Le couac, 1 juin 1999, juin
La vedette internationale dit tout! Les touchantes confessions d'Elvis Gratton Un drôle d'oiseau L'art du décret Le gouvernement Bouchard continue de confondre l'art de gouverner avec celui de décréter.Dans le dossier de la côte des Écoulements, à Saint-|oseph-de-la-Rive, il entreprend des travaux de réfection au coût de 15 millions malgré le rapport du coroner chargé de faire enquête sur l'accident de cet autobus qui a fait, on s'en souvient, 44 morts en octobre 1997.Le coroner concluait que la côte n'est pas la cause de cet accident, imputable à la défectuosité des freins du véhicule.Le seul autre accident grave invoqué pour justifier les travaux s'est produit en 1974.11 a fait 14 morts.Ça nous fait à peine un demi-mort par année.Plus de 25 ans après cet accident sans suite, le gouvernement constate une urgence.Les faits qui le mènent n'ont aucun lien entre eux.Il s'en fiche.Au diable les causes, au diable les faits: une fois l'urgence décrétée, elle existe.Conséquence directe de cette belle logique: la destruction d'un paysage unique, les expropriations massives et, surtout, l'extension de l'empire de l'automobile.À l'intersection des rues où sont situés les bureaux du Couac à Montréal, il ne se passe pas une semaine sans que ne survienne au moins deux accidents.L'autre jour, une moto s'est prise un pare-choc dans la gueule.On s'est dit que le gouvernement décréterait quelque chose dès le lendemain afin d'assurer l'intégrité des ferrailles mues par des moteurs.On s attendait en fait à des expropriations à un kilomètre à la ronde.Surprise: rien.Alors, en signe de protestation, nous nous exproprions nous-mêmes.À compter du Ier juillet, nous logerons au 2124 de la rue Laurier Est à Montréal.Que le gouvernement se le tienne pourdit: nous avons aussi droit à nos décrets.ROCCO Coot\o APRès la toc Rie dê LITT LtTô IN© s*)?toutes i-es reas AMtRKmNÊi POUR RÉGLER I Sécurisa Orphelins de Duplessis: le président nous écrit La tentation de l'oubli Il entends dire que le dossier des orphelins de Duplessis commence à fatiguer certaines gens.Pourtant, notre lutte n'est pas contraire à leurs bonnes moeurs.S'il ne s'agit pas d'occulter le bien, pourquoi alors s'agirait-il d'occulter le mal?Dans un ouvrage subventionné par la Conférence religieuse canadienne, \JUnivers des enfanls en difficulté (Bellarmin, 1996), on trouve à la page 58 une conception de l'enfance qui «définit l'individu en fonction d'une valeur marchande [réduisantl l'enfant au statut d'objet monnayable».Notez: ce n'est pas moi qui le dis.Réduits au statut de bien, donc, les enfants ont valeur d'échange.Dans l'affaire du Mont-Providence (école transformée en asile en échange de 3 millions négociés par le cardinal Léger), c'est bien ce que reconnaît la porte-parole des congrégations religieuses, sœur Gilberte Villeneuve au Grand loumal de TQS (du 7 au 9 juillet 1993): «Ces enfants n'étaient pas rentables.Alors, certainement que cet aspect-là a joué».Est-il bon de rappeler, aussi, que dans les orphelinats, des enfants pour lesquels les parents payaient la pension et qui normalement n'avaient aucune raison de s'y trouver occupaient les places normalement dévolues aux orphelins.«On les accepte, écrira Alice Parizeau (Cité Libre, mai 1964), parce que leurs parents versent des sommes plus élevées que l'État, mais qui sont moindres, cependant, que celles exigées par des internats proprement dits».Les congrégations cherchaient donc une clientèle capable de payer.Moins il y avait d'adoptions et de placements familiaux, plus on consolidait, par le placement institutionnel, les institutions dont les communautés religieuses étaient propriétaires.«Le reproche fait aux maisons de charité, avait écrit Arthur Saint-Pierre dans son livre L'œuvre des congrégations religieuses de charité (1932, p.75), c'est d'être des provocations constantes à l'internement».En effet, contrairement aux autres provinces du Canada, voire à l'Amérique du Nord, le système des grandes institutions est une caractéristique profonde du Québec des années 30 à 60.Peut-on imaginer que c'était pour les beaux yeux des enfants?à St-Jean-de-Dieu.«Quel que soit le mode de rémunération, avaient-ils déclaré, il nous semble injuste de priver un homme du prix de son travail du seul fait de son état de malade».Quinze ans plus tard, rien n'avait changé.Un ex-patient de Saint-|ean-de-Dieu, ayant obtenu son Manifestation des orphelins de Duplessis à Montréal.«On le voit, le clergé et les congrégations religieuses ont géré l'enfance abandonnée (avec des conséquences catastrophiques pour Page adulte) comme un commerce principalement subventionné par l'Etat.» Sans compter que les communautés profitaient d'une main-d'œuvre (qui n'a rien à voir avec les travaux ménagers) dont une partie importante, issue de sa clientèle institutionnelle, était gratuite.Dans Le Devoir du 30 août 1961, les dirigeants de la CSN avaient été particulièrement indignés des révélations faites sur le système de rémunération que l'on accordait aux malades mentaux hospitalisés congé le 19 décembre 1966, continuait d'y travailler tout en ne figurant pas sur la liste de paye.Dans une lettre datée du 20 février 1976, Gérard Hamon, alors conseiller en réadaptation pour placements internes, intimait soeur Mathilde Morin «de faire figurer le patient sur la liste de paye et aussi longtemps qu'il travaillera chez vous, pour les heures faites très exactement selon les politiques que vous connaissez».Combien de cas inconnus pour un seul détecté?On le voit, le clergé et les congrégations religieuses ont géré l'enfance abandonnée (avec des conséquences catastrophiques pour l'âge adulte) comme un commerce principalement subventionné par l'État.Le dire n'est pas une hérésie et ce n'est pas réécrire l'histoire.En 1964, lean-Claude Paquet avait bien tiré les ficelles du système marchand de la charité que dénoncent aujourd'hui les orphelins de Duplessis: «Notre charité, avait-il écrit, a pour but de maintenir notre sacro-saint régime d'entreprise privée» (Cite libre, mars 1964).L'État, abandonnant ses responsabilités, a laissé interner illégalement dans des asiles, et cela en connaissance de cause, des enfants qui auraient dû, normalement, être dirigés vers les orphelinats.Le scandale il est là aussil Voyez comment, à son tour, Lucien Bouchard rejette la spécificité des faits que sont les faux diagnostics et l'internement illégal: «Ce sont des attitudes inadmissibles» (Assemblée nationale, 4-3-99).Pourtant, ces gestes et attitudes sont allés à rencontre des lois de l'époque.Les événements dont nous parlons ont porté atteinte aux droits humains.Il y a eu des crimes.Des droits fondamentaux ont été violés.Certes, on ne refait pas l'histoire, mais quelqu'un cherche à l'arrêter.Pourquoi?Le constat s'impose: quand il s'agit des orphelins de Duplessis, la justice ne va pas de soi.Il existe un climat d'obstruction qu'entretient une désinformation systématique et à laquelle participent les pouvoirs en place.Au Québec.la justice est un leurre et la démocratie est en danger.Le dossier des orphelins de Duplessis en est une macabre illustration.Et dire qu'il y a encore des gens que notre dossier fatigue.Au fait, qui faut-il réveiller?Les morts ou les vivants?Dépêchons-nous de répondre avant qu'il ne soit trop tard.L'avenir s'appuie sur le présent.BRUNO ROY Une recherche de la Chaire d'études socio-économiques L'histoire des «Orphelins de Duplessis»: une question d'argent Voici les faits saillants d'une recherche intitulée Aspects économiques liés à la problématique des «Orphelins de Duplessis».Des congrégations religieuses ont annoncé publiquement des poursuites judiciaires contre la Chaire d'études socio-économiques et contre /'UQAM.Mais au moment d'aller sous presse, la Chaire n'a toujours pas reçu de mise en demeure de la part des congrégations religieuses.L'intérêt de l'Église pour la charité privée L'Église profitait largement des institutions charitables des congrégations comme en fait foi son opposition constante au transfert de ces responsabilités à l'État, de la fin du xixe siècle au milieu du xxe siècle.La mainmise de l'Église sur la santé, l'éducation et l'assistance publique lui garantissait une influence sociale, économique et politique qui lui permettait de recruter de nouveaux fidèles et recueillir des dons.De plus, les actifs immobiliers des congrégations religieuses prenaient de la valeur dans le temps et pouvaient être revendus à profit.La valeur des biens immobiliers de l'Église consacrés en 1930 à la santé et à la protection de l'enfance sont évalués à 434 millions de dollars de 1999 Dans les années 1960 et 1970, la mise en place de l'État-providence a contribué à créer un vaste réseau de santé et de services sociaux principalement étatique.Avantages pour les congrégations religieuses Notons d'abord la différence entre la subvention per capita reçue par les orphelinats et celle reçue par les asiles.Ainsi, l'orphelinat de l'Immaculée de Chicoutimi recevait un perdiem de 0,70 $ en 1956 pour les enfants de plus de cinq ans alors que le per diem de Saint-lean de Dieu était de 2.25 $.En plus de recevoir des sommes considérablement plus élevées pour les enfants en institution psychiatriques, les congrégations n'étaient plus tenues d'éduquer ces enfants et les faisaient travailler sans rémunération.Les enfants placés dans les orphelinats durant les années 1940 et 1950 proviennent, en grande majorité, de familles qui ne peuvent en assumer la charge.Mais la plupart avait encore au moins un parent.Les familles payaient généralement les orphelinats pour la garde de leurs rejetons.Ces pensions étaient supérieures aux allocations gouvernementales.Mais il y avait aussi ces enfants moins «payants», c'est à dire les illégitimes dont les géniteurs ne versaient pas pension.Les données d'une étude sur l'Orphelinat de l'Immaculée de Chicoutimi laissent penser que «les orphelinats ne sont pas destinés aux illégitimes.» On constate que les illégitimes disparaissent des orphelinats en quasi-totalité avant l'âge de six ans II est difficile d'attribuer ce fait aux seules adoptions.Le cas du Mont-Providence En août 1954, l'Institut médico-pédagogique du Mont-Providence de Montréal devient par arrêté ministériel un hôpital psychiatrique.Selon les religieuses, le gouvernement aurait exigé que le Mont-Providence devienne un hôpital psychiatrique pour résoudre les problèmes financiers de l'institution.Le gouvernement avait en effet avantage à ce que l'institut devienne un hôpital psychiatrique puisque le fédéral ne voulait plus le financer.Il considérait que l'établissement avait une vocation éducative, donc de compétence strictement provinciale De plus, le Mont-Providence avait reçu une subvention de 1,5 millions de dollars du fédéral pour sa construction et le fédéral menaçait de récupérer cette somme auprès du provincial Le provincial aurait dû augmenter le perdiem de l'établissement à environ 5,00$ pour compenser le retrait du gouvernement fédéral, ce qui aurait représenté un déboursé additionnel de 27,5 millions de dollars de 1999 II aurait également dû rembourser la somme de 1,5 millions de dollars (9,8 millions de dollars de 1999) octroyée par le fédéral pour la construction de l'établissement.Ce changement de vocation a donc permis au gouvernement provincial de sauver 37,3 millions de dollars constants.