Le couac, 1 juillet 1999, juillet
Nouveau massacre à la polytechnique?Des étudiants conçoivent des avions de guerre pour • Page 7 Un drôle d'oiseau Vol.2 • no 10 Juillet 1999 2,25 $ Télé La présidente du CRTC.Françoise Bertrand, a rejeté le projet de partenariat entre Radio-Canada et Arte, optant plutôt pour des chaînes spécialisées dans le paranormal et les voyages.Vive la télévision canadienne: dans la première chaîne, on verra une table se mettre à bouger, et dans la seconde, elle prendra l'avion pour Honolulu.Parabole constitutionnelle Le député néo-démocrate Svend Robinson a tenté de faire retirer de la constitution canadienne toute référence à Dieu.En vain.Comme le disait lésus à son disciple lean Chrétien: «Il est plus difficile de faire entrer le Québec dans la constitution que d'en faire sortir Dieu».Amen.Uunifolié sur tous les livres Sheila Copps poursuit sa croisade Sheila Copps est une croisée infatigable.Non contente de retrouver son gros cul défoliant dans les feuilles salaces d'un magazine de fesses du pays de l'oncle Bill, la ministre du Patrimoine unifolié s'attaque désormais aux bouquins.Depuis un mois, tout livre qui bénéficie d'une subvention du ministère du Patrimoine — c'est-à-dire pratiquement tout ce que le monde de l'édition littéraire fait paraître au Québec et au Canada — doit en principe comporter un «mot-sym bole», en l'occurrence le mot CANADA, stylisé, jouxtant une feuille d'érable.Les éditeurs qui négligeront de se soumettre à cette nouvelle politique peuvent craindre de perdre leur subvention, essentielle à la survie de l'édition de livres au Québec.lusqu'à maintenant, une phrase laconique venait remercier le ministère du Patrimoine, au même titre que le Conseil des arts et autres organismes, telle la SODEC, ayant contribué au financement d'un livre.À l'occasion de l'assemblée générale de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), le mois dernier, un sous-fifre de la ministre Copps, William Fiset, gestionnaire du Programme d'aide au développement de l'industrie de l'édition (PADIÉ), a expliqué que cela n'était plus suffisant, la décision ayant été prise par Mme Copps d'exiger qu'un unifolié, plus visible, placé légèrement au-dessus du mot-symbole CANADA, apparaisse à la page des crédits.«Mme Copps utilise un rapport de force économique pour imposer ses propres visions, estime Pierre Graveline, président du groupe Ville-Marie littérature.C'est une intrusion excessive de l'État dans la liberté d'expression.Cela viendrait du gouvernement du Québec ou de la Ville de Montréal que l'on s'y opposerait tout autant.» À l'instar de Pierre Graveline, la grande majorité des éditeurs québécois, dont le président de la Courte-échelle, Bertrand Gauthier, un des premiers à avoir manifesté son mécontentement, s'insurge contre cette politisation du monde de l'édition qui évoque pour certains l'époque révolue des diktats de la nomenklatura soviétique ou de l'imprimatur de l'Église catholique.L'ANEL, comme le groupe Ville-Marie littérature et de nombreux auteurs, ont déjà écrit ou s'apprêtent à s'adresser à la ministre'afin de s'opposer à cette mesure inédite.«C'est une question de principe.Ce mot-symbole peut laisser croire que le contenu d'un livre a été approuvé par le gouvernement canadien.Or, nous ne sommes pas des éditeurs d'État, ajoute Pierre Graveline Aucun pays au monde, à ma connaissance, n'exige une telle chose de ses éditeurs, l'en parlais récemment avec des éditeurs français et asiatiques: c'est inadmissible, partout.» Selon les éditeurs québécois, leurs récriminations trouvent également écho chez leurs collègues du Canada anglais, qui n'ont pas du tout intérêt à ce que leurs livres, destinés à l'exportation aux États-Unis, soient affublés d'un drapeau canadien.«C'est en plus une nuisance économique qui va bien au-delà des questions de principes», tranche Pierre Graveline qui fait remarquer qu'il n'est d'ailleurs pas toujours dans l'intérêt du gouvernement canadien d'afficher son appui à certaines publications.M.Graveline est entre autres l'éditeur de Jacques Parizeau.Il a été impossible pour Le Couac, malgré des efforts répétés, de s'entretenir avec un haut responsable du ministère du Patrimoine à ce sujet.VINCENT QUESNEL Coutil Soirée du COUAC ! Venez discuter de la responsabilité des intellectuels avec nos invités à l'occasion du lancement d'un nouveau livre de Noam Chomsky, Responsabilité des intellectuels, publié chez Agone.Invités: Normand Baillargeon, Thierry Discepolo, Francis Dupuis-Déri et.vous.Lundi le 28 juin à 19 h 30 au Sergent recruteur, 4650 boul.Saint-Laurent à Montréal.Nouvelle chronique! À chaque mois, la chronique «confit d'intérêts» vous dévoile les réseaux d'influences au Québec.Ce mois-ci l'impressionnant C.V.d'Hélène Desmarais, femme de Paul Desmarais junior.?Voir page 9 Joyeuses fêtes nationales.Réjouissons-nous! Le mois de juillet est riche en fêtes nationales de pays qui incarnent aux yeux du monde les vertus démocratiques.Le 1er juillet, c'est évidemment la fête du meilleur pays du monde — le Canada — fondé dans sa forme actuelle en 1867.Quelques jours plus tard, soit le 4 juillet, on fête l'indépendance américaine qui marqua l'instauration par les révolutionnaires de ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler la première démocratie moderne.Enfin, le 14 juillet, c'est la fête nationale de la France qui célèbre la prise de la Bastille en 1789, autre symbole de la poussée démocratique qui transforma le monde occidental.Ces trois joyaux de la démocratie ont pourtant une étrange histoire, car si on retourne aux textes de l'époque — discours, pamphlets, articles de journaux, lettres person-, nelles — on découvre que les pères fondateurs de ces régimes n'étaient pas du tout démocrates.Pour eux, la démocratie ne signifiait pas autre chose que le gouvernement direct du peuple, ce à quoi ils préféraient une république,.