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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
jeudi 1 juillet 2021
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2021, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXVIII, n?09 Montréal, 1er juillet 2021 « Ils sont là pour me soutenir.Y\u2019en a qui se confient à moi.Ils passent des moments durs eux autres aussi.Autant ils peuvent nous aider, autant on peut les aider.Ça marche des deux côtés.» Jean-Drapeau Lionel-Groulx Jean-Talon 80 Avenue du Parc 711 Parc-du-Mont-Royal / Oratoire Place-des-Arts Place-d\u2019Armes Pie-IX 55 Saint- Laurent 715 Vieux-Montréal / Vieux-Port Tellement Montréal Camelot n° 0495 \u2022 Âge 60 ans Point de vente Métro Bonaventure et Masson / 3e avenue L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Daniel Prince Par Marie Brion ?Bénévole à la rédaction CARLA BRAGA L e parcours de Daniel est semé d\u2019embûches.Il trébuche, tombe, parfois il faut qu\u2019il aille jusqu\u2019au fond du baril avant de remonter.Sa capacité à rebondir lui permet alors de se reconstruire.Son enfance s\u2019est déroulée sans accroc.Il est le troisième d\u2019une famille de garçons.Ses parents se sont séparés quand il avait trois ans.Il a été élevé par sa mère.Il a une passion pour la natation.Il s\u2019entraîne cinq jours par semaine, deux heures par jour.À 18 ans, il est parti travailler à la Baie-James quelques mois.De retour dans la région de Laval, il a flambé tout l\u2019argent qu\u2019il avait gagné.Sans ressource, il a commencé à faire des mauvais coups et des séjours en détention.Sous l\u2019influence de trafiquants, il consommait et vendait de la drogue.« J\u2019étais une marionnette pour eux autres, même encore aujourd\u2019hui j\u2019ai d\u2019la misère à dire non.» Ça s\u2019est terminé dans la drogue dure et par une fusillade dans la rue, une chicane entre deux pushers.La police est intervenue et lui a demandé de quitter la ville.Il a perdu son logement et s\u2019est retrouvé à Montréal.« J\u2019me suis ramassé à l\u2019Accueil Bonneau, jamais j\u2019aurais pensé descendre aussi bas.» Il a passé quelques mois à la Maison du Père où il a rencontré un résident qui travaille à L'Itinéraire.Il y a 15 ans, le premier jour, il a vendu cinq revues en cinq minutes devant l\u2019hôpital Saint-Luc.« J\u2019ai pogné la piqûre tout de suite.J\u2019ai ramassé mon argent.La sœur de l\u2019Accueil Bonneau m\u2019a envoyé louer une chambre.Depuis ce temps-là, je ne suis jamais retourné dans l\u2019itinérance.» Depuis peu il a été élu représentant des camelots.Il travaille aussi à la distribution des magazines et siège au conseil d\u2019administration de l\u2019organisme.« Pendant la pandémie, j\u2019suis tombé en dépression, raconte-t-il.J\u2019faisais rien.Avec le support des intervenants, il a pris les moyens pour s\u2019en sortir.« J\u2019ai eu le courage de consulter à temps, avant même que je sois obligé de prendre une médication.» Pour l\u2019avenir, Daniel espère un retour à une vie normale au centre- ville d\u2019ici deux ans.Ce printemps, il a recommencé à vendre au métro Bonaventure.Ses clients sont importants pour lui. RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! À lire en page 12, l'excellent article de Karine Bénézet qui rend hommage à Monsieur Paul, avec d'émouvants témoignages de camelots.* PAAS-Action : Programme d'aide et d'accompagnement social.On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement et de l\u2019impact social à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste responsable société LAURENT SOUMIS Journaliste-accompagnateur KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants CARLA BRAGA Création visuelle ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, DANIELA ARANIBAR, ÉMILE BÉRARD Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision Photos couvertures MONSIEUR PAUL : YVES GRÉGOIRE MÉNICK : DAVID HIMBERT ADMINISTRATION ESTELA SOLORZANO Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement et de l\u2019impact social ISABELLE LACHARITÉ et THOMAS WAYLAND Intervenants psychosociaux PIERRE TOUGAS Responsable du Café VANESSA TREMBLAY Chargée de projets \u2013 Distribution PROGRAMME MAISON RONDE MARILOU MAISONNEUVE Chargée de projets NATANAËL BÉGIN-PAUL DENIS DI TOMASSO Coordonnatrice/coordonnateur à la formation des participants MAUREEN DUMANS JEANNE MARION Intervenantes CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs MIVILLE TREMBLAY EMNA BRAHAM SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire DANIEL PRINCE - Représentant des camelots VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Pourquoi une édition tête-bêche avec deux pages couvertures ?C\u2019est bien simple, on voulait consacrer notre Une à une personne que nous tenons tous et toutes en très haute estime, ici à L\u2019Itinéraire : Monsieur Paul.Paul Bergeron est notre cuisinier au Café de L\u2019Itinéraire.Du moins, il le sera pour quelques jours encore.C\u2019est lui qui concocte de bons petits plats pour nos camelots et employés.Et contrairement à ses homologues en établissements, la planification des repas se fait le jour où il reçoit les denrées de chez Moisson Montréal en début de chaque semaine.C\u2019est toujours à la fortune du pot ! Monsieur Paul fait toujours preuve d\u2019imagination et de débrouillardise avec ce qu\u2019il trouve dans les bacs que lui rapporte Pierre Tougas, le responsable du Café.Il diversifie les repas selon les arrivages de viande et de poisson.Il récupère les fruits et légumes rejetés, mais qui sont encore parfaitement bons.Il prépare les mets chauds ou à congeler tout en supervisant et en dispensant des instructions aux participants PAAS-Action* dont il a la charge.Il gère les aliments efficacement et s\u2019assure qu\u2019il n\u2019y a pas de pertes.Il fait ça cinq jours par semaine, de 7 h 30 jusqu\u2019à 15 h et parfois même jusqu\u2019à 17 h\u2026 Et, vous l\u2019ai-je mentionné ?Il fait ça tout à fait bé-né-vo-le-ment ! Et ce, depuis 10 ans ! Mais Monsieur Paul s\u2019en va, à notre plus grand désarroi, bien que nous comprenons tous sa décision.Un retraité qui prend sa retraite Monsieur Paul a fait carrière pendant des décennies comme inspecteur en aliments pour le gouvernement fédéral.Une fois la retraite venue, il cherchait une façon de s\u2019occuper.C\u2019est donc en 2011 qu\u2019il est venu cogner à la porte de L\u2019Itinéraire pour donner un coup de main à la cuisine.De fil en aiguille, c\u2019est lui qui assumera le contrôle des fourneaux.La cuisine, qu\u2019on nommera désormais « Le Café chez Monsieur Paul », c\u2019était son fief.En pré-pandémie, il préparait des petits déjeuners copieux pour les camelots pour leur permettre de bien débuter leur journée de vente et les sustentaient à l\u2019heure du lunch, lorsqu\u2019ils rentraient au bercail.Et pendant le confinement, il leur a préparé de plats congelés pour emporter, confectionnés avec amour.Il les a tous connus, les camelots et les a aimés aussi.Et ceux-ci lui ont bien rendu, avec le même respect et les mêmes égards qu\u2019il a eus pour eux.Vous l\u2019avez peut-être vu, le mois dernier à l\u2019émission l\u2019Épicerie ?Johane Despins et son équipe sont venus l\u2019interviewer et n\u2019ont pas manqué de souligner la générosité de cet homme exceptionnel.Je lui ai dit, à notre Monsieur Paul, qu\u2019on avait brisé le moule quand il est venu au monde.« Non, m\u2019a-t-il répondu, mon père, ma mère, mon frère et ma sœur, on est tous comme ça ».Pour lui, c\u2019est tout à fait normal.Paul Bergeron a dit que son engagement auprès de L\u2019Itinéraire faisait partie de son « projet de vie ».« Je me suis dit que je consacrerais 10 ans à faire quelque chose et à bien le faire », dit-il.Tu te trompes, Paul.Tu ne l\u2019as pas bien fait, tu l\u2019as fait de façon admirable ! Merci Monsieur Paul, merci pour ce bel exemple de vie.1er juillet 2021 Volume XXVIII, no 9 Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Un homme d'exception Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Mots de lecteurs P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Merci pour tout ! Milton Fernandes À la une 1er juillet 2021 Volume XXVIII, no 09 Mots de camelots Mots de camelots 3 Zoom sur Daniel Prince 9 Denis Bourgeois 9 Nicole Giard 9 Roger Perreault 11 Samir Halaima 11 Cécile Crevier 11 Joseph Clermont Mathurin 24 camelots ont participé à cette édition 5 12 Laurent Soumis et Jean-Claude Nault Karine Bénézet Le 8  juin dernier, Jean-Claude avait rendezvous Chez  Ménick, « le barbier des sportifs », qui, depuis 62 ans, coiffe toutes les vedettes du Canadien de Montréal et du sport en général, de Serge Savard à Guy Lafleur.Monsieur Paul part.Il laisse derrière lui une cuisine nette, bien organisée ; prête à accueillir celui ou celle qui saura y faire son nid.Par là même, c'est dans la mémoire collective de l\u2019organisme qu'il laissera sa trace.Hommage à notre cher cuisinier bénévole qui a consacré 10 ans de sa vie à L'Itinéraire.8  Rond-point international 10  Dans l\u2019actualité Une initiative bien à propos Laurent Soumis 16  Société 5 pistes de solutions à la crise du logement Alexandra Guellil 22  Le logement social, vu de l'intérieur Roger Perreault avec la collaboration de Karine Bénézet et Alexandra Guellil 25  Détente 4 Agathe Melançon 4 Marc Sénécal 4 Suzanne Leblanc 3  Chronique Les hauts et les bas d'une diva Linda Pelletier 12  Art Namron 13  C\u2019t\u2019encore drôle Florence Nadeau 14  En toute liberté Les joies de mon déconfinement Mathieu Thériault 17  Stagiaire La Presse Le Montréal de Roger Roger Perreault 20  Stagiaire La Presse Michel Langevin, artiste à part entière Siou Mon ami Jean-Pierre J\u2019ai connu Jean-Pierre comme voisin en juillet 2001.J\u2019étais sur mon balcon et il rénovait le logement à côté de chez nous.Il est monté, je l\u2019ai regardé, il m\u2019a dit son nom et qu\u2019il travaillait pour la propriétaire pour les rénovations.Je lui ai demandé s\u2019il pouvait peinturer ma chambre.Il m\u2019a rendu beaucoup de services.À l\u2019époque je n\u2019avais pas le câble.Il m\u2019invitait chez lui pour écouter le hockey.Il m\u2019invitait même à souper.Il me prêtait souvent de l\u2019argent pour me dépanner.Je lui ai remis tout le temps au début de l\u2019autre mois.Ça me coûte toujours de lui demander.Il m\u2019a déjà aidé à assembler mon système de son, à installer ma télé et des ailes sur mon vélo, à monter mon panier à roulettes pour faire les courses.Il a aidé deux fois mon amie Cybelle à déménager.Il m\u2019a trouvé un lit double et un micro-ondes et m\u2019a donné du linge.Il m\u2019a fait des cadeaux à Noël et à ma fête.On a déjà été avec un de ses amis, Marco, au Festival de jazz.Il m\u2019a déjà amené chez des amis à lui pour faire des sorties.Il m\u2019engageait pour faire des petits travaux et il me payait.Il venait me chercher le matin et m\u2019amenait au Mc Do ou au Tim Horton pour prendre un sandwich et un café.Quelque fois c\u2019est moi qui payais.Il travaille dans la construction.Il est rendu à 66 ans et travaille encore.Il a déménagé à Joliette maintenant.Je l\u2019ai aidé à déménager.On reste encore en contact, on s\u2019appelle.J\u2019ai déjà été le voir à Notre-Dame-de-Lourdes.Il m\u2019a fait piloter une bécane à quatre roues.En 2008 j\u2019avais des problèmes avec la justice.Il m\u2019a sorti du trou en parlant au procureur de la Couronne, sinon ils m\u2019auraient gardé plus longtemps.On a passé bien du bon temps ensemble.Il est très généreux et compréhensif.Ça fait 20 ans qu\u2019on est des amis.Des amis sincères pour la vie.Pour moi il est comme un grand frère.DENIS BOURGEOIS CAMELOT JEAN-TALON / CHRISTOPHE-COLOMB Gros changement à Longueuil Depuis le 1er juillet, le dépanneur et la SAQ ont quitté la station de métro Longueuil.Ils veulent construire des condos en haut de la station.Ils vont donc démolir la passerelle et en faire une autre pour aller vers le fleuve.Il devrait y avoir un beau parc avec des bancs près de l\u2019eau.La construction va durer à peu près trois ans.Il va y avoir beaucoup de bruit à mon point de vente.Je vais me placer au bord de la pharmacie où il y a une entrée pour que le monde me voit.Je vends le magazine de 7 h 30 à 9 h 30.Je suis là pour ceux qui veulent me rencontrer.Après, en avant-midi, je vais à la Place des Arts rejoindre un ami.On se promène, on prend une marche jusqu\u2019à Berri.Je m\u2019achète une salade dans un restaurant de la Place Dupuis et je retourne manger au métro Longueuil.Ensuite, je me fais bronzer en arrière de la station où il y a les taxis.Vers 15 h 30 ou 16 h, je rentre à la maison.Je fais mon ménage et je regarde la télé.Une de mes amies m\u2019appelle tous les jours.Ça fait longtemps que je la connais, je l\u2019ai rencontrée au parc.Elle a le même âge que moi.Avant la COVID, j\u2019allais chez elle.On allait prendre une marche au Jardin botanique.On va peut-être reprendre nos activités bientôt.Je vais pouvoir aller retrouver mes amis.Cet été je vais aller au parc et j\u2019espère bien veiller tard.J\u2019attends qu\u2019il fasse chaud.Je souhaite que tout le monde soit vacciné ! NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL Anecdotes Je n\u2019ai jamais eu une vie très heureuse.Comme vous le constaterez par les quelques exemples présentés ici, ce ne fut pas toujours de la tarte.D\u2019abord, dès mon arrivée sur terre, en ouvrant pour la première fois les yeux \u2014 dont un se foutait allègrement de l\u2019autre \u2014 je vis mon père, sidéré, regarder ma mère avec un douloureux air de regret.Il lui a susurré : « Ma pauvre vieille, vraiment, je suis désolé.J\u2019aurais dû pratiquer un peu plus souvent avant de te faire une affaire semblable.» C\u2019était déjà toute une entrée en matière.Je n\u2019ai commencé à parler qu\u2019à l\u2019âge de cinq ans.Pour ça, mes parents étaient heureux.Ils n\u2018avaient pas à répondre à mes questions car ils ne pigeaient pas le moindre mot de ce que je racontais.Pour illustrer, vers sept ans, à Noël, on présentait aux parents de notre classe un petit spectacle.Moi, je me commis à déclamer : « Une baffle de Fallontaine, La Figale et la sourmi.» Quel succès ! Trois personnes furent hospitalisées, étouffées de rire de mes problèmes de diction.L\u2019une d\u2019elles étaient ma mère, étouffée\u2026 de honte.Plus tard, j\u2019ai obtenu \u2014 personne n\u2019a la moindre idée comment \u2014 un poste de lecteur des nouvelles du sport dans une station de télévision.Je me suis lancé hardiment et, à la fin de mon premier bulletin fait sans heurt, ni « fabouillage », la catastrophe est bien sûr survenue.Le cameraman qui faisait aussi office de régisseur me donna le décompte de la fin puis fit le signe universellement connu (sauf de moi à cette époque), de couper.Et pour couper, j\u2019ai coupé.L\u2019ennui ?J\u2019étais au beau milieu d\u2019une phrase.Vous dire que le directeur de la station en a lui aussi eu le souffle coupé, c\u2019est peu dire.Mais en conclusion je ne m\u2019en fais pas trop car comme le dit Renaud, « la souffrance c\u2019est rassurant, ça prouve que tu es vivant ! » P.