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Titre :
La terre de chez nous
Éditeurs :
  • Montréal :Union catholique des cultivateurs,1929-,
  • Montréal :UPA
Contenu spécifique :
mercredi 13 mars 1968
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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La terre de chez nous, 1968-03-13, Collections de BAnQ.

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[" i ¦ W\t^ , °I0LIotJ*,ü3~7-7 1 irï&wni: le SEUL\th e W -\t1 F,4-\tAGRICOLE\tFRANÇAIS\tD'AMERIQUE Port payé i Québtc\t\t\tVol.XL - No 1 - Montréal, 13 MARS 1968 ÿBjjwf s - an JtuStk n.v A \u2022 wm Dégrèvement probable de la taxe scolaire page ( Blocage au ministère des terres et forêts himhiiH iin'in~''iTHiiiiniiwTiMr page 7 Coopération, plan conjoint et syndicalisme ______ - page 16 Le beau bilan des Assurances UCC en 1967 page 17 Sentence arbitrale PROPOS D\u2019UN AGRONOME l Au hasard des rencontres.par Jean-Charles MAGNAN Lucien VALLIERE Cultivateur à Saiata-Catharisa 4a Partaaaf J\u2019ai sur ma liste le nom de ce cultivateur, n est abonné à \u201cLa Terre de Chez Nous\u201d.Il habite Sainte-Catherine.Cette paroisse, située aux premiers contre-forts des Laurentides, à une vingtaine de milles de Québec, fut ouverte en 1832.Elle porta d\u2019abord le nom de Saint-Patrice, probablement parce qu\u2019il s\u2019y trouvait jadis plusieurs familles irlandaises.En effet, on y rencontre des Duff, Leahy, O\u2019Hearn, Bowles et Keenan, etc.M.Vallière demeure à environ quatre milles de l\u2019église, dans le rang Belair, nommé aujourd\u2019hui rue des Erables.Je m\u2019y rends, sur une route de glace vive, à petite vitesse.Autour de moi, c\u2019est la blanche étendue de neige, coupée ici et là par des maisons, des bosquets et des bâtiments de ferme.Tout à coup, une boite postale m\u2019indique le nom de Vallière.A la porte, une jeune fille de 14 ans m\u2019accueille.Elle a les yeux sombres, les lèvres écarlates; elle est jeune et fraîche comme une laitue.Elle va quérir son père, travaillant tout près.Il arrive un peu surpris.Je lui fais part de ma mission; relater la vie des cultivateurs abonnés a \u201cLa Terre de Chez Nous\u201d, parler de leurs travaux, de leurs vues et leurs aspirations.C\u2019est alors que M.Vallière me raconte sa jeunesse, ses dures années de labeur, sa vigueur d\u2019autrefois.Il est doué d\u2019une remarquable habileté de parole.Une bonne demi-heure se passe ainsi.Je l\u2019interromps pour me renseigner sur ses productions, sa ferme, son troupeau, etc.- Hélas, monsieur, vous tombez mal, dit-il, j\u2019ai vendu ma terre et je ne cultive plus ! Je n\u2019ai gardé, pour notre usage, qu\u2019un cheval et deux vaches.\u201d -\tPourquoi avez-vous quitté votre métier de cultivateur, ajoutai-je?-\tJ\u2019ai vendu ma terre à Edouard Bertrand, mon voisin, parce que ma santé ne me permet plus d\u2019accomplir les durs travaux de l\u2019agriculture.^C\u2019est l\u2019asthme et le mauvais état de mon coeur qui m\u2019ont obligé a tout laisser, conclut M.Vallière.Ce dernier évoque l\u2019époque ou on le voyait comme un vigoureux travailleur, bûcheur, ef *r?n \u201csucrier\u201d.Il entaillait 1150 érables.L\u2019ouvrage dur, le surcroît de travail, au chaud et au froid, les refroidissements, etc., lui ont ravi sa^santé de jadis.En me confiant son passé et ses épreuves, M.Valliere me paraissait conserver un bon moral et un réel courage, en face de son état actuel d\u2019existence.Comme on le voit, les épreuves et les soucis atteignent la classe agricole, comme les autres classes.On dirait, néanmoins, que les afflictions de la vie ouvrent l\u2019esprit à des lumières et à un genre de_ sagesse que la prospérité ne discerne pas toujours.Tenir quand meme, c\u2019est l\u2019une des formes du courage.Dans sa situation, M.Valliere m\u2019a paru rester serein et optimiste.Son épouse et sept enfants, tous en bas de seize ans, apprécient sûrement les qualités de ce chef de famille.En somme, le bien seul que l\u2019on fait demeure.C\u2019est par lui que l\u2019existence reste quelque chose qui