Bulletin de la Bibliothèque nationale /, 1 septembre 1967, septembre
ac BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE MINISTÈRE DES AFFAIRES CULTURELLES du quEbi < Volume 1, numéro 3 / septembre 1967 Amorce d'une bibliographie nationale /.,/ Btbliofh'èqtie riatiOrtatc publiera, au cours de I hiver prochain, la premiere il une série de bibliographies qu'elle espère pouvoir faire paraitre île façon régulière.et même croissante, au cours des prochaines années.Destinées à promouvoir la recherche, tout en faisant mieux conn.litre les collections de la bibliothèque, ces bibliographies seront habituellement spécialisées, c esta-dire consacrées à des sujets particuliers.Pour bien lharqucr le début de cette activité supplémentaire, que nous considérons indispensable puisqu elle répond de façon toute particulière aux fonctions propres à une bibliothèque nïiti'ohhle, nous avons eu l audace de choisir un projet il envergure, qui comblera une lacune importante dans le domaine de la recherche et qui servira à mieux faire connaître le Québec, tant à l intérieur qu à I extérieur.I.ouvrage en cours île préparation s intitulera: Bibliographie des ouvrages de consultation du Québec.Dans cette compilation seront présentées les diverses disciplines du savoir humain et le terme ouvrage de Le ministère dos Postes, à Ottawa.,i autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième dusse de la présente publication.consultation a été retenu dans son acception la plus large, vu le nombre encore limité de telles publications au Québec.Par contre, cette liste annotée, qui ne présentera que des ouvrages parus au Québec, comportera non seulement des publications de langue française et d auteurs québécois, mais aussi de langues et d'auteurs étrangers.Compilée de façon méthodique, la bibliographie sera complétée par un index d'auteurs et de titres.Le choix des titres et la rédaction des notices bibliographiques, ainsi que des nombreuses annotations qui les accompagneront pour mieux orienter le chercheur, ont été confiés à monsieur Réal Bosa, ex-professeur de bibliographie à l'École de bibliothéconomie de l Université de Montréal, dont il a été directeur par interim Jurant deux ans.et qui vient d'accepter la direction de la bibliothèque de la Faculté des Sciences sociales de cette même université.Georges Cartier, Conservateur en chef Manuscrit (debut XIVc siècle) : Donation de vente faite en 1316 par Reynault de Valentin, seigneur de Liasne et Amcdoing a son vassal Willammc Mescreant.Quand une famille devient bibliophile .Quand la passion des livres anime toute une famille pendant des générations, cela peut donner des bibliothèques plus qu'intéressantes, et quand cette famille s'appelle Mordret, cela signifie une collection des plus enviables, celle-là même que la Bibliothèque nationale vient d'acquérir et dont elle s'enorgueillit déjà, à juste titre.Il s'agit, en fait, de quelque trois cents volumes, ainsi que de documents dont les dates de parution s'échelonnent du XIV1' siècle à nos jours.Toutes ces pièces proviennent de la bibliothèque Mordret.qui s'est constituée de père en fils depuis l'époque, pour nous lointaine, de la Révolution française.Particulièrement riche en œuvres des XVIIIe et XIX1' siècles, cette collection comprend surtout des ouvrages de littérature et d'histoire.Toutefois, la philosophie, le droit, la religion y occupent aussi une place de choix.Il serait trop long d'énumérer tous les titres; d'ailleurs, la bibliothèque publiera bientôt un catalogue détaillé de la collection Mordret.Nous nous limiterons, pour l'instant, à quelques noms d'auteurs et quelques ouvrages significatifs.A l'intention des bibliophiles, mentionnons les Metamorphoses d Ovide, sorti des presses de Plantin en 1578; un elzévir de 1642: le De officii de Cicéron; les Caractères d'Épictète, imprimé à Trévoux en 1700; l'Hnfer de Dante, illustré par Eddy Legrand; quelques 2 Bulletin de la Bibliothèque nationale / septembre 1967 Balzac: Les trois clercs de Saint-Nicholas, relié chez Kieffer, Les contes drolatiques, que Gustave Doré a orné de 425 dessins, et un troisième.Physiologie du rentier, illustré par Gavarni.Monnier et Daumier.Citons également Le diable à Paris, dont Gavarni