^èst-à-dire un régime politiquapic des représen-' tants élus —, eux-mêmes-— et plusieurs chambres Les pères fondateurs ne voulaient pas de démocratie car ils méprisaient le peuple, mais aussi parce qu'ils voulaient garder le pouvoir pour eux.L'Américain Alexander Hamilton, par exemple, révolutionnaire de la première heure qui sera un des proches conseillers de George Washington, parlait des «vices de la démocratie» et des" «excès delà démocratie», tonn Adamsv également révolutionnaire et qui sera le second président des États-Unis, dira des gens du peuple : «Ils ne peuvent ni agir, ni lugernrperfter, ni vouloir.» Il avouera aussi avoir «toujours été pour une république libre, et non pour une démocratie, qui est un gouvernement arbitraire, tyrannique, sanguinaire, cruel et intolérable».Voilà de bien curieuses idées pour ceux qui nous sont présentés comme les premiers démocrates modernes.En France, Brissot de Warville, une des figures révolutionnaires les plus importantes, affirmera pour sa part que le «peuple seul a le droit de se constituer, mais il n'en a pas le talent, il doit donc confier une partie de son droit à ceux qui en ont le talent».Brissot évidement se sent doté d'un tel talent et il entend bien, lui, gouverner ce peuple qu'il méprise.Tous ces révolutionnaires qqi s'agitent au nom du peuple veuient en fait le pouvoir pour eux.siègent tous déjà dans des assemblées et plutôt que de donner le pouvoir au peuple, ils rêvent d'obtenir plus de pouvoir pour leur assemblée et par le fait même pour eux-mêmes Emmanuel Sieyès, un autre révolutionnaire français important et lui même un représentant, explique ainsi que les représentants sont «feu plus capables \c\uc k veupk\ de connaître l'intérêt général*.Au Canada enfin, qui est toujours une monarchie, on ne se surprendra pas de trouver ie même genre de commentaires de la part des pères fondateurs.lohn A.Macdonald, qui sera notre premier premier ministre, opposait la «démocratie» à la «liberté constitutionnelle».Pour Georges-Etienne Cartier, la «démocratie», cest le «règne de la foule».Et il précise que nous «sommes convaincus que des institutions purement démocratiques ne favoriseraient par la paix et la prospérité des nattons.» Parlant de la conférence de Québec d'où naîtra la confédération canadienne, Cartier dira encore : «.le faible des institutions démouatiques est de laisser tout te pouvoir à l'élément populaire (.) |e suis opposé au système démocratique qui prévaut aux États-Unis (.) Dans notre fédération, le principe monarchique en sera le principal caractère, pendant que de l'autre côté de la frontière |aux États-Unisl le pouvoir qui domine est la volonté de la foule, de la populace.» «Foule», «populace», et même parfois «ver- mine», voilà par quels épithètes ceux qui instaurèrent nos régimes désignaient le peuple.En fait, ce n'est que vers 1840 qu'en France et aux Etats-Unis, et bien plus tard au Canada, que le mot «démocratie» va devenir un terme prisé par les politiciens.Ceux-ci découvrent à l'époque qu'en se présentant comme «démocrates» et en affirmant que le régime est «démocratique», ils s'attirent l'estime du peuple et solidifient la légitimité du régime.Les acteurs politiques de l'époque sont d'ailleurs eux-mêmes conscients de la force symbolique du mot «démocratie».Ainsi, dans l'édition du 11 janvier 1839 du Boston Quarterly Review , un membre du parti Whig (qui deviendra l'actuel parti républicain) explique l'importance de s'approprier le mot «démocratie» pour promouvoir ces objectifs politiques : «Aucun parti qui est perçu comme n'étant pas .démocratique ne peut pas même Revenir une minorité respectable».D'ailleurs, le parti «démocrate» n'a pris ce nom qu'en 1828, alors que ses plus hauts responsables réalisent l'importance des gains électoraux qu'ils pouvaient obtenir en adoptant le nom «démocrate».Bref, notre système politique ne s'appelle «démocratie» que suite à un banal jeu de propagande.Ses fondateurs n'ont jamais voulu fonder une démocratie, un type de régime que d'ailleurs ils méprisaient.N esMtpas ironique de constater que quelques décennies plus tard et sans aucun changement constitutionnel majeur, le régime a Simplement changé de nom pour accroître sa légitimité.Mais si la démocratie, c'est le pouvoir du peuple, nous n'avons toujours de démocratique que le nom.Et c'est encore et toujours des représentants qui gouvernent le peuple soi-disant en son nom et pour son bien.loyeuses fêtes nationales à tous.FRANCIS DUPUIS-DÉRI L'accord de paix au Kosovo vu par Noam Chomsky Le 24 mars dernier, les forces aériennes de l'OTAN menées par les États-Unis ont commencé à pilonner la République Fédérale de la Yougoslavie (RFY, la Serbie et le Monténégro), incluant le Kosovo, que l'OTAN considère comme une province de la Serbie.Le 3 juin, l'OTAN et la Serbie en sont arrivés à un accord de paix.Les États-Unis ont alors déclaré victoire, ayant conclu avec succès ces «dix semaines de combats pour contraindre M.Milosevic à dire "pardon mon oncle"», comme le rapportait Blaine Harden du New York Times.Il ne sera donc pas néces-saire d'avoir recours à des troupes au sol pour «nettoyer la Serbie».[.] La guerre, seule avenue possible?Alors même qu'elle déclare victoire, Washington ne déclare pas pour autant la paix: les bombardements continuent jusqu'à ce que les vainqueurs estiment que leur interprétation de l'accord du Kosovo se soit imposée.Depuis le début, les bombardements ont été présentés comme ayant une signification quasi cosmique.Ils représentent un test pour le nouvel humanisme dans lequel «les États éclairés» (Foreign Affairs) ouvrent une nouvelle ère dans l'histoire de l'humanité, guidés par «un nouvel internationalisme où la répression brutale de tout groupe ethnique ne sera plus tolérée» (Tony Blair) Les États-Unis et leur associé britannique, ainsi que tout autre État qui s'enrôle dans les croisades de ceux-ci pour la justice, représentent des États «éclairés».«Cest incontestable, la vaste guerre aérienne a provoqué une accélération vertigineuse du nettoyage ethnique et autres atrocités.» - Noam Chomsky |.| «Depuis le début, le problème du Kosovo consistait à savoir comment nous devons réagir lorsque les affaires vont mal dans des endroits peu importants», expliquait l'analyste Thomas Friedman dans le New York Times alors qu'on annonçait l'accord.Friedman continue en louant les États «éclairés» pour leur engagement envers le principe moral selon lequel «une fois que les évictions des réfugiés ont commencé, ignorer la situation au Kosovo serait mal.et que le recours a une vaste guerre aérienne avec un objectif limité était donc la seule chose sensée à faire.» Il y a un petit problème avec cette interprétation car l'inquiétude au sujet de l'«éviction des réfugiés» n'a pas pu constituer un motif pour une «vaste guerre aérienne».Le 27 mars, le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCRNU) annonçait l'enregistrement des premiers réfugiés hors du Kosovo (4000), soit trois jours après le début des bombardements.Le nombre de réfugiés n'a cessé d'augmenter jusqu'au 4 juin, atteignant un total de 670 000 dans les pays avoisinants (Albanie, Macédoine), sanscompter les 70 000 autres estimés au Monténégro (à l'intérieur de la RFY), et les 75 000 qui sont partis dans