Le couac, 1 février 1999, février
Bouchard propose de consacrer l'année qui vient à penser à la souveraineté.Ça fait pas 30 ans qu'on y pense?Mode Les vestes réversibles avec Alain Dubuc L, éditorialiste en chef de La i Presse.Alain Dubuc, affirme qu'il est important de se renouveler dans son métier (La Presse, 23-01).En la matière, le Monsieur s'y connaît en diable: avant de défendre le libéralisme économique à tout crin à La Presse, il sévissait dans un journal marxiste.En 1974, Dubuc était membre du comité de rédaction du journal La Taupe rouge, qui changea de nom en octobre 1975 pour devenir Combat socialiste.Ce journal se voulait l'«organe du Groupe marxiste révolutionnaire» et en appelait à l'instauration de «la république des travailleurs du Québec».À la «une» du journal, des citations marxistes ou des slogans révolutionnaires du genre «À l'ombre du libéralisme, la répression».Ça ne rappelle pas exactement la pensée de Roger D.Landry.Dubuc dirait peut être que la promotion qu'il faisait à l'époque des thèses marxistes constitue une erreur de jeunesse.Mais aurait-il aussi renié ses positions éditoriales à La Presse s'il avait obtenu le poste de directeur du Devoir qu'il convoitait ces dernières semaines?Comme communiste.Dubuc mettait en tout cas beaucoup d'énergie et de conviction à trainer dans la boue le libéralisme, les bourgeois et même Power Corporation, son patron actuel.Dubuc signait alors presque exclusivement des articles traitant du combat marxiste au Portugal et en Espagne.Il en tirait même des leçons.Dubuc écrivait ainsi que «l'extrême-gauche portugaise donne un exemple que les révolutionnaires québécois devraient suivre» (Combat socialiste, n° I, 15-10-75, p.8).Mais l'article le plus intéressant de Dubuc est sans conteste celui qu'il écrit au sujet du lock-out au Devoir (Combat socialiste, n° 4, nov.1975, p.4).Les journalistes du Devoir sont alors en conflit avec la direction du journal.Dubuc défend ouvertement les revendications des journalistes qu'il juge «plus que "raisonnables"».«Les négociations, explique-t-il.achoppent essentiellement sur les questions de collégialité: les journalistes, voulant participer aux décisions de la rédaction, proposent une structure collégiale composée des directeurs, des chefs de pupitre et des représentants du syndicat qui se réuniraient hebdomadairement».Ce sont les représentants syndicaux à La Presse qui seraient surpris d'apprendre que Dubuc aimerait les voir «participer aux décisions de la rédaction»! Après avoir critiqué la direction du Devoir, Dubuc s'en prend à La Presse.Il la qualifie d'«usine à nouvelles».Les lecteurs de La Presse seront également amusés d'apprendre que Dubuc, celui-là même qui chaque semaine nous vante l'ultra libéralisme sur tous les tons, dénonçait à l'époque «la mainmise du grand capital sur l'information comme Power à La Presse».En effet, pour le Dubuc d'alors, «tous les médias au Québec sont contrôlés par la bourgeoisie» et «ce qu'il faut viser, c'est que la classe ouvrière puisse enfin posséder ses moyens d'information pour résister à l'assaut idéologique des médias de la bourgeoisie».Qu'est-ce qui distingue véritablement le Dubuc d'avant du Dubuc nouvelle formule?Une erreur de jeunesse ou un opportunisme d'adulte'5 Ce qui est certain, c'est qu'André Desmarais, le boss de Power Corporation, de La Presse et d'Alain Dubuc connaît bien, lui, «la mainmise du grand capital sur l'information comme Power à La Presse» Et Dubuc aussi, assurément.FRANCIS DUPUIS DÉRI Un drôle d'oiseau COUP*, Nom: Charles Rainville Métier: bouc émissaire Charles Rainville a 28 ans, n'a pas la mine patibulaire d'un Maurice « Mom » Boucher et ne compte pas parmi ses habitudes l'assassinat, le trafic de drogue, la haine de la société et l'amour inconditionnel des grosses motos pétaradantes.Il serait au contraire du genre jeune-gringalet-un-tantinet-lunatique, un peu écolo, parfois anarchiste, et s'il a une habitude, elle consiste à se mettre les pieds dans les plats bien plus qu'à chercher querelle aux autres.Pourtant, le 27 novembre dernier, au moment où le chef des Hells Angels se pavanait en compagnie de ses gorilles au gala de boxe du Centre Molson, Charles, lui, croupissait dans un cachot du pénitencier d'Orsainville.Le 9 novembre dernier, Charles Rainville a été condamné à quatre mois de prison par la juge Lucie Rondeau de Québec pour avoir «participé» à l'émeute de la Saint-lean de juin 1997.La juge a justifié la sévérité de sa sentence en reprenant à son compte la plaidoirie moralisante du procureur de la Couronne, Me Michel Fortin.En substance, elle a reproché à Charles Rainville de n'afficher ni regret, ni remords et de ne visiblement pas comprendre l'ampleur de l'événement auquel il a participé.Par conséquent, a-t-elle ajouté, l'accusé a besoin d'un message clair pour prendre la mesure de ses actes.Or voilà, Charles affirme n'avoir jamais pris part à l'émeute en question, ce qui, on en conviendra, constitue un motif raisonnable pour n'avoir « ni remords, ni regret ».Deux poids, deux mesures Ses allégations semblent vraisemblables puisqu'il a été arrêté par deux civils à l'angle de la rue Bourlamaque et du Chemin-Sainte-Foy, soit à plus d'un kilomètre des lieux de son prétendu crime.Par ailleurs, la cour a reconnu «qu'il n'avait pas fait de grabuge à la place d'Youville», le foyer de l'émeute.Alors pourquoi a-t-il été condamné?D'abord parce que son avocat, maître Herman Bédard, lui a fortement conseillé de plaider coupable à l'instar de Philippe Whitehead, un jeune homme de 20 ans arrêté en sa compagnie.Si les deux accusés n'avaient pas opté pour la même plaidoirie, ils auraient été appelés à témoigner l'un contre l'autre, une situation qu'aucun ne désirait vivre.Avec cette stratégie, ils espéraient également obtenir une peine plus modeste.L'astuce a bien fonctionné pour Philippe Whitehead qui s'en est tiré avec seulement 130 heures de travaux communautaires.Le