L'étendard national : journal illustré, organe des canadiens-français aux États-Unis, 14 novembre 1872, jeudi 14 novembre 1872
[" Sos = TT HTL es.LTS TT EE TEE rita Hy oe BUG a | VoL.HI\u2014No.46.LA PRIME DE 1873.\u2014 Nous sommes à préparer la prime de 1873 pour nos abonnés.C\u2019est un des tableaux qui ont fait le plus de sensation à la fameuse Académie royale de Londres.Il représente une des plus belles scènes de la vie de Jésus-Christ, celle où Marie et Joseph le trouvèrent dans le temple au milieu des docteurs de la synagogue.Nous ne pouvons offrir rien de plus beau a nos abonnés ; s\u2019il est vrai que quelques-uns ont Pts al A À ROUEOIRSS 3111 ouce obligation de payer leur abonnement, et pour nous attirer une légion de nouveaux abonnés.Nous l'enverrons d\u2019ici à un mois à tous nos agents, et elle sera donnée à tous ceux qui paieront avant le premier jour de l'an ce qu\u2019ils nous doivent et à ceux de nos nouveaux abonnés qui.en s'abonnant, paieront six mois d'avance.MONSEIGNEUR BOURGET.NOCES D'OR, ETC,, ETC.Comme nous avons suffisamment parlé dans nos derniers numéros de la grando démonstration du 29, nous nous contenterons de reproduire aujourd'hui quelques ligues de la biographic que nous avons écrite, l'hiver dernier, sur Mgr.Bourget.Voici le portrait que nous faisions de Sa Grandeur à cette époque, \u201c SOIXANTE BT TREIZE ANS ; trente-quatre d'épiscopat, et cinquante de sacerdoce.\u2018 Les cheveux blancs comme I'aube dont il so revêt pour l\u2019office divin, lisses et soyeux ; les yeux bleu-pâle, le regard doux et placide que donnent la vertu et l'habitude de la méditation ; le front haut, saillant, tous les sigues de l\u2019énergie dans le haut de la figure, et de la douceur dans la bouche, dans le sourire qui erre presque constamment sur ses lèvres; le teint frais et vu'eré de la jeunesse ; une figure qui rayonne, tant le sang qui l'anime est riche et abondant, quelque chose de diaphane illuminé par une douce lumière; une voix péuétrante dont le tim- | bre métallique et monotone a quelque chose de plaintif.( Tempérament sanguin, vif et nerveux, qui se traduit par des mouvements ssccadés lorsqu'il marche et par un changement continuel de position lorsqu'il est assis.Taille moyenne, mais assez forte ; peu de chair, mais de bons muscles ; une organisation physique délicate et vigourcuse en méme temps; une attitude modeste, une physionomie pleine de douceur, de bien- \u201d velllance et de récueillement, qui frappe l\u2019homme le plus indif- férent et le force de s'inoliner avec respect ; type accompli que l\u2019artiste, voulant peindre la vertu sous des traits humains, devrait prendre comme modèle.Combien de fois, & la vue de certains tableaux représentant quelques-uns des hommos vénérés par l'église, n'avons-nous pas entendu dire: Comme ce portrait ressemble à Mgr.Bourget ! \u201d \u201c # Osractère doux, aimable, affable, modeste, timide même et cependant susceptible de résolutions énergiquer, capable d\u2019entreprendre les choses les plus difficiles, les luttes les plus sérieuses : un arbre délicat aux branches chargées de fleurs et de fruits avec des racines de chêne.Exemple frappant de la puissance du sentiment religieux.(\u2018 Aimant à rire et à plaisanter et sachant le faire avec délicatesse ; conversation enjouée, intéressante.Esprit vif et délié qui doit plus au travail qu\u2019à la nature, recherchant le beau et le vrai.Imagination ardente qui embellit de fleurs exquises les douces émanations de sa foi et de sa piêté.Plusieurs des mandements de Monseigneur sont des œuvres remarquables où la justesse des aperçus et l'énergie du raisonnement se mêlent aux agréments du style, aux poétiques inspirations de la reli- nous les défions | re ete CEOS Lg on et de la patrie.1 Religion et Patrie ! on sent en quelques sorte les batte- its de son cœur, lorsqu'il parle de ces deux choses sacrées ; { mprend que pour elles, il est prêt toujours à faire les plus ; ands sacrifices, : - - Be multipliant à l\u2019infini pour remplir les devoirs innombrables que son ministère et son zèle lui imposent.On se den.(inde comment, à son âge et avec la maladie qui menace si souvent deu le ravir à l'affection de son diocèse, il peut vaquer à tant de choses et s'occuper en même temps de questions qui, à elles seules, devraient absorber toutes ses facultés, tous ses instants.\u201cTard, bien tard dans la nnit, on voit souvent nne lumidre briller à une des fenêtres de l'évêché; c\u2019est l'évêque de Montréal qui prend sur son sommeil les heures dont il a besoin pour complôter ses laborieuses journées; et à quatre heures du matin, on peut voir cette lumière se rallumer.Le dernier an sommeil et le premier à la prière et au travail.Tel il était écolier et plus tard ecclésiastique ou simple prêtre, tel il est aujourd'hui, soumis à la règle, assidu à tous les exercices de piété, poussant jusqu\u2019au scrupule le désir de donner à chacun de ses actes le cachet de la perfection.lus loin nous ajoutions : \u201c Lorsque, dans son immense désir de faire le bien, il a demandé la bénédiction du Ciel sur un projet qu'il croit avantageux au salut des âmes ot à la gloire de la religion, il ne s'arrête plus devant ancua obstacle ; le sentiment religieux donne alors à son énergie naturelle une force extraordinaire.Quelques-uns même s'en plaignent et disent que Monseigneur | ne tient pas compte assez alors de certaines exigonces de notre | 2 \u2018+.société ou des intérêts publics \u201cët personnels qui s'opposent à la réalisation de ses désirs.Ils prétendent que dans un pays ; comme celui-ci où tant de races et de religions sont appelées à | vivre ensemble la prudence et Pesprit de conciliation sont ; bsolument nécessaires, quo l'Eglise doit prendis garde de ; provoquer des luttes et de réveiller des préjugées qui lui seraient funestes, \u201d ; \u2018 Nous mentionnons ces roproches sans les discuter, l'avenir ; dira qui a eu raison.\u201d L.O.Davi.SEBASTIEN CABOT.Chacun est A méme de coustater quil s'opére au milieu de nous un mouvement de plus en plus accentué vers les saines études historiques.Notre glorieux passé compte aujourd'hui un grand nombre d\u2019adorateurs, nos vieilles annales ont des amants assidus et passionnés ; cet état des esprits ne peut amener que les plus heureux résultats pour notre nationalité.Il no faut pas s'arrêter en si bonne voie : facilitons de plus en plus le travail des jeunes talents, dévoilons autant que possible, les secrets de l'histoire, Tous n'ont pas le loisir d'aller fouil- leter les manuscrits poudreux des bibliothèques et des collections historiques, et cependant il faut accoutumer la jeunesse à ne pas écrire avec octte légèreté ignorants et orgueilleuse, tort Sérréral de Ta légion d'auteurs que le publie lit aujouxd'hui, MONTREAL, JEUDI, 14 NOVEMBRE, 18 } ABONNEMENT, 83.50.72 * Par NoumEro, 8 CENTING.mais que la postérité ne connaîtra pas.L\u2019Opinion Publ\u2018que \u201cui s\u2019est faite le véhicule des connaissances historiques méritera certainement la reconnaissance des jeunes auteurs; mille fois elle leur épargnera des jours et des mois de recherches laborieuses.Nous sommes heureux de mettre de temps en temps la main à l\u2019œuvre généreuse que ce journal poursuit.Nous donnerons aujourd'hui l'histoire de Sébastien Cabot, découvreur de l\u2019Amérique du Nord, histoire qu'un enfant de l'Amérique ne devrait pas ignorer, et qui est loin d'être généralement connue parni nous, cependant (1) Sébastien Cabot descendait dune famille vénitienne, mais il était né à Bristol en Angleterre.Dès l'âge ds quatre ansil alla respirer l\u2019air de Vônise l'indépendante, comme pour acquérir des droits au nom de Vénitien, puis il revint sous le ciel natal, où il passa, dit-on, la plus grande partie de sa jeunesse et môme de sa vie.