compte.! Mon camarade et moi quittâmes la famille Vallière, en songeant que chacun de nous, dans la vie, porte le poids de ses épreuves.Personne n\u2019en est exempt.Comme l\u2019homme, le paysage qui nous entoure, avec son soleil et son hiver, avec ses pluies et ses bourrasques, le paysage, dis-je, subit lui aussi ses contretemps, en poursuivant son immuable destinée.PENSEES profondes ; \u201cIlexiste deux sortes de gens : les bons et les méchants.Et la classification est faite par les bons\u201d.SELON un spécialiste, il peut être aussi néfaste pour la santé de supprimer le pain et les féculents dans un régime que d\u2019en abuser .A MONTMARTRE, on trouve un restaurant qui se nomme \u201cL\u2019Enfer\u201d.Et, à la porte, il y a une affiche : \u201cSalle climatisée\u201d .UNE ENQUETE faite aux Etats-Unis révèle que les enfants sont plus heureux si leurs parents utilisent une méthode d\u2019éducation ferme plutôt quetrop indulgente .|»Ü erre Propriété de l'U.C.C.FONDE EN 1929 515, avenue Viger, Montréal - Tel.288-6141 Le seul hebdomadaire agricole français d\u2019Amérique DIRECTEUR: Paul-Henri LAVOIE, b.s.a.REDACTEUR EN CHEF: Pierre COURTEAU SECRETAIRE DE REDACTION: Alain MOURLEVAT Publié le mercredi de chaque semaine Abonnement: 1 an, $1.00; 3 ans, $2.00; 5 ans, $3.00 Membre de I\u2019*Audit Bureau of Circulation* Composition/Montage : LITHOGRAPHIE RIVE SUD Imprimé par Les Presses Lithographiques (1965) Inc.Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé i aiironchissement en numéraire et l*envoi comme objet de 2e classe de la orésente nnhlieeti™ pAGE 2 - LA TERRE DE CHEZ NOUS - 13 MARS 1968 Le droit au transport du lait appartient aux producteurs \u201cllnous apparaît clair que ce droit au transport, dans les présentes circonstances, appartient aux producteurs-fournisseurs eux-mêmes, puisqu\u2019ils paient le coût du transport de leur lait à partir de leurs fermes jusqu\u2019aux laiteries et que ce lait est payé par ces dernières f.a.b.l\u2019usine.Jusqu\u2019ici le transport du lait était d'ailleurs effectué par les producteurs eux-mêmes: c\u2019est un fait important dans le présent différend.\u201d Voilà ce qui ressort d\u2019une récente sentence arbitrale rendue en vertu de la Loi des Marchés Agricoles du Québec par la Régie.Celle-ci avait été appelée à trancher un différend relatif au transport en vrac du lait des producteurs-fournisseurs des laiteries Lamontagne Limitée de Jonquiè-re et G.H.Incorporée, d\u2019Arvida, lequel lui avait été soumis selon les dispositions de l\u2019article 28.Le Tribunal estime qu\u2019il appartient aux producteurs-fournisseurs de choisir leur camionneur, et que dans le projet de convention à l\u2019étude, on ne devrait prévoir que les modalités de ce transport.Or, comme ces modalités n\u2019ont pas fait l\u2019objet d\u2019une conciliation entre l\u2019Office des producteurs et l\u2019Association accréditée, et que, selon les documents au dossier, elles n\u2019ont même pas été discutées en détail lors des négociations entre les parties, la Régie a décidé de demander à l\u2019Office et à l\u2019Association de se réunir à nouveau, et de reprendre les négociations sur les modalités de transport du lait en vrac.La Régie a confirmé dans sa sentence le droit de l\u2019Association des Industriels laitiers de la province de Québec Inc., à représenter légalement les acheteurs visés par le plan conjoint des producteurs de lait nature de Jonqulère pour les fins de cet arbitrage, droit qui était contesté par l\u2019Office des producteurs.Entre autres considérations du Tribunal, il ressort de la sentence que la Régie ne croit pas que le problème soit posé correctement par l\u2019Association.