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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1926-08, Collections de BAnQ.

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[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872 Vol.LV AOÛT 1926 No 8 NECROLOGIE ALBERT PREVOST Court, trapu, vigoureux comme un athlete, les traits fins, la figure expressive, les gestes prompts et précis, tel était, au physique, Albert Prévost.On retrouvait chez ce Canadien, affiné par un long séjour a Paris, les traits les plus caractéristiques de la race latine: la spontanéité, l\u2019enthousiasme, la mesure.Albert Prévost se signalait a vous, des que vous l'aperceviez, comme un homme \"de marque.Il y avait, dans son allure, dans ses manières, une élégance vraie qui n\u2019était gâtée par aucune attitude, car le mérite de Prévost ne l'avait pas rendu prétentieux; ce Canadien nous était revenu de France aussi simple, aussi sincère qu'avant son départ, plus complet, évidemment, plus racé, mais toujours et quand même de chez nous.Il vous abordait a la bonne franquette, il causait avec vous comme on cause sur les bords du Saint-Laurent et, ce trait est tout a son éloge, il pouvait, dans une discussion scientifique, et promptement, vous montrer qu'il était de Paris sans renier pour cela son pays natal.Ce fut là l\u2019un des beaux côtés de son caractère, l\u2019un de ceux qui contribuèrent le plus à le rendre populaire.Mais il y avait aussi autre chose.Prévost avait acquis de Déjerine, après sept ans d'étude à la Salpêtrière, une maîtrise incomparable.Il fallait le voir et l'entendre présenter un malade a l\u2019amphithèâtre pour comprendre la perfection de son entraînement scientifique.Chargé de l\u2019enseignement de la neurologie à l\u2019Hôpital Notre-Dame, Prévost se révélait comme l\u2019un des plus brillants professeurs de la Faculté de Médecine.Sa technique était irréprochable, son érudition jamais en défaut.Ses collègues pouvaient goûter une leçon de Prévost tout autant que ses élèves eux-mêmes; dans une réunion médicale, il attirait à lui tous les praticiens.C'était un savant comme on les aime, un savant sympathique et charmeur.Ces qualités de premier ordre, Prévost les conservait avec sa clientèle.Il possédait au plus haut degré la confiance de ses malades; 466 L'UNION MEDICALE DU CANADA il savait conserver cette confiance, la cultiver même, avec une psychologie sûre qui lui donnait sur eux une grande autorité.Pour ses malades également \u2014 en neurologie, ils ne sont pas toujours faciles \u2014 Prévost était un maître; ce n'est pas l'âge qui lui donnait son autorité, c\u2019était sa maîtrise.Son activité était sans borne.Personne ne s\u2019est plus dépensé a fond, pour ses clients, pour ses affaires, pour ses amis, que ce jeune médecin de retour d'Europe, qu'on retrouve, à quarante-cinq ans, avec une réputation faite, un prestige établi, une personnalité qui s'impose.I! était sûr de lui; il avait confiance en lui; c'est ce qui lui fit entreprendre une chose devant laquelle bien des praticiens, et des meilleurs, ont reculé: l'établissement d\u2019un hôpital privé, d\u2019un sanatorium.Mais sa confiance était justifiée; le sanatorium Prévost, grâce à sa persévérance, à son énergie, à son savoir, était une institution classée, qui réussissait au delà de toute espérance, qui constituait chez nous une institution de thérapeutique neurologique privée de premier ordre.Prévost a créé là une œuvre qui devra demeurer.Enfin, Prévost était un expert reconnu, dont la parole faisait autorité devant les tribunaux, auprès de presque tous nos juges (quelques-uns semblent réfractaires à la science médicale).Bien peu ont mis en doute la science de Prévost.Là comme ailleurs, 1l avait su s'imposer avec maîtrise.Puis tout à coup, c\u2019est l\u2019accident stupide, c'est la\u2019 catastrophe, c\u2019est la mort brutale.Quelle ironie ! Etre merveilleusement doué, avoir devant soi un avenir brillant, en pleine maturité, au milieu de l\u2019estime des siens, disparaître brusquement.La destinée a quelquefois de ces revirements ; elle vous distingue, vous favorise, vous porte au sommet, puis, brusquement, sans qu\u2019on sache pourquoi, vous casse la tête sur un obstacle.Est-ce la nature qui se venge parce que nos moeurs modernes veulent la violenter ?Est-ce la rancon de notre témérité ?Ces revirements subits sont difficiles à comprendre et bien durs à supporter.Tous ceux qui ont connu.Albert Prévost seront de mon avis.E.P.BENOIT. LE PROFESSEUR ALBERT PREVOST 1881-1926 Le soir du + juillet 1926, nous parvenait la triste nouvelle du décès du Docteur Albert Prévost, survenu vers | heure p.m., dans un hôpital de Montréal à la suite d\u2019un malheureux accident d\u2019automobile.Un instant avait suffi à la mort pour terrasser ce travailleur acharné, pour avoir raison de sa robustesse, pour éteindre à jamais cette belle intelligence, pour jeter enfin sa famille et ses nombreux amis dans un deuil particulièrement douloureux.I est en effet des absences que l\u2019on n'accepte pas sans résistance et même sans révolte, pour la raison qu\u2019elles désemparent les esprits à la fois par leur soudaineté et par leur imprévu.Celle du Docteur Albert Prévost est de ce nombre.\u201cUn seul être vous manque et tout est dépeuplé !\u201d Lamartine.[1 était le type du sel/-made man selon la formule américaine.Aussi, l'énumération des étapes de sa trop courte carrière nous paraît- elle la meilleure façon de condenser les preuves de ses éminentes qualités et de rendre à sa mémoire le plus sincère hommage.Né à Montréal le 6 août 1881, le défunt était donc âgé de 45 ans à peine.Il fit ses études classiques au Collège Ste-Marie où sous la direction de ces excellents éducateurs que sont les Pères Jésuites, il sut acquérir à bon heure, en plus des connaissances positives, cet esprit d'ordre, cette ardeur au travail, enfin ces hautes qualités.morales si nécessaires à la noble mission du praticien accompli qu\u2019il devait être plus tard.L'année 1903 marque son début dans la vie médicale.Son stage de quatre années à l\u2019Université Laval (aujourd\u2019hui Université de Montréal) fut marqué par un réel succès non seulement dans ses études, mais encore dans les divers exercices sportifs auxquels.d\u2019ailleurs, il s'adonna toujours avec ardeur, réalisant ainsi chez lui- même, en attendant de la faire accepter aux autres, cette maxime du poète latin juvénal: Mens sana in corpore sano.Mais l\u2019obtention, même avec distinction, du titre de docteur en: médecine, ne limitait pas son ambition.Jouissant de revenus pécuniaires importants, il comprit qu\u2019il se devait à lui-même, qu'il devait à sa famille, à sa race, de monter plus haut, d\u2019atteindre si: L'UNION MÉDICALE DU CANADA LG 26 possible les sommets.ll s'embarqua donc pour la Ville-Lumière où il demeura six années consécutives, puisant abondamment à la source même, les données scientifiques les plus pures.Avec quelle ardeur, quelle tenacité, il se lança à la conquête de tout ce qui lui semblait devoir orner son esprit ! nous en savons quelque chose, pour l\u2019avoir vu nous-même à l\u2019œuvre.Indécis à son arrivée sur le choix de la spécialité médicale qu\u2019il devait embrasser, il se borna d\u2019abord à revoir et à compléter les données générales d'anatomie, de physiologie, de biologie, etc, qu\u2019il avait acquises durant ses années universitaires au Canada, son intention étant alors de se préparer au concours qui, en cas de succès, l\u2019aurait conduit au poste très réputé d\u2019Interne des hôpitaux.Or, c\u2019est au cours de cette préparation poursuivie durant plus d\u2019une année qu\u2019il trouva dans l\u2019étude des fonctions nerveuses, la voie rêvée, complexe à souhait, vaste comme son ambition.Il abandonna donc \u2018son premier projet pour se livrer exclusivement à l\u2019étude de la neurologie sous la direction des Maîtres de la Salpêtrière: Déjérine, Raymond, Babinski, Pierre Marie, etc., dignes successeurs de l\u2019illustre Charcot.A T'exemple de ses maîtres, il voulut, dès le début, asseoir les théories médicales sur des bases de faits inébranlables et, à cette fin, il mena de front et l'observation des malades et la recherche de laboratoire, sectionnant patiemment de nombreux cerveaux et moëlles épinières, afin de faire ressortir, à l\u2019aide de colorants appropriés, les aspects variés des lésions anatomiques, causes des troubles nerveux.Avec quel plaisir scientifique 1l les revoyait encore, dans ses moments de loisir, ces belles pièces histologiques, témoins indiscutables d\u2019un travail préparatoire des plus sérieux.Il faut dire aussi que les coupes de cerveau en particulier, faites tout d'une pièce, grandes comme l\u2019organe lui-même, constituaient.de véritables chefs-d\u2019œuvre de patience.Elles permettaient, avec l\u2019aide du microscope, d\u2019embrasser d\u2019un seul coup d'œil à la fois les cellules pyramidales, siège principal de la pensée humaine, et les fibres nerveuses par où cette pensée s\u2019extériorise en action bonne ou mauvaise.À cette longue et solide préparation de sa spécialité, il voulut toutefois apporter un couronnement: il subit avec succès l\u2019examen lui donnant droit au titre de \u2018Médecin légiste de l\u2019Université de Paris\u201d, honneur dont il était particulièrement fier.Pour être complet, il nous faut rappeler que ce fut à Paris qu\u2019il rencontra, pour la première fois, cette jeune Canadienne distinguée \u2018 Tn L'UNION MÉDICALE DU CANADA 469 (Mlle Thérèse Leduc), issue elle-même d\u2019une belle famille médicale, qui devait peu après partager sa destinée dans une union des plus affectueuses.Que Mme Prévost, sa veuve, que ses chers enfants veulent bien trouver ici la respectueuse expression de nos sentiments de condoléances les plus vives.En 1913, le Dr Albert Prévost rentrait au Canada pour s\u2019y installer définitivement et y exercer sa spécialité.Sa haute valeur scientifique ne tarda pas à être appréciée et, partant, à se répandre dans tous les milieux, au point que sa nombreuse clientèle ne lui laissait plus, depuis longtemps, aucun répit.C\u2019est qu\u2019il avait la véritable vocation et la formation qu\u2019elle demande.A côté du \u201cflair\u201d du clinicien qui tient de l\u2019art, il possédait cette grande âme qui lui permettait d\u2019être, non seulement le guérisseur, mais encore le confident et le consolateur de ceux qui souffrent.II ne fut pas lent à se rendre compte que les grands hôpitaux déjà établis ne répondaient pas parfaitement au besoin particulier d\u2019hospitalisation de cette classe de malades que sont les nerveux, les asthéniques de toutes catégories, dont une partie importante du traitement consiste dans le calme, l'air pur et les vastes horizons.I] songea donc à combler cette lacune pour le bénéfice de ses propres malades et, dès 1919, 1l réussissait a fonder a Cartierville, dans un endroit idéal, le Sanatorium qui porte son nom et qui est aujourd\u2019hui connu de tous.Cette fondation, qu'il rêvait sans cesse d'améliorer et d'agrandir.est l'œuvre capitale de sa vie, œuvre gigantesque si l\u2019on songe qu\u2019il était pratiquement le seul à l\u2019alimenter, mais surtout œuvre noble qui lui survivra, nous l'espérons.Elle montre à la fois la grandeur de son activité, la puissance de son action, enfin la haute conception qu'il avait de sa mission.On aura quelque idée de son importance en rappelant que le nombre de lits disponibles aux malades est de trente-cing, que les soins médicaux requièrent un effectif de douze gardes et de trois médecins assistants, dont un Interne.La Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal avait depuis longtemps reconnnu sa compétence en le nommant professeur de neurologie à l'Université et de clinique des malades nerveuses à l'Hôpital Notre-Dame.C\u2019était un professeur écouté, dont la parole chaude, abondante et nette, faisait passer la conviction dans l'esprit des auditeurs.Il était l\u2019un des directeurs du journal l'Union Médicale du Canada auquel il apportait une collaboration assidue.Il était enfin 470 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA membre des Clubs Saint-Denis et Laval-sur-le-Lac ainsi que du Cercle Universitaire.Bref, on le trouvait partout où il y avait une œuvre canadienñe à encourager, où il y avait quelque bien à accomplir.Il n\u2019y a qu\u2019une façon d'honorer de tels disparus, c'est de penser à eux avec une recueillement sombre, en marchant sur la voie qu\u2019ils nous ont tracée.Wilfrid DEROME. POISONS ALIMENTAIRES PTOMAINES - LEUCOMAINES - TOXINES Par WILFRID DEROME, Professeur de Médecine légale et de Toxicologie à l'Université de Montréal, Directeur du Laboratoire provincial de Médecine légale et de Police technique.Dans le langage médical, les poisons alimentaires désignent des principes toxiques variés nés dans les aliments sous diverses influences, mais principalement sous celle des agents animés inférieurs.Les accidents plus ou moins graves auxquels ils donnent lieu atteignent d'ordinaire simultanément un grand nombre de personnes ; mais, si la mort vient à frapper une personne isolément, il n\u2019est pas rare que l'ignorance ou la malveillance attribue à un empoisonnement criminel une intoxication de cette nature.Ces principes toxiques, jusqu'ici imparfaitement connus, forment trois groupes plus ou moins distincts : 1° Les Ptomaïnes (ptoma: cadavre) qui, entrevues par Panum, Bergmaun, Dupré et Bence Jones, ont été pour la première fois isolées et caractérisées par Selmi, de Bologne, et par A.Gauthier, de Paris.Ce sont des substances azotées, basiques et jouissant de propriétés physiques, chimiques et physiologiques, analogues à celles des alcaloïdes végétaux.Elles prennent naissance au cours du processus de décomposition des matières animales et même végétales, et résultent surtout des dédoublements ou transformations qu\u2019y subissent les matières protéiques ou albuminoïdes, sous l\u2019action des organismes inférieurs: agents microbiens divers (aérobies et anaérobies), champignons, moisissures, enzimes, etc.Elles peuvent varier dans leur constitution, leur quantité et la rapidité de leur formation, suivant la nature de la matière qui se désagrège et les conditions extérieures: air, chaleur, lumière, humidité, etc.Elles sont soit liquides et volatiles ou stables, soit solides et cristallisées.Leur saveur est âcre mais rarement amère.Enfin, si quelques-unes ne sont pas toxiques, d\u2019autres, au contraire, possèdent une action toxique très énergique à des doses souvent inférieures au milligramme.Au peint de vue de leur action sur l\u2019organisme, les ptomaïnes entrent, pour la grande majorité, dans la classe des poisons nerveux. 472 L UNION MEDICALE DU \u20acANADA Ainsi on en a isolé une mydalotoxine, de Brieger, 1886, ayant les.propriétés du groupe des mydriatiques (atropine.hyoscyamine, etc.) ; d\u2019autres sont convulsivantes, comme la strychnine, ou stupéfiantes, comme la morphine et la narcéine; d\u2019autres enfin déterminent de la paralysie, motrice, des phénomènes asphyxiques, du collapsus, etc.On connaît actueliement un certain nombre de ces bases cadavériques dont quelques-unes bien définies chimiquement: méthylamine, tri- méthylamine, éthylamine, triéthylamine, amylamine, cadavérine, putrescine, neurine, neuridine, gadinine, choline, saprine, muscarine, mydalotoxine, tvrotoxine, etc.2° Les Leucomaïnes (leuxoma: blanc d'œuf), ainsi appelées par A.Gauthier qui, le premier, les a étudiées et classées.Ce sont des composés alcaloïdiques élaborés par les cellules animales au cours.de la vie, soit normale, soit pathologique, se rapprochant par leurs propriétés des alcaloïdes végétaux et des ptomaïnes.lls ont cependant une composition un peu plus complexe que ces dernières et peuvent se rattacher aux groupes urique et créatinique, alors que les ptomaïnes rentrent dans les séries pyridique et hydropyridique.On: a extrait des leucomaïnes extrêmement vénéneuses de l'urine, de la sueur, de la salive, des venins de serpents et de batraciens, enfin de la chair fraîche des animaux surmenés.3° Les Toxines (toxon: arc, parce que l\u2019arc servait à lancer les flèches empoisonnées) désignent des substances toxiques d'origine microbienne.On admet, en effet, aujourd'hui, que les microbes nuisent à l\u2019organisme par les matières solubles qu'ils renferment ou qu\u2019ils secrètent.Ces toxines se développent dans l'organisme vivant, notamment au cours des états pathologiques, mais elles sont aussi produites dans les chairs mortes et dans une infinité d'autres milieux propres au développement des agents microbiens.L'étude de leur constitution chimique est rendue difficile par le fait que celle-ci varie suivant un grand nombre de circonstances dont quelques-unes seulement peuvent être précisées.Très peu de toxines ont été obtenues à l\u2019état de pureté, les autres ont été identifiées par leurs propriétés physiologiques seulement.Nous savons toutefois que ce sont des produits albuminoïdes, appelés souvent toxalbumines, se rapprochant des ferments par leurs propriétés chimiques et toxicologiques.Comme les ferments, en effet, les toxines sont précipitées par l'alcool, détruites par la chaleur; comme eux, elles ne dialysent pas et elles- agissent à de très faibles doses.Les toxines en effet possèdent le plus grand pouvoir toxique connu.: L'UNION MÉDICALE DU CANADA 473 Suivant leur nature, elles agissent sur l'organisme tantôt immédiatement.à la facon des alcaloïdes; tantôt après une période d\u2019incubation, telles, par exemple, les toxines diphtérique et tétanique.Un autre fait intéressant consiste dans la variabilité de leur action suivant le point où elles se forment; d\u2019où les trois groupes: endotoxines (protéines et nucléo-albumines), péritoxines (lipoïdes) et exotoxines.Enfin leurs manifestations sont les unes locales, à l\u2019endroit où les toxines pénètrent dans l'organisme, les autres générales, traduisant son imprégnation entière, enfin d'autres peuvent indiquer une action élective sur un organe ou appareil en particulier.Nous ne croyons pas devoir insister même sur les principales toxines connues qui sont celles de la diphtérie, du choléra, du tétanos, de la gangrène gazeuse, de la colibacillose (dont I'endotoxine notamment est capable de \u2018tuer le cobaye dans la proportion de | gramme pour 40,000 grammes (C.H.Roger), de la fièvre typhoïde, du streptocoque, du staphylocoque, de la tuberculose, enfin celles sécrétées par les agents des toxi-infections alimentaires, à savoir: les salmonelloses, le coli-bacille, l\u2019entérocoque, le protéus, le bacillus botulinus, etc.Pour résumer ce qui précède, nous dirons que les trois termes: ptomaïnes, leucomaïnes et toxines, s'adressent à des substances nées des métamorphoses de la matière albuminoïde sous l'influence de bactéries ou de ferments, qu\u2019ils caractérisent assez nettement l\u2019origine plus spéciale de chaque groupe, mais qu\u2019il est impossible, si ce n'est par les commémoratifs, de faire la part qui incombe à l'un ou plusieurs de ces groupes toxiques dans un trouble observé.Il y a plus, c\u2019est à peine si un chimiste habile pourra distinguer, dans une recherche toxicologique, ces alcaloïdes d\u2019origine animale des alcaloïdes végétaux.Il n\u2019existe pas, en effet, de réaction chimique spéciale permettant de différencier nettement ces deux ordres d\u2019alcaloïdes.Ce fait cependant ne doit pas nous surprendre puisque nombre d\u2019alcaloïdes animaux ont été trouvés également dans les végétaux.C\u2019est seulement par l\u2019ensemble des réactions de coloration et de précipitation, par l\u2019action de l\u2019oxygène de l'air, par celle du ferro- cyanure de potassium en présence de chlorure ferrique (réaction de Brovardel et Boutmy), enfin par l\u2019expérimentation physiologique bien conduite que, dans la majorité des cas, l\u2019on arrivera à une solution précise.En tout cas, l\u2019expert n\u2019a le droit de conclure fermement que si ses constatations d'ordre technique sont corroborées 474 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA à la fois par les symptômes et les commémoratifs.Pour notre part, cette ligne de conduite ne nous a jamais causé aucun remords.Les aliments les plus aptes à provoquer des phénomènes d'intoxication sont les viandes, les œufs, le fromage, le lait, la crème glacée, le poisson, etc.Malgré les efforts constants et louables des pouvoirs publics pour les prévenir, les accidents toxiques causés par les viandes sont de beaucoup les plus nombreux.