L'union médicale du Canada, 1 août 1943, Août
[" IN MEMORIAM è-e ee JOSEPH PARÉ (Pointe-aux-Trembles) 1862-1943 Simple hommage au praticien Nous avons appris, il y a quelque temps, le décès, arrivé soudainement, de M.le docteur Joseph Paré, de la Pointe-aux-Trembles.Nous ne pouvons laisser passer inaperçue la disparition d\u2019un des praticiens les plus remarquables que j'aie connus.J'ai bien dit « remarquable », par son savoir et son savoir faire.Il était le beau-frère du docteur Amédée Marien, chirurgien de grande réputation à Montréal, décédé il y a quelques années.Le docteur Paré se lia donc de bonne heure avec un groupe de jeunes médecins de cette époque, de retour de Paris, vers 1897, où ils avaient étudié sous les maîtres de France, dont ils avaient appris les théories et les méthodes médico-chirurgicales de l\u2019ère pasteurienne, inconnues à Montréal et au Canada.Il fut, dès les débuts, un de leurs disciples assidus et avertis, assistant à toutes leurs réunions où on enseignait ces théories nouvelles et leurs applications dans la pratique de la médecine et de la chirurgie.Il connut, ainsi, l\u2019existence et l\u2019action funeste des microbes, ainsi que les moyens de les combattre.Il comprit alors pourquoi des jeunes femmes en bonne santé payaient de leur vie un accouchement normal compliqué de fièvre puerpérale.Il enseigna, à ses clients, très nombreux, les moyens à prendre pour se prémunir contre certains microbes véhiculés par l\u2019eau et le lait, et il connut, tôt, les avantages de la stérilisation et de l'isolement contre la propagation des maladies infectieuses, en particulier la diarrhée infantile, cause fréquente de mortalité dans nos familles nombreuses.Il s\u2019initia, en fréquentant les hôpitaux et nos jeunes sociétés savantes, à toutes les méthodes nouvelles du diagnostic et du traitement, si différentes des anciennes et dont les résultats l\u2019enthousiasmaient.Maintes fois, il exprima ses regrets d\u2019être arrivé si tard dans ces temps nouveaux, Il devint donc, dans son centre de la Pointe-aux- Trembles, un médecin progressiste, après avoir été, jusque-là, un conseiller judicieux.Le docteur Paré fut, aussi, un médecin mieux renseigné que la plupart de ses confrères, dépourvu de préjugés et \u2018de chauvinisme, soucieux de l\u2019intérêt de son client, bref, un partisan convaineu de toutes les mesures hygiéniques destinées à protéger la santé publique.À ce titre, il mérite que nous rendions hommage à sa mémoire et à son intelligence.Pour l\u2019apprécier, on doit songer à la mentalité de ce temps-là.Mais le docteur Paré fut mieux qu\u2019un médecin instruit: il était un citoyen intègre, bienveillant, aimant à rendre service, et soucieux de sa responsabilité.Si un doute surgissait dans son esprit, au sujet d\u2019une maladie grave, aussitôt il appelait un de ses collègues en consultation, car, en ces circonstances, contrairement à d\u2019autres médecins, il ne croyait pas, ainsi, démériter aux yeux de ses clients.Il recherchaiït une opinion juste et raisonnable, craignant, pour la vie du malade, l\u2019erreur et l\u2019omission, de sa part.I1 répétait souvent avec Saint-Simon, qu\u2019 «il n\u2019y à point d\u2019accommodement.avec la conscience ».Il savait, par son exemple, enseigner la véritable philosophie de la vie.Aussi, possédait-il le respect de tous.Comme citoyen, le docteur Paré possédait un charme bien personnel.Très distingué d\u2019allure et de manières, il nous abordait avec 874 un mot aimable et le sourire, sans compter l\u2019habituel empressement, attitude si caractéristique chez les gens bien éduqués.Très humble, il s\u2019ingéniait à s\u2019effacer devant l\u2019opinion d\u2019un autre, à qui il accordait, volontiers, la préférence, en exprimant à son collègue une reconnaissance discrète d\u2019avoir bien voulu le rencontrer au chevet de son malade! En réalité, nous le quittions, chaque fois, assurés d\u2019avoir reçu, de lui, une leçon de courtoisie et de probité professionnelle.Il a deux fils: l\u2019un, le docteur Armand Paré, chirurgien de haute réputation à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, professeur agrégé à la clinique chirurgicale, membre du Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada, et Croix de Guerre pour hauts faits sur les lignes du front en 1914-18.L'autre, le docteur Louis Paré, médecin de L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 l\u2019hôpital Sainte-Justine, un biologiste distingué où il dirige les laboratoires.Héritiers des qualités du père, les fils continuent la tradition du travail et de l\u2019honneur.Nous les prions de bien vouloir agréer l\u2019expression de nos condoléances.J\u2019ai voulu, dans cette courte note, montrer pourquoi les anciens médecins possédaient la confiance de leurs clients et exerçaient une si grande influence au sein des familles cana- diennes-françaises et dans l\u2019opinion publique.Nous croyons, avec eux, que ce qui caractérise la valeur « homme » dans la société, surtout en médecine, c\u2019est moins sa valeur scientifique que sa valeur morale.En voici un exemple que je me permets de citer et qui justifie le principe que je viens d\u2019énoncer.Le praticien ne mérite pas moins que l\u2019universitaire .Albert LeSAGE. BULLETIN EXAMEN MÉDICAL ET MARIAGE « Dans leur dernière lettre collective sur la célébration du mariage, les Evêques de la province de Québec recommandent fortement aux futurs époux l\u2019échange de certificats médicaux avant leurs engagements définitifs.Messieurs les curés auront à insister en chaire pour que cette pratique, que l\u2019autorité religieuse n\u2019entend nullement rendre obligatoire.se généralise le plus possible ; le tout dans le plus grand intérêt des conjoints et de la société.» « Un certain nombre de jeunes gens et de jeunes filles seront peut- être surpris de ces conseils et ne sauront comment aborder leur médecin sur une question aussi importante.Aussi l\u2019autorité ecclésiastique compte-t-elle sur l\u2019entier appui du corps médical pour faciliter aux personnes qui vont se marier l\u2019accomplissement d\u2019une pratique qui est toute à leur avantage.Comme cette mesure est appelée à se généraliser, les médecins sauront, avec le sens social qui les caractérise, mettre cet examen à la portée de toutes les bourses.» « L\u2019examen que l\u2019épiscopat suggère n\u2019est pas un examen général des sujets.Il doit porter sur les maladies contagieuses, en particulier sur la tuberculose et les maladies vénériennes qui peuvent faire tant de ravages dans une famille.Le médecin devra aussi répérer les cas d\u2019impuissance qui se révéleraient à un examen sommaire.» « Ce faisant, le bonheur de la famille sera davantage assuré et la société tout entière en bénéficiera.» x #%x Sans doute les médecins, à l\u2019instar de leurs coreligionnaires, ont pris connaissance de cette excellente initiative de notre clergé.Son importance est vitale pour la communauté, pour la santé physique et mentale des unités qui la forment; mais son application efficace et étendue exige l\u2019appui énergique et constant de la profession médicale.Aussi publions-nous ce communiqué en tête de livraison.Nul ne peut contester la primauté de l\u2019eugénisme eu égard à la santé des procréés.La difficulté survient quand on veut décider de son mode d\u2019application chez l'homme.Diverses méthodes ont été prônées et appliquées.Il se trouve, cependant, que les plus radicales étaient aussi les moins admissibles en regard de la liberté individuelle, envisagée sous l\u2019angle de principes philosophiques et de l\u2019enseignement de l\u2019Eglise catholique.Ces méthodes, en plus, choquent l\u2019esprit et les sentiments rattachables à certaine éducation familiale 876 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 et sociale.La stérilisation des procréateurs, les mesures anticonceptionnelles sont de telles méthodes.Le certificat pré-nuptial obligatoire est un procédé d\u2019un caractère plus naturel, mais ne comporte-t-il pas encore un certain arbitraire, une certaine contrainte commandés par la loi qui lèse la liberté des individus et leurs droits de disposer d\u2019eux-mémes?La société organisée en Etat peut devenir un monstre dévorant ses propres membres.C\u2019est contre une telle absurdité que la prudence des sages et de l'Eglise applique des principes qui sauvegardent les droits des individus sains d\u2019esprit.Ce sont eux qui forment la société, ce sont eux qui doivent, par le jeu associé de l\u2019intelligence et de la volonté, la former saine et forte.Elle sera ce que voudront et vaudront les éléments qui la composent.L\u2019éducation morale, l\u2019instruction éclairée sur la pathologie, sur la transmission héréditaire et congénitale des maladies, comme d\u2019ailleurs sur tous les maux prévisibles et évitables, pourront sûrement, avec le temps, donner leurs fruits tout en sauvegardant la dignité humaine.Le matérialisme appliqué à l\u2019eugénisme comme à l\u2019éducation des masses, conduit inévitablement à l\u2019amoralité, au cynisme et à une barbarie qui comportent les mêmes conséquences.Les événements actuels le démontrent péremptoirement.Des barbares aux dents saines et survitaminés ne valent guère mieux que les troglodytes quant à l\u2019affinement de la pensée et au déploiement des œuvres de \u2018l\u2019esprit pour le bien de l\u2019humanité.Savoir concilier les mesures en vue d\u2019améliorer la santé et les conditions de vie humaine et le bien inaliénable de la liberté et de la dignité des hommes, voilà ce qu\u2019on doit s\u2019efforcer d\u2019atteindre.La décision prise par notre clergé sur l\u2019examen médical prénuptial, la recommandation énergique qu\u2019il adresse à la population est une mesure des plus recommandables et que les médecins se doivent d\u2019appuyer avec un esprit de coopération et une constance indéfectibles.Cette croisade de salubrité et de prophylaxie ne peut être réalisée sans leur concours: l\u2019enseignement que chaque médecin peut réaliser à ce sujet auprès de chacun de ses malades constitue l\u2019application la plus utile d\u2019une hygiène sociale saine et efficace.Roma AMYOT. SYPHILIS LA LUTTE ANTIVENERIENNE DANS LA PROVINCE DE QUEBEC; ORGANISATION, LÉGISLATION ET SERVICE SOCIAL ! Par G.CHOQUETTE et E.LALANDE, Directeurs adjoints, Division des Maladies Vénériennes, Ministère de la Santé et du Bien-Etre Social.La lutte antivénérienne dans la province de Québec remonte vers l\u2019année 1920 lors de la création d\u2019une division fédérale du contrôle des maladies vénériennes.La guerre de 1914-18 avait fait lever un coin du rideau sur les ravages causés par ces maladies, et le gouvernement du Dominion décida alors d\u2019accorder des octrois aux provinces pour les aider dans la lutte entreprise à travers tout le pays en vue de combattre les maladies vénériennes.Les provinces elles-mêmes y allèrent de leurs deniers et pour le même montant que l\u2019octroi fédéral.Cet arrangement était bien de nature à stimuler la campagne antivénérienne, et tout marcha bien pendant un certain nombre d\u2019années, alors que les octrois furent graduellement retirés, pour l\u2019être complètement en 1931.Les provinces continuèrent quand même, et avec leurs seules ressources, la lutte entreprise vers 1920.Son intensité en fut cependant diminuée d\u2019autant, et profitant de ce fléchissement, les tréponèmes et les gonocoques ne tardèrent pas à regagner le terrain perdu, et l\u2019incidence de ces maladies ne tarda pas non plus à remonter.Une nouvelle guerre éclate, et de nouveau le problème se pose.L\u2019on s\u2019était contenté jusqu\u2019ici de fermer les yeux et de faire semblant de ne pas comprendre, quand ceux qui, réalisant des ravages causés par ces maladies parmi les nôtres, élevaient la voix pour réveiller l\u2019opinion publique.Toutefois, celle-ci est maintenant plus en éveil, et les hygiénistes 1.Communication à la Section d\u2019Hygiène, lors du XVIIe Congrès de l\u2019A.M.LF.A.N., Montréal, septembre 1942.en profitent pour sonner une nouvelle alarme.De concert avec les dirigeants de la profession médicale et les organisations de bien-être social, ils demandent et obtiennent de nos législateurs une loi provinciale de contrôle des maladies vénériennes.Il était temps, puisque notre Province était la seule sans législation, et que le problème des maladies vénériennes devenait de plus en plus aigu.D\u2019après des calculs établis par le Directeur de la Division des maladies vénériennes du Ministère de la Santé, les cas de gonorrhée ne se comptent plus, et les syphilitiques de toutes catégories se chiffrent par au delà de 100,000.La maladie dont sont atteints ces derniers a fait, et continue de faire de nombreux aveugles, des cardiaques et des fous.Elle se transmet aux descendants et fait de ceux-ci des dégénérés.Elle retarde l\u2019éducation des enfants, au point de nuire gravement à leur valeur sociale et de compromettre leurs énergies intellectuelles.Nombre de jeunes paresseux, délinquants, maladifs, doivent leur condition à la syphilis qui les conduit parfois à l\u2019immoralité, voire même au crime.Mais revenons à notre nouvelle loi.Cette loi, désignée sous le nom de « Loi pour prévenir les maladies vénériennes », fut sanctionnée par le Lieutenant-gouverneur-en-Conseil le 20 mars 1941, et les règlements faits sous son empire, approuvés le 27 juin suivant, soit trois mois plus tard.Elle peut se résumer à ce qui suit: 1° Elle oblige qui de droit à déclarer tous 878 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 les cas de maladies vénér.ennes, en respectant toutefois l\u2019identité des malades.2° Elle rend obligatoire le traitement de ces maladies pour tous ceux qui en sont atteints au stage contagieux.3° Elle donne à l\u2019Etat le pouvoir d\u2019intervenir quand la chose s\u2019avére nécessaire.La Province de Québec prenait de ce fait le rang qui lui convient parmi les autres provinces du Dominion dans la lutte contre les maladies vénériennes.Ces trois principaux points de la nouvelle législation demandent cependant certaines explications.Le premier, en rendant obligatoire la déclaration de tous les cas, nous permet de nous rendre compte de l\u2019étendue du mal, et d'appliquer les mesures de contrôle que nous croyons les plus efficaces pour le prévenir.Le deuxième, en rendant obligatoire le traitement des vénériens infectieux, tend à la suppression de la contagion.Le traitement, à ce stage de la maladie, est le plus grand moyen de l\u2019enrayer et, par conséquent, de protéger la santé publique.Enfin, la loi donne à l\u2019Etat le pouvoir d\u2019intervenir dans certains cas en ordonnant aux délinquants contagieux de se soumettre au traitement.Ce n\u2019est que dans les seuls cas, nous le répétons, ou des malades, suscept bles de proneger l\u2019infec\u2018ion et avertis de ce fait, refusent ou négligent quand même de se faire traiter, que l\u2019application de la loi devient nécessaire.D'ailleurs, des mesures non moins sévères sont généralement prises contre des personnes souffrant de maladies contagieuses beaucoup moins graves, comme par exemple, la rougeole, la varicelle ou les oreillons, et on les accepte de bonne grâce, parce que l\u2019on reconnaît qu\u2019il vaut mieux prévenir la maladie en isolant les malades que de courir le risque d\u2019être infecté.Quant aux maladies vénériennes, et jusqu\u2019ici, on leur a permis d\u2019exercer leurs méfaits à travers la province sans trop les molester.Nous répétons qu\u2019il est temps que cet état de choses cesse, et une campagne antivénérienne appuyée sur une bonne législation vient à point pour mettre un frein à ce gâchis physique et social qui menace sérieusement notre avenir comme race.Nous avons parlé, il y.a un instant, du traitement obligatoire comme un des meilleurs moyens de contrôle.On s\u2019est bien rendu compte d\u2019un autre côté qu\u2019en obligeant les malades à se faire traiter, il fallait leur en fournir les moyens.C\u2019est précisément ce qui a été fait en établissant de nouveaux dispensaires et en réorganisant des dispensaires déjà existants pour le traitement des malades indigents.À date, dix-sept de ces dispensaires fonctionnent normalement à Montréal, Québec, et dans sept autres villes de la Province.Le Ministère de la Santé fournit gratuitement les médicaments à ces dispensaires, ainsi qu\u2019à tous les médecins qui en font la demande.Il accorde, de pius, aux praticiens, ure rémunération pour le traitement de leurs malades ind\u2018gents.Il en est de mêine pour le traitement de cette catégorie de malades dans les prisons où il est confié à des spécialistes sous la direction de professeurs de nos Universités pour ce qui est de Montréal et Québec.De cette façon, les malades indigents comme les autres, sont assurés du meilleur traitement possible.Bien que nous venions de direc que les mesures légales et le traitement obligatoire sont d\u2019excellents moyens de contrôler les maladies vénériennes, ce n\u2019est pas notre avis qu\u2019ils soient les seuls.Il en est un qui se place au premier plan de tous et c\u2019est l\u2019éducation.L\u2019éducation sous toutes ses formes est un facteur essentiel de succès dans le domaine de l\u2019hygiène publique et la division des maladies vénériennes attache une grande importance à la propagande dans le public et auprès de la profession médicale.Pour le public, le ministère a fait publier des milliers de tracts, rédigés dans les deux langues, et les a distribués par l\u2019entremise des Unités Sanitaires, des dispensaires, des agences sociales, et à tous ceux qui en ont fait directement la demande.Nous n\u2019avons pas oublié les militaires; tous les camps et casernes de la province te ie, CHOQUETTE er LALANDE: ont été largement pourvus de littérature éducative à l\u2019usage de nos soldats, marins et aviateurs.À ces tracts ont été ajoutées des affiches murales mettant en évidence les méfaits des maladies vénériennes, et donnant la ligne de conduite à suivre en cas d\u2019infection.Les industries de la province à qui nous nous sommes adressés en demandant leur collaboration pour faire l\u2019éducation de leurs employés ont répondu très favorablement à notre appel.La Radio-Canada nous prête son généreux concours en diffusant de nombreuses annonces- éclair sur la syphilis.Nous aurons de nouveau et bientôt recours aux divers postes de radio de la province pour irradier des conférences préparées par des maîtres en la matière.Des causeries ont été données dans les deux langues, par les officiers de la Division, et, à l\u2019avenir, pour les illustrer, MM.les médecins hygiénistes disposeront de films sonores.Nous avons l\u2019intention de continuer et d\u2019intensifier, si possible, cette propagande.À ce propos, nous n\u2019avons voulu rien laisser au hasard.Les quelque cinquante hygiénistes qui dirigent les Unités Sanitaires auront tous bientôt fait un stage de perfectionnement en maladies vénériennes à notre centre d\u2019enseignement à Montréal, et seront particulièrement bien qualifiés pour faire l\u2019éducation du public.Il en est de même pour les infirmières visiteuses sociales qui, en plus de faire l\u2019entraînement usuel relatif au travail social, ont suivi un cours spécial de sept mois à l\u2019Ecole de Service Social de Montréal où elles ont obtenu un certificat.Ce sont autant de groupes spécialisés qui répandront la bonne parole et qui feront une propagande intelligente et au point.La profession médicale, ce pilier sur lequel repose le succès de la lutte antivénérienne, a bénéficié depuis deux ans, d\u2019une large distribution de travaux scientifiques publiés par des syphiligraphes, des urologistes et des hygiénistes attachés aux Universités et à la Division des maladies vénériennes.Il nous fait plaisir, à ce moment, de rendre hommage aux médecins praticiens de toute la Province LUTTE ANTIVÉNÉRIENNE 879 pour le précieux concours qu\u2019ils apportent au Ministère de la Santé.La profession médicale a toujours répondu généreusement aux appels faits en faveur d\u2019œuvres scientifiques ou sociales.Son dévouement a été souvent mis à l\u2019épreuve; mais, dans aucune circonstance, elle n\u2019a failli à la tâche.Nous prions ses membres d\u2019accepter, au nom des nombreux malades auxquels ils se dévouent, l\u2019expression de notre plus vive reconnaissance.Ils peuvent en outre être assurés de notre plus entier dévouement.Nous avons eu l\u2019occasion nous-mêmes de donner de nombreuses causeries aux médecins praticiens groupés en associations médicales à travers toute la province, et de chacune de ces réunions il nous est resté le plus agréable souvenir en même temps que l\u2019assurance d\u2019une complète collaboration.Nous croyons qu\u2019aucun facteur ne contribuera davantage au succès de la lutte antivénérien- ne que cette collaboration étroite entre les médecins et la Division.De plus, si, dans l\u2019application de la loi, le directeur dispose de pouvoirs extraordinaires, comme celui par exemple d\u2019isoler, dans un hôpital ou tout autre lieu de détention, tout vénérien contagieux, et ceci sans autres formalités légales qu\u2019un ordre écrit de sa main, il ne s\u2019ensuit pas nécessairement qu\u2019il applique ces mesures pour tous les contagieux et sans discernement.Parmi les contagieux, il y a d\u2019abord ceux qui se font traiter et dont le traitement est jugé adéquat.Il y a en plus une foule de circonstances qui doivent être prises en considération et qui ressortent soit de l\u2019état de l\u2019esprit du malade, de la situation dans laquelle il se trouve placé, soit de l'ignorance du mal dont il souffre et de se* conséquences, soit encore de difficultés presque insurmontables auxquelles il a à faire face.Ces différentes situations doivent être analvsées soigneusement avant de prendre une décision et c\u2019est ici qu\u2019un service social bien organisé rendra les plus grands services.Le Service Social avant pour but d\u2019enquêter et de faire rapport à la Division sur les conditions dans lesquelles se trouvent les malades dont il vient -880 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 d\u2019être question, et ayant de plus pour mission de retracer les sources d\u2019infection et les contacts, de les amener à l\u2019examen et de garder sous traitement les patients infectieux jusqu\u2019à ce qu\u2019ils ne le soient plus, il est évident qu\u2019un tel organisme doit faire partie intégrale d\u2019un programme élaboré, en vue de prévenir la dissémination du mal vénérien.D'ailleurs, c\u2019est l\u2019expérience de ceux qui en ont fait systématiquement l\u2019épreuve, que ce service retient au traitement jusqu\u2019au « blanchissage » quatre- vingt pour cent des malades, tandis que c\u2019est tout juste le contraire qui arrive lorsque les malades ne sont pas suivis.Nous n\u2019avons jamais pensé que des mesures légales seules pourraient être le moyen héroïque de contrôler les maladies vénériennes.Nous avons plutôt cru qu\u2019une saine éducation, un appel au bon sens et à la responsabilité individuelle, des facilités adéquates de traitement, un personnel qualifié et bien entraîné aux méthodes modernes techniques et administratives réussiraient beaucoup mieux dans ce domaine que tous les moyens coercitifs mis à notre disposition par la loi.C\u2019est pourquoi la Division des maladies vénériennes du Ministère de la Santé a établi un service social médical composé de travailleuses sociales attachées en permanence aux grandes cliniques de Montréal et de Québec, ainsi qu\u2019aux dispensaires de Lévis, des Trois-Rivières et de Sherbrooke.Dans les autres dispensaires et pour des comtés où il existe des Unités Sanitaires, le personnel des ces Unités est chargé du Service Social qui s\u2019étend de ce fait à toute la Province.Enfin, le succès d\u2019une campagne pour contrôler la syphilis dépend, dans une large mesure, de la généralisation du séro-diagnostic et de la valeur des réactions sérologiques, et sur ce point la profession médicale peut être assurée de l\u2019excellence des méthodes d\u2019analyse adoptées par notre laboratoire de sérologie, dont la bonne renommée est déjà établie à travers tout le pays et même aux Etats-Unis.Nous n\u2019insisterons pas davantage ici sur ce sujet, car il fait l\u2019objet d\u2019une autre communication de la part du docteur Jules Archam- bault, sérologiste du Ministère.Nous pouvons donc affirmer en concluant que le Ministère de la Santé est prêt à faire face au problème.Il nous faut cependant le concours de tous: le public, la profession médicale, les malades.À ces conditions, la Division des maladies vénériennes compte bien dans un avenir assez rapproché, sinon faire disparaître complètement, du moins diminuer sensiblement les maux de toutes sortes causés par le mal vénérien dans la Province de Québec.LE SÉRO-DIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS! Par Jules ARCHAMBAULT, Sérologiste et Directeur de la Division des Maladies vénériennes, Ministère de la Santé.Le séro-diagnostic est la principale contribution du laboratoire à la lutte contre la syphilis.Si l\u2019ultra-microscope révèle l\u2019infection plus tôt, cette recherche n\u2019est possible que dans un nombre restreint de cas, la lésion initiale passant d\u2019ordinaire inaperçue chez la femme et n\u2019éveillant pas assez tôt l\u2019attention chez l\u2019homme.La moitié de ceux qui viennent consulter pour un chancre ont déjà une séro- 1.Communication au XVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de langue française de l'Amérique du Nord.Montréal, septembre 1942, Section de l\u2019'Hygiène.logie positive, et l\u2019on doit chez eux pratiquer l\u2019ultra-microscope et le Wassermann dès la première visite, attendant le résultat positif de l\u2019un ou de l\u2019autre avant d\u2019instituer le traitement.C\u2019est du dixième au vingtième jour après l\u2019apparition du chancre que la sérologie devient positive.Elle l\u2019est toujours au cours de la période secondaire et durant les premières années de la syphilis latente chez les individus non traités.Le séro-diagnostie a une valeur incalculable pour dépister les infections latentes, traitées ou non, qui représentent la il lt # ARCHAMBAULT: SÉRO-DIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS moitié de toutes les syphilis.Enfin, devant les \u2018formes multiples et décevantes du tertiarisme, la tâche du clinicien est grandement facilitée par le laboratoire, puisque 95 à 98 pour cent des manifestations tardives de la syphilis s\u2019accompagnent d\u2019une sérologie positive.L\u2019importance du séro-diagnostic dz la syphilis a été bien comprise par la profession médicale de cette province et durant mes vingt-deux années de service au laboratoire provincial, j'ai eu la satisfaction de constater une augmentation prodigieuse dans le nornbre des échantillons examinés.Leur total a dépassé 144,000 pour l\u2019année 1941 et il s\u2019est élevé à 102,500 pour les six premiers mois de 1942, ce qui représente une augmentation de 42 pour cent.L\u2019expérience de ces années a démontré que l\u2019interprétation du séro-diagnostic présente de sérieux problèmes et que le rôle du sérologiste est d\u2019aider le clinicien à les résoudre.DIVERSITÉ DES MÉTHODES SÉROLOGIQUES.La diversité des méthodes adoptées couramment ne prêtera pas à la confusion si l\u2019on veut bien reconnaître, dans la fixation et dans la floculation, deux manifestations d\u2019un même phénomène qui est la formation d\u2019agrégats par l\u2019union de réagines syphilitiques avec des lipoïdes en suspension, que l\u2019on désigne sous le nom d\u2019antigénes.Fortement concentrés, les lipoïdes produisent les floculats directement visibles que nous retrouvons dans toute réaction de précipitation: Kahn, Hinton, Kline ou autre.Avec des lipoïdes plus dilués et une technique différente, l\u2019on obtient la formation de fins agrégats qui absorbent le complément et entravent le phénomène de l\u2019hémolyse.Les réactions de fixation couramment employées, entre autres celle de Kolmer, et la technique en usage au laboratoire provincial, diffèrent profondément de la réaction originale de Wassermann, bien qu\u2019elles en conservent le nom générique.881 & MÉRITES RELATIFS DES DIFFÉRENTES MÉTHODES.Il faut tenir compte des trois facteurs: sensibilité, spécificité, simplicité.Les réactions de précipitation sont les plus simples et les plus rapides.Elles sont aussi très sensibles, mais elles exposent à des erreurs dues, pour la plupart, aux difficultés que présente l\u2019interprétation des floculations de moyenne intensité.Les réactions de fixation ont une spécificité reconnue et l\u2019opinion générale est qu\u2019un Wassermann positif dûment contrôlé est un indice plus sûr de syphilis qu\u2019une réaction de précipitation positive.Même en admettant que ces deux catégories de réactions diffèrent peu au point de vue de la sensibilité et de la spécificité, il faut reconnaître qu\u2019un certain nombre de sérums, provenant d\u2019anciens syphilitiques, réagissent mieux avec le Wassermann et d\u2019autres, avec les réactions de floculation.Il en résulte naturellement des divergences, mais peu nombreuses, puisque nous avons vu le Wassermann et le Kahn être d\u2019accord dans 96.6 pour cent des cas et ne donner que 0.6 pour cent de divergences marquées, sur 24,000 échantillons examinés.Une technique idéale comprendrait une réaction de fixation et une réaction de floculation, mais cette manière de procéder serait trop onéreuse, s\u2019il fallait l\u2019appliquer à tous les échantillons reçus; elle devient réalisable après que la majeure partie des sérums négatifs a été éliminée par un «screen test ».RÉACTIONS D\u2019ÉLIMINATION.Les réactions d\u2019élimination, « exclusion » ou « screen test », sont des techniques sensibles à ce point que l\u2019on peut considérer négligeable la proportion des sérums positifs qui leur échappe.Il est\u2018reconnu que ces réactions dépassent les limites de la sensibilité permise et qu\u2019elles réagissent parfois avec le sérum d\u2019individus normaux.Par conséquent, les résultats négatifs seuls sont rapportables et sur le groupe des sérums retenus il reste à pratiquer les 882 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 réactions de diagnostic: le Wassermann, le Kahn, ou autres.INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS Exposons d\u2019abord une règle capitale du séro-diagnostic, c\u2019est qu\u2019une sérologie positive, pour prouver la syphilis, doit avoir l\u2019appui d\u2019examens faits sur plus d\u2019un échantillon.Un seul résultat positif ne peut suffire que s\u2019il concorde avec des signes cliniques manifestes ou avec une histoire antérieure concluante.Ce contrôle essentiel préviendra les conséquences d\u2019erreurs qui peuvent être d\u2019ordre technique et d\u2019ordre biologique.Parmi les erreurs d\u2019ordre technique considérons la possibilité qu\u2019un échantillon soit substitué à un autre en dépit des précautions prises, au bureau du médecin, au cours de la réaction ou dans la préparation des rapports.Par erreurs d\u2019ordre biologique nous entendons que les réactions de fixation et de précipitation peuvent être faussées par quelques états passagers de l\u2019organisme, en particulier ceux qui s\u2019accompagnent d\u2019une poussée de température.Aussi avons nous inscrit, sur nos formules de laboratoire, qu\u2019un résultat positif, obtenu au cours d\u2019un accès fébrile, doit toujours être contrôlé par de nouveaux examens faits quelque temps après que la température du patient est redevenue normale.L'application rigoureuse de cette règle préviendra toute erreur d\u2019interprétation si l\u2019on obtient un résultat positif au cours de la malaria, de la tuberculose active, de la mononucléose infectieuse et d\u2019autres pyrexies.Quant aux résultats positifs rapportés dans la lèpre et les spirochétoses des pays tropicaux, nous n\u2019avons pas à nous en inquiéter sous nos climats.Nous mettons en garde contre la pratique, actuellement fréquente dans l\u2019armée, d\u2019examiner le sang de personnes récemment vaccinées ou injectées de sérum.Ces conditions seraient aptes à influencer la réaction de Kahn beaucoup plus que celle de Wassermann.Un sérologie positive dûment contrôlée, chez un individu qui ne souffre pas d\u2019une maladie aiguë intercurrente, est une preuve suffisante pour établir un diagnostic de syphilis, même s\u2019il n\u2019existe pas de signes cliniques de cette infection.Il va sans dire que les examens de laboratoire les plus concluants ne dispensent pas le médecin de faire un examen particulièrement attentif du cœur et du système nerveux, de retracer l\u2019histoire de l\u2019infection, et la sérologie des contacts, en particulier du conjoint et des enfants.Une sérologie positive accompagne toujours les accidents secondaires et 95 à 98 pour cent des lésions tertiaires.On peut s\u2019attendre à ce que les déficiences sérologiques soient plus nombreuses en période latente et il faut en conclure qu\u2019une réaction négative isolée n\u2019élimine pas nécessairement la syphilis.Reconnaissons toutefois qu\u2019une sérologie négative est suffisamment concluante: a) Pour faire reviser un diagnostic de syphilis secondaire qu\u2019elle ne confirme pas.b) Pour considérer indemne de syphilis l\u2019individu chez qui elle se trouve être en accord avec une histoire et un examen clinique négatifs.ce) Pour être admise comme l\u2019une des preuves les plus concluantes de guérison, avec l\u2019absence prolongée de symptômes cliniques et l\u2019assurance que le liquide céphalo-rachidien est normal.Sur la foi d\u2019une sérologie négative on peut éliminer la possibilité d\u2019une infection récente, pourvu que les examens négatifs couvrent une période de deux mois après l\u2019apparition de la lésion douteuse, de trois mois après le contact suspect.Nous interprétons comme douteuses les réactions de un plus (+) et comme faiblement positives, les précipitations partielles (Kahn (++ et +++) ou les fixations incomplètes du complément (antigène cholestériné ++ ets +++).Ces réactions traduisent d\u2019ordinaire une teneure faible, mais réelle, en réagines syphi- ARCHAMBAULT: SÉRO-DIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS 883 litiques, telle qu\u2019on s\u2019attend à la rencontrer chez les malades traités, mais qui se retrouve aussi dans les syphilis anciennes en régression spontanée.Considérée isolément ou dans l\u2019interprétation de symptômes vagues, une réaction douteuse n\u2019a aucune valeur; une sérologie faiblement positive qui persiste -dans une série d\u2019examens ne prouve pas la syphilis, mais la fait soupçonner et oriente vers de nouvelles recherches.Résultats divergents.Arrêtons-nous aux divergences qui découlent de l\u2019emploi de plusieurs méthodes sérologiques.Elles sont peu nombreuses, puisque 96 pour cent des réultats concordent, si l\u2019on pratique simultanément le Wassermann et le Kahn.Il faut attribuer les divergences à l\u2019affinité élective que présentent certains sérums pour un antigène ou pour une technique en particulier.On se rend compte de cette propriété des sérums en suivant la courbe sérologique de syphilitiques traités.Chez la plupart, le Wassermann et le Kahn se négativent vers le même temps; chez les autres, on voit d'abord céder l\u2019une des réactions, le Kahn ou le Wassermann continuant seul à marquer une positivité, parfois forte, au cours de plusieurs mois.Les modifications sérologiques se produisent suivant le même ordre dans la syphilis en régression spontanée, ce qui explique qu\u2019à l\u2019examen initial de malades non traités, mais infectés depuis longtemps, on retrouve parfois la formule sérolngique: Wassermann positif, Kahn négatif, ou l\u2019inverse.Ces formules se retrouvent encore en syphilis primaire au début de la période sérologique; elles font place alors en quelques jours à des réactions fortement positives.| Quelle est la conduite à tenir en présence de résultats sérologiques faibles ou divergents?Une réaction positive qui n\u2019a pas l\u2019appui d\u2019une histoire ni de symptômes cliniques doit toujours être contrôlée; à plus forte raison si elle n\u2019est que faiblement positive ou douteuse, ou lorsque les résultats du Wassermann et du Kahn sont en désaccord.Car c\u2019est parmi ces réactions faibles, que l\u2019on trouvera celles qui peuvent se produire dans des conditions autres que la syphilis.Ce sont d\u2019ordinaire des affections aiguës et passagères qui faussent la réaction et pour éliminer ces erreurs d\u2019ordre biologique, on répétera les examens plus d\u2019une fois, au cours de quelques semaines.Suivant les résultats obtenus on pourra conclure: a) A une erreur de technique, si tous les les examens de contrôle sont négatifs après une réaction positive initiale obtenue dans des conditions normales.b) A une réaction faussée par un état passager de l\u2019organisme, si la positivité du résultat a coïncidé avec une élévation de température et disparaît au cours des examens subséquents.c) A une réaction due à la syphilis, si la sérologie se maintient positive, même faiblement, dans l\u2019ensemble des examens, malgré des fluctuations de degré ou une éclipse passagère.S\u2019il persiste une divergence entre le Wassermann et le Kahn, le résultat négatif de l\u2019un n\u2019infirme pas le résultat positif de l\u2019autre.d) Enfin, une réactivation sérologique, au cours d\u2019une série d\u2019examens, témoigne de l\u2019activité du processus syphilitique.Une réaction faible suivie d\u2019une réaction forte à un ou deux jours d\u2019intervalle caractérise le début de la période sérolo- gique de la syphilis primaire.Tout en admettant en principe qu\u2019une sérologie faiblement positive persistante témoigne d\u2019une infection syphilitique atténuée, mais réelle, on ne peut lui faire porter entièrement le poids du diagnostic; il faut le confirmer ou l\u2019infirmer par les preuves que fourniront l\u2019histoire et l\u2019examen clinique, la radiographie de l\u2019aorte, la ponction lombaire et au besoin, la sérologie de quelques-uns des membres de la famille. 884 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 1° Le questionnaire du malade portera sur les accidents génitaux, sur les traitements et les examens sérologiques antérieurs, Il y aura souvent lieu d\u2019en vérifier les résultats.Chez la femme, noter l\u2019issue des grossesses et l\u2019histoire des contacts.2° L'examen clinique doit établir en particulier l\u2019état des réflexes et du système cardio-vasculaire.La signature de la syphilis congénitale se retrouve dans une cicatrice cornéenne ou à la constatation d\u2019autres stigmates.3° On recherchera par la radiographie un anévrysme insoupçonné ou d\u2019autres lésions cardio-aortiques.4° En pratiquant la ponction lombaire ou se rendra compte que le Wassermann peut- être faible dans le sang et fort dans le liquide céphalo-rachidien, car les méninges et l\u2019arachnoïde forment autour du système nerveux central un cloisonnement suffisamment étanche pour mettre obstacle au libre passage des réagines.5° L\u2019examen sérologique du conjoint et des enfants et, si l\u2019on soupçonne l\u2019hérédité, celui des parents, des frères et sœurs, apportera fréquemment l\u2019explication d\u2019une sérologie positive chez une personne apparemment saine.Mais, dans l\u2019interprétation des faits, on se rappellera que l\u2019époux ou l\u2019épouse qui a contracté la syphilis plus de quatre ans avant le mariage n\u2019infecte pas son conjoint.Par conséquent la syphilis peut exister chez l\u2019un et non chez l\u2019autre.Dans sa forme héréditaire l\u2019infection ne touche pas également tous les membres d\u2019une famille; elle en épargne même souvent quelques- uns.Si, de toutes ces recherches, aucune n\u2019est venue confirmer la sérologie faiblement positive, il y a lieu de réserver son jugement, d\u2019observer et d\u2019attendre.Plutôt que de s\u2019exposer à une erreur de diagnostic, 1l vaut mieux considérer le patient indemne pour toutes fins pratiques, tout en continuant à l\u2019observer.Surtout il faut ne pas se hâter de traiter, car il est beaucoup moins grave de retarder le traitement d\u2019une syphilis latente atténuée que de traiter pour la syphilis une personne qui en est peut-être indemne.Résumé Les réactions de précipitation et de fixation, employées pour le séro-diagnostic de la syphilis dérivent d\u2019un même principe et concordent généralement dans leurs résultats.Cependant quelques divergences s\u2019observent au déclin de l\u2019infection et au début de la période primaire humorale.Les réactions d\u2019élimination sont des méthodes ultra sensibles dont les résultats négatifs seuls peuvent être rapportés.Sur les sérums retenus, par ces méthodes, comme positifs où douteux, il faut pratiquer les réactions de diagnostic, de préférence un ensemble de deux techniques, l\u2019une de fixation (Wassermann), l\u2019autre de précipitation (Kahn).Un résultat positif doit toujours être contrôlé sur un nouvel échantillon, à moins qu\u2019il ne concorde avec des signes cliniques manifestes ou avec une histoire antérieure concluante.En pratiquant l\u2019examen de contrôle on s\u2019assurera que le malade ne fait pas de température, car certaines infections aiguës peuvent fausser la sérologie d\u2019une manière passagère.Le diagnostic de syphilis se pose de lui- même chez toute personne qui présente une sérologie fortement positive et dûment contrôlée.Une sérologie faiblement positive fait soupçonner la syphilis, mais n\u2019est pas suffisamment concluante pour constituer à elle seule la preuve de cette infection.Lorsque l\u2019histoire et l\u2019examen clinique n\u2019éveillent aucun soupçon et que la sérologie est négative, le diagnostic de syphilis est pratiquement éliminé. LE TRAITEMENT DES SYPHILIS ANCIENNES ET DE LA SYPHILIS CONGÉNITALE ! Par Emile GAUMOND, Directeur du Service Médico-Social à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.La syphilis est une maladie à l\u2019ordre du jour.Les médecins apprennent de plus en plus à la connaître de mieux en mieux; les pouvoirs publics s\u2019y intéressent, surtout le ministère de la Santé de la Province, les journaux en parlent en la mentionnant sous son vrai nom, ce qui est très nouveau, les organisations policières s\u2019occupent davantage de la prostitution en considérant les prostituées non pas tant comme des criminelles, mais de plus en plus comme des malades vénériennes, et la radio vient apprendre à ceux qui ne lisent pas, à ceux qui ont la vue courte, tous les dangers dans lesquels peuvent tomber ceux qui s\u2019exposent à contracter une de ces maladies dites vénériennes, dont la syphilis est certainement la plus sérieuse.Chacun, médecin et public, étant averti du danger et de ses conséquences, il serait raisonnable de croire qu\u2019au moins tous les syphilitiques sont ou se font traiter; malheureusement non, et pour cette raison, le médecin, au lieu de n\u2019avoir à traiter que des syphilitiques en période récente de leur maladie, doit en soigner un certain nombre dont la syphilis remonte à plusieurs années, syphilis qui a été insuffisamment traitée ou même pas du tout, et en plus il a quelquefois à prodiguer ses soins à des enfants issus de parents responsables des tares physiques ou mentales dont l\u2019incurie à se faire traiter a permis le développement chez leurs descendants.Il ne sera pas question, ici, du traitement d\u2019attaque de la syphilis récente ni de la médication antisyphilitique en détail, notre travail se bornera à esquisser la ligne de conduite à tenir dans le traitement des syphilis anciennes.1.Communication à la Section d'Hygiène, lors du XVIIe Congrès de 'AM.LF.AN.Montréal, septembre 1942.Quand une syphilis peut-elle être considérée comme ancienne?La syphilis débute par le chancre, bientôt suivi des accidents secondaires.Cette période dure entre 2 et 4 ans et, pendant cette période de temps, la syphilis peut être considérée comme récente.Le malade n\u2019ayant pas été traité suffisamment voit sa maladie passer par une période de latence, sans manifestations cliniques, période qui peut comprendre 3, 5, 10, 15 ans, alors qu\u2019apparaissent les lésions qui signent l\u2019ancienneté de la maladie en se manifestant et au malade et au médecin.On pourrait donc considérer comme ancienne toute syphilis apparente, cliniquement ou humoralement, et insuffisamment traitée, contractée 3 à 5 ans auparavant.Les accidents tardifs de la syphilis apparaissent d'autant plus tardivement que le traitement a été mieux fait et que le malade a été plus longtemps suivi; c\u2019est une étape évitable de l\u2019infection.Certains facteurs favorisent l\u2019apparition des accidents syphilitiques tardifs, comme l\u2019alcoolisme, le surmenage intellectuel qui prédispose à la paralysie générale, l\u2019abus du tabac qui aide à la production de leucoplasies.Les infections aiguës et certains traumatismes importants déclanchent quelquefois une paralysie générale ou un tabès jusque-là latent.La grande raison, toutefois, de l\u2019apparition des accidents tardifs, on ne le répètera jamais assez, c\u2019est le traitement insuffisant au début de la maladie.Il est bon de se rappeler que dans les syphilis anciennes, le B.W.n\u2019a pas la même valeur que dans les syphilis récentes.Il est parfois franchement positif, souvent douteux et quelquefois complètement négatif.La ponction lombaire avec les divers examens pratiqués sur le liquide céphalo- 886 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 rachidien a ici une grande importance; elle permet de constater l\u2019intégrité ou non du système nerveux, de déceler une syphilis nerveuse latente ou de constater les dégâts déjà causés au névraxe.Elle doit se faire dans tous les cas où la syphilis remonte à plus de 4 ans, qu\u2019il y ait des signes cliniques ou non.Selon Sézary on peut classer en 3 grands groupes les malades atteints de syphilis ancienne: a) Syphilis ancienne complètement muette cliniquement et humoralement.b) Syphilis ancienne cliniquement muette avec B.W.positif.c) Syphilis ancienne avec manifestations cliniques ou anomalies du liquide céphalo-rachidien.Nous passerons brièvement en revue les différents cas de syphilis ancienne qui correspondent à ces trois catégories et les indications du traitement à faire.Disons tout d\u2019abord qu\u2019il est très difficile sinon impossible dans ces cas de syphilis ancienne de donner des directives pouvant s\u2019appliquer à tous les malades.