(2 Jean Cabot, père de Sébastien, était un marin de grand renom, Il inspira de bonue heure à son fils le goût des aventures dont il était lui-môme dévoré, et lui apprit à comprendre quelque chose aux aspirations qui se manifestaient de toutes parts.On était dans le siècle des expéditions bardies et des mettant de nation enñ.nation: un homme du nom de Christophe Colomb aväît découvért:@n-nouveau monde, \u2018una terre Liabitée par des races inconnues: \u2018 Les Cabot qui avaient le gét plorations ne se contentdrent pas, comms tant d\u2019ant saient, de donner les marques d'une admiration vaine! où \u2018èxa- gérée, ils résolurert de sonder, enx anssi, les if tires du brumenx océan.On ne parlait alors quel: tronver Wa passage qui permit d'atteindre directement le Cathay (la Chine) et le Zipangu (le Japon) ; c\u2019est lo bit qu> se proposait Christophe Colomb lui-même dans son immortel voyage.Les Cabot pensèrent qu\u2019en cinglant vers le norl-ouest an lieu d'atteindre la terre de San Salvador ils pourraient psut-être trouver le passage tant désiré.Ils obtinrent des lettres patentes du roi Henri VIT, mais ils furent obligés de faire cux-mimes, aver quelqu's-uns de leurs parents, les frais de leur petite expédition Ils ar- rimèreut un vaisseau nommé le Mathieu (The Matthew of Rristol) et, au mois de mai, 1497, le Capitaine Sébastien Cabot, s'élançait, avec son modestu équipage, vers iles plag:s inconnues, Ayant soin seulement de tourner la proue du vaisseau vers le nord-ouest.Le départ se fit sans bruit ni démonstrations; c5s marins silencieux allaient pourtant donner un continent à l'Angleterre! {1 n\u2019est pas certain que Juan Cabot ait accomnirnd son fils, ainsi qu'on le dit communément; et il yann fais indéniable, c'est que les contemporains ont douné à Sébastien seul tout l'honneur de ce voyage.Le Matthew poursuivait depuis plus d'un mois sa conrse à travers les vagues do l\u2019Atlantique, lorsque le 24 juin, il se trou- vaen face d'une nouvelle terre : c'était le continent de l'Amérique du Nord, Sébastien Cabot donna à l'endroit o% il mit pied à terre le nom italien de Prima Vista, vu d'abord, et il donna à une île que l'on apercevait de la côte le nom d'Ile St.Jean, parce que ce jour-là, on célébrait la fête de St.Jean Baptiste.11 serait fort intéressant de savoir au juste quel est cat endroit auquel Cabot donna le nom de Prima Vista ; malheureusemant il ont à peu près à possivle anjourd'hni de rien ohtonir-i cer tain à cet égard.ll n\u2019y & pas moins de trois opinions différentes que nous allons exposer successivement.; La première et la plus commune veut que Cabot soit débarqué à la tête du cap de Bonneviste, en italien Bona Vista, et qu\u2019il ait donné ce nom par reconnaissance et pour exprimer la satisfaction qu\u2019il épronvait, Il aurait de plus donné le nom de * Baccalaos \u201d à toute la contrée environnante à canse de l\u2019abondance de la morue que les naturels du pays appelaient © hacea- Tom lao.\u201d Il est certain que les sanvages n\u2019ont jamais appelé Ia morue baccalao, ce nom fut donné par les Basques qui faisaient la pêche en grand nombre sur les Bancs de Terre-Neuve.Rien de positif ne peut nous porter À choisir le cap de Bonaceviste, plutôt que tont autre endroit, pour y faire dbarquer Sébastien Cahbot, si ce n\u2019est la ressemblance qu\u2019il y a entre Prima Vista et {1.) Comme nous travaillions à nous procurer das dosamants sur S.Crbot, il nous eat tombé sous la mrin u'o h'ographio ds ce grand hommo par un correspondant du Cruurtion Iins!roted Noirs Nous avons suivi oo récit qui est olnir et ci\u201ccoustansié.Nous dounons orédit au mime correspondant des détails sur l\u2019expédition de Sir Humphrey Gilbert.(2) Sebastian Cabot told me that ha was born in Bristal, and that four Jars old ho was SP its foiber to Venice, Kieknrd \u2019s Decades of the Neo- Wor abbé Farland.nonvelles à sensetion, Tee ricitle plas étrange allait 55 brgas-\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014o_u i + ny eee 0 . arréterons donc pas davantage à cette première opinion.Le second sentiment parait s'appuyer sur quelque chose de plausible.On prétend que Cabot a pris terre sur la côte du Labrador, au Détroit de Belle-Isle, Voici ce qui porte à penser ainsi: Cabot a donné une carte du pays où il est débarqué, malheureusement cette carte, précieuse à plus d\u2019un titre, est maintenant détruite ; mais on a conservé l'inscription qui se trouvait au bas, et qui est ainsi congue; \u201c ll a découvert ce pays où nul homme avant ce temps ne s\u2019était aventuré, le 24 juin 1497, vers 5 heures du matin.Il nomma ce pays Prima Vista, vu le premier.11 donna A l'Ile qui s'étend en face de la côte, le nom de l'Ile St.Jean, parce qu\u2019elle fut découverte le jour de la St.Jean-Baptiste.\u201d Dans l'opinion que nous exposous en ce moment, tout ceci s'explique naturellement : la Prima Vista se trouve sur la côte du Labrador, et l'Ile St.Jean n\u2019est autre que l'Ile de T'erre- Neuve, Dans ce cas, le grand marin (c\u2019est ainsi qu'on a appelé Cabot) se dirigea ensuite vers l'Ouest, et ayant visité les Côtes de la Nouvelle-Ecosse, retourna en Angleterre où ses récits produisirent une profonde impression Il y à cependant sur le lien où débarqua Sébastien Cabot une troisième opinion, soutenue par plus d'un juge compétent : on soutient que la terre où le Mutthsw est allé aborder est le Cap Nord, c'est-à-dire l\u2019extrémité Nord du Uap Breton, et que l'Ile décrite comme s'étendant en face de cet endroit est l'Ile du Prince-Edouard qui, de fait, a été connue pendant lougtemps sous le nom de l\u2019Ile St.Jean.Cabot aurait ensuite suivi la côte sud du Golfe St.Laurent, et serait peut-être monté jusqu\u2019à Québec ; puis longeant la côte Nord, il se serait dirigé vers Terre-Neuve, qu\u2019il aurait prise pour un Archipel, et poursuivant sa course jusqu\u2019à Chesapeake, il serait parti de là pour Angleterre.Il est difficile de faire un choix entre les deux dernières opinions, la second: qui est plus simple, offre peut- être, à cause de cela, une plus grande probabilité.Toutes deux sont dignes de respect.Cabot n\u2019a pas écrit le récit de son voyage ; voilà, sans doute, pourquoi on le connaît moins que d\u2019autres voyages relativement sans importance.L'année qui suivit les événements que nous venons de raconter, le grand marin entreprit un \u2018second voyage, toujours pour trouver le passage des Indes; cette fois, il longea les côtes de l\u2019Amérique jusqu\u2019à la Floride.Lors même qu'on ne lui accorderait pour son premier voyage que le titre de découvreur de Terre-Neuve, son second voyage lui donne un droit incontestable au titre de découvreur de l\u2019Amérique du Nord, et place, par conséquent, sou nom, irsmédiatement après celui de Christophe Colomb, découvreur de l\u2019Amérique du Sud.Après tout ce que nous venons de voir, il semble naturel que l'Angleterre ait comblé Séhastien Cabot d'honneurs et de richesses; mais il n'en fut pas ainsi, D'ailleurs, quand le véritable génie a-t-il jamais rencontré autre chose que l'ingratitude ou la basse jalousie ?Que l'on soit homme ou Dieu, tout génie est martyre.Le roi Henri VII, crut faire beaucoup en lui donnant dix livres de récompense ; il fit marquer cette bagatelle parmi les dépenses tirées de sa propre bourse, sans doute pour que la postérité n\u2019ignorät point qu\u2019il avait été généreux à l'égard du grand marin.Cabot demeura encore longtemps en Angleterre, et se fit toujours aimer par sa modestie et son esprit d'entreprise, mais surtout par son génie ; cependant, il ne parvint pas à attirer les regards du roi pour qua il eût pu faire de si grandes choses.Il se décida enfin à passeren Espague ; le roi de ce pays le prit