Le couac, 1 mai 1999, mai
FALARDEAU Le génie La censure frappe encore page 10 journalistique page 5 Un drôle d'oiseau Vol.2 • no 8 Mai 1999 2,25 $ ^Desmarais Je suis le seigneur du hameau Dans un texte d'une rare obséquiosité («Le secret de Paul Desmarais,» 15-03), l'Actualité a fait entrer ses lecteurs dans le luxueux domaine que possède le boss de Power Corp dans le «hameau de Sagard», près de La Malbaie.«Monsieur Paul» (Missié Paul?) y est décrit comme un seigneur exigeant mais bon, charitable, bienfaiteur, client assidu des artisans locaux et créateur d'emplois.Bref, le modèle du bon maître, style Tintin au Congo, Mais toute médaille a son revers et c'est souvent de ce côté-là que ça brille le moins.Le magazine rapporte que les Desmarais ont financé une salle de concert au Domaine Forget de Sainte-lrénée.Vérification faite, la famille Desmarais et Power Corp.ont versé 100 000$ lors de la campagne de financement.Mais quand on considère que Québec et Ottawa ont fourni cinq des six millions qu'a coûté la salle François-Bernier, on comprend que le «financement» des Desmarais représente en réalité deux ou trois sièges, un mètre carré de moquette et la petite plaque pour écrire leur nom.L'article fait grand cas du tournoi de golf que lackie organise au profit du Musée de Charlevoix et qui permet de recueillir plus de 25 000$ chaque année.Un événement paraît-il très couru où le gratin montréalais brûle d'être vu.En attendant le prochain tournoi, le Musée de Charlevoix a dû fermer ses portes à la fin décembre par manque de fonds.Il ne rouvrira que le 24 juin, à l'arrivée des touristes et des riches estivants de la région.Bien sûr, les Desmarais n'en sont pas responsables, mais on se demande pourquoi omettre de mentionner cette ombre au tableau.Négligence ou opération cosmétique?Enfin, sensibilisé aux maladies coronariennes après avoir subi un pontage, Paul Desmarais a réalisé que l'hôpital le plus proche, celui de La Malbaie, n'était pas équipé pour traiter ce type de malaise.Qu'à cela ne tienne, sa femme lacqueline a sacrifié son cadeau d'anniversaire en demandant à ses amis de faire un don à l'hôpital Saint-|oseph.Ce qui lui a permis de remettre à la fondation de l'hôpital un beau chèque de 400 000$ juste avant Noël, lors d'une conférence de presse retransmise en direct à la télé communautaire.Depuis, 25 000$ US se sont ajoutés à la cagnotte.Les amis de lacqueline ont donc payé plus de la moitié de l'unité coronarienne, dont la facture totale s'élève à 800 000$.La direction de l'hôpital est ravie, c'est toute La Malbaie qui va en profiter.Mais la désintéressée lackie ne sera pas totalement privée de cadeau d'anniversaire.Grâce au reçu, touchera-t-elle une déduction d'impôt de 29% au fédéral et 23% au Québec, soit plus de 225 000$.payés en fin du compte par l'ensemble des contribuables?Le journaliste Michel Vastel nous avait habitué à plus d'esprit critique.À un point tel que des mauvaises langues de la salle de rédaction de La Presse se demandent si le chroniqueur du Soleil et du Droit n'a pas flatté «Monsieur Paul» dans le sens du poil dans l'espoir de se voir offrir une job au quotidien appartenant à Power.LE COUAC Site web www.lecouac.net Des textes, des films, des dessins.Hydro-Québec et f'UPA, même longueur d'onde?Dégâts sur la ligne Hertel-Des Cantons Cet hiver, à la suite d'une invraisemblable manœuvre politique, Hydro-Québec s'est mise à construire une ligne électrique de 735 kV entre les postes Des Cantons et Saint-Césaire.Les travaux ont été arrêtés in extremis par un jugement de la cour supérieure qui donne raison aux citoyens contre les prétentions gouvernementales.Mais la machinerie iourde de la société d'État a eu le temps de causer bien des dégâts aux terres agricoles.Les dommages sont on ne peut plus visibles: des ornières profondes dans les champs, des clôtures brisées, des trous de plus de deux mètres remplis d'eau, des débris multiples, des drains obstrués.Pour | certains agriculteurs, la mise en terre des semences est compromise Or HydroQuébec s'est refusée à remettre les terres en état.les deux bras me tombent par terre.Et ma mâchoire se décroche.On me dirait que ce Monsieur rentre tout juste d'un séjour de deux semaines dans un transformateur électrique que je ne m'étonnerais pas.Les gens se plaignent du saccage des terres?Ils exigent des réparations immédiates?«C'est le plus beau Poisson d'avril que j'ai vu depuis des années», déclare ce Monsieur à La Tribune (03-04).Devant les citoyens affectés par le travail illégal d'Hydro, le porte-parole de la société d'État joue les faux-culs: «On nous a transmis une mise en demeure afin de retirer nos machineries |.| et maintenant ils crient |la coalition| pour que nous procédions à des travaux.C'est pour le moins paradoxal.» (La Tribune.02-04) Disons que j'entre chez vous illégalement, mais avec un sourire, le brise un peu tout.Tiens là, ce vase.Ici, une boiserie Et celle-là encore, tant qu'à y être.Puis, j'abime un peu le système de chauffage.Et les luminaires.Vous vous énervez en diable, n'est-ce pas?Pourtant, je demeure poli.Un juge s'amène et m'ordonne de sortir.|e sors, sans crier, sans m'énerver, c'est-à-dire comme je suis entré.À moi qui suis si poli, de quel droit, vous qui êtes en furie, pouvez-vous me demander de réparer les dégâts?Après tout, j'ai obéi au juge, le respecte la loi.Hydro-Québec prend vraiment les gens pour des imbéciles.On s'en doutait déjà un peu.Mais à entendre Antoine Doyon, le président de l'Union des producteurs agricoles de l'Estrie (UPA), j'avoue que s/m Toute cette merde sur les terrains saccagés, pense Doyon, est là à cause des citoyens qui ont bloqué le projet d'Hydro.«C'est de leur faute ce qui arrive», déclare ce brillant électron de l'agriculture «L'UPA avait une entente avec Hydro-Québec pour que les travaux [de réparation] soient V complétés pour le 15 avril, V mais là tout est bloqué, même V les négociations avec les pro-V priétaires pour les compensa-W tions financières (pour le passage ^ de la ligne]».Citoyens imbéciles! Vous n'aviez qu'à laisser Hydro s'amuser illégalement chez vous.En somme, la terre, l'agriculture et la forêt, il s'en fout pas mal, le Monsieur de l'UPA.Il s'en fout, dans la mesure où des compensations lui sont payées en contrepartie du saccage.Il s'en fout, tant qu'il continue à recevoir de grasses subventions, tant qu'il engrange le fric.Ce type n'est qu'un homme d'affaires, comme tant d'autres.Et il représente assurément plusieurs paysans de son espèce.Pour ces gens-là, la terre et les animaux ne sont que de vulgaires marchandises, monayables à souhait.Ah! Vous tous qui aimez plus l'argent que le chant de la tourterelle du matin, vous qui vous félicitez de vendre le pays et les animaux en gros ou au détail pour toucher quelques pièces, je vous déteste.Vous êtes minuscules.Minuscules et stupides.le vous hais parce que vous êtes haïssables.lEAN-FRANÇOlS NADEAU Cout\c ?Le président d'Hollinger veut-il toujours relancer l'Union nationale?De Conrad Duplessis à Maurice Black Cette année, la ville de Trois-Rivières organise des fêtes imposantes afin de souligner le 40e anniversaire de la mort de Duplessis.On a même poussé le ridicule jusqu'à demander à un comédien de personni-lV fier le triste sire lors d'un discours électoral, lusqu'à Radio-Cadenas qui s'en mêle: elle rediffusera la télésérie Duplessis.Il faut au moins convenir que la commémoration de cette mort d'homme est plus heureuse qu'une commémoration de sa naissance.Conrad Black, l'homme qui contrôle aujourd'hui plus de 400 journaux de par le monde, profite de l'occasion offerte par ces fêtes absurdes pour lancer une nouvelle mouture ae son imposante biographie du chef de la défunte Union nationale.Cette biographie de son héros, publiée à l'origine au milieu des années 1970, a été revue et augmentée d'une longue introduction qui se veut une analyse sociopolitique du Québec de l'après-guerre.Black nous y explique, en long et en large, sa vision du Québec actuel.C'est édifiant au possible, surtout à la lumière de certaines lettres de Black sur lesquelles Le Couac a mis la palme Dans cette introduction de près de 50 pages, Black nous apprend que le Québec forme un peuple aux «ambitions tribales» dont le destin tumultueux commande naturellement qu'il soit mené par une poigne de fer ultra-conservatrice.L'attention du Québec pour les droits collectifs, «concept que les habitués de la tradition de la common law considèrent généralement comme la matrice de la dictature», rend un homme tel Duplessis nécessaire à la bonne marche de la province.Hélas, ce ne sont que des vilains ou des vauriens qui se sont succédés à la tête de la province depuis la mort de Duplessis.On le savait déjà, tout ce qui tire un tant soit peu à gauche agace Conrad Black au plus haut point.«Ce que Duplessis avait craint, c'était que les nationalistes de gauche, comme ils l'ont fait, décléricalisent la province, harcèlent la minorité anglophone, nuisent à l'investissement, augmentent les taxes et les impôts, et se prêtent aux folles exigences des leaders syndicaux.» À en croire Black, tout devient ainsi très sombre après Duplessis.Entre Lévesque et Trudeau par exemple, le président d'Hollinger ne voit qu'une «opposition entre deux versions d'un socialisme extrêmement prodigue et coûteux pour le contribuable».Et devant lacques Parizeau, Black se plaint de «son attachement à des idées socialistes et dirigistes usées».Vous penchez à gauche ne serait-ce qu'un tantinet?Black vous dira que vous êtes le diable en personne.Quelle politique faut-il privilégier pour le Québec?D'abord, tout jouer contre l'indépendance, bien sûr.Il faut même mettre de l'avant la partition, comme le propose la Gazette, un des quotidiens de Conrad Black.«Le spectre de la partition a un effet dissuasif sur les souverainistes » La violence si nécessaire?Black demeure vague manifestement à dessein, «malgré la tentation d'évoquer Berlin, Beyrouth ou Belfast».Et sur le plan économique, que faut-il faire?«Duplessis aurait été ravi qu'on reconnaisse |'.| |le| rôle joué par le fils de son vieil ami, le premier ministre Ernest Manning.* Le Reform Party de Preston comme modèle! On s'étonne presque que Black ne donne pas, en passant, une petite tape dans le dos de Mario Dumont, juste pour l'encourager un peu.La révolution tranquille: 16 ans de chaos, de fanatisme et de cauchemar Une enquête nous a permis de mettre la main sur des lettres de Conrad Black qui révèlent qu'il a tenté, au moins en mars 1976, de convaincre Pierre Desmarais II, lui aussi riche propriétaire d'entreprises de presse, de prendre le contrôle de ce qui restait alors de l'Union Nationale afin de la relancer avec l'aide du Parti conservateur.«Michael Meighen, Brian Mulroney et Claude Wagner sont tous de mes amis, et même si je ne les ai pas encore consultés sur le rôle que vous pourriez jouer avec eux, je suis certain qu'ils seraient heureux, tout comme joe Clark, de participer à un système d'assistance réciproque si vous étiez le leader de l'Union nationale.» Pourquoi relancer l'Union nationale?Dès les années 1970.Black ne cesse de se plaindre à ses correspondants du visage français qu'ont donné au Québec le gouvernement Bourassa et, surtout, le gouvernement Lévesque.Le 27 février 1976, dans une autre lettre, il déplore que la province affiche désormais le visage français de la majorité de la population québécoise: «De plus en plus, pour un Anglais, le Québec n'est plus et n'est point si intéressant pour lui, n'a pas l'allure des principales régions anglophones.» Et ailleurs, dans une lettre adressée en 1976 à l'historien Robert Rumilly: «Espérons que les prochains seize ans seront plus fructueux, parce que si la trajectoire actuel [sic) continue, il n'y aura là-bas que le chaos, le fanatisme, et les cauchemars accumulés que vous avez décrits dans votre mince volume: "Quel monde"-».Dans Quel monde, un livre d'extrême droite, Rumilly décrivait les risques de l'immigration, traitait de l'infériorité des noirs, des risques d'une invasion |aune et des mai-heurs effroyables auxquels conduisait une politique de gauche.Dans un autre livre, mais toujours dans la perspective de défendre Duplessis, cet historien avait eu un jour ce joli mot dont la lecture plut peut-être aussi à Conrad Black: «Nazi, mon frère, comment aller jusqu'à toi?» LE COUAC Soirée du Couac à l'occasion de la sortie du numéro de juin.L'événement aura lieu le 27 mai à 19h30 au Sergent recruteur, 4650, boul.Saint-Laurent à Montréal.François Patenaude présentera la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM et un dossier sur la privatisation de l'eau. Le Couac, mai 1999.page 2 Ces arbres qu'on abat Caafkaien On ferait trop appel à l'affect et pas assez à l'intellect dans le film LErreur boréale, de Richard Desjardins et Robert Monderie.C'est là, du moins, l'opinion d'un savant universitaire français qui, de passage au Québec, a visionné le film et livré au Devoir ses commentaires.Comme l'aurait dit l'autre en d'autres circonstances, ne voilà certes pas la trouvaille du siècle.Atteints d'une overdose de vie artificielle mise sur logiciel, nous sommes devenus des infirmes du cœur.La colère n'est plus permise, l'indignation est plutôt mal vue dans les salons d'Outremont et la rage doit être étouffée sous peine que son porteur ne soit l'objet d'opprobre de la part de la technocratie bureaucrate qui décide de ce qu'en penseront et diront des politiciens aux ordres.Pour ceux qui mettent la vie et la forêt sur logiciel, le regard ne peut qu'être un mauvais conseiller et l'œil ne peut savoir si ce qu'il voit est bien réel.C'est depuis l'Antiquité que le messager par qui arrive la mauvaise nouvelle est châtié par celui qui la reçoit.L'histoire a fourni à lacques Brassard une armoire pleine de ces hommes en situation de pouvoir qui se sont insurgés contre un réel qu'ils refusaient de voir parce qu'il ne correspondait pas à l'idée qu'ils voulaient s'en faire.Ou encore, comme c'est le cas avec le Ministère des Richesses naturelles, on s'acharne à masquer une réalité qui ne correspond pas aux intérêts des grandes compagnies.C'est justement là.aux entournures de la démocratie, que la chose passe un peu trop serrée.Un capitaliste est là pour faire la passe, point.Libre à nous d'avoir la naïveté de croire qu'il agit par pure philanthropie.Prédateur lui-même, il n'a pas la prétention de nous protéger contre les prédateurs, il est bien plus malin, le capitaliste.Il confie la défense de ses intérêts à ceux dont la fonction consiste, en principe, à défendre les nôtres.C'est du grand art.Fins connaisseurs en la matière, tant Machiavel que Clausewitz, de l'autre côté du Styx, doivent admirer la prouesse.Car visiblement, lacques Brassard est aux ordres.Aux ordres de son sous-ministre, qui l'est, lui, de ses vrais patrons, barons du papier et de la forêt, jamais l'expression de l'arbre qui cache la forêt n'a-t-elle pris comme dans ce cas son sens le plus tragique.Plaidant pour un type de développement à ce point suicidaire qu'il nous vient des sueurs froides à la pensée que cet homme prétend travailler à construire un pays! En 1973, la CSN publiait un pamphlet dans lequel étaient dénoncés tous les maux qui affligent encore aujourd'hui la forêt québécoise.On n'est pas pour s'laisser passer un sapin, clamait la centrale syndicale.Vingt-cinq ans plus tard, sous l'empire d'un nouveau régime forestier légué par le Parti libéral mais que le Parti Québécois a fait sien, le drame demeure entier, avec de moins en moins d'épinettes pour en témoigner.Les Contrats d'aménagement et d'approvisionnement forestiers (CAAF) méritent amplement qu'on leur fasse un procès.Au secours, Kafka! MICHEL RIOUX Kosovo à gogo Réal Pelletier, journaliste à la grosse Presse à Power, est ébloui par les efforts d'analyse que déploie son journal à l'occasion de la guerre au Kosovo : «En quelques paragraphes, Foglia en dit plus sur la guerre en Yougoslavie dans La Presse d'hier que les monceaux d'analyses qui encombrent depuis trois semaines les éditoriaux».(11-04) Les analyses?Ça encombre.Oubliez-ça Pour connaître ce qui arrive au petit chien de Karla quand les Tomahawk tombent du ciel et savoir combien la représentante de Care Canada a commandé de stylos pour les réfugiés de Skopje, lisez La Presse.Et en prime, le samedi, un magnifique télé-horaire en couleurs.Comme Foglia, Pelletier connaît l'art d'aller à l'essentiel en temps de guerre.D'ailleurs, Pelletier a l'expérience des conflits.Il ne le cache pas.En 1970, pendant la Crise d'octobre, il œuvrait à titre de superviseur musclé à Radio-Canada.Dans certains pays, les «superviseurs» de ce genre portent le joli nom de «censeurs».Expos Nos millionnaires à crampons menacent de quitter Montréal si on ne leur construit pas de stade?Soit! Vendons-les au Nunavut.?Courrier des lecteurs Ne pas écouter |.