jeune Whitehead, en effet, a mis le paquet pour «réparer le mal» qu'il dit avoir commis: non seulement s'est-il excusé, mais en plus il s'est sorti de litinérance en se trouvant un emploi, ce qui lui a permis de faire un don de 250 $ à un centre d'aide pour des victimes d'actes criminels.Charles, qui était pourtant accusé des mêmes actes que Whitehead, s'en est tiré a moins bon compte; entre autres parce qu'il «n'a nullement impressionné la juge avec son statut "d'activiste" et ses qua- lités de "récidiviste" indécrottable» (Le Soleil, 10-09-98).Le dossier judiciaire de Charles Rainville n'est effectivement pas vierge.En 1991, ce terrible «activiste» a été reconnu coupable de méfait pour avoir écrit «pas de guerre pour le pétrole» sur les murs du Musée de la civilisation de Québec.Un acte anodin s'il n'avait pas été commis en pleine hystérie guerrière: à l'époque, on s'en souvient, les médias s'étaient transformés en meneuses de claques au service du Pentagone, et la population, abreuvée de ce qui s'est avéré des mensonges, n'en avait plus que pour l'anéantissement de l'Irak.Lorsque Charles fut arrêté, les médias locaux, le très respectable André Arthur en tête, n'ont pas hésité une seconde à le traîner dans la boue.Résultat: un syndicat, qui avait offert un soutien juridique aux inculpés s'est retiré du dossier, laissant toute la latitude voulue au procureur de la Couronne (un réserviste de l'armée) pour les malmener en cour.Ce qui fut fait.L'autre acte criminel de Charles, que n'a pas manqué de relever la juge Rondeau dans son jugement, est sa participation au désormais célèbre commando-bouffe qui, en décembre 1997, s'en est pris à la laitue et aux canapés du restaurant de l'hôtel Reine-Elizabeth pour protester contre l'appauvrissement de la population.Notons que le procès relatif à ces événements ne s'est pas encore déroulé.Pour toutes ces raisons, auxquelles il faudrait ajouter son ancienne appartenance au groupuscule politique Démanarchie, Charles a écopé d'une peine de 4 mois de prison au lieu des 130 heures de travaux communautaires de son co-accusé.Il s'est même vu refuser une demande de libération conditionnelle par la prison d'Orsainville.pour cause de «motivation faible» et de «dangerosité» élevée! Charles Rainville a été libéré le 27 janvier 1999, après avoir purgé les deux tiers de sa peine.La juge espérait le faire réfléchir en lui signifiant qu'il représentait une menace pour la paix sociale.Elle aura au mieux réussi à le convaincre que la paix sociale est une menace pour lui.MARK FORT1ER La célébrité du mois Entrevue presque imaginaire avec Alain Dubuc Alain Dubuc, éditorialiste en chef de La Presse, a publié dans les pages de son journal (samedi 23-01 ) la copie conforme de la lettre qu'il a fait parvenir à Me Gilles Carli, président du conseil d'administration du Devoir, pour lui faire savoir qu'il retirait sa candidature au poste de direction du quotidien.Cette lettre, selon Dubuc lui-même, a été transmise au début de la semaine du 17 janvier, soit quelques jours après la réunion houleuse du CA du Devoir du 14 janvier où on avait définitivement rejeté sa candidature.Bref, Dubuc aurait prétendu se désister alors qu'on l'avait déjà écarté.On n'est jamais trop prudent.Pour souligner son intégrité, Le Couac lui offre un abonnement d'un numéro! Que voulez-vous dire lorsque vous affirmez dans votre lettre que votre «candidature à ce poste a toujours été passive»?Comme je ne lis jamais les journaux, je ne savais pas que Le Devoir cherchait à combler son poste de direction.En fait, mon curriculum vitas m'a carrément glissé des mains, un soir de pleine lune, lors d'une rencontre exploratoire.Allez savoir comment il s'est retrouvé le lendemain dans la pile de dossiers des candidats.Mais vous avez pourtant rencontré Messieurs Carli et Pelletier au sujet de votre candidature.Visiter les locaux du Devoir a été une véritable exploration pour moi.Ils m'ont montré quelques exemplaires de leur journal et j'ai été surpris de constater à quel point Le Devoir était moins épais que La Presse, le leur ai alors passivement suggéré de publier des cahiers spéciaux sur les REER pourattirer des annonceurs.Ils n'ont pas semblé intéressés par l'idée, mais celle du téléhoraire leur a paru fabuleuse.1 ^estime " i ,7.5 Aux éditions La Presse, en 1986.Préface de Claude Picher.Dans votre lettre, vous écrivez que ce poste de direction au Devoir aurait pu vous fournir l'occasion de vous renouveler.le me suis déjà renouvelé une fois en abandonnant l'idéologie marxiste que je défendais passivement dans les années soixante-dix en écrivant dans les pages de La Taupe rouge.|e me suis à nouveau renouvelé avec Claude Picher en participant à Questions d'argent, à Radio-Québec.Au Devoir, le changement aurait été plus radical: sur ma nouvelle photo au Devoir.j'aurais pu montrer ma deuxième face et retourner ma veste à nouveau.Vous affirmez «défendre depuis presque vingt a«s une certaine idée du développement économique, social et politique du Québec».Vingt ans, cela nous ramène à l'époque où le PQ prend le pouvoir pour la première fois.Or.si nous avions été plus passif, tout aurait été plus simple.comme l'économie! Vous dites que Le Devoir est «étouffé aussi par ceux qui se disent ses amis».Or, vous avez vous-même été la cible de critiques de votre patron, André Desmarais.Il faut tout remettre dans son contexte.Missié Desmarais a des responsabilités qu'il faut comprendre, d'abord envers ses enfants et leur grand-père.Missié lean Chrétien; ensuite, à l'égard du public et des commanditaires de La Presse.Missié Desmarais est donc un patron extraordinaire.Il adore nos mots cachés et notre cahier Zap.Il est le seul dont les critiques à mon endroit me semblent justifiées Mais au Devoir, par contre, yen a pas avoi bon Missié éclaié capable de nous potéger conte les multiples pressions qui pouaient influencer not' développement.Que vouliez-vous dire lorsque vous écriviez que La Presse est soumise à des «contraintes inhérentes aux grands quotidiens pluralistes»?C'est une coquille, l'avais écrit : «grands quotidiens capitalistes».Le typographe aurait été mis à la porte mais encore une fois, le syndicat est trop dogmatique.Etes-vous présentement un candidat passif à la direction du Couac?le dois malheureusement constater que le processus de sélection que vous avez choisi avec ses délais et ses lenteurs, avec la confidentialité plus qu'imparfaite qui l'entoure, comporte des effets malsains pour votre institution.Ou/! Vol.2 • no 5 Février 1999 1,99 $ Madame la ligne du risque Chantai Hébert, journaliste menacée par des déclarations d'André Desmarais.M.Power de La Presse: «l'ai toujours vécu dangereusement.