\u201cNous sommes d\u2019accord avec cette dernière pour dire que ni l\u2019Office de producteurs, ni le Syndicat de producteurs, n\u2019ont un droit absolu pour effectuer le transport du lait des producteurs-fournisseurs, mais nous devons ajouter que les laiteries non plus n\u2019y ont un droit absolu\u201d.Quant à la qualité du produit visé, le Tribunal a considéré ne pouvoir concevoir qu\u2019il soit absolument nécessaire que le lait soit transporté et échantillonné par la laiterie pour qu\u2019il soit de bonne qualité.Il apparaît aux Régisseurs que le rôle de la laiterie n\u2019est pas tellement de surveiller chaque producteurs, individuellement; elle doit plutôt s\u2019assurer un approvisionnement qui rencontre les exigences sanitaires appropriées.Les règlements provinciaux prévoient que la réception du lait doit être faite par un expert diplômé de l'Insti- tut de Technologie agricole, qui doit en faire l\u2019échantillonnage.La Régie suppose que cet expert peut remplir aussi bien ses fonctions quel que soit le proprlé-taire du camion.Il est vrai que la laiterie a une responsabilité envers le consommateur en n\u2019acceptant que du lait de qualité suffisante: s\u2019il ne l\u2019est pas lors de la livraison à l\u2019usine, ce n\u2019est non seulement un droit, mais un devoir pour la laiterie de le refuser.Superficies et revenus Les exploitations agricoles canadiennes augmentent graduellement leur superficie moyenne.Il y avait en 1966 envlron277,000 exploitations agricoles dont la superficie moyenne était de D12 acres (683 arpents) selon le Bureau fédéral de la Statistique.Cinq années plus tôt, 11 existait environ 259,000 exploitations agricoles, dont la superficie moyenne était de 487 acres (049 arpents).On considère qu\u2019une exploitation agricole doit avoir une superficie d\u2019au moins un acre et réaliser des ventes dépassant $2,5000 par an.A Une ferme bien électrifiée.c'est de la au bout Avez-vous pensé à toute la commodité que vous apporte l'électricité dans votre atelier de réparation ?Au simple toucher du doigt vous voilà prêt à travailler.L'outillage moderne vous permet d'accomplir toutes vos tâches plus rapidement et en toute sécurité.Dans la maison de ferme, les différents appareils électriques ajoutent au confort et facilitent le travail de la maîtresse de maison.Pourquoi ne pas lui procurer cette servante qui ne de- commodité du doigt mande jamais de salaires ni de congés?Si votre ferme est électrifiée selon les exigences de l'Association canadienne de l\u2019Électricité vous pouvez vous ménter l'enseigne Ferme bien électrifiée, synonyme de prestige et d\u2019efficacité.L'agronome de votre fournisseur d'électricité se fera un plaisir de vous renseigner sur tous les avantages de l'électricité.Appelez-le sans tarder.Ferme bien électrifiée L\u2019électricité: le confort total.i prix tf aubaine A Gare à vous messieurs du fédéral! Persistez à jouer avec nos nerfs et la soupape va sauter Il fallait s\u2019attendre à une résistance naturelle de la part d'Ottawa face aux revendications des porte-parole de la Fédération canadienne des producteurs de lait (Dairy Farmers) et de la Fédération canadienne de l\u2019agriculture.Ceux-ci se sont rendus dans la capitale fédérale la semaine dernière pour \u201cétudier\u201d avec le ministre J.J.Greene et la Commission Canadienne du Lait la nouvelle politique laitière 1968-69, qui doit entrer en vigueur le 1er avril prochain.Cette résistance s\u2019est plutôt manifestée sous la forme d'une apparente compréhension de la part du ministre de l'agriculture des nombreux et graves problèmes que doivent sans cesse affronter les producteurs laitiers.Mais, que tels propos soient entourés de miel ou de fiel, le résultat final demeure le même si l\u2019on raisonne en termes de dollars et de cents.Toujours est-il que le chat est sorti du sac.M.Greene a tenu à souligner d\u2019abord que la situation financière internationale et nationale était tendue - nous nous en doutions - et qu\u2019en conséquence, même s\u2019il se faisait l'avocat de la cause des producteurs auprès du ministère des Finances, il craignait que les difficultés politiques et financières ne viennent contrecarrer ses efforts.11 a donc exprimé certaines craintes à l\u2019effet que les crédits de $121 millions consentis à la CCL pour l'année 1967-68 pourraient non seulement ne pas être maintenus mais même amputés.Tout n'est pas encore définitif, soit.M.Greene a promis de tenter l\u2019impossible auprès de son collègue des Finances, même s\u2019il devait se reprendre un peu plus tard au cours de la rencontre et affirmer \u201cJe doute fortement qu\u2019il me soit possible d'arracher des fonds additionnels au ministre des Finances\u201d.Il nous vient immédiatement à l'esprit devant telle attitude une certaine déclaration faite cette fois par le candidat à la chefferie du parti libéral (pourtant le même homme) il n\u2019y a pas tellement longtemps, lors de l\u2019assemblée générale annuelle de la F.C.A., à Victoria.Vous vous souvenez ces paroles surprenantes de la part de M.Greene?