Îls concernent les viandes fraiches et les viandes conservées, et parmi les espèces animales représentées dans la consommation courante, le porc tiendrait, comme fréquence, la première place, puis le veau, la vache, le bœuf, le mouton, etc.sans compter le gibier de toutes sortes.Les viandes fraîches toxiques sont le plus souvent des \u2018viandes malades\u201d, c'est-à-dire provenant d'animaux atteints d\u2019affections diverses et, pour cette raison, souvent sacrifiés d'urgence: veaux atteints d\u2019entérite; vaches souffrant de mammite, d\u2019entérite, de métrite puerpérale; porcs porteurs d'abcès ou souffrant de choléra, etc.En dehors de la maladie de l'animal, la toxicité de la viande fraîche provient soit de l'infection accidentelle au cours des manipulations faites à la boucherie ou à la cuisine, soit, du fait plutôt rare, que la viande est consommée trop tôt après l\u2019abattage, surtout, ainsi que nous l\u2019avons dit déjà, si l'animal était très fatigué.Il n\u2019est peut-être pas inutile d'ajouter que dans la grande majorité de ces cas, aucun signe extérieur ne révèle aux consommateurs la composition anormale de la viande, comme, par exemple, un changement de couleur, une moindre fermeté, une odeur ou une saveur désagréables, etc.Aux dangers qui viennent d\u2019être signalés pour les viandes fraîches s'ajoute celui de la mauvaise conservation pour les viandes conservées de diverses manières: dans le sel, en jambon, en pâtés, en saucisses, en galantine, enfin en boîtes (conserves).Enfin tout ce qui vient d\u2019être dit au sujet des viandes s'applique également aux autres aliments: gâteaux à la crème, œufs, huîtres, poissons, lait, légumes, etc.Si maintenant nous étudions les germes auxquels on attribue un rôle de plus en plus important dans la genèse des accidents toxi- alimentaires, on voit que les divers auteurs, a la suite de nombreuses recherches, sont aujourd\u2019hui unanimes a incriminer surtout le bacilhas entériditis ou bacille de Gaertner, principal représentant du groupe nombreux des Salmorelloses qui cotnprend en outre l\u2019agent de la pneumoentérité du porc (Salmon, 1886), le paratyphique B, les ~~ es L'UNION MÉDICALE DU CANADA 475 bacilles du typhus des souris, de la peste des rats, de la diarrhée des veaux, etc.Tous les représentants de ce groupe ont la même morphologie, les mêmes caractères de culture, les mêmes réactions colorantes.Nous les résumons d'après E.Sacquépée (Les empoisonnements alimentaires) : \u201cBacilles courts, mobiles, ciliés, se colorant plus vivement aux extrémités (coloration bipolaire), ne prenant pas le Gram.\u2014 Les cultures sont aéro-anaérobies; la température optima est 37°, mais le développement se fait bien à la température ambiante.\u2014 Sur gélatine, colonies transparentes, non liquéfiantes.\u2014 Sur gélose, enduit blanc grisâtre abondant.\u2014 Sur bouillon, trouble uniforme, intense; souvent il se forme un léger voile à la surface.\u2014 Sur lait, pas de coagulation; le milieu s'éclaircit et devient brunâtre dans la deuxième semaine.\u2014 Sur lait tournesolé, réaction d\u2019abord acide, rouge, puis, en un à trois jours, réaction alcaline, bleue (caméléonage du lait).Mêmes caractères sur petit-lait tournesolé.\u2014 Pas de formation d\u2019indol.\u2014 Fermentation gazeuse du glucose, du lévulose, etc.: pas de fermentation du lactose.\u2014 Fluorescence et décoloration rapide des milieux au rouge neutre.\u2014 Réduction des milieux renfermant des sels de fer ou de plomb (coloration noire).\u201d Les diverses salmonelloses possèdent plusieurs propriétés fort importantes.Elles sont pathogènes pour les animaux de laboratoire, méme par ingestion; elles sont détruites elles-mêmes par chauffage à 65°-70°, mais leurs toxines résistent à un chauffage d\u2019une heure à 120°, et ce fait explique que les aliments se soient montrés souvent toxiques même après la cuisson.Un dernier point intéressant est l'existence de propriétés agglutinantes dans le sérum des malades infectés.Leur sérum agglutine l'espèce microbienne qui a contaminé l'aliment toxique, de même que, dans tous les cas, le paratyphique B et le bacille typhique, malgré que ce dernier n'ait rien à faire avec la maladie.Les symptômes observés dans les empoisonnements alimentaires par les salmonelloses consistent dans des troubles gastro-intestinaux.nausées, vomissements, diarrhée constante, toujours fétide, mais plus ou moins profuse, sécheresse de la bouche, etc, puis dans des phénomènes généraux: courbature, lassitude, céphalée, insomnie, fièvre assez élevée a la période d'état, herpes labial, érythéme, quelquefois albuminurie. 476 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Tantôt ces troubles apparaissent très peu de temps (lou 2 heures) après l'ingestion de l'aliment toxique, plus souvent il existe une priode d\u2019incubation de 12 à 24 heures.Ils sont d'ordinaire légers et passagers, mais chez les personnes souffrant d\u2019insuffisance rénale et, en général, chez les enfants et les gens âgés, ils peuvent entraîner la mort.\u2018 L\u2019autopsie ne laisse voir que des lésions très limitées et le plus souvent insuffisantes à établir, d'une façon ferme, la cause de la mort.Ce sont surtout des signes de gastro-entérite: congestion des muqueuses stomacale et intestinale, tuméfaction des plaques de Peyer, plus rarement de petites escarres.Il faudra donc remonter à la cause réelle en se basant surtout sur les circonstances qui ont entouré cette mort et particulièrement sur le fait que d'autres personnes ont aussi souffert de troubles analogues après avoir fait usage du même aliment.De plus un examen bactériologique minutieux fait si possible sur ce qui reste d'aliment suspect, sur les selles, les vomissements, les organes de la victime, permettra le plus souvent d'isoler l\u2019agent pathogène en cause.| À côté des accidents à forme gastro-intestinale que nous venons d'étudier et où le rôle principal paraît être joué par les agents microbiens du groupe des salmonelloses, associés ou non à l\u2019entérocoque, au colibacille, au protéus vulgaris, etc.il en est d'autres plus graves, à forme nerveuse.Ils sont provoqués par l'ingestion d'aliments divers, conservés à l'abri de l'air: jambon, saucissons, conserves en boîtes de viande, de légumes ou de fruits, poissons (saumon, sardines, esturgeon, etc.) salés ou fumés, enfin boudin à base de sang de porc, d\u2019où le nom de bacillus botulirus donné en 1896 par Van Ermengen à l'agent causal.C\u2019est un bacille volumineux, strictement anaérobie, prenant le Gram.Il vit d'ordinaire dans le fumier, se développe bien à une température de 20° à 30°, forme des spores, enfin sécrète une toxine très active: la botuline.Expéri- menialement, le microbe et sa toxine reproduisent chez l'animal (chat, pigeon, etc.) les symptômes du botulisme humain.Un point important à retenir est que l'ébullition, la cuisson, détruisent sûrement le microbe, ses spores et sa toxine.Les troubles les plus caractéristiques du botulisme consistent dans quelques signes d'irritation gastro-intestinale: pesanteur gastrique, nausées, vomissements et surtout constipation opiniâtre qui souvent se montre d'emblée.Puis, après un laps de temps variable de quelques heures à quelques jours, surviennent des signes marquant à L'UNION MÉDICALE DU CANADA 477 l\u2019atteinte profonde du système nerveux sans que, chose curieuse, ni l\u2019intelligence, ni la sensibilité générale ne soient aucunement affectées.Ces signes consistent dans des paralysies qui atteignent surtout les IIIe, IVe et Ve paires de nerfs craniens mais qui peuvent s\u2019étendre à tout le système moteur: mydriase, pupilles immobiles, diplopie, amblyopie au amaurose, obscurcissement de la vue, ptosis, strabisme interne, troubles des sécrétions, dysphagie, respiration irrégulière, dyspnéique, troubles de la parole par sécheresse de la gorge mais surtout par paralysie du voile du palais, acuité auditive diminuée, oligurie, etc.I] est remarquable de constater que tous ces troubles évoluent d'ordinaire en l'absence de fièvre.La mort, qui est une issue fréquente, survient soit rapidement, après quelques heures, par paralysie respiratoire d'origine bulbaire mais sans convulsions, soit après plusieurs jours de maladie dans l'épuisement général .ou le coma.: L\u2019autopsie ne révèle aucune lésion bien spéciale.On a noté une dégénérescence des corpuscules de Nissl dans les cellules des cornes antérieures de la moëlle.Le diagnostic de la cause réelle de la mort sera cependant facile grâce aux commémoratifs et surtout grâce à cet ensemble symptomatique si particulier.\u2018 O Sanatorium à Ste-Agathe-des-Monts Sous la direction de Mme Vallotton, garde-malade.Grande maison ensoleillée, eau chaude, électricité, salons solarium.Pension: $14.00 à $20.00 par semaine.La Compagnie de chemin de fer C.P.R.vient d\u2019inaugurer un système d'ambulance très moderne sur ses trains des Laurentides, à un prix modéré.Pour prospectus et renseignements: Dr E.Grignon, Ste-Agathe-des- Monts. CAUSERIE DONNEE A L\u2019HOTEL PENNSYLVANIE, NEW- YORK, LE 16 JANVIER 1926 .LORS DE L'ASSEMBLEE GENERALE DE L'AMERICAN SOCIAL HYGIENE CORPORATION Par le Docteur A.H.DESLOGES, Chevalier de la Légion d'Honneur (France), ,Ç Directeur médical général des hôpitaux d\u2019aliénés, écoles de réforme et d'industrie et de la campagne antivénérienne de la prov.de Québec.Laissez-moi d\u2019abord vous dire que j'apprécie hautement Iz privilège qui m'est donné d\u2019adresser la parole devant cette assemblée distinguée.N'\u2019étais-je assuré de votre indulgence, j'hésiterais à assumer la responsabilité de parler la langue anglaise dont je regrette de n'avoir qu\u2019une connaissance limitée.Je suis heureux d'avoir cette occasion d'offrir mes sincères remerciements à votre association.ll me fait aussi grand plaisir d\u2019avouer publiquement que si, dans la province de Québec, la campagne contre les maladies vénériennes a obtenu quelque succès, ce succès est en grande partie dû au conseils expérimentés du docteur Snow et de ses savants confrères.C\u2019est encore grâce à l\u2019étude des principes de la \u201cAmerican Social Hygiene Association\u201d et en marchant sur ses traces, que notre organisation contre le péril vénérien produit de bons résultats.Mais je m\u2019empresse d'ajouter que tous ces bons résultats ont leur point de départ dans la coopération et l\u2019active collaboration de l\u2019Honorable M.L.-A.Taschereau, premier ministre de la province de Québec, et de son brillant collègue, l\u2019Honorable L.-A.David, secrétaire de la province.Monsieur David, un avocat très habile, de qui relèvent les questions d'hygiène dans le gouvernement provincial, s\u2019est renseigné aussi complètement que possible sur la question du mal vénérien.Il fit un voyage à New-York afin de se rendre compte de ce qui s\u2019y faisait sur ce sujet.C\u2019est donc un devoir pour moi de remercier mon Gouvernement et l\u2019Honorable monsieur David.Je puis maintenant dire qu'après cinq ans de travail ardu, les ravages causés par les maladies vénériennes ont diminué très notablement et que l'avenir nous réserve de plus grands succès.Puis-je exprimer le souhait que vous de I\u2019 \u201cAmerican Social Hygiene Asso- botte PI aa aime ot die Sada HS a.Me E,W TH ~ SE L'UNION MÉDICALE DU CANADA 479 ciation\u201d continuiez de nous faire profiter de votre expérience su\u201d cette question.Votre association n\u2019a pas de frontières.Vos initiatives se sont étendues à l\u2019Europe comme au Canada.Vous êtes les aviseurs de la Ligue des Nations.Sans flatterie, je puis dire que vous êtes réellement des bienfaiteurs de l'humanité.Il me souvient, messieurs, de vous avoir déjà été présenté, el c\u2019est ce qui m\u2019encourage à venir devant vous.Vous vous souvenez peut-être, il y a de cela à peu près deux ans, que les journaux du Canada et ceux de New-York me représentèrent aux Etats-Unis et à l\u2019Univers comme l\u2019aliéniste de la province de Québec qui croyait que le monde entier s'acheminait vers la folie.Je suis heureux de vous déclarer que je suis plus optimiste au sujet du mal vénérien.Je crois fermement que nous faisons des progrès dans ce travail et qu'avant longtemps l'infection vénérienne se fera rare si même elle est encore possible.Cependant, au sujet de l'équilibre mental du monde, je ne vois rien durant ces deux dernières années qui soit de nature à changer mori opinion.I] vous intéressera d'apprendre que, dans ma province de Québec, nous avons eu à faire face aux mêmes problèmes qu'ailleurs, excepté que ces problèmes étaient plus difficiles à résoudre.Je veux parler de ces questions médicales, intimement liées à la morale, qui doivent être soumises à la population et acceptées par elle.Dès le début, rotre effort s\u2019est porté à convaincre ceux qui ont mission d'enseigner et de protéger la morale, que ce problème du mal social n\u2019est pas seulement une question médicale, mais aussi et surtout une question moraie.A la louange et à l'honneur de notre clergé, je dois dire que ce fut un travail facile pour nous et que nos prêtres et nos pasteurs nous donnèrent largement leur concours.Sans exception, les autorités _ ecclésiastiques, notre cardinal, les archevêques, les évêques et les prêtres nous ont prêté une aide puissante.Vous pouvez donc facilement comprendre la force de l\u2019influence morale dont nous avons pu disposer.Il en est résulté que, sans organisation locale dans les différents centre de la province, nous pouvions compter sur un comité permanent de 4000 à 5000 prêtres et professeurs religieux toujours prêts à nous aider efficacement dans notre propagande éducative.Sur l'invitation des prêtres et des pasteurs, dans presque tous les centres et les paroisses de la province, des conférences furent données dans les salles paroissiales et les écoles.Messieurs les Curés, qui 480 L'UNION MEDICALE DU CANADA présidaient ces conférences, rappelaient aux auditeurs qu'ils leur avaient souvent expliqué l'aspect moral de la question qui serait traitée devant eux, mais que des médecins autorisés leur en parleraient maintenant au point de vue médical.Les films de l\u2019\u201cAmerican Social Hygiene Association\u201d contribuèrent à rendre ces conférences intéressantes.Ces films, préparés pour les médecins et les étudiants, ont bénificié à notre population.Nous nous faisions cependant un devoir de les expliquer et de les commenter largement.De la sorte, nos auditoires ont vite réalisé l'importance d\u2019un traitement prompt et prolongé, pour ne pas subir les conséquences immédiates et tardives des maladies vénériennes.Ces conférences ont été données séparément aux hommes, aux femmes, aux filles et aux garçons.Le tableau suivant démontre la progression annuelle des traitements donnés dans nos dispensaires: Grand 1921 1922 1923 1924 1925 total Nouveaux malades admis dans les dispensaires .4970 7513 7773 8809 9448 38513 Traitements donnés dans les dispensaires .50503 67742 99286 105401 119259 442191 Les chiffres suivants indiquent ce qui a été accompli dans les différents centres de traitement et dans les laboratoires de la Division des maladies vénériennes de la prov.de Québc, durant l'année 1925.31,577 malades se sont présentés aux différents centres de traitement, dont 9,448 nouveaux malades.119,259 traitements ont été donnés, dont 61,555 injections d\u2019arsénicaux, etc.Le nombre des nouveaux cas de syphilis fut de 2,974: 659 cas de syphilis primaire et 996 cas de syphilis secondaire; pour la balance, les cas se répartissent comme suit: tertiaire, 542; latente, 444; nerveuse, 196; congénitale, 137.Les nouveaux cas de syphilis primaire et secondaire (659 et 996) forment un total de 1655 ou 59% de tous les nouveaux cas de syphilis.Ce pourcentage considérable démontre plus que jamais la nécessité de poursuivre la campagne contre les maladies vénériennes.Le nombre des nouveaux cas de blennorragie fut de 3,482.Ce chiffre, comparé au total des nouveaux cas de syphilis, indiquerait que la blennorragie est beaucoup plus répandue que la syphilis.C\u2019est, en effet, mon opinion et ce total, 3,482, devrait être encore plus considérable.Mais beaucoup de malades souffrant de blennorragie se traitent eux-mêmes au lieu de se présenter aux centres de dr L'UNION MÉDICALE DU CANADA 481 traitement.Après quelques semaines, se croyant guéris, ces malades continuent à propager leur infection parmi la population.D'autres, consultent leur médecin de famille et ne se présentent aux dispensaires que lorsque surviennent des complications.La balance des nouveaux, 2992, en omettant les cas de syphilis et de blennorragie, représente les cas de chancre mou, les non vénériens et aussi ceux qui voulant contracter mariage viennent aux centres de traitement se faire examiner pour savoir s\u2019ils sont ou non guéris.Le total des réactions Bordet-Wassermann faites à nos deux laboratoires pour l'examen du sang, durant 1925, a été de 21,499: réactions positives, 8,560, environ 25%.9966 réactions Bordet-Wassermann pour l'examen du sang furent faites pour les praticiens, soit environ 46% du nombre total des réactions.I] est donc facile de concevoir que le praticien en général se prévaut des avantages que lui offre la Division des maladies vénériennes en lui donnant, par ses laboratoires où tous les examens sérologiques et microscopiques sont faits gratuitement, les facilités de faire un diagnostic précis.Beaucoup d\u2019hôpitaux généraux ont leur propre laboratoiree et y font leurs réactions.La plupart des hôpitaux généraux, maternités, hôpitaux pour enfants, pour aliénés, sanatoria pour tuberculeux, écoles de réforme, etc, ont adopté la routine de faire faire une réaction Bordet- Wassermann pour tous les malades, comme étant le moyen le plus sûr de dépister les infections insoupçonnées.7123 examens microscopiques pour la recherche du gonocoque ont été faits à nos deux laboratoires; le nombre de résultats positifs a été de 1293.Ce nombre de positifs devrait être plus considérable, mais nous n\u2019avons présentement a notre disposition que le Gram, qui échoue dans bien des cas.Le résultat négatif ne veut pas toujours dire que le malade n\u2019est pas infecté: dans beaucoup de cas le prélèvement du pus ne se fait pas toujours d\u2019une manière scientifique.Le nombre des autres examens microscopiques pour la recherche du spirochète de la syphilis, du tréponème, etc, a été de 38 et le nombre des examens chimiques et cytologiques, 85.Nous avons présentement plus de 52 centres de traitement des maladies vénériennes dans la province de Québec.J'espère ne pas vous avoir ennuyé en vous citant tous ces chiffres, mais je crois qu\u2019ils intéresseront particulièrement le spécialistu l'officier de santé et même le praticien. 