| |e me plais à croire que, dans la mesure où on refuse d'avaler toutes les couleuvres, de se faire passer tous les sapins, dans la mesure où on est déterminé à garder intacte sa liberté de jugement et d'action, on résiste aux manœuvres de domination, ou de marketing, parmi lesquelles l'abrutissement sonore.Oyez, oyez! criait-on au bon peuple, qui pouvait choisir de ne pas écouter, à des époques aussi infâmes (elles le sont toutes) mais moins équipées pour le tapage et le bourrage de crâne.Eh bien le bon peuple refuserait d'ouïr s'il m'en croyait! |e propose donc à mes concitoyens quelques stratégies défensives, qu'on pourrait affiner en s'y mettant à plusieurs.1.Au cinéma ou ailleurs, se farcir ostensiblement les oreilles de bouchons, ou mieux encore de persil comme les irréductibles Gaulois.2.Entonner en chœur l'air des esclaves de Verdi ou le Charcoal de Richard Desjardins pendant les messages importuns.3.Boycotter joyeusement tous les produits vantés par des publicités abusives.4.Relire le Discours de la servitude volontaire d'Etienne de La Boétie 5.S'abonner au Couac pour cultiver avec humour l'esprit de rébellion.6.Autres suggestions?Vive la liberté! Suzanne loubert Mont St-Hilaire Antonio Chevrette le suis un fidèle lecteur du Couac et j'habite.loliette, la ville où «l'eau produit des effets euphorisants.».Depuis quelque temps, il semble que vous ayez choisi notre très cher député, Guy Chevrette, comme clou sur lequel taper.Compte tenu de la «grandeur» de l'homme, il ne vous en reste plus beaucoup à enfoncer.Quoi qu'il en soit, voici sa dernière trouvaille, relatée dans un article du journaliste Marc Laporte de L'Action du 4 avril: Chevrette caresse le projet de faire de la «31», l'axe routier qui mène loliette jusqu'à l'autoroute 40, «l'autoroute Antonio-Barette» Pierre Morin, loliette Des bouchons Le chroniqueur de circulation de Radio-Canada Yves Désautels se plait souvent à ridiculiser les manifestations des fonctionnaires fédéraux qui «nuisent» à la circulation.11 lui arrive même de demander aux auditeurs «Où la betise humaine s'arrêtera?» Quand les bulletins de circulations seront abolies dans les postes de radio, mon Yves! lanick Lavoie Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac, 788 avenue Laurier Est, Montréal, H2) ICI.Télécopieur: (514) 270-7461.Vous pouvez aussi utiliser notre nouveau site: www.lecouac.net Vigueur L'ambassadeur du Canada en Belgique et représentant de lean Chrétien auprès de la francophonie, Claude Laverdure, estime que «les francophones ne sont pas tous au Québec, pas tous en Acadie.Il y en a ailleurs.Chacun a sa sorte de vigueur et de fierté.» (PC, 05-04).Tout juste, Auguste! Le même jour, on apprend que le nombre de Franco-ontariens a régressé au point que seuls 3% des Ontariens parlent encore français à la maison.Ils étaient 10% lorsque fut créée la Confédération.Le Ccouac 788, av.Laurier Est, Montréal, Québec H2) ICI Téléphone: (514)270-9392 Télécopieur: (514)270-7461 www.lecouac.net Couac Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et lean-François Nadeau Éditeur et rédacteur en chef: lean-François Nadeau Collaborateurs: Sabina Badilescu, Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille.Marco de Blois.Mathieu Boies.Geneviève Cardinal, Alain Denault, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, Mark Fortier, Philippe Gauthier, David Ledoyen, François Patenaude, Stanley Péan, Catherine Pépin, Marion Piekarec, Michel Rioux, Pierre Vadeboncœur, Nadine Vincent, Hélène Visentin Photographe: Valérie Remise Illustration Serge Ferrand, Filio, Luc Ciard.Bruno Laporte, Gilles Laporte, Richard Suicide Graphisme: France Mercier Visitez notre site Web: www.lecouac.net Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: lean-François Nadeau au (514) 270-9392 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Le faux outing de Québec Sous le titre «Conjoints gays: Québec tire toujours de l'arrière», La Presse laissait présager de torrides révélations sur les pratiques sexuelles ministérielles.Il n'en était rien.On s'est encore fait fourrer.Six mois plus tard Le Devoir rapporte qu'un certain lean Charest souhaite des changements constitutionnels incluant une reconnaissance spécifique du Québec (16-04).Au fait, ce Charest, ce n'est pas l'ex-petit frisé qui claironnait partout en novembre dernier que les Québécois sont tannés d'entendre parler de constitution?Préparez les tomates! Stockwell Day, le président du Conseil du Trésor albertain, passera trois jours au Québec en juin pour faire la promotion de l'Alternative Unie, le nouveau parti conservateur fédéral.par Philippe Gauthier & Francis Dupuis-Déri Petit lexique du Québec contemporain Génocide n.m.Insulte en espéranto : lors d'un génocide, ce que l'on exécute d'abord, ce sont les ordres.Guerre n.f.I.La guerre est aux relations internationales ce que le poutine est à la gastronomie.Comme pour le travail au noir, on fait la guerre sans la déclarer.2.Guerre économique, celle que l'on fait parlant de sous.3.Guerre froide, guerre des tuques atomique.4.Guerre indienne, guère indienne, car l'homme blanc manie tout.Partenaire ni.Personne avec qui l'on s'associe soit pour des relations d'affaires, soit pour des relations sexuelles et qui, dans les deux cas, va se faire fourrer.2.Partenaires pour la souveraineté, coalition de syndicats et de groupes communautaires qui ont accepté de limiter leurs revendications dans l'espoir de voir le Parti Québécois réaliser l'indépendance et qui se font fourrer.Patron n.m.Celui qui bosse le moins et qui fait travailler pour un nègre salaire.Psychologie : le patron est un sado-masochiste, parce qu'il est son propre employé Société : qu'elle soit enregistrée ou incorporée (cf.Québec inc.) le patron contrôle la société.Économie : les patrons sont des hommes d'actions qui connaissent des hauts et des boss.Mode : le patron sert de modèle.Religion : le patron des employés est Saint-Dicat (fête le 1er mai.) Patronage n.m.Des routes électorales dans l'État de droit, contrat social dans l'État de passe-droit : le patronage est la preuve que la démocratie et le développement économique vont de pair.Sécurité nautique : \eannot Prudent vous dit : « Il faut patronager.» Antonyme ¦.Dépenser sans comté.Pige n.f.Se dit des conditions de travail d'un journaliste soumis au régime de la prose orphelin.Poète n.m.Travailleur de la carrière Miron Police n.f.I.Groupe d'oppression.2.Police de quartier, constable à l'amiable.3.Police anti-émeute, police qui avance à pas de torture.4.Police montée, corps de police en trot : La devise de la police montée est « Cayenne que pourra.» Policier n.m.1.Agent de la paix qui aime bien la détente.2.Chien policier, os gradé.3.Cours de techniques policières, atelier de filature.Que le vrai Pierre Bouchard se lève! Lucien Bouchard a piqué une sainte colère alors que les médias, le National Post en tête, ont souligné la «gaffe» du magazine Paris-Maîcli, qui a trois occasions dans le même article, a identifié Lulu sous le douteux nom de Pierre Bouchard, ancien joueur de hockey des défunts Nordiques de Québec.Le bureau du PM, le Bunker, était fort offusqué sachant que le Paris-Match est le magazine international avec le plus grand tirage au monde et le plus grand lectorat dans les cabinets de dentistes.Dans sa nouvelle édition internationale, qui n'est pas diffusée en France, Paris-Match a bien montré que le premier ministre du Québec, ainsi que le Québec lui-même, sont fort peu connus dans le reste du monde.L'information semble donc mal se rendre outre-Atlantique, malgré les 12 millionsS du «Printemps du Québec à Paris» et les efforts de promotion du Québec des trente dernières années en France.La «gaffe» a pris de telles proportions à Québec que Lucien Bouchard a été interrogé à l'Assemblée nationale par nul autre que lohn lames Charest, le chef libéral.En novembre dernier, à quelques jours de l'élection, le New York Times avait diffusé une photo de l'AFP à la une, présentant le premier ministre Pierre Bouchard.Charest a rappelé ironiquement que le Los Angeles Times avait fait de même il y a quelque temps Que le vrai Pierre Bouchard se lève! PLOGUES Argument Le second numéro de la revue Argument est maintenant en kiosque et en librairie.Au sommaire : un dossier sur le malentendu France-Québec, un plaidoyer pour la relève universitaire, un débat autour du livre Le siècle biotech, de [eremy Rifkin.une entrevue avec le dramaturge Robert Lepage et une chronique sur l'américanité.Une bonne nouvelle: Argument est passé de 15$ à 12$! Le sexe comme forme dart Du 6 au 29 mai se tient aux Foufounes électriques (87, Sainte-Catherine Est, Montréal) l'exposition Le travail du sexe : le 8e .Cette exposition retrace l'histoire du red light de Montréal.Organisé conjointement par plusieurs organismes communautaires dont la Coalition pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe et Passages, l'événement présente une rétrospective des mouvements des prostituées, des maquettes du red light historique, une centaine de diapositives d'œu-vres d'art, un montage vidéo de scènes de films québécois, des œuvres diverses.L'exposition se veut à la fois un projet artistique et une réflexion sur la tension politique qui entoure les métiers du sexe.Pour plus d'informations, on peut téléphoner à la Coalition pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe, au 285-8889. Le Couac, mai 1999, page 3 Ce Guy Laforest, politologue être une erreur Catastrophe! Léon Dion est ressuscité! Mais le revenant a changé de nom, sans doute pour pouvoir ressurgir incognito.Il s'appelle maintenant Guy Laforest.le ne veux pas croire ça.Pas lui! Mais, pas d'erreur, c'est Léon en personne.Même modestie doctorale.Dispensateur de hauts conseils comme jamais.Important, didactique, satisfait.Et surtout, un même faible pour les opportunistes?Il était récemment chez Mario Dumont.L'académisme au bras de l'arrivisme.L'onction universitaire dans l'alcool des carriéristes.Laforest! le refuse de croire ça.Le professeur, apparemment devenu à son tour penseur des politiciens qui se dégonflent et philosophe malgré lui de la duplicité, a donc décidé de faire la promotion du type qui, à trente ans, a déjà viré son capot deux ou trois fois.«|e lève mon chapeau», déclare le figurant professoral en l'honneur du petit calculateur.Et tous deux d'être bien contents l'un de l'autre, le premier surtout, plus reconnaissant encore que le second — et plus innocent c'est le moins qu'on puisse dire.Tout comme Léon Dion ou Gérard Bergeron autrefois chez les libéraux.Grâce à Mario, voilà maintenant Laforest dans l'industrie désintéressée du marketing intellectuel politicien.Et auprès de ce petit malin qui, tout comme Bourassa au même âge.s'exerce à l'art d'amener peu à peu, par des détours infinis, la politique à s'enliser éventuellement dans l'insignifiance.Plongé dans la politique, un politologue, bien entendu, n'aperçoit rien, en tout cas rien de ce qui saute aux yeux.C'était aussi le cas de ses prédécesseurs.PIERRE VADEBONCŒUR PROBLEME DWS LES B/UKAN5?Le sens unique de la démocratie Soit, le Parti réformiste et l'Action Démocratique du Québec de Mario Dumont véhiculent beaucoup d'idées inquiétantes tant sur le plan social qu'économique.Une fois cela dit, il faut admettre qu'ils avancent tout de même des idées surprenantes quant à la démocratie.La démocratie, on l'oublie trop souvent, n'a qu'un sens unique: le pouvoir du peuple.Et même si Manning et Dumont sont loin de faire la promotion de la démocratie directe qui seule donnerait enfin réellement le pouvoir à la population, ils envisagent des changements institutionnels majeurs pour donner plus de pouvoirs aux citoyens.C'est du moins ce qui ressortait du Conseil général de l'ADO, réuni à Trois-Rivières à la mi-avril.Que le premier ministre soit directement élu, comme les présidents américains et français, constitue une idée intéressante.De même l'idée pourtant inscrite au programme du PQ d'instaurer le scrutin proportionnel, qui nous permettrait de nous débarrasser du monopole gênant qu'exercent les deux grands partis (PQ et PLQ) sur la vie politique du Québec.L'ADQ, comme le Parti réformiste, espère également offrir aux électeurs des outils pour contrôler leurs élus.C'est ainsi qu'on préconise l'introduction du principe de rappel des députés, pratiqué en Suède, et qui permet aux électeurs grâce à un système officiel de pétition de ne pas avoir à attendre les élections pour s'en débarrasser.Enfin, et c'est encore mieux, l'ADQ entend défendre le principe de l'initiative populaire, qui permet aux citoyens eux-mêmes d'enclencher un processus référendaire.Cette pratique a cours en Suisse et dans certains États américains.Voilà des idées qui, si elles étaient instaurées, feraient de notre système politique autre chose qu'une démocratie de façade au service des élus.Le problème est que l'ADQ nous vend cette réforme démocratique en complément de sa politique néo-libérale.Il serait heureux que les autres partis adhèrent à l'idéal démocratique.Heureux aussi que le projet de constitution pour un Québec indépendant soit d'inspiration démocratique et qu'on y trouve des outils permettant au peuple de gouverner vraiment.Mais le projet étant entre les mains de politiciens conservateurs et autoritaires tel que Bouchard, Landry et compagnie, il y a sans doute peu d'espoir que la démocratie retrouve enfin son sens réel.FRANCIS DUPUIS-DER1 dupuisdf@ere.umontreal.ca Canada: société distincte?lean Chrétien au sujet d'une intervention terrestre de l'OTAN en Yougoslavie: «Si tout le monde est d'accord, je ne serai pas le seul à ne pas être d'accord.» (La Presse, 21-04) Et si tout le monde se jette du haut du pont?Rupert K, Pas de gaspillage Charles Sirois et son nègre professent cette bonne nouvelle: la «gestion mécanique» est dépassée et l'heure est enfin à la «gestion organique».Qu'est-ce que cette merveille?C'est très simple: au lieu de simplement user ses employés à la tache et de les remplacer par d'autres robots humains, on les crève carrément pour ensuite les composter.La vie en forêt Véridique: les enfants de l'école Marguerite-Bourgeoys, située dans le quartier Centre-Sud à Montréal, l'un des endroits les plus pauvres au Québec, ont pu s'initier à la vie en forêt en allant passer une nuit.au Biodôme.Si tout le monde avait la sagesse de ces enfants, la vie serait comme un Monet et lacques Brassard pourrait enfin faire raser le bois qu'il reste au bord des routes.Partisans déçus Le bouillant député péquiste de Montmorency, Jean-François Simard, en a déçu plus d'un en annulant pour la sixième fois depuis cinq mois, selon des sources au sein du PQ, une rencontre pour remercier ses organisateurs et partisans qui ont contribué à sa victoire le 30 novembre dernier.Simard, grand serreur de main connu pour ses partys hot-dogs et de blé d'Inde, a encore une fois annulé, le mardi 13 avril, un 5 à 7 à son bureau du Parlement, pour exprimer sa reconnaissance à ses militants.Les sources du Couac confirment que l'organisateur péquiste, Bruno Alain, frustré, a annoncé à ses amis qu'il avait décidé de ne plus tenter d'organiser une autre rencontre de ce type.Jean-François n'a cependant pas oublié ses amis journalistes.Il leur a envoyé la même semaine une petite invitation pour passer une belle journée sur un bateau de croisière près de Québec, au mois de mai.Triste.Premier mfyi Pour l'immense majorité des gens, le premier mai est un jour comme un autre, sauf que certains travailleurs chanceux ont congé.Pour quelques autres — les plus politisés, sans rire — c'est l'occasion d'aller entendre des discours plates prononcés par des chefs syndicaux plates dont la grande ambition est de créer de l'emploi — sans rire, là encore.Au total, l'origine et la signification libertaires du premier mai sont tombées dans le grand trou noir de l'oubli.Le premier mai, c'est bien un événement majeur de l'histoire du mouvement ouvrier certes, mais plus particulièrement de l'anarchisme que nous commémorons — désormais sans le savoir.Remontons le temps.Nous sommes en 1886, à Chicago.Dans cette ville, comme dans tout le pays, le mouvement ouvrier est particulièrement riche, vivant, actif.À Chicago, comme dans bien d'autres municipalités, les anarchistes sont solidement implantés.Des quotidiens libertaires paraissent même dans les différentes langues des communautés immigrées.Le plus célèbre des quotidiens anarchistes de Chicago s'appelle le Arbeiter-Zeiting et il tire en 1886 à plus de 25 000 exemplaires Cette année-là, le grand combat du mouvement ouvrier est pour la journée de huit heures.Les anarchistes s'y sont engagés, mais avec leur habituelle lucidité: la journée de huit heures pour aujourd'hui, certes; mais sans perdre de vue que le véritable objectif à atteindre, dès demain, c'est l'abolition du salariat.