d'autres pays.Ces chiffres, qui ne sont hélas que trop familiers, n'incluent pas le nombre, encore inconnu, de personnes qui ont été déplacées à l'intérieur du Kosovo, soit selon l'OTAN de 200 000 à 300 000 dans l'année qui a précédé les bombardements, et encore un plus grand nombre par la suite.C'est incontestable, la «vaste guerre aérienne» a provoqué une accélération vertigineuse du nettoyage ethnique et autres atrocités.Par un pur hasard, paraissait le même jour dans le Times un reportage d'Ankara signé de Stephen Kinzer qui offrait un élément de réponse à la question rhétorique de Friedman.?Suite page 5 Le Couac, juillet 1999, page 2 Courrier des lecteurs Pas drôle (.) Une décision de la Cour suprême du Zimbabwe en mars a établi que «La nature de la société africaine commande que la femme n'est pas l'égal de l'homme.Selon les normes culturelles, les femmes ne devraient jamais être considérées comme des adultes au sein de la famille, tout au plus comme un adolescent ou un mâle mineur.» {Agir.Vol.20 No 2, p.9) l'ai essayé de vous empaqueter ça dans une tournure drôle mais sans succès.Est-ce que ça veut dire que je n'ai pas le sens de l'humour?lean-René David De bien drôles de choses \.\ Dans sa livraison du Ier luin 1999 |de LMualité], MartineTurenne nous apprend dans son article sur Marc Labrèche intitulé Le bonhomme 7 heures que l'information à la télé a toujours été traitée le plus objectivement possible.Mensonge, désinformation, insulte pour le lectorat de la revue Lactualité.Précisons au moins une chose: je crois qu'il est facile de poser l'hypothèse inverse à celle de Mme Turenne.Trois grands propriétaires de journaux au Québec, une dictature effrénée du marché, un gouvernement formé d'hommes d'affaires plutôt que de politiciens, etc.Le marché est la norme, la voie à emprunter, le terme est juste.Et le message doit passer: à la télévision, à la radio, dans les journaux, dans les revues.Ainsi, voilà pourquoi sans doute on en arrive à des informations erronées telle que celles de Mme Turenne.Inacceptable vous me direz, le suis bien d'accord.Et dire que certains journalistes de La fin du Monde est à sept heures se sont vu refusés une carte de presse à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FP|Q)! Sans commentaire.Bref, cela ne contribue peut-être pas d'une manière directe à la vente de la revue en question, j'en conviens avec vous.Cependant, des affirmations comme celles de Mme Turenne viennent apporter le support légitime dont le système néolibéral a tant besoin pour assurer sa pérennité.Vendre une revue est devenu synonyme de vendre des idées, vendre un système, vendre une conception et la bonne, la seule.Différents chemins y sont explorés.Toutefois, certains demeurent douteux.Il faut, à mon avis, revendiquer un débat de société sur l'enjeu et le rôle des médias au sein de la société québécoise.|.| lean-Philippe Pleau, Ste-Foy Coordonnateur de la revue Ao! Espaces de la parole Tout nu, Raoul Un mot sur Raoul Duguay et son nouveau recueil, Nu tout nu.un chef-d'œuvre.Il serait important de souligner que lui, c'est un vrai (pas au sens de buveur de Molson), et qu'il est fidèle à lui-même, le sais que dans les années 1970 |.|, on l'a arraché de la scène pendant son spectacle pour le transporter à Robert-Giffard, parce qu'il s'est déshabillé, tout nu, et qu'il invitait son public à en faire autant.En plus, la poésie demeure toujours tellement impopulaire, puisqu'elle porte à réfléchir.Qui s'ouvre à la lumière de la poésie ne peut tout simplement pas ne pas être politisé, car elle est une façon de déboiter les cadres de la structure figée du système et de mettre à nu les réalités.En fait, elle agit un peu comme l'humour, étant très ironique et mettant à jour les contradictions.Et puis, il me semble que Raoul non plus il n'a pas ben ben de «tizamis» sur la place médiatique.Sophie Blouin Poète à temps partiel, manœuvre en usine à temps plein La carte d'électeur de Charest lean Charest est contre la carte d'électeur.Ça se comprend.Il est contre le référendum aussi.Il est contre tout ce qui pourrait permettre à la volonté populaire de s'exprimer librement.Le discours de lean Charest est celui de la capitulation.Il ne fait pas appel à la générosité des Québécois, à leur fierté, à leur courage, au goût du risque et de l'aventure qu'ils ont manifesté dans le passé, à leur désir d'être eux-mêmes envers et contre tout, il réveille leurs peurs, leurs hésitations, leurs complexes de colonisés.Il les encourage à la soumission, à la démission.Il y a quelque chose de terriblement bas, d'ignoble, dans un tel discours politique.-— Écoutez-moi.dit lean Charest.Y en aura pas de référendum.On n'a pas besoin de carte d'électeur.C'est fini la démocratie.Fermez-la, les Québécois.Arrêtez de vous faire des problèmes Vous êtes des incapables.Vous ne pouvez pas vous prendre en main Acceptez le sort qui vous est fait.Vous avez été porteurs d'eau.D'ailleurs, vous ne comptez pas au Canada.On a rapatrié la Constitution sans vous.On s'est moqué de vous à Meech, à Charlottetown, à Calgary.Arrêtez pour une fois de vous poser des questions, de vous faire des problèmes.Vous êtes appelés à disparaître dans ce pays «le plus meilleur au monde», comme dit mon ami lean.Il n'y a pas de place pour vous, dans ce pays.Fermez-la et laissez-moi faire.|e vais vous organiser un enterrement de première classe.Paul-Emile Roy, Lorraine Une guerre où il fallait agir le partage entièrement les propos de Marcos Ancelovici (L?Couac, juin 1999): la réplique de M.de Belle-feuille me semble irréaliste.Bien sûr qu'avec des si on peut aller loin, du moins sur papier.Il fallait agir maintenant et non dans un avenir incertain où l'ONU serait enfin pleinement opérationnelle.M.de Bellefeuille pourrait-il dormir tranquille si la communauté internationale (l'ouest en particulier, il faut bien le dire) avait laissé un petit dictateur raciste et mégalomane déporter sauvagement et impunément deux millions d'Albanais de leurs foyers?Dans Le Couac du mois d'avril, on prête du discernement à M.Chrétien pour avoir boudé les funérailles du petit roi: or, prêter du discernement à M.Chrétien relève de la plus haute fantaisie.