L'union médicale du Canada, 1 novembre 1956, Novembre
[" TOME 85 \u2014 NUMÉRO 11 MONTRÉAL, NOVEMBRE 1956 Fondée à Québec en 1902 Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada Union Médicale du Canada 1872 - 1956 BULLETIN ÉDITORIAL Pierre JOBIN er Rosario ROBILLARD Forum sur l\u2019enseignement de la médecine ._._____.1229 La réhabilitation des diabétiques 1111111112 1279 Emile BLAIN 1233 a Aaa ESE CONGRES © © © L'Association des Médecins de Langue Française Germain PINSONNEAULT du Canada \u2014 XXVIe Congrès, Jasper, 13-15 L\u2019avenir prometteur de certains radioisotopes en septembre 1956 ._.neo sess sn 1282 radiothérapie interstitielle _____________________.________ 1237 G.GINGRAS, M.MONGEAU, V.SUSSETT, HYGIENE ET MÉDECINE SOCIALE R.LEMIEUX, }.-M.CHEVRIER et R.VOYER L'aspect psycho-social de la réhabilitation chez G.CHAREST .les amputés des membres supérieurs ______._._______ 1245 Semaine nationale d\u2019immunisation ._______________________ 1298 Robert L\u2019ABBE Etude de l\u2019ostéosarcome _._._.111121111L0 1 LL 1251 VARIÉTÉS Jean SAUCIER RECUEIL DE FAITS La psychiatrie et la tolérance qu\u2019elle inspire .___.1301 ; Jean-Marc BORDELEAU et Andre PROULX 1260 ormes atypiques de la mononucléose infectieuse ____ 2 RESP René LEFEBVRE CORRESPONDANCE La tuberculose généralisée non-réactionnelle P.RENTCHNICK (Typhobacillose de Landousy) et ses Lettre de Suisse __._ LL 1313 modifications hématologiques ____________._____________ 1263 , ANALYSES _.L.L1110.Lce Lee Leo LL LL 1316 REVUE GENERALE NECROLOGIE as 1326 2 NOUVELLES Lee LCL 00 1327 Honoré NADEAU Les dyspepsies en pratique ______________________ 1269 COMMUNIQUES ._.12000000ececssnnsnecnnnnns 1332 REVUE DES LIVRES oe.1334 ean-Paul DECHENE .2, > Considérations pratiques sur l\u2019anesthésie en \u201cL\u2019Union Médicale\u201d en 1887 ____.______________________ 1346 chirurgie pulmonaire Plus active que | \u2018aminophylline .sans ses inconvénients NEUTRAPHYLLINE Nouveau dérivé de la théophylline SOLUBLE \u2014 STABLE \u2014 BIEN TOLERE Syndromes cardiaques et cardio-rénaux \u2014 Asthme \u2014 Dyspnées \u2014 Angor.© Comprimés \u2014 Ampoules \u2014 Suppositoires Une association sédative.NEUTRAPHYLLINE < PHENOBARBITAL Renforce, complète et prolonge l\u2019action de la Neutraphylline Comprimés \u2014 Suppositoires Plus d'un demi-siècle consacré à l'avancement des Sciences médicales et pharmaceutiques au Canada Dans la vaginite .Un nouveau traitement simplifié Des expériences cliniques ont démontré que la Gelée Vaginale Elsix était efficace lorsqu\u2019une vaginite était diagnostiquée.Elsix a également donné d\u2019excellents résultats non seulement dans le traitement du Trichomonas et du Monilia, mais aussi lorsqu\u2019il s\u2019agissait du microbe pathogène Hemophi- lus vaginalis récemment découvert (que l\u2019on présume être l\u2019organisme étiologique qui souvent occasionne la leucorrhée et la vaginite communément appelée \u201cnon spécifique\u201d) .* L'Elsix ayant une haute affinité pour les tissus, assure un effet antiseptique prolongé.Les malades se rendent compte que les sécrétions vaginales peuvent difficilement faire disparaître la Gelée Elsix de l\u2019endroit où on l\u2019applique.En outre, l\u2019Elsix est plus commode d\u2019emploi et le traitement ne requiert que quelques applications.Elsix ne s\u2019écoule pas et ne nécessite aucun tampon.On n\u2019a rapporté aucun signe de sensibilisation ni de toxicité locale ou systématique.La Gelée Vaginale Elsix ne tache pas.Posologie: Une application tous les deux soirs jusqu\u2019au total de six.On peut répéter le traitement au besoin.Présentation: Tube de 11% once avec 6 applicateurs.Des modes d\u2019emploi sont inclus avec chaque empaquetage.Gardner, H.L., et Dukes, C.D.: Am.J.Obst.and Gynec., 69:962 (mai) 1935.GELÉE VAGINALE Elsix Marque de hexétidine DIV.WM.R.WARNER & CO.LTD.WARNER-CHILCOTT Laboratories TORONTO ONTARIO BULLETIN FORUM SUR L\u2019ENSEIGNEMENT DE LA MÉDECINE ! Nous avions convoqué à la tribune du forum sur l\u2019enseignement de la médecine messieurs les doyens des facultés de médecine de Laval, de Montréal et d Ottawa avec le président du Congrès de Jasper.Devant une salle remplie de médecins praticiens, de spécialistes, d'universitaires et de gouverneurs du Collège, MM.les docteurs Jean-Baptiste Jobin, Wilbrod Bonin, Arthur Richard et Louis-Philippe Mousseau ont répondu à des questions préparées en séances d\u2019études puis à celles de l\u2019auditoire.La matière du sujet provenait du Comité d\u2019Economie Médicale, où les douze membres avaient pris la peine de répondre à deux questionnaires détaillés puis d'en étudier la compilation au cours de leurs séances d'étude de l'hiver précédent: l\u2019enseignement de la médecine au degré scolaire pour les étudiants puis en postscolaire pour les médecins qui désirent se spécialiser.Dès le printemps, les quatre médecins du forum ont pris connaissance de cette étude et ont décidé de se partager les réponses pour le congrès.* * x Ce fut une réunion très animée, tant par la clarté des exposés que par la spontanéité des questions de l\u2019auditoire.La première question: « Quelles sont les conditions d\u2019admission à l\u2019étude de la médecine ?», a permis au docteur Bonin de montrer les multiples aspects de cet important problème du choix des candidats: « La loi permet à tout détenteur d\u2019un B.A.ou d\u2019un brevet de s\u2019ins- ecrire dans une école de médecine.Mais les universités, qui ont à cœur de dispenser un enseignement convenable, ont à envisager deux écueils: le grand nombre et l'insuffisance scolaire.Le baccalauréat ès arts était autrefois un certificat à la hauteur des études médicales; mais, depuis que la médecine a vu son aspect scientifique se développer au maximum, il nous faut absolument choisir les meilleurs candidats, ou leur donner une préparation spéciale, autrement notre enseignement ne peut plus être à la hauteur des exigences médicales.« En plus de cette préparation scientifique, il faut que le sujet ait les dispositions et les aptitudes requises.C\u2019est une question 1.Tenu au XXVIème Congrès de l\u2019A.M.L'F.C., Jasper (Alberta), septembre 1956. 1230 BULLETIN L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 délicate, mais les entrevues personnelles que nous accordons nous donnent une idée assez juste, ayant le dossier scolaire en main, de l\u2019admissibilité du sujet.De toutes façons, après avoir accepté les meilleurs et obligé les moins bons à des études préparatoires spéciales, nous soumettons tous les cas-limites à un examen d'entrée qui tranche la question.« Depuis quelques années, cette méthode nous a bien réussi: en effet, les classes sont plus homogènes, l\u2019enseignement étant plus facile est devenu meilleur et nos élèves sont plus forts, sans compter que l'élimination, qui était de 30 pour cent, est tombée à 10 pour cent et elle s'améliorera encore.» sk 3k sk Au chapitre de Uenseignement scolaire, les docteurs Jobin, Richard et Mousseau ont souligné l'importance relative des matières de base et des matières cliniques, de l\u2019expérience à acquérir dans les laboratoires de la faculté et auprès des malades des hôpitaux, du rôle du professeur et des moniteurs, du sens pédagogique de l\u2019enseignement, de la composition des stages de l\u2019internat, etc.M.le docteur Jean-Baptiste Jobin a défini le professeur comme un « précepteur capable d\u2019inculquer à l'élève une mentalité médicale, de lui apprendre à penser scientifiquement ».Quelle est la valeur intrinsèque des examens ?\u2014 Comment établir l\u2019équilibre entre les symptômes cliniques et les examens de laboratoire ?\u2014 Comment concevoir la relation malade-médecin ?\u2014 A quoi sert le moniteur des internes?, ete, etc, etc.* x * Au degré post-scolaire, c\u2019est la spécialisation qui a le plus retenu notre attention.Les exigences de nos collèges sont-elles trop élevées?\u2014 Comment enseigner, ou mieux comment étudier les sciences de base?\u2014 Le docteur Bonin répond: qu\u2019il faut attacher plus d\u2019importance au travail du candidat qu\u2019à l\u2019enseignement théorique; que les colloques et les séminaires font travailler les élèves et les forcent à envisager à la verticale les différents domaines de la pathologie, des sciences de base et de la clinique.* + # Que pensez-vous des stages à l\u2019étranger?\u2014 En France ou aux Etats-Unis?\u2014 Puis nous demandons au docteur Jean - Baptiste Jobin de nous parler des récents développements de la résidence dans les hôpitaux parisiens.Voici en substance ce qu\u2019il a répondu: « La dérnièré guerre mondiale avait complètement coupé le courant wl ae = A.a am L'Union Méd.Canada BULLETIN 1231 Tome 85 \u2014 Nov.1956 vers la France de nos jeunes médecins canadiens qui recherchaient une formation post-scolaire, une spécialisation médicale.Par ailleurs, ils trouvaient aux Etats-Unis une situation intéressante, car ils y recevaient une formation technique et professionnelle qui répondait parfaitement aux exigences de nos collèges canadiens, i.e.le Collège de Médecine de la Province de Québec et le Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada.Tous admettent que l\u2019on peut aussi bien apprendre la médecine à New-York qu\u2019à Paris, mais 1l ne faut pas oublier la qualité exceptionnelle de l\u2019enseignement qu'on peut recevoir en France et nous avons cherché à réouvrir le chemin de la culture française, car nous croyons fermement qu\u2019il est important pour nos jeunes, à ce stage de leur formation, d'acquérir une culture qui ne soit pas seulement technique et professionnelle, mais aussi générale et humaniste.« Le problème consiste dans le fait que nos candidats, quoique bien accueillis dans les services hospitaliers de Paris, n\u2019y ont cependant pas de responsabilités officielles, ni de fonctions bien précises, comme celles de participer régulièrement aux activités du service, de se soumettre aux directives scientifiques du chef de service et à la discipline de l'hôpital; ils ne sont que des auditeurs libres.« Bien des efforts ont été tentés dans le passé mais avec des résultats incomplets.En 1946, on a créé un comité médical conjoint franco-canadien pour faciliter les études de nos jeunes en France et intensifier les échanges culturels entre nos deux pays.« Invités par le gouvernement français, M.le docteur Bonin, de Montréal, et moi-même, représentant officiellement les universités Laval et de Montréal, l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada et le Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec, nous sommes allés à Paris, le printemps dernier, rencontrer les autorités gouvernementales universitaires et médicales et nous avons heureusement réussi à obtenir des situations fort intéressantes dans les hôpitaux de Paris.» (Pour plus de détails, voir le rapport au Recteur de Laval, cf.Laval Médical, septembre 1956, pp.1028 à 1035, puis le rapport du docteur Bousser dans le présent numéro de L'Union Médicale du Canada.) Et le docteur Jobin continue: « Il fallait obtenir des postes de résidents, reconnus officiellement, correspondant exactement aux fonctions des internes des hôpitaux de Paris et répondant parfaite- 1932 L'Union Méd.Canada BULLETIN Tome 85 \u2014 Nov.1956 ment aux exigences des organismes canadiens qui régissent l\u2019émission des diplômes de spécialistes.Nous les avons obtenus.« Dès octobre 1956, nous aurons quelques candidats en fone- tion dans les Services de Paris.« Ils seront traités sur le même pied que les internes, 1.e.logement, nourriture, rémunération, risques professionnels, ete.Ils seront nommés pour un an mais ils pourront être réinvestis pour une deuxième ou une troisième année.« Voilà les résultats de nos démarches; il est légitime de s\u2019en réjouir car nous offrons à nos jeunes médecins, non seulement l\u2019occasion d'acquérir une discipline médicale solide, mais aussi d'avoir accès à la culture française, ce qui est un devoir pour les Canadiens-français.» En conclusion de tout ce forum sur l\u2019enseignement de la médecine, tant au niveau universitaire que post-scolaire, l\u2019on est en mesure de penser qu\u2019une médecine canadienne-française peut vraiment exister.Notre enseignement sera canadien, car notre situation géographique nous permet, par des contacts faciles avec les Etats- Unis, de connaître la perfection dans les réalisations techniques.Notre enseignement sera aussi français, car notre héritage culturel exige que nous allions en France cueillir, non seulement l\u2019inspiration, mais aussi la tournure d\u2019esprit synthétique qui caractérise toute l\u2019Europe, nourrie d\u2019humanités.Notre visage français et notre métier américain nous permettent de dire que la médecine canadienne- française est une réalité.Pierre JOBIN, Président du Comité d\u2019Economie Médicale. JASPER Pour plusieurs, ce nom évoquera désormais des souvenirs inoubliables.Ce congrès de 1956 aura laissé l\u2019impression d\u2019un rêve extraordinaire vécu dans des conditions exceptionnelles.Pour que ce rêve survivre avec un peu de sa couleur, peut-être est-il à propos d\u2019en consigner un bref récit dans nos archives.Quand on y songe, avec le recul de quelques semaines, on se rend compte que l\u2019affaire a pris les proportions d\u2019un succès, et que cette réussite est le résultat de plusieurs facteurs favorables.Le premier, c\u2019est que la chose répondait à un besoin, puisque les demandes d'inscription ont largement dépassé les disponibilités.Sans doute, faut-il admettre, ensuite, que l\u2019attrait des endroits visités, la chaleureuse hospitalité de nos hôtes, la température idéale qui s\u2019est maintenue presque constamment, et les magnifiques dispositions d\u2019esprit qui ont animé tous les voyageurs ont contribué à rendre l\u2019aventure merveilleuse.Sous forme de journal, on peut remémorer l\u2019événement de la façon suivante.* % & Par un brillant matin de septembre, un long train spécial de dix-neuf wagons quitte doucement la Gare Centrale de Montréal, transportant un nombre impressionnant de voyageurs enthousiastes vers l\u2019Ouest canadien.Après une courte halte à Ottawa, le convoi se remet en route pour rattraper quelques minutes de retard et observer un horaire assez serré.Quelques arrêts réglementaires à Brent, North Bay et Capréol, et avec la fin du jour, le lourd véhicule s\u2019enfonce dans les solitudes du nord de l\u2019Ontario.Le lendemain, mardi, nous traversons une région désolée où la vue de quelques beaux lacs nous console de l\u2019aridité du terrain.Et le soir, vers huit heures, nous arrivons à Winnipeg.Là, des autocars nous amènent au collège de Saint-Boniface où a lieu la première réception: une rencontre, sans prétention, avec le groupe d\u2019expression française de l\u2019endroit.Contact émouvant dans sa simplicité, entre frères d\u2019une même famille qui se serrent la main en songeant à la communauté de leurs origines.Après le café et les petits gâteaux traditionnels, chacun retourne dormir sur le train qui passe paisiblement la nuit en gare.Mercredi matin, après le petit déjeuner, nous quittons de nouveau notre abri pour visiter pendant trois heures Winnipeg et Saint-Boniface, les deux soeurs jumelles de la rivière Rouge.L\u2019excursion nous conduit finalement à l\u2019hôpital des Soeurs Grises où nous prenons collectivement le déjeuner.Puis, après la visite de l\u2019institution, nous nous dirigeons lentement, par une chaleur d\u2019été, vers le train-hôtel qui se remet en route vers quatre heures.Dès ce moment, de la fenêtre de notre wagon, nous faisons connaissance avec la vraie prairie canadienne, productive de si abondantes céréales.Tout comme sa capitale sans colline, le Manitoba présente un sol sans accident.Le temps se maintient au beau fixe pendant que, de nuit, nous traversons la Saskatchewan de l\u2019Est à l\u2019Ouest.Et le jeudi matin, nous franchissons une partie de l\u2019Alberta pour atteindre Edmonton vers dix heures et demie. 1234 T L'Union Méd.Canada BULLETIN Tome 85 \u2014 Nov.1956 Le docteur Mousseau, notre sympathique président de congrès, nous attend au débarcadère et nous conduit immédiatement à la faculté de médecine de l\u2019université.Là, un soleil rieur et une brise bienfaisante président à une réception extérieure sur la pelouse, et font de cette courte cérémonie quelque chose de très symbolique.Il y a échange de salutations cordiales entre les dignitaires locaux et le porte-parole des invités.L'affaire a beaucoup de cachet et se déroule au milieu d\u2019un silence attentif, à peine troublé par le déclic intermittent de quelques caméras avides de belles photos.Au retour vers la gare, les autocars nous font visiter Edmonton dont nous avons juste le temps d\u2019apprécier la coquetterie et les promesses d\u2019avenir.Vers une heure de l\u2019après- midi, notre groupe, maintenant augmenté de tous ceux qui par avions, trains réguliers ou automobiles nous ont rejoints à ce point de ralliement, se dirige vers Jasper.Chemin faisant, nous apercevons les premières silhouettes des Rocheuses, et malgré le ciel qui devient gris, nous leur trouvons grande allure dans leur écharpe de nuages.Mais voilà que la température se gâte pour de bon, et nous descendons à Jasper par une bonne averse; ce qui n\u2019empêche pas nos gens de franchir le seuil de l\u2019hôtel en chantant, histoire de ne pas se laisser abattre par les éléments.Le domaine de Jasper Park Lodge est un îlot de verdure et de fleurs enchâssé au fond d\u2019une vallée, et encerclant partiellement un lac du plus beau vert.Le décor environnant, fait de montagnes géantes, forme un tableau saisissant avec, comme arrière-scène, l\u2019étincelant mont Edith Cavell.Cette nature intacte et altière fait ressortir, par contraste, l\u2019arrangement décoratif de l'hôtellerie blottie à ses pieds.C\u2019est dans ce milieu digne d\u2019un conte de fées que pendant trois jours se déroulent les différentes phases de notre congrès proprement dit.L\u2019Umion Médicale du Canada publiera la plupart des travaux scientifiques présentés; mais sans anticiper sur ce côté essentiel de nos assises, on peut en résumer l\u2019atmosphère en disant que les communications individuelles et collectives sont d\u2019une haute teneur et d\u2019une belle originalité.Encore une fois, notre association est fière de ses collaborateurs, et c\u2019est à juste titre qu\u2019elle s\u2019enorgueillit de la qualité de leur contribution.En plus des séances d\u2019étude, nous devons souligner le caractère du dîner d\u2019ouverture pendant lequel plusieurs invités d\u2019honneur nous adressent la parole, et l\u2019ambiance divertissante du dîner de clôture pendant lequel les congressistes donnent libre cours à une gaieté de bon aloi\u2026 Ce séjour à Jasper est témoin de certains imprévus assez amusants: des excursions dans les alentours font apprécier le pittoresque du pays; un gâteau à chandelles surgit un bon soir dans la grande salle à manger pour marquer l\u2019anniversaire de naissance d\u2019un de nos amis les plus estimés; et les ours noirs, n\u2019en croyant pas leurs oreilles d\u2019entendre tant de français, s\u2019approchent volontiers, en quête sans doute, de perfectionnement linguistique et aussi.de quelques restes alimentaires intéressants.Sur un tableau plus sérieux, il se fait aussi de la bonne besogne administrative.Les assemblées du Conseil Général de notre association se tiennent le vendredi soir et le samedi midi.Et de ces longues délibérations, sortent L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 BULLETIN 1235 entre autres, les décisions suivantes: 1.Le congrès de 1957 aura lieu à Québec les 23, 24, 25 et 26 septembre prochain, sous la présidence du docteur Lucien Larue.Le docteur Pierre Jobin en sera le secrétaire, et le docteur Yves Rouleau, le trésorier.2.Le projet d\u2019assurance-hospitalisation proposé par le gouvernement fédéral aux provinces fera le sujet d\u2019une étude approfondie par le comité d\u2019économie médicale.3.Le conseil a pris connaissance officiellement de l\u2019entente conclue afin de permettre à certains de nos médecins canadiens étudiant en France, d\u2019oceuper des postes de résidents dans les hôpitaux français.L'Union Médicale du Canada publiera prochainement tous les renseignements voulus à ce sujet.4.Le conseil se déclare favorable à l\u2019autonomie complète de la Commission Canadienne d\u2019Accréditation des Hôpitaux, et y maintient sa représentation.5.Le conseil charge son exécutif de préparer un projet d\u2019amendement à sa charte, en tenant compte de certaines suggestions, et de faire rapport à la prochaine réunion.6.Le conseil approuve le principe de la création d\u2019un comité provincial en Colombie canadienne.7.Le conseil procède à des nominations et à des renouvellements de mandat, et la liste complète en est déjà parue.Dimanche, le 16 septembre, après une messe entendue dans le grand salon de l\u2019hôtel, la cueillette des bagages dans les chalets particuliers, et un petit déjeuner pris en commun, nous devons dire adieu à Jasper.Le temps, lumineux et tiède, est à son mieux, comme pour faire regretter davantage cette oasis.Après un dernier regard sur ce qui nous entoure, nous reprenons le train pour la Colombie.La Diezel s\u2019engage maintenant pour de bon dans les sinuosités des Rocheuses, et pour en doser la montée abrupte, contourne les rivières des vallées.En passant, nous saluons le mont Robson, le roi des pics canadiens, qui, coiffé de son bonnet de neige, siège au milieu de sa cour; nous avons la veine de le contempler par ciel clair, ce qui n\u2019est pas fréquent, dit-on.Et notre «tortillard » démesuré, qui nous tire toujours vers l\u2019Ouest, décrit les courbes les plus fantaisistes pour se glisser entre les obstacles.Des derniers wagons, on aperçoit souvent la tête du train qui semble suivre un chemin tout différent du nôtre.Vers le soir, nous pénétrons en Colombie.Puis, quelques heures de sommeil réparateur, et lundi,, le 17 septembre, à six heures et demie du matin, notre rapide, maintenant coupé en deux tronçons, s\u2019immobilise en gare de Vancouver.Nous voilà arrivés au bout de notre longue course, à près de 3000 milles du point de départ.L'\u2019océan Pacifique est là, en arrière des gratte-ciel, et la levée du brouillard matinal nous permettra, plus tard, d\u2019en voir la couleur et le rivage.L'hôtel Vancouver est envahi par une foule de Canadiens français à jeun, et subitement, il devient bilingue.Chacun s\u2019organise pour visiter, selon ses goûts et le temps disponible, la ville même, la jolie banlieue, et pour quelques-uns, la fière capitale insulaire Victoria.Tout le monde s\u2019en met plein les yeux de cette belle cité au climat privilégié, à la végétation facile, aux matins brumeux mais aux après-midis resplendissants.Ce lundi soir, nous rencontrons, dans les salons de l'hôtel, un groupe des nôtres de la région avec lequel nous causons affaires de famille.La soirée du lendemain est consacrée à une réunion médicale, à l\u2019hôpital Saint-Paul, sous - L'Union Méd.Canada 1236 BULLETIN Tome 85 \u2014 Nov.1956 les auspices de la « Vancouver Medical Association ».Cette séance fait époque par l'innovation qu\u2019elle crée, de même que par le rôle remarquable qu\u2019y jouent certains de nos confrères.Le tout se termine, comme il se doit, par des conversations amicales au-dessus des tasses de café.Et encore trop tôt, arrive l'heure de l\u2019exode.Mercredi, le 19 septembre, vers cinq heures du soir, nos voyageurs précédés d\u2019une montagne de valises et de colis disparates, prennent d\u2019assaut la gare de Vancouver.Nous sommes venus dans l\u2019Ouest par la voie du Canadien National, mais nous retournons dans l\u2019Est par celle du Pacifique Canadien.C\u2019est ce qui nous permet de descendre, le lendemain midi, au Lac Louise.Nous avons juste le temps d\u2019y admirer, à 5,000 pieds d\u2019altitude, le château, le glacier Victoria et le lac, et d\u2019y voir déambuler un maître Martin quelconque, tout noir de sa personne, dont c\u2019était justement l\u2019heure de la promenade.De là, nous roulons pendant quarante milles sur le chemin de la reine, en direc tion de Banff, au grand émoi de quelques bêtes du Parc National.En fin d'après-midi, nous descendons à l\u2019hôtel Banff Spring, examinér, pendant quelques minutes, le panorama gigantesque de la rivière Bow.Tant de grandeur fascine, mais nous devons nous arracher à ce spectacle unique pour rallier encore une fois notre spécial de l'A.M.LF.C.Et un immense bond nous ramène vers la plaine où de multiples puits d\u2019huile jalonnent le paysage.C\u2019est le retour vers le réel aux visions plus simples et plus familières.Calgary, Brandon, Chapleau, Sudbury, North Bay passent dans nos fenêtres, et la tête des Grands Lacs se montre à ceux qui se lèvent tôt.Le soir du 21 septembre, il y a travesti sur rails, probablement pour célébrer I'arrivée officielle de 1'automne.C\u2019est l\u2019occasion de faire, dans notre programme, une juste part & l'imagination créatrice de nos compagnes.Fête Joliment réussie, en tout cas, malgré l\u2019exiguïté du parquet et l\u2019indigence des costumiers, où la verve supplée à l\u2019espace, et le génie au manque d\u2019atours.Avec le lever du soleil, dimanche, le 23 septembre, notre hôtel roulant touche Ottawa, et deux heures et demie plus tard, nous descendons à Montréal, gare Windsor, coiffés pour un bon nombre du grand chapeau des prairies.Une dernière photo-souvenir, prise sur les degrés du temple protestant St-Georges, et notre contingent se disperse définitivement.Chacun rentre chez soi, peut-être fatigué, mais content.> sk *k Que restera-t-il d\u2019une telle aventure?Le sentiment d\u2019avoir accompli quelque chose d\u2019instructif et d\u2019infiniment agréable; l'impression d\u2019avoir écrit un peu d'histoire dans le vie médicale canadienne d\u2019expression française; la conviction de connaître un peu mieux notre pays, et la certitude qu\u2019un voyage comme celui-là ne peut faire autrement que de laisser des traces bienfaisantes.Souhaitons que tout le monde s\u2019en porte mieux; et que l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada en sorte plus forte et plus vaillante.Emile BLAIN. L'AVENIR PROMETTEUR DE CERTAINS RADIOISOTOPES EN RADIOTHERAPIE INTERSTITIELLE Germain PINSONNEAULT, Hôtel-Dieu de Montréal.Deux grandes découvertes, datant de 15 ou 20 ans, semblent appelées à rénover complètement les techniques radiologiques de traitement.La première est celle des accélérateurs de particules qui permettent de substituer des faisceaux d\u2019électrons aux faisceaux de rayons X ou gamma, utilisés depuis plus d\u2019un demi-siècle.Quoi qu\u2019on fasse, en effet, les rayons X auront toujours le défaut capital de compliquer le traitement par l\u2019irradiation sans raison d\u2019une masse importante de tissus sains.La bétathérapie à haute énergie, au contraire.s\u2019avère apte à ménager une homogénété et une justesse de répartition de la dose inconnues jusqu\u2019à ce jour.Les résultats cliniques publiés par Haas.de l\u2019Université d\u2019Illinois, de même que le travail poursuivi par Becker à Heidelberg, en Allemagne, légitiment pleinement les espoirs qu\u2019on peut entretenir dans ce domaine.Le deuxième facteur de progrès réside dans l\u2019utilisation des radioisotopes comme sources de gammas en radiothérapie interstitielle.Seule, en effet, la radiothérapie interstitielle peut réaliser pleinement et élégamment ce qu\u2019on a convenu d'appeler le traitement au contact.Chacun sait qu\u2019en réduisant la distance entre la source et l\u2019objet à traiter, on rend de plus en plus abrupte la décroissance de la dose en fone- tion de la profondeur.T1 est clair qu\u2019en ce faisant, on limite de plus en plus à la lésion la ouantité de radiations qu\u2019on entend utiliser.Notre intention est de montrer que les possibilités de la radiothérapie interstitielle, ou gamma thérapie au contact, grâce à des moyens nouveaux, peut atteindre aux avantages de la bétathérapie à haute énergie dans des localisations anatomiques où celle-ci est inapplicable.L'idée d\u2019enfouir des foyers radioactifs dans la masse même d\u2019une tumeur est presque aussi vieille que la découverte du radium.C\u2019est vers 1905, je crois, que Dominici fixa les exigences de conditionnement des aiguilles radifères propres à asurer un rayonnement homogène au sein même des lésions.Les aiguilles creuses de platine, d\u2019un demi millimètre de paroi, contenant un sel de radlum uniformément réparti dans leur cavité axiale, sont encore universellement employées.Le perfectionnement très poussé de l\u2019appareillage roentgen thérapique leur a, à la vérité, porté un dur coup, et pendant quelque temps on aurait pu croire que la curiepuneture était destinée à disparaitre, mais il n\u2019en fut rien.On eut l\u2019occasion, une fois de plus, de se convaincre que l\u2019effet biologique de la quantité de radiations appliquée n\u2019est jamais indépendant du mode d\u2019application.On constata que la curiepuncture était irrempla- cable dans certains types de 1ésion, dont l\u2019exemple le plus frappant, à notre avis, est le nodule lingual résiduel de certains cancers de l\u2019amygdale traités aux rayons X.En un mot, la radiothérapie de surface, même dans des conditions parfaites d\u2019application, ne saurait se substituer, dans tous les cas, à la radiothérapie interstitielle.Il faut bien reconnaitre toutefois que les aiguilles de radium présentent de nombreux inconvénients.Elles sont d\u2019un diamètre relativement considérable (au moins 1.6 mm), elles sont rigides, traumatisantes, souvent difficiles à insérer et à maintenir en place.Elles se prêtent aussi très mal, dans certains cas, à assurer une répartition homogène de la dose.A moins d\u2019avoir à sa disposition un choix très considérable de longueurs d\u2019aiguilles, beaucoup de curiepunctures se soldent par un compromis.Par ailleurs, les tumeurs ne sont malheureusement pas toujours des volumes géométriques réguliers, aptes à se laisser imposer un squelette stéréotypé de fils rigides.C\u2019est pourquoi les Américains ont songé de bonne heure à substituer aux aiguilles de radium élément 1238 de petits étuis d\u2019or, remplis de radon, et dénommés radon seeds.Ces seeds, mm.de longueur par 0.8 mm.de diamètre, sont introduits dans la tumeur à l\u2019aide d\u2019un trocart plus ou moins perfectionné et muni d\u2019un mandrin qui sert de poussoir.L\u2019épaisseur de paroi des gaines d\u2019or étant suffisante pour éliminer la plus grande partie du rayonnement bêta du radon, on se trouve à disposer ainsi de minuscules sources de rayons gamma qu\u2019on peut distribuer à sa guise dans le corps de la lésion.Comme la demi-vie du radon et de ses descendants n\u2019est que de 3.82 jours, l\u2019effet radioactif semble pouvoir être considéré comme nul au bout d\u2019un mois.On paraît done en droit de penser, à première vue, que les seeds laissés en place deviennent, en un mois, de simples corps étrangers inertes, sans propriétés particulières.Et ceci supprime évidemment le souci d\u2019avoir à les retirer du sein de la tumeur.Les seeds de radon constituent des foyers radiactifs à demeure par opposition aux aiguilles de radium élément qui sont des foyers radiactifs amovibles.L'avantage des seeds réside avant tout dans leur facilité apparente d\u2019application.Nous disons apparente parce qu\u2019en pratique il est très difficile de répartir des foyers radioactifs dans une tumeur de manière à y assurer une distribution uniforme et adéquate de l\u2019énergie.Ceci devient à peu près impossible quand on a affaire à une lésion volumineuse, ou située dans un organe mou et déformable comme la langue.Des radiographies en série ont montré que certains de ces foyers, déposés dans les tissus, peuvent s\u2019y déplacer en peu de temps et d\u2019une façon tout à fait imprévisible.Mais les seeds de radon ont encore d\u2019autres défauts inhérents à leur mode de fabrication.Ils sont souvent très inégaux dans leur teneur en radon.Il n\u2019est pas rare qu\u2019on en rencontre d\u2019imparfaitement scellés et, par conséquent, Vidés de leur contenu.De plus, l\u2019extinction de la radioactivité du radon au bout d\u2019un mois est un abus de langage.En réalité, chaque seed vieilli contient du radium D, dont la demi vie est de 22 ans, et continue à émettre durant toute l\u2019existence du sujet qui en est porteur.PINSONNEAULT : RADIOISOTOPES d\u2019environ 3 L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Or personne ne peut juger de l\u2019inocuité des débits infimes qui durent de façon illimitée.Pour toutes ces raisons les seeds de radon ont toujours été un pis aller auquel on devait fatalement chercher une substitution.Dès 1937 Hames avait eu l\u2019idée d\u2019insérer des seeds de radon dans des tubes de soie.Ceci marquait un progrès en rendant amovibles, des foyers radioactifs qui avaient été jusque là employés comme des foyers à demeure, ct surtout, en fournissant un excellent moyen d\u2019assurer une régularité plus parfaite de distribution.Quinze ans plus tard, Morton, je crois, eut l\u2019idée de reprendre la technique de Hames avec des tubes de nylon.C\u2019est alors que se forma, au centre médical de l\u2019Université d\u2019Ohlo, une équipe de chercheurs où on trouve Morton, James, Callendine, Wiliams, Henschke et surtout Myers (médecin doublé d\u2019un chimiste) qui en a été le principal animateur.Comme le centre médical de Columbus avait résolu dès cette époque de remplacer son radium par du cobalt, il était naturel qu'on songeât à substituer aux seeds de radon des seeds de cobalt.Ceux-ci présentaient l\u2019avantage d\u2019un diamètre plus réduit et d\u2019un faisceau de bêtas beaucoup plus mous que ceux du radon, donc facile à éliminer.Mais les premières tentatives donnèrent lieu à de multiples ennuis, en raison de l\u2019altération du cobalt à l\u2019air et de la contamination par des poussières d\u2019oxyde.Tous les essais de plaquage et de vernissage en vue d\u2019enrayer l\u2019altération du cobalt furent vains.Le problème ne fut résolu que par l\u2019adoption d\u2019un alliage (cobanic) contenant 45% de cobalt et 55% de nickel.Après radio- activation du cobalt, le peu de radionickel engendré ne modifie pas sensiblement le rayonnement du cobalt 60.Un fil de cobanic de 40 millièmes de pouce de diamètre se laisse travailler facilement ct présente l\u2019avantage d\u2019une inertie chimique à peu près complète.Ce fil est coupé en troncons d\u2019un centimètre de longueur.Détail intéressant, le cobanic est fortement magnétique, ce qui facilite singulièrement la manipulation des tronçons à l\u2019aide d\u2019un électro aimant placé à l\u2019extrémité d\u2019une longue tige de protection.Chaque cylindre pèse L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 66 milligrammes.Après une exposition d\u2019un mois au flux de neutrons de la pile d\u2019Oak Ridge (5,10! cm?/sec) chaque cylindre présente une activité en gamma équivalente à celle d'un foyer de radium élément d\u2019un peu plus d\u2019un milligramme.Le plaquage des cylindres avec une couche d\u2019un dixième de millimètre de nickel suffit à éliminer le rayonnement bêta et a l\u2019avantage de ne pas nuire au parti qu\u2019on peut tirer, pour les manipulations, des propriétés magnétiques du produit.On trouve dans le commerce un autre alliage composé de 50% de cobalt et de 50% d\u2019un mélange de chrome, de tungsten, de manganèse, de fer, de silice, de carbone, de phosphore et de soufre.Le tout est plaqué de nickel et contre- plaqué d\u2019une couche de chrome pour ménager l\u2019usure du nickel et réduire en même temps au minimum les dangers de contamination.On a aussi réalisé des aiguilles en acier inoxydable, d\u2019une malléabilité variable, (certains modèles se laissent facilement plier), dans lesquelles on enferme de petits cylindres de cobalt 60.Leur diamètre varie de 1 à 1,7 mm.Leur fragilité est évidemment en fonction de leur facilité à se laisser plier.Trois facteurs peuvent servir à illustrer la supériorité du cobalt sur le radium.La première est l\u2019activité spécifique comparée des deux éléments.Cette activité se définit par le nombre de désintégrations atomiques par unité de masse dans l\u2019unité de temps.Une activité d\u2019un microcurie est définie comme correspondant à 37,000 désintégrations par seconde.C\u2019est l\u2019activité d\u2019un microgramme de radium en équilibre avec son radon.Dans le cas du cobalt, l\u2019activité spécifique peut atteindre (suivant l'importance du flux de neutrons des piles actuelles) 36 microcuries par microgramme.Il est probable que dans un avenir prochain cette acivité pourra être doublée ou triplée.Le deuxième aspect de supériorité du cobalt ressort de sa constante d\u2019irradiation (appelée facteur K).Cette constante exprime le nombre de roentgen gamma à l\u2019heure, mesurée à un centimètre d\u2019une source ponctuelle d\u2019un milli- eurie du radio élément en question après filtration à travers une couche d\u2019un demi milli- PINSONNEAULT: RADIOISOTOPES 1239 metre de platine.Le facteur K du cobalt atteint 13.5 pour le cobalt alors qu\u2019il est de 8.4 pour le radium.Enfin le cobalt s\u2019avère théoriquement supérieur au radium à cause de son spectre de gammas qui est presque mono énergétique (1.2 Mev) alors que celui du radium comporte plus d\u2019une douzaine de raies, allant de plusieurs millions de volts à quelques centaines de volts.On comprendra l\u2019importance de ce détail pour le domaine de la radiothérapie interstitielle qui nous occupe présentement.Les ostéoné- croses des maxillaires qui compliquent parfois la curiepuncture des lésions buccales sont des faits bien connus.Il est clair que ces accidents sont dus aux gammas mous que la trop mince paroi de platine des aiguilles de radium se montre impuissante à filtrer et que l\u2019os se montre, lui, particulièrement apte à capter.Les conditions sont tout à fait différentes avec le cobalt qui supprime ces ennuis, grâce à la mo- nochromaticité et à la haute énergie de son faisceau.Si on compare les courbes d\u2019isodoses produites par une aiguille de radium avec celles produites par une aiguille de cobalt, on constate immédiatement que la dose est plus élevée aux extrémités de l\u2019aiguille dans le cas du cobalt, que dans le cas du radium.Les isodoses du cobalt tendent vers une forme régulièrement sphérique, alors que celles du radium gardent une forme ovoide déprimée aux deux pôles.On admet que la curiepuneture au cobalt doit comporter une répartition un peu moins tassée, un champ d\u2019implantation un peu plus réduit, et une dose totale d\u2019environ 15% inférieure à celle de la curiepuncture au radium.Le radio élément idéal de la radiothérapie interstitielle doit posséder une haute activité spécifique de manière à occuper le moins de volume possible.Il doit être dépourvu de rayonnement Bêta, ou en posséder un qui soit facilement absorbable.Autrement la nécessité de s\u2019adjoindre un filtre important ramènerait à des complications de volume.Il doit posséder un rayonnement gamma d\u2019énergie suffisamment élevée pour vaincre les inégalités d\u2019ab- 1240 sorption tissulaire propres aux basses tensions, et suffisamment homogène, pour assurer l\u2019égalité de repartition de la dose.Il doit être chimiquement inerte, de façon à ce qu\u2019on n\u2019ait pas besoin de l\u2019enrober, et à ce que les manipulations ne risquent pas de contaminer l\u2019appareillage du laboratoire.Les avantages et les inconvénients découlant de la longueur de la demi vie du radio élément utilisé sont très complexes et souvent contradictoires.Un radio élément à vie courte possède l\u2019avantage de pouvoir servir à la fois à une application temporaire (foyers amovibles) ou permanente (foyers à demeure) tandis qu\u2019un radio élément à vie longue a l\u2019inconvénient de ne pouvoir servir qu\u2019à une application temporaire.Toutefois l\u2019élément à vie courte est d\u2019une utilisation plus problématique, parce au\u2019il ne supporte pas de délai d\u2019utilisation: ce qui n\u2019est pas toujours commode et expose à un certain gaspillage.Comme dit Myers, il oblige à synchroniser l\u2019arrivée du malade, la réception de l\u2019isotone et le loisir du radiologiste.Un élément à vie longue possède l\u2019avantage de pourvoir servir à des utilisations répétées et de réduire peut-être.dans une certaine mesure, le coût de l\u2019emploi.Mais, à moins d\u2019être inalté- reble et faiblement énergétique, la préparation des fovers exige des précautions spéciales de la prrt dun technicien, et comporte souvent une exposition dangereuse aux radiations.Dans le cas d'u cobalt par exemple, dont la couche de demi-absorption est de l\u2019ordre de 11 mm.de plomb.la préparetion des tubes de nylon requiert pour des raisons de sécurité, un appareillage assez compliqué.Tes aiguilles de cobalt 60 représentent sur les aiguilles de radium l\u2019avantage de ne pas être exposées à couler.Quant à la préparation en tubes de nylon, elle présente sur la préparation en oiguilles l\u2019avantage de pouvoir se plier à n\u2019importe quelle forme, et celui, beaucoup plus imnortant encore, de pouvoir assurer une régularité de distribution inaccessible autrement.Néanmoins les tubes de nylon préparés au cobalt ne sont pas sans défaut.Leur souplesse est loin d\u2019être parfaite et, en cas de rupture, PINSONNEAULT: RADIOISOTOPES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 ils sont exposés à se vider de leur contenu.Il est donc naturel qu\u2019on ait cherché à améliorer cette technique.L\u2019amélioration a porté à la fois sur le contenant de nylon et sur le contenu radioactif.Tous ces travaux ont été menés au centre médical de l\u2019Université d\u2019Ohio.Le premier pas dans la voie du progrès a été de substituer l\u2019or 198 au cobalt 60 et de remplacer les tubes de nylon par des rubans de nylon.L\u2019or 198 a une demi vie de 2.7 jours.Il émet un faisceau de bêtas de 970 kilovolts et un faisceau de gammas de 411 kilovolts.La couche de demi absorption pour les gammas est de 2.8 mm de plomb (comparée à 11 mm pour le cobalt et 8 mm pour le radon).Sa surface de capture pour les neutrons est de 95 barns.La durée de la radiactivation est de l\u2019ordre d\u2019une semaine.Le coût en est peu élevé.L\u2019or 198 est d\u2019une inertie chimique absolument parfaite.La durée de sa demi vie le rend compatible avec les exigences de la radiothérapie interstitielle avec foyers à demeure.Son faisceau de bêtas est à peu près totalement absorbé par une couche de 0.2 mm d\u2019or.L\u2019énergie de son faisceau de gammas est juste dans la bonne marge pour répondre aux desiderata de la radiothérapie profonde sans imposer de mesures extravagantes de sécurité comme le radium et le cobalt.Dans les techniques mises au point par Myers et par Henschke au centre médical de Columbus, l\u2019or à utiliser est envoyé à la pile sous forme de fils de 85 millimètres de longueur et sous des diamètres qui varient de 7 à 15 millièmes de pouce.Le poids total de 8 ou 9 de ces fils est d\u2019envirôn un gramme.Leur activité totale au bout d\u2019une semaine est d\u2019environ 2.5 curics.Dès leur réception, les fils sont introduits dans des gaines d\u2019or stable de 0.2 mm d\u2019épaisseur de paroi.Ces gaines ont pour fone- tion de filtrer l\u2019émission des rayons bêta.Quand on coupe un fil d\u2019or radioactif inclus dans sa gaine d\u2019or stable, on constate que la simple section suffit à sceller d\u2019or stable les dex evtrémités du fil actif.On doit convenir cenendant que la filtration des rayons bêta est un peu amoindrie à l\u2019endroit de la section, mais Mvwers a montré que les électrons qui en éma- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 nent ont un rayon d\u2019action tissulaire qui ne dépasse pas deux milimètres et peuvent être ignorés dans la pratique.Cette fuite des bêtas à l\u2019endroit de la section est d\u2019ailleurs incomparablement moins importante que celle qui se produit aux extrémités des seeds de radon.Les fils d\u2019or 198 ont une extraordinaire souplesse d\u2019emploi.Ils peuvent être introduits tels quels dans des aiguilles ou dans des étuis d\u2019acier inoxydable dont la paroi sert à filtrer les rayons bêta.Ces aiguilles et ces étuis, une fois garnis, peuvent servir, comme source de rayons gamma, aux multiples usages que l\u2019on imagine.L\u2019inertie chimique de l\u2019or réduit les dangers de contaminations au minimum.Et si certains outils, comme les couteaux, servant à la manipulation, restent contaminés, ils perdent spontanément toute trace de radioactivité dans les semaines qui suivent, en raison de la brièveté de la demi vie du produit utilisé.Les fils, recouverts de leur gaine d\u2019or stable, peuvent être sectionnés en foyers de gamma de diverses charges, et servir ainsi à confectionner des moules, qui présentent l\u2019avantage d\u2019une extraordinaire légèreté, puisque la quantité de plomb nécessaire à la protection y est trois fois moins importante qu\u2019avec le radium ou le cobalt.Les malades porteurs de moules et d\u2019appareils radifères à l\u2019or 198 pourraient parfaitement.en cas de pénurie de lits d\u2019hôpitaux, poursuivre leur traitement à domicile, sous la surveillance du praticien.La valeur marchande de la quantité d\u2019or utilisée ne se chiffre qu\u2019à quelques dollars et les dangers de radiolésions pour l\u2019entourage seraient très éphémères dans le ca- où l'appareil s\u2019égarerait une fois le traitement terminé.Les fils d\u2019or 198 engainés d\u2019or inerte peuvent être conservés dans un magasin plombé, muni d\u2019un micromètre et d\u2019un couteau, qui permettent d\u2019obtenir instantanément des seeds de la rherge désirée.Cet appareil très simple ima- ciné nar Myers pèse seulement 17 livres et pent être transporté à la salle d\u2019opération ou ailleurs.Le même auteur a dressé des tables qui permettent de calculer rapidement la longueur à donner aux seeds, en tenant compte de la section du fil et de sa date de radio- PINSONNEAULT: RADIOISOTOPES 1241 activation.Les seeds produits peuvent être stérilisés extemporanément par la chaleur ou dans n\u2019importe quel antiseptique fort.Hen- schke a même proposé de mesurer les seeds directement sur place, à l\u2019aide d\u2019un simple ionomètre du type \u201ccutie pie\u201d.L'appareil préalablement étalonné avec un foyer d\u2019un milligramme de radium, filtré par un demi millimètre de platine, est placé à une distance convenable de l\u2019orifice d\u2019où émerge le fil d\u2019or 198.On n\u2019a ensuite qu\u2019à agir sur la vis micrométrique pour obtenir le seed de la valeur désirée.Les seeds peuvent être introduits au trocart, au fusil ou mieux au moyen d\u2019un jeu d\u2019ai- guilles-guides (décrit par Henschke) et qui seul, à notre avis, peut assurer une distribution rigoureusement régulière et homogène.La constante d\u2019irradiation de l\u2019or 198 est 2.4 roentgen à l\u2019heure.Er multipliant ce résultat par 93 heures, qui est la vie moyenne, on obtient le rayonnement gamma total par milli- curie, qui se trouve être de 223 r.En comparant avec le rayonnement gamma total par millicurie dans le cas du radium (8.4 r à l\u2019heure x 133 heures \u20141117 r), on voit que le rapport de l\u2019un à l\u2019autre est de 1/5.Si donc, dans l\u2019évaluation des doses, on procède par comparaison avec le radium, on devra, pour avoir l\u2019équivalent avec ce dernier, multiplier par 5 la dose figurée en millicuries d\u2019or 198.La technique des seeds de Columbus appa- rait incomparablement plus flexible que celle des grains d\u2019or du Royal Cancer Hospital de Londres.Dans cette dernière, tous les grains ont la même force et l\u2019application ne peut supporter aucun délai.De plus les grains d\u2019or plaqués, au platine \u2014 pour absorber l\u2019émission de rayons bêta sont d\u2019un prix de revient deux fois plus élevé que les seeds d\u2019or de Columbus.La merveille des trouvailles du centre médical de l\u2019Université d\u2019Ohio réside dans l\u2019utilisation des rubans de nylon, appelés de toute évidence à remplacer les tubes du même matériel.Cette trouvaille a été faite par Hens- chke.Si on dépose dans l\u2019eau chaude, à une température un peu inférieure à celle du point d\u2019ébullition, un tube de nylon 101 (fabriqué 1242 PINSONNEAULT: par la Polymer Corporation), on remarque qu\u2019il se ramollit considérablement sans cependant se déformer.Ce tube possède alors, pendant plusieurs minutes, la propriété de se laisser écraser en forme de ruban, lorsqu\u2019on l\u2019étire en l\u2019écrasant entre le pouce et le dos d\u2019une lame de couteau.Les deux parois du ruban se sont amincies et la longueur du tube s\u2019est accrue considérablement.Chose curieuse, les parois se sont simplement accolées, mais non fusionnées.De sorte qu\u2019on peut, avec un stylet, pousser un seed dans la lumière virtuelle du ruban, aussi loin qu\u2019on le désire.Et après l\u2019introduction du seed, les parois restent encore parfaitement accolées, comme elles l\u2019éteient avant l'introduction.Ceci permet donc de pousser dans le ruban autant de seeds qu\u2019on veut, et de les espacer les uns des autres de la distance qu\u2019on veut.Les seeds sont là solidement emprisonnés, et convensblement espacés, dans un petit ruban très souple, d\u2019une extraordinaire solidité.On voit tout de suite les avantages du ruban sur le tube de nylon.Flexibilité plus grande, inutilité des cylindres qui servaient à espacer les foyers radioactifs, aucun danger de perdre les foyers en cas de rupture du ruban.Les rubans conservent indéfiniment leur souplesse s\u2019ils sont conservés dans l\u2019eau ou dans une solution de Zéphiran à 1 pour 1000, qui a en même temps l\u2019avantage d\u2019en assurer la stérilisation.La technique des rubans de nylon peut se prêter à l\u2019application d\u2019autres isotopes que l\u2019or 198.Depuis dernièrement, Henschke semble avoir donné sa préférence à l\u2019iridium 192.La demi vie de ce dernier est de 74 jours.Le prix de l\u2019iridjium est beaucoup plus élevé que celui de l\u2019or, mais sa surface de capture est 750 barns en regard de 95 pour l\u2019or.Son coût de radioactivation est donc beaucoup plus bas.Sa constante d\u2019iradiation est de 3.6.T1 possède une émission de bétas de 670 kilovolts et un faisceau de gammas dont la couche de demi absorption est de l\u2019ordre de 2.3 mm plomb (en comparaison avec 2.7 dans le cas de l\u2019or 19%).Te: seeds d\u2019iridium sont fabriqués en sectionnant un fil d\u2019iridium inclus dans une erine de cuivre qui sert de filtre pour les L'Union Méd.Canada RADIOISOTOPES Tome 85 \u2014 Nov.1956 rayons béta.Le mode de préparation est donc le méme que pour les seeds d\u2019or.Chaque seed mesure 3 mm.de longueur et 0.6 mm.de diamètre.Il équivaut & un foyer de radium d\u2019environ un demi-milligramme.La demi vie de iridium lui confère certains avantages sur l\u2019or.Il devient possible, avec ce dernier, d\u2019avoir une répartition d\u2019énergie plus étalée et plus régulière dans le temps.L\u2019iridium peut aussi supporter un délai raisonnable dans la mise en place des rubans.Henschke a fait mettre dans le commerce un contenant spécial de plomb où sont disposés 16 rubans d\u2019iridjum contenant chacun 12 seeds.Ce contenant, du volume d\u2019une tasse, est conçu de façon à pouvoir laisser sortir le nombre de rubans que l\u2019on désire, alors que les autres demeurent en réserve à l\u2019intérieur du récipient.Pour le transport et au cours de l\u2019utilisation, le récipient contenant les rubans est plongé dans un bocal contenant du Zéphiran à 1 pour 1000.Le bocal complet, scellé et prêt au transport, pèse 5 livres et demie.Henschke (aujourd\u2019hui au Memorial Hospital de New- York) a imaginé ce contenant en vue d\u2019une technique d\u2019application dont chaque geste et chaque détail a été minutieusement pesé et étudié.L\u2019auteur a visé à assurer une disposition des foyers radioactifs d\u2019une régularité plus parfaite que jamais, une répartition chronologique plus en rapport avec les données actuelles de la radiothérapie et enfin une sécurité complète de manipulation.Néanmoins, le dernier mot dans l\u2019utilisation des radio-isotopes en radiothérapie intersti- tielle est loin d\u2019être dit.Myers travaille actuellement sur une technique au chrome 51.Ce dernier possède ün faisceau mono énergétique de 323-kilovolts et l'immense avantage d\u2019être dépourvu de rayonnement bêta.Il a une demi-vie de 28 jours.La couche de demi-ab- sorption de son rayonnement est de 2 mm.de plomb ou de 6 em.d\u2019eau.Il est probable qu\u2019on arrivera à réaliser des cylindres de 2.5 mm.de longueur par 0.8 mm.de diamètre ayant un facteur K d'irradiation de 1.8 r et une activité totale en gammas par millicurie de 1700 r: ce qui les assimilera à des seeds de L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 radon de 1.5 millicurie.Toutefois, l\u2019emploi du chrome 51 est retardé par la difficulté qu'il y a à se procurer du métal chimiquement pur.On ne saurait clore cette revue sur l\u2019emploi de nouveaux radioisotopes en radiothérapie interstitielle sans dire un mot de la technique des injections intratissulaires de liquides radioactifs.La majorité des essais réalisés dans ce domaine ont été faits à l\u2019aide d\u2019une solution colloïdale d\u2019or 198.Les avantages de cette préparation ont été formulés par Hahn et ses collaborateurs.Ce sont les suivants: 1) le traitement peut être fait, dans bien des cas, sur des malades ambulants; 2) le mal des radiations est à peu près inexistant; 3) la préparation colloïdale d\u2019or n\u2019est pas toxique et ne donne lieu à aucune réaction immunologique comme les préparations d\u2019or soluble; 4) le produit s\u2019accumule en très grande partie au point d\u2019injection; 5) il n\u2019y a pas de problème d\u2019excréta radioactifs; 6) la dosimétrie est relativement simple; 7) la composante de gammas de l\u2019or 198 permet un étalonnage facile et rapide du produit; 8) l'énergie modérée des radiations ne crée pas de complications de transport; 9) il est possible de faire des mesures de contrôle à la surface du corps.En dépit de ces excellents arguments en faveur des injections intratumorales d\u2019or 198, la méthode paraît à rejeter pour deux raisons péremptoires.1) Il est extrêmement difficile, sinon impossible, de répartir uniformément un agent radioactif liquide au sein d\u2019une tumeur.2) La présence de l'intégrité du rayonnement bêta de l\u2019or 198 rend illusoire tout espoir d\u2019homogénéité d\u2019action et conséquemment toute évaluation adéquate de la dose tissulaire vraie.Et ceci explique que nous passions sous silence l\u2019emploi du phosphate chromique colloïdal qui est une producteur pur de bêtas.Le seul agent radioactif, pour injections intratumorales, susceptible de trouver grâce dans l\u2019avenir, paraît être le bismuth 206.Parce qu\u2019il est un émetteur pur de gammas.L\u2019'inévitable irrégularité de distribution dans l\u2019application n\u2019a plus, avec les rayons gam- PINSONNEAULT: RADIOISOTOPES 1243 mas, les mêmes inconvénients qu\u2019avec les rayons bêtas.Le bismuth 206 est produit par les laboratoires Philips-Roxane, d\u2019Amsterdam.Il paraît n\u2019avoir été utilisé, jusqu\u2019à maintenant, qu\u2019en Europe.Van Der Werff en a fourni dernièrement une étude qui encourage certains espoirs.Le radio bismuth est produit au cyclotron par bombardement du plomb à l\u2019aide de deu- terons.Or le plomb naturel est un mélange des isotopes stables suivants: Plomb 204: 1.3%.Plomb 206: 26%.Plomb 207: 21%.Plomb 208; 52%.Chacun de ces isotopes fournira done, comme on le conçoit, un produit différent.De sorte que le radio bismuth 206 sera, en réalité, un mélange de bismuth 204, avec une demi-vie de 12 heures.de bismuth 205, avec une demi-vie de 14.5 jours, de bismuth 206 avec une demi-vie de 6.4 jour et, enfin, de bismuth 207, avec une demi-vie de 8 ans.La constante d\u2019irradiation (figurée en milliroent- gen à l\u2019heure à un mètre) est de 0.23 r pour le bismuth 204, 0.25 pour le bismuth 205, 1.9 pour le bismuth 206, et vraisemblablement négligeable pour le bismuth 207.C\u2019est là du moins les conclusions qui se dégagent des analyses faites sur des préparations vieilles d\u2019un an.Le radio bismuth fournit plusieurs raies de gamma dont l\u2019énergie moyenne serait 800 kilovolts, avec maximum à 1.7 MeV et un minimum (c\u2019est là une ombre au tableau) de 73 000 volts.Van Der Werff ne mentionne pas la couche de demi-absorption, de sorte que nous n\u2019avons pas d\u2019idée précise sur le taux de pénétration dans les tissus.Le radio bismuth est facile à séparer chimiquement du plomb qui sert de cible dans la fabrication.On l\u2019obtient sous forme d\u2019acétate, en solution saline isotonique de PH 6.8 - 7.0.Après injection dans les veines, le produit s\u2019élimine par les reins.L'auteur ne précise pas la fraction captée par le système osseux.Un centimètre cube d\u2019une suspension de carbone à 5% peut adsorber, sur ses particules, un millicurie de bismuth 206, dans la proportion de 99%.C\u2019est cette préparation de radio-bis- muth-carbone qui sert aux injections intra- 1244 vtumorales.Elles semble rester confinée indéfiniment au siège de la tumeur.Au bout d\u2019un an, on peut retrouver des traces de bismuth 207 au foyer d'injection.Van Der Werff propose, pour les lésions de moyen volume, une dose de l\u2019ordre de un quart de millicurie par centimetre cube de tumeur.Etant donné la haute énergie des photons, la sécurité de manipulation exige des mesures assez compliquées.Résumé et conclusion.La découverte des accélérateurs de partieu- les et celle des radioisotopes sont en train d\u2019amener la radiothérapie à un tournant de son histoire.L\u2019ambition des vingt dernières années a été d\u2019atteindre à des doses tumorales élevées, celle des prochaines années semble devoir être de limiter de plus en plus strictement les doses à la tumeur.Il devient évident que cette dernière ambition ne peut se réaliser qu\u2019avec des faisceaux d\u2019électrons à haute énergie ou avec une radiothérapie intersti- tielle qui a maintenant à sa disposition, grâce aux radioisotopes, des ressources toujours nouvelles et quasi illimitées.Dans ce dernier domaine, nous pensons que la traditionnelle curiepuncture, telle qu\u2019on la pratique, sans grande variante, depuis 50 ans, a maintenant vécu.En dépit des inappréciables services qu\u2019elle a rendus et qu\u2019elle peut encore rendre, elle doit céder le pas à des techniques indiscutablement plus logiques et plus souples.BIBLIOGRAPH IE I.L.HAAS, R.A.HARVEY, J.S.LAUGHLIN, J.W.BEATTIE et W.J.HENDERSON: Medical Aspects of High Energy Electron Beams.Am.Journ.of Roentgenol.Radium Therapy and Nuclear Medicine, 72: 2, (août) 1954.Paul F.HAHN: Therapeutic Use of Artificial Radioisotopes.John Wiley & Sons Inc, édit.1956.I.HAMES: A new method in the use of radon seeds.Am.Journ.of Surg.New Sertes, 38: 275, 1937.R.A.HARVEY, L.L.HAAS et J.S.LAUGHLIN: Effects of X-ray and electron beam from the bétatron on head and neck cancer.Proceeding of PINSONNEAULT: RADIOISOTOPES L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Second National Cancer Conference, Cincinnati, 1952.U.K.HENSCHKE, A.G.JAMES et W.G.MYERS: Radiogold Seeds for Cancer Therapy.Nucleonics, 11: 46-48, (mai) 1953.U.K.HENSCHKE, A.G.JAMES et W.G.MYERS: Radiogold Seeds in Clinical Therapy.Radiol, 63: 390-399 (sept.) 1954.U.K.HENSCHKE : Artificial Radioisotopes in Nylon Ribbons for Implantation in Neoplaems.Brochure distribuée par l\u2019auteur.U.K.HENSCHKE, A.G.JAMES et W.G.MYERS: Radiogold Seeds for Cancer Therapy.Handbook of Radioisotopes Applications.Publié par Nucleonics, p.24 (sans date de publication).A.G.JAMES, R.D.WILLIAMS et J.L.MORTON: Radioactive Cobalt as an Adjunct to Cancer Surgery.Surgery, 30: 95-105, (juillet) 1951.Robert L\u2019ABBE et Germain PINSONNEAULT: L\u2019avènement du Bêtatron en Médecine.L\u2019Union Méd.du Canada, 85: 755-762 (juillet) 1956.J.L.MORTON, G.W.CALLENDINE, W.G.MYERS: Radioactive Cobalt-60 m Plastic Tubing for Interstitial Radiation Therapy.Radiology, 56: 553, 1951.W.G.MYERS: Applications of Artificially Radioactive Isotopes in Therapy.Am.J.Roentgenol.and Radium Therapy, 60: 816-823, 1948.W.G.MYERS: Applications of artificial Radioisotopes in Interstitial Radiation Therapy.Isotope Panel, Proceedings of the 2nd National Cancer Conference, Cincinnati, Ohio, 5 mars 1952.W.G.MYERS: Neutron-Radioactivated Pure Chromium Crystals as Sources of Gamma Rays for Radiation Chemotherapy.Radiol, 66: 268, (fév.) 1956.W G.MYERS, B.H.COLMERY ct W.M.McLELLON : Radioactive Gold-198 for Gamma Radiation Therapy.Am.J.Roentgenol, 70: 258- 273 (août) 1953.CG.PINSONNEAULT: Le Bêtatron, Merveille des Machines à Rayons X.L\u2019Union Méd.du Canada, 78: 448, (avril) 1949.J.T.VAN DER WERFF: Bismuth 206, a New Radioactive Isotope for Therapy.Radioisotope Conference.Butterworths Scientific Publications 1: 36, 1954.J.T.VAN DER WERFF: Radiobismuth.Medica- mundi.2: 83.1956. L'ASPECT PSYCHO-SOCIAL DE LA RÉHABILITATION CHEZ LES AMPUTES DES MEMBRES SUPÉRIEURS GC.GINGRAS, M.MONGEAU, V.SUSSET, R.LEMIEUX, J.