Maison de Verre, comme l'orage, avec fureur, se déchaînait.Maxime s\u2019effaça pour laisser passer sa compagne, puis pénétra dans la mai- \u2019 son sans dire un mot.Au \u2018bruit que firent les pas des jeunes gens sur le sol dallé du vestibule, une porte près d\u2019eux s\u2019entr\u2019ouvrit, livrant passage à l\u2019éternelle robe de soie noire qui habillait le corps maigre et anguleux de mademoiselle Rose.\u2014 Enfin ! s\u2019écria la vieille demoiselle avec un accent de satisfaction non dissimulée.Et, tournée vers l\u2019intérieur de la pièce, elle expliqua : \u2014 Sonia, voici Maxime!.C\u2019est que nous étions inquiètes, pour- suivit-elle en s\u2019avançant vers les fiancés; Sonia avait déjà plus de vingt fois inspecté les alentours depuis les baies de « La Salle ».« La Salle » occupait la place d\u2019honneur dans la Maison de Verre et avait la plus large part dans la vie de ses occupants.C\u2019était, située à gauche de la porte d\u2019entrée, en pleine façade principale, une grande pièce à parois de verre escamotables, s\u2019ouvrant sur la terrasse et le patio, et d\u2019où la vue sur la vallée était un spectacle admirable.Ni salon, ni bureau, pas davantage boudoir ou bibliothèque, la Salle offrait les agréments de toutes ces pièces réunies en une seule.Chacun des hôtes de la villa y possédait son coin personnel, exactement approprié à ses occupations particulières, et aussi luxueusement aménagé qu\u2019il était possible de le souhaiter.Le fauteuil de cuir du docteur, le guéridon qui supportait ses livres et ses cigarettes, Voisinaient de la plus heureuse façon avec la table à jeu, les corbeilles à ouvrages de Sonia et de mademoiselle Rose, les poufs épars, la torchère de bronze et même le vieux bahut Renaissance, merveilleusement sculpté, qui occupait le panneau principal face au jardin.Au même instant Sonia apparaissait à la porte de « La Salle».Une onde rosée accentuait sur son visage une expression de joie qui tomba aussitôt qu\u2019elle eut aperçu la belle Geneviève.Avant même que d\u2019exister, l\u2019élan, qui, on le devinait, allait la porter accueillante vers Maxime, fut brisé.Elle avanga, les yeux baissés, aida le docteur à se débarrasser de son carnier et du fusil, sonna un domestique auquel elle les remit, et, derrière les jeunes gens, revint dans la pièce à pas lents.\u2014 Vouns deviez vous changer, ob- serva-t-elle d\u2019une voix indifférente et sans regarder Maxime auquel ces paroles s\u2019adressaient.Le jeune homme porta les mains à sa veste : \u2014 Ma foi non ; la pluie n\u2019a pas traversé, je n\u2019en éprouve aucun besoin.Mais vous, ajouta-t-il en se tournant vers Geneviève, vous avez été plus maltraitée, et cette petite robe que vous portez ne me paraît pas particulièrement imperméable.il faudrait que vous la fassiez sécher ici.\u2014 Laissez donc, murmura Geneviève, cela est sans importance.Sonia remarqua froidement : \u2014 Je crois que cela est impossible.Il n\u2019y aurait, dans ma garde-robe, rien qui soit suffisamment grand ; et, pour le même motif, il ne faut point penser 3 a mademoiselle Rose.Maxime, avec brusquerie, interrompit : \u2014 Bien entendu! Rose et toi vous êtes des êtres à part.ce n\u2019est point une raison suffisante pour exposer Geneviève à une pneumonie.Tiens, amène-là donc se changer chez moi, tu lui dènneras une de mes robes de chambre.Geneviève voulut protester, mais elle craignit d\u2019exacerber le visible état nerveux de Maxime et que sa pupille n\u2019eût à en souffrir.Elle suivit donc docilement Sonia, qui, sans un mot, s\u2019était levée et la conduisait hors de l\u2019appartement.Ensemble, mais en silence, elles gravirent l\u2019escalier qui desservait les étages et s\u2019arrêtèrent au premier palier sur lequel s\u2019ouvrait la porte donnant accès aux appartements de Maxime.Geneviève n'avait jamais pénétré dans cette retraite, mais elle s\u2019était parfois égarée à l\u2019imaginer calme, sérieuse, austère presque, à l\u2019image de son occupant.Et voici qu\u2019au moment d\u2019en franchir le seuil elle se sentait prise d\u2019une grande curiosité, parce qu\u2019il venait précisément de lui être révélé à quel point elle connaissait mal Maxime et quel volcan habitait peut- être son impassibilité apparente.Dès la porte poussée, d\u2019ailleurs, toute idée de contraste ou de comparaison abandonna la jeune fille, qui, transportée dans un monde nouveau, tout à la fois étonnée et ravie, s\u2019immobilisa pour mieux jouir du décor.Un vestibule précédait l\u2019appartement avec lequel il communiquait par une ouverture sans porte.D\u2019énormes têtes naturalisées, buffles et rennes ornaient les murs.Et elles étaient, dans leur expression, tellement vivantes, que le jet de leurs longues cornes en devenait presque menaçant.Une fois ce nouveau seuil franchi, la pièce qui s\u2019ouvrait, paraissait, contradictoire impression, toute à la fois intime et vaste.Il n\u2019était pas un seul des objets qui la meublaient qui ne fut exotique et n\u2019eut son cachet original.Aux cloisons et en relief sur un fond clair qui faisait ressortir leur patine, des frondes primitives, des arcs, des sagaies, des casse-têtes, des sabres travaillés qui étaient des merveilles, des haches d\u2019argent dans un étui en peau de chat-tigre à queue cousue en guise de poignée, tout un arsenal curieux de panoplies barbares recueillies par le docteur au cours de ses voyages, s\u2019ac- erochait.De larges fauteuils qui constituaient les uniques sièges du lieu, étaient recouverts de pelage de zèbre ; d\u2019autres peaux de tigres et d\u2019ours, mêlées aux tapis persans, jonchaient le sol.Les guéridons incrustés de nacre et d\u2019ivoire, les fétiches de bois sculptés disséminés dans la pièce disaient assez leur lointaine origine.Enfin, tapissant la portion dé mur comprise entre les deux fenêtres, une large carte géographique s\u2019étalait à laquelle des photographies faisaient une couronne de tangibles souvenirs.Face à ce panneau, du côté opposé, Geneviève remarqua une sorte de très grand pagne, fait de centaines de morceaux de tissus rajoutés entr\u2019eux ; merveilleux chef-d\u2019œuvre d\u2019un lointain artiste, qui tombait en plis harmonieux et paraissait voiler une cachette aux regards.Ce fut vers ce point que Sonia se dirigea dès son entrée dans la pièce.- Elle fit jouer des cordons de soie et le rideau se sépara en deux parties laissant voir une sorte d\u2019alcôve, tapissée de nattes, éclairée par un hublot, que seul un grand divan bas recouvert de fourrures d\u2019ours, occupait.Geneviève cemprit alors que ce rectangle exigu était la véritable chambre de Maxime.Ainsi, chaque soir, entouré de ses souvenirs, les tenant à la portée de son rêve, et séparé d\u2019eux pourtant par la La Revue Populaire fragile barrière de tissu qui en était comme le prolongement atténué, Maxime pouvait retrouver son passé, s\u2019y replonger, dissiper en le revivant l\u2019amertume du moment présent.Geneviève courba un instant la tête et soupira.Elle enviait Chanceray d\u2019avoir ainsi, pour les mauvaises heures, une retraite paisible où faire se réfugier son cœur.Quelle était donc la halte que, dans sa vie passée, elle s\u2019était ménagée, elle qui, par avance, en avait gâché tous les souvenirs ! Le bruit d\u2019une porte ro'ilant sur elle- même la rappela à la réalité.Elle leva les yeux et s\u2019aperçut que Sonia, ayant fait glisser un des panneaux, qui, à droite et à gauche garnissaient l\u2019alcôve, inspectait le contenu d\u2019un placard ainsi mis à découvert et aménagé dans l\u2019épaisseur des murs.La jeune fille en retira bientôt une robe de chambre en foulard marine à pois blancs et la déposa sur un fauteuil.\u2014 Vous pouvez vous changer ici, murmura-t-elle avec effort, en évitant de regarder Geneviève.Celle-ci ôta sa robe mouillée qui glissa à terre.Sans un mot, mais avec une rigidité de geste qui laissait deviner la violence qu\u2019elle se faisait, l\u2019orpheline la ramassa, la jeta sur son bras, pendant que Geneviève endossait et croisait sur elle le vêtement du docteur.Quand cette dernière se retourna, sa compagne avait quitté la pièce.La fiancée de Maxime voulut la suivre, mais au moment de sortir, soudain, elle se ravisa.Une sorte d\u2019inexplicable désir la retenait entre ces murs où l\u2019âme de Maxime se livrait sans restriction ni méfiance.Et, pensivement, elle laissa son regard errer au hasard autour d\u2019elle, sur les choses vibrantes aux teintes chaudes qui conservaient dans leurs creux un peu de la lumière des brûlants espaces et évoquaient si bien le visage brun de méhariste, les yeux profonds, hâlés eux aussi sem- blait-il aux soleils embrasés.Puis, Geneviève se rapprocha d\u2019une des fenêtres que la pluie cinglait, y appuya son front et demeura ainsi en face du jardin inondé qu\u2019elle ne voyait point, trop absorbée par le cours étonnant de ses pensées.Elle ne bougeait pas.À un moment, pourtant, elle porta la main à son front.Un vertige subit la saisissait ; et la jeune fille ne sut point s\u2019il provenait de son vagabondage à travers les continents mystérieux, ou du parfum de lavande, mêlé à celui des cigarettes turques fumées par Maxime, et qui, de son vêtement, s\u2019évaporait.A la porte du vestibule quelques coups discrets furent frappés.Geneviève tressaillit, se détourna et murmura « entrez » de sa voix claire.Aussitôt le docteur apparut.I] dût se baisser un peu pour passer sous l\u2019ogive qui faisait communiquer les pièces, et la jeune fille remarqua, mieux que jamais encore elle ne l'avait fait, sa haute taille.Elle se dit aussi que son impression de tout à l'heure était réelle, car là, vraiment, au voisinage de ce décor créé par lui, la beauté grave de Maxime prenait toute sa valeur élevée et forte.Les traits de son visage semblaient d\u2019ailleurs, pour le moment, fort paisibles, et rien n\u2019y transparaissait du bouleversement qui avait effrayé Geneviève moins d\u2019une heure plus tôt.\u2014 Le thé est servi, Geneviève, mur- mufa-t\u201cil en se rapprochant.J\u2019imagine que vous en avez grand besoin.La jeune fille répondit en désignant la robe de chambre qui l\u2019enveloppait ; puis, en souriant, expliqua : .\u2014 J\u2019attendais que mes effets soient secs pour me présenter d\u2019une fagon correcte.Chanceray la considéra et sourit aussi.\u2014 Evidemment, cela est un peu long.Pas mal gênant pour votre marche, Montréal, février 1947 observa-t-il.Et que faisiez-vous en attendant ?Elle embrassa les pièces réunies d\u2019un regard circulaire.\u2014 J\u2019admirais, dit-elle; et un enthousiasme absolu vibrait dans sa voix; tout ici est tellement merveilleux ! Une flamme qu\u2019il dissimula en passant sa main devant ses yeux, traversa le regard de Maxime.\u2014 Ma modeste chambre vous plait donc un peu ?demanda-t-il d\u2019un ton plein d\u2019indifférence.\u2014 Oh! bien mieux que cela!.Tout en parlant, la jeune fille avait fait d\u2019une main distraite jouer les cordons qui commandaient les rideaux.Ceux-ci s\u2019écartèrent sans bruit, laissant apparaître le lit de Maxime.Machinalement Geneviève fit un pas en avant, mais elle ne put pénétrer plus profondément dans l'alcôve.Le jeune homme l'avait brusquement saisie aux épaules, et la retenait : \u2014 Venez, Geneviève ! voix altérée.Elle se retourna, surprise, et aperçut près du sien un visage si changé qu\u2019instantanément elle comprit combien sa présence en ce lieu pouvait paraître indésirable au docteur.Et, sans discerner la nature des sentiments qui le bouleversaient, elle imagina qu\u2019en ce temple secret sa venue chassait une autre image, celle de l\u2019unique amour que Maxime pût conserver.Elle devint très pâle et ses grands yeux clairs se foncèrent.Elle murmura, la voix coupante, son regard planté droit dans le regard de Chanceray : \u2014 Ce n\u2019est pas un fantôme que vous craignez me voir troubler, n\u2019est-ce pas ?Maxime avait laissé retomber son bras, et, le front chargé de nuages, les sourcils joints, un pli d\u2019amertume creusant sa bouche, il dit seulement : \u2014 Vous n\u2019auriez pas dû rappeler le plus pénible instant de notre existence, Geneviève.La jeune fille laissa échapper une sorte de mouvement de raillerie offensante.Cela était suffisant pour que Chanceray se cabrât.Elle s\u2019en aperçut, mais ne voulut point en tenir compte.Un souffle impétueux de révolte l\u2019agitait tout à coup, sans qu\u2019elle songeât à s\u2019expliquer de quel ouragan il était né.Ses nerfs vibraient douloureusement comme sous un impitoyable archet, et les paroles les plus blessantes lui venaient aux lèvres : \u2014 Pénible pour moi, certes, dit-elle enfin ; mais point tellement pour vous.Avec stupeur, Maxime laissa un instant errer ses yeux sur le visage glacé où se lisait une ardeur combattive, puis il ébaucha un sourire mélancolique et répliqua : \u2014 Vous conviendrez cependant, qu\u2019en me fiançant à vous j'accomplissais tout de même un certain sacrifice.Quelques secondes, sans succès, Geneviève essaya de maîtriser le flot d\u2019amertume qui montait, en elle.Mais, bientôt débordée, elle lui donna au contraire libre cours, la laissant devenir un dangereux torrent qui dévasterait tout sur son passage.Insolente et butée, aveugle et sourde, elle murmura : , \u2014 Il faut croire que vous trouviez à cet arrangement quelque avantage, faute de quoi votre intervention s\u2019expliquerait peu.Elle avait beau s\u2019être par avance préparée au sursaut de révolte de son compagnon, la jeune fille ne put s\u2019empêcher de frémir en constatant l'effrayant changement que, ces paroles prononcées, subit l'attitude de Maxime.Il s\u2019était redressé, livide, et elle se dit-il d\u2019une sentit soudain tellement fragile en face de cette robustesse, qu\u2019instinctivement elle grandit encore son courroux pour que l\u2019équilibre néfaste de leurs forces ne fut point détruit.Au dehors, la tempête se déchaînait, agitant jusqu\u2019à les briser les arbres du pare, et rejetant avec un bruit sourd les fleurs affolées des jardinières contre les vitres ; mais cela était peu de chose en comparaison de l\u2019ouragan, qui, en cet instant, entre les murs de la pièce close, courbait sous lui ces deux êtres et dévastait leur chemin.Maxime avait saisi Geneviève aux poignets, brutalement, toute sa douceur habituelle balayée par une folle colère d'homme qui le submergeait, l\u2019emportait dans son tourbillon ; et debout, les yeux étincelants, les lèvres tremblantes, il répétait sans lâcher sa fiancée : \u2014 Et pourquoi donc vous ai-je contrainte à m\u2019épouser, dites.pourquoi ?quels sont les inépuisables avantages que me donnent ce marché ?Pâle sous la souffrance, mais trop orgueilleuse pour qu\u2019un cri la trahit, elle jeta au hasard : \u2014 Ma dot est Belle-Ile.Le docteur laissa échapper un éclat de rire douloureux qui retentit longuement aux oreilles de Geneviève.\u2014 Pour ma maison! s\u2019écria-t-il en lachant enfin ses poignets, et son ton était tout a la fois débordant de stupeur, de souffrance contenue et d\u2019irritation; c\u2019est pour ma maison que je vous épouse ?.\u2014 Mais oui, poursuivit-il après une seconde de réflexion, comment n\u2019y avais-je point songé plus tôt ?Cela est tout naturel, et, au fond, si admirablement simple!.J\u2019ai voulu reconquérir Belle-Ile à tout prix, celui-ci fut-il excessif même pour le moins délicat des hommes ?.Mais, suis-je done si délicat ?.Non, non.Je vous ai sauvée du monde et de vous-même au péril de mon existence et, pour cela, j'ai dû affronter le mépris de ceux qui devinaient ou pressentaient notre comédie; j'ai abdiqué tous droits au bonheur, à l\u2019avenir, tout espoir de recommencer ce vagabondage qui me comble ; j'ai fait taire mon cœur, et, de mes mains, forgé cette suite d\u2019heures sans joies que nous allons vivre.J\u2019ai trompé mon meilleur ami, je l\u2019escroque et le mystifie chaque jour.Mais tout cela, n\u2019est-ce pas, c\u2019est en songeant à Belle-Ile que je le souffre!.Je me suis vendu pour une maison ! Soudainement la voix du docteur fléchit sur les derniers mots.Il se détourna, fit quelques pas au hasard, et, ayant atteint une fenêtre, s\u2019immobilisa sombre et muet désormais, le dos tourné à sa fiancée, Geneviève voulut parler.Elle tendit les bras mais n\u2019acheva point son geste, pas plus qu\u2019elle ne pût quitter le pied du lit.Elle était dégrisée tout à coup, tant par l'effort de sa violence passée que par la réalité dont Chance- ray l\u2019avait châtiée.Toute sa mauvaise fougue s\u2019était éteinte comme une flamme qu\u2019on souffle, et l\u2019abattement du destin accompli lui succédait.De sa place qu\u2019elle n\u2019avsit point abandonnée, la jeune fille voyait se découper sur les carreaux la silhouette robuste, le profil tourmenté et les larges épaules dont elle crut percevoir le fléchissement.Et cette découverte d\u2019un fardeau pesant à une telle force, acheva d\u2019écarter le voile où la laideur de sa conduite s\u2019enveloppait.Elle maudit l'étrange impulsion qui avait poussée à abaisser cet homme dont mieux que quiconque elle connaissait la pureté d\u2019intentions et la spirituelle beauté, et, dans son repentir, puisa soudain le courage de faire les quelques pas qui la séparaient du docteur.Geneviève toucha le bras de Chan- ceray de sa main tremblante.\u2014 Maxime, prononça-t-elle avec humilité, pardonnez-moi.II ne parut pas, d\u2019abord, avoir entendu, et conserva sa position première.Mais, comme la jeune fille allait réitérer sa prière, lentement, il se détourna, laissant voir des traits non en- 47 Elle n\u2019est que commençante, mais son petit air .sa pétillante personnalité .sa mise pimpante, en font déjà la grande vedetté de l\u2019université.Le secret en est .son entrain et un vif intérêt en tout et pour tous.Même durant ses jours pénibles, elle garde son activité -.sa vivacité .grâce à la réconfortante douceur et la souveraine sécurité des serviettes MODESS, D\u2019après des expériences scientifiques, MODESS est la plus absorbante de toutes les serviettes annoncées.Elle vous offre le maximum en confort.Sa triple couche protectrice vous assure une pleine liberté et entière confiance.SERVIETTES HYGIÉNIQUES NOS MODERNES EXIGENT MODESS .SOUVERAINES EN CONFORT ET SÉCURITÉ 48 (HH UNE PEAUTROP JERA VITE les mains.Le B action rapide et protection salutai Baume Italien.comment votre commencez à y a sur, les coudes et des enfants.@Voici la lotion qu\u2019il vous faut pour mois froids.Vous pouvez toujours compter sur le suffisent pour les deux mains, et remarquez aussi Pour éviter d\u2019avoir une peau sèche, rugueuse et gercée, employez donc régulièrement cette lotion.Mettez-en Quatre formats: 25e, 35c, 50c et $1.00 = SECHE PRE LE QU adoudra Vos mains tout on les RE protégeant d\u2019une RU Soulage vite la peau réche UC STE OL Ho) % 2: Ze A aume Îtalien Campana possède une efficace, et assure À la peau une re, au jour le jour, pendant tous les Quelques gouttes, tous les jours, peau s\u2019adoucit vite dès que vous ppliquer le Baume Italien Campana.les genoux et, aussi, sur les mains lien cans HR HRI FRR LEE ir DEPRIMEE 7 NERVEUSE 7 LYMPHATIQUE ?DÉLAISSEE ?LISEZ ALORS CECI .Ne perdez pas courage car la vie peut très bien vous sourire encore! 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mon emportement est sans excuses.Il se tut et enveloppa d\u2019un regard de tristesse profonde le visage qu\u2019une expression de sincère regret transformait, puis, poussant un soupir, il s\u2019écarta de Geneviève et ramena son attention au dehors.La pluie venait de cesser, et quelques rayons d\u2019un pâle soleil filtraient même timidement à travers les dernières gouttes.En raison de sa violence même, l'ouragan avait peu duré.Chanceray jugea que la fuite rapide des nuages en marquaient le sûr dénouement.Alors il revint vers sa fiancée, et dit avec douceur : ; \u2014 Geneviève, il faut partir ; voyez, l\u2019orage est passé sans faire de dégâts graves.Vous pouvez regagner Belle- Ile ; ici, ce soir, nous ne saurions que nous blesser.Elle acquiesça de la tête, et Maxime, sans attendre davantage, se rétira.Peu après une femme de chambre vint apporter à la jeune fille sa robe sèche et repassée.Avec une hâte fébrile, elle quitta le vêtement de soie, se rhabilla, et, sans jeter un seul regard autour delle, sortit de la chambre et descendit.Dans la Salle se trouvaient seulement le docteur et mademoiselle Rose.Celle-ci possédait entr\u2019autres qualités une discrétion extrême qui la faisait toujours demeurer en dehors des affaires auxquelles on ne lui demandait pas de.prendre part.Et cela semblait d\u2019autant plus méritoire que sa sensibilité n\u2019en était en rien diminuée.Elle accueillit donc Geneviève exactement comme si le retard mis à se rendre à son appel lui eut paru naturel ; ne prêta aucune attention au soudain mutisme de Maxime, et remplit ses fonctions auprès de la table à thé avec sa coutumière bonne humeur.Le thé refroidi était détestable.Geneviève but sa tasse sans sourciller, puis, l\u2019ayant reposée sur la soucoupe en porcelaine de Chine, elle se leva.Mademoiselle Rose ouvrit la bouche pour s\u2019étonner.