La tribune, 29 mai 2021, Cahier 3
[" P H O T O J E A N - M A R I E Z U C C H I N I ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air LE GUIDE DE LA VANLIFE DE DOMINIC ARPIN + VINS Planète vins LA FIÈVRE DU PRINTEMPS CINÉMA Cruella UN ANTÉPISODE RÉUSSI + EN CUISINE Mai gourmand L\u2019ITALIE DANS L\u2019ASSIETTE.ET LA BIBLI SEMAINE DU 29 MAI AU 4 JUIN 2021 L\u2019AMOUR QUI DURE LUCE DUFAULT SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M2 EXPO Arts et culture démasqué Au moins 45 élèves de 3 e, 4e et 5e secondaires de l\u2019école Montcalm ont choisi le cheminement Arts et culture (il n\u2019y a donc pas de faute dans le titre de l\u2019exposition, puisque c\u2019est le programme qui est « démasqué »).Malgré une année scolaire entière en pandémie, les adolescents, sous la supervision des professeurs Lucie Vincent et Daniel Croteau, ont su s\u2019adapter afin de continuer à évoluer.C\u2019est avec beaucoup de fierté qu\u2019ils invitent à découvrir le résultat de leurs efforts.Explorant différentes thématiques et techniques, l\u2019exposition regroupe des dessins, des peintures, des gravures et des sculptures, toutes inspirées de l\u2019histoire de l\u2019art, des Premières Nations jusqu\u2019aux mouvements actuels.Au Centre culturel et communautaire Françoise-Dunn, jusqu\u2019au 11 juin.PlacART CHANSON DE CIRCONSTANCE D\u2019OÙ JE VIENS Sébastien Lacombe Territoires (2012) \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?RETAILLE D\u2019ENTREVUE Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Immersion, Angèle Dubeau 2 Star Académie 2021, Artistes variés 3 Le temps des autres, Tire le coyote et Jeannot Bournival 4 Je n\u2019veux pas dormir ce soir, Jean-Pierre Ferland 5 Dubois solide, Claude Dubois 6 Nutak, Keven Landry 7 Inscape, Alexandra Stréliski 8 Léda, Irvin Blais 9 Le ciel est au plancher, Louis-Jean Cormier 10 Gentleman crooner, Michel Louvain \u203a NON FRANCOPHONE 1 Phœnix, Charlotte Cardin 2 Nostalgia 2, Marc Hervieux 3 Standing under Bright Lights, Alex Henry Foster 4 Delta Kream, Black Keys 5 Nostalgia, Marc Hervieux 6 The Off-Season, J.Cole 7 Daddy\u2019s Home, St.Vincent 8 Where Have You Gone, Alan Jackson 9 The Battle at Garden\u2019s Gate, Greta Van Fleet 10 Fortitude, Gojira Keven Landry \u2014 PHOTO AMÉLIE LANDRY En 2014, le 30 mai a été déclaré Journée mondiale du droit aux origines, à la demande de tous ces organismes dont la mission est d\u2019aider des personnes adoptées à retrouver leurs parents biologiques.Au Québec, on s\u2019en souvient, un grand pas a été fait en 2018, avec l\u2019ouverture des registres d\u2019adoption et l\u2019obligation, par l\u2019État, de révéler l\u2019identité des parents naturels aux personnes adoptées qui le souhaitent.Cela n\u2019a pas tout réglé, mais depuis, plusieurs personnes ont pu faire la paix avec les circonstances de leur arrivée dans ce monde et peuvent mettre un vécu derrière le refrain de la chanson de Sébastien Lacombe (Je me souviendrai / D\u2019où je viens).Une chanson qui est aussi un plaidoyer pour tous à ne pas oublier d\u2019où ils viennent, pour apporter leurs couleurs à la mosaïque collective.STEVE BERGERON SHERBROOKE \u2014 Le clip de Que diable m\u2019emporte, plus récent extrait de l\u2019album Ô Psychologue de Sally Folk, a été filmé dans le parc national des Hautes-Gorges- de-la-Rivière-Malbaie, dans la région de Charlevoix.Quelques paysages époustouflants ont été captés par drone.« Pour moi, c\u2019est une découverte », révèle l\u2019artiste, qui a séjourné dans la région pendant trois jours en avril dernier, pour la réalisation de ce tournage.« L\u2019idée était de représenter une quête plus introspective du personnage, étant donné que cette chanson porte sur la solitude, le rejet, le fait d\u2019être ignorée par l\u2019autre.L\u2019objectif était que la chanson dégage une reconquête de soi. » Outre la réalisation de son plus récent disque, Sally Folk a enregistré une version de la chanson Sortez-moi de moi de Daniel Bélanger, comme thème de la télésé- rie québécoise du même nom, diffusée depuis peu à Crave.Vincent Leclerc, Sophie Lorain et Pascale Bussières en sont les têtes d\u2019affiche.« C\u2019est drôle, parce que ça touche la thématique de mon album, mais c\u2019est vraiment un adon, comme si les astres avaient été alignés.J\u2019adore cette chanson et ça me donne une belle visibilité.Je n\u2019ai pas encore vu l\u2019émission, mais quand j\u2019ai lu la liste des acteurs, je me suis dit que ça ne pouvait pas ne pas être bon, avec autant de grosses pointures.C\u2019est donc vraiment un honneur pour moi.J\u2019en suis très heureuse. » STEVE BERGERON Coupée au montage de l\u2019entrevue du 22 mai 2021.Sally Folk \u2014 PHOTO PHILIPPE DAABOUL \u2014 PHOTO COMITÉ ARTS ET CULTURE JACQUES-CARTIER laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M3 LIVRES LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 Épisode d\u2019anthropophagie à l\u2019île d\u2019Anticosti, portraits de la Côte-Nord et souvenirs d\u2019enfance à la pêche au hareng : Placide Vigneau ratisse large dans ses Récits de naufrages.Pour cet ancien gardien de phare, né en 1842, il fallait tout observer et tout écrire.Pour témoigner de son époque, mais surtout pour préserver la mémoire de ceux qui naviguaient sur le fleuve Saint-Laurent, de Sept-Îles à Blanc-Sablon.Voilà que, environ 130 ans plus tard, l\u2019équipe de Manuscrits, nouveau groupe de chercheurs basé à l\u2019Université du Québec à Rimous- ki, a eu envie d\u2019inaugurer ses travaux avec une édition critique de Récits de naufrages, un recueil de textes inédits écrit par Placide Vigneau vers 1892.Jean-René Thuot, professeur d\u2019histoire à l\u2019UQÀR et directeur du projet, a vu en ce manuscrit une façon de réinterpréter notre récit national d\u2019un point de vue maritime, tout en mettant en lumière le personnage qu\u2019était son auteur.Aux côtés de M.Thuot, Amélie Blanchette et Billy Rioux, deux candidats à la maîtrise en histoire, ainsi que Guillaume Mar- san, archiviste-coordonnateur pour Bibliothèque et archives nationales du Québec.Tous les quatre ont donc passé les trois dernières années à « découvrir la plume » de ce pêcheur, navigateur et ancien gardien du phare de l\u2019île aux Perroquets, située dans l\u2019archipel de Mingan.« Il faut dire que j\u2019ai appris à connaître le personnage en travaillant sur le projet.C\u2019est quelqu\u2019un de fascinant, qui observe beaucoup tout en faisant preuve d\u2019une grande rigueur.Moi, je le vois comme un porteur de mémoire qui n\u2019est pas encore tout à fait connu, mais qui a fait beaucoup de choses pour l\u2019Est, la Côte-Nord, l\u2019estuaire et le golfe [du Saint-Laurent] », explique Amélie Blanchette.Ce mémorialiste, que rien \u2014 ni éducation ni formation \u2014 ne prédestinait à une carrière d\u2019historien, est donc demeuré un témoin important des XIXe et XXe siècles dans l\u2019est du Québec.DIRE CE QUI S\u2019EST VRAIMENT PASSÉ Dans l\u2019ouvrage original, Placide Vigneau relate tout d\u2019abord une discussion qu\u2019il a eue avec un vieux navigateur madelinot au sujet du « massacre de l\u2019Anticosti », un impressionnant épisode d\u2019anthropophagie qui serait survenu à la suite du naufrage du Granicus, sur la pointe est de l\u2019île, en 1829.Dans son é dit ion cr i t ique, l\u2019équipe de Manuscrits décortique bon nombre d\u2019articles de presse, dépositions, récits contemporains, rapports archéologiques et autres archives afin de bien démêler le fait de la légende et du mythe.« Vigneau avait la volonté de raconter des histoires, mais il souhaitait aussi dire ce qui s\u2019était vraiment passé.On dit souvent : \u201cAh! Ce sont des paroles de pêcheurs.Ils ont exagéré!\u201d Mais chez lui, ce n\u2019est pas ça.On sent que son but est de répercuter les conditions de vie du temps », note toutefois M. Thuot.Le chercheur souligne ainsi les nombreuses facettes historiques que l\u2019auteur, originaire de Havre- aux-Maisons, met de l\u2019avant et qui nous sont collectivement méconnues aujourd\u2019hui.En plus des voyages de pêche, des recettes de grands-mères et du vocabulaire marin, les écrits de Placide Vigneau tracent les grandes lignes de la dynamique socioécono- mique de l\u2019époque.L\u2019importance de posséder un navire, les « frontières ethnoculturelles plus floues qu\u2019on pense », « l\u2019économie des naufrages », le fleuve Saint-Laurent qui agit à titre d\u2019autoroute et plusieurs autres aspects culturels peuplent ainsi l\u2019ouvrage.« Quand on lit les récits de Vigneau, on se rend vite compte que l\u2019histoire des pays maritimes est loin d\u2019être toute découverte.À l\u2019époque, on se raconte à travers ce qui se passe sur l\u2019eau.Et non pas en fonction de ce qu\u2019il y a sur la terre », ajoute M. Thuot.LE QUÉBEC MARITIME Pour l\u2019équipe de l\u2019UQÀR, l\u2019objectif derrière cet ouvrage est simple : faire découvrir l\u2019histoire et partager avec le public la riche culture de l\u2019est de la province.« Le Québec ne se conçoit pas comme un pays maritime.Il se conçoit comme un pays rural.Mais les gens de l\u2019Est, ils se racontent par la pêche et l\u2019eau.La construction des bateaux, par exemple.Qui les fabriquait?À quel rythme?Quel type?On a peu d\u2019information là- dessus.On s\u2019intéresse peu à ça au Québec.C\u2019est périphérique à notre historiographie.Après la conquête, on se concentre juste sur les cultivateurs », souligne Jean-René Thuot, pour qui ce pan de notre passé demeure important, même si la population qu\u2019elle concerne directement est moins nombreuse.Si on connaît un peu mieux les récits de la Gaspésie ou encore des Îles-de-la-Madeleine, celui de la Côte-Nord demeure trop souvent oublié, déplore l\u2019équipe de recherche.« On utilise une expression dans le livre qui dit : \u201cL\u2019Est, pour le Québec, c\u2019est un peu un angle mort.Alors la Côte-Nord, c\u2019est l\u2019angle mort de l\u2019angle mort.\u201d », ajoute l\u2019étudiante, pour qui le projet a d\u2019ailleurs été très enrichissant.Avec la pandémie qui restreint les voyages internationaux, les Québécois sont de plus en plus invités à visiter la province et ses régions éloignées.Il y a, dans cette \u2014 quoique malheureuse \u2014 situation, une conjoncture intéressante à exploiter, souligne finalement le chercheur Thuot.Cette curiosité envers les villages de l\u2019Est est à nourrir et à cultiver, estime- t-il, toujours « surpris », mais heureux de ce soudain engouement collectif.Pour Amélie Blanchette, Récits de naufrages est ainsi la parfaite « porte ouverte » vers ces territoires dont plusieurs pans restent encore aujourd\u2019hui à découvrir.PLACIDE VIGNEAU Histoires de naufrages, d\u2019anthropophagie et de pêche Presque oubliés depuis 130 ans, les récits de Placide Vigneau (photographié ici vers 1920) reprennent vie grâce à un groupe de recherche de l\u2019Université du Québec à Rimouski.\u2014 PHOTO BANQ SEPT-ÎLES Jean-René Thuot et Amélie Blanchette \u2014 PHOTOS UQÀR PLACIDE VIGNEAU Récits de naufrages ÉTUDES VLB Éditeur 264 pages SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M4 SHERBROOKE \u2014 On pourrait dire qu\u2019il y a un bel arc-en-ciel en ce moment dans le cœur de Luce Dufault.D\u2019un côté, tout l\u2019ensoleillement d\u2019avoir pu retrouver le public lors de la réouverture des salles et d\u2019enfin faire découvrir sur scène les chansons de Dire combien je t\u2019aime, cet opus 10 lancé une semaine avant le premier confinement de mars 2020.De l\u2019autre, les nuages de contraintes qu\u2019elle ne peut ignorer quand elle est sous les projecteurs, dont l\u2019obligation de tenir les prestations dans l\u2019étroit cadre des 90 minutes sans entracte, ce qui affecte son immense plaisir de s\u2019adresser aux spectateurs, en plus de limiter le nombre de pièces au programme.« On finit par s\u2019y faire.Il a fallu couper dans le spectacle, parce qu\u2019on doit laisser aux gens le temps de retourner à la maison.Ça me brise le cœur de voir des gens se lever à la dernière chanson, l\u2019air piteux, parce qu\u2019ils habitent plus loin.J\u2019essaie donc de ne pas trop parler, mais c\u2019est dur, parce que ce sont de nouvelles chansons et j\u2019aimerais pouvoir les mettre en contexte. » La levée unilatérale du couvre- feu le 28 mai devrait lui permettre d\u2019ajouter deux ou trois interprétations et présentations à la soirée.« Mais on attend quand même d\u2019avoir des consignes claires, parce qu\u2019il faudra peut-être quand même respecter un temps limite.Mais on perçoit moins la distanciation dans les salles de type cabaret, parce qu\u2019on ne voit pas de sièges vides.Les gens sont aussi moins gênés d\u2019applaudir que lorsqu\u2019ils se sentent seuls dans leur coin. » Accompagnée de trois musiciens (il n\u2019y a pas de batterie dans ce tour de scène), Luce Dufault réussit à recréer les atmosphères du disque, hormis le quatuor à cordes.Mais elle n\u2019a pas abandonné le rêve d\u2019en avoir un pour certains spectacles.« Peut-être l\u2019automne prochain, le temps que l\u2019on répète un peu avant. » COMME UN BAUME Acclamé par la critique à sa sortie, Dire combien je t\u2019aime s\u2019est notamment fait remarquer pour ses chansons sur l\u2019amour qui dure.« Et c\u2019est le fun à chanter aussi! » confirme l\u2019interprète, qui partage sa vie avec Jean-Marie Zucchini depuis une trentaine d\u2019années.« Il y a un plaisir à s\u2019abandonner aux chansons de rupture, même si ce n\u2019est pas ce que je vis.Mais de se sentir complètement Luce Dufault a participé l\u2019an dernier à l\u2019enregistrement du spectacle-confé- rence L\u2019histoire de mes chansons, en hommage à Clémence DesRochers.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND LUCE DUFAULT LA SCÈNE MALGRÉ TOUT STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca P H O T O J E A N - M A R I E Z U C C H I N I laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M5 SHERBROOKE \u2014 Tous les artistes ont, sur leur feuille de route, des rencontres inoubliables rendues possibles par leur métier.Pour Luce Dufault, la plus marquante des dernières années s\u2019appelle David Goudreault, et sans cette amicale collision permise par Richard Séguin lors d\u2019un spectacle de la Saint-Jean-Baptiste à Québec, l\u2019album Dire combien je t\u2019aime aurait probablement raté son coup d\u2019envoi.« Richard savait que je cherchais des chansons à l\u2019époque et il tenait absolument à me présenter David.Il était certain qu\u2019il pourrait m\u2019en écrire.Je ne l\u2019avais alors jamais rencontré.Notre première rencontre a été très rapide, le jour de la répétition du spectacle.On a juste eu le temps de discuter un peu, mais David était d\u2019accord.Le lendemain, pour la générale, dès qu\u2019il monte sur scène, David me donne la feuille de Débrise-nous, qu\u2019il avait écrite durant la nuit.Quand j\u2019ai lu ce texte-là, j\u2019ai eu le sentiment que je tenais le morceau qu\u2019il me fallait pour démarrer un projet d\u2019album.Chacun de mes disques a commencé comme ça, par une chanson, une mélodie ou un texte qui devient le socle, et auquel toutes les autres chansons se greffent.Le texte de David m\u2019a fait dire : \"Ok! On part de ça.\" Tout le reste a suivi. » Les deux artistes ont évidemment appris à se connaître, jusqu\u2019à ce que ce soit David qui demande à Luce de participer à sa chanson Mémoires, sur son plus récent album Le nouveau matériel.Et ça s\u2019est encore passé lors d\u2019un spectacle de la Saint-Jean.« Celui de Trois-Rivières, l\u2019an dernier, où il m\u2019a fait écouter la maquette de Mémoires.À l\u2019époque, il n\u2019y avait pas encore de paroles, seulement la mélodie.Et il m\u2019a slamé le texte.L\u2019enregistrement de cette chanson a été un beau moment, et on a eu la chance d\u2019en refaire un bout à En direct de l\u2019univers.David, c\u2019est quelqu\u2019un qui a le cœur sur la main et qui a une écoute hallucinante. » STEVE BERGERON concernée par un texte, c\u2019est comme un baume.Une chanson comme Pauvre Terrienne, sur l\u2019amour qui dure, écrite et composée par un couple amoureux qui dure lui aussi [Moran et Catherine Major], c\u2019est magnifique! » « C\u2019est aussi un disque sur la contemplation, sur le fait de prendre le temps de vivre des choses, de regarder le soleil se coucher (ce que la pandémie nous a probablement aidés à faire aussi). » Luce Dufault ne regrette pas sa décision d\u2019avoir confié à Martin Leclerc la production de son plus récent album, après plus de 20 ans à avoir mené, avec son conjoint, la barque des Disques Lunou.Mais les risques financiers étaient devenus trop grands, au point où la chanteuse pensait repartir en tournée avec de nouvelles chansons\u2026 sans les graver préalablement.« Si ça a été si long entre mes deux derniers albums, c\u2019était que j\u2019avais peur.Depuis Demi-jour que nous n\u2019avions plus droit aux subventions comme producteurs.Je n\u2019avais plus le courage de puiser dans nos économies pour réaliser une carte de visite.Je ne savais plus si lancer un album était encore pertinent, parce que je savais très bien que ce n\u2019était plus possible de rembourser la production avec les ventes.C\u2019était trop lourd.Ça risquait de nous mettre à la rue. » Mais Martin Leclerc leur a entièrement laissé carte blanche.« Ce qui est un immense cadeau.Ça n\u2019a donc rien changé, à part le fait que je n\u2019ai plus ce poids de l\u2019autopro- duction.J\u2019ai toute une équipe derrière moi, mais j\u2019ai encore la liberté de faire ce que je veux.C\u2019était vraiment facile de dire oui à ça et je n\u2019ai aucun regret.Je crois que j\u2019étais rendue là. » \u2014 PHOTO JEAN-MARIE ZUCCHINI SHERBROOKE \u2014 Les archives journalistiques recèlent souvent d\u2019amusantes perles.Comme cette entrevue accordée par Luce Dufault en octobre 2004 à La Tribune, pendant la tournée de l\u2019album Bleu, et au cours de laquelle l\u2019artiste racontait qu\u2019elle ne permettait pas à ses enfants de regarder Star Académie parce que l\u2019émission ne correspondait pas à ses valeurs.Et que sa fille la trouvait « parfois séverte », citait-elle.Luce rigole bien lorsqu\u2019on lui remémore cette déclaration d\u2019il y a bientôt 18 ans.« Disons que je suis bien vite aperçue que mes enfants regardaient l\u2019émission quand même, mais ailleurs qu\u2019à la maison », précise-t-elle en pouffant de rire.Mais elle se souvient encore du choc subi quand, lors de la première en 2003, les académiciens avaient dû exclure un des leurs en direct.Elle n\u2019avait pas été la seule, la commotion ayant été tellement grande, même pour la production, que l\u2019élimination par les pairs s\u2019est, par la suite, toujours déroulée par vote secret, pour être finalement complètement abandonnée en 2021.« J\u2019avais eu un tel malaise! Ça m\u2019avait écœurée et ça m\u2019a fait débarquer tout de suite.Après, je n\u2019ai jamais vraiment repris, même si j\u2019ai regardé les variétés à l\u2019occasion ou dans les saisons qui ont suivi.Mais jamais la quotidienne, que je trouvais trop intrusive.Je me disais que ces jeunes-là avaient des parents qui voyaient tout ça. » Inutile de préciser que l\u2019opinion de Luce n\u2019est plus la même.« Parce qu\u2019on a maintenant un recul, mais aussi parce que l\u2019émission a beaucoup changé.J\u2019ai aussi eu l\u2019occasion de côtoyer des artistes fabuleux qui y ont participé, comme Marie-Élaine Thibert, Mélissa Bédard, Annie Villeneuve\u2026 Il y a eu beaucoup de bon qui est sorti de tout ça. » Quand sa fille Lunou a décidé de tenter sa chance, surtout parce qu\u2019elle venait de terminer ses études en théâtre et que la pandémie avait éliminé les occasions de contrats, en plus de son travail dans un bar, Luce Dufault a entièrement fait confiance à sa fille.« Lunou le connaît aussi, ce milieu-là.Cela fait au moins dix ans qu\u2019elle est pleinement consciente de ce qu\u2019est le métier, en nous voyant aller, son père et moi.Elle a été témoin des hauts, des bas, des inquiétudes, des doutes, des remises en question\u2026 Je lui ai donc dit d\u2019aller voir.Finalement, elle a senti une bonne vibe et elle a vraiment tripé! » Et cette fois, les quotidiennes, Luce les a toutes regardées.