-M.CHEVRIER, R.VOYER.L'aspect psycho-social de la réhabilitation chez les paraplégiques, les hémiplégiques et les amputés des membres inférieurs a fait l\u2019objet de plusieurs recherches à l\u2019Institut de Réhabilitation de Montréal.Même si on a consacré plusieurs études aux accidentés du travail, aux anciens combattants et aux porteurs d\u2019assurances, on trouve très peu d\u2019écrits relatifs à la réhabilitation totale des indigents et des cas non-protégés par les commissions d\u2019accidents du travail ou les assurances.Nous avons l\u2019intention de faire plus tard la synthèse des résultats dans les diverses catégories d\u2019infirmité en fonction des variations qui s'imposent dans le processus de réhabilitation.LIEU DE L\u2019ENQUÊTE.Cette étude fut menée à l\u2019Institut de Réhabilitation de Montréal, organisme indépendant qui a été conçu et établi dans le but d\u2019appliquer la réhabilitation dans toutes ses modalités y compris le placement.Ce dernier service se fait en collaboration avec la section spéciale des handicapés du Service National de Placement.Cas.Pendant les cinq dernières années, un total de 52 amputés des membres supérieurs nous furent dirigés; le groupe se compose de 41 hommes et 11 femmes.Toutefois, 47 candidats seulement se présentèrent au premier examen; les 5 autres avaient été référés à l\u2019Institut par des agences sociales, mais une enquête préliminaire révéla qu'il s\u2019agissait d\u2019infirmités de longue date et de dépendance totale.Le temps écoulé entre l\u2019amputation et la 1.Ce travail fut réalisé grâce à la Fondation Bier- mans pour la recherche en réhabilitation.Il a été présenté à la quatrième assemblée annuelle de l\u2019Association Canadienne de Médecine Physique et de Réhabilitation à London, Ontario en juin 1956.date de référence s\u2019échelonne entre deux mois et, chiffre inoui, 50 ans! TABLEAU 1 ORIGINE DES PATIENTS Origine Nombre Yo Hôpitaux .2 3.85% Associations de bienfaisance .8 15.38% Le client lui-même .37 71.15% Médecins .5 9.62% Total 2222222 52 100 % Ce tableau indique la source de référence ainsi que le pourcentage dans chaque cas.Soulignons que, dans l\u2019ensemble, les références personnelles atteignent 71 % alors qu\u2019elels ne sont que de 24 % dans les cas d\u2019amputation des membres inférieurs.Plusieurs des cas qui font l\u2019objet de cette recherche se sont présentés sans aucun doute par simple curiosité.TABLEAU II AGE DE 52 AMPUTÉS DES MEMBRES SUPÉRIEURS Groupe d'âge Nombre Yo 0 à 14 .oovevnininnnn.3 5.77% 15 à 29 (oii 23 44.23% 30 à 44 LL.L 12 eee aa 006 12 238 % 45 à 59 LL.L2 Lea caen 10 19.23% 60 à 75 ii aan 4 7.69% 101701 MA tt.52 10 % L\u2019étude de ce tableau révèle que la majorité des cas sont groupés entre 15 et 44 ans.Le groupe des jeunes est plus nombreux à cause de la haute incidence d\u2019agénésies.Il semble que l\u2019agénésie soit plus fréquente aux membres supérieurs.MÉTHODOLOGIE.Des 47 cas qui se présentèrent à l\u2019Institut pour fin d\u2019évaluation, 30 furent revus plus 1246 tard pour les fins du présent projet de recherche.Les examens subséquents révélèrent deux décès.Trois cas ne purent être retracés; trois refusèrent de se présenter alors que 8 sur 14 répondirent à un questionnaire envoyé aux clients domiciliés au loin.Les résultats sont donc basés sur 38 cas.TABLEAU III RE-EXAMEN (FoLLOw-UP) Méthode Nombre % A l\u2019Institut .23 60.53% Aux Nursing Homes .1 2.63% A domicile .3 7.90% Au travail .2 5.26% A l\u2019école .1 2.63% Réponse au questionnaire 8 215 % Total .c.38 100 % On constate que 60 % des cas subirent l\u2019examen à l\u2019Institut alors qu\u2019au cours d\u2019une enquête menée chez les hémiplégiques, seulement 47 % purent s\u2019y présenter.Il s\u2019agit d\u2019une indication de plus, à savoir, que la réhabilitation des hémiplégiques est sans aucun doute la plus compliquée.Les visites à domicile ou ailleurs furent faites par une équipe composée d\u2019un physiatre (V.S.), d\u2019un psychiatre (R.L.), d\u2019un psycho- lobue (J.-M.C.), et d\u2019une assistante sociale médicale (R.V.) L\u2019enquête se divise en trois temps: 1.L\u2019étude des dossiers relativement aux traitements antérieurs et à l\u2019hospitalisation.2.La réhabilitation et ses résultats.3.Résultats des ré-examens.Le temps écoulé entre les deux examens servant de termes de comparaison s\u2019échelonne entre 10 mois et 5 ans.PREMIER TEMPS.Etat cuil.Ici, les résultats n\u2019ont pas la signification et l\u2019importance sociale qu\u2019ils ont relativement aux paraplégiques, aux hémiplégiques et aux amputés des membres inférieurs.Le groupe se compose de 15 personnes mariées, 35 célibataires, 1 veuf et un séparé.GINGRAS Er Corr.: RÉHABILITATION DES AMPUTES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 TasLkau IV EpuUcATION Niveau Nombre % Illettré 2202222000 1 19 % Primaire .\u2026.34 654 % Elémentaire .10 192 % Supérieur .6 116 % Université .1 19 % Total .52 10 % L\u2019incidence la plus élevée se trouve aux niveaux primaire et élémentaire tout comme chez les paraplégiques, les hémiplégiques et les amputés des membres inférieurs.TaBLEAU V ETIOLOGIE Etiologie Nombre Yo Vasculaire .1 1.92% Infectieux .6 11.54% Congénital .6 11.54% Traumatique .31 59.62% Tumoral .ccoo.n.3 5.77% Diagnostic non confirmé .5 961% Tital L.L12 201012 a eee» 52 100 % Ces résultats sont éloquents, si on les compare avec ceux obtenus chez les amputés des membres inférieurs.1.9% seulement sont d\u2019origine vasculaire, alors que chez un groupe de 90 amputés des membres inférieurs, 64 % présentaient une étiologie commune.Un autre point de comparaison intéressant: les traumatismes sont responsables de 60 % des amputations des membres supérieurs alors qu\u2019ils sont à l\u2019origine de seulement 21 % des amputations des membres inférieurs.TABLEAU VI TYPE D\u2019AMPUTATION Niveau de l\u2019amputation A droite A gauche Nombre % Nombre % Bras: Tiers supérieur .10 19.2% 2 38% Tiers moyen .6 116% 1 19% Tiers inférieur .2 38% 4 19% L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Avant-bras: Tiers supérieur .3 58% 3 58% Tiers moyen .5 97% 6 116% Tiers inférieur .1 19% \u2014 \u2014 Mains et doigts .6 116% \u2014 \u2014 Deux cas présentaient des amputations des deux membres supérieurs; le premier, une double amputation au-dessous du coude, le second, une double amputation au-dessus du coude.Le tableau indique également que les amputations à droite et au tiers supérieur du bras sont en prédominance.L\u2019enquéte indique que le groupe ne comprenait que deux gauchers.Résultats de examen médical.Tous les traumatisés furent hospitalisés immédiatement après l\u2019accident.Les malades présentant des tumeurs ou des maladies vasculaires furent tous référés au chirurgien à la suite de l\u2019apparition des symptômes.L'âge des cas congénitaux est: 19, 23, 21, 17, 21 et 38 ans; à notre grande surprise, un seul avait déjà bénéficié de traitements.Un de ces patients avait été vu et traité par un psychiatre avant l\u2019examen médical à l\u2019Institut.DEUXIÈME TEMPS TABLEAU VII RECOMMANDATIONS Recommandations Nombre.% Hospitalisation .2 4.26% Revision chirurgicale du moignon .2 4.26% Physiothérapie .13 27.66% Occupation thérapie .13 27.66% Evaluation psychologique .8 172 % Evaluation du service social médical .47 100 % Orientation scolaire et professionnelle et Placement .19 40.43% Prothèses .17 36.17% Refusés aprés examen médical 9 19.15% Il faut noter que chez un bon nombre de clients, les recommandations s\u2019adressaient à plusieurs départements.38 cas, soit 80 % furent acceptés pour traitements ou autres GINGRAS er Cort.: REHABILITATION DES AMPUTES 1247 services.9 cas ou 19 % ne furent pas acceptés à la réhabilitation pour les raisons suivantes: a) Quatre patients s\u2019étant réhabilités eux- mêmes ne furent pas acceptés pour traitements.b) L'Institut ne disposait pas des facilités nécessaires pour deux clients.c) Le mauvais état général de trois patients ne permettait pas la réhabilitation.TABLEAU VIII PROTHESES PRESCRITES ET PROCUREES Type de prothèse Nombre % Bras et crochet .5 10.64% Bras décoratif et crochet interchangeable .10 21.28% Bras et gant .2 425% Total .17 36.17% Ce tableau indique que des prothéses furent recommandées et procurées dans 17 cas seulement, soit 35 % des 47 cas initiaux; on enseigna à tous l\u2019utilisation adéquate de ces prothèses.Aucune recommandation pour la balance des cas (30) ne fut faite, alors qu\u2019ils s'étaient réhabilités eux-mêmes ou que leur état général ne permettait pas l\u2019usage efficace d'appareils.Chez plusieurs, le quotient intellectuel n\u2019était pas assez élevé pour conseiller l\u2019usage de prothèse.TROISIÈME TEMPS Eléments au follow-up.L'examen et l\u2019évaluation furent d\u2019avantage poussés au moment du follow-up, et l\u2019on attacha plus d'importance aux aspects psychiatrique et psychologique, de même qu\u2019aux conditions associées.TABLEAU IX RECOMMANDATIONS AU FoLLOow-UP à la clinique Recommandations au Follow-up sélective Prothèse .2 17 Physiothérapie .1 13 Occupation Thérapie .1 13 Evaluation psychiatrique 30 \u2014 Evaluation psychologique 28 8 Orientation et placement 8 19 1248 Le tableau ci-dessus établit une comparaison entre les recommandations du premier examen et du follow-up.La prothèse d\u2019un patient n\u2019était plus en état de servir à la suite d\u2019usage courant.Dans un second cas, le patient qui avait d\u2019abord refusé un appareil en réclamait maintenant un en prévision d\u2019un emploi.TABLEAU X CONDITIONS JUXTAPOSÉES Conditions Nombre % Vasculaire ou pathologique générale .5 13.16% Traumatisme affectant d\u2019autres membres .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.4 10.53% Maladie neurologique .\u2026.3 7.90% Désordre psychiatrique .\u2026.4 10.53% (07:70 17 MA 2 5.26% Cancer 122200000000 0e 1 2.62% Total .oovvvirinannn.19 50 % Ce tableau indique les divers états pathologiques juxtaposés augmentant la complexité de la réhabilitation.Indépendance vis-à-vis les activités routinières.On a constaté que 37 patients, au nombre desquels 16 avaient reçu des traitements spécifiques, sont devenus tout à fait indépendants vis-à-vis les activités routinières.Au moment des tests, on compare les amputés avec la norme physique commune.Conclusions de la recherche par rapport à l\u2019usage des prothèses.Sept patients, soit 41.28 % se servent quotidiennement de prothèses.Dix patients, soit 58.8 % des cas à qui des prothèses avaient été prescrites ne se servaient plus de leurs appareils à l\u2019époque du follow-up pour les raisons suivantes: a) Huit patients se jugeaient suffisamment indépendants vis-à-vis les activités routinières et travaillaient sans cette aide.b) L\u2019un d\u2019eux est un amputé d\u2019un membre supérieur et d\u2019un membre inférieur; il est maintenant domicilié dans un Nursing Home où l\u2019on n\u2019encourage pas l\u2019usage des prothèses.GINGRAS rer Cor.: REHABILITATION DES AMPUTÉS L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 c) Un patient présente un état psychiatrique grave.Aspect occupation à l\u2019époque du follow-up.Parmi les 38 patients qui bénéficièrent des services de la médecine physique et de la réhabilitation, 18 cas (47.37 %) occupent actuellement, un emploi.Cinq cas (13.15 %) poursuivent des études aux écoles ou dans les universités.Douze ne sont pas salariés, mais indépendants vis-à-vis les activités routinie- res (31.58 %).Trois cas (7.9 %) vivent dans une institution pour les raisons suivantes: a) L\u2019un des patients présente à la fois une amputation d\u2019un bras et d\u2019une jambe.b) Un deuxième est confiné dans un hôpital psychiatrique.c) Le troisième est au sanatorium.CONCLUSIONS PSYCHOLOGIQUES Une évaluation psychologique fut prescrite dans huit cas lors de la clinique de dépistage.Vingt-trois évaluations, y compris Wech- sler-Bellevue (et Ottawa-Wechsler), et autres tests à l\u2019occasion furent menés à l\u2019époque du follow-up afin d\u2019évaluer le placement, l\u2019adaptation au handicap et le facteur intelligence.Les résultats du quotient intellectuel en relation avec le placement ou l'éducation s\u2019établissent comme suit: Les patients ayant un quotient intellectuel situé dans la moyenne ou au-dessus de la moyenne (90-127) occupaient tous un emploi à l\u2019époque du follow-up.Par ailleurs, ceux dont le quotient intellectuel se situait dans la moyenne ou au-dessus, mais qui étaient considérés psychologiquement inaptes au travail à cause de leur personnalité, n\u2019occupaient pas d\u2019emploi.Deux clients dont le quotient intellectuel se situait en-dessous de la moyenne (50-89) dans le groupe des employables travaillaient effectivement à l\u2019époque du follow-up, alors qu\u2019ils chômaient au moment de la clinique de dépistage.Toutefois, ces deux patients avaient démontré un quotient intellectuel satisfaisant: 80 \u2014 89. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Par ailleurs, les patients du groupe « non- employables », ainsi classifiés à la clinique de dépistage en vertu de leur quotient intellectuel se chiffrant entre 50 et 79, n\u2019occupaient pas d'emploi à l\u2019époque du follow-up.CONCLUSIONS PSYCHIATRIQUES 1.La psychologie des amputés des membres supérieurs ne semble pas être modifiée en fonction du handicap ou de la réhabilitation possible.Le facteur le plus important quant à l'adaptation à l\u2019infirmité semble inversement proportionnel au désaccord existant en- GINGRAS Er Corr.: RÉHABILITATION DES AMPUTÉS 1249 à la vie sans ce dernier considérait la prothèse comme un membre inutile ou gênant.Une adaptation antérieure satisfaisante s\u2019est trouvé annihilée par cette addition; la gêne et l'embarras furent à l\u2019origine d\u2019une dépression grave chez un garçon de 17 ans.3.En présence d\u2019un membre supérieur gravement difformé et non fonctionnel, à la suite d'un processus tumoral ou infectieux, ceci chez un individu ne présentant pas d\u2019autres phénomènes pathologiques, on a constaté que suggérer l\u2019amputation n\u2019était guère recommandable puisque le sujet semblait tenir TABLEAU XT ASPECT PLACEMENT 1 | 1 i ' RECOMMANDATIONS A LA, ; ANTERTEUR Er CLINIQUE FOLLOW-UP | GRAND CLINIWE SELECTIVE , IQ.y, ELECTIVE , TOTAL | I \u2014 I ' I ' ) y Avec emploi , Sans enploi , Total Avec emploi | Sans emploi | Total | 1 À i 1 4 4 4 1 ' ' \u2018 ' i i , 50-89 ' 0 ! 2 \u2026 2 2 1 0 2 1 4 + 1 + i 3.1 4 CAPABLE D'OCCUPER ' t .; 1 ' UN EMPLOI « 90-127 , 8 | 5 , 13 13 , Ô , 13 , 26 i À 4 À.4 i i 1 i 1 i ' 1 ' N | | 8 ! 7 1 15 15 i 0 1 15 J 30 i À.i 3 3 i 1 1 1 ' 1 I i ' 1 50-89 1 1 | 4 1 5 0 ) 5 1 5 1 10 i | ! 1 J | 1 INCAPABLE D'OCCUPER !\u2018 ! ! ! ! ! ! UN EMPLOI 1 80-127 1 3 I 0 1 3 0 I 3 1 3 1 6 1 i \u2018 1 i J 1 ! 1 i 1 i ' 1 N | ' 4 1 4 ! 8 0 1 8 ' 8g 1 16 | 1 | + | I 1 1 I I I 1 ! 1 GRAND TOTAL ! ! 12 ! 1! 23 15 8 ! 23 ! 46 ' 1 1 ' ' ! 1 tre le moi idéal et le moi réel.Le bras, par exemple, est moins important pour l\u2019individu qui considère son moi idéal en fonction de son intelligence et par conséquent se désintéresse jusqu\u2019à un certain point de l\u2019intégrité de son bras.Bien au contraire, les résultats de la réhabilitation peuvent s\u2019avérer insatisfaisants chez l\u2019individu actif qui accorde une grande importance à ses mains comme instruments de travail.2.Chez les patients souffrant d\u2019agénésie, l\u2019image du corps n\u2019incluait pas le membre absent et, par conséquent, le sujet s\u2019étant adapté davantage au membre affecté qu\u2019à l\u2019image idéale du membre parfait.Les mécanismes de défense contre l\u2019anxiété se traduisent surtout par un négativisme qui chez au moins six cas prit l\u2019allure d\u2019hypoma- nie.Toutefois, chez l\u2019un d\u2019eux on constata qu'il y avait évidence de phases dépressives alternant à des tentatives de suicide.La réaction formation apparut chez six cas, mais sans nécessairement entraver l\u2019adaptation au handicap.Parmi ceux-ci, deux seulement développèrent une hostilité intense qui dégénéra par la suite en dépression psychoti- 1250 que.Même en présence d\u2019un nombre limité de sujets, on a l'impression que l\u2019agénésie ou une amputation contractée dès le bas âge favorise l\u2019adaptation à l\u2019infirmité mais pas du tout la réhabilitation avec prothèse.La perte d\u2019un membre supérieur chez un adolescent serait la source de phénomènes psycho-pathologiques plus nombreux, quoique le pronostic de réhabilitation demeure favorable.Cet élément repose peut-être sur l\u2019indépendance déjà acquise sans traitements aucuns.Un adulte de plus de 25 ans, amputé du membre supérieur, surtout s\u2019il a des responsabilités familiales, peut présenter un assez bon pronostic de réhabilitation physique, mais une adaptation médiocre vis-à-vis le travail.Ou bien le sujet est déprimé à cause d\u2019embarras financiers, ou encore l\u2019atmosphère dans laquelle il vit maintenant lui est cause d\u2019irritation constante.C\u2019est ainsi que deux clients présentant des personnalités paranoïdes projetèrent sur une firme ou sur la société leur ressentiment personnel.Conclusions 1 \u2014 Cette enquête révèle que les sujets mâles sont quatre fois plus nombreux que les femmes.2 \u2014 Les amputés des membres supérieurs se présentant d\u2019eux-mêmes à l\u2019Institut, sans y être dirigés par un médecin ou un hôpital, sont plus nombreux que les autres handicapés.3 \u2014 Les agénésies des membres supérieurs semblent plus nombreuses que celles aux membres inférieurs.4 \u2014 L'état civil n\u2019est pas significatif.5 \u2014 Les cas d\u2019origine vasculaire sont beaucoup plus nombreux chez les amputés des membres inférieurs, alors que la situation est à l\u2019opposé chez les traumatisés.GINGRAS er Cour.: RÉHABILITATION DES AMPUTÉS L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 6 \u2014 Il semble assez évident qu\u2019on ait très peu fait au cours des dernières années dans le domaine chirurgical et protéthique pour des patients qui souffrent d'agénésie des membres supérieurs.7 \u2014 L'enquête indique que des prothèses furent prescrites et procurées à seulement un tiers des cas référés.8 \u2014 Les amputés des membres supérieurs, surtout les agénésiques, présentaient une adaptation spontanée quant aux activités routinières; ceci, sans l\u2019intervention de la réhabilitation ou du prothétiste.9 \u2014 Malgré une évaluation physiatrique soignée et des directives concernant l'usage des prothèses, l\u2019on constata au moment du follow-up que seulement 41,28% des cas faisaient usage maximum des prothèses.10 \u2014 Les constatations psychologiques au moment du follow-up indiquent que les patients doués d\u2019un quotient intellectuel normal, ou au-dessus de la normale, indépendamment des services reçus, purent se trouver un emploi.11 \u2014 Il semble que tous les sujets souffrant d\u2019amputation des membres supérieurs, quelle que soit l\u2019étiologie, devraient être soumis à un processus d\u2019évaluation complète du point de vue réhabilitation, y compris physiatrie, psychiatrie et psychologie.12 \u2014 Bien que notre expérience soit limitée au niveau psychiatrique, nous avons l\u2019impression que la prescription de prothèses doit reposer sur plusieurs facteurs.Il faudra considérer avec soin le but à atteindre et analyser les problèmes de l'heure, mais avant tout évaluer très soigneusement l\u2019atmosphère réelle dans laquelle devra vivre et évoluer le sujet, comparée avec l\u2019idéal irréalisable qu'il entretient peut-être. ÉTUDE DE L\u2019OSTÉOSARCOME ! Robert L\u2019ABBÉ, Service de Radiologie, Hôtel-Dieu de Montréal.En vous présentant un travail sur l\u2019ostéosarcome, notre but n\u2019est pas de vous soumettre une compilation livresque, mais de vous communiquer plutot certaines notions de physio-pathologie radiologique acquises lors de confrontations radio-anatomo-cliniques de quelques milliers de cas de tumeurs osseuses.\u201d Nous considérerons l\u2019aspect pathologique de l\u2019ostéosarcome, l\u2019aspect clinique et puis, plus spécialement, le côté radiologique tout en tenant compte du diagnostic différentiel et de la responsabilité du radiologiste.Entendons-nous d\u2019abord sur les éléments histologiques d\u2019une tumeur osseuse.Toute tumeur osseuse comprend la plupart du temps presque tous les éléments qu\u2019on retrouve dans l\u2019os: tissu fibreux avec collagène et fibroblas- tes, ostécytes, ostéoblastes, cellules géantes (ou ostéoclastes), chondroblastes, chondrocy- tes, Vaisseaux sanguins, etc.Si l\u2019on rencontre tous ces éléments dans un néoplasme osseux, comment différencier un fibrosarcome d\u2019une tumeur à cellules géantes, ou d\u2019un ostéosarcome ou d\u2019un chondrosarcome?La seule façon, qui est la base même de la nomenclature de ces lésions malignes, est l\u2019étiquetage du tissu dominant: donc, le tissu qui domine une lésion, la nomme.Cette règle, maintenant acceptée universellement, simplifie de beaucoup la nomenclature en éliminant la diversité des noms, tel ostéo-chondro-fibrosar- come, qui tout en décrivant les éléments de la tumeur sans nommer celle-ci, empoisonnent la vie des radiologistes par une trop longue dénomination.Pour le degré de malignité (grading), c\u2019est toujours la portion du tissu qui est la moins différenciée qui sert de base.Parmi les nombreux synonymes qu\u2019on ac- 1.Communication à la Société Canadienne-Fran- caise d\u2019Electro-Radiologie Médicale, le 10 décembre 1955.2.Lors de l\u2019étude de toute la collection du Registry of Radiologic Pathology.Armed Forces Institute of Pathology.Washington.D.C.corde à l\u2019ostéosarcome, deux méritent d\u2019être retenus: sarcome ostéoblastique et sarcome ostéogénique (sclérosant ou non).Les autres, ostéoblastome, sarcome juxtacortical ou pé- riosté, sarcome ostéolytique, sarcome télan- glectatique, anévrysme osseux malin, doivent être rayés, car ils prêtent à confusion ou représentent une entité différente.Pour être simple, on peut dire que l\u2019ostéosarcome est une tumeur dont l\u2019ostéoblaste est la cellule d\u2019origine.Pour toutes fins pratiques, disons que la lésion se compose d\u2019ostéoblastes malins qui produisent une matrice ostéoïde, laquelle matrice devrait se calcifier.Il y a toujours en plus des ostéoclastes (cellules géantes) du tissu fibreux avec collagène \u2018et fibroblastes et même du tissu cartilagineux le plus souvent par métaplasie.Les ostéoblastes malins peuvent être plus ou moins nombreux et plus ou moins bien différenciés.De même la production de la matrice ostéoïde peut être considérable ou à peine existante et sa calcification très marquée ou à peine présente.Tous les états intermédiaires sont possibles.N\u2019oublions pas que les ostéoblastes prennent environ 10 jours pour donner naissance à une matrice calcifiée tandis que 8 heures environ suffisent aux ostéo- clastes pour la digérer et la détruire à l\u2019aide de leurs enzymes.C\u2019est la différenciation cellulaire et aussi la vascularisation qui sont surtout responsables de la calcification.Des cellules tumorales bien différenciées tendent a reproduire une substance osseuse se rapprochant de l\u2019os normal.Si la vascularisation est faible, il y aura déposition de sels calcaires (la tension en CO» baisse, le pH devient alcalin et le calcium précipite), mais si elle est abondante, le calcium demeurera solubilisé et la matrice ne se calcifiera \u2018pas.L'image radiologique est alors celle d\u2019une lésion lytique et pourtant si la formation ostéoïde est abondante, certains pathologistes décriront 1252 cette lésion comme sclérosante.Les zones lytiques de la tumeur peuvent résulter ou de l\u2019activité désordonnée des ostéoclastes qui font partie de la lésion, ou de la destruction de l\u2019os par les amas de cellules ostéoblastiques malignes s\u2019infiltrant, mais n'ayant pas encore produit de matrice ou ayant produit une matrice qui ne peut parvenir à maturité (elle est alors détruite par les ostéoclastes avant les 10 jours nécessaires à la calcification).La calcification de l\u2019ostéosarcome, lorsque présente, n\u2019a jamais l\u2019aspect de l\u2019os normal; c\u2019est surtout de l\u2019os pseudo-lamellaire: on aura des taches irrégulières très denses, un mouchetage diffus, une zône d\u2019ivoire d\u2019un seul bloc, des bandes plus ou moins régulières et même plus rarement des flocons d\u2019aspect ouaté.C\u2019est tout particulièrement la calcification de la matrice tumorale qui permet au radiologiste d\u2019identifier la nature de la lésion.Il a une vue d\u2019ensemble du tissu dominant et cet avantage que lui confère le film donne souvent priorité à son interprétation sur celle du pathologiste, surtout lorsque celui-c1 n\u2019a pour faire son diagnostic qu'une biopsie de la grosseur d\u2019un pois.Il ne faut jamais oublier que la biopsie ne renseigne que sur une petite portion de la lésion.Ainsi la biopsie à l\u2019aiguille peut faire plus de tort que de bien en cachant l'identité propre de la tumeur.En effet, l\u2019aspiration pourra ne ramener qu\u2019une \u2018portion fibreuse du stroma d\u2019un ostéosarcome, et alors on croira qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un fibrome ou d\u2019un fibrosarcome de faible malignité.Cette méthode à l'aiguille doit être rejetée sauf pour des circonstances bien spéciales.Seule la biopsie large faite à la salle d\u2019opération est acceptable mais sous la directive du radiologiste qui doit indiquer sur le film l\u2019endroit où la résection doit se faire; il doit même proposer la dimension du bloc À exciser car seule une bonne section pourra donner une vue d\u2019ensemble de la lésion avec le tissu prédominant.Ajoutons que l\u2019interprétation est souvent fort difficile et demande un pathologiste expérimenté dans les os.| Voyons brièvement ce qu\u2019on peut tirer de la clinique.oo L\u2019ABBE: OSTEOSARCOME L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 La douleur est d'ordinaire le premier et le plus important symptôme.Elle est modérée dans les lésions à croissance lente et assez sévère dans celles qui croissent rapidement.En général, elle est continuelle, à maximum nocturne, exacerbée par les mouvements et le stress physique.Elle précède presque toujours l\u2019apparition d\u2019une masse.Fait important, les caractères de cette douleur traduisent souvent le mode de progression de la lésion au voisinage du périoste.Nous verrons plus loin que la barrière offerte par le périoste sera cause de paroxysmes douloureux périodiques au cours du processus de lamellation, de douleur constante et croissante au cours de la formation des spicules, et de douleur croissante avec un maxima, puis rémission incomplète au cours de la destruction corticale et périostée telle que Codman l\u2019a décrite dans la formation du triangle.On va jusqu\u2019à dire que le clinicien averti devrait faire une description de l\u2019image radiologique d\u2019après l\u2019étude de ce symptôme.Ajoutons que la douleur ne lâche jamais et la plupart du temps devient terrible à mesure que la lésion s\u2019étend; la médicamentation analgésique doit être constamment augmentée jusqu\u2019à un point où il n\u2019y a plus de sédation (dans lésion avancée).Enfin, l\u2019anamnèse de la douleur, avec la présence d\u2019une masse et souvent une fracture, signent le diagnostic clinique de l\u2019ostéosarcome.En présence d'une lésion radiologique il cest souvent possible de distinguer une métastase d\u2019une lésion primitive par la clinique seule; en général, la douleur de la métastase précède de plusieurs semaines apparition de tout signe radiologique, tandis que la lésion primitive est presque toujours présente à l'apparition du premier symptôme.Il v a deux points importants au point de vue laboratoire la sédimentation qui est accélérée ct le taux de phosphatase alealine qui est élevée, mais d\u2019une façon inconstante.La formation par la tumeur d\u2019une matrice ostéoïde qui se calcifie, c\u2019est-à-dire la fone- tion o-téoblastique de la tumeur, conditionne rette variation.L\u2019on comprendra alors qu\u2019une élévation marquée en cours de maladie signe \u2014 mem st\".pm Ag ap \u2014\u2014y om - L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 le plus souvent une dissémination pulmonaire de métastases à activité ostéoblastique.L'histoire d\u2019un traumatisme vaut certes la peine d\u2019être mentionnée.Quel est son rôle?Impossible à préciser.Mais fait curieux, un certain nombre de cas ont été rapportés avec clichés négatifs lors du traumatisme et un mois plus tard, présence d\u2019une lésion ostéo- sarcomateuse.Il ne faut donc jamais négliger la douleur qui persiste après une histoire de traumatisme.Passons maintenant à l\u2019aspect radiologique.D'abord, le site de choix de l\u2019ostéosarcome sera toujours l\u2019endroit où l\u2019activité ostéoblas- tique est maxima.Cet endroit, pour les os longs, se situe à la métaphyse et, en général, la lésion se développe avant la fermeture de la plaque épiphysaire ou dans les années qui suivent la fermeture apparente.Mais, aucune lol n'est tout a fait rigoureuse et l\u2019on peut rencontrer des ostéosarcomes jusqu\u2019à 60 ans.C\u2019est qu\u2019alors il y a des regains ostéoblas- tiques pour raisons métaboliques, endocriniennes ou autres.Cette néoplasie frappe surtout la métaphyse des os longs, mais elle peut se développer un peu partout où l\u2019ossification est d\u2019origine enchondrale avec remaniement ostéoblastique.Théoriquement, là où l\u2019ossification est membraneuse il ne croît pas d\u2019ostéosarcome; ainsi la portion membraneuse de la clavicule, la voûte crânienne, le maxillaire inférieur devraient en être exempts.Mais l\u2019ectopie et la métaplasie sont toujours possibles.La plupart des auteurs divisent l\u2019ostéosarcome en trois formes: la sclérosante, la lytique et la mixte.Sovons logiques et disons qu\u2019on peut avoir une forme ayant la densité de l'ivoire aussi bien qu\u2019une forme lytique pure, avec tous les intermédiaires possibles.La forme lytique est totalement différente histologiquement du sarcome ostéolvtique.Nous avons vu au début les modalités de caleification de la matrire de l\u2019ostéosarcome et vous comprenez qu\u2019une lésion prrement lvtique puisse fort bien être un ostéo-arcome.N'oublions pas qu\u2019une lésion purement lytique L'ABBÉ: OSTÉOSARCOME 1253 sur film peut avoir un aspect histologique sclérosant (absence de calcification d\u2019une tumeur à matrice ostéoïde abondante).Aussi vaut-il mieux laisser de côté ces termes «sclérosants ou lytiques » pour n\u2019employer que celui d\u2019ostéosarcome.L'analyse radiologique doit se faire sur des clichés excellents avec techniques variées faites dans le but d\u2019avoir des détails parfaits des tissus mous et osseux.Les premiers signes peuvent siéger dans la spongieuse, au niveau du cortex ou du périoste ou même à la rigueur dans les tissus mous.Prenons chaque endroit un par un et voyons les signes radiologiques qu\u2019on peut y trouver.Dans la spongieuse on pourra avoir des zones de destruction ou de densification.La lyse au début est souvent de type « lavé ».Le détail osseux est alors parfaitement conservé mais les trabéculations semblent diminuées en quantité.Comme résultat, ce qui reste de trabéculations se voit avec plus de clarté et peut donner l\u2019illusion d\u2019un meilleur détail sur le film.On rencontre aussi la lyse pure avec perte de toute trabéculation.En général, la lyse s\u2019étend du côté cortical d\u2019abord, puis du côté médullaire.Lorsqu'on a une densification c\u2019est que la matrice tumorale se calcifie.Au début elle est presque toujours excentrique et le progrès se fait latéralement de chaque côté, puis vers la diaphyse avant de s\u2019étendre dans l\u2019épiphyse.Mais l\u2019extension peut avoir des caprices.La densification, c\u2019est-a-dire la calcification de la matrice ostéoïde, est en général grossière, le plus souvent en blocs ou en masses ou en taches denses, d\u2019aspect compact; on rencontre aussi des bandes ou des raies ou des traînées plus denses que l\u2019os normal.Cette calcification n'a jamais l\u2019aspect lamellaire de l'os sain ni l'aspect floconneux du cartilage qui se calcifie.\u2018 Au niveau du cortex, on peut trouver des signes de destruction ou de densification.La destruction est en général due à l\u2019érosion qui, en fait, est la suite normale de l\u2019extension transversale de la lésion lytique intraspon- gieuse.On pourra n'avoir qu\u2019une déminéra- 1254 lisation due à l\u2019hyperhémie tumorale avoisinante.La densification est plus rare au niveau du cortex proprement dit.Certains prétendent qu\u2019elle n\u2019est que le comblement par l\u2019ossification membraneuse périostée d\u2019une zone érodée par la tumeur.Au niveau du périoste, on retrouve toujours une altération (bien entendu si la lésion l\u2019atteint).Codman a, le premier, décrit un triangle formé par la corticale et par une ébauche de lamelle osseuse d\u2019origine périostée.À ce signe, il attribua avec raison une très grande importance, retrouvant en effet ce triangle dans la presque totalité des cas de sa collection de 2,500 tumeurs osseuses.On en fit un signe de quasi certitude de malignité.Par la suite, certains désignèrent sous le titre de triangle de Codman tout angle formé par la corticale et une lamelle périostée, qu\u2019il y ait solution de continuité ou comblement de l\u2019angle.Les réactions périostées les plus fréquentes sont la production de lamelles, la production de spicules et la formation de triangles de Codman.Essayons de décrire le mode de formation de ces réactions qui reflètent le mode de croissance d\u2019une lésion.Lorsqu\u2019une tumeur détruit le cortex, se butte au périoste, le soulève puis s\u2019arrête ou est ralentie avant de s\u2019élancer à nouveau, il se produit une mince lamelle osseuse d\u2019origine périostée tendant à limiter la croissance de la néoplasie.Cette lamelle passablement inerte contiendra momentanément la tumeur qui finira par la détruire en un point.Alors, les cellules néoplasiques s\u2019infitrent sous le périoste et le soulèvent à nouveau.Celui-ci reproduit par mode de défense une autre lamelle osseuse.Le même mécanisme recommence et comme résultat, l\u2019on aperçoit une série de lamelles denses ayant l\u2019aspect de pelures d\u2019oignon avec souvent de multiples petites solutions de continuité, témoin des nombreux endroits où la tumeur a percé la barrière lamellaire (fig.1).Fig.1 \u2014 Formation des lamelles osseuses.Pf: périoste fibreux; Pc: périoste cellulaire; C: cortex osseux; T: cellules tumorales.A Au point de vue clinique, le soulèvement du périoste se traduit par une douleur crois- L\u2019ABBÉ: OSTÉOSARCOME L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 sante qui s\u2019estompe dès la formation de la lamelle.Elle réapparaît dès que la lamelle une fois lysée par la tumeur permet à celle-ci de repousser à nouveau le périoste.Le processus de lamellation, cause des paroxysmes douloureux périodiques, se rencontre surtout dans les néoplasmes à progression lente.Lorsqu\u2019une tumeur croît lentement, mais régulièrement et fermement, et qu\u2019elle soulève tout le périoste sans être arrêtée ou ralentie, il ne se produit pas de lamelle; le périoste, dans ces cas, pourra former de l\u2019os d\u2019une L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 façon continuelle entre les colonnes de cellules tumorales qui le repoussent.Comme résultat on peut distinguer des raies osseuses perpendiculaires au périoste soulevé; l\u2019image rappellera l\u2019aspect des rayons d\u2019un soleil levant (fig.2).L\u2019ABBÉ: OSTÉOSARCOME 1255 ce mode de croissance, cette formation de spicules, se traduit par des douleurs proges- sives sans rémission.Tant que le périoste n\u2019est pas détruit, tant qu\u2019il est repoussé, la douleur persiste et augmente.Enfin, il y a des circonstances où la masse tumorale a complètement détruit le périoste et se répand dans les tissus mous.Même alors, le périoste restant en bordure de la brèche essaie de bloquer l\u2019envahissement néoplasique.Il tentera de former des lamelles et on assistera à la formation du triangle de Codman: ce triangle se trouve donc dessiné par le cortex osseux dont une ou plusieurs lamelles osseuses d\u2019origine périostée s\u2019en éloignent à la façon d\u2019un arc-boutant pour former une sorte d\u2019hypothénuse; comme base virtuelle, perpendiculaire à la diaphyse, il n\u2019y a, en général, que la masse tumorale, le plus souvent invisible (fig.3).Fig.2 \u2014 Formation des spicules osseuses.Mais, sachons que ces spicules sont formées par le périoste qui, en vain, tente de limiter la marche des cellules tumorales, et non pas par la tumeur qui se calcifie.Cliniquement, Fig.3 \u2014 Formation du triangle de Codman.Ce processus se traduit cliniquement par une douleur croissante qui atteint un maximum pour disparaître presque complètement par la suite.La douleur traduit la résistance du périoste devant l\u2019envahissement, résistance qui disparaît avec sa destruction.Ces signes ne sont toutefois pathognomoniques d\u2019aucune tumeur en perticulier et pour leur attribuer une valeur diagnostique, ils doivent être accompagnés d\u2019autres signes.Nous en reparlerons.Restent les tissus mous.Il arrive que l\u2019os- 1256 L\u2019ABBÉ: OSTÉOSARCOME téosarcome semble se manifester uniquement par une masse dans les tissus mous.(Les clichés sont alors inadéquats.) Fait curieux, ln masse extra-osseuse de cette lésion peut se calcifier d\u2019une façon très intense ct, par contre, peut aussi bien ne contenir aucune trace de sels calcaires.Tout dépendra de la cireulation, de la différentiation cellulaire, de l'activité ostéoclastique du contenu tumoral.Notons en passant que le chondrosarcome a plutôt tendance à se calcifier à l\u2019extérieur de l'os tout en restant lytique à l\u2019intérieur.Passons dès maintenant au diagnostic différentie! quitte à revoir à la fin les critères de malignité.ACTIVITÉ CELLULAIRE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 correspondent à la région où les cellules normales homologues sont le plus actives.Considérons ce tableau représentant l\u2019activité métabolique et cellulaire d\u2019une section tibiale chez un enfant en croissance (adolescence) (fig.4).Le niveau de l\u2019activité métabolique est bas dans l\u2019épiphyse et 1l est à son minimum au milieu de la diaphyse.Par contre, il est élevé dans la région métaphysaire et atteint un maximum dans la portion croissante de la métaphyse.La plaque épiphysaire, dépourvue de circulation sanguine, présenterait une activité métabolique presque nulle.L\u2019épiphyse où l\u2019activité cellulaire est mo- ACTIVITE MÉTABOLIQUE , .EPIPHYSE + MODEREE - CIRCULATION PRECAIRE.HY : PAS DE CIRCULATION - SYNTHESE PUIS RESORPTION DE, PLAQUE EPIPHYSAIRE - : LA MATRICE CARTILAGINEUSE - MINCE ZONE D'ACTIVITE La sa 0e sac 0000200 : , OSTÉOBLASTIQUE, INDUITE.LL 2.000 ana 0000 a0000 0 \u2019 : % X KY MOITIE ; ; ; x SUPÉRIEURE + +++ SURACTIVITÉ OSTÉOCLASTIQUE (TRABÉCULES PRIMAIRES x x , RESORBES) AR METAPHYSE pese n es a 000 ss een.: see aan ea e nana nn a nec vence \u201d ction es PREPONDERANCE OSTEOBLASTIQUE COMPENSATRICE x DIAPHYSAIRE SURTOUT LE LONG DE LA SURFACE INTERNE DU CORTEX.x Brenner .CU sa e000 +.».i ses 0 sos SN + : ACTIVITÉ OSTEOBLASTIQUE AU NIVEAU DU PERIOSTE.* ACTIVITÉ OSTEOCLASTIQUE AU NIVEAU DE L'ENDOSTE À ET DE LA SPONGIEUSE.A DIAPHYSE RS \\ \u2019 \u2018 X- ACTIVITÉ OSTEOCLASTIQUE , e N - ACTIVITÉ OSTEOBLASTIQUE Figure 4 Il faut toujours se rappeler que chaque entité osseuse maligne est un complexe distinct au point de vue clinique, radiologique et pathologique et que ce complexe est nommé d\u2019après un type cellulaire caractéristique et prédominant qui, en général, se reconnaît à ses produits.Les tumeurs ont des endroits préférés pour naître et ces sites préférentiels dérée donne rarement naissance à des tumeurs.C\u2019est au niveau de la métaphyse, surtout au niveau de sa moitié supérieure que se développe le plus grand nombre de néoplasmes.C\u2019est d\u2019ailleurs le site préférentiel de l\u2019ostéosarcome.Le schéma suivant, basé sur une étude de plusieurs milliers de tumeurs osseuses, localise les endroits où les cellules \u2014 a L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 normales homologues sont le plus actives et ainsi les sites de prédilection des principales lésions malignes (fig.5).tumeur Ca cellules ! Pine NT chondro- sarcoma sarcome ost éoly tique \\ sarcome A j uxta- ostéosurcome i ~ cortical Ï fibrosarcome | sarcomes à cellules rondes Figure 5 Voyons brièvement chaque tumeur qui peut mimer ou donner le change pour un ostéosarcome.Il y a d\u2019abord la tumeur à cellules, géantes dont 11 faut distinguer les variétés: tumeur à cellules géantes proprement dite bénigne et maligne, la forme enchondromateuse, la forme tendineuse, la forme périostée dentaire (de type épulis) et la soi-disant sous-périos- tée.(Nous laisserons de côté les tumeurs tendineuses à cellules géantes et les épulis et nous reparlerons de la forme sous-périostée.) Le site d\u2019origine de cette tumeur est toujours sur le versant diaphysaire de la méthaphyse, au même endroit que le sarcome ostéolytique.Il ny a aucun moyen sûr de différencier ra- diologiquement la forme maligne de la forme bénigne.En général ni l\u2019une ni l\u2019autre ne donne de triangle de Codman ou de réactions pé- riostées, du moins, telles qu\u2019on les rencontre dans la plupart des tumeurs osseuses (à moins de fracture).Il faut se rappeler que les tumeurs à cellules géantes naissant aux endroits distaux des membres (près de la cheville et près du poignet) ont très souvent un aspect Ivtique inquiétant mais elles sont presque toujours bénignes.Maligne ou bénigne, il n\u2019y a L\u2019ABBE: OSTEOSARCOME 1257 jamais de production de matrice osseuse.Le sarcome ostéolytique est parfois extrêmement difficile à étiqueter.Pour certains, c\u2019est une tumeur à cellules géantes maligne et beaucoup de pathologistes ne peuvent ou ne veulent différencier une tumeur à cellules géantes maligne d\u2019un sarcome ostéolytique.Les deux ont le même site d\u2019origine et les deux s\u2019étendent vers l\u2019épiphyse d\u2019une façon excentrique.Thompson et Johnson ont pour principe qu\u2019une tumeur à cellules géantes qui, radiolo- giquement est très agressive, lytique avec limites mal définies se perdant dans l\u2019os sain, est plutôt un sarcome ostéolytique.Souvent il n\u2019y aura aucun triangle de Codman, aucune réaction périostée.Les cellules montrent un pléomorphisme considérable, elles sont très tassées et ne produisent presque jamais de matrice.Le chondrosarcome se développe en général aux mêmes âges que l\u2019ostéosarcome.Lorsqu\u2019on le retrouve chez des adultes des troisième, quatrième ou cinquième décades c\u2019est qu\u2019il a en général pris naissance dans un enchon- drome ou un ostéo-chondrome préexistant.Prenons garde aux enchondromes situés dans la métaphyse proximale de l\u2019'humérus ou du fémur, ils ont histologiquement un air tout à fait bénin, mais ils dégénèrent presque toujours.Au contraire, les enchondromes, des phalanges ou des métatarses ont au microscope un air terrible et pourtant ils ne dégénèrent jamais.Le chondrosarcome produit la plupart du temps une grosse masse extra- osseuse qui a forte tendance à se calcifier.Le type de calcification de la matrice chon- droïde du chondrosarcome est presque toujours pathognomonique ces calcifications sont floculeuses ou floconneuses, i.e.qu\u2019elles ont l\u2019aspect de flocons de laine enroulée, de coton ouaté.C\u2019est comme le cartilage calcifié de l\u2019enchondrome ou de l\u2019ostéochondrome.I] s\u2019agit donc de retrouver ce mode de calcification pour établir la variété histologique.Mais rappelons-nous que le chondrosarcome peut être sournois en ce qu\u2019il peut être énorme (surtout au niveau du bassin) et cela sans autre signe que la présence de métastases pul- 1258 monaires.Enfin, il y a un faible pourcentage de chondrosarcomes qui miment à tel point Postéosarcome qu\u2019il est impossible de ne pas s\u2019y faire prendre.Voyons maintenant le sarcome juxta-cor- tical ou ostéoblastome (parosteal sarcoma): La plupart des auteurs incluent cette lésion dans les ostéosarcomes, mais ils s\u2019accordent tous cependant à la décrire comme une forme à part.Alors pourquoi ne pas la distinguer?C\u2019est une entité radiologique et clinique bien définie, à malignité bien différente de l\u2019ostéosarcome.C\u2019est la seule lésion maligne où amputation simple à quelques pouces au- dessus résulte en une guérison presque certaine.Elle est toujours située en surface à la Jonction diaphyso-métaphysaire.L'aspect radiologique est typique.On note toujours une masse assez arrondie, très dense, à contours plutôt nets, se faisant à peine lit dans l\u2019os.Il est facile de la confondre avec une myosite ossifiante et même histologiquement, la portion extra-osseuse apparaît très mature et ressemble à la myosite Les cellules malignes siègent au contact de l\u2019os, produisent une matrice qui se calcifie et meurent dans la masse calcifiée extra-osseuse.Il s\u2019agit de voir cette tumeur une fois pour toujours la reconnaître.Le fibrosarcome est toujours intramédulaire et se développe en regard du site d\u2019origine du sarcome juxta-cortical i.e.