est cette fois le seul illustrateur, les Dessins de Victor Hugo gravés par Paul Chenay et, enfin, un exemplaire des Nourritures terrestres dans lequel transparaît, sur chaque page, le filigrane du nom de l'auteur, André Gide.Comme curiosité, signalons aussi une lettre de Lamartine au poète Eugène Mordret.Les gens de lettres découvriront avec plaisir, dans les éditions des XVIIIe et XIXe siècles, des œuvres de Voltaire, Rousseau, Mirabeau, Michelet, Hugo.Nerval, Nodier, Tolstoï et Alphonse Karr.De Villemain, l'un des créateurs de la critique historique, on remarquera le Tableau de la littérature française au XVIIIe siècle (1838) et le Tableau de l'éloquence chrétienne au IVe siècle (1849).Dans le domaine des périodiques, la collection nous offre une perspective intéressante du romantisme dans les Annales romantiques.Mentionnons, pour compléter ce bref aperçu de la section consacrée à la littérature, deux anthologies : Mélanges de littérature, d'histoire et de philosophie (1753).ainsi que Poésies révolutionnaires et contre-révolutionnaires (1837).Aux fervents d'histoire, la collection Mordret réserve un choix assez vaste, depuis l'Histoire du gouvernement de Venise, parue en 1677, jusqu'à des récits de la guerre de 1870-71.Toutefois, c'est plutôt la Révolution française qui forme le sujet de la majorité des volumes.Méritent, entre autres, d'être cités : L'esprit des cahiers présentés aux États généraux de l'an 1789 augmenté de vues nouvelles ou projet complet de la régénération du royaume de France (1789), Histoire du départ du roi (1791), Adresse à la Convention nationale de 150 communes de Normandie sur le jugement de Louis XVI (1793), Recueil des pièces justificatives de l'acte énonciatif des crimes de Louis Capet (1793), Plaidoyer pour Louis XVI (1793), Procès de Marie-Antoinette, Recueil exact de tous ses interrogatoires, réponses, dépositions des témoins (1865), des affiches officielles, des avis publics datés de cette époque troublée, etc .Sur la Bastille, certains titres s'imposent : Remarques historiques et anecdotes sur le château de la Bastille (1774), Apologie de la Bastille (1784), La Bastille, mémoires pour servir à l'histoire secrète du gouvernement français depuis le XIVe siècle jusqu'en 1789 (1833).A côté de l'histoire, on trouve en géographie : un Atlas général ( 1747); l'Atlas de toutes les parties connues du globe terrestre (vers 1773): le Voyage fait par Bulletin de la Bibliothèque nationale / septembre 1967 3 ordre du roi à l'occasion du passage de Vénus sur le disque du soleil, le 6 juin 1761 et le 3 du même mois 1769 (1779-1781); et une étude Sur quelques contrées de l'Europe (1788).Les sciences politiques et économiques ont aussi leur place dans cette collection : Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des F.uro-péens dans les deux Indes ( 1 773) ; Mémoire sur le commerce entre la France et les États-Unis (texte manuscrit, hiver 1782 à 1783); Études économiques sur le XVIIe siècle (1885); Politique commerciale et coloniale franco-allemande (1908).S'intéresse-t-on à l'héraldique, on aimera prendre connaissance de La nouvelle méthode raisonnéc du blason ( 1750).Et si la guerre trouve encore des amateurs de nos jours, ils se feront sans doute un devoir de consulter le Traité de la défense des places de Vauban (1789) et ÏArt de la guerre (1862-1873).Dans le domaine de la philosophie figurent, dans des éditions du XIXe siècle, les écrits de Victor Cousin.Emerson, Holbach, Kant, Locke et Leibnitz.La section du droit peut à elle seule combler les bibliophiles et les spécialistes en histoire du droit.La vingtaine d'ouvrages qu'elle contient ont été publiés aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.Il s'agit entre autres, de deux elzévirs des années 1579 et 1651, et d'une édition aldine de l'année 1602.D'autres titres peuvent attirer l'attention dont: Ordonnances royaux sur le fait de la justice et d autorité d'icelle (1620); Plaidoyers ( 1696); Coutumes du pays et du duché de Normandie ( 1757); Code des Terriers ou principes sur les matières féodales avec le recueil des règlements sur cette matière* (1761); Traité des différentes espèces de biens avec un traité des actions suivant les principes du droit