(Note à l'intention de nos éminents syndicalistes: ce qui ne veut pas dire créer de l'emploi, Ô Tartes.Mais je ne sais pas si vous êtes encore capables de faire la différence.).Le mot d'ordre de grève générale du Ier mai 1886 est abondamment suivi, et tout particulièrement à Chicago.Ce jour-là, August Spies, un militant anarchiste bien connu de la ville des Vents, est un des derniers à prendre la parole devant l'imposante foule des manifestants.Au moment où ceux-ci se dispersent, la démonstration, jusque là calme et pacifiste, tourne au drame: 200 policiers font leur apparition et chargent les ouvriers.Il y aura un mort, et des dizaines de blessés.Spies file au Arbeiter-Zeitung et rédige un appel à un rassemblement de protestation contre la violence policière.Elle se tient le 4 mai, au Haymarket Square de Chicago.Cette fois encore, tout se déroule d'abord calmement.Spies prend la parole, ainsi que deux autres anars, Albert Parsons et Samuel Fielden.Le maire de Chicago.Carter Harrison, assiste à la manifestatioa et, alors qu'elle s'achève, il est convaincu que rien ne va se passer.Il en avise donc le chef de police, l'Inspecteur lohn Bonfield, et lui demande de renvoyer chez eux les policiers postés à proximité.Il est dix heures du soir.Il pleut abondamment Fielden a terminé son discours.le dernier qui était prévu.Les manifestants se dispersent, il n'en reste plus que quelques centaines dans le Haymarket Square.Soudainement, 180 policiers surgissent et foncent vers la foule.Fielden proteste.Puis, venue d'on ne sait où, une bombe est lancée sur les policiers.Elle fait un mort, en blesse des dizaines d'autres.Les policiers ouvrent le feu sur la foule, causant on ne saura jamais exactement combien de morts.Une chasse aux sorcières est lancée dans toute la ville.Les autorités sont furieuses et complètement déboussolées II faut des coupables.Sept anarchistes sont arrêtés.Ce sont August Spies, Samuel Fielden, Adolph Fischer, George Engel, Michael Schwab, Louis Lingg et Oscar Neebe.Un huitième nom s'ajoute quand Albert Parsons se livre à la police, persuadé qu'on ne pourra le condamner à quoi que ce soit puisqu'il est innocent, comme les autres.En fait, seuls trois d'entre ces huit suspects étaient présents au Haymarket Square, le soir de ce 4 mai fatal.Le procès des huit s'ouvre le 21 juin 1886, à la Cour criminelle de Cooke County.On ne peut et on ne pourra prouver qu'aucun d'entre eux ait lancé la bombe, ait eu des relations avec le responsable de cet acte lâche ou même l'eût approuvé.D'emblée, une évidence s'impose, pour tout le monde: ce procès est moins celui de ces hommes-là que celui du mouvement ouvrier en général et de l'anarchisme en particulier.La sélection du jury tourne à la farce et finit par réunir des gens qui ont en commun leur haine des anarchistes: y siège même un parent du policier tué.Le juge Gary ne s'y est pas plus trompé que le procureur Julius Grinnel, qui déclare, dans ses instructions au jury: «Il n'y a qu'un pas de la République à l'anarchie.C'est la loi qui subit ici son procès en même temps que l'anarchisme.Ces huit hommes ont été choisis parce qu'ils sont des meneurs.Ils ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivent.Messieurs du jury: condamnez ces hommes, faites d'eux un exemple, faites les pendre et vous sauverez nos institutions et notre société.C'est vous qui déciderez si nous allons faire ce pas vers l'anarchie, ou non.» Le 19 août, tous sont condamnés à mort, à l'exception d'Oscar Neebe qui écope de 15 ans de prison.Tout le procès a été à ce point farcesque qu'un vaste mouvement de protestation internationale s'enclenche.Il réussit à faire commuer en prison à vie les condamnations à mort de Michael Schwab et de Samuel Fielden.Lingg, pour sa part, se pend dans sa cellule.Le I I novembre 1887, Parons, Engel, Spies et Fischer sont pendus.C'est à eux que l'Histoire réfère en parlant des martyrs du Haymarket.Plus d'un demi-million de personnes se pressent à leurs funérailles.C'est pour ne pas oublier toute cette histoire qu'il sera convenu de faire du premier mai un jour de commémoration.Neebe, Schwab et Fielden seront libérés officiellement le 26 juin 1893, leur innocence étant reconnue ainsi que le fait qu'ils ont été les victimes d'une campagne d'hystérie et d'un procès biaisé et partial.Ce qui reste clair, cependant, ce sont les intentions de ceux qui condamnèrent les martyrs de Chicago: briser le mouvement ouvrier et tuer le mouvement anarchiste aux États-Unis.C'est ainsi que le jour même où avait été annoncée la condamnation à mort des quatre anars, on avait annoncé aux ouvriers des abattoirs de Chicago qu'à partir du lundi suivant ils devraient à nouveau travailler dix heures par jour.Reste une question: qui a lancé cette saloperie de bombe?Des tas d'hypothèses ont été avancées, à commencer par ceux qui pensent qu'elle a été balancée par un flic travaillant pour Bonfield.L'écrivain allemand lurgen Alberts en propose une autre dans un roman policier historique (ça existe, faut croire.) récemment paru.Sa lecture plonge dans le monde de l'anarchisme européen et américain du siècle dernier.Y défilent Stirner, Bakounine, Kropotkine.Spies, Albert et des tas d'autres.Plaisirs et frissons garantis, avec juste ce qu'il faut d'histoire et juste ce qu'il faut de roman policier.RAYMOND-LA-SCIENCE lurgen Alberts, L Anarchiste de Chicago.Série Noire, NRF, Gallimard.Paris, 1997.Un sacré blagueur Jean Chrétien rencontre des militaires revenant d'Aviano en Italie.(Reuters, 07-04) Puisqu'il aime bien faire rire son prochain, il a accueilli ces braves garçons en chantant: «Oh! C'est en revenant d'Aviano, a-cring, a-prout, a-cring, a-prout, a-crignepotin, pop, cring, prout.» Frugalité Nous apprenons en lisant l'article de Nathalie Petrowski sur Charles Sirois, cervelle de rechange pour libéral déprimé, qu'il possède «une maison à Westmount, une autre sur le lac Memphrémagog, un condo en Floride et un appartement à Paris où il va rarement».(La Presse, 12-04) Et la Petrowski d'ajouter: «Pour un homme avec ses moyens, il est resté prodigieusement frugal».Ben voyons.L DAiJÔ LA UÔT¥ dss sjjms, j&i choisi fbJR MA PRëSSJTATlOKJ Dfi f&GLSR Du KOSoVO.> TfcOdVÊ GOB Us /WOT EST dgôl£ «juh.„ O UojI,OjI LA 6J2£RE BOûoh, LSS VOcXSbôô, sûh, I 60S6&JT ls6 âUt/SS frtZCS-aog son, l SONfT ÀTTAOUéS PIS SJUUm_ ¦P- .1 U^ig u Le Couac, mai 1999, page 4 Le Courrier des Balkans La souris s'attaque à la censure APans, le journaliste Thierry Rouer a cojondé l'unique site web francophone diffusant les témoignages de journalistes censurés et menacés en Yougoslavie.Une plateforme incontournable qui démontre à quel point les nouveaux médias tels qu'Internet sont bel et bien de «formidables moyens pour apporter un nouvel éclairage et déjouer la censure».Où en est la liberté de presse en Yougoslavie au moment où la guerre fait rage?Le conflit au Kosovo est avant tout une guerre médiatique et électronique.Depuis le début de la crise, l'information en Yougoslavie est sous étroite surveillance et soumise à de multiples censures ou violations à la liberté de la presse.Le président Slobodan Milosevic a muselé les mouvements de citoyens démocrates.L'opinion publique serbe, en réaction aux bombardements de l'OTAN, s'est rassemblée autour du président yougoslave.Un large mouvement de victimisation du peuple serbe a peu à peu vu le jour, n'étant que l'aboutissement d'années de propagande.Les médias indépendants qui osaient critiquer les agissements et décisions du pouvoir ont été dans un premier temps mis à l'amende.Puis dernièrement, une vague de fermetures ou de mises sous contrôle des médias tels que Radio B92 a permis à Milosevic de s'assurer que personne ne proposerait de regard alternatif.Les journalistes indépendants courent un réel danger.N'oublions pas que la Yougoslavie est un pays en guerre qui a décrété l'état d'urgence et envisageait dernièrement de rétablir la peine de mort.Qu'en est-il plus précisément du Kosovo?La situation y est tragiquement encore plus radicale.Les derniers médias indépendants en langue albanaise se sont tus.Les journalistes ont été arrêtés et parfois tués par les miliciens serbes qui se sont lancés dans une vaste chasse aux intellectuels albanais.L'imprimerie du journal Koha Ditore a été incendiée le 24 mars dernier.Certains journalistes comme Baton Haxhiu, rédacteur en chef du quotidien en langue albanaise Koha Ditore.d'abord tenu pour mort, a finalement réussi à se mêler à la vague des déportés.Il a gagné Londres où il va tenter, avec des collègues journalistes albanais, de publier une édition internationale de Koha Ditore.Veton Surroi, propriétaire du journal et membre de la délégation kosovare de Rambouillet, est toujours en fuite.Certains correspondants locaux, dont nous tairons les noms pour d'évidentes questions de sécurité, continuent quant à eux à témoigner.La presse Indépendante ne serait-elle plus qu'un souvenir en Yougoslavie?Dans ce constat apocalyptique et bien sombre, il serait facile de se dire que la presse indépendante n'existe plus en Yougoslavie et que parler de regard pluriel et de réflexion alternative n'est que chimère intellectuelle.Pourtant, contre vents et marées, des groupes d'opposants et de démocrates serbes (intellectuels, associations, ONG) continuent à s'exprimer et à dénoncer la politique suicidaire de Milosevic.Ces communiqués, appels et réflexions alternatives peuvent déjouer la censure du pouvoir en place par le biais d'Internet et du courrier électronique.Même si aujourd'hui le poids de ces structures semble bien dérisoire, il faut commencer dès maintenant à appuyer les revendications citoyennes des mouvements démocrates.Milosevic et son ministre de l'information auront beau intimer l'ordre aux journalistes de ne pas s'écarter de la ligne «patriotique», personne ne pourra empêcher de simples reporters de faire leur travail d'investigation et d'information à travers ces nouveaux médias Est-ce là le mandat du Courrier des Balkans?Le Courrier des Balkans reprend chaque semaine les témoignages des journalistes censurés et menacés en Yougoslavie.Créée en septembre 1998, notre association s'est donné pour but de développer des solidarités professionnelles avec eux.Peu à peu, un formidable réseau s'est constitué.Des traducteurs bénévoles, des partenaires associatifs ou encore des abonnés à notre liste de diffusion offrent régulièrement leurs services Combien de visiteurs visitent quotidiennement le site web du Courrier des Balkans?Chaque jour, un millier de personnes recueillent nos informations et nous recevons une cinquantaine de messages.Les visiteurs du Courrier des Balkans sont des professionnels: journalistes, universitaires, chercheurs, décideurs, entrepreneurs, mais surtout de simples citoyens ayant le français en partage qui cherchent à s'informer sur la situation des Balkans.Le dénominateur commun de ces visiteurs ou abonnés à notre liste de diffusion est qu'ils souhaitent avoir un autre regard pluriel et alternatif sur l'actualité des Balkans Ils ont le sentiment que les médias audio-visuels occidentaux ne leur livrent qu'une certaine vision de ces événements et qu'il est essentiel de croiser les sources, les points de vue, les analyses pour aller au delà des apparences et des lieux communs.PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE PÉPIN cpepin@e-scape.net L'adresse du Courrier des Balkans est: www.bok.net/balkans/ Les visiteurs peuvent s'abonner à une liste de diffusion pour recevoir dans leur boîte à lettres électronique une sélection d'articles traduits en français de la presse indépendante des Balkans.Marchands d'armes L'Indonésie vit depuis des dizaines d'années sous un régime dictatorial.Cela n'a pas empêché le Canada de vendre des hélicoptères à l'armée indonésienne.Mais des milliers d'étudiants indonésiens réunis dans un centre d'entraînement clandestin sur un campus universitaire se seraient entraînés avec des frondes (!) achetées à des fabriquants de jouets américains et.canadiens.Si les étudiants canadiens étaient aussi bien équipés, ils pourraient se défendre contre les policiers qui les aspergent de poivre de cayenne lorsqu'ils protestent contre la venue au Canada du dictateur.indonésien.Abonnez-vous au Couac! pour 2 ans9 'Et courez la chance de gagner un des dix coffrets de la Trilogie de l'\le-aux-Coudres de Pierre Perrault.(Valeur de 70 $ chacun) Star Wars On tergiverse à savoir s'il y aura oui ou non une offensive terrestre au Kosovo.Une chose est certaine, il y aura une offensive extraterrestre en mai, qui frappera les Etats-Unis droit au cœur.Politesse Avis aux habitants du Timor: ce n'est pas très poli de se faire massacrer pendant que les Kosovars vivent leurs quinze minutes de gloire.Pinochet?Et Franco?Alors que Pinochet va peut-être se retrouver devant des juges espagnols, il ne faudrait pas oublier que l'Espagne elle-même a longtemps vécu sous une terrible dictature: celle de Franco, décédé de mort naturelle alors qu'il était encore au pouvoir.Des morts, le franquisme en a des dizaines de milliers sur la conscience.Franco a pris le pouvoir à la suite d'une terrible guerre civile qui a fait des victimes dans les deux camps.Mais même une fois la guerre terminée, en 1939, Franco et ses sbires ont poursuivi le massacre.C'est qu'apparemment la résistance armée au régime de Franco aurait été active jusque dans les années 1950.Ainsi, on évalue a plus de 2 500 le nombre de fusillés au seul cimetière de La Almudena à Madrid entre 1939 et 1944.L'historien Moreno parle de dizaines de milliers de fusillés pour la période allant de la fin des années trente jusqu'aux années 1950.Un site internet de l'association Archivo Guerra y Exilio tente de recueillir de l'information sur les exilés et les victimes du franquisme (www.age.tsai.es).MOHAMED SMITH-GAGNON J .1 J J JLi _i Jj"_i _ ~ __r_ Indonésie L'ancien président américain limmy Carter a été chargé de veiller à la bonne marche des prochaines élections.Sous sa présidence, il avait déjà veillé à la bonne utilisation des armes américaines au Timor.Encore l'Indonésie Nouveau massacre au Timor oriental.Cette fois, 45 morts, limmy Carter pense à faire recompter les votes afin de s'assurer que les milices pro-in-donésiennes ont massacré selon les normes démocratiques: «une personne, une balle».Djibouti Ismaël Omar Guelleh a été élu président le 9 avril avec 74% des voix.Depuis les années 1960, la France, grand État démocratique, veille sur la bonne marche du système démocratique de ce pays indépendant.À ce jour, tout va bien.On note seulement une omniprésence de l'armée, des cas de tortures, des ségrégations ethniques et politiques.États-Unis Bill Clinton, après le carnage au Colorado dans une école secondaire: «Les États-Unis doivent se réveiller face à la violence».[journal de Montréal.21-04) Mais pas tout de suite parce qu'on n'a pas fini en Yougoslavie.Bombes intelligentes Qui a bien pu être stupide au point de qualifier des bombes d'«inteiligentes»?Un militaire, évidemment! Bombardement Nos amis de Charlie hebdo en ont repéré une très bonne dans le sérieux Times de Londres: «Nous nous abstenons de bombarder le palais de Milosevic parce que c'est un monument historique, et il y a un Rembrandt au premier étage.» Par téléphone: (514) 274-5468 1 800 361-1431 OU www.lecouac.net Burkina Faso Les pigeons partent pour La Mecque Comme Lourdes, La Mecque est une aubaine pour les escrocs de la foi.Un rapport confidentiel commandé par le gouvernement du Burkina Faso révèle que, lors du pèlerinage de 1998, 2000 pèlerins burkinabés se sont fait plumer par la structure très officielle chargée de les conduire en Arabie Saoudite.Le racket a commencé dès l'arrivée à l'aéroport.Les escrocs ont d'abord surévalué les taxes touristiques et aéroportuaires.Ce n'était que l'entrée.En plat de résistance, le logement: le rapport fait état d'une surfacturation de 200 000 $ des loyers.Et, pour le dessert, les margoulins se sont goinfrés avec l'argent de poche de leurs clients.À l'aide de faux reçus, ils leur ont fait croire que le riyal (la monnaie saoudienne) était à 0,53 $, alors qu'il est officiellement à 0,42 $.En guise de pousse-café, ils ont siphonné les dernières piécettes de leurs victimes en trichant sur les tarifs du téléphone, des frais médicaux et des transports.Au total, le bonus empoché s'élève à plus d'un demi million de dollars.Soit plus de 2500$ par voyageur.Sachant que le salaire moyen d'un Burkinabé est de 80$ par mois, les croyants se sont fait voler près de trois ans de salaire.Le plus drôle, c'est que la structure incriminée avait été mise en place par l'État burkinabé, pour justement mettre fin au plumage des pèlerins par des organismes privés.Ce sport semble être très prisé en Afrique.Il y a deux mois, au Sénégal, des candidats au voyage à La Mecque se plaignaient du prix trop élevé des loyers saoudiens.Pour un journaliste de Dakar, «s'il n'y a actuellement pas plus de protestations, c'est surtout qu'aucune enquête sérieuse n'a été effectuée».Au Burkina, il y a eu une enquête.Mais elle n'a débouché sur aucune sanction.Et le pèlerinage 1999 risque fort de ressembler au précédent.Avec du pigeon à tous les repas.PIERRE SERRIÈRES (Charlie N°35\) Guerre absurde, guerre de lâches Oui, bien sûr, le régime Milosevic est détestable.Et révoltante est l'épuration ethnique pratiquée au Kosovo, avec une cruauté inouïe, par l'armée et la police serbes.Mais la démonisation de Milosevic est une grossière simplification.C'est en quelque sorte le culte de la personnalité à l'envers Derrière le dictateur, il y a un peuple fier dont la Grande Serbie rêvée a fait peau de chagrin, un peuple dont les bombes de l'OTAN attisent la colère.Il est très douteux que la chute éventuelle du régime actuel à Belgrade entraînerait automatiquement l'adhésion à l'accord de Rambouillet ou des concessions équivalentes, comme en semblent convaincus les gendarmes planétaires du State Department Les ruines laissées par les frappes aériennes sont des plaies qui ne pourront cicatriser que lentement.Quelle guerre absurde! Comme c'était à prévoir, l'OTAN est prise au piège.