La feuille d'érable, 16 février 1888, jeudi 16 février 1888
[" PRE.DE NW YORK, J we woe, NN N À TE 9 A \\ \\ D Ul 72222 ) Tied) < SS S AN A = NS a > Ww BN SI NOES S S ON \u201cSA; SR SS Ce N Q im 3 NS WN S N EAN SSSI \\ 200 e de seconde classe au 7 de la 70% de New York.POÉSIE.LE JOUR DU MARIAGE.(À M.J.M.D., À L\u2019OCCASION DE SON HYMEN.) O jour du mariage, Incomparable page Du livre des mortels ; Époque de la vie Où re fait l'harmonie Des cœurs près des autels ! Ineffable mystère : Un ange de la terre A homme vient s'unir, Et ces deux créatures, Aux riantes figures, Ont foi dans l'avenir.Car devant la Madone Un apôtre leur donne Sa bénédiction ; Fit, selon sa promesse, Le Roi des Cieux s\u2019enipresse De sceller l\u2019union.Or avec cette force, (Primant celle du Corse, Le grand Napoléon), Ces deux cœurs seront braves , Et riront des entraves Que dresse le démon! ip mariage, _ 5 \u20180116 h'dèie gage - FR Du bonheur des époux.wPuissent l\u2019homme et la femme Inipriñier-ep Jeur âme ~~~ Son souvenir si doux ! Bo LOT «J.B, CAOURTTE, Québec, février, 1888.Légende Canadien ne.La famille canadienne-française vivait paisible et heurense, dans un modeste ftre, sur les bords incomparables tint Laurent au majestueux cours.Quand le soir la réunissait autour du oüle traditionnel dans lequel pétillait une bonne attisée de bois see, on commençait la veillée par la prière du soir, faite pieusement en commun.Quelques voisins venaient fumer la pipe.On contait, on causait soit de la France, soit des exploits des aïeux, et, quand les illeux étaient partis, le père bénissait ses noinbreux enfants et se retirait pour le repos de la nuit.Les frères et sœurs renouvelaient l\u2019attisée, se rapprochaient du feu, et s\u2019en- :% tretenaient encore quelques temps.On }, parlait des événements du jour; un tour que Pon avait joué à Pierre, le voisin ; ne histoire que l\u2019on avait faite à Mar- elline, 1a jaseuse, toujours avide de nouvelles pour les répandre; un mariage projeté dans le canton ; une grosse veillée qui se préparait où l\u2019on danserait force cotillons; mille choses enfin, ou plutôt mille riens qui sont la vie du petit monde où chacun Lntorme sen existence.On adinait, on se taquinait, et le rire était ranc; car on s\u2019aimait tendrement, et la plus cordiale union régnait dans la famille canadienne-française, qui vivait paisible et heureuse, sur les bords in- bles \"du Saint Laurent au ma-| gurs.| $ que le voyageur étranger Mage, venant de par en 9 a haut, et racontant des choses merveilleuses des pays d'Amérique.L'on y travaillait pen, gagnait beaucoup argent, et vivait comme des princes.Quelles grandes villes il y avait à visiter! Que de choses nouvelles à voir! Ou apprenait l\u2019anglais facilement, et la religion était bien moins sevère de l'autre bord des lignes qu\u2019au Canada.Le voyageur étranger était habillé de drap fin, portait chapeau de castor, bagues, jones, montre jaune avec chaîne dorée, et breloques éclatautes.Il avait de l\u2019argent dans sa poche et payait bien les services qu\u2019on lui rendait.Quand il sortait pour prendre sa walk, comme il disait, les enfants chuchotaient: \u201cVoilà le gros moinicidr qui passe!\u201d Quand ils avaient la bonne fortune d\u2019être entendus, ils ne recevaient pas moins d\u2019une pièce de cinq sous du gros monsieur.Een leur faisant cette largesse, il ne manquait pas de promener autour de lui un sourire protecteur qui signifiait: «Voila ce que c\u2019est que de voyager ; l\u2019argent ne tient pas aux doigts ! \u201d Mais le gros monsieur ne dirigeait jamais sa walk vers Péglise, et n\u2019allait .|point à la messe le dimanche.