= L\u2019état général du patient à traiter doit être considéré encore beaucoup plus que dans la syphilis récente.S\u2019il s\u2019agit d\u2019un jeune de 30 ans, par exemple, qui a contracté la maladie 10 à 12 ans auparavant et dont l\u2019état de santé est encore bon, on peut faire un traitement qui sera le même que celui préconisé pour les syphilis récentes: 914, 7 à 8 grammes par série, en atteignant 0.75 ou 0.90 par injection.Le 914 est accompagné ou suivi d\u2019injections intramuseulaires d\u2019un bismuth huileux insoluble.Si le malade dépasse 50 ans, nous restons fidèles à la ligne de conduite que nous avons adoptée, celle de ne pas donner de 914, quel que soit l\u2019état de santé apparent ou réel du malade.Nous utilisons, peu souvent, et avec précaution, dans certains cas, le Mapharsen qui constitue un bon traitement antisyphilitique mais dont l\u2019action est, à notre avis, nettement inférieure à celle du 914.Nous l\u2019employons toutefois couramment, lorsque le 914 est réellement mal toléré; comme cela se produit assez souvent par exemple chez la femme enceinte.A) SYPHILIS ANCIENNE COMPLETEMENT MUETTE CLINIQUEMENT ET HUMORALEMENT.Il faut d\u2019abord être certain que le malade a réellement eu la syphilis.Il peut paraître inopportun de signaler cette possibilité, mais en présence de faits vécus, l\u2019opportunité de cette constatation nous semble de première valeur.Combien de fois ne nous est-il pas arrivé en présence d\u2019un malade se plaignant d\u2019avoir eu la syphilis de nous demander si nous étions réellement en présence d\u2019un syphilitique, oui ou non.Si le malade a des résultats négatifs dans son sang, dans son liquide céphalo-rachidien, s\u2019il a été traité dix ans auparavant par 6 ou 7 injections intraveineuses, s\u2019il affirme en plus que le diagnostic posé par le médecin a été celui de chancre mou et si l\u2019examen clinique ne révèle aucune trace de chancre ou de toute autre lésion spéei- fique, il faut bien avouer qu\u2019à ce moment le doute est amplement justifié.Dans un cas comme celui-ci, il n\u2019est pas question de faire un traitement; il n\u2019y a qu\u2019à demander une surveillance: B.W., une ou deux fois par année avec examen clinique.Si le malade a réellement eu la syphilis, s\u2019il a été traité dès le début de sa maladie, s\u2019il a reçu un traitement suffisant et si son B.W.comme son liquide céphalo-rachidien sont normaux, demander alors une surveillance sans traitement.La même ligne de conduite est à tenir si le malade est marié, a des enfants indemnes et une femme indemne aussi.Si la syphilis contractée il y a plusieurs années est certaine et que le traitement a été manifestement insuffisant, il vaudrait mieux dans ce cas avec B.W.négatif, faire un traitement complet comme si le malade n\u2019avait jamais été traité.Bi y GAUMOND: TRAITEMENT DE LA SYPHILIS B) SYPHILIS ANCIENNE MUETTE AVEC B.W.POSITIF.CLINIQUEMENT Cette situation est parfaitement réalisée dans ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la syphilis latente.Il est, ici, nécessaire de préciser ce que l\u2019on entend par B.W.positif.Nous entendons par B.W.positif celui qui se lit comme suit: Antigène alcoolique +++, Antigène cholesté- riné ++++, réaction de Kahn +++.Il arrive assez souvent qu\u2019au cours d\u2019un examen général, une prise de sang est faite.En passant on ne saurait trop insister sur l\u2019importance d\u2019un examen du sang pour B.W à tout malade qui se présente à l\u2019examen; il ne se passe pas de jours où l\u2019on n\u2019ait à se surprendre en même temps qu\u2019à se féliciter de l\u2019avoir pratiqué.Done, l\u2019examen fait fournit le résultat suivant: antigéne alcoolique \u2014\u2014\u2014\u2014+, antigéne cholestérné \u2014\u2014+\u2014+, Kahn \u2014\u2014\u2014\u2014.Un résultat de cet ordre ne doit pas automatiquement faire considérer le malade comme syphilitique; l\u2019examen est à répéter, et répéter même plusieurs fois si on n\u2019a aucune autre preuve de l\u2019existence d\u2019une syphilis antérieure soit acquise, soit congénitale.L\u2019existence d\u2019une syphilis acquise antérieurement étant admise, le malade étant en bonne santé par ailleurs, ne dépassant pas 50 ans, on doit conseiller un traitement complet par le 914 ou mapharsen et un bismuth huileux insoluble.Ce traitement est à poursuivre plus ou moins longtemps selon que le B.W.est devenu négatif plus ou moins rapidement.Il arrive quelquefois, malgré un traitement intensif et poursuivi pendant quelques années, que le B.W.se maintienne positif; dans ce cas, aucun signe clinique n\u2019indiquant que la syphilis est en activité et le liquide céphalo- rachidien étant absolument normal, le malade demande à être surveillé sans poursuivre davantage le traitement.On doit toutefois être bien certain d\u2019avoir fait pendant suffisamment longtemps un traitement réellement 887 intensif.Dans ces conditions, le mariage ne serait pas à conseiller, à moins que le malade ne soit bien décidé à se faire médicalement surveiller pendant longtemps.S'il s\u2019agit d\u2019une femme mariée, il lui sera fortement conseillé de suivre un traitement antisyphilitique à chaque grossesse.C) SYPHILIS ANCIENNE AVEC MANIFESTATIONS CLINIQUES OU ANOMALIES DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN.Il est rarement question dans ce cas de guérison définitive.On peut, le plus souvent, enrayer la complication, retarder et même prévenir les complications menaçantes.On peut, dans bien des cas, empêcher le malade de mourir de sa syphilis, ce qui est un résultat fort appréciable.Après Sézary on peut répéter qu\u2019il est nécessaire d\u2019entreprendre un traitement dont la durée, l\u2019intensité et la qualité varient suivant les organes envahis, suivant l\u2019état fonctionnel des viscères, c\u2019est-à-dire suivant des facteurs qui imposent ou contre-indiquent l\u2019emploi de tel ou tel médicament, de telle ou telle méthode, de telle ou telle posologie.Le traitement devient individuel, particulier à chaque malade.Le syphiligraphe s\u2019efface devant le médecin ou plutôt redevient, s\u2019il ne l\u2019était plus, ce qui n\u2019est pas à souhaiter, un médecin plus instruit des possibilités comme des inconvénients du traitement à faire à un patient souffrant de lésions organiques causées par le tréponème.D\u2019une façon générale, excepté quand il faut agir vite, une gomme du palais qui menace de le perforer par exemple, les arsénicaux trivalents sont peu conseillés.Ceci ne veut pas dire qu\u2019on ne doit pas les employer.Si le malade est jeune et que la lésion organique évolue rapidement, on peut tenter l\u2019arsénic, mais il faut être prudent et savoir s\u2019arrêter à temps.Les médicaments à utiliser sont surtout le bismuth sous sa forme soluble ou insoluble, 888 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 le mercure et l\u2019iodure qu\u2019il ne faut pas négliger à cette période.Dans les formes nerveuses de la maladie, et c\u2019est là leur seule application utile, les arsé- nicaux pentavalents, stovarsol et tryparsa- mide, doivent être employés.x x + Il est impossible dans ce court exposé de passer en revue chaque cas de syphilis ancienne organique, en particulier.La syphilis, tous les médecins l\u2019ont appris, peut toucher tous les systèmes, atteindre chaque organe.Nous nous contenterons de résumer le traitement surtout conseillé dans la syphilis des principaux systèmes de l\u2019organisme.Disons tout de suite que, dans les formes cutanées de la syphilis tertiaire, les médicaments antisyphilitiques agissent selon leur valeur respective reconnue: l\u2019iodure lentement, le mercure plus rapidement.Le bismuth surtout employé donne des résultats remarquables.L\u2019arsénic, comme toujours, agit vite, mais ne peut et ne doit pas toujours être employé.Dans la syphilis cardio-vasculaire, n\u2019oublions pas que l\u2019anévrisme de l\u2019aorte est dû à la syphilis, que l\u2019angine de poitrine, dans une proportion appréciable des cas, reconnaît la même cause.Dans cette forme de syphilis ancienne, le bismuth et le mercure sont indiqués.Il ne faut pas oublier de leur adjoindre l\u2019iodure.Il existe sur le marché certaines préparations contenant et du bismuth et de l\u2019arsénic préconisées pour le traitement de la syphilis cardio-vasculaire.Ces préparations se donnent par voie intramusculaire et se montrent trés utiles.Dans la syphilis hépatique, encore assez fréquente, il ne faut pas employer l\u2019arsénic mais, surtout le mercure et l\u2019iodure.Le bismuth peut aussi être utilisé.Dans la syphilis rénale, heureusement pas très fréquente, le traitement général prime d\u2019abord le traitement antisyphilitique.Ce dernier doit se faire très prudemment en se rappelant que si l\u2019arsénic est un toxique pour le foie, le mercure et le bismuth sont des toxiques rénaux.Dans la syphilis de l\u2019appareil digestif, le bismuth doit être préféré à l\u2019arsénic qui peut provoquer des hémorragies.La même constatation est vraie pour les tuberculeux pulmonaires avec cavernes.Le traitement de la syphilis nerveuse mériterait une étude plus approfondie.Nous nous contenterons cependant de rappeler les notions principales.En face d\u2019un ictus, si on soupçonne la présence d\u2019une gomme syphilitique et si on veut agir vite: arsénic.Si l\u2019urgence est moindre ou pour toute autre raison: mercure.Le traitement peut alors se continuer en alternant le bismuth avec le mercure sans oublier l\u2019iodure.Certaines myélites survenant chez des sujets encore jeunes réagissent très favorablement aux arsénicaux trivalents.Quand il s\u2019agit de tabès, les pentavalents doivent être employés.Il est souvent utile et quelquefois nécessaire d\u2019ajouter à cette thérapeutique, la pyréthothérapie, soit par la malaria, soit à l\u2019aide des agents physiques.Lorsque la syphilis ancienne se manifeste par une atrophie du nerf optique, si on peut voir le malade assez tôt, la pyréthothérapie, selon les auteurs américains, doit être faite aussitôt le diagnostic établi.Malheureusement, malgré tous les efforts thérapeutiques, l\u2019atrophie progresse souvent quand même et aboutit à la cécité définitive.Dans la paralysie générale des aliénés, conséquence fatale et fréquente de la syphilis non traitée ou insuffisamment traitée, la pyrétho- thérapie alliée à la chimiothérapie donne des résultats encourageants, mais en autant que le diagnostic a été établi assez tôt.Il n\u2019est pas inutile, croyons-nous, de répéter encore une fois toute l\u2019importance que prend l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien dans tous les cas où la syphilis remonte à quelques années.L\u2019examen ainsi pratiqué permet souvent de traiter les malades alors qu\u2019ils sont en syphilis nerveuse latente, éloigne et même empêche que ne se produisent les dégâts irréparables b Rl; \u2018 GAUMOND: TRAITEMENT DE LA SYPHILIS | 889 du névraxe aboutissant à la déchéance psychique de l\u2019individu.Voilà, en un bref résumé, un rappel de notions essentielles concernant le traitement des syphilis anciennes.Retenons de tout ceci qu\u2019il faut dépister la syphilis le plus tôt possible, ce à quoi peut nous aider beaucoup le B.W.fait à tous les malades.Retenons encore toute l\u2019importance que peut avoir l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien chez toute personne ayant souffert de syphilis plusieurs années auparavant.Retenons enfin qu\u2019un traitement d\u2019attaque dès les premiers signes d\u2019apparition de la syphilis, traitement constant, bien suivi et bien équilibré, peut empêcher cette échéance souvent fatale à l\u2019individu qu\u2019est la syphilis ancienne.) Traitons mieux, traitons plus vite, traitons plus longtemps le syphilitique récent et nous n\u2019aurons pas à le traiter plus tard, ce qui est souvent trop tard.LA SYPHILIS CONGÉNITALE OU HÉRÉDITAIRE est, comme la syphilis ancienne, une autre manifestation de la virulence du tréponème, mais surtout une conséquence, pourtant évitable, d\u2019un traitement insuffisant.On ne devrait avoir à traiter qu\u2019exceptionnellement des hé- rédos.Si on voit assez peu de ces malades adultes, on assiste trop souvent aux méfaits engendrés par la maladie chez les tout jeunes, les nourrissons, les nouveaux-nés.| La syphilis d\u2019une femme enceinte se manifeste souvent par des avortements, de l\u2019hy- dramnios, ou des accouchements d'enfants mort-nés.Le ; L'enfant issu d\u2019une mère syphilitique non traitée peut naître viable mais avec des acei- dents syphilitiques sensiblement les mêmes que ceux\u2019 rencontrés dans la syphilis acquise de l\u2019adulte.Quelques phénomènes sont toutefois particuliers à l\u2019hérédo comme le coryza sanguinolent, les fissures au voisinage des orifices avec en plus, certaines malformations du squelette bien connues., L'hérédo peut même développer tardivement certains troubles ou certaines dystrophies qui font de lui un infirme quand ce n\u2019est pas un débile, un imbécile ou un idiot.Tous les organes, tous les systèmes peuvent être touchés si la mère n\u2019a pas été traitée pendant sa grossesse.La conduite à tenir est donc très simple: traiter les femmes enceintes syphilitiques et la syphilis congénitale disparaîtra.Pour traiter toutes les femmes enceintes atteintes de syphilis, il faut d\u2019abord que le diagnostic en soit fait.Ce diagnostic est facilité queiquefois par le seul examen clinique: il sera établi le plus souvent par l\u2019examen sérologique.On ne peut trop insister sur la nécessité, l\u2019importance ou l\u2019opportunité de faire à toute femme enceinte, dès le premier examen médical, un B.W.Le traitement commencé tôt stérilisera le produit de la conception de toute trace de tréponème et permettra à la mère de conduire à terme sa grossesse et de mettre au monde un enfant, sinon beau, du moins né viable et bien bâti.La prophylaxie de la syphilis congénitale est donc très simple et toute trouvée: traiter la mère aussitôt le diagnostic fait et durant les huit premiers mois de sa grossesse; et pour faciliter ce diagnostic, toutes les œuvres qui s\u2019occupent d\u2019assistance maternelle devraient considérer comme aussi important que l\u2019examen des urines, sinon davantage, l\u2019examen sérologique du sang.Un autre moyen prophylactique dirigé contre la syphilis congénitale serait l\u2019examen sérologique pratiqué avant que les conjoints ne contractent mariage.Cette façon de faire empécherait que ne se réalisent certaines unions où l\u2019un des conjoints, sans serupule, risque non seulement de contaminer l\u2019autre, mais aussi de procréer des enfants tarés.J'ai malheureusement vu de ces cas où l\u2019un des conjoints qui se faisait pourtant passer pour gentilhomme a, malgré mes avertissements, contracté mariage et -où le secret.pro- 890 - fessionnel, forcément, m\u2019a tenu au silence.Un examen sérologique pré-nuptial aurait empêché cet acte malpropre de se produire et ne permettrait plus sa répétition.Trois médicaments sont utiles dans le traitement de la syphilis congénitale: l\u2019arsénic, le bismuth, et le mercure.: On n\u2019utilise pas chez l\u2019hérédo jeune, ni le 606, ni le 914, ni le Mapharsen.Plusieurs raisons s\u2019y opposent.Tout d\u2019abord les difficultés techniques; l\u2019injection intraveineuse à répétition n\u2019est pas possible chez le nourrisson.De plus, l\u2019injection de ces produits est dangereuse, parce que très souvent toxique en soi et parce que les réactions provoquées par l\u2019introduction du médicament dépassent la capacité de résistance du nourrisson.Celui-ci, en effet, ne réagit pas tout à fait de la même façon que l'adulte à l\u2019infection syphilitique.Le nourisson n\u2019a pas en lui les moyens de résister aux assauts du tréponème, on doit les lui fournir, mais en ce faisant, on doit éviter que les procédés utilisés dépassent le but poursuivi.Le foie de l\u2019hérédo est le plus souvent déficient et c\u2019est une autre raison de se montrer prudent.L\u2019arsénic trivalent reste quand même un excellent moyen de traitement de la syphilis congénitale et si le 606, le 914 et le Maphar- sen ne peuvent être utilisés, le Sulfarsenol ou Sulfarsenobenzol (Sulpharsphenamine) est très employé.Il à cet avantage de pouvoir se donner par voie intramusculaire.La douleur causée par l\u2019injection n\u2019est pas du tout en rapport avec les pleurs ou même les cris de l\u2019enfant.C\u2019est une douleur vive, sans doute, mais qui dure peu, quelques minutes tout au plus.Si on connaît bien la technique de l\u2019intramusculaire, on peut donner l\u2019injection rapidement et la douleur disparaît en quelques secondes.À ce point de vue, le Sulfarsenol est particulièrement bien toléré.La dose à donner se calcule selon le poids de l\u2019enfant.Pour les auteurs français (Marcel Pinard en particulier), on doit donner 5 milligrammes par kilo.de poids; pour les auteurs américains (Moore spécialement), de 15 à 25 milligrammes par kilo.La dose de 10 milli- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 grammes par kilo.est satisfaisante.La dose totale à donner se calcule à peu près comme pour le 914: 10 à 15 centigrammes par kilo.Si l\u2019enfant naît très infecté, il vaut mieux le plus souvent commencer le traitement, soit par des injections de bismuth, ou encore par des frictions à l\u2019onguent napolitain.Le bismuth est très utile au traitement de la syphilis congénitale, parce qu\u2019il est très actif et parce qu\u2019il ne peut se donner que par vole intramusculaire.On peut employer soit un bismuth oléo-soluble, soit un bismuth huileux insoluble à la dose de 2 à 4 milligrammes par kilo.de poids.Le mercure s\u2019emploie exclusivement sous forme d\u2019onguent napolitain à la dose de 1 gramme par friction.On peut demander à la mère de faire ces frictions pendant une dizaine de minutes, sur les mollets, à la face interne des cuisses ou sur les parois abdominales.La durée des frictions est de 10 minutes et l\u2019endroit à frictionner doit varier chaque fois.Il y a avantage à ce que les frictions soient faites par la mère; le médicament fait double emploi puisque celle-ci, la friction étant faite main nue, absorbe elle aussi le mercure.La conduite générale du traitement est sensiblement la même que chez l\u2019adulte.On alterne les séries d\u2019injections arsénicales ou bis- muthiques avec les frictions mercurielles selon les cas.On commence par le Sulfarsenol, si on juge que l\u2019enfant n\u2019est pas trop infecté; si on craint une trop forte réaction, on donne du bismuth ou on fait des frictions pendant quelques semaines et l\u2019on utilise le Sulfarsenol par la suite, qui est sans contredit le médicament le plus actif.Le traitement peut se faire d\u2019une façon continue ou en laissant des périodes de repos entre les séries d\u2019injections.L'examen sérologique sera pratiqué aussi souvent que cela semblera nécessaire ou possible! Un nouveau-né syphilitique certain devra être traité pendant au moins deux ans et suivi tant au point de vue clinique que sérologi- que pendant de nombreuses années, surtout GAUMOND: TRAITEMENT DE LA SYPHILIS s\u2019il s\u2019agit d\u2019une petite fille.On n\u2019oubliera pas que l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien, pratiqué à un âge convenable, est tout aussi indiqué, ici, que chez l\u2019adulte.Le traitement de l\u2019hérédo-syphilis, comme celui\u2019 de la syphilis acquise d\u2019ailleurs, est un peu long, mais, dans les deux cas, les résultats obtenus en valent la peine.À toute femme syphilitique que j'ai traitée pendant sa grossesse, je lui conseille de faire à l\u2019enfant né normal et sans aucune trace d\u2019infection, des frictions mercurielles 7 à 8 jours par mois au moins, jusqu\u2019à ce que l\u2019enfant ait atteint sa deuxième année.Cette précaution est peut-être de trop, mais, en matière de syphilis, je crois qu\u2019il est plus utile de faire trop que pas assez.Certains auteurs ont préconisé, comme traitement de la syphilis congénitale, le Stovarsol pris par la bouche.Ce n\u2019est pas une méthode à conseiller, et les résultats obtenus par cette forme de thérapeutique sont nettement inférieurs aux traitements indiqués plus haut.Que faut-il penser du mariage des hérédo- syphilitiques?Si on accepte les idées des syphiligraphes américains, voici ce qu\u2019on doit en penser: lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un homme, qu\u2019il ait ou n\u2019ait pas été traité, 11 peut se marier sans danger ni pour sa femme ni pour ses enfants possibles.Cette opinion est sans doute un peu exagérée.Je n\u2019oserais pas permettre le mariage dans ces conditions, à moins que le mari 891 à venir n\u2019ait subi une certaine somme de traitement.Lorsqu'il s\u2019agit d\u2019une femme hérédo-syphi- litique, c\u2019est différent.Si elle a été traitée convenablement, elle peut se marier sans danger et avoir des enfants indemnes.Je crois bien toutefois que, pendant ses grossesses, il est préférable de faire un traitement.S1 la femme n\u2019a jamais été traitée, il est nécessaire alors de faire un traitement au moins pendant la grossesse, car, autrement, les enfants à naître ont des chances de devenir des hérédo-syphilitiques de troisième génération.Voilà, brièvement résumé, l\u2019essentiel du traitement de la syphilis congénitale ou héréditaire.Rappelons-nous que l\u2019hérédo-syphilis est facilement évitable, que sa véritable prophylaxie réside dans le traitement précoce et intense de toute syphilis chez la femme; que la femme enceinte doit être examinée spécialement dans ce but et traitée si nécessaire; que l\u2019arsénic, le bismuth et le mercure, surtout le premier, sous forme de sulfarsenol, sont les médicaments à utiliser et que, bien maniés, ils peuvent avoir raison du tréponème.Ainsi avertis et instruits, et par la coopération de toutes les bonnes volontés, l\u2019hérédosyphilis qui fait la honte des collectivités puisqu\u2019elle est due à leur manque de prévoyance et à leur négligence, n\u2019aura plus raison d\u2019exister. RECUEIL DE FAITS À PROPOS D\u2019UN CAS DE PURPURA HÉMORRAGIQUE Par Maurice TURCOTTE, Assistant dans le Service de Médecine, Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus, Québec.Il est passé, dans le Service de Médecine, dernièrement, une malade comme il n\u2019est pas trop souvent permis d\u2019en voir; une malade qui nous a fait un purpura hémorragique que j'ose qualifier d\u2019assez «épatant » pour nous donner l\u2019idée d\u2019élaborer ce travail.Mais, avant de vous la présenter, je dois m\u2019excuser de traiter un peu sommairement un sujet pourtant bien complexe; c\u2019est qu\u2019il aurait fallu, pour être un peu complet, que j'aie à ma disposition au moins quatre fois la somme du temps que j'ai eu pour préparer cette présentation.Avant de vous présenter ce cas de purpura, il importe peut-être de donner quelques précisions sur la pathogénie de cette maladie.Dans ce domaine, je n\u2019ai pas la prétention de fournir des données très nouvelles; j'ai consulté plusieurs auteurs qui, depuis nombre d\u2019années, sont venus décrire la pathogénie du purpura, et, comme eux, je n\u2019ai pu que copier les données des premiers qui se sont appliqués à en comprendre le mécanisme.Ces découvertes sont déjà anciennes et très probablement connues de tous, aussi je ne ferai que brièvement rappeler les facteurs principaux qui semblent responsables des accidents hémorragiques que l\u2019on rencontre dans le purpura.La première description clinique d\u2019un purpura a été faite par Werlhof, en 1785.Il a décrit cette maladie chez une jeune fille de 10 ans qui avait, à la peau, de nombreuses taches échymotiques, qui saignait de son nez et de ses gencives.Cette enfant a guéri d\u2019une façon fortuite, en 12 jours, et le nom de Werlhof fut donné à ce purpura.C\u2019est une maladie qui survient brusquement, chez un individu jusque-là, le plus souvent, en pleine santé, une maladie qui évolue sans autres symptômes que ceux que j'ai mentionnés plus haut et qui rentre, la plupart du temps, spontanément dans l\u2019ordre.Depuis Werlhof, plusieurs auteurs ont décrit différentes formes de purpura, les uns essentiels et les autres symptomatiques, avec, chacun, une évolution différente.Ces auteurs ont donné diverses descriptions de cette maladie et de sa pathogénie.Vers 1900, Hayem nous a donné des renseignements plus précis et plus admissibles parce que plus logiques.Hayem a soutenu ce qu\u2019avaient soutenu Brohm, Krauss et Denys concernant la diminution, l\u2019absence même, des plaquettes dans le sang.C\u2019est lui qui, le premier, à remarqué la coagulation du sang en un temps donné, a défini ce temps et a défini le défaut de rétraction du caillot dans le purpura.Hayem a surtout insisté sur les troubles occasionnés par la diminution considérable du nombre des globulins en soulignant le rôle de « clous hémostatiques» de ces éléments qui permettent à une hémorragie de cesser au niveau d\u2019un vaisseau blessé.Il a décrit cette accumulation graduelle de globulins qui viennent constituer un obstacle à l\u2019hémorragie occasionnée par la blessure d\u2019un vaisseau et il a prouvé que la coagulation du sang, elle-même, n\u2019est pas le facteur le plus important dans le processus de l\u2019hémostase.Un peu plus tard, la découverte de la méthode pour apprécier le temps de saignement, habituellement prolongé quand le nombre des plaquettes sanguines est diminué, amène de nouvelles précisions sur cette maladie dite purpura.Depuis, chacun, à son tour, amène TURCOTTE: UN CAS DE PURPURA HÉMORRAGIQUE ses explications sur les hémorragies qu\u2019on y rencontre.Et, à mesure qu\u2019a progressé l\u2019hématologie, \u2019exposé de la pathogénie des accidents purpuriques est devenu de plus en plus défini.On tend à conclure que, dans le purpura, on a: 1) une diminution considérable du nombre des plaquettes sanguines; 2) un temps de saignement prolongé; 3) des changements qualitatifs des globulins résultant de leur formation défectueuse par les mégacariocytes; 4) une altération de Vl\u2019endothélium vasculaire.En effet, Frank nous a dit que le purpura apparaîtrait lorsque les globulins, diminués en nombre, ne seraient plus capables de contrôler le suintement, l\u2019hémorragie, qui résulte d\u2019un traumatisme quelconque d\u2019un capillaire; ce, après qu\u2019on eut démontré l\u2019agglutination rapide des globulins au point de blessure des capillaires intéressés et la formation subséquente d\u2019un caillot.Schultz, lui, considère le défaut de contractilité normale des capillaires comme un gros facteur dans l\u2019apparition des accidents du purpura, puisqu\u2019il a failli de trouver cette contractilité dans les états où le temps de saignement était prolongé.Rosham insiste surtout, d\u2019autre part, sur les lésions vasculaires que l\u2019on rencontre dans le purpura et semble même ne vouloir donner aux plaquettes qu\u2019un rôle secondaire, même en admettant leur diminution quasi constante dans cette maladie hémorragique.- Et quels sont les facteurs de cette diminution du nombre des plaquettes sanguines?Encore là, on a donné bien des théories et, encore aujourd\u2019hui, il y a bien des opinions différentes.Mais la plupart des auteurs tendent à soutenir que cette altération du nombre des plaquettes sanguines serait due: 1) à une aplasie de la moelle osseuse due à une intoxication; 893 2) à un effet toxique sur les mégacariocytes qui occasionnerait une formation défi- cliente des globulins; 4) a une action destructive de la rate vis-à- vis des globulins.De toute fagon, il serait trop long et trop compliqué, pour moi, d\u2019entreprendre ici la discussion de tous les facteurs capables d\u2019occasionner une baisse du nombre des globulins dans le sang à ce point de ne plus permettre à un capillaire qui saigne de les employer pour vaincre l\u2019hémorragie qui se produit.* * * Il serait aussi inutilement long de commencer à décrire les différentes formes de purpura.Je me contenterai de dire que chacune de ces formes semble présenter un tableau clinique & peu prés identique et qu\u2019elles ne sont différentiées que par leur étiologie, quelques symptômes particuliers greffés sur un même syndrome général et par une évolution différente.Je décrirai donc le cas d\u2019une jeune fille admise dans le Service de Médecine, à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus, le 12 de décembre 1942.Un cas comme il est rarement permis d\u2019en voir et qui vaut, je le crois, la peine de cette présentation.Et voici l\u2019histoire clinique et la description sommaire de l\u2019évolution de cette maladie que nous a présentée mademoiselle C.Observation.Mademoiselle C.a 20 ans et elle est célibataire.Antécédents familiaux.| Pére mort accidentellement, 4 1\u2019Age de 40 ans.Mère en bonne santé.Deux frères et cinq sœurs mortes en bâäs \u2018âge, de maladies inconnues de'la malade.\u2018 894 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 Antécédents personnels.Une demoiselle qui n\u2019a jamais été sérieusement malade.À eu, dans son jeune âge, la varicelle et la rougeole.Antécédents gynécologiques.Menstruée, pour la première fois, à l\u2019âge de 11 ans.Toujours, les menstruations ont été normales dans leur cycle, leur durée et leur volume.Aucune dysménorrhée.Occupation et régime, depuis trois ans.Une demoiselle qui travaille, dans une manufacture de chaussures, à étendre de la colle sur des semelles.Elle a toujours fait ce même travail à la manufacture.Elle raconte que, surtout depuis deux ans, cette colle dégage une odeur fort désagréable qu\u2019elle compare à une odeur « de gaz ».De janvier 1940 à mai 1942, alors que la malade est en pension chez des étrangers, elle mange une alimentation fort peu saine.Le matin, une pomme pour le déjeuner.Le midi, quelques bouts de saucisse avec des pommes de terre (souvent réchauffées plusieurs fois) et un morceau de tarte quelconque.Le soir, les mets du midi, bien réchauffés.Entre les repas, une couple de Coca-Cola avec quelques barres de chocolat.De mai 1942 à l\u2019apparition de la présente maladie, mademoiselle C.\u2026.mange, plus normalement, une alimentation plus saine; elle a changé de pension.Histoire de la maladie.A la fin du mois de juillet 1942, la patiente commence 3 se sentir mal entrain; elle perd de la capacité physique et n\u2019a plus le même goût à son travail.Elle perd graduellement l\u2019appétit et est souvent très fatiguée.Au milieu du mois d\u2019août 1942, apparaissent, un peu partout, au niveau de sa peau, des petites échymoses.Le moindre petit traumatisme fait apparaître «un bleu ».Graduellement les taches se multiplient, puis apparaissent des épistaxis, les menstruations deviennent irrégulières et plus abondantes, de vraies ménorragies.En octobre, la malade commence à faire, très souvent, de petites hémorragies gingivales.Et, le 12 de décembre 1942, la malade, voyant que tous ces symptômes deviennent plus marqués et que son état général s'aggrave progressivement, s'amène à l'hôpital où elle est admise dans le Service de médecine.Nous procédons à l\u2019examen physique et voici ce que nous constatons: Examen objectif.Apparence générale: malade pâle, aspect très fatigué.Poids: 112 livres.Température: 99.1.Pouls: 100.Respiration: 22.Tête: Pupilles et réflexes pupillaires normaux.Léger subictère des conjonctives avec petites hémorragies à leur niveau.Suintement sanguin aux muqueuses buccales et nasales.Petit chicot dentaire au maxillaire inférieur gauche; foyer d\u2019infection.Cou: Aucun ganglion.Thyroïde normale.Peau: Nombreuses petites taches échymo- tiques, la plupart de la grandeur d\u2019un soufre d\u2019allumette, un peu partout.Thorax: Nombreuses petites taches purpu- riques.Développement normal.Expansion normale.Poumons: A l\u2019inspection, à la palpation, à la percussion et à l\u2019auscultation, tout est normal.Cœur: La matité cardiaque est normale.La pointe bat dans le cinquième espace intercostal gauche, à trois pouces de la ligne médio- sternale.Le rythme est régulier, un peu accéléré (100).Le premier bruit cardiaque semble se prolonger d\u2019un son qui n\u2019est pas bien défini, ce n\u2019est ni un souffle ni un roulement.La palpation permet de percevoir un léger thrill.Abdomen: Musculature normale.À la peau, nombreuses petites taches purpuriques comme celles que l\u2019on trouve partout sur la peau du corps.Le foie et la rate semblent normaux.Les réflexes cutanés abdominaux sont tous normaux.Il n\u2019existe aucun point douloureux.al TURCOTTE: UN CAS DE PURPURA HÉMORRAGIQUE Système génito-urinaire: À la muqueuse vulvo-vaginale, on trouve les mêmes taches échymotiques que l\u2019on a trouvées au niveau de la peau.Membres: Même état de la peau.Douleur subjective et objective qui limite les mouvements de l\u2019articulation coxo-fémorale droite.Cette douleur irradie à la cuisse et à la jambe et elle rend la marche difficile.Les réflexes ostéo-tendineux sont tous normaux.Diagnostic de probabilité.Purpura de nature à déterminer.Et voici ce que nous ont donné les examens de laboratoire faits à l\u2019arrivée de la malade dans le Service: Formule Sanguine.Globules rouges: 3,600,000.Hémoglobine: 70%.Globules blancs: 6,325.Valeur globulaire: 1.Polynucléaires neutrophyles: 76%.Monocytes: 8%.Eosinophyles: 1%.Basophyles: 1%.Lymphocytes: 14%.Temps de saignement: 5 minutes.Temps de coagulation: 14 minutes.Formule de Arneth: 28-49-20-3-0.Anisocytose modérée.Donc une formule d\u2019anémie plastique modérée avec un temps de saignement et un temps de coagulation un peu augmentés.Groupement sanguin: La malade est du groupe 1.Prothrombinémie: 83% de la normale.B.W.: négatif.Hémocultures: toutes négatives.Calcémie: 9.80 mgr.par 100 c.c.de sérum.Examen d\u2019urine: Albumine: légères traces.Sucre: néant.Réaction: acide.Densité: 1012.Microscopique: Leucocytes: moins de 1 par champ.Très rares globules rouges.Pas de cellule rénale.Pas de cylindre.À l\u2019arrivée de la malade à l\u2019hôpital, le 12 de décembre 1942, après avoir fait l\u2019interrogatoire et l\u2019examen physique de routine, nous 895 basant sur les renseignements obtenus, voici ce que nous prescrivons: Un régime très riche en vitamine C.Des injections quotidiennes de Rédoxon.Le repos complet.Un prélèvement au niveau d\u2019un foyer d\u2019infection dentaire: on y trouve: abondance de bacilles de Vincent; association de strepto et de pneumo; spirilles dentaires; éléments anaérobies.Il est noté que la malade passe des selles très noires et semi-liquides, elle saigne donc dans son tube digestif ou déglutit une quantité appréciable de sang qui vient de son nez et de ses gencives.Le 20 de décembre, soit 8 jours après son arrivée à l'hôpital (l\u2019abondante administration de vitamine © a été soutenue et le foyer d'infection dentaire a été traité), mademoiselle C.présente un état général amélioré.Les pétéchies sont diminuées, la douleur coxo- fémorale est beaucoup moindre et l\u2019appétit est bon.En même temps les hémorragies buccales sont beaucoup moins considérables.Cependant, un nouvel examen physique permet de constater que les mouvements du membre inférieur gauche sont lents et paresseux et, au niveau de ce membre, on remarque une diminution de la force musculaire et une abolition du réflexe rotuléen.Au cœur: de la tachycardie et un ler bruit râpeux, Durant les jours qui suivent, l\u2019état général cale de nouveau.La malade pâlit de plus en plus, sa jambe gauche est très douloureuse, surtout au genou, qui a tendance à s\u2019en venir en flexion.Nous ajoutons de la vitamine K et de polyvitamines à la médication commencée, avec des injections quotidiennes de foie de veau.Rien n\u2019y fait, et l\u2019état de la malade s\u2019altère de plus en plus.Les épistaxis et les hémorragies dentaires reprennent de plus belle.Le pouls devient très rapide, la malade s\u2019agite et perd le sommeil.Au dernier jour de l\u2019An, notre malade est très mal; les taches purpuriques sont très nombreuses et son utérus saigne abondamment depuis plus de 15 jours.Nous lui donnons des tonicardiaques et de l\u2019ergotine. 896 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 Le 4 janvier, nous donnons à la malade 400 c.c.de sang obtenu de la Clinique des donneurs de sang.Après cette transfusion, pour quelques jours, il semble se produire une amélioration, mais elle n\u2019est que de courte durée.Le 8 de janvier, nous remarquons que les deux membres inférieurs sont bien lourds, leurs mouvements sont très difficiles et ils sont le siège d\u2019un peu d\u2019amyotrophie et de myalgie; les réflexes rotuléens et achilléens y sont absents, mais toutes les épreuves de la sensibilité semblent normales.Un examen de sang nous permet de constater l\u2019irrétractilité du caillot et le laboratoire nous fait part d\u2019une absence complète des plaquettes sanguines dans le sang.La maladie évolue toujours vers l\u2019aggravation et, le 18 de janvier, nous faisons une nouvelle transfusion.Aucune amélioration ne la suit.De nombreuses taches purpuriques réapparaissent partout, à la peau et aux muqueuses; nous ne pouvons pas toucher la malade qu\u2019elle saigne.Le cœur est très rapide et est le siège d\u2019un gros souffle systolique mitral qui se propage dans toute l\u2019aire cardiaque.Les membres inférieurs sont absolument immobiles et les réflexes ostéo-tendi- neux y sont absents.Devant la progression des accidents hémorragiques, une diminution de la résistance globulaire, une localisation (apparemment infectieuse) à l\u2019endocarde et l\u2019état très mauvais de la malade, le pronostic s\u2019assombrit et nous croyons que mademoiselle C.va mourir.Du 24 janvier au 5 de février, tout va très mal; trois nouvelles transfusions ne semblent pas devoir venir à bout de cette maladie.Les hémorragies augmentent, les épistaxis se répètent plusieurs fois chaque jour, la malade est quasi continuellement inconsciente, son cœur est très mal, la température, qui jusque-là, s\u2019était maintenue peu élevée, fait des grandes oscillations (97.0° à 102°), incontinence des selles et des urines, les téguments sont littéralement couverts de taches échymo- tiques.Deux fois par jour, en arrivant dans le Service pour visiter mademoiselle C., nous demandons à quelle heure elle est morte et, à chaque fois, on nous répond qu\u2019elle vit toujours.Nous redoublons les tonicardiaques et les médicaments coagulants.Malgré tous nos efforts, chaque jour le tableau clinique empire et la mort semble de plus en plus évidente.Avec peine et misère, nous parvenons à redonner à la malade un souffle de vie; et c\u2019est après avoir vu se dessiner, les unes après les autres, toutes les conséquences des hémorragies du purpura, depuis les taches échymotiques jusqu\u2019à la paralysie des membres inférieurs, l\u2019incontinence des urines et des selles, le mœléna et l\u2019altération progressivement plus profonde de l\u2019état général, tout cela malgré toutes les médications imaginables, que nous avons tenté l\u2019administration de Solu- septazine.Nous avons donné ce médicament à raison de 10 c.c.aux 12 heures, ce à compter du ler février.Et voici ce que nous constatons, le 11 de février 1943 (après avoir donné de la Solu- septazine durant 11 jours) : L\u2019état général de la malade est considérablement meilleur.Elle est parfaitement consciente, elle se ranime, se recolore.Le subictère des conjonctives est disparu de même que les hémorragies spontanées.Les taches purpuriques sont à peu près complètement disparues, seules persistent les taches échymotiques dues aux injections intraveineuses.Les selles sont redevenues de coloration normale.La malade .ne fait plus d\u2019incontinence et elle remue ses membres inférieurs qui étaient paralysés.Son cœur prend un rythme normal et la température est en bas de 99 depuis trois jours.En somme, la malade paraît sortir de cette très grave maladie qui, nous l\u2019avions cru, semblait inévitablement l\u2019emporter.À cette même date, le 11 de février, un nouveau décompte des globulins nous montre un chiffre de 21,000; c\u2019est encore un taux très bas, mais, tout de même, un peu moins mauvais TURCOTTE: UN CAS DE PURPURA HÉMORRAGIQUE que le zéro que nous avions trouvé au début de la maladie.Depuis que nous avons souligné cette amélioration chez mademoiselle C., son état n\u2019a cessé de progresser.À chaque jour, elle reprend des forces, son cœur revient à un rythme plus normal et fait entendre des bruits moins avariés, aucune hémorragie ne s\u2019est produite depuis près de trois semaines, les membres inférieurs ont retrouvé leurs mouvements, même s\u2019ils sont encore le siège d\u2019une amyotrophie importante et d\u2019une faiblesse musculaire très marquée, tout, enfin, semble bien vouloir entrer dans l\u2019ordre.Et, nous croyons qu\u2019il est bien permis d\u2019espérer que, dans quelque temps, la malade pourra quitter l\u2019hôpital, guérie de cette maladie qui est venue si près de la conduire dans un monde soit-disant meilleur.Peut-être y a-t-il à craindre quelques séquelles peu commodes quant à la souplesse de ses membres inférieurs; là-dessus, nous ne sommes pas en mesure de pouvoir faire un pronostic juste, puisque nous ne connaissons pas plus que quelques éléments de neurologie.Il semble cependant possible de croire que notre malade, après avoir vu ses membres inférieurs absolument paralysés et après avoir vu ces mêmes membres recouvrer graduellement leurs mouvements, pourra, un jour ou l\u2019autre, se servir de ses membres d\u2019une façon convenable.Hier, nous avons obtenu, du docteur Louis Berger, le chef du département d\u2019anatomopathologie de l\u2019hôpital, lui-même, une nouvelle formule sanguine.Cette formule vient donner plus de poids à ce que nous avons appelé une guérison et, sans plus de développement sur l\u2019évolution de ce purpura, je vous lis les chiffres donnés: Globules rouges: 4,400,000.Globules blancs: 4,675.\u201c Polynucléaires neutrophyles: 61%.Monocytes: 14%.Eosinophyles: 1%.Basophyles: 0%.- Hémoglobine: 70%.Valeur globulaire: 0.8.Formule d\u2019Arneth: 37-39-19-6-0.897 Plaquettes sanguines: 396,800.Temps de saignement: 3 minutes.Temps de coagulation: 10 minutes.* * Et voici comment est survenue une guérison que nous osons qualifier de fortuite puisque nous n\u2019avons pas pu déterminer définitivement 1\u2019étiologie de ce purpura.Ce ne sont que des tentatives répétées d\u2019administration de médicaments et traitements variés, autant symptomatiques que de fond, qui nous ont permis d\u2019arriver à ce résultat aussi surprenant que bienvenu.Ce semble être la persévérance à soutenir l\u2019état général de la malade, à coup de transfusions et de tonicardiaques, qui nous a permis d\u2019arriver, après avoir tenté bien d\u2019autres médications, à l\u2019administration de Soluseptazine.Et, seul, ce médicament a semblé donner un résultat.Il est cependant permis de se demander si, réellement, la Solu- septazine a eu quelque chose à faire dans cette guérison.En effet, nous croyons qu\u2019il est permis de poser cette question.Notre malade n\u2019a-t-elle pas pu guérir spontanément, parce que sa maladie a spontanément cessé d\u2019évoluer, et notre seul mérite n\u2019est-il pas celui de l\u2019avoir empêché de mourir pendant que sa maladie évoluait?Ne lui avons-nous pas donné du sang simplement pour lui permettre de saigner pendant que se réparaient les organes générateurs de plaquettes sanguines?Ce semble bien possible parce que, en aucun temps, nous n\u2019avons pu définir exactement pourquoi mademoiselle ©.était atteinte de purpura.Nous avons dit que nous n\u2019avions pas pu définir exactement la cause de ce purpura; il vaut cependant la peine, nous croyons, de discuter - l\u2019étiologie de cette maladie et de repasser certains faits, dans la vie de notre malade, car il semble y avoir moyen, au moins, de soupçonner quelque chose d\u2019assez précis capable d\u2019expliquer l\u2019apparition de cette maladie hémorragique que nous vous avons décrite. 898 D'abord, s\u2019agit-il d\u2019un purpura secondaire à une maladie infectieuse ou à toute autre maladie préexistante?Nous ne le croyons pas.En aucun temps, au cours des interrogatoires et des examens répétés, il nous a été possible de trouver, chez notre malade, une affection capable d\u2019expliquer l\u2019apparition de ces phénomènes purpuriques.Aucune notion de maladie infectieuse aiguë ou chronique antérieure, aucun état d\u2019insuffisance hépatique préalable.Dans l\u2019étiologie générale du purpura, les auteurs nous parlent de l'influence de certaines carences alimentaires, notamment de vitamines À et ©.Il est évident que, si ces carences en vitamines À et C ont quelque chose à faire dans l\u2019apparition de cette maladie, mademoiselle C.durant deux ans et demi, s\u2019est nourrie d\u2019un régime apte à ces phénomènes.En effet, nous basant sur ce qu\u2019elle nous a elle- même raconté de son alimentation, la base de son régime alimentaire était une absorption quotidienne et régulière de saucisse, une absence à peu près complète de légumes et de fruits et un jeûne quasi absolu vis-à-vis des aliments riches en vitamines À et C.Or, sans conclure que ces carences alimentaires sont les seules causes de ce purpura, nous ne croyons pas faire fausse route en affirmant qu\u2019un tel régime, sans aucun doute, a bien préparé un terrain apte, à la moindre alerte, à se prêter, de bien bonne grâce aux hémorragies dont nous vous avons parlé.Il existait bien, aussi, chez notre malade, un certain foyer d\u2019infection.Nous l\u2019avons signalé au cours de l\u2019examen physique que nous avons fait chez elle; mademoiselle C.\u2026.avait, à son maxillaire inférieur, un petit chicot dentaire qui flottait dans les tissus mous de la gencive et y entretenait un foyer purulent.Il est évident que la malade absorbait, avec sa diète journalière, une certaine quantité de pus qui contenait des microbes (nous les avons nommés plus haut), mais devons-nous attribuer à cette infection focale une grande importance?Sans nier son influence possible, il nous semble qu\u2019un syndrome aussi dramatique a évolué avec bien peu de température et a donné une L UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 formule sanguine trop peu infectieuse pour que l\u2019on puisse lui préter tout le blame.Il existe, par contre, un autre fait auquel nous sommes enclins de donner une influence plus grande et nous nous permettons d\u2019en faire un exposé un peu plus détaillé.Mademoiselle C., nous l\u2019avons déjà dit, a, durant trois années, travaillé dans une manufacture de chaussures.Dans cet endroit, son travail a consisté, toujours, à étendre de la colle sur des semelles.Et, pour employer son expression à elle, cette colle sentait le gaz.Trois années durant, elle a respiré cette odeur dite de gaz.Or, devant le doute, comme facteurs suffisants pour expliquer l\u2019apparition de ce purpura grave qu\u2019a fait la demoiselle en cause, nous avons porté une attention particulière à cette colle qu\u2019elle a manipulée pendant un temps assez prolongé et dont elle a senti l\u2019odeur durant aussi longtemps.Nous nous sommes demandé s\u2019il ne pouvait pas exister, dans la composition de cette colle, un corps capable, au cours d'intoxication chronique, d\u2019engendrer un bouleversement sanguin qui viendrait expliquer le purpura que nous avons présenté.Nous avons donc, par l\u2019entremise du docteur J.