Le couac, 1 février 1998, février
La photo du mois Le veau d'or Scully au pays des merveilles page2 page3 page 4 Papa Habana Pour le pape, le problème du Cuba de Castro, c'est l'éducation laïque qui met en péril la famille.Il a tout compris.Monsieur l'ambassadrice «En France, une femme chef de mission diplomatique |.| continuera de s'appeler madame l'Ambassadeur, l'usage réservant le terme d'ambassadrice à l'épouse d'un ambassadeur en poste.» (extrait de la lettre de l'Académie française à Jacques Chirac, La Presse, 19 janvier).Et comment nomme-t-on l'époux de madame l'ambassadeur?Pâté chinois •Alors qu'on le croyait en vacances dans le Sud, le maire Bourque travaillait en fait comme horticulteur conseil en Chine.Une vraie boîte à surprise, le cher homme, toujours aux antipodes •«Depuis près de 18 ans, Pierre Bourque entretient des liens étroits avec la Chine.» {Le Devoir, 22 janvier.) Voilà qui expliquerait son mode de gouvernement (celui de la Chine).• Le calembour involontaire du mois fut lancé par M Roland Arpin du Musée de la Civilisation de Québec, à l'émission Christiane Charette en direct, le 21 janvier: «On ne peut pas être un milliard et vivre dans un pays débridé.» Chacun son effort Les humoristes ont fait leur part pendant la catastrophe que le Québec a connue le mois dernier.Dany Turcotte et Jean-Guy Moreau tentaient de dérider des visages de la Rive-Sud À Montréal, Pierre Brassard et des clowns animaient la foule au Palais des congrès.Et Pierre Bourque serrait des mains dans les centres d'accueil Un drôle d'oiseau Parti libéral La pensée interdite après le diplôme universitaire Iean-Marc Fournier, député libéral, est le porte-parole en matière d'Affaires intergouvernementales des libéraux du Québec.Il s'occupe du dossier constitutionnel.Depuis son élection, le député n'en manque d'ailleurs pas une pour faire l'éloge du système canadien.Sait-on que Fournier compte à son actif un mémoire de maîtrise consacré à la «procédure de modification de la Constitution du Canada»?La politique qu'il propose là-dedans a peu à voir avec celle qu'il pratique au Parti libéral.Le député de Châteauguay a déposé son mémoire de 151 pages à la Faculté de Droit de l'Université de Montréal en mai 1991.Dans ce texte, il en a contre la constitution imposée au Québec en 1982 par le gouvernement de Pierre Elliot Trudeau À son avis, le rapatriement de 1982 constitue «un véritable coup de force» à l'endroit du Québec.Après avoir analysé le document constitutionnel de 1982, Fournier s'indigne en particulier contre la règle de l'unanimité qu'il impose.Cette règle bloque en pratique toutes possibilités de changement, comme l'a montré l'aventure du lac Meech en 1990.Fournier en dénonce ainsi le caractère figé: «Si, de façon générale, toute entente constitutionnelle repose sur un compromis, il nous semble que la règle de l'unanimité soit plutôt le résultat du refus du acmpromis.» Autrement dit, cette constitution n'en est pas une.C'est tout au plus la manifestation d'une volonté inflexible de garder figé un système politique qui, comme l'observe l'universitaire, ne convient pas au Québec.Chose certaine, pense-t-il, rien là-dedans ne correspond à une entente authentiquement canadienne.Pour que ce système finisse par fonctionner, il faudrait faire en sorte de le «débritanniser» au plus vite.En 1991, il semble même que Fournier se soit préparé à l'éventualité de l'indépendance du Québec.Le rapatriement de 1982, effectué «à l'encontre de la volonté d'une des régions du pays et d'une de ses nations», a «aggravé nos difficultés d'appartenance» L'échec de l'Accord du Lac Meech a selon lui «bouclé la boucle».«La solution de l'indépendance rassemble de plus en plus d'adeptes», écrit-il.«Avec l'échec de Meech et le renouveau de l'idée sécessionniste, par l'action des indépendantistes québécois, le Canada tout entier sait maintenant que l'union actuelle est dans un cul-de-sac.» Reste selon lui à «faire notre propre réflexion» et à «en assumer les conclusions» Pour repenser l'ensemble canadien, Fournier montre dans son mémoire qu'il faut se méfier des partis politiques comme du diable.«Parfois, pour ne pas dire souvent, ce sera la rentabilité politique d'une prise de position ou d'une autre qui servira de fondement à leur décision.» Il préfère s'en remettre au peuple.Que propose Fournier?La mise en place d'un mécanisme «permettant une étude objective et non partisane sur ce que doit être le Canada».Il insiste d'ailleurs à plusieurs reprises sur l'importance à accorder au caractère «non partisan» et «objectif» de cette démarche «Pour cela, il faut laisser le peuple se donner des représentants à la table constitutionnelle Que dans les villes, les campagnes et les réserves, dans les métiers, les professions, que dans toutes les couches de la population, on se choisisse des représentants qui, sans allégeance partisane, sans arrière-pensée de rendez-vous électoral, discuteront et réfléchiront sur ce que le Canada peut et doit être.» Et à quoi le beau programme de Fournier a-t-il abouti?À son élection au Parti libéral, lieu non partisan par excellence où, comme chacun le sait, les intérêts du peuple précèdent toujours ceux de l'argent Dans un article paru dans Le Devoir du 30 août 1997, Iean-Marc Fournier montre qu'il pratique désormais la pensée magique et la partisannerie outrancière Bouchard est le diable déguisé en magicien; Daniel lohnson, le héros d'une histoire d'amour canadienne qui travaille sans relâche de manière à «engendrer des échos (sic) susceptibles d'amorcer une discussion positive sur notre avenir commun».Fournier confond ainsi ses documents de travail et ses rêves avec la situation canadienne réelle.Pendant le référendum de 1995, un journaliste laissait entendre qu'il était au nombre des députés qui usent volontiers des arguments parti- | sans les plus démagogiques La Faculté de droit a reconnu à Jean-Marc Fournier le titre de maître le 7 juillet 1991 Quatre ans de droit et le reste de sa vie de travers, comme disait Coluche JFN Québec mêlé à lutte au français en Flandres Bruxelles — En Belgique, certains Flamands en ont marre de se voir assimilés par les francophones.Or voilà que les Québécois s'en mêlent et se mettent à refiler leur savoir-faire aux nationalistes flamands.Au détriment de leurs amis francophones.Tous les deux ans, les organismes belges, suisses, québécois et français se rencontrent afin d'examiner les problématiques linguistiques communes.Fin novembre 1997, les responsables du Conseil de la langue française du Québec et de l'Office de la langue française du Québec se sont rendus à Bruxelles pour participer à une telle rencontre.Le colloque se déroulait sur deux jours.Or la présidente de l'Office de la langue française, Nicole René, est demeurée deux jours supplémentaires dans la capitale belge.C'est que la Délégation générale du Québec à Bruxelles avait organisé une rencontre avec un groupe de députés flamands afin que Nicole René puisse les renseigner sur les initiatives du Québec en ce qui concerne la défense de la langue française.«Les parlementaires flamands demandaient depuis longtemps un intervenant pour leur présenter la politique linguistique du Québec.Nous avons décidé de profiter de la visite de madame René», explique François Bouvier, conseiller aux affaires publiques de la Délégation du Québec.«Nous faisons également face à des problèmes linguistiques en Belgique.Nous voulions connaître la législation québécoise pour faire nous aussi quelques exercices dans ce sens, afin de voir si l'on peut améliorer notre propre législation», témoigne le secrétaire du Comité d'avis et de concertation de Bruxelles et du Brabant flamand, Henk Cuypers.Guerre ouverte Le problème, c'est que juste avant la visite de la délégation québécoise, les parlementaires flamands ont pris le taureau par les cornes en vue de forcer l'assimilation des francophones qui habitent la Flandre, plus particulièrement ceux qui résident en périphérie de la région Bruxelles-capitale.Début novembre en effet, le ministre flamand Leo Peters a décidé de mettre en œuvre un processus visant à faire disparaître les ressources accordées en 1963 aux francophones qui habitent six communes flamandes en banlieue de Bruxelles.Ces ressources permettaient jadis aux francophones habitant dans des régions flamandes d'être servis en français par les services publics.Ces Flamands qui vivent dans ces communes se sont englués parmi une communauté francophone dont l'importance numérique est de plus en plus grande dans les banlieues.D'où l'initiative flamande dirigée vers ces six communes périphériques.«Ça signifie que les francophones recevront dorénavant leur relevé d'impôts en flamand et devront le retourner afin qu'on le leur expédie en français.Ils devront faire la même chose pour leur facture d'électricité et ainsi de suite.