à la jonction dia- physo-métaphysaire.Cette lésion prend naissance à un âge un peu plus avancé, vers la trentaine.Elle est toujours centrale et destructive, lytique avec parfois des trabéculations grossières la traversant.Souvent une réaction sclérotique marginale l\u2019acompagne, mais rarement une réaction périostée.La destruction est en général irrégulière, souvent mitée, s\u2019étendant vers l\u2019extérieur.Bien des fois, l\u2019aspect radiologique est celui d\u2019une lésion bénigne fibro- kystique et si la biopsie n\u2019est pas suffisante, la même impression persiste.La tumeur de Ewing, lorsqu\u2019elle se développe dans la portion juxta-métaphysaire, peut à la rigueur donner le change pour un ostéo-sar- come, mais l\u2019entité clinique ne devrait pas laisser de doute.L\u2019ABBÉ: OSTÉOSARCOME L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Enfin, certaines lésions bénignes doivent être éliminées.Ainsi il faut se méfier de la périostite post-traumatique, des ostéites pyogènes, tuberculeuses et syphilitiques, du granulome éosinophilique et de la myosite ossifiante.Disons un mot ici de cette forme spéciale de myosite ossifiante que Jaffe et Lichteinstein appelent kyste anévrysmal de l\u2019os et certains auteurs, tumeur à cellules géantes sous-périos- tée.Johnson soutient qu\u2019il ne s\u2019agit ni d\u2019une tumeur à cellules géantes, ni d\u2019un kyste ané- vrysmal, mais d\u2019une lésion post-traumatique.Le siège de la lésion, l\u2019histoire clinique et l\u2019évolution sont la clef du diagnostic différentiel.Enfin, n\u2019oublions jamais la métastase, si fréquente, qui peut donner des lamelles, des spicules, et même un triangle de Codman.Maintenant, pour finir, voyons quelle est la responsabilité du radiologiste en face d\u2019une lésion qui lui semble maligne.1) D\u2019abord il se doit d\u2019établir fermement la malignité d\u2019une telle lésion et en général, c\u2019est assez facile.Les critères de malignité doivent donner au moins 90% de résultats positifs.On les classe en trois groupes: a) Les réactions périostées d\u2019abord.\u2014 Le triangle de Codman est considéré comme le plus important de tous les signes et sa présence signe presqu\u2019à coup sûr une néoplasie.\u2014 Les lamelles et les spicules sont fortement suggestives mais n\u2019oublions pas qu\u2019on peut les retrouver dans les lésions bénignes surtout dans certaines ostéites.Les réactions périostées prennent plus de valeur en présence d\u2019une lésion intra-osseuse concomitante.b) Le deuxième ordre de critères après la réaction périostée réside dans la présence d\u2019une lésion intra-osseuse.\u2014 Ici on aura une destruction de la spongieuse ou une production nouvelle d\u2019os représentant la calcification d\u2019une matrice tumorale.\u2014 Le cortex pourra être détruit et ce signe apporte encore plus de valeur.c) Enfin, la 3e classe de signes réside dans la présence d\u2019une masse extra-osseuse. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Ce signe est encore plus fort que le précédent et la calcification de cette masse prend beaucoup d\u2019importance.En résumé, l\u2019un de ces deux derniers signes accompagné d\u2019un triangle de Codman ou de lamelles ou de spicules, donne presque la certitude d\u2019une malignité.Toutefois, il y a des cas douteux et alors il faudra accumuler le plus de signes possible tout en se souvenant qu\u2019aucune règle n\u2019est absolue en médecine et qu\u2019il faut toujours se garder une porte de sortie, avec les diagnostics différentiels.2) Est-ce que le radiologiste doit se prononcer sur la nature histologique de la tumeur?\u2014 Un radiologiste entraîné qui connait la pathologie osseuse tumorale doit être capable d\u2019obtenir 80% au moins de diagnostics histologiques précis sur films.Mais, pour ce faire, il lui faut d\u2019abord une anamnèse clinique précise avec évolution.Il faut bannir le diagnostic sur films seuls sans renseignements cliniques Après tout, il s\u2019agit toujours d\u2019une lésion menaçant la vie du malade et les erreurs par négligence sont toujours condamnables.En plus, il faut de très bons films.Dès qu\u2019on est en présence d\u2019une lésion osseuse louche, pratiquons des films avec rayons durs pour la structure osseuse même, avec technique de tissus mous pour l\u2019étude des masses extra- osseuses et de leur mode de calcification, avec technique d\u2019agrandissement qui nous livre souvent le secret de la malignité, enfin des vues sous plusieurs angles et toujours sur films à fins grains si possible.La tomographie vient souvent compléter le tableau, mais en général elle n\u2019apporte que peu de renseignements additionnels surtout si les premières techniques sont bien faites.Rappelons que le radiologiste a un avantage très marqué sur le pathologiste.Il a une vue de toute la pièce et peut, à son aise, étudier la matrice tumorale qui, par ses produits, livre le plus souvent le secret de son tissu L\u2019ABBE: OSTEOSARCOME 1259 dominant.En maintes occasions, le pathologiste dépendra du radiologiste et souve- nons-nous de cette phrase de Ewing: « La possession de tous les renseignements cliniques et de tous les détails radiologiques est essentielle au pathologiste dans le diagnostie de lésion osseuse.Aucune expérience ne peut remplacer ces deux aides quand il s\u2019agit de tumeurs OSSEUSES.» 3) Enfin, le radiologiste occupe la place de choix pour offrir un pronostic.Selon la quantité et le genre de réaction, selon l\u2019extension, la rapidité de croissance notées sur films, nous obtenons des données nous permettant un «grading» tumoral indépendamment de l\u2019histologie.Ainsi, le radiologiste peut fournir un pronostic.Mais, à moins d\u2019une grande expérience dans ce domaine, il faut se contenter d\u2019étiqueter la lésion, d\u2019en évaluer la nature et enfin la malignité en exprimant la rapidité de croissance dans le temps.Il va s\u2019en dire que l\u2019expérience ne s\u2019acquiert pas en confrontant quelques clichés avec des textes.La seule façon, c\u2019est la corrélation clinique, pathologique et radiologique de nombreux cas, faite d\u2019une façon continue, périodique.Aussi, serait-il souhaitable d\u2019organiser des séminaires mensuels sur les tumeurs osseuses, séminaires arxquels les services de radiologie de tous les différents hôpitaux prendraient part.Ainsi, un radiologiste pourrait avoir le loisir d\u2019une étude complète de centaines de tumeurs osseuses par année.Quelle richesse perdue actuellement par l\u2019isolement des groupes! BIBLIOGRAPHIE Clichés nos 4 et 5, d\u2019après Lent C.Johnson (Armed Forces Institute of Pathology).A General Theory of Bone Tumors.Bulletin of the New-York Academy of Medicine, February 1953, Second series, 29: 2, 164-171.Reproduction autorisée par le Bulletin of the Acad.of Medicine.A.W.HAM: Histology.J.B.Lippincott, édit. RECUEIL DE FAITS FORMES ATYPIQUES DE LA MONONUCLÉOSE INFECTIEUSE ! Jean-Marc BORDELEAU et André PROULX, Assistants et moniteurs d'enseignement.Le clinicien reste souvent étonné par le polymorphisme symptomatoloque de la mononucléose infectieuse et la nature exacte de cette maladie lui échappe encore, rendant le traitement purement empirique.Nous avons eu l\u2019occasion d\u2019observer récemment, dans le Service de Médecine de l\u2019hôpital Saint-Luc, trois cas de mononucléose infectieuse qui ont présenté un tableau clinique atypique.Nous avons pensé que la publication de ces cas pourrait être intéressante et nous profiterons de cette communication pour faire une brève revue de ce sujet.Observation 1.M.F.D., 29 ans.Dossier no 187 031.Le 19 novembre 1955, un jeune homme était admis dans le service de médecine pour des hémorragies spontanées multiples.Sa maladie avait débuté 6 jours auparavant, un dimanche, par une sensation de malaises généraux et de l\u2019asthénie.Croyant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une grippe, il prend quelques comprimés d\u2019aspirine et garde le repos au lit.Le lundi matin, il ne se sent pas très bien mais se rend tout de même à son travail.Le mardi, n\u2019allant pas mieux, il consulte son médecin qui lui prescrit plusieurs médicaments.Jusqu'au vendredi il ne se produit aucune amélioration et ce jour-là il note à la figure et aux cuisses des taches rouges.Durant la nuit du vendredi au samedi, il a une première hématurie et accuse une douleur lombaire très violente.Le samedi, il fait une nouvelle hématurie et commence à saigner par la bouche.C\u2019est à ce moment qu\u2019il est admis à l\u2019hôpital.A l\u2019examen d\u2019entrée, on note que l\u2019état général du patient est bien conservé mais il 1.Travail du Service de Médecins de l'hôpital Saint-Luc: Professeur Roméo Boucher.présente un tableau clinique de purpura aigu.En effet il y a de nombreuses taches purpuri- ques à la face et aux jambes; le signe du lacet est très fortement positif.Les muqueuses buccales sont soulevées par de petits hématomes.Au flane droit, la palpation réveille une douleur très vive au palper.La rate est percuta- ble mais non palpable.Le lendemain de son admission, le patient est très affaissé.T1 présente une douleur à la nuque et on retrouve des ganglions le long du sterno-cleido-mastoidien.Un premier hémogramme révèle une anémie modérée.La recherche des plaquettes permet de constater qu\u2019elles sont complètement absentes.Par la suite les hémorragies se continueront par la bouche.les voies urinaires et le tube digestif.Malgré les transfusions, le plasma et la cortisone, il est très difficile de maintenir la formule sanguine et l\u2019état général est très mauvais.Un diagnostic de purpura thrombo- cytopénique aigu, toxique ou infectieux, est donné.De nombreuses adénopathies apparaissent aux aisselles et aux aines.La maladie est très sévère et nous craignons pendant un certain temps qu\u2019il puisse s\u2019agir d\u2019une leucémie aiguë.Les hémorragies cessent subitement 18 jours après le début de la maladie en même temps que plaquettes sanguines réapparaissent dans le sang circulant.L\u2019état général se restaure rapidement et le patient se prépare à partir lorsqu\u2019on s\u2019avise de demander un test de Paul et Bunnell.Le résultat nous revient fortement positif (1:448).Conclusion Il s\u2019agissait ici d\u2019une mononucléose infec- tieusc se manifestant sous la forme d\u2019un pur- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 pura thrombocytopénique aigu.Le diagnostic a été déféré au début parce que nous croyions qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un purpura toxique (histoire grippale, médicaments variés) et par la suite parce que la gravité de la maladie a fait concentrer les efforts des médecins traitants sur le traitement plutôt que sur le diagnostic.La rémission soudaine, la persistance des adénopathies ont finalement fait penser à la mononucléose.À notre avis, ce diagnostic aurait pu être soupçonné plus tôt.Observation 2.Mile R.B., 26 ans, dossier no 187 588.Le 9 décembre 1955, cette jeune patiente se présentait à la clinique externe de médecine.Elle était ictérique, se plaignait d\u2019avoir la figure bouffie le matin et s\u2019inquiétait de passer des urines troubles et foncées depuis quelques jours.Elle nous a apporté un spécimen de ses urines et il s\u2019agit bien d\u2019une urine excessivement trouble, de coloration brunâtre contenant un résidu épais.La présence de l\u2019ictère et l'aspect des urines font penser à un syndrome hépato-rénal et la patiente est admise sur le champ.La maladie actuelle aurait débuté environ 15 jours avant l\u2019admission par un frisson et une angine; en plus elle accuse des arthralgies, une anorexie et une trés grande fatigue.La température au début de la maladie avait varié entre 100 et 102° F.Quelques jours plus tard, l\u2019ictère apparaissait, les urines devenaient foncées et les selles se décoloraient.La patiente notait l\u2019ædème de la face mais il n\u2019y eut ni nausée, ni vomissement.Les épreuves de laboratoire au moment de admission nous laissérent perplexes car malgré l\u2019aspect macroscopique nous ne retrouvions que \u2014 + d\u2019albumine, + d\u2019épithéliums et \u2014 de leucocytes.L\u2019hémogramme par ailleurs nous orientait vers le diagnostic avec \"ne leucocytose à 12 250 et une prédominance de lymphocytes à 70%.Les épreuves hépatiques donnèrent les résultats suivants: Index ictérique: 21,1; bilirubinémie: 26 mg %; BORDELEAU er PROULX: MONONUCLÉOSE \u2026 1261 phosphatase alcaline: 17 un.; thymol: 10,6 un.Le test de Paul et Bunnell fut trouvé positif à une dilution 1:224.Conclusion Il s\u2019agissait ici d\u2019un cas de mononucléose se présentant sous la forme d\u2019une hépatite.Observation 3.Mme J.-P.G., 40 ans, dossier no 188 344.Cette patiente fut admise dans le service le 7 janvier 1956 pour des douleurs articulaires migratrices et un œdème de ces articulations.Sa maladie aurait débuté le lendemain de Noël (15 jours avant l\u2019admission) par une grippe.Quelques 8 jours plus tard les douleurs apparurent, d\u2019abord aux genoux, puis au poignet droit et enfin au coude droit et au coup de pied droit.Avec l\u2019apparition des douleurs articulaires la patiente accuse des dorsalgies, de la dyspnée d\u2019effort et une anorexie sévere.L'examen nous montre une patiente obèse dont l\u2019état général est bon quoique le moindre mouvement dans le lit la fasse souffrir considérablement.Il n\u2019y a pas d\u2019adénopathie; le foie dépasse le rebord costal de 2 travers de doigt et est légèrement douloureux.La rate n'est pas palpable.Les articulations atteintes présentent un œdème rouge qui ne prend pas le godet; elles sont chaudes et nous font penser à un processus de R.A.A.\u2014 La patiente elle-même nous dit qu\u2019elle aurait fait deux attaques similaires au cours des 25 dernières années et notre première impression, malgré l\u2019absence de lésion valvulaire, fut celle d\u2019un rhumatisme articulaire aigu.Les épreuves de laboratoire montrèrent une sédimentation globulaire élevée à 42 mm, une leucocytose à 18 750 avec une formule différentielle infectieuse (polynucléaires 88%).Une épreuve de Paul et Bunnell faite le 20 janvier et contrôlée le 25 janvier revint positive avec une dilution à 1:224.Par la suite nous avons fait faire des épreuves hépatiques qui démontrèrent une atteinte certaine des fonctions du foie: index ictérique: 18 un.: 1262 céphaline-cholestérol: ++; hyper-globuliné- mie à 3,6 gm %.Nous reviendrons un jour sur le problème thérapeutique que nous a posé cette patiente.Conclusion Nous croyons ici avoir observé un cas de mononucléose infectieuse présentant des manifestations articulaires.* * * Nous ne nous attarderons pas à décrire les formes classiques de la mononucléose après la présentation de ces formes atypiques.Rappelons cependant que Emil Pfeiffer identifia la maladie pour la première fois et la nomma fièvre glandulaire (1).En 1922, Longcope décrivit les cellules atypiques (2) et en 1932 Paul et Bunnell démontraient la présence d\u2019anticorps hétérophiles dans le sérum des malades (3).A l\u2019heure actuelle, les travaux sur la mononucléose infectieuse sont très nombreux et il est assez facile de faire le diagnostic des formes classiques, glandulaires, angineuses ou fébriles.Cette maladie dont nous ne connaissons pas l\u2019étiologie exacte, quoique la nature virale soit fortement soupçonnée, se présente souvent sous des formes atypiques.R.Worms rapporte 5 cas ayant présenté un tableau « d\u2019abdomen aigu » et un de ces patients avait subi une laparatomie exploratrice (4).Quelques cas ont été rapportés chez lesquels il y avait eu rupture de la rate.Les manifestations nerveuses sont assez fréquentes et nous avons eu connaissance entre autres d\u2019une mononucléose qui a débuté brus- BORDELEAU rr PROULX: MONONUCLEOSE .L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 quement par une hémiparésie droite et une aphasie.Les formes nerveuses les plus fréquentes sont: méningite séreuse, encéphalo- myélite, syndrome de Guillain-Barré, troubles cérébelleux, névrite optique et névrite rétro- bulbaire, etc.Les manifestations hépatiques sont tres fréquentes et on croit même qu\u2019une hépatite serait présente dans presque tous les cas quoique le dommage de la cellule hépatique ne soit pas toujours suffisant pour se manifester cliniquement par un ictère.En réalité l\u2019ictère n\u2019apparaîtrait que dans environ 5% des cas.Mises à part les manifestations sanguines habituelles.la mononucléose accompagne parfois une anémie; plus fréquente serait la présence d\u2019une anémie hémolytique.La throm- bocytopénie est très rare, mais quelques cas ont été rapportés chez lesquels le tableau clinique était semblable à celui d\u2019un purpura thrombocytopénique aigu comme le premier cas que nous avons décrit.Il ne nous a pas été possible de retrouver dans la littérature des cas où les manifestations articulaires occupaient le premier plan.BIBLIOGRAPH IE (1) R.PFEIFFER: Dr\u201cusenfieber, Jahrb.Kinderh.29: 257, 1889.(2) W.T.LONGCOPE: Infectious Mononucleosis (Glandular Fever) with a Report of 10 cases.Am.J.M.Se.164: 781.(déc.) 1922.(3) J.R.PAUL et W.W.BUNNELL: Presence of Heterophile Antibodies in Infectious Mononucleosis.Am.J.M.Se, 183: 90, (janv.) 1932.(4) R.WORMS: Formes atypiques de la mononucléose infectieuse.L\u2019Information M.et Paramed, 2: 4.(janv.) 1950. LA TUBERCULOSE GÉNÉRALISÉE NON-RÉACTIONNELLE (TYPHOBACILLOSE DE LANDOUSY) ET SES MODIFICATIONS HÉMATOLOGIQUES René LEFEBVRE, D.Sc.(Méd.), Département de Pathologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.L'objet de la présente communication est de rapporter deux observations récentes et d\u2019attirer attention sur une forme excessivement rare de tuberculose remarquable par son évolution particuliére.La tuberculose généralisée non-réaction- nelle (Sigmund, 1929).est connue sous des noms variés dans la littérature: typhobacil- lose de Landouzy (1885); tuberculose non folliculaire de Gougerot (1903); sepsis tu- berculosa acutissima de Scholz (1918) ; tuberculose primitive nécrosante du système réti- culo-endothélial, Friedemann (1926); tuberculose aigué caséifiante, Rich (1944).La littérature moderne, cependant, semble donner préférence au terme tuberculose non-réaction- nelle.Ce processus tuberculeux d\u2019issue invariablement fatale est caractérisée par la présence d\u2019une multitude de foyers nécrotiques, miliaires, disséminés un peu partout dans l\u2019organisme, sans formation de granulomes tuberculeux typiques.Les cellules géantes de Lang- hans, les cellules épithélioides, la couronne de lymphocytes et de fibroblastes sont complètement absentes, sauf en de rares foyers où l'on peut observer une vague tentative de réaction granulomateuse imparfaite.Le matériel nécrotique, au surplus, ne présente pas au microscope l\u2019image du caseum ordinaire.Il est plus granuleux et le rouge vif du caseum donne place à une teinte bleutée due au grand nombre de noyaux pycnotiques englobés dans l\u2019exsudat nécrotique.En effet, un examen superficiel ne suggère aucunement une lésion tuberculeuse et le diagnostic pourrait échapper facilement à moins de faire une coloration par la méthode de Ziehl-Neelson qui révèle une quantité innombrable de bacilles acido- résistants.Les zones nécrotiques sont mal définies et s\u2019estompent avec le parenchyme sain environnant.Cette indifférence des tissus au processus nécrotique et absence quasi-compléte de ccllules géantes et épithélioides justifient le terme de tuberculose non-réactionnelle.L\u2019intérét clinique réside cependant dans 1\u2019évolution de la maladie.Des modifications graves de la formule sanguine accompagnent presque toujours cette tuberculose.En réalité, l\u2019image sanguine domine tellement le tableau clinique que le malade est habituellement suivi et traité pour ses troubles hémopoïéti- ques.Le masque clinique emprunté est très variable.Tantôt il s\u2019agit de polyglobulie, d\u2019agranulocytose, d\u2019anémie aplastique, de pan- myélophtisie ou de forte réaction leucémoide; tantôt, au contraire, le malade est étiqueté leucémie aiguë ou chronique.Chez un petit nombre, l\u2019hémogramme est normal.L\u2019existence d\u2019une maladie sanguine est d\u2019autant plus plausible que tous les signes accessoires coexistants sont habituellement présents: hémorragies cutanées ou muqueuses, lésions ulcé- ro-nécrotiques de la bouche et du pharynx, splénomégalie et adénopathie généralisée.L'âge des malades dépasse 45 ans, sauf de rares exceptions.L\u2019état général est profondément atteint avec température élevée en plateau, rémittente ou intermittente, témoignant d\u2019une toxémie profonde qui simule la fièvre typhoïde d\u2019où le terme typrobacillose proposé par Landouzy.Arends toutefois doute de la similitude des observations de Landouzy avec la forme anatomique vraie de tuberculose non-réactionnel- le.Les protocoles d\u2019autopsies de cet auteur sont très brefs et il ne mentionne aucune généralisation des lésions.Arends est d\u2019avis que les cas de Landouzy correspondent à un processus tuberculeux localisé ordinaire, mais 1264 associé à une intoxication profonde de l'organisme.Au surplus, la guérison d'un certain nombre de ses malades est contraire à l\u2019évolution de la tuberculose non-réactionnelle qui est toujours mortelle.La maladie débute rapidement à la façon d\u2019une infection aiguë avec frisson et température, suivie en peu de temps par une augmentation de volume de la rate et souvent des gan- lions périphériques.Le début lent insidieux sous forme d\u2019une anémie obscure est beaucoup plus rare.L'évolution de la maladie est très courte, mais peut persister dans certains rares cas pendant plusieurs mois.Au tableau clinique d'un état infectieux grave, s\u2019ajoutent les modifications sanguines.Habituellement, il s\u2019agit d\u2019une leucopénie croissante qui frappe surtout la lignée myéloïde et qui peut aller jusqu'à l\u2019agranulocytose avec nécroses bucco- pharyngées.Dans certains cas, toutes les lignées sanguines sont atteintes avec thrombo- cytopénie, leucopénie et anémie, réalisant une panhémocytopénie.Des réactions leucémoides variant de 200000 à 4000 globules blancs avec une proportion assez élevée d\u2019éléments blastiques ont également été rapportées.Rennen et Lederer ont observé deux cas de polyglobulie avec formule rouge supérieure à 8 millions.Ces auteurs insistent toutefois sur le fait que leurs malades étaient très hémo- concentrés.Une leucémie myéloïde ou lymphoïde vraie, plutôt qu\u2019une simple réaction leucémoïde peut également précéder l\u2019éclosion d\u2019une tuberculose aiguë non-réactionnelle.Cette forme de tuberculose est très rare O\u2019Brien, dans un travail publié en 1954, ne retrouve que 66 cas dans la littérature mondiale qui possèdent tous les critères de la tuberculose non-réactionnelle.Le type de bacille tuberculeux en cause a été longtemps controversé.Lowenstein a longtemps prétendu que le bacille tuberculeux aviaire était agent étiologique.La littérature plus moderne rapporte 14 cas où le bacille a été identifié par des méthodes de culture plus raffinées.Le ba- LEFEBVRE: TYPHOBACILLOSE DE LANDOUSY L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 cille humain a été cultivé dans 10 cas et le bacille bovin chez 4 malades.La localisation et la fréquence des foyers nécrotiques varient d\u2019un malade à l\u2019autre et d\u2019un viscère à l\u2019autre, chez le même individu.Le foie, la rate et les ganglions lymphatiques sont des sites de prédilection d\u2019où le terme de « tuberculose primitive du système réticulo- endothélial » proposé par Friedemann en 1926.Les poumons et les reins sont moins souvent atteints.La généralisation des lésions témoigne d\u2019une dissémination par voie lymphatique ou hématogène, mais fait remarquable l\u2019on n\u2019a jamais rapporté un seul cas de méningite tuberculeuse.L\u2019absence d\u2019atteinte méningée dans cette forme de tuberculose attend une explication.Observation l.Mme R.B.ménagère de 56 ans consulte en février 1953 pour des troubles gynécologiques.L'examen clinique révèle un prolapsus utérin, mais au surplus une rate palpable et percuta- ble sur une distance de cinq travers de doigts ainsi qu\u2019un foie percutable sur une distance de 11 em qui déborde le rebord costal d'un travers de doigt.Une adénopathie légère cervicale droite est également notée.Aucune autre modification subjective ou objective n\u2019est observée.Les analyses de laboratoire répétées à sept reprises, du 4 février au 30 mars 1953, révèlent une formule leucocytaire variant de 44 100 à 61 100 par ml de sang avec 2% de polynucléaires neutrophiles et 98% de lymphocytes adultes.Aucune forme jeune ou anormale n\u2019est visible dans les frottis de sang périphérique.Le nombre des globules rouges varie de 3,15 millions à 4,2 millions et l\u2019hémoglobine de 10 gm à 12,4 gm par 100 ml de sang.La moelle osseuse ne fut pas examinée.La glycémie varie de 1,80 à 3,35 gm par 100 ml de sang.Après colporaphie et périnéoraphie associées à un traitement insulinique, la malade est transportée à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal où L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 l\u2019on fait les mêmes constatations cliniques.Une numération globulaire montre 4,2 millions gr.et 60000 leucocytes avec 95% de lymphocytes.La glycémie est à 2,15 gm.Le diagnostic de leucémie lymphoide chronique avee diabète léger est alors posé.Du 6 au 16 avril 1953, la malade est traitée par radiothérapie.Elle reçoit, en 9 séances, 900 unités roentgen sur un champ splénique de 10 x 10 cm.Le jour de la dernière séance, la formule sanguine se chiffre à 3,19 millions g.r.et 17 100 g.b.avec 93% de lymphocytes.Deux jours plus tard, la malade quitte l\u2019hôpital.Le 2 janvier 1955, elle est hospitalisée dans une autre institution dans un état cachectique avancé.Une numération globulaire révèle 82 000 leucocytes avec 99% de lymphocytes.Elle décède après 17 jours d\u2019hospitalisation.Quelques jours plus tard, nous recevons au laboratoire de pathologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, pour fin d\u2019examen histologique, trois ganglions lymphatiques et un segment de rate mesurant 7,5 x 2 x 1,2 cm, fixés dans le liquide de Bouin.Un très bref résumé des constatations d\u2019autopsie accompagne le matériel soumis.\u2014 Cœur: atrophié, poids 209 gr.Poumons: collapsus des lobes inférieurs des deux poumons, petit épanchement pleural bilatéral.Médiastin et abdomen: hypertrophie gris om cag pd 7 oot: wih LS 7 0 TA a it Pa.ES i \u201d Sh wi Hii Figure 1 \u2014 Foyer nécrotique splénique.Absence de structure épithélioide.(X200) ganglionnaire généralisée.Rate: pesant 500 gr, triplée de volume et parsemée de petits points blanchâtres.Le foie et les autres viscères sont LEFEBVRE: TYPHOBACILLOSE DE LANDOUSY 1265 décrits comme macroscopiquement normaux.L\u2019examen histologique de l\u2019unique prélèvement de rate à notre disposition révèle une multitude de petits foyers arrondis d\u2019une nécrose d\u2019aspect caséeux qui englobe de nombreux vestiges de noyaux pycnotiques.Cette poussière de noyaux donne une coloration bleutée à la nécrose.Aurun liséré cellulaire inflammatoire ou coque fibreuse ne limite les zones nécrotiques.Une rare cellule géan.e isolée est observée ici et là.Aucun follicale tuberculeuz typique n\u2019est visible.Une coloration par la méthode de Ziehl-Neelsen révèle une pullulation de bacilles acido-résistants.Le parenchyme splénique lui-mênie montre une infiltration lymphoïde massive qui efface toutes les différences structuraies entre pulpe rouge et blanche, de sorte que les corpuscules de Malpighi disparaissent et se fondent avee les nappes lymphoides diffuses.Les trois ganglions lymphatiques mésentériques répètent les mêmes images observées dans la rate, avec foyers de nécrose caséeuse, pullulations de bacilles de Koch, sans phénomène réactionnel du tissu environnant et prolifération lymphoïde diffuse qui aboutit à l\u2019effacement complet de toute structure ganglionnaire normale.Même en l\u2019absence d\u2019examen de la moelle osseuse, l\u2019existence d\u2019une leucémie lymphoïde chronique s'impose à l\u2019examen des ganglions et de la rate.Dans ce cas donc la tuberculose algué non-réactionnelle s\u2019est greffée sur une leucémie lymphoïde chronique en évolution.Observation 2.Mme P.H.ménagère de 58 ans, alors qu\u2019elle est en voyage et en bonne santé apparente, présente soudainement des épistaxis répétées et abondantes, suivies de lésions ulcéreuses de la bouche et des lèvres.Après une courte période d\u2019hospitalisation où elle reçoit plusieurs transfusions, la malade est transportée à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Aucun contact avec des substances toxiques ou médicamenteuses n\u2019est relevé dans l\u2019histoire.\u2014 L\u2019examen clinique révèle une malade 1266 très pâle, dont les lèvres et la bouche sont couvertes de lésions ulcéro-nécrotiques qui saignent au moindre contact.Des placards ecchymotiques étendus recouvrent le tronc et les membres.La température est à 104° F., le pouls à 120.Le foie est légèrement hypertrophié.La rate n\u2019est pas palpable.Aucune adénopathie n\u2019est observée.Une numération globulaire révèle 2,8 millions g.r.et 750 g.b.Le frottis de sang périphérique examiné par le docteur Léo Long montre les formes suivantes: promyélocyte: 1, neutrophiles segmentés: 25; éosinophile: 1; basophile: 0; lymphocytes: 71; monocyte: 1; plasmocyte: 1.Certains neutrophiles contiennent des corps de Dohle.Un frottis de moelle sternale montre une cellularité normale.Les normoblastes (22%) présentent une déviation vers la droite.Les neutrophiles et leurs précurseurs (25%) sont fortement diminués et présentent une déviation vers la droite.Les mégakaryocytes sont rares et la formation en plaquettes pas évidente.Ihématologiste conclut: anémie nor- mochrome et normocytaire, thrombocytopé- nie, leucopénie et neutropénie, plasmocytose et lymphocytose relative.Image compatible avec une anémie réfractaire.A la suite de nombreuses transfusions, d\u2019antibiotiques et d\u2019ACTH à raison de 20 mg aux trois jours, l\u2019état de la malade s\u2019améliore.Les ecchymoses cutanées disparaissent et les ulcérations buccales régressent rapidement.La malade quitte l\u2019hôpital après 17 jours d\u2019hospitalisation.Huit semaines plus tard, elle est hospitalisée de nouveau.Depuis deux semaines, elle présente une asthénie marquée avec nausées, vomissements, anorexie et grands frissons.A son arrivée, la température est à 104° F.et le pouls à 122.Une formule sanguine révèle 2160 000 g.r.et 250 g.b.dont 28% de polynucléaires neutrophiles, 2% d\u2019éosinophiles, 66% de lymphocytes et 4% de monocytes.Les lésions ulcéro-nécrotiques de la bouche et des lèvres réapparaissent ainsi que les ecchymoses cutanées.Malgré les transfusions et les antibiotiques, la température demeure élevée LEFEBVRE: TYPHOBACILLOSE DE LANDOUSY L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 et la malade décède après 16 jours d\u2019hospitalisation et environ 3 mois depuis le début de sa maladie.L\u2019autopsie révèle des lésions ulcéro-nécro- tiques étendues de la bouche et des lèvres ainsi que zones ecchymotiques étendues sur l'abdomen.les cuisses et les bras.La constatation la plus frappante est une hypertrophie généralisée de tous les ganglions.En effet, les ganglions axillaires, médiastinaux, mésentériques, péri-aortiques, ainsi que le tissu lymphoïde des hiles spléniques, hépatiques et pulmonaires sont volumineux, mollasses, blanchâtres et sur la tranche de section donnent issue à un matériel blanc grisâtre, granuleux, puriforme.La rate d\u2019environ le double de son volume normal pèse 280 grammes.La surface ainsi que la tranche de section sont parsemées de petits foyers arrondis blanchâtres.Le foie, légèrement augmenté de volume, pèse 1 890 gm et présente les mêmes foyers disséminés nécrotiques observés dans la rate.Dans le mésentère, nous notons également un petit ganglion ferme dont le centre contient une substance blanche crayeuse.Tous les autres viscères sont indemnes d\u2019altérations macroscopiques notables.Les poumons, en particulier, ne montrent qu\u2019un état congestif des bases.Figure 2 \u2014 Nombreux bacilles acido-résistants dans un ganglion mésentérique.Ziehl-Neelsen.(X1500) PS L\u2019examen histologique de multiples ganglions ainsi que de nombreuses coupes de foie et de rate révèle des foyers nécrotiques acido- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 philes, granuleux, isolés ou confluents.Certaines zones nécrotiques sont tellement riches en noyaux pycnotiques qu\u2019ils sont fortement basophiles.Autour des îlots de nécrose, le tissu ne présente aucune altération morphologique.Dans les multiples coupes examinées, pas un seul granulome avec cellules épithélioï- des ou géantes n\u2019est visible.Une coloration de Ziehl-Neelsen révèle toutefois des mottes denses de bacilles acido-résistants.Contrairement à la granulie tuberculeuse où la plupart des viscères sont infiltrés, dans le cas présent seuls le foie, la rate et les ganglions sont atteints.Les poumons sont indemnes macroscopique- ment et microscopiquement de lésions tuberculeuses anciennes ou récentes.Nous avons également prélevé de l\u2019os en quatre régions différentes: sternum, côtes, colonne vertébrale et crête illaque pour examiner la moelle osseuse.Aucun foyer nécrotique ne fut trouvé dans ces prélèvements qui, il faut bien admettre, ne sont pas représentatifs de toute la moelle osseuse.Celle-ci, richement cellulaire, présente une absence presque complète de neutrophiles adultes et une forte diminution des myélocytes.Les mégakaryocytes sont diminués ainsi que les éléments normoblasti- ques.La plupart des cellules sont des plasmocytes adultes qui forment des nappes diffuses et compactes.Dans cette deuxième observation, la tuberculose aiguë non-réactionnelle a sans doute provoqué l\u2019anémie réfractaire.Discussion La pathogénie de cette forme de tuberculose est fort discutée dans la littérature.Les uns veulent que les lésions tuberculeuses soient primitives et les altérations sanguines secondaires à la dissémination hématogène ou lymphatique du bacille.D\u2019autres, au contraire, incriminent une atteinte primitive de la moelle osseuse ou du système réticulo-endothélial qui abolit les défenses immunologiques du malade, permettant ainsi l\u2019établissement d\u2019une infection tuberculeuse qui évolue dans un organisme incapable de réagir à l\u2019assaut du bacille de Koch.LEFEBVRE: TYPHOBACILLOSE DE LANDOUSY 1267 La première école base sa théorie sur les observations suivantes: les malades sont généralement âgés de plus de 45 ans et dans un grand nombre de cas il n\u2019existe aucune lésion tuberculeuse ancienne.Il s\u2019agirait donc d\u2019une primo-infection de l\u2019adulte ou d\u2019une ré-infec- tion d\u2019un individu qui aurait guéri complètement pour ensuite perdre ses anticorps après de nombreuses années.Le résultat négatif du test à la tuberculine pratiqué en de rares occasions dans ces cas semblerait appuyer cette hypothèse.Car il est opportun de signaler le fait souvent ignoré qu\u2019un test à la tuberculine positif signifie qu\u2019il existe du bacille tuberculeux vivant dans l\u2019organisme même s\u2019il n\u2019y a aucune évidence de lésion.Dans ces cas de déficience immunologique ou d\u2019anergie, une invasion massive par le bacille tuberculeux pourrait se généraliser sans provoquer de phénomène réactionnels.L\u2019intoxication profonde expliquerait aussi l\u2019épuisement ou la stimulation excessive de la moelle osseuse et les phénomènes d\u2019agranulocytose ou de réaction leucémoïde.Le nouveau-né infecté par voie transplacentaire présente les mêmes lésions histologiques que la tuberculose non-réactionnelle.Dans ce cas, l'infection est hématogène d\u2019emblée et la dose bacillaire considérable, mais surtout le mécanisme de production d\u2019anticorps est très insuffisant à cette période.Le plaidoyer du deuxième groupe se fonde sur les faits suivants.La tuberculose non- réactionnelle survient souvent à la suite d\u2019intoxications médicamenteuses, de radiothéra- ple, ou au cours d\u2019une maladie sanguine telle qu\u2019une leucémie ou une anémie pernicieuse qui évoluent depuis plusieurs années.Dans ces cas, la tuberculose se grefferait sur un organisme dont le système réticulo-endothélial est fortement modifié et les mécanismes immuno- logiques très déficients.Chez certains malades porteurs de lésions tuberculeuses, non reconnues, un traitement à la cortisone peut provoquer des lésions histologiques identiques aux images qui se produisent dans la tuberculose non-réactionnelle spontanée.Les sté- 1268 LEFEBVRE: TYPHOBACILLOSE DE LANDOUSY roïdes sont reconnus comme des agents qui inhibent la prolifération du mésenchyme et bloquent les mécanismes immunologiques.Pour les disciples de cette théorie donc, les modifications du système réticulo-endothélial prépareraient le terrain pour le bacille tuberculeux.Il faut admettre que l\u2019association d\u2019une leucémie chronique vraie avec la tuberculose non-réactionnelle est trop fréquente pour répondre à un hasard.Dans ces cas, le processus leucémique semble bien prédisposer l\u2019organisme à l'invasion tuberculeuse, surtout si le malade présente au surplus des lésions bacillaires anciennes actives comme le démontrent les observations de certains auteurs.Nous croyons que pour expliquer la pathogénie de nos deux observations personnelles ainsi que des cas rapportés dans la littérature il faut admettre l\u2019existence des deux mécanismes mentionnés.La leucémie lymphoïde chronique de notre premier cas était reconnue depuis deux ans.Il est difficile de croire que chez cette malade les foyers de nécrose aiguë existaient à cette date.Chez elle donc, l\u2019état leucémique aurait précédé et fourni le terrain favorable pour l\u2019établissement d\u2019une tuberculose de type non- réactionnel.Dans notre deuxième observation, la durée d\u2019évolution de la maladie et l\u2019absence complète de lésions tuberculeuses anciennes asso- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 ciées à un manque de facteurs étiologiques toxiques, chimiques ou physiques, nous font croire que la tuberculose non-réactionnelle a provoqué ici les phénomènes de panhémocyto- pénie.Conclusion Deux observations de tuberculose généralisée non-réactionnelle, l\u2019une greffée sur une leucémie lymphoïde chronique, la deuxième ayant provoqué une anémie réfractaire, sont rapportées avec discussion de la pathogénie des modifications hématologiques rencontrées dans cette forme rarissime de tuberculose.BIBLIOGRAPHIE 1.A.ARENDS: Blood Disease and the So-Called Generalized Non-Reactive Tuberculosis.Acta Med.Scand., 136: 417, 1950.F.HARBITZ: Atypical Tuberculosis and Especially Tuberculosis in the Blocd \u2014 Forming Organs and Tubercle Bacillary Septicemie.Acta Tuberc.Scand., 5: 1, 1931.3.R.J.KERNOHAN: Aplastic Anemia Complicating Miliary Tuberculosis.Brit M.J., 2: 399, 1950.J.R.O'BRIEN: Non-Reactive Tuberculosis.J.Clin.Path.7: 216, 1954.na WD wn Tuberculous Septicemia with Leucopenia.Am.Rev.Tuberc., 59: 311, 1949.6.G.SAULNIER et J.L.BONENFANT: Tuberculose aiguë au cours d\u2019une leucémie aiguë traitée à l'ACTH.Laval Médical, 16: 10.1951.W.PAGEL et A.L.WOOLF: On Fulminant REVUE GÉNÉRALE LES DYSPEPSIES EN PRATIQUE ! Honoré NADEAU (Québec).Les dyspepsies, sous toutes leurs formes, tant organique que fonctionnelle, constituent, sans conteste, un problème épineux de la pathologie qui met chaque jour à l\u2019_épreuve le savoir et la sagacité du médecin praticien.C\u2019est que ces troubles, d\u2019ordre fonctionnel dans la plupart des cas, ont souvent une étiologie incertaine, une symptomatologie plutôt subjective qu\u2019objective, mal caractérisée et aussi mal extériorisée; ils sont encore mal définis à l\u2019heure actuelle.Ils forment un chapître de la pathologie où il n\u2019est pas encore facile d\u2019avoir des notions bien précises et où les hypothèses et les théories les plus diverses ont encore libre cours.Cependant au cours des dernières décades, grâce à une observation plus suivie, plus attentive, grâce aussi à la mise en oeuvre de moyens d\u2019investigation plus élaborés, tant physiques que biologiques, des entités morbides ont pu être isolées qui ont leurs caractères propres, assez facilement mis en évidence.On connaît bien aujourd\u2019hui l\u2019aspect clinique de l\u2019ulcère gastro-duodénal, de la gastrite hypertrophique, de la gastrite atrophique, ete, dont le diagnostic précis est facilité par la radiologie et la gastroscopie.Il n\u2019en reste pas moins vrai qu\u2019il existe encore une foule de troubles dyspeptiques dont la physio-pathologie nous échappe, qu\u2019il est difficile de rattacher à une étiologie bien précise et, qui semblent évoluer en empruntant des caractères purement fonctionnels.Ces troubles dyspeptiques semblent se rencontrer avec une plus grande fréquence de nos Jours et se retrouvent dans à peu près toutes les classes de la société.Autrefois ils étaient plutôt l\u2019apanage de la classe aisée, plus parti- 1.Communication au XXVIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C.Jasper (Alberta), septembre 1956.culierement désoeuvrée; aujourd\u2019hui aucune catégorie d\u2019'individus n\u2019en est préservée.Il y a donc intérêt à se demander quelles circonstances nouvelles peuvent favoriser l\u2019éclosion de tels syndromes, quels changements sont intervenus dans le milieu ambiant, quelles altérations sont apparues dans le comportement des individus, pour qu\u2019une telle pathologie ait pris tant d'importance à l'heure actuelle.La connaissance de ces faits permettra, sans nul doute, un traitement préventif et curatif plus rationnel, réellement efficace.En règle générale, les dyspepsies, de quelque cause qu\u2019elles puissent provenir, se présentent en clinique sous deux formes assez bien distinctes: les dyspepsies hypersthéniques, les dyspepsies hyposthéniques, selon qu\u2019elles comportent une hypertonicité vagale ou une hypertonicité sympathique.Les premières s\u2019accompagnent, ou plutôt sont génératrices de lésions locales, tel l\u2019ulcus gastro-duodénal, la gastrite hypertrophique, etc, les dernières correspondent plutôt à ce syndrome d\u2019ordre purement fonctionnel que l\u2019on dénommait autrefois: dyspepsie neuro-motrice, dyspepsie sen- sitivo-motrice, gastro-névrose, dyspepsie nerveuse.Faute de mieux, elles conservent encore ces mêmes appellations.Ces deux variétés de dyspepsies offrent un tableau clinique bien différent, ce qui permet de les distinguer assez nettement.Leur symptomatologie subjective et objective est assez bien connue pour qu\u2019il soit inutile d\u2019insister sur ce point.Leur étiologie présente des problèmes qui paraissent comporter un intérêt plus grand, c\u2019est sur ce point que nous désirons attirer votre attention.Un bon nombre de troubles dyspeptiques originent de causes qui sont connues depuis longtemps.Les vices d'hygiène alimentaire y 1270 NADEAU: LES DYSPEPSIES EN PRATIQUE figurent pour une large part.Parmi ceux-ci il faut signaler la suralimentation, la sous-alimentation voulue ou imposée, l\u2019abus des aliments irritants, trop épicés, l\u2019abus des boissons alcooliques, des vins trop capiteux, des liqueurs gazeuses, l\u2019abus du tabac, la prise inconsidérée de médicaments concentrés (vitamines, préparations ferrugineuses, etc.).Enfin la prise de repas trop copieux, l\u2019irrégularité des repas, les mauvaises habitudes à table: tachy- phagie, insuffisance de la mastication, la prise d\u2019une trop grande quantité de breuvages au cours des repas, etc.Ajoutons à ces causes externes, si l\u2019on peut dire, les affections ou les troubles fonctionnels des organes internes: foie, pancréas, reins, organes génitaux internes chez la femme, etc.Ces diverses causes ont encore une valeur étiologique très grande, elles contribuent souvent à créer des désordres dyspeptiques dont la symptomatologie est des plus variable, parfois déroutante.Il importe donc de les retenir toutes, de les rechercher avec soins chez tous les dyspeptiques, si l\u2019on veut être en mesure d\u2019instituer un traitement adéquat qui ait quelque chance de réussir.I] est d\u2019autres facteurs étiologiques, encore mal individualisés, qui semblent prendre une importance et une fréquence de plus en plus grande: ce sont les facteurs psychiques ou moraux.Ces facteurs sont en passe de prendre le premier plan dans l\u2019étiologie des dyspepsies tant gastriques d\u2019intestinales.Ils paraissent être responsables d\u2019une grande variété de troubles digestifs.Non seulement ils sont en mesure de créer des troubles fonctionnels, mais souvent on les retrouve à l\u2019origine d\u2019affections lésionnelles du tube digestif, tel l\u2019ul- cus gastro-duodénal, la gastrite hypertrophique, la colite spasmodique, la colite muco- membraneuse.Il ne fait pas de doute pour personne que la fréquence des facteurs émotifs comme causes des troubles dyspeptiques est en relation directe avec les circonstances actuelles de la vie active où les forces vives de l\u2019individu sont constamment mises à contribution.L\u2019entrée en lice des facteurs psychiques revêt une telle importance qu\u2019elle a quelque peu modifié L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 la physio-pathologie de nombreuses maladies, elle en a fait naître d\u2019autres, en particulier celles où les réactions exagérées du système nerveux neuro-végétatif entre pour une grande part, ce qui est particulièrement vrai pour les troubles dyspeptiques.Chez certains sujets, un tant soit peu prédisposés par leurs tendances naturelles, le système nerveux neuro-végétatif réagit vivement aux traumatismes psychiques pour peu que ceux-ci se répètent à intervalles plus ou moins rapprochés.Chacun sait que ces réactions font sentir leurs effets très volontiers sur le tractus digestif dont elles troublent le fonctionnement, plus particulièrement sur l\u2019estomac et le gros intestin dont elles altèrent les fonctions.Elles y provoquent des désordres fonctionnels et lésionnels ou aggravent des troubles préexistants d\u2019origine diverse.Les chocs émotifs se font de plus en plus nombreux et de plus en plus variés chez l\u2019individu qui s\u2019achemine vers un but défini à travers les complications de la vie actuelle.Les contraintes blessent d\u2019autant plus profondément qu\u2019elles sont plus constantes, que les appétits, les ambitions sont plus démesurés et que les individus s\u2019efforcent de les combler à quelque prix que ce soit.Aussi ne faut-il pas s\u2019étonner de retrouver de tels ébranlements psychiques dans certaines classes de la société qui jusqu'alors en étaient préservées.lls se retrouvent avec une fréquence de plus en plus grande même chez les travailleurs de la terre dont la quiétude proverbiale est en passe de faire place à des soucis de plus en plus nombreux.Il n\u2019y a pas de doute que les complications de la vie \u2018actuelle avec ses multiples tracasseries, ses préoccupations diverses, mettent à contribution le système nerveux, surtout le système nerveux neuro-végétatif des individus conscients de leurs responsabilités.Elles entretiennent chez eux une tension nerveuse de tous les instants, avec les conséquences que l\u2019on sait sur le fonctionnement des principaux systèmes: système digestif, système cardio-vasculaire.Il faut y ajouter la multitude des petits conflits internes dont on ne doit jamais sous- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 estimer l\u2019importance et l\u2019aggressivité: Conflits conjugaux, conflits familiaux, certaines contraintes inavouées, insoupçonnées, mésadaptation au milieu, ete.Ces facteurs sont d\u2019autant plus nocifs qu\u2019ils sont plus constants, qu\u2019ils s\u2019attaquent à des sujets prédisposés, déjà aigris par les préoccupations extérieures.Ils agissent en synergie pour créer une atmosphère chargée où la détente bienfaisante a peu de chance de se produire.On connaît bien l\u2019influence du milieu sur l\u2019évolution de certains troubles dyspeptiques.Qui ne connaît aussi l\u2019action résolutive d\u2019une atmosphère familiale faite de compréhension mutuelle, de paix et de sérénité où l\u2019individu se sent libéré, comme vidé, des soucis qui l\u2019assaillent de toute part dans sa vie active.La notion de ces facteurs psychiques comme causes déterminantes ou aggravantes des troubles dyspeptiques doit inciter le médecin traitant à modifier quelque peu son attitude en face du malade qui vient se confier à ses soins.Non qu\u2019il doive négliger la recherche des facteurs somatiques et tout rattacher à des désordres psychiques; bien au contraire les facteurs somatiques n\u2019ont aucunement perdu de leur importance, ils se rencontrent encore avec une fréquence très grande.Bien mal avisé qui les compterait pour quantité négligeable.De même ce serait une grave erreur que de ne tenir aucun compte de l\u2019état psychique du malade.Les Drs Edward Weis et Spurgeon English, dans leur récent traité de médecine psycho-somatique, attachent une grande importance au climat psychique du malade.