français et du droit coutumier de la province de Normandie pour la foi de la conscience ( 1777); Traité des décrets d immeubles suivant la coutume et la jurisprudence de Normandie (1785).En sciences religieuses, Arnaud.Saint-Basile, Richard Simon côtoient Renan.Lamennais, ainsi que des ouvrages sur la franc-maçonnerie.Déjà ce bref compte rendu aura donné au lecteur un aperçu de la richesse étonnante de la collection Mordret, maintenant à la disposition des chercheurs.Et dire que nous n'avons pas parlé du Parfait boulanger de Parmentier (1778), ni du Discours sur les révolutions des globes (1856) de Cuvier ! Faut-il mentionner ' (Iode encore applicable an Canada au temps du Réyimc français.le Système sexuel des végétaux (an VII de la République) de Linné, et si cela ne suffit pas, faudra-t-il souligner que la collection nous offre, en plein 1967, des manuscrits du Moyen-Age « scellés de quatre sceaux à double queue» datant de 1316, 1323 et 1451! Il faut savoir également que nombre de ces documents récemment acquis sont peut-être uniques, car ils ne sont pas inscrits dans le Catalogue général des imprimés de la Bibliothèque nationale de France.Aussi, la Bibliothèque nationale du Québec projette-t-elle une exposition qui permettra au public l'examen de tous ces ouvrages rares et précieux de l'homme d'hier, d'aujourd'hui et de toujours.Ruth Tétreault Chef du Service des acquisitions Souvenirs de l'époque des découvertes En cette année 1967, alors que le fleuve Saint-Laurent qui enveloppe Montréal de toute part a vu surgir de ses eaux des iles merveilleuses pour accueillir l'univers, notre métropole reçoit chaque jour le témoignage des représentants de toutes les civilisations.Les conférenciers, les musiciens, les troupes de théâtre, les danseurs de tous les pays, les pavillons eux-mêmes et les expositions offrent pendant quelques mois à la population du Québec plus qu'elle n'a reçu au cours de plusieurs années.Sous le signe de l'Amitié franco-canadienne, la France a organisé, au 6e étage de son pavillon, une exposition qui «s'est donné pour mission d'évoquer par des documents absolument authentiques, originaux — par conséquent presque toujours uniques — ce que pendant deux siècles et demi tant de Français, de Jacques Cartier à la fin du XVIIIe siècle, ont donné de leur force vive, de leur talent, de leur intelligence, de leur cœur à ce pays immense».Lors d'une réunion des membres de la Section de Montréal de l'Association canadienne des bibliothécaires de langue française, le 2 mai dernier, la Bibliothèque nationale a eu l'honneur d'accueillir la responsable de cette exposition, mademoiselle Monique de La Roncière qui, le 2 avril, prononçait à la salle Saint-Sulpice une conférence sur ces documents que la France expose à l'admiration des Canadiens.Mademoiselle de La Roncière fut présentée aux invités en ces termes: «Si ion se rappelle que la ville de Montréal naquit vers le milieu du 17e siècle sous les auspices de la compagnie de Saint-Sulpice et si l'on se rappelle également que Messieurs les Sulpicicns créèrent, dans cette ville. deux siècles plus tard, une bibliothèque dans le but de conserver les documents relatifs aux origines de la co-tonic, il est singulièrement frappant, sinon émouvant, de songer que nous sommes réunis ce soir, dans cette bibliothèque, pour entendre une conférence sur des documents des débuts de notre pays, conservés, ceux-là, par la France.La France, en ces temps pour nous si lointains, avait déjà ses musées, ses bibliothèques, et les trésors relatifs au «vieux» Québec ont pu y être conservés dans les meilleures conditions.Pour la première fois, ces documents ont quitté leur réserve pour être présentés au monde entier, ici même, à Montréal, sur la «Terre des hommes».Les autorités de la Bibliothèque nationale française ont choisi, comme responsable de cette exposition, Mlle Monique de La Roncière, conservateur au Département des cartes et plans de la Bibliothèque nationale et bibliothécaire à la Société de géographie.Qu'il suffise d'ajouter que notre conférencière détient une licence d'histoire et de géographie et un diplôme supérieur de bibliothécaire et nous sommes déjà assurés de sa compétence.Mais nous sommes assurés de