Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
septembre
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le couac, 1999-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Canada Canada Canada v./3.ri.ci(ici 1 Politique culturelle page 81 Sheila Copps met des drapeaux sur tous les livres.Placement de produit?Entretien avec Luc Picard page 81 1 Héma-Québec page 31 Quel sort ['«industrie culturelle» réserve-t-elle aux comédiens?Une belle grosse affaire de sang et de cul.u o * S $ Jq § x g | J e 8 " £ 5 S S a '< 9 S ïï cL < 5 < -¦ o> Un drôle d'oiseau count, Tout compte fait lean Drapeau est mort Ce n'est pas Pierre Elliott Trudeau, mais c'est un début.In Memoriam A Montréal, le jeudi 12 août, est décédé l'ex-maire de Montréal Jean Drapeau.Ce qui reste du faubourg à m'Iasse sera rasé pour y installer un mausolée abritant la dépouille.Ce lieu du repos éternel reprendra les plans de la pyramide de Khéops, surmontée d'une tour Eiffel où sera édifié un lieu de culte.Conformément aux manies du défunt, aucune consultation populaire ne sera tenue à cet égard.Plutôt que d'envoyer des fleurs, la famille suggère de faire un don à la police.Les Grands Hommes Roger D.Landry, au sujet de lean Drapeau: «|ll| mériterait qu'à son tour, il se perpétue en un monument digne de ce qu'il fut et de ce qu'il fit pour sa ville.Salut Monsieur le Maire, je sais que nous nous retrouverons un jour.» (La Presse, 13-8) Et nous serons deux à nous faire chier dessus par les pigeons.Le Bon Vieux Temps Si lean Drapeau n'avait pas eu ses idées de grandeur, nous n'aurions pas à écouter des radoteurs nous raconter qu'ils ont fumé leur premier joint à l'Expo 67.Le serpent de maire Les étendards de Montréal sont en berne.Et les Montréalais se font berner.Sur les ondes de CKAC, plusieurs auditeurs versent des larmes.Le maire Drapeau est mort Monsieur Groschagrin se confie: «le lui avais parlé d'un problème d'eau dans ma rue, et il était intervenu lui-même.» Tout le monde pleure le plombier disparu.Les maires boutiquiers ont toujours été populaires à Montréal, des origines de la ville jusqu'au maire Bourque, notre jardinier désinstitu-tionnalisé en qui Drapeau disait d'ailleurs se reconnaître.Le roi des boutiquiers est mort.Vive son fou! Des émissions spéciales Des reportages.Des cahiers souvenirs, pour ceux qui n'ont pas de mémoire.Partout, du pathos en gros et au détail.Dans La Presse, en page trois, le témoignage de son coiffeur: Drapeau n'avait pas beaucoup de cheveux, «mais chaque cheveu avait son importance».Et celui de son restaurateur préféré qui confie que Drapeau «ne mangeait pas de champignons».On va ainsi de découverte en découverte.Hors de l'île de Montréal, pour ne pas être en reste d'un tel homme, on trouve, puisqu'il le faut, de quoi souligner l'étonnante envergure du personnage La Tribune de Sherbrooke titre, à la une, que Drapeau eut un jour des mots favorables au prolongement de l'autoroute 55 en direction des États-Unis.La preuve de la sainteté de Drapeau est donc établie même pour les Sher-brookois Ainsi les biens-pensants, tous, sont d'avis qu'il faudrait le béatifier, sans plus attendre.Roger D.Landry, président, éditeur et flagorneur de La Presse: «l'histoire de l'humanité est parsemée de noms, noms d'hommes et noms de femmes, qu'elle propose à notre admiration.|.| lean Drapeau vient de se joindre à ce glorieux palmarès.» Imaginez, on pense même à rebaptiser de son nom illustre la rue Sherbrooke.Une rue dont il a pourtant fait raser sans hésiter les belles maisons et les grands arbres.|e rêve, le vois rouge.Les étendards de Montréal sont en berne.Et les Montréalais se font berner, encore une fois.Drapeau nous vient de loin.On aurait dû le voir venir.Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, il milite contre la conscription.Avec cette physionomie caractéristique d'un homme qui, ayant en lui un trou à combler, se cherche une envergure, Drapeau s'exerce dès cette époque au théâtre et à ses pompes jusqu'à croire lui-même à la représentation qu'il offre de sa personne.Il conforme alors rapidement ses opinions à ses ambitions.Après la guerre, Me Drapeau mène une lutte à la moralité publique à Montréal.L'enquêteur Pacifique Plante veut mettre les bandits dehors tandis que Drapeau souhaite sance économique autant qu'à un déficit d'idées réelles pour assurer le développement social de la ville.Meilleur exemple: les efforts de longue haleine entrepris par le maire, à compter de 1963, pour convaincre la République française de lui permettre de déménager la tour Eiffel pour l'Exposition uni- surtout les remplacer par des gens plus polis.Tout ce beau monde a de la classe à revendre.Et de la culture.Ils tiennent un peu tête à Duplessis, assez en tout cas pour donner l'illusion à certains, par le spectacle toujours, d'une pensée vaguement progressiste.Drapeau se porte candidat à la mairie.Tout le monde achète l'image.Vendu.En I960, la Ligue d'action civique lui apparaît de plus en plus embaras-sante pour se faire valoir.Il s'en débarasse et met en place une véritable dynastie politique à l'Hôtel de ville de Montréal Banquiers, courtiers, hommes d'affaires, petits commerçants et professionnels se croisent dans les officines du Parti civique.Les femmes de son entourage politique sont invités à porter la jupe ou la robe.Tout respire l'ordre qu'inspire l'argent.Drapeau sait que, avec de l'argent, n'importe lequel, on ne vous demande pas d'où il vient ni ou il va: on passe Comme Montréal a perdu, dès les années 1950, la bataille des sièges sociaux aux mains de Toronto, le maire se lance dans la quête de grands projets publics d'envergure internationale.Ce sera l'Expo 67, les Olympiques, les «Floralies-Labatt 50».Et entre temps le métro, qui n'était pas un luxe, et la Place des Arts, qui en reste un, à plusieurs égards L'élaboration de ces méga-projets correspond à une période de crois- verselle de 1967 Ces documents ahurissants, je les ai vus.Pour son Expo, Drapeau finira parse rabattre sur le projet d'une tour inclinée, dessinée par des intérêts français, au coût de plus de 20 millions $ de l'époque.Ce n'est que le manque de temps qui fera remettre le projet à plus tard.Drapeau aura sa tour, comme on le sait, mais pour les Olympiques.Cet homme a chanté toute sa vie la chanson de l'argent, la seule qui, à notre époque de lâcheté, donne l'impression d'avoir du courage et le sens de l'action.Pour lui-même, Drapeau n'était pourtant pas en proie à d'autre luxure que celle que lui procurait le pouvoir.Nommé ambassadeur de l'UNESCO à Paris en I986, il logeait par exemple dans une magnifique demeure dessinée par l'architecte brésilien Kamenka où.pour économiser, il avait fait installer, dans la grande salle de réception, des lustres en plastique qui semblaient tout droit sortis de la quincaillerie du coin L'économie de bouts de chandelles faisait partie intégrante de sa vie de tous les jours, mais l'argent véritable, l'argent fabuleux et collosal, l'argent qu'on ne compte plus, l'argent dont il avait la charge, cet argent-là, celui du peuple quoi, il ne le voyait pas, il ne le voyait guère.Il s'en servait pour combler l'absence d'intelligence dans une ville qui s'est toujours trouvée satisfaite de la seule illusion de la richesse, toujours trop heureuse de pouvoir se baigner, ne serait-ce que quelque temps, dans une atmosphère artificielle.L'argent public servait ainsi à acheter des grands panneaux de couleur pour cacher les quartiers pauvres aux touristes de l'Expo.De ces entreprises de maquillage, il demeure encore des traces, plus de trente ans plus tard, sur la rue lean Talon Ouest.L'argent servait encore à raser un quartier populaire, celui du «faubourg à m'Iasse», pour y installer Radio-Canada.Il servait à construire un stade plutôt que des logements sociaux.Il servait à subventionner un restaurant chic, le Vaisseau d'or, plutôt que des services publics dignes de ce nom.Il servait à faire interdire les manifestations et à réprimer violemment ceux qui ne se soumettaient pas à ce règlement inusité.Il permettait de raser des œuvres artistiques qui déplaisaient au bon goût du maire.Il servait à faire arrêter des troupes de danse africaine qui avaient le malheur de se dénuder un peu trop tandis que, à deux pas de là, le spectacle écœurant du bordel politique continuait à qui mieux mieux.Il servait encore à payer une police qui, mis à part Drapeau lui-même, n'obéissait qu'à leur seul supérieur immédiat: la matraque.Et Drapeau s'est étonné quand sa maison personnelle a sauté à la dynamite.Le rapport du juge Malouf, qui le mettait directement en cause pour ses dépenses astronomiques, n'intéressait guère lean Drapeau.Dans les quinze dernières années, c'est à une réponse au fameux «Vive le Québec libre!» du général de Gaulle, lancé à sa grande honte depuis le balcon de son hôtel de ville, que lean Drapeau s'astreignait à répondre.Pour expliquer que de Gaulle n'avait pas voulu dire ça.Drapeau avait accouché d'un pavé de plus de 600 pages pour lequel l'éditeur Alain Stanké avait été approché.L'argent, le fédéralisme, la carrière: l'histoire d'une vie en trois mots.Cette campagne honteuse de béatification à laquelle se sont livrés tous les médias les jours qui ont suivi la mort de Drapeau est le symbole même d'un système qui poursuit sa quête d'unité dans sa platitude.En somme, on nous a répété que tout le monde doit avoir du respect pour Drapeau et les gens de son espèce puisque ceux qui nous font du mal méritent le respect.Pour nos maîtres, ces gens-là représentent toujours de bons exemples puisqu'il n'y a que les mauvais, voyez-vous, qui nous décideraient à agir contre eux JEAN-FRANÇOIS NADEAU Michel Chartrand «À propos de Drapeau.» Michel Chartrand, que pensez-vous de \ean Drapeau?je n'aime pas parler des morts de ce genre-là.Qu'il trouve à reposer en paix.C'est tout.Vous connaissiez lean Drapeau de longue date.Au moins depuis la Crise de la Conscription, en 1942, lorsque vous avez milité ensemble.Quelle différence entre l'homme de cette époque, qui semble alors avoir des convictions militantes et populaires assez fortes, et celui qui sera plus tard élu maire de Montréal?Aucune! Comme je l'ai dit dans plusieurs entrevues, son militantisme des années 1940 appartient déjà à un plan de carrière.Pour la politique, ça prend ça.C'est la carrière et son spectacle qui passent avant tout.Ce qu'ont dit les journalistes à la mort de Drapeau prouve, encore une fois, que l'analyse n'est pas le fort de la plupart des gens qui pratiquent ce métier.Durant la crise de la conscription, quand Drapeau s'estporté candidat contre le général Laflèche, il simulait des colères.Faut dire que ça a parfois le mérite de remplacer des idées.Au Parti civique, ce fut exactement la même chose.Une machine à le faire valoir, tout le temps.Et rien d'autre.Qu'est-ce que vous auriez aimé entendre au sujet de Drapeau?Pas mal de choses, mais il est mort.le l'ai entendu dire aux travailleurs qu'il avait été élu pour eux, mais il était et il reste, même mort, au service des gens de la rue Saint-lacques.Et il avait la répression facile.C'est lui qui a fait matraquer les travailleurs de La Presse Et aujourd'hui la haute direction du journal chante sa gloire à pleine page! On a souligné l'enthousiasme de Drapeau pour certaines technologies françaises.Comme si c'était une chose merveilleuse en soi.Ça a eu des conséquences graves.Les gaines du métro, installées en dessous des wagons, ont provoqué des incendies.Il y a eu des morts.Le stade olympique perd ses morceaux pendant qu'on continue de perdre notre argent à le payer.La technologie française! Mon cul.Moi aussi j'aime bien les TGV.|e suis d'ailleurs en Très Grandes Vacances.amelote! Mm » Perdre les pédales En mars 1997, Drapeau explique au «journaliste Serge Turgeon» (7 lours) que les Québécois n'ont pas payé trop cher les infrastructures olympiques: «Non, ça n'aurait pas coûté cher si les retombées avaient été celles auxquelles on s'attendait.[.] Mais qui sont les responsables de ça?Le vélodrome n'est plus un vélodrome, et les cyclistes qui l'avaient tant réclamé n'ont rien fait pour empêcher sa démolition, alors.» Le vélodrome de Montréal, le plus grand du monde, un des plus coûteux à utiliser, possédait une piste rétractable en bois de rose.Elle avait d'ailleurs déjà été utilisée à l'extérieur, lors des championnats du monde cycliste en 1974.Malgré les pétitions et les démarches entreprises par la Fédération des sports cyclistes, la ville a décidé de la démolir à coup de masses pour être bien sûr qu'on ne la réutilise pas ailleurs.Au mieux, le bois précieux aura servi à finir le sous-sol d'une maison de banlieue.Brillant, le lean Drapeau: si le toit ne fonctionne pas, si les poutres de ciment tombent, si les Expos veulent foutre le camp, si les Alouettes préfèrent jouera l'Université McGill, si la sonorisation pour les spectacle est horrible, c'est la faute aux cyclistes.Personne ne s'attendait à ce que Jean Drapeau s'effondre avant son stade. Le Couac, septembre 1999, page 2 Social-démagogie Minable, le gouvernement péquiste.Son chef Lulu le démago a encore une fois retourné sa veste, en adoptant cette fois le discours de Mike Harris qu'il dénonçait pourtant il n'y a pas si longtemps.La population pourrait espérer une seule langue de bois officielle, mais c'est trop demander à notre grand chef.Bernard Landry, ministre des Finances, n'est pas en reste.Emploi-Québec allait retirer ses subventions à des programmes de réinsertion à 5000 bénéficiaires de l'assurance chômage ou du bien-être social.Minable de constater que Québec, qui ré- clamait depuis 30 ans qu'Ottawa lui laisse l'entière responsabilité en matière de main-d'œuvre, se révèle incapable de gérer le dossier.Bravo les péquistes! Et Bernard Landry d'expliquer qu'Emploi-Québec, après un an, est encore en «période de rodage».Ah! Et le chômeur?Il peut expliquer à son agent qu'il a besoin d'un an de période de chômage?Mais Landry a tenu à préciser sa pensée: cette période de rodage pour le ministère, «c'est comme pour une automobile neuve».Les chômeurs et les gens sur le bien être social remercient en chœur monsieur le ministre.Depuis le temps qu'ils n'ont pas eu de voiture neuve, ils ne se rappellaient plus cette notion élémentaire de mécanique.COURRIER DES LECTEURS Fidèle nous écrit le n'ai pas manqué une seule publication depuis que votre journal existe II y a une chronique pour laquelle je me dois de vous féliciter.C'est celle sur les conflits d'intérêts qui a débuté depuis peu.C'est là qu'on se rend compte que le pays est dirigé par une petite clique.