à son service et lui confia même la charge de Pilote Major du Royaume.Il put alors reprendre les explorations maritimes qui étaient son bonheur ct sa vie, Il fit un grand nombre de voyages en Amérique, découvrit le Brézil, et exploita les riviéres de la Plata et du Paraguay.L'Espagne s\u2019est couverte d'une gloire immortelle en protégeant les deux plus grands génies de cette époque : Christophe Colomb et Sébastien Cabot.Lorsqu\u2019Edouard VI monta sur le trône, Cabot retourna en Angleterre, et fut nommé Pilote-en-Chef, avec une pension de cent-soixante-six livres par année.Il devint immédiatement l'âme de toutes les entreprises commerciales et maritimes, et ce fut lui qui, avec le concours de quelques autres personnes, ouvrit le commerce entre la Russie et l\u2019Angleterre, Son ami, Richard Eden, nous a laissé quelques détails sur ses derniers moments.Le vieux marin avait encore dans l'oreille cette musique des vagues, qu\u2019il avait tant aimée.Il se croyait encore ballotté sur cet océan où son aventureuse jeunesse s'était tracée un chemin, et dont il avait pénétré presque tous les mystères en le traversant tant de fois et en tant de sens.Dans les accès d\u2019une fièvre brûlante, il disait qu\u2019il avait reçu, par inspiration divine, un moyen nouveau et infaillible de trouver lu longitude, lequel il ne lui était pas permis de dévoiler à aucuu mortel.Il mourut à l\u2019age de quatre-vingts ans, probablement à Londres ; mais on n'a rien d'absolument certain à ce sujet, non plus que sur la date de sa mort.Nul ne sait donc oil reposent ses centres.\u201cPas un petit monument n'a été élevé pour perpétuer le souvenir du plus noble et du plus brave capitaine qui ait jamais commandé un vaisseau anglais.\u201d Il a découvert le continent de l'Amérique du Nord, et pas une rivière, pas une anse, pas la moindre langue de terre ne porte encore son nom.Ses cartes ct ses discours n\u2019ont jamais été publiés.L'ingratitude devrait avoir des bornes.Au lieu d\u2019élever un monument à Nelson, comme pour froisser nos affections françaises, les Anglais du Canada auraient fait une action beaucoup plus rationnelle et plus glorieuse, en élevant un monument à Sébastien Cabot.Nous aurions tous été heureux de mettre la main à cet acte de tardive reconnaissance.On sait qu\u2019il existe dans les galeries de quelque particulier d'Angleterre un portrait de Sébastien Cabot, peint pour Edouard VI par le grand maître Holbein.Ce portrait, dit-on, est admirable de ressemblance ; la pose en est fière et hardie, bien qu\u2019il représente Cabot dans un âge avancé.La stature est noble et imposante, les traits profondément marqués et le regard profond annoncent un penseur et un homme d\u2019une grande force de caractère.Celui qui reproduirait ce portrait par une gravure, ferait certainement un acte méritoire.Nous allions oublier un fait qui a son intérêt, Lorsque le Prince de Galles visita l'Ile de Terre-Neuve, en 1860, on lui présenta un magnifique chien, un terre-neuve, bien entendu, qu\u2019on avait préalablement baptisé du nom de Cabot.Il faut avouer qu'on aurait pu faire mieux pour honorer le découvreur de Ile.Nous avons dit que Sébastien Cabot cherchait, comme les autres voyageurs de son temps, la route la plus courte pour aller aux Indes, Il devient évident aujourd'hui que, sans le ale L\u2019OPINION PUBLIQUE savoir, il avait trouvé cette route.Le temps n\u2019est peut-être pas éloigné où des voyageurs, partis de l'Europe, jetteront en passant un rapide coup-d\u2019œil sur la Prima-Vista de Cabot, puis s\u2019élanceront sur un machine dévorant l\u2019espace, en route pour le Pacifique, la Chine et le Japon.MEINIER.COURRIER D'ONTARIO.LES AGRÉMENTS DE LA CAPITALE.CHAPITRE I.Cool Burgess, commandant-en-chef d\u2019une petite troupe de blancs, qui fait tout son possible, le soir, pour figurer respec- tablement en nègres, doit nous arriver, aujourd'hui jeudi, veille de la Toussaint.Il jouera avec ses Artistes, passés au noir, demain, jour de la Toussaint, et après demain, jour des Morts.Cool Burgess, qui s'annonce au bas de ses portraits comme le plus grand comédien du temps, ce qui n\u2019engage à rien, n'est pas tenu de consulter mes goûts sur les jours où il convient de s'abstenir de toute performance, en noir de fumée et.en sabots.Toujours est-il que s\u2019il avait pris mon avis là-dessus, je l'aurais fortement engagé à ne pas barbouiller ses hommes, ces deux jours-là, quitte à leur mettre double et triple couche de suie, durant toute la première semaine de Novembre.Du reste, je suis tout prêt à reconnaître que Cool Burgess est pleinement dans son droit lorsqu'il convie le public à son théâtre, demain soir, juste à l'heure où les catholiques, et pas mal de protestants prient pour leurs morts.Seulement, il ne devra pas s'étonner, si une grande partie d'entre nous, se prive du plaisir d\u2019aller applaudir, cette fois, \u201c le plus grand comédien du temps,\u201d et renonce à se désopiler la rate aux spirituelles saillies de ses distingués collaborateurs.Si son droit est de performer, le nôtre est de s'abstenir.\u2019 - * Lorsque Cool Burgess se prépare, lui et ses hommes, à faire une descente, dans une ville, il commence par expédier aux épiciers de l'endroit tout un colis de ses photographies.Portraits grandeur naturelle, portraits en buste, portraits de profil, de trois quarts, de quart et une fraction ; nous en voyons briller un musée complet chez l'honorable corporation des épiciers.Evidemment Cool Burgess tient à être le Capoul de l\u2019Amérique, Capoul est un joli ténor dont il se vend, assure-t-on, des millions de portraits tous les ans.Il est joli garçon, élégant de manières, superbe de souplesse dans le jarret, magnifique de grâce dans sa façon de saluer le public, bref.,,un vrai bourreau des cœurs.Dame aussi, les femmes en raffolleut.On raconte à ce sujet mille et mille choses, que je ne vous redirai pas.Toujours est-il que Capoul\u2014(j'entends sa phothographie) est fort demandé sur la place de Paris, et qu\u2019on l\u2019exporte un peu dans les cing parties du monde, Cool Burgess, \u201c premier comédien du temps,\u201d n'est pas encore aussi dévoré que Capoul, mais on le voit beaucoup chez les épiciers.C'est peut-être le chemin des cœurs.Un homme accroché à une vitrine, en pôse de planer avec un certain dédain sur les jmmbons, les andouilles et les saucisses, me parait merveilleusement placé pour plaire:à un sexe qui aime assez qu\u2019on.menrt de faim pour lui.Or, un homme qui n\u2019éprouve que mépris pour la viande fumée ou hâchée même ; que ne parvient à distraire ni le raisin bleu qui épanouit ses belles grappes à ses pieds, comme pour lui en faire hommage, ai la meule de fromage, qui a tout l'air, dans son humble! coin} de s'offrir à lui servir de piédestal, est manifestement destiné à crever de faim un jour ou l\u2019autre, pour l'amour de vous, mademoiselle.ee = » Si je dis cela, vous comprenez que c\u2019est par pure plaisanterie ; car, loin de crever de faim, M.Burgess, s\u2019il n\u2019est déjà riche, réalisera certainement une grande fortune.En ce noble pays d'Amérique, où les arts se développent comme par enchan- lement, Cool Burgess et ses Arcadiens ont entrepris de moraliser les masses, en ouvrant leur âme aux choses du beau, du grand et du vrai, et cette belle carrière sourit toujours à ceux qui l'embrassent\u2014ce qui montre entre parenthèses, qu\u2019elle n\u2019est pas bégueule.S'ils se transforment en nègres pour accomplir leur mission, c\u2019est pour frapper d'avantage, par le contraste.CHAPITRE II.M.Cool Burgess s'intitule pompeusement \u201cle preniier Comédien du temps,\u201d au bas de ses photographies.Eh bien, lecteurs, je confesse avec un noble empressement que je vous avais induit en erreur.Cool Burgess n'est pas le colosse de prétentions dont j'avais crayonné une esquisse à grands traits.J'avais mal lu, ou m'a mémoire m\u2019a mal servi, lorsgne j'ai dessiné cette menteuse silhouette, M Cool Burgess ne s\u2019est pas bombardé \u201c le plus grand Comédien du temps;\u201d il se contente du titre modeste de \u2018\u201c Prince des Comédiens.