Le couac, 1 octobre 1999, octobre
§l0 1 Médias page 3 ] «La face cachée de la une», nouvelle émission sur les coulisses des médias.Beaucoup de cratères.Confit d'intérêts page 5 Découvrez les connexions économiques et politiques de trois cabinets d'avocats québécois.v I Livres page 8 Victor-Lévy Beaulieu parle de l'éminence de la grande corne, le Dr Jacques Ferron.iiili s s ; s s 9|i|3 CL u.toute, Un drôle d'oiseau uac toute, toute, toute, Couina toute, COIÀÇ, Théâtre de la Nouvelle Merde Lorraine Pintal enferme Wajdi Mouawad dans les toilettes iiiii.iiiiiiiiiiiii Elle en veut Louise Cousineau, tarte de service à La Presse: «le me rappelle des taudis que lean Drapeau a fait démolir au centre-ville pour bâtir la Place des Arts, et je ne les regrette absolument pas.Mais je déplore le plan Dozois qui nous a donné les abominables Habitations leanne-Mance de la rue Ontario.» (4-9) Et quand Drapeau rase des maisons de pauvres, ça me laisse de la place pour m'évacher un peu plus chaque fois Il est impossible d'avoir raison contre un journaliste.Quand un journal publie une lettre de protestation, le journaliste concerné y répond en choisissant soigneusement ses arguments de manière à clouer le bec au mécontent, parfois en le ridiculisant.La tribune du journaliste est alors celle de la démagogie.Ce dialogue que l'on dit «démocratique» mais qui est en fait entièrement biaisé fait penser à l'affaire Wajdi Mouawad au Théâtre du Nouveau Monde.Bref rappel: l'adaptateur de Don Quichotte (en reprise cet automne au TNM) a rédigé un texte violent publié dans le programme.Dans sa conclusion, Mouawad y conspue les commanditaires trop visibles et le public embourgeoisé.Les mots y sont durs: «|e n'ai pas été capable d'aller saluer lors de la première, l'année dernière, parce que la présence des cartons des commanditaires |.| me levait profondément le cœur; et je fantasmais en me voyant aller au milieu de la scène, baisser mon froc, puis pisser et chier à grande gorgée sur ces foutus pancartes, puis balancer allègrement pisse et merde aux visages des pétasses argentées, des connards assurés et des gros tas cellula-risés qui s'imaginent que le théâtre, dans un pays si monstrueusement en paix, doit être un lieu de divertissement » La directrice générale et artistique du TNM, Lorraine Pintal, a pris soin d'inclure dans le programme sa réponse à Mouawad.Or, comme il n'y a rien de plus «inerte» et «unilatéral», au sens de la démocratie, qu'un programme de théâtre, on se demande pourquoi, dans son texte, elle évoque la «libre circulation des idées».Libre?Elle enterre Mouawad en se portant à la défense de la corporation qu'elle représente.De plus, non sans démagogie, elle vient au secours des commanditaires et des spectateurs victimes du «mépris» dont ferait preuve le metteur en scène à leur égard.Comment peut-elle avoir le mauvais rôle quand on agit comme une nourrice qui console son bébé parce qu'un monsieur a été méchant avec lui?Dans le cas de Pintal, la «libre circulation des idées» s'effectue à sens unique.Les beaux esprits de nos journaux ont vite marché sur les pas de Lorraine Pintal (c'est le syndrome Lise Thibault: elle est tellement fine!).D'abord, ils n'ont cité que la fin du texte de Mouawad, alors que les deux premiers paragraphes font état des tracas qu'il a connu en devant réécrire l'introduction de la pièce, une introduction qui, selon Pintal, «avait la forme d'un appendice mal greffé au corps de l'œuvre de Cervantes».Il semble y avoir eu un différend artistique important entre l'adaptateur et la directrice sur le sens à donnera Don Quichotte.Mouawad voulait que cette intra soit comme un exorcisme sanglant nécessaire avant de plonger dans le rêve donquichottiste (des lames de rasoir étaient distribuées aux spectateurs pour les convier symboliquement au suicide).Pintal refuse cette interprétation au nom de la «cohérence dramaturgique».Mais de quelle cohérence s'agit-il?Enfin, pourquoi Lorraine Pintal a-t-elle choisi de publier le texte de Mouawad?Réel engagement pour la «libre circulation des idées»?Puisqu'elle a une corporation commanditée à défendre, pourquoi ne lui a-t-elle pas tout simplement répondu «non, je ne publie pas ça»?