Le couac, 1 mai 1998, mai
Changement de têtes au Téléjournal et au Point Les pieds restent toutefois les mêmes drôle oiseau Coup*, Cout\ç, Vol.1 • no 8 Mai 1998 1,99 $ Logique Céline Dion confie à Paris Match (16/04): «|e suis heureuse d'avoir 30 ans.Ça me rapproche de mon mari » Lui ne vieillit pas, bien sûr.Près de 51 millions de disques vendus moins 30 ans, ça donne combien d'âge mental ?Stéphane Dion et l'Irlande Victoire! Des pourparlers de paix au sujet de l'Irlande du Nord ont finalement abouti à une entente à Belfast, et la population sera appelée à entériner l'entente lors de la tenue prochaine d'un référendum.Mais au fait, combien faut-il d'Irlandais pour opter pour la paix?50% + 1 ?Pédagogie Vingt-deux personnes accusées de de participation au génocide sont exécutées au Rwanda à la fin avril.Pour «donner l'exemple», paraît-il Allons ! On nous y a déjà donné de bien meilleurs exemples.L'espionnage dans le pétrin D'anciens espions américains, alléchés par le spectacle de tous ces capitalistes qui recherchent de nouvelles possibilités de réaliser des profits, offrent désormais des séances de formation en espionnage industriel.Le plus récent séminaire du genre s'est tenu dans un grand hôtel près d'Orlando, rapporte le magazine Forbes (20/04).Au nombre des entreprises présentes: Pillsbury.On ne sait toujours pas ce qui se cache dans le ventre du célèbre bonhomme Pillsbury, mais on sait désormais de quelle farine il est fait.Stratégie, PQ Le Couac a obtenu copie de la question du prochain référendum : «Acceptez-vous que le gouvernement du Québec tienne un référendum ?» Nuit magique «72 personnes tuées en Algérie», titrait Le Devoir dans sa section «monde» du 29 mars.Et le lendemain, dans la même section du même journal, ce titre rassurant : «La sécurité s'améliorerait en Algérie».On écrira sûrement des thèses de doctorat sur cette fameuse nuit algérienne du 29 et 30 mars 1998.INDEX Le merveilleux monde des hélicoptères militaires Vol au-dessus de tout soupçon ?¥ ean Chrétien aime bien se vanter d'avoir I éliminé le déficit du gouvernement fédéral.Le 15 avril, Statistique Canada diffusait un communiqué moins glorieux: la dette nette continue d'augmenter Le 31 mars 1997, elle avait atteint 588,5 milliards $, en hausse de 9,7 milliards depuis le 31 mars 1996 Comment est-ce Dieu possible, alors que les transferts aux provinces pour les dépenses d'éducation et de santé sont réduits ?Une partie de la réponse se trouve dans les dépenses militaires.Les gros contrats se succèdent sans cesse au centre des achats de l'armée canadienne à Hull.Et par les temps qui courent, rien ne fait mieux tourner les têtes que les hélicoptères.Le dernier Griffon a été livré à la base militaire d'Edmonton, ce qui complète un contrat d'achat de 100 hélicoptères «de transport tactique» depuis la fin de 1994.Prochain contrat: l'acquisition de 15 appareils Cormorant AW520 des fabricants Agusta (Italie) et Westland (Grande-Bretagne) pour remplacer les Labrador.Coût: 790 millions de beaux dollars Ce n'est qu'un début.Suivra l'acquisition de 35 autres appareils, plus sophistiqués, pour remplacer les Sea King Le consortium Agusta-Westland a toutes les chances d'être à nouveau le fournisseur.Ces gentils fabricants peuvent se réjouir: à la fin, le contrat pourrait bien leur avoir rapporté quelques milliards Retour en arrière Le Parti libéral a la mémoire bien courte.Le 13 avril 1993, le député libéral Lloyd Axworthy dénonçait le projet du consortium Agusta-Westland.Il réclamait une enquête judiciaire parce que le président d'Agusta SpA, Robert d'Alessandro, avait été arrêté trois jours plus tôt à Rome pour extorsion de fonds D'Alessandro était alors accusé d'avoir participé à une opération de corruption de 1,5 million $ dans le but de vendre des hélicoptères aux services de sécurité italiens.En septembre 1993, des magistrats siciliens ouvraient une enquête sur un vaste trafic d'armes incluant des hélicoptères de combat à destination des pays du Proche-Orient et d'Amérique latine et perquisitionnaient les bureaux d'Agusta.Le nom de l'auguste compagnie a surtout retenu l'attention en Belgique, dans le cadre d'un scandale de corruption.D'Alessandro a avoué à des enquêteurs que la firme italienne avait versé des p0tS'de-,vin (1,6 million $) pour vendre 46 hélicoptères à l'armée belge.L'argent a été donné au Parti socialiste au pouvoir L'enquête judiciaire a eu plusieurs rebondissements Le 8 mars 1995, le général à la retraite lack Lefebvre, dont le nom avait été cité dans le scandale, se suicidait Le 22 mars, le ministre des Affaires étrangères Frank Vandenbroucke, président du Parti socialiste à l'époque des faits, démissionnait.Le 20 octobre, Willy Claes, ancien ministre de l'Économie, était obligé de démissionner de son poste de secrétaire-général de l'OTAN, toujours pour la même affaire.L'enquête Agusta avait démarré en juillet 1991 avec l'assassinat d'un ancien ministre socialiste francophone belge, André Cools.Selon les enquêteurs, Cools avait pris des mesures «qui gênaient des personnes de son entourage liées à la criminalité italienne».Les deux tueurs auraient été «exfiltrés» vers la Sicile dès leur forfait commis Au pays tranquille Toute cette affaire n'a pas fait sourciller grand monde au Canada.En fait, Agusta fait affaire avec des Canadiens depuis longtemps.Elle s'est déjà approvisionnée en moteurs et en pièces de rechange auprès de Pratt & Whitney de Longueuil pour des appareils de guerre qu'elle vendait à la fois à l'Iran et à l'Irak, engagés dans un conflit sanglant.En 1992, le gouvernement conservateur de Brian Mulroney annonçait l'achat de 50 hélicoptères au consortium Agusta-Westland au coût de 4,4 milliards $.En pleine campagne électorale, les libéraux criaient au gaspillage.Quand ils ont pris • le pouvoir, ils ont annulé le contrat et versé une compensation de 478 millions.Au début de cette année, le ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, et le ministre de la Défense, Art Eggleton, ont annoncé qu'ils redonnaient le contrat au même consortium pour une série d'hélicoptères un peu moins sophistiqués.Le Canada, heureusement, est à l'abri de tout soupçon.Ce n'est pas ici que des scandales maffieux pourraient ébranler la classe politique La GRC veille.Le premier ministre aussi Lorsque les libéraux ont pris le pouvoir, la Gendarmerie royale a prévenu le bureau du premier ministre qu'Alfonso Gagliano entretenait des relations avec un membre important de la mafia sicilienne.Le bureau de comptables de Gagliano tenait en fait les livres de deux compagnies d'Agostino Cuntrera, un caïd impliqué dans le meurtre de l'ancien parrain de la mafia montréalaise, Paolo Violi.Un homme averti en vaut deux: lean Chrétien a promu Gagliano ministre des Travaux publics, le ministère responsable de la plupart des achats d'Ottawa.LE COUAC TORTURE ISRAËL FRAPPE ENCORE ! JOURS AVANT L'ÉDITORIAL DE ROGER D.LANDRY SUR L'AN 2000 M ¦ ta nu TT ÏHÏT FUT TT Israël est le seul et unique pays du monde à avoir légalisé la torture sur son territoire et, incidemment, dans ceux qu'il occupe: Palestine, hauteurs du Golan et sud du Liban.Fier de sa tradition jubilaire d'être la seule et unique «démocratie» au Proche-Orient, l'État d'Israël vient encore de frapper un grand coup en incitant d'autres pays à suivre son exemple.On risque de voir surgir des émules de l'État hébreu un peu partout dans la région et ailleurs dans le monde Premièrement, la Turquie, son alliée militaire la plus récente; ensuite l'Arabie Saoudite, l'Egypte, la Tunisie (où règne déjà la tortiocratie de Ben Ali), la Syrie, l'Iraq et l'Iran risquent d'être les premiers États à s'inspirer de la manière israélienne Pressions physiques «modérées» Israël se défend bien de pratiquer la torture; très bien même, au point d'avoir réussi une pirouette langagière légitimant des pratiques crapuleuses désignées comme des pressions physiques et psychologiques «modérées»-, une appellation contrôlée, un copy- right, un brevet, en somme, lui est propre Le problème n'en est pas un de propreté: pratiqués principalement sur des Palestiniens et des Libanais détenus «légalement» comme otages, les interrogatoires, menés impunément par les bourreaux du Shin Bet (Services israéliens de sécurité intérieure), sont supervisés par des professionnels de la santé Les suspects ont la tête recouverte d'une cagoule sale et sont systématiquement soumis à des passages à tabac, à la privation de sommeil et à des positions physiques abusivement pénibles et douloureuses portant le joli nom de shabeh en hébreu.On les force à endurer les décibels exacerbés de \'Acid Rock pendant des heures, et ils sont isolés dans des cellules sombres de la taille d'un placard.qui Le vrai problème est l'obsession paranoïaque de la «sécurité» véhiculée par la langue de bois des autorités israéliennes, une marotte qui cache à peine leurs Mahmud Ramadhân a été détenu à Khiam (Sud-Liban occupé) _pendant 7 ans vraies préoccupations : la création d'un Etat palestinien, l'arrêt de l'implantation des colonies juives en Palestine, le retour du Golan à la Syrie et le respect de la souveraineté territoriale du Liban.L'État d'Israël préfère nommer ces revendications régionales terrorisme, Hamas, \ihad, Hezbollah Les victimes : deux cas parmi des centaines Le Palestinien Abed al'Rahman al'Ahmar est en détention administrative depuis novembre 1995.Il a été torturé pendant deux mois par les Services israéliens de sécurité.Ses bourreaux lui ont dit: Noms savons que nous ne tirerons rien de bon de toi, c'est pourquoi nous voulons que tu sortes d'ici handicapé ou avec une maladie incurable II n'a pu dormir que deux à quatre heures en cinq jours, pendant lesquels on l'a forcé à écouter de la musique tonitruante 11 a été soumis à des températures excessivement froides et des interrogatoires qui ont duré jusqu'à trente heures consécutives.Les positions du shabeh lui ont causé des douleurs insupportables; on l'a aussi soumis à des secousses violentes (Amnistie internationale, State Injustice.Unfair trials in the Middle East and North Bell et le paradis —— Pourquoi la grande entreprise Bell ne se contente-t-elle pas de nous vendre ses produits et ses services?Pourquoi pro-clame-t-eile partout, à grand renfort de panneaux-réclames, qu'«en affaires, il n'y a que des solutions» ?Veut-on nous faire croire que dans le merveilleux monde des affaires, les problèmes n'existent pas?Veut-on nous convaincre que si le capitalisme avait libre cours, les quelques problèmes qui restent disparaîtraient?Alors l'écart grandissant entre riches et pauvres, pays comme individus, c'est pur mensonge?La vie misérable de milliards d'être humains, livrés à la faim et la maladie, simple difficulté temporaire, inévitable purgatoire sur la voie du paradis capitaliste?Messieurs de Bell (les dame n'y tiennent pas les commandes), puisque vous ne connaissez que les solutions, dites-nous donc comment faire en sorte que l'homme ne soit plus un loup pour l'homme.MAX Africa, Al 16/04/98).Index: MDE 01/02/98, Le Libanais Mahmud Ramadhân a été relâché du camp de Khiam au sud du Liban occupé, le 12 janvier 1997, après sept ans de détention sans inculpation ni jugement En 1993, on lui a amputé un bras et il a perdu son œil droit, conséquence apparente des séances de torture, notamment à l'électricité et par suspension prolongée à des poteaux II a été détenu trois ans, pendant lesquels il a été transféré dans un hôpital suite à une tentative de suicide Ses codétenus ont rapporté qu'à partir de 1995, Mahmud Ramadhân a souffert de graves problèmes psychologiques.Sa santé se détériorant rapidement depuis, on l'a confié à la Croix-Rouge en janvier 1997 Conduit immédiatement à l'Hôpital de Beyrouth, borgne et amputé, mentalement perturbé, il n'a pu reconnaître ni ses parents ni sa sœur et luttait avec les gens qui tentaient de le soigner (Amnistie, Israel's Forgotten Hostages, Al Index: MDE 15/18/97, 10/07/97) L'ONU et le Comité contre la torture Israël n'a toujours pas remis son rapport à la Commission des droits de l'homme de l'ONU, bien qu'on l'attende depuis le 2 janvier - VOIR PAGE 4 : Torture - Le Couac, mai 1998, page 2 La culture religieuse de Nathalie Petrowski m m ^9 4t% m m Nathalie Petrowski est une femme de grande culture et elle est prête à tout pour que son fils en ait autant qu'elle.Même l'inscrire en enseignement religieux catholique, quitte à ce que cela l'abrutisse.La culture n'a pas de prix.À ses amis qui lui demandent comment elle peut laisser bourrer le crâne de son enfant de croyances qu'elle renie quotidiennement, elle répond sans blaguer: «pour la culture».Elle confessait elle-même, dans La Pressa du 3 avril, que son geste délibérément réfléchi répondait à une «logique tortueuse», à un «manque de cohérence» et à de ['«opportunisme».«La religion catholique fait partie de ma culture J'en connais vaguement les codes et les symboles et j'aimerais les partager, culturelle-ment parlant, avec ma progéniture.Quand je fais une blague sur la multiplication des pains, j'aimerais que Junior comprenne.» Brave Nathalie! C'est le Comité catholique qui te remercie de ton témoignage émouvant et qui s'en sert tous les jours pour justifier l'endoctrinement religieux à l'école ainsi que la perpétuation des ignorances et superstitions de l'humanité.La chroniqueuse éclairée trouve également que les décors bibliques sont poétiquement inspirants et permettent à son fils de se promener à Luxor en Egypte sans qu'il risque d'y laisser sa peau.Quelle inspiration poétique, en effet, que les colères sanguinaires de Yahweh, l'origine du Mai par la femme, les plaies d'Egypte, les baises d'Abraham avec ses servantes, la femme changée en statue de sel, les ordonnances de Yahweh sur les impuretés menstruelles ou le misérabilisme des béatitudes.Fort de cette culture, Junior est entré un jour à la maison en livrant un témoignage révélateur de cette richesse culturelle.«Maman, dit-il, je hais les Juifs parce qu'ils ont tué Jésus.» Maman Petrowski a alors été assaillie d'un doute.«Était-ce vraiment la chose à faire?» Tu peux en discuter avec ton confesseur, Nathalie, mais rassure-toi en pensant à toute cette culture que Junior en retire.Ton fils sortira également du cours de catéchèse enrichi de culture antiscientifique, nourri aux miracles et alimenté de pensée magique, terreau fertile pour toutes les sectes.En prime, on lut apprendra subtilement à voir les choses comme le touche-pipi, la contraception et la baise en dehors des liens sacrés du mariage comme de vilains péchés qu'il compensera par les belles croyances en la résurrection des morts, en la virginité de Marie, aux anges gardiens, aux rois mages, en l'enfer et en la vie éternelle.Et surtout, ne manque pas d'expliquer à Junior qu'au nom de cette culture et de ceux qui pensent comme toi, le gouvernement a aboli, par la clause nonobstant, la liberté de conscience dans les écoles catholiques afin de préserver ce que tu appelles l'héritage culturel, Mais cela, cette négation des droits du citoyen, tu t'en fous sûrement, toi qui avoues préférer la poésie biblique au «citoyen-citoyenne du cours de morale».Sans bon sang Qui est Québécois?Toute occasion est bonne pour relancer le débat autour de cette fameuse question de l'identité québécoise.L'année dernière, c'était un petit livre de Monique Larue qui mettait le feu aux poudres.Ce printemps, voilà que Guy Bouthiller soulève la polémique par ses affirmations contradictoires Et pourtant, que ce soit dans un Québec canadien ou dans un Québec souverain, la réponse devrait être la même : est Québécois celui qui réside en territoire du Québec, que coule ou non dans ses veines du sirop d'érable, qu'il parle anglais ou français ou encore qu'il refuse de parler, qu'il mange des merguez ou du pâté chinois ou encore qu'il refuse de manger, qu'il ait les cheveux bleus ou un turban sur la tête, qu'il soit membre du PLQ, du PQ ou qu'il soit rhinocéros ou anarchiste, qu'il soit juif, athée, amérindien ou philatéliste, qu'il se mouche dans le drapeau, qu'il soit souverainiste, fédéraliste ou abstentionniste.Le Couac 788, av.Laurier Est, Montréal (Québec) H2J ICI Téléphone : (514) 270-9392 Télécopieur : (514) 270-7461 Éditeur : Pierre de Bellefeuille Rédacteur en chef : lean-François Nadeau Collaborateurs: Sabina Badilescu, Daniel Baril, Marco de Blois, Sylvie Briand, Geneviève Cardinal, Marc Cassivi, Louis Cornellier, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, Philippe Gauthier, Manon Guay.Christophe Horguelin, losée Lambert, David Ledoyen, Laurent Mailhot, Max, Cathy Pépin, Marion Piekarek, Serge Patrice Thibodeau, Pierre Vadeboncœur, Céline Vangheluwe, Alexandre Vigneault, Nadine Vincent, Hélène Visentin Graphisme : Zirval Design & Imprimerie (525-3781) Illustration : Serge Ferrand, Luc Giard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Warten.Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: Jacques Fleurent au (514) 355-2103 Cathy Pépin au (514) 842-7133 ISSN 1480-2074 N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Le Couac est toujours à la recherche d'informations intéressantes.ABONNEMENT 1 an : 25 $ »2 ans : 45 $ • Institutionnel : 50 $ Soutien : envoyez plus de 50 $ ou (mieux) tout ce que vous avez.Marginal Parizeau «pense qu'il est temps de commencer à parler de "la cause" de la souveraineté» (Le Devoir, 10 avril) Après la cause, il voudra sûrement qu'on parle des raisons puis, qu'au lieu d'ergoter sur la date du référendum, on donne des arguments, voire des idées.Et il faudra voter en plus de discuter.Il a des drôles d'idées Parizeau.DANIEL BARIL Maudite terre sainte Les Palestiniens du Hamas s'en-tre-tuent et l'autorité palestinienne dirigée par l'OLP procède à des arrestations des membres du Hamas.Qui oserait encore employer l'expression «processus de paix» lorsque les Palestiniens n'ont même plus besoin des Juifs pour faire couler leur propre sang.Les points sur les é Le Devoir éprouve depuis quelques temps des problèmes d'impression, les «é» se transformant trop souvent en «i».Ce qui nous a permis d'apprendre le 2 avril que «Maurice Papon a effectivement joui son va-tout pendant 38 minutes».À quand la légion d'honneur?Archambault reprend la musique Gilles Archambault, chroniqueur au Devoir, publiait le 17 avril une apologie de Jacques Parizeau.Reprenant les thèses de l'ex-chef du PQ, Archambault affirmait que «personne ne (le) convaincra» que la victoire du «non» «n'a pas été causée en très grande partie par la haute finance et une écrasante majorité du vote dit ethnique » Mathématiquement, le 0,4% de voix qui manquait au camp du «oui» pour l'emporter aurait pu être obtenu si les dizaines de milliers de Québécois «non-ethniques» qui ont voté «non» dans l'Outaouais, dans la région de Québec mais aussi un peu partout, avaient voté «oui».Mais les mathématiques et la politique n'ont pas, semble-t-il, la même logique Et puis, les chiffres sont sûrement contre la souveraineté, puisqu'ils sont arabes ! INTERNATIONAL Afrique du Sud Le 11 avril, un fermier blanc a abattu un bébé noir de six mois qui se trouvait illégalement sur sa propriété.Le meurtrier n'a pas été immédiatement arrêté parce qu'il a coopéré avec la police.Quoi?Parce qu'il les a aidés à dégager le terrain d'un corps noir?Algérie Les islamistes algériens veillent : ils interdisent l'avortement aux milliers de femmes victimes de viols lors d'attaques de villages ou d'enlèvements.Jean-Paul II avait donné le même conseil aux Bosniaques violées par les soldats serbes Les intégristes ont pris bonne note.Nous aussi.États-Unis Une enquête du Time (6 avril) révèle que le Département du Commerce américain a approuvé la vente et l'expédition d'armes électriques à l'étranger, notamment à l'Arabie Saoudite où l'on utilise régulièrement ce matériel pour des séances de torture.Ces appareils, explique le Time, sont conçus pour donner des décharges de «50 000 volts ou plus».La torture crée de l'emploi Le reste, on s'en fout.Mexique Un «rapporteur spécial» des Nations unies rapporte, puisque c'est sa fonction, que plusieurs régions du Mexique pratiquent la torture.Le Mexique s'est empressé de signer l'entente de libre-échange, mais il tarde toujours à ratifier les résolutions des Nations unies contre la torture et les conventions de la Croix-Rouge sur le sort des prisonniers.Peu importe après tout puisque quand le commerce va, tout va.Mexique (bis) Le Devoir (15 avril) rapporte que Stanley Gooch, nouvel ambassadeur canadien à Mexico, a affirmé devant la Commission civile internationale d'observation des droits humains que «le Mexique remplit les critères démocratiques exigés par le Canada».Rwanda Alors qu'à Paris s'ouvrait la «mission d'information» destinée à faire la lumière sur le rôle joué par la France dans le génocide du Rwanda en 1994, au Rwanda même une vingtaine de personnes étaient massacrées et une quarantaine d'autres blessées De ceux-là, on reparlera dans quatre ans.par Philippe Gauthier & Francis Dupuis-Déri Anti-tabagisme n.m.Beaucoup de boucan pour réduire la boucane.Automobile n.f.I.Le plus commun des moyens de transport: il y a deux sortes de Québécois, ceux qui veulent une automobile et ceux qui sont fatigués de payer la leur.2.Symbole de rang social : il a été mis à pied, c'est pourquoi il a perdu son automobile.Chômage n m.1.Se dit d'une situation où la main-d'œuvre est mise à pied.2.Taux de chômage, mesure de la puissance de la productivité d'un pays: dans les entreprises, les travailleurs sont la première richesse, puisque si les affaires vont mal, on peut toujours les mettre au chômage.3.Lutte au chômage, manœuvre politique qui permet de faire le plein de votes en promettant le plein-emploi : ceux qui font la lutte au chômage ne chôment pas, mais ils sont bien les seuls.4.Chômage stucturel, la partie du taux de chômage qui ne dépend pas de la conjoncture et qui est donc considérée comme incompressible.Au rythme où vont les choses, l'expression sera un synonyme de taux de chômage d'ici peu.5.Assurance-chômage (archaïque), programme d'aide qui assurait un revenu décent aux gens qui perdaient malencontreusement leur emploi.Remplacé par l'assurance-emploi, 6.Chômage saisonnier, chômage assaisonné d'un peu de travail.Contribuable n m (terme spécialisé, psychologie) Personne atteinte de dissonance cognitive, une pathologie incurable où le sujet désire payer moins d'impôts et recevoir plus de services: le mot contribuable est entré dans la langue française en 1401 et, les choses étant ce qu'elles sont, il y restera encore longtemps.Dialogue n.m.I.Situation où différents partenaires parlent chacun de son côté sans s'écouter ni s'entendre sur une action commune.2.Rompre le dialogue, synonyme de prendre une décision.3.(archaïque) Dialogue de sourds, dialogue de malentendants.Entreprise n.m.1.Nom donné aux activités d'un entrepreneur entre deux faillites.2.Entreprise agricole, entreprise bien cotée à la bourse.3.Libre entreprise, utopie qui ne sera réalisée qu'avec la privatisation du gouvernement : Après le général de Gaulle et son «Vive le Québec libre», nous avons droit au «Vive la libre entreprise» de General Motors et de General Electric.4.Entreprise privée, entreprise publique, antonymes.Lentreprise privée, c'est le travail à la chaîne, tandis que l'entreprise publique, c'est le travail à la chaise.5.Petites et moyennes entreprises, entreprises qui regroupent de petits et moyens entrepreneurs et de petits et moyens employés payés de petits et moyens salaires et que vantent de petits et moyens politiciens.Faillite n.f Occasion pour un entrepreneur véreux de repartir en affaires sous un autre nom, ou, pour un étudiant endetté, de se tirer d'affaire.Fumeur n m Conspirateur complètement allumé et qui ne laisse rien filtrer des plans pour enfumer la société qu'il garde dans ses cartons : Comme le Phénix de la légende, le fumeur n'en finit plus de renaître de ses cendres, pour en venir à bout, il faudra y mettre le paquet et se résigner à le passer à tabac.Gourou n.m.(d'un mot sanscrit qui signifie escroc) I.Individu qui vous promet le paradis avant la fin de vos jours, à condition de lui céder vos biens terrestres immédiatement : Le gourou te l'dit, tu l'auras ton karma Ta réincarnation, ta transcendance, ton nirvana Envoyé, donne-lui trois pistoles Et médite pendant qu'y rigole (poème anonyme du il' siècle traduit du sanscrit par Victor-Lévy Beaulieu) 2.Gourou d'affaires, se dit de tout gourou qui porte la cravate et qui transporte un ordinateur portable.Hockey n m.Sport contrôlé par les Américains, maîtrisé par les Européens et regardé par les Québécois : chez nous, le hockey a remplacé la religion au Temple de la renommée.Courrier des lecteurs La paranoïa |.| Vous devriez laisser tomber le rire, la réflexion et l'information pour prendre la voie de la paranoïa.La paranoïa, c'est une forme plus ouverte de tout ce que vous semblez vouloir faire En fait, ce qui manque au Québec, c'est cette douce paranoïa qui agite les conversations, qui nous fait avoir peur de ceux que nous disons «sauveurs», de ceux qui nous soignent, qui parlent à la télé et qui passent des lois.Je crois qu'il faut provoquer la lutte pour empêcher l'inhibition.L'évasion a prouvé son inefficacité.La paranoïa nourrit cette lutte par la méfiance.Elle offre à la personne intelligente cette opportunité de vouloir prendre la place de l'autre afin de s'assurer d'une pleine confiance en soi-même.|.| Marc Huber, Laval Réplique à Pierre de Bellefeuille Un court commentaire sur votre billet «Au revoir l'indépendance» paru dans l'édition d'avril.|e trouve que vous baissez bien vite les bras.Le mouvement souverainiste a vu bien des embûches se dresser sur son chemin autres que l'arrivée du prochain chef du PLQ.Il n'est pas impossible que celui-ci gagne les prochaines élections, mais laissez au moins la chance au coureur péquiste.Je ne peux pas croire que vous êtes de ceux qui regardent passer le train et qui se contentent de parier sur les chances de l'emporter plutôt que de s'impliquer.Il me semble que votre passé et votre présent parlent autrement.Autre chose.Est-ce qu'un journal comme le vôtre ne pourrait pas, par exemple, mordre dans l'os abandonné par le Vérificateur général Denis Desautels |.|?Est-ce qu'il n'y a pas là matière à creuser, gruger, grignoter, questionner, déranger, dénoncer, écrire?Que se cache-t-il derrière ces manigances?Quelle grosse anguille sous ce caillou?Le rapport du Vérificateur ne peut-il mener à des pistes intéressantes pour un journaliste?Y a-t-il des journalistes d'enquête au Québec?Normand Lester est-il le seul de son espèce?|.| Pierre Brosseau, Montréal Réplique à la réplique Je confesse un petit problème de double personnalité, celle du journaliste et celle du militant.Le premier se risque au jeu des prévisions en s'abritant derrière le vieux truc de la boule de cristal Le second reste convaincu de la nécessité de l'indépendance, quels que soient les pronostics Mais l'un et l'autre constatent l'usure du pouvoir chez les péquistes.P de B.PLOGUES • Les lecteurs du COUAC connaissent bien Rupert K., le personnage névrosé des frères Bruno et Gilles Laporte.Au Festival de la BD de Québec, qui s'est tenu du 16 au 19 avril, leur travail a été récompensé par le Prix de la relève de la Librairie Pantoute.•Serge Ferrand, le dessinateur de Brutalement Direct dans LE COUAC, vient de lancer un nouvel album, Les Vaginocrates.Ferrand dessine depuis son adolescence.Il a notamment travaillé pour le célèbre magazine TINT1N et pour des journaux satiriques européens.•À l'occasion de la parution du nouveau livre de Francis Dupuis-Déri, Pour une littérature de combat (Éditions du Silence), la librairie Olivieri organise un débat sur le thème de l'art engagé, le mercredi 6 mai, à 18h.Participeront à l'événement Pierre Allard Richard Morin, Wajdl Mouawad, Pol Pelletier et Francis Dupuis-Déri Réservez au (514) 739-3639.• PRIM Centre d'arts médiatiques propose l'intégrale de l'œuvre de D.E.i.(Département d'entraînement à l'insanité) lors de la Soirée de l'archiviste.Présentée par Marco de Blois, cette soirée de vidéo d'art aura lieu le vendredi 22 mai à 20h.Infos: (514) 524-2421.i m m m m 49% Mai 1968 Que faisaient-ils ?Que font-ils ?En 1968, Claude Charron écrit dans le journal anarchiste Drapeau noir.Aujourd'hui, il signe l'éditorial dans le magazine familial 7 Jours.En 1968, Louise Harel manifeste contre l'entrée des tanks à Prague et organise des assemblées de solidarité étudiante avec Claude Charron.Aujourd'hui, elle est ministre de la Solidarité et se demande où est passé Claude Charron En 1968, Lysiane Gagnon a les cheveux longs et milite pour le Rassemblement pour l'Indépendance nationale (RIN).Aujourd'hui, elle milite pour un Canada gratiné et a les idées courtes En 1968, on publie le journal de Bolivie de Che Guevara au nom de la révolution de Fidel Castro Aujourd'hui, Jean-Paul II visite Castro déguisé en révolutionnaire de l'Église catholique Fidel négocie les droits des photos du Pape et du Che.En 1968, le jeune Bernard Landry travaille à titre de conseiller de Jean-Guy Cardinal, ministre de l'Education, afin que les étudiants québécois ne manifestent pas sans l'appui du gouvernement.Aujourd'hui, Landry est vice-premier ministre pour conseiller Lucien Bouchard afin que les Québécois ne fassent pas l'indépendance sans le Parti québécois.En 1968, Lucien Bouchard entreprend de relire À la recherche du temps perdu de Proust.Aujourd'hui, il vient de finir et songe à la faire lire à Bernard Landry lors de la prochaine campagne électorale.En 1968, Jean Drapeau digère le «Vive le Québec libre» du général de Gaulle.Aujourd'hui, il digère le général de Gaulle et son «Vive le Québec libre».En 1968, le poupon Céline Dion émet ses premiers sons.En 1998, on note beaucoup de progrès techniques mais toujours la même profondeur En 1968, Alain Dubuc milite avec les trotskistes-maoïstes.Aujourd'hui, il est le plus chinois des éditorialistes québécois de Power Corporation et l'auteur de Simple comme.l'économie.En 1968, Pierre Elliott Trudeau était en campagne électorale pour le Parti libéral.Un oeillet à la boutonnière et des majorettes habillées par la boutique Poupée rouge de Montréal le soutenaient dans son combat.Aujourd'hui, il continue de rouler en Mercedes et il est toujours en faveur de la révolution.Chacun son tour «S'il le faut, nous descendrons dans la rue», menaçait la génération en fleurs de 1968.Aujourd'hui fanée, elle laisse les chômeurs y aller tout seuls afin d'avoir les meilleures places pour regarder le défilé.Vraiment trop injuste «Faites l'amour, pas la guerre», disait-on en mai 1968 Comment se fait-il que depuis l'amour nous fasse la guerre?tfupert K.Fédéral rentable D'après The Ottawa Citizen.Me Joli-Cœur, «l'ami de la cour», qui «représente» devant la Cour suprême un Québec absent au sujet du fameux renvoi-sur-la-légal ité-d'une-déclaration-unilatérale, réclame des honoraires d'un modeste million.Un ami comme ça .on comprend pourquoi ce n'est pas Québec qui l'a engagé ! Silence, on coupe Dans sa revue de la presse internationale, Le Devoir du 19 avril commentait un article du magazine new-yorkais Sciences, qui portait sur l'excision du clitoris.Il y aurait actuellement entre 100 et 130 millions de femmes qui ont subi l'excision du clitoris et on estime qu'environ deux millions de fillettes subissent ce traitement radical tous les ans.En fait, quand vous aurez terminé de lire ce texte, une autre fillette aura perdu son clitoris.Conférence Le 6 avril, le restaurant grano le Commensal du 5043 rue Saint-Denis à Montréal propose une conférence: «Le Taijquan et le Qi sont-ils indissociables?» Vous l'avez manquée?Prenez note que toutes les semaines, la célèbre chaîne de restaurants offre partout des conférences toutes aussi édifiantes.Pour avoir un corps beau, droit et con, profitez-en.La bonne parole La Fraternité des prêtres de Saint-Pierre voudrait déménager son Séminaire de Pennsylvanie à Aylmer, au Québec Les prêtres de cette fraternité sont des traditionalistes purs et durs, anciens disciples des enseignements de Mer Marcel Lefebvre, excommunié pour excès de zèle catholique.Ce doit être le caractère progressiste de Aylmer qui les attire.Victime de la mode La mode est aussi sérieuse que l'économie, nous apprend le magazine Affaires plus du mois d'avril: «L'art de se bâtir une garde-robe ressemble à celui de se monter un portefeuille 11 faut établir une stratégie, miser sur des valeurs sûres, et se fixer des objectifs à court et à long terme » L'économie toute nue, vaudrait mieux ne pas voir de quoi ça a l'air Les gros chars La symbiose entre l'Américain et l'automobile est bien connue.Elle a fait naître le merveilleux monde du «drive thru»: hamburger à l'auto, transactions bancaires à l'auto, crème glacée à l'auto, daiquiri à l'auto, développement de photos à l'auto, services postaux à l'auto, dépanneur à l'auto, etc.Depuis peu, il est même possible, à Las Vegas, de se marier à l'auto.Vidéo en prime.Le Couac, mai 1998, page 3 Pas sein dans la tête f.Les clowns Comment combattre la bêtise du scatologique et non moins populaire morningman américain Howard Stem?«If you can't beat them, join 'em», semble répondre avec grandes flatulences un animateur radio de Québec, Jean-François «Jeff» Fillion L'émission du matin qu'anime le trop subtil directeur musical de la station de radio CHOI lançait à l'occasion du congé de Pâques le concours «Vendredi-Sein».Àgagner?Deux implants mammaires d'une valeurde 4000$ (CHOI ne défraie malheureusement pas le coût des traitements de chimiothérapie subséquents à une rupture des implants).Afin de mousser la publicité de son concours, Fillion, que d'aucun estiment être un misogyne retors et pernicieux, invitait en studio début avril deux jeunes «actrices» québécoises de spectacles erotiques.Siliconées, évidemment Au nombre des commentaires édifiants de l'insignifiant commentateur: «Vous avez des maudites belles boules, les filles; pis des belles craques à part ça».Mais encore: «Vous m'excuserez si je ne vous regarde pas dans les yeux quand je vous parle, je m'intéresse plus à d'autres parties de votre anatomie» À la quarantaine de manifestantes du Comité des femmes de l'Université Laval venues réclamer, devant les bureaux de la station, son renvoi immédiat, Fillion a en outre brillamment rétorqué ceci: «Vous devez être des lesbiennes .» L'heureuse gagnante des implants mammaires, une dame dans la trentaine, a regretté la controverse entourant ses nouveaux seins en plastique.CHOI, dont la propension marquée au charcutage des chansons francophones aux heures de petite écoute (hon ! pas pour contourner les quotas du CRTC ?) commence à faire des vagues dans la capitale, n'a pas émis de commentaire.Pour dénoncer la bêtise auprès du principal intéressé: (418) 687-9810.poste 302: demandez left MARC CASSIVI Jean Charest, le sauveur des fédéralistes, ne connaît pas grand-chose à la politique québécoise.Il reproche aux souverainistes leur politique linguistique en prenant pour exemple les inspecteurs qui mesurent la taille du lettrage dans l'affichage commercial.Or cette pratique, qui est en effet totalement ridicule, est l'héritage du gouvernement libéral qui a fait adopter la Loi 86.Les péquistes ont eu le tort de maintenir cette loi absurde, mais il ne l'ont pas inventée Mais le futur chef libéral est habile.Il a prédit le virage antiréférendum de Lucien Bouchard qui s'est aussitôt empêtré dans les fleurs du tapis Charest décrit le Parti libéral du Québec comme une «coalition» pour donner une allure sympathique à l'abîme qui sépare les libéraux francophones nationalistes et les anglophones férocement fédéralistes, sinon partition-nistes.Il réclame des élections à l'automne, de façon que Bouchard, s'il attend à l'an prochain, fasse mauvaise figure, en ayant l'air d'avoir peur d'aller au peuple L'art du cirque est tout à fait honorable.Mais les clowns comme chefs politiques, c'est moins jojo PIERRE DE BELLEFEUILLE Consommateur averti Vu dans un magasin de Plattsburgh (New York) cette affiche: «SHOPLIFTERS WILL BE SHOT! TWO HAVE DIED.WHY BE NEXT ?» Sans blague.m cDo J Nouveau trio picsous McDo lance un nouveau système pour servir plus efficacement ses rondelles de caoutchouc entre deux éponges synthétiques: le «Made for You System» Ce système ultramoderne doit pouvoir servir un client en moins de 90 secondes après la commande Une démonstration en a été donnée lors du récent congrès biennal McDo qui s'est tenu en Floride, au royaume de Mickey Mouse.Dès que la commande est enregistrée, un ordinateur fait savoir à un employé des cuisines quand et quoi faire cuire Et hop ! Le burger glisse jusqu'à vous sur l'acier inoxydable grâce au bon jugement de l'ordinateur.Épatant, n'est-ce pas?Voilà donc venue l'ère où l'ordinateur se voit promu au rang de contremaître d'usine à bouffe dégueulasse dans un royaume de gagne très petit, I ère où le robot organise la fourmilière.On n'arrête pas le progrès.L'objectif avoué de ce beau système est de réduire les pertes de nourriture.Et sans.doute aussi de faire sourire davantage le clown Ronald, dont les petites affaires ne vont plus aussi bien qu'avant.Les opérations du géant du fast-food apparaissent en perte de vitesse.Tous les produits lancés ces dernières années se sont soldés par des échecs.Et cette déconfiture profite surtout à Burger King.Certains parlent de pertes d'au moins 4% pour McDonald's depuis les douze derniers mois.Une chute attribuable à l'attitude antisyndicale de l'entreprise?Pas du tout.Au fait que les gens ont compris qu'ils pouvaient manger bien mieux ailleurs pour le même prix?Non.Tout simplement parce que la multiplication des McDo a pour effet qu'ils se nuisent de plus en plus les uns les autres.Grâce entre autres au système «Made for You», les dirigeants de McDonald's espèrent renverser la situation Le nouveau système, breveté McDo.coûtera 25 000$ aux franchisés de la célèbre chaîne.Au congrès tenu à Walt Disney World, ils sont venus de 109 pays pour assister à cette formidable démonstration du savoir-faire de l'entreprise en matière de déshumanisation systématique, scientifique et autoritaire du travail.Oncle Picsou fut épaté, vraiment épaté.JEAN-FRANÇOIS NADEAU B40C m m Le Couac, mai 1998, page 4 Conlogue Unplugged C'est maintenant officiel, le journaliste Ray Conlogue ne couvrira plus le secteur culturel québécois dans le quotidien torontois le Globe and Mail Celui qui, en raison de ses sympathies envers le Québec, était soupçonné par certains de ses collègues anglophones de souffrir du syndrome de Stockholm, ne pourra donc plus raconter aux Canadiens du ROC la culture d'ici.Rappelons que le journaliste a été rapatrié à Toronto l'automne dernier.Cela n'a peut-être rien à voir avec le fait que Conlogue, dans son livre Impossible Nation : The Longing for Homeland in Canada and Quebec (Mercury Press) soutenait que le Canada devrait s'inspirer du Québec pour se créer une identité culturelle.En effet, c'est le contact même avec la culture québécoise qui semble corrosif puisque le poste de correspondant culturel ne sera maintenant assuré que par des pigistes.La culture, c'est bien connu, c'est dangereux.Ça mord, ça pique, ça touche, ça émeut et ça divise les Canadiens.Pour éviter la contagion, le prochain correspondant du Globe and Mail au Québec couvrira donc un domaine plus rassembleur: le sport.NADINE VINCENT La liberté de se faire exploiter Selon l'avocat Julius Grey, l'obligation d'adhérer à un syndicat dans une entreprise contrevient aux chartes des droits et libertés Le principe d'association sur lequel repose l'union des travailleurs, croit-il, entrave en effet un droit fondamental.En un mot, aussi bien dire que le syndicalisme est immoral et illégal ! Nous n'avons heureusement qu'un seul Julius Grey.Deux, ce serait beaucoup trop.L'argumentation spécieuse de l'avocat a été déboutée par la juge Johanne Trudel de la Cour supérieure.André Brassard de la Cour d'appel a ensuite refusé à Asile Le Canada a refusé d'accueillir cinq détenus cubains libérés à la demande du pape Jean-Paul II, qui avait déploré leur souffrance.Viva la bourreaucratia ! Charest 1 Bouchard 0 On croyai: que les dirigeants du PQ étaient des politiciens d'expérience.Quelle erreur! Sitôt arrivé, Charest est parvenu à déstabiliser le PQ en mettant en doute la fidélité de Bouchard à l'article 1 du parti, c'est-à-dire la tenue d'un référendum sur la souveraineté.Comme des débutants, les péquistes se sont retrouvés complètement déboussolés et ce fut la valse des déclarations contradictoires du sommet jusqu'à la base du parti.Charest maître de la manipulation contre des péquistes maîtres de l'incohérence.Ça promet Julius Grey d'en appeler de cette décision.Mais Grey en a eu d'autres à l'usure Prochaine étape de son circuit juridique anti-syndical, explique-t-il au journal Les Affaires (18/4): la Cour suprême.Qui finance ce travail de Julius?L'ADAT, c'est-à-dire l'Association pour le droit au travail.Ces gens-là, des travailleurs de la construction de l'Outaouais, savent tout aussi bien que Julius que, depuis toujours, les syndicats sont contre le travail.Dieu soit loué, il y a les patrons pour défendre le travail, les droits et les libertés.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Convulsions et nausées Un dessin animé japonais, qui avait provoqué une vague de convulsions et de nausées chez les jeunes téléspectateurs, vient de faire son retour sur les écrans nippons.À l'époque, au moins 700 enfants avaient été hospitalisés d'urgence après avoir visionné Pokémon.Certains d'entre eux avaient même perdu connaissance.Ça change de Passe-Partout.Une grande nouvelle Anik Vermette, la Renaude de Ent'Cadieux, déclare au magazine Le Lundi (25/04) : «J'ai été baptisée à 5 ans » Et à huit ans, je pouvais déjà accorder des entrevues très profondes au Lundi.Nippon, ni Ça suffit La Tribune du 4 avril s'inquiète: «Michel Louvain demeure l'homme de la Dame en bleu».Une chanson de Louvain par 30 ans, c'est bien assez, non ?Justice Les avocats ont vraiment droit à tous les privilèges : à l'occasion du 150e anniversaire du Barreau de Montréal, les membres pourront assister en «avant-première» au «dévoilement de la maquette du nouveau sigle» du regroupement.Les simples citoyens, eux, devront attendre en septembre pour voir enfin ce merveilleux sigle, annonce le Barreau dans un communiqué.Il n'y a pas de justice Entre deux bières Robert Charlebois, grosse tête de la chanson et de la broue, à propos de sa carrière: «J'ai l'impression de tourner en rond » (Le \ournal de Montréal, 30/03).Il est bien le dernier à l'avoir remarqué.Gourou Demi Moore explique: «Grâce aux méthodes spirituelles et aux remèdes du Dr Chopra, inconnus des Occidentaux, on peut éviter de graves maladies et vivre jusqu'à 120 ans» (Le Lundi, 04/98).On va encore se taper ses commentaires à la con pendant 80 ans?Le lapon songe à supprimer l'impôt sur le revenu pour relancer son économie languissante.Au pays du soleil levant, plus d'sushis d'argent ! Protection légale Les Américains du Nevada promènent leurs enfants en toute légalité dans la boîte de la camionnette comme les Québécois leur ameublement le 1er juillet.Seule différence: nous avons la sagesse d'attacher le tout II est défendu par contre de faire patienter Fido dans la voiture durant les emplettes: c'est trop cruel A la hauteur d'Outremont La nouvelle Bibliothèque « Robert-Bourassa » d'Outremont ouvre enfin ses portes.La piscine municipale de l'endroit, rappelons-le, s'appelle « John F.Kennedy » Prochaine étape pour Outremont: élever un monument à la connerie des élus Pour être certain qu'il soit à la hauteur, on devrait en confier la construction à Jérôme Choquette ou à Jérôme Unterberg Torture - SUITE DE LA PAGE I - 1993, et a refusé de soumettre son rapport au Comité contre la torture en mai 1996, mois de l'élection de Benyamin Netanyhu à la tête du gouvernement israélien.Le mois précédent, Israël avait soumis un rapport initial que le Comité des Nations unies contre la torture a examiné.Le Comité a considéré comme «totalement inacceptable» l'autorisation d'exercer aune pression physique modérée» et a exprimé sa préoccupation quant au «grand nombre de cas très circonstanciés de mauvais traitements infligés en détention» Le Comité a recommandé que les procédures soient rendues publiques et qu'il soit immédiatement mis un terme à toutes les pratiques contraires à la Convention contre la torture (Amnistie, Rapport 1997).Méprisant ces directives, la Cour suprême d'Israël a autorisé en février dernier le recours aux pressions physiques modérées en reconnaissant au premier ministre et aux Services de sécurité intérieure le pouvoir de décider secrètement des méthodes à utiliser pendant les interrogatoires Ce projet de loi a été approuvé le même mois par la Knesset, et ce malgré la très vive opposition des ONG israéliennes de défense des droits humains, tels B'Tselem, l'Association pour les droits civils en Israël, le Comité public contre la torture et l'Association des médecins pour les droits humains en Israël.En cette année du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains, les voix qui s'élèvent contre l'usage impuni et légal de la torture en Israël semblent se perdre au milieu du vacarme omniprésent dans les locaux du Shin Bet.Un vacarme horrible causé par \'Acid Rock et les cris des suppliciés.SERGE PATRICE THIBODEAU - FLORIDE - La mort au soleil noir Quatre exécutions capitales dans la même semaine en Floride.Au nombre des victimes, une femme, la deuxième depuis le début de l'année aux États-Unis.En février, l'exécution de Karla Faye Tucker avait mobilisé toute la planète; Judy Buenoano, elle, vient d'être exécutée à la prison de Sparke «dans une indifférence quasi générale», note une courte dépêche publiée par La Presse .Pas un mot de Nathalie Petrowski cette fois Ni du Pape, du reste.La première devait être trop occupée à lire le Rolling Stones Magazine et le second, à célébrer une messe en plein air.D'ailleurs, on ne peut pas ECONOMIE La revue des caisses POP La Revue Notre-Dame, subventionnée par les Caisses Desjardins, propose dans son numéro du mois de mai un dossier spécial sur «l'éveil spirituel des tout-petits».L'idéal pour endormir le petit épargnant.Nomination Le journal Les Affaires du 4 avril nous apprend la nomination d'une journaliste de La Presse «dans le merveilleux monde des relations publiques» Francine Osborne sera désormais vice-présidente du Groupe LGS, une firme-conseil en informatique.Avant de travailler à La Presse, elle occupait des fonctions similaires chez BCE et Pratt & Whitney.Comme quoi entre les affaires et le journalisme, il n'y a que La Presse.Carnet financier La Power Corporation de Paul Desmarais, le beau-père de la fille de Jean Chrétien, annonce des profits nets de 603 millions pour l'année 1997 Le bénéfice par action est ainsi passé de 2,09$ en 1996 à 3,40$ en 1997 Espérons que les soirées fastueuses de Roger D.Landry au Beaver Club n'entraveront pas la bonne santé financière de cette merveilleuse entreprise de chez nous.Heineken Pis La Société des Alcools du Québec s'oppose à ce que la bière hollandaise Heineken soit vendue dans les épiceries La SAQ continue de défendre l'indépendance de l'Oiseau bleu et du Harfang des neiges.Ces malades qui nous gouvernent Fin mars, Boris Eltsine a dissous son gouvernement en déclarant que celui-ci avait «ces dernier temps manqué clairement de dynamisme, d'initiative et d'un regard neuf.» (Le Devoir, 24/04) Eltsine sait de quoi il parle, puisqu'on le dit mourant depuis des mois et qu'il revenait justement d'une semaine de convalescence.Miracle À Paris Match (16/04), Céline Dion révèle le secret de son apparence: un produit de chez Kiehl.«C'est affreux lorsqu'on le met, mais je l'applique la nuit et, ffuit.tous les défauts sont effacés.» Elle doit être pingre, la Céline, car elle ne donne pas l'impression d'en utiliser beaucoup.s'intéresser à toutes les condamnées à mort, n'est-ce pas?Bien sûr.Au palmarès des condamnés à mort, Judy Boenoano s'est moins bien vendue que Karla Faye Tucker.Rappelez-vous le visage de Tucker II suintait le petit Jésus II était presque angélique.Toujours bien coiffée, la dame.Et un grand sourire lumineux Beaucoup de «sex appeal», avait noté une Petrowski très émue Buenoano était nettement moins sympathique: pas très belle, plus très jeune, assez sordide Noire en plus.En 1996, les Noirs représentaient 13% de la population américaine et 40% des prisonniers qui attendaient dans les antichambres de la mort En Géorgie, un Noir accusé d'avoir tué un Blanc a toujours 4,3 fois plus de risque d'être exécuté qu'un Blanc qui a assassiné un Noir.Comprenez-vous bien ?C'est blanc sur noir Devant la couleur de la peau et les parfums sexuels que dégage le corps, est-il possible que la raison perde encore ses droits?JEAN-FRANÇOIS NADEAU Afrique-Chine, même combat ?Selon ses propres dires, le président Clinton qui visitait l'Afrique fin mars veut établir avec ce continent un partenariat ayant comme principe de base la démocratie, qui inclut les droits de la personne et la protection de l'environnement.Du même souffle, il annonçait un projet de voyage en Chine en juin prochain.Qui veut parier qu'on n'entendra pas beaucoup parler de démocratie, de droits de la personne et de protection.de quoi, déjà?MON LAPIN Communiqué de la Presse canadienne publié dans Le \ournal de Montréal du 14 avril: «Les défenseurs des animaux recommandent aux parents de ne pas conserver des lapins vivants qu'on aurait donnés à leurs enfants.» Chacun sait qu'il est plus facile de défendre le droit à la vie d'un lapin mort.^Ê/ÊT ^Êf^k Un drôle d'oiseau Le Couac Offre spéciale d'abonnement un livre gratuit avec un abonnement Pauiialk Borduas Hafni plrthnl •* *nm« écrite Hubert Aquin Blocs erratiques Éditions TYPO Paul-Émile Borduas Refus global Éditions TYPO Pierre Vadeboncceur Gouverner ou disparaître Éditions TYPO Olivar Asselin Liberté de pensée Éditions TYPO • Abonnement régulier d'un an : 25 $ + taxes = 28,76 $ • Abonnement régulier de deux ans : 45 $ + taxes = 51,76 $ • Abonnement institutionnel et de soutien : 50 $ + taxes = 57,51 $ FAITES PARVENIR VOTRE CHÈQUE À L'ORDRE DE : PERIODICA I 155, avenue Ducharme, Outremont (Québec) H2V IE2 Indiquez le livre choisi : 1 Hubert Aquin Blocs erratiques I I Olivar Asselin — Liberté de pensée I I Paul-Émile Borduas L—1 Refus global I I Pierre Vadeboncceur — Gouverner ou Nom Adresse Code postal.Téléphone _ disparaître (periodica) IMvUion de Kiio> CinxU Abonnement par téléphone : (514) 274-5468 • (800) 361-1431 Celte Offre est valable, pour les résidents du Canada, jusqu'au (' ' juillet 199» ou iiisqu à épuisement des storks Prévoir quatre a six semaines pour la livraison du livre Langue BESCHERELLE, prise 2 Dans le silence le plus complet est paru, il y a quelques semaines, L'Art de conjuguer, version québécoise du Bescherelle français qui a fait couler tant d'encre l'automne dernier.Rappelons que par souci d'ouverture à la francophonie, les éditions Hatier ont ouvert leurs pages à des verbes belges, africains et québécois.Seul hic, ils ont omis de consulter les principaux intéressés et ont puisé leurs verbes québécois dans l'inqualifiable dictionnaire de Léandre Bergeron (TYPO, 1997).C'était compter sans la sensibilité épider-mique des Québécois quand il question de langue.Ce qui aurait pu dégénérer en affrontement international s'est cependant terminé sans épanchement de sang en raison de la diplomatique intervention de l'éditeur québécois HMH Celui-ci, découvrant à temps le pot aux roses, a en effet reporté de quelques mois la parution de la version québécoise, histoire de retoucher la liste des verbes proposés C'est donc ce Bescherelle «revu et amélioré» qui paraissait récemment Des 608 verbes québécois présents dans la version française, seuls 17 ont survécu (pour plus de I 15 verbes africains et 71 verbes belges) Cette ténacité mérite une mention, les voici donc : achaler.apiomber, s'aplomber, câliner, se désâmer, désouffler (et de-souffler), draver, s'épivarder, francopho-niser, grafigner, inilialer, lyrer, maga-ner, se maganer.magasiner, placoter et turluter.En fait, soyons francs: francophoniser n'était pas dans la version française, draver et grafigner y étaient, mais sans marque de leur origine, et maganer y était dit africain ! Ces verbes raffermissent-ils votre fibre québécoise?Voyez-vous là le reflet fidèle de votre réalité distincte?Pas évident Que veulent dire apiomber et francophoniser?Aucune idée.Où sont les abrier.bardasser, pogner, québéciseret autres?Mystère.Chose certaine, cette occultation de nos usages rassure les autruches que nous sommes et laisse encore une fois à d'autres la tâche de définir notre différence, nos particularités, notre identité.NADINE VINCENT La culture française Maurice Papon a cité Kafka lors de sa défense.Par contre, il n'a pas parlé des soeurs de Kafka, mortes dans les camps grâce au travail consciencieux de bureaucrates comme Papon.Abonner vous ! par téléphone : (514) 274-5468 (800) 361-1431 Journalisme Les toutous du pouvoir Avec Les Nouveaux Chiens de garde, le journaliste Serge Halimi (Le Monde diplomatique) vient de signer un pamphlet d'une hardiesse remarquable, un vrai livre de résistance Résistance à quoi ?Au «journalisme de révérence» qui sévit dans à peu près toutes les sphères de l'information en France et qui fait passer sa flagornerie pour du professionnalisme et de la nuance Résistance aussi au pouvoir de l'argent qui transforme les journalistes et les intellectuels en courroie de transmission des magnats de la presse de la finance Résistance, enfin, à un journalisme de marché qui accepte «que la rentabilité prenne partout le pas sur l'utilité sociale», qui «encourage le mépris du politique et le règne de l'argent» et qui, ce faisant, entonne les trompettes du réalisme, tout en se congratulant de son «courage» «Univers de connivences» où les directeurs de revue, les rédacteurs en chef de journaux et les vedettes de l'info- télé s'encensent à qui mieux mieux et font passer leur ronron unanimiste pour des débats d'idées, voire des «affrontements» Le journalisme français se voit ici pris à partie comme jamais, je crois, il ne l'a été précédemment Halimi identifie ces «nouveaux chiens de garde» (Duhamel, BHL, Le Figaro, Libération, 7 sur 7, L'Express, Le Point, Le Nouvel Obs et plusieurs autres) avec un sans-gêne et une lucidité qui l'honorent.On pense à nos locaux de la même engeance et on rêve, en dévorant cela, d'une semblable entreprise pour le Québec.On se rappelle la mort de Péladeau et les requiems médiatiques complaisants qui l'ont accompagnée, on cherche des brèches dans le mur des lamentations affairistes à travers les cabales de notre meute canine indigène, et devant «les concepts dociles que rangent les caissiers soigneux de la pensée bourgeoise» (Nizan cité par Halimi), force nous est de conclure que les jappements ambiants mériteraient, eux aussi, de se voir infliger une radiographie au vitriol.LOUIS CORNELLIER Le Couac, mai 1998, page 5 Ésotérlsme Palmarès des objets trouvés dans des boutiques spécialisées 1.Le «Voodoo kit», constitué d'une petite poupée, d'aiguilles et d'un livre explicatif pour les non-initiés.Les points sensibles sont inscrits sur l'épouvantail miniature Pour s'épanouir au lit ou recevoir un jour le Prix Nobel.Comme le dit Voodoo Lou, mystérieux auteur du manuel d'instructions, «le vaudou est réel.Ça marche.)e le sais parce que j'utilise le vaudou pour vous faire acheter ce kit.» Troublant et si peu cher.à peine 15$.2.«The joint rolling book», à faire traduire par un ami anglo un soir de séance vaudou, si vous inhalez et comptez épater vos frères de cérémonie.Comment rouler un pétard à douze feuilles et obtenir de meilleurs résultats lors de vos expériences mystiques?Demandez à.tiens ! L'auteur est anonyme 3.Le tapis de rituel blanc en coton (un drap, quoi) Attention aux cendres incandescentes de votre joint à douze feuilles.Ce serait dommage de trouer ce beau bout de tissu que vous aurez tout de même payé 30$.4.L'oreiller parfumé aux pouvoirs magiques II en existe de plusieurs sortes Celui pour le voyage astral sent bon.Celui pour l'«amour gai» aussi, mais quel est le rapport?5.Les poudres aux effets co(s)miques, qui ont l'avantage d'être très bon marché.Il y en a une spéciale «cas judiciaire» (méfiez-vous des ruptures de stock, Rozon est passé par là), une autre poétiquement baptisée «viens à moi» (la préférée des libéraux, abondamment utilisée pour attirer leur nouveau chef à Québec), ou encore une appelée «campe loin».Il faut semer cette dernière «aux bons endroits et tout le monde fout le camp » (Elle sent mauvais?) Enfin, en ce qui concerne celle favorisant l'«amour gai», on ne voit toujours pas le rapport 6.L'«ensemble de visualisation-talisman Feu d'amour pouvoirs psychiques» Si vous savez ce que c'est, contactez le Couac, merci (Ça a tout de même l'air sympathique ) 7.Le médaillon qui «capte toutes les vibrations de l'univers et neutralise les ondes nocives.» Plus fort encore: «il revitalise un organe vivant.» Indispensable, donc, pour rendre vivant quelque chose de déjà vivant Ce petit miracle coûte environ 100$ 8.Le CD «Je gagne la chance», avec messages subliminaux.9.Les lots de bougies, car on l'oublie trop souvent : «dans toutes les traditions, la flamme est un symbole de purification, d'illumination et d'amour spirituels.Elle est l'image de l'esprit et de la transcendance, l'âme du feu.» Les lots contiennent une bougie, de l'encens, une prière, des parfums et un rouleau de dix charbons.Celui de Saint-lean-Baptiste est particulièrement intéressant, puisqu'il est «contre la grêle |si on avait su|, les maladies, les spasmes.» 10.Les cristaux, bien sûr À Montréal, rue Laurier, on les trouve en vente «en gros».N'oubliez jamais qu'«à travers le prisme de ces cristaux de roche, votre environnement sera énergétisé et votre sensibilité exacerbée.Le cristal élève à son propre niveau les taux vibratoires inférieurs en les focalisant » Compris?CATHY PÉPIN J'accuse.! (incitation publique à l'indignation) PRIM Centre d'arts médiatiques et Vidéo-graphe lancent J'accuse.! Ouvert à tous, ce concours offre une bourse d'une valeur de 1000$ en services pour la production d'une courte bande vidéo dénonciatrice dans les studios de PRIM.Le jury sélectionnera les propositions de J'accuse.! sur la base de leur originalité esthétique.Dépôt des demandes : avant le 1* juin 1998, 18h.Diffusion publique en septembre.Infos (514) 524-2421.De la pub dans Le Couac ?Contactez Cathy Pépin au (514) 842-7133 ou Jacques Fleurent au (514) 355-2103 (Nos prix font sourire) roui un luMÂNisMi «MMTTUIT Grandeur et Misère 4* ht ««4f«rt t.M4fHiU Pour un humanisme combattant En vente dans les librairies Champigny et Renaud-Bray Abonnement: 12$ COMBATS 20, St-Charles sud, c.p.1097 Joliette, Québec J6E 4T1 Le; foirvrt cte la CEq Internet ! î informer, échanger, four Jéfeaf+re !ef^ej ©u chercher comjeil, faire circuler l'énorme e-*.perfije que T©* re+r©uve «da*$ *©j é+aMî»e/^e»>+î e+ da»»j la cor^/^u^au+é, urne adrejje : V^+f P://ceq.oc.ca/ferw^î/f©ru/*>$.k+/>* a vouj la parole \ ElCEQ H:£ Gouvernement du Quebec Mtalatèr» d* la Culture Communication* Génie de l'emballage La Presse, dans son édition du 25 avril, célèbre le quart de siècle de carrière de Jean-Guy Dubuc à titre d'éditorialiste Dubuc fut un ancien rédacteur en chef de La Presse avant de devenir, notamment, président-éditeur de La Tribune de Sherbrooke, cet autre maillon de la chaîne Power Corp.À lire l'apologie de Dubuc que signe Claude Masson, on croirait presque à l'existence d'un communicateur de génie.Imaginez: en plus de ses éditoriaux édifiants de La Tribune, Dubuc a établi la stratégie de communication de l'oratoire Saint-loseph et il vient de publier une biographie du frère André.C'est tout dire.Ainsi Dubuc serait «un communicateur-né».Presqu'un génie.Examinons une de ses pièces parue le mois dernier dans La Tribune.Elle donne une bonne idée de la profondeur du Monsieur.Jean-Guy Dubuc affirme, dans son éditorial du 6 avril, que les idées comme les idéologies n'ont guère d'importance.Les gens du peuple, écrit-il, ont avant tout «besoin d'une personne pour leur faire aimer une idée».Et il s'en félicite: «Justement, c'est aux personnes qu'il faut penser en décidant de notre avenir».L'examen des idées passe donc après celui des personnes, et loin derrière, bien loin.Dubuc pourrait en somme écrire ceci, qui résume exactement ce qu'il affirme: l'habit suffit à juger du moine.Or il arrive bien sûr qu'un moine ait des idées en plus de son habit.L'éditorialiste en est bien conscient et juge que c'est «tant mieux», pourvu que ces «idées viennent dans un bel emballage».Qu'on ne s'y trompe pas, son «tant mieux» camoufle un tant pis.Tant pis si on ne trouve pas l'ombre d'une idée chez quelqu'un, tant pis si l'emballage fait à lui seul office de contenu: on pourra toujours projeter un peu plus de lumière sur lui et dire qu'il rayonne, comme lean Charest au Parti libéral.Un vrai génie de l'emballage, ce Monsieur.Comme Claude Masson à La Pressé d'ailleurs.JEAN-FRANÇOIS NADEAU a Couac mai 1998, page 6 Obsolut Martineau Voir, journal alternatif, place la pub en page un.Les textes de fond suivent après lamais rien comme les autres Le contrat de Richard Martineau, le rédacteur en chef, stipule qu'il devra dorénavant apparaître à la télé déguisé en bouteille de vodka Dans ses prochains éditori-aux, Richard Martineau dénoncera l'injustice, la bêtise, la malhonnêteté et les buveurs de Smirnoff.Homme d'idées et de confrontation, Richard Martineau place des cocktails molotov partout De marque Absolut — Monsieur Martineau, comment allez-vous vous y prendre pour mettre de l'ordre dans un monde de plus en plus bordélique?— Parle plus fort, j'ai une bouteille de vodka dans l'oreille — Fais-noi mal, mon beau Richard, envoie moi au ciel — Ta gueule, Dufort, ou je t la pousse jusqu'au fond, I bouteille de vodka te la À paraître : Pour en finir avec \e gin tonic el le rhum and coke.Absolut: 40% d'alcool.Voir: 75% de pub.Le compte y est.Égalité des citoyens ?Guy Bouthiller, présentant le mémoire de la SS1B-M aux membres de la commission des institutions, le 1er avril, déclarait : «Un décrocheur peut fort bien.est souvent, devrais-je dire, un mauvais citoyen car il n'a pas appris à s'intéresser à la chose publique.» Ce que le très élitiste M.Bouthiller oublie, c'est que c'est peut être «la chose publique» qui n'offre pas à un grand nombre de ses «citoyens» les conditions adéquates pour qu'ils s'accrochent, malgré des situations souvent tragiques, aux bancs d'école.?McGill français ?UdeM anglais ?Au Kosovo, intégré à la Serbie, le recteur serbe de l'Université de Pristina nie aux Kosovars albanais, qui forment 90% de la population, le droit d'avoir leur propre université et déclare qu'«il ne peut y avoir en Serbie d'autre université que serbe.Tous peuvent venir à l'université à condition d'étudier le serbe Aucune minorité nationale au monde ne possède sa propre université.» (Le Devoir, 24/04) Le Couac propose la tenue d'un colloque sur le sujet, organisé conjointement par les universités de Montréal et McGill.Sans commentaires «Les Boy Scouts de Californie ont désormais le droit d'exclure de leurs rangs homosexuels, agnostiques et athées » {Le Devoir, 24/031 ou aux kiwis, d'autres au stade du maire Drapeau Les mystères de la nature sont insondables.Weiler se félicite du fait que les Alouettes de Montréal aient déménagé leurs pénates au centre-ville.Montréal a ainsi posé, écrit-il, «un premier geste pour redevenir la grande ville qu'elle a toujours voulu être».En somme, redevenir ce qu'on a voulu être à l'ouest et qu'on n'arrivait plus à vouloir être à l'est.C'est clair Et c'est plein d'une logique originale.La logique des affaires, sans doute.|FN Une image vaut.2000$ Le couperet est tombé Après la Cour d'appel du Québec en 1996, la Cour suprême du Canada condamnait le 9 avril dernier le photographe Gilbert Duclos et le magazine Vice-yersa à verser 2000$ à une jeune fille photographiée sans son consentement Le milieu journalistique s'insurge et invoque la liberté d'expression.Déjà, en octobre 1996, Le -30- nous apprenait que dans de telles conditions, «pour Gilbert Duclos, c'est la fin de la photo-documentaire.» De son côté, le très subversif magazine Reader's Digest annonce qu'après 75 ans de bonnes habitudes, il remplacera dès ce mois-ci (mai 1998) son sommaire de la une par une photo.à l'ouest Mark Weller, éditeur du magazine d'affaires Mourrai! lue, adore le sport professionnel, confie-t-il dans l'édition de mars-avril du magazine, «mais il ne peut supporter d'assister à une partie de quelque sport que ce soit au Stade olympique» Comme homme d'affaires, il n'est pas plus disposé «à se rendre dans l'Est |.| pour assister à un match de footbali qu'à aller investir dans le tourisme en Algérie».Certains sont allergiques aux noix Dénigreurs en danger Le mémoire de la SS)B-M présenté par M Guy Bouthiller à la Commission des institutions de l'Assemblée nationale s'ouvrait en précisant que «La loi sur les consultations populaires est une loi importante pour le Québec» et qu'il ne faut «jamais laisser les autres l'affaiblir ou même simplement la dénigrer» (nous soulignons).La SS|B-M promeut donc une liberté d'expression sans droit de critique.Une petite loi du cadenas, avec ça ?Contactez Cathy Pépin au (514) 842-7133 ou Jacques Fleurent Disques ARTISTES VARIES VJomen of Spirit (Putumayo World Music) Tous styles confondus, le monde de la musique est encore et toujours dominé par les hommes.Ils sont devant et derrière les projecteurs, manipulent les consoles de son, occupent les postes de décision Question de contourner cet establishment, l'étiquette Putumayo s'est donné comme mission de diffuser les œuvres de musiciennes des quatre coins du globe Leur dernier-né.Women of Spirit, est une compilation tout simplement délicieuse Aux côtés de l'inimitable Cassandra Wilson (majestueuse voix du jazz améri- cain) et de l'anticonformiste Ani DiFranco, on découvre des artistes talentueuses du Cameroun (Coco Mbassi), du Brésil (Fortuna) ou encore de l'Afrique du Sud (Sigonbile Khumalo) (AV.) VILLERAY Musique sur Saint-Denys-Garneau (GSIC/Musicor) Très belle idée que de rendre hommage à ce grand poète qu'est Saint-Denys-Garneau.Il est seulement dommage que ce soit le duo Villeray qui en ait eu l'idée D'un côté, il y a les textes.Ces poèmes en vers libres qui évoquent autant la beauté de la nature que la détresse d'une âme.De l'autre, ces musiques douces, scintillantes,^presque bucoliques lusque là, tout va bien Le problème, c'est quand Stéphane Tremblay ou Éric Sénécal ouvrent la bouche.Leurs voix faiblardes, pâles et même fausses par moments, annihilent tout le plaisir qu'on aurait pu avoir à écouter ce disque.Dans leurs gorges maladroites, les poèmes de Saint-Denys-Garneau perdent toute leur puissance Mieux vaut lire Regards et jeux dans l'espace et se laisser prendre par la musique des mots (AV.) XYZ éditeur • Bruno Roy à Vous avez adoré la série télévisée Les orphelins de Duplessis ?Voici la version romancée.Un document-choc.Un récit émouvant.Bruno Roy Les calepins de Julien (&VMO (/?„ éditeur Télévision Rencontre du type Scully En attendant sa parade de l'an 2000 «Des millionnaires pour le millénaire», Robert Guy Scully/ Bob Scully prépare un programme en or pour 1998-1999 avec: Paul Martin/Paul Martin, son équivalent bilingue et binominal, grand argentier (très argenté) du Canada; Jean-Paul III, le futur pape; Wayne Gretzky, le meilleur (et le plus riche) hockeyeur de tous les temps; Roger D.Landry, le journaliste, financier et philanthrope le plus photographié de La Presse; Claudia Schiffer, le plus grand (et riche) mannequin du monde; Bill Gates, tarte à la crème des médias; Ronald Reagan, l'acteur le plus célèbre de Hollywood, mais il ne s'en souvient plus; Pierre Elliott Trudeau, le plus célèbre (et riche) prédécesseur du couple Nemni à Cité libre/Free City, Antonio Lamer, juge en chef du «plus haut tribunal du pays»; Maurice Papon, le collaborateur le plus résistant; Sonia Gandhi, riche héritière politique en Inde; Benazir Bhutto, riche (et redoutable) héritière politique du Pakistan; Les ex-maires Jean Drapeau et Pierre Bourque, le constructeur sportif parisien et l'horticulteur culturel chinois; Thomas d'Aquino, disciple d'Aristote (Onassis) et patron torontois des patrons; Alain Choquette, prestidigitateur de prestige, à cause de la prestesse de ses mains et de son amour du baseball.Très affecté par la maladie de Frank Sinatra, l'hospitalisation de la Queen Mom d'Angleterre, les ennuis financiers d'un ex-magnat du hockey, le décès de Jeanne Calment, Marie-Louise Meilleur, Diana, Teresa, Marie-Soleil, Pierre Péladeau, le professeur Léon Dion, qui nageait (sans le savoir) dans sa piscine, Robert-Guy Scully entend faire repasser une de ses trouvailles de l'automne dernier: l'architecte mani-tobain Etienne Gaboury, qui a possédé quelque temps la maison d'une des soeurs de Gabrielle Roy.En outre, les recherchistes de Scully sont toujours à la poursuite de Gerry Roufs, du sénateur Andrew Thompson, d'une arrière-arrière-petite-nièce du tsar de Russie, du frère jumeau de la fille illégitime d'Yves Montand, du plus grand collectionneur de Picasso du lapon, du champion skieur olympique en Super-Géant, du couple de patineurs le plus sexy (mais sans évoquer le sexe), du plus gros diamantaire d'Afrique du Sud et de l'auteur de la Bible Le Maquignon et son jouai Une fiction policière rurale de Diane Lamonde Ce livre raconte l'histoire d'un complot.Dans un Québec désenchanté, des linguistes mégalomanes infiltrent l'Association des professeurs de français, le Conseil de la langue française, le ministère de l'Éducation et même Radio-Canada dans le but diabolique d'imposer au bon peuple une sous-langue dans le vinaigre: le français québécois.Ce délire n'est malheureusement pas le résumé d'un film d'espionnage, mais bien la trame d'un essai sur l'aménagement linguistique au Québec.L'auteure a dépouillé dix ans de débats sur la langue et en a extrait toutes les contradictions.Plutôt que d'en tirer des conclusions constructives, elle déduit de cette non-homogénéité de la pensée une tentative de manipulation de l'opinion.Ignorant les rudiments de la lexicographie française, Diane Lamonde donne vie à ses pires cauchemars.Sur les traces de Lysiane Gagnon, Jean Paré, Georges Dor et Gil Courtemanche, elle décrit le français d'ici comme une variété tarée et malade, idéalise le français hexagonal et invente une conspiration visant à noyer les Québécois dans leur fange Navrant NADINE VINCENT Diane Lamonde, Le Maquignon et son jouai, Montréal, Éditions Liber, 1998 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L iZl • Téléphone: (S 14) S2S.21.70 • Télécopieur: (S14) 525.7S.37 Richard Langlois Requins I.IIIXIlilflIllIlll- M Le livre que les banquiers ne peuvent pas encaisser.Préface d'Yves Michaud.j^M «Robin des banques».Vlb Oditeur I Essai 19,95 $ LK C.ROl'Pr VHIIM\RII i il riKMLRi: vlb éditeur .(a /jf/rSA'/o// (/c /(t /i/fc/'ii/itrc' ^ it m m Le Couac, mai 1998, page 7 Prise de bec au théâtre Oiseux Gaétan L.Charlebois, critique de théâtre du Hour, s'exclame à la fin de la première de Quai Ouest à l'Espace Go «C'est d'Ia merde !» Il n'est pas tout à fait poli, mais ceux qui ont vu la pièce vous diront qu'il n'a pas tout à fait tort non plus.Le hic, c'est que les artistes apprécient rarement qu'on les bouscule.Quand on les attaque, même un petit peu, ils ont la manie de se replier dans leur émotivité de première communiante violée par le grand méchant loup.Suite à cette affaire, la directrice artistique du théâtre, Ginette Noiseux, place dans des journaux à grand tirage une immense pub où, outrée, elle conspue le bonhomme.«Artiste pour la paix», signe-t-elle Puis elle le met sur la liste des indésirables à l'Espace Go — probablement pour avoir la paix.Le critique devra à l'avenir payer ses billets.En réponse à la dame, une lettre de Louise Vigeant, présidente de l'Association québécoise des critiques de théâtre, paraît dans Le Devoir.L'AQCT prend la défense de l'accusé et donne les noms de critiques figurant eux aussi sur une liste noire Vigeant souhaite que les gens de théâtre fassent preuve de plus de maturité en acceptant qu'il existe une pratique littéraire qui s'appelle la critique, même si elle est dure, dévastatrice, provocante.(Chose amusante, dans la même lettre, on apprend que Charlebois a aussi l'honneur d'être exclu par le Centaur à cause d'un papier négatif.Paradoxal, puisque l'institution, dans son site Web, se fait une fierté d'utiliser plusieurs citations de critiques soulignant l'excellence de ses activités, dont une de Charlebois Les critiques, on les aime quand ils filent doux.) Peu après la réplique de l'AQCT, l'artiste poulapaix récidive.Dans le quotidien de la rue Bleury, elle fait la morale aux critiques en leur rappelant leur devoir de «civisme».Va pour le civisme, mais Charlebois ne s'est tout de même pas levé pendant la représentation pour faire pipi sur Françoise Faucher! Plus loin, elle annonce qu'il sera à nouveau admis dans sa salle.Or, on ne sait quoi penser lorsque la dame patronesse de l'Espace Go affirme son soutien inconditionnel à la liberté d'expression, alors qu'elle s'est tout de même permise de placer Charlebois parmi les persona non grata de son théâtre pour cinq mots exprimés trop fort.Même si c'est malpoli, grossier ou désagréable, n'importe qui a le droit de crier «C'est d'Ia merde!» le soir d'une première.On peut engueuler le chahuteur face à face, lui écrire une lettre, mais monter sur ses grand chevaux vertueux en achetant de l'espace publicitaire pour dénoncer publiquement un bonhomme, c'est ignoble, c'est de la merde.MARCO DE BLOIS ?Josée Blanchette en république Dominicaine Vu: Du sable fin, des vagues aux reflets turquoises, de très jeunes garçons au bar de l'hôtel.Entendu: Le cliquetis de l'eau sur mes sandales allemandes, le tango du bar de l'hôtel.Parcouru : Mon guide des restos de Montréal, les chambres de l'hôtel Mangé : Le sexe d'une espèce animale en voie d'extinction, avec de la sauce aux pommes dessus (comptez 125$ US, avant taxes et service).Bu : Plusieurs jolis cocktails aromatisés au rhum des caraïbes et assortis de jus de fruits exotiques avec de petits parapluies roses dedans Baisé: oui.NI vu ni entendu: Quelques milliers de petits Noirs tenus en esclavage.Théâtre ^abdication Dieu est un tricheur Deux destins se croisent à Rome le temps d'une entrevue : celui d'une reine mi-ange, mi-démon, et celui d'un cardinal ambitieux et diplomate Christine de Suède (Élise Guilbault) renonce au pouvoir monarchique de son royaume, la Suède du xvne siècle, pour chercher réconfort dans la religion catholique (!) et Azzolino (lames Hyndman) bride sa liberté pour mieux accéder au pouvoir pontifical.C'est précisément à l'intersection de ces deux trajectoires que se situe L'Abdication, drame historique signé Ruth Wolff (dans une traduction de Robert Lalonde) et judicieusement mis en scène par Denise Guilbault.Sous les yeux des spectateurs curieux et surtout sous le regard inquisiteur du cardinal, Christine de Suède se met à nu en même temps que se jouent devant elle, sur une autre scène plus petite, des morceaux choisis de son enfance et de son règne.Par un habile jeu de dédoublement, Tina, fillette sage et obéissante en voie d'être couronnée, et Chris, reine garçonne et désinvolte, forment le couple antagonique qui définit la personnalité complexe et tourmentée de Christina, « ce monstre à deux sexes » Ces petites scènes se présentent moins comme des flash-back que comme l'éveil d'une conscience refoulée qui permet plusieurs niveaux de dialogue : l'affrontement en forme de confession mutuelle entre Christina et le cardinal; les paroles percutantes échangées entre Christina et ses fantômes du passé, et enfin le dialogue de ces derniers qui jouent sur le « petit théâtre » : Chris, Tina, Oxenstierna, tuteur de Christine de Suède, et les autres.Tout au long de la représentation, une scène se fait l'écho de l'autre, dévoilant les jeux de la vérité, néanmoins brouillés par ceux du pouvoir et de la séduction.Ce chassé-croisé incessant du passé au présent, des interrogations répétées du cardinal (« Pourquoi ?Pourquoi avez-vous abdiqué Christina ?») aux réponses sarcastiques de l'ex-reine, souligne les tensions qui agitent la conscience de ces grands personnages en proie à leur condition.C'est sans doute dans le deuxième volet de la pièce, où s'exacerbe le conflit raison / passion, que se révèlent la force et la sincérité du jeu des comédiens Le renversement subtil de l'action — le confesseur devenant le confessé — fait monter l'intensité dramatique jusqu'à un point de non-retour La reine dont le désir le plus cher est d'aimer et d'être aimée trouve momentanément en la personne du cardinal une réponse à ses angoisses Mais tout autant qu'être femme et roi à la fois, aimer un cardinal paraît chose impossible Azzolino qui s'interdit le péché de la chair (à peu de choses près) n'a pas encore compris que le pouvoir est une douce illusion.Christina le sait, elle qui a abdiqué, et elle devine aussi que personne ne peut répondre à ses attentes; pas même Dieu qui, après l'avoir réconciliée avec elle-même, lui dérobe l'objet de son amour : « Dieu me donne d'une main ce qu'il me retire de l'autre ».Cette pièce éblouissante où inquisition rime avec séduction questionne les profondeurs de l'âme humaine, qui se perd dans les méandres de la religion, du pouvoir et de l'amour, tout à la fois.Il faut aller voir UAbdication.parce que c'est un spectacle qui vous remue.Chose rare HÉLÈNE VISENTIN Au Théâtre de Quat'Sous jusqu'au 9 mai, supplémentaires le 3, 10, 14, 15 et 16 mai Réservations au 845-7277 ECRIVEZ-NOUS.Le Couac 788, AV.LAURIER EST, MONTRÉAL, QUÉBEC H2| ICI Riel n'était pas coupable Deux députés libéraux pilotent un projet de loi qui vise à faire annuler la condamnation à mort de Louis Riel en 1885.Reg Alcock, du Manitoba, et Denis Coderre, ancien animateur de lignes ouvertes populistes, espèrent recueillir l'attention favorable de la chambre.Qu'ils se rassurent: au Canada, la justice finit toujours par triompher, à condition d'être très patient, voire immortel.lime ETUPE RÉVÈLE que Si votre patron ëxtee que, POUR LE MÊME SALAiRÊ «VOUS FASSiEriÊ 3OLJL0T,,, 50e anniversaire du manifeste de Borduas Refus globaux Le manifeste Refus global, quand on y repense, ce n'a pas été un phénomène champignon.Dans les années d'avant et d'après-guerre, des éléments, çà et là, faisaient effort pour briser le conformisme autoritaire de la société sclérosée que nous formions.Sans annoncer de révolution même tranquille, des individus, de petits groupes, ou encore le mouvement syndical, contestaient dans les faits l'ordre établi.Par exemple, de grandes grèves, métallurgie, textiles, avaient éclaté, dès 1937, à l'instigation des syndicats catholiques.Autre exemple entre plusieurs: sur un tout autre plan, La Relève, puis La Nouvelle Relève, revues fondées par des croyants, cherchaient, fin des années trente, début des années quarante, à affranchir la foi et toute la culture de la domination stérilisante alors exercée Ici par l'Église, ce que poursuivrait un peu plus tard Cité libre.D'ailleurs, le Québec, par une succession de libres penseurs (isolés, il est vrai) remontant jusqu'au siècle dernier, était un peu moins monolithique qu'on ne l'a dit.Et puis, dans les années trente encore, pendant la Crise, un assez fort mouvement communiste avait inquiété les autorités.Enfin, on jasait beaucoup, dans ces années-là, en privé (et exceptionnellement en public), contre la mainmise des clercs sur l'éducation et contre le contrôle exercé par eux sur l'expression publique des pensées des individus.Autoportrait de Borduas, 1936 Et 11 y eut la guerre, qui bouleversa bien des choses.Bref, la publication de Refus global fut un épiphénomène, plus surprenant que d'autres certes, mais assez loin d'être le seul.Ce qui était unique et nouveau, cependant, c'était le caractère radical du manifeste, son inspiration révolutionnaire.Il y eut une circonstance exceptionnelle: la rencontre d'un authentique maître, Borduas, et d'une pléiade de jeunes gens doués, très ouverts, créateurs, capables de passion, et qui comprirent admirablement son message, lequel devint réellement le leur et dont ils firent quelque chose qui n'en déméritait pas.Cependant, sans Borduas, qui avait du génie comme artiste et comme pédagogue, je pense que l'événement dont nous parlons, de signification si générale, ne se serait pas produit, du moins celui-là.Au fait, cet événement n'eut guère d'influence mesurable, si ce n'est dans les arts.L'évolution soudaine et profonde du Québec tint à une multitude de causes diverses, sociales et politiques d'ailleurs pour un grand nombre.Si l'on considère à juste titre le manifeste comme historique, c'est que Borduas, son groupe, leurs œuvres et cet écrit représentent, rétrospectivement, le symbole peut-être le plus clair de la liberté de l'esprit dans l'histoire de notre culture.Ce n'est pas un mince titre.PIERRE VADEBONCŒUR Un fruit du grand refus Manon Barbeau se plaint avec raison du fait que la critique se cantonne à des considérations sur les situations décrites dans son film, Les Enfants du Refus global, et ne parle guère de l'œuvre.Qu'elle se rassure.C'est un film intelligent, bien conçu, bien monté, inspiré, rigoureux, très touchant.Les propos des interviewés, captivants.Belle œuvre d'art et très beau témoignage humain.L'un et l'autre.À égalité.On sort de là tout à fait convaincu de cela.L'équivoque et la polémique au sujet de ce film viennent du fait qu'on insiste pour savoir s'il prouve quelque chose.Bien entendu, il ne prouve rien.Il soulève tout au plus des hypothèses, des possibilités.Des signataires du Refus global ont-ils, par leur comportement, traumatisé certains de leurs enfants?Comment établir avec quelque certitude, si ce n'est statistiquement, des rapports de cause à effet en la matière?Chacun connaît nombre de cas de névrose et même de psychose chez des enfants dont les parents étaient attentionnés et responsables.Faux problème, donc, en ce qui touche le film.Dommage que cette question ait monopolisé la conversation.Si l'on cesse de s'intéresser exagérément à cet aspect, alors il n'y a plus lieu de s'exciter et l'on reçoit ce film pour ce qu'il est: un bien beau film et de bien remarquables propos de la part de ceux qu'il met en scène, émouvants par surcroît, très.P.V.L'étincelle L'explosion La propulsion La bougie d'allumage qui Fait démarrer votre entreprise Z1RVAL DESIGN & IMPRIMERIE 1830 AMHERST [514] 525-3781 Le Couac, mai 1998, page 8 Un piano à la mer Pendant que les romans d'Ales-sandro Baricco (Soie.Océan mer) se vendent comme des petits pains chauds, pourquoi ne pas déjouer les stratèges de la mise en marché et faire le malin en se procurant pour trois fois rien, Novecento.pianiste, publié l'an dernier aux éditions des Milles et une nuits.D'abord composé pour la scène, ce texte inédit de Baricco est un monologue mis dans la bouche du trompettiste de l'Atlantic |azz Band.Novecento: à la fois l'histoire et le nom d'un pianiste né à bord du Virginian.C'est sur ce paquebot que «Danny Boodmann TD Lemon Novecento» (de son vrai nom) passe sa vie entière, en perpétuel transit, parmi les mers du monde, sans jamais descendre à terre.Rivé à son piano, alors que s'invente le jazz en Amérique, Novencento voyage dans sa tête, à travers la carte du monde, en jouant «une musique qui n'existe pas».11 ne connaît ni Paris ni Londres, mais il sait tout du Pont-Neuf et de l'odeur qui règne sur Bertham Street.Tel est son génie « Le monde, il ne l'avait peut-être jamais vu Mais ça faisait vingt-sept ans que le monde y passait, sur ce bateau : et ça faisait vingt-sept ans que Novencento, sur ce bateau, le guettait.Et lui volait son âme.» Et le monde vient à lui comme le fameux Jelly Roll Morton, «l'inventeur du jazz», qui s'embarque sur le Virginian seulement pour affronter celui dont la réputation s'était mise à dépasser les rambardes du navire Un jour, Novecento décide de descendre à New York En vain.Il s'arrête à la troisième marche, immobile, fixant l'immensité qui s'offre à lui.C'est que la terre est trop grande pour Novecento.Beaucoup trop grande pour quelqu'un qui a passé sa vie à danser avec son piano sur le Virginian.Le bateau, lui, a un espace fini et le piano possède quatre-vingt-huit touches Mais la musique, elle, surtout celle « qui n'existe pas », est infinie, tout comme celui qui la crée.Une histoire burlesque, pleine de verdeur, dont la morale résonne comme celle de Candide dans son jardin.HÉLÈNE VISENT1N Alessandro Baricco, Novencento: pianiste, Mille et une nuits, 1997.Livres Le noble Art de la boxe Lors de son combat de championnat à la Grande Taverne, Stéphane Ouellet a fourré une bonne volée à Hilton.Je ne sais pas pourquoi, mais ça m'a mis de bonne humeur C'est bête, je sais Mais on se remonte le moral comme on peu Par les temps qui courent, le peuple à genoux qui attend sa délivrance du petit sauveur frisé de Sherbrooke me déprime profondément.À regarder mes compatriotes se laisser distraire par les sparages, vides de sens, d'une pâle copie en blond d'Elvis Gratton, je me mets soudain à douter de mes frères humains Et de mes soeurs l'ai même songé à devenir réfugié politique à Kaboul Ou encore en Roumanie.Même la Corée du Nord me semblait une terre d'accueil acceptable Heureusement, il y a le jab de Ouellet C'est pour ça que j'aime la boxe.Comme j'aime la poésie.Parce que ça me tient en vie quand ça marche.Ça aide à vivre.Ali au Zaïre contre Foreman, ça fait du bien à l'âme comme un poème de René Char.Ouellet et Miron, même combat.Ouellet d'ailleurs écrit de la poésie.Un magnifique boxeur en plus.Le boxeur qui vient de la mer est un grand livre de boxe C'est l'histoire d'Yvon Durelle, un boxeur acadien qui a failli devenir champion du monde des mi-lourds contre Archie Moore «La Mangouste», un des meilleurs boxeurs de l'histoire.Cela se passait à Montréal, à la fin des années cinquante J'avais douze ou treize ans.J'avais vu le combat à la télévision.Mon premier com- bat de boxe Je m'en rappelle encore J'avais pris pour le nègre Comme ça sans savoir.Peut-être parce qu'il était tout seul.Il avait gagné J'ai revu récemment Durelle et Moore, quarante ans après, devenus plus vieux.Ils étaient magnifiques.Ils étaient prêts à continuer Sans haine mais avec la rage de gagner Aujourd'hui j'aurais pris pour le nègre blanc.