\u2014 Partez-vous déjà, mon enfant ?Mais elle dit seulement, en embrassant la jeune fille devant la porte de la salle : \u2019 \u2014 Revenez nous voir souvent, petite amie.Puis elle s\u2019en retourna, laissant les fiancés seuls dans le vestibule.Avec étonnement, elle entendit d\u2019ailleurs aussitôt les pas de Maxime retentir dans l\u2019escalier, et se refermer sur lui la porte de sa chambre, tandis que Geneviève passait seule sous les fenêtres de la Maison de Verre, et se dirigeait vers Belle-Ile à travers les sentiers ravinés.CHAPITRE X L\u2019OMBRE des tilleuls dont le groupe imposant soulignait l'aile gauche de Belle-lle et se reflétait dans les clairs remous du cours d\u2019eau, la table où Geneviève prenait habituellement son café se trouvait préparée.Mais la jeune fille n\u2019y était point solitaire, comme, durant la semaine, cela se produisait toujours.Créant un fait sans précédent, et qui, ses habitudes de labeur étant connues, constituait un véritable coup d'état, monsieur Morand avait regagné Belle- He pour déjeuner, et n\u2019en était point encore reparti bien que l\u2019heure d'ouverture de ses bureaux fût proche.Son front, d\u2019ailleurs, paraissait chargé de soucis, et l\u2019ordinaire enjouement qui, hors du travail, donnait à son esprit une tournure particulièrement agréable, ne s\u2019était point un seul instant manifesté dans la conversation à bâtons rompus qu\u2019il avait, durant le La Revue Populaire repas, à grand\u2019peine soutenu avec Geneviève.Celle-ci, plusieurs fois, avait été sur le point de l\u2019interroger; mais outre que les allées et venues des domestiques accomplissant leur service ne favorisaient guère une confidence ou la narration d\u2019un enaui, la jeune fille eut mieux aimé que monsieur Morand s\u2019en ouvrit de lui-même.Car c\u2019était, elle n\u2019en doutait pas, un grave souci qui pouvait changer à ce point son père.Elle en fut certaine lorsque, après leur installation sur la terrasse, l\u2019industriel retenant le maître d\u2019hôtel qui s\u2019éloignait, ayant servi le café, prévint : \u2014 J\u2019attends monsieur Cartier.vous le ferez entrer dans la bibliothèque et m\u2019avertirez de son arrivée.Geneviève laissa s\u2019éloigner le domestique et remarqua : \u2014 Vous ne m\u2019aviez pas dit que vous attendiez Daniel.\u2014 Un oubli.répondit monsieur Morand qui adoptait volontiers, dans les moments ou il était embarrassé, cette façon de parler brève et en tout cas nullement compromettante.Cependant il ajouta : \u2014 Maxime et ton parrain viendront aussi.\u2014 Diable !.mais il s\u2019agit d\u2019un complot, alors ?murmura en souriant Geneviève.\u2014 Tout au plus d\u2019un conseil d\u2019état ! Et, de lui-même, il expliqua : \u2014 Jai besoin de prendre quelques décisions au sujet de l\u2019usine et j'ai tenu à ce qu\u2019ils fussent là tous trois.Avec un commencement d\u2019inquiétude, Geneviève s\u2019enquit : \u2014 Vos préoccupations sont donc sérieuses, père ?.Pourquoi ne\u201d m\u2019en parliez-vous pas ?: M.Morand haussa les épaules.\u2014 Peu de chose, te dis-je.Ne va pas imaginer que cela soit très important ou fâcheux.\u2014 Cependant, votre présence ici paraît anormale ?Si tout était dans l'ordre à l\u2019usine, vous y seriez.L\u2019industriel retint un geste d\u2019impatience.Pour une fois cette logique de sa fille qu\u2019elle tenait de lui et dont il était d\u2019ordinaire si fier, ne le trouvait point complaisant.Il secoua la tête, remua assez bruyamment sa cuiller dans sa tasse et ayant enfin trouvé sa réponse, répliqua : \u2014 Je tassure que tu te trompes.et en voici la preuve.Je te la donne a regret car j'eusse mieux aimé te laisser la surprise entiére.Mais il vaut mieux, d\u2019abord, que ton inquiétude soit apaisée : M.Morand laissa couler quelques secondes comme pour donner plus de poids aux paroles qui allaient suivre, et enfin, triomphalement : \u2014 Que dirais-tu si on t'amenait l\u2019avion vers la fin de la journée ?Geneviève n\u2019eut aucune réaction de joie qu\u2019escomptait son père.\u2014 Ce soir ?dit-elle seulement d\u2019une voix étonnée.Comment cela ?L\u2019industriel feignit de prendre la question dans son sens immédiat et répondit aussitôt : \u2014 Comment ?mais le plus simplement du monde, par quelqu\u2019un de l\u2019usine et un mécanicien.L'appareil est prêt depuis la fin de la semaine, et je n'\u2019attendais, pour le faire conduire ici, que l\u2019exécution des dernières formalités de sortie.Et il est beau, tu sais.et rapide.Si tu avais pu voir ce que Cartier a fait dessus!.Alors, que dis-tu?Es-tu contente?.En tout cas reconnais que tu t\u2019inquiétais à tort.Si l\u2019engrenage ne tournait pas rond dans l\u2019usine, te promettrais-je ton appareil ?Geneviève en convint tout haut.Cependant si elle eût éprouvé quelques doutes sur la réalité des soucis qui pouvaient harceler son père, la manière seule dont M.Morand s\u2019en défen- Montréal, février 1947 dait, sa prolixité soudaine et la maladroite insistance de ses arguments eussent suffi à l\u2019éclairer.L\u2019industriel continua sur le même ton quelque temps encore, puis, nullement encouragé par Geneviève, il se tut brusquement et se mit en devoir de déguster le café qui refroidissait dans sa tasse: Quand il reposa celle-ci, ses pensées semblaient avoir pris un autre cours.\u2014 À propos, demanda-t-il à brûle- pourpoint, ne t\u2019es-tu pas querellée avec Maxime ?Geneviève se rappela cette fin d\u2019après-midi passée à la Maison de Verre, et elle se sentit rougir.Très habilement, elle-même questionna : \u2014 Qu'est-ce qui vous le fait croire ?\u2014 Peu de chose, vraiment ; quelques simples paroles mais qui, venant de Maxime, m'ont surpris.« Je l\u2019ai vu hier à mon bureau, où il n'a d\u2019ailleurs passé que cinq minutes, et comme je parlais incidemment du mois d'octobre pour célébrer votre mariage, il m\u2019a répondu : \u2014 Mais, père, nous avons le temps ! M.Morand frappa de son poing fermé l'extrême bord de la table dont la porcelaine et les ustensiles d\u2019argent s\u2019entrechoquèrent à grand bruit.\u2014 C\u2019est trop fort ! Voilà que tu répè- tes exactement les mêmes paroles!.Mais vous êtes donc d\u2019accord, sacrebleu, pour faire traîner cet état de choses indéfiniment ! Geneviève leva sur son père un regard presque effrayé.Jamais l\u2019industriel n\u2019avait aussi directement fait allusion à son prochain mariage.La jeune fille pouvait donc supposer que, comme elle-même, il se reposait dans la quiétude de la situation présente, et ne désirait point la voir changer.Et voici, que, tout à coup, elle découvrait combien ces longues fiançailles d\u2019où tout projet d\u2019avenir paraissait exclu, semblaient anormales à son père, quel incessant sujet d\u2019étonnement il y puisait et comme il jugeait incompréhensible et fâcheux qu\u2019aucun d\u2019eux ne manifestât, pour une prochaine destinée, la moindre hâte ! Un instant, la tête tourna à Geneviève ; exactement comme si on l\u2019eût amenée à deux pas d\u2019un gouffre les yeux bandés, et qu\u2019on lui rendit tout à coup la vue du danger avec la lumière.Elle n\u2019avait jamais sérieusement imaginé que, pour cet événement qui lui paraissait enfoui dans un temps lointain, put sonner l\u2019heure de l\u2019échéance.Et, sans que pourtant l\u2019idée l\u2019ait effleurée de renier ses engagements, ceux- ci lui apparaissaient comme trop ennuagés d\u2019incertitude et de doute pour représenter un fait aussi imminent et brutal.\u2014 Mon Dieu, père, murmura-t-elle d\u2019une voix mal assurée, vous avez donc un tel désir de vous séparer de moi ?\u2014 Ne dis donc pas de bêtises, répliqua M.Morand que ce reproche émouvait bien qu\u2019il s\u2019en défendit.Tu sais que je serai longtemps avant de pouvoir m\u2019habituer à ton absence ! .mais il n\u2019y a pas que moi, il y a Maxime aussi.« Tiens, poursuivit-il d\u2019une voix soudain affermie et comme s\u2019il venait de se résoudre à un aveu important, je t'ai déguisé la vérité en te disant, tout à l'heure, que Maxime m'\u2019avait fait hier une visite sans but.Elle en avait un, au contraire, et tu dois le savoir.Ton fiancé venait me demander de garder Belle-Ile.simplement.« Oh! reprit M.Morand, après avoir vainement attendu de sa fille un mot de protestation ou un geste de surprise, je ne te demande rien, je ne veux rien savoir de ce qui a pu se passer entre vous deux.Mon opinion est que, dans ce cas, une immixtion, si bien intentionnée soit-elle, paraît toujours maladroite.Seulement, ma petite fille, je suppose que pour faire auprès de moi une semblable démarche, pour vouloir se priver de sa maison à laquelle il tient par toutes les fibres de son cœur et que je lui rendais, il le sait, avec joie, Maxime doit avoir des raisons graves que tu ne peux pas ignorer.Et j\u2019ai voulu te dire ceci: Si un malentendu momentané vous sépare, si Un nuage, entre vous, s\u2019est élevé, je ten conjure, pour le dissiper, toi, fais tout ce qui te sera possible.Tu as eu le bonheur de rencontrer sur ton chemin précisément celui que je te souhaitais comme guide : l\u2019être le plus délicat, l\u2019âme la plus généreuse, le cœur le plus sûr \u2014 et tu ne le connais point encore assez pour savoir que, disant cela, je suis en dessous de l\u2019exactitude \u2014 eh bien ! rends-toi digne de ce bonheur-là.L\u2019industriel, à bout de paroles, se tut enfin; et Geneviève pensa que pour la première fois de son existence, elle venait d\u2019entendre de son père un aussi long discours.Ce n\u2019était point, en effet, un bavard que M.Morand.La jeune fille savait fort bien avec quelle pudeur extrême il dissimulait ses sentiments, évitait de se répandre en phrases, adoptant même pour mieux sauver l\u2019apparence, un aspect, bourru qui d\u2019ailleurs trompait peu ses gens.Aussi se sentait-elle d\u2019autant plus remuée en mesurant l\u2019effort que, pour intervenir au sujet de son bonheur, il avait dû s\u2019imposer.Geneviève leva les yeux sur l\u2019industriel qui, muet maintenant, tirait nerveusement des bouflées d\u2019une large pipe.\u2014 Ainsi, père, demanda-t-elle simplement, il vous plairait que Maxime et moi fixions la date de notre mariage?M.Morand retira le tuyau de bruyère d\u2019entre ses lèvres.Il était joyeusement surpris, non pas tant que la jeune fille ait compris le sens de sa confidence, mais plutôt qu\u2019elle se décidât à y faire droit sans tarder.\u2014 Oui, dit-il, et le ton était fortement catégorique, je trouve que cela serait souhaitable pour nous tous.\u2014 Mais.hésita soudain Geneviève, je ne sais si Maxime.nous n\u2019avons point discuté.\u2014 Eh bien! parle-lui en la première, conseilla M.Morand en se levant car il venait d\u2019apercevoir le valet de chambre qui apparaissait à l\u2019angle de la tour et venait vers eux.Fais- le dès que tu pourras et je serais fort étonné si vous ne tombiez pas d\u2019accord.Au sujet de Belle-Ile, bien entendu, je considère son caprice de me le laisser comme nul et non avenu.Que ferais-je, grand Dieu, tout seul de cette grande baraque ! Il effleura en passant d\u2019un baiser le front de sa fille, et s\u2019éloigna après avoir appris de la bouche du valet de chambre que Cartier et l\u2019abbé Morand, arrivés ensemble, l\u2019attendaient.Comme le domestique s\u2019approchait de la table qu\u2019il débarrassa du plateau et des tasses vides, Geneviève, après une brève hésitation demanda : \u2014 Monsieur de Chanceray n\u2019était-il point avec ces messieurs, Albert ?\u2014 Non, mademoiselle.M.l\u2019abbé et M.Cartier seulement attendaient monsieur.M.l\u2019abbé pénétrait à peine dans le vestibule que l'auto de M.Cartier s\u2019arrêtait au bas du perron.Mademoiselle a bien dû l'entendre d\u2019ici ?\u2014 M.de Chanceray doit venir aussi, seulement c\u2019est à moi que vous l\u2019enverrez.Ne l\u2019oubliez pas.Le valet de chambre s\u2019éloigna et Geneviève demeura seule sur la terrasse.Avant de s\u2019y installer, pourtant, comme en une citadelle conquise, la jeune fille se demanda avec stupeur d\u2019où lui venait cette étrange sésénité.Elle eut dû se rebeller, frémir, chercher à secouer le joug qui s\u2019appesan- VARIETE \u2014 La variété des tissus Kleenex répond à chacun de vos besoins personnels, Le format mouchoir, 9\u201d x 10\u201d\u2014200 tissus par paquet; le petit format, 634\u201d x 9\u201d \u2014300 tissus par paquet: et le format pour hommes, 12\u201d x 12\u201d\u2014200 tissus par paquet.Seuls Les Tissus Kleenex Vous Donnent Tous Ges Avantages 5 \u2019 0 GA Kleenex est fait de Cellucotton \u2014 substance absorbante et moelleuse, 5 fois plus absorbante que la ouate.c'est pour cela qu\u2019il est doux pour les nez sensibles et les peaux les plus délicates.PLUS BLANC e Chaque fe simple de Kleenex est plus épaisse et plus forte que les tissus ordinaires.Chaque tissu Kleenex est double, donnant ainsi une force supérieure aussi bien qu\u2019une absorption supérieure.Les tissus Klecnex sont maintenant traités pour les rendre tout blanes dans un nouveau moulin canadien ultra-moderne; son paquet cacheté, breveté, vous assure des tissus absolument hygiéniques.La perte et le désordre sont évités .la propreté et la commodité sont assurées par le fameux paquet distributeur Kleenex exclusif.Tirez un\u2019 Kleenex\u2014un autre vient à sa suite, prêt à servir.Des épargnes ont résulté de la grande production de Kleenex et vous en avez bénéficié.Les tissus Kleenex ne vous coûtent aujourd\u2019hui que le 44 du Prix que vous deviez payer il y a quelques annéese % Mar.exclusive dép.au bur.Can.des brev, 50 po forte Mais Oui respire la jeunesse.débordante, il irradie de l'élan, de la vivacité .c'est le cadre parfait pour la belle aventure.Parfums: $2.00 & $10.00 (pour la sacoche 90c.) 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et la tristesse des heures grises d\u2019insomnie n'accourait point à son appel.Comme le gravier craquait sous des pas assurés, Geneviève se redressa vivement, une rougeur aux joues : Maxime était déjà devant elle.H-portait un costume d\u2019un bleu très sombre qui seyait à la matité de son teint, mais faisait paraître ses traits plus graves encore qu\u2019à l\u2019ordinaire.Ses cheveux noirs, très loin rejetés, laissaient .son front nu, et suffisamment découvert pour que la marque profonde d\u2019une préoccupation y fut visible.Ce fut cela, qu\u2019avec une sorte d\u2019appréhension, la jeune fille remarqua tout d'abord ; cependant elle tendit la main en souriant au docteur.Il la prit, la serra rapidement, mais demeura debout, dans une position d\u2019attente, et ne fit point le geste d\u2019user du fauteuil laissé libre par M .Morand.Sans parler, elle le lui indiqua ; mais il refusa disant simplement : \u2014 Votre père m\u2019attend\u2026.Et, tout de suite, comme si les minutes qu\u2019il pouvait accorder à sa fiancée étaient comptées, il ajouta : \u2014 Vous aviez à me parler ?Geneviève devina cette hâte à la quitter, et en conçut une légère impatience.\u2014 Ce que jai à vous dire, répartit- elle assez sèchement, exige, je vous en préviens, un peu plus de quelques secondes, et il serait préférable que vous consentiez à vous asseoir.Avec une sorte de résignation, comme on cède à une enfant gâtée, Maxime prit possession du fauteuil en bois laqué qui faisait face à celui de la jeune fille et s\u2019y établit.Il croisa ses jambes, prit dans la poche de son veston un étui d\u2019argent gravé dont il tira une cigarette, après l'avoir, sans succès, présenté à Geneviève, chercha son briquet, le fit jouer, et s\u2019en servit paisiblement.La jeune fille avait suivi tous ces mouvements non sans une Visible nervosité.Le calme du docteur l\u2019irritait, bien qu\u2019elle n\u2019eût pu, assurément, en expliquer la raison.Comme elle ne parlait point, Maxime leva les yeux sur elle.: \u2014 Je wous écoute, dit-il en souriant et en lancant dans les airs la fumée de sa cigarette, quelle est donc cette cho- | se si grave ?.\u2014 Grave, en effet, approuva Geneviève essayant de maîtriser le tremblement de sa voix.Et comme il l\u2019interrogeait de son regard redevenu sérieux, elle acheva : \u2014 Père vient de me déclarer son désir de nous voir mariés le mois prochain.Chanceray se redressa, tandis que ses lèvres ne pouvaient complètement retenir une sourde exclamation, Il abandonna sa place, fit quelques pas, le dos tourné à Geneviève, jeta d\u2019un mouvement brusque sa cigarette dans le courant, et demeura immobile, appuyé d\u2019une main à la balustrade, suivant des yeux l'épave légère qui, dansait affolée dans les remous.Soudain, après quelques secondes de cette observation distraite, il se tourna de nouveau vers la jeune fille, et, comme s\u2019il se fut seulement agi de renouer entr\u2019eux le fil de la plus banale conversation, il dit : La Revue Populaire \u20141I1 faut savoir pardonner, Geneviève .et si, plus tard, Daniel pouvait.Comme si l\u2019idée même de ce possible retour l\u2019eût frappée en plein visage, Geneviève s'était redressée.Elle fit un pas en avant, emportée par un mouvement irrésistible, et, saisissant le bras de Chanceray : \u2014 Ecoutez bien, Maxime, dit-elle, et son accent était tel que le docteur tressaillit; écoutez et retenez ceci afin.de ne plus revenir sur l\u2019irrévocable ; même si Cartier était libre un jour, entendez-vous, Maxime, même s\u2019il me demandait à genoux de l'épouser, je fais ici le serment.\u2014 Je vous en prie, murmura-t-il à demi-voix, ne recommençons pas des discussions semblables.Elles sont indignes de nous et n\u2019allègent point notre fardeau.Geneviève baissa la tête.Elle éprouvait toujours, sa violence passée, un sentiment de honte en face du calme si vite reconquis de son compagnon.Celui-ci quitta l\u2019appui de la balustrade, et passa devant elle.\u2014 Au revoir, Geneviève, dit-il.m'attend, vous le savez.Depuis que Maxime était là, la jeune fille avait complètement oublié qu\u2019il ne venait pas pour elle, mais cette phrase suffit à lui rappeler l'étrange conseil qui se tenait en ce moment à Belle-Ile.Certaine que le docteur ne pourrait la tromper, elle demanda : \u2014 Cela va-t-il donc si mal à l\u2019usine ?On \u2014 Très mal, convint distraitement Maxime.Puis, se ressaisissant, il demanda, surpris : \u2014 Comment ! vous n\u2019en saviez rien ?\u2014 Peu de chose tout au moins, Père ne parle guère de ses affaires.\u2014 Dans ce cas je vous ai bien imprudemment répondu.Cependant vous n\u2019étes plus une enfant.\u2014 Non, certainement, je ne le suis pas.\u2014 C\u2019est ce que j'ai dit à votre père.Je l'avais même engagé à vous associer à ses ennuis.Une intuition féminine donne parfois la clef de problèmes difficiles.Le visage de Geneviève s\u2019éclaira.\u2014 Comme vous avez raison, Maxime, s\u2019écria-t-elle avec une sorte de spontanéité reconnaissante.Soyez sûr que, plus tard, je partagerai tous vos soucis.Il la considéra avec une sorte de stupeur, figée aussitôt en une expression glacée, et, détournant la tête avec impatience.\u2014 Il ne s\u2019agit point de cela, dit-il brusquement.Puis, avec plus de douceur il acheva: \u2014 Vous ignoriez donc l\u2019imminence de la grève ?\u2014 La grève ?répéta Geneviève péniblement surprise ; en effet.je ne sais rien.Qu'est-il donc arrivé ?Un instant, Chanceray parut hésiter à parler.Son regard effleura le visage levé vers le sien, puis, s\u2019en détourma, pour errer au hasard sur les objets pre- ches.\u2019 \u2014 Mon Dieu, expliqua-t-il, votre pé- re a, je pense, commis au point de vue de son personnel presque une faute, er installant Cartier au poste de directeur de fabrication.La jeune fille ne put retenir un geste Jd\u2019étonnement qui n\u2019échappa point à Maxime.Capendant, il continua : \u2014 Lorsque Cartier, prétextant une grande fatigue cérébrale, a -donné voici quelques mois sa démission, votre père en fut navré, vous le savez ; plus tard il se réjouit en apprenant que soIr ingénieur s\u2019était ravisé.C\u2019est alors qu\u2019il lui proposa d\u2019abandonner momentanément ses épures pour prendre, dans l\u2019usine, un rôle différent et plus aec- tif.De là vient tout le mal! Cartier en face de ses plans était un ingé- TTT TTR They Montréal, février 1947 nieur d\u2019élite; aux commandes de son appareil, il devenait un pilote vaillant et sûr.Mais il n\u2019a plus été, comme chef du personnel, qu\u2019un homme maladroit, incompréhensif et rude.\u2014 J\u2019avais conseillé, quand il était temps encore, \u2014 et Maxime imperceptiblement hésita sur les mots \u2014 d\u2019octroyer à Cartier un congé de quelques semaines qui l'eut éloigné des ateliers.Votre père n\u2019a pas voulu paraître céder.Maintenant seulement il convient qu\u2019on ne s\u2019improvise pas manieur d'hommes, mais je crains qu\u2019il ne soit bien tard ! Chanceray se tut.Avidement, Geneviève interrogea : \u2014 Et alors?.Que craignez-vous donc ?.les ouvriers ont manifesté ?\u2014 Oui, et ce soir une délégation nous attend à l\u2019usine.\u2014 Qu\u2019allez-vous faire ?Le docteur eut un geste d\u2019ignorance.\u2014 Il est très difficile de prévoir qui d'eux ou de nous l\u2019emportera, dit-il évasivement.\u2014 Mais que veulent-ils donc?s\u2019écria Geneviéve dans une explosion de \u2018nervosité soudaine.Vont-ils vous demander d\u2019exécuter Cartier ?\u2014 Je pense, répliqua calmement le jeune homme, qu'il faut s\u2019y attendre.\u2014 Ft.que répondrez-vous ?\u2014 Mon seul rôle est celui de médiateur.Je n\u2019ai, Dieu merci, nulle décision à prendre.Entre les jeunes gens un silence pesa quelques longues secondes, et soudain, la voix blanche de Geneviève, le rompit : \u2014 Eh bien! Maxime, disait-elle, si cela est juste et utile au bien de tous, il faut céder.Il la regarda longuement, en silence, ne sachant quelle comédie de sacrifice elle lui jouait ; puis, avec froideur : \u2014 Je vous le répète, je ne suis rien.Votre père a souhaité ma présence à ses côtés, et peut-être mes conseils, mais cela n\u2019implique l\u2019idée d\u2019aucun pouvoir.Si j'en avais eu, pourtant, soyez assurée que j'aurais tout fait pour vous éviter la moindre peine.Geneviève secoua tristement la tête.