plus encore, Mlle de La Roncière étant la fille de Charles de La Roncière dont nous connaissons les travaux historiques et l'attachement pour notre pays.Archiviste paléographe, conservateur îles imprimés à la Bibliothèque nationale, spécialisé dans I histoire de la marine, monsieur de La Roncière connut, par ses travaux, toutes les civilisations.Sa splendide Histoire de la découverte de la terre.publiée en 19 38 et reprise en 1963 par Jean Riverain, nous montre combien son esprit fut universel.Ses ouvrages sur le Canada nous prouvent, eux.qu'il eut une predilection pour notre pays.Cette vastitude de pensée, cet esprit universel et cette affection pour le Canada français, il les aura transmis à sa fille.Très jeune, au moment où son père écrivait ses ouvrages sur Jacques Cartier ou le Cavalier de La Salle.son Epopée canadienne ou .sa Carte de Christophe Colomb, mademoiselle de La Roncière.comme elle le raconte elle-même, dut s'intéresser à ce pays français d outre-mer.Nous entendrons Jonc ce soir, non seulement une spécialiste dont monsieur Lacour-Gayet.qui a publie récemment une Histoire du Canada, .se déclarait l obligé, après avoir trouvé, écrit-il dans sa préface, le plus précieux concours en la personne de mademoiselle de La Roncière.mais nous entendrons aussi quelqu'un qui partage notre amour du Canada français et notre émotion devant ces reliques de notre passé».En effet, à travers le texte de mademoiselle de La Roncière.les auditeurs ont senti non seulement la science des documents, mais aussi l'émotion de l'ami.Amie qui avoue simplement que la recherche des écrits, des cartes manuscrites, des peintures «a été longue, laborieuse, quelquefois décevante.mais excitante aussi.Cela m'a valu des journées passionnantes».Il y a loin de l'œuvre authentique au fac-similé ou à la photo, comme le disait mademoiselle de La Roncière, mais malgré cela, les quelques diapositives que nous avons pu voir de ces œuvres d'art sorties pour la première fois des cartons des réserves des bibliothèques ou musées où elles sont précieusement conservées ont fasciné l'auditoire (formé de bibliothécaires, historiens, écrivains, amis des livres anciens, des belles reliures, des documents d'archives).Je ne mentionnerai ici que quelques-uns de ces admirables documents, mais les personnes intéressées qui n'ont pas la chance de visiter le pavillon de la France à l'Exposition universelle de Montréal peuvent lire le texte de la conférence dans la livraison de septembre du Bulletin de l'Association canadienne des bibliothèques de langue française et aussi se procurer le Catalogue des œuvres exposées (L'Amitié franco-canadienne, de Jacques Cartier à Chateaubriand.Paris, Ed.du Temps, 1967.$2.00) Parmi les 165 documents ou objets exposés, quelques-uns nous touchent davantage par leur signification ou leur beauté: La Relation manuscrite du 2e voyage de Cartier dans sa somptueuse reliure de maroquin aux armes du roi Charles IX; l'^4f/as de Guillaume Le Testu avec ses cinquante-trois planches d'enluminures.L'avant-dernière page, «qui évoque de façon particulièrement suggestive les découvertes de Cartier», illustre tout l'art de l'enluminure par sa composition dégagée, la finesse des miniatures, la fantaisie de l'ornementation et la délicatesse de la couleur; les Semailles indiennes.extraites de la relation de l'expédition française sur lès côtes de Floride sont peintes par Jacques Le Moyne de Morgues.Elles datent aussi de la seconde partie du XVIe siècle, mais pourraient être l'œuvre d'un artiste moderne tant le dessin est sculptural, les couleurs franches, le paysage simplifié et réaliste.L'un des plus beaux objets de l'exposition est sans doute le globe dit de Rouen, magnifique chef-d'œuvre de la Renaissance, d'une richesse et d'une élégance rappelant les œuvres italiennes de l'époque.Le globe est en cuivre ciselé sur une monture de même métal et supporté par quatre bustes de tritons en bronze.