Le couac, 1 mars 1999, mars
Les nouvelles conditions gagnantes: à droite sur le feu rouge et un pylône dans votre cour Grand Fanal Le maire Bourque a enfin un titre honorifique à sa mesure.De passage à Chicoutimi lors du Carnaval Souvenir, le Géranium voyageur s'est vu décerner la prestigieuse distinction de membre de l'Ordre du Fanal (La Presse, 13-02).Le Couac profite de l'occasion pour faire de Monsieur Bourque sa Grande Torche du mois.Toutes nos félicitations.Pettigrew écrit un essai Le gai savoir Pierre S.Pettigrew a tout pour lui.Fringant jet setter, il a été chef de cabinet de Claude Ryan, adjoint de Pierre Elliott Trudeau et vice-président de Samson Belair Deloitte et Touche International.Ses efforts pour se faire bien voir lui ont porté fruit quand, début 1996, auréolé de sa réputation de colibri de prestige butinant de cocktails en banquets, il joint le gouvernement Chrétien en même temps que Stéphane Dion.Après la Coopération internationale et la Francophonie, il est passé aux Ressources humaines, ayant la tâche de donner belle allure à la réforme de l'assurance-chômage.Plusieurs le voient comme l'un des éléments progressistes de l'équipe Chrétien.La voix de ce Teletubbie d'âge mûr est douce et sucrée comme un biscuit Oreo trempé dans le lait.Certaines mémères le trouvent même assez bel homme Quand Pierre S.Pettigrew fréquentait les riches et célèbres du monde de la finance, la beauté de son apparence n'avait d'égale que l'épaisseur de son curriculum vitae.Pourtant, il lui manquait quelque chose, ce détail qui marque la carrière des grands hommes.Terrassé de tristesse par ce vide, il traînait son désespoir comme un boulet dans tous les Hilton de la Terre.Il ne gémissait plus de plaisir quand les plus fortunés de la planète lui mettaient la main au cul.Aussi bien en finir, se disait-il.Soudain, il eut une idée: pourquoi pas un essai?Mais oui! Un bel essai, philosophique et tout, un truc érudit avec des citations partout, du genre à faire cancaner la vieille bitch de Kristeva chez Pivot.Il se sentit ragaillardi comme jamais.Tout en fredonnant des airs guillerets comme Dancing Queen et I Will Survive, il fit un saut chez son coiffeur avant de se mettre à la recherche d'un rédacteur qui pourrait torcher pour lui un essai sur l'humanisme à l'heure de la mondialisation, locelyn Coulon, journaliste au Devoir, lui suggéra lean-François Nadeau, aujourd'hui rédacteur en chef du Couac.Nadeau reçut un appel de Pettigrew qui lui demanda avec empressement s'il accepterait de rédiger pour lui son beau livre.Nadeau refusa.Pettigrew insista.Nadeau refusa.Fin de l'anecdote.Les politiciens, continuellement débordés, écrivent rarement leurs discours.Que Pettigrew ne les écrive pas n'a rien de scandaleux, cela fait partie de son métier.Mais qu'il ait à l'époque confondu ses pratiques de futur politicien à celles de ses prétentions d'écrivain, voilà qui est différent.Car Pour une politique de la confiance, le livre auquel il tenait tant quatre ans auparavant, arrive enfin sur les tablettes.Coïncidence étonnante.On s'interroge.Mais remarquez qu'on ne fait que s'interroger.Dans sa publicité, Boréal présente Pour une politique de la confiance comme la «réflexion d'un intellectuel engagé» (engagé par qui?).Pettigrew y prouve sa maîtrise de l'art du livre puisque toutes les pages, sans exception, sont reliées.Rigoureux, donc.Mais en ce qui concerne les mots qui y sont écrits, alors là, ça se corse.Car, sous son vernis culturel, Pour une politique de la confiance fait commodément la promotion de l'administration Chrétien et de l'unité canadienne.Le vadrouilleur planétaire est ou bien naïf ou bien malhonnête.Ainsi, en conclusion à une comparaison entre capitalisme industriel et financier, Pettigrew pond cette phrase mémorable: «C'est la raison pour laquelle, somme toute, il vaut ?Voir page 2: PETTIGREW Vol.2 • no 6 Mars 1999 1,99 $ Cooi\o CO0t\ç, Inceste à la PdA et faux-cul au Devoir Pour mousser les spectacles qu'elle présente, la «direction des Communications et du Marketing de la Place des Arts» de Montréal distribue, six fois par année, Le Magazine de la Place des Arts.Ce magazine, tout en couleurs, est distribué gratuitement à l'entrée de chacun des spectacles et lors des différentes opérations de promotion.Tirage moyen: 200 000 exemplaires.Dans chaque numéro du Magazine, on mousse les spectacles à venir.Pour ce faire, la direction engage entre autres des rédacteurs pigistes ou des «journalistes» pour présenter sous un jour favorable les spectacles.Certains de ces rédacteurs se présentent même comme des «journalistes indépendants».Indépendants?Difficile de voir en quoi.Imagine-t-on en effet la direction du Magazine laisser paraître un reportage destructeur d'un spectacle à venir?Bien sûr que non.Le Magazine veut vendre, pas critiquer.Ici, l'indépendance du jugement n'a pour ainsi dire aucun droit de cité.Alors, pourquoi engager des «journalistes»?Pour la promotion, l'étiquette de «journaliste», c'est toujours pratique et de bon goût.Cela donne l'illusion de l'objectivité.Le public, bonne poire, n'y voit souvent que du feu.Enfin, les publicitaires aiment à le croire.À un texte de promotion, ajoutez la signature d'un journaliste dûment identifié et le tour est joué! C'est la recette éprouvée du publire-portage.Marketing un jour, marketing toujours Le spectacle de cette collaboration incestueuse entre le Magazine et quelques «journalistes» dépasse parfois franchement les bornes.Mais qui se soucie du supposé code d'éthique de la profession?Dans le numéro de janvier-février du Magazine, Sylvain Cormier, critique des variétés au Devoir, signe la présentation de «Butterfly», le nouveau spectacle de Marie-Claire Séguin.Il propose à lire ce que le lieu lui commande d'écrire: de la réclame aguicheuse Lisez plutôt: «Ce qu'il y a de plus admirable chez Marie-Claire Séguin, outre la voix, ce magnifique timbre de terre et de lumière dont personne ne se lasse, c'est la force de ses convictions.Sa résolution.Toujours, elle poursuit son chemin.Mieux, elle le défriche.» Vous voyez déjà la suite.Des bravos, des paillettes, de l'or, du génie, du strass, du merveilleux.L'extase quoi.Peut-être est-ce vrai, après tout.Nous n'avons pas vu le spectacle.Et peu nous importe d'en juger car Cormier est-il journaliste au Magazine et publiciste au Devoir ?Est-ce l'inverse?Ce n'est pas clair du tout.là n'est pas la question.L'essentiel est plutôt de considérer ceci: le papier du «journaliste» a pour objectif de faire vendre, comme le souhaite la direction de la Place des Arts.Cormier est-il journaliste au Magazine et publiciste au Devoir?Est-ce l'inverse?Ce n'est pas clair du tout.Dans son édition du 5 février, Le Devoir publie une entrevue avec Marie-Claire Séguin au sujet de son spectacle.Les représentations débutent quatre jours plus tard.Cette entrevue est signée.Sylvain Cormier.Le bon critique, sans dire un mot de la campagne de promotion à laquelle il s'est déjà prêté pour ce spectacle, laisse même entendre qu'il le découvre presque: «l'attrape des bribes au passage, le comprends qu'il s'agit d'un spectacle pas évident, où le sort historiquement prescrit de romans, de ballets, d'opéras, est remis en question.» Quoi, Cormier?Vous ne l'aviez pas déjà vu ce spectacle quand, deux mois plus tôt, vous en vantiez les mérites?Enfin, un peu de sérieux, mon cher.Entre les lignes, on comprend tout de même qu'avec la chanteuse, Cormier se trouve en pays de connaissance: il l'appelle tout simplement «Marie-Claire».À la fin de l'entrevue, elle a peut-être dit: «Merci, Sylvain, je te téléphone pour la pub de mon prochain spectacle.» L'histoire ne le dit pas.Dommage, l'article aurait été encore plus drôle à lire.Le 12 février, une critique du spectacle paraît dans Le Devoir sous le titre de «Marie-Claire Séguin, ou l'exigence admirable».Devinez qui la signe?Sylvain Cormier, lui-même! «Comme tout le monde», écrit-il, notre bon critique a goûté «les notes magnifiquement pures de Marie-Claire».Il a constaté en outre «sa capacité étonnante à émouvoir et faire rire l'instant d'après».Mais alors là, d'un coup, imaginez qu'il s'est senti un brin embêté, le bon critique.C'est en tout cas ce qu'il affirme.Il semble avoir eu comme un petit remords, le pauvre.Pas grand chose, mais tout de même.Il s'est senti, selon ses mots, «embêté», «gêné, même».Il n'était «pas fier».Mais de quoi?Le spectacle ne lui plaisait pas trop, mais il lui pesait manifestement de l'écrire en toutes lettres.Alors, il est «sorti de la PdA comme on échappe à un piège».La belle affaire! Allons, allons, brave Cormier! Qu'y a-t-il là à rougir?Après tout, le spectacle était commandité en partie par Le Devoir, comme en font foi entre autres les publicités parues dans les pages du quotidien et les affiches qui couvrent les palissades de la ville.Quand tout le monde couche ainsi ensemble, il n'y a pas à rougir de se montrer nu devant les lecteurs.D'ailleurs, vous le savez bien, la pudeur, c'est tout à fait dépassé.jean-françois nadeau PAS (TROP) DE NOIRS CHEZ IKEA Vous croiserez peut-être des noirs portant des tablettes chez IKEA, mais pas au comptoir de service à la clientèle, rapporte le quotidien italien La Reppublica (29-01).Des syndicalistes français soupçonnaient depuis plusieurs mois l'entreprise suédoise de pratiquer de la discrimination raciale dans l'embauche de ses employés.Preuve en main, ils ont désormais l'intention de dénoncer la direction de l'entreprise suédoise à la suite de la découverte d'une note interne qui recommande de ne pas embaucher de noirs pour certaines fonctions spécifiques.La note précise entre autres que l'on ne devrait pas engager un noir Eour vérifier si un consommateur a ien reçu son catalogue IKEA à la maison.«C'est triste, mais le monde ouvre moins rapidement la porte à des personnes de couleur.Et il faut travailler vite», mentionne, noir sur blanc, ladite note.La direction de IKEA-Saint-Priest (Paris) ne nie pas l'existence de cette directive.Elle ajoute cependant que cette pratique est inacceptable et contraire à sa politique d'embauché.Difficile de mettre ces belles paroles en doute.IKEA fait vraiment tout son possible pour véhiculer une image d'ouverture à toutes les cultures.Depuis quelques semaines, une publicité télévisée présente des asiatiques et des noirs faisant leurs emplettes chez le détaillant de meubles prêts à assembler.L'entreprise diffuse également des publicités mettant en scène des gais.et embauche sans discrimination des enfants de toutes les nationalités pour la fabrication de sa marchandise.(A R.) Travailleuses du sexe Étoiles filées Il y a eu du bruit, des feux d'artifices et d'émouvants éloges autour de la mort de Lili St.Cyr, à la fin de janvier dernier.Lili l'effeuilleuse québécoise pure laine, pourtant américaine.Lili l'étoile de l'après Deuxième Guerre, la star de la nuit montréalaise.À cette occasion, on a pu entendre des témoignages de respectables vieux monsieurs, encore tout émoustillés par leur première bandaison.On a pu s'étonner de leur immense déférence vis-à-vis de cette grande dame, qui pratiquait le déshabillage.mais avec «quel art.quel séduction!».Et on s'est mis à penser : «Ah.Si toutes les femmes, putes, danseuses, escortes, strip-teaseuses d'aujourd'hui pouvaient bénéficier du même respect».Mais ça n'est pas le cas.Allez le demander aux danseuses qui se font insulter.Allez le demander aux prostituées qui se font voler, violer.Aller le demander aux filles du Red Light qui se font constamment harceler par les policiers.De ce constat, il a bien fallu faire quelque chose.Ce quelque chose fut une association.Le 1er mai 1995, elle est née.Du nom scintillant de « Stella », elle a été baptisée.«Stella est né d'une préoccupation du gouvernement concernant la santé publique», raconte Claire Thiboutot, coor-donnatrice de l'association.«C'était une manière de prévenir le sida et la violence, de faciliter l'accès aux services sociaux et de santé pour les personnes marginalisées» De fait, Stella vit encore en partie de subventions de Santé Canada et de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre.«Le gouvernement était inquiet», explique Claire, «c'était une véritable épidémie de sida qu'il craignait».À demi-mot, pourtant, Claire dira: «c'est un peu un préjugé que l'on a que les travailleuses du sexe soient les principales vectrices de MTS.Ça fait bien longtemps qu'elles utilisent le condom comme instrument de travail».Avant tout un travail Car «le travail du sexe», c'est avant tout un «travail», d'insister Claire.Ce n'est donc pas par «rectitude politique» mais par souci de faire comprendre qu'elle-même, ancienne danseuse, n'emploie que l'expression «travailleuse du sexe».Sous cette étiquette professionnelle sont regroupées les prostituées, les escortes, les masseuses erotiques et les danseuses nues.C'est donc aux femmes, mais aussi aux «personnes s'identifiant comme femmes» comme les transsexuels ou les travestis exerçant ces professions que Stella s'adresse, offrant accueil, écoute, soutien, matériel (condom, seringues), etc.Stella offre aussi un service intéressant: la liste des mauvais clients, mise à jour chaque mois.«Ce besoin est né à cause de dizaines d'années de harcèlement policier qui a fait que les filles ont dû s'éparpiller dans Montréal.Avant, elles étaient proches, se voyaient, se parlaient.Maintenant, pour pouvoir les informer, il faut diffuser une liste», déplore Claire.Elle s'empresse néanmoins de préciser: «Des bons clients, ça existe.Ce sont ceux qui comprennent que la travailleuse du sexe vend un service, et respectent le contrat.» Harcèlement policier Mais comme il y a de bons et de mauvais clients, il y a de bons et de mauvais flics.Pour identifier ces derniers, Stella a mis sur place une autre fiche: celle des mauvais policiers.Car le harcèlement policier semble de pire en pire.En décembre, une pétition a circulé dans le Red Light pour soi-disant «revitaliser» le quartier.«Beaucoup de commerçants ont signé», raconte Claire, «c'est normal.Qui ne veut pas revitaliser son quartier?» Ce qu'ils ne savaient pas tous, c'est qu'ils signaient en fait pour éjecter les prostituées du lieu.Quant à la pétition, «elle n'a même pas été déposée à la Ville de Montréal», s'insurge Claire, «c'est nous qui l'en avons informée».La pétition s'en est allée tout droit.au poste de police du quartier.Résultat, les policiers sont partout.Les prostituées sont filées.À chaque «faux pas», elle reçoivent une amende.Et hop, 135 $ pour avoir marché en bas du trottoir.Et tiens, 135 $ pour avoir négligé d'attacher ta ceinture dans un taxi.Et hop que je mette mon doigt dans ton café pour voir s'il est froid.que je puisse t'arrêter pour avoir «flâné».«Les policiers cherchent de fausses raisons pour arrêter les travailleuses du sexe car c'est beaucoup plus facile de pour suivre à la suite d'un simple constat d'infraction au code de la sécurité routière que d'avoir à poursuivre au criminel, où ils sont obliger de fournir des preuves», explique Claire.Le but des policiers zélés: décourager la prostitution qui se voit.Mais l'effet réel n'est pas vraiment celui escompté.Au contraire, les travailleuses du sexe ont tendance à mieux s'organiser.Ainsi, Stella et la Coalition pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexes sont en train d'accumuler les photocopies de ces contraventions afin de les contester tous ensemble.Une avocate travaille actuellement sur le dossier bénévolement.«C'est juste de l'hypocrisie», dénonce Claire, «car la police continue à ignorer la prostitution cachée ».Les flics disent aux putes : «Allez-vous en chez vous, on ne vous écœurera pas ! Et c'est vrai: ils laissent travailler en paix les agences d'escortes par exemple.» Derrière ces actions, un rêve : celui de décriminaliser le travail du sexe.«On ne veut pas qu'il soit réglementé, mais bien decriminalise.Qu'il puisse s'organiser comme n'importe quelle entreprise, soumise aux lois du commerce, aux normes du travail, etc.».«Le travail d'une vie», convient Claire Thiboutot: «je ne sais pas si je verrai ça un jour.» D'où vient Claire ?«Je n'ai pas l'intention de parler de moi», répond-elle fermement.Des défenses en béton armée.O.K.Respectons.Finalement, de manière expéditive, elle dira que comme toutes les autres membres de Stella, elle est une ex-travailleuse du sexe; qu'elle dansait pour payer ses études — «c'est toujours pour l'argent qu'on fait ça » —; qu'elle a arrêté de danser en 1995 parce qu'a 30 ans, elle avait «envie de passer à autre chose»; qu'elle a commencé à s'investir dans Stella, «son bébé» et qu'elle aurait pu finir sa maîtrise en sexologie si le poste de coordonnatrice de Stella ne lui avait pas été offert l'été dernier.Et de raconter comment elle en est venue à baptiser l'association «Stella».«le me suis inspirée d'une lecture que j'avais faite pour ma maîtrise sur les travailleuses du sexe.|e suis tombée sur l'histoire de Maimie, une ouvrière et prostituée américaine venue à Montréal pendant la Première Guerre mondiale.Celle-ci, grâce aux dons de bienfaiteurs, avait ouvert une maison pour accueillir les «errant girls», les filles de la rue.Dans sa correspondance, Maimie parlait souvent d'une fille belle et intelligente qui s'appelait Stella.C'est en son honneur qu'on utilise son nom aujourd'hui.» MARION PIEKAREC ?Voir autre texte en page 2: CONSTELLATION Le Couac, mars 1999, page 2 Affaire d'Etat Quelle affaire! Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures pour découvrir la véritable raison expliquant l'absence du premier ministre lean Chrétien à Amman, où se tenaient les funérailles du roi Hussein.Oubliez les explications tirées du décalage horaire.Le «plusse beau pays du monde», pour reprendre une expression chère à ce brave Chrétien, est bien de ce monde et de ce fait, n'est pas en dehors de la galaxie.Et même si le Canada apparaît reculé à plusieurs égards, ni la Cour suprême, ni les nuits des longs couteaux, ni même Guy Bertrand n'ont le pouvoir de déterminer que les fuseaux horaires varient selon que le premier ministre est à ski ou à cheval.Oubliez aussi les explications amenées à la barre pour tirer des larmes aux coeurs sensibles, que son mentor Trudeau appelait d'ailleurs des bleeding hearts.M Chrétien se serait, l'espace d'une fin de semaine, échappé de sa rude tâche de gouverner pour faire des guilli-guilli à ses petits enfants.Ses propres explications ont démoli l'argument.Si en effet il a su s'arracher des douceurs océanes des Barbades pour aller, selon ses propres dires, «chez les Esquimaux dans le Nouveau-Québec», il apparaît au simple mortel moins difficile et contraignant de quitter les montagnes de neige et de glace pour aller en lordanie.On a beau aimer les montagnes Rocheuses et affirmer à chaque référendum qu'on ne veut pas les perdre, il y a tout de même une limite! Oubliez aussi les supposées erreurs de calcul du général en chef de l'armée canadienne.Avec la précision qu'on connaît à cette armée -rappelons-nous les listes de terroristes arrêtés en Octobre —, il ne viendrait à l'idée de personne de lui confier la responsabilité de dresser un itinéraire et d'en établir l'horaire Nous ne retiendrons de l'incident que la performance du général Baril qui, avec ce même courage farouche qui l'avait distingué au Rwanda, a offert vaillamment sa poitrine pour protéger le premier ministre du feu croisé de l'opposition.Une anecdote, par contre, est éclairante et vient donner du poids à l'explication que nous fournirons tout à l'heure.Le chef virtuel de cette monarchie constitutionnelle qui nous régit, ce cher gouverneur-général Roméo Leblanc, voulant visiblement avoir la paix durant la fin de semaine qui venait, a fait parvenir au gouvernement jordanien et à la famille royale un télégramme de condoléances.Léger hic.cependant.Le télégramme précédait la chose de 48 heures.Digne émule de La Palice — Un quart d'heure avant sa mort/ Il était encore en vie —, le représentant de la Reine faisait, par l'absurde, la démonstration du niveau dans lequel on tient l'État dans ce pays canadien L'État?lustement.Il n'y a qu'une seule raison pour expliquer l'absence de lean Chrétien à Amman.Il n'y avait là que des chefs d'État.MICHEL RIOUX PETT1GREW (suite) mieux être exploité qu'être exclu».Le pire, c'est qu'il écrit ça avec aplomb, sans ironie.Plus loin: «Si nous ne sommes plus définis par notre situation sociale et historique, tant mieux.[.] nous serons postmodernes.» Voilà, le mot magique est lancé, la pensée de Pettigrew est postmoderne.Mais d'embrasser à bouche que veux-tu le concept de postmodernité permet habituellement aux écervelés d'avancer n'importe quoi pour vendre leur salade.Ainsi, dans les derniers chapitres, on ne se surprend pas d'entendre le gai rossignol des rouges siffler la sempiternelle ritournelle fédéraliste sur le repli sur soi des indépendantistes et l'obscurantisme du PQ, alors qu'en revanche, le fédéralisme «vise la prospérité, la création de la richesse et l'ouverture sur la concurrence.» Et quand Laurent Beaudoin, Marcel Dutil et Guy Saint-Pierre «déclarent qu'ils ont besoin du pays canadien pour assurer la survie et la croissance de leurs entreprises, ils parlent notamment des conditions qui permettent l'épanouissement d'une mentalité concurrentielle.|.| Car la mentalité inverse — celle du repli sur soi [.] — est dépassée par les réalités économiques actuelles et n'a guère sa place [.| dans l'univers des marchés mondiaux.» Postmodernité mon cul.Qu'il ait été écrit ou non par Pettigrew, Pour une politique de la confiance est un ouvrage ridicule.Pas parce qu'il défend le fédéralisme, mais la stratégie du Parti Libéral avec un vocabulaire précieux que lean Chrétien est incapable de comprendre.Même mon traitement de texte est d'accord avec moi.Son correcteur orthographique, qui ne reconnaît pas le mot «Pettigrew», me suggère en remplacement «petitesse».11 a de l'humour, mon traitement de texte.MARCO DE BLOIS Dhoto du mois Manif des Orphelins de Duplessis à Montréal, le 18 février.Le sort de ces hommes et de ces femmes?Les braves religieuses n'y sont pour rien, tonne le cardinal Turcotte.Ce serait plutôt de la faute du gouvernement: «Le gouvernement a peut-être eu tort de tolérer un système archaïque où on confiait à des communauté religieuses des responsabilités relevant de l'Etat.» (PC, 20-02) Du grand chef d'un système archaïque, aurait-on pu s'attendre à mieux?Courrier des lecteurs Bill Gates au Couac |.| le vous écris parce que j'ai été très surprise de voir que votre nouvelle adresse de courriel se trouve à l'enseigne de la compagnie Hotmail.|e me demandais si vous saviez que Hotmail a été acheté il y a quelques mois par Microsoft de Bill Gates, le géant du capitalisme multinational.le voulais vous signaler qu'il existe une compagnie québécoise qui offre exactement le même service gratuit de courriel que Microsoft, le trouvais bizarre que vous ayez choisi d'appuyer une compagnie américaine plutôt que québécoise, et je pensais donc que vous ne connaissiez peut-être pas cette compagnie québécoise II s'agit de MonCourrier.com le ne sais pas qui sont ses dirigeants, ce sera à vérifier, mais elle me semble quand même un meilleur choix que Microsoft.|.| lennifer Moules Nouvelle-Ecosse N.D.L.R.Vous avez sans doute tout à fait raison.Si, si.Nos excuses.L'usage de cette adresse était cependant temporaire.À compter de ce numéro, Le Couac offre à ses lecteurs son propre site Internet Ce site présentera des nouvelles du journal, des extraits de films, des documents.Vous pouvez aussi y laisser vos commentaires.Notre nouvelle adresse sera, d'ici quelques semaines: www lecouac.net Ma souche me tue On ne veut plus entendre dire «de souche».C'est pas «rectitude poli- tique», l'ai fini par comprendre.Alors je me change, le me transforme.En autre chose.)e cherche, le dois oublier ma souche.Ma souche me tue.Nous sommes en un climat multiculturel.Tout le Québec se doit à la conformité discriminatoire positive.Oubliez votre maudite ceinture fléchée.Ne faites plus «bas de laine et tuque».«Avez pas honte, tas d'abrutis nationalistes?» La francophobie doit régner partout, c'est le centre-ville de Montréal, ses exotiques ghettos qui doivent triompher de Gaspé à Hull.Compris?Si vous tenez à paraître francophone, au moins, mettez-vous la bouche en cul de poule.Adoptez un accent, n'importe lequel, espagnol, juif, grec, italien.Compris?L'accent «en-glish» est à la mode.Il s'agit de me renier.Facile, non?|e vais même déménager.Dans Côte-des-Neiges.Non, mieux, dans Côte Saint-Luc, tiens.Ma souche me tue! l'ai bien de la peine d'être né Canadien français catholique.Une Honte.En ces temps de reniement des racines, c'est un grave handicap d'avoir des ancêtres à partir de 1715.Ma souche me tue.Se déguiser et se renier: un must.|y arriverai a gommer l'enracinement au pays, cette bêtise.|e veux profiter de ce paternalisme à ghettos.Trudeau, l'inventeur de l'«équarrissage pour tous» (salut Boris Vian) est notre père spirituel à la maison chinoise du Egg Roll.Il y a urgence, péril en la demeure.D'où me vient cette peur panique?D'un |ean-Louis Roux qui appréhende le fascisme des Québécois patriotes.D'un René-Daniel Dubois constatant notre totalitarisme éhonté, notre nazisme effronté.Vite, me distancier des intolérants que nous sommes tous collectivement.Abolissez cette niaise fierté d'être des Français d'Amérique, une infamie de nos jours.Vient d'abord la honte.Puis le goût de fuir les siens.Un peuple de crypto-mussoliniens.Le chanoine Lionel est un monstre, n'est-ce pas?Nos personnages historiques?Tous des crapules, des voleurs, des imposteurs.De Dollard des Ormeaux à Madeleine de Verchères.Abandonnez vite le passé fini et indéfini.Sire Conrad Black l'affirme dans son autobiographie: nous sommes des jaloux maniaques, des envieux pathétiques et des racistes.Lisez cela chez Québec-Amérique.Lisez le dernier |ohn Saul: il y a le mauvais nationalisme et c'est celui de 60% des Québécois, lisez bien.Le bon nationalisme, le patriotisme dit positif, c'est le lien nordique, l'histoire via la météo selon Saint-lohn.[.] Bon pour la poubelle, notre histoire du Québec.Un tissu de singeries.Il n'y a que les jumeaux Baldwin et Lafontaine, MacDonald et Cartier.Et Laurier, selon Saul! [.] Surtout ne grattez pas nos statues, vous y trouveriez des bandits, des fourbes, des lascars.Ma souche me tue, vous dis-je.Installons des musées pour les arrivants nouveaux.Ils avaient raison nos pourfendeurs de notre misérable nationalisme dégradant, vive le nouveau nationalisme, la belle machine de l'assimilation.Que les assimilés et aspirants-assimilés se réjouissent, je ne résisterai plus.Quoi, on ne meurt pas de se renier.Au contraire, au pays fédéralisant c'est un avantage.|.| le chante, après ceux de l'Ontario, de l'Alberta, du Manitoba, des Maritimes, je chante: c'est à mon tour de m'assimiler.En chœur les pleutres de ma sorte: C'est à votre tour, chers Québécois de souche.Claude lasmin, Outremont Un beau programme Bon travail.l'apprécie vos efforts pour donner des articles valables et pour tirer à boulets rouges sur La Presse.Alex Montréal Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts, M.Jasmin.Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure la meilleure façon: Le Couac, 788 avenue Laurier Est, Montréal, H2| ICI.Visitez notre nouveau site: www.lecouac.net Le C&uac 788, av.Laurier Est, Montréal, Québec H2| ICI Téléphone : (514)270-9392 Télécopieur : (514)270-7461 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et |ean-François Nadeau Éditeur et rédacteur en chef: lean-François Nadeau Collaborateurs: Sabina Badilescu.Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, Marco de Blois, Geneviève Cardinal, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, Benoit Foisy, Mark Fortier.Philippe Gauthier.Ariane Krol, David Ledoyen, Christine Noël, François Patenaude, Catherine Pépin.Marion Piekarec, Vincent Quesnel.Angelo Rindone, Michel Rioux, Pierre Vadeboncceur, Nadine Vincent, Hélène Visentin.Photographe: Valérie Remise Illustration : Serge Ferrand.Filio.Luc Giard, Bruno Laporte.Gilles Laporte, Richard Suicide Graphisme: France Mercier Visiter notre site Web qui ne comporte aucune photo de Roger D.Landry tout nu: www lecouac.net Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: lean-François Nadeau au (514) 270-9392 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Les Expos aux USA?Il n'y a, paraît-il, rien de pire au monde pour un père que de perdre un fils.Si les Expos sont vendus aux Américains, il nous faut alors souhaiter — dans un esprit de charité chrétienne — que Rodger «Di magnificent* Landry, père biologique de Youppi, trépasse quelques jours avant que la tête de son rejeton ne se retrouve accrochée au mur de Claude Brochu.par Philippe Gauthier & Francis Dupuis-Déri Petit lexique du Québec contemporain Frappées par le bogue de fan 1999, nos définitions du mois précédent comprenaient bon nombre de définitions qui avaient déjà été publiées auparavant dont, celle du mot «.éthique».Avouant que ce n'était pas très éthique, nous nous en excusons.Entarteur n.m.Au mieux, personne qui s'engage en politique à 35%; au pire, militant qui croit qu'un succédané en bouteille peut changer le monde: La devise des entarteurs est: « I have a dream! whip.» Partenariat n.m.Entente entre deux organismes indifférents l'un à l'autre qui s'associent pour écrire des communiqués et redorer leur image.Parti n.m.I.Regroupement de gens qui croient que leur cause vaut au moins cinq dollars par année.2.Ligne de parti, en politique, synonyme de ligne de vie.3.Chef de parti, celui qui a parti pris.4.Parti québécois, parti d'une certaine gauche centriste de droite, qui se réunit pour s'entredéchirer à propos de l'indépendance-association.5.Parti libéral du Québec, le PLQ est identique au PQ, à l'exception de son L fédéraliste.6.Parti libéral du Canada, parti unique qui maintient le Canada uni grâce à une opposition désunie.7.Parti conservateur du Canada, parti qui a perdu sa raison d'être quand tous les autres partis sont devenus de droite.8.Parti réformiste, syndicat de cowboys qui fait son numéro de rodéo dans l'arène politique.9.Parti Égalité, parti qui prône la partition-association.10.Nouveau parti démocratique, l'opposition superficielle aux positions officielles.11.Parti vert, parti qui ne sera pas élu parce que les bulletins de vote ne sont pas imprimés sur papier recyclé.12.Parti de la loi naturelle, groupe qui veut élever le débat, mais les autres partis l'évitent : avec le Parti de la loi naturelle, les sanscrits restent, mais les militants s'envolent.13.Parti marxiste-léniniste du Canada, parti qui affirme que le système parlementaire est contrôlé par les partis bourgeois et qui le prouve par sa marginalité.14.Parti pour la gloire, résultat de l'action de tous ces partis.Partition n.f.Interprétation montréalaise du concerto pour nettoyage ethnique en sol mineur.Patin n.m.1.Patin à glace, sport qui a habitué les Québécois à se tenir sur le fil de la lame dès qu'ils se sentent en terrain glissant.2.Patin à roues alignées, bicyclette sans pédales à laquelle il manque le cadre.Pauvre n.m.Personne vivant sous le seuil de la pauvreté, utilement défini comme le revenu sous lequel on est pauvre et vice versa : on est riche jusqu'à pauvre du contraire.Religion: Bienheureux les pauvres, le Royaume des Gueux est à eux.Pauvreté n.f.La mauvaise conscience des munis: la pauvreté, c'est le commerce des indigences.Philosophe n.m.Spécialiste des mots en nisthme qui vit seul sur son île: le philosophe est celui qui pense qu'il n'a rien d'autre à faire.Prostituée n.f.Aguichée automatique pour étalon haut Constellation Constellation, c'est le magazine de Stella, «l'assemblée des étoiles, des belles de nuits».Imprimé, ou plutôt photocopié depuis 1996, le magazine n'a cessé de s'améliorer.Le dernier numéro a une belle couverture cartonnée.Rédigé en français et en anglais, il contient des numéros d'urgence, des infos d'ordre juridique, vestimentaire ou culinaire, des témoignages de travailleuses du sexe, parfois très drôles, comme celui de Sayann qui conseille la job de téléphoniste erotique aux femmes malades, enceintes ou qui ne peuvent pas se déplacer, ou alors aux hommes qui ont un talent d'acteur: «|e travaillais avec un homme noir assez gros qui faisait le même travail que moi et se faisait passer pour une femme (plusieurs femmes en fait; il avait plusieurs personnages).C'était un des plus populaires.Imaginez: un mec à l'autre bout du fil se masturbe en pensant qu'il parle avec une belle rousse alors qu'en fait il jase avec un gros Noir ! " Mais il y a aussi des témoignages émouvants, crus, des poèmes, des reproductions de tableaux faisant écho à la brutalité des mots.C'est enfin la voix, le cri ou le rire de la pute elle-même qu'on entend, et non ce qu'on a pu entendre à son sujet, souvent déformé.M.P.Les chômeurs se font sonner! Feuillet publicitaire distribué avec les chèques d'assurance chômage le mois passé.À l'occasion de la «Foire de l'emploi des centre d'appels», Bell recherche des téléphonistes pour son centre d'appel.Ah! la «raison» économique! 1^1 01 raaaourcaa humain»» Canada Human Riaourcta Development Canada Canada La foire de l'emploi des centres d'appels V**U0fmmt iFFLlSiOKl PES AiLieuRS.N/ous aurez PRoiT a UkJ JEU pour pelles pROFpMPS er a* un» FiLM Pê M£RDÊ! PUiS, je «eVi'ËKlDRAv VOUS SCRiUER.LES Mê-MeS PUT.,.D'INFOS au 3T*/\^6A 25ho0 LOTERiE QUi SE.PLANTC-ÔC\eW\ÇiQUÇ.h\£tfC t46UF POIS .ex AU FmLM ve.M'iKIUiT; OM VOUS REFiLERA UM sup6r NAVET PE.SERIE.ZL , -TRANCHE: MiNOG.PAR.2ooott)0S.' ALORS.Si VOUS £te4> ENCORE- LA* APRES Tour ce que.Je.viens pe vous "DiRe.d'esr que.J\OÙfé4> C&b CONWERiES.eu 0ien l£C *3fi Journal 'féuiVisé.(Pour i_e& iNîTiés).ou -JeunE-Trou pu au cwtoiX1, ^économie pour tous: 7/12 Le Dieu marché, ses prêtres, ses pompes (1) Combien il faut d'économistes de l'École autrichienne pour changer une ampoule?Ça demande quelques précisions.* * * À partir des années soixante-dix, on assiste au déclin du keynésia-nisme.Celui-ci se traduit en particulier par le recul de l'idée d'une intervention régulatrice de l'État dans le marché et l'abandon progressif des politiques que cette théorie a inspirées, disons de 1945 à 1975.Parmi les raisons qui expliquent ce déclin, le démantèlement des Accords de Bretton Woods figure en bonne place; mais aussi le spectaculaire retour en force des thèse libérales.Le néoclassicisme qui dominera dès lors la pensée économique regroupe des auteurs divers et des écoles de pensée variées.Mais deux courants méritent une attention particulière à cause de l'impact considérable de leurs idées: les Autrichiens, d'une part; les monétaristes de l'autre.Tous deux ont massivement contribué à la promotion d'un idéal d'économie de marché hostile à toute intervention de l'État et laissée aux seules mains, présumées toujours bénévolentes et optimales, du marché.Nous examinerons cette fois les idées des premiers; celles des seconds le mois prochain.* * * L'École autrichienne est notamment représentée par Ludwig von Mises (1881-1973) et par Friedrich von Hayek (1899-1992).Il est le plus souvent de bon ton, à gauche, de condamner sans appel ces théoriciens, parfois même sans se donner la peine de les connaître.C'est là une erreur impardonnable, non seulement à cause de l'impact bien réel de leurs idées mais aussi parce que leur méconnaissance nous prive d'une critique sérieuse des idéaux de gauche en économie, critique qu'on ne peut absolument pas ignorer.* * * Von Mises laisse avec L'Action Humaine une œuvre majeure qui ratisse large et va bien au-delà de la seule économie.Ce texte concerne en fait l'ensemble des sciences humaines dont il cherche à constituer le modèle épistémologique.Selon Mises, l'économie (qu'il nomme la catallactique) est une science humaine et.comme elles, elle est vouée à l'étude de l'action humaine ou praxéologie.Mises s'efforce de montrer la spécificité de ces sciences praxéologiques qui tient à ce qu'elles portent sur des agirs rationnels et intentionnels.L'Action humaine débouche sur une défense de l'économie de marché entendue comme «système social de division du travail, avec propriété privée des moyens de production.Chacun agit pour son compte; mais les actions de chacun visent à satisfaire les besoins d'autrui tout autant que la satisfaction des siens.» Jusque là, on pourrait croire à une défense de l'économie de marché semblable à celle avancée par les classiques au siècle dernier, main invisible, tout ça, tout ça.L'approche de von Mises est cependant différente et deux éléments en sont particulièrement frappants: son acceptation et sa défense du capitalisme qui va jusqu'à en englober des dimensions que ses plus ardents promoteurs ont parfois du mal à justifier; sa critique et condamnation sans appel non seulement de l'interventionnisme mais aussi de l'idéal socialiste tenu pour contradictoire.«L'économie de marché, assure Mises est le seul système d'organisation économique de la société qui puisse fonctionner et qui ait été effectivement en état de fonctionnement.» À condition, bien entendu, qu'on laisse le marché agir: d'où la dénonciation incessante de ces entraves au marché qu'impose l'interventionnisme sous toutes ses formes.«Oui mais les inégalités, le chômage», protestent d'habitude ici toute une pléiade d'économistes de diverses allégeances.Mises rétorque tantôt que l'une et l'autre sont naturels, inévitables et, au fond, servent chacun au mieux dans une économie de marché; tantôt il rappelle que ces fléaux sont largement causés par l'interventionnisme.Cette double ligne d'argumentation aura une longue descendance et ses rejetons sont encore aujourd'hui bien portants.Le socialisme, quant à lui.est tout simplement «irréalisable».Car il est impossible, enseigne la catallactique, à une volonté (fut-elle collégiale) de maîtriser l'ensemble des informations nécessaires pour organiser l'économie.L'absence de marché et de propriété privée condamne donc le socialisme à ne pas pouvoir dégager «une méthode de calcul économique».Quant à un système socialiste avec marché et prix de marché, il s'agit «d'une contradiction dans les termes, comme {le] serait un carré triangulaire».N'en déplaise à une certaine gauche, Mises a très probablement largement raison.Mais on peut refuser le terrible dilemme: ou l'économie de marché et ses terribles défauts, qu'il faudrait apprendre à aimer parce qu'inévitables, ou le socialisme menant au totalitarisme via fa pénurie.Des descriptifs de la catallactique.on ne peut tirer aucun prescriptif politique: on peut ainsi persister à réclamer l'intervention de l'Etat, régularisatrice du marché et palliative des plus criantes inégalités.Mais on peut aussi conclure de ce qui précède qu'une économie saine abolirait le marché.Il resterait alors à montrer qu'une telle économie sans marché, sans profit et pourquoi pas, sans organisation hiérarchique du travail, serait possible et viable.On y reviendra.Mises eut comme disciple Hayek, qui mènera de front une réflexion économique antikeynésienne et vouée à la défense de l'économie de marché, une lutte politique contre l'interventionnisme et une longue — et parfois pénétrante — analyse du libéralisme économique comme fondement et condition de la liberté allant de pair avec une condamnation de l'illusion constructiviste des économies socialistes débouchant sur le totalitarisme.Il passa une bonne partie de sa carrière dans le Temple de l'Université de Chicago et fonda la Société du Mont-Pèlerin.Pour avoir le Nobel d'économie, depuis 25 ans, il vaut mieux avoir fréquenté ces deux institutions.* * * Nous sommes maintenant en mesure de répondre à notre question.Combien il faut d'économistes de l'École autrichienne pour changer une ampoule?Ça dépend dans quelle économie.Dans une saine économie de marché, aucun: s'il y a un véritable besoin de changer une ampoule, le marché va s'en charger.Dans une économie de planification centrale, aucun non plus: ces économies ne produisent pas assez d'ampoules pour qu'on puisse s'y payer le luxe d'en changer, même quand elles sont brûlées.RAYMOND-LA-SCIENCE F von Hayek, La route de la servitude (1945), Paris.PUF, Quadrige, 1985.L.von Mises, L'action humaine (1949), PUF, Paris, 1985.(j I s?I Le Couac, mars 1999, page 6 Féminisme au masculin L'idée d'un féminisme au masculin peut sembler saugrenue.Pourtant, et malgré les gains spectaculaires qu'ont réalisés les femmes au Québec depuis quelques années, les structures sociales avantagent encore trop souvent les hommes plutôt que les femmes.À l'extérieur du Québec, la situation est encore pire : discrimination terrible envers les femmes dans des pays dirigés par des fondamentalistes musulmans comme l'Afghanistan, femmes violées systématiquement dans les pays en guerre, environ cent millions de femmes ayant subis l'excision du clitoris, etc.Être féministe, c'est vouloir que les femmes du monde entier cessent d'être désavantagées en raison de leur sexe.Tout comme il y a des luifs sympathiques à la cause palestinienne et des Blancs sud-africains qui militaient contre l'apartheid, l'homme épris de justice et d'égalité se doit d'être féministe.11 ne faut pas croire que les femmes ont besoin de la pitié des hommes, ni que l'homme féministe ne peut conserver son esprit critique face aux femmes en général et aux féministes en particulier.La pensée féministe elle-même est d'ailleurs extrêmement riche et diversifiée et les tenantes des différents courants ne manquent pas de s'opposer souvent sans ménagement.L'homme trouvera à s'abreuver à plusieurs sources s'il s'engage dans la cause féministe.Il se révélera également un allié précieux pour les femmes féministes qui doivent encourager un changement de l'esprit masculin si elles veulent changer la société.Mais l'homme féministe n'est-il pas en contradiction avec lui-même?Souvent, certes.Surtout que l'identité masculine est en partie constituée d'attitudes et de comportements misogynes.Être féministe pour un homme implique donc une part de tensions presque schizophréniques.Mais cela lui permet également de jeter un œil nouveau sur sa propre personne, ses comportements, ses valeurs, etc.Le féminisme peut permettre à l'homme, comme à la femme bien sûr, de déconstruire et reconstruire son identité avec plus de liberté.«Liberté, égalité, solidarité», voilà donc le slogan de l'homme féministe.FRANCIS DUPUIS-DÉRI dupuisdf@ere.umontreal.ca Visitez bientôt notre site web www.lecouac.net ?La Banque de Montréal fait commerce de Lady Di Les sans cœurs! Les autorités britanniques n'envoient dans la colonie canadienne que 15 000 pièces en argent et 750 pièces en or, frappées à l'enseigne de la princesse de guimauve.Et c'est à la Banque de Montréal que la Royal Mail a confié la noble opération.«Plusieurs raisons essentielles font que cette pièce commemorative se distingue de toutes celles à caractères historiques».Ah oui?Dans ce cas, c'est les autres banques qui vont être inconsolables.Pays de cons, vraiment.— "u Banou, Z Montrée, es.k partenaire gSg - ^gm ¦ , , h „„.nièce fort attendue en mémoire de ^Otu/ut ¦ pnncesse u ' r"dUnCP'-—^:esàla.princesSedUpeuple.j À«/Wo« e.xtr*i»emenl ÙmOée •émiMloa d'une pto' monnaie i court légal consume l'un a» P™ hommages quTia I pays psilsae rendre i tun de ta citoyen».En réponse aux nés nombreuses demandes qui lui ont Ut fanes, la Grande-Bretagne a ainsi décidé de frappei une piece commemorative rappelant la vie et les activités de Diana, princesse de balles Plusieurs raisons essentielles font que cette pièce cOTimémotaUve se distingue de toutes celles a caiacrtrc historique émises depuis le décès tragique et subU de celte princesse très aimée.Couronne* en argent Jûi et en ur 22 caratx Au fil des siècles, la Grande-ut etagne a émis diverses couronnes cotnmemotaih.es 1 l'occasion ¦MHW ., -.d'anniversaires (royaux ou auoeslK (srtgnçAnoNr^ o-èvènements de grande importance._ | utlav T*ii °u»«u* y compris le décos de Sir Winston L*U-HS ChurcniB.l T^-i JTi U convient donc d'honorer une personne aussi aimée que Diana par UmKtlon d'une couronnedeMMes Ktargré le niveau exceptionnel de la demande internationale; pout cet hommage ultime à Diana, l'émission comportera a peine 350 000 pièces en argent et 7 500pieceseoor.be Canada se vem attribuer seulement 15 000 pièce, en argent et 750 pièces m or Une partie des sommes provenant de la vente de ces pièces seront utilisées selon les recommandions du comité spécial crée en mémoire de Diana, princesse de Galles.Chaque pièce seia expédiée dansi un manque coffret, accompagnée dun c^Ufleat d'authenticité et d'un livret commémorauf illustré menant a fhonneur le charisme de Diana et la compassion sincère qui était la sienne pom leVeufants.les malades et les aînés.Etant donné la popularité excepoonneUe dont )ouissart 1».P™^"* « la valeur historique de cette émission, nous vous incitons a commander rapidement voue pièce commemorative pour éviter toute deception.(gtèce-nom circnJulionet xérie île timbre* Hebdo circulaire À Magog, dans les Cantons de l'Est, on peut lire chaque semaine Le Reflet du Lac.Ce tabloïd appartient, comme tant d'autres, au groupe Transcontinental, grand spécialiste des Publi-Sac.À l'occasion de son dizième anniversaire, Le Reflet du Lac publie un numéro spécial.Un numéro avec des sourires, des tapes dans le dos et de la pub de complaisance.Vous n'étiez pas au courant?L'histoire du Reflet pourrait être à peu près celle de tous les journaux du genre.Un jour, un jeune loup aux dents longues a vu qu'il pourrait bien manger les mères-grands du village.Obnubilé par la conquête d'un «marché» publicitaire, il lance alors un journal dont l'équipe de vente frappe sans cesse aux portes.Sans méfiance, on lui ouvre.Et il fait un malheur.Trois mois seulement après la fondation, le loup cède 70% de ses parts à un plus gros canidé que lui, un groupe de communication, Cogeco.En 1991, soit trois ans après la fondation, 100% des parts sont désormais la propriété d'un nouveau chef de meute.En 1996, le journal est revendu à Transcontinental.La vente de pub va de mieux en mieux.C'est une réussite évidente puisqu'on est vendu.Et les journalistes?Ils ont toujours représenté une valeur ajoutée pour un journal.Une sorte de plus-value.Aujourd'hui, l'entreprise compte quatorze employés en tout, dont deux journalistes.Un seul aurait pu faire l'affaire.Mais on ne regarde pas à la dépense quand il s'agit d'offrir à ses annonceurs une valeur ajoutée.En 1997, Le Reflet acquiert un vieux concurrent, Le Progrès.Ils continuent tous deux de publier, un le mercredi, l'autre le samedi.En novembre 1998, le propriétaire constate «que les annonceurs préféraient l'existence d'un seul hebdomadaire à Magog».Il ne reste plus qu'à écouter le marché.Le Progrès ferme ses portes.Les annonceurs, au fond, il n'y a que ça de vrai.J.F.N.C est officiel ! Un nouveau miraculé à Lourdes Le 5 octobre 1987, lean-Pierre Bély, infirmier de profession, arrive à Lourdes en fauteuil roulant.Quatre jours plus tard, il égrène quelques chapelets comme il a l'habitude de le faire tous les soirs dans la grâce de la Vierge.Puis, il use de quelques gouttes d'eau miraculeuses.Miracle! Il se lève et marche.Il est guéri de la sclérose en plaques qui lui alourdit peu à peu le corps depuis 1972.Après quelque dix ans d'«en-quêtes» et d'«expertises» sur ce cas, le bureau médical de Lourdes et le Comité médical international de Lourdes viennent de conclure au miracle.(Libération, 11-02) Il s'agit du 66e miracle «scientifique» depuis 1882.Le sexe chez les aines Trop de sexe, trop de découchage.Mick lagger en a assez! Le leader historique des Rolling Stones, pour sauver son mariage, mais surtout les 200 millions de dollars que sa blonde Jerry demande pour son divorce, a décidé de se faire soigner pour sa dépendance au sexe.11 a demandé à sa femme de renoncer au divorce en échange de sa tentative de rétablissement.Vendeur et vendu Samaranch, jongleur d'anneaux olympiques, déclare au journal LÉquipe (13-02): «Rien ne sert de m'acheter puisque je ne vote pas.» Hé, bande de cons! Inutile que je vote puisque je suis déjà vendu.Publicité Sauvage Partout en ville 4551, boulevard Saint-Laurent, Montréal, Qc, H2T 182 Téléphone: (514) 286-0469 / Fax (514) 286-0250^ Dans ta série MOTEL DE PASSAGE fi Deux pittti de GEORGE F.WALKER MARYSE WAROA DENISE GUILBAULT w m, F m.i Is \ Pour adultes seulement DU S AVRIL AU 22 MAI 199 9' Le Génie du crime DU 19 AVRIL AU 22 MAI 1999* LOUISE BOMBARDIER PAUL AHMARANI, KATHLEEN FORTIN MARCEL LEBOEUF.GILLES RENAUD JACQUES GIRARD, STÉPHANE F.JACQUES MONIQUE SPAZIANI NATHALIE MALLETTE bilium a u ratu ,n hMk H "y ISABELLE BRODEUR 0+eor JEAN BARD Cosiumn MEREDITH CARON Ed«lMf«f MAT1HIEU GOURD lnvironnrm.nl sonore LARSEN LUPIN ¦ (et pièces seront presentees en alternance a compter du 4 mai 1999 I «/I —-=|-— VaL.OuébK tm«»t»« .QUAT'SOUS POUB «fSWHIOUS (514) 845-7277 RtStAU ADMISSION |S14)»0 114Sn(S00)ltl 4S9S ra.aunar.nt Monarchies ?La Gendarmerie royale du Canada, section Montréal, a offert à Sa Majesté la reine Elizabeth II un magnifique cheval noir, rapporte le magazine britannique Royalty.La bête, âgée de 7 ans, répond au nom de lames.Elle a voyagé sur les ailes d'Air Canada jusqu'à Londres.En classe affaire?L'histoire ne le dit pas.Par le passé, la reine du «plus meilleur pays du monde» avait déjà reçu deux coursiers de notre bonne RCMP: Burmese et Centennial.Elizabeth 11 semble cependant apprécier lames plus que les autres chevaux.On sent un véritable amour filial dans le regard que pose la reine sur son nouveau cheval.D'ailleurs, la RCMP n'a pas choisi cette bête pour rien.Ces gens-là anticipent sur tout.Et c'est ainsi qu'ils peuvent garantir le succès d'un présent royal.On dit que la reine songerait à faire de lames le prochain gouverneur général du Canada.Après tout, pourquoi pas?Caligula avait bien fait de son cheval un consul.Et on ne voit pas bien comment un cheval royal de la RCMP ne pourrait pas agir et penser aussi bien qu'un gouverneur.Sa Majesté en compagnie de James, un futur Gouverneur général.?Le prince Charles, qui régnera sur le Canada sous le nom de Charles III, vient de lancer son site Internet.Des photos, des textes, plus de 300 pages d'autocélébration.On peut même lui écrire.Le bon prince souhaite notamment savoir ce que l'on pense de lui.http:/www.princeofwales.gov.uk ?Nouvelle de dernière minute: on apprend que la reine Sylvia de Suède a déjeuné à Londres en compagnie de la princesse Alexandra de Suède et de la princesse Maria Teresa du Luxembourg.Ils ont discuté d'oeuvres de charité et de magasinage.Au menu: des œufs avec du bacon.On se serait cru au Ritz Carlton, rue Sherbrooke.?Quel est le lien entre le roi actuel de la Suède, Carl Gustav XVI, et la monarchie anglaise des Hanovre?Réponse: sa mère et sa grand-mère ont toutes les deux des liens directs avec la reine Victoria, donc avec la reine Elizabeth II.Plus difficile maintenant.Quel est le lien avec la monarchie espagnole (rétablie) et la monarchie de la Grèce (déchue) ?Réponse: toutes deux ont trouvé refuge en Angleterre dans le périodes troubles de leur histoire.Élaborez un peu.Aujourd'hui, le roi |uan Carlos d'Espagne est marié à la reine Sofia, la sœur du roi en exil Constantin de Grèce.Ils se sont rencontrés lors du mariage de leurs amis le duc et de la duchesse de Kent.Conclusion?Il faudrait un jour dessiner un organigramme de tous les monarques qui peuplent encore la terre.On verrait alors que cette engeance sort toute de la cuisse gauche de Jupiter et trouve toujours quelques-unes de ses racines à Londres.J.F.N.POUR S'ABONNER Un drôle d ' o i ¦ c a u uac Les dix premiers abonnés du mois de mars recevront en cadeau un album de la collection «Les années Reiser».Des dessins d'actualité, des dessins qui vont à l'essentiel.Faites vite! AI til M MICHEL RUEE r (514) 274-5468 • (800) 361-1431 PERIODICA 1155 , avenue Ducharme, Outremont (Québec) H2V IE2 • Abonnement d'un an : 25 $ + taxes = 28,76 $ • Abonnement de deux ans : 45 $ + taxes = 51,76 $ • Abonnement institutionnel et de soutien : 50 $ + taxes = 57,51 $ Code postal.Téléphone. .1 I^SIS Le Couac, mars 1999, page 7 Nucléaire Enrichissez votre vocabulaire Le livre de Michèle Rivasi et Hélène Crié, a, entre autres immenses mérites, celui d'enrichir notre vocabulaire.Prenez par exemple le mot radioactivité.Chacun sait vaguement de quoi il s'agit.Mais c'est justement lorsqu'on le sait plus précisément que ça devient intéressant.Le livre de Rivasi et Crié porte sur le nucléaire en France, sur le choix du tout-nucléaire qui été fait par ce pays dont l'énergie électrique est à 80 % d'origine nucléaire.On en goûte toute la substance dans le paragraphe suivant: Les normes internationales, rappellent les auteurs «recommandent de ne pas dépasser, La radioactivité est une propriété de certains atomes, instables, qui se désintègrent spontanément et émettent des rayonnements.Sachant cela, on comprend mieux un autre mot: Becquerel (Bq).Cette unité de mesure exprime «le nombre d'atomes radioactifs qui se désintègrent en unité de temps».Un Becquerel, c'est une désintégration par seconde, pile poil.On en arrive ainsi aux Sierverts.Et là, vous allez voir, c'est carrément passionnant.C'est que ces rayonnements dont nous avons parlé cèdent de l'énergie à la matière qu'elles traversent.Non?Ben si! Or il arrive que cette matière soit un organisme vivant.Il arrive que ce soit un animal ou même un être humain.La nocivité de la dose ainsi absorbée par le Petit Paul, par exemple, s'exprime en Sievert (Sv).l'espère que vous êtes toujours là.La bombe d'Hiroshima mesurait 10 pieds de long sur cinq pieds.Elle pesait un peu moins de 10 000 livres.Imaginez toute une jolie centrale nucléaire moderne qui vous pète au nez! pour le public, la dose maximale admissible de I millisivert par an.En France, la réglementation est de 5 millisieverts par an et la pratique est de considérer qu'on a le droit d'aller jusqu'à la dose maxi-mun admissible de 5 msv comme si les faibles doses ne représentaient aucun danger».C'est le petit Paul Dupont qui doit être content, hein?Le lecteur de cet ouvrage apprendra plein d'autres mots intéressants, s'il ne les connaît pas déjà: par exemple mox.mais aussi corruption, lâcheté des élus, compromission, pots de vin, entreprises criminelles, déchets nucléaires.Des mots connus prendront également un tout autre sens.Par exemple loterie, qui sert à désigner Vie de couple à la con Les mères qui veulent donner naissance à un bébé le Ier janvier de l'an 2000 doivent penser à concevoir entre le 6 et le 10 avril.C'est du moins ce que rapporte le très sérieux Times de Londres (04-02).Two Thumbs Up Gene Siskel, célèbre critique américain pour cinéphiles de centres commerciaux, vient de mourir.Double perte pour le cinéma: un pied et un pouce.Visitez bientôt notre site web www.lecouac.net Bruno Bouchard Le Parti libéral du Québec et le débat constitutionnel Trente ans d'imposture 17,95 $ vlb éditeur De Jean Lesage à Jean Charest: trente années de projets et de discours pour renouveler le fédéralisme canadien.Trente années d'échecs.ppl vlb éditeur i""âuul I www.edvlb.com la sécurité nucléaire; ou alors expert pour désigner un sombre imbécile buté ou un idiot instruit à la solde des Maîtres.Le lecteur de cet ouvrage apprendra enfin des tas de trucs chouettes en biologie, en chimie, en physique et même en géographie, alors qu'il suivra avec délice les aventures d'un charmant nuage nucléaire né à Tchernobyl mais si bien élevé qu'il savait s'arrêter aux frontières de la France.Voici un ouvrage important et c'est avec regret que je dois dire que malgré ses hautes ver-tus pédago-giques, il n'apprend rigoureusement rien en politique et en économie: car plus personne n'ignore que l'État et le marché sont des poisons mortels, comme le nucléaire.RAYMOND-LA-SCIENCE Michèle Rivasi et Hélène Crié, Ce nucléaire qu'on nous cache, Paris, Albin Michel, 1998.Céline chez les Français La justice française vient d'obliger le magazine Voisi a verser 25 000$ à Céline Dion et René Angelil pour atteinte à la vie privée et au droit à l'image (La Presse 10-02).Récemment, on apprenait qu'un mensuel satirique français, Zoo, est également poursuivi par la chanteuse.C'est né au fond d'un rang et ça ne poursuit plus que les médias français.Colonisée, va! Scandale Tous les billets pour Notre-Dame de Paris sont vendus depuis des mois tandis qu'il reste des places pour le spectacle de Céline le 31 janvier 1999.La cuisine au Salon La cuisine de Céline et René est présentée en exclusivité au Salon de l'habitation.Dommage que Céline n'ait pas le temps de monter sur son frigidaire pour tirer des bouts de pain au public.Grande gueule Céline Dion, iceberg chantant dans Titanic: «Si j'avais des problèmes de santé, j'en aurais fait part à mon public, l'ai partagé ma vie avec le public et les gens sont au courant de tout ce qui me concerne.» (La Presse.20-02) Comme tu as tout dit ce que René t'as dit de dire, tu pourrais maintenant songer à te taire, non?Légende urbaine Contrairement à la croyance populaire, Walt Disney n'a pas été mis au congélateur après son décès en 1966.Roger D.Landry, lui, oui.XYZ éditeur LCXtCXl\ Titanic À St.Paul, Minnesota, on a voulu faire un beau coup de pub en faisant retentir la sirène du litanie pour la première fois depuis la fameuse nuit d'avril 1912.Des journalistes de NPR, sorte de Radio-Canada américain, ont assisté à l'événement: un sombre fracas, un peu ridicule, «un bruit semblable à celui d'une personne qui a trop mangé à sa sortie de table».