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Titre :
Le nouvelliste
Éditeur :
  • Trois-Rivières :Le nouvelliste,[1920]-
Contenu spécifique :
Cahier 3
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le nouvelliste, 2022-04-30, Collections de BAnQ.

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[" SEMAINE DU 30 AVRIL AU 6 MAI 2022 NOÉMIE DIT OUI LES VISAGES DE LA PROSTITUTION AU GRAND JOUR P H O T O L E D R O I T , M A R T I N R O Y + BIÈRE UNE CONSULTATION PUBLIQUE ET UNE NOUVELLE MALTERIE À BÉCANCOUR + LECTURE Martha Wainright UNE PLUME LIBRE ET INSOUMISE ARTS Martin Brousseau DU MATHÉMATIQUE AU LUDIQUE SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E2 ARTS MAGAZINE Peu d\u2019acteurs se sont présentés pour auditionner pour le rôle des clients qui, selon la réalisatrice, demande «un certain courage».Et il n\u2019était pas non plus question de prendre n\u2019importe qui.Donc après les auditions, Geneviève Albert les a rencontrés pour avoir «une discussion sur la prostitution».Mais malgré ce passage au peigne fin, elle a appris, une fois le montage bouclé, qu\u2019un des acteurs était «un vrai client de la prostitution».«Il n\u2019était pas question qu\u2019il se retrouve dans le film, par convictions, par respect pour Kelly (Depeault), par respect pour la prostituée qui se l\u2019ait tapé comme client», martèle Geneviève Albert.Alors, l\u2019équipe est retournée en montage pour retirer la scène.Le film raconte l\u2019histoire d\u2019une adolescente de 15 ans qui vit dans un centre jeunesse depuis trois ans.Quand sa mère décide de ne plus la récupérer, Noémie, abandonnée, fugue.Elle retrouve son amie Léa (Emi Chicoine), une ancienne du centre, qui l\u2019introduit à une bande de délinquants.Elle tombe rapidement amoureuse de Zach (James- Edward Métayer), qui derrière ses airs amoureux n\u2019est autre qu\u2019un proxénète.AMOUR PERVERS Noémie dit oui, c\u2019est sept années de travail où Geneviève Albert a fait des recherches, recueilli des témoignages, rencontré différents acteurs du milieu.Sept années, où elle a baigné dans cet univers parallèle, pourtant bien réel.En passant plusieurs mois dans un centre jeunesse, la réalisatrice a entendu parler de «ces jeunes filles qui se faisaient recruter à même les centres pour se prostituer».«La prostitution me touche depuis que je suis ado.C\u2019est un sujet tellement fort pour moi qu\u2019il s\u2019est imposé naturellement pour mon premier long métrage de fiction», confie la réalisatrice qui s\u2019est appuyée sur le témoignage de jeunes escortes et de survivantes de la prostitution pour écrire les rôles de Noémie et Léa.Pour le personnage de Zach, la réalisatrice s\u2019est inspirée «d\u2019un jeune pimp de 17 ans», qui n\u2019avait rien de l\u2019image qu\u2019on se fait d\u2019un proxénète.Un visage de plus en plus fréquent dans la prostitution, où la manipulation subtile a remplacé la violence physique.«Il m\u2019a raconté ouvertement toute son histoire.Et il m\u2019a désarçonnée.Il était super sympa, intelligent, charismatique.Il était aimable! C\u2019est là que j\u2019ai compris toute la perversité.» KELLY DIT NON Même si elle n\u2019avait pas écrit le rôle de Noémie en pensant à Kelly Depeault, Geneviève Albert a été immédiatement conquise quand elle l\u2019a vue dans La Déesse des mouches à feu, film qui l\u2019a consacrée Révélation de l\u2019année au dernier Gala Québec Cinéma.«J\u2019ai vu tout le talent de cette jeune actrice qui a débarqué sur nos écrans comme un feu d\u2019artifice, se souvient la réalisatrice.Je n\u2019avais aucun doute que c\u2019était elle, et seulement elle, qui pouvait porter ce rôle sur ses épaules.Elle est d\u2019une justesse inouïe.» Mais quand Kelly Depeault reçoit le manuscrit, elle refuse.Sa simple lecture l\u2019a traumatisée.«C\u2019était très détaillé, très clair.Et sans la vision de la réalisatrice, c\u2019est assez lourd et intense, corporellement surtout», ANICÉE LEJEUNE alejeune@ledroit.com Avec son premier long métrage, la réalisatrice Geneviève Albert voulait montrer, sans filtre, le visage de la prostitution juvénile.Et surtout celui des clients.Pendant 116 minutes, elle nous plonge dans une spirale infernale qui mènera Noémie (Kelly Depeault), 15 ans, à dire oui.Oui, à se prostituer pendant le Grand Prix de Formule 1, à Montréal.Un oui qui dit non, et qui en dit long sur l\u2019enfer que vivent ces filles qui se prostituent par dépit, par amour.Un amour ficelé par la manipulation.«Étrangement, on pointe rarement les clients comme étant à la source du problème.Pourtant, s\u2019il n\u2019y avait pas de clients, il n\u2019y aurait pas de prostitution, fait remarquer Geneviève Albert en entrevue avec Le Droit.Et, non seulement ils sont invisibles dans notre société, mais ils le sont aussi sur nos écrans.C\u2019est pour ça que j\u2019ai voulu leur donner un corps, un visage et qu\u2019on ne puisse pas s\u2019en détourner.Pour qu\u2019on voit à quel point ils sont ordinaires.» 1 NOÉMIE DIT OUI LES VISAGES DE LA PROSTITUTION AU GRAND JOUR leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E3 ANICÉE LEJEUNE alejeune@ledroit.com Si le choix de l\u2019actrice qui se glisserait dans la peau de Noémie s\u2019est imposé de lui-même pour la réalisatrice Geneviève Albert, trouver les acteurs qui allaient porter à l\u2019écran Slim (Maxime Gibeault), Léa (Emi Chicoine) et Zach (James-Edward Métayer) a été un long processus.«Dès que j\u2019ai vu Maxime Gibeault en audition, je me suis dit qu\u2019il sera [indétrônable] pour jouer Slim.Trouver Léa ç\u2019a m\u2019a pris du temps.Et pour chaque personnage, dès que j\u2019avais quatre ou cinq candidats, il y a eu des auditions mixtes pour voir la chimie avec Kelly», raconte Geneviève Albert.Dénicher l\u2019acteur qui incarnerait Zach, ce jeune pimp sympathique dont Noémie tomberait amoureuse n\u2019a pas été facile.Mais en rencontrant James-Edward Métayer, qui avait peu d\u2019expérience, la réalisatrice a été captivée par ce qu\u2019il dégageait.«Il y avait quelque chose de jovial dans son visage, une candeur.Et comme je ne voulais pas tomber dans le stéréotype du \u201cbad boy\u201d qui joue le \u201cpimp\u201d, il avait quelque chose qui ne s\u2019invente pas.» James-Edward Métayer, 23 ans, décroche donc son premier rôle au cinéma et interprète un jeune proxénète.«Quand je jouais ce personnage, c\u2019est venu me chercher.Mais c\u2019est important de le montrer.Et, j\u2019ai essayé de l\u2019incarner du mieux que je pouvais», confie James-Edward Métayer.Geneviève Albert avait une vision bien précise pour son premier film.Et pour être le plus proche de la réalité, la réalisatrice a beaucoup travaillé en amont du tournage avec les acteurs.«Pour certaines scènes, elle nous racontait tout ce qui avaient autour.On a regardé des vidéos, lu des articles.On a tellement été sensibilisés que ça nous a mis dans une bulle», explique Emi Chicoine (Plan B, Embrasse-moi comme tu m\u2019aimes).Si toutes les scènes étaient répétées et très encadrées, les acteurs ont tout de même pu y apposer leurs couleurs et leurs personnalités.«On a eu beaucoup de répétitions où on a reformulé pour que ce soit plus jeune, plus trash avec des mots qu\u2019on avait déjà entendus», se souvient Emi Chicoine.«S\u2019il n\u2019y avait pas beaucoup de latitude dans l\u2019intention, il y en avait beaucoup dans notre énergie, dans notre texte, ajoute Maxime Gibeault (Il était une fois les boys).Elle nous a fait confiance.On a eu beaucoup de liberté avec ce qu\u2019on disait.» Mais à l\u2019instar de Kelly Depeault, les trois acteurs se sentaient parfois comme des imposteurs en interprétant ces personnages fictifs, mais qui pourtant hors du plateau sont réels.«C\u2019est sûr que les personnages ne sont pas l\u2019fun, mais en même temps c\u2019est notre job.Et le film n\u2019est rien comparé à ce que ces filles vivent dans la vraie vie», lance Maxime Gibeault.Les trois acteurs, qui partagent l\u2019affiche de Noémie dit oui, s\u2019accordent pour dire que ce projet est important pour sensibiliser et faire avancer la cause.«Si on s\u2019en cache, on ne fera jamais les efforts nécessaires pour améliorer la situation», conclut James-Edward Métayer.«C\u2019est sûr que les personnages ne sont pas l\u2019fun, mais en même temps c\u2019est notre job.Et le film n\u2019est rien comparé à ce que ces filles vivent dans la vraie vie» \u2014 L\u2019acteur Maxime Gibeault, qui joue le rôle de Slim 2 explique l\u2019actrice de 19 ans.Elle a accepté toutefois d\u2019aller prendre un café avec la réalisatrice.«Elle m\u2019a parlé de sa vision et de son désir de dénoncer la prostitution juvénile.Après notre rencontre, j\u2019étais partante parce qu\u2019elle voulait [axer son film] sur les hommes», raconte Kelly Depeault.DÉNONCER LES CLIENTS Même si elle a braqué sa caméra sur les clients, les montrant dans leur plus simple appareil, défilant impunément dans la coquette chambre d\u2019hôtel du centre-ville de Montréal, ils n\u2019en restent pas moins en position de dominants.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que veut dénoncer Geneviève Albert avec son film.«La prostitution, c\u2019est une relation de pouvoir et en tournant ma caméra vers les clients je veux qu\u2019on se questionne sur cette relation de pouvoir.Que ça fasse évoluer les consciences individuellement et politiquement.[.] Il faut que le silence collectif cesse.» Au Canada, l\u2019âge moyen d\u2019entrée à la prostitution se situe entre 14 et 15 ans.En plein milieu de l\u2019adolescence.Une adolescence brisée à jamais, une vie gâchée par des traumatismes physiques et psychologiques.Impossible de rester assis devant Noémie dit oui impassible.De la tristesse à la compassion, du désespoir à la révolte, de l\u2019indignation au dégoût, un raz de marée d\u2019émotions déferle intérieurement.Alors on ne peine pas à imaginer combien Kelly Depeault a pu être ébranlée en se glissant dans la peau de Noémie.MARQUÉE À JAMAIS Bien consciente qu\u2019elle n\u2019a fait que son métier, la jeune actrice garde néanmoins, un an après le tournage, des séquelles.Et elle a dû «se réapproprier [son] corps» et éprouve encore de la difficulté quand on la touche ou avec sa sexualité.«Ça n\u2019égalera jamais ce que vivent les prostituées.Mais en tournant une semaine, en costume, 14h par jour, avec juste des hommes, où tu comptes les coups, et que tu as l\u2019émotion à mettre en plus [.] c\u2019est facile, comme jeune femme d\u2019imaginer, de se faire violer.Pendant le tournage, je faisais des cauchemars que je me faisais violer, confie Kelly Depeault.Et mon inconscient a fait en sorte que j\u2019ai cru que c\u2019était vrai.Je ne suis pas encore revenue à 100 %.» Un traumatisme qui était difficile à anticiper aussi pour Geneviève Albert.«Kelly a joué un rôle, elle était en sécurité.Alors, on peut imaginer à quel point la prostitution est violente et que tu ne sors pas de là indemne.Cette violence j\u2019ai voulu la porter à l\u2019écran pour qu\u2019elle soit ressentie viscéralement par le public», insiste-t-elle.Noémie dit oui est à l\u2019affiche au cinéma.INCARNER LA PROSTITUTION SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E4 ARTS MAGAZINE FRANÇOIS HOUDE francois.houde@lenouvelliste.qc.ca Jusqu\u2019au 5 juin prochain, la Galerie d\u2019art du Parc de Trois-Rivières présente trois expositions, chacune occupant un étage de l\u2019édifice.Au premier, on peut admirer le travail du sculpteur trifluvien Martin Brousseau dans son exposition Synopsis éclectique alors qu\u2019on présente Semer, de Claire Beaulieu, au second.Au dernier étage, on trouvera exposé le projet de fin d\u2019études de trois finissants au baccalauréat en arts visuels à l\u2019UQTR : Andréa Gouéti, Virginie Guilbault et Ruoyu Li.Intéressons-nous au travail du Trifluvien.Parce qu\u2019il est d\u2019ici, évidemment, mais également parce que malgré son nom familier aux oreilles des amateurs d\u2019art, il n\u2019en est, après près de 20 ans de pratique artistique, qu\u2019à sa toute première exposition solo.Le résultat convainc facilement que c\u2019est une lacune qu\u2019il était plus que temps de corriger.Martin Brousseau est un technicien reconnu dans le monde de la sculpture.Ses nombreuses collaborations avec plusieurs collègues dans le passé en témoignent.Ses œuvres d\u2019aujourd\u2019hui aussi.Il asservit le métal et le bois avec beaucoup de maîtrise pour les amener dans son univers qui emprunte à la géométrie, la science, mais aussi la nature dans un dessein qu\u2019on peut qualifier de ludique, ce qui n\u2019est en aucune façon péjoratif.La démarche de création de l\u2019artiste pour en arriver à la douzaine d\u2019oeuvres qui composent Synopsis éclectique n\u2019a pas été un long fleuve tranquille.«J\u2019avoue que cette offre d\u2019une exposition solo m\u2019a mis en danger.En tant qu\u2019étudiant, j\u2019avais développé une production personnelle mais j\u2019ai mis ça de côté pour gagner ma vie, je dirais.La proposition de présenter mon exposition est venue quelque part au début de la pandémie et j\u2019ai mijoté ça jusque dans les tout premiers mois de cette année avant de plonger tête première dans la production.Ça m\u2019a apporté beaucoup de satisfaction.» L\u2019artiste avoue un constant intérêt pour les mathématiques, la physique et en parallèle, les micro-organismes ainsi que les phénomènes qui se produisent à l\u2019échelle de l\u2019univers.«Pour résumer, je dirais que je suis fasciné par le micro et le macro.Les œuvres de cette exposition sont, pour plusieurs, inspirées d\u2019un séjour en camping au parc du Bic où, avec mon garçon, on a beaucoup observé les cailloux, les mollusques, les algues sur le bord de l\u2019eau.» «Il y a dans l\u2019exposition des œuvres que je qualifierais de plus techniques et d\u2019autres où je me suis davantage laissé aller.J\u2019aime la spontanéité du geste à laquelle on peut s\u2019abandonner quand on sait qu\u2019on a un bon bagage technique.» Les visiteurs remarqueront peut-être Croc , petite sculpture de métal installée sur un socle qui suggère un gros travail pour mater le métal et lui enlever toute fonction utilitaire.«C\u2019est le genre d\u2019œuvre qui demande de simplement jongler avec l\u2019objet.C\u2019est un bel exemple d\u2019une pièce qui exigeait un certain travail technique mais que je ne voulais pas parfaite dans sa finition.Il est arrivé un moment où je préférais avoir des soudures plus approximatives pour lui donner vie.» L\u2019œuvre qui la voisine, Cosmos, est d\u2019une tout autre facture.Elle mise sur le contraste qu\u2019impose sa grande dimension et sa conception plutôt mathématique qui rappellerait des phénomènes de grande ampleur comme les immenses champs magnétiques ceinturant notre planète.«C\u2019est une œuvre dans laquelle je veux que les gens entrent physiquement pour être au centre de cette représentation du macro.C\u2019est comme pénétrer à l\u2019intérieur d\u2019un diagramme de Venn.La forme a aussi quelque chose de féminin, d\u2019où le titre qui nous ramène à la création.Par ailleurs, je trouve intéressante l\u2019idée de faire se côtoyer une grande œuvre et de petites pour jouer avec les perceptions.» «Je ne peux pas dire qu\u2019il y ait un sens très précis à donner à l\u2019ensemble de l\u2019exposition, admet le créateur.Je n\u2019ai pas écrit de textes pour guider les spectateurs: MARTIN BROUSSEAU EXPOSE ENFIN SEUL À LA GALERIE D\u2019ART DU PARC DU MATHÉMATIQUE AU LUDIQUE Accrochant son imagination à un solide bagage technique, le sculpteur trifluvien Martin Brousseau présente sa toute première exposition solo, Synopsis éclectique, à la Galerie d\u2019art du Parc.- PHOTO: FONTAINE LERICHE. leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E5 je voulais que les œuvres se répondent mais que les visiteurs soient libres de les interpréter comme ils le souhaitent.» Pa r l a n t d\u2019œ u v r e s q u i d i a - loguent, une série à dominance géométrique dans la première salle donne une bonne idée de la personnalité artistique de Martin Brousseau qui allie le travail minutieux du métal et du bois pour créer des pièces aussi cartésiennes que frivoles.«Il y a certainement un côté ludique.Je souhaite que ça entraîne les spectateurs ailleurs.L\u2019œuvre intitulée Reflex en est un exemple: de loin, c\u2019est une structure au design épuré dominé par le bois.En s\u2019approchant pour regarder à l\u2019intérieur, on découvre une surface réfléchissante qui déforme l\u2019image et la perspective.On peut plonger là-dedans et y découvrir un autre monde.» On notera aussi dans la série géométrique le jeu éclaté des ombres qui donne une autre personnalité aux sculptures.La dernière salle propose deux œuvres qui illustrent parfaitement la démarche du sculpteur qui consiste à utiliser des objets purement utilitaires pour leur conférer une nouvelle identité et, dans ce cas-ci, aérienne.De collets de tuyaux en métal à nuage, il n\u2019y a qu\u2019un pas que franchit une imagination buissonnière.L\u2019excellente nouvelle derrière Synopsis éclectique , c\u2019est que Martin Brousseau a trouvé libératrice et stimulante la démarche de création.«J\u2019ai beaucoup aimé revivre le processus qui implique de partir d\u2019une idée pour aller à l\u2019intention.Ça me remet dans le bain de la création et je vois cette exposition comme un tremplin.Créer un objet m\u2019en suggère dix ou vingt autres à faire.J\u2019ai envie de monter d\u2019autres expositions, explorer plus profondément ma créativité.C\u2019est un processus très satisfaisant.» La visite de cette exposition au Manoir de Tonnancourt devrait inciter les curieux à monter aux étages supérieurs pour aborder le travail multidisciplinaire de Claire Beaulieu qui s\u2019exprime tout en finesse.Une autre approche, un autre esprit tout à fait intéressant.Par ailleurs, pour avoir une idée de ce que nous réserve la relève, osez grimper un étage de plus pour découvrir le travail assez inspiré des finissants de l\u2019UQTR.Les trois expositions sont présentées jusqu\u2019au 5 juin.La gale- r ie est ouver te du mardi au dimanche de 12 h à 17 h.L\u2019entrée est toujours gratuite.