Ça arrive même au Couac que des textes soient refusés.Ne se doutait-elle pas de l'effet dévastateur qu'aurait ce texte sur son auteur?Plutôt, elle se plaît à faire croire aux naïfs qu'elle est la gardienne du bon goût, des bonnes moeurs, de la tolérance, du sens du jugement, de la «cohérence dramatugique», de la démocratie, du respect et quoi encore.Maintenant que Mouawad a vu sa bombe lui exploser en plein visage, la réponse de Pintal paraît motivée par une sorte de calcul à la Machiavel auquel aurait succombé toute la gent journalistique.«Sachez utiliser les paroles de l'ennemi de manière à ce qu'il semble se noyer lui-même aux yeux du peuple», aurait probablement écrit le conseiller du Prince.MARCO DE BLOIS ON à^NQOltTEVPROPOi DE L£XO0B L EXODE DE5 TROUS DE CUL 5LFF£CTUÇ Mtiî L€ SHfNCE> Le PQ méprise jeunes Minable le gouvernement du PQ Malgré la promesse électorale de tenir rapidement un sommet sur la jeunesse, le PQ le reporte sans cesse.C'est que loin d'être une priorité, les jeunes semblent plutôt être une source d'embarras pour les vieux timoniers à la tête du PQ.Premièrement, les élèves du secondaire qui manifestent en bloquant des autoroutes et des ponts.Lucien Bouchard en point de presse n'a rien trouvé de mieux à dire que «c'est très dangereux que de vouloir bloquer la circulation.(.) |e comprends que les jeunes soient mécontents (.) mais je leur demande de rester à l'école et de ne pas se livrer à ce genre d'activité.» Celui qui parle aussi platement, n'est-ce pas ce soit disant leader charismatique qui devait sauver le Québec?Ce grand chef gère la situation comme un père de famille la crise d'adolescence de ses enfants: avec paternalisme.Mais le pire, ce sont les reculades du PQ en matière de clauses discriminatoires.Faut dire que les jeunes n'ont pas de bol: les syndicats, les patrons et les partis politiques se sont donnés le mot pour défendre ces clauses qui prévoient une échelle salariale moins avantageuse pour les employés les plus récents, c'est-à-dire majoritairement des jeunes.Bernard Landry, ancien soixante-huitard qui ne s'en souvient plus, a affirmé très platement que «l'heure du réalisme est arrivée».Réalisme pour qui?Pour les compagnies que le gouvernement veut enfin forcer à respecter un minimum d'équité?Bien sûr que non! Car pour nos politiciens, être «réaliste» ne consiste pas à rejeter l'injustice mais plutôt à l'accepter.C'est donc aux jeunes d'être «réalistes»: ils doivent apprendre à se contenter du petit pain que leur employeur leur donne et même se compter chanceux Car les patrons sont formels: imposer l'équité entraînerait la disparition de milliers d'emplois Et monsieur Landry d'avouer qu'il se lève tous les matins «avec l'obsession de la création d'emplois».Sachant cela, les jeunes qui se lèvent tous les matins pour travailler au salaire minimum et sans sécurité d'emploi devraient-ils avoir un peu plus de respect pour Landry et ses amis patrons?Ou devraient-ils exiger que Landry et son gouvernement mettent en place des lois et des programmes financiers pour assurer des salaires équitables?Mais comment faire entendre raison à Landry puisque papa Bouchard a dit aux jeunes qu'il était si dangereux de manifester dans les rues Merci messieurs Bouchard et Landry d'apprendre aux jeunes à être réalistes et à être prudents en traversant la rue.C'est vrai que les rues sont pleines de voitures