|.| Un lecteur fidèle Bouillie ethnique Avez-vous remarqué que l'on dit souvent que dans le monde de demain, les différences raciales et ethniques ne voudront plus rien dire?Tout ceci est évidemment attribuable à une certaine forme de rectitude politique bien connue, laquelle découle pour sa part de l'un des plus étranges paradoxes relatifs à tout discours sur les minorités.Ainsi, alors que l'on nous dit de toutes parts qu'il faut reconnaître les minorités et leurs différences, on stigmatise par ailleurs quiconque remarque certaines de ces mêmes différences fondamentales entre les divers groupes et minorités et ce, ne serait-ce qu'à titre comparatif.Résultat de cela, on s'imagine à tort que ces différences ne sont en rien révélatrices.Les exemples démontrant le contraire sont pourtant multiples.Prenons simplement la série de tueries aux États-Unis: les attentats des dernières années dans les établissements scolaires ont tous été commis par de jeunes blancs.Or, dans le contexte actuel personne ne peut souligner la chose sous prétexte de passer pour raciste.Et pourtant, il s'agit d'une intéressante question Car si les guerres de gangs sévissent dans certains quartiers noirs ou latinos particulièrement durs des États-Unis, le geste de folie meurtrière névrotique reste, quant à lui.une affaire de blancs à une écrasante majorité.La question olympique est aussi fort révélatrice.Au début du mois de juillet, un coureur danois remportait la finale du 800 mètres lors d'une compétition internationale.Or, ce même coureur danois est d'origine ghanéenne.L'évidence du pourquoi de ce succès danois ne pouvait pourtant pas être mentionnée.Comme si le fait de dire que le Danemark a remporté cette course parce qu'il alignait un noir à la ligne de départ était raciste.Quelle connerie! Si le Canada a remporté la médaille d'or au 4x100 mètres aux leux d'Atlanta c'est parce que son équipe de relais était composée de quatre noirs capables de tenir tête aux quatre autres de l'équipe américaine.Tout simplement.Dans quelques décennies, lorsque l'on annoncera les résultats des leux Olympiques d'alors, on nous dira que le lapon avec un athlète d'origine éthiopienne aura remporté la finale devant le Coréen originaire du Soudan.En finale du plongeon de 3 mètres, le Français Chung Yu Fat l'aura emporté de- vant l'Allemand Kim Yu Kong et le Rwandais Vim Wong.La finale de gymnastique aura pour sa part vu le Cambodgien Yuri Kasparov l'emporter devant le Canadien Alexandrei Popov et le Sénégalais Sergei Fodorov.Quant au championnat de boxe mi-moyen il aura probablement vu l'Australien Ernesto Romero triompher devant l'américain Oscar Del Castillo et le Vietnamien Pedro Fernandez! Cette évolution ne se limitera pas bien entendu aux seuls leux olympiques.En finale du concours de mathématique et de science canadien, le Québécois Kim Tran Pham aura alors remporté le premier prix devant l'Ontarien Vim Kim Thong et l'Albertain Li-Sha-Kong.Le prix attribué au meilleur acteur comique à travers le monde aura lui recompensé le Thaïlandais Adam Horovitz, lequel aura devancé le Finlandais David Goldberg et le laponais Israel Cohen.Imaginez un peu.Enfin un monde idéal.Enfin un monde sans frontières géographiques où les différences ethniques et raciales.ne voudront plus rien dire! Yvan Petitclerc Montréal Courrier du cœur Ma meilleure amie a baisé avec le gars que j'aime.Qu'ossé je fais?Yohann Opium du peuple Le Couac devrait se pencher sur le joli monde du «journalisme» sportif.|e commence à en avoir marre des soi-disant commentateurs, analystes, éditorialistes et animateurs — en somme tous répétiteurs de la pensée unique de Molson et Labatt — qui abrutissent trop de gens.Ils ne savent même plus quoi mettre dans leurs supposés «bulletins», «chroniques» et «émissions» le ne crois pas que ce soit du journalisme, mais plutôt du radotage d'arrière-cuisine et de perron d'église.Une chose est sûre, le sens critique propre au journalisme ne s'y retrouve pas.Et ces gens disposent de tribunes démesurées par rapport à l'importance des faits qu'ils rapportent.Un badaud a déjà parlé d'opium du peuple.François D'amours Végétation Couac qu'on en dise, Le Couac est un grand journal.Bien installé sur le balcon, entouré de lavande, de canas, d'érables bonsaï, d'impatientes, de cosmos, de «St-loseph» et autres végétations luxuriantes dignes des jardins suspendus de Babyboom, j'ai lu avec intérêt l'envers et l'endos de ces grandes pages qui composent le journal.S'il n'est pas épais (heureusement) comme la grosse presse du même nom, il a le format qui convient bien a l'idée qu'on se fait des grands journaux et de la gueule comme il ne s'en fait plus.l'en prendrais bien un abonnement tiens! Mais pour le moment je n'ai pas le temps d'en dire plus.Il faut que j'aille au boulot et le compteur sur la machine internet café baisse a vue d'oeil.À la prochaine alors.Louis-Marie Hubert Sherbrooke Eh ma vingtième année [.] Ce monde m'a été donné, ou devrais-je dire imposé, par vous qui n'avez pas osé ou qui n'avez pas su.Par manque de courage ou d'intelligence.Ce monde est mon seul père et ma seule mère, du reste je n'en ai jamais eu.l'ai grandi, comme toute ma génération, devant la télé, notre lien spirituel à tous (ha!).Cette merveilleuse boîte à rêves et à préjugés qui tue l'esprit libre et critique pour ne laisser que des larves identiques et sans âme.Heureusement, j'ai voyagé.Oh! pas bien loin, le suis allé à la bibliothèque.C'est là que j'ai vu que l'on m'avait menti.Le monde n'était pas exactement ce qu'il semblait être.l'ai ouvert les yeux, j'ai vu le monde sous un autre jour, l'ai haï ce monde! Il était vil, laid, menteur et sinistre.Le pire, c'est de comprendre que la beauté que l'on voyait avant n'était qu'une déformation de la réalité due au fait que l'on ne voyait pas! Ce qui est pire encore, c'est de savoir que d'autres grandissent aujourd'hui dans ce mensonge et que d'autres sont à venir.Le véritable génocide et le pire des crimes contre l'humanité, c'est le mensonge que l'on impose d'abord à soi puis aux autres à force d'habitude.Rien à voir avec le diable ou avec Dieu, c'est l'homme même qui établit les règles de son propre asservissement.Condamné à l'ignorance avant même de naître! Il s'impose son propre esclavage, se perd dans sa propre prison et en jette la clef pour être sûr de ne pas s'en sortir, l'y pense et je me dis: c'est une farce, qu'on me réveille! Mais non, je suis toujours là et je regarde cette aberration se perpétuer.Peut-être sont-ils heureux, peut-être qu'ils ont compris que je ne suis qu'un imbécile.Peut-être! Mais je persiste à croire que le bonheur n'est pas dans l'aveuglement ou dans l'inertie.[.] Laurent Cyr Montréal Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H IB9.Télécopieur: (514) 521-5599.Vous pouvez aussi utiliser notre site: www.lecouac.net Logique Le pape annonce que Satan n'existe pas.Jean Drapeau n'est pas d'accord.Penser la nation n'est pas de la tarte Que de vœux pieux, que de conseils pontifiants, que de political correctness dans les savants articles qui composent le série spéciale d'été du Devoir, sur le thème «penser la nation québécoise»! Pas tous.Il y a là de très bons textes.|e songe en particulier à celui de Marc Chevrier.Ce jeune juriste dénonce la monarchie poussiéreuse et antidémocratique qui nous a été imposée.Il propose avec raison que le Québec adopte le régime républicain et, surtout, l'esprit republican Plusieurs auteurs, notamment Charles Taylor, Daniel lacques et lane lenson, exigent beaucoup des francophones et fort peu des anglophones.C'est noble d'être attentif aux besoins des minorités, mais, justement, selon l'esprit républicain, la nation est composée de citoyens tous égaux et tous Québécois avant toute autre adhésion.Les citoyens n'ont pas seulement des droits.Ils ont aussi des devoirs.Dans les milliers de mots qui composent cette série d'articles, on ne trouve aucune mention d'un devoir civique que méprisent beaucoup de Québécois des groupes minoritaires: le devoir d'apprendre la langue de la majorité, seule langue officielle.Il n'y aura pas de véritable paix linguistique sans qu'on respecte mieux ce devoir.Certains insistent pour que l'enseignement de l'histoire tienne compte de l'apport des minorités.Et s'il s'avérait que c'est en tant que citoyen québécois, et non pas en tant que membre d'une minorité, qu'un Amérindien, un Anglo-Québécois ou un Italo-Québécois aurait mis sa pierre dans l'édification de la patrie?Du reste, l'apport des minorités n'est pas nécessairement glorieux.Ce sont des Anglo-Montréalais, dont l'ardeur était fouettée par The Gazette, qui, en 1849, ont mis le feu au Parlement des provinces unies du Haut et du Bas-Canada.Place d'Youville à Montréal, et à la maison du premier ministre Louis-Hippolyte Lafontaine, parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec une loi Sans pudeur, Mme lenson fait carrément fi de la vérité historique.Elle écrit: «Les récits historiques doivent doser les événements conflictuels et les faits de coopération.» Elle ajoute: «Il s'agit d'imaginer une histoire partagée.» Pareille manipulation, qui transforme l'histoire en propagande, est inacceptable.C'est la rentrée, dans un climat de désenchantement.On blâmera sûrement la classe politique.Elle n'est pas seule responsable.Beaucoup de nos penseurs sont en panne.PIERRE DE BELLEFEUILLE Le Couac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec, H2H IB9 Téléphone: (514)521-5499 Télécopieur: (514)521-5599 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Éditeur et rédacteur en chef: )ean-François Nadeau Collaborateurs: Sabina Badilescu, Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Pierre de Bellefeuille, Marco de Blois, Julie Chateauvert, Francis Duputs-Déri, Pierre Falardeau, Philippe Gauthier, Ariane Krol, David Ledoyen, François Patenaute, Marion Piekarec, Michel Rioux, Pierre Vadeboncœur, Nadine Vincent.Illustration: Boris, Serge Ferrand, Filio, Mathieu Gaudreault, Luc Giard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Charb (avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo).Graphisme: France Mercier Photographe: Valérie Remise Visitez notre site Web: www.lecouac.net Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: Jean-François Nadeau au (514) 521-5499 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Abonnement Pour chaque abonnement régulier d'un an au Couac, vous pouvez abonner quelqu'un d'autre à moitié prix! Donc 28,76 $ pour le premier abonnement et 14,38 $ pour le second (taxes incluses)! Offre valable pendant tout le mois de septembre.Téléphone: (514) 274-5468 1(800) 361-1431 par Philippe Gauthier & Francis Dupuis-Déri Petit lexique du Québec contemporain Neige: Bonne raison de mettre la charrue devant les bœufs.Qualité: 1.Nom que l'on donne aux défauts d'une personnalité qui vient de mourir.2.Qualité' totale, concept industriel aujourd'hui totalement disqualifié.Québécois: 1.Membre d'un peuple qui gouverne deux États: le Québec et le Canada 2.Québécois de souche, Québécois dont les ancêtres étaient bûcherons 2.QueMois pure laine, Québécois dont les ancêtres étaient des moutons.4.Néo-Québécois, habitant du Nouveau Québec: le néo-Québécois est au Québécois ce que le néologisme est au logisme.Question: I.Énoncé qui appelle une réponse claire.Qu'on me donne un point d'interrogation et je soulèverai n'importe quelle question.2.Question référendaire, être ou ne pas être.3.Remise en question, débat sur l'avenir du Québec.4.Période des questions, jeu qui consiste à retourner la balle à l'adversaire à l'aide d'une langue de bois.Rabbin: Celui qui reçoit la plus grosse part du ghetto Le rabbin est un mosaïque culturel.Racisme: Idéologie selon laquelle qui se ressemble se racemble.Raciste: Voleur de job.Le raciste est celui qui dit «.Dieu est noir, mais il n'existe pas».Rationalisation: Forme de rationnement imposé par le chef d'entreprise qui ne gère qu'en regardant ses ratios.Avec l'exode des cerveaux, la rationalisation sera de plus en plus difficile.Réfugié: Nom donné à l'immigrant-investisseur refoulé parce qu'il n'a pas d'argent.Mus.L'hymne des réfugiés commence par «Allons enfants de l'apatride.» Régime: 1.Ensemble des moyens mis en œuvre pour amincir l'État.2.Reaime parlementaire, anorexie démocratique.3.Regime militaire, alimentation carnivore.Encore un effort L'Ontario est à b hausse cette année.Sebn un rapport, la province est passée du 3e au 2° rang des régions les plus polluantes de PAmérique du Nord.Multipartisme?