\u201cLe psychisme, disent-ils, sera considéré avec plus de respect lorsqu\u2019on aura reconnu qu\u2019il a en lui une force capable d\u2019engendrer la maladie\u201d.C\u2019est done dire que pour faire oeuvre utile le médecin, après avoir complété l\u2019examen subjectif et objectif habituel, devra en quelque sorte se muer en psychiatre ou au moins en psychologue et ira faire une incursion plus ou moins poussée dans le territoire psychique de son malade.Avec un peu d'habitude, beaucoup de tact et beaucoup de patience, tout en observant les réactions du sujet, on en arrive assez vite à évaluer NADEAU: LES DYSPEPSIES EN PRATIQUE 1271 sa personnalité psychique, à y déceler des tendances particulières et, partant, à mieux saisir le sens et la nature de ses réactions.Au cours de cette enquête il n\u2019est nullement besoin, dans la majorité des cas, de remonter \u201cad patres\u201d dans la genèse de l\u2019individu; il semble bien qu\u2019il y ait eu beaucoup trop d\u2019abus regrettables dans ce domaine.Le point important c\u2019est l\u2019attitude actuelle du malade et ses qualités réactionnelles.On remarquera que cette attitude psychique est faite le plus souvent d\u2019anxiété et d\u2019angoisse.Il n\u2019y a aucun doute que les anxieux, les angoissés, à divers degrés, forment la masse de ces malades avides de soulagement.Pour compléter l\u2019examen physique, une petite enquête dans le milieu dans lequel évolue le sujet peut s\u2019avérer très utile; elle permettra de se rendre compte de la nature, de la variété des conflits réels ou fictifs qui assaillent le malade, elle permettra aussi de mettre le doigt sur le point crucial.Le malade s\u2019ouvrira d\u2019autant plus librement et avec d\u2019autant plus de confiance qu\u2019il sentira plus d\u2019intérêt, plus de sympathie, de la part du médecin consulté.Ce dernier sera parfois étonné de voir étaler à ses yeux toute une série de tracasseries, de préoccupations, qui irritent et fatiguent le malade et qu\u2019un examen trop hâtif ne lui aurait même pas fait soupçonner.Certains malades tourmentés de cette sorte peuvent paraître aux yeux des profanes pleinement satisfaits, pleinement heureux, tant il est illusoire de vouloir porter un jugement en se basant uniquement sur les apparences extérieures.Ces confidences amènent déjà une grande détente chez le malade.A la fin d\u2019une consultation bien conduite il n\u2019est pas rare d\u2019entendre cette réflexion, lancée avec un ton de soulagement: \u201cDr, cela m\u2019a fait un grand bien d\u2019être venu vous consulter,\u201d je me sens déjà beaucoup mieux\u201d.N\u2019est-ce pas là en quelque sorte un hommage à la sagacité et au savoir faire du médecin consultant?On peut dès lors être assuré que la partie est pratiquement gagnée et qu\u2019on sera désormais en mesure de rendre de grands services au malade.Chez les dyspeptiques il existe très souvent des troubles associés, en particulier des trou- 1272 bles cardio-vasculaires qui se traduisent par de l\u2019éréthisme cardiaque, des palpitations, de la froideur, de la pâleur des extrémités; les malades s\u2019en inquiètent fort.Ces troubles sont pratiquement toujours d\u2019ordre fonctionnel, ils extériorisent en quelque sorte l\u2019état tensionnel du sujet.On se gardera bien de leur attribuer une importance qu\u2019ils ne sauraient avoir.On évitera à tout prix l\u2019erreur de laisser croire au malade qu\u2019il est porteur d\u2019une lésion cardiaque et que ces malaises en sont la manifestation.Ces malades sont très réceptifs, ils s\u2019en convaincront d\u2019autant plus facilement qu\u2019ils la craignaient depuis longtemps.Et, ce seront des malheureux de plus qui porteront leur coeur en écharpe le reste de leur vie.Le médecin avisé profitera de l\u2019examen pour expliquer à son client la genèse de ses troubles, il insistera sur leur bénignité, il appuiera sur l\u2019importance de telle ou telle cause favorisante ou aggravante de ses troubles.Il aura la satisfaction de constater qu\u2019un bon nombre de malades se sentent pratiquement guéris dès qu\u2019ils sont mis au fait de leur situation.Il en est d\u2019autres, malheureusement trop nombreux, qui ne semblent vouloir rien entendre, qui semblent considérer leurs malaises comme des hôtes obligatoires, qui semblent se complaire dans leur maladie, sans toutefois y être complètement résignés.Ces malades, presque toujours des immatures, des débiles, se plaignent continuellement et confient leurs doléances à qui veut les entendre.Devant de tels malades le médecin se sent désarmé.Il se rend bien compte que malgré tous ses efforts, son intervention n\u2019y changera rien.Ces malades angoissés, anxieux toujours, sont de véritables croix qui assaillent le médecin de mille questions embarrassantes, épient les réponses en tentant d\u2019y relever des contradictions qu\u2019ils s\u2019empressent de monter en épingle.C\u2019est l\u2019épine enfoncée dans les chairs du médecin praticien.Ils méritent tout de même qu\u2019on s\u2019en occupe, car tout malade quel qu\u2019il soit doit toujours retenir l\u2019attention du médecin conscient de ses devoirs professionnels.Tout doit être mis en œuvre pour leur venir en aide, même si l\u2019on n\u2019escompte qu'un suceès relatif; l\u2019attention de NADEAU: LES DYSPEPSIES EN PRATIQUE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 la part du médecin est déjà un réconfort pour ces malheureux et surtout pour leur entourage.Le traitement classique des dyspepsies est encore de mise.Il se montre d\u2019une efficacité certaine dans le plus grand nombre des cas.D\u2019empirique et de symptomatique qu\u2019il était autrefois, il évolue graduellement, au fur et à mesure du développement de nos connaissances en ce domaine, vers des bases plus rationnelles qui tiennent de plus en plus compte de l\u2019étiologie de la maladie.Le traitement des grands syndromes dyspeptiques hypersthéniques et hyposthéniques a peu changé.Le régime alimentaire bien conçu y joue encore un rôle de premier plan.Il sera toujours modifié, dans la mesure du possible, suivant les goûts, les habitudes, les réactions de chaque malade.Il ne saurait y avoir de régimes passe-partout qui puissent convenir à tous.Le régime alimentaire ne devra jamais pécher par trop de sévérité, il aura toujours un caractère transitoire, si l\u2019on veut qu\u2019il soit bien accepté et bien suivi.En instituant le régime alimentaire le médecin en profitera pour corriger certains vices d\u2019hy- siène alimentaire en partie responsables des troubles observés, il pourra ainsi remédier à certaines carences nutritives dont les effets sur l\u2019état général sont à redouter.Au régime alimentaire on associera la médication: stimulants digestifs, amers, ferments digestifs, dans les formes hyposthéniques; hy- posécréteurs, antispasmodiques, sédatifs nerveux, dans les formes hypersthéniques.Parmi les antispasmodiques, les anticholinergiques, de découverte récente, se sont vite imposés à l\u2019attention des médecins à cause de la rapidité de leur action et de leur inocuité certaine.Ils n\u2019offrent pratiquement pas de contrindica- tions.Associés aux sédatifs de la série des barbituriques, ils donnent le plus souvent d\u2019excellents résultats, à condition d\u2019être employés à bon escient.Dans les cas où les troubles psychiques paraissent plus accentués les ganglioplégiques, maniés avec prudence, se montrent parfois très utiles, ils corrigent souvent des situations réellement difficiles.Les dyspepsies dites neuro-motrices exigent L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 un traitement symptomatique et étiologique.Celui-ci ne saurait être complet ni pleinement efficace, s\u2019il ne comporte une bonne part de psychothérapie.Même si les troubles psychiques semblent en evidence, le médecin traitant ne recourra que le moins souvent possible aux bons offices du psychiatre, sauf dans les cas où ses services paraissent tout à fait indispensables.Il faut bien se rappeler que ces malades se rebutent facilement à la pensée d\u2019avoir à consulter un psychiatre, étant convaincu d\u2019avance que le psychiatre est le médecin des fous, des aliénés.Il est bien illusoire de vouloir modifier leur opinion sur ce sujet.Un bon nombre s\u2019offusquerait réellement s\u2019ils recevaient un tel conseil de la part de leur médecin traitant en qui ils ont mis toute leur confiance.Les malades admettent difficilement que leurs troubles puissent avoir une origine nerveuse ou psychique.D'ailleurs 1l n\u2019y a pas mieux placé que le médecin traitant, le médecin praticien, pour faire une psychothérapie réellement effective.C\u2019est encore au cabinet du médecin traitant que se pratique la meilleure psychothérapie, la plus éclairée, la plus rationnelle et la plus humaine.En premier lieu le médecin en profitera pour indiquer au malade les causes possibles de ses troubles; causes d\u2019ordre somatique, psychique ou morale.Il lui signalera telles ou telles circonstances favorisantes ou aggravantes et étudiera avec lui les moyens les plus pratiques de les éviter ou encore de minimiser leurs effets.Il conseillera tel ou tel comportement en de telles circonstances.Assurément, cela demande du temps et de l\u2019attention; cela demande aussi une forte dose de compréhension et de sympathie véritable de la part du médecin.Mais ce ne sont pas là des efforts inutiles.Bien au contraire, une psychothérapie bien comprise fera souvent beaucoup plus de bien que toute médication, si active soit-elle en NADEAU: LES DYSPEPSIES EN PRATIQUE 1273 théorie.La malade rassuré sur son état de santé, instruit des principales causes de ses malaises, convaincu de leur bénignité, se soumettra d\u2019autant mieux au traitement et en tirera un profit d\u2019autant plus grand qu\u2019il aura reçu des directives éclairées de la part de son médecin traitant.Aux malades qui semblent se complaire dans leurs maux et ne semblent pas vouloir s\u2019en départir, on se gardera bien de conseiller des traitements compliqués et dispendieux, ou encore des interventions chirurgicales, à moins que celles-ci ne soient jugées tout à fait indispensables et que l\u2019on soit fermement convaineu qu\u2019elles seront couronnées de succès.Des interventions intempestives n\u2019améliorent en rien l\u2019état morbide de ces malades, bien au contraire, elles seront pour eux de nouveaux motifs de plaintes et, très souvent, on insistera pour se soumettre à de nouvelles interventions toute aussi inutiles les unes que les autres.Encore ici la nsychothérapie aidée de la médication sédative, ganglioplégique ou autre, amènera un certain degré de soulagement, très apprécié au moins de l\u2019entourage.L\u2019étiologie et la pathogénie des dyspepsies est mieux connue à l'heure actuelle.Elles se sont modifiése quelque peu au cours de ces dernières années.L\u2019élément psychique ou moral semble y prendre une part de plus en plus grande par suite des complexités multiples de la vie moderne.Leur traitement devra tenir compte des éléments nouveaux qui interviennent dans leur physio-pathologie.Pour être complet et réellement efficace il devra faire la part du somatique et du psychique.\u201cUne thérapeutique dans laquelle les éléments biochimiques et psychologiques sont traités de pair constituera certainement la thérapeutique de l\u2019avenir\u201d.(Dr.Ed.Weis et Spurgeon English). CONSIDERATIONS PRATIQUES SUR L\u2019ANESTHÉSIE EN CHIRURGIE PULMONAIRE ! Jean-Paul DECHENE (Québec).Nous avons pensé vous intéresser en vous présentant brièvement quelques considérations pratiques sur l\u2019anesthésie en Chirurgie Pulmonaire.Ces considérations sont basées sur une expérience personnelle d\u2019environ 500 cas d\u2019anesthésie pour résections pulmonaires, qui nous ont permis de mettre à point une adaptation pratique de certaines méthodes d\u2019anesthésie cla sique, dont parlent les auteurs dans les bouquins spécialisés.Dans ce court exposé, 1l ne sera nullement \u2018question des méthodes que nous pourrions qualifier d\u2019exceptionnelles voire: « l\u2019hibernation artificielle », l' «chypothermie provoquée», I\u201d « hypotension controlée », la « rachidienne » ou I\" « épidurale ».L'une ou l\u2019autre de ces méthodes peut certainement être employée par un anesthésiste expert à bon escient et rendre service au bon moment.Cependant, à notre avis, ni l\u2019une ni l\u2019autre de ces méthodes sont appelées à devenir une pratique journalière en anesthésie pulmonaire: elles ont des indications propres et elles doivent servir à cette fin uniquement.Cette après-midi, en vous présentant ces considérations pratiques sur l\u2019anesthésie pulmonaire, nous voulons simplement souligner deux points en particulier: 1.\u2014 L'importance du choix de l\u2019anesthésie en chirurgie pulmonaire.2.\u2014- Le rôle bienfaiteur d\u2019un équipement spécialisé en ce qui regarde une ventilation pulmonaire adéquate.Précisons tout de suite que nous n\u2019avons pas la prétention de croire ces quelques considérations supérieures à toutes autres en la matière et que nous ne voulons nullement critiquer ici les méthodes différentes de la nôtre.1.Communication à la « Société Canadienne des Anesthésistes » Division de Québec, à l\u2019hôpital Laval, le 5 mai 1956.[.CHOIX DE L\u2019ANESTHÉSIE Le choix de l\u2019anesthésie en chirurgie d\u2019exé- rèse ne doit pas être chose du hasard mais bien l\u2019application fidèle des principes et problèmes de l\u2019anesthésie endo-thoracique et plus spécialement de l\u2019anesthésie pulmonaire.Le patient malade du thorax a, la plupart du temps, une capacité vitale réduite et une oxygénation insuffisante du sang artériel; souvent son arbre bronchique est rempli de sécrétions, diminuant ainsi les échanges respiratoires.Il est aussi cachectique, anémique et toutes ces conditions de toxémie chronique en font un mauvais risque anesthésique.De plus, la position latérale, la plus communément employée en chirurgie thoracique, favorise l\u2019essaimage de l\u2019infection.La création d'un pneumothorax à ciel ouvert produit un certain degré de respiration paradoxale et de ballottement médiastinal; d\u2019où réduction de l\u2019air courant et de la ventilation pulmonaire chez un patient dont les réserves respiratoires sont déjà diminuées.Les opérations thoraciques sont longues et s\u2019associent à des pertes sanguines considérables, de là danger de choc et nécessité de bien maintenir l\u2019équilibre liquidien.Il y a grand danger de réflexes, car ici, l\u2019opération prend place dans une des zones les plus réflexogènes de l\u2019organisme, la zone car- dio-pulmonaire.L\u2019absence de pression négative intra-thoracique retarde le retour veineux au cœur et diminue le débit cardiaque.Pour sa part, le ballottement médiastinal peut, par intermittence, causer l\u2019obstruction des veines caves et donner de la tachycardie et de l\u2019hypotension.Ajoutons comme autre facteur de choc, la perte de chaleur accompagnant toute intervention thoracique.En tuberculose, iles problèmes ne font que s\u2019aggraver.Le plus important de tous est celui de la dissémination de la maladie, du côté malade au côté sain. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Permettez-nous cependant quelques commentaires à ce sujet et disons tout de suite que contrairement aux données anciennes, l\u2019anesthésie légère semble de beaucoup maintenant la technique préférable et préférée.De là le rôle bienfaiteur d\u2019une prémédication adéquate et d\u2019une médication anesthésique adjuvante per-opératoire.A.La prémédication Après bien des essais, nous avons adopté comme prémédication la ligne de conduite d\u2019une médication pré-opératoire assez puissante.Habituellement, la veille au coucher, un hypnotique (nembutal ou noludar) est administré per os en association avec un antihistaminique, (phénergan) comme potentia- lisateur.Le matin même de l\u2019opération, le même ant:h\u2018staminique est répété et suivi une demi-heure plus tard d\u2019un opiacé et d\u2019un vagolytique (v.g.le démérol-atropine).Chez certains malades plus résistants que d'autres, nous n\u2019hésitons pas à employer l\u2019association classique morphine-atropine voire même mor- phine-scopolamine.Toujours soucieux de préserver le psychisme de l\u2019enfant contre les phobies précoces de la salle d\u2019opération, la pré-anesthésie rectale aux barbituriques est administrée dans la chambre même du jeune patient et elle est bientôt suivie par l\u2019atropine sous-cutanée, une fois que la «piqûre » ne peut plus être un objet de crainte de la part de l\u2019enfant.Il est à retenir qu\u2019une prémédication adéquate et puissante peut prévenir bien des arrêts cardiaques et en particulier l\u2019arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire.Il est vrai qu\u2019elle a comme désavantage de favoriser la rétention de sécrétions mais dans notre milieu, avec la bronchoscopie faite de routine chez les sécrétants, nous n\u2019y voyons pas tellement d\u2019inconvénients.De façon générale, notre prémédication journalière comprend un hypnotique et un opiacé synthétique en association avec un antihistaminique et un vagolytique.Occasionnellement, d\u2019autres sédatifs peuvent être em- DECHÊNE: ANESTHÉSIE EN CHIRURGIE PULMONAIRE 1275 ployés mais dans la mesure où nous utilisons les barbituriques comme anesthésiques de base, et surtout vu que les réflexes vagaux sont les réflexes les plus redoutables en chirurgie pulmonaire, les substances vagolytiques ont la préférence.Soit dit en passant, le largactil, à action sympathicolytique, est peu employé dans notre milieu en prémédication journalière.En résumé, l\u2019association de ces drogues revêt done un pouvoir antalgique, hypnotique, vagolytique et antispasmodique bronchique qui, joint à son action potentialisatrice, nous permet une méthode de prémédication, en chirurgie pulmonaire, très gouvernable, peu toxique et préparant bien à la période anesthésique proprement dite.B.Les substances anesthésiques L\u2019anesthésie légère, avons-nous dit, est a la fois préférée et préférable en anesthésie pulmonaire.Chez les risques moyens, l\u2019éther est donc recommandable pour la maintenance puisque son administration en anesthésie légère permet une oxygénation plus que suffisante.Son emploi empêche l\u2019usage du thermocautère mais la perte de temps occasionnée par les ligatures surnuméraires est vite compensée par les effets bienfaiteurs sur la physiopathologie des pulmonaires.Assez souvent, grâce à I\u2019éther, l\u2019emphysémateux, le bronchitique chronique asthmatiforme, considérés comme des mauvais risques anesthésiques, donnent quand même lieu à des anesthésies heureuses.Chez les bons risques anesthésiques, l\u2019«anesthésie balancée »: barbituriques, curare, pro- toxide d\u2019azote, oxygène, à laquelle nous ajoutons le démérol intra-veineux à doses fractionnées donne de très bons résultats et peut servir de pratique journalière courante en chirurgie pulmonaire.Enfin, dans les cas limites de l\u2019opérabilité, grâce à l\u2019hibernation pharmacodynamique voire même l\u2019hibernation totale, quelques patients de plus ont pu bénéficier de la chirur- gle pulmonaire pour guérir leur tuberculose. 1276 C.La médication adjuvante Comme complément à ces considérations pratiques sur l\u2019anesthésie en chirurgie pulmonaire, nous vous dirons un mot de la médication anesthésique adjuvante per-opératoire.Or, l'expérience nous a enseigné qu\u2019à l\u2019occasion, cette médication adjuvante peut rendre de grands services mais qu\u2019elle peut également être nuisible grandement.Aussi est-ce une arme à deux tranchants que nous ne pouvons pas recommander parce que dangereuse.Cette polypharmacie désordonnée peut conduire facilement à un arrêt cardiaque ou du moins à des accidents cardio-vasculaires sérieux.Toutefois, chez les bons risques, où l\u2019anesthésie balancée est employée de routine, le démérol intra-veineux, à doses fractionnées, a définitivement une place de choix et peut être employé dans le double but de réduire l\u2019usage des curarisants et de diminuer la répétition des barbituriques par voie intra-veineuse.En effet, tout le monde connaît les mauvais effets des barbituriques à répétition sur la respiration et la circulation.Les hautes doses de curarisants ne sont pas par ailleurs sans danger.Elles peuvent elles aussi provoquer une dépression cireulatoire mais elles sont surtout cause de broncho-dilatations suivies de broncho-plégies avec bronchorrhée abondante et atélectasie consécutive.Le dérrérol est done très employé en anesthésie pulmonaire dans notre milieu.Ses propriétés pharmacodynemiques lui confèrent les evantages de la papaverine et de I\u2019atropine.Il posséde une action analgésique trés puissante, mais son action narcotique est faible, ce qui permet un retour rapide à la conscience et un confort post-opératoire très appréciable.À l\u2019inverse de la morphine, il déprime peu la respiration.D'autre part, il s\u2019oppose aux effets de l\u2019acétylcholine sur le muscle lisse et à ceux de l\u2019histamine sur les bronchioles.Ces propriétés anticholinergiques et antihistaminiques sont donc très précieuses en anesthésie.Il s\u2019oppose plus efficacement que la procaïne au spasme bronchique et son effet antivagal est particulièrement bien vu en chirurgie pulmonaire.DECHÉNE: ANESTHÉSIE EN CHIRURGIE PULMONAIRE L Union Méd.Canada me 85 \u2014 Nov.1956 Le démérol demeure donc la grande médication anesthésique adjuvante per-opératoire en anesthésie balancée pour chirurgie pulmonaire.II.RÔLE BIENFAITEUR DE L'ÉQUIPEMENT SPÉCIALISE ET VENTILATION PULMONAIRE ADÉQUATE Ces quelques considérations étant faites sur le choix de l\u2019anesthésie en chirurgie pulmonaire, nous vous parlerons maintenant du rôle bienfaiteur d'un équipement spécialisé en rapport avec une ventilation pulmonaire adéquate.1.Le bronchoscope oxygénateur et ventilateur Tout le monde sait que pour obtenir une ventilation pulmonaire adéquate, la lutte contre les sécrétions pulmonaires est d\u2019importance primordiale.Et, pour lutter efficacement contre la présence de ces sécrétions pulmonaires, le bronchoscope oxygénateur et ventilateur peut certainement jouer un rôle bienfaiteur.En anesthésie pulmonaire, un nécessaire à la broncho-aspiration est donc indispensable à la salle d\u2019opération et doit être prêt à servir en tout temps.Dans notre milieu, les bron- choscopes que nous utilisons sont de type « Négus » et ce sont des bronchoscopes oxygé- nateurs.En effet, ils sont porteurs d\u2019une tubulure spéciale permettant un débit d\u2019oxygène de six litres/minute; autorisant ainsi des aspirations sous oxygénation prolongée.Si pour une raison ou pour une autre, en cours de bronchoscopie, il est devenu nécessaire non seulement d\u2019oxygéner le malade mais bien de le ventiler adéquatement, on peut le faire grâce à un adapteur spécial reliant le bron- choscope à l\u2019appareil d\u2019anesthésie.Le bron- choscope fait alors office de sonde endo-tra- chéale et plusieurs fois, il nous a été donné de profiter de cet adapteur spécialisé transformant ainsi notre bronchoscope oxygénateur en un bronchoscope ventilateur.Ici, à l'Hôpital Laval, les bronchoscopies d\u2019aspiration pré-cpératoires sont faites de L'Union Méd.Canada Tome 85 Nov.1956 routine chez les malades sécrétants insuffisamment asséchés et particulièrement chez les sécrétants bilatéraux, qui ne peuvent bénéficier d\u2019une thérapeutique d\u2019exclusion bronchique.L\u2019anesthésie intra-veineuse accompagnée de l\u2019anesthésie locale facilite cette bronchoscopie et l\u2019insufflation continue d\u2019oxygène est toujours pratiquée.Quant aux bronchoscopies post-anesthési- ques, elles sont très utiles mais souvent dangereuses étant donné que les malades en voie de se réveiller ne peuvent coopérer et bien au contraire, se défendent contre la présence du bronchoscope.Un curarisant de courte durée peut alors rendre service mais à la condition expresse de pouvoir bien oxygéner le malade; de là l\u2019utilité du bronchoscope ventilateur pour permettre une ventilation adéquate en cours de bronchoscopie.2.La sonde Carlens Parmi l\u2019instrumentation spécialisée permettant une ventilation pulmonaire adéquate, il nous faut absolument parler de la sonde Carlens.Cette dernière est particulièrement utile voire même nécessaire lorsque la résection pulmonaire est pratiquée en position latérale.Non seulement la sonde Carlens protège contre les disséminations bronchiques en évitant le passage des sécrétions du poumon malade au poumon sain, mais elle permet à l\u2019anesthésiste un contrôle parfait de la situation.L\u2019anesthésiste peut gonfler le poumon malade à la demande du chirurgien.Il peut aspirer les sécrétions du poumon malade de façon continue tout en ventilant bien le poumon sain.Vous connaissez tous certainement la sonde Carlens.Plusieurs d\u2019entre vous l\u2019ont sans doute utilisée maintes fois.Mais en pratique clinique, peut-être avez-vous eu quelque difficulté à relier cette sonde à double lumière à une machine ordinaire d\u2019anesthésie?Aussi, avons-nous pensé vous démontrer aujourd\u2019hui le rôle bienfaiteur d\u2019une valve spécialisée permettant d\u2019adapter la sonde Carlens à la ma- DECHÉNE: ANESTHÉSIE EN CHIRURGIE PULMONAIRE 1277 chine d\u2019anesthésie.Cet adapteur spécialisé est fabriqué sous forme d\u2019une double valve contrôlant à la fois l\u2019ouverture et la fermeture des lumières droite et gauche de la sonde Carlens.La valve étant ouverte d\u2019un côté, on peut facilement aspirer les sécrétions de ce côté en y introduisant une sonde plastique de calibre suffisant.Cette valve spéciale réduit l\u2019espace mort de la jonction-sonde Carlens, machine d\u2019anesthésie, à environ 1/3 pouce cube soit le plus petit espace mort connu à date dans les différentes connections utilisées jusqu\u2019ici.Plus n\u2019est nécessaire maintenant de débrancher la sonde Carlens de la machine d\u2019anesthésie lorsqu\u2019on veut aspirer ou dégonfler le poumon malade, il suffit seulement de tourner la valve du bout du doigt; d\u2019où économie de temps, réduction de l\u2019espace mort, meilleure ventilation et meilleure oxygénation.3.La table d\u2019Overholt Dans la lutte contre les sécrétions pulmonaires, nous venons d\u2019établir l\u2019utilité de la sonde Carlens voire même sa nécessité lorsque l'intervention a lieu en position latérale.Toutefois, soit par préférence chirurgicale, soit pour une raison anesthésique, l\u2019intervention est faite en position ventrale, la table d\u2019Overholt est appelée à rendre de grands services en favorisant la descente naturelle des sécrétions, en évitant l\u2019essaimage et en favorisant le maintien du médiastin.L\u2019association «table d\u2019Overholt et sonde endo-trachéale » joue donc elle aussi un rôle bienfaiteur dans la ventilation adéquate de l\u2019opéré pulmonaire.4.Le ventilateur avec pression positive et négative Comme dernière considération pratique et non la moindre en ce qui regarde la ventilation pulmonaire adéquate, nous vous dirons un mot d'un ventilateur spécialisé avec pression positive et négative: le ventilateur Jefferson.A l'Hôpital Laval, à la fois en clinique et au laboratoire des recherches, nous employons le ventilateur Jefferson depuis déjà plus d\u2019une année et nous pouvons affirmer aujourd\u2019hui, 1278 après bien d\u2019autres, que sur un thorax ouvert, une pression positive intermittente avec pression négative est de beaucoup préférable à la pression positive intermittente seule.En effet, pour obtenir une ventilation pulmonaire effective, si la pression positive intermittente seule est employée, nous pouvons obtenir cette ventilation pulmonaire nécessaire seulement par l\u2019accroissement du rythme respiratoire ou par l\u2019accroissement de pression dans la sonde endo-trachéale.Et ceci, vous le savez, conduit à une réduction du retour veineux, à une diminution du débit cardiaque et aussi à un champ opératoire obscurei par la distension pulmonaire.Tandis que, si la pression positive intermittente avec pression négative est employée, la ventilation pulmonaire totale peut être accrue deux à trois fois sans l\u2019accroissement du rythme respiratoire, avec seulement l\u2019accroissement de pression positive pour insuffler et de pression négative pour affaisser sans changement dans la pression endo-trachéale.Ainsi, une grande augmentation de la ventilation pulmonaire peut être obtenue sans effets nocifs sur la circulation et sans produire un poumon distendu qui obscurcit le champ opératoire.Le ventilateur Jefferson joue donc lui aussi un rôle bienfaiteur pour réaliser une ventilation adéquate chez les pulmonaires, et, soulignons en passant, qu\u2019il peut être employé à la salle d\u2019opération et aussi en réanimation postopératoire.A propos de respirateur avec pression positive et négative, nous tenons à souligner ici qu\u2019un respirateur manuel récemment mis à point par le docteur Iain M.MacKay, du département d\u2019anesthésie de l\u2019Université de Toronto et du Toronto General Hospital, peut certainement avoir une grande place en anesthésie pulmonaire.On pourra lire les détails de constitution de cet appareil dans le Journal DECHENE: ANESTHESIE EN CHIRURGIE PULMONAIRE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 de la Société Canadienne des Anesthésistes, avril 1956, Vol.3, no 2.Et ceux d\u2019entre vous qui ont assisté aux démonstrations cliniques données par le professeur F.Hudon ont eu l\u2019avantage de voir ce nouveau respirateur manuel en action.Aussi, nous tenons à remercier publiquement la Compagnie British Oxygen Canada Ltd et surtout le docteur MacKay, pour sa courtoisie à notre égard, à ce sujet.Conclusion Le moment est venu de vous remercier de votre bienveillante attention et nous espérons que ces considérations pratiques sur l\u2019anesthésie pulmonaire vous seront un jour de quelque utilité, c\u2019était d\u2019ailleurs l\u2019unique but de leur présentation.BIBLIOGRAPHIE 1.John W.PENDER et John S.LUNDY: Anesthesiology in Pulmonary Surgery: Special Problems.The Am.J.of Surg., 89: 35, 1955.2.Jean-Paul DECHENE: Problème du choix de l\u2019anesthésie chez un Tuberculeux Pulmonaire guéri ou non.L\u2019Un.Méd.du Canada, 84 : 1054 (sept.) 1955.3.P.B.VIKING, E.CARLENS et Olle FRI- BERG: Endobronchial Anaesthesic.Anesthesiology, 14: 60 (janv.) 1953.4.C.A.HUBAY et coll.: Cireulatory Dynamics of Venous Return during Positive-Negative Pressure Respiration.Anesthesiology, 15: 445 (sept.) 1954.5.J.V.MALONEY, jr.et al: Importance of Negative Pressure Phase in Mechanical Respirators.JAMA, 152: 212 (mai) 1953.6.H.LABORIT : Utilisation de la Péthidine en anesthésie.La Presse Médicale, 60: 120 (janv.) 1952.7 Jean-Paul DECHENE: Cardio-Pulmonary Disturbances in Thoracic Surgery.Canadian Anaesthetists\u2019 Society Journ.2: 64 (janv.) 1955.8.Olivier MONOD et coll.: L\u2019Anesthésie en chirurgie thoracique.Masson & Cie, Paris 1955.A.John H.GIBBON, George J.HAUPT: The Need for Adequate Pulmonary Ventilation during Surgical Operations.The Surgical Clinics of North L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale du Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 85, No 11 \u2014 Montreal, novembre 1956 EDITORIAL LA REHABILITATION DES DIABETIQUES Il nous arrive fréquemment d\u2019entendre parler de réhabilitation.Il existe des organismes qui ont pour mission de réhabiliter les alcooliques, les nar- comanes, les délinquants, etc.De plus, l\u2019Ecole de Physiothérapie et de Thérapie Occupationnelle de l\u2019Université de Montréal ne possede-t-elle pas son centre de réhabilitation?Que l\u2019on parle à I'heure actuelle de réhabilitation des diabétiques, c\u2019est tout à fait dans l\u2019ordre en raison de l'importance de plus en plus grande que prend cette maladie et nous n\u2019avons pas à en être surpris, puisque cet item est un des buts que poursuit l\u2019Association du Diabète de la Province de Québec, Inc., comme 11 en est fait mention dans les constitutions et reglements de la dite Association.De par le sens méme du mot « réhabiliter », 11 faut comprendre la restauration, le rétablissement dans son état antérieur d\u2019une personne qui, dès lors, devient capable de gagner sa vie, grâce à une série d'instructions dirigées.Dans la réhabilitation des diabétiques, il nous faut donc alors admettre implicitement une certaine incapacité, voire même une certaine infirmité qui découle de leur maladie.Envisagé sous 1279 cet angle, le titre de cet article n\u2019est vrai qu\u2019à demi.Que le diabète puisse créer de l\u2019invalidité, bien peu de personnes oseraient contester cette assertion avec la longue survie des diabétiques.Loin de nous la pensée que le diabète ne puisse en maintes occasions prendre l\u2019allure d\u2019une maladie aiguë.Nous constatons malheureusement avec trop de fréquence comment un diabétique peut devenir extrêmement malade dans l\u2019espace de quelques jours et subir une véritable incapacité; son asthénie étant capable à elle seule d\u2019annihiler tout son pouvoir d'action.Nous sommes certainement plus habitués de considérer le diabète comme une maladie chronique, capable par conséquent de produire des résultats semblables sur une période de plusieurs années, quand les diabétiques persistent à demeurer en dehors de tout contrôle de leur maladie.L'équilibre du diabète peut s\u2019obtenir en quelques jours, faisant ainsi disparaître l\u2019incapacité aiguë dont le malade était affecté; et qui plus est, ce contrôle peut se maintenir la vie durant.On le comprend, un équilibre diabétique permanent laisse peu de chances aux complications dégénératives de se produire et d\u2019invalider des malades de ce genre.Voila la conception actuelle que nous devons avoir du diabète.C\u2019est avec cet espoir que les diabétiques doivent animer leur vie et envisager leur avenir.Si la majorité des diabétiques ont accepté cette conception au sujet de leur maladie, pourquoi pas tous, avec le traitement efficace qu\u2019ils ont maintenant à leur portée?Ce traitement 1280 apporte en effet aux diabétiques un bien-être et une sécurité que bien peu d\u2019autres procédés thérapeutiques peuvent offrir dans les différents autres domaines de la médecine actuelle.Il fut un temps, pourtant pas très reculé, puisqu'il ne date qu'avant 1921, où le traitement du diabète était loin d\u2019offrir des garanties comme aujour- d'hui.Il est difficile de s\u2019'imaginer maintenant ce que pouvait être la vie des diabétiques sans le secours de l\u2019insuline ; les enfants atteints de cette maladie n'y survivaient que deux ou trois ans à peine, la mortalité par acidose diabétique grave était de l\u2019ordre de 75 pour cent et les chirurgiens avaient appris à craindre les diabétiques au point de ne pas leur toucher tant étaient déplorables les complications infectieuses et acidosiques.Le miracle de l\u2019insuline a changé la vie des diabétiques, a permis aux enfants atteints de cette maladie de survivre.L\u2019insuline n\u2019a cependant pas guéri le diabète, même si cette hormone reste une arme de premier choix dans le contrôle de cette maladie à la condition d\u2019avoir été injectée.Les nouvelles substances antidiabétiques par vole orale n\u2019ont pas encore détrôné l\u2019insuline.C\u2019est sans doute par abus de confiance dans le traitement du diabète qu\u2019on en est venu trop souvent à considérer l\u2019état apparent de santé et la sensation de bien-être comme les critères d\u2019un bon contrôle diabétique.Malheureusement pour réfuter cette tendance au laisser-aller, nous avons à présenter le nombre important des enfants diabétiques qui meurent aveugles, aux alentours de la trentaine, de ÉDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 complications rénales, après vingt ans de vie diabétique, non sans avoir été pendant des mois ou même des années complètement invalides à cause de leur maladie.Bien au contraire, il vaut la peine de se plier totalement aux exigences de son traitement pour mener une vie active pendant 20, 30 ou 40 ans de vie diabétique.Ces malades doivent reconnaître dans l\u2019observance de leur traitement une assurance de bien-être réel, un gage de longévité et de saine activité.Le diabétique qui ne cherche qu\u2019à profiter de la vie et de ses plaisirs grève son avenir et provoque chez lui une échéance plus hâtive.Il est illusoire de vouloir manger au gré de sa fantaisie et de chercher le contrôle de son diabète avec des injections d\u2019insuline, seraient-elles même au nombre de trois par jour.Le régime alimentaire est à la base de tout traitement diabétique et l'insuline n\u2019est qu'un complément de ce traitement.Pour avoir oublié cette notion pourtant fondamentale du traitement classique du diabète, deux médecins diabétiques ont voulu suivre la voie facile et ont misé uniquement sur l\u2019insuline dans la thérapeutique de leur maladie: l\u2019un est mort à 36 ans d\u2019une complication infectieuse rencontrée dans les états habituels de déséquilibre diabétique, la tuberculose, et l\u2019autre, à cause d\u2019une dénutrition importante, fut obligé d\u2019abandonner sa pratique chirurgicale par invalidité diabétique.Avec la longue survie de ce genre de malades, leurs nombreuses complications dégénératives prouvent à l\u2019évidence que le diabète, maladie chronique, peut créer de l\u2019invalidité L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 en permanence particulièrement chez ceux qui ont vécu à l\u2019écart d\u2019un bon contrôle thérapeutique.Pris dans son sens le plus large, la réhabilitation des diabétiques signifie la correction du diabète et implique le contrôle permanent de cette condz- tion pour ne pas dire de cette maladie.En effet, la réhabilitation du diabétique dans sa phase aiguë donne à la personne atteinte de cette affection un état de santé comparable à celui d\u2019une personne normale.Les diabétiques bien équilibrés doivent éviter de se considérer comme des malades, comme des impotents, comme des infirmes.Ils peuvent et même doivent travailler.C\u2019est à cette condition qu\u2019ils pourront continuer leurs traitements et obtenir en permanence leur contrôle diabétique.Il s\u2019agit là d\u2019un état de santé obtenu et maintenu, grâce à une thérapeutique, mais sans laquelle la maladie fera bientôt sa réapparition.C\u2019est ce qu\u2019il est maintenant convenu d\u2019appeler un état de santé thérapeutique.Quand les personnes atteintes de cette maladie ont vécu à l\u2019écart de tout contrôle thérapeutique, les complications dégénératives finissent toujours trop tôt par les invalider.Il n\u2019y a que dans ses complications chroniques que le diabète crée de l\u2019invalidité avec une telle fréquence et une telle durée.La réhabilitation est de réalisation difficile dans les troubles provoqués par l'artériosclérose.Loin d'apporter un état de santé thérapeutique comme précédemment, la réhabilitation des ÉDITORIAL 1281 diabétiques atteints de complications dégénératives sera partiellement efficace et plus souvent inopérante.Il est possible de réhabiliter dans une certaine mesure certains hémiplégiques, certains amputés dune jambe.Par l'extraction de cataractes et à l\u2019aide de verres correcteurs, il est possible de redonner une vision passable à celui que le diabète avait rendu aveugle.Encore aujourd'hui, la difficulté qu'éprouvent un bon nombre de diabétiques à se trouver du travail les porte à se croire trop souvent comme des impotents.Le diabétique qui se considère inapte à tout travail, l\u2019enfant que l'on retire de l\u2019école, du fait de leur diabète, voilà une invalidité créée de toutes pièces où le diabétique et sa famille et même le médecin ont leur part de responsabilité.Il s\u2019agit là d\u2019une invalidité psychique où la réhabilitation est des plus difficile.Les allocations accordées à de telles personnes ne sont pas de nature à corriger cette invalidité psychique.En dehors des complications du diabète, cette maladie ne produit pas d'invalidité permanente nécessitant de la réhabilitation.Le diabète mérite d\u2019être traité et nécessite un entraînement pour faire acquérir à ce genre de personnes les connaissances essentielles au maintien d\u2019une santé thérapeutique.Les diabétiques ont beaucoup plus besoin d\u2019un bon traitement médical que de réhabilitation proprement dite.Rosario ROBILLARD. ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DU CANADA XXVIE CONGRÉS JASPER, 13-15 SEPTEMBRE 1956 SÉANCE INAUGURALE ALLOCUTION DU DOCTEUR LOUIS-PHILIPPE MOUSSEAU, Président du XXVIème Congrès Au nom de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada j'ai l'honneur de remercier les hautes personalités du monde civil et religieux qui, par leur présence, sont venues rehausser l\u2019éclat de ce banquet d\u2019ouverture du XXVIe Congrès tenu à Jasper.Je remercie aussi le Dr Jobin, représentant de la C.M.A, et tous nos confrères tant des Etats-Unis que des autres provinces Canadiennes d\u2019être venus ici affirmer la vitalité du groupe de médecins de langue Française.Si la convention médicale a fait appel, cette année, à l\u2019hospitalité d\u2019un des plus beaux sites de notre pays, il m\u2019est particulièrement agréable en vous souhaitant la bienvenue au nom des médecins des quatre provinces de l'Ouest de souligner le sens de votre présence en ces lieux.Car j'aime à voir dans votre geste non seulement un témoignage de sympathie à l\u2019égard des lointaines communautés canadiennes, mais votre volonté de rayonnement au delà des limites de la province de Québec.Tout ce que vous représentez de valeurs scientifique et humaine ne pouvait être dispensé seulement à ceux qui sont le plus proche de vous, il fallait tôt ou tard que vos confrères de l\u2019Ouest profitent de votre encourageante présence en même temps qu\u2019ils apprécient et l\u2019étendue et la profondeur de votre science.Que les regards de l\u2019Ouest se portent sur vous, messieurs, il n\u2019est rien de surprenant à celà, qu\u2019ils admirent vos qualitiés scientifiques, professionnelles et humaines, c\u2019est bien naturel: vous représentez pour nous ce corps d\u2019élite que sans jalouser nous aimerions à imiter, et il me semble que dans la voie où vous vous êtes engagés les résultats obtenus vous invitent à progresser toujours avec plus d\u2019enthousiasme.C\u2019est sur vos traces que les médecins de l\u2019Ouest voudraient marcher, ils vous sont reconnaissants d\u2019avoir préparé ceux qu\u2019ils vous ont confiés et ils osent espérer que vous serez toujours accueillants pour ceux qui viendront solliciter votre aide si précieuse et que malgré les difficultés de la langue, vous pourrez les entrainer dans votre sillage et faire du corps médical de nos provinces cette élite d'homme toujours prêts à se mettre au service de l'homme pour le plus grand bien de tous.En portant les yeux vers Québec, je Vois monter de toutes parts tant dans les milieux universitaires que dans les centres hospitaliers des hommes qui se destinent à la recherche et je voudrais ici formuler un voeu: \u201cPuisse ces hommes trouver auprès de nous toute l\u2019aide que l\u2019on est capable de leur donner.\u201d La médecine, cet art et cette science si vastes, comporte dans son unité et selon l\u2019orientation de ceux qui s\u2019y consacrent plusieurs domaines.Le médecin praticien tout proche de la souffrance humaine, pour la soulager met en oeuvre des connaissances acquises pendant ses études en développant chaque jour son expérience des patients.Le spécialiste, par une connaissance accrue dans certaine branches de la médecine se met au service du praticien pour résoudre les cas les plus difficiles.Mais il a aussi le groupe de ceux qui se donnent à l\u2019enseignement de cette science.Ils vont plus loin dans leurs recherches, et grâce à leur assiduité et à leur L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 acharnement, ils peuvent petit à petit combler les lacunes de cette science toujours jeune parce que son domaine est sans limites.En haut de cette hiérarchie, ces missionnaires de la science sont des solitaires, et quels qu\u2019ils soient, conscients ou non de leur valeur, ils ont besoin d'aide, d\u2019encouragement et de charité; ils ont besoin d\u2019être soutenus tant dans le domaine moral que financier pour continuer à toujours progresser.Les deux premières catégories, les praticiens et les spécialistes, sont composées de ceux qui imitent, ils reproduisent ce qui est déjà connu, ils ne sont pas des créateurs.Mais le professeur ou le chercheur, celui qui appartient à la troisième catégorie représente vraiment notre valeur internationale qui nous distingue comme Canadiens-Français.Ces hommes qui se consacrent à la recherche et qui sont en général des bourreaux de travail, sans cesse stimulés à chaque pas de leurs découvertes sont souvent les moins rémunérés.Est-ce qu\u2019on les envie ou les sous- estime?Ou seulement n\u2019y pensons-nous pas.Mais il est certain que ceux qui les payent à même les fonds publics ne le font pas à l\u2019échelle des revenus des deux premiers groupes.Je souhaite que chacun de nous s\u2019attache à comprendre leur valeur, sache les apprécier, et d\u2019une manière très concrète veille à ce qu\u2019ils soient rémunérés en proportion de leur savoir et des services qu\u2019ils rendent à l\u2019humanité.Car nous-mêmes et nos fils nous avons besoin d\u2019eux, et c\u2019est notre devoir de leur donner dans l\u2019existence une situation honorable.A vous voir réunis à Jasper je ne puis m\u2019empêcher de vibrer de fierté nationale et CONGRÈS 1283 votre présence ici aura je n\u2019en doute point un heureux effet sur l'avenir.Le Canada est bilingue, composé de deux peuples attachés l\u2019un à l\u2019autre par une cohabitation de deux siècles qui leur a permis de fondre leurs aspirations communes en même temps que de combler le fossé qui les séparaît.Il en est résulté cette entité nouvelle: le canadianisme intégral dans lequel les deux origines nationales ont leur rôle à jouer.À la séance d\u2019ouverture du XXVième Congrès le Dr Amyot formulait le souhait d\u2019une collaboration étroite entre la médecine française et la nôtre, souhait répété depuis le premier Congrès de 1902, mais jamais complètement réalisé, faute d\u2019avoir pu trouver une formule pratique d\u2019équivalence universitaire.Au printemps de cette année, la visite de nos doyens de Québec et de Montréal en France apporta la réalisation partielle de ce souhait.La France nous offre un système d\u2019études postes-scolaires qui nous permettent d\u2019établir des équivalences avec le reste du Canada.De la sorte après avoir tourné nos regards durant quelques années du côté de nos voisins des Etats-Unis, nous pouvons reporter notre vue une fois de plus vers la France comme la source de lumière de nos études supérieures et redonner au Canada la valeur jumelle de son origine.Dans ce premier voyage en dehors de Québec jusqu\u2019à l\u2019océan Pacifique, vous venez apporter à vos confrères Anglais une alliance d\u2019idées qui pour l\u2019universalité de la médecine créera une ambiance nouvelle, un climat de confiance mutuelle et de charitable compréhension, et en un mot l\u2019unification de nos forces qui permettra de promouvoir la valeur canadienne à de plus hauts sommets. 1284 CONGRÈS L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 ALLOCUTION DU DOCTEUR ÉMILE BLAIN, Directeur général de l'Association Ce soir, l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada réalise un beau rêve, en tenant son 26e congrès annuel dans l\u2019Ouest du Canada.Ce rêve vécu sera une nouvelle affirmation de notre maturité comme groupe professionnel, et nous devons en être fiers.Les associations vivent généralement plus longtemps que les individus; c\u2019est ce qui leur permet de grandir davantage.La nôtre, qui dépasse à peine la cinquantaine, en est encore à sa période de croissance et n\u2019a pas encore doublé le cap de l\u2019enthousiasme et de la pleine vigueur.Née en 1902 sur les bords du Saint-Laurent, elle a fait ses premiers pas dans la cité de Champlain.Puis, elle a débordé les cadres de son berceau.Et aujourd'hui, elle revendique le privilège de servir sous toutes les longitudes canadiennes, et son élan ne s\u2019arrête pas aux frontières provinciales.Sa présence au Manitoba il y a quelques heures, en Alberta maintenant, et en Colombie dans quelques jours, atteste éloquemment son intention de vivre partout au Canada.Le séjour que nous inaugurons actuellement à Jasper, et qui sera plus particulièrement consacré à nos séances d\u2019étude, représente l\u2019aspeet médico-scientifique de notre voyage.Mais, à côté de celui-là, il en existe un autre: le sens culturel de notre démarche.Notre visite dans ces provinces occidentales témoigne de notre attachement pour les Canadiens d\u2019expression française qui vivent loin du Québec.Nous sommes venus leur dire que nous comprenons leur situation ct leurs besoins, que nous ne les oublions pas, et qu'ils peuvent compter sur notre active sympathie.Le Canada est un magnifique pays qui a déjà écrit plus de 300 ans d'histoire.Il a l\u2019originalité de posséder deux éléments ethniques dominants qui travaillent tous deux à son développement et à sa grandeur.Cette dualité est une source de richesses de toutes sortes, aussi bien intellectuelles que matérielles; et il convient de l\u2019exploiter sagement, sans jamais la laisser tarir.C\u2019est parce que nous partageons tous cette croyance réaliste que ce soir, de hauts représentants de l\u2019autorité civile et religieuse nous honorent de leur présence, et que 400 personnes dinent ensemble au Jasper Park Lodge.L\u2019Association présente ses hommages à tous ses hôtes distingués; elle offre ses compliments aux dames et jeunes filles dont la grâce et la gaieté tempèrent le climat un peu austère de nos assises médicales; et elle souhaite à tous ses congressistes et amis un fructueux séjour et le plus agréable des voyages.4 L\u2019an dernier, nous tenions notre congrès à Montréal.Le Docteur Roma Amyot en avait accepté la présidence, et l\u2019on sait quel succès il en a fait.Pour les magnifiques services qu\u2019il a rendus à l\u2019Association à cette occasion, nous sommes heureux de lui présenter, ce soir, un diplôme d\u2019honneur.Dr Amyot, l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada vous prie de bien vouloir accepter ce parchemin, en témoignage de sa profonde gratitude.Aux docteurs François Archambault, Pierre Turgeon et André Leduc, respectivement secrétaire, trésorier et secrétaire-adjoint du même 25e Congrès, l\u2019Association remettra, avec plaisir, un document identique, attestant leur aide précieuse dans les mêmes circonstances.Au récipiendaire présent, et aux trois décorés \u201cin absentia\u201d, permettez que j'offre mes félicitations personnelles les plus sincères. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 CONGRÈS 1285 ALLOCUTION DE L'HONORABLE PAUL MARTIN ! Ministre fédéral de la Santé et du Bien-être social.C\u2019est avec grand plaisir que j'ai accepté l\u2019aimable invitation du Dr.Mousseau à accorder mon patronage à cet important congrès national et à vous adresser quelques mots.Le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social apprécie de plus en plus le rôle indispensable que joue l\u2019Association des médecins de langue française du Canada.Nous n\u2019oublions pas ce que réalise l\u2019Association sur le plan national et nous considérons qu\u2019elle accomplit une oeuvre précieuse pour tout le Canada.Nous avons reconnu cette oeuvre en invitant le Dr Emile Blain, directeur général de votre association, à faire partie de la délégation canadienne à l\u2019Organisation Mondiale de la Santé.Qu'il me soit permis d\u2019ajouter ici que le Dr Blain d\u2019après les rapports de mon sous-ministre, a brillamment participé aux récentes délibérations de l'OMS, à Genère.Les gouvernements, à tous les échelons, ont toujours besoin de la compréhension et de la sympathie de ceux qu\u2019ils représentent.Mon ministère ne fait pas exception à la règle.Ce n\u2019est que grâce à la coopération et à la compréhension des médecins du pays qu\u2019il réussit à s\u2019acquitter des importantes obligations qu\u2019il assume à l'égard de la population canadienne.Qu\u2019il me soit permis d\u2019ajouter que l\u2019une des plus heureuses particularités de mon travail en qualité de ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, particularité dont je me souviendrai toujours avec gratitude, ce sont les rapports très cordiaux qui existent entre mon ministère et la profession médicale organisée, telle qu\u2019elle est représentée par votre important organisme.Une tendance qui, au cours des dernières années, se manifeste au Canada d\u2019une façon très précise dans le domaine sanitaire, c\u2019est l\u2019intégration beaucoup plus étroite entre les activités d'hygiène publique et l\u2019exercice de 1.Lue par le docteur Roger-B.Goyette, attaché au m aistère de la Santé et du Bien-être social.L\u2019hon.Paul Martin avait accepté avec empressement d\u2019être présent à cette séance d\u2019ouverture.Un empêchement de dernière heure nous priva de sa présence.la médecine privée.Il suffit de se rappeler l\u2019attitude pratique et sympathique adoptée par la profession médicale lorsque nous décidâmes, il y a deux ans, d'entreprendre, avec le concours des provinces, un programme public d\u2019inoculation collective contre la poliomyélite.J\u2019ai été très heureux de constater que la profession médicale a tellement bien collaboré au programme de vaccination Salk que cette protection indispensable a été accordée au plus grand nombre possible d'enfants canadiens dans le plus court délai possible.Cette grande entreprise d\u2019hygiène publique, à laquelle les administrations de tous les échelons ont collaboré avec tant de sue- cès, a également mis en lumière la répartition des responsabilités administratives, au Canada, et la nécessité, pour chaque administration, de respecter les droits et prérogatives essentiels de l\u2019autres.D\u2019après notre constitution, l\u2019administration fédérale ne peut intervenir dans certains domaines qu\u2019avec l\u2019assentiment des provinces.Je suis convaineu que l\u2019administration fédérale ne devrait inaugurer aucune mesure d\u2019hygiène ou de bien-être social que les provinces seraient mieux en mesure d\u2019appliquer; et que chaque province devrait laisser aux muniel- palités, et les municipalités, aux familles ou aux particuliers, toute initiative qui serait mieux accomplie à leur échelon.La crainte de la centralisation, le désir de maintenir l\u2019autorité en contact étroit avec la popule tion ct le souci constant de l'intérêt du particulier \u2014 sont, à mon avis, des marques distinetives de la vie canadienne.Lorsque le gouvernement fédérale présenta son Programme national d\u2019hygiène, en 1948, il rechercha et obtint la pleine collaboration des provinces, car c\u2019est à cette condition seulement qu\u2019il était possible de créer de nouveaux hôpitaux et d\u2019autres aménagements et services de santé pour appuyer l\u2019oeuvre des médecins.Un second point saillant de ce programme a été la ligne de conduite auc nous nous sommes efforcés de suivre en tenant les 1286 CONGRÈS membres de la profession médicale du Canada bien informés de toutes les nouvelles initiatives qui pourraient être de quelque intérêt ou de quelque importance pour eux.Et je puis assurer aux médecins de notre pays que le gouvernement actuel n\u2019a aucunement | intention de poser quelque geste qui ne tiendrait pas compte de leurs intérêts légitimes ou qui viserait à saper les traditions essentielles de la médecine.L'une des caractéristiques de notre mode de vie démocratique est la grande liberté professionnelle qu\u2019il rend possible.Ici, au Canada, nos médecins, nos dentistes, nos avocats, nos professeurs et autres gens de profession ne sont assujettis, de la part de l\u2019Etat, à aucunes restrictions, sauf à celles qui garantissent le fonctionnement normal de la so- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 ciété et qui touchent aux droits de chaque citoyen et en assurent la protection.Les seules restrictions logiques que l\u2019on puisse poser à la liberté des médecins sont les considérations morales imposées par la conscience et la coutume professionnelles que chaque médecin accepte comme part de sa responsabilité.Je suis sûr que le caractère et le dévouement des médecins, hommes et femmes, de notre pays constituent la meilleure garantie que nous pouvons envisager l\u2019avenir, convaineus que la population du Canada continuera à recevoir les meilleurs soins que la science médicale puisse imaginer.En terminant, permettez-moi de souhaiter que ces importantes assises de l\u2019Assoclation des médecins de langue française du Canada soient précieuses et utiles pour tous.* ALLOCUTION DE S.EXC.M.FRANCIS LACOSTE, Ambassadeur de France au Canada.Je sais gré aux organisateurs de ce Congres canadien des Médecins de langue francaise, qui rassemble des savants et des praticiens éminents, non seulement de ce Pays, mais du mien, et aussi, du moins à de certaines années, des jeunes gens de ces Pays unis au mien par des liens si tendres et si forts, qui sont la Belgique, la Suisse, la République haïtienne, je sais gré, et je rends grâces, aux zélateurs de cette grande réunion, d\u2019avoir convié aux agapes inaugurales de ce soir le représentant de la France.Mais après m'être ainsi acquitté de ce devoir de reconnaissance, après avoir prononcé, des lèvres, et du coeur, ce merci, je sens bien que vous attendez de moi quelque chose de plus.Et je crains, cependant, après m'être montré humble dans l\u2019expression de ma gratitude, de vous paraître bien impertinent, en élevant parmi vous ma voix d\u2019ignorant parti- culierement ès science médicales, et en me risquant sur le terrain si gravement infectieux de l\u2019éloquence appliquée, devant un auditoire aussi redoutablement compétent que le vôtre.Je sollicite done, avec simplicité, et avec confiance, l\u2019indulgence de cet auditoire, au moment de l'inviter à me suivre dans une téméraire, mais, rassurez-vous, très brève, évocation du passé, et du présent, de la médecine française.Dans la riche histoire de la science médicale telle qu\u2019elle apparaît au sortir du Moyen- Age, le plus célèbre parmi les noms français qui l\u2019illustrent est sans contredit celui d\u2019Ambroise Paré, \u201cpère de la chirurgie moderne\u201d, et contemporain du premier découvreur de la Nouvelle-France, Jacques Cartier.Mais voyez comme Montaigne, à peine un peu tard, parle de la médecine de son temps: \u201cNous appelons les médecins heureux quand ils arrivent à quelque bonne fin.Je crois de la médecine tout le pis, ou le mieux, qu\u2019on voudra, car nous n\u2019avons, Dieu merci! nul commerce ensemble\u201d.Et cela, c\u2019est un gros mensonge, car depuis qu\u2019il y a des hommes, et qui souffrent, ils veulent être soignés.Et Montaigne, le sceptique, n\u2019a point fait exception à la règle.