-M.Rousseau, de Valley-Jonction, obtenu un échantillon de cette colle employée dans la manufacture en question.Et, vis-à-vis de notre impuissance à définir ce qu\u2019elle contenait, nous avons demandé à un confrère de classe, monsieur Roger Gaudry, docteur en chimie, d\u2019en faire l\u2019analyse.Le 24 février, le docteur Gaudry nous a dit qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une résine quelconque dans un solvant dit « benzine ».Dans l\u2019étiologie générale du purpura, les auteurs nous parlent de certaines intoxications, notamment par la quinine, l\u2019arsénoben- zol et le benzol.Nous croyons que le fait qu\u2019il existe, dans la colle dont j'ai parlé, du benzol et que notre malade en a respiré pendant passablement longtemps a plus que peu à faire dans l\u2019apparition de ce purpura.Il existe un certain nombre d\u2019observations traitant de l\u2019apparition du purpura après inhalations plus ou moins prolongées de benzol. TURCOTTE: UN CAS DE PURPURA HÉMORRAGIQUE Et nous nous inspirons de «Handbook of Hematology » édité par Hal Downey pour donner quelques précisions.Laurence Selling, rapporte, en 1910, une série de cas de purpura apparus au cours d\u2019intoxications chroniques par le benzol et nous citons un de ces cas qu\u2019il considère comme typique de la forme grave de cette maladie.Il s\u2019agit d\u2019une jeune fille de 14 ans, sans passé pathologique, qui a travaillé dans une manufacture de boîtes de conserves.Un mois avant son admission à l\u2019hôpital John Hopkins, elle remarque de petites taches bleues au niveau de ses bras et de ses jambes; peu de temps après, elle commence à saigner de ses gencives, de son nez et de sa gorge et, graduellement, s\u2019installe un état de faiblesse générale.L\u2019examen physique, à son admission à l'hôpital, montre: Une bonne nutrition générale; Pâleur de la peau et des muqueuses; Petites taches purpuriques partout sur le corps; Quelques taches échymotiques plus grandes; Suintement sanguin aux gencives; Le bord inférieur du foie est palpable; La rate est normale; A l\u2019ophtalmoscope, nombreuses petites hémorragies rétiniennes.Durant les premiers jours de son hospitalisation, l\u2019état général de la malade était bon, mais il y avait un suintement sanguin permanent au niveau de ses muqueuses et quelques taches purpuriques nouvelles apparaissaient à chaque jour.En quinze jours, elle devint très intoxiquée.Une transfusion de 400 c.c.de sang donna une courte amélioration, mais trois jours après, la malade tombe dans le côma et meurt.La température, durant la durée de l\u2019hospitalisation, a été de 99.4 à 1043.L\u2019état du sang, le troisième jour de l\u2019hospitalisation, était le suivant: Globules rouges: 1,090,000; Globules blancs: 480; Hémoglobine: 28%; Plaquettes sanguines: absence pratiquement complète.À l\u2019autopsie, le diagnostic a été: « Purpura hémorragique probablement toxique.» 899 Quelques autres observations à peu près identiques sont présentées dans le même ouvrage.Mais chacune des formules sanguines qui y sont décrites montrent, avec une grande diminution du nombre des globulins, une diminution aussi considérable du nombre des globules blancs.On peut donc se demander si cette intoxication au benzol peut avoir une action plus manifeste, dans certains cas, sur les plaquettes sanguines et ne changer que peu ou même, très peu le taux des globules blancs dans le sang.Nous répondons que ce semble une chose possible.En effet, sur une chartre où on donne un résumé de ce qui est apparu au cours de purpuras par intoxication au benzol, chartre contenue dans le même ouvrage que nous avons cité tantôt, on cite huit cas où le nombre des globules blancs est de 1,200 à 4,400 et où les globulins sont pratiquement absents.Dans chacun de ces cas, il y avait irrétractilité du caillot.À noter, dans deux cas, 1l s\u2019agit d\u2019employés de manufactures de chaussures.Mais, même là, le nombre des globules blancs est inférieur à celui que nous avons trouvé chez notre malade.Le même ouvrage dit encore: « Duke, après expérimentation sur des animaux, assure que les doses initiales de benzol augmentent le nombre des globules blancs, pour, ensuite, en donner une diminution.Il insiste aussi sur le fait que, dans ces cas d\u2019empoisonnements, les globulins diminuent considérablement en nombre et, même, disparaissent.» Or, dans le cas de mademoiselle C., que nous vous avons présenté, nous avons fait faire des formules sanguines où il n\u2019est pas question de globulins, les 14 décembre et 4 janvier (les globules blancs étaient alors de 6,325 et de 7,150).La numération des plaquettes sanguines ne fut faite que le 15 janvier (il y avait alors absence presque complète de globulins dans le sang), alors que la malade allait très mal.Ne pouvons-nous pas croire que, lorsque les formules sanguines ordinaires furent faites, l\u2019effet de l\u2019intoxication n\u2019était pas encore rendu à cette phase de la diminution des globules blancs?Ne pouvons-nous pas supposer aussi 900 que cette fonte des éléments blancs du sang s\u2019est faite, sans que nous ne la contrôlions, en nous basant sur ce fait qu\u2019un examen de sang, fait hier, alors que notre malade est à peu près guérie, montre que le nombre des globules blancs est seulement de 4,675, tandis que celui des plaquettes sanguines est normal?N\u2019est-il pas permis de croire que lorsque nous avons trouvé une absence de plaquettes sanguines nous aurions peut-être trouvé une diminution des globules blancs?D'autre part, est-ce que le régime alimentaire fort déficient en vitamines À et ©, vitamines qui auraient un certain rôle à jouer sur la formation des plaquettes sanguines, n\u2019aurait pas pu engendrer un état de moindre résistance sur ces éléments et permis une action élective du benzol sur les globulins?Pour notre part, nous croyons que toutes ces hypothèses sont possibles et que, pour expliquer l\u2019apparition de ce purpura grave chez mademoiselle C., il importe bien de donner une large part au fait que cette demoiselle a, durant trois ans, manipulé une colle qui L\u2019UNION MEDICA] E DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 dégageait, très certainement, des vapeurs de benzol qu\u2019elle a, forcément, inhalées.En soutenant ce facteur étiologique, que nous considérons comme de première importance, nous ne nions pas, cependant, le rôle qu'a pu jouer une carence évidente en vitamines ni complètement celui d\u2019un foyer d\u2019infection focale dentaire.Et, il nous a semblé important d\u2019insister, sur cette question du benzol parce que nous tenions, de la mère de mademoiselle C., elle-même, que d\u2019autres jeunes filles, employées au même travail, dans la même manufacture, seraient en train d\u2019amorcer des troubles identiques à ceux qui ont marqué le début de cette maladie dont nous avons peut-être trop longtemps parlé.De plus, le docteur Rousseau, par l\u2019entremise duquel nous avons obtenu un échantillon de la colle employée dans la manufacture où travaillait la malade, nous a demandé de lui communiquer le résultat de l\u2019analyse chimique.Le docteur Rousseau, en agissant ainsi, prétendait qu\u2019il y aurait probablement moyen de rendre service à ceux qui manipulent actuellement cette colle.C\u2019est aussi notre opinion. REVUE GÉNÉRALE L\u2019HYPERTROPHIE DU THYMUS\" Par Daniel LONGPRE, Chef du Service de Pédiatrie & I\u2019hépital Saint-Luc (Montréal).Il n\u2019y a rien de surprenant que l\u2019étude de l\u2019hypertrophie du thymus soit souvent à l\u2019ordre du jour: a) À cause de son angoissante actualité, surtout pour le médecin praticien; b) parce qu\u2019elle constitue un des problèmes peut-être les plus confus de toute la médecine infantile, sur lequel les pédiatres s\u2019entendent le moins ensemble, et sur lequel ils s\u2019entendent le moins avec les autres médecins, les radiologistes et les anatomo-pathologistes surtout, parce que les radiologistes et les anatomo- pathologistes s\u2019entêtent à trouver un thymus hypertrophié quand il ne nous était jamais venu à l\u2019idée d\u2019en soupçonner l\u2019existence, ou de n\u2019en pas trouver précisément quand, timidement, nous osons poser un diagnostic d\u2019hypertrophie du thymus.Présentement, en pédiatrie, trois traités font autorité: 1) La grande Encyclopédie Médico-chirur- gicale française, dont deux volumes, rédigés sous la direction de Ribadeau-Dumas, sont exclusivement consacrés à l\u2019étude des maladies de l\u2019enfance; 2) L\u2019encyclopédie allemande en 5 volumes, de Pflaunder und Schlossman, traduite en anglais par des pédiatres américains, qui, ici et là, ont intercalé en notes le point de vue de l\u2019école américaine; 3) Et le Practice of Pediatrics de Brenne- mann, une encyclopédie américaine en cinq volumes.1.Travail présenté à la séance de la Société Médicale de M ontréal tenue à l'hôpital Saint-Luc, le 20 avril En parcourant ces ouvrages, on voit que sur la question de l\u2019hypertrophie du thymus toutes les opinions sont permises, et qu\u2019elles sont toutes bonnes ou.mauvaises.Parce que les problèmes qu\u2019elle soulève sont loin d\u2019être résolus.Surtout, toujours d\u2019après ces autorités, il ne suffit pas, comme dans l\u2019appendicite aiguë par exemple, ou dans le goitre exophtalmique, de faire un diagnostic précis et précoce et d\u2019instituer une thérapeutique appropriée: nous n\u2019en sommes pas rendus là.Le problème cache encore trop d\u2019inconnues.1) On ne connaît rien encore du rôle physiologique que cet organe joue, ni avant la naissance, ni après; des expériences nombreuses, échelonnées sur une période de plus de cinquante ans, n\u2019ont pas pu démontrer de façon certaine si le thymus sécrète, comme la thyroïde ou le pancréas, un suc endocrinien quelconque, ni avant ni après la naissance.On a enlevé le thymus, et les animaux qui ont servi aux expériences ne s\u2019en sont pas portés plus mal ni mieux.« Les recherches devront être poussées beaucoup plus loin si on veut déterminer d\u2019une façon certaine quel est le rôle physiologique et quelles sont les fonctions du thymus.» (Brennemann.) 2) Il est absolument impossible de dire, en pathologie, si les troubles dont s\u2019accompagne l\u2019hypertrophie du thymus sont dus à une hypo ou à une hypersécrétion, comme le crétinisme ou le goitre exophtalmique dans les maladies de la thyroïde; on ne sait pas, non plus, si l\u2019hypertrophie du thymus est un effet ou une cause, bien que la plupart des auteurs, surtout de l\u2019école allemande, semblent croire qu\u2019elle 902 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 serait la résultante d\u2019un état pathologique mal défini, connu sous le nom de « status lympha- ticus.», ou état thymo-lymphatique.Mais, « on a droit d\u2019hésiter », dit toujours le Practice of Pediatrics, « avant de parler d\u2019état thymo-lymphatique », parce que la discussion sur ce sujet n\u2019est pas encore terminée.À côté de ceux qui y croient, il y à toute une longue théorie de savants qui n\u2019y croient pas.Par exemple: 1) Mouriquand et Berheim, en étudiant le problème au triple point de vue embryologique, histologique et physiologique, n\u2019ont trouvé aucune preuve de l\u2019existence d\u2019un système thymo-lymphatique.Si le système n\u2019existe pas, comment peut-il être malade?2) Le British Medical Research Council » n\u2019a vu aucune trace d\u2019hyperplasie générale des organes lymphatiques dans les cas où on avait trouvé le thymus hypertrophié.3) Bien plus, on est porté à croire, au contraire, que cet état décrit sous le terme de thymo-lymphatique, loin d\u2019être une manifestation pathologique, ne serait qu\u2019une condition normale du thymus et de tous les tissus lymphoïdes que l\u2019on trouve chez les enfants normaux, bien nourris et en bonne santé.Dans l\u2019ignorance et l\u2019incertitude dans lesquelles nous nous trouvons, les médecins se divisent en plusieurs groupes, nous venons déjà de le voir: a) Ceux qui croient à l\u2019hypertrophie du thymus ou au « status lymphaticus » ; plusieurs de ces médecins font passer tous les enfants aux rayons X, dans la crainte qu\u2019ils souffriraient d\u2019hypertrophie du thymus.b) Ceux qui n\u2019y croient pas.Ceux-ci ne font rien.c) Enfin, une troisième catégorie, dans laquelle je me trouve moi-même, comprenant ceux qui attendent « sur la clôture » pour savoir lequel des deux groupes a raison.(Les auteurs de Practice of Pediatrics se retrouvent dans cette dernière catégorie, de même que Mouriquand.) Il est incontestable que: Du point de vue anatomique, il y a des thymus hypertrophiés.Personne ne peut le contester.Chaque jour, pour ainsi dire, les anatomo-pathologistes en trouvent.La radiographie, même si la technique en est, selon les experts, d\u2019une extrême délicatesse, confirme l\u2019opinion du laboratoire (l\u2019ombre mé- diastinale serait celle de la veine cave supérieure ,dans la plupart des cas); et cliniquement, le diagnostic d\u2019hypertrophie du thymus est possible.Les symptômes généralement attribués à cet état pathologique sont: stridor, tirage, dyspnée, asphyxie et surtout mort subite.C\u2019est ici qu\u2019il faut faire la pause et établir des positions: a) Très souvent des thymus hypertrophiés n\u2019ont jamais donné aucun symptôme; des tumeurs néoplasiques, souvent considérables, n\u2019ont jamais donné aucun trouble, c\u2019est-à-dire ni stridor, ni dyspnée, ni asphyxie, ni mort subite; b) un très grand nombre d\u2019enfants présentent le syndrome thymique classique au complet, jusqu\u2019à la mort subite, et à l\u2019autopsie on ne trouve pas d\u2019hypertrophie; c) on ne comprend pas très bien comment une masse aussi molle que le thymus pourrait comprimer un organe en somme aussi dur et cartilagineux que la trachée; d) il reste la possibilité de la compression du nerf vague, mais comment se fait-il que plus tard dans la vie une tumeur du thymus ne comprimerait jamais le nerf?Les deux grands symptômes généralement attribués à l\u2019hypertrophie du thymus sont: a) Le «stridor pectoralis », b) La mort subite.tai uv il ré pis soit LONGPRÉ: HYPERTROPHIE DU THYMUS 903 Or, Finkelstein, en Allemagne, et Stoettzner, l\u2019auteur du chapitre sur l\u2019hypertrophie du thymus de Diseases of Children de Pflaunder et Schlossmann, malgré leur expérience incontestée, n\u2019ont jamais vu un seul cas de « stridor pectoralis » dû à l\u2019hypertrophie du thymus.« Le stridor thymique, dit Stoeltzner, guérit à la fin de la première année, avec ou sans traitement.Cette manifestation, ajoute-t-il, est souvent confondue avec le stridor laryngé congénital.» D\u2019autre part, continue l\u2019auteur, «rien ne peut laisser supposer qu\u2019une hyperplasie thymique cause la mort subite, soit en comprimant le cœur ou les gros vaisseaux ou soit en comprimant le nerf vague ou les autres nerfs.» À quoi la mort subite chez les enfants serait- elle donc due?Je cite les auteurs: À une bronchite capillaire sur-aiguë.À une myocardite ou à une hémorragie des surrénales.A une crise de spasme de la glotte ou du larynx chez un enfant spasmophilique (en état de tétanie latente).A une crise cardiaque.« L\u2019importance du thymus a été grandement exagérée.Le thymus n'est pas responsable de la mort subite.» C\u2019est l\u2019opinion de l\u2019école allemande d\u2019avant-guerre.L'Encyclopédie Médico-chirurgicale française cite le professeur Mouriquand, de Lyon, dans son rapport au congrès de Stockholm: « Lorsque parmi des auteurs aussi qualifiés, on voit certains d\u2019entre eux admettre l\u2019existence de la mort thymique, d\u2019autres la nier, un troisième groupe n\u2019avoir sur sa cause immédiate qu\u2019une opinion imprécise, on se rend compte que loin de se simplifier, le problème est devenu un véritable rébus.» Ce sont ces points de vue qui viennent troubler les esprits.Mais ce qui m\u2019a poussé, moi, « sur la clôture », ce sont les constatations que j'ai faites à la Crèche d\u2019Youville, dans ma clientèle, ici à Saint-Luc, ou ailleurs: a) Enfant D., âgé de quelques semaines.Diagnostic clinique: hypertrophie du thymus, confirmé sous réserves par le radiologiste qui note, en passant, l\u2019existence d\u2019un cœur hypertrophié.Le traitement est institué.L\u2019enfant meurt quand même quelques semaines plus tard d\u2019hypertrophie congénitale progressive du cœur.b) Un enfant de la Crèche d\u201dYouville meurt subitement.Tout portait à croire qu\u2019il était mort d\u2019hypertrophie du thymus.Envoyé à la morgue, l\u2019autopsie démontre que la mort est due à une broncho-pneumonie masssive grippale (influenza), pas d\u2019hypertrophie du thymus.musc) Enfant T.Stridor, tirage et dyspnée à peu près depuis la naissance.La radiographie démontre un élargissement médiastinal.Le traitement est institué.Le stridor, le tirage et la dyspnée ont persisté jusqu\u2019à la fin de la première année.d) Enfant G.et enfant X.L\u2019un et l\u2019autre sont trouvés morts dans leur petit lit dehors.Les deux sont morts après le premier janvier, dans la période de la tétanie.On n\u2019a pas le droit de rien affirmer.Pas d\u2019autopsie.e) Dernièrement, ici à Saint-Luc, un débile de quelques semaines fait des crises de dyspnée avec cyanose.Diagnostic radiologique loin d\u2019être affirmatif, mais probable: thymus.Le traitement est institué.Les crises continuent mais l\u2019enfant meurt.À l\u2019autopsie, le thymus est hypertrophié; on découvre des foyers hémorragiques dans le parenchyme et des lésions de dégénérescence graisseuse au foie et au cœur.De plus, l\u2019enfant présentait déjà des signes de microcéphalie, soudure précoce des os craniens et fermeture presque complète de la fontanelle antérieure.f) En ce temps-ci, j'observe un enfant, le bébé B., garçon d\u2019environ 5 mois.Quelques jours après sa naissance, il a présenté des signes thymiques: dyspnée, crises de cyanose.Il y a une couple de semaines, les symptômes 904 se sont accentués.Diagnostic probable: hypertrophie du thymus.Une radiographie pratiquée à Sainte-Justine fait voir une masse congestive du lobe droit et une hypertrophie marquée du cœur gauche.L'enfant est aujourd\u2019hui guéri de la pneumonie qui débutait lors de sa radiographie, mais il descend lentement la côte: sa malformation congénitale l\u2019emportera.x 4% Je crois qu\u2019il est superflu d\u2019aller plus loin.On peut tirer ici des conclusions.Celles du Practice of Pediatrics s\u2019imposent : L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 «It would be a safe procedure to consider the possibility of thymus pressure in all cases of axphyxia, but to realize that it is an infrequent cause of these symptoms.» Il ne faut pas prendre panique et faire passer tous nos enfants aux rayons X, mais dès qu\u2019on à raison de craindre, on doit le faire et même, dans le doute, instituer le traitement.Je crois que c\u2019est la ligne que doit suivre le médecin praticien, en attendant que ces messieurs aient réussi à trancher la question qui se pose: Quand donc l\u2019hypertrophie du thymus est-elle vraiment de l\u2019hypertrophie du thymus?DIAGNOSTIC RADIOLOGIQUE ET TRAITEMENT DE L\u2019HYPERTROPHIE DU THYMUS! Par Roméo GRONDIN, Radiologiste à l\u2019hôpital Saint-Luc (Montréal).Le diagnostic radiographique d\u2019hypertrophie certaine du thymus est un diagnostic exceptionnellement délicat, à cause d\u2019une multiplicité de causes d\u2019erreur pouvant provenir d\u2019un défaut trop fréquent de technique radiographique, ou encore, de l\u2019existence d\u2019une autre lésion médiastinale ou paramédiastinale simulant ou donnant presque exactement la même image radiographique que celle donnée par un thymus augmenté de volume.À cause de ces difficultés nombreuses, nous devrons essayer de réaliser les meilleures conditions de technique radiographique possibles.Vous nous permettrez donc de vous donner quelques détails sur cette technique.Comme pour la radiographie pulmonaire de l\u2019adulte, les clichés seront tous pris à deux mètres.En station verticale ou assise, rigoureusement frontale, antéro-postérieure, et à la fin de l\u2019inspiration.Dans certains cas douteux, on pourra ajouter un profil franc.Le temps de pose sera de 1/20 ou mieux 1/30 de seconde.La télé à deux mètres nous donnera une image sans déformations ou agrandissements des ombres portées sur le film.1.Communication à «La Société Médicale de Montréal », séance du 20 avril 1943.La prise des clichés en station verticale ou assise est une condition indispensable.Si vous couchez l\u2019enfant, le dos sur la plaque, votre radiographie n\u2019aura absolument aucune valeur pour le diagnostic et ,vous trouverez toujours un élargissement considérable du médiastin.Conséquemment neuf fois sur dix vous croirez à l\u2019existence d\u2019un gros thymus.Ces faux aspects s\u2019expliquent facilement: en décubitus, le diaphragme, poussé par la pression intra- abdominale, remonte, refoule le cœur dont la pointe remonte; son ombre déborde plus que normalement la colonne à droite; les vaisseaux du médiastin postérieur appuyés sur le rachis débordent de chaque côté, réalisant ainsi une image en tout pareille à celle donnée par un gros thymus radiographié dans les conditions parfaites.| La position rigoureusement frontale est aussi importante, une obliquité de quelques degrés en antérieure droite fera déborder le médiastin à droite, l\u2019obliquité gauche, à gauche.Un bon moyen pour savoir si votre sujet était bien droit, c\u2019est de comparer la longueur: de l'arc antérieur des côtes de chaque côté.La radio sera prise à la fin de l\u2019inspiration.A ce temps respiratoire, le diaphragme des- - GRONDIN: HYPERTROPHIE DU THYMUS cend et le cœur suit, c\u2019est alors que le médiastin donnera une image de son diamètre transversal non élargi.Ne jamais poser pendant le cri de l\u2019enfant, car à ce moment, le diaphragme est remonté, c\u2019est une expiration forcée.Comme on est pas toujours certain, du temps respiratoire de sa pose, il est bon de contrôler par d\u2019autres clichés si l\u2019on à un doute après le développement, surtout si ce doute penche du côté de la non existence d'un gros thymus.Quels sont les caractères radiographiques de l\u2019hypertrophie du thymus?Le thymus hypertrophié, sur un film de face, nous donnera une ombre quadilatère coiffant la base du cœur.Cette ombre déborde de chaque côté, plus ou moins d\u2019un côté.L\u2019ombre commence en haut, immédiatement sous la clavicule, pour se perdre en bas dans l\u2019ombre du cœur.Les gros vaisseaux du médiastin sont masqués, l\u2019espace intervaseulo-cardiaque du hile droit ne se distingue plus.Les contours de l\u2019image sont réguliers et précis, bien délimités.L\u2019ombre du thymus hypertrophié est homogène et d\u2019une teinte égale à l\u2019ombre du cœur avec laquelle elle se confond dans sa partie inférieure.En théorie, tout ceci paraît bien simple, mais en pratique c\u2019est loin d\u2019être aussi facile.Lais- sez-moi vous énumérer quelques-unes des autres affections nombreuses qui peuvent donner les mêmes signes cliniques, et une image radio- graphique pouvant ressembler beaucoup à celle que nous venons de vous décrire.1° Il y a les adénopathies trachéo-bron- chiques.2° Les pleurésies médiastinales assez fréquentes chez l\u2019enfant.3° La dilatation congénitale du cœur.4° L\u2019épanchement péricardique, pour ne citer que les plus fréquentes.Souvent des médecins se demandent s\u2019il n\u2019y aurait pas intérêt à faire subir à tous les nou- 905 veau-nés un examen de routine, en vue d\u2019instituer un traitement si le radiologiste trouve la moindre augmentation de volume.Nous ne croyons pas qu\u2019il y ait intérêt à le faire surtout en dehors de l\u2019existence de tout signe clinique.Par contre lorsque les.signes cliniques sont fortement en faveur d\u2019une augmentation de volume de la glande, il n\u2019y à pas lieu d\u2019hésiter: faire exécuter un cliché dans un hôpital où l\u2019on est organisé pour traiter le bébé immédiatement après.Une autre question qui se pose souvent est la suivante: dans les cas douteux, peut-on traiter quand même?La réponse à cette question se trouve dans la seconde partie que nous vous rapportons maintenant brièvement.TRAITEMENT Traitement de l\u2019hypertrophie du thymus.La radiothérapie par les rayons X est au- jourd\u2019hui reconnue comme le traitement qui s'impose.On emploiera un rayonnement moyennement pénétrant, émis par une tension de 150 KV.La filtration sera de un demi-millimètre de cuivre doublé d\u2019un millimètre d\u2019aluminium.On fera a chaque séance, un seul champ antérieur sur la région sternale, champ qui débordera de deux centimètres chaque côté du sternum.La dose sera de 150 r par séance.On fera une deuxième séance après 48 heures et une troisième au quatrième jour, soit en tout, trois séances avec une dose totale de 450 r.Avec une telle dose on peut-être assuré qu\u2019il n\u2019y a aucun danger d\u2019accident, cette dose n\u2019est sûrement pas léthale pour la glande.Dans les cas radiologiquement douteux et à symptomatologie atténuée, à l\u2019hôpital Pasteur, où il s\u2019agit souvent de contagieux présentant des complications pulmonaires, nous tâtons la sensibilité avec de petites doses que l\u2019on peut appeler « anti-infectieuses» de 50 unités r.avec des résultats surprenants. ÉTAT ACTUEL DU TRAITEMENT DE LA SCARLATINE ! Par L.-J.GAUTHIER, Hôpital Pasteur (Montréal).Notre intention n\u2019est pas de vous faire un traité de la thérapeutique de la scarlatine et de ses complications, mais plutôt de passer en revue, avec vous, en un résumé aussi bref que possible, les dernières données de la médecine scientifique sur ce sujet.La scarlatine en appelle de trois traitements distincts, mais qui se combinent admirablement à savoir: les traitements hygiéno-diété- tique, curatif et préventif.TRAITEMENT HYGIÉNO-DIÉTÉTIQUE.Nous aborderons, d\u2019abord, le traitement diététique et hygiénique d\u2019après les données les plus récentes des Ecoles française, américaine, anglaise et allemande.Le traitement actif comporte, en premier lieu, le repos au lit, non seulement pendant la période fébrile, mais encore après la défervescense de la température pour prévenir l\u2019albuminurie.Cette durée de séjour au lit doit être au minumum de trois semaines; elle ne confine pas nécessairement le malade à demeurer en position couchée de façon continuelle; elle lui demande plutôt un minimum d\u2019efforts et de mouvements selon l\u2019opinion de Palmer Lee.Après ce laps de temps, le malade pourra se lever et circuler autour de son lit, mais s\u2019abstenir pendant douze à quinze jours encore, de toute activité habituelle.La diététique classique de la scarlatine est le régime lacté, qui malgré les critiques dont il a été l\u2019objet reste un excellent moyen de prévenir les complications rénales.Ce régime ne doit pas être trop rigoureux et on doit, avec avantage, lui adjoindre dès le début des boissons composées de jus de fruits en abondance et même des fruits en nature si l\u2019état de la gorge du patient le permet.Cette diète sucrée 1.Communication à «La Société Médicale de Montréal », séance du 4 mai 1943.abondante, en plus d\u2019hydrater le malade, est un excellent diurétique qui a l\u2019avantage de diluer les toxines, d\u2019éviter la trop grande imprégnation de l\u2019organisme par celles-ci et de prévenir les complications dont elles sont, en grande partie, responsables.Après 10 jours, en l\u2019absence de température et de complications, une alimentation plus copieuse peut être permise; elle consistera en une diète lactée mitigée, même lacto-végétarienne selon les Américains et les Allemands, mais avec un surveillance continuelle des urines et le retour immédiat au régime lacté à la moindre apparition importante de l\u2019albuminurie.Nous disons importante parce que, traces d\u2019albumine dans les urines, ne veut pas dire nécessairement albuminurie, il faut encore la présence de sang et de cylindres.Le régime lacto-végétarien sera toujours déchloruré, mais sur la constatation d\u2019un syndrome azotémique, il sera chloruré mais hypo-azoté, de même faut-il réduire l\u2019apport de liquides en trop grande abondance s\u2019il y a hypertension.L\u2019antiseptie des voies respiratoires supérieures ne doit jamais être négligée en scarlatine, en particulier les soins de la gorge que l\u2019on badigeonnera les premiers jours avec une solution de bleu de méthylène à 5%.Les gargarismes doivent être proscrits parce qu\u2019ils irritent une muqueuse déjà sensible et fatigue le malade; LeSage leur attribue même la fréquence des complications otitiques.De même les lavages du nez seront remplacés, avec avantage par de l'huile goménolée, hormis les cas de sécrétions abondants où le malade bénéficiera de l\u2019instillation d\u2019une solution de sul- fathiazole à 5%, qui ne devra pas cependant, être continuée trop longtemps, parce qu\u2019irritante pour la muqueuse pituitaire.Enfin, le malade aura besoin les tout premiers jours, de sédatifs nerveux, en général des bromures, du Gardénal ou des barbituriques lg qu GAUTHIER: TRAITEMENT DE LA SCARLATINE légers qui calmeront son angoisse ou le prurit quelquefois présent.TRAITEMENT CURATIF.La médication d\u2019une scarlatine évoluant simplement doit être réduite au minimum, tout au plus le scarlatineux aura besoin d\u2019une médication tonique reconstituante pour l\u2019aider à traverser cette maladie débilitante.Les anciens auteurs disaient même que la fièvre devait être respectée dans une scarlatine normale.Dans les formes plus graves la sérothérapie est recommandée, qu\u2019elle soit sous forme de sérum anti-scarlatineux (antitoxine) ou de sérum de convalescent.L\u2019antitoxine employée aujourd\u2019hui représente un avancement important de la médecine scientifique, elle est basée -sur les travaux des frères Dick qui ont remarqué une relation d\u2019un certain type de streptocoque hémolytique avec la fièvre scarlatine.Cette antitoxine streptococcique concentrée et raffinée, non seulement réduit la quantité de sérum à injecter pour la même dose requise, mais surtout élimine une grande proportion des proteines étrangères nuisibles et dangereuses qui étaient ,autrefois, responsables de tant de chocs sériques.Certains auteurs américains prétendent que, dès le diagnostic de scarlatine posé, s\u2019il est prouvé que le patient ne manifeste aucune sensibilité au sérum de cheval, la dose thérapeutique peut et doit être donnée d\u2019emblée.Ils ajoutent que cette antitoxine exerce certainement une action favorable en diminuant la sévérité, le cours et la durée des lésions cutanées, voire même la contagiosité, mais ils concluent qu\u2019elle n\u2019est d\u2019aucune action contre les complications.J.A.Toomey, rapporte une expérience qui repose sur 1,600 cas de scarlatine, et en conclut avoir obtenu des résultats merveilleux avec 10% de réactions, seulement.Tous ont reçu environ 9,000 unités d\u2019antitoxine par voie intramusculaire, et il a remarqué une chute de la température dans les douze heures suivantes.Selon lui, l\u2019antitoxine actuelle est plus effective que le sérum de convalescent, plus 907 facile à obtenir, d\u2019un dosage connu et uniforme, enfin moins dispendieuse à la longue.Tout récemment, depuis 1937, les sulfamidés se sont révélés d\u2019une très grande efficacité dans le traitement et la prophylaxie des complications septiques de la scarlatine, mais ne sont d\u2019aucun effet sur les complications toxiques de celle-ci.L\u2019administration concomitante des sulfamidés et du sérum anti-scarla- tineux maintient la chute de la température, accuse une défervescence de l\u2019éruption et des symptômes septiques et toxiques.G.S.Bosa- lis présente une analyse sur 300 cas consécutifs de scarlatine traités par les sulfamidés au «St-Louis Isolation Hospital».II n\u2019y eut aucune mortalité; la chimiothérapie fut administrée par la bouche dès l\u2019arrivée du patient.Le dosage pour les enfants fut calculé sur une base de 0.2 grammes par kilogramme de poids, pour les premières 24 heures divisés en 6 doses.Après ce temps ,le dosage est diminué à la moitié de la dose pour le reste du traitement.Les enfants au-dessus de 40 kilos et les adultes reçurent 8 grammes de sulfanilamide durant les premières 24 heures, après quoi, ils reçurent 4 grammes comme dose d\u2019entretien.Avec ces dosages, la concentration sanguine fut maintenue entre 5 et 10 mmgrs % de sulfanilamide libre.La durée de ce traitement fut de 2 à 20 jours et chez 54% des patients, elle ne fut que de 5 à 8 jours.Chez 213 ou 71% des 300 malades traités, qui reçurent cette médication en moins de trois jours après le début de leur maladie, la température devint normale moins de 4 jours apres le début du traitement.Sur les 300 cas traités, 45 montrèrent une ou plusieurs complications de la scarlatine; de ce nombre, 17 souffraient de ces complications à leur arrivée; ce qui laisse 28 cas ou 9.8% qui développèrent des complications malgré la sulfamidothérapie intense.En conclusion, cet auteur préconise la routine d\u2019administration de fortes doses de sulfamidés à tous les cas de scarlatine aussitôt que possible, en y ajoutant la thérapeutique au moyen de l\u2019antitoxine dans les cas montrant de la toxicité. PEE #, 908 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 D'autre part E.S.Wagner, de Lincoln n\u2019admet aucune valeur aux sulfamidés dans le traitement de la scarlatine.Les sulfamidés agissent admirablement bien dans le traitement des complications septiques de la scarlatine, mais nous ne croyons pas qu\u2019une dose aussi massive soit népessaire.Une dose maxima de 4 grämmes au début est suffisante à la condition qu\u2019elle soit suivie d\u2019une dose d\u2019entretien de 1.50 gramme, durant au moins 20 jours; cette thérapeutique nous a donnée d\u2019excellents résultats jusqu\u2019à date et a considérablement diminué, même réduit à néant, cette complication si fréquente autrefois, la mastoïdite.L'Ecole française et plusieurs auteurs américains et roumains, donnent au sérum humain une place supérieure au sérum de cheval, parce que, disent-ils, l\u2019apport de proteines étrangères est plus dangereux que celui de proteines humaines.Griffith, cependant, en rapportant 30 types de streptocoques hémolytiques d\u2019origine humaine responsables de la fièvre scarlatine, ne voit une grande valeur au sérum de convalescent que dans une même épidémie, parce que celle-ci serait due, généralement au même type de streptocoque.TRAITEMENT DES COMPLICATIONS.La complication la plus fréquente rencontrée, aujourd\u2019hui, est l\u2019adénite cervicale.Elle peut persister assez longtemps, parfois.Dans les formes toxiques avec adénite cervicale uni ou bi-latérale considérable, il y a avantage d\u2019intervenir immédiatement en faisant une incision large au moyen du thermocautère et mèche à demeure.Les formes bénignes s\u2019amendent bien avec les pansements humides d\u2019abord, puis les frictions avec une pommade Iodex.Dans toutes les formes, les sulfamidés à petites doses ont donné d\u2019excellents résultats.Les otites moyennes aiguës traitées par la paracentèse précoce se compliquent rarement de mastoïdites.L\u2019arthrite pseudo-rhumatismale et l\u2019endocardite sont parmi les complications sinon les plus fréquentes, du moins les plus rebelles à un traitement spécifique toujours de premier plan: le salicylate de soude sous quelque forme que ce soit.Ici les sulfamidés ne donnent que peu de résultats et la médication salicylée même, si elle échoue parfois, est encore la meilleure avec une diète lactée mitigée.Le streptocoque hémolytique responsable de la scarlatine étant présent dans le sang du malade durant plusieurs jours après la disparition de l\u2019éruption, expose grandement celui- ci et le place en état de réceptivité envers d\u2019autres infections, aussi faut-il veiller à ce qu\u2019il n\u2019y ait aucun contact avec d\u2019autres malades souffrant de maladies infectieuses, en particulier la tuberculose et les affections cutanées.TRAITEMENT PRÉVENTIF.Ce traitement s\u2019applique aux contacts et aux susceptibles, et est réalisé au moyen de l\u2019antitoxine et de la toxine scarlatineuse.L\u2019emploi de l\u2019antitoxine n\u2019est pas à conseiller comme agent prophylactique en dehors de circonstances exceptionnelles telle que la contamination par contact de sujets susceptibles.La technique consiste à injecter par voie intramusculaire 3,000 unités d\u2019antitoxine.L\u2019immunité ne dure que quelques semaines et il ne faudra pas chercher à obtenir une immunité active avec la toxine prémunisante contre la scarlatine moins d\u2019une semaine après l\u2019administration de la dose prophylactique.La toxine par immunisation ne doit jamais être employée comme traitement ,aussi il faut bien s\u2019assurer avant dr vouloir immuniser un sujet, qu\u2019il n\u2019y a aucun contact de scarlatine et surtout que le sujet n\u2019est pas en incubation de cette maladie, car alors, effet est désastreux, le sujet pouvant faire une scarlatine excessivement grave.La toxine de la fièvre scarlatine ne doit done servir que comme moyen prophylactique ou pour l\u2019immunisation des individus chez lesquels nous voulons obtenir une plus grande défense contre l'infection, ou encore pour l\u2019immunisation active du personnel d\u2019hôpitaux d\u2019enfants.Certain auteur voit dans les sulfamidés donnés \u2014# \u2014 \u2014\u2014.\u2014 I GAUTHIER: TRAITEMENT DE LA SCARLATINE 909 à faibles doses (0.25 centigrammes de sulfa- thiazole 3 fois par jour, durant 15 jours à trois semaines), chez les contacts, un préventif de la maladie.IMMUNISATION.Celle-ci se fait au moyen de la toxine scar- latineuse.La conclusion des auteurs américains, à ce sujet, après de nombreuses expériences repose chez ceux qui reçurent 5 injections, au moins, avec un intervalle de 2 semaines entre chaque injection, sans égard à la dose donnée.Ils concluent, aussi, que si l\u2019immunité disparaît, ce n\u2019est que 2 ans après toute la série d\u2019injections.De sorte que les meilleurs résultats furent obtenus avec le plus grand nombre d\u2019injections réparties sur la plus longue période de temps.Ces conclusions portent sur un total de 187 enfants dont les Ages varient de 6 mois & 10 ans.D\u2019autre part, Pla- tou rapporte le cas d\u2019un enfant de 10 ans qui fut immunisé au moyen de la toxine scarla- tineuse, jusqu\u2019à ce qu\u2019à ce que le Dick fut devenu négatif.6 mois plus tard, cet enfant dès l\u2019entrée à l\u2019école contracte une scarlatine sans éruption, mais avec une angine typique; après un certain temps, il développa une lym- phadénite et une glomérulo-néphrite.ISOLEMENT.Il faut prolonger l'isolement au delà de quarante jours, s\u2019il reste une lésion quelconque, telle que langue framboisée, otite, rhinite, sinusite, susceptible de transmettre la maladie.L\u2019attaque par la scarlatine, produit l\u2019immunité envers l\u2019antigène érythrogénique, mais non contre le microbe lui-même, de sorte qu\u2019un individu peut contracter la fièvre scarlatine et faire une complication d\u2019otite moyenne aiguë; la guérison montre que celui- ci ne fera pas de scarlatine une seconde fois, hormis un très petit nombre de cas, mais il peut fort bien, dans l\u2019avenir avoir une otite moyenne aiguë due au même microbe, et la preuve qu\u2019il s\u2019agit là de ce même microbe, c\u2019est que ce patient apparemment guéri de sa scarlatine demeure contagieux pour son entourage si son otite devient suppurée. 910 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 Bulletin de l\u2019'Assoctation des (Dédecins de Langue Francaise de l\u2019Hmérique du Mord (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale dU Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 72 \u2014 N° 8 Montréal, août 1943 L\u2019HYPERTENSION ARTERIELLE DITE ESSENTIELLE L'hypertension artérielle représente en médecine un problème de toute première importance et d\u2019une gravité incontestable par les conséquences, trop souvent dramatiques, qu\u2019elle encourt.Et, malgré les nombreux travaux, les multiples recherches entreprises pour résoudre ce problème envisagé sous l\u2019aspect de son étiologie, de sa pathogénie et surtout d\u2019un traitement efficace, rien n\u2019a encore été trouvé de définitif.Nous parlons, bien entendu, de l\u2019hypertension dite essentielle qui est de beaucoup la plus fréquente.De son étiologie on ne connaît que des facteurs grossiers, qui apparaissent au premier plan, et qui sont loin de conduire aux mécanismes complexes du phénomène.C\u2019est d\u2019abord la transmission héréditaire, et d'autant plus inévitable que les deux procréateurs sont porteurs de l\u2019affection, sinon de l'hypertension avérée, du moins d\u2019une forte prédisposition.Cette prédisposition d\u2019ailleurs pourra être décelée assez facilement par certains tests qui montrent très précocement une hyperexcita- bilité vaso-motrice accompagnée d\u2019une élévation exagérée et momentanée de la pression.Une autre particularité intéressante est qu'un grand nombre de femmes, à la ménopause, présentent une élévation graduelle de leur pression artérielle, fait qui suggère l'intervention d\u2019une influence endocrinienne.Puis, il est incontestable que l\u2019émotion sous toutes ses formes, d\u2019origine extérieure comme de source interne, exerce une action déplorable sur la pression des prédisposés à l'hypertension comme des hypertendus.Il en est de même de l'effort physique, de la fatigue et encore plus du surmenage.Le tabac, qui est un vaso-constricteur indéniable, exerce une mauvaise influence.sinon chez tous les malades, sûrement chez un très grand nombre.Tous ces agents démontrent l\u2019hyperexcitabilité vaso-motri- ce des hypertendus et la vaso-constriction indéniable qui en résulte.Il faudra se souvenir de ces notions élémentaires dans l'institution d\u2019un traitement.Des travaux récents qui ont eu pour point de départ les très importantes expériences de Goldblatt en 1933, ont dirigé l'attention vers le rein et l\u2019action directe sur les vaisseaux de certaines substances produites par le tissu rénal.Goldblatt a démontré sur l\u2019animal que si on comprimait l'artère rénale d\u2019un rein de façon à réduire considérablement l\u2019apport sanguin, on déterminait une augmentation importante de la pression.D'autre part, des travaux plus récents encore ! ont porté à croire que dans l'hypertension essentielle de l\u2019homme il existait une constriction fonctionnelle ou lésionnelle de l'artère efférente du glomérule, et une constriction secondaire de l'artère afférente aux fins de protection des capillaires gloméru- laires.Cette constriction secondaire de l'artère afférente serait dans le but de diminuer l'apport sanguin vers le glomérule et conséquemment d\u2019obvier à une tension intracapillaire trop élevée.On a trouvé dans la veine rénale et dans la circulation générale des animaux rendus expérimentalement hypertendus, une substance qui a des propriétés vaso-constrictives indéniables, même sur les vaisseaux énervés, ce qui signifie qu\u2019elle agit directement sur l'artériole.On a nommé cette substance «l'angiotonine », qui ne serait pas sécrétée sous cette forme par le rein.Cet organe 1.J.A.M.A.120: 707 (7 nov.) 1942.fil je ) ÉDITORIAL fabrique plutôt de la «rénine » qui, sous l\u2019effet d\u2019un agent activant trouvé dans la circulation, devient de l\u2019angiotonine effective.Et ainsi, on en vient à penser que l\u2019hypertension artérielle pourrait avoir le mécanisme suivant: constriction des artérioles efférentes et afférentes du glomérule rénal, ralentissement de l'apport sanguin au glomérule (comme chez les animaux de Gold- blatt aux artères rénales pincées), hyperpro- duction de rénine (d\u2019où, d\u2019angiotonine) ou bien encore diminution de production par le rein d\u2019enzimes ou d\u2019angiotonases qui réduisent la quantité ou l\u2019activité de 1'angio- tonine, à tout événement suractivité de l\u2019angiotonine et vaso-constriction généralisée et hypertension artérielle.Cette hypertension pourrait d\u2019ailleurs être envisagée sous l'angle d'une finalité heureuse, puisqu\u2019elle corrigerait pendant assez longtemps l\u2019amoindrissement de l\u2019afflux sanguin au glomérule et l'insuffisance de la fonction rénale.Page et ses collaborateurs ! ont travaillé activement sur l\u2019hypothèse de l'existence des angiotonases produites par le rein, et les résultats de leurs premières expériences laissent espérer que des extraits rénaux pourront servir à combattre l\u2019action de l\u2019an- giotonine hypertensive et ralentir, sinon arrêter, l\u2019évolution de l\u2019affection.Et, il va sans dire, que ces complexes et ingénieuses expériences ne pourront servir que si l\u2019édification physiopathologique qu\u2019elles comportent, s\u2019avère solide et brave le temps avec fermeté.A tout événement, tout cela demeure à l\u2019état expérimental et on est encore réduit à bien peu et à des moyens palliatifs pour ce qui est du traitement.?Le repos psychique et physique, l\u2019action psychothérapique du médecin, de la modération dans le régime alimentaire et le contrôle d\u2019une obésité qui s\u2019est installée ou existe déjà, l\u2019abstention 2.Medical Clinics of North America.26: 1421 (septembre) 1942.911 du tabac, de la modération pour l'alcool, voilà des formules indispensables d'hygiène.Quant à la médication, surtout des sédatifs comme les bromures et les barbituriques.Les thiocyanates ou sulfocyanates exercent certainement une action hypoten- sive chez certains malades.Ils amèneraient même une amélioration objective et subjective chez 50% des malades à hypertension essentielle.?Cela signifie que la pression systolique pourrait s\u2019abaisser de 66 à 21 millimètres, la diastolique de 33 à 8 millimètres, que la céphalée, les vertiges et l\u2019insomnie seraient considérablement minimisés.Mais les thiocyanates sont toxiques, on ne devrait les prescrire qu\u2019à des sujets au-dessous de 60 ans ne présentant aucun indice de défaillance cardiaque ou d\u2019angine, de néphrite ou de rétention uréique.Encore faut-il qu\u2019on les emploie suivant une certaine méthode au début, et depuis les travaux de Barker *, en dosant leur concentration sanguine.Cette concentration ne devra jamais dépasser 14 milligrammes pour cent et pour être agissant, le sulfocyanate de soude ou de potasse atteindra au moins 8 milligrammes %.Comme on le voit, la concentration efficiente a une marge bien étroite en regard de la zone toxique.Bien plus, certains sujets pourront présenter des accidents toxiques même après avoir toléré le médicament pendant une période raisonnable et même à une concentration conservatrice du médicament.Ainsi certains médecins dé- conseillent-ils son emploi ®.Dans l\u2019état actuel de la question des sulfocyanates un jugement modéré portera à les employer avec beaucoup de prudence et avec le contrôle dosimétrique, chez certains sujets n\u2019offrant aucune contre-indication et à hypertension essentielle élevée causant des phénomènes subjectifs intolérables.3.International Clinics.198 (septembre) 1941.4.JAMA.106: 762; 1942.5.Bulletin of the New York Academy of Medicine.19: 31 (mars) 1943. 