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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1940-02, Collections de BAnQ.

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[" UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL CHAIRE DE NEUROLOGIE 4 \u2014 De la Faculté de Médecine Lecon inaugurale du Professeur Antonio BARBEAU Le 8 avril 1918, sur la recommandation de notre Faculté de Médecine, la commission universitaire nommait professeur de neurologie le docteur Albert Prévost.Une chaire presque nouvelle ou mieux une chaire nouvellement émancipée, le docteur Villeneuve avait depuis 1909 cumulé l\u2019enseignement de la psy- chiâtrie et de la neurologie, accueillait un jeune médecin, remarquable à la fois par ses qualités intellectuelles et morales.Personnellement, je n\u2019aurai été devant Prévost que l\u2019élève anonyme, attentif et respectueux.Mais depuis quinze ans, j'ai beaucoup fréquenté ses amis et ses collaborateurs des jours lointains; j'ai reçu maintes et maintes fois les confidences de ses anciens malades.j'ai vécu en somme dans le sillon de lumière et d\u2019affection qu\u2019il a laissé derrière lui.Ce contact posthume, plus puissant parfois qu\u2019une présence, m\u2019a permis de comprendre intimement l\u2019orientation de sa pensée et les buts de sa vie.Rien ne pouvait donc m'être plus sensible et plus agréable que d\u2019avoir, en cette leçon inaugurale, à le considérer, savant véritable, comme exemple et à le proposer, homme magnifique, comme modèle.Albert Prévost est né à Montréal le 6 août 1881.Etudes secondaires au Collège Sainte- Marie.Etudes médicales à l\u2019Université de Montréal.A 26 ans, il est médecin.En 1906, le voici à Paris.Il s\u2019inserit à la Faculté de Médecine et se remet à l\u2019étude des sciences dites primaires: anatomie, histologie, biologie, physiologie, ete.Un an plus tard, j'ignore par quel concours de circonstances, il rencontre la Neurologie.C\u2019est le coup de foudre.Mais aussi dans quel milieu homérique ne s\u2019est-il pas trouvé?Rarement aura-t-on vu, près du berceau d\u2019une science, tant de génies réunis.Charcot est mort, qui fut le Père et le Magicien.Il y a là cependant Babinski, Pierre Marie, Raymond, Souques et, ceux que Pré- vost a le mieux connus: Déjerine et ses collaborateurs immédiats: Déjerine-Klumpe, Long, André Thomas, Jumentié et combien d\u2019autres.Tous imbus de cette méthode anatomo- clinique si sûre et si féconde.On observe méticuleusement de très nombreux malades, on analyse symptôme après symptôme, on groupe, on associe, on synthétise, on crée des syndromes dont on note, dans le détail, l\u2019évolution temporelle.Puis plus tard, bien plus tard parfois, on cherche, avec un soin scrupuleux, sur des coupes histologiques innombrables, la localisation de la lésion que l\u2019on tient responsable des phénomènes morbides.L\u2019on tente, sur la foi des données ainsi recueillies, l\u2019édification d\u2019une pathogénie, et partant d\u2019une neurophysiologie.Quels furent les fruits de ce gigantesque travail des Déje- rine?Entre autres, deux volumes de neuro- anatomie humaine dont le texte et l\u2019iconographie sont restés sans égal, une séméiologie nerveuse qui est un chef-d\u2019œuvre de l\u2019esprit humain.Et par-dessus tout, il en demeure, pour les neurologistes de toujours, un enseignement d\u2019une valeur heuristique fondamentale et d\u2019une richesse infinie.Le docteur Prévost a vécu intensément, passionnément, \u2014 j'en tiens l\u2019affirmation de la bouche même de mes maîtres: madame Dé- jerine et Jumentié, \u2014 dans ce milieu de clinique et de laboratoire.Sept années durant.Quelle étonnante et rare formation culturelle!. 118 Et cependant, il fréquenta ailleurs que chez Déjerine.A l\u2019infirmerie du Dépôt, on trouvait, au service de la psychiâtrie et de la psychologie, deux savants extraordinaires, que le docteur Prévost, comme plusieurs parmi nous, a beaucoup admirés.L'un, Dupré, psychologue remarquable, l\u2019ami et l\u2019inspirateur de Paul Bourget; l\u2019autre, de Clérambault, le subtil, puissant, original et malheureux de Cléram- bault.C\u2019est à eux que tant de neurologistes et de psychiâtres doivent leur goût de la psychopathologie.C\u2019est à cause d\u2019eux, bien sûr, que le docteur Prévost, neurologiste éminent, très au fait des névroses et des psychoses, revint au Canada médecin légiste de l\u2019Université de Paris.Avec une telle préparation générale chez un tel homme, ce fut immédiatement le succes.Le succès sous toutes ses formes et dans tous les domaines: à l\u2019Université, à l'hôpital, au palais, en clientèle.On le nomma consultant à Saint-Jean-de-Dieu et médecin de l\u2019hôpital Notre-Dame.En 1913, il devient agrégé de neurologie; en 1918, il est déjà titulaire.Ascension extrêmement rapide des paliers universitaires et hospitaliers, que motivent abondamment ses qualités d\u2019enseigneur et de clinicien.Ses cours théoriques sont hautement prisés des étudiants en médecine et des gardes- malades.Ses démonstrations cliniques irradient la lumière, le brio, la finesse de cette école française, qui a profondément modelé l\u2019esprit du professeur et dont le rythme se poursuit même dans son allure gestuelle.Prévost disserte, avec une facilité, avec une élégance toujours égale, des cas les plus inextricables de la neurologie organique et des problèmes les plus complexes de la psychopathologie\u2026 C\u2019est un verbo-moteur, mais un verbo- moteur dont le fond est aussi riche que la forme.Tel nous l\u2019avons connu dans les dispensaires du vieil hôpital de la rue Notre-Dame: l\u2019œil sans cesse à l\u2019affût du symptôme essentiel, la question incisive, les mouvements vifs dans la recherche du signe objectif et cependant très doux, très enveloppant, très prenant, aussi attaché aux problèmes des pauvres gueux qu\u2019à ceux de ses clients cossus.« Venez L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 à mon bureau demain, il ne vous en coûtera rien », l\u2019avons-nous entendu glisser à l\u2019oreille du malheureux qui réclamait encore de lui quelque soutien.Car il était bon tout autant que savant.Il aimait les nerveux, tous les nerveux, mais avec une prédilection singulière les névrosés.Plus que par les « organiques », il était sollicité par les obsédés, les phobiques, les anxieux, les déprimés, les psychasthéniques, les neurasthéniques dont le nombre est si grand et les malaises si tenaces.Ces laissés pour compte par les neuf-dixièmes des médecins accouraient vers lui à cause de sa popularité immense et de son indiscutable prestige.Doué d\u2019un tempérament très sensible, naturellement porté vers la psychologie, il fut très tôt captivé.Il n\u2019eut cesse de donner quotidiennement à ces déshérités la consolation et l\u2019espoir, de pratiquer toujours plus abondamment une thérapeutique astreignante, torturante, mais si spécifiquement humaine.Histoire indéfiniment renouvelée de l\u2019héroïque Pélican.Or, ces névrosés sont les plus mal partagés des malades.On les rencontre partout, parce que leur place véritable n\u2019est nulle part.L\u2019asile n\u2019est pas pour eux puisqu\u2019ils sont sains d\u2019esprit.Les hôpitaux généraux destinés à d\u2019autres besognes ne peuvent se consacrer à leurs soins particuliers.Le milieu familial leur est d\u2019habitüde pernicieux.Que faire?Dans ces conditions, la meilleure psychothérapie, la meilleure pharmacopée ne donnent trop souvent que des résultats incomplets et aléatoires.Et alors?Et alors, c\u2019est le problème que tous les jours les neurologues doivent résoudre.et.ne résolvent pas.Prévost le connut, cet affreux dilemme, comme nous, plus que nous.Il était seul.Il n\u2019existait rien encore.Sa clientèle de névrosés était véritablement formidable.Réva-t-1l aux jours meilleurs et impossibles?Non.Il fonda une clinique privée, réservée à cette catégorie de malades.Il la fonda de son propre élan, j'allais dire de sa propre vertu, puisqu\u2019une telle fondation était- encore une forme de son nécessaire apostolat.Et ce fut bien sur ce plan de l\u2019œuvre humanitaire, de la croisade sociale, qu\u2019en 1919, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 naquit & Cartierville.le Sanatorium qui porte son nom.Les ouvriers de la premiere heure, notre éminent collègue le docteur Edgar Langlois, la collaboratrice précieuse et fidèle, Mlle Charlotte Tassé, garde-malade en chef, doivent à notre petite histoire de retracer un jour l\u2019épopée, car c\u2019en est une, de cette clinique.Nous n\u2019avons pas autorité pour le faire.Mais, connaissant le fondateur et les névrosés, sachant la qualité du personnel que Prévost avait su se choisir, nous imaginons facilement l\u2019esprit général, le dévouement, l\u2019abnégation\u2026 et la ferveur de ce milieu d\u2019élite.Là, Prévost s\u2019est extériorisé au mieux.Là, il s\u2019est révélé lui-même, c\u2019est-à-dire le plus grand psychothérapeute canadien de son époque.«Il fallait, écrivait naguère Edouard Montpetit, le voir arriver au Sanatorium sur un coup de volant rapide, érafler de ses freins le gravier des allées et, dans un nuage de poussière aussitôt étouffé, descendre de voiture avec ce joyeux sourire qui lui plissait les yeux et, tout de suite, comme s\u2019il prenait possession de la pensée de ses patients, distribuer du mouvement et de la gaieté.Il s\u2019approchait de chacun, conversait avec intérêt, trouvait un motif de ne pas s\u2019abandonner, redressait une crainte exagérée, se faisait le tuteur des volontés brisées par la vie.Et songez a tous ceux qu\u2019il avait laissés en route, qui comptaient sur lui pour reprendre sur eux-mêmes une emprise inespérée.\u2026 » Et le Sanatorium prospérait, presque exclusivement alimenté par la forte clientèle de Prévost, illuminé par l\u2019enthousiasme de ses collaborateurs.On caressait des projets.Bientôt, il y aurait une chapelle; on augmenterait le nombre des chambres; on donnerait à l\u2019hôpital un fini plus moderne; l\u2019école des infirmières spécialisées étendrait plus largement ses ailes.Ainsi les espoirs et les rêves enveloppent les personnes et les choses qu\u2019on aime.Le dimanche, 4 juillet 1926, vers les 4 heures du matin, au retour d\u2019une consultation, c\u2019est le heurt terrible sur une auto qu\u2019on halait d\u2019un fossé, la double fracture du crâne 119 et, le lendemain, la mort tragique dans un hôpital étranger.J\u2019ai relu pieusement les articles nécrolog!- ques que dans le temps consacrèrent à Pré- vost ses collègues et ses amis: l\u2019abbé Trudeau, monsieur Edouard Montpetit, le docteur E.-P.Benoît, le docteur W.Derome, etc., ete.J\u2019al vu de mes yeux, à Paris, l\u2019émotion de ses anciens maîtres et camarades.Partout, dans notre milieu universitaire, hospitalier, social, sa mort déclencha l\u2019étonnement brutal.puis la consternation la plus profonde.Nul homme, a, moins que Prévost, travaillé pour la publicité, et cependant, aucun médecin de sa génération n\u2019aura reçu de ses concitoyens plus de respect, d\u2019attachement et d\u2019admiration.Son départ inopiné prenait l\u2019aspect d\u2019un désastre collectif.Pour ses malades, le coup fut plus direct et plus terrible encore.Nul témoignage ne m\u2019a plus réellement ému, nul ne m\u2019a plus intimement renseigné sur Prévost que le leur.Que de fois, depuis des années, certains d\u2019entre eux m'ont répété, les larmes aux yeux, le désarroi dans lequel les avait jetés le décès du grand thérapeute, du splendide consolateur\u2026 Aucun livre, aucune action d\u2019éclat ne vaut, en médecine humaine, un tel tribut.De la véranda du Sanatorium à Cartier- ville, l\u2019observateur aperçoit, au milieu d\u2019une vaste pelouse, une double rangée de peupliers superbes.Ils sont là, dans le même alignement qu\u2019on leur donna, grandissant toujours et se repeuplant sans cesse de feuillages neufs et d\u2019oiseaux jeunes.Tout au loin, leur projection découpe dans la riviére des Prairies un tronçon de liquide éternellement changeant.Ainsi l\u2019exemple de Prévost trace à nos pen- sers et à nos gestes de neurologues les lignes immuables d\u2019une œuvre, tout en nous indiquant les fatales nécessités d\u2019un rajeunissement quotidien, caractéristique de toute vie.