À la fin de l'année scolaire 1954, les enfants qui ont une famille sont donc renvoyés chez leurs parents.Les orphelins «légitimes» sont déplacés vers d'autres institutions.Quant aux quelques 370 illégitimes que comptait alors l'Institut, ils sont tous internés dans ce qui devient alors un hôpital psychiatrique.Les quelques 350 enfants normaux qui sont demeurés au Mont-Providence ont rapporté à l'établissement, de 1954 à 1961, des revenus annuels de source gouvernementale d'environ 300 000$ En dollars de 1999, ce sont donc près de 7 millions de dollars en sommes additionnelles que les religieuses ont obtenu pour ces sept années en décidant de garder ces enfants.La congrégation religieuse a également reçu diverses subventions spéciales de l'ordre de 24 millions.La congrégation des Sœurs de la Charité vend l'hôpital au gouvernement en octobre 1969.L'établissement devient alors l'hôpital Rivière-des-Prairies.Les religieuses ont tiré de la vente 1,3 millions de dollars, ce qui représente 5.8 millions en dollars de 1998.L'aventure financière qui avait commencé en cauchemar pour les sœurs s'est donc soldé par un intéressant profit.Il est donc clair que des enjeux économiques importants ont poussé les congrégations religieuses et le gouvernement du Québec à interner en hôpitaux psychiatriques des enfants normaux «illégitimes» qui étaient sous leur responsabilité.MARTIN POIRIER ET LÉO-PAUL LAUZON Vol.2 • no 9 Juin 1999 2,25 $ Cout\o Éducation la piasse a En visite au Mexique avec Mission Québec, ie ministre de l'Éducation François Legault annonce sa volonté d'augmenter de 50% ie nombre de Québécois trilingues (français-angiais-espagnoi).But avoué de la manœuvre: favoriser ies relations commerciales avec l'Amérique hispanophone.Et si on commençait plutôt par alphabétiser le million de Québécois qui ne savent ni lire ni écrire?Kif'kif Le Québec et le Mexique s'apprêtent à mettre en place un programme conjoint d'échanges culturels.On est prêt à leur prendre une dizaine de maria-chis s'ils nous débarrassent de Mitsou.de rire Après les F-18 et les bombes à fragmentation, le ministre canadien des affaires étrangères a décidé d'envoyer en Yougoslavie les petits comiques de Clowns sans frontières.Encore des régions rudement éprouvées.Mais pourquoi les Kosovars devraient-ils se contenter de pâles copies alors qu'on pourrait leur envoyer des comiques qui ont fait leurs preuves, style Guy Bertrand, Stéphane Dion ou la grosse Sheila Coops?PIERRE FALARDEAU DAilMIEB Pour une fois, quelque chose d'intelligent à Ottawa.À lire en page 9.Responsables recherchés Venez discuter de la responsabilité des intellectuels avec nos invités à l'occasion du lancement d'un nouveau livre de Noam Chomsky, Responsabilité des intellectuels, publié chez Agone.Invités: Normand Baillargeon, Thierry Discepolo, Francis Dupuis-Déri et.vous.Lundi le 28 juin au Sergent recruteur, 4650 boul.Saint-Laurent à Montréal. m m i Le Couac, juin 1999, page 2 No lands man JE" VA/5 INSTALLER MêTS I Chers abonnés, I Vous déménagez ?Cessez donc ; de nous appeler ! @#$%?&* Téléphonez ¦ plutôt au service des abonnements : ! (514) 274-5468 ou (800) 361-1431.! Et savez-vous quoi ?Nous déménageons ; aussi ! À compter du 1er juillet, notre ; adresse sera: 2124, rue Laurier Est, : Montréal, H2H 1B9.- LE COUAC ?COtirrier des lecteurs Culture Québec Inc.Avant on disait que les Québécois francophones souffraient d'un complexe d'infériorité.Ils étaient plus ou moins convaincus d'être nés pour un petit pain comme on dit.Bref, masochistes à l'excès.Aujourd'hui cette époque est bien évidemment révolue Tellement révolue en fait, que l'on se demande certains jours si nous ne sommes pas tombés dans une ferme d'excès inverse.Dans les années 1980.l'enthousiasme relatif au Québec Inc.demeurait plus ou moins confiné à certains cercles du monde des affaires et de la politique.Aujourd'hui la prétendue fierté d'être Québécois prend cependant de plus en plus les couleurs d'une fierté économique par procuration.Québécois et Québécoises soyez fiers! Céline a fait 55 millions l'an passé.Bombardier vient de décrocher un nouveau contrat de quelques milliards! Québécor vient d'acheter la chaîne de journaux Sun! Le Cirque du Soleil est à Disneyworld et à Las Vegas.Le Violon rouge a remporté les grands honneurs à Toronto, etc.Une attitude tellement contagieuse en fait que lors de la présentation de son discours du budget, le ministre des Finances, Bernard Landry, en remettait en parlant du pays de Céline Dion, de Robert Lepage, de Luc Plamondon et du Cirque du Soleil.Car n'oublions pas que si les années I980 furent celles du Québec Inc.les années I990 sont, jusqu'à aujourd'hui encore, marquées du sceau du «Culture Québec Inc.» Certains soirs au Point, à Radio-Canada, on a l'impression de visionner une pub payée pour «nos géants» de l'industrie culturelle.Cette fierté ethnique par procuration économique n'est certes pas l'apanage des seuls Québécois dits de souche, loin de là.Elle est universelle.Et en cela, elle ne fait donc que mettre en évidence la difficulté qu'il y aura de dépasser les barrières ethniques (voire même raciales) tant que cette même notion de fierté ethnique sera aussi étroitement associée à celle du succès international de ses pairs.Yvan Petitclerc Montréal Alzheimer En fouillant dans ma bibliothèque, je suis tombé sur un texte d'un défenseur autoproclamé de l'autonomie provinciale.Ça date de la controverse sur le financement des universités ( I957).«D'ailleurs, même si le fédéral prétendait maintenant que cet argent des octrois est "privé", sa richesse cossue resterait inadmissible dans un système fédératif où les provinces et les municipalités doivent précisément leur indigence aux conceptions fiscales fédérales.«Il faut donc que le fédéral s'ingénie à réviser ses pratiques fiscales de sorte que les municipalités aient accès à une part de capacité taxable suffisamment grande pour pouvoir rencontrer leurs obligations.«Tant que ce ne sera pas fait, nous serons en droit de soupçonner que les cadeaux du fédéral sont entachés de mauvaise foi.Et de nous le rappeler en temps d'élections.» L'auteur de ce texte?Un certain Pierre Elliot Trudeau (atteint d'Alzheimer en 1968).Extrait de Le fédéralisme et la société canadienne française.HMH, Montréal, I967, p.I0l Bernard Chabot Bombardements de l'OTAN Cher M.de Bellefeuille, oui, bien sûr, les bombardements de points stratégiques serbes par les forces de l'OTAN, comme vous le dites dans votre article du Couac de mai, sont détestables.Les civils serbes paient de leur vie les bavures de l'OTAN Et cela est dégueulasse.Comme dans toutes les guerres, des innocents, trop d'innocents, meurent tandis que les grands de ce monde continuent à trinquer et à déguster leurs petits fours dans des salons feutrés.De même, il est révoltant que les médias américains s'apitoient sur le sort de leurs trois prisonniers de guerre à longueur de pages mais ne mentionnent que brièvement les pertes civiles serbes, ce que l'État-major de l'OTAN appelle pudiquement des «dommages collatéraux».L'OTAN est en effet prise au piège dans une guerre absurde.M.De Bellefeuille, mais quelles sont les alternatives?I) Ne rien faire; soit, mais à quel prix?2) Envoyer une force d'intervention européenne sur le terrain, puisqu'il s'agit après tout d'une guerre européenne; peut-être, mais jusqu'ici l'Union européenne fonctionne plutôt au ralenti; de plus, le coût humain d'une intervention au sol (euphémisme pour ce qui serait en fait une invasion de la Serbie) serait beaucoup plus élevé que celui des bombardements actuels; 3) Compléter les bombardements de l'OTAN par une intervention au sol; les mêmes problèmes que l'alternative précédente se présenteraient; 4)Envoyer dans le cadre des Nations unies une force d'intervention qui viserait à l'établissement et au maintien de la paix.C'est cette dernière alternative que préconise M.de Bellefeuille.C'est en effet la plus noble.Cependant, jusqu'à récemment la Serbie s'opposait à la présence de toute force étrangère sur son territoire et la Russie ne semblait pas, quant à elle, particulièrement pressée de convaincre les membres du Conseil de sécurité afin d'éviter le début des bombardements.Et pour ce qui est de l'efficacité d'une intervention onusienne, je me dois de vous rappeler, M.de Bellefeuille, qu'à la lumière des réalisations des casques bleus en Bosnie, en général, et à Sebrenica.en particulier, on ne peut qu'être sceptique quant aux chances d'une force de maintien de la paix.Donc, pour conclure, il est absurde de mettre dos à dos l'épuration ethnique menée par les forces de Milosevic et les bombardements de l'OTAN.Il ne s'agit pas ici de choisir entre la peste et le choléra.Si l'on s'oppose aux bombardements, il faut faire beaucoup plus que de s'indigner.Il faut proposer des alternatives concrètes et réalisables.L'époque des révolutionnaires professionnels dont rêvait Lénine semble révolue; il ne nous reste plus que des professionnels de l'indignation.C'est mieux que rien, mais ça ne change pas le monde.Marcos Ancelovici Attablé au bistrot du coin Réplique Cher attablé, Nous sommes d'accord sur l'essentiel.Les Nations Unies sont la seule institution qui ait le droit et le devoir d'intervenir dans ce genre de situation pour imposer la paix et mettre fin à l'épuration ethnique.Ce n'est pas facile, mais ça réussirait peut-être si les «grandes puissances», notamment les États-Unis, faisaient confiance aux Nations Unies.L'Europe ne s'est pas dotée des structures nécessaires.L'OTAN est une alliance défensive qui n'a pas le droit de faire la guerre à la Serbie.Quant au rôle de gendarme mondial que jouent les États-Unis, c'est une imposture inacceptable.L'indignation est parfois nécessaire, même au bistrot.Pierre de Bellefeuille Poète et langue de bois |.| «Nous avons entre les mains les dernières grandes forêts primitives qui existent.On s'évertue à répéter qu'elles composent une richesse immense, et c'est vrai.Mais quel usage faisons-nous de cette richesse?Sans insinuer quoi que ce soit de blessant, il est juste de dire que nous la prodiguons avec une insouciance inqualifiable.|.| Pourquoi a-t-on commis cette imprudence impardonnable de mettre partout le sol à nu?Pourquoi ne veut-on pas cesser la destruction qui s'est implantée dans tous les coins du pays?» Toujours aussi percutantes aujourd'hui, ces paroles d'un autre temps sont celles du poète et historien québécois Benjamin Suite.Nous sommes alors en 1868! D'abord publié dans La Revue Canadienne, ce texte intitulé «Le déboisement» est le plus marquant d'une dizaine d'articles écrits par l'homme de lettres sur ce sujet épineux.|.| Dans ses écrits, Benjamin Suite entreprend de faire connaître à ses concitoyens les conséquences désastreuses du déboisement: augmentation des risques d'inondations printanières, assèchement des terres cultivées, pertes de sol vers les cours d'eau, etc.Il propose même des solutions de gestion qui demeurent toujours pertinentes I30 ans plus tard: «Ne pourrait-on pas obliger les concessionnaires futurs de nos terres nouvelles à laisser debout une portion de la forêt qu'ils entreprennent de défricher ?Le contrat pourrait renfermer la désignation du lot de réserve, qu'il ne serait jamais permis de détruire j.