-S.Précisons que ces anecdotes sont vraies.ROGER PERREAULT DISTRIBUTION Traduction Alexandra Guellil itineraire.ca 9 1er juillet 2021 ITALIE Oui au tourisme durable ! Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Rio- maggiore sont cinq petits et spectaculaires villages situés sur la côte de la Riviera italienne sur le territoire du parc national des Cinque Terre.Pendant plus de mille ans, les habitants de la région étaient des vignerons, des producteurs d\u2019huile d\u2019olive, ou des agriculteurs.Dans les années 1980, la construction d\u2019un réseau routier reliant les villages et le port de La Spezia, la capitale de la province, a permis de développer le tourisme.Ceci combiné au fait que la zone a été désignée site du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO lui donnant ainsi la possibilité d\u2019être visitée par 2,5 millions de touristes chaque année.Pour éviter le tourisme de masse, plusieurs autres villes sont choisies pour promouvoir un tourisme durable en mettant en avant les avantages de la région.Par exemple, lorsque la ville de Dubrovnik, en Croatie a fait face à la menace de l\u2019inclusion de son château au patrimoine, les autorités ont décidé de réduire le nombre de visiteurs à 4000 par jour, d\u2019annuler les plans d\u2019extension du port et d\u2019interdire l\u2019accostage de plus de deux navires de croisière par jour.Le gouvernement de Florence a réagi au supertourisme en imposant des amendes allant jusqu\u2019à 500 euros pour avoir mangé assis sur le trottoir.En d\u2019autres termes, le tourisme peut être à la fois une bénédiction et une malédiction : bien qu\u2019il apporte de l\u2019argent aux communautés, il peut exercer une pression sur les ressources et entraîner la dégradation de sites historiques.(Shedia / INSP) T H E H U M B L E C O | U N S P L A S H L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.KENYA Sauver les forêts sacrées Vêtue d\u2019une couronne de coquillages cauris et d\u2019insignes traditionnels, Hillary Mwatsuma a entonné une prière aux ancêtres qui reposent à Kaya Kauma, l\u2019un des 45 villages forestiers sacrés dispersés le long de la côte sud du Kenya, depuis le 16e siècle.La canopée encerclant les anciens kayas, ou villages, protégeait autrefois la communauté Mijikenda contre les attaques des tribus ennemies, jusqu\u2019à ce que les habitants se déplacent vers les villages voisins dans les années 1940.Aujourd\u2019hui, les 200 kilomètres de forêts sont protégés en tant que demeures ancestrales de la communauté.Les arbres l\u2019aident à échapper aux effets néfastes des changements climatiques comme les inondations ou les glissements de terrain.« Ce sont nos lieux culturels et ils protègent la nature », explique Hillary Mwatsuma.Mais la communauté doit faire face à une nouvelle menace : celle des exploitations de carrières à proximité qui, selon les habitants et les chercheurs, polluent les sources d\u2019eau locales et pourraient un jour la forcer à quitter la région.« Nous nous inquiétons des conséquences sur notre kaya », ajoute Hillary Mwatsuma qui rappelle que le village descend vers la rivière Ndzovuni, dont la communauté dépend pour la pêche et l\u2019agriculture.Le secteur des mines et carrières valait plus de 67 trillions de shillings (769 millions de dollars CAN) en 2019, soit 0,7 % du produit intérieur brut du pays.(Reuters / INSP) V I C T O R O C H I E N G | C R E A T I V E C O M M O N S J\u2019ai adopté Mimi La première fois que je l\u2019ai vue, c\u2019était en 2016 dans le métro.Une vieille dame se tenait tout près de moi.À un moment donné, elle m\u2019a montré les cinq chatons qu\u2019elle transportait, des beautés extraordinaires.Tout de suite, j\u2019ai eu l\u2019idée d\u2019adopter l\u2019un de ces bébés.J\u2019ai commencé à parler avec la dame et elle m\u2019a dit que je pourrais avoir un des chatons.Déjà à ce moment-là, Mimi avait attiré mon attention avec sa jolie couleur, comme celle des siamois.Avant de partir, la dame m\u2019a laissé son numéro en me disant de lui téléphoner si je souhaitais vraiment adopter un chaton.Quelques jours après cette rencontre, j\u2019ai joint la dame qui m\u2019a demandé de venir chez elle, à Laval, pour choisir un chaton.En entrant, j\u2019ai revu Mimi, une petite chatte, et j\u2019ai décidé que c\u2019était elle que je voulais adopter.La dame l\u2019a mise dans une petite boîte avec une couverture.En route vers chez moi, dans le métro, les gens ne cessaient de la regarder en disant : « Qu\u2019elle est belle ! ».De retour à la maison, j\u2019ai déposé la boîte et Mimi s\u2019est échappée.Elle est restée cachée pendant deux jours entiers.Le matin du troisième jour, c\u2019est elle qui m\u2019a réveillé.C\u2019était vraiment un sentiment extraordinaire : mon bébé commençait à m\u2019aimer.Et depuis ce jour, je l\u2019aime énormément.Je crois beaucoup en la zoothérapie.Avec Mimi, je ne suis plus seul.Elle a besoin de moi pour sa nourriture et pour ses soins et moi je suis heureux de m\u2019occuper d\u2019elle.Elle me fait beaucoup de bien et elle représente beaucoup pour moi.C\u2019est avec elle que je partage ma vie depuis maintenant cinq ans.SAMIR HALAIMA CAMELOT MONT-ROYAL / LANAUDIÈRE Mes vacances à Montréal On va passer l\u2019été à Montréal.On va arranger nos cours, planter des fleurs.Dans ma cour, j\u2019ai une table à pique- nique.Je vais manger dehors.Je peux mettre ma petite radio pour écouter la musique et me faire bronzer.L\u2019été je fais du vélo.J\u2019ai acheté un cadenas avec une chaîne pour ne pas me le faire voler.Je fais des tours sur la piste cyclable.Plusieurs vont s\u2019acheter une piscine.Il y en a aussi qui travaillent comme moi.J\u2019aime mieux travailler, même l\u2019été.Je n\u2019aime pas rester à la maison, je m\u2019ennuie à faire du ménage.Il faut que je vois des gens.Je suis comme ça depuis que je suis à L\u2019Itinéraire.À Montréal j\u2019aime me baigner à la piscine, aller au Dairy Queen prendre un milkshake ou un banana split.Je vais faire des pique-niques dans les parcs.Je veux renouveler ma garde-robe, c\u2019est un de mes projets.J\u2019ai engraissé un p\u2019tit peu pendant la pandémie.Je veux perdre un peu de poids.Je veux aller au Vieux-Port et voir des spectacles, écouter de la musique, aller au cinéma, aller visiter le Jardin botanique.J\u2019aimerais passer un week-end en campagne, louer un motel, mais ça prend de l\u2019argent.J\u2019espère que d\u2019ici septembre la vie va reprendre son cours normal.CÉCILE CREVIER CAMELOT MORGAN / SAINTE-CATHERINE Bénévoles, merci ! J\u2019en connais beaucoup qui font du bénévolat, qui ne sont pas rémunérés, qui sont toujours là, à l\u2019heure.Ils nous accueillent avec un sourire et ils nous remercient pour un sourire.Y\u2019en a qui font un jour par semaine, y\u2019en a d\u2019autres qui font quatre jours, d\u2019autres à temps plein.Faut avoir du courage et un bon cœur.J\u2019en ai déjà fait du bénévolat quand j\u2019ai commencé à être dans la rue.Je servais des repas à l\u2019Accueil Bonneau.Il y a des fois où certains m\u2019envoyaient promener, me criaient après ou riaient de moi.C\u2019est peut-être ça qui m\u2019a fait changer.Avant je leur répondais à ma façon ! Ça m\u2019a fait comprendre que ce n\u2019est pas moi qui avais un problème, c\u2019est les autres.Avant j\u2019étais un lion, maintenant un petit oiseau ! Je commençais à 7 h le matin et finissais à 11 h, cinq jours par semaine.Tout cela m\u2019a sorti de la rue avec des bons contacts.À ce moment-là, j\u2019ai couché dehors sous le pont Jacques-Cartier pendant une couple de mois.Si j\u2019avais la pleine forme encore aujourd\u2019hui, je ferais encore du bénévolat.L\u2019esprit veut, mais le corps ne peut plus.Je remercie les bénévoles pour leur patience et leur courage.En particulier, Jean- Marc, bénévole au CHUM et les autres bénévoles de l\u2019hôpital qui m\u2019ont aidé durant mon récent séjour.Il y a aussi Paul, bénévole à la cuisine de L\u2019Itinéraire, Marie, bénévole à la rédaction (qui m\u2019aide à rédiger ce billet) et les autres.J\u2019en connais pas mal.Comme les bénévoles de Moisson Montréal et tous ceux qui travaillent dans la nourriture pour les sans- abri, ceux qui s\u2019occupent des personnes handicapées (atteintes d\u2019Alzheimer, de démence\u2026), les aidants naturels.Il faut qu\u2019ils soient patients.Bravo et félicitations à tous les bénévoles du Québec ! JOSEPH CLERMONT MATHURIN CAMELOT DORION / SAINTE-CATHERINE Adam Mongrain Directeur général du Registre des loyers citoyen Le registre est le projet principal d\u2019un organisme nommé La Base qui veut, grâce à de nouvelles plateformes, améliorer « la qualité de vie » des Montréalais.À terme, « nous voulons que le registre contienne tous les loyers du Québec pour être en mesure de lutter de façon pérenne contre les hausses abusives ».Un outil au service des locataires « On veut que les gens cessent d\u2019être des victimes, souligne Adam Mongrain.Le seul recours au registre ne va pas endiguer à lui seul la crise du logement.Mais les locateurs peuvent devenir des acteurs et influencer le cours du marché.L\u2019 interaction avec le registre forme des citoyens avertis.» Jusqu\u2019à maintenant, le registre a reçu « un immense soutien du public ».Durant la période de mise au point (de janvier à juin), le registre a reçu 6143 inscriptions.Une semaine après son lancement officiel le 9 juin dernier, 2500 nouvelles inscriptions se sont ajoutées.« Ça dépasse de loin toutes nos attentes.» Trois options L\u2019inscription au registre ne prend qu\u2019une trentaine de secondes et est tout à fait gratuite.Sur la page d\u2019accueil, trois actions sont proposées.Le bouton « Ajouter votre loyer au registre » permet d\u2019inscrire l\u2019adresse et le montant de votre loyer ou de vos précédents logements.En appuyant sur le bouton « Vérifier le prix d\u2019un loyer dans le registre » on obtient des informations sur une adresse précise.Enfin, le bouton « Explorer la carte » vous en apprend un peu plus sur le niveau des loyers pratiqués dans un quartier donné.Il n\u2019y a « aucun danger » pour ceux qui s\u2019inscrivent au registre, assure-t-on.« La plateforme est complètement sécurisée.Les informations soumises le sont de façon anonyme.S\u2019 ils le désirent, les contributeurs peuvent accepter de partager plus d\u2019 informations avec un nouveau locataire.» Le retour du balancier S\u2019il ravit les regroupements de locataires, le registre soulève l\u2019ire de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).« La réaction est très négative, note Adam Mongrain.Mais la CORPIQ ne parle pas nécessairement au nom de tous les propriétaires du Québec.Il y en qui soutiennent notre projet et qui se sont inscrits au registre.» Longtemps, la CORPIQ n\u2019a pas eu de scrupule à partager les informations de crédit sur les aspirants locataires et les plaintes déposées au Tribunal administratif du logement.La justice est certes publique, mais avec le nouveau registre, les loyers réellement pratiqués ne seront plus des secrets d\u2019alcôve.UNE INITIATIVE BIEN À PROPOS À tout vent, le gouvernement Legault répète qu\u2019il n\u2019y a pas de crise du logement.Et sa ministre de l\u2019Habitation, Andrée Laforest, qu\u2019il en coûterait trop cher de tenir un registre des baux pour empêcher les hausses abusives de loyer.Bien sûr, on ne peut pas forcer un aveugle à voir.Voilà que l\u2019initiative d\u2019un groupe de jeunes développeurs vient chambouler les règles d\u2019un marché locatif depuis longtemps déséquilibré.De son propre aveu, Adam Mongrain \u2014 l\u2019âme du tout nouveau registre des loyers citoyen \u2014 a fait tous les métiers.« Mais au cours des 10 dernières années, j\u2019ai cultivé un vif intérêt pour l\u2019habitation, explique-t-il.Je suis devenu obsédé par la façon dont on se loge.» En 2018, c\u2019est à lui qu\u2019on doit le site monloyer.quebec, une première tentative d\u2019établir un registre des baux.Il récidive aujourd\u2019hui avec une plateforme de données ouvertes beaucoup plus perfectionnée, à l\u2019adresse registredesloyers.quebec.La douteuse case « G » Théoriquement du moins, un propriétaire doit indiquer à la case « G » du bail le montant de loyer le plus bas payé au cours des 12 derniers mois.S\u2019il se voit demander un loyer supérieur au montant indiqué, un nouveau locataire peut demander une révision au Tribunal administratif du logement qui fixera le montant selon ses propres règles de calcul.Mais dans la vraie vie, à moins qu\u2019il ne demande au précédent locataire, le nouveau locataire ne dispose d\u2019aucun moyen de vérifier l\u2019exactitude du montant déclaré.Rien n\u2019empêche non plus un propriétaire peu scrupuleux de déclarer que le logement est vide depuis des lustres.D\u2019où l\u2019intérêt d\u2019un registre des baux.« À l\u2019origine, le registre devait être un moyen de prévenir les hausses abusives de loyer.Mais dans les circonstances actuelles, c\u2019est plus un moyen de réagir à la crise du logement.» Un pied de nez aux autonomistes Comme on l\u2019a vu lors des difficiles négociations Ottawa-Québec sur le logement social, le gouvernement autonomiste de la CAQ a toujours prétendu que l\u2019habitation était de compétence provinciale.L\u2019ironie veut que le nouveau registre québécois des baux ait vu le jour grâce à des fonds fédéraux versés par la Société canadienne d\u2019hypothèque et de logement (SCHL).