- Par en haut, peu de gens allaient à la.messe, et \u201cfui n\u2019était pas de ces gens-là.Et le père et la mère de famille tremblèrent que les discours et les exemples du voyageur ne pervertissent leurs fils, et qu\u2019il ne finit par les entraîner loin d\u2019eux, loin de Dieu, sur la terre étrangère.; Car les colonies canadiennes n'étaient pas organisées.L\u2019émigré canadien, laissé à Ini-même, isolé, subissait bientôt à funeste influence du milieu impie, où il se trouvait.C\u2019est pourquoi on a réuni, dans les principaux centres américains, autant que possible, les canadiens autour de leur église.I\u2019émigré trouve ainsi, dès son arrivée, des parents, des amis, une petite patrie qui Paccueille avec bonté.Tout y est canadien: le prêtre, l\u2019école, le journal; il y a même une société Saint Jean Baptiste, et autres associations de bienfaisance, heureuse contre-partic des sociétés secrètes.Mais alors, rien de tel; tout était danger.Et c\u2019est avec raison que le père et la mère de la paisible et heureuse famille canadienne-française s\u2019alarmaient à la pensée de voir leurs fils partir pour la terre étrangère.Its avaient vu le voyageur leur parler longuement à plusieurs reprises ; toutefois, l\u2019attachement filial de leurs enfants, et leur piété, calmèrent peu à peu leurs inquiétudes, et dissipèrent leurs alarmes.Quelques jours après, une place était vide à la table de læ famille canadienne- française, hier encore si heureuse sur les bords «lu Saint Laurent au majestueux cours.Le cadet de la famille s\u2019était laissé gagner par le pervers étranger, et avait fui le toit paternel, sans adieu, sans un baiser à sa tendre mère.Qui pourrait dire les inquiétudes du père, et les ango'sses de la mère de famille! Un nuage de tristesse s\u2019étendit sur la maison ; lechagrin et la douleur vinrent occupeyla place de l\u2019absent, et \\ mn LEON BOSSUE DIT LYONNAIS, DIRECTEUR.joues ridées.le pain quotidien fut trempé de pleurs mers, On se demandait tous les jours: \u201c É- crira-t-il ?.Neviendra-t-il jamais ?.Qui prendra soin de Ini sur la terre étrangère?\u201d.Et les larmes coulaient plus abondantes.Plus de veillées charmantes au coin du fen, plus de gais propos, plus de joie dans Ja famille vivant naguère encore, paisible et heureuse, sur les bords incomparables du Suint Laurent au majestueux cours.Or, un dimanche, revenant de Péglise, le fils ainé rapporta de la poste une lettre d\u2019une écriture connue.Pleins d\u2019émotion, l\u2019on fit cercle, grands et petits, autour du père de famille afin d\u2019en entendre la lecture.Le pauvre exilé était rendu bien loin, là-bas, daus l\u2019ouest américain.Il n\u2019avait point aunoncé son départ, disait-il, afin de causer moins de peine à la famille, recommandait à ses frères, en termes émus, de ne jamais abandonner leurs bons parents, et espérait revenir bientôt, Puis, pour adresse, il leur donnait nun nom anglais, ridicule traduction du sien, Le père seul en comprit la signification, et,en fut affligé profondément; mais il garda la chose secr&te de peur d'ajouter encore à la d, \u201csur de la famille.Cette lettre redoubla les angoisses de la mère, \u201cQue va-t-il devenir,\u201d répé- tait-elle, \u201cle pauvre enfant, isolé, loin des siens, loin de Dieu, sur la terre étrangère?