482 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Je ne veux pas vous laisser sous l'impression que la province de Québec est plus infectée que n'importe quel autre pays du monde.Je suis d'avis contraire.Mais notre population, renseignée par une éducation intense, se présente aux dispensaires pour recevoir le traitement approprié.Si de tels résultats ont été possibles, cela est dû à la coopération de la profession médicale et tout particulièrement aux médecins attachés à nos grands dispensaires dont la direction scientifique relève de nos Universités.Ja population ne fut pas la seule à bénéficier d'une propagande éducative intense, la profession médicale elle-même, par nos laboratoires et de la littérature scientifique, reçut toute notre attention Je ne veux pas oublier ici de remercier le docteur John H.Stokes, dont l\u2019opuscule, traduit en français, fut distribué aux médecins de la province.Mais dans le but d\u2019être plus pratique et d'obtenir dè meilleurs résultats, nous avons organisé un cours de perfectionnement en dermato-vénéréologie et urologie.Monsieur le docteur Pautrier, professeur de syphiligraphie à l\u2019Université de Strasbourg, et autrefois de l'Hôpital St-Louis à Paris, donna ce cours à l\u2019Université de Montréal et à l'Université Laval, Québec, en septembre 1923.Un grand nombre de médecins suivirent les leçons du docteur Pautrier.Permettez-moi de signaler un des résultats de notre propagande éducative et scientifique.Un bon nombre de médecins praticiens remarquent une diminution dans le nombre de leurs patients vénériens, tandis que les médecins spécialistes constatent une augmentation.La raison de cet état de choses est la suivante.Les malades, comprenant mieux la gravité de leur état et comptant sur une cure plus prompte préfèrent se mettre sous les soins des spécialistes.L'on remarque aussi que les malades consultent le médecin au début de leur maladie.Il en résulte que les lésions secondaires et classiques de la syphilis sont d\u2019une occurence tellement rare que les professeurs de clinique à l\u2019Université ne peuvent qu'avec difficulté en faire ia démonstration aux étudiants.La syphilis infantile sera le sujet de notre prochaine initiative.Au Congrès des médecins de langue française de l'Amérique du Nord, qui aura lieu en septembre prochain, l\u2019on s\u2019occupera tout spécialement de cette question.Il me fait plaisir, messieurs, de vous transmettre l\u2019invitation du Président du Congrès à assister à ce congrès.Nous comptons sur la présence de plusieurs délégués des pays d'Europe et de l\u2019Amérique du Sud.Pourquoi les médecins des Etats-Unis ne sc joindraient-ils pas à nous dans cette circonstance?Au dernier congrès \u2014 Tra Mie pen L'UNION MÉDICALE DU CANADA 483 tenu à Montréal, il y a quatre ans, 600 médecins étaient présents.Nous espérons bien avoir une assistance de 1000 médecins cette année.Tout médecin qui désirerait assister au congrès, ou y présenter un travail, devra communiquer avec le docteur Albert LeSage, 46 Carré St-Louis, Montréal.Tous les travaux présentés au Congrès seront imprimés et distribués aux membres, ils seront aussi inclus dans le rapport du Congrès, et ce rapport, imprimé et relié, sera distribué.Nous concourons dans les vues de l'Union Internationale contrz le péril Vénérien, à Paris, telles que ci-après énoncées: Les formes typiques de l\u2019hérédo-syphilis sont loin de représenter la majorité des cas.Bien plus souvent la syphilis héréditaire prend le masque d\u2019une autre maladie.Chaque fois que le praticien aura le soupçon que l\u2019hérédo-syphilis «de première ou de deuxième génération est en cause, 11 devra confirmer ses présomptions en faisant une enquête clinique, étiologique et biologique touchant le sujet de sa famille, mais toutes les recherches peuvent être négatives alors que cependant il s'agit d\u2019hérédo-syphilis.Les observations faites pendant la gestation et au moment de l'accouchement (avortements multiples, naissances prématurées, hydramnios, rapport du poids de l\u2019enïant et du placenta) fournissent des données de haute valeur.Dans bien des cas un traitement d\u2019épreuve doit être institué.La syphilis héréditaire doit être traitée aussitôt reconnue et pendant de longues années.Le but à atteindre n\u2019est pas seulement d\u2019obtenir la disparition d\u2019accidents syphilitiques, mais de \\ obtenir la guérison du malade.En cas de manifestations actives, un traitement intensif arsénical \u2018s'impose.Il doit être fait à doses progressives tout en tenant compte des contre-indications médicales absolues.Quand toutes les manifestations cliniques et sérologiques ont disparu ou lorsque la syphilis est restée constamment latente, un traitement de fond, mercuriel ou bismuthique, doit être institué.En cas de fonctionnement défectueux des glandes endocrines, le traitement opothérapique doit être associé au traitement spécifique.C\u2019est un devoir impérieux pour la mère qui a du lait de nourrir son enfant, et en aucun cas cet enfant ne sera confié au sein d'une nourrice mercenaire.Tout héréde-syphilitique après cessation du traitement doit rester sous la surveillance médicale longtemps prolongée.Quant au traitement préventif des hérédo-syphilitiques, le mariage des syphilitiques devrait être explicitement défendu pendant 484 L'UNION MÉDICALE DU CANADA l\u2019état infectieux.Les conditions requises pour le mariage de l\u2019un ou l\u2019autre des conjoints souffrant de syphilis sont les suivantes : 1° Un traitement prolongé dont la durée est variable, plus brève s'il est institué en période préhumorale, s\u2019il a été intensif et bien suivi, plus longue si le sujet était déjà en période sérologique positive, si le traitement a été insuffisant et mal suivi.2° Une période de surveillance clinique et sérologique d\u2019une année environ pendant laquelle aucun signe d\u2019activité syphilitique n\u2019aura été constaté.La réactivation et la ponction lombaire en seront les compléments nécessaires.3° Il est toujours prudent de conseiller au candidat au mariage qui réalise les conditions ci-dessus une cure dans les mois qui précèdent le mariage.Le conjoint du syphilitique autorisé à contracter mariage doit être soumis à une surveillance clinique et sérologique.Si un homme marié contracte la syphilis, il doit être traité immédiatement d\u2019une manière intensive non seulement dans son propre intérêt, mais aussi pour prévenir la contamination de la femme.Celle-ci doit être soumise à une étroite surveillance clinique et sérologique, la conception doit être différée, et s'il survient une grossesse, la femme sera traitée durant toute sa gestation alors même qu\u2019elle n'aurait présenté aucun signe de syphilis.L'enfant, dès sa naissance, même s\u2019il ne présente à un examen complet aucun signe de syphilis, sera soumis au traitement, conformément aux conclusions des rapports sur le traitement de la syphilis héréditaire du nourrisson.A une conférence récente de l'Union Internationale contre le Péri! Vénérien, sur la syphilis héréditaire, les vœux suivants furent émis : 1° Que les moyens de lutte antisyphilitique actuellement en vigueur continuent à être soutenus, soient amplifiés et dotés de crédits plus importants.2° Que l'enseignement technique des praticiens aux cours de perfectionnement et l'instruction des étudiants au cours d'un stage obligatoire et prolongé soient dirigés dans le sens de la prophylaxie de la syphilis acquise et de I'hérédo-svphilis, traitement actif des futurs géniteurs, de la femme en état de gestation, traitement ou surveillance prolongée de descendance de syphilitique.3° Les maternités et les organismes de puériculture (consultations prénatales, consultations de mères nourrices et de nourrissons maisons maternelles, etc.) doivent être organisées en vue de la lutte con ds al mk gi çel les jor i L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 485 contre la syphilis héréditaire soit par une liaison étroite avec les dispensaires antisvphilitiques pourvus d'un laboratoire de sérologie, soit par l\u2019adjonction d\u2019un dispensaire spécial.Ce dispensaire de maternité fonctionnant avec la collaboration de l\u2019accoucheur, du syphiligraphe et du pédiatre, doit assurer la continuité de la surveillance et du traitement chez la mère et les enfants.: 4° Que l'éducation prophylactique du public en matière de syphilis soit poursuivie énergiquement dans tous les milieux sociaux.5° Que l'éducation sexuelle et antivénérienne soit réalisée dans les établissements d'instruction secondaire et supérieure dans les formes susceptibles de ne pas porter ombrage aux familles et aux jeunes auditeurs.6° Que les familles soient prévenues au moment du mariage de leurs enfants de l\u2019intérêt qu'il y a à faire examiner les futurs époux par un médecin de façon à s'assurer qu'il n'existe pas d'infection virulente susceptible de réagir sur la descendance.De plus, l'Exécutif de l\u2019Union Internationale contre le Péril Vénérien recommande : 1° que, dans le contrôle sanitaire fait avant le départ des émigrants, les affections vénériennes soient dépistées, au même titre que toutes les autres maladies contagieuses; 2° que l'on n\u2019autorise a I'embarquement les malades atteints de maladies vénériennes contagieuses, qu'autant qu'il y a à bord un service médical capable d\u2019assurer la continuité du traitement; 3° que des arrangements soient faits avec les organisations chargées de recevoir les émigrants, pour que ces derniers reçoivent à leur arrivée tous les soins prophylactiques sanitaires et moraux.4° que les gouvernements des différents pays suivent l'exemple donné par les Etats-Unis qui refusent l\u2019entrée des émigrants atteints d'affections vénériennes contagieuses.La mention de quelques autres résultats de notre travail vous intéresserait peut-être.C\u2019est ainsi que maintenant bon nombre de jeunes gens viennent à nos bureaux pour avoir un certificat de santé avant de se présenter au mariage.J'espère que cette démarche se généralisera et qu\u2019avant longtemps, jeunes gens et jeunes filles devront produire un certificat de santé avant de se marier.Je mentionnerai aussi le fait que dans Montréal et autres cités de la province de Québec l\u2019on a fait disparaître les quartiers \u201cred light\u201d.Ceci ne signifie pas que la prostitution est complètement abolie, mais l\u2019on peut dire qu\u2019elle est grandement diminuée. 486 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Avec le Professeur Bayet, je dirai que les maladies vénériennes, Ja syphilis comme la blennorragie, sont des infections contagieuses qui doivent disparaître progressivement de la liste des maux dont soufffre l'humanité.Par tous les moyens que possède la science: la thérapeutique, l'éducation, la vulgarisation des notions hygiéniques et prophylactiques, l\u2019endémie vénérienne doit être vaincue, et on a le droit, sinon le devoir, d\u2019affirmer aujourd\u2019hui que la réussite d\u2019un pareil programme dépend en grande partie, non seulement de l\u2019effort soutenu que chaque nation voudra bien accomplir dans cette nouvelle voie du progrès, mais aussi de la discipline que chaque individu responsable voudra bien s'imposer dans son propre intérêt comme dans l'intérêt des êtres humains au milieu desquels il est appelé à vivre.Les maladies vénériennes doivent être mieux connues de tous ceux et de toutes celles qui en sont les victimes trop souvent innocentes.Si la liberté individuelle doit rester sans conteste l\u2019idéal le plus beau comme le plus noble pour tout être pensant, il ne faut pas que cette liberté non éduquée, et par suite mal utilisée puisse être pour nos semblables la cause déterminante de leur déchéance physique ou morale.Nous possédons maintenant les moyens thérapeutiques certains de diminuer, par la stérilisation des porteurs de germes, la contagiosité d\u2019une affection qui atteint, directement ou indirectement, mais toujours profondément, le foyer familial, et c\u2019est au nom de la conservation de la famille, qui représente pour tous les peuples l\u2019élément indispensable du bonheur et de la prospérité.que nous devons chercher, en groupant toutes les énergies, à supprimer l\u2019endémie vénérienne.En somme, je crois pouvoir dire, après plusieurs années d\u2019observation, que je suis de plus en plus convaincu que la campagne contre les maladies vénériennes ne continuera à donner d\u2019excellents résultats que si le public est de plus en plus renseigné sur les terribles conséquences de ce fléau mondial.C\u2019est par une campagne d'éducation intensive que l\u2019on tiendra l'esprit public en éveil.Par esprit public, j'entends la population entière, ceux qui sont infectés et ceux qui doivent se garantir de l'infection.Il faut, sans doute, pourvoir au traitement et à la guérison des infectés.Quant aux .non infectés.qui sont le plus nombreux, 1l faut les convaincre de la nécessité d'unir leurs efforts pour combattre d\u2019une manière pratique et efficace les maladies vénériennes.Ils peuvent le faire ! Ils le peuvent soit par des dons ou soit en facilitant la pénétration dans leur milieu des moyens dont dispose la science pour combattre ces maladies, Mais dans le premier comme dans le second cas, le tout se résume à une question d\u2019éducation.Voilà ce que nous essayons d'accomplir dans la province de Québec.Aujourd'hui, Je puis dire que nous avons réussi d\u2019une manière encourageante, comme vous avez pu le noter vous-mêmes. SEMIOLOGIE ET DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DE LA SCLEROSE EN PLAQUES Par ANTONIO BARBEAU et JEAN SAUCIER.Boursiers du Gouvernement Provincial.L\u2019élargissement constant du cadre symptomatique de la poly- sclérose depuis la description classique de Charcot, et le silence relatif des traités de médecine plus ou moins récents sur les conceptions actuelles de cette maladie nous ont amenés à résumer ses éléments primordiaux de sémiologie et de diagnostic.Le praticien, à qui les exigences de la clientèle ne laissent pas le loisir de méditer sur des mémoires et des observations détaillés, et pour qui d\u2019ailleurs ces.lignes furent écrites, bénéficiera peut-être de notre rapide exposé.Pour plus de simplicité, nous avons volontairement éliminé les côtés théoriques et souvent hypothétiques de l\u2019étiologie, de la pathogénie et du traitement.Ces données de sémiologie et de diagnose représentent les éléments essntiels de la question jusqu'à maintenant.Symptomatologie Afin d\u2019éviter les subdivisions à l\u2019infini, nous décrirons d\u2019abord brièvement la forme classique de Charcot, puis nous aborderons ensuite aussi rapidement que possible les autres formes cliniques, par ordre de fréquence.Forme dite classiqgue\u2014Quelque paradoxal que cela puisse sembler, la forme classique de Charcot représente a peine 10 a 12% de la totalité des cas.Nous la résumons ainsi avec Guillain: démarche cérébello-spasmodique ou cérébelleuse; tremblement intentionnel s\u2019étendant au membre supérieur et au tronc avec parfois quelques oscillations de la tête, se localisant de préférence à la racine du membre, augmentant à mesure que le mouvement s\u2019accentue, d'un rythme moyen de 5 à 7 oscillations par seconde et nul au repos; parole lente, scandée, monotone; exagération de tous les réflexes tendineux; abolition des réflexes cutanés abdominaux et du réflexe du voile du palais; nystagmus spécialement visible dans le regard latéral, souvent rotatoire; atrophie papillaire et quelquefois signes pseudo-bulbaires.Disons néanmoins avant de passer à la description des autres modalités d\u2019aspect, que le génie de Charcot avait entrevu le polv- morphisme éventuel de sa sémiologie et que déjà dans ses \u201cformes.frustes\u201d, il ouvrit la voie aux cliniciens et traça ses cadres actuels. 488 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Autres formes Forme commune.\u2014Le plus souvent, c'est un sujet de 20 à 30 ans, qui vient consulter au cours de sa seconde poussée évolutive, les premières manifestations avant, dans l'immense majorité des cas, passé totalement inaperçues.Ces signes initiaux se révèlent d\u2019ailleurs A l\u2019observateur sous la forme de paresthésies diverses, de vertiges banals, ou de vagues troubles oculaires.Avant de préciser davantage la symptomatologie de la forrne commune, permettez-nous d'ouvrir une parenthèse qui nous semble pratique: les éléments en sont empruntés à une leçon toute récente du Pr.Guillain (6 janvier 1926).En se basant sur l'hypothèse.vraisemblablement infectieuse de la sclérose en plaques, il a traité comme une infection ordinaire (urotropine, salicylate de soude, collargol, etc.) quelques malades qui l\u2019avaient consulté pour des paresthésies, des vertiges, de la fatigabilité ou des troubles de la vue.Bref, pour des manifestations de tout début.Or, ces malades, suivis depuis plusieurs mois, ont d\u2019abord guéri de leurs malaises, et n\u2019ont pas présenté d'accidents ultérieurs.Nous nous garderons bien de conclure à leur guérison définitive, ce qui est cependant possible, mais nous insisterons avec le Pr.Guillain sur le fait que même s\u2019il s'agissait d\u2019une rémission prolongée, cette notion d\u2019une évêéntualité thérapeutique curative précoce ne doit jamais être négligée devant un malade suspect de prépolysclérose.Quelques mois après ces premiers accidents, surtout s'ils n\u2019ont pas été traités, la fatigabilité et les vertiges s\u2019accentueront, les fourmillements et les engourdissements seront plus fréquents, des raideurs seront perçues aux membres inférieurs, l'équilibre deviendra incertain, et sous forme de diplopie ou de diminution de l\u2019acuité visuelle (phénomènes oculaires les plus fréquemment accusés), le nerf optique traduira son atteinte.\u2018Pour étayer le diagnostic encore hésitant, viendront s'ajouter, d\u2019emblée, ou lors des poussées évolutives subséquentes: la dysmétrie, l\u2019hyperexcitabilité labyrinthique (presque constante), les symptômes pyramidaux (exagération des réflexes tendineux, signe de Babinski, clonus du pied, etc.), l\u2019abolition des réflexes cutanés abdominaux, et du réflexe du voile du palais, le nystagmus, parfois l\u2019hippus, et enfin la réaction positive au benjoin colloïdal du liquide céphalo-rachidien (étudiée sur 16 tubes) alors que le B.-Wassermann, la lymphocytose et l\u2019albuminose seront normaux.