À Ottawa, le Parti Libéral est assuré de rester aux commandes encore longtemps, puisque l'opposition est trop divisée pour qu'aucun autre parti n'ait une chance de prendre le pouvoir.Au Québec, les deux partis importants sont dirigés par d'anciens membres du Parti Conservateurs, parachutés d'Ottawa, et qui rêvent tous deux d'imiter Mike Harris.On va bientôt pouvoir aller à Cuba en demandant le statut de réfugié politique.Site web www.lecouac.net Des textes, des films, des dessins.PLOGUES Daumier Il ne reste que quelques jours (jusqu'au 11 septembre) pour voir la rétrospective Daumier que présente le Musée des Beaux-Arts du Canada (Ottawa).Malgré la lecture édentée qu'en ont fait les organisateurs, l'œuvre est riche et ne demande qu'à exprimer tout son mordant.Rappelons qu'une exposition Daumier sur les gens de justice a été expulsée de la Cour de cassation de Paris en 1995.L'année suivante, il a fallu ie flegme d'un Philippe Séguin, alors président de l'Assemblée nationale pour empêcher les députés RPR d'interdire une exposition des Parlementaires (série de lithographies et de sculptures ridiculisant la classe dirigeante de la Monarchie de Juillet) au Palais Bourbon.Mais à Ottawa, Daumier peut dormir tranquille: aucun député canadien ne fréquente les musées.Formes en mouvement La Cinémathèque québécoise présente une exposition sur le cinéma d'animation.Dès le 3 septembre, on pourra y voir des originaux de cinéastes importants qui ont marqué l'art de l'animation: Norman McLaren, Peter Foldès.George Dunning, Chuck (ones, Tex Avery, lohn R.Bray, Bretislav Pojar, etc.Une expo dynamique, ludique, enlevante.Commissaire de l'exposition: notre collaborateur Marco de Blois.Au 335, de Maisonneuve est à Montréal.Infos: 842-9763 La lordification de Conrad Black En honnête citoyen qui a réussi, le magnat de la presse Conrad Black a demandé que lui soit conféré le titre de Lord, à Londres.Mais voilà qu'un autre citoyen au nom passablement religieux, lean Chrétien, est venu aussitôt, à titre de chef d'État, lui opposer un surprenant veto.A priori, on pourrait soupçonner Chrétien de grossière jalousie et supposer que ce dernier ne sait trop que penser lorsque, en huis-clos avec lui-même, il demande avis au miroir de l'histoire quant à sa propre réussite Nous nous abstiendrons cependant de tout jugement Peut-être ne s'agit-il que d'une querelle personnelle entre deux ressortissants du Québec7 Le premier, fils d'une lignée ayant «bossé» presque par atavisme le second.lequel se targuerait de prendre enfin sa revanche aujourd'hui7 Ce qui a rebuté lean Chrétien, c'est peut-être le talent de Conrad Black en tant qu'écrivain et anthropologue.Celui-ci a.en effet, réalisé très jeune, trop jeune peut-être, l'opus magnus de sa vie: la biographie du héros de son enfance, Maurice Duplessis, personnage procédant vaguement des légendes de la «chasse-galerie» et originaire de la même région que Chrétien Décidément, on n'en sort pas.Quiconque estime qu'il n'existe pas de véritable histoire régionale, au Pays de Québec, ferait mieux de réajuster son information.Nul autre que Conrad Black n'était mieux préparé pour écrire sur Duplessis, ce roitelet-despote métissé, au sang autochtone établi, qui faisait manger évêques, nonces et édiles municipaux dans la paume d'une main, tout en offrant, de l'autre, un pays et ses ressources aux multinationales On a les dictateurs que l'on peut tout autant que les autoritarismes magnanimes adaptés à son destin! Qu'on me permette cependant une parenthèse.|e me demande quelquefois si le Québec a quelque chose à envier aux Duvalier, Pinochet et autres tribuns populistes ayant joyeusement macoutisé le continent.En situant Duplessis au nombre des Grands Macoutes historiques ayant su trafiquer pour se maintenir au pouvoir durant des années, Black a écrit une biographie de l'Extrême-Trifluvien qui non seulement fait autorité, mais ne sera sans doute jamais égalée.Peut-être Black a-t-il quelque chose en commun avec Duplessis pour l'avoir si bien compris?Quoi qu'il en soit, il lui fallait une connaissance intime du Québec de son enfance — ou Canada français, si on veut se reporter dans le temps — pour rédiger un ouvrage qu'on aura intérêt à déposer derrière les mêmes rayons de bibliothèque que Moi, le Suprême d'Augusto Roa Bastos, L'Automne du Patriarche de Gabriel Garcia Marquez ou Le Royaume de ce monde d'Aléjo Carpentier.Ayant donc réglé ses comptes avec la littérature, Conrad Black est devenu, par la suite, le magnat de la presse que l'on sait.C'est donc à ce double titre, peut-on présumer, que l'illustre Québécois allait se présenter à une cérémonie de lordification à Lortdres.Pour ceux qui se souviennent, un lacques-Yvan Morin avait demandé, il y a quelques années, que les Québécois de grande valeur puissent avoir, une fois la souveraineté assumée, la double nationalité, québécoise et française.On ne saurait donc reprocher à Black d'avoir fait un choix comparable, mais en substituant cette fois l'Angleterre à la France — on a les ambitions les mieux adaptés à ses besoins et ses itinéraires Or, c'est justement ce que lui reproche lean Chrétien.Le texte juridique invoqué par le Premier ministre pour faire obstacle à la lordification de Conrad Black date de 1919 et porte le nom assez sibyllin de «Résolution Nickle».Son but était de préserver la nature du Canada en tant que berceau d'une société sans classe sociale et dépourvue d'injustice; c'est-à-dire une monarchie parlementaire pure, démocrate et sans tache dans laquelle aucun titre ne saurait conférer à l'un de ses citoyens une place à part (à l'exception des réserves pour les Sauvages, bien sûr, ainsi que des Canadiens-français résiduels qui tiendraient toujours, par ethnocentrisme et racisme, à conserver leur langue).Il importe donc de citer ici le début de cette Résolution, afin que soient mieux connus et compris les principes politiques et éthiques qui nous guident en ce libre et beau pays.«Nous, sujets les plus loyaux et les plus soumis de Sa Majesté, réunis en assemblée parlementaire à la Chambre des Communes du Canada, abordons humblement Votre Majesté, priant Celle-ci d'avoir la bonté: de s'abstenir dorénavant de conférer tout titre honorifique ou toute distinction titulaire à quiconque de ses sujets domiciliés ou qui résident habituellement au Canada.» N'ayant pas trouvé la version française officielle dans le Canada's National Newspaper, que la Reine et le Parlement acceptent ici nos excuses pour avoir traduit nous-mêmes, peut-être imparfaitement, cette résolution.Si nous l'avons fait, c'est en tant que citoyen révolté devant l'opprobre dont on est en train de couvrir l'un de nos compatriotes les plus éminents.L'attitude de lean Chrétien relève d'une décision politique ignoble, indigne de son propre nom, et portant atteinte à l'intégrité de ce compatriote émérite, Conrad Black Nous demandons donc que le Premier ministre soit immédiatement relevé de ses fonctions, non seulement pour conflit d'intérêt régional mais aussi pour s'être livré à un jeu mesquin, frisant le nationalisme ethnique vis-à-vis de l'Angleterre.Certaines mauvaises langues feront remarquer que lean Chrétien se morfond de n'avoir pas été lui-même lordifié, à l'occasion des services éminents qu'il aura rendus à la Couronne, lors des deux référendums sur la «Sécession du Québec».Faute d'avoir le panache du Général, il aura pourtant combattu avec la dernière énergie et toute la valeur d'un bon soldat constitutionnel obéissant et soumis.Si la Reine a refusé alors d'en prendre acte, il doit bien y avoir quelque raison.Et voilà qu'elle nous est dévoilée, des années plus tard, et que le personnage nous apparaît sous son vrai jour.Nous nous récrions donc avec force et vigueur.Pour une fois qu'un sujet d'une presque ex-colonie, le Canada, s'élève au-dessus de ses anciens maîtres au point de produire et de contrôler leur propre presse et leur information, il apparaît tout à fait ignominieux que ce soient ses propres concitoyens qui lui contestent un tel honneur.A titre de compensation à l'endroit de Conrad Black dont nous partageons la profonde meurtrissure, nous proposons humblement ici deux solutions: 1) que le gouvernement du Québec, de par ses prérogatives dans les domaines de l'éducation, des arts et de la culture, envoie immédiatement une protestation auprès de Sa Majesté la Reine du Québec, pour faire invalider immédiatement l'opposition d'Ottawa à la lordification de l'un de ses plus nobles et valeureux citoyens en la personne de Conrad Black, ressortissant né au Québec et y détenant toujours des propriétés, sauf erreur; 2) Que le Prix du Prince et de la Princesse Edouard en littérature aborigène, que le Gouvernement du Canada vient de créer pour attribution unique afin de célébrer le mariage d'Edouard et Sophie Rhys-lones soit attribué à Lord Conrad Black pour son livre sur Maurice LeNoblet Duplessis, en raison de l'ascendance algonquienne peu connue de re hv':ros local dont le récipiendaire aura si bien su s'inspirer toute sa vie Merci.JEAN MORISSET Coït L'Association des juristes catholiques du Québec — eh, oui, ça existe.— a signé un texte d'opinion dans Le Devoir ( 16-8) pour y défendre la confessionnalité des écoles Les signataires indiquent d'entrée de jeu qu'ils veulent que leur recommandation soit «courte, claire, nette et précise».Soit.Et voilà leur position: «En attendant que les tribunaux tranchent cette question, pour corriger la situation le gouvernement se doit de Rupert K, reconduire la clause dérogatoire (clause «nonobstant») pour une période de cinq ans, afin d'assurer les droits et libertés qui font actuellement partie des lois sur l'éducation et ce, jusqu'à ce que les amendements aux chartes canadienne et québécoise des droits et libertés de la personne soient apportés pour reconnaître les droits démocratiques des citoyens comme groupe de posséder et de gérer leurs propres écoles, selon leur propre philosophie de l'éducation, comme cela a toujours été depuis la Constitution de 1867, et tel que repris par l'article 29 de la charte canadienne de 1982.Voilà notre position.» Courte, claire, nette et précise, vraiment?SAYING STUDENT RUPERT tiWNiée sis sera ffcS FAOLSL^ Suicide politique lean Charest encourage le «sens critique» OOQOQ Retour à l'école Jean Charest passe l'été à Harvard.Sa plus grande satisfaction: d'avoir été un premier de classe aussi têteux que Jonathan Sauvé.Remboursement Québec ne remboursera pas le Viagra.Pas de conditions bandantes.r les conditions gagnantes: SÇA LÈVE \ ( PAS FORT ) - 2i La presse compressée Quelques gros titres dans la grosse Presse • Lors d'un sondage, les Québécois ont dit «La santé et I éducation avant les baisses d'impôts» (22-10-98).Mais les affairistes pensent différemment.«Une diminution de l'impôt des particuliers de moins de trois milliards serait dérisoire» |selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante! (26-1), «Les Canadiens sont trop taxés estime Paul Desmarais» (12-3).«Desjardins prescrit des baisses d'impôts» (28-4), «Les cerveaux paient trop d'impôts clame Nortel» (30-4), «Le Conseil du patronat du Québec réclame une réduction de l'impôt de 20% sur deux ans» ( 11-6), «Les entreprises indépendantes réclament des baisses d'impôts» (23-6) Ce qui devait arriver arriva: «Un devoir d'équité; le gouvernement mettra autant de détermination dans la réduction des impôts qu'il en a mis dans l'élimination du déficit» |dis-cours de Lucien Bouchard portant sur les négociations des secteurs publics et parapublicl (1-5).«Bouchard promet encore de réduire les impôts» (1-6).Pas étonnant, donc, de lire dans Le Devoir (I 1-6): «Il faut choisir entre la santé et les impôts, dit Marois».• «Les magouilles électorales un jeu d'enfant» (12-6), «L'intimidation entre enfants doit être prise au sérieux, avertit un spécialiste» ( 12-6).• «La société pour vaincre la pollution menacée de fermeture» (14-4), «Le Québec importe de plus en plus de déchets toxiques des États-Unis» (19-3), «Des foetus baigneraient dans les pesticides» (16-6) • «Les bénéfices des entreprises augmentent en 1999» (10-6), «Les profits du Casino de Charlevoix seront partagés avec les secteur privé» (23-6).• «La pub dans les hôpitaux généralement bien accueillie» (6-2).«Les urgences toujours débordées» (6-2).• «Les hauts et les bas du Viagra» (8-4), «Ce soir, Pôpa trompe Môman» (15-7).• «Le téléphone cellulaire affecterait le fonctionnement du cerveau» (9-4), «Le maire Bourque devient membre de l'Ordre du Fanal» (13-2).• «Tiraillements autour de la question de la hausse du salaire minimum à Québec» (25-5), «Les profits de BCE atteignent 1,6 milliards $» (28-1).• «L'écart s'accentue entre les riches et les pauvres; la croissance économique ne profite qu'aux dirigeants d'entreprises» (23-10-98).«La situation se dégrade pour les enfants pauvres» (8-12-98).«Les jeunes familles de Montréal s'appauvrissent» (23-4), «Les fonds pour la réinsertion au travail sont réduits de 41%» (21-5), «La réinsertion des assistés sociaux mise en péril par les coupes de Québec» (29-5), «Peut-on vivre sans luxe?.» (19-2).• «La maladie d'Alzhelmer sur le point de devenir une épidémie» (8-6), «Les jeunes libéraux veulent à leur tour redéfinir le "modèle québécois"» (5-8).