À force de tourner les coins ronds et de faire feu de tout bois, on perd toute crédibilité et on tombe dans le virtuel puisque dans l'inapplicable.On parle encore d'une guerre de lâches.Préférerait-on voir revenir nos soldats dans des sacs de plastique?Milosevic en mérite-t-il autant?L'anti-américanisme inconditionnel et mur-à-mur peut aussi fausser le jugement.Il est si rare que les Amerloques participent à une guerre juste.lacques Fillion, Québec Conte d'hiver.de force Il était une fois sur une route enneigée et bordée de hautes épinettes noires faisant rempart contre ta bise de février; il était une fois «par en-haut là-bas, dans les vieilles montagnes râpées du nord» si chères au coeur de Miron le Magnifique; il était une fois deux vieux amis, deux Québécois de souche qui marchaient en parlant de tout et de rien: des enfants qui grandissent, du boulot qui n'en finit pas, des voyages qu'ils ont faits et de ceux qu'ils feront, de la vie qui passe et de la mort qui n'arrive qu'aux autres.La conversation allait donc bon train jusqu'à ce qu'elle ne glisse malencontreusement sur une peau de banane que Dieu sait qui avait jetée sur la route.Dialogue: - .En tout cas, il s'en est fallu de peu que nous ne l'emportions au dernier référendum.N'eût été de l'argent et de quelques votes ethniques, comme dirait l'autre, ça y était.Mais ce n'est que partie remise.We shall overcome, comme disent les Amaricains.Oh, moi, tu sais, j'ai voté oui comme je l'avais fait en 80; mais la prochaine fois, si ça se trouve, je voterai non.- ?T'es pas sérieux?- Très sérieux.- Alors là.Et puis-je connaître tes raisons?- Mes raisons?Mais il n'y en a qu'une mon cher: la guerre, l'ai peur qu'un vote pour la souveraineté ne déclenche une guerre civile au Québec.Le risque est trop grand, l'ai le goût du Québec mais pas au point d'accepter de vivre dans un pays qui ressemblerait à l'Irlande du Nord.La guerre, no sir.|e préfère encore le statu quo constitutionnel, ante bellum.La conversation fut brusquement interrompue par les enfants qui marchaient derrière et qui, fort peu sensibles aux vertus de la randonnée pédestre, piaffaient d'impatience de rentrer au chalet où il leur serait loisible d'aller s'abrutir des heures durant devant l'écran de télévision.La conversation s'arrêta là et ne fut jamais reprise par la suite.Plus jamais, les deux amis n'abordèrent le sujet glissant, peut-être par crainte que la glissade ne les entraîne trop loin, là où la glace est si mince que même les plus vieilles amitiés risquent d'être englouties On dira que mon conte est à dormir debout.Une guerre civile au Québec: quelle absurdité, n'est-ce pas?Et pourtant, voici ce que Robert Dôle, un Américain d'origine qui a vécu plusieurs années en Irlande et qui enseigne présentement à l'Université du Québec à Chicoutimi, écrivait dans Le Devoir du 17 janvier 1998 (p.A 11) : «Il faut une naïveté d'enfant pour croire que le Québec peut devenir indépendant sans que Montréal ne vive le même sort que Belfast.Après avoir vécu au Québec pendant vingt ans, je suis arrivé à la conclusion que les hostilités entre certains membres des communautés anglophone et francophone sont aussi profondes et incendiaires que celles des catholiques et des protestants d'Irlande du Nord |.| Certains anglophones, allophones et autochtones sont prêts à sacrifier leur vie afin de sauvegarder le Canada.Ce sont là des faits indiscutables.» Indiscutables me paraissent en effet les menaces que ne cessent de nous servir les Galganov et les |ohn-son, ces courageux défenseurs de notre minorité anglaise dite opprimée et qui ne représentent, n'en déplaise aux autruches, que la pointe de l'iceberg partitionniste.À vrai dire, il m'arrive de me demander si, depuis le dernier référendum, nous ne sommes pas au fond en état de guerre.Une guerre larvée, bien sûr, qui n'éclatera sans doute jamais.Par bonheur.Mais peut-être aussi pour le plus grand malheur de notre liberté politique, dont il semble que nous ayons perdu depuis longtemps la formule.À la toute fin de sa Genèse de la société québécoise, Fernand Dumont demandait: «Que faire de la survivance maintenant qu'elle est débarrassée des étais qui l'ont supportée pendant un siècle?Pour répondre, disait-il, les Québécois n'ont pas à renier la patience obstinée de jadis, mais à lui joindre enfin le courage de la liberté.» Qu'est-ce que ça implique le courage de la liberté?lusqu'où ce courage pourrait-il ou devrait-il aller?Ce sont là, à n'en pas douter, de très graves questions; aussi j'éprouve à les formuler une sorte de vertige.Mais ce sont des questions qui se posent, ce sont des questions politiques que l'on ne peut éviter de se poser, s'il est vrai que la guerre est, selon la formule de Clausewitz, la poursuite de la politique par d'autres moyens, l'ultime chance de la liberté quand, comme les Patriotes de jadis, les hommes ont épuisé tous les autres moyens d'y accéder pacifiquement.Non, l'hypothèse d'une guerre civile au lendemain d'un vote démocratique en faveur de l'indépendance du Québec ne relève pas de la pure chimère.Et cela, nous le savons tous au fond.Ce qui explique d'ailleurs pourquoi, toujours sous-jacente au discours des Chrétien et Dion sur le séparatisme québécois, toujours implicite dans le recours au Plan B, l'hypothèse en question s'avère d'une si redoutable efficacité comme argument de chantage de la part de ceux qui ont tout intérêt à nous maintenir, manu militari s'il le faut, dans le plus beau et le plus démocratique pays du monde.Pourtant, même tout à fait plausible, cette hypothèse cons-titue-t-elle une raison suffisante pour ne pas faire l'indépendance?Ne dit-elle pas assez au contraire à quel point celle-ci est devenue nécessaire, vitale pour notre liberté et pour l'honneur de la démocratie même?Mais qui est prêt à entendre parler aujourd'hui de liberté?Comment, dans notre démocratie en Amérique.parvenir à convaincre, à se convaincre soi-même de la réalité et de la valeur d'une chose aussi intangible, aussi fragile que la liberté politique, ce trésor oublié dont a su si bien parler Hannah Arendt ?De cette amnésie politique, Alexis de Tocqueville, il y a plus d'un siècle et demi, nous avait pourtant prévenus: «|e veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde; je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme.Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres; ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie» Serge Cantin, Shawinigan Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts :-).Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H 1B9.Télécopieur: (514) 270-7461.Vous pouvez aussi utiliser notre site: www.lecouac.net Le Ccsuac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec H2H 1B9 Téléphone: (514) 521-5499 Télécopieur: (514) 521-5599 www.lecouac.net CoJ if4p0rié*ië.fop-re TAPrid PArrîûti ^ Dans La Tribune du science d'une de l'Indonésie.Le savant nous explique que l'emprise populaire de vieux régimes politiques, tel celui du dictateur Suharto, ne se modifie pas du jour au len-demain, même lorsque des élections libres sont prévues.Fort bien.Mais on ne peut pas dire que le bon professeur mette beaucoup d'efforts afin d'assurer au public une meilleure compréhension de ce qui, précisément, devrait changer, tôt ou tard.L'Indonésie, c'est plus de trente ans de dictature sous la botte du général Suharto.Notez que le gouvernement canadien a tout de même reçu cet homme à Vancouver récemment, avec tous les honneurs.Vous vous en rappelez?La police et le poivre de Cayenne étaient au rendez-vous pour mater les protestataires.Il faut dire que Suharto, avant qu'il ne soit cassé, était un bon client de l'industrie militaire canadienne.Mais qu'est-il arrivé pour que le régime du vieux général s'effondre comme un simple château de cartes?Le bon professeur de La Tribune nous explique que le Fonds monétaire international n'appréciait guère sa gestion économique.Il oublie cependant de dire que les Américains ne prisaient pas non plus l'incapacité du général à endiguer chez lui les récentes révoltes populaires.Un dictateur qui ne contrôle plus son peuple, à quoi bon'2 Le 20 mai 1998, Madeleine Albright, secrétaire d'État américaine, prononce donc sa disgrâce.Le lendemain, le dictateur démissionne.Suharto, voyez-vous, ne tenait pas en place tout seul.Les États-Unis, écrit encore notre universitaire, «avaient apprécié son anticommunisme».Voilà le moins qu'on puisse dire.Washington a en fait encouragé, défendu et soutenu le régime Suharto jusque dans ses excès les plus barbares.Les Américains appuient le coup d'État de 1965-1966.Dès l'arrivée au pouvoir du général, une aide généreuse en denrées alimentaires et en armes est offerte à l'Indonésie, alors couverte d'un demi million de cadavres.En 1975, Washington donne encore à Suharto les moyens matériels et politiques nécessaires à l'invasion du Timor-Oriental.Un des pires génocides de ce siècle commence.Au programme, tortures, exécutions, meurtres, viols, enfants battus à coup de crosses, camps de réfugiés, famines.Un quart de la population totale succombe à la suite de crimes de guerre.À partir de 1978, le président Carter intensifie pourtant ses ventes d'armes à l'Indonésie.Il lui livre même de tout nouveaux avions de combat.Malgré les accablants rapports des organisations humanitaires, la politique américaine ne change guère à l'égard de ce petit paradis pour les investisseurs.En 1994, le Secrétaire d'État aux affaires commerciales annonce qu'il ne se mêlera pas de la ques- tion du travail des enfants.L'année suivante, l'ambassadeur américain à Djakarta manifeste son intention de reprendre le programme de formation militaire des soldats indonésiens.Sous l'administration Clinton, la col laboration américaine au régime se poursuit donc jusqu'à ce que le vieux général ne fasse plus l'affaire.Heureusement, le monde et les temps changent.Voici venue, à en croire les récents reportages sur l'archipel indonésien, l'ère des élections libres et de la démocratie.Et à qui a-t-on confié la charge de veiller à la bonne marche des élections?À |immy Carter, l'ancien président américain, un de ceux qui ont le plus activement soutenu Suharto.À Carter, sans rire.La politique extérieure de Washington est une belle et grande chose qui ne s'embarrasse d'aucune contradiction.M.Chotard le sait, lui qui a consacré des années d'études et tout un gros livre à ce colossal sujet.Notre savant est donc parfaitement à même d'apprécier les subtiles modulations de cette politique.Et il nous le prouve: M.Chotard constate dans son puissant article que l'effondrement du régime «a encouragé l'expression de revendications réprimées et refoulées».Il s'agit là d'une chose déplorable, note-t-il, puisque ces revendications «ont pu atteindre des proportions graves parce que les forces de sécurité, maintenant soumises à des compressions de budget, manquent de moyens d'interventions».Des élections, sans «moyens d'interventions», voyez-vous ça d'ici?Pour que la démocratie fleurisse, il faut des matraques, des chars, des gaz, des prisons, des armes, des policiers et des soldats.Et quand la floraison s'annonce trop forte, on utilise en plus le théâtre, l'outrance et l'intimidation Comme en Chine.Comme au Chili Au Cameroun.Au Guatemala.En Haïti.Au Panama.Aux Philippines.Au Viêt-nam.Au Laos.Comme partout où la démocratie règne, grâce aux États-Unis et à leurs alliés.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Publicité Sauvage Partout en ville 4551, boulevard Saint-Laurent.Montréal, Qc, H2T 1k2 Téléphone: (514) 286-0469 / Fax (514) 286-0250 A QUI PROFITE LE DÉMANTÈLEMENT E L'ÉTAT?Visitez notre site web à www.lecouac.net Préface «te R/ccarcfo Petnlia Quels sont les effets du virage ambulatoire ?Quels bénéfices retirent les compagnies qui « investissent » en éducation ?Quelles sont les conséquences du virage commercial d'Hydro-Québec ?En somme, à qui profite le démantèlement de l'Etat ?Un ouvrage de la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM.téléphone: (514)987-3000 poste 7841# télécopieur: (514) 987-0345 oly m es) Qui doutait encore que notre système d'éducation publique ne subissait des transformations majeures afin de mieux répondre aux besoins du monde des affaires?L'impasse financière vécue par les universités force des établissements à accepter des conditions d'enseignement qui, d'un point de vue social et éthique, dépassent largement leur mandat.L'École polytechnique de l'Université de Montréal héberge par exemple la Chaire en aéronautique l.-A.Bombardier, financée en partie par la compagnie Bombardier.En prêtant ses locaux, ses infrastructures, sa réputation et surtout, ses étudiants, l'Université de Montréal offre des avantages non négligeables à Bombardier.Formation sur mesure L'École polytechnique offre même un cours de fin de baccalauréat spécifiquement profilé pour servir les intérêts de Bombardier.Fait surprenant mais intéressant, le plan de ce cours affiche tout au haut de la page frontispice le nom de Bombardier avant celui de l'École polytechnique Le but du cours est d'«effectuer la conception de configuration de l'avion dont les spécifications de marketing sont décrites ci-dessous » Il est aussi spécifié que «le rapport devra être présenté comme un rapport d'ingénieur à un de ses clients».Voyons de plus près les «spécifications de marketing» demandées par le «client» du futur ingénieur.Le premier point indique que l'aéronef sur lequel l'étudiant doit travailler porte le joli sobriquet de «chasseur tactique bimoteur».Toutes les spécifications de l'appareil commandé sont détaillées.Sous chaque appareil, l'étudiant doit prévoir cinq pylônes spécialement conçus pour accrocher 2 000 livres d'armements.L'avion doit aussi posséder deux canons statiques ou un canon rotatif.