\u2018Très rarement la parole scandée, les troubles mentaux L'UNION MÉDICALE DU CANADA 489 (démence polysclérotique de Lhermitte) et le tremblement intentionnel seront observés.Forme à début oculaire \u2014Elle commence par une diminution de l\u2019acuité visuelle ou par une amaurose subite.Il s\u2019agit alors d\u2019une névrite rétro-bulbaire, qui s\u2019extériorisera par une décoloration temporale de la papille atteignant la périphérie, un scotome central, un rétrécissement concentrique du champ visuel, et des accès soudains d'amblyopie passagère.Forme paraplégique pure \u2014C'\u2019est le tableau clinique de la paraplégie spastique d\u2019Erb à généralisation plus ou moins hâtive.Nous reparlerons de ces deux dernières formes plus en détail au chapitre du diagnostic différentiel.Formes rares\u2014A côté des quatre descriptions cliniques déjà brièvement énumérées, il faut constamment avoir à l'esprit que la sclérose en plaques peut revêtir les aspects les plus variés, voire les plus invraisemblables.La seule notion d\u2019une multitude d\u2019îlots de sclérose disséminés sur tout l'étendue de l'axe nerveux nous dispensera de commentaires.En pratique, devant une symptomatologie obscure, bizarre et inexplicable, surtout en présence de symptômes qui ne régressent pas devant leurs agents thérapeutiques habituels, il faudra toujours penser à la polysclérose, d\u2019autant plus souvent que l'affection est en réalité très fréquente.Les formes rares finissent toujours par présenter, après plusieurs poussées évolutives, un tableau plus ou moins complet de la maladie.Elles sont cependant intéressantes à connaître à cause de leur mode de début.Ce polyvmorphisme excessif des entrées en scène de l'affection ne nous permet pas de les énumérer toutes.Il faudrait passer en revue l'entière pathologie nerveuse.Aussi ne mentionne- rons-nous que les plus importantes.|hermitte a rapporté l\u2019année dernière à la Société de Neurologie un cas de sclérose en plaques à forme sensitive.Il s'agissait de douleurs à type de décharges électriques, survenant à chaque flexion céphalique du malade.Ces douleurs avaient pour caractéristiques d\u2019être brèves, d\u2019une extrême acuité, et de cesser aussitôt que le sujet donnait à sa tête la position de rectitude.Ces phénomènes dou- joureux coexistaient avec les autres manifestations paresthésiques déja mentionnées et contrastaient avec la pénurie des réactions motrices.Sous le nom d'\u2019ataxie aiguë, Guillain a décrit un syndrome pyra- mido-cérébelleux qui régresse rapidement sans laisser de traces, et 490 L'UNION MÉDICALE DU CANADA qu\u2019il considère comme une forme abortive possible de la sclérose en plaques.Parfois, le premier symptôme sera une hémiplégie brusque chez un individu jeune, et qui en imposera longtemps pour une artérite spécifique.Enfin, pour terminer, mentionnons des syndromes polyscléro- tiques ressemblant à la sclérose latérale amyotrophique, à l\u2019épilepsie, au tabès, aux paralysies oculaires, etc.Pour ne pas charger un exposé déjà long, nous avons passé sou silence certains symptômes accessoires tels que la dissociation du réflexe médio-pubien, les troubles urinaires, l\u2019adiadoconésie, etc.Notre description forcément très concentrée s\u2019est proposée comme double but de préciser plusieurs détails de sémiologie et de détruire le préjugé de l\u2019ancienne conception évidemment trop restreinte de la sclérose en plaques.Puissions-nous y avoir réussi ! | Avant d\u2019aborder le problème diagnostique de la question, nous insistons encore une fois sur l'importance de pratiquer la ponction lombaire toutes les fois que la polysclérose sera soupçonnée.La réaction au benjoin demeure en définitive le symptôme le plus constant de la maladie.Diagnostic différentiel On a dit de l\u2019hystérie qu\u2019elle pouvait simuler tous les syndromes de la neurologie.La sclérose en plaques fait plus: cliniquement, elle les crée.C\u2019est avec la pluralité de ses localisations anatomo-patho- logiques la raison de sa difficulté diagnostique.Toutefois, la teinte bien caractéristique de chacun de ses symptômes tels que nous les avons décrits déjà, leur mode d\u2019agencement dans chacune de ses.formes cliniques permettent en général d\u2019isoler assez rapidement la -sclérose en plaques des autres entités nosographiques de la pathologie nerveuse.A\u2014Forme classique de Charcot \u2014 Quand s'ajoutent au trépie-! symptomatique (parole scandée, nystagmus, tremblement intentionnel) les troubles oculaires et paréto-spasmodiques, le diagnostic différentiel n\u2019est pas à faire.Cette forme est rare; nous ne voulons pas nous y arrêter.Il nous tarde d\u2019étudier les formes atypiques, qui nous intéressent particulièrement aujourd\u2019hui.B.\u2014Autres formes \u2014Celles-ci sont essentiellement constituées par des troubles oculaires, cérébello-vestibulaires et paréto-spasmodiques, tantôt isolés, tantôt pris en bloc.Quels sont donc les maladies ou les syndromes qui peuvent présenter un tel tableau ? L'UNION MEDICALE DU CANADA 401 1.\u2014Maladies a symptomatologie paréto-spasmodique : a.Origine cérébrale: Tout le monde sait que les lésions cérébrales, localisées dans la sphère motrice, (hémorrhagies par artérite ou hyperpression ; ramollissement par thrombose ou post-embolique) réalisent des paraplégies \u201csecondairement\u201d spasmodiques.Il s\u2019agit habituellement d\u2019hémiplégie, a moins de lésions bi-latérales, ce qui est exceptionnel.L\u2019anamnése, la constatation de signes de spécificité, de cardiopathie, de Bright, de vascularite.de troubles objectifs G8 \u20ac 68 : BR & Gb) Gi d Moelle et partie inférieure du cerveau dans un cas de sclérose en plaques (d\u2019après Leyden).Les îlots de sclérose sont indiqués par la teinte plus foncée.~ a\u2014 f, Coupes de la moelle a diverses hauteurs.intenses des sensibilités sont des plus suggestifs.L\u2019hémorrhagie méningée abondante, les inondations ventriculaires réalisent des contractures précocement généralisées, coïncidant avec des signes d'hypertension cranienne, (v.g.pupille en mydriase demesurée d\u2019un 492 L'UNION MÉDICALE DU CANADA côté), voire même de localisations.Le début est brutal.La sclérose en plaques à commencement apoplectiforme est rare.On ne saurait, vu la richesse de leurs manifestations symptomatiques, la confondre avec les maladies ci-dessus.b.Origine médullaire: La sclérose en plaques se révèle souvent comme une myélite au début (Dana).La claudication intermittente de la moëlle se retrouve dans quasi toute la pathologie médullaire.Elle ouvre souvent la scène dans la sclérose multiloculaire (Guillain).Par la suite, le complexus symptomatique de cette dernière peut évoquer l\u2019idée d\u2019une foule de maladies ou de syndromes de la moëlie épinière.Nous allons sommairement en récapituler les principaux.Eliminons immédiatement les paraplégies d'origine périphérique (alcool, diphtérie, diabète, plomb, arsémic).La paralysie y est flasque; les réflexes abolis comme dans les polynévrites.De côte aussi, les maladies de la moëlle à paraplégie généralement flasque, que leur évolution soit aiguë ou chronique.Telles sont la poliomyélite antérieure aiguë, la poliomyélite antérieure chronique, la paralysie ascendante de Landry.Elles n\u2019entrent pas dans le cadre de notre travail.Leurs localisations lésionnelles ne sont pas celles qu\u2019ont l'habitude d\u2019affecter les plaques de sclérose.Nous ne nous arrêterons qu\u2019un instant aux traumatismes médullaires, que les travaux de Déjerine et Thomas, ceux de Lhermitte et Roussy, ceux de Guillain et Barré ont mis en lumière.La variabilité des symptêmes v est très grande suivant les régions atteintes.Les lésions siègent surtout dans la substance grise, contrairement à ce qu'on remarque dans la sclérose en plaques qui aime la substance blanche.Telle est la commotion médullaire où la paralysie est flasque, où les symptômes ont tôt fait de régresser; telle est l\u2019'hématomyélie, où les troubles sensitifs sont marqués, où la phase de choc est nette, la paralysie flasque et l\u2019évolution cheminant vers l\u2019aggravation.Le \u201crailway-spine\u201d (Page, Charcot) est une paraplégie hystérique, d'origine traumatique.Nous y reviendrons plus tard, ainsi qu\u2019aux syndromes réalisés par les compressions osseuses, par les hémato- rachis, consécutifs à un trauma.Le tabés est une maladie fréquente malgré notre arsenal antisyphilitique moderne.Les racines et les cordons postérieurs y sont touchés.La voie du réflexe étant plus ou moins coupée, apparaissent les.divers troubles ataxiques et hypotoniques.Les réflexes tendineux sont partiellement abolis ou faibles (achilléens et rotuliens).La sensibilité profonde est très adultérée (Grasset).Des douleurs fulgurantes font leur apparition.Les autres signes de la spécificité +9 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 493 nerveuse sont constatables : Argyll-Robertson, anamnèse, hyper- lymphocytose, hyperalbuminose du liquide céphalo-rachidien, B.- Wassermann positif.Le diagnostic dans les cas de tabès types n\u2019est guère à poser avec la sclérose en plaques.Reste le fabès combiné de Brissaud, dont on est allé jusqu\u2019à nier l\u2019existence.Il semble néanmoins qu\u2019il constitue une entité clinique (Déjerine, Grasset), que la sclérose en plaques parait parfois réaliser.On observe alors (Charcot, Raymond): \u201cun tableau morbide qui simule jusqu\u2019à un certain point l\u2019ataxie locomotrice, signe de Romberg, incoordination motrice, douleurs fulgurantes, hypoesthésie et jusqu\u2019à des troubles urinaires.\u201d Cependant, l\u2019absence des signes de laboratoire au point de vue spécifique, l\u2019Argyll inexistant, l\u2019évolution, la réapparition des réflexes tendineux, la complétion de la symptomatologie propre à la sclérose multiloculaire impose à la fin le diagnostic, qu\u2019on aura rarement a faire.La myélite transverse, d\u2019origine spécifique, réalise une paraplégie flasque d\u2019abord et qui se raidit par la suite.Les sphincters sont touchés et tes troubles objectifs de la sensibilité manifestes.Les réflexes tendineux sont abolis; les cutanés supérieurs en général exagérés.C\u2019est le contraire de ce qu\u2019on voit dans la sclérose en plaques.La durée de la myélite transverse est d\u2019ailleurs variable elle évolue en quelques jours ou quelques semaines.La méningite spinale spécifique.Elle se présente par des douleurs rachidiennes, variables comme siége, avec irradiations; la colonne verdatre est rigide; il n\u2019y a pas de fièvre.La rachialgie revient quasi toutes les nuits (Charcot).Elle a une haute valeur diagnostique.Dans la syphilis médullaire peut encore s\u2019installer une paraplégie a début brusque.On y retrouve cependant à un examen attentif des prodromes dont le plus saillant est la claudication intermittente de la moëlle (Déjerine).Après la fatigue, les réflexes tendineux s\u2019exaltent.On note des cloni et parfois un Babinski passager.Des crampes, des fourmillements, des troubles de localisation dans les membres inférieurs, quelques troubles génito-urinaires.Puis, consécutive à quelques ictus médullaires successifs, la paraplégie s\u2019installe.Là encore 1l faut rechercher les signes de spécificité nerveuse.De tous les syndromes médullaires dus à la syphilis, celui qui rappelle plus la sclérose multiloculaire est indubitablement la paraplégie spasmodique décrite par Erb.Le système pyramidal y est bi-latéralement atteint.Elle débute par une claudication intermittente de la moëlle.La force musculaire est peu touchée, la sensibilité 494 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ne se révèle prise que par de vagues fourmillements.On note des troubles Vvésico-rectaux précoces.La contracture est d\u2019intensité variable et progressive (simple hypertonie, marche sautillante.marche en gallinacées de Charcot, état grabataire).Le Babinski est toujours présent, les réflexes de défense sont vifs, moins cependant que dans la paraplégie en flexion.Les réflexes cutanés supérieurs, et ceci est important, sont eux aussi exagérés.Tous les autres signes de spasticité existent.Il n'y a pas d'amyotrophie.Ces malades sont en plus des hyperémotifs (Pierre Marie).Cependant, on ne retrouve pas les phénomènes cérébello-vestibulaires de la sclérose en plaques, ni les troubles oculaires, à moins que la syphilis ne s\u2019étende à tout l\u2019axe nerveux.L'évolution est lente et progressive, sans rémission, si le traitement n'intervient point.La preuve d\u2019une syphilis d'u névraxe sera faite d'autre part par la ponction lombaire.Avant de laisser les manifestations médullaires de la syphilis, notons leur étonnant polymorphisme, qui les apparente à la sclérose en plaques, et qui imposait ce long diagnostic différentiel.En présence de cas douteux, 1l faut toujours l\u2019éliminer et rechercher ses stigmates, enfin, avoir recours à la ponction lombaire ainsi qu'à l\u2019épreuve thérapeutique.Chose assez étonnante et que nous tenons à signaler, cette dernière épreuve pourra parfois donner dans la sclérose en plaques possiblement par coïncidence avec ses rémissions spontanées si fréquentes.Le Dr André Thomas a rapporté des faits de ce genre.Les compressions de la moëlle par lésions vertébrales (mal de Pott, cancer vertébral, trauma, exostoses diverses), par méningite spinale hypertrophique, par tumeurs extra ou intra-méningées, par tumeurs malignes ou bénignes des méninges, par hématorachis, par tumeurs de la moëlle proprement dite (tubercules, gommes, tumeurs épithéliales à cellules en palissade: Madame Déjerine et Jumenti), peuvent peut-être à la période de contractures faire penser à la sclérose en plaques.Elles se révèlent par des radiculites, s'accompagnant d\u2019exagération des réflexes tendineux et de cloni.Plus tard, le tableau se modifie.Les membres inférieurs sont engourdis, pesants; la paraplégie se constitue plus ou moins selon la hauteur de la compression.La flaccidité est transitoire dans la plupart des cas.En général, la contracture est précoce, la paraplégie spasmodique.Elle revêt souvent la forme de paraplégie en-flexion, décrite par Babinski en 1911.Les sphincters sont d'autant plus touchés que la lésion siège plus près de la région lombo-sacrée.Les troubles de la sensibilité sont très importants.Une ponction lombaire étagée fournira des L'UNION MÉDICALE DU CANADA 495 renseignements intéressants (hypertension au-dessus, hypotension au- dessous de l\u2019obstacle).Dans le liquide céphalo-rachidien, on notera une dissociation albumino-cytologique; parfois se réalisera le syndrome de Froin (xantochromie et coagulation massive avec éventuellement hypercytose) dont Monsieur A.Léger rapportait un exemple intéressant dans l\u2019Union Médicale du Canada il y a déjà quelques années.Enfin, la radiographie aidera grandement au diagnostic, surtout après l'épreuve au lipiodol de Sicard.Toute une série de maladies familiales peuvent faire penser à la sclérose en plaques, n\u2019était le fait que plusieurs membres d\u2019une même famille sont ordinairement atteints \u2014 seulement quelques cas de polysclérose ont été signalés ayant ce caractère, \u2014 et la date d\u2019apparition plus précoce.Nous ne faisons que mentionner la maladie de Little.La paraplégie spasmodique familiale (Strumpell, Lorrain) présente deux formes cliniques: forme paraplégique pure, forme de sclérose en plaques.Cestan et Guillain ont insisté particulièrement sur cette dernière.On y remarque du tremblement intentionnel des membres supérieurs, du nystagmus, de la dysarthrie, certains phénomènes cérébelleux, auxquels s'ajoutent des syndromes extra-pyra- midaux (Marinesco).Rappelons seulement que la notion d\u2019hérédité domine cette maladie et que le caractère familial est nécessaire et essentiel pour l\u2019affirmer.En plus, elle apparaît ordinairement entre Set 15 ans.Se rapprochant de cette affection.les deux cas présentés par Guillain dans une de ses leçons récentes (27 novembre 1925) et qui se caractérisaient par de la paraplégie en flexion, des signes pyramidaux, extra-pyramidaux, une attitude parkinsonienne de la main, petit tremblement et myoclonies des muscles de la face, réflexes de postures, xypho-scoliose, altérations du pied genre Friedreich.On ne risque de rencontrer de tels cas que dans les services très spécialisés.Ils n'intéressent le praticien qu\u2019à titre de curiosité scientifique.La syringomyélie.Dans sa forme spasmodique (Guillain), elle peut parfois faire croire a une sclérose en plaques.Le diagnostic sera cependant rapidement fait si le tableau se complète de la dissociation des sensibilités, de xypho-scoliose, d\u2019atrophie Aran- Duchenne.La sclérose latérale amyotrophique présente elle aussi une paraplégie spasmodique.Mais l'atteinte de la corne antérieure se révèle par des amvotrophies caractéristiques.Et rarissimes sont les cas rapportés de sclérose en plaques se compliquant d\u2019amyotrophie marquée.L'évolution de la maladie de Charcot est d'ailleurs plus 496 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA rapide, et dans la majeure partie des cas, la mort par troubles bulbaires attend ces malheureux malades.Avant d'aborder les maladies à symptomatologie vestibulo- cérébelleuse, nous voulons dire un mot de la maladie de Frezdreick, qui tient à la fois au syndrome cérébelleux et à la paréto-spasmo- dicité.Il v a atteinte de la motilité, de l'ataxie (démarche, tabéto- cérébelleuse de Charcot), de l\u2019instabilité choréiforme, des déformations (pied-bot, main-botte), des troubles de la mastication, de la déglutition, de la parole (lente, traînante, gênée, embrouillée dans certains mots).Les contractures y sont rares.la sensibilité est aussi touchée, surtout diminuée objectivement dans toutes ses formes.On a du nystagmus.Les épreuves vestibulaires révèlent une hypo- excitabilité.Les réflexes tendineux sont obsents; les cutanés supérieurs vifs.C'est en opposition flagrante avec ce que l'on retrouve dans la sclérose en plaques.D'autre part, la maladie de Friedreich a un caractère familial et débute dès l'enfance.2.\u2014Maladies a symptomatologie vestibulo-cérébelleuse : Dans la sclérose en plaques, les symptômes cérébello-vestibulaires ont une très grande importance.Ce sont les divers troubles ataxiques, dysmétriques, tremblement intentionnel, troubles de coordination, de la parole, nystagmus, etc.Le diagnostic s'impose donc avec les maladies qui peuvent créer une telle symptomatoloègie.Il en est dont les lésions ne sont pas situées au niveau des voies cérébello- vestibulaires; nous devons les insérer quand même dans ce cadre par ailleurs très artificiel.Telles sont la chorée, l\u2019encéphalite épidémique.la maladie de Wilson, la P.G., l\u2019épilepsie, etc.- Atrophie olivo-ponto-cérébelleuse de Thomas et Déjerine.Cliniquement, elle réalise le syndrome cérébelleux pur.Il existe du tremblement intentionnel.La démarche est franchement cérébelleuse.Aucune modification de la force musculaire ou de la sensibilité.La parole est un peu scandée, hésitante; la prononciation des mots d\u2019épreuve est difficile.Les mouvements réflexes sont normaux ou peu exagérés.Le début apparent de l'affection est lent et se produit vers la quarantième année.L'évolution est progressive.Le syndrome, jusqu\u2019à maintenant assez différenciable de la sclérose en plaques, sera plus ardu à isoler si cette atrophie se complique de phénomènes médullaires.Les tumeurs cérébelleuses présentent à peu près la même symptomatologie.S'y ajoutefft cependant des signes d\u2019hypertension cra- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 497 nienne (manifestations oculaires, liquide céphalo-rachidien hypertendu, céphalée, vomissements) et parfois des signes de localisation plus ou moins nets.L\u2019hérédo-ataxie cérébelleuse de Pierre Marie se développe dans le jeune âge et se manifeste par de I'ataxie, du nystagmus, du pseudo- tremblement à l\u2019occasion des mouvements intentionnels.Les réflexes rotuliens sont renforcés; les cutanés supérieurs peuvent être abolis.La sensibilité est parfois perturbée.Des troubles oculaires rappelant la sclérose en plaques ont été notés.La parole est lente, gutturale, hésitante, explosive, moins scandée toutefois que dans la sclérose multiloculaire.L'évolution est progressive.D'autre part, il s\u2019agit d\u2019une maladie rare, à note héréditaire, apparaissant à un âge qui n\u2019est pas celui de la sclérose en plaques.