• «Il y a péril en les urgences; le Collège des médecins qualifie la situation de dangereuse» (26-2), «Les frappes aériennes de l'OTAN en Yougoslavie ne troublent pas les marchés» (28-3), «Bienvenue au Moyen Âge» (10-7).FRANÇOIS PATENAUDE Le Couac, septembre 1999, page 3 Affaire de sang et de cul Chez Héma-Québec, on a des manières.Jamais on n'y prononce les mots «anus», «rectum» ou «trou de cul», et encore moins «vagin» ou «pénis» Ainsi, dans le questionnaire que doivent remplir ceux qui désirent donner du sang, Héma-Québec filtre les volontaires masculins en leur demandant s'ils ont eu une relation sexuelle avec un autre homme depuis 1977.luste une formule vague pour éviter d'avoir à poser cette question avez-vous eu une relation sexuelle avec pénétration non protégée'5 Car nécessairement, qui dit «relation sexuelle entre deux hommes» dit.hépatite, sida et picote à crampons La question d'Héma-Québec fait sourciller bien des homosexuels qui désireraient eux aussi donner du sang Car voyez-vous, ces gens se disent en leur for intérieur qu'il y a aussi des hétérosexuels qui aiment s'obstruer le trou à plaisirs avec toute sorte d'objets protubérants et suintants.Et il y en a même qui s'envoient en l'air par en avant et sans capote, imaginez-vous donc.Certains vont argumenter: «Heille! Le cave! Les gais sont majoritairement infectés par le VIH! C'est normal de faire de la discrimination préventive!» L'argument est resplendissant de sagesse, et c'est pourquoi je m'empresse de féliciter tous les patrons qui refusent d'embaucher des vieux, car il est statistiquement prouvé que les vieux meurent plus vite que les jeunes.Et dans la même veine statistique (et sanguine), il faudrait aussi donner une médaille du bon sens à ceux qui veulent que la sélection des immigrants se fasse sur la base de leur pays d'origine.Pas trop d'Africains ou d'Haïtiens, au cas où.Utiliser les statistiques pour soutenir la discrimination, ce n'est pas futé II existe une variété éblouissante de relations sexuelles; on peut même ajouter à nos ébats, certains soirs de désœuvrement, un cochon d'Inde en période de rut et à l'anus distendu que l'on surnommera Roch Voisine ou Paul Desmarais si l'on veut; mais pour le reste, il semble qu'Héma-Québec ait encore quelque chose à apprendre dans le domaine absolument enchanteur du cul.Toujours est-il qu'il y en a au moins un au Devoir qui penche du côté d'Héma-Québec Michel Venne, éditorialiste pas très bandant ayant l'envergure de sa petite photo noir et blanc Voyez ce qu'il écrit, le bougre, au sujet d'Héma-Québec dont il soutient la politique d'exclusion: «Le questionnaire pourrait-il être modifié de manière à ce que.pour obtenir la même information, on pose la question autrement?Peut-être, mais à quoi bon?Quelle différence cela ferait-il en effet si, étant un homme, on vous demande si vous avez eu une relation anale avec pénétration0 N'est-ce pas poser la même question?» (24-7) Si nous suivons son raisonnement, on peut imaginer qu'une relation torride chez Venne ressemblerait à ceci: — Oh, Michel, mon amour, fourre-moi vite ta grosse serpillière dans l'eau sale de ma chaudière! — Mais, ma chérie, c'est impossible, nous ne sommes pas homosexuels.Le pauvre aurait peut-être besoin que losée Blanchette lui passe un de ses godemichés.Mais encore faut-il qu'il sache où se le mettre.MARCO DE BLOIS S V .AVMS QuJT pas OUeuSiZ \ C'EST UÉS PROfiS.l*r* FAODRA TPAgUi tfR SUR TOUS1 UËS RZOkTTS Si OkJ y sot £>£S Jooeki#ja& D'AUTANT PLUS CMS CSTTÉ AoJKléÉ, ILS VCXJLOIK êTR£ SOUCAIRÉS.AU SE HOP OkJ MET cW MC& D£ Dé0£AVA££.' js sais jack; BOkJ, DxJ IQ AO ZQ OCTOBUS va DfiÔ TRAVAUX sur U6 FbNlT DSÔ S6k5kJ6URS st sur t-A 2s.Ad MUSJX ça DWRAlT kIOOS RETARDER DAJ MOtstS zo /VmnJcjtes par Jour.LA COKrV&JTIOtJ DÉS COhia&tëSS 6t D6S nJOnJ-ÊWSSSVIAkITS SST À R£W£-SOClSR A LA Ad OCTÔ&QJZ.ÇA DÔ/RAIT hiOOS U6ÉRÊR fbOR cN /VSotS.èCOOTSZ ÇAÏ &L/VSAMAOH OS6 A&UCOCrSOfZÔ A*MOt0O£ u»jH' ajvrs TSMeère OS VSR6LAS.DOfclO Os» CALCOLAtST OOS S* ÇA AttSWS ÙOSTS APRÔS *JOô MACAt-iCSS Z>6 hioi st Si la TOJDANk» SB mawtu&jTlss avscs, Ohi devrait SB taper SSJLSMÊWT 3 MOtS DêCOCS da*js V+kléet Le Couac, septembre 1999, page 4 Rectificatif humanitaire Dans Le Couac du mois dernier, nous vous parlions du Kosovo, de la Turquie et de la Colombie.Nous disions qu'il était heureux que les massacreurs serbes soient enfin neutralisés, mais que l'étiquette d'intervention humanitaire» ne semblait être rien de plus qu'un beau slogan de marketing politique.Et nous suggérions que Clinton qui arme et soutient le régime colombien devrait, si il était soudain pris d'un esprit humanitaire, intervenir en Colombie.Or ce que nous ne savions pas, c'est que les Américains interviennent déjà en Colombie! Newsweek révélait en effet, suite à l'écrasement d'un avion militaire de surveillance de l'US-Air Force en Colombie, qu'environ 300 membres de l'armée américaine et de la CIA sont présentement en Colombie.Une source militaire citée par Newsweek précisait, suite à l'écrasement de l'appareil de surveillance : «On n'est pas censé faire de la surveillance mais c'est ce qu'ils faisaient.» Mais plutôt que de lutter contre les militaires et les paramilitaires qui massacrent impunément, ils luttent contre les trafiquants de drogue, ciblant de façon privilégiée les groupes de guerilla qui se financent grâce au trafic de la drogue.Les soldats américains et les agents de la CIA peuvent ainsi faire d'une balle trois coup: tuer des trafiquants qui exportent de la drogue vers les États-Unis, tuer des rebelles marxistes et aider un régime autoritaire allié à combattre ses opposants Toute cette histoire survient alors que la CIA vient de dévoiler une masse impressionnante de documents concernant son implication dans le coup d'État de Pinochet au Chili en 1973 et le soutien des États-Unis à la dictature chilienne, il faut sans doute se réjouir que la CIA fasse un effort de transparence.Cela aidera sûrement de nombreux Chiliens qui ont souffert de la dictature à reconstruire leur histoire et leur mémoire dans un pays où les gens de la droite refusent encore de parier de coup d'État, préférant affirmer que Pinochet a rétabli la démocratie corrompue par le régime marxiste de Salvador Allende.Il n'en reste pas moins que deux questions méritent d'être posées: 1) la CIA, en révélant ainsi des documents sur le Chili, ne fait-elle pas qu'anticiper et réduire les effets dévastateurs des aveux que Pinochet pourrait fairer lors de son procès; 2) à quoi bon une CIA un peu repentante dans le cas du Chili des années soixante-dix si, aujourd'hui même, cette même CIA frappe au cours de missions secrètes des Colombiens sans qu'il n'y ait eu débat public?Esprit humanitaire au cœur de l'Amérique latine, ou encore et toujours les bonnes vieilles techniques de guerre sales et illégales?MOHAMED SM1TH-GAGNON Tous des Africains.Cinq ans après l'abolition de l'apartheid en Afrique du Sud, l'appellation Africain d'origine suscite d'ardentes convoitises à Johannesbourg.Un journaliste blanc a allumé la mèche en réclamant dans une chronique que le terme «Africain» cesse d'être l'apanage exclusif des Noirs.« Pourquoi définir l'Africain d'une manière telle qu'un petit détail comme mon manque de pigmentation suffise à m'exclure?», s'interroge-t-il.Sans nier le sentiment d'appartenance à l'Afrique du Sud des Blancs d'origine britannique et hollandaise, des Indiens et des Métis, on ne peut s'empêcher de leur poser une petite question innoncente: si la pigmentation n'est qu'un détail et que c'est si chouette d'être un Africain, pourquoi n'avez-vous pas pensé à vous approprier le titre plus tôt?Dès le XVIIe siècle par exemple?Ça aurait sans cloute privé la langue d'un joli néologisme comme apartheid, mais les compatriotes noirs ne vous en auraient sûrement pas tenu rigueur.Us sont fous ces gaulliens lacques Chirac vient de proposer le nom de Charles de Gaulle au magazine Time qui cherche à honorer l'«homme du siècle» dans son numéro de fin d'année.Chirac s'explique ainsi pour mousser la candidature de l'ancien Président français: «De Gaulle n'a pas seulement proclamé une certaine idée de la France II avait également une certaine idée de l'homme.Et cette idée lui a permis d'accomplir l'impossible.» Et Chirac d'ajouter: «Avec lui, j'ai appris cette affinité intime, presque mythique, entre une nation et son dirigeant La relation entre de Gaulle et la France était un lien personnel, unique.» (Le Devoir.26-7) Que de jolies paroles, n'est-ce pas.Et si on remplaçait de Gaulle par Hitler, et la France par l'Allemagne, ce très beau baratin garderait encore tout son sens: «Hitler n'a pas seulement proclamé une certaine idée de l'Allemagne.Il avait également une certaine idée de l'homme.Et cette idée lui a permis d'accomplir l'impossible.|.| Avec lui, j'ai appris cette affinité intime, presque mythique, entre une nation et son dirigeant.La relation entre Hitler et l'Allemagne était un lien personnel, unique.» Ce qui est bien avec le baratin, c'est qu'il s'adapte à toutes les situations.Notez qu'on peut recommencer le même petit jeu en changeant le nom de de Gaulle pour celui de Staline, Castro, Ghandi.MftrfflMT Tu FAtè QOO\ comfce Les puces/roi?coUifcfl Afflï- PUCES T m m i OgDgg_ iBfbUKHfS?» T Thaïlande La crise est achevée, les pauvres aussi! Dans les bureaux paysagers de Bangkok, tout va bien 11 y a deux ans, la crise économique frappait la Thaïlande.Mais aujourd'hui, elle n'est plus qu'un mauvais souvenir.Avec 1% de croissance prévu cette année, contre -8% en 1998, «on a touché le fond de la récession-», affirment les experts, du haut de leurs gratte-ciel design Au pied des tours, en revanche, la vue n'est pas la même.En deux ans, le chômage a triplé, un million de Thaïlandais sont passés en dessous du seuil de la pauvreté, et le niveau général des revenus a chuté de 20 %.Selon les prévisions les plus optimistes, le pays ne retrouvera son niveau de production de richesses d'avant-crise qu'en 2002, au plus tôt.Pourtant, tout est calme.Aucune manif d'ouvriers jetés sur le carreau, pas de campagnes brûlées par des paysans paupérisés, pas d'étudiants dans les rues Seules 5000 ouvrières, virées du jour au lendemain d'une usine textile, s'étaient fait remarquer il y a quelques mois: elles réclamaient leurs indemnités de licenciement, prévues par la loi La clef de cette paix sociale pour l'instant miraculeusement préservée, c'est, toujours selon nos experts, «l'extraordinaire adaptabilité de l'économie thaïlandaise-».Traduction: explosion du secteur informel, évalué aujourd'hui à 50% de la production de richesses, et multiplication des personnes obligées d'exercer plusieurs boulots pour survivre.Plus 400 000 enfants qui ont dû quitter l'école pour aider leurs familles Mais les administrateurs locaux se félicitent de cette généralisation de i'économie souterraine Ça rassure toujours les riches de voir d'anciens employés de banque faire le taxi dans les embouteillages, douze heures par jour, avant d'aller décharger des conteneurs ou surveiller des parkings Ou de savoir que des secrétaires, réduites au temps partiel, sont forcées d'arrondir leurs fins de mois dans les «salons de massage» Trimer quinze heures par jour laisse peu de temps pour se révolter.Mais ce «dynamisme», au sens ultralibéral du terme, pourrait n'avoir qu'un temps Un rapport de l'antenne locale de la Banque mondiale craint «une montée des conséquences sociales de la crise, alors même que la reprise est engagée» La dèche.à la longue, ça lasse.Les Thaïlandais pourraient se réveiller un matin un peu moins policés que la veille.Conscient du danger, le gouvernement libéral distille une propagande douce, prônant un retour aux «valeurs de base» et à «/'ascèse».Et pour convaincre le peuple que sucer des cailloux, c'est bon pour la santé spirituelle, tout récemment, le régime a commandé un sondage aux conclusions fascinantes: une majorité de Thaïlandais n'ont besoin de rien de plus que ce qu'ils ont déjà.Il n'était pas précisé sur quel échantillon de population portait ce sondage: sur les anciens financiers locaux qui jouent an golf aux États-Unis, ou sur les paysans du Nord-Est qui survivent avec l'équivalent de 3 $ par jour.DAVID REPKO [Charlie hebdo.N° 370) Évolution Le 12 août, le Conseil de l'éducation du Kansas a décidé d'expurger des programmes scolaires de l'Etat toute référence au darwinisme, c'est-à-dire à la théorie de l'évolution des espèces.En clair, fini le Big Bang, fini les hommes de Cromagnon et la génétique.A la place: interprétation littérale de la Bible, autrement dit le paradis originel, Adam et Eve, Noé et compagnie.Ce qui prouve par l'absurde que révolution des espèces n'est pas forcément incompatible avec certains mouvements de répression intellectuelle.Les charentaises du comte de Paris Trois mouchoirs et une paire de pantoufles.Voilà tout l'héritage que le dernier descendant des rois de France laisse à sa progéniture.Henri d'Orléans est décédé en juin après 90 ans passés à attendre qu'on lui offre de s'asseoir sur le trône de France.Ses neuf enfants ont intenté une action en justice pour retrouver son héritage (Reuters, 21-7).Ils se demandent où est passée la fortune de papa, encore évaluée à plusieurs millions de dollars il y a à peine deux ans Les huissiers qui ont perquisitionné chez la maîtresse du comte de Paris n'ont trouvé qu'une paire de pantoufles et six mouchoirs «brodés aux armes royales», a tenu à préciser l'un des héritiers.Pour tout renseignement, veuillez adresser votre correspondance sur papier monogramme à Point de vue et images du monde, CP.1789.Suce, de la Cité de Dieu, Paris, 75016.T fcv&iiueee.J'accuse.! (incitation publique à l'indignation) PRIM Centre d'arts