« Nous avons remporté une bourse de développement dans le cadre d\u2019un concours sur les données ouvertes, précise Adam Mongrain.Le projet a été financé au mérite.De façon générale, le gouvernement fédéral veut encourager le développement à travers le pays de plate- formes de données ouvertes.Nous proposons une utilisation productive de ces données.» Laurent Soumis itineraire.ca 11 1er juillet 2021 itineraire.ca 10 1er juillet 2021 DIANE CURADEAU CAMELOT METRO VERDUN MANON F ORTIER CAMELOT VILL AGE CHAMPLA IN ET MÉTRO H ONORÉ- BEAUGRAND BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY Si Monsieur Paul était un mets, il serait une mignardise dont le mélange subtil de noisettes et de cacao adoucirait en une bouchée à peine la force de torréfaction d\u2019un bon arabica.Une « gourmandise » dont se délecte L\u2019Itinéraire, reconnaissant, depuis 10  ans.Mais Monsieur  Paul part.Laissant derrière lui une cuisine nette, bien organisée ; prête à accueillir celui ou celle qui saura y faire son nid.Par là même, c'est dans la mémoire collective de l\u2019organisme qu'il laissera sa trace.Il y a deux ans que le chef cuisinier du Café de L\u2019Itinéraire a annoncé son départ.Une nouvelle qui, après 10 ans aujourd\u2019hui à « piloter » bénévolement les activités de la cuisine, nous laisse encore pantois.On y croit sans y croire.Mais comme il le dit, calme et tout sourire : « C\u2019est ça la vie.Une personne part, une autre arrive ».Partir sans déranger Son départ, il l\u2019organise « sans déranger.Il faut savoir se retirer, pense-t-il, prendre moins de place » pour que la fin soit douce et facile.C\u2019est la raison pour laquelle Monsieur Paul, qui jour après jour veille à satisfaire les ventres affamés des camelots et gourmands de L\u2019Itinéraire, a réduit son temps de travail depuis plusieurs semaines.Chaque jeudi, il laisse donc « ses PAAS Action », les aide-cuisi- niers en réinsertion sociale de L\u2019Itinéraire, seuls, et en toute confiance.« C\u2019est bon que je ne sois pas toujours là », constate-t-il.Ils s\u2019habituent à mon départ.Ils sont plus ou moins inquiets de ça, alors je les rassure, mais ils sont déjà autonomes.» Monsieur Paul se reconnaît un petit côté « baby- boomer » par son sentiment « très très fort » d\u2019appartenance à L\u2019Itinéraire, raison essentielle de toutes ses années de service.Reste que son expérience passée lui fait dire que 70 ans est un bon âge pour quitter : « J\u2019ai remarqué que parfois, les personnes plus vieilles au travail sont bien fines, mais elles ne sont plus ben ben efficaces.Je ne voulais pas tomber là-de- dans ».De toute manière, cette « retraite » faisait partie de son plan de vie.« J\u2019avais pensé consacrer juste 10 ans à du bénévolat, de manière intensive.» Un plan établi depuis ses 60 ans qui ne l\u2019empêche pas d\u2019être là à 100 %, même à quelques semaines de son départ : « Je me dis : Ah ! Le 2 juin à L\u2019Itinéraire, je n\u2019en aurai plus d\u2019autres.Alors, vas-y, donne-toi ! Profites-en ! » J U L I E N B O I S itineraire.ca 1er juillet 2021 Journaliste, responsable de la formation Par Karine Bénézet 13 Le bonheur des uns fait le bonheur des autres Pourtant, satisfaire une soixantaine de camelots et employés qui mangent au Café n\u2019est pas toujours facile.Et travailler cinq jours par semaine à mi-temps \u2014 bénévolement \u2014 ne serait pas du goût de tous.Et pourtant.Lorsqu\u2019on lui demande ce qui lui plaît dans le bénévolat, il répond : « Le fait de ne pas être payé.Parce qu\u2019on n\u2019a pas le tracas de se dire : oh, ce que j\u2019ai fait aujourd\u2019hui ça vaut bien plus que le salaire que j\u2019ai gagné.Il n\u2019y a aucune notion de ça ».Encore un héritage familial : « Mes parents faisaient de l\u2019artisanat.Ils tissaient des catalognes qu\u2019 ils vendaient sur le marché.Mais ça ne se vend pas cher par rapport aux nombres d\u2019heures investies.Et ma mère me disait : si on faisait ça juste pour l\u2019argent, eh bien on ne le ferait pas.C\u2019est parce qu\u2019on aime ça qu\u2019on continue ».Bien sûr, l\u2019utilité sociale est importante.Une notion « résumée pas mal », pour Monsieur Paul qui décrit plutôt sa grande satisfaction dans le fait « d\u2019être à la hauteur de la tâche à réaliser » selon trois principes : « Faire les choses, les faire bien et dans le bon temps ».Mais l\u2019altruisme se positionne en tête de liste.Rien de moins étonnant lorsqu\u2019on le connaît.« Moi, je suis là pour faire plaisir aux autres, lance-t-il le regard pétillant.Et je me fais plaisir à travers ça.Un constat qu\u2019 il qualifie d\u2019« un peu égoïste », mais sans lequel il ne serait pas là.Bon vent, Monsieur Paul ! Des éloges, L\u2019Itinéraire en a à la pelle.D\u2019où l\u2019étau qui serrera le cœur de la grande famille lorsque Monsieur Paul partira ce mois-ci.Mais c\u2019est aussi de manière heureuse qu\u2019un bel au revoir lui sera adressé.Parce qu\u2019après toute une décennie à donner aux autres, c\u2019est à lui qu\u2019il consacrera ses prochaines années, à travers un projet plutôt étonnant : « Je veux faire des choses pour que mon cerveau soit toujours actif, c\u2019est comme une douceur que je lui donne.Alors mon projet, c\u2019est d\u2019apprendre le thaï.» Et comme en cuisine, rien n\u2019a été laissé au hasard : « Je voulais une langue dont je ne connais pas du tout la graphie, comme pour un enfant à qui on montre la lettre A et qui doit retenir que cette forme bizarre, c\u2019est un A.Je voulais aussi une langue que personne ne me presserait d\u2019apprendre.Parce que je suis un non compétitif et la pression, ça ne marche pas sur moi.Alors j\u2019en ai choisi une qui est trés peu parlée au Canada.» Un projet autodidacte étalé sur cinq ans à partir du moment où il prendra sa retraite de L\u2019Itinéraire.« J\u2019ai hâte ! », dit-il.Avant de rendre son tablier, Monsieur Paul emportera quelques souvenirs comme une photo de sa première équipe de cuisine, chère à son cœur, et celui des camelots, de leurs histoires de vie et surtout de leur résilience : « Je me suis toujours dit : \u201c ils sont vraiment forts.Je n\u2019ai pas de quoi me plaindre \u201d.Ces gens-là sont de beaux exemples.Ça, c\u2019est ce qui me marque le plus ».La 1ére équipe de cuisine de Monsieur Paul (3e à d roite).Tous portaient de faux nez et des lunettes no ires pour signifier l'égalité ent re eux tous.Le mythique Monsieur Paul La générosité de Monsieur Paul est tellement incroyablement illimitée, qu\u2019elle a souvent alimenté quelques mythes autour du personnage.Certains ont même imaginé, avec la plus grande sympathie du monde, qu\u2019il devait se racheter d\u2019une vie de délinquance passée pour être aussi bienveillant aujourd\u2019hui.Mais non.Aux dires du soi-disant « repenti », ce trait de personnalité est quasi-génétique chez les Bergeron : « Ma mère était une femme de tête, mais bien mesurée.Elle donnait une bonne portion aux autres, mais après, c\u2019était fini.Moi, c\u2019est un peu ça aussi.Les gens pensent toujours qu\u2019on est excessif, mais pas du tout.On donne juste beaucoup et une fois que c\u2019est fini, c\u2019est fini ».Du côté de son père, c\u2019est de sa bonne humeur et de sa force de travail dont il a hérité : « Mon père était journalier.Au début, cinq jours et demi par semaine.Il travaillait très fort.Mais il était toujours de bonne humeur et disponible.Je suis comme lui (rires) ».Personne ne pourrait démentir ces propos à L\u2019Itinéraire ! MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PARTICIPANT CUISINE YVON MASSICOTTE CAMELOT CH.CÔTE DES NEIGES ENTRE J.-BRILLANT ET QUEEN-MARY FRANCE LAP OINTE SAQ MONT-RO YAL/MENTANA SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTROS LIONEL-GROULX ET MONTMORENCY CÉLINE MARCHAND CAMELOT ÉPICERIE POIVRE ET SEL PROMENADE MASSON Y V E S G R É G O I R E A R C H I V E L ' I T I N É R A I R E J U L I E N B O I S itineraire.ca 1er juillet 2021 itineraire.ca 1er juillet 2021 15 14 itineraire.ca 1er juillet 2021 5 PISTES DE SOLUTIONS À LA CRISE DU LOGEMENT À Montréal, Laval, Longueuil et les autres grandes villes, il est de plus en plus difficile de se loger décemment avec un loyer abordable.Une recherche rapide sur certains sites spécialisés montre, qu\u2019en moyenne, un 4 ½ avec deux chambres fermées se loue entre 1200 $ et 1500 $ par mois.En plus de l\u2019augmentation des loyers, les reprises de possession menant à des évictions sont nombreuses.Et, bien souvent, les plus vulnérables, les personnes seules et les familles de la classe moyenne en payent le prix.Journaliste, responsable des dossiers société Par Alexandra Guellil 17 Il est dit que la situation du marché locatif est en équilibre lorsque le taux d\u2019inoccupation atteint 3 %.Dans la métropole, il avoisine actuellement les 2,7 %, selon les données de la Société canadienne d\u2019hypothèque et de logement (SCHL).Mais la crise du logement ne se traduit pas uniquement par le taux d\u2019inoccupation.L\u2019année dernière, même s\u2019il était à son plus bas en 15 ans, les loyers ont tout de même augmenté en flèche.Si d\u2019habitude le prix des loyers augmente plus rapidement en situation de pénurie de logements, cette année, avec la pandémie, la diminution du flux migratoire ou l\u2019enseignement à distance, c\u2019est le taux d\u2019inoccupation qui a augmenté.Bref, les logements disponibles sont hors de portée de la bourse d\u2019un grand nombre de ménages locataires qui se retrouvent pris au dépourvu.L\u2019Itinéraire a demandé à plusieurs acteurs de se positionner sur cinq pistes de solutions concrètes qui, mises ensemble, pourraient renverser la donne.C\u2019est la patate chaude qu\u2019on se renvoie et qui ne cesse de faire les manchettes.On en promet, on en réclame, on les attend, mais malgré toute la bonne volonté assurée, ils prennent du temps à sortir de terre.Pourtant, si l\u2019on parle de droit au logement, on parle forcément du fait de pouvoir occuper un logement qu\u2019on a la capacité de payer, sans hypothéquer d\u2019autres besoins essentiels.Pour Véronique Laflamme, porte-parole du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), « le logement social est une nécessité pour que le droit au logement soit une réalité pour les personnes qui n\u2019ont pas les moyens de se loger décemment sur le marché privé où les prix de vente et de location explosent ».Même avec des revenus moyens, nombreux sont ceux qui n\u2019arrivent plus à consacrer une juste part de leur budget à leur loyer.Cette juste part, c\u2019est le fameux 30 % du budget total d\u2019un ménage réservé au logement.Pour le FRAPRU, le logement social, hors marché privé, ne répond pas à une logique de profit et n\u2019alimente pas la spéculation immobilière.C\u2019est donc une alternative pour ceux qui ne peuvent pas se loger décemment sur le marché privé.« Du moment que l\u2019on recon- nait qu\u2019au Québec, le logement devient un droit et n\u2019est plus considéré comme une simple marchandise, il faut se donner les moyens pour que ce soit une réalité et le logement social est un élément clé pour que le droit au logement soit mis en œuvre », appuie Mme Laflamme.De son avis, le logement social est une composante essentielle du filet social québécois et on ne peut s\u2019en passer si l\u2019on souhaite en finir avec la crise du logement.« Ça prend un endroit où aller quand on est une femme victime de violence conjugale, illustre-t-elle, quand on n\u2019a pas le droit au crédit, quand on ne peut pas se payer un loyer trop cher ou quand on souhaite se sortir de l\u2019 itinérance.» Le logement social serait aussi une réponse adéquate pour certaines familles qui se cherchent un appartement de trois chambres, chose devenue de plus en plus rare sur le marché à moins de 2000 $ à 3000 $ par mois.« Pendant des années, les constructions réalisées ne répondaient pas à leurs besoins et quand c\u2019était le cas, c\u2019était des coopératives.Mais comme le logement social est sous-financé depuis des années, on n\u2019en a pas beaucoup » conclut, Mme Laflamme.L\u2019organisme tient scrupuleusement les comptes : 145 logements sociaux sous différentes formes (coopératives, OSBL) sont sortis de terre à Montréal au cours de la dernière année financière.Ceci alors même que l\u2019administration Plante avait comme objectif d\u2019en construire 6000 pendant son mandat.L\u2019ambition a été revue à la baisse lorsque le gouvernement Legault a prévu un budget suffisant pour créer 500 nouveaux logements sociaux pour l\u2019ensemble de la province.Dans cette guerre de chiffres balancés dans la sphère publique sans trop qu\u2019on en comprenne toujours le sens, il faut se souvenir qu\u2019en juin dernier, Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l\u2019Habitation du Québec, assurait que l\u2019engagement caquiste de construire 15 000 logements sociaux durant son mandat serait réalisé.Notons que depuis plusieurs années au Québec, le logement social représente aux alentours de 11 % du marché non privé sur l\u2019ensemble des logements locatifs.Et, selon la communauté métropolitaine de Montréal, dans les quatre dernières années, bien que les mises en chantier aient été importantes, seulement 7 % des projets locatifs étaient hors marché privé.En d\u2019autres termes : on construit des logements qui reviennent chers aux locataires.Petit bémol cependant, car pour que cette solution soit viable à long terme, on a suggéré de revoir le règlement d\u2019attribution des logements subventionnés \u2014 qui permet aux locataires de payer un loyer modéré en fonction de leur revenu \u2014 car il exclut certaines personnes vulnérables comme celles qui n\u2019ont pas de statut d\u2019immigration ou celles qui dépassent de peu la fourchette salariale, sans pour autant rouler sur l\u2019or.1 Créer du logement social 400 ménages étaient sans bail et ont été accompagnés par les services d\u2019aide au logement au 1er juillet 2020.