\u201d Il reconnaît implicitement qu\u2019il peut y avoir au-dessus de lui soit le Roi, soit le Sultan, soit le Shah, soit le Czar, soit l'Empereur, soit enfin le Taïcoun des Comédiens.C\u2019est noble et grand, et cet acte de modestie rehausse master Cool de plusieurs pieds dans mon estime, Cool Burgess, vous le voyez, n\u2019est donc pas le monstre d'orgueil que je vous avais d \u2018peint; c\u2019est un beau vase d'humilité, qui reluit, à la grande lumière des lustres, comme une aile de corbeau sous un rayon de soleil.Mais dans le royaume des ménestrels, c\u2019est sans doute le génie qui décide de la principauté et de la royauté.Le premier qui fit roi fat un soldat heureux.Qui sert bien son pays n\u2019a pas besoin d'aïeux.Cette grande vérité morale et sociale s'applique aussi bien aux nègres folâtres qu\u2019au reste des nations.Après avoir fait son stage comme prince des Comédiens, Cool Burgess a donc grande chance d\u2019être appelé un jour à recueillir la couronne, ès-qualité de \u201c roi des Comédiens.\u201d Puisse-t-il alors garder en son cœur cette douce semence d'humilité, qui pousse nujourd\u2019hui de si belles tiges! l\u2019uisse- t-il conserver ce fond de modestie touchante, qui fait couler les larmes d\u2019attendrissement que je vois perler aux cils des paupières de toutes mes sensibles lectrices | - ® » Malheureusement, l'histoire est là pour nous montrer com- 14 Novemsre, 1872.bien il est difficile de s'arrêter, lorsqu'une fois on a entrepris d'escalader le sommet des grandeurs de ce monde.Napoléon fut d'abord consul, puis consul à vie, puis empereur en France, roien Italie! il lui fallut une couronne en Hoi- laude, et une autre on Espagne, pour deux de ses frèrea ; il lui fallut la couronne do Naples pour son beau-frère.l\u2019uis, non content d\u2019avoir réduit l'Autriche, annihilé la l\u2019russe, et affaibli l\u2019Angleterre, il lui fallut entreprendre la campagne de Russie, qui fût le commencement de la débâcle, dont le rocher de Ste, Hélène fût la fin.J\u2019ose espôrer que Cool Burgess sc rappellera toujuurs co grand exemple, et qu'il saura tenir en laisse ses immenses aspirations, Napoléon fut vaineu en définitive par un capitaine de médiocre génie, Arthur Wellesley, duc de Wellington.i Et, tandis qu\u2019il perdait sa couronne, et qu\u2019il allait mourir à Ste, Hélène, n\u2019a-t-on pas vu l\u2019un de sos généraux, et non des meilleurs, Bernadotte, aller fonder en Suède une dynastie royale, qui subsiste encore et qui n'est plus même contestée ?* \u2014® oe Que Cool Burgess s'inspire de l'exemple de Bernadotte ; qu\u2019il sache se tenir tranquille, une fois le front ceint du bandeau royal des ménestrels, Mes lecteurs pourront croire que ju fuis le pédant dans les lignes ci-dessus, ce sura Uno erreur.J'y prends seulement le ton grave et solennel qui convient aux princes du ce monde.Cool Burgess étant \u201c lu prince des Comédiens,\u201d je ne puis lui parler comme je parlerais à un marchand de tabac qui.frise la quarantaine.UN SoLITAIRE.LES MOUSTIQUES.Un évènement politique! la nomination du Recorder de Québec.M.St.Pierre était fermier chez ma grand'mère et toutes les fois qu\u2019il entrait chez elle et qu\u2019elle lui offrait un siège, il répondait invariablement : \u201c Oh madame, vous êtes trop politique ! \u201d Un offre un siège, pas un siége mème, mais un banc et d\u2019aucuns prétendent que ce n\u2019est qu\u2019un escabeau pour arriver au banc; eh bien! siége, banc ou escabeau qu'importe ?je veux parler de ce sur quoi s'assied le Recorder, on l'offre à M, Deln- grave et de tous côtés le publie, on si vous l\u2019aimez mieux, M.St.Pierre, répoud : # Ah pardon, vous êtes trop politique M.du Gouvernement.\u201d Où ne va-t-on pas fourrer la politique an- jourd\u2019hui ?On la met partout ailleurs que chez elle, ct le plus) souvent la place qu'elle doit occuperreste vide.Mauvaisa ménagère, elle ouvre l\u2019oreille à tous les cancans et va de poute en porte ramasser les commérages ;\u2014pendaut ce temps la soupe brûle.Nous en mangeons tous de cette soupe-là : n\u2019est-il pas vrai que trop souvent elle sent le roussi ?En réalité, le gouvernement n'a pas voulu faire de politique en nommant M.Delagrave Recorder.Il n\u2019y a que M.St.Pierre qui pourrait le dire.\u2018l'out simplement il à offert un siége au plus digne.M.Delagrave a déja refuse uae position de juge dans la presqu\u2019ile de Gaspé, exil déguisé, servitude dorée, chaînes masquées d'hermine, Ii fallait pour être juge lh- bas, cesser d\u2019être habitant de Québec, renoncer à la promenade autour des vieux murs, abandonner des amis qui acquièrent chaque jour un plus grand prix parce qu\u2019ils se font plus rares, renoncer aux douces aisances du foyer, de longue main prôpa- rées, ei M.Delugrave a plus de cœur que d\u2019ambition, H s\u2019est contenté d'être le second dans Rome.Nul, moins que M.Delagrave, ne s\u2019est mêlé de politique.Il à épousé sa profession et lui a gardé fidélité.Plus heureux que bien d\u2019autres qui se sont livrés à cette maitresse acariâtre et ruineuse \u201c Madame la politique\u201d il a vu la fortune s'asseoir à son foyer et la douce quiétude d\u2019esprit planer sur son chevet.Disons que le ministère a eu la main heureuse, Pour ma part japplaudis à son choix et si demain M.Delagrave était nommé juge, j'applandirais encore.Il y à eu des mécontents.Un député entrautres a menacé de tourner le dos au ministère.\u201c Prenez une bonne prise de tabac, li a-t-on répondu, et éternuez votre désappointement.\u201d Ne croyez-vous pas qu'il y a une bonne loi à faire ?une loi qui interdirait à tout député l'accès des fonctions pnbliques, pendant la durée de son mandat ct au moins six mois après.Que de pressions indues seraient enlevées du coup! sans compter l\u2019estime et la confiance populaires qui monteraient à vue d\u2019œil autour des hommes politiques.Ils marcheraient là-de- dans jusqu'au genou, tandis que maintenant cela vffieure à peine leur semelle.Le mérite politique consiste à se mettre au-dessus d'aussi infimes considérations.M.Cazeau se fait élire député à Bellechasse.De meilleur député on ne pouvait guère en désirer.Aussi, connaissant sa valeur, on lui fit bien promettre que pour aucune considération il ne renoncerait à son mandat.A peu de tem,s de là, il est nommé juge ct il accepte.Quelle a été la conséquence ?la conséquence a été que les comtôs de Bellechasse et de Mont- magny, jusque là toujours conservateurs, ont passé armes ct bag- gages dans le camp de l\u2019opposition.Cela doit donner a réfle- chir, et si de cette réflexion, la loi dont j'ai parlé allait sortir, je dirais au gouvernement, non pas comme M.St.Pierre, mais dans le sens apprécié du mot : \u201c Vous êtes vraiment politique.\u201d .¥ * J'ai vu deux ex-députés morts, tous deux dans les mêmes appartements, le bon M.Ruel, c'était année dernidre, et M.Du- bord, il n\u2019y a que quelques jours.Le cadavre de M, RAB wae dans un lit, celui de M.Dubord sur le plancher, attendant l\u2019examen post morlem du coroner, Peu d'hommes ont été plus populaires que M.Dubord.Il suffit pour en ôtre convaincu de se rappeler qu'il a trouvé quinze mille votes dans Québec, là où il y en avait à peine cinq ou six mille.Dans un temps, il a été constructeur en bâtiments, marchand de bois et riche ;\u2014sur ses derniers jours il a vu le vent de la fortune tourner contre lui, mais il n'en est pus moins resté en possession de la considération et de l\u2019estime de tous ceux qui l'ont connu.On m'a conté, que vers l\u2019âge de 36 on 37 ans il s\u2019était épris d\u2019une jeune beauté québecquoise, dont le père, très riche, dirigeait une des premières maisons de commerce de cette ville, Il sonda les intentions du père, glissa le mot de mariage.