médiatiques lance "Les Pamphlétaires.!" Ouvert à tous, ce concours offre une bourse d'une valeur de 1000$ en services pour la production d'une courte bande vidéo dénonciatrice.Les propositions seront retenues sur la base de leur originalité artistiques.Date limite : le 15 septembre 1999, 18h.Diffusion publique : début de l'an 2000.Infos (514) 524-2421.http:// www.cam.org/~prim Coke en stock La femme du responsable américain de la lutte contre la drogue en Colombie est inculpée pour trafic de cocaïne! Ça ne s'invente pas.WWW.ecouac.net Abonnement Pour chaque abonnement régulier d'un an au Couac, vous pouvez abonner quelqu'un d'autre à moitié prix! Donc 28,76 $ pour le premier abonnement et 14,38 $ pour le second (taxes incluses)! Offre valable pendant tout le mois de septembre.Téléphone: (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Aussi à: www.lecouac.net Snifï Pour convaincre la Grande-Bretagne de libérer Pinochet, ses défenseurs dressent une liste de ses douze maladies, dont la «dépression nerveuse».On est au moins rassuré sur un point: le pôvre homme ne souffre pas de remords Pour ce qui est de sa prostate et du reste, le bon bourreau catholique n'a qu'à prier Notre Dame des Sept Douleurs.INTERNATIONAL Irak Depuis décembre 1998, les avions de combat de la coalition américano-britannique ont bombardé l'Irak plus d'une centaine de fois.Notons qu'aucune action n'est entreprise pour destituer Clinton-criminel-de-guerre.Et pourtant, bombarder et assassiner ainsi sans raison et sans arrêt n'est-il pas plus obscène que de se faire sucer dans le salon ovale de la Maison-Blanche?Israël Ceux qui choisissent les titres d'articles au Devoir sont vraiment de petits rigolos.Le vendredi 30 juillet, dans la section «Monde», un article sur Israël s'intitulait «Barak veut éviter d'irriter les colons».La prévention de l'irritation du colon, quelle belle politique d'État.Sinon, le colon risque de briser la Barak.Israël Un Arabe se retrouve au cabinet du nouveau gouvernement israélien.Avant de se réjouir, les Arabes d'Israël devraient voir ce que les politiciens québécois à Ottawa font subir au Québec.Kosovo L'économie reprend au Kosovo: les Kosovars louent leurs tracteurs aux Serbes qui se sauvent Turquie Ce sont les Turcs qui sont contents: le chef des Kurdes du PKK détenu dans une prison turque, Abdullah Ôcalan, n'est pas mort lors du tremblement de terre.Les Turcs vont pouvoir l'exécuter eux-mêmes.Russie Depuis la nomination d'un nouveau premier ministre en Russie, l'équipe du Couac travaille jour et nuit pour tenter de trouver une blague à faire au sujet de Victor Poutine.Les recherches continuent.cérfi'rr Sied L'URSS^ POUR S'ABONNER (514) 274-5468 • (800) 361-1431 PERIODICA 1155, avenue Ducharme, Outremont (Québec) H2V 1E2 • Abonnement d'un an ; 25 $ + taxes = 28,76 $ Pour chaque abonnement régulier d'un an au Couac, vous pouvez abonner quelqu'un d'autre à moitié prlxl Donc 28,76 $ pour le premier abonnement et 14,38 $ pour le second (taxes incluses)! Offre valable pendant tout le mois de septembre.Nom Charb vient de lancer un album de Mourice et Patopon.Introuvoble ici.Pour commander Éditions Rotatives, 44, rue de Turbigo, 75003 Paris.Fax: 011 33 01 44 61 96 11 La vie de château Couette et café 3957, rue Dandurand Montréal 1-514-722-5493 1 -888-722-1 443 www.lecouac.net i/ i m.m i I II I I I I II II I I I II I I I I I II I II I I II II III I II L| Lord et le papier Il y a, comme ça, des goûts qui ne se discutent pas.D'ailleurs, est-ce bien de bon goût de vouloir ainsi se présenter devant le monde avec un titre emprunté, donc payé sous une forme ou sous une autre?Valéry Giscard d'Estaing était d'Estaing depuis moins de quarante ans, son père ayant tout simplement acheté ce titre de noblesse, ainsi que la chose se faisait encore dans cette France de la IIIe République.Or, il était de coutume qu'on donnât le nom du ministre des Finances aux grands emprunts dits nationaux Ainsi en fut-il de l'emprunt Pinay, prénommé Antoine, contracté à l'arrivée du Général de Gaulle au pouvoir Giscard et ses amis laissèrent courir l'idée qu'il serait séant de donner à l'emprunt national qu'on s'apprêtait à contracter à nouveau le nom d'emprunt Giscard d'Estaing.Tant et si bien que la chose aboutissant sur la table du Conseil des ministres, on put entendre un de Gaulle, superbe et dédaigneux, glisser que «« serait là, en effet, un joli nom d'emprunt.» Mais à bien y penser, le capitalisme n'est-il pas un peu fondé sur les emprunts?Il veut devenir Lord, le Conrad Black! Déjà qu'il a une grosse tête, ça lui ferait une belle jambe, pense-t-il sans cloute.Et quand on a des moyens, on ne lésine pas sur les moyens, c'est bien connu «Honni soit qui mal y pense!», aurait-il pu s'écrier s'il avait été fait membre de l'Ordre de la jarretière.lean Chrétien, il en pense beaucoup de mal et ne veut pas que le Conrad devienne lord! Les journaux du Black le plaquent trop souvent à son goût.S'appuyant sur une règle plus âgée encore que lui, il bloque au Black l'accès à ce dortoir anglais, dit la Chambre des Lords.Le Black se boque.Il étale ses envies lordiques sur des pages d'un journal qui, tiens! tiens!, lui appartient.Et le Black de poursuivre lack.Le Chrétien, rouge de jalousie devant ce bleu suffisant, réplique.Pour défendre son bon droit, qu'il dit être aussi le nôtre.Combien en coûtera-t-il pour une poursuite de $ 25 000?Lequel de ces deux grands esprits de notre siècle est descendu le plus bas, dès lors que l'épisode des Lords en a fait des loques en quelque sorte, côté dignité?Comme pour les Péladeau.Allez savoir si la jeune sœur, qui se dit spoliée, et la deuxième épouse, qui se dit injustement traitée, et les deux enfants de ce deuxième lit, écartés injustement disent-ils, ont raison Depuis Balzac en effet, on sait que les grandes familles ont des tas de petits secrets qui sont souvent plus lourds à porter que des secrets d'État Mais comme le Conrad.Pierre Karl et l'autre ont un journal.Et d'étaler sur trois-quarts de pages leur plaidoyer de non culpabilité.La soeur, la deuxième femme et ses rejetons n'ont pas ces formidables moyens.Il est depuis longtemps connu que le papier journal vaut plusieurs régiments, des milliers de canons, pas mal de destroyers et on ne sait trop combien de bombardiers.Les grands propriétaires, on les appelle des magnats.Ils se sont nommés dans ce siècle William Hurst, Lord (!) Beaverbrook, Rupert Murdock, Robert Maxwell et, plus près de nous, Paul Desmarais et fils, Conrad Black et Pierre Péladeau et fils.Il doit bien y avoir une raison pour que ce beau monde bien riche garroche de la sorte son papier monnaie dans le papier journal qui, était-ce là prémonition, servait autrefois de papier cul dans les familles modestes.Serait-ce qu'après le pape, le papier mène aujourd'hui?(Elle n'est pas de moi, mais de Victor Hugo.) MICHEL RIOUX "V ¦ ¦ ¦ ¦ i ¦ ¦ ¦ ¦.iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiJ Leouei ve ses salauds Au royaume de l'Oncle Sam.Savez-vous qu'il a fallu aux Étatsuniens - 40 ans pour ratifier la convention sur le génocide.- 28 ans pour signer la convention sur l'élimination de la discrimination raciale.- 26 ans pour ratifier le Pacte relatif aux droits civils et politiques.Saviez-vous que les Étasuniens n'ont pas signé: - Le traité sur les mines antipersonnel.- La convention bannissant la discrimination contre les femmes, même si plus de 160 États l'ont déjà fait.- La convention sur les droits de l'enfant.Il n'y a que deux pays dans le monde qui ne l'ont pas signée, la Somalie et les États-Unis.Anthropologie Les trois familles anti-corrida Comme tout le monde, j'ai suivi les péripéties successives du feuilleton estival de la corrida de Montréal.D'abord négligemment, avec le manque d'enthousiasme de quelqu'un qui a peu fréquenté les arènes et qui ne s'attend pas à s'initier à la passion taurine dans un pays qui en ignore tous les arcanes Puis avec plus d'intérêt, lorsque s'est intensifié le déferlement de jugements catégoriques, de réactions ulcérées, de cris de vierges effarouchées et d'excommunications hystériques contre l'événement.À vrai dire, les opposants à la corrida en ont dit beaucoup plus sur eux que contre la féria.Première famille d'opposants: les hypersensibles.Idéologie Ceux-ci ne supportent pas la vue du sang et qu'il soit animal ne change rien à l'affaire.Leur argument de prédilection: la corrida est inhumaine (comme si l'humanité était preuve de quoi que ce soit, alors que nous laissons sans sourciller quelques milliards de nos semblables végéter dans une misère que bien des taureaux refuseraient).Mode de vie.Les hypersensibles ont beau jeu de défendre le droit des animaux à la vie, puisqu'ils sont généralement végétariens (les autres devront battre en retraite dans une autre famille d'opposants, dès le premier contre-argument rappelant les conditions d'élevage des animaux de boucherie).Par cohérence du discours, ils sont également tenus de ne pas porter de vêtements ni de chaussures en cuir, de ne pas consommer de médicaments dont les composants ont été testés sur des animaux, de ne pas voyager en avion (tueur d'oiseaux), en voiture (massacreuse de moufettes), en bateau (pollueur des mers) ni en moto (exterminatrice de moustiques).Outre la difficulté d'obéir à toutes ces exigences à la fois sitôt qu'on s'éloigne de sa lamaserie, la décision des organisateurs de présenter une corrida sans effusion de sang a passablement dégarni les rangs de cette famille.Deuxième famille d'opposants: les rabat-joie Idéologie.Que le sang pisse ou que le velcro crisse ne fait pas de différence pour les rabat-joie: il est mal de ressentir du plaisir aux dépends des animaux.Leur leitmotiv: la corrida est un spectacle dégradant (comme si le lavage de cerveau publicitaire, l'émission de lerry Springer ou les frappes chirurgicales du Kosovo à l'heure du souper constituaient le nec plus ultra de l'élévation spirituelle).Mode de vie.Moins instinctifs que les hypersensibles, les rabat-joie sont avant tout mus par une solide morale qui doit sans doute plus à l'austérité calviniste qu'à l'idéal franciscain.Ils ne possèdent bien sûr aucun animal domestique chez eux, n'ont jamais visité Tadoussac de crainte de déranger les cétacés, militent aussi fermement contre les courses de chevaux que contre les concours équestres, ne consomment ni miel, ni produits laitiers et surtout, ils ne comptent pas les moutons (pauvres bêtes!) pour s'endormir.Détournée de son combat par le deuil de l'ancien pourfendeur de vices de la Commission Caron, lean Drapeau, la famille des rabat-joie s'est auto-dissoute dans l'eau bénite de la basilique Notre-Dame la semaine précédant la corrida Troisième famille d'opposants: les isolationnistes.Idéologie.Sous prétexte que les taureaux ne sont pas tricotés en 100% pure laine québécoise, les isolationnistes refusent l'idée même qu'une tradition exogène salisse le sol du Québec de ses sabots impurs.Ils ne sont pas opposés aux corridas en soit, mais ces choses-là doivent demeurer là où elles sont nées.Pas de ça chez nous! Mode de vie.Forts de cette conception du monde, les isolationnistes s'interdisent la consommation de macaroni, de pizzas, de porto, de couscous, de féta, de tofu et de rhum.Ils fuient comme la peste les films de Truffaut, les romans de Tolstoï, les cantates de Bach et les opéras de Verdi pour se consacrer exclusivement aux épisodes de La Petite Vie et aux matchs du Canadien.Ils ne parlent aucune langue étrangère, cela va de soi, ce qui ne leur pose aucun problème puisqu'ils ne se reproduisent qu'entre cousins.C'est probablement cette consanguinité qui explique la faiblesse des arguments des isolationnistes, arguments dont le plus élaboré tentait d'avancer que l'organisateur n'est même pas Portugais, d'abord.STÉPHANE BATIGNE Le couizze du Couac Ronald M.Clown milliardaire 1- Vrai ou faux?À tous les jours 40 millions de personnes à travers le monde (l'équivalent de la population de l'Espagne) mangent chez McDonald.2- Vrai ou faux?Entre 1993 et 1998, le nombre de restaurants McDonald à travers le monde a augmenté de 76%, passant de 14 100 à 24 800! Plus de la moitié de ces restaurants se retrouvent aux États-Unis et le Canada en compte plus de 1000 3- Quel a été le chiffre d'affaires et le bénéfice net réalisé par McDonald à travers le monde en 1998 (en dollars américains)?A) 9 milliards $ et 300 millions $.B) 13 milliards $ et 655 millions $.C) 25 milliards $ et 890 millions $.D) 36 milliards $ et 1,6 milliards $.E) Anyway c'est beaucoup trop de cash pour vendre des boulettes de céréales! 