* * + Prévost fut donc le neurologiste de son temps et de son lieu.Formé à la période de gloire de la méthode anatomo-clinique française, il s\u2019avéra clinicien modèle.Comme il 120 était le seul spécialiste en maladies nerveuses de notre race, une clientèle de névrosés prit toutes ses pensées, tout son temps, toutes ses œuvres.Ce qu\u2019il fit, il le fit admirablement.Mais treize ans ont passé depuis sa mort, vingt-six depuis son retour d\u2019Europe.Les conditions locales ont changé; l\u2019évolution de la neurologie s\u2019est poursuivie.Nous sommes maintenant à Montréal plusieurs neurologues: l\u2019élève immédiat de Pré- vost d\u2019abord, le docteur Edgar Langlois, puis, par ordre chronologique de leur entrée en clientèle active, Emile Legrand, Barbeau, Saucier, Amyot, Larivière, Pilon, Panet-Ray- mond, etc.Des services autonomes de neurologie ont été créés dans nos hôpitaux: Notre- Dame, Sainte-Justine, Saint-Luc, l\u2019Hôtel-Dieu en sont pourvus.Des dispensaires réguliers alimentent ces services.Les cliniciens appellent plus volontiers en consultation leurs confrères spécialisés.Il en résulte que nous voyons des malades plus nombreux, plus choisis, qu\u2019étant mieux installés pour les observer et les traiter, nous nous occupons davantage des « organiques ».Quant aux névrosés, ils se répandent dans plusieurs cabinets de consultation et n\u2019accaparent plus tout le temps de chacun d\u2019entre nous.Plus importante que l\u2019augmentation du nombre des neurologues, plus décisive que l\u2019amélioration de nos conditions de travail, il y eut l\u2019évolution de la neurologie.Nulle spécialité médicale ne s\u2019est plus que la nôtre transformée, en compréhension et en extension, au cours des vingt-cinq dernières années\u2026 Le système nerveux a polarisé vers lui l\u2019intérêt des chercheurs de toutes nuances: anatomistes, zoologistes, biologistes, histologis- tes, embryologistes, anatomo-pathologistes, chimistes, physiciens, etc, etc.Tous apportent sans cesse au clinicien quelques précieuses données.La neuro-chirurgie, cette merveille moderne, a, sous l\u2019égide d\u2019une technique audacieuse, élargi et précisé à la fois nos cadres nosographiques et modifié grandement l\u2019évolution de nos concepts.Enfin, la neurologie, suivant cette double impulsion, a fait retour vers les sources vives de la médecine générale L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 et s\u2019éclaire de plus en plus aux lumières de la physiologie: métamorphose singulière et fatale d\u2019une science vivante dont je voudrais maintenant illustrer quelques étapes.C\u2019est aux travaux histologiques de Speider que nous devons de mieux comprendre maintenant les phases de la dégénérescence et de la régénération nerveuses.Des zoologistes nous ont expliqué la phylogénèse du système nerveux et par leurs expériences de décéré- bration infra et suprathalamiques à travers la série animale, ont pu fournir à la géniale hypothèse des niveaux nerveux de Hugling Jackson une confirmation expérimentale très solide.Quand un anatomo-pathologiste dont nous sommes fiers, Pierre Masson, décrit les appendicites neurogènes et les glomi périphériques, il fait de la belle neurologie.Les recherches d\u2019Herrick Judson sur le tronc cérébral des poissons nous ont admirablement simplifié la schématisation de cette région si compliquée de l\u2019axe nerveux humain.Les minutieuses opérations embryologiques de Speeman, de Mangold, de Brachet, éclairent la pathogénie de tels troubles neurologiques congénitaux.Les travaux des chimistes physiologistes sur les vitamines ont posé et souvent résolu le problème des avitaminoses en clinique neurologique.Ainsi, personne n\u2019ignore de nos jours le rôle de la vitamine B' dans le métabolisme glucidique des centres nerveux et la genèse, par cette avitaminose particulière, de certaines dystrophies nerveuses relativement fréquentes.Sans le galvanomètre à corde, sans les lampes triodes, que des physiciens ont employées dans l\u2019analyse des courants nerveux, aujourd\u2019hui, nous ne posséderions pas théoriquement la féconde notion des fréquences et des rythmes et pratiquement l\u2019électrencéphalographie, dont l\u2019utilisation, pour ne parler que d\u2019elle, a fait ses preuves dans le diagnostic topographique de l\u2019épilepsie et des tumeurs.Nous pourrions allonger indéfiniment la liste des exemples.Nous en pourrions citer de plus et de moins connus.Leur valeur confirmative serait la même.A l'heure actuelle, la neurologie reçoit de toutes parts des renseignements utiles que BARBEAU: LEÇON INAUGURALE le clinicien se doit de connaître et doit à ses malades de mettre à leur service.| La neurochirurgie, 1, ?telle qu\u2019on la conçoit de nos jours, est une science jeune.Elle est née en Angleterre où l\u2019Ecossais MacEwen en 1879 opérait un méningiomé olfactif, où, en 1887, Horsley enlevait une tumeur extramé- dullaire et, en 1903, une tumeur de l\u2019acoustique.Toutefois, c\u2019est aux Etats-Unis qu\u2019elle a grandi, qu\u2019elle est devenue une science et un art prodigieusement actifs.Les noms de Cushing, de Frazier, de Dandy, de Penfield, d\u2019Horrax, de Bailey, sont universellement répandus.Chacun de ces hommes a créé une multitude de techniques chirurgicales, chacun a profité d\u2019observations méticuleusement faites avant, pendant et après l\u2019intervention sur le système nerveux humain et vivant, pour constituer à maints états neurologiques une symptomatologie et une pathogénie nouvelles.Mais chacun de ces hommes a surtout enrichi, par delà ses constatations immédiates, notre neurophysiologie.Car, ils furent tous, de par la tournure de leur esprit et l\u2019inéluctable impératif de leur tâche, des physiologistes autant que des neurochirurgiens.Et neurophysiologistes d\u2019une frappe originale.Certes, ils sont profondément intéressés aux recherches de laboratoire.Ils les connaissent, les commentent, s\u2019en inspirent et parfois les suscitent.Ils gardent avec les neurophy- siologistes purs un étroit contact scriptural et personnel.Ils lisent leurs publications, les invitent à conférencier chez eux, discutent avec eux, leur soumettent des problèmes.Eux- mêmes expérimentent chez l\u2019animal.Y a-t-il lieu de rappeler qu\u2019Horsley avait d\u2019abord fait de très belles recherches expérimentales sur les localisations cérébrales avant de tenter sa première opération humaine ?Faut-il signaler les admirables découvertes de Cushing sur la physiologie de l\u2019hypophyse et de la région hypothalamique ?N\u2019est-ce pas Bailey qui avec Bremer, a réalisé les premières expériences 1.Clovis Vincent: «Faculté de Médecine de Paris.Chaire de Neurochirurgie.Lecon inaugurale.» Presse Médicale, No 40, 20 mai 1939, p.76.2.«L\u2019Avenir de la Neuro-chirurgie.» Presse Médicale, No 40, 10 juin 1939.121 sur le tuber cireneum.?Mais, et voilà l\u2019essentiel, les neurochirurgiens profitent de l\u2019occasion, autrefois exceptionnelle, maintenant courante, d\u2019expérimenter sur l\u2019homme.Chaque opération, guidée par un esprit physiologique, devient une véritable vivisection, riche en enseignements divers.La transposition interprétative d\u2019une espèce à l\u2019autre, avec tous les aléas de l\u2019argument d\u2019analogie, n\u2019existe plus.Le système nerveux qu\u2019on interroge est celui- là même dont on veut la réponse, réponse toute nuancée des subtilités biologiques et psychologiques propres au cerveau humain.D\u2019ores et déjà, la neurochirurgie américal- ne a sauvé des milliers de vies; elle a considérablement augmenté la somme de nos connaissances cliniques; cependant, d\u2019avoir infusé à l\u2019observation neurologique la tonalité physiologique, d\u2019avoir, inconsciemment peut-être, prouvé en neurologie la primauté de l\u2019expérience humaine sur l\u2019expérience animale, constituera dans l\u2019histoire de la médecine son titre le plus glorieux.Véritable paradoxe au pays de Claude Bernard: la neurochirurgie française vient à peine de s\u2019y mettre à l\u2019œuvre.Les pionniers furent de Martel et Robineau; les maîtres actuels sont Clovis Vincent et Leriche.Le premier apparaît en ce domaine, et le compliment est d\u2019importance, comme le plus américain des Français.Le second est un des esprits les plus brillants, les plus lucides et les plus créateurs que je connaisse.Clovis Vincent, d\u2019abord médecin des hôpitaux, puis neurologiste éminent, est devenu, grâce à un travail intense, à une prédisposition innée rare, à un enthousiasme réfléchi dont les semblables sont exceptionnels, un neurochirurgien de renommée internationale.Professeur titulaire de neurochirurgie à la Faculté de Paris, il est en voie de réaliser là-bas un service modèle, muni de tous les perfectionnements chirurgicaux et pourvu, comme il se doit, d\u2019un laboratoire de neurophysiologie.Le professeur René Leriche, du Collège de France, a fait en chirurgie de grandes choses et nouvelles.Mais, par delà ses réalisations pratiques, c\u2019est l\u2019orientation même de son 122 penser chirurgical qui le situe au premier rang de nos contemporains .L'opération n\u2019est pas pour lui une simple et brutale effraction dans l\u2019organisme.Elle a, en endocrinologie, dans la vie intime et susceptible des tissus, ses antécédents, ses concomitantes, ses conséquences.On les connaît mal.I] faudra les étudier.En attendant, il importe de les ménager, de les prévenir.La chirurgie doit être physiologique dans l\u2019intégrale acception du terme.Le retour à la fonction normale est la fin qu\u2019elle poursuit; la déviation pathologique est la monstruosité qu\u2019il lui est nécessaire d\u2019éviter.Les blocages régionaux du système nerveux végétatif, les hardiesses apparentes des interventions neuro-vasculaires n\u2019ont pas de signification plus précise.Et cette observation physiologique, c\u2019est chez l\u2019homme et chez l\u2019homme avant tout qu\u2019on la poursuivra.Leriche est trop intelligent pour négliger les apports de l\u2019expérience chez l\u2019animal.Néanmoins, il estime avec raison que l\u2019être humain est pour le médecin le matériel de choix, abondant, divers et adéquat.Pourquoi, dit-il en substance, casser les pattes des lapins pour étudier les processus de la régénération osseuse quand, chaque jour, des hommes subissent des fractures.Et plus loin il a cette trouvaille, débordante de sens: « L\u2019esprit de Claude Bernard peut souffler ailleurs que dans les chenils.» Leriche presque insensiblement nous conduit à Danielopolu* lui aussi esprit puissant et moderne.Neurologiste, il s\u2019est intéressé particulièrement au système nerveux végétatif.Les trois lois fonctionnelles qu\u2019il a promulguées (de l\u2019amphotropisme, des mécanismes circulaires amphotropes, des prédominances) sont trop connues pour qu\u2019il soit nécessaire d\u2019en rappeler ici le détail explicatif.La portée doctrinale de son œuvre dépasse d\u2019ailleurs l\u2019énoncé de lois physiologiques, toutes précieuses qu\u2019elles sont pour la compréhension 3.René Leriche: « Leçon d\u2019ouverture du Cours de Médecine au Collège de France.» Presse Médicale, 23 février 1938, No 16.4.Danielopolu: «Schéma anatomo-physiologique du système nerveux végétatif.Mécanisme de régulation du tonus végétatif.» Presse Médicale, 27 avril 1938, No 34.