«Il y a dans l\u2019exposition des œuvres que je qualifierais de plus techniques et d\u2019autres où je me suis davantage laissé aller.J\u2019aime la spontanéité du geste à laquelle on peut s\u2019abandonner quand on sait qu\u2019on a un bon bagage technique.» \u2014 Martin Brousseau SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E6 ARTS MAGAZINE ÉMILIE CÔTÉ La Presse Ce fut un beau moment d\u2019assister à la première vraie rencontre entre Martha Wainwright et Fanny Britt.La première vient de sortir son autobiographie Stories I Might Regret Telling You, et la deuxième en a assuré la traduction en français (Rien de grave n\u2019est encore arrivé, qui sort ce mardi).Entrevue sur la conciliation femme-travail-famille.Quand Martha Wainwright se fait dire qu\u2019elle dévoile peut-être trop de détails intimes dans son autobiographie, elle répond : «Je parle de ce que vivent beaucoup de femmes.» Après avoir été décrite comme «la fille de» et «la sœur de», Martha Wainwright est devenue «une artiste mère».Et elle rappelle qu\u2019il y a encore beaucoup de chemin à faire pour changer certaines mentalités.Pendant son divorce, un juge lui a déjà reproché de monter sur scène tard le soir.«Il m\u2019a dit : \u201cTu travailles la nuit.\u201d Est-ce bon pour des enfants?C\u2019était tellement choquant pour moi.» Le rock rime souvent avec excès et célébrité.Dans son livre, Martha Wainwright raconte ses virées à New York avec des fils de stars de la musique, dont Sean Lennon, Chris Stills et Harper Simon, et elle relate même avoir trouvé sa future bague de mariage par mégarde dans son appartement en cherchant sa réserve de substances illicites.S\u2019il y a une bonne dose de sexe, drogue et rock\u2019n\u2019roll dans Stories I Might Regret Telling You, c\u2019est avant tout un poignant témoignage sur la conciliation femme-travail-famille.Quand on fait partie de la dynastie McGarrigle-Wainwright, disons que l\u2019on fait référence à la famille au sens large, avec tout l\u2019amour, les conflits, les deuils et la pression que cela implique.La ramener toujours à sa famille?«J\u2019ai contribué au mythe», confesse en entrevue Martha Wainwright avec la même qualité que l\u2019on retrouve dans son livre, soit celle d\u2019exposer ses contradictions avec authenticité.Au-delà de toutes les anecdotes et expériences fascinantes vécues par Martha Wainwright, la force de son autobiographie réside dans sa plume insoumise.Que ce soit quand elle décrit un épisode violent avec sa mère ou quand elle confie d\u2019emblée à la première page du livre que son père voulait que Kate se fasse avorter quand elle était enceinte d\u2019elle.Martha Wainwright souligne qu\u2019elle a amorcé l\u2019écriture de ses mémoires avec un mari (et leur bébé), mais que les choses se sont gâtées par la suite.Cela a marqué l\u2019écriture du livre \u2014 il est beaucoup question de son divorce houleux avec Brad Albetta \u2014 et cela explique la deuxième partie, plus émotive.«Le grand défi pour moi était de raconter plein d\u2019histoires en une seule.Quand j\u2019ai commencé, j\u2019avais plusieurs voix en moi : the funny weirdo, la voix sérieuse\u2026 Je devais trouver la voix de l\u2019autrice.Je l\u2019ai trouvée en réécrivant et réécrivant.» Était-elle préoccupée par les répercussions que pourrait avoir son livre?«Je ne pense jamais aux réactions des gens», dit-elle.À la fin, elle a lancé à son éditeur : «Just do it, I don\u2019t care.I\u2019m done.» «Il faut assumer les choses et regarder vers l\u2019avenir.» UNE ÉCRITURE VIVE « C o n n a r d » , é c r i t M a r t h a Wainwright au sujet du critique qui a écrit en 2010 qu\u2019elle n\u2019aura peut-être jamais la plume de son père ou de son frère.Nous sommes alors à la quelque 200e page du livre, à la suite d\u2019un spectacle que Martha Wainwright a donné au Jazz Cafe, à Londres, alors qu\u2019elle vit quelque chose d\u2019incommensurable : elle a accouché d\u2019un fils prématuré en Angleterre, tandis que sa mère, souffrant d\u2019un cancer, est en fin de vie à Mont réal.Les médecins ne permettent toujours pas au bébé de prendre l\u2019avion.Elle devra alors faire le deuil de ce qu\u2019elle aura vécu au moins une fois.«Ma joie d\u2019être mère en compagnie de ma mère», écrit-elle.Martha Wainwright a toujours voulu des enfants.Dans le livre, elle insiste sur le fait qu\u2019il y a peu de mères modèles en musique.«Pour moi, c\u2019était ma mère et ma tante, mais Kate et Anna ont dû travailler moins pour s\u2019occuper de leurs enfants.» Au f i l de notre le cture, on apprend que Martha Wainwright a refusé d\u2019être la choriste de Leonard Cohen.Si on s\u2019attend à croiser des noms comme Mark Ronson, Emmylou Harris, Linda Ronstadt ou feu Hal Willner, on s\u2019attend moins à ceux de Robert Plant et Jimmy Fallon, qui a séjourné au Motel des Pentes de Saint-Sau- veur lors du mariage de Martha Wainwright.Il y a beaucoup d\u2019humour dans le name-dropping de cette dernière.Nous avons ressenti la même envie qu\u2019à la lecture de Just Kids de Patti 1 MARTHA WAINWRIGHT UNE PLUME LIBRE ET INSOUMISE leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E7 Smith.Une envie se résumant à : «J\u2019aurais voulu être là.» TOURNÉE VERS L\u2019AVANT À un moment du livre, Martha confie s\u2019être sentie souvent «moyenne dans tout».Se sent-elle encore ainsi après la sortie de son livre, dont les critiques sont élogieuses?«Je me sens bien juste d\u2019avoir fini le livre après sept ans.Je parle de choses assez difficiles, donc c\u2019était toujours dans mon esprit.Cela remet un peu tout ce que je raconte dans le passé : d\u2019être dans l\u2019ombre de ma famille, ou du moins de le penser, la mort de ma mère, la relation avec mon père\u2026» «I had to get rid of the story and make room for my new family, dit- elle en anglais.Mes enfants, mon compagnon, ici\u2026» Ici, c\u2019est Ursa, la salle de spectacle (mais aussi le café et centre communautaire) qu\u2019elle a ouvert sur l\u2019avenue du Parc dans le Mile End, où nous l\u2019avons rencontré par un matin enneigé d\u2019avril (deux jours après voir vu des photos d\u2019elle et de son frère Rufus à Montauk pour Pâques).Si Martha Wainwright cite les noms de Lou Reed et Pete Town- shend dans son livre, elle énumère aussi ceux de Patrick Watson, Eli- sapie, Ariane Moffatt et celui de sa grande amie Ariel Engle (de La Force).Et en entrevue, elle vante le talent d\u2019artistes qui se sont produits chez Ursa, dont Anaïs Constantin, ainsi que les groupes Night Lunch, Bon Enfant et Choses sauvages.On a alors l\u2019impression d\u2019assister à la rencontre de deux univers.Martha Wainwright fait un pont incroyable entre le monde et la scène québécoise.Cet été, elle se produira un peu partout au Québec, dont au Festif ! de Baie-Saint- Paul et au Festival de la chanson de Tadoussac.QUI DE MIEUX QUE FANNY BRITT POUR LA TRADUCTION?«C\u2019est un vrai cadeau du ciel», lance-t-elle.Fanny Britt a souvent parlé de Martha Wainwright à la radio.Elle a même déjà dit qu\u2019elle rêvait de traduire ses mots.Quand Qué- bec-Amérique lui a demandé \u2014 pas plus tard que l\u2019automne dernier \u2014d\u2019assurer la traduction en français de Stories I Might Regret Telling You, elle a remercié le ciel malgré le très court délai.Fanny Britt a été élevée avec la musique des Sœurs McGarrigle.«C\u2019est une grande part de ma mémoire affective.» Plus tard, elle a été séduite par le mélange «de férocité et de fragilité» de Martha Wainwright en solo.Fanny Britt avait 27 ans quand elle s\u2019est séparée du père de son premier enfant.Elle se trouvait trop jeune pour vivre une telle épreuve.«Les chansons de Martha libéraient et légitimaient ma colère.J\u2019ai tellement écouté Ball & Chain.» Après avoir interviewé Fanny Britt, et avant de rencontrer Martha Wainwright, nous avons assisté à la première rencontre entre les deux femmes.«En fait, je l\u2019avais déjà rencontrée après un show, mais j\u2019étais tellement starstruck que j\u2019ai perdu tous mes moyens», a raconté Fanny Britt.C\u2019était beau de voir les deux femmes converser sur la signification de telle chanson ou encore sur la garde partagée.«La franchise par rapport à ton père et ta mère nous fait du bien.Cela nous réconcilie avec nos familles», lui a dit Fanny Britt.Quand nous avons quitté Ursa, Martha Wainwright n\u2019avait pas encore dit à Fanny Britt qu\u2019elle a beaucoup lu le livre Jane, The Fox and Me à ses enfants.Et souvent, qu\u2019elle n\u2019a pu s\u2019empêcher de verser une larme.Dans la version anglaise du livre de Fanny Britt Jane, le renard et moi, on parle de la musique des Sœurs McGarrigle.Pas de doute : Fanny Britt était celle qui devait traduire Stories I Might Regret Telling You.Pour avoir lu le livre dans les deux langues, sa traduction\u2026 rock! 1 Martha Wainwright vient de lancer son autobiographie Rien de grave n\u2019est encore arrivé (Stories I Might Regret Telling You).\u2014 PHOTOS LA PRESSE, PHILIPPE BOIVIN 2 Martha Wainwright en compagnie de la traductrice de son livre en français, Fanny Britt 2 SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E8 ARTS MAGAZINE L a télé s\u2019ouvre à la diversité sous nos yeux.Lentement mais sûrement.Pas toujours habilement, mais au moins, on avance.C\u2019est l\u2019un des sujets qui animent l\u2019industrie de la télévision en ce moment; on en a fait l\u2019objet d\u2019un panel au congrès annuel de l\u2019Association québécoise de la production médiatique (AQPM), animé mercredi par Yolande James.L\u2019ancienne ministre libérale a été nommée en juin dernier directrice générale de la diversité et de l\u2019inclusion à Radio-Canada.Après deux ans d\u2019interruption, le congrès particulièrement couru cette année a lieu les 27 et 28 avril au Hilton Lac-Leamy à Gatineau, avec comme grand thème «Repenser l\u2019avenir».Freinée dans son élan par la pandémie, l\u2019industrie de la télévision cherche désespérément des moyens de retenir le public de plus en plus volatil, envoûté par le chant des sirènes des services de vidéo en ligne.Intéresser toutes les couches de la population dans toute sa diversité en la reflétant fidèlement à l\u2019écran est l\u2019un des moyens d\u2019y parvenir.Savoir s\u2019y prendre est un art.Il n\u2019y a rien de moins subtil que de voir soudainement surgir un tas de personnages secondaires issus de la diversité dans une série de manière artificielle.Comme si un producteur ou un diffuseur venait de se réveiller à la dernière minute avec l\u2019intention de remplir un mandat.De cocher des cases.«Le public n\u2019est pas dupe», affirme la directrice du développement et productrice Sarah Chatelain, participante du panel.Dans bien des cas, «l\u2019inclusion est arrivée à l\u2019étape Y du projet alors qu\u2019on aurait dû y penser dès le début, à la création», insiste-t-elle.Le réflexe n\u2019est pas encore naturel.Entre autres parce que l\u2019industrie est encore monochrome.«Quand on se regarde entre nous aujourd\u2019hui, on ne peut pas dire qu\u2019on est un modèle en terme de diversité», poursuit Sarah Chatelain, en ciblant sa propre industrie.Car la diversité n\u2019est pas nécessaire que devant la lentille, elle l\u2019est aussi derrière.«Quand on dit qu\u2019on veut être le reflet de la société, c\u2019est dans ce qu\u2019on voit à l\u2019écran, mais aussi dans tout ce qu\u2019on fait, de la réceptionniste à la présidente», m\u2019a expliqué Yolande James après le panel, parlant précisément du diffuseur public.De son côté, Sarah Chatelain réclame notamment plus de moyens pour dénicher les perles rares, multiplier les stages sur les plateaux.Leur faire de la place, quoi.D\u2019origine haïtienne, Anderson Jean, qui avait somme toute peu d\u2019expérience comme scénariste et réalisateur, a eu l\u2019opportunité de faire partie de l\u2019équipe d\u2019auteurs de la série jeunesse Le pacte, produite chez KOTV et actuellement diffusée à Télé-Québec.Et non, on ne l\u2019a pas engagé uniquement pour refléter la diversité dans le scénario, mais parce qu\u2019il est un auteur compétent, point.Anderson Jean, qui est le fils du comédien Fayolle Jean et le frère de Fayolle Jean Jr., aussi acteur, se dit convaincu que le public est prêt depuis longtemps à voir une télé encore plus inclusive, comme il n\u2019a aucun malaise à voir des vedettes noires comme Denzel Washington au cinéma depuis des lunes.L\u2019inclusion ne doit surtout pas être considérée comme un boulet, mais comme un atout.«Il faut comprendre que ça prend un investissement, mais qu\u2019il y aura un retour sur cet investissement.Au bout de l\u2019affaire, ça va donner un produit excellent qui va rayonner.Il faut voir le potentiel de ce qu\u2019on peut faire», croit Yolande James.Elle voit dans la pénurie de main-d\u2019œuvre une opportunité d\u2019inclusion pour de potentiels techniciens, auteurs, réalisateurs issus de la diversité.Marysol Charbonneau, directrice des contenus jeunesse et famille de Télé-Québec, qui était partie prenante de la nouvelle mouture plus inclusive de Passe- Partout, constate que la télé jeunesse a plus de facilité à s\u2019adapter.«Les enfants nous tirent vers ça.On ne peut pas aller contre la démographie et la réalité, sinon, on restera seul sur notre île déserte.» Pensons-y : c\u2019est quand même incroyable qu\u2019il n\u2019y ait pas plus de rôles-titres attribués à des personnes issues de la diversité.Il y a bien eu Jasmine, la policière noire en 1996 (!), plus récemment MED, personnage né d\u2019une mère arabe et d\u2019un père québécois joué par Mehdi Bousaidan, Cover Girl, sur l\u2019univers des dragqueens.Mais encore?Tous les membres du panel disent se donner droit à l\u2019erreur quand ils abordent la question de l\u2019inclusion : mieux valent l\u2019authenticité et les maladresses que rien du tout.«Même plein de bonnes intentions, on peut se mettre à reproduire certains clichés et passer à côté de la cible.Ce n\u2019est pas tout d\u2019inclure des personnages, il faut aller à leur rencontre en amont», explique l\u2019autrice et productrice Marie-Hélène Lebeau-Taschereau.Dans son nouveau rôle à Ra- dio-Canada, Yolande James est consciente qu\u2019elle doit jongler avec des enjeux délicats.«C\u2019est sensible parce que les gens ont peur de perdre quelque chose.Je préfère parler d\u2019inclusion que de diversité.«Quand les gens entendent diversité, ils ont parfois l\u2019impression qu\u2019ils ne font pas partie du clan.Mais le mot inclusion implique que tout le monde a une place à la table.On ne tasse pas qui que ce soit.» Il n\u2019y a rien de moins subtil que de voir surgir un tas de personnages secondaires issus de la diversité de manière artificielle RICHARD THERRIEN CHRONIQUE rtherrien@lesoleil.com La diversité à la télé, un atout, pas un obstacle L\u2019ancienne ministre libérale Yolande James a été nommée en juin dernier directrice générale de la diversité et de l\u2019inclusion à Radio-Canada.\u2014 PHOTO MYRIAM BARIL-TESSIER leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E9 VALÉRIE MARCOUX vmarcoux@lesoleil.com Le ciel est gris et la pluie menace de tomber à tout moment quand le photographe du Soleil arrive au domicile de Jordane sur l\u2019île d\u2019Orléans.L\u2019artiste qui s\u2019est fait connaître à La Voix est satisfaite du décor.Il évoque bien la puissance de la nature qu\u2019elle associe à celle des femmes dans son nouvel album, Reine de papier.Originaire des Escoumins, Jor- dane y réside depuis un an.« La proximité du fleuve est quelque chose qui me man- q u a i t b eau c o u p d e pu i s q u e j \u2019 habitais à Québec», admet l\u2019autrice-compositrice-interprète.En plus d\u2019être entouré par les eaux du Saint-Laurent, son nouveau domicile lui permet d\u2019être plus autosuffisante par rapport à son alimentation.«On s\u2019est lancé à fond dans ce projet.On fait pousser des légumes, des champignons, des animaux ; c\u2019est une belle place pour faire ça», affirme l\u2019artiste qui partage l\u2019aventure avec son copain et sa belle-famille.Jordane a toujours été sensible à la force et à la fragilité de la nature.Son nouvel opus est d\u2019ailleurs rempli de références à celle-ci.Elle invoque la puissance des volcans, du vent et de la montagne pour déclencher une tempête d\u2019émotions.Au cœur de cet ouragan, la chanteuse aborde avec vulnérabilité des thèmes et des enjeux notamment féminins, dont plusieurs en lien avec le corps.«Le fait que la nature soit si forte et en même temps fragile, il y a quelque chose pour moi qui est très proche de la féminité», explique-t-elle.C\u2019est d\u2019ailleurs cette dualité qu\u2019elle avait en tête en intitulant son deuxième album Reine de papier.Ce titre évoque également que Jordane était la seule aux commandes de son projet.« Non s e u l e m e n t a u n i v e a u d e l a création, mais aussi au niveau entrepreneurial.C\u2019est un autre pas pour moi dans l\u2019industrie de la musique», précise-t-elle fièrement.Souveraine, elle a choisi de s\u2019entourer d\u2019une équipe hautement féminisée.Selon son expérience, il est plus commun d\u2019être la seule femme dans un groupe de musiciens que l\u2019inverse.En travaillant avec Éléo- nore Pitre (guitares acoustique et électrique), Béatrix Méthé (chœurs), Camille Gélinas (piano, synthétiseurs) et Fabienne Gilbert (basse électrique, basse Moog), l\u2019artiste agit concrètement pour renverser cette tendance et encourager la solidarité féminine.«On est toutes, un peu, des minorités qui se retrouvent.Toutes ces femmes ont vécu énormément de situations où elles étaient la seule femme à jouer avec une gang de gars.Il y a quelque chose qui est bien agréable dans le fait de se reconnaître et de se retrouver», souligne Jordane.L\u2019autrice-compositrice-inter- prète a également invité Caroline Savoie à chanter avec elle dans sa Forêt vierge.Il s\u2019agit de la première collaboration sur un de ses disques.UNE REINE EN SON ROYAUME Pour l\u2019enregistrement, Jordane a convié tous ses complices chez elle, sur l\u2019île d\u2019Orléans, dans son salon transformé en studio pour dix jours.