4- Vrai ou faux?Israël ne comptait qu'un seul McDonald sur son territoire en 1993 contre 65 en 1998.Les pays suivants ne comptaient aucun McDo sur leur terre en 1993 mais cinq ans plus tard, l'empire du Big-Mac y avait pris racine: Tahiti, les îles Fidji, le Sri Lanka, la Moldavie, le Qatar, le Koweit.l'Egypte, la Colombie, la Croatie, la Bulgarie, l'Estonie et plusieurs autres.5- Charade Mon premier s'oppose.Mon deuxième retrouve très peu de son père dans les boulettes de McDo.Mon troisième est la moitié d'un tout.Mon quatrième est un terme familier français qui signifie: cheveux.Mon tout est la propriété d'un des ingrédients contenu dans la délicieuse sauce à Big-Mac (si l'information que m'ont refilée des écologistes est vraie)! Bon appétit! FRANÇOIS PATENAUDE Réponses: I-Vrai, 2-Vrai, 3- D, 4-Vrai, 5- anti/veau / mi/tif : anti-vomitif Le Couac septembre 1999, page 5 Visitez notre site web www.lecouac.net Sut»etrto*i À Mort &ntepeite Qui uoos name-.HêibxMu.Mmuè Les fous se suivent.Après un certain couturier que nous ne nommerons plus, Paris sera la victime dès le 28 septembre d'un autre guignol.Bernard Tapie, qui craint sans doute de sombrer dans l'oubli après ses passages remarqués dans les sphères politiques et sportives, montera sur les planches du Théâtre de Paris (plus ou moins notre Théâtre des Variétés) pour jouer Murphy dans Vol au-dessus d'un nid de coucou, rôle qu'avait interprété lack.Nicholson dans ie film de Milos forman {Théâtre Magazine, juillet).Nos sympathies aux Parisiens éprouvés.Contre les loups-gouroux de l'économie Ce qui est bien avec certains auteurs, c'est qu'ils facilitent la tâche aux critiques Ainsi, Bernard Maris aime les titres chocs.Maris avait déjà signé, en collaboration avec Philippe Labarde, Ali Dieu! Que la guerre économique est jolie (éditions Albin Michel, 1998), dont le titre évidement ironique annonçait une critique acerbe de la mondialisation.Maris signe seul, cette fois, un nouveau livre au titre tout aussi évocateur: Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles.En une vingtaine de courts chapitres coups de poing, il démonte les rouages et les perversions du discours des économistes et finit par conclure que les économistes ne servent qu'à faire rire.ou à faire pleurer Ce livre de Maris est un antidote merveilleux pour ceux que le discours néo-libéral fait tourner en bourrique.Maris — Oncle Bernard pour les lecteurs de Charlie Hebdo — débute en déboulonnant les statues de plusieurs prix Nobel d'économie, rappelant qu'ils étaient peut-être d'excellents mathématiciens, mais que l'économétrie si sophistiquée soit-elle n'a que peu à voir avec l'économie réelle.Maris nous explique ainsi que des slogans tel que Uoffre et la demande», l'aharmonisation des marchés», les «choix rationnels» et toutes ces «lois» économiques qu'on nous présente comme étant aussi universelles que la loi de la gravité ont une pertinence uniquement mathématique.En un mot, c'est chouette pour les économistes qui s'amusent à jongler avec des chiffres et des équations, mais l'économie réelle n'est pas mathématisable.Et Maris de citer plusieurs économistes auréolés d'un Nobel qui ont admis, en fin de carrière, qu'il y a entre les modèles mathématiques et la réalité économique une différence de nature.Robert Solow, prix Nobel d'économie, avoua ainsi qu'en économie, c'est l'étude des institutions, de l'histoire et de la politique qui est importante, et non l'étude des équations.Une fois démontré qu'il faut non pas penser une «science» économique, mais bien plutôt revenir à la notion de «politique économique», Maris attaque de front les experts auto-proclamés qui sévissent soit dans les médias, soit à la tête d'organisations comme le FMI.Si tant d'économistes de renom ont admis que l'économie n'est pas une «science», comment accepter sans gueuler que des «experts» continuent de se draper dans un discours pseudo-scientifique pour nous asséner des «vérités» économiques?Surtout que lorsqu'ils se plantent enfin, c'est encore et toujours les fonds publics qui épongent leurs dettes.Comme dans le cas de Merton et Scoles, deux prix Nobel qui sont devenus consultants en options boursières et qui ont provoqué la perte de centaines de millions de dollars américains aux spéculateurs qui ont fait confiance à leurs équations.Leur compagnie en faillite — LTCM .Long Term Capital Management — fut renflouée en janvier 1999 par des dizaines de millions de dollars puisés à même les fonds publics.Et Maris de conclure : «Toutes les fortunes des gourous de la finance sont soit le fait de la chance |.| soit, c'est plus fréquent, de comportements d'initiés: ils ont des informations privilégiées et font les marchés par les rumeurs qu'ils distillent.» FRANCIS DUPUIS-DÉRI Bernard Maris, Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles, Paris, Albin Michel, 1999 WÊÊrnSm- ACONE • Philosophie, Critique & Littérature • no 21,1999, 240 pages UTOPIES ÉCONOMIQUES Des textes de: Herbert Marcuse, Michel Barrillon, Jacques Luzi, Philippe Van Parijs, Normand Baillargeon, Marie-Louise Duboin, Armand Farrachi et Noam Chomsky COMEAU & NADEAU Diffusion Prologue Agone • Philosophie, Critique Littérature • www.lisez.com/mjone On s'en tout é\4&J& Sylvain Giguère.la voix de Gros & Martineau, a fait du camping avec sa femme, luiie Naud, miss météo à TVA.Enfants Deux enfants africains ont été retrouvés morts dans le logement du train d'atterrissage d'un avion effectuant une liaison Afrique-Belgique.Aucun des enfants n'appartenait à la famille Kennedy, ils n'ont donc pas fait la «une» des jour- î>'A lu/w i Ni om/p^s Emplois" VctfT érz& Après la nourriture, la merde transgénique Les écolos vont peut-être devoir réviser leur jugement Le transgénique pourrait devenir le fer de lance de la lutte anti-pollution.C'est ce que suggère l'expérience de chercheurs canadiens.Ils ont fait naître des porcelets dont le purin est deux fois moins polluant que celui d'un porc normal.Si l'expérience est concluante, elle pourrait résoudre une cause majeure de pollution.En France par exemple, on compte 24 millions de porcs, dont la moitié en Bretagne.Ça nous fait douze millions de tonnes de lisier par an.Ce lisier est épandu sur les cultures, où il agit comme un engrais.Mais il imprègne aussi le sol.Et, à forte dose, l'azote et le phosphore qu'il contient pourrit tout: les nappes phréatiques qui deviennent imbuvables, les rivières, et la mer où les algues se développent à outrance, au point d'étouffer l'environnement marin.Génétique anti-pollution Tout vient d'un problème de digestion, car le porc assimile mal le phosphore.Les agriculteurs sont donc obligés d'en rajouter dans sa nourriture.Le phosphore se retrouve alors dans le purin, où, combiné à l'azote, il agit comme un polluant.À part produire moins de porc, il n'y a que deux solutions: la station d'épuration, qui transforme un lisier noirâtre en eau potable Efficace mais cher.Ou bien des levures qui aident le porc à assimiler le phosphore, ce qui réduit de 25 % le phosphore excrémentiel.Les porcs transgéniques fonctionnent sur le même principe, à la différence que le problème est traité à la source: l'estomac du porc.Les chercheurs ont d'abord fabriqué un gène en croisant des cellules de souris et de bactéries.Puis ils l'ont injecté dans les embryons de porcelets.Avec ce gène, le cochon digère son phosphore tout seul Du coup, plus besoin d'en rajouter dans sa nourriture.Les chercheurs espèrent diviser par deux le phosphore du purin Malgré l'originalité de la découverte, elle déclenche peu d'enthousiasme en Bretagne.lean-Yves Dourmad, chercheur à l'Inra de Rennes, pense que « cela ne résoudra pas tout, car le porc n'est responsable que de \ 5% de I azote breton Les poules en produisent autant, les engrais chimiques et les ruminants deux fois plus».Pour être efficace, il faudrait donc étendre la technique à d'autres animaux; aux vaches, par exemple, qui multiplient les pollutions.La rumination produit en effet du méthane, un gaz qui contribue à l'effet de serre.Pour chaque litre de lait, la vache en émet quarante litres, par la respiration (80%) et les pets (20%).Au niveau mondial, les bovins contribuent ainsi à 2,4% du réchauffement de la planète.C'est faible mais pas négligeable Alors, pourquoi ne pas implanter un gène de rose dans une vache, pour lui faire exhaler des fragrances de Channel n° 5?On pourrait, dans la foulée, imaginer des solutions aux déjections animales dans les villes En injectant des gènes de lapin dans les pigeons, les fientes éclaboussantes seraient-elles remplacées par des crottes dures et sphériques qui rouleraient proprement dans les caniveaux?Et les chiens, dont les étrons couleur de trottoir — 10 tonnes par jour à Paris — sont responsables de tant de fractures.Un gène de ver luisant les rendrait-ils fluorescents et faciles à éviter?Grâce au transgénique, il serait enfin possible d'avoir les avantages des animaux, sans s'en coltiner les inconvénients.ANTONIO F1SCHETT1 [Charlie hebdo.N° 373) „.&r Les c'est l-rteupe wT TA VOMOfe F(20iD£, 6iS£tE Crétin Gilles Proulx, logique de fasciste à batterie montée sur pattes, à propos de l'affirmation des homosexuels: «Dans 5 ans, c'est eux qui vont nous empêcher, les hétéros, d'embrasser une famme sur la place publique.Nous allons être les anormaux de la société.» Pour protéger la tolérance, soyons donc intolérant.Sirop «Yves Duteil est toujours heureux de chanter» (La Presse 16-08) On aimerait en dire autant.Huard à la une À la une du lundi (21-08): «Patrick Huard: les vacances l'ont fait réfléchir».Une première, sans aucun cloute.Retouche Réjean Tremblay, admirateur de hockey avec les mêmes idées que la rondelle, a décidé de se faire greffer des cheveux.Pour ce qui de la cervelle, ça viendra peut-être plus tard.«Illlllll %:.-—< M.Terne Le rédacteur en chef du Devoir, lean-Robert Sansfaçon, est retrouvé sans vie dans son bureau Une lecture attentive de ses éditoriaux laisse croire que le décès remonterait à une dizaine d'années Que sont-ils devenus?Nos amis de Charlie Hebdo nous ont révèlent qu'Erik Estrada, héros de la célèbre série Chips a été repéré sur les ondes de RTL 8, une chaine de télévision du Luxembourg.Il y vente les mérites «Premier Reduce Fat-Fast », des gélules «naturelles» qui permettent de perdre du poids! Et Estrada d'expliquer : «l'ai pris du poids : 7 à 8 kg.le devais les perdre : pour moi, c'est bien trop, car à la télévision on a l'air plus gros » Espérons que le traitement aux gélules ne fonctionnera pas.Estrada n'aura d'autre solution que de quitter l'écran pour de bon.Abonnement Pour chaque abonnement régulier d'un an au Couac, vous pouvez abonner quelqu'un d'autre à moitié prix! Donc 28,76 $ pour le premier abonnement et 14,38 $ pour le second (taxes incluses)! Téléphone: (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Monarchies ?lean Chrétien a recommandé à sa Majesté la reine du Canada de ne pas faire de Conrad Black un lord Tony Blair, le premier ministre anglais, pensait pour sa part que c'était une bonne idée.Les motifs de chacun?Le bon peuple ne le saura pas Les conversations avec la reine et ses premiers ministres sont privilégiées Mais on sait au moins que ça pue.?L'Australie se débarrasse de la monarchie britannique l'an prochain.Quand cela risque-t-il d'arriver au Canada?lamais, selon leffrey Simpson du Globe and Mail (7-8) «Au Canada, changer de représentant de l'État suppose le consentement de 11 gouvernements qui ont déjà du mal à convenir de l'année où nous sommes.» C'est tant mieux, car de quoi aurait bien pu parler, en première page, le Globe & Mail le jour de l'anniversaire de la reine-mère?En Thaïlande, le roi, considéré comme un demi-dieu, est adoré en vertu de la constitution.Remarquez qu'on doit aussi fidélité à la reine du Canada en vertu de la constitution.En Thaïlande cependant, les séances de cinéma commencent toujours par une projection de portraits de la famille royale.Chez nous, on se contente de lécher le derrière de la reine lorsqu'on va au bureau de poste ?Le gouvernement de lean Chrétien vient de créer le Prix du Prince et de la Princesse Edouard en littérature aborigène.Ce prix ne sera attribué qu'une seule fois afin de souligner le mariage royal d'Edouard et Sophie Rhys-lones.Ô la bonne famille pour penser ainsi aux aborigènes des Amériques! ?Roméo LeBlanc, folkorique représentant de la reine d'Angleterre en Canada, a décidé de rafraîchir son blason de Gouverneur général.Trouvant que le lion n'avait pas l'air assez sympa, il a fait effacer ses griffes et sa langue impertinemment tirée (National Post, 16-08).Les sourcils froncés ont aussi été gommés.Mais la pauvre bête a dû maintenir sa position acrobatique, debout sur trois pattes et brandissant une feuille d'érable de la quatrième.Pour l'aider un peu, on lui a laissé son piédestal, une sorte de tube rouge et blanc ressemblant à s'y méprendre à un drapeau du Canada roulé comme un torchon Dieu soit loué, nous avons maintenant un emblème dégriffé et vermifuge.Qui a dit que cette fédération n'évoluait pas?Denys I", clown local de l'Anse-Sant-|ean, est en sabatique tandis que ses sujets doivent réaliser une fresque en l'honneur de saint |ean-Baptiste.CONFIT D'INTERETS La chronique «Confit d'intérêts» sera de retour le mois prochain.Le camarade François Patenaude s'amuse avec des dauphins blancs et fait du camping sur une plage de sable blanc, au nord de Chibougamo.C'étAit Le p'UNe Vl G-WAHv>£ fête f?A55e^bl£-05E , ô+ l£S v>OiA-e\iiZS vp pes Aient çÀ ei ih.FRITES PojriNE Pour les nazis, les juifs étaient des insectes.Et pour Pascal Élie, dessinateur du chic bimensuel L'Express d'Outremont, les squegees c'est comme des «bibittes».C'est révélateur d'un certain état de pensée.Elie a dû lire quelque part que Mike Harris avait réussi à débarrasser Toronto de cet effroyable fléau public que représentent ces jeunes démunis.Suivons l'exemple: reste plus qu'à s'en débarrasser aussi à Montréal.En somme, cachez cette misère sociale que la bonne bourgeoisie ne saurait voir.Au besoin, écrasez ces gens comme des insectes.Avec sa finesse d'esprit, pas étonnant que Élie se soit mérité une promotion.Chaque lundi, pendant tout l'été, ses dessins sont publiés dans La Presse, le très progressiste quotidien de la rue St-Jacques.Roger D.Landry et Claude Picher, toujours à l'affût de bonnes blagues, doivent en rire tout un coup.CONSULTEZ NOTRE SITE INTERNET {SOMMAIRES, CHOIX DE TEXTES ET D'ENTRETIENS) www.24images.com Dossier Quand la culture devient marchandise Textes de Normand Baillargeon, Pierre Boglioni, Jean Pierre Lefebvre et André Roy Entretiens avec Alain Finkielkraut et Pierre Hébert 'éMî.!3E fi Le Couac, septembre 1999, page 7 La philo pour tous: (1/12) Utile et passionnant La philosophie est utile et passionnante et tout le monde peut et devrait s'y intéresser.