\u201cOr, je dis, poursuivait-il, non L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 en la médecine, mais en plusieurs arts plus certains, la fortune \u2014 il s\u2019agit du hasard \u2014 y a bonne part\u201d.Mais il terminait par un acte de respect: \u201cAu demeurant, j'honore les médecins, non pas pour la nécessité, mais pour l\u2019amour d\u2019eux-mêmes, en ayant vu beaucoup d\u2019honnétes hommes, et dignes d\u2019être aimés\u201d.Que de chemin parcouru depuis, et tout au long de cette voie royale de la médecine française, que de patients, diligents pèlerins, Bi- chat, Claude Bernard, Laennec, Trousseau, Dieulafoy, sans omettre le nom de cet hérétique, qui n\u2019était pas médecin, mais envers qui la science contemporaine porte une si prodigieuse dette de reconnaissance, Pasteur! En ce siecle méme, et pour en citer que les morts, afin d\u2019épargner la modestie des vivants, Widal, Curie, Nicole, Carrel, Leriche.Mais puisqu'il ne peut être question pour moi d\u2019évoquer ce soir les titres de chacun, sans doute me pardonnerez-vous de tenter de trouver, de l\u2019un à l\u2019autre, un fil conducteur, entre eux tous, une raison commune, une orientation générale propre au génie de leur race et de leur génération.Au début du vingtième siècle, un péril redoutable guettait la médecine, un peu partout dans le monde, mais peut-être spécialement en France, à cause de certaines tendances particulières à l\u2019esprit français, en raison de certaines de ses qualités mêmes, qui pouvaient aisément se convertir en obstacles ou en contraintes, se traduire par des retards ou des errances: la métaphysique domine, mais ne doit point envahir, le domaine de la recherche scientifique, surtout lorsque celle-ci s\u2019applique à l'être si subtilement incompréhensible qu\u2019est l'homme, en son indivisible complexe physique et psychique.Et de même, l\u2019orgueilleuse et vaine tentation du scientisme, esclave de vérités provisoires, sujettes aux amendements ou aux annulations d\u2019une connaissance toujours en mouvement, devait être rejetée.Au piège d\u2019un conformisme aveugle à un dogme qui n\u2019est point lettre mais esprit, et non pas figé dans la mort, mais animé du CONGRÈS 1287 souffle de la vie; au sortilège stérile d\u2019un déterminisme strictement mathématique et matérialiste, la médecine française a échappé; elle est restée logique, analytique, objective, sans renoncer pourtant aux sources intuitives de la connaissance, et sans perdre ce \u201csens de l'humain\u201d, qui ne signifie rien, si précisément il ne transcende point la matière, et n\u2019atteint pas, à travers l'homme physique, la part surnaturelle que chacun porte en lui.Cet esprit si difficile à définir dans son dosage sans nombres, où entrent, en proportions inconnaissables, la science, l\u2019expérience, et cette faculté divinatoire qu\u2019on appelle l\u2019intuition, demeure la marque de l\u2019enseignement français, qu\u2019il soit donné à Paris ou à Québec, à Montréal ou à Louvain, en Alger ou à Genève, à Port-au-Prince ou à Nancy.Le rôle du médecin n\u2019est pas en effet seulement celui de l\u2019homme de science qui réunit un dossier d\u2019observations, en analyse les pièces, en dégage une conclusion.Il est aussi l'homme du colloque singulier, qui, en présence de l'humanité sensible et souffrante de son patient, établit avec elle le contact d\u2019une sympathie; qui, sans provoquer les confidences, les recueille; qui mesure les dangers, lorsqu'il réveille les puissances endormies du subcenscient; qui sait, au chevet d\u2019un mourant, prononcer les paroles qui apaisent, qui peut aussi ranimer les défenses d\u2019un malade qui s\u2019abandonne, et souvent rallier ses forces jusqu\u2019à la guérison.Nous ne prétendons point que ces dons si précieux s\u2019enseignent, ni qu\u2019à ce titre ils soient l\u2019apanage de la médecine d\u2019inspiration et d\u2019expression françaises.Mais nous pouvons dire que le souci de les rechercher, de les cultiver et de les exalter, est partie essentielle de la doctrine médicale française et de l\u2019enseignement médical français, et qu\u2019il est pour beaucoup dans certains développements spécifiquement français de la médecine contemporaine: l\u2019exemple de cette lutte contre la douleur, génératrice de découvertes scientifiques et techniques de si grande importance, qui a caractérisé l\u2019oeuvre du Professeur Le- riche, procède directement de ce \u201csens de 1288 lhumain\u201d que j'évoquais tout à l'heure, et qui donne sa marque spécifique à lu médecine du Monde français.Les applications pratiques, généreuses, bienfaisantes de cet \u201cacte médical\u201d guidé par l\u2019esprit scientifique le plus aiguisé et le plus averti, mais inspiré aussi par la plus humaine charité, ont été, et devront bien demeurer dans l'Histoire, l\u2019une des marques les plus authentiques de cette oeuvre \u201ccolonialiste\u201d qu\u2019il est de mode aujourd\u2019hui, en certains Pays ou en certains milieux, de jeter au visage de la France comme une honte de sa vie nationale.La médecine française, la médecine \u201cà la franaise\u201d, s\u2019exerce encore, hors des frontières de la France, et des Pays de langue française, au-delà des mers et des océans, dans tous les territoires de l\u2019Union française \u2014 et je n\u2019aurai garde d\u2019oublier ici le Congo belge.En ce moment où l\u2019Afrique du Nord est en proie à des troubles si graves, je me permettrai d\u2019évoquer le souvenir de l\u2019un de ces médecins français d'outre-mer à qui j'ai eu l'honneur de remettre, comme résident général de France au Maroc, l\u2019une des plus hautes distinctions que la République puisse accorder à l\u2019un de ses enfants.Il débute en Algérie, dans une oasis du Constantinois, où, en quelques années, il acquiert un tel prestige, et s\u2019attire une telle affection qu\u2019à son départ la population tout entière, désespérée, se met en marche, d\u2019un seul mouvement, pour lui faire escorte jusqu\u2019à la ville voisine.Nommé au Maroc, il y fonde un hôpital.Au moment des massacres de Fès de 1912, 1l est sauvé par un de ses malades.Revenant * CONGRES L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 du front de France à la fin de la première guerre mondiale, il reçoit dans cette même ville un accueil, dira Lyautey, \u2018plus triomphal que celui d\u2019un sultan\u201d.Il y travaillera jusqu\u2019à l\u2019extrême limite de son âge ct de ses forces.Contraint de quitter l\u2019administration, il continue à exercer gratuitement la médecine à son domicile en faveur de ses chers patients marocains, prenant bien souvent sur les mensualités de sa modeste retraite pour acheter les médicaments nécessaires aux plus déshérités de ses malades.J\u2019ai appris qu\u2019à sa mort, survenue en décembre de l'an dernier, en plein drame marocain, une foule immense d\u2019Arabes, de Francais ct de Berbères confondus dans le même deuil silencieux, le conduisit jusqu\u2019à sa tombe.Ce n\u2019est pas seulement de science, d\u2019expérience, de talent et de génie que notre médecine est faite.Elle est aussi cet apostolat, ce sacrifice, ce don.Vous me permettrez, en concluant, de rendre hommage aux auxiliaires si humbles, si efficaces, si totalement désintéressées, si absolument dévouées de notre médecin, à ces religieuses françaises ou canadiennes que je voyais à l\u2019oeuvre, il y a quelque mois encore, au chevet des malades marocains de l\u2019hôpital Marie Feuillet à Rabat, ou dans les dispensaires qui jalonnent les pistes de la zone pré- saharienne; et il y a quelques semaines à peine, auprès des malades indiens de Fort- Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest, ou des malades esquimaus d\u2019Aklavik, bien au-delà du cercle polaire.Médecine française: médecine scientifique, et médecine de la divine charité.ALLOCUTION DE MGR ANTHONY JORDAN, Evêque coadjuteur d'Edmonton.Son Excellence Monseigneur l\u2019Archevêque d\u2019Edmonton, ayant été empêché d'accepter l\u2019aimable invitation que lui a adressée votre Association, m\u2019a prié de le représenter officiellement à votre vinet-sixième Congrès annuel.Avec sa paternelle Bénédiction, je vous apporte ses meilleurs Voeux et ses encouragements les plus sincères.Que ce Congrès, comme sans doute ceux qui l\u2019ont précédé, tout cn élargissant le champ de vos connaissances L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 professionnelles, stimule votre ardeur dans la poursuite du bien-être physique et moral que vous désirez établir dans la Société.Mon premier soin est de remercier cordialement mon bon ami le Docteur Mousseau, pour les paroles élogieuses qu\u2019il vient de m\u2019adresser.J'y ai reconnu là, une autre preuve de sa grande charité.Et maintenant, Messieurs les Congressistes, je veux vous féliciter de l\u2019excellente idée que vous avez eue de tenir ce Congrès dans l\u2019Ouest Canadien.Et celà pour deux raisons principales.Ceux qui s\u2019intéressent aux questions d\u2019unité nationale sont unanimes à déplorer l\u2019ignorance regrettable que les deux races qui composent notre Nation canadienne entretiennent l\u2019une envers l\u2019autre.Ils demeurent convaineus que si nous nous connaissions mieux, nous apprécierions davantage nos qualités ethniques mutuelles et nous les ferions servir au plus grand avantage de notre pays.J\u2019ai bien l\u2019impression, qu\u2019en acceptant de traverser le Canada tout entier, vous désirez, non seulement apporter un salut cordial à vos compatriotes de langue française, mais également perfectionner vos connaissances de la géographie physique et humaine de votre pays.Ce désir vous honore grandement et je souhaite que votre exemple trouve de très nombreux imitateurs.Vous n\u2019êtes pas d\u2019ailleurs, les seuls béné- fiçiaires de ce voyage dans l'Ouest: nous aussi nous en espérons de très heureux fruits.Nous savons tous qu\u2019avant d\u2019être des professionnels qui sont des catholiques, vous désirez être des catholiques qui sont des professionnels.Cette priorité que vous accordez à votre religion, c\u2019est plus qu\u2019une tradition chez- vous; c\u2019est un élément essentiel de la vieille CONGRÈS 1289 culture française dans laquelle vous avez été élevés.Et c\u2019est précisément en raison de ce passé, qui fut tout imprégné de vérités évangéliques, que vous êtes parfaitement préparés à exercer une excellente influence sur vos concitoyens.Dans la mesure où vous demeurez fidèles à votre double héritage qui comprend et la religion catholique et la culture française, dans cette même mesure vous remplirez la mission que la Providence vous a réservée.Nous souhaitons donc que votre séjour parmi nous, si bref soit-il, ait pour heureux effet d\u2019en convaincre un grand nombre.Peut-être nous sommes-nous demandé souvent pourquoi nous ne parvenons pas à exercer sur nos concitoyens toute l\u2019influence que nous souhaiterions.Ne serait-ce pas parce que, trop souvent, nous ne savons pas profiter des grands avantages aue nous accordent notre religion et notre culture?Ne serait-ce pas également que nous ne savons pas manifester suffisamment d\u2019intérêt et de sympathie envers ceux qui ne partagent pas cette religion et cette culture Quoi qu\u2019il en soit, je considère comme un grand jour pour la nation canadienne toute entière, celui qui voit une aussi forte délégation de médecins canadiens-français \u2014 la plupart venus du Québec \u2014 tenir leurs assises scientifiques au milieu de nous.Du fond du coeur, je vous remercie de m'avoir permis d\u2019y prendre part, comme je vous remercie de votre aimable courtoisie.Je souhaite ardemment que cette rencontre ne soit qu\u2019un prélude à d\u2019autres contacts plus fréquents et tout aussi fructueux.Je souhaite également que votre séjour dans nos majestueuses Montagnes soit très agréable et que la dernière étape de votre voyage soit très heureuse. 1290 CONGRÈS L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 ALLOCUTION DE M.A.M.DECHENE, C.R.Président de l'Association canadienne-française de l'Alberta.Il aurait sans doute convenu que le représentant des Canadiens Français de l\u2019Alberta, à ce congrès qui se tient pour la première fois dans notre Province, eût été un médecin.Cela aurait fort bien pu arriver, puisque nos médecins Albertains en général, s'intéressent vivement et activement à nos problèmes nationaux, et pendant un grand nombre d\u2019années, le Dr L.O.Beauchemin, de Calgary, et le Dr Louis Philippe Mousseau, votre Président, ont dirigé notre Association provinciale, successivement comme Présidents-généraux.Mais le hasard a voulu que l\u2019année de votre Congrès ici, ce soit un avocat qui ait l\u2019honneur de vous saluer, et c\u2019est peut-être aussi bien, puisque cela lui permet de dire publiquement, notre admiration pour le rôle de nos médecins dans le développement national de l\u2019Alberta.Dès le début de la colonisation dans notre Province, les pionniers de votre profession, les Blais, les Boulanger, les Couil- lard, les Décosse, pour n\u2019en mentionner que quelques-uns qui sont encore parmi nous, se sont dévoués auprès de notre population; et il me sera permis, j'en suis sûr, d\u2019évoquer la mémoire de quelques-uns qui y ont laissé leur vie, tels les docteurs Sabourin, Charle- bois, Quesnel, et tant d\u2019autres qui s\u2019étaient dévoués au service de l\u2019humanité en pratiquant leur science dans des conditions souvent rudimentaires.Il serait impossible de calculer tout le bien et tous les services qu\u2019ils rendirent à la population de pionniers qui les entou- ralent.Leur héritage est un exemple que leurs successeurs ont continué.Aujourd\u2019hui, grâce en grande partie à vous-même, Monsieur le Président, nous possédons une équipe de médecins qualifiés, de spécialistes dans tous les domaines de l\u2019art médical, dont nous sommes fiers.De plus, ces scientistes, en grands partie, ne limitent pas leurs activités à la sphère médicale.Ils comprennent leur devoir de rendre à la population qui les supporte, les services que leur entraînement et leur position leur permettent de rendre.C\u2019est ainsi que vous, Monsieur le Président, malgré une vie professionnelle des plus intense, tout en vous dévouant à l\u2019éducation médicale, tant à l\u2019Université que dans les hôpitaux, vous trouvez le temps de servir vos compatriotes, comme Président de leur Association nationale, comme Président aussi de la Radio française de l\u2019Alberta.Cela prouve une fois de plus, que ce sont les plus occupés qui trouvent le temps de rendre services aux autres.J'ai été bien averti de ne parler que cinq minutes.Il me faudrait l\u2019éloquence succincte de César décrivant son voyage au Gaule, en trois mots, veni, vidi, vici.Je voudrais vous remercier d\u2019être venus, vous dire l'honneur et le plaisir que nous cause votre présence.Je voudrais vous faire voir nos réalisations, vous montrer nos 56,000 compatriotes, vous présenter nos deux évêques de langue française, nos nombreuses paroisses, nos villes et villages.Il aurait fallu vous montrer nos collèges, nos couvents, vous faire rencontrer nos éducateurs, les dirigeants de notre concours de français, auquel participent environ 5,000 jeunes Canadiens.Il aurait fallu voir notre journal hebdomadaire, et surtout notre poste de radio, dont vous ne pouvez malheureusement pas capter les ondes dans ce milieu enchanteur de Jasper, à cause de la majesté de ces montagnes.En voyant ces choses, vous auriez en même temps entendu parler de nos problèmes; problèmes d\u2019isolement de la vieille Province \u2014 difficultés dues à l\u2019ambiance anglaise et protestante de notre milieu, manque d\u2019argent surtout, parce que nous sommes en définitive, une très petite proportion de la population totale.Nous aurions parlé de la dette de notre peste, de ses difficultés.Nous vous aurions peut-être fait voir certains moyens à votre portée pour nous aider, et vous auriez pu, comme César, dire que vous aviez vaincu certains de nos problèmes.Votre beau groupe, 22 2 L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 agrémenté de vos charmantes compagnes, aurait certainement gagné les coeurs de tous nos compatriotes, comme il l\u2019a fait pour le petit nombre de ceux qui ont eu l'avantage de vous rencontrer au cours de votre passage, hélas! trop court.De nouveau, au nom de tous mes compatriotes, je vous dis que vous êtes les bienvenus chez nous.Nous espérons que votre séjour y sk CONGRES * 1291 sera agréable.Nous espérons que vous rapporterez de votre voyage, la conviction que le français est chez lui partout au Canada, et que vos compatriotes de l\u2019Alberta sont bien vivants, décidés non seulement de suivre comme groupe ethnique, mais de prendre une part active dans la vie religieuse, professionnelle, scientifique et commerciale de l\u2019Alberta.* ALLOCUTION DU DOCTEUR JACQUES BOUSSER, Délégué de la Frarce.Je voudrais tout d\u2019abord exprimer ma grande gratitude à l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada et notamment à son distingué Directeur Général le Dr Emile Blain.En me facilitant dans toute le mesure du possible un voyage de quelque 9000 km, votre Association a permis au Président du Syndicat des Médecins des hôpitaux de Paris de participer à l'hommage solennel qui est rendu ce soir aux médecins de langue française de l\u2019Ouest et au Président de ce congrès, le Professeur Mousseau.Elle m\u2019a aussi procuré l\u2019insigne honneur d\u2019être le premier médecin français à venir en mission officielle dans l\u2019Ouest.Enfin, elle m\u2019a donné l\u2019occasion de réaliser la promesse qu\u2019avait faite en 1952, au moment des fêtes du Centenaire de l\u2019Université Laval, la Professeur Kourilsky au Professeur Mousseau de lui rendre visite.Cette promesse n\u2019avait jamais été oubliée et comme successeur de Kourilsky à la tête du Syndicat des Médecins des hôpitaux de Paris, je suis heureux de la tenir.Dans les annales des relations médicales franco-canadiennes, l\u2019année 1956 restera marquée par un événement capital: le 28 juillet dernier a été donnée la dernière signature nécessaire pour la création de 20 postes de médecins résidents étrangers dans les hôpitaux de Paris qui seront réservés de préférence aux médecins canadiens-français.Tel est l\u2019aboutissement d\u2019un long effort poursuivi depuis de longues années tant du côté canadien que du côté français et 1l me paraît juste de rendre hommage ce soir à tous ceux qui ne ménageant ni leur peine, ni leur temps, n\u2019ont cessé de resserrer les liens médicaux franco-canadiens et ont su convaincre les pouvoirs publics français de la nécessité d\u2019accueillir dans nos hôpitaux les médecins canadiens sur un pied d\u2019égalité avec les médecins français.Permettez-moi d\u2019évoquer la période d\u2019avant guerre et tout d\u2019abord la mémoire de deux disparus dont le souvenir reste très cher à beaucoup de mes collègues: le doyen Rousseau qui fit tant pour les relations médicales franco-canadiennes, le docteur Brochu fondateur de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada.C\u2019est lui qui institua les congrès des Médecins de langue fran- caise.L'usage s\u2019établit alors d\u2019envoyer à ces congrès un médecin français.C\u2019est à cette coutume vieille de vingt-cinq ans que je dois d\u2019être aujourd'hui parmi vous.C\u2019est aussi dans cette période de l\u2019entre- deux guerres que fut fondé par M.Dalbis l\u2019Institut Franco-Canadien qui devait permettre à des professeurs français de venir enseigner pendant cing semaines alternativement à Québec et à Montréal.Beaucoup de médecins français illustres furent aussi demandés par le Canada et je n\u2019en citerai que deux parmi beaucoup d\u2019autres: le Professeur Sergent qui fit véritablement de la province de Québec sa seconde patrie et le Professeur 1292 Lemierre que nous avons eu la douleur de perdre le mois dernier.A cette époque, beaucoup de jeunes médecins canadiens vinrent en France pour se perfectionner dans nos hôpitaux.Ils sont tellement nombreux ici ce soir que je n\u2019en saluerai qu\u2019un seul en raison du poste éminent qu\u2019il occupe maintenant: \u2014 le doyen Jobin.Il faut avouer que nous n\u2019avions rien préparé à leur intention.Beaucoup d\u2019entre eux trouvèrent tant auprès des chefs de service de nos hôpitaux, que de leurs camarades français, l\u2019accueil chaleureux et les conseils nécessaires pour travailler efficacement.D\u2019autes eurent moins de chance, ne les trouvèrent pas, s\u2019égarèrent et perdirent souvent plusieurs mois d\u2019un temps précieux.S'il voulaient participer à la vie d\u2019un service, ils ne pouvaient le faire que bénévolement.Ils avaient assurément la possibilité de se présenter à nos concours d\u2019Externat et d\u2019Internat, mais dont la préparation, qui doit étre commencés des le début des études médicales, exige de longues années \u2014 cela aurait suffi & décourager les plus ardents.Un seul, à ma connaissance, parvint à franchir tous ces obstacles: le Dr Paul Robert, de Maisonneuve, que je suis heureux de saluer ici au nom de I'Internat de Paris.Puis vint la 2e grande guerre mondiale et les échanges furent coupés pendant 5 ans.Les Etats-Unis tout proches et riches en postes de médecins résidents laissés libres par la mobilisation offraient à nos amis canadienns les possibilités qu\u2019ils attendaient sous la forme la plus immédiatement adaptable à leur propre pays.Mais dès que cela fut possible et tant étaient solides les liens de l\u2019amitié que les Canadiens reprirent les échanges en demandant à une première mission composée de MM.Chiray, Kourilsky et Baillart de venir au 18e Congrès de médecine à Québec.Pour la première fois, les données réelles du problème des échanges franco-canadiens d\u2019après guerre furent clairement exprimées à nos représentants et nous ne saurions étre assez reconnaissants à nos amis canadiens d\u2019avoir attiré notre attention sur la nécessité de créer une CONGRÈS L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 véritable organisation.Celle-ci était d\u2019autant plus nécessaire que notre pays sortait à peine de la guerre, et les premiers Canadiens qui, d\u2019enthousiasme, vinrent en France en 1946-47, eurent à souffrir du froid, des restrictions et l\u2019important retard d\u2019aménagement de nos hôpitaux n\u2019était pas encore comblé.Entre temps et du côté canadien l'initin- tive fut prise par le Professeur Roméo Boucher de faire venir chaque année un conférencier à l\u2019hôpital St-Luc de Montréal.Il fut récemment suivi dans la même voie par le Professeur Paul David qui appelle à ses côtés un cardiologue et c\u2019est ainsi que deux collègues supplémentaires des hôpitaux de Paris st de Province chaque année viennent se familiariser avec les problèmes canadiens et deviennent à leur retour d\u2019ardents propagandiste de la cause médicale franco-canadienne.Une étape très importante fut franchie en 1949.M.Donatien Marion, qui était alors Directeur Général de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada, vint a Paris avec MM.Thibault et Gaudet.Il y créa l\u2019Association des Médecins Canadiens en France et nos amis Kourilsky et Justin-Be- sançon obtenaient bientôt du doyen Binet la constitution d\u2019une commission d\u2019orientation des études des médecins canadiens en France habilitée à fonctionner à la Maison Canadienne.De 1949 à 1956 cette commission fut présidée sans arrêt une fois par mois par Kourilsky qui y appela successivement ceux qui étaient venus au Canada, soit pour y enseigner, soit comme délégué aux Congrès.Je citerai surtout Hillemand, Chigot, Castaigne, Debray, Siguier.Cette commission a rendu et continuera à rendre de trés importants services.Beaucoup d\u2019entre vous y ont eu recours.Grâce à elle beaucoup d\u2019entre nous médecins chefs de service ont reçu ct guidé des Canadiens.Ainsi grâce au docteur Donatien Marion et a celui que les Canadiens ont appelé spontanément \u201cle plus Canadien des Français\u201d un pas important avait été franchi.Cependant ce pas n\u2019était pas décisif.On se heurtait toujours à la même difficulté.Le L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Collège Royal pour valider les stages effectués en France exigeait, à juste titre d\u2019ailleurs, une participation personnelle à la vie d\u2019un service réputé.Du côté français les textes règlemen- tant l\u2019organisation hospitalière ne permet- talent pas de créer l'Institution fondamentale de l\u201c\u201cAnnée de Résidence\u201d qui aurait mis les études faites en France sur le même rang que celles des pays Anglo-Saxons.C\u2019est donc en France même qu\u2019il fallait faire comprendre le problème et obtenir les modifications règlementaires nécessaires.Mais il fallait pour arriver à ces résultat un plan concerté dont les étapes furent les suivantes.1.En 1953 à l\u2019instigation des docteurs Lambling, Ravina et Kourilsky alors président du Syndicat des Médecins des Hôpitaux, fut créé le Collège de Médecine groupant la plupart des médecins, chirurgiens et spécialistes des hôpitaux et dont l\u2019un des buts essentiels était précisément d\u2019organiser, de coordonner tout l\u2019enseignement médical hospitalier.2.En septembre 1954, Kourrilsky fait accepter par le Conseil d\u2019Administration du Collège de Médecine le principe du patronage éventuel des études des médecins canadiens en France par le Collège de Médecine.3.En 1955, il obtint du gouvernement la délégation de notre ami Chigot à la fois secrétaire adjoint du Collège de Médecine et de la Commission d\u2019Orientation des médecins canadiens en France pour qu'il puisse faire avancer les négociations.4, Mais ce n\u2019est qu\u2019au début de cette année 1956 que grâce aux interventions puissantes de M.René Garneau, Conseiller culturel du Canada, de M.Baillou à la direction des relations culturelles au Ministère des Affaires Etrangères, de Mgr Parent, Recteur de l\u2019Université Laval à Québec, de M.Emile Blain, Directeur général de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada que les doyens des facultés de Québec et de Montréal, MM.Jobin et Bonin, reçoivent du gouvernement français l'invitation de se rendre à Paris pour pouvoir régler le problème.Ils ont CONGRÈS 1293 plaidé votre cause de facon magnifique, ont emporté l\u2019adhésion de tous et leur succès fut total.Le Directeur général de l\u2019Assistance Publique, le Dr Xavier Leclinche, a donné immédiatement son accord et le Ministère de la Santé Publique a obtenu du gouvernement la création de vingt postes de médecins résidents à titre étranger dans les hôpitaux de Paris réservés en priorité aux Canadiens français.Ceux-ci seront habilités dans leurs études par le Collège de Médecine des hôpitaux de Paris, mais la commission d\u2019orientation exercera toujours ses fonctions pour guider les Canadiens dans le choix des services Les prérogatives des résidents et leurs émoluments seront exactement les mêmes que ceux des internes des hôpitaux.Ils vivront d\u2019ailleurs avec ceux-ci.J\u2019ajoute que cette constitution est définitive, codifiée par des arrêtés ministériels confirmés par le Parlement.J'ai conscience, Messieurs, d\u2019un grand honneur qui m\u2019a été fait en me désignant pour venir vous annoncer officiellement ici cette nouvelle et j'ai la très grande joie, au nom de mes collègues médecins des hôpitaux de Paris, de souhaiter la bienvenue en France en 1956 des premiers résidents Canadiens français.Au moment où un gros effort est fait poux l\u2019amélioration technique de nos services, au moment où les conditions d\u2019exercice de la médecine hospitalière vont sans doute être complètement modifiées par le service à temps plein, au moment où les foyers de recherches de plus en plus nombreux s'organisent grâce à l\u2019Association Claude-Bernard, ils peuvent être sûrs de l\u2019accueil qu\u2019ils recevront et ils peuvent compter sur tous mes collègues et sur moi-même pour leur faciliter la tâche et les aider de toutes les manières.Ensemble nous ferons de la \u201cRésidence\u201d une institution vivante et efficace.Je suis sincèrement persuadé que cette année 1956 marquera, dans les relations médicales franco-canadiennes, un tournant décisif et une étape particulièrement féconde. HYGIENE ET MÉDECINE SOCIALE HYGIÈNE MENTALE ET PRÉVENTION DES PROBLÈMES DE L'ENFANCE ! ).-E.-A.MARCOTTE, Psychiatre-en-chef, Section de l'hygiène mentale, Ville de Montréal.Les campagnes d\u2019éducation populaire en hygiène mentale, les services qu\u2019elle a rendus dans ses cliniques, commencent à produire de bons effets: on accepte de plus en plus l\u2019hygiène mentale, on recherche volontiers ses directives.Cependant, lorsqu\u2019il s\u2019agit de leurs propres enfants, un certain nombre de parents se refusent à reconnaître le besoin d\u2019hygiène mentale, à se prévaloir des services qu\u2019elle offre, parce qu\u2019on considère cela comme un indice de troubles graves: c\u2019est comme si on refusait le remède pour ne pas admettre qu\u2019on souffre de la maladie; au fond on cherche à fuir une réalité que la peur a démesurément grossie.Il nous a semblé qu\u2019un exposé, aussi simple que possible, de ces problèmes de conduite ou de caractère de l\u2019enfance, des formes habituelles qu\u2019ils prennent, de leurs causes les plus communes, enfin des méthodes par lesquelles on cherche à les corriger, en hygiène mentale, dissiperait les dernières craintes qu\u2019on entretient à leur sujet.Sous quelles formes se présentent d\u2019habitude les problèmes de conduite ou de caractère de l\u2019enfance?Les parents ou les éducateurs, qui nous réfèrent ces enfants, les décrivent généralement comme \u201cnerveux, difficiles, impossibles, incontrôlables\u201d, ce qui signifie surtout qu\u2019on a tout essayé, ou qu\u2019on a cru avoir tout tenté, mais sans succès, pour corriger une conduite qu\u2019on juge anormale, inacceptable, ennuyeuse ou même dangereuse.Ces termes de \u2018nerveux, difficiles, incontrôlables, ete,\u201d peuvent indif- 1.Causerie prononcée à l\u2019émission « Tribune des conférenciers de CKAC \u2014 Quart d\u2019heure de Concor- dia », lundi le 17 septembre 1956, à 10 h.30 du soir.féremment signifier que l\u2019enfant est trop agité, trop sensible, qu\u2019il pleure ou se fâche, pique des crises de colère, sans provocation apparente, qu\u2019il n\u2019obéit jamais, qu\u2019il répond grossièrement, qu\u2019il menace, qu\u2019il ne se souvient jamais des ordres ou des défenses qu\u2019on lui a tant de fois répétés, qu\u2019il brise et détruit sans raison, qu\u2019il ment sans cesse, qu\u2019il fait main basse sur des objets, de la monnaie, qu\u2019il fait l\u2019école buissonnière.Ça peut encore vouloir dire qu\u2019il est trop peureux, qu\u2019il fuit le groupe, qu\u2019il est timide au point de ne pouvoir ré- pendre, qu\u2019il est lent à s\u2019habiller, à manger, qu\u2019il a des caprices d\u2019alimentation, qu\u2019il se suce le pouce ou se mordille les ongles, qu\u2019il mouille son lit la nuit, contrôle mal ses intestins le jour, qu\u2019il bégaie, vomit, fait des cauchemars ou du somnambulisme, etc, etc.On ajoutera assez souvent à ces traits de comportement répréhensibles, que l\u2019enfant ne réussit pas dans ses classes, qu\u2019il ne montre aucun intérêt pour l\u2019étude, qu'il fait de son mieux pour s\u2019y soustraire.Ces symptômes ou façons de se manifester des problèmes de conduite et de caractère des enfants, dont la liste est allongée à dessein, pour qu\u2019on s\u2019y reconnaisse bien, présentent-ils une même gravité?La gravité des problèmes varie presqu\u2019avec chaque cas, mais pour une bonne majorité il n\u2019y a rien d\u2019aussi alarmant qu\u2019on pourrait le craindre.Un examen minutieux de chaque cas, des circonstances dans lesquelles se développent ces troubles de comportement, permet de les partager comme suit: Dans un premier groupe de cas, les plaintes sont exagérées, les enfants ne sont ni aussi émotifs, ni aussi incontrôlables, qu\u2019on les a présentés, les parents ou les éducateurs se sont L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 alarmés à tort, en êtres humains qu\u2019ils sont, ils ont eu peur de constater leurs propres erreurs ils cherchent à corriger des conduites qui n'ont rien de vraiment anormal, mais qui leur paraissent tel parce qu\u2019ils ne connaissent pas suffisamment la psychologie normale de l\u2019enfance qu\u2019ils n\u2019ont pas eux-mêmes pleinement vécue, parce qu\u2019ils ont été eux-mêmes élevés trop sévèrement, qu\u2019ils craignent la critique d\u2019un conjoint, d\u2019un parent, d\u2019un supérieur, trop exigeants, ou encore on ne tient pas compte de certaines conditions de milieu, d'habitation, de quartier, circonstances qui sont de nature à surexciter, ennuyer, troubler les enfants, mais qui échappent au contrôle de leurs parents, de leurs maîtres, dont il faut accepter ou du moins subir les effets sur les uns comme les autres.Hlustrons de quelques exemples les problèmes de ce premier groupe, généralement peu sérieux, en réalité inexistants chez l\u2019enfant lui-même.Un petit garçon de 4 à 5 ans est taxé d\u2019extrême agitation, de désobéissance: il n\u2019arrête pas de vagabonder par la maison, de fouiller dans les armoires, de s\u2019emparer de bibelots ou d'ustensiles auxquels on lui a souvent défendu de toucher.La mère craint pour lui les accidents, le mauvais temps, l\u2019influence de petits voisins qu\u2019elle trouve mal élevés, ne lui permet presque jamais de descendre dans la rue.Elle voudrait qu\u2019il s'occupe bien gentiment à colorier, à dessiner, à regarder des images: c\u2019est ce qu\u2019elle faisait quand elle était petite, dans un milieu où tout était rangé.Et puis, il y a les vieux propriétaires d\u2019en dessous qui se plaignent du bruit que fait le petit garçon.Plus le besoin normal d\u2019activité du garcon- net va rester sans satisfaction, plus il va prendre de la force, plus l\u2019enfant va se livrer à des accès de suractivité.Une petite fille de 6 ans et demi, l\u2019aînée de 3 enfants, dans une famille où les parents répondent aux questions des enfants qui ont toute liberté d\u2019en poser, où la mère a commencé de lui donner des responsabilités, débute à l\u2019école: elle questionne sa titulaire de classe sur des objets qui ne semblent pas toucher di- MARCOTTE: PREVENTION DES PROBLEMES DE.1295 rectement à la leçon en cours; elle veut l\u2019aider dans le maintien de l\u2019ordre ou dans des explications.Elle est prévenue de se taire, de ne pas faire l\u2019importante; elle se révolte et devient soi-disant effrontée ou rêve passivement sans absorber l\u2019enseignement formel: c\u2019est une paresseuse ! Dans un second groupe de cas, les plaintes sont assez exactes, fondées: la conduite des enfants est bien de nature à inquiéter ou chagriner les parents, à embarrasser les éducateurs ou même des voisins.On aura affaire, par exemple, à un garçonnet d\u2019une dizaines d\u2019années, qui est toujours d'humeur agressive à la maison, qui envoie promener sa mère avec des mots grossiers ou des menaces, qui bougonne ou refuse carrément si on lui demande un service.Il a battu un petit voisin qui est venu rapporter chez lui qu\u2019il avait été puni à l\u2019école.Son père est le fier-a-bras du quartier, il n\u2019envoie pas dire son fait au voisin qui lui déplaît, il se vante devant toute sa famille, d\u2019avoir mis le poing sous le nez de son contremaître qui lui faisait remarquer une négligence.A la maison, il faut que ça marche et vite; il ne s\u2019adresse jamais doucement à sa femme, il lui est arrivé même de lever la main sur elle, de l\u2019avoir parfois trop leste avec les enfants.Pour ce garçon, être un homme, c\u2019est se montrer rude, indépendant, vindicatif, comme son père.Si on le traite avec égard, calme et fermeté, il se conduit assez bien.Il a un maître qui s'intéresse à ses élèves, qui est juste tou- Jours, sévère s\u2019il se produit des écarts sérieux, un directeur qui peut sourire des bravades de cet âge et, chose surprenante pour la mère de ce garçon, il n\u2019y a pas de plainte du côté de l\u2019école.On pourra avoir un déplacement du tableau comme celui-ci.Une adolescente de 14 ans a la réputation d\u2019être grossière à l\u2019école, parce qu\u2019elle a protesté contre une accusation peu ou pas fondée de sa titulaire de classe, une accusation de dévergondage, une prédiction qu\u2019elle deviendra une mauvaise fille, parce qu\u2019elle a oublié, le lundi matin, d\u2019enlever le rouge de ses ongles, qu\u2019on l\u2019a vue parler plusieurs fois à un 1296 garçon à l\u2019école d\u2019en face, ou parfois parce qu\u2019elle ne réussit pas à se fagoter assez pour cacher qu\u2019elle est en train de se développer normalement.On la harcèle, consciemment ou non: on ne lui pardonne pas d\u2019avoir raison, on ne veut pas reconnaître qu\u2019elle n\u2019est plus une enfant.bien qu\u2019on lui chante sans cesse de se conduire comme une grande fille.Elle est en révolte ouverte, elle sera vraiment mauvaise à l\u2019occasion.Chez-elle, dans son entourage, on est surpris et sceptique devant une menace de renvoi de l\u2019école.Ces enfants se défendent contre des réalités vraiment trop dures ou qui leur semblent telles.Ils n\u2019ont certes pas une bonne façon de le faire, mais des exemples de dureté, d\u2019injustice, de droit du plus fort, ont été donnés par des adultes responsables de leur formation.Leurs réactions ont une certaine logique.Ils ne sont pas profondément touchés, parce qu\u2019ils peuvent reconnaître leurs torts, si on sait s\u2019y prendre avec eux, réagir normalement dans des conditions normales et avec des gens qui savent les traiter avec justice.Ces deux groupes de cas, qui viennent d\u2019être illustrés, constituent la catégorie des problèmes de conduite simple, c\u2019est-à-dire des réactions en somme conséquentes à des causes existant vraiment hors d\u2019eux-mêmes.Ces cas sont de gravité variable, mais toujours moindre.La seconde catégorie, celle des problèmes de personnalité, à prime abord ne présente pas de symptômes ou écarts de conduite bien différents de ceux des problèmes de comportement simples.Un examen plus attentif révèle cependant des façons d\u2019agir et de penser organisées en une sorte de patron plus constant, toujours semblable, qui semble remonter plus loin dans l\u2019enfance, qui reste le même à peu près dans toutes les circonstances, en contact avec tout le monde.Les enfants qui les présentent sont ou agressifs ou timides et effacés; leurs réactions sont impulsives; ils reconnaissent qu\u2019ils sont incapables de se contrôler sans comprendre comment cela se fait; les uns éprouvent une culpabilité exagérée, les autres aucune; ils MARCOTTE: PREVENTION DES PROBLÈMES DE.L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 sont capables de trouver répréhensibles chez les autres des écarts de conduite comme les leurs, mais quand il s\u2019agit de juger leur comportement propre, ce n\u2019est plus la même chose: les mêmes règles ne s\u2019appliquent plus à eux- mêmes.La conduite de ces enfants problèmes n\u2019est plus seulement une réaction à des conditions extérieures réelles, mais à des actes qu\u2019ils grossissent chez les autres, à des intentions plus ou moins fantaisistes et imaginées qu\u2019ils prêtent à tout le monde, done à troubles intérieurs avant tout.On trouve qu\u2019ils ont manqué, dès leur première enfance, de la sécurité indispensable à l'enfant pour se développer normalement, au\u2019ils ont été privés de l\u2019affection vraie qui la procure, qu\u2019ils n\u2019ont pas trouvé, auprès des parents eux-mêmes affligés de sérieux problèmes, de personnalité anormale, ce dont ils avaient besoin d\u2019amour, d\u2019acceptation, de fermeté, de sentiments d\u2019être en sûreté.Ils peuvent se sentir inférieurs, abandonnés, différents, méchants, coupables, incapables, et sont convaincus que tout le monde, à qui ils prêtent en réalité leurs propres sentiments, éprouvent à leur endroit la même impression.Ces problèmes de personnalité, s\u2019ils sont évidemment plus sérieux, sont aussi moins fréquents.Et malgré leur gravité, qu\u2019on se rassure, ce ne sont pas encore des maladies mentales, qui ne se rencontrent pas, d\u2019ailleurs chez plus de 1 ou 2 individus par 100,000, avant 15 ou 16 ans.Pour terminer, voici dans leurs grandes li- ones les moyens dont l\u2019hygiène mentale dispose, en clinique, pour solutionner ces problèmes de l\u2019enfance, empêcher qu\u2019ils dégénèrent en troubles graves de l\u2019âge adulte.Pour ces problèmes de conduite qui n\u2019existent en réalité que dans l\u2019idée des parents, il suffit généralement d\u2019une couple d\u2019entretiens avec eux, avec la mère surtout pour bien des raisons, pour les rassurer en les renseignant sur les façons d\u2019être, les besoins normaux de l\u2019enfance à ses différents âges, leur faire réaliser que leurs enfants sont intelligents, adaptables, que malgré certaines erreurs de formation ils L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 leur ont permis de se développer normalement, pour les encourager à un peu de patience dans l\u2019attente des résultats de leur propre changement d\u2019attitude.La même méthode de procéder s\u2019applique aux parents de ceux qui présentent une conduite en elle-même difficile ou répréhensible, mais encore simplement en réaction à des erreurs de formation, à des conditions extérieures difficiles.Mais les entrevues devront être généralement plus nombreuses et, cette fois, il sera nécessaire d\u2019en faire avec les enfants eux-mêmes.On engagera ces derniers à jouer, à dessiner, à parler librement, à déverser leur rancoeur, même contre l\u2019hygiéniste mental, psychiatre ou psychologue, qui s\u2019occupe d\u2019eux; on les écoutera avec calme, sans blame direct, on sera témoin de leurs impulsions, de leurs gaucheries, de leurs erreurs sans critique, sans intervention autre qu\u2019interpréter pourquoi ils agissent ainsi, émettant en même temps l\u2019assurance qu\u2019ils comprennent leurs erreurs et vont les corriger quand ils seront prêts, qu\u2019ils sentiront que c\u2019est bien plus intéressant et agréable autrement.On permettra, on encouragera même le tapage, la destruction, dans certains jeux, en remarquant que si c\u2019est permis au jeu, dans des circonstances comme celles du traitement à la clinique, c\u2019est peu acceptable ailleurs, qu\u2019ils sont les premiers à en souffrir.MARCOTTE: PREVENTION DES PROBLEMES DE.1297 L\u2019enfant se rassure par cette relation avec un adulte qui le comprend, qui l\u2019accepte comme il est, qui lui explique les circonstances qui font que certaines choses sont permises à des moments, défendues à d\u2019autres, qui n\u2019est pas préoceupé d\u2019abord et seulement de le blä- mer et de le restreindre en tout.Enfin, avec les problèmes de caractère, bien que les méthodes d\u2019entrevue et de jeu ne diffèrent pas sensiblement en surface, on devra les employer beaucoup plus longtemps, procéder plus lentement, avoir recours à des méthodes scientifiques qui ne peuvent s\u2019expliquer ici, parce qu\u2019elles prennent des années pour les acquérir et les bien pratiquer.Quand les parents présentent eux-mêmes des troubles sérieux de caractère, le traitement, par une autre personne que celle chargée des enfants, devra dépendre de la psychiatrie.Des placements temporaires hors du foyer, parfois dans des maisons d\u2019éducation et de réadaptation spécialisées, des interventions auprès du personnel scolaire, auprès d\u2019autres parents, le recours à des troupes de guides, de scouts, à des organisations de loisirs pour enfants, sont encore des mesures salutaires qui aideront à l\u2019efficacité du traitement.Et voilà, nous l\u2019espérons, qui dissipera le mystère et l\u2019appréhension qui pouvaient encore subsister, dans l\u2019esprit de certains parents et éducateurs, au sujet de l'hygiène mentale et de ses méthodes de prévention et de réadaptation. SEMAINE NATIONALE D\u2019'IMMUNISATION ' G.CHAREST, M.P.H., Surintendant, Division des maladies contagieuses, Service de Santé de Montréal.Des personnalités civiles et médicales offriront leur concours à la Ligue Canadienne de Santé, durant la semaine du 23 au 29 septembre 1956, pour promouvoir l\u2019intérêt de la population à l\u2019égard des procédés d\u2019immunisation et de vaccination contre les maladies contagieuses.Il s\u2019agit, en l\u2019oceurrence, de la quatorzième semaine nationale d\u2019immunisation au Canada.La situation au Canada relative au contrôle des maladies contagieuses est très bonne mais il y a quand même des parents qui négligent de protéger leurs enfants et les exposent à contracter des maladies graves.La vaccination contre la variole ou petite vérole qui est obligatoire avant l\u2019entrée à l\u2019école, est exigée à Montréal d\u2019après un règlement municipal datant déjà de plus de 50 ans.Pendant deux générations, cette pratique a été poursuivie sans relâche et les résultats ont confirmé le bien-fondé de cette mesure de prophylaxie: la variole n\u2019a pas été signalée dans la province de Québec depuis 25 ans.J\u2019ai mentionné dans une causerie radiophonique antérieure durant le mois de juillet, les précautions qu\u2019il faut prendre avant et après l\u2019administration du vaccin antivariolique.Durant le mois d\u2019août 1956, on a vacciné à Montréal 4,655 enfants contre la variole avant l\u2019entrée des classes dans les consultations municipales mais cette vaccination est recommandée et pratiquée chez les nourrissons et les enfants préscolaires durant tout le cours de l\u2019année.Si la variole est disparue au Canada à cause de l\u2019application d\u2019une législation coercitive, il n\u2019en a pas été de même des autres maladies, telles que la diphtérie, la coqueluche, la tuberculose et la poliomyélite.1.Causerie prononcée à l\u2019émission « Tribune des conférenciers de CKAC \u2014 Quart d\u2019heure de Concor- dia », lundi le 24 septembre 1956, à 10 h.30 du soir.On eut recours depuis 30 ans, pour bannir la diphtérie, à des méthodes d'éducation populaire qui ont eu pour effet de faire accepter par les parents, l\u2019immunisation contre la diphtérie dès la première année de la vie chez les nourrissons.Les premières tentatives d\u2019immunisation furent entreprises en 1926 par des organismes bénévoles, puis en septembre 1928, le Service de santé commença dans les consultations municipales à immuniser les nourrissons et les enfants préscolaires.En 1932, ce fut au tour des écoliers à recevoir les injections d\u2019ana- toxine de Ramon et graduellement, la coutume fut établie de 1935 à 1944 de pratiquer cette immunisation dès l\u2019âge de 6 mois.Un peu plus tard cependant, lors de l\u2019emploi du vaccin combiné, l\u2019immunisation fut avancée à l\u2019âge de 3 mois chez les nourrissons.Des sondages et des enquêtes nous révèlent cependant que ce sont dans les quartiers populeux et les familles nombreuses qu\u2019il existe encore un certain pourcentage d\u2019enfants non protégés.Il est probable qu\u2019avec 80 pour cent de la population infantile de Montréal immunisée contre cette maladie, nous n\u2019ayons pas à subir les contretemps des épidémies d\u2019autrefois mais il n\u2019en demeure pas moins vrai qu\u2019un enfant sur cinq parmi les moins de 10 ans réprésente un groupe important d\u2019enfants qui n\u2019ont aucune défense à offrir contre une maladie grave et sournoise.A Montréal, depuis le début de l\u2019année 1956, nous n\u2019avons eu à.enregistrer aucun cas et aucun décès par diphtérie mais il est toujours possible que ces résultats soient gâchés par l\u2019insouciance des parents.Durant la troisième décade c\u2019est-à-dire de 1945 à 1956, on assista à l'introduction du vaccin combiné, diphtérie et coqueluche, et en 1951, on ajouta le tétanos. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 La gravité de la coqueluche a été méconnue parce que les décès qu\u2019elle entraîne surviennent surtout durant les deux premières années de la vie.En établissant une comparaison entre les décès dus à la diphtérie et la coqueluche de 1950 à 1954 inclusivement, les statistiques nous révèlent qu\u2019au Canada, il y eut 145 enfants qui sont morts de la première maladie tandis que la coqueluche fut responsable de 880 décès durant ces cinq années, soit un nombre 6 fois plus élevé.A Montréal, le nombre de cas de coqueluche en 1956 a augmenté du double par rapport à la même période l\u2019an dernier, soit 1413 cas jusqu\u2019au 15 septembre cette année.en regard de 693 cas, en 1955.Il est survenu 3 décès en 1956 par rapport à 1 seul en 1955, pendant 8 mois et demi.Cette recrudescence de la coqueluche est apparue vers le mois d\u2019août 1955 et semble se prolonger depuis ce temps.Cette évolution torpide est peut-être due au fait qu\u2019un certain nombre d\u2019enfants immunisés contre la coqueluche la contractent quand même mais le vaccin procure, cependant, l\u2019avantage de prévenir les complications fatales et de rendre la maladie plus bénigne.L'immunisation par le vaccin trivalent, diphtérie, coqueluche et tétanos, est recommandée dès l\u2019Âge de 3 mois, pour une série de 3 injections à un mois d\u2019intervalle et 2 doses de rappel un an et cinq ans après les 3 premières doses.Il est cependant utile de faire donner une dose de rappel à tout enfant qui n\u2019a pas reçu d\u2019injection depuis 2 ans, à cause de la situation présente que je viens de mentionner.Enfin, l\u2019anatoxine tétanique apporte à l\u2019enfant une protection qui est d\u2019une grande utilité, parce que cette maladie, le tétanos, quoique rare, présente des symptômes d\u2019une telle gravité, que le fait d\u2019être injecté en bas âge et de recevoir des doses de rappel périodiques est suffisant pour parer à tous les inconvénients d\u2019un traumatisme ou accident alors qu\u2019une blessure même superficielle peut servir de CHAREST: SEMAINE NATIONALE D'IMMUNISATION 1299 porte d\u2019entrée à ce microbe qui se retrouve sur le sol ou dans la poussière.Il n\u2019est pas nécessaire alors d\u2019injecter un sérum souvent dispendieux mais il suffit de donner une dose de rappel de vaccin ou anatoxine tétanique pour être assuré que la prévention sera efficace et de plus, l\u2019organisme ne deviendra pas sensibilisé à des injections subséquentes de sérum de provenance animale.La tuberculose a cédé du terrain depuis les 15 dernières années et si les décès sont moins nombreux, la morbidité qui représente le nombre de patients soufrant de cette maladie, demeure relativement élevée.La campagne entreprise pour vacciner la population a l'aide du BCG en est une de longue haleine.Ce vaccin préconisé par Calmette et Guérin de l\u2019école française depuis 35 ans, a subi l\u2019épreuve du temps et aucun autre agent biologique n\u2019a pu le supplanter.Les procédés de la vaccination par le BCG ont pu varier quant à son introduction dans l\u2019organisme humain mais le phénomène de l\u2019allergie, (réaction spéciale vis-à-vis le microbe tuberculeux virulent), prouve que le BCG est d\u2019une utilité incontestable.Le Service de santé de la ville de Montréal a pris une part active dans cette vaccination par le BCG depuis 1952, en propageant son- emploi chez les enfants d\u2019Âge scolaire par la méthode de scarifications.63,757 enfants dans les écoles primaires, avec le consentement de leurs parents, ont reçu le vaccin BCG depuis 4 ans.Ce travail a été accompli en coopération avec l\u2019Institut de Microbiologie et d'Hygiène de l\u2019Université de Montréal.Toute la population scolaire entre 6 à 15 ans a donc été vue depuis le début de cette campagne de vaccination.De plus, cette fois avec le concours de l\u2019équipe volante de la Clinique BCG, les nourrissons et les enfants préscolaires peuvent être vaccinés dans certaines consultations municipales.On a prouvé, hors de tout doute, l\u2019innocuité 1300 CHAREST: SEMAINE NATIONALE D\u2019'IMMUNISATION du vaccin BCG ; alors qu\u2019autrefois, on semblait limiter son emploi à des enfants placés dans un milieu contaminé, aujourd\u2019hui il est reconnu que son emploi doit être généralisé car personne ne peut répondre de son entourage même dans le cadre restreint de la famille.Quant à la protection par le vaccin BCG, des expériences concluantes faites aux Etats- Unis par Aronson et ses collaborateurs ont prouvé qu\u2019il est survenu moins de décès chez les individus vaccinés avec le BCG que dans le groupe témoin c\u2019est-à-dire ceux qui n\u2019étaient pas vaccinés.Le vaccin BCG doit done être placé au premier rang de nos moyens de défense contre la tuberculose, même si le dépistage précoce par les radiographies pulmonaires faites en série, l\u2019hospitalisation plus rapide dans les sanatoria de même que l\u2019arsenal thérapeutique plus efficace ont facilité la lutte contre cette maladie.Enfin, il me reste à vous parler du dernier venu de ces agents de prévention dans le domaine de l\u2019immunisation, il s\u2019agit du vaccin Salk contre la poliomyélite.L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Cette maladie redoutable qui survient durant les mois d\u2019été ot d\u2019automne, en provoquant des épidémies qui semblent se rapprocher surtout depuis les dix dernières années, sera à son tour annihilée par l\u2019emploi d\u2019un vaccin spécifique.L\u2019expérience a démontré à la suite des injections de vaccin Salk données à 600,000 enfants aux Etats-Unis en 1954 et celles administrées durant l\u2019année 1955, tant au Canada que chez nos voisins, qu\u2019il y avait dans cette norvelle acquisition scientifique, un apport efficace et utile dans le contrôle de la poliomyélite.T] est probable que le Service de santé de la ville de Montréal pourra d\u2019ici la fin de l\u2019année 1956, procurer la troisième injection aux 57,500 enfants qui ont reçu, l\u2019an dernier, les deux premières doses.La situation actuelle à Montréal laisse voir qu\u2019il y a eu 10 cas et 2 décès cette année, comparativement à 21 cas et 2 décès en 1955, pour la même période.