«Il y avait des fils partout, c\u2019était vraiment intense, mais très l\u2019fun», raconte-t-elle.En son royaume, l\u2019artiste s\u2019est sentie assez à l\u2019aise et libre pour donner vie à ses textes sensibles aux allures de confidences.«Ça amène quelque chose de différent d\u2019avoir autant de femmes dans le processus.C\u2019est un cercle dans lequel je me sens super bien», affirme la chanteuse.C\u2019est également dans ce lieu qu\u2019elle a réapprivoisé le piano sur lequel elle a composé les mélodies de ses 11 nouvelles chansons.«J\u2019en jouais un peu quand j\u2019étais très petite, mais je n\u2019avais jamais peaufiné mon apprentissage du piano jusqu\u2019à cette année», explique-t-elle.Il en découle un style moins folk, qu\u2019on pourrait plutôt qualifier d\u2019indie pop.« Avant, les compositions ne se faisaient pas nécessairement au piano et je pense que quand la composition part de la guitare, le son est plus folk», observe-t-elle.Cette tendance culmine à la fin de l\u2019album avec Appels manqués.«Elle est vraiment pop! Honnêtement, c\u2019est la plus l\u2019fun à jouer», indique-t-elle.«C\u2019est vraiment le réalisateur Colin Savoie-Levac qui a proposé une version quasiment funk- disco.Je suis directement tombée en amour avec sa version.Il a beaucoup accéléré le tempo et ça amène complètement une autre interprétation», ajoute Jordane qui a hâte de monter sur scène pour partager une musique plus à son image que jamais.«Ça amène quelque chose de différent d\u2019avoir autant de femmes dans le processus.C\u2019est un cercle dans lequel je me sens super bien» \u2014 Jordane JORDANE PUISSANCE ET VULNÉRABILITÉ DE LA REINE DE PAPIER Jordane a toujours été sensible à la force et à la fragilité de la nature.Son nouvel opus est d\u2019ailleurs rempli de références à celle-ci.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, PATRICE LAROCHE SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E10 ARTS MAGAZINE DANIEL CÔTÉ Le Quotidien Plonger.C\u2019est ce que fait l\u2019adolescente aux contours flous qui apparaît sur la couverture de Musique, de Stéfanie Tremblay.Cheveux soulevés par le déplacement de l\u2019air, elle va s\u2019enfoncer dans ce récit poétique, celui d\u2019une Jonquiéroise attirée très tôt par la scène punk.Le verbe plonger s\u2019applique tout aussi bien à cet engouement qui, à vrai dire, ne s\u2019est jamais attiédi chez Stéfanie Tremblay.Si le désir de se laisser avaler, malaxer, brasser dans un mosh pit est devenu moins pressant au fil des ans, l\u2019autrice continue d\u2019enrichir sa collection de vinyles et de cassettes aux accents punk, tout en suivant le destin de ses anciens héros.Ceux, à tout le moins, qui sont toujours de ce monde.« J\u2019aime particulièrement le punk français, des groupes comme Les Wampas, La Souris Déglinguée, les Garçons Bouchers, Bérurier Noir et Parabellum.Je trouve que dans leurs textes, il y avait une belle poésie, une certaine rigueur dans la forme. » Plus près physiquement, il y avait les musiciens qui animaient la scène locale au tournant du millénaire.Eux et les adolescents qui dansaient sur leurs compositions formaient une communauté tissée serrée.Entrer dans cette constellation n\u2019était pas simple, cependant.Surtout pour une fille qui ne jouait d\u2019aucun instrument et qui n\u2019avait pas l\u2019âme d\u2019une chanteuse.« Dans le livre, je décris ma première expérience de mosh pit, à l\u2019occasion du festival Polliwog.J\u2019avais trouvé ça stressant, mais ça fait partie de l\u2019expérience d\u2019un concert, même si ce n\u2019est pas toujours sécuritaire, reconnaît l\u2019autrice.J\u2019en ai mangé, des coups de poing. » NAISSANCE D\u2019UNE VOCATION Une autre stratégie pour « faire partie de la gang » fut de prendre des photos pendant et après les spectacles.Comme ça se passait dans l\u2019ancien temps, celui de la pellicule qu\u2019on faisait développer à la pharmacie, l\u2019adolescente montrait ses images deux ou trois semaines plus tard.« Tout le monde voulait les voir », se souvient Stéfanie Tremblay.Ce qu\u2019elle ne pouvait anticiper, c\u2019est que ce hobby déterminerait son choix de carrière, centré sur les arts visuels.C\u2019est d\u2019ailleurs une exposition présentée à Québec qui a donné naissance au texte que la Peuplade vient de publier.Il accompagnait une sélection de 200 photographies tirées de sa collection punk, qui en comprend 2000.« Ce que j\u2019ai trouvé tripant, c\u2019est le travail réalisé avec les collègues de la maison d\u2019édition.On a enlevé des trucs.J\u2019en ai rajouté.On a aussi regroupé des photos dans des pages roses, comme celles des fanzines que vendait le poète Frank Laliberté, se remémore Stéfanie Tremblay.La première fois que j\u2019en ai acheté un, c\u2019était à un concert de WD-40.Ça avait été une révélation.Après, moi aussi, j\u2019en ai fait. » D\u2019AMOUR ET D\u2019AMITIÉ Dans Musique, il y a quelque chose de ce côté lousse, spontané, des fanzines.On y trouve des textes épousant la forme de récits et d\u2019autres, très courts, tenant parfois à l\u2019intérieur d\u2019une phrase.La langue est crue, bien sûr, mais ce serait une erreur de se laisser obnubiler par le versant glauque de la mouvance punk.« Mon livre est triste à 10 pour cent seulement.À la base, c\u2019est un livre d\u2019amour et d\u2019amitié.L\u2019amour des autres et de la musique.L\u2019amour adolescent qui prend toute la place.Il n\u2019y a rien de laid, là-dedans.Juste de la beauté et de la poésie », assure Stéfanie Tremblay, qui se dit excitée à l\u2019idée d\u2019être publiée par une maison d\u2019édition reconnue.C\u2019était son plus grand rêve et comme il lui reste plein d\u2019expériences à évoquer, Musique pourrait devenir le point d\u2019ancrage d\u2019une trilogie.Couvrant les années  2005 à 2012, son deuxième récit poétique sera prêt à la fin de 2023.Il s\u2019appellera Drogue et pourrait être jumelé à un album de chansons originales.« Quand j\u2019aurai fini le troisième livre, je serai enfin une adulte », lance l\u2019autrice en souriant.MUSIQUE DE STÉFANIE TREMBLAY L\u2019ADOLESCENCE PUNK Récit poétique centré sur la scène punk, Musique témoigne de l\u2019attachement de Stéfanie Tremblay envers cette communauté où elle a su trouver sa place.\u2014 PHOTO LE PROGRÈS, JEANNOT LÉVESQUE Avant Musique, il y a eu les chansons du groupe français Les Wampas, chères au cœur de Stéfanie Tremblay, ainsi que le livre Sels de bain où, déjà, la scène punk montrait le bout de son nez.\u2014 PHOTO LE PROGRÈS, JEANNOT LÉVESQUE Quand elle s\u2019est initiée à la musique punk, Stéfanie Tremblay était trop jeune pour prendre conscience de la dimension politique du mouvement.Le ressentiment qu\u2019affichaient les jeunes issus des classes laborieuses, pour qui l\u2019avenir semblait irrémédiablement bouché, l\u2019adolescente n\u2019était pas outillée pour le comprendre.« Je trouvais ça beau, un écorché qui s\u2019exprimait de cette façon.Un musicien ou un membre du public.J\u2019étais impressionnée.Je voulais être ça, mais la réalité dans laquelle je vivais était différente, souligne- t-elle.Je venais d\u2019un milieu à l\u2019aise, sans être riche.Quand on rentrait chez nous, il y avait de la soupe faite par ma mère.On était aimés, ce qui n\u2019était pas le cas de tout le monde. » Dans le livre Musique, l\u2019autrice revient plusieurs fois sur le rôle des mères, en lien avec la scène punk.Elles étaient nombreuses à montrer plus que de la tolérance, une véritable ouverture face aux choix effectués par leurs enfants.« Dans le punk, la figure de la mère était importante, très présente », confirme Stéfanie Tremblay.Quand des jeunes assistaient aux pratiques des groupes locaux, par exemple, il n\u2019était pas rare que la mère de l\u2019un des musiciens vienne offrir des croustilles.Quant aux lieux où se vivait la musique, ils ne se trouvaient pas toujours où on les imaginerait.Les pratiques se déroulaient fréquemment dans les parcs industriels, là où on pouvait libérer des tonnes de décibels sans déranger personne.C\u2019est là que les musiciens et leur entourage passaient le plus clair de leurs fins de semaine.« En ce qui touche les spectacles, ça se passait beaucoup dans les salles communautaires et les sous-sols d\u2019église.J\u2019ai fonctionné comme ça de 13 à 30 ans, soit jusqu\u2019au moment où les musiciens ont commencé à avoir des enfants », relate Stéfanie Tremblay d\u2019un ton amusé.DANIEL CÔTÉ, LE QUOTIDIEN LES MÈRES, FIGURES PUNK MÉCONNUES « Mon livre est triste à 10?pour cent seulement.À la base, c\u2019est un livre d\u2019amour et d\u2019amitié.L\u2019amour des autres et de la musique.L\u2019amour adolescent qui prend toute la place.Il n\u2019y a rien de laid, là-dedans.Juste de la beauté et de la poésie. » \u2014 Stéfanie Tremblay leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E11 DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Toute sa vie, Guy Ménard a gagné sa croûte en écrivant.Après avoir rédigé des textes journalistiques pour la station de radio CJMT de Chicoutimi, le sexagénaire originaire de Chambord, au Lac-Saint-Jean, a pondu des communiqués de presse et des documents de travail pour les firmes Alcan et Olympe.Même à la retraite, le besoin de produire des textes spontanément, en abordant des thèmes de son choix, ne s\u2019était guère manifesté.Il aura fallu une pandémie, ainsi que le déclic offert par la course à pied, pour que naissent des chroniques au rayonnement imprévu.Elles ont pour titre Parti courir et c\u2019est également celui du livre dans lequel 77 vignettes ont été rassemblées.Diffusées entre le 18 mars 2020 et le 25 octobre 2021, sur la page Facebook de l\u2019auteur, puis sur le site internet de Courir Québec, elles ont invariablement la course comme point de départ.Entre cette prémisse et la ligne d\u2019arrivée, cependant, on voit se déployer un monde où cohabitent de grandes idées et de petites joies, ainsi que des souvenirs anciens et récents.Un monde qui n\u2019appartient qu\u2019à Guy Ménard, mais dans lequel il est facile de se reconnaître.« J\u2019ai commencé lorsque le premier ministre François Legault a annoncé que le Québec était sur pause, a-t-il raconté lors d\u2019une entrevue téléphonique accordée au Progrès.Voyant que je ne pouvais plus jouer au hockey ni faire du spinning, je me suis retrouvé en surplus de gaz.J\u2019ai donc décidé de faire de la course dans mon quartier et dès ma première sortie, j\u2019ai remarqué que les gens que je croisais semblaient sous le choc.L\u2019inquiétude se lisait sur leur visage, ce qui m\u2019a poussé à écrire un statut sur ma page Facebook. » Dès sa deuxième chronique, inspirée par une aff iche sur laquelle étaient inscrits les mots Maman et Papa, accompagnés d\u2019un cœur et de deux X, son nouveau passe-temps a généré un surcroît de notoriété.Le fait que ce message était adressé à des personnes vivant dans une résidence pour aînés, à un moment où celles-ci étaient sous l\u2019emprise d\u2019un confinement strict, a touché le chroniqueur Patrick Lagacé.On devine la suite.Forte progression du lectorat, accompagnée du sentiment, chez l\u2019auteur, que ces chroniques avaient peut-être un avenir.THÈMES VARIÉS La forme n\u2019a guère bougé depuis.C\u2019est toujours 600 mots et les deux premiers restent les mêmes.En revanche, les thèmes se sont de plus en plus éloignés du monde de la course.Il vont de l\u2019expression Huit barré rencontrée dans une chanson de Daran à la disparition d\u2019un gros arbre, en passant par le comportement baveux des écureuils et l\u2019acquisition d\u2019Elton, la rutilante Triumph Spitfire de couleur jaune que l\u2019auteur aime conduire dans les rues de Chambly, sa communauté d\u2019adoption.Bref, c\u2019est comme si on entrait dans le cerveau de quelqu\u2019un, à son invitation.« C\u2019est devenu une plateforme pour parler de toutes sortes de choses et ce que j\u2019ai constaté, c\u2019est qu\u2019on ne sait jamais ce qui va résonner chez les gens », fait observer Guy Ménard.Il en veut pour preuve sa chronique rendant hommage à un illustre inconnu, Marius Sauvageau.C\u2019est le nom que porte le centre sportif de Chambord, celui d\u2019un bénévole qui préférait rendre service, plutôt que de chercher la lumière.Un autre texte qui a touché une corde sensible est celui où l\u2019auteur évoque la notion de cadeau en décrivant sa relation de longue durée avec un ours en peluche.L\u2019ironie est que malgré la qualité des textes, leur ton si convivial, même dans les mauvais jours, il aura fallu que sa fille, l\u2019animatrice Marie-Lyne Joncas, lui fasse cadeau d\u2019un livre rassemblant ses 40 premières chroniques pour allumer une cloche chez lui.« C\u2019est là que je me suis dit qu\u2019il y avait peut-être un livre dans ça, à la condition que ce projet soit au service d\u2019une cause et que tous s\u2019y engagent à titre bénévole », rapporte Guy Ménard.Puisqu\u2019il a été traité avec succès pour un myélome multiple, il y a cinq ans, les profits iront à la Chaire Myélome Canada de l\u2019Hôpital Maisonneuve Rosemont.C\u2019est dans cette institution qui a été lancé Parti courir le 26 avril.Pour se procurer le livre, qui n\u2019est disponible qu\u2019en version électronique, il suffit de contacter la maison d\u2019édition Victor et Anaïs à l\u2019adresse www.victoretanais.com.« Ce serait bien de se rendre à 1000 exemplaires.Après, on verra s\u2019il sera possible de sortir une édition papier.J\u2019espère aussi que je pourrai organiser des lancements à Chambord et Roberval, vu que je parle de ces municipalités dans mes chroniques, laisse entrevoir Guy Ménard.Peut-être que d\u2019ici au début de l\u2019été, ça va fonctionner. » PARTI COURIR, LE LIVRE QUE GUY MÉNARD N\u2019A PAS VU VENIR Dans le livre Parti courir, on retrouve les 77 premières chroniques écrites par Guy Ménard, au fil de la pandémie.Les profits découlant de la vente de ce recueil seront versés à la Chaire Myélome Canada de l\u2019Hôpital Maisonneuve Rosemont.\u2014 PHOTO FOURNIE C\u2019est en faisant de la course à pied que Guy Ménard a eu le goût de rédiger les chroniques contenues dans le livre Parti courir.Très tôt, cependant, cet homme féru de musique, de politique américaine, d\u2019histoire et de vieilles voitures anglaises a exploré d\u2019autres thèmes.\u2014 PHOTO FOURNIE, CAROLINE BERGERON SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E12 ARTS MAGAZINE LÉA HARVEY lharvey@lesoleil.com À quoi ressemblerait un Québec souverain?Cette question, Benoît Côté se l\u2019est posée bien souvent depuis 1995.Avec Vies parallèles, l\u2019auteur originaire de Saint-Hya- cinthe plante le décor de la République du Québec au cœur d\u2019une mise en abyme : son protagoniste, Benoît Côté, citoyen fictif d\u2019un Québec indépendant, doit quant à lui imaginer un Québec qui se serait dit non au dernier référendum.Entretien.Q Comment le projet est arrivé dans tes cartons?R En fait, c\u2019est une idée que j\u2019avais en tête depuis longtemps, mais que je n\u2019osais pas faire parce que je trouvais ça presque évident comme concept.Quand le 25e anniversaire du deuxième référendum s\u2019est approché, j\u2019ai finalement décidé de l\u2019écrire.C\u2019est une question que je porte depuis longtemps.Le deuxième référendum a eu lieu quand j\u2019avais 14 ans.Toute ma vie adulte, c\u2019est une interrogation qui m\u2019a suivie : quelle vie j\u2019aurais eue si le Québec avait été différent?[\u2026] Moi, ça a toujours été comme une petite fantaisie que j\u2019avais en tête.[\u2026] Et j\u2019ai eu ce flash des funérailles de Dédé Fortin.J\u2019avais besoin d\u2019un événement qui synthétiserait toute la différence avec un Québec souverain.Je me suis dit que Dédé Fortin serait encore vivant.Q Comment as-tu abordé l\u2019écriture de Vies parallèles?Plus comme un exercice de réflexion ou vraiment de création?R Ce roman m\u2019a permis de ratisser large, d\u2019aller chercher des éléments historiques, sociologiques, politiques et même philosophiques jusqu\u2019à un certain point.Des choses qui m\u2019intéressent.J\u2019ai fait, dans le passé, des romans très réalistes, mais avec celui- ci, j\u2019avais envie d\u2019user davantage d\u2019imagination.Je ne suis pas quelqu\u2019un qui aime beaucoup les œuvres de fantaisie.Je ne comprends pourquoi ils peuvent parfois faire de la magie dans Harry Potter, pourquoi il y a des dragons dans Game of Thrones.Ça m\u2019énerve.(rires) Mais avec l\u2019hypothèse de la formation d\u2019un pays, ça me donnait la licence d\u2019inventer vraiment quelque chose.Q Dans le roman, le Québec se transforme en véritable paradis fiscal, un pays qui perd plusieurs de nos repères identi- taires, culturels.Te classes-tu dans la catégorie des écrivains pessimistes?R J\u2019aurais trouvé ça trop évident de faire du Québec souverain un endroit paradisiaque.Je croyais qu\u2019il était plus intéressant d\u2019abattre certaines de nos \u201cvaches sacrées\u201d.En même temps, le Québec de Vies parallèles, on le trouve très moyen, mais il y a des gens qui l\u2019aimeraient! Avec moins de gouvernement, plus d\u2019argent, moins de culture, moins de subventions.J\u2019ai essayé de me mettre dans leurs souliers.[\u2026] Par rapport à l\u2019aspect culturel, c\u2019est une thèse un peu implicite du livre.Au Québec, on est très fort sur le plan culturel et c\u2019est ce qui nous distingue en Amérique du Nord.Nos artistes ont une belle diffusion à l\u2019international.Mais je pense que c\u2019est lié au fait de ne pas être émancipé sur le plan politique.À partir du moment où tu es souverain, tu as d\u2019autres préoccupations, j\u2019imagine.J\u2019ai donc inventé un Québec où il n\u2019y a plus autant cette valorisation de la culture.Parce qu\u2019il y a différents aspects que les dirigeants mettent de l\u2019avant.Q Est-ce que ce sont des éléments qui illustrent tes craintes pour l\u2019avenir de la province?R Oui, certainement.Les idées du livre que j\u2019aime moins sont des extrapolations à partir de tendances qui sont déjà présentes.Je pense qu\u2019on est dans une période où il y a un risque plus franc d\u2019avoir des phénomènes de classe.C\u2019est très marqué dans le roman, mais ça existe dans la société comme l\u2019impact du privé, le filet social qui est menacé, etc.Qu\u2019est-ce qui arriverait si on ne subventionnait plus les arts?