-\u201cJe suis étonné, dit-il, que les producteurs agricoles soient les seuls agents de la vie économique canadienne auxquels on demande d\u2019absorber l'augmentation de leur coût de production par un accroissement de leur productivité\u201d.M.Greene devait reprendre ces mêmes propos il y a une quinzaine de jours, à Ottawa.Commentant cette dernière déclaration de M.Greene, M.Lionel Sorel a admis que le ministre pouvait bien être sincère mais, précisait-il, \u201cje crois qu'il compare toujours le Canada aux autres pays dont les conditions ne s'apparentent nullement aux nôtres\u201d.A l'instar de M.Sorel, nous sommes portés à croire que le ministre Greene est foncièrement honnête et exprime le fond de sa pensée.Toutefois, il lui faudra bien un jour passer à l'action et non seulement réclamer mais exiger auprès des autorités compétentes ce que l'ensemble des cultivateurs demande avec une patience qui a atteint ses limites.Permettons-nous ici une courte parenthèse: l\u2019an dernier, lors d'une réception au Pavillon du Québec, à l'Expo 67, le ministre Greene s'était présenté quelque peu en retard.Installé au volant de la confortable voiture, le chauffeur était \u201cpassé tout droit\u201d à Montréal et avait dû faire demi-tour en réalisant sa distraction.Pour éviter au ministre Greene une nouvelle déconvenue, beaucoup plus grave celle-là, nous nous permettons de lui suggérer de considérer plus en profondeur certains problèmes agricoles et d\u2019y apporter les remèdes nécessaire, au lieu de toujours aller trop vite pour ne pas arriver en retard.M.Glen Cole, président de la Fédération canadienne des producteurs de lait, a rappelé lors de la rencontre de mercredi dernier la résolution adoptée lors du congrès annuel de cet organisme ratifiée par la F.C.A., à l\u2019effet d\u2019assurer un prix de $5 le cent livres de lait, net de la prime à l'exportation.Il a appuyé cette demande par l\u2019augmentation constante des coûts de production sur les fermes au cours de la dernière année.Ainsi, M.Charles Munrow, président de la Fédération agricole d'Ontario, a estimé à plus de 10% l'augmentation du coût de la main-d'oeuvre qu'il .a connue sur sa ferme en un an.Au Québec, le prix des services et des marchandises utilisés par les cultivateurs a subi une hausse de l'ordre de 4\u2018/j% alors que le coût de la main-d\u2019oeuvre a augmenté dans une proportion de 9Vi%.Est-il nécessaire de préciser que dans les circonstances, le prix de $5 réclamé par une partie des producteurs canadiens est un minimum.Pour les producteurs québécois, qui ont réclamé lors du congrès annuel de l'UCC un prix de $5.50le cent livres, il est moins que suffisant.M.Sorel l'a clairement laissé entendre lors de cette rencontre en affirmant qu'avec le $5, cela serait à peine suffisant pour compenser une partie seulement des hausses enregistrées depuis deux ans.Le président général de l'UCC n'a pas manqué de dire qu'il voyait difficilement comment les cultivateurs du Québec allaient accepter un prix inférieur.Il comprend mal que le gouvernement fédéral, en dépit de ses problèmes financiers, tente par quelque moyen que ce soit de toucher des gars à faible revenu.Cette idée ne devrait même pas effleurer M.Greene.Par ailleurs la Fédération Canadienne des producteurs de lait estime à quelque $35 millions la somme supplémentaire qu'il faudrait affecter au crédit de la C.C.L.pour assurer le prix de $5.A cela, le ministre a avancé l'idée d\u2019un palliatif, qui permettrait de l'atteindre