|e vais continuer» (Radio-Canada, 16-01) L'été dernier, comme chacun s'en souvient, je faisais des reportages sur la bande dessinée japonaise.Cet hiver, je continue ma longue série sur la restriction de pensée, le risque, je risque, ça ne se dit pas! convictions De passage à Radio-Canada pour accorder ou enlever des points symboliques à des têtes politiques qui ont fait parler d'elles au cours de la semaine.Chantai Hébert refuse de donner son avis sur les déclarations d'André Desmarais à son sujet.Ce qui compte, c'est d'enlever dix points au maire de Toronto, d'en accorder quinze à Sheila Copps et deux à un autre.Au fonds, on fait du journalisme sérieux Très sérieux.D'ailleurs, on travaille à la grosse Presse de Desmarais.Un retour Réintégrée dans ses fonctions par le grand patron.Chantai Hébert va enfin pouvoir la courber l'échiné dans l'honneur.Dégradant Nouveau scandale sexuel dans l'Armée canadienne: le capitaine Pendergast aurait frenché deux fois Lynda Lemay Marmotte Inventez un augure (quand une marmotte voit son ombre le 2 février, l'hiver durera encore six semaines), trouvez une marmotte consentante, attribuez-lui des qualités de devin, installez des caméras autour de son terrier et inaugurez le Festival de la marmotte avec bingos, casinos et spectacles.Annonce classée Candidat passif recherche artisan rigide pour rencontre exploratoire.Écrire à La Presse.Confidentialité assurée.AD. Le Couac, février 1999, page 2 Le Devoir et Pinochet Il y a dans les médias d'ici un consensus autour de Pinochet.Un peu partout les éditorialistes y vont de coups de gueule bien sentis contre cet ancien dictateur maintenant sénateur-à-vie.11 y a pourtant quelques années à peine, soit le 23 septembre 1993, Le Devoir accordait une pleine page à Augusto Pinochet, dans le cadre des prestigieuses «Entrevues du lundi».À la fin de cette entrevue réalisée par Técrivain Guy Sorman, quelques lignes du Devoir semblaient justifier ce choix éditorial: «journaliste français bien connu.Guy Sorman a rencontré Augusto Pinochet peu de temps avant le 20e anniversaire du coup d'État du 11 septembre 1973».Bien curieuse façon de souligner le vingtième anniversaire d'un coup d'État! Dans ce texte-entrevue, Sorman note hypocritement qu'alors qu'il attend Pinochet pour commencer l'entrevue, «la sentinelle (.) ne me quitte pas des yeux: vais-je voler l'argenterie ou assassiner le général?» Mais le lecteur comprend rapidement que ni l'argenterie ni la vie du dictateur ne sont en jeu.Lorsque Pinochet arrive, dit Sorman, il «m'embrasse, à la mode locale».Les trois mille Chiliens morts ou disparus à jamais sous la dictature n'ont certes pas pu profiter de cette coutume locale.Mais passons.Pinochet, jouant aux anthropologues, explique alors aux lecteurs du Devoir que «Les Européens ont le sens inné de la loi, mais pas les latino-américains».C'est pour cela, comme le résume Sorman, qu'«il fallait (.) établir les fondements d'une démocratie véritable [ ?!?| en brisant les groupes de pression, les syndicats, en diffusant la croissance par l'économie de marché (et) en restituant le pouvoir économique à un patronat et à une classe moyenne».Pinochet «a bien fait», juge Sorman, qui précise que «le général a atteint le but qu'il s'était fixé : rétablir la démocratie | ?!?| et le capitalisme».Et Sorman trouve matière à se réjouir, puisque «la croissance au Chili tourne autour de 6% par an, le chômage est quasiment inconnu, la pauvreté recule».C'est ainsi qu'on justifie le meurtre de 3000 personnes au sujet desquel le texte reste muet.Quelques jours plus tard, Le Devoir publiait dans sa page «Idées» (28-9-93) un texte de Louis Hamelin scandalisé qu'on ait ainsi accordé tant de crédit à un assassin.Il est heureux que Le Devoir ait publié le texte de Hamelin, mais malheureux que la rédaction n'ait pas jugé pertinent d'expliquer son choix éditorial.Peut-être aurait-il été mal venu de critiquer le texte de ce «journaliste français bien connu».FRANCIS DUPU1S DÉR1 INTERNATIONAL Angleterre Margaret Thatcher, ancienne première ministre au cœur de métal, se porte à la tête du mouvement de défense du général Pinochet.Elle a fait imprimer plusieurs milliers de pamphlets pour révéler le vrai visage du général.Un dictateur?Mais non.Un homme modéré, plein de bon jugement, qui ne répondait qu'avec douceur aux nécessités historiques.Pour prendre une juste mesure du jugement de la dame de fer, il faut se rappeler que dans ses mémoires, Thatcher trouvait que Brian Mulroney était un homme dont le conservatisme était suspect de gauchisme.Chili Vous pouvez adresser vos coupures de 5, 10 et 20 $ au Couac.(Voir adresse plus bas) Oui aux coupures! 0 |x Perquisition à Dignidad, une colonie d'anciens nazis soupçonnés d'avoir hébergé un centre de torture au service du régime Pinochet.(AFP 24-01) Margaret Thatcher a déjà une explication: c'était en fait une colonie de vacances dont le gros berger allemand a mordu un jour par erreur une petite main.Le chien a eu depuis une conversation avec Pinochet: il ne recommencera plus et se contente désormais de veiller sur les os du charnier que l'on a découvert derrière les bâtiments.Russie loseph Staline, le charmant petit père des peuples, a un petit-fils, Evgueni Djougachvili, en apparence tout aussi charmant.Le garçon vient de se lancer tête première en politique.Il promet notamment de juger tous «les ennemis du peuple», les banquiers, les dirigeants, les businessmen.(Libération.13-01) Un petit pogrom avec ça?Courrier des lecteurs ]ohn Cleghom, une vedette?«Chaque année depuis cinq ans.l'équipe de L'Actualité' braque les projecteurs sur des hommes et des femmes qui ont marqué la société.» Ainsi, dans sa livraison de janvier, le magazine en question nous apprenait l'identité de nos sept héros québécois de l'année, le fus surpris de constater que l'un de nos soi-disant héros est M.|ohn Cleghom qui, «avec la fusion des banques Royale et de Montréal, |.| a réalisé la plus grosse transaction financière de l'histoire canadienne».Quelle fierté! Dans ces grands moments d'histoire, je suis heureux de savoir que des citoyens de mon pays accomplissent de grandes choses.|.| «lohn Cleghom a une drôle de conception du temps des Fêtes.Alors que la plupart des gens en profitent pour festoyer, lui, le PDG de la Banque Royale, s'est pointé l'an dernier au party de Noël d'un concurrent et lui a proposé ni plus ni moins de l'acheter.Résultat: à peine un mois plus tard, la Banque Royale et la Banque de Montréal, deux rivales d'antan, fusionnaient.C'est comme si Radio-Canada et TVA s'unissaient.|.|» Et voilà qu'un an plus tard, notre homme aux allures de comptables et au visage de gamin fait partie du groupe des sept héros de l'année 1998.Après tout, rien de mieux que la concentration des capitaux en un petit (toujours plus petit) nombre de mains.|.| lean-Philippe Pleau, Sainte-Foy Lettre ouverte à]ean-Daniel Lafond, cinéaste Quelle ne fut pas ma surprise de lire l'entrevue que tu as accordée à Richard Martineau dans l'édition de VOIR du 14 janvier dernier.|.| Te voir profiter de la mort d'un camarade pour mousser ta production cinématographique m'a donné mal au coeur.|.| Te voir endosser la thèse du complot du fédéral pour nier la responsabilité du FLQ et plus particulièrement la responsabilité de Francis Simard dans la mort de Pierre Laporte m'a jeté à terre.Attaquer Francis Simard en niant la véracité de son récit (Pour en finir avec Octobre, chez Stanké) et discréditer le film de Pierre Falardeau (Octobre) en l'accusant lui aussi d'être menteur, je l'ai trouvé assez dégueulasse, merci, l'ai cherché dans les propos de ton entrevue une nouvelle information pour appuyer tes dires: rien.Tu ne faisais que reprendre les propos de Pierre Vallières.|.| Tu ne donnes pas une once de preuve de ce que tu avances.Tu n'en as pas plus que lui.Quand on veut faire oeuvre d'historien, on ne raconte pas des histoires, il faut Le Ccauac 788, av.Laurier Est, Montréal, Québec H2| ICI Téléphone : (514)270-9392 Télécopieur : (514)270-7461 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et lean-François Nadeau Éditeur et rédacteur en chef: lean-François Nadeau Collaborateurs: Sabina Badilescu.Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Pierre de Bellefeuille.Marco de Blois, Geneviève Cardinal, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, Benoit Foisy, Mark Fortier, Philippe Gauthier, Ariane Krol, David Ledoyen, Catherine Pépin, Marion Piekarec, Angelo Rindone, Michel Rioux, Pierre Vadeboncœur, Nadine Vincent, Hélène Visentin, Sylvain White.Photographe : Geneviève Page Illustration : FDD, Serge Ferrand, Filio, Luc Giard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Richard Suicide.Graphisme: France Mercier Avis à Alain Dubuc: Le Couac n'est pas à la recherche d'un éditorialiste.Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: lean-François Nadeau au (514) 270-9392 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec être un peu plus rigoureux.Ce que tu fais, mon cher lean Daniel, c'est de contribuer à la désinformation au sujet d'octobre 1970.Tu es complètement irresponsable.On peut comprendre Martineau qui a un journal à vendre.Mais toi, crois-tu que ta cote va monter si tu crèves l'abcès?|.| Mon cher lean Daniel, tu sais très bien que Vallières n'a rien prouvé du tout au sujet d'Octobre.C'est un ramassis d'hypothèses qui n'ont pas été démontrées.Sur quoi peux-tu t'appuyer pour affirmer que Simard et Falardeau mentent?Francis a passé 11 ans en prison: toi, ça te donne une belle image de passer pour celui qui crève l'abcès.Mais peut-être devrais-tu commencer par crever la bulle de ta prétention.[.] Comme historien, je ne peux pas m'empêcher de te dire que tu devrais réfléchir à ta responsabilité sociale avant de répandre des conneries pour te rendre intéressant et jouer à la vedette.Robert Comeau, Montréal Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure la meilleure façon: Le Couac, 788 avenue Laurier Est, Montréal, H2) IG1.LeCouac@hotmail.com Un bon gars Un lèche-cul de Paris Match (01-99) à Pierrette Lalanne, l'ex de lean-Marie Le Pen: «H vous traitait gentiment quand même.» Réponse de la Madame: «Non, il ne traite personne gentiment.Il a l'air comme ça.mais il n'est pas gentil.» Ah bon.On trouvait pourtant qu'il y avait quelque chose d'attendrissant dans son regard de pitbull mus-solinien.Le petit livre rose de Mao La Chine communiste s'accommode mal des pratiques religieuses.Nous savions par exemple que des moines bouddhistes s'étaient immolés par le feu sur la place publique pour protester contre l'occupation du Tibet par la Chine.Le Vatican nous apprenait récemment que des prêtres catholiques chinois étaient emprisonnés et soumis à des «tortures sexuelles» (Le Devoir, 05-01 ).En effet, et selon les témoignages de prêtres anciennement détenus, le «personnel féminin de la prison (est) constitué de prostituées», «ces filles cherchent à tout prix à avoir un rapport sexuel avec vous, en vous adressant des mots doux, accompagnés de gestes, pour vous faire succomber à la tentation.» Les prêtres devraient s'asperger le sexe d'essence et se le faire flamber sur la place pubique, en guise de protestation.Bruno Mégret fonde le nouveau Front National Zimbabwe Dans un film d'humour de dernière catégorie, cela ferait un peu gros.Comme quoi la fiction se trouve parfois en dessous du réel.L'ancien président du Zimbabwe, Canaan Banana, a été condamné à dix ans de prison pour crimes sexuels.Banana avait sodomisé ses aides de camp masculins, ses gardes du corps (sic), un cuisinier et un jardinier.(AFP, 19-01) On ne sait toujours pas pourquoi ce crétin de Banana avait obtenu le pouvoir, mais on sait désormais où il le mettait.Courriel Pour rejoindre Le Couac par courrier électronique: LeCouac@hotmail.com par Philippe Gauthier & Francis Dupuis-Déri Petit lexique du Québec contemporain Anarchiste n.m.I.Membre d'un groupuscule désorganisé par vocation.2.Individu que la police de Québec désigne lorsqu'elle est incapable de trouver les vrais coupables : l'Assemblée nationale aurait été saccagée par 2 000 anarchistes bien organisés.Éthique n.f.1.Ensemble d'attitudes et de comportements que l'on voudrait bien voir les autres adopter à notre égard.2.(en politique) En passant de l'opposition au gouvernement, les partis passent de l'éthique au pathétique : il y a peut-être déjà eu des politiciens éthiques, mais l'histoire n'a pas retenu leurs noms.3.Code d'éthique, charte pleine de bonnes intentions et qui protège une corporation professionnelle ou un organisme contre les réclamations du public : le code d'éthique des péripatéticiennes est le seul qui permette au client de fourrer un membre de la corporation.Grève n.f.I.Conflit de travail déclenché par les syndicats pour aider les patrons à leur arracher des concessions.2.Grève de la faim, action collective des anorexiques lorsqu'ils obtiennent leur accréditation syndicale.luge n.m.I.Professionnel pas toujours très adroit, ce qui explique sa petite créance auprès de la population : bien payé pour interpréter le code Hapoléon, le juge habite un bon appart.2.Gouvernement par les juges, nous avions trouvé une définition drôle, mais elle a été jugée inconstitutionnelle.3.Être juge et parti, se dit d'un juge qui a des opinions soit trop libérales, soit trop conservatrices.Libre-échange n.m.Accord commercial qui permet tout, d'échanger quatre trente sous pour une piastre américaine.sauf Masturbation n.f.I.Plaisir solitaire très populaire au pays des deux solitudes.2.Masturbation intellectuelle, se dit d'une situation où la lobotomie remplace la circoncision.Mondialisation n.f.Processus économique, réputé naturel et irréversible, par lequel même les Américains deviennent des victimes de l'impérialisme américain.Multiculturalisme n.m.Brouillon de culture : le multiculturalisme permet aux Canadiens d'exprimer leur diversité culturelle en anglais.Néolibéralisme n.m.I.Doctrine économique et politique qui nie farouchement être une doctrine : le néolibéralisme est à l'économie ce que la théorie unifiée est à la physique : elle prétend tout expliquer, de la relativité de la monnaie à la chute des cours.2.Pour les patrons, mot qui signifie " Chacun pour soi et l'État pour nous." 3.Pour !a population, sorte de théorie des quantas: quant à vos salaires et quant à vos avantages sociaux, vous pouvez les oublier.L'arme ultime Tremblement de terre L'OTAN menace une fois de plus d'intervenir au Kosovo.Les Serbes sont morts de rire.Des centaines moulus.de Colombiens PLOGUES Procès SaïAMI! L'Opération SalAMl.ce divertissement plutôt sympathique — avec AMI pour feu l'Accord multilatéral sur l'investissement — qui fit la une de nos quotidiens le 26 mai dernier, vous y êtes?Un beau matin, ils s'étaient pointés au centre-ville de Montréal pour bloquer les entrées de l'Hôtel Sheraton où se tenait la Conférence sur la mondialisation des économies, et puis.«100 arrestations».Et après?tiens, c'est nouveau: on ne nous a pas raconté la suite d'une histoire qui est pourtant loin d'être finie.Pour résumer: I ) les accusés ont plaidé non coupables; 2) leur procès se tiendra du lerau5mars 1999; 3) l'ordre des choses est te! que pour le moment, ce n'est pas la défense qui est subventionnée par la sécurité publique.Or, même si leur avocat est un grand homme qui les aime bien.eh oui, il ne vit pas que d'idéaux et d'eau fraîche.Bref: Pour défrayer les coûts d'un procès auquel nous avons tous droit, on pourra libeller un p'tit chèque au nom de «Canevas, re: SalAMl» et le poster à: Opération SalAMl!, CP.55031, Suce.Fairmount, Montréal, (Québec), H2T 2M8.Info.: (514) 982-6606, poste 2236 et détails de l'affaire dans le prochain Couac.Pas vu Ceux qui ont raté la projection de l'extraordinaire film de Pierre Carie lors de la soirée-anniversaire du Couac peuvent le voir ces jours-ci, à Montréal, au cinéma Parallèle.Pas vu pas pris est un joli coup de poing àlagueuledes médias.Le Parallèle, 3682 boul.St-Laurent, tél.: (514) 843-6001.Pierre Vallières Un fonds Pierre Vallières vient d'être créé à la bibliothèque centrale de l'Université du Québec à Montréal.Le responsable de la collecte des documents aimerait rassembler tout ce qui pourrait permettre à la mémoire de Vallières de se perpétuer: photos, lettres, dédicaces ou tout autre document.Pour information, lacques lourdain au (514) 525-2580 Qui est juif?Les Palestiniens n'ont pas la vie facile en Israël, c'est le moins qu'on puisse dire.Mais il existe également en Israël des luttes entre Juifs eux-mêmes car on ne s'entend pas sur la meilleure réponse à apporter à la question «Qui est juif?» Un débat intéressant.L'État d'Israël a été fondé en 1948 par des politiciens séculiers qui entretenaient une vision large de l'identité juive.Mais les Juifs orthodoxes veulent refuser aux juifs et même à des rabbins non orthodoxes le droit de détenir certains postes officiels.Le débat fait actuellement rage à la Knesset, le parlement.Voulant que les Juifs hors-Israël s'impliquent dans le débat.le New Israel Fund achetait une pleine page du New York Times ( 10-1 ) pour faire la promotion d'une identité juive élargie.Des infos à ce sujet au New Israel Fund (téléphone 202-364-5500/internet: www.nif.org), ou encore à l'ambassade d'Israël au Canada (tel: 416-781 -4322/inter-netnife@yesic.com). Radi O Canada! M.Guy Bouthiilier, comparaissant un soir devant Stéphan Bureau au poste numéro 2 de Radio-Canada, a eu fort à faire pour se justifier de penser que (es exercices stratégiques sur papier de l'armée canadienne à la frontière du Québec n'avaient peut-être pas quelque chose de complètement ingénu.Allons donc! M.locelyn Coulon, du Devoir, qui se trouvait présent, haussait lui aussi impatiemment les épaules devant les propos de M.Bouthiilier.Il assurait que de pareilles simulations se font dans tous les pays, sur cartes, à des frontières quelles qu'elles soient, sans qu'aucun Etat voisin ne s'en formalise.A la frontière du Québec?objectait M.Bouthiilier, et pourquoi du Québec, pourquoi pas de la Colombie Britannique, de la Saskatchewan ou même des Etats-Unis?D'autant que ce n'était pas la première fois.Aux yeux de M.Coulon, cette particularité n'a pas semblé le moins du monde amoindrir le ridicule de l'opinion de M.Bouthiilier, celui-ci aveuglé sans doute par ses lunettes nationalistes et un peu malade probablement.Pendant ce temps, le commissaire Bureau trépignait je vous jure.Pendant que M.Coulon, lui, appliquait à l'affaire son eminent savoir en matière de politique internationale, M.Bureau ôtait littéralement la parole au prévenu, employant ainsi la force pour disposer du récalcitrant.Ce style est plutôt courant à Radio-Canada.Le commissaire Michel Morin, par exemple, avec ses mimiques coupantes, instruit régulièrement le procès d'Hydro-Québec.Or, cet énorme morceau, qui appartient en propre aux Québécois depuis René Lévesque, fait saliver l'engeance financière entière en Amérique.C'est de plus, l'un des bastions de la force économique et de l'identité politique des Québécois.N'est-ce pas?N'est-ce pas.Tout cela et la publicité subliminale à la télévision comme à la radio: l'ordre règne à Radio-Canada.PIERRE VADEBONCŒUR Monumental Guy Chevrette, homme de main de Lévesque devenu marche-pied de Bouchard, trouve qu'Antonio Barrette, ex-premier ministre du Québec, est «le plus grand personnage politique de l'histoire du comté de loliette».Ancien ministre du Travail sous Duplessis, Barrette s'était notamment distingué par ses politiques anti-syndicales.Chevrette contribuera à l'érection d'un monument à ce pilier de la défunte Union nationale (L'Action, 17-01).Quand Chevrette financera enfin un monument pour souligner son retrait de la politique, il prouvera peut-être qu'il n'est pas un con.Barrette sans regret Lors de la réunion de la «Chambre de commerce du Grand loliette» du 11 janvier, c'est l'«historien, écrivain et sportif bien connu» lean-Pierre Sansregret qui a rappelé les faits saillants de la vie «du grand personnage politique» qu'est Antonio Barrette.Sansregret l'a fait sans façon et sans trop de soucis.Guy Chevrette financera de la même manière un monument à Barrette.Barrette sans commentaire «Roch Lasalle, ex-ministre au fédéral, ne se cache pas pour dire qu'il a fortement été influencé par le comportement d'Antonio Barrette face à la population» (L'Action, 17-01) Rupert K, J I I I I II I I I I I.I I I I IT Unique À l'occasion de son bilan annuel, le p.d.g.de Radio-Cadenas, Perrin Beaty, se félicite que la chaîne payée par nos impôts veuille proposer pour bientôt «une seule interprétation de notre histoire» («Tournée d'Amérique», 16-01).La belle affaire! Pour son rapport de l'an prochain, il devrait prendre soin de déposer l'appellation Pravda contrôlée au bureau du premier ministre: ça fait plus propre et moins équivoque.I.F.N.¦.1 ¦ 1 ¦ 1.llllT Nouvelle droite Rodrigue Biron, ancien chef de l'Union nationale passé au PQ, et lean Allaire, ancien libéral passé à l'ADQ, seront au congrès que les réformistes de Manning organisent pour fonder un grand parti de droite pancanadien.Avec un nouveau parti fédéral de droite à Ottawa, les Canadiens auraient donc le choix entre une droite de couleur rouge et une droite de couleur bleue.On n'arrête pas le progrès.Chinoiserie Pierre Bourque, prozac déguisé en maire de Montréal, entreprend une tournée des régions du Québec.Explication de la fleur fanée: «Ça fait longtemps que le maire de Montréal n'est pas allé se promener.» («Montréal ce soir», 12-01) La dernière fois, c'était la semaine dernière en Chine et les autorités ne lui ont même pas laissé le temps de comprendre comment rempoter les dissidents qu'elles mettent en terre.Grande gueule Sylvain Simard, tête de nœud et ancien ministre des Relations internationales: «Les relations internationales, toute ma vie m'y préparait.|.| l'y ai mené une réforme en profondeur et créé des liens qui profitent au Québec.» (Le Droit, 22-01) Par exemple, j'ai fermé des délégations du Québec à l'étranger sans jamais cessé de faire aller ma grande gueule.Couac ça donne?Désormais, il faut s'abonner à l'édition papier du fournaf de Montréal pour accéder à sa version électronique sur Internet.Il faudrait que les fumistes qui torchent des papiers mystificateurs sur les prétendues splendeurs d'Internet nous expliquent ce qu'il y a de révolutionnaire là-dedans.E-M@il Pour joindre Le Couac par courrier électronique: LeCouac@hotmail.com SPVONS PRftTjQ_UE UNE NOUVÉLU toi powÇ o?t\- ams/vns.pRSODS PAR £X£MpL£ LES AûToSUÔ, D'ACCORD, ILS RSSTôJT COMCÊS DAisJS la is)£kSE.ANAlS C'EST NJORAVAL, C'EST TOUJOURS COfKN\& ÇA âOSJlTE LHS POTIERS, ÇA AVAkJCÉ 0I£hI, ils *\êGoc\StiT Jour bt kjjit HT LE SSRVICS D£ Dihig&BM&JT, D'ACCORD, C£RTAIiOS InJCIDôOTS fÂCHBUS SOnJT ARRIVAS, A\AlS, QUI *1S FAIT PAS D'HRR&JR ? i sans ms i Le Couac, février 1999, page 4 Jour du saigneur Le dimanche 17 janvier se tenait à Longueuii le Salon de l'arme.Prix d'entrée: 5$ Pas cher pour magasiner des pistolets, des carabines, des couteaux, etc.Vous avez raté ce merveilleux salon?Rassurez-vous, il y a maintenant dans chaque quartier de jolis postes de police, bien fournis en matériel à tuer.Composer le 9-1-1 pour connaître tes heures de visite.Avocat L'Association du leune Barreau de Montréal a reçu lean-Luc Mon-grain comme invité d'honneur lors de son congrès annuel tenu au Château Bromont.Le tout s'est terminé «par un spectacle de l'humoriste Guy Nantel».(L'Extra! ludiaaire.janvier) Deux humoristes de dernier ordre dans une seule soirée, ça a dû fouetter les sens de ces jeunes avocats si dégourdis.Technoland Nous vivons dans l'ère de la technique, affirmait le philosophe allemand Martin Heidegger.11 semble bien qu'il ait eu raison, si l'on consulte les «unes» du mois de janvier: le bogue de l'an deux mille, les pylônes d'Hydro, le cylindre des Nova-Bus, la toile du stade, les Canadairs vendus à la France.L'actualité n'est plus qu'une gigantesque discussion de boulons et d'écrous.Faudrait songer à déménager le Sénat dans un Future Shop et la Chambre des communes dans un Canadian Tire.Quant à la monarchie?Remplaçons la reine par Monsieur Muffler! Un cadavre dans la bière! Le 23 janvier, sans doute par esprit civique, était organisé au Club Soda de Montréal une soirée en «hommage à Michel Trudeau», le fils de PET mort dans une avalanche.Ça promet pour la mort du père.Pauvre type Ted Turner, grand patron de CNN, actionnaire de Time Warner, un des hommes les plus riches de la planète, a donné quelques poignes de ses dollars pour le Musée national des Indiens d'Amérique.Le salaud: pas un sou à la collecte annuelle de l'évéché de Montréal paraîné par le gros Bérard de la Banque Nationale.?Monet ou les faux jetons du Casino Monet vous donne rendez-vous les dimanches Il ,(25 .»->'« 2 >»•» Après les t-shirts et les calendriers, les publicitaires ont décidé que Monet val lait bien qu'on consomme encore un peu plus de conneries en son honneur.Et en avant donc pour le Casino de Montréal, petite et grosse monnaie en poche! Quand on n'aura plus un rond, on pourra admirer les beaux cadres.Le hockey en une leçon Jocelyn Thibault, ancien gardien bon à rien du Canadien, apprend son travail à Chicago sous la supervision d'un maître des buts, Vladislav Tretiak.Première leçon: «arrêter de réfléchir sur la glace» (La Presse, 20-01).Une chouette idée pour un ancien soviétique du pays des goulags.On s'en fout Le Salon de l'auto de Montréal est annulé.On s'en fout aussi Le Salon de l'auto de Saint-Hyacinthe devient cette année le plus grand événement du genre au Québec.André «Power» Desmarais André Desmarais, M.Power Corp qui donne aux pauvres à Noël, vient de rencontrer l'ancien premier ministre chinois Li Peng.Ce dernier a «informé l'homme d'affaires des développements économiques chinois qui ont eu lieu au cours de la dernières année», rapporte la grosse Presse à Power (22-01).Et les droits de l'homme?Rien de nouveau depuis un an, depuis deux ans, depuis dix ans.C'était donc inutile d'en parler.E-M@il Pour joindre Le Couac par courrier électronique: LeCouac@hotmail.com Eclipse d'étoiles Le \ournal de Montréal du 6 janvier offrait un cahier spécial de 12 pages consacré à l'horoscope de 1999.À l'honneur, les prévisions d'Andrée d'Amours, un dossier sur la numérologie et «l'influence des éclipses sur nos vedettes».Céline pense donc enfin à s'éclipser?Insolite Un site Internet américain qui porte le nom de dumlaws.com (on pourrait traduire en français par loisconnes.com) et qui s'affiche comme «un temple en l'honneur de toutes ces merveilleuses gens qui font nos lois» rapporte certaines lois loufoques de par le monde.Voici quelques exemples: au Kentucky, il faut se laver au moins une fois par année; au Massachusetts, les chauffeurs de taxi en service ne peuvent pas faire l'amour sur le siège avant; au Texas, on ne peut pas tirer sur les bisons à partir du deuxième étage d'un hôtel.Autres choses encore, dans le même genre.À Little Rock, en Arkansas, après 13 heures le dimanche, il est interdit de se promener avec une vache.À Chico, Californie, vous êtes passible d'une amende de 500 dollars si vous faites exploser un dispositif nucléaire.À Pasadena, il est interdit aux secrétaires d'être seules avec leur patron dans une même chambre Dans la très démocratique Californie, une loi affirme que le soleil est garanti à tous.Un avertissement à tous les Québécois qui vont passer l'hiver en Floride: les femmes qui s'endorment sous un séchoir à cheveux risquent de se voir imposer une amende.De même, une amende peut être donnée aux gens qui chantent en costume de bain ou qui font l'amour avec un porc-épic.Le site explore aussi les méandres des lois d'autres pays: en Arabie Saoudite, il est interdit de donner des baisers aux étrangers.En Thaïlande, il faut porter des culottes quand on sort de la maison, et à Tel Aviv, il est interdit de sortir sans chaussettes.En France, la radio doit faire jouer 70% de musique française.En Nouvelle-Ecosse, il est interdit d'arroser sa pelouse lorsqu'il pleut.Pour le Québec, on signale la loi 101, le fait que l'État puisse s'objecter aux noms et prénoms donnés aux enfants, ainsi que la loi prévoyant que la margarine doit être de couleur différente de celle du beurre.ANGELO RINDONE Pour ceux que le discernement n'étouffe pas Les compagnies aériennes américaines envisagent sérieusement de ne plus servir d'arachides en vol parce que certains passagers y sont allergiques.Ce qui libérera ces derniers de la lourde responsabilité de regarder ce qu'ils mangent.Pourquoi d'autres clients affligés de certains ennuis doivent-ils encore porter l'odieux du discernement pour préserver leur santé à bord des avions?Les diabétiques ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour s'assurer qu'ils ne sont pas en train d'engouffrer un dessert et les alcooliques abstinents doivent redoubler de prudence pour ne pas accepter une consommation gratuite.jntreai LE MARDI 12 JANVIER 199» • EDITION INT 18-8888 If SITE WEB DU e«ce ve CHOLis fpous er loi,Tu PêGoupês APEC la SCiE ! ,M£i'rt ?