|».La forêt du sud québécois que défendait Suite n'est plus aujourd'hui que l'ombre d'elle-même.Qu'un poète et naturaliste à ses heures ait constitué la principale voix contestataire contre la deforestation en 1868 est concevable puisque, à cette époque, les connaissances scientifiques et l'expertise forestière étaient relativement peu développées.Mais est-il normal, en I999, qu'une société moderne avec ses nombreuses universités et centres de recherche, ses ministères et ses médias, soit à nouveau alertée de pareille aberration par le cri d'alarme d'un poète?On peut affirmer, sans faire d'excès de langage, qu'en matière de protection d'environnement, l'actuel gouvernement du Québec trahit la confiance de ses citoyens.L'horreur des coupes forestières telle que dévoilée dans le film Lerreur boréale n'est malheureusement qu'un exemple parmi d'autres.On ne compte plus les manoeuvres visant à affaiblir le ministère dit de l'Environnement du Québec.Aux multiples coupures budgétaires et à l'absence de recrutement, s'ajoutent les empiétements du Secrétariat à la déréglementation et la récente décision de confier la gestion de la faune au ministre responsable des Transports, Guy Chevrette (!).Cette nouvelle entité orpheline, appelée Faune et Parcs, sera selon toute vraisemblance intégrée au ministère des Ressources naturelles et tournée vers la gestion des espèces animales à valeur économique.Loin de reconnaître son désengagement, le gouvernement n'a ménagé aucun effort pour que l'image environnementale du Québec ne soit pas entachée.«Inutile de voiler les faits par des demi-mots ou des phrases arrondies, ils sautent aux yeux, nous devons avoir le courage de les regarder en face.Pour cela, |.| il ne faut pas hésiter à faire quelques sacrifices et mettre la cognée, non au cœur des arbres, mais sur le nerf de la routine et de l'indifférence qui nous écrasent.» Voilà probablement ce que répondrait Benjamin Suite aux acteurs de cette mascarade.Andrée Gendron, Alain Branchaud, biologistes Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac.788 avenue Laurier Est, Montréal, H2] IGI.Télécopieur: (514) 270-7461.Vous pouvez aussi utiliser notre nouveau site: www.lecouac.net Le Ccôuac 788, av.Laurier Est, Montréal, Québec H2| ICI Téléphone: (514)270-9392 Télécopieur: (514)270-7461 www.lecouac.net Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et lean-François Nadeau Éditeur et rédacteur en chef: lean-François Nadeau Collaborateurs: Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Pierre de Bellefeuille, Marco de Blois, Denis Carrier.Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau.Philippe Gauthier.Ariane Krol, David Ledoyen, François Patenaude.Michel Rioux, Pierre Vadeboncœur, Nadine Vincent.Photographe: Karl Valiquet Illustration: Serge Ferrand.Filio.Luc Giard, Glez, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Luz (avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo).Richard Suicide Graphisme: France Mercier Visitez notre site Web: www lecouac net Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: lean-François Nadeau au (514) 270-9392 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec par Philippe Gauthier & Francis Dupuis-Déri Petit lexique du contemporain Paix: n.f.I.Le repos du guerrier: on avait la paix, mais on la solda-, ceci eut l'effet d'une bombe.2.Paix linguistique: terme intraduisible en anglais: affichez-moi la paix\ Parlement: n.m.(étymologie.- de «parler» et «mentir», parle-ment) Siège de la démocratie qui finira par sa capitulation.Politicien: n.m.Maître chez nous: un politicien est un grand parleur et lu et approuvé.Politique: ni.I.La poursuite de la démocratie par d'autres moyens.2.Science politique-, application de la formule E=MC2 (E = électeur, M = manipulation, C = crédulité).3.Politique économique-, quand le laisser-faire n'est pas synonyme de laisser-aller.Pollution: n.f.I.Écosystème industriel.2.Pollution nocturne, marée noire Postmodernisme: n.m.Mode qui sera bientôt remplacée par le post-postmodernisme: le poslmodernisme.c'est le modernisme à titre posthume.Poutine: n.f.Pâté chinois à la québécoise: la pouline est au Québec ce que le melting pot est aux États-Unis.Pouvoir: verb.Conjugué à l'imparfait du subjonctif, permet de faire pusse avec moins.Pouvoir: n.m.I.L'autorité qu'acquiert un homme politique quand vous y mettez du vote.2.Quatrième pouvoir.Pouvoir qu'ont les publicitaires de définir le contenu des médias.3.Pouvoir gris- pouvoir qui change les jeunes en vieux.Soldat: n.m.Produit national brut.8 m vouô avez UMfUyAU ôurpeô MA40lJiLl£s PDLiTiQUEÔ ou Autres-,,, avec a L'APKlLRÊfîUBfrlf nous! on le_-l|khjdera MOU$- " MÊMES -PLOGUES Forêt Marche de protestation à Montréal contre les méthodes de gestion de la forêt québécoise.Le 29 mai à midi, départ de la station de métro Berri UQAM.Pour que justice soit fêtel Si vous voulez contribuer à financer la défense en justice de Pop-Tarte (l'entarteur de Stéphane Dion) rendez-vous au Meddley (coin St-Denis et René-Lévesque) le 30 mai à 20 heures.Mara Tremblay, Mononc' Serge, les Colocs et plusieurs autres seront de la fête.Le spectacle est gratuit.Contribution volontaire à la porte.Procurez-vous vos billets d'avance, ça risque d'être plein! Une nouvelle tranche de l'opération SALAMI La bande de l'opération Salami remet ça.L'an passé, ils avaient empêché les gens d'entrer au Sheraton.Cette année, ils invitent la haute gomme des participants à la Conférence de Montréal à venir discuter dehors, dans la rue, avec les citoyens.L'invitation leur a été lancée.Verrons nous dans la rue Michel Camdessus, directeur-général du Fonds monétaire international, le président de la Banque interaméricaine de développement, le président de la Colombie, la vice-présidente de la Réserve fédérale américaine, Gérald Larose et les autres grosses légumes qui participeront à la Conférence de Montréal?En tout cas.une chaise à leur nom les attendra à l'extérieur pour le teach-in citoyen qui aura lieu autour de l'hôtel Sheraton, le mardi ier juin de 9 heures à 18 heures (angle René-Lévesque et Stanley, métro Peel).Seront présents, pour expliquer un certains nombre d'enjeux sociétaux, Michel Chossudovsky, l'ami Normand Baillargeon, des chercheurs de la Chaire d'études socio-économiques de i'UQAM et plusieurs autres.Apportez votre chaise! m.m, se.Le Couac, juin 1999, page 3 Mépris de cour Le salaire moyen des 280 juges du Québec avoisine 113 000$ par année.Un rapport recommandait pour eux 20,5% d'augmentation.Fin avril, le gouvernement leur offre 8%, comme aux autres salariés du secteur public.C'est un scandale! Monsieur le bâtonnier du Québec, Me lacques Fournier.déchire sa toge.«On les traite comme les autres salariés de l'État, le ne sais pas ce qui se passe dans la tête des membres du cabinet» (Le Devoir, 29-4), déclare, sidéré, renversé, le roi des plaideurs, dans un grand mouvement d'éloquence.En effet, où a-t-on la tête?Écoutez bien l'explication de l'avocat Fournier:«L'indépendance judiciaire dépend de la rémunération, celle-ci étant une façon d'éloigner les juges de la tentation», plaide-t-il sans sourciller, volant au secours de l'intégrité de la magistrature, mise en péril par moins d'argent que prévu.Quoi?L'honnêteté d'un juge dépend de quelque chose?Son indépendance est une indépendance qui dépend?La différence entre un juge à 123 000$ et un juge à 136 000$, c'est les magouilles?Ce n'est pas moi qui le dis ou qui le pense, c'est l'avocat philosophe, c'est le monsieur du Barreau.Un cas assez original d'outrage au tribunal.Aurait-on par hasard l'insolence de laisser entendre qu'on sait de quoi l'on parle?PIERRE VADEBONCŒUR Souplesse De retour d'Europe (où il s'est entretenu avec les autorités françaises, écossaises, irlandaises et anglaises sans avoir à demander la permission du gouvernement fédéral), lean Charest fait l'éloge de la fédération canadienne, qui a selon lui «suffisamment de souplesse pour permettre au Québec de défendre amplement ses intérêts» [Presse Canadienne, 19-5).A-t-il déjà entendu parler des bourses du millénaire?De l'union sociale?De la rencontre Zedillo-Bouchard?Création d'emploi Quelque 200 millions d'enfants travaillaient dans le monde au début des années 90.Dix ans plus tard, après la signature de la Convention des droits de l'enfant par 161 pays, ils ne sont plus que 250 millions.Le rêve d'indépendance baigne dans les vapeurs Lucien Bouchard a tourné la page.Il ne tient pas rigueur au clown du 24 rue Sussex d'avoir refusé de transmettre sa demande d'entrevue avec le président du Mexique.Il a tenu à le faire savoir, au moment de partir avec une nombreuse «mission Québec».Bon prince, ou grand naïf qui espère amadouer l'adversaire?La «question nationale» flotte dans un étrange climat.De fastidieux débats sur l'identité québécoise et sur les incidences de la mondialisation n'ont guère clarifié les enjeux.Ils donnent même, par moments, une impression de fatalisme, voire de défaitisme.Ainsi, le gouvernement Bouchard hésite à engager des fonds publics dans la promotion de la souveraineté.Ces scrupules sont superflus.On voudra nous faire croire qu'ils procèdent d'un souci démocratique.Nous croyons qu'ils s'appuient plutôt, la political correctness aidant, sur la peur de la critique et sur une attitude défensive.Pareille attitude ne compte assurément pas parmi les «conditions gagnantes» d'un éventuel référendum.Si les hommes d'affaires que fréquente M.Bouchard étaient en faveur de l'indépendance nationale, ils lui souffleraient à l'oreille que pour gagner, il faut être gagnant, c'est-à-dire avoir la mentalité, l'attitude d'un gagnant.Il faut foncer.Bien sûr, il faut respecter les règles de la démocratie, mais cela n'exige pas qu'on s'encombre de scrupules sans fondement En l'occurrence, le mandat que le Parti québécois a obtenu lors des dernières élections comportait, sans l'ombre d'un doute, l'engagement de créer les conditions gagnantes d'un référendum sur la souveraineté.Il serait donc parfaitement conforme aux règles de la démocratie d'engager dans le processus les ressources du gouvernement, et non pas seulement celle du parti.In medio stat virtus, dit l'adage.Il s'agirait de ne pas engager des sommes excessives.D'ailleurs, le gouvernement Bouchard ne s'est pas gêné, tout récemment, pour insérer dans les journaux, à même les fonds publics, de pleines pages de sacs de sang pour une méchante querelle budgétaire.La souveraineté est un enjeu mille fois plus important.Allons, mesdames et messieurs les ministres, un peu de vigueur, sacre-bleu! Votre principale mission ne réside pas dans vos tâches ministérielles.Pardonnez-moi le style ronflant: elle englobe le destin d'un peuple.PIERRE DE BELLEFEUILLE Cerveau, es-tu là?Nathalie Petrowski, porte-parole du bon jugement à La Presse, rencontre Phyllis Lambert, architecte et fifille de Sam Bronfman (10-5): «Phyllis Lambert a tellement vécu dans l'argent qu'elle en a développé une profonde aversion.Aujourd'hui, alors que sa fortune personnelle est évaluée entre 200 et 500 millions, elle ne possède qu'une seule maison dans le Vieux-Montréal.» En d'autres termes, comme elle baigne dans l'argent, elle s'en est guérie.Fallait y penser.C'est un peu le même principe que de nager dans les pires conneries: tu développes une allergie naturelle au sens critique et tu finis par épouser Michel Lacombe.Chi va presto De nouvelles données statistiques dénotent le caractère distinct de la société québécoise dans un domaine insoupçonné.En effet, Statistiques Canada a noté que le taux de divorce des Canadiens n'est que de 34,8%.alors que celui des Québécois s'élève à 44,8%.Pour expliquer cette différence, La Presse (19-5) cite la sociologue Céline Le Bourdais, pour qui «au Québec, on fait tout plus rapidement».Y compris des conclusions?Derome au frigo Bernard Derome, mégalo-spécialiste de ['«information intelligente», a eu un modèle: Bob Barker, le célèbre animateur de l'émission The Price is Right (7 lours, 22-5).«Baker présentait des réfrigérateurs et des automobiles avec un tel enthousiasme que je ne pouvais m'empêcher de lui trouver un talent extraordinaire! C'est fou le temps que j'ai passé à l'observer.