\u2014 ty VARIÉTÉS LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE QU\u2019ELLE INSPIRE ' Jean SAUCIER, F.R.C.P.(C.).Quel contraste entre la magnifique conférence de Madame Gabrielle Roy et l\u2019entretien auquel vous a conviés ce soir l\u2019Alliance Fran- caise! En décembre, Madame Roy vous a présenté avec beaucoup d\u2019esprit et de poésie le jeu des répercussions d\u2019influence du romancier sur le lecteur, puis du lecteur sur le romancier.Elle n\u2019a pas eu de peine à mettre en évidence le rappprt réciproque qui enrichit, éclaire et oriente aussi bien le donneur que le receveur.Sans qu\u2019elle s\u2019en doute, sa conférence a servi d\u2019avant-propos indirect en même temps que de poétique exorde à la mienne car elle a copieusement étalé la pensée inconsciente de ses adulateurs et de ses critiques.Sous le couvert d'explications apparemment logiques et bienveillantes, elle a abondamment défoulé une multitude de reproches qu\u2019elle adressait aussi bien à elle-même qu\u2019au lecteur malveillant.Grâce à cette salutaire ventilation verbale, du reste admirablement dosée, elle nous a donné la pleine mesure de son talent.Je suis convaineu que l\u2019auteur de Bonheur d\u2019occasion a pris un immense plaisir, plus exactement, a savouré une délectation souterraine infinie, à rédiger cette sorte de justification de ses personnages, un peu comme le fit naguère avec une véhémence moins tamisée mon illustre confrère Georges Duhamel.Ce soir, il ne s\u2019agit plus d\u2019un jeu littéraire, ni de romans ni de lecteurs.Il s\u2019agit de vous parier de rien moins que de la psychiatrie.Je vous en prie, voyez-vous un peu à ma place pour un moment et ayez pour moi beaucoup de commisération.Cet appui sympathique et cette empathie essentielle me vaudront une confiance qui risquerait de m\u2019échapper.Vous imaginez facilement que la discussion d\u2019une observation psychiatrique entre collègues 1.Conférence prononcée à l\u2019Alliance Française de iontréal en la salle du Ritz Carlton, le 16 janvier ne comporte rien de très angoissant, d\u2019abord parce que le vocabulaire est partagé, parce que nous acceptons tous tacitement une connivence qui favorise les raccourcis, et ensuite parce que, par métier, nous ne craignons pas les brusques dévoilements d'identité.Ce n\u2019est plus du tout la même chose lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019exposer la chose psychiatrique devant un auditoire que l\u2019on ne connaît pas, et notamment, devant l'assemblée éminemment subtile et variée que représentent les membres de l\u2019Alliance Française.Je me rends compte de façon très aiguë qu\u2019il m\u2019est impossible dans la perspective d\u2019une heure de cinquante minutes de tout vous dire, et par ailleurs, je ne voudrais pas glisser si légèrement sur le sujet que vous fussiez justifiés de vous dire a la sortie, vous posant de nouveau la célèbre question du Maréchal Foch: \u201cMais, de quoi s\u2019agit-11?\u201d Il faut admettre que les entretiens de ce genre ne sont pas fréquents et que le conférencier n\u2019a pas de modèle à interroger, sinon à copier, comme la chose se pratique parfois, insinuent les esprits épris de statistiques.Il y a bien eu autrefois, à l\u2019Université des Annales, une causerie du Dr Maurice de Fleury qui pourrait s\u2019apparenter de loin à ce que je me propose de vous dire, \u2014 cela se passait vers 1920 \u2014, mais le Dr de Fleury étant à la fois membre de l\u2019Académie de Médecine et de plusieurs autres académies, possédant aussi un titre nobiliaire et étant au surplus très distingué et très homme de lettres, l\u2019auditoire a entendu ce jour-là le littérateur plutôt que le psychiatre.Il avait adapté la psychiatrie à l\u2019usage des gens du monde.Tl en avait à ce point masqué la saveur que les plus avertis s\u2019y retrouvaient à peine; nous dirions ici que le sujet était baptisé à saturation.Assez paradoxalement, tout baptisé qu\u2019il fût le sujet avait perdu son nom. 1302 SAUCIER : LA PSYCHIATRIE ET LA TOLERANCE Je n'ai pas l'avantage de partager avec mon illustre collègue parisien l\u2019honneur de siéger à une académie, füût-elle la canadienne-fran- çaise.Cela me permettra peut-être de vous parler de psychiatrie, de la vraie psychiatrie, sans recourir aux astuces du langage littéraire, \u2014 que j'envie pourtant.Je vous dirai probablement des choses assez dures mais je tâcherai d\u2019en amortir le choc avec le moins de maladresse possible.Je ne vous ferai pas une vulgarisation de la théorie d\u2019un ou de plusieurs psychiatres innovateurs ou traditionalistes.J'ai la vulgarité en horreur et une vulgarisation, par assonance, ne m\u2019inspire aucun attrait.Et voila que les difficultés commencent ! Les Pères Jésuites dont je suis l\u2019élève m\u2019ont enseigné le confort intellectuel de la logique.Vous ne savez pas ce oue la psychiatrie comporte d\u2019illogismes! Ils ont insisté sur l\u2019importance de bien définir ce dont on doit parler.Suivant ce précieux avis je dois donc essayer de définir cette science.J'ai compulsé à vos intentions les vieux tomes et les monographies les plus récentes et je ne fus pas trop surpris de me trouver, non pas devant une définition de la psychiatrie mais devant une multitude de définitions.Je devinais bien déjà confusément qu\u2019il devait en être ainsi.J\u2019ai maintenant la preuve qu\u201dl en est ainsi.Vous me direz que la psychiatrie est de toute évidence la science qui traite des maladies mentales.Ce n\u2019est pas si évident que vous voulez croire, et même, si cette définition comportait une part de vérité et beaucoup de logique élémentaire il faudrait d\u2019abord définir ce qu\u2019est la maladie mentale.Quand commen- ce-t-elle?À quoi se reconnaît-elle?Et caetera.Vous imaginez que les avis sont fort partagés, à commencer par le vôtre et par le mien.On se représente couramment le malade mental comme un individu qui a des idées inquiétantes, comme un excité ou comme un déprimé, comme quelqu\u2019un qui a un comportement extravagant.C\u2019est partiellement exact mais à ce compte, que dire de nous-mêmes qui avons aussi nos moments d\u2019exaltation et de morosité, qui avons nos heures sinon nos jour- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 nées de bizarreries, qui avons parfois des idées saugrenues et qui nous comportons souvent de façon assez étrange?Serions-nous tous des sujets qui relèvent de la psychiatrie, tout comme les malades officiellement classés?Bien sûr que non! Et pourtant, ici encore, l\u2019évidence n\u2019est pas aussi lumineuse qu\u2019il nous plaît de nous le faire croire.Il faut bien être un peu indulgent pour les autres si nous voulons espérer qu\u2019ils le soient beaucoup pour nous.Ils le sont si peu.Et le sommes-nous davantage?* * * Jusqu'ici nous ne sommes pas très illuminés et nous bavardons autour d\u2019une définition qui ne veut pas se laisser dépouiller, qui ne consent pas à être réduite à ses véritables éléments.C\u2019est exact et j'aime assez l\u2019exactitude pour ne pas vouloir me hasarder dans l\u2019académisme doctrinal et encore moins dans une décision arbitraire que vous seriez les premiers à ne pas accepter.Dans ces conditions, essayons de circonvenir la difficulté en analysant l\u2019antithèse.C\u2019est un procédé subtil qui réussit parfois, me disait naguère un vieux professeur de Ste-Marie qui était mi-mystique, mi-roublard.Roublard à son insu, bien cn- tendu! Je risque donc la roublardise et j\u2019aborde le problème de la façon suivante: les individus qui ne souffrent pas de maladie mentale ne ressortissent pas à la psychiatrie; ce qui revient à se poser la définition du sujet non- malade-mental, de l\u2019individu psychiquement équilibré.Je crois pouvoir vous décrire, \u2014 du moins théoriquement \u2014, un tel personnage.Cet être un peu mytique mesurerait ses activités au strict nécessaire, de façon à ne jamais sentir la lassitude.Il n\u2019aurait d\u2019autre ambition que de posséder l\u2019essentiel de sorte qu\u2019il pourrait donner le superflu.Il serait aimable sans flatterie mais il dirait invariablement la vérité; il ignorerait la diplomatie du coeur qu\u2019est le tact.Il mesurerait sa sympathie au besoin exact de l\u2019affligé et toutes ses réactions auraient un frein logique.Il ne connaîtrait ni l\u2019amour ni la haine qui comportent, par dé- L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 finition, des démesures.Son climat affectif ne serait ni chaud ni froid mais tiède.Il serait intelligent mais il n\u2019aurait pas d\u2019esprit car l\u2019esprit est une saillie, donc une altération de la mesure et de la norme.Son imagination serait comparable à un échiquier où toutes les combinaisons d\u2019images se dérouleraient selon un ordre logique, harmonieux, péremptoire et sans imprévues.Son jugement serait sûr, monotone, implacable et dépourvu de formulations nuancées.Un tel personnage n\u2019existe pas.Si ce sujet normal théorique existait il serait un monstre de perfection, un robot désanimé.Il serait un sujet normal très malade.On ne le conduirait peut-être pas à l\u2019asile mais je ne crois pas qu\u2019on rechercherait son amitié.On ne saurait le classer ni dans la nomenclature des névropathes ni dans le catalogue des bien-portants.Il ne serait ni ange, ni bête, ni démon: Il ne serait ni un saint ni un réprouvé.Bref, il ne serait pas un être humain car, ni le sujet normal ni le malade mental, comme nous nous les représentons avec notre bon sens instinctif ne correspondent à cette présentation.Je n\u2019en sortirai donc jamais! Et je me demande encore avec vous, tout aussi angoissé que vous: Qu\u2019est-ce donc que cette psychiatrie dont je veux tant vous parler?Je m\u2019interroge, et en toute connaissance de cause, je choisis de fuir momentanément devant la difficulté.Disons, pour faciliter les choses, que j'oublie de vous définir la psychiatrie, \u2014 quitte à y revenir plus tard \u2014, et que Je vous la présenterai par transparence, à la faveur d\u2019un voile assez mince pour que vous en saisissiez bien les contours essentiels, mais aussi, assez opaque pour que vous en distinguiez mal ce qu\u2019elle peut comporter de trop réaliste.* * * I1 y a des individus qui sont d\u2019intarissables raconteurs.Ils n\u2019en finissent plus de vous combler.Ils organisent pour vous; ils se chargent de préparer votre prochain voyage d\u2019Europe, où du reste, ils comptent bien vous accompagner.Ils choisissent pour vous votre prochaine SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE 1303 auto; 1ls offrent de rédiger votre feuille d\u2019impôts; 1ls décident la composition de votre menu; ils sont serviables jusqu\u2019à l\u2019importunité.Un verbe les caractérise: bouger.D\u2019autres sont l\u2019antithèse de ces grouillants partenaires: il faut presque les bousculer pour les mettre en marche.Ils ne sont jamais de la partie.Ils sont taciturnes et inquiets.Ils vous disent qu\u2019ils n\u2019ont pas le goût de participer à ce que vous proposez, que cela ne sert à rien et que c\u2019est ennuyeux.Pour eux tout est effort, tout est pénible, rien n\u2019est gai.Ils sont l\u2019éteignoir des réunions mondaines, à moins que l\u2019on aît pris la diabolique précaution de les animer artificiellement avec un whisky libérateur, mais cette ruse un peu fourbe ne va pas sans un certain danger.J\u2019ai connu ainsi un dentiste charmant, remarquable par sa courtoisie, sa modestie, sa discrétion, son calme et sa retenue distinguée, se transformer après trois verres en un ouragan dévastateur laissant sur son passage des amis étonnés, navrés et meurtris, et je ne parle pas de la casse matérielle inévitable.L\u2019analyseur imprévisible qu\u2019est l\u2019alcool opère parfois l\u2019inverse chez les exubérants.N\u2019est-il pas, en effet, d\u2019observation fréquente de relater l'ivresse triste des bout-en-train, comme du reste, la tristesse et l\u2019inertie habituelles deg grands comiques?Chaplin, dit-on, n\u2019est pas gai.J'ai connu un collègue gai qu\u2019il suffisait de griser un peu pour le voir et l\u2019entendre gémir.Cet état de choses est bien connu et je ne vous ai rien appris en vous rappelant des menus faits de la vie quotidienne.Ces déviations de la stricte norme n\u2019encourent pas l\u2019anathème, et qui songerait à s\u2019alarmer outre mesure en présence d\u2019un petit débordement sonore passager ou devant une lassitude que l\u2019on a tôt fait d\u2019expliquer.Dans ces conditions, expliquer veut dire rationaliser.Nous y reviendrons.Penchons-nous plutôt sur ce qui se passe en nous et que nous ne remarquons même pas, disons: que nous remarquons à peine, dans notre hâte de trouver une explication qui nous apaise.Et puis, que nous le remarquions ou non, peu importe! Les autres, par une espèce 1304 de solidarité tacite et un peu machiavélique de l\u2019agressivité universelle auront vite fait de noter et de retenir.En somme, c\u2019est heureux qu\u2019il en soit ainsi car, grâce à eux, nous parvenons parfois à nous découvrir.Mais tout cela n\u2019est pas jusqu'ici très nettement anormal.Et je m\u2019avance dans mon sujet en me disant qu\u2019après tout, il n\u2019est peut-être pas indispensable de définir cette insaisissable psychiatrie! Vous n\u2019avez certes pas accepté ma définition de l\u2019homme présumé normal.Et, à mesure que je songe davantage à mon sujet mes souvenirs m\u2019entrainent dans des tangentes, et je vois qu\u2019il existe des individus qui aiment à se faire remarquer.Ils sont coiffés de leurs mérites.On dit couramment d\u2019eux qu\u2019ils se donnent de l'importance.Certains semblent convaineus de leur infaillibilité.Dans la discussion, ils sont généralement contre, contre l\u2019autre et contre tous.Ils voient d\u2019un oeil courroucé que l\u2019on exprime une opinion qui n\u2019est pas la leur.Drapés dans leur solennité ils condescendent parfois à écouter mais c\u2019est ensuite pour donner un conseil.Ils sont très épris de puissance et de cérémonial.On reconnaît leur pas à distance: il est sonore, sec et important.Avec cela, ils sont ombrageux et extrêmement jaloux de leurs prérogatives.Ils veulent à tout prix qu\u2019on les aime, et par corollaire, ils sont très sensibles à l\u2019adulation.Quand leur dû, \u2014 ou ce qu\u2019ils croient être leur dû \u2014, ne leur est pas donné, ils deviennent, on l\u2019imagine, férocement agressifs.Ils réclament toujours au nom de la justice ou de la logique dont ils ont, on dirait, le monopole absolu.Leur agressivité et leur méfiance les tiennent constamment sur leurs gardes, et à cause de cela ils ne peuvent pas facilement se laisser aller à l\u2019aimance car aimer c\u2019est consentir à s\u2019amoindrir au profit d\u2019autrui, c\u2019est faire confiance.Vous avez connu, j'imagine, des gens de cette espèce dans les deux sexes.C\u2019est un peu plus disgracieux chez la femme.C\u2019est si peu joli que je préfère ne pas m\u2019y attarder.Il faudrait alors vous décrire des femmes autoritaires, boudeuses, emportées et insensibles aux sentiments de sympathie, toutes épithètes qui sont si peu conformes à la féminité telle que nous la compre- SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 nons et telle que nous l\u2019aimons.Comme leurs homologues masculins, ces femmes se complaisent dans la détestation et dans le despotisme.Il faut cependant que je m\u2019empresse d\u2019ajouter que ces sentiments ne sont que faiblement conscients et plusieurs seraient probablement surpris d\u2019apprendre que d\u2019autres les ont remarqués, eux qui veulent tant qu\u2019on les aime! Tout ce que je viens de dire est fort désagréable à l\u2019endroit de ceux et de celles qui correspondent à cette description et je m\u2019en excuse.Je ne pouvais cependant pas les présenter autrement qu\u2019ils ne sont.Et je tenais à vous rappeler qu\u2019il existe un secteur d\u2019humanité qui est arrogant et avec lequel il n\u2019est pas facile de s\u2019entendre.Je l\u2019ai rappelé parce que je l\u2019ai observé et je ne suis pas le seul à l\u2019avoir fait.Ces individus sont faciles à reconnaître, et cela est satisfaisant dans une certaine mesure car, avec ces meurtris en mal d\u2019aimance il est facile de faire le point.(Quel mot ambivalent!) A tout prendre, j'aime mieux ces sujets qui ne savent pas dissimuler leur orgueil que les obséquieux qui roucoulent, qui exécutent en gloussant la danse de l\u2019encensoir et qui brandisent à chaque repartie, et dans un geste compliqué le goupillon mellifique.L\u2019obséquieux, a dit avec beaucoup d\u2019exactitude Charles Baudouin, est vn insolent qui résiste à son insolence.L\u2019insolence étant un sentiment désagréable à manifester on s\u2019empresse de le refouler pour lui substituer quelque chose d\u2019acceptable, fût-ce la caricature du sentiment travesti.Cela peut donner le change aux non-avertis mais à mesure que l\u2019on s\u2019entraîne à voir évoluer les humains on a vite fait de remarquer que le miel postural, le langage sucré et l\u2019_épanouissement en point d\u2019orgue d\u2019un sourire sans couleur sont la traduction malhabile d\u2019une émotion heurtée qui cache une vérité refoulée.Obséquiosité et hypocrisie sont à peu près synonymes.Il ne faut pas plus mépriser ces personnes que les revendicateurs attristés et attristants dont je viens de vous parler il y a quelques minutes.Tout cela se passe à leur insu.Leur commerce quotidien est difficile mais quelle école de tolérance et quelle invitation à mieux nous L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 regarder.Dans le même ordre de déductions, il est permis de soupçonner que l\u2019austère pudibonderie masque quelque sentiment qui n\u2019est pas toujours très propre.Mesdames et Messieurs, j'ai presque l\u2019assurance que tout ce que je viens de vous dire nous a conduits aux confins, ou comme aime à le dire le Professeur Lhermite, aux franges du sujet de notre entretien.Je vous ai donné quelques exemples tirés de la vie de tous les jours.Ces exemples correspondent plus ou moins à ce que l\u2019on appelle encore parfois des types constitutionnels, expression à mon sens imparfaite parce que la notion de constitutionnel s\u2019apparente trop étroitement à celle de l\u2019héridité inéluctable et parce qu\u2019elle ne tient pas assez compte de la dynamique sous- jacente.Vous y avez reconnu de vos connaissances et vous avez savouré peut-être une petite délectation sadique, \u2014 c\u2019est tout à fait dans l\u2019ordre \u2014, mais vous n\u2019avez à peu près sûrement pas fait la correspondance avec vous-mêmes, s\u2019il y avait lieu.Il demeure toujours vrai que l\u2019on se connaît mal.Je vous l\u2019ai déjà dit et j'insiste: ce sont les autres qui nous connaissent le mieux.Cela est tellement exact qu\u2019il est rare que l\u2019on consulte spontanément le psychiatre; il faut habituellement qu\u2019on vous le suggère, et même qu\u2019on y insiste.Dans le plus grand nombre de cas c\u2019est l\u2019entourage qui le conseille parce qu\u2019on s\u2019est ému des anomalies de comportement, de langage ou d\u2019attitude qui échappaient à l\u2019observation de l'intéressé.Et cette remarque me rapproche singulièrement de mon sujet puis- qu\u2019elle m\u2019amène, par une sorte de tropisme spontané, à vous parler de l\u2019inconscient.Je précise: certains comportements, l\u2019affolement par exemple; certains sentiments, l\u2019anxiété diffuse par exemple, peuvent être parfois remarqués par le sujet qui en est atteint, mais le ou les motifs véritables de ces états affectifs échanpent à peu près toujours.On a vite fait d\u2019interpréter par un raisonnement qui n\u2019apaise que médiocrement et que temporairement.On se défend contre son anxiété par un syllogisme et on trouve une multitude de justifications explicatives et lo- SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE 1305 giques mais jamais la véritable.À la vérité les motifs profonds sont pour la plupart inconscients.Ils sont dictés par la mise en oeuvre de nos instincts, plus ou moins refoulés, plus ou moins éduqués et plus ou moins transformés.Afin de ne pas entrer dans les détails d\u2019une technique difficile et contestée et afin d\u2019éviter l\u2019emploi d\u2019un vocabulaire qui pourrait risquer d\u2019alerter vos paisibles oreilles il faut absolument que je pose ici quelques jalons indispensables et que nous établissions ensemble trois ou quatre propositions fondamentales que J'ai l\u2019espoir de vous faire juger acceptables: Premièrement, l\u2019enfant doit devenir un adulte.Nous sommes tous d\u2019acord sur ce truisme mais cela n\u2019empêche qu\u2019il existe toujours une foule d\u2019adultes qui sont demeurés des enfants.Deuxièmement, pour devenir adulte l\u2019intelligence doit conquérir l\u2019objectivité et admettre la réalité concrète.Cela s\u2019admet aussi sans grande résistance dialectique; toutefois, retenons que pour conquérir véritablement l\u2019objectif il importe de faire taire ses préférences et de liquider ses craintes, sans quoi l\u2019objectif n\u2019est plus objectif et l\u2019intelligence ne peut plus manifester son fonctionnement adulte, et j'en arrive à la troisième proposition: pour devenir un adulte, la vie instinctive doit, elle aussi, quitter l\u2019étape infantile.Cela veut dire que pour accéder à la maturité affective il faut avoir developpé un potentiel d\u2019amour solidement garanti par une agressivité bien bridée, par exemple, par une agressivité transformée en esprit d\u2019initiative.I] faut aussi que l\u2019anxiété soit parfaitement neutralisée aux moments où il faut prendre une décision ou faire un choix.Il me semble que cette troisième proposition n\u2019a rien qui soit inacceptable.J\u2019en arrive à la quatrième et dernière proposition: il y a des individus qui ne peuvent accepter sans éprouver un malaise intolérable les renoncements imposés par la vie.Pierre Janet a eu raison d\u2019observer que la valeur d\u2019un homme se mesure par sa capacité à faire des corvées.Pour abolir cette angoisse du renoncement on a recours à des stratagèmes tantôt simples, tantôt compliqués, qu\u2019il est 1306 SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE convenu d\u2019appeler des mécanismes de défense.Les mieux cornus sont le refoulement et la rationalisation, mais il y en a beaucoup d\u2019autres.Nous sommes d\u2019accord, j'espère, sur cette proposition es:entielle.Dans ce cas, nous pouvons continuer à faire route ensemble sans confondre les signaux indicateurs.Il me paraît bien inutile de m\u2019étendre sur le refoulement.Disons brièvement que c\u2019est un procédé grâce auquel, à notre insu, les impulsions et les désirs que notre personne n\u2019accepterait pas sont rejetés et enfoncés dans notre personnalité inconsciente afin d\u2019éviter le sentiment de faute et l\u2019angoisse.La rationalisation dont je vous ai glissé un mot tout à l\u2019heure est une manoeuvre analogue: elle aide le refoulement.Je vous cite à cet effet l\u2019exemple classique de rationalisation: la bonne réponse à une question telle que: \u201cPourquoi avez-vous aidé votre ami?\u201d n\u2019est pas \u201cJe l\u2019ai fait par loyauté et non parce que je désirais lui être supérieur\u201d, \u2014ce qui est la réponse rationalisée \u2014, mais \u201cje l\u2019ai aidé par loyauté, et parce que je voulais lui être supérieur et parce que je me sentais son obligé et parce que j'espérais qu\u2019à un autre moment il pourrait m'aider à son tour\u201d, ce qui serait la réponse vraie mais qui est tue et escamotée parce que indicible.Tout cela me paraît et doit vous paraître indiscutable parce que éminemment vrai, à la manière du dialogue de l'Ile des Chèvres.Parmi ces sentiments et instincts plus ou moins refoulés, éduqués ou transformés se situent en premier lieu les instincts de sympathie et d\u2019agressivité.Sous ce thème général on a décrit beaucoup de variantes et la plupart des auteurs, même des neurologues orga- nicistes, sont d\u2019accord pour qualifier d\u2019instine- tuels les sentiments d\u2019amour et de haine, équivalents dans le langage quotidien des instincts de sympathie et d\u2019agressivité.Mais je ne voudrais pas que vous pensiez que je me propose de vous faire l\u2019exposé doctrinal d\u2019une théorie.Ce n\u2019est pas que cela me déplairait mais un tel exposé déborderait vite le cadre que je me suis assigné.Je prends simplement L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 pour acquis que la notion d\u2019inconscient est acceptée.Depuis que l'homme réfléchit, \u2014 depuis quelque 75,000 ans \u2014, il a appris que rien n\u2019existe sans son contraire: pas de thèse sans antithèse, pas de chaud sans froid, pas de faim sans satiété, pas d\u2019attirance sans répugnance, pas de sympathie sans agressivité, et, pourquoi pas, pas de conscient sans inconscient.On ne peut imaginer l\u2019existence d\u2019un conscient inconscient, et pas plus l\u2019existence de l\u2019inverse.; En comparant l'importance de l\u2019un par rapport à l\u2019autre on a dit avec beaucoup de justesse que le conscient était la partie de l\u2019iceberg visible à la surface de la mer tandis que l'inconscient correspond à la masse submergée.Le conscient c\u2019est ce qui se trouve dans le champ immédiat de notre pensée, de notre vision actuelle; l\u2019inconscient c\u2019est l\u2019immensité de ce qui reste! Paul Valéry disait: Tout ce qui compte est caché.Je vous ai déjà donné des exemples grossiers de comportements réalisés par des tendances inconscientes.On peut encore vérifier l\u2019existence de ces désirs, tendances ou pulsions dans des observations beaucoup plus fines.Il y a les commissions que l\u2019on a oublié de faire parce que nous n\u2019en approuvions pas l\u2019utilité, parce que cela nous ennuyait ou parce qu\u2019il fallait débourser; il v a des prénoms et des patronymes que nous n\u2019arrivons plus à nommer parce que ces personnes nous sont indifférentes ou hostiles.On les supprime, et on rationalise en accusant sa mémoire.Nous n\u2019avouons pas: \u201cMa vue baisse!\u201d, mais nous expliquons: \u201cLes caractères.de l\u2019annuaire sont trop fins!\u201d Non ne disons pas: \u201cJ'entends moins bien!\u201d mais: \u201cParlez done plus fort!\u201d Il y a aussi l\u2019emploi d\u2019un mot pour un autre et les situations amusantes que cela entraîne.Il y a deux ou trois ans, la présidente d\u2019une société musicale présidait l\u2019assemblée annuelle générale de cette organisation.Pour une raison que j'ignore, qu\u2019elle ignorait alors et qu\u2019elle ne connaît peut-être pas encore elle déclara la séance ouverte en nrononçant très fermement les paroles suivantes: \u2018Mesdames et Messieurs, la séance est levée.\u201d Cette distraction n\u2019est L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 pas un effet du hasard.Elle correspond à une forte pulsion inconsciente d\u2019en finir au plus tôt avec une besogne qui fut sentie, ce jour-là, comme une corvée.L\u2019inconscient a jailli à travers le lapsus.Un autre exemple non moins saisissant de l\u2019emploi du mot inconsciemment débité à la place de celui qui convenait à la circonstance nous est fourni par un psychiatre.Le collègue raconte: \u201cUn jeune homme qui présente dans sen comportement une grande inhibition, apprend la mort d\u2019un de ses professeurs qu\u2019il aimait et vénérait particulièrement.Au cours d\u2019un entretien que nous eûmes concernant le disparu, avant l\u2019office mortuaire, il nous dit: \u201cJe vous quitte, je dois aller présenter mes félicitations à la famille.\u201d La confirmation de l\u2019agressivité inconsciente nous fut donnée plus tard, quand nous eûmes pu montrer au jeune homme quelle agressivité se cachait en lui vis-à-vis de ce professeur, comme vis-à-vis de toute autorité dont il était le substitut.\u201d L'existence simultanée de deux sentiments contraires se nomme l\u2019ambivalence.Or, cette ambivalence se retrouve tout au long de la vie de chacun de nous.Cette notion des deux pôles affectifs intimement associés dans notre personnalité peut s\u2019envisager par rapport à tous les modes de l\u2019activité psychique mais c\u2019est avant tout par rapport aux énormes courants affectifs humains que sont l\u2019amour et l\u2019agression qu\u2019elle se manifeste le plus fréquemment.Amour et agression sont inscrits dans nos instincts et constituent un dualisme fondamental.C\u2019est la lutte engagée entre ces deux pulsions qui représente le contenu essentiel de l\u2019existence.On a attribué à l\u2019amour une fonction de construction et à l\u2019agression une fonction de destruction.On dit: l\u2019amour c\u2019est la vie et l\u2019agresion c\u2019est la mort.L'amour a encore pour synonymes l\u2019instinet de vie, l\u2019instinet de sympathie, la pulsion d\u2019aimance, l\u2019instinet familial et de solidarité humaine; l\u2019agressivité s\u2019appelle aussi la haine, l\u2019instinct de mort, l'hostilité.Ces deux instances d\u2019amour et de haine se partagent la domination de notre être, SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE 1307 et par extension, la domination du monde.Il faut bien dire qu\u2019en ce moment les choses se passent comme si l'instinct d\u2019agression était en bonne voie de dominer l\u2019univers.Interrogeons un peu le langage des ambassades, ou plus simplement, quittons nos masques! Mesdames et Messieurs, mon entretien a pris une tournure nettement psychiatrique et il me semble que vous le subissez comme si la psychiatrie opérait en vous une certaine fascination.& cause de ce que l\u2019on peut découvrir chez les autres! Et vous n\u2019êtes ni des malades ni des habitués de ces discussions.Ce n\u2019est pas absolument nécessaire.Il suffit que vous ayez des tendances, et je ne crois pas que vous puissiez nier cette évidence.Parmi ces intentions secrètes, les unes sont magnifiques, les autres sont beaucoup moins louables.Et nous agissons et nous pensons selon des tendances, besoins et intentions cachés.Nous aimons à entendre proclamer nos vertus et nos talents.Nous aimons cela à la manière des petits enfants, au point que le langage populaire a inventé la locution \u201cboire du lait\u201d.Nous ne voulons pas assister à l\u2019énumération de nos pulsions agressives, du moins, de celles que nous admettons, et ce sont les moins virulentes! Or, en parlant de la sorte, nous demeurons toujours dans le domaine de la santé psychique, \u2014 au sens où l\u2019entend Jules Romains \u2014; nous le demeurons tant que nous maintenons une adaptation suffisante et tant que notre agressivité n\u2019est pas trop exigeante, mais qui peut prédire l\u2019heure et le jour de la rupture d\u2019équilibre?Il faudrait être bien téméraire pour affirmer que nous sommes à l\u2019abri de l\u2019écroulement.Je me rappelle en ce moment une remarque fort judicieuse de mon maître de Clérambault qui mettait en garde les biens nantis contre une sécurité illusoire.La subtilité et la nerfection de l\u2019organisation psychique, avait-il observé, ne sont pas une garantie contre le détraquement.C\u2019est une autre façon de dire que tout le monde est candidat à la fissure.Est-il besoin de souligner que tout le monde c\u2019est vous et moi, et qu\u2019une rupture d\u2019équilibre c\u2019est vite arrivé.Mais comment cela arrive-t-il?Cela serait 1308 bien long à raconter mais en les réduisant à leur plus grande simplicité les causes sont de deux ordres: elles sont corporelles ou psychiques.Il n\u2019y a aucune contradiction à admettre que des conduites instinctives analogues puissent procéder dans certains cas des causes organiques ou toxiques, et dans d\u2019autres, de causes psychologiques, sinon parfois de la combinaison des unes et des autres.Il m'a toujours paru étrange que des psychiatres continuent de nier les interprétations psychologiques de certains comportements anormaux en se basant sur l\u2019observation de cas identiques où la cause toxique ou organique est évidente.Baudouin rappelle avec beaucoup d'humour et d\u2019à propos \u201cqu\u2019un homme peut tomber à l\u2019eau, et de manière assez analogue, soit qu\u2019il s\u2019y jette, soit qu\u2019il y tombe par accident, et selon les seules lois de la pesanteur.\u201d Même, ajoute- t-il, \u201ccertaines instances instinetuelles peuvent vibrer semblablement tantôt sous une influence physique, tantôt sous l\u2019action d\u2019un choc affectif.\u201d Et Jung conclut que le dogme: \u201cles maladies mentales sont des maladies du cerveau\u201d est une survivance d\u2019un matérialisme injustifiable qui enraye tout progrès.En somme, on ne peut que s\u2019entendre lorsqu\u2019on s\u2019inspire d'un éclectisme judicieux et lorsque les choses sont vues sans parti-pris sous leur angle véritable, cet angle dût-il parfois être mixte, et je ne nie pas qu'il le soit souvent.* ¥* Mais tout en continuant de flâner dans les sentiers psychiatriques, \u2014 on y prend souvent coût \u2014, revenons à cet inconscient qui est le centre de la vie psychique et qui taquine tant certains esprits.Peut-être ont-ils peur de l\u2019interroger?Nous le retrouvons partout, jusque dans les mots d\u2019esprit et dans le plaisir esthétique.Demandez à quelqu\u2019un à brûle-pourpoint pourquoi une oeuvre littéraire l\u2019a conquis, une comédie l\u2019a fait rire ou un tableau lui a paru beau: vous le mettrez inévitablement dans SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 l\u2019embarras et vous le verrez s\u2019agiter pitoyablement: il cherchera en vain une réponse appropriée qu\u2019il n\u2019arrive pas à formuler.Donnez- lui quelques minutes et il tentera de rationaliser ses réactions spontanées à peine défigées; ses explications seront guindées, maladroites et toujours un peu fausses.Accordez-lui un peu plus de temps et il sera convaineu qu\u2019il vous a expliqué les beautés de l\u2019oeuvre.Et voilà commient on peut s\u2019illusionner.C\u2019est en somme cette illusion que nous sert le critique littéraire ou artistique.Les plus habiles sont ceux qui possèdent les formules les plus vaguement jolies et qui savent le mieux manier le commentaire polyvalent; ils essaient de dire ce qui ne se laisse pas dire.Bref, l\u2019indicible n\u2019a de correspondance verbale que très indirecte et très détournée.Et maintenant, faites l\u2019expérience de ne demander aucun commentaire à quelqu\u2019un qui vient de vous dire qu\u2019une chose est belle; laissez-le simplement savourer ses vibrations.Cela ne l\u2019empêchera pas d\u2019avoir éprouvé une émotion artistique, même s\u2019il n\u2019a pas appris la technique de l\u2019exprimer, et, s\u2019il lui arrive de commenter spontanément il traduira très probablement sa réaction intégralement, comme en un jaillissement; il emploiera peut-être des mots insolites, des mots qui ont une consonance étrange, mais ces mots n\u2019auront pas l\u2019apprêt du raisonnement.Cela démontre assez éloquemment que le plaisir esthétique est le résultat de l\u2019action de processus psychiques inconscients.Que ce soit l\u2019émotion suscitée elle-même ou la manière dont elle est exprimée qui fasse vibrer, peu importe; ce qui paraît certain c\u2019est que cette émotion a éveillé en nous des résonances intimes et a établi des relations affectives, et ce sont précisément ces facteurs qui créent l\u2019effet artistique, ou si vous préférez, qui font dire qu\u2019un roman est beau et qu\u2019une toile exprime quelque chose.Ce qui se passe alors est indescriptible et il faut être un critique de métier pour donner ue approximation rationalisée de la série des émotions éprouvées.Que fait le critique, en définitive, si ce n\u2019est traduire en mots de l\u2019inexprimable et ne le traduire que L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 par rapport à lui.Mais pourquoi cela ne peut-il pas se dire?Cela est inexprimable parce que, ce que nous ressentons devant l\u2019oeuvre d\u2019art provient de l\u2019expression inconsciente de sentiments refoulés qui seraient difficilement acceptables par notre personne consciente.Pour les mêmes raisons les plaisanteries permettent d'exprimer de façon inconsciente une foule de sentiments que nous n'oscrions pas livrer autrement.Elles ont des rapports étroits avec l\u2019effet artistique et le plaisir esthétique.Je vais essayer de vous en convaincre avec quelques exemples.Un Monsieur Triste entre chez le coiffeur gal.C\u2019est pour la barbe ou les cheveux demande le coiffeur gai?Et le Monsieur Triste répond tristement: C\u2019est pour la tête.Nous sommes amusés par les juxtapositions et par les oppositions un peu ridicules et inattendues, et nous rions, à cause des mots croyons-nous; mais, en fait, le Monsieur Triste nous incommode beaucoup.Nous voulons instinctivement éliminer tous les Messieurs Tristes de notre perspective, bref, nous n\u2019avons aucune objection à ce qu\u2019on lui coupe le cou, à condition de n\u2019en prendre pas trop conscience.Le rire nous permet de liquider à peu de frais un sentiment agressif et homicide, évidemment inconscient.Bien plus, nous projetons sans le savoir sur la tête de Monsieur Triste toute une série de rancoeurs collectives qui s\u2019atténuent par là même, grâce à l\u2019exutoire qu\u2019est le rire.Rire dans le cas présent, ce n\u2019est pas tant se dilater la rate, \u2014 ce qui ne veut rien dire \u2014, que défouler un peu la tension de la haine accumulée.Il est bien exact que le ridicule tue, plus particulièrement notre Monsieur Triste.- Elle: Chéri, je crains toujours que tu ne regrettes ta vie de garçon! Lui: Comme tu te trompes, chérie! Tiens, si SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE 1309 j'étais veuf, je me remarierais tout de suite! Que se passe-t-il dans cette drôlerie?Sous le couvert de la blague libératrice, projetée dans un texte très bref et très condensé, Lui exprime une réalité assez dure, en dépit de l\u2019édulcoration satirique, et Elle ne sait plus très bien si elle doit v croire ou non, tant la flèche rapide l\u2019a prise par surprise.Conventionnellement, Elle n\u2019y croit pas tout à fait tandis que Lui, grâce au truchement du badinage exprime un désir presque conscient.Les bavardages approximatifs jouent dans le même sens.Un Monsieur raconte à une exposition de cadeaux de noces: M.X a envoyé un service à thé pour six personnes.M.Z a offert un service à café pour douze personnes.Et moi, une pince à sucre pour cent personnes.Cette courte anecdote apparemment inoffensive dévoile un sadisme acharné.Si elle déride un peu par le jeu de la surenchère, elle trahit aussi le sentiment de vengeance du Monsieur à qui l\u2019on a infligé l\u2019obligation de donner quelque chose alors qu\u2019il n\u2019y tenait aucunement.Remarquez encore le cadeau qu\u2019il a fait: il a choisi de pincer, et bien plus, il précise qu\u2019il a l\u2019intention de pincer au moins cent personnes, et je passe sous silence les allusions d\u2019un ordre plus grivois, trop lestes pour vos oreilles inquiètes dont je respecte la pudeur, même si elle ne devait pas être tout à fait authentique.Et enfin, une dernière histoire assez embarrassante et dont l\u2019authenticité n\u2019est pas garantie: On raconte que M.Eden aurait demandé à M.Churchill: Quels sont à votre avis les trois plus grands hommes de la dernière guerre?Roosevelt, Staline,.Et le troisième, questionna ironiquement M.Eden? 1310 SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 .Mussolini.a du succès à cause de son contenu et à cause Mussolini?Oui, répond le beau-père, car c\u2019est le seul homme d\u2019Etat qui ait eu le courage de faire exécuter son gendre.\u2018Personne ne sait dans quelle estime ou mésestime M.Churchill tient M.Eden mais il faut croire, \u2014 en vertu de ce que vous savez maintenant \u2014, qu\u2019il n\u2019a pas perdu l\u2019occasion d\u2019utiliser la soupape de la plaisanterie pour décharger un sentiment inconscient depuis longtemps prêt à faire irruption.Le mode plaisantin a une fois de plus déblayé la voie des entraves conventionnelles et permis la gifle élégante.Mais je sens déjà mon propre gendre qui s\u2019attriste et qui s\u2019inquiète: mon beau-père, songe-t-il, a certainement projeté dans cette anecdote des pulsions qu\u2019il a dû lui-même éprouver.Il a parfaitement raison de faire ce raisonnement et il serait mauvais psychologue s\u2019il n\u2019avait pas fait le rapprochement.J'aurai encore la franchise de lui dire que je ne connais pas très bien mon inconscient s\u2019il veut admettre de son côté qu\u2019il n\u2019est pas mieux renseigné sur le sien.S\u2019il m\u2019en reparle, je prendrai la tangente en rationalisant qu\u2019il aurait probablement trouvé très drôle une anecdote où le gendre fait exécuter son beau- père.Et tout cela démontre que la sincérité n\u2019est qu\u2019une approximation.Mais il faut bien charger un peu si nous voulons plaisanter car, Ôô paradoxe, c\u2019est en chargeant que nous nous déchargeons.TH y a des façons de s\u2019exprimer qui ressemblent à des digressions et qui donnent nettement l\u2019impression que l\u2019on a perdu le sens de l\u2019orientation.Ainsi, je vous parle depuis assez longtemps de choses qui paraissent ne pas relever de la psychiatrie, et pourtant, je sens que vous n\u2019avez pas cessé de faire le rapprochement.Votre attention m\u2019avertissait que vous me saviez toujours sur le terrain mutuellement consenti.Peut-être aimez-vous mieux que je vous aie présenté le sujet dans ce demi- jour?Je continue dans le style de l\u2019exposé tamisé et je reviens au plaisir esthétique.Vous savez maintenant qu\u2019une plaisanterie de sa forme.Le contenu permet, grâce au rire, la libération d\u2019une agressivité refoulée, et la forme, à condition qu'elle soit pittoresque, paradoxale et un peu inattendue, fait oublier la composante agressive qu\u2019elle transforme en un plaisir inoffensif.C\u2019est la même chose pour la littérature où l\u2019effet artistique est obtenu par la mise en liberté d\u2019attitudes refoulées sous le déguisement de l\u2019originalité du style, de l\u2019habileté à faire sentir la réalité, \u2014 parfois surréalisée \u2014, et de condenser l\u2019essentiel.En peinture et en sculpture la forme domine habituellement le contenu, encore que dans certains cas le contenu entend bien s\u2019affirmer, témoin les toiles de Rouault, la Porte de l\u2019Enfer de Rodin, les eaux-fortes de Dürer.En musique, la forme et le contenu passent pour inséparables.Les psychologues, du moins, sont en majorité de cet avis.Les psychiatres ne se sont pas encore intéressés à la question, ou à peine, mais ils y viendront; il faudra cependant qu\u2019ils soient musiciens et passablement, artistes, .et leur préparation est déjà si longue! Personnellement, je crois que ceux qui ont l\u2019expérience du plaisir esthétique musical savent qu\u2019il existe un langage de la musique, traduisez: un contenu \u2014, et que celui-ci réussit dans certaines conditions, \u2014 j'entends qualité de l\u2019oeuvre et de l\u2019auditeur \u2014, à franchir les cadres de la forme; autrement formulé, ce n\u2019est plus la forme d\u2019une étude, d\u2019un prélude ou d\u2019un quatuor que nous entendons, c\u2019est le contenu, toujours indicible, mais accoustique- ment identifiable que nous percevons.Pour vous convaincre davantage de cette vérité, je voudrais pendant quelques instants laisser parler André Michel, cet analyste raffiné de la mélologie esthétique.Ce que vous allez entendre pourra vous paraître de la jonglerie verbale et de la fantaisie surréaliste, mais en y réfléchissant le moindrement, vous serez rapidement convaincus qu\u2019il exprime les mêmes mécanismes que ceux que je viens de signaler à propos des plaisanteries, des belles-lettres et des arts plastiques.\u201cLa vie intérieure du musicien, dit-il, est peut-être la seule expérience - = \u2019 meet L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 aui ne se perde jamais dans la fumée des réve- ries subjectives incommunicables puisque la Musique se charge de nous la transmettre par la voie acoustique, à travers les zones diversement coloriées et, tout là-haut, diversement incolores, d\u2019une matière psychique qui, parfois, se raréfie jusqu\u2019à faire éclater, de pianis- sime certitude, les cerveaux et les coeurs.\u201d Dans le Prélude, Ce qu\u2019a vu le vent d\u2019ouest, Debussy, dit-il encore, exprime \u201cl'angoisse sans localisation intellectuelle ni spatiale, une terreur océanique sans océan.\u201d Tout ce contenu, car c\u2019en est un, a filtré à travers la forme.À tort ou à raison, je vois dans la musique, \u2014 mais hélas! pour les initiés seulement \u2014, un moyen très pur de faire ressortir les contenus inconscients à travers la magie du son.Attendons avant de nous moquer, même si nous devons attendre longtemps.Cela n\u2019empêche qu'il est intuitivement raisonnable d\u2019admettre que la musique deviendra éventuellement un moyen universel de communication.Ce jour-là, elle aura singulièrement facilité la besogne des psychiatres.La réalisation de cet espoir devrait se situer vers l\u2019an 4000, si nous devons en juger par la lenteur de nos progrès dans la science d\u2019aimer.On dira alors que la maîtrise de l\u2019énergie nucléaire était un jeu d\u2019enfant auprès de la maîtrise de l\u2019énergie inconsciente.Pour clore cette parenthèse passablement psychiatrique sur le plaisir esthétique, vecteur et pourvoyeur de pulsions difficiles à exprimer, disons que la forme permet l\u2019économie d\u2019énergie chère aux enfants, et par conséquent, favorise le retour à la mentalité infantile et au plaisir qui s\u2019ensuit, et que le contenu représente les désirs défendus sous un mode acceptable.L\u2019essence de l\u2019art réside dans l\u2019harmonieuse fusion du contenu et de la forme.Il n\u2019y a pas d\u2019art sans la qualité de la forme et sans la stylisation du contenu.Par extension, l\u2019art de vivre consiste à savoir coordonner les désirs contraires et à les ajuster au milieu.Et ce qui pourra n\u2019avoir cessé de vous étonner au cours de cette dissertation-éclair sur les joies artistiques c\u2019est que le point de départ n\u2019en fut autre que psychiatrique.SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE 1311 Le viennois Franz Alexander a défini de façon indiscutable les conditions d\u2019acceptabilité des facteurs inconscients dans la plaisanterie et dans le plaisir esthétique.Je vous les livre dans son style facile et ramassé: \u201cLorsque la forme est déficiente, dit-il, l\u2019art perd son charme.Lorsque les contenus apparaissent dans tout leur dénuement, le drame devient un mélodrame, la comédie un burlesque grossier, la peinture n\u2019est plus que de la photographie, la danse l\u2019imitation d\u2019une sensualité licencieuse et le mot d\u2019esprit une moquerie brutale ou une attaque corporelle directe.\u201d Vous allez vous demander, Mesdames et Messieurs pourquoi je me suis tant complu à vous entretenir des manifestations inconscientes, d\u2019abord en nous-mêmes, et puis dans tout ce qui nous entoure, et pourquoi je me suis laissé enflammer par ce qui a pu paraître un prosélytisme presque mystique.Vous allez vous demander pourquoi j'ai négligé à plusieurs reprises de définir la psychiatrie.Je vais répondre aux hypothétiques questions que votre inconscient a pourtant dû formuler, non sans agacement, à en juger par certains hochements épisodiques qui ne pouvaient être que l\u2019expression de votre anxieuse perplexité.J\u2019ai insisté sur cet inconscient individuel parce que j'ai appris à le voir transparaître à peu près continuellement chez les autres, un peu moins souvent chez moi-même parce que le mien est un cachottier obstiné et que j\u2019ai besoin des autres pour le voir bien en face, parce que nier cet inconscient ne me parait pas avoir de sens.J\u2019ai cru sage de ne pas négliger l\u2019étude de ce passionnant grouillement de notre âme et d\u2019en souligner les façons de se manifester.Je ne me suis pas laissé influencer par un enthousiasme d\u2019énergumène puisque je suis venu à la psychiatrie par la neurologie et parce que mes premiers maîtres en psychiatrie se moquaient de l\u2019inconscient.Je me souviens encore des boutades de Brousseau à l'endroit des complexes inconscients.Il ne devait pas se sentir à l\u2019aise avec les siens! Je me souviens aussi que de Clérambault aimait à répéter que le cerveau malade moud de la pensée malade 1312 tandis que le cerveau sain moud de la pensée saine.Cet aphorisme un peu simpliste m'\u2019a toujours un peu étonné.J\u2019ai appris depuis qu\u2019un cerveau sain peut dérailler et qu'un cerveau malade était encore capable de raisonnements fort judicieux.On retrouve chez les déments séniles un sens encore exquis de la pudeur.Je m\u2019empresse d\u2019ajouter que je conserve la plus grande estime pour ces maîtres de la première heure mais il faut bien signaler que tout bons cliniciens qu\u2019ils fussent, ils faisaient preuve d\u2019un parti-pris aveugle, très certainement issu de leur inconscient, et à cause de cela bien excusable.Brousseau était un familier de Valéry et de Clérambault enseignait le drapé arabe à l\u2019Ecole des Beaux-Arts: ils avaient bien d\u2019autres préoceupations que celle de rebrousser chemin! J\u2019ai finalement choisi de ne pas définir la psychiatrie parce qu\u2019il y a trop de définitions de cette spécialité de la médecine.Je ne saurais laquelle adopter.En pareille occurrence, J'ai pris l\u2019habitude de m\u2019en tenir à l\u2019étymologie.Cette formule ne m\u2019a jamais trompé complètement.Psychiatrie vient de psuchè: esprit, et jatrein: soigner.Par conséquent, soigner l\u2019esprit.A tout prendre c\u2019est assez exact.Le psychiatre s\u2019affaire à soigner et à essayer de guérir l\u2019esprit chez ceux qui ne parviennent pas à s\u2019adapter à la situation quotidienne, et chez ceux qui sont en voie de perdre le contact avec la réalité.Mais comme cela est ténu comme barême! Voyez une fois de plus combien nous devons être tolérants pour les autres si nous voulons mériter leur indulgence.Nous relevons tous, périodiquement, de la psychia- SAUCIER: LA PSYCHIATRIE ET LA TOLÉRANCE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 trie.C\u2019est une vérité qu\u2019il ne faut pas craindre d\u2019affronter.Songeons encore à nos petits égarements pugnaces, à nos moues protestataires, à nos désirs parfois si peu orthodoxes, et retenons bien que la psychologie du névrosé, du psychosé et du normal sont qualitativement de même nature; les différences sont uniquement quantitatives.A cause de notre humaine essence, nous sommes constamment attirés par deux pôles qui sont antagonistes: la conscience morale et nos instincts, ou plus simplement, l\u2019amour et la haine.Notre expérience, mieux guidée, nous a conduits à abandonner la conception cartésienne d\u2019une séparation de corps et de l\u2019esprit car le phénomène humain est une oeuvre de synthèse.Un jour viendra peut-être où l\u2019on proclamera que le plus grand péché contre l\u2019esprit est la négation du corps, entendez: la négation de nos pulsions souterraines.La méconnaissance du corps deviendrait en quelque sorte le péché d\u2019angélisme.Pour terminer sur une note d\u2019optimisme éclairé, il est permis d\u2019affirmer que grâce à l\u2019entraînement familial précoce, à l\u2019adaptation progressive intelligemment dirigée et à la pratique sciemment consentie de l\u2019éducation de nos antagonismes, nous pouvons en arriver à un accord avec nous-mêmes, et par voie de conséquence, à un accord avec autrui.Et il me plaît de lever cette séance, décidément très psychiatrique, par la parodie d\u2019une formule de Han Ryner qui embrasse toute la situation: Ce que j'appelle mon équilibre psychique, c\u2019est l\u2019accord de mon coeur avec mon esprit. CORRESPONDANCE LETTRE DE SUISSE EFFETS RAPIDES DES DOSES MASSIVES DE PREDNISONE DANS LES LYMPHOMES MALINS Il y a une année environ, H.Dubois-Ferriè- re et ses collaborateurs de la clinique médicale universitaire de Genève avaient montré l'action de fortes doses de cortisone dans la leucémie aiguë de l\u2019adulte.Ils donnaient 1 à 2 gr par jour pendant une période de 8 à 21 jours.Actuellement, Dubotis-Ferrière utilise la prednisone a la dose quotidienne de 1 gr et ul a obtenu dans 5 cas de lymphomes malins des résultats spectaculaires (2 cas de lymphogra- nulome généralisé, 1 cas de lymphosarcome, 1 cas de lymphogranulosarcome et 1 réticilo- sarcome).Le premier malade avait une maladie de Hodgkin à évolution rapide et généralisée: adénopathies axillaires, très forte hépatomégalie, pleurésie importante à droite, plus légère à gauche et infiltrations pulmonaires de la plage gauche.Le malade reçut pendant 6 jours 1 gr de prednisone et 200 mg les 7 jours suivants.