\u2014 Je le sais, dit-elle, et cependant j'attends mieux encore de votre amitié.Le docteur eut un frémissement, réprimé aussitôt, mais qui laissa sur tout son visage une sorte d\u2019amère ironie.\u2014 Vous n\u2019aviez nul besoin de m\u2019en prier, dit-il assez rudement en faisant le mouvement de se retirer, j\u2019accomplirai, pour aider Cartier, tout ce qui sera en mon pouvoir.La jeune fille rougit violemment, et se redressa dans un instinetif mouvement de sa dignité blessée.Quand elle songea à le retenir, il était déjà loin, marchant vers Belle- Ile à grands pas.Un voile de larmes obscurcit soudain le regard de la jeune fille ; elle les refoula, ne voulant rien perdre de la haute silhouette qui s\u2019éloignait, puissante dans le soleil, avec ce léger balancement propre à ceux qui n'ont point toujours foulé un sol facile.Jusqu\u2019à ce que Maxime disparut, à l\u2019angle de la tour, elle eut l\u2019espoir que la force de son regard le ferait se retourner et revenir sur ses pas afin de ne la point quitter sur la sècheresse des derniers mots, plus cinglants que le plus véhément des blames; puis, quand le bruit méme de ses pas se fut éteint, elle se détourna avec découragement, traversa la terrasse, et, par la petite issue dérobée de l\u2019embarcadère, pénétra elle aussi dans le château.Elle passa rapidement devant la bibliothèque et, gravissant l\u2019escalier de pierre, gagna son appartement.Oppressée comme après une fuite, elle s\u2019arrêta, ayant repoussé la porte du petit salon gris, et s\u2019y adossa un instant.Une étrange défaillance la saisissait.Elle dut s\u2019asseoir sur le canapé bas qui occupait l\u2019un des angles, et les coudes appuyés aux genoux, le visage dans ses mains, le front creusé, les yeux secs maintenant, se laissa aller aux plus sombres méditations.En elle les tristesses qu\u2019avait amenées sa légèreté, son impulsivité, son orgueil, défilèrent, et elle les détesta.Elle haït toutes les manifestations de sa volonté irréfrénée ; l\u2019inutile vanité qui l\u2019avait poussée à ligoter Cartier à son poste, son mépris du danger et de la souffrance qu\u2019une telle situation représentait pour lui ; cette sorte de bravade, enfin, qu\u2019elle payait aujourd\u2019hui, dans la déplorable aventure, d\u2019une part entière de responsabilité.Elle vit son père dressé contre ses ouvriers, contre l\u2019usine ; Cartier, son triste amour, dépossédé honteusement ; et Maxime.Maxime, avec ce visage fermé des mauvais jours et son cœur désormais sans tendresse et sans confiance !.Depuis longtemps déjà, l\u2019auto qui emportait M.Morand et ses compagnons s\u2019était éloignée vers Paris; en même temps, l'abbé Morand avait regagné le presbytère.Après cette passagère animation, Belle-Ile était retombé dans le silence.Geneviève n\u2019aurait su dire depuis combien d\u2019heures, accablée et repentante, elle était la.L\u2019aprés-midi s\u2019achevait dans une douceur mélancolique, et déjà, les rayons du soleil filtrant entre les persiennes mi-closes se dédoraient, ne laissaient plus sur le tapis rose du boudoir que des taches dont la luminosité s\u2019estompait d\u2019une minute à l\u2019autre.Quelques coups, légèrement frappés, firent se dresser Geneviève ; elle murmura «entrez» en se relevant et en faisant machinalement quelques pas vers la porte.Celle-ci s\u2019ouvrit, une femme de chambre se présenta.\u2014 Je demande pardon à mademoiselle, mademoiselle Sonia voudrait la voir au sujet de l\u2019absence du docteur.Sans rien manifester de la surprise que lui causait la venue chez elle de Sonia, Geneviève répondit qu\u2019elle descendait, et tout de suite, en effet, quitta son appartement pour aller vers la jeune fille.Celle-ci l\u2019attendait dans le hall.Grace à l\u2019épaisse moquette qui se déroulait le long de l\u2019escalier, étouffant le bruit de ses pas, Geneviève eut tout le loisir d\u2019examiner la pupille de Maxime dont le visage aux courbes enfantines et déja gravé par la douleur, les yeux las, toute.attitude qui était comme ployée sous l\u2019effort d'un lourd chagrin, dénonçait son secret.Une fois de plus, elle mesura quel amour désespéré cette enfant avait voué à son fiancé, et une sorte de fierté, où pourtant rien de mauvais ne se méêlait, l\u2019envahit.Lorsqu\u2019elle aperçut à deux pas Geneviève, Sonia eut une sorte de tres- sailleament, presque un recul.\u2014 Je voudrais seulement savoir, dit- elle, et sa voix indiquait assez la violence qu'elle s\u2019était faite pour venir jusqu\u2019à Geneviève, si Maxime n\u2019est pas rentré.\u2014 Non, Sonia, pas encore, répondit la jeune fille avec bonté, mais pas plus que mon père il ne saurait tarder.Et elle ajouta, mettant volontairement dans les mots une intonation amicale : \u2014 Vous savez pourquoi ils sont à Paris, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, murmura Sonia à voix basse, il est allé s\u2019exposer pour vous sauver d\u2019un mauvais pas.Geneviève, avec hauteur, se mit à rire.\u2014 Vous exagérez, dit-elle.I] n\u2019y a aucun danger à recevoir une délégation d\u2019ouvriers décidés à une entente.\u2014 Tellement décidés, reprit la pupille de Maxime avec une sombre ran- 51 NFER Confiez le soin de vos mains gercées a Noxzema Formule bien connue qui adoucit et facilite une guérison rapide Les douloureuses gerçures aux mains sont en réalité de minuscules fendillements.ou irritations de la peau qui doivent être soignées ! 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Nous ne connaissons pas la date de son arrivée.Un contrat de mariage fut passé en juillet 1653 devant le notaire Rolland Godet, peu avant son premier mariage à Québec.Le 18 août 1653 Gabriel Gosselin épousait une compatriote française: Françoise Lelièvre.Celle-ci était la fille de Christophe Le- lièvre et de Georgette Clément, demeurant dans la ville de Nancy en ancienne province de la Lorraine.De ce premier mariage sont nés neuf enfants.Le 4 octobre 1677 à la Sainte Famille, Ile d'Orléans, Gabriel Gosselin convolait en secondes noces avec Louise Guillot.Celle-ci était veuve de Ma- thurin Reneau.De cette seconde union naquirent quatre enfants.Le patriarche fondateur de cette famille s\u2019éteignit à Québec, où il fut inhumé le 7 juillet 1697.LS BEAUMONT Mlle Y.B., Québec.Les familles \u201cBeaumont\u201d du district de Québec me paraissent toutes descendre de la source suivante: Vincent Beaumont, né vers 1640 du mariage de Vincent Beaumont et de Jeanne Renon, demeurant dans la paroisse du Bourg du Brux, aux diocese de Poitiers (D.T.donne : de Bray).Vincent épousait une première fois une compatriote française : Marie Gon- geauté dite Beaugendre, veuve de Jacques.Le Chardon, le 13 novembre 1674 à Québec.Celle-ci décéda à Charlesbourg où elle fut inhumée le 18 août 1692.Il ne semble pas qu\u2019il y eut des enfants nés de ce premier mariage.Vincent Beaumont convola une seconde fois à Charlesbourg avec Marguerite Fasche, le 27 octobre 1692, après un veuvage de moins de trois mois.Marguerite Fasche était la fille de Nicolas Fasche et de Catherine Suret.De ce dernier mariage sont nés sept enfants.Beaumont décéda à Charlesbourg où il fut inhumé le 18 février 1709.Son épouse l\u2019avait précédé dans la tombe en 1703.Elle aussi fut inhumée à Charlesbourg le 4 février 1703.° GENDREAU M.E.G., Toronto, Ont.La source originale des familles \u201cGendreau\u201d aurait été premièrement \u201cGendron\u201d à moins qu\u2019un défaut de prononciation de la part de ceux qui ont compris l\u2019interpellation de ce nom de famille.Il y eut deux \u201cGendron\u201d qui se sont mariés à Québec.Le premier en 1656 et le second en 1663.Ces actes sont bien enregistrés au nom de \u201cGendron\u201d.Puis vint le recensement de 1666.Pierre Gendron fut appelé \u201cGendre\u201d (Archives de Québec 1935-36, page 31) et le second Nicolas est bien appelé \u201cGendron\u201d (idem page 70).Vu le fait que vous me dites que votre famille aurait demeuré dans l\u2019Ile d\u2019Orléans, vous provenez, sans aucune erreur, de Nicolas Gendron qui demeurait lors de ce recensement dans l\u2019Ile d\u2019Orléans.En voici ses origines : ' Nicolas Gendron dit Lafontaine, né en France vers 1634 du mariage de Pierre Gendron et de Marie Reneau demeurant dans la paroisse \u201cLe chateau d\u2019Oléron\u201d en ancienne province de l\u2019Aunis, (au diocèse de Saintes D.T.) Le 19 février 1656, à Québec, celui-ci épousait Marie Marthe Hubert, fille de Toussaint Hubert et de Catherine Champagne.Peu après leur mariage ce couple s'établit au Château-Richer puis fina'ement dans la paroisse de la Sainte-Famille, Ile d'Orléans.Le fondateur de cette lignée de famille décéda à Sainte Famille, où ses restes furent inhumés le 16 janvier 1671.e ROBIDOUX Mme E.R., Ottawa, Ont.Les familles de ce nom dont les an- cétres ont vécu dans le district de La- prairie proviennent toutes d\u2019une même souche qui se lit ainsi : André Robidou dit l\u2019Espagnol.Fils de Manuel Robidou et de Catherine Alue, il naquit vers 1640, tout probablement dans la paroisse Sainte-Marie de Galice, au diocèse de Burgos, en Espagne.Sa- présence coincide avec l\u2019arrivée des soldats du Régiment de Carignan.Le 7 juin 1667, à Québec, il épousait une Française : Jeanne Le Duc, fille de Antoine Le Duc et de Catherine Denote, demeurant à Saint - Germain d\u2019Auxerre, au diocèse de Paris.Du mariage Robidou-Le Duc sont nés six enfants: quatre filles et deux garcons.Ces derniers, Guillaume et Joseph sont les ancêtres collatéraux des familles actuelles et expliqueraient un peu la tradition que deux fréres sont venus au Canada.Redressons les faits.Un colon a fait souche mais deux garcons ont perpétué ce nom a travers le Canada et les Etats-Unis.° ROTOT Mme A.T., Montréal.L\u2019ancêtre des familles \u201cRotot\u201d me semble être le suivant : François Truflé dit Rotot (contrat de mariage passé le 5 février 1659 greffe du notaire Peu- vret) \u2014 Trefflé d\u2019après Tanguay, vol.I, page 571.L'origine se lit ainsi: François Trefflé ou Truflé dit Rotot, était un charpentier.Il fut baptisé le ler mai 1628 dans la paroisse de Saint- Barthélemy de Routot (ce qui expliquerait l\u2019origine du surnom Rotot) \u2014 Vaillancourt La Conquête du Canada par les Normands.Il était le fils de Nicolas Truflé et de Françoise Pinchon.Le 24 février 1659, à Québec, il épousait une compatriote française : Catherine Mathieu, fille de Claude Mathieu et de Hélène Charpentier.De ce mariage sont nés sept enfants : quatre filles et trois garçons.L\u2019ancé- tre décéda à Québec, où il fut inhumé le 24 juillet 1705.cune, que, ce matin, ils ont fait voler en éclats les vitres du bureau de votre père.Quant à votre ingénieur, il n\u2019a pu sortir que protégé.« Croyez-vous donc, reprit-elle, la voix sifflante en constatant le mouvement d\u2019effroi de sa compagne, cro- yez-vous que pour d\u2019autres raisons je serais venue vous implorer ?.Non, rien ne m\u2019y aurait contrainte, ou plutôt une seule chose le pouvait: l\u2019an- riété où je suis de sa sécurité.Elle s\u2019arrêta un instant, et comme Geneviève, s\u2019efforçant au calme, ouvrait la porte d\u2019un salon et l\u2019invitait à y pénétrer, elle refusa d\u2019un geste brusque.Puis, à voix plus basse à cause des allées et venues des domestiques : \u2014 Il a quitté la villa à deux heures, après nous avoir mis Rose et moi au courant.« Ah! nous avons passé des heures épouvantables.Nous guettions son retour ; nous n\u2019avons pas quitté les loges du patio.Et puis, comme le soir tombait, n\u2019y tenant plus, je suis venue ; j\u2019espérais qu\u2019il se serait attardé ici.Mon Dieu, s\u2019écria-t-elle d\u2019une voix étouffée en tordant ses mains, sait-on ce qu\u2019une foule surexcitée peut faire ! Elle se tut, oppressée soudain par l\u2019excès même de sa frayeur, cette fra- yesr qui, \u2018perfidement, s\u2019insinuait en Geneviève.La fiancée de Maxime demeurait immobile et muette, s\u2019accoutumant à la stupeur que faisait naître en elle la critique situation révélée.Elle n\u2019eut jamais, tantôt, accepté l\u2019idée qu\u2019il existât pour aucun de ceux qui étaient partis, le moindre danger ; et, le découvrant, se sentait soudain incapable d'attendre passivement la lente coulée des heures.Après quelques secondes, elle saisit le bras de la jeune fille en disant : \u2014 Je vais là-bas, Sonia.m\u2019accom- pagnez-vous ?L\u2019orpheline releva son regard brûlant ou l'éclat de I\u2019hostilité s\u2019éteignait sous l\u2019angoisse.\u2014 Nous ne passerons pas.Mais Geneviève eut un geste résolu qui repoussait toute objection.En cet instant rien n\u2019eut pu l'arrêter, et elle aurait foulé un sol embrasé pour parvenir à l\u2019usine.\u2014 Nous verrons bien, dit-elle.Et elle entraîna l\u2019orpheline au dehors.Les garages de Belle-Ile se trouvaient aménagés à l'arrière du château, qu\u2019il fallait contourner entièrement pour les atteindre.Comme les jeunes filles traversaient la cour d\u2019honneur, tout à coup, Geneviève s\u2019immobilisa frémissante et leva la tête.Sa compagne voulut parler, mais, de sa main levée, elle lui imposa silence avec autorité.Quelques secondes elle demeura les yeux fixés au ciel toute tendue dans sa volonté de voir et de mieux entendre, et avant que Sonia moins subtile ou moins avertie ait pu à nouveau l\u2019interroger, elle poussa un grand cri de joie.\u2014 Ecoutez !.les voici.bien ! Sans comprendre, la jeune fille suivit la direction du regard de Geneviève, et, dans le lointain où deux ailes et un sourd grondement venaient de naître, elle aperçut distinctement un avion.\u2014 Mon père m'avait prévenue, expliqua la fiancée de Maxime, les yeux toujours levés, qu\u2019on conduirait mon appareil ici ce soir.Le voici.Mais il n\u2019aurait pu décoller si tout n\u2019était rentré dans l\u2019ordre à l\u2019usine.Venez, nous allons en tout cas savoir.Pour toute réponse Sonia se mit en devoir de suivre Geneviève qui s\u2019était élancée vers le terrain.En un autre moment, Geneviève n\u2019eut pas manqué d'admirer en connaisseur ce voilier de prix construit pour elle.La forme inégale des ailes, tout va La Revue Populaire les roues somptueusement carénées, le fuselage allongé d\u2019où émergeait le poste du pilote et la place du passager, construits en tandem derrière la cellule, eussent été autant de détails devant lesquels, ravie, elle se fut attardée.Mais un seul regard, rapide et distrait, lui suffit pour capter toutes ces beautés caractéristiques, et ce regard se détourna avant même que l\u2019étincelle du désir enfin satisfait y eut brillé.Impatiemment, il alla chercher Cartier qui mettait pied à terre, suivi par un contremaître de l\u2019usine.* \u2014 Eh bien ?questionna la jeune fille dès que Daniel se fut approché.L'ingénieur ne répondit pas aussitôt.Il prit le temps de scruter le visage levé vers lui, cherchant à y découvrir le véritable sens d\u2019une aussi visible angoisse.Et puis, comme elle\u2019 insistait sans voir son hésitation : \u2014 Maxime et mon pére?.ils ?Il baissa la tête et répondit : \u2014Ils viennent par la route, mademoiselle.Satisfaite elle poursuivit, ne percevant point la froide réserve du jeune homme : \u2014 Dites-moi comment tout s\u2019est passé là-bas.\u2014 Mais.bien, puisque nous voilà.Avec une sorte d'irritation Geneviève leva vers Cartier ses yeux qui erraient sur la prairie.\u2014 Mais encore, insista-t-elle.nez-moi donc des détails.Comme si la nervosité de mademoiselle Morand lui eut été un spectacle insoutenable, Cartier abaissa ses paupières un long moment.Il parut se recueillir, puis, d\u2019une voix saccadée qui martelait les mots et pourtant hésitait avant de les prononcer, comme s\u2019ils lui eussent brûlé les lèvres : \u2014 Eh bien, dit-il, monsieur de Chan- ceray a gagné la partie.Il s\u2019est d\u2019abord entretenu longuement avec la délégation qui nous avait joints au bureau ; plus tard il a parlé, de la petite esplanade, aux ouvriers massés sur le terrain.Quelques-uns l\u2019ont reconnu pour avoir parfois, au dispensaire, donné ses soins à eux-mêmes, à leurs femmes ou à leurs enfants.Il y a eu en sa faveur une sorte de courant de sympathie.On l\u2019a laissé s\u2019exprimer, ce qui était déjà beaucoup.On a écouté ses suggestions, ce que nul n\u2019osait espérer.Le travail a repris sous certaines conditions, qui, demain, seront débattues entre la délégation et votre père, mais enfin, d\u2019ores et déjà, le conflit est apaisé.L\u2019ingénieur se tut un instant; puis il conclut, la voix sourde et vibrante cependant d\u2019animosité : \u2014 C\u2019est trés beau, n'est-ce pas, la popularité.même si, pour y arriver, on s'appuie sur la médecine.Geneviève tressaillit violemment.Elle fixa le jeune homme, tout son maintien empreint d\u2019une hauteur soudaine.Déjà, dans la narration de Cartier, quelques fausses notes étaient venues frapper son oreille, et elle avait cru percevoir la rancune d\u2019une souffrance à travers les mots.Elle l\u2019en avait absous, imaginant combien il devait être pénible dans un différend qui mettait en jeu sa place et sa carrière, d'en devoir l\u2019heureuse solution à un rival.Mais les dernières paroles où plus que de l\u2019amertume se devinait, étaient de trop.Cabrée, comme devant une injure personnelle, elle dit froidement : \u2014 Je ne vous comprends pas, monsieur Cartier, voudriez-vous mieux vous expliquer ?Daniel ne vit point l\u2019'embûche de ce calme, il eut un sourire ironiquement triste et répondit : \u2014 Je rends grâce, mademoiselle, à l\u2019habileté du docteur Chanceray.Ce n\u2019est point, je pense, une offense.La réponse vint, rapide et cinglante comme un coup de fouet : où sont- don- a Montréal, février 1947 \u2014 Si! Cen est une dans votre bouche, et le mot dont vous vous servez, me paraît impropre, ou, en tout cas, insuffisant, s\u2019adressant à celui qui a sauvé votre femme.Le visage de Cartier devint très dur, et, entre ses dents serrées sa Voix passa, à peine distincte.\u2014 C\u2019est là, murmura-t-il, justement, où il fut plus habile que jamais.Geneviève se redressa, les joues embrasées par une rougeur d\u2019indignation qui envahit aussitôt tout son visage.\u2014 Taisez-vous ! ordonna-t-elle, vous êtes injuste encore plus qu\u2019odieux!.\u2026.Puis elle se détourna d\u2019un mouvement violent, pressant fortement ses lèvres l\u2019une contre l\u2019autre, comme pour refouler les mots amers qui les eussent voulu franchir.\u2014 Venez, Sonia, dit-elle enfin, nous n\u2019avons rien à faire ici; allons au devant de mon père.Sonia était demeurée le témoin muet de cette scène rapide.Ses grands yeux noirs se fixaient alternativement sur Geneviève et Cartier, et quelque chose y passa comme l\u2019étonnement d\u2019une découverte.Mais bientôt, avec indifférence, elle abaissa son regard vers le sol; et, n\u2019eût été le frémissement qui agitait son visage, on eut pu croire, tant son attitude était calme, qu\u2019elle n\u2019avait point écouté la conversation.Cartier s\u2019était apprêté à suivre les jeunes filles.Il se ravisa pourtant, et, appelant le mécanicien qui à l\u2019extrémité du terrain s\u2019affairait auprès de l\u2019appareil, lui donna brièvement ses ordres.\u2014 Dès que Martin sera là, com- manda-t-il, vous rentrerez l\u2019avion et ferez le nécessaire.Ensuite, vous pourrez regagner Paris; je vais prier le chauffeur du patron de vous prêter la camionnette.Demain, en arrivant à l\u2019usine, vous avertirez Ernest et Jean qu\u2019ils doivent m\u2019accompagner ici à deux heures.Qu\u2019ils soient prêts, je compte faire un dernier vol d\u2019essai et ne veux pas être retardé.Ayant ainsi parlé, Cartier fit volte- face et s\u2019apprêta à rejoindre les jeunes filles.Il les croyait entrées dans le parc et constata avec surprise que Geneviève s\u2019était immobilisée au milieu de la prairie.Elle laissa Daniel s'avancer, puis, à brûle-pourpoint : \u2014 Vous comptez revenir demain ?demanda-t-elle.L'ingénieur s\u2019arrêta, interdit.\u2014 Mais.certainement, mademoiselle.\u2014 Cela est tout à fait inutile.\u2014.Cependant.\u2014 Tout a fait inutile! insista Geneviève en appuyant sur les mots.En- voyez-moi seulement deux mécaniciens de l\u2019usine.Je prendrai l\u2019appareil moi-même en main.L'ordre était sans réplique, Daniel g'inclina.\u2014 Bien, mademoiselle, dit-il, seulement un peu pâle.Comme les jeunes gens atteignaient la cour d'honneur, le cabriolet conduit par M.Morand parut au bout de l'allée.Avant de les rejoindre, il s\u2019arrêta.Du spider descendit un ouvrier de l'usine qui gagna directement le terrain où il devait aider son camarade a ranger l'appareil sous le hangar.Puis l\u2019auto continua son chemin et vint s\u2019arrêter à quelques mètres du château.Avec l\u2019élasticité d\u2019un jeune homme, M.Morand sauta à terre.Plus calmement, Maxime le suivit.L\u2019industriel le prit alors par les deux épaules et se tournant vers le petit groupe qui s\u2019avangait : \u2014 Ah! mon enfant, s\u2019écria-t-il en s\u2019adressant à Geneviève, quel avocat et quel homme ! Maxime, en souriant, chercha à se dégager.\u2014 Voilà que tu te trahis, dit-il, Geneviève devait ignorer.