|.| l'ai pris conscience de nombreuses années plus tard que c'est en fait le monde des communications dans son ensemble qui me fascinait».Alors je me suis mis à vendre les montagnes rocheuses et lean Chrétien en plus des frigidaires et des automobiles.Mike Harris et la police de la CIIM: même combat.Au moment où Mike Harris promet d'arrêter les squeegees, la police de la CUM annonce au lournal de Montréal (14-5) qu'elle resserre son contrôle sur eux.La même journée, le Soleil de Québec titre un article Les Québécois ne sautent pas sur la pilule.Évidemment, ils ne sautent pas sur la pilule mais avec.Pendant ce temps-là.ça se terminait en queue de poisson à Ottawa.Le 8 mai, le chef Duceppe a donnée sa recette de darnes de saumon au beurre maître d'hôtel au Droit.Si la demande est forte nous donnerons la recette dans le prochain numéro.Bois et pulpe No smoking Jacques Robitaille, p.d.g.en bois rond de l'Association des manufacturiers de bois de sciage du Québec, est de passage à Sherbrooke pour contrer «le tort immense que nous cause» le film de Richard Desjardins (La Tribune, 1-5).Il explique: «C'est une menace très sérieuse.Nous avons entendu dire que l'Erreur boréale est en train d'être traduit en français (de France), en anglais, en allemand, etc.Greenpeace est peut-être derrière cela.» Ce pourrait aussi être les francs-maçons, les luifs ou les communistes.Mais c'est pire, en fait: c'est un poète doté d'un cerveau.Les réfugiés kosovars accueillis par ie Canada ont eu une grosse surprise en arrivant dans les camps militaires ontariens.Certes, ils ne manquent ni de nourriture ni de confort, mais pas question de recevoir des cigarettes C'est en effet la Croix-Rouge qui gère l'approvisionnement des réfugiés et l'organisme international se refuse absolument à fournir du tabac à qui que soit, même à des fumeurs épuisés par deux mois de stress, de bombardements, de malnutrition et de déportation.Bienvenue dans le monde civilisé, où l'on s'occupe de votre santé même contre votre gré.Bug La Tribune nous apprend que «les Coaticookois ne fêteront pas Noël en juillet».(15-5) Par contre, ils auraient l'intention de fêter le nouvel an de l'an 2000 le Ier août prochain afin d'éviter le bogue.Acadie-Kosovo Il y aura en septembre à Moncton un sommet des Acadiens.La ministre canadienne de la Francophonie, Diane Marleau.a pour sa part précisé qu'il était inutile d'insister sur le «Grand dérangement» de 1755, cette déportation des Acadiens par les soldats britanniques.Et Marleau dit cela au moment même où l'OTAN — dont le Canada est membre — bombarde les Serbes pour stopper les expulsions dont sont victimes les Kosovars.Très idéologique mais très peu logique, cette ministre Marleau.Rupert K, Remaniement ministériel Bernard Landry, ministre de l'autosuffisance, déclare au «Forum sur la mondialisation du Bloc québécois» (sic): «|e me sens plus rassuré si la culture de Gilles Vigneault et d'Anne Hébert est entre les mains de Louise Beaudoin qu'entre celles de Sheila Copps».(La Presse.16-5) Peut-être, sauf que la ministre de la Culture du Québec se nomme désormais Agnès Maltais plutôt que Zonzon Beaudoin.Votre opinion ne nous intéresse pas lour après jour, La Presse incite ses lecteurs à donner leur réponse («si votre réponse est oui, appuyez sur le I; si votre réponse est non, appuyez sur le 2») à une «question du jour» aux sujets aussi variés qu'oiseux: La maladie d'Alzheimer vous effraie-t-elle?Le bombardement de l'ambassade de Chine aura-t-il des conséquences politiques dévastatrices pour les pays de l'OTAN?Stéphane Dion a-t-il raison de poursuivre les entartistes?Comme l'indique une ligne imprimée en italique et en petits caractères sous les résultats, «ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique».Il ne manquerait plus que ça! Compte tenu que seules les personnes décidant d'appeler au journal pour répondre à la question participent aux résultats de ce «sondage», celui-ci n'a non seulement aucune valeur scientifique, mais il n'a tout simplement aucun sens: les répondants ne sont ni représentatifs de la population, ni sans doute du lectorat de La Presse, et rien n'empêche quelqu'un de téléphoner 50 fois de suite pour donner la même opinion, faisant ainsi pencher la balance dans un sens ou dans l'autre.Ajoutez à cela que le nombre de répondants n'est jamais indiqué dans les résultats et vous aurez une idée du sérieux de cette «prise de pouls»! La vanité de la démarche ne fait aucun doute, y compris pour le quotidien, qui s'intéresse certainement plus au nombre d'appels total qu'à leur répartition, ce qui lui permet de cibler au mieux les centres d'intérêts de ses lecteurs.Mais voilà que La Presse apprend que le Bloc Québécois a donné consigne à ses députés de répondre à une «question du jour» consacrée à un sujet politique.Alors on monte sur ses grands chevaux, on pond un papier sarcastique, on parle de «paquetage» de sondage, c'est tout juste si on ne crie pas à la fraude.Wow! Le Bloc n'aurait-il pas le droit d'influencer les résultats de la question de La Presse, comme le font sans aucun doute tous les groupes de pression?Les députés souverainistes n'auraient-ils pas droit à la parole lorsqu'il s'agit de souveraineté?Et si malhonnêteté il y a, ne faudrait-il pas plutôt la chercher dans un prétendu «sondage» dont l'insignifiance n'a d'égale que la démagogie?Si votre réponse est oui, appuyez sur le I.Si votre réponse est non, continuez de lire La Presse.STÉPHANE BATIGNE GO£f2&.£ DBS TO\LS& m m i Couac, juin 1999, page 4 m Des Etats au Libéria, en passant par Verdun Think Big, sti Comme le dit Falardeau dans son nouveau film, vous faites disparaître un Elvis Gratton et cent autres se précipitent pour prendre sa place.Pas seulement au Québec Partout.Elvis est un de ces pieds immortels de l'ultralibéralisme.Corrigez-lui un peu son accent en anglais, à notre Elvis, et cet épais national devient tout aussi universel que n'importe quelle Céline Dion en caoutchouc.C'est ce que Falardeau explique sur écran géant, l'en ai pleuré Falardeau exagère?Pas du tout.Pas cette fois le pense même qu'il navigue un peu en dessous de la réalité: la levure américaine de la bêtise fait son œuvre vraiment partout.La bêtise est en expension.Et pas seulement au Parti libéral.Tenez, l'autre jour je lisais un article sur le Libéria.Le président de cette république de bananes — joliement nommé Charles Taylor — affiche partout et bien haut son slogan politique sur les murs de Monrovia, la capitale: «Think Big» C'est écrit en caractère bleu sur fond jaune.Sans blague.«Think Big» Dans cet article paru dans le BBC Focus on Africa (avril-mai 1999).la journaliste Mary Harper narre sa rencontre avec le numéro un du Libéria.On se croirait en plein milieu d'un plateau de tournage du dernier Gratton Mary Harper rencontre le président pour a première fois à occasion de la lournée des Droits de l'homme Le chef de cette république de bananes a choisi de souligner l'événement dans l'enceinte de la prison de la capitale.Les pieds dans la poussière de la cour, ministres, officiels et militaires attendent patiemment l'arrivée du président en compagnie d'une meute de journalistes II fait chaud Les vêtements collent sur la peau.Soudain, deux Mercedes noires, sans plaque d'immatricula- tion, franchissent les Charles Taylor, président du Libéria, barrières de la prison.Taylor, tout de blanc barrières de la prison.veritab|e E|vis po|itique.Comme Elvis vêtu, vient de réussir Chrétien, Elvis Charest et leurs cousins sa spectaculaire en- et cousines.trée.Il s'empresse de répondre aux questions des journalistes tandis qu'un jeune homme aux lunettes fumées éloigne de lui les mouches et éponge sur son cou la sueur qui perle.Cette visite officielle de la prison est retransmise par la radio de Taylor, Kiss FM D'ailleurs, Taylor indique volontiers vers qui il souhaite que l'on pointe le micro.Aucune visite prévue dans les cellules.Ouelques prisonniers viennent cependant le rencontrer en délégation Magnanime, il leur promet des matelas pour bientôt.Quand tu pen ses Big.tu fais pas le petit avec des pauvres prisonniers le jour des Droits de l'homme À la résidence du président Taylor, la journaliste note le beau terrain de basketball et un stationnement où plusieurs grosses voitures sont garées, dont une Rolls-Royce.En entrevue, le king du Liberia se révèle «un génie pour présenter les choses de façon plus importantes qu'elles ne le sont en réalité».Quand t'es Big, tu penses Big Au Libéria, l'électricité fonctionne de façon aléatoire.L'eau courante est un rêve.Les égouts sont dans la rue.Le réseau routier ressemble à un gruyère.Mais les affaires du président vont bien, très bien.Taylor a compris qu'il y a une piasse à faire au Liberia.En bon capitaliste, il capitalise sur la misère.Cet Elvis africain a su nationaliser les cata strophes et privatiser les profits.Et quand ça ne va pas, quand ça ne va plus, il fait volontiers appel à son cousin |oe Tate.directeur de le police.Elvis blond ou Elvis noir, l'égalité des cons est vraiment chose accom plie sur terre JEAN-FRANÇOIS NADEAU Tout sur la du de La machine à fabriquer des stars s'emballe et transforme Elvis Gratton en vedette internationale.Une multinationale spécialisée dans le marketing de l'image met tout en place pour faire du «p'tit gars de Brossard» un nouveau monstre sacré.On le réclame et on l'acclame partout, il est de toutes les causes humanitaires.Mais il n'est pas plus con que bien des vedettes.Il l'est autant.Il devient donc une référence, on s'informe de ses opinions politiques et sociales.Elles influencent les médias.Sur la photo, on voit Grace Harlow, Miss Body Universe 1995 devenue vedette porno, en compagnie de la star Elvis «Rocco Siffredi» Gratton.4 Visitez notre site web à WWW.leCOUac.net pour voir un extrait d'Elvis Gratton II ! Mot de passe: Memphis Le retour d'Elvis Gratton «Un documentaire sur l'absurde et la manipulation» La musique se vend comme du savon à barbe.Pour que le désespoir se vende il ne reste qu'à en trouver la formule.Tout est prêt: les capitaux La publicité La clientèle Qui donc inventa le désespoir?Léo Ferré Chaque matin, pendant le tournage de Miracle à Memphis, je répétais aux acteurs et aux techniciens que nous étions en train de tourner un documentaire.Un documentaire, mais surréaliste pour Serge Beauchemin, le preneur de son.Sous-réaliste serait plus exact.En effet, j'ai du mal à comprendre ces petits comiques qui prétendent faire de l'humour absurde.Pour moi, c'est le réel qui est absurde.Y a rien à inventer.Absolument rien.Tout est déjà là.Y a qu'à ouvrir les yeux.On patauge dans l'absurde jusqu'aux oreilles.Regardez tout simplement autour de vous.Dans la rue.Dans l'architecture.Dans l'urbanisme.Dans la musique.Regardez les médias, l'art, la politique, le journalisme, le commerce, la pensée.Pourquoi se torturer les méninges à inventer des absurdités qui ne seront jamais que de pâles reflets de la réalité.Tout est déjà donné.Il n'y a qu'à se pencher pour en ramasser.De l'absurde à la pelle.Des montagnes.Il n'y a qu'à copier.On sera, de toute façon, toujours en dessous du réel.Du comique sous-réaliste.Miracle à Memphis est un documentaire sur l'absurde et la manipulation.Une ode à la culture industrielle.Un poème à la culture préfabriquée, prédigérée et prémarketée.On fabrique en série des Frankensteins de la modernité, les stars rock internationales.On transforme l'art en marchandise.Une marchandise mise en marché comme toute marchandise.Et on