sans faire appel à des fonds additionnels en provenance du gouvernement.Il a suggéré entres autres mesures de réduire le pourcentage de la production subsidiée, ce qui aurait pour effet d'assurer indirectement le $5.Inutile de préciser que l'on s'est élevé en bloc contre une telle mesure, qui ne donnerait en somme rien de plus au producteur, si ce n\u2019est d'affecter encore davantage le gagne-petit.Tout ça, évidemment, écarte une fois de plus l'objectif légitime de $5.50 que se sont fixés les producteurs du Québec.A en croire le ministre, il se pourrait même que le $5 ne puisse être atteint, du fait qu'une telle mesure aurait pour effet de nécessiter un budget accru.M.Greene a poussé les choses au pire, prétextant qu'il n'était même pas assuré d'obtenir à nouveau les crédits de $121 millions.Ce qui pourrait signifier alors une baisse sur le subside actuel et possiblement la perte des argents non distribués par la C.C.L.au cours de la dernière année laitière, lesquels devraient normalement s'ajouter au crédit de l'année 1968-69.Nous reviendrons évidemment sur ce sujet bientôt en pensant d\u2019ici là qu'il y a une m.limite à jouer avec les nerfs des habitants.Pierre COURTEAU LE CHAOS FACE À 3 FORMULES Appelez cela comme vous voudrez.partir sur le bon pied ou sur le mauvais.Ou encore sur les deux à la fois au risque de trébucher et de se casser lag.Peu importe pourvuqu\u2019ondémar-re! Et l\u2019on démarre sur une supposition qui vous intéresse directement, tous et chacun de vous dans votre rang, votre paroisse, votre comté pour englober finalement tous les coins de la province, votre province, leQuébec.l.a supposition, c\u2019est unequeS' Uon importante qui ne tourne pa: en rond.C\u2019est dans la façon di vendre les porcs que ça cloche l.e régime de vente en cours se ¦ait dans un état de véritabi chaos -supposéchaos, s\u2019entend Un vend au premier venuqui, na nullement, prévoit toujours un naisse des prix.Vaut mieux au jourd\u2019hui, a-t-il pour son dire Demain ou après-demain, ce se ra Pire.Vous vous dites qu votie homme a peut-être raiso y allez.A dix heures du ma \u201cn, les porcs sont partis.Ou bien, vous n\u2019y allez pas décidant d\u2019attendre un peu.Apre 011 \u2019 Quatre cochons de votn Prochaine vente n\u2019en ont pas tel etnent épais sur la côte.Un autre petite couche de gras et il ue classeront peut-être mieux e contraire est vrai, mais vou: vous persuadez finalement que vous avez raison.De toute façon, autant de chances d\u2019un côté comme de l\u2019autre.Vers la fin de la journée, voilà que s\u2019amène le camionneur de la ville située 25 milles à l\u2019ouest.Offre: $1 de plus les 100 livres que votre gars de l\u2019avant-midi.Vos \u201cgorets\u201d sont juste en bonnes conditions, à son dire.Un peu plus de gras et ils iront dans les B.Présentement, ils ont de bonnes chances d\u2019entrer dans les A.Le camion est à la porte.L\u2019occasion est belle.Hop! et vos quatre partent en camion.Près de $2 de plus pièce, ce n\u2019est pas à négliger! Vous adoptez plus ou moins ce camionneur et il reviendra sûrement vous voir.Pour éviter qu\u2019il ne perde un peu de sa supposée générosité en cours de route, vous en vendrez une couple de temps à autre à son concurrent (?) de la ville voisineàl\u2019est.Dans votre voisinage, même habitude: vente aux camionneurs des abattoirs tantôt de l\u2019un, tantôt de l\u2019autre, souvent représentant deux ou trois abattoirs qui, selon les besoins ou la concurrence, leur refilent 50c., 75c., et même $1 par cochon.Chaos multiples Dans d\u2019autres régions, dominent les ventes à l\u2019enchère et, oc- casionnellement, une vente directe à l\u2019agentàcominissiond\u2019un marché plus important.Histoire de garder un peu toutes les portes ouvertes.Mais les camionneurs en raflent toujours la plus forte part.Voilà l\u2019ensemble de nos suppositions.Ventes à tort et à travers, presque toujours sans renseignements officiels sur les prix.Répétons-le, commerce chaotique: direct et indirect, a l\u2019oeil ou en travers ou selon la pesée de la balance du camionneur.C\u2019est