À la longue, ils risquent de remplir un papier dans une langue qu'ils ne connaissent pas au lieu d'avoir à le demander chaque fois», estime Pierre Verjans du département de sciences politiques de l'Université de Liège L'initiative flamande a soulevé la polémique.Le quotidien La Libre Belgique n'y est pas allé de main morte.Il a été jusqu'à qualifier la démarche de «purification ethno-culturelle».«Au niveau sociologique on appelle ça de l'assimilation.En fait, c'est surtout vexatoire.Une fois de plus on enfonce le clou; on veut faire comprendre aux francophones qui vivent en Flandre qu'on va leur empoisonner la vie», dit Jean-Philippe Pauwels, francophone de descendance flamande, lui aussi chercheur en sciences politiques à l'Université de Liège.Vive la France libre! Les Québécois sont-ils plus près des francophones de Belgique (Wallons) ou des Flamands?Le politologue Pierre Verjans dit croire qu'il y a plus qu'une proximité linguistique entre le Québec et la Wallonie puisque «le Québec, comme la Wallonie, représente une minorité politique dans un ensemble étatique».)ean-Philippe Pauwels croit au •contraire que les liens que tissent depuis plusieurs années le Québec et la Flandre sont justifiés puisque la belle province a «beaucoup plus de points communs avec la Flandre qu'avec la Wallonie», entre autres à cause de leurs aspirations nationales.Une source officielle québécoise en poste à Bruxelles a d'ailleurs expliqué, lors d'une rencontre informelle, que «le Québec est un modèle pour les Flamands, qui s'en inspirent en ce qui concerne les revendications nationales».Le président du groupe d'avis et de concertation de Bruxelles et du Brabant flamand, Herman Suykerbuyk, se dit entièrement satisfait de la rencontre avec Nicole René, même si concrètement, les Flamands ne peuvent pas légiférer sur la question linguistique dans les régions où ils se sentent menacés.«En ce qui concerne la région de Bruxelles et les communes en périphérie, nous ne pouvons pas y légiférer.Et dans la région flamande il n'y a pas de problèmes linguistiques.La rencontre a toutefois été politiquement utile.Nous allons certainement nous laisser inspirer des initiatives québécoises.» ALEXANDRE S1ROIS Vol.1 • no 5 Février 1998 1,99 $ Un truc «Le pape demande à Cuba de s'ouvrir au monde» (Le Devoir, 22 janvier).Pour quoi faire?Toutes les réponses ne sont-elles pas dans les Évangiles?Une vie de fesses On peut lire dans nombre de journaux américains des annonces de cliniques de chirurgie plastique qui présentent des offres spéciales.Des publicités du genre: «deux fesses remodelées pour le prix d'une seule».Nombre de livres de gras sucées l'an dernier aux États-Unis?1,5 million.De quoi nourrir quelques pays du tiers-monde.Scout un jour, Bourque toujours ! Secret Si le maire Bourque est revenu si vite de Chine, ce n'est pas tant parce que Montréal croulait sous le verglas que parce qu'il a appris qu'à Hong Kong, par crainte de la grippe du poulet, on tuait la volaille.Tempête de militaires «C'est le plus grand effort de notre histoire pour aider le Canada dans une situation de crise», a déclaré Art Eggleton, ministre de la Défense (\ournal de Montréal, 12 janvier) Modeste, il oublie sans doute la Crise d'octobre, où l'armée canadienne avait fait presque autant d'efforts pour sauver les Québécois.Explosion bœuf L'édition de janvier du magazine Scientific American nous apprend que.à la fin des années 1950, un météorologue avait inventé une façon d'attendrir la viande de bœuf en utilisant les ondes de choc créées par des explosions sous-marines.Les premiers essais ne furent pas concluants: impossible de retrouver la viande après les explosions.Mais la méthode, baptisée «hydrodyne», a beaucoup progressé.Elle permet aujourd'hui de faire passer d'un mois à une seconde le temps nécessaire à attendrir la viande.La méthode pourrait être commercialisée d'ici la fin de l'année 1998.Pour attendrir leurs semelles de botte, les Américains pensent au nucléaire. m m ®J fiff Le Couac, février 1998, page 2 Le citron à Clifford Lincoln (et meilleure chance la prochaine fois à l'école laïque) L'année 1997 aura marqué une étape importante dans le domaine scolaire avec l'abrogation, pour le Québec, de l'em-merdement que constituait l'article 93 du British North America Act de 1867.Ceux qui ont combattu sur le front de la laïcité comprennent toute l'ampleur de ce gain que l'on croyait encore hautement improbable, voire impossible, il y a à peine deux ans.L'abrogation de cet article constituait même l'un des principaux objectifs du Mouvement laïque québécois qui était le seul, en 1980, à réclamer un tel amendement.Il aura fallu 18 ans de travail discret et persévérant, deux jugements de la Cour supérieure, deux autres de la Cour suprême, quatre projets de réforme avortés, deux ans d'États généraux, une demi-douzaine de commissions parlementaires, au moins sept ministres de l'Éducation {du plus pieux jusqu'au plus bêta) pour finalement obtenir, malgré la main de Dieu, la levée de cet embargo sur la liberté de conscience.S'il faut accorder aux acteurs actuels du gouvernement du Québec les mérites qui leur reviennent dans cette démarche très tardive, le dernier épisode de ce débat nous a une fois de plus montré que le républicanisme n'est pas à la portée de tous les cerveaux: il est notamment inaccessible à Clifford Lincoln, en ce domaine le roi des insignifiants.L'honorable député fédéral est en effet le seul député du Québec à avoir voté contre la demande d'amendement à l'article 93.Son motif: préserver les droits acquis des minorités.L'article 93 ne protégeait pourtant les droits d'aucune minorité; il protégeait les privilèges discriminatoires de l'écrasante majorité catholique.Alors que Lincoln a démissionné du gouvernement Bourassa parce qu'il ne pouvait accepter le recours à la clause nonobstant dans l'affichage du prix de la soupe aux tomates, il s'est montré d'accord, par son vote, avec le La political incohérence Nous savions déjà que les militants du mouvement américain de political correctness ont terriblement peur des mots Pour eux, il n'y a ni vieux, ni obèses, ni infirmes Ce mouvement se répand: nos hôpitaux sont devenus des centres hospitaliers, expression ridicule puisqu'elle contient le mot hôpital.Une dépêche de la Presse canadienne reproduite dans Le Devoir du 13 janvier nous apprend que 3 500 Québécois souffrent de nanisme.Ce sont des nains, mais ce mot est banni.Il paraît qu'il faut dire «personne de petite taille» Alors pourquoi ne pas bannir aussi le mot nanisme, qui contient le mot nain, et dire «person-nedepetitetaillisme»?maintien d'un article équivalent à une clause nonobstant permanente brimant le droit à la liberté de conscience des enfants dans les écoles publiques.Bravo Clifford! Malgré l'abrogation de l'article 93, tout le débat sur la laïcisation de l'école reste à faire.Pauline Marois a levé un embargo, mais elle est loin d'avoir promis de laïciser l'école.Elle s'est limitée à créer un comité présidé par le théologien Jean-Pierre Proulx afin d'étudier la question de la place de la religion à l'école.C'était au temps où les élections québécoises étaient prévisibles pour l'automne prochain.Avec un mandat d'un an, le comité Proulx permettait au gouvernement péquiste de passer à travers l'élection sans avoir à se prononcer sur le sujet maudit de l'enseignement religieux.11 serait fort surprenant que ce comité aille aussi loin que les États généraux et propose de laïciser les écoles et l'enseignement.Au mieux, doit-on s'attendre à ce qu'il propose l'abolition des statuts confessionnels et des projets éducatifs confessionnels.Le comité Proulx aura également l'échéancier politique dans les roues.On parle en effet d'une élection au printemps 1999.Le PQ ne s'engagera sûrement pas à sortir la religion des écoles juste avant une élection et déjà le Comité catholique a entrepris d'alarmer ses ouailles Par ailleurs, la clause nonobstant, qui protège l'enseignement religieux confessionnel, vient à échéance en juin 1999.Si le Pari libéral était alors au pouvoir, les Québécois risquent de voir cette clause reconduite pour un autre cinq ans.La lutte pour le respect des droits fondamentaux à l'école risque donc, une fois de plus, d'être victime de la petite politique.Cela pourrait bien permettre au Comité catholique et aux évêques de trouver la meilleure façon de paraître ouverts sans rien changer du tout.DANIEL BARIL En panne de titre La Presse du 10 janvier titre: «Tout s'écroule».Sauf La Presse, bien entendu La Presse du 17 janvier, pour nous dire que nous sommes au bout de nos peines annonce que «La fin approche» Et on se voulait encourageant! Toujours le 17 janvier, dans le même quotidien, cette formule inédite et de bon goût pour décrire la «crise» du verglas: «Le grand dérangement».Et si les Acadiens étaient au courant?