Ça ressemblerait à ce qu\u2019il y a dans le livre! Il n\u2019y aurait plus rien ou pas grand-chose.[\u2026] Un autre exemple par rapport à l\u2019agriculture, qui est un domaine que je connais bien.Là aussi, si tu enlèves les éléments structuraux du modèle québécois, on fait un virage complètement à l\u2019américaine.Il n\u2019y a plus de fermes familiales.Nous n\u2019habitons plus le territoire de la même façon.Ce sont des tendances actuelles qui sont accélérées dans le livre.C e r o m a n e s t u n p e u u n avertissement, pas tant en ce qui a trait au fait de devenir un pays ou non, mais par rapport à l\u2019abandon de nos idéaux collectifs.Q Le public a pu te voir récemment dans la pièce Run de lait qui parlait de l\u2019industrie laitière au Québec.C\u2019est un sujet chaud, tout comme celui de la souveraineté.As-tu un intérêt particulier ce type de grands enjeux?R Vraiment.C\u2019est un parti pris que j\u2019ai.Je trouve que le Québec est un endroit intéressant sur le plan social et politique.Et je trouve qu\u2019en littérature et dans les arts en général, ce n\u2019est pas souvent abordé.De façon générale, il y a une tendance dans l\u2019introspection, le parcours personnel.Moi, ce n\u2019est pas quelque chose que je rejette, mais je trouve qu\u2019on a tellement d\u2019autres sujets intéressants.[\u2026] Les écrivains que j\u2019aime beaucoup ont tendance à situer un récit ou un drame, mais dans un horizon plus large.Q As-tu l\u2019impression que ce sont des sujets tabous?R Je pense qu\u2019il y a une pudeur.Si on prend le cas du référendum de 1995, c\u2019est sûr qu\u2019il doit y avoir comme une forme de honte.Qu\u2019on soit pour ou qu\u2019on soit contre, c\u2019est quand même étrange qu\u2019il se soit passé un événement aussi important pour un peuple et que, du jour au lendemain, business as usual.C\u2019est comme un couple qui passe à un cheveu de se séparer et qui reprend la vie comme si de rien n\u2019était.Q Vies parallèles est composé de plusieurs figures politiques ou culturelles toujours vivantes que tu réinventes allègrement.Pourquoi?R C\u2019est quelque chose que j\u2019aime en littérature, quand une personne connue apparaît et qu\u2019on lui prête une voix.Ma référence là-dessus, c\u2019est Guerre et paix de Tolstoï où il y a Napoléon et d\u2019autres figures importantes de l\u2019époque qui cohabitent avec des personnages fictifs.C\u2019est intéressant de les imaginer dans un contexte différent, mais toujours fidèles à eux-mêmes.Par exemple, Jacques Parizeau, dans le livre, il fait quand même une gaffe.Il est victime de son impulsivité comme il l\u2019a été dans la vraie vie.Richard Desjardins est encore militant.[\u2026] Je suis intéressé par la politique depuis longtemps.Ce sont déjà des figures qui vivent dans ma tête.On est constamment en dialogue avec ces personnes-là.Je les ai beaucoup écoutées pour calquer leur façon de parler, comme celle de Jean Charest, Lise Bissonnette ou Gérard Depardieu.Vies parallèles est offert en librairie.BENOÎT CÔTÉ UNE UCHRONIE QUÉBÉCOISE Dans son roman Vies parallèles, Benoît Côté imagine ce qui serait advevenu du Québec après une victoire du Oui en 1995.\u2014 PHOTO FRANCOIS COUTURE BENOÎT CÔTÉ Vies parallèles 400 PAGES leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E13 Vu, lu, entendu cette semaine MUSIQUE Dungeon Master HHH1/2 INDIE ROCK/ PUNK GUS ENGLEHORN L\u2019auteur-com- positeur-interprète né en Alaska dévoile un deuxième album de musique rock excentrique où règne un flamboyant esprit punk.Ludique et marginal, Dungeon Master s\u2019ouvre sur une pièce plutôt théâtrale mettant en valeur l\u2019expressivité de la voix haute du chanteur.Ses amusantes vocalises occupent le premier plan de chacune des dix compositions de ce sombre carnaval musical.Gus Englehorn s\u2019accompagne efficacement à la guitare alors que sa femme joue de la batterie.La voix d\u2019Estée Preda rejoint occasionnellement la sienne le temps de quelques harmonies sur leur musique agrémentée de synthétiseurs.Chaque titre est mentionné dans sa chanson de manière tautologique.Inspirés par le dadaïsme, les textes intriguent par leur étrangeté onirique alors qu\u2019ils se posent sur des mélodies syncopées, parfois inquiétantes ou étonnamment réjouissantes.VALÉRIE MARCOUX MUSIQUE Wax & Gold HHH1/2 R&B/ NÉO-SOUL SARAH MK Dix ans après son premier effort, l\u2019autrice-compositrice- interprète canadienne s\u2019allie au multi-instrumentiste Christopher Cargnello pour co-réaliser un deuxième opus de musique voluptueuse trempée dans le funk.Groovy et feutrée, celle-ci est un parfait écrin pour la voix polyvalente et enveloppante de cette artiste formée en chant jazz.On se prélasse volontiers sur les airs langoureux qui s\u2019imposent particulièrement dans la première partie de cet album, dont l\u2019ironique Pancakes for Supper coécrite avec la talentueuse batteuse Salin Cheewapansri.La flûtiste Caro Dupont laisse également sa marque sur le son urbain et délicat de Goodbye.Dans Find the Words, le chanteur Clerel mêle sa voix claire à celle de Sarah MK pour un duo romantique et attendrissant.Avec ses textes comme avec sa voix, la chanteuse sait véhiculer de l\u2019émotion tout en y infusant son caractère et sa personnalité.VALÉRIE MARCOUX LIVRE Sur la route avec Bash?HHH1/2 ROMAN DANY LAFERRIÈRE Après Autoportrait de Paris avec chat et L\u2019exil vaut le voyage, celui qui affirme être un écrivain japonais nous revient avec de nouveaux dessins dans Sur la route avec Bash?.L\u2019ouvrage, qui se lit toutefois davantage comme un recueil que comme un roman, fait voyager le public aux quatre coins du monde.Le plongeant, finalement, dans l\u2019univers bien connu de l\u2019académicien : celui qui est bercé par la littérature, la musique et le café, mais surtout par un regard profond et actuel sur le monde.Qu\u2019on soit charmé ou non par les illustrations de Dany Laferrière, on admire ses portraits, ses paysages et les formes qu\u2019il peint à travers les pages.Des œuvres qui, tout comme ses mots, respirent à la fois la fougue et la sagesse d\u2019un grand artiste.LÉA HARVEY LIVRE L\u2019océan est mon frère HHH ROMAN JACK KEROUAC Alors que tous célèbrent, cette année, le centenaire de Jack Kerouac, voilà que Gallimard fait paraître un roman inédit en français.Premier manuscrit du célèbre auteur, écrit alors qu\u2019il n\u2019avait que 21 ans, L\u2019océan est mon frère s\u2019inspire de son expérience sur un navire de la marine marchande.Au fil des pages, les lecteurs plongeront ainsi dans les aventures d\u2019un matelot prénommé Wesley et de Bill Everhart, jeune professeur à l\u2019Université Columbia dont l\u2019avenir est tracé.Animé par l\u2019envie de liberté, Bill suivra son nouvel ami rencontré à New York pour partir en mer.Si on prend plaisir à découvrir cette première création de l\u2019artiste au succès international, une édition commentée aurait davantage été appréciée.Des éléments historiques ou plus contextuels accompagnant le texte original auraient mis de la chair autour de cette œuvre qui demeure inachevée par son créateur.LÉA HARVEY MUSIQUE Better in the Shade HHHH ALTERNATIF PATRICK WATSON Trois ans après le très intense Wave, Patrick Watson est de retour avec Better in the Shade, dans lequel il continue à creuser son sillon mélancolique, mais avec une touche de légèreté franchement agréable.C\u2019est clair, Wave était beaucoup plus dramatique que ce tout court album aérien.Mais même en mode mineur, l\u2019auteur-compositeur-interprète montréalais sait toujours créer des mélodies qui nous soulèvent et des ambiances qui nous enveloppent.La chanson-titre Better in the Shade, hommage aux petits gestes du quotidien, est vaporeuse et pleine de nuances.Height of the Falling, superbe duo avec Ariel Engle, est émouvante de douceur et de complémentarité.Little Moments est une montée comme lui seul en a le secret.En cinq chansons et deux pièces instrumentales, même si on en aurait pris plus, Patrick Watson reste toujours aussi réconfortant et sa musique, aussi bienfaisante.On ne peut que le remercier.LA PRESSE MUSIQUE Depuis HHH 1/2 POP ALTERNATIVE LYDIA KÉPINSKI Quatre années se sont écoulées depuis le très bon album Premier juin, qui nous a fait rencontrer officiellement Lydia Képinski.Voilà que l\u2019auteure-com- positrice-interprète nous raconte ce qui s\u2019est passé «depuis».La chronique de ses états d\u2019âme est plus rythmée, toujours aussi intense, d\u2019un mordant sans retenue.Après quelques pièces, on est de nouveau envoûtés pour sa voix, singulière oscillation entre un ton chanté et parlé, toujours agréable, même lorsqu\u2019elle ne fait pas ce qu\u2019on attend d\u2019elle.Sur Depuis, la musicienne surprend dans l\u2019utilisation de son principal instrument (sur la très belle Saison des huîtres, par exemple), comme elle le fait sur le plan des instrumentations.Cette qualité, que l\u2019on pourrait comparer à la brillantissime Klô Pelgag, est un des grands atouts de l\u2019œuvre proposée.La plume suit également cette courbe toujours changeante.Parfois très littéraire, aux références historiques, elle devient d\u2019autres fois truffée de jeux de mots et amusante.Qu\u2019il soit question de désir, de solitude, d\u2019amour déchu ou de la réalité d\u2019être artiste, Lydia Képinski est plus convaincante que jamais.LA PRESSE LIVRE La bibliothèque de Minuit HHH 1/2 ROMAN MATT HAIG Parfois, il suffit d\u2019une autre perspective pour juger sa vie différemment.Et peut-être qu\u2019en redisposant les pièces de son existence, comme des pions sur un échiquier, de nouveaux chemins se tracent et ouvrent ainsi une infinité de possibilités.Nora est une femme de 35 ans qui décide qu\u2019elle ne veut plus vivre à partir du jour où, après une succession de mauvaises nouvelles, elle sent qu\u2019elle est devenue «superflue pour l\u2019univers entier».Sous de faux airs de légèreté, le roman nous transporte dans un multivers entre la vie et la mort \u2014 une bibliothèque, en l\u2019occurrence, où Nora peut choisir parmi une collection de livres sans fin la vie qu\u2019elle aurait aimé avoir.Car derrière un ton candide se cache en fait de profondes réflexions sur l\u2019existence, émaillées de citations de Camus, Thoreau ou Sartre.Le roman ne fait peut- être pas de grandes révélations; c\u2019est plutôt le genre de livre qui donne l\u2019envie de voir les choses différemment, une leçon à la fois.Mais son tour de force est certainement de parvenir à nous montrer la fragilité de ces bonheurs illusoires qui minent l\u2019existence, en posant des questions à la fois simples et si justes.LA PRESSE MUSIQUE Everything Was Beautiful HHHH ROCK SPIRITUALIZED On ne se trompe jamais avec Spiri- tualized, puisque Jason Pierce peaufine depuis plus de 30 ans un rock aérien et épique sans être ampoulé.On le constate encore dès Always Together With You, grandiose morceau d\u2019ouverture d\u2019Everything Was Beautiful : la montée est lente, soignée, et mène tout naturellement à un refrain qui éclate comme une fine pluie de mélodies dominée par des chœurs féminins.La griffe de Jason Pierce est si forte qu\u2019il peut tout s\u2019approprier \u2014 folk nocturne, rock psychédélique, traits country soul, réminiscences shoegaze \u2014 et toujours sonner comme lui-même.Everything Was Beautiful ne détonne pas dans le parcours de Spiritualized, dont l\u2019univers sonore s\u2019enrichit et s\u2019étend sans cesse sans que son principal architecte ressente le besoin d\u2019afficher des ruptures de style radicales pour se donner l\u2019impression de progresser.Dire qu\u2019on sait à quoi s\u2019attendre avec ce groupe ne signifie toutefois pas qu\u2019on sait exactement ce qu\u2019on découvrira d\u2019un disque à l\u2019autre, sinon du rock mélodique d\u2019une rare élégance et capable de s\u2019affranchir de la gravité.Celle de la terre comme celle des choses terrestres.LA PRESSE LIVRE Bleu nuit HHHH ROMAN DIMA ABDALLAH Un homme dont on ignore le nom vit reclus dans son appartement de Paris.Voilà des années qu\u2019il n\u2019a pas mis le pied dehors, depuis que la seule femme qu\u2019il a aimée l\u2019a quitté.Lorsqu\u2019il apprend la mort de celle-ci, il est incapable de se rendre à son enterrement; le lendemain, il sort et jette les clés de son domicile.La réalisation d\u2019être désormais sans abri le libère de toutes ses angoisses et il passe alors un contrat avec la rue : il promet d\u2019y rester si elle lui permet de se vider de ses souvenirs.La rue du Liban qu\u2019il évitait lors de ses marches revient soudain à sa mémoire, exhalant les effluves du passé : la crème de sa mère, le jasmin et la poudre de canon.Contre toute attente, ses plaies encore béantes nous ramènent au conflit qui a brisé des milliers d\u2019âmes dans le pays natal de l\u2019autrice (lauréate du prix France-Liban en 2020 pour son premier roman, Mauvaises herbes).C\u2019est ainsi qu\u2019une histoire insoupçonnée, à la fois cruelle et déchirante, se dévoile de manière singulière, d\u2019une métaphore à l\u2019autre, et révèle une écriture d\u2019une grande beauté qui redonne vie à tous ces oubliés traînant leurs blessures dans l\u2019anonymat des grandes villes.LA PRESSE Exceptionnel HHHHH?Excellent HHHH Bon HHH Passable HH À éviter?H SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E14 ARTS MAGAZINE GENEVIÈVE BOUCHARD gbouchard@lesoleil.com Connue comme comédienne et chroniqueuse au petit écran, Rosalie Bonenfant fait son entrée au cinéma dans l\u2019univers sans compromis de la cinéaste Renée Beau- lieu.Un défi que l\u2019actrice de 25 ans a accepté dans un mélange d\u2019abandon et d\u2019enthousiasme, confirme la principale intéressée.Dans Inès , Rosalie Bonenfant incarne une femme au début de la vingtaine en perte de repères.Entre l\u2019adolescence et l\u2019âge adulte, elle se détache tranquillement d\u2019une relation fusionnelle avec son père, interprété par Roy Dupuis.Une santé mentale fragile et des problèmes de consommation de drogues vont la propulser dans tout un tourbillon.«Elle a certains traumatismes, résume l\u2019actrice.Ça fait en sorte que sa descente aux enfers est d\u2019autant plus violente.Mais on sent qu\u2019il y a quand même une énergie vitale enfouie quelque part en dessous de toute cette souffrance.Il y a une part de lumière dans sa volonté de trouver quelque chose à quoi s\u2019accrocher dans ce tumulte.» Ce premier rôle au cinéma, Rosalie Bonenfant savait qu\u2019il était pour elle.L\u2019actrice raconte en avoir été persuadée avant même de passer son audition.«Je ne suis pas arrivée là avec de petits genoux tremblants.J \u2019étais tellement convaincue, je me suis dit que j\u2019allais convaincre Renée», explique celle qu\u2019on peut notamment voir dans l\u2019émission Deux hommes en or, aux côtés de Patrick Lagacé et Pierre-Yves Lord.«J\u2019étais contente, parce qu\u2019Inès est un personnage qui a une grande intériorité, ajoute Rosalie Bonenfant.Le début de ma carrière a été marqué par le fait que je suis une fille qui a des opinions et qui veut se faire entendre.Mais comme Inès, j\u2019ai aussi cette part de vulnérabilité, de fragilité, de doute.J\u2019étais contente de pouvoir mettre ça de l\u2019avant.» Avant d\u2019embarquer dans le bateau, la réalisatrice Renée Beaulieu a demandé à son actrice principale d\u2019aller revoir son film Les salopes ou le sucre naturel de la peau, qui explorait de manière directe la sexualité féminine.Aux côtés des troubles de santé mentale et de l\u2019abus de substances, le thème est aussi développé dans Inès par la réalisatrice.«Elle m\u2019a dit : \u201cSi tu embarques, ça doit être à 100%.Si tu n\u2019es pas prête à te lancer comme Brigitte Poupart s\u2019est lancée dans Les salopes, on va faire autre chose\u201d», cite Rosalie Bonenfant.Pour incarner cette Inès qui s\u2019émancipe, mais qui en même temps perd peu à peu l\u2019équilibre, celle-ci a misé sur la confiance et l\u2019abandon.«Je n\u2019avais rien d\u2019autre à faire que d\u2019être vraie, d\u2019être vulnérable, d\u2019être généreuse.Je pense que je n\u2019aurais pas pu faire ce projet en me regardant jouer et en essayant d\u2019être cute, observe-t-elle.Renée a une approche super rassurante en termes de responsabilisation.Je me suis toujours sentie sur le même pied d\u2019égalité que les gars avec qui je tournais des scènes plus difficiles.» PAS UNE VICTIME Cette idée de choix et de responsabilité, Renée Beaulieu l\u2019a justement mise au centre de son film Inès, dépeignant un moment crucial dans la vie de cette jeune femme.«C\u2019est quand même une étape importante ce passage de la vie adolescente à la vie adulte.Il y a cette prise de responsabilité.Je pense que c\u2019est assez commun de se sentir un peu perdu à ce moment-là.Ça ne prend pas grand-chose pour être encore plus perdu», indique la réalisatrice.Pour Renée Beaulieu, Inès n\u2019est toutefois pas une victime.Ni de son père, perçu par certains spectateurs comme abusif.Ni de ces hommes avec qui elle aura des relations sexuelles dans un état de grande vulnérabilité.«J\u2019aime marcher sur cette ligne délicate, un peu malaisante, si on veut.Je ne me positionne pas à la place de la pensée commune.La sexualité, on l\u2019évacue.» laisse tomber la cinéaste.«Pour moi, elle est juste à la recherche de l\u2019équilibre, reprend- elle.Elle retire du plaisir de ça.C\u2019est ce que j\u2019ai essayé de filmer.On a de la misère à voir ça autrement que comme de l\u2019abus.Mais c\u2019est ce qu\u2019elle veut.C\u2019est moins frontal que dans Les salopes, mais je l\u2019aborde.» Tout au long d\u2019Inès, la caméra suit de très près Rosalie Bonenfant.Le cinéphile est invité à partager, à ressentir le trouble qui habite son personnage.