de patrons et de politiciens qui filent à vive allure vers des rendez-vous importants Merci messieurs Bouchard et Landry de vous occuper si bien de la jeunesse du Québec.FRANCIS DUPU1S-DÉRI Le culte du despotisme La commémoration du 40e anniversaire de la mort de Maurice Duplessis a offert des tribunes à la poignée d'historiens et de nostalgiques qui essaient depuis quelque temps de réhabiliter le célèbre Trifluvien.Mais réhabiliter Duplessis, c'est réhabiliter la corruption.Corruption électorale: les fiers-à-bras de l'Union nationale faussaient à chaque élection le verdict populaire.Totalement cynique, Duplessis a perfectionné, si l'on peut dire, les méthodes douteuses de son prédécesseur Alexandre Taschereau qu'il avait pourtant condamnées vertueusement.Corruption gouvernementale ou, si vous préférez, gabegie: des ministres qui, dans le scandale du gaz naturel, s'enrichissent - f-v&r; grâce à une déci-^ "*«c£L sion du gouvernement.Aussi, des fonctionnaires asservis au parti au pouvoir.Réhabiliter Duplessis, c'est réhabiliter le culte de l'ignorance et le mépris des intellectuels.Dans son français populiste, Duplessis aimait répéter: «l'éducation, c'est comme la boisson: il y en a qui ne portent pas ça » Cette idée grossière mais élitiste était partagée par d'éminents ecclésiastiques.Pour Duplessis, André Laurendeau, le rédacteur en chef du Devoir qui le critiquait constamment, était «un pianiste».Double mépris, des journalistes et des artistes.Pour justifier celui qui se faisait appeler «le chef», on invoque le fait qu'il possédait une bibliothèque bien garnie.Cela ne prouve rien, étant donné que la bibliothèque personnelle était un attribut des bourgeois, dont la plupart lisaient peu.La culture de Duplessis était juridique.Ainsi, pour justifier les pressions qu'il exerçait sur l'Université Laval au détriment de l'école des sciences sociales du père Georges-Henri Lévesque, Duplessis disait: «on enseigne déjà la science sociale: c'est le droit.» Réhabiliter Duplessis, c'est réhabiliter l'oppression des travailleurs.Duplessis attirait les investissements en vantant les bas salaires versés au Québec.Il lançait sa p.p.(police provinciale) aux trousses des syndicalistes qui osaient revendiquer.Réhabiliter Duplessis, c'est réhabiliter l'alliance du despote avec les évêques et les curés réactionnaires, l'exploitation électoraliste de la foi populaire.Duplessis se vantait de «faire manger les évêques dans sa main».À l'instar des caudillos d'Amérique latine, il affichait son catholicisme opportuniste.La Presse QUESTION DU JOUR laison Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour.• par téléphone, en composant le 514-285-733 — par Internet : http://lapresse.infinit.net Les sondages de la Presse «n'ont pas de étention scientique»: 3% des lecteurs >précient cette récision dans 'édition du 9 septembre.Le caricaturiste Robert LaPalme fut un de ceux qui luttèrent le plus contre le despotisme de Duplessis.A lire en page 7, le point de vue de Pierre Vadeboncceur.fies maigres résultats obtenus par Équipe Canada, qui rentre d'une misstor?économique au Japon, vous ont-ils surpris?r_-—- Le repli de la ministre Harel relativement à la ré-"forme des structures municipales vous étonne-t-il?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Tous les premiers ministres, direz-vous, dans notre pseudo démocratie parlementaire, sont des despotes.