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 des dystonies neuro-végétatives.Danielopolu a démontré, sur la foi d\u2019une physiologie au fait des découvertes les plus récentes, l\u2019essentielle interdépendance de la vie de relation et de la vie de nutrition.Notions anciennes, pour sûr, mais que des théoriciens dogmatiques et des spécialistes à visière avaient oubliées.Notion si simple cependant dès qu\u2019on veut bien s\u2019y arrêter et réfléchir.Chaque cellule de l\u2019organisme baigne dans un milieu humoral; nous entendons par là le milieu sanguin, interstitiel ou le liquide céphalo-rachidien ; milieu humoral qui l\u2019imbibe, dans lequel elle vit, pour lequel elle vit.Elle y puise ses aliments, ses excitations et ses inhibitions fonctionnelles; elle y déverse ses déchets et les produits de son activité.Tantôt il s\u2019agit d\u2019éléments sans grande ou sans aucune spécificité d\u2019origine; simple métabolites, CO?, sels et bases divers, glucose, ions calcium et potassium, choline, histamine, etc.; éléments importants néanmoins du point de vue physiologique, équilibre acide-base; équilibre CO?2/0°, action locale marquée sur les tissus voisins; augmentation de la susceptibilité des terminaisons sensitives, (sensitines).Tantôt, l\u2019on a affaire à des composés chimiques plus complexes, nés de tissus plus spécialisés, composés qu\u2019on peut grouper sous le terme générique de stimulines.Les unes, dont la formule est fragile, agissent et périssent sur place, tels les neuro-stimulines: hormone cardiaque, sympathine E et I, parasympathi- ne, etc.Les autres, endo-stimulines, résultant d\u2019une élaboration sécrétoire de la cellule, franchissent les frontières prochaines, sont convoyées à distance, exercent une action spécifique, tels les hormones véritables: adrénaline, thyroxine, principes hypophysaires, génitaux, etc.Tout cela constitue un milieu humoral très hétéroclite, dans lequel plongent les terminaisons nerveuses, cérébro-spinales et sympathiques, périphériques et centrales.Ce milieu agit sur elles qui, de leur côté, y déversent certaines substances.Excitants, inhibants, régulateurs pour tel et tel type de structure nerveuse se coudoient.Donc, milieu essentiel- BARBEAU: LECON INAUGURALE lement amphotrope, exemple frappant de l\u2019intime intégration de la vie de relation et de la vie de nutrition.C\u2019est une hérésie désormais de considérer le système nerveux comme une monstrueuse abstraction clinique.La médecine est une.Et par voie de conséquence, les maladies du système nerveux retentissent sur tout l\u2019organisme; les maladies de l\u2019organisme secouent tout le système nerveux.Cette doctrine, elle n\u2019est pas expressément énoncée dans l\u2019œuvre de Danielopolu; mais elle en découle, en vertu d\u2019une hypothèse déjà ancienne de Keith- Lucas, récemment reprise par les physiologistes à l\u2019occasion des recherches sur les messagers chimiques de l\u2019influx nerveux.Il n\u2019y a entre les phénomènes fonctionnels, au niveau des synapses centraux et au niveau des synapses périphériques, que des différences quantitatives.Et par suite, on peut sans péril étendre à tout le système nerveux les conclusions de Danielopolu sur le système neurovégétatif.x x Avant d\u2019entreprendre la dernière étape de notre voyage, il serait peut-être utile de nous arrêter un instant et de regarder le chemin parcouru.Plusieurs concepts plus ou moins originaux marquent l\u2019évolution de la neurologie moderne.On les retrouve implicitement ou explicitement exprimés dans l\u2019œuvre de tous les maîtres contemporains.Un tél a mis l\u2019accent sur celui-ci, tel autre sur celui-là.Mais tous font partie intégrante de notre mode actuel de penser.Leriche a attiré l\u2019attention sur la vie intime, spécialisée et fragile des tissus confiés à la garde du système neurovégétatif.Danielo- polu a montré sous la compénétration des vies de nutrition et de relation, l\u2019amphotro- pisme des milieux humoraux.Les neurochirurgiens ont exemplifié l\u2019éminence de l\u2019expérimentation physiologique chez l\u2019animal et surtout chez l\u2019homme.Cette dernière idée fut reprise avec un exclusivisme plus apparent que réel par Leriche.Mais ce qui qualifie toute notre orientation doctrinale, c\u2019est l\u2019indissoluble mariage de la physiologie et de la clini- 123 que, l\u2019une supportant, expliquant, illuminant l\u2019autre.Réalisation tardive et féconde de l\u2019adage connu de Claude Bernard: «Il n'y a en médecine qu\u2019une science, la physiologie appliquée à l\u2019état normal comme à l\u2019état pathologique ».Nous allons en trouver une preuve nouvelle dans l\u2019étude des névroses.On sait que la chimiothérapie moderne, que l\u2019endocrinothérapie, par des mécanismes dont certains sont déjà connus, dont la plupart restent imprécis, nous y fournissent parfois des améliorations inespérées.On n\u2019ignore pas qu\u2019en traitant les dystonies neurovégétatives on calme souvent la tempête névropathique.Preuves indirectes à notre thèse.Preuves superflues au reste puis- qu\u2019on a de longtemps abordé le problème de la genèse des névroses par la technique physiologique.Pawlow est, sous ce rapport, un précurseur d\u2019envergure.En perturbant les séquences expérimentales dans ses recherches sur les réflexes conditionnés, il a, chez des chiens à tempéraments faibles ou colériques, créé de véritables troubles corticaux, d\u2019authentiques et graves états parabiotiques.Les travaux plus récents de Liddel et de Maier sont parvenus à la connaissance du grand public.Nous en rappellerons l\u2019essentiel, à cause de la leçon qui s\u2019en dégage.Maier, psychologiste à l\u2019Université de Michigan, opère sur des rats qu\u2019il entraîne à sauter d\u2019une plate-forme sur des cartes.Une de ces cartes, et une seule, bascule sous le poids de l\u2019animal.En dessous, il y a de la nourriture.Bientôt, le rat sait discerner la carte intéressante.L\u2019expérience véritable commence alors.Il s\u2019agit, c\u2019est le cas de le dire, de brouiller les cartes.L\u2019animal saute.Il se frappe le nez.Il recommence.Méme aventure.Il s\u2019affole, court sur le parquet, bondit, s\u2019affaisse, épuisé, entre en convulsions et tombe dans un profond coma.L\u2019impossibilité de résoudre un problème trop compliqué a déclanché la névrose.Les expériences du professeur Liddel de l\u2019Université Cornell sont de même ordre.Les sujets choisis sont le mouton, le porc et la chèvre.L'animal est conditionné à recevoir 124 un choc électrique léger, après l\u2019audition d\u2019un bruit quelconque.Une fois le réflexe conditionnel bien fixé, on en perturbe l\u2019ordre et l\u2019ampleur des événements.L\u2019animal se trouble, devient de plus en plus confus, à mesure que les expériences faussées se répètent.Au lieu de subir plus ou moins passivement les phénomènes, il se rebelle.Le mouton donne du crâne sur le mur, la chèvre saute, le porc fonce.Bientôt s\u2019installe un état névropathique plus ou moins durable.On doit faire entrer de force l\u2019animal dans la chambre d\u2019expérience.Entre-temps, le comportement reste bizarre, fait d\u2019isolement ou d\u2019agressivité.Comme disent les Américains, le « nervous breakdown » est né, qu\u2019on pourra maintenant essayer de guérir par médicaments ou psychothérapie.Et il est né, parce que l'animal n\u2019est pas parvenu à comprendre ce qui pour lui était incompréhensible.Point de départ physiologique.Conclusion psychologique.La technique est impeccable.L\u2019induction reste analogique.C\u2019est parce qu\u2019il se bute à l\u2019ésotérique que l\u2019animal devient névrosé.Les difficultés intrinsèques de la vie, portes closes sur les réalisations désirées mais devenues impossibles, déclenchent sans doute telles de nos névropathies humaines.Je ne vois pas le lien nécessaire et fatal entre les deux constatations.D\u2019ailleurs l\u2019objection est ancienne, qu\u2019on dressait devant les premiers avancés de Pawlow: la relative simplicité du psychisme animal en regard de la complexité du psychisme humain.Et cette autre: il n\u2019est pas prouvé, loin de là, que cette complexité du cerveau humain soit soluble intégralement en éléments simples, isolément analysables.Toute la psychologie moderne, orientée vers la notion dominante d\u2019intégration et de synthèse, s\u2019érige contre cette présomption.Je sais bien qu\u2019on commence à saisir à la base des principaux processus neuropsycholo- giques chez l\u2019homme comme chez l\u2019animal: excitation, inhibition, irradiation, dynamo- génie, automatisme, réflexes, des facteurs biologiques tout particulièrement neurovégéta- tifs et endocriniens.Je n\u2019ignore pas non plus que, pour les névroses, nous sommes infini- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 ment moins avancés, physiologiquement parlant, que pour le reste de la neurologie et de la psychiâtrie et qu\u2019à l'horizon se dresse ici, pour la technique expérimentale, un mur infranchissable.N\u2019en faisons pas une névrose.La solution de cette pseudo-énigme n\u2019est pas impossible; elle sera splendide.Il existe des physiologistes spécialisés dans l\u2019étude du psychisme humain.Faut-il les appeler des psychologues ?Ils ont de longue date étudié, dans le concret, nos réactions proprement spécifiques, depuis la prime enfance jusqu\u2019à l\u2019ultime vieillesse, dans toutes les circonstances possibles et imaginables, sous toutes les hérédités et dans tous les climats physiques, sociologiques et religieux.Ils ont en commun avec les neurochirurgiens d\u2019avoir observé et expérimenté chez l\u2019homme; ils possèdent parfois le subtil avantage d'avoir travaillé chez l\u2019homme normal.Pouvons-nous honnêtement négliger leurs contributions, quand le patient qui se présente à nous est cet homme même chez lequel toutes ces forces puissantes demeurent sans cesse sous tension\u2026, chez lequel elles ont peut-être joué dans la genèse de la maladie, chez lequel elles joueront sûrement dans le processus de la guérison?Impondérables de la médecine ?Impondérables parce qu\u2019on néglige de les soupeser, parce qu\u2019on ne sait plus comment en faire la tare.Ils furent chéris des dieux, les médecins qui peuvent intuitivement capter ces forces et les canaliser vers le salut.Leurs plus belles cures n\u2019ont souvent pas d\u2019autres motifs.Mais combien plus scientifiques ceux qui reconnaissent chez tout malade physique une régression psychique infantile, proche parente de la névrose, et se comportent vis-à-vis de leur patient en neurologistes avertis! Car les neurologues ne peuvent oublier qu\u2019à côté de la féconde méthode anatomo-clinique, qu\u2019en marge du merveilleux courant physiologique contemporain, il y eut l\u2019essor de la psychologie normale et pathologique: tout près de Charcot, Janet, et après Janet, Ribot, Dupré, de Clérambault, Freud, de Jung, Adler.La liste pourrait indéfiniment s\u2019allonger de BARBEAU: LEÇON INAUGURALE maîtres qui nous révélèrent des aspects neufs et pratiques de la psychogénèse des névroses.Et souvent de telle névrose chez tel individu.C\u2019est en ce moment à l\u2019école typologique de Delmas et Boll, de Krechmer, de Taensch, de Pende, de Betcherew que je pense particulièrement.De toute façon, pour la compréhension de sa spécialité, pour l\u2019exercice de son art, il est aussi indispensable au neurologiste d\u2019aujourd\u2019hui de connaître à fond les travaux des psychologues que de posséder de vastes et précises notions de physiologie générale.Le plus grave défaut dans toute formation culturelle et professionnelle sera toujours l\u2019unilatéralité.Telle est donc l\u2019évolution de la neurologie.Sur la pierre angulaire de la méthode anato- mo-clinique, un édifice s\u2019est élevé, dans le style propre à la médecine moderne: celui de la physiologie.Les neurochirurgiens, les sym- pathologues nous apparaissent ici comme des causes exemplaires.Ce