Égalité Pierre Péladeau est aussi pauvre que les autres morts.Et aussi beau.Le Couac 788, rue Laurier Est, Montréal (Québec) H2) ICI Téléphone: (514) 270-9392 Éditeur: Pierre de Bellefeuille Rédacteur en chef: Jean-François Nadeau Collaborateurs: Sabina Badilescu, Marco de Blois, Marc Cassivi, Louis Cornellier, Geneviève Cardinal, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, Philippe Gauthier, David Ledoyen, Laurent Mailhot, Max, Catherine Pépin, Marion Piekarec, Sylvain Ratté, Alexandre Sirois, Pierre Vadeboncceur, Céline Vangheluwe, Nadine Vincent Graphisme: Zirval Design & Imprimerie (525-3781) Illustration: Bern, Serge Ferrand, Luc Giard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Warten.Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: Jacques Fleurent au (514) 355-2103 ISSN 1480-2074 N° de publication (Poste Canada) Imprimé au Québec 1213369 Le Couac paraîtra en version anglaise (quand il aura reçu sa subvention de la fondation Donner).ABONNEMENT 1 an: 25 $ «2 ans: 45 $ • Institutionnel: 50 $ Soutien: envoyez plus de 50 $ ou (mieux) tout ce que vous avez.Statistiques intéressantes: Le Couac a un abonné à Francistown (Botswana) et un autre à Sainte-Thérèse-de-Blainville (Québec).Un boulot en gâteau À Beatrice, au Nebraska, les propriétaires de la fabrique de gâteaux Grand-ma's Fruitcake sont heureux (The Arizona Republic.29 décembre) Ils viennent de souligner par une publicité l'excellence de Deb Sillman, une de leurs employés.La brave prolétaire de leur belle usine a décoré jusqu'à ce jour 13 millions de livres de gâteau à la main.Elle détient même un record: elle peut décorer 17 gâteaux d'une livre à la minute Les propriétaires se tapent dans les mains Grâce à cette publicité, ils espèrent faire assez de bénéfices pour acquérir des robots-pâtissiers.Demande d'emploi Les horticulteurs seront très en demande à la suite de la tempête de verglas.Voilà au moins un emploi que Pierre Bourque est assuré de décrocher l'an prochain.Dans la lune La NASA a lancé le 6 janvier un satellite qui gravitera autour de la Lune.L'engin a pour mission de trouver de l'eau qui pourrait un jour être utilisée par une colonie d'humains.Aux dernières nouvelles, l'agence spatiale ne songe pas à envoyer un satellite autour de l'Afrique.Deux barbes valent mieux qu'une?Gérald Larose, président de la CSK et Denis Beauregard, président du CPQ, commentent en ces termes l'année écoulée: «Un bon cru» aux dires du premier barbu; une «très bonne année» aux dires du second barbu (Le Devoir, 30 décembre).L'union fait la farce.Depuis cette belle déclaration unanime, le patronat s'est débarrassé de Beauregard Larose sera-t-il candidat au poste?Éclipses Alors que le simple député péquiste David Payne tenait un centre de renseignements à son bureau de comté de Boucherville pourtant privé d'électricité, les ministres Bernard Landry, Pauline Marois et Louise Beaudoin étaient introuvables dans leurs circonscriptions, le vendredi 9 janvier (CBF 690).Mmes Beaudoin et Marois semblaient prendre goût à leurs vacances à l'étranger, tandis que M.Landry restait au foyer, ne sentant pas qu'on avait un besoin pressant de sa personne Quant à Roger Paquin, député de Saint-Jean, il semblait littéralement inconnu au bataillon.C'est donc dire qu'au cinquième jour de la grand-panne de nombreux citoyens de la Rive-Sud et du Haut-Richelieu ne savaient où trouver leurs élus.Ces faits étaient rapportés par Les Actualités de Radio-Canada, qui ont cru bon d'accompagner cette nouvelle de la chanson thème du Club Med.Mais pourquoi diable s'offusquer de cette absence?On se demande à quoi bon ces gens auraient bien pu être utiles alors que c'est de lumières dont on avait besoin.Les jours suivants, sans doute pour faire taire les esprits chicaniers, Landry colle aux semelles de saint Lucien (du latin lux, lampe de téléviseur) pendant les conférences de presse en direct.Mais vaut-il vraiment la peine de sortir de sa tanière hivernale pour déclarer aux journalistes, alarmés par la facture de la tempête, que «l'économie est mystérieuse, ce qui l'écrase peut aussi la stimuler»?Dire que les sinistrés n'ont pas la télé! Stéphane Dion reçoit des mains de Fouad Farhat «le Prix du meilleur commerce».Grâce aux lunettes Farhat, Dion espère bientôt voir plus loin que le bout de son nez.Photo publiée dans \'Almanack du peuple 98 La mer à boire Dans un amusant élan pour favoriser l'unité canadienne, le capitaine Harvey Adams de la garde côtière a suggéré en 1994 que la baie d'Hudson soit rebaptisée «Mer du Canada» (La Presse, 9 janvier) Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette proposition laisse un peu froids les comités de toponymie du fédéral et des provinces jouxtant la baie; ce doit être une question de latitude.Il est aussi possible que ces gens aient plus sérieux à faire que de lancer un débat politique en jouant sur une appellation qui remonte au début du xvne siècle.En 1610, le navigateur britannique Henry Hudson fut le premier Européen à s'aventurer dans la baie qui portera son nom Quant au capitaine Adams, habitué à naviguer sur une mer houleuse, il ne se laisse pas démonter par si peu.Bien au contraire, il propose en 1996 de nommer «mer du Canada» non seulement la baie d'Hudson mais aussi les baies et détroits voisins! Le fédéral et les provinces tentent de se débarrasser du dossier en prétextant qu'il relève de la compétence du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest.Ils soulignent aussi qu'il faut attendre l'avis des Inuits du Nunavut, etc.Avec un peu de chance, il y aura un référendum sur la question et le Cpt Adams réussira à faire l'unité au Canada.contre son beau projet.par Philippe Gauthier & Francis Dupuis-Déri PETIT LEXIQUE DU QUÉBEC CONTEMPORAIN Cette rubrique du dictionnaire sera ce mois-ci exceptionnellement constituée de «verbes».Plusieurs personnes ont élevé la voix pour protester contre la dernière édition de La conjugaison pour tous, du Bescherelle, arguant qu'il était absurde d'y voir apparaître des verbes québécois tels que déouacher, élonder, gelasser, hatouiller, lander, marguer, order, rachuer, transparager, visager, xaminer, yérir.Nous croyons pour notre part que le vrai scandale réside dans l'absence de verbes propres à la vie socio-politique du Québec.Comment, en effet, pouvons-nous nous contenter de verbes «français» pour exprimer notre réalité socio-politique si distincte de celle de la France?Nous présentons ici quelques verbes essentiels (ainsi que leur définition pour nos cousins et cousines de France), qui, nous l'espérons, se retrouveront dans la prochaine édition du Bescherelle.—Anglober Assimiler à l'anglais des groupes linguistiques minoritaires —Célinir (ou encore villeneuviser) : (verbe transitif) En neuropathologie, se dit de la personne ou du groupe qui s'identifie à un individu doté d'un talent quelconque (chanter fort, conduire vite).Cette pathologie peut également prendre une forme mystique, dans le cas d'un journaliste, par exemple, qui pour un peu plus que trente deniers accepte de chanter les louanges de l'individu vénéré.Ce journaliste est complètement célini.Contrairement à la victime de la maladie d'Alzheimer, la personne atteinte de célinité ne pense qu'à son avenir, surtout financier.—Distinguégaliser Se dit de l'action des premiers ministres provinciaux qui rédigent une proposition visant à assurer le caractère distinct du Québec tout en maintenant que les provinces sont égales.Aujourd'hui désuet, a été remplacé par «uniquégaliser».—Jeanchrétiniser: Personne ne comprend réellement ce que cela veut dire.—Planbêtlser (Connu aussi sous la forme «plembêter») Désigne une attitude bête consistant à fermer les yeux et à refuser le dialogue Stéphane Dion planbêtise Planbêté (ou plembêté), adj., qui fait face à une telle attitude.Lorsque la Cour suprême du Canada statuera que le Québec ne peut déclarer unilatéralement son indépendance, Lucien Bouchard sera drôlement plembêté.—PQunier Action du Parti Québécois qui gouverne selon des objectifs uniquement pécuniaires —Sarajevoir Exagérer l'état d'une situation, en la comparant à Sarajevo, sans que la comparaison soit possible.Montréal sous le verglas, c'est comme Sarajevo mais sans les balles et les fusils.Antonyme : Montréaliser : Dédramatiser l'état d'une situation.Sarajevo, c'est comme Montréal mais sans le verglas.