À la rubrique «maniabilité», le «client» demande une «capacité de manœuvre en combat maximisée».Beau projet de fin d'études! Bombardier et l'OTAN Plusieurs savaient déjà que Bombardier fabriquait du matériel militaire via la Short Missiles Systems, une filiale de la compagnie située en Irlande du Nord Les missiles Starburst fabriqués par cette compagnie avaient été utilisés par l'armée Britannique lors de la guerre du Golfe.Loin de déplaire à Bombardier, les hélicoptères Apache utilisés par l'armée américaine sont équipés des missiles fabriqués par la Short.Ces hélicoptères ont d'ailleurs été retenus par l'OTAN pour «intervenir» dans cette guerre insensée au Kosovo.Depuis le début des hostilités, les seuls gens heureux dans cette guerre sont ceux qui possèdent des actions des marchands de canons tel Bombardier.Les pays membres de l'OTAN sont aussi des «clients» de Bombardier; la compagnie participe même à un programme d'entraînement des pilotes de l'OTAN.Appel au ministre de l'Éducation François Legault.ministre de l'Éducation, a déclaré dernièrement qu'il offrirait des incitatifs financiers aux universités qui aboliront des programmes déclarés «non rentables».Des programmes tels Histoire ou Géographie n'étant pas utiles au milieu des affaires figurent tout en haut de la liste.Effectuons le même raisonnement en ne retenant que la rentabilité sociale.Proposons donc à notre ministre d'abolir ce cours afin que les étudiants puissent choisir librement leur projet de fin de diplôme.Bombardier a déjà encaissé des millions de dollars à même les finances publiques suite à la privatisation de Canadair.Collectivement, nous continuons à payer pour les contrats d'entretien des CF-18 de l'Armée Canadienne.Avec des revenus de 4,6 milliards $ pour l'année 1998, Bombardier doit bien avoir les moyens de payer la conception de ses futurs avions militaires, non?MARTIN PETIT Gates USA Bill Gates donne.Bill Gates est généreux.Bill Gates est merveilleux.Il vient d'offrir 5 milliards à une fondation caritative qui porte son nom Fière, la Fondation Bill Gates s'est empressée d'annoncer au monde entier l'heureuse nouvelle (AFP, 3-6).Le don consiste en des actions de Microsoft, la compagnie de Bill Gates.La Fondation Bill Gates s'en réjouit.En bourse, la vente d'actions de Bill Gates permet d'assurer des profits à la Fondation Bill Gates.Ce n'est pas la première fois que Bill Gates donne à une fondation Gates.L'an dernier, trois milliards du géant de Microsoft ont été offerts aux fondations Gates consacrées aux problèmes de santé et à l'enseignement.Le gouvernement Gates se réjouit sans doute d'un si grand sens de l'altruisme.Et l'association Gates des journalistes verse une larme, pour faire joli sur la photo.JFN Faut qu'on s'habitusse! En gros titre dans La Presse.«Le Dow lones continue à fracasser des records» (8-5).«Le taux de chômage a augmenté en avril mais les économistes demeurent calmes» (8-5).«La rémunération hebdomadaire moyenne a baissé au Québec» (28-5).«Un Québécois sur cinq vit dans la pauvreté» (2-6).Exportation Brian Mulroney, ancien premier ministre progressiste-conservateur, est tout rose de fierté: on fête les 10 ans de «son» libre-échange.Les effets positifs se font sentir chaque jour.Un exemple?Le gouvernement péquiste-conservateur peut maintenant exporter des cancéreux aux États-Unis sans payer de taxes aux douanes.Après l'exode des cerveaux.l'exode des métastases.Bavures Après les bavures de L'OTAN, voici les investisseurs qui bavent à l'idée de tous ces contrats à venir pour reconstruire la Yougoslavie.ReCOWKlAifRE LES» SALAUDS aujourd'hui : T.S PASSENT Apres Avoie £A8Rê pans le fRiC PES CHÔMEURS ET SUPRiME-LES BOURSES- D'ETUDES DE CEUX CpUi EU AVAIENT" PLt'iti lt CUL DE «e3tep CHEZ EUX A" SUÇBP.LEURS LACETS,LE MikliSTRE Q&lèCM OPé RATiOM MïAMMiAJA.ALBERT -TéLe, RAPiO, JOURMAU* IMTERM6T-TOUT LE ' -iUMAlA MéViA MON CHER AM il Le Couac, juillet 1999, page 7 L'économie pour tous: 11/12 Une proposition libertaire: l'éconopar (3/4) Nous poursuivons ce mois-ci encore notre effort pour concevoir une économie qui permette l'équité, l'efficience, l'autogestion et la diversité.Les créateurs de ce modèle, Michael Albert et Robin Hahnel.l'ont appelé «économie participative» ou éconopar.La dernière fois, nous avons vu que pour que la production soit conforme à ces valeurs, une économie devrait renoncera la propriété privée des moyens de production, mais aussi redéfinir en profondeur comment les choses sont organisées dans un lieu de travail.Deux idées sont avancées ici: primo, des conseils permettront une véritable démocratie dans l'économie, chacun s'exprimant sur des sujets à proportion de ce qu'il sera affecté par la décision qui est prise; secundo, plus d'emploi au sens usuel du terme, mais bien des Ensembles équilibrés de tâches, équilibrés pour leur désirabilité et leur capacité à permettre à leur titulaire de prendre part aux décisions qui le concernent.Mais que produisent ces lieux de travail?Et comment détermine-t-on à quelle portion de ce qui est produit chacun a droit?Questions cruciales.Pour aider à comprendre, une image.Une économie produit une tarte.Nous avons cherché à définir comment on peut la produire conformément à nos valeurs.Mais comment va-t-on, selon ces mêmes valeurs, déterminer d'une part ce que nous tous, les cuisiniers, allons mettre dans la tarte et, d'autre part, quelle pointe revient à chacun?La première question trouve ses réponses dans des Conseils, encore une fois.Il y aura des conseils de consommateurs, à divers niveaux (locaux, municipaux, nationaux) au sein desquels chacun fera valoir ses demandes de consommation au Conseil de production.À partir de là, la question devient technique: une procédure interactive permet de faire en sorte que finissent par coïncider la demande des consommateurs et l'offre de travail.Mais ceci nous laisse avec notre deuxième question.- comment déterminer à quelle portion de la tarte économique quelqu'un a droit?Il y a essentiellement quatre réponses possibles à cette question, selon que l'on adopte l'une ou l'autre de quatre positions que les économistes ont développées à ce sujet.On peut en effet distinguer quatre maximes distributives concurrentes, c'est-à-dire quatre règles qui permettent de dire à quelle portion de la tarte économique quelqu'un a droit.Chacune de ces maximes correspond à une école de pensée et propose une définition de ce qui constitue l'équité.Les voici: Maxime distributive 1: Paiement selon la contribution de la personne ainsi que celle des propriétés détenues par elle.C'est la maxime qui permet les 50 milliards et plus de Bill Gates, qui est rémunéré selon sa contribution et celle des propriété (ici, surtout intellectuelles) détenues par elle.Maxime distributive 2: Paiement selon la contribution personnelle.C'est ce qui se passerait dans une économie où il n'y aurait plus de propriété privée des moyens de production.On rémunérerait alors selon cette maxime, chacun recevant à proportion de sa contribution.Cependant, notez que si.par exemple, la production suppose un effort physique, les plus forts, ici gagnants à la loterie génétique, sont mieux rémunérés; et ainsi de suite.Le fait que l'Éconopar comporte des Ensembles équilibrés de tâches n'empêcherait alors pas.avec cette maxime, des formes d'inéquité.Demandons nous par exemple si on souhaiterait voir ce critère appliqué à notre enfant, s'il est petit, faible, etc.C'est d'ailleurs et entre autres pour prendre en compte ce type de contre-argument que les libertaires, à commencer par Kropotkine, proposent la maxime distributive suivante: Maxime distributive 3: Paiement selon le besoin.Il me faut bien le dire: je pense que c'est la seule maxime qui soit humaine.Un rappel.Les anars pensaient au début du siècle, non sans excellentes raisons et quelques calculs, que dans une société saine on travaillerait tous équitablement une trentaine d'heures par semaine pendant une vingtaine d'années, ce qui suffirait à assurer à tous un niveau de vie largement supérieur à celui que connaissait alors l'immense majorité de la population.Pour la consommation, on eut alors procédé par ce qu'ils appelaient la «prise au tas», tous les biens étant là, offerts à chacun, qui se sert selon ses besoins.Magnifique idéal, sans doute, lequel est même incontournable notamment pour certains biens, dans toute société qui n'est pas complètement ignoble: par exemple, on donne au Québec (on dira peut-être très bientôt: on donnait) des soins de santé selon le besoin et pas selon la contribution de chacun à la tarte économique.Mais si on pense, comme le pensent les créateurs de l'Éconopar, que l'on ne peut pas, pour tous les biens, adopter pour le moment cette maxime, que reste-t-il?11 reste la maxime suivante: Maxime distributive 4: Paiement selon l'effort et le sacrifice.Chacun reçoit une proportion de la tarte correspondant à l'effort qu'il fournit (s'il peut fournir un effort, évidemment, sinon la maxime 3 s'applique), effort évalué par ses pairs.Sa consommation est fonction de cette rémunération — sauf, évidemment, dans tous ces cas comme la santé où la distribution ne peut se faire autrement que selon le besoin.Soit une portion d'un ensemble équilibré de tâches qui consiste à trimballer des pierres.La première maxime fait en sorte que cette tâche, avec d'autres, permet à qui possède les pierres et des tas d'autres choses de ne pas en porter lui-même, ce travail revenant à des gens dont l'existence consiste largement à accomplir ce genre de choses, avec tout ce que cela implique.Le premier peut s'enrichir énormément du travail des autres, qui sont ses esclaves salariés.La deuxième maxime distributive rémunère mieux le costaud Paul que le petit Pierre: elle permet aussi qu'existe une classe de coordonateurs auxquels Pierre comme Paul obéissent quand ils passent leurs existences à des tâches abrutissantes.La troisième maxime est jolie, mais elle ne nous dit guère qui va trimbaler ces pierres.Or, même dans une société saine, il y aura des tâches de cet ordre à accomplir.La quatrième maxime rémunère Pierre aussi bien que Paul, si leurs efforts sont comparables.Et elle leur permet à tous deux de librement décider ce qu'ils consomment, du travail qu'ils font dès lors, lequel s'accomplit dans des lieux de travail démocratiques et équitables.Rappelez-vous: nous visions une économie sans marché, sans organisation hiérarchique du travail et sans profit.Nous y voilà, si vous avez remarqué.Qu'en ont pensé les économistes professionnels?C'est ce que nous verrons la prochaine — et dernière — fois.RAYMON D-LA-SC1ENCE i Le Couac, juillet 1999, page 8 UzftoDèlM QUEBECOIS AU SUIVANT ! Se nourrir.Se soigner.Mourir.Voilà des occupations plutôt déterminantes.Il en est certaines dont l'être humain ne revient d'ailleurs pas.Raison de plus pour affirmer que ces occupations ont leur importance et qu'il ne serait sans doute pas recommandé de s'en remettre à d'autres pour les prendre en charge.C'est néanmoins ce à quoi le peuple québécois, réputé pourtant pour s'adonner infatigablement à une quête souveraine, mais un peu étourdi quand il s'agit du concret des choses, a cédé ces derniers temps.Foin des considérations économiques.Elles ont leur importance mais comme c'est souvent le cas, s'y trop attarder finit par occulter l'essentiel: nous ne nous appartenons plus! Nous sommes en passe de devenir le peuple champion de la sous-traitance et tous les coups de bretelles de Napoléon Landry n'y changeront rien.Un peuple qui ne se nourrit plus est un peuple qui dépend des autres pour assurer sa subsistance.Nourris par les Sobey's, les Loblaws et autres consortiums de la conserve et du poulet, nous sommes devenus dépendants.Un peuple qui n'arrive plus à soigner les siens est un peuple qui dépend des autres pour assurer sa santé.Qui aurait pu penser que l'ultime étape de l'implantation du libre-échange aurait été l'exportation de nos cancéreux dans ce paradis terrestre qu'est Plattsburgh?Devenus, par les bons soins de MM.Rochon, Léonard, Bouchard et Landry, incapables de soigner notre monde comme du monde, nous avons fait le nécessaire pour devenir encore une fois dépendants.Un peuple qui laisse à d'autres le soin de s'occuper de ses défunts est un peuple qui dépend des autres pour ce qui représente une étape ultime dans la trajectoire humaine.La pente est inexorable et aujourd'hui, depuis que nos Urgel Bourgie et autres entrepreneurs ont trouvé preneurs ailleurs, plus de la moitié des Québécois meurent dans des bras étrangers.En laissant faire et en n'agissant pas, à l'exception notable de ces petites coopératives funéraires qui s'acharnent à refuser l'inéluctable, nous sommes devenus dépendants de ce point de vue aussi.Se nourrir.Se soigner.Mourir.Bien sûr, il y a d'autres activités humaines beaucoup plus importantes et dont nous nous occupons d'ailleurs fort bien: applaudir les Canadiens de.lason Arnott.de Toronto, vendre nos atokas à Ocean Spray ou encore bétonner pour l'éternité