« Il indique la connaissance qu'on avait du monde entre Verrazzano et Cartier; le Saint-Laurent et Terre-Neuve ne sont pas encore indiqués de façon précise».5 Les œuvres de Jean Baptiste Louis Franquelin, Vue de Québec à la fin du XVIIe siècle.Carte du Saint-Laurent, toutes deux dessinées à la plume, sont d'une finesse admirable, saisissantes de vérité et d'harmonie.Cette vue de la capitale de la Nouvelle-France en 1688 (présentée dans une cartouche), d'une fraîcheur extraordinaire mais aussi d'une précision remarquable, de même que le «paysage» du Saint-Laurent où sont d'abord présents la flore et la faune canadiennes et les scènes de la vie des indigènes sont parmi les plus touchants pour un citoyen du Canada français.Nous nous sentons redevables à cet artiste qui a su non seulement faire porter à travers les siècles des «images» de l'époque courageuse, mais aussi l'âme de ce temps, de cette petite ville altière et sereine, de ce gigantesque fleuve nourricier.Ces souvenirs de l'époque des découvertes racontent la hardiesse des marins et des explorateurs ou le zèle indéfectible des missionnaires, ces plans ou paysages de Montréal et de Québec évoquent des années de luttes et de courage pour l'implantation d'une colonie en territoire sauvage.Ces portraits conservent les traits des hommes qui, poussés par la fièvre de découvrir ou celle de la gloire maritime, ou encore assoiffés de conquête mystique ou simplement d'aventure, ont laissé leur nom dans la mémoire d'un peuple.Mademoiselle de La Roncière terminait l'évocation si sensible de ces documents historiques par ces mots: «Ainsi, passant des paysages aux portraits, des cartes aux objets, j'ai essayé de vous donner un aperçu de cette section historique organisée au 6e étage du Pavillon de France.Aussi disparate par les sujets que la vie elle-même, cet étage a pour unité d'être authentique.Sur plus de cent-soixante pièces, pas même une dizaine sont des fac-similés ou des photos.Pour le reste, toutes les choses sont venues à vous de leur époque d'origine et portent le poids des années, jaunissant les unes, déchirant les autres, gonflants les vélins ou ternissant un peu les ors.Toutes portent la patine du temps et sortent de leur claustration pour affronter l'éclat des lumières de notre époque.J'espère ardemment que les regards canadiens se porteront nombreux sur ces vénérables souvenirs, leur prouvant ainsi qu'ils n'ont rien oublié».La conférence terminée, un cocktail permit aux invités de rencontrer mademoiselle de La Roncière, dans le foyer de l'auditorium, où une exposition des oeuvres de Charles de La Roncière avait été organisée.Céline R.-Cartier, prés.Section de Montréal - ACBLF Statistiques des collections Certains se sont étonnés que les premiers numéros du Bulletin ne donnent pas un aperçu quantitatif des collections de notre bibliothèque.Voici donc quelques statistiques.Toutefois, l'état actuel des diverses collections, surtout des documents spéciaux et des publications officielles, ne permet qu'une évaluation approximative.Les documents spéciaux, par exemple, sont souvent conservés par collection ou donateur.Regrouper gravures, portraits, manuscrits, ex-libris, etc.seulement en vue d'établir des statistiques, s'avère présentement impossible.Seul un chiffre global, bien qu'approximatif, peut donner un idée de cette collection.La collection des publications officielles comprend une très grande proportion de feuilles volantes, feuillets, brochures d'agences internationales ou de services gouvernementaux.Les compter serait fastidieux, sinon inutile.C'est pourquoi les chiffres fournis sont présentés en pieds linéaires.Par contre, nous avons pu évaluer en chiffres beaucoup plus précis la collection générale.Ce nombre comprend les livres étrangers, les canadiana (S)*, les brochures et les plaquettes (P), la Réserve, les salles de travail, les livres numérotés (catalogage temporaire) et les livres reclassifies.