\u2014Comment ?lui répond celui-ci, vous voulez vous marier.Et pouvez-vous seulement loger, faire vivre une femme?Trois mois après, la belle maison qu\u2019occupe M, Renaud, sur les remparts, près de la côte de la Canoterie était bâtic, meublée et occupée par M, Dubord, lc tout payé argent comptant.A peu de temps de là, il rencontre le père de la jeune fille Cards \u2014 14 Novembre 1872.L\u2019OPINION PUBLIQUE.Saher EE RE CRM CRE Sees Te a\" mai et Era feet it ro peti Sp ; 548 qui causait dans la rue au milieu d\u2019un groupe d'amis.Tout homme de finance et habile commerçant qu\u2019il fut, le père savait à peine signer son nom et les pataquest-ces pleuvaient dans son langage.Ainsi au lieu de dire j'ai eu, il prononçait J'ai z'eu.Dans la conversation le malheureux mot J'ai z'eu se rencontre plusieurs fois ce jour-là, à chaque fois M.Dubord, d\u2019un grand sérieux, ôtait révérencieusement son chapeau.Et les amis de rire, comme bien vous pensez.On se sépare ; M.Dubord prend son côté, et le père s'éloigne du liou avec un ami.Qu'aviez-vous donc rire, tout à l\u2019heure, lorsque je parlais ?dit le père à son compagnon.\u2014C'est Dubord qui nous faisait rire - à chaque fois que vous disiez j'ai z'eu, il ôtait dévotieusement son chapeau.\u2019 \u2014Ab lah! c'est cela! c\u2019est bien! M.Dubord me le paicra.\u2014Le soir même, M, Dubord se présentait chez sa belle et se voyait fermer la porte au nez par le père qui lui criait de sa fenêtre.« Ma fille! ma fille! tu peux aller la demander à Jésus, aussi longtemps que j'en serai le maître tu ne l'auras pas.\u201d Ce roman là devrait s'intituler\u2014\u201c Pour une pataquest-ce.\u201d O Vaugelas! = Un Solitaire dans sa dernière chronique attribue à ur granp personnage de France, cette lettre d'un laconisme trappiste, écrite par un mari à sa femme : \u201c Madame, il fait grand froid et j'ai tué cing loups.\u201d Mais je lis dans fÆuy Blas, acte III, scène [[Ième, une lettre du roi d'Espagne à la Reine qui më parait avoir un air de famille assez prononcé avec celle du personnage de France.Ju- gez-en vous-mêmes ! « Madame, il fait grand vent et j'ai tué six loups.\" Signé, Don Carlos, roi d'Espagne.Faire du roi d'Espague un personnage de France, c'est porter un rude coup de plume aux Pyrénées.Depuis Louis XIV qui les avait effacées d'une parole, on n'avait entendu de pareil exploit.\u201c * Je sais un curé qui a le tic de toujours répôter la dernière syllabe des noms propres : de là des consonnances choquantes ou drôlatiques au suprême.Il publiait, un jour, les Lans de M.A.Michaud, chaud, avec Mlle Z.Rinfrette, /rette.M.S, Chalifouc, de Montréal, qui se maria dans cette paroisse crut devoir acheter une dispense de publication de bans.Un autre jour, il recommandait aux prières des fidèles deux personnes, mortes daus le cours de la semaine, M.À.Gingras, gras, et Madame Castonguay, guay.Il lui fut formellement interdit par ses supérieurs ccclésias- tiques du jamais prononcer le nom d'ua certain prophète.°.* Je crois bien que les employés publies out besoin d\u2019une augmentation de traitement, les petits surtout, mais il appartient aux Chambres et non au gouvernement d\u2019y pourvoir.Les Mi- uistres sont les gardiens du trésor public et les députés en sont : les dispensateurs et chacun son rôle : la presse devrait éviter d'aller bourdonner autour des oreilles de l'administration des plaintes qui doivent se taire entendre ailleurs.On sait que les salaires des employés de la Province de Québec ont été fixés au mininum, il y a six ans, que depuis cette date, à l'exception de quelques faveurs méritées, ils sont restés ce qu'ils étaient alors, c'est-à-dire absolument insuffisants pour un grand nombre.On sait également que le prix des nêcess- sités de la vie a augmenté et naturellement les besoins des familles augmentent dans la même proportion.Et puis les enfants grandissent, leur nombre s'accroit en méme temps, ou la vieillesse arrive avec plus d'exigences, Si la Chamhre ardon- uait une enquête rigoureuse, sur les dettes créées par les employés, sous le coup de nécessité impérieuse, elle serait étonnée de l'énormité de la somme totale, et je ne doute pas qu\u2019elle s'empresserait de remédier à un mal dont souffre la société toute entière.Les bureaux sont assiégés de créanciers, et pour su soustraire à leurs réclamations, les employés passent une partie de leur temps au dehors et négligent leurs devoirs; d'autres, trop préoceupés par les misères domestiques, entassent gaucheries sur gaucheries et retardent ainsi la dépêche des affaires.Leur crédit s\u2019évanouit partout et toujours comptant sur une augmentation de salaire ou un changement de position, ils vont se jeter dans les bras du shaver, du prèteur sur gages ou à petite semaine, qui achèvent de les étouffer.Ce sont les employés qui engraissent tous ces petits industriels, c\u2019est aux dépens de leur existence et de celle de leurs familles que sub- sistont ces ulcères sociaux.Beaucoup d\u2019entre eux, peut-être la mujorité, portent au flanc et souvent au cœur un ou deux de ces chancres dévorants.Si l\u2019on doute de ce que j'en dis, on h\u2019aura qu'à se rappeler la masse énorme de billets que nos shavers produisirent un jour, lors de la défalcation d un employé il y a deux ou troisaus.Je m'\u2019étoune que les Chambres ne s\u2019en soicnt pas dès lors émues davantage.On a proposé l'année dernière un projet de loi qui rendait une partie du salaire de l'employé saisissable pour certaines dettes privilégiées.Cette loi aurait pour premier cffet de rétablir quelque peu le crédit des employés ct en cela, elle m'a parn très-sage.Mais pour lui donuer toute son efticacité, ne faudrait-il pas fournir d'abord à l'employé, qui depuis six ans, a été forcé de s\u2019endetter pour vivre, les moyens de satisfaire ses créanciers actuels ?À moins que l\u2019on tranche ainsi le mal dans sa racine, la loi projetée n\u2019arrivera à aucun bon résultat.Naturellement, celui qui n'aura que juste de quoi satisfaire ses besoins journaliers, sacrificra ses créancivrs de la veille à ceux du lendemain.L'employé deviendra ainsi malhonnête malgré lui, on le citera comme un detteur incorrigible et les obsessions continueront comme avant.Le grand nombre des employés appartient aux classes aisées de la société ou aux professions libôrales, et réside dans des villes ou des centres populeux.Ils sont tenus de faire une certaine figure.Généralement dans ces endroits, le prix des loyers, du Lois de chauffage, los taxes, etc, sont plus élevés qu'ailleurs, Si on n\u2019y fait des frais do tuilette, il faut au moins S'y tenir dans une mise décente, Eh bien! est-il un seul député qui puisse croire, que daus les grandes villes, comme Montréal, Québec, Ottawa, une famille de cing ou six personnes puisse subsister, daus ces conditions, À moins de doux cents louis par annéc ?S'il en est un, un seul, qu'il se nomme eb je me fais fort de fui prouver, chiffres en mains, qu\u2019il est sous une fausse impression.Cependant, dans la Province de Québec, la moyenne des salaires vet à peine de cent louis, la plupart sont au-dessous de cette somme.) ; Aussi, faut-il espôrer quo si la Chambre agite la question d'augmentation de traitement, elle rendra d\u2019abord justice aux petits employés qui ont tant souffert depuis six ans: elle leur wecordera Un bonts d'un imoins trois mois du salaire, plus uve | augmentation fixe de tant par cent qui leur permettra de se dégager des rudes étreintes de la misère.C'est à ce prix seulement qu\u2019elle relèvera la dignité de l\u2019employé, qu'elle s\u2019assurera de sa ponctualité, de son zèle, de son efficacité et aussi de ses mœurs.Des misères trop négligées ont été l'origine de plus d\u2019un drame.En faisant un acte de ' par voie postale, des obscénités sous forme de journal, Elles \u2018 n\u2019ont pu trouver de cautious ; et l'opinion publique qui les con- simple justice et de haute raison, on essuiera bien plus de larmes - qu'on ne pense et avec des souffreteux, on fera des hommes et des citoyens utiles.A la prochaine session, ceux qui comprennent la société et ses besoine actuels sauront se faire connaître.Nicer.me AU FIL DE LA PLUME.Il est un fait reconnu par tous ceux qui étudient à fond l'élément américain, c'est que, à part les gens qui font profession de politique, la masse des Américains est remplie d'idées fausses et de préjugés ridicules sur toutes les questions qui sont du ressort de la discussion, C'est ainsi que la plèbe se forme des opinions crronnées sur le Canada et ses habitants.A entendre certains Américains, ou plutôt, la majorité d'entre eux, le Janada est ua pays quasi-Larbare ; mais disons-le, à leur crédit, leurs opinions sont très-favorables à notre pays, dès qu'ils ont fait un voyage à Québec ou à Montréal.Ils sont cependant encore enclins à porter de curieux jugements sur nos habitudes et notre manière de voir; mais de ces visites, il ressort plus d'avantages que de désavantages pour le Canada, dans l'opinion des touristes.Il ne faut pas croire, toutefois, qu\u2019ils trouvent Montréal supérieur à leurs grandes villes, ce serait Lrop attendre des Américains; néanmoins, Montréal les étonne, le St.Laurent les charme, Québec les enchante, Québec est la ville canadienne dont les Américains aiment le mieux à parler.Il y a dans ses vieilles murailles, dans ses bâtisses d\u2019un autre âge, dans ses rochers abruptes, dans ses LIœurs restées françaises, quelque chose de nouveau pour l\u2019Américain, c\u2019est pour lui, quelque chose de tellement en dehors de .ses habitudes et de son entourage, qu'il est émerreillé au plus petit incident ot à la moindre singularité de la grande nature Qui encadre notre capitale.Les correspondants Américains qui visitent la Province de Québec remplissent les colonnes de leurs journaux respectifs de détails minutueux sur nos villes canadiennes, sur Montréal et Québec particulièrement.Comme les Américains qui lisent beaucoup, forment leurs 0; inions sur celles de leurs journalistes, il s\u2019en suit que c\u2019est du plus ou moins de justice dont ces correspondants font preuve, que le Canada est jugé par les ci- toyeus de cette république.Mais il arrive, malheureusement, quo la plupart de ces correspondants ne jugent pas toujours comme Salomon, et qu\u2019ils mottent des poids américains dans leur balance, C\u2019est aiusi qu'un correspondant du Boston Daily Globe, écrivait à ce journal, que les résidences autour de la montagne de Montréal ne sont que des French huts, Un autre qui écrit au Boston Journal à le soin d'apprendre aux lecteurs de ce journal que les hôtels de Montréal et de Québec sont des tavernes de troisième et de quatrième ordre, à partir du St.Lawrence Hall, damne depuis longtemps semble demander leur réclusion pour quelques mois.* Un grand nombre de nos compatriotes se font naturaliser citoyens américains, depuis quelques mois.A Baltic, Conn., à Lowell, Mass, & Nashua, N.H., & Webster, Mass., et dans plusieurs autres endroits, les émigrés canadicns ont prété serment - d\u2019allégeance au gouvernement américain.A Worcester Mass, un mouvement analogue se prépare.Doit-on les blämer de leur démarche ?Les opinions se partagent.En considérant la position des émigrés canadiens, en examinant les intérêts de la population qui les environue, on ne peut que les encourager à devenir citoyens du pays qu'ils habitent.N'allons pas croire qu\u2019en agissant ainsi ils brisent leurs liens avec le Canada, Oh | non, et c\u2019est, là le plus grand obstacle que les idées de naturalisation rencontrent.Là, le canadien naturalis{ ou non, ne perd point l\u2019espérance de retourner au pays de ses pères, il prête allégeance au drapeau étoilé, ce n\u2019est que pour parvenir plus facilement et plus vite à se créer un revenu qui lui permettra de revoir sa patrie et d'y vivre an milieu des siens.Frères du pays natal, vos frères des Etats-Unis qui sont devenus'citoyens américains, sont toujours Canadiens-Français par le cœur, la foi, les coutumes et le curactère ; sous le drapeau étoilé comme sous l'union juck, ils sont toujours dignes du pays qui les a vus naitre, Mais nous le demandons à nos hommes publics de tous les partis, n'est-il pas temps de songer à rapatrier plusieurs .p ; de nos compatriotes émigrés avaut qu\u2019ils deviennent légalement citoyens américains !!! *.* L'influecnza épizoothique, qu\u2019on nomme ivi Canadian horse disease prend des proportions alarmantes, A Boston, Pépidé- mie à donné lieu aux réclames les plus échevelées, La célèbre maison Jordan, Morsh & Cie, empluie des bœufs pour transporter sus marchandises4#ux gares de chemin de fer On a vu cinquaute hommes traîner duux salamandres par les principales rues, prévédés de la célèbre fanfare de Gilmore ; la voiture était entourée de drapeaux et d'inscriptions ; une en- tr'autres très originale: \u201cTeam is slow but safe\u201d Un heureux couple en tour de noue, avrive à Boston, pas un Carrosse pour se faire conduire à l'hôtel.Le jenne marié avise enfin .une voiture trainée par des bœufs, il retient les services du eu descendant.Mais le plus faté de tous ces correspondants américains, c\u2019est celui du (lobe de Boston.En voilà un phenix qui fera mieux do ne pas mourir, car il court le risque de ne pas résusciter du ses cendres, celui-là.Ce rusé correspondant a découvert les raisons pour lesquelles la majorité de nos compatriotes est opposée à l\u2019annexion.Conservateurs, vous avez livré vos secrets À cet Américain ; libéraux, vous allez enfin connaitre les armes «le vos,ennemis ; vous du moins, qui désirez l\u2019annexiou de votre patrie À la république américaine.T'enez- vous bien, gens de tous les partis, de toutes les opinions, Vous, les avocats du Traité de Réciprocité, vous allez être enfoncés, cnterrés, par les arguments de ce correspondant.Voici l'opinion de ce politique, passé-maîitre : \u201c La plus grande partie du commerce canadien se fait avec les étrangers, les amôricains surtout.Un tel achètera des robes de soie pour sa dame et ses filles, un autre achètera des fourrures, une douzaine de gants alexandre et se fera confectionner un habillement complet.Naturellement, les marchands canadiens ne désirent pas, ce qui plus est, combattent l'annexion sur ce priucipe.L'hostilité que les Canadiens entretiennent follement contre l\u2019anuexion, à pour cause ce tarif sur les soies | étrangères, qui fait que les Américains les achètent en Canada, dans leurs voyages, et fout ainsi la prospérité des Canadiens.\u201d lt voilà tout.Plaudite manibusque pedibusque.Après cela, nous n\u2019avons qu\u2019un souhait à faire, c'est que le Canada soit délivré des correspondants américains.