À côté, le livre de Jack Lamotta, qui a «inspiré» le Raging Bull de Scorcese, ne fait pas le poids.Mais comme l'un est Américain et l'autre Acadien, on devine facilement lequel des deux boxeurs s'imposera dans l'histoire de la littérature et du cinéma.Comme on devait s'y attendre, à regarder tataouiner les chroniqueurs de livres du Devoir ou de La Presse, le livre sur Durelle passa totalement inaperçu à sa sortie, il y a une dizaine d'années.Ce livre signé par un certain Fraser n'est même plus répertorié.Introuvable donc, à moins d'écumer les bouquinistes En attendant, il faudra vous contenter d'autres chef-d'œuvres comme Histoires de boxe du grand lack London, paru autrefois chez 10/18, ou de l'Histoire de la boxe d'Alexis Philonenko, un professeur d'histoire de la philosophie à Rouen, qui écrit en conclusion : «Confidences pour confidences, je préfère les boxeurs aux intellectuels» London, lui, préfère «les primitifs aux décadents».Pour les débutants, il y aurait peut-être La loi du ring de Michel Chemin, journaliste à Libération, ou encore le magnifique De la boxe de Joyce Carol Oates.Un livre étonnant écrit par une «petite fille» qui ne doit pas peser plus de 45 kilos.Une petite Américaine qui est aussi un écrivain célèbre.À lire, pour voir d'un autre œil ce que les biens-pensant-déjà-morts considèrent comme de la barbarie.Et pour les autres «bouchés ben durs», y a toujours les cassettes de Passe-Partout, les bons sentiments de Lysiane Gagnon ou la pensée convenue de Martineau.PIERRE FALARDEAU Alexis Philonenko, Histoire de la boxe, Paris, Criterion, 1991.Joyce Carol Oates, De la boxe, Paris, Stock, 1988.Jack London, U« Steak, Mille et une nuits.Michel Chemin, La loi du ring, Paris, Gallimard, collection «Découverte».f'4>; ï/Ct ni Boulgakov Morphine de récriture A propos de Charles Taylor Philosophie made in Canada On ne peut que saluer avec enthousiasme la décision des éditions du Boréal de publier la version française de l'œuvre maîtresse du philosophe Charles Taylor.Les Sources du moi : la formation de l'identité moderne (traduction de Charlotte Melançon) est sans contredit un des livres incontournables de la philosophie politique et morale contemporaine.Il est intéressant de constater que le Canada, quoique peu peuplé et de tradition académique jeune, offre génération après génération des philosophes d'envergure pour qui le politique est au centre de la réflexion philosophique De la génération précédant celle de Taylor, C.B Macpherson s'est fait connaître sur la scène philosophique internationale par des livres comme Principes et limites de la démocratie libérale (Boréal-La Découverte, 1985).À Ottawa enseigne présentement Will Kymlicka qui devrait devenir — si la tendance se maintient! — un des acteurs majeurs de la philosophie de demain.Malheureusement aucun de ses titres n'est encore disponible en français.Il est très possible que le caractère particulier de la vie politique canadienne pousse ces personnages à développer une philosophie originale.C.B.Macpherson, dans la tradition de la gauche canadienne anglaise, articulait une pensée critique du libéralisme qui ne tombait pas dans les excès d'un certain marxisme à la française Taylor, pour sa part, est profondément marqué par son expérience montréalaise qui lui permet de saisir toute la complexité mais aussi toute la nécessité des tentatives consistant à comprendre non pas les oppositions mais les liens entre le libéralisme et les politiques identitaires.FRANCIS DUPUIS-DERI Charles Taylor, Les Sources du moi: la formation de l'identité moderne, Montréal, Boréal, 1998.«Les théâtres sont désormais nettoyés des pièces de Boulgakov», se réjouissait un critique soviétique Bien sûr, il se trompait.Aujourd'hui, si l'on voulait se débarrasser de Boulgakov, il n'y aurait pas que les théâtres à nettoyer, mais des milliers d'étagères à travers le monde.Boulgakov ne serait pas surpris de ce succès posthume.Il se considérait lui-même comme un classique, et il était bien le seul II fallait un brin de folie pour croire à une telle chose lorsque le chœur des critiques, ou presque, collait à la figure du romancier et dramaturge des obscénités parmi lesquelles celles «d'éboueur» ou «de tas d'ordures pourries» étaient les plus gentilles.Outre des récriminations contre les critiques, Les Écrits autobiographiques de Mikhaïl Boulgakov (1891-1940) rassemblent des lettres, des récits et des extraits d'un journal intime confisqué par les autorités à la mort de l'auteur.Dans ce journal, il y est question de pauvreté, d'inflation, «de concurrence sauvage, de rythmes accélérés, d'initiative nouvelle»: un portrait du Moscou postrévolutionnaire qui n'est pas sans rappeler le capitalisme sauvage de l'actuelle capitale russe Boulgakov prenait aussi note des «petits faits» dans la presse, desquels il concluait que le monde était «à la veille de grands événements» «Que les guerres soient maudites, aujourd'hui et dans les siècles et les siècles», écrit-il à la fin des Aventures extraordinaires d'un médecin Médecin, Boulgakov l'était lors de la révolution, après quoi il passa du côté de la littérature et des malades Les maladies nerveuses, les dépressions, la morphine, les insomnies et la peur ont miné sa santé Or toutes ces maladies n'étaient rien à côté du silence insupportable auquel les autorités avaient forcé Boulgakov Désespéré, il alla jusqu'à écrire à Staline pour obtenir l'autorisation d'émi-grer à l'étranger «on a fait de moi une sorte de mort-vivant», écrit-il avec l'audace de ceux qui n'ont plus rien à perdre, «un écrivain qui se tait, ça n'existe pas.|.| Si un véritable écrivain vient à se taire, il est condamné à périr».Boulgakov, tel un Joseph K.perdu dans le dédale bureaucratique, cherchait une forme de salut par ces lettres et, contre toute attente, finit par recevoir un message téléphonique de la part du dieu inaccessible.Il crut tout d'abord à une mauvaise blague en entendant une voix qui se disait être celle du camarade Staline; et, soudain pris de panique, il eut à peine le temps d'échanger quelques mots avec le maître avant que la ligne ne soit coupée.Mais peu importe la durée de cet entretien, Boulgakov obtint par la suite du travail, avant de retomber presque aussitôt en disgrâce.Et toutes les lettres du monde n'y changèrent rien.En 1940, à l'âge de 49 ans, il mourait épuisé et presque aveugle.Aveugle comme Borges qui disait que l'oppression était mère de la métaphore Or Boulgakov, passé maître dans ces subtilités, fit de son dernier roman, Le Maître et Marguerite, une des satires les plus acerbes sur feu le monde soviétique, là où lorsque Woland, maître des forces obscures, daigne considérer les hommes, ceux-ci disparaissent sans laisser de trace SYLVIE BRIAND Mikhaïl Boulgakov Écrits autobiographiques.Babel, 1997 Le E£niïI3 du cinéphile las Copinage avoué à moitié pardonné J'aime bien le cas de Stéphane Laporte, un ami à moi (ne pas confondre avec l'autre Laporte qui écrit des chroniques vaguement humoristiques dans La Presse du dimanche).Ayant poireauté un certain temps dans les antichambres de la production cinématographique en attente d'un tournage, il s'est un jour rendu compte que ceux qui ont quelque chose à dire ont intérêt à se diriger ailleurs que vers la réalisation.Il est donc devenu dramaturge.On lui doit notamment Les Dangers d'incendie d'une charette de foin qui traverse l'enfer et Deux monologues de f\f.Il participe à la Course de Radio-Canada en 1988-1989, qu'il abandonne juste avant la remise de prix.«La compétition me fait chier», résume-t-il.Pour La Violence du calme (1993), court métrage mordant sur le cynisme des artistes en attente de subventions, il reçoit le soutien du programme d'Aide au cinéma indépendant canadien (ACIC) de l'ONF que dirige la productrice Ariette Dion Or, quand celle-ci quitte l'Office pour joindre Cinémaginaire, la maison de Denise Robert, elle apporte avec elle deux scénarios de long métrage : Le Siège de l'âme d'Olivier Asselin et La Crucifixion de St-Pierre de Laporte (sur «deux jeunes qui jouent à se faire chier l'un l'autre»).Ça ressemble à un conte de fées pour un jeune réalisateur, de se retrouver chez Cinémaginaire, producteur des Lepage, Pool et Arcand Cependant, son film ne verra jamais le jour.«J'aime bien Ariette, parce qu'elle me parlait de mon écriture, intelligemment, une des seules à le faire dans le milieu.Et Cinémaginaire, c'était pour moi une bonne place.» Commence alors la production.«Elle me demande de réécrire le scénario, et je dois me matcher avec un script doctor.Je ne suis pas trop d'accord, mais j'accepte.On me dit que le film se tournera dans six mois.Ça traîne.On reporte la production Le film d'Olivier se fait avant le mien, ça traîne aussi.On reporte.On va voir les distributeurs.François Macerola, à l'époque chez Astral, nous dit que ses lecteurs — obscurs lecteurs — ont trouvé mes personnages trop antipathiques, trop heavy On réécrit, on essuie des refus, on réécrit.Les distributeurs veulent Pascale Montpetit dans le rôle principal, pas moi.Passe un, deux, trois ans.Ariette essaie tant bien que mal d'attirer les investisseurs en misant sur la vague génération X, parce que c'est la seule façon de vendre le scénario.» Vient un jour où Laporte en a assez.«C'est tellement con de faire de l'art comme ça ! À un moment donné, je crisse tout ça là.J'écris ma version définitive, je l'envoie à Cinémaginaire, j'attends Personne ne me rappelle.Je décide de déposer moi-même le scénario à la SOGIC (ancienne SODEC).Personne ne me rappelle non plus.» Entre-temps, pour gagner sa vie, il travaille comme scénographe.Puis il écrit, met en scène sa première pièce, découvre en même temps le plaisir et la légèreté de la création théâtrale.Ariette Dion invite les distributeurs à assister à la pièce.«Il n'y en a pas un hostie qui est venu, ils ne s'intéressent pas au théâtre.» Il reproche avec force au milieu du cinéma son inculture profonde.«J'aime beaucoup le cinéaste américain Hal Hartley Je leur en parlais, et ils ne le connaissent pas! Ils se foutent de l'art! Une productrice m'a déjà dit en pleine face: c'est platte le théâtre, pourquoi tu fais ça?» Conclusion : «Le cinéma québécois n'est plus un art depuis longtemps.Il ne dit plus rien.On se fait des illusions sur lui.» Sans amertume, Laporte a quitté le cinéma pour faire du théâtre.Il a aujourd'hui plein de projets en tête.Quant au monde du cinéma, il a perdu un bon artisan, et il devrait avoir honte.Les films sont rarement salués pour leur degré de cochonceté.À l'Université de Montréal, on nous présentait Le Cuirassé Potemkine, un gros machin incontournable du 7e art reconnu pour la riche élaboration de son montage, mais je me souviens surtout des marins lascivement avachis dans des hamacs et de leurs corps finement sculptés et stratégiquement éclairés.Eisenstein faisait des films cochons.Il faudrait réécrire l'Histoire du cinéma.La Cinémathèque québécoise, un haut lieu de la culture qui n'a rien pour inciter au stupre et à la fornication, j'en conviens, présente en mai et juin une rétrospective du cinéma erotique Bel effort, car nous pourrons aller à la Cinémathèque non pas pour apprécier la beauté des plans séquence, mais pour prendre notre pied Et c'est subventionné par l'État, en plus.Le cinéma, qui est un art de voyeurs, sait admirablement montrer les corps dans la sensualité de leurs mouvements.Le choix de la Cinémathèque est honorable: de L'Âge d'or à Crash en passant par l'animation et le psychotronisme (Deux femmes en or et Emmanuelle).Pas de porno Le plus intéressant sera d'examiner les films où les cinéastes se heurtent à des interdits, particulièrement ceux d'avant les années 1950-1960: Gilda de Vidor et L'Ange bleu de Sternberg, entre autres.Quant au reste, hélas!, ne sont principalement privilégiés par cette rétrospective que ceux que l'on dit à voile.Les tordus qui carburent à la vapeur, à l'électricité, au nucléaire ou à la thermopompe resteront sur leur faim MARCO DE BLOIS Lecture Livre préféré de Céline Dion (Paris Match, 16/4)?Down in the Garden d'Anne Geddes.Critique littéraire offerte par la chanteuse : «Ce sont les plus magnifiques photos de bébés».MM Wmmmœm Nadine Ribault Evelyn Lau François Hébert Marie-Andrée Lamontagne Mary Victoria Wilson Gilles Cyr Alain Roy Michel D'Aubion LIBERTÉ 236 Marc Chevrier Mélanie Vincelette avril 1998 174 pages 6$ En vente partout où on aime les livres
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