À part les destructions, les frappes aériennes ont eu pour seul résultat le martyre redoublé des Kosovars albanais.Si les frappes continuent, elles aggraveront un crime contre l'humanité.Si elles cessent, ce sera pour les pays de l'OTAN, et principalement pour les États-Unis, un échec indiciblement honteux.Ce jeu meurtrier, qui déborde en Albanie, est très dangereux.Qu'arriverait-il si la Russie décidait de se ranger militairement du côté de son alliée, la Serbie, comme en 1914?On songe malgré soi au côté satirico-prophétique des films Primary Colors et Wag the Dog Mais cette analogie est périmée, dans la mesure où Clinton a survécu au Monicagate; elle rappelle plutôt les frappes aériennes contre l'Iraq qui ont fait diversion au moment où le président était menacé de destitution.Pourquoi alors cette poussée belliqueuse chez nos voisins?Dans le cas de la guerre du Golfe, au début de la décennie, des commentateurs ont jugé que Washington défendait des intérêts pétroliers On ne conçoit guère d'intérêts économiques qui motiveraient les frappes aériennes contre la Yougoslavie.S'il faut en croire les exégètes américains eux-mêmes, l'explication est d'un tout autre ordre: les États-Unis ont une mission, un devoir moral; dépositaires de l'idéal démocratique, ils sont la police du monde Quel Astérix se lèvera contre ces nouveaux Romains?Et alors, les Nations Unies?Sur le tard, le ministre Hubert Védrine, à Paris, a reconnu qu'elles devraient intervenir.Mais les Américains les considèrent peu sûres et paralysées par les vetos, notamment ceux de la Russie et de la Chine.Ainsi, les États-Unis n'ont même pas sollicité l'intervention des Nations Unies dont la faiblesse est paradoxalement attribuable, en bonne partie, aux réticences des Américains et à leur refus de payer pleinement leur part du budget Si le devoir d'intervention existe, il doit d'abord s'exercer dans le cadre des Nations Unies.Les grandes puissances auraient dû chercher à s'entendre sur le recours à une force onusienne d'établissement et de maintien de la paix au Kosovo.Elles n'ont même pas essayé.Cette guerre absurde est aussi une guerre de lâches qui tuent militaires et civils en comptant bien ne perdre aucun de leurs «boys».Cette cruauté cynique constitue en elle-même un crime contre l'humanité.Trêve de Yankee-bashing.Les Canadiens que nous sommes, bon gré mal gré, doivent protester d'abord auprès du gouvernement Chrétien qui, sans même avoir consulté la population ni le Parlement, nous a lancés dans cette croisade sanguinaire.Chrétien a trahi la mémoire de deux de ses prédécesseurs: Louis Saint-Laurent, qui fut l'un des fondateurs de l'OTAN, alliance purement défensive, et Lester Pearson, prix Nobel de la paix.Après coup, le Parlement a fait ses palabres.Aucun parti ne s'est opposé à la guerre.Le Bloc québécois est d'accord.Mais qu'est-ce qu'il fabrique à Ottawa?Des sondages indiquent que la population aussi est d'accord, ce qui signifie que la propagande américaine est efficace et que les Canadiens sont en majorité crédules et inconscients.Bien sûr, la démocratie, c'est le gouvernement du peuple, mais le peuple n'a pas toujours raison.Tout le monde n'est pas tombé sur la tête.En Grèce d'abord, puis en Allemagne, en France et ailleurs, les protestations se multiplient.À Ottawa, une voix exprime des réserves, celle d'Alexa MacDonough du NPD.Il y aura toujours des fauteurs de guerres.C'est à se demander si l'humanité pourra éviter l'apocalypse atomique PIERRE DE BELLEFEUILLE ÉÊBÈÈËÊÊr JÉÊÊ t i."' wwvcw 'mm' ' f i'*^Ê ,m,.f im ¦ A S Y M S olutions .>.¦¦.: , 1 A Y «H i Internet! ^^^^^^^^^^^^ " ¦V'Aî"'^ ^ » w '* ' * , »* Conception, réalisation et hébergement de sites Web Web : www.asymetriq.com Courrier : solutions@asymetriq.com Sans frais : 1-877-377-0622 II Ik 8 Le Couac, mai 1999, page 5 La censure journalistique par Patrick Champagne Ou comment le journalistiquement correct incite les journalistes à ne pas critiquer les pratiques de leurs collègues Peut-on parler sérieusement des médias dans les médias?L'accueil qui, le plus souvent, est réservé par les journalistes et les journaux les plus en vue, c'est-à-dire ceux qui sont censés faire l'opinion, aux livres consacrés aux médias, ne permet pas d'être optimiste.Ce qui gêne, c'est moins ce qui est dit dans ces livres — et que le milieu journalistique ne sait que trop — que le fait que cela soit diffusé au-delà du cercle des initiés, notamment en direction du public que ces mêmes journalistes sont censés séduire.Les médias, pour se vendre, doivent au moins faire croire en leur intégrité et en leur impartialité On admettra bien volontiers que la corporation des journalistes, pas plus que celle des évêques, des patrons ou des enseignants n'aime être «objectivée», c'est-à-dire prise froidement comme objet d'analyse et réduite à sa vérité objective — surtout lorsque celle-ci n'est pas très agréable à entendre, c'est-à-dire peu conforme à l'idée que la corporation se fait d'elle-même ou, pour le moins, veut donner d'elle-même.Comme tous les groupes sociaux, les journalistes aiment à se raconter des histoires sur ce qu'ils sont et peuvent mobiliser des mécanismes d'autodéfense efficaces: ils ont leur idéologie professionnelle dont les maîtres mots (à l'usage essentiellement externe) sont «liberté de l'information», «déontologie» et «pluralisme», autant de notions qui constituent une protection très efficace lorsqu'ils estiment être mis en cause.En fait, les journalistes n'échappent guère aux lois générales qui régissent le fonctionnement de tous les groupes sociaux.Et ils ne manquent pas de rappeler, en guise d'excuse et pour clore avant même de l'ouvrir tout débat sur les pratiques journalistiques, que «la presse n'est que le reflet de la société».Ce qui signifie qu'il ne faut pas l'idéaliser et que ce que l'on trouve dans cette profession est ni pire ni mieux qu'ailleurs.«Circulez, y'a rien à voir», aurait dit Coluche.Or, une telle attitude occulte un problème spécifique qui est posé aujourd'hui par le développement même des médias, à savoir le décalage grandissant entre, d'une part, le pouvoir objectif et collectif de ce groupe social — pouvoir de dire ce qui est important et ce qui ne l'est pas, pouvoir de construire une représentation de la réalité souvent plus «réelle», par ses effets, que la réalité elle-même, etc.— et, d'autre part, son intolérance voire son incapacité croissante à supporter la critique, le débat, la discussion, la mise à plat des problèmes inévitablement engendrés par la production de l'information.Obtenir aujourd'hui de faire passer des rectificatifs ou des droits de réponse dans les grands journaux d'information relève de l'exploit.Un privilège singulier et exorbitant De plus, cette profession jouit du privilège, propre à tous les dominants, qui consiste à contrôler ce qui se dit publiquement sur elle dans la mesure où les journalistes disposent, de fait, du monopole de la diffusion vers le grand public de ce qui se dit sur le journalisme.Le lecteur ne sait de sa presse que ce que celle-ci veut bien lui en dire.Et, non seulement elle ne lui en dit pas grand-chose mais, de plus, elle ne se prive pas de faire ce qu'il faut pour que ceux qui prennent le risque — car c'en est devenu un aujourd'hui — de dire quelque chose sur le fonctionnement des médias ne bénéficient pas de la publicité nécessaire pour que s'ouvre un débat public.|.| Cette situation peut sembler d'autant plus inacceptable que les journalistes, qui sont loin d'avoir toujours la compétence technique ou éthique nécessaire pour juger, ne se privent pas de le faire.Alors qu'ils disposent de la capacité à empêcher la diffusion des informations gênantes sur eux-mêmes et en abusent, ils prônent pour les autres la transparence totale des activités de tous devant tous.Ainsi, ils n'hésitent plus, aujourd'hui, malgré le droit au respect de la présomption d'innocence, à publier les procès verbaux des auditions des enquêtes judiciaires en cours, à imposer partout leurs caméras et leurs micros, à convoquer les uns pour répondre à leurs questions, à faire des procès aux autres, à reculer de leur propre chef la ligne qui sépare vie privée et vie publique, etc.Si les journalistes sont bien placés pour savoir ce qui se passe dans leur univers professionnel, tout semble être fait pour qu'ils ne soient pas les mieux placés pour en parler.Comme pour décourager toute velléité de réforme sérieuse, nombreux sont ces lieux communs qui circulent dans le milieu journalistique et qui sont comme autant de rappels à l'ordre journalistique tel qu'il est: «Il ne faut pas cracher dans la soupe», dit-on rituellement à l'attention des journalistes qui ne s'accommoderaient pas de l'état de fait actuel et qui seraient tentés de «vendre la mèche».L'Omerta existe aussi dans la presse |.| Le corporatisme des journalistes En fait, la déontologie est.dans la presse, d'autant plus hautement proclamée par les journalistes qu'elle est sans conséquences pratiques et sans sanctions réelles Elle est le supplément d'âme des écoles de journalisme et un sujet par excellence pour colloques rassemblant spécialistes de l'éthique (qui courent aujourd'hui de colloque en colloque), philosophes en mal de marché, journalistes penseurs et intellectuels pour médias.Mais elle doit restera l'état de pure réflexion.Il suffit, pour s'en convaincre, d'agiter la menace de l'éventuelle création d'un «ordre professionnel des journalistes» qui, comme cela existe pour de nombreuses professions, sanctionnerait les manquement les plus graves.C'est alors que l'on peut voir toute la profession, ou peu s'en faut, faire corps [.] pour s'opposer à l'idée même d'une telle instance, les journalistes les plus incontestables prenant la défense des journalistes les moins recommandables, et les journalistes les plus précaires faisant front commun avec les journalistes cumulards.Bref, il existe un corporatisme chez les journalistes, qui n'a rien à envier à celui des autres milieux sociaux, pourtant violemment dénoncé par ces mêmes journalistes.Les médias sont l'objet de ce qu'on pourrait appeler un discours «journalistiquement correct» qui consiste, pour tout journaliste qui veut faire normalement carrière dans le métier, à ne pas critiquer les pratiques critiquables de ses confrères (sauf verbalement et en privé), tout simplement parce que ce sont, en définitive, des pratiques largement inévitables compte tenu du fonctionnement de la presse.Chacun se reconnaît dans les fautes des autres.«|e te tiens.tu me tiens» pourrait résumer ce qui est au principe de cette prudence: les journalistes préfèrent parler d'autre chose que de l'exercice de leur profession.Et lorsqu'ils le font, cela leur coûte cher.On ne s'oppose pas impunément aux lois de son milieu.De même que c'est le joueur de football dénonçant les trucages des matchs qui doit s'exiler, c'est le journaliste prenant sur lui de révéler les pratiques de ses confrères qui a de fortes chances d'être la première et souvent la seule victime de l'opération.La seule sanction effective et reconnue comme telle, dans le secteur journalistique, est en définitive celle du marché, de la vente, de l'audimat.Comment pourrait-il en être autrement, puisqu'une entreprise de presse est d'abord et de plus en plus une entreprise économique?La morale a peu à voir avec l'information et, en tout cas, ne doit pas contrarier les ventes des journaux ou les carrières espérées par ceux qui les fabriquent «Tu comprends, j'ai une femme et des enfants à nourrir», expliquait un journaliste, peu fier de l'article très critique qu'il venait de rédiger sur un livre dénonçant les connivence entre journalistes, tandis que tel autre, avec quelques regrets, reconnaissait que son indépendance d'esprit «lui avait coûté très cher».Des journalistes diront sans doute qu'il existe nombre de livres de journalistes sur la presse.Mais, le plus souvent, ces ouvrages, écrits par des journalistes «connus», s'inscrivent sans problèmes dans le travail d'au-tocélébration du journalisme, quand ce n'est pas du journaliste lui-même: ils racontent des potins et des anecdotes, décrivent sans risques les coulisses de l'information et, en définitive, visent à satisfaire la curiosité superficielle des lecteurs.Ces livres sont liés à l'actualité et sont périssables comme elle.D'autres journalistes objecteront que la presse magazine ne manque pas de programmer au moins une fois par an un numéro dans lequel elle s'interroge gravement sur les dérives de l'information et se demande «s'il faut ou non brûler les journalistes?» (on imagine la réponse).En fait, toute celle littérature, à laquelle on pourrait ajouter les livres d'universitaires qui prétendent penser les médias ou la communication, est peu dérangeante et ne fait guère progresser la réflexion sur les pratiques réelles du mieux journalistique.Des livres «journalistiquement incorrects» Les livres les plus intéressants et les plus éclairants sur le journalisme, ceux qui peuvent conduire à de réelles transformations sont nécessairement ceux qui sont le plus journalistiquement incorrects et qui sont souvent, pour cette raison même, largement ignorés par la presse (du moins par les rédactions en chef) lors même qu'ils sont lus avidement par des journalistes.Il s'agit de livres qui s'interrogent moins sur les rapports convenus entre les médias et la démocratie que sur les conditions concrètes dans lesquelles s'exerce(ent) aujourd'hui le(s) métier(s) de journaliste.Ces livres existent mais ils se perdent dans une production journalistique de plus en plus pléthorique parce que particulièrement rentable économiquement.|e donnerais sans remords les livres écrits par tous les journalistes connus qui vendent, année après année, leurs souvenirs stéréotypés, les états d'âme de leur ego surdimensionné ou leurs analyses aussi changeantes que les courants dominants qui les inspirent, pour un seul de ces livres écrits par des journalistes courageux qui prennent des risques en prenant leur milieu professionnel pour objet d'enquête mais qui nous en disent beaucoup plus sur le fonctionnement réel de la presse.[.] Bien qu'utiles et nécessaires, ces ouvrages de journalistes isolés et courageux ne suffisent pas.L'analyse en profondeur de l'univers journalistique franchira sans doute un seuil décisif lorsque pourra s'instaurer une collaboration active et confiante entre journalistes et sociologues.Une telle rencontre est très improbable, en partie parce que bon nombre de journalistes qui appartiennent à «l'élite de la profession» travaillent, de manière irresponsable, à ce qu'il en soit ainsi.Et, de plus, tous les sociologues autoproclamés ne sont pas les plus ajustés à une telle entreprise.Pour comprendre ceux qui font le journalisme et ce que le journalisme fait au monde social, on a moins besoin de «sociologue de la communication» ou de «médiologues», qui ne sont, bien souvent, que des doublures savantes des journalistes, que de modestes sociologues de travail qui étudient les conditions sociales et techniques dans lesquelles les journalistes produisent.De tels livres commencent à exister et à faire leur chemin, même si la presse tend à les ignorer.C'est le cas, exemplaire, de ces deux livres d'«entretiens assistés par sociologue» qui ont été réalisés, par des journalistes, sous la direction du sociologue Alain Accardo journalistes au quotidien et \ournalistes précaires, tous les deux publiés à Bordeaux aux éditions du Mascaret en 1995 et 1998).L'enquête, patiemment menée auprès de ceux que l'on pourrait appeler «les soutiers de l'information», apporte des analyses et des témoignages de premier ordre.On y voit notamment comment, progressivement, le secteur médiatique est gagné, à son tour, par le néolibéralisme et comment l'information tend à être de plus en plus sous-traitée à des journalistes précaires corvéables à merci qui travaillent à façon et fabriquent une information sur commande.Il existe, dira-t-on, des «médiateurs» un peu partout aujourd'hui, qui sont désignés es qualités par certains supports de presse.Mais ces journalistes remplissent une fonction pour le moins ambiguë qui consiste bien souvent à faire ce qu'on pourrait appeler de la «critique d'autocélébration» ou de «l'autocélébration critique».Ils ont peu à voir avec tous ceux que l'on vient d'évoquer, ne serait-ce que parce que ces derniers doivent souvent payer le prix fort à la profession pour ce qui est perçu comme une trahison.Il leur faut prendre, pour publier, un nom d'emprunt s'ils veulent continuer à exercer.Ou alors ils doivent quitter le métier et vivre de leurs seuls livres, lorsqu'ils le peuvent, c'est-à-dire rarement.Certains sont au chômage, d'autres vivent plutôt mal en faisant des piges pour des revues spécialisées, d'autres encore quittent définitivement une profession qu'ils ne connaissent que trop et à laquelle ils ont de plus en plus de mal à s'identifier.N'y a-t-il par là autant de symptômes inquiétants pour l'avenir du journaliste?* PATRICK CHAMPAGNE, SOCIOLOGUE.