—Tremblayter: Se dit de l'écrivain ou de l'auteur de télésérie qui, profitant de ses succès précédents, produit des textes vacillants.Par extension, éprouver une ferveur extrême à la sortie d'un nouveau livre de l'écrivain ou au début d'une nouvelle série télévisée de l'auteur Le public tremblaie d'impatience.Monopole Alain Dubuc, éditorialiste progressiste et célèbre auteur de Simple comme., l'économie, ne mâche pas ses mots devant les odieux vautours qui profitent de la détresse des Québécois victimes du verglas (La Presse, 10 janvier) En effet, il a trouvé plus crapuleux que les vils mercantiles qui ont augmenté le prix de leurs génératrices ou de leurs bougies: le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les employés d'Hydro-Québec.Ces vilains «gauchistes» ont-ils protesté contre les heures supplémentaires des monteurs de lignes alors que l'urgence commande?Rechigné face aux conditions de logement des travailleurs déplacés?Insinué que les employés sont trop dévoués?Non.Mais ils ont fait bien pire.Ils ont laissé entendre que pour refaire son réseau, l'Hydro faisait venir de l'étranger un nombre de travailleurs qui se rapproche drôlement de celui des travailleurs mis à la retraite ces dernières années.M.Dubuc, devant tant de veulerie, n'hésite pas à appeler un chat un chat: «le véritable scandale, c'est cette manifestation d'une culture de charognards où on profite d'un drame collectif pour tenter de marquer des points contre son employeur.» Et vlan! Où irions-nous si les travailleurs se mêlaient eux aussi d'arithmétique?Le saviez-vous?La Librairie québécoise, qui fait dans l'usagé sur la rue Amherst à Montréal, a en vitrine Simple comme.l'économie, d'Alain Dubuc.Il s'agit d'un exemplaire très propre: le libraire l'époussette à tous les mois.Chiapas Juste avant Noël, des militants du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) perpètrent un massacre dans un petit village du Chiapas.Bilan de la Croix Rouge internationale: 45 morts, 17 survivants.Ernesto Zedillo, président mexicain et leader du PRI, s'indigne immédiatement sur les ondes de la télévision et affirme que les autorités fédérales enverront au besoin du renfort pour assurer l'ordre dans la région.Bande d'incapables: 17 survivants, c'est beaucoup trop.Virus Pour éviter toute menace de contamination par le virus de la grippe, les autorités sanitaires de Hong Kong ont procédé au massacre de 1,3 million de poulets et de plusieurs oies, canards, pigeons et autres volailles susceptibles d'être infectées.Au Mexique, les partisans du parti au pouvoir ont commencé le massacre des citoyens qui supportent les zapatistes; on entend identifier plus tard le virus qui les affecte.On s'en fout De la chroniqueuse publicité-marketing de La Presse (7 janvier): «La semaine prochaine, on saura qui a conçu les meilleures cartes de souhaits pour le temps des Fêtes » mm Le Couac, février 1998, page 3 On en apprend tous les jours Grâce à une subvention de 225 000 $ de la Fondation Donner, la revue Cité libre, fondée par feu Gérard Pelletier et feu (on a le droit de rêver, non!) 'Pierre Elliot Trudeau, pourra faire traduire ses textes en anglais et paraître d'une mare à l'autre Encore des régions durement éprouvées! Et moi qui croyais, en lisant cette insignifiante revue loyaliste, jusque là réservée aux autochtones de la réserve québécoise, que Cité libre était une traduction française de textes d'abord publiés en anglais par des unionistes d'Ulster et des rhodésiens de Westmount.PIERRE FALARDEAU Chien Un chien à la Maison Blanche Pour courtiser les électeurs, le président Clinton s'en remet désormais à Buddy, son nouveau chien, plutôt qu'à Socks, son vieux chat Selon les sondages, trois Américains sur cinq possèdent un animal domestique; républicains et démocrates jugent donc important que leur chef les flatte avec une petite bête Il y a deux ans, Bob Dole, l'adversaire républicain de Clinton, comptait lui aussi sur l'aide de son chien pour se faire élire.Le chien de Dole, baptisé Leader, avait même son site Internet où on pouvait lire: «Put a Leader in the White House» Après les chats et les chiens, nous devrions bientôt voir apparaître les serpents et les rats.Entre chien et chat, faut se comprendre Le chat et le chien de Bill Clinton ne s'entendent pas.Le New York Times du 7 janvier rapporte que Buddy s'est mis à aboyer avec fureur à la vue de Socks.Interrogé à ce sujet, Clinton a déclaré que les relations entre les deux bêtes font des progrès.Et les Noirs, les juifs, les Arabes, les Amérindiens, les gais?Mais on s'en fout, mon vieux, on s'en fout! D'un chien à l'autre Lors de l'élection de Jacques Chirac, La Presse nous avait appris en première page que les Québécois auraient désormais une oreille à l'Elysée puisque le chien du Monsieur est originaire de la Belle Province.On attend avec impatience que le quotidien de la rue Saint-Jacques nous révèle d'où vient le chien de Bill Clinton JFN L'exemple L'actuel président de Walt Disney, Michael D.Eisner, montre l'exemple à ses employés: son salaire annuel de 750 000 $ n'a pas augmenté depuis 1984.En revanche, son boni annuel est passé de 7,9 millions de dollars en 1996 à 9,9 millions en 1997.Son modèle: l'oncle Picsou?Catastrophe à crédit Le lundi 12 janvier, pendant que les autorités demandaient aux employeurs de ne pas ouvrir les portes de leurs entreprises, les affaires de Master Card tournaient à pleine vapeur.Au bureau de Master Card au centre-ville de Montréal, l'employeur offrait 25$ à tous ses employés qui arrivaient à l'heure.Le malheur des uns fait le bonheur des autres GAV PARIS «On peut regretter que, cédant à des influences démagogiques, certains de nos amis québécois incitent à écrire une auteure, une professeur, une écrivainet> (extrait de la lettre de l'Académie française à lacques Chirac, La Presse, 19 janvier).On peut également regretter que, cédant à des tendances paternalistes, nos amis académiciens incitent à écrire la jupe du premier ministre, l'accouchement du maire et l'époux du magistrat.Rupert IL ?Sarajevo Sarajevo sous la glace La tempête de verglas, pour le général Maurice Baril, c'est «Sarajevo moins les balles et les fusils», (\ournal de Montréal, 12 janvier).Pas étonnant que si l'armée canadienne considère une tempête au même titre qu'une guerre civile, le gouvernement, lui, ait confondu si longtemps le sort des Serbes avec celui des Bosniaques.Super Barbe Avec son bon sens habituel, lean Barbe remet les pendules à l'heure au sujet de la tempête: «Bien sûr, ce n'est pas Sarajevo » (Ici, 8 janvier) La vision de Jean-Paul II C'est Michel Chartrand qui raconte.Dieu le Père apparaît à lean-Paul II.Saisi de doutes, le Souverain Pontife interroge son Créateur: — Est-ce que les femmes vont devenir prêtres?— Pas de ton vivant — Est-ce que les prêtres vont se marier?— Pas de ton vivant — Est-ce qu'il y aura un autre pape polonais?— Pas de mon vivant.Charité policière Les policiers de la SQ lancent «un fonds d'aide».Pour les femmes battues, les enfants abandonnés, les chômeurs délinquants, les policiers collectionneurs (et privés de jouets)?Non La «Levée de fonds Suzanne Turgeon et Jean-Marc Abbott», par l'entremise des Caisses Desjardins, a pour but de renflouer leur ancien confrère, retraité à 50 ans, en croisière depuis 1994 dans les mers du Sud Son bateau, Le Fin, ancré depuis octobre près de Cartagena (en Colombie!) a été dévalisé à Noël.Il n'était pas assuré?Non: la compagnie d'assurances américaine avait refusé, «en raison de taux de criminalité élevé».Grande nouvelle: au prochain référendum, Dumont donc sera neutre.Il était bien embêté: il n'y a pas de milieu entre un oui et un non.Dans un référendum, pas de centre, il n'y a que des bords.Comment n'être ni d'un bord ni de l'autre?Où se planquer?Le petit malin a vite trouvé la réponse: nulle part.C'est du juste milieu amélioré.PIERRE VADEBONCŒUR Sceptique L'almanach du peuple, publié depuis 129 ans, est surtout célèbre pour ses prévisions météorologiques.Que prévoyait l'édition 1998 au sujet de la tempête de verglas?