À la fin du traitement, on pouvait constater un nettoyage complet des anfiltra- tions parenchymateuses et la disparition des épanchements pleuraux des deux côtés.Le foie a diminué considérablement de volume et les adénopathies ont presque disparu.Un deuxième malade atteint de Hodgkin à localisation osseuse et syndrome de sciatique & eu une amélioration très importante avec disparition des douleurs et des phénomènes de compression après 5 jours de predmsone à la dose de 200 mg par jour, associée à 2 mg de triméthylène-mélamine par jour.Le malade fut capable de reprendre son travail de cultivateur après une semaine.Une jeune femme de 26 ans est atteinte de lymphosarcome généralisé, avec adénopathies multiples, volumineuses adénopathies médias- tinales qui entraînent une dyspnée intense et une moelle osseuse renfermant 91% de lymphocytes atypiques.La malade reçoit 1 gr de prednisone durant les 12 premières heures puis 1 gr chaque jour les 3 jours suivants.Après 4 jours de traitement, l\u2019état clinique s\u2019est transformé de manière surprenante.La dyspnée a disparu et les adénopathies axillaires et cervicales ont littéralement fondu.Une radiographie thoracique montre que l\u2019image médiasti- nale est devenue absolument normale.Ce résultat spectaculaire se maintient et un contrôle ultérieur de la moelle sternale a montré un myélogramme qui est normal.La cure de prednisone fut poursuivie en tout pendant 7 jours, puis on a administré 2,5 mg de triéthy- lène-mélamine par jour pour consolider le résultat.Une malade de 49 ans présente depuis 18 mois un réticulosarcome qui a nécessité de nombreuses cures de roentgenthéramie pour des localisations abdominales, des adénopathies multiples et des réactions pleurétiques.Au moment de l\u2019installation du traitement, on constate une adénopathie sus-claviculaire gauche, une très grosse masse ganglionnaire dans la région supérieure du médiastin, un épanchement pleural à droite qui remonte jusqu\u2019au tiers supérieur et un léger épanchement à gauche.La malade est très dyspnéique et elle se plaint de violentes douleurs thoraciques qui ne cèdent qu\u2019imparfaitement aux calmants.Pendant 5 jours, on administre 1 gr de prednisone par jour.L\u2019effet subjectif est instantané car dès le deuxième jour les douleurs disparaissent.Une semaine après le début du traitement, un contrôle radioscopique montre la disparition des adénopathies médiastimnales, la disparition presque complète de l\u2019_épanchement pleural a droite.A gauche, le sinus costo- 1314 CORRESPONDANCE diaphragmatique est libre.Ce résultat absolument inattendu s\u2019est produit après 5 jours de traitement par les doses massives de predm- sone.On a alors administré une unique injection de triméthylacétate de prednisone et commencé un traitement cytostatique chimique pour consolider la rémassion.Le cinquième malade est un homme de 30 ans atteint de lymphogranulosarcome du type réticulaire, qui évolue depuis 5 ans et qui a subi différents traitements radiothérapiques et chimiothérapiques.Récemment, en raison d\u2019une infiltration importante de la région sca- pulo-humérale droite, le malade a reçu un traitement de cobaltothérapie.Mais en cours de traitement sont apparues des nodosités cutanées multiples sur la moitié droite du thorax, avec des ulcérations.Une nouvelle biopsie confirma le lymphogranulosarcome réticular- re.On a administré 1 gr de prednisone par jour pendant 6 jours et le Te jour on notait une très importante diminution des nodosités sous-cutanées et un arrét de la tendance a l\u2019ulcération des nodules.La régression n\u2019est cependant pas complète et on a depuis lors institué un traitement cytostatique.L\u2019intérêt des cas qui ont été soumis aux doses massives de prednisone tient dans la rapide et souvent spectaculaire régression des adénopathies, des infiltrations parenchymateuses et pleurales de cas de lymphomes malins arrivés au stade de généralisation où l\u2019on ne pouvait plus envisager de radiothéra- mie.Le traitement par les fortes doses de pred- nisone a eu dans tous les cas un effet exceptionnellement favorable qui permet par la suite d\u2019instituer une chimiothérapie cytostati- que capable d\u2019assurer une plus longe durée de rémission.Car dans l\u2019état actuel de l\u2019hormonothérapie, on ne saurait attendre d\u2019effet durable des doses massives de prednisone et il semble indispensable soit d\u2019associer d\u2019emblée une chimiothérapie, soit de faire suivre immédiatement la cure de prednisone par un traitement prolongé par un cytostatique.* L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 ETUDE DES ANTICORPS ANTIPOLIOMYELI- TIQUES DANS DES FAMILLES DE MEDE- CINS R.Martin-du-Pan et ses collaborateurs ont étudié récemment l'apparition des «anticorps » par suite d\u2019une infection inapparente de poliomyélite au sein de certaines familles habitant Genève: familles de riverains entre autres, et famille de médecins, en particulier de pédiatres.Comme cette statistique comprend 163 sujets de tous âges, les auteurs émettent une hypothèse concernant l\u2019immunité de la population genevoise vis-à-vis du type II du virus de la polomyélite et risquent un parallèle touchant la population suisse dans son ensemble.Une immunité humorale due aux anticorps antipohomyélitiques circulants n\u2019impliquerait cependant pas, dans l\u2019état actuel de nos connaissances, une immunité complète.En effet, comme dans bien d\u2019autres maladies à virus, des anticorps tissulaires seraient nécessaires pour établir l\u2019immumité totale de l\u2019organisme.Puisque, jusqu\u2019à ce jour, ces anticorps tissulaires ne peuvent pas être testés, on recherche la présence d\u2019anticorps circulants, signes d\u2019une infection antérieure.Et l\u2019on infère qu\u2019il existe une certaine immumité selon leur concentration dans le sérum.Selon les résultats de cette étude, on voit que le pourcentage des sujets présentant des anticorps dans leur sérum s\u2019élève régulièrement à partir du Ge mois, comme c\u2019est le cas dans d\u2019autres pays civilisés dont l\u2019hygiène est semblable à celle de Genève.Ceci permet de supposer que dans la ville de Genève la contamination me se fait pas de façon auss massive ni aussi précoce que dans les régions où l\u2019hygiène est médiocre comme au Caire.par exemple.D\u2019autre part, la similitude des courbes représentant les cas de poliomyélite à Genève et en Suisse en relation avec l\u2019âge amène à croire que l\u2019immunité de la population gene- voise est très proche de celle de l\u2019ensemble de la Suisse.Mais il va sans dire que cette immunité peut varier d\u2019un endroit à l\u2019autre.-_\u2014=\u2014-\u2014\u2014\u2014 Hp nm L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Les auteurs ont étudié en outre certaines familles vivant en été dans la même campagne au bord du lac; les résultats montrent une nette différence de l\u2019immunité familiale suivant les familles.Comment expliquer ce fait?il faut admettre que bien des sujets ne fabriquent pas toujours suffisamment d\u2019anticorps pour qu\u2019on puisse déceler ceux-ci dans le sérum dilué au 1/10.Les pédiatres et a plus forte raison les médecins travaillant au laboratoire de la poliomyélite sont certainement les adultes qui entrent le plus fréquemment en contact avec les virus de la poliomyélite.C\u2019est pourquoi Mar- tin-du-Pan et ses collaborateurs ont cherché la présence d'anticorps antipoliomyélitiques dans le sérum de leurs enfants.Or, contrairement à leur attente, le pourcentage des sujets immumnisés vis-à-vis des différents types n\u2019est pas supérieur chez les enfants de médecins à celui d\u2019autres enfants vivant dans les mêmes conditions et dont les parents exercent une autre profession.Comment expliquer ces faits contradictoires?Comme l\u2019ont démontré plusieurs auteurs, il semble bien que dans l\u2019en- CORRESPONDANCE 1315 tourage d\u2019un malade atteint de poliomyélite les adultes immuns ne soient que très rarement porteurs de germes.D\u2019autre part, les médecins ou personnes qui travaillent avec des virus de la poliomyélite ou soignant des malades ne tombent pas plus fréquemment malades que d\u2019autres adultes.En outre les mesures d'hygiène auxquelles s\u2019astreignent les médecins éliminent divers modes de transmis- ston de la maladie.Quelle conclusion pratique faut-il tirer de ces recherches?Qui faut-il vacciner?St l\u2019on en croit les statistiques suisses, les enfants âgés de 1 à 10 ans sont les plus atteints par les formes apparentes de la poliomyélite, paralytique ou méningée; c\u2019est mourquoi les Américains et les Danois ont commencé par vacciner cettte classe d\u2019âge.Mais les cas d\u2019adultes deviennent de plus en plus fréquents et al semble bien que, si l\u2019on veut juguler complètement cette terrible maladie, la vaccina- thon devra s\u2019appliquer à la population entière.Dr P.RENTCHNICK.Genève, le 1er septembre 1956 ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le « Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.Psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE D.MUNCK et N.I.NISSEN.\u2014 Développement d'un syndrome néphrotique durant le traitement avec des diurétiques mercuriels.(Development of Nephrotic Syndrome during Treatment with Mercurial Diuretics.) ''Acta Medica Scandinavica\u201d, 153: 307 (fac.IV), 1956.Les auteurs décrivent le rôle étiologique de certains diurétiques mercuriels sur l\u2019apparition du syndrome néphrotique chez quatre de leurs malades.Le syndrome néphrotique comprend des œdèmes massifs, une albuminurie, une bypo- protéinémie et habituellement une élévation du cholestérol sanguin.Un examen postmortem exécuté sur l\u2019une de leurs malades ne montra pas de changements macroscopiques ou microscopiques définis.Les composés mercuriels organiques ct inorganiques exercent une action diurétique.Leur mode d\u2019action n\u2019a pas encore été complètement éelairei, mais il n\u2019y à pas de doute qu\u2019ils bloquent la réabsorption du sodium dans les tubules rénaux.On croit que cet effet est dû à une paralysie temporaire de certains systèmes enzymatiques.Parmi les effets secondaires des diurétiques mercuriels, les troubles électrolytiques sont parmi les plus fréquents.Les auteurs mentionnent certains symptômes peu fréquents des lésions rénales.1.Albuminurie modérée passagère dans les urines.2.Syndrome néphrotique.3.Défaillance rénale aiguë avec oligo- anurie, albuminurie et une urée sanguine augmentant rapidement.En conclusion, les auteurs affirment que les effets secondaires rénaux nocifs provoqués par les diurétiques mercuriels peuvent être évités si on prend les précautions suivantes: 1.Ne pas répéter l\u2019administration du médicament si la première dose donne peu ou pas de résultats.2.Devant un traitement prolongé avec les diurétiques mercuriels, l\u2019examen des urines pour la recherche de l\u2019albumine devrait être fait plus fréquemment.Sylvio DESAUTELS.C.L.QUARTE, J.RENAUD et C.L.CHATE- LIN.\u2014 Les dyskinésies biliaires psychosomatiques.Approche clinique et données thérapeutiques.\u2018La Sem.des Hôp.de Paris\u201d, 31: 2033-44, 1955.Les D.B.Psychosomatiques représentent une forme physiopathologique isolable parmi les maladies biliaires fonctionnelles ou organiques.Elles sont l\u2019expression d\u2019aboutissement localisée d\u2019un déséquilibre total de toute la personne: la Maladie Psychosomatique.On sait que toute maladie fonctionnelle introduite par une perturbation neuro-végétative doit faire rechercher à son origine un déséquilibre psychique, puisque le S.N.V.est la voie des corrélations psycho-organiques.De plus, les malades biliaires présentent pour la plupart des troubles psychiques préexistant à leur maladie.Ainsi la nature physiopathologique de la maladie et le caractère propre des malades devraient-ils inciter à cette étude psychosomatique.L'examen procède donc en deux étapes.Il faut d\u2019abord mettre en évidence le trouble psychosomatique foncier du malade.Puis 1l faut retrouver le mode selon lequel cette perturbation s\u2019est exprimée au niveau des voies biliaires plutôt qu\u2019en un autre point de l\u2019é- L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 conomie.Les cas étudiés par les auteurs sont présentés en un tableau synoptique, l\u2019examen étant centré sur la réceptivité et la réactivité affectives des sujets (champ émotionnel, conduite émotionnelle, dans ses trois voies d\u2019expression: comportement, modifications végétatives, courant psychique \u2014 possibilités d'anomalies de structure psychique: trouble thymique ou affectif \u2014 données historiques et conditions d\u2019ambiance).Il apparaît que tous les cas étudiés ont des troubles structuraux thymiques ou affectifs.Leur déséquilibre émotionnel apparaît à la fois dans l\u2019abaissement du seuil émotionnel et dans la prédominance de la réactivité neurovégétative sur celle de l\u2019Idéation (immaturité émotionnelle).Ces manifestations neuro-végétatives elles-mêmes se montrent anormales à l\u2019examen clinique (anomalies de la motricité capillaire\u2026).Ainsi tous les cas étudiés présentent-ils un fort « coefficient d\u2019anomalies psychosomatiques ».Ces malades ont en commun un certain nombre de particularités qui peuvent faire comprendre pourquoi la maladie psychosomatique s\u2019est exprimée au niveau des voles biliaires plutôt qu'ailleurs.1.Sexe féminin: 88%.Age moyen: 42 ans.Antécédents pathologiques fonctionnels: 100%.4.Association de troubles structuraux aux troubles émotionnels: 100%.De ceci on retire que la D.B.n\u2019est pas une maladie « primaire », mais la conséquence d\u2019une première perturbation qui peut être: 1.un trouble gastrique, modificateur du pH duodénal, donc perturbateur des mécanismes de chasse biliaire.Ce trouble gastrique serait lui-même en rapport avec une dysthymie; 2.un trouble colique, à type constipation, déclenchant un réflexe d\u2019inhibition vésiculaire.La constipation est en raison de sa physiopathologie le trouble psychosomatique le plus fréquent; 3.une O.S.K.dont la nature psychosomatique semble prouvée quand coexistent des troubles émotionnels et des difficultés sexuelles.Les rapports entre OSK.et D.B.sont eo 1 ANALYSES 1317 discutés: un même coefficient psychosomatique élevé se trouve dans les deux cas expliquant des atteintes organiques variées, et les auteurs notent la fréquence relative des ictères émotionnels chez ces malades présentant une O.S.K.La thérapeutique des dyskinésies biliaires psychosomatiques nécessite l\u2019étroite collaboration du chirurgien et du psychosomaticien.L\u2019arsenal de ce dernier comprendra à la fois les moyens biologiques visant le système nerveux végétatif à ses différents niveaux et les méthodes psychothérapeutiques.Jacques ROSKAM.\u2014 Les modes d'action directe et indirecte de la salicylothérapie.\u201cLa Sem.des Hop.de Paris\u201d, 32: 2 (22 février) 1956.L\u2019auteur, tout en reconnaissant aux salicylés certaines propriétés anti-inflammatoires directes, rappelle les arguments expérimentaux, cliniques et biochimiques démontrant l\u2019action stimulatrice de ces substances sur la sécrétion du cortex surrénal.L\u2019hypersécrétion des 17 hydroxycorticostéroïdes interviendrait dans les effets heureux de la salicylothérapie intense, continue et prolongée au cours des maladies du collagène et les états similaires.Expérimentalement, chez l\u2019animal, sous l\u2019influence d\u2019une salicylémie élevée et avec une intégrité fonctionnelle parfaite de l\u2019axe hypothalamus-antéhypophyse-cortex surrénal on provoque une hypersécrétion de cortico- trophine en ACTH et par conséquent le corti- coïde du type cortisone.Les modifications observées comprennent d\u2019abord les symptômes hématologiques, histologiques et biochimiques considérés comme révélateur par leur groupement d\u2019une hypersécrétion d\u2019ACTH.a) Lympho et éosinopénie sanguines; b) Pycnoses dans le thymus et les organes lymphoides; ¢) Raréfactions des enclaves lipidiques de la fasciculée cortico-surrénale; d) Déplétion de la surrénale en acide as- corbique et en cholestérol; c) Flévation du glycogène hépatique.Ensuite et plus directement une augmenta- 1318 ANALYSES tion du taux sanguin des 17 hydroxycorticos- téroïdes et enfin une élévation temporaire de la corticotrophine.Cliniquement, nous voyons l'identité du spectre d\u2019action des salicylés et des hormones sur des états morbides de nature apparemment différents, groupés sous le nom de maladies du collagène.Ces maladies sont la polyarthrite chronique, la fièvre rhumatismale, le lupus érythémateux disséminé, la péri- artérite noueuse, le purpura rhumatoïde ainsi que la spondylarthrite, le rhumatisme psoria- sique, la goutte.Il n\u2019y aura de résultats favorables que si la salicylémie est aux environs de 35 mg.pour 100 ml.et que le complexe hypothalamus-antéhypophyse-cortex surrénal du patient est excitable.Ceci implique l\u2019administration quotidienne de 6 à 10 gr.d\u2019aspirine sans bicarbonate de soude, en 6 à 10 prises espacées sur les 24 heures de préférence après avoir mangé et avec beaucoup de liquide.En cas d\u2019intolérance gastrique, recourir aux enseals (Lily) ou a l\u2019association aspirine-alucol (alcacyl) ou à l\u2019acétylsalicylate de Calcium (disprine).Au cours de la salicylothérapie intensive on a noté dans environ un dixième des cas, l\u2019apparition des effets secondaires (untoward reactions) notés dans la thérapeutique par cortisone ou ACTH, soit: 1.Rétention de H:O et NaCl avec infiltration œdémateuse des téguments, hypertension artérielle.2.Une hypokalémie se traduisant par de l\u2019asthénie, des troubles cardiaques, des parésies.3.Un syndrome rappelant la maladie de Cushing.4.Une résistance moindre aux affections.5.Des troubles neuropsychiques variés.Parmi les arguments biochimiques en faveur d\u2019une action hormonopoïétique des salicylates, les auteurs rapportent une hypersécrétion rénale des corticoïdes réducteurs au cours de l\u2019administration des salicylés.Leurs résultats sont cependant contestés par Smith, Gray et Lunnon.Les analyses sanguines montrent chez cinq patients sur six avec une L'Union Méd.Canada Tcme 85 \u2014 Nov.1956 salicylothérapie bien tolérée une augmentation significative par rapport aux valeurs normales du taux sanguin des 17 hydroxycorticosté- roïdes.Mais en dehors de leur action hormonopo- iétique, les salicylés possèderaient certaines propriétés pharmacologiques directes, susceptibles de réduire l\u2019intensité des phénomènes inflammatoires.Effets antiphlogistiques comparables plutôt à ceux du phénergan qu\u2019à ceux de la cortisone.En conclusion, l\u2019auteur présente certains faits comme acquis: 1.Une salicylémie élevée entraîne une augmentation des 17 hydroxycorticostéroïdes sanguins.2.Huit gr.de saliecylés par jour amène une élévation comparable à 20 mg.d\u2019ACTH retard.3.Cet hypercorticoïdémie amène une augmentation de l\u2019élimination rénale des 17 hy- droxycorticostéroïdes et des corticoïdes réducteurs; ces deux réactions pouvant continuer un certain temps après arrêt du traitement.4.Les salicylés ont des propriétés anti- inflammatoires directes, indépendantes de toute stimulation cortico-surrénale.Sylvio DESAUTELS.G.MORETTI, A.GEYER et M.DUCLOUX.\u2014 Le pancréas dans les cirrhoses alcooliques.\"La Presse Médicale\u201d, 64: 376 (fév.) 1956.Les auteurs ont repris l\u2019étude du pancréas dans les cirrhoses du point de vue biologique et histo-chimique.De cette façon peut être établie l\u2019image dynamique de cette glande.L\u2019atteinte du pancréas externe est précoce et constante.À la chute de la trypsine, de la lipase et de l\u2019amylase pancréatiques, souvent précessive de la cirrhose correspondent, outre des modifications banales du conjonctif, la pycnose et la dégénérescence atrophique d\u2019assez nombreuses cellules acineuses, une diminution et une répartition inégale de l\u2019ergasto- plasme, une absence ou une diminution importante des grains de sécrétion.\u201c A cette atteinte du pancréas, s\u2019oppose l\u2019hyperplasie fonctionnelle des parotides. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 L'étude du pancréas interne montre, outre une polynésie avec macro-anisonésie, une hyperplasie intra et extra-insulaire des cellules A.La signification de cette histophysiopatho- logie est discutée.CARDIOLOGIE Ch.DUBOST, C.PIOT, C.LENFANT, J.PAS- SELECQ, J.GUERY, H.Le BRIGAUD, C.WAPLER, Ph.BLONDEAU et M.WEISS.Techniciens: M.FOUILLAND, Mlle ROU- ANET et Mme AIME.\u2014 Fermeture d'une communication interventriculaire à cœur ouvert, sous circulation extra-corporelle.Premier succès français.\u2018Mémoires de l'Académie de Chirurgie\u201d, 82: 207, 1956.L\u2019auteur après avoir mentionné que la cure opératoire des déhiscences de la cloison in- terventriculaire, pour être exécutée dans de bonnes conditions, nécessite l\u2019ouverture cardiaque, rendue possible par l\u2019utilisation d\u2019une circulation extra-corporelle, fait un bref historique du système destiné à remplacer le coeur et les poumons.Déjà avant la guerre, Gibbon avait obtenu quelques succès expérimentaux et, depuis, Crafoord, Dennis, Jon- gloed, A.Thomas, s\u2019attaquèrent à ce problème sans y apporter une solution définitive.Le problème en effet était complexe: héparini- sation du sang, hémolyse, emprisonnement de bulles d\u2019air dans la masse sanguine, etc.La pompe a été l\u2019élément le plus simple à réaliser.Le problème le plus difficile a été l\u2019oxygénation du sang, ce que démontre la multitude des oxygénateurs.En 1953, Lillehei, de Minneapolis, contourne la difficulté de l\u2019oxygénateur en se servant du sang artériel d\u2019un donneur (qui en l\u2019occurrence se trouve être le père, la mère ou le proche parent de l\u2019enfant).Son expérimentation est basée sur la notion du flot de l\u2019azygos, établie par deux Britanniques: An- dreasen et Watson.Ces auteurs prouvent qu\u2019un animal peut vivre sur le flot de son azygos, veines caves clampées, 30 minutes, soit avec un débit de 8 à 14 cc./minute/kilogramme.C\u2019est-à-dire environ le dixième ou le vingtième du flot normal.ANALYSES 1319 Les expériences de Lillehei sur l\u2019animal montrèrent 80 pour cent de succès avec débit de 30 à 40 cc./minute/kilogramme.La transposition de l\u2019animal à l\u2019humain eut lieu avec de beaux succès, mais l\u2019on s\u2019aperçut très vite des limites et des dangers de cette méthode: en effet, ne pouvaient être opérés que des sujets jeunes ne dépassant pas 20 Kg.: 800 cc.étaient considérés comme le débit maximum que pouvait livrer un donneur.Et ce donneur était exposé à des accidents qui un jour ou l\u2019autre se solderaient par une issue fatale.C\u2019est alors que le donneur fut remplacé par du sang oxygéné, prélevé en réchauffant le bras, dans une veine du pli du coude.Ce procédé employé dans un certain nombre de cas, s\u2019avéra bien vite, en dehors de son caractère limitatif, comme peu satisfaisant.A la même période, le cœur-poumons de Gibbon progressait et la Mayo Clinic l\u2019adoptait.TI en existe un seul exemplaire dont le prix de revient est de 600,000 dollars.Pendant ce temps, à Minneapolis, après tâtonnement sur le poumon de chien, le docteur De Wall construisait un oxygénateur simple et à prix modique.Les expériences sur l\u2019animal étant concluantes, la transposition sur l\u2019humain se fit avec de beaux succès.Le docteur Dubost, fasciné par cette méthode, l\u2019adopta d\u2019emblée et, avec l\u2019assistance du docteur De Wall, due à la bienveillance du professeur Wangensteen, l\u2019expérimentation fut un succès: (sur 20 chiens, 18 avec survie définitive: auriculotomie, ventriculogimie dépassant 25 minutes).Encouragés par cette expérimentation, les auteurs pratiquèrent chez une enfant de sept ans pesant 19 kilogrammes une auriculotomie pour communication inter-auriculaire mal tolérée.Thoracotomie transverse dans le troisième espace, mise en place de cathéters dans les veines caves et l\u2019aorte.Auriculotomie droite.Il s\u2019agissait d\u2019un «ostium Commune ».La fermeture fut satisfaisante, mais décès 24 heures après l'intervention (oligurie encore inexpliquée).Devant cet échec, l\u2019expérimentation fut reprise avec étude très poussée de toutes les 1320 constantes biologiques du sang oxygéné.Celle- ci étant jugée très satisfaisante la transposition à l\u2019être humain s\u2019opéra sur une enfant de quatre ans et demi, présentant une communication inter-ventriculaire mal tolérée.Ventriculotomie, communication inter-ventri- culaire de 145 cm.de diamètre, cachée par les cordages de la tricuspide.Cinq points séparés furent nécessaires.Durée totale de l\u2019intervention: 20 minutes.Réveil bon.L\u2019enfant quitte l\u2019hôpital trois semaines après l'intervention en excellent état.L\u2019hémolyse au cours de l\u2019intervention fut évaluée seulement à 5 mgm pour 100 ce.de sang.Le pH ne changea pas.Il n\u2019y eut pas d\u2019hémorragie post-opératoire.La fin de l\u2019article comporte un paragraphe du professeur E.d\u2019Allaines félicitant le docteur Ch.Dubost du premier succès européen avec cœur-poumon artificiel.Emile BERTHO.J.A.WOOD, J.K.ALEXANDER, C.W.FRANK, J.R.WEST, D.W.RICHARDS.\u2014 Quelques effets cliniques et physiologiques de la commissurotomie mitrale.(Some clinical and physiologic effects of mitral commissurotomy.) \u2018Circulation\u2019, 13: 178 (février) 1956.Les auteurs disant en principe que les résultats de la commissurotomie dépendent de la précision du bilan établi avant l\u2019opération, rapportent les observations cliniques et hémodynamiques effectuées chez 18 malades avant et après la commissurotomie.Ils trouvèrent une augmentation du débit cardiaque chez 6 malades en même temps qu\u2019une diminution de la pression artérielle pulmonaire.Chez cinq malades, la même diminution de pression apparut dans l\u2019artère pulmonaire, alors que le débit cardiaque n\u2019avait pas augmenté.Seize malades affichèrent une \u2018diminution de leur dyspnée; 13 d\u2019entre eux eurent une capacité de travail augmentée.Les malades qui ne montrèrent aucune amélioration, tant objective que subjective, après l\u2019opération, présentaient un tableau hémodynamique comparable à célui qui existait avant l'opération.ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Il y eut chez sept malades sur 9, une diminution du volume du cœur, qui s\u2019accompagna chez 5 malades d\u2019une amélioration du débit cardiaque.Les auteurs divisèrent leurs malades en 3 classes en essayant d\u2019établir un pronostic post-opératoire: 1.Sténose mitrale avec rythme sinusal et hypertension pulmonaire: indication de choix pour l\u2019opération.2.Sténose mitrale avec fibrillation auriculaire, débit cardiaque tres réduit et hypertension pulmonaire importante accompagnée d\u2019insuffisance cardiaque: ces malades ne profitèrent pas de l\u2019opération.3.Sténose mitrale avec débit cardiaque réduit, hypertension pulmonaire légère et histoire d\u2019insuffisance cardiaque dans le passé: il est impossible présentement de dire si ces malades peuvent être de bons candidats à la commissurotomie.Charles LEPINE.Myron PRIMZMETAL, A.GOLDMON, R.A.MASSUMI, S.RAVKITA, L.SCHWAATZ, R.KENNAMER, K.KURAMOTO et H.PIPHERGER.\u2014 Implications cliniques des erreurs d'interprétation électrocardiogra- phique : maladies cardiaques d'origine électrocardiographique.(Clinical Implications of Errors in Electrocardiographic interpretation: Heart Disease of Electro- cardiographic origin.) \"J.A.M.A., 161: 138 (12 mai) 1956.Trop de médecins attachent une importance exagérée à l\u2019électrocardiogramme pour faire Je diagnostic d\u2019une maladie cardiaque et sous- estiment la valeur de la clinique.Les auteurs appellent « maladie cardiaque d\u2019origine élec- trocardiographique » un ensemble de symptômes dans lequel les symptômes cardiaques subjectifs sont occasionnés ou intensifiés par un diagnostic de maladie de cœur posé sur la foi d\u2019une anomalie électrocardiographique.Les symptômes varient de patient à patient et dépendent en grande partie des circonstances qri ont précédé leur apparition tel que le décès d\u2019un ami, ete.L\u2019anxiété et la douleur dans la poitrine sont des symptômes fréquents L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 ainsi que les sensations de faiblesse et les palpitations.La douleur est habituellement sourde, constante, affectant la paroi thoracique antérieure.Elle est généralement plus marquée à gauche qu\u2019à droite et chez la femme située sous le sein gauche.Elle est aggravée par la torsion du corps ou par l\u2019extension du cou ou des bras et soulagé par la flexion en avant.Le patient n\u2019est pas réveillé par la douleur et la nitroglycérine est sans effet ou n\u2019agit qu'après 5 à 30 minutes, 1e.longtemps après que l'action pharmacologique a eu lieu.Les sensations de faiblesse sont souvent associées à l\u2019hyperventilation.La pression artérielle et le pouls demeurent habituellement sans modification.À l\u2019examen physique, on note souvent une sensibilité à la pression digitale de la paroi thoracique antérieure.Elle est localisée soit dans les tissus mous, soit dans le squelette et de sévérité variable.Le cœur est habituellement normal en volume et à l\u2019auscultation.La douleur thoracique d\u2019origine.angineuse survient de façon épisodique avec des intervalles de temps sans douleur.Elle est habituellement rétro-sternale, irradiant dans le cou, l\u2019épaule et le bras gauche.La nitro-gly- cérine agit très rapidement.Variantes normales de Uélectrocardiogramme.Des changements dans le segment ST et de l\u2019onde T n\u2019indiquent pas nécessairement des dommages anatomiques et peuvent survenir en dehors de tout facteur cardiaque ou extra- cardiaque.La crainte peut modifier ces segments de même que la période post-prandiale.Le traitement est à la fois prophylactique et curatif.La découverte d\u2019une observation électrocardiographique bénigne est semblable à la découverte d\u2019un murmure fonctionnel ou d\u2019une albuminurie posturale.On doit en avertir le patient et lui expliquer sa signification.L\u2019électrocardiographiste qui interprète ces tracés devrait indiquer dans sa conclusion que de tels changements peuvent survenir dans un cœur normal.En conclusion on doit considérer l\u2019électrocardiogramme comme un aide dans le diagnos- ANALYSES 1321 tic clinique.L\u2019impression clinique doit avoir l\u2019avantage sur l'interprétation électrocardio- graphique.Des erreurs d'interprétation continueront à survenir à cause de la pauvreté de nos connaissances concernant la genèse des différentes composantes de l\u2019électrocardiogramme et des limites incertaines séparant le normal du pathologique.Sylvio DESAUTELS.GASTRO-ENTEROLOGIE Guy ALBOT, Jean HERMAN et Claude-M.FAYE.\u2014 Formes évolutives de l'hépatite cirrhogène stéatosique alcoolique.\u2018Arch.Mal.App.Digestif\", 44: 713 (juin) 1955.Les auteurs ont pu isoler divers syndromes histo-biologiques des hépatites alcooliques dont chacun possède un aspect histologique et un syndrome biologique caractéristique (hépatite alcoolique subaiguë cytolytique, hépatite alcoolique subaiguë stéatosique, hépatite alcoolique cirrhogène cytolytique et hépatite alcoolique cirrhogène stéatosique).Ces deux dernières constituent la pré-cirrhose.L\u2019étude présente envisage les caractères évolutifs de l'hépatite cirrhogène stéatosique.Cette entité est caractérisée histologique- ment par l\u2019association de plages de stéatose, de plages de cellules clarifiées au chondriome marginé, pauvres en ribonucléines et de nodules de petites cellules de régénération, riches en chondrione et en ribonucléines.Biologique- ment, les troubles fonctionnels globaux portent à la fois sur les épreuves de traversée et sur les tests de floculation, sauf le Kunkel qui est normal.L\u2019évolution se fait toujours vers la cirrhose anatomique.Cliniquement et biologiquement cette variété est caractérisée par son allure subaiguë, par ondes successives qui la distinguent de l\u2019allure lente, progressive et sans répit des hépatites cirrhogènes cytolytiques.Le plus souvent elle est faite d\u2019ondes évolutives séparées par des répits plus ou moins longs.Ces ondes peuvent prendre l\u2019aspect histologique et biologique soit de l'hépatite subaiguë stéatosique non cirrhogène, soit de l\u2019hépatite chronique cirrhogène stéatosique. 1322 ANALYSES Selon la gravité de l\u2019intoxication, le délai d\u2019évolution vers la cirrhose décompensée est plus ou moins long.Dans les cas très graves, l\u2019évolution se fait sans répit mais alors de façon subaiguë assez rapide vers la cirrhose décompensée, l\u2019ictère grave ou le coma hépatique: dans ces cas, malgré la disparition de la stéatose sous l\u2019influence de la médication lipodrope, on assiste à l\u2019évolution d\u2019une hépatite cytolytique subaiguë que masquait la stéatose et qui aboutit rapidement à la cirrhose décompensée: ces formes graves rejoignent les aspects anciennement décrits du syndrome ictéro-ascitique de Noël Fiessinger.Ces diverses modalités évolutives, dont les auteurs donnent des exemples constituent une preuve supplémentaire de l\u2019opinion qu\u2019ils ont déjà défendue selon laquelle la stéatose hépatique est une surcharge et non le facteur déterminant dans l\u2019évolution cirrhogène des hépatites alcooliques chroniques.La stéatose n\u2019est d\u2019ailleurs pas constante dans la phase précirrhotique.Le seul processus constant et nécessaire de l\u2019évolution cirrhogène est l\u2019hépatite parenchymateuse diffuse avec clarification cellulaire généralisée, margination du chondriome et cytolyse, antérieurement décrite par G.Albot, en 1931.H.PIETRI et M.GUNTZ (Alger).\u2014 Etude critique de la portographie trans-splénique: de quelques données qui servent à une meilleure intelligence des phlébographies.\u201cArch.Mal.App.Digestif\", 44: 857 (juillet- août) 1955.Pour interpréter correctement une spléno- portographie, il doit toujours être tenu compte de deux facteurs: le volume et la poussée d\u2019injection de la substance opaque.Le volume du produit iodé injecté dans la rate ne peut être le même pour tous les malades.Si 20 - 30 ce.de diodone à 70 pour cent donnent une S.P.T.satisfaisante pour un sujet normal, ces quantités ne suffisent plus chez les cirrhotiques porteurs de grosses dérivations collatérales.La mauvaise imprégnation des foies scléreux par le produit iodé \u2014 réserve faite d\u2019une obstruction spléno-portale \u2014 n\u2019a L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 d\u2019autre explication qu\u2019une insuffisance de volume du liquide opaque injecté.La poussée d\u2019injection est une donnée déterminante pour la bonne compréhension des sériographies.L\u2019injection de la substance opaque se fait sous forte pression: le liquide hypertendu réalise un véritable éclatement du tissu splénique et fait alors irruption dans les veines et veinules ouvertes.L'injection à la seringue ne saurait être assimilée à une perfusion physiologique.Le facteur d\u2019hypertension de la substance opaque, s\u2019il n'apporte que de légers correctifs à la lecture d\u2019une S.P.T.sur individu normal, modifie sensiblement l\u2019interprétation d\u2019une S.PT.pour barrage intra-hépatique.Dans ces cas pathologiques le sens suivi par le liquide opaque et la vitesse du courant sous hyperpression sont des données artificielles.Pour se replacer dans des conditions plus physiologiques il faut attendre quelques secondes après la fin de l\u2019injection pour que les effets de l\u2019hyperpression soient amortis.Alors le sens et la vitesse du courant pourront être appréciés plus valablement.Tl suffit \u2014 quand ils existent \u2014 de suivre la progression des résidus iodés dans les veines splanchniques.L'étude du cheminement de ces traînées opaques permet de faire de surprenantes constatations dans les cas de barrage intra-hépatique : les courants splanchniques évitent le foie, leur progression est très lente.Ainsi l\u2019hyperpression d\u2019injection, une fois amortie, laisse possible par la S.P.T.une étude de l\u2019orientation et de la vitesse du flux porte dans les syndromes d\u2019hypertension portale.F.TAYEAU.\u2014 A propos de l'estérification du cholestérol sérique.\u201cArch.Mal.App.Digestif\u201d, 44: 740 (juin) 1955.L'auteur rappelle tout d\u2019abord les notions classiques sur le transport des graisses et les données généralement admises selon lesquelles l\u2019estérification du cholestérol sérique s\u2019effectuerait sous l'influence d\u2019une cholestéroles- térase (Sperry), d\u2019origine hépatique (Thann- hauser).La ete, L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Il passe ensuite en revue les principales recherches concernant les variations du rapport esters du cholestérol/cholestérol total (E/T) au cours de diverses affections hépatiques et il note la signification très discutable de ce rapport.Il signale alors le pouvoir que possède le sérum sanguin d\u2019estérifier in vitro son cho- lestéro! et montre le peu de rapport qui existe entre les altérations de ce pouvoir et les principaux tests de dysfonctionnement hépatique.Se basant sur les travaux de Swell et Tread- well et sur les siens, il met en doute l\u2019existence d\u2019une cholestérolestérase sérique, puis il discute les divers facteurs susceptibles d\u2019exercer une influence sur l\u2019estérification du cholestérol sérique et par conséquent sur la valeur du rapport E/T: a) La cholalémie: lorsque les sels biliaires se trouvent dans le sérum à l\u2019état de complexes sels biliaires-protéines, ils exercent un effet inhibiteur notablement aceru sur l\u2019estérification du cholestérol; b) L'activité de la técithase sérique: cet enzyme, d\u2019origine probablement hépatique, décompose les lécithines et fournit les acides gras nécessaires à l\u2019estérification du cholestérol (Le Breton et Pantaléon); les variations de son activité se refletent done sur le taux des stéroides; ec) La stabilité des associations lipido-pro- téidiques: l\u2019auteur démontre le rapport étroit qui existe entre l\u2019estérification du cholestérol et la stabilité des associations lipido-protéi- diques dont la biogenèse est très probablement hénatique.Lorsque la stabilité de ces ossa- ciations se trouve perturbée, l\u2019estérification du cholestérol s\u2019en ressent; d) Les dyslipémies: la teneur du sérum en cholestérol, à l\u2019état de dispersion normale, se trouve conditionnée par la phospholipidémie; lorsque le rapport phospholipides/cholestérol descend en deça d\u2019une certaine valeur, le cho- lestéro] échappe à l\u2019estérification.Tous ces facteurs, dont les variations sont souvent très difficiles à saisir, prouvent que ANALYSES 1323 le rapport E/T ne doit être interprété qu'avec la plus grande circonspection.P.HILLEMAND, R.VIGUIE, J.NALLET et J.LUNEL.\u2014 Recto-côlite hémorragique et section des fibres thalamo-corticales.\u201cBullet Mém.de la Soc.Méd.des Hôp.de Paris\u201d, 71: 1228 (déc.) 1955.Les auteurs, à la suite de Cattan qui le premier fit pratiquer des infiltrations bilatérales de novocaïne intra-cérébrale par le docteur Bucaille, pour détruire les fibres tha- lamo-corticales, ont employé cette méthode chez deux malades atteints de recto-colite hémorragique.Le premier malade était un jeune homme de 25 ans avec un taux de 50 grammes par litre de protides.Une électro-coagulation bilatérale est pratiquée par le docteur Bucaille; très rapidement l\u2019état général du malade se transforme tant sur le plan fonctionnel, que sur le plan général, et local.La seconde intervention concerne une femme dans un état extrêmement grave avec un taux de protides à 35 grammes pour 1000.Les chirurgiens ayant refusé la moindre intervention, une électro-coagulation cérébrale est pratiquée chez cette malade.Chez cette femme mourante on a pu obtenir une transformation vénérale et une remontée des protides à 77 grammes.Les auteurs opposent ces deux communications.Dans la première il s\u2019agissait d\u2019une recto-colite hémorragique grave de date récente et ils ont obtenu une guérison actuelle.Chez la seconde, atteinte d\u2019une recto-colite hémorragique de longue date avec lésions irréversibles, l\u2019intervention a transformé l\u2019état général de cette femme et permettra de pratiquer ultérieurement une colectomie.TJs insistent sur l\u2019électro-coagulation avec section des fibres thalamo-corticales: intervention essentiellement bénigne, qui doit toujours être pratiquée avant une opération mutilante.Si les lésions sont reversibles, on peut espérer une guérison (Cattan a des observations avec un recul de 3 ans) et elle évite au malade la grave infirmité qu\u2019est l\u2019iléostomie. 1324 Si les lésions sont irréversibles, cette intervention transformera l\u2019état général du sujet et permettra, dans de bien meilleures conditions, une colectomie secondaire.H.AYARI et J.CAROLL \u2014 Avenir de la cholédocolithiase opérée.\"Arch Mal.App.Digestif\u201d, 44: 892 (juillet-août) 1955.L\u2019angiocholégraphie intraveineuse a permis aux auteurs de refaire l\u2019étude des suites éloignées de la lithiase cholédocienne opérée.Le premier problème qu\u2019ils ont étudié est celui des récidives authentiques des calculs cholédociens.Avant l\u2019ère du contrôle angio- cholégraphique et radiomanométrique per- opératoire et post-opératoire, toutes les soi- disant récidives lithiasiques pouvaient être légitimement suspectées d\u2019être des calculs oubliés.Depuis l\u2019ère du contrôle per-opératoire systématique, sur 160 dossiers de cholédoco- lithiases opérées, les auteurs n\u2019ont pas trouvé un seul cas de récidive caleuleuse métabolique authentique.La rechute cholédocienne a toujours une cause: il peut s\u2019agit de compression autour d\u2019un corps étranger; il s\u2019agit, le plus souvent, d\u2019une lithiase reconstituée au-dessus d\u2019un obstacle méconnu (papillite, sténose du cholédoque).La lithiase récidivante au-dessus d\u2019un obstacle n\u2019est pas toujours une lithiase molle.Les anastomoses bilio-digestives peuvent étre une cause de réecidive calculeuse: un cas aprés implantation cholédeco-duodénale, un cas apres anastomose duodéno-cholédocienne latéro-latérale, un cas aprés sphincterectomie.Malgré l\u2019angiocholégraphie per-opératoire, les récidives sur calculs laissés en place peuvent survenir en cas d\u2019empierrement calculeux du cholédoque (calculs intra-hépatiques non extirpables, radiomanométries de contrôle insuffisantes: deux observations).À ce sujet, les auteurs définissent et opposent l\u2019empierrement caleuleux primitif et l\u2019empierrement calculeux migrateur.Dans la seconde partie de ce travail, les auteurs ont envisagé l\u2019avenir du cholédoque opéré.Ils ont revu à cette occasion 70 malades ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 opérés à Saint-Antoine de lithiase cholédo- cienne.Ils ont pu contrôler 32 fois l\u2019état du cholédoque grâce à la Biligraphin.Leurs résultats sont univoques.Quel que soit le calibre du cholédoque avant l\u2019intervention, le temps de latence entre l\u2019intervention et le contrôle, le mode d\u2019intervention et la durée du drainage, le cholédoque conserve toujours son calibre mitral.La raison de la dilatation du cholédoque semble résider dans la nature primitive, essentielle de cette ectasie.Dans la dernière partie de ce travail, les auteurs ont veulu vérifier la théorie généralement admise de la dilatation du cholédoque après cholécystectomie.Les travaux expérimentaux, pour la plupart contradictoires, sont loin de prouver la nécessité d\u2019une dilatation cholédocienne après cholécystectomie chez l\u2019animal.Grâce à la confrontation des statistiques de Biligraphin (250) et de radiomanométries per-opératoires (69), les auteurs ont constaté le peu de fondement de cette théorie appliquée à l\u2019homme.Au décours d\u2019une lithiase vésiculaire, non compliquée de lésion au niveau de la voie biliaire principale, le cholédoque garde son calibre initial, indépendamment du temps écoulé depuis l\u2019intervention et de l\u2019exclusion ou de la non exclusion vésiculaire avant l\u2019acte opératoire.Guy ALBOT, C.NEZELOF et A.-Gérard PRE- VOST.Tumeur carcinoïde du bulbe duodénal.\u2018Arch.Mal.App.Digestif\", 44: 460 (avril) 1955.A propos de l\u2019observation d\u2019un cas de tumeur carcinoïde du bulbe duodénal, il faut rappeler les principaux problèmes soulevés par ces tumeurs.Le diagnostic clinique est impossible.La radiologie oriente en général vers le diagnostic de tumeur bénigne, alors que ces tumeurs carcinoïdes sont parfois malignes, de façon d\u2019ailleurs assez atténuée.L\u2019identification histologique, seul élément de diagnostic formel, peut être délicate en l\u2019absence de granulations argentaffines et l\u2019appréciation de la bénignité ou de la malignité difficile en l\u2019ab- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 sence de monstruosités cellulaires très caractéristiques.Ch.DEBRAY, René LAUMONIER, F.BESAN- CON et Pierre HOUSSET.\u2014 La gastrite atrophique du fundus dans l'anémie pernicieuse.\u2014 Etude biopsique.\u2018Arch.Mal.App.Digestif', 44: 28 (Ganv.) 1955.L\u2019étude biopsique de la gastrite atrophique du fundus chez 50 malades atteints d\u2019anémie pernicieuse, et la comparaison avec d\u2019autres gastrites atrophiques montrent que les lésions élémentaires de l\u2019anémie pernicieuse sont de nature banale.L'originalité des lésions réside dans leur extension, leur intensité, leur irréversibilité, leur ancienneté.Ces faits sont confrontés avec leurs données gastroscopiques, cliniques et biologiques.La valeur pratique de la biopsie gastrique est précisée.A.G.WEISS, L.HOLLENDFR et Z.MASSY.\u2014 Etude du dumping-syndrome sur une série homogène de 100 résections gastriques pour ulcére.\u201cArch.Mal.App.Digestif\u201d, 44: 291 (mars) 1955.Une étude analytique détaillée de 100 gastrectomies pratiquées rigoureusement selon la méme technique et dans les mémes conditions, nous a montré que celles-ci avaient donné 82 pour cent de bons résultats, mais qu\u2019elles ont été suivies de 9 dumping-syndrome obéissant à la définition que nous en avons donnée.Le dumping syndrome est sans aucun rapport avec le sexe, l\u2019âge, la localisation ulcéreuse et la durée de la maladie.La notion du terrain, par contre, semble avoir joué indis- eutablement un rôle, puisque les malades hypernerveux, ceux enclins aux troubles fonctionnels, ont produit la grande majorité de nos dumpings.De même la durée de la convalescence et l\u2019observation de règles hygiéno-dié- tétiques ont une influence certaine.L\u2019étude humorale des 9 malades présentant un dumping ne nous a rien appris de décisif.Nous avons, certes, constaté deux fois une hypokaliémie manifeste au moment de l\u2019apparition des troubles, mais l\u2019administration de potassium à titre thérapeutique n\u2019a en rien modifié les symptômes, exception faite de la sensation de fatigue qui dinmsinua après injec- ANALYSES 1325 tion intraveineuse « préventive» de potassium.Il nous semble donc plutôt que cette hypokaliémie ait été, dans nos deux cas, la conséquence d\u2019une perturbation précoce du métabolisme des hydrates de carbone.Les autres électrolytes sont restés dans les limites de la normale.L\u2019étude de la courbe d\u2019acidité après résee- tion n\u2019a montré aucune différence notable chez les sujets avec ou sans troubles.Comme d\u2019autres auteurs, nous sommes persuadés que la maladie ulcéreuse, qui est en corrélation si étroite avec l\u2019équilibre neuro- végétatif, contient dans son essence même, la genèse d\u2019un éventuel dumping-syndrome.Le fait que celui-ci se développe rarement après les gastrectomies pour cancer nous a frappés.Sur 47 gastrectomies pratiquées dans la même période pour néoplasme gastrique, nous n\u2019avons noté que 1 dumping-syndrome et encore d\u2019une forme très atténuée.Nous pensons donc que les troubles psychosomatiques, dont la présence se manifeste dans de nombreux états pathologiques, participent d\u2019une manière déterminante à l\u2019installation du dumping-syndrome.Sa nature demeure cependant obscure.Si son point de départ se trouve vraisemblablement au niveau du jéjunum distendu par les aliments mal digérés, qu\u2019il n\u2019est pas préparé à recevoir, la cause réelle du dumping-syndrome ne nous x est pas, à l\u2019heure actuelle, connue.R.CATTAN et A.WAGH MAZLOUM.\u2014 Action de la cortisone, de I'hydrocoriisone et de la métacortandracine sur la diarrhée.\"Arch.Mal.App.Digestif\u201d\u2019, 44: 113 (nov.) 1955.: Après un historique rapide des travaux concernant la corticothérapie dans les rectocolites ulcéreuses, la sprue et l\u2019iléite terminale, les auteurs rapportent dix observations de diarrhée chronique de causes diverses où cette médication se montra souveraine.Il faut en rechercher le mécanisme dans une régularisation du métabolisme de l\u2019eau perturbé au niveau des cellules de la muqueuse intestinale et dans l\u2019action anti-inflammatoire de cette thérapeutique. NECROLOGIE LE DOCTEUR JOSEPH-ÉMILE NOËL Le docteur J.-E.Noël est décédé le 25 septembre à l\u2019âge de 73 ans.Il avait terminé ses études médicales en 1908 à l\u2019Université Laval de Québec.Le docteur Noël était né à Sherbrooke et y avait passé la majeure partie de sa vie professionnelle, y exerçant la chirurgie et y fondant, en 1917, un hôpital qui porta son nom et devint plus tard, soit en 1922, l\u2019Hôtel-Dieu qu\u2019il dirigea jusqu\u2019en 1941.En 1941, il s\u2019établit à Montréal et il continua sa pratique de chirurgie dans les principaux hôpitaux de la Métropole.Chirurgien réputé de l\u2019Estrie, le docteur Noël était doué en plus d\u2019un réel talent d\u2019organisateur.Nous prions son fils, le docteur Maurice Noël d\u2019accepter nos condoléances.LE DOCTEUR A.DESROCHERS Le docteur A.Desrochers pratiquant à Hull est décédé dans le cours de l\u2019année.L'Université Laval lui avait décerné son doctorat en 1917.LE DOCTEUR LÉOPOLD ROY Le docteur Léopold Roy est décédé au cours des derniers mois.Il exerçait à Nor- mandin, au Lac-Saint-Jean, et avait reçu son doctorat de l\u2019Université de Montréal en 1925.LE DOCTEUR CHARLES BOISVERT Le docteur Boisvert, du Lac Mégantic, vient de mourir.Il avait reçu son enseignement médical à l\u2019Université Laval qui lui accorda son doctorat en 1926.LE DOCTEUR ERNEST LACHAPELLE Le docteur Lachapelle est décédé en octobre subitement à l\u2019âge de 75 ans.L'Université Laval (Montréal) lui décerna son doctorat en 1907.Il était le fils du docteur Sévérin Lachapelle, pédiatre bien connu de Montréal, intimement lié à l\u2019activité constructive de cette génération de médecins qui précéda celle de nos maîtres: celle de Rottot, E.-P.Lachapelle, Lamarche, Desrosiers, etc., celle qui fonda la Société Médicale et L\u2019Union Médicale du Canada.Le docteur Ernest Lachapelle fut un sportif de toujours et nous nous Tappelons ses exploits à la crosse comme joueur de l\u2019historique club « National ».Son départ emporta des souvenirs de médecine et de sport d\u2019un Âge qui est presque éteint.LE DOCTEUR J.-LOUIS WARREN À 90 ans, le docteur Warren nous quitta il y a quelques jours.Il quitta aussi sa ville et surtout son coin du Square Saint-Louis autour duquel bien d\u2019autres médecins déjà disparus ont habité.Elève de l\u2019ancienne Ecole de médecine de Montréal et du Collège Bishops, de Lennox- ville, le docteur Warren reçut son doctorat en 1894.I] pratiqua activement jusqu\u2019à 1940.Doué d\u2019une personnalité marquante, il refusait de marcher dans les sentiers battus; son non conformisme lui conférait une piquante originalité et une attrayante perspective de la vie.La banale uniformité dans laquelle est plongée l\u2019humanité moderne n\u2019avait aucun sens à ses yeux.Créer son propre climat, se construire une vie selon ses goûts et ses préférences, telle était sa philosophie.11 avait certes raison et c\u2019est ce qui faisait le charme de sa personnalité.LE DOCTEUR ALFRED DUVAL Le docteur Duval est mort le 21 octobre à l\u2019âge de 51 ans.Il exerçait à Saint-Jérôme depuis 22 ans et avait contribué à la fondation de l\u2019Hôtel-Dieu de cette ville.Il reçut son doctorat de l\u2019Université de Montréal en 1954.Membre de plusieurs organisations à activités sociales et philanthropiques, le docteur Duval était capitaine de la réserve du R.C.A.M.C.et faisait partie du Régiment de Joliette. L'Union Méd.Canadu Tome 85 \u2014 Nov.1956 LE DOCTEUR G.