\u2014 Pas maintenant, trancha Victor Morand, pas maintenant que le partie est gagnée!.et grâce à toi, mon ami, qui a été si mesuré, si éloquent, si parfait dans la science des choses qu\u2019il fallait dire, à toi, qui.Tiens, mon enfant, embrasse-le, acheva-t-il trop ému pour en dire davantage, mais en poussant sa fille dans les bras de Chanceray.Une seconde s\u2019écoula, interminable, avant que Geneviève fut revenue de sa stupeur épouvantée ; et dans ce seul instant tint pour la jeune fille le bouleversement le plus intense qu\u2019ait connu jusque là sa vie cependant agitée.Maxime était devenu mortellement pâle.Une sorte de recul le fit d\u2019abord se dérober ; mais Geneviève levait vers lui son merveilleux visage.Alors, très vite, avec l\u2019horrible peur de défaillir de joie, ses lèvres à lui effleurèrent une tempe tiède, qu\u2019il sentit frissonner sous son baiser.Comme Geneviève se détournait, frémissante, son regard fut attiré par un autre regard, et elle y lut une telle douleur sauvage, qu\u2019instinctivement elle s\u2019éloigna de Sonia.\u2014 Allons, mes amis, proposa M.Mo- rand la voix joyeuse, rentrons au château.L'heure est assez avancée pour que je refuse de rendre à aucun de vous la liberté.Nous dinerons ensemble ce soir.«.Eh bien, mon cher Cartier, pour- suivit-il en prenant familièrement le bras de son ingénieur qu\u2019il devinait prêt à refuser, qu\u2019y a-t-il ?Vous avez un air tout à fait lugubre.secouez- moi ça, sacrebleu! un repas est vite bâclé, et même si vous rentrez à Paris de nuit, vous n\u2019en mourrez pas ; à cette saison c\u2019est un rêve.En riant, l\u2019industriel entraîna Cartier vers Belle-Ile ; et Geneviève remarqua que la démarche du pilote rappelait celle d\u2019un homme ivre, comme si une soudaine faiblesse eut fait ses jambes défaillantes se dérober.\u2014 Je rentre, Maxime, murmura Sonia de cette voix qui avait, lorsqu\u2019elle s\u2019adressait à son tuteur, des inflexions d\u2019une douceur inusitée et tremblait cependant aujourd\u2019hui sur les mots.CHAPITRE XI ORSQUE la lourde porte fut retombée sur eux, Sonia s\u2019arracha de la cour d'honneur, et, avec une précipitation soudaine, retourna sur ses pas.C\u2019était, depuis le jour où les Morand l\u2019avaient foulé en maîtres, un sol exécré que celui de Belle-Ile, et son seul contact causait à la jeune fille un malaise pénible auquel elle avait toujours la plus grande hâte d\u2019échapper.Aujourd'hui, cependant, le rappel des années heureuses vécues là au foyer de sa sœur et de son beau-frère n\u2019entrait point dans le sentiment qui la poussait à fuir comme une bête traquée, à chercher inconsciemment pour gagner la maison de verre, le chemin le plus court, celui qui passait par le terrain.Ce n\u2019étaient ni des souvenirs ni des regrets qui la jetaient ainsi en avant, marchant toujours plus vite, avec une-sorte de fièvre que chaque minute accroissait ; qui faisait se joindre convulsivement ses mains, et s\u2019entrouvrir ses lèvres d\u2019où s\u2019échappait parfois un sourd gémissement.Grand Dieu! était-il donc possible qu\u2019un amour malheureux put être un tel tourment!.Elle se croyait bien résignée, pourtant, et assez forte pour accepter que le bonheur de Maxime fut acheté au prix du sien.En silence, elle avait accueilli toutes les renonciations, offert tous les sacrifices, pourvu qu\u2019ils se transformassent pour le cher aimé en un peu de joie.Elle avait même essayé, suprême effort demeuré il est vrai encore sans triomphe, de moins haïr Geneviève, afin de pouvoir peut-étre un jour laimer.Vains combats, inutiles contraintes!.Il De la Californie ensoleillée au Canada sous l\u2019étreinte de l'hiver alors que votre famille en a le plus besoin.Pp L'assortiment de fruits et de légumes frais que vous pouvez servir à votre famille se trouve considérablement réduit durant les mois d'hiver.C'est pour cela que le jus d'orange navel de Californie devrait être inclus dans la diète quotidienne.Ce jus savoureux et rafraîchissant fournit des facteurs de santé dont les enfants et les adultes ont également besoin.Les oranges navel de Californie sont une excellente source de vitamine C\u2014si nécessaire au développement et au maintien de dents saines et de gencives fermes.La vitamine C est aussi nécessaire pour favoriser la croissance et le maintien de la résistance normale à l'infection.Comme la vitamine C ne peut pas être mise en réserve dans l'organisme, vous feriez bien de la remplacer chaque jour en donnant à votre famille des oranges navel de Californie.Diluez le jus d'orange pour les plus feunes enfants .3 à 4 onces vers l'âge d'un an .et jusqu'à G à B onces vers l'Âge de six ans, ce qui est la quantité normale requise pour les adultes.ériorité ints de super donne ces 5 po re orange Ne lus riche 1, Saveur P 2.Couleur plus brillante 3.Plus faciles à peler 4.Plus faciles à sectionner 5, Sans pépins a ériorité, ces Mél res de la Californie et férables pour la Nulle aut 1 eures Oranges nave de I\u2019 Arizona sont table ou la ' i de A x es points râce à C Gr t des vallées ab d'usage me dessert.ritées ; ; é provenan bles plus facile, pr agrea , lus P e de lunch com boit La qualité Sunkist est de la plus haute.C\u2019est pour cela que les oranges Sunkist sont la plus populaire de toutes les marques au Canada.Ce sont les meilleures cultivées par 14,500 producteurs coopératifs de la Californie et de l\u2019Arizona, Sunkist ORANGES NAUCÉ DE CALIFORNIE PREMIÈRES POUR LE JUS.Du fa! te ANS\" VOMBRIL SIGNIFIE SANS pei 54 Fabrication canadienne Le nettoyage des bols de cabinets n\u2019est plus une corvée! Vous n\u2019avez qu\u2019à verser de la Lessive Gillett non diluée et actionner la chasse d\u2019eau.Les taches brunes disparaissent et, en un rien de temps, la porcelaine devient d\u2019une blancheur parfaite.La Gillett peut aussi vous être utile pour déboucher les renvois d\u2019eau, dégraisser les ustensiles et effectuer toutes sortes de nettoyages à la maison.Ne faites jamais dissoudre la lessive dans l\u2019eau chaude.L'action de la lessive elle-même réchauffe l\u2019eau.Crème Orientale GOURAUD Vous procure satisfaction.Elle vous redonne Is peas souple et fraîche de votre jeunesse.nf Blanc, Chair, Rachel, Sun-Tan SIROP GRAY -.[Fe tx gomme d'épinette rouge 4 Soulagera gorge et poitrine congestionnées.4 Enraiera la toux et as- C sursra un sommeil paisible.Ayez-en toujours a la maison.- LES EMPLATRES LARIVIÈRE aidant à soulager les maux et douleurs mus- cu.aires Exigez-les ahez votre pharmacien.avait suffi qu\u2019elle l\u2019aperçut dans les bras de Maxime pour que l\u2019édifice de résignation si péniblement construit s\u2019écroulât.Oh! ce baiser que sa chair n\u2019avait point reçu! elle en gardait une brûlure, une sorte de douleur empoisonnée qu\u2019elle sentait avec épouvante s\u2019insinuer dans toutes les parties de son être comme un germe mortel.Et cela avait été tellement brutal, cette révélation de la véritable qualité de sa tendresse, que Sonia avait dû se retenir de clamer son mal.Et voilà qu\u2019à l\u2019effroyable cri de jalousie éperdue jailli de son cœur, elle sentait qu\u2019il y aurait plus et mieux que cela; qu'il y aurait un visage blanc contre une épaule robuste, des lèvres frémissantes, des mains unies, qu\u2019il y aurait de glorieux soirs et de divins réveils, tout un festin dont elle ne connaîtrait jamais l'ivresse, et que, dans toute sa plénitude, Geneviève, elle, savourerait.A cette évocation d\u2019un bonheur insolent, Sonia s\u2019arrêta court, frissonnante.Autour d\u2019elle la campagne entière vacillait; et le terrain qu\u2019elle traversait au même instant, prenait soudain l\u2019aspect d\u2019une mer inclémente.Nul arbre ne se trouvait plus à sa portée, mais, assez près, le hangar se dressait qui pourrait fournir un appui.Elle réussit à le gagner de toute sa volonté tendue ; mais comme elle s\u2019accotait, vaincue, au mur extérieur, un bruit très proche de voix la tira de sa défaillance.Avec effroi elle regarda autour d\u2019elle, se demandant qui allait ainsi violer sa douleur ; et elle ne vit rien que la porte de l\u2019abri à demi-ou- verte.Elle comprit alors que les mécaniciens de M.Morand, chargés d\u2019apprêter l\u2019avion, n'avaient point terminé leur tâche, et devisaient tout en travaillant.Cela était une chose simple et ordinaire, comme aussi, il eût paru naturel que Sonia continuât sa route une fois sa faiblesse conjurée ; elle n\u2019en faisait rien cependant.Elle demeurait là, figée contre ce mur dont son immobilité paraissait faire partie: elle demeurait là, petite chose inerte rivée à un chuchotement criminel, trop tremblante pour pouvoir fuir, trop épouvantée pour s'interposer, trop affolée de douleur pour n\u2019être point, d\u2019ores et déjà, par son silence, une complice.Et, dans l\u2019intérieur du hangar où se décidait la mort d\u2019un homme, le colloque se poursuivait.Tandis que Sonia dont l'intelligence avertie devinait et acceptait la vraie victime, livide, mais impuissante à faire cesser l\u2019affreuse méprise, écoutait, écoutait toujours.\u2014 Et alors, qu\u2019est-ce qu\u2019on décide.les bougies ou le longeron ?\u2014 Je ne sais pas.les bougies ça prendra du temps, tandis que le train d\u2019atterrissage .\u2014 Non ! saboter le train ce n\u2019est pas assez sûr.C\u2019est même dangereux à cause de l\u2019enquête.les copains.\u2014 Mais puisque je te dis que c\u2019était convenu d\u2019avance.On savait bien que le patron nous ferait encaisser Cartier ou qu\u2019il licencierait l\u2019usine plutôt que de le dégommer!.et on en a assez de son directeur, assez.assez!.Fabien qu\u2019il a mis à pied, Jules qu\u2019il a envoyé à l\u2019apprentissage, Hector qu\u2019il a collé au tableau d\u2019amendes, et Denis, et Marcel.Je ne parle pas de moi, bien sir.\u2014 Dame ! Cartier a fichu ton fils à la porte parce qu\u2019il avait laissé passer une pièce défectueuse à la vérification, et il t'a, en plus, rudement tancé pour être rentré éméché au lendemain d\u2019une bombe.\u2014 Et, dis un peu, ce n'est pas tout, qu\u2019est-ce qu\u2019on va faire ?\u2014 Ma foi, je crois bien que le plus simple est de limer un longeron! \u2014 Bon ! C\u2019est aussi mon avis.Alors, c\u2019est décidé, on y va! : \u2014 On y va! as-tu ce qu\u2019il faut ?\u2014 Tu ne penses pas que je sois venu les mains dans les poches ?Il y eut un silence tragique, puis le heurt d\u2019outils remués, quelques pas.et Sonia manqua défaillir, comme si le tranchant eut pénétré dans sa chair même, lorsqu\u2019elle entendit le crissement de l\u2019acier mordant un autre métal.A Belle-Ile, cependant, le repas s\u2019achevait dans une atmosphère paisible.Le calme dont faisait preuve les convives n\u2019était sans doute qu\u2019apparent, mais il y a parfois une nuance tellement infime de l'illusion à la réalité, que M.Morand, l'esprit occupé de sa victoire et tout entier donné à la satisfaction, pouvait sembler excusable de ne la point percevoir.Les jours, dès le milieu de septembre, déclinent vite, et le crépuscule s\u2019étendait déjà lorsque les dineurs quittèrent la table.M.Morand, néanmoins, voulut encore les retenir.Il fit servir des liqueurs au dehors sous les tilleuls, ouvrit en grand secret pour ses amis un coffret de cigares qui n\u2019étaient point ceux des jours ordinaires et réussit ainsi à conserver ses hôtes quelques instants de plus.Mais la nuit étant tout à fait venue, Maxime fidèle à la promesse qu\u2019il avait faite à Sonia, se leva.\u2018 Geneviève descendit alors vers la rivière.À quelques pas, Chanceray, silencieux, la suivait.Il considéra pensivement les belles mains blanches qui défaisaient le lien par lequel l\u2019esquif s'attachait au pieu, et cette contemplation l\u2019absorbait tellement qu\u2019il tressaillit quand la jeune fille dit doucement : \u2014 Je suis prête, Maxime.Il monta dans le bateau où sa fiancée s\u2019installait déjà, s\u2019assit en face d\u2019elle et voulut prendre les rames; mais la jeune fille secoua la tête en souriant.Elle les tenait fermes et légères en main, s\u2019en servit pour donner une poussée contre l'escalier de pierre, et la barque se mit à glisser docilement.La nuit était calme et assez claire, mais sous la feuillée une obscurité presque entière régnait.Cependant, parfois, à travers une branche moins épaisse, un rayon de lune comme un doux phare aussitôt détourné caressait l'embarcation et ses occupants.Et Geneviève, à la faveur de cette lueur furtive, retrouvait chaque fois le visage contracté de son compagnon.Soudain, à une coulée plus généreuse de la lune entre les feuilles, Geneviève arrêta net son mouvement, et posa spontanément ses mains sur celles du docteur.\u2014 Qu\u2019y a-t-il, Maxime ?vous souffrez, dit-elle.Chanceray eut une sorte de sursaut et regarda la jeune fille absolument comme un homme arraché d\u2019un songe retombe sur terre.\u2014 Moi ?.Je.murmura-t-il, non.Je n\u2019ai rien, continuez, Geneviève.Et il dégagea ses mains pour jeter enfin par-dessus bord sa cigarette consumée.Avec un geste d\u2019impatience, la jeune fille releva une mèche ondulée qui était tombée sur son front, mais ses lèvres se refusèrent à prononcer des paroles d\u2019amertume.La barque, privée de direction, était allée échouer sur le bord, l\u2019extrémité fichée entre les racines d\u2019un saule.Avant que rien ait pu faire prévoir son mouvement, Geneviève quitta son banc, et dans l\u2019esquif étroit vint s\u2019asseoir auprès du docteur.\u2014 Dites, Maxime, pourquoi n\u2019êtes- vous plus mon ami?Il ne répondit pas aussitôt ; il la regardait fixement, stupéfait de la question au moins autant qu'interdit du La Revue Populaire geste.S'il n\u2019avait aussi parfaitement connu la pureté d\u2019âme de sa fiancée, il eut vu là, sans doute, quelque ma- nœuvre de coquetterie.Mais pas un instant cette idée ne l\u2019effleura.D'\u2019ailleurs il était trop troublé pour que son esprit put échafauder des suppositions.Il la sentait là, contre dui, sur le banc étroit de la barque, dans cette solitude d\u2019où nul ne fut venu les arracher.Il voyait le cher visage levé vers le sien, le regard si merveilleux qu\u2019il lui paraissait éclairer la nuit même, le front très blanc au bas duquel, tout à l\u2019heure, ses lèvres s\u2019étaient posées.\u2014 Rien n\u2019est changé, Geneviève, et vous avez en moi l\u2019ami loyal et sûr, que, depuis votre enfance, vous connaissez.Seulement, laissez-moi vous dire.cet ami n\u2019est peut-être pas ce que vous croyez.« Voyez-vous, reprit-il gravement après un instant de recueillement et de silence, celui que vous avez connu autrefois, durant mes courts séjours en France, ne possédait, avec moi-même, qu\u2019une très lointaine analogie.« C'était un voyageur harassé que le retour dans sa patrie comblait de joie ; un voyageur qui était patient et peut- être généreux et bon parce qu\u2019après la rude vie supportée, tout lui paraissait bien facile.Un voyageur qui pouvait ne point revenir, et voulait laisser à ses amis une image très douce.Mais ce vagabond, mon enfant, ce n\u2019est plus moi.«Je suis, vous l\u2019avez bien vu, un homme comme les autres, point plus mauvais, mais pas beaucoup meilleur ; un homme avec sa mauvaise fierté, son égoïsme et ses révoltes.et auquel vous aurez beaucoup à pardonner.« Je vous ai dit tout cela, poursuivit Maxime en se penchant un peu plus vers la jeune fille, parce que je connais votre âme délicate et les torts que, s\u2019il m'arrive parfois de vous blesser, vous ne manqueriez pas de vous chercher.Tout sera de ma faute, enten- dez-vous bien, Geneviève, je ne veux que, dans aucun cas, vous Vous sentiez responsable un seul instant.Voilà, acheva-t-il en essayant de sourire, voilà donc l\u2019ami, qui, si vous l\u2019acceptez ainsi, vous est resté.Il se redressa lentement.Geneviève ne répondit pas.Elle le regardait toujours avec une intensité douloureuse, et, chose singulière, elle avait l\u2019impression, à mesure que Maxime s\u2019exprimait, de voir se lever entr\u2019eux une barrière ajoutée à tant d'autres, un mur d\u2019incompréhension construit par les soins même de Chanceray, et derrière lequel s\u2019abritait son âme secrète.Un désarroi infini, disproportionné, l\u2019étreignit.Elle se sentit seule, soudain, dépourvue de l\u2019appui que tantôt elle eut presque sollicité.Elle demeurait immobile, ne pouvant se décider à quitter la rive sur laquelle se tenait Maxime, et attendant de lui elle ne savait quel baume à son étrange accablement.Ce fut le docteur qui rompit ce silence pénible.Il se pencha de nouveau, et, empruntant au vocable de la nourrice ces mots qu\u2019il faisait siens autrefois : \u2014 Bonsoir, dit-il.petite reine!.Mais il demeura stupéfait.\u2014 Comment !.vous pleurez ! mur- mura-t-il.Et, la voix changée, soudain : \u2014 Je vous en prie, calmez-vous.je ne puis assister à cela.c\u2019est une chose tellement.tellement bouleversante ! Geneviève mordit ses lèvres jusqu\u2019au sang.Elle était honteuse, maintenant, de cet instant de faiblesse et eut voulu s\u2019éloigner très vite pour le cacher au docteur ; mais, doucement, Maxime lui prenait les mains et l\u2019obligeait à se lever de son siège : \u2014 Allons, dit-il avec bonté, venez jusqu'à la maison.Vous ne pouvez Montréal, février 1947 repartir ainsi tout de suite.J\u2019ai eu grand tort de vous laisser m\u2019accompagner.Sans résistance, elle le suivit.I] avait lâché sa main sitôt qu\u2019elle avait touché le sol ferme.En silence, côte à côte, ils traversérent la pelouse et furent aussitôt devant la Maison de Verre.Mais au moment d\u2019y pénétrer, Geneviève se ravisa.Elle venait de se rappeler que, suivant ses propres instructions, Maxime était attendu.Affronter à ce moment, d\u2019un air calme, d\u2019autres visages ; parler et sourire en enfermant au fond d'elle-même l\u2019infinie tristesse de son cœur, tenir sa partie dans une conversation à la banalité inévitable, venait de lui paraître soudain si totalement impossible qu\u2019elle n\u2019hésita pas; et posant ses doigts sur le bras de son fiancé: \u2014 Mieux vaut que je vous quitte ici, Maxime.Il parut plus surpris que contrarié.\u2014 C\u2019est comme il vous plaira, dit-il.Mais avant de nous séparer, j'ai une requête à vous adresser, Geneviève, Et comme elle l\u2019écoutait, attentive, son regard sérieux fixé sur lui : \u2014 Vous comptez essayer votre appareil demain, n'est-ce pas?demanda- t-il, \u2014 Mais oui.demain matin d\u2019assez bonne heure.\u2014 Eh bien.cela est puéril, mais je vous supplie de me l\u2019accorder ; laissez- moi monter avant vous.\u2014 Comment ?avec moi, voulez-vous dire ?\u2014 Non, avant.si vous voulez.\u2014 Mais.je ne comprends pas.\u2014 Moi non plus je ne comprends guère cette appréhension que j\u2019éprouve à la pensée de vous voir là-haut.C\u2019est pour arriver à la dominer que je vous demande cette faveur.Il me semble qu \u2019après avoir éprouvé votre appareil je me sentirai plus tranquille.Elle sourit.\u2014 Je vous accorde cela bien volon- tiets, Maxime, mais connaissez-vous suffisamment nos moteurs ?\u2014 Mon dernier avion en Afrique était un tourisme Morand Geneviève, je ne pense pas que, depuis un an, l\u2019essentiel ait été changé.\u2014 Non, peu de chose vraiment.D'ailleurs je vous montrerai moi-même, .\u2014 Très bien, alors, c\u2019est promis n\u2019est- ce pas ?\u2014 C\u2019est promis.me.Elle tendit sa main que, dans un geste imprévu, le jeune homme porta jusqu\u2019à ses lèvres.\u2014 Merci, murmura-t-il très doucement.Elle ne put répondre et se contenta d'un signe de tête.Déjà Chanceray franchissait le seuil ; la porte se refer- .ma sur lui, et Geneviève demeura seule dans l\u2019ombre.Lentement elle s\u2019en retourna.Autour d\u2019elle la nuit était calme et claire.Pas un frémissement n\u2019agitait les rosiers du patio.Les pelouses s\u2019étendaient larges, étonnamment vides sous la lune qui jetait au sol, tel des clochers foudroyés, l\u2019ombre rigide des grands cédres.Aux alentours de la maison de verre une quiétude absolue régnait.Et cependant, à mesure qu\u2019elle avan- gait, Geneviève éprouvait une sorte d\u2019angoisse.Ce silence, l'immobilité parfaite des choses, et son isolement dont elle prenait conscience soudain, tout était oppressant, effrayant presque.Un instant arrêtée, la jeune fille dompta son émoi et parvint à se moquer de sa faiblesse.Ses nerfs étaient- ils donc tellement ébranlés qu\u2019elle éprouvat ainsi la peur, ou du moins cette impression qui y ressemblait étrangement et faisait paraitre a ses l\u2019essayer pour vous, à demain, Maxi- yeux cette belle nuit hostile ?Allons, c\u2019était une surprise que cela, une trahison de sa volonté dont elle restait pourtant si parfaitement maîtresse, si sûre.Il convenait de réagir ; et Geneviève, fermement, hâta ses pas vers le bateau.CHAPITRE XII EUX FOIS déjà sans succès, Cécile, la femme de chambre de Geneviève, était venue frapper à la porte de sa maîtresse.Tout paraissait dormir à l\u2019intérieur de l\u2019appartement; et, après une dernière tentative, aussi infructueuse que les précédentes, la jeune bonne abandonna la partie et redescendit au rez-de-chaussée.La porte de la bibliothèque qui s\u2019ouvrait sur le hall n\u2019était qu\u2019à demi poussée.Par son entrebâillement on apercevait Maxime, «debout devant l\u2019une des fenêtres d\u2019où la vue embrassait le parc, les bras croisés et absorbé dans une contemplation profonde.Il était vêtu d\u2019une combinaison de toile beige serrée à la taille par une ceinture comme en portent les mécaniciens, et avait la tête nue.Il paraissait plus grand encore dans cette tenue dont la rusticité seyait à sa mâle beauté.