«Du 5 au 10 janvier Rafales de neige mais froid modéré Venteux un peu partout et verglas sur les routes situées plus au nord » Manqué.Mis à nu Le styliste américain Blackwell vient de faire connaître son palmarès des vedettes les moins bien habillées Parmi les têtes de liste, Pamela Anderson Lee.Mais qui d'autre que Blackwell s'intéresse à ses vêtements?Le veau d'or est encore debout Vaste polémique chez les intellectuels français, à propos du Livre noir du communisme Certains de ceux qui louan-geaient le petit père des peuples, coupable de millions d'assassinats, ont du mal à admettre sans ambages qu'ils se trompaient tragiquement.Le problème que pose la publication de ce savant ouvrage, c'est qu'on n'a pas encore écrit son pendant, le Livre noir du capitalisme.Il s'agit pourtant de deux adversaires, communisme et capitalisme, qui se méritent l'un l'autre.Tous deux promettent faussement un monde meilleur.Tous deux manient le mensonge avec une habileté consommée Tous deux asservissent le pouvoir politique à leurs fins L'un se réclame de la justice, l'autre de la liberté Qui dit mieux?On prétendra que le capitalisme n'a pas créé de goulags Qu'il n'a pas provoqué de révolutions sanglantes 11 n'en reste pas moins que de nombreuses populations sont soumises à sa loi: la richesse de quelques-uns et la misère des masses Déjà, dans l'Antiquité, on élevait des monuments au veau d'or.Dans le livret de Faust de Gounod, Barbier et Carré écrivaient: Le veau d'or est encore debout On encense sa puissance D'un bout du monde à l'autre bout.Aujourd'hui, le veau d'or s'appelle «mondialisation».Au nom de cette quasi-divinité, on délocalise en supprimant des millions d'emplois, on impose des économies fragiles fondées sur des monocultures Les conditions de travail voisines de l'esclavage se répandent.Sous prétexte de créer la richesse, on creuse sans relâche l'écart entre riches et pauvres, entre pays nantis et pays miséreux II y a amplement de quoi remplir un livre noir.Cela ne peut pas continuer ainsi Pourtant, cela continue.MAX Anti-squaw Une squaw, selon le dictionnaire Robert, est la «femme d'un indien».Même définition en anglais, dans le Merriam-Webster's Collegiate Dictionnary.Ce n'est pourtant pas la définition que donnent à ce mot deux jeunes Amérindiennes de la communauté de Squaw Peak en Arizona.Pour Delena Waddle, 16 ans, et Seipe Flood, 17 ans, le mot «squaw» est offensant et vulgaire pour les femmes amérindiennes.Qu'est-ce donc qu'une squaw?Dans le glossaire québécois de Sylva Clapin (1894), ce mot décrit tout simplement une femme sauvage Le mot serait paraît-il un dérivé de l'algonquin.Selon The Literature of the American \ndian de Thomas Sanders, ce mot est probablement une corruption française de l'iroquois otsiskwa, qui signifie «organe féminin».D'autres linguistes pensent que le mot provient plutôt du mohawk genesqua, qui réfère aussi aux organes génitaux de la femme Dans la langue de tous les jours, le mot squaw est souvent devenu synonyme de pute Dans le thesaurus américain du slang d'Esther et Albert E.Lewin, squaw apparaît comme un synonyme de prostituée.C'est ce dernier sens que retiennent Waddle et Flood.Au Québec, il fut une époque où la femme amérindienne était porteuse de tous les vices puisque c'est elle qui enfantait des êtres pour lesquels les blancs n'éprouvaient que du mépris Pour parler d'une femme de moralité douteuse, on utili- sait,dans le langage courant, le mot squaw.Dans La Guerre des clochers, une pièce de théâtre créée aux Trois-Pistoles à l'été 1997, Victor-Lévy Beaulieu a utilisé cet imaginaire attaché jadis au mot squaw Dans sa pièce, Sylvie Drapeau louait une indienne malécite Le programme la présente comme «la Squaw».Fière et forte, belle et sauvage, elle n'en est pas moins obligée de se prostituer dans un monde qui la considère comme du bétail.Se pourrait-il que nos esprits soient inconsciemment marqués par l'origine de ce mot?Son sens profond hanterait-il les consciences?Les militantes de l'Arizona le croient À Phcenix, il y a deux ans, Waddle et Flood ont organisé des manifestations pour que la communauté de Squaw Peak change de nom.Le révérend Woody Floto vient tout juste d'accepter de rebaptiser son église.Reste à convaincre de nombreuses boutiques locales, qui utilisent le mot squaw dans leur raison sociale, de changer de nom Par leur lutte, Waddle et Flood espèrent sensibiliser leurs compatriotes amérindiens à la fragilité de leur futur.Une lutte similaire a été menée en 1994 au Minnesota par deux autres jeunes femmes amérindiennes.Cela a mené l'État à adopter une loi qui interdit l'usage du mot squaw pour nommer des lieux.JFN Prévoir Prémonitoires, les reportages de Voir?Richard Martineau sera heureux de s'en targuer dans un de ses prochains éditoriaux.Dans son cahier spécial sur l'éducation, paru quelques jours avant le début de la «crise» glacée, l'hebdo mentionnait, parmi quelque vingt-cinq «carrières de l'avenir», celles de réparateur d'appareils au gaz naturel.et de technicien en thanatologie Clinton: vert galant et secret taire.Bouchard: verglaçant et décrets faire.Par Adresse Téléphone Le Comité du 15 février 1839 présente LA NUIT DU CINÉMA POLITIQUE Dans le cadre de ses activités de financement, le Comité du 15 février 1839 organise cet événement qui souligne l'anniversaire de la pendaison du patriote Chevalier de Lorimier.LIEU: Cinémathèque québécoise 355, boul.de Maisonneuve Est Montréal (métro Berri-UQAM) DATE: dans la nuit du 14 au 15 février, de minuit à midi Billets en vente au coût de 20 $ dès 22 h le 14 février.Programmation disponible à la Cinémathèque québécoise.Informations: Comité du 15 février 1839 (514) 522-1502.Cette activité sera suivie dès midi d'un brunch-discussion, en présence de Pierre Falardeau, au Nagra, le restaurant de la Cinémathèque.FINANCEMENT POPULAIRE du film 15 février 1839 de Pierre Falardeau Envoyez vos dons à l'ordre du: Comité du 15 février 1839 c.p.416, suce, de Lorimier Montréal, Québec H2H 2N7 Dons anonymes: Caisse St-Denis de Montréal, n° de compte 81487 (transit 30346) Mon pays, mes amours Pendant le temps des fêtes, Radio-Canada nous a présenté le 5e épisode des Héritiers de l'Histoire.Qu'est-ce?Une présentation imposante et imposée (car payée à même nos impôts) des nouvelles Minutes du Patrimoine.Et Robert-Guy-Madame-Monsieur-Scully de tartiner notre fierté de Canadiens-Québécois en nous proposant le «visionnage» de quelques hommages, dont ceux à : - John Humphrey, qui en 1947 fit à l'ONU la promotion des droits individuels; - Giovanni Caboto/john Cabot/Jean Cabot, qui «découvrit» la morue canadienne et annonça à son roi qu'il y en avait assez pour nourrir l'Angleterre jusqu'à la fin des temps; - Nat Taylor, qui créa à Toronto le plus grand cinéma multisalles du monde (21 salles); - Jacky Robinson, premier joueur de baseball noir qui, grâce à l'accueil chaleureux des Montréalais, a pu devenir une vedette.ailleurs; - Maurice Richard, devenu un héros en comptant 5 buts le soir même de son déménagement (le 1er juillet?) Ces fières minutes patrimoniales étaient fièrement présentées par de fiers adolescents canadiens-québécois.Parmi ceux-ci, une jeune Asiatique nous annonçant que ses parents s'étaient connus devant les tulipes à Ottawa et Patrick Quintal, candide joueur des Canadiens nous apprenant qu'avant de jouer à Montréal, il avait été expatrié 7 ans à Boston et à.Winnipeg Malgré certaines bévues dues à leur peu d'expérience, les jeunes constituent les grands Canadiens-Québécois de demain.Madame-Monsieur et son équipe, de peur d'égarer des brebis en chemin, font donc fièrement du recrutement préventif dans les écoles secondaires.La recette est simple: on laisse tremper les élèves dans la soupe patriotique, en leur assénant le visionnement (oh! pardon.le vision-nage) des Minutes « adultes » pendant toute une matinée, puis on leur laisse l'après-midi pour tourner une saynète historique de leur cru.Seule contrainte : il faut que ça finisse bien (comme dans le plus beau pays du monde)'.Des exemples?À la fin du XIXe siècle, un moulin exploite la main-d'oeuvre enfantine.Deux parents viennent se plaindre de la mort de leur fils unique.Dénouement : le patron annonce qu'il fera chanter une messe en sa mémoire.Autre saynète : des enfants sourds-muets racontent l'invention du téléphone(î) par Alexander Graham Bell.Et Scully-Canada de nous souligner : cette émission est commanditée par Bell Mobilité.N.V.Terre à terre Le parc d'Althorp, où a été enterrée la princesse Diana, sera ouvert au public cet été Quelque 150 000 personnes iront admirer l'île où repose la princesse, mais ne pourront malheureusement y mettre le pied et se recueillir sur la tombe.Il leur sera donc inutile de se munir d'une pelle.Dominic Champagne* RÉPÉTITION Mue en jcène Daniel Benjamin En veàette Mark-Antoine Tremblay Jean-PcuicalFoamier Patricia Bergeron Daniel Benjamin Sbanda Pali 25-26-27-28U 3-4.5-6-7 Théâtre intime THÉÂTRE ESPACE LA VEILLÉE 1371, rue Ontario est Billets : 15$, (12$ étudiants & âge d'or) Réservation 526-6582 BILLETS - 514 790 1215 I 1 800 361 4595 3 H H • ! : : : S De braves soldats Nos militaires canadiens ont fait un excellent travail lors de la tempête de verglas.Ils ont ramassé toutes les branches et il semble qu'ils n'aient violé aucun sinistré.Journalistes gelés?La lumière s'est également éteinte dans l'esprit de certains journalistes épuisés par la tempête.La palme revient à lean Dussault.le roi du lapsus (cf.Le Couac de janvier 1998).Six jours après le début de la tempête, il annonce sur un ton faussement décidé qu'au cours du Midi-quinze, il fera le point sur la «panne de verglas».Oui, mais à cause de toutes ces émotions, il a oublié de nous parler de la détresse des arbres privés de génératrice à cause de la tempête d'Hydro-Québec dans le Triangle des Berlues.Indécente générosité Pour soutenir les verglacés québécois, la France organise au mois de mars un spectacle bénéfice.Nous sommes touchés Nous enverra-t-on des monteurs de ligne?du bois?des génératrices?Non De l'argent Cette compassion est certes attendrissante, mais les ventres de nos banques sont repus, le gouvernement, bon papa, bichonne déjà ses électeurs-sinistrés, et ce n'est pas une pénurie de chandelles entre 2h et 3 h un vendredi après-midi qui fera de nous des martyres Après la panne, on rebranche la télé, on réclame des reprises de nos téléromans.La vie continue La France et le Québec, ces deux cousins gras qui partagent leur lard, pourraient-ils se rappeler que dans certains pays autour d'eux on tombe comme des mouches?On ne peut pas penser à tout Des refuges pour sinistrés à Outremont et dans d'autres quartiers chics-et-de-bon-goût?Voyons donc! Ainsi s'étonne Nathalie Petrowski dans sa chronique du 9 janvier.Pour elle, les habitants de ces quartiers sont «des adaptés socio-affectifs qui ne manquent pas d'amis, de cousins ou de parenté prêts à les héberger, ni de fric pour se payer une nuit à l'hôtel » Bref, ouvrir des refuges chez ces richards, c'est donner «du beurre de pinottes à des amateurs de caviar» Évidemment, il n'est pas venu à l'esprit de l'éminente chroniqueuse qu'Outremont puisse accueillir le trop plein des refuges des quartiers de tout-nus; ou que des Outremontais aient le culot d'échapper à son modèle.On ne peut pas penser à tout.Soyons honnêtes et avouons que le 9, la bonne dame ne pouvait pas encore saisir l'ampleur de la panne.Quant à l'innocent lecteur, il n'ose encore sonder la profondeur de Mme Petrowski.Ondes courtes ou à court d'ondes?Une récente étude, portant sur le risque que les grands utilisateurs de téléphones cellulaires développent des cancers au cerveau, n'a pas donné de résultats probants.Les chercheurs se sont aperçus trop tard que leurs données étaient complètement faussées par la faible proportion de cerveaux dans la population visée.De la Contactez Jacques Fleurent au (514) 355-2103 (Nos prix font sourire) Utile «C'est ça le vrai rôle social de lieutenant-gouverneur: réconforter, écouter et comprendre».C'est une experte qui nous le dit, en l'occurrence la vice-vice-reine Lise Thibault (La Presse, 16 janvier).À l'occasion de la tempête de verglas, elle nous rappelait donc que sa fonction de substitut royal ne consiste en aucune action concrète, tout en étant très, très chaleureuse Le Couac vous ouvre ses colonnes.Une information?Une réaction?Une drôlerie?Une affaire juteuse?Tout ça est à adresser au Couac, 788, rue Laurier Est, Montréal, H2J ICI.Le Couac, février 1998, page 5 MON AVOCAT EST ENCEINTE! À la mi-janvier, nous apprenions que l'Académie française réitérait son opposition à la féminisation des titres.Les journalistes français et québécois ont alors ridiculisé la vétusté institution et les barbons qui la composent.Comme s'ils étaient folkloriques, décrochés et non représentatifs de la pensée française.Et pourtant.Les exemples qui suivent présentent la position des dictionnaires Larousse et Robert (ouvrages autonomes qui ne sont en rien soumis aux diktats de l'Académie) sur 10 cas de féminisation des titres.Notons que tous les féminins indiqués en titre constituent des recommandations officielles de l'Office de la langue française et sont donc en usage au Québec.Petite étude comparative d'une ouverture d'esprit.avocat, avocate La forme avocate est attestée dans le Larousse et le Robert.Cependant, ce dernier nous prévient : Si le féminin avocate esl désormais courant, on dit aussi avocat en parlant d'une femme.Un avocat, une féministe?soldat, soldate Bon, évidemment, ce n'est pas très joli soldate.Mais le Larousse et le Robert vont jusqu'à affirmer que l'emploi soldate est familier (pourquoi pas vulgaire?) pour parler d'une femme soldat.Confusion entre le mot et la chose désignée?un, une ministre C'est à ce féminin contre nature qu'a réagi l'Académie française.Le mot ministre ne connaît officiellement pas de féminin en France.Le Larousse nous informe cependant que cette absence n'est qu'hexagonale où la ministre est d'un emploi familier, alors que cette forme est courante en Belgique, au Canada et en Suisse.À coup sûr, les ministres français manquent de Culture.d'Éducation.et de Solidarité, Revenu et Condition féminine.un, une juge, magistrat, magistrate De même, la France n'accepte pas qu'un article féminin précède la noble fonction de juge Le Robert propose Madame le juge pendant que le Larousse nous répète quVn Belgique, au Canada et en Suisse, on dit la juge en parlant d'une femme.Quant au féminin de magistrat, les deux dictionnaires nous annoncent qu'on rencontre (!) le féminin magistrate Tiens donc II faudrait en prévenir La Presse qui titrait en une le 19 janvier en parlant de la juge Ruffo : Les intervenants sociaux vont boycotter systématiquement le magistrat à partir d'aujourd'hui.Pourtant, La Presse, n'est-ce pas canadien?chercheur, chercheuse Pour les Français, une chercheuse est une personne qui cherche quelque chose (une aiguille dans une botte de foin?).Cependant, le Larousse nous prévient que pour désigner quelqu'un qui se consacre à la recherche scientifique, il n'existe que des chercheurs Le Robert, plus prudent, indique que la forme féminine est courante au Québec.Chercheuses de tous les pays, unissons-nous.ingénieur, ingénieure Le Larousse ne reconnaît pas de féminin à ingénieur.Le Robert propose Femme ingénieur.Et comme féminin d'homme-grenouille.femme-crapaud?.policier, policière, pompier, pompière, professeur, professeure, etc.Les formes policière, pompière et professeure.notamment, sont absentes des dictionnaires français.Notons que pour policier, les Larousse et Robert recensent également le policeman britannique, uniquement masculin lui aussi Sexistes peut-être, racistes, jamais! un, une peintre N'allons pas penser que le conservatisme ne touche que les postes de pouvoir.Aucune forme féminine de peintre n'existe dans les dictionnaires français.Une peintre.est-ce qu'il faut vous faire un dessin?.jardinier d'enfants, jardinière d'enfants Les jardiniers français cultivent les jardins, les jardinières, les enfants.Chacun ses oignons.et les bouts de chou seront bien gardés.maïeuticien, sage-femme Celui-là, il ne touche pas que les Français, mais comment passer à côté.D'origine grecque, la maïeutique est la méthode par laquelle Socrate disait accoucher les esprits des pensées qu'ils contiennent sans le savoir.Pendant que les hommes donnent naissance aux idées, les femmes donnent naissance aux enfants?N.V.Pierre Péladeau Qui disait que la lutte au déficit n'affecte que les pauvres?T>E PLUS EN PLUS DE CJENS BOUFFENT DES CAILLOUX,UEO ENTREPRISES FERMENT OU UCENCiENT AU rtOM DE CETTE J>'EFFicACiTé.MAiS Mbiif aAicKieiy* C EST UNE ANNfcE RECORD POUR LES JM.ÛBOFRIK.P.D.G DE POURY CRÉPÎT lUC.EST AVEC MOUS, ICESOiR.VOUS PRETENDEZ QU'EN DÉPiT DE TOUS VOS 3êN£F ices, voue aussù avjez C0UPÊ^J>ANS LEPRAS1.LEQUEL?CELUI DÉ MON PETlT DOiGT1.VOYEZ, j'PEUX PRESQUE ME DÉCROTTER LE NEZ AVEC \ LE UOUV/EL AUTOCOLLANT ii Gode blesse Je suis devenu presque insensible aux fruits de la littérature, celle d'ici ou d'ailleurs, et je m'en désole.Des droits des lecteurs proposés par Daniel Pennac, c'est celui de ne pas finir la lecture d'un roman que je mets le plus souvent en pratique.Sauf heureusement en de rares — très rares — exceptions.Cette année, j'ai fait la découverte enivrante du lumineux et ténébreux LÉcritureou la vie, de lorge Semprun, qui n'est d'ailleurs pas vraiment un roman.Et sur un tout autre registre, il y a eu Gode blesse, un premier roman d'Alain Turgeon, Québécois établi en France depuis quelques années, l'ai lu les deux premiers chapitres de Gode blesse chez une amie et j'ai tout de suite eu la piqûre Cette amie voulait me prêter sa copie dès qu'elle l'aurait terminée.Mais attendre, il n'en était pas question! )e me suis acheté un exemplaire du roman dès le lendemain.C'est la force de l'écriture qui séduit.Le narrateur écrit comme un enfant.La pratique n'est pas nouvelle.On n'a qu'à penser au petit Momo de La Vit; devant soi, de Romain Gary-Émile Ajar ou encore à Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué, de Howard Buten.Turgeon pousse l'exercice à ses ultimes limites et le résultat est savoureux.Son narrateur, d'un ton toujours naïf et souvent très drôle, nous assène page après page des vérités percutantes sur la vie et la mort, la sexualité et l'amour, le Canada et le Québec.Sans que son roman soit à proprement parler politique, Turgeon sait synthétiser, en quelques images très fortes, des réalités historiques et politiques du Québec et du Canada.De ce fait, Turgeon, qui écrit en France, exprime certaines émotions politiques d'ici avec plus de justesse que ceux qui écrivent au Québec et qui semblent consacrer toutes leurs énergies à ne pas laisser passer dans leur œuvre une seule allusion à la politique.Le premier roman de Turgeon souffre tout de même de deux faiblesses Premièrement, le titre, qui n'a rien à voir avec le roman.On comprend Turgeon de ne pas avoir voulu sacrifier un si beau titre, mais il aurait pu le garder pour un second roman, ou à tout le moins s'assurer que l'histoire justifiait cette référence à Dieu ainsi que l'union curieuse de l'anglais et du français.Enfin, le style enfantin, qui fait toute la force du roman, n'est plus justifié lorsque le narrateur devient adulte.Mais ces problèmes — qui ne sont pas mineurs — ne m'ont frappé qu'une fois le roman terminé.