-E.BEAUREGARD Le docteur Georges-E.Beauregard vient de mourir à l\u2019âge de 79 ans après 53 ans de pratique de sa profession.Il avait obtenu son doctorat de l\u2019Université Laval (Montréal) en 1904.C\u2019est à Montréal que pendant sa longue carrière d\u2019omnipraticien il rendit service à ses semblables.LE DOCTEUR L.-W.BEAUREGARD C\u2019est après une longue carrière professionnelle que vient de s\u2019éteindre le docteur Beauregard.Il avait obtenu son doctorat de l\u2019Université Laval (Montréal) en 1896.Soixante années consacrées à la médecine, NÉCROLOGIE 1327 à la lutte contre la souffrance d'autrui et contre le mal de la mort.Heureuse et féconde existence! LE DOCTEUR ALBERT COMTOIS Le docteur Albert Comtois est mort accidentellement il y a quelques semaines, en octobre.En expédition de chasse dans l\u2019immense région de l\u2019Abitibi, il se noya dans les eaux du lac Capitachouane.Agé de 27 ans, le docteur Comtois exerçait à Senneterre depuis un an après avoir terminé ses études à l\u2019Université Laval.NOUVELLES NOMINATION DU DOCTEUR LÉON GÉRIN- LAJOIE AU CONSEIL MÉDICAL DU CANADA L\u2019hon.Paul Martin, ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, vient d\u2019annoncer la nomination de trois médecins au Conseil Médical du Canada: les docteurs Léon Gérin-Lajoie, de Montréal, Neil MacDonald, de Windsor, Ont., et J.Josephson, de Saint-Jean, Terreneuve.Ces médecins sont nommés pour quatre ans et entrent en fonction le 7 novembre 1956.SOCIETE DE CARDIOLOGIE DE MONTREAL Le docteur Pierre Marion, du Centre de Cardiologie Infantile de l\u2019hôpital Sainte-Justine, cardiologue à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, a été élu président de la Société de Cardiologie de Montréal.L'ASSOCIATION DES CARDIOLOGUES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Une nouvelle association, groupant tous les cardiologues certifiés par le Collège des Médecins de la Province de Québec, a été fondée récemment.Son but est de promouvoir les intérêts des cardiologues de la province de Québec et de maintenir, au niveau scientifique, l\u2019étude et l\u2019enseignement de la cardiologie dans la province de Québec.Les officiers élus, jusqu\u2019à la prochaine réunion, sont les suivants: Le docteur John H.Palmer, président; le docteur Pierre Marion, vice-président; le docteur Arnold Johnson, sec.-trésorier; les docteurs J.R.Brow, Albert DeGuise, Paul David et Harold Segall, conseillers.\u201cFELLOWS\u201d DU COLLEGE ROYAL Lors du Congrès annuel du College Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada tenu à Toronto les 26 et 27 octobre 1956, eut lieu la convocation des nouveaux membres associés ou Fellows.Au nombre des nouveaux élus, on remarque les noms des docteurs J.-B.Boulanger, Lucien Coutu, A.Glay, Fernand Grégoire et de Guise Vaillancourt, de Montréal, à la section médecine, et ceux des docteurs Claude Cholette, Yvan Laberge, J.-L.La- berge, J.-L.Lemay, Roger Lapointe, Gilles Maillé, Yves Martineau et T.B.Rasmussen, de Montréal, à la section chirurgie.NOUVEAUX L'ASSOCIATION DES CHIRURGIENS DE LA PROVINCE DE QUÉBEC L'assemblée annuelle de l\u2019Association des Chirurgiens de la Province de Québec \u2014 Association of Surgeons of the Province of Quebec \u2014 aura lieu à Québec le 17 novembre 1956.Les réunions consisteront en des séances scientifiques l\u2019avant-midi et l\u2019après-midi suivies de l\u2019assemblée générale annuelle.Les assises se tiendront à l'hôpital de l\u2019Enfant- Jésus.Le déjeuner aura lieu au restaurant Bastogne et le dîner de clôture sera servi au Château Frontenac. 1328 ASSOCIATION DES ANATOMISTES CANADIENS Les anatomistes de six facultés de médecine du Canada réunis à l\u2019Université de Montréal, ont fondé l'Association canadienne des anatomistes.Après avoir voté la Constitution, ils ont élu un Conseil de douze membres se composant pour la première année des officiers suivants: président honoraire: le professeur J.C.B.Grant, de l\u2019Université de Toronto; président: le prof.A.Skinner, de l\u2019Université Western, Ont.; premier vice-président: le prof.I.M.Thompson, de l\u2019Université du Manitoba; deuxième vice-président: le docteur L.Poirier, de l\u2019Université de Montréal; secrétaire: le prof.J.Auer, de l\u2019Université d\u2019Ottawa; trésorier: le prof.D.C.Matheson, de l\u2019Université Queen's.Les autres membres du Conseil sont: le prof.H.E.Rawlinson, de l\u2019Université de l\u2019Alberta; le prof.P.Jobin, de l\u2019Université Laval, le prof.©.P.Martin, de l\u2019Université McGill; le prof.R.L.de C.H.Saunders, de l\u2019Université Dalhousie; le prof.S.M.Friedman, de l\u2019Université de Colombie Britannique; le docteur S.Bensley, de l\u2019Université de Toronto; le docteur Y.Clermont, de l\u2019Université McGill.Le but de la nouvelle Association est de promouvoir le progrès des sciences anatomiques au Canada en organisant des réunions Scientifiques et en favorisant une étroite collaboration avec d\u2019autres organismes scientifiques du Canada.Un comité intérimaire composé de représentants de chacune des facultés de médecine du Canada a été créé il y a un an pour jeter les bases de la nouvelle association.Bien que l'association ait été fondée par les anatomistes des facultés de médecine, elle admettra également comme membres tous ceux qui contribuent au progrès des sciences anatomiques ou qui s\u2019y intéressent particulièrement.+ © SOCIÉTÉ D'ORTHOPÉDIE ET DE TRAUMATOLOGIE DE LA PROVINCE DE QUEBEC La Société d\u2019Orthopédie et de Traumatologie de la Province de Québec \u2014 The Province of Quebec Society for Trumatology and Orthopedics \u2014 a tenu une réunion à l\u2019Hôtel-Dieu Saint-Vallier de Chicou- timi, samedi, le 22 septembre, à 9 h.30 de l\u2019avant- midi.Nn + Le programme était le suivant : 1.\u2014 Sarcome ostéogénique multiple ou ostéosarcome, par les docteurs Vincent Laperrière et Joseph Bruneau.2.\u2014 Syndromes costo-claviculaires, par le docteur Edouard Beaudry.NOUVELLES L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 3.\u2014 Granulome éosinophile costo-sternal, par les docteurs Gilles Tremblay et Joseph Bruneau.4, \u2014 Arthropathies neurogènes, par les docteurs Yvon Gauthier et Joseph Bruneau.CONFÉRENCIERS AU CONGRÈS DU COLLÈGE ROYAL Parmi les rapporteurs au Congrès annuel du Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada, tenu à Toronto les 26 et 27 octobre 1956, on note les docteurs Jean Saucier, Fernand Grégoire, Jean Laberge, Charles Lépine, Maurice Comeau, Roméo Soucy, Albert Jutras, H.-P.Lévesque, Paul Telner, J.C.Luke, E-D.Gagnon, Armand Trépanier, Ghislaine Gilbert, L-R.Lafleche, M.W.Philpott et C.P.Leblond.8-0 5 CONFÉRENCE DU DOCTEUR CLAUDE BERTRAND Le docteur Claude Bertrand, chef du département de neuro-chirurgie de l\u2019hôpital Notre-Dame, a donné une conférence lors de la 26ème réunion annuelle de la Canadian Association of Occupational Therapy sur l\u2019évolution des idées dans le traitement des maladies extra-pyramidales.ee ++ CONGRÈS DES PHYSIOLOGISTES CANADIENS Fin d\u2019octobre, la Canadian Physiological Society a tenu son Congrès à l\u2019Université de Montréal.La réunion a réuni près de 500 congressistes.À l\u2019issue du congrès se tinrent les élections.Parmi les officiers élus, on note les docteurs Haist, de Toronto, président; S.F.Bélanger, d\u2019Ottawa, et R.Bernard, de Québec, conseillers.ob ++ CONFÉRENCES DU DOCTEUR ANDRE CORNET Le docteur André Cornet, professeur à la Faculté de médecine des Hôpitaux de Paris, a donné depuis le 10 octobre 1956 toute une série de cours sur les maladies d\u2019estomac à l'hôpital Saint-Luc de Montréal.Ces cours se prolongeront jusqu\u2019au 9 nov.1956.ee + CONFÉRENCES DU DOCTEUR P.CHAILLEY-BERT Le docteur P.Chailley-Bert, titulaire de la chaire de biologie appliquée à l\u2019éducation physique et aux sports de la Faculté de Médecine de Paris, a donné une série de conférences à l'Ecole d\u2019Hygiène de l\u2019Université de Montréal sur l\u2019anatomo-physiologie de l\u2019exercice, les méthodes d\u2019éducation physique et les activités physiques par rapport à la médecine. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 + pour toute la famille - H4120-GEX - HE:10-BEX FORTIS LIQUIDE CAPSULES Cu\u201d TONIQUE GENERAL ET ADJUVANT DE LA NUTRITION COMPOSITION: Complexe B Vitamine Br Vitamines C et D Sels de Calcium et de Fer PRÉSENTATION: HEMO-BEX: INDICATIONS: Maladies de l\u2019enfance Anémie nutritionnelle Anorexie \u2014 Convalescence Grossesse et Allaitement Hyponutrition Bouteilles de 6 oz.et 12 oz.HEMO-BEX FORTIS: Flacons de 50 et 100 capsules.ii PTANGCLO-FRENCH DRUG CIE LTÉE 209 est, rue Sainte-Catherine, - Montréal 18 XLVI 1330 CONFÉRENCE DU DOCTEUR JACQUES GENEST Le docteur Jacques Genest, directeur du département de Recherches clinique de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, a donné le 12 octobre 1956, une communication intitulée: The present status and trends of medicine in French Speaking Canada, devant les membres de la Saskatchewan Academy of Specialists tn Internal Medicine.ee ++ CONFÉRENCES PIERRE SOULIÉ Le professeur Pierre Soulié, de Paris, invité de l\u2019Institut de Cardiologie de Montréal, a donné toute une série de conférences à l\u2019Institut, à l\u2019hôpital Notre-Dame, à l\u2019Hôtel-Dieu et à l\u2019Université de Montréal.Le 19 octobre 1956, il a parlé sous les auspices de la clinique des Maladies du Thorax de l'hôpital Notre-Dame des «Indications et des résultats de la commissurotomie ».ee ++ CONFÉRENCE DU DOCTEUR ROSARIO ROBILLARD Le docteur Rosario Robillard, de l\u2019hôpital St-Luc, a été le conférencier invité à la réunion tenue le 4 octobre 1956, sous les auspices de l\u2019Association du Diabète de la Province de Québec.ee + e CONFÉRENCE À GENÈVE DU DOCTEUR ARMAND FRAPPIER Le docteur Armand Frappier, directeur de l\u2019Institut de Microbiologie et de l\u2019Ecole d\u2019Hygiène de l'Université de Montréal, a présenté un travail sur le BCG lors de la Conférence Internationale tenue à Genève du 2 au 5 octobre 1956.ee CONFÉRENCE À LA MÉMOIRE DU DOCTEUR DONALD A.HINGSTON La troisième Conférence à la mémoire du docteur Donald A.Hingston s\u2019est tenue à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, vendredi soir le 26 octobre 1956, alors que le conférencier invité était le docteur Mario Stefanini, professeur de médecine au Tufts Medical School.Sa causerie s\u2019intitulait: « Chemical Aspects of Bleeding Disorders ».NOUVELLES l Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 CAUSERIE DU DOCTEUR MAURICE GERVAIS À LA HAVANE Le docteur Maurice Gervais, chef de section dans le service de chirurgie de l'Hôpital Général de Verdun, prononcera une causerie sur les thromboses veineuses lors du Troisième Congrès Latino-Américain d\u2019Angiologie qui se tiendra à La Havane, du 8 au 11 novembre 1956.ee ASSOCIATION DES MÉDECINS BACTÉRIOLOGIQUES DE LA PROVINCE DE QUEBEC Jeudi, le 27 septembre dernier, avait lieu la première réunion de la toute jeune Association des Médecins Bactériologistes de la Province de Québec.Il s\u2019agissait d\u2019une rencontre scientifique tenue au Queen Mary Veterans Hospital.Notre hôte, le Dr H.Starkey, nous parla du «contrôle des infections staphylococciques dans les hôpitaux ».Sujet particulièrement bien choisi qui fut traité de remarquable façon.L\u2019essor considérable que la Bactériologie médicale a connu ces dernières années, conduisit un nombre croissant d\u2019'hôpitaux et de laboratoires pharmaceutiques à s\u2019assurer les services de médecins formés dans cette discipline et reconnus tels par le Collège Provincial de Médecine ou le Collège Royal du Canada.Il était donc souhaitable que ces médecins bactériologistes, aux prises avec des problèmes analogues sur le plan scientifique et professionel, mettent en commun leurs connaissances pour les compléter, et leurs difficultés pour tenter de les aplanir.L'Association des Médecins Bactériologistes de la Province de Québec a été fondée dans le but de contribuer au progrès de la Bactériologie médicale, de pourvoir à son maintien comme spécialité de la médecine, d\u2019assurer à ses membres un haut degré de compétence professionnelle et de prendre éventuellement la défense de leurs intérêts.Son premier exécutif est ainsi constitué: Docteur André Leduc, président; le docteur H.Starkey, vice-président; le docteur Paul Dionne, secrétaire-trésorier.Ptiisse cette association connaître une carrière sérieuse et féconde! L'Union Méd.Canada .Tome 85 \u2014 Nov.1956 XLVIII 3 Manufacturé par IRWIN NEISLER & CO.eo Decatur, lllinois, U.S.A.VERATRITE-R (Avec Rauwblfia) ey Chaque comprimé contient: - Crypténamine* Crypténamilie® _.________ ~~ Phénobarbital Phenebarbital _.____.ii Nitrite de Soud 3 ri it nneeenee \u201c @ soumis à une double épreuve: pour sen effet hypotenseur pour la réaction Associé à la formule de VERATRITE- \u201cprocure une sensation de *Ester des alcaloides du Veratrum \\ non aqueux exclusif à Irwin Neisler.| **Equivalant à 40 unités RSC.deux tablettes 2 heures après Dose moyenne: deux tablettes 2 heures après le déjeuner, : le repas du midi et deux tablettes au coucher.Présentation: Flacons de 50.100, 500 et 1000 comprimés.Echantillon et documentation aux médecins sur demande.2245, RUE VIAU, MONTRÉAL COMMUNIQUÉS FILM ÉDUCATIF SUR LE STRESS L'Association Canadienne-française pour l\u2019Avancement des Sciences tiendra son XXIVème Congrès à Montréal les 2, 3 ou 4 novembre 1956.Un des événements marquants de ce congrès sera la présentation, vendredi le 2 novembre 1956, de la première mondiale du film médical éducatif des Laboratoires Pfizer intitulé: Stress and the adaptation syndrome tourné en collaboration avec le professeur Hans Seleye, directeur de l\u2019Institut de Recherches Expérimentales en Médecine et en Chirurgie de l\u2019Université de Montréal.Ce film sera présenté dans la salle académique de l\u2019Université de Montréal.+ ++ PRIX DE DERMATOLOGIE La Canadian Dermatological Association annonce la création d\u2019un prix de recherches en dermatologie pour le meilleur travail original dans la spécialité.Les éligibles sont les étudiants en dermatologie au Canada et ceux qui ont reçu leur certificat de spécialiste en dedans de cinq ans.Le prix est de cent dollars.Informations: docteur Barney Usher, 1538 ouest, rue Sherbrooke, Montréal 25, PQ.ee ++ MÉDECINE NÉO-HIPPOCRATIQUE LE IIème CONGRÈS INTERNATIONAL DE Montecatini, 20, 21, 22 mai 1956 Le troisième Congrès international de Médecine Néo-Hippocratique s\u2019est tenu à Montecatini les 20, 21, 22 mai 1956, sous la présidence du prof.C.Frugoni et la vice-président du prof.N.Pende.Quatre cents congressistes représentant vingt pays y participaient, dont certains n\u2019avaient pas hésité à traverser l\u2019Atlantique Sud.Ils furent pendant trois jours les hôtes de la Société des Thermes de Monte- catini, dont les dirigeants avaient assuré de façon remarquable la mise au point de cette rencontre qui la remise à chacun du volume des rapports.Ce volume de 470 pages \u2014 que l\u2019on peut se procurer en s\u2019adressant au prof.Scalabrino, Montecatini Terme (Italie) \u2014 est riche de substances.En voici la table des matières: IT.\u2014 Généralités.C.Frugoni: Introduction.N.Pende: Principes du Néo-Hippocratisme.A.Pazzini: Unité de la Médecine hippocratique.2 + à > II.\u2014 Diagnostic des prédispositions morbides.L.-R.Grote: La signification de l\u2019anamnèse pour le travail médical.M.-C.Barilari: Tableau synoptique des antécédents personnels.M.Martiny: La Biotypologie et les agressivités morbides.E.Greppi: Aptitudes à la longévité.Pr.Meriel : Diagnostic des prédispositions aux affections cardio-vasculaires.E.Martin, J.Terrier: Les prédispositions morbides en rhumatologie.R.Reding: Prédispositions morbides au cancer ou état général de réceptivité.M-J.Decourt : Anomalies de la constitution sexuelle et psychonévroses.R.Turpin: De l\u2019influence de l\u2019hérédité sur la sensibilité de l\u2019homme à la tuberculose.P.Delorme: Prédispositions morbides, écologie, médecine préventive.H.Evans: Two hippocratic medicine or the dol- istic nature of disease in relation to carno vascular disorder.III.\u2014 La place du thermalisme dans la thérapeutique générale et le néo-hippocratisme.C.Bonacossa: Le facteur psychologique dans l\u2019organisation et la direction d\u2019une station thermale.F.Scheminzky: Les bases expérimentales de la crénothérapie empirique.J.-M.Bert: Hippocratisme et doctrines thermales.J.Michez: Terrain et cures thermales.S.Pisani: Corrélations entre quelques règles de la doctrine hippocratique ancienne et quelques notions modernes de crénologie pratique et scientifique.M.Messini: Le pronostic hippocratique considéré au point de vue des rapports entre constitution et réactions thermales.IV.\u2014 Les principes traditionnels devant l\u2019évolution technique et sociale de la médecine.S.Piccini: Les limites de l\u2019expérimentation médicale sur l\u2019homme et la morale hippocratique.M.Cattabeni: Le secret professionnel en relation avec les services sanitaires de prévoyance sociale et d\u2019assistance.Faisant suite au premier Congrès de Paris de 1937 et au deuxième Congrès d\u2019Evian de 1953, L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 XLIX pour présenter cee Cynomel préparation nouvelle pour traiter Pinsuffisance métabolique Le \u2018Cynomel\u2019, produisant son effet directement au niveau cellulaire, offre, pour la premiere fois, un traitement positif pour un grand nombre des problèmes causés par l\u2019insuffisance métabolique\u2014tels que l\u2019atonie physique, le ralentissement de l\u2019activité intellectuelle, la diminution du contrôle émotif et le ralentissement fonctionnel des différents organes ou appareils.\u2018Cynomel\u2019 agit rapidement \u2014un effet net se manifeste souvent en quelques jours chez les patients atteints d'insuffisance métabolique.+ Marque de fabrique Les comprimés de \u2018Cynomel\u2019 sont présentés en deux concentrations médicamenteuses: 5 mcg.et 25 mcg.de L-triiodothyronine, S.K.F.sous forme de sel de sodium.En flacons de 100.® SMITH KLINE & FRENCH « Montréal 9 1334 cette manifestation fut une occasion pour le mouvement de s\u2019affirmer et de s'exprimer mieux encore.Le Congrès a, en outre, permis de nombreux échanges de vues notamment sur les tendances et exigences de la médecine contemporaine, \u2014 sur la baisse inquiétante de la culture médicale et les moyens d\u2019y remédier, \u2014 sur la réforme des études médicales, \u2014 sur la modestie nécessaire au praticien, \u2014 sur l\u2019importance des facteurs psychologiques et de la confiance, \u2014 sur l\u2019abus des médicaments et des interventions, \u2014 sur la nécessité de l\u2019individua- lsation, \u2014 sur l\u2019opportunité de concilier les exigences de la médecine technique et sociale avec les principes permanents, synthèse qui est un des articles majeurs du néo-hippocratisme.A la fin du Congrès, fut décidée la création d\u2019un Jomité de Direction, dont feraient partie de droit les Présidents et Secrétaires généraux des précédents Congrès et dont le Président serait le Professeur Frugoni et le Secrétaire Général le Professeur De- lore.Outre ce Comité de Direction, un Comité Général est en formation et compte déjà : Allemagne: Professeur L.R.Grote; Argentine: Professeur M.G.Barilari; COMMUNIQUÉS L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Autriche: Docteur F.Scheminzky ; Belgique: Professeur Michez, Docteur Klein; Espagne: Professeur Conde; France : Professeur Giraud \u2014 Professeur Delore \u2014 Docteur Martiny; Grande-Bretagne: Professeur Cavadias \u2014 Sir Horace Evans; Grèce : Professeur Oeconomos; Italie: Professeur Frugoni \u2014 Professeur Greppi; Professeur Messini \u2014 Professeur Pende; Pologne: Professeur Rowinski ; Suisse: Professeur E.Martin \u2014 Docteur Terrier.Cette liste va être complétée par les représentants d\u2019autres pays.Enfin, le Professeur Oeconomos, Doyen de la Faculté de Médecine d\u2019Athènes, fit part de son désir de voir le IVème Congrès de Médecine Néo-Hip- pocratique se tenir à Athènes et à Cos en 1958.Le Professeur Grote, de son côté, exprima le souhait que le prochain Congrès ait lieu dans une station thermale allemande.La décision sera prise prochainement par le Comité de Direction.Professeur P.Delore.REVUE DES LIVRES Feuillets de Pathologie médicale pour la préparation de l'Externat et des Examens de la Faculté de Médecine.Par R.PERELMAN et A.MARGAIRAZ, internes des Hôp.de Paris.\u2014 Lib.Maloine, édit, Paris, 1956.Fascicule I: Pneumologie.Un vol.21 x 27, 170 pages, 18 figures, 960 francs.1.\u2014 Pneumonie; 2.\u2014 Abcès du poumon; 3.\u2014 Dilatation des bronches; 4.\u2014 Crise d\u2019Asthme; 5.\u2014 Œdème aigu du poumon; 6.\u2014 Embolies pulmonaires; 7.\u2014 Réactions cutanées à la tuberculine; 8.\u2014 Pleurésie séro- fibrineuse; 9.\u2014 Pneumothorax; 10.\u2014 Tuberculose pulmonaire chronique de l\u2019adulte; 11.\u2014 Hémoptysies; 12.\u2014 Pleurésies purulentes; 13.\u2014 Ponction pleurale.À paraître: Mai: Fascicule II: Maladies infectieuses.Juin: Fascicule III: Neurologie.Juillet: Fascicule IV: Cardiologie.Août: Fascicule V: Appareil digestif - Hématologie.Septembre: Fascicule VI: Endocrinologie - Néphrologie.Le péritoine \u2014 Embryologie \u2014 Anatomie.Par J.BRIZON, J.CASTAING et F.G.HOURTOUILLE.Un vol.de 60 pages de texte et 45 planches en couleurs.(2.500 fr.).\u2014 Librairie Maloine, édit.Paris, 1956.Ce livre conçu dans l\u2019esprit des « Feuillets d\u2019Anatomie » déjà adoptés par les étudiants est destiné à faciliter la compréhension de cette question encore si confuse dans les nombreux traités.L\u2019apport fondamental est fourni par une cohésion, une corrélation complète entre un texte clair et une série de 45 planches originales en couleurs.Il est ici facile de suivre l\u2019évolution de chaque feuillet, les rotations, les accolements.Aucun point n\u2019a été laissé au hasard et l\u2019on retrouve dans ce volume la synthèse définitive de la théorie embryologique et de l\u2019anatomie définitive du péritoine en accord avec les des- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 \u2018Nouvelle forme Dragées 2 sans goût, sans odeur = Le ro ULFARLEM-CHOLINE Ÿ CHOLÉRÉTIQUE LIPOTROPE TES : MEDICATION TOTALE ASSIMILABLE DE LA CELLULE HEPATIQUE a 2 à 4 dragées avant chaque repas FORMULE : Trithioparaméthox Yphénylpropéne 0,005 g Bitartrate de cho lin ne.030 9 Boite de 60 pour \u2018une dragée.LATEMA { LABORATOIRES DE THERA PÉLUIIQUE MODERNE Herdt £ arton Inc 2245.RUE ViAU, MONTRÉAL 1336 criptions des grands classiques.Poirier, Rou- vière, Testut, etc.Ce livre sera donc d\u2019une grande utilité pour les étudiants, le travail leur étant préparé et expliqué dans les meilleurs conditions.Cahiers \u201cLaénnec\u201d No 1 de 1956 \u2014 La greffe humaine.\u2014 P.Lethielleux, édit., Paris, 1956.Au moment où Sa Sainteté Pie XII prononçait une allocution sur les conditions dans lesquelles la greffe humaine peut être permise ou interdite, et où le prix de Gasperi était attribué à l\u2019association italienne des donneurs d\u2019yeux, les Cahiers Laënnec publiaient une étude spéciale sur la greffe humaine.Dans un premier article, le Docteur Ph.Blondeau, Chirurgien Assistant des Hôpitaux de Paris, établit le bilan des réalisations actuelles et surtout des limites de la greffe humaine.L\u2019auteur insiste sur le fait que l\u2019évolution sur le vivant d\u2019une greffe de tissu ou d\u2019organe obéit à des exigences biologiques encore mal connues et que seul le progrès de nos connaissances sur les mécanismes biochi- miques permettra d\u2019élargir le champ d\u2019action encore restreint de cette thérapeutique.Parmi les réalisations dont bénéficie déjà la chirurgie en matière de greffe d\u2019organe, la greffe de la cornée est la seule qui connaisse des applications intéressantes.Le Docteur Jean Lavat, Ophtalmologiste assistant des Hôpitaux de Paris, montre les particularités anatomiques qui ont permis la transplantation et les conditions physiologiques pour qu\u2019un greffon soit utilisable.Il aborde ensuite les difficultés de technique chirurgicale à résoudre pour l\u2019évolution favorable de la greffe et termine par les principales indications des greffes de cornée et les résultats encourageants obtenus dans ce domaine.Mais la greffe humaine implique une mutilation corporelle sans contre-partie pour le donneur.Dans quelle mesure l\u2019individu peut- il légalement s'imposer un tel sacrifice?C\u2019est ce qu\u2019étudie le Professeur Savatier, Doyen de la Faculté de Droit de Poitiers, qui envisage REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 différemment les problèmes juridiques posés par l\u2019autogreffe et surtout par l\u2019hétérogreffe avec le prélèvement du greffon soit in vivo soit sur le cadavre.Enfin le Père Tesson, Professeur à l\u2019Institut Catholique de Paris, termine par une étude de théologie morale sur la légitimité d\u2019un tel acte.Trois appendices importants complètent ce numéro: 1) Controverse sur la Stérilité féminine préventive, entre le Professeur Piedeliè- vre, président de l'Ordre National des Médecins et la Rédaction des Cahiers Laënneec; 2) Texte complet du nouveau Code de Déontologie Médicale; 3) Discours de Pie XII sur l\u2019accouchement sans douleur.Vous pouvez vous abonner dès maintenant aux Cahiers Laënnec en vous adressant à l\u2019agence internationale d\u2019abonnement Perio- dica, Inc., Montréal-34, Canada.Trente exposés sur des sujeis actuels d\u2019endocrinologie.Publiés sous la direction de Jacques DECOURT et GILBERT-DREYFUS.Un vol.de 394 pages, avec figures.(2.800 fr.).\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1956.Les rapides progrès de l\u2019endocrinologie entraînent des remaniements Incessants des cadres nosologiques, des moyens de diagnostic et des indications thérapeutiques.En dehors des traités didactiques, vite dépassés, et des revues annuelles limitées à la bibliographie récente, des mises au point sont nécessaires.Celles que fournit cet ouvrage ont été l\u2019objet de leçons faites au Cours d\u2019Endocrinologie de l'Hôpital de la Pitié.Elles sont l\u2019œuvre des spécialistes les plus compétents, qui ont choisi leurs sujets dans l\u2019actualité, et les ont traités avec l\u2019appui de leurs recherches personnelles.Tout en conservant un caractère didactique, elles ont donc l\u2019intérêt d\u2019apporter une contribution originale aux problèmes étudiés.Table des matières Considérations sur le goitre simple et l\u2019endémie goitreuse en France, par Guy Laroche.La ponction du corps thvroïdien, par Etienne May.Les thyréoses compensatrices, par Gilbert-Drevfus. L'Union Méd.Canada LI Tome 85 \u2014 Nov.1956 ++ ES i A DEXAMYL* CAPSULES SPANSULE* OMPR ME \u201c> @ SMITH KLINE & FRENCH a OF xMorque Déposée sv Conode » - 1338 Les syndromes myo-thyroïdiens, par Gilbret-Drey- fus.Résultats du traitement de l\u2019hyperthyroïdie par l\u2019iode radioactif.Quatre ans d\u2019expérience, par M.Zara.L\u2019exophtalmie cedémateuse maligne, par M.Al- beaux-Fernet.Le diabète cortico-surrénal, par H.Bernard et Mme Cruz-Horn.Les insuffisances surrénales fonctionnelles, par L.de Gennes.Les hyperplasies surrénales congénitales, par Jacques Decour.Les surrénalectomies bilatérales subtotales dans le traitement des hypercorticismes non tumoraux, par J.Decourt.Les insuffisances surrénales dissociées, Bricaire.Surrénales et métabolisme des électrolytes.Applications au diagnostic et au traitement des insuffisances surrénales, par E.Azerad.Les troubles du métabolisme de l\u2019eau et des électrolytes dans la maladie de Cushing et les syndromes d\u2019hypercorticisme, par D.Mahoudeau et B.Elis- salde.L\u2019hypertension artérielle permanente par phéo- chromocytome, par Claude Laroche.Le diabète des acromégales, par Pierre Uhry.Les troubles hydro-électrolytiques dans le coma diabétique, par Jean Canivet.Les aménorrhées hypothalamiques, par Jacques Decourt.Le diagnostic du diabète insipide, par Gilbert- Dreyfus.La frénation hypophysaire en clinique (Indications.Méthodes.Résultats), par Marcel Perrault.Sur quelques types encore peu étudiés d\u2019aménorrhée, par Albert Netter.Valeur séméiologique de l\u2019hypergonadotrophinurie chez la femme, par P.Guinet.Les azoospermies sécrétoires, par J.-C.Savoie.La place du syndrome de Klinefelter dans l\u2019hypo- gonadisme idiopathique de l\u2019adolescence, par H.P.Klotz.A propos de syndrome de Turner-Albright, par J.- P.Michard.Les stéroïdes hormonaux dans l\u2019ostéoporose, par A.Lichtwitz.Aspects cliniques et expérimentaux des manifestations articulaires d\u2019origine endocrinienne, par J.Villiaumey.Les manifestations extra-osseuses de l\u2019hyperpara- thyroïdie, par R.Tourneur.Pseudo-hypoparathyroidisme (3 propos d\u2019un cas familial chez deux soeurs jumelles), par H.Mamou.par H.REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Aspects endocriniens de l\u2019hémochromatose, par P.Rambert.Endocrines et sénescence, par J.Vignalou.Précis de gynécologie en 2 vol.\u2014 Collection de Précis médicaux.\u2014 I.Gynécologie médicale, par Claude BECLERE.Un vol.de 820 pages, avec 178 fig.Broché: 5.000 fr.; cartonné toile: 5.700 fr.\u2014 II.Gynécologie chirurgicale, par Pierre BROCQ et Henry G.ROBERT.Un vol.de 490 p., avec 206 fig.et 2 planches en couleurs.Broché: 3.500 fr.; cartonné toile: 4.200 fr.\u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1956.L\u2019on a déjà tenté plusieurs fois dans le passé de réunir en un volume toute la gynécologie \u2014 médicale et chirurgicale \u2014 mais un tel ouvrage ne peut, l\u2019expérience l\u2019a montré, être l\u2019œuvre d\u2019un seul homme.Aussi les auteurs ont-ils voulu présenter, en un «précis pratique et suffisant » toutes les notions utiles pour aborder l\u2019étude de la pathologie génitale de la femme; mais ils ont tenu à maintenir la traditionnelle division entre gynécologie médicale et gynécologie chirurgicale, les deux volumes restant indépendants l\u2019un de l\u2019autre mais formant cependant un ensemble systématique utile pour les praticiens et les étudiants, aussi bien que pour les jeunes spécialistes.Comme les auteurs le précisent dans leur préface: « Certaines oppositions, dont chacun des auteurs a pris d\u2019ailleurs la responsabilité, ne sont pas sans valeur, et permettent au contraire de connaître en particulier les différents aspects d\u2019une thérapeutique dont les frontières ne sont pas encore, et jusqu\u2019à un certain point, parfaitement délimitées ».Gynécologie médicale par Claude BECLERE.Un vol.de 820 pages, avec 178 fig.La gynécologie médicale s\u2019est complètement transformée dans ce dernier quart de siècle.Elle a réalisé des progrès considérables dans tous les domaines et constitue aujourd\u2019hui un chapitre particulièrement important de l\u2019ensemble de la médecine.Le docteur Béclère résume dans son étude le fruit de trente années de recherches per- L'Union Méd.Canada LII Tome 85 \u2014 Nov.1956 Vous recevrez un de ces empaquetages échantillons du nouvel Orifer par un prochain courrier\u2014employez-le Orifer, le comprimé prénatal, mis à l'essai par Shuttleworth, est sous une formule nouvelle.vpplément diététique de choix > Poe vos patientes encalntes Le nouvel Orifer est EXEMPT DE PHOSPHORE, plus efficace dans la prévention des crampes Le Nouvel ands des jambes.Cependant, le nouvel Orifer offre Plus officace dem le A ., prévention ds ronpes dent la même protection adéquate que Une préparation du .A * E.B.Shutteworth Limited vous attendez, mais à un prix abordable\u2014 PRODUITS PHANMACEUTIQUES 10RNMTO CANADA seulement 6\u20148¢ par jour, sur ordonnance.comme traitement initial chez un nouveau malade.PHARMACEUTICALS TORONTO CANADA 1340 sonnelles sur l\u2019hystéro-salpingographie, le traitement des infections génitales, le diagnostic hormonal et les traitements hormonaux des troubles des règles et des troubles fonctionnels, le diagnostic de la stérilité féminine, le dépistage précoce du cancer endo-cervical, ainsi que de plus de vingt années d\u2019'enseignement de la gynécologie pratique.La première partie est consacrée à l\u2019étude des généralités: Développement, anatomie et histologie de l\u2019appareil génital féminin, physiologie gynécologique de la naissance jusqu\u2019après la ménopause, méthodes de diagnostic gynécologique et méthodes de traitements médicaux.L'auteur montre la nécessité d\u2019un interrogatoire méthodique et d\u2019un examen clinique minutieux.Il insiste sur l'importance de l\u2019étude systématique des syndromes pubertaires, génital, infectieux et hémorragique.L\u2019hystéro-salpingogra- phie trouve une étude détaillée.Pour le diagnostic hormonal, l\u2019auteur précise les indications relatives et les résultats des 4 grandes méthodes de diagnostic hormonal: dosages hormonaux, biopsie de la muqueuse, frottis vaginaux et diagnostic clinique orga- no-hormonal; diathermie et coagulation du col sont détaillées.Pour les Sulfamides, les Antibiotiques et les 4 grandes hormones utilisées en gynécologie, sont dressés des tableaux qui indiquent les caractéristiques des différentes préparations pharmaceutiques dont on peut disposer.Enfin les indications de la roentgen- thérapie, de la curiethérapie et de la crénothérapie sont précisées.La deuxième partie comprend l\u2019étude des infections génitales aiguës et chroniques.L\u2019auteur insiste sur la fréquence considérable des petites infections génitales chroniques, sur leur début souvent chronique d\u2019emblée, sur leur latence, sur la nécessité impérieuse qu\u2019il y a à en rechercher chez toutes les malades les plus petits signes.Il montre les différentes étapes du traitement avec ses phases générales, pelviennes et locales, ses difficultés, ses causes d\u2019échec.Dans la troisième partie, est étudiée la question si importante des troubles des règles et des troubles fonctionnels.L\u2019auteur montre que ces troubles doivent être envisagés séparément chez la jeune fille vierge, chez la jeune femme, chez la femme de 40 ans à la ménopause et chez la femme après la ménopause.A chacune de ces époques de la vie féminine les causes des troubles sont en effet différentes.La quatrième partie est consacrée à la stérilité et à la sexualité.Le diagnostic et le traitement de la stérilité féminine et de la stérilité masculine y sont étwdiés en détail.Enfin, dyspareunies, vaginisme et frigidité sont aussi successivement analysés.REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 Gynécologie chirurgicale par Pierre BROCQ et Henry G.ROBERT Un vol.de 490 p., avec 206 fig.et 2 planches.La «gynécologie chirurgicale», due au Professeur Pierre Brocq et au docteur Henry- G.Robert, s\u2019adresse au gynécologue médical aussi bien qu\u2019au gynécologue chirurgical qui n\u2019ont pas encore une longue pratique de leur spécialité.L'ouvrage les place dans les conditions cliniques où le médecin devra prendre parti pour la chirurgie à une heure opportune, où l\u2019opérateur aura à l\u2019exécuter avec les indications et les moyens d\u2019aujourd\u2019hui.Il vise aussi à définir l\u2019esprit qui doit présider à cette réalisation pour conserver aux malades le maximum de leurs fonctions quand il s\u2019agit de lésions bénignes, et les chances les plus grandes de survie (dans l\u2019immédiat et dans l\u2019avenir), quand il s\u2019agit de lésions malignes.La chirurgie gynécologique ne tend nullement à s\u2019amenuiser devant la thérapeutique par les hormones ou les radiations et autres moyens physiothérapiques.Les nouvelles opérations conservatrices pour fibrome utérin, le traitement du cancer du col utérin (associé à la curiethérapie), des tumeurs ovariennes, des prolapsus génitaux, la chirurgie plastique des trompes contre la stérilité, la réparation des malformations des organes génitaux en sont les exemples les plus caractéristiques.Les jeunes spécialistes et les étudiants apprécieront cette mise au point qui s\u2019est employée à mettre l\u2019accent sur les aspects les plus importants et sur les conceptions nouvelles puisées dans les travaux les plus récents.Les malformations congénitales \u2014 La grossesse physiologique.\u2014 La grossesse extra-utérine.\u2014 Les avortements involontaires.\u2014 Traitement chirurgical de la stérilité d\u2019origine tubaire, \u2014 Rétrodéviations u*érines.\u2014 Prolapsus génitaux.\u2014 L\u2019élytrocèle.\u2014 L\u2019incontinence orthostatique d\u2019urine.\u2014 Les lésions traumatiques vulvo-vaginales.\u2014 Fistules urinaires.\u2014 Fistules entéro-vaginales.\u2014 Tuberculose génitale.\u2014 Pelvipéritonites et péritonites d\u2019origine génitale.\u2014 L\u2019endométriose.\u2014 Tumeurs bénignes vulvo-vagi- nales.\u2014 Fibromyomes utérins.\u2014 Polypes fibreux de l\u2019utérus.\u2014 L\u2019inclusion intraligamentaire.\u2014 Le cancer de la vulve.\u2014 Dépistage et prophylaxie du cancer du col.Les états présancéreux.L\u2019épithélioma intra-épithélial.\u2014 Cancer du col de l\u2019utérus.\u2014 Cancer du csrps de l\u2019utérus.\u2014 Les sarcomes de Putérus.\u2014 Le cancer primitif de la trompe de Fallope.\u2014 Les tureurs de l\u2019ovaire.Index alphabétique. ANTISEPTIQUE INTESTINAL PROPRIÉTÉS : L'iodochloroxyquinoléine est une substance inoffensive et non irritante qui, absorbée \u201cper os\u201d est lentement décomposée dans l\u2019intestin en ses ions inorganiques et sa molécule organique.Cet agent chimiothérapique tant -par ses propriétés: antiseptique, bactériostatique et antifermentative que par sa par faite tolérance par l\u2019organisme, permet un traitement ambulatoire des plus faciles dans presque tous les cas d\u2019affections gastro-entériques aiguës du type infectieux, parasitaire ou dyspeptique.L\u2019Alenteryl désinfecte HERDT & CHARTON, INC., ANTIPARASITAIRE COMPOSITION : Chaque comprimé contient : Iodochloroxyquinoléine _.1.2110200000- 0.25 gr.Charbon absorbant .cccccccnnnnns 0.15 gr.POSOLOGIE : Une à deux tablettes trois à quatre fois par jour.PRESENTATION : Flacons de 20, 100, 500 et 1000 tablettes.MONTRÉAL 9961 \"AON \u2014 S8 SUIOL epeuso PI UOIU(),T II 1342 Précis de chimie physiologique et séméio- logique, par Max-Fernand JAYLE et Geo.SCHAPIRA.Un vol.de 292 pages, avec 75 figures.(1.600 fr.) \u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1956.Cet ouvrage constitue la nouvelle édition du « Précis de biochimie clinique » du Prof.Jayle, dont on sait le succès.C\u2019est, en fait, un livre nouveau, conçu dans un esprit pratique.Il correspond à la fois au cours de deuxième année des études de médecine, et aussi au besoin qu\u2019éprouve le médecin praticien d\u2019un livre qui l\u2019aide à interpréter, avec plus de précision et dans un but diagnostique et pratique, les données chimiques que le laboratoire est de plus en plus à même de lui fournir.Les auteurs ont donc eu pour objectif d\u2019apporter une vue générale des principaux problèmes de biochimie humaine.Ils insistent plus particulièrement sur les méthodes d\u2019exploration fonctionnelle du milieu intérieur et des organes; ils en précisent les normes et les variations pathologiques.Les différentes formes de la lésion biochi- mique, comprenant les maladies moléculaires, sont définies dans le premier chapitre ainsi que les constantes biologiques, leur mode d\u2019évaluation statistique et les méthodes générales des surcharges et des isotopes.Dans le chapitre suivant sont décrites les méthodes d\u2019évaluation des espaces hydriques, la structure ionique du milieu intérieur et la physio-pathologie du transit hydrominéral.Après l\u2019étude de l\u2019équilibre acido-basique, des alcaloses et des acidoses, vient celle de la coagulation sanguine, qui comprend les méthodes d\u2019investigation de l\u2019hypocoagulabi- lité et de l\u2019hypercoagulabilité.Les auteurs ont accordé une importance particulière aux chapitres consacrés aux protéines plasmatiques, au globule rouge et aux glandes endocrines.On y trouvera les données les plus biogenèse de l\u2019hémoglobine, l\u2019étude de son métabolisme normal et pathologique par Fe\u201d® et électrophorèse et la sidérémie, etc.On trouvera également les données les plus récentes sur les hormones hypophysaires, la REVUE DES LIVRES l'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 biogénèse et le métabolisme intermédiaire des hormones stéroïdes et de la thyroxine, et sur l\u2019exploration fonctionnelle de la thyroïde, des gonades, de la cortico-surrénale et du placenta.Les autres chapitres sont réservés à l\u2019exploration fonctionnelle et biochimique de chaque organe: rein, foie, os, muscle, glandes digestives, etc.L\u2019exploration fonctionnelle de la glycémie est étudiée dans le chapitre du diabète et des mélituries.En dépit de l\u2019abondance des sujets traités, des méthodes d\u2019exploration décrites, des données numériques et de l\u2019illustration qui comprend 75 figures, l\u2019ouvrage ne comporte que 291 pages.Le lecteur est ainsi assuré de trouver dans un minimum de place le maximum de documentation.Ce livre lui permettra de faire le point des grands problèmes de chimie physiopathologique et d\u2019y intégrer dans l\u2019avenir toutes les données nouvelles qui apparaîtront dans l\u2019axe de cette évolution médicale.Traité des urgences en chirurgie, par P.POILLEUX et R.CHABRUT, avec la collaboration de A.Germain, Cl.Houdard, CI.Frileux et B.Pertuiset.Deux vol.totalisant 1 322 pages, avec 1 101 fig.Brochés: 8.000 fr.: cartonnés toile: 9.500 fr.\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1956.Bien que la tendance actuelle soit à la spécialisation dans une branche de l\u2019art chirurgical, il n\u2019est pas possible d'arriver à la segmentation totale de la chirurgie, sauf peut- être dans les très grandes villes.Aussi bien pour l\u2019opérateur isolé que pour celui des grands centres, il est un certain nombre de cas qui viendront toujours à lui sans triage: ce que l\u2019on est convenu d\u2019appeler les « Urgences ».Certes, sous ce vocable on décrit des choses bien différentes, mais dans l\u2019ensemble, il s\u2019agit de lésions ou de troubles traumatiques ou pathologiques, qui surgissent brusquement chez un sujet et mettent rapidement sa vie en danger.C\u2019est le traitement des urgences chirurgicales qui grève le plus les statistiques opé- L'Union Méd.Canada LIV Tome 85 \u2014 Nov.1956.' Multi- ry 2 2\u201d 0 1.2.3 Il a été démontré en clinique Comprimés que l\u2019administration simultanée d\u2019antacides et de prednisone ou de prednisolone augmente les avantages thérapeutiques de celles-ci en minimisant les incidents SR gastriques.2.5 mg.ou 5 mg.de prednisone ou de prednisoione avec 50 mg.de trisilicate de magnésie et 300 Bibliographie: 1.Boland, E.W.J.A.M.A.160:613, (February 25,) Coflydeltra 1956.2.Margolis, HLM.ef al, mg.d'hydroxyde Dohme J.A.M.A.158:454, (June 11,) 1955.S olumine desséché.Merck Sharp & on 3.Bollet, AJ.et al, J.AM.A.158: Division de Merck & Co.Limited 159, (June 11,) 1955.Montréal 30, Qué.\u201cCO-DEITRA\" et \u2018CO-HYDELTRA sont des marques de commerce de Merck & Co.[LIMITED 1344 ratoires.Loin des vues d\u2019autrefois, l\u2019urgence ne peut plus être «artisanale ».Il faut, au contraire, pour s\u2019efforcer de diminuer la mortalité, que les « urgents » soient traités dans des centres bien organisés où le chirurgien, autrefois isolé, est secondé par une «équipe », capable d\u2019étudier, de traiter, tous les troubles biologiques ou traumatiques qui constituent l\u2019état d\u2019un blessé en urgence.Cet ouvrage prend la suite de la célèbre « Chirurgie d'urgence» de Lejars, et a été rédigé dans le même esprit; mais de même que le chirurgien n\u2019est plus le seul élément de l\u2019équipe nécessaire au traitement d\u2019une urgence, de même il n\u2019a pas paru possible de confier à un seul auteur la rédaction totale d\u2019un ouvrage touchant à tant de sujets.C\u2019est pourquoi une équipe a été constituée qui a travaillé, sous la direction d\u2019un disciple de Lejars, le professeur Brocq, comme si elle représentait un tout.Le but essentiel de l\u2019étude est d\u2019apporter aux chirurgiens praticiens, comme aux chirurgiens des grands centres, tous les éléments nécessaires: symptômes, examens de laboratoire, indications thérapeutiques, techniques, pour aboutir au traitement correct de chaque cas urgent que l\u2019exercice de leur profession leur fait rencontrer.\u2014 L'aspect clinique est naturellement réduit; certains symptômes seuls sont retenus, car ils constituent les éléments majeurs d\u2019un diagnostic précis.REVUE DES LIVRES L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Nov.1956 \u2014 Les troubles présentés par le traumatisé, les déséquilibres humoraux et électrolytiques, sont étudiés dans chaque situation particulière, en insistant sur les moyens simples pour les apprécier, sur les conséquences qu\u2019ils peuvent avoir, sur la thérapeutique qu\u2019il faut leur opposer.\u2014 Les indications thérapeutiques ont été l\u2019un des soucis majeurs des auteurs; c\u2019est là, en effet, l'aspect de l\u2019urgence le plus utile pour le médecin.Les auteurs se sont efforcés d\u2019apporter dans cette rédaction le plus de clarté possible, en faisant appel chaque fois que cela était possible à des observations concrètes.\u2014 Les techniques ne sont pas toutes décrites.Seules ont été détaillées, expliquées, précisées, les techniques opératoires qui semblent le mieux adaptées aux faits décrits.\u2014 Enfin les auteurs ont insisté sur les soins post-opératoires, dont le rôle est si important et qui ont été malheureusement, jusqu\u2019à ces dernières années, assez négligés par les chirurgiens.Tome I.\u2014 Généralités (125 p.).\u2014 Tête (118 p.).\u2014 Conduit laryngo-trachéal.Pharynx.Oesophage (54 p.).\u2014 Thorax (66 p.).\u2014 Abdomen (327 p.).\u2014 Tome II.\u2014 Organes génitaux de la femme (87 p.) \u2014 Appareil urinaire (64 p.).\u2014 Rectum et anus (28 p.).\u2014 Les hernies étranglées (58 p.).\u2014 Rachis (16 p.).\u2014 Membres (325 p.).\u2014 Index alphabétique (8 p.). L'Union Méd.Canada LV Tome 85 \u2014 Nov.1956 Quand l\u2019ulcère gastro-duodénal pose un défi au thérapeute .il faut choisir la meilleure arme! AMPHOJEL S-A ANTI-ACIDE * ANTI-SECRETOIRE * ANTISPASMODIQUE ANTI-TENSION L\u2019'AMPHOJEL S-A constitue un traitement médical complet de l\u2019ulcère gastro-duodénal.Cette préparation de formule rationnelle neutralise l\u2019hyperchlorhydrie, inhibe la sécrétion gastrique et l\u2019hypermotilité et entraîne une légère sédation du malade.Cette médication à l'AMPHOJEL S-A favorise la cicatrisation et, en outre, libère le malade de ses symptômes durant une période de 24 heures complète.La formule comprend: l\u2019'AMPHOUJEL, anti-acide qui agit par son double gel et dont le temps a démontré la valeur; le méthylbromure de scopolamine, nouveau et actif parasympatholytique; et le butabarbital, sédatif d\u2019action intermédiaire.Ordonnance obligatoire SOUS fe orme / l qui de « « .présenté: en flacons de 12 onces lig.et de 1 gallon imp.formule: Composition de L\u2019'AMPHOIJEL S-A par 10 c.c.(2 cuillerées à thé): Butabarbital.0.16 mg.(Ya gr.) M¢éthylbromure de scopolamine.2.5 mg.dans le gel d\u2019alumine Wyeth sous forme de comprimés.présenté: en flacons de 100 et de 500 comprimés formule: Composition de l'AMPHOJEL S-A par comprimé (ou l\u2019équivalent de ! cuillerée à thé (5 c.c.) Butabarbital .0 2 Lada een $ mg.(% gr.) Méthylbromure de scopolamine.1.25 mg.Gel d\u2019alumine desséché.ee 5 grs.traitement global | 722 | de l\u2019ulcère gastro-duodénal H MARQUE DÉPOSÉE WALKERVILLE, ONTARIO WINNIPEG - MONTRÉAL - VANCOUVER \u201cL'Union Médicale\u201d en 1887 L'albuminurie physiologique.Novembre 1887.La question de l\u2019albuminurie dite physiologique a, dans ces dernières années, sérieusement occupé l\u2019attention des pathologistes.Il était naguère assez généralememt admis que, dès lors que la présence de l\u2019albumine était positivement constatée dans l\u2019urine, on devait toujours porter un pronostic sérieux, quel que fut d\u2019ailleurs l\u2019état de santé apparente du sujet.De nouvelle recherches et de nouvelles études ont cependant contribué à adoucir la rigueur de ce pronostic, et l\u2019on a cru pouvoir établir l\u2019existence de cas caractérisés par une albuminurie transitoire, aiguë ou accidentelle, sans durée fixe, disparaissant tantôt au bout de quelques mois, tantôt au bout de quelques années, et très souvent intermittente dans sa marche.Poussant plus loin leurs conclusions, certains auteurs, très autorisés du reste, ont même affirmé que beaucoup de ces cas d\u2019albuminurie se montrant chez des individus sains, n\u2019offraient absolument aucune gravité, l\u2019albuminurie était alors purement physiologique et, partant, tout à fait négligeable.Jusqu\u2019à quel point ces vues optimistes étaient- elles justifiées par les faits?C\u2019est ce que nous ne voulons pas entreprendre de démontrer.Dans un article de la Revue de Médecine du mois d\u2019avril dernier, M.le docteur Dubreuil, de Bordeaux, laissant de côté les cas où la quantité d\u2019albumine est vraiment infinitésimale, étudie ceux où il existe une albuminurie nettement appréciable par la chaleur et par l\u2019acide nitrique, et plus particulièrement les cas dits d\u2019albuminurie intermittente.Il distingue, à ce propos, trois groupes de faits, trois types d\u2019albuminurie chez les gens bien portants: albuminuries transitoires, aiguës ou accidentelles, albuminuries chroniques sans périodicité nette, et albuminuries intermittentes périodiques.A ces trois séries de cas, il applique le nom d\u2019albuminuries essentielles, et admet que ces sujets albuminuriques, tout en n\u2019étant pas généralement des malades au sens ordinaire du mot, sont cependant presque tous désignés comme ayant une santé délicate; quelques-uns présentent les caractères du tempérament lymphatique; plus souvent ils sont nerveux ou bilieux; ils présentent aussi des troubles digestifs.Il semble donc ressortir de ce qui précède que ces sujets, s\u2019ils ne sont pas positivement malades, ainsi qu\u2019on veut le faire croire, ne se portent pas non plus tout À fait bien, sinon de par une affection nettement caractérisée, du moins de par une prédisposition dont il est impossible de ne pas tenir compte.Or, quel sera le pronostic?«En général, dit M.Dubreuil, le pronostic n\u2019a pas d\u2019autre gravité que celle des symptômes concomitants qui peuvent être assez pénibles, mais il reste un point noir à l\u2019horizon.L\u2019albumimurie peut indiquer une certaine faiblesse du rein qui ne pourra pas résister aux causes de népthrite les plus banales.Les expériences de Semmola paraissent démontrer que le seul fait de sécréter de l\u2019albumine est, pour le rein, une cause d\u2019irritation suffisante pour amener des lésions graves.» Ce point noir à l\u2019horizon indique assez que le pronostic devra, à tout événement, être réservé.Encore qu\u2019il ne soit pas nécessaire de croire tout perdu, au moins faut-il se tenir sur ses gardes et ne pas affecter une assurance que l\u2019avenir pourrait bien cruellement démentir.Les compagnies d\u2019assurance sur la vie sont en général très méticuleuses sur le point en question, et n\u2019admettent aucun risque entaché d\u2019albuminurie, celle-ci se montrât-elle chez un sujet parfaitement bien portant du reste.Pour Johnson, enfin, toutes les albuminuries dites physiologiques sont des néphrites latentes.M.le professeur Semmola, de Naples, cité plus haut par M.Dubreuil, a attiré l\u2019attention sur cette question de l\u2019albuminurie, au Congrès de Washington, en septembre dernier, et a donné les conclusions suivantes qui pour lui résument la question en litige: 1.L\u2019albuminurie soi-disant physiologique ne saurait être considérée comme telle, attendu que, à l\u2019état normal type, les principes albuminoïdes ne sont pas éliminés hors de l\u2019organisme.T1 doit toujours être question d\u2019un état pathologique, ou, si l\u2019on veut, d\u2019une condition toujours anormale.Ce peut être quelque chose de bien léger; le sujet peut croire être en parfaite santé, mais l\u2019élimination de l\u2019albumine par les reins indique toujours un certain manque d\u2019équilibre contre l\u2019indigestion et l\u2019excrétion des matières albuminoïdes.9.Les faits établis jusqu\u2019ici, concernant l\u2019augmentation de la pression sanguine, ne peuvent être regardés comme concluants, parce qu\u2019ils sont basés sur des désordres fonctionnels graves.siégeant en des organes autres que les reins.3.Les maladies du coeur les plus graves, & leur période de non-compensation.bien que s\u2019accompagnant toujours de stase sanguine dans le rein.ne sont pas invariablement compliquées d\u2019albuminnrie. L'Union Méd.Canada LVI Tome 85 \u2014 Nov.1956 plus efficacement PUISSANT NEUTRALISANT ANTIACIDE FORMULE: Composition de chaque pastille: EBSOGEL: Carbonate de calcium.oo 250 mg Soulagement rapide, prolongé et sir.Carbonate de magneésie.250 mg _ Neutralise deux fois plus d'acide Hydrate d'aluminium.chlorhvdrique que les antiacid Gel.sèche.100 mg ydriq que les antiacides absorbants connus.POSOLOGIE: Une ou deux pastilles apres les repas.Laisser fondre dans \u2014Et pourtant le pH ne s\u2019éloigne jamais de la normale physiologique.] uche encore mas- : a bouche, ou : « La saveur d'une pastille de menthe.tiquer.(Ebsogel existe cgalemen « Se mastique, ou encore, fond lente- liquide.Poso- sous \u201corme liquide.
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