vend n'importe quoi.Vraiment n'importe quoi.Vous en voulez du n'importe quoi?On va vous en vendre du n'importe quoi.Et le film lui-même est à la hauteur de son sujet.Un film moderne dans sa forme comme dans son contenu.Le degré zéro de la modernité marchande.Vraiment n'importe quoi.La vie comme marchandise.La marchandise reine.La marchandise Dieu.Du concentré de Charles Sirois et de l'univers marchand.Et vous trouvez ça comique?PIERRE FALARDEAU Julien Poulin et Pierre Falardeau durant le tournage de Miracle à Memphis, un «documentaire» sur l'univers marchand dans lequel nous baignons jusqu'au cou. Le Couac, juin 1999, page 5 la consomm Entrevue choc Les touchantes confessions de Bob Gratton Ala veille de la sortie en salle de son nouveau film , Elvis Gratton a tenu à nous rencontrer afin de nous faire connaître certaines de ses préoccupations de star.Le Couac-.M.Gratton, vous êtes désormais une star internationale.On a peine à vous avoir pour une entrevue.U faut vous coincer entre deux avions.Vous êtes devenu, pour ainsi dire, un citoyen du monde, comme le ministre Petit-Groulx et Ronald McDonald.Quel effet a eu sur vous le show business?J'ai faite la piasse en masse.La grosse limousine, propre en le chalet dans le nord, les poupounes l'ai toute.Y'en a qui disent que les dedans comme en dehors en silicone, les bagues en or.riches sont pas heureux C'est pas vrai.Y sont gros pis heureux en crisse, le le sais moé.lésus Christ, une autre superstar, avait raison: «Heureux les pauvres, car il sont assis à la droite de Dieu et bienheureux les riches, car ils sont assis sur le bord de leur piscine».Votre ami Falardeau.Un ostie de looser.Aussi brillant que du pudding lell-o.Il pense encore que l'État a un rôle social à jouer.Un vrai nono, sti.Tout ce qui compte, c'est faire la piasse.Think Big! L'État empêche le monde de faire plus de piasses.Donc l'État est nuisible, autant que les séparatissses.Y'é pas capable de comprendre ça, lui.Là, les péquissses veulent privatiser une autoroute.Le minissse Chevrette parle de ça depuis quelques jours.Pourquoi juste une, sti?Y faut toute privatiser: les routes, pis les ponts, pis les échangeurs pis les chemins en garnottes.Dans le temps de Duplessis, va des familles qui sont devenues millionnaires parce qu'elles contrôlaient les routes pis les ponts.Pourquoi est-ce qu'on l'aurait pas nous autres aussi cette chance-là?Om a l'impression que vous pratiquez le fétichisme du marché.Wow là! Wow! Moi le latex pis les studs dans le cul, c'est pas mon affaire, l'ai jamais été fétichissse.S'tu clair?Fédéralissse oui.Fétichissse jamais.Oui, M.Gratton.{mal à l'aise) Que pensez-vous de la guerre en ex-Yougoslavie, M.Gratton?Y sont chanceux en criss les Kosovos pis les Serbis.C'est une chance unique qu'ils ont.Pendant des années, y ont rêvé de vivre chez les Américains.Aujourd'hui, les Américains viennent chez eux.Même pu besoin de se déplacer.Hein, ils l'ont l'affaire les Américains.Y sont partout.Pis moé aussi chu partout itou, même en Afrique.Avez-vous vu Charles Taylor, le président du Libéria?l'y ai parlé lors de ma tournée en Afrique avec le pape Y'a pris mon slogan à moé pour son parti: Think Big.Ce nègre-là, il l'a l'affaire en ostie.Ef tous les réfugiés?Moé, les immigrants, ça me dérange pas, tant qu'y a une piasse à faire avec leur gang pis qui restent pas trop longtemps.Mais je veux pas de nègres, de juifs, d'arabes, de sidatiques, de malades, de vieux pis de malades mentaux.On vit dans un pays civilisé Un pays démocrate.Le plus beau pays du monde.Faut faire attention au monde qu'on amène chez nous autres, l't'un démocrate moi, un démocrate parlementaire canadien, un monarchiste parlementaire canadien démocrate du Québec.En tant que libéral-démocrate-monarchiste, je crois à mes opinions de canadien-québécois-français autant que dans ma carrière.Fait que au sujet des Serbis, des Bobsnie pis des «l'ai jamais ete fétichisssse, sti» - Elvis Gratton Kossovis.je Isa is que j'ai raison, sti.Bon, ça va être toute: y faut que j'aille pratiquer une toune avec Pavarotti pis le Pape.On veut chanter ça au prochain référendum.Ça s'appelle «We are the world, you are the loosers».Ça va êtes beau en ostie avec des drapeaux rouges.PROPOS RECUEILLIS PAR LE GRAND COUAC POUR S'ABONNER Elvis Gratton II Le film à voir avec ta tête, sti ! Les 15 premières personnes à s'abonner ce mois-ci recevront un laissez-passer double pour voir le nouveau film de Pierre Falardeau.(514) 274-5468 • (800) 361-1431 PERIODICA 1155, avenue Ducharme, Outremont (Québec) H2V IE2 • Abonnement d'un an .25 $ + taxes = 28,76 $ • Abonnement de deux ans :•!'>$ + taxes = 51,76 $ Abonnement institutionnel et de soutien 50 $ + taxes = 57,51 $ • Abonnement d'un an à l'étranger 40 $ Nom Adresse Code postal.Téléphone.Conception, réalisation et hébergement de sites Web Web : www.asymetriq.com Courrier : solutions@asymetriq.com Sans frais : 1-877-377-0622 Le Couac, juin 1999, page 6 Etats-Unis Les pauvres, ça compte pas! Officiellement, le nombre d'habitants des États-Unis dépend de ce que l'on veut en faire.Mais il faut savoir que le recensement sert aussi à déterminer le nombre de sièges attribués à chaque État.Aux États-Unis, une véritable polémique politico-scientifique vient d'avoir lieu pour décider de quelle manière on allait compter les Américains lors du prochain recensement de la population, prévu pour avril 2000.Les républicains sont partisans d'une bonne grosse enumeration par tête.Les démocrates sont pour l'application de techniques d'ajustements statistiques.Car il est prouvé depuis longtemps que l'énumération par tête sous-estime systématiquement le nombre d'habitants.Si les «oubliés» touchaient toutes les catégories socio-économiques en proportion de leur importance numérique, il n'y aurait pas trop de bobo.Le problème est qu'ils sont majoritairement pauvres, demandeurs d'aide sociale et votent démocrate., quand ils votent! Les pauvres sont invisibles au pays de Walt Disney En 1990, quatre millions d'Américains ont été omis par les techniques classiques du comptage par tête, presque tous pauvres et/ou appartenant à des minorités ethniques.Leur proportion fut de 0,7% pour les Blancs non hispaniques, 4.4% pour les Noirs, 5% pour les Hispaniques et carrément 12,2% pour les Amérindiens Les républicains, mieux assis dans la société — ce qui explique leur vote réactionnaire —, seraient enclins à répondre spontanément au recensement, tandis que la population qui aurait tendance à voter démocrate est plus insaisissable.Un ajustement statistique favorisera donc les démocrates.Les républicains vont donc tout faire pour l'empêcher.Il faut dire que les enjeux politiques sont de taille.Le recensement détermine le nombre de siège attribués pour chaque État à la Chambre des représentants (qui compte actuellement 435 sièges).Les résultats du recensement affectent aussi le découpage des districts électoraux et la distribution de quelque 180 milliards de dollars de fonds électoraux d'aide aux minorités et aux nécessiteux.L'administration Clinton a proposé, pour le recensement du Ier avril 2000, d'améliorer l'estimation par échantillonnage et redressement statistique.De quoi s'agit-il?Supposez que dans un quartier vous ayez un millier d'habitations Des réponses spontanées parviennent de 600 d'entre elles.Que faire des 400 autres?On renvoie une salve de recenseurs.Ils frappent au hasard parmi les adresses des personnes qui n'ont pas encore répondu, et cela jusqu'à ce que 300 habitations aient fourni leurs données.Le nombre de personnes de ces 300 habitations est simplement projeté pour obtenir le nombre d'habitants des 100 adresses restantes.C'est pour cela qu'on a parlé d'«Américains virtuels».Un second micro-recensement, établi sur un échantillon de 750 000 adresses (integrated coverage measurement), permet de contrôler la distribution socio-économique des habitants: on vérifie que certaines catégories sociales n'auraient pas été surestimées ou sous-estimées.Des corrections peuvent être apportées en ajoutant ou retranchant des citoyens.Elles font hurler les républicains, qui agitent frénétiquement le gros bon sens en beuglant qu'il ne saurait exister de recensement qui rayent des citoyens des listes et qui manipulent des «Américains virtuels» Le 25 janvier 1999, la Cour suprême (plutôt conservatrice) a rendu son verdict: le recensement d'avril 2000 se fera avec deux méthodes.La méthode traditionnelle d'énumération par tête sera utilisée pour déterminer le nombre de sièges par État à la Chambre des représentants, et les échantillonnages et ajustements seront utilisés pour toutes les autres fins.Autrement dit.la Cour vient de révéler son mépris pour la science et les pauvres.D'une part en admettant que le nombre des Américains puisse varier en fonction de ce que l'on veut faire du chiffre.D'autre part en rayant les pauvres de la carte pour déterminer la représentation des États à la Chambre.GUILLAUME LECOINTRE (Charlie-Hebdo.n° 357) POUR S'ABONNER ^^fl^fe Un 'rail d ' oiseau Le C^uac Elvis Gratton II Le film à voir avec ta tête, sti ! Les 15 premières personnes à s'abonner ce mois-ci recevront un laissez-passer double pour voir le nouveau film de Pierre Falardeau.(514) 274-5468 • (800) 361-1431 PERIODICA 1155 avenue Ducharme.Outremont (Québec) H2V IE2 • At • Abonnement d una#.25 S + taxes = 28,76 $ abonnement de deux ans ; 45 $ + taxes = 51,76 $ inement institutionnel et de soutien : 50 $ + taxes = 57,51 $ * Abonnement d'un an à l'étranger : 40 $ Nom Adresse Code postal.Téléphone.Ici et là, des bombes Le Courrier international (12-5) rappelle que pendant que le conflit en ex-Yougoslavie fait rage, les bombardements sur Bagdad se poursuivent.«Chaque jour ou presque, des radars (irakiens) sont pris pour cibles; ces frappes auraient fait plusieurs dizaines de victimes parmi les civils irakiens.» Et les malheureux n'ont même pas droit aux caméras de CNN.C'est vraiment trop injuste, comme disait l'autre.La clé des mensonges Après avoir analysé la vidéo de la déposition de Bill Clinton dans l'affaire Lewinsky, des psychiatres américains ont découvert que le président avait montré 20 des 23 signes cliniques typiques du mensonge (se gratter le nez, bégayer, cesser de cligner les yeux).La Presse du 19 mai, qui rapporte cette information, ne précise pas si le fait de parier avec la bouche de travers fait partie de ces indicateurs.M-.Myopie?Le Devoir s'emmêle les patins avec ses adjectifs.Dans son édition du 13 mai.le quotidien sous-titre son article sur le festival de Cannes par une citation de Nikita Mikhalkov: «L'action de l'OTAN est une erreur stratégique d'une myopie historique terrible».Reprise dans le corps du texte, la phrase n'est plus la même: l'erreur de l'OTAN n'est plus «stratégique» mais «tragique», ce qui donne un sens passablement différent aux propos du cinéaste russe 11 ne suffisait plus de devoir décrypter l'information filtrée par les militaires, il faut maintenant tenir compte de la myopie des titreurs.INTERNATIONAL France Charles de Gaulle, petit fils du général, sera candidat d'extrême-droite avec le gros Le Pen aux prochaines élections européennes.Et s'il vient au Québec, Charles de Gaulle 11 nous criera «Vive le Québec blanc»?USA Bill Clinton, après quatre semaines de bombardement sur Belgrade et le massacre de Littleton au Colorado: «Nous savons qu'il faut faire plus afin d'apprendre à nos enfants à exprimer leur colère et à résoudre leurs conflits avec des mots plutôt que des armes.» (The Nation.10-5) USA (bis) Sonia Benezra s'en va travailler aux États-Unis.Encore d'autres régions sinistrées.L'idole de la jeunesse De passage à l'émission Les choix de Sophie pour promouvoir son dernier roman, Jacques Godbout confie à l'animatrice que son film Ixe-73 a du succès aujourd'hui chez les enfants.