«On est collé sur elle.Soit on est derrière elle, soit on est face à elle.Et je pense qu\u2019on ne se rend pas compte quand on est entraîné dans son tourbillon, quand ses perceptions sont perturbées.On est avec elle là-dedans, on perd le nord un peu», décrit Renée Beaulieu.«C\u2019est dur de ne pas avoir d\u2019empathie pour Inès, estime Rosalie Bonenfant.Quand on est dans la jeune vingtaine, on a souvent très peu d\u2019empathie pour soi- même.De se retrouver avec un personnage qu\u2019on a envie de serrer dans nos bras, c\u2019est une belle expérience.» Inès sera présenté au cinéma dès le 6 mai.«Elle m\u2019a dit : \u201cSi tu embarques, ça doit être à 100 %.Si tu n\u2019es pas prête à te lancer comme Brigitte Poupart s\u2019est lancée dans Les salopes, on va faire autre chose\u201d» \u2014 Rosalie Bonenfant en parlant de Renée Beaulieu RENÉE BEAULIEU ET ROSALIE BONENFANT LES VERTIGES D\u2019INÈS Rosalie Bonenfant avec la réalisatrice du film Inès, Renée Beaulieu \u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E15 FILMDELASEMAINE GENEVIÈVE BOUCHARD gbouchard@lesoleil.com CRITIQUE Une mère monoparentale qui peine à joindre les deux bouts et dont le quotidien ressemble à une course folle.D\u2019une histoire en apparence banale, Éric Gravel a tiré un drame social enlevant avec À plein temps, où brille l\u2019actrice française Laure Calamy.L\u2019histoire racontée dans ce long métrage doublement récompensé à la Mostra de Venise se résume en grande partie à celle d\u2019une femme qui peine à se rendre au boulot.Le réalisateur Éric Gravel nous convie dans ses tracas somme toute communs à la manière d\u2019un film d\u2019action.Là réside tout le génie de cette expérience cinématographique essoufflante, mettant en exergue une pression ordinaire que personne ne devrait avoir à endurer.Séparée du père de ses deux jeunes enfants, Julie (Laure Calamy) élève sa famille dans une jolie bourgade en périphérie de Paris, où elle travaille comme femme de chambre en attendant de se replacer dans son domaine.Des choix de vie qui viennent matin et soir avec un long trajet de train.Julie espère améliorer son sort en obtenant un autre emploi.Des démarches qui impliquent de s\u2019absenter de son travail actuel, ce qui n\u2019est pas simple.Et ses déplacements déjà lourds sont soudainement incroyablement compliqués par une grève dans les transports.Entre l\u2019argent qui manque, son ex qui ne répond pas au téléphone, sa patronne qui lui fait des problèmes et ces trains immobilisés, absolument tout semble s\u2019être ligué contre cette mère qui ne souhaite au final qu\u2019une vie plus paisible.La lumineuse Laure Calamy, César de la meilleure actrice 2021, porte ce film haletant de splendide manière.La patience, la résilience et l\u2019énergie de son personnage forcent l\u2019admiration.On est de son côté, on se dit qu\u2019avec la poisse qui lui colle à la peau, on aurait sans doute baissé les bras bien avant.Ou au moins sévèrement pété un plomb.La course à obstacles à laquelle cette Julie s\u2019astreint a aussi de quoi faire réfléchir sur la valeur du temps, sur notre rapport au travail et à la qualité de vie.Parce que c\u2019est aussi à ça que nous ramènent les mouvements sociaux comme cette grève qui complique tant la vie de ceux qui, comme Julie, la subissent.Évitant d\u2019aborder un ton moralisateur, Éric Gravel nous fait vivre cette course contre la montre somme toute anodine (arriver à l\u2019heure au boulot, répondre aux attentes de l\u2019employeur, revenir pour faire souper les enfants, passer du bon temps en famille, etc.) comme une épopée, une mission.Le montage est dynamique, la musique signée Irène Dré- sel accentue le sentiment d\u2019urgence.Et dans ce rôle de super maman, Laure Calamy semble inébranlable, infatigable.Ça ne nous empêche pas de lui souhaiter enfin un répit.À plein temps est présenté au cinéma.Tout semble s\u2019acharner sur le personnage porté par Laure Calamy dans À plein temps.\u2014 PHOTOS AXIA FILMS Au générique Cote : HHHH Titre : À plein temps Genre : Drame Réalisateur : Éric Gravel Acteurs : Laure Calamy, Anne Suarez, Geneviève Mnich Durée : 1h28 À PLEIN TEMPS SUPER- HÉROÏNE DU QUOTIDIEN eiffel-lefilm.ca ROMAIN DURIS EMMA MACKEY UN FILM DE MART IN BOURBOULON E I F F E L PRÉSENTEMENT au cinéma HHHH PREMIERE HHHH PARIS MATCH «Une femme au Moyen Orient se révolte contre un système corrompu il y a 1400 ans» une histoire vraie Cinéma Fleur de Lys | 4520, bl.des Récollets, Trois-Rivières SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E16 ARTS MAGAZINE LAURIE WIELAND Collaboration spéciale L\u2019arrivée des beaux jours donne envie de revisiter son extérieur et d\u2019y aménager des espaces pour manger, boire un verre, passer de bons moments en famille ou entre amis, mais encore faut-il être bien installés.Le Mag vous présente donc les grandes tendances 2022 en mobilier extérieur et aménagement de jardin.Faire de son espace extérieur une extension de l\u2019intérieur de sa maison est une tendance ayant gagné en popularité au cours des dernières années, particulièrement depuis l\u2019arrivée de la pandémie.Les gens veulent se sentir bien à la maison et jusque dans la cour.VIVRE AU GRAND AIR Chez Jardin de Ville, créateur d\u2019extérieur établi à Québec depuis 1956, la tendance est aux installations qui permettent littéralement de «vivre au grand air», beau temps mauvais temps.Les matériaux, couleurs et styles de meubles extérieurs s\u2019agencent à ceux de l\u2019intérieur, créant ainsi un flux harmonieux entre les deux zones.Selon Francis Lucier, spécialiste marketing chez Jardin de Ville, les aménagements extérieurs ont maintenant tous l\u2019air de salons intérieurs.Les mots d\u2019ordre : simplicité et mobilité.«Cette année plus que jamais, on parle carrément de sortir l\u2019intérieur à l\u2019extérieur.Ça fait quelques années déjà qu\u2019on observe la tendance.Le mobilier extérieur, tant par ses formes que ses couleurs et ses matières, rappellent les allures classiques de mobilier intérieur.On vient mélanger les frontières et prolonge l\u2019intérieur vers le jardin, ça crée une harmonie et rend le tout encore plus accueillant», explique le spécialiste.Les matériaux sont choisis pour résister aux intempéries ainsi qu\u2019aux rayons UV.La majorité des structures de mobilier sont faites d\u2019aluminium, matériau extrêmement léger et résistant, puis les coussins sont revêtus de différents tissus pour l\u2019extérieur.Le choix d\u2019un parasol, d\u2019un auvent, d\u2019un abri jardin ou d\u2019une pergola permettent de «déjouer les caprices météo» et habille l\u2019espace.Tapis d\u2019extérieur, canapés, tables basses et coussins, de même que des luminaires et accessoires décoratifs sont utilisés pour créer des espaces pratiques, invitants et chaleureux.TECK ET MATIÈRES NATURELLES «En 2022, on crée des espaces qui s\u2019harmonisent carrément avec la nature», ajoute Francis Lucier.Les matières écoresponsables de couleurs neutres ont encore et toujours la cote.Le teck, essence de bois exotique connue pour sa durabilité, ainsi que la fibre tressée s\u2019invitent dans la cour pour s\u2019harmoniser avec l\u2019environnement, créant une ambiance douce et apaisante.Le gris, le beige et le grège, parfois accompagnés de blanc, le béton brut, les matières minérales et les tissus bien «texturés».Osez mélanger et laissez aller votre créativité! Côté tissus, priorité aux matières confortables et aux formes douces, on transforme les espaces en havre de paix.Chez Jysk, chaîne de magasins spécialisés en mobilier bien répandue à Québec, les couleurs claires et les matières naturelles sont au cœur des tendances.«Le bois de bambou et d\u2019eucalyptus, les composites de bois et les matières écoresponsables sont de plus en plus utilisés pour le mobilier extérieur.Exotiques et chaleureuses, TENDANCES MOBILIERS EXTÉRIEURS BIEN, JUSQUE DANS LA COUR 1 4 5 leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E17 «Le mobilier extérieur, tant par ses formes que ses couleurs et ses matières, rappelle les allures classiques de mobilier intérieur.On vient mélanger les frontières et prolonge l\u2019intérieur vers le jardin» \u2014 Francis Lucier, spécialiste marketing chez Jardin de Ville ces matières apportent un style zen à la terrasse, au balcon ou au jardin», exprime Yanka Sasseville, conseillère déco chez .Le bois reste une matière indémodable en matière de jardin, quelle que soit l\u2019essence utilisée.«Certains vont même préférer utiliser le teck en accent au lieu d\u2019un look total, affirme de son côté Francis Lucier.La couleur du bois s\u2019affiche bien sur toute silhouette et se fond bien au décor.» Bien que les couleurs neutres qui révèlent une allure très épurée et minimaliste soient tendances, le noir demeure un incontournable, mais se mélange aux nouveaux tons.La sobriété et l\u2019élégance du noir apportent un contraste chic aux nuances naturelles inspirées des matériaux bruts.«Il faut oser les mélanges!» lance Mme Sasseville.Les couleurs vives ou pastel sont observées quant à elles en touche accent, dans les accessoires décoratifs, sur les coussins et parasols.Parmi les couleurs tendance en décorations pour la saison 2022, on retrouve notamment le vert sauge, le rose, le terracotta ainsi que les nuances de jaune.LA FONCTIONNALITÉ D\u2019ABORD «Aménagez un jardin qui sera tout aussi agréable que le confort de votre maison.Réchauffez l\u2019ambiance à l\u2019aide de lanternes, re ce vez en grand grâce aux tables extensibles et au mobilier modulable, créez des espaces tout aussi pratiques qu\u2019esthétiques», lance Francis Lucier de Jardin de Ville.Cette année plus que jamais, la mode est au «jardin adapté», confirme de son côté Yanka Sasseville.Tendance encore une fois inspirée de l\u2019intérieur, la terrasse dite évolutive grâce au mobilier modulable offre un luxe «en toute simplicité».Les designers misent sur la fonctionnalité, créant des modules pouvant offrir une multitude de combinaisons, un concept qui permet de s\u2019adapter à tous les espaces et de rendre l\u2019endroit plus convivial.«Ça s\u2019observe particulièrement pour les divans, où certaines assises seront complètement modulables.Il y a même des chaises longues pouvant être prolongées d\u2019une table intégrée, c\u2019est vraiment ingénieux», raconte M. Lucier.L\u2019optimisation serait la clé d\u2019un aménagement extérieur réussi.Pandémie oblige, la cour arrière sert maintenant plus que jamais de refuge en plein air pour se permettre de passer du bon temps et relaxer un brin.Certains en font même un espace de télétravail où profiter du beau temps.Chose certaine,les tendances 2022 offrent un éventail de possibilités.Place à la créativité! 2 Le canapé Strington de Jardin de ville, associant bois de teck et rotin \u2014 PHOTO JARDIN DE VILLE 1 La chaise extérieure suspendue Gjern de Jysk \u2014 PHOTO JYSK 3 La Pergola Summer House de Jardin de Ville \u2014 PHOTO JARDIN DE VILLE 4Chaises Adirondack Moderne chez Club Piscine Super Fitness \u2014 PHOTO CLUB PISCINE SUPER FITNESS 5Collection Abri jardin chez Jardin de Ville \u2014 PHOTO JARDIN DE VILLE 6Chaise Transat, collection Flip de Cane-line chez Jardin de Ville \u2014 PHOTO JARDIN DE VILLE 7 Le gazebo Villa Nueva chez Club Piscine Super Fitness \u2014 PHOTO CLUB PISCINE SUPER FITNESS 6 7 3 2 SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E18 ARTS MAGAZINE LARRY HODGSON Collaboration spéciale O n sait que les enfants aiment la pizza\u2026 mais souvent, pas trop les légumes.Pour les aider à adopter une alimentation plus saine, pourquoi ne pas travailler avec eux sur un petit projet estival : un mini-potager qui donnera une (ou plusieurs!) délicieuse pizza à la fin de l\u2019été?Tout en collaborant sur un projet stimulant, ils apprendront les rudiments du jardinage : la planification, la plantation, l\u2019entretien et la récolte.Une activité qui leur sera utile pendant toute leur vie! OÙ FAIRE VOTRE MINI-POTAGER?Il faut un emplacement très ensoleillé (au soleil une bonne partie de la journée).Le potager peut être en pleine terre (dans un véritable potager, dans un coin de la plate-bande, etc.) ou dans un pot de bonne taille comme un gros Smart Pot ou un bac en plastique.Ainsi, vous pourriez installer le potager sur un balcon, une terrasse ou n\u2019importe quelle autre surface plane.La terre doit être riche, meuble et bien drainée.On peut améliorer un sol trop lourd ou trop sablonneux avec du compost.Pour les potagers en pot, il se vend des terreaux d\u2019empotage d\u2019excellente qualité.Enfin, tout jardin doit avoir accès à de l\u2019eau.QUAND FAIRE VOTRE POTAGER?Si vous voulez démarrer le potager à partir de semences, il faudrait commencer au début de mai, en semant des graines de tomate, d\u2019origan, de basilic et de persil en pot dans la maison.Mais vous pouvez aussi acheter des plants et les repiquer.C\u2019est ce que je vais vous montrer dans cet article.Si oui, commencez en juin quand l\u2019air et le sol se sont réchauffés.En attendant, achetez les matériaux qui vous manquent.Aussi, un beau projet pour une journée pluvieuse du printemps serait de préparer une étiquette pour chaque plante au gré de la fantaisie des enfants! PRODUITS NÉCESSAIRES \u203a LES VÉGÉTAUX \u2022 1 plant de tomate italienne \u2022 1 plant d\u2019origan \u2022 1 plant de basilic \u2022 1 plant de persil \u2022 1 plant de romarin \u2022 5 ou 6 oignonets (vous utiliserez leurs feuilles comme oignons verts) Si vos enfants ont des ingrédients préférés (poivrons, piments, aubergines, etc.), ajoutez-les à la liste! \u203a LES MATÉRIAUX \u2022 Terreau (si vous jardinerez en pot ou bac) \u2022 Engrais biologique à dégagement lent \u2022 Étiquettes (fabriquées par les enfants, bien sûr!) \u2022 Transplantoir (truelle de jardin) \u2022 Tuyau d\u2019arrosage avec pistolet ou arrosoir \u2022 Cage à tomates Étape par étape 1 Si vous jardinez en pot, remplissez le contenant de terreau jusqu\u2019à 5 cm du bord.Ne placez pas de gravier au fond.2 En pot et au jardin, ajoutez quelques poignées d\u2019engrais bio à la terre et mélangez bien avec le transplantoir.3 Dépotez une première plante, la tournant à l\u2019envers en soutenant sa tige avec une main.Tapez sur le fond du pot avec la paume de l\u2019autre pour libérer sa motte de racines.Mieux vaut laisser cette étape à un adulte ou un grand enfant.4 Avec le transplantoir, creusez un trou assez large et profond pour contenir la motte de racines.Placez la plante dedans : la motte de racines doit arriver au même niveau dans le trou que dans le pot d\u2019origine\u2026 sauf pour la tomate.Enterrez sa motte et même la partie inférieure de sa t ige, jusqu\u2019à la hauteur des premières feuilles.Chaque enfant pourrait creuser un trou, même un tout petit (avec un peu d\u2019aide!).5 Allouez 45 cm d\u2019espace pour la tomate, 15 cm pour les autres plantes.6 Comblez le v ide autou r de chaque plante avec de la terre.7 Tassez doucement la terre à la base de chaque plante avec la main.8 Da ns les espaces ent re les plantes, faites un trou de 3 cm de profondeur et plantez dans chacun un oignonet, le recouvrant de terre.9 Insérez la bonne étiquette près de chaque plante pour l\u2019identifier.10 Installez la cage à tomate pardessus la tomate, enfonçant les pieds dans la terre avec la plante au centre.11 Arrosez bien.COMMENT ENTRETENIR UN MINI-POTAGER 1 Arrosez abondamment, environ aux deux jours pendant les 10 premiers jours.Par la suite, dès que la terre est sèche au toucher.2 Arrachez toute mauvaise herbe qui s\u2019y installe.3 Si des branches de la tomate débordent de la cage, repoussez-les à l\u2019intérieur.4 Patientez! HORTICULTURE LE POTAGER À PIZZA UN PROJET ESTIVAL POUR TOUTE LA FAMILLE 1 La pizza Margherita, avec des tomates italiennes et du basilic, est la pizza napolitaine classique.\u2014 PHOTO 123RF/ VANKAD 2On peut créer un petit potager à pizza presque n\u2019importe où.\u2014 PHOTO FLICKR , JOHN ENGLART 1 2 leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E19 RÉPONSES À VOS QUESTIONS COMPOST ET PAILLIS Q Chaque printemps, je tamise mon tas de compost de l\u2019an passé.Je me demande si, après tamisage, je peux me servir du compost grossier non totalement décomposé comme paillis au jardin.Et aussi, est-il préférable de laisser sécher l\u2019herbe de tonte du gazon avant de s\u2019en servir comme paillis au jardin potager?Bruno Meunier R Ce serait une excellente idée.Le compost un peu plus durable aidera à remplir tous les rôles d\u2019un bon paillis : couvrir le sol de façon à empêcher la germination des mauvaises herbes, garder le sol plus frais, réduire l\u2019évaporation pour mieux espacer les arrosages, enrichir le sol en minéraux et beaucoup plus encore.I l peut ef fect ivement être sage de laisser les résidus de tonte de gazon sécher un peu avant de les utiliser comme paillis, car, frais et humides, ils ont tendance à former des mottes dures qui ne laissent passer ni l\u2019eau ni l\u2019air, ce qui n\u2019est pas intéressant pour un paillis.Par contre, vous pourriez aussi mélanger les rognures encore fraîches avec un déchet brun, comme les feuilles mortes déchiquetées.Beaucoup d\u2019amateurs de compostage en ramassent à l \u2019automne et les mettent de côté en vue d\u2019une utilisation printanière et estivale.Le mélange des deux fait un excellent paillis! MOUSSE BLANCHE SUR UN TERREAU Q Mon terreau d\u2019empotage pour plantes se couvre d\u2019une espèce de mousse blanche sur le dessus.Est-ce dû aux mycorhizes contenues dans le terreau?Est-ce que ça altère la qualité de celui-ci?Alain Bigras R C\u2019est une moisissure, un type de champignon.Puisqu\u2019elle vit dans le terreau, il ne s\u2019agit pas d\u2019un champignon mycorhizien.On se rappelle que les champignons mycorhiziens vivent en symbiose avec les racines des plantes, pas avec la terre.Votre moisissure est sûrement saprophyte : un champignon qui vit de la matière morte, présente en abondance dans les bons terreaux.Il existe des milliers d\u2019espèces de ces champignons et leurs spores sont présentes partout, même dans l\u2019air que nous respirons.Ce type de champignon n\u2019est pas directement nuisible aux plantes.Il est même bénéfique, car il libère des minéraux que les plantes peuvent utiliser pour leur croissance.Par contre, parfois ils forment une masse dense qui réduit la circulation de l\u2019eau et de l\u2019air dans le terreau, ce qui est moins bénéfique.Pour cette raison, il serait utile de gratter la surface du terreau avec une fourchette pour la faire disparaître.Pour prévenir le développement futur de champignons dans le terreau, il peut être utile de laisser le terreau sécher davantage entre deux arrosages.Ces moisissures sont souvent associées avec un terreau constamment humide.Des questions svp! Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinier paresseux@yahoo.com Par courrier à Le jardinier paresseux Le Soleil C.P.1547, succ.Terminus Québec (Québec)?G1K 7J6 Les rognures de gazon fraîches sont souvent si humides qu\u2019elles s\u2019agglutinent et empêchent la circulation de l\u2019eau et de l\u2019air.\u2014 PHOTO 123RF/GUESSWHO PRÉPAREZ VOTRE PIZZA! Quand les tomates sont mûres, environ deux mois après la plantation de votre potager à pizza, récoltez vos légumes et fines herbes et préparez votre sauce à pizza, vous rappelant que le plus longtemps la sauce cuit à feu doux, meilleure elle sera.N\u2019oubliez pas de prendre beaucoup de photos pour créer un souvenir dont les petits se rappelleront toute leur vie! CALENDRIER HORTICOLE Fertilisation et amendement du sol La Société d\u2019horticulture de Québec vous propose une conférence présentée par Louis Saint- Hilaire, horticulteur, et intitulée Fertilisation et amendement du sol (potager).Elle aura lieu le mardi 3 mai à 19h30 au Centre Marchand situé au 2740, 2e Avenue Est à Québec.Coût : 6 $/non membre.Info : 418-871-1665.Pots et jardinières La Société d\u2019horticulture de Sainte-Foy vous invite à une conférence sur les pots et jardinières avec Suzanne Gingras, horticultrice passionnée.Elle se tiendra le mardi 3 mai à 19h30 au Centre de glaces Intact Assurance, local 124, 999, av.de Ro- chebelle, Québec.Passez par la porte principale du Centre ou encore la porte 2 (empruntez alors l\u2019escalier 8 à gauche passé la porte d\u2019entrée).Coût : 8 $ non membre.Info : France Doyon, 418 658-9844 Radio CKIA et Facebook Live L\u2019émission radiophonique et virtuelle le Jardinier paresseux avec Larry Hodgson est offerte gratuitement les mercredis à 10h à CKIA-FM 88,3 et sur facebook.com/JardinierParesseux.Les semis intérieurs des plantes potagères Lili Michaud agronome vous propose cette formation en ligne de deux heures que vous pouvez suivre en tout temps.Un document PDF de 14 pages accompagne la formation.Coût : 30 $ + taxes.Info : lilimichaud.com Pour toute activité ENTRETIEN HORTICOLE À FAIRE CETTE SEMAINE \u203a Faites une esquisse d\u2019où dans vos plates-bandes il manque des bulbes à floraison printanière (tulipes, narcisses, crocus, etc.).Ainsi, à l\u2019automne, vous vous rappellerez où il faut en planter d\u2019autres! \u203a Voici quelques semis à faire à l\u2019intérieur au début de mai.Herbes : ciboulette, fenouil; légumes : courge, laitue, melon; fleurs : agérate, alysse odorante, célosie, cosmos, œillet d\u2019Inde, zinnia.\u203a Quand le sol est bien asséché, râtelez doucement le gazon pour enlever feuilles mortes, brindilles, saletés, etc.\u203a Levez les pavés devenus inégaux avec le temps et égalisez le substrat à leur base avant de les replacer. SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E20 ARTS MAGAZINE 1 2 3 4 5 PLANÈTE VINS NATALIE RICHARD Collaboration spéciale natalierichardmedia@gmail.com A près une carrière fulgurante comme joueur de rugby, notamment en tant que capitaine de l\u2019équipe parisienne Stade Français, Gérard Bertrand fait un retour aux sources dans son Languedoc natal pour poursuivre l\u2019œuvre de son père Georges, décédé accidentellement en 1987.En prenant les rênes de l\u2019entreprise familiale qui l\u2019a vu grandir, c\u2019est avec ferveur que cet homme bionique choisira l\u2019univers biodynamique comme méthode d\u2019agriculture.Aujourd\u2019hui, avec 16 domaines certifiés Demeter, et d\u2019autres en conversion, il a su démontrer que la biodynamie n\u2019est pas réservée qu\u2019aux petits volumes.«Nous avons débuté avec deux hectares et sommes maintenant à 900, c\u2019est un changement qui s\u2019échelonne sur de nombreuses années.Au début, nous ne vendions pas beaucoup de vin, c\u2019est un long processus», explique Gérard Bertrand de passage au Québec pour le lancement de son nouveau livre La nature au cœur, publié aux éditions Albin Michel.LE CHANGEMENT, UNE DYNAMIE EN SOI Lors de sa conférence, Gérard Bertrand explique que le plus important est d\u2019avoir des sols vivants.Et pour avoir des sols vivants, il faut travailler en harmonie avec la nature, et tous les gestes sont importants.Il partage les mots sages de son père qui disait qu\u2019on ne plante pas de la vigne pour ses enfants, mais pour ses petits-enfants.« Ma grand-mère est née le 1er janvier 1900 et a planté ses premières vignes en 1920», raconte Gérard qui est aussi un homme d\u2019affaires engagé.Avec tout le travail accompli et le chemin parcouru par son petit-fils, mamie Bertrand peut être fière d\u2019un pari familial réussi, aujourd\u2019hui et pour les générations futures.1 GÉRARD BERTRAND COTE DES ROSES 2020 ?,? $ \u2022 ?\u2022 ? % \u2022 ?,?g/L Un rosé floral avec des notes fruitées comme la groseille et les petites fraises des champs, sur une finale saline typique des meilleurs rosés du sud de la France.La bouteille est aussi magnifique à offrir, surtout qu\u2019on peut la choisir dans plusieurs formats selon l\u2019occasion, en petite bouteille de 375 ml ou la grande de 1,5 litre.2 GÉRARD BERTRAND PAYS D\u2019OC SOLENSIS 2018 ?,? $ \u2022 ?\u2022 ? % \u2022 ?g/L La cuvée Solensis est un hommage au soleil et c\u2019est en effet un vin ensoleillé riche et puissant sur des notes de cassis et de mûre, légèrement poivrées, avec de la réglisse et quelques effluves d\u2019épices douces.Un assemblage de syrah (60 %) et de grenache (40 %) qui fera le bonheur de vos viandes cuisinées sur le grill.3 GÉRARD BERTRAND CIGALUS 2019* ?,? $ \u2022 Importation privée \u2022 ?,? % \u2022 Biodynamie Cigalus fut le premier domaine transformé en biodynamie, il y a de cela vingt millésimes.C\u2019est un vin complexe et très aromatique avec des notes de violette et de cacao, d\u2019une ampleur profonde avec une longue finale épicée.L\u2019assemblage comprend cabernet sauvignon, cabernet franc, merlot, syrah, grenache, caladoc et carignan.Un vin qui se déguste déjà bien, mais qu\u2019on pourra garder au moins jusqu\u2019en 2030.4 GÉRARD BERTRAND CHÂTEAU L\u2019HOSPITALET GRAND VIN LA CLAPE 2018* ?,? $ \u2022 Importation privée \u2022 ? % \u2022 Biodynamie Situées en bordure de la Méditerranée, les vignes du Château l\u2019Hospita- let surplombent la mer et évoluent dans des conditions climatiques idéales pour développer une complexité aromatique optimale.Il y a aussi des sols exceptionnels sur ce terroir de La Clape, reconnu comme une AOC en 2015.Le Grand Vin est complexe, charnu et offre plusieurs niveaux de flaveurs allant de la violette au cassis, des épices à une douce amertume en finale.Pour les accolades, le magazine Decanter lui a octroyé 95 points.À déguster maintenant ou à garder au cellier jusqu\u2019en 2030.5 GÉRARD BERTRAND CHÂTEAU L\u2019HOSPITALET GRAND VIN BLANC LA CLAPE 2019* ?,? $ \u2022 Importation privée \u2022 ?,? % \u2022 Biodynamie Et pour les amateurs de blancs, toujours sur le terroir de La Clape, celui-ci en est un de gastronomie, délicat et floral.En bouche, la fleur de miel est doublée de légères notes de thym et de romarin, voire de la citronnelle en finale, qui s\u2019exprime sur une certaine salinité.Un vin pour accompagner les pétoncles poêlés et les poissons gras comme un bar rayé au confit de fenouil.L\u2019assemblage est composé de grenache blanc, bourboulenc et vermentino.À votre santé! BIO *Pour commander ce vin, contactez l\u2019agence Southern Glazer\u2019s via bianca.Theriault@sgws.com Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com GÉRARD BERTRAND, L\u2019HOMME BIODYNAMIQUE! Gérard Bertrand dans ses vignes du Languedoc.En prenant les rênes de l\u2019entreprise familiale qui l\u2019a vu grandir, il se consacre avec ferveur à l\u2019agriculture biodynamique.\u2014 PHOTO MARIE ORMIÈRES leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E21 L e domaine de la production d\u2019alcool au Québec n\u2019a pas cessé de faire parler de lui cette semaine.En début de semaine, on apprenait la création d\u2019une grande consultation publique auprès de la filière des boissons alcooliques du Québec, commandée par l\u2019ITHQ et l\u2019ITAQ, puis la construction d\u2019une malterie à Bécancour par Innomalt.UN NOUVEAU LIEU DE FORMATION AU QUÉBEC ?L\u2019ITHQ \u2014 reconnu pour ses programmes de formation en tourisme et en hôtellerie \u2014 et l\u2019ITAQ \u2014 l\u2019institut de formation en lien avec les métiers de l\u2019agroalimentaire \u2014 ont invité toute la filière des boissons alcooliques à une grande consultation publique dans le but de mieux exprimer ses besoins et partager sa vision de l\u2019avenir afin de développer un lieu de collaboration qui puisse répondre à ses objectifs.Un comité d\u2019experts a été créé et étudiera les mémoires déposés par l\u2019ensemble de l\u2019industrie.Il présentera son rapport en août au ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec.Si on s\u2019intéresse aux documents de références déposés dans le cadre de cette consultation publique et qu\u2019on s\u2019arrête sur les défis et enjeux présentés à titre d\u2019étude, la motivation de cette consultation publique est la création d\u2019une entité de formation et d\u2019excellence dans le domaine des boissons alcooliques.Il y a cependant une curieuse démarche derrière ce projet, les délais de dépôt des mémoires et du rapport final étant très courts.Il y a donc un sentiment d\u2019urgence.Depuis deux ans, les métiers de l\u2019hôtellerie et de la restauration n\u2019ont plus vraiment la cote.Cela se voit également dans les demandes d\u2019admission aux programmes d\u2019hôtellerie.Même son de cloche du côté des programmes en agroalimentaire.Cette consultation publique va permettre de motiver le changement de mission des institutions qui l\u2019ont commandée.Ce n\u2019est pas une mauvaise chose en soi, car le Québec a bien besoin d\u2019une vision d\u2019excellence et de formation structurée en production d\u2019alcool.Il y a cependant un sentiment d\u2019incrédulité qui circule dans le milieu en ce moment; les courts délais de dépôt laissent croire que les prochaines étapes sont déjà sur la table et que le rapport motivera les décisions prises.Il existe déjà des offres de formation en production de bière, à Jonquière par exemple, mais il existe également des lacunes dans d\u2019autres secteurs.Souhaitons un mandat inclusif qui tient vraiment compte de la volonté de développer l\u2019excellence au Québec, pas uniquement de motiver le changement de mission de deux institutions gouvernementales.INNOMALT S\u2019INSTALLE À BÉCANCOUR En 2023, l\u2019entreprise Innomalt installera sa nouvelle usine dans le parc industriel de Bécan- cour.Une très bonne nouvelle pour la filière bière au Québec.Innomalt a réussi, en quelques années, à se positionner comme concurrent sérieux des malteries européennes qui ont plus d\u2019un siècle d\u2019expérience.Brasser de la bière demande du malt d\u2019orge.Chaque recette contient du malt de base et du malt de spécialité.Le malt de base permet de créer du sucre qui sera transformé en alcool, alors que le malt de spécialité est souvent lié à une recette de bière en particulier.Vienna Malt, Caramalt ou Special B ne sont que quelques malts utilisés en brasserie pour réaliser des bières d\u2019inspiration allemande, anglaise ou belge.Innomalt augmentera la production de sa gamme de malts de base \u2014 utilisée par l\u2019ensemble de la filière bière \u2014 et développera des malts de spécialité.Une excellente nouvelle pour la filière bière québécoise, puisque l\u2019orge utilisée est québécoise.La bière québécoise sera donc encore plus québécoise ! Une consultation publique et une nouvelle malterie Innomalt augmentera la production de sa gamme de malts de base, utilisée par l\u2019ensemble de la filière bière, et développera des malts de spécialité.\u2014 123RF PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale M ai, c\u2019est le mois de la fête des Mères, le mois où l\u2019on se sent enfin revivre après un hiver toujours trop long.C\u2019est le mois où l\u2019on rêve aux vacances d\u2019été, à tous ses festivals et aux soirées qui s\u2019allongent sans fin au coin du feu.C\u2019est donc invariablement un mois qui doit être célébré avec un cocktail passionné, celui qui est devenu en quelques années seulement le plus adoré des Québécois : j\u2019ai nommé le gin tonique.Il est apparu dans les années 1700, lorsque les premiers officiers de la marine anglaise ont mélangé l\u2019écorce de quinine d\u2019Amérique du Sud avec du sucre et des agrumes afin de se prémunir de la malaria.Il n\u2019a pas fallu longtemps pour que certains marins décident de mélanger ce traitement médical avec leur ration quotidienne\u2026 de gin.Vénéré en Espagne et souvent servi dans une coupe à vin, sans garnitures ou mélangé avec une foule de saveurs de toniques en bouteille ou en sirop, le gin tonique existe en milliers de combinaisons différentes, en fonction des saisons, de la température et de vos goûts.Je vous propose ici une version herbacée à l\u2019hibiscus et aux agrumes.Mélangé avec votre gin préféré (avec ou sans alcool), ce gin tonique est une belle façon de crier « santé! » au mois de mai et à l\u2019été qui approche.Santé! Love & Tonic INGRÉDIENTS \u2022 1,5 oz de gin (ou de gin sans alcool Monsieur Cocktail) \u2022 0,75 oz de sirop Love tonic \u2022 3 oz d\u2019eau pétillante \u2022 Orange et sauge (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un verre rempli de glace, ajouter le gin et le sirop, puis mélanger à la cuillère jusqu\u2019à ce que vos doigts deviennent froids.2 Compléter à l\u2019eau pétillante.3 Décorer d\u2019un quartier d\u2019orange et de sauge fraîche.LE COCKTAIL PARFAIT POUR MAI P H O T O A N N I E F E R L A N D SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E22 ARTS MAGAZINE RAPHAËLLE PLANTE rplante@lesoleil.com Le chef-propriétaire du restaurant ARVI, Julien Masia, et sa conjointe Ariel Pinsonneault ont pris la relève du Vignoble Domaine Bel-Chas et commencent leur première saison à titre de nouveaux propriétaires et vignerons.«Pour nous, c\u2019est un projet familial.On a acheté plus qu\u2019une entreprise.On a acheté un vignoble, mais aussi une terre, une maison, un milieu de vie.C\u2019est aussi pour nos enfants», mentionne Julien Masia.Le chef et sa conjointe ont quitté l\u2019île d\u2019Orléans pour emménager à Saint-Charles-de-Bellechasse avec leurs deux filles, dans une résidence vieille de plus de 250 ans située à l\u2019entrée du domaine.«C\u2019est incroyable comme maison, elle est super bien entretenue!» souligne Ariel Pinsonneault.Le couple y a fait quelques rénos à l\u2019étage à son arrivée en début d\u2019année.Ces jours-ci, les nouveaux vignerons se préparent à la taille des vignes, qui marque le début de leur saison.«C\u2019est une des étapes les plus importantes parce que c\u2019est là où tu définis la montée de la vigne.C\u2019est un peu la base de tout», explique Mme Pinsonneault.Au cours des six prochains mois, les précieux plants seront entretenus quotidiennement pour s\u2019assurer d\u2019une récolte fructueuse à la fin de l\u2019été \u2014 si dame Nature coopère, comme ce fut le cas l\u2019an dernier.«Le millésime 2021 au Québec devrait être exceptionnel», signale Julien Masia.Que la clientèle du ARVI se rassure, le chef sera toujours aux commandes du réputé restaurant du quartier Limoilou.Mais un peu moins en saison estivale.«J\u2019ai mis en élaboration un clone pour me remplacer! blague-t-il.Déjà, je suis là quatre jours par semaine.Je pense que pour l\u2019été ce sera peut-être plus trois jours.Ça va bien au ARVI et je suis confiant avec l\u2019équipe en place.C\u2019est plus l\u2019aspect création en cuisine que je ne suis pas encore prêt à lâcher\u2026» Dès la mi-juin, Julien Masia sera davantage à la boutique du vignoble pour accueillir les visiteurs du jeudi au dimanche.«Ariel va plus s\u2019occuper du champ, et on va se rejoindre pour la vinification.C\u2019est la partie le fun dont on va s\u2019occuper ensemble, faire les vins», indique-t-il.NOUVELLE IDENTITÉ VISUELLE Le Vignoble Domaine Bel-Chas sera renommé le Domaine ARVI, mais seulement lorsque la première cuvée faite par les nouveaux propriétaires sera mise en vente, probablement au cours de 2023.«Au départ, on ne voulait pas dévoiler tout de suite le nouveau nom, mais stratégiquement parlant, je pense que c\u2019est mieux de dire où on s\u2019en va», note Julien Masia.Les 15 000 à 20 000 bouteilles qui sont prêtes à être mises en marché arboreront donc toujours le nom du Domaine Bel-Chas \u2014 un clin d\u2019œil à la région et aux noms de famille des fondateurs Marielle Béland et Louis Chassé \u2014, mais avec une nouvelle identité visuelle.Les propriétaires s\u2019apprêtaient à recevoir les nouvelles étiquettes lorsque Le Mag les a rencontrés la semaine dernière.Parmi les priorités du couple, on compte la transition vers une culture biologique.«On va déjà faire comme si on était bio, mais ça prend environ deux ans pour avoir la certification biologique», souligne Ariel Pinsonneault.Pour acquérir de l\u2019expérience dans le domaine, Mme Pinson- neault a travaillé deux ans à la Seigneurie de Liret, un vignoble de l\u2019île d\u2019Orléans dont les vins sont certifiés biologiques.«Je suis aussi allée à l\u2019école pendant un an en production horticole.C\u2019est un cours condensé qui m\u2019a vraiment servi, avec plusieurs stages en entreprises.