912 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 Puis il y a les mesures chirurgicales.D'abord l\u2019ablation d'un rein malade (pyelo-néphrite, hydronéphrose, aplasie, congénitale) chez certains hypertendus a été conseillée.Dans certains cas, elle pourra étre efficace.On a effectué la surrénalectomie partielle ou l\u2019énervation surrénalienne, sans succès encourageant.La néphro-omentopexie demeure encore a l'étude.Cette opération qui consiste à greffer du péritoine ou du muscle sur le rein dans le but d\u2019y augmenter l\u2019apport sanguin, découle des expériences de Gold- blatt et cherche à suppléer à un amoindrissement du débit sanguin dans les artérioles du rein de l'hypertension artérielle.Enfin, la sympathectomie, qui fut réalisée de diverses façons et qui a pour but de dilater le lac artériel de l\u2019abdomen et de soulager le barrage vasculaire généralisé.La technique la plus répandue consiste dans la section bilatérale des splanchniques et des 2 ou 3 premiers ganglions sympathiques lombaires.Les résultats de cette intervention sont capricieux et imprévisibles pour chaque malade.Il arrive très souvent que la pression ne soit pas modifiée considérablement mais que, malgré tout, les troubles subjectifs disparaissent.On observe aussi que les coups impressionnants d\u2019hypertension s\u2019installant sur l\u2019hypertension basale, se montrent peu ou pas.C'est qu'un facteur important de vaso-constriction a été éliminé dans une aire étendue du champ artériel.Ce procédé est loin d\u2019être une cure heureuse de l'hypertension Il arrive trop souvent qu\u2019il amène des résultats satisfaisants précisément chez des sujets améliorés ou améliorables par le traitement médical, ce qui le rend moins populaire et en répand moins son usage.On peut ajouter aussi, que les sujets qui répondent le mieux au repos absolu et à certaines mesures d\u2019inhibition fonctionnelle des vaso-constricteurs (usage de certains barbituriques à fortes doses) et qui n\u2019ont pas de signes de néphrite bien installée seront ceux qui seront choisis en vue de l'intervention.Et voilà, en quelques phrases, où ont conduit certains travaux récents concernant le problème angoissant de l'hypertension artérielle dite essentielle Beaucoup d'espoir peut-être, mais peu d\u2019'acquis aux fins pratiques.Le traitement ne varie guère de la méthode classique, sauf pour ce qui est des thio- cyanates et de la splanchnectomie qui ne sont que des mesures palliatives.Les extraits rénaux (les angiotonases de Page) donne- ront-ils mieux?C\u2019est à voir.Roma AMYOT.(e ad del Mori (roi ile 3 [hi pus tI ent MÉDECINE SOCIALE > e L\u2019URBANISME ET L\u2019HABITATION À MONTRÉAL ! Par Aimé COUSINEAU, I.C., Directeur du Service d\u2019Urbanisme et Ingénieur Sanitaire du Service de Santé de la Ville de Montréal.C\u2019est avec un plaisir bien vif que j'ai accepté de prendre part aux « Journées Médicales » de 1943, organisées par la Société Médicale de Montréal, dont le président, le docteur Adélard Groulx, est mon chef au Service de Santé de la Ville.Mon bonheur est grand de me trouver à l'hôpital Sainte-Justine, car j\u2019éprouve depuis longtemps beaucoup d\u2019admiration pour ce précieux établissement et pour le dévouement de sa distinguée présidente, Mme L.-G.Beaubien, dont la philantropie est renommée.Je suis également bien aise de me trouver au milieu de médecins avec qui j'ai activement collaboré depuis 1914 dans le domaine de la santé publique.Aussi, quand l\u2019actif et devoué secrétaire de votre Société, M.le docteur Paul Letondal, m\u2019a fait part de votre invitation, ai-je immédiatement consenti à venir, en qualité de directeur du Service d\u2019Urbanisme, vous parler de l\u2019aménagement et de l\u2019extension rationnels des villes, et de la nôtre en particulier, sans oublier, à titre d\u2019ingénieur sanitaire du Service de Santé, de vous signaler la place importante que l'hygiène publique doit occuper dans ce domaine.* * Il convient de rappeler, en premier lieu, que l\u2019urbanisme est une science qui permet d\u2019établir la structure urbaine et les rapports qui existent entre ses différents éléments; à cause de la variété et de la multiplicité des solutions à envisager, elle devient une « scien- 1.Conférence prononcée à l\u2019hôpital Sainte-Justine, le 16 juin 1943, au cours des « Journées Médicales » de la Société Médicale de Montréal.ce de cas d\u2019espèce » qui englobe toutes les branches de l\u2019activité humaine et intéresse spécialement l\u2019ingénieur, l\u2019architecte et l\u2019hygiéniste.Science d\u2019observation qui vise au développement des villes et à la conservation de leur caractère, elle doit souvent remédier aux conditions existantes résultant de l\u2019imprévoyance du passé.L\u2019urbaniste Thomas Adams pouvait donc y voir un art qui permet de déterminer les tracés des agglomérations urbaines et leur spécialisation par zones, et d\u2019autre part un mouvement en vue de la réalisation des principes d\u2019urbanisme.Le développement de l\u2019urbanisme est intimement lié au développement de l\u2019hygiène, car l\u2019agglomération urbaine, comme nous l\u2019avons déjà écrit dans Relations, doit être étudiée de façon à donner aux habitants de l\u2019air pur, à leur fournir de l\u2019eau potable par filtration et stérilisation quand elle provient d\u2019un cours d\u2019eau d\u2019une région habitée, et aussi de manière à permettre l\u2019évacuation rapide et hygiénique des eaux usées, qui devront être épurées au besoin.La purification de l\u2019eau d\u2019alimentation et l\u2019épuration des eaux usées contribuent largement, avec la pasteurisation du lait, à la diminution des taux de mortalité par la typhoïde et les autres maladies d\u2019origine intestinale.Les espaces libres prévus par l\u2019urbaniste sont des réserves d\u2019air distribuées avec méthode.Ces espaces étendent leurs bienfaits à la voie publique, qui n\u2019est pas uniquement destinée à la circulation des véhicules et des piétons, mais aussi à la circulation de lair.Celui-ci, malheureusement, est vicié par la combustion, par la putréfaction et par les gaz nocifs provenant des moteurs.Dans le tracé 914 des villes nouvelles et dans les projets d\u2019extension ou d'aménagement des villes existantes, on se préoccupe autant que possible de l\u2019ensoleillement, et à cette fin on donne aux voies publiques une orientation qui assure aux bâtiments qui les bordent un maximum d\u2019exposition solaire.* ® Convaincue de l'importance de ces grands principes de l\u2019aménagement et de l\u2019extension des villes, et désireuse d\u2019en assurer mieux que jamais le respect et l\u2019application, l\u2019autorité municipale de Montréal a créé, en mai 1941, un service d\u2019urbanisme auquel elle a donné de vastes attributions.Ce nouveau service municipal, placé sur le même pied que tous les autres, est également organisé suivant les mêmes principes, sauf qu\u2019il bénéficie de l\u2019adjonction d\u2019un comité consultatif.Il est incontestable que cette excellente initiative de l\u2019Administration municipale aura des effets salutaires à l\u2019égard de l\u2019ordre, de la santé et du bien-être de la population.La tâche principale que le Service d\u2019Urbanisme a devant lui, à l\u2019heure présente, c\u2019est de préparer, pour l\u2019aménagement et le développement de Montréal, un plan directeur et un mémoire descriptif où seront expliqués les principes fondamentaux de ce plan.Avant d\u2019être établi, le plan directeur exige des études sérieuses portant sur les nombreux facteurs qui jouent un rôle considérable dans le développement d\u2019une ville: facteurs géologiques, hydrologiques, climatériques, topographiques, historiques, démographiques, économiques; facteurs concernant la salubrité, les égouts, l\u2019approvisionnement d\u2019eau, l\u2019ensoleillement, les espaces libres, le lotissement, les valeurs immobilières, la circulation, le transport, et no- temment.dans ce dernier domaine, le transport aérien et les aéroports.Il faut également, dans la préparation du plan directeur, tenir compte de l\u2019état actuel de la ville, c\u2019est-à-dire d\u2019un ensemble de réalités impossibles à supprimer et dont voici les principales: réseau des che- IL UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 mins de fer et des grandes voies de circulation, avec leurs ponts, tunnels et viaducs; terrain bâti et non bâti; zones industrielles, commerciales, domiciliaires; emplacement des grandes industries; distribution de la population; ouvrages existants comme les égouts, les conduites d\u2019eau et de gaz, les réseaux de canalisation électriques pour l\u2019éclairage, le téléphone, le télégraphe, etc.Voilà autant de choses qu\u2019on ne saurait ignorer, sous peine de courir à un échec sûr et complet.Elles constituent toutes ensemble le dossier urbain, dont l\u2019étude et l\u2019analyse fournissent les conclusions qui peuvent seules permettre de dresser avec logique et sûreté le plan directeur, ainsi que le mémoire descriptif qui en fournit le commentaire et la justification.C\u2019est vous dire que la compilation et l\u2019analyse du dossier urbain, l\u2019établissement des conclusions qui en découlent, la préparation du plan directeur et de son mémoire descriptif, tout cela est une vaste entreprise exigeant non pas quelques mois seulement, mais bien quelques années de travail ardu et constant.Ainsi, l\u2019établissement du plan directeur de la région métropolitaine de New-York a été une œuvre de sept ans, accomplie par un personnel d\u2019une quarantaine de techniciens qui n\u2019ont pas fait autre chose, et auxquels se sont joints pour des travaux d\u2019un caractère particulier une cinquantaine d\u2019autres spécialistes.Le coût total de l\u2019entreprise a été d\u2019environ un million de dollars.Quant à Montréal, le travail préalable à la préparation du plan directeur est en voie d\u2019exécution.L\u2019élaboration du dossier urbain et les études qu\u2019il entraîne se poursuivent de façon systématique.Permettez-moi de vous résumer, à ce propos, le règlement municipal concernant le Service d\u2019Urbanisme.Celui-ci est en premier lieu chargé de préparer un plan directeur dont voici les principaux éléments: 1.Le réseau des voies de communication et les espaces libres, parcs, terrains de jeux, à conserver ou à créer. COUSINEAU: URBANISME ET HABITATION À MONTRÉAL 2.Les zones et les emplacements destinés à l\u2019industrie, au commerce et à l\u2019habitation.3.Les sites et les monuments naturels, historiques ou artistiques à préserver ou à conserver.D\u2019autres matières ressortissent au Service d'Urbanisme, entre autres les suivantes: recommandations ou projets de règlements, selon le cas, concernant la construction et l\u2019occupation des bâtiments, les servitudes d\u2019alignement, de visibilité et autres, le lotissement et la redistribution des terrains lotis, les parcs et terrains de jeux, la plantation et la protection des arbres, l\u2019affichage, les noms des voies publiques et privées, les homologations et les expropriations, la cession et la vente des immeubles appartenant à la Ville, enfin toute mesure nécessaire ou utile par rapport au plan directeur.A l'heure actuelle, le travail du Service d'Urbanisme est orienté vers deux buts primordiaux bien déterminés.D\u2019abord, un objectif à court terme, c\u2019est-à-dire l\u2019adoption sans délai des mesures requises en vue de résoudre les problèmes les plus pressants, de prévenir la dépréciation des valeurs immobilières, ainsi que de contrôler et réglementer la construction et les autres initiatives qui contribuent au développement de la ville.En outre, et concurremment, un objectif à long terme, c\u2019est-à-dire la préparation d\u2019un plan directeur destiné à fournir à la population des conditions d\u2019existence favorables à la réalisation d\u2019un édifice social bien équilibré.I1 faut bien se garder de confondre le plan directeur d\u2019une ville avec son plan général.Celui-ci est un plan indiquant les voies, places et pares publics, avec leurs limites et leurs dimensions.En somme, il montre les conditions actuelles, et parfois aussi des projets dont la réalisation est décidée et dont l\u2019exécution doit se faire en temps opportun.Le plan directeur, lui, est bien différent.Il concerne l\u2019avenir.C\u2019est une synthèse des mesures à prendre en vue de résoudre les multiples 915 problèmes relatifs à l\u2019aménagement rationnel d\u2019une ville et à son développement.À ce propos, le grand urbaniste anglais, Sir Raymond Unwin, disait que l\u2019aménagement, tel qu\u2019il doit s\u2019entendre, « comprend les éléments essentiels d\u2019une ville, la création de valeurs accrues par la mise en œuvre d\u2019un nouveau système de relations, que ce soit dans les sphères sociales, économiques ou esthétiques, et la préparation d\u2019un plan qui définira et exprimera le nouvel état de choses et permettra sa réalisation.» Ce plan, c\u2019est précisément le plan directeur, c\u2019est-à-dire une série de plans, de cartes, de diagrammes et d\u2019ordonnances dont l\u2019ensemble constitue l\u2019illustration du projet d\u2019aménagement d\u2019une ville et indique les moyens de le réaliser.En vous parlant du plan directeur, je ne puis résister à la tentation de vous citer textuellement quelques paragraphes du premier cours donné à l\u2019Ecole Polytechnique de Montréal, le 9 avril 1934, par notre sympathique ami Jacques Gréber, urbaniste de renommée internationale: « Comparant la ville, par rapport à la famille urbaine qui l\u2019habitera, à une demeure familiale, nous dirons qu\u2019elle devra, pour remplir son rôle, être commode, saine et agréable.Et de même qu\u2019une simple maison ne peut être construite sans un plan préalablement étudié dans tous ses détails, plan où chaque pièce, chaque organe devra être à sa place, de même une ville n\u2019est bien constituée que si elle se développe, s'agrandit, s\u2019organise suivant un plan et un programme fixés méthodiquement à l'avance.« Problème beaucoup plus complexe que celui de la maison.Car ce plan directeur sera, dans ses diverses parties, la coordination de problèmes multiples qui relèveront de l\u2019art et de la science tout à la fois, et qui appelleront l'intervention de l\u2019ingénieur en collaboration intime avec l\u2019architecte; ils auront à leur tour besoin de consulter bien d\u2019autres spécialistes pour mener à bien leur œuvre d\u2019analyse des besoins et de synthèse des solutions. 916 « Les techniciens de l\u2019urbanisme ne devront pas se contenter de considérations abstraites, ni s\u2019abandonner à l\u2019utopie de solutions idéales.Ils penseront que les plans qu\u2019ils traceront, et les textes qu\u2019ils rédigeront, formeront la charte de vie de la communauté urbaine et devront graduellement, doucement, mais sûrement, se réaliser par des travaux longs et coûteux.Ils devront done se tenir dans le cadre ardu de la réalité.» Si l\u2019urbanisme est né de l'hygiène, il faut aussi rechercher, selon le même urbaniste, « l\u2019esthétique dans l\u2019harmonie, plutôt que dans la notion du beau absolu; il faut surtout assurer l\u2019esthétique urbaine par la protection contre l\u2019enlaidissement, sur lequel l\u2019accord est plus facile ».D\u2019autre part, ajoutait Gréber, « l\u2019esthétique ne devra jamais inciter l\u2019urbaniste à sacrifier l\u2019utilité », car «son œuvre ne sera que plus belle, s\u2019il a su en affirmer la fonction ».* * Pour mieux comprendre les solutions arré- tées par les urbanistes dans l\u2019élaboration des plans directeurs \u2014 solutions dont nous verrons tantôt quelques exemples sur \u2019écran \u2014 examinons brièvement les éléments sur lesquels se fonde tout plan directeur, savoir: la région, le réseau des grandes voies de circulation et les espaces libres, le « zoning » et finalement l\u2019habitation.L\u2019étude préalable de la région et de l\u2019emplacement géographique est une nécessité fondamentale; elle a pour objet d\u2019empêcher les centres métropolitains de former des ensembles désordonnés.La ville, en effet, n\u2019est pas une entité indépendante; elle est au contraire partie essentielle d\u2019une agglomération régionale, à laquelle elle est intimement liée à l\u2019égard de sa subsistance et de tous les aspects de son activité économique et sociale.Il en est ainsi des régions new-yorkaise, parisienne, londonienne, montréalaise, etc.+ L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 Les éléments suivants qui sollicitent l\u2019attention de l\u2019urbaniste chargé de dresser le plan d\u2019aménagement d\u2019une ville, ce sont d\u2019une part le réseau des grandes voies de circulation qui facilitent les déplacements rapides, et d\u2019autre part l\u2019ensemble des espaces libres, parcs, jardins et terrains de jeux, qui permettent à la ville de respirer.Arrêtons-nous un instant au réseau des voies de communication.Pour assurer une bonne visibilité et la sécurité de la circulation, l\u2019ingénieur s\u2019efforce de joindre par des lignes droites les différents points à desservir; certaines de ces voies sont de grande beauté.Les voies curvilignes, d\u2019autre part, sont généralement attrayantes.Dans les villes, le tracé d\u2019une voie nouvelle ou le redressement d\u2019une voie existante peut mettre en valeur une perspective monumentale, des édifices publics ou historiques.Un système routier ou un réseau de cireu- lation n\u2019est pas une simple présentation graphique.Il doit être ordonné de sorte que toutes ses parties soient étudiées en fonction d\u2019un plan d\u2019ensemble.L\u2019étude des plans de villes permet de se familiariser avec divers types de voies, que nous nous bornerons à énumérer: les voies de type irrégulier, qui suivent le modelé du terrain; les voies perpendiculaires \u2014 plan en damier \u2014 désavantageuses au point de vue de la circulation, car elles multiplient les points de conflit; les voies diagonales, qui amènent le trafic vers le centre; enfin les voies circonférentielles, concentriques ou périphériques, qui dégagent le cœur de la ville.Mentionnons aussi les avenues-pares ou rou- tes-parcs et les voies de promenades, qui réunissent de grands espaces libres en un seul réseau et contribuent ainsi à l\u2019organisation des loisirs dans les centres de récréation des plages et de la forêt (New-York, Chicago, Boston, etc.).Certaines voies de pénétration, comme « Fairmount Park» à Philadelphie, prolongent la verdure jusqu\u2019au centre des affaires et constituent pour une ville des éléments remarquables de beauté et de salubrité. COUSINEAU: URBANISME ET HABITATION À MONTRÉAL De nos jours, l\u2019ingénieur chargé de résoudre les problèmes de la circulation doit concilier deux points de vue divergents: d\u2019une part, l\u2019accélération du mouvement des automobiles et des autres moyens de communication, et d\u2019autre part, la diminution du nombre des accidents qu\u2019ils occasionnent.Malgré la valeur de la voie elle-même au point de vue de son efficacité et de sa sécurité, il restera toujours, d\u2019après Béringuier, ce complexe de supériorité sur le piéton propre à l\u2019automobiliste, et qui lui serait automatiquement communiqué par le véhicule; on l\u2019a appelé la « véhicu- lose ».Affirmons, toutefois, que la décision, résultant de l\u2019éducation des réflexes, le sangfroid, la prudence et les aptitudes physiques du chauffeur peuvent compenser cet état d\u2019esprit d\u2019ordre psychologique.* * * Un autre des éléments fondamentaux du plan directeur, c\u2019est le « zoning ».Il consiste à délimiter, à l\u2019aide de règlements différentiels, le territoire d\u2019une ville en districts ou zones où s'appliquent des restrictions uniformes.Le « zoning » permet ainsi de préparer la croissance ordonnée d\u2019une ville, y compris l\u2019extension économique des services d\u2019utilité publique.Le jeu normal de l\u2019offre et de la demande dans le domaine de la propriété foncière aboutit, sans plan directeur et sans « zoning », à des abus spéculatifs, au surpeuplement et, partant, à l\u2019insalubrité.Combien de bâtiments, faute de « zoning », sont devenus inutilisables pour les fins auxquelles ils ont été construits, à cause de leur emplacement dans un district en état de détérioration! Au point de vue de la salubrité, le « zoning » exige des espaces libres qui donnent un ensoleillement et une aération convenables dans les logements; au point de vue de la sécurité publique, il diminue les risques d\u2019incendie; il régit également la densité d\u2019occupation et aide à la solution du problème de la circulation.Le « zoning » n\u2019est pas rétroactif et ne corrige pas les erreurs du passé, mais il en prévient 917 la répétition.Il protège la propriété privée contre là dévalorisation et encourage la construction du « bon immeuble au bon endroit ».Il a priorité sur le droit de propriété, car il protège la santé et la sécurité publiques, tout en assurant le bien-être général de la population.* *& Le dernier élément du plan directeur dont il me reste à vous entretenir, c\u2019est le problème de l'habitation, que toute grande ville, tôt ou tard, doit résoudre.Des trois éléments que les sociologues tiennent pour essentiels à la vie de l\u2019homme, c\u2019est-à-dire la nourriture, le vêtement et l'habitation, cette dernière seule semble avoir été passablement négligée.Le problème de l\u2019habitation se pose lorsque le nombre des logements est insuffisant, ou lorsque les conditions de salubrité sont de nature à offrir un danger pour la population.L\u2019habitation salubre est une mesure prophylactique; elle exige des agencements sanitaires appropriés, des pièces bien ensoleillées et ventilées, exemptes d\u2019humidité.L\u2019habitation insalubre se caractérise par la détérioration, la vétusté et le surpeuplement.Le problème de l\u2019habitation s\u2019étudie à divers points de vue: d\u2019abord l\u2019allotissement, c\u2019est-à-dire la largeur et la profondeur optima des lots à bâtir et des espaces libres à ménager; ensuite, la disponibilité ou la pénurie des logements, la salubrité des immeubles et leurs défectuosités d\u2019ordre structural; enfin, au point de vue de l\u2019oceupa- tion, le mode de vie et l\u2019état de santé des occupants, ainsi que le surpeuplement.On reconnaît aujourd\u2019hui que l\u2019entreprise privée ne peut suppléer à la pénurie de logements pour les classes peu aisées, et qu\u2019une contribution gouvernementale est indispensable.Cette aide peut se manifester sous forme de dons de sommes globales aux organismes d\u2019habitation, qui relèvent généralement des autorités municipales, ou bien au moyen d\u2019exemptions ou de réductions d\u2019impôts, de donations de terrains, de prêts directs 918 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 à bas taux d\u2019intérêt, de garanties d\u2019avances, ou encore d\u2019annuités fixes pour des termes définis.Le principe de ces modes de secours a \u2018été adopté en Europe, notamment en Angleterre, et plus récemment aux Etats-Unis et au Canada.* * A l\u2019heure actuelle, il existe dans notre pays un grave problème de l'habitation.Il se fait vivement sentir dans tous nos centres importants, et notamment dans la ville de Montréal, qui souffre d\u2019une incroyable pénurie de logements.Cette disette résulte dans une certaine mesure de la stagnation de la construction domiciliaire durant les années de dépression que nous avons connues après 1930.Mais elle s\u2019est fortement aggravée du fait de la guerre et de la formidable et rapide expansion industrielle qui en a résulté.Des études sérieuses, faites par des experts en matière d\u2019habitation, ont établi qu\u2019il manque à Montréal à l\u2019heure actuelle des milliers de logements de loyer modique.Au cours des derniers treize ans, la construction domiciliaire a été loin de suivre l\u2019accroissement de la population.Le nombre des nouveaux logements, qui avait été de 5,893 en 1929, est tombé à 576 en 1934; la situation s\u2019est ensuite peu à peu améliorée, mais si lentement qu'en 1942 il ne s\u2019est construit que 2,276 nouveaux logis.La pénurie qui a résulté de cette baisse de la construction domiciliaire est confirmée par les statistiques relatives aux logements vacants, dont le nombre a fait une chute vertigineuse depuis quelques années.En 1933, il y avait dans notre ville 189,446 logis dont 13,235 étaient inoccupés; à la fin d\u2019octobre 1942, d\u2019autre part, nos logements habitables se chiffraient à 204,029 et sur ce nombre 62 seulement étaient vacants.Cela revient à dire qu\u2019au cours des derniers dix ans, la proportion des logements inoccupés est tombée de 6.98 pour 100 à 0.048 pour 100, soit moins de 1/20 de 1 pour 100.Et ces rares logements vacants, l\u2019automne dernier, étaient à peu près tous des logis de loyer plus ou moins élevé, dépassant la faculté de payer des classes peu aisées.L'installation de plusieurs nouveaux et vastes établissements industriels et l\u2019agrandissement de quantité d\u2019usines existantes, en vue de la fabrication du matériel de guerre sur une grande échelle, ont attiré ici des milliers de gens.Dans une ville qui manquait déjà d'habitations, cet afflux a eu pour résultat d\u2019accroître dans des proportions alarmantes la pénurie de logements.La situation est aujourd\u2019hui tellement grave qu\u2019on ne trouve plus un seul logis vacant dans la catégorie des bas et moyens loyers.Nombre de familles, en état de payer loyer, ne trouvent pas à se loger convenablement; elles sont forcées de vivre dans des conditions pénibles et de se contenter d\u2019abris de fortune: magasins, garages, entrepôts, hangars, cabanes, etc.: Les habitations construites par l\u2019entreprise privée sous l\u2019empire du premier chapitre de la Loi Nationale du Logement de 1938 ne peuvent guère contribuer à l\u2019amélioration de l\u2019état actuel, car elles ne sont pas à la portée de la bourse des petits salariés.D\u2019autre part, on ne trouve qu\u2019un bien faible palliatif dans l\u2019intervention de « Wartime Housing Limited », société relevant du Gouvernement fédéral, qui terminera d\u2019ici quelques semaines, dans les villes de Montréal et de Saint-Laurent, la construction de'400 habitations unifamiliales destinées à une faible proportion des -ouvriers des industries de guerre.Aussi est-il incontestable que nous sommes en présence d\u2019une situation alarmante qui, si on n\u2019y porte remède sans délai, entraînera dans le domaine économique et dans le domaine social des effets désastreux.Déjà de nombreuses organisations se sont émues de cette crise sans précédent et ont fait part de leur inquiétude aux pouvoirs publics, dont l\u2019intervention, notamment celle du Gouvernement fédéral, est à leurs yeux indispensable pour résoudre le grave problème du logement qui a surgi dans notre ville.La solution doit nécessairement comporter un programme a court terme et un programme à 0 el i pp gil oO ls} il qe le COUSINEAU: URBANISME ET HABITATION À MONTRÉAL à long terme.À l\u2019égard de celui-ci, le Comité de l\u2019Habitation du Service d\u2019Urbanisme a préparé et soumis, en avril 1942, un premier rapport où il envisage, comme partie du programme de restauration d\u2019apres-guerre, la construction d\u2019environ 40,000 logements pour les petits salariés.Dans les considérations préliminaires de son rapport, le Comité déclare que si la mortalité infantile, la tuberculose et le taux général des décès ont diminué dans une mesure constante à Montréal au cours des derniers vingt ans, le contraste demeure néanmoins très prononcé, à l\u2019égard du taux de la mortalité, entre les zones de haut loyer et les zones de bas loyer.Aussi le Comité est-il d\u2019avis que la création de meilleures conditions d'habitation pour les petits salariés contribuerait à l\u2019amélioration générale des statistiques vitales et notamment à la réduction des délits de jeunesse.Quant au programme & court terme, nous en sommes venus a la conclusion, apres une étude sérieuse et approfondie, que la ville de Montréal a impérieusement besoin à l'heure actuelle, et sans délai, d\u2019au moins 5,000 nouveaux logements de loyer modique, soit $18.à $30.par mois.À ce propos, comme le disait un mémoire préparé l\u2019été dernier par le Service d\u2019Urbanisme et soumis au Gouvernement fédéral par l\u2019Administration municipale, «il convient de faire remarquer que le problème de Montréal se présente sous un aspect particulier.Ce dont nous avons besoin, ce sont surtout des habitations permanentes.Car on ne peut pas s\u2019attendre à voir partir après la guerre la multitude de travailleurs industriels qu\u2019elle aura attirés dans notre ville.Ils resteront ici, parce que c\u2019est ici qu\u2019ils auront le plus de chance de passer d\u2019un emploi de guerre à un emploi de paix.Pour ce motif, la construction d\u2019habitations temporaires n\u2019est pas à désirer.Il nous faut des maisons plus durables que les habitations destinées à être démolies après la guerre: d\u2019une part, pour ne pas voir surgir de nouveau à ce moment une crise aiguë du logement; et d\u2019autre part, pour ne pas risquer 919 de laisser se développer des zones lépreuses, en conservant faute de mieux des habitations temporaires.» Il existe deux moyens dont l\u2019emploi immédiat et simultané permettrait de remédier dans une certaine mesure à la situation alarmante qui existe à Montréal.Le premier, c\u2019est d\u2019encourager et de faciliter, dans toute la mesure possible, la construction de logements de loyer modique par l\u2019entreprise privée, car il est normal qu\u2019elle continue à jouer, même en temps de guerre, un grand rôle dans la construction domiciliaire.Le second moyen, c\u2019est la collaboration active et l\u2019assistance financière du Gouvernement fédéral, à l\u2019aide de mesures généreuses inspirées des principes du 2e et du 3e chapitre de la Loi Nationale du Logement de 1938, chapitres qui pourraient être remis en vigueur après avoir été améliorés et adaptés aux conditions actuelles.Aujourd'hui, les établissements de guerre sont en grande partie construits, et certains des matériaux dont l\u2019usage leur était réservé deviennent graduellement disponibles.Peut- être le Gouvernement fédéral pourrait-il venir en aide à l'habitation, comme il le fait pour l\u2019agriculture, et permettre d\u2019utiliser pour la fabrication des matériaux de construction et l\u2019aménagement d\u2019habitations nouvelles une partie de la main-d\u2019œuvre disponible.Il se rend assurément compte de la gravité de la crise actuelle de l\u2019habitation à travers le pays, car il vient d\u2019approuver, à même les fonds publics, une dépense globale de $500,000 pour la transformation de grandes maisons en vue d\u2019y aménager quelques centaines de nouveaux logements, dans les villes d\u2019Ottawa, de Vancouver et de Victoria.En vertu de cette décision, l\u2019Administration Nationale du Logement prendra en location pour cinq ans, à prix nominal, des habitations qu\u2019elle transformera en maisons d\u2019appartements.Elle louera ensuite des appartements, et les loyers qu\u2019elle en retirera, pendant les cinq ans de son propre bail avec le propriétaire, serviront au remboursement de la dépense faite pour les transformations.Au bout de cette période, I\u2019Admi- 920 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 nistration du Logement remettra les immeubles transformés à leurs propriétaires, qui auront eux-mêmes perçu d\u2019elle un loyer durant cinq ans.Il faut espérer que le Gouvernement fédéral étendra sa sollicitude à la métropole du pays et la fera bénéficier d\u2019une mesure semblable.Car il ne peut pas ignorer qu\u2019elle est assurément, après Ottawa, la ville canadienne où le problème de l\u2019habitation est le plus grave, et que de toutes les grandes villes du pays, Montréal est incontestablement celle où la disette de logements risque de provoquer à tous égards les effets les plus funestes et les plus ruineux.* * Tout en nous préparant à remporter, au prix de tous les sacrifices nécessaires, la victoire la plus complète dans le terrible conflit où le monde est aujourd\u2019hui plongé, il convient, semble-t-il, d\u2019établir un programme de travaux de restauration économique d\u2019aprés- guerre qui devra, dans un effort de paix sociale aussi intense que notre présent effort de guerre, se réaliser en fonction d\u2019un plan directeur de l\u2019aménagement et du développement rationnels de notre ville et de notre région métropolitaine.Pareil programme devra faire une large place à l'habitation, notamment celle du petit salarié, qui vit actuellement dans des conditions pénibles dont les répercussions se font sentir sur le niveau de la santé publique, et donc sur l\u2019économie générale du pays.Bref, gagnons la guerre, préparons l\u2019après- guerre, mais n\u2019allons pas d\u2019ici là négliger les petits salariés, que les organismes officiels et non-officiels de bien-être social, avec des ressources bien restreintes, semblent être les seuls à secourir à l\u2019heure présente.Les petits salariés ne reculent actuellement devant aucun des sacrifices qu\u2019on leur demande.De notre côté, ne reculons pas devant l\u2019aide qu\u2019il faut leur apporter.Ils forment la base de l\u2019édifice économique et social, et il serait assurément sage de renforcer cette base, en commençant dès maintenant à faire les dépenses requises pour fournir à ceux qui la constituent les habitations salubres et à bon marché dont ils ont si grandement besoin.LE DÉPISTAGE DE LA TUBERCULOSE DANS LES INDUSTRIES Par Adélard GROULX, Directeur du Service de Santé de Montréal.En vertu d\u2019une récente ordonnance de la Commission municipale, le Service de santé de la ville de Montréal est autorisé à collaborer avec la « Ligue antituberculeuse de Montréal » et le « Ministère de la santé et du bien-être social » pour faire le dépistage précoce de la tuberculose dans les industries.Un médecin spécialisé, le docteur J.-M.Fi- liatrault, a été nommé à la section de la tuberculose; il sera particulièrement chargé du travail de dépistage, dans les industries, qui sera fait sous les auspices de la « Ligue antituberculeuse ».Le docteur Filiatrault est, en plus, autorisé à agir comme médecin « consultant » de la Ligue.Il travaillera sous les ordres du docteur L.Ladouceur, chef de la section de la tuberculose du Service de santé, qui est aussi membre du comité des conseillers médicaux de la Ligue antituberculeuse de Montréal.Il s\u2019agit d\u2019une action conjointe à laquelle le Service de santé est heureux de coopérer et de faire sa part.Le travail de dépistage de la tuberculose dans les industries est entrepris et fait sous les auspices de la Ligue antituberculeuse du Ministère de la santé et du bien-être social de la province et il est placé sous le contrôle immédiat du Service de santé de la ville de Montréal.La Ligue, par son organisation extérieure, GROULX: DÉPISTAGE DE LA TUBERCULOSE facilitera l\u2019entrée dans les industries avec lesquelles elle a déjà des arrangements; elle fournira ses conseils d\u2019aviseurs et fera les frais du déplacement de l\u2019appareil de Rayons-X portatif.Le Ministère de la santé et du bien-être social fournit à la Ligue un appareil à Rayons-X portatif moderne et se charge du coût des films utilisés à cette fin.Le Service de santé de la ville de Montréal, dont c\u2019est la responsabilité locale, tiendra un fichier complet de ces examens, ce qui complétera la tenue du fichier central actuel des tuberculeux à Montréal.Le personnel de la section de la tuberculose sera chargé, sous la direction du docteur L.Ladouceur, chef de cette section, de visiter les industries et de faire le travail.Le docteur Ladouceur dirigera ce travail en coopération étroite avec les directeurs de la «Ligue» et son président, M.Monat.En plus de travailler au dépistage dans les industries, le docteur Filiatrault travaillera à la consultation radiologique de Montréal, fera la lecture des films radiographiques et s\u2019occupera de la tenue du fichier central commencé en 1938.Résumé des principales mesures prises par le Service de santé pour collaborer à la lutte contre la tuberculose à Montréal 1938-1943 1938.\u2014 I.Collaboration étroite avec le Ministère de la santé et le Comité provincial de défense contre la tuberculose.Travail conjoint plus étroit avec les instituts Bruchési et Royal Edward et les autres iristitutions antituberculeuses.: IL.Création d\u2019une section de la tuberculose dans la division des maladies contagieuses, avec nomination d\u2019un personnel entraîné et spécialisé.Il s\u2019agit d\u2019un organisme de corrélation entre les diverses organisations de lutte antituberculeuse.921 Nomination du docteur Léo Ladouceur, spécialiste en tuberculose, comme chef de cette section, de 5 infirmières dont une, chef de groupe et de 2 sténos.III.Tenue d\u2019un «fichier central» de tous les cas de tuberculose à Montréal, afin de suivre la situation au jour le jour.IV.Institution d\u2019un système de distribution gratuite de tuberculine aux médecins et aux institutions.V.Institution de l\u2019épreuve à la tuberculine, chez les enfants, dans les consultations et dans les écoles.Depuis 1939, cette épreuve a été faite à près de 29,000 enfants.VI.Education et propagande: a) carte de Montréal: distribution de la mortalité par tuberculose à Montréal par quartier: 5,000 exemplaires; b) pancarte illustrée: Combattons la tuberculose, distribution de 35,000 exemplaires; c) circulaires: 1° « Tuberculose »: distribution à 200,000 exemplaires; 2° «Alimentation »: édités et réédités à plus de 143,000 exemplaires; d) publications à tirage limité de rapports et travaux sur la tuberculose; e) distribution de tracts et circulaires provenant des organismes de lutte antituberculeuse.VII.Campagne d\u2019éducation populaire 1938- 1941, par l\u2019organisation de plus de 400 réunions dont 109 publiques et 291 dans les écoles avec conférences, sketches, films, ete.1940.\u2014 VIII.Organisation d\u2019une consultation municipale de radiologie (1940) comme complément indispensable à la section de la tuberculose.Le but de cette consultation est de faire l\u2019examen radiologique des poumons - des cas de contact et des patients suspects indigents, référés par un médecin. 922 IX.Examens radiologiques des poumons pour les fonctionnaires municipaux, avant leur emploi, et les manipulateurs de lait dans les laiteries et les établissements de pasteurisation \u2014 et chez certains groupes de manipulateurs d\u2019aliments surtout les contacts et les suspects.L\u2019examen médical des manipulateurs d\u2019aliments, établi en 1927, contribue au dépistage préliminaire.1941.\u2014 X.Examen médical et radiologique des instituteurs.L\u2019inspection médicale des éléves, établie en 1906, et l\u2019examen médical des professeurs, depuis 1933, contribuent au dépistage préliminaire de la tuberculose.Le 17 mai 1941, un amendement à la loi de l\u2019Instruction publique (art.231, 5 Georges VI, chapitre 47) a été sanctionné, obligeant les personnes occupant un emploi dans une école publique à subir un examen médical annuel et un examen radiographique des poumons avant son engagement.Pour faire suite à cette loi modifiée, le Service de santé a renouvelé l\u2019entente conclue en 1933 avec la Commission des écoles catholiques, de façon à l\u2019étendre à tout son personnel .religieux et laïque; la même entente a été conclue avec le « Protestant Board of School Commissioners » et le Service de santé se doit de voir à l\u2019observance de la même loi dans les écoles et les institutions indépendantes.Parmi les facteurs qui ont amené la passation de cette nouvelle loi, l'examen médical (clinique) des instituteurs laïques de la Commission des écoles catholiques de Montréal, avec la collaboration du Service de santé, a contribué à préparer la voie.1942.\u2014 XI.Collaboration avec la « Ligue antituberculeuse de Montréal » nouvellement L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 organisée, dont le docteur Ad.Groulx est membre; le docteur L.Ladouceur, chef de la section de la tuberculose, est membre du Bureau des conseillers médicaux.1943.\u2014 XII.Dépistage de la tuberculose dans les industries, entrepris par la « Ligue antituberculeuse de Montréal », avec la collaboration du Ministère provincial de la santé et du bien-être social et du Service de santé de la ville de Montréal.Le règlement du lait et de la pasteurisation.L\u2019assainissement du lait par une inspection suivie, bien organisée, et le pourcentage élevé: 96% de lait pasteurisé vendu et consommé, est une mesure importante qui a été prise en 1927 par les autorités municipales.Il correspond aussi à l\u2019éradication totale: 100%, de la tuberculose des troupeaux qui produisent le lait vendu dans la ville, travail fait par le gouvernement fédéral.Coûr: Part de la ville de Montréal (Budget 1943-44) I.Service de santé .+.4242 440 $ 51,406 1° Section de la tuberculose .$25,306 2° Subventions.26,100 a) Camps de santé Bruchési .$ 1,400 b) Institut Bruchési .13,200 c) Royal Edward Institute .d) Hôp.Sacré-Cœur (dispensaire) .e) Timbres de Noël (Ligue antituberc.) 8,500 1,000 2,000 TI.Service du Bien-être social Coût de l\u2019hospitalisation des tuberculeux $312,000 Grand total .$363,408 6 juillet 1943. LA SITUATION DE LA DIPHTÉRIE À MONTRÉAL ET LA CAMPAGNE D'IMMUNISATION Par Adélard GROULX, Directeur du Service de Santé de Montréal.La situation actuelle de la diphtérie, à Montréal, le 30 juin 1943 (pour les premiers six mois de l\u2019année) est la suivante: il y a eu 85 cas déclarés et 16 décès, comparativement à 69 cas et 7 décès pour la période correspondante de l\u2019an dernier, soit une augmentation.L\u2019année 1942 avait aussi accusé une augmentation, soit 212 cas contre 193 en 1941.La campagne d\u2019immunisation est la mesure la plus importante entreprise pour lutter efficacement contre cette maladie à Montréal depuis 1928.Elle comporte trois phases principales: 1° La campagne lancée en septembre 1928 dans les consultations et plus tard dans les écoles; intensifiée en 1933.Depuis les débuts de cette campagne, plus de 230,000 enfants ont été immunisés avec le résultat suivant: de 30 par 100,000 de population qu\u2019elle était en 1927, la mortalité était abaissée à 1.2 en 1940.Il y a eu cependant une légère augmentation en 1941 et 1942 et même en 1943, comme je l\u2019ai indiqué plus haut.2° Coopération avec la Ligue canadienne de santé dans l\u2019organisation d\u2019une Semaine nationale d\u2019immunisation, tenue chaque année depuis 1941; Au cours de la « Semaine nationale d\u2019immunisation », du 11 au 18 avril 1943, plus de 1,700 enfants ont été inscrits pour l\u2019immunisation; du ler janvier au 30 juin 1943, plus de 7,000 inscriptions ont été enregistrées, y compris celles de la semaine du 11 avril.3° Un recensement entrepris au sujet de l\u2019immunisation des enfants âgés de moins de 10 ans, par des visites spéciales faites dans toutes les familles de la ville par les infirmières-visiteuses du Service de santé.Dans le rapport annuel de 1941, au chapitre de l\u2019'Immunisation contre la diphtérie, parmi les mesures de contrôle prises dans le district sanitaire sud-ouest, je mentionnais un « Recensement » fait par des visites dans les familles par les infirmières-visiteuses du Service de santé.Les résultats encourageants obtenus ont entraîné le Service de santé à étendre le recensement dans toute la ville.Ce recensement pratiquement terminé dans la majorité des districts au début de 1943, a été complété par un travail additionnel à l\u2019occasion de la «Semaine nationale d\u2019immunisation » d\u2019avril 1943.Le travail accompli et ses résultats apparaissent dans le tableau suivant: Nombre de familles visitées .156,943 Nombre d\u2019enfants âgés de moins de 10 ans.2.220224 44220 127,966 Nombre d\u2019enfants (- 10 ans) trouvés immunisés lors de la visite .86,293 Pourcentage .2.244225 67.45 Nombre d\u2019enfants (-10 ans) non immunisés .Co.41,673 Nombre de ces derniers immunisés depuis, à la suite de ce «survey» .25,843 Nombre total des enfants âgés de moins de 10 ans immunisés .112,136 Pourcentage .2.42225 87.63 Situation dans le District sanitaire Saint- Jacques.Le recensement a révélé que le district sanitaire Saint-Jacques est celui où il y a la plus grande proportion des enfants non-immu- nisés, soit 21%, particulièrement dans les paroisses Notre-Dame (20.5%), Sacré-Cœur (24.2%), Ste-Brigide (22.6%), Ste-Catheri- ne (22.9%), St-Eusebe (22.9%), St-Vincent- de-Paul (28.7%), Ste-Marguerite (18.4%) et St-Pierre (18.4%).Dans ce district, prés de 924 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 25,000 familles ont été visitées et près de 9,000 lettres adressées aux parents dont- les enfants ne sont pas immunisés.Au point de vue cas et décès par diphtérie dans ce territoire, du ler janvier au 30 juin 1943, il y à eu 28 cas sur 85 et 4 décès sur 16, soit 33% des cas et 25% des décès de la ville entière.; Un travail spécial d\u2019éducation à domicile sera poursuivi par les infirmières du Service de santé et par les médecins dans les consultations, pour atteindre ceux qui ne sont pas encore immunisés.Le Service de santé s\u2019est assuré la collaboration des « Gouttes de lait paroissiales» qui dirigent plusieurs consultations dans ce district.Le chef du district visitera aussi les curés des différentes paroisses et les médecins qui pratiquent dans ce territoire afin d\u2019obtenir toute leur collaboration pour réduire davantage la morbidité et la mortalité par diphtérie dans son district. LA CAMPAGNE D\u2019ALIMENTATION À MONTRÉAL ! Par Adélard GROULX, Directeur du Service de Santé de Montréal.L\u2019alimentation est un des plus importants problèmes de l'heure.C\u2019est pourquoi, devant \u2018ce fait et la nécessité de mieux diriger l\u2019alimentation du peuple canadien, les autorités fédérales ont lancé, comme mesure de guerre, une «campagne nationale d\u2019alimentation rationnelle ».Le gouvernement central a demandé à chaque province de seconder cette entreprise destinée à mettre le public au courant des principes qui doivent présider au choix et à la préparation des aliments usuels.Un comité provincial a été formé sous la présidence de l\u2019honorable M.Henri Groulx, ministre de la Santé et du Bien-être social de notre province.D\u2019après le plan provincial, dans chaque ville où il existe un service de santé ou une unité sanitaire, des comités locaux sont formés pour faciliter l\u2019enseignement de l'hygiène alimentaire.Ce mode d\u2019organisation permet l\u2019agencement des activités de ces comités avec les personnes des services de santé municipaux ou des unités sanitaires de comté pour tout ce qui regarde l\u2019éducation de la population urbaine en matière alimentaire et pour donner au problème de l\u2019alimentation toute l\u2019importance qui lui est due.Pour la région de Montréal, le ministre a nommé un comité local dont il m\u2019a confié la présidence.Je n\u2019ai pas cru devoir me dérober, considérant de mon devoir, à titre de directeur de la santé locale, d\u2019accepter la direction de ce mouvement d\u2019éducation et de plus, de contribuer à l\u2019effort de guerre.L\u2019exécutif de ce comité comprend, en outre, deux vice-présidentes: Mmes J.-P.Lamar- che et T.