sont des adeptes de la technique expérimentale et, de surcroît, des partisans de l\u2019observation de l\u2019homme par l\u2019homme.De même sont de nos jours les psychologues, dont les travaux confèrent à notre penser neurologique et médical une note distinctive.Anatomie, clinique, physiologie expérimentale et humaine, psychologie, que de pierres dissemblables dans une même construction! Et cependant comme ces pierres tiennent bien ensemble, si on les joint les unes aux autres par le ciment d\u2019une doctrine, d\u2019une doctrine aussi ancienne que la médecine elle- même.Et vivante, puisqu\u2019elle a su, à travers des assimilations innombrables et des excrétions répétées, conserver ses lignes premières.Est-il besoin de la nommer?C\u2019est l\u2019hippocratisme, toujours rajeuni matériellement, toujours formellement le même.C\u2019est l\u2019hippocratisme de l\u2019école Montpelliéraine 3, celui de Bartez, de Grasset, et de la plupart des penseurs que l\u2019on s\u2019obstine en certains milieux à considérer encore comme des esprits d\u2019avant- garde.5.Paul Pagès: « L\u2019Ecole de Montpellier devant la Biologie contemporaine.» Imprimerie, E.Mazel, 938.125 En cinq lignes, qu\u2019exprime-t-elle done cette doctrine de toujours?Simplement ceci.L\u2019être humain est soumis aux mêmes forces que l\u2019animal, forces de nature physico-chimiques et vitales.Il est aussi sous l\u2019emprise d\u2019autres forces différentes, supplémentaires, qui peuvent modifier le jeu des premières.Conséquemment, pour comprendre l\u2019être humain, normal ou malade, il faut le prendre en son entier, tel qu\u2019il est, d\u2019une espèce donnée, avec une constitution, un tempérament, un caractère personnels, plongé dans un milieu extérieur qui n'appartient qu\u2019à lui, dans un milieu dont les dynamismes, identiques pour tous, agissent sur lui selon un dosage unique.Conséquemment aussi, dans la thérapeutique, aucun des moyens physiques, chimiques, physiologiques, psychologiques ne saurait être omis; car tous peuvent et doivent concourir au rétablissement de l\u2019équilibre nécessaire.La même expression doctrinale, je la retrouve, très pure, sous la plume de Leriche: «De nos jours, entraînée dans un tourbillon vertigineux de découvertes, la médecine est comme étourdie.Ivre d\u2019analyses et de nouveautés, elle aspire à une minute de synthèse.Elle voudrait pouvoir reprendre haleine sous les platanes de Cos.Sans se l\u2019avouer, elle a peur.Elle sent que la multiplication des techniques, l\u2019émiettement de ses plus vieilles traditions lui font courir un danger auquel elle ne va peut-être plus pouvoir résister: celui d'oublier, à côté de ses humeurs, l\u2019homme qui est son objet, l\u2019homme total, être de chair et de sentiment.» Mais non! mais non! La médecine ne peut pas, le voudrait-elle, oublier cela.Revenue vers elle par la voie royale d\u2019une physiologie neuve, la neurologie l\u2019entraînerait à son tour.D'ailleurs, délaissant cette donnée fondamentale, la médecine cesserait alors d\u2019être la médecine.Science tributaire de toutes les autres, mais science autonome par son objet formel.Science de vie, donc de variations dans une permanence.Science de l\u2019homme, par l'homme et pour l'homme.En un mot, science divine d\u2019intelligence et d\u2019amour. MÉMOIRES o > o + LA GRANULOPÉNIE MALIGNE Par Albéric MARIN.(Montréal) Nous n\u2019avons pas limité notre Rapport aux seules relations de l\u2019agranulocytose et de la dermato-vénéréologie.Ce qui importe à l\u2019heure actuelle, croyons-nous, c\u2019est de mieux s\u2019accorder sur l\u2019éthiologie et la pathogénie de cette affection et sur les conséquences thérapeutiques qui en découlent.Aussi avons-nous consacré une bonne partie de ce travail à exposer les recherches qui ont été faites dans des domaines autres que celui de la dermato-vénéréologie.Nous avons pensé qu\u2019une étude d\u2019ensemble de la question éclairerait mieux les problèmes qui se posent dans notre spécialité.D'autre part, nous avons cru qu\u2019il serait intéressant pour nos confrères d\u2019Europe de connaître le point de vue nord-américain, lequel au demeurant se rapproche de celui de plusieurs de nos collègues de France.C\u2019est ce qui nous a incité à faire de la question une revue plus générale et à citer plus abondamment des auteurs du Nouveau- Monde.Définition La granulopénie maligne est un syndrome essentiellement caractérisé par de la leucopénie intense avec diminution relative et absolue des polynucléaires et augmentation relative des lymphocytes.Cliniquement, elle est d\u2019allure grave et s\u2019accompagne de lésions ulcéro- nécrotiques des muqueuses.Cette déficience ide la granulopoièse est, dans la vaste majorité des cas, due à une intolérance d\u2019origine médicamenteuse.La très grande abondance des travaux publiés sur cette question et leurs tendances diverses ont donné naissance à des dénominations multiples: agranulocytose, angine agra- nulocytaire, angine hypogranulocytaire, muco- sitis necroticans agranulotica, angine hypoleu- cocytaire, stomatite gangréneuse myélophti- sique, granulopénie aiguë, neutropénie idiopathique, granulocytopénie, neutropénie maligne, leucopénie agranulocytaire, syndrome agranulocytaire, syndrome neutropénique, toximyélose aplastique, myélopathie agranu- locytique, myélose aplastique agranulocy- taire, agranulose, agranulocytopénie, agranu- lémie, hypogranulocytose, leucopénie pernicieuse, etc.Le nom d'agranulocytose, initialement choisi par Schultz, est le plus communément utilisé.Toutefois, avec Kracke, Angle, Spake et plusieurs autres, nous le croyons étymologiquement incorrect.En effet, il est d\u2019usage en hématologie d\u2019attribuer à la désinence «ose » le sens d\u2019augmentation numérique, comme dans leucocytose, polynucléose, lymphocytose, mononucléose, ou s\u2019il s\u2019agit de l\u2019aspect même des globules (non de leur quantité) le sens d\u2019état, de condition, comme dans poikilocytose, anisocytose.Avec son préfixe «a » privatif, agranulocytose voudrait donc dire: augmentation du nombre des éléments non granuleux alors qu\u2019en réalité ceux-ci sont raréfiés, ou apparition de globules particuliers non granuleux, ce qui n\u2019est pas non plus le cas.Appliquant la méthode reconnue de fabriquer des mots hématologiques, il vaudrait mieux désigner ce syndrome par le terme de granulocytopénie ou plus brièvement par gra- nulopénie, qui exprime plus exactement l\u2019état de la formule blanche. MARIN: GRANULOPÉNIE MALIGNE Historique Gubler, en 1857, Trousseau, en 1865, Peter, en 1870, décrivirent une angine ulcéro-nécroti- que à début brusque, avec phénomènes généraux graves, température élevée, à terminaison fréquemment fatale.Elle fut nommé « angine gangréneuse », « putrid sore throat ».Beaucoup de traits cliniques et évolutifs rapprochent cette affection décrite au XIXe siècle, de la granulopénie maligne contemporaine.Toutefois comme les auteurs du siècle dernier n\u2019ont fourni que des descriptions cliniques, que le critère hématologique exigé de nos jours comme preuve indispensable est absent de leurs observations, il est impossible, ainsi que le fait remarquer très justement Pepper, de conclure à l\u2019identité des deux maladies.L'absence des signes sanguins dans la symptomatologie de l\u2019angine gangréneuse ne nous permet pas de la rattacher à la granulo- pénie dont la caractéristique est d\u2019être un bouleversement profond de la formule sanguine.En 1902, Brown rapporta un cas mortel d\u2019angine avec leucopénie intense.Ce médecin de San-Francisco, dans le numéro du 19 avril 1902 de l\u2019 « American Medicine », relata l\u2019observation d\u2019une femme de 29 ans qui fut subitement prise d\u2019un frisson, avec température élevée, pouls rapide et mal de gorge et dont la formule sanguine montra: G.R.: 3,200,000; Hém.: 65%; G.B.: 1,000; Polynucléaires: 1%; Lymphocytes: 82.5%; Mononucléaires: 16.5%.En sept jours la maladie évolua vers un dénouement fatal.Les deux derniers jours, le gonflement et l\u2019ædème du pharynx et du larynx furent tels qu\u2019on dut recourir à l\u2019alimentation rectale; on se disposait même à pratiquer le tubage à cause d\u2019une dyspnée intense quand la malade décéda.Le jour précédant la mort, la formule leucocytaire était descendue à 260 globules blancs, avec 18% de polynucléaires, 59% de lymphocytes, 18% de mononucléaires, 2% de myélocytes.127 La culture des frottis de la gorge décela du staphylocoque blanc et doré.Une incision à l\u2019amygdale droite qui était très gonflée n\u2019amena pas de pus.Une autopsie fut immédiatement faite par Ophuls, professeur d\u2019Anatomie-Pathologique au « Cooper Medical College », qui révéla au pharynx et au larynx, des lésions ulcéreuses, mais non purulentes.Les infiltrats de ces lésions ne montrèrent que de très rares polynucléaires.Nous croyons que ce cas de Brown est le premier en date dans la littérature médicale établissant l\u2019existence du syndrome granulo- pénie maligne avec des constatations précises cliniques, hématologiques et histologiques.En 1907, Turk signale au cours de certaines septicémies des modifications considérables de la formule blanche donnant une leucopénie très basse où les polynucléaires sont raréfiés dans des proportions étonnantes, disparaissent même en totalité.À l\u2019autopsie, il observe du côté de la moelle osseuse, une diminution de tous les globules blancs, une disparition quasi complète des polynucléaires alors que la série rouge n\u2019est pas modifiée.En 1922, Werner Schultz exposa en son premier travail les caractères fondamentaux d\u2019une maladie spéciale du sang consistant en une diminution très marquée de tous les leucocytes mais particulièrement des éléments granuleux.Ces altérations de la série blanche s\u2019accompagnaient d\u2019un état infectieux profondément déprimant, d\u2019une température élevée, de lésions buccopharyngées nécrotiques, se terminant le plus souvent par une mort rapide.L\u2019ictère était un des symptômes prinei- paux.L\u2019étiologie en était infectieuse mais non précisée.