* Les canadiana ont toujours été distingués du reste de la collection par le symbole « S », de l'initiale du donateur de notre premier fonds canadien, le juge Louis Wilfrid Sicotte.I - Collection générale I ) Magasin des livres : Généralités.2,463 v.Philosophie.5,105 Religion.9,500 Sciences sociales (droit, éducation, etc.) 22,000 Linguistique.2,100 Sciences pures.5,600 Sciences appliquées.7,265 Beaux-Arts.6,400 Littérature.24,300 Histoire.43,800 2) Réserve.5,000 3) Brochures et plaquettes.7,800 4) Divers (livres numérotés, départements salles de travail, etc.).12,500 153,833* * Ce nombre comprend 31,483 canadiana.6 Bulletin de la Bibliothèque nationale / septembre 1967 II) Périodiques N.B.Les chiffres compilés pour ce département représente des titres de périodiques et non pas des numéros.Nombre Period.Autres total vivants period.1 ) Revues 2,201 766 1,435 2) Journaux 729 81 648 3) Microfilms 54* 6 48 2,984 853 2,131 * 1.586 bobines III) Publications officielles Documents pré-confédératifs 288 pieds linéaires Canada.1,368 Québec.432 Etats-Unis.126 Nations-Unies & agences .65 Divers.144 TOTAL: 2,423 pieds linéaires* N.B.Ce nombre total inclut 204 titres de périodiques.* Pour établir le nombre de documents' nous saluerons de cnlctder une moi/enne de Religion 8r'r Beaux-arts T< Sociologie 12'r Littérature 18.5'c Linguistique 2'"t Histoire 35 Ç* Nous avons établi pour notre collection des proportions idéales pour chaque classe.Nous tenterons d'accroître nos fonds en répartissant nos crédits selon les pourcentages suivants: Littérature 18'r Histoire 20''< Sociologie 1 2' < Philosophie lO*/' 809' Sciences humaines Beaux-arts lO'r Religion b'< Linguistique 4r/r Sciences pures 10fr 20'; Sciences (y compris Sciences appliquées 10'' l'aspect historique).Tant que nous pourrons développer notre collection selon ces normes, les priorités d'acquisition seront déterminées de façon à rétablir rapidement l'équilibre dans les disciplines qui recèlent les lacunes les plus graves.C.Dons et échanges Les dons et échanges sont une autre forme d'acquisition.Le chef du Service des acquisitions effectue un choix conforme à la politique d'achat et élague les livres qui ne conviennent pas à la bibliothèque.D.Choix des documents Tout le personnel de la bibliothèque est habilité à faire des suggestions au Service des Acquisitions.C'est au chef du service que revient la tâche de déterminer si les choix proposés répondent à notre politique d achat.Aux bibliothécaires affectés au Service des Acquisitions revient la plus grande part de responsabilité dans le choix des documents.Leurs fonctions même leur permettent de consacrer une large part de leur temps à ce travail.En outre, ils ont une vue d'ensemble de la collection, sont au courant de la production et gardent à leur portée les revues et instruments bibliographiques nécessaires.La collaboration des bibliothécaires professionnels des autres services et départements est très précieuse, surtout si ceux-ci possèdent une spécialité: philosophie, sciences sociales, musique, etc.Le Service des Acquisitions reçoit déjà la collaboration du Service de Consultation dans le choix des volumes qui ont trait à la référence.Le chef du service revise le choix des documents recommandés, veille à ce qu'ils répondent aux normes établies et qu'ils contribuent au bon équilibre de la collection et du budget.Ruth Tétreault Chef du Service des acquisitions Cent dollars la page Un collectionneur de l'Ontario demandait récemment à la Bibliothèque nationale de lui vendre une brochure de quinze (15) pages, qui figure dans ses collections en deux (2) exemplaires.Quelques semaines auparavant, cette brochure avait atteint, aux enchères, la somme appréciable de S 1.500.00! Il s'agit d'un texte de David Chabrand Delisle, ecclésiastique de l'Eglise d'Angleterre et recteur de la paroisse anglicane de Montréal, intitulé: Sermon Ftinè-bre Prononcé à I occasion tic la Mort de Mr.Benjamin Frobisher.* À Montréal, chez F.Mesplet.imprimeur, 1787.1 Négociant de l.i North West Company », On sait que Fleury Mesplet est l'un des premiers imprimeurs de Montréal et que les ouvrages sortis de ses presses sont recherchés par les bibliophiles.Dans l'ouvrage de Marie Tremaine.A Bibliography of Canadian Imprints.1751-IXOO (Toronto, University Press.1952).cette brochure figure page 239, numéro 512.Un troisième exemplaire, localisé par Tremaine à la Bibliothèque nationale, ferait peut-être partie du fonds Baby.Autrefois en dépôt à la Bibliothèque Saint-Sulpice.ce fonds est maintenant retourné à la Bibliothèque de l'Université de Montréal, où des recherches récentes ne nous ont pas permis de retracer ce troisième exemplaire, très précieux.Roland Auger Conservateur adjoint à la coordination technique 8
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