\u2014 Eh bien?demanda-t-il sans se détourner, lorsqu\u2019il entendit derrière lui les pas de la femme de chambre.\u2014 Mademoiselle dort encore, monsieur, et, puisque je ne dois pas la réveiller.\u2014 Non, non.Cela est tout à fait inutile.Il demeura encore quelques secondes le front pensif, immobile a la mé- me place ; puis, tournant le dos à la fenêtre, remonta vers Cécile qui, tout près de la porte, s\u2019était arrêtée.\u2014 Dois-je dire quelque chose à mademoiselle ?demanda cette dernière comme Chanceray allait s\u2019éloigner.Le docteur inclina affirmativement la tête.\u2014 Certainement.apprenez-lui que j'essaye son appareil comme nous l\u2019avions convenu ensemble.\u2014 Bien, monsieur.Il sortit et, bientôt après, la femme de chambre l\u2019aperçut qui traversait la cour d'honneur d\u2019un pas égal, avec cette sorte de ibalancement qui était sa démarche particulière.Quand, un peu plus tard, appelée par la sonnerie électrique, la jeune bonne entra dans la chambre de Geneviève, celle-ci était debout, ayant passé sur son vêtement de nuit un long déshabillé qui moulait la sveltesse de son corps.Cécile, comme à l'ordinaire, alla droit aux rideaux, les écarta pour livrer la pièce au soleil ; tandis que Geneviève poussait un cri d\u2019étonnement à la vue du grand jour éclatant qui inondait la pièce.\u2014 Mais il doit être très tard, Cécile ; pourquoi ne m\u2019avez-vous pas réveillée ?Le reproche ne parut pas déconcerter la femme de chambre.Elle dit, tout en ordonnant les plis des rideaux : \u2014Je lai essayé, mademoiselle.mais sans trop insister, car j'avais vu de la lumière très tard, chez mademoiselle, hier soir.Le visage de la jeune fille se couvrit aussitôt d\u2019une ombre.Elle fit quelques pas dans la chambre, foulant de ses mules de satin l\u2019épais tapis, vint s\u2019asseoir devant une coiffeuse, et, choisissant dans le jeu qu\u2019elle supportait une brosse de vermeil à son chiffre, se mit à lisser distraitement ses cheveux.Estompé par une nuit de lourd repos, dans lequel elle avait enfin sombré après les longues heures d\u2019abattement qui avaient suivi son retour à Belle-Ile, le souvenir renaissait, prenait à nouveau possession de son cerveau avec une amplitude singulière.55 Sous ce maquillage parfait se trouve le Complexion Veil DE CHARLES OF THE RITZ D'une douceur si soyeuse.s\u2019'harmonisant si bien à la complexion de votre teint \u2014 vous seule pouvez savoir comment l\u2019attrait de votre beauté peut être redevable à ce subtil fond de teint.Dans les bons magasins 1 once, $1.45, 2 onces $2.60 Claeles ol the RL Célèbre par sa poudre mélangée à le main et ses exquis cosmétiques 56 Les Disques Columbia présentent Oscar Levant au piano Oscar Levant Joue du Chopin Série D171 ($5.00) \u2014 Dix des compositions les plus aimées de Chopin: 4 Etudes, comprenant l\u2019Etude sur les \u201cNoires\u201d, et l'Etude Révolutionnaire; 2 Nocturnes; 2 Valses; la Berceuse en ré bémol majeur et la Polonaise Militaire; dernier album par l\u2019un des pianistes préférés de notre époque.Nouveaux Masterworks Columbia Série J92 ($3.00)\u2014Darius Milhaud dirige l\u2019Orchestre Philharmonique de New-York duns sa nouvelle \u201cSuite Française\u201d basée sur les mélodies du terroir de la Normandie, de la Bretagne, de l\u2019Ile-de-France, de l\u2019Alsace- Lorraine et de la Provence.Benny Goodman Joue du Brahms Série D170 ($4.00)\u2014La Sonate No 2 en mi bémol majeur de Brahms, pour Clarinette et piano, est exécutée de façon experte par Benny Goodman (clarinette) et Nadia Reisenberg (piano).C\u2019est une belle sonate bien exécutée et enregistrée.Vronsky et Babin Jouent du Mozart Série D169 ($4.00)\u2014Rempli de captivantes miélodies, cette charmante partition pour piano, le Concerto en mi bémol majeur de Mozart, arrangé pour 2 pianos et orchestre, enchantera tous les amateurs de musique.Les pianistes-duettistes Vitya Vronsky et Victor Babin, assistés par Dimitri Mitro- poulos et l'orchestre Robin Hood Dell, vous offrent le plus nouveau et le meilleur enregistrement de cette oeuvre entraînante.Columbia LES DISQUES \u2018MASTERWORK\u201d SONT FAITS AU CANADA À LONDON PAR *La Voix Radiophonique la plus riche\u201d Pour $49.95 seulement vous pouvez vous procurer un Phonographe Electrique véritable SPARTON.No.Portatif Ce n'est pas un accessoire, ni un radio\u2014mais un phonographe à 3 lampes, complet par lui- même, genre mallette, pour disques de 10°\u2019 et 12\u2019, qui donne un bon son et un bon volume.Essayez-le avec pain, rôtie Ou sandwich.D'ailleurs peu coûteux; un vrai régal pour le goûter ou le pique-nique des enfants.N) 6-46F JL 71) PARIS Ses paroles et son désespoir farouche, les lèvres de Maxime chaudes sur son front, la voix qu\u2019il avait eue pour prendre congé d'\u2019elle, et sa soudaine apparition dont le seul rappel la glaçait, tout cela était avec elle, dans cette chambre, plus réel que le soleil même, plus positif et plus fort que toute physique perception.: Et tout a coup, Genevieve tressaillit ; elle venait de se rappeler la promesse que Maxime lui avait faite de la rejoindre sur le terrain ce méme matin.\u2014 M.de Chanceray .n\u2019est pas venu au château ce matin, Cécile ?La jeune bonne qui, avec la dextérité de l'habitude, mettait de l\u2019ordre autour d\u2019elle, inclina affirmativement la tête.\u2014 M.de Chanceray était là bien avant le réveil de mademoiselle.Il m'avait défendu de la déranger et a décidé de l\u2019attendre sur le terrain.A l'instant même Geneviève se releva, les joues envahies soudain par une onde rosée.Ainsi, Maxime était venu et le souci qu\u2019il avait de son absolue sécurité n\u2019avait point varié.Une infinie gratitude la souleva pour cette bonté jamais en défaut, jamais épuisée ; cette bonté d\u2019autant plus remarquable qu\u2019elle ne s\u2019appuyait pas sur de l\u2019amour.Fébrilement, acceptant pour aller plus vite l\u2019aide de sa femme de chambre, elle s\u2019habilla, fit rapidement sa toilette et revêtit la petite robe de toile qu\u2019elle avait quittée la veille.Puis, rejetant en arrière ses beaux cheveux bouclés sans prendre «le temps de refaire sa coiffure, elle descendit le monumental escalier de pierre, et, par la petite porte donnant sur la rivière, gagna la terrasse.La, elle hésita quelques instants sur le chemin à prendre, se décidant enfin pour l\u2019étroit sentier qui longeait le ruisseau et passait en marge de la cour d'honneur ; non point à cause de l\u2019ombrage qui l\u2019abritait d\u2019un \u2018éclatant soleil, mais parce que, soudain, au contact brutal du dehors, sa hâte de joindre Maxime était tombée, faisant place à la crainte et à l\u2019indécision.Au bout de quelques minutes de marche, Geneviève crut cependant per- * cevoir un bruit plus précis.Elle s\u2019arrêta, prêta l\u2019oreille.Mais non, elle ne s\u2019était point trompée.C\u2019étaient bien des rames dont le heurt répété déchirait l\u2019eau.Une barque s\u2019approchait, et elle était conduite, Geneviève en reçut tout de suite l\u2019impression, avec une inexpérience ou un trouble, dont le rythme mal cadencé des avions donnait la certitude.La jeune fille attendit encore quelques instants, puis, quand le promeneur fut à peu près à sa hauteur, curieusement, elle écarta le fouillis de verdure et se pencha.Une embarcation, en effet, avançait sur la rivière, et c\u2019était le,canot de Maxime au centre duquel, assise, se tenait Sonia.Un cri de frayeur échappa à l\u2019orpheline lorsqu'elle aperçut Geneviève, absolument comme si, au lieu du clair visage de la jeune fille, une tête de méduse lui était soudain apparue.Elle ébaucha même le geste de retourner en arrière, mais son expérience de navigatrice était trop sommaire pour qu\u2019elle put mener à bien ce prompt mouvement, et l\u2019esquif se mit à tanguer et ne vira qu\u2019à moitié, prêt à se renverser à la moindre fausse ma- nœuvre.Bien qu\u2019il n'y eut aucun danger, la rivière étant peu profonde, Geneviève, -par un reflexe immédiat, avait écarté les buissons, sauté sur la berge en contrebas, et saisi fermement de ses deux mains la pointe du canot à l\u2019instant où il se mettait en travers du courant.La légère embarcation s\u2019ancra aussitôt dans le.sable en dépit de sa conductrice qui, livide et dressée, s\u2019était opposée aux efforts de Geneviève.Pour aider Sonia à gagner le bord, la jeune fille lui tendit la main.Mais l\u2019orpheline recula précipitamment, avec une sorte de frisson, et aborda sans secours sur la terre ferme.Elle était debout, maintenant, à quelques pas de Geneviève, hostile et fermée comme en face de sa plus irréductible ennemie ; et celle-ci considérait avec étonnement ce front pâle, ces traits ravagés par un inexplicable trouble, cette bouche dont la courbe amère s'alliait si mal avec ce visage enfantin.Un grand élan de compassion la jeta vers la jeune fille.\u2014 Sonia.murmura-t-elle doucement en faisant un pas en avant.Sonia était près d\u2019elle maintenant, et ses deux mains s\u2019attachaient convulsivement à Geneviève, tandis que, seules vivantes dans son visage livide, les lèvres s\u2019agitaient prononçant des mots sans suite.\u2014 Maxime.il ne faut pas.pareil.il est.saboté.Geneviève se dégagea, éperdue.Prête à craindre un accès de folie chez la jeune fille, elle était empoignée soudain par cette angoisse dans laquelle un tel accent de vérité vibrait.Et secouant rudement Sonia par les épaules : \u2014 Que dites-vous ?.parlez !.Qui a touché à lappareil?.Maxime court-il un danger ?.Puis comme, presque hébétée, sa compagne la regardait en proie à un tremblement convulsif mais sans qu\u2019aucun mot put dépasser ses lèvres, elle la repoussa soudain, franchit d\u2019un bond le talus, et se mit à courir dans la direction du terrain avec une vitesse décuplée par la frayeur.Durant cette course folle, pas une fois elle ne se demanda si Sonia avait dit wrai, ni comment elle connaissait ce qui menaçait Maxime.Une voix impérieuse, au fond d\u2019elle-même, ratifiait le cri d\u2019effroi de la jeune fille, et Geneviève ne cherchait pas au delà.Dans l\u2019imminence du péril pressenti elle n\u2019était plus un cerveau qui évalue et calcule, mais une machine poussée à son extrême rendement et obéissant à une impulsion supérieure.Derrière elle, bientôt, Geneviève entendit le bruit des pas de Sonia et sa respiration haletante, mais à peine y prit-elle garde.Son oreille exercée restait éperdument rivée à cette sorte de ronronnement régulier et profond qui indiquait la mise en marche de l\u2019appareil, mais point encore son envol, et dont elle se rapprochait de seconde en seconde.Quelques mètres encore, et elle sortirait du sentier, serait en vue du terrain, pourrait lancer un appel, faire un geste.empêcher que l\u2019avion ne s\u2019élevât.D'ailleurs à quoi bon s\u2019alarmer, Maxime ne devait-il pas l\u2019attendre?.Mais peut-être son retard Pavait-il lassé ?.Allons, plus vite toujours ! Elle déboucha en terrain découvert près de la piste, mais s\u2019immobilisa glacée d\u2019effroi, les jambes fauchées par sa course vaine.Amplifiant sa voix grondante, le superbe avion étincelant, ailes étendues sous le soleil, frôlait à peine la terre ferme, de laquelle, doucement, il s\u2019élevait.Geneviève voulut crier, mais de sa gorge contractée aucun son ne put s\u2019évader.Du reste, il était trop tard, et ce qui se passa dans la minute même fut si rapide dans son rythme d\u2019irrémédiable catastrophe, qu\u2019il lui parut, par la suite, avoir été la proie d\u2019un cauchemar.L'appareil décolla sans heurt, s\u2019éleva magnifiquement de quelques mètres, et, soudain, comme il arrivait à peine plus haut que le sommet du hangar, ce fut horrible chose: laile arrachée quittant le fuselage, et, aussitôt, toute son harmonie brutalement l\u2019ap- La Revue Populaire PUR A D ue CIGARETTE A ANADA VOS LEVRES GERCEES DE-GERCEZ \u201cavec le nouveau, adoucissant LY PSYL gin?Une application de Lypsyl sur vos lèvres sèches, gercées, soulage rapidement.Lypsyl contient de la Pommade de Benjoin.Lypsyl agit vite, efficacement.Seulement 25é aux comptoirs de pharmacie.EMPLOYEZ LYP CONTIENT L'ÉMOLLIENTE POMMADE DE BENJOIN \u201c(se prenonce *Lip-Sil\u201d\") BOURGEONS Éliminés du Soir ou Matin 7 4 z A) OUI, il existe un médicament liquide \" sur et inoffensif, appelé CLEARTONE, 7 qui asséche les boutons d'acné du jour au lendemain.Ceux qui ont utilisé CLEARTONE suivant les instructions faciles, 2 le soir au coucher, ont été agréablement surpris, à leur réveil, de voir les bourgeons partis.Devenus enthousiastes de CLEARTON , ils sont aujour- d'hui fiers de leur teint clair, exempt de laideurs acnéiques.Mettez CLEARTONE à l'épreuve: essayez le ce soir! 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Muette d\u2019horreur, Geneviève n\u2019avait pas eu un cri.Elle sentit que quel- qu'un s\u2019accrochait 4 son bras, mais ne songea pas à soutenir Sonia ; et, comme elle s\u2019élançait en avant, celle-ci glissa, évanouie, sur le gazon.Geneviève ne s\u2019expliqua jamais comment elle avait eu la force d\u2019aller jusqu\u2019à l'appareil, de prêter son aide aux deux mécaniciens qui écartaient les débris afin d\u2019arriver jusqu\u2019à Maxime, et, quand ils eurent enfin dégagé ce grand corps inanimé ou toute apparence de vie était éteinte, de les guider encore vers la maison de verre proche, où, avec mille précautions, ils emportaient son fiancé.Maxime reposait maintenant sur son lit, dans cette alcôve dont il avait défendu l\u2019accès à Geneviève.Et la jeune fille était là, pourtant, les yeux dilatés fixés sur ce visage blême, sur ces paupières closes, ces lèvres que la cicatrice zébrait, livide, et desquelles un souffle à peine perceptible s\u2019échappait.C'était, dans la maison, une inhabituelle et fiévreuse agitation.On entendait des pas affolés parcourir vestibules et escaliers, le téléphone résonnaîit, et son grelottement paraissait d\u2019un lugubre augure.Le médecin du village était alerté.Il serait là dans quelques minutes.On avait appelé aussi le docteur Talberg, touché par bonheur au dispensaire, et prévenu l\u2019usine.Bouleversé, monsieur Morand accourait, précédé du jeune praticien qui volait littéralement sur la route.Mais, en attendant, et après avoir donné ses ordres, Geneviève demeurait au chevet du docteur, brisée de l'effort par lequel elle avait dompté ses nerfs, et luttant farouchement contre une imminente défaillance ; toute seule, sans même l\u2019appui moral de mademoiselle Rose, pour quelques jours en visite chez une vieille amie.Entre ses dents serrées, Geneviève retint un sourd gémissement.C\u2019était vrai, pourtant, qu\u2019il y avait dans ce malheur beaucoup de sa faute.Son entêtement à avoir un appareil, à monter malgré la répugnance que ce dangereux amusement causait à Maxime, sa sottise ou sa folie avaient été, si non la cause directe, du moins l\u2019origine incontestable de l'accident.Elle tordit ses mains fines dans un accès de désespoir sans larmes.Etait- il donc possible qu\u2019elle le perdit maintenant .maintenant ! \u2014 Mais je l\u2019aime, mon Dieu!.murmura-t-elle avec un étonnement épouvanté.Et, comme si cette conjuration eut dû faire reculer la mort, elle répéta tout haut: Je l\u2019aime!.Je Paime!.Puis, sa propre voix lui causant une sorte d\u2019effroi, elle reporta anxieusement les yeux vers le jeune homme.Il était toujours aussi immobile sur le grand lit, et dans ses vêtements aucun désordre n\u2019était visible.Sa combi- raison n\u2019apparaissait point déchirée, à peine salie par endroits et froissée.Un des mécaniciens en avait dégrafé le haut ainsi que celui de la chemise.Par cet entrebâillement, la peau dorée apparaissait, et une poitrine tout à l\u2019heure encore vibrante, une poitrine qui ne pouvait cesser de battre, et d\u2019où, pourtant, en ce moment peut-être, la vie s\u2019en allait.Bien que quelques minutes à peine se fussent écoulées depuis l\u2019instant où, relevant Maxime, on l\u2019avait ramené chez lui, il parut soudain à Geneviève qu\u2019un temps infini et précieux se gaspillait.Fiévreusement, elle s\u2019écarta de l\u2019alcôve, alla vers la fenêtre pour guetter l\u2019arrivée du docteur.Comme elle y parvenait, derrière elle, la porte s\u2019ouvrit.La jeune fille tressaillit, se retourna.Debout à quelques pas, plus livide que Maxime lui-même et se soutenant à peine, Sonia apparaissait, titubante, s\u2019accrochant à l\u2019encadrement de la porte afin de ne point tomber.En un éclair, Geneviève revit la scène au bord de l\u2019eau, et ce détail auquel elle n\u2019avait pris garde d\u2019abord que l\u2019orpheline connut le sabotage de l\u2019appareil mit dans son esprit une lueur fulgurante.Sonia savait donc! Sonia espérait la mort de quelqu'un.D\u2019un geste menaçant, Geneviève étendit le bras vers le couloir proche : \u2014 Allez-vous-en, dit-elle d\u2019une voix basse, aux inflexions à la fois impératives et vibrantes d\u2019hostilité.La jeune fille ne parut pas comprendre cet ordre.Elle fixait son regard éperdu d\u2019angoisse sur le lit ; puis, tournant lentement la tête du côté de Geneviève, elle articula, avec peine, la voix rauque : \u2014 Mort ?Geneviève comprit que si l\u2019orpheline avait péché, elle allait recevoir la plus terrible des punitions.Cependant, en face de Maxime jeté à bas et dont elle ne savait pas s\u2019il devait vivre, son cœur ne s\u2019attendrit point et même un farouche besoin de vengeance la souleva.\u2014 Peut-être ! répondit-elle durement.Puis, comme Sonia reculait en poussant un faible cri et cachant son front entre ses mains, elle poursuivit, marchant sur l\u2019orpheline avec une ardeur qui la faisait trembler de la tête aux pieds : \u2014 Et c\u2019est vous qui l\u2019aurez tué!.Allez-vous-en d\u2019ici!.je vous chasse!.Je vous chasse de sa maison puisque_ lui ne peut plus le faire! Sonia ébaucha un geste de supplication ; mais comme Geneviève, résolue, se rapprochait de plus en plus, brusquement elle se détourna ; et la jeune fille entendit décroître dans le vestibule un pas précipité, inégal, une sorte de fuite.Avec lassitude, elle laissa retomber son bras levé et revint auprès de Maxime, ayant en même temps la crainte et l'espoir que l'éclat de son emportement eut tiré le jeune homme de sa léthargie.A peine put-elle constater qu\u2019il n\u2019en était rien ; le bruit que fit une auto en stoppant devant la Maison de Verre la jeta hors de l\u2019appartement, sur Je palier, où, bientôt, apparut le valet de chambre précédant de quelques pas le docteur tant attendu.Geneviève se précipita vers lui.C\u2019était un homme d\u2019âge mur, à l\u2019aspect fruste, mais à la science modeste et sûre ; avec lequel, d\u2019ailleurs, le château avait toujours entretenu des relations d\u2019amitié: H arrivait, ne sachant point avec exactitude de quoi il s\u2019agissait, mais ayant entre les mains sa trousse d\u2019instruments revêtue de cuir, dont la vue causa un frisson à Geneviève.\u2014 Vite, vite, docteur, je vous en conjure, supplia-t-elle.Celui-ci prit à peine le temps de lui serrer les mains.Le serviteur avait ouvert devant lui la porte de la chambre, qui, aussitôt, se referma sur les deux hommes.Lentement, en s\u2019efforçant au calme, mais le cœur torturé par son affreuse incertitude, Geneviève gagna l\u2019extrémité du couloir où une large baie ouverte, face à la vallée, permettait de surveiller la route.Elle demeura là, debout, le front appuyé au mur de gros crépi dont les rugosités blessaient sa chair, les mains croisées dans un inconscient geste de prière, le cœur battant sourdement jusqu\u2019à lui meurtrir la poitrine.Et ainsi s\u2019écoulèrent les plus angoissantes minutes de son existence.Enfin, dans le lointain qu\u2019elle fouillait de son regard anxieux, la Packard apparut.Elle était suivie de près par l\u2019auto du docteur Paul qui avait fait 57 Luxuria \u2026 crème de beauté qui nettoie et rend la peau douce.1.40; 3.00; 4.50 HUBBARD eq HARRIET 58 Les bijoux se por:ent de maintes façons pour égayer une robe sombre.Lorsque l'encolure est en pointe, les extrémités d'un collier de perles à double rang sont retenues par deux clips de pierres du Rhin.Lorsque la robe est fermée haut, glissez le collier sous le bras et retenez-le sur la couture de l'épaule.Photos Black Star.Exclusivité La Revue Populaire.des prodiges.Penchée sur la rampe ; : Geneviève guetta la montée des arrivants sur le palier.C\u2019était, lui sem- blait-il, un renfort certain qui arrivait dans la personne de Paul Talberg, une puissance de plus, et point négligeable, qui disputerait Maxime à la mort.Sans un mot, avec une autorité qui laissait deviner plus que ne l\u2019eussent fait un stérile affolement ou un désespoir inutile, elle amena le docteur et son père, bouleversés, jusqu\u2019à la porte de Chanceray.M.Morand ne posa d\u2019ailleurs aucune question.Il serra sa fille dans ses bras et se détourna vite, les yeux humides, pour suivre Paul Talberg auprès de son ami.Comme elle allait reprendre sa place à la fenêtre, sans même se rendre compte que ce guet n\u2019avait plus de raison, la jeune fille eut un léger recul en s\u2019apercevant qu\u2019elle n\u2019était point seule.Debout à l\u2019autre extrémité du vestibule, adossé au mur, immobile et le visage ravagé se tenait Cartier, dernier arrivé, et auquel elle n\u2019avait pas pris garde.A l\u2019instant où leurs regards se croisaient, le pilote interrogea sourdement : \u2014 Vous me croyez coupable, n'est-ce pas ?Avec une sorte de surprise, Geneviève le considéra.Non, une semblable pensée ne l\u2019avait point effieurée, et, quoiqu\u2019il se soit passé entr\u2019eux la veille au soir, elle ne verrait jamais en Daniel un assassin.D'ailleurs elle seule avait connu la décision de Maxime ; le geste criminel ne visait donc point le docteur.Elle regarda Cartier bien en face, puis : \u2014 Soyez tranquille, dit-elle, je n\u2019ai jamais imaginé cela.Le visage du pilote parut se détendre un peu, mais il continua sur le même mode, étouffé et bas : \u2014 Ah! je vous jure que j'avais apporté à cet appareil des soins infinis, un inégalable zèle puisqu\u2019il vous était destiné et que votre vie se trouvait ainsi entre mes mains!.Votre vie! Est-ce que vous vous doutez de ce que ces mots-là représentaient pour moi, Geneviève ?.Non!.et je n'ai pas le droit de vous le dire, et je n'ai même point le droit de vous assurer que, dès hier soir, l'existence de celui que vous aimez m'était devenue aussi sacrée que la vôtre !.Sa voix se brisa en prononçant les derniers mots, et une telle douleur en même temps qu\u2019une si parfaite sincérité y vibrait, que Geneviève ne put étouffer les sentiments d\u2019indulgence et de pitié qui montaient en elle.Elle fit quelques pas vers Daniel, et, la main posée sur son bras, spontanément : \u2014 Calmez-vous, dit-elle, il n\u2019est nullement question de suspecter votre conscience professionnelle.et, pour ce qui est d\u2019un attentat criminel, vous seriez le dernier auquel j'aurais songé!.Une sorte d\u2019allégresse se refléta dans le regard de Daniel.Il saisit la main qui s\u2019était posée sur son bras, et, très respectueusement, y porta ses lèvres.