ainsi que ça se passe.en supposition.Chez d\u2019autres cultivateurs, plus de sérieux.Ils ont soin de suivre la cote du grand marché rapportée par la radio ou sur le journal de la veille.Au moins eux peuvent se dire: pour nous autres, pas d\u2019à-peu-près; \u201con\u201d se renseigne avant de vendre.Mais c\u2019est là un autre genre de chaos, probablement le plus subtil et le plus funeste à la fois.Le marché en question vend de nos jours, bon an mal an, environ 2% des porcs de toute une région et sert a établir le prix reconnu officiel des autres 98%.Le voilà probablement le pire chaos de tous! Changement projeté Le pire parce que souvent le moins visible.Mais poursuivons nos suppositions.Une bonne journée, le ministre de l\u2019Agriculture de la supposée province découvre l\u2019existence de ce lamentable état de choses en tombant littéralement au beau milieu d'un supposé congrès auquel il ne projetait même pas d\u2019assister.Aux producteurs réunis le supposé Ministre déclare sans ambages: cette situation est intolérable; il faut que $a change! N\u2019importe quel système de vente que vous me proposerez vaudra sûrement mieux que le régime actuel.Une province qui vend de 1 1/2 à 2 millions de porcs par année ne saurait logiquement fonder ses prix uniquement sur la cote des marchés officiels qui vendent directement à peine 2% de ce volume formidable de cochons.Même à l\u2019état de simple supposition il est scandaleux de songer que 40,000 porcs fixent le prix de 2 millions.Quant aux prix des autres 98%, ils sont également fixés au petit bonheur, au hasard des circonstances et des caprices humains et les dires, vrais ou faux, des acheteurs, car il s\u2019en trouve d\u2019honnêtes.En fait, ils sont déterminés, ces prix, par le coup d\u2019oeil, l\u2019esprit d\u2019observation, l\u2019intuition et l\u2019habileté commerciale de dévoués camionneurs, presque toujours inspirés par les exploitants d\u2019abattoirs.Il importe donc que cela change.C\u2019est le Ministre lui-même qui l\u2019a affirmé et les producteurs l\u2019ont pris au mot.Ce n\u2019est plus maintenant affaire de supposition .Un Ministre ne suppose pas: il constate de visu après quoi il décide de passer aux actes, en guerre contre les chaos réels ou supposés.Trois formules Les paroles ministérielles ne restèrent pas sans suite.Une délégation, puis une autre, puis une troisième se rendirent rencontrer le Ministre à son bureau pour lui suggérer \u201cles\u201d moyens à prendre pour corriger cet état de choses.Au total, le choix entre trois formules différentes ou le maintien du chaos décrit précédemment.Trois organismes avec chacun ses remèdes, différents les uns des autres.Le nouveau rôle du gouvernement; à l\u2019aide de spécialistes, agir comme arbitre et expliquer les formules proposées aux 28,000 producteurs de l\u2019Alberta.Car c\u2019est bien de cette province qu\u2019il s\u2019agit.Pour résumer: de la fin février au 23 mars, 12 assemblées à travers la province afin de découvrir les préférences des producteurs à l\u2019égard de l\u2019une ou l\u2019autre des trois formules; après quoi, on demandera aux producteurs de se prononcer par référendum sur la formule qui semblera la plus populaire.L\u2019objectif à atteindre: mettredel\u2019or-dre, plus d\u2019ordre du moins, dans la vente des porcs de la province, la troisième en production porcine après l\u2019Ontario et leQuébec.C\u2019est toute une affaire, veuillez m\u2019en croire.Mais nous en reparlerons, voulez-vous?13 MARS 1968 - LA TERRE DE CHEZ NOUS - PAGE 3 La réforme scolaire au Québec y 42e Cours à domicile de l\u2019UCC Par un groupa de collaborateurs, sous la responsabilité de M.Henri-Paul Proulx, directeur du Service d'éducation et d\u2019information de l\u2019UCC, (L.ministère de l'Agriculture et de la Colonisation du Québec collabore financièrement à la publication des cours) LA CONFESSIONNALITE SCOLAIRE - h - Par M.Napoléon LeBlanc Vice-recteur de PUniversité Laval Cette leçon propose une réflexion sur le caractère confessionnel de l'enseignement.Pour que cette réflexion soit