la côte de Saint-|oseph-de-la-Rive.Sur ces aspects capitaux de nos vies, pas question de trafiquer notre souveraineté, n'est-ce pas ?Mais me revient à l'esprit, lancinante et obsédante, cette phrase de Péguy: «La plus grave des invasions, l'invasion qui entre en dedans, l'invasion de la vie intérieure, infiniment plus dangereuse pour un peuple qu'une invasion, qu'une occupation territoriale.» Se nourrir.Se soigner.Mourir.MICHEL RIOUX Quoi dire toi à nous?Dans la série des titres lumineux de La Tribune de Sherbrooke: «Inculpée de supposition de trois personnes» (12-6) Explication du rédacteur de l'article: «Elle a été inculpée de supposition de trois personnes différentes les 10 juin, 3 février et 28 novembre».En fait, la première avait été remplacée par la troisième qui l'avait été par la deuxième quand le juge a supposé que de toutes façons La Tribune n'y comprendrait rien.Médaille Jacques Villeneuve réussit si bien à imiter l'accent québécois lorsqu'il est interrogé par des journalistes indigènes que le gouvernement du Québec a décidé de lui remettre une médaille pour «le caractère exceptionnel de ses réalisations».Au vu de ses performances d'imitateur, c'est plutôt le gala Juste pour rire qui devrait le mettre en vedette.m m s m ski i Le cornue du Couac «L'industrie» de la santé Les réformes du système de santé québécois ont eu pour effet principal de congestionner le réseau de la santé et de desservir les patients.Mais elles n'ont pas créé que des perdants.Qui sont les gagnants du démantèlement de notre système public de santé, outre Charles Baudelaire qui a vu popularisé ses vers «sois sage ô ma douleur et tiens toi plus tranquille»?1- Vrai ou faux?Depuis 1982 le nombre de services de santé couverts par les gouvernements du Québec et du Canada diminue constamment.Cela fait l'affaire des compagnies d'assurances qui en profitent pour inclure les services «désassurés» dans leurs nouvelles polices.Pendant que la couverture de services de santé public décroît, les primes d'assurance maladie de la compagnie d'assurance Sun Life ont suivi une courbe inverse, passant de 384 millions $ en 1987 à 1,2 milliard $ en 1996, soit une augmentation de 216%.Entre 1986 et 1997, la Sun Life et la Canada-Vie ont vu leurs revenus de primes d'assurance maladie croître deux fois plus vite que l'ensemble des revenus de leurs autres primes.2- Le virage ambulatoire, qui transfert les soins de santé de l'hôpital vers le domicile, a eu plusieurs effets positifs pour de nombreuses compagnies.Il a créé un marché tout neuf pour les soins à domicile et les appareils de traitement à domicile.Laquelle des affirmations suivantes est fausse ?A) Dunkin Donuts et une entreprise d'économie sociale ont conclu un partenariat pour offrir aux patients à domicile le service de petite vieilles qui passent des beignes dans les salles d'attentes des hôpitaux en créant "Grand-maman Donut".B) Les appareils de diagnostic et de traitement à domicile sont maintenant disponibles au lean-Coutu le plus près de chez-vous.Précipitez-vous pour y acheter ou y louer un stéthoscope, un appareil de mesure de pression ou des produits d'urologie chez votre sympathique pharmacien.C) Grâce à la télémédecine il est maintenant possible de passer un électrocardiogramme à domicile ou de consulter un médecin à distance.Mais surtout, comme nous l'indique un publireportage du groupe Médisys, il est maintenant possible de «retracer les personnes souffrant d'Alzheimer ou d'amnésie grâce au système GPS, le positionnement par satellite, n'importe où dans le monde.Tout est une question de choix de société».D) La compagnie Oxybec médical est en mesure de fournir tout le matériel requis pour convertir une chambre résidentielle en chambre d'hôpital, des lève-patient à l'équipement respiratoire (de quoi arrondir vos fin de mois en gardant quelques cancéreux dans votre boudoir reconverti en mouroir).3- Vrai ou faux En 1997 le Québec a réalisé deux premières qui l'orientent encore plus vers un système de santé à deux vitesses.Pour la première fois depuis l'instauration du système public de santé, la part des dépenses privées représentait plus de 30% des dépenses totales de santé.Et pour la première fois la part des dépenses privées sur les dépenses totales de santé étaient plus élevées au Québec (32,2%) qu'au Canada (31,3%).4- La privatisation croissante des services de santé jouit de l'appui de promoteurs influents et intéressés.Laquelle de ces personnes ne bénéficie pas d'un grand pouvoir auprès des autorités québécoises?A) Sylvain Vaugeois: illuminé en bottes de cow-boy, propriétaire d'une firme de communication.Principal intérêt: le cash! Projets: créer au Québec des hôpitaux privés pour les riches américains, créer des Réer-santé, etc.Contact: c'est un intime de Bernard Landrix, l'homme qui est tombé dans la potion néolibérale quand il était petit.B) Pierre Le François: il est, entre autres, président d'une société et d'un institut pour le partenariat privé-public.Principal intérêt: le partenariat.Projets: la méga clinique privée de Ste-lulie, les soins aux Américains et beaucoup plus.Contact: lui-même.il est un ancien sous-ministre de la santé! C) Hélène Desmarais: belle-fille de Paul Desmarais.Principal intérêt: ne pas déplaire à beau-papa Projets: ouvrir les hôpitaux du Québec aux Américains et autres bagatelles.Contact: le vaste réseau de beau-papa.D) Claude Castonguay: chevalier à la triste figure et père de la Castonguette Principal intérêt: faire plus de place dans la santé au secteur privé en général.Projets: .et aux assureurs en particulier.Contact: lui-même.11 est ancien ministre provincial, ancien sénateur au fédéral, ancien président du Conference Board du Canada, ancien président du groupe d'assurance Laurentienne et de la Banque Laurentienne, etc.E) Raël: lanterne qui se prend pour le messie.Principal intérêt: accéder à l'immortalité grâce au clonage humain Projet: passer de clown à clone.Contact: Les Oraliens, le capitaine Cosmos, le Grand schtroumpf, les Élo-hims et de nombreuses autres connaissances inter-galactiques.RÉPONSES: 3 -17 }9 ieJA -i 'V -I '1BJA-I Timbré En Angleterre, le Daily Mail proteste contre un nouveau timbre représentant Freddie Mercury.Le quotidien trouve vulgaire d'ainsi commémorer un rocker «dont les moeurs de dégénéré l'ont conduit à mourir du sida, malheureusement trop tôt.» Le Daily Mail est évidemment bourré de fautes.Il fallait bien sûr lire que ce dégénéré est mort bien que trop tard.e*thm ça.ON %f A «£v£ lé WWJHNfr fee j*s wfletfS MUX TVps M
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