« Parfois à plus d\u2019une reprise, parce que c\u2019était la seule façon de voir ma fille! Humainement, j\u2019ai trouvé que c\u2019était magnifique! Ils étaient tellement bien entourés! Les commentaires des professeurs étaient d\u2019une grande pertinence.Si j\u2019avais pu vivre ça à cet âge-là, je l\u2019aurais fait à pieds joints.Des écoles pour apprendre notre métier, il n\u2019y en a pas tant que ça. » STEVE BERGERON Vous voulez y aller?Dire combien je t\u2019aime Luce Dufault Vendredi 4 juin, 20 h Salle Maurice-O\u2019Bready Entrée : 44 $ LUCE DUFAULT Dire combien je t\u2019aime POP FRANCO Productions Martin Leclerc « Il y a un plaisir à s\u2019abandonner aux chansons de rupture, même si ce n\u2019est pas ce que je vis.Mais de se sentir complètement concernée par un texte, c\u2019est comme un baume. » \u2014 Luce Dufault UNE RENCONTRE ET UN COUP D\u2019ENVOI SOUVENIR D\u2019UNE MAMAN « SÉVERTE » C A P T U R E V I D É O SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M6 MUSIQUE GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 En écoutant Elliot Maginot faire le récit de la création de son troisième album, Easy Morning, on ne peut s\u2019empêcher de penser à cette séquence du film Rocky IV, dans laquelle le boxeur incarné par Sylvester Stallone s\u2019installe dans une grange en Sibérie afin de s\u2019entraîner en vue de son combat en URSS.Au bout du fil, l\u2019auteur-composi- teur-interprète montréalais s\u2019es- claffe.« Ouais, c\u2019est drette comme ça que ça feelait! lance-t-il.En plus, je me suis retapé tous les films de Rocky.Le confinement, ç\u2019a aussi été l\u2019occasion de revoir les séries classiques comme Le seigneur des anneaux, Rocky et tout ça! » Bon, remplaçons ici la grange par une cabane à outils et la Sibérie pour la Mauricie.Mais Elliot Maginot (Gabriel Hélie-Harvey de son vrai nom) s\u2019est donné de la misère en reprenant la plume, au début du premier confinement.« C\u2019était cliché, mon affaire, décrit le sympathique musicien.Quand j\u2019ai commencé, il faisait encore froid.J\u2019étais là avec ma petite chaufferette qui marchait mal, avec des gants ou des mitaines à faire de la buée [en respirant].Après, ça s\u2019est réchauffé et tout, mais dans le premier mois et demi, c\u2019était le cliché de l\u2019artiste miséreux qui a frette! C\u2019était drôle, quand même.Ça va me laisser des souvenirs très amusants. » Selon son observation, « c\u2019est ça que ça prenait » pour arriver au résultat gravé sur Easy Morning, paru vendredi.« Je ne pense pas que ça aurait donné le même disque si j\u2019avais été à Montréal dans mon studio », croit-il.ATTENDRE QUE LE WAL-MART ROUVRE La situation lui a quand même été imposée par la pandémie.Sa copine revenait d\u2019Europe quand la COVID-19 s\u2019est pointé le nez chez nous.Elliot Maginot pensait se poser en campagne pendant les deux semaines de quarantaine réglementaires.Il avait quitté la métropole avec le strict minimum.À cause du confinement imposé par le gouvernement, son séjour « dans la shed » aura finalement duré quatre mois.« Je suis parti avec un sac à dos, une guitare, un petit micro et mon ordinateur.Je n\u2019avais pas apporté tout mon set-up de studio.Ça m\u2019a forcé à faire plus avec moins, à faire ça de manière plus artisanale », décrit-il avant d\u2019ajouter en rigolant : « J\u2019étais parti avec une chemise et un t-shirt.Je portais le même linge chaque jour, jusqu\u2019à tant qu\u2019on rouvre le Wal-Mart à Shawinigan et que je puisse aller m\u2019acheter un autre t-shirt! » Pour immortaliser ces chansons créées dans la solitude, Elliot Maginot a eu envie de s\u2019entourer de beaucoup de monde : une bonne quinzaine de musiciens (dont le coréalisateur Connor Seidel) se sont joints à lui en studio, notamment pour habiller les pièces d\u2019Easy Morning de cordes et de cuivres.Friand de sonorités ouest-afri- caines, l\u2019auteur-compositeur- interprète a sollicité les talents de musiciens originaires de ce coin du monde : le Sénégalais Élage Diouf et le Burkinabé Salif Sanou (Lasso).En entrevue, Elliot Maginot tient à apporter un bémol.« Je ne prétends pas bien connaître cette musique, nuance-t-il.Je ne prétends pas non plus que mes chansons ont le même genre de groove et de structure d\u2019écriture que celles de ces artistes.Je le voyais plus sur le plan des instruments et des joueurs que j\u2019ai invités. » Le musicien évoque les percussions, la flûte ou la kora.« Ils sont venus avec des instruments qui font partie de l\u2019attirail qu\u2019on associe au folk ou au blues ouest-africain, ajoute-t-il.Je ne voudrais surtout pas qu\u2019on pense que je prétends avoir compris ces codes-là.Ce sont juste des artistes que j\u2019ai souvent écoutés et dont les sonorités me touchaient beaucoup. » OSER DEMANDER Elliot Maginot affirme qu\u2019il rêvait depuis longtemps à ce type d\u2019échange, mais qu\u2019il n\u2019osait pas le concrétiser.Cette fois, il se félicite de l\u2019avoir fait.« C\u2019est ça qui est merveilleux.Je n\u2019aurais jamais pensé que c\u2019était possible d\u2019avoir Élage Diouf sur mon disque.Ça montre qu\u2019on peut demander et que, des fois, les choses marchent.Les gens ont envie de faire de la musique, de se mélanger, de jouer sur d\u2019autres projets. » note l\u2019auteur-compositeur-interprète.« Lasso, c\u2019est un cold call, comme on dit, reprend Elliot Maginot.Je ne le connaissais absolument pas.J\u2019ai vu passer une vidéo sur Facebook et je lui ai écrit.Ç\u2019a été super facile.C\u2019est juste de se donner le droit d\u2019inviter des gens sur tes trucs.Si c\u2019est non, c\u2019est non.Mais si c\u2019est oui, ça fait des rencontres et des séances en studio qui sont assez hors de l\u2019ordinaire. » Elliot Maginot décrit l\u2019expérience d\u2019enregistrement comme « très festive ».Une légèreté qui s\u2019entend dans les pièces d\u2019Easy Morning, même quand les thèmes le sont moins.« Inconsciemment, je pense que j\u2019avais ça en tête, observe-t-il.Après avoir passé autant de temps seul, d\u2019avoir accès à ces gens-là, ç\u2019a été très libérateur.Même si j\u2019avais voulu faire quelque chose de plus dark ou introspectif, leur apport a créé une énergie contagieuse. » ELLIOT MAGINOT FAIRE PLUS AVEC MOINS Né dans le confinement et fruit de collaborations avec des artistes d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, Easy Morning, troisième opus d\u2019Elliot Maginot, est paru le 28 mai.\u2014 PHOTO LA PRESSE, EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE ELLIOT MAGINOT Easy Morning POP ANGLO Audiogram laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M7 MUSIQUE MONTRÉAL \u2014 Prendre un animal de son habitat naturel dans le but de divertir l\u2019humain est une pratique répandue depuis la nuit des temps.Mais est-ce éthique et responsable?La question divise énormément et est abordée sans détour dans le documentaire Zoo : une cage dorée?d\u2019Erika Reyburn, diffusé dans le cadre de Doc Humanité, le samedi 29 mai à 22 h 30, sur Ici Télé.On y apprend notamment que certains zoos s\u2019attaquent au dilemme moral en consacrant une partie de leurs revenus aux efforts de préservation.D\u2019autres se donnent pour mission de récupérer les animaux blessés et, lorsque ceux-ci ne peuvent être retournés à leur habitat naturel, leur offrent un milieu de vie captif, certes, mais où ils ne seront pas soumis à l\u2019obligation de servir de divertissement à l\u2019homme.Bref, tous les établissements ne sont pas dans le même panier.Des juristes, philosophes, éthiciens, représentants de zoos, une ex-em- ployée, un journaliste d\u2019enquête et un fonctionnaire responsable de l\u2019application des règles de protection s\u2019expriment sur le sujet.JOSÉE LARIVÉE, LA PRESSE CANADIENNE ÉMILIE PINARD-FONTAINE emilie.pinard-fontaine@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Après plus de six ans de travail, le musicien d\u2019origine sherbrookoise Tommy Lunaire a lancé le vendredi 28 mai son premier microalbum, Until I Melt, sur toutes les plateformes en ligne.Celui qui a commencé par jouer de la guitare et explorer le rock est aujourd\u2019hui amoureux de la « synthèse modulaire analogique ».« C\u2019est un artiste assez connu qui s\u2019appelle Deadmau5 qui est à la source de cette fascination.J\u2019ai cherché à savoir comment il faisait sa musique.Je pense que cet homme (d\u2019ailleurs, il est Canadien) a été une grande inspiration pour beaucoup de jeunes, qui ont eu envie de commencer à faire de la musique électronique », confie celui qui s\u2019inspire de tous les genres de musiques, y compris le jazz et le funk.To m m y L u n a i r e r a c o n t e construire instinctivement des atmosphères qui inspirent tantôt le mouvement corporel, tantôt les mouvements émotifs, souvent les deux à la fois.À travers les cinq titres d\u2019Until I Melt, il livre une musique qu\u2019il considère comme « assez pleine d\u2019émotions, mais aussi imagée », en misant sur des synthétiseurs et des symphonies rythmiques méditatives.« Je trouve que c\u2019est une musique mélancolique, mais avec toujours beaucoup d\u2019espoir », confie-t-il.Avec Until I Melt, Tommy Lunaire présente toutes les facettes de sa musique, en passant par l\u2019introspection avec la pièce-titre, les festivités avec Topaz, jusqu\u2019à se rendre à la complexe et expérimentale Qua- zar, qui clôt l\u2019album par un électro à saveur hip hop lofi.VIVRE DE SON ART Si Tommy Lunaire reste méconnu, sa signature musicale, elle, l\u2019est beaucoup moins.Habitué des studios de production montréalais et compositeur de l\u2019ombre depuis quelques années déjà, il multiplie les projets et a appris à intérioriser l\u2019électronique.« Je compose pour des artistes ou bien des publicités, surtout des publicités en fait.Donc les gens, sans le savoir, entendent mes musiques », précise-t-il.S\u2019 i l qual i f ie sa pro duction publicitaire de « totalement différente », elle est aussi extrêmement stimulante.« Parce que ça se fait en quelques jours seulement », explique-t-il.Cette expérience lui a donc permis d\u2019apprendre beaucoup et l\u2019a mené vers des univers inexplorés.« En fait, ça nous amène à des endroits où on n\u2019aurait pas été par nous-mêmes.C\u2019est ce que je trouve intéressant », mentionne-t-il.En plus de lui permettre d\u2019explorer, la production publicitaire lui permet aussi de gagner sa vie grâce à son art.« Je me considère donc comme extrêmement chanceux ! Il faut être vraiment diversifié pour réussir à gagner sa vie [dans ce domaine] », lance-t-il.Il collabore aussi depuis environ trois ans avec des artistes visuels de renom, dont FVCKRENDER, Mala- vida et Aeforia.« Ça, c\u2019est la liberté totale ! », lance-t-il à propos de la composition de trames sonores pour des vidéos artistiques.NOUVEAU JOUEUR Until I Melt est le premier album présenté sous la nouvelle étiquette montréalaise Supersavant.« En fait, j\u2019ai rencontré Jean-David [Perron, le fondateur,] en même temps qu\u2019il créait ce label-là.J\u2019ai l\u2019impression que sa vision ressemblait étrangement à la vision de mon projet », précise Tommy Lunaire.Il était donc naturel pour les deux de collaborer.« J\u2019ai le sentiment que c\u2019était fait pour arriver ! », lance-t-il.Travaillant tous les deux dans les domaines artistiques et publicitaires, Tommy Lunaire et Jean- David Perron ont donc décidé qu\u2019Until I Melt serait la première sortie musicale de Supersavant.« Je suis le premier artiste, [mais] il y en a plein d\u2019autres qui s\u2019en viennent dont les projets sont en train d\u2019être achevés », précise-t-il.L\u2019électro mélancolique de Tommy Lunaire Tommy Lunaire a lancé son tout premier microalbum le vendredi 28 mai.\u2014 PHOTO ALEXIS GONCALVES COIN TÉLÉ P H O T O I C I T É L É TOMMY LUNAIRE Until I Melt ÉLECTRO Supersavant SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M8 MUSIQUE GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 Pendant des années, Robert Robert s\u2019est accompli à faire danser les gens.Compositeur de musique électronique et platiniste, le Montréalais a fait un bon bout de chemin derrière son ordinateur portable.Voilà qu\u2019il propose un premier album de chansons en français.Un virage plus que prometteur pour l\u2019artiste friand de métissages musicaux.Avec un contrat de disques en France et des engagements professionnels sur la scène internationale, Arthur Gaumont-Marchand (de son vrai nom) était déjà un musicien établi.La rencontre de jeunes auteurs- compositeurs-interprètes d\u2019ici lui a donné envie d\u2019élargir son champ musical vers quelque chose de plus personnel.De là un premier album de chansons franco, Silicone Villeray, qui allie de belle manière sa culture électro et son désir de chanson québécoise.Au bout du fil, Robert Robert cite Les Louanges, Lydia Képinski ou Hubert Lenoir, devenu un précieux collaborateur et coréalisateur.Il évoque des œuvres qui l\u2019ont rejoint comme aucune auparavant sur la scène d\u2019ici.« Ça résonnait beaucoup pour moi, alors qu\u2019avant, il y avait peut- être moins de trucs qui me parlaient dans la musique en français, explique-t-il.Ça m\u2019a fait réaliser qu\u2019on pouvait se réapproprier la musique en français.Avant, je ne me sentais pas inclus dans cet univers musical.Je ne m\u2019y reconnaissais pas. » L\u2019UNICITÉ QUÉBÉCOISE Ces rencontres lui ont donné envie de voir de quel bois il se chauffe comme auteur-compo- siteur-interprète francophone.Robert Robert évoque cette unicité québécoise, qu\u2019il se plaît à conjuguer avec des influences pigées ailleurs.Il en est ressorti un album qu\u2019il a travaillé longtemps \u2014 la pandémie aura au moins eu ça de bon.\u2014, où il tisse une collection chansonnière sensible mariant des beats bien sentis et des ambiances plus douces.Un processus qui a beaucoup nourri la créativité de ce perfectionniste assumé.« J\u2019ai vraiment aimé ça.Et j\u2019ai pris mon temps pour m\u2019assurer de bien écrire.Je n\u2019avais pas tant d\u2019expérience à écrire en français avant ça », note le créateur habitué aux pistes de danse, qui dit avoir planché sur près de 150 ébauches avant d\u2019arriver aux onze titres plus personnels de Silicone Villeray.« J\u2019ai l\u2019impression de plus me reconnaître dans ce que je fais maintenant, reprend-il.J\u2019ai le sentiment que c\u2019est quelque chose de plus unique.Quand tu mixes, c\u2019est sûr que tu veux établir un contact avec les gens qui sont là pour écouter la musique.Mais il y a aussi une raison pour laquelle les gens vont dans ces fêtes-là : c\u2019est parce qu\u2019ils veulent en retirer une certaine forme d\u2019énergie. » « Oui, la personne qui joue la musique est importante.Mais cette personne est là pour combler un peu les attentes des gens.Ils ne sont pas là pour se faire surprendre. » RALENTIR LA CADENCE Arthur Gaumont-Marchand ne le nie pas : ce nouveau projet musical est venu d\u2019une envie de ralentir un peu la cadence, après des années à produire une musique qu\u2019il sentait de plus en plus formatée.« Moi, je viens d\u2019un background de faire de la musique pour des raves et de mixer dans des raves.C\u2019est l\u2019environnement dans lequel j\u2019étais, c\u2019est là que je jouais.Avec cet album, c\u2019était la première fois que je n\u2019avais pas à penser à si ça sonnerait bien dans un gros système de son.Je voulais créer des ambiances que j\u2019avais envie d\u2019entendre », résume le musicien.« Quand tu mixes dans des fêtes, tu ne peux pas arriver et imposer un rythme que les gens ne veulent pas avoir, ajoute-t-il.Je me suis rendu compte que ça me manquait, que je me sentais un peu brimé par ça.Je m\u2019empêchais de faire des trucs parce que ça ne cadrait pas avec le contexte dans lequel ça jouait. » Armé de son ordinateur portable, Robert Robert a changé son angle d\u2019attaque et a aiguisé sa plume.Mais il est demeuré fidèle à son outil de création, qu\u2019il assimile à un instrument au même titre qu\u2019un piano ou une guitare.De là est née une cohérence dans cet album créé sur une machine, mais qu\u2019il a souhaité humain et positif.Nouvellement amoureux au début de la pandémie, le musicien a voulu puiser du beau dans le confinement.Mais l\u2019objectif venait d\u2019avant Silicone Villeray.« Villeray est un quartier quand même calme et résidentiel.Je trouvais ça plaisant de lui imaginer un futur surprenant », exprime Robert Robert.« Je connaissais beaucoup de gens qui me parlaient de leur désenchantement, raconte-t-il.J\u2019avais l\u2019impression que les gens de mon âge vivaient une époque où ils s\u2019ennuyaient, où ils n\u2019étaient plus sûrs de rien.Tout le monde parlait de l\u2019apocalypse, mais de façon blasée.Je trouvais ça cynique.J\u2019avais besoin d\u2019avoir un spin positif sur ça.Je trouvais ça plat que tout soit fataliste. » Sa musique pose en somme un regard optimiste fort bienvenu en ces temps troubles.« D\u2019aller dans la morosité, c\u2019est de laisser le dessus à quelque chose qu\u2019on n\u2019aime même pas, tranche-t- il.J\u2019avais tendance à aller là-dedans quand j\u2019ai commencé à écrire l\u2019album.Mais je me suis rendu compte que je n\u2019avais pas envie de partager ces émotions de cette façon-là. » « Je trouve que c\u2019est mieux de prendre ces situations qui nous gossent et de les twister comme nous on aimerait les vivre.C\u2019est de les raconter dans la perspective que tu aimerais avoir dans cette situation-là. » ROBERT ROBERT GROS BEATS ET GRAND CŒUR Comme auteur-compositeur- interprète francophone, Robert Robert évoque cette unicité québécoise, qu\u2019il se plaît à conjuguer avec des influences pigées ailleurs.\u2014 PHOTO WILLIAM ARCAND ROBERT ROBERT Silicone Villeray ÉLECTRO FRANCO Chivi Chivi laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M9 LIVRES MARIO BOULIANNE Le Droit OTTAWA \u2014 Il est difficile, voire impossible, de mettre la Montagne secrète dans une case.Est-ce une maison d\u2019édition?Une compagnie de disque?Ou simplement un amalgame des deux?Son fondateur Roland Stringer a bien voulu répondre à cette question.« Nous ne sommes soit ni l\u2019une ni l\u2019autre, soit les deux à la fois, lance- t-il sans pour autant démêler l\u2019impasse.En fait, on prend les projets un à la fois et on tente d\u2019en faire des événements uniques. » Dans les faits, la Montagne secrète se définit comme un éditeur hybride, à la fois maison de disques et d\u2019édition littéraire pour la jeunesse.Et lorsqu\u2019on fusionne de ces deux identités, on obtient un « faiseur de livres-albums » qui s\u2019adressent aux enfants.Fondée en 2000, la Montagne secrète a d\u2019abord été créée comme un véhicule pour la production et la diffusion d\u2019un projet de livre jeunesse accompagné d\u2019un disque, inspiré d\u2019un conte de Gilles Vigneault, Un trésor dans mon jardin.« Au début, nous publiions surtout des textes de chansons dans un livre illustré accompagné d\u2019enregistrements sonores, d\u2019expliquer M. Springer.Par la suite, nous sommes allés vers des histoires originales accompagnées de chansons. » L\u2019IDÉE EN PREMIER Souvent créé à partir d\u2019une idée ou d\u2019un concept, chaque nouveau projet de la Montagne secrète accueillera des artistes de plusieurs disciplines qui travailleront de concert afin d\u2019arriver à un produit final.« Nos critères de qualité sont élevés, mais on ne le fait pas par snobisme ou pour d\u2019autres intentions : on le fait par respect pour les enfants qui, eux aussi, ont des oreilles, d\u2019ajouter l\u2019éditeur.Nous avons toujours accordé une grande importance à la qualité sonore de nos productions, en soutenant que les enfants y sont très sensibles. » Et c\u2019est ce souci du détail qui amène l\u2019entreprise à collaborer avec de nombreux artistes (réalisateurs, musiciens, etc.) qui, a priori, n\u2019ont rien à voir avec la production jeunesse.