- c'est en tout cas ce dont je suis persuadé et ce que ces petites chroniques voudraient essayer de prouver.À chaque mois, tout au long de l'année qui vient, un auteur ou un thème est présenté; on se permet ensuite de réfléchir sur ce thème ou avec (et parfois contre) cet auteur.Pour finir, une petite section intitulée «Remue méninges» présente une idée que votre serviteur trouve remarquable et qui est une invitation à se secouer les neurones en même temps qu'une invitation à pousser ce «Ben dis donc!» mêlé au plaisir de comprendre sans quoi ce ne serait pas la peine de se donner tant de mal.Cette semaine, je voudrais vous dire un mot de la manière dont je pense qu'il faut aborder la philo en général et les idées qui seront présentées ici en particulier.Et indiquer le plan de ce cours de «Philosophie pour tous».* * ?Connaissez-vous Bertrand Russell?Non?Alors réglons ça en commençant: il est pour moi le plus grand philosophe de ce siècle et je vous en reparlerai longuement.Russell, qui avait beaucoup d'humour, a déclaré un jour que la philosophie, ça consiste à partir d'une chose si simple que ça ne vaut pas la peine d'en parler pour aboutir à quelque chose de si compliqué que personne n'y comprend plus rien.C'était une boutade, bien entendu, mais qui décrit assez bien ce qu'est la philo dans l'esprit de bien des gens.Et il faut bien dire que bon nombre des philosophes n'ont rien fait pour corriger cette impression, au contraire.La philo, surtout depuis un siècle, s'est souvent complu à utiliser une langue obscure et incompréhensible au néophyte et qui n'a eu trop souvent d'autre fonction que de masquer la pauvreté des idées.Pour le dire franchement, je pense que depuis Hegel s'est imposé dans un pan de la vie intellectuelle (pas seulement en philo: cela vaut aussi pour les sciences humaines, les études en art et en littérature et ainsi de suite) une vaste fraude intellectuelle, de très grande envergure.Un ouvrage récent, rédigé par Alan Sokal et lean Bricrnont, parle à ce propos d'«impostures intellectuelles» et je pense que le diagnostic est juste pour les auteurs auxquels il est appliqué (Derrida et compagnie).Pour ma part, comme Russell, je pense que ce que la philo a à dire peut s'exprimer pour l'essentiel dans une langue accessible à tous, comme ce que dit n'importe quelle discipline d'ailleurs.Il arrive qu'un vocabulaire technique soit utile et même nécessaire, en philo comme ailleurs, mais cela n'est pas un obstacle à la vulgarisation.Dans cette série de chroniques, je vais chercher à être clair et accessible et je ne supposerai aucune connaissance préalable chez mes lecteurs et lectrices.En cas de pépin, ne vous gênez pas et écrivez-moi: il me fera plaisir d'essayer de vous répondre, au mieux de mes connaissances.• * * Ceci posé, de quoi parlera-t-on cette année?le consacrerai d'abord les cours 2 à 8 à l'étude chronologique de quelques penseurs influents.Les voici, dans l'ordre où ils apparaîtront: les Sophistes, Socrate et Platon, d'abord, qui vécurent dans l'Antiquité; puis Michel de Montaigne, de la Renaissance; David Hume et Emmanuel Kant, du Siècle des Lumières; pour finir, Bertrand Russell, évidemment.Les cours 9 à 12 porteront sur des problématiques particulières.On abordera d'abord la question de la vérité et on parlera de science et d'épistémologie; (Note: j'expliquerai en temps et lieu ce qu'est l'épistémologie et vous verrez que ça ne mord pas); les valeurs et la morale, après et nous parlerons donc d'éthique; le pouvoir et le politique, ensuite; et nous conclurons sur ce qui est peut-être, à l'heure qu'il est, le problème le plus passionnant et le plus difficile de tous, celui de la conscience.Comment recevoir tout cela?À mon avis un peu comme vous vous apprêteriez à écouter un nouvel album de musique: on garde son esprit critique tout en sachant qu'on ne comprendra ni n'appréciera pas tout du premier coup.Voilà: je vous souhaite surtout du plaisir: car la philo doit en procurer.Et je vous laisse sur ce premier petit remue-méninges, qui nous amène justement dans la Grèce de l'Antiquité, là où nous retrouverons nos Sophistes, le mois prochain.RAYMOND-LA-SCIENCE baillargeon.normand@uqam.ca Remue-méninges La circonférence de la terre ?Donnez-moi un bout de bois et je vous mesure ça ! La géométrie était utilisée en Egypte, bien avant que les Grecs ne s'en emparent.Mais ce sont eux qui lui donnent une forme scientifique.En fait, on dira que les Grecs vont axioma-tiser la géométrie, c'est-à-dire en faire un système forme! rigoureux comprenant des postulats qui permettent de déduire des théorèmes.La géométrie qu'on apprend à l'école est encore celle du Grec Euclide, qui a construit ce premier et remarquable modèle de science axiomatisée.Ainsi conçue, la géométrie est un outil extrêmement puissant.Par exemple, grâce à elle et avec rien d'autre qu'un bâton, Eratosthène mesure la circonférence de la terre.Non?Si! Au troisième siècle avant l.-C, Eratosthène habite Alexandrie, où il est directeur de la célèbre bibliothèque, quand il lit dans un papyrus que dans la ville de Syène, le 21 juin, à midi, un bâton ne projette aucune ombre.Et chez nous, se demande-t-il?Il fait l'expérience et constate la présence d'une ombre.Comment expliquer que des rayons parallèles arrivant du soleil produisent une ombre ici et aucune ombre là?Si la terre était plate, cela ne se produirait pas.Si la terre est ronde, oui.Supposons donc un arc de cercle.Ici, au centre, voici Syène: un bâton n'y fait aucune ombre au temps X; à droite sur l'arc de cercle; voici Alexandrie: un bâton y produit une ombre, au temps X.Plus la courbe sera prononcée, plus l'ombre sera grande.Un peu de géométrie nous permet de calculer que cet angle a 7 degrés et quelques minutes, quelque chose comme un cinquantième de 360 degrés.Eratosthène engage quelqu'un pour mesurer avec précision la distance qui sépare Alexandrie de Syène.Réponse, en mesures contemporaines: un peu plus de 800 kilomètres.Poursuivons le raisonnement: 800 fois 50 égale 40 000.Un peu plus de 40000 kilomètres, telle est donc la circonférence de la terre selon Eratosthène.Et vous savez quoi?Nous savons aujourd'hui que c'est une excellente approximation, surtout pour quelqu'un qui ne s'est servi que d'un bâton et d'un peu de géométrie pour arriver à ce résultat.Au passage, Eratosthène avait aussi inventé le prolétariat de laboratoire: mais l'Histoire est cruelle et elle n'a pas préservé le nom de l'humble arpenteur.— Clonage sans gêne de Zeronique Cloutier - La Fureur est de retour Ce qui est merveilleux dans nos sociétés, c'est que la liberté de choix est reconnue, protégée et encouragée.Ce n'est pas comme dans ces pays totalitaires où tout le monde doit vivre dans le même genre d'appartement miteux, lire des journaux sans personnalité et s'habiller de façon identique.Telle est du moins l'image qu'on se fait généralement des pays totalitaires.Cette année, l'émission La Fureur, diffusée sur les ondes de la télévision d'État, propose un concours absurde : «Gagnez le nouveau look de Véro».La Fureur, c'est cette émission animée par nulle autre que Zeronique Cloutier où des invités du milieu «culturel» jouent au karaoké tout en déconnant en direct.Et l'animatrice n'a pas seulement un nouveau chum — comme toute la province le sait — elle a aussi un nouveau look.Et ce nouveau look devient un véritable projet de société d'État puisque Radio-Canada en fait la promotion.Le bulletin de participation au concours «Gagnez le nouveau look de Véro» se retrouve, entre autres, dans le TV Hebdo .et le prix «comprend la coupe des cheveux, la coloration et le maquillage comme Véro».Ce n'est pas indiqué, mais on imagine facilement que le lavage de cerveau est offert en prime.Comme il s'agit d'un concours sérieux, on précise qu'il est «réservé aux personnes de 18 ans et plus», sûrement plus aptes à faire un choix éclairé et personnel que les ados en quête d'eux-mêmes et qui se laissent influencer par le premier venu.Nous avons donc une télévision d'État qui encourage le clonage humain! À quand un concours pour gagner le look de Stéphane Bureau ou de miss-météo?Si les infirmières-rebelles ne menaçaient pas le projet, on pourrait même offrir la chirurgie esthétique.Ce serait encore beaucoup plus trippant, beaucoup plus cool.Après les clowns sans frontière, voici les clones made in Canada.On peut stopper dès aujourd'hui les recherches en génétique, l'équipe de La Fureur n'a pas de gêne et elle attend sans doute avec impatience le prix Nobel du marketing.Dans le numéro de TV Hebdo du 7 août, le journaliste Sylvain-Claude Filion signe un article-entrevue s'intitulant «Véromania».On y apprend entre autre que l'émission La Fureur a eu «des cotes d'écoute planturt'.-es».P'antureuses?Le journaliste confond sans doute La Fureur et Bay Wattd.mais passons.Sylvain-Claude Filion consacre plus de la moitié de son article au nouveau look de Zero et il profite de l'occasion pour faire dans le publi-reportage.On y énumère les produits de beauté que Zero utilise et qui font «très naturel et qui rehausse le teint».Enfin, le journaliste explique : «Véronique aborde sa deuxième saison avec un nouveau look électrisant.Comme toute jeune femme qui se respecte, elle accorde naturellement de l'importance à son apparence.» Toute jeune femme qui se respecte?Ah! comme cela fait du bien de se replonger dans l'esprit des années cinquante avant d'affronter l'an deux mille.Les esprits mal tournés pourraient croire que j'ai une dent contre Zeronique Cloutier.Il n'en est rien.Des connaisseurs m'ont d'ailleurs déjà dit que Véronique est une fille de party et qu'elle est super fine.Moi aussi je suis super-fin quand je ne suis pas enragé.Mais je ne propose pas mon nombril comme nouveau logo de Radio-Canada.FRANCIS DUPUIS-DÉRI Le gars des vues Roch Voisine en Paul Desmarais dans une nouvelle série de Minutes du patrimoine produites par Robert-Guy Scully (La Presse, 24-7).Le beau Roy Dupuis interprétera lean Chrétien et Saturnin le canard jouera Alain Dubuc.Sang bon sens La Croix Rouge allemande, qui ne manque pas d'humour, a recruté le dernier des descendants de Dracula pour aider à attirer des donneurs de sang {Daily Telegraph, 16-8).Ûttomar Rudolphe Vlad Dracul Prince Krezulesco, 57 ans, affirme descendre en droite liane du légendaire comte roumain Vlad Tsepes.Il a accepté de signer des autographes durant les projections de filins de vampires organisés par la Croix Rouge et prévoit tenir une collecte de sang à son château situé au sud de Berlin.Le Couac suggère à la Commission scolaire de Montréal de retenir cette leçon de marketing et de trouver un ogre pour devenir porte-parole de son programme de petits déjeuners destinés aux enfants défavorisés.A la rue Le magasin Eaton de Montréal ferme.Des centaines de mémères errent sur la rue.La vie de château Couette et café 3957, rue Dandurand Montréal 1 -888-722-1 443 Débarossez-vous des Ecoutez ^ÏBÎ> Sur ('internet.http://www.dbl.cam.org ou sur le câble* 106,1 Démo -cratie & marché Nouvel Noam " Chomsky 5Droits de l'homme des intellectuels À quoi bon dénoncer les crimes dont sont coupables les régimes totalitaires, si Ton est incapable d'Investir la même énergie militante et la même rigueur intellectuelle à révéler ceux commis par les démocraties ?XYZ éditeur m * ¦ " ."» " a coupé les ponts, ji au Japon.Il croit en avoir| ivec le passé, ses amours, avec la famille.] se cache derrière l'écran lodique ?ude îomme au complet En vente dans toutes les librairies, 15,95 $ Diffusion Prologue Agone nmml 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 \ 1 /, Téléphone: (514) 525.21.