À cause des signes hématologiques prédominants, il la désigna sous le terme d\u2019agranulocytose.En 1923, Friedmann vit des faits semblables.Mais croyant à une infection à point de départ amygdalien il proposa le nom d\u2019angine agranulocytaire.En 1924, Beatrice Lovett publia la première 128 observation nord-américaine.Elle crut aussi à l\u2019origine infectieuse de cette hémopathie.En 1926, Prendergast, de Toronto, fit la première communication canadienne.Depuis, la littérature médicale de tous les pays a indiqué par des ouvrages de plus en plus nombreux que des cas nouveaux étaient découverts un peu partout.On s\u2019étonna de n\u2019avoir rencontré ces troubles si spéciaux de la leucopoièse avec une telle fréquence qu\u2019à partir de la seconde décade du XXe siècle.En effet, nos moyens d\u2019exploration hématologique étaient depuis longtemps en état de nous les indiquer de façon évidente puisque Brown les avait déjà décrits en 1902.Ce chapitre inédit de l\u2019hématologie pathologique n\u2019étant donc pas ouvert par la découverte d\u2019un procédé inédit de laboratoire, s\u2019agissait-il d\u2019une maladie nouvelle à virus inconnu ou relevant d\u2019une autre cause?Peu à peu les choses se précisèrent.A la suite d\u2019un nombre considérable de recherches cliniques et de laboratoire, expérimentales, thérapeutiques, anatomo-pathologiques, il fut admis par plusieurs, après Aubertin et Ro- bert-Lévy (1928), qu\u2019il pouvait s\u2019agir d\u2019un syndrome, non d\u2019une entité, que de plus en maintes occasions celui-ci s\u2019associait à d\u2019autres conditions pathologiques de la moelle osseuse, créant ainsi des formes mixtes et complexes.Des travaux multiples se firent non seulement dans le domaine thérapeutique mais aussi du côté étiologique.Considérée au début comme une maladie d'origine inconnue, une septicémie, puis un syndrome attribué à des causes diverses (infectieuses, toxiques, etc.) la neutropénie maligne est désormais envisagée en plusieurs milieux comme étant de nature médicamenteuse, plus exactement un phénomène d\u2019intolérance, non pas d\u2019intoxication.Dans l\u2019Amérique du Nord, c\u2019est maintenant l\u2019opinion généralement admise et les voix qui émettent des doutes à ce sujet se font de plus en plus rares.Il convient de citer tout particulièrement Kracke et ses collaborateurs, dont les travaux L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 d\u2019enscemble ont puissamment aidé à éclaircir plusieurs aspects de ce problème.On a imputé à de nombreux médicaments cette action néfaste sur la moelle osseuse.Il est intéressant de noter qu\u2019aux Etats- Unis, la fréquence de la granulopénie s\u2019élève ; q avec la plus grande vulgarisation de l\u2019amidopyrine et ses dérivés.Ces produits, excellents antithermiques et analgésiques, furent lancés par une puissante publicité et leur emploi se répandit.Il est vrai que le pyramidon fit son apparition en Allemagne vers 1896 et que la publication initiale de Turk n\u2019eut lieu qu\u2019en 1907.Le 606 fut découvert par Erlich en 1910, le 914 en 1912, et l\u2019anémie post-arsénobenzo- lique ne fut signalée qu\u2019une dizaine d\u2019années plus tard.Mais 1l faut aussi admettre que le fait de donner une forme et un nom à un syndrome ou à une maladie, de la préciser, de l\u2019individualiser, comme le fit Schultz en 1922, suffit souvent à en faire naître de multiples exemples dans la littérature alors qu\u2019en vérité l\u2019affection existait de tout temps ou du moins depuis l\u2019utilisation d\u2019un médicament lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un accident post-thérapeutique.Qu'il nous suffise de citer l\u2019érythème du 9e jour et autres manifestations du biotropisme que nous retrouvons maintenant couramment dans la littérature médicale depuis la publication de Milian.Il est logique de croire que ces phénomènes post-arsénobenzoliques existent depuis les débuts de l\u2019arsénothérapie.Ils ont sûrement été à son commencement mais n\u2019ont été reconnus et rapportés que plus tard.Ce n\u2019est habituellement qu\u2019après la parution d\u2019un travail de synthèse qu\u2019il y a afflux d'observations sur la même question.Les médecins, mieux éclairés, regardent avec plus d'attention et écrivent davantage.La littérature médicale d\u2019une époque n\u2019est pas uniquement le reflet de l\u2019état de santé de la race humaine à ce moment.Elle est aussi l\u2019écho d\u2019un intérêt nouveau porté à un problème déjà ancien. MARIN: GRANULOPÉNIE MALIGNE Ceci peut expliquer l\u2019apparente éclosion en Europe de nombreuses granulopénies vers 1922 seulement, plus de 20 ans après l\u2019introduction des dérivés de l\u2019amidopyrine et une dizaine d\u2019années après celle des arsénobenzè- nes.La multiplicité de cas que nous rencontrons de nos jours n\u2019est-elle pas aussi un peu la conséquence des modifications apportées dans la fabrication des médicaments incriminés, rendant leur anneau benzénique plus susceptible qu\u2019autrefois de se désintégrer en produits nocifs par un changement, si léger soit-il, de sa structure intime?N\u2019est-elle pas aussi un peu le résultat d\u2019imperfections qui se glissent dans sa préparation?Ainsi encore de nos jours, il arrive que des lots de tubes d\u2019arsénobenzènes donnent plus de réactions que d\u2019autres, à tel point qu\u2019on est forcé de les retirer du commerce.La formule chimique est identique mais il y a un élément, parfois, impondérable, qui le rend plus réac- togène.Est-il illogique de penser que ces mêmes modifications et imperfections puissent le rendre plus nuisible pour la moelle osseuse.De 1931 à 1934, le United States Bureau of Vital Statistics donnait le total de 1,800 décès par granulopénie.En mai 1935, I\u2019 « American Medical Association », alarmée de la marche ascensionnelle de la mortalité due à l\u2019amidopyrine, publia par son Council on Pharmacy and Chemistry, une liste des médicaments dont on sait qu\u2019ils en contiennent.Les médecins étant devenus plus avertis, l\u2019on vit décroître le nombre des morts par granulopénie.Voici les chiffres: en 1931: 417 décès; \u201d 1982: 455 \u201d ; \u201d 1933: 444 \u201d ; \u201d 1934: 503 7 \u201d 1935: 380\u201d ; \u201d 1936: 407 \u201d 129 Le Council on Pharmacy and Chemistry de la À.M.A.ajoutait à cette nomenclature des recommandations paiticulières.Il en désapprouvait l\u2019usage immodéré, la très large publicité qui n\u2019en dit évidemment que les avantages.Il signalait que la situation était d\u2019autant plus dangereuse que ce produit était mis sur le marché sous des noms multiples, qui n\u2019en indiquaient pas la composition.Enfin il conseillait qu\u2019on ne puisse se le procurer qu\u2019avec une ordonnance du médecin afin d\u2019enrayer l\u2019extension de ce « péril chimiothérapique ».Etiologie générale Des auteurs soutiennent que dans les pays à climat froid, particulièrement durant la saison humide, la granulopénie se rencontre beaucoup plus fréquemment que dans les régions chaudes et sèches ou encore que durant l\u2019été.Ceci est vrai, mais non pas, croyons-nous, parce qu\u2019étant d\u2019origine infectieuse, elle y règne à l\u2019état endémique avec exacerbations saisonnières.Cette inégalité de distribution tient plutôt à ce que dans ces pays, à certai- lies saisons, les habitants sont exposés à des ennuis multiples (rhumes, bronchites, névralgies, grippes, douleurs articulaires) et sont induits à recourir davantage aux analgésiques et antithermiques.L\u2019argument climatologique pointerait d\u2019autant plus vers l\u2019étiologie médicamenteuse que là comme ailleurs le syndrome s\u2019est révélé avec l'apparition des composés amidopyrinés.Contre la théorie infectieuse, une remarque générale s\u2019impose: jamais n\u2019a pu être signalée une épidémie de neutropénie maligne, ni même de contagion directe ou indirecte.Nulle part, au cours de nos recherches bibliographiques, avons-nous rencontré de faits probants, établissant de façon péremptoire, qu\u2019elle se soit communiquée à l\u2019entourage du malade, qu\u2019elle se soit étendue dans la région où il habitait.Et pourtant les occasions de contamination n\u2019ont pas dû manquer (fautes d\u2019hygiène, début lent et insidieux, etc.) Nous admettons que la contagiosité ne soit 130 pas une condition indispensable pour établir la nature microbienne d\u2019une maladie mais son absence ne milite tout de même pas en faveur de cette hypothèse.Sa fréquence plus grande en certains pays, à telle saison, des apparences endémiques, s\u2019expliquent par d\u2019autres raisons.Aux lois classiques épidémiologiques et en- démiologiques qui régissent la plupart des maladies infectieuses, il faut ajouter dorénavant que grâce à la vulgarisation de la chimiothérapie moderne, à ses progrès incessants, des exemples d\u2019un syndrome deviennent visibles simultanément en diverses contrées et se montrent plus souvent dans quelques régions pour des motifs divers.À côté des épidémies et endémies bactériennes, il faudra songer à la possibilité d\u2019épidémies et endémies par agents chimiques.Ainsi, en 1938, dans plusieurs Etats du Sud des Etats-Unis, furent rapportées 73 morts par absorption d\u2019un « élixir de sulfanilamide », dont l\u2019analyse a prouvé qu\u2019il s'agissait d\u2019un composé éminemment toxique provenant d\u2019une firme pharmaceutique.Il s\u2019agissait ici d\u2019une «épidémie chimiothérapique », non microbienne.Dans un autre ordre d\u2019idées, nous ne saurions admettre que la production littéraire médicale d\u2019un pays exposât toujours exactement l\u2019état actuel de santé de sa population.L\u2019observation n\u2019est pas égale partout, parce que les moyens d\u2019investigation ne sont pas identiques partout: parfaits dans des milieux, ils sont insuffisants ailleurs ou quasi-inexis- tants.Il en est de même de l\u2019expression médicale: des centres possèdent des sociétés, revues, bulletins, journaux, en abondance alors que d\u2019autres en sont pauvres ou complètement démunis.Des faits analogues ont du reste été observés dans l'historique de plusieurs affections.Ainsi les pays que l\u2019on croyait autrefois presque indemnes de cancer en montrent plus depuis que l\u2019investigation et l\u2019expression s\u2019améliorent.De plus, il faut qu\u2019une question soit d\u2019ac- I\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 tualité.Si l\u2019attention des médecins n\u2019est pas encore éveillée ou si elle est émoussée, la littérature ne fait presque pas mention d\u2019une maladie qui n\u2019en sévit pas moins.Est-il déraisonnable de croire que si des centres avouent plus de cas de granulopénie qu\u2019ailleurs, c\u2019est qu\u2019on les reconnaît mieux, que l\u2019on publie davantage ou que l\u2019on s\u2019y intéresse plus.À cet argument s'ajoute qu\u2019en des régions l\u2019on consomme plus de ces médicaments (par nécessité ou publicité) que la recrudescence saisonnière se comprend par leur usage plus considérable (rhumes, grippes, etc.).Ajoutons d\u2019autre part qu\u2019aujourd\u2019hui, une analyse minutieuse de tous les faits a conduit à une interprétation différente.La connaissance d\u2019une étiologie médicamenteuse a incité les médecins à conduire une enquête plus serrée dans cette direction.Le plus souvent on y retrouve indiscutablement ce facteur.Autrefois, comme on n\u2019y attachait que peu ou pas d\u2019importance, ce détail essentiel était négligé, même totalement omis.Encore de nos jours, l\u2019interrogatoire est parfois hâtif et ses conclusions peu fondées.On questionne insuffisamment un grand malade qui n\u2019est pas en état de répondre exactement, ou un entourage qui n\u2019est que peu ou pas renseigné.On se contente d\u2019une réponse négative à une question ou trop vague ou trop technique au lieu d\u2019essayer de la préciser par une série de sous-questions.Ici, comme dans toutes les enquêtes médicales, si l\u2019on n\u2019y porte pas un soin extrême, il est possible d\u2019obtenir tous les renseignements qui égarent, jamais celui qui met sur la bonne piste.La granulopénie maligne a été signalée chez l\u2019enfant, même en bas âge, mais elle survient le plus habituellement entre 20 et 60 ans.Parmi les cas infantiles, il convient d\u2019établir des réserves.Maintes fois il ne s\u2019agit que de mononucléose infectieuse avec forte angine où la formule leucocytaire montre parfois une granulopénie temporaire.Le tableau clinique MARIN: GRANULOPÉNIE MALIGNE et l'examen hématologique (fait une unique fois ou interprété hâtivement) ont pu donner lieu à des erreurs.On ne saurait par exemple tirer argument de l\u2019épidémie de « glandular fever » observée en 1896, par West dans l\u2019Etat de l\u2019Ohio, où 96 enfants furent atteints.Les Noirs du Sud des Etats-Unis ne semblent pas souvent touchés.Cela tient probablement à d\u2019autres motifs qu\u2019à celui de leur race même.La condition misérable, dans laquelle plusieurs vivent, les fait échapper à l\u2019observation médicale, et aussi à certains périls de la chimiothérapie.C\u2019est sans doute pour la même raison que les Indiens et les Esquimaux en sont apparemment indemnes.Beaucoup plus de femmes que d\u2019homines en souffrent.Il n\u2019est cependant pas prouvé qu\u2019elles donnent une proportion de mortalité plus élevée.La fréquence est de 2 à 3 femmes pour 1 cas masculin.La statistique de Taussig portant sur 330 cas, montre 226 femmes et 104 hommes, celles (réunies) d\u2019Aubertin et Ro- bert-Lévy, de Hueber et de Lichtenstein, 78% de femmes et 22% d\u2019hommes.Kupper