Ça m\u2019a donné un bagage pour la production en serre et en champ», mentionne-t-elle.De son côté, Julien Masia a DOMAINE ARVI LE PROJET D\u2019UNE VIE 2 1 leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E23 «Pour nous, c\u2019est un projet familial.On a acheté plus qu\u2019une entreprise.On a acheté un vignoble, mais aussi une terre, une maison, un milieu de vie.C\u2019est aussi pour nos enfants» \u2014 Julien Masia 1 et 2 Julien Masia et Ariel Pinsonneault, les nouveaux propriétaires du Vignoble Domaine Bel-Chas \u2014 PHOTOS LE SOLEIL, YAN DOUBLET passé près d\u2019une année avec les anciens propriétaires pour bien comprendre les rouages du vignoble avant que l\u2019achat se concrétise en janvier.Il a pris part aux vendanges l\u2019automne dernier \u2014 lorsque Le Mag s\u2019y était rendu pour un reportage \u2014 et a suivi avec attention les étapes de la vinification.«Hormis le travail sur la vigne, sur la terre, on ne se rend peut-être pas compte, mais il y a énormément d\u2019entretien de bâtiment, de machinerie.Il y a toujours des questions», souligne le chef et vigneron, précisant que les anciens propriétaires les accompagnent dans la transition.Le couple se réjouit d\u2019être bien entouré, tant pour obtenir un coup de main au vignoble que pour recevoir des conseils.« J \u2019av a i s d e s q u e s t i o n s p a r exemple sur de l\u2019équipement.Tout le monde est ouvert à répondre, à aider, au lieu de garder les informations pour soi», mentionne Ariel Pinsonneault, ravie de cet esprit de communauté dans le milieu viticole.3 Julien Masia lors des vendanges au Vignoble Domaine Bel-Chas, le 4 octobre 2021 \u2014 PHOTO ARCHIVES LE SOLEIL, YAN DOUBLET UN GRAND TERRAIN DE JEUX Avec un nouveau terrain de jeux de plus de 4 hectares où sont cultivées 10 000 vignes, Ariel Pinsonneault et Julien Masia ne manquent pas d\u2019idées et ont déjà plusieurs projets en cours.Si les vins actuellement produits au domaine sont des assemblages de plusieurs cépages \u2014 le vignoble en compte une douzaine \u2014 le couple entend profiter de cette diversité pour essayer de nouvelles recettes et même tester des vins monocépages.«On veut s\u2019éclater et apprendre à travers tout ça», confie Julien Masia.Plusieurs pommiers se trouvent aussi sur le domaine, ce qui a donné envie aux propriétaires de produire du cidre.«On aimerait explorer ça dès cette année, si on a le temps.Ça fait partie de nos objectifs», indique le chef, qui a avait lancé l\u2019été dernier un cidre en collaboration avec la Cidrerie Le Somnambule pour le ARVI.Le couple aimerait aussi aménager un potager sur son vaste terrain.«Mais une chose à la fois! On cherche à amener une certaine diversité au vignoble, à tendre vers l\u2019autosuffisance et amener de l\u2019eau au moulin pour le restaurant.On ne manque pas de projets», note le vigneron.L\u2019apiculture en fait partie : les ruches que possèdent les propriétaires depuis quelques années sont déménagées au vignoble et leur petite production de miel sert à approvisionner le ARVI et d\u2019autres restaurants.Quelques pots pourront aussi être vendus sur place.COLLABORATIONS Plusieurs collaborations sont aussi en développement.«On travaille avec la Fromagerie des Grondines pour proposer un fromage fait avec nos produits, et aussi avec la ferme Turlo pour une charcuterie.L\u2019idée est d\u2019offrir quelque chose à manger avec le vin.On n\u2019a pas de permis de restauration au vignoble, mais on peut vendre des produits déjà transformés», indique Julien Masia.Le chef aimerait-il amener le ARVI au vignoble, y proposer une table champêtre?«Peut- être un jour, mais pas tout de suite!» laisse-t-il tomber.«Peut- être plus sous la forme d\u2019événement», renchérit sa conjointe.«Ça fait partie des objectifs de l\u2019année de faire un événement dans l\u2019été avec peut-être un autre resto.On est du genre assez actif, mais tout est une question de temps», ajoute Julien Masia.On comprend que tout dépendra du genre de saison qu\u2019ils auront au vignoble.«C\u2019est un bon projet pour nous.On est les deux des entrepreneurs qui ont des projets sans arrêt, mais quand tu es en agriculture, tu es tout le temps en remise en question.Ton projet est toujours nouveau, en évolution, chaque saison est nouvelle\u2026 on n\u2019a pas le temps de s\u2019emmerder!» confie Ariel Pinsonneault.En plus de la boutique du vignoble et du restaurant ARVI, on retrouve les vins du Domaine Bel-Chas dans de nombreux points de vente de la Chaudière- Appalaches et de la région de Québec, ainsi qu\u2019ailleurs en province.RAPHAËLLE PLANTE Info : domainebel-chas.com 3 SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E24 ARTS MAGAZINE INGRÉDIENTS RECETTESPRATIQUES P H O T O S T I R É E S D U M A G A Z I N E 5 - 1 5 , M A I 2 0 2 2 , V O L .1 2 , N O .1 2 Préparation : 15 minutes \u2022 Cuisson : 22 minutes \u2022 Quantité : 4 portions Sans noix / Sans œuf / Se congèle 1 Da ns u ne casserole d \u2019eau bouillante salée, cuire les pâtes al dente.Égoutter.Réserver.2 Dans une autre casserole, porter la crème à cuisson et la bisque de homard à ébullition.Laisser mijoter de 8 à 10 minutes à feu doux, jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019une texture de sauce.3 Ajouter la chair de crabe, 250 ml (1 tasse) de fromage et les pâtes dans la casserole.Saler et poivrer.Poursuivre la cuisson de 2 à 3 minutes en remuant, jusqu\u2019à ce que le fromage soit fondu.4 Régler le four à la position «gril» (broil).5 Répartir la préparation dans quatre plats de cuisson.Garnir du reste du fromage.6 Faire gratiner au four de 2 à 3 minutes.7 Si désiré, garnir de ciboulette au moment de servir.boutique.pratico-pratiques.com 1 GROSSES COQUILLES 1 LITRE (4 TASSES) 3 BISQUE DE HOMARD 1 BOÎTE DE 284 ML 4 CHAIR DE CRABE 300 G (2/3 DE LB) 5 MÉLANGE DE FROMAGES ITALIENS RÂPÉS 500 ML (2 TASSES) LA RECETTE DE LA SEMAINE GRATIN DE PÂTES AU CRABE FACULTATIF : \u2022 45 ml (3 c.à soupe) de ciboulette fraîche émincée 2 CRÈME À CUISSON 15% 375 ML (1 1/2 TASSE) Recette tirée du magazine 5 ingrédients, 15 minutes, mai 2022, Vol.12, No.12.Publié par Éditions Pratico-pratiques.PAR PORTION Calories.835 Protéines .44 g Matières grasses.45 g Glucides .68 g Fibres.3 g Fer.5 mg Calcium .529 mg Sodium .1777 mg leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E25 Préparation : 20 minutes Marinage : 2 heures Cuisson : 12 minutes Quantité : 4 portions INGRÉDIENTS \u2022 675 g (1 1/2 lb) de filet de porc \u2022 10 tranches de bacon fumé à l\u2019érable coupées en deux Pour la marinade : \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de vinaigre balsamique \u2022 30 ml (2 c.à soupe) de sirop d\u2019érable \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019huile d\u2019olive \u2022 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019ail haché \u2022 10 ml (2 c.à thé) de thym frais haché \u2022 Sel et poivre au goût PRÉPARATION 1 Parer le filet de porc en retirant la membrane blanche.Couper le filet en 20 cubes égaux.2 Dans un grand sac hermétique, mélanger les ingrédients de la marinade.Ajouter les cubes de porc dans le sac et remuer afin de bien les enrober de marinade.Retirer l\u2019air du sac et sceller.Laisser mariner de 2 à 4 heures au frais.3 Si les brochettes utilisées sont en bambou, les faire tremper dans l\u2019eau environ 30 minutes avant la cuisson.4 Au moment de la cuisson, préchauffer le barbecue à puissance moyenne-élevée (environ 220 °C \u2013 425 °F).5 Égoutter les cubes de porc et jeter la marinade.6 Enrouler une demi-tranche de bacon autour de chaque cube de porc.7 Sur quatre brochettes, piquer les cubes de porc.8 Sur la grille chaude et huilée du barbecue, déposer le brochettes.Fermer le couvercle et cuire de 12 à 15 minutes, en retournant les brochettes plusieurs fois en cours de cuisson.boutique.pratico-pratiques.com BROCHETTES DE FILET DE PORC AU BACON P H O T O T I R É E D U L I V R E C A M P I N G - 8 5 R E C E T T E S G É N I A L E S E T S I M P L E S À P R É P A R E R Préparation : 15 minutes Cuisson : 18 minutes Quantité : 4 portions Sans noix / Sans œuf INGRÉDIENTS \u2022 680 g (1 1/2 lb) de pommes de terre grelots jaunes coupées en quartiers \u2022 200 g (1/2 lb) \u2022 de fromage en grains \u2022 1/2 boîte de 398 ml de sauce à poutine \u2022 4 bavettes de bœuf de 150 g (1/3 de lb) chacune \u2022 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019assaisonnements barbecue PRÉPARATION 1 Préchauffer le barbecue à puissance moyenne-élevée (environ 220 °C \u2013 425 °F).2 Da ns u n bol, méla nger les pommes de terre avec le fromage en grains et la sauce à poutine.Saler et poivrer.3 Répartir la préparation au centre de deux grandes feuilles de papier d\u2019aluminium épaisses.Replier les feuilles de manière à former deux papillotes hermétiques.4 Sur la grille chaude du barbecue, déposer les papillotes.Fermer le couvercle et cuire de 18 à 20 minutes en retournant les papillotes plusieurs fois en cours de cuisson, jusqu\u2019à tendreté des pommes de terre.5 Pendant ce temps, frotter les bavettes de bœuf avec les assaisonnements barbecue.6 Ajouter les bavettes sur la grille huilée du barbecue.Fermer le couvercle et cuire de 6 à 7 minutes pour une cuisson mi- saignante, en retournant les bavettes à mi-cuisson.7 Transférer les bavettes dans une assiette et couvrir d\u2019une feuille de papier d\u2019alumi- n iu m , s a n s serrer.Laisser reposer 5 minutes avant de trancher.boutique.pratico- pratiques.com PHOTO TIRÉE DU MAGAZINE HORS SÉRIE : SOUPERS EXPRESS SUR LE BARBECUE EN 5-15 SECRET DE CHEF Papier d\u2019aluminium plus résistant Pour des papillotes qui résistent aux manipulations fréquentes, optez pour du papier d\u2019aluminium épais.Celui-ci est plus résistant, ce qui évitera que votre papillote ne se déchire lorsqu\u2019il sera temps de la retourner.Si vous ne parvenez pas à vous en procurer, utilisez simplement une double épaisseur de papier d\u2019aluminium ordinaire pour solidifier le tout.Recette tirée du magazine hors série : Soupers express sur le barbecue en 5-15.Publié par Éditions Pratico- pratiques.BAVETTES ET PAPILLOTE DE POUTINE Mini-brochettes de choux de Bruxelles et grelots Si les brochettes utilisées sont en bambou, les faire tremper dans l\u2019eau environ 30 minutes avant la cuisson.Au moment de la cuisson, préchauffer le barbecue à puissance douce-moyenne (environ 163 °C \u2013 325 °F).Couper 12 choux de Bruxelles et 8 pommes de terre grelots en deux.Dans un bol, mélanger les pommes de terre avec les choux de Bruxelles, 30 ml (2 c.à soupe) d\u2019huile d\u2019olive et 15 ml (1 c.à soupe) d\u2019assaisonnements pour salade.Saler et poivrer.Sur quatre brochettes, piquer les pommes de terre et les choux de Bruxelles en les faisant alterner.Sur la grille chaude et huilée du barbecue, déposer les brochettes.Fermer le couvercle et cuire de 18 à 20 minutes, en retournant les brochettes plusieurs fois en cours de cuisson.Recette tirée du livre Camping - 85 recettes géniales et simples à préparer.Publié par Éditions Pratico- pratiques. SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E26 ARTS MAGAZINE Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal Squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante UNE SEMAINE D\u2019ACTU Dimanche se tenait le second tour des élections présidentielles en France, et c\u2019est Emmanuel Macron qui a été réélu, avec 58,5 % des voix.Son adversaire, Marine Le Pen, a récolté 41,5 % des voix.\u203a UNE SEMI-VICTOIRE POUR EMMANUEL MACRON Emmanuel Macron est le premier président français à être réélu pour un second mandat en 20 ans! Et pourtant, ce n\u2019est pas une victoire franche, car beaucoup de Français ont voté pour «le moins pire» plutôt que «pour le meilleur».Pour comprendre, il faut décortiquer les votes.Les voix qu\u2019Emmanuel Macron a reçues peuvent être divisées en deux parties.D\u2019un côté, il y a ce qu\u2019on appelle les «votes d\u2019adhésion».Ce sont les personnes qui votent pour M. Macron, dont les idées sont plutôt de centre- droite, car ils le soutiennent lui et son projet.Son parti est historiquement plus en faveur de programmes pour aider les groupes moins favorisés et de l\u2019immigration par exemple.De l\u2019autre côté, il y a les votes contre Marine Le Pen.En effet, beaucoup de gens ont voté pour Emmanuel Macron au second tour pour empêcher madame Le Pen d\u2019être présidente.Marine Le Pen est considérée par beaucoup comme d\u2019extrême droite, c\u2019est-à-dire que ses idées sont c o n s e r v a t r i c e s e t contraires aux valeurs de la démocratie.Malgré cela, c\u2019est la première fois que son parti obtient autant de voix aux élections présidentielles.Ces chiffres ne prennent pas en compte l\u2019abstention et les votes nuls, qui représentent 28 % et 8,6 % des voix.Lorsqu\u2019on parle d\u2019abstention, on fait référence aux gens qui ne sont pas allés voter.Et un vote est nul lorsque quelqu\u2019un vote pour plus d\u2019une personne, puisque c\u2019est contre les règles, ce vote-là ne comptera pas.Ces deux pourcentages révèlent la colère des Français, et leur désir de ne voter ni pour Emmanuel Macron ni pour Marine Le Pen.Beaucoup de citoyens français ont été très déçus du premier mandat de M. Macron, mais refusent de voter pour un parti radical.Son objectif le plus important de Macron pour l\u2019instant est de regagner le soutien des Français, et surtout de les convaincre qu\u2019il va utiliser sa deuxième chance à bon escient.On lui souhaite donc bonne chance pour ce second mandat! CHEYENNE OGOYARD EMMANUEL MACRON GAGNE LES ÉLECTIONS EN FRANCE! LE P\u2019TIT MAG P H O T O F L I C K R PHOTO 123RF/SEZEROZGER leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E27 Il a été annoncé la semaine dernière que Guy Lafleur, ancien joueur étoile des Canadiens de Montréal \u2014 et, selon certains, meilleur joueur de tous les temps \u2014 est décédé à 70 ans d\u2019un cancer du poumon.Tu es trop jeune pour l\u2019avoir vu jouer, mais il est important que tu connaisses celui qu\u2019on surnommait le «Démon blond», car il a une grande place dans la culture québécoise.On te le présente.\u203a UN JOUEUR D\u2019UN CALIBRE INÉGALÉ Né en 1951 à Thurso, en Ou- taouais, c\u2019est un jeune Guy Lafleur de 19 ans qui est repêché par les Canadiens et qui fait ses débuts dans la Ligue nationale.Il y jouera pendant une vingtaine d\u2019années, entre 1971 et 1991.Durant cette période, il inscrira 560 buts et 793 passes pour un total de 1353 points, dont la grande majorité sous l\u2019uniforme des Canadiens de Montréal.Il demeure encore à ce jour le meilleur pointeur de l\u2019histoire de l\u2019équipe! Le Québécois aidera le tricolore à remporter cinq coupes Stanley, dont quatre consécutives (1977, 1978 et 1979).Il sera aussi le récipiendaire de sept trophées Molson.Un trophée Mol- son est une récompense qui est remise chaque saison au joueur ayant récolté le plus de points au système des trois étoiles d\u2019après-match.Selon ce système, la troisième étoile donne un point, la deuxiè me étoile donne trois points et la première étoile donne cinq points.En 1985, le chandail numéro 10 est retiré en l\u2019honneur de Guy Lafleur.Ce que ça veut dire, c\u2019est qu\u2019aucun autre joueur de l\u2019équipe ne pourra porter ce numéro sur son chandail lors d\u2019un match.Finalement, Guy Lafleur sera admis au Temple de la renommée en 1988.\u203a LE QUÉBEC TOUT ENTIER EN DEUIL Le premier ministre québécois, François Legault, a annoncé que des funérailles nationales auront lieu le 3 mai prochain pour célébrer la mémoire de Guy Lafleur.Il s\u2019agit d\u2019un grand hommage, car ce privilège n\u2019est accordé qu\u2019à très peu de personnes.En effet, pour recevoir des funérailles nationales, il faut avoir «joué un rôle majeur» au sein de la société en ayant marqué son domaine d\u2019activité.\u203a LES FANS AUSSI FONT LEURS ADIEUX Dimanche, à l\u2019occasion d\u2019un match au Centre Bell opposant les Canadiens aux Bruins de Boston, les partisans ont aussi voulu dire au revoir à leur héros\u2026 à leur manière.Durant plus de neuf minutes et de façon ininterrompue, on a pu entendre des milliers de personnes scander «Guy! Guy! Guy!» à tue-tête.La foule était tellement bruyante que l\u2019annonceur a dû s\u2019y prendre à trois fois pour reprendre le contrôle de l\u2019aréna et continuer avec la cérémonie d\u2019avant-match! Disons-lui donc merci et souhaitons-lui un bon repos! LAURENT CÔTÉ PHOTO ARCHIVES AP, BILL KOSTROUN Voici Patron (Cartouche, en ukrainien), un petit Jack Russell Terrier qui est devenu un héros ukrainien! Du haut de ses courtes pattes, Patron a peut-être sauvé bien des vies depuis le début du conflit entre la Russie et l\u2019Ukraine.Patron est un chien renifleur de deux ans.Sa spécialité est de pouvoir sentir les bombes et de prévenir son équipe.