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 ciliteur Courriel : xyzed@mlink.net Le Couac, septembre 1999, page 8 Canada Nationalisme cynique Canada il Liberté de Le chic théâtre Espace Go du boulevard St-Laurent refuse de distribuer le journal Ici dans son hall à cause d'un commentaire de Robert Lévesque sur la metteure en scène Alice Ronfard.Ce théâtre est plus beau que l'esprit qui l'habite.Patrimoine Canada aide l'industrie du livre grâce à un programme de subventions nommé «Programme d'aide au développement de l'industrie de l'édition» (PAD1É).Le Couac en a parlé en juillet, expliquant que des éditeurs protestaient contre un projet du ministère de Sheila Copps les obligeant à placer un «mot-symbole» Canada dans chaque livre subventionné Voilà que les éditeurs ont reçu à la mi-août un «Guide du demandeur 1999-2000».On peut lire dans ce document officiel que «tous les bénéficiaires doivent reconnaître l'aide financière reçue du gouvernement du Canada » lusque là, tout va bien.drapeau canadien.Réjouissons-nous, Ô bon peuple du Canada, car notre ministre du Patrimoine vient d'accoucher d'une idée unique au monde Consultez des livres publiés en France ou aux États-Unis et vous chercherez en vain les drapeaux de ces pays.Même à l'époque de l'URSS stalinienne, les éditions du Progrès situées à Moscou, qui publiaient dans toutes les langues les œuvres des auteurs marxistes- rs pra^ue ajurar ent des sjjjpvemion^ bventionnau^BCesi du Patrjrafim celui du Quebec se Il est normal — et c'est d'ail — que les éditeurs qui reç remercient les organismes) remerciements au minist Conseil des arts du Canada retrouvent généralement au dèWfcMfTchaque livre sur la page des crédits où sont également imprimées les informations concernant le copyright, l'adresse de l'éditeur, etc Les protestations des éditeurs auraient-elles porté fruits?Oh! non.Dans le document, les fonctionnaires expliquent que «La reconnaissance doit comprendre le mot-symbole "Canada"».Voilà donc que le gouvernement veut nous foutre des drapeaux canadiens dans nos livres.Lorsque vous ouvrirez un roman, un recueil de poésie, un livre d'histoire ou une biographie, vous verrez désormais un joli petit léninistes, n'avaient pas poi agrémenter leurs Iw^f le Canada est ment spécifie doiventimprir jtes les pr%e et le ridicule jusqu'à au soviétique.Mais nnel! Ainsi, le docu-les bénéficiaires e "Canada" dans B^ïommuniqués de ojet» Et quoi encore?kSi lJp^JWwîfainistes étaient stupides au point de dis-Hier des milliers de fleur-de-lysés gratuitement, ils se feraient traiter de fascistes.Alors qu'il aime dénoncer le caractère ethnique du nationalisme québécois, le nationaliste canadien affirme qu'il pratique un nationalisme «civique».C'est plutôt un nationalisme «cynique» qui s'est juré d'occuper notre imaginaire avec les ridicules minutes du patrimoine au cinéma, avec le «mot-symbole» Canada sur la tour de La Ronde et au-dessus du pont Champlain.Et maintenant avec des drapeaux dans nos livres, Sheila Copps attaque le monde du rêve.Nous voilà pataugeant dans un mauvais cauchemar.FRANCIS DUPUIS-DÉRI dupuisdf@ere umontreal.ca Entretien avec Luc Picard Quel sort l'industrie culturelle québécoise réserve-t-elle à ses comédiens?C'est une question que se pose souvent Luc Picard, bien connu pour ses rôles au cinéma, à la télé et au théâtre.Tu as déjà été un comédien pauvre.Maintenant, le moins qu'on puisse dire, c'est que ça va mieux.La preuve, tu déménages.Oui, je m'achète une maison, mais j'avais déjà un condo.Pour un comédien de théâtre, c'est exceptionnel.D'ailleurs, c'est la télévision qui a payé mon condo.En 5 jours d'Omerta, je fais autant qu'avec Lorenzaccio au complet Et pourtant, un premier rôle au théâtre, surtout de cette ampleur, ça représente un an de préparation, trois mois de répétitions à temps pas mal plein et un mois et demi de représentations Et un comédien ne peut pas cumuler plusieurs rôles comme ça dans une année?Comme Lorenzaccio?(rires) Non, non, non! Deux maximum, et encore.Pas des gros rôles comme ça! Tout le monde pense que tu es riche parce qu'on voit ta photo partout Mais au théâtre, les premiers rôles sont proportionnellement les moins bien payés à cause du nombre d'heures de répétitions.Tu dois travailler un nombre incalculable d'heures pour pas beaucoup plus d'argent qu'un petit rôle.Alors, qu'est-ce qui attire les acteurs au théâtre?Ce sont les textes.Il y a de très grands textes au théâtre Et puis ça me garde honnête.|e dis ça souvent.Parce que c'est vraiment dur le théâtre.Vraiment.C'est sportif et ça demande beaucoup de rigueur, beaucoup d'analyse, beaucoup de générosité, beaucoup d'âme.Alors que le cinéma, ça peut être dur, mais moins que le théâtre.Et puis au cinéma il y a les bénéfices.Une certaine gloire, le jet set.Et la télé?La télé que je fais, c'est du cinéma.D'après toi, quelle est la source du problème?Le problème vient des subventions.Le marché est ce qu'il est et on ne peut pas l'augmenter vraiment.Et le prix des billets est déjà très élevé.En France, par exemple, les comédiens sont mieux payés, et ce n'est pas seulement en raison du marché.C'est que le gouvernement s'implique plus qu'ici, il reconnaît davantage l'importance du théâtre; il y a là-bas un prestige associé au statut de comédien de théâtre.Tu tes toujours dit que quand tu aurais un salaire convenable, tu te servirais de ta tribune pour dénoncer les conditions dans lesquelles travaillent les acteurs.As-tu l'impression que ça a été bien reçu?Non.l'ai encore eu l'air de quelqu'un qui se plaint.Par exemple, pour une entrevue le printemps dernier à propos de Lorenzaccio, un journaliste m'a demandé de parler des conditions de travail, j'ai accepté.Mais il a accolé à son texte une photo d'un autre article où j'avais l'air fâché et il a écrit en gros titre «Lorenzaccio à 6$/heure».Ça a eu l'air d'une sortie contre le système alors que l'entrevue s'est faite calmement, sur le ton de la conversation.C'est le fun, une semaine avant une première.Alors j'ai passé pour un plaignard.pour faire changement.Il ne faut donc pas s'étonner si les comédiens décident de se fermer la gueule.Ceci dit, je n'accuse personne C'est un phénomène médiatique On cherche toujours les cotes d'écoute et le moyen d'attirer l'attention des gens.lrouve-tu que le milieu est peureux de ne pas se regrouper pour protester?Non.Tout le monde accepte qu'au théâtre on soit pauvre, et il n'y a personne qui en parle II devrait pourtant y avoir moyen d'en parler.l'ai même eu une lettre d'insultes dans La Presse, un monsieur qui a écrit «pauvre Luc, tu fais ben pitié, moi je suis chômeur».C'est tellement dans la tradition depuis longtemps qu'il n'y a pas d'argent à faire au théâtre que les gens l'acceptent.Mais n'est-ce pas la même situation pour tous les artistes?Non, parce que là on parle quand même d'acteur qui font ce métier pour en vivre Tu peux être un sculpteur et ne vendre aucune sculpture ou être comédien et ne jamais décrocher un rôle.Mais un acteurs qui joue un rôle principal dans un gros théâtre, même si c'est plein tous les soirs, il ne deviendra pas riche avec ça.Tout ce que je dis, c'est que ce serait bien que les comédiens de théâtre puissent vivre un peu plus décemment.Si tu as la chance de pouvoir faire du théâtre, que tu en fais trois ou quatre fois par année, tu devrais pouvoir en vivre.Ou si tu es directeur artistique d'un théâtre, tu devrais avoir un salaire décent.propos recueillis par |FN et NV Dallaire et Verlaine Un soir, je lisais à loisir, dans Le livre d'or de la poésie française, belle anthologie de Seghers, divers poèmes, Moyen Age, romantiques, et enfin je suis allé à Verlaine le mélodieux, comme cela m'arrive souvent.Verlaine est un de ces poètes vers qui l'on penche le plus spontanément, il me semble, et par pure inclination, comme on va à Schubert, à ses lieder, par une pente assez semblable.|e dirais par un faible.Votre âme est un paysage choisi Que vont charmant masques et bergamasques ]ouant du luth et dansant et quasi Tristes sous leurs déguisements fantasques.lout en chantant sur le mode mineur Lamour vainqueur et la vie opportune.Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur Et leur chanson se mêle au clair de lune.Un rapprochement insolite s'est fait tout à coup dans mon esprit, une double image, une r.¦pcidence harmonique, Verlaine, Dallaire, sans que j'aie eu le temps de me demander pourquoi.Une intuition.Les deux m'ont semblé un peu comme le même.Dallaire serait notre Verlaine, proposition singulière.Les images.Masques, bergamasques.Le titre, Clair de lune.Les déguisements fantasques.Les personnages : «Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur.» Mais l'intuition y perd à s'expliquer |e ne pensais pas à tout cela.Simple rencontre inattendue.Et puis autre chose: la naïveté, la fantaisie, l'humour, l'enfance, l'émerveillement.Enfin, pour ce qui est de l'art, chez les deux, une invention, une aisance, une souplesse, une facilité admirable - et le dessin, et la couleur, car Verlaine aussi c'est peint, concret, visuel.Et le naturel.Verlaine, Dallaire, ment.'un et l'autre d'ailleurs si attachants, et semblable- S'ajoutant à cela les destinées.Le pauvre Dallaire.Le pauvre Lélian, comme on appelait Verlaine.L'alcoolisme.Une vie cahoteuse.Un départ.Qui est comme une fuite.Eh bien cette rencontre n'est pas une surprise, lean Dallaire aimait beaucoup le poète, me dit son fils Michel, qui me confirme d'une drôle de façon la pertinence de ma «vision».Il raconte que, pendant plusieurs années, son père, ivre, venait, la nuit, à des heures impossibles, réveiller son fils pour lui lire du Verlaine - et aussi du Rimbaud -, perturbant ainsi fréquemment les nuits de l'enfant.Celui-ci trouvait cela fort pénible.Mais, objectivement, sans doute, cette fantaisie éthylique avait quelque chose de verlainien aussi.PIERRE VADEBONCOEUR Le NMUiMUdu cinéphile las Bonnes manières folklorisantes Réjeanne Padovani.l'un des meilleurs films de Denys Arcand (sinon son chef-d'œuvre), date de 1973 Trois ans après sa sortie avaient lieu les |eux Olympiques de Montréal, l'une des grandes réalisations de l'administration municipale de cette époque.Mais je dis ça comme ça, sans arrière-pensée.Le film se déroule chez un riche entrepreneur en construction qui reçoit à souper ses amis: le ministre de la Voirie, un sous-ministre ou deux, le maire de Montréal et leurs épouses.Cette élite célèbre la fin de la construction d'un premier tronçon d'autoroute traversant Montréal, dont l'inauguration aura lieu le lendemain.Bien du béton a coulé pour permettre au monstre de défigurer le paysage, bien des maisons de pauvres ont été détruites pour lui laisser de la place.Heureusement pour Vincent Padovani (l'hôte) qu'il a des connaissances fiables et empressées du côté du pouvoir.Le maire (joué par René Caron) devient tout à coup un peu encombrant.L'homme de main de Padovani lui suggère d'aller visiter le nouveau yacht du patron.Et pour le tenir occupé assez longtemps, on lui envoie deux «plottes» Monsieur le Maire se fait sucer dans le yacht de Padovani pendant que l'élite corrompue prend les mesures nécessaires pour empêcher que l'inauguration ne soit gâchée le lendemain par la manifestation d'une bande de «gauchistes fol -klorisants».L'autoroute pourrait s'appeler Ville-Marie.Mais ce n'est qu'un hasard.Si nous mettions bout à bout les kilomètres de pellicule présentée au Festival des films du monde, nous obtiendrions un film terriblement ennuyeux d'une durée de près de 600 heures Vous êtes en camping.C'est le matin.Vous venez de manger deux œufs frits et vous avez bu quelques cafés.Tout à coup, vous entendez des gargouillis dans votre ventre.Vous sentez même une petite douleur se pointer autour de votre nombril.Il vous semble que des gouttes s'échappent d'entre vos fesses et vous avez peur qu'elles ne salissent le fond de vos sous-vêtements.Vite, c'est le moment d'aller vous soulager aux toilettes.Muni d'un rouleau de papier sanitaire, vous vous dirigez vers la bé-cosse.Une bonne bécosse bien chaude comme seul le soleil de juillet sait en produire.Déjà, vous entendez des mouches vertes bourdonner autour de la cabane de bois Une fois passée la porte qui ferme à peine, vous sentez du fond du trou des odeurs qui vous rappellent tous les aliments ingérés depuis votre arrivée.C'est fou ce qu'il semble y avoir dans ce trou, vous dites-vous.On dirait que ça bouge, là-dedans.En deux temps trois mouvements, les pantalons rapidement baissés jusqu'aux chevilles, vous vous assoyez sur le trou.Mais comme vous avez bu beaucoup de café et que vous avez mangé des œufs, évidemment, les excréments s'échappent en jus, maculant votre postérieur en l'éclaboussant.Le bruit vous rappelle celui d'une chute d'eau que vous avez trouvée non loin de là, en forêt.Les vapeurs de vos déjections matinales vous happent violemment les narines La chaleur retenue prisonnière dans la cabane de bois accroît la puanteur Vous reniflez un bon coup, mais non sans contentement, car si ça ne sent vraiment pas bon, l'expérience reste réconfortante puisque c'est un parfum qui confirme votre bonne santé.Passé le premier jet de fèces liquides, vous vous appliquez sans trop vous presser à aller jusqu'au bout de votre soulagement intime avec délectation Un autre jet, bien que de moindre importance, vous fait venir des larmes aux yeux.Pour ajouter au plaisir, vous lisez le seul journal que vous avez pu trouver sur le terrain de camping en tentant de faire fuir les mouches vertes qui zigzaguent autour de votre visage Quand vous avez correctement vidé vos intestins, vous déroulez une portion généreuse de papier hygiénique afin de faire disparaître les traces de vos défécations.Mais vous y allez avec précaution, car, en vous essuyant, vous sentez un contact mou et visqueux et vous craignez que les matières fécales accrochées aux poils ne débordent sur vos doigts.Nul besoin de tirer la chasse d'eau: voilà le charme de ces cabinets vétustés.Ceux qui passeront non loin de la bécosse empuantie auront la preuve qu'un homme heureux vient d'y séjourner.De votre côté, vous n'avez qu'une seule préoccupation: préparer le dîner.Et vous négligerez de vous laver les mains.Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça?Les critiques qui ont détesté Elvis Gratton 2 ont particulièrement abhorré la scène (pourtant efficace) des chiottes dans le bois.Si ces quelques paragraphes ont semblé répugnants aux rabat-joie de ce monde, et si vous, chers lecteurs, avez senti comme une robuste odeur de marde, eh bien, je m'en réjouis.De toute manière, le débat sur Gratton - qui est un film à moitié réussi et non pas un mauvais film - a révélé comment la critique peut être réactionnaire quand on la prend à rebrousse-poil.Mais veuillez m'excuser, je m'absente quelques minutes, j'ai le ventre qui gargouille.MARCO DE BLOIS marco@lecouac.net in ÏϰT?LIBERTÉ 244 A qui ?Comment ?$00*0m\ août 1999 Dans quelles circonstances ?1 189 pages 6$ 1 En librairie dès le 25 août
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.