À la même date, plus de 200 ménages locataires étaient déclarés sans logis sur l\u2019Île de Montréal et ce chiffre a augmenté tout au long de l\u2019année.Au début du mois de juin, le nombre de locataires ayant fait appel aux services d\u2019aide au relogement avait presque doublé par rapport aux chiffres de l\u2019année passée.Source : FRAPRU D E U T S C H | P I X A B A Y itineraire.ca 1er juillet 2021 itineraire.ca 1er juillet 2021 18 Rénovictions.Le néologisme a commencé à faire les manchettes l\u2019année passée à pareille date, lorsque plusieurs propriétaires d\u2019immeubles locatifs évinçaient leurs locataires sous prétexte d\u2019effectuer des travaux de rénovation.Ce stratagème a pour but d\u2019augmenter substantiellement le loyer.Et c\u2019est tout à fait légal ! Un propriétaire peut augmenter le loyer en suivant une méthode précise et qui ne rentabilise pas toujours les dépenses effectuées pour des travaux importants.En somme, cette méthode frustre autant les propriétaires que les locataires.En 2020, le Tribunal administratif du logement (l\u2019ancienne Régie du logement) fixait à 2,2 % le montant indicatif d\u2019augmentation de loyer.Mais il ne s\u2019agit que d\u2019une indication et non d\u2019une obligation.« Il y a de nombreux paramètres à prendre en compte comme le coût des taxes, des assurances, des travaux, des services et de l\u2019entretien », souligne Me Antoine Morneau-Sénéchal, avocat spécialisé en droit du logement.Cette méthode gagnerait, selon lui, à être simplifiée.Beaucoup de locataires ne connaissent pas leurs droits et hésitent à débuter une relation avec leur propriétaire en contestant une hausse du loyer.Rappelons qu\u2019il est obligatoire de déclarer le précédent loyer payé dans la section G d\u2019un nouveau bail.Mais ça aussi, beaucoup de locataires hésitent à le demander au propriétaire qui oublie la loi.« Notre système de fixation de loyer a été conçu pour un marché immobilier stable avec des augmentations de prix qui sont constantes tout au long de l\u2019année.Actuellement, nous sommes dans une spéculation immobilière si importante que les mesures de contrôle ne fonctionnent plus », ajoute l\u2019avocat.Alors que la surchauffe immobilière rend de plus en plus difficile l\u2019accès à la propriété, en raison des prix et de la surenchère, un nouveau modèle de propriété émerge en Estrie.C\u2019est la coopérative de propriétaires qui permet d\u2019acheter une propriété pour une fraction de sa valeur marchande.Le concept, à mi-chemin entre la copropriété et la coopérative d\u2019habitation, a été imaginé par la Confédération québécoise des coopératives d\u2019habitation et ses membres.Le premier immeuble a été inauguré en juillet dernier, le second est en construction.Au total, il y aura 5 bâtiments de 24 appartements pour un total de 120 propriétaires.Pour Louis Gaudreau, professeur à l\u2019école de travail social de l\u2019UQAM et chercheur à l\u2019IRIS, si l\u2019idée est séduisante, c\u2019est notamment parce qu\u2019elle permet de maintenir le prix des propriétés dans le temps.Mais, si l\u2019on souhaite répondre à une surchauffe immobilière, sans alimenter la spéculation, il faudrait démarchandiser toutes les formes de logements.Le professeur rappelle que ceux qui souffrent en premier de la crise sont ceux qui n\u2019ont généralement pas accès à la propriété.« Ce type de projets, dit-il, élimine la composante lucrative de la propriété pour ne conserver que le droit d\u2019usage exclusif.Le propriétaire du logement peut faire les travaux qu\u2019 il souhaite, mais ne peut pas revendre à un prix trop élevé.Si on est capable d\u2019assujettir les loyers à une certaine forme de contrôle, cela pourrait aussi avoir un effet sur les prix des propriétés.Quand on souhaite acheter, ce qui nous permet de surenchérir sur le prix d\u2019une propriété, c\u2019est l\u2019 impression qu\u2019on pourra augmenter les loyers pour compenser les montants supplémentaires.Et les banques le calculent très bien.» Et à Jean-Philippe Meloche, professeur à l\u2019école d\u2019urbanisme et d\u2019architecture de paysages à l\u2019Université de Montréal, de rappeler que les prix augmentent lorsque l\u2019industrie doit produire pour la demande qui grossit et qu\u2019elle n\u2019est pas assez rapide.Les coopératives de propriétaires, comme tous les autres modèles de fiducies ont un peu le même principe que le logement social, vulgarise l\u2019enseignant : on retire du marché une partie de la valeur du bâtiment ou du terrain pour que les acheteurs en soient propriétaires.« Une grosse partie de la plus-value ne peut pas être vendue.Et, quand on change de propriétaires ou de locataires, on ne peut pas vendre.Cela permet de garder une partie du parc à prix modique et c\u2019est la solution idéale pour un premier achat, bien qu\u2019 il ne puisse pas se cumuler en tant que capital.» Mais pour qu\u2019un tel modèle puisse perdurer (rappelons qu\u2019il s\u2019agit de projets pilotes), il faudrait créer des incitatifs pour convaincre les acheteurs d\u2019y habiter sur le long terme.En bref, de tels mécanismes permettent de s\u2019acheter une première propriété en limitant la revente et n\u2019auraient pas de mauvais impacts tangibles sur l\u2019ensemble du marché.« Si l\u2019objectif est de fournir des logements en dessous des prix du marché pour favoriser certains types de clientèle, oui ça devient un réel outil, pense le professeur.Mais il faut rappeler que d\u2019autres types de coopératives ont d\u2019 importantes listes d\u2019attente parce qu\u2019elles ne répondent pas assez aux besoins de la clientèle qui souhaiteraient avoir ce type de logements.Et c\u2019est peut-être là que naît un autre problème.» Chaque solution doit donc être pensée en termes de volume et de besoins.2 Simplifier et ajuster la législation 20 % des ménages locataires québécois accordent plus de 30 % de leur revenu au loyer.Pour près de 200 000 ménages, cela représente un peu plus de la moitié de leur revenu chaque mois.Source : SCHL 3 Devenir propriétaire à bas prix Si un changement dans la législation est envisageable, il ne faut pas oublier que la loi du marché répond à un système d\u2019offre et de demande.Donc si on crée un registre officiel de contrôle des loyers, sans augmenter l\u2019offre des logements abordables ou sociaux, l\u2019impact ne sera que partiel.« Il n\u2019existe aucun mécanisme qui permet de contrôler ce qui est fait par les propriétaires et les gouvernements hésitent à s\u2019embarquer là-dedans en raison des lobbys.Notre droit du logement a été écrit à la fin des années 70, une réflexion s\u2019 impose pour savoir ce que l\u2019on souhaite en tant que société », plaide Me Morneau-Sénéchal.Pour Maxime Roy-Allard du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), il faudrait aussi que nos lois s\u2019ajustent.« Quand un locataire se retrouve en situation de retard de paiement, illustre-t-il, la loi est intraitable, il peut se faire évincer dans un délai de trois semaines sans même qu\u2019 il ait pu s\u2019expliquer.Le fardeau d\u2019éviction devrait être plus lourd pour le propriétaire, comme c\u2019est le cas en Ontario ou en Europe où il existe une option de relogement ou un moyen d\u2019expliquer les raisons du non-paiement de loyer.» M.Roy-Allard, qui a eu beaucoup de demandes à ce sujet depuis le début de la pandémie, plaide pour que le pourcentage d\u2019augmentation du loyer suggéré par le Tribunal devienne obligatoire.Dans le cas où cela ne conviendrait pas aux propriétaires, il suggère qu\u2019ils soient contraints de s\u2019adresser au Tribunal pour justifier l\u2019augmentation de loyer ou l\u2019éviction pour travaux ou rénovations.Et à Me Morneau- Sénéchal d\u2019ajouter que l\u2019enjeu du débat est aussi fortement lié à l\u2019accessibilité de la justice, car, encore aujourd\u2019hui, de nombreux locataires ne sont pas préparés au litige et à tout ce qu\u2019il implique.Alors peut-on imaginer un gel des loyers en fonction de la superficie des appartements comme on gèle le prix de certains produits de consommation, par exemple ?« C\u2019est faisable, mais là encore, le système pourrait être contourné dans la mesure où les prix des loyers augmentent plus facilement que le salaire moyen des citoyens.» 19 A D H O C A R C H I T E C T E S THE BIALONS | UNSPLASH itineraire.ca 1er juillet 2021 itineraire.ca 1er juillet 2021 21 20 Il y a sept ans, en France, 110 conteneurs ont été transformés en studios pour loger des étudiants.Le réemploi de conteneurs, dont le trafic dans les ports du monde entier était estimé à 800 millions d\u2019unités, commençait à être populaire.Plusieurs projets d\u2019habitation du même type sont nés un peu partout en Europe et aux États-Unis.Seul hic, au Québec, un habitat-conteneur est difficilement imaginable avec les conditions climatiques et ne serait pas tout à fait rentable.De plus, la tendance actuelle est plutôt à l\u2019habitat écoresponsable.Mais l\u2019idée de créer des logements pour les étudiants est une solution intéressante : cela permettrait notamment aux familles d\u2019avoir une plus grande offre d\u2019appartements avec plusieurs chambres, à des prix un peu plus abordables puisqu\u2019ils ne seraient pas augmentés en fonction d\u2019une collocation.Encore faut-il que les étudiants s\u2019intéressent aux types de logements qui leur sont proposés.C\u2019est le pari que s\u2019est lancé Laurent Lévesque, directeur général de l\u2019organisme l\u2019Utile.Les jeunes, incluant la population étudiante sont touchés par la crise du logement : les loyers explosent dans tous les grands centres urbains et à l\u2019organisme, on s\u2019inquiète du 1er juillet, mais aussi du 1er septembre, début des sessions où plusieurs étudiants reviendront (à priori) sur les campus.En 2017, le loyer médian par personne pour une chambre pour tout le Québec était de 500 $.Traduisons cela à une source de revenus étudiante comme les prêts et bourses, qui étaient la même année de 837 $ en moyenne.Ce calcul rapide permet de comprendre que pour les étudiants, le loyer peut très rapidement devenir la majorité de leur budget, si bien qu\u2019on estime que c\u2019est leur première source d\u2019endettement au Québec.Pour Laurent Lévesque, l\u2019idée de reconvertir des conteneurs, n\u2019est pas totalement à mettre de côté puisqu\u2019au niveau technique, on peut s\u2019en inspirer pour une approche modulaire ou préfabriquée.Les projets sont construits plus rapidement, en usine et non sur les sites, donc en théorie, la construction des modules en parallèle permet de réduire les échéanciers et de répondre plus vite à la demande.D\u2019ailleurs, le gouvernement fédéral a récemment lancé une initiative de création rapide de logements visant à financer des projets de types modulaires capables de s\u2019élever de terre en moins de 12 mois.Mais, il existe des défis techniques à cette approche, comme la standardisation qui fonctionne plus difficilement et le gain de temps sur la livraison.Et, tout l\u2019enjeu est de construire un logement abordable sur le long terme.« Il faut impérativement que ces logements soient en dehors du marché spéculatif, explique M.Levesque.C\u2019est-à-dire ne pas être détenus par des propriétaires privés qui sont des investisseurs, mais plutôt par des communautés, des organisations d\u2019économie sociale qui ont pour mission d\u2019offrir un logement le moins cher possible.L\u2019abordabilité est un enjeu essentiel.» Les statistiques le prouvent, les étudiants sont eux aussi touchés par des situations de vulnérabilité et d\u2019itinérance.C\u2019est donc en gardant cela en tête que tout récemment, l\u2019organisme L\u2019Utile annonçait le projet de la Rose des vents, dans Rosemont, un immeuble de six étages qui pourra héberger 160 personnes.4 Bonifier l\u2019offre des logements étudiants 5 Penser le logement autrement L\u2019année dernière, à pareille date, un campement naissait sur l\u2019avenue Notre-Dame.La plupart des campeurs étaient sans logis à la suite d\u2019une augmentation de loyer jugée abusive ou de rénovictions.Ils ne souhaitaient pas aller dans les refuges qui avaient des règles trop strictes et débordaient en raison de la pandémie.Plusieurs acteurs ont plaidé que le campement ramenait un esprit de collectivité et changeait le paradigme du logement à soi individuel qui fait partie du mode de vie d\u2019un grand nombre de personnes.S\u2019il est vrai que la société nous impose une idéologie dominante liée à l\u2019individualisme, il y a une tendance contraire qui commence à se faire une place au Québec, celle de la communauté.« On recherche des liens entre ses voisins, une confrontation avec d\u2019autres paradigmes sociaux dominants », pense le professeur et chercheur à l'IRIS, Louis Gaudreau.« Ce serait optimal sur le plan écologique, pour limiter le nombre d\u2019électroménagers par exemple, l\u2019 idée d\u2019un logement à soi est bien ancrée dans la culture nord-américaine.Ce changement ne se fera pas du jour au lendemain.On a vu avec la pandémie que notre mode de vie était très loin de l\u2019 intergénérationnel, les jeunes partent tôt du foyer pour leurs études et les aînés sont dans des institutions qui leur sont réservées.Il faudrait remettre en question l\u2019ensemble de nos références culturelles pour que ça fonctionne.» Le professeur en urbanisme et architecture de l'UdeM Jean-Philippe Meloche estime pour sa part « qu\u2019il s\u2019agit-là d\u2019une bien belle utopie, car l\u2019humain est fondamentalement individualiste et que les règles sociales lui permettent de l\u2019encadrer.» Oui, nous dit-il, le désir de partage, de communauté existe bel et bien, « car au Québec, on est probablement un des endroits dans le monde où le partage des ressources est une grande idée même si les inégalités sont présentes ».Mais d\u2019un point de vue plus général, le professeur rappelle que dans bien des modèles communistes ou socialistes, où cet esprit-là était fort, « ces modèles étaient des machines à dictature où les inégalités ont pris d\u2019autres formes ».Il prend l\u2019exemple de nos impôts qui nous permettent de redistribuer la richesse, d\u2019identifier les riches et les pauvres.