« C\u2019est ce qui nous motive également à collaborer avec de grands illustrateurs, qui portent ainsi les enfants à écouter avec leurs yeux.On sollicite également la participation de comédiens et de comédiennes pour la narration.Chaque album musical est un tout. » Et le producteur n\u2019a pas peur de mélanger les genres.Selon lui, les enfants sont beaucoup plus ouverts aux différents styles musicaux que les adultes.Ils n\u2019ont pas de préjugés envers un genre plutôt qu\u2019un autre.« Il n\u2019y a rien de défini chez l\u2019enfant.Tout est à découvrir pour eux, estime-t-il.Il est donc très intéressant pour nous de les faire voyager dans des univers différents.Du classique au reggae en passant le folk et la pop, rien n\u2019est impossible et c\u2019est ce qui rend notre travail si intéressant. » CLASSIQUE ET COMPTINES La Montagne secrète a fait un pas de plus vers ce besoin de faire découvrir de nouveaux horizons aux enfants, par exemple avec la collection de contes sur la musique classique, dont la narration a été confiée à Benoit Brière pour la version française et Colm Feore, pour la version anglaise.« Tous ces contes sont écrits par l\u2019auteure mexicaine Ana Gerhard et sont illustrés par Marie Lafrance, décrit-il.Pour la musique, on s\u2019est associé à l\u2019orchestre de chambre I Musici de Montréal.Chaque conte est offert en livre-disque, en livre numérique enrichi et en livre audio.Déjà trois livres sont sur le marché et trois autres le seront à l\u2019automne. » Les trois premiers ouvrages se consacrent à la musique de Mozart, Tchaïchovski et Vivaldi.Une autre série vient d\u2019être lancée et, cette fois, on offre la musique du monde aux enfants.On a commencé l\u2019expérience avec la Chine et l\u2019Espagne.D\u2019autres pays suivront au cours des prochains mois.Parmi les autres nouveautés, soulignons la sortir de l\u2019album musical Faites de la musique !, qui regroupe six comptines interprétées par Carmen Campagne et illustrées par Marie-Ève Tremblay.Cet album favorise l\u2019éveil musical chez les tout-petits.Enfin, l\u2019album musical Une fête sous la lune est un conte musical de Christiane Duchesne et Jérôme Minière illustré par Marianne Ferrer.Il est porté par 20 chansons interprétées par Michel Rivard, Salomé Leclerc, Ariane Moffatt, Bruno Marcil, Frannie Holder et Jérôme Minière.Au total, la Montagne secrète a publié 60 titres en français ainsi que plusieurs œuvres en anglais.« Nous désirons toujours aller plus loin et on le fait en faisant à des créateurs de différents milieux, au Canada et à l\u2019étranger, dit avec fierté M. Stringer.Nous proposons à l\u2019enfant une expérience multisensorielle, peu importe s\u2019il est à l\u2019école, dans l\u2019avion ou au chalet.Il pourra choisir le support qu\u2019il préfère pour se remplir les oreilles et les yeux. » Issue du monde de la musique, la petite équipe de la Montagne secrète a grandi avec les nouvelles technologies.Roland Stringer et son équipe ont toujours vu l\u2019offre numérique comme un allié et un complément à leurs différents projets.« On n\u2019a rien inventé, mais on a probablement innové, confie-t-il.Rapidement, nous avons complété nos offres avec des produits enrichis qui comprenaient des fichiers PDF et des codes de télécharge- ment.Avec l\u2019arrivée du iPad, on a créé des applications et des livres numériques enrichis. » LA MONTAGNE SECRÈTE Un projet à la fois OTTAWA \u2014 La Montagne secrète, c\u2019est un peu l\u2019héritage de Carmen Campagne, explique le fondateur Roland Stringer.« Dans les années 1990, Carmen était enseignante dans une école francophone du Manitoba et elle cherchait désespérément des livres et des chansons, en français, pour les enfants du primaire, se rap- pelle-t-il.Les sœurs de Carmen et son frère Paul formaient le groupe Hart Rouge et ils étaient en studio pour l\u2019enregistrement d\u2019un album.À la demande de Paul, on a pris quelques heures pour permettre à Carmen d\u2019enregistrer quelques chansons qu\u2019elle avait écrites. » C\u2019est en écoutant les pistes que M. Stringer a décidé de mettre tout ça sur un disque et ainsi lancer la carrière de Carmen Campagne auprès des enfants de la francophonie canadienne.« On a créé la Montagne secrète pour Carmen, confie-t-il.Ce fut le début d\u2019une aventure qui dure encore aujourd\u2019hui, plus de 20 ans plus tard. » Mme Campagne est décédée des suites d\u2019un cancer en 2018, laissant ainsi des milliers d\u2019enfants de plusieurs générations \u2013 et sa petite vache \u2013 dans le deuil.MARIO BOULIANNE, LE DROIT L\u2019HÉRITAGE DE CARMEN CAMPAGNE Carmen Campagne \u2014 PHOTO LA MONTAGNE SECRÈTE Roland Stringer \u2014 PHOTO LA MONTAGNE SECRÈTE L\u2019offre de livres-disques de la Montagne secrète ne cesse de s\u2019enrichir.\u2014 PHOTO LA MONTAGNE SECRÈTE SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M10 LIVRES FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 Notre histoire est peuplée de héros méconnus.Il faut parfois des yeux différents pour nous rappeler non seulement leur existence, mais la grandeur de leurs exploits.Ainsi, Ricardo Serrano Deza, professeur retraité de l\u2019UQTR, publie ces jours-ci un roman historique tissé autour d\u2019un épisode de la vie du Trifluvien Pierre de La Vérendrye.L\u2019ouvrage s\u2019intitule L\u2019année de tous les hivers et se penche sur la participation du jeune La Vérendrye à la guerre de succession d\u2019Espagne.Il s\u2019agit d\u2019un premier tome de ce que l\u2019auteur a appelé les Épisodes de la mer de l\u2019Ouest.Or, il s\u2019intéresse spécifiquement ici à un pan moins connu de la vie du Trifluvien : une carrière militaire en France au cours de laquelle il a pris part à une bataille aussi sanglante que mémorable de la guerre de succession d\u2019Espagne, la bataille de Malplaquet, qui a eu lieu dans le nord de la France en 1709.L\u2019originalité de l\u2019approche de Ricardo Serrano Deza tient à ce qu\u2019il se rattache aux faits historiques comme base de son récit pour combler les trous avec son imagination de romancier.Qui plus est, il incorpore à sa narration une mise en abyme dans laquelle on le retrouve régulièrement en plein processus d\u2019élaboration de son roman, en collaboration avec des collègues de l\u2019UQTR.L\u2019exercice permet d\u2019offrir un point de vue explicatif de la démarche de l\u2019écrivain, de sa vision, de ses choix.Elle offre aussi une perspective sur son intérêt pour l\u2019histoire.« S\u2019intéresser à l\u2019histoire, c\u2019est avoir une autre perspective pour approfondir le présent, explique-t- il.Dans mon roman, la portion du récit qui se passe aujourd\u2019hui en est la manifestation.Les dialogues avec les personnages de l\u2019UQTR inventés montrent comment j\u2019essaie de comprendre l\u2019histoire.Techniquement, c\u2019est vrai que ça ne facilite pas la narration, mais ça me procure beaucoup de plaisir. » Il ne faut donc pas voir le livre comme un ouvrage historique d\u2019une parfaite rigueur, mais l\u2019attention à toutes sortes de détails historiques confirme que l\u2019auteur est très soucieux de vraisemblance.« Puisque je m\u2019intéresse globalement à la recherche de l\u2019hypothétique mer de l\u2019Ouest qui a marqué la vie de La Vérendrye, il me fallait trouver une façon de la lui faire connaître avec ce premier épisode.La documentation historique sur sa carrière militaire en France est très fragmentaire mais suffisante pour que je puisse imaginer une histoire vraisemblable l\u2019amenant à entrer en contact avec un grand cartographe français de l\u2019époque. » Le récit de cette aventure de l\u2019explorateur trifluvien est solidement ancré par des descriptions et mises en contexte rigoureuses.« Je crois que pour offrir un récit crédible, il faut s\u2019être rendu soi-même sur les lieux où le héros est allé.Je suis allé en France et j\u2019ai vu des sites d\u2019affrontement de la bataille de Malplaquet.J\u2019ai marché dans certaines rues où il a lui-même marché. » « On sait par la documentation qu\u2019il a été très sérieusement blessé à la bataille de Malplaquet, mais l\u2019hôpital où il a été soigné n\u2019existe plus, alors j\u2019ai imaginé des lieux probables en fonction de ce qu\u2019on connaît des hôpitaux de l\u2019époque.Il faut que les descriptions soient vivantes pour garder l\u2019intérêt du lecteur. » VERS L\u2019OUEST Maintenant que les bases de son œuvre sont érigées par ce premier épisode et fidèle à ses principes, l\u2019auteur compte suivre physiquement les traces de La Vérendrye dans sa recherche de la fameuse mer de l\u2019Ouest, dès que la pandémie lui permettra sa propre exploration.« Je pense que c\u2019est la seule façon d\u2019écrire pareil récit. » Quant à l\u2019intérêt des aventures de La Vérendrye dans une perspective actuelle, l\u2019auteur soutient qu\u2019on ne peut pas expliquer l\u2019existence de la Nouvelle-France par les seules activités sur son territoire.« La Nou- velle-France n\u2019a pu exister que par son rapport à l\u2019Europe, particulièrement économique.Par ses liens avec la Mère Patrie, où il a combattu, La Vérendrye le démontre.Le lien avec les autochtones est tout aussi primordial dans l\u2019existence de la colonie et la vie de La Vérendrye l\u2019illustre tout autant.La dynamique des ouvertures a fini par l\u2019emporter sur un certain réflexe d\u2019enferme- ment de la colonie sur elle-même et a permis son développement. » « Malheureusement, poursuit- il, on se rend compte aujourd\u2019hui que nous n\u2019avons pas été suffisamment à l\u2019écoute des leçons des Amérindiens dans notre rapport à la forêt, notamment.L\u2019actualité toute récente démontre aussi que nous n\u2019avons pas été suffisamment ouverts aux peuples autochtones eux-mêmes et que le racisme à leur égard est bien présent. » MÉCONNU DES QUÉBÉCOIS Lié à l\u2019UQTR depuis quelque 36 ans et résident de Trois-Rivières depuis un peu moins longtemps, le professeur retraité, originaire d\u2019Espagne, démontre que les yeux étrangers sont parfois les meilleurs pour nous faire prendre conscience de la richesse de notre propre histoire.« La Vérendrye est un très grand personnage de notre histoire.Il a joué un rôle majeur dans les découvertes géographiques, mais aussi dans notre ouverture culturelle aux peuples autochtones.Il n\u2019a pas été le seul, d\u2019ailleurs.Son grand-père Pierre Boucher en était un autre.Quand je vais dans le Vieux-Trois- Rivières avec des amis en visite, je ne manque jamais de leur montrer le buste de La Vérendrye au parc portuaire.Je pense qu\u2019il est méconnu par les Québécois et les Trifluviens même, et c\u2019est un peu dommage.C\u2019était un grand homme. » L\u2019écrivain manifeste une affection particulière pour cette immense aventure de la découverte de la mer de l\u2019Ouest dans laquelle l\u2019explorateur s\u2019est lancé en 1731 et qu\u2019il va raconter dans les prochains épisodes de son récit.« C\u2019était une immense quête vouée à l\u2019échec.Et je soupçonne que La Vérendrye lui-même le savait mais il l\u2019a tentée quand même.Il y a quelque chose de magnifique dans son approche. » Heureusement pour l\u2019amateur d\u2019histoire mais peut-être un peu moins pour l\u2019écrivain, la période de l\u2019exploration de l\u2019Ouest est beaucoup mieux documentée, forçant l\u2019auteur à rester fidèle à la vérité historique.« Ça risque de me restreindre un peu, mais je vais toujours avoir [la partie mise en abyme] avec mes personnages fictifs pour laisser aller mon imagination. » Professeur retraité de l\u2019UQTR, Ricardo Serrano Deza s\u2019intéresse à la vie de Pierre de La Vérendrye et vient de publier le premier d\u2019une série intitulée Épisodes de la mer de l\u2019Ouest.Le livre est offert sur Amazon.\u2014 PHOTO STÉPHANE LESSARD RICARDO SERRANO DEZA PUBLIE L\u2019ANNÉE DE TOUS LES HIVERS Sur les traces d\u2019un héros méconnu laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M11 LIVRES LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 Qui a dit que le premier jour de la semaine devait être un dimanche ou un lundi?Dans Kamikaze du vendredi, ça commence un mardi, avec une femme qui écrit\u2026 jusqu\u2019au vendredi.Ses sujets de prédilection?Le quotidien, ses hauts et ses bas, les heures qui défilent et qui ne reviendront pas.Entre 2016 et 2020, Amélie Prévost rédige bon nombre de textes destinés au segment Le combat des mots de l\u2019émission Plus on est de fous, plus on lit!, sur Ici Première.En rassemblant certains d\u2019entre eux et en effectuant un « important travail d\u2019édition », elle met en lumière une histoire, un tout nouveau « fil conducteur ».« Soit ce désir de profiter du temps, mais aussi l\u2019anxiété de vouloir saisir absolument le moment présent et de faire de chaque minute quelque chose de spécial.Socialement, c\u2019est fondamental d\u2019être heureux constamment et je crois que c\u2019est ce que mon personnage essaie de faire en écrivant.Elle souhaite capturer les petits instants et en faire quelque chose qui donne du sens à l\u2019existence », explique Amélie Prévost.Ancré à Montréal, Kamikaze du vendredi porte ainsi la voix de quelques protagonistes dont une narratrice qui rédige des anecdotes, ses souvenirs, quelques moments d\u2019angoisse ou encore d\u2019amour.De brefs instants où ses congénères semblent être à leur plus bas, d\u2019autres où ils sont hyper- conscients d\u2019être vivants.Les grands thèmes tournent autour de la condition humaine, de l\u2019inégalité sociale, de l\u2019amour, de la mort et du quotidien en général.Un peu sombre au premier abord?Il n\u2019en est rien, précise Amélie, qui ne se dit aucunement « misérabiliste ».Kamikaze du vendredi était, pour elle, une façon de mettre en mots « la vie qui est une suite infinie de montagnes russes ».D\u2019où l\u2019 idé e des jours de la semaine.« Parce qu\u2019après un dimanche, il y a toujours un lundi.C\u2019est un cycle éternel. » « J\u2019aime beaucoup travailler avec la lumière, l\u2019humour et le rire.Oui, on est dans le questionnement existentiel, mais aussi dans cette volonté d\u2019être heureux et de trouver le bonheur.Parfois on y arrive, parfois on n\u2019y arrive pas. » LA VOIX, LES MOTS ET LEURS RYTHMES Kamikaze du vendredi n\u2019est pas un recueil traditionnel.Produit par Planète rebelle et La Quadrature, respectivement maison d\u2019édition et collectif qui se spécialisent « dans le conte et l\u2019oralité », l\u2019ouvrage comporte tout un volet audio, soit une série de balados qui reprend les textes narrés par l\u2019autrice, vêtus de différents sons d\u2019ambiance.Le livre et la baladodiffusion sont deux projets indépendants qui offrent toutefois « des expériences qui se complètent », précise Amélie.Pour celle dont la démarche artistique s\u2019articule autour de la performance et de l\u2019interprétation, utiliser ces deux formats allait tout à fait de soi.D\u2019autant plus que les textes avaient été rédigés, à la base, pour la radio, souligne-t-elle.« J\u2019ai un grand souci de la musicalité de la parole dans l\u2019écriture parce que je suis habituée aux spectacles, mais aussi parce que j\u2019aime conserver cette oralité dans le texte [papier] puisqu\u2019elle impose un rythme de lecture », explique celle qui a d\u2019ailleurs remporté, en 2016, la Coupe du monde de slam poésie.Pour Amélie, la poésie écrite est plus de l\u2019ordre de l\u2019intimité puisqu\u2019elle passe par l\u2019œil et résonne davantage à l\u2019intérieur du corps.AMÉLIE PRÉVOST Poésie qui résonne Amélie Prévost \u2014 PHOTO MARILI CLARK AMÉLIE PRÉVOST Kamikaze du vendredi POÉSIE Planète rebelle 72 pages vieuxclocher.com I 819.847.0470 Nos spectacles débutent maintenant à 20h ouverture des portes à 19h RÉSERVEZ TÔT! LES PLACES sont LIMITÉES.Réservations par téléphone ou sur le site web BILLY TELLIER 18 ET 19 juIN ANDRÉ-PHILIPPE GAGNON 25 ET 26 juIN 29 juIN Au 3 juILLET GuILLAuME PINEAuLT 30 ET 31 juILLET 2fRèRES 1ER ET 29 AOûT SIMON LEBLANC 22 juIN COMPLET SAM BRETON 6 Au 10 juILLET 27 Au 29 juILLET PHILIPPE BOND 13 Au 17 juILLET MARC DuPRÉ 20 Au 24 juILLET ÉCOLE NATIONALE DE L\u2019HuMOuR 5 juIN 0065862 SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M12 LIVRES LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 Originaire de Lévis, Gaëtan Brulotte voyage un peu partout à travers le monde depuis plus de 40 ans afin d\u2019accomplir ses fonctions d\u2019auteur, de critique et de chercheur.Le Soleil s\u2019est entretenu avec l\u2019homme de lettres dans le cadre de la parution de son carnet d\u2019écrivain Nulle part qu\u2019en haut désir.Au menu : la littérature.Celle qu\u2019il crée, remet en question, enseigne et adore depuis toujours.Q Dès le début de votre ouvrage, vous vous décrivez comme un « écriveur », en faisant référence au « rêveur définitif » du poète André Breton.Pourquoi ne pas tout simplement user du terme « écrivain »?R Pour le désacraliser en quelque sorte.Le mot « écrivain » devient parfois un peu pompeux, surtout dans l\u2019histoire des lettres.Il a un lourd passé.Au début, j\u2019utilisais « écriveur » dans tout le manuscrit et les gens à qui je l\u2019ai fait lire m\u2019ont dit : « Oh, mon Dieu! Ça suffit.Vaut mieux revenir à la formule que tout le monde connaît [rires]. » Je ne voulais pas être original à tout prix, mais je trouve que la façon dont on évoque les métiers et les choses est importante.La langue est puissante et elle charrie avec elle beaucoup de signification.Je pense qu\u2019il est un peu gênant de se nommer soi-même écrivain.Même s\u2019il est vrai que le terme est passé dans l\u2019usage courant.Pour moi, l\u2019écrivain est celui qui fait des mots une utilisation artistique.Si je [modifiais le sens], je dirais qu\u2019il s\u2019agit de quelqu\u2019un qui essaie de trouver une façon de faire du style, sans être dans la distinction, le privilège ou le reflet d\u2019une certaine classe sociale.Q Cette idée que la littérature est liée à tous les humains revient souvent dans votre carnet.Selon vous, elle a une « vocation citoyenne ».Qu\u2019entendez-vous par là?R Il y a une vocation profondément humaniste à la littérature.En tout cas, moi, j\u2019y crois.Je ne suis pas trop dans la veine de « l\u2019art pour l\u2019art ».Dans mes textes, j\u2019essaie d\u2019avoir toujours un message.J\u2019écris notamment sur les marginaux, les laissés-pour-compte.J\u2019en ai croisé beaucoup dans ma vie et ce sont des gens qui m\u2019intéressent.On m\u2019a d\u2019ailleurs déjà reproché d\u2019en faire souvent ma thématique.Mais bon, sans en faire une spécialité, je veux m\u2019y arrêter parce que je me demande comment l\u2019humanité a pu en arriver là.J\u2019essaie donc de partager cet étonnement, ce désarroi avec mes lecteurs.Sans être misérabiliste.Q On vous connaît en tant que romancier, mais aussi comme nouvelliste, un genre que vous embrassez « de façon engagée ».Qu\u2019est-ce que les formes brèves vous permettent d\u2019aborder de plus qu\u2019un autre type d\u2019ouvrage?R J\u2019essaie, de mon côté, de dire le monde dans lequel on vit de façons différentes, d\u2019explorer de nouvelles avenues formelles.Parfois, ces aspects « expérience » sont difficiles à réunir au sein d\u2019une œuvre plus longue.Mais je n\u2019ai pas renoncé au roman pour autant.Il m\u2019intéresse toujours! J\u2019en ai dans mes tiroirs.Je les sortirai si j\u2019ai le temps et l\u2019énergie pour le faire.Il faut dire que la nouvelle est aussi pratique quand on a une vie active.Parce que je ne fais pas qu\u2019écrire.J\u2019ai enseigné, j\u2019ai donné des conférences à travers le monde.Les quarante dernières années n\u2019ont pas été de tout repos.Q Même après quatre décennies de carrière, un rayonnement international et une quinzaine de récompenses, vous vous plaisez à repenser la littérature et ses nouvelles branches émergentes.Qu\u2019est-ce qui vous pousse, encore aujourd\u2019hui, à creuser ce domaine?R [rires] Arrêtez! Vous allez m\u2019encourager à prendre ma retraite! C\u2019est tout simplement un besoin profond.Le sens de ma vie, ça a toujours été ça.Arrêter d\u2019écrire, pour moi, c\u2019est arrêter de respirer.C\u2019est mettre un pied dans la tombe et attendre que tout se termine.Dès l\u2019adolescence, j\u2019ai rédigé un roman, avec des amis de l\u2019école normale, sur mon voyage en Ontario, comme jeune employé d\u2019une coopérative agricole.