Ça, c'est un autre débat, qui ne disculpera nullement Maurice Duplessis.PIERRE DE BELLEFEUILLE Oui: 23 7o Non: 90 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le ouïs de nos lecteurs et n 'a aucune prétention scientifique.Ministre de la Culture ou dame de compagnie Le 2 septembre dernier, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Agnès Maltais, devait assister à quelques événements culturels d'importance à Montréal (dont au lancement des lournées de la culture).Mais comme lacques Chirac a choisi de débarquer dans la capitale nationale cette journée-là, la ministre a dû annuler tous ses engagements pour demeurer en poste à Québec, jusqu'ici, rien d'anormal.Or, il semble que le gouvernement ait une vision pour le moins réductrice du rôle d'Agnès Maltais, car d'après un communiqué émis le 31 août par le ministère des Relations internationales, celle-ci n'aurait pas été dépêchée à Québec pour causer culture avec Chirac, mais pour tenir compagnie à sa femme pendant que ses confrères et consoeurs vaquent aux choses sérieuses.Ainsi, Lucien Bouchard et lacques Chirac ont tenu, selon ce communiqué, «une séance de travail en après-midi, à l'Assemblée nationale, pour faire le point sur l'état de la relation franco-québécoise et pour se concerter sur certains sujets qui feront l'objet de discussions lors du Sommet de Moncton».De plus, Chirac et Bouchard ont visité un musée d'art inuit, ils se sont réunis à l'occasion d'un dîner de travail et ils se sont envolés ensuite au Sommet de la Francophonie.Des affaires d'hommes, quoi.Louise Beaudoin, ministre des Relations internationales et responsable de la Francophonie, a pris part «à un déjeuner de travail avec la ministre française de la leunesse et des Sports.Mme Marie-Georges Buffet, autour de thèmes liés à la jeunesse.Toutes deux, en effet, sont coprésidentes de l'Office franco-québécois pour la leunesse.» Une femme de tête, cette Loulou.Et la culture, maintenant.«Au cours de la journée, Mme Bernadette Chirac |.| rencontrera des responsables de l'Opération Enfant-Soleil.Mme Chirac parraine, en France, un organisme qui poursuit des objectifs semblables.Elle participera ensuite à un déjeuner, en compagnie de la ministre de la Culture et des Communications, Mme Agnès Maltais, et d'un groupe de personnalités québécoises » Voilà qui ressemble à une vieille blague mysogine; pourtant, c'est une joke réelle qui se vit à Québec.Culture, vous dites?C'est pas comme les bonnes œuvres, ça?C'est pas comme le bingo?Une affaire de femmes?Ensuite.Bernadette et Agnès sont allées passer l'après-midi dans les centres commerciaux du boulevard Sainte-Foy parce qu'il y a des grosses ventes.Sans doute qu'Agnès Maltais s'est tout à coup souvenue qu'elle avait été jadis comédienne dans une troupe de théâtre féministe.Ça l'a rendue triste, mais quand Bernadette Chirac lui a montré la «can» de sirop d'érable et les beaux linges à vaisselle qu'elle venait de s'acheter, elle s'est rassérénée et les deux ont passé une bien belle soirée en allant voir Elvis Story au Capitule.LE COUAC Un épicier bouleversant Lu sur la circulaire Métro: «Des rabais bouleversants pour le nouveau millénaire».C'est vrai que notre steak haché laisse à nos clients un gros motton dans la gorge. Le Couac, octobre 1999.page 2 COURRIER DES LECTEURS Négationnisme méprisant Le côté le plus désagréable des rois-nègres est leur zèle.En général ils en donnent plus que le colonisateur en demande.Ainsi en est-il des nôtres à qui on a confié la mission de nous rayer de la carte de l'Histoire : tous ces Dion.Chrétien, Robillard.Cauchon qui pratiquent de plus en plus un négationnisme méprisant à l'égard des Québécois.Savent-ils au moins que plus ils nient notre réalité de peuple, plus ils la ravivent?Savent-ils qu'on ne fait pas disparaître un peuple en fermant les yeux sur lui?L'argent étant le nerf de toute guerre, ces francophones de service ont décidé d'attaquer sur tous les fronts avec cette arme.En termes clairs on appelle cela du chantage : à défaut d'un drapeau Sheila Copps flottant devant son établissement, pas de subvention à l'institution requérante; à défaut d'un contenu pro-canadian dans son oeuvre, pas