\u201d Lt elle se dérobait aux regards de ses enfants pour pleurer.Secrètement, elle envoya de l\u2019argent à son cher fils, afin qu\u2019il pût revenir ; car son cœur de mère avait lu dans cette lettre que l\u2019infortuné était dans le dénû- ment, et n'avait pas de quoi payer son retour.Lille ne reent point de réponse.Deux années se passèrent.deux années bien longues et bien sombres pour la famille canadienne, autrefois si heureuse, sur les bords incomparables du Saint Laurent au majestueux cours! Les cheveux de la pauvre mère avaient blanchi.Ses yeux avaient perdu leur flamme éteinte dans les larmes, et deux profonds sillons descendaient sur ses Le père était vieilli, cassé, et son visage portait constamment une expression pénible de tristesse.On priait beaucoup pour l\u2019exilé.1 ne reparaissait point.Enfin, une seconde lettre arriva.Elle était tracée d\u2019une main tremblante.L'infortuné relevait d\u2019une terrible maladie.ll ne savait combien de temps il avait été privé de ses sens ; mais il avait souffert ; il avait été à um cheveu de sa mort; carla cruelle maladie qu\u2019il venait d\u2019essuyer wa pas cou.| tume de pardonner.H n'aurait pas voulu, disait-il, paraître devant le bon Dieu tel quil était.Mais enttn, il était mieux ; il était debont.Cette lettre était triste comme le remords.Qui eût vu le pauvre jeune homme en eût été profondément ému de pitié.Si sa tendre mère cût connu sa malheu- reuse histoire, elle\u2018 leur.4 Que de ruines: il a ces quelques années ! Ruines de sa vertu, de l\u2019ivrognerie et de la JR, Ruines de sa foi, dans la impies, et par son affiliation ux sociétés anticatholiques et secretes ! Ruine des bons prinçipes et des habi tudes chrétiennes par-l\u2019oubli de tout devoir religieux ! 1 \u201c Enfin, ruine complète de sa santé, suite et cl Âtiment de ses désordres ! Quel chan sesdgyt !.Sou corps n\u2019était plus qu\u2019un squelettè&-mmhuwant; son âme et son cœur, des puit Pauvre et infortuné jeune Diwgme! égaré loin des siens, loin de Dieu, sur I terre étrangère.Que de maux il s\u2019était faits! Que de peine il avait causée à sa famille ! Les larmes de la mère ne tarirent plus.Sans cesse, elle revoyait son fils, cloué sur son lit de douleur, et se débattant sans secours, ni humains, ni religieux, dans une pénible agonie, hantée par le remords.Il n\u2019écrivait point.Au de quelques mois, 1 la mère gagnä Tes-autresg devenir ?\u201d.On attendit années.Point de lettre.La mort l\u2019avait-elle frappé lon siens, loin de Dien, sur la terre étra gère ?Quand donc reviendraient-ils, cq beaux jours d\u2019autrefois, au foyer si he reux alors de la famille canadienne-fre çaise, sur les Lords incomparables Saint Laurent au majestueux cours ?Iélas! la dernière lueur d\u2019espérancd s\u2019y était éteinte ; car sept années.se] siècles.s\u2019étaient éconlées depuis jour funeste qui avait brisé son Bôn: & p Malgré le temps qui détruit sig vi souvenir des absents, il était#t vivace, aussi douleureux qu\u2019au premier jour.Rien ne peut arracher du cœur de Ja mère la sollicitude qu\u2019elle a pour ses enfants, la sollicitude de la mére était à In fois Pâme et l\u2019alinent de la douleur des autres dans la famille canadienne- francaise, La bonne mère, dans Phéroisme de son amour maternel fit un jour 4 Dieu cette prière : : \u201cSeigneur, sauvez l\u2019âÂme de mon cher enfant, et prenez ma vie.\u201d Soudain elle tomba malade.Les soins du médecin furent inutiles.Elle étai tout consolée ; car elle était stipe des mais que l\u2019âme de son fils serait sauvée de Venter.La mort fit sou œuvre, \u2018et.la famille autrefois si heureuse sack mina vers le cimetiore a Ia suite du pJus poignant de tous les cortèges, Je Aortège pe d\u2019une mère, Et pour longtem banni verde frane du Sa 0 LA FEUILLE D\u2019ER E\u201416 FEVRIER 158$! sur la terre étrangère, 20 ait sous le toit paternel, Bissait à peine.paix de ime.* le vieux curé qui vait admis jadis au la première commu- ?se passa.hé pauvré J&WLe homme fut conduit aux portes du tombeau.Le vieux prêtre vint le voir, lui rappela les beaux jours-de son enfance, où il était pied, olt sh famille était si heureuse.Pui}, il lui révéla l\u2019héroique dévouement detsa mère, offrant sa vie en sacrifice pour le salut Qe lui,
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