\u2026 .Une alfaire qui fait du bruit c'est l'emprisounemeut de Victoria;Woodhull et de Tennie C.Cluflin, \u2014deux bas bleus, naïaues distinguées de ce graud ruisseau d\u2019immoralité qui a pour nom st free love! Cus deux déusses, publient depuis deux années un journal hebdomadaire, le\u201c Woodhull § Claflin Weekly,\u201d qui dénonce le mariage comme une institution dangercuse et immorale, et prône l'amour libre, et le communisme dans le mariage contracté sans l'autorité civile et religieuse, La dernière édition de leur hebdomadaire contenait un libelle contre ic Révd.Henry Ward Beecher, le plus célèbre prédicateur protestant des Etats-Unis, Le ministre du Brooklyn est charretier ; et ce dernier pour honorer son client attache de larges rubans blancs anx cornss de ses animaux, et 3 exemple des rots fain-ants, nos jeunes époux sont conduits par le pesant attelage an Tremont House.Cette épidémie qui sévit par tous les Etats-Unis ralentit considérablement le mouvement des affaires.aT La jeune congrégation canadieune de \\Vorcester qui a déjà son historien daus la pursonune d: l'abbé Chandounet, vient d'acheter un vaste terrain pour un cimetière dans un des plus beaux sites de la ville.Le Rév.J.B.Primeau a payé cette propriété $6,000.Ilse propose d\u2019y ériger un monnment et une croix colossale qui dominera cette ville américaine, =, Les élections sont enfin terminées.C'est un triomphe pour le parti ropublicain et un ejucement sinistre pour les démocrates.Le Massachusetts a douné 70,000 de majorité au général Grant ; la Pennsylvanie, 100,000 ; New-York, les Etats de la Nouvelle-Angleterre, de l\u2019ouest, out tous proclamé l\u2019efficacité de la politique financière de l\u2019a lmiuistration actuelle, Grant peut ne pas avoir les aptitudes ct les capacités d'un homme d'état, mais son administration a réussi à diminuer les intérêts et le principal de la dette publique, et, on le sait, les américains sont sensibles lorsqu\u2019il s'agit de dollars et de centins ; la victoire de Grant est due en grande partie à ces succès h- \u201c nanciers.accusé d'entretenir des relations criminelles avec l'épouse du - Revd.'É.Tilton,\u2014rédacteur du \u201c Golden Age,\u201d et de prêcher chaque dimanche à Un auditoire, où se trouvent plus de vingt de ses maîtresses.On à porté plainte, et les deux propriétaires ; du journal ont êté incarcôrés à Ludiow Jaël, pour avoir expédié, Farm.GAGNON.PHILEMON WRIGHT.On lit dans le Cuwrrier d'Outuoudis, sous la signature de M.Joseph Tassé : \u201cLe premier pionnier du la région de la Gatineau est Philemon Wright, qui, en 1800, vint s\u2019y établir, à la tête d\u2019un certain nombre d'immigrants du Massachusetts.Aidé de nombreux travailleurs, il fitdes d frickements considérables, cultiva en véritable agrononie, importa & grands frais d'Angleterre des reproducteurs des races du bétail les plus célèbres, sut tirer de son exploitation des profits énormes et commença en 1806 à exploiter le commerce de bois.11 construisit les premiers moulins sur l'Outaouais, la première glissoire, créa une véritable colonie dans le township de Hull, devint colonel de milice, membre du parlement, et s'éteignit le 2 juin 1839, après avoir su acquérir une grande fortune et uvoir fait bénéficier le pays de son ravo esprit d'initiative et de progrès.» + * \u201cLa majorité des habitants de la Gatineau sont canadiens- français ; lon nombre y ont des établissements prospères et i vivent même daus une plus grande aisance quu beaucoup de cultivateurs de nox anciennes paroisses bas-canadionnes.Ils ne sont pas génés ici par Pespace et ils peuvent agrandir à volonté leur domaine.« Car les terres sont à un bon nuuché extraordinaire ; on peut acquérir cent arpents de terre À raison de $30 payables en cing versements de $6.Elles sont, de plus, d\u2019une fertilité étonnante, Maints terrains donneront un rendement de 50 minots de grain par arpent, Et la moyenne de la production est de 30 minots par arpeut.On peut douc en comparer la fertilité aux Etats de l'Ouust les plus renoramés, puisqu'ils ne dépassent pas cette moyenne.De l'avis de personnes bien entendues, la région de ln Gatinean est préféeable aux torres si vantées des Cantons de l'Est.\" | A map rt tn in FT Tare des ES edge y i 544 LA BONNE VILLE DE QUEBEC, Nous possédons en Canada une ville unique en son genre, de 02 côté de l'Atlantique, ayant une physionomie À part qui séduit les étrangers.Avec sa ceinture du murs antiques, ses bastiona, ses redoutes, avec sa fière citadelle, digue de se mirer dans le fleuve qui baigne ses pieds, Quebec à un air de vicille ville française transplantée en Amérique, et un cachet d'antiquité que nous ne retronvons ni à Montréal, ni à New-York, ni dans cette multitude de villes américaines qui semblent toutes imitées les unes des autres et reproduire la même idée.Deces vieilles fortifications s'exhale comme un parfum du passé que nous respirons avec délice nous, claquemurés dans l'architecture moderne, nous habitués à la ligne et aux angles droits de nos rues ct vivant dans la familiarité de vieux monuments qui datent d'hier.C'est ce cachet d'antiquité qui faisait le charme de Québec aux yeux des étrangers, et cependant il paraît que la cité de Champlain, que nous sommes tentés d'appeler \u2018 cette bonne ville de Québec,\u201d comme Henri IV disait de Paris, va jeter dans le fleuve sa couronne murale et se dépouiller de ses vieux atonrs pour s'habiller à la moderne afin de ressembler à quoi ?à Montréal, à Toronto, à Cinciunati! Il nous fera peine de voir la pioche du démolisseur s\u2019attaquer à ces pierres qui nous parlent | du passé, nous rappellent tant de souvenirs historiques.M.Henry Ward Beechur, disait que Québec ressemblait pour lui à Un livre d'histoire dont chaque rue aurait formé un feuillet.Rirn de plus vrai.Vous ne pouvez y faire un pas sans vous heurter à un monument témoin d\u2019un fait important, sans vous trouver en face d'un souvenir du passé.Tout vous parle des premiers temps de la colonie de la Nouvelle France, de nos luttes et de nos guerres ; c\u2019est ici que s'élevaient les premiers forts construits par les Français, c'est sur ce bastion que flottait le drapeau fleurdelysé ; c\u2019est par cette porte que l'on sortait pour marcher à l\u2019ennemi.Montcalm, de Vaudreuil, Levis, Murray, Carleton, out tour à-tour poru sur ces murailies, qui bientôt formerout les pignons de maintes habitations bourgeoises.On voit bien que nous vivons dans un siècle utilitaire.: Après cela, Québec est bien libre d'agir à sa guise, mais ou nous permettra au moins d'exprimer un regret.Du reste nous | ne nous brouillerons pas parce qu\u2019elle veut nous imiter, La cité de Champlain aura toujours pour nous attirer l\u2019amabilité, la gaiété inaltérable de ses habitants, et leur politesse, toutes choses qui ne disparaitront pas avec ses murs et ses bastions ! (Minerve.) QUELQUES AUTRES PROPHETIES INTERESSANTES.! La prophétie suivante est attribuée à saint Thomas d'Aquin, parce qu'on la trouva dans un livre à l'usage du célèbre docteur : ; 4 Quand Rome, dit cette pro:hétie, commencera à entendre les mugtssements de la vache grasse, l\u2019Italie sera en proie à la guerre et aux dissensions, Unc haine violente éclatera entre Son serpent ailé et le lion qui porte des lys.Malheur à toi, terre de Pise, le veau secoue sa corne naissante d\u2019un air mena- cant.Alors raîtra, au milieu des lys, le plus beau des princes, dont le renom sera grand parmi les rois, tant à cause de la rare beauté de son corps que de la p-rfection de son esprit.L'univers entier lui obéira quand le chône altier sera tombé et aura | écraré dans sa chuto le sanglier au poil hérissé; ses années s\u20196- | couleront daus le Lonbeur, de l'occident au levant, du levant au nord, et du nord au midi.De toutes parts il terrassera et foulera aux picds ses enueuiis.O Alpha et Oméga! La vache grasse est unie à la couleuvre.Un roi monstrueux s\u2019assiéra sur uu trône motile ; ce monarque échappera à grand\u2019peine à une mort très-rapprochée.Lève-toi, sanglier hérissé, associe-toi aux lions, et tu prendras la couleuvre embarrassée dans ses plis | tortueux, Le lion, surpris dans l'ivresse du triomphe, se lais- | sera prendre par toi; tu le tromperas et tu le feras périr.Mal- beur à toi, beau lion, quand tu te prépareras au combat, à l'om- : bre du chêne altier.Malheur à toi, Ligurie, et à toi, Flandre ensanglantée, tes prairies et tes fleurs seront dévastées.Le | schismie sera renversé quand le chêne, dans sa chute, écrasera le sanglier sauvage, Pleure, hélas! malheureuse Babylone que de tristes jours attendent: comme la moisson mûre, tu seras fauchée à cause de tes iniquités.Les rois s\u2019avanceront contre toi des quatre coins du monde; ils rassembleront les saints de Dieu pour qu'ils ne soient pas compris dans le jugement et qu\u2019ils choisissent lange du Testament, qui doit convertir au Seigneur les cœurs pervertis et dissidents.La flèche de l'Italiv, s'élançant vers le levant, ira creuser les aillons pour y planter la vigne du vrai Sauveur, alors que fleurira le prince du nouveau nom, à qui tous les peuples se soumettront et à qui la conronne orientale sera donnée en garde.