\u2014 Merci, murmura-t-il à demi-voix, grâce à vous ma démission sera dénuée d\u2019amertume.Elle ne répondit pas, comprenant que la moindre de ses paroles serait maladroite et inutile.Cependant, au bout de quelques instants, comme le silence s\u2019appesantissait trop lourdement sur eux, Geneviève demanda : \u2014 Mon père connaît-il votre décision ?\u2014 Oui, répondit Daniel.\u2014Et il n\u2019a pas protesté ?.Car, enfin, votre responsabilité n\u2019est nullement.Cartier tourna un regard très ferme vers la jeune fille, et elle y lut une résolution tellement irrévocable qu\u2019elle se tut aussitôt, laissant sa phrase La Revue Populaire inachevée.Au hasard, elle fit quelques pas, et se trouvant auprès de la fenêtre jeta un regard au dehors.Ses cheveux blancs flottant librement, son chapeau sous le bras, sa haute taille un peu voûtée à cause de la rapidité de sa marche, l\u2019abbé Morand gravissait deux par deux les degrés taillés à même le talus.Presque en même temps que le prêtre, Geneviève fut dans le hall du rez- de-chaussée.Elle avait, dans son désarroi, oublié de le prévenir, et voici qu\u2019averti, elle ne savait par quel miracle, il arrivait quand même.Elle alla vers lui, et comme, la fixant d\u2019un regard angoissé, il questionnait anxieusement : \u2014 Eh bien ?La jeune fille secoua avec découragement la tête.\u2014 Je ne sais rien!.les docteurs s-nt auprès de lui, dit-elle.Et, pressante tout à coup : \u2014 Montez, je vous en supplie parrain, montez.que j\u2019apprenne enfin quelque chose.A l\u2019instant où, sans attendre une réponse, elle s\u2019engageait dans l\u2019escalier, le prêtre, doucement la retint par le bras.Elle se retourna, surprise, et rencontra un regard pénétrant dont l\u2019expression la fit s\u2019arrêter interdite.\u2014 Sonia est a la maison, Geneviève, dit Pierre Morand d\u2019une voix grave.La jeune fille eut une sorte de haut- le-corps.Elle fixa sur son parrain ses beaux yeux agrandis, répétant comme si elle ne pouvait réaliser la signification de ces paroles : \u2014 Chez vous?.Sonia est chez vous ?Très calme, l\u2019abbé Morand dit simplement, et, fait inconcevable, il parut à la fiancée de Maxime qu\u2019une sorte de sévérité marquait sa voix : , \u2014 Qui, Geneviéve.La jeune fille essaya de se recueillir un instant comme si, intérieurement, elle se fut exhortée au calme.Puis, d\u2019une voix retenue, mais où un imperceptible tremblement se devinait, elle articula, et sa phrase n\u2019était même pas interrogative : \u2014 Pour l\u2019avoir accueillie chez vous, il faut que vous ignoriez tout, parrain.- Et le prêtre, du même ton calme, mais empreint d\u2019une décision sans réplique : \u2014 Oui! mon enfant, dit-il, je sais.Une intense stupeur, toute proche de la révolte, cloua Geneviève à sa place.Elle demeura muette quelques secondes, puis, avec une violence contenue, fit les quelques pas qui la séparaient de son oncle.Un instant, le prêtre et la jeune fille se considérèrent en silence: lui, très grave, ayant dans ses yeux profonds, illuminés de bonté, une sorte d\u2019adjuration au pardon qui devait fléchir Geneviève, et celle-ci, toute animée d\u2019une défensive ardeur, rétive et enfermée dans sa légitime aversion.A la fin, elle murmura tout bas: \u2014 Vous comptez la garder ?Affirmativement, l'abbé inclina la téte.\u2014 Ma maison s\u2019est ouverte devant elle.elle sera son refuge désormais.\u2014 Même si.Maxime mourait, parrain ?Une douloureuse crispation détruisit à peine la sérénité du noble visage ; et bientôt, à nouveau, la confiance l\u2019illumina.\u2014 Cela ne sera pas, mon enfant.Dieu ne peut pas permettre une aussi cruelle chose! Au méme instant, et comme si les paroles de l'abbé Morand eussent constitué une prophétie, le prêtre et sa filleule entendirent s\u2019ouvrir la porte de Maxime.Geneviève devint si pâle que Pierre Morand, effrayé, étendit la main pour la soutenir.Mais, douce- Montréal, février 1947 ment, elle le repoussa, et, après quelques secondes d\u2019inexprimable angoisse accordées à la lâcheté de son corps tremblant, les dents serrées, le cœur bondissant dans sa poitrine, fermement elle monta vers son destin.Elle fut très vite avec l\u2019abbé en haut des marches.Debout devant la chambre ouverte, son père, le front rasséréné, lui tendait les bras.Elle y tomba et tout son courage sombrant dans une réaction de joie immense, elle se mit à sangloter tout bas tandis que Paul Talberg qui apparaissait sur le seuil, grondait d\u2019une voix joyeuse et attendrie : \u2014 Allons! Geneviève, du courage que diable.il n\u2019y a pas de quoi se désoler maintenant ! Sans honte, la jeune fille releva un visage inondé de larmes.\u2014 Il vivra, n\u2019est-ce pas ?demanda-t- elle ardemment.Comme l\u2019interpellé souriait en inclinant la tête, avec résolution elle se dégagea, écarta son père, et, sans même s'inquiéter que Maxime eut ou non repris connaissance, poussée par l\u2019impérieux désir de le revoir, sur la pointe des pieds, elle entra.Dans le vestibule orné des trophées qui précédait la chambre, le wieux docteur aidé par le valet de chambre rangeait méthodiquement dans sa valise des flacons et divers instruments.Il fit, sans parler, un signe amical à Geneviève, qui, jusqu\u2019au lit, s\u2019avança.D\u2019une main tremblante, elle écarta le pagne multicolore de la petite in- digéne, et son regard embué se posa avidement sur le visage de Maxime dont les yeux étaient clos.Alors, sans réfléchir, dans son infini bonheur de le savoir enfin bien vivant, elle joignit les mains en murmurant avec ferveur : \u2014 Comme je vais vous aimer, Maxi- mel.Puis, elle s\u2019agenouilla, et de son front brûlant chercha sur l\u2019oreiller la joue brune, tandis que de nouveau d\u2019intarissables larmes de délivrance se mettaient à couler.Et soudain, elle sentit sur ses cheveux défaits l\u2019effleurement d\u2019une main légère.Elle releva la tête.Les yeux noirs, ardents dans la pâleur mate du beau visage, la fixaient ; et la voix grave, si merveilleuse que son cœur se glaçait à la pensée qu\u2019elle eut pu ne plus l\u2019entendre, murmura: \u2014Ne pleurez plus, enfant.ce n'est point de votre faute.Et, comme s\u2019il s\u2019en excusait, Maxime, avec une sorte.d\u2019amertume ajouta : \u2014 Vous voyez bien, d'ailleurs, que je vis.CHAPITRE XIII E SA CHAISE longue installée dans la salle, et sur laquelle, depuis quatre mois, il avait passé ses journées, Maxime contemplait pensivement le panorama de la vallée, paysage encore dépouillé et dont seuls les ruisseaux à reflets d\u2019argent enveloppaient la nudité, mais qui demain, on en sentait l\u2019émouvante promesse, serait neigeux comme un bouquet de mariée.Et cependant, nul émoi joyeux qui l\u2019eut mis à l\u2019unisson des choses ne se reflétait sur son visage.Il était étendu, le buste droit pourtant, face aux pelouses, dans cette chaise longue qu\u2019il quittait seulement à la nuit, porté par deux domestiques, afin d\u2019aller dormir sur un proche divan.Car, dès le début de son immobilité, Maxime, abandonnant momentanément sa chambre, s\u2019était fait installer au rez-de-chaussée.Cela était préférable, avait-il décidé, non seulement pour lui qui jouirait d\u2019un horizon plus vaste et serait davantage mêlé à la vie intime de la maison, mais encore pour son vieux et dévoué valet de chambre qui le soignait exclusivement, et dont les jambes rhumatisantes seraient ainsi épargnées.Le docteur avait donc passé, tantôt sur un grand fauteuil, tantôt sur sa chaise-longue, des semaines presque sans souffrance et en tous cas sans tristesse ; heureux même de cet accident qui allait l'aider, pensait-il, à conjurer le destin.Car, quels que soient les mots imprécis que pour se leurrer lui-même il employait, Maxime connaissait bien toute la cruauté de sa pensée envers la pauvre folle ; et il ne pouvait oublier qu\u2019à cette vie vacillante trois autres existences demeuraient suspendues.Et les jours s\u2019étaient écoulés très vite, tellement vite! Les os de la jambe droite, brisés en divers endroits, avaient, emprisonnés dans leur gaine de plâtre, repris leur forme et leur force première.Bientôt il pourrait quitter son appareil, sa vigueur était reconquise ; et, retardé mais inexorable, l\u2019attendait toujours le cruel devoir.Maxime ferma un instant les yeux, et sur son visage passa une expression poignante de lassitude.C\u2019en était fait, il n\u2019espérait plus maintenant \u2014 puis- qu\u2019il se trouvait assez infortuné pour appeler en lui-même espoir l\u2019idée qui se rattachait à la mort d\u2019un être ! Par un inexplicable caprice de la destinée, contre toute attente, Hélène Cartier, condamnée, vivait toujours.Et lui, Maxime, rétabli d'ici peu, devrait, comme son honneur l\u2019y obligeait, et sans que rien désormais put y mettre un obstacle, épouser Geneviève.Geneviève !.Le docteur songea combien durant cette épreuve elle avait été admirable, refusant de suivre M.Morand à Paris, afin de passer l'hiver avec deux domestiques seulement dans le désert qu\u2019était Belle-Ile, dont elle ne s\u2019échappait que pour se rendre auprès de lui.Et bien qu\u2019il ne se permit aucune illusion sur le sens de cette constante présence qui constituait, selon lui, une sorte de réparation du tort et des souffrances causées, Maxime en avait si profondément goûté la douceur, qu\u2019il éprouvait soudain une sorte d\u2019effroi à l\u2019idée que cela pourrait ne plus être.D\u2019un geste machinal, comme pour faire dévier le cours de ses pensées, il éleva jusqu\u2019à ses yeux sa montre de poignet, mais il laissa aussitôt retomber sa main avec une sorte d\u2019impatience.Dans la fuite trop lente des heures, c\u2019était encore Geneviève qu\u2019il cherchait, Geneviève et l'instant de son arrivée, vers lequel, impatiemment, tout son être était tendu.\u2014 C\u2019est complet, murmura-t-il avec une ironie amère, voilà que je ne peux plus me passer d\u2019elle maintenant! Et c\u2019était vrai, elle était devenue le centre de toutes ses pensées, de tous ses désirs, la raison de chaque battement de son cœur, l\u2019objet unique.Devant son adorable visage tout s\u2019effaçait, tout disparaissait et perdait son importance.La congestion cérébrale dont Sonia avait failli mourir, son éloignement, la presque continuelle absence de mademoiselle Rose qui soignait la malade, intransportable, au presbytère, étaient pour lui, sinon sujet d\u2019une indifférence complète, en tout cas celui d\u2019une froideur bien coupable et qu\u2019il se reprochait\u2026.Quelque temps encore, Maxime s\u2019abandonna & sa contrition et a ses regrets, mais le bruit d\u2019un pas reconnu dans le vestibule le fit bientôt tressaillir.Il pâlit légèrement, mais se redressa, toute possession de lui-même reprise, afin d\u2019accueillir sa fiancée.Geneviève poussa la porte.C'était toujours pour elle un moment bouleversant que celui, où, franchissant le seuil, elle entrait dans cette pièce, s\u2019approchait de Maxime, reprenait possession de ce beau visage au rare sourire quitté la veille à peine, mais re- 59 \u201c POUR NETTOYER, STIMULER, LUBRIFIER VOTRE PEAU Peau sèche: Dry-Skin Cleanser (Cream 683) .Orange Flower Skin Lotion .Special Dry-Skin Mixture, Peau normale: Salon Cold Cream .Orange Flower Skin Lotion .Special Dry-Skin Mixture.Peau Huileuse: Salon Cold Cream .Texture Lotion .Suppling Cream.Les droits rés.par Dorothy Gray (Canada) Ltd. Le SEL est le plus commun de tous les minéraux et l'aliment le moins coûteux qui figure sur notre table ; cependant, il est une de nos plus précieuses possessions.Il est surprenant de constater ses multiples usages.On l\u2019emploie pour faire geler la crème, mais aussi pour faire fondre la glace ou la neige sur les rails des chemins de fer.Dans les fabriques de papier, on s\u2019en sert pour blanchir la pâte.Les usages domestiques du sel sont très variés: en gargarisme et dentifrice; un peu de sel dans l\u2019eau bouillante empêche un œuf de craquer ; si l\u2019on saupoudre de sel une poêle à frire, on évite les éclaboussures dangereuses de graisse ; pour soulager la brûlure des piqûres de moustiques, on applique une pâte faite d\u2019une égale quantité de sel et de bicarbonate de soude.Il faut à chaque être humain une cuillerée à thé de sel chaque jour pour assurer le bon fonctionnement des glandes et la vitalité ; privé de ce précieux aliment, ses souffrances sont intolérables.Photo W.W.W.T OUTES les femmes vraiment femmes comprennent le sortilège des parfums, le charme des eaux de toilette, les bienfaits des crèmes de beauté.REVENESCENCE CREAM, créée par Charles of the Ritz, est composée de riches ingrédients et redonne à l\u2019épiderme toute sa jeunesse et sa fraîcheur.£41110) 3 3 Bt \\ 4 2 ik dh Za - Connnissez-vous BOND STREET de Yardley ?Cest un parfum exquis et grisant pour un grand soir et qui sera pour vous toute une révélation, alors que le parfum de la LAVANDE ANGLAISE respire le charme de la jeunesse.Yardley vous offre, au méme parfum, poudre et rouge à lèvres.Une MINUSC-ILE brosse à chzveux, qui porte la nom de Gadabout, vient de faire son apparition sur le marché canadien.Elle est fabriquée avec des filaments de Nylon Lucite, et sa petite taille lui permet de se glisser dans les bourses des dames et ainsi de les accompagner tout le long du jour, soit à leur travail, soit dans leurs courses.Cette petite brosse Gadabout donne le même rendement qu\u2019une de grandes dimensions parce que ses filaments souples et forts passent à travers les cheveux, donnent un massage au cuir chevelu et font ressortir l\u2019huile naturelle des cheveux.Cette brosse magique a en même temps raison des petites mèches rebelles qui refusent de rester en place.On peut se la procurer en trois nuances de pastel et aussi en un ton de cristal clair.trouvé pourtant avec une inexprimable émotion.Le regard du docteur enveloppa la jeune fille et s\u2019arrêta avec une expression glaciale sur la belle brassée de lilas rosé qu\u2019elle portait dans ses bras.Puis, désignant à Geneviève une corbeille d\u2019osier garnie de mousse d\u2019où s\u2019élançaient des tulipes feu à hautes tiges : \u2014 Décidément, dit-il d\u2019un ton amer, je suis comblé!.Pas plus que Rose vous n\u2019avez oublié mon trente-huitiè- me anniversaire.Je vous en remercie ! Geneviève ramena vers son fiancé un regard lourd de reproche.\u2014 Je vous ai déjà dit une fois, Maxime, que pour moi vous étiez tellement jeune ! Afin de cacher son trouble, le docteur tourna son Visage vers le jardin: \u2014 Laissons cela, dit-il, mes cheveux blancs n\u2019ont point tant d'importance ! Elle eut un délicieux sourire, et, quittant son siège, se pencha sur Chan- ceray : \u2014 Mais vous n\u2019en avez pas, Maxime, dit-elle, je n\u2019en ai jamais aperçu ; et, légèrement, ses doigts effleurèrent les tempes de son fiancé.Avec brusquerie, Maxime se rejeta en arrière, et, saisissant le poignet de la jeune fille, il la repoussa, la forçant à se rasseoir.\u2014 Je vous en prie, murmura-t-il la voix altérée, ménagez les nerfs d\u2019un malade ! Il poussa un soupir et laissa retomber avec découragement sa tête sur les coussins, mais ses yeux ne quittèrent point la jeune fille.Les mains distraites de celle-ci effleuraient toujours les revues, mais elles s\u2019immobilisèrent soudain, frémissantes, sur un large rectangle de papier vivement colorié qui représentait une carte de l\u2019Afrique sur laquelle de nombreuses croix, fraichement tracées à l'encre rouge, se trouvaient dissémi- 7 nées.Geneviève, levant sur Chanceray un regard hésitant, interrogea : \u2014 Puis-je vous demander ce que signifient ces points de repère, Maxime ?Le docteur rougit légèrement.\u2014 Cela ?murmura-t-il, affectant la plus grande aisance, ce sont mes futures escales.Sans manifester d\u2019étonnement, de son doigt posé sur le papier, la jeune file suivit les courbes des rivages ; puis sans relever les yeux, et le plus naturellement du monde, elle constata : \u2014 I] y aura, je pense, quelques difficultés à faire accepter une longue absence à mon père.cependant, comptez sur moi pour obtenir son agrément.Froidement Chanceray interrompit : \u2014 Il s\u2019agit d\u2019une expédition que je compte entreprendre seul, bien entendu.D\u2019une main mal assurée Geneviève reposa la carte révélatrice au-dessus des livres qui l\u2019avaient d\u2019abord dissimulée.Après quoi, elle revint prendre sa place auprès du docteur.\u2014 Vous plaisantez, n\u2019est-ce pas, Maxime ?\u2014 Ai-je lair de quelqu\u2019un qui ne parlerait pas sérieusement ?\u2014 Non.mais cette idée de partir sans moi est tellement.invraisemblable.\u2014 Serait-il donc beaucoup plus raisonnable de vous entraîner dans les dangers d\u2019une expédition.\u2014 Je suis très forte, reprit-elle, assez entraînée et résistante, vous vous plaisiez à le reconnaître autrefois et m'\u2019assuriez que nulle fatigue n\u2019aurait raison de mon endurance.Je pourrai donc non seulement vous suivre, mais encore peut-être vous aider.Maxime se mordit les lèvres.La logique si simple de sa fiancée l\u2019irritait, de même que cette résistance qu\u2019il ne La Revue Populaire s'était point attendu à rencontrer en elle.Il se contint cependant, et pour clore la discussion : \u2014 Voyons, enfant, dit-il en levant légèrement les épaules, soyez raisonnable, Tout ceci est pour moi irrémédiablement arrêté.Brusquement, la jeune fille se leva, et, pour cacher l\u2019altération de ses traits, alla regarder au dehors à travers les vitres de la porte donnant sur le patio.\u2014 Vous me détestez, n\u2019est-ce pas, Maxime ?murmura-t-elle dans un souffle, les yeux obstinément fixés sur les perspectives de la vallée que les arcades dorées couronnaient.Elle ne put voir le bouleversement que ses paroles amenaient sur le visage du docteur, mais pressentit une partie de son trouble, lorsque celui-ci, s\u2019emparant de sa main gauche qui frôlait les plis de sa robe, la pressa en murmurant d\u2019une voix étouffée : \u2014 Mais non, Geneviève, je ne vous hais point.À peine avait-il achevé que la jeune fille, sans retirer la main de son étreinte, se retourna et se penchant vers Chanceray : \u2014 Alors emmenez-moi, Maxime, dit- elle.\u2014 Non! non! c\u2019est impossible, cria- t-il avec véhémence en la repoussant.Geneviève demeura durant quelques secondes muette de stupeur.Elle s\u2019appuyait d\u2019une main tremblante au guéridon.Puis, avec calme, elle se détourna, alla prendre au dos d\u2019un fauteuil le manteau qu\u2019elle y avait déposé en arrivant, le jeta sur son bras et s\u2019avança vers la porte.Avant qu\u2019elle l\u2019eut atteinte celle-ci s'ouvrit devant une grande silhouette, et la jeune fille recula de quelques pas en reconnaissant l\u2019abbé Morand.\u2014 Comment, mon enfant, tu partais déjà ?questionna-t-il de sa belle voix pleine et sonore, sans vouloir remarquer le trouble évident dont la contenance de sa filleule témoignait.\u2026 Pas de chance !.moi qui venais ici dans l\u2019espoir de te rencontrer.Le prêtre n\u2019insista pas, et il s\u2019avança à grands pas vers Chanceray.Hésitante, Geneviève était demeurée à la même place.Une sorte de combat s\u2019élevait en elle, et son visage si clair en livrait toutes les phases sans secret.A la dérabée, tout en s\u2019enquerrant de la santé de Maxime, Pierre Morand observait la jeune fille; et les rides soucieuses de son front ne s\u2019effacèrent que lorsqu'il l\u2019eut vue se débarrasser de son vêtement et revenir vers \u20acux.\u2014 Eh bien, Maxime, s\u2019étonnait le prêtre, encore étendu ?.je vais finir par croire que tu considères l\u2019état d\u2019allongé comme le plus enviable du monde.\u2018 « Sérieusement, ajouta-t-il en désignant la jambe inerte, ne penses-tu pas qu\u2019il serait temps de remuer un peu ?Le jeune homme haussa les épaules d\u2019un mouvement qui dénotait une indifférence complète.\u2014 Talberg connaît son affaire, dit-il brièvement.II me rendra la liberté quand il le jugera bon.