-B.Heney et un secrétaire: le docteur 1.Causerie prononcée au Club Kiwanis St-Laurent, mercredi, 19 mai 1943.G.Gosselin \u2014 avec, comme aviseurs scientifiques: les docteurs D.L.Thompson, R.Pépin et G.Lapierre.La campagne d\u2019alimentation rationnelle a été inaugurée à Montréal par deux grandes assemblées: la première, pour la population de langue française, à l\u2019Hôtel de Ville, et la seconde, pour la population anglaise, à l\u2019auditorium du Montreal High School.Les honorables MM.Ian Mackenzie, ministre de la Santé nationale et Henri Groulx, ministre de la Santé et du Bien-être social, et Son Honneur le maire de Montréal, M.À.Raynault, étaient les présidents d'honneur de ces assemblées dont les conférenciers ont été Mme G.Turner et le docteur G.Gosselin.Le programme général de la campagne comprend l\u2019organisation de réunions populaires et de cours publics dont le but est d\u2019attirer l\u2019attention de la population et de souligner la nécessité d\u2019une bonne alimentation.Dans l\u2019exécution de ce travail, le Comité et le Service de Santé sont aidés par des sous-comités volontaires.Un sous-comité de dames, sous la présidence de Mme Heney, a organisé, dans les milieux anglais, 16 cours publics avec l\u2019aide de techniciennes entraînées.Le service de santé, en coopération avec Mme Lamarche, voit à l\u2019organisation de cours semblables dans les autres centres français et anglais.Nous y reviendrons.Avec la collaboration des commissions scolaires catholiques et protestantes, deux concours d\u2019alimentation ont été organisés dans les écoles.Le succès de ces concours est dû aux personnes des sous-comités chargées de leur organisation et au grand intérêt qu\u2019y ont apporté les élèves, les instituteurs et les parents. 926 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 Tous les moyens de propagande possible sont utilisés: la radio, la presse, etc.; nous avons également eu recours aux sociétés, associations, clubs sociaux comme le vôtre qui peuvent contribuer au succès de cette campagne.Des causeries ont été prononcées à la radio, des articles publiés dans les journaux, des séances spéciales ont été tenues par les sociétés médicales et dentaires, les clubs ont organisé des déjeuners-causeries, plusieurs sections de la Société Saint-Jean-Baptiste et sociétés diverses ont tenu des réunions publiques.Cette précieuse collaboration se continue.Une nouvelle preuve de l'intérêt que soulève ce problème se manifeste dans ce déjeuner du Club Kiwanis St-Laurent, qui démontre que l\u2019alimentation est un problème d\u2019envergure nationale et que tous doivent contribuer à y apporter une solution.En effet, l\u2019alimentation joue dans l\u2019organisation de notre vie, au même titre que l\u2019habitation et la prévention de la maladie, un rôle primordial.Son importance se révèle prépondérante dans les heures difficiles que nous traversons.La rareté de certains aliments et le rationnement en font un problème complexe dont la solution s\u2019avère délicate et difficile.Il peut même paraître aléatoire d\u2019en parler, mais les conditions actuelles rendent ce problème plus difficile à solutionner, d\u2019où la nécessité de donner plus de directives à la population.L'alimentation rationnelle est très importante pour le maintien de notre bon état de santé et certains facteurs démontrent, tous les jours, l\u2019intérêt que nous y portons, qu'il s\u2019agisse de notre propre santé ou de celle des autres.Nous la croyons, avec raison, nécessaire au bien-être et au bonheur de chacun.Associée à la santé, l\u2019alimentation est notre souci constant, surtout celui des ménagères, sans oublier celui qui est astreint à un régime spécial, car, si on veut le maintenir en un bon état de santé relatif, il faut lui rendre la vie moins amère et lui garder sa bonne humeur! L'alimentation contribue à augmenter notre résistance physique et aide à prévenir certaines maladies, telles: le rachitisme, le goître simple, l\u2019anémie, la carie dentaire, la dénutrition qui, souvent, peut entraîner la tuberculose.Un régime bien équilibré aidern aussi à prévenir plusieurs maladies infectieuses.Par contre, d\u2019autres affections: le diabète, le rhumatisme, la goutte, etc, sont souvent causées par des écarts de régime.Une alimentation bien choisie est essentielle à l\u2019individu et à la conservation de sa vigueur et de sa vitalité.Cette vérité est bien ronnue et mise en pratique par les athlètes ec les entraîneurs sportifs.Appliquée à l\u2019enfance, elle donne également d\u2019excellents résultats.Il est nécessaire d\u2019exercer une surveiliance étroite sur les aliments, de donner au bébé, à l\u2019enfant et à l\u2019écolier surtout, une nourriture bien équilibrée, si l\u2019on veut assurer son développement physique normal.Depuis les quelque 30 ans que se fait l\u2019inspection médicale dans les écoles de Montréal, parmi les défauts physiques observés chez les écoliers, la dénutrition, chaque année, malgré une amélioration sensible, se rencontre encore chez une proportion d\u2019environ 15% de la gent écolière.Ceci est attribuable moins à un manque d\u2019aliments suffisants qu\u2019à une déficience d\u2019aliments complets, ce qui revient à dire à une alimentation mal équilibrée.La dénutrition, qui est un défaut de nutrition appropriée à l\u2019organisme physique, peut \u2018être prévenue par des moyens simples, faciles et à la portée de tous.Parmi ceux-ci (en plus de créer de bonnes habitudes de vie et d\u2019hygiène et la correction de certains défauts physiques importants) retenons: un régime alimentaire bien équilibré, généreux et varié (tout en tenant compte des conditions actuelles de rationnement.) Les lois de l'alimentation rationnelle priment pour assurer des aliments en quantité suffisante, de la qualité requise, variés dans GROULX: CAMPAGN E D\u2019ALIMENTATION A MONTRÉAL leur choix, donnés au cours de repas servis à des heures régulières.Ce n\u2019est pas mon rôle d\u2019entrer dans les détails techniques de l\u2019alimentation et de ses principes.Qu\u2019il me soit cependant permis d\u2019en émettre quelques-uns qui sont essentiels.L'organisme humain a besoin, pour sa constitution et son fonctionnement normal, de substances très variées et toutes nécessaires à la fois.Quelques-unes servent à la constitution propre de notre organisme: ce sont des éléments de formation; d\u2019autres sont productrices de chaleur et d\u2019énergie: ce sont des éléments énergétiques; enfin, un dernier groupe, autrefois méconnu, comprend les éléments régulateurs.Les éléments de formation sont nécessaires à l\u2019existence, durant toute la vie; ce sont: les viandes, le poisson, le fromage, les œufs et le lait; leurs besoins varient selon certaines conditions comme la croissance, la grossesse, l\u2019allaitement, la convalescence, surtout pendant les maladies fébriles.Les aliments producteurs d\u2019énergie, en quantité suffisante, assurent un rendement normal au travail; les besoins énergétiques d\u2019un individu dépendront du travail musculaire prolongé, des exercices violents, du froid intense, alors il faut faire une large place aux aliments suivants: beurre, sucre, céréales, pain, légumes secs, pommes de terre.Enfin, les éléments régulateurs, dont les principaux sont: les sels minéraux et les vitamines, sont essentiels à l\u2019utilisation des daux autres groupes.Une insuffisance de ces éléments cause des déficiences sérieuses.Ces principes nous sont fournis surtout par le lait \u2014 même pasteurisé \u2014 les fruits, les légumes verts, les céréales complètes, auxquelles viennent s\u2019ajouter les viandes, les poissons et les œufs.Toutes les vitamines sont essentielles à la croissance normale; toutes contribuent à augmenter la résistance aux maladies.927 Dans la situation \u2014 particulièrement grave \u2014 que nous traversons, où le travail à l\u2019usine et aux champs joue un si grand rôle \u2014 une alimentation insuffisante et mal équilibrée nuit sérieusement à l\u2019effort de guerre.On a assez dit que c\u2019est la nécessité de l\u2019heure et que la victoire appartiendra à celui qui fabriquera le plus.C\u2019est pourquoi, pour bien indiquer à la population comment manger mieux avec les moyens actuellement à notre disposition, des cours publics et des conférences seront donnés partout dans la province.Dans cette campagne, le service de santé de la ville joue un rôle continu et bien défini; il donne son appui à toutes mesures d\u2019intérêt général, il encourage les manifestations publiques comme celle d\u2019aujourd\u2019hui et coopère à la campagne d\u2019hygiène dentaire, à laquelle nous sommes heureux d\u2019être de nouveau associés.Une division importante de notre service a pour fonction de surveiller attentivement le problème des aliments, leur préparation et leur manipulation; le lait surtout, aliment complexe et essentiel, est l\u2019objet d\u2019une attention et d\u2019une règlementation spéciale comparable aux services du genre les mieux organisés au pays et à l\u2019étranger.La division de l'hygiène de l\u2019enfance, de son côté, par ses consultations, par l\u2019inspection des écoles, par sa littérature, et au cours des visites à domicile par ses infirmières, procure les conseils nécessaires concernant une bonne alimentation bien équilibrée pour la mère et pour l\u2019enfant.Pour améliorer son organisation, une technicienne en nutrition (Mlle T.Marion), a été nommée au cours de l\u2019année 1942.Récemment, dans un des centres d'hygiène municipaux, on a organisé une «cuisine d\u2019essai et de démonstration » pour fin d\u2019enseignement technique en nutrition pour nos infirmières.Comme je l\u2019ai signalé au début, le service de santé, à qui les administrateurs de la ville ont voté l\u2019argent nécessaire, a prêté son con- 928 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 cours aux sous-comités féminins dans leur organisation.Il assure l\u2019enseignement technique à ses infirmières visiteuses par des cours portant sur les dernières notions sur l'hygiène alimentaire, pour les mieux préparer à faire l\u2019éducation des mèrés au cours de leurs visites à domicile \u2014 travail essentiel.Le service de santé avait déjà commencé aussi l\u2019organisation de cours aux mères qui fréquentent les consultations prénatales.De plus, il organise, pour les dames et jeunes filles, des cours publics qui sont donnés par la nutritioniste, Mlle T.Marion, parcourra toute la ville.Déjà, le district sanitaire Mai- sonneuve a bénéficié de ces cours.Le district sud-ouest en bénéficie actuellement et tous les autres districts de la ville auront leur tour.Comme contribution à ce mouvement national, de concert avec les autorités scolaires de Montréal et le Collège des chirurgiens- dentistes de la province, le service de santé, en modifiant son programme régulier d\u2019inspection, à entrepris et poursuit une campagne conjointe d\u2019hygiène alimentaire et d\u2019hygiène dentaire dans les écoles de la ville.Dans chaque école, les dentistes du service de santé examinent les élèves au point de vue dentaire et quand l\u2019examen est fini, il y à une réunion des élèves, au cours de laquelle un médecin leur parle sur l\u2019alimentation et un dentiste invité, sur l\u2019hygiène dentaire; ensuite, on projette sur l\u2019écran un film éducatif.Depuis janvier, 35 écoles ont été visitées.La coopération complète des instituteurs nous permet d\u2019obtenir des résultats tangibles dans le traitement des élèves.Je dois ajouter qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une campagne longue qui se prolongera environ 2 ans.Toutes ces campagnes que nous organisons, soit en faveur de l\u2019alimentation rationnelle ou de l\u2019hygiène dentaire, soit contre la tuberculose ou la diphtérie par l\u2019immunisation, ont pour but «d'\u2019intensifier l\u2019éducation de la population ».C\u2019est la première mesure qui s'impose dans un « programme national », parmi les mesures nécessaires pour améliorer la santé de notre peuple canadien, envisageant en cela la situation actuelle et l\u2019après-guerre.Nous pouvons nous compter heureux qu\u2019au- jourd\u2019hui, après plus de 3 ans et demi de guerre, notre peuple jouisse d\u2019un bon état relatif de santé, et que nous ayons été à l\u2019abri d\u2019épidémies qui restent toujours à redouter.Souve- nons-nous de 1918 et fasse la Providence que nous demeurions protégés! Ai hem iy ful mod pre oto VARIÉTÉS UN PRÉCURSEUR MÉCONNU Par Arthur ARCAND, Docteur de l\u2019Université de Paris, Lauréat de l\u2019Académie de Médecine de France et Membre de la Société des Experts-Chimistes Français.Auréole-Théophraste-Bombast de Hohen- heim dit Paracelse, naquit à Einsiedeln, près de Zurich, en 1493.Paracelse n\u2019est que la traduction latine de Hohenheim, suivant la mode des savants du XVIème siècle, qui ont presque tous latinisé leurs noms; certains croient, néanmoins, que Théophraste de Ho- henheim se fit appeler ainsi en haine de Celse et de ses doctrines médicales.Comme médecin, comme philosophe et comme chimiste, Paracelse est le promoteur de la grande révolution scientifique du XVIème siècle.Porté aux nues par ses disciples, conspué et calomnié par les médecins de son temps, loué par Eraste de son vivant, attaqué par Eraste après sa mort, estimé de lord Bacon, de Van Helmont et de Montaigne, ce rude lutteur n\u2019est guère connu dans les biographies et les dictionnaires que sous des rubriques de ce genre: « Astrologue, magicien, archifou\u2026.La médecine moderne lui doit l\u2019opium, l\u2019usage du mercure, de l\u2019antimoine, ete.et les triturations chimiques qui dégagent les propriétés actives des médicaments.» En d\u2019autres termes, c\u2019est un fou à qui la médecine moderne doit tout simplement sa thérapeutique.Au commencement du XIXème siècle, les chirurgiens qui voulurent faire l\u2019histoire de leur art, trouvèrent Paracelse sur leur route.Ce fou avait, comme par hasard, fait des découvertes précieuses dans la partie positive de la médecine, excellé dans la chirurgie et surtout dans la cicatrisation des plaies, semé tous ses ouvrages d\u2019aperçus profonds empreints d\u2019un grand esprit d\u2019observation et révélant une connaissance merveilleuse de l\u2019homme.Le jour a tardé à se faire sur la valeur véritable de Paracelse, qui avait malheureusement enveloppé ses grandes découvertes de tout le fatras astrologique et cabalistique de son époque, et dont, par surcroît, les disciples ont gâté les ouvrages en y interpolant une foule de passages absurdes et contradictoires.Son père, qui exerça avec talent la médecine à Einsiedeln, fut son premier maître.Initié ainsi de bonne heure aux connaissances médicales usuelles et les trouvant en grande partie erronées, Paracelse résolut de recommencer entièrement ses études, et il acquit en voyageant une instruction pour ainsi dire universelle, car il n\u2019est aucune partie de la science de son temps, lettres grecques, latines, hébraïques et arabes, alchimie, cabale, astrologie, astronomie, nécromancie, qu\u2019il ait ignorée, aucun auteur qu\u2019il n\u2019ait lu, commenté ou réfuté.Il fréquenta les universités d\u2019Allemagne, de France et d\u2019Italie, suivit les leçons de trois grands érudits de l\u2019époque, Scheit, Erard Le- vantal et Nicolas d\u2019Ypon, et, continuant ses pérégrinations, visita le Tyrol, la Hongrie, la Pologne, la Suède, l\u2019Espagne, le Portugal et pénétra même en Orient.Il se renseignait auprès des praticiens en renom, des alchimistes, des magiciens et même des simples barbiers; en Bohême, il vécut longtemps avec les ouvriers des mines, et fit de remarquables observations, soit sur les maladies particulières aux mineurs, soit sur les métaux et leurs propriétés thérapeutiques.Riche un jour, pauvre le lendemain, accompagné de disciples qui, les uns le portaient aux nues et répandaient en tous lieux le bruit de ses cures merveilleuses, les autres le trahissaient et le calomniaient effrontément, accueilli - 930 comme un homme divin chez les Tartares ou le fils du kan lui offre une hospitalité royale, puis, jeté en prison en Allemagne comme charlatan, Paracelse acquit dans cette vie d\u2019aventures et d\u2019études, une somme immense de notions de toutes sortes.Il se posa dès lors en réformateur de la médecine, en adversaire déclaré de Galien et d\u2019Avicenne, par lesquels on jurait dans toutes les universités; il entreprit de substituer à la vieille thérapeutique un art nouveau fondé sur une plus exacte connaissance de l\u2019homme et de l\u2019univers entier, dont il regardait l\u2019homme comme une parcelle exactement régie par les mêmes lois, comme un microcosme opposé au macrocosme, pour me servir de ses expressions.Cette vaine conception astrologique l\u2019entraîna dans de grandes folies, auxquelles se sont attachés ses détracteurs, mais elle le mit aussi sur la trace de profondes vérités.A part ces renseignements généraux sur ses voyages, dont témoignent diverses parties de ses livres, on n\u2019a que peu de notions sur l\u2019existence même de Paracelse durant toute cette longue période; on sait cependant qu\u2019il assista, en qualité de chirurgien militaire, à quelques campagnes en Italie, dans les Pays-Bas et au Danemark, et qu\u2019il s\u2019était alors acquis une grande célébrité en appliquant le mercure à la guérison des maladies vénériennes.Il administrait aussi, sous le nom de laudanum, un médicament opiacé, probablement semblable à celui que nous connaissons sous ce nom.L\u2019attention générale était attirée sur lui et il fut appelé à la chaire de Médecine de l\u2019Université de Bâle (1527).Ce que fut son enseignement, il est assez difficile de s\u2019en faire une idée précise, mais il souleva contre lui d\u2019universelles clameurs.Paracelse les provoquait par la violence avec laquelle il attaquait ses adversaires et renversait toutes idées reçues; il brûla en chaire les ouvrages d\u2019Avicenne et de Galien, révérés alors dans l\u2019Europe entière, et les déclara bons seulement à pervertir la raison et l\u2019intelligence humaines; il démolit la théorie des quatre éléments, qui était alors la base de toute la L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 médecine, et proclama la nécessité d\u2019une étude rigoureuse des propriétés médicamenteuses des minéraux et des végétaux.Il attribuait à chacun d\u2019eux des vertus spéciales dans telle ou telle maladie; les raisons qu\u2019il en donnait étaient tout à fait empiriques certes, mais il devait à son esprit d\u2019observation d\u2019avoir découvert un grand nombre de propriétés véritables et il faisait, en tout cas, de remarquables cures par des procédés qui lui appartenaient en propre.Comme c\u2019était aux métaux qu\u2019il attribuait le plus de vertus curatives, il se donnait le nom de médecin «spagiriste », c\u2019est-à-dire alchimiste, qui lui est resté ainsi qu\u2019à son école.Ses succès retentissants, la violence passionnée avec laquelle il dévoilait les bévues des autres médecins, les fraudes et l\u2019ignorance des apothicaires, l\u2019entraînèrent dans des polémiques irritantes; de plus, en véritable vulgarisateur, il avait abandonné dans l\u2019enseignement la langue latine et faisait son cours en allemand.Il n\u2019en fallut pas plus pour ameuter contre lui toutes les jalousies et toutes les haines; ses ennemis présentérent comme un effronté charlatan l\u2019homme qui déshonorait la science en se servant, dans une chaire d\u2019université, de la même langue que les arracheurs de dents sur les places publiques, et le forcèrent à quitter Bâle.Paracelse reprit alors sa vie errante, parcourut une seconde fois l\u2019Allemagne, la Moravie, la Carinthie, l\u2019Alsace, soulevant toujours contre lui les mêmes tempêtes et les attisant par ses violences.Il accusait tous les médecins de n\u2019être que des pédants et des ânes bâtés; ceux-ci, s\u2019il opérait quelque cure remarquable, le donnaient comme athée, ayant fait un pacte avec le diable, et s\u2019opposaient même à l\u2019impression de ses écrits.Son activité et son amour de la science n\u2019en furent pas diminués, car ce fut, sans doute, dans cette seconde moitié de sa vie, qu\u2019il composa la plus grande partie de ses ouvrages \u201c ARCAND: UN PRÉCURSEUR MÉCONNU et édifia le système sur lequel il basait la rénovation de la médecine et de la chirurgie.Il professa publiquement à Colmar (1528), à Nuremberg (1529), à Saint-Gall (1531), a Pfeffer (1535), à Augsbourg (1536), à Vil- lach (1538), où il dédia l\u2019un de ses livres aux Etats de Carinthie en souvenir de la protection que son père avait rencontrée auprès d\u2019eux: enfin, après avoir séjourné quelques mois à Mindelheim (1540), il vint mourir à Salzbourg, dans la salle commune de l'hôpital Saint-Etienne, en 1541, dans un dénuement total.Deux hommes surtout se sont acharnés contre la mémoire de Paracelse: Eraste, son ennemi juré, qui le représente comme un bateleur, qui explique ses voyages en disant qu'il suivait une troupe de bohémiens et de vagabonds, et son secrétaire Oporinus qui, après avoir été son disciple favori, le déchira cruellement; suivant ce dernier, c\u2019était un dégoûtant ivrogne, vêtu de guenilles et couvert de vermine, passant les nuits au cabaret et ne pouvant se délier la langue que par de copieuses libations.Toujours d\u2019après ce dernier, Paracelse, comme les charlatans des foires, aurait étourdi son public illettré par un jargon incompréhensible de latin et d\u2019allemand vulgaire; les paysans ouvraient de grands yeux, mais les savants lui jetaient des pierres.Il résulte, au contraire, de témoignages sérieux, que Paracelse ne but jamais que de l\u2019eau et fut toute sa vie remarquablement chaste; ses immenses travaux ne démontrent- ils pas un amour de l\u2019étude et une soif de connaissances comme le XVIème siècle lui- même, si acharné à la science, en offre pe d\u2019exemples?| Mais, ce qui a bien plus contribué qu\u2019Eraste et Oporinus à éloigner de Paracelse et de son système, c\u2019est la masse incohérente des traités absurdes placés sous son nom et parmi lesquels il est à peu près impossible de distinguer son œuvre propre.Les disciples qui recueillaient son enseignement ne le comprenaient pas toujours, 931 car il était loin d\u2019être clair et forgeait pour son usage une multitude de mots scientifiques dont il fallait avoir la clé, beaucoup ont placé sous son nom leurs élucubrations, et pendant un demi-siècle c\u2019est ce que firent tous les empiriques et les visionnaires.D\u2019ailleurs, ces fraudes ont été dévoilées par Oporinus lui-même.Autrement, si l\u2019on admettait l\u2019authenticité de tous les écrits insérés dans les « Œuvres complètes de Paracelse, publiées à Bâle de 1568 à 1573 », on ne pourrait expliquer comment ce génie si net et si lumineux tombe dans le galimatias le plus insensé, comment l\u2019homme qui se moque des faiseurs d\u2019or, compose lui- même des grimoirs alchimistes où il donne précisément, en langage incompréhensible, des recettes de panacée universelle et de pierre philosophale.Il n\u2019a que trop donné prise à la critique, en alliant aux vérités qu\u2019il découvrait et proclamait, les imaginations et les rêveries les plus singulières, en cherchant à expliquer les propriétés des corps par des analogies sidérales.Paracelse a écrit à peu près sur tout « De omni re scibili »; sur la médecine théorique et pratique, sur la chirurgie, sur la physique, sur l\u2019astrologie, etc.Ses œuvres médicales comprennent un grand nombre de traités généraux qu\u2019il décore ordinairement, suivant la méthode de son temps, des titres retentissants de « Pa- ramirum » ou merveille surprenante, « Para- granum» ou grain supérieur, « Archidoxie » ou science transcendante.D\u2019autres ouvrages, comme la « Théorie générale des maladies du tartre », les traités sur la « Peste », la « Syphilis », les « Epidémies », les « Maladies des fossoyeurs et extracteurs de métaux », sont relatifs à des questions toutes spéciales, quoiqu\u2019ils ne constituent pas la partie la moins intéressante de l\u2019encyclopédie bizarre et novatrice de Paracelse; il nous initie aux mystères des sciences occultes et à certaines croyances du XVIème siècle, à la cabale et à l\u2019alchimie.Ils forment, quand on les étudie de haut et dans leur ensemble, une vaste cosmologie qui 932 a pour objet le monde et ses éléments, la nature sidérale et la nature terrestre, tous les êtres pris individuellement que renferme l\u2019univers, réels ou fabuleux, les faunes, les ondines, les sylvains, les géants et les pygmées, les terriens et les démoniaques, dont la logique païenne et la crédulité du moyen-âge avaient peuplé les éléments.Cependant, sous ce fatras se cache une doctrine scientifique parfaitement coordonnée, et cette doctrine se rattache d\u2019une part aux manifestations de l\u2019esprit d\u2019innovation du XVIème siècle, dont elle constitue une des phases les plus intéressantes, et de l\u2019autre à l\u2019histoire des progrès de la médecine et des sciences.Sans me perdre dans l\u2019analyse du système de Paracelse, j'en exposerai toutefois les points principaux.Partant de cet aphorisme: «L\u2019homme est un petit monde ou microcosme, tout ce qui se trouve dans le grand ou macrocosme se trouve représenté en lui; c\u2019est donc par l\u2019étude du monde extérieur qu\u2019il faut aborder celle de l\u2019homme », Paracelse cherche, conformément aux doctrines cabalistiques, les analogies les plus singulières entre les astres et les diverses parties de l\u2019organisme humain.Ce sont de pures rêveries, et cependant, il y avait été conduit par une série d\u2019observations justes qui lui avaient démontré combien les saisons et les climats font varier les formes et l\u2019intensité des maladies; Paracelse avait, en somme, trouvé une partie de la vérité et mis l\u2019observation scientifique en bonne voie, tout en arrivant à un système général erroné.Comme point culminant de son système, il attribuait les principales fonctions animales à un principe ou à un esprit auquel il donnait le nom d\u2019«archée »; principe qui, selon lui, séparait les parties malfaisantes des aliments de celles qui servent à la nutrition, donnait aux aliments la préparation nécessaire à l\u2019assimilation, convertissait le pain en sang; et c\u2019est encore à lui qu\u2019il attribuait les diverses altérations auxquelles le corps est sujet.Outre cette « archée » centrale, qui diffère peu du principe vital de l\u2019école du XIXème siècle, il admettait une foule d\u2019archées secon- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 daires occupées activement à réparer tous les dégâts causés dans l\u2019organisme par les fonctions naturelles, par les blessures ou les maladies; ainsi, dans certains cas, il voulait que le médecin se bornât à empêcher les agents extérieurs de contrarier ce travail naturel qu\u2019il attribuait à l\u2019archée et qui devait à lui seul amener la guérison.Les calmants, la diète, la prescription des vomitifs, des saignées et de toute la médication violente qui faisait le fond des doctrines de Galien, voilà ce qu\u2019il recommandait, et malgré la bizarrerie de ses archées, on ne peut mécon- - naître ce que ce système avait d\u2019excellent.\u201c Développant de plus en plus son goût pour les assimilations, il enseignait, conformément à la doctrine alchimiste, que les éléments primordiaux se réduisaient à trois, le mercure, le sel et le soufre, et que, par conséquent, le corps humain, comme tous les autres corps organiques ou non, était composé de ces trois éléments seuls; que la santé résultait de leur bonne combinaison dans l\u2019organisme, et la maladie de leur manque d\u2019accord, de la prédominance de l\u2019un d\u2019eux ou de l\u2019état de déliquescence où pouvait tomber tel autre élément en entraînant la décomposition de tout le corps.Ainsi, dans la thérapeutique, il restituait au malade le mercure, le soufre ou le sel qu\u2019il supposait lui manquer.Le plomb, le fer, l\u2019antimoine, l\u2019or étaient aussi appelés en aide par lui suivant les parties du corps correspondantes à Saturne, à Mars, à Jupiter, à Vénus, qu\u2019il croyait atteintes; et, comme en ces temps d\u2019effroyables épidémies de syphilis et de peste, il obtenait des cures remarquables avec ses préparations spagiriques, ce système, qui n\u2019avait pas le sens commun, semblait démontré à la fois par la raison et par l\u2019expérience.Mais, n\u2019est-ce pas parce que l\u2019observation lui avait révélé l\u2019efficacité des préparations mercurielles dans la syphilis et dans la lèpre, du fer et de l\u2019antimoine dans certaines autres affections, qu\u2019il avait imaginé tout le système précédent?On serait tenté de le croire.Il en est de même pour une autre de ses aberrations, qui est connue sous le nom de théorie Tem Re ARCAND: UN PRÉCURSEUR INCONNU | 933 des signatures.Il prétendait que le plus grand nombre des médicaments sont désignés à l\u2019avance par leur nom, leur structure ou leur ressemblance avec une partie de l\u2019organisme, au rôle utile qu\u2019ils sont appelés à jouer dans cet organisme.Ainsi, la tête de pavot est désignée par sa structure à avoir une action sur la tête de l\u2019homme; la sanguinaire a été créée pour le sang; l\u2019euphraise, dont la corolle a une teinte jaune semblable à un œil, pour les maladies des yeux, etc.Cette théorie, d\u2019ailleurs, fait encore le fond des doctrines des sorciers et l\u2019efficacité de quelques-uns de ces remèdes de bonne femme n\u2019a pas de quoi surprendre.Cela prouve tout simplement que les alchimistes, après avoir constaté les propriétés spéciales de quelques plantes, ont été entraînés par leur principe et séduits par des analogies grossières qui leur ont fait ériger un accident en loi générale.Ce qui est fort remarquable, c\u2019est qu\u2019une observation juste se trouve presque toujours au fond des théories en apparence les plus absurdes de Paracelse.Etudier l\u2019homme, étudier la nature, analyser les métaux et les plantes, tel était, en effet, le principe même de son enseignement, et c\u2019est en cela qu\u2019il fut fécond; sans quoi, par son système de généralisation et d\u2019assimilation, il n\u2019aurait fait que substituer à des rêveries, des rêveries d\u2019une autre sorte.Mais, en préconisant l\u2019observation, il faisait sortir l\u2019art médical de la routine où il tournait depuis des siècles.« Parlez-moi des médecins stagiriques, dit-il, ceux-là du moins ne sont pas paresseux comme les autres; ils ne sont pas habillés en beau velours, en soie ou en taffetas; ils ne portent pas de bagues d\u2019or aux doigts ni de gants blancs.Les médecins spagi- riques attendent avec patience, jour et nuit, le résultat de leurs travaux; ils ne fréquentent pas les lieux publics, ils passent leur temps dans le laboratoire; ils portent des culottes de peau avec un tablier de peau pour s\u2019essuyer les mains; ils mettent leurs doigts dans les charbons et les ordures; ils sont noirs et enfumés - comme des forgerons et des charbonniers; ils parlent peu et ne vantent jamais leurs médicaments, sachant bien que c\u2019est à l\u2019œuvre qu\u2019on reconnaît l\u2019ouvrier.» Paracelse plaçait l\u2019alchimie au premier rang des connaissances médicales: « Je déclare, di- sait-il encore, l\u2019alchimie indispensable, et sans elle il n\u2019est pas de savoir médical.La nature est mystérieuse dans ses opérations, et il faut savoir lui arracher son secret.L\u2019alchimiste est semblable au boulanger qui convertit la farine en un pain substantiel, au vigneron qui extrait du raisin le vin généreux; il extrait de chaque chose la quintessence et tire de la nature ce qui peut être utile à l\u2019homme.Arrière donc tous ces faux disciples qui prétendent que cette science divine n\u2019a qu\u2019un but, celui de faire de l\u2019or ou de l\u2019argent; l\u2019alchimie, qu\u2019ils déshonorent et prostituent, n\u2019a qu\u2019un but: celui d\u2019extraire la quintessence des choses et de préparer les arcanes, les teintures et les élixirs qui peuvent rendre à l\u2019homme sa santé perdue.» Ce passage montre assez combien Paracelse, tout alchimiste qu\u2019il était, se distinguait des faiseurs d\u2019or et des chercheurs de pierre philosophale; ce qui n\u2019empêche pas qu\u2019on ait placé sous son nom et parmi ses œuvres un traité de transmutation des métaux.En résumé, dégagées de leur enveloppe mystique, les innovations de Paracelse en médecine aboutirent, d\u2019une part à la notion de l\u2019unité organique exprimée par la force vitale et, de l\u2019autre, à l\u2019analyse des principes du corps humain par la chimie.La première notion n\u2019est qu\u2019obscurément indiquée, sans doute, dans les œuvres du novateur, mais elle s\u2019y trouve; corrigée et développée cinquante ans après par Van Hel- mont, elle devint la source du vitalisme des Stahl et des Barthez, qui rattachent Paracelse à l\u2019hippocratisme moderne.Par la seconde direction qu\u2019il ouvrit à l\u2019activité scientifique, l\u2019analyse des éléments du corps humain, il mérite d\u2019être considéré comme l\u2019ancêtre naturel des médecins-chimistes anciens et modernes, Van Helmont, Sylvius, 934 Boërhaave, Quesnay, Baumès, et même du grand chimiste Lavoisier, sous les auspices duquel la chimie, depuis 1794, aspire à régner souverainement en médecine.Tel n\u2019est pas cependant le rôle de cette science; la chimie, féconde dans ses applications physiologiques, n\u2019est qu\u2019une des sciences accessoires de la médecine, qui a son domaine propre et ses limites déterminées.Mais, comme l\u2019on ne saurait concevoir la possibilité d\u2019une synthèse médicale en dehors d\u2019une analyse chimique des éléments du corps humain, il faut considérer le chimisme comme une des formes nécessaires par lesquelles a dû passer la médecine avant d\u2019arriver à sa constitution définitive.Le vitalisme et le chimisme constituent donc une des phases intéressantes du progrès médical moderne et se rattachent l\u2019un et l\u2019autre, par une tradition ininterrompue, aux principes de Paracelse.Ses travaux de laboratoire furent considérables et il enrichit la matière médicale d\u2019une foule d\u2019agents thérapeutiques ignorés.Entre ses mains, les médicaments avaient plus d\u2019efficacité qu\u2019en celles des autres, parce qu\u2019il les préparait avec le plus grand soin et d\u2019après les meilleures méthodes.À sa recommandation, on se servit longtemps et beaucoup de la teinture d\u2019ellébore.Nous lui devons l\u2019élixir « proprietalis », l\u2019onguent digestif, préparé avec le jaune d\u2019œuf et la térébenthine, différentes préparations tirées des minéraux, telles que les teintures martiales, le safran martial, divers médicaments composés avec du soufre, etc, etc.Il établit l\u2019infaillibilité du mercure dans les maladies vénériennes et dans d\u2019autres affections.C\u2019est lui qui mit en avant cette grande vérité, que certains poisons pouvaient être employés comme remèdes avec beaucoup de succès.Il faisait usage, tant à l\u2019extérieur qu\u2019à l\u2019intérieur, des préparations de plomb pour les maladies de la peau; il administrait intérieurement une substance appelée « vitriol de cuivre » dans les maladies de l\u2019estomac, dans l\u2019épilepsie, dans les affections vermineuses; il se L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 servait à l\u2019extérieur de l\u2019arsenic contre les ulcères rongeants.Il avait enfin des idées assez justes, eu égard aux notions de l\u2019ancienne chimie et en particulier sur le principe appelé depuis phlogistique; il le trouvait dans le soufre et dans les métaux, et le regardait comme indispensable pour certaines réductions.Ce n\u2019est pas tout; le philosophe chez Para- celse était plein d\u2019idées élevées et généreuses.Le premier, il a énoncé clairement et avec une conviction réfléchie le principe de la perfectibilité humaine.Lorsqu'il faisait son cours en allemand à Bâle, il disait préférer la langue vulgaire, non pas par un amour vain de popularité, mais par une sorte de conscience du génie de sa patrie: «Oui, ce génie médical qui déborde en moi, éerit-il à un ami, n\u2019est autre que celui de ma patrie.» Pensée haute qui perd toute emphase quand on considère qu\u2019alors la science ne pouvait naître, étouffée qu\u2019elle était sous l\u2019érudition, que les langues nationales étaient considérées à peine comme des patois, et que l\u2019idée de patrie, de race, de milieu physique, politique et social était ainsi formulée pour la première fois.Une autre originalité de Paracelse, c\u2019est qu\u2019il prit dans un siècle d\u2019aristocratie le titre et surtout les pénibles fonctions de « médecin des pauvres ».Si on détermine maintenant le genre de révolution au triomphe de laquelle sa vie, sa réputation et son bonheur ont servi de litière, il devient inutile d\u2019insister davantage sur l\u2019impopularité qui n\u2019a cessé de troubler l\u2019existence et le souvenir de ce Luther de la science.Avant Paracelse, les savants disaient très sérieusement que l\u2019œil voyait parce qu\u2019il était doué de la faculté visuelle, que la main touchait parce qu\u2019elle était douée de la faculté tactile, que la fonction de l\u2019estomac était essentiellement celle de préparer l\u2019aliment, et les esprits d\u2019alors se tenaient pour satisfaits, car Aristote avait dit qu\u2019il y a autant de facultés que d\u2019actions, que la matière est passive et que l\u2019âÂme lui donne sa « forme substantielle ». ARCAND: UN PRÉCURSEUR MÉCONNU Des quatre mouvements simples, ces mêmes hommes déduisaient pour le corps humain quatre humeurs, quatre tempéraments, quatre actions principales physiologiques, la faculté d\u2019attirer, d\u2019assimiler, celle de retenir, celle d\u2019expulser.Dans ce système, la fièvre devenait, par essence, une chaleur non naturelle, la maladie, une intempérie.Dans ce cercle de fer, toute la science consistait en définitions, et ces définitions aboutissaient à des tautologies.Copernic n\u2019eut-il pas toutes les universités contre lui, parce qu\u2019il prêta à la terre trois mouvements?Or, la terre, comme matière, 935 ne pouvait avoir, à cette époque qu\u2019un mouvement, celui de son essence.Voilà l\u2019étroite théorie, négation, en somme, de toute théorie, que Paracelse à essayé de combattre avec des arguments, avec des rêveries, avec des erreurs qui avaient toutefois une immense supériorité, celle d\u2019être des erreurs d\u2019une autre espèce.Nos grands savants modernes ne peuvent mépriser celui qui localisait la maladie dans les éléments chimiques du corps humain, et les matérialistes de l'heure ne peuvent pas renier son propos: « Corpus est lignum, animus ignis », le corps est de bois, l\u2019âme de feu.LA COMBUSTION SPONTANÉE Par Gabriel NADEAU (Rutland, Massachusetts) La combustion spontanée est la destruction totale ou partielle du corps humain par combustion interne.Les hommes ont cru pendant longtemps a la génération spontanée.Mais, pendant des siècles aussi, ils ont cru à la combustion spontanée.Ils ont tenu pour vrai et démontrable que des êtres vivants, très simples dans leur organisation, pouvaient apparaître sur la terre sans être redevables à d\u2019autres qu\u2019à eux-mêmes de leur existence.Mais ils ont admis aussi \u2014 en vérité, quelques-uns l\u2019admettent encore aujourd\u2019hui \u2014 que d\u2019autres êtres vivants, les hommes, pouvaient, dans des circonstances extraordinaires et exceptionnelles, disparaître subitement et spontanément de la surface de la terre.La combustion spontanée n\u2019emportait en général que les alcooliques chroniques, et la plupart des observations rapportées en médecine, sinon toutes, concernent des ivrognes.Cependant, il existe, surtout dans le folklore, d\u2019autres exemples de combustion chez des sujets qui n\u2019étaient nullement adonnés aux boissons.Il existe même des cas de disparition sans combustion, par sublimation, c\u2019est-à-dire, alors que le corps se volatilisait subitement comme un liquide qui s\u2019évapore.Il semble donc que la combustion spontanée des alcooliques, telle qu\u2019on l\u2019entend d\u2019ordinaire, dérive d\u2019une croyance plus générale, à savoir: la disparition spontanée, par le feu ou sans l\u2019aide du feu, de certaines personnes qui se trouvent & un moment donné placées dans des circonstances particulières.Mais, comme nous l\u2019avons dit, les combustions les plus communes étaient par le feu; et ce sont celles-là que nous étudierons.La croyance à la génération spontanée, qui nous fait sourire aujourd\u2019hui, a fait jadis couler beaucoup d\u2019encre.L\u2019autre a fait un peu de tapage aussi, surtout en médecine légale.Elles n\u2019étaient que la contre-partie l\u2019une de l\u2019autre.Car il ne devait pas être plus difficile de disparaître spontanément que de naître de cette manière.Si les hommes de science furent les derniers à rejeter la génération spontanée, ils furent les premiers à répudier la combustion spontanée.Aujourd\u2019hui, le peuple seul garde, dans le bagage de ses traditions, de ses légendes, de ses superstitions, cette croyance à la disparition spontanée de ses semblables.Le mode le plus commun de disparition était donc par combustion.Un feu sans flamme, 936 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 ou, le plus souvent, un grand embrasement, emportait la victime.La destruction n\u2019était pas toujours complète et souvent le corps n\u2019était qu\u2019en partie calciné.Mais, à part les débris du cadavre, la combustion laissait d\u2019autres reliquats qui rendaient plus terrifiant et plus inoubliable un départ aussi insolite.Ces reliquats, produits de la crémation, était une graisse liquide qui marquait l\u2019emplacement de la victime ou une suie Acre qui se répandait partout et s\u2019attachait aux objets comme de l\u2019huile.Il n\u2019est pas juste de dire que la combustion fût toujours entièrement spontanée.Le plus souvent, ils est vrai, elle était interne; mais le feu pouvait venir du dehors, d\u2019une cheminée par exemple, d\u2019une chandelle, d\u2019une pipe qu\u2019on fumait.Ce feu, c\u2019était l\u2019amorce qui faisait partir la charge.Pourquoi la combustion avait- elle une prédilection particulière pour les alcooliques impénitents, ceux qui boivent sans système comme la Mère Magloire, de Maupassant et ceux qui le font avec méthode comme le Père Mathieu?Nous n\u2019essaierons pas de répondre à cette question.Nos lecteurs devront se contenter des explications de Le Cât que nous rapportons plus loin.LA COMBUSTION SPONTANÉE EN MÉDECINE On trouve en médecine plusieurs cas de combustion spontanée rapportés par des médecins sérieux.Le premier que nous citons est tiré de Bossu.Cet écrivain, qui avait voyagé en Louisiane, publiait l\u2019ouvrage suivant à Amsterdam en 1777: « Nouveaux voyages dans l\u2019Amérique septentrionale, comprenant une collection de lettres écrites sur les lieux, par l\u2019Auteur, à son ami, M.Douin, Chevalier, Capitaine dans les troupes du Roi, ci-devant son camarade dans le Nouveau Monde.» Au cours de ce récit, Bossu est amené à parler de la fabrication du tafia, violente liqueur qui, disait-il, brûle le sang et dessèche les humeurs.On l\u2019obtenait en Louisiane par distillation du gros sirop de sucre.À ce passage l\u2019éditeur des Nouveaux voyages accroche la note suivante: «On trouve un fait curieux dans le Journal « de Verdun, du mois de juin 1749.Une dame « d\u2019environ quatre-vingts ans, étant assise, il «y a quelques mois, dans son fauteuil, auprès « de son feu, sa femme de chambre s\u2019absenta «un moment; à son retour, elle trouva sa maî- «tresse toute en flammes: elle crie, on vient, « quelqu\u2019un veut abattre le feu avec sa main, «le feu s\u2019y attache; on jette de l\u2019eau en abon- « dance, le feu n\u2019en devient que plus vif, & ne «s\u2019éteint point que toutes les chairs de la « dame ne soient consumées.Nulle apparence « que le feu du foyer eût pris aux habits; la «dame étoit dans la même place où elle se « tenoit d\u2019habitude; le feu n\u2019étoit point extra- «ordinaire, & elle n\u2019étoit point tombée.Notez « qu\u2019elle s\u2019étoit mise à l\u2019eau-de-vie pour toute « boisson depuis plusieurs années.Sa dose était « de quatre pots par mois.M.Le Cât, célèbre « chirurgien de Rouen, & membre de l\u2019Acadé- « mie, continue l\u2019éditeur, à qui on exposa le « fait dans une lettre, commença par observer « qu\u2019il n\u2019est pas nouveau, quoique fort singu- «lier; & après avoir rapporté quelques autres « exemples, il établit & prouve par divers phé- « nomènes, que tous les animaux portent en « eux-mêmes un principe d\u2019incendie; qu\u2019ils sont « pénétrés, environnés même, d\u2019une matière « sulphureuse, phosporale (sic), ignée, en un « mot, d\u2019un feu subtil, auquel, si on en ajoute « de nouveaux, par l\u2019usage continu des liqueurs « spiritueuses, comme le vin, & surtout l\u2019eau- « de-vie, il en résultera autour.de nous une «espèce d\u2019atmosphère presque aussi inflam- «mable que la matière de l\u2019esprit-de-vin « qu\u2019embrase le feu de l\u2019électricité.Cette at- « mosphère, qui s\u2019étend vraisemblablement à « plusieurs pieds de distance de notre corps, «ne manquera donc pas de s\u2019embraser à l\u2019ap- « proche d\u2019une flamme quelconque.» (1) M.John-Rathbone Oliver, dans une étude qu\u2019il publiait il y à quelques années sur le sujet qui nous occupe, à cité trois ouvrages anciens qui traitent de ce phénomène.Le premier est une dissertation en latin qui parut en 1763.Elle a pour auteur Jonas Dupont et pour ti-.ia VT OP = Ea ss NADEAU: COMBUSTION SPONTANEE 937 tre: « Specimen pathologico-medicum.inaugurale de incendiis corporis humani spontanets.» L\u2019autre est un ouvrage allemand par Johann- Heinrich Kopp qui parut en 1811: Ausführliche Darstellung und Untersuchung der Selbstver- brennnungen des menschlichen Korpers.Le troisième enfin est de Pierre-Aimé Lair.Le titre de la deuxième édition, qui parut à Caen en 1823, est le suivant: « Essai sur les combues- tions humaines, produites par un long abus des liqueurs spiritueuses » (2).Kopp rapporte une observation qu\u2019il a prise dans Le Cât.Il s\u2019agit de la femme d\u2019un nommé Millet de Rheims qui s\u2019enivrait tous les jours.En février 1725, Millet trouva sa femme près de la cheminée et presque entièrement consumée.Seuls une partie de la tête, les pieds et quelques vertèbres avaient été épargnés.Millet, qui avait une jeune servante accorte, fut accusé d\u2019avoir fait brûler sa femme pour épouser sa servante.Il fut d\u2019abord condamné à mort; mais finalement acquitté quand on réussit à convaincre les juges que la mort avait pu se produire par combustion spontanée (3).Ces trois auteurs, Dupont, Kopp et Lair, rapportent plusieurs autres cas qu\u2019il serait trop long d\u2019énumérer ici.Dans l\u2019histoire de la médecine canadienne, il existe un cas de combustion dont le Dr Peter Schofield prétend avoir été témoin oculaire.Le Dr Schofield, qui pratiqua dans l\u2019Ontario entre 1830 et 1860, était un grand apôtre de la tempérance.De fait, il fut l\u2019un des fondateurs de la première société de tempérance de cette province.Voici ce qu\u2019il raconte: « It is « well authenticated, dit-il, that many habitual « drinkers of ardent spirits are brought to « their end by what is called \u201cspontaneous « combustion\u201d.By spontaneous combustion « I mean when a person takes fire, as by an « electric shock, and burns up without any « external application.Trotter mentions sev- « eral such instances.One happened under my « own observation.It was the case of a young «man about twenty-five years old.He had «been a habitual drinker for many years.