\u201cEtant donné la spasmodicité\u201d, écrit le Pr.Guillain au sujet de l\u2019ataxie aiguë, \u2018l\u2019asynergie, la dysmétrie, les troubles des membres inférieurs, les modifications éventuelles de la parole, on pourrait penser à une sclérose en plaques, mais le mode d\u2019évolution, l\u2019intensité du début, peuvent orienter le diagnostic.\u201d Ajoutons que l\u2019ataxie aiguë disparaît bientôt (quelques semaines à quelques mois) sans laisser ordinairement de séquelles.À cause du tremblement, la sclérose en plaques peut éveiller l'idée de la maladie de Parkinson ou d'un syndrome parkinsonien post-encéphalitique ainsi que d\u2019intoxications diverses, notamment mercurielles, et dans certaines circonstances bien déterminées de chorée et d\u2019épilepsie.En ce qui a trait à cette dernière, nous savons que parfois on constate, mais c'est encore une rareté, des crises épileptiformes au début d\u2019une sclérose en plaques.Elles s'associent d'ailleurs à d\u2019autres signes polysclérotiques.En somme ce n\u2019est certainement pas là un diagnostic bien difficile.Celui de la chorée ne l\u2019est guère davantage.Le mouvement choréique désordonné, dysharmonique, sans rythme, irrégulier, ne ressemble pas au tremblement; l\u2019âge de son apparition, précoce dans la chorée de Sydenham, tardif dans celle d\u2019Huntingdon, ne cadre pas avec la date de début de la sclérose multiloculaire.Inutile de signaler l\u2019athétose, dont les mouvements lents, de reptation, d\u2019amplitude faible, se localisent à l'extrémité distale des membres et n\u2019ont absolument rien du tremblement.Les parkinsoniens sont des figés et des trembleurs.Ils ont une intense sialorrhée.Leur tremblement atteint la tête et les membres supérieurs dont ils affectionnent l\u2019extrémité distale.Dans une communication récente à la Société de Neurologie, soit dit entre 498 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA parenthèses, M.Froment prétend que le tremblement parkinsonien n\u2019est pas un tremblement de repos, ce qui pourrait peut-être l\u2019apparenter à celui de la sclérose en plaques, mais les syndrome parkinsoniens ont par ailleurs une symptomatologie assez riche pour que nous soyons dispensés d\u2019y insister davantage.Parmi les tremblements toxiques, le seul qui puisse rappeler d\u2019assez près celui de la sclérose en plaques est le tremblement mercuriel.Il en a la forme, le mouvement; il siège aussi à la racine du membre.Seulement, il existe au repos, et son amplitude est moindre.Il faudra compter aussi sur le reste de la symptomatologie avant de se prononcer (signes de néphrite, d'entérite, de stomatite).Le tremblement bystérique a, dit Lévy-Valensi \u2018pour caractère de n\u2019en pas avoir, c\u2019est-à-dire de les avoir tous\u201d.Ce polymorphisme devra mettre en garde et faire immédiatement soupçonner le pithiatisme.La paralysie générale fut parfois cause d'erreurs de diagnostic.Elle possède un tremblement (de faible amplitude), des troubles de la parole, (empâtement, achoppement dans les mots d\u2019épreuve), et des troubles intellectuels (démence globale progressive; perte de l\u2019auto-critique, euphorie, etc.).Le grand apport diagnostique sera fourni par la ponction lombaire et par l\u2019évolution.Le vertige est parfois le premier symptôme en date de la sclérose en plaques.Il se retrouve toutefois dans quantités d\u2019affections.Les maladies du labyrinthe le créent; dans ces cas, il est rare qu\u2019en plus du nerf vestibulaire, le cochléaire ne soit pas également pris.La non-perméabilité tubaire est encore une cause de vertige.La syphilis, secondaire ou tertiaire, ou au début de son traitement arsénical, produit parfois des troubles vertigineux et auditifs.Les affections de l\u2019œil suffisent à le provoquer dans certains cas.La plongée du egard dans le vide proche, certains troubles généraux le possèdent dans leur cortège symptomatique.Le nystagmus est encore très fréquent dans la sclérose en plaques.Nous en avons donné les caractéristiques dans notre symptomatologie et vu dans notre diagnostic les maladies dans lesquelles on le rencontre.Vertige et nystagmus constituent l\u2019apport vestibulaire au syndrome de la polysclérose.Ils sont des plus fréquemment précoces, et selon l\u2019opinion de Barré, ils constituent peut-être la domi- hante de la sclérose en plaques. L'UNION MEDICALE DU CANADA 499 3.\u2014Maladies a symptomatelogie eculaires La sclérose en plaques crée deux ordres de symptômes.Elle atteint la musculature de l\u2019œil et l\u2019œil lui-même.Les paralysies oculaires isolées se rencontrent parfois (III, IV et VIe paires), plus fréquemment ce sont les mouvements associés de latéralité qui sont pris.Pour certains auteurs (Sauvineau), le nystagmus n\u2019en serait que le résultat.Coppez et avec lui la plupart des neurologistes ea font cependant un symptéme labyrinthique.L\u2019ophtalmoplégie extrinsèque totale, déterminant le faciès d\u2019Hutchinson, est rare.L'appareil sensoriel est habituellement le plus touché.L'atrophie optique est incomplète; un segment de la papille (le temporal dans la règle) est décoloré jusqu\u2019à la périphérie.Ce dernier caractère différencie la sclérose en plaques d\u2019une excavation physiologique large de la papille.Les troubles subjectifs: dyschromatopsie, baisse de l\u2019acuite visuelle, ont été signalés au cours de notre symptomatologie, et finissent par déterminer le \u2018regard vague\u201d déjà décrit par Charcot.A noter enfin, (de Lapersonne et Cantonnet) que ces troubles sont habituellement unilatéraux (une fois sur deux), ou au moins inégaux d'un'côté à l\u2019autre.La syphilis peut créer de toute pièce la symptomatologie oculaire de la sclérose en plaques.il faudra donc commencer par l\u2019éliminer.La présence d\u2019un Argyll, d\u2019une déformation pupillaire en dehors de tout trauma, l\u2019existence d\u2019autres stigmates spécifiques, la ponction lombaire orienteront le médecin.L\u2019encéphalite épidémique détermine souvent des troubles dans les mouvements associés des yeux, notamment dans ceux de la convergence.Elle s'accompagne aussi de diplopie.Ces malades sont souvent des figés; l\u2019anamnèse révèlera une somnolence ou une insomnie accompagnant une pseudo-grippe; on retrouvera fréquemment de l\u2019hyperglycorachie.En ce qui a trait à ce diagnostic différentiel des maladies \u2018de l\u2019œil, le médecin praticien fera bien d\u2019avoir recours au confrère spécialisé.D'autant plus que ce dernier tranchera souvent le diagnostic encore hésitant, les symptômes oculaires pouvant procéder de 6 à 12 ans l'apparition des autres signes de la polysclérose.4.\u2014 Addendum : Au cours de ce très long diagnostic différentiel, nous avons peu insisté sur l\u2019hystérie.Elle est ici comme partout la grande simula- 500 L UNION MEDICALE DU CANADA trice.Les plus grands maîtres s\u2019y sont laissé prendre.Nous avons vu tous deux à la consultation de M.Babinski un jeune pithiatique, totalement paraplégique, étiquetté sclérose en plaques par certains des meilleurs neurologistes parisiens, que M.Babinski guérit quasi complètement en moins d\u2019une semaine par la simple suggestion.Le diagnostic est d'autant plus difficile, \u2014 Clovis Vincent qui connaît très bien l\u2019hystérie affirme que dans certains cas il est presque impossible \u2014 que l\u2019hystérie peut se greffer sur une polysclérose.Les deux maladies se retrouvent chez des personnes jeunes, la sclérose en plaques cependant plus fréquente chez l'homme, l\u2019hystérie chez la femme.Les deux peuvent être consécutives à un trauma, à un -choc émotionnel, à une maladie infectieuse.Les deux présentent des symptômes bizarres, susceptibles de profondes modifications dans leur caractère et leur durée.-On a noté dans l'hystérie des signes cérébelleux, de la parole scandée et du tremblement intentionnel.L\u2019hystérie peut aussi (Parinaud) déterminer des troubles limités à l\u2019un des nerfs de l\u2019œil: Les mouvements associés n\u2019y sont jamais affectés.Malgré cette communauté apparente de symptômes, on peut étayer un diagnostic en se basant sur les données suivantes.Jamais l\u2019hystérie ne réalise le nystagmus, l\u2019atrophie optique, les Oscillations de la tête et du tronc, les troubles des sphincters, une véritable excitabilité des réflexes tendineux, de l\u2019authentique clonus à oscillations égales et rythmées du pied ou de la rotule, une exagération des réflexes de défense, un véritable réflexe plantaire de Babinski, une abolition des réflexes abdominaux et crémastériens.Les épreuves classiques pourront chez l'hystérique faire croire à ce véritables symptômes cérébelleux.Changeons les épreuves et nous ne révèlerons plus ni de véritable hypermétrie, ni de véritable asynergie, ni de véritable adiadococinésie, et disparaîtra alors aussi le pseudo-tremblement intentionnel, lequel, dans la sclérose en plaques, est lié en grande partie à une hypermétrie et à une asynergi2 orthodoxes.La parole de l\u2019hystérique peut être haletante, entrc- coupée; elle ne ressemble pas en général à la parole scandée de la sclérose multiloculaire.Ces signes négatifs constatés, il y aura parfois intérêt à étudier la mentalité du sujet, à repérer sa suggestibilité, à considérer son hérédité et le comportement de son entourage.Westphal a décrit une maladie, la pseudo-sclérose qui porte son nom, s\u2019apparentant beaucoup a la sclérose en plaques.D\u2019aucuns lui ont donné une étiologie hérédo-spécifique ou post-encéphalitique; d'autres l\u2019ont voulue pithiatique.Aucune lésion bien caractéristique n\u2019y fut décrite.En toute occurrence, elle s'accompagne de troubles L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 501 mentaux évoluant vers une démence d'intensité moyenne, beaucoup plus précoce que dans la polysclérose.Le tremblement y est lent (2 ou 3 oscillations par seconde).Jamais de troubles de la parole.de nystagmus, d\u2019atrophie optique.Le diagnostic, en médecine courante, ne se pose presque pas.- Conclusions: À retenir de cet article plus long que nous l\u2019aurions voulu, les quelques conclusions suivantes : I.La forme classique de la sclérose en plaques décrite par Charcot est rare; les, formes atypiques sont celles qu\u2019il s\u2019agit de connaître et de diagnostiquer.2.La polysclérose est une des rares maladies organiques du système nerveux apparaissant à cette période de la vie: 20 à 30 ans (Dana), et avec la syphilis une des plus fréquentes (Guillain, Long).3.Une maladie caractérisée par de véritables phénomènes cérébello-vestibulaires, des troubles paréto-spasmodiques et oculaires a grande chance d'être de la sclérose en plaques.4.Devant un tableau clinique de sclérose en plaques à peu près complet, surtout en présence d\u2019un malade en cours de poussée évolutive, on évitera la ponction lombaire qui a parfois donné à la maladie une marche suraigué.On la réservera plutôt aux cas douteux.Le liquide céphalo-rachidien sera alors normal dans toutes.ses réactions sauf pour celle au benjoin colloïdal.5.En présence d\u2019une maladie nerveuse à manifestations bizarres et ne cadrant pas avec la neurologie classique, adopter à l\u2019égard de la polysclérose la ligne de conduite tracée pour l\u2019hystérie et la syphilis: y penser toujours.BIBLIOGRAPHIE Bing.\u2014-Les maladies nerveuses en 30 leçons.Charcot \u2014Leçons sur les maladies du système nerveux.Claude.\u2014Les maladies du système nerveux.Collins et Noguchi\u2014An experimental study où multiple sclerosis, in J.A.M.A.22-12-23.Crouzon\u2014Les maladies nerveuses familiales in Coll.Sergent.Pana.\u2014 Diseases of the nervous system.Déjerine et Thomas.\u2014Les maladies de moélle.De Lapersonne et Cantonnet.\u2014Neurologie oculaire. LES RAYONS X EN DERMATOLOGIE (1) Par le Docteur ALBERIC MARIN, Assistant à la Climique de Dermato-syphiligraphie de \u2018l\u2019Université de Montreal, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame.Nous abordons dans ce chapitre le traitement radiothérapique de certaines formes de la tuberculose cutanée.Nul ne prétend que les radiations soient le traitement spécifique des affections bacillaires.Il n\u2019en existe pas.Mais les Rayons X, associés aux Ultra-Violets, rendent d'immenses services là où les autres médications sont inefficaces, insuffisantes ou même dangereuses.Ces deux rayonnements se complètent fort heureusement: les X agissent par leur pouvoir sclérosant et les U.V.en tonifiant l\u2019état général par un mécanisme encore mal élucidé.C'est à ce titre que l'emploi de ces derniers est d\u2019ores et déjà universellement recommandé en phtisiothérapie et spécialement dans les affections dermatologiques causées par le Koch.Lupus de Willan C\u2019est une forme atténuée de la bacillose cutanée, principalement lorsqu'il s'agit des variétés \u201cnon tumidus\u201d et \u201cnon exedens\u201d.Son traitement est un sujet inépuisable, comme du reste tout ce qui a trait à la tuberculose.La meilleure preuve qu\u2019il n\u2019en existe aucun de merveilleux, aucun de bien satisfaisant même, c\u2019est la multitude de ceux qui sont préconisés.Dernièrement Darier présentait un malade apparemment guéri par le trichlorure d\u2019antimoine.Plus récemment encore, Aurégan, de Lannion, donnait à la Société française de Dermatologie une très intéressante communication où il relatait plusieurs cas de guérion de Lupus vulgaire par curettage profond suivi de colmatage à la poudre de permanganate de potasse.La Finsenthérapie et les Ultra-Violets comptent de bons résultats.Le thermocautère, la cryothérapie, la douche filiforme, l\u2019électrocoagulation ont chacun de leur côté remporté des succès mais ont aussi subi de nombreux échecs.(1) Voir la première partie dans le numéro de juillet 1926. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 503 L'exérèse serait conseillée dans le cas d'un petit lupus des membres ou du tronc.Si la lésion siège à la face, l\u2019ablation chirurgicale peut être faite à condition que le placard lupique soit de peu d'étendue, bien circonscrit, esthétique.Néanmoins, même si l\u2019opération possible est faite -selon tous les desiderata, il est de toute nécessité de surveiller attentivement, durant longtemps, la cicatrice ainsi que son voisinage pour y détruire tout de suite les lupomes qui y renaîtront.Dans le cas d'une vaste lésion tuberculeuse, ulcéreuse, spongieuse et bourgeonnante la Radiothérapie aide puissamment.Il est bien entendu que des Rayons X seuls ne sauraient en aucune façon guérir le lupus.Ils ne sont pas microbicides et leur action sur le bacille de Koch est nulle.Il n'en est plus qui croient à leur vertu antiseptique \u201cin vitro\u201d ou \u201cin vivo\u201d.On ne doit donc espérer stériliser un placard tuberculeux par leur emploi, si prolongé et si intense soit-il.Ce serait une lourde erreur.Mais ces radiations constituent un admirable moyen, non brutal, non sanglant, non douloureux, pour en quelque sorte déblayer le terrain, le préparer à d'autres méthodes, en activer la sclérogénèse.[1 ne faut pas se faire d'illusions: le meilleur agent thérapeutique, le seul, devrions-nous dire, c\u2019est la défense que fournit l'individu lui- même contre l'infection.Tous les moyens que nous employons n'ont d'autre but et d'autre résultat que de stimuler ceite défense.Les caustiques chimiques, les divers agents physiques, les scarifications provoquent cu favorisent ce processus de sclérose, \u201cqui est celui que la nature emploie dans les cas de guérison spontané:\u201d, ainsi que le faisait très justement remarquer Darier.Il serait bon d'ajouter que ces cas sont toutefois d'une excessive rareté.Des centres de cicatrisation sont crées qui s\u2019opposeront à l'essaimage des lupomes, qui les étoufferont en quelque sorte et la nature fera le reste, accomplira son œuvre bactéricide soit par ses anticorps soit par un autre mécanisme que nous 19nOrons.Les scarifications linéaires quadrillées et l\u2019igni-puncture constituent la meilleure médication de fond.Le galvanocautère détruira les lupomes visibles; puis les scarifications en hacheront le territoire.Cependant en présence d'un lupus vorax, dont la rapidité d'envahissement est parfois très grande, d\u2019un lupus ulcéreux avec masses bourgeonnantes, la radiothérapie s'impose. 504 I UNION MEDICALE DU CANADA Après son entrée en jeu, les lésions s'affaissent, l\u2019extension est enrayée; les autres méthodes peuvent alors entrer en scène.L'ère des doses massives à vécu.Il ne faut plus \u2014 sous peine de désastres dont nous connaissons personnellement certaines victimes \u2014 se servir de doses brutales.Cette méthode était autrefois utilisée, alors que l\u2019on avait l\u2019espoir de guérir un lupus en le sidérant d\u2019emblée.On croyait encore à la vertu bacillicide des radiations.C'était une \u201ctherapia sterilisans magna\u201d.On doit irradier par doses modérées, espacées d'au moins deux ou trois semaines.Trois ou quatre séances suffiront d'ordinaire à obtenir le résultat désiré.Il serait imprudent d\u2019en faire davantage.Des radiodermites de çe tégument particulièrement fragile sont à redôuter.l\u2019évolution arrêtée, le placard affaissé et déjà en voie de cicatrisation, l'ignipuncture et les scarifications acheveront la cure si le malade se soumet au nombre considérable de séances que cette affection exige.En somme, la Roentgenthérapie est un adjuvant précieux, dans ces conditions bien déterminées.Ulcère tuberculeux Dans sa forme typique cette ulcération siège à la langue, à la muqueuse jugale, aux commissures labiales ou à la région anale.\u201cIl faut dire tout de suite que les irradiations locales et générales par les Rayons Ultra-Violets sont une excellente médication a laquelle presque toujours on s'adresse, puisqu'il s\u2019agit ici de phtisiques profondément atteints.Mais la Roentgenthérapie apporte un précieux concours, à raison de deux ou trois applications faites à faibles doses, peu filtrées.Comme dans le Lupus de Willan, son mode d\u2019action est de favoriser ou de provoquer la sclérose, action d'autant plus importante que l\u2019ulcère tuberculeux ne présente que rarement une tendance à la cicatrisation spontanée.Les Rayons X atténueront aussi les douleurs qu'ils provoque.On sait que l\u2019ulcère bacillaire en cause parfois d\u2019atroces qu'aucun topique ne peut calmer.La polyradiothérapie \u2014 Rayons X et Ultra-Violets \u2014 est nettement supérieure au raclage ou à toute autre intervention sanglante.Bien plus, ajoutons que l'opération est à écarter de la façon la plus absolue.\u201cJa gravité des interventions chirurgicales imposées aux tuber- .\u201cculeux avérés et évolutifs est généralement admise et fait que, à L'UNION MÉDICALE DU CANADA 505 \u201cmoins d\u2019y être forcé impérieusement par un cas d'urgence, tel un \u2018\u2018étranglement herniaire, on leur évite tout choc opératoire grave.