« Quand je réserve des logements pour des personnes plus défavorisées dans certains quartiers, je vais leur offrir des logements que les plus riches ne seront pas capables de se payer comme la coopérative Milton Parc.Les riches sont prêts à donner aux pauvres tant qu\u2019 ils le restent ».Si repenser notre vision du logement n\u2019est pas une si mauvaise idée que cela, cet idéal ne devrait pas être une obligation sociale pour autant, car il ne faut pas oublier qu\u2019aujourd\u2019hui encore, à Montréal, il n\u2019est pas rare de voir plusieurs familles habiter dans des logements trop petits pour limiter les coûts.Plus de 60 % des étudiants seraient locataires sur le marché privé.Source : l\u2019Utile Josée Cardinal, occupante d\u2019un logement subventionné, soutenu par le communautaire M A R T I N T R E M B L A Y Y V E S G R E G O I R E itineraire.ca 22 1er juillet 2021 J\u2019habite un immeuble bien tenu, avec des voisins tranquilles et respectueux de la quiétude des autres.L\u2019édifice qui est de petite taille est situé dans un milieu où tous les services sont disponibles à courte distance à pied.Ça manque d\u2019espaces verts à proximité et l\u2019engagement communautaire pourrait être plus grand, mais dans l\u2019ensemble je suis très heureux de vivre ici.Yves Grégoire, occupant d\u2019un logement subventionné soutenu par le communautaire Le logement, ça ne devrait pas être privé, ça ne devrait pas être à but lucratif.Tout le monde doit avoir droit à un logement décent.Donc, ici, en principe, ça me convenait, mais en pratique j\u2019avais des craintes.J\u2019ai peur du monde.Moi je suis bien casanière et je n\u2019aime pas fréquenter mes voisins.J\u2019avais peur de me sentir envahie, mais là, les gens sont très respectueux\u2026 Peut-être qu\u2019un jour j\u2019irai en coopérative parce que ça c\u2019est le meilleur des mondes, c\u2019est l\u2019autonomie complète.Mais ici, c\u2019est très bien.Le fait que ce soit social et à but non lucratif, j\u2019aime bien ça.LE LOGEMENT SOCIAL, VU DE L\u2019INTÉRIEUR Ce qui devait être un portrait de bénéficiaires du logement social s\u2019est transformé en un regard croisé sur les perceptions qui entourent ce type d\u2019habitation et leurs occupants.Par manque de témoignages de résidents, L\u2019Itinéraire s\u2019est entretenu avec plusieurs experts en défense des droits, en sociologie et en travail social pour comprendre pourquoi le logement social semble embué de fausses croyances et de préjugés, aux antipodes du regard posé par ceux qui en bénéficient.Le logement social est à la fois applaudi, et mal perçu.« Tout le monde veut du logement social, comme des refuges pour sans-abri, dès lors que ce n\u2019est pas à côté de chez nous », constate Jean-Philippe Meloche, professeur à l\u2019École d\u2019urbanisme et d\u2019architecture de paysage de l\u2019Université de Montréal (UdeM).Un constat qui se conjugue assez bien avec les propos de Louis Gaudreau, professeur à l\u2019École de travail social de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) lorsqu\u2019il explique que dans nos sociétés individualistes « Il y a une image négative accolée au fait de vivre aux dépens de l\u2019État.Et en matière de logement, ça participe à toute cette valorisation de la personne qui s\u2019en sort par elle-même.» La mauvaise presse Que ce soit en matière de logement ou de revenus, tout porte alors à croire que bénéficier de l\u2019aide publique s\u2019inscrit comme une erreur de parcours ou pire, comme une marque de pauvreté.Pourtant, dans les années 1970, les programmes d\u2019aide au logement s\u2019adressaient à un large pan de la population.« Du logement social pour tous », comme le nomme Robert Pilon de la Fédération des locataires de HLM du Québec (FLHLMQ).Mais dans les années 1980-1990, tout a changé : « À l\u2019époque du néolibéralisme, on s\u2019est mis à réserver l\u2019aide au logement aux plus pauvres parmi les plus pauvres ».L\u2019équation est simple : HLM = pauvreté.Une étiquette sociale au « visage méprisé », décrit Jean-Philippe Meloche, qui est pourtant composée d\u2019une population hétérogène », pas juste de personnes « sous-scolarisées, incapables de s\u2019 intégrer, aux prises avec des problèmes de santé mentale », comme le veut la croyance populaire.Ajoutez à cela des débuts difficiles avec, par exemple, les Habitations Jeanne-Mance, considérées comme « un échec d\u2019urbanisation », décrit M.Gaudreau, et « identifiées à des ghettos » comme le souligne également Véronique Laflamme, porte-parole du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), et l\u2019on obtient tous les éléments propices à de la stigmatisation.Les belles histoires du logement social « Les mythes et préjugés sur les HLM sont difficiles à casser », précise Maxime Roy-Allard du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).Mais s\u2019il est vrai qu\u2019il faut « redorer l\u2019 image du logement social », il l\u2019est tout autant d\u2019allumer les projecteurs sur « de belles histoires peu connues ».C\u2019est ce que souligne également Céline Bellot, profes- seure à l\u2019École de travail social de l\u2019UdeM et anciennement impliquée à la Commission populaire itinérante sur le droit au logement, lorsqu\u2019elle décrit le témoignage d\u2019une « mère monoparentale qui grâce à son logement social et donc au 25 % [part maximale du revenu versé], a pu payer des activités parascolaires à ses enfants et soutenir leur éducation jusqu\u2019à l\u2019université.» Idem du côté du FRAPRU.Véronique Laflamme explique que « les locataires qui ont accès à ces logements ont un meilleur contrôle [sur leur vie et leur finance] qu\u2019en vivant dans un logement privé qui serait insalubre et ne permettrait pas de garantir où on sera l\u2019année d\u2019après.» Elle rapporte également des témoignages positifs sur « les retombées du logement social qui a permis, par exemple, à des mères monoparen- tales d\u2019accéder aux études, à des enfants d\u2019accéder à l\u2019éducation, d\u2019avoir une vie décente, sans être obligés de cumuler trois emplois.» Pauvres et riches dans le même panier Si les exemples nommés concernent principalement des femmes, c\u2019est parce que dans le milieu du logement social où le HLM est majoritaire, ce sont 70 % des logis [pour les catégories destinées à des familles ou aux personnes âgées] qui sont occupés par des femmes.« Le HLM au Québec, c\u2019est un monde de femmes », conclut Robert Pilon.Aujourd\u2019hui, le logement social est diversifié (coopératives, logements avec soutien communautaire, logements privés subventionnés, etc.) et favorise « les modèles d\u2019 inclusion », rappelle Jean-Philippe Meloche, pour qui le modèle parfait serait un bâtiment de 200 logements avec 25 d\u2019entre eux à loyer modique et sans qu\u2019ils soient identifiables.Une sorte d\u2019anonymat qui ne permet pas de différencier les riches des pauvres ; « le modèle idéal de mixité sociale ».Finalement, l\u2019universalité du logement pour tous ! Avec la collaboration de Karine Bénézet et Alexandra Guellil Texte par Roger Perreault Camelot Rachel-Béry Fleury / Péloquin et SAQ Lajeunesse / Jarry Photo par Yves Grégoire Préposé à la distribution publicité Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! 1 6 4 2 5 3 1 6 8 5 7 3 9 9 7 6 3 9 7 5 8 2 7 3 8 4 8 9 5 6 2 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solutions dans le prochain numéro Blesse Coupe Carnet Vapeurs Organisèrent selon un horaire Violent Dénoncerions De la nature du fromage Amendas une terre Réitéra Défriche Chevalier espion Hurlement Xénon Notre-Dame Rivière des Alpes Potages Réseau sportif Note Insulaire Unité de mesure Gaz Sortie Préposition Luth Apparu Chiquenaude Cries Aussi Do horizontalement 1.Adeptes des techniques et des conceptions d'un peintre du XVIe siècle.2.Amphibien.- Député.3.Selle.- Épeire.4.Mettions au diamètre exact l'intérieur d'un tube.- Six cents.5.Théâtre.- Arrivé.- Activités créatrices.6.Amuses.- Bleutée.7.Note.- Césium.- Plantât d'arbres.8.Relation conditionnelle entre deux quantités.- Situé.9.Sans vêtements.- Chasser.10.Support.- Labourer de nouveau.verticalement 1.Brusque plongée de l'arrière d'un navire lors de son lancement.2.Qui se fonde sur des rapports de similitude entre des objets différents.3.Éructe.- Élimé.4.Or.- Bandage croisé.5.Réel.- Soutenir une action en justice.6.Ventilons.- Petit if.7.Baudet.- Avale.8.Oiseau.- Généreuse.9.Boxeur étasunien.- Chrome.10.Affections.11.Thériaque.12.Transpire.- Manches.Haussées d\u2019un demi-ton Rainure Enrobai Ridiculiser Métaux Luttai Terriers Vantai Trop bon Emploie Dispose par couches Qui concerne la plèvre Berceau Cite légendaire Prêtresse Meuble Poisson Meurtriers Fémur Champion Âge Vide Argile Xénon Quotient intellectuel Plomb Cardiaque Élimés Attacher Gavée R P O D S U E S B E R E R P E U E R C E U X Q I E R E S I L U T I I L S E O L U A I Y S L I T E O S B O N S A S E A B G A R R A I I L T O L T E L P E U A R L 1 4 6 7 8 5 1 9 2 3 9 3 2 4 6 7 8 1 5 5 1 8 2 3 9 4 7 6 8 7 4 5 1 2 6 3 9 3 9 1 6 7 4 2 5 8 6 2 5 9 8 3 7 4 1 7 8 6 3 2 5 1 9 4 2 5 9 1 4 6 3 8 7 1 4 3 7 9 8 5 6 2 - 15 Juin 2021 Merci pour tout ! Milton Fernandes détente La modération a bien meilleur goût.Un bel été\u2026 tout en modération Limitez votre consommation Selon les recherches scientifiques, les femmes devraient limiter leur consommation d\u2019alcool à 2 verres par jour et à 10 par semaine.Pour les hommes, la limite est de 3 verres par jour et de 15 par semaine.Et pour savoir quelle quantité on doit servir, entrainez-vous avec le verseur de verre standard sur notre site www.educalcool.qc.ca .Aussi, lors d\u2019une fête ou d\u2019une soirée, surtout quand il fait chaud, c\u2019est une bonne idée d\u2019alterner sa consommation entre alcool, eau et boissons non alcoolisées.Découvrez les recettes de cocktails sans alcool proposées au www.alternalcool.com .08, ça vient vite ! Savez-vous comment suivre l\u2019évolution de votre alcoolémie au cours d\u2019une soirée ou voulez-vous prévoir d\u2019avance comment l\u2019estimer ?Combien d\u2019alcool consommer si vous êtes un homme ou une femme ?Facile ! Consultez le Calcoolateur, un outil fort utile au www.calcoolateur.com .Mangez ! L\u2019alcool est généralement absorbé plus vite dans le sang quand on a le ventre vide.À l\u2019inverse, il est absorbé plus lentement quand on a un petit fond de nourriture dans l\u2019estomac.Assurez-vous de prendre le temps de manger ou de prendre une collation avant de prendre un verre.De plus, privilégiez des aliments riches en protéines et en amidon ou qui contiennent beaucoup d\u2019eau.Évitez les aliments trop gras, salés ou sucrés qui donnent soif, lorsque vous buvez de l\u2019alcool.Soyez un bon hôte, une bonne hôtesse Lorsque vous recevez, remplir les verres systématiquement n\u2019est pas un signe d\u2019hospitalité et de générosité.Respectez le choix de la personne qui refuse un verre d\u2019alcool.Offrez-lui plutôt une boisson sans alcool ou de l\u2019eau.Prévoyez vos transports Si vous prévoyez prendre un verre lors d\u2019une sortie, préparez votre retour à la maison avant de partir ! Le taxi, le Uber ou un conducteur désigné sont des options à privilégier.Le beau temps est revenu.Avec l\u2019arrivée de la belle saison, vient le sentiment de liberté et le goût de célébrer, surtout après avoir été éloignés si longtemps de nos proches et amis.Pique-niques sur l\u2019herbe, brunchs en famille, soirées dans le jardin avec des amis, début des vacances sont autant d\u2019occasions de lever nos verres à ce vent de fraîcheur dans nos vies.Cependant, les tentations de multiplier les fêtes et de trinquer en bonne compagnie seront au rendez-vous.L\u2019abus d\u2019alcool pourrait guetter ceux et celles qui auront envie de s\u2019éclater.Pour s\u2019assurer de démarrer l\u2019été du bon pied et de le vivre sans désagréments engendrés par l\u2019abus d\u2019alcool, quelques informations et petits conseils sont de mise : SAVIEZ-VOUS QUE ?Nous n\u2019avons pas toutes et tous les mêmes capacités d\u2019absorption et la même tolérance à l\u2019alcool.Pour une femme de taille moyenne, un verre d\u2019alcool équivaut à un verre et demi chez un homme.Il faut donc moins d\u2019alcool à une femme qu\u2019à un homme pour ressentir les mêmes effets.La limite légale de consommation d\u2019alcool au volant est de zéro pour un détenteur d\u2019un permis d\u2019apprentis-conducteur; zéro pour un détenteur d\u2019un permis probatoire, zéro pour un conducteur de moins de 22 ans et de point zéro huit (.08) pour un détenteur d\u2019un permis de conduire régulier.Alcool et cannabis ne font pas bon ménage, surtout en conduite automobile ! Les effets du cannabis peuvent être plus intenses si on a bu de l\u2019alcool au préalable, car cela augmente davantage le taux de THC.Par ailleurs avoir une alcoolémie de 0,04 dans le sang et fumer un joint font ressentir l\u2019effet équivalent d\u2019un taux d\u2019alcoolémie de 0,08, soit la limite légale pour la conduite automobile.Camelot Marché Maisonneuve par Linda Pelletier itineraire.ca 1er juillet 2021 Dans mon cas, la manie se traduit par une envie irrépressible de dépenser mon argent, dans des produits dont je me prive habituellement, ou simplement par une envie de dépenser mon argent dans n\u2019importe quoi, surtout pour des choses onéreuses.Récemment par une nuit d\u2019insomnie, je me suis réveillée et une force intérieure m\u2019a empêchée de me recoucher même si je me sentais très fatiguée.J\u2019avais hâte que la journée commence.Alors je suis restée debout, à écouter de la musique, en attendant impatiemment le matin.J\u2019ai des épisodes Ce manque de sommeil accumulé a aggravé mon problème, car ma médication n\u2019était pas ajustée pour une personne malade en dehors de l\u2019hôpital.C\u2019était difficile à comprendre pour mon entourage, même si je n\u2019en suis pas à mon premier épisode maniaque.