\u2014 Evidemment ! murmura le prêtre point tout à fait convaincu.Et il ajouta d\u2019un ton soucieux en hochant la tête : \u2014 Tout de même.quatre mois ! Pendant que les deux amis s\u2019entretenaient, Geneviève avait quitté la pièce quelques instants pour se rendre à l\u2019office.L\u2019aprés-midi s\u2019achevait; et c\u2019était le moment, où, afin de couper les si longues heures, Maxime faisait apporter le thé qu\u2019habituellement les jeunes gens prenaient ensemble.Depuis la défection de mademoiselle Rose, c\u2019était la jeune fille qui s'occupait de ces détails matériels, et elle le faisait avec une sorte d'enchantement, profondément heureuse de pouvoir peupler la vie du docteur de ses soins Montréal, février 1947 légers et précieux ; précieux même à un point qu\u2019elle ne soupçonnait pas.Elle revint bientôt, précédée du valet de chambre qui poussait devant lui une table roulante sur laquelle la collation était servie.Le vieil homme se retira après avoir arrêté la table devant la chaise longue de Chanceray, et Geneviève se mit en devoir de servir le thé.Geneviève beurra le dernier toast qu\u2019elle présenta à Chanceray sans le regarder, puis, prenant sa tasse, alla s'asseoir un peu à l'écart sur un pouf de cuir brodé.Sans y prendre part elle écoutait la conversation des deux hommes, mais les mots n\u2019arrivaient à elle qu'assourdis, amputés d\u2019une partie de leur sens, ennuagés par cette espèce de brouillard de stupeur qui flottait dans son cerveau depuis l'étrange emportement de Maxime.Elle eut voulu fuir, se retrouver bien loin de lui afin de pouvoir réfléchir, se reprendre ou éclater en sanglots comme une pauvre petite fille.En tout cas s\u2019habituer a l'horrible certitude qu\u2019elle n\u2019avait plus rien à tenter pour le mériter, le garder, rien à faire pour qu\u2019il put un jour l\u2019aimer ! Tout à coup, le nom de Sonia franchissant les limites de son subconscient la frappa d\u2019une façon particulière.Geneviève n\u2019avait plus revu la jeune fille depuis le matin tragique où, toute à sa douleur et à son indignation, elle l\u2019avait chassée.Cependant elle ne pouvait ignorer que, en proie à une dangereuse maladie dont la première atteinte l\u2019avait terrassée dès son arrivée au presbytère, Sonia était, de longs jours, demeurée entre l\u2019existence et la mort.Elle savait aussi que ia jeune fille se trouvait maintenant hors de péril, mais comme ce sujet n\u2019avait jamais été abordé avec son parrain, Geneviève ne put s'empêcher de prêter l\u2019oreille avec une certaine attention.Répondant à une question de Maxime, l\u2019abbé Morand affirmait : \u2014 Oui, tout danger est étarté.La convalescence suit son cours normal; et Sonia a fait aujourd\u2019hui sa premiére sortie.Vivement Maxime interrogea : \u2014 Elle pourra donc bientôt reprendre sa place ici ?L'abbé Morand, la tête à demi-pen- chée, les mains croisées sur ses genoux, parut hésiter un long instant.Avec effroi Geneviève le considérait, et elle se dressa d\u2019un jet à l'instant où, se décidant enfin, le prêtre relevait la tête et prononçait d\u2019une voix assurée : \u2014 Sonia ne retournera pas ici, Maxime.Aibandonnant sa tasse à terre, Geneviève se trouva subitement debout derrière le siège de son parrain.\u2014 Qu\u2019allez-vous faire! murmura-t- elle d\u2019un accent où se mélaient la réprobation et l\u2019épouvante.D'une main paternelle, Pierre Mo- rand détacha les doigts crispés à son épaule et les garda.Puis, tourné vers Maxime, avec fermeté: \u2014 Sonia ne peut pas revenir près de toi, dit-il.parce qu\u2019elle t'aime ! Maxime considéra l'abbé Morand avec stupeur, en silence.et puis, peu à peu, son visage se détendit.Cette révélation dont il ne pouvait douter parce que, soudain, une voix intérieure, un obscur sentiment, lui en assurait la réalité poignante, contenait pour lui une magnifique et égoïste joie.Ainsi on pouvait l\u2019aimer ! malgré son âge, malgré sa gravité, sa tristesse parfois, malgré la mélancolie dont son existence vide de tendresse et de grands bonheurs avait doté son âme, malgré les désenchantements qui, sur son front, s'étaient gravés!.On pouvait donc aimer ses yeux sans gaieté, sa bouche sans sourire, et jusqu\u2019à cette rudesse involontaire que le commerce des peuplades \u2018barbares lui avait enseigné.On avait pu l\u2019aimer, enfin, tel qu\u2019il était, et, miracle deux feis béni, cette ferveur habitait un cœur de dix-huit ans!.Durant quelques instants un rayonnement transfigura le brun visage, mais ibientôt la pitié enfin réveillée s\u2019y fit jour.Avec accablement Maxime laissa tomber son front entre ses mains jointes en murmurant : \u2014Sonia!.oh! la pauvre enfant! Geneviève avait fermé les yeux pour ne plus apercevoir l'étrange reflet de bonheur qui illuminait les traits de son fiancé.Elle demeura ainsi, les paupières baissées, un long moment dans lequel lui parut tenir une agonie.C\u2019en était fait de ses rêves et de son tremblant espoir.Cette joie reconnue qu'\u2019elle avait vu troubler le regard de Maxime ne pouvait la tromper.Sonia ! C\u2019était Sonia qu\u2019il aimait; et Geneviève ne chercha plus, dans le secret de son âme saccagée, qu\u2019à rassembler des forces pour le sacrifice prochain.\u2014 Je vous supplie de m\u2019écouter et de me comprendre, Maxime.je vous supplie d\u2019avoir pitié de vous, de Sonia et de moi!.Mon Dieu, comme cela est naturel qu\u2019elle vous aime.Elle a vécu à vos côtés depuis si longtemps ! vous étiez bon et généreux et elle a su le voir; vous aviez l\u2019âÂme la plus noble et elle l\u2019a découverte ; vous ne pouviez que susciter de l\u2019amour, et elle vous a chéri.Croyez-vous, Maxime, que je vais prendre sa place ?Non, non.je n\u2019en ai pas le droit moi qui ne suis venue vous apporter que la souffrance et la tristesse ! Geneviève s\u2019arrêta encore.Les larmes l\u2019étouffaient et elle luttait farouchement pour ne point succomber avant que tout fut consommé.Par une sorte de puérile sauvegarde, elle avait, en parlant, reculé jusqu\u2019à la porte, prête à fuir si la défaillance redoutée la surprenait.Et maintenant, plus sûre d\u2019elle, elle pouvait \u2018mener à bien sa dure tâche, précipiter son misérable cœur dans un abîme de désespoir.Toute droite, rigide et le regard fixe, elle reprit : \u2014Je ne suis rien pour vous, et je n\u2019ai aucun droit sur votre wie, Maxime.vous avez fait pour moi bien plus que vous ne le deviez.Mon égo- isme fut immense, je le sens maintenant, d\u2019accepter.une telle chose; mais il s\u2019arréte, Dieu merci, ou commencerait votre abnégation.Vous êtes libre, Maxime; à partir de cet instant je vous rends votre parole.portez-là à une autre, et goûtez enfin le bonheur ! Brusquement la voix de Geneviève sombra dans les dernières paroles.Eperdu, Chanceray s\u2019était redressé.Ces accents où vibrait plus qu\u2019une émotion ordinaire le tiraient enfin de sa léthargie.Comme pour arrêter le geste deviné de la jeune fille, il étendit le bras: \u2014 Geneviève, cria-t-il, restez! vous vous trompez, Geneviève ! Mais tout son élan ne rencontra plus qu\u2019une porte close, au delà de laquelle des pas fuyaient précipitamment.Alors le jeune homme poussa un gémissement et laissa aller, accablé, contre le dossier capitonné de son lit de repos.Puis, tournant vers le prêtre, qui n\u2019avait pas bougé, un regard dévoré d\u2019angoisse : \u2014 Que dois-je faire, Pierre ?.où donc se trouve mon devoir ?implora- t-il.Et l\u2019abbé, se levant, vint poser une main sur l\u2019épaule ployée de son ami : \u2014 Ton devoir?.dit-il calmement avec cette persuasive certitude qui paraissait toujours l'expression de la pure vérité.mais il n\u2019a pas varié depuis hier, Maxime.il consiste toujours à épouser Geneviève, tu le sais bien.61 LUCIE: ANNE: LUCIE: ANNE: LUCIE: ANNE: Comment fast po Ç gee tut brille chez C\u2019est pourtant facile\u2014quand on se sert d\u2019un nettoyeur qui n\u2019égratigne pas la porcelaine ! En quoi cela facilite-t-il le nettoyage ?Les égratignures sur la porcelaine ou les surfaces peinturées retiennent la saleté et obligent à frotter dur.Le Bon Ami ne contient aucune matière graveleuse; il fait disparaître la saleté en un clin d\u2019oeil, sans jamais égratigner.Voilà pourquoi le Bon Ami est le seul nettoyeur pour moi! \u2018 Mais comment fais-tu pour obtenir un tel poli?Le Bon Ami polit tout en nettoyant! Toute surface nettoyée au Bon Ami brille comme un miroir.Et le Bon Ami n\u2019ahîme pas les mains: regarde les miennes! Crois-moi, le Bon Ami est vraiment un nettoyeur incomparable ! Le Bon Ami est sans rival pour nettoyer toute surface\u2014éviers, baignoires, fenêtres, miroirs, casseroles, surfaces émaillées, surfaces métalliques.Fabrication canadienne 62 Il est, comme dirai} Montaigne, un matériou moderne, ondoyant et divers.On en a parlé tant et plus et bien à raison.C'est, on l'aura deviné, le plastique.En effet, le plastique, de par la multiplicité de ses usages, est presque en passe de donner son nom à notre époque : l'âge du plastique, comme on pourrait bien dire.Le plastique, sert non seulement aux fins les plus usuelles, les plus utilitaires, mais aussi à l'élégance : imperméables, cagoules, ceintures, sacs à main, souliers, etc.Par la vignette ci-dessus, on peut voir qu'il peut servir également la fantaisie ; les instruments de musique qu\u2019elle nous montre : violons, contre-basse à cordes, clarinettes, guitare, petite et grosse caisses, ne sont pas que d'habiles reconstitutions, ce sont de très authentiques instruments de musique parfaitement susceptibles d'être utilisés comme ensemble dans une boîte de nuit ou dans un numéro de music-hall.Où s'arrêtera le plastique ?Dieu seul et les chimistes qui en étudient les possibilités le savent, et nous le prouverons dans un avenir prochain.Faute d'appartement, voici une roulotte fort accueillante.De six pieds de large pur cinq de haut lorsqu'elle est fermée, la couverture se hausse, les côtés s'étirent et vous avez une pièce de dix pieds par dix.Cette roulotte moderne contient un lit, une glacière, un lavabo, un poéle, une table et deux chaises et même un éclairage indirect.En plus de tous ces avantages, elle vous permet, à peu de frais, de passer de la mer à la montagne, au gré de votre fantaisie, sans le souci d'avoir à vous loger à l'hôtel, sans l'ennui de manger au restaurant, avec tout le confort de chez soi.Photos W.W.W.CHAPITRE XIV ENEVIÈVE, arrêtée sur le seuil de sa chambre, parcourut du regard le petit boudoir qui la précédait.Là régnait un inaccoutumé désordre.De larges valises, plusieurs cartons, des caisses récemment clouées s\u2019y trouvaient dispersées ; et la jeune fille les dénombrait en s\u2019efforçant à une grande attention.Elle était elle-même en tenue de voyage ; petit tailleur de tricot prune, très simple, et blouse de lin à l\u2019encolure fermée par un clips d\u2019écaille.Au voisinage de ses cheveux sombres, que la bizarrerie d\u2019une mèche blonde prenant naissance au front ne réussissait pas à éclairer, son visage paraissait d\u2019une blancheur laiteuse, une blancheur en quelque sorte transparente, inquiétante presque.Et l\u2019on songeait involontairement, en la voyant, à une lampe dont le foyer intérieur serait éteint.Ce qui comptait vraiment, et allait consommer l\u2019irrémédiable, c\u2019était le petit geste simple, le geste menu, sans effort, qu'elle allait faire, le geste silencieux dont nul ne percevrait le bruit de tonnerre anéantissant son plus précieux espoir.La jeune fille s\u2019était assise maintenant en face de sa table à écrire.Le clair soleil d\u2019une matinée finissante y caressait une écritoire de vieux Rouen et se posait, plus loin, sur un écrin de satin dont il avivait les initiales d\u2019or gravées.Sur celui-ci, le regard de G:neviève s\u2019arrêta.Elle s\u2019en saisit et le garda d\u2019abord entre ses doigts frémissants, puis, très vite, tout son visage tendu dans un inhumain effort, elle ôta son anneau de fiançailles, le fit glisser dans l\u2019écrin, dont elle referma le couvercle avant de le reposer sur le bureau.Alors, la jeune fille à bout de forces joignit ses mains au- dessus du cher trésor qui était encore sien, y laissa tomber son front et demeura ainsi, dans l\u2019immobilité la plus absolue, pendant de longues minutes dont la durée était en dehors de tout sablier.Un coup discrètement frappé à la porte lui fit relever la tête, Elle avait défendu qu'on la dérangeât et prévenu les domestiques qu\u2019elle descendrait seulement à l\u2019heure du repas après lequel devait avoir lieu son départ.Etait- il donc déjà si tard qu\u2019on ne put accorder à son dernier déchirement les pauvres instants nécessaires ?La jeune fille traversa le salon dans toute sa longueur et alla ouvrir.Cécile, sa femme de chambre, se trouvait dans le couloir.\u2014 Le docteur Talberg demande à voir mademoiselle, murmura la jeune bonne, en fixant sur le visage si pâle de sa maîtresse un regard inquiet.\u2014 Ici même, tenez.Malgré son désordre cette pièce est la seule du château où l\u2019on puisse encore convenablement s\u2019asseoir.Priez-le donc de monter.Pendant que la femme de chambre redescendait au rez-de-chaussée, Geneviève marcha rapidement vers le bureau et s\u2019empara de l\u2019écrin qu\u2019elle mit dans sa poche.Tout à l\u2019heure, précieusement enveloppé, elle le ferait porter à la Maison de Verre par une personne sûre ; mais, en attendant, il fallait le dérober aux yeux de tous et particulièrement à ceux si perspicace- ment amicaux de Paul Talrerg.C\u2019était pour Geneviève un ami très ancien que le docteur Talberg.Leur enfance avait connu les mêmes jeux, un accord parfait, et point de querelles.Cousin très éloigné de M.Morand, le jeune homme, de bonne heure privé de son père, avait trouvé en l\u2019industriel un protecteur sûr, en sa fille une compagne à peine plus jeune, et, devant lui, les portes de Belle-Ile et celles de la villa de Passy s\u2019étaient toujours ouvertes largement.Aussi, bien qu\u2019entre le jeune homme et la famille La Revue Populaire de Geneviève les rapports fussent moins étroits depuis que, parvenu à l\u2019âge d'homme et docteur, celui-ci s\u2019était voué conps et âme à ses occupations, les rencontres des jeunes gens n\u2019en étaient pas moins affectueuses ni dépourvues d\u2019un plaisir également partagé.Et il arrivait même, que, loin du monde, dans la seule compagnie de M.Morand, les deux amis reprissent le tutoiement de leurs jeunes années.Le docteur Talberg, malgré l\u2019invitation de Geneviève, ne s\u2019était pas assis.Il dominait la jeune fille de toute sa haute taille, et celle-ci crut apercevoir sur son visage penché une gravité qui ne lui était certes pas coutumière., \u2014 Oui, Geneviève, dit-il enfin, tu as deviné juste.C\u2019est le souci d\u2019un malade qui m\u2019amene ici.Feras-tu quelque chose pour lui?\u2014 Certainement, répondit Geneviève prise soudain d\u2019un grand trouble.\u2014 Mon amie, il s\u2019agit de Maxime.Pour cacher son émoi Geneviève s\u2019était levée, et, sans proférer une parole, elle se mit à marcher dans la pièce les bras croisés.Elle ne répondit pas, mais alla s\u2019asseoir dans un fauteuil, indiquant par là au docteur que son attention lui était acquise.Lui-méme s\u2019instalia sur le coin d\u2019une malle, croisa ses longues jambes, et, à brûle-pourpoint, articula : \u2014 Sais-tu que Chanceray est en train de se rendre infirme, Geneviève ?La fiancée de Maxime tressaillit à peine.Cependant elle fixa sur le jeune homme un regard d\u2019angoisse tellement poignant que celui-ci se prit soudain à espérer quelques ckances dans cette partie que sa conscience médicale et son amitié tout ensemble engageaient.\u2014 Mon Dieu! balbutia-t-elle.sa jambe.est-ce que sa fracture n'est pas ?\u2014 Sa fracture se trouve au contraire admirablament réduite, Geneviève.Elle l\u2019est même depuis longtemps, et si ton fiancé m\u2019avait obéi il se promènerait déjà aussi facilement que toi et moi à travers la campagne .Mais voilà! Il n\u2019y a point de malade plus indocile que lui, plus buté contre l\u2019évidence devrais-je dire; et cela risque de devenir grave, extrêmement .« Max!me est guéri, je t'en donne ma parole, ou du moins il l\u2019était il y a peu de temps.Cependant, il s'oppose à ce qu'on retire son appareil ; il emploie, à se prétendre éloigné d\u2019un complet rétablissement, une sorte d\u2019énergie farouche qu\u2019il m\u2019est fort difficile de combattre puisqu'elle émane d\u2019un blessé, praticien lui-même, et des plus éminents.Cette lutte vaine dure depuis des jours et risque de se prolonger longtemps encore, si nul, plus qualifié ou mieux placé que moi, n\u2019intervient.Or, il faut prendre une décision très rapide, comprends-tu, Geneviève.le temps presse; un membre vigoureux et sain ne peut demeurer impunément enfermé et rigide durant des mois.dis-toi bien cela.Paul Talberg, en proie à une émotion qu\u2019il ne cherchait pas à dissimuler, s'arrêta.Les yeux toujours rivés au tapis, aussi peu vivante qu\u2019une statue, Geneviève n\u2019avait pas fait un mouvement.L\u2019amertume de cette dernière épreuve la submergeait de trute sa cruauté inutile, et, sans lutter, elle s\u2019y abandonnait, puisque, pour secourir Maxime, désormais, elle ne pouvait rien.Dans son esprit fatigué et lucide pourtant, les paroles du docteur se répercutaient beaucoup plus claires qu\u2019à l'instant où elles étaient sorties de ses lèvres ; et, à chacune, elle donnait un sens effrayant et exact.Oui, à quoi bon chercher à se le dissimuler, tricher, sans succès d\u2019ailleurs, avec soi-même ; ne connaissait-elle pas parfaitement ce qui, bien mieux que Montréal, février 1947 son membre plâtré, immobilisait Maxime ; le rendait hostile à toute idée de guérison après laquelle leur mariage eut dû être célébré.Combien de fois ne le lui avait-il pas, avec l\u2019assurance d'une raison mûrie, laissé entendre, que le jour où la mort affranchirait Cartier, elle-même redeviendrait libre, absolument.C\u2019était, sans doute possible, cette pensée, qui retenait Chanceray sur sa chaise longue ; c\u2019était désormais attachée pour lui la quasi certitude d\u2019une infirmité douloureuse.Geneviève passa la main sur son front mouillé d'angoisse.Mon Dieu comme tout cela était affreux, et quelle torture on éprouvait de se débattre dans une situation sans issue ! La veille encore, elle eut pu, si Tal- berg était venu plus tôt lui révéler ses craintes, tout tenter pour sauver Maxime ; tout ! eût-il même fallu qu\u2019elle lui avoue son amour!.Maintenant il était trop tard; et cette suprême ressource à la pensée de laquelle tout son cœur défaillait ne lui demeurait même point.Elle savait, à n\u2019en pas douter, que son fiancé, en dépit d'un immense désir de briser des chaines pour tous deux tellement meurtrissantes, n'avait point accepté sa rupture du soir précédent.Et elle en était si absolument sûre, qu\u2019afin de le mettre devant le fait accompli, elle fuyait.Car il n\u2019y avait qu\u2019une circonstance, une seule, qui eut le pouvoir de relever Chanceray de sa promesse, et c\u2019était celle-là même dans l'attente de laquelle il demeurait.Geneviève avait repris sa marche saccadée à travers la pièce.Elle tournait le dos à Paul Talberg et se tordait les mains.Puis un sursaut de révolte la secoua.De quel droit venait-on lui apporter la responsabilité d\u2019une aussi horrible chose ?.Son âme n\u2019avait- elle point un fardeau de douleur assez lourd, qu\u2019il fallût encore y ajouter le plus cuisant des remords ?Affreusement pâle, défaite et les lè- ,vres tremblantes, Geneviève tendit les bras.À écouter Talberg son cœur éclatait dans sa poitrine.En chancelant elle fit les quelques pas qui la séparaient d\u2019un fauteuil, et, de nouveau, s\u2019y laissa tor-ber, ensevelissant son visage bouleversé dans ses deux mains.\u2014 Ah! si tu savais, Paul, murmu- ra-t-elle d\u2019une voix à peine distincte, comme mon plus grand désir serait de t'aider.Le docteur ne répondit pas.Il avait, dans l'animation de son plaidoyer, abandonné sa position inconfortäble sur l\u2019angle d\u2019une malle, et, appuyé au mur, les bras croisés, il attendait des paroles moins vagues et une plus sûre promesse de secours.Enfin la jeune fille releva les yeux.Un apaisement était descendu sur ses traits dont le calme paraissait en partie reconquis.\u2014 Paul, dit-elle assez fermement pour que le docteur soupçonnât que cette âme blessée mais droite avait enfin pris un parti, tu auras ma réponse ce soir.Il faut, auparavant, que je.consulte.quelqu\u2019un ! Donne-moi, je te le demande en grâce, quelques heures.En retour, je te le promets, quoi- qu\u2019il advienne, ton.malade ne sera jamais un infirme.Maintenant laisse- moi, veux-tu ?Avec surprise elle considéra le docteur Talberg qui ne bougeait pas.Toute la personne flegmatique et fort peu impressionnable du jeune homme, paraissait, en cet instant, exprimer l\u2019embarras le plus évident.Et Geneviève, bien qu\u2019il y eût peu de place en son esprit pour ce qui ne touchait point directement Maxime, ne put cependant l\u2019ignorer.Comme elle allait l\u2019interroger, il se décida, et, selon sa coutume, allant droit au but: \u2014 Ta porte, dit-il, n\u2019est pas la première à laquelle je frappe pour crier- à l\u2019aide.Je m\u2019étais auparavant arrêté au presbytère et j'en ai ramené Sonia.L'abbé Morand a pensé que tu aurais peut-être à la voir.