trouve aussi 77% pour la femme et 23% pour l\u2019homme.Cette proportion plus haute ne paraît pas relever de l'insuffisance ovarienne.Les malades n\u2019ayant pas encore atteint l\u2019âge de la ménopause sont en nombre sensiblement égal à celles de l\u2019autre groupe.Les femmes normales y sont aussi prédisposées que celles souffrant d\u2019affections génitales et l\u2019ovariectomisée n\u2019y est pas plus exposée (Kupper).Par contre, la femme se plaignant d\u2019ennuis variés recourt plus souvent à des cachets sédatifs, analgésiants, etc.1.Il s\u2019agissait vraisemblablement de mononucléose.Ceci et d\u2019autres faits analogues ne sauraient constituer des preuves ni de l\u2019ancienneté de la granulo- pénie, ni de sa nature infectieuse, ni de sa grande fréquence chez l\u2019enfant.131 Les antécédents héréditaires ne nous renseignent pas.Il n\u2019est pas retracé dans l\u2019histoire familiale de faits identiques à ceux qu\u2019offre le malade.On ne peut invoquer de diathèse héréditaire.On n\u2019a pas signalé non plus d\u2019exemples de contagion familiale.Les antécédents personnels éloignés ne fournissent pas d'indications particulières.La granulopénie maligne s\u2019observe tout aussi bien parmi des individus jusque là vigoureux que chez d\u2019autres avec un lourd passé pathoio- gique.Les antécédents personnels immédiats sont au contraire des plus importants.L\u2019enquête nous révèle souvent une histoire particulière.Depuis une période de temps plus ou moins longue, parfois très brève, le malade s\u2019est soigné soit pour des maux vagues (insomnie, névralgies, migraines, malaises, etc.) soit pour une maladie précise (syphilis, infection, etc.).Ge syndrome survient surtout parmi les membres de la classe moyenne ou aisée.On a fait remarquer qu\u2019il est plus rare dans les services hospitaliers consacrés aux indigents que dans les autres milieux (Johnson).Une publicité faite non seulement dans les périodiques médicaux mais aussi par la grande presse a poussé une foule de lecteurs crédules, de condition modeste ou aisée, atteints de maux variés (agités, insomniaques, fébrici- tants, rhumatisants) à acheter ces remèdes merveilleux.On les obtient un peu partout, sans ordonnance.Ils sont d\u2019excellents sédatifs et anti-thermiques, d\u2019ingestion facile.Ils se vendent à un prix très abordable.Ils portent les noms les plus divers, ce qui pousse à une consommation plus grande parce qu\u2019elle est ignorée.Plusieurs, par exemple, s\u2019imaginent se soigner différemment en changeant de marque alors qu\u2019ils continuent à prendre de l\u2019amidopyrine. 132 Bref, le grand public qui souffre, non averti des dangers qui y sont attachés, a recouru à leur emploi, sans avis, sans surveillance.Mais les illettrés et les indigents en ont été forcément privés.Ils ont continué d\u2019endurer leurs maux et, pour cette raison, ont échappé à une maladie chimiothérapique.Par contre celle-ci s\u2019observe avec une prédilection marquée chez les gens faisant partie du « groupe médical ».En 1934, Kracke obtient du « United States Bureau of Vital Statistics » (Office fédéral) un relevé des certificats de décès portant le diagnostic d\u2019agranulocytose ou d\u2019angine agra- nulocytaire pour les années 1931-1932-1933.Le nombre s\u2019en élevait à 1385 dont il dut en écarter 71 à cause du manque de renseignements touchant leur condition sociale, restreignant ainsi son étude à 1314 cas.L'auteur fait remarquer en passant que 600 observations seulement avaient été rapportées à cette date (1934) dans toute la littérature médicale américaine en dix ans L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 (depuis le premier rapport de Beatrice Lovett en 1924) alors que les statistiques officielles étaient de 1385 pour les trois seules années de 1931-1932-1933.Le relevé des occupations professionnelles des morts indique que le « groupe médical » (médecins, dentistes, pharmaciens, infirmiers, infirmières, garçons de laboratoire) y est plus largement représenté que les autres, avec 7.7 pour 100,000 de population.Il y a dans cette liste proportionnellement plus de médecins et d\u2019infirmières que de membres des autres professions.Les infirmières y sont en plus grand nombre que les autres associations professionnelles féminines.C\u2019est que pour ceux du groupe médical, et pour leurs familles, l\u2019usage fréquent, parce que trop facile, des différents analgésiques est des plus répandus.Or en 1934, les effets désastreux de plusieurs d\u2019entre eux n\u2019étaient pas aussi généralement connus que de nos jours.(à suivre) CHIRURGIE DU SYMPATHIQUE Troubles démentiels essentiels Vaso-neuro-trophoses cérébrales Test de la vaso-dilatation cérébrale provoquée Par Urgel GARIEPY (F.R.C.S.) « Ad augusta per angusta.» V.Huco, Hernam, 4e acte.(Mot de passe des conjurés.) Dandy fut, un jour, profondément troublé lorsqu\u2019il constata qu\u2019il avait pu réséquer tout un hémisphère pour une volumineuse tumeur du cerveau sans avoir altéré les facultés mentales du patient.Les chirurgiens ont également appris que l\u2019ablation des lobes frontaux ne change pas appréciablement l\u2019outillage intellectuel d\u2019un malade.En vérité, la neurochirurgie a abouti, en différentes occasions, à augmenter l\u2019acuité mentale.On a controversé, pendant longtemps, pour savoir si l\u2019anatomiste du cerveau pouvait, par son scalpel, donner les raisons du génie ou de la folie.Franz Gall, pionnier de l\u2019étude du cerveau, tout en étant un excellent anatomiste, tirait néanmoins ses conclusions pour établir que des bosses spéciales du crâne correspondaient à autant de zones hypertrophiées de l\u2019encéphale, ce qui le mena à la théorie empirique et absurde de la phrénologie.Cependant, les recherches de Gall servirent à orienter les esprits scientifiques vers l\u2019autopsie du système cérébral que certains groupes, entre autres les intellectuels, léguèrent aux savants pour en faire l\u2019analyse.En 1860, Rudolph Wagner hérita de l\u2019encéphale de trois hommes de génie, dont celui de Gauss, illustre mathématicien, qu\u2019il compara avec celui de Krebs, homme de peine ordinaire.Après avoir scruté les scissures, la hauteur des circonvolutions, leur nombre et leur forme, il ne trouva aucune différence entre ces deux cerveaux.Il confronta aussi leurs poids respectifs, qu\u2019il estima pratiquement identiques.Depuis lors, s\u2019est bien souvent répétée l\u2019analogie dans l\u2019épaisseur, le nombre et la pesanteur des circonvolutions cérébrales qui ne sont pas plus (C).intriquées chez un esprit richement doué que chez celui d\u2019un moron.Un peu plus tard, après avoir étudié plus particulièrement la zone frontale, on croit pouvoir y situer le centre de l\u2019intelligence.Mais l\u2019étude approfondie des lobes frontaux de l\u2019éminent psychologue et président d\u2019Université G.Stanley Hall et de ceux de Sir William Osler, médecin de réputation mondiale, comparés aux lobes frontaux d'hommes à facultés intellectuelles ordinaires, ne montra pas de différence sensible.Pendant longtemps les anatomistes du cerveau désespérèrent de découvrir un substratum physique de l\u2019intelligence jusqu\u2019à ce qu\u2019ils réalisèrent que leur attention avait toujours porté sur des cerveaux morts.De même qu\u2019une machine au repos ne peut prouver son fonctionnement, ainsi le mécanisme au travail raconte la source de son pouvoir.On se tourna alors vers la puissance motrice de la, matière cérébrale, le combustible, pour ainsi dire, qui allumait la pensée, en l\u2019espèce l\u2019irrigation sanguine, élément nourricier du cerveau.Donaldson, anatomiste réputé du cerveau, a dit: « La syncope représente une piètre évaluation de la substance cérébrale ».L\u2019évanouissement et la mort drainent l\u2019encéphale de son sang et de son pouvoir.L\u2019erreur la plus sérieuse des dissecteurs d\u2019autrefois fut d\u2019examiner l\u2019organe en enlevant et en rejetant les membranes-enveloppes qui contiennent le réseau vasculaire qui l\u2019alimente.L\u2019étude du volume et de la complexité de ces artères renseigne plus sur le pouvoir cérébral que les dimensions, le poids et l\u2019enchevêtrement de là structure fondamentale elle-même.En 1926, Hindzie s\u2019aperçut de la plus grande richesse et de l\u2019aspect composite de l\u2019apport sanguin dans les méninges des personnes de mentali- 134 té supérieure puisque les membranes qui coiffent les cerveaux des hommes de génie supportent et fourmillent de vaisseaux à diamètre opulent.D\u2019un autre côté, l\u2019idiot ou le niais est pourvu d\u2019enveloppes pauvres en artères qui, en plus, ont une lumière étroite.En outre, la composition chimique du sang joue un rôle très important dans le développement de l\u2019intelligence.La quantité de sucre, de chaux et d\u2019autres éléments importants revêt la plus haute signification.Salomon Katzenelbogen et Harry Goldsmith ont recherché minutieusement le dosage du calcium sanguin dans les différents types de maladies mentales et ils ont mis en lumière le fait intéressant que la plupart des cas d\u2019insanité d\u2019origine organique ont une calcémie moindre que les gens normaux.Le calcium, néanmoins, ne compte que pour un facteur.Katzenelbogen et Friedman-Buchman ont re- visé le taux du sucre dans divers exemples de troubles mentaux et ils ont découvert qu\u2019il dépassait chez eux les limites habituelles.Cette vérité est singulièrement apparente dans le dédoublement de la personnalité.La tension nerveuse est d\u2019autant plus grande que le chiffre du glucose est plus élevé.On peut conclure ainsi que le cerveau anormalement imprégné de sucre appartient à un aliéné.Nous sommes encore fort éloignés du temps où nous pourrons améliorer le pouvoir mental en altérant la constitution chimique du sang qui ravitaille le cerveau.Willlam Healey, psychiatre, déclare: « Le pouvoir extraordinairement incitateur d\u2019énergie qu\u2019est le sulfate de benzédrine semble démontrer que le potentiel des cellules cérébrales est loin d\u2019être concrétisé dans les conditions usuelles de nutrition et de stimulation en regard de ce que peut offrir le courant sanguin ».Pour faire suite à cette constatation, William Sargant et J.M.Blackburn, de l'hôpital londonien, Mandoley, ont prouvé que la benzédrine était capable d\u2019activer les réponses mentales en comparant les séries d\u2019expériences intéressantes chez deux groupes de patients dont l\u2019un absorba des pilules de benzédrine et l\u2019autre des pilules ne contenant aucun principe médi- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 camenteux actif.Les épreuves montrèrent une supériorité de 8.7% chez ceux qui prirent la drogue.On sait depuis longtemps que tout être vivant est susceptible de produire un courant électrique ténu qu\u2019un Allemand, Fleischle von Marxow, réussit, en 1890, à déceler à travers le crâne de différents animaux au moyen d\u2019un appareil plutôt rudimentaire et de sa construction personnelle.Il fallut attendre quarante ans avant que cette machine ne fut perfectionnée, par voie de tubes à vide, pour promouvoir un influx électrique d\u2019une intensité assez faible pour être perçu et étudié.Hans Berger, de l\u2019Université d\u2019Iena, poursuivit les recherches de von Marxow et des savants américains ont, depuis, aussi fait beaucoup d\u2019explorations dans ce domaine.Berger a découvert que les ondes cérébrales.se rangent dans deux groupes généraux: le rythme alpha, donnant à peu près dix fluctuations par seconde et le rythme beta avec vingt-cinq oscillations par seconde.Dans les.conditions normales, ces rythmes se maintiennent tout le temps égaux mais pendant une crise d\u2019épilepsie, par exemple, l\u2019énergie électrique monte jusqu\u2019à 3000% au-dessus de la normale.Le cerveau produit d\u2019autant plus d\u2019énergie électrique qu\u2019il travaille plus fort.La solution d\u2019un problème ardu de mathématiques requiert une plus grande dépense de force électrique.Le cerveau qui s\u2019entraîne à apprendre une phrase par cœur déploie une pyrotechnie électrique plus considérable que la simple lecture.Par ses recherches à la fondation Brush et à la Western Reserve University, Donald B.Lindsley à révélé quelques faits intéressants sur le développement des vagues alpha chez les nourrissons où le rythme de la pensée surgit à l\u2019âge de trois mois, époque où le bébé commence à percevoir les objets et à les suivre des yeux.Il est tout à fait évident que le cerveau humain s\u2019éveille à l\u2019activité fonctionnelle à cet âge précoce.Passé ce temps, les ondes alpha augmentent de fréquence, d\u2019amplitude et de rythme avec l\u2019âge, jusqu\u2019à ce qu\u2019elles atteignent le niveau adulte vers 8 ou GARIEPY: CHIRURGIE DU SYMPATHIQUE 10 ans.Durant les années d\u2019adolescence, la fréquence de l\u2019énergie électrique du cerveau s\u2019accroît, et elle est peut-être, selon l\u2019opinion de Lindsley, reliée de quelque manière aux mutations physiologiques qui s\u2019opèrent dans l\u2019organisme à cette phase de la vie.H.H.Jasper et H.L.Andrews ont repris les expériences de Berger sur l\u2019activité cérébrale et ont réussi à éliminer les processus organiques qui pouvaient donner le change sur Len - \u2019 >\u201c 1 ss, - ~ eS, AS ON NNER £3 Fic.1 Vue schématique de la distribution probable des potentiels à la surface de la tête, en supposant un foyer en activité d\u2019une région sous-jacente du cortex cérébral.