Ça ne se présente jamais de la même façon.Et heureusement je n\u2019en fais pas tous les ans ! Quand ça m\u2019arrive, comme cette fois-là, j\u2019appelle toutes les personnes susceptibles de me prêter de l\u2019argent et je ne comprends pas qu\u2019on me le refuse.J\u2019ai besoin d\u2019aide et je le sais.Par exemple, en décembre dernier, à ma sortie de l\u2019hôpital, je n\u2019ai payé ni loyer ni câble et j\u2019ai dépensé tout mon chèque d\u2019aide sociale la même journée.Remarquez qu\u2019il ne faut pas déployer des trésors d\u2019imagination pour dépenser ce petit montant en un seul jour ! Je me suis acheté des vêtements, un bon parfum, du maquillage et des produits de beauté dont je me privais habituellement.Et depuis ce temps, je suis dans la dèche ! Je dois de l\u2019argent à mes trois frères, je dois de l\u2019argent à L\u2019Itinéraire, car ils m\u2019ont avancé plusieurs magazines et je suis à découvert dans mon compte de banque.De plus pour la première fois de ma vie je suis allée pawner mon téléphone.Les intérêts sont très élevés sur l\u2019argent qu\u2019on vous prête ! Je savais que je n\u2019étais pas prête Quand on est omnipraticien, il est beaucoup plus facile de savoir si son patient est prêt à sortir de l\u2019hôpital ou non.Sauf qu\u2019en psychiatrie c\u2019est très différent.Le médecin n\u2019a pas le choix de se fier à la parole de son patient.À moins d\u2019être en plein délire et si on a un discours logique, comment le psychiatre peut-il savoir ce qui se passe dans votre tête ?Je savais bien moi que je n\u2019étais pas prête à rentrer chez moi.À l\u2019hôpital, je n\u2019avais eu droit à aucune sortie et j\u2019ai trouvé le moyen de dépenser mon chèque tout de même.J\u2019ai confié ma carte de débit à une femme sur mon unité (qui avait une demi-heure de sortie par jour) pour qu\u2019elle m\u2019achète toutes sortes de choses inutiles.Mon psychiatre n\u2019était pas au courant.Les infirmières ne consignent pas tout dans leurs dossiers.Et puis il y a le fait qu\u2019ils ont toujours besoin de lits.C\u2019est comme ça dans tous les hôpitaux ; c\u2019est encore pire en psychiatrie.Alors si la patiente affirme être bien et insiste pour partir.Au pire.on l\u2019hospitalisera à nouveau.Je me sentais comme la reine des camelots Lorsqu\u2019on m\u2019a donné le marché Maisonneuve comme point de vente, on m\u2019a dit : « Tu vas voir ils sont très gentils et tu as le droit de vendre à l\u2019 intérieur.» Je me suis sentie comme une diva, comme la reine des camelots.Chaque jour, avant d\u2019aller travailler je prenais mon bain, je m\u2019habillais comme si je m\u2019en allais souper au restaurant, je me maquillais, me parfumais.On aurait dit que j\u2019allais à la rencontre d\u2019un nouvel amant.Mais ma manière de vendre dérangeait l\u2019administration.J\u2019étais un peu trop insistante avec les clients.C\u2019est une autre facette de la phase maniaque : le sentiment d\u2019être une super woman.De pouvoir faire et dire des choses qu\u2019en temps normal je ne ferais ou ne dirais pas .J\u2019aime votre sourire Depuis que je ne peux plus vendre à l\u2019intérieur du marché, je ne suis plus la reine des camelots.J\u2019ai perdu ma couronne et mon fun.Là je suis dehors, à la porte, comme une paria du marché, en attendant mes clients.Dehors ou dedans, je suis quand même très heureuse de vendre mon magazine au marché car j\u2019ai les meilleurs clients du monde ! Une clientèle toujours renouvelée et des clients réellement généreux et gentils.Au marché Maisonneuve, même les personnes qui n\u2019achètent pas L\u2019Itinéraire me sourient et me regardent avec gentillesse.Quand j'ai commencé à vendre L'Itinéraire au marché Maisonneuve, je sortais à peine de l'hôpital en psychiatrie.J'étais encore en phase maniaque.3 Les hauts et les bas d une diva Le 8 juin dernier, Jean-Claude avait rendez-vous Chez Ménick, « le barbier des sportifs », qui, depuis 62 ans, coiffe toutes les vedettes du Canadien de Montréal et du sport en général.De Serge Savard à Guy Lafleur, et j\u2019en passe.À 80 ans, « Ménick » \u2014 Domenico Perrazino de son vrai nom \u2014 est, à lui seul, une institution vivante à Montréal.Ce fils d\u2019immigrants siciliens connaît pratiquement tout le jet set de la métropole.Depuis plus d\u2019un demi-siècle, il collectionne les amitiés et les anecdotes comme d\u2019autres, les timbres-postes.À un moment ou à un autre, la plupart des journalistes sportifs, chroniqueurs et animateurs ont fréquenté sa petite boutique du 1960, rue Masson.Sur les murs de son salon, surchargés de souvenirs, on voit les clichés des Réjean Tremblay, Michel Beaudry et Gilles Proulx.Imaginez le capharnaüm en sous-sol.Les célébrités s\u2019y bousculent.Toujours en quête de la sympathie populaire, la plupart des politiciens ont aussi fait un détour obligé dans ce lieu de pèléri- nage.De Robert Bourassa à Jean Chrétien, en passant par René Lévesque.À la veille des élections municipales, Denis Coderre y prend ses aises.De tous, Ménick reçoit les confidences.Le coiffeur-confesseur assure que c\u2019est parce qu\u2019il sait tenir sa langue.Mais cette fois-ci, les rôles sont inversés.C\u2019est Ménick qui parle, et c\u2019est Jean-Claude qui écoute\u2026 et qui prend des notes.Voici le récit d\u2019une rencontre avec un Montréalais chaleureux, empathique et plein de bonhommie dont la philosophie de vie, toute simple, se résume à deux petites choses : « parler au monde » et « aider le monde ».Telle est sa façon.En cette fin de printemps, et plus qu\u2019à l\u2019habitude, ça sent résolument la coupe.Après des mois de confinement total ou partiel, notre camelot-rédacteur, Jean-Claude Nault, avait besoin \u2013 de toute évidence \u2013 d\u2019une coupe de cheveux.Mais pas dans n\u2019importe quel salon.D A V I D H I M B E R T Laurent Soumis, journaliste accompagnateur SUZANNE LEBLANC CAMELOT CRÉMAZIE / PAPINEAU ET ONTARIO / ST-DENIS AGATHE MELANÇON CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX itineraire.ca 4 1er juillet 2021 Jean-Claude Chez Ménick Quand l\u2019amour frappe à la porte J\u2019ai rencontré Sébastien dans un organisme qui s\u2019appelle Centre Soutien- Jeunesse.Je le trouvais tellement beau et gentil.À partir du moment où l\u2019on s\u2019est rencontrés, ça n\u2019a pas pris de temps avant qu\u2019on sorte ensemble\u2026 seulement deux petites semaines ! Je lui tournais autour parce qu\u2019il m\u2019intéressait.On ne se rappelle plus qui a fait le premier move parce que les deux, nous étions très intéressés l\u2019un à l\u2019autre.En le rencontrant, j\u2019ai décidé que je ferais tout pour le conquérir.C\u2019était mon homme.Ça fait maintenant 13 ans qu\u2019on est ensemble et tout va bien entre nous.Je vis sur un petit nuage et je l\u2019aime à la folie.C\u2019est l\u2019homme de ma vie.On fait plusieurs activités ensemble comme prendre des marches, magasiner ou aller au IGA.Parfois, on reste sur le balcon à boire un peu de vin.Sébastien me prépare aussi des plats, il est bon cuisinier.Il fait des club sandwiches, de la pizza, des sous-marins et des hot chicken.Il le fait toujours par amour.Ça faisait longtemps que j\u2019attendais cet homme.Je suis heureuse d\u2019être avec lui.Il est comique et très intelligent.Il travaille en informatique et il a parfois des clients.Il se fait un peu d\u2019argent en se déplaçant chez les personnes pour les aider avec l\u2019informatique.Mon amoureux a 49 ans.Il n\u2019a pas de cheveux sur le coco.Il paraît bien avec son beau sourire.Il m\u2019apprécie beaucoup.On forme un beau couple.Je suis contente d\u2019être avec lui.Il me donne beaucoup de bisous et d\u2019affection pour me prouver qu\u2019il m\u2019aime.Ça vaut de l\u2019or ce que je vis avec lui.MARC SÉNÉCAL CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL Ce que la pandémie pourrait nous apprendre Il y a quelques années, avec le virus H1N1, nous pensions que c\u2019était la fin du monde.Je suis surpris qu\u2019en à peine un an il y ait trois vaccins qui sont devenus déterminants pour l\u2019humanité.Pourquoi ce n\u2019est pas arrivé auparavant ?Le sentiment d\u2019urgence à trouver une solution à cette pandémie mondiale donne une partie de la réponse.Toutefois, je suspecte un certain appât du gain.Je parle en connaissance de cause.Je me considére journaliste indépendant.J\u2019ai toujours eu peur de la désinformation.J\u2019ai donc rencontré des intervenants dans le milieu médical en catimini.Et malheureusement, je note que le pouvoir et l\u2019argent sont parmi les premières raisons pour lesquelles des compagnies se sont activées si rapidement pour l\u2019élaboration des vaccins.La peur s\u2019est installée dans la société.Les personnes sont obligées de vivre au jour le jour.Comme personne n\u2019a vécu ça dans le passé, on n\u2019a pas le choix d\u2019improviser.Cependant, je crois que nous devrions profiter de ce contexte pour développer de nouvelles habitudes.Par exemple: améliorer la communication dans les familles, contacter les personnes par téléphone ou par internet pour les rassurer, faire l\u2019inventaire des choses utiles dans la maison et donner le reste à des organismes ou encore regarder quels organismes nous pourrions aider pendant que nous ne travaillons pas.Essayons de regarder la pandémie d\u2019un autre œil afin de découvrir notre potentiel humain.Tentons de redonner aux autres pour aller à la rencontre de notre être intérieur.Des peuples qui m\u2019inspirent ! À mes 17 ans, pour un concours de Noël dans le journal La Voix Populaire, j\u2019avais écrit un petit conte qui s\u2019appelait L\u2019Amérindien et l\u2019oiseau.J\u2019avais gagné le deuxième prix.J\u2019ai repris ce texte des années plus tard, à l\u2019université.Je l\u2019avais retravaillé pour l\u2019un de mes cours en littérature jeunesse.Je l\u2019ai peaufiné une troisième fois quelques années plus tard, à la demande de mon fils.Cette fois, pour en faire un livre.Ma correctrice m\u2019avait fait réfléchir sur le fait que certains animaux n\u2019étaient pas d\u2019Amérique du Nord.Donc, je les ai changés.J\u2019ai écrit l\u2019histoire comme si c\u2019était une personne autochtone qui me l\u2019avait racontée pour y donner un cachet plus réaliste.Je m\u2019étais inspirée de ce que j\u2019avais vu à la télévision et de ce que j\u2019avais compris.Ce sont des peuples qui respectent la nature et qui prennent certains animaux comme totems durant leur vie.Oui, j\u2019ai mis aussi de la magie dans le récit pour qu\u2019il puisse être un vrai conte de Noël.Je me suis aussi occupée moi-même de la mise en page.Je ne vous en dis pas plus, vous pouvez aller l\u2019emprunter à la bibliothèque ! Les Premières Nations sont des peuples inspirants par leur histoire et leurs cultures.Par ailleurs, je me souviens d\u2019une exposition au Centre des sciences de Montréal qui présentait des photos de leurs plus beaux habits.À Montréal, il y a plusieurs endroits où on peut voir que ces peuples ont inspiré des artistes.Par exemple, si vous passez proche des rues Notre-Dame et Côte-St- Paul, il y a une belle murale où on voit deux Amérindiens.Et vous que vous inspirent les peuples autochtones ? Ménick en quatre par Jean-Claude Nault, camelot métro Champ-de-Mars Ménick est devenu barbier un peu par hasard, et un peu par la force des choses.Fils d\u2019immigrants, il ne se voyait pas partager le sort de tant d\u2019autres Italo-Canadiens qui, à sueur de bras, ont roulé leur bosse dans l\u2019industrie de la construction.DAVID HIMBERT itineraire.ca 7 1er juillet 2021 itineraire.ca 6 1er juillet 2021 « Je suis venu au monde au coin (des rues) Marquette et Beaubien, raconte-t-il.J\u2019ai fini l\u2019école à l\u2019âge de 14 ans.Rendu en neuvième année, je ne voulais plus aller à l\u2019école.Alors que j\u2019étais chez mon barbier, je lui ai dit : \u201c Je n\u2019aime pas l\u2019école.Je n\u2019apprends pas.Et je n\u2019ai pas la tête à ça.\u201d Il m\u2019a dit : \u201c Ménick pourquoi tu ne deviens pas barbier comme moi ?\u201d » « J\u2019ai dormi là-dessus », dit-il en riant.Et puis, il a réfléchi.« Je ne me voyais pas travailler l\u2019hiver dans la construction.Je ne me voyais pas non plus plombier ou électricien.Ces métiers ne me disaient rien du tout.».« Je ne me voyais pas dans la construction » À l\u2019époque, le jeune adolescent ne rêvait pas de fréquenter les grandes écoles.Ni d\u2019entreprendre de longues études.Plutôt suivre un cours rapide, pas compliqué, et gagner sa vie le plus vite possible.À 14 ans, le voilà donc inscrit à l\u2019école de coiffure.« L\u2019année suivante, j\u2019ai commencé à travailler dans un salon.Et à 18 ans, je suis parti à mon compte.C\u2019est comme ça que le métier de barbier m\u2019a suivi.» Son père lui propose alors de lui prêter un peu d\u2019argent et se met en quête « d\u2019un commerce pour moi ».C\u2019est comme ça qu\u2019il a trouvé son local au coin de Masson et de Chabot, quelque part entre le Plateau Mont- Royal et Rosemont.Les parents du jeune barbier n\u2019habitent pas loin.« Je me suis dit : parfait.Je vais pouvoir faire ça (le trajet) à pied.C\u2019est pour ça que mon commerce est ici depuis tout ce temps.» Il y est encore aujourd\u2019hui, 62 ans plus tard, au numéro 1960 de la rue Masson.« Mon vrai nom c\u2019est Domenico.C\u2019est pour ça qu\u2019on m\u2019appelle Ménick .» Doué pour les relations humaines, il ne tarde pas à se faire un nom.« Mon vrai nom, c\u2019est Domenico.En français, c\u2019est Dominique.C\u2019est pour ça que les gens m\u2019appellent Ménick.» Fidèle en amitié comme en affaires, le barbier est resté attaché à ses premiers clients.« J\u2019ai un client qui m\u2019a suivi jusqu\u2019ici.C\u2019est le premier que j\u2019ai eu.Il vient encore aujourd\u2019hui.Son nom, c\u2019est Jacques Duquette.» Mais sa renommée ne s\u2019est pas faite en un jour.