« I saw him about nine o\u2019clock in the evening, «on which it happpened.He was as then, as « usual, not drunk, but full of liquor.About « eleven on the same evening, I was called to « see him.I found him literally roasted from « the crown of his head to the sole of his feet.« He was found in a blacksmith\u2019s shop just « across the way from where he had been.The «owner, all of a sudden, discovered an ex- « tensive light in his shop, as though the whole « building was in one general flame.He ran « with the greatest precipitancy, and, on fling- « ing open the door, discovered a man standing « erect in the midst of a widely extended silver- « coloured blaze, bearing, as he described it, « exactly the appearance of the wick of a « burning candle in the midst of its own flame.« He seized him by the shoulder, and jerked « him to the door; upon which the flame was « instantly extinguished.There was no fire in « the shop, neither was there any possibility «of fire having been communicated to him « from any external source.It was purely a «case of spontaneous ignition.A general « sloughing came on, and his flesh was con- «sumed or removed in the dressing, leaving « the bones and a few of the larger blood- « vessels standing.The blood, nevertheless, «rallied around the heart, and maintained « the vital spark until the thirteenth day, when «he died, not only the most noisome, ill- « featured and dreaful picture that was ever « presented to human view, but his shrieks, his « cries and lamentations were enough to rend « a heart of adamant.He complained of no « pain of body\u2014his flesh was gone.He said « that he was suffering the torments of hell; «that he was just upon its threshold, and « should soon enter its dismal caverns; and «in this frame of mind he gave up the « ghost.» (4) LA COMBUSTION SPONTANÉE EN LITTÉRATURE Quelques romanciers se sont servis de la combustion spontanée, et le plus célèbre d\u2019entre eux est Charles Dickens, qui a fait disparaître 938 de cette manière macabre un personnage de l\u2019un de ses romans.Il s\u2019agit de Krook, dans Bleak House.Krook, qui avait été surnommé le Lord Chancellor, habitait le premier étage d\u2019une masure bâtie à deux pas de la Chancellerie, à Londres.C\u2019était un vieil ivrogne dont la ration quotidienne était d\u2019une pinte de gin qu\u2019il imbibait après son souper.La scène se passe de la manière suivante.Krook a promis de rendre, sur le coup de minuit, à deux affidés, Guppy et Weevle, des lettres précieuses que ces derniers tiennent à avoir depuis longtemps.Guppy et son compagnon passent la veillée au deuxième étage, juste au-dessus de Krook qui a d\u2019abord soupé puis a commencé, comme à l\u2019ordinaire, à déguster son genièvre.Minuit approche et tout est maintenant tranquille en bas.Tout à coup, Guppy remarque une espèce de suie qui vient de la cheminée et qui tombe sur la manche de son habit.« Mr.Guppy has «been biting his thumb-nail, generally chan- « ging the thumb when he has changed the « crossed leg.As he is going to do so again, «he happens to look at his coat-sleeve.It « takes his attention.He stares at it, aghast.« \u201cWhy, Tony, what on earth is going on in « this house to-night?Is there a chimney on « fire?\u201d « \u201cChimney on fire!\u201d « \u201cAh!\u201d returns Mr.Guppy.\u201cSee how the « soot\u2019s falling.See here, on my arm! See « again, on the table here! Confound the « stuff, it won\u2019t blow off\u2014smears, like black « fat!\u201d « They look at one another, and Tony goes « listening to the door, and a little way up- « stairs and a little way downstairs.Comes « back, and says it\u2019s all right, and all quiet.« \u201cFah! Here\u2019s more of this hateful soot « hanging about,\u201d says he.«Let us open the « window a bit and get a mouthful of air.« It\u2019s too close.\u201d .« Mr.Guppy sitting on the window-sill, « nodding his head.,, continues thoughtfully « to tap it, and clasp it, and measure it with L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, aot 1943 « his hand, until he hastily draws his hand « away.« \u201cWhat, in the devil\u2019's name,\u201d he says, \u201cis « this! Look at my fingers!\u201d « A thick, yellow liquid defiles them, which « is offensive to the touch and sight, and more « offensive to the smell.A stagnant, sickening « oil, with some natural repulsion in it that « makes them both shudder.» Minuit sonne enfin à l\u2019église Saint-Paul.Tony Weevle descend à pas de loup chez Krook pour le rendez-vous.« He goes downstairs; and Mr.Guppy tries «to compose himself, before the fire, for wait- «ing a long time.But in no more than a «minute or two the stairs creak and Tony « comes swiftly back.« \u201cHave you got them?\u201d « \u201cGot them! No.The old man\u2019s not there.\u201d « He has been so horribly frightened in the « short interval that his terror seizes the other, « who makes a rush at him, and asks loudly: « \u201cWhat\u2019s the matter?\u201d « \u201cI couldn\u2019t make him hear, and 1 softly « opened the door and looked in.And the « burning smell is there\u2014and the soot is there, «and the oil is there\u2014and he is not there!\u201d\u2014 «Tony ends this with a groan.« Mr.Guppy takes the light.They go down, « more dead than alive, and holding one an- « other, push open the door of the back shop.« The cat has retreated close to it, and stands « snarling\u2014not at them; at something on the « ground, before the fire.There is very little «left in the grate, but there is a smoldering « suffocating vapor in the room, and a dark, « greasy coating on the walls and ceiling.The « chairs and table, and the bottle so rarely « absent from the table, all stand as usual.« On one chair-back hang the old man\u2019s hairy « cap and coat.« \u201cLook!\u201d whispers the lodger, pointing his « friend\u2019s attention to these objects with a « trembling finger.\u201cI told you so.When I saw « him last, he took his cap off, took out the « little bundle of old letters, hung his cap on NADEAU: COMBUSTION SPONTANÉE «the back of the chair\u2014his coat was there « already, for he had pulled that off before « he went to put the shutters up\u2014and I left « him turning the letters over in his hand, « standing just where that crumbled black « thing is upon the floor.\u201d « \u201cIs he hanging somewhere?\u201d They look «up.\u201cNo.\u201d « \u201cSee!\u201d whispers Tony.\u201cAt the foot of the « same chair there lies a dirty bit of thin red « cord that they tie up pens with.That went « round the letters.He undid it slowly, leering « and laughing at me, before he began to turn « them over, and threw it there.I saw it « fall.\u201d « What's the matter with the cat?\u201d says « Mr.Guppy.\u201cLook at her!\u201d « \u201cMad, I think.And no wonder, in this « evil place.\u201d « They advance slowly, looking at all these « things.The cat remains where they found « her, still snarling at the something on the « ground, before the fire and between the two « chairs.What is it?Hold up the light.« Here is a small burned patch of flooring; « here is the tinder from a little bundle of « burned paper, but not so light as usual, « seeming to be steeped in something; and « here is\u2014is it the cinder of a small charred « and broken log of wood sprinkled with white « ashes, or is it coal?Oh, horror, he IS here! « and this, from which we run away, striking «out the light and overturning one another « into the street, is all that represents him.« Help, help, help! come into this house, for « Heaven's sake! « Plenty will come in, but none can help.« The Lord Chancellor of that Court, true to « his title in his last act, has died the death «of all Lord Chancellors in all Courts, and «of all authorities in all places under all «names soever, where false pretenses are «made, and where injustice is done.Call the «death by any name Your Highness will, « attribute it to whom you will, or say it might «have been prevented how you will, it is the 939 « same death eternally\u2014inborn, inbred, en- « gendered in the corrupted humors of the «vicious body itself, and that only\u2014Spon- « taneous Combustion, and none other of all « the deaths that can be died.» (5) Dickens fut aussitôt accusé d\u2019avoir truqué son récit et de s\u2019être servi de la combustion spontanée comme d\u2019un deus ex machina pour faire disparaître Krook.Ses critiques déclarèrent tous que la combustion spontanée était non seulement une fable monstrueuse, mais une impossibilité absolue.Dickens, qui se documentait toujours de son mieux avant que d\u2019écrire ses romans, fut piqué au vif.Aussi, quand Bleak House, qui avait été publié en feuilleton, parut en librairie, chercha-t-il à se défendre.Voici ce qu\u2019il écrivait en manière de préface: « The possibility of what is called « Spontaneous Combustion has been denied « since the death of Mr.Krook; and my good « friend Mr.Lewes (quite mistaken, as he soon « found, in supposing the thing to have been « abandoned by all authorities) published « some ingenious letters to me at the time « when that event was chronicled, arguing that « Spontaneous Combustion could not possibly «be.I have no need to observe that I do not « willfully or negligently mislead my readers, « and that before I wrote that description « I took pains to investigate the subject.There « are about thirty cases on record, of which « the most famous, that of the Countess Cor- « nelia de Baudi Cesenate, was minutely in- « vestigated and described by Giuseppe Bian- « chini, a prebendary of Verona, otherwise « distinguished in letters, who published an « account of it at Verona, in 1731, which he « afterward republished at Rome.The appear- « ance, beyond all rational doubt, observed in « that case, are the appearances observed in « Mr.Krook\u2019s case.The next famous instance « happened at Rheims, six years earlier; and « the historian in that case is Le Cit, one of « the most renowned surgeons produced by « France.The subject was a woman, whose « husband was ignorantly convicted of having 940 « murdered her; but, on solemn appeal to a « higher court, he was acquitted, because it was « shown upon the evidence that she had died « the death to which this name of Spontaneous « Combustion is given.I do not think it ne- « cessary to add to these notable facts, the « recorded opinions and experiences of distin- « guished medical professors, French, English, « and Scotch, in more modern days; contenting « myself with observing that I shall not aban- « don the facts until there shall have been a « considerable Spontaneous Combustion of the « testimony on which human occurrences are « usually received.» Dickens, croyons-nous, était bien excusable de s\u2019étre débarrassé de Krook par combustion spontanée.C\u2019était le genre de mort qui convenait à ce vieux malfaisant.Et puis, si des médecins croyaient encore à la combustion spontanée dans ce temps-là, pourquoi prétendre que les romanciers ne pussent s\u2019en servir dans leurs œuvres?LA COMBUSTION SPONTANÉE DANS NOTRE FOLKLORE Le premier exemple d\u2019ignition spontanée dont nos annales fassent mention se trouve dans Charlevoix.Cet historien raconte qu\u2019en 1661 se manifestèrent dans la Nouvelle-Fran- ce des phénomènes célestes qui jetèrent la terreur chez les habitants.L'affaire avait commencé par une épidémie.« Quand le peuple «est une fois frappé, écrit Charlevoix, son «imagination le mène bien loin, & tout est «Peuple en certaines rencontres.On publia « qu\u2019on avoit vu dans l\u2019air une Couronne de « feu; qu\u2019aux Trois-Rivières on avoit entendu « des voix lamentables; qu\u2019auprès de Québec «il avoit paru un Canot de feu, & dans un « autre endroit un Homme tout embrasé, & en- « vironné d\u2019un tourbillon de flammes; que dans «l'Isle d\u2019Orléans une Femme enceinte avoit «entendu son fruit se plaindre, & tout cela fut «suivi de l\u2019apparition d\u2019une Comète, qui ache- «va d\u2019effrayer la multitude.» (6) L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 Nous classons ce récit avec les légendes de notre folklore.Voici maintenant un cas de sublimation.Il diffère complètement de tous ceux que nous avons rapportés.Car il n\u2019y a ici ni embrasement, ni torréfaction; mais tout simplement disparition complète et totale, effacement de la victime.Il est raconté par M.Edouard-Zo- tique Massicotte et il se produisit à Saint- Mathieu de Laprairie.Il y a dans cette paroisse une très vieille maison qu\u2019on appelle la maison Pinsonneault et qui a mauvaise réputation dans le voisinage.Elle fut construite il y a plus d\u2019un siècle par Paul-Théophile Pinson- nault, qui était notaire et colonel de milice.Mgr Adolphe Pinsonnault, premier évêque de London, Ontario, y vit le jour en 1815 (7).La région où elle se trouve, écrit M.Massi- cotte, «ne semble pas offrir d\u2019autre attrait « [que la rivière La Tortue] aux touristes, et «on ne la visite guère.Aussi, est-ce le hasard « qui me conduisit dans cette localité en 1925.« Parti de Saint-Remi avec l\u2019intention de me «rendre à Saint-Philippe par la plus courte « voie possible, je m\u2019engageai dans une route «qui conduisait à Saint-Constant.Et voilà « pourquoi je passai devant une maison crou- «lante, de grandes dimensions et d\u2019aspect cu- «rieux.Dans les alentours se voyaient les « débris de bâtiments divers, gisant aux bouts « d\u2019allées bordées d\u2019arbres majestueux, plantés « avec symétrie.Allant aux informations, j'ap- « pris tant de choses, et si étranges, que mes « compagnons et moi nous nous demandions si «l\u2019on ne se moquait pas.On affirmait.que «la maison avait été abandonnée parce qu\u2019elle « était hantée, et qu\u2019un prêtre même était dis- «paru de la véranda, un après-midi, sublimé « dans l\u2019air, puisqu\u2019on n\u2019en put trouver trace; « que la nuit, dans les greniers, on entendait « parfois des sabbats à faire dresser les che- «veux; que des souterrains mystérieux ré- « gnaient sous le corps du logis principal et «les dépendances.» (8) Les deux légendes suivantes ont été recueillies par M.Adélard Lambert, de Drummond- NADEAU: COMBUSTION SPONTANÉE ville, folkloriste averti qui a assemblé une collection précieuse de contes, de récits et de légendes.Plusieurs de ces contes ont été publiés aux Etats-Unis dans le Journal of Amert- can Folklore; mais la plus grande partie est encore inédite.On la conserve au Musée National d\u2019Ottawa et à la Collection Lambert, de Manchester, New-Hampshire.M.Lambert a eu la bienveillance de nous permettre de citer les deux qui suivent.On notera qu\u2019ils ont un caractère spécial, dû sans doute au sentiment religieux si profond qui anime les Canadiens français.Ces deux combustions, en effet, sont des punitions du Ciel.Du moins, elle apparaissent comme telles.La Bible nous raconte qu\u2019Elie fut emporté au Ciel dans un tourbillon de flammes, sans être consumé.Le Suédois dont il est question plus loin fut-il consumé?L'histoire ne le dit pas.Mais s\u2019il est vrai qu\u2019il partait lui aussi, comme Elie, pour la vie éternelle, il ne prenait certainement pas le même chemin pour y aller.L'histoire de ce Suédois fut relatée à M.Lambert par M.Samuel Allard, originaire de Saint-Guillaume d\u2019Upton.« Un M.Samuel « Allard, dit-il, m\u2019a raconté que travaillant « dans un immense chantier dans le Nord de «l\u2019Ontario où travaillaient cinq à six cents « bûcherons, dans leur camp il y avait un «Suède (d\u2019origine suédoise qu\u2019ils nommaient « Suède).C\u2019était un sacreur, un blasphéma- «teur insurpassable.Un dimanche, il s\u2019était «mis à laver son linge qu\u2019il étendait sur une « corde au dehors du camp.Or, sur le soir, à «la brunante, il s\u2019éleva un vent violent à dé- «raciner les arbres.Tout à coup le Suède «s\u2019aperçut que le vent avait emporté une par- «tie de son linge.Il sortit en jurant et blas- « phémant que les cheveux dressaient sur la «tête des assistants.Quatre ou cinq des assis- «tants se rendirent au carreau vitré du camp «et virent alors se produire une chose incom- « préhensible, terrifiante.Il s\u2019amena un coup «de vent si violent que le Suède fut soulevé « dans les airs et disparut dans une colonne «de feu.Jamais plus on ne revit le Suède, ni « entendit-on parler de lui.» L'autre légendre lui fut racontée par Alexandre Poudrier, qui venait d\u2019Yamachiche.« C\u2019é- 941 «tait, dit Poudrier, dans le temps où les « Français faisaient le.commerce de l\u2019eau-de- « vie avec les Sauvages.Souvent un groupe de « ces derniers se réunissait aux environs d\u2019Ya- « machiche, et se livrait à des orgies épouvan- «tables.Un jour, un chef et quelques-uns de «ses compagnons, après orgie coutumière, « étaient étendus par terre ivres-morts.Tout «à coup, un cri d\u2019horreur se fait entendre par « ceux qui avaient conservé un brin de lucidité.« Un feu ardent venait de jaillir et consumait «le chef sauvage et deux de ses compagnons « couchés près de lui.Peu de temps s\u2019écoula « pour que les autres sauvages horrifiés s\u2019en- « fuissent en jetant des gris lugubres.La terre «s\u2019était entr\u2019ouverte et avait englouti les « corps consumés des trois sauvages qui dis- « paraissaient dans un trou affreux.Ce n\u2019est «pas tout.Un bruit, comme un grondement « de tonnerre, se fit entendre et il y eut un « bouleversement terrestre.Un monticule de « pierres surgit de terre et fit apparaître une « ouverture de profondeur remarquable.Sou- «vent, par la suite, des profondeurs de cet « antre produit par le méchant esprit de l\u2019ivro- « gnerie, on entendait des grondements sourds «et des lamentations sinistres.Personne dans «le temps ne pouvait approcher de cet antre «habité par l\u2019esprit du mal.» (9) Le fond de cette légende s\u2019apparente aux histoires de combustion que nous avons rapportées plus haut.Le reste n\u2019est que l\u2019enjolivement dont elle s\u2019est alourdie en venant jusqu\u2019à nous.Il était de croyance populaire dans les paroisses qui avoisinent Saint-Mathias de Richelieu, il y à cinquante ans, que les ivrognes invétérés couraient le risque de se consumer spontanément.Quelques-unes de ces paroisses, comme Saint-Jean-Baptiste par exemple, sont les terres grasses de notre folklore.M.Louis Auclair, qui avait passé une partie de sa vie dans cette paroisse, racontait le fait suivant aux alentours de 1915.Il le tenait de son père, Louis, qui avait été intendant des domaines du major Thomas Edmund Campbell, seigneur de Saint-Hilaire, vers 1870.Il s\u2019agissait d\u2019un vieil ivrogne qui venait de mourir et qu\u2019on avait enseveli avec l\u2019appareil ordinaire des 942 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 cierges et des chandelles.Le lendemain, il fut trouvé entièrement consumé dans con cercueil, au fond duquel il ne restait que des cendres.La tombe avait à peine été touchée.Quant à Mme Louis Auclair, elle avait tout un répertoire d'histoires de j\u2019teux de sorts qu\u2019elle racontait volontiers à ses petits-enfants.L'un de ces contes a sa place ici.Il s\u2019agissait d\u2019une femme, de Saint-Jean-Baptiste toujours, qui avait vendu son âme au diable par l\u2019entremise d\u2019un jeteur de sorts.Un soir de tempête, le curé de la paroisse se rendait chez elle pour l\u2019exorciser, quand, approchant de la maison, il aperçut la malheureuse qui montait vers le plafond comme tirée par les cheveux et bientôt disparaissait dans un tourbillon de feu.Pour terminer, quelle est la morale de cette longue dissertation?Celle-ci peut-être: que ceux qui marquent toujours, avec une constance digne d\u2019une meilleure habitude, quatre- vingt-dix et plus au soulomètre, feraient bien d\u2019être sur leurs gardes.Après tous les terribles exemples de combustion que nous avons rapportés, est-il bien prudent pour eux de se tenir toujours si près du point d\u2019ignition?RÉFÉRENCES 1.Le Cât, ou Lecât, naquit en 1700 et mourut en 1768.Il existe un mémoire de lui dans le Journal de médecine, chirurgie et pharmacie (Paris, 1813, XXVI, 39, 145): « Mémoire posthume sur les incendies spontanées de l\u2019économie animale» 2.John-Rathbone Oliver, « Spontaneous Combustion : A Literary Curiosity» dans Bulletin of the Institute of the History of Medicine, 4: 559-572, juillet 1936.La première édition de l\u2019ouvrage de Lair parut à Paris en 1800.Sur la combustion spontanée en littérature, il existe une autre étude que nous n\u2019avons pas consultée: C.D.Josephson, «La Combustion spontanée dans les œuvres littéraires ou scientifiques» dans Acta Medic.Scandinavica (Stockholm), 65: 424-442, 1926- 1927.3.Oliver, Loc.cit, 567-568.La bibliographie des ouvrages qui se rapportent au sujet que nous traitons est beaucoup plus considérable que ne le laisse entendre Oliver.Citons par exemple, parmi au delà d\u2019une centaine d\u2019études, les titres suivants.D.Chirac, « Considérations sur la combustion du corps humain » Paris, 1805.J.D.Käster, «De combustione corporis humani spontanea », Jena, 1805.Gudin, «Procès verbal de Ia visite faite chez François-Marie Rousseau, veuve de Pierre Paris, trouvée morte au village de Morigny, par leffet d\u2019une combustion humaine » dans Le Journal gén.de médecine, de chirurgie et de pharmacie, (Paris), 46: 241-256, 1813.Charpentier, «Observation de combustion spontanée dont deux femmes ont été atteintes dans le même instant» dans Le Bulletin de la Faculté de médecine de Paris, 7: 112-129, 1820.N.A.Gavrelle, « Recherches sur les combustions humaines spontanées», Paris, 1827.J.Overton, «An Essay on Spontaneous Combustion» dans Transactions of the Medical Society of Tennessee, 1835, 9-48.«Trial of John Stauff for the Murder of the Countess of Goerlitz; Alleged Spontaneous Combustion of the Body; Report of the Hessian Medical College on the Case» dans The London Medical Gazette, n.s., 9: 899, 944, 1850.A.Tardieu et X.Rota, « Relation médico-légale de l'assassinat de la comtesse de Goerlitz, accompagnée de notes et réflexions pour servir à l\u2019histoire de la combustion humaine spontanée » dans Annales d'hygiène (Paris), 44: 191, 363, 1850 et 45: 99, 1851.E.A.Lecourt, «Etude médico-légale sur la combustion du corps humain », Paris, 1881.B.H.Hartwell, «So-called Spontaneaus Combustion» dans The Boston Medical and Surgical Journal, 126: 135-137, 1892.Cité par Oliver, Loc.cit, 570-571.Il nous a été impossible de trouver aucun écrit par Trotter sur la combustion.«Bleak House» (Edition Peter Fenelon Collier, New-York), II, 35, 38, 39, 40-41.Cité par Oliver.Oliver prétend qu\u2019il y à une scène de combustion spontanée dans Nana de Zola.Il s\u2019agit d\u2019un ivrogne qui s\u2019endormit en fumant.Sa pipe lui tomba sur la cuisse et le bonhomme prit feu.Si cette scène existe, nous ne croyons pas que ce soit dans Nana que nous venons de relire en diagonale.Ce doit être dans un autre roman de Zola.\u201cHistoire et description générale de la Nouvelle- France », Paris, 1744, II, 102.On peut en voir la photographie dans Pierre- Georges Roy, « Vieux manoirs vieilles maisons», 144.Aussi en hors-texte, à p.128, une aquarelle de Carter.Massicotte, «Paul-Théophile Pinsonault, ses as- - cendants et ses descendants» dans Le Bulletin des recherches historiques, 34: 207, 220, 1928.Ces deux légendes sont inédites.Nous y avons fait quelques corrections de grammaire. MÉDECINE PRATIQUE ee ve TRAITEMENT DES VOMISSEMENTS GRAVES DE LA GROSSESSE Le rejet des aliments augmente de fréquence, et bientôt le problème de l\u2019alimentation devient véritablement inquiétant; l\u2019état général décline rapidement; l\u2019oligurie, la tachycardie, la constipation opiniâtre complètent le tableau clinique; la situation apparaît sérieuse, et le médecin responsable, désireux de se documenter sur les méthodes propres à mettre fin à une complication qui s\u2019avère redoutable, se heurte à une multiplicité telle de moyens thérapeutiques \u2014 dont les résultats ont souvent paru admirables à leurs promoteurs \u2014 qu\u2019il hésite, tâtonne, passe sans insister d\u2019un traitement à l\u2019autre, perd sa sérénité dont dépend en grande partie celle de la malade, et finalement assiste désemparé aux échecs successifs de procédés théoriquement infaillibles.Faut-il insister sur l\u2019alimentation?Faut-il épuiser la médication endocrinienne?Faut-il multiplier les médicaments ou les supprimer au bénéfice de la psychothérapie simple?En fait, il n\u2019est pas douteux que cette dernière méthode soit indispensable, en association d\u2019ailleurs avec d\u2019autres procédés.HYGIÈNE ET DIÉTÉTIQUE Les mesures suivantes seront réalisées avec plus ou moins de rigueur suivant la gravité du cas.1° On conseillera le repos au lit, l\u2019isolement dans une chambre particulière, les applications locales épigastriques chaudes ou froides, les lavements évacuateurs \u2014 au besoin purgatifs \u2014 destinés à éliminer les toxines.2° On prescrira la diète absolue pendant vingt-quatre heures (Snoaek) pour lutter contre le réflexe émétisant, et on suppléera à cette suppression de tout aliment liquide par l\u2019injection sous-cutanée de 500 grammes de sérum salé et l\u2019instillation rectale de 1000 grammes de sérum glycosé, additionné de quatre cuillerées à soupe de sirop de chloral.Ensuite commence la période de diète hydrique maintenue pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures et qu\u2019on réalise par l\u2019administration répétée d\u2019une cuillerée à café, ou à soupe, d\u2019eau pure glacée; puis on utilisera une bouillie de farine ou la panade de Fochier très épaisse, avec ou sans lait, selon le désir de la malade; pour que l\u2019aliment ne soit pas rejeté, on interdira la position assise, on recommandera les grands mouvements respiratoires.Lorsque l\u2019état s\u2019améliore, l\u2019alimentation solide peut être reprise dès le quatrième jour avec des purées, des compotes, puis des viandes grilléés, du jambon maigre, etc.MEDICATION Elle fait appel aux sédatifs généraux et neuro-végétatifs, aux médicaments endocriniens, etc.1° Les médicaments sédatifs sont représentés par le chloral qui se prescrit en lavement dans le goutte-à-goutte rectal ou dans 150 grammes de julep gommeux; par le gardénal; par l\u2019atropine chez les malades hypervagotoniques qui salivent abondamment, et par l\u2019ésérine en cas de tachycardie; par le bismuth en injection.2° La médication endocrine, que l\u2019on a conseillée sous toutes ses formes, avec les extraits de corps jaune, avec l\u2019insuline, avec la surré- male, peut être réalisée soit par les piqûres d\u2019extraits totaux ou de la corticalite de cette dernière glande, soit avec l\u2019adrénaline à la dose de X gouttes, deux ou trois fois par jour.Le sérum de jument gravide, qui renfermerait les diastases antiplacentaires que produit en quantité insuffisante l\u2019organisme féminin malade, à été conseillé à la dose d\u2019une à 944 L\u2019'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 deux ampoules par jour, par voie buccale, rectale ou hypodermique.3° D\u2019autre part, Schwaab et Walther, insistant sur le fait que les vomissements, quelle que soit leur cause, peuvent aboutir à la chloropénie, et que cette chloropénie entretient de son côté les vomissements, ont signalé les effets favorables de la chloruration: on injecte dans les veines, une, deux ou trois fois par jour, 10 centimètres cubes de la solution salée hypertonique à 20 p.100, puis l\u2019on continue par des injections quotidiennes d\u2019un litre de sérum physiologique sous la peau.Cette chloruration aurait en outre l\u2019avantage de s\u2019opposer à l\u2019azotémie par manque de sel, sur laquelle on a récemment insisté.Enfin, contre l\u2019acidose primitive ou secondaire à l\u2019inanition \u2014 et que l\u2019élévation du coefficient de Maillard (Voron et Pigeaud) met en évidence tout en indiquant l\u2019insuffisance hépatique \u2014 le bicarbonate de soude et les hydrates de carbone sous forme de glucose peuvent être utilisés !.Psychothérapie.\u2014 Déjà amorcée par les commentaires encourageants qui doivent ac- 1.Voron, Pigeaud et Chevallier ont obtenu parfois de bons résultats en plaçant la sonde duodénale de Camus après le lavage d\u2019estomac.On la laisse, si possible, quarante-huit heures, et on l\u2019utilise pour les instillations de peptones magnésiées et pour l\u2019alimentation.Il est vrai que la mise en place de la sonde est souvent difficile.compagner toutes les méthodes précédentes, elle sera réalisée au maximum en soustrayant la malade à l\u2019action déprimante de son entourage, plus particulièrement de sa belle-sœur et de sa belle-mère, par l\u2019isolement dans un hôpital ou dans une clinique.VOMISSEMENTS INCOERCIBLES Rien n\u2019a réussi; clouée au lit, les lèvres sèches, le facies émacié, la langue rôtie, l\u2019haleine fétide, le ventre excavé, la malade paraît en état de mort imminente.La règle autrefois était la suivante: si toutes les méthodes ont échoué, si le pouls se maintient au delà de 100, si l\u2019amaigrissement est de 200 grammes par jour, si la quantité des urines tombe à 500 grammes, si les troubles névritiques et oculaires apparaissent, alors l\u2019accouchement prématuré doit être pratiqué, à moins que le décollement de la portion inférieure des membranes suffise à supprimer les vomissements.Mais il n\u2019est pas douteux que cette éventualité, assez fréquente jadis, ne se présente pour ainsi dire plus actuellement, où la méthode psychothé- rapique apparaît, à la majorité des accoucheurs, comme le meilleur moyen prophylactique capable de s\u2019opposer à la transformation des vomissements bénins en vomissements incoercibles.SAVY.Js nl Bro dom pes p bP Bh Bil él is fave wi \u201cIL Wnion Médicale du Canada\u2019 en 1874 La vitalité comparative des Européens et des Américains Août 1874.Brown-Sequard, le célèbre physiologiste, déclare que les blessures et les opérations sont mieux supportées en Amérique qu\u2019en Europe, et que cette différence donne un avantage à la chirurgie américaine.Commentant sur ce fait qu\u2019il considère comme établi, le Pacific Medical and Surgical se demande s\u2019il est dû à la race ou au climat, ou aux deux en même temps.Il fait remarquer que le sang de la population native est plus mêlé que celui d\u2019aucune autre nation.Le mélange des nationalités françaises, anglaises, irlandaises, allemandes, suédoises et autres aurait un effet favorable et l\u2019infusion d\u2019un sang étranger tendrait à revivifier le stock américain.Nous ne voulons pas contester le fait précédent, et nous pouvons même apporter à l\u2019appui l\u2019expérience des chirurgiens du Canada.On a remarqué depuis longtemps que les Canadiens français en ce pays présentent une résistance vitale plus forte et supportent mieux que les Irlandais, par exemple, les traumatismes et les opérations.On pourrait penser que la race canadienne-française qui, la première, a colonisé le Canada, est mieux acclimatée que celles qui Pont suivie, mais le genre de nourriture des anciens habitants du pays doit avoir sous ce rapport une plus grande influence que le climat.Le régime animal parmi eux est la régle, et soit habitude, soit tempérament, le Canadien francais consomme en général une plus grande quantité de nourriture animale que ses compatriotes des autres nationalités.Le régime végétal rend languissantes les fonctions digestives, produit un relâchement dans les tissus, prédispose à l\u2019anémie et affaiblit la constitution.On a remarqué que les ouvriers anglais qui ont, surtout depuis quelques années, une alimentation animale, produisent une somme de travail plus considérable que les Irlandais qui ne vivent que de pommes de terre.Ces derniers ainsi que les Ecossais cultivateurs continuent en Canada à suivre en partie le régime auquel ils ont été habitués; de là peut-être la différence que nous avons signalée plus haut.Quoi qu\u2019il en soit, on ne peut l\u2019attribuer au croisement des races, car la plupart des familles canadiennes-françaises sont exemptes de tout mélange.x Xx Crémation réelle Un cas de crémation privée a eu lieu à Philadelphie le 17 avril dernier, dont les détails circonstanciés, communiqués par l\u2019auteur à l\u2019éditeur de la Sunday Gazette, et reproduits dans tous les journaux, sont assez curieux pour mériter l\u2019attention.Il s\u2019agit du docteur Francois Opdyke, âgé de soixante ans environ, né à Heidelberg, où il fut élevé.Emigré tout jeune en Amérique, il s\u2019y maria et eut un seul enfant; la mère étant morte peu de temps après sa naissance.C\u2019est le corps de ce fils unique, Georges, élève de l\u2019Université de Pennsylvanie, qu\u2019il a brûlé par suite de sa mort prématurée d\u2019une maladie de cœur, à l\u2019âge de vingt et un ans.« Convaincu depuis longtemps, dit-il, que la crémation des corps remplacera bientdt la coutume barbare de l\u2019enterrement, qui, en inutilisant d\u2019immenses terrains, est dangereux pour la santé des vivants et très coûteux», il convint par écrit, avec son fils, qui partageait ses idées, que le survivant des deux brûlerait le corps de l\u2019autre.Le fils étant mort le 15 avril, il remplit les formalités d\u2019usage et fit pratiquer l\u2019autopsie.Après quoi.il consulta l\u2019autorité sur son intention de remplir sa promesse.On ne put y faire d\u2019objection d\u2019après le silence de la loi, mais on tenta de l\u2019en dissuader.Au contraire, il commanda aussitôt un cercueil en fer de 6 pieds % de long sur 24 de large, fermé et rivé aux deux bouts et s\u2019ouvrant au milieu sur des gonds.Des trous furent pratiqués tout le long du bord supérieur pour l\u2019évaporation des gaz.Un grand fourneau en briques fut construit dans la cave, communiquant avec la cheminée supérieure par un large tuyau.Au milieu de ce fourneau s\u2019élevèrent, à la hauteur d\u2019un pied, deux colonnettes en briques pour supporter le cercueil, où le corps tout nu fut déposé.Ainsi placé, et fermé solidement, ce sarcophage fut entouré de pains de résine avec du bois en quantité, et le sacrifice commença le 17 à six heures du matin.Le cercueil fut tenu à une chaleur blanche jusqu\u2019à six heures du soir.Une corde et demie de bois fut consumée pendant ces douze heures.Le cercueil ne fut ouvert que le 18 au matin.Il était tout déformé et les vis fondues.Il fallut l\u2019ouvrir au ciseau.Pas un vestige du cadavre ne fut trouvé, sinon environ un quart de cendres d\u2019un blanc grisûtre qui furent recueillies et placées dans une urne en verre de 18 pouces de haut.Aucune parcelle d\u2019os ne s\u2019y trouvait.Elles donnaient au toucher la sensation de poudre de sucre, et étaient absolument ino- Ce EN sa IR.J 946 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 dores.Le vase qui les contient est placé sur la cheminée du docteur, avec l\u2019inscription de la date de la naissance et de la mort de Georges Opdyke.Les frais de cette crémation se sont élevés à 93 dollars Ye, soit 467 fr.50; savoir: 250 fr.pour le cercueil, 126 fr.pour le fourneau, 12 fr.50 pour l\u2019urne et 80 fr.pour le bois.Il est évident que ces frais pourraient être diminués de beaucoup, ainsi que le temps de la crémation, si elle avait lieu publiquement et en commun.Prix: Les partisans de la crémation, à Brême, ont collecté une certaine somme destinée à récompenser celui qui trouvera le moyen le plus économique et esthétique (?) d\u2019exécuter ce procédé.Le concours est ouvert à cet effet.Les mémoires devront contenir la description, avec dessins, des appareils et leur prix, ainsi que des procédés de crémation et des expériences .faites à l\u2019appui avec la dépense.On peut les écrire en allemand, en anglais et en français.Est-ce sérieux?UNIVERSITE DE MONTREAL Faculté de Médecine Le docteur Hector Sanche vient d\u2019être nommé titulaire à la chaire d\u2019obstétrique.Le docteur Rosario Fontaine a été récemment porté titulaire à la chaire de Médecine légale et de Toxicologie.Nos félicitations aux deux nouveaux professeurs.es Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est heddomadaire), l\u2019année.Exemple: Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Méd.psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE Georges BICKEL et J.J.MOZER.Endocardite lente et traitement sulfamidé.\u2018Revue Médicale de la \u2018Suisse Romande\u2018, LXIe Année, 8: 474 (10 août) 1941.Par suite de la connaissance de l\u2019action bactériostatique de la sulfanilamide sur le streptocoque viridans in vitro et des travaux de Muether et Kinsella qui ont guéri par la sulfanilamide 4 des 5 chiens chez qui ils avaient provoqué une endocardite subaiguë avec bac- tériémie persistante, on était en droit d\u2019attendre beaucoup des sulfamidés dans le traitement de l\u2019endocardite lente.Dans 6 cas sur 12, Spink et Crago, avec la sulfanila- mide, ont observé une stérilisation passagère du sang, et 1 cas pouvait être considéré guéri après 9 mois.Sur 60 cas, Long et Bliss en considèrent 5 apparemment guéris avec la sulfanilamide ; les 55 autres ont été passagèrement stérilisés.La sulfapyridine semble aussi ne produire que des stérilisations passagères, même entre les mains de Kelson et White, qui lui ont associé l\u2019héparine dans le but d\u2019empêcher le développement des végétations.L'association de la pyrétothérapie à la sulfanilamide n\u2019a pas amélioré les résultats.La résistance à la thérapeutique sulfamidée est due au fait que dans l\u2019endocardite lente les microbes ne sont pas tant virulents que nombreux, et que les colonies de microbes siègent à l\u2019intérieur des végétations endocarditiques, ce qui explique que seuls les superficiels et ceux qui circulent sont atteints.Sur les 8 cas traités par les auteurs, 2 sont apparemment guéris, et ont permis de fixer le traitement suivant par le sulfathiazole: 1) Il doit être institué le plus près possible du début de la maladie, après 4 à 6 semaines.2) Le traitement doit être énergique et prolongé: a) commencer par 8 gms par jour (jour et nuit) jusqu\u2019à la chute de la température qui se fait généralement dans la première semaine; b) continuer à 6 gms par jour (jour et nuit) tant ANALYSES que la température ne sera pas restée normale et que l\u2019hémoculture n\u2019aura pas été négative pendant 100 jours; c) continuer à 4.50 gms puis à 3 gms par jour pendant 3 mois.3) Pour prévenir l\u2019intolérance, donner 2 fois par semaine une injection intraveineuse de 50 mgms de vitamine C et une injection intramusculaire par semaine d\u2019extrait hépatique.4) Contrdler 'examen de sang et d\u2019urine 1 fois par semaine au début, puis 2 fois par semaine.5) Surveiller la diurèse qui doit être de 1% litre par 24 heures.6) En cas d'apparition de signes d\u2019intolérance, supprimer pour quelques jours, et reprendre à dose légère et progressivement croissante.Guy DROUIN.R.Portilla LAVASTIDA.\u2014 L'importance de la plaque latérale radiographique dans les pneumonies du lobe moyen.\u2018\u2019Boletin de la Sociedad Cubana de Pediatria\u201d, 15: 38 (jonvier) 1943.Le but de ce travail est d\u2019insister sur la fréquence de la pneumonie du lobe moyen et de I'i'mportance que pour son diagnostic a la radiographie latérale.On a toujours dit que les formes les plus fréquentes étaient celles du sommet droit, puis celles de la base gauche: en réalité, nombre de ces pneumonies du sommet droit étaient, à leur début, des lobites du lobe moyen, propagées ensuite au dit sommet.La plaque radiographique habituelle antéro-postérieure donnait l\u2019impression d\u2019une topographie supérieure à celle de son siège véritable, d\u2019où leur méconnaissance.En employant d\u2019autres positions, les rayons X ont modifié certaines conceptions erronées; en effet, certains détaillés radiologiques ne pouvaient être mis en évidence parce que les lésions siégeaient en arrière de certains organes.On a toujours dit que plusieurs types de pneumonies ne présentaient pas à la radiographie l\u2019ombre triangulaire caractéristique de Weill et Mouriquand (telles les pneumonies centrales et les pneumonies du sommet droit dont l\u2019image radiologique avait l\u2019aspect d\u2019un casque).Mais cette notion a été contredite par l\u2019usage systématique de la plaque latérale; on a, en effet, observé que ces pneumonies centrales offraient aussi une image triangulaire typique.Au sujet de l\u2019origine et de la propagation du foyer 948 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 pneumonique, on a toujours pensé que le point de départ du foyer était hilaire et que de là la lésion s\u2019étendait vers la périphérie; cliniquement, d\u2019ailleurs, il y a une période initiale silencieuse.L\u2019absence de propagation corticale était invoquée pour expliquer celle des signes stéthacoustiques à cette période de début.Mais aujourd\u2019hui, les plaques antéro-posté- rieures et latérales faites dès le début, pendant la période silencieuse, ont montré l\u2019existence de bandes opaques périphériques se propageant ensuite vers le hile.On comprend l\u2019absence de signes physiques de par la minceur de la couche de condensation encore loin des bronches d\u2019un calibre suffisant.Dans la phase résolutive de la maladie, on observe que la régression du triangle de Weill commence par son sommet hilaire.A propos des pneumonies du sommet droit qui, comme nous avons dit, donnent l'impression d\u2019un casque, l\u2019auteur a pu remarquer qu\u2019en réalité il s\u2019agit d\u2019un triangle plus condensé à sa partie supérieure, ceci dû à l\u2019apparition d\u2019ombres secondaires moins denses, et surajoutées au bord supérieur de l\u2019image.Ces images secondaires correspondent à la congestion et à l\u2019infarctus entourant le foyer, mais sont d\u2019évolution plus rapide, disparaissant vite et laissant voir alors le triangle caractéristique.Ce phénomène, qui s\u2019observe dans presque toutes les formes de pneumonie, explique les trois stades radiologiques classiques par lesquels passe l\u2019image (tout d\u2019abord le triangle du début, qui ensuite perd sa netteté pour reprendre après ses contours typiques).Suit, dans ce travail, un exposé rapide des différentes théories pathogéniques; et l\u2019auteur de conclure que selon les circonstances d\u2019apparition, il faudra invoquer ou la voie sanguine ou la voie aérienne pour expliquer le foyer et sa localisation.Toutefois, la plaque latérale montrant l\u2019origine périphérique fréquente du foyer pneumonique donne plus d\u2019intérêt à la notion d'infection surtout faite par la voie sanguine.En terminant, nous lisons la description de l\u2019aspect radiologique de la lobite moyenne: l\u2019aspect de profil est typique, le processus occupe toujours l\u2019angle postérieur du lobe, lequel est constitué par l\u2019écartement des scissures supérieure et oblique.Le triangle aura donc un sommet postérieur et une base regardant en bas et en avant.Quelquefois ces pneumonies du lobe moyen intéressent tout le lobe ou bien n\u2019intéressent pas ses portions supérieures.Il faudra savoir différencier ces ombres triangulaires du lobe moyen de celles produites par les atélectas:es ou bronchectasies.Julio VASQUEZ.PEDIATRIE S.R.HALPERN.\u2014 Etudes bactériologiques et chimiothérapie de la diarrhée aiguë des nourrissons et des enfants.\u2018Journal of Pediatrics\u2018\u2019, 21: 184 (août) 1942.Cette étude bactériologique et chimiothérapique comprend l\u2019observation de 63 cas de diarrhée aiguë chez le nourrisson et le jeune enfant: 31 enfants de moins de 1 an, 20 entre 1 et 2 ans, et 4 âgés de 2 à 5 ans.Voici comment l\u2019auteur procéda au sujet de chaque enfant.Le jour de l\u2019admission, prélèvement des selles pour examen microscopique à l\u2019état frais (re: pus, sang, œufs de parasites, parasites) et pour copro- culture.Durant le séjour de l\u2019enfant à l\u2019hôpital, trois autres cultures des selles furent faites.Une dizaine de jours après son entrée, prise de sang pour épreuve d\u2019agglutination.La présence de bacilles dysentériques fut décelée par la culture des selles chez 15% des enfants âgés de moins de 1 an, et chez 67% des enfants âgés de plus de 1 an.Les tests d\u2019agglutination furent pratiqués chez 47 des 63 cas de diarrhée.Chez 50% des patients de moins de 1 an, le séro-diagnostic fut positif au taux de 1:40 et il fut également positif, au même taux, chez 95% des enfants de plus de 1 an.Des 63, 47 avaient du pus dans leurs selles.Toutes les selles d\u2019où on put isoler les bacilles de la dysenterie contenaient des cellules de pus.Il y eut 2 cas qui présentèrent un séro-diagnostie fortement positif et chez qui, cependant, il fut impossible de trouver aucune trace de pus dans les selles.Des 63 cas de diarrhée étudiés par l\u2019auteur, 47 furent étiquetés dysenterie bacillaire.Pour mériter ce diagnostic, l\u2019enfant malade devait remplir au moins un des critériums suivants: 1) Coproculture positive pour le bacille dysentérique; 2) ou séro-diagnostic positif au taux de 1:40 ou plus; 3) ou présence de sang dans les selles: sang visible à l\u2019œil nu ou globules rouges décelables au microscope seulement.Les selles contenant du sang furent considérées comme un bon signe de dysenterie bacillaire, pourvu que les autres symptômes cliniques fussent en accord avec un tel diagnostic.En l\u2019absence d\u2019œufs et de parasites, 10 à 15 leucocytes par champ .