|e l'ai lu pleinement hypnotisé par les mots de Turgeon et c'est avant tout à cela qu'on reconnaît un bon roman.Que la force de l'écriture ait pu détourner mon attention de problèmes importants montre à quel point Turgeon manie bien la plume Vite un second roman, inch Allah ! FRANCIS DUPUIS-DÉRI Alain Turgeon, Gode blesse.éditions Michalon, 1997, 181 pages Le Couac, février 1998, page 6 La biblio du Après leur passage au pouvoir, il est de l'habitude des ex-présidents de se faire construire une bibliothèque qui porte leur nom.Chaque année, des dizaines de milliers de visiteurs s'engouffrent dans les bibliothèques présidentielles américaines Parmi les plus visitées, celles de |ohn F.Kennedy (Boston) et de Lyndon B lohnson (Austin).La bibliothèque Ronald Reagan a reçu 250 000 visiteurs la première année, mais les visiteurs se font désormais moins nombreux.À Atlanta, celle de Jimmy Carter semble la moins populaire de toutes: 75 000 visiteurs en 1996 Mais qu'est-ce au juste que ces bibliothèques présidentielles?La George Bush Presidential Library, qui vient d'ouvrir ses portes sur le campus de la Texas A&M University, nous en donne un bon exemple.L'édifice de 6 500 m2 a été construit au coût de 83 millions de dollars américains Elle abrite un bombardier du type de celui dans lequel se trouvait Bush lors de la Seconde Guerre mondiale.On y trouve aussi une Studebaker modèle 1947, une voiture similaire à celle qu'utilisait à l'époque Bush au Texas.Dans une salle, une présentation multimédia rappelle la guerre du Golfe persique Et les livres?Ils sont rares, tout comme dans les autres bibliothèques présidentielles.À la bibliothèque Richard Nixon, les visiteurs peuvent admirer la robe de mariée que portait la fille du président lorsqu'elle a épousé Edward Cox.La boutique-souvenirs de la bibliothèque offre des t-shirts avec la photo du président et d'Elvis Presley.À la bibliothèque de Dwight D.Eisenhower, les curieux peuvent lécher une vitrine consacrée à Kay Summersby, dont on a affirmé qu'elle avait pu être la maîtresse du président.Les amis de Bill Clinton ont décidé que lui aussi aurait sa «bibliothèque».C'est la très puissante firme d'avocats Williams & Connolly de Washington qui a été chargée de créer une corporation exempte de taxe pour amasser les fonds nécessaires à la construction.La bibliothèque Bill Clinton sera construite à Little Rock, dans l'Arkansas, terre natale du président Une étude de deux ans, menée par l'Université de l'Arkansas et financée par cet État, doit permettre de déterminer la nature exacte de la collection Y aura-t-il un labrador naturalisé, réplique exacte de Buddy, le chien du président?Une vitrine consacrée à Monica Lewinsky?Ces questions causent un fameux suspense dans tous les États-Unis J.-F NADEAU se.Envers et contre tous Lu dans Le Devoir (entre autres choses): «Jacques Ferron avait l'impression d'avoir une dette, une véritable créance envers son père».(Robert Chartrand, 11-1-98) C'est un peu comme d'être créancier de quelqu'un, donc son débiteur, en somme.Après tout, il lui devait la vie, ce qui est en quelque sorte un passif.P.VADEBONCŒUR m il Livre Le sens du tragique René Boulanger est un vieux camarade de combat J'avais peur de lire son livre.Peur de ne pas aimer.Peur d'être obligé de mentir.Peur d'avoir à tricher.En refermant son livre ma peur s'était transformée en admiration.|e suis heureux qu'un tel homme soit un de mes amis.Son roman sur la Conquête est étonnant.Dans son livre Warpaths, le britannique John Keegan, un des grands historiens militaires, conclut son analyse de la bataille des plaines d'Abraham en posant la question suivante: «1s there anywhere in the world a more dramatic battlefield?.I know of none — not Waterloo, not Naseby, not Austerlitz, not even Gettysburg.Here occured what French Canada, to this day, calls «La Conquête».I came, I saw, I left, conquered by émotion.» Cette émotion et ce sens du tragique, René Boulanger les a admirablement intégrés dans son livre Boulanger possède ce sens de la grandeur et cette hauteur de vue qui font défaut à tant d'intellectuels colonisés.Ces petits amuseurs publics déguisés en artistes nous renvoient en général une image de nous-mêmes déformée et rapetissée par leur propre petitesse, leur propre peur, leur propre lâcheté.Contrairement à ces artistes qui ont assimilé jusqu'au plus profond de leur être, consciemment ou inconsciemment, la mentalité du «boy», figure essentielle de l'imaginaire colonialiste.Boulanger, lui, propose la révolte et la résistance Pour comprendre cette vision de «shit boy» ou de «water boy» à la lacques Godbout ou à la René Daniel Dubois, il faut voir leur dernier film qui porte également sur la Conquête C'est le degré zéro de la petitesse de la pensée.Après la fatigue culturelle, l'épuisement professionnel.Et alors que certains tombent de fatigue dans la farce plate, Boulanger, mi-grandiloquent, mi-larmoyant, s'indigne et écrit avec passion Ça explose de partout Ça pète de toutes parts Ça délire en masse.Mais, dans ce presque pays, on n'est jamais soi-même.On est toujours une copie en plus petit de quelqu'un d'autre On n'est pas Gilles Groulx mais le Godard québécois On n'est pas Forcier, on est le Fellini québécois.Et Boulanger?Nos savants critiques finiront bien, à cause de sa vision exotique et de son imaginaire débridé, par rapprocher son oeuvre de la littérature sud-américaine: un peu comme si Marquez ou Galeano écrivait notre histoire, nos histoires.Et pourtant la pensée de Boulanger est essentiellement québécoise.Sa vision révolutionnaire de cette guerre, que les Américains appellent «French and Indian Wars», est profondément ancrée dans la culture populaire de ce pays.À cause de son vieux fond paysan et villageois, proche de Ferron et à mille lieux de la culture des lofts et des mangeux de sushis, ce livre risque malheureusement de passer inaperçu.La mode étant à 1 exotisme-pour-tour istes-de-I age-d'or le plus folklorique, au métissage à bon marché des clichés culturels les plus éculés, et aux pseudos-avant-gardes néo-post-baroque'n'roll qui pontifient dans les médias, on risque de passer à côté de cette petite merveille Alors si ça peut vous faire plaisir, dites-vous que Yamachiche est un village du Sud du Chili, que cette guerre oppose conquistadors espagnols aux Indiens et que Boulanger est un grand auteur latino-américain.Et lisez ce livre d'un latino-américain de Yamachiche C'est un ostie de bon livre PIERRE FALARDEAU René Boulanger, Les feux de Yamachiche, VLB éditeur, 1997, 234 pages.]ean-Loui$ Roux Un paon de notre histoire Qui l'eut cru?C'est un peu grâce à lacques Godbout si le public a aujourd'hui la chance de lire le premier volume de l'autobiographie de |ean-Louis Roux.