À l\u2019époque, on ne pouvait pas travailler légalement au Québec à l\u2019âge de 16 ans.J\u2019y suis donc allé pour expérimenter la vie et gagner un peu d\u2019argent pour mes études.Mes parents n\u2019avaient pas un sou à me donner.Il fallait que je me débrouille.Nous avions d\u2019ailleurs soumis le livre à un prix et à un éditeur qui, je crois, n\u2019avait jamais pris la peine de nous répondre [rires].Donc oui, créer et témoigner de mon expérience du monde est un besoin vital pour moi, et ce, depuis très longtemps.Q Terminons avec une question qui se tourne vers l\u2019avenir puisque vous semblez inquiet quant à celui de la littérature.Selon vous, les écrivains sont « en voie de disparition ».Le pensez-vous réellement?R Tout dépendra de la dynamique éditoriale entre les maisons d\u2019édition et les lecteurs.Surtout si ces derniers lisent de moins en moins.Je ne sais pas si c\u2019est vrai ou pas, mais en tout cas, il m\u2019est extrêmement difficile de faire lire à mes étudiants, aux États- Unis, un roman complet.C\u2019est dix pages maximum.Trente en une semaine?Oh là, là, c\u2019est beaucoup trop.Cette réaction est inquiétante pour un écrivain \u2014 et pour un professeur aussi.Si mon expérience est un reflet de ce qui se passe dans le monde, on a un fichu de problème.Les éditeurs ne voudront plus publier s\u2019ils ne vendent pas.C\u2019est une question de marché.Et pour qu\u2019ils vendent, il doit y avoir des lecteurs.Les vieux et les aînés, ils vont mourir à un moment donné.S\u2019il n\u2019y a pas de générations pour les remplacer, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait?GAËTAN BRULOTTE ÉCRIRE POUR RESPIRER « Arrêter d\u2019écrire, dit Gaëtan Bru- lotte, c\u2019est arrêter de respirer.C\u2019est mettre un pied dans la tombe et attendre que tout se termine. » \u2014 PHOTO OSCAR CHAVEZ GAËTAN BRULOTTE Nulle part qu\u2019en haut désir ESSAI Lévesque Éditeur 198 pages laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M13 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 L\u2019impulsivité, surtout si elle est mue par la colère, peut nous jouer de mauvais tours.À 12 ans, Antoine posera un geste qui toujours le suivra \u2014 d\u2019où le titre Trois jours et une vie, adaptation qui glace le sang, par Nicolas Boukhrief, du roman noir psychologique de Pierre Lemaitre.L\u2019 h i s t o i r e c o m m e n c e l e 25 décembre 1999, dans les Ardennes belges, où une battue est conduite pour retrouver Rémi, 6 ans, un voisin d\u2019Antoine disparu depuis trois jours.Un retour en arrière nous ramène au début de la tragédie.Le réalisateur de La confession (2016) a pris deux décisions importantes pour son film : celui d\u2019adopter, tout au long, le point de vue d\u2019Antoine (Jérémie Sennez) et de montrer ce qui s\u2019est passé lors de la disparition de Rémi.Puisque le spectateur connaît le meurtrier, Boukhrief fait de lui un complice, en quelque sorte.Ce qui se révèle intéressant dans ce récit tordu, c\u2019est la terreur vécue par Antoine pendant que sont conduites les recherches ainsi que sa relation avec Blanche (Sandrine Bonnaire), sa mère surprotectrice.Dans ce climat de suspicion et de commérages propres aux villages, entretenu par une musique anxiogène et de longs plans, va survenir une tempête déchaînée (inspirée de faits réels) qui dévaste les lieux \u2014 et la scène de crime.CULPABILITÉ, ANGOISSE ET HONTE Nous voici donc 15 ans plus tard alors qu\u2019Antoine, devenu médecin, revient chez sa mère à l\u2019aube de son départ au Caire où il compte refaire sa vie.Jusqu\u2019à ce que le passé refasse surface.Cette tournure inattendue se révèle parfaite pour que Blanche exerce des pressions sur son fils\u2026 Le scénario de Lemaître et de Perrine Margaine aborde les questions de culpabilité, d\u2019angoisse et de honte en tendant un miroir au spectateur.Qu\u2019aurait-il fait en 1999 avec les éléments qu\u2019il avait en main ?Nicolas Bouhkrief a un talent indéniable à la réalisation, mais il lui manque parfois cette étincelle de vie, de passion, qui permettrait à ses films de mieux se déployer.Cette mise à distance est en partie compensée dans ce long métrage par la composition inspirée de Sandrine Bonnaire.On ne peut pas en dire autant de Pablo Pauly, qui interprète Antoine adulte.Son jeu sans relief suscite peu d\u2019adhésion \u2014 le réalisateur aurait eu avantage à mettre l\u2019accent sur la façon dont Antoine envisage ce qui s\u2019est passé et à quel point les événements ont défini sa vie et continueront à le faire.Trois jours et une vie s\u2019avère un drame intimiste et étouffant, malheureusement inégal.ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Les antépisodes sont une entreprise risquée.Il y a eu des échecs retentissants, tel le déplorable Solo.Avec Cruella, le risque était décuplé par l\u2019empreinte indélébile laissée par Glenn Close dans les deux films de la franchise \u2014 vrai qu\u2019ils étaient tellement mauvais que c\u2019était difficile de faire pire\u2026 Avec à bord les deux Emma, Stone et Thompson, et Craig Gillespie aux commandes, cette comédie dramatique à l\u2019esprit punk casse la baraque.Précisons : même s\u2019il s\u2019agit d\u2019un film Disney, Cruella ne vise pas un public enfantin dans son traitement.Les ados vont adorer l\u2019indépendance, l\u2019intelligence et le refus des conventions de l\u2019héroïne (Stone) dans ce récit initiatique.Les plus vieux vont aimer haïr la tyrannique et narcissique baronne von Hellman (Thompson).Le long métrage s\u2019amorce avec un accident tragique qui laisse Estella d\u2019Enfer orpheline et écrasée par un sentiment de culpabilité.Quelques années plus tard à Londres, au début des années 1970, la jeune femme commet des larcins avec les sympathiques Jasper (Joel Fry) et Horace Badun (Paul Water Hau- ser), mais n\u2019a pas oublié son rêve de faire son nom dans le milieu de la mode.Une chance se présente lorsqu\u2019elle entre au service de la baronne, une égocentrique autoritaire qui s\u2019approprie sans vergogne le travail de ses créateurs.Quand Estella va comprendre de quoi il en retourne, l\u2019aspirante designer va laisser sa moitié sombre prendre le contrôle.Cruella ne fera pas de quartiers\u2026 VEDETTE VOLÉE AUX DALMATIENS Visuellement spectaculaire, plein de rebondissements et rondement mené, Cruella bénéficie de l\u2019aplomb et de l\u2019expérience de Craig Gillespie derrière la caméra.Le réalisateur des Heures de gloire (2016) sait faire preuve de la même créativité que dans Moi, Tonya (2017), notamment dans l\u2019utilisation d\u2019audacieux plans séquence.L e c i n é a st e e t s o n é q u i p e exploitent à merveille l\u2019esprit anglais du récit (jusque dans l\u2019accent pour ceux qui préfèrent la version originale).Les dalmatiens ne sont que trois cette fois et ils se font voler la vedette par Buddy, le chien du trio d\u2019arnaqueurs.Mais les vraies figures de proue demeurent les deux Emma, qui excellent dans leur rôle respectif.Stone (Pour l\u2019amour d\u2019Hollywood, Birdman) a la chance de pouvoir compter sur un double personnage en Estella/Cruella, mais soulignons son approche plus en retenue dans la composition de cette dernière, sans adoucir pour autant son aspect flamboyant.On sait Thompson douée \u2014 oscarisée deux fois, pour Retour à Howards End (1992) et Raison et sentiments (pour le scénario).Elle prouve encore une fois l\u2019étendue de son talent en Némésis de Cruella.Juste parfait.Si Cruella est un film punk sur le plan esthétique, l\u2019excellente trame sonore, bien que dans l\u2019esprit, embrasse plus large.Il y a bien Should I Stay or Should I Go des Clash, voire These Boots Are Made for Walking de Nancy Sinatra, mais on n\u2019en dirait pas autant de Five to One des Doors ou Stone Cold Crazy de Queen.N\u2019empêche, ça brasse pas mal.Le spectateur va aussi comprendre d\u2019où vient l\u2019obsession de Cruella d\u2019Enfer pour les dalmatiens.On ne vous en divulgue pas plus.Cruella est présenté au cinéma et sur Disney +.CRUELLA Un film qui a du chien Emma Stone livre une Cruella d\u2019Enfer plus en retenue, sans adoucir pour autant son aspect flamboyant.\u2014 PHOTO LAURIE SPARHAM, DISNEY ENTERPRISES Au générique Cote : ?1/2?Titre : Cruella Genre : Comédie dramatique Réalisateur : Craig Gillepsie Acteurs : Emma Stone, Emma Thompson, Joel Fry et Paul Water Hauser Durée : 1 h 41 Au générique Cote : ?Titre : Trois jours et une vie Genre : Drame psychologique Réalisateur : Nicolas Boukhrief Acteurs : Sandrine Bonnaire, Jérémie Sennez et Pablo Pauly Durée : 1 h 41 Jérémie Sennez dans le rôle d\u2019Antoine à 12 ans.\u2014 PHOTO AZ FILMS TROIS JOURS ET UNE VIE Le moment où tout s\u2019écroule SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M14 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil QUÉBEC \u2014 Souterrain était un des longs métrages les plus attendus de 2020.Les choses étant ce qu\u2019elles sont, le voici enfin arriver au cinéma, fort de ses treize nominations aux Iris, dont celle de la meilleure réalisatrice.Sophie Dupuis propose un film inspiré de son enfance à l\u2019orée des mines, dans un récit-choc sur un groupe de mineurs aux prises avec une tragédie.Q La question est incontournable, compte tenu du sujet et du fait que tu es native de Val- d\u2019Or.Quel est ton rapport aux mines?R Mon père a travaillé dans les mines toute sa vie.Ma mère y a travaillé comme infirmière \u2014 d\u2019ailleurs, elle a annoncé à mon père qu\u2019elle était enceinte de moi dans la mine où on a tourné [rires].Mes oncles, mes cousins, mon grand- père, les gars avec qui j\u2019ai étudié au secondaire, il y en a plein qui travaillent dans les mines maintenant.Ça fait partie de notre imaginaire.Q Justement, est-ce que ça te trottait dans la tête depuis longtemps?R À Val-d\u2019Or, on côtoie beaucoup de monde qui y travaille, mais on ne sait pas trop de quoi ç\u2019a l\u2019air.Il y a un jargon très particulier aussi.Quand un mineur te raconte une anecdote, tu comprends à moitié ce qu\u2019il te dit.Même moi, je ne savais pas ce qu\u2019était leur quotidien.[Au début de la vingtaine], mon père m\u2019a amenée pendant un quart de travail et j\u2019ai fait : « Oh my God, je veux écrire un jour un film qui se passe dans une mine! » J\u2019ai séjourné tout l\u2019été 2010 à Val- d\u2019Or.J\u2019ai commencé ma recherche, je suis descendue dans une douzaine de mines, j\u2019ai rencontré plein de monde et écouté beaucoup de témoignages.Pendant dix ans, j\u2019ai écrit beaucoup de versions différentes et, à un moment donné, je me suis dit qu\u2019il fallait que je fasse des choix parce qu\u2019il était impossible d\u2019aborder tous les sujets.Q Ce qui explique qu\u2019il y a, dans ton film, un aspect documentaire, notamment les images de machinerie dans la mine.R C\u2019était surtout un souci de réalisme.Je voulais qu\u2019on voie les gars travailler, que ça ait l\u2019air vrai.J\u2019ai dû approfondir mes connaissances sur le fonctionnement même si je ne voulais pas nécessairement que le spectateur comprenne tout ce qui s\u2019y passe.Q Est-ce que tu avais en tête des modèles pour tes personnages au moment d\u2019écrire ou tu t\u2019es laissée guider par ton imagination?R C\u2019est surtout mon imagination.Mais il y a un peu de mes oncles, de mes cousins dans ces personnages, même mon père.C\u2019est un mélange de tout ça.Q Est-ce que Maxime, le personnage principal, est l\u2019archétype du jeune mineur?R C\u2019est certain qu\u2019en région, certains vont évaluer leur succès dans la vie avec des choses un peu plus matérielles, avoir l\u2019impression de cocher des étapes de vie sur une liste.J\u2019en ai vu.Mais ce que je voulais montrer, c\u2019est que ces gars qui ont l\u2019air tough, qui font une job physique, sont des cœurs tendres.Ils se disent « je t\u2019aime » entre eux, un peu à la blague, mais ils se le disent quand même.C\u2019est ce qui m\u2019avait charmée dans mes recherches, cette fraternité, cette chaleur humaine que les gars amènent dans les profondeurs, dans la noirceur.T\u2019as l\u2019impression que c\u2019est austère, mais ils rigolent tout le temps.C\u2019est très vivant et chaleureux.Je voulais présenter cette dualité.Q C\u2019est un travail d\u2019équipe, ils n\u2019ont guère le choix.R Oui.C\u2019est encore plus qu\u2019un travail d\u2019équipe.Ils doivent être attentifs les uns aux autres.Parce que s\u2019il y a en un qui descend avec la tête ailleurs, il peut mettre la sécurité des autres en danger.Dans le film, il y a le personnage de Guillaume Cyr qui dit, avant que les gars descendent : « Ça va bien là-dedans? », en pointant la tête et le cœur.C\u2019est lui qui m\u2019est arrivé avec ces mots.Je me suis dit : « C\u2019est parfait. » Q Sur le plan cinématographique, est-ce que filmer dans la mine imposait des Jean L\u2019Italien et James Hyndman dans une scène de Souterrain, film racontant l\u2019histoire de différentes personnes ayant vécu un accident minier en Abitibi.\u2014 PHOTO CHRISTIAN LEDUC, AXIA FILMS SOPHIE DUPUIS IMMERSION AU CENTRE DE LA TERRE laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M15 CINÉMA contraintes particulières?R Oui, mais en même temps, c\u2019est tellement un beau décor.C\u2019est le fun à éclairer, les parois rocheuses très texturées qui restent humides et reflètent la lumière.C\u2019est sûr qu\u2019on avait des grosses bottes, un plancher inégal et la caméra à l\u2019épaule.Toute l\u2019équipe s\u2019est adaptée.Et il y avait le gros trip d\u2019être sous terre.On a eu des petites embûches tous les jours parce qu\u2019on était dans une mine en production.Mais il y avait beaucoup de positif, notamment les liens créés avec les mineurs qui travaillaient avec nous.Quand ils ont vu à quel point on voulait faire quelque chose de réaliste et qu\u2019on y mettait beaucoup d\u2019amour, les gars ont été super généreux.Ils nous ont beaucoup accompagnés : ils m\u2019aidaient dans ma mise en scène, coachaient les acteurs sur certaines choses\u2026 Oui, c\u2019est difficile de tourner dans une mine, mais quand quelque chose d\u2019aussi humain et intense survient, ça balance bien les choses\u2026 Q J\u2019imagine qu\u2019il ne faut pas être claustrophobe\u2026 R C\u2019est étonnamment grand.C\u2019est plutôt dans la cage quand tu descends.Il a fallu créer notre équipe en fonction de ça.Ce qui stresse les gens sous terre, c\u2019est qu\u2019ils sont à des centaines de mètres de la surface et qu\u2019ils ne peuvent remonter en claquant des doigts.C\u2019est pour ça qu\u2019il y en a qui paniquent, plus que par claustrophobie.Q Théodore Pellerin (Les démons, Genèse) a remporté de nombreux prix avec sa performance dans Chien de garde (2017), ton premier long métrage.Son nouveau rôle dans Souterrain est aux antipodes.Est-ce que tu tenais à retravailler avec lui?R C\u2019est un acteur transcendant comme on en rencontre rarement.J\u2019ai vu jusqu\u2019où on pouvait aller dans Chien de garde, j\u2019étais en confiance avec ce personnage difficile de Julien.Il a fait plein de beaux rôles depuis ses débuts.Mais il l\u2019a dit lui-même : Julien était un des plus gros défis de sa carrière d\u2019acteur.Je savais que ça serait bien.On a une bonne connexion artistique et dans notre amitié.Q Théodore se glisse dans la peau d\u2019une victime d\u2019un accident d\u2019auto qui lui a laissé des séquelles importantes.J\u2019ai pensé que ça te servait à illustrer une relation père-fils qui est brisée par cet accident.Est-ce que c\u2019est le cas?R Oui, je voulais montrer la résilience de Julien (joué par Pellerin) contrairement à son père (James Hyndman), qui n\u2019aide personne dans cette « guérison » que tous doivent traverser.Son acharnement fait juste souffrir les gens, lui inclus.Q Julien est un très beau personnage, interprété avec sensibilité par Théodore Pellerin.Comment avez-vous travaillé sur son jeu?R Je voulais qu\u2019il ait un trouble physique et du langage, sans savoir exactement quoi.On est allé voir un physiothérapeute en lui donnant les grandes lignes de ce que serait l\u2019accident et en lui demandant ensuite quelles seraient les séquelles.On a fait certains choix.Il nous a parlé d\u2019aphasie.On est donc allé rencontrer une orthophoniste pour qu\u2019elle nous explique concrètement à quoi ça ressemble ainsi que les différents degrés de l\u2019aphasie.À partir de là, je suis partie tourner à Val-d\u2019Or.Théodore a poursuivi sa recherche, notamment au théâtre aphasique de Montréal.Il a côtoyé les gens pendant quelques semaines.Ils étaient quand même contents qu\u2019on représente cette maladie à l\u2019écran.C\u2019est particulier comme rythme.C\u2019était un gros risque à courir.Théodore est arrivé à Val-d\u2019Or avec le physique de Julien.Comme le texte n\u2019était pas écrit avec l\u2019aphasie, il commençait chaque matin en disant : « Moi, je transformerais ça.Je buterais sur tels, tels mots. » On a fait de petits changements, mais je lui faisais pleinement confiance.Q Ce n\u2019est pas exceptionnel, mais tu as pris une décision scénaristique audacieuse de commencer ton film par la fin.Était-ce prévu ou est-ce au montage que tu as opté pour ce choix?R C\u2019était déjà comme ça à l\u2019écriture.Je voulais montrer au spectateur qu\u2019il y avait des morts.Pendant qu\u2019il s\u2019attache à des personnages, on ajoute une couche : lesquels d\u2019entre eux vont mourir?Je voulais créer ce stress.Q Ça agit aussi sur l\u2019arc dramatique.Ça permet de comprendre la dynamique des personnages et l\u2019effet sur eux quand ça arrive.R Je les ai placés à des endroits stratégiques pour qu\u2019on voie l\u2019accident avec différents points de vue.Ça a été vraiment le fun de jouer avec ça sur le plan scénaristique.Souterrain prend l\u2019affiche le 4 juin.La réalisatrice Sophie Dupuis en compagnie des acteurs principaux de Souterrain, Joakim Robil- lard (à gauche) et Théodore Pellerin.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND 0067165 SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M16 FRANÇOIS-OLIVIER ROBERGE Le Soleil QUÉBEC \u2014 Je te côtoie sous différentes identités : M.Marie-Victorin, Mme Route du Fleuve, M.Guillaume- Couture.La rumeur veut que tu changes de nom 156 fois* de Dundee à Sainte-Flavie en passant par ta boucle gaspésienne.Chère route 132, tu es mon incontournable, mon encrage.Foulée après foulée.Enfant, tu étais ma limite territoriale.Ma terre interdite.Tu nous séparais de ce dépanneur, nous à ton nord, la confiserie bas de gamme à ton sud, avec ses Oh Henri! et ses jujubes à 1 cenne pigés main nue dans les jarres.Maman, papa, oui, on a parfois désobéi.Oli, Alexandre, Francis et Seb.Tous coupables d\u2019avoir fait la grande traversée.On se tutoie depuis mon adolescence, alors qu\u2019à l\u2019époque, déjà, tu as partagé mes confidences et ma sueur.Les sorties à vélo passaient inévitablement sur ta voie.Toujours la même boucle bien lacée.Jamais je ne me suis lassé.Je t\u2019ai quittée pendant une décennie, occupé à me lancer dans ma vie de jeune adulte en appartement « en ville » à courir sur les Plaines et entre les passants sur Cartier.Puis, la famille, puis le retour aux sources.Comme on se retrouve.J\u2019ai troqué le vélo pour les godasses et j\u2019ai pris quelques rides.Toi, toi, tu rajeunis.Tu te modernises.Tu es méconnaissable à Saint-Romuald, où tu as d\u2019ailleurs changé de nom.Mais tu restes la même à l\u2019ouest du village de Saint- Nicolas, et à mes yeux, c\u2019est bien là où tu es la plus radieuse.C\u2019est là où je vais lorsque mon petit quartier me blase.Pour une sortie de 5 km en partant de chez moi?Je connais différents parcours pour réaliser la distance au mètre près, plus fiable que mon GPS.Redondance.J\u2019adore notre vie de banlieue (vraiment!), mais quand j\u2019ai besoin de prendre le large, je lève les voiles et je m\u2019élance sur la Route des Navigateurs, la 132.Départ vers l\u2019ouest et toujours vers l\u2019avant.Le fleuve au nord, les montagnes le surplombant.Le regard se perd à l\u2019horizon.La méditation peut commencer.De champ en champ.Le souffle constant.Le son des pas comme métronome.Un tapis se déroulant avec une rassurante régularité, du printemps à l\u2019automne.Dans les dernières années, je t\u2019ai découverte vers l\u2019est, de Saint- Michel-de-Bellechasse à Saint-Val- lier où tu continues de m\u2019éblouir par ta proximité avec l\u2019eau, par tes couchers de soleil et par tes charmants villages.Salutations, chère amie.On se voit bientôt, avant ou après les crêpes dominicales.