(Il surgira un monarque de l'illustre lys, qui aura le front haut, les sourcils arqués, de grands yeux, le nez aquilin; il raggemblera une grande armée et détruira tous les despotes de son royaume, ct les frappera à mort: fuyant à travers les monts, Îls chercherout à éviter en face, Il f-ra aux chrétiens la guerre la plus constante, ct subjuguera tour à tour les Anglais, les Espagnols, Aragonais, Lun Larde, Italiens.Les rois chrétiens | lui ferout leur soumission, Rome et Florence périront, livrées par lui aux flamines, et le sel pourra être semé sur cette terre où toumb-runt sous sus conps les derniers membres du clergé.La même année il gagnera une double couronne; puis, traver- saut la mer à la tête d'une grande Jarmée, il entrera en Grèce, et sera Lvmmé roi des Grecs, Il subjuguera les Turcs et les barbares, et publieia un édit par lequel quiconque n\u2019adorera pas la croïx sera mis à mort.Nul ne pourra lui résister, parce qu'il aura toujours auprès de lui le bras fort du Suigneur, qui lui donnera l'empire de l univers entier : cela fait, il sera appelé la paix des chrétiens, Montant à Jérusalem sur le mont Olive, il priera le Seigneur, et découvrant ça tête couronnée, et rendant gr.cea au Père, au Fils et au Saint-Esprit, il rendra l\u2019âme en ces lieux avec Ja couronue; et la terre tremblera, et l\u2019on verra des prodiges.\u201d Dans une prophétie trés-ancienne et recueillie par David Varens (Commentaire de l'Apocalypse, 1618), nous trouvons non- seulement l'annonce, mais encore le portrait du grand roi des lys : \u201c Vers la fin des temps, il paraîtra un grand monarque de la nation des très-illustres lys ; il aura un grand front, des sourcils élevés, de grands yeux et le nez aquilin, Il réunira une grande L'OPINION PUBLIQUE REVUE ÉTRANGBRE.FRANCE, Rien d'important en France.Les journaux s'occupent du ; résultat des dernières élections.Les républicains se félicitent | de leurs victoires, les légitimistes et bonapartistes prétendent que la défaite de leurs cardidats est due en grande partie à l'influence de M.l'hiers qui a fait tout co qu'il a pu contre eux, et aux abstentions qui ont été considérables.Un journal accuse de lâcheté ceux qui se sont abstenus et il dit que ce sont ces geus-là qui se lamenteront le plus eucore, lorsque les désordres, dont leur apathie sera responsable, éclateront., Henri Rochefort a reçr la permission d'aller à Versailles : pour épouser la mère de ses enfants, qui est à l'article de la mort.Après cette cérémonie, dont le but est de légitimer ses eufants, Rochefort rentrera en prison.6 novembre \u2014Les troupes allemandes ont évacué les villes de Rheims et de Vitry-le-Français.Ces deux postes étaient les derniers encore occupés par les Allemands dans le département do la Marne, ANGLETERRE.Uno tentative de célébration de l'anniversaire de la conspiration des poudres, faite hier à Exeter, à dégénéré en démonstration contre l'acte de license des liqueurs, Après quelques discours, il y a eu une bagarre et beaucoup de personnes ont êté blessées de coups de bâtons ou de pierres.Les émeutiers ont été dispersés par la police, qui en a arrôté quelques-uns.Dix-sept blessés ont été transportés à l'hôpital.ITALIE, Le village de Palazzolo, près de Brescia, daus la province de ce nom, & été visité par un ouragan terrible.La moitié des bâtiments ont été détruits, ot 32 personnes ont été écrasées sous les débris.Un millier de familles est sans asile.ETATS-UNIS.Le grand événement de la semaine dernière a été la défaite de Greely par Grant à une immense majorité.Greely, philosophe plus que jamais, annonce qu'il reprend la rédaction de la Tribune qui sera désormais indôpendante en politique, et il est heureux d'annoncer que, maintenant qu\u2019il est bien et dûment conataté qu'il ne peut plus avoir d'influence politique, les chercheurs de places et les intrigants politiques vont le laissertranquille.\u201c Assez longtemps, dit-il, on a cru qu'il était obligé de s'occuper des affaires de tout le monde, signer des papiers, écrire des lettres, obtenir des faveurs pour chacun et n\u2019être remercié par personne, \u201c Enfin nous aurons le loisir d: nous occuper de nos affaires et de rédiger notre journal sans être dérangé à chaque minute par un tas de gens que nous ns connaissons pas, et sans perdre notre temps et nos peines pour servir des iudividus qui n\u2019out aucun droit à notre sollicitude.\u201d On ne peut prendre les choses plus philosopbiquement.Tp NOUVELLES GENERALES.On porte à trois cents, le nombre des nouvelles bâtisses érigées durant cette année à Wiunipeg.C'est un progrès remarquable, lorsqu'on songe que Winnipeg ne contenait que soixante-dix maisons, l\u2019aatomns dernier.Nous lisons dans le Figaro du 25 octobre : Mademoiselle Albani qui débute ce soir dans la Somnambula, aux Italiens, nous arrive d\u2019Angleterre avec une granie réputation, Le Fre: Press d'Ottawa annonce la rentrée prochaine de M.McDougall daus le gouvernement fédéral.Pendant son séjour à Montréal, lo gouverneur-général sera l\u2019hôte de Sir Hugh Allan.Lord Dufferin ne vient pass-r que quelques jours « Montréal, et la seule démonstration publique qui aura lieu alors, sera inauguration do Ia status de la Reine sur la Place Victoria.Le Nouveau-Monde est autorisé à démentir l'histoire mise en circulation par la Minerve que \u201c M, F.X.A.Trudel, député do Champlain, allait présenter un projet de loi pour régler les difficultés par suite de la division des paroisses, faite par Mgr de Montréal.\u201d St.Michel\u2014Samedi après-midi, pendant qu'on battait au moulin dans une grange de cette paroisso, une jeune Demers lança uue fourche do fer par la porte et l\u2019un des fourchons at- tuignit la tête d\u2019un enfant qui s'adonnait à passer en ce moment devant la grange, ct la traversa d'une oreille à l'autre.L'enfant du nom de Philéas, fils de M, Félix Ménard, platrier, mourut deux heures après ce triste accident.Ls Corvner tint une enquête sur les circonstances du cette mort et le jury rendit le verdict de \u201c mort accidentelle.\u201d M.Archibald, le Lieutenant-Gouverneur de Manitoba, a donné sa démission.Son successeur est nommé.C\u2019est le Col.Coflin, du département de la milice, officier d'ordonnance.M.Coffin est un ancien avocat au barreau du Bas-Canada.Le banquet donné en l'honneur des victoires du parti réformiste d'Ontario est remis à l'ouverture du Parlement local qui aura lieu au commencement de décembre.\u2014\u2014\u2014 Le prince de Galles à eu 31 ans le 4 novembre.John F.Maguire, irlandais, éminent député de Cork, est mort la semaine dernière.M.Thomas Hughes, autre député irlandais dont le nom est bien connu, se retire de la politique.armée et detruira tous les vnnemis de son royaume, Surget lex ex nil one illustrissimi lilit, habensfrontem longam, superc:lia alla, oculos longos, n
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.