Équipé de sa veste de protection, il renifle le sol et reconnaît les odeurs d\u2019explosifs.Le petit chien travaille avec une équipe de déminage dans la ville de Tchernihiv.Cette ville du nord du pays a été assiégée par les forces armées russes durant un mois et a vécu beaucoup de destruction.Patron a permis de neutraliser 90 explosifs depuis le début de l\u2019invasion russe! Heureusement, Patron est bien récompensé pour tous ses efforts.Ses collègues lui donnent de la nourriture, surtout du fromage, à chaque bon coup.Mais ne t\u2019inquiète pas, ce n\u2019est pas un métier dangereux pour l\u2019animal puisque les mines antipersonnel ne se déclenchent qu\u2019avec un poids supérieur à 5 kilos.Et Patron en fait 4! Des photos et vidéos du Jack Russell ont fait le tour du monde.Plusieurs artistes ont créé des illustrations du brave chien pour honorer l\u2019importance de son travail.Il est même suivi par 120 000 personnes sur Instagram! \u203a COMMENT UN CHIEN PEUT- IL SENTIR DES BOMBES?Les chiens ont un odorat très développé, beaucoup plus que nous.Ils peuvent donc sentir des odeurs très subtiles, les différencier et les reconnaître.Les chiens renifleurs sont entraînés dès leur jeune âge à reconnaître des odeurs imperceptibles pour les êtres humains.En fait, l\u2019utilisation du flair des chiens est une des méthodes les plus efficaces pour déceler les bombes malgré toutes les nouvelles technologies! Les chiens ont 300 millions de cellules qui détectent les odeurs dans leur museau.En comparaison, nous n\u2019en avons que 6 millions.Et ce sont les chiens au museau plus long qui ont le meilleur odorat, comme Patron.Patron démontre qu\u2019on n\u2019a pas besoin d\u2019être bien gros pour faire une différence.Une compagnie de communication ukrainienne a partagé sur Twitter que, un jour, l\u2019histoire de ce héros à quatre pattes devrait être tournée en film! LYLOU NICASTRO, JOURNALISTE STAGIAIRE ON TE PRÉSENTE PATRON, LE HÉROS DE L\u2019UKRAINE! PHOTO TIRÉE DE LA PAGE INSTAGRAM DE L\u2019ANIMAL : PATRON_DSNS LE HÉROS DU HOCKEY GUY LAFLEUR S\u2019ÉTEINT LE P\u2019TIT MAG SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E28 ARTS MAGAZINE LE JEU DES 7 ERREURS CES DEUX CARICATURES D\u2019ANDRÉ-PHILIPPE CÔTÉ SONT EN APPARENCE IDENTIQUES.EN RÉALITÉ, IL Y A 7 ERREURS.ES-TU OBSERVATEUR?SOLUTION 1 Le nœud papillon du Dr Smog 2 Le genou du patient en moins 3 La poche du veston en moins 4 L\u2019étoile jaune 5 La barbichette plus courte 6 Le poignet de chemise du bras droit 7 La cravate est plus longue FAITES- NOUS RIRE Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@ lesoleil.com Ma fille demande à son fils ce qu\u2019il veut pour déjeuner.Et lui de répondre : «Je veux une toast en anglais (un muffin anglais)» \u2014 William, 3 ans «Papou! Le gazon, est-ce que c\u2019est de la peau de terre?» \u2014 Agathe, 4 1/2 ans «Toi grand-papa (82 ans), tu n\u2019es pas vieux, tu n\u2019as pas 100 ans» \u2014 Lexis ,7 ans Je lisais un livre à Romain sur les petits des animaux de la ferme.Je lui demande «le petit de la poule, c\u2019est?» : «Un chicken» \u2014 Romain 3 1/2 ans Élodie vient de recevoir un petit chien en cadeau de sa mère.Elle décrit à Papi son nouveau compagnon\u2026 «Il pèse 1 poids et quand il sera grand, il pèsera 3 poids» \u2014 Élodie, 6 1/2 ans LE P\u2019TIT M G leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E29 L e mot artéfact provient du latin artis facta («effets de l\u2019art») et représente «un objet qui a été fabriqué ou transformé par l\u2019humain, qui se distingue ainsi de tout objet dont la modification serait due à un phénomène naturel» (définition de l\u2019OQLF).On comprend alors pourquoi l\u2019artiste américain Eric Standley emploie le mot artéfact pour désigner ses réalisations complexes où art et technologie se côtoient.Ses compositions sont faites d\u2019une multitude de couches de papiers multicolores découpés au laser, un processus d\u2019une grande précision qui peut s\u2019échelonner sur des mois, voire des années.Les œuvres symétriques rappellent des motifs décoratifs tels des mandalas ou des vitraux et des voûtes de lieux de culte.Le professeur à l\u2019université Virginia Tech a exposé dans plus de 120 musées et galeries à travers le monde.Pour en voir davantage : eric-standley.com et @eric.standley sur Instagram RAPHAËLLE PLANTE L ARTÉFACTS DE PAPIER PHOTOS ERIC STANDLEY SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E30 ARTS MAGAZINE D ubaï n\u2019en finit plus de s\u2019étendre.Et ce n\u2019est pas parce qu\u2019on n\u2019emprunte pas la voie de la densi- fication : les gratte-ciel poussent comme des champignons.Et à travers cette forêt de béton où je m\u2019imaginais avoir tout vu après 48 heures, il y a de quoi faire si on s\u2019en donne la peine et qu\u2019on veut éviter de tout faire en accéléré.À petits prix?Ça dépend des goûts! La bonne idée pour ne pas trop alléger le portefeuille, à Dubaï, c\u2019est le transport en commun.Le métro et le tramway relient plusieurs des points d\u2019intérêt, qui sont souvent regroupés.La carte Nol, un laissez- passer rechargeable, permet d\u2019économiser quelques dirhams par trajet par rapport au paiement en argent.On exige toutefois qu\u2019il reste toujours une dizaine de dirhams sur la carte au début de chaque trajet.Si, comme moi, vous l\u2019ignoriez, il faudra la recharger avant de pouvoir sortir de la station de métro.Ce n\u2019est pas très embêtant, sauf quand on essaie de liquider les fonds restants avant de quitter le pays.Un arrêt digne de mention qui figurait tout en haut de ma liste était le quartier historique d\u2019Al-Fahidi.On s\u2019y rend en descendant à la station du même nom.En posant le pied dehors, déjà, on arrive dans une ville complètement différente.C\u2019est comme une banlieue d\u2019Europe de l\u2019Est, un quartier résidentiel du Maghreb ou de Turquie.D\u2019un coup, on n\u2019aperçoit plus vraiment les grandes tours.On navigue à pied le long de boulevards tranquilles aux bâtiments de quatre ou cinq étages.Là, on sent qu\u2019une vie de quartier est encore possible.Si le quartier historique était une priorité, s\u2019y rendre en matinée n\u2019est pas forcément le meilleur choix, à moins de vouloir un silence presque complet pour explorer ses rues.Le vieux Dubaï, construit au début des années 1900, s\u2019anime vraisemblablement davantage quand le soleil décline.À l\u2019exception de quelques cafés, dont un Starbucks bien dissimulé dans une maison historique en terre, la plupart des boutiques et des restaurants étaient déserts.Le Centre culturel Cheikh Mohammed offre des visites guidées et des repas, à l\u2019occasion, et il se trouve quelques musées de petite taille, comme le musée de la monnaie.Il y a de quoi marcher longtemps vers l\u2019est, le long du canal Khor Dubaï, mais l\u2019ombre s\u2019y fait rare.La chaleur frappe.Et quand vient le temps de choisir à boire, on s\u2019étonne que le menu des bars à jus répertorie des mojitos.jusqu\u2019à ce qu\u2019on réalise qu\u2019en terre musulmane, l\u2019alcool n\u2019est pas offert partout.Mojito signifie donc parfois un jus agrémenté de menthe sans le rhum habituellement ajouté aux cocktails.DU VIEUX DUBAÏ AU BURJ KHALIFA JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR 1 2 leNouvelliste SAMEDI 30 AVRIL 2022 ARTS MAGAZINE E31 Plus à l\u2019ouest, le Musée de Dubaï raconte habituellement l\u2019évolution de la ville, passée de village de pêcheur à centre international du commerce, de l\u2019innovation et du tourisme.Il s\u2019agirait du plus vieil édifice de Dubaï encore debout.Il était toutefois fermé, lors de mon passage, en raison de la pandémie.DES SOUKS ET UN CADRE GÉANT Je me suis donc rabattu sur le souk de Bur Dubaï, où l\u2019on ne déambule pas sans se faire interpeller au moins 400 fois.Les vendeurs sont insistants, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.L\u2019encens est partout, comme les tissus, les pantalons et les t-shirts, à travers d\u2019autres babioles.Le plus vieux souk de la ville constitue un passage d\u2019intérêt si on aime faire les emplettes et qu\u2019on sait négocier.Des étals semblables auront peut-être un intérêt plus grand pour les simples badauds de l\u2019autre côté du canal, au souk aux épices ou au souk de l\u2019or.Dans le premier, on trouvera du safran.Beaucoup de safran.C\u2019est l\u2019épice qu\u2019on tentera le plus souvent de nous refiler.La cardamome, les noix, les fruits séchés et les brûleurs d\u2019encens y sont aussi légion.Dans le second, c\u2019est le paradis du bling-bling.De la plus grosse bague en or aux colliers, on trouvera aussi des boucles d\u2019oreille, des plastrons et d\u2019autres bizarreries.Pour atteindre ces deux marchés, on ose s\u2019offrir une courte promenade en boutre, ces bateaux de bois rudimentaires qui font la navette entre les deux rives de Khor Dubaï.Il n\u2019en coûte qu\u2019un dirham pour une traversée de moins de cinq minutes.Du quartier historique, que j\u2019aurais sans doute préféré en soirée, il suffit de quelques stations de métro pour atteindre le Dubaï Frame, un cadre géant inauguré en 2018 dans le parc Zabeel.Haut de 150 mètres, il offre une vue sur toute la ville, étant construit stratégiquement entre la vieille ville et la modernité.Il est toutefois plus intéressant vu de loin que de l\u2019intérieur.C\u2019est qu\u2019il faut une bonne marche pour contourner presque tout le parc avant de pouvoir acheter son billet pour un peu moins de 20 $.Une galerie y présente l\u2019histoire de Dubaï succinctement au premier étage avant d\u2019arriver aux ascenseurs qui nous entraînent dans les hauteurs en 47 secondes.Sur la passerelle, on trouve le désormais traditionnel plancher de verre, sur lequel on peut marcher, et une vue à 360 degrés.Le smog peut toutefois jouer les trouble-fête.On aime la vue, mais on se dirige néanmoins rapidement vers la sortie.Il semble par ailleurs que les architectes concepteurs aient choisi un rectangle avec des proportions dites idéales pour déterminer la taille du bâtiment.Conclusion : mieux vaut s\u2019offrir une photo de l\u2019extérieur du cadre géant que de dépenser temps et argent pour grimper sur sa passerelle.Après tout, c\u2019est bien ce qu\u2019on souhaite : un portrait devant l\u2019impressionnant bâtiment.INCONTOURNABLE BURJ KHALIFA Enfin, mon choix d\u2019économiser m\u2019a convaincu d\u2019appliquer mon propre conseil au fameux Burj Khalifa, le gratte-ciel le plus haut du monde qui culmine à 828 mètres.La merveille architecturale peut toutefois coûter les deux bras et la peau des dents, selon l\u2019heure à laquelle on souhaite s\u2019y rendre.Le droit d\u2019accès peut varier de 70 à plus de 160 $.Non merci! J\u2019ai préféré traverser l\u2019énorme centre commercial qu\u2019est le Dubaï Mall pour aller admirer la fontaine au pied de l\u2019immense tour.Un spectacle de jets d\u2019eau y est présenté toutes les 30 minutes.On peut y passer la soirée et ne pas voir le même spectacle deux fois.Impressionnant.Une fois la nuit tombée, on ajoute au plaisir avec des projections sur la tour du Burj Khalifa.S\u2019il se trouve autour de la fontaine des tonnes de restaurants, du fast- food au plus dispendieux, j\u2019ai craqué pour le Time Out Market, avec sa grande galerie de tables partagées, avec vue sur la fontaine, et ses concessions alimentaires d\u2019une douzaine de pays.L\u2019endroit est idéal pour rencontrer des gens de partout et goûter des plats du monde sans trop se ruiner.De la galerie, on peut admirer les différents spectacles à condition de se lever de table pour s\u2019installer en façade.Mine de rien, il faut étirer la journée pour arriver à faire tout ça dans les mêmes 24 heures.Si on a mal aux pieds, que le soleil nous a épuisés et qu\u2019on combat le sommeil alors que le métro dodeline des wagons sans arrêt, la Ville, elle, donne l\u2019impression de ne jamais dormir.Le journaliste était l\u2019invité de Turkish Airlines.3 La plus haute tour du monde, le Burj Khalifa, agit comme un écran pour un spectacle lumineux une fois la nuit tombée.1 Le quartier historique d\u2019Al-Fahidi vaut bien une promenade, mais il était plutôt désert en début de journée.\u2014 PHOTOS LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 2 Le Dubaï Frame est plus impressionnant de l\u2019extérieur que de l\u2019intérieur.Pour économiser, on peut simplement s\u2019offrir une séance photo à partir du parc Zabeel.3 SAMEDI 30 AVRIL 2022 leNouvelliste E32 ARTS MAGAZINE A lors que les sentiers sont envahis un peu partout, Alexis Nantel, mieux connu sous le nom d\u2019Alexis le Randonneur, fait paraître le Guide pratique de la rando, en collaboration avec Véronique Champagne.Pour l\u2019occasion, on a jasé de cette passion commune et de son bouquin.Entretien.Q De quelle façon ce sport a-t-il changé ta vie?R Je n\u2019étais pas destiné à gagner ma vie avec ça.Quand je me suis mis à la rando en 2007, j\u2019étais dans une agence de publicité/communication dans un rythme de vie complètement dingue.Quand j\u2019ai réalisé le Kilimandjaro, c\u2019était ma première expérience de trek d\u2019altitude.Ça m\u2019a fait beaucoup réfléchir.Quand on est en haute altitude, on marche pas à pas, centré sur soi, sur notre santé.On est très à l\u2019écoute de soi.Ça m\u2019a permis une grande introspection.Je me suis rendu compte que dans ma vie folle \u2014 j\u2019étais entrepreneur dans ce milieu-là \u2014, je me défonçais complètement, je travaillais beaucoup trop et je n\u2019avais que ça en tête.Je passais à côté de beaucoup de choses.À mon retour, ça m\u2019a permis de me dire : il faut que je ralentisse.Je regardais les gens autour de moi et je riais tout seul dans mon bureau, tellement qu\u2019il y avait un clash entre ce que j\u2019avais vécu là-bas et ce que je vivais au quotidien.Tranquillement, j\u2019ai pris un virage où j\u2019ai ralenti beaucoup et de deux, j\u2019ai mis la randonnée dans ma vie au moins une fois par semaine.Et avec le temps, j\u2019ai fini par me dire : pourquoi je ne lierais pas ma passion à mon boulot?C\u2019est là que j\u2019ai décidé de faire un changement de carrière en 2018 à la suite d\u2019une traversée en voilier dans l\u2019Atlantique.Q Pourquoi avoir eu envie d\u2019écrire ce guide pratique?R Dans mon parcours, je suis un gars de contenu.En faisant mes recherches, je voyais beaucoup de guides soient états-uniens, européens, mais rien au niveau québécois.On avait beaucoup de livres par contre sur les destinations et les sentiers, mais rien de base sur lequel les gens pourraient se fier et se construire comme randonneurs.J\u2019ai vu ce trou- là et cette niche-là et j\u2019ai décidé de l\u2019emprunter (.) La première année de pandémie m\u2019a beaucoup éveillé à l\u2019éducation et ce que je devais faire en termes de contenu.Les gens se sont rués sur les sentiers, c\u2019est devenu le sport national tout d\u2019un coup.Il y avait bien des débordements à bien des niveaux et je pense qu\u2019il fallait qu\u2019on parle aux gens.Q Quelle est l\u2019erreur la plus fréquente, selon toi, lorsque les gens s\u2019élancent sur les sentiers?R La première erreur, parce que c\u2019est aussi la première étape avant de se lancer, c\u2019est la planification tout court.Je m\u2019en vais où, c\u2019est quoi le sentier, le dénivelé.Il y a quand même une certaine préparation à faire avant de quitter pour nous éviter toutes sortes de problèmes.Ça va aussi nous emmener à mieux préparer notre équipement, notre bouffe.Au Québec, il y a encore de gros problèmes à mon avis de signalisation des sentiers.Pas partout, mais il y a encore beaucoup de bogues de ce côté-là.Moi ça m\u2019est arrivé de m\u2019égarer.Ce n\u2019est pas avec le téléphone, sans réseau, qu\u2019on va régler le problème.C\u2019est vraiment une première étape super importante.Ce que je vois aussi beaucoup au niveau de l\u2019équipement, ça arrive beaucoup sur les sommets : les gens partent en t-shirt avec une bouteille d\u2019eau du commerce, ceux qui débutent surtout.Ils arrivent en haut, il fait froid, il vente.ça ne va pas bien, ils n\u2019en profitent pas complètement.Plus on monte en altitude, plus on risque d\u2019avoir des écarts de température.Ce que j\u2019ai fait comme erreur dans une montagne de ce type-là \u2014 le mont Albert en Gaspésie, mon premier gros sommet en 2007 \u2014 ça a été ça.Je suis parti avec une petite bouteille d\u2019eau.Une chance que le garde-parc m\u2019avait suggéré de louer des bâtons.J\u2019ai été rapidement sous-hydraté et j\u2019ai été chanceux de me rendre jusqu\u2019à la fin.Il faisait chaud, en haut je n\u2019avais pas de protection, il y avait des moustiques et il ventait.Je l\u2019ai vécu moi aussi.Q Si tu n\u2019avais qu\u2019un seul principe Sans trace à recommander (même s\u2019il y en a plus qu\u2019un!), tu suggérerais quoi?R Au-delà de ramasser ses papiers, qui est la base, je dirais qu\u2019un des plus gros problèmes que l\u2019on voit sur les sentiers les plus fréquentés, c\u2019est au niveau des besoins naturels.On voit beaucoup de recoins qui se retrouvent avec des selles et beaucoup de papiers de toilette.Les gens vont tous à la même place.C\u2019est de sensibiliser les gens à aller à 70 pas du sentier dans un endroit peu fréquenté pour que ça aide à se décomposer.Cette année, pourquoi ne pas faire l\u2019achat d\u2019une petite truelle en plastique?Ça ne pèse rien, c\u2019est facile à transporter.Même pour les randonneurs habitués, c\u2019est quelque chose que les gens ne font pas.Ce serait vraiment un changement à adopter en 2022.Q Ton meilleur conseil pour pratiquer cette activité avec les enfants?R Ne pas les écœurer, lance-t-il en riant.C\u2019est la leçon que j\u2019en tire; j\u2019ai des enfants.On veut vraiment y aller en crescendo.Autant que tu commences tranquillement quand tu es adulte et que tu vas augmenter le kilométrage et le dénivelé, et que tu vas ajouter du matériel dans ton sac, c\u2019est la même chose avec les enfants.Moi, elles (NDLR : ses jumelles de 11 ans) ont commencé en ne traînant rien au départ, puis on a ajouté le sac à dos, leur bouteille d\u2019eau.Q Tu as une volonté de déculpabiliser les parents avec les bonbons, si je me fie à un passage dans le livre?R Je ne me suis jamais senti coupable de ça.Je l\u2019explique : de toute façon ils les brûlent en rando.C\u2019est juste une petite motivation additionnelle.Là où il faut faire attention, c\u2019est de ne pas dire : on va aller en rando et on va manger des bonbons.Il faut leur inculquer tout de suite que ce n\u2019est pas ça la récompense et le gros fun.C\u2019est un élément qui vient bonifier la randonnée.La récompense demeure l\u2019observation de la forêt, la contemplation et la vue si on monte une montagne.Il faut mettre l\u2019accent là et les occuper avec la faune et la flore.Moi, je leur fais beaucoup découvrir les essences d\u2019arbres, les plantes et tout ça.ALEXIS LE RANDONNEUR GUIDE TOUT TERRAIN POUR ARPENTER LES SENTIERS 1 Parmi ses randonnées coups de cœur, Alexis le Randonneur nomme le parc régional des Grandes Coulées, à Plessisville.\u2014 PHOTOS ALEXIS LE RANDONNEUR 2 L\u2019ascension du Kilimandjaro a servi de prise de conscience à Alexis Nantel, qui a fini par changer de carrière en alliant la passion de la randonnée à son boulot.3 Le Guide pratique de la rando, écrit par Alexis Nantel et Véronique Champagne.ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR 1 3 2 "]
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