*Comme je n\u2019ai pas trouvé l\u2019information officielle, j\u2019ai mandaté ma belle-mère de dénombrer les noms attribués à la 132 sur plus de 1600 km.Son décompte : 131 noms! Quelques-uns se répètent pour un total de 156 segments.Merci belle-maman! P H O T O L E S O L E I L , P A T R I C E L A R O C H E IMPARFAITE C\u2019est pas toi, je te jure, ce sont tes véhicules.Depuis 1 an, mes plus proches rapprochements avec des inconnus auront été sur ton accotement, frôlé par des automobilistes distraits ou irresponsables.Si seulement les autos pouvaient avoir la crainte du virus.Distance ou je te souffle sur le pare-brise.COUP DE CŒUR Une fois par année, tôt le matin, une journée tranquille de week-end alors que les automobilistes font la grâce matinée, partir de Saint-Nicolas près du Golf Stastny.Les yeux rivés vers l\u2019ouest, n\u2019arrêter ses pas que devant l\u2019église de Saint-Antoine-de-Tilly, après 21,1 km.La famille à l\u2019accueil de ce demi-marathon qui se doit d\u2019être récompensé par un brunch à la Crêperie du Côté de chez Swann.Crêpe repas et (!!) crêpe dessert en succombant pour la banane-érable-citron! CADENCE CES PARCOURS QUE L\u2019ON AIME laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M17 PLEIN AIR La haute ville «Mon parcours de prédilection se passe en haute ville tôt le matin, la fin de semaine, quand la ville est encore paisible et que le fond de l\u2019air est encore frais.Je remonte le boulevard Laurier vers les Plaines, je bifurque sur les Plaines pour profiter de notre plus beau parc en ville avec vu sur le fleuve jusqu\u2019au Concorde.Mon retour passe par l\u2019avenue Cartier, où la vie des petits commerces commence à s\u2019activer.En passant par Crémazie, je vais chercher Père-Marquette et je suis la voie réservée jusqu\u2019à Eymard, à travers les beaux quartiers de Montcalm et Saint-Sacrement.Le tout pour un 8 à 10 km dépendant de mes inspirations du moment.» Vincent Marquis, Québec Stoneham «Stoneham offre de merveilleux parcours pour tous les types de coureurs.La Grande Ligne, reliant l\u2019Église St-Peters au lac Delage, est idéale pour se tester un peu tout en appréciant la beauté des Marais du Nord à l\u2019aller et celle des montagnes au retour.Quand les jambes sont bonnes pour quelques mètres de dénivelé, j\u2019y ajoute un tour du magnifique lac.Pour les entraînements de D+, la vue du sommet des Chalets alpins vaut assurément tous les rictus causés par l\u2019ascension de ces interminables S.Mon coup de cœur : le chemin Crawford.Ce court segment menant à Talbot s\u2019entame sur un petit pont de bois surplombant la rivière des Hurons.À sa sortie, une haie d\u2019arbres matures nous enveloppe, laissant ensuite s\u2019imposer au loin le mont Wright.Aux abords de l\u2019étroite rue, des chevaux font office de spectateurs.C\u2019est tout simplement magnifique! Marie-Michèle Fouint, Stoneham Parc Les Saules «Mon coin de paradis se situe au Parc Les Saules.Je fais mes entraînements de vitesse sur la promenade Champlain, mais lorsque je dois recharger mes batteries psychologiques et physiques, j\u2019apprécie la course en sentier.Accessible, propre et peu achalandé, une course longeant la rivière Saint-Charles me permet de mettre la musique rock de côté pour celle des oiseaux.Sans trop tourner en rond, je peux courir 30 minutes, et si je veux augmenter la distance, j\u2019ai le choix : vers la ville où je vais rejoindre la piste cyclable à Vanier ou vers le nord où je peux courir jusqu\u2019au lac Saint-Charles.En regardant les canards sur la rivière, vous oublierez que vous êtes en pleine ville.» Jean-David Gagné Québec Entre la haute et la basse ville «J\u2019adore ce parcours qui fait le lien entre la haute et la basse ville à Québec, combinaison de course et d\u2019escaliers; Colbert, Lavigueur, Badelard, Faubourg, Lépine, Côté de la Montagne, terrasse Dufferin, promenade des Gouverneurs, quelques montées/descentes de l\u2019escalier du Cap-Blanc, sentier dans le boisé sur les Plaines et on termine le long de la côte Gilmour pour atteindre l\u2019anneau des Plaines.Une dizaine de kilomètres et 2000 marches.Ouf.Satisfaction à chaque fois.François Picard, Québec Découvrir sa ville «J\u2019ai entamé en janvier 2020 le défi de courir toutes les rues de Québec.Je suis rendu à 91 % et je prévois de terminer au 30 juin.Je partage mon défi sur Instagram : louikini_court_ quebec.J\u2019ai eu l\u2019occasion alors de découvrir de beaux coins de la ville que je ne connaissais pas! Toutes les vues sur le fleuve sont les plus relaxantes et je crois que de tous les arrondissements de la ville on peut voir au moins une fois le fleuve! Le secteur Bourg-Royal et sa rue du Vignoble était une belle découverte car on peut vite se sentir à la campagne.J\u2019aime beaucoup aussi rencontrer des œuvres d\u2019art public, il y en a beaucoup dans l\u2019arrondissement de La Cité-Li- moilou, mais aussi dans Beauport comme la statue Cooke-Sasseville proche de l\u2019avenue Royale.Certaines rues sont carrément des sentiers comme le chemin du Lac des Roches, à la limite Sainte-Bri- gitte-de-Laval.Ça me permet de courir sur autre chose que l\u2019asphalte! Je n\u2019ai pas encore déterminé quelle était ma rue préférée de la ville, il y en a quand même plus de 4600! Je suis contente d\u2019avoir fait ce défi pour aller plus loin que mon parcours habituel qui était juste de faire le tour du bloc! Et j\u2019incite les coureurs à découvrir leurs villes de cette façon, tous les jours une nouvelle rue, tous les jours un nouveau tracé! La ville de Québec est belle et multiple!» Marjorie, Québec VOS COUPS DE CŒUR Ils courent quelques fois par semaine et bien qu\u2019ils varient leurs circuits, ces deux coureurs de Québec ont un dada pour leur paysage de prédilection.P H O T O L E S O L E I L , E R I C K L A B B É \u203a Les rives de la Saint-Charles PAR MIREILLE ROBERGE «?Dans mes conversations Messenger, ça jase de course à pied pas mal souvent.Je revois encore cette conversation avec Marie-Luce et Dominique: \u201cEnvie de vous stationner au Lac Saint-Charles et revenir dans Limoilou en courant?\u201d.Le point d\u2019interrogation est presque inutile.Pffff, on sait qu\u2019on y sera et que le plaisir va s\u2019étirer sur 32 kilomètres.Le sentier linéaire de la rivière Saint- Charles, c\u2019est comme un beau gros cadeau pour les coureurs de Québec.Depuis quelques années, mon cœur (et mes jambes!) craque pour les racines, les roches et les parcours remplis de petites surprises pour mes yeux et pour mes mollets.Pour une petite sortie courte, sur semaine, ou pour une \u201clongue\u201d du samedi matin, c\u2019est un parcours vraiment intéressant.Et peu importe le temps que j\u2019y passe, je me répète tout le temps que je suis chanceuse d\u2019avoir ce sentier en pleine ville.Alors Dominique et Marie-Luce, on remet ça?» P H O T O L E S O L E I L , P A T R I C E L A R O C H E \u203a Les plaines d\u2019Abraham PAR GUILLAUME RIOUX «?Avec l\u2019arrivée de la pandémie et du confinement, je me suis mis plus intensément à la course à pied.Je suis rapidement tombé en amour avec ce sport, un genre de méditation en mouvement durant laquelle on met le reste de notre vie sur pause le temps d\u2019une sortie.J\u2019aime aussi sa variété : courir plus longtemps ou moins longtemps, courir plus vite ou plus lentement, courir sur route, sur piste, en sentier, en montagne.Mon «?spot?» de prédilection : les plaines d\u2019Abraham, qui offrent plusieurs de ces possibilités en plein cœur de notre belle ville.Je peux y courir sur route ou en sentiers avec ses différents parcours vallonnés.Je peux y faire du dénivelé dans les escaliers du Cap Blanc et dans la Côte Gilmour.J\u2019adore surtout y faire des entraînements de «?vitesse?» sous forme d\u2019intervalles sur son anneau.Dans la dernière année, j\u2019ai aussi couru deux marathons sur cet anneau.Une trentaine de tours consécutifs et surtout un bon test de résilience! C\u2019est d\u2019ailleurs vers ce même anneau des Plaines que je courais chaque jour pour aller pratiquer au football à mes débuts en secondaire 4.M\u2019y revoilà 16 ans plus tard, toujours à la course, comme quoi il y a des endroits marquants dans une vie qui deviennent des encrages importants!?» SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M18 PLEIN AIR MARIE TISON La Presse MONTRÉAL \u2014 Il y a plusieurs années, le kayak a connu une véritable explosion de popularité.Ces derniers temps, c\u2019est la planche à pagaie qui a envahi les cours d\u2019eau (et les comptes Instagram).Pendant tout ce temps, le bon vieux canot n\u2019a jamais totalement disparu.Maintenant, avec la pandémie, il connaît un regain de popularité.« Avec le fait que les Québécois ne peuvent plus sortir de la province, qu\u2019ils ne peuvent plus voyager, il y a eu un engouement pour les activités de plein air en général, dont le canot », confirme Fanny Dupond, responsable des communications chez Canot Kayak Québec.Au Québec, le sport est accessible en raison de la géographie.« Il y a des pays qui sont reconnus pour leur architecture.Le Québec, lui, est reconnu pour ses rivières. » François Chevrier, copropriétaire d\u2019Au Canot volant, petite entreprise de Saint-Côme qui offre des formations de canot et des petits forfaits de descente de rivière, soutient que le canot a gardé sa place au fil des années, en dépit de la croissance de la popularité du kayak au cours des années 2000.« Le canot n\u2019a jamais arrêté.Il y a toujours eu des fervents, des familles de canoteurs, des gens qui faisaient des expéditions, des amateurs d\u2019eau vive.Mais il y a un regain depuis deux ou trois ans, que la pandémie a accentué à vitesse grand V. » PERFECTIONNER SA TECHNIQUE Cet engouement, on le constate chez les détaillants d\u2019embarcations, comme Kayak Junky, à Mas- couche, qui peinent à répondre à la demande.« Le canot a eu quelques années creuses, mais je constate que depuis quelques années, il y a un retour vers le canot », remarque Jean-François Haman, président de Kayak Junky.« Le kayak, c\u2019est super le fun, c\u2019est plein d\u2019avantages, mais avec le canot, on est moins limité sur les bagages. » « On n\u2019a pas besoin d\u2019avoir de l\u2019équipement tout petit qui rentre dans les coffres.Une bonne glacière au milieu du canot, ça fait la job.On peut mettre un ou deux enfants sur des chaises de camping dans le milieu.Ça passe très bien », ajoute M. Haman.L\u2019engouement pour le canot se reflète aussi du côté de la formation.Au Canot volant, il ne reste que quelques places pour des formations estivales.« On aurait pu vendre deux à trois fois plus de cours de canot, révèle François Chevrier.On a énormément de demandes. » Celui-ci voit ainsi beaucoup de pagayeurs d\u2019expérience qui veulent se défaire de mauvais plis et apprendre la bonne technique.Il y a plusieurs choses à apprendre, à commencer par le transport du canot (comment ne pas se déglinguer le dos pour le reste de l\u2019expédition), comment embarquer, débarquer, comment tenir sa pagaie, apprendre le lexique, apprendre les coupes de pagaie pour le pagayeur arrière et pour le pagayeur avant, le coup en J, la propulsion circulaire, les appels, les écarts\u2026 « On se rend compte, après deux jours de cours de canotage de base, qu\u2019on ne savait pas grand- chose sur le canot\u2026 et que notre couple va mieux depuis qu\u2019on sait comment faire du canot.Après une formation, les gens se disent moins quoi faire, ils disent moins : « C\u2019est de ta faute », observe François Chevrier.Ils comprennent mieux comment le canot réagit, ils apprennent les rôles de chacun. » Une bonne technique permet aussi de minimiser les blessures.« Ce n\u2019est jamais perdu de revoir ses coups de pagaie.Il y a plein de façons de travailler des trucs pour que ce soit plus performant et moins douloureux. » L\u2019engouement pour les sports nautiques se manifeste également en ce qui concerne les forfaits d\u2019Au Canot volant : des descentes de rivière d\u2019une demi-journée qui peuvent se faire entièrement en canot ou qui peuvent inclure une portion de randonnée pédestre.À l\u2019été 2020, les fédérations de sports de plein air avaient aussi été un peu prises de court par la soudaine popularité de ces activités.Cette fois-ci, elles sont prêtes.« Nous allons être plus présents sur les réseaux sociaux pour aller rejoindre ces nouveaux fans de plein air », affirme Fanny Dupond, de Canot Kayak Québec.Le canot demande un équipement spécialisé, mais celui-ci est généralement offert dans plusieurs centres de location.« Une fois qu\u2019on décide où aller, il y a souvent un centre de location bien équipé sur place », souligne Mme Dupond.Il serait toutefois sage de réserver.Le bon vieux canot n\u2019a jamais totalement disparu malgré la popularité croissante des autres sports nautiques.\u2014 PHOTO LA PRESSE, EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE LA RENAISSANCE DU CANOT laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M19 PLEIN AIR I l y a les photos léchées sur Instagram, qui donnent envie de partir à l\u2019aventure.Et, derrière, une réalité parfois moins glam.Avec Van aventure : petit guide de la vanlife sans filtre, Dominic Arpin plonge dans un univers qui peut être plus complexe qu\u2019il n\u2019y paraît.L\u2019animateur de Van aventure s\u2019est intéressé à une panoplie de facettes, des enseignes qui font la location en passant par la conversion des véhicules.L\u2019auteur déborde de la technique en présentant, à travers les informations plus factuelles, une série de portraits de vanlifers et des suggestions d\u2019endroits à visiter.On s\u2019en rend rapidement compte, le sujet est vaste.« Plus je lisais sur le sujet, plus je faisais des entrevues, plus je me disais qu\u2019il fallait que je parle de tel aspect.Ça touche un paquet de facteurs, et la vanlife se vit de façon tellement différente, en famille, à temps plein, dans un véhicule ultra-luxueux ou que tu aménages toi-même.Ça fait beaucoup d\u2019aspects à traiter.En même temps, je ne voulais pas effleurer tous les sujets.Elle était là la difficulté, de doser les chapitres.Je voulais que ça reste grand public.Comme c\u2019est un premier guide pratique sur le sujet \u2014 il y a eu un livre écrit par Julien Roussin Côté de Go-Van, mais c\u2019était plus un carnet de voyage \u2014 je voulais toucher le plus d\u2019aspects possible.Toute la question de la conversion, j\u2019aurais pu faire un livre là-dessus! Ça a été ça la principale difficulté : trouver le niveau d\u2019approfondissement des différents sujets\u2026 Je pense que ça se lit bien, c\u2019est utile et c\u2019est à tout le moins une porte d\u2019entrée. » POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE Le maniaque de plein air aime évidemment cette façon de voyager pour la connexion à la nature\u2026 et ce qu\u2019il devient lorsqu\u2019il a les deux mains au volant.« J\u2019aime mieux la version de Dominic Arpin en van que la version à la maison.On dirait que dès que j\u2019embarque dedans, il y a un poids qui se libère de mes épaules, je deviens autonome, téméraire, plus aventurier.Je recherche l\u2019imprévu, on dirait que mes sens sont aux aguets tout le temps.À la maison, je suis plus anesthésié, on dirait que mon sofa est comme un aimant\u2026 » Celui qui a un pied à terre à Or- ford s\u2019attarde aux dérives que l\u2019on a connues l\u2019été dernier.Résultats : victimes de ces débordements, certaines municipalités ferment l\u2019accès aux campeurs itinérants.Or, la popularité de la vanlife n\u2019est pas près de s\u2019essouffler.En 2021, rapporte-t-il, le mot-clic #vanlife renvoie à plus de neuf millions de publications.« Je voulais que le livre fasse partie de la solution.Que ce soit utile autant pour les vanlifers \u2014 apprendre à bien agir \u2014 que les municipalités, qui sont plus en mode interdiction et très réfractaires à cette vie de camping nomade.C\u2019est comme un pont que je voulais créer entre les van- lifers et les autorités municipales au Québec qui ne comprennent pas encore tout à fait ce qu\u2019est cette patente-là.Pour moi, c\u2019est un des chapitres qui m\u2019apparaît le plus important dans le livre.La bonne cohabitation va passer par l\u2019éducation\u2026 » Il y a cependant de petits pas dans la bonne direction.On apprend sous sa plume que Julien Roussin Côté, animateur de La belle vie avec Go-Van à UnisTV, planche actuellement sur un projet d\u2019espaces dédiés aux véhicules autonomes, une initiative qui fait l\u2019objet de pourparlers avec des municipalités.Les haltes de Go- Van compteraient un bâtiment abritant des toilettes.« J\u2019ai hâte de voir combien de municipalités vont embarquer.Il y a aussi Terego (NDLR : qui offre des emplacements sur des fermes au Canada).Pour 100 $, tu as accès à des dizaines et des dizaines d\u2019endroits hallucinants où camper.C\u2019est une belle alternative.Il faut juste augmenter le nombre de lieux où ce stationne- ment-là est rendu possible. » Quant aux campings, personne n\u2019est en guerre avec eux, ajoute- t-il également.« Quand tu as accès à l\u2019autonomie, tu n\u2019as pas nécessairement envie d\u2019aller à côté d\u2019un VR qui a une génératrice qui roule en permanence à côté. » Les campings, à ses yeux, doivent s\u2019adapter à cette nouvelle clientèle autonome à la recherche d\u2019intimité, qui n\u2019a pas nécessairement besoin de profiter des infrastructures en place, à part le bloc sanitaire.« Il faut qu\u2019il y ait une offre adaptée à ce style de camping là. » Dominic Arpin et son équipe s\u2019apprêtent à reprendre la route pour le tournage de Van aventure.« J\u2019ai 1000 choses à faire », me lance-t-il d\u2019entrée de jeu en entrevue, alors que le décompte est lancé en vue de cette troisième saison.Lundi, l\u2019équipe prendra la route pour la Baie-James.« Je ne suis jamais allé, je ne suis jamais allé dans le nord du Québec.Le plus loin où je me suis rendu, c\u2019est au Témiscamingue.Je suis super excité.Je n\u2019arrête pas de lire sur le sujet\u2026 » lance celui qui connaît pourtant bien son Québec.Il fera aussi escale pour la première fois à Anticosti.Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : isabelle.pion La vanlife dans l\u2019œil de Dominic Arpin Dominic Arpin en est à sa troisième saison de tournage de Van aventure, diffusée sur Évasion et à TVA.\u2014 PHOTO ALEXANDRE TURGEON DALPÉ ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR Vous voulez voir?Van Aventure est diffusée sur TVA et Évasion Van aventure : petit guide de la vanlife sans filtre paraîtra le 9 juin SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M20 SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune PIERRE-MARC DURIVAGE La Presse MONTRÉAL \u2014 Voyager à l\u2019étranger n\u2019étant pas une option à cause de la pandémie, bon nombre de Québécois ont choisi de visiter leur province l\u2019an dernier, un scénario qui devrait se répéter l\u2019été prochain.Parmi eux, un nombre croissant de voyageurs ont choisi d\u2019explorer l\u2019avenue du camping en véhicule récréatif, pour s\u2019apercevoir qu\u2019il valait mieux réserver longtemps d\u2019avance pour trouver une place de choix.Mais il existe néanmoins des solutions séduisantes pour les retardataires.« Le défi est souvent de trouver un bon emplacement de camping », reconnaît Josée Bédard, présidente de l\u2019Association des commerçants de véhicules récréatifs du Québec.« Mais on voit que les acheteurs vérifient de plus en plus la capacité des réservoirs de leur VR pour partir en camping sauvage.Aussi, nos ventes de génératrices et de panneaux solaires vont très bien. » « Tu as le goût d\u2019aller sur le bord d\u2019une petite rivière ou chez un ami, tu peux le faire en autonomie, enchaîne-t-elle.Aussi, les parcs nationaux ont plus de 7000 emplacements qui n\u2019ont pas de services et qui sont surtout fréquentés par les campeurs avec des tentes.Mais il est souvent possible d\u2019y aller en VR quand les emplacements sont assez grands. » Il existe d\u2019ailleurs d\u2019excellentes ressources pour trouver des emplacements, avec ou sans services, dans un camping ou non.L\u2019application iOverlander est certainement l\u2019une des plus complètes et conviviales, qu\u2019il s\u2019agisse de trouver un camping, un terrain vague où passer la nuit en pleine autonomie, un endroit où vidanger ou un autre où faire le plein de gaz propane.Évidemment, il est aussi bien avisé de jeter un coup d\u2019œil aux campings privés, moins courus que les parcs nationaux, mais offrant tout de même de superbes emplacements que l\u2019on peut réserver à partir du site de Camping Québec.LA NUIT AU CHAMP Terego, anciennement connu sous le nom de Terroir en VR, est une autre belle option flexible qui s\u2019offre aux voyageurs, d\u2019autant plus qu\u2019il est impossible de réserver plus de 30 jours avant de passer la nuit chez un producteur membre.« C\u2019est comme ça depuis le début, on veut permettre aux gens de partir sur un nowhere, explique Karine Morin, cofondatrice de Terego.Mais cette année, on sent la fébrilité chez les membres voyageurs, on va peut-être devoir réserver plus tôt que deux jours à l\u2019avance, et faire preuve d\u2019un peu plus de flexibilité cette année. » Aussi, alors que les gens se retrouvaient souvent complètement seuls chez un producteur, il y a maintenant plus de chances de devoir partager les lieux avec d\u2019autres voyageurs, mais jamais plus de cinq, nous assure-t-on.Karine Morin confirme toutefois que le recrutement de nouveaux membres producteurs ne cesse pas, de sorte qu\u2019il y a constamment une adéquation entre le nombre de voyageurs et le nombre de producteurs.Terego compte actuellement 3000 membres voyageurs, c\u2019est 10 fois plus que lors du lancement du site, en 2017.Du côté des producteurs hôtes, ils sont passés de 75 à 245 en cinq ans, de l\u2019Ontario jusqu\u2019aux Maritimes \u2013 Karine Morin annonce que Terego entend s\u2019étendre encore plus à l\u2019ouest.« Depuis un an, ce sont les producteurs qui nous appellent pour faire partie du réseau, indique-t- elle.Ils sont recommandés parfois par des amis, parfois des membres voyageurs, parfois des associations touristiques régionales.Ça les fait connaître, ça leur amène des clients qui vont devenir pour eux d\u2019excellents ambassadeurs. » « Passer une soirée et une nuit chez les producteurs devient bien souvent une expérience sensorielle et humaine.On y pense avec émotion, on en parle avec de la lumière dans nos yeux! », ajoute Karine Morin, cofondatrice de Terego.NOUVEAUX ADEPTES Pour les gens qui n\u2019auraient pas encore décidé de tenter l\u2019expérience du caravanage, il est encore possible de louer des véhicules récréatifs chez les détaillants qui font de la location, mais le choix est déjà limité.Toutefois, il y a encore des options quand on fouille sur les sites Rvezy et Outdoorsy, qui offrent la location directement auprès des propriétaires \u2013 ce sont un peu les Airbnb du véhicule récréatif.De son côté, Josée Bédard nous confirme l\u2019arrivée massive d\u2019une nouvelle clientèle.Propriétaire de Roulottes Chaudière, à Saint-Nico- las, au sud de Québec, elle soutient que pas moins de 40 % de sa clientèle cette année est constituée de nouveaux adeptes, des familles en particulier.« Certains nous disent qu\u2019ils n\u2019auraient jamais pensé faire du camping, ils viennent nous voir pour la première fois, c\u2019est inédit, explique-t-elle.Mais je pense que ces gens-là vont prendre goût à voyager au Québec, je suis d\u2019ailleurs convaincue que les trois ou quatre prochaines années seront très bonnes pour le milieu du VR.Parce que j\u2019ai rarement vu des gens aller faire du camping pour ensuite les entendre dire qu\u2019ils ne recommenceront plus. » VR EN LIBERTÉ Terego compte actuellement 3000 membres voyageurs, c\u2019est 10 fois plus que lors du lancement du site, en 2017.Du côté des producteurs hôtes, ils sont passés de 75 à 245 en cinq ans, de l\u2019Ontario jusqu\u2019aux Maritimes.\u2014 PHOTO DANY COULOMBE, FOURNIE PAR TEREGO laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M21 VOYAGES L\u2019 ami ne faisait pas de cachettes.Son objectif de vie à lui, ce sera d\u2019avoir visité tous les sites touristiques inscrits au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.Il en aura pour des années à s\u2019amuser.Si mes chiffres sont bons, on compte plus de 1100 de ces joyaux historiques.Et on en ajoute de temps à autre pour rallonger la liste.Bien sûr, pour les Européens, il est plus facile de progresser vers l\u2019atteinte d\u2019un tel objectif.L\u2019Italie compte à elle seule 55 sites répertoriés, contre 46 pour l\u2019Allemagne et 45 pour la France.Ces trois pays monopolisent plus de 10 % des endroits que l\u2019UNESCO juge nécessaire de protéger.Les vieilles villes des pays même les plus petits se sont frayé une place dans l\u2019histoire.En opposition, le Canada compte une vingtaine de lieux inscrits au patrimoine mondial, contre 55 pour la Chine.J\u2019ai réalisé avec le temps que j\u2019étais moi-même un adepte des sites de l\u2019UNESCO, parce qu\u2019ils ajoutaient un sens à mes périples.Ces lieux ne sont pas ceux qui dictent mes destinations, mais une fois mon choix arrêté sur un pays, je m\u2019informe pour valider si un détour ne s\u2019imposera pas de lui-même, tantôt pour une curiosité dont j\u2019ignorais l\u2019existence, tantôt pour un incontournable que je rêvais de voir en vrai.L\u2019idée m\u2019est revenue en pleine pandémie quand Lonely Planet a demandé à ses lecteurs combien de sites du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO ils avaient visités.Difficile de penser qu\u2019on puisse compiler des statistiques fiables à cet effet, à moins d\u2019avoir un outil efficace pour nous aider.Comme il existe une application mobile pour tout, il est effectivement possible, avec World Heritage, de consulter la liste, de cocher les sites visités, en plus d\u2019apprendre leur année d\u2019inscription et les critères considérés.On peut au surplus y lire un brin d\u2019histoire et situer le site sur une carte.Faire l\u2019exercice peut demander beaucoup de patience si on souhaite passer à travers les 1100 sites inscrits.Heureusement, comme ils sont classés par pays, on arrive à réduire un peu l\u2019ampleur de la tâche.D\u2019emblée, quand j\u2019ai fait du voyage un passe-temps, j\u2019avais des visées sur quelques-uns de ces endroits que j\u2019idéalisais.Mes rêves d\u2019enfant me portaient déjà vers le Taj Mahal, en Inde, ou la Grande Muraille en Chine.Mais à part la vieille ville de Québec, où j\u2019ai travaillé pendant huit mois, mes deux premiers crochets sur la liste reviennent aux rives de la Seine, à Paris, et au palais de Versailles, pas très loin de là.Mine de rien, sur les rives de la Seine à Paris, on croise Notre- Dame, le Louvre, la place de la Concorde, le Grand Palais des Champs-Élysées, la tour Eiffel et le palais de Chaillot.Ça fait beaucoup pour des yeux encore inadaptés aux merveilles architecturales de l\u2019Europe.C\u2019est le classique, mais dès mon arrivée à Paris, la première fois, j\u2019ai pris le métro jusqu\u2019à la station de Troca- déro pour apercevoir la fameuse réalisation de Gustave Eiffel.Je m\u2019attendais à un coup de baguette magique, je pense, à des feux d\u2019artifice et à des airs d\u2019accordéon, comme si on gardait les lieux historiques dans des écrins.Je n\u2019avais pas anticipé le ronron des moteurs et les pas pressés des badauds qui ne voient plus la chance qu\u2019ils ont de vivre là.J\u2019avais déjà zyeuté à l\u2019époque la ville fortifiée historique de Carcassonne, comme si je pouvais voir toute la France dans le même séjour.Il m\u2019aura fallu une douzaine d\u2019années avant de m\u2019y aventurer.J\u2019ai même passé la nuit à l\u2019intérieur des fortifications.Là, l\u2019histoire se palpe du bout des doigts, se sent dans l\u2019air qu\u2019on respire.Il y a de quoi écrire à sa mère bien plus que lorsqu\u2019on navigue sur le canal du Midi, autre site répertorié par l\u2019UNESCO.Là, c\u2019est l\u2019ingéniosité humaine qui a permis la révolution industrielle qui impressionne.Et probablement qu\u2019on s\u2019en amourache davantage à le parcourir à vélo qu\u2019en pirogue\u2026 Ce risque de gonfler les attentes existe bel et bien avec une liste de sites prodigieux et incontournables comme celle de l\u2019UNESCO.Parlez-en à la statue de la Liberté et à l\u2019Opéra de Sydney, qui sont bien plus petits en vrai que dans notre imaginaire.L\u2019Opéra, par contre, devient beaucoup plus intéressant quand on se permet de le visiter de l\u2019intérieur.Et il est vrai qu\u2019il donne de foutues belles photos.On ne réalise pas non plus qu\u2019il faudra jouer du coude dans la foule pour visiter le Taj Mahal et que l\u2019expérience sera loin d\u2019être mémorable.On oublie qu\u2019on sera trempé de pied en cap en parcourant les majestueux, immenses et impressionnants temples d\u2019Angkor au Cambodge.Et qu\u2019il y a des sites moins achalandés et tout aussi impressionnants que la pyramide de Chichén Itzá, au Mexique.Ce qui me plaît, néanmoins, c\u2019est de découvrir des sites largement moins connus pour lesquels les attentes seront forcément moindres.Je pense aux églises de bois de Chiloé, au Chili, qui finissent par toutes se ressembler avec leur architecture mi-européenne, mi-indi- gène.Essayer de les voir toutes, comme je voulais le faire, constitue sans doute une erreur.Mais elles nous conduisent dans des villages hors du temps, comme Chonchi, dont je ne suis toujours pas revenu, ou dans des villages fantômes, dans le secteur de Tenaun par exemple, où il faut réellement trouver le gardien des clés pour voir l\u2019intérieur des lieux sacrés.Pareilles, mais différentes, les églises de bois de Maramures, en Roumanie, avec leurs clochers élancés et leurs fresques murales, nous entraînent dans des campagnes et des villages paisibles.Là plus qu\u2019au Chili, le circuit en voiture nous entraîne dans des paysages typiquement roumains où les foules ne sont pas légion.Coup de cœur immense aussi pour la vieille ville de Pingyao, en Chine, relativement touristique, mais tout de même moins achalandée que Pékin et Shanghai.C\u2019est un exemple bien préservé d\u2019une ville traditionnelle fortifiée.Dans le même sens, la médina de Fès, au Maroc, avec ses tanneries, permet de prendre d\u2019excellentes photos.Se perdre dans ses labyrinthes aura été une joie, encore plus très tôt le matin, quand les marchands n\u2019avaient pas encore sorti leurs étals.J\u2019ajouterais la ville ancienne de Sigiriya, au Sri Lanka, où des successions d\u2019escaliers et de galeries mènent au sommet d\u2019un rocher haut de 180 mètres d\u2019où la vue sur la région vaut le voyage à elle seule.On y trouve les ruines d\u2019une citadelle vieille de plus de 1500 ans.Ce qu\u2019il y a d\u2019intéressant, donc, entre rêver aux sites bien connus qu\u2019il me reste à cocher, comme la Grande Barrière de corail en Australie ou Rapa Nui sur l\u2019île de Pâques, c\u2019est que j\u2019en trouverai encore des centaines dont j\u2019ignore l\u2019existence et qui me mèneront peut-être sur des chemins moins explorés qui valent encore plus le détour.Le patrimoine de l\u2019UNESCO : de l\u2019histoire et du beau JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR À Sigiriya au Sri Lanka, parcourir le réseau d\u2019escaliers et de tunnels pour atteindre le sommet d\u2019un rocher haut de 180 mètres permet d\u2019obtenir cette vue incomparable sur la région.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M22 COCKTAILS MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale L e comte Camillo Negro- ni pris place au bar du mythique Café Casoni, comme à son habitude.L\u2019aventurier robuste fit signe au barman, Fosco Scarselli.Ce dernier hocha la tête et se prépara à lui servir un Americano (cam- pari, vermouth rouge et eau pétillante) comme son client en avait l\u2019habitude.C\u2019est à cet instant que le comte demanda une petite modification à son Americano régulier, et changea ainsi à jamais le monde des cocktails.« Scarselli, la journée fût particulièrement éreintante, j\u2019ai besoin de quelque chose de plus fort qu\u2019un Americano.Complète le cocktail avec du gin, plutôt que de l\u2019eau pétillante, je te prie. » Fosco s\u2019exécuta et, pour apporter une touche personnelle, substitua le citron habituel de la garniture du Americano par l\u2019orange.Le roi des apéros, le Negroni, était né.Si vous êtes un ou une amatrice de gin et n\u2019avez jamais goûté à ce grand classique indémodable et presque impossible à rater, il est temps d\u2019ouvrir votre palette à la magie de ce cocktail à la balance incroyable entre l\u2019alcool, l\u2019amertume et le sucre.À déguster avant un copieux repas, sur votre terrasse, après une longue journée à jouer dehors.Pour ouvrir vos horizons, vous pouvez également remplacer le gin par la vodka (Negroski), du bourbon (Boulevardier) ou du Prosecco (Sbagliato).Sans côté le divinement bon Negroni blanc, fait de Suze et de vermouth blanc.Vous me remercierez la semaine prochaine :) Negroni INGRÉDIENTS \u2022 1 oz de gin classique \u2022 1 oz de liqueur amère (type Campari) \u2022 1 oz de vermouth rouge \u2022 Zeste d\u2019orange (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un verre à mélanger, ajouter tous les ingrédients avec de la glace.2 Mélanger à la cuillère jusqu\u2019à ce que vos doigts deviennent très froids.3 Filtrer dans un verre Old Fashioned muni d\u2019un gros cube de glace.4 Décorer d\u2019un zeste d\u2019orange.Santé! \u2014 PHOTO ANNIE FERLAND FLORENCE, 1919 TRACTION INTÉGRALE 5 ANS D\u2019ENTRETIEN SANS FRAIS GARANTIE 5 ANS/100 000KM 1 250$ D\u2019ACCESSOIRES SUPPL.SANS FRAIS Location 60 mois | 1995 comptant /sem.174$ GENESIS GV80 2.5 SELECT AWD 2021 TRACTION INTÉGRALE 5 ANS D\u2019ENTRETIEN SANS FRAIS GARANTIE 5 ANS/100 000KM 1 250$ D\u2019ACCESSOIRES SUPPL.SANS FRAIS Location 60 mois | 1995 comptant /sem.98$ GENESIS G70 ADVANCED AWD 2021 Premier VUS compact de la marque.Look sansationnel.Habitacle hyper technologique.CE SAMEDI, DÉCOUVREZ LES G70 ET GV80.0063971 laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M23 VINS L a fièvre du printemps s\u2019annonce sous le signe du déconfinement.Des prévisions qui laissent pressentir une élévation de température très élevée, avec des symptômes doublés de fébrilité.Enfin un sentiment de liberté se pointe à l\u2019horizon ce qui mérite que je vous partage des cuvées palpitantes, des vins de printemps qui émoustillent les papilles et nous donnent des papillons.DEVAUX CŒUR DES BAR BLANC DE NOIRS BRUT 53 $ \u2022 14202543 \u2022 12 % \u2022 7,2 G/L D\u2019abord, il faut fêter ce grand moment tant attendu.Et pour les occasions extraordinaires, il n\u2019y a rien de tel que le champagne.Devaux est une maison phare de la Côte des Bar, une région de la Champagne située à une heure de Chablis qui jouit du même sol kimméridgien apportant un aspect minéral important aux vins.La région a longtemps été boudée en Champagne mais depuis quelques années, elle est très tendance et considérée comme étant des plus prometteuses, avec des prix très cléments pour une qualité équivalente et parfois même meilleure.Blanc de Noirs signifie qu\u2019on a produit un vin blanc à partir de raisins noirs, en l\u2019occurrence 100 % pinot noir.Les bulles sont fines et élégantes avec une texture riche sur une finale légèrement saline et toute en douceur sur des notes de pêche blanche, de brioche et de petits fruits des champs.Santé! BACHELDER CHARDONNAY MINÉRALITÉ 2018 25,95 $ \u2022 12610025 \u2022 13 % \u2022 1,9 G/L Certains terroirs de la péninsule du Niagara ont le potentiel de produire des chardonnays dignes de la référence ultime qu\u2019est la Bourgogne.Le vigneron québécois Thomas Bachelder le sait et il l\u2019a compris dès la première année où il a commencé à vinifier sur les terroirs de l\u2019escarpement du Niagara, après avoir travaillé comme vigneron à Meursault et en Oregon.Sa vision et sa conviction le confirment à chaque millésime qu\u2019il confectionne tant pour le Clos Jordanne, le Domaine Queylus que sa propre étiquette Bachelder.Régalez-vous! DOMAINE DE LA ROSSIGNOLE SANCERRE 2019 28,20 $ \u2022 872465 \u2022 12,5 % \u2022 1,3 G/L Il est vrai que quand on choisit un vin de Sancerre on est rarement déçu.Ils sont généralement excellents et certains sont même exceptionnels, comme celui-ci du domaine familial de Pierre Cherrier et Fils.D\u2019une complexité impressionnante où la douceur de l\u2019amande et des arômes légèrement balsamiques valsent sur une variété de notes d\u2019agrumes.Papillons garantis.CHÂTEAU DE TIGNÉ ANJOU VALLIENNES 2018 23,25 $ \u2022 14697443 \u2022 14,5 % \u2022 1,4 G/L Appartenant à l\u2019acteur français Gérard Depar- dieu depuis 1989, le Château de Tigné est une ancienne résidence seigneuriale de la Loire, bâtie sur de longues années à partir du XVe siècle et restaurée au XIXe siècle.Les caves souterraines sont immenses, avec une production annuelle estimée à 400 000 bouteilles.J\u2019ai été épatée par leur chenin du terroir vallonné « Les Valliennes », cultivé sur sol de schiste et vieilli en fûts de chêne pendant 6 mois ce qui apporte de l\u2019amplitude à ses notes d\u2019abricot, de miel et de fleur blanche, teintées d\u2019une douce minéralité.MAS DES CAPITELLES FAUGÈRES VIEILLES VIGNES 2019 23,65 $ \u2022 14719391 \u2022 14 % \u2022 1,5 G/L \u2022 BIO Gros coup de cœur pour cette nouveauté de l\u2019appellation Fau- gères produite à partir de vieilles vignes de mourvèdre, de syrah et de carignan plantées dans le schiste et taillées en gobelet.Un vin généreux et gourmand qui offre une fraîcheur étonnante.Une explosion de fruits comme la framboise, le cassis et la canneberge séchée sur des tannins suaves, chaleureux et doucement épicés.MARQUÊS DE MARIALVA BAGA RESERVA 2015 17,35 $ \u2022 10651755 \u2022 14 % \u2022 5 G/L À découvrir si ce n\u2019est déjà dans votre cellier.L\u2019appellation Bair- rada, située sur le littoral de Beira est en plein essor et considérée comme une des plus prisées à cause de sa proximité à l\u2019océan.Ses influences maritimes apportent de la fraîcheur aux vins traditionnellement très corsés et férocement tanniques, majoritairement à base de baga, un cépage indigène de la région qu\u2019on ne retrouve nulle part ailleurs.Il offre des notes de cassis, de mûre et de cerise à l\u2019eau-de- vie, doublées de cacao et d\u2019épices douces en finale.Cette cuvée est particulièrement élégante, les tannins sont puissants et se fondent dans l\u2019harmonie de l\u2019ensemble.Pas étonnant qu\u2019elle ait remporté de si nombreux prix d\u2019excellence.Prêt à boire et peut se garder encore 1-2 ans.NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca Enfin un sentiment de liberté se pointe à l\u2019horizon, parfait pour déguster des cuvées palpitantes, des vins de printemps qui émoustillent les papilles et nous donnent des papillons.