«Les membres de mon fan club sont âgés de dix ans», avoue-t-il, candide.C'est gentil pour Richard Martineau et René-Daniel Dubois.Ruines Les tornades qui se sont abattues sur le Kansas ont laissé derrière elles des milliers de démunis.On attend l'aide humanitaire de l'armée serbe.Publicité Sauvage Partout en ville 4551, boulevard Saint-Laurent, Montréal, Qc*fBS Téléphone: (514) 286-0469 / Fax (514) 286-0250 Le couizze du Couac La SAQ risque de boire la tasse! Le Québec devra peut-être renoncer à la SAQ.En effet.l'Organisation mondiale du commerce (OMC) entreprendra une nouvelle ronde de négociations sur l'agriculture à la fin de 1999 et certains pays, les États-Unis en tête, croient que l'État n'a pas sa place dans pareil commerce.Les amis requins prétendent que les entreprises commerciales d'État créent des «distorsions de marché».Voici quelques faits qui démontrent que le but recherché par l'OMC n'est pas tant d'enrayer les distorsions de marché que de privatiser les entreprises d'État rentables.1- La vente d'alcool représente une véritable vache à lait pour l'État.Cela fait saliver le privé qui n'aime pas voir tout cet argent se «perdre».Au cours des 10 dernières années, combien d'argent la SAQ a-t-elle rapporté au trésor québécois?A) 500 millions $.B) 800 millions $.C) 2,8 milliards $.D) 4,9 milliards $.E) Hic! 2- En 1997 la compagnie Seagram était classée au 350e rang des 500 plus grandes entreprises au monde.Son chiffre d'affaires était de 12.6 milliards $ américains.Cette compagnie est un géant des spiritueux, mais depuis quelques années, son PDG, Edgar M.Bronfman |r., réoriente la compagnie vers le divertissement.Quelle affirmation concernant Seagram et son PDG est vraie?A) Edgar M.Bronfman |r.s'est classé cinquième au palmarès 1997 des plus grands donateurs aux partis politiques américains avec une contribution personnelle de 455 500 $.B) En I996 l'ensemble de la compagnie Seagram a contribué pour 1,2 million $ au parti Démocrate.C) Hips! D) Des études ont démontré que les compagnies de cinéma qui ont des liens financiers avec les producteurs d'alcool montrent deux fois plus de scènes de consommation d'alcool dans leurs films que leurs rivaux.En I996, Seagram a posé un geste qui avait pour but de voir le gouvernement américain bannir toutes les publicités d'alcool à la télévision.Seagram aurait alors eu une longueur d'avance sur ses rivaux pour faire la promotion de ses produits alcoolisés: sa compagnie de cinéma (MCA universal/Studios).E) Toutes ces réponses.3- Le plus grand brasseur de bière au monde est la compagnie américaine Anheuser-Bush (Budweiser) qui contrôle 45 % du marché de la bière aux États-Unis.Cette compagnie a réalisé un chiffre d'affaires de plus de l l,l milliards $ en 1997 et possède une grande influence politique.Laquelle des affirmations suivantes concernant les activités d'Anheuser-Bush est fausse?A) La compagnie a un lobbyiste dans la capitale de chaque État Américain.B) Les dirigeants d'Anheuser-Bush essaient depuis des années de conclure une entente avec Ronald McDonald lui-même pour une publicité de bière Budweiser destinée aux adolescents.C) Anheuser-Bush a réalisé un bénéfice de l,2 milliard $ américains en 1997.D) Monsieur Dane Starling, lobbyiste à Sacramento pour Anheuser-Bush, est un général d'armée à la retraite qui était le bras droit de Normand Schwarzkopf durant la guerre du Golfe.E) Burp! 4- Depuis 1979, le sénateur américain Bob Dole a reçu en soutien à ses activités politiques l,3 million $ des frères Ernest et lulio Gallo qui produisent le tiers de tous les vins vendus aux États-Unis.Au fil des ans les événements heureux se sont succédé dans la vie de nos généreux donateurs et Bob Dole en est en partie responsable (faut-il s'en surprendre?).Laquelle des décisions politiques suivantes est fausse et ne pourrait donc pas être qualifiée de retour sur l'investissement pour les frères Gallo?A) Le fait que Dole et le parti républicain se soient opposés au projet de Bill Clinton de créer une «taxe sur le péché» (sin tax) s'appliquant aux produits de l'alcool.B) Le fait qu'en 1986 Dole ait joué un rôle important dans l'adoption d'une loi sur la taxation des héritages.«L'amendement Gallo» a permis aux membres de la familia de ne pas payer d'impôts sur la succession et de sauver une somme estimée à 104 millions $.C) L'approvisionnement à vie de bananes Dole voté par le congrès américain aux frères Gallo.D) Les efforts constants déployés par Bob Dole pour s'opposer à l'élimination du Market Promotion Program, une subvention agricole ouvertement dénoncée comme un pur gaspillage qui a enrichi les Gallo de 23,8 millions $.E) l'pense que j'vas être malade! D -fr '9 -É '3 -l 'Q -I :S3SNOd3H FRANÇOIS PATENAUDE Une balle en ligne Grâce à Internet, les Américains peuvent maintenant magasiner leurs armes en ligne.Parmi de nombreux sites où il est désormais possible de faire ses emplettes de Colt, Browning et Remington, un site se distingue: Guns America (www.gunsamerica.com).On y trouve un choix inégalé de toutes marques, depuis la carabine à air comprimé jusqu'au fusil-mitrailleur de type militaire.Rien de plus facile qu'acheter une arme par Internet.On commande le modèle rêvé.Il est livré à un armurier près de chez soi.On va y chercher le colis afin que les vérifications d'identité soient faites, tel que l'exige la loi Brady.Simple.Rapide.Économique.Cette année, deux projets de loi ont été déposés au Congrès pour limiter l'accès aux sites de vente d'armes.Mais ces projets visent exclusivement à encadrer les sites de vente d'armes entre particuliers.Les marchands d'armes tels Guns America n'ont donc pas à s'en faire: rien ne les obligera à mieux contrôler leurs ventes, ni à demander à leurs clients contre qui ils souhaitent utiliser leurs engins de mort. IS h il iw \m i A quoi servent les journaux?De plus en plus de supports à pubs plutôt que de supports à idées.Tout va bien aux yeux des propriétaires d'«entreprises de presse» en autant que le journal prête son concours à la consommation.Dans le Ici du groupe Québécor (6-5), un grand sondage d'intérêt public nous apprend quel est le meilleur magasin de vêtements neufs, la meilleure friperie, le meilleur magasin de sport, la meilleure agence de voyage, la meilleure compagnie d'interurbains, le meilleur magasin de disques, le meilleur magasin de produits naturels, etc Tout ça sous une jolie tête de rubrique intitulée «Consomme, consommons, consommez» Pour tout savoir sur le merveilleux monde de la consommation, lisez les journaux.Et apprenez du même coup à décliner le verbe «consommer».Autrefois, on apprenait plutôt les déclinaisons latines du verbe aimer.Ça avait plus de charme, il me semble.JFN Grâce à Bell, la distance n'a plus d'importance.La machette et le goupillon Le 14 avril dernier, Monseigneur Misago était arrêté par les autorités rwandaises pour crime de génocide.En avril 1994, cet évêque ouvrait grand la porte de son presbytère pour permettre à des miliciens hutus d'aller trancher du Tutsi.À la même époque, une sœur bénédictine apportait même de l'essence aux extrémistes hutus afin qu'ils terminent leur boulot.Aujourd'hui encore, une vingtaine d'ecclésiastiques, acteurs ou complices des massacres, résident à Rome.Avec la bénédiction du Vatican.Après quatre ans d'enquête, la revue Collas vient de publier un bouquin passionnant sur le rôle de l'Église catholique — et notamment des «pères blancs» — dans la préparation et l'exécution du génocide de 1994: Rwanda: Uhonneur perdu de l'Église.Ou 260 pages claires pour un écœurement total, parfumé à l'encens.P.S.(Charlie-Hebdo.N°360) 6NS£Mgl£ POUR MiEUX €>é#VtgT DANS rtoTRE SERiE AUJOURD'HUI.LE S ÔUiS UN CRÊtVM DE fliC 3'emmêrde le cj'foyeM, C'EST MA Vf £.QUAhlD iL V£PAS£- LE 12o Sur L'Auïb COUTE ou 2 SECOMPEG A" eut1- MAiô OUAMD iL Se fA\T PiQUÊR SOM AUfO-RAPiO ou Viper son Appart, QUUSE V&ABtZDB! fouQ CoteTAmRMoi1.3E NE SUiS QU'uMCON".Peine de mort internationale Après les injections létales, la chaise électrique, la pendaison, les Américains utilisent maintenant des bombes pour exécuter les prisonniers.serbes.Avis Les ambassades qui déménagent doivent faire parvenir leur avis de changement d'adresse au Pentagone, service de cartographie.Ambassadeurs chinois s'abstenir.Milosevic terrifié Si les Serbes ne capitulent pas, l'OTAN songe à faire intervenir au sol des étudiants américains armés jusqu'aux dents.Météo Après l'art engagé et le journalisme de guerre, voici la météo patriotique : «Bonne nouvelle : il fera beau au-dessus de Belgrade, ce qui facilitera les bombardements.» La pluie est proserbe, le soleil est américain! Milosevic cèdera-t-il?Milosevic semble montrer des signes de faiblesse: il demandera bientôt aux miliciens serbes de violer les femmes du Kosovo avec des condoms.Milosevic bientôt désœuvré?Il n'a plus de Slovènes à massacrer.Ni de Croates, ni de Bosniaques.Et bientôt, plus d'Albanais Les Serbes devraient commencer à se méfier! Conseil-santé Souriez : vous êtes en guerre! Garde-robe Enfin, le gouvernement du Québec vient d'adopter une loi reconnaissant les conjoints de même sexe.Dommage pour les députés péquistes encore dans le placard qui n'oseront pas s'en prévaloir.3 TAPE Que SUR LEO fAUV'-TVpES'.LES HELLS 3f?oS PEALERS, LES FiMAKJCi'EPG VERREUX,.j'eki a»' Ri'ëni a* Foutre TGDP PAMGe&EUX' -Tiens.j'me dégoûte 1 Y © MOT QUi ViEMT Vu LAlÏKl 7&AiTUS PORCUS, CE Oui SiâtfiPïe.ftt\i1& t>E fOUC, MÊME EM 3AVAiJAiS A UM an pe ma PETRAifE .jVaîô pag Jouer a ïkIdi/Vna 30MêS„, et puïs, a 2 metres j'patepaîs ûitiETTEREXo pans un MiCRO- ompes \ OÙ VOULEZ-VOUS, QUE J'âAÇNE 80.000£ PUJÇ, TOUS le6 AVANTAGES ôOCiAUX AVEC UKlE 2e 0 ANNEE PE /VlATéS/JEUÉ?5'Ai P'j'A" VÏSÉ UM néçro AU PiEa.et J^Ai EU gf,j4 ftZOjtfl ex Le Couac, juin 1999, page 7 soictcçV} L'économie pour tous: 10/12 Une proposition libertaire: l'éconopar (2/4) Nous cherchons ici à concevoir une économie, c'est-à-dire une institution sociale qui permette d'allouer des ressources, de produire et de consommer.Nous n'accepterons cependant pas n'importe quelle institution qui remplirait ces fonctions: l'esclavagisme, par exemple, ne nous convient pas, notamment parce qu'il traite de manière horrible certains êtres humains.Que souhaitons-nous donc de notre économie, quelles valeurs doit-elle incorporer, actualiser, promouvoir?Nous avons vu la dernière fois que ces valeurs sont au nombre de quatre: équité, efficience, autogestion, diversité.Partant de là, de la même manière qu'on doit refuser l'esclavagisme, on doit refuser et la planification centrale et le marché.Que mettre à la place?Procédons par ordre et demandons-nous cette semaine comment on pourrait envisager une économie qui permette la production de biens mais en conformité avec nos valeurs privilégiées.