(REPRODUIT AVEC LE CONCOURS DES INROCKUPTIBLES) Entre Forces armées et Banque royale L'inauguration du Nounavoute par Jean Morissef* «Le Canada, qui a été établi dans un esprit de collaboration, de démocratie et de paix, poursuit son évolution avec cette réalisation unique: la création du Nunavut.» Gouvernement du Canada Pour tous les observateurs, journalistes et invités divers, conviés à Iqalouite (ex-Frobisher Bay) afin de participer à l'inauguration du Nounavoute, une surprise nous attendait.Spécialement aéroporté de la base de Bagotville pour la circonstance, c'est un contingent des forces armées canadiennes qui nous recevait, en imposant un contrôle aussi strict qu'inattendu, pour nous autorisera passer d'un hangar à l'autre, d'un événement à l'autre.De plus, ce fut la Banque royale |Manikakvik, en Innoutitoutel qui de loin constituera l'organisme-clef ayant commandité aussi bien les célébrations juridico-politiques que le gala exceptionnel qui aura été offert.Avec le milliard de dollars, étalé sur une période de 14' ans, attribué dans le cadre de la «Loi sur le Nunavut» et l'«Accord sur les revendications territoriales» (1993), on peut comprendre l'importance des intérêts financiers impliqués.Mais pourquoi donc fallait-il une telle présence des Forces armées venues entourer ce que laan Amaroualik aura appelé «l'entrée pacifique du Nounavoute dans la Confédération»?Évidemment, ce n'est pas une première Symboliquement ou autrement, les forces armées ont toujours été présentes pour aider à provincialiser le Nord-Ouest, depuis les guerres menées contre Métis et Autochtones, au siècle dernier, jusqu'à la création du Territoire du Yukon.Mais ce n'est pas tout.Derrière le Nounavoute, il y a un Rie! qui sommeille et qui s'est retrouvé au bout d'une corde, si bien que d'autres traditions militaires veillent depuis longtemps dans ce «royaume de paix» qui nous est si généreusement imparti.Au cours des années 1960, quiconque «montait» dans l'Arctique sans trop de préparation initiale se voyait confronté en effet à une réalité imprévue.Le territoire en entier apparaissait comme une espèce de vaisseau de guerre de l'amirauté, ancré à perpétuité sur le socle géologique et sous la gouverne des old boys de l'Empire.Mais pourquoi donc?Le danger inhérent à cette géographie démesurée, bien sûr! Et aussi la vastitude d'un territoire, sa rudesse et sa sévérité, lesquels semblaient constituer un lieu idéal d'entraînement moral et de dépassement métaphysique pour l'anglo-saxon et son fardeau spirituel: civiliser le primitif et l'assimiler aux valeurs de la supériorité occidentale.À titre comparatif, compte tenu de ses pingouins, sa faune marine et ses icebergs tabulaires comme seules ressources aborigènes, l'Antarctique permettait alors de mousser encore plus la grandeur de tout explorateur britannique qui se retrouvait libre et seul à planter son drapeau sur le faîte d'un nunatak, bien à l'abri de toute autre compétition anthropologique.Mais dans l'Arctique, il en allait différement et la chose était plus délicate.Beaucoup plus.Sur les Isles de Baffin, d'Ellesmere et ailleurs, il n'y avait pas que des pingouins gentils et inoffensifs sur le vaisseau impérial de la terre sans arbres: on y trouvait aussi des Esquimaux (mot algonquien francisé, soit dit en passant).Que faire, donc, avec cette présence incongrue?|e me souviens d'un texte de l'époque qui disait tout.«Does the Eskimo need the Arctic, or does the Arctic need the Eskimo?* Poser la question en ces termes, c'était déjà y répondre.L'Arctique s'avérait un territoire colonial pérenne qui, à vrai dire, n'avait pas besoin d'être habité pour devenir britannique.Puisque le pays était déjà occupé, cependant, aussi bien faire de ses habitants insolites et uniques, mangeurs exclusifs de viande crue sur la planète, les plus grandioses pupilles de sa Majesté, dont le courage d'être ne pouvait que déteindre sur l'esprit des administrateurs coloniaux.C'est ainsi que, tout comme les «Sauvages», les Acadiens et Canadiens(-Français), un siècle ou deux plus tôt, chaque Esquimau devint sujet britannique, citoyen du Dominion, jouissant du droit inhérent à devenir «Canadian».C'est aux modalités ultimes de ce processus que nous avons assisté, le Ier avril.Pourquoi un «territoire» plutôt qu'une «province», s'est-on fait demander?C'est que la tradition «canadian» de pacification et de développement a déjà fait ses preuves: transformer, dans un premier temps, la terre en territoire sous traité; puis, dans un second temps, noyer les populations d'origine sous la venue de nouveaux colons et, une fois ce processus bien accompli, établir une province.Dans l'Arctique, la constitution du Nounavoute aura suivi un cours à la fois semblable et différent: celui de la transformation de chaque Esquimau en Inuk chargé, en tant que sujet «canadian», d'administrer son propre territoire et ce, à la fois comme Aborigène et comme Settler ou colon.Il s'agit d'un régime politique non ethnique, a-t-on répété à satiété Tout à fait.C'est ainsi qu'une nouvelle couronne royale est apparue dans le paysage politique pan-canadien: la couronne esquimaude ou inouite.C'est là un tour de force dont on n'a pas fini de mesurer l'ampleur.Les Esquimaux ou Inouites, en tant que résidents non-ethniques de leur propre territoire, sont devenus dépositaires et gestionnaires de la Couronne britannique et de ses institutions, en échange de leur souveraineté et d'une impossible auto-détermination.Existait-il un autre choix pour une population de quelque 25 000 habitants sur un territoire de quelque 2 millions de kilomètres carrés?À chacun de juger II y a là une force symbolique qui emporte l'adhésion Quoi qu'il en soit, et en face même de son voisin — la Groënlande —, le Québec se retrouve soudain, depuis le Ier avril, avec un second voisin dûment constitué, le Nounavoute ou Nunavut.* IEAN MORISSET.GÉOGRAPHE ET VOYAGEUR i 1 iir Le Couac mai 1999, page 6 Méditons là-dessus Rassurez-vous bonnes gens, la guerre ne saurait durer.Pour rétablir la paix en Europe et «prévenir un Kosovo au Québec!», il suffit en effet de mettre sur pied un «groupe créateur de cohérence» qui, au moyen de la méditation transcendantale et du vol yogique, rééquilibrera la planète.Le Parti de la loi naturelle du Québec (PLNQ) proposait même par voie de communiqué, le 14 avril dernier, l'instauration d'un programme de création d'emplois pour recruter des membres.Avec l'équivalent de seulement 5% des forces militaires canadiennes, le plusss beau pays au monde deviendrait enfin invincible.Et le O Canada deviendrait le mantra d'une armée devenue sage en passant du garde-à-vous au lotus.Fausse joie Paul Martin jure ses grands dieux qu'il n'a jamais dit que les banquiers canadiens «sont tous des menteurs», contrairement à ce que rapporte un journaliste du Toronto Star dans son nouveau bouquin.Dommage, nous, on commençait à le trouver cool, le ministre des Finances.Survivants de Tchernobyl Prédit par certains, impensable pour la plupart, le désastre a pourtant eu lieu.Tchernobyl, 24 avril 1986, explosion d'un réacteur de centrale nucléaire Combien de cancers?Combien d'enfants mal formés?Combien de morts?Depuis plus de douze ans, les rapports s'accumulent, sans que nul ne soit encore en mesure d'évaluer le nombre de vies sacrifiées.Pour la première fois, les victimes parlent, avec leurs mots et leurs images, leurs questions et leurs désillusions, dont on doit la fidèle retranscription à Svetlana Alexievitch, écrivain et journaliste biélorusse.Son ouvrage, La Supplication, vient d'être traduit en français.Elles disent ce qu'elles ont vu, ce qu'elles vivent, ces victimes de l'impensable, ou plutôt de l'impensé.Elles sortent de l'anonymat et l'on frémit au récit de leurs souffrances.Des témoignages d'un autre monde: celui de Valentina Timofeïevna Panassevitch, épouse d'un liquidateur, mort, ou celui de Larissa Z., mère d'une petite fille née sans anus ni vagin, ou encore ceux d'Igor Litvine, pilote d'hélicoptère, et de ces dizaines d'autres, médecins, instituteurs, simples villageois.Ils vivent ou vivaient à Minsk, à Pripiat.à Gomel — 485 villages furent détruits, dont 70 enterrés à tout jamais.Quant aux enfants, ils parlent désormais de la mort plus que de la vie.ils «jouent» à la mort, et leurs rêves comme leurs jeux sont hantés par l'accident.On y lit des récits de responsables, comme celui de Vassili Borrisovitch Nesterenko, ancien directeur de l'Institut de l'énergie nucléaire de l'Académie des sciences de Biélorussie, qui raconte toutes les fins de non-recevoir qu'on lui a opposées et sa mise à l'écart, parce qu'il tentait désespérément de faire entendre la vérité.Il rappelle ses communications téléphoniques coupées, les masques de protection non utilisés, la manipulation des chiffres, la confiscation des appareils de contrôle des radiations.Nul ne peu' rester indemne à la lecture de ces tranches de vie.DOMINIQUE CHOUCHAN (Le Monde diplomatique) Profits spatiaux L'astronaute Julie Payette s'en va dans l'espace.Un petit pas pour la femme, de gros profits pour l'industrie aéronautique.Mondanités Le député d'Outremont Martin Cauchon a été vu causant avec Pierre S.Pettigrew à la première de Dralion.le nouveau spectacle du Cirque du soleil.Tous ont été satisfaits de voir que le Cauchon trouve toujours sa cochonne.LUTTE 3 LA PAUVRETÉ : L£S JUGES OB-TrSHNEMT (7% P'AUG»MEMTAT10N.Ë£LLE N/^SÈÏ^N CAUSZ Œ MATIN ]( M DECENCE / A VtfTREtoNNEUR?KiES PIRES.,• ) La Tête à Papineau Théâtre Cette œuvre théâtrale constitue une page de l'histoire politique du Québec.Une page d'histoire écrite de façon extrêmement vivante par un auteur doté d'un sens incomparable du ridicule et de l'anecdote significative, par un auteur spécialement sensible à la portée des événements lourds de conséquence survenus en 1837.Jean-Marc Brurtct LA TÊTE À PAPINEAU Dram* Hùttriif It's trachitti- iilt/itfne\ maul nnii,' «M-Jtfi Jt IHJ7 m /a" 124 pages / 14,95$ Les Éditions Varia C P 35040.CSP Fleury, Montreal (QC) H2C 3K4 Tel (S 14) 389 8448-Teléc (514) 389-0128 courriel : vanatgmicrotcc.net i rnm&k.' Internet www.varia.coin Visitez notre site web www.lecouac.net Réponses au couizze: a -9 p 3 -ç.a -P "auâepjg-apuejo ap nea.p samâediuoD sa] jed asod aia e ajsaâ 3D '3 -£ 'g -1 g -| Alimentation Jean Leclerc, grand chef des Biscuits Leclerc et des nouvelles céréales «Les p'tits bonjours» affirme: «Le marché des céréales est un marché de pur marketing, de figurines à offrir à l'intérieur des boîtes, de concours, de gadgets et autres » (La Presse.7-4) Alors toutes les fibres que vous ajoutez, c'est pour faire chier du fric?P ub licite Sauvage mm Partout en ville 4551, boulevard Saint-Laurent, Montréal, Qc, H2T 1R2 Téléphone: (514) 286-0469 / Fax (514) 286-0250 POUR S'ABONNER Un d r * ' d'oiseau Le C*uac Les dix premiers abonnés pour deux ans du mois de mai recevront en cadeau un coffret de la trilogie de l'île aux Coudres de Pierre Perrault (ONF).Une valeur de 70 $ chacun.Faites vite! (514) 274-5468 • (800) 361-1431 PERIODICA 1155, avenue Ducharme, Outremont (Québec) H2V IE2 • Abonnement d'un an : 25 $ + taxes = 28,76 $ • Abonnement de deux ans : 45 $ + taxes = 51,76 $ • Abonnement institutionnel et de soutien : 50 $ + taxes = 57,51 $ • Abonnement d'un an à l'étranger : 40 $ Nom Adresse Code postal .Téléphone.Le couizze du Couac Sus aux suceurs d'eau! Le Québec étant peuplé de batraciens, ces derniers se réjouiront d'en apprendre plus sur leur milieu de vie: l'eau! Quelques notions élémentaires pour commencer.Le Québec possède 3% de toute l'eau douce du monde et les Québécois disposent d'un volume d'eau douce par habitant sept fois et demi plus élevé que la moyenne mondiale.La réalité planétaire est tout autre: l'eau a beau recouvrir 70% de la surface de la planète, l'eau douce accessible ne représente que 0,01% de toute la ressource.Le reste est divisé en 95% d'eau salée et 4,99% d'eau douce peu accessible située dans les calottes glaciaires et dans les nappes souterraines.Avec l'augmentation de la désertification et de la population mondiale, les changements climatiques, l'industrialisation et son corollaire, la pollution, l'eau douce se fait de plus en plus rare et précieuse.Il y a actuellement 1,4 milliard de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable et leur nombre risque de passer à 3,2 milliards en 2020 si rien n'est fait En termes concrets, l'eau douce vaut son pesant d'or et le Québec en est généreusement pourvu.Est-il besoin d'ajouter que cette situation de rareté excite la fibre capitaliste de plusieurs entrepreneurs d'ici comme d'ailleurs?Voici quelques petites questions qui permettront aux plus dégourdis d'entre vous de mieux cerner les enjeux de l'eau au Québec.I-11 n'y a pas si longtemps, la Ville de Montréal songeait à privatiser son réseau de distribution d'eau potable, et ce, même si l'eau qu'elle produit est une des moins chères du monde, qu'elle est d'excellente qualité et que l'expertise de gestion municipale est mondialement reconnue.Un document ministériel intitulé «Proposition d'un modèle québécois de privatisation des services d'eaux» explique pourquoi il faut privatiser les aqueducs du Québec Quels sont les arguments invoqués dans le document en question?A) Donner un meilleur service d'approvisionnement en eau aux citoyens et leur fournir une eau de qualité supérieure.B) Aider les firmes de génie conseil et de construction québécoises qui vivent présentement des temps difficiles à acquérir une expertise qu'elles pourraient ensuite exporter à l'étranger.C) Diminuer le coût de traitement et de distribution de l'eau potable.D) Privatiser l'eau pour diversifier le rôle des aqueducs du Québec.Par exemple en y faisant transiter du Coke, de l'eau minérale ou du jus, selon les jours.E) Aucune de ces réponses.2- Les chefs de file mondiaux en matière de gestion municipale de l'eau sont des compagnies françaises.Trois compagnies pas très nettes forment ce que l'on pourrait appeler le triumverrat de l'eau.Il s'agit de Vivendi (ex-Générale des eaux), de Suez-Lyonnaise des eaux et du groupe Bouygues.Laquelle des affirmations suivantes est vraie?A) Le chiffre d'affaires combiné de ces trois compagnies était de plus de 77 milliards $ américains en 1997.B) Ces compagnies sont présentes au Québec où elles gèrent déjà des usines d'eau en plus d'être présentes dans plusieurs domaines tels que la construction et la production d'énergie.C) En 1997, Vivendi était la centième plus grosse entreprise au monde et Suez Lyonnaise des eaux, la 75 e D) Ces trois compagnies sont très diversifiées.En France, elles sont présentes dans les services de santé, les télécommunications, l'édition, le cinéma, la télévision, les travaux publics, la gestion de déchets, la production d'énergie et.l'espace nous manque pour continuer la liste.E) Toutes ces réponses.3- Les compagnies françaises de l'eau ont de nombreux problèmes d'éthique.Elles ont été condamnées à payer des amendes et certains de leurs dirigeants ont été emprisonnés.Lequel des comportements douteux suivants ne peut leur être attribué?A) Interventions de l'armée en Guinée pour arracher des branchements d'eau illégaux ou pour couper l'eau en cas de non paiement.B) Augmentations faramineuses des prix de l'eau en France.Un exemple, celui de Grenoble où le prix de l'eau a presque triplé entre 1989 et 1995.à la suite de la privatisation.C) En 1992, elles ont coupé l'eau à 21 000 ménages qui étaient incapables de payer leur facture d'eau.D) À Buenos Aires, la Lyonnaise a décidé de peindre de couleurs vives le trottoir devant les maisons des mauvais payeurs afin de les avertir qu'on risquait de leur couper l'eau E) Toutes ces réponses.4- Lequel des projets d'exportation d'eau suivant n'a jamais été formulé au Québec?A) Créer un pipeline sous-marin qui permettrait d'acheminer l'eau par gravité à partir de la Côte-Nord du Québec jusqu'en France, en Grande-Bretagne ou en Afrique.B) Exporter l'eau du Québec dans des super pétroliers dont les cales auraient préalablement été recouvertes d'une immense gaine plastique que l'on pourrait qualifier de méga condom.C) Remorquer des icebergs.D) Exporter les nuages québécois n'importe où en Afrique grâce à des ventilateurs géants fixés sur des avions fabriqués par Bombardier.E) le ne sais pas.5- À quoi devrait-on réfléchir avant d'exporter de grandes quantités d'eau du Québec?A) Pourquoi réfléchir, y'a une piasse à faire s'tie! B) À la façon de calculer le prix maximum que l'on peut charger pour un litre d'eau.C) À ce qui s'est produit avec la mer d'Aral dont la superficie a diminué de moitié après qu'on ait détourné une partie de l'eau des fleuves qui l'alimentaient.D) Au fait que dès qu'il y aura eu un précédent d'exportation d'eau en vrac à partir du Canada, l'eau sera considéré comme un bien de commerce et devra circuler librement entre le Canada et Les États-Unis conformément à ce que dit l'Accord de libre-échange.E) C et D.(Pssit! Vous voulez un tuyaux?La bonne réponse est celle-ci.) 6- Les politiciens du Québec se sont montrés favorables à l'idée d'aider les firmes d'ingénieurs d'ici à exporter le savoir-faire québécois en matière de gestion de l'eau (savoir-faire qu'elles ne possèdent pas!).Comment cette idée a pu naître dans le cerveau de nos décideurs?A) Le quoi de nos décideurs! ! ! B) C'est un des grands mystères de la vie.C) Ce miracle a été rendu possible grâce à l'intervention de léju de Najareth.D) Peut-être que le lobbying n'est pas une abstraction et peut-être que la présence d'anciens ministres québécois comme Pierre-Marc lohnson et Guy Saint-Pierre sur le conseil d'administration de la SNC-Lavalin ne nuit pas pour trouver l'oreille des décideurs?Idem pour la présence, à l'époque, toujours chez SNC-Lavalin, de lean Doré à titre de consultant et celle d'Yvon Lamarre (ancien directeur du comité exécutif sous lean Drapeau) à titre de conseiller principal.E) C'était quoi la question?FRANÇOIS PATENAUDE Le Couac, mai 1999, page 7 Exit Marcel Saint-Germain vient de rédiger un essai qu'a signé Charles Sirois, président de Téléglobe et moumoute bouclée de Jean Charest.Dans les années 60 et 70, l'ex-Cynique combattait l'obscurantisme, mais il est aujourd'hui devenu nègre blanc d'Amérique.Une étude de la Chaire d'études socio-économiques Les cartes de crédit des grands magasins Pourquoi les grands magasins font-ils tant la promotion de leurs cartes de crédit?En général, ils bénéficient grâce à elles de taux d'intérêt d'au moins 10% plus élevés que ceux des banques.La vieille Compagnie de la Baie d'Hudson l'a compris depuis longtemps Pour ses magasins Zellers et La Baie, les affaires de crédit sont désormais plus profitables que la vente de produits au détail, révèle Gino Lambert de la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM.Dans un récent numéro du Taon dans la cité, le bulletin de la Chaire, Gino Lambert se livre à une analyse serrée du cas de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dont les activités commerciales remontent à 1670.«Le principal secteur d'activités de la Compagnie de la Baie d'Hudson étant la vente au détail, il est étonnant de constater que les bénéfices qu'elle tire de ses activités de crédit dépassent [maintenant! ceux qui découlent de la vente de biens.Plus précisément, les bénéfices réalisés sur ses activités de crédit constituaient 71% de ses bénéfices totaux avant impôt pour l'année 1995, et 43% en 1996.» Que signifie pour un individu, en pratique, les taux de crédit astronomiques que pratiquent Zellers et La Baie, les deux entreprises de tête de la Compagnie de la Baie d'Hudson?Gino Lambert donne un exemple saisissant.«Une somme de 500$ contractée sur une carte de crédit de la Baie d'Hudson obligerait le client à effectuer 80 paiements minimums (6,67 ans) pour rembourser le prêt, incluant des frais d'intérêt de 489$ qui représentent 98% de la somme empruntée.Dans ce cas, le client débourse presque la même somme en frais d'intérêt que la somme empruntée.» Et l'affaire se complique quand les sommes sont plus élevées «Pour un financement de 1000$ contracté sur cette même carte, un individu devrait payer 1197$ en frais de financement sur un total de 120 paiements 110 ans)», ce qui représente 120% de la somme empruntée! Pour les grands magasins, l'émission de cartes de crédit se révèle une affaire en or.P.C.Paul Martin s'en prend à Paul Martin ! Le parlement canadien a adopté, le 23 mars dernier, en troisième lecture, la motion M-239 soumise par le néo-démocrate Lorn Nymstrom, demandant au gouvernement canadien de "décréter une taxe sur les transactions financières de concert avec la communauté internationale" [Le Couac !, avril 1999, p 4).Le Canada devient ainsi le premier pays du G-7 à appuyer le principe d'une taxe "Tobin", qui aurait l'heur de gêner le mouvement spéculatif effréné de la "mondialisation", lui qui sévit sur les différentes places boursières du monde et qui maintient en situation d'otages économiques des populations entières.Ceux qui militent pour l'imposition d'une telle taxe, les gens d'ATTAC (www.attac.org) et d'associations diverses, du Brésil à la Russie en passant par le Canada et la France, préconisent la création d'un fonds d'aide aux citoyens à partir des sommes ainsi prélevées.Cette taxe, portée à un taux symbolique de 0,1%, permettrait de gêner les investissements à vocation strictement spéculative sans pour autant nuire aux investissements à long terme, ceux qui se traduisent par des productions tangibles de biens et par la création d'emplois.Il est à noter que la Canada a même vu son ministre des Finances, jamais à cours de bonnes intentions, appuyer personnellement, en troisième lecture, le principe de cette taxe Monsieur Martin, propriétaire de l'empire économique CSL confié à une fiducie indépendante, et présent dans au moins deux pays considérés comme "paradis fiscaux", Monsieur Martin qui en appelait encore, il y a quelques semaines, à un" Conseil de sécurité "financier géré par le FMI et la Banque mondiale, donc géré par ceux-là mêmes qui ont provoqué le chaos économique ô combien intéressé que l'on sait, a cédé tout sourire à la schizophrénie de la bonne conscience.Mais après tout, un seul pas sémantique sépare l'Internationale de la Mondialisation, on est tout excusé de se méprendre.ALAIN DENEAULT ce ou'on sbut, suce.ou ce cou sans suce Université électrique Grande nouvelle: l'Université de Sherbrooke aura une chaire vouée à l'étude des lignes de transport d'électricité (La Tribune, 16-04).L'institution bénéficie d'une entente avec TransEnergie, une division d'Hydro-Québec vouée au transport d'électricité.L'Hydro s'est engagée à verser 200 000$ chaque année pour la chaire Après une étude approfondie, on découvrira sans doute que la ligne Hertel-des Cantons aurait dû passer au milieu du bureau du recteur de l'Université plutôt que sur des terres agricoles.Soirée du Couac à l'occasion de la sortie du numéro de juin.L'événement aura lieu le 27 mai à I9h30 au Sergent recruteur, 4650, boul.Saint-Laurent à Montréal.François Patenaude présentera la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM et un dossier sur la privatisation de l'eau.ve SX), "mm Homme ( ou owe femme Poup L •Ë.OuitÉ) Gfco$.FoRf taux de cholestegol, -Coud soi MRpiKi: ce.Quèeec! CA FAIT40 ANS.cVU'fL lb -Tond Arasij: ffi// ' qu'ou Moue "TOUD1.er pas um mot des JOURAlAL£UX.PAS UNPÉT.RiENH .& coteau s us1.„,?£MpAMr ou oM se FArr 'fèié.QuAŒie&JceuRs et CAPiO C4M-NA-B4,,, faut Ploe que c'est LEUO STEAK QU'ILS DEPENDENT TOUS NOS joUQMALEUX.(Sévir Surtout pams , Votre': A.lI\/«e-B, Film C.DiôQUÊ ( au choix) EST ?£»4pa»JT C£ TEMP5.AiLlEUtfC., PLUS SAS.MA CMoUETTe,Si TU VÉUX-.A.Ui4 60dQUuJ B.PÉSBimers ou c.umc.d.û%tfO>< SI SC\ sur L'EISTEQPR&E.cesr éxt«A!.„ Les et.MiSSdiSEMT L6S ViLAiMÔ pas eeAux er ils sious ' - lient même Les .RA£SUROMS-UOU£, LES JOU«rJALEUX M'AUQOIT eiEtsJTÔT PLUS A' fAtaEC PAM6 UEUP.FOOC Tour-eer-CALME-• e»\VEs-âEvlS- tfous ferons a4 «eMecciee la F.P.IC.lA FéPéPATiOKi des ppoducteups ce 3oubmAleux a IA com _ Poue -sa couTCiBuTi'o»i.^économie pour tous: 9/12 Une proposition libertaire: Péconopar (1/4) À l'heure qu'il est, la plupart des économistes vous diront qu'il n'y a, pour l'essentiel, que deux manières de concevoir la production, la consommation et l'allocation — en un mot, les différentes fonctions que remplit une économie Et qu'entre ces deux manières de faire, l'Histoire a tranché.La première est l'économie planifiée, avec quelques variantes.Celle-ci a été tentée en ce siècle pourri, avec des résultats désastreux.Voyez l'URSS.Voyez la Pologne.Voyez tous ces pays qui ont été soumis à la planification centrale.Résultats calamiteux, sur le plan économique autant qu'humain.La deuxième solution est l'économie de marché.Plusieurs observateurs de bonne foi conviendront qu'elle présente certainement des défauts (inégalités, chômage, mauvaise utilisation des ressources, «externalisation» et ainsi de suite) mais ils ajouteront qu'au moins elle fonctionne.Et conclueront que ce n'est pas pour rien que tous les pays l'ont adoptée — tous les pays, ou peu s'en faut.Car de ce qui précède, l'immense majorité des économistes concluent qu'il n'y a pas de troisième voie.Ou les Économies planifiées ou les Économies de marché, il n'y a pas à sortir de là.Les plus progressistes d'entre les économistes souhaitent seulement socialiser quelque peu l'économie de marché et corriger, par divers moyens Jes défauts qu'elle engendre.Bref: mettre un peu de graisse de l'État dans les rouages du marché, voilà, vous avez compris.Au total?Nous sommes en 1999 après f.-Ç.et toute la planète de la théorie et de la pratique économique est occupée par l'économie de marché.Toute?Non.Car une poignée d'irréductibles anars résistent encore et toujours à l'envahisseur.Ceux-ci concèdent que les économies planifiées sont déplorables - et même ils en rajoutent sur les critiques que les économistes leur adressent d'habitude; mais ils persistent à penser qu'on peut faire mieux que l'économie de marché, dont les défauts leur semblent eux aussi intolérables.Pour ces penseurs, une économie de planification centrale est déficiente en plus de favoriser la montée d'une classe dominante de dirigeants — intellectuels, experts, hauts-gradés du Parti — volontiers appelée les coordonateurs.Mais l'économie de marché est elle aussi déplorable.En fait elle repose sur une institution, le marché, qui est tenue pour une des pires créations de l'humanité, quelque chose dont la structure et la dynamique garantit la création d'une longue série de maux, qui vont de l'aliénation à des comportements et des attitudes antisociaux en passant par une répartition injuste des richesses et des inégalités extraordinaires.Ces théoriciens insistent: on peut faire mieux.On doit donc faire mieux.Leur potion magique?C'est ce que vous raconteront les quatre prochaines chroniques, qui se proposent de vous présenter quelques unes de leurs idées.Mais d'abord, de qui et de quoi s'agit-il?le vous présente Robin Hahnel, professeur d'économie à l'université de Washington et Michael Albert, activiste américain bien connu.Tous deux ont proposé, à partir de 1991.un modèle économique qu'ils ont appelé Participatory Economies ou Parecon — ce que je rendrai ici par Éconopar.Il s'agit d'un projet très ambitieux visant rien de moins que concevoir et rendre possible la mise en oeuvre d'institutions économiques, mais dans le respect de certaines valeurs dont les auteurs affirment qu'elles sont précisément celles que la gauche, pour l'essentiel, a de tout temps jugées fondamentales.Plus précisément, l'ambition de ce modèle est la suivante: «Nous cherchons à définir une économie qui distribue de manière équitable les obligations et les bénéfices du travail social; qui assure l'implication des membres dans les prises de décision à proportion des effets que ces décisions ont sur eux; qui développe le potentiel humain pour la créativité, la coopération et l'empathie; et qui utilise de manière efficiente les ressources humaines et naturelles dans ce monde que nous habitons — un monde écologique où se croisent de complexes réseaux d'effets privés et publics.En un mot: nous souhaitons une économie équitable et efficiente qui promeuve l'autogestion, la solidarité et la variété dans le monde réel que nous habitons».Au total, l'Éconopar propose un modèle économique dont sont bannis le marché (en tant qu'institution régulant les rapports économiques), la hiérarchie du travail et le profit.Résumons-nous.Entre économie de marché et économie de planification centrale, l'Histoire aurait tranché.Nous en serions ainsi arrivés à ce que d'aucuns appellent la Fin de l'Histoire — défense de rigoler Quelques irréductibles persistent à penser qu'il n'y a aucune raison d'accepter le sordide dilemme.Inspirés notamment par les expériences et les idées libertaires en économie, Robin et Hahnel avancent une proposition fort élaborée grâce à laquelle nous pourrions produire, consommer et allouer des ressources de manière équitable, efficiente, avec des résultats variés obtenus dans l'autogestion la plus poussée possible.Bref: une économie démocratique, participative, où il n'y aurait ni marché, ni planification centrale, ni hiérachie du travail, ni profit.Est-ce possible?Et alors comment ça marche, concrètement?L'a-ton essayé quelque part?Avec quels résultats?C'est ce que nous verrons les prochaines fois.RAYMOND-LA-SCIENCE Michael Albert et Robin Hahnel, The Political Economy of Participatory Economics, Princeton University Press, 1991.Visitez notre site web www.lecouac.net Le Couac, mai 1999.page 8 Gourou lames Redfieid, auteur de La prophétie des Andes, étonne II pense que «l'époque des gourous est terminée» {Dernière heure.17-04).Cependant, il insiste tout de suite sur la haute valeur de sa sauce spirituelle à lui: grâce à La prophétie des Andes, dit-il, «tout peut devenir plus facile».C'est plus fort que moi- moins il y a de gourous et plus je suis heureux de voir que je suis le seul valable.U60UV6RNWeNT CANADIEN S'£*CUSANT AUPRÈS OU PREIAIEKWNISTRE CHINOIS POURl'AFFAlRt DU DRAPEAU mtlM.On s'en fout Roch Voisine vient de lancer un nouvel album.Vie de couple Des esprits mal tournés auraient souhaité que René Angelil soit atteint d'une MTS juste pour faire d'une pierre deux coups.Exode des cerveaux Les bombes intelligentes trouvent d'excellentes conditions de travail au Kosovo.Le carnet mondain des lèche-culs Le Couac invite les citoyens du Kosovo à observer une minute de silence en l'honneur de Wayne Gretsky Débile Penelope McQuade, perruche causant culture au canal 10, affirme au sujet du spectacle I've Got a Crush On You: «C'est complètement débile.le genre de show qui me fait tripper.» Si la débilité la fait tripper, qu'est-ce que ça doit être quand elle se regarde à la télé.Crime contre l'humanité Cher veut adopter un enfant du Kosovo.(Échos Vedettes.24-04) Rapport Proulx 25 ans de travail en perspective pour les militants laïques Eglise de Sainte-Cunégonde, Montréal, dimanche de Pâques, histoire vraie: «Chers fidèles, nous allons maintenant prier pour la paix au Kosovo et pour que la religion ne sorte pas des écoles.» L'humanité serait donc aux prises avec deux fléaux justifiant l'appel au divin créateur: le nationalisme serbe qui a fait des dizaines de milliers de morts depuis cinq ans, et un rapport proposant de laïciser l'enseignement religieux dans les écoles du Québec.Si les confessionnalistes au autres bigots s'en tenaient aux prièeres pour défendre leur cause, on n'aurait pas trop à craindre pour le respect des droits humains.Mais devant la menace d'abrogation de leurs privileges discriminatoires au profit du rétablissement des droits fondamentaux dans les écoles, nos bigots ne se contentent plus du chapelet: curés, évêques et responsables diocésains mobilisent leurs ouailles, pa-quetent des assemblées à l'eau bénite pour dénoncer le rapport diabolique et convoquent les journalistes qui n'y voient que du feu L'opération réactionnaire est à mettre au même rang que les autres gestes antidémocratiques qui parsèment les 150 ans de domination exercée par le clergé catholique sur l'éducation au Québec: guerre des éteignoirs, lutte contre l'école obligatoire et gratuite, abolition du ministère de l'instruction publique, ségrégation confessionnelle, clause nonobstant, sans parler des orphelins de Duplessis.Le bon côté du rapport Proulx, c'est qu'il cherche à mettre un terme à cette tutelle de l'Église catholique sur le système scolaire.Et c'est ce qui affole les confessionnalistes qui n'ont jamais su comprendre les principes de la démocratie républicaine.Le problème que pose ce rapport, c'est qu'il pourrait s'avérer d'une portée bien timide.L'instauration d'un enseignement culturel des religions, obligatoire pour tous, concède une importance démesurée à la dimension religieuse dans le curriculum scolaire alors que les lacunes en culture scientifique sont beaucoup plus graves que l'ignorance de l'histoire des superstitions, Ce cours, a-t-on déjà dit, pourrait même ressemble à l'enseignement religieux protestant! Ou bien les confessionnalistes s'affolent pour rien (ça c'est ceretain), ou bien les laïcistes se font passer un sapin (ça c'est vilain).Le rapport maintient également la pastorale, mais une pastorale multi-confessionnelle et commune animée par un extraterrestre faisant abstraction de ces convictions et habilité à conseiller spirituellement chrétiens, juifs, musulmans, raëlins et hare Krisna.Tout un contrat, ça Monsieur! Bonjour les luttes de clochers pour le contrôle et l'accaparement de ces trop belles tribunes.S'il faut éviter de torpiller l'espoir d'une réforme axée dans la bonne direction et nécessitant l'appui de toutes les forces progressistes, il faut également se garder de considérer que l'affaire est dans la poche.Ce que le rapport Proulx assurer aux militants laïques, c'est un autre 25 ans de travail et de vigilance.DANIEL BARIL » La dictature chrétienne du temps D ans son dernier ouvrage, Stephen lay Gould nous apprend que notre calendrier est à l'origine d'une des plus grandes supercheries chrétiennes.Fêter l'an 2000 ne fait qu'apporter de l'eau au moulin de fin de siècle.Notre calendrier traîne effectivement derrière lui un obscur passé dont les chrétiens n'ont pas de quoi être fiers.À l'origine, le but des calendriers était de déterminer les saisons de chasse et d'agriculture, et les périodes de marées pour la pêche et la navigation.Mais des enjeux géopolitiques et religieux se sont cachés sous cette intention apparemment louable: favoriser l'hégémonie et l'émancipation du christianisme devenait un besoin pour assouvir ses désirs de puissance et de conquête.Imposer sa propre notion du temps comme un dogme n'est-il pas la preuve de la domination de l'Église sur les autres croyances?Cela n'a quand même pas été chose facile pour ces armées de culs-bénis, car Dieu n'a pas régulé méthodiquement l'Univers avec la précision d'un horloger: les trois repères temporels observés dans la nature (jour, lunaison, année) ne sont pas des multiples entiers les uns des autres.L'an 2000, c'est déjà hier\ Des générations entières d'astronomes et de prêtres se sont battues pendant des siècles pour imposer leur propre dictature du temps.Aujourd'hui, notre calendrier est «grégorien»: il est composé d'années bissextiles tous les quatre ans.avec un mois de février à géométrie variables.Mais il y a autant de calendriers qu'il y a de religions, de cultures, voire d'ethnies.Un véritable bordel pour les historiens qui tentent de corréler les agendas entre eux! Dans les régions tropicales, par exemple, les premiers calendriers étaient fondés sur deux saisons uniquement, en alternant saison sèche et saison humide.Notre découpage du temps correspond à notre propre arithmétique, établi sur une base de 10, c'est pratique.Mais les Mayas, qui comptaient peut-être aussi avec leurs pieds, avaient eux une base de 20.Il se trouve que les chrétiens européens ont de tout temps été de bons colonisateurs, ou du moins ont été les plus rapides à développer deux innovations majeures nécessaires à leur soif de pouvoir et de domination: une navigation efficace et la poudre à canon Rien de tel pour faire un bon croyant! Le christianisme ne s'est pas contenté de faire sa loi, il a également produit un mythe stupide concernant le millénium.celui de l'apocalypse, qui devrait tomber comme par hasard tous les 1 000 ans.Cette peur du millénium se mêle aujourd'hui à une hystérie des consciences collectives et génère le plus grand fonds de commerce de tous les temps.Lan 2000, avec ses réveillons et ses voyages organisés, ses t-shirts, ses journaux, et tous ses autres produits dérivés, ça nourrit son homme! Consommez, mes frères, avant qu'il ne soit trop tard! Le plus épatant, c'est que tout le monde est peut-être en train de se planter royalement.L'auteur ne rentre pas dans le débat de savoir s'il faut fêter le passage du IIIe millénaire en 2000 ou 2001, mais il souligne un léger détail: selon la Bible, Hérode, qui gouvernait pendant la naissance de lésus, mourut en l'an 4 avant lésus-Christ! Il y a un problème: lésus n'est pas né en l'an 0 (ou en 01), mais au moins quatre ans auparavant! Non seulement ils ont abusé, mais en plus ils se sont plantés! SÉBASTIEN STEYER (Charlie.n° 344) Stephen lay Gould, Millenium, histoire naturelle et artificielle de ïan 2000, Paris, Seuil, 1998.Monarchies ?Madame-la-reine-qui-règne a l'âge de la retraite depuis un bon moment, l'allure moche, le cheveu gris, l'air sévère et des robes toujours aussi horribles.Mais la bonne dame a le cœur sur la main.Elle est généreuse à souhait.Le Globe and Mail nous apprend en effet qu'elle a, le jeudi Ier avril, donné 73 pièces en argent à des familles méritantes.Pas une de moins, car ce chiffre magique correspond à l'âge de sa belle personne.L'imagine-t-on à 100 ans saigner la couronne par un don pareil?On sent, à terme, la fortune royale menacée par tant de largesses, mais on se félicite, du coup, d'être placé sous l'autorité d'une couronne si débonnaire.?lean Chrétien, premier ministre de sa Majesté, doit songer à nommer un nouveau vice-roi du Canada.Son vieil ami Roméo Leblanc, gouverneur général depuis quatre ans, se dit tout à fait épuisé par ses fonctions (Globe and Mail.02-04).L'ancien président du sénat, aujourd'hui âgé de 71 ans, a un agenda rempli au possible.Un cocktail n'attend pas l'autre.Les déplacements sont nombreux.Après tant d'excès de travail, l'éclat du sourire commence à se ternir un peu.Le pauvre Roméo Leblanc souffre.Il le dit par la voix de son attaché royal, M.Gérard [olivet.Imaginez un peu la triste situation de Roméo: loin de sa luliette et des siens la plupart du temps, il jouit de moins de 65 jours de congés chaque année.À peine sept semaines de plus que la moyenne des Canadiens.Pour un homme de trempe royale, cela s'avère tout à fait inacceptable.Le vice-roi fait par ailleurs observer au public que s'ajoutent, à tous ses devoirs protocolaires, les lourdes fonctions de responsable de l'Ordre du Canada, des prix du gouverneur et de Chef suprême des scouts du Canada.Ce n'est pas rien, en effet.Pour le prochain gouverneur général, il faudrait donc une nature de sportif.Un cœur d'athlète gouverné par une tête dorée En 1994, M.Chrétien avait pensé au hockeyeur lean Béliveau.Pourquoi pas?Mais un gros de la direction des Expos pourrait sans doute tout aussi bien faire l'affaire: dans le milieu royal, il ne s'agit pas de courir vite mais de baiser le pouvoir à temps ?Sa Majesté la reine Elizabeth II vient de punir sa belle-fille, la duchesse de York, mieux connue sous le nom de Fergie La reine a fait mettre en vente, sans la prévenir, la maison de 2,44 millions $ US qu'elle avait mise à sa disposition lors de son mariage avec le prince Andrew.Salope.?Le soldat britannique à la retraite lohn Margerison exige I million de livres en domages et intérêts du ministère de la Défense, car il affirme être devenu sourd en tirant des salves pour célébrer l'anniversaire de la reine.Il n'avait qu'à tirer plus bas.?Depuis 1947, les nouveaux immigrants canadiens portent à peu près le même serment à la monarchie.Lucienne Robillard vient tout simplement de reconduire ce serment afin de ne pas provoquer un débat autour de la reine Elizabeth II.Quelle belle sagesse libérale! Et quelle belle preuve de fidélité envers les grandes valeurs du plus meilleur pays du monde.En toute lettre On annonce la dictée de Véronique.Après Pivot, Véro.Selon le texte de l'annonce Cloutier dictera «en ondes une courte phase (sic)».Est-elle aphrasique?OURS Guerre des mots Les spécialistes en marketing de l'OTAN ont recommandé aux officiels de bien parler de «frappes», car l'appui de la population à l'opération militaire contre la Serbie tombe drastiquement lorsqu'on utilise le mot «bombardements».C'est vraiment à de petits riens qu'on distingue une grande civilisation d'un peuple barbare.Soirée du Couac à l'occasion de la sortie du numéro de juin.L'événement aura lieu le 27 mai à 19h30 au Sergent recruteur, 4650, bout.Saint-Laurent à Montréal.François Patenaude présentera la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM et un dossier sur la privatisation de l'eau.DANS LE CADRE DE SON 60* ANNIVERSAIRE, L'OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA REND HOMMAGE À UN DE SES CINÉASTES PHARES EN PROCÉDANT À L'ÉDITION VIDÉOGRAPHIQUE DE L'ŒUVRE DE Fulgurant Charest, grand analyste, soutient que le PO n'a qu'un seul objectif: la souveraineté (Le Devoir, 24-4).Cet esprit vif promet de révéler sous peu la couleur du cheval blanc de Napoléon.www.lecouac.net Gros bébé )ean-Guy Tremblay, batteur de femmes, refait surface.On reparle de ses anciennes amours: «Enceinte de 22 mois, Chantai Daigle s'est rendue à Boston pour subir son avorte-ment avant même la décision du tribunal.» (journal de Montréal, 01-04) Lavortement est survenu juste à temps: encore 2 mois et la pauvre femme acouchait d'un éléphant./^ïacollection A/IÉJVI * IRE Profitez de l'offre spéciale de lan< du premier coffret de L'ŒUVRE DE PIERRE PERRAULT AU PRIX DE 59,95 $ (prix régulier 69,95 $) •t obtenez un coupon-rabais applicable i l'achat du prochain coffret.Le Fleuve.Offr» vola M» |u«qu '»u 15 |uln 1999.J L'équilibre impossible entre l'identitaire et le cosmopolitisme En pleine crise du Kosovo, cela fait du bien de lire Les Identités meurtrières, l'essai d'Amin Maalouf, cet humaniste au grand cœur.Maalouf a remporté le prix Concourt pour Le Rocher de lanios, en 1993.S'insurgeant contre les identités exclusives, Maalouf, originaire du Liban et habitant à Paris depuis le début des années 70, revendique le droit d'afficher son identité complexe.Il refuse en effet de choisir entre ses diverses identités — libanaise, française, méditerranéenne — et croit au contraire qu'il est plus que temps que nous apprenions à jongler avec nos identités multiples.Il condamne ceux qui, massacreurs en puissance, nous somment de choisir une identité au détriment des autres éléments de nos mosaïques individuelles.Un autre livre, Les Nouvelles Élites de la mondialisation, d'Anne-Catherine Wagner, vient jeter le doute chez le lecteur qui aurait été transporté d'enthousiasme au contact de l'humanisme de Maalouf.D'une facture plus académique, le livre de Wagner est une étude sérieuse effectuée auprès des cadres supérieurs qui ont immigré en France pour travailler dans de grandes entreprises.Il est curieux, à première vue, d'associer cette élite dorée à l'immigration.L'immigration en France renvoie en effet plus souvent qu'autrement à l'image de la banlieue pauvre et déstructurée peuplée de Maghrébins condamnés à l'exclusion.Anne-Catherine Wagner croit qu'il est au contraire essentiel d'étudier l'imaginaire de l'élite économique de la mondialisation qui, au gré des contrats, des fusions et des investissements se déplace d'un pays à l'autre avec une légèreté surprenante.Les membres de cette élite parlent d'ailleurs le langage du cosmopolitisme cher à Amin Maalouf.C'est même en valorisant l'internationalisme et en affichant un mépris pour les débats et les luttes identitaires que ces cadres s'élèvent dans la hiérarchie de l'élite de la mondialisation.Et pourtant, Wagner nous révèle que cette légèreté n'est qu'un vernis, car les membres de l'élite mondiale restent en fait très attachés à leurs racines nationales: même en France, il y a des écoles allemandes et japonaises pour les enfants des cadres allemands ou japonais, l'élite française à l'étranger envoie quant à elle ses enfants dans les lycées français.Les membres de cette élite lisent peu les journaux locaux, préférant continuer à lire les grands quotidiens de leur pays d'origine (par exemple, le Hew Yorè Times ou le Washington Post pour l'Américain déraciné).De plus, «Le modernisme affiché dans l'opposition au nationalisme [par les membres de cette élite mondiale] va de pair avec le conservatisme des positions dans d'autres domaines.En témoignent l'adhésion à une conception traditionnelle de la division du travail entre les sexes, le conservatisme politique et plus généralement l'occultation des conflits sociaux "intra-nationaux"».Sans nier ni la beauté ni la pertinence de son discours humaniste et pluraliste, il est toute de même ironique de constater qu'Amin Maalouf lui-même fait partie en quelque sorte de l'élite de la mondialisation.Il est sans doute plus facile pour Maalouf de parler de cosmopolitisme, alors qu'il est fils d'une riche famille libanaise qui déménage dans le luxueux seizième arrondissement, qui s'intègre à la vie littéraire parisienne et qui remporte même le Goncourt, que pour le jeune arabe qui débarque dans la banlieue marseillaise sans travail, sans argent, sans formation, sans avenir et qui n'a souvent que son identité pour donner sens à sa vie qui n'en a plus.FRANCIS DUPUIS-DÉRI Amin Maalouf, Les Identités meurtrières, Paris, Grasset Anne-Catherine Wagner, Les Nouvelles Élites de la mondialisation, Paris, Presses Universitaires de France Théâtre Révolution au TNM Peut-on encore hurler de plaisir en sortant du théâtre industriel (oh! pardon.institutionnel) de la rue Ste-Catherine?C'est possible avec l'actuelle production de Durocher le milliardaire, pièce écrite et mise en scène par Robert Gravel.Vous avez bien lu.Ce spectacle, d'abord produit par le Nouveau théâtre expérimental (NTE) en 1991, est repris au TNM trois ans après la mort de l'auteur-metteur en scène et a été adapté à la scène par les comédiens eux-mêmes À partir du prétexte d'une équipe de l'ONF venant quémander une aide financière à un milliardaire rencontré dans un avion un an plus tôt, Gravel s'amuse à contredire le dicton : «L'argent ne fait pas le bonheur».Les artistes et la classe moyenne sont décrits comme les victimes d'un complot visant à leur faire accepter leur sort et les riches comme de généreux mécènes, équilibrés et épanouis.Tout est réjouissant dans ce spectacle, du décor excessif de lean Bard, présentant la cour arrière d'un manoir de style Renaissance italienne, avec ses haies démesurées, ses sculptures contemporaines et une piscine centrale où les nageurs se trémoussent au sec, jusqu'à l'absurde de l'utilisation des costumes de Claire Geoffrion, les acteurs étant coiffés de casques de bain pour assister à un repas gastronomique.Et l'on rit aussi bien des clichés primaires sur l'art contemporain, les Noirs, les homosexuels, la Sorbonne, le cinéma, etc., que du ridicule de nos idéaux égalitaires.Les acteurs plongent dans le ludisme et leur plaisir de faire revivre l'univers délirant de Robert Gravel se transforme vite en complicité avec le public.Un public qui doit être prêt à tout, car si l'âme de Gravel plane dans la salle, Dieu, lui, se permet même de descendre sur scène.Révolutions Le NTE, avant d'être récupéré par le TNM, présente ses créations à l'Espace libre où l'on peut voir actuellement la dernière pièce d'Alexis Martin, Révolutions, une réflexion sociopolitique sur l'exploitation des masses par l'appauvrissement linguistique.Alexis Martin a la faculté de bondir là où on l'attend le moins.Après la religion et la culture, le nouveau codirecteur du NTE s'intéresse cette fois à la lutte des classes, sujet peu à la mode entre tous! Mais Revolutions arrive à lier cette préoccupa- tion des années 70 à des questions toujours actuelles comme l'accès à l'éducation.Au-delà de l'apparente hérédité de la pauvreté et d'une société faite par et pour les riches, est-ce que la langue de bois du pouvoir n'est pas aussi conçue pour décourager les pauvres?Est-ce que le Québec d'aujourd'hui ne serait pas linguistiquement aliéné ?C'est la question que se posent trois jeunes adultes d'Hochelaga-Maisonneuve qui décident de faire bouger les choses.Et rassurez-vous, de si graves questions peuvent être abordées avec la joyeuse inventivité du NTE.Parce que faire la révolution, c'est poser des bombes le jour de la Saint-lean, égorger cinquante cochons pour réveiller les consciences endormies, mais aussi, clandestinement, apprendre une à une les pages du dictionnaire pour enfin décoder le complot des instruits contre les ignorants.Le personnage de Robin est le pivot de cette intrigue, et peut-être parce qu'il côtoie tout le monde, il est celui dont la langue présente le plus d'incohérence.On s'étonne de l'entendre demander «oui.et?», plutôt que le " ouin.pis?" que le reste de son discours imposait.Outre ce bémol, Alexis Martin a su mettre dans la bouche de chacun les expressions appropriées, du poète démissionnaire au décrocheur hésitant, en passant par le paysan urbain, les énarques québécois (HECiens?), et la famille ouvrière.Révolutions présente donc une éloquente démonstration de la gamme des niveaux de langue et du pouvoir social des individus selon leur maîtrise du vocabulaire.Ontologiquement parlant, nous sommes tous des foutriquets! Dans son essence même, l'homme est un incapable.C'est en ces termes que l'on aurait pu résumer la morale de Révolutions, si les personnages ne luttaient pas justement pour assurer la résistance! V.T.Durocher le milliardaire Théâtre du Nouveau Monde jusqu'au 15 mai Révolutions Espace libre jusqu'au 8 mai Formulaire absurde Les troupes de théâtre qui souhaitent partir en tournée peuvent demander l'aide du Conseil des arts du Canada.L'idée de remplir le formulaire de demande d'aide («Demande de subvention de tournées de théâtre») leur donne habituellement la nausée, car l'exercice est lourd et laborieux, mais elles n'ont pas le choix.Apparaissent dans le document ces questions absurdes: «Quel répertoire présenterez-vous au cours de cette tournée?Quel lien ex-iste-t-il entre ce répertoire et les régions visitées?» Tiens, c'est vrai, quel lien existe-t-il entre, mettons, Hamlet et Amqui?Rimouski?Matane?C'est fou, mais personne n'y a pensé Réflexions, réflexions.Pour aller déclamer To be or not to be à Matane, il faut qu'il y ait une raison, un lien.Ça ne peut pas se faire gratuitement, comme ça, pour le plaisir.Mais que répondre?Que le crâne sent la crevette?Non, ça ne passera pas.Pourtant, il faut répondre quelque chose, sinon, pas d'argent, pas de tournée.Certains répondront que les gens, peu importe leur lieu de résidence, aiment bien aller au théâtre, qu'ils éprouvent du plaisir à voir des comédiens jouer dans une bonne pièce.C'est juste, mais ça ne répond pas à la question.MDB Dure réalité Edith Butler: «Le showbiz a changé, il y a de la place pour moins d'artistes.» Le Couac, mai 1999, page 9 Un compétiteur de Marilyn Manson «Spectacles: Gilles Vigneault opéré d'urgence.» [\ournal de Montréal, 13-04) Il ne sait plus trop quoi faire pour attirer les jeunes, le pauvre.Vive la télé! Un Québécois sur quatre a regardé le dernier épisode d'Omertà (ie Journal de Montréal, 12-04).Les autres en ont profité pour se faire un gros party, ils ont pris un coup, ils se sont raconté des blagues cochonnes de Roméo Pérusse, Ms se sont défoncés à l'Ecstasy, ils ont fait l'amour tous ensemble, ils ont eu vraiment beaucoup, beaucoup de plaisir, ça a été une fantastique orgie, mais il ne faut pas le dire à ceux qui sont restés chez eux à écouler b télé.Le sommeil de l'ourse Louise Cousineau, divan d'envergure pouvant accommoder plusieurs amateurs de téléromans: «Quoi faire après la fin de 4 et demi et d'Omertà?» (La Presse, 10-04) Entrer en hibernation et se réveiller en septembre lorsque le parfum alléchant d'une belle grosse télécommande bien juteuse vient nous chatouiller le bout du nez."0U Céline annula tous ses concerts! f(ené./bigelila le cancer (Journal de Montréal, 06-04) Ce pauvre, à la gorge, le voici bien atteint.jtfu grand désespoir d'une célèbre câlin.