(D\u2019après Jasper et Andrews.) les potentiels observés à la surface du crâne au contact des électrodes, tels les courants musculaires, les clignements d\u2019yeux, les battements cardiaques, la respiration, les mouvements de la téte et des yeux, la contraction des érecteurs pileux.Ils ont conservé le nom d\u2019électro-encéphalogramme que leur avait donné Berger, en abrégé E.E.G.L\u2019électro-encéphalogramme s\u2019obtient en pla- cant les électrodes dans la région occipitale qui émet des ondes alpha, tandis qu\u2019appliquées 135 sur la zone rolandique, elles transmettent des vagues beta.Au moyen d\u2019électrodes spéciaux, Herbert et Andrews ont pu raccourcir l\u2019écart des électrodes, originairement posées près de l\u2019inion et de la glabelle.(Fig.3.) Ils ont prouvé que les ondes alpha diminuaient d\u2019intensité quand ils glissaient les électrodes vers la scissure de Rolando pour reprendre leur ampleur quand ils les ramenaient vers l'occiput.Ils constatèrent aussi une légere différence dans le potentiel des deux lobes occipitaux.Les savants auteurs présentèrent de même la diminution de l\u2019amplitude des ondes en se dirigeant des zones de Rolando vers les pôles occipitaux et ils notèrent aussi l\u2019indépendance des vagues cérébrales dans les deux régions rolandiques.Ils trouvèrent pareillement que les ondes beta rolandiques perdaient leur intensité quand ils déplaçaient les électrodes vers le front.Leurs expériences ont établi que la production des ondes respectives rolandiques devait tenir à la configuration anatomique, en l\u2019espèce la scissure inter-hémisphérique.Ce fut après de longs et multiples essais qu\u2019ils fixèrent l\u2019autonomie des diverses régions « ondigènes » par la manipulation appropriée des électrodes dans tous les champs cérébraux.Ils obtinrent aussi, par légère stimulation, l\u2019abolition complète des potentiels alpha tandis que Fra.2 Tracés supérieurs: records simultanés de (A) E.E.G.avec électrodes éloignés respectivement de 25 mm.sur l\u2019occiput droit, (B) de la respiration et (C) E.C.G.(électro-cardiogramme).Document inférieur: enregistrement simultané de E.E.G.(A) avec des électrodes à 28 mm.l\u2019une de l\u2019autre sur la région frontale et (B) avec des électrodes écartés respectivement de 18 mm.sur la région occipitale.Les flèches prestes en (À) représentent les potentiels musculaires dont la hauteur et la lenteur associés aux clignements d\u2019yeux.La chronométrie marque 1/25 seconde.(D\u2019après Jasper et Andrews.) 136 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 les ondes beta restaient inchangés.Il est possible, cependant, que la fréquence alpha soit sous le contrôle des ganglions cérébraux basaux.Ils ont aussi démontré, en exerçant sur des champs restreints, tant occipitaux que rolan- du matériel pathologique.Les records, pris chez un épileptique, en dehors de crises, enregistrent, sur un terrain circonserit, de grosses décharges ressemblant, à beaucoup d\u2019égards, à celles émises pendant une attaque, Frontal C D sks 4 3 Ir I I I II Fic.3 Placements caractéristiques des électrodes.Vues schématiques regardant le vertex.Les quatre quadrants sont formés par le plan sagittal se rencontrant à angle droit avec le plan passant par les deux trous auditifs externes.(D\u2019après Jasper et Andrews.) diques, qu\u2019il n\u2019y avait aucune corrélation entre les ondes alpha occipitales et les ondes beta rolandiques.(Fig.4.) L\u2019affranchissement des zones pariétales de celles de l\u2019occiput, de celles des deux régions de Rolando entre elles tire sa meilleure preuve dans n\u2019importe quelle partie du cerveau.Dans ces cas, ils purent capter des vagues typiques de crises localisées à la zone de Rolando gauche.Et ces vagues avaient une amplitude de 250 microvolts, par conséquent plus considérables que la normale (50 à 150 microvolts).Fic.4 Tableau 1: (A) E.E.G.avec les électrodes à 3 cm.de distance sur la région occipitale droite dans le plan vertical et (B) avec les électrodes éloignés respectivement de 12 cm, l\u2019une sur la zone occipitale et l\u2019autre sur la région rolandique.Record II: E.E.G.de la zone de Rolando et (B) de la région occipitale.La déviation ascendante de la ligne de chronométrie indique une légère stimulation.Record III: E.E.G.du territoire occipital et (B) du champ rolandique sous stimulation.L\u2019exemple ci-contre montre un rythme beta net de la région rolandique et, en même temps, un rythme alpha évident de la zone occipitale.La ligne de chronométrie au-dessus de chaque record marque 1/25 seconde.(D\u2019après Jasper et Andrews.) GARIÉPY: CHIRURGIE DU SYMPATHIQUE Comme ces ondulations semblaient découplées de la zone droite et n\u2019évoluaient pas vers l\u2019inion, il leur a semblé raisonnable de croire qu\u2019il y avait indépendance entre les deux régions de Rolando et avec les champs occipitaux.(Fig.5.) 137 dient le cerveau sont assurés maintenant que l\u2019intelligence ne dépend pas, dans tous les cas, des dimensions ou du poids de la matière cérébrale, comme on le croyait jusqu\u2019ici, mais de la quantité et de la qualité du sang, de la façon dont ce sang est influencé par les trans- Frc.5 Record I: E.E.G.(A) de la région occipitale droite et (B) de la zone occipitale gauche dans un cas d\u2019encéphalite saturnine.Les lignes de calibrage indiquent 10 microvolts.Record II: E.E.G.(A) de la région occipitale gauche et (B) de la zone motrice gauche chez un épileptique apparemment exempt de crises au moment de l\u2019examen.Les lignes de calibrage indiquent 100 mi- crovolts.La ligne de chronométrie compte Andrews.) Par leurs expériences remarquables, Jasper et Andrews ont prouvé clairement que les ondes alpha et beta ont bien une origine cérébrale et que l\u2019encéphalogramme est appelé à prendre place dans les moyens diagnostiques des encéphalopathies, entre autres les tumeurs et l\u2019état épileptique.En marge de ces recherches, il est un peu déconcertant et piquant de constater que la femme pense plus vite que l\u2019homme.A cet égard, voici les principaux critères pour apprécier l\u2019activité fonctionnelle du cerveau par le moyen de ses facteurs électriques: a) la fréquence; b) l\u2019amplitude; ce) le rythme des ondes cérébrales qui apparaissent sur le ruban de papier.La fréquence moyenne des ondes alpha furent de 11 chez les femmes contre 10.2 chez les hommes.De là, la déduction d\u2019une pensée plus rapide chez le sexe féminin.Les ondes cérébrales sont aussi personnelles que les empreintes digitales au point que le professeur Lee Edward Travis, de l\u2019Université d\u2019Etat de l\u2019Iowa, envisage la possibilité de mettre en filière les ondes cérébrales, tout comme les empreintes digitales.L'image des constituants de l'intelligence devient de plus en plus nette.Ceux qui étu- 1/25 seconde.(D\u2019après Jasper et formations chimiques internes, lesquelles peuvent aussi impressionner l\u2019énergie électrique du cerveau.Considérations générales L\u2019exposé des faits ci-avant mentionnés et toutes les expériences tentées sur le système cérébral doivent aboutir au facteur primordial qu\u2019est la circulation sanguine, dont la réglementation est la même que celle des organes, en général.On a étudié la fonction, l\u2019appareillage nerveux, on a parlé ou écrit sur la vaseu- larisation, on a poussé à la limite l\u2019anatomie pathologique des tissus sans se préoceuper outre mesure de l\u2019ordre physiologique.Les artérites cérébrales sont connues depuis longtemps.Seulement, mentionne-t-on souvent la gêne apportée par le vaso-spasme ?Si l\u2019on veut bien se rapporter aux différents articles que J'ai publiés, depuis 1931, dans diverses Revues, l\u2019on se rappellera mon insistance passionnée sur la genèse et le mécanisme des phénomènes vaso-moteurs.Non pas que j'essaie de tout ramener à une formule univoque, en l\u2019oceur- rence les troubles vaso-spastiques, mais je crois que l\u2019attention n\u2019a pas été assez souvent attirée de ce côté.Que ce soit la maladie de 138 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 Buerger, l\u2019artérite sénile ou sénilo-diabétique, que ce soit une sciatique, que ce soit à l\u2019occasion de phénomènes physio-pathiques, de perturbations du tractus digestif, de faux-pas ou de dérèglements du système cardio-pulmo- naire, que ce soit des manifestations du régime cérébro-spinal, ce qui conditionne l\u2019évolution et le pronostic de la maladie, c\u2019est le vaso- spasme.En effet, dans les artérites organiques, si fréquentes malgré que cachées ou marchant en sourdine, le vaisseau peut être touché par quelque plaque discrète de sclérose ou par une altération pariétale légère (type Monckeberg) qui suffisent cependant à déchaîner une série de réflexes disloquant le mécanisme de l\u2019arrosage sanguin.Les douleurs qu\u2019accusent les malades sont de cet ordre intime de l\u2019étranglement des plexus péri-artériels par la vasoconstriction et qui, non identifiés, flétrissent les patients du stigmate de nerveux.La spas- ticité vasculaire, à part des algies et surtout en déterminant le resserrement du débit des robinets vasculaires, amoindrira l'irrigation sanguine des tissus.Le milieu humoral se ressent de cette restriction, il est troublé, les échanges se font mal, l\u2019oxygène vital se répartira insuffisamment, la texture est encombrée d\u2019acide carbonique, les déchets s\u2019accumulent dans les zones interstitielles, l\u2019encombrement s\u2019installe, la teneur en sel diminue, la fonction claudique d\u2019abord, finit par s\u2019enliser dans le marasme, des altérations se produisent dans la composition intérieure des tissus, la lésion se constitue et progressera ensuite automatiquement.Quels ravages ou quels désordres n\u2019apportera pas alors la vaso-constriction dans les cellules cérébrales si hautement différenciées et si fragiles! Il m'est arrivé plusieurs fois d\u2019être le témoin immédiat de troubles cérébraux ou d\u2019être consulté à ce propos.Les patients se plaignaient de violentes céphalées en même temps que s'amorçait une mono ou hémiparésie qui fondait après quelques heures ou quelques jours sans laisser de séquelles.Par contre, d\u2019autres