\u2014 PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE, NATALIE RICHARD Papilles et papillons SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M24 SHERBROOKE \u2014 La cuisine italienne, c\u2019est bon tout le temps, on s\u2019entend.Mais perso, c\u2019est en mai, lorsque se dessinent les mois d\u2019été et que j\u2019achète beaucoup trop de plants de tomates, que j\u2019ai davantage envie de plonger le nez dans les nombreux livres de recettes italiennes qui traînent à la maison.Probablement parce que les herbes fines commencent à poindre dans le jardin.Probablement aussi parce que je sais déjà que j\u2019aurai à gérer les (trop) abondantes récoltes tomatées du potager.Les plats que je trouve dans les recueils des Québécois Maria Loggia, Stefano Faita, Josée di Stasio font toujours mon bonheur.Les classiques recensés dans la dense Cuillère d\u2019argent aussi.Cette année, on dirait que les maisons d\u2019édition ont lu dans mes pensées (italiennes).Ce n\u2019est pas une, mais bien deux nouveautés célébrant la cuisine de la botte européenne qui ont récemment atterri sur les tablettes gourmandes des librairies.D \u2019a b o r d , c a t é g o r i e « beaux livres », il y a cette brique format géant tellement imposante qu\u2019elle ne tiendra dans aucun support à livre, c\u2019est garanti.Pensez à l\u2019immense livre de contes de Fanfreluche, c\u2019est à peu près ça.En 464 pages bien comptées, bien remplies, On va déguster l\u2019Italie, fait un tour plus que complet de tout, absolument tout ce qui caractérise la richesse culinaire italienne.Avec une armada de collaborateurs, François-Régis Gaudry, journaliste et animateur de la très populaire émission gastronomique On va déguster (sur France Inter) signe l\u2019encyclopédique ouvrage qui répond à toutes les questions, même celles que vous ne vous posiez pas.Bien garni en recettes de tous genres, l\u2019atypique recueil tient beaucoup plus de la bible que du traditionnel l ivre de cuisine.Il plaira autant aux amoureux de la culture italienne qu\u2019aux gourmets en quête de neuves idées.Ludique, éclaté et attrayant, c\u2019est un véritable livre d\u2019art gourmand qu\u2019on ne se lasse pas de parcourir.Et qu\u2019on n\u2019est pas près d\u2019avoir terminé, de toute façon, parce que 464 pages extra grand format, quand même, ça exige une mastication lente, ça se déguste à petites bouchées.Remplie de photos et d\u2019illustrations colorées, la parution des éditions Marabout combine informations historiques variées, secrets de cuisine et clins d\u2019œil culturels nombreux.Différentes planches colorées nous promènent dans autant d\u2019univers.On voyage dans le temps, on visite le territoire, on apprend tous azimuts en salivant, en rigolant et en haussant parfois les sourcils.Réussir une sauce amatriciana, démystifier le mascarpone, plonger dans la galaxie gnocchi, maîtriser les bases de la p i zz a ( pa s t r o p d e g a r - nitures, surtout), décrypter le menu aphrodisiaque de Casanova, admirer les tableaux gourmands de grands maîtres italiens (incluant les tableaux de Giuseppe Arcimboldo), plonger dans la Commedia Dell\u2019Arte, approfondir l\u2019art \u2014 très italien \u2014 de parler en ponctuant chaque mot d\u2019expressifs mouvements de mains et s\u2019étonner devant le vaste éventail de vinos italiens (le pays compte plus de 350 cépages, rien de moins!) font partie des nombreux possibles qui naissent à la lecture du collectif.Avouez, c\u2019est intrigant.Rajoutons-en donc une couche : au fil des pages franchement étonnantes, on découvre que Nostradamus s\u2019est illustré dans l\u2019art de la confiture à tel point qu\u2019il signa même un traité sur le sujet, paraît- il.Dans un tout autre registre, on fait un tour d\u2019horizon des plats préférés de la mafia du cinéma (issus des bobines de gangsters des Scorsese, Coppola et Leone).On lit que le maestro Verdi était aussi féru de gastronomie que d\u2019art lyrique.On parcourt même un palmarès des papes les plus gastronomes! On assimile enfin l\u2019idée qu\u2019il vaut mieux éviter la cuillère lorsqu\u2019on déguste les spaghettis.Les couper?Sacrilège, n\u2019y pensez même pas! Pour rendre justice à la pasta, on l\u2019enroule sur la fourchette avec art, style et élégance.Réussir ce tour de main sans attirer l\u2019attention sur une terrasse de Naples demande du doigté.Aussi les auteurs ont-ils eu la bonne idée d\u2019intégrer un guide illustré pas-à-pas à leur impressionnante collection de fiches.C\u2019est vous dire comment l\u2019amusant manuel vise large.Comme le disait Federico Fellini (lit-on encore dans la brique hors normes) : « La vie est une combinaison de pâtes et de magie. » Ce livre allie les deux.Avec maestra.À LA TABLE DE CARLO Autre bel ovni, mais dans un tout autre registre, La grande cucina vegetariana propose un condensé de plats végétariens italiens.Découpé en saisons, et présentant 12 menus différents, l\u2019ouvrage signé par le chef Carlo Bernasconi paraît à titre posthume, le grand cuisinier-restaurateur européen KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca @tremblayk facebook/quotidienlatribune en cuisine DE LA PASTA ET DU GIN laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M25 EN CUISINE étant décédé avant de terminer la rédaction de ses recettes.Pour que le livre voie le jour malgré tout, les amis Myriam Lang et Martin Walker ont repris plume et flambeau, en confiant la tâche d\u2019illustrer le tout à la talentueuse Larissa Berto- n a s c o (qui avait elle- même publié La nonna, la cucina, la vita, joli bouquin de cuisine salué par la critique).Antipasto, primo I, primo II, secondo, secondo II et il dolce composent le menu proposé pour chaque mois de l\u2019année.Ici, et en toutes saisons, on remarque surtout la courte liste d\u2019ingrédients, qui fait honneur à ce que prône la cuisine italienne : avec des aliments bien choisis, bien agencés et de toute première qualité, pas besoin de multiplier les étapes et les items.Faisant grande place aux fruits et aux légumes de saison, les plats de Bernasconi sont aussi simples qu\u2019appétissants.Olives marinées à l\u2019orange, au thym et au piment, raviolis maison ricotta-citron, tiramisu aux framboises, chocolat blanc et pistaches, cèpes farcis, minestrone, risotto de courgettes, gratin d\u2019aubergines et frittata d\u2019épinards sur lit de lentilles noires, tomates et basilic figurent à l\u2019index du bouquin qui donne aussi plusieurs astuces pour réussir les bases (pâtes fraîches, coulis de tomates, peperonata, bouillon et foccacia).La liste des plats sans viande est longue, belle et attrayante.Tellement qu\u2019on a envie de mettre du Giorgio Conte à plein volume et de filer aux fourneaux pour tout essayer.Questions, commentaires, suggestions?Écrivez-moi : karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : karine.encuisine LÉGUME DE SAISON C\u2019est la courte saison des asperges et, on l\u2019oublie, lorsqu\u2019elles sont fraîchement cueillies comme c\u2019est le cas maintenant, elles sont délicieuses crues, en salade.Vous les préférez cuites?Les printanières griffes vertes n\u2019ont pas besoin de grand-chose pour séduire le palais.On les glisse sur une plaque, on les enrobe d\u2019huile d\u2019olive et on les parsème de fleur de sel.Rien d\u2019autre.Après un petit tour au four à 400 degrés, elles seront prêtes à être croquées.KARINE TREMBLAY La levée du couvre-feu et la possibilité de se réunir (enfin!) à huit autour de votre table extérieure vous donne envie de festoyer?Voici deux gins tout québécois récemment goûtés et aimés, parfait pour trinquer ensemble.À distance et à l\u2019extérieur, soit.Mais ensemble.GIN ESPRIT-DE-LONDON Sans alcool, mais assurément pas sans goût, le gin mis au point par la maison Noroi Distillerie (Saint-Hya- cinthe) comble les papilles sans que la tête parte en vrille.Aromatisé de baies de genévrier, de fleur de sureau, de gingembre, d\u2019orange et de citronnelle (entre autres), il est goûteux, rafraîchissant et tient ses promesses : il ne nous laisse pas sur notre faim (ni sur notre soif).Agencé à une eau tonique et du concombre, il fait merveille dans le verre et affiche un franc panache.À l\u2019heure où les produits sans alcool qui arrivent sur le marché gagnent en popularité, celui-ci se démarque par sa grande qualité et son goût raffiné.Une belle découverte.GIN PANACÉE C\u2019est son emballage nouvellement repensé dans un contenant métallique vintage (plutôt qu\u2019en bouteille) qui attire d\u2019abord l\u2019œil.Très artistique et fort joliment illustré, l\u2019écrin argenté du gin Panacée rappelle le flasque d\u2019antan, mais il est pensé pour tous nos contemporains qui investissent la sphère du plein air.Lire ici qu\u2019un gin en habillage métallique se trimballe pas mal mieux dans le sac de rando (ou le sac de pêche) que lorsqu\u2019il est embouteillé en robe de verre.Résultat : on peut aisément l\u2019amener avec soi lorsqu\u2019on file camper.Proposé par les artisans québécois de La Manufacture (Sainte-Agathe-des-Monts), le gin aux notes botaniques est parfumé de différents aromates (lime, citron, poivre vert et rose) et de certaines plantes qui poussent sur le territoire (genévrier, coriandre, bleuets sauvages, comptonie, poivre des dunes).Tonic, rondelles de lime et poignée de glaçons suffisent pour le faire briller.KARINE TREMBLAY FRANÇOIS-RÉGIS GAUDRY & SES AMIS On va déguster l\u2019Italie \u2014 Du panettone aux spaghetti al ragù de Scorsese Tutta la cucina italiana Marabout 464 pages MYRIAM LANG LARISSA BERTONASCO La grande cucina vegetariana Les menus végétariens de Carlo Bernasconi La joie de lire 158 pages POUR TRINQUER SUR LA TERRASSE P H O T O S 1 2 3 R F SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M26 RÉGAL ET RESTOS Impossible à manquer : ils se trouvent à profusion dans les SAQ et se multiplient aussi en épiceries.Déjà bien présents l\u2019été dernier, les prêts-à-boire font un retour fulgurant pour la belle saison et les nouveautés sont légion.Le Mag a goûté à plusieurs cocktails en canette lancés dernièrement, sans oublier la nouvelle tendance des hard seltzers, ces «?eaux pétillantes alcoolisées?» qui déferlent sur le marché.RAPHAËLLE PLANTE Le Soleil Nous avons sélectionné des produits québécois, à une exception près (on vous laisse trouver laquelle!) Bien sûr, il s\u2019agit ici d\u2019appréciations personnelles.Une chose est sûre : il y en a pour tous les goûts! 1 HARD SELTZERS CHERRY RIVER La microdistillerie de l\u2019artiste entrepreneur Marc Dupré propose plusieurs spiritueux, mais Cherry River s\u2019est aussi lancé dans la production de hard seltzers, ces «eaux pétillantes alcoolisées» qui font un malheur chez nos voisins états-uniens.Trois saveurs originales sont proposées : cerise noire-canneberge, yuzu-lime et pêche-basilic \u2014 les deux dernières variétés ont d\u2019ailleurs remporté chacune une médaille d\u2019argent au US Open Beverage Championship ce printemps.Ces boissons de malt contenant de l\u2019eau gazéifiée et un arôme naturel comptent 2 g de sucre et 90 calories par canette de 355 ml.L\u2019arôme est assez léger, si bien qu\u2019on a moins aimé la variété yuzu-lime, car on y décelait davantage le goût du malt \u2014 un moins pour l\u2019autrice de ces lignes.Par contre, on a apprécié les deux autres saveurs.Heureusement que le taux d\u2019alcool n\u2019est que 4 %, parce que ça se boit (presque) tout seul! En vente dans les épiceries et dépanneurs, prix de détail suggéré : 9,99 $ pour quatre canettes (aussi offerts en format de 473 ml).Info : cherryriver.ca 2 PALOMA DE COMONT Amateurs d\u2019agrumes, vous risquez bien de tomber sous le charme du Paloma de Comont \u2014 Maîtres distillateurs! L\u2019entreprise de Bed- ford en Montérégie a réinterprété ce cocktail vedette du Mexique en mélangeant son spiritueux d\u2019agave (au lieu de la traditionnelle tequila) avec des jus de pamplemousse, de lime et d\u2019orange sanguine.Le goût du pamplemousse est bien présent dans ce cocktail pétillant avec une bonne dose d\u2019acidité, ce qui réjouit grandement nos papilles! Signalons que le spiritueux d\u2019agave de Comont est fermenté et distillé dans ses installations à partir d\u2019agave bleu biologique importé directement d\u2019un producteur de la région du Jalisco au Mexique.Prix : 14,20 $ pour quatre canettes de 355 ml (4,5 % alc./vol.), en vente à la SAQ (code 14 700 497).Info : comont.ca 3 MIELE SOUR DES SPIRITUEUX IBERVILLE C\u2019est LE cocktail de l\u2019été à notre avis! Si vous êtes du genre amaretto sour, ce prêt-à-boire est pour vous! L\u2019entreprise montréalaise Les Spiritueux Iberville, qui produit notamment l\u2019amaretto Miele (légèrement sucré au miel) et le Miele crème, propose le renversant Miele Sour, une limonade à l\u2019amaretto qui ravit notre palais.Bien sucré, le cocktail pétillant présente un bel équilibre entre le goût de l\u2019amaretto (des arômes de pâte d\u2019amande, de miel et d\u2019abricot) et celui du citron, suret à souhait.On fait des réserves pour la plage, le parc, le chalet\u2026 Prix : 16 $ pour quatre canettes de 355 ml (7 % alc./vol.), en vente à la SAQ (code 14 699 035).Info : spiri- tueux-iberville.com 4 CONIFÈRE DE LA DISTILLERIE WABASSO Vous aimez la bière d\u2019épinette?Vous savez, celle qui n\u2019a de bière que le nom et qui est plutôt une eau gazéifiée avec de l\u2019essence d\u2019épinette et du sucre?Si oui, vous aimerez cette version alcoolisée au gin de la Distillerie Wabasso, à Trois-Rivières, qui produit d\u2019ailleurs le gin Conifère avec les mêmes aromates \u2014 épinette noire, citron, romarin notamment.Bien que ce prêt-à-boire soit moins dans notre palette de goût, on l\u2019a trouvé fort intéressant, mais peut-être un brin trop sucré.Si ça vous intrigue vous aussi, Wabasso signifie «lapin blanc comme neige» dans la langue des Ojibwés, un peuple des Premières Nations, signale la distillerie qui a fait de l\u2019animal son emblème.Prix : 15,20 $ pour quatre canettes de 250 ml (7 % alc./vol.), en vente à la SAQ (code 14 698 585).Info : distil- leriewabasso.com 5 CAESAR MATT & STEVE Les quelques Caesar prêts-à- boire essayés auparavant ne nous avaient jamais totalement convaincue\u2026 jusqu\u2019à celui-ci.Le Caesar Matt & Steve Original légèrement épicé rend honneur à ce cocktail canadien par excellence qu\u2019on affectionne particulièrement.Produit au Québec par une entreprise de l\u2019Ontario, le prêt-à-boire à base de vodka canadienne est somme toute bien épicé et riche en saveurs.Son secret?Il contient de la saumure de haricots marinés The Extreme Bean, la garniture à cocktail que les amis Matt & Steve ont développée il y a une vingtaine d\u2019années pour pimper les Caesar et remplacer l\u2019ennuyeux céleri.Le mélange est franchement réussi! Pour l\u2019instant, seule la version originale légèrement épicée est disponible au Québec, mais gageons que la version «hot & spicy» qu\u2019on retrouve dans d\u2019autres provinces fera son arrivée prochainement (du PRÊTS-À-BOIRE : 10 NOUVEAUTÉS AU BANC D\u2019ESSAI P H O T O F O U R N I E P A R C H E R R Y R I V E R P H O T O F O U R N I E P A R O S H L A G P H O T O F O U R N I E P A R C O M O N T \u2013 M A Î T R E S D I S T I L L A T E U R S 1 laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M27 RÉGAL ET RESTOS moins on l\u2019espère!) Prix : 3,60 $ la canette de 473 ml (5,5 % alc./vol.), en vente à la SAQ (code 14 701 271).Info : mattandsteve.com 6 EAUX PÉTILLANTES ALCOOLISÉES OSHLAG SELTZER Pour la belle saison, la brasserie montréalaise Oshlag propose ses trois eaux pétillantes alcoolisées aux saveurs de goyave, de citron et de mangue.À 110 calories et 1 gramme de sucre pour un taux d\u2019alcool de 4,5 %, les breuvages gazéifiés Oshlag Seltzer sont tout en légèreté et en retenue.Loin d\u2019éclater en bouche avec vigueur, leur goût persiste doucement sans arrière-goût de malt trop costaud.Notre parfum favori est sans hésitation la goyave (combinée à la rhubarbe) qu\u2019on a aimée pour sa douceur tropicale et sa fraîcheur.Viennent ensuite le citron juste assez acidulé (agrume yuzu et gingembre), puis la mangue (avec ananas), qui nous a moins plu, peut- être parce qu\u2019on identifiait moins bien le fruit.Verdict : des boissons de soif rafraîchissantes pour ceux qui aiment les eaux fruitées et les bulles.Prix : 14,50 $ pour six cannettes de 355 ml en dépanneurs, boutiques et épiceries.Info : oshlag.com FRANCIS HIGGINS 7 MOJITO DE LA DISTILLERIE DE MONTRÉAL Ce cocktail s\u2019adresse aux aficionados de rhum épicé\u2026 on précise tout de suite que ce n\u2019est pas notre cas (on préfère de loin le rhum blanc), mais on perçoit néanmoins les qualités de ce prêt-à-boire.Élaboré à partir du rhum brun épicé Rosemont de la Distillerie de Montréal, le mojito marie la menthe fraîche du jardin \u2014 bien dosée \u2014 à la lime et à un bouquet d\u2019épices maison pour nous transporter quelques instants à Cuba (ajoutez du Bue- na Vista Social Club en trame de fond pour une immersion encore plus réussie!) Prix : 18,20 $ pour quatre canettes de 355 ml (7 % alc./vol.), en vente à la SAQ (code 14 398 751).Info : distille- riedemontreal.com 8 AVRIL AMARETTO FIZZ DE LA DISTILLERIE MARIANA L\u2019amaretto québécois Avril fait un malheur depuis son lancement en 2018 et on constate déjà un fort engouement pour le premier prêt-à- boire de la Distillerie Mariana, l\u2019Amaretto Fizz.On peut le comprendre, et les amateurs d\u2019amaretto ne seront pas déçus.Une mise en garde toutefois : c\u2019est\u2026 très sucré! On ajouterait un trait de citron pour mieux équilibrer les saveurs, et beaucoup de glace pour le servir (comme tout bon cocktail qui se respecte, me direz- vous).La distillerie fait une précision quant aux ingrédients : on y lit que le prêt-à-boire contient de la vodka et non de l\u2019amaretto, car l\u2019entreprise est tenue de lister les ingrédients qui composent la liqueur (vodka, aromates ou arômes naturels et sucre).Prix : 14,20 $ pour quatre canettes de 355 ml (7 % alc./vol.), en vente à la SAQ (code 14 699 588).Info : @avrilamaretto sur Facebook (site en refonte) 9 GINGRIA DE LA DISTILLERIE STADACONÉ Clin d\u2019œil à la traditionnelle sangria espagnole, la Gingria de la Distillerie Stadaconé à Québec est élaborée à partir du gin Stadaconé Rouge et de jus de canneberge marié à un goût d\u2019agrumes (extrait de citron, arômes naturels de mandarine et d\u2019orange notamment).Honnêtement, on trouve la référence à la sangria un peu exagérée, si ce n\u2019est de la belle couleur rouge, mais le cocktail pétillant qui en résulte est convainquant.On apprécie particulièrement le fait qu\u2019il est peu sucré.À découvrir, et les petites canettes de 250 ml se vident rapidement! Prix : 15,20 $ pour quatre canettes de 250 ml (5 % alc./vol.), en vente à la SAQ (code 14 699 596).Info : stadacone.com 10 COSMO DE LA DISTILLERIE NOROI Avec son goût d\u2019agrumes et de can- neberge, le Cosmopolitain est un cocktail tout indiqué pour la saison estivale.Et la Distillerie NOROI de Saint-Hyacinthe réussit avec brio à proposer une version prête à boire en canette! Élaboré avec des spiritueux NOROI \u2014 vodka citron & lime, liqueur d\u2019orange \u2014 et du jus de canneberge de la compagnie québécoise Fruit d\u2019or, le cosmo pétillant est franchement délicieux et rafraîchissant.