\u201d (Bezançon.) L'intervention est un danger chez un tuberculeux même si elie est faite pour une maladie non tuberculeuse.Elle est d'autant plus dangereuse, à fortiori, lorsqu'elle porte sur un foyer bacillaire.L\u2019aggravation qui lui est consécutive, presque toujours, est bien connue.La pathogénie en est simple.L'acte chirurgical tramautise les lésions bacillifères et ouvre largement les voies vasculaires, sanguines et lymphatiques, aux bacilles de Koch.De plus le choc opératoire lui-même aggrave l\u2019état de ces débilités.Une septicémie, d\u2019allure aiguë et mettant en danger les jours du malade, a souvent été signalée comme étant la conséquence de ces méthodes brutales.Or, ne l\u2019oublions pas, le porteur d'un ulcére tuberculeux est aussi porteur d'autres foyers très florides, pulmonaires ou intestinaux.Ces localisations buccales ou anales sont secondaires.Ce sont des ensemencements faits par les expectorations ou les matières fécales éminemment septiques.Ces lésions externes ne sont que la signature apparente d\u2019une phtisie dont la terminaison est souvent mortelle.L'intervention sanglante risquerait d\u2019avoir des suites fâcheuses, d\u2019en hâter la fin.Les Rayons X ne présentent pas ces inconvénients dus au traumatisme.Cependant, même si l\u2019ulcère guérit par les radiations, le pronostic doit toujours être réservé.A cause des autres endroits très nombreux où pullulent les bacilles de Koch, l'infection pourra continuer ses dégâts.La guérison de l\u2019ulcère indique sans nul doute que le malade aidé par ces moyens physiques a réuss: à reprendre le dessus, du wins localement, Jee \u2018a défense s'e=t accrue, 1adis il doit pendant longtemps être l\u2019objet d\u2019une surveillance attentive et éclairée.C\u2019est ici que les Ultra-Violets auront un grand rôle à remplir.Leur action tonifiante et fixatrice des sels de chaux est des plus nettes.Nous avons eu l'occasion de suivre pendant quelques mois un de ces malades qui à la suite d\u2019un traitement prolongé par ces divers rayonnements a guéri d\u2019un ulcère lingual, a repris des forces, dont le poids a augmenté et dont les signes pulmonaires ont diminué.Il n\u2019était évidemment pas débarrassé de sa tuberculose lorsque nous l'avons perdu de vue, mais son état s\u2019était sensiblement amélioré.Les Ravons X et Ultra-Violets, associés à un régime et une diététique spéciale à.la médication interne, accompliront uné action: 506 L'UNION MÉDICALE DU CANADA bienfaisante.Ils seront systématiquement prescrits.Ils sont une arme de plus que nous ne pouvons négliger, car nous n\u2019en possédons pas tellement pour avoir le droit d\u2019en dédaigner une, si minime semble-t-elle.Or ce n\u2019est pas le cas de la Radiothérapie car elle a vraiment amélioré la thérapeutique classique de la tuberculose.Ce qui a été dit au sujet des dangers que fait courir aux malades.le traumatisme opératoire s'applique, à peu de choses près, à toutes les autres affections tuberculeuses cutanées.Dans le cas du Lupus de Willan, nous avons affaire à une bacillose atténuée, il est vrai, mais craignons tout de méme des complications à la suite du raclage d'un vaste placard bourgeonnant.Si les scarifications n\u2019en présentent pas, c\u2019est qu\u2019elles sont très.superficielles.L'exérèse d\u2019un tout petit placard ne semble pas donner suite à ces complications, parce que la virulence est atténuée.Mais plus prudente, la Radiothérapie, sans aucun traumatisme, aura activé la sclérogenèse, sans ouvrir la voie vasculaire à la bacillémie.Elle est incontestablement le meilleur traitement d'attaque.Gommes tuberculeuses Ces nouures traînent de façon désespérante.Au bout de: plusieurs semaines alors que les signes s\u2019'amendaient, surviennent des: poussées nouvelles qui en prolongent la durée.Certains auteurs conseillent de les enlever chirurgicalement quand on peut le faire précocément, si toutefois l\u2019esthétique l\u2019autorise.Quand la gomme est encore crue l\u2019extirpation peut être tentée, prétend-on.Mais outre le fait que ces incisions ne guérissent presque jamais- par première intention, ont plutôt une tendance marquée à la fistu- lisation, cette intervention sanglante est en butte aux inconvénients.déjà signalés.C\u2019est un foyer tuberculeux sur un terrain tuberculeux: il est des plus sage d\u2019éviter tout traumatisme, quel qu\u2019il soit.Les Rayons X ont ici une action nettement favorable.A la période de formation et de crudité, ils arrêtent l\u2019évolution de la nodosité.Le ramollissement est prévenu et la résorption s'effectue rapidement.Quand les Rayons X interviennent à la période de ramollissement, il faut songer à la ponction aspiratrice.Le pus est évacué et les radiations agissent comme dans le cas précédent.Elles ont le grand avantage sur la méthode des ponctions suivies seulement L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 507 d\u2019injections modificatrices qu\u2019elles évitent et fistulisations et cicatrices chéloïdiennes.Du reste, si le traitement est appliqué tardivement les trajets fistuleux et les chéloïdes cèdent à la radiothérapie.Nous aurons l\u2019occasion d\u2019en parler plus loin .Les Rayons ont encore un effet marqué sur les gommes ulcérées.Ce sont des plaies atones, à sécrétion variable, sans tendance à la réparation en modifient l'allure.Le fond se nettoie, les bords se- recollent ; il reste une cicatrice souple, étalée, non rétractile.A la période de réparation, la Roentgenthérapie est encore de mise.le processus de sclérose est activé et l'occlusion de la plaie se fait plus rapidement.C\u2019est de plus un bon moyen d\u2019obtenir une belle- cicatrice, chose importante lorsque la lésion est siège aux parties découvertes.Les Ultra-Violets en bains généraux sont toujours à recommander fortement puisqu'il s'agit de lésions bacillaires chez un bacillaire.Les doses de Rayons X seront légères.Elles seront répétées de- quinzaine en quinzaine.L'épaisseur du filtre variera selon la lésion.Adénite et Lymphangite gommeuse tuberculeuse L'adénite tuberculeuse est des plus fréquentes, qu\u2019elle soit secondaire à une lésion cutanée, ou qu\u2019elle survienne apparemment.d\u2019emblée.A la région cervicale, les ganglions tuméfiés, généralement indurés, forment des masses parfois considérbles.Ils s\u2019abcèdent et se fistulisent.La marche en est indéfinie.Parfois échelonnée sur un trajet lymphatique existe une série- de gommes à différents stades; crues, ramollies, ouvertes.Dans cette lymphangite gommeuse la conduite à tenir est analogue à celle que nous suivrons lorsqu'il s\u2019agit de gommes.authentiques.Doses et filtres seront sensiblement les mêmes.Si l\u2019on sentait un cordon lymphatique reliant ces différents foyers, il Serait sagé de l'irradier sur tout le parcours perceptible.Cette éventualité sera plutôt rare car d\u2019ordinaire, on ne constate aucun lien entre ces diverses lésions qui semblent évoluer chacune pour leur propre compte.; Quant aux masses adénopathiques, elles devront être soumises.à des applications nombreuses.Ces engorgements ganglionnaires, qui au cou, par exemple, deviennent souvent très volumineux, demandent d\u2019être traités longtemps pour fondre complètement. 508 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Si ce paquet de ganglions est d'épaisseur grande, il est prudent d'utiliser un filtre allant dans certains cas jusqu'à un centimètre d\u2019Aluminium, afin de l\u2019irradier totalement et d'éliminer les rayons trop mous qui lèseraient le tégument après de multiples séances.Les Ultra-Violets, en irradiations générales, sont des plus louables.Tuberculose verruqueuse Se présente sous forme d\u2019un placard plus ou moins arrondi, surélevé, papillomateux, hyperkératosique.La suppuration qui l'accompagne y laisse des croûtes.L'extension centrifuge ou serpigineuse y produit un tissu scléreux.Comme dans le cas de l\u2019épithélioma baso-cellulaire, la Radiothérapie ne saurait être employée de prime abord.Un premier temps: faire disparaître par un raclage soigneux croûtes, papillomes, verrucosités et brides cicatricielles, couche épaisse sous laquelle évolue le mal, obstacle à la bonne pénétration du rayonnement.Ces détritus enlevés, la lésion devient superficielle, plus accessible.Nous avons dit précédemment que tout acte chirurgical était à déconseiller chez un porteur de foyers tuberculeux lorsqu'on pouvait raisonnablement l\u2019éviter, mais ici il est fait en tissu mort et non en foyer actif.Dans cette dermatose hyperkératosique qu\u2019est la tuberculose verruqueuse, si on laissait a la surface du placard ces saillies cornées, croûteuses et fibreuses, on serait forcé de recourir à un rayonnement très dur pour traverser ce filtre organique et atteindre le plan dermique de l'infection.Ce serait risquer de léser les régions profondes, de provoquer même de l'ostéo-radionécrose quand la lésion siège à la main ou aux doigts, localisation peut-être la plus fréquente.Après le raclage, deux ou trois séances de Radiothérapie seront faites durant la réparation de la plaie.On obtient ainsi une cicatrice souple, blanche, non-adhérente.L'union actino-roentgienne donne les plus belles améliorations.Le tuberculose anatomique est un aspect particulier de la tuberculose verruqueuse.C\u2019est une tuberculose d\u2019inoculation dont la marche est infiniment plus vive parce qu'il y a association pyo- coccique.Les pyogènes favorisent le développement bacillaire.Faire en un premier temps le raclage, puis faire suivre la Radiothérapie, tout comme dans une tuberculose verruqueuse authentique. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 509 Le tubercule anatomique est d'ailleurs considéré comme une tuberculose verruqueuse de dimensions restreintes mais d\u2019évolution plus rapide.la coexistence d\u2019autres microbes en rend les manifestations plus tumultueuses.Tuberculose fongueuse et végétante S\u2019offre sous la forme d\u2019une tumeur irrégulière, mollasse, saillante, mamelonnée.La surface en est parsemée d\u2019ulcérations qui suppurent plus ou moins abondamment.Il y a des croûtes, parfois des zones cicatricielles.Comme dans la tuberculose verruqueuse et le tubercule anatomique, le traitement consistera dans la rugination des détritus, puis.de Roentgenthérapie.Accessoirement, les Ultra-Violets donneront de réels résultats.Erythème induré de Bazin Cette tuberculide répond bien au traitement radiothérapique.Nous en avons vu plusieurs s\u2019en aller rapidement dans le service- de Belot.A la suite de quelques irradiations l'induration bien circonscrite et nettement perçue devient plus molle et ses confins.plus flous.La limitation précise qui la circonscrivait est de moins.en moins perceptible.La rougeur s\u2019atténue et le tégument revient à la consistance et à la coloration normales.Dans le cas de placards ulcéreux, la conduite à tenir ne diffère: pas sensiblement.La réparation se fait assez rapidement et laisse une cicatrice parfaite.Les Ultra-Violets feront ici encore un bel ouvrage.Ncus avons eu récemment l\u2019occasion à Saint-Louis d'\u2019espéri- menter l\u2019action des cliiterentes radiations sur cette tuberculide, chez une jeune femme porteuse de nombreuses nodosités d\u2019Erythème induré.Certains furent traités par les Ultra-Violets seuls, d\u2019autres par les Rayons X et Ultra-Violets combinés; un troisième groupe fut traité par les Rayons X seuls.Les nouures qui reçurent Ultra-Violets et Rayons X furent celles.qui guérirent le plus rapidement.Celles qui n\u2019eurent que des Rayons X disparurent plus lentement. 510- L'UNION MÉDICALE DU CANADA Les autres, exposées à la seule influence des Ultra-Violets, mirent beaucoup plus de temps encore a rétrocéder.De cette intéressante expérience découlent des conclusions pratiques assez importantes : La Roentgenthérapie possède un pouvoir bien marqué.L\u2019Actinothérapie a une action plus lente.La Polyradiothérapie obtient les effets thérapeutiques les meilleurs.Ceci peut être également appliqué à toutes les formes de la tuberculose cutanée.Ces deux radiations sont ensemble la médication de choix, agissant prudemment et ne présentant pas les graves inconvénients des méthodes sanglantes.oO Traitement de l\u2019agitation dans les maladies mentales : Le Somnifène chez les grands agités Par M.le Dr H.RONE (Thèse de Lyon, 1925) Les résuitats extrêmement intéressants obtenus par M.Rone, à la Clinique psychiâtrique de la Faculté de Lyon et dans la services de MM.Lépine, Condomine, Carrier, Dodero et Courjon, viennent confirmer les conclusions des nombreuses expérimentations publiées sur le Somni- féne en thérapeutique neuro-psychiatrique (Crouzon, Laignel-Lavastine, Claude, Baudouin, Camus, Anglade, Perrens, Robin, Pavlovitch, Quercy, etc.) ; citons en particulier la thèse de M.Dodard-des-Loges, donnant les résultats de la pratique de MM.Cestan, Riser et Laborde, qui ont utilisé le Somniféne dans plus de 2,000 cas.Le Somniféne est un.médicament excessivement maniable, on a méme pu dire que c\u2019était le plus maniable des hypnotiques; il peut étre administré par voie buccale, sous forme de gouttes (qui permettent de donner à chacun la dose optima), par voie intramusculaire et par voie endo- veineuse, \u2014 Dans les cas d\u2019insomnie ou d\u2019excitation nerveuse légère, la voie buccale est la voie de choix; mais dans les milieux spécialisés ((GÉnaisons de santé, asiles publics et privés), les voies intramusculaire et endoveineuse se trouvent fréquemment indiquées, soit pour combattre des accès d\u2019excitation épisodiques chez des dégénérés, des.alcooliques, des confus, soit pour prévenir le développement d\u2019un délire aigu chez - des maniaques très agités; soit pour permettre un gavage par la sonde nasale, effectuer une ponction lombaire, une opération de petite chirurgie, pratiquer un examen biologique complet; soit encore à l\u2019occasion d\u2019un transfert du service hospitalier à l\u2019asile.M.Rone préfère, dans des cas, utiliser la voie endoveineuse à la dose variable de 2 à 5 centimètres cubes.Il a toujours ainsi obtenu des résultats très satisfaisants et il a pu constater que le Somnifène présentait un effet régulier et rapide et un'minimum de toxicité.\u2014 C\u2019est un sédatif puissant et parfaitement bien toléré qui peut d\u2019ailleurs rendre les plus grands services même dans le delirium tremens (Quénée) et dans l\u2019état de mal épileptique (Rimbaud).po REVUE HISTORIQUE HISTOIRE DE L\u2019ÉCOLE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE DE MONTRÉAL SUITE Par le Professeur L-D.MIGNAULT, Secrétaire de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Chapitre III La période de transition En mai 1846, il n'y avait dans le Conseil de l'Ecole que deux Canadiens-français, si encore, l\u2019on peut compter le Dr Munro comme tel: Malgré l\u2019enseignement bilingue, les procès-verbaux étaient rédigés en anglais, et sous le rapport religieux, Badgeley et Sutherland étaient certainement des protestants, Munro, Nelson et Bibaud, des catholiques; quant au Dr Arnoldi, j'ai lieu de croire que lui aussi était protestant.(1) En tous cas, l'Ecole telle que constituée était certainement une institution mixte, pour me servir de l'expression consacrée.Puis, l'incorporation prochaine du Collège des Médecins, que les professeurs ont dû prévoir, allait enlever toute valeur au certificat que l'Ecole accordait à ses diplômés, de sorte que les membres de la Corporation ont vu qu\u2019il était d\u2019abord nécessaire d'augmenter le corps enseignant, et de s\u2019adjoindre des hommes dont la valeur personnelle s'ajouterait au prestige de l\u2019Institution.Il serait ensuite plus facile d'arriver à une entente avec la seule Université existante du Bas-Canada.Nous voyons donc dans la Minerve du ler septembre 1846 qu\u2019un concours aura lieu le 28 novembre suivant pour les chaires d'Instituts de Médecine, de Médecine Légale, et de Botanique.Le Conseil voyait aussi la nécessité de dédoubler la chaire d'Anatomie et de Physiologie, ce qui n\u2019était que raisonnable.Puis, conime à cette époque il n\u2019y avait pas de médecins légistes il fallait que les gradués de l'Ecole eussent une connaissance assez (1) Une de ses tantes, la soeur du Dr Daniel Arnoldi, s\u2019est convertie aux Trois-Rivières, où elle est morte Ursuline.) 512 L'UNION MÉDICALE DU CANADA étendue de la médecine légale, et par conséquent cette chaire a dù être fondée.Enfin, en 1846 la plupart des médecins fournirent eux-mêmes les médicaments à leurs clients; quelques-uns même, surtout dans les campagnes, étaient presque des \u201cherboristes\u201d et la botanique faisait partie du \u201ccurriculum\u201d ordinaire.C\u2019est précisément ce concours qui a eu un effet prépondérant - sur la composition du Conseil, puisque avec l'entrée des Docteurs.Pelletier, Boyer et Coderre les Canadiens-français se trouvaient en majorité.L\u2019entente avec l\u2019Université McGill est venue ensuite.Nous.n\u2019avons aucun document officiel pour nous mettre au courant des négociations qui ont dû avoir lieu pendant le cours de l'hiver de 1846-47, mais la Minerve du 17 mai 1847 reproduit un article de la Lancette Canadienne au sujet de cette question.La Lancette Canadienne avait été fondée par le Docteur Jean L.Leprohon, et n\u2019a eu qu\u2019une existence éphémère.Nous reproduisons la citation au long : \u201cL\u2019Ecole de médecine de cette ville vient d\u2019être définitivement agrégée à l\u2019Université du Collège McGill.Ce rapprochement qui vient de s'effectuer entre ces deux institutions qui se partagent l\u2019enseignement médical aura l\u2019effet, nous l\u2019espérons, d'élever de plus.en plus le caractère et la dignité de la profession en bannissant à tout jamais les rivalités Nous souhaitons que cette coalition tourne à bien.\u201d | Le même journal annonce la retraite du Docteur Horace Nelson- pour des raisons de santé.Comme le Collège des Médecins a été incorporé cette même année, les membres de l\u2019Ecole ont certainement déployé de la.prévoyance.Enfin, le 18 octobre 1847, la Minerve publie l\u2019avis suivant du Dr Sutherland : ECOLE DE MEDECINE ET DE CHIRURGIE Les lectures (sic) de cette Ecole incorporée commenceront le ler novembre prochain, et finiront le dernier d\u2019avril.Les lectures à l\u2019avenir ne seront données qu\u2019en français comme suit : L\u2019Anatomie.coven.Par le Dr Bibaud Les accouchements.0102402400000 00000000 Dr Arnoldi La pratique de la médecine.Dr Badgely L'UNION MÉDICALE DU CANADA 513 La matiére médicale.Dr Coderre La Chirurgie.cco.Dr Munro.L'institut de la Médecine ou Physiologie.Dr Pelletier La médecine légale.-.Dr Boyer La clinique médicale.Dr Badgely La clinique chirurgicale.Dr Arnoldi N.B.