profitable, rappelons suc-cintement la confessionnalité que nous avons vécue dans le passé et celle que nous devrons vivre a l'avenir.I.La confessionnalité antérieure à la loi créant le Ministère de l\u2019Education Le système scolaire publique était catholique ou protestant.Les commissions scolaires s'identifiaient à l'une ou l'autre confession religieuse et offraient respectivement les programmes d\u2019étude arrêtés par les Comités catholiques ou protestants du Conseil de l'Instruction publique qui assumait a l'époque toute la responsabilité des programmes et de la régie des écoles publiques élémentaires et secondaires.De fait, chaque comité veillait sur les écoles qui tombaient sur leur juridiction.Celles-ci assuraient un enseignement conformément aux directives détaillées qui leur étaient fournies.La population fréquentait l\u2019école de son choix selon ses croyances religieuses, c\u2019est-à-dire catholique ou protestante.De plus les organismes responsables de la gestion des écoles se sont définis, dans les faits, dans la ligne des deux confessions religieuses reconnues.Ce type d'organisation scolaire a pu être satisfaisant dans le passé pour l'ensemble de la population.Il l'était sûrement dans toutes les régions où la population était à cent pour cent catholique ou protestante.Il l\u2019était moins cependant pour ceux qui ne participaient pas à l\u2019une ou l'autre de ces deux confessions.Notons cependant que l'article 43 de la loi de l\u2019instruction publique stipule que \u201cchaque municipalité scolaire de la province doit contenir une ou plusieurs écoles publiques, régies par des commissaires ou syndics d\u2019école et dans lesquelles ils sont tenues d\u2019admettre aux cours qui y sont donnés, tout enfant domicilié depuis le début de l\u2019année scolaire suivant le jour où il a atteint l\u2019âge de six ans, jusqu'à la fin de l\u2019année scolaire au cours de laquelle il a atteint l'âge de seize ans.\u2019\u2019 Signalons également que l\u2019article 71 de la même loi prévoit que: \"dans toute municipalité scolaire, un nombre quelconque de propriétaires, locataires ou contribuables, professant une croyance religieuse différente de celle de la majorité des contribuables de la municipalité, peuvent signifier, par écrit, au président des Commissaires d'écoles ou à leur secrétaire un avis par lequel ils lui font part de leur intention de se soustraire au contrôle de sa commission scolaire, afin de former une corporation séparée, sous l'administration de syndics d'écoles.\" Ce droit à la dissidence permettait aux protestants de s\u2019assurer des écoles conformes à leur conviction religieuse.Mais les autres qui n\u2019étaient ni catholiques ni protestants, donc n ayant pas ce droit à la dissidence devaient se contenter des accomode- ments qui leur étaient proposés par la majorité non sans quelques difficultés parfois.Les droits et les pouvoirs des commissaires d\u2019école et des syndics sont définis à l\u2019article 203 de la loi de l\u2019instruction publique.En recommandant que la loi ne reconnaisse aucun caractère confessionnel aux commissions scolaires, la Commission royale d\u2019enquête est tout simplement revenu à l\u2019esprit de l\u2019article 43 cité plus haut.Ainsi la commission scolaire pourra contenir plusieurs écoles: les unes seront catholiques, d\u2019autres protestantes et d\u2019autres enfin seront non confessionnelles.De cette façon la commission scolaire sera apte à assurer un service scolaire complet et adéquat qui réponde aux besoins de formation générale et professionnelle de la jeunesse et des adultes du territoire qu\u2019elle dessert et qui s'adapte à la situation religieuse des usagers.Comme telle, la Commission scolaire ne prend pas partie pour une confession religieuse donnée.Elle est plutôt au service de tous les groupes religieux, évitant ainsi qu\u2019un groupe religieux impose aux autres sa conception de l\u2019éducation.Ici les droits des minorités sont aussi importants que ceux de la majorité.II.Vers un nouveau style de cc.ifessionnalité Il est de plus en plus