À l'été 1994, Roux s'était vu proposer d'écrire des Carnets radiophoniques Avant de s'engager dans cette aventure, il avait d'abord écouté l'émission à laquelle il devait participer, lacques Godbout en était ce jour-là l'invité.Le cinéaste traitait de «la difficulté de chauffer des appartements parisiens en janvier» Roux, selon ses mots, s'est alors laissé persuader qu'il pouvait «faire aussi bien que lui».C'est ainsi qu'il a entrepris de se raconter.Godbout en soit loué.Quel grand comédien que ce Jean-Louis Roux! De la classe.Du style.De l'éloquence La crème de la crème.Les sœurs du couvent d'Hochelaga l'avaient tout de suite compris et c'est pourquoi elles lui confièrent le rôle principal de L'Enlèvement du prince par les romanichels.Il avait huit ans.Il n'était jamais allé en France, mais ses petits camarades le traitaient de «fifi» parce qu'il parlait avec un accent pointu C'étaient des jaloux de sa belle éducation.Juste retour des choses, les jésuites du collège Sainte-Marie lui firent jouer Molière à cause de son accent et c'est ainsi qu'il commença à se prendre pour le haut personnage qu'il n'a plus quitté depuis.Dans Nous sommes tous des acteurs, Jean-Louis Roux parle des grands de ce monde qu'il a eu l'occasion de voir de près.Il parle notamment de Louis Jouvet, qu'il a pu observer de différents points de vue «D'abord de la salle, je l'ai vu sur scène.» «Puis de la salle, je vis Jouvet dans la salle.» «Finalement, je vis, de la scène, Jouvet dans la salle » C'est édifiant comme tout pour la culture.L'éditeur en est bien conscient, lui qui écrit en quatrième de couverture: «un pan de notre histoire à tous» Roux revient sur l'aventure de cette croix gammée qui l'a conduit à remettre sa démission à titre de lieutenant-gouverneur du Québec.Que dit-il?Le livre tout entier lui sert à établir un certain contexte.Au collège, il a été endoctriné par des méchants séparatistes Le père Thomas Migneault, un jésuite séparatiste, l'a un jour battu «Chaque coup était dédié pour la Vierge, vlan! pour la Laurentie, vlan!» Les ouvrages libéraux étaient à l'index.«En bon Canadien français, je vivais entièrement replié sur moi-même, et mon regard ne s'étendait guère au delà de mon étroit horizon.» Les journaux de l'époque parlaient-ils des persécutions dont étaient victimes les juifs?«J'en doute.» Vérifications faites, ils en parlaient.«Même à supposer que ce fût le cas, il était facile, pour des esprits candides, de considérer ces révélations comme le résultat de la propagande de guerre.» Donc on pouvait faire le pitre et se promener avec une croix gammée.Ce n'était pas grave puisque tout s'expliquait par le milieu: il était étroit.Vraiment?En page 176, notre charmant comédien nous apprend qu'il s'est délecté de la lecture de Gide «depuis l'âge de 15 ans, au point de pouvoir citer de nombreux passages de son oeuvre».L'œuvre de Gide, va-t-il jusqu'à dire, était l'évangile de son adolescence André Gide, oui Le communiste, l'anti-fasciste, l'homosexuel, l'auteur détesté par les esprits en soutane.Et Roux voudrait pourtant faire croire que, à l'époque, il ne pensait pas, pauvre prisonnier qu'il était d'une société réactionnaire.Nous sommes fous des acteurs est publié aux Éditions Lescop C'est le deuxième titre au catalogue de cette maison familiale mise au monde par Le tourne ma vie en 80 ans, le best-seller inattendu de Marguerite Lescop Quelques erreurs de mise en pages, mais en général c'est un assez joli livre.Cependant, ce n'est pas «admirablement» écrit, tel que le prétendent l'éditeur et, à sa remorque, Danièle Bombardier.Le livre de Roux fait plutôt penser aux récits de ces vieux voyageurs qui ne savent pas distinguer l'essentiel de l'accessoire II part dans tous les sens et semble flotter au-dessus de tout Malgré ces défauts, l'ensemble demeure intéressant Surtout pour le théâtre de la dérision, il va sans dire JEAN-FRANÇOIS NADEAU Jean-Louis Roux, Nous sommes tous des acteurs.Éditions Lescop, 1998.LefTTTTTldu cinéphile las L'intouchable famille Scène de genre.Dans une chambre d'hôpital, les membres d'une famille entourent un vieillard mourant.Par compassion, ils ont mis de côté leurs ressentiments et leurs chicanes pour laisser au vieux le cadeau de l'illusion d'une famille unie.L'émotion est sidérante : plus rien ne compte maintenant aux yeux de ceux qui sont là que ce vieillard.On ressent l'oppression que suscite la vision obscène de sa mort lente mais inéluctable Sinistre ?Pourtant, c'est ce qui se vit chaque année lors des Rendez-vous du cinéma québécois.Remplacez le vieux par notre cinéma, et vous aurez une idée du côté funèbre que peut avoir cette célébration qui confirme cette décrépitude obscène de notre cinéma.Croisement entre festival, fête familiale et réunion corporative, les Rendez-vous (du 19 au 28 février, à la Cinémathèque québécoise) présentent TOUTE la production québécoise des douze derniers mois Le nombre d'œuvres y est effarant (c'est fou comme on produit au Québec), de même que le nombre de navets qui ne connaîtront jamais d'autres projections et c'est tant mieux (c'est fou comme on produit n'importe quoi) Et c'est le moment de l'année où se réunit «à la bonne franquette» la famille du cinéma — une famille plus ou moins unie, avec poignées de main molles et sourires crispés Une famille pleine de guéguerres intestines.On va donc aux Rendez-vous comme pour se porter au chevet d'un cinéma qui se meurt Lors des cocktails ou des réceptions, on boit pour oublier l'approche imminente de cette mort, mais quand on boit trop, on risque d'être malade sur Denys Arcand ou sur Roger Frappier, ce qui, tout de même, est très mal vu en société.Si nos films étaient vraiment bons — pas potables, mais bons —, si nos cinéastes avaient quelque chose à dire, si Radio-Canada faisait vraiment sa «job» en allant faire enquête du côté de Téléfilm Canada et des petits amis de François Macerola, si Claude Fournier n'était qu'un cauchemar et si l'autobus transportant les Boys de village en village avait pris la côte des Éboulements, y aurait-il besoin d'une telle fête ?Qu'est-ce qu'un cinéma vivant a à faire d'une telle vitrine ?La question est lancée.On en arrive à faire ce triste constat : plus le cinéma québécois est mauvais, plus les Rendez-vous prennent de l'ampleur.C'est logique: plus le mourant se rapproche des chrysanthèmes, plus on augmente la dose d'oxygène.Pourtant, et paradoxalement, l'événement a réussi à s'imposer pour devenir «nécessaire», «utile», jouant un rôle «pro-actif» dans le milieu.D'abord en agissant comme plate-forme de lancement pour plusieurs courts métrages.Mais ceux qui y présentent leurs oeuvres sont souvent très mal servis par des projections qui, parce qu'elles s'articulent autour d'un thème ( la mort, l'amour, et — tiens! — la famille), mêlent des oeuvres de qualité et de style radicalement différents.Ensuite, puisque le cinéma québécois occupe une place de pion sur l'échiquier de la distribution nord-américaine, le public peut y rattraper des films ayant été retirés de l'affiche au bout de quelques jours.Mais les salles sont souvent vides, sauf pour deux ou trois titres accrocheurs (un Robert Lepage, par exemple).Pour le reste, les spectateurs restent à la maison, et on peut difficilement leur en tenir rigueur ; en fait, quand il y a du monde, c'est toujours la famille qui est là et qui, comme d'habitude, s'autocongratule.Et cette manie bien québécoise à l'autocongratulation nous amène tout droit sur le terrain épouvantablement plat du consensus.On a entendu dire que la formule du «Débat sur le cru» allait être repensée, ce qui s'avère une bien bonne chose.C'est quoi, ce débat ?À la fin de chaque édition, le public est invité à venir discuter avec des «spécialistes» (un Québécois et quelques invités de l'étranger) de ce qu'ils ont pu voir cette année.Or, dans ces débats, il n'y a aucun débat, juste des commentaires, quelques appréciations plus ou moins senties et des approximations impressionnistes L'équilibre émotif des participants est trop fragile pour se permettre quelque critique que ce soit.Alors on quitte la salle des débats en se souhaitant la meilleure des chances parce que nous sommes tous des wonderful people.Ce débat est en fait un échange à cent personnes autour d'une table de cuisine qui ne mène nulle part Dans une cuisine, en famille, on n'ose jamais dire à la personne qui est en face de soi qu'on la trouve bête comme ses pieds.(Ou si on le fait, c'est parce qu'on est saoul ou dépressif ) Alors, on lui parle de la météo.On boit un petit café.On se renseigne sur l'otite du petit dernier Et le temps passe lentement, très lentement.La famille du cinéma québécois n'en finissant pas de se replier sur elle-même, elle a fini par devenir son seul et unique public.Elle se rassemble pour oublier sa misère et se protéger de la réalité — de sa réalité Elle fait un trip d'opium.Depuis seize ans, les Rendez-vous du cinéma québécois nous invitent à célébrer un cinéma québécois dont on n'ose pas dire qu'il est malade Allez-y, si le coeur vous en dit Je ne sais pas si je me fais des idées, mais je ne peux m'empêcher de constater que cette manifestation est apparue peu de temps après l'échec référendaire de 1980 Ya-t-il un lien ?MARCO DE BLOIS Sans commentaire Nouvelle défection à l'hebdomadaire Ici.Après lean Barbe, c'est Karen Ricard qui s'en va.Elle était responsable de la section culturelle.Avancement Jean Barbe, qui désespère d'être un jour Pierre Foglia et ses chats, doit pathétiquement se contenter d'être lui-même et ses chiennes D'où son émouvant aveu dans le Ici: «Je suis un chien».Touchant, très touchant, bien que personne ne croie à cette auto-promotion.EN MOUVEMENT AVEC SON El ce a
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