-\u2014Les élèves qui auront complété leur cours à cette école pourront avoir le degré de l\u2019Université McGill d\u2019après un arrangement fait entre ces deux institutions en prenant un \u201cannus medicus\u201d (année scolaire) à ce Collège.William Sutherland, M.D.Il est clair par cet avis que le docteur Bibaud a remplacé le docteur Nelson à l'anatomie et que le docteur Coderre est passé de la botanique à la matière médicale.L\u2019entente avec McGill a évidemment ouvert les salles du Montreal General Hospital aux élèves de l\u2019Ecole.La situation n\u2019était pas très satisfaisante, surtout pour les membres canadiens-français de l\u2019Ecole.Pour les Anglais la position était moins difficile.Ils avaient sans doute entamé les négociations avec leurs compatriotes et co-religionnaires, pour sauver leur institution, et ils avaient philosophiquement accepté le marché, comme la meilleure solution de la difficulté.Les choses en sont restées ainsi jusqu\u2019à l\u2019été de 1849.Qu'est-il advenu, nous n\u2019en savons rien; du moins, officiellement, mais MM.Arnoldi, Badgely et Sutherland se sont retirés, car leurs noms manquent au procès-verbal de l\u2019assemblée du 20 septembre.Nous trouvons aussi copie d\u2019une lettre adressée au Gouverneur en Conseil annonçant leur démission.La cause de leur départ a dû être la décision de la majorité de l'Ecole de faire application à la Législature pour l\u2019autorisation d'émettre un certificat ad praticandam, ou bien pour le droit de conférer le degré de docteur en médecine.Il est facile de comprendre qu\u2019une telle décision menaçait l'entente survenue avec McGill, et aux yeux des auteurs de cette entente, c'était risquer l'avenir de l\u2019Institution et peut-être manquer d\u2019égards envers leurs compatriotes.Le docteur Coderre me parlait souvent du projet de loi introduit l\u2019année suivante, et des causes de sa défaite, et il s\u2019est écrié une fois lorsque nous avions des difficultés avec des agrégés soutenus par quelques membres de l\u2019Ecole: \u201cQu\u2019ils démissionnent ! nous avons 514 L'UN.ON MÉDICALE DU CANADA dans le passé perdu trois de nos professeurs dans la même journée, et j'ai dit alors comme je dis maintenant, nous les remplacerons.\u201d I! faisait sans doute allusion au départ des trois professeurs précités, mais.je n\u2019ai pas cru devoir lui demander une explication de ses paroles.En tous cas à cette assemblée du 20 septembre 1849, le docteur Munro est élu président de l\u2019Ecole et le docteur Boyer, secrétaire.Le trois novembre de la même année, par concours, M.le docteur Beaubien remplace le docteur Badgely, le docteur Trestler le docteur Arnoldi, et le docteur Trudel le docteur Sutherland.L'horaire des cours publié vers ce temps se lit ainsi : 9 am.\u2014Dr Trestler .Obstétrique 8 a 9 à 10 am\u2014Dr Boyer .Médecine légale 10 à 11 a.m.\u2014Dr Coderre .Matiére médicale 11 4 12 a.m.\u2014Dr Beaubien .Pathologie interne 2a 3 pm~\u2014Dr Bibaud .Anatomie 3a 4pm\u2014Dr Munro .Chirurgie 4 à 5 pm\u2014Dr Pelletier .Physiologie 74 8 pm.\u2014Dr Trudel .Chimie Il est probable que la dissection se faisait le soir de 8 a 10.Cette coutume a continué pendant bien des années, et ne prit fin \u2018que lorsque nous étions rue Saint-Denis., L'Ecole ainsi constituée est devenue franchement canadienne- \u2018française, et je crois que jusqu\u2019au printemps de 1850 l\u2019entente avec \u201cMcGill a subsisté.| (a suivre) Travaux de la Seciété de Biologie de Montréal Sous la présidence du Pr Elie G.Asselin LA TUBERCULOSE AVIAIRE DANS LE DISTRICT DE MONTREAL Par LOUIS PARE et WILLIAM WOOD.La tuberculose aviaire a suscité de nombreux travaux que nous ne pouvons résumer ici mais dont Calmette a condensé les résultats dans son ouvrage \u201cL\u2019Infection bacillaire et la tuberculose\u201d.Nous ne voulons envisager ici que les faits qui intéressent la phtisiologie dans le district de Montréal où jusqu'ici elle n\u2019a guère attiré l\u2019attention; l\u2019excellent Rapport de la Commission royale de la tuberculose de la Province de Québec, publié en 1909-1910 n\u2019en fait pas mention.Toutefois, une brève citation de la maladie se trouve dans le Bulletin 305, Diseases of Poultry, Ontario, Department of Agriculture, 1924, (1) Nous ne nous occuperons dans cette note que de la tuberculose provoquée par le Bacille de Koch, à l\u2019exclusion de la pseudo-tuber- culose.Notons, tout d\u2019abord, que la tuberculose aviaire est loin d\u2019être rare chez les poules et coqs (2) qui alimentent le marché de Montréal.Nous avons relevé un total de 5.41 pour cent de sujets tuberculeux.Pendant la vie, la tuberculose de la volaille ne peut pas être diagnostiquée de façon certaine.Divers symptômes (amaigrissement, claudication, affaissement et pâlissement de la crête, diarrhée, etc.) peuvent faire soupçonner cette infection.Aussi, nous proposons- nous d\u2019étudier spécialement la question de la réaction à la tuberculine.Après la mort, le corps, dépouillé de ses plumes, frappe par son décharnement; les muscles pectoraux sont atrophiés, le bréchet fait saillir la peau; on peut observer des lésions externes, mais nous ne les avons pas encore constatées à Montréal.Au cours des nécropsies que nous avons pratiquées, nous n'avons constaté que des lésions viscérales et osseuses; comme il est de règle, (1) Le Bulletin No 18, publié en 1920 par le Ministère Fédéral de l\u2019Agriculture, Canada, est cependant consacré à la tuberculose aviaire.D\u2019après l\u2019auteur A.B.Wickare, cette malade n\u2019a été signalée au Canada (sans autre précision géographique) que depuis une dizaine d\u2019années.Il est d\u2019ailleurs impossible de se rendre compte, même de façon approximative, des ravages causés par cette malade, et l\u2019auteur estime qu\u2019il est essentiel que l\u2019on entreprenne des recherches complètes afin d\u2019établir sa nature exacte et de voir si elle peut se propager aux autres animaux et à l\u2019homme.(2) Nous ne pouvons encore préciser l\u2019origine de ces animaux. 516 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA celles-ci siègent de préférence dans le foie, dans la rate, dans le tube digestif et, parfois aussi, dans les sacs aériens; elles se distinguent par l'extension considérable du processus de caséification.Sur un des spécimens, que nous avons examinés et que nous vous présentons, le foie était littéralement bourré de globes de caséum dont le diamètre mesurait en moyenne 7 millimètres.Quant à l\u2019intestin son méso était boursoufflé de nombreux nodules, atteignant le volume d\u2019une merise et presque complètement caséifiés.Au point de vue microscopique, notons que les lésions tissulaires sont caractérisées par leur gravité; c'est ainsi que, du foie de l'un des oiseaux examinés ne subsistent que quelques rares cellules hépatiques nécrosées; le tube digestif est ulcéré et les villosités à peu près méconnaissables.Le Bacille s'est présenté sur les coupes sous forme de bâtonnets acido-résistants, grêles, à peu près rectilignes, fréquemment granuleux; il siège de préférence dans les cellules épithéloïdes, groupées en nodules.Tels sont les résultats préliminaires obtenus; ils auraient gagne à être complétés à tous les points de vue, notamment en ce qui concerne la morphologie, la virulence pour l'Homme et les divers Mammiières, l'emploi diagnostic de la tuberculine, etc.nous nous decidons à les communiquer dès maintenant parce que l\u2019œuvre du Centre de recherches pastoriennes ne peut être réalisée qu'avec la collaboration de tous les chercheurs de la Province; nous espérons que cette première note attirera l'attention sur la question et nous vaudra les renseignements et pièces recueillis sur place qui nous sont indispensables.C\u2019est en effet une étude qui s'impose aux microbiologistes en raison de l'importance qu\u2019elle peut avoir au point de vue alimentaire et au point de vue science pure, car il s\u2019agit d\u2019une tuberculose évoluant chez un hôte (cas des Gallinacés) dépourvu de ganglions lymphatiques; or, chez les Mammifères, 1l existe des rapports intimes entre Vappareil hémo-lvmphatique et l'infection tuberculeuse.Enfin, la constatation de cas de tuberculose aviaire dans le district de Montréal ne doit pas inquiéter l\u2019opinion: cette infection y sévit depuis fort longtemps et les mesures prophylactiques nécessaires seront appliquées par l\u2019Administration.O SUR LA DÉGÉNÉRATION VACUOLAIRE DES NOYAUX (1) En montrant aux étudiants des coupes histologiques de cancer, mon attention a été attirée par des altérations nucléaires énigmatiques.Les pieces qui ont fourni ces images se rapportent à l\u2019épi- thélioma du sein.L'altération des noyaux consiste essentiellement en la formation d'une sphérule au sein du noyau.Au début, cette structure m\u2019a vivement intrigué.Au cours d'un voyage en Europe, j'ai communiqué mes préparations à plusieurs histologistes et histopathologistes français et anglais, qui n\u2019ont pu résoudre la question qui m\u2019embarrassait.Aussi, à mon retour à Montréal, ai-je repris l\u2019étude de cette question.Voici comment les faits se présentent: les noyaux altérés sont ovoïdes ou sphériques; 1ls mesurent de 8 à 12 et 14 micra.La chromatine s\u2019y présente tantôt sous forme de caryosomes très petits et innombrables, serrés les uns contre les autres, tantôt sous forme de caryomitomes produisant un reticulum à peu près homogène; sur une zone plus ou moins étendue, cette structure a disparu.Les colorants basiques cessent de mordre et on constate l'existence d'une sphérule incolore.En sériant les noyaux, le phénomène paraît évoluer de la façon suivante: en un point très limité, quelques caryomitomes ou caryosomes se détruisent, la coloration nucléaire ne se fixe plus; de cette façon se forme une sphérule (environ 2.5 m.) vraisemblablement liquide.La sphérule s\u2019accroit progressivement, son diamètre peut atteindre 6 à 8 m.au maximum.Finalement l\u2019ensemble est constitué par une sphérule incolore plus ou moins volumineuse recouverte d\u2019une carapace périphérique de chromatine.En coupe optique cette structure se traduit par une plage claire, discoïdale, incolore, bordée par un anneau de chromatine.Au moment où nous poursuivions nos recherches, le Professeur Pettit nous a communiqué des préparations d\u2019exsudats intra-pleuraux, consécutifs à l'injection de diverses substances.Dans ces conditions, à l\u2019état frais, sans autre réactif qu\u2019une trace de vert de méthyle, dans nombre de novaux de cellules endothéliales, on constate l'existence (1) Travail de l\u2019Institut du Radium de l\u2019Université de Montréal et de la Province de Québec, dirigé par le Professeur J.E.Gendreau. 518 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de petites sphérules ne renfermant plus de chromatine; bien qu\u2019il demeure toujours peu accusé, le processus n\u2019en est pas moins de même nature que celui réalisé dans notre tumeur.Dans les conditions d'observation où nous nous sommes placés, on constate que le phénomène est vital et non un artefact; de plus, la vésicule, si elle est privée de chromatine basophile, renferme une substance liquide ou semi-liquide homogène.Dans ces conditions, une interprétation des phénomènes semble possible.Les altérations nucléaires qui existent dans le cancer du sein se rattachent aux phénomènes de dégénérescence vasculaire dont les cellules néoplasiques proprement dites offrent d'innombrables exemples.Elles ont été étudiées par de nombreux auteurs.Faute de documentations \u2018 bibliographiques nécessaires, nous renverrons aux mises au point qu\u2019en ont données jadis Fabre Domergue, Cancers épithéliaux, page 424, fig.50 à 54, fig.51, et Chantemesse et Podwyssotsky, Les processus généraux, page 371, fig.155.Un point reste encore à discuter.A quelle espèce cellulaire correspondent les noyaux étudiés ici.Tout d\u2019abord on peut répondre qu\u2019il ne s\u2019agit pas de noyaux appartenant aux cellules néoplasiques proprement dites; en effet, ils siègent dans des portions du stroma conjonctif où abondent les cellules adipeuses.Le plus vraisemblable est qu\u2019il s\u2019agit de cellules adipeuses irritées dont le noyau ne serait plus quiscent, peut-être quelques autres noyaux ayant subi la dégénérescence vasculaire.Appartiennent-ils à des éléments conjonctifs non adipeux ?En somme, en dehors des éléments néoplasiques propres, d\u2019autres cellules peuvent présenter des phénomènes de dégénérescence vasculaire du noyau, l'expérience permet de produire cette lésion.Bien que l'hypothèse de la nature coccidienne du cancer soit définitivement réfutée, la connaissance des altérations rappelant plus ou moins vaguement la structure de certains parasites est encore utile puisqu\u2019actuellement nombre d\u2019auteurs recherchent encore le parasite du cancer. RÉSULTATS DE QUELQUES RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES SUR LA TUBERCULOSE DES INDIENS DU CANADA AVANT LA PÉNÉTRAFION EUROPÉENNE Par GEORGES BARIL et ROMEO BOUCHER Afin de commencer l'exécution du programme de recherches sur la tuberculose établi par le professeur Pettit, d'accord avec le Comité constitué par la Faculté de Médecine, nous avons entrepris quelques recherches bibliographiques sur la tuberculose des populations indigènes, avant la pénétration européenne.Certains auteurs, comme Ayres Hrdlicka, soutiennent que les sauvages de l'Amérique du Nord étaient, dans leur vie primitive, indemnes de tuberculose.Pour appuyer cette affirmation, les uns se basent sur l'absence presque absolue de textes établissant d\u2019une façon indiscutable l\u2019existence de la maladie; les autres sur le fait que les Indiens deviennent très facilement tuberculeux, comme si le bacille trouvait chez eux un terrain vierge de toute infection ou non immunisé par une longue hérédité.| Quoi qu\u2019il en soit, nous avons fait table rase de toutes ces opinions.Mais nous ne pourrons définitivement conclure avant que de lire certains documents que nous avons demandés au Conseil National des Recherches Scientifiques.En attendant nous avons poursuivi localement une petite enquête dont nous vous soumettons les résultats.Consultée, l\u2019archiviste de l\u2019Hôtel-Dieu (1) d\u2019éclare que, dans toutes les archives de la communauté, il n\u2019est fait mention d\u2019aucune autre maladie que le scorbut et la variole.D'autre part, la vie de Jeanne Mance, par Faillon, ne nous a fourni aucun renseignement.valable.Par contre, les \u201cRelations des Jésuites\u201d, dont nous avons parcouru environ 25 volumes sur les 73 de la collection, nous fournissent quelques textes intéressants, ayant attiré notre attention.Une remarque tout d'abord.La mortalité infantile nous paraît très élevée.Un peu partout, nous retrouvons des phrases dans le (1) On sait que l\u2019Hôtel-Dieu est le plus ancien hôpital d\u2019Amérique, ayant été fondé en 1643. 520 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA genre de celles-ci: \u201cJe baptise des petits squelettes\u201d .(vol.XLI, p.96); \u201cJe baptise trois petits moribonds\u201d (page 105, vol.XLI); \u201cn\u2019y eussent-ils que les enfants à baptiser qui meurent tous les jours sans baptême\u201d (vol.XII, p.132), etc, etc.Les écrouelles sont fréquemment signalées au cours de ces \u201cRelations\u201d.Voici quelques passages qui en parlent: \u201cCeluy la (il a onze ans !) avait un collier d\u2019écrouelles fort horribles qui lui mangeaient toute la gorge et la petite (quatre ans) avait un flux de sang qui la desséchait jusques aux os\u201d.(Vol.XLI, p.195); \u201cil est souvent importuné des petits enfants de leurs crys, de leurs pleurs, et quelque fois il est incommodé de la puanteur de ceux et de celles qui ont les écrouelles\u201d (vol.XLI, p.46); \u201cTous à l\u2019exception d\u2019une jeune enfant atteint des écrouelles se portaient à merveille\u201d.(Vol.LXVIII, p.62).\u201cnous avions trois écrouélés en notre notre cabane, le fils du Sorcier qui les avait a loreille d\u2019une façon fort sale et pleine d\u2019horréur; son neveu qui les avait au col, une fille qui les avait sous un bras: je ne sais si ce sont vrayes écrouelles.Quoiqu'il en soit le mal est plein de pus, couvert d\u2019une croûte fort horrible à voir: ils en sont quasi tous frappés dans leur jeunesse, tant pour leur saleté, que pour ce que l\u2019on ne fait point de difficulté de boire et de manger avec des malades.\u201d (Vol.VI, p.262); \u201cIl dit un jour au Père qui l\u2019instruisait et le répétait par apres fort souvent: \u201cje suis bien mal, outre les écrouelles qui me desseichent, j'ai beaucoup d\u2019autres incommodités qui me travaillent\u201d.(Vol.XXV, p.128).Enfin nous citons des textes où les suppositions les plus diverses peuvent être faites, y compris celle de la tuberculose : \u201cJe vis cette fille de huit à neuf ans toute transie et n'ayant plus que la peau et les os\u201d (Vol.II, p.14).\u201cce bon jeune homme était d\u2019une complexion fort valétudinaire\u201d.(Vol.VIII, p.140).\u201cune femme chrétienne avait une de ses filles extrêmement malade après avoir languv long-temps, enfin elle tombe dans des symptômes et convulsions de mort.\u201d (Vol.XXV, p.170.) \u201cmaladie de trois mois, causée par la mort de son mari.Elle brûlait d\u2019un feu qui luy consumait la langue et le gosier et toute la poitrine, elle desseicha comme un squelet.\u2026.\u201d (vol.XXV, p.206).\u201cUne jeune fille Attikamegne avait trois grandes playes mor- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 521 telles et une violente fièvre qui l'oppressait de temps en temps\u201d (vol.XXV, p.208).\u201celle souffrait d\u2019une maladie longue et fort douloureuse\u201d (vol.XLI, p.142).Il existe aussi à la page 160 de ce même volume une description de la mort d\u2019un homme de trente-quatre ans qui nous paraît bien être causée par une méningite, sans que nous puissions en déterminer la cause exacte.; 7 Voici où nous en sommes dans nos recherches bibliographiques.Avant de tirer une conclusion, il convient de lire en entier cet ouvrage \u2014 travail que nous poursuivrons à temps perdu.Il convient aussi de signaler que le début de ces relations date de la fondation de Québec (1608), ou à peu près, et que c\u2019est dans la première moitié du siècle précédent que Cartier fit au Canada des voyages qui mirent en contact pour la première fois Français et Indiens.I1 est donc indispensable de rechercher des documents antérieurs.C\u2019est ce que nous nous proposons de faire, si possible.AVIS Nous apprenons qu\u2019un Monsieur M.Marchand a collecté des abonnements échus de certains médecins habitant la ville d'Ottawa.Nous informons le public médical et les abonnés de \u201cL'Union Médicale du Canada\u201d qu\u2019aucune personne autre que Monsieur Théophile Valiquette, l'administrateur, ou le Secrétaire-trésorier n\u2019est autorisée à collecter its abonnements ou autres sommes dues à notre journal.Par ordre, Dr GUSTAVE ARCHAMBAULT, Secrétaire-Trésorier.Condoléances Le Comité des Cours de Perfectionnement de la Province de Québec u voté des-condoléances à la famille du regretté Professeur Albert Prévost, un de ses membres les plus distingués. STATISTIQUES CONCERNANT LA TUBERCULOSE DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC Par le Docteur JOSEPH BAUDOUIN.la tuberculose est une cause importante de nos décès.D'après les rapports statistiques du Service Provincial d'Hygiène, elle causerait 9.6 pour cent de tous nos décès.Elle nous enlèverait autant de vies que toutes les autres maladies contagieuses ensemble.Notre mortalité tuberculeuse diminue depuis 1899.