accepté que le système scolaire tienne compte de la diversité religieuse de la population dans l\u2019organisation des écoles et dans l\u2019enseignement.En effet: \u201cLe système scolaire proposé, précisait la Commission royale d\u2019enquête, suppose que, partout où la chose sera demandée et sera réalisable, on trouvera, à côté des écoles confessionnelles, des écoles non-confessionnelles, toutes également subventionnées par les fonds publics et administrées suivant les mêmes normes et les mêmes critères.Lorsque dans une même juridiction scolaire, la minorité sera trop faible en nombre ou trop divisée dans ses convictions religieuses ou philosophiques pour justifier qu\u2019on mette à sadisposition une ou plusieurs écoles répondant à ses besoins particuliers, il faudra que tous les groupes collaborent les uns avec les autres pour trouver les solutions de compromis les mieux adaptées aux circonstances dans lesquelles ils se trouvent.\" Nous pouvons dégager de ce texte que c'est au niveau de l\u2019école ou de 1 enseignement que la confessionnalité se situera.Quand nous étudions la répartition de la population dans les divers territoires scolaires de la province, nous constatons qu\u2019à certains endroits la population est entièrement catholique ou protestante, qu'en d'autres elle est mixte, c\u2019est-à-dire catholique ou protestante selon les rapports variables et qu'en certains territoires existent des groupes qui ne se présentent pas comme catholiques ou protestants.C est ainsi que dans plusieurs régions, à cause de l'homogénéité re- ligieuse de la population, toutes les écoles seront des établissements confessionnels.Dans d\u2019autres régions il y aura de la place pour des établissements non-confessionnels proposés par la diversité religieuse de la pulation.Mais il se trouvera des situations où l\u2019établissement confessionnel devra recevoir les enfants de la minorité.S\u2019il en est ainsi, cet établissement confessionnel devra se définir d\u2019une façon différente de l\u2019établissement confessionnel d\u2019un milieu homogène.Voilà pourquoi la Commission a parlé de collaboration entre les groupes.En effet, les membres de la minorité ont un droit à être entendu.Dans notre milieu, ce sera surtout à l'école catholique qui devra être attentive et accueillante à la minorité, parce que celle-ci ne pourra pas toujours justifier, numériquement, l\u2019aménagement d\u2019établissement non-confessionnel.Appelé à préparer des règlements pour les écoles catholiques, le Comité catholique du Conseil supérieur de l\u2019Education, s\u2019inspirant de la doctrine de l\u2019Eglise et plus particulièrement des décrets de Vatican II, a précisé que \"l\u2019Education catholique exige: -\tle respect et la promotion des valeurs humaines; -\tun enseignement profane de première qualité qui respecte l\u2019objet de chaque discipline et la pédagogie qui lui est propre; -\tun enseignement religieux conforme à la doctrine de l\u2019Eglise et à la pédagogie de la foi; -\tun milieu de vie qui, animé par une organisation scolaire et une pastorale adéquates, favorise l\u2019éd ucation de la liberté, l\u2019épanouit sèment de la personne, l\u2019ouverture au monde, I \u2019amour des autres et l'accès à l'âge adulte de la foi.\" Cette définition de l\u2019éducation catholique inspire par la suite les règlements du Comité principalement inscrite dans le préambule des nouveaux règlements du Comité catholique, cette définition de l\u2019éducation propose un idéal à réaliser dans les établissements reconnus comme catholiques.Partant les règlements du Comité doivent être reçus comme des instruments à la disposition des établissements pour se rapprocher de l\u2019idéal proposé.Mais cet idéal devra être recherché en tenant compte des circonstances propres à chaque milieu scolaire.En effet, la confessionnalité de l\u2019avenir résultera de la volonté eclaircie des parents bien sûr, mais aussi des personnes qui ont la responsabilité de faire de l\u2019école un milieu où l\u2019étudiant, '
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