« Mon premier client avec un nom connu, c\u2019était Johnny Rougeau (le lutteur).Après, d\u2019autres ont commencé à venir ici.» De fil en aiguille et de bouche à oreille, les autres ont suivi : Michel Bergeron (l\u2019ex-entraîneur des Nordiques), Rodger Brulotte (l\u2019animateur sportif) et quatre autres joueurs des Canadiens, Guy Lafleur, Pierre Bouchard, Réjean Houle et Gilles Lupien, aujourd\u2019hui décédé.Son succès, il le doit à un joyeux mélange de sport et d\u2019amitié.Il est aussi le pur produit d\u2019une époque. « Que tu sois ouvrier ou patron, c\u2019est celui qui travaille le plus fort qui va venir à bout de son affaire.Si tu travailles bien dans ton métier ou dans ton commerce, ça va faire boule de neige.» itineraire.ca 8 1er juillet 2021 « Tout le monde rêvait de jouer pour les Canadiens » « Quand on était jeune, il n\u2019y avait pas un Québécois, pas un Montréalais, qui ne jouait pas au hockey ou au baseball avec ses amis.Tout le monde rêvait de jouer pour les Canadiens.On avait des chandails de Maurice Richard, de Bernard Geoffrion, d\u2019Henri Richard et de Jacques Plante, si on était gardien de but.On a grandi là-dedans.» Ménick a aussi donné beaucoup de son temps dans le sport amateur.« J\u2019ai été président d\u2019une équipe de hockey et d\u2019une équipe de balle.Comme j\u2019étais impliqué, il y a beaucoup de gens qui sont venus ici.Les connaissances et le bouche à oreille ont fait le reste.J\u2019ai décoré le plancher comme une patinoire.Ça aussi, ça attire les gens.Et le nouveau monde trouve ça agréable.» Pourquoi tant de vedettes fréquentent-elles son salon ?« Ce sont juste des chums que je connais.» « Demande-moi quelque chose, je vais te dire oui » Très tôt les médias se sont intéressés à Ménick.« Je connais Gilles Proulx (l\u2019ex-anima- teur de radio) parce qu\u2019un de mes amis Richard Morency travaillait avec lui à (la station) CJMS.Il lui a dit : \u201c Va voir mon chum Ménick \u201d.Et puis Gilles Proulx a commencé à venir.À un moment donné, on a décidé de le fêter, on a eu 600 personnes.Même chose pour (le promoteur de boxe) Régis Lévesque à l\u2019Hippodrome de Montréal.» Le coiffeur a aussi sa philosophie personnelle de l\u2019entraide.« C\u2019est comme ça que ça marche.Si tu m\u2019aides, je vais t\u2019aider.Demande-moi de quoi et je vais dire oui.Non, ça n\u2019existe pas pour moi.» Ménick a aussi eu sa propre émission à la télévision.« Ça s\u2019appelait Ménick reçoit.J\u2019ai fait 104 émissions : 52 à Videotron et une année au complet à (Télévision) Quatre-Saisons.Je recevais des invités comme des joueurs de hockey.Il y bien du monde là-dedans qui pensait que j\u2019étais comédien.Ils ne savaient pas que j\u2019étais barbier.» Dans toutes les histoires, assure Ménick, la recette du succès reste la même.Que ce soit dans les sports, les affaires, dans la vie privée ou dans la vie publique.« Que tu sois ouvrier ou patron, c\u2019est celui qui travaille le plus fort qui va venir à bout de son affaire.Si tu travailles bien dans ton métier ou dans ton commerce, ça va faire boule de neige.» « De bouche à oreille, c\u2019est de même que ça marche » « J\u2019ai été 11 ans dans la Ligue junior majeur de hockey du Québec, enchaîne-t-il.J\u2019ai gagné deux Coupes du Président avec Pat Lafontaine.J\u2019en ai gagné une avec Claude Lemieux.J\u2019ai été aux relations publiques à Laval pour le National avec Mike Bossy pendant 14 ans.J\u2019ai eu mon émission de télévision pendant trois ans.J\u2019ai écrit dans les journaux.J\u2019ai joué pour la télé et le cinéma.C\u2019est ça qui attire le monde.Je suis bien avec les gens et je les invite au salon.C\u2019est de même que ça marche.» Du sport au showbizz, il n\u2019y a qu\u2019un pas.Pas plus grand que celui qui mène des ciseaux à la pellicule.Celle des téléséries et des films grand public.« J\u2019ai fait deux Lance et compte et deux Les Boys.Je connaissais bien le réalisateur des Boys, Richard Gaudreau.Et pour Lance et compte, c\u2019est le journaliste (et auteur) Réjean Tremblay qui m\u2019a donné ma chance.C\u2019était avant qu\u2019il ne passe de La Presse au Journal de Montréal.C\u2019est toujours comme ça dans le petit monde des sports.» itineraire.ca 11 1er juillet 2021 itineraire.ca 10 1er juillet 2021 « J\u2019ai failli me présenter pour Jean Drapeau » « Des politiciens j'en connais, mais ils ne viennent pas tous au salon.En 1976, j\u2019ai fait la une du Montréal Matin avec Robert Bourassa.J\u2019ai des photos aussi avec Jacques Parizeau et René Lévesque.» Trois premiers ministres pour un coiffeur, ce n\u2019est pas rien ! Même si plusieurs partis politiques l\u2019ont approché pour devenir candidat, il a failli dire « oui » une seule fois.L\u2019ancien maire Denis Coderre a beau être un client « régulier », c\u2019est dans l\u2019équipe de Jean Drapeau qu\u2019il aurait aimé jouer.« Le maire Drapeau m\u2019a approché pour me présenter comme conseiller municipal.Je l\u2019ai rencontré à son bureau.Ça ma fait plaisir parce que M.Drapeau était une de mes idoles et je l\u2019ai toujours bien respecté.On a jasé une heure de temps, tout était bien.» « C\u2019était correct, mais il y a une chose qui a accroché : je demeurais à Laval.Le maire voulait que je déménage à Montréal.Je lui ai dit : \u201c Vendez ma maison à Laval et achetez-moi en une à Montréal \u201d.Alors ça n\u2019a pas marché.On ne vend pas sa maison à 54 ans.Je reste à la même place depuis que je suis marié.» « Je me suis marié à 26 ans avec une fille de Chicoutimi.Je l\u2019ai connue quand elle avait 15 ans.On est ensemble depuis plus de 60 ans.Elle s\u2019appelle Brigitte.On a eu une fille qui s\u2019appelle Chantale et une petite-fille qui s\u2019appelle Sarah.Elle va bien à l\u2019école.Elle a un métier : elle s\u2019occupe des personnes âgées.Elle étudie là-dedans et elle travaille à temps partiel pour améliorer son affaire.Elle est bien heureuse de ça.Je lui lève mon chapeau.» Ménick et l'ancien maire de Montréal, Jean Drapeau.« En business pour un boutte » Le jour de notre visite, les Canadiens venaient de causer la surprise en éliminant les Jets de Winnipeg en quart de finale de la Coupe Stanley.Alors, le Canadien ou Coderre, qui donc va se rendre en finale ?« Je ne veux pas être méchant avec les partisans du Canadien, mais j\u2019aimerais bien que Denis Coderre rentre.C\u2019est un client régulier.Pour le Canadien, plus ça avance, plus le monde est surpris.Les gars font un bon travail depuis que Dominique Ducharme (l\u2019entraîneur) est là, les gars sont disciplinés et n\u2019attrapent pas de punitions inutiles.Le jeune (20 ans) Cole Caufield (le numéro 22) joue avec sa tête.Il est très intelligent, il garde la tête froide.C\u2019est un gars terre à terre qui est en business pour un bon boutte.» Même si de toute évidence la job n\u2019est pas de tout repos, Ménick préférerait être entraîneur du Canadien plutôt que politicien.« Quand tu travailles pour les Canadiens, il y a des hauts et des bas.Tandis qu\u2019en politique, l\u2019opposition tape sur toi en partant.C\u2019est comme si tu ne faisais jamais rien de correct.Au hockey, les joueurs et les instructeurs se donnent la main à la fin de la partie.Les politiciens, ils ne se félicitent que lorsqu\u2019ils sont morts.» « Des gens d\u2019honneur » Aujourd\u2019hui octagénaire, Ménick n\u2019envisage pas la retraite.« J\u2019espère continuer tant que le bon dieu va me donner la santé.Parce qu\u2019 ici, c\u2019est comme une petite famille.» Il a quand même réduit la cadence et se donne du temps pour lire.« Je suis un client assidu de L\u2019Itinéraire.J\u2019aime bien ça et j\u2019en reviens pas.Le concept est excellent, explique-t-il.J\u2019en parlais récemment avec Michel Bergeron et Rodger Brulotte.Tu sais, j\u2019en ai donné des entrevues dans ma vie, mais ça c\u2019est un magazine qui me touche réellement.» « Les camelots qui vendent la revue, ils la payent 1,50 $ et la revendent 3 $.Ce ne sont pas des quêteux.Ce sont des gens qui ont de l\u2019honneur et qui méritent le respect.Je veux juste les féliciter et leur dire : bravo ! » « Les camelots ce sont des gens qui ont de l\u2018honneur et qui méritent le respect.» Humoriste Florence Nadeau Par Namron Camelot PJC boul.Monk / Pharmaprix Outremont normartmusic@yahoo.ca Voici une aquarelle réalisée d'un commerce de Ville-Émard.J'ai créé d'autres oeuvres similaires et paysages urbains du quartier et autres endroits de Montréal.Une façon bien personnelle de souligner les beautés de l'architecture montréalaise.itineraire.ca 13 1er juillet 2021 L\u2019astrologie : la science féministe dans mon appart sans air climatisé quand il fait 38 degrés dehors, j\u2019ai eu le souffle coupé et de solides sueurs.Moi, pas féministe ?Non, je n\u2019ai pas lu l\u2019œuvre de Simone de Beauvoir en entier (j\u2019avais les Twilight à réécouter), mais j\u2019ose croire être une féministe quand même.Mais surtout, je ne voyais aucun lien entre le féminisme et l\u2019astrologie.Google, la boule de cristal des temps modernes À ma grande surprise, le lien entre le féminisme et l\u2019astrologie n\u2019est pas aussi nébuleux que j\u2019aurais pu le croire.Après de brèves recherches sur Google, j\u2019ai découvert que la majorité de la haine et du mépris envers l\u2019astrologie est liée au fait qu\u2019on associe cette pratique à la « magie ».Souvent prisée par les femmes et la communauté queer, l\u2019astrologie est vue par plusieurs comme un hobby de seconde classe pratiquée par des cinglés dans la quête certaine de recevoir leur lettre de Poudlard même passé 34 ans.Certains chercheurs s\u2019avancent pour dire que notre dédain collectif envers l\u2019astrologie remonte à une association refoulée avec les sorcières de Salem.Vous vous souvenez, quand on brûlait des madames pour des raisons allant des menstruations jusqu\u2019à avoir une oreille plus grande que l\u2019autre ?Bref, l\u2019équation va comme ci : les femmes + aimer la magie = des folles.Plus facile à déchiffrer que mes maths fortes de secondaire 4, ça.Avoir une haine envers ces croyances pourrait donc venir, d\u2019une petite part, de misogynie internalisée.Pour être bien honnête avec vous, même après mes recherches, je n\u2019aime toujours pas l\u2019astrologie.Mais maintenant, quand quelqu\u2019un me dit que mon air de bœuf et ma peur de l\u2019engagement sont nécessairement liés au fait que je sois Sagittaire, je souris et je réponds : « Wow, c\u2019est ma psy qui va être contente d\u2019apprendre ça ! Ça fait trois ans qu\u2019on cherche à comprendre ça en décortiquant tous mes traumatismes d\u2019enfance ! » Que vous y croyiez ou pas, soyons tous de meilleures féministes, et laissons les autres faire ce qu\u2019ils veulent.(Même vous là, les maudites têtes de cochons Béliers !) Depuis quelque temps, l\u2019astrologie est de plus en plus populaire On en parle dans les médias, nos bars préférés organisent des soirées de lecture de tarot et vous avez probablement texté votre mère pour connaître l\u2019heure exacte de votre naissance lorsqu\u2019une amie vous a proposé une lecture de votre carte astrologique lors de votre dernier 5 à 7.Si le vin orange avait un super pouvoir, ce serait de faire ressortir l\u2019ésotérisme qui dort en nous.Ça, mais aussi le don de goûter la pisse embouteillée.Tarot, cristaux et un gros no no Je dois me confesser, au grand désaveu de mes amis spirituels et de toutes les sections horoscopes lues dans le magazine Cool ! entre mes 8 et 16 ans, l\u2019astrologie ne m\u2019a jamais vraiment intéressée.C\u2019est probablement dû à mon grand scepticisme, ou parce que mes parents croyaient que l\u2019astrologie c\u2019était juste pour les maudits hippies qui avaient une lampe de sel rose himalayen chez eux.Cela dit, avec le récent essor de l\u2019astrologie et sa popularité dans mes cercles d\u2019amis, j\u2019ai senti une pression d\u2019apprendre à aimer ça.J\u2019ai lu sur le sujet, je suis allée me faire lire mon tarot et j\u2019ai même téléchargé une application qui m\u2019envoie chaque jour un résumé de ma journée en cohérence avec ma carte astrologique.Surprise : j\u2019haïs toujours ça.Quand mon application m\u2019a envoyé une notification disant : « C\u2019est une belle journée pour sortir prendre l\u2019air et se ressourcer » juste après qu\u2019un pigeon m\u2019ait chié dessus en plein centre-ville, j\u2019en ai eu mon casque et je me suis dit : « l\u2019astrologie, c\u2019est de la bullshit.» Sagittaire ascendant pas féministe pantoute J\u2019étais donc sur une terrasse avec une amie quand j\u2019ai lancé mon objection à l\u2019astrologie.J\u2019aurais pu dire que je venais de tuer un bébé golden retriever à mains nues, elle m\u2019aurait lancé le même regard.Je lui ai vite resservi un grand verre de sangria, en espérant que le Schnaps aux pêches allait faire sa job et qu\u2019elle allait vite oublier ce que je venais de dire.« Tsé, dénigrer l\u2019astrologie, c\u2019est pas vraiment féministe de ta part\u2026 », m\u2019avait-elle dit.