À servir bien froid, avec de la glace si possible, pour déguster lentement sous le chaud soleil (son degré d\u2019alcool est tout de même de 7 %).On adopte sans hésiter! Signalons que NOROI a aussi lancé une vodka soda pour ceux qui recherchent un mélange tout léger, sans sucre ajouté\u2026 de notre côté on passe.Prix du cosmo : 14 $ pour quatre canettes de 355 ml, en vente à la SAQ (code 14 699 641).Info : distillerienoroi.com P H O T O F O U R N I E P A R C O M O N T \u2013 M A Î T R E S D I S T I L L A T E U R S P H O T O T I R É E D E L A P A G E F A C E B O O K D E L A D I S T I L L E R I E M A R I A N A P H O T O T I R É E D E L A P A G E F A C E B O O K D E L A D I S T I L L E R I E S T A D A C O N É P H O T O T I R É E D E L A P A G E F A C E B O O K D E S S P I R I T U E U X I B E R V I L L E P H O T O T I R É E D E L A P A G E F A C E B O O K D E L A D I S T I L L E R I E W A B A S S O P H O T O F O U R N I E P A R L A D I S T I L L E R I E N O R O I P H O T O F O U R N I E P A R O S H L A G 2 3 4 5 6 7 8 9 10 SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M28 leSoleil samedi 29 mai 2021 M59 le p\u2019tit mag les sciences t\u2019intéressent?tu te poses des questions sur les animaux, les plantes, l\u2019espace ou n\u2019importe quelle autre partie du monde qui t\u2019entoure?alors, envoie-les-moi à jfcliche@lesoleil.com.Une fois par mois, je répondrai à une des questions que tu m\u2019envoies.Q est-ce que l\u2019univers va s\u2019éteindre un jour?Marwa R On sait que l\u2019univers a commencé il y a près de 14 milliards d\u2019années, mais on ne sait pas comment il va finir.Pour tout dire, les astronomes ne savent même pas si notre univers aura vraiment une fin ou s\u2019il peut se poursuivre dans le temps jusqu\u2019à l\u2019infini.Tout ce qui est clair, c\u2019est qu\u2019on n\u2019a présentement aucune raison de croire que cela va se produire avant des milliards et des milliards d\u2019années! il existe plusieurs théories qui ont tenté d\u2019imaginer comment notre univers allait se terminer.Par exemple, comme il est en expansion continuelle depuis ses débuts \u2014 que l\u2019on appelle d\u2019ailleurs Big Bang, ou «le Gros Boum» en français \u2014, certains chercheurs se sont dit qu\u2019à cause de la gravité, les galaxies s\u2019attirent les unes les autres et que cela allait peut-être finir par mettre un terme à cette expansion.dans ce scénario, que l\u2019on appelle Big Crunch ou «le Gros effondrement», l\u2019Univers finit par se replier sur lui-même.de même, comme la température de l\u2019Univers était infiniment élevée lors du Big Bang et qu\u2019elle diminue progressivement depuis, d\u2019autres astronomes croient que l\u2019Univers va «geler», pour ainsi dire, quand sa température s\u2019approchera trop du «zéro absolu» (soit -273 °C, la température qui marque l\u2019absence totale d\u2019énergie).C\u2019est la théorie du Big Freeze, ou «Grand Gel» en français.mais tout cela est très, très théorique, d\u2019abord parce qu\u2019on ne sait pas si c\u2019est bien ce qui va se passer, et ensuite parce que c\u2019est extraordinairement loin dans l\u2019avenir.Pour te donner une idée, dans le scénario Big Freeze, il n\u2019y aura pas vraiment de conséquences perceptibles avant des dizaines, voire des centaines de milliards d\u2019années.alors, disons que ça donne le temps de profiter de la vie.RUBRIQUE PRÉPARÉE PAR JEAN-FRANÇOIS CLICHE La vie de l\u2019univers PhOTO 123RF/YURiY mazUR le jeU des 7 eRReURs Ces deux CariCatures d\u2019andré-PhiLiPPe Côté sont en aPParenCe identiques.en réaLité, iL y a 7 erreurs.Es-tu obsErvatEur?soLutIoN 1 le pictogramme sur la carte 2 la souris d\u2019ordinateur 3 Une balançoire manquante 4 Une pierre sur le mur 5 Un sapin en plus 6 le motif sur le ballon 7 Une rayure sur le pantalon de la fillette laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M29 ACTUALITÉS U n ado étudie pour ses examens.Il relit ses notes, tente de mémoriser les dates, les noms, les formules, les concepts.Mais aux deux minutes \u2014 ding! \u2014, une notification retentit sur son téléphone.Au début, il se contente de jeter un oeil sur son écran.Mais bien vite, il ne peut pas résister.Il échange quelques textos avec sa nouvelle flamme.Il va lire les commentaires sous sa publication sur Facebook, vérifie qui a aimé sa photo sur Instagram ou qui a partagé sa vidéo sur TikTok.Et le jour de l\u2019examen, il se plante.« Je comprends pas, j\u2019ai passé full de temps à étudier! » se lamente-t-il.« Le problème, c\u2019est ton téléphone », expliquent ses parents.Quand tu es interrompu dans une tâche, tu as besoin de 50 % plus de temps et tu fais 50 % plus d\u2019erreurs.Ton cerveau est câblé pour se concentrer sur une tâche à la fois.Le multitâche est un mythe! « Ok, promet l\u2019ado, je vais arrêter de regarder mon téléphone quand j\u2019étudie. » Mais bien sûr, il n\u2019y arrive pas.Son téléphone est irrésistible.Les notifications continuent à charcuter son temps d\u2019étude.Et l\u2019ado continue à réussir moins bien que ce qu\u2019il devrait.Que devraient faire ses parents?A) Le sermonner sur l\u2019importance d\u2019obtenir de bonnes notes pour son avenir.B) Le menacer de confisquer son cellulaire jusqu\u2019à ce que ses résultats scolaires remontent.C) Lui suggérer de placer son téléphone à l\u2019autre bout de la maison pendant qu\u2019il étudie.Le réflexe, pour beaucoup de gens, est de choisir l\u2019option A.Quand les choses ne vont pas à notre goût, on essaie de jouer sur la motivation, on est prompts sur le sermon.Et si ça ne fonctionne pas, on saute à l\u2019option B, on sévit, on punit.Mais il y existe une autre option, moins moralisatrice et moins coercitive, que les scientifiques du comportement appellent la « modification situationnelle ».En gros, cette tactique consiste à modifier notre environnement pour que ce soit plus facile de résister aux tentations.C\u2019est ce que vous faites quand vous confiez vos clés de voiture à votre hôte pour éviter de conduire en état d\u2019ébriété.Quand vous demandez au serveur de ne pas vous présenter le menu des desserts.Ou quand vous programmez des virements automatiques dans votre compte épargne.Alors, pourquoi ne pas utiliser cette stratégie avec le téléphone?Ancienne prof de maths devenue professeure de psychologie à l\u2019Université de Pennsylvanie, Angela Duckworth étudie le contrôle de soi et le développement du caractère.Elle a aussi fondé le Character Lab, un organisme à but non lucratif destiné à faire progresser les connaissances scientifiques qui aident les enfants à s\u2019épanouir.Dans un billet récent sur le site de Character Lab, elle partageait une expérience menée auprès de milliers d\u2019élèves du secondaire sur le temps d\u2019étude et le cellulaire.Les résultats étaient convaincants : plus les élèves gardaient leur téléphone loin d\u2019eux lorsqu\u2019ils étudiaient, plus leurs notes étaient élevées.Les étudiants qui posaient leur téléphone à côté d\u2019eux, le son ouvert et l\u2019écran vers le haut, obtenaient les notes les plus basses.Ceux qui plaçaient leur cellulaire près d\u2019eux, mais pas dans leur champ de vision, réussissaient un peu mieux.Ceux qui avaient carrément déposé leur téléphone dans une autre pièce atteignaient les meilleurs résultats.L\u2019expérience établissait une corrélation et non un lien de causalité.Mais elle suggère que l\u2019astuce a fonctionné.Pourquoi?Tout simplement parce qu\u2019il est plus facile de résister à une tentation quand elle n\u2019est pas devant vous.On dit « Loin des yeux, loin du coeur » quand l\u2019éloignement de deux personnes affaiblit l\u2019affection qu\u2019elles se portent mutuellement.Avec le téléphone, on peut dire que l\u2019éloignement affaiblit la tentation.Loin des yeux, loin du cell.Et de meilleures notes en prime.Les « likes » peuvent bien attendre.MARC ALLARD CHRONIQUE mallard@lesoleil.com NOUS, LES HUMAINS Loin des yeux, loin du cell Plus les élèves gardaient leur téléphone loin d\u2019eux, plus leurs notes étaient élevées.Difficile de ne pas toucher au téléphone quand il est près de soi, même quand on est censé étudier.\u2014 PHOTO 123RF, ELNUR AMIKISHIYEV SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M30 ACTUALITÉS D\u2019 où provient cette manie de mettre un « ce » devant les jours de la semaine, parfois à répétition?Cette façon d\u2019insister devrait être utilisée avec parcimonie, dans des occasions bien précises.Normand Boivin Saguenay En fait, il faudrait, la plupart du temps, éviter des tournures comme « ce mardi », « ce jeudi » ou « ce samedi » quand on parle d\u2019une journée à venir, notamment pour se prémunir d\u2019une grande confusion du côté anglo-saxon.Et qui a commencé à nous contaminer, comme je le constate à l\u2019occasion.Cette erreur a pour origine le fait qu\u2019en anglais, il est possible d\u2019utiliser l\u2019adjectif démonstratif this (ce, cet, cette) pour désigner le prochain événement.Ainsi, si vous lisez cette chronique samedi ou dimanche, le mercredi qui suit pourra être appelé « this Wednesday », et le vendredi d\u2019après, « this Friday ».Cette façon de faire s\u2019est déjà transposée dans le français québécois, et beaucoup de gens diront « ce mercredi », « ce jeudi » ou « ce vendredi » pour parler de ces journées qui arriveront au cours des sept prochaines.Le problème, c\u2019est que beaucoup d\u2019anglophones en sont venus à croire que, vu que « this Wednesday » désigne le premier mercredi qui suivra, alors « next Wednesday » (mercredi prochain) doit être réservé pour\u2026 le mercredi de la semaine suivante! Et cette confusion a fini par se répandre à d\u2019autres situations temporelles, comme les mois, les saisons et les années.Je l\u2019ai vécu il n\u2019y a pas si longtemps dans une conversation avec un ami torontois.Nous étions en été 2019 et il s\u2019est mis à me parler de l\u2019élection américaine de 2020 en la désignant comme la « next fall election » (l\u2019élection de l\u2019automne prochain).Pour lui, l\u2019automne 2019, c\u2019était « this fall » (cet automne), et l\u2019automne 2020, « next fall » (l\u2019automne prochain).Et beaucoup d\u2019anglophones raisonnent de la même façon.Mais c\u2019est un phénomène que j\u2019ai aussi constaté en français, bien que dans une moindre mesure.Admettons que nous sommes dimanche et qu\u2019une personne me parle d\u2019un événement devant avoir lieu le lundi ou le mardi de la semaine suivante.Plusieurs auront alors tendance à dire « lundi prochain, mardi prochain » pour être certaines qu\u2019il n\u2019y ait pas confusion.LUNDI PROCHAIN, C\u2019EST-À-DIRE.DEMAIN Le problème, c\u2019est que cela contrevient à la définition du mot prochain, laquelle n\u2019a pas changé et désigne la chose qui vient immédiatement après le moment où l\u2019on parle.Ce qui signifie que le véritable prochain lundi, si nous sommes un dimanche, est bel et bien le lendemain.Et le prochain mardi, le surlendemain.Mais pour bien des locuteurs, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, parce que, dans leur esprit, le mot prochain s\u2019accompagne d\u2019un certain délai.Parler du lendemain avec le mot prochain leur paraît fautif.Ce que je peux comprendre.Alors que faire?Évidemment, pour parler des prochains lundi et mardi, vous éviterez toute méprise en utilisant demain et après-demain.Vous pouvez aussi simplement dire lundi ou mardi, car il est alors implicite que vous parlez des prochains.Autrement dit, « ce lundi » et « ce mardi » sont des pléonasmes quand il est question d\u2019une journée se trouvant dans la même semaine.La manifestation aura lieu mardi (et non ce mardi).Et si vous souhaitez parler du lundi et du mardi de la semaine prochaine, dites-le exactement comme je viens de le faire.Les terrasses extérieures des bars pourront ouvrir le 11 juin, soit vendredi de la semaine prochaine.D\u2019HIER ET DE DEMAIN Maintenant, est-ce que cela signifie qu\u2019on ne peut absolument jamais dire « ce lundi », « ce décembre » ou « cet automne » en français?Bien sûr que l\u2019on peut, mais c\u2019est généralement pour parler du moment présent.De la même façon que l\u2019on dit « cette semaine », « ce mois-ci » ou « cette année » lorsqu\u2019il est question de la semaine, du mois ou de l\u2019année en cours.C\u2019est pour moi un grand honneur de vous recevoir aujourd\u2019hui, en ce lundi de la fête du Travail.Mais il y a exception lorsqu\u2019on parle d\u2019un moment rapproché, tels « ce matin », « ce midi », « ce soir », « cette nuit ».Pour cette situation précise, Usito donne comme définition à l\u2019adjectif démonstratif ce : « Sert à désigner un moment proche du présent. » La particularité de cette formule, c\u2019est qu\u2019on peut y recourir aussi bien pour parler d\u2019un moment futur que passé.C\u2019est le temps de la phrase qui détermine si l\u2019on parle d\u2019un moment à venir ou déjà terminé.Ce matin, je me suis levé pour rien.Notre réunion aura lieu ce soir comme prévu.À partir de là, on peut présumer que c\u2019est par mimétisme de ce cas précis, ou alors par anglicisme, que beaucoup de gens diront « ce mercredi » ou « cet été » pour parler d\u2019un moment passé ou à venir, s\u2019appuyant sur le temps de la phrase pour faire la distinction.Cet été, je ferai un jardin (l\u2019été prochain).Les événements se sont produits cet hiver (l\u2019hiver dernier).Il nous a donné rendez-vous ce jeudi (jeudi prochain).C\u2019est ce lundi que le conseil municipal a pris sa décision (lundi dernier).TANTÔT PRÉSENT, TANTÔT PASSÉ, TANTÔT FUTUR Remarquez, je ne crois pas que cette tournure crée une quelconque forme de confusion.Mais cela donne quand même une étrange situation, où l\u2019adjectif démonstratif ce peut désigner tantôt un moment présent (« cette semaine, cette année »), tantôt un moment futur ou passé.J\u2019en déduis qu\u2019il vaudrait mieux privilégier, du moins dans la langue soutenue, les adjectifs dernier et prochain.Évidemment, on ne demandera pas à Clémence DesRochers de réécrire le refrain de sa plus célèbre chanson, mais en dehors des licences poétiques, on commence à trop s\u2019éloigner de la définition des dictionnaires, soit un moment proche du présent.Cette proximité n\u2019est pas définie, mais lorsqu\u2019on fouille dans les principaux dictionnaires, on ne trouve pas d\u2019exemple autre que « ce soir, ce matin, ce midi, cet après-midi, cette nuit ».C\u2019est aussi en regardant dans les dictionnaires d\u2019anglais les plus connus que je déduis que les anglophones qui font une différence entre « this summer » et « next summer » se fourvoient.Car s\u2019ils avaient raison, il y aurait quelque part un ouvrage reconnu qui ferait cette précision et qui expliquerait que le mot next peut désigner à la fois quelque chose qui vient tout de suite après le moment présent, de même que la deuxième chose à venir après le même moment présent.Mais le seul que j\u2019ai trouvé qui fait une place à une telle définition est le Macmillan, un dictionnaire web gratuit\u2026 auquel le grand public peut contribuer.Alors, chers amis anglophones, c\u2019est peut-être un peu frustrant de recevoir une leçon d\u2019anglais de la part d\u2019un francophone, mais il faut vous rendre à l\u2019évidence : quand vous parlez de « this Friday » et de « next Friday », vous parlez de la même journée.PERLES DE LA SEMAINE Ces étudiants ont moins de chances de gagner à l\u2019émission Génial qu\u2019à la Poule aux œufs d\u2019or.Un corps peut se présenter à l\u2019état solide, à l\u2019état liquide et à l\u2019état vaseux (gazeux).Pour observer un tremblement de terre, il faut monter dans l\u2019échelle de Richter.Quand on voit de l\u2019eau qui prend feu, c\u2019est que ce n\u2019est pas de l\u2019eau.Les gaz reprennent leur volume quand on cesse de les comprimer, car ils contiennent des élastiques.Un aimant provoque l\u2019attroupement des atomes de fer.Source : Le sottisier du bac, Philippe Mignaval, Hors Collection, 2007 Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca C\u2019est quand, « cet été »?\u2014 PHOTO 123RF laTribune SAMEDI 29 MAI 2021 M31 STEVE GOSSELIN bénévolat/engagement JÉRÔME GAUDREAU jerome.gaudreau@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Lorsque Steve Gosselin était enfant, ses yeux devenaient grands comme des 25 sous lorsqu\u2019il se présentait au Palais des sports, à la Classique Pif ou aux différents événements sportifs de Sherbrooke.Tout le fascinait, même les vendeurs de popcorn.Il savait alors déjà où passer ses temps libres.Et ce, jusqu\u2019à son décès causé par la COVID-19 survenu au mois d\u2019avril.« Finalement, l\u2019une des premières choses qu\u2019il a faites comme implication dans le monde du sport de Sherbrooke, c\u2019est vendre du popcorn durant les matchs! » lance sa mère Céline Gosselin.C\u2019était alors le début d\u2019une belle et longue épopée pour Steve Gosselin dans le milieu événementiel.Tout naturellement.Vice-président du Tournoi Novice-O-Rama, gouverneur des Expos junior AA de Sherbrooke, responsable des marqueurs chez Hockey Estrie et animateur radio d\u2019une émission de sports sur les ondes de la radio communautaire de CFLX : l\u2019horaire de Steve Gosselin était des plus chargés, et ce, malgré son travail chez Sherweb et son implication chez les officiels mineurs du Phœnix de Sherbrooke.« Il trouvait quand même toujours le temps de venir nous livrer un café à la maison et des beignes, poursuit sa mère.Steve était plutôt réservé, mais il aimait s\u2019impliquer.Il ne nous disait pas tout.On ne savait même pas qu\u2019il était devenu le gouverneur des Expos junior AA. » Plus jeune, Steve Gosselin s\u2019impliquait déjà partout.« Il aimait donner son nom comme bénévole à la Fête du lac des Nations.L\u2019un de ses bons souvenirs, c\u2019est lorsqu\u2019il accompagnait Julie Masse pour entrer ou quitter la scène.Même à l\u2019adolescence, il était déjà un annonceur à la Classique Pif.Il était camelot aussi à La Tribune en plus le matin.Il a joué au baseball et au hockey, mais pas longtemps.Ce qu\u2019il aimait lui, c\u2019était de s\u2019impliquer dans les différentes organisations d\u2019événements.C\u2019est ce qui l\u2019impressionnait », se souvient sa mère.Nommé à titre posthume au Mérite estrien, Steve Gosselin aurait dû recevoir cet honneur de son vivant.Parce qu\u2019il n\u2019y a pas meilleur exemple dans la catégorie Bénévolat.« Il a dû donner de son temps p e n d a n t 1 5 a n s a u To u r n o i international bantam de Sherbrooke et 25 ans au Pif et au Novice-O-Rama.Il aimait ça! » soutient son père Claude Gosselin, qui a vu son fils participer à plusieurs éditions d\u2019Opération Nez Rouge de 1993 à 2005 tout en l\u2019accompagnant la plupart du temps.« Mon frère donnait ce qu\u2019il avait et ce qu\u2019il pouvait.C\u2019est en devenant arbitre au baseball ou bien marqueur et annonceur que Steve a formé son cercle social.C\u2019est seulement après son décès que j\u2019ai compris à quel point Steve s\u2019impliquait partout et qu\u2019il était apprécié de plusieurs gens.La vague d\u2019amour à la suite de son décès était impressionnante », confie Julie Gosselin.Décédé à l\u2019âge de 44 ans, Steve Gosselin a été porté à son dernier repos le 22 mai, alors qu\u2019il aurait dû célébrer son 45e anniversaire.« Il avait peur de la COVID.Il faisait très attention.Il avait hâte que les vaccins arrivent! Finalement, on a reçu les papiers officiels : son décès a été causé par la COVID-19.Ça nous fait bizarre de parler de lui au passé aujourd\u2019hui », soutient sa sœur.« C\u2019est invraisemblable ce qui s\u2019est passé, confirme sa mère Céline Gosselin.Mais aujourd\u2019hui, on est très fiers de lui, surtout en voyant tous ces éloges à son endroit.Le Pif aura eu le temps de l\u2019honorer en 2019, juste avant la pandémie, en lui réservant une belle soirée.On le considérait comme un rouage très important.Il s\u2019impliquait à fond dans tout ce qu\u2019il entreprenait. » La pomme n\u2019était toutefois pas tombée bien loin de l\u2019arbre.« Son père était entraîneur bénévole au baseball et moi, j\u2019aidais à l\u2019animation chez les scouts, informe Céline Gosselin.Steve n\u2019a jamais cherché la reconnaissance et n\u2019a jamais été quelqu\u2019un qui était à l\u2019argent.Être bénévole pour lui, c\u2019était juste normal. » D\u2019enfant émerveillé à grand bénévole REPÈRES Né le 22 mai 1976 à Sherbrooke Fils de Céline et Claude Gosselin, frère de Julie Gosselin A fréquenté les écoles Cœur-Immaculé, St-François et Le Ber Programmeur chez Sherweb Bénévole au Novice-O- Rama, à la Classique Pif, au TIBS Les parents de Steve Gosselin, Céline et Claude, et sa soeur Julie.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MAXIME PICARD 0057510 PARTENAIRES COMMANDITAIRES Écoutez l\u2019estrie s\u2019entretient avec la personnalitÉ du MÉrite estrien dès 15h30 regardez la capsule du MÉrite estrien au tÉlÉjournal estrie 18h SAMEDI 29 MAI 2021 laTribune M32 0063957 13 000$ DE REMISES GOUVERNEMENTALES 3 000$ DE RÉDUCTION SUR MODÈLES SÉLEC.500$ CRÉDIT BORNE ÉLECTRIQUE 0$ D\u2019ACOMPTE 2,99% D\u2019INTÉRÊTS /SEM 99$ LOCATION 48 MOIS À PARTIR DE 2 285$ D\u2019ACOMPTE 2,99% D\u2019INTÉRÊTS /SEM 55$ LOCATION 60 MOIS À PARTIR DE "]
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