À quoi ressemblerait un lieu de travail conforme à ces valeurs?Il n'y aurait pas de propriété privée des moyens de production, sans doute.Mais encore?Dans une économie de marché comme dans une économie de planification centrale, un lieu de travail c'est finalement une sorte de dictature.Il y a des gens, en haut - les patrons ou les cadres du parti - qui conçoivent, décident et donnent des ordres; d'autres en bas, exécutent.Certaines tâches sont valorisées et valorisantes, y sont attachés du prestige, de plus fortes rémunérations, et ainsi de suite; d'autres sont tout le contraire.Si on souhaite l'équité et l'autogestion, on ne peut se contenter de la propriété collective des moyens de production: il faut encore l'égalité et assurer une véritable parti-cipation de chacun aux décisions Comment produire, alors?Comment organiser un lieu de travail sans hiérarchie?Le premier élément de réponse à cette question est ce que les libertaires appellent les Conseils.Un lieu de travail sera un lieu démocratique où chacun sera appelé à se prononcer.Mais sur quoi?Et comment?Hahnel et Albert ont proposé là-dessus une idée riche: chacun sera appelé à s'exprimer sur des sujets à proportion de ce qu'il sera affecté par la décision qui est prise.On devine que selon ce point de vue, le principe une voix-un vote est un cas particulier auquel on arrive en certains cas.Vous me suivez?Oui?Alors dites-moi quel est ce cas! Mais ne risque-t-on pas, même dans un tel lieu de travail, de voir resurgir des petits boss occupant des emplois valorisants, décisionnels et auxquels il faudrait donc botter le cul et tout serait à recommencer?La solution imaginée par Hahnel et Albert à ce problème réel et redoutable passe par la constitution de ce qu'ils appellent des Balanced ]ob Complex., ou Ensemble équilibré de tâches.Explication.La proposition est au fond fort simple.Au sein des lieux de production d'une Éconopar, personne n'occupe à proprement parler un emploi, du moins au sens où ce terme est entendu d'ordinaire.Chacun s'occupe plutôt d'un ensemble de tâches, lequel est comparable, du point de vue de ses avantages, de ses inconvénients ainsi que de son impact sur la capacité de son titulaire à prendre part aux décisions du Conseil de travailleurs, à n'importe quel autre Ensemble équilibré de tâches dans notre société.Les créateurs de ce modèle économique arguent, de manière convaincante, qu'il est non seulement souhaitable en théorie mais également possible et efficient en pratique de balancer de la sorte les tâches.Deux arguments sont le plus souvent invoqués contre cette pratique et je voudrais les rappeler ici afin de montrer comment y répondent les partisans de l'Éconopar.Selon un premier argument, s'il est plausible de penser que le fait de permettre aux travailleurs d'avoir un mot à dire sur leurs tâches accroît l'efficience du travail et sa désirabilité aux yeux de qui l'accomplit, la proposition de construire des Ensemble équilibrés de tâches va bien au-delà et négligerait deux éléments capitaux du problème: la rareté du talent et le coût social de la formation.Partant, cette proposition serait inefficiente.Cet argument est souvent appelé celui du Chirurgien qui change les draps des lits de son hôpital, puisque c'est sous cette forme qu'il est d'abord apparu.Certes, le talent requis pour devenir chirurgien est sans aucun doute rare et le coût social de cette formation est élevé.Il y a donc bien une perte d'efficience à demander du chirurgien qu'il fasse autre chose que des opérations.Cependant, il est également vrai que la plupart des gens possèdent des talents socialement utiles dont le développement implique un coût social.Une économie efficiente utilisera et développera tous ces talents, de telle sorte qu'il y aura un coût social rattaché à l'accomplissement de toutes les tâches routinières et moins intéressantes - comme changer les draps - peu importe qui le fait.Il ne s'ensuit donc pas des prémices accordées que le fait pour un chirurgien de changer des draps présente un coût social prohibitif.Un autre argument couramment employé contre les Ensembles équilibrés de tâches veut que la participation que cette procédure cherche à promouvoir s'exercera au détriment de l'expertise et de la part prépondérante qui lui revient nécessairement dans la prise de décisions, en particulier si les sujets débattus sont complexes.En fait, l'Éconopar ne nie aucunement le rôle de l'expertise.Mais si cette expertise est précieuse pour déterminer les conséquences des choix qui peuvent être faits, elle demeure muette quand il s'agit de déterminer quelles conséquences sont préférées et préférables.Si l'efficience suppose que des experts soient consultés sur la détermination des conséquences prévisibles des choix, en particulier lorsque ceux-ci sont difficiles à déterminer, elle exige aussi que ceux qui auront à les subir fassent connaître leurs préférences.Ça fait beaucoup d'idées.Qu'en pensez-vous?RAYMOND-LA-SCIENCE 1 Le Couac, juin 1999, page 8 Que voulez-vous ! Yaîme pas ça manger SUCRÉ Non aux entarteurs, oui, oui, oui aux enculeurs.Vive l'état de droit(e) -Dion Transsubstantiation René Angelil opéré à la gorge.Maman Dion opérée au foie.Ils n'étaient que chair, ils deviendront petits pâtés.ftmsmmr et y( k foief Vous avez de jolis melons Nos amis du Canard enchaîné rapportent que la chaîne de supermarchés britannique Tesco demande à ses fournisseurs de fruits et légumes de l'approvisionner en melons plus petits (12-5) Pourquoi?Un «psychologue» voué aux affaires de la chaîne a déterminé que «la mode étant aux petits seins», les clients préféreraient des melons de petite taille.Le monde et les temps changent, comme disait l'autre.D'ailleurs, Pamela Anderson aussi Si Dieu le veut Sinead O'Connor, ex-crâne chauve avec des bigoudis dans la tête, a récemment connu la grâce de Dieu à Lourdes.Aujourd'hui, elle voit des petits lésus partout et ne vit plus que pour la grâce.«|e veux me faire belle pour Dieu.|e m'habille bien pour Lui, je me maquille [.] et je porte mes plus beaux sous-vêtements pour être la plus sexy des putains de prêtresses qui soient.» [The Observer 9-5) Ça devrait suffire au pape pour qu'il songe à enregistrer un duo sur les mérites du préservatif dans les relations avec les putains de prêtresses et l'arrière-train des monseigneurs.Déclaration d'indépendance de 1838 robert nelson DÉCLARATION D'INDÉPENDANCE PI At'THFt Ft HITS ^J^fgjJ^^ R°bert Nelson, * WwjSS Déclaration &£ê&b*ZteiïÉ$l& d'indépendance Soulagement Grand titre de La Tribune (15-5): «)ean-Luc Mongrain n'est pas pressé de revenir devant la caméra».Ça tombe bien: le public n'est pas pressé non plus de s'asseoir devant la télé pour le revoir.Donc tout le monde est content.Génuflexion Grand titre de La Tribune, sur toute une page (22-5): «Le Sanctuaire de Beauvoir se prépare pour la neuvaine au Sacré-Cœur de lésus».Et le journaliste tient à nous expliquer: «On rappelle que la dévotion au Sacré-Cœur est plus qu'une.dévotion, c'est un culte.» Sans déconner, les mystères du journalisme sont vraiment insondables.Exposition La vie de Napoléon racontée tout l'été à l'île Sainte-Hélène (de Montréal).L'an prochain, la vie de Pol Pot et en 2001 celle d'Hitler.Faut le crier sur tous les toits Le 14 mai à 7h50.une journaliste de Radio-Canada nous apprend, sur un ton très solennel, qu'au Kosovo, on ne le dit pas assez, mais il y a des Serbes qui s'occupent des personnes âgées et qui mettent des plaques avec des noms serbes sur leur porte pour leur éviter des problèmes Petit auditoire ou grande famille?La même journée, en avant-midi, Miss Météo avait déclaré qu'elle tenait à saluer sa famille, tellement nombreuse qu'elle comprenait probablement 10% de l'auditoire.Pauvre coco Le fils de l'entraîneur de football Barry Alvarez subira un procès pour avoir tué le perroquet d'un étudiant en le faisant cuire dans un micro-ondes (La Presse.11-5).Selon le propriétaire du pauvre animal, son oiseau possédait un vocabulaire d'environ 20 mots.Il aurait donc pu accorder des entrevues à RDS.Technologie Jeanette Bertrand, 74 ans, présentée dans 7 )ours comme une belle de 40 ans (22-5).Elle a tout de même bien changé depuis l'époque de lean et leanette.Avant, elle était retouchée par un chirurgien.Aujourd'hui, elle est retouchée par un ordinateur Nouvelle 6/wuRE ffeoR LioTAhi « UN MlSS\LE WJ S'ËCftVSE A BORCEN - p Comi:au & Nadkau Édition préparée par Georges Aubin Diffusion Prologue WWW.leCOUaC.net pourvoir un extrait d'Elvis Gratton II ! Mot de passe: Memphis Monarchies ?Le prince Rainier de Monaco célèbre le 50e anniversaire de son accession au trône.Il est heureux.Satisfait.Comblé.Au quotidien France-Soir (8-5) qui lui demande ce dont il est le plus satisfait durant ce demi-siècle de règne, le brave prince répond: «C'est le terre-plein de FontvieiIle.» Modeste à part ça, le bon prince.Un terre-plein, c'est tout.11 aurait au moins pu parler du célèbre Festival international du cirque de Monaco.C'est sans compter que le bon prince, comme tout monarque, n'aime pas se mettre en vedette.?La monarchie britannique est très heureuse d'avoir trouvé en Elvis Gratton un ardent défenseur.La reine a même recommandé à la Chambre des lords que l'on change le «God Save the Queen» pour «Bob Save the Queen».La chanson doit être disponible sous peu.?Le 2 juin 1953, on couronnait à Londres sa majesté Elizabeth II.Quatre jours plus tôt, le parlement canadien, toujours en avance sur tous les pays du monde, lui avait accordé le titre de «reine du Canada».Louis Saint-Laurent, premier ministre, était aux anges: «Sa majesté est maintenant reine du Canada parce qu'elle est la reine du Royaume-uni et parce que le peuple canadien est heureux de reconnaître pour sa souveraine la personne qui est souveraine du Royaume-Uni.» Tout à fait logique.Et on eut pu imaginer une autre déclaration qu'il l'eut été tout autant: «sa majesté est maintenant reine du Canada parce qu'elle est reine du Congo et que le peuple canadien est heureux de reconnaître pour sa souveraine la personne qui est la souveraine du Congo».Au fond, peu importe le colonisateur, quand on est colonisé.Quelques mois plus tôt, le 3 février pour être exact, une loi adoptée par le parlement assurait à Elizabeth 11 le statut de chef de l'État canadien.La «Loi sur la désignation et les titres royaux» avait été adoptée avec une parfaite spontanéité et une aussi parfaite unanimité, note le correspondant de La Presse.Encore une fois, les parlementaires canadiens ne reculaient devant aucune mesure progressiste: c'était la toute première fois qu'ils accordaient à monarque anglais le titre de «reine du Canada».Les grandes familles Cl est avec une mauvaise foi évidente que Lord Durham soutenait dans un rapport tristement célèbre que ce peuple n'avait pas d'histoire, lusqu'à ce rapport, il y avait relativement d'histoire collée à la peau de ce peuple.Des histoires aussi.Par la suite, tout cela s'est enrichi comme ce n'est pas possible.La grande histoire d'abord, celle qui s'écrit et qui s'enseigne.Celle qu'on dore ou qu'on abhorre, c'est selon.La petite histoire aussi.Pas toujours la plus reluisante, admettons-le, mais souvent fort singulière.Mille péripéties pourraient être amenées à la barre des témoins.Les enfants de Duplessis, tiens.Où donner de la tête, en effet, devant tout ce qui se raconte ces jours-ci d'une époque, pas si lointaine mais plutôt révolue, où on faisait encore des enfants au pays de Menaud?Si les soeurs n'avaient pas fait cela.et tatati.Mais si les soeurs n'avaient pas été là.et tatata.Tant il est vrai que c'est ce vieux cynique de lacques Ferron qui aura encore raison, qui écrivait de la religion catholique au Québec: «Elle a fait trop de bien pour qu'on en dise du mal.Elle a fait trop de mal pour qu'on en dise du bien.» Dieu merci, ce problème ne se pose plus, même si d'autres problèmes sont apparus depuis.Comme il ne se fait à peu près plus d'enfants, le risque est fort minime qu'on se retrouve dans une ou deux générations avec sur les bras des enfants dits de Bouchard! Restons dans la même famille.d'idées.Ce qu'on cause aujourd'hui de clauses de conventions collectives dites orphelins.