À ce point de vue nous pouvons nous comparer favorablement avec beaucoup d\u2019autres pays où l\u2019on constate le même phénomène, notamment avec l'Espagne, l\u2019Angleterre, l\u2019Ecosse, les Etats-Unis, la province d\u2019Ontario, l\u2019Empire Allemand, les Pays Bas, l\u2019Autriche, l'Australie, la Belgique, le Danemark, la Nouvelle-Zélande.Pour établir notre situation tuberculeuse, on a coutume de comparer nos taux à ceux des autres provinces du Canada.Or le taux des provinces de l'Ouest ainsi que de la province d'Ontario sont très favorables.De fait, ils figurent parmi les plus bas que l\u2019on constate.Ces provinces jouissent donc d'une situation particulièrement privilégiée.Par conséquent il paraît bien que nous ne devions pas nous alarmer outre mesure parce que notre taux est plus élevé que le leur.De plus, écrit le Dr John Brownlee dans \u201cThe use of Death-rates as a measure of Hygienic Conditions\u201d (1922) \u201cit must be definitely posted that the lumping together of the whole phthisis deaths independently of their age grouping is in the present state of knowledge injustifiable\u201d.Continuons donc notre enquéte et voyons comment se répartissent nos décès par tuberculose suivant l'âge, le sexe, les nationalités, les unités de comtés et les divers organes affectés par la maladie.a) Répartition par groupes d\u2019âge des décès par tuberculose Il est ici clairement démontré que la plus grande proportion des décès par tuberculose se trouve de 15 à 45 ans et que c\u2019est aussi à cette période de la vie, de même qu\u2019au cours de la première année, que la tuberculose est la plus dangereuse.Notons avec une légitime satisfaction que de 1911 à 1921 notre situation s\u2019est sensiblement améliorée et cela à tous les Âges de la vie.D'un autre côté, on constate que les groupes d'âge de 15 à 24 ans et de 25 à 44, qui nous donnent les taux les plus élevés de L'UNION MÉDICALE DU CANADA 523 mortalité par tuberculose, présentent au contraire des taux très bas (respectivement 4.9 et 5.9).de mortalité générale.Ce fait nous justifie de tirer la conclusion que la tuberculose n\u2019influe pas considérablement sur notre mortalité générale.Une diminution même notable de notre mortalité tuberculeuse ne produirait donc pas une réduction sensible de notre taux de mortalité générale.A noter cependant que la lutte contre la tuberculose se justifie pleinement parce que les décès que nous cause cette maladie surviennent surtout à la période la plus productive de la vie.La tuberculose nous fait donc, de ce fait, un tort assez considérable.b) Répartition par sexe des décès par tuberculose Au cours de la décade 1912-1921, on relève une moyenne annuelle de 1391 décès par tuberculose chez le sexe masculin contre 1863 chez le sexe féminin.Le sexe masculin a donc donné 43 pour cent des décès par cette maladie tandis que le sexe féminin en a fourni 57 pour cent.De plus, le taux spécifique de mortalité tuberculeuse, en 1911, a été de 146 chez les hommes et de 197 chez les femmes.En 1921, les mêmes taux spécifiques ont été de 102 chez les premiers et de 144 chez les secondes.Nous constatons encore ici une amélioration chez les deux sexes.Mais il faut ajouter que, dans la province de Québec, la femme paie à la tuberculose un plus fort tribut que l'homme.Cependant, malgré ce désavantage, le taux de mortalité générale de la femme, ainsi que nous l'avons constaté, est plus faible que celui de l'homme.C\u2019est là une nouvelle preuve que chez nous la tuberculose n'exerce sur la mortalité générale qu'une influence assez limitée.Ajoutons que la répartition par sexe des décès par tuberculose donne le même résultat dans les provinces de l\u2019Île-du-Prince-Edouard, de la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick, de la Saskatchewan et de l\u2019Alberta.Dans Ontario et au Manitoba, les taux sont les mêmes dans les deux sexes.Dans la Colombie Britannique, le taux spécifique est plus élevé chez l'homme que chez la femme.c) Répartition par nationalité des décès par tuberculose Le groupe de lagnue française est plus touché par la tuberculose «ue les autres groupes ethniques.Il convient d\u2019ajouter, cependant, que la situation s\u2019est sensiblement améliorée.En effet, la comparaison des taux de mortalité de chaque groupe pour les deux années XLIV L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Employez l\u2019Emulsion Angier dans le Traitement de la Tuberculose Pulmonaire (surtout à son début) C\u2019est un médicament très utile, ayant une influence heureuse très sensible sur la toux.I! adoucit l\u2019irritation, fait cesser l\u2019expectoration, facilite la respiration et surtout aide la nutrition générale.L\u2019Emulsion Angier calme l'estomac irrité, tient les intestins réguliers et de plus empêche l\u2019auto-intoxication, qui est une des plus ennuyeuses complications de la maladie.Ecrivez pour des échantillons gratuits Distributeurs canadiens Wingate Chemical Company Limited Angier Chemical Company Montréal, Canada.Boston 34, Massachusetts Sal Hepatica 7 Laxatif et Eliminateur Efficace dans toutes circonstances de paresse intestinale provenant d'un facteur fonctionnel du foie, et de la circulation.Sa! 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526 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Voilà autant de questions qui surgissent naturellement.Et il y en a d'autres que l'on pourrait ajouter.C\u2019est là un des buts que se propose le Comité de Recherches en Tuberculose formé à l\u2019Université de Montréal sous Ia direction de I'éminent délégué de l\u2019Institut Pasteur, monsieur le docteur A.Pettit.Grande sera notre satisfaction si les travaux que l\u2019on inaugure présentement peuvent concourir à la solution chez nous du problème que pose la tuberculose.O FACULTE DE MEDECINE DE STRASBOURG Association Alsacienne et Lorraine contre Ia Tuberculose Cours de Perfectionnement sur la Tuberculose pulmonaire et les maladies des Voies respiratoires Organisé par les Docteurs: G.CANUYT et E.VAUCHER Professeur Chargé de cours à la Faculté de Médecine, avec la collaboration de MM.CADE, Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon, PASTEUR- VALLER Y-RADOT, Médecin des Hôpitaux de Paris; WEIL-HALLE, Médecin des Hôpitaux de Paris: LEON BLUM, LERICHE, MERKLEN, ROHMER, Professeurs à la Faculté de Médecine de Strasbourg; BOEZ, GERY, GUNSETT, Chargés de Cours à la Faculté de Médecine de Strasbourg; BELIN, Directeur de l\u2019Office Municipal d'Hygiène et: du Dispensaire de Strasbourg; BRICN, Médecin-Chef de l\u2019Hôpital- sanatorium St-François à la Robertsau; FATH, Médecin-Chef du: Sanatorium de l\u2019Altenberg; WORINGER, Chef de laboratoire à la Faculté de Médecine de Strasbourg; OHLMANN, SCHAAF, Chefs de laboratoires de radiologie; FROELICH, FAUFMANN, ZILLHARDT, anciens chefs de clinique et assistants dans les cliniques universitaires de Strasbourg.Cu Ce cours aura lieu du vendredi 8 au samedi 23 octobre 1926.Les leçons seront accompagnées de présentations de malades, de projections de radiographies, de démonstrations bactériologiques.Les auditeurs seront exercés individuellement aux examens radio-' logiques, laryngologiques, rhinologiques, bactériologiques et aux examens de crachats.Ils auront l\u2019occasion d\u2019examiner de nombreux malades porteurs de pneumothorax et de pratiquer eux-mêmes des réinsufflations.En outre, des démonstrations spéciales sur les injections intra-° trachéales de lipiodol, des exercices de thoräscoscopie auront ieu \"a\" l\u2019occasion des examens de malades.Co _ En dehors des heures de Cours ils auront libre accès dans lés cliniques et hôpitaux spécialisés de Strasbourg.\u2019 oo NOUVELLES CONGRES DE MONTREAL 21, 22, 23, 24 Septembre 1926 Monsieur et très honoré Confrère, (1) Le Comité Exécutif de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de Amérique du Nord a l'honneur de vous annoncer que le IXème Congrès se réunira à Montréal, les 21, 22, 23 et 24 septembre 1926.Le Congrès siégera quatre jours, au lieu de trois, à cause du nombre important des délégués étrangers et de l'importance des rapports et des travaux qui y seront présentés et discutés.Toutes les séances auront lieu à l'hôtel Windsor, à l\u2019exception de celles du matin qui seront consacrées à la clinique, chaque service d'hôpital organisant à son gré un programme, distribué, la veille, aux congressistes.Les séances plénières, où se feront l\u2019exposé et la discussion des rapports, auront lieu l\u2019après-midi dans l\u2019ordre suivant : 1\u2014Médecine; 2\u2014-Chirurgie et Spécialités de la Tête; 3\u2014Intérêts professionnels; 4 \u2014Tuberculose.Seule, la séance plénière de la Syphiligraphie se tiendra le matin du quatrième jour, à 9 heures.Pour assurer le bon fonctionnement du congrès et pour permettre aux membres inscrits de présenter des travaux, le Comité Exécutif, de concert avec les Présidents, a résolu de faire des séances particulières pour chacune des sections qui ne siégera pas en séance plénière.Des.salles seront spécialement affectées à cette fin.Nous sommes heureux d\u2019annoncer qu\u2019un très grand nombre de sommités médicales étrangères participeront au Congrès.Ainsi de la Belgique nous viendront M.le Docteur Tricot-Royer, Président de la Fédération des Sociétés Médicales et M.le Professeur Appelmans, chargé de cours à l\u2019Université de Louvain.Les Etats-Unis sont représentés à date par M.le Professeur Emmanuel Libman, de l\u2019Université de Columbia, M.le Professeur Leroy Long, doyen de la Faculté d\u2019Oklahoma, et M.le Professeur Louis Faugères Bishop, de l\u2019Université de Fordham, et l\u2019Angle- terr par Sir Henry Gauvain.Nous avons aussi l\u2019assurance que la plupart des pays de racine latine de l\u2019Amérique Centrale et de l\u2019Amérique du Sud enverront des représentants, et déjà la Faculté de Buenos-Ayres en a été autorisée par son Gouvernement.La France fera sa très grande part, comme par le passé.Près de quinze médecins français viendront à Montréal, en septembre prochain, (1) Lettre circulaire qui sera adressée bientôt à tous les médecins. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 529 \\ M.le Proïesseur Léon Bernard, professeur d\u2019Hygiène à la Faculté de Paris, membre de l\u2019Académie de Médecine; M.le Professeur Auguste Pettit, délégué de l\u2019Académie de Médecine, membre de l\u2019Institut Pasteur de Paris; M.Antonin Clere, professeur agrégé de la Faculté de Paris, médecin des hôpitaux, rapporteur au Congrès, hôte du Gouvernement de Québec; M.Edouard Rist, médecin des hôpitaux de Paris; M.Marcel Pinard, médecin des hôpitaux de Paris, hôte de la Section d'Hygiène Sociale; M.Ameuille, médecin des hôpitaux de Paris, hôte de l\u2019Institut Bruchesi; M.André Moulonguet, oto-rhino-laryngologiste des hôpitaux, hôte des spécialistes de Montréal; M.Jacquerod, de Leysin (Suisse) ; Le Général Sabatier, médecin hygiéniste, hôte de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal; M.Francis Bordet, chef de clinique de M.le Professeur Emile Sergent, cui présentera un rapport au nom de son Maître, hôte de l\u2019Institut Eruchési; M.J.-B.Logre, ancien chef de clinique psychiatrique, médecin de l\u2019Infirmerie sp ciale de la Préfecture de Police, hôte de \u201cLa Presse\u201d, de Montréal.Voici maintenant quel sera le programme général du congrès : SECTION DE MEDECINE: Insuïfisance ventriculaire.Rapporteurs: M.Antonin Clere, (Paris) \u2014Du rôle de l\u2019électrocardio- dans le pronostic et dans le diagnostic de l\u2019insuffisance ventriculaire.MM.J.-E.Dubé et R.Pépin, (Montréal) \u2014Prophylaxie et traitement de l\u2019insuffisance ventriculaire.SECTION DE CHIRURGIE: Traitement chirurgical de Pulcus gastrique et de l\u2019uleus duodénal et de leurs complications.Rapporteurs: M.R.Grégoire, (Paris) :\u2014Indications chirurgicales dans les ulcères gastro-duodénaux.M.Chs Vézina, (Québec):\u2014Du rôle de l\u2019infection dans les ulcères gastro-duodénaux.SECTION D'HYGIENE SOCIALE: 1\u2014La prévention sociale de la tuberculose.Rapporteurs: M.Ameuille, (Paris) :\u2014 Le rôle du médecin dans la prévention sociale de la tuberculose.MM.A.Rousseau et L.Guérard, (Québec):\u2014Les conditions actuelles de la lutte anti-tuberculeuse dans la Province de Québec.M.Emile Sergent, (Paris), représenté par son chef de clinique M.Francis Bordet:\u2014Des modes d\u2019infection de la tuberculose et particulièrement du rôle de l\u2019intestin.M.Laberge, (Montréal):\u2014Rapport sur les logements et la tuberculose dans la ville de Montréal. 530 L'UNION MÉDICALE DU CANADA pour y présenter des travaux scientifiques du plus haut intérêt.Voici les noms et les titres de ceux qui se sont inscrits à date : M.le Professeur Marcel Labbé, chef de la délégation française, professeur de Clinique Médicale, membre de l\u2019Académie de Médecine; 2.\u2014Prophylaxie de la syphilis infantile, - Rapporteurs: M.Marcel Pinard, (Paris): \u2014Le diagnostic de la syphilis chez la femme en état de gestation et chez le nouveau-né.MM.Gustave Archambault et Albéric Marin, (Montréal): Le traitement de la syphilis infantile.M.S.Langevin, (Montréal):\u2014Syphilis et grossesse.SECTION DES SPECIALITES DE LA TETE: Interprétation des états vertigineux.Rapporteurs: M.A.Movlonguet, (Paris):\u2014Les vertiges d'origine labyrinthique.M.P.E.Bousquet, (Montréal):\u2014Les états para-vertigi- neux d\u2019origine oculaire.M.A.Brousseau, (Québec):\u2014Interprétation des vertiges au point de vue neurologique.SECTION DES INTERETS PROFESSIONNELS : L\u2019hôpital et le praticien.Rapporteurs: M.À.Vallée, (Québec) :\u2014L\u2019hôpital et la praticien.\u201cM.P.A.Robichaud, (Montréal):\u2014Les médecins et les dispensaires.M.N.Fournier, (Montréal) :\u2014Evolution de la lutte anti- vénérienne à Montréal.Afin de permettre aux congressistes de connaître plus intimement tous ces maîtres étrangers, il y aura tous les jours des déjeuners d\u2019honneur où l\u2019on pourra retenir sa place à l\u2019avance moyennant la somme de UN DOLLAR.Ces déjeuners seront donnés sous les auspices de la Société Médicale de Montréal, des Hôpitaux et de la Ville de Montréal.Les soirées seront employées à rendre aussi attrayante qu\u2019instructive la neuvième réunion des médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord.Successivement, le programme comprendra: une séance avec projection de films scientifiques, à laquelle sera invité tout le public mont- réalais pour y entendre un maître français et M.le Docteur Léo Pariseau, de Montréal; un banquet auquel les dames sont invitées; enfin, une réception offerte aux congressistes par le Président et le Comité Exécutif du Congrès.Un Comité de Dames sera spécialement chargé de recevoir celles qui .viendront au congrès et de leur faire parcourir un programme de distractions et de promenades dons les détails seront connus plus tard.A l\u2019occasion du congrès, les compagnies de transport ont consenti un rabais sur le prix des billets.Pour bénéficier de cette réduction, vous êtes prié de vous reporter à la feuille ci-incluse qui vous donnera des détails complets sur l\u2019organisation du Comité des Transports et sur les avantages concédés aux congressistes. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 531 Le prix du Congrès est fixé à six dollars.De plus, nous comptons que les médecins canadiens saisiront avec empressement l\u2019occasion qui leur est offerte de faire partie de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de France (Section Canadienne) en versant un dollar de plus, soit sept dollars.Ils deviennent ainsi membres actifs de cette Association et reçoivent tous les deux ans les rapports officiels de ses congrès.Ce surplus n\u2019est pas obligatoire pour inscription au prochain Congrès de Montréal.Nous tenons aussi à vous faire savoir que le texte des rapports sera distribué avant le Congrès aux médecins inscrits à l\u2019époque de sa publication pour leur permettre d'en prendre connaissance et de les discuter aux assemblées plénières.Un deuxième rapport général sera ensuite envoyé contenant la discussion des rapports généraux, toutes les communications particulières et les discussions de chaque section.Il y a donc intérêt pour tous les membres de la profession médicale à s\u2019inserire dès maintenant.Nous prenons la liberté de vous inclure un bulletin d\u2019adhésion et un bulletin d\u2019inscription pour le travail que vous voudrez bien lire au prochain congrès.: Avant ou après le souper, auront lieu à Montréal et à Québec des cours de perfectionnement donnés par deux des principaux rapporteurs du congrès: les professeurs Antonin Clerc et R.Grégoire.Le professeur Clerc donnera la leçon suivante: Oblitération coronarienne et angine de poitrine \u2014 Dextrocardio -\u2014 Pronostic et traitement de l\u2019Arythmie \u2014 Evolution et pronostic du pouls lent permanent \u2014 Accidents gravido- cardiaques.Le professeur Grégoire fera un série de leçons de chirurgie pratique.Ces cours de perfectionnement sont, comme par le passé, offerts & la profession médicale par le Gouvernement Provincial.Pour tout renseignement supplémentaire, vous êtes prié de vous.adresser au secrétaire du Congrès le Dr Roméo Boucrer, casier postal 183, Station Outremont, Montréal, qui se mettra volontiers et le plus rapidement possible à votre disposition.Veuillez agréer, Monsieur et très honoré Collègue, avec nos remerciements.l\u2019expression de nos meilleures salutations.Pr ALBERT LeSAGE, Pr GUSTAVE ARCHAMBAULT, Président.Secrétaire-Général.P.S.\u2014Nous demandons aux médecins qui désirent présenter des travaux de s\u2019adresser au Secrétaire, le Dr Boucher.Nous espérons que tous ceux qui travaillent dans les hôpitaux ou ailleurs se feront un devoir de publier une note d'observation qui paraîtra au rapport général. INCERTITUDE C\u2019est si bon d\u2019aller mieux qu\u2019aussitôt on oublie Tout ce qu\u2019on a souffert pendant la maladie.Même si l\u2019on y pense, on n\u2019y croit presque plus, Comme aux drames d\u2019un livre une fois qu'ils sont lus.Ce n\u2019était qu\u2019une histoire, un cauchemar tragique; La vérité ne peut être aussi dramatique ! On serait mort cent fois si bien réellement On avait éprouvé l\u2019effroyable tourment Dont rêvent le délire et la soif des malades.Ah ! comment croire à ces macabres mascarades De spectres, de démons, ces ministres de la peur, Qui vous font éclater la cervelle et le coeur ! Puisqu\u2019on est là, qu\u2019on vit, que la lumière est blonde, Puisqu\u2019on se sent heureux ainsi que tout le monde.L\u2019ami qui vient vous voir ne vous dit que des choses Exquises, il plaisante et vous porte des roses; Les hommes ont pour vous des soins tout féminins: Et les femmes ont l\u2019air, en vous donnant leurs mains, D'écouter votre songe et d\u2019oublier leurs bagues.Dans tout ce qu\u2019on entend les succès restent vagues, Lointains; tout n\u2019est que jeu, plaisir, facilité.Quelquefois cependant vous vient d\u2019en aparté Trop voisin un mot mal étouffé qui déchire Brusquement à vos yeux le voile des sourires.Un autre jour, comme il vous croyait endormi, Vous surprenez en train de calculer, l\u2019ami Qui tantôt se moquait si gentiment des comptes; Son visage, durci, vous fait rougir de honte.Et plus tard, quand soi-même, on retourne dehors Se mêler aux passants, aux étrangers, alors Que l\u2019on reprend sa vie ordinaire, on s\u2019étonne De voir combien la rue est monotone, Combien les gens sont laids, soucieux et crottés.Et le soir, quand la chère aimée, à vos côtés, S\u2019ingenie à tromper sa propre inquiétude En même temps que votre inerte lassitude, Tandis que sa gaîté, trop vite, crève en l\u2019air, L\u2019esprit qui s'interroge avec une doute amer, Se dit, perdu dans les brumes de la mémoire: \u201cLe bonheur ne serait-il aussi qu\u2019une histoire ?.\u201d Georges Louis GARNIER.\u201cLa Grève du Sang\u201d.mins "]
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