(au fort grossissement) doivent faire penser fortement à la dysenterie bacillaire.Ces cas de diarrhée furent divisés en trois groupes pour ce qui a trait au traitement.Un groupe reçut du sulfathiazole, l\u2019autre de la sulfaguanidine, tandis que le dernier groupe ne reçut aucun sulfamidé.En plus, chaque fois qu\u2019il y avait indication, des sérums sucrés ou salés furent administrés en injection, ainsi que des LOL une sg ss es ss TB ANALYSES transfusions de plasma ou de sang complet.La diète x fut adaptée à chaque enfant.Cas traités par le sulfathiazole.23 enfants faisaient partie de ce groupe.Le médicament fut administré par la bouche dans presque tous les cas.L'auteur donna à chaque patient une dose initiale de A grain par livre de poids, puis 1 grain par livre de poids par 24 heures.Cette dose des 24 heures était divisée en 6 doses égales.Plusieurs des enfants qui font le sujet de cette étude n\u2019étaient pas sérieusement malades à leur entrée à l\u2019hôpital, mais par contre certains d\u2019entre eux étaient dans un état désespéré et présentaient une température de 106° F.ainsi que des convulsions, une déshydratation très marquée et des phénomènes d\u2019intoxication grave.Règle générale, c\u2019est à ces cas, dont le pronostic était le plus sérieux, que fut administré le sulfathiazole.Cas traités par la sulfaguanidine.Ce médicament fut administré à 13 enfants.5 de ces 13 enfants prirent la sulfaguanidine aux mêmes doses décrites ci-dessus au sujet du sulfathiazole.Les 8 autres reçurent une dose initiale de 34 de grain par livre de poids, suivie d\u2019une dose d\u2019entretien de 21/ grains par livre de poids par 24 heures.Cette dose quotidienne fut divisée en 6 doses égales.L\u2019auteur nota une grande amélioration de la diarrhée sous l\u2019influence de ces deux sulfamidés.Il se produisit le plus souvent une chute de la température, et une diminution marquée des signes d\u2019intoxication.Plusieurs enfants sortirent de leur torpeur et devinrent intéressés à leur entourage après 24 ou 36 heures de médication.Les selles prirent une consistance normale au bout de 5 jours chez les patients traités au sulfa- thiazole, et au bout de 54 jours chez ceux qui reçurent de la sulfaguanidine.Les quelques exceptions qui continuèrent à faire de la diarrhée étaient des enfants qui présentaient, en outre, de l\u2019otite, une pneumonie, ou qui se trouvaient dans un marasme complet.L\u2019auteur ne put observer aucune réaction fâcheuse à la suite de la sulfamidothérapie.Le sulfathiazole semble supérieur à la sulfaguanidine dans la diarrhée infantile: il amène une amélioration plus rapide, et, fait important, il agit bien dans les cas qui résistent à la sulfaguanidine.De plus, le sulfathiazole peut être administré en injections aux enfants gravement malades ou à ceux qui vomissent.La chimiothérapie de la diarrhée par les sulfamidés est beaucoup plus efficace si elle est instituée précocement.Néanmoins, l\u2019amélioration fut nette et rapide chez les quelques cas où elle fut instituée tardivement.Cas qui ne reçurent aucun sulfamidé.Les 11 enfants faisant partie de ce groupe n\u2019étaient que modérément malades.On remarqua que chez ces 11 enfants la fièvre avait une tendance à persister 949 autour de 100-101° F.durant plusieurs jours; il fut nécessaire également de les hydrater plus longtemps à l\u2019aide d\u2019injections parentérales.Les selles, en moyenne, revinrent à la normale au bout de 63 jours.Il n\u2019y eut aucune complication dans ce groupe.Les dossiers d\u2019enfants hospitalisés pour dysenterie typique au cours des années précédentes, avant l\u2019ère des sulfamidés, furent sortis des archives de l\u2019hôpital, et analysés en détail.L\u2019étude de ces dossiers révéla qu\u2019à cette époque les selles ne devenaient normales qu\u2019après 12.5 jours, et que la fièvre et l\u2019intoxication persistaient beaucoup plus longtemps.Parmi les 67 cas de diarrhée présentés par l\u2019auteur, 16 cas ne purent être considérés comme des cas de dysenterie bacillaire malgré les recherches bactériologiques les plus complètes.Quelques-uns, parmi ces 16 cas, furent traités par le sulfathiazole ou la sulfa- guanidine.Ces quelques cas qui reçurent des sulfa- midés semblèrent mieux se comporter que les autres qui furent soumis au traitement ordinaire.Cependant, le nombre de ces malades est trop restreint pour pouvoir tirer des conclusions et affirmer que le sulfa- thiazole ou la sulfaguanidine sont utiles dans le traitement des diarrhées banales, ne relevant pas d\u2019une infection bacillaire.Norbert VEZINA.L J.WOLF.\u2014 Prévention du rachitisme par des doses massives de vitamine D.\u2018The Journal of Pediatrics\u201d, 22: 396 (avril) 1943.Bien que des doses uniques, massives, de vitamine D aient été employées expérimentalement dès 1928, dans la prévention du rachitisme chez les animaux de laboratoire, il fallut attendre jusqu\u2019en 1938 pour qu\u2019on vit cette méthode appliquée à la prophylaxie du rachitisme chez l\u2019enfant.Depuis cette date, de nombreux expérimentateurs, en Allemagne et ailleurs, ont utilisé ce procédé avec des résultats très satisfaisants.Lorsqu\u2019ils administraient au moins 400,000 à 600,000 unités U.S.P., per os ou en injections, à des enfants normaux ou à des prématurés à peine âgés de 1 mois, ils notèrent qu\u2019ils procuraient de cette façon à ces enfants une protection efficace contre le rachitisme, laquelle protection persistait durant les 5 mois de l\u2019hiver.Les expérimentateurs de la première heure insistèrent sur l\u2019innocuité de cette méthode.Dans la présente étude, 75 enfants reçurent de la vitamine D à doses massives.L\u2019auteur employa une préparation d\u2019ergostérol activée par l\u2019électricité (er- tron).Ces doses massives furent administrées entre 2 et 5 mois, mélangées au lait et aux céréales.62 de ces enfants seulement purent être observés durant une période de temps suffisante.L\u2019administration à doses massives de vitamine D amena, en 2 à 7 mois, la 950 guérison de 18 enfants souffrant de rachitisme fruste : cette guérison se maintint.Chez les 44 autres enfants, on ne put observer aucun indice de rachitisme 2 à 7 mois après qu\u2019ils eurent reçu leur dose massive de vitamine D.Les doses massives de vitamine D, administrées sous la forme d\u2019ergostérol activé par l\u2019électricité (er- tron), furent très bien tolérées; l\u2019auteur ne remarqua aucun signe d\u2019intoxication, tel que l\u2019amaigrissement, l\u2019anorexie ou des vomissements.Au contraire, les bébés soumis à cette expérience clinique se comportèrent d\u2019une façon exceptionnelle.La vitamine D à fortes doses ne diminua en rien la fréquence des infections respiratoires.Il n\u2019y a pas de danger, affirme l\u2019auteur, d\u2019administrer en une fois des doses considérables de vitamine D aux jeunes bébés, même aux prématurés.Il serait néfaste cependant de répéter des doses aussi fortes de façon qu\u2019en les additionnant, l'enfant se trouve à recevoir finalement plusieurs millions d\u2019unités de vitamine D.De telles doses massives évidemment peuvent être toxiques si elles sont répétées tous les jours durant assez longtemps.Dans le présent article, l\u2019auteur propose deux modes d\u2019administrer la vitamine D à doses massives dans le but de prévenir les méfaits du rachitisme.La première méthode consiste à protéger l\u2019enfant jusque vers l\u2019âge de 2 ou 3 mois, au moyen des doses ordinaires de 1,000 unités par jour, puis après cette période, de donner, en une seule dose, 600,000 unités de vitamine D.Quatre à six mois après, on répète cette dose de 600,000 unités.L\u2019autre façon de procéder consiste à donner à l\u2019enfant, à l\u2019âge de 1 mois, 50,000 unités de vitamine D dans son lait.À 2 mois, ces 50,000 unités sont répétées.A 3 mois, on administre une troisième dose de 600.000 unités dans les céréales.Cette dose de 600,000 unités peut être répétée 4 à 6 mois plus tard.On peut démontrer expérimentalement que la vitamine D ainsi administrée à doses massives est mise en réserve dans le plasma sanguin et au sein des tissus pour une période de semaines ou de mois.L\u2019observation clinique des cas présentés par l\u2019auteur met, en effet, ce fait en évidence.On peut se rendre compte de l\u2019importance de ces doses massives, si on les compare à la dose ordinairement conseillée de 800 à 1,000 unités par jour.Une goutte d\u2019Ostogen, par exemple, contient 500 unités de vitamine D.La voie orale est préférable aux injections dans la plupart des cas.La voie parentérale ne semble nécessaire que dans les cas de troubles intestinaux graves ou chez le prématuré où on prévoit que la puissance d'absorption de la muqueuse intestinale doit être très pauvre.Non seulement l\u2019administration de doses uniques et L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 massives de vitamine D chez le nourrisson est d\u2019une efficacité aujourd\u2019hui prouvée, mais elle est aussi sans danger.Cette méthode permet également à la mère de sauver un temps précieux.La possibilité d\u2019administrer une dose unique de vitamine D à un enfant, deux ou trois fois seulement par année, dans le but de le protéger contre le rachitisme, non seulement émerveille l\u2019imagination, mais présente de grandes virtualités au point de vue santé publique.Norbert VEZINA.W.N.SISK.\u2014 L'effet du Phénothiazine sur les parasites intestinaux.\u2018J.À.M.A., 122: 357 (5 juin) 1943.L\u2019auteur décrit d\u2019abord la technique qu\u2019il emploie dans le diagnostic de l\u2019oxyurose.La meilleure méthode consiste à rechercher les œufs des parasites au niveau de la région anale.Le pourtour de l\u2019anus est frotté, balayé avec un petit feuillet de cellophane monté sur une légère tige de bois.Ce cellophane est ensuite séparé de sa tige d\u2019un coup de ciseau, puis placé sur une lame et recouvert d\u2019une lamelle couvre-objet.Le spécimen est examiné au faible puis au fort grossissement.Les œufs sont très faciles à identifier.Le meilleur moment pour pratiquer cet examen semble être le matin au réveil, avant le bain et avant que l\u2019enfant ait une selle.On fit la recherche des œufs d\u2019oxyure parmi trois groupes différents d\u2019enfants: Premier groupe.\u2014 274 enfants âgés de 6 à 13 ans (garçons et filles).Les enfants de cette catégorie étaient tous des écoliers faisant partie de familles nombreuses, et issus \u2018de milieux plutôt pauvres.16% des enfants de ce premier groupe présentaient des œufs d\u2019oxyures au niveau de la région anale.Deuxième groupe.\u2014 115 garçons âgés de 16 à 24 ans (élèves de High School).Des œufs d\u2019oxyures ne furent trouvés que chez 4% des sujets de ce groupe.Troisième groupe.\u2014 62 orphelins du Mountain Orphanage.L\u2019examen microscopique montra la présence d\u2019ceufs chez 38% de ces orphelins.On explique la fréquence de l\u2019oxyurose dans ce dernier groupe par le fait que les enfants couchaient dans des dortoirs où les lits étaient placés très près l\u2019un de l\u2019autre.L\u2019auteur est convaineu que lorsqu\u2019on dépiste un cas d\u2019oxyurose dans une famille, on peut être sûr que tous les membres de cette famille sont parasités.La recherche des œufs d\u2019oxyures pratiquée systématiquement dans cette étude chez tous les membres de la famille prouve bien d\u2019ailleurs cet avancé.Les principaux symptômes de l\u2019oxyurose se traduisent par de l\u2019agitation durant le sommeil, de ANALYSES l\u2019anorexie, des cauchemars et du prurit anal.Ces symptômes sont énumérés ici par ordre de fréquence décroissante.Tous ces enfants furent traités à l\u2019aide d\u2019un nouveau produit chimique, apparenté de loin aux sulfa- midés, et connu sous le nom de phénothiazine.(La compagnie Parke Davis fabrique ce produit sous le nom de nemazene.) L\u2019auteur, au début, administra le médicament à des doses plutôt fortes, mais à cause de réactions désagréables, telles que nausées, vomissements, étourdissements, céphalée, il se vit obligé d\u2019en venir à des doses plus faibles.Deux patients, entre autres, présentèrent des réactions très marquées.Ces deux enfants devinrent rapidement anémiques tandis que l\u2019analyse d\u2019urine révéla des signes de néphrite aiguë.Le dosage adopté en dernier lieu, quoiqu\u2019un peu moins efficace, ne donna lieu à aucun symptôme de toxicité.Le voici : Adultes et enfants âgés de plus de 6 ans: a) 1 gramme de phénothiazine par jour durant 6 jours; b) repos de 8 jours; c) 1 gramme par jour durant 6 jours.Enfants de 1 à 6 ans: 0.50 gramme par jour durant la même période.Enfants de moins de 1 an: 0.25 gramme par jour durant la même période.Le phénothiazine fut administré, aux doses telles que décrites ci-dessus, aux 62 enfants et aux 4 adultes du Mountain Orphanage.Avant le traitement, 24 de ces enfants (38%) présentaient, on se le rappelle, des œufs d\u2019oxyrures au niveau de la région anale.Après le traitement, l\u2019examen microscopique ne fut positif que chez 4 d\u2019entre eux.L'auteur insiste sur la nécessité de traiter simultanément tous les membres d\u2019une même famille où l\u2019oxyurose est dépistée.Norbert VEZINA.OPHTALMO-OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE Fdward HARTMANN.\u2014 Chirurgie oculaire en temps de guerre.\u201cAmerican Journal oi Ophtalmology\", 25: 1448 (décembre) 1942.Ce travail est basé principalement sur l\u2019expérience personnelle de l\u2019auteur et celle de ses amis, en France, 1939-40.Il s\u2019est aussi servi du merveilleux volume de Duverger et Velter: Ophtalmologie de Guerre, lequel fut publié en 1919.Comme l'expérience de l\u2019auteur en chirurgie de guerre fut momentanément interrompue en juin 1940, il consulta le Bulletin de Médecine en Temps de Guerre, publié par H.M.Stationery Office à Londres depuis septembre et Médecine en temps de Guerre, publié par l\u2019Association Médicale Américaine depuis janvier 1941.* x * 951 En premier lieu, l\u2019auteur nous raconte son expérience personnelle des « Sulfonamides » en chirurgie en temps de guerre.Il admet qu\u2019il ne s\u2019est servi que de sulfanilamide et de sulfapyridine, et n\u2019a pas essayé l\u2019effet du sulfathiazole et sulfadiazine.2° Il nous parle des blessures des paupières et de la conduite à tenir en face de celles-ci.3° En rapport avec les nombreux corps étrangers de la cornée, par exemple, le métal, la poussière et la poudre à canon.La cornée devrait être lavée avec une solution chaude stérile et salée (14/1000).Beaucoup de ces corps étrangers sortent et disparaissent immédiatement.Quant aux corps étrangers implantés superficiellement, ils doivent être enlevés avec une spatule ou un couteau à cataracte.Quant à ceux qui sont profondément incrustés dans les couches profondes de la cornée, il est préférable de ne pas intervenir.Plusieurs viendront à la surface les jours suivants.4° Blessures du segment antérieur de l\u2019œil: a) Si la blessure est très sérieuse et qu\u2019il n\u2019y a aucun espoir de restaurer une vision même très limitée, le segment antérieur devrait être réséqué.Le vitré devrait être laissé en place si trouvé normal.b) Si possible, l\u2019auteur conseille d\u2019essayer de garder l\u2019œil spécialement si les deux yeux sont blessés, surtout s\u2019il est difficile de dire lequel sera le meilleur.Une chirurgie conservatrice est souvent possible, particulièrement si la blessure est assez propre et tous les corps étrangers enlevés.N.B.\u2014 Une chirurgie conservatrice est rarement conseillée quand le corps ciliaire est blessé.5° Blessure du segment postérieur de l\u2019œil: L\u2019auteur nous parle de l\u2019importance des rayons X dans la présence de corps étranger oculaire.De plus, il rapporte le pronostic de ces blessures.Enfin, il nous fait un magnifique résumé des blessures de l\u2019orbite et des fractures des murs de l\u2019orbite.Dans la contusion oculaire, il décrit les lésions intéressant l\u2019iris, le cristallin et le fond d\u2019œil.Dans les brûlures des paupières, l\u2019auteur indique la conduite à tenir.«Il est maintenant reconnu, dit-il, que l\u2019acide tannique ne devrait pas être appliqué sur les paupières et la face.» Il est entendu que le plus moderne traitement des brûlures a deux buts: coaguler la surface de la blessure de manière à prévenir la perte de plasma et éviter l'infection.De plus, dans un magnifique exposé, monsieur Hart- mann décrit les différents accidents oculaires par les «gaz », Enfin, il termine en parlant des soins au soldat blessé ainsi que des traitements de « choc ».Il attache une importance spéciale à la «diète»: une alimentation riche en protéine est nécessaire dans les cas de 952 brûlures, et la vitamine C est importante pour une cicatrisation normale.Emilien MARANDA.DERMATO-SYPHILIGRAPHIE C.S.WRIGHT, M.H.SAMITZ et H.BROWN.\u2014 La vitamine B, (Pyridoxine) en dermatologie.\u201cAmerican Archives of Dermatology and Syphilology\u2019., 47: 65 (mai) 1943.Les auteurs font remarquer que la littérature médicale est littéralement submergée par les publications sur les vitamines.Cependant, le rôle exact de la vitamine Bs est encore peu connu.La vitamine Bs a été isolée en 1938 par Keresztesy et Stevens.L\u2019on sait, d\u2019après les travaux de Spier, Bean et Ashe, qu\u2019elle a une action certaine contre la pellagre.Smith et Martin rapportèrent la guérison de 3 cas de cheilite sur 4 par la vitamine Be.Les auteurs traitent un certain nombre de malades souffrant de dermite séborrhéique, d\u2019eczéma sébor- rhéique ou d\u2019éruptions eczémateuses d\u2019origine inconnue.Tous ces malades reçurent des doses de vitamine Bs variant de 25 à 100 mg.Chez un grand nombre de patients, l\u2019amélioration a été rapide; chez d\u2019autres, elle a été peu marquée ou nulle.Les tests pour doser la quantité de pyrodoxine dans l\u2019urine se sont montrés infidèles.Les auteurs concluent que l\u2019amélioration obtenue dans un grand nombre de cas et même la guérison complète dans quelques cas d\u2019éruptions séborrhéiques font de la vitamine Be, donnée à dose adéquate, une médication adjuvante non négligeable.Les auteurs cependant donnent peu de détails sur le produit employé et sur son mode d\u2019administration.Ils ne disent pas non plus le nombre de malades qu\u2019ils ont traités ni le pourcentage exact de guérisons obtenues.Henri SMITH.M.H.GOODMAN.\u2014 Traitement des infections staphylococciques de la peau par un vaccin et une anatoxine combinés.\u2018American Archives of Dermatology and Syphi- lology\"\", 47: 640 (mai) 1943.Les bons résultats obtenus dans les staphylococcies cutanées par les anatoxines spécifiques et les vaccins antistaphylococciques sont probablement dus aux produits métaboliques désensibilisants et aux antitoxines contenus dans le sang.Dans le but d\u2019augmenter le pouvoir désensibilisant et antitoxique des vaccins, l\u2019auteur a pensé qu\u2019il serait intéressant de combiner un vaccin antistaphylococcique ordinaire et une ana- toxine spécifique.Avec ce vaccin-anatoxine, il traite 105 malades présentant 13 variétés différentes de staphylococcies cutanées.Dans l\u2019ensemble, les résultats obtenus sont excellents.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 Des 105 malades traités, 46 présentaient de l\u2019acné pustuleuse ou nodulo-pustuleuse.Tous furent traités par le vaccin-anatoxine combiné avec les résultats suivants: 26 malades apparemment guéris, 12 grandement améliorés, 3 peu améliorés et 2 non améliorés.Deux malades seulement présentèrent des réactions locales et générales assez violentes.Les injections sont habituellement bien supportées si elles sont données à doses progressivement croissantes et à raison d\u2019une injection tous les 4 jours.L'auteur emploie une dose initiale de 0.1 c.c.et une dose maxima de 1 c.c.L\u2019auteur est d\u2019avis que le stock-vacecin antistaphy- lococcique combiné à l\u2019anatoxine spécifique est un adjuvant précieux dans le traitement des infections staphylococciques de la peau.Cet antigène combiné agirait mieux que l\u2019un ou l\u2019autre de ses constituants employé seul.Henri SMITH.F.RONCHESE.\u2014 Dermatite de la vaccine.\"American Archives of Dermatology and Syphylology\", 47: 613 (mai) 1943.L'auteur croit que l\u2019éruption varicelliforme de Kaposi, encore appelée vaccine généralisée, vaccine accidentelle, etc, est une maladie en relation directe avec le virus de la vaccine, maladie différente par conséquent des infections staphylococciques, de l\u2019herpès simplex et de la varicelle.Il suggère de l\u2019appeler dermatite de la vaccine.Affection rare, la dermatite de la vaccine présente, d'après l\u2019auteur, les caractéristiques suivantes: susceptibilité au virus de la vaccine, préexistence d\u2019une dermatose aiguë ou chronique, contact avec le virus et éruption varioliforme suivie d\u2019immunité.L'auteur apporte les observations de 2 cas de dermatite de la vaccine.Dans un cas, le contact avec une personne récemment vaccinée est la cause évidente de la maladie.Dans l\u2019autre cas cependant, le contact n\u2019est pas évident.Les 2 malades présentaient antérieurement à leur dermatite de la vaccine, de l\u2019eczéma chronique.Traités par le sulfathiazole, ils guérirent tous deux sans cicatrice.Chez l\u2019un, la vacei- nation répétée 3 fois après guérison de l\u2019éruption cutanée est négative; chez l\u2019autre, la vaccination n\u2019est pas tentée.L'auteur répète en terminant que les symptômes et l\u2019évolution de la dermatite de la vaccine sont trop différents des symptômes et de l\u2019évolution de l\u2019herpès simplex, de la varicelle, de l\u2019impétigo et autres pyodermites, pour que l\u2019on puisse établir une relation entre ces maladies et la dermatite de la vaccine.Par contre, l\u2019immunité à trois vaccinations successives, telle qu\u2019observée chez l\u2019un des 2 malades, est en faveur d\u2019une relation étroite entre la dermatite de la vaccine et le virus de la vaccine.Henri SMITH. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 953 NEUREOL Sédatif.Hypnogène .Analgésique SANS EFFETS SECONDAIRES FORMULE par cuillère à thé Diéthylbarbiturate de Soude .-.0 gr.20 Diméthyl-amino-antipyrine .0 gr.06 Ext.Valériane Stabilisée .0 gr.20 Teinture de Cratægus .0 gr.20 Insomnie douloureuse et nemeuie ROUGIER FRÈRES 350, nue Le Moyne, Montréal LORAVINE Goutles pour le hrailement | DÉCONGESTIF VEINEUX inlerne ded : SÉDATIF NERVIN e HÉMORROÏDES e PHLÉBITES Marron d'Inde 21221000 DER 20 Hamamélis .0 gr.16 Valériane .0 gr.04 e VARICES Be io magne 0 or ad Véhicule spécial Q.S.1 e.c.FORMULE ROUGIER FRERES 350, we Le Moyne, Moniréal SOCIÉTÉS L\u2019« Union Médicale du Canada» publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.JOURNEES MEDICALES ANNUELLES DE LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL TROISIEME JOURNEE 1 A l'hôpital Sainte-Justine Mercredi, 16 juin 1943 Présidence de MM.Adélard Groulx et Gaston Lapierre En absence du Président du Bureau Médical, le docteur A.-Z.Crépault, la séance est présidée conjointement par MM.Adélard Groulx et Gaston Lapierre.Métabolisme de l'eau dans la diarrhée infantile et dans l'anhydrémie M.Antonio LEVEILLE L\u2019action des sérums dans ces différents syndromes, voici l\u2019idée générale que le rapporteur met en lumière et développe en parlant des sérums et de leur administration par voie buccale, sous-cutanée, intraveineuse ou intrapéritonéale.1.Le compte-rendu des «Première et Deuxième Journées» a paru dans le numéro de juillet (pp.842- 852).Hygiène pré-scolaire M.Hermile TRUDEL Chez les nôtres, surtout depuis les débuts de cette guerre, l\u2019hygiène est loin d\u2019être à l'honneur.On a commencé par négliger l\u2019alimentation maternelle.On a ensuite gavé les enfants de friandises et de liqueurs douces qui leur enlèvent l\u2019appétit au moment des repas.On oublie de les vêtir convenablement avec les résultats que les otites, les pneumonies augmentent pendant des saisons relativement inoffensives.Et l\u2019on a surtout négligé l\u2019hygiène du sommeil, l'hygiène nerveuse en général des enfants en croissance.Il faudra remédier à tout cela si l\u2019on veut diminuer les conséquences désastreuses que nous pouvons prévoir du fait de l\u2019abandon relatif des enfants par leurs parents occupés dans les usines de guerre.Principales lésions chirurgicales du tube digestif chez le nourrisson M.Raymond LARICHELLIERE Il faut compter d\u2019abord avec la sténose congénitale du pylore qui survient, après un délai caractéristique, au bout du cinquième ou sixième mois.L\u2019enfant vomit, mais ne refuse pas son boire; c\u2019est un symptôme différentiel important.L\u2019appendicite aiguë survient surtout chez les nourrissons du sexe féminin et s\u2019accompagne de fièvre et de vomissements.L\u2019examen objectif révèle la douleur caractéristique.L\u2019occlusion intestinale atteint également les deux sexes, mais les signes objectifs diffèrent de ceux de l\u2019appendicite aiguë par la douleur abdominale diffuse et le sang dans les selles.La chirurgie des nourrissons devrait appartenir à des spécialistes en la matière, qui sont plus habitués au diagnostic comme au traitement opératoire de ces affections courantes.Discussion.M.RANGER demande si l\u2019on doit rechercher la douleur appendiculaire du nourrisson au Mac Burney ou à l\u2019épigastre.M.LARICHELLIERE répond: à M.Ranger qu\u2019il vaut mieux se fier à la douleur de la fosse iliaque droite.a TE aii.ii L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 | 955 mr tete Première fois au \u2014 C anada 2 Si 2, 2 # 0 7 2 5 LUF 5 7 2 PH A a x.2 \u2018 ni 2 72 = 7 7 2 2 = A CE 7 7% 2 £52 A 4, 2 2 2e or 2 22 j i % 2, 2 %: 7 = 3 be , i a GE ; 7 2 5 5 2 fl ye 25 = À 5 sai i 5 2 2 5 Ë 2 i Ë VU or 2 7 A 5 ARMACE A & 7 7 RE 57 à x 2 57 oi oi i: 4% 2 5 5e 5 4 2 o% 7 2 2 i = = 2 5 7 2 8 sad = A = = i 7 Ji m ® io i i.A 2 a EE 4 5 > 2 2e = 7 UTIQUE 5 .by.2e $i 2 5 24 0 5 5 2 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 2 7 a A i A se = 4 \u201d © 2 2 = 5 Re 2 a CRE 0 5 5 ir i 5 a za, = i 5 < = ry S$ i = EE EE Ea = co se 967 968 M.Labelle termine en insistant sur ce fait, qu\u2019en présence d\u2019une sténose du grêle, il ne faut pas hésiter de faire une laporatomie et de réparer par les meilleures méthodes à notre disposition.Discussion.MM.MOUSSEAU, BELISLE et CHAPUT.Ce dernier demande si dans la pathologie du grêle, l\u2019exploration radiologique, au moyen d\u2019une sonde duodénale opacifiée permettant de faire des précisions topographiques des lésions, serait de quelque intérêt M.BELISLE fait noter que la difficulté de la méthode se révèle dans le fait que la surveillance de la gêne du transit exigerait beaucoup de temps et que dans un service de radiologie le moindrement actif cette méthode serait peu pratique.Le secrétaire A.CANTERO.oO REUNION SCIENTIFIQUE DU BUREAU MEDICAL DE L'HOPITAL NOTRE-DAME Séance du jeudi, le 15 avril 1943 M.Ch.Hébert Présidence de Présentation d'un cas d\u2019acromégalie M.C.-E.GRIGNON Le docteur Grignon présente son malade et fait quelques commentaires portant surtout sur le traitement de cette maladie.Discussion.M.A.LEGER.Quels sont les rapports de l\u2019hérédité avec l\u2019acromégalie?| M.R.AMYOT.Quel est le métabolisme basal du malade?M.Y.CHAPUT.Quel est l\u2019état actuel du traitement de cette maladie et quel est l\u2019avenir de ces malades?M.C.-E.GRIGNON.Il n\u2019y a pas d\u2019hérédité directe dans l\u2019acromégalie, mais une hérédité en quelque sorte potentielle.Le traitement est basé sur le fait que l\u2019acromégalie peut être due à une hyperplasie simple des cellules éosinophiles de l\u2019hypophyse antérieure ou encore à une tumeur qui peut être un adénome, un épithéliome ou un adéno-épithéliome.Le traitement actuel peut être hormonal, radiothérapique ou chirurgical.1° Le traitement hormonal consisterait à donner des hormones inhibitrices de la fonction hypophysaire, entre autres: on a préconisé de fortes doses de Tes- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 tostérone, mais cette méthode a été rapidement abandonnée.En définitive, le traitement hormonal donne bien peu de chose dans l\u2019acromégalie.20 La radiothérapie est le traitement de choix de cette affection.3° La chirurgie est d\u2019une technique difficile comportant une mortalité élevée; il semble bien prouvé maintenant que la radiothérapie donne de meilleurs résultats que la chirurgie.Quant à l\u2019avenir de ces malades, il est évidemment difficile de le déterminer à l\u2019avance, mais l\u2019observation de nombreux cas a montré que bien souvent les troubles peuvent régresser avec une récupération pouvant aller jusqu\u2019à 50%.Tumeur du IVe ventricule chez un enfant de 8 ans M.Roma AMYOT Jean-Pierre C., 4gé de 8 ans, fut d\u2019abord hospitalisé en novembre 1942 au « Montreal Neurological Institute » pour faiblesse, nausées et vomissements.Les vomissements, qui duraient depuis le mois d\u2019août, survenaient surtout le matin.Cliniquement, on constata du nystagmus bilatéral, de l\u2019hypotonie musculaire généralisée, de l\u2019incoordination très légère à la main gauche.On consigna au dossier la présence de nombreux nævi capillaires répandus sur le tégument du malade; un de ces nævi, beaucoup plus étendu, couvrait, à gauche, l\u2019hémoface, le pavillon de l\u2019oreille et même la région occipitale.Des nombreux examens complémentaires effectués, retenons que la pression du liquide céphalo-rachidien se révéla basse, que les papilles n\u2019étaient pas œdé- matiées, qu\u2019une pneumographie ventriculaire ne montrait pas de dilatation des ventricules latéraux ni du troisième, qu\u2019une électroencéphalographie décela un rythme ralenti des ondes recueillies des deux hémisphères sans localisation lésionnaire définie.Le malade quitta l\u2019Institut sans diagnostic neurologique précis.J\u2019examinai ce malade pour la première fois au domicile de ses parents vers le début de février 1943.A ce moment, le tableau neurologique était chargé.Le malade avait continué à vomir; il avait eu des vertiges, il était considérablement affaibli, mais très lucide.Il pouvait marcher assez bien sans ataxie: il ne se plaignait pas outre mesure de céphalée.Cependant, il présentait : une parésie faciale bilatérale ; une Voix nasonnée par inertie du voile du palais; une paralysie complète des mouvements de latéralité des globes oculaires; .une quasi paralysie des mouvements d\u2019élévation des globes oculaires.Les fonctions sensitives pyramidales et cérébelleuses aux membres étaient normales, sauf évidemment un certain degré d\u2019affaiblissement musculaire L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 969 BIS KAM OIL Hyperchlorhydrie \u2014 Affections de l\u2019estomac.1 à 3 cuillerées de poudre délayées dans de l'eau froide.TREPHONYL du Dr Roussel (Hemostyl et extrait de foie) Anémies.Déficiences organiques.1 ampoule dans YA de verre d'eau par jour de préférence avant les repas de midi.TAXOL Rééducateur physiologique de l\u2019intestin.2 à 4 comprimés avant le repas du soir.(Dose moy.2 comprimés.) NEURINASE Sédatif et hypnotique sans accoutumance.1 à 2 tablettes au coucher.ALEPSAL Epilepsie.Convulsions (Non dépressif).Comprimés dosés a 0 Gr.015 et a 0 Gr.10.INOTYOL Affections de la peau.Démangeaisons.Brilures.Applications journalières.PLURIGLANDINE Extrait opothérapique total.Déficiences organiques.2 à 4 dragées glutinisées par jour.VEINATONE Affections veineuses.2 à 4 dragées glutinisées par jour.ARTICHOBYL Maladie du foie.(Action très douce.) 4 à 10 pilules à intervalles réguliers.J.EDDÉ Limitée Edifice New Birks, MONTRÉAL 970 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BurLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 proportionnel à l\u2019asthénie générale.Les papilles n\u2019avalent pas de stase.Le 22 février, soit environ 15 jours plus tard, le malade entra à Notre-Dame.A ce moment, le syndrome neurologique était le méme.En plus, on constata un état de somnolence, du hoquet, de la difficulté a respirer; les réflexes tendineux étaient faibles et il existait une stase papillaire bilatérale de faible intensité.Le malade mourut 2 jours plus tard.L\u2019autopsie fit découvrir une énorme tumeur occupant, en le dilatant surabondamment, le quatrième ventricule.Par les photos, on verra que cette tumeur repousse en avant le trone cérébral, qu\u2019elle l\u2019aplatit considérablement; qu\u2019elle semble prendre naissance du vermis cérébelleux; que son pôle supérieur atteint l\u2019extrémité inférieure de l\u2019aqueduc de Sylvius, alors que son extrémité inférieure se continue plus bas que le bulbe s\u2019insinuant, en circonscrivant la face postérieure de la moelle, au delà du trou occipital.Commentaires.Document anatomo-clinique intéressant.Cette tumeur cérébelleuse de la ligne médiane fut merveilleusement bien tolérée en égard à sa taille.A remarquer que l'hypertension intracranienne habituellement très précoce et sévère, ne s\u2019est manifestée qu\u2019à la fin.À ce propos, on doit ajouter que les ventricules latéraux n\u2019étaient que très peu dilatés.À noter aussi, que les signes cérébelleux étaient inexistants et que la tête n\u2019avait pas une attitude particulière.Ce sont surtout les signes vestibulaires qui ont marqué l\u2019évolution fonctionnelle de l\u2019affection avec les vertiges, le nystagmus et les vomissements.Plus tard, des signes déficitaires de certains nerfs crâniens, tout particulièrement la paralysie des oculogyres et des mouvements d\u2019élévation des globes, témoignèrent de la souffrance de la calotte du tronc cérébral.Les tumeurs du 4e ventricule sont par ordre de fréquence: l\u2019astrocytome (79 sur 152 \u2014 Cushing) ; le médulloblastome (57 sur 152 \u2014 Cushing) ; I'épendymome (16 sur 152 \u2014 Cushing) ; le papillome, l\u2019oligodendrogliome ; les hémangiomes.Ces tumeurs, sauf les papillomes qui viennent des flexus choroïdes et les hémangiomes qui sont vasculaires, sont des gliomes.La tumeur du quatrième ventricule surtout représentée par l\u2019astrocytome cérébelleux et le médullo- blastome est surtout une tumeur des 10 premières années de la vie.Après 40 ans, elle est exceptionnelle, si on se base sur les stastistiques publiées.La tumeur de notre malade n\u2019a pas été encore étudiée histologiquement.Je présume cependant que c\u2019est un médulloblastome.Ce type de gliome se développe très rapidement; il est formé de cellules à potentiel neuroblastique et glioblastique, très peu différenciées, à nombreuses images de mitose.Il est le seul gliome sensible à l\u2019action des rayons X.Son traitement consiste dans l\u2019exérèse partielle et la radiothérapie complémentaire.Ainsi des survies de plusieurs années peuvent être obtenues.Je termine par ces lignes de Cushing: «Given a child with a syndrome of morning vomit- ting, sub-occipital headaches, enlarging head, choked discs and cerebellar instability, one may have reason to expect a midline cerebellar tumour, though it is not always easy to foretell before operating whether a medulloblastoma, an astrocytoma or, indeed, an ependymoma will be encountered.» J\u2019avais fait un diagnostic de tumeur de l\u2019axe encé- phalique; le caractère atypique du syndrome était de nature à tromper.La présence, en plus, des nævi cutanés à la tête, pouvait aussi faire évoquer la concomitance d\u2019une tumeur angiomateuse intracranienne, comme il en fut démontré l\u2019existence en de multiples circonstances.Discussion.M.J.-U.GARIEPY.Les tumeurs du IVe ventricule sont excessivement difficiles d\u2019accès au point de vue chirurgical.M.L.-P.BELISLE.Le médullo-blastome est une tumeur radio-sensible; il est, en effet, le seul gliome sensible à la radiothérapie.L'intervention chirurgicale suivie de radiothérapie peut donner des survies de 5 à 6 ans.Ne pas oublier, cependant, que si l\u2019hypertension cranienne est très marquée, la radiothérapie est contre-indiquée.M.R.AMYOT.L'intervention chirurgicale est toujours indiquée.Elle permet d\u2019abord d\u2019exposer et.d\u2019effectuer une biopsie et un examen histologique.L\u2019exploration et la biopsie démontrent qu\u2019il y a vraiment tumeur et sa nature.En plus, l\u2019opération, dans le cas d\u2019un médullo-blastome, permet de décomprimer et de procéder sans danger à la radiothérapie.L'intervention chirurgicale qui donne l\u2019avantage d\u2019enlever une partie de la tumeur et la radiothérapie subséquente ont donné des survies de plusieurs années.On doit s\u2019étonner qu\u2019ici la tumeur qui remplissait la 4e ventricule n\u2019ait pas produit plus tôt de l\u2019hypertension intracranienne.Tumeur de la paroi abdominale MM.R.DECARIE et R.GRIGNON Madame L.D., 28 ans, 150 livres, Montréal, est hospitalisée le 3/3/43 pour tumeur abdominale située dans la fosse iliaque gauche.Début, il y a 4 mois alors que la patiente était enceinte de 7 mois, par une petite tuméfaction dure, non douloureuse, fixée sur l\u2019épine iliaque antéro- supérieure gauche.Elle consulta un médecin qui lui \u201cCe tampon est sir.et contrôle parfaitement l\u2019écoulement \u201d\u201d \u2014 SELON LES ÉTUDES CLINIQUES \u201cII est commode, confortable .et discret \u201d\u201d | \u2014 AFFIRME L\u2019EXPERIENCE PROFANE Les preuves cliniques bien établies et la grande préférence des profanes pour le tampon Tampax démontrent bien sa valeur exceptionnelle.Tampax, non seulement fut créé par un medecin,mais des recherches * bactériologiques ont démontré que ce tampon ne cause pas d'irritation ou de dérangement dans la flore microbienne vaginale ou du pH des sécrétions.L'uniformité appropriée du format du tampon à la profondeur et à la largeur du vagin favorise l'absorption de l'écoulement.Confirmant ces expériences cliniques, la préférence des profanes (plus d'un demi-billion déjà employés) démontre la facilité d'insertion du tampon Tampax, bien comprimé, au moyen de son mince applicateur.le confort absolu en raison de son expansion a plat «in situ» (exclusive & Tampax) .son action capillaire pour l'absorption de l'écoulement et la façon délicate de le retirer (sans même y toucher) facilitée par des piqûres croisées et la ficelle à l'épreuve de l'humidité.Pas de bourrelets, aucun danger d'odeur désagréable par la décomposition de l'écoulement à l'extérieur, enfin rien qui puisse trahir les menstruations.En recommandant Tampax vous êtes assuré de sa fabrication scientifique, de sa valeur clinique de longue JBLICITÉ ACCEPTÉE PAR date et de la préférence générale des patientes.JOURNAL OF THE MERICAN MEDICAL AS: CANADIAN TAMPAX CORPORATION ATION\" 533 College Street, Toronto, Ont.* Magid, M.O., and Geiger, J.: Intravaginal Tampon in Menstrual Hygiene, Medical Record, May, 1942.P3-13 CANADIAN TAMPAX CORPORATION 533 College Street, Toronto, Ont.Il me ferait plaisir de recevoir des échantillons des trois formats de Tampax.Nom serre sceuses suenssscr 0000100000 0a ss rer r res 6 va ue 5001103006 su uen 02400020 10000000 000000000110 000 sec n ea 00000000 UV O0 000008110140 0 032 40000 250000 010 0000 972 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 conseilla une intervention, mais la patiente préféra attendre après son accouchement.La tumeur grossit graduellement lentement jusqu\u2019à il y a 2 mois, date de l\u2019accouchement normal.Après son accouchement, la patiente continua à perdre en rouge jusqu\u2019à il y a 2 jours, alors qu\u2019à ses autres accouchements, les suites de couches étaient normales.De plus, la tumeur grossit rapidement et devint légèrement douloureuse quelle que soit la position de la patiente.On décida la patiente à se faire opérer.Antécédents.Héréditaire: nil.Personnels: nil.Questionnaire gynécologique.Puberté à 14 ans; mariage à 22 ans.6 grossesses, 4 à terme, 2 avortements, 4 vivants.Accouchements normaux.Dernier accouchement, il y a deux mois.Dernier avortement, 1942.Menstruations normales, sauf métrorragie depuis son dernier accouchement.I.Etat général.Cœur: Bon.Température normale.Pas d\u2019amaigrissement.Léger souffle systolique à la pointe.T.A.: 102/68.Poumons: Nil.Examen gynécologique.Utérus en rétroflexion.Cul-de-sac droit libre, non douloureux.Cul-de- sac gauche libre, douloureux à la pression sur la tumeur qui est facilement perçue, mais qui ne semble pas d\u2019origine ovarienne.II.Examen local.Abdomen: flasque.Foie, rate et reins normaux.Dans la fosse iliaque gauche, on note la présence d\u2019une voussure.La palpation nous révèle la présence d\u2019une tuméfaction dure, douloureuse, légèrement bosselée dans sa partie interne, du volume d\u2019une tête de nouveau-né aplatie et plongeant dans le bassin.La tuméfaction est facilement délimitable, est adhérente à la crête iliaque, semble faire corps avec elle et est peu mobile sur les plans musculaires.III.Analyses.Urines: Traces d\u2019albumine.Leucocytes rares.Cytologie du sang: globules rouges, 3,825,000.Eosi- nophiles, 4%.Les reste est normal.R.X.du bassin gauche: la tumeur ne parait pas être une tumeur osseuse.(Dr D.Léonard.) Opération (6/4/43).Anesthésie C3HS.Incision para-médiane gauche sous ombilicale qui nous conduit sur une masse située entre le péritoine et le muscle grand droit avec destruction marquée du petit oblique et du transverse.La tumeur est du volume d\u2019une tête de fœtus, adhérente à la crête illaque gauche.Elle se libère facilement des plans voisins sauf à sa base d\u2019implantation sur la crête illaque.Exérèse de la tumeur.Fermeture de la paroi avec drainage de sûreté.Evolution.Guérison sans incident.Rapport histo-pathologique.Il s\u2019agit d\u2019un fibrome typique très fortement scléreux sans signes de malignité.Dragnostic.Fibrome de la paroi abdominale.%* * +* On a cru bon de présenter ce cas à cause de sa rareté relative et également pour l\u2019intérêt que présentait -le diagnostic différentiel entre le kyste de l\u2019ovaire à cause de sa métrorragie, entre le sarcome (RX.négatif), entre le fibro-sarcome (évolution plus lente.) Il est à noter que les fibromes de la paroi abdominale surviennent surtout chez la femme, à la suite du traumatisme de la grossesse, \u2014 lésions musculo- aponévrotiques.\u2014 Il est également à noter que ces tumeurs évoluent rapidement à la suite de l\u2019accouchement.Discussion.M.L.-C.SIMARD.Au point de vue anatomo-patho- logique, le fibrome est une tumeur très rare.Je ne parle pas des chéloïdes qui sont des tumeurs hyper- plasiques.En effet, ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler le «fibrome utérin» est en réalité un fibro-myome et souvent un myome.Le fibrome, tout en ayant un aspect histologique bénin, peut récidiver sur place et se comporter comme un sarcome, surtout s\u2019il est situé aux membres inférieurs, ou à la paroi abdominale.M.R.DECARIE.L'\u2019évolution rapide de cette tumeur pouvait faire penser à une tumeur ovarienne et même à une tumeur osseuse, vu ses rapports avec le bassin.Notes préliminaires sur une inflammation de la glande thyroïde MM.Jules PREVOST, C.-E.GRIGNON et Jacques LEGER Déjà au 18e siècle, la littérature contenait des descriptions de thyroïdites suppurées et non suppu- rées.Au 19e siècle, différents auteurs donnent différents noms.Nous croyons que les inflammations thyroïdiennes se divisent ainsi: a) thyroïdites ou inflammation d'une glande normale; FE POU 1 NHI} AGNER CETTE G oY) Pr a Ad E PACS 7 I - > LL a CSSS A TS a Lend 2, va 7 A Ed D 25 = Ft ÉZ I _ : 4 ; Kz ZZ > R eX yd = \u2014 4 ; VU À 219 FLE px Sr > = - al Tv S ; Ts FZ Pie 3 Fh =z De) La id Cl 0) LA AZ = hain) pa hy at ean Py A gs \u2014 2 yg A A = yh pd LY 5 7 cl oy CR ar PS ay = i CS Ka al Z 227 = \u201c pe CP 2 > pa oa pe = Je\u201d 7 4 2 EE Ce a Ea ee -\u2014 7e (= EE 4 Ee a = = POSE a 4 SN \u2014 i AT R= ee J = 2 a \u2014 FF ol ad = 8 = 52S) [rr A GP M \u2014 = a mi & | \"= Ja 4 IXY \u2014 ES R= -\u2014 a\u2019 A ee Li \u201c A j PT (a y re x! \u2018a 214 A pall a FES A à Ÿ > SD > \u2014 mt 7720 Ey a i ==.- ES La ee emer myer ere ETO Le A { a 4 ESA = 73 - = cant ee.= £4 So re = ree iA - AY RK) CG a =: = Ly Le PER ae Se Romney ep = i ES = = == AE, OI pr Er 2 hk -\u2014 = 2, cs el \u2014 a Fo Fey \u2014\" 4 a pr Sr Cen > Carpi gd x v Li rp A UN ESPAIXSPERMA QA hs Rfid | di dyagaradha étant SCHERING ORPORATIO LIMITED -PIERRE, MONTREAL 137, RUE ST 974 b) strumites ou inflammation d\u2019un goitre.Les unes et les autres sont aiguës ou chroniques.À strictement parler, il n\u2019y a pas de thyroïdite ou de strumite primitive, c\u2019est-à-dire survenant spontanément chez une glande saine ou goitreuse.Et lorsque l\u2019on parle d\u2019inflammation primitive, ceci veut dire que l\u2019on ne peut déceler le foyer où naît l\u2019infection.Mais il reste que les thyroïdites et les strumites sont toutes métastatiques, donc, secondaires.Les thyroïdites sont toxiques ou microbiennes.T'oxiques.C\u2019est-à-dire réaction inflammatoire au contact de poisons chimiques, ou de toxines microbiennes qui sont apportées par le torrent circulatoire.Il s\u2019agit d\u2019une réaction thyroïdienne défensive consistant en hyperhémie et en hyperplasie de l\u2019épithélium des acinis.De l\u2019intensité du facteur causal ainsi que de sa durée dépend le degré de la réaction, qui est d\u2019abord productive (hyperthyroïdisme), puis destructive et inhibitrice si l\u2019irritation dure suffisamment longtemps (hypothyroïdisme par épuisement).Mais il est à noter que les substance chimiques et les toxines étant diluées dans le sang \u2014 causent des dommages moins rapidement que si les microbes pullulaient eux-mêmes dans les tissus.Conclusions.\u2014 Les symptômes cliniques sont plus lents à apparaître et parfois absents.De cette description découle l\u2019étiologie: toutes les infections, surtout les infections aiguës, y compris les infections dentaires ou des sinus, (grippe, rougeole, scarlatine, typhoïde, gastro-entérite, diphtérie, méningite cérébro-spinale, péritonite, oreillons, néphrite, urémie, mercuriels, alcool) etc.À ajouter à ces causes: traumatisme, injection de substances nécrosantes, et même le froid.Microbiennes.C\u2019est-à-dire localisation du microbe lui-même dans le parenchyme de la glande.Selon la virulence du microbe, la purulence sera de plus ou moins grande importance.Cette purulence peut être minime et non évidente cliniquement; l\u2019on dit alors: thyroïdite microbienne non purulente.La glande thyroïde saine ayant un pouvoir bactéricide remarquable, il est rare qu\u2019une thyroïdite soit suppurée.Mais la chose peut se rencontrer s\u2019il y a embolie, ou encore par contiguité d\u2019un organe voisin: v.g.dans l\u2019angine de Ludwig ou encore si ulcération œsophagienne.Au sujet du pouvoir bactéricide d\u2019une thyroïde saine, il est intéressant de rapporter l\u2019expérience de Roger et Garnier qui, en injectant des bacilles thy- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 phiques dans les artères d\u2019une thyroïde normale de lapin, n\u2019ont pas réussi à provoquer une thyroïdite.Les strumites.Cf.définition.Ont une classification identique à celle des thyroïdites.Mais, évoluant sur des glandes malades, elles aboutissent plus volontiers à la suppuration.L\u2019adénome thyroïdien et les kystes de différentes natures à cause d\u2019une cireulation défectueuse sont d\u2019excellents milieux pour la culture des organismes pyogènes.Il est donc permis de conclure de ce qui précède que les thyroïdites rapportées comme suppurées doivent être en général des strumites suppurées.D\u2019autant plus que les thyroïdites et strumites ont été confondues.Sur un ancien goitre l\u2019on peut aussi rencontrer une réaction lymphoïde (strumite d\u2019Hashimoto) ou fibreuse (de Riedel), la première étant un stade de la seconde.Incidence.A tout âge.Chez la femme plus que chez l\u2019homme.La vie génitale de la femme aux époques de la puberté, des menstruations, des grossesses et de la ménopause, prédispose aux inflammations thyroïdiennes comme elle prédispose aux goitres.Donc; causes adjuvantes.Diagnostic différentiel.Hématome.Phlegmon de la région.Néoplasies malignes.Goitre.Actynomycose (mycoses en général).Syphilis (gommes).T.B.(milliaire, caséeuse: foyer unique ou multiple).Inflammation thyroïdienne et tuberculose.Nous avons dit plus haut que les infections causales sont beaucoup plus souvent aiguës que chroniques, mais la rareté n\u2019exclue pas.L\u2019infection bacillaire, que le foyer soit aux poumons (surtout) ou ailleurs, peut donner une réaction thyroïdienne métastatique par voie hématogène, au cours de la septicémie tuberculeuse (milliaire).Nous avons parlé de l\u2019action des toxines, en soulignant le facteur durée.Tous les acinis peuvent être remplacés par du tissu de soutien.Il suffit que le phénomène persiste suffisamment longtemps.