(02-20) Avec le Titanic, les Américains trouveront toujours à faire chier.¦ 1111111 MacDonna Madonna, ancienne serveuse de Big Mac qui vomit du fast food depuis près de vingt ans, lance des montres, des vêtements, des cosmétiques, des fragrances et des objets de collection.(Financial Post, 03-02) Les hommes naissent libres et puis il se mettent à écouter des conneries et à en acheter.De notre correspondante au Botswana Richard Desjardins Richard Desjardins inexportable?Facile à le croire, peut-être un peu à cause du syndrome «euro-franco-ethnocentro» qui frappe nos créations culturelles, celles qui nous parlent vraiment dans les couleurs de nos expressions et de notre langage.Et pourtant, Desjardins connaît une étonnante popularité en Afrique.Dans les couloirs d'une résidence de l'Université du Botswana, un groupe d'étudiants du département de français s'éclate en entonnant: «l'ara dzu, ben dzu, donc dzu, farmer ma grand yeule!» Étrange?Pas tant que ça.Pour ces Batswanais, la langue française n'a pas de carcan.Ils n'ont que faire du «bon parler français», de ce qui est phonétiquement correct ou pas,-des querelles d'accents.Ils écoutent «Tu m'aimes-tu?» et pensent à leur blonde.CHRISTINE NOËL Absolution Gilbert Rozon, festival de bêtises déguisé en cabaret d'État, réclame une «absolution inconditionnelle» pour les affaires de moeurs que l'on sait.Son avocat plaide qu'un dossier judiciaire causerait «des torts [.) à son client et aux employés qui en dépendent».(La Presse, 20-02) De quoi auraient l'air en effet des dirigeants d'entreprise qui, trouvés coupables, seraient considérés comme tels?Imaginez tout le désordre: les employés pourraient les prendre pour des escrocs, des bandits ou des gars de la mafia.Emportez'là Selon certains, Léa Pool vient de signer un mauvais film, tandis que pour d'autres, c'est l'un de ses meilleurs films.Finalement, les opinions se complètent.Grand spectacle Une cinquantaine d'avocats participeront le Ier juin à un «Super spectacle gala 150e anniversaire du Barreau de Montréal».C'est à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, rien de moins.Extrait de la pub envoyée à chaque avocat membre du barreau: «Un spectacle haut en couleurs et en émotions.|.| Des avocats magiciens, des avocates acrobates, des juges musiciens, des plaideurs humoristes et plus encore.Du talent, sans limite juridique.» Du déjà vu, quoi.Et comme animateur de la soirée, Guy Bertrand dans son propre rôle?Scandale des faux Riopelle Le faussaire n'était même pas soûl lorsqu'il barbouillait des tableaux.Secret bien gardé Canal D a consacré une émission à Françoise Gaudet-Smet dans sa série «Biographies québécoises».Une grande dame, vraiment.Une sorte de béret blanc ou de témoin de {éhovah, mais avec le béret et les prospectus dans la tête.Dommage qu'Hélène Letendre.la scénariste de l'émission, n'ait pas réussi à mettre la main sur sa fameuse recette de soupe miracle aux géraniums.Ça aurait fait tout un beau scoop! Un feu roulant Stupéfaction.Le rédacteur en chef du Ici, lean-François Brassard, épuisé par trois mois de travail acharné, annonce qu'il démissionne.Québécor le remplace par une «jeune ambitieuse», Anne-Marie Cadieux, qui jure qu'elle n'est pas du genre à se prendre pour une éditorialiste sérieuse.Elle promet des textes d'humeur, lean Barbe, comme d'habitude, stable comme le roc, en sa qualité de gros rocher percé lymphatique, fait comme si de rien n'était.Les catastrophes s'enchaînent tellement vite au Ici, qu'on n'a même plus le temps d'inventer d'autres blagues.c-cliteur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: (514) S25.21.70 • Télécopieur: (S14) S2S.75.37 Courriel : xyzed@mlink.net Ces piètres penseurs C'est encore l'histoire de cette trentaine d'années qui nous indisposait déjà assez avant la fastueuse commémoration de Mai 68.Mais bon, il faut bien, de temps en temps, faire l'effort d'examiner ce qui nous emmerde, non?Les maîtres à penser des années 1960-1970 s'appelaient Althusser, Foucault, Deleuze,leurs successeurs, donc nos sages à nous, Bernard-Henri Lévy, André Comte-Sponville, Luc Ferry, André Glucksmann.Si ça n'est pas un drame, admettez que c'est une sacrée dérive, et plutôt vers le vulgaire, vers une pensée morbide et débile du type «c'est bien» ou «c'est mal».Pour tenter de comprendre quelque chose à ce déclin, dépêchez-vous de débrancher votre poste de télé et de parcourir Les Piètres Penseurs, un petit pamphlet railleur et instructif que Dominique Lecourt vient de publier sur la question (chez Flammarion), à l'usage des jeunes générations.Pour cet ancien élève de Louis Althusser, un «piètre penseur», "c'est «un penseur qui renonce -à comprendre le monde pour le transformer et ne se donne plus pour mission que d'en commenter le cours à des fins édifiantes.» Une charge et un exposé justes, un témoignage très accessible, et on voit à quel moment «les anti-totalitaires devenus néo-libertaires allaient se retrouver néo-libéraux!» Non, décidément le temps ne fait rien à l'affaire.SABINA BADILESCU Dominique Lecourt, Les Pièfres penseurs, Paris, Flammarion, 1999. Le Couac, mars 1999, page 8 Crime contre la forêt Barbara Cartland, dame en rose à vomir de la prose: «l'ai écrit plus de livres dans ma vie que n'importe qui au monde.C'est très excitant.» (Royalty,Q\-02) À ce jour, 662 livres de Cartland publiés.À 1000.tout le monde va craquer à force d'être excité, c'est sûr Moi plus chanter en créole Robert Charlebois, chanteur en caramel pour public de petites bières, dans une entrevue consacrée à son premier roman: «Le monde des variétés est devenu tellement pénible: il faut que tu te déguises en langouste pour aller faire ta tounel.» (La Presse, 20-02) le me suis déjà déguisé en Groucho Marx, en nationaleux.en joueur de golf, en gars ordinaire, en vendeur de bière.Là.je touche le fond pour de bon: d'un point de vue de langouste, j écris des romans de cul avec ma queue en pensant me servir de ma tête.En attendant Beckett Nous aurons bientôt sur les rayons des librairies une biographie d'à peine 1116 pages consacrée à Samuel Beckett.Le livre est signé lames Knowlson et est publié chez Actes Sud.Livre Vive la Papouasie re Grande nouveauté.On vient de publier chez Gallimard Lhomme rap aillé de Gaston Miron.Il était temps.l'écris pour les papous, pour les plus jeunes et pour les ignorants comme moi.Et j'ai toujours pensé que Miron était un des très grands poètes de la littérature universelle.Aujourd'hui, dans la collection «poésie», Miron prend sa place aux côtés de Neruda, de Paso-lini, de Rutebeuf, de Char, d'Aragon, de Garcia Lorca et des autres.Aujourd'hui, justice est faite.tion individuelle et collective.Sa pauvre poésie, avec ses mots de pauvres devient au bout du compte un trésor Un trésor qui réchauffe l'âme, qui entretient la soif de liberté, qui réveille quand tout, autour de nous, porte au sommeil.En prenant conscience de sa condition, l'écrivain colonisé se libère.Et nous nous libérons en même temps.Ttotih éo nw^t pBto.
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