(Curieux quand même qu'au Québec, on ait aussi des clauses grands-pères.Sans compter ces autres clauses, dites monseigneur, qui protégeaient dans le temps les ouvriers catholiques sur les chantiers de construction.) Mais revenons aux clauses orphelins, qui sont venues illustrer récemment pourquoi il ne fallait pas compter sur les associations patronales pour mettre fin au travail des enfants dans les mines, pour ramener la semaine de travail sous les soixante heures, pour prendre des mesures assurant la santé et la sécurité au travail comme l'équité dans les salaires.L'inamovible Ghislain Dufour est parti du Conseil du patronat.Mais on y a conservé ses mânes, qu'on sort chaque fois que nécessaire pour faire peur aux gouvernements.Qui attrapent immanquablement la frousse.Le CPQ a tonné contre un projet relativement anodin de madame Diane Lemieux qui, avec la timidité qui caractérise ce gouvernement quand il marche un peu à gauche, avait fait mine de sévir un petit peu contre l'expansion de ces clauses dites orphelins qui font des jeunes des citoyens de seconde classe.Et elle a reculé, la bonne dame.Surtout que le président de la Chambre de commerce de Montréal l'avait accusée d'être une extraterrestre en quelque sorte, en voulant ainsi intervenir dans la libre exploitation.C'est ainsi que d'une génération à l'autre, on se sent toujours un peu orphelins.Dans ce cas-ci, c'est d'un manque d'État à colonne dont nous sommes privés.MICHEL RIOUX Le Couac Juin 1999, page 9 Daumier, un grand Livre Harlequinades douteuses C'est un satirique, un moqueur, Mais l'énergie avec laquelle Il peint le mal et sa séquelle Prouve la beauté de son cœur Charles Baudelaire, 1865 Que se passera-t-il cet été à Ottawa, lorsque nos vénérables sénateurs et nos honorables parlementaires ne siégeront plus dans la ca-pitale canadienne?Un fantôme du XIXe siècle viendra leur chatouiller les orteils.Du 11 juin au 6 septembre, 300 œuvres du caricaturiste, peintre et sculpteur Honoré Daumier éliront domicile au Musée des Beaux-Arts du Canada.Organisée en collaboration avec la Réunion des musées nationaux français, le musée d'Orsay et la Philips Collection de Washington, cette exposition constitue la première mondiale d'une grande rétrospective de l'artiste français.Né à Marseille le 26 février 1808, Honoré Daumier s'établit à Paris avec sa famille en 1816 pour suivre un père vitrier qui rêve de devenir écrivain.Les succès littéraires de son père se faisant attendre.Honoré commence à travailler à l'âge de 12 ans comme saute-ruisseau —coursier— chez un huissier.Il sera par la suite apprenti dans une librairie du Palais-Royal puis entrera dans un des ateliers de lithographie qui s'ouvrent alors à Paris.Ses premières caricatures paraissent en 1829 dans le journal illustré La Silhouette.Les événements de 1830, qui instaurent la monarchie de Juillet et assoient au pouvoir Louis-Philippe 1er, nouveau roi des Français, cristallisent l'opposition.À peine âgé de 22 ans.Daumier, républicain convaincu, réalise alors 36 petits bustes qui sont autant de charges contre les parlementaires et les ministres en place.Cette série constitue le cœur de son œuvre sculpturale.La même année, Charles Philipon fonde La Caricature, journal républicain de quatre pages dont le premier numéro paraît le 4 novembre 1830 et auquel participe bien sûr Daumier, mais aussi Balzac notamment, sous différents pseudonymes.En 1831, après la parution d'une caricature de Louis-Philippe en Gargantua, Daumier et Philipon subissent ce que certains considèrent comme le plus célèbre procès jamais intenté par l'État français contre un artiste.Ils sont condamnés à six mois de prison.Dès leur sortie, en 1832, Philipon fonde Le Charivari, journal littéraire, satyrique et illustré auquel participe Daumier jusqu'en 1858.Inspiré de ses sculptures de 1830, Daumier publie en 1833 sous forme de lithographies sa célèbre série de caricatures de parlementaires.En 1835, des lois contre la presse instaurent une censure sévère et forcent l'arrêt de parution de plus de 40 journaux dits radicaux, dont La Caricature.Son dernier numéro hebdomadaire paraît le 27 août.Dès lors, Daumier quitte la caricature politique pour passer à la caricature sociale, établissant, au cours d'une œuvre magistrale, un portrait lucide et détaillé des mœurs de ses contemporains.Il reviendra à la caricature politique en 1848, après la chute de Louis-Philippe.Quand, en 1858, Daumier tente de quitter la caricature pour se consacrer tout entier à la peinture, c'est la faillite.Il revient malgré lui au journalisme, mais ne parvient plus à assurer sa subsistance.Il doit donc quitter Paris et s'établit à Valmondois, où là non plus il ne parvient pas à se payer un toit.Le peintre Corot lui fait alors don d'une maison: Mon vieux camarade, j'avais à Valmondois, près de l'Isle-Adam.une maisonnette dont je ne sais que faire.Il m'est venu à l'idée de te l'offrir, et comme j'ai trouvé l'idée bonne, je suis allé la faire enregistrer chez un notaire.Ce n'est pas pour toi que je fais ça.C'est pour embêter ton propriétaire.À toi! Devenu aveugle en 1877, Daumier s'éteint en 1879.Celui qui a été encensé par Baudelaire et Balzac, considéré par Monet comme son «maître vénéré», étudié et copié par Picasso et Van Gogh, et qui a inspiré Manet, Renoir et Cézanne, n'a pourtant été reconnu que plus tard comme un véritable artiste.NADINE VINCENT Longtemps méprisées par les spécialistes et les connaisseurs, «les productions écrites de grande consommation» (les romans à l'eau de rose, les romans sériels, la littérature-feuilleton, les best-sellers désignés tels avant même de se vendre, etc.) ont fait leur entrée à l'université comme objets d'étude (assez récemment et souvent dans la controverse) et sont désormais soumis à l'analyse sérieuse par certains chercheurs qui en ont fait leur spécialité.Femmes de rêves au travail, signé par un collectif à cinq têtes, constitue une démonstration intéressante du type de discours analytique pratiqué dans cette nouvelle branche des études littéraires qui puise aux acquis récents, et surtout américains, des études dites génériques et culturelles.Ainsi, refusant la thèse selon laquelle la littérature destinée à la grande consommation se caractériserait par sa futilité de même que par son discours réactionnaire et aliénant, les auteurs de cette étude vont jusqu'à écrire : «Il s'agit de faire voir que ces productions jouent un rôle indéniable dans le changement social le plus large.» Cette fois-ci, le thème choisi est celui de la représentation des femmes mise de l'avant dans cet univers de 1945 à aujourd'hui.En analysant le rapport que les héroïnes y entretiennent avec la sphère du travail (excellent choix puisque là se trouve le nœud de la tension espace domestique/public dans laquelle se détermine le statut social de la femme au XXe siècle), les auteurs se donnent pour mission de montrer que ce genre de littérature, loin de mériter l'opprobre, constitue plutôt un puissant révélateur de l'évolution sociale du monde réel en plus de véhiculer les attentes de ses destinataires.Femmes de rêves au travail, à partir de cet angle, analysera donc un corpus qui va des romans de Delly aux F/Iles de Caleb, en passant par les fictions publiées dans des magazines féminins (Revue moderne.Châtelaine, La vie en rose, etc.) ainsi que par la collection Harlequin, la production de Barbara Cartland (400 romans!) et quelques autres auteures plus «littéraires» mais néanmoins populaires (c'est-à-dire qui se sont déjà bien vendues comme Anne Hébert et leanne Bourin entre autres).Divisée en trois grandes sections (1945-1960, 1960-1977, 1978-1995), cette étude franchement originale, j'en conviens, se veut claire et systématique.On présente d'abord, pour chacune des époques, un état des lieux socio-économiques du statut de la femme québécoise, pour ensuite procéder à l'analyse de la littérature de grande consommation qui a marqué la période concernée.Fins analystes, les membres du collectif nous font découvrir un monde fictif en constante évolution, tiraillé entre traditionalisme et progressisme et qui, en effet, s'attache à se faire le miroir d'un certain monde réel.Ainsi, de 1945 à 1995, on y passe de la femme qui voit son accomplissement dans le mariage à celle, une prise de conscience plus tard, qui entend bien se réaliser par et pour elle-même par le détour maintenant valorisé du travail.Cela dit, la complaisance des auteurs envers leur objet d'étude les amène à tirer des conclusions douteuses et à taire, sinon à récuser, celles qui risqueraient d'assombrir leur engouement.Il en va ainsi, par exemple, de la prétention selon laquelle cette production jouerait un rôle dans le changement social.En fait, plutôt qu'à l'avant-garde de l'évolution, c'est à la traîne de celle-ci que se situe cet imaginaire dont les adaptations répondent à un impératif commercial.Aussi, quand ils écrivent, au sujet de la collection Harlequin, que «le laminage idéologique opéré par la littérature de grande consommation se révèle un mythe dans ce cas comme en d'autres», les membres du collectif le font au prix d'une contradiction grossière, eux qui affirmaient quelques pages plus tôt: «Ces deux séries de contraintes donnent lieu à des impossiblia romanesques qui déréalisent la collection, surtout lorsqu'on en fait la lecture suivie d'une année entière de production.» Leurs contorsions visant à justifier un tel état de fait par le malaise social correspondant ne convainc pas.Qui ne lirait,que la collection Harlequin pour tâter le pouls du social en aurait une vision bien tronquée et, oui, aliénante.Comprendre les raisons qui motivent des milliers de personnes (essentiellement des femmes) à lire assidûment de telles productions m'apparaît tout à fait légitime, voire nécessaire.En revanche, une telle entreprise ne devrait en aucun cas, me semble-t-il.mener à faire silence sur la pauvreté littéraire et idéologique de la majeure partie de ce corpus qui, |.M.Bernstein a raison, entraîne «une libération de l'obligation de penser et de critiquer».LOUIS CORNELLIER louis.cornel lier@collanaud.qc.ca Denis Saint-lacques, lulia Bettinotti, Marie-losée Des Rivières, Paul Bleton et Chantai Savoie, Femmes de rêves au travail.Les femmes et le travail dans les productions écrites de grande consommation, au Québec, de 1945 à aujourd'hui, Éd.Nota bene, Québec 1998, 192 pages «La Paix», lithographie de Daumier tirée du Charivari, le célèbre journal satirique (6 mars 1871) Daumier Musée des Beaux-arts d'Ottawa Du 11 juin au 6 septembre Mauvaise blague Le fabricant de crème glacée Good Humor-Breyers fermera son usine de Montréal le 30 juin.Les 75 employés ne la trouvent pas drôle.Visitez notre site web www.lecouac.net \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\ $ Niaiserie interactive $ > > J Loto-Québec lancera bientôt un nouveau type de billets de ^ J loterie sur cédérom (La Presse, 2I-5).On vous passe les détails.Il suf- 3 ^ fit de savoir que le joueur déclenchera un jeu d'animation avec un J code obtenu en grattant un billet conventionnel, et que la société ^ ^ d'État garantit que l'issue du jeu sera le fruit du hasard et non de ^ \ l'habileté.But avoué: rajeunir la clientèle des billets de loterie, qui \ \ oscille actuellement entre 35-54 ans.«Nous préparons l'avenir», a \ \ expliqué le directeur des communications de Loto-Québec.Celui \ % des moins de 35 ans, évidemment.% v\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\ LE QVEBSCOlSfAôYEN: VIEILLISSANT, PAUVRE MAIS
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