à lui parler.Elle attend en bas, dans ma voiture.: La fiancée de Maxime n\u2019eut pas un tressaillement, n\u2019ébaucha point un geste.Simplement sa voix parut au docteur étrange et fêlée lorsqu\u2019avec lassitude elle murmura : \u2014 C\u2019est bien, tu peux aller la chercher.A l'instant même Talberg obéit.Il se jugeait peu brave mais éprouvait une sorte de hâte d\u2019échapper à la présence de Geneviève, de son amie très chère à laquelle il venait d'apporter, il le pressentait, la plus dure épreuve de sa vie.\u2014 Mon Dieu, murmura Geneviève laissant dans une sorte de plainte s\u2019exhaler l\u2019amertume du moment présent, une telle joie dans la nature, et, au fond de certains cœurs, une si grande somme de douleur ! Aussitôt elle se reprocha son manque de résolution et de courage.Qu\u2019importait le prix du sacrifice au devant duquel elle s\u2019élançait, puisqu\u2019il assurerait le bonheur et la guérison de Maxime.Un instant, les deux jeunes filles se considérèrent en silence.Tant de renoncements pareils, de sacrifices et de souffrances étaient en elles qu\u2019elles s\u2019en trouvaient soudain comme rapprochées ; et, avec la plus sincère surprise, elles cherchaient vraiment, tout au fond de leur âme, la trace de la haine qui des avait opposées.D\u2019une voix sourde, hachée, et presque haletante, Sonia articula : \u2014 Vous allez tout faire pour le sauver, n'est-ce pas ?Geneviève eut un geste découragé.\u2014 Que puis-je ?.dit-elle avec accablement.Hlles se turent encore et, seul, le chant clair du voisin ailé emplit le grand silence de la pièce.Comme il s\u2019arrêtait enfin, pour reprendre haleine, Sonia interrogea : \u2014 Dites, vous n'allez pas partir.l\u2019abandonner ?Geneviève ne répondit pas à cette directe adjuration, mais, regardant bien en face la jeune fille, elle demanda d\u2019une voix très nette : \u2014 Vous l\u2019aimez de toute votre Ame, n\u2019est-ce pas ?Sonia eut un sourire amer : \u2014Si je l\u2019aime ?.murmura-t-elle sourdement.En doutez-vous, grand Dieu, après ce que j'ai fait! Pour la premiére fois une sorte de fébrile animation fit monter une onde rosée aux joues mates de Geneviève.\u2014 Alors, c\u2019est vous, s\u2019écria-t-elle avec ardeur, qui devez aller vers lui; vous qui pouvez tout, vous qui tenterez l\u2019impossible pour le sauver.« Ah! il se rendra, j'en suis sûre, à votre prière.La voix de quelqu\u2019un qu\u2019on aime, cela doit être si éloquent ! Le regard brûlant de Sonia se releva et alla, par delà le parc, se fixer au loin dans l\u2019espace.\u2014 Mais ?Une angoisse soudaine tordit le visage amaigri de la jeune fille.Cet aveu qui allait créer le bonheur de deux êtres et écraser son propre cœur, la déchirait.Cependant, son hésitation fut brève.Dans le combat engagé entre son devoir et son pauvre amour, la nécessité du châtiment qui la purifiait devant sa propre conscience et au regard de Dieu, l\u2019emporta.Elle dit, très bas, et c\u2019est à peine si Geneviève entendit : \u2014 C\u2019est vous qu\u2019il aime! Avec une exclamation étouffée, la flancée de Maxime s\u2019était rejetée en arrière, comme si, de l\u2019aveu jailli, éma- naît une force de cyclone qui l'\u2019eut renversée, Puis elle se redressa, et, AVEC LE [Rl SHER MTT SEC.EST-IL rien de moins appétissant qu\u2019une nourriture sans sel?Faute de ce simple ingrédient, même le fumet d\u2019un bifteck rissolant ou de pommes de terre sortant du four semble indécis et confus, comme une image en dehors de son foyer.Mais.la magie d\u2019une pincée de sel! La saveur alléchante et recherchée surgit, mise au point, avec tout son piquant et son attrait pour exciter votre appétit! C\u2019est le sel qui apporte toute la différence au monde à n'importe quel mets.Et c\u2019est pourquoi, depuis déjà trois générations, les cuisinières canadiennes préfèrent le sel WINDSOR, dans leur cuisine et sur la table, à cause de sa pureté cristalline .de ses qualités qui savent relever la saveur des aliments, Tout ce que vous pouvez exiger d\u2019un sel .vous le trouverez dans le WINDSOR.Chez votre marchand, recherchez ce joli carton bleu-blanc- rouge \u2014 c\u2019est le WINDSOR, le sel toujours sec qui mel au point la finesse de tout mets que vous servez! POUR RELEVER LE GOÛT DES ALIMENTS 64 LE MOIS LITTERAIRE \"ORIGINAUX ET AVENTURIERS\" Entre autres qualités d\u2019écrivain, M.Jean Baptiste Côté, de Rimouski, a la souplesse.Les genres opposés ne l\u2019effraient pas.Au contraire, il semble prendre plaisir à se promener de l\u2019un à l\u2019autre avec la désinvolture du journaliste de carrière pour qui tous les sujets sont matières à copie.Après avoir écrit, durant la guerre, une série d\u2019articles d\u2019actualité, remarquables par leur à-propos et leur logique, voici qu\u2019il nous offre un fort intéressant livre de souvenirs, ou si l\u2019on veut, seize biographies, à peine romancées, de petits personnages qu\u2019il a connus dans l\u2019Ouest canadien où il a vécu un certain nombre d'années.On ne passe pas plus aisément du sévère au plaisant, de l\u2019histoire contemporaine aux annales ocales.Car, malgré le titre du recueil : \u201cOriginaux et Aventuriers\u201d \u2014 à qui l\u2019on reprochera peut-être sa similitude avec les \u201cOriginaux et détraqués\u201d de Fréchette \u2014 les récits pleins d\u2019entrain de M.Côté sont moins des portraits que des monographies.Lui-même semble avoir eu un doute puisqu\u2019il a donné pour sous-titre à son livre : \u201cl\u2019Ouest pittoresque\u201d.Mais ne chicanons pas sur ce détail.Peu importe l'étiquette du flacon pourvu que le contenu soit savoureux.M.Côté a de la verve et cette conscience qui pousse l\u2019honnête reporter à relater tous les faits en sa possession.On peut être assuré que ses types, quelquefois pathétiques, souvent drôles et toujours très humains, ont vraiment vécu les aventures qu\u2019il nous raconte et de la façon dont il les raconte.Et l\u2019on n\u2019a qu\u2019à les suivre, de la cour du magistrat au bar de l'hôtel, de la ferme isolée au magasin général, pour retrouver l\u2019Ouest canadien tel qu\u2019il était il y a trente ou quarante ans, avec sa population bariolée, dont les rêves de fortune ne suffisaient pas à peupler la solitude et chez qui l\u2019imagination prenait parfois de curieuses tangentes.La petite histoire a cet avantage sur l\u2019Histoire tout court qu\u2019elle n\u2019a pas à rechercher les causes profondes et vraies des événements qui façonnent le destin des peuples, ni à pénétrer les motifs secrets \u2014 et généralement ignorés \u2014 qui font agir les gouvernements en certaines circonstances.Elle peut se contenter d'anecdotes et de petits faits significatifs.C\u2019est ainsi sans doute que la comprend M.Côté.Avec une scène de tribunal qui aurait enchanté Maître Patelin, les frasques d\u2019un mari au pied léger, les fantaisies bouffonnes d\u2019un groupe de célibataires, des récoltes manquées, un faiseur de pluie et une héroïne de roman policier, il réussit à reconstituer assez bien le climat moral de la Grande Prairie au temps des pionniers.Et il le fait sans même évoquer la révolte de Riel, ni aucun des autres faits classiques ordinairement associés à l\u2019histoire de I\u2019Ouest ; simplement en amusant.C\u2019est une réussite dont ses lecteurs lui sauront gré et voudront le complimenter.C.M.\"LA FETE ETERNELLE\" Vient de paraître, \u201cLa Fête Eternelle\u201d, livre dû à un auteur de chez nous, lequel sera jugé remarquable pour l'inspiration, le fond et la forme, sinon, l\u2019exécution.L\u2019inspiration en est franchement religieuse, c\u2019est une prière en trois mille vers.Mais que l\u2019on ne s\u2019effarouche point.Il n\u2019y a point de monotonie de la forme.L'auteur intitule son livre \u201cLa Fête Eternelle\u201d, poème divin en trois audiences, parce que son œuvre est une succession d\u2019odes à l\u2019éloge de Dieu, mises dans la bouche des génies de l\u2019Humanité et reliées entre elles par un court narré du maître de cérémonie, l\u2019auteur lui-même, lequel s\u2019est charitablement et modestement logé en Paradis.Il y a trois séances : La Fête hébraïque, la Fête italo-grecque, la Fête française.On y trouvera une grande variété de rythmes.L'auteur revendique l'honneur d\u2019avoir créé des combinaisons strephiques inédites.Par la grandeur du sujet \u201cles vertus quiescentes de l\u2019Etre éternel\u201d, le style côtoie le sublime, il y atteint forcément dans la traduction de textes bibliques comme \u201cLe Cantique de Moïse\u201d, \u201cl\u2019exhortation d\u2019Eliphaz à Job\u201d, \u201cle Cantique des trois jeunes gens dans la fournaise\u201d.Parmi les quarante poètes introduits à faire l\u2019éloge de l\u2019Eternel, à côté de Moïse, d\u2019Homère, de David, de Virgile on trouvera Racine, Corneille, Ronsard et des poètes canadiens.\u201cLa Fête Eternelle\u201d a pour auteur M.Casimir Hébert, connu chez nous, comme littérateur, bibliophile, polyglotte et professeur.Son livre a l\u2019ambition d\u2019être, à venir jusqu\u2019à ce jour, le plus audacieux effort lyrique du Canada français et de n\u2019avoir aucun précédent dans aucune littérature puisque l\u2019auteur s\u2019est volontairement placé en dehors du Temps, l\u2019action se passant après le \u201cgrand cataclysme où l'univers sombra\u201d.Cette œuvre commencée en 1926 n\u2019est pas le fruit hâtif d\u2019un virtuose ; l\u2019auteur, après vingt ans de couvaison, trouve son œuvre toujours actuelle et digne du grand jour, quoique inadéquate à son rêve.Ce livre aura sa place dans tous les foyers.Il sera populaire chez tous ceux qui aiment la belle et haute poésie.L'auteur dans sa préface dit: D\u2019autres chez nous ont chanté la bagatelle, le périssable : j'ai voulu m'\u2019attacher à ce qui dure, et j'ai abordé \u201cla Fête Eternelle\u201d.On peut se prqgurer cet ouvrage aux Editions Edouard Garand, 1425, rue Sainte- Eksabeth, Montréal, ou chez l\u2019auteur, à 4376, rue Christophe-Colomb, Montréal.tremblante, éperdue, ardemment penchée vers l\u2019orpheline : \u201cSonia s'arrêta, appuya sa seconde main sur le bureau car ses forces commençaient à lui échapper, et, plus assurée, se tournant vers la femme heureuse qu\u2019adorait Maxime, avec un accent vibrant de sincérité elle s\u2019écria : II vous aime depuis longtemps, depuis toujours, Geneviève.il vous aimait avant d\u2019être rien pour vous, et a comblé son cœur à la fois de douleur et de joie en vous gagnant.« Vous en aimiez un autre et pour ne point vous blesser il a caché son tourment .vous l\u2019avez dédaigné et il vous a toujours chérie.vous l'avez fait souffrir et son amour s\u2019en est encore aceru!.Un spasme souleva la poitrine de la convalescente qui s\u2019affaissa, brisée, sur les coussins d\u2019un petit canapé bas.Bouleversée, la tête perdue et vide, Geneviève s\u2019élança vers elle pour la secourir.Mais, par un dernier effort, Sonia, avec une espèce de sourire navré l\u2019écarta : \u2014 Ce n'est rien, assura-t-elle.Je sors depuis deux jours à peine, le grand air m\u2019a surprise.Voudriez- vous avoir la bonté de me laisser seule un instant ?Après quelques secondes d\u2019indécision, Geneviève obéit.Sans pensées, sans projets, dans une inconscience presque complète, la jeune fille quitta la pièce et pénétra dans la galerie par laquelle toutes les chambres du premier étage étaient desservies.Le docteur Talberg s\u2019y trouvait, et, avec une nervosité mal déguisée, allait et venait d\u2019une extrémité à l\u2019autre.Il interrompit sa promenade brusquement en voyant apparaître son amie, mais demeura silencieux, attendant que, la première, elle parlât.Geneviève referma la porte et s\u2019adossa, défaillante, au mur épais de la tour.Une expression d\u2019indicible félicité rayonnait de son visage, et le docteur ne douta pas qu\u2019elle lui.apportât la plus favorable décision.\u2014 Paul, demanda-t-elle doucement, tandis que son regard lumineux interrogeait le jeune homme, combien de temps crois-tu que Maxime puisse, sans danger, garder encore son immobilité ?\u2014 Mais.je pense.nous ne pouvons guère excéder un délai de quinze jours, répondit Talberg très vivement étonné.\u2014 Il ne me faut pas si longtemps, murmura Geneviève presque pour elle seule.Et comme Paul, toujours surpris et déjà plus rude, interrogeait : \u2014 Tu songes donc encore au départ ?\u2014 Oui, répondit-elle oui.pour quelques jours seulement, je m\u2019en vais.Puis, le regard perdu dans un rêve qui paraissait contenir tous les bonheurs de la terre, la voix assourdie mais traversée par de vibrantes inflexions de joie, elle acheva : \u2014 Sois en paix, Paul.Je te jure que Maxime guérira ! CHAPITRE XV E SÉJOUR de Geneviève à Paris se prolongea environ une semaine.La jeune fille était arrivée à Passy subitement, sans crier gare ; et M.Morand la trouva le soir, en rentrant de l\u2019usine, installée à sa table et l\u2019attendant.L\u2019industriel fut à la fois ravi, et tout au fond de lui-même inquiet de cette escapade.Geneviève, en effet, avait déclaré qu\u2019elle quitterait Belle- Ile seulement avec son fiancé rétabli, et il connaissait suffisamment la jeune fille pour savoir ce qu\u2019une décision prise par un esprit aussi ferme valait.Cependant il n\u2019eut point le temps d\u2019extérioriser ses craintes.Lorsque, le repas terminé, tous deux se retrouvèrent bien seuls dans le petit salon bleu, La Revue Populaire Geneviève apprit à son père la raison et le but de son voyage en le priant de lui prêter, pour arriver à ses fins, un indispensable concours.M.Morand resta quelques secondes légèrement étourdi.Bien qu\u2019il fut accoutumé aux actes d\u2019indépendance et d\u2019autorité de sa fille, le projet qu\u2019elle venait de lui soumettre, dans l'intérêt, avait-elle souligné, de Maxime, dont rien re pouvait secouer l\u2019apathie maladive, ne le trouvait pas préparé.Un changement profond, en effet, s\u2019était produit chez la jeune fille.Une sorte de gravité heureuse, d'assurance tranquille et calme dans la joie, avaient remplacé cette nervosité et cette tristesse que Victor Morand, père faible mais non point aveugle, avait pu si souvent, ces derniers temps, constater.Ces accès d\u2019amertume chez M.Mo- rand ne duraient heureusement pas.Il avait, du reste, peu de temps à leur accorder, se trouvant extrêmement pris à l'usine, surtout depuis qu\u2019un nouvel ingénieur, capable mais point complètement au courant, avait remplacé Cartier.Au lendemain de l'accident dont Maxime n\u2019était sorti vivant que par miracle, le jeune homme avait offert et cette fois fermement maintenu sa démission.Nulle résistance, aucune objection, n\u2019avaient eu raison de ses scrupules.Une fois le temps nécessaire révolu il était parti, sans toutefois qu\u2019entre lui et l\u2019industriel toute amicale relation soit rompue.Ce dernier recevait toujours Daniel et n\u2019ignorait pas que, réalisant enfin le rêve de sa vie, le pilote préparait en ce moment un grand raid.Une enquête sur les causes de l\u2019accident avait été, dès les premiers jours, entreprise ; mais, pour des raisons faciles à comprendre, dont la première était la crainte d\u2019une fâcheuse publicité, on avait tâché autant que possible d\u2019en étouffer les résultats.Néanmoins la malveillance ne faisant aucun doute, et bien que le plus habile interrogatoire n\u2019ait pas réussi à confondre les deux hommes conducteurs à Belle-Ile de l'appareil, ceux-ci s'étaient vus chasser.Après quoi, dans les ateliers, tout était rentré dans le calme.M.Mo- rand n\u2019avait pas désiré pousser plus loin la chose, et cela était méritoire car une affreuse colère le soulevait encore, chaque fois que, devant lui, était fait allusion aux deux scélérats par lesquels sa fille ou Maxime eussent pû être tués.Aussi, le dernier jour que devait passer Geneviève à Paris arriva-t-il sans même qu\u2019il ait eu le temps de jouir d\u2019une présence aussi chère.Cependant, malgré la mélancolie qu\u2019il éprouvait à voir sitôt sa fille lui échapper, M.Mo- rand ne fit rien pour retarder son départ.Il lui avait suffi de jeter un seul regard sur son visage à la fois radieux et résolu pour savoir que toute tentative de ce genre serait vaine, et n\u2019avoir aucune envie de s\u2019y risquer.La jeune fille regagna donc Belle- Ile seule, sa mystérieuse mission étant terminée.Elle retrouva tout en bon ordre.Le château était accueillant et bien aéré, grâce aux soins des domestiques demeurés à leur poste en vertu de la décision qu'elle avait prise durant son entretien avec Sonia.Elle n\u2019y fit qu\u2019une brève apparition, donna quelques ordres, et, comme l'après-midi s\u2019avançait, cédant à son tyrannique désir, elle se mit en route pour la Maison de Verre.Geneviève traversa le parc, se dirigeant vers la petite porte de sortie qui s\u2019ouvrait sur le chemin creux face au domaine de Maxime.Elle allait lentement, sefforcant au calme, mais en réalité profondément, délicieusement émue.En elle des sentiments contradictoires se mêlaient dans le plus ineffable désordre.Elle savourait avec dé- [ Lire la suite page 73] Montréal, février 1947 65 Les médecins prouvent que 2 femmes sur 3 peuvent s\u2019assurer un plus beau teint en 14 jours! Pour le savoir, il faut h Le Traitement * essayer, Jeanne.N'oublie pas = A Palmolive est efficace À quoi sert-il mais je suis si que 36 ; spécialistes éminents ont : dans 2 cas sur 3, et \\ a ma taille, se, Louise.éprouvé ce Traitement Palmolive ho [EE il est simple d'améliore mon décourag que ce sur l'épiderme de 1285 od ) hal comme bonjour! Louise e Crois- beauté femmes, et ont constoté qu'il LR teint demeur traitement de be ; oa t huileux?Imolive rendrait apporte un plus beau teint VE à 6 ! terne \u20ac Palmo dans 2 cas sur 3\u2014en 14 se Mw am pr.mon teint plus agréable et plus frais?jours seulement! A Lavez-vous la figure avec le savon Palmolive) ; B Ensuite, pendant 60 secondes, massez bien avec la mousse douce et embellissante de Palmolive, puis rincez! C Répétez 3 fois Par jour pendant 14 jours.Ce massage Puriflant fait ressortir l'effet embellissant de Palmoliv sur votre épiderme.© PE rm ee re chanter see VOUS AUSSI, vous pouvez 5 vous attendre à ces améliorations de l\u2019épiderme en 14 jours seulement! ,; Moins huileux vu feel, .S fin, Plus jeun Moins Fugueyy .*.v Moins tacheté.v Moins de comédons naissants - v Un coloris plus frais «+ - - + w Plus clair, plus éclatant -. sèdent une fraîcheur et une tendreté à nulle autre eut pas de meilleurs les sCanaca Fine tes Stokely's pareille! Et vous déclencherez l\u2019enthousiasme de Car tout 0 mon de teco it Le To CS MEILLEURS n votre famille chaque fois que vous lui servirez une de ces délicieuses recettes aux pois.Si vous tenez POIS du Canada sont les POIS STOKELY ! TIMBALES AU PAIN SURPRISES 18 tranches de pain 1 boîte de 10% onces 1 boîte de pois à Stokely's e soupe aux Honey Pod champignons Découper le pain en cercle ; mettre 6 de ces cercles de pain dans un plat peu profond.Enlever le centre des autres tranches de pain.Déposer deux rondelles de pain sur chacune des tranches découpées \u201cn cercle.Cuire à four chaud (425°F.) jusqu\u2019à ce que légèrement brunies.Egout- ter les pois, mettant de côté 14 de tasse d\u2019eau de légumes.Ajouter ce liquide a la soupe, puis les pois.Faire chauffer.Servir dans les timbales.Et vous serez enchantée de voir combien cette recette appétissante est facile à exécuter.Son secret réside 1 boîte de pois 2 c.à table menthe Stokely's Finest fraîche hachée Honey Pod dans le choix des meilleurs pois, les Honey 1% o.& table beurre 2 ©.à table piment Pod.On les cuit avec tant de précautions ou autre shorten- en cubes que les pois Stokely que vous servez à ing 2 1bs bifteck votre famille sont les meilleurs, gardant 1 c.à table farine surlonge intégralement leurs vitamines et leurs sels Ya c_ à thé sel minéraux.Quelques grains 3 tasses purée de poivre pommes de terre Egoutter les pois ; conserver l'eau des légumes.Faire fondre le beurre ; mêler la farine, le sel et le poivre.Incorporer le liquide ; faire bouillir 2 minutes.Ajouter les pois, la menthe et le piment.Chauffer.Servir sur une planche de bois réchauffée avec le bifteck grillé et la purée de pommes de terre.4 portions.Pour que ce régal soit parfait, voyez à employer les meilleurs pois, pleins de saveur et de fraîcheur et qui fondent littéralement dans la bouche.des pois mis en conserve le jour même, si ce n\u2019est pas une heure après la cueillette.Exigez donc toujours les Stokely's Finest.inert SALADE \"SOUFFLE DU PRINTEMPS \" 1 boîte ge pols : 1 enveloppe gélatine tokely's Fines Tasty King au citron 8 c.à table vinaigre 1 tasse chou pee ; ti 1\u20ac à thé sel déchiqueté oR) 2 % c.à thé poivre Ya tasse carottes 1c.à thé oignon Ÿ râpé râpées I Egoutter les pois.Mesurer l\u2019eau des légu- i mes, ajouter de l\u2019eau pour en obtenir 1% tasse.Amener au point d\u2019ébullition avec le vinaigre, le sel, le poivre et l\u2019oignon.Ajouter la gélatine.Refroidir jusqu\u2019à consistance.Ajouter les légumes.Mettre dans un moule graissé ; refroidir.5 ou 6 portions.Chaque bouchée a une saveur printanière, ces gros pois bien tendres ayant mûri dans des sols riches en sels minéraux.Les pois Stokely sont les meilleurs, exigez-les toujours.TASTY KING Pois Stokely's Finest Honey Pod - Tomates Stokely's Finest - Blé-d'Inde en crème Stokely's Finest - Pois Stokely's Finest Tasty King - Jus de tomate Stokely\u2019s Finest - Compote de citrouille Stokely\u2019s Finest A pe Produits de 3 ; M STOKELY-VAN CAMP OF CANADA LTD.Essex, Ontario § 2 iil od "]
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