(Hyperplasie du début et transformation ultérieure.) Il convient aussi de dire un mot de la réactivation au cours du pneumothorax.Il arrive de voir apparaître une tuberculose extra pulmonaire aiguë dans un organe qui jusque-là n\u2019avait donné, bien que touché, aucun signe clinique. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 975 Marque de commerce enregistrée au Canada Marque du chlorure de benzyle-trialkonium CHLORURE DE AUTRES avantages du CHLORURE DE ZEPHIRAN Propriétés détersives Facteur d\u2019imbibition Inoffensif pour les tissus Pouvoir de pénétration Effet rapide Action émolliente Vaste champ d'utilisation Economique CHLORURE DE ZEPHIRAN.GRANDE PUISSANCE BACTERICIDE FAIBLE TOYICITÉ POUR LES TISSUS Le CHLORURE DE ZEPHIRAN est un ANTISEPTIQUE D'UNE GRANDE EFFICACITE, cathion détersif et germicide: une mixture de chlorures d\u2019alkyle-diméthyle- benzyle-ammonium de poids moléculaire élevé.Dans une expérience entreprise par Hirsch et Novak* pour déterminer la toxicité des antiseptiques à l\u2019usage clinique, on employa le test d\u2019inhibition de la phagocytose.Il fut démontré que le Chlorure de Zephiran était bactéricide dans une concentration à 1: 3970 et stérilisait parfaitement le sang infecté; tandis que la concentration d\u2019inhibition de la phagocytose était de 1: 3370.Ainsi l\u2019index de toxicité du Chlorure de Zephiran est de 0.85 contre une moyenne de 5.2 pour 70 et 95 pour cent pour l\u2019alcool et de 900 pour la teinture de savon vert.* Hirsch, M.M., et Novak, M.V.: « Evaluation of Germicides with Relation to Tissue Toxicity.» Proc.Soc.Exper.Biol.and Med., juin 1942.Germicide dans les cas de chirurgie, d'obstétrique et de gynécologie, d\u2019urologie, de dermatologie, pour les yeux, les oreilles, le nez et la gorge.Stérilisation des instruments.ALBA PHARMACEUTICAL DIVISION WINTHROP CHEMICAL COMPANY, INC.SUCCESSEUR Administration et Laboratoires à: 1019 ouest, rue Elliott, WINDSOR, Ontario.Succursale au service de MM.les Médecins: Immeuble \u2018\u2018Dominion Square\u201d MONTREAL, P.Q. 976 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 Ce phénomène se rencontre même dans le moignon collabé (poussée évolutive dans le moignon collabé au cours du P.N.X.artificiel.) Et il pourrait être intéressant d\u2019entamer une discussion purement hypothétique quant à la prédisposition à la T.B.P.chez les goitreux.Symptomatologie générale.Douleur dans le cou, et irradiation jusqu\u2019à la nuque.Dysphagie.Douleur à la rotation de la tête surtout du côté malade.Tuméfaction dure, circonscrite, très sensible à la palpation et mobilisée par les mouvements de déglutition.Déviation de la trachée (symptôme radiologique).Traitement.Thyroïdite aiguë: Désinfection des régions avoisinantes.Glace ou compresse froides.Sulfamidés ou vaccins.Ouverture, drainage ou exérèse si purulence ou compression sur régions avoisinantes.(N.B.\u2014 Purulence sans fluctuation.) Strumite aiguë: Idem plus exérèse tardive après période aiguë.N.B.\u2014 Surveiller le métabolisme basal après les périodes aiguës.Souvent, il survient une hypothyroïdie secondaire.Madame G.C., 21 ans, est admise dans le service de médecine, le 19 janvier 1943.Cette patiente qui est commis dans un restaurant, a souffert de ce qu\u2019elle qualifie de grippe, il y a deux mois et demi.Malgré une hyperthermie de 101° durant quelques jours, elle continue de vaquer à ses occupations.Mais son état général est mauvais: elle tousse, expectore et maigrit.Perte de l\u2019appétit.Points thoraciques postérieurs douloureux.Diaphorèse nocturne profuse.Elle se fait hospitaliser parce qu\u2019il y a 5 jours elle a eu des vomissements alimentaires et bilieux.Depuis, elle ne garde rien de ce qu\u2019elle mange et sa température oscille de 101° à 104°.Antécédents personnels.Varicelle.Amygdalectomie.Congestion pulmonaire, il y a 2 ans (à cette occasion, a beaucoup maigri et dut prendre un repos prolongé).Antécédents héréditaires.Père et mère en BS.Mari en BS.3 frères et 5 sœurs, dont une T.B.P.Un enfant de 18 mois, mais apparemment en BS.Père et mère en BS.Habitudes.35 cigarettes par jour.6 coca-cola par jour.Histoire gynécologique.Puberté à 11 ans.Mariage à 18.Cycle régulier.Une grossesse, il y a 1% an.Accouchement normal.Examen objectif.Personne assez grasse.Poids: 116 livres.(Poids habituel 142.) L\u2019examen des yeux, du nez, des oreilles et de la bouche ne dénote rien de pathologique.Au cou, on ne trouve ni adénopathie, ni hypertrophie thyroïdienne.P.A.: 100/85.Pouls: 124.Bruits cardiaques normaux.Poumons: Ampliation diminuée: respiration rapide \u2014 32; vibrations conservées, mais faiblement ; sonorité médiocre.A l\u2019auseultation \u2014 respiration plutôt soufflante sur toute l\u2019étendue des 2 plages et râles et craquements au 14 inférieur postérieur gauche \u2014 Bronchophonie au 15 moyen.Abdomen: Souple \u2014 vergetures \u2014 pas de masses ni points douloureux.Foie et rate négatifs.Examen gynécologique négatif.Réflexes ostéo-tendineux normaux aux 4 membres.Patch Test \u2014 négatif le 20 janvier 1943.Sang: B.W.Urée, 0.28 gr.Glucose, 1.10 gr.Choles- térine, 1.96 gr.Formule: R Bl Hg V.G.Neutro.Lympho.Eosino.21/1/43 4,500,000 11,500 60% 06 62 27 11 7/4/43 3,925,000 6,750 73% 0.9 75 20 1 (Haldane.) Sédimentation globulaire: Variant de 45 4 65 mm.à l\u2019heure durant janvier et février.Crachats: B.K.positif.(Encore à la fin mars.) Urines: Albumine, acétone, globules rouges (20/1/43).Métabolisme basal: \u201413%.(Avril 1943.) Radios pulmonaires.\u201c22 janvier 1943.Voile opaque et grumeleux de tout le %Ÿ% inférieur du poumon gauche surmonté d\u2019une grosse caverne justa hilaire avec grosse réaction du hile.24 février 1943.Il y a grand pneumothorax dans la ligne axillaire gauche jusque dans la région de la clavicule.La caverne ne paraît pas s\u2019être affaissée sous l\u2019effet de la compression.17 mars 1943.Il n\u2019existe aucune modification notable ÉCONOMISEZ pour x CONSERVER Aidez à éviter une disette de diachylon \u201cZ.O.\u201d Employez-le pour pansements seulement et en bandes plus étroites * * @ Bien qu\u2019une disette de Diachylon \u2018\u2018Z.O.\u2019\u2019 ne soit pas imminente, les armées des pays alliés ont la préférence et leurs besoins, de ce produit comme tous les autres articles de pansement, seront remplis les premiers.Le caoutchouc, dont le Canada possède de très petites quantités, est l\u2019un des éléments importants qui entrent dans la fabrication du diachylon.Epargnez donc tout le diachylon que vous pourrez.Ne l\u2019employez que pour les pansements et, surtout, employez-en moins et en bandes plus étroites.Vous pouvez aider à en éviter une disette.FABRICATION CANADIENNE ( LIMITED Gore Les plus grands fabricants au monde de pansements chirurgicaux 978 dans l\u2019aspect du poumon collabé et de la caverne qu\u2019il contient.Rien d\u2019autre à noter sur le reste des deux plages.5 avril 1943.Aucune modification à noter par comparaison avec le film précédent.8 avril 1943.On ne voit pas d\u2019ombre anormale dans le cou pouvant nous faire penser à la présence d\u2019un goitre plongeant.La trachée donne une image radiologiquement normale.Thérapeutique.Pneumothorax amorcé le 2 février.Evolution.Gain de 12 livres \u2014 de 116 à 128.Rapidement apy- rétique.Pneumothorax opérant non électif, quoi- qu\u2019elle soit encore bacillifère.Laryngite assez tenace au cours des premières semaines pour lesquelles nous prescrivons de nombreuses inhalations.Tout ceci jusqu\u2019au 31 mars alors qu\u2019elle se plaint de mal de gorge et surtout de dysphagie.Dès le lendemain, accentuation très prononcée, légère hyperthermie, douleur s\u2019irradiant dans le cou jusqu\u2019à la nuque particulièrement si elle tourne la tête du côté gauche, et palpation d\u2019une tuméfaction au niveau de ce qui semble être le lobe gauche de la thyroïde.Cette palpation est excessivement douloureuse.La malade est abattue.Tremblement des extrémités.Anxiété.Caractères de la tuméfaction: dure, douloureuse, mobile et suivant le mouvement d\u2019ascension de la thyroïde à la déglutition, nettement circonscrite, et sans adénopathie de voisinage.A noter que, le 2 avril, apparaît le flux menstruel qui dure 5 jours (jusqu\u2019au 6).La température redevient définitivement normale le 6.Conclusions.Notre patiente est une bacillaire pulmonaire.Elle nous a raconté récemment que depuis déjà plusieurs années elle ressent un malaise à la gorge, à l\u2019apparition de ses menstruations.Il semble que sa vie génitale soit un facteur adjuvant.Nous ne pouvons dire sans biopsie la nature exacte L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 de la tuméfaction.Il peut s'agir d\u2019une thyroidite ou d\u2019une strumite.Notre enquête clinique du début ne nous a pas fait voir une thyroïde anormale, voilà tout ce que nous pouvons dire.Il peut s\u2019agir d\u2019une histoire étrangère à l\u2019infection bacillaire en cours, et plutôt en relation avec un autre foyer, d\u2019autre nature, et méconnu tels: sinus, gorge, dents.Mais devant la bacillose active, nous serions enclins à tirer des conclusions de cause à effet.L\u2019évolution du cas nous en fera connaître davantage.Voilà pourquoi nous avons présenté cette observation sous le titre de notes préliminaires.Nous nous proposons de faire subir une intervention chirurgicale à notre malade.Dans un avenir prochain, nous publierons nos résultats et conclusions définitives avec présentation de deux autres cas.Discussion.M.J.-U.GARIEPY.Quelle anesthésie doit-on em- employer dans ces cas M.L.-P.BELISLE.La radiothérapie a ses indications surtout dans les strumites diffuses.M.R.AMYOT.Peut-on invoquer ici une étiologie tuberculeuse?M.Amyot demande des explications sur le métabolisme basal qui est à \u201413%.M.C.-E.GRIGNON.Cette malade devait être porteuse d\u2019un goitre antérieurement avec inflammation surajoutée.Il est impossible de dire si l\u2019étiologie en est tuberculeuse.Après une poussée inflammatoire, la fonction thyroïdienne est toujours abaissée et le métabolisme basal, en bas de la normale.Quant à l\u2019anesthésie, il semble bien établi aujour- d\u2019hui que toutes les interventions sur la glande thyroïde doivent être pratiquées soit par anesthésie locale ou par anesthésie générale au protoxyde d\u2019azote: l\u2019éther et le cyclopropane étant contre- indiqués.Il est d\u2019accord avec le docteur Bélisle sur le traitement radiothérapique à petites doses dans les strumites diffuses.Le secrétaire adjoint du Bureau Médical, Yves CHAPUT. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 979 e DEGRÉ de CONGÉLATION INDIQUE le POUVOIR OSMOTIQUE DE SAL HEPATICA DE REER le VOLUME LIQUIDE dans L'INTESTIN Le volume liquide créé dans lintestin par le Sal Hepatica agit doucement et sûrement pour le débarrasser des déchets inutiles.Les effets de Sal Hepatica se font sentir rapidement après son administration par la stimulation du péristaltisme et l\u2019évacuation intestinale.L'action laxative efficace de Sal Hepatica résulte de la puissance osmotique du volume liquide non absorbable qu\u2019il fournit temporairement au tube digestif.Afin de déterminer rapidement la puissance osmotique de Sal Hepatica, des épreuves furent effectuées pour constater jusqu\u2019à quel point il diminuait le degré de congélation de l\u2019eau \u2014 in-\u201d dice vraiment scientifique de la puissance osmotique.On constata que Sal Hepatica avait vraiment un degré de congélation moins élevé et, par conséquent, une pression osmotique plus élevée que celle obtenue dans les éléments liquides et cellulaires normaux de l\u2019organisme humain.En outre de sa faculté d\u2019attirer le volume liquide dans l\u2019intestin, Sal Hepatica renferme des substances salines qui s\u2019avèrent très efficaces dans le soulagement de l\u2019hyperacidité gastrique et pour stimuler l\u2019écoulement de la bile.Sal Hepatica est un agréable apéritif effervescent.Littérature sur demande.La solution de Sal Hepatica est placée dans un tube en verre, de façon à ce qu\u2019il couvre le mercure du thermomètre centigrade.Le tube est alors plongé dans un contenant de glace.La solution de Sal Hepatica indique le faible degré de congélation en démontrant la pression osmotique élevée qui forme le volume liquide dans le tube digestif.Bristol-Myers Co.of Canada Ltd., 3035F, rue Saint-Antoine, Montréal. REVUE DES LIVRES Adolph G.De SANCTIS.\u2014 Advances in Pediatrics.306 pages, Edition 1942, Inter- science Publishers, Inc.New-York.Prix: $4.50.Ce livre expose, comme son titre l\u2019indique, les dernières acquisitions dont s\u2019est enrichie la médecine infantile depuis 2 ans.Les éditeurs ont d\u2019ailleurs l\u2019intention de continuer, à l\u2019avenir, à présenter ainsi, chaque année, un volume qui résumerait les plus récents progrès accomplis dans le domaine de la pédiatrie.Il est douteux, cependant, que cette revue annuelle puisse se montrer plus utile que le système des traités modernes de pédiatrie constamment tenus à jour à l\u2019aide de feuillets intercalaires périodiques ou de fascicules de remplacement.D\u2019un autre côté, il peut être intéressant d\u2019avoir sous la main, réunis en un seul ouvrage, les travaux les plus importants publiés pendant les années 1941 et 1942.Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une simple compilation de courtes analyses, mais plutôt d\u2019une collection d\u2019articles, parfois assez volumineux, tous signés par des autorités en médecine infantile.« Advances in Pediatrics » est l\u2019œuvre de onze collaborateurs.La matière de ce présent volume fut choisie d\u2019après les réponses à un questionnaire envoyé à tous les pédiatres en vue des Etats-Unis; ce questionnaire leur demandait de désigner les nouveautés qu\u2019ils considéraient comme de réels avancements en pédiatrie.Le livre débute par une étude très détaillée de cette maladie parasitaire récemment isolée chez les êtres humains: la Toxoplasmose, affection responsable d\u2019une encéphalomyélite d\u2019un type spécial du fœtus et de l\u2019enfant.Vient ensuite une mise au point des principales maladies à virus filtrant qui intéressent le pédiatre: à signaler les précisions apportées au sujet de la pneumonie, de la maladie de Ni- colas-Favre et de la diarrhée du nouveau-né.L'article sur la chimiothérapie par les sul- famidés ne nous apprend pas grand\u2019chose de nouveau.22 pages des plus intéressantes sont accordées à l\u2019électroencéphalographie et à l\u2019application de cette méthode de recherche à l\u2019étude de l\u2019épilepsie, des tumeurs cérébrales et des troubles du comportement chez l\u2019enfant.Le rôle de la vitamine K dans la production des phénomènes hémorragiques du nouveau-né est évalué avec clarté par H.G.Poncher de Chicago.Robert E.Gross, du Children\u2019s Hospital de Boston, met en lumière les résultats très encourageants du traitement chirurgical de cette maladie congénitale du cœur due à la persistance du canal artériel.La question de la prématurité fait le sujet d\u2019un article par A.Tow de New-York.En rapport avec cette question, l\u2019auteur discute surtout des problèmes qui se posent durant l\u2019accouchement (analgésie et anesthésie chez la mère, asphyxie du prématuré).Quant aux soins à donner au prématuré, Tow parle bien de l\u2019administration de la vitamine K, du complexe vitaminique B, de la vitamine C, et des doses massives de vitamine D, mais il ne signale même pas l\u2019anémie du prématuré, laquelle anémie, selon plusieurs, est susceptible d\u2019être influencée favorablement par des doses adéquates de fer.Le problème de la tuberculose chez l\u2019enfant est repris à nouveau, et, fait significatif, s\u2019il est vrai qu\u2019on se refuse encore à accorder au BCG une valeur égale à celle qu\u2019on lui reconnaît, en général, dans le Québec et ailleurs, il fait plaisir, toutefois, de noter que l\u2019école américaine se montre de moins en moins hostile vis-à-vis ce genre d\u2019immunisation.L\u2019auteur de ce chapitre est d\u2019avis que le BCG ne doit être administré qu\u2019aux enfants qui sont en contact direct avec des malades bacillifères.44 pages sont enfin consacrées à l\u2019endocrinologie.Les signes cliniques de l\u2019hypothyroïdie L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 981 Ge qu'il paut paire POUR ENRAYER /- la ne sera jamais enrayée si l\u2019on se contente d\u2019appliquer le traitement à ceux qui G piq Pacceptent de leur plein gré.Aussi faut-il de toute nécessité appliquer la loi, qui rend le traitement obligatoire pour tous les syphilitiques infectés depuis moins de quatre ans et, même au delà de ce délai, pour la femme syphilitique durant ses grossesses.les perdo nne4s qui tombent sous le coup de cette loi et qui refusent ou négligent leur traitement, doivent être rapportées sur la formule M.V.II dans un délai de vingt jours, et leur nom et adresse être révélés au directeur de la Division des Maladies Vénériennes, afin que celui-çi prenne les mesures nécessaires pour leur faire accepter le traitement.En une d y atstistlen ces malades négligents ou simplement ignorants, de prévenir de nouvelles infections, et, par là même, de protéger le public, le Ministère de la Santé a Organisé un service social qui s\u2019étend à toute la province et a pour fonctions: 1.La surveillance des malades infectieux qui ne se soumettent pas au traitement.2.La recherche des sources d\u2019infection et de contacts, c\u2019est-à-dire des personnes qu\u2019un malade a pu infecter et de celle qui l\u2019a contaminé lui-même.A 7 e 4 e e .ry \u2019 : \u2018 / / enquêle épidemiclogique est menée avec discrétion et ses résultats sont strictement confidentiels.Nous prions instamment messieurs les médecins de se procurer et de nous fournir les renseignements nécessaires pour la mener à bonne fin, toutes les fois qu\u2019ils auront découvert une nouvelle infection, sans avoir l\u2019assurance que la personne responsable de la contamination est déjà sous traitement.Une entière collaboration entre la profession médicale, la Division des Maladies Vénériennes et le public en général est nécessaire, pour pour assurer le contrôle de la syphilis, et nous comptons l\u2019obtenir.De leur côté, le directeur de la Division et ses adjoints s\u2019efforcent en tout temps d\u2019aider les médecins dans l\u2019application de la loi ou dans les difficultés que présentent parfois la direction du traitement et l\u2019interprétation des réactions sérologiques.\u2019 Led formules legales et autres, des publications de propagande, et des reproductions d\u2019articles parus dans les revues médicales seront distribuées sur demande.S\u2019adresser à 89 est, rue Notre-Dame, Montréal.Honorable Henri GROULX, minis, LA DIVISION DESSMAL Le Ministère de la-Santé IES VENERIENNES Bien-Etre Social Jean GREGOIRE, m.d., sous-ministre. 982 frustre, syndrome relativement fréquent, mais peu souvent reconnu, sont mis en relief.Le eryptorchidisme revient encore sur le tapis.Les idées les plus récentes au sujet de la pathogénie et du traitement de l'obésité chez l\u2019enfant sont exposées assez longuement.Le volume se termine par de courtes notes explicatives au sujet de quelques autres acquisitions récentes en pédiatrie, à savoir: 1° la méningite due à l\u2019Hemophilus Influenzæ; 2° l\u2019ana- toxine tétanique; 3° le traitement de la néphrose par les injections intraveineuses d\u2019a- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 cides aminés; 4° l\u2019effet de la vitamine C sur Ie métabolisme de la tyrosine et de la phényla- lanine chez les prématurés; 5° diagnostic et traitement de l\u2019oxyurose; 6° la maladie fibro- kystique du pancréas; 7° transfusion de plasma; 8° désinfection des salles d\u2019enfants et des pouponnières par les rayons ultra-violets; 9° doses préventives de sulfanilamide durant les périodes asymptomatiques de la maladie rhumatismale.Norbert VEZINA.> reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux Coqueluchoïdes \u2014 Ne cause ni intolérance, ni complication.Littérature sur demande.À VOTRE DISPOSITION Votre banque n\u2019est pas seulement votre caissière et la dépositaire de vos capitaux d'épargne.Elle est en état de vous rendre d\u2019autres services.Vos occupations et vos préoccupations d\u2019ordre professionnel ne vous laissent guère le loisir de vous documenter au jour le jour sur les questions d\u2019affaires.Vous n\u2019en êtes pas moins tenu, à l\u2019occasion, de résoudre certains problèmes financiers qui mettent en jeu vos intérêts.Recourez donc avec confiance au gérant de votre banque dont les avis désintéressés vous seront souvent utiles.Banaue CANADIENNE NATIONALE Actif, environ $180,000,000 529 bureaux au Canada mE L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 983 Pour la pousse DE DENTS SAINES, Le Lait Evaporé Carnation est particulièrement recommandé dans l\u2019alimentation infantile comme source de calcium, de phosphore et de vitamine D, dont la teneur est accrue par l\u2019irradiation, pour la formation de dents saines et pour une bonne calcification.Nous serons heureux d\u2019adres- Après le sevrage le Lait Carnation aidera ser aux médecins qui en feront encore à développer et à conserver une la demande la brochure inti- bonne dentition.Voilà une des nombreuses tulée: «Continuing after weaning with Irradiated Car- raisons, basées sur l\u2019hygiène alimentaire \u2014 il nation Evaporated Milk ».ne semble pas exister aucune contre-indica- Carnation Company, Limited, tion \u2014 pour conseiller le lait Carnation dans Toronto, Ontario.les aliments et comme breuvage pour les enfants plus âgés.ait Carnation IRRADIE \u201cprovenant de vaches bien nourries\u201d a J LL LUE EOS 80 xe) areal HIHNTTGIN mn mn HII OF-43 40F- NOUVELLES LA MORTALITE PAR TUBERCULOSE Le nombre des décès par tuberculose, sous toutes ses formes, s\u2019élève à 725 en 1942, comparativement à 678 en 1941, soit une augmentation de 47 en 1943, pour les premiers 6 mois, il y a 389 décès inscrits, ce qui laisse prévoir une augmentation pour l\u2019année courante.Les taux de mortalité par 100,000 sont les suivants: 1941: 74.8; 1942: 78.3; 1943: 82.4 (approximatif), soit une augmentation croissante; en 1940, ce taux était abaissé à 64.0, le plus bas jamais atteint à Montréal.Le tableau suivant montre le nombre des décès et les taux de décès par 100,000 par période de 5 années, par tuberculose pulmonaire et autres formes depuis 1915.Décès par tuberculose Taux par 100,000 de pop.Pulmo- autres naire formes Nombre de décès Période de Pulmo- autres cinq arnées naire formes Total Total 1915-1919 .904 208 1112 1640 399 2039 1020-1924 .808 177 985 1265 261 1526 1925-1929 .798 148 946 1087 201 1288 1030-1934 .713 133 846 859 160 1019 1935-1939 .583 101 684 660 114 774 1940 .510 71 51 562 78 640 1941 .584 94 678 644 104 748 1942 .639 86 725 690 93 783 1943 (6 mois) 331 58 389 701 123 824 D\u2019après les standards établis, le nombre des décès représente 1/8 du total des cas; il y a donc, à Montréal, plus de 5,800 cas.Depuis 1941, il y a augmentation des cas et des décès par tuberculose attribuable, en partie, au dépistage précoce plus intensif, en partie, au travail ardu et soutenu de la po- - pulation dans les industries.A.G.+ + oO + 2.> PASTEURISATION DU LAIT EN ANGLETERRE Les médecins anglais viennent de faire une requéte officielle auprés du gouvernement anglais à l\u2019effet de rendre la pasteurisation du lait obligatoire en Angleterre.Le professeur Picken, qui représentait la « British Medical Association » au sein de la délégation, émit l\u2019opinion que la pasteurisation du lait était la seule garantie pratique à mettre en œuvre et qu\u2019elle n\u2019offrait aucun inconvénient.D'autre part, le professeur Garrod, qui faisait également partie de ce groupe des médecins délégués, affirma que la tuberculose bovine constituait une menace très répandue et que de 5 à 10% des échantillons de lait baratté et non traité étaient infectés.La tuberculose d\u2019origine bovine causerait, en Angleterre, deux mille décès par année.(Correspondant londonien au J.À.M.À, 12 juin 1943.) PROMOTION MILITAIRE Le capitaine Jean de Saint-Victor de l\u2019hôpital du Saint-Sacrement (Québec), depuis deux ans en Angleterre avec la 18e Ambulance Canadienne de campagne, vient d\u2019être promu Major.6-6 ++ MISSION DE CHIRURGIENS EN RUSSIE Cette mission a pour but d\u2019étudier les résultats de la médecine de guerre russe et de resserrer les rapports entre médecins russes et Anglo-Américains.Le groupe de chirurgiens qui doivent se rendre en Russie est composé des membres suivants: Dr Wilder Penfield (Canada); Col.Elliott C.Cutler et Col.Loyal Davis (Etats- Unis) ;Contre-Amiral G.Gordon-Taylor, Ma- jor-Général D.C.Munro, E.Pick Carling et R.Watson Jones (Angleterre).ee ve NRA ces Ul ne 0 Doux, ie + ! flesagre ? NRAYEZ LA PHTIRIASE occasionnée par les poux de tête, les poux de corps et les poux du pubis avec UPREX - Un produit Merck Jne application suffit habituellement pour détruire les fDbooux, les lentes et les œufs.Non collant.Aucune odeur lésagréable.En vente dans toutes les pharmacies.MERCK & CO., LIMITED, MONTREAL J-0.GIROUX OPTICIEN Membre diplômé de l\u2019'A.E.P.O.de Paris LUNETTES, LORGNONS VERRES OPHTALMIQUES Assisté de MM.À.PHILIE À.ALLAIRE | G.LAURIER BUREAUX CHEZ MONTREAL On peut diminuer les \u201cABSENCES\u201d dues a la FATIGUE QU\u2019EPROUVENT LES TRAVAILLEURS de GUERRE en prescrivant le SUPPORT SPENCER En décembre 1942, « Industrial Medicine » publiait des statistiques indiquant que 90% des «absences », dans les industries de guerre, sont dues à des malaises bénins.Les accidents de travail ou maladies n\u2019en occasionnent que 10%.Et, portant la parole devant le congrès de la sécurité nationale, un orateur de renom disait récemment: « La fatigue est le problème de l\u2019industrie de guerre.» N\u2019est-il pas vrai qu\u2019étant dessiné pour guider le corps vers Pattitude qui convient, puis soutenir l\u2019abdomen et le dos, le support Spencer peut aider à prévenir et à soulager la fatigue?Il aide aussi à diminuer les cas de lésions ou entorses, tels que troubles sacro-iliaques ou sacro- lombaires.Tout support Spencer est dessiné, taillé et fait individuelle- ment, en tissu qui ne s\u2019étire pas, dans le but de répondre aux besoins spécifiques de la personne qui doit le porter.C\u2019est pourquoi le Spencer peut étre.et est.garanti ne jamais perdre sa forme.Les supports Spencer ne se vendent jamais dans les magasins.Si vous voulez les services d\u2019une spécialiste Spencer, consultez le bottin du téléphone, sous la rubrique « Corsetiére Spencer », ou Écrivez-nous directement.Supports pour I'abdomen, le dos et les seins individ état par S P E N C E R SPENCER SUPPORTS (CANADA) LIMITED, Rock Island, Québec.Nous permet- Aux Etats-Unis: 137, avenue Derby, trez-vous de New Haven, Connecticut.vous adresser En Grande-Bretagne: Spencer (Banbury) Limited, une brochure ?Banbury, Oxon, Angleterre.Veuillez m\u2019adresser la brochure « Comment les supports Spencer secondent le traitement du médecin ». 986 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.L.F.AN.\u2014 Montréal, août 1943 90 MILLIONS DE JOURS PERDUS Des autorités médicales affirment que la moyenne normale de la vie chez le travailleur industriel au Canada est de huit ans plus courte que celle de l\u2019homme ordinaire à cause des risques que l\u2019industrie met tous les jours dans son chemin.Par maladie, le travailleur, l\u2019ouvrier dans l\u2019industrie, perd en moyenne dans tout le Canada, huit jours de travail.Les médecins spécialisés en thérapeutique industrielle déclarent aussi que les chiffres de morbidité dus aux accidents et à la maladie pourraient être considérablement réduits si les gérants d\u2019usines mettaient en vigueur certaines règles bien définies.Ces règles comprennent des périodes de repos au cours des heures de travail, surtout dans les ateliers où l\u2019on fait travailler les femmes, du temps plus long pour les repas, le réajustement des conditions dans lesquelles se fait le travail et non pas le réajustement du travailleur au travail.On fait ressortir que, pendant les périodes de repos qui peuvent durer de dix à quinze minutes, on devrait servir des rafraîchissements légers, pour que le travailleur en retire de l\u2019énergie et que la fatigue, trop souvent cause d\u2019accidents, en soit diminuée.La demi-heure qu\u2019on accorde généralement pour le repas du midi dans certaines usines, est trop courte: si on continue cette procédure pendant un temps tant soit peu long, on risque de causer des désordres intestinaux ou gastriques et d\u2019amener ainsi une diminution de la production et des changements de plus en plus nombreux dans le personnel.Le temps alloué pour ce repas devrait être assez long pour que l\u2019ouvrier puisse manger lentement et se reposer ensuite.La ventilation complète de toute l\u2019usine, un éclairage adéquat, des conditions sanitaires perfectionnées, l\u2019emplacement des établis, tables, outils, tout cela est d\u2019une importance vitale pour la santé de l\u2019ouvrier.Des conditions rendant le travail agréable amènent la diminution de la fatigue et conséquemment des causes d\u2019accidents, la réduction des risques de devenir une proie facile à toutes les maladies infectieuses.Il est surtout d\u2019extrême importance que les chambres de toilette soient des plus sanitaires, des plus accessibles et des plus commodes.Ici, la propreté doit être scrupuleusement observée en tout temps pour tenir au plus bas niveau possible les risques d\u2019infection.Une enquête faite dans tous les états des Etats-Unis révèle qu\u2019en une seule journée d'hiver, il y avait 6,000,000 d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants incapables de travailler, ou d\u2019aller à l\u2019école, ou simplement de vaquer à leurs occupations ordinaires par suite de blessures, maladies ou incapacité physique.Des calculs basés sur les statistiques au- Jourd\u2019hui disponibles montrent qu\u2019aux Etats- Unis, on perd par année, par la maladie deux milliards et demi de journées.Pour le Canada, les mêmes statistiques donneraient un dixième de ce chiffre, soit 250 millions de jours.En supposant le taux habituel de 2 pour cent de la population constamment malade, et en calculant la population du Canada à 12 millions en chiffres ronds, cela ferait une perte totale annuelle par suite de la maladie de près de 90 millions de jours pour tout le pays.Ces chiffres qui proviennent de « Canada Health League » ne sont-ils pas éloquents?2e ++ PRATIQUEZ LA RESPIRATION ARTIFICIELLE Les autorités prescrivent la méthode Schafer qui est accessible à tous Chaque fin de semaine entraîne, dans notre province, la perte en moyenne de dix personnes par suite de noyades ou d\u2019autres causes d\u2019asphyxie.Il importe donc que chacun connaisse l\u2019art de pratiquer la respiration artificielle qui permet, dans presque tous les cas d\u2019asphyxie, que ce soit par l\u2019eau, les gaz ou l\u2019électricité, de réchapper la victime.Le Bulletin Sanitaire publié par le ministère de la Santé, résume comme suit la méthode de Schafer qui est consi- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AÀ.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 987 ÊTES-VOUS NÉ ENTRE le 24 juillet et le 23 août?Si vous êtes né sous ce signe, l\u2019'horoscope dit que vous avez du courage, de la dignité, de [a confiance et du charme.Vous aimez goûter et partager les meilleures choses de la vie.C'est pour cela que vous fumez les Cigarettes SWEET CAPORAL \u201cLa forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé\" UN MÉLANGE LACTÉ DE VALEUR RECONNUE pour l'alimentation des bébés Les sirops de maïs Crown Brand et Lily White sont reconnus par la profession médicale comme l\u2019hydrate de carbone sûr et fiable pour ajouter au lait que l\u2019on donne aux bébés.Ces purs sirops de maïs se digèrent facilement et n\u2019irritent pas l\u2019intestin délicat des bébés.Les deux peuvent être ajoutés à n\u2019importe quelle formule lactée.The CANADA STARCH CO., Ltd.Montréal AUX MEDECINS SEULEMENT Vous pouvez obtenir, sur demande, un petit calculateur de Veuillez m\u2019envoyer poche contenant les différents régimes d\u2019enfants dans les- duet on trouve ces deux célèbres sirops de maïs.un D CALCULATEUR raité scientifique, sous forme de livret, sur l'alimentation : .T des enfants , , .des tablettes de prescriptions, et une inté- 0 DAS La MENT, ATION DES ressante brochure sur les soins pré-nataux.Veuillez nous ENFANTS\" adresser le coupon et nous vous ferons parvenir immédiatement ces choses utiles pour vous.(oO TABLETTES DE PRESCRIPTIONS SIROPS de MAÏS © pig \"A Fee CR OWN BR AND [J La brochure: \u201cDEXTROSOL\" SE VENDENT MAINTENANT n \u201c EN BOUTEILLES DE 31; LBS.et LILY WHITE Adresse.Fabriqués par The CANADA STARCH COMPANY, Limited Montréal et Toronto se toe ees see ess esses tee 988 dérée comme la meilleure en pareille circonstance: 1.On place la victime à plat ventre, la tête et le tronc un peu plus élevés que le reste du corps, un bras étendu le long de sa tête, l\u2019autre plié au coude pour supporter la figure, laquelle est tournée de côté, pour laisser le nez et la bouche libres.Pour un noyé, on débarrasse la gorge et la bouche des herbes et autres corps étrangers qui pourraient s\u2019y trouver ; l\u2019opérateur se sert pour cela de son doigt entouré d\u2019un linge.Si la langue tend à se replier vers la gorge, on la fixe avec n\u2019importe quoi; bienheureux si l\u2019on a sous la main une épingle à linge.On maintient les mâchoires écartées au moyen d\u2019un bouchon de liège ou d\u2019un bout de bois.2.L'opérateur s\u2019agenouille à cheval au- dessus des hanches de la victime, chaque genou juste au-dessous du bassin.Il place la paume de ses mains, talons rapprochés, au milieu du dos, doigts étendus sur les côtes, petit doigt au niveau de la plus basse des côtes, toute la main entourant les flancs du poumon.3.Les deux bras étendus, sans jamais plier le coude, il se penche lentement pour que le poids de son corps porte graduellement sur la victime.Tout le temps ses épaules doivent se trouver directement au-dessus de ses mains.Ce mouvement dure deux secondees.4.L'opérateur se relève tout de suite pour que les côtes reprennent leur position naturelle.5.Après deux autres secondes, il recommence son double mouvement.Ces deux temps reproduisent exactement les mouvements de l\u2019expiration naturelle.6.Ce double mouvement doit se répéter au rythme de douze à quinze fois par minute.7.La règle absolue de ces mouvements alternés est qu\u2019une fois commencés, ils ne doivent jamais être interrompus.Si l\u2019opérateur se fatigue, il se fait remplacer sans changement dans le rythme.8.La respiration artificielle ne doit cesser que lorsque la victime a repris d\u2019elle-même sa respiration naturelle, et même dans ce cas il faut la surveiller pendant quelques minutes, pour s\u2019assurer que cette reprise est bien dé- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 finitivement normale: au moindre arrêt, il faut reprendre l\u2019opération.9.Enfin \u2014et quel que soit le nombre d\u2019heures qu\u2019on y passe \u2014 si la victime paraît morte, il n\u2019en faut pas moins continuer à appliquer la respiration artificielle jusqu\u2019à ce que se manifeste le seul signe assuré de la mort: la rigidité cadavérique.Pour que la respiration artificielle ait des chances d\u2019aboutir à une résurrection, il faut prendre les précautions suivantes: AvANT: a) Ne pas perdre une minute, sauf pour trouver un endroit propice, lequel sera un plancher, un pavage ou même la terre nue; b) ne remuer la victime que juste ce qu\u2019il faut pour trouver la position; c) desserrer immédiatement les vêtements de la victime au cou, autour de la poitrine, à la ceinture; d) commencer tout de suite l\u2019opération, on verra ensuite à appeler l\u2019aide ou envoyer chercher un médecin; e) si l\u2019on est seul tout le temps de l\u2019opération, ne pas se décourager, ne pas interrompre, ne pas écouter sa fatigue, tenir jusqu\u2019au bout; f) règle absolue: si, à cause du mauvais temps ou de toute autre circonstance incontrôlable, on est forcé de transporter le patient ailleurs, après avoir commencé la respiration artificielle, la continuer sans s\u2019interrompre pendant le trajet.Après: a) Ménager le cœur de la victime, en la laissant reposer dans sa position; ne pas lui permettre de s\u2019asseoir et encore moins de se mettre debout; b) en la remuant le moins possible, lui retirer tous ses vêtements motuil- lés, si c\u2019est un noyé; ce) la recouvrir bien chaudement, et si nécessaire l\u2019entourer- de bouteilles d\u2019eau chaude; d) ne rien lui donner à boire avant qu\u2019elle n\u2019ait entièrement repris sa connaissance, lui donner de préférence une boisson stimulante; une cuillerée à thé d\u2019esprit d\u2019ammoniaque aromatisée dans de l\u2019eau, du thé, du café chauds, de l\u2019alcool convenablement dilué; e) organiser son transport, couchée toujours, à l\u2019hôpital, dans une maison, dans la tente si l\u2019on campe loin des habitations; f) une fois mise au lit la victime doit être laissée au repos absolu et au chaud.Telle est la méthode Schafer, avec le détail assez complet des précautions qui entourent sa pratique. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 COLLYRE ISOTONIQUE STABILISE Préparation sûre, commode, approuvée par un grand nombre de médecins, beaucoup employée sous les conditions rigoureuses qui existent dans les industries de guerre.Il est bien reconnu que les propriétés astringentes et toniques de la berberine et de l\u2019hydrastine exercent une action bienfaisante sur les délicates membranes 989 N NN glandes lacrymales sans provoquer la moindre irritation.tion causée par l\u2019irritation ou la simple conjonctivite.Littérature descriptive sur demande.THE MURINE COMPANY , muqueuses des yeux, du canal lacrymal et des voies nasales.Ce collyre contient de la berbe- \\\\ rine et de I'hydrastine sous forme de chlorhydrates; il a été créé par des oculistes à l\u2019usage \\ de l'hôpital et du foyer.Depuis longtemps cette préparation s\u2019est montrée très efficace dans le traitement des affections oculaires ordinaires.Cependant, depuis le début de la guerre, ce collyre a donné des résultats appréciables dans les postes de premiers soins et les hôpitaux de plusieurs industries de guerre, d\u2019un océan à l\u2019autre, au Canada et aux Etats-Unis.MURINE, dont le nom provient de la MURiate de berberINE, offre au médecin un collyre isotonique tamponné adoucissant dont l\u2019action est légèrement antiseptique.il coopère aux fonctions normales des MURINE a une pression osmotique identique à celle des larmes.elle est modérément alcaline\u2026 peu astringente.\u2026 elle aide à nettoyer le canal lacrymal de toutes les sécrétions albumineuses, et elle soulage l\u2019inflamma- INGRÉDIENTS Bicarbonate de potassium.2 Borate de potassium.Acide borique Chlorhydrate de berbérine Clycérine Chlorhydrate d\u2019hydrastine Eau stérilisée.\u201cMerthiolate\u2019\u2019 (Ethyle mer- curethiosalicylate de soude, Lilly) .001%._ Remarquez que l\u2019action libre du potassium et Pacide borique sont maintenus dans - la lotion présentée Wy À AAC EE Maw?= = II TN NS el SI \\ 0 BACTERIOTHERAPIE PAR LES FERMENTS LACTIQUES Un gramme de ce médicament contient un milliard de bactéries lactiques vivantes | ACTO-BIO S Efficacité indiscutable dans les troubles organiques d'origine gastro- intestinale en rendant le milieu intestinal contraire aux microbes pathogènes.FORMULE BACTÉRIOLOGIQUE: Thermobacterium bulgaricum.Thermobacterium yoghourtii.Bacterium acidophilum.Enterococcus lactis duodenalis.Streptococcus lactis thermophilus.Chaque gramme de LACTO-BIOS contient un minimum d'un MILLIARD de bactéries lactiques vivantes.INDICATIONS: Putréfactions et Fermentations intestinales, Dysenteries, Entérites, Typhoide, Hypochlorhydrie et Anachlorhydrie, Dyspepsie gastro-intestinale, Auto-intoxication, Cholécystite, Pancréatites infectieuses, Constipation, Flatulence intestinale, Tuberculose, Urticaires secondaires et Néphrite.Littérature sur demande.LACTO-BIOS peut être associé aux médications spécifiques pour une guérison plus rapide.ABORATOIRE MAROIS MONTRÉAL 990 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 I EDITIONS BEAUCHEMIN A.de Saint-Exupéry LE PETIT PRINCE .Geneviève de la Tour Fondue RETOUR A IA VIGIE .Alain-Fournier LE GRAND MEAULNES .René Bazin MAGNIFICAT.+.+.+.2 + + + © Madeleine d\u2019Angreville LADY FLORENCE.+ .Oscar Masse LA CONSCIENCE DE PIERRE LAUBIER .Solange Chaput-Rolland FUMEES .2 + + + + « so o so « Léon Chancerel LES JEUX DRAMATIQUES .Maurice Bedel GEOGRAPHIE DE MILLE HECTARES .Mrs.James Roosevelt MON FILS FRANKLIN .C.-V.Johnson , A TRAVERS LE TEMPS ET I\u2019ESPACE .Fernand Rinfret PENSEES ET SOUVENIRS .© Jean Bruchesi HISTOIRE DU CANADA POUR TOUS, 2 vol.Léon Marchal VILLE-MARIE.Les origines de Montréal .Mgr Camille Roy DU FLEUVE AUX OCEANS .Emile Lengyel DAKAR.+ + + + + + + + + + Elie-J.Bois LE MALHEUR DE LA FRANCE.Léon Marchal DE PETAIN A LAVAL .+ + + À Général Eon LA BATAILLE DES FLANDRES.Emile Vaillancourt LE CANADA ET LES NATIONS UNIES .Arthur Maheux POURQUOI SOMMES-NOUS DIVISES?.Joseph Léolit LA CROIX PAIENNE .+ + + + + Joseph Ledit POLITIQUE ET EDUCATION .Abbé Charles Journet VUES CHRETIENNES SUR LA POLITIQUE .Abbé Louis Bouhier, p.s.s.MADAME BRAULT, une mystique canadienne Abbé Paul Lachapelle PSYCHIATRIE PASTORALE .Gabrielle Carrière COMMENT GAGNER SA VIE .R.P.Adrien Malo LA BOITE AUX QUESTIONS .R.P.Denis PRIERES DE SAINTE GERTRUDE .Librairie BEAUCHEMIN Limitée $2.00 $1.00 $1.25 $1.25 $1.50 $0.75 $1.00 $0.75 $0.75 $1.25 $1.25 $1.50 $2.50 $1.28 $1.00 $1.50 $2.25 $1.50 $1.00 $0.75 $1.00 $1.00 $1.25 $1.00 $1.25 $1.25 41.00 $0.75 $1.00 430, rue St-Gabriel, Montréal gla aaa L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1943 991 Les hôpitaux britanniques emploient LE BRANDY SUD-AFRICAIN L\u2019usage répandu du Brandy Sud-Africain dans D\u2019autres vins renommés de l\u2019Afrique du S8#d_ \u2014 se vendant au Canada: les hôpitaux de Grande-Bretagne est une preuve réelle de sa pureté et de sa valeur thérapeutique.À cause de sa haute teneur en esters, ce brandy, provenant du Cap ensoleillé, est hautement re- PAARL SEC BLANC; commandé par la profession médicale britanni- PAARL WITZENBERG: que.Ce Brandy est renommé pour ses procédés PAARL SEC ROUGE (Type Bourgogne) ; de fabrication perpétués traditionnellement de- PAARL BOURGOGNE MOUSSEUX; puis plus de 250 années .gagnant de la Mé- PAARL WINTERHOEK MOUSSEUX (Type Champagne) ; PAARL SAUTERNES; PAARL VERMOUTHS (sec ou doux); PAARL MUSCATEL; OLD LIQUEUR BRANDY.daille d\u2019Or dans le concours de tous les produits similaires de l\u2019Empire au « Royal Agricultural Hall », Londres, Angleterre, en 1937 .garanti quant à l\u2019âge et à la pureté par le Gouvernement Sud-Africain.AMherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY \"Ambulances de luxe, chauffées e Transport des malades à la ville et à la campagne.Service prompt et sûr.Pompes funèbres © Salons mortuaires Salons mortuaires: 1926, rue Plessis.Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame 4156, rue Adam.Une thérapeutique efficace pour.[ Otite Moyenne DOIT ÊTRE ANALGÉSIQUE - BACTÉRICIDE et PRODUIRE la DÉSHYDRATATION des TISSUS are THE DOHOW CHEMICAL COMPANY, LTD.Montréal \u2014 New-York \u2014 London TABLE DES ANNONCEURS Pages Abbott Laboratoires Ltée (Nembutal) .40 Alba Pharmaceutical Division (Chlorure de Zéphiran) 975 American Can Co.(Aliments en boîtes) .30 Anglo-French Drug Cie (Cortunon) .955 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée Gonadotrophine du chorion) .Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (Emménine) - 1 Bard, Parker Co., Inc.(Germicide) .37 Brandy Sud Africain .421 901 Banque Canadienne Nationale ES ¢ £2 Bristol-Myers of Canada (Sal Hepatica) .979 Canada Drug Co., Lid.(Pavéral) .082 Canada Starch Company (Sirops de mais \u201cCrown Brand\u201d et \u201cLily White\u2019) .987 Canadian Tampax Corporation (Tampax) .971 Carnation Company Lid.(Lait Carnation irradié) .983 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Thiozol) .21 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Sulphobyl) .23 Ciba Compagnie Limitée (Cibazol) .22 College Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada .20 Cow & Gate Lid.(Frailac) .31 Denver Chemical Manufacturing Company.The (Anti- phlogistine) .7 Dohow Chemical Company, Ld.(Auralgan) : .- 991 Bddée, J., Ltée (Bis Kam Oil) \u2014 (Trephonyl du Dr Rous- sel) \u2014 (Taxol) \u2014 (Neurinase) \u2014 (Alepsal) \u2014 (Ino- tyol) \u2014 (Pluriglandine) \u2014 (Veinatone) \u2014 (Artichobyl) 969 EN Lilly and Company (Canada) Ltd.lère page de la couverture Frosst, Charles E., & Co.(Phéno-Actif) .17 Giroux, J.-O.(Opticien) .- 985 Gouvernement de la Province de Québec, Ministère de la Santé et du Bien-Etre Social (Il faut enrayer la syphilis) .© .981 Herdt & Charton, Inc.(Uroprazine) \u2014 (Sulpho- Lac) \u2014 (Camirol) \u2014 (Eau précieuse Dépensier) \u2014 (Bili- fluine).2 224242111111 98] Herdt & Charton, Inc.(Osmopak) .965 Imperial Tobacco (Cigarettes Sweet Caporal) .987 Johnson & Johnson Ltd.(Diachylon \"Z.O.) .979 Laboratoires DesBergers-Bismol (Oestrilin) \u2014 (Proges- tilin) .- 4e p.de la couv.Laboratoires Jean Olive (Normogastryl) \u2014 (Nestosyl) 26 Laboratoire Marois (Lacto-Bios) .089 Laboratoires Poulenc Frères (Coryphédrine) 2e p.de la couv.Lederle Laboratoires, Inc.(Le poulet de Carrel) .9 Libby, McNeill & Libby of Canada Ltd.(Aliments pour bébés) .24 Librairie Beauchemin Ltée 8-1 900 Mead Johnson & Co.of Canada Ltd.(Pablum) .19 Merck & Co., Lid.(Pyridium) .5 Merck & Co.Ltd.(Cuprex) .985 Millet, Roux & Cie, Ltée (Néo-Spasmyl) .11 Monty, Gagnon et Monty .Lo.099 Murine Co.(Collyre isotonique stabilisé) .- .- 989 Parke, Davis & Compagnie (Theelin) .28 Pharmacie d'ordonnances Arthur Hirbour, La .4 Phillips Chemical Co.(Lait de Magnésie Phillips) .- 34 Rougier Frères (Eupnogène) \u2014 (Gynexyl) .= 3 Rougier Freres (Neuréol) \u2014 (Loravine) .953 Pages Sanatorium de Blois (47e année d'existence) .36 Sanatorium Prévost Inc.: 32 Schering Corporation Limited Pour gagner cette guerre) .973 Shuttleworth E.B.Chemical Co.Ld.(Hemroydine EBS) .022 2.959 Smith & Nephew Ltd.(Elastoplast Se 33 Sociéte d\u2019Expansion Pharmaceutique Inc.Gvposu féene \u2014 (Jabosulféne) .967 Spencer Corsets (Canada) Ltd.(Supports - Abdomen Dos - Seins) .985 Squibb, E.R.& Sons of Canada, Ltd.(Tablettes de Sulfate ferreux desséché Squibb \u2014 Capsules de Sulfate ferreux avec B: Squibb \u2014 Hebulon) .963 Stearns & Company of Canada Lid., Frederick (Neo- Synephrin) .- .25 Upjohn (Adrenal Cortex Extract) .- «+ < .35 Usines Chimiques du Canada Inc.(Trois Points) - 3e page de la couverture Vinant Limitée (Sédosine) - \u2014 (Génésérine) .13 Vinant Limitée (Pommade Midy) \u2014 (Valérianate Pier- lot) .Cee 15 William R.Warner & Company Ltd.\u2018(Anusol) .957 Whitlow, Fred.J.& Co.Ltd.(Clinitest) .28 Winthrop Chemical Co., Inc.(Theominal) .27 Wyeth & Bro.(Canada) Ltd., John (Amphojel) Wyeth & Bro.(Canada) Ltd, John (Kaomagma pour la diarrhée .-982-992 38-39 i DIARRHEE Librairie Beauchemin Limitée."]
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