~.Boi4.f^yOMS Si PU &£UX EU que TA MAMAM pÉFi^MNC! Ueconotnie pour tous: 6/12 Monsieur Keynes, prise deux Résumé du chapitre précédent.Il était une fois un Monsieur Keynes qui n'était ni un imbécile ni un salaud.Mais comme rien n'est parfait, il était tout de même un économiste.Pour l'économie classique, pour tous ceux qu'à la suite de Keynes on nomme parfois les Klassiques, le chômage persistant des années 30 devait être compris à partir de la loi de l'offre et de la demande jouant au niveau des acteurs et de l'entreprise.Le problème était donc provisoire et se résorberait dès qu'un nouvel équilibre serait trouvé.La réponse de cette théorie au problème du chômage était donc toute simple: dès que la contraction de l'économie sera suffisante, dès que les salaires seront suffisamment bas, la demande et l'emploi reprendront.Bref, et c'est bien connu, le salaire est le principal frein à l'embauche: plus les salaires seront bas, plus l'embauche augmentera.Rompez.À terme, suivant ce raisonnement, quand il n'y aura plus de salaire, il n'y aura plus de chômage.Et il faut bien admettre que de fait, dans un régime esclavagiste, il n'y a pas de chômage.Des maîtres et des esclaves, certes, mais pas l'ombre du plus petit esclave au chômage.Le génie de Keynes, c'est de déplacer l'analyse en déplaçant la question.En se plaçant sur le terrain de ce qui deviendra la macroéconomie, en pensant le chômage en termes de circuits et de flux, en termes de revenu national, d'épargne et d'investissement (où par définition l'épargne est identique à l'investissement), Keynes va formuler une nouvelle loi (macroéconomique) de l'offre (la capacité nationale de production) et de la demande (la demande globale effective) et permettre de comprendre que le chômage (persistant) n'est pas un état impossible ou simplement provisoire.Ce faisant, il montre aussi qu'il est possible de le contrer.Keynes montre en fait que par le seul jeu du marché tel que conçu par les Klassiques, il est tout à fait possible que la demande effective ne corresponde pas à la capacité de produire.Le chômage qui en résulte est donc dit involontaire.Pour le contrer, un nouvel intervenant est posé, qui est en mesure de soutenir l'investissement et ia consommation.Ce nouvel intervenant, c'est l'État qui peut par exemple s'engager dans des dépenses publiques aux effets multiplicateurs.Cette intervention, précise Keynes, est même «le seul moyen d'éviter une complète destruction des institutions économiques actuelles».En d'autres termes: le Capitalisme, laissé à lui-même, produit du chômage et sa propre mort — le Capital, c'est du travail mort disait d'ailleurs superbement Marx; mais l'État, conclut Keynes, peut et doit intervenir pour conduire intelligemment le marché, et le faire mieux que ne le fait «l'état d'esprit capricieux et déréglé des milieux d'affaire».On mesure l'hérésie, on devine combien les curés de l'économie ont détesté les idées mises de l'avant par Keynes.Ils ont d'ailleurs toujours du mal s'y faire, il disent: Marché (en pensant Dieu), ce mécréant de Keynes dit Institution humaine, mode-lable par et pour les humains; ils disent Fatalité, Keynes répond Politique; ils disent Nature, Keynes répond Morale; ils disent adaptez-vous au Dieu marché, souffrez, épargnez, retenez vos désirs: Keynes dit jouissez.«Plus nous sommes ascètes, plus résolument nous somme économes, plus obstinément nous sommes orthodoxes dans la gestion de nos finances personnelles et publiques et plus aussi nos revenus doivent baisser».L'influence des positions éthiques sur la pensée économique de Keynes (voir chronique précédente) est d'ailleurs manifeste et on a pu avec raison écrire qu'il est probablement le dernier des économistes à avoir conçu l'économie en étroite relation avec un idéal moral de vie bonne.La rupture est également radicale sur le plan de la démocratisation du contrôle de l'économie.Comme l'écrit Linda Me Quaig: «Si les conditions économiques peuvent être contrôlées par les Gouvernements et que les gouvernements sont élus par les peuples, alors l'économie peut être conduite dans l'intérêt non d'une élite minoritaire mais de la majorité».Très vite, ces idées se répandent pourtant, chez une nouvelle génération d'économistes appelés à jouer un rôle dans les Trente Glorieuses (45-75) , ces années où les politiques seront dominées par les idées de Keynes: James Tobin, lohn Kenneth Galbraith, Robert Solow; tant d'autres.Galbraith témoigne: «A partir de 1936, on enseignait toujours l'économie classique à Harvard, le jour, dans les salles de classe.Mais le soir, tout le monde ne parlait que de Keynes et de ses idées».C'est la guerre de 39-45 qui permettra de prouver la validité et la valeur des thèses de Keynes.Si les Maîtres étaient moins bêtes, la démonstration pourrait être moins sanglante.De nos jours, le keynésianisme n'a plus guère bonne presse.Les monétaristes et les Autrichiens sont notamment passés par là et ils feront l'objet des prochaines chroniques.Résultat?Nous voici en plein cœur des Trente Merdeuses où on aborde plus volontiers la question du chômage par le biais de la théorie du capital humain: t'es du capital humain, Coco, et tu ne le savais même pas! Si t'es au chômage, c'est que tu n'as pas assez investi en toi.Gary Becker, prix Nobel, radote ainsi depuis des décennies que ton chômage n'a pas de causes structurelles: il ne dépend que de toi de te rendre conforme aux besoins de l'offre d'emploi.Fin de la récré, mécréants, et tout le monde à genoux devant le Dieu-Marché.T'as pas encore compris qu'il faut payer pour travailler?Les bons esclaves ne chôment jamais.Et remercient le Ciel de la Grâce que leur fait Dieu en leur permettant de bosser.RAYMOND LA SCIENCE m PAM£ ICS f»AV6 Qui OUf des môaaes A t
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.