cas présentaient des phénomènes pathologiques fixés.Dans un tissu aussi friable que le tissu cérébral, le moindre à-coup dans l\u2019équilibre de l\u2019ondée sanguine et de la contraction pariétale va perturber la distribution des éléments nourriciers de la substance cérébrale, la fonction sera diminuée ou arrêtée, l\u2019énergie électrique sera tronquée; le calcium, le sucre, le phosphore et les autres principes animateurs des rouages de la vie régionale fourniront un apport plus ou moins restreint, alors l\u2019ischémie s\u2019installera dans un territoire plus ou moins grand, la cellule s\u2019anémiera et se dévitalisera, conditions qui réaliseront une désintégration cellulaire avec hésitation, claudication, intermittences, oscillations, enrayement ou arrêt de la réglementation de l\u2019influx nerveux, principe fondamental des fonctions cérébrales.Le tohubohu, la dislocation, l\u2019anarchie dans l\u2019agencement de la vie cérébrale reconnaît presque toujours pour cause l\u2019artérite avec son corollaire inéluctable qu\u2019est le vaso- spasme.Si la spasticité semble seule en cause, elle sera ordinairement de courte durée mais l\u2019effet ne devra pas s\u2019en prolonger trop longtemps, sinon l\u2019on verra apparaître des dégâts irrémédiables à cause de la fragilité particulière des cellules.Quand l\u2019artérite est à un stade plus avancé, on aura une rupture ou une effraction de la paroi artérielle avec hémorragie consécutive dont le caillot comprimera les éléments cérébraux, et produira une attrition environnante qui se traduira par une destruction de la zone touchée pour se cristalliser en une hémiplégie définitive.Du niveau rompu partiront des réflexes qui dérouteront la fonction par la confusion, le chaos et les spasmes qui s\u2019échelonneront sur l\u2019artère brisée et qui retentiront sur les glandes endocrines par la voie du système sympathique.La vaso-constriction cérébrale peut encore être incitée par les glandes vasculaires sanguines, dont la surrénale, d\u2019où l\u2019hyperhormonie est susceptible d\u2019influencer le système vasculo- cérébral pour y produire une hypertonie plus ou moins serrée selon la tenacité de l\u2019excitation.Après la castration ovarienne, le frein régulateur de la pression artérielle manque, l\u2019hypertension peut survenir, les coups de GARIÉPY: CHIRURGIE DU SYMPATHIQUE bélier répétés du courant sanguin dans les artères terminales du cerveau finiront par causer une altération pariétale d\u2019usure ou de sclérose réactionnelle pour résister au choc et voilà constituées des raisons idéales pour le déclanchement du vaso-spasme.Dans l\u2019hyperthyroïdie, la thyro-globuline transmutée en thyroxine, fini son rôle comburant des déchets albuminoïdes, circulera en excès dans le courant sanguin et, à part sa fixation élective sur les terminaisons sympathiques intra-intimales des vaisseaux, pourra attaquer l\u2019endartère du réseau cérébral, y engendrer des érosions, amorce d\u2019artérite future et comme corollaire le vaso-spasme.L\u2019hypophyse, la glande pinéale ou épiphyse, le corpuscule rétrocarotidien, les gonades, à fonctions encore aujourd\u2019hui incomplètement ou mal définies, ont certainement un système d\u2019élaboration hormonale dont l\u2019agencement et I\u2019émission se répercutent sur les résilles sympathiques intra-pariétales, déduction qui semble raisonnable puisque les glandes endocrines déversent directement leurs sécrétions dans/le courant circulatoire.Quel sera le refoulement sur la substance cérébrale ?Je crois logique d\u2019inférer qu\u2019elle en subira le contre-coup.Les toxines produites au niveau du tractus digestif peuvent aussi altérer les parois artérielles cérébrales, y causer certaines lésions dont la ténuité est néanmoins suffisante pour y établir la vaso-constriction.Les excitations nerveuses, les inquiétudes, les soucis, les émois, les craintes, les appréhensions, les chagrins, le surmenage, l\u2019acrimonie congugale ou familiale, les insuccès et les difficultés financières, les épreuves morales ou physiques, déterminent des secousses ou des perturbations dans le cheminement de l\u2019influx nerveux qui, atteignant le système neuro-végétatif ou ses dépendances, amènent des troubles dans la nutrition des territoires qui en subissent les heurts.Troubles mentaux Les lignes essentielles des dérèglements ou des déséquilibres de l\u2019esprit sont loin d\u2019être toujours appuyées sur des lésions organiques.139 Un certain nombre de phénomènes ou de désordres pathologiques sont constitués par un désarroi de la fonction, définition un peu floue qui masque notre ignorance habituelle.Suivant moi, ces mots ne veulent absolument rien dire.Pour quelle raison tel ou tel cerveau fonctionne-t-il plus mal qu\u2019un autre?La réponse me semble naturelle si l\u2019on admet que le ravitaillement des cellules est ma! assuré.Somme toute, ce qui fait la désorientation mentale, c\u2019est le déséquilibre dans le mouvement de la pensée ou des actes.Pourquoi l\u2019extériorisation des mutations ou des actes de l\u2019intelligence se traduit-elle par des expressions déréglées des sentiments, des affections, des dispositions ou des penchants habituels?Nous connaissons un certain nombre de critères d\u2019appréciation pour évaluer les facultés intellectuelles mais comment peser les inconnues, dont les impondérables, autre formule élégante de notre insuffisance ou ignorance scientifique.Pour ma part, J'incline plus que fortement à croire que la circulation cérébrale doit être mise en cause dans les troubles intellectuels essentiels et dans les traductions qui en découlent.On prouve sans doute quelquefois l\u2019atrophie des circonvolutions mais cette constatation n\u2019a pas la prétention de tout expliquer.« Certaines psychoses à délire systématisé semblent dépendre d\u2019un état mental anormal constitutionnel tel que les délires de revendication ou d\u2019interprétation.Le délire hallucina- towre chronique pourrait être rattaché à des lésions cérébrales délicates, dégénératives, à évolution lente, pouvant aboutir cependant à l\u2019état démentiel.On n\u2019a pas encore découvert des lésions incontestables des centres nerveux pouvant expliquer la pathogénie des accès de manie et de mélancolie de la mania- co-dépressive.D\u2019autre part, on sait que la mélancolie est souvent une manifestation mentale de l\u2019involution sénile.La démence précoce, englobant des formes diverses de syndromes psychiques, n\u2019est peut-être pas une affection authentique; l\u2019expression sert, en tout cas, à grouper ces formes en un seul faisceau et désigne des troubles mentaux à installation 140 précoce, à pronostic sombre et à aspects divers mais assez similaires d\u2019un sujet à l\u2019autre.Les lésions cérébrales sont histologiques, délicates; celles atteignent la cellule nerveuse et ses prolongements, elles sont dégénératives; elles seraient parfois aussi inflammatoires ».(Roma Amyot.) Tel qu\u2019énoncé ci-dessus par Roma Amyot, le substratum anatomo-pathologique, en dehors de rares constatations, ne correspond pas aux manifestations extérieures des désordres et les multiples autopsies confirment ce qui semblait être uniquement et à priorà une vue de l\u2019esprit.On remarque peu de chose aux nécropsies et cependant les troubles intellectuels sont là, menaçants dans leurs conséquences pathologiques et leurs résultats sociaux.Le traitement de ces détraquements se ressentira nécessairement de la fragilité du point d\u2019appui et ne sera que symptomatique.Sédatifs, narcotiques composeront l\u2019arsenal thérapeutique, munitions de médiocre valeur pour conduire le feu contre des positions inconnues.Circulation cérébrale La carotide interne qui fournit la cérébrale moyenne ou sylvienne, la cérébrale antérieure: les artères vertébrales qui forment le tronc basilaire d\u2019où émanent les cérébrales postérieures, les différentes communicantes, toutes ces artères qui dessinent l\u2019hexagone de Willis produisent des collatérales qui vont s\u2019enfouir comme terminales ou qui s\u2019anastomosent entre elles, parcourant la substance cérébrale ou y plongeant, assurant l\u2019arrosage tissulaire dans toute et chacune des parties du cerveau, commandant la nutrition de la totalité des cellules et partout dans l\u2019épaisseur de leurs parois les plexus qui règlent la condition vaso-motrice.Ces plexus suivent le réseau vasculaire jusque dans ses pérégrinations ultimes.Le spasme pourra donc se faire sentir dans n'importe quelle division du système vaseulo-encéphali- que et engendrer ainsi des désordres, des dégâts ou des altérations cellulaires amenant des perturbations ou un anéantissement de la fonction, surtout si ces dérèglements se greffent sur une artérite pré-existante.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, février 1940 En marge du dysfonctionnement de la vie cérébrale, on doit aussi prendre en sérieuse et importante considération la plus ou moins grande richesse des ramifications du réseau vasculaire de l\u2019encéphale.La distribution du lacis circulatoire doit expliquer, il me semble, les défectuosités de l\u2019intelligence dans les troubles démentiels.L\u2019hérédité peut jouer un rôle malgré qu\u2019on ne puisse ériger en dogme intangible les éléments qui la composent en raison de la réversibilité qu\u2019elle présente à travers les générations.L'hygiène alimentaire peut intervenir par la carence qu\u2019elle établit dans les cellules de l\u2019organisme si elle n\u2019est pas appropriée au développement naturel de l\u2019individu.Mais je crois devoir insister sur le vice anatomique que représente la pauvreté ou la médiocrité de l\u2019irrigation sanguine d\u2019un treillis vasculaire insuffisant qui ne charriera qu\u2019un apport restreint des matériaux nécessaires au soutien, au relèvement et au fonctionnement normal de la vie cérébrale quant à l\u2019équilibre mental.On dira que cette explication est une vue de l\u2019imagination.Peut-être! D'ailleurs, quelle objection à faire de la spéculation quand celle-ci s\u2019appuie sur des déductions anatomo-physiologiques ?Je ne me crois pas en si mauvaise compagnie, après tout.Sous l\u2019influence d\u2019une circulation artérielle indigente ou miséreuse, la vie cellulaire du cerveau est compromise, modifiée, tronquée.Je répète que les éléments constitutifs de l\u2019encéphale sont rationnés en matières premières et secondaires, essentiels à leur bon fonctionnement, d\u2019où déchéance de la cellule et affaiblissement consécutif de l\u2019intelligence dont la traduction extérieure sera des actes désordonnés, déréglés, dont l\u2019expression de la pensée se translatera par la confusion des idées, dont l\u2019extériorisation de la personnalité sera embrouillée, dont les impulsions prendront un tour morbide, dont enfin les caractéristiques se concrétiseront par la mélancolie, la schizophrénie, la démence précoce, les délires de revendication et d\u2019interprétation, le délire hallacunatoire, en un mot tous les troubles pathologiques mentaux. GARIEPY: CHIRURGIE DU SYMPATHIQUE Vaso-motricité cérébrale Le tonus vasculaire du cerveau est sous la dépendance d\u2019un système de nerfs de l\u2019ordre végétatif dont je veux ci-après faire une brève description avec les attributions fonctionnelles qui lui sont dévolues.Nerf vertébral.Emané de la corne supérieure du ganglion étoilé, il est tout à la fois un nerf vasculaire et un rameau communicant gris.Sa fonction vasculaire nous intéresse seule ici.Le nerf vasculaire est destiné à former le sympathique péri-artériel de la vertébrale et contribue à l\u2019innervation de son territoire vasculaire de l\u2019encéphale (Delmas).Gr.nerf pétr.prof.Prom.Nerf de JACOBSON.Nerf caro-.tico tymp.N.carotid.Ggl.cerv \u2014 sup.
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