Ça m\u2019a fait le même effet qu\u2019entrer C\u2019est bien parce que c\u2019est une année COVID En temps normal, je n\u2019aurais jamais écrit une chronique sur le hockey.Après tout, ce n\u2019est pas comme si au Québec on manquait de radios ou de télés capables de consacrer 32 heures par jour au sujet ou de grands journaux trop heureux d\u2019en faire quatre ou cinq cahiers spéciaux.Si vous lisez L\u2019Itinéraire, j\u2019aime penser que ce n\u2019est pas pour lire l\u2019opinion d\u2019un autre ignare sportif de salon qui se prend pour un gérant d\u2019estrade.Si j\u2019ai envie de parler hockey en fait, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit à mon avis du premier signe concret et tangible en 15 mois d\u2019un retour à la vie d\u2019avant.Vers la fin du mois de mai, c\u2019était mon anniversaire.Le vendredi 28 mai, c\u2019était aussi la fin du couvre-feu, la mesure sanitaire avec laquelle j\u2019ai eu le plus de mal à vivre.Comme les deux événements avaient lieu à quelques jours d\u2019intervalle, j\u2019ai réuni quelques amis dans un parc près de chez moi.Dix secondes avant 21 h 30, il y a eu un pur moment de poésie comme on en vit peu dans une vie.Comme on le fait lorsqu\u2019on défonce l\u2019année, on a tous entonné le décompte : « Dix, neuf, huit, sept (\u2026), un.Liberté ! » L\u2019insoutenable légèreté de la liberté Comme bien des Québécois, je suis plus un partisan du Canadien qu\u2019un vrai fan de hockey.Quand ils sont dans la course et encore plus durant les séries, je ne rate jamais une partie.Mais en cette année surréaliste, avec une saison écourtée et des matchs sans partisans, la chose ne m\u2019a intéressé que sur le tard.Je ne suis pas le seul.Les cotes d\u2019écoute des premiers matchs montrent que même les plus grands mordus n\u2019étaient pas au rendez-vous.Ce n\u2019est donc qu\u2019avec l\u2019impensable remontée du CH que le fidèle en moi est retourné à l\u2019église.Et depuis, je n\u2019en manque pas une minute.Même ma mère \u2014 qui est encore moins fan que moi \u2014 me texte ou m\u2019appelle pour commenter chaque but ou chaque victoire, alors qu\u2019elle s\u2019endort en général au milieu de la deuxième période et qu\u2019on est loin de se parler tous les deux jours ! Ça va bien aller Au Québec, qu\u2019on aime ou pas le hockey, quand le CH participe aux « séries minatoires » \u2014 pour parler en vrai gérant d\u2019estrade \u2014 il est difficile de rester indifférent.Les fanions sur les autos, les médias qui disent « Le Canadien » plus souvent encore qu\u2019on a entendu « COVID » depuis un an, les gens qui crient, festoient et se rassemblent, l\u2019électricité dans l\u2019air : on est tous et toutes un peu dans le coup.En ce moment, j\u2019ai bien l\u2019impression de ne pas être le seul à engager des conversations enthousiastes ou même à vivre quelques moments de fébrilité ou d\u2019excitation comme nous n\u2019en avons pas eus depuis longtemps.J\u2019en entends même dire que si la série contre Vegas se rendait à six parties, elle aurait lieu à Montréal le jour de la Fête nationale ! J\u2019imagine déjà l\u2019euphorie en cas de triomphe ! Car, on va se le dire, je suis certain de ne pas être le seul à ne plus supporter l\u2019arc-en-ciel à sept couleurs et le « ça va bien aller ».J\u2019aimerais bien le remplacer au moins pour quelques jours par le fanion du tricolore et le « on a gagné ! » Je suis bien conscient de toutes les critiques forts pertinentes sur le sport professionnel \u2014 une business de riches et de machos qui détournent les masses des enjeux véritables \u2014 mais dans mon petit monde à moi, c\u2019est la première fois en 15 mois que j\u2019ai l\u2019impression de revivre un peu la vie d\u2019avant.Alors pour cette fois, Go Habs Go ! Les personnes habituées à lire cette chronique ont probablement remarqué que j\u2019aime traiter d\u2019enjeux politiques, de pauvreté, des travers de notre monde ou des problèmes sociaux.Bref, des sujets qui me passionnent et qui sont aussi à mes yeux au cœur de la mission d\u2019un média hors norme comme L\u2019Itinéraire.Tout en restant le plus possible collé à l\u2019actualité, je ferai cette fois-ci exception en parlant d\u2019un sujet plus léger, mais qui n\u2019en demeure pas moins l\u2019un des plus fédérateurs de la population québécoise : le rendement du Canadien en séries éliminatoires.Au moment d\u2019écrire ce texte, le Canadien a déjà surpris à peu près tout le Québec et s\u2019apprête à amorcer sa série de troisième tour contre les Golden Knights de Las Vegas.C\u2019est un des grands défis d\u2019écrire pour une revue qui n\u2019est publié qu\u2019une fois tous les 15 jours.À cette heure, tous les espoirs me semblent encore permis.Mais au moment où vous lirez ce texte, soit nous serons tous \u2014 disons une bonne gang \u2014 au lendemain d\u2019une grande déception, soit dans une improbable première grande finale en 28 ans ! LES JOIES DE MON DÉCONFINEMENT Camelot Bernard / de l\u2019Épée par Mathieu Thériault itineraire.ca 15 1er juillet 2021 itineraire.ca 14 1er juillet 2021 Photo par Yves Grégoire Préposé à la distribution Texte par Roger Perreault Camelot Rachel-Béry Fleury / Péloquin et SAQ Lajeunesse / Jarry J\u2019aime marcher.Encore plus depuis que mon cancer du foie m\u2019empêche de faire du vélo.Il ne se passe pas une journée sans que je parcoure une dizaine de kilomètres.Je vends le journal L\u2019Itinéraire au coin des rues Jarry et Lajeunesse et de Fleury et Péloquin.Et tous les jours ou presque, pour me rendre à mon point de vente, je fais une bonne distance à pied en variant les trajets pour découvrir des coins de la ville.Mon appartement est situé à deux pas du Jardin botanique.Le quartier est sympathique et paisible.Et pour être paisible, c\u2019est paisible ! J\u2019ai quand même juste 70  ans, bonyenne ! À part le Jardin botanique et le parc Maisonneuve, les options de promenades intéressantes sont assez limitées.Et comme les voyages \u2014 dans mon cas les promenades \u2014 forment la jeunesse, je préfère le Plateau-Mont-Royal, un quartier plus diversifié et typé.C\u2019est là que je vous amène aujourd\u2019hui.Voyons voir ce que ça donne.LE MONTRÉAL DE ROGER itineraire.ca 17 1er juillet 2021 itineraire.ca 1er juillet 2021 itineraire.ca 1er juillet 2021 Notre aventure débute à l\u2019angle de la rue Chabot et de l\u2019avenue Laurier, au parc De Lorimier.J\u2019aime m\u2019y arrêter pour profiter de sa tranquillité et des bancs et tables à pique- niques disposés à l\u2019ombre de grands arbres.Un de mes coins lecture préférés.L\u2019estaminet du Carré Saint-Louis est l\u2019endroit idéal pour faire une halte café- gâterie.Quelques sculptures valent le coup d\u2019œil, dont celles du poète Octave Crémazie et d\u2019Émile Nelligan, près de la rue Laval, qu\u2019on emprunte pour remonter vers le nord.On trouve là une enfilade de luxueuses et majestueuses résidences.Passé l\u2019avenue des Pins, on découvre aussi de jolies maisons de briques peintes de couleurs variées aux balcons entourés de fer forgé.Arrivé à la rue Rachel, on tourne à gauche pour se rendre au Parc des Amériques, au coin du boulevard Saint- Laurent.Il y a souvent des artistes peintres et des musiciens.Il ne faut pas non plus manquer les deux grandes murales qui l\u2019encadrent.Deux rues au nord, le parc du Portugal, en face duquel habitait Leonard Cohen, salue l\u2019importante population portugaise qui habite dans ce secteur de Montréal.Sur la Main, j\u2019aime bien flâner dans les magasins, découvrir des pans de l\u2019histoire montréalaise et lire de la poésie gravée sur les bancs le long de ce boulevard.Cette promenade vous prendra entre une heure et demie et deux heures, si vous n\u2019entrez pas dans toutes les boutiques ! Au plaisir de vous croiser à l\u2019occasion d\u2019une prochaine visite.Puis, rue Duluth, on bascule dans une atmosphère portugaise.Boutiques, galeries, fruiteries, cafés et marchands de douceurs nous conduisent à la rue Drolet, un peu à l\u2019est, où on peut à nouveau voir des maisons multicolores.Je suis toujours frappé par les agencements de couleurs qui, au premier coup d\u2019œil, sont un peu surprenants mais qui s\u2019harmonisent délicatement.On prend ensuite la rue Saint-Denis vers le sud pour nous rendre au Carré Saint- Louis.Cette rue, qui connaît un regain de vie grâce aux voies cyclables aménagées des deux côtés, mérite qu\u2019on prenne le temps de l\u2019admirer.Ses édifices à pignons et mansardes, ses nombreuses terrasses et restaurants lui donnent un air européen qui me rappelle de bons (copieux et parfois onéreux) souvenirs.19 18 Le Plateau, c\u2019est bien sûr le boulevard Saint-Joseph.Cette grande artère a totalement été réaménagée par la Ville dans les années 1920 et 1930.Elle se distingue par ses résidences édifiées selon des critères de construction précis qui lui donnent une symétrie unique et une harmonie architecturale particulière.Je tombe sous son charme chaque fois que je l\u2019emprunte.J\u2019aime regarder ses magnifiques maisons cossues, comparer les entrées, noter les particularités : ici un portique, là, un vestibule, de belles portes ornementées de vitraux, une corniche que je n\u2019avais pas encore remarquée.Passer devant l\u2019Académie des Saints-Anges nous rappelle que c\u2019est le quartier où a grandi Michel Tremblay. « J\u2019étais chez mon cousin Richard Langevin et il avait sur son mur un dessin qu\u2019 il avait fait d\u2019Atomas, la Fourmi atomique, une bande dessinée que j\u2019adorais, se rappelle-t-il.Aussitôt, je lui ai demandé : \u201c Hé ! Tu me le donnes-tu ?\u201d Il m\u2019a répondu : \u201c Non, mais je peux te montrer à le dessiner !\u201d » Il n\u2019a jamais arrêté depuis : BD, pochettes de disques, édition d\u2019un beau livre de ses dessins, Voivod and the Art of Michel Langevin.Sa passion pour la musique a commencé à l\u2019âge de 10 ans.Dans le voisinage, un « p\u2019tit cul » de son âge jouait déjà dans un groupe avec son père et ses frères, Les Teddy Boys.Son ami chantait un « faux » anglais, mais connaissait déjà par cœur les accords des Beatles.« Un jour, il m\u2019a emmené chez lui et le salon était rempli d\u2019 instruments de musique.Tout était prêt pour jouer.J\u2019ai aussitôt eu une fixation pour la batterie, nous dit-il en ricanant.Mais je ne pouvais pas en jouer, son grand frère avait caché les baguettes.Alors, on a pris ses baguettes de pool et on les a coupées.Il était en furie ! » À partir de là, les deux gamins se sont fait interdire l\u2019accès au salon et rediriger vers la remise arrière.« Il y avait là justement un vieux tom de parade qui traînait, se souvient-il avec enthousiasme.Aussitôt avec les deux baguettes de pool coupées, je me suis mis à taper là-dessus.» Et de là, le train a démarré pour de bon, sur des rythmes de plus en plus endiablés jusqu\u2019au début de l\u2019âge adulte.À cette époque, il décide finalement d\u2019étudier à l\u2019université en génie civil.Il se passionne pour les ponts et la physique mécanique.Mais il lui faudra la sortie remarquée du premier album de Voivod pour qu\u2019il décide de se consacrer d\u2019abord et avant tout à la musique.Depuis, il partage quotidiennement sa vie entre le dessin et la musique.Partout en tournée, à Mexico, Berlin ou Tokyo, il se promène le jour dans les rues pour enregistrer tous les sons caractéristiques de la ville, avec une attention particulière pour les musiciens de métro \u2014 il a d\u2019ailleurs enregistré Away Cities, un album rare de 30 minutes lancé en 2012.Langevin prend aussi le temps d\u2019observer l\u2019architecture des villes avec l\u2019œil de son appareil photo.Le soir, après les spectacles, il témoigne de sa journée en la dessinant sur les blocs-notes trouvés dans les hôtels.Il prépare d\u2019ailleurs un livre de ses dessins de tournée.En attendant, on peut les acheter à la pièce sur son site internet.Spectacles en diffusion web des albums Nothingface (30 mai) et Dimension Hatross (27 juin), création du prochain album de Voivod prévu au printemps 2022, projet d\u2019un film documentaire sur les 40 ans du groupe, phases un et deux de son projet The Singularity, en collaboration avec Thisquietarmy, sa bande dessinée Tales from the Net et la création de son site de dessins awayartpress.com.Voici quelques-unes des réalisations d\u2019un artiste multidisciplinaire, un être à découvrir, passionné, curieux, émerveillé comme l\u2019enfant d\u2019autrefois qui a fait son tout premier dessin.À fond dans tous ses projets Toute cette démarche artistique spontanée ressemble vraiment aux performances d\u2019art contemporain.Comme il se permet une grande liberté dans sa création, il aime participer régulièrement à des évènements de musique actuelle où l\u2019improvisation est souvent mise de l\u2019avant, comme dans son nouveau projet avec Éric Quach, Thisquietarmy x Away.« Avec la musique actuelle, j\u2019ai davantage le champ libre qu\u2019avec Voivod, affirme le batteur.C\u2019est pour ça qu\u2019au fil des ans, j\u2019ai toujours eu une carrière parallèle dans l\u2019avant-garde.».En parallèle de tout ça, l\u2019homme sait aussi battre la mesure pour ce qui lui tient à cœur.Entre autres pour l\u2019album Pops Culture, créé voilà quelques années par 15 jeunes qui fréquentent l\u2019organisme Dans la rue, ou pour Le Big Bang Band, un album de chansons originales créé en musicothérapie par 10 participants des Impatients.Pour lui, il ne semble pas y avoir de petit ou de grand projet ; quand il s\u2019engage, il y va à fond le rythme ! Dernièrement, un admirateur nommé Siou a osé lui demander d\u2019écrire une chanson pour un projet personnel et, sans hésiter, il a accepté.Pour Michel Langevin, ce n\u2019est pas compliqué, si ça lui plaît, il embarque aussitôt.Aussi curieux que cela puisse paraître, il n\u2019a jamais écrit un texte de chanson, bien que tout l\u2019univers de Voivod provienne de son imagination.« Je me suis aperçu que le meilleur moyen, c\u2019était de le faire super rapidement, affirme-t-il en souriant.J\u2019ai réfléchi à ce que je fais dans la vie ; je fais des beats ! C\u2019est une vie de beats, un beat de vie ! Je suis parti de ça, la vie en général vue par un batteur.J\u2019ai trouvé l\u2019expérience fantastique ! Ensuite, le casse-tête de bouger les mots, j\u2019ai aimé ça, c\u2019est devenu comme un poème.En fin de compte, être batteur, c\u2019est ça qui a dirigé ma vie.» Michel Langevin ne s\u2019est pas laissé impressionner par 2020, une année qui a presque rejoint la fiction de son personnage Voivod, imaginé par lui il y a presque 40 ans.Le batteur a continué à créer intensément malgré l\u2019arrêt forcé de la tournée mondiale de son groupe plus que légendaire.par Siou Camelot Mont-Royal / Fullum ARTISTE À PART ENTIÈRE MICHEL LANGEVIN, Dimension Hatross Nothingface The Singularity Phase I Pop Culture itineraire.ca 21 1er juillet 2021 itineraire.ca 20 1er juillet 2021 2330 rue Ste-Catherine O.Square Cabot \u2022 Montréal, QC Promoting social diversity and the empowerment of vulnerable Indigenous people The one and only Indigenous Cafe in Montréal Favoriser la mixité sociale et l\u2019empowerment des personnes autochtones vulnérables L,unique Café autochtone à Montréal 2330 Ste-Catherine Street West Cabot Square \u2022 Montréal, QC Partenaires \u2022 Partners itineraire.ca/cafe-maison-ronde Open from Monday to Friday 9 am to 17 pm Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 17 h MAINTENANT OUVERT CAFÉ DE LA MAISON RONDE Venez (re)découvrir notre délicieux Taco autochtone et autres mets d\u2019inspiration autochtone Come and (re)discover our delicious Indigenous taco and other indigenous-inspired dishes NOW OPEN THE ROUNDHOUSE CAFE DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : "]
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