¦Tragédie!'Comment cela est-il arrivé/ Doit-il sa gorge dévastée d avoir tropfunu ?Ûe Maman Dion, a-t-il bouffé trop de pâtés?L'IMAGINATION AU POUVOIR janet Biehl Le municipalisnie libertaire Pierre Kjopotkine Le Municipalisme libertaire par Janet Biehl La solution politique radicale du philosophe écologiste Murray Bookchin : redéfinir le champ politique par la décentralisation et la démocratisation des pouvoirs décisionnels.21,95$ Pierre Kropotkine, prince anarchiste par George Woodcock et Ivan Avakumovic Ce militant anarchiste et historien du mouvement ouvrier a toujours refusé que la violence soit érigée en système : la fin ne justifie jamais les moyens.29,95$ La Pensée en liberté Collectif sous la direction de Serge Roy Les meilleurs textes du Q-Lotté : de l'anarchisme à l'éducation, de la guerre d'Espagne à l'autogestion, du travail et du syndicalisme à la politique.24,95$ s les éditions » /( y ecosociete Disponibles en librairie Diffusion Dimédia inc.XYZ.La revue de la nouvelle u- de* Le désir comme catastrophe naturelle de Claire Dé (valeur 74 $) avec un abonnement d'un an à XYZ.La revue de la nouvelle m Abonnement 1 AN / 4 NUMÉROS 20 $ (T.T.C.) en prime : Le désir comme catastrophe naturelle NOM ADRESSE VILLE _ CODE POSTAL TÉL.CI-JOINT: ?CHÈQUE q MASTERCARD q VISA NO_ EXP._L _DATE _ SIGNATURE RETOURNER A: XYZ.La revue de la nouvelle 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: 514.525.21.70 • Télécopieur: 514.525.75.37 Courriel : xyzed@mlink.net FALARDEAU Les bœufs sont lents mais la terre est patiente j * 1F Un franc-parler qui dérange, une liberté de pensée qui réjouit.essai 21,95$ H vlb éditeur www.edvlb.com Le Couac, mai 1999, page 10 Cavale au Canada Déprimé par son divorce, persuadé de la vanité de son travail d'écrivain, Paul Peremulter part vers ces lacs de la Mauricie où son défunt père venait deux mois par an pêcher et vivre ses «aventures québécoises», et où il a fini par trouver la mort.En réalité, Peremulter entreprend un voyage au fond de lui-même, animé par le désir inconscient de recouvrer l'usage de ses sens.Et c'est ce périple initiatique qu'a choisi de nous raconter lean-Paul Dubois, journaliste et romancier connu pour ses reportages sur les États-Unis dans le Nouvel Obs.Roman sur le rapport au père et à la (pro)création, si ce livre pouvait me rapprocher de toi rappelle par certains aspects les livres de Paul Auster Par d'autres, il est très près de la veine «naturaliste» de la littérature de ce continent, d'où le coup de chapeau à Robert Lalonde.Un énième bouquin français sur la splendeur des forêts québécoises?Qu'on se rassure: aussi épris de notre arrière-pays qu'il soit, Dubois sait tempérer son émerveillement naïf avec autre chose, notamment ce goût pour la méditation et l'auto-déri-sion, cette mélancolie inquiète propres à son œuvre.D'autre part, au contraire du pontifiant Yves Berger et de tant d'autres améri-canomanes, «le plus américain des écrivains français contemporains» exprime ici une vision du Nouveau Monde pas trop décalée de notre réalité.Et si l'on fait abstraction de cette fâcheuse tendance à commenter l'action au lieu de la conter simplement, quitte à sombrer par moments dans le prêchi-prêcha, on trouvera ici un réel plaisir de lecture.En terminant, signalons aux fanas de Dubois la réédition en poche de son précédent ouvrage, \e pense à autre chose, dans la collection Point du Seuil.STANLEY PÉAN lean-Paul Dubois, Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, Paris, L'Olivier, 1999 Attention aux écoles! La hantise de l'OTAN: qu'une bombe tombe sur une école serbe.L'espoir de l'OTAN: qu'une bombe tombe sur une école militaire serbe.g Livre Quand j'ai vu, sur les étagères, le livre écrit par Charles Sirois, mon cerveau a fait des flammèches, l'ignorais qu'il savait écrire le vendeur-de-téléphone-cellulaire, le croyais bêtement qu'il ne savait même pas lire, le chasseur-de-têt e-d'El vis-Gratt on-blond-de-Sherbrooke.Comme d'habitude, j'avais oublié le «p'tit nègre» à tête blanche, un peu cynique sur les bords, caché derrière le chef-d'œuvre.le me suis demandé pourquoi Godbout n'avait pas publié, à son compte, les épîtres du «p'tit copain» à Macerola.Sirois, c'est pourtant un «naturel» pour Boréal.Avec lohn Saul, «lunior» Poliquin, Pierre Pettigrew, «Gazette» Freed, et le «grand» Charles Taylor, il aurait complété à merveille l'écurie des génies libéraux réunis par l'écrivain-cinéaste-ro-mancier-essayiste-tennisman-bricoleur-penseur-skieur et cuisinier-de-fin-de-semaine.C'est sans doute le gros Herr DD, qui complétera à l'aile droite les trios de choc de l'entraîneur du Boréal.Quoi qu'il en soit, la facilité avec laquelle Boréal réussit à nous créer un nouveau génie, chaque semaine, me laisse sur mon cul.l'en crève de jalousie.Et comme je viens de publier mes fonds de tiroir, j'attends, moi aussi, la reconnaissance publique de mon génie.Ne pouvant compter sur le réseau médiatique des «tizamis» à lacques Godbout pour créer de toutes pièces «l'événement littéraire de la semaine», j'ai décidé d'auto-célébrer mon propre chef-d'œuvre.Somme toute, ce ne sera pas plus grossier que les louanges de service de L'Actualité, la revue de dentiste à lean Paré.Falardeau, quel grand écrivain, quand même! Son style mexicano-proustien, baroque-and-roll même, nous transporte vers les sommets de la pensée universelle.Sa philosophie de bottine teintée d'un rien Le génie frappe encore de néo-transcultura-lisme-post-moderne est d'une subtilité aussi précieuse que les diarrhées verbales de René-Daniel Dubois.Son dernier livre, c'est de l'ultra-Falardeau à l'état pur, comme l'écrit le philosophe du très très très gros bon sens, Michel Seymour.Sans doute pour profiter de la mode Milosevic et faire peur aux enfants, les critiques «smattes» ont comparé sa pensée géniale au nationalisme serbe.Son ultranationalisme serait plutôt, à mon humble avis, du nationalisme «light» sans filtre, lirais même jusqu'à dire que Les Bœufs sont lents mais la terre est patiente, c'est de l'ultra-Falardeau amélioré.Comme le nouveau Tide à saveur de citron.Un livre décapant et plein de fraîcheur printanière.Bouleversant.Extraordinaire.Incomparable.Ultramagnifique.Génial.Littéralement, à se poignarder le cul à coup de saucisses La belle fermière.Si vous ne lisez qu'un seul livre cette année, achetez celui-là.Ou volez-le.PIERRE FALARDEAU Charles Sirois, Passage obligé, Montréal, Éditions de l'Homme, 1999 Pierre Falardeau, Les Bœufs sont lents mais la terre est patiente, Montréal, VLB éditeur, 1999 Entrevue avec Pierre Anctil Montréal socialiste, en yiddish Simon Belkin, un lui/ qui a vécu plusieurs décennies à Montréal et qui a participé au mouvement juif socialiste-sioniste au Canada, avait publié en 1956, en yiddish, un essai historique intitulé Le Mouvement ouvrier juif au Canada (1904-1920).En yiddish?Oui.Cette langue, parlée par les \uifs d'Europe de l'est, fut.dans la première moitié du siècle, la troisième langue en importance à Montréal, après le français et l'anglais.Spécialiste de l'identité juive montréalaise.Pierre Anctil a déjà traduit plusieurs livres du yiddish.Il vient de traduire en français cette étonnante histoire montréalaise racontée par Simon Belkin.Qu'est-ce qui est le plus surprenant lorsque l'on se plonge dans la littérature yiddish montréalaise?C'est l'attachement des luifs à Montréal et leur volonté d'affirmation culturelle à une époque où les francophones n'étaient pas encore vraiment engagés dans un tel processus.Vous venez de traduire un livre de Simon Belkin, un Juif originaire de Russie et qui a été un des initiateurs du mouvement ouvrier juif au Québec.Belkin fait effectivement partie de cette vague migratoire de luifs qui fuient la Russie après l'échec de la révolution socialiste de 1905, révolution qui fut suivie d'une terrible répression.Ces luifs qui débarquent à Montréal sont relativement jeunes.Ils parlent yiddish.Ils ont vécu l'expérience de l'insurrection de façon souvent très personnelle.Simon Belkin a lui-même été blessé par les forces de l'ordre.Environ 40% d'entre eux vont travailler dans les usines de confection de vêtements du boulevard Saint-Laurent.Ils deviennent donc ouvriers dans un secteur où les conditions de travail sont terribles.Leurs conditions de travail difficiles, leur faible salaire mais aussi leur expérience socialiste héritée de la Russie les incitent évidemment à lancer un mouvement ouvrier à Montréal.Leurs luttes et leurs victoires auront des répercussions sur l'ensemble de la classe ouvrière.Quand les salaires des ouvriers juifs augmentent à la suite des grèves de 1912 et 1917, les heures de travail diminuent, les conditions sanitaires s'améliorent, et l'ensemble de la classe ouvrière en profite, tôt ou tard.Ce mouvement ouvrier se veut à la fols socialiste et sioniste.Les luifs ont été très séduits par les théories socialistes, mais aussi par l'idéologie sioniste qui stipule que les luifs ne peuvent pas se développer autrement qu'à l'intérieur du foyer national de la Palestine.Selon le sionisme, toutes les communautés de la diaspora sont condamnées soit à subir la répression violente, soit à être marginalisées jusqu'à une possible disparition.Mais la Palestine est à l'époque dans un état de développement presque nul.Elle n'a aucun emploi à offrira ceux qui y arrivent.Le sionisme est donc encore un rêve plutôt qu'un projet réalisable.L'Amérique offre évidemment beaucoup plus d'attraits aux luifs de Russie.Le mouvement travailliste-sioniste montréalais de Belkin réunit les tendances socialiste et sioniste en un seul mouvement.Il participe au développement d'une structure communautaire qui cherche à préserver le caractère juif, la langue yiddish et l'aspiration à être juif.En arrivant Ici, les Juifs découvrent une autre communauté qui tente de préserver sa culture, celle des Canadiens français.En arrivant, ils ignoraient tout du Canada.L'exemple des francophones sera pourtant pour eux une source d'inspiration qui, avec l'idéologie sioniste, les encouragera à promouvoir leur culture.Ainsi, l'existence de systèmes scolaires séparés entre franco-catholiques et anglo-protestants, la présence d'institutions comme la Société Saint-lean-Baptiste ou encore le fait qu'on parle français à l'Hôtel de Ville crée un contexte qui renforce l'idée que la communauté juive doit se prendre en main et non pas se fier au monde anglo-britannique dominant de l'époque.Les luifs vont rapidement fonder le Congrès juif, la bibliothèque publique juive, des écoles juives populaires, etc.Si nous, les francophones, n'avions pas été si aveugles et si fermés à cause d'un repli identitaire, les luifs auraient pu à leur tour nous servir de modèle.Nos deux communautés suivent des sentiers parallèles, mais qui ne se rejoignent pas, hélas.PROPOS RECUEILLIS PAR FRANCIS DUPUIS-DÉRI Simon Belkin, Le Mouvement ouvrier juif au Canada ( 1904-1920), traduit du yiddish par Pierre Anctil, Sillery, Septentrion, 1998 Soirée du Couac à l'occasion de la sortie du numéro de juin.L'événement aura lieu le 27 mai à I9H30 au Sergent recruteur, 4650, boul.Saint-Laurent à Montréal.François Patenaude présentera la Chaire d'études socio-économiques de I'll QAM et un dossier sur la privatisation de l'eau.Brutal Ferrand Notre ami Serge Ferrand s'est vu décerner ie Prix Humour du Festival de ta BD de Québec pour son album Les Voginocrates.Le r«MJiMJdu cinéphile las Voilons l'horreur Le ministre lacques Brassard a une moustache qui souligne avec élégance le profil racé de son nez.Quand il se lève pour prendre la parole, notre regard se fixe sur ce chef-d'œuvre d'ingénierie pileuse qu'il arbore avec orgueil.Indéniablement, cette majestueuse moustache qui se déploie à la façon d'un péplum en cinémascope ajoute à l'autorité et à la virilité du ministre.Aussi quelle ne fut pas notre satisfaction lorsqu'il dénonça L'Erreur boréale à l'Assemblée nationale et dans une lettre diffusée par son ministère.Il a raison, le ministre: quand on veut voir un Monet, on va au musée.Regarder des choses déplaisantes comme des coupes à blanc ne sert à rien, ça donne des ulcères et ça fait mourir triste.C'est comme la tête du ministre: si elle ne nous revient pas, contentons-nous de contempler sa moustache, d'autant plus impressionnante qu'elle gît sur une grosse tête vide.Brassard affirme clairement que l'œuvre est dangereuse pour le Québec: «La démagogie gardera toujours un goût amer parce qu'elle compromet des équilibres parfois très fragiles et se fait l'alliée des compétiteurs du Québec.» En s'attaquant au Gouvernement, Robert Monderie et Richard Desjardins, emportés par leur ingénuité d'artistes, affaiblissent le Pouvoir.Les Péquistes détiennent le Pouvoir, et il ne faut pas s'en prendre aux Péquistes.Critiquer les Péquistes, c'est violenter le Québec dans sa nature profonde.Les Péquistes détiennent le copyright de l'Âme du Québec0 Eux seuls pourront un jour nous mènera la Terre promise.Les Péquistes nous donnent toujours entière satisfaction.Les Péquistes laissent un merveilleux parfum de fraîcheur.Croustillants à l'extérieur, les Péquistes sont aussi tendres et juteux à l'intérieur.Les Péquistes gardent bébé bien au sec.Quand j'ai mal à la tête, mal ici, mal là, vite, deux Péquistes extra fortes.Une bonne bière qui a du caractère: la Péquiste Ice.Procurez-vous un attirail complet de casseroles péquistes pour trois versements faciles de 49,95$ par mois.Monet, lui, était un vieil attardé à l'hygiène succincte qui s'émouvait de trouver des nénuphars dans sa swomp-.voilà ce qu'on attend d'un artiste, qu'il peigne des fleurs et qu'il soit mort.Desjardins devrait faire œuvre utile, gratter sa guitare et dire de jolies choses sur le Québec quand on a besoin de lui.Qu'il se contente de chanter sa belle chanson, là, avec le paquebot géant dans la chambre à coucher.Les Péquistes l'aiment bien quand il chante «Liberté! Liberté! Liberté!», parce que ça met la larme à l'oeil aux Péquistes, ça accroît la ferveur indépendantiste des Péquistes, ça donne de l'espoir aux Péquistes, ça calme les militants de la base pendant un certain temps, mais, sinon, qu'est-ce qu'il connaît à la foresterie, le con?Roberto Benigni, ahurissante sauterelle italienne qui baisera vos pieds si vous lui remettez un prix, aurait des leçons à donner à nos deux brebis égarées.Il a tout compris, lui: voilons l'horreur.Si Desjardins et Monderie avaient eu comme guide pendant le tournage ce célèbre GO.du Club Med d'Auschwitz, L'Erreur boréale aurait été un fort joli film montrant plein de belles forêts verdoyantes et on aurait pu le présenter à Cannes sans avoir honte.En prime, à la fin du film, on aurait vu Benigni offrira Desjardins et Monderie un beau gros char d'assaut avec lacques Brassard dessus.Pourquoi y en a-t-il tant qui persistent à filmer des choses qui ne sont pas belles'5 Pourquoi tant de haine contre le Québec?Le Québec regorge de beaux racoins, alors, pourquoi braquer les caméras sur le laid?Par exemple, pourquoi le cinéaste américain Paul Schrader est-il venu tourner Affliction dans un trou perdu de la Montérégie?C'est un complot citélibriste contre le Québec ou quoi?Au Canada également se manifestent les signes d'une désobéissance troublante.Va falloir faire de l'ordre là-dedans.Ainsi, pourquoi Claudette lai ko a-t-elle réalisé Le concierge de la colline?Ce documentaire sur le président de la Chambre des communes, Gilbert Parent, a blessé le pauvre homme parce qu'il y est montré comme il est vraiment, c'est-à-dire pas très futé.L'ONF a fort bien fait de suspendre la diffusion de ce film parce qu'on ne peut tolérer cette manie agaçante de toujours critiquer le Pouvoir.Critiquer, critiquer, critiquer: mais pourquoi?Pourquoi le journaliste Terry Milewski de la CBC a-t-il voulu montrer des étudiants turbulents se faisant poivrer par la GRC?Au moins, ses patrons et les Libéraux fédéraux ont eu la présence d'esprit de ramener ce petit délinquant à l'ordre.Heureusement, dans une lettre envoyée au Devoir (27-03), lacques Gauvin, vice-président de l'Association des manufacturiers du bois de sciage du Québec, remet à leur place ces chenapans que sont Desjardins et Monderie: «Ce film est présenté comme un documentaire sur la forêt boréale Nous pensons qu'il s'agit plutôt d'un film d'opinion qui présente la vision personnelle des deux réalisateurs sur le sujet » Les fripouilles sont démasquées! Merci, M.Gauvin Merci de nous apprendre que Les vivants et les morts de Sarajevo.Roger and Me, On est au coton, Le chagrin et la pitié, Un pays sans bon sensl, Nuit et brouillard ne sont pas des documentaires.Ce soir, nous nous coucherons plus cons, mais heureux.Décidément, la vie est belle.MARCO DE BLOIS marco@lecouac.net Notre époque appartient-elle aux media'?LIBERTE 242 Variations sur un rapt annoncé.avril 1999 140 pages 6$ En vente chez votre libraire
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