de sous pour l'artiste ; à défaut de l'inscription "Canada" sur tous les documents de l'organisme demandeur, pas d'aide financière.Mais voila qu'ils veulent en plus nous interdire de nous nommer nous-mêmes Avec la même menace pécuniaire, ils exigent la disparition du mot "national" que nous utilisons comme n'importe quel peuple normalement constitué.Ils ont commencé par la Capitale nationale, Québec.Qu'arrivera-t-il de l'Ordre National du Québec, des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale etc.?Qui sait si Dion n'est pas en train de mijoter une loi spéciale de salut "national" (Canadian) qui viserait à débaptiser l'Assemblée nationale pour imposer une Assemblée régionale ?Chacun sait en effet, et Radio-Canada nous le répète à satiété, que le Québec n'est plus qu'une région.|.| Robert lasmin Pettigrew luste au cas où vous ne l'auriez pas vue, je vous refile une citation de ce cher Pettigrew des Classels, dans La Presse du 27 août.j.| «Le rôle des artistes change aussi avec la mondialisation.Les artistes peuvent nous aider à mieux identifier des émotions profondes, qui nous aideront ensuite à devenir plus Canadiens » Ça ne me tente même pas d'en faire un gag, car elle est bien plus rigolote sans le moindre commentaire N'est-ce pas ce sinistre monsieur qui nous disait dans son dernier bouquin qu'«il vaut mieux être exploité qu'être exclu»?[.] Tartagnan Montréal Le Timor et l'armée Aujourd'hui au Timor-est.l'armée a tiré dans le tas.|.] |e suis juste un ouvrier, je ne dois pas comprendre le véritable enjeu du conflit.Mais si le véritable enjeu, ce sont des vies humaines et le respect de la démocratie, je pense qu'il est temps d'agir.Claude Éthier Voir ne pige pas Voir est un média qui déteste la bêtise humaine et qui ne s'est jamais gêné pour le crier à qui mieux mieux, en pleine page [.) C'est son angle éditorial avec lequel il attire tant son public cible que ses annonceurs! Voir se veut un média de l'avant-garde sociale et culturelle montréalaise.|.| Voir aime provoquer des «Ondes de choc» avec sa «Grande gueule».Bref, Voir est un peu le lean-Luc Mongrain de l'intelligentsia québécoise.|.| Mais voilà que nous apprenons, par le biais du magazine électronique MULTIMÉDIUM (httpVAvww.mmedium.com/cgi-bin/nouvelles c gi?ld=2589) dans un article signé par lean-François Coderre, que [.] Voir essaie d'en passer une petite vite à ses journalistes pigistes en les harcelant pour leur faire signer en douce une cession de droits de reproduction électronique de leur texte, sinon, bye bye mon cow-boy! Eh bien! Toute une attitude pour un média de l'avant-garde qui d'ailleurs défendait cette cause, il y a quelques mois! Dans sa chronique Multimédia intitulé Droits d'auteurs paru il y a à peine cinq mois, Voir dénonçait le non-respect des droits d'auteurs des éditeurs de journaux auprès de leurs pigistes: «Premier en liste des conflits relativement aux droits d'auteur sur le Net, le problème de la rémunération des pigistes pour la reproduction de leurs articles sur Internet, le principal contentieux dans le domaine, est pourtant loin d'être réglé.» (04-99).|.| François Tessier réalisateur multimédia Bizarre Vous trouvez pas ça bizarre que sur les autobus on voit des publicités qui font la promotion du transport en commun.Et qu'en même temps on coupe à la STCUM 2,7 millions, environ 600 autobus (selon le syndicat des chauffeurs).Faudrait savoir!!! Claude Éthier A propos de la condamnation d'Elvis Cratton II La troublante unanimité qui cet été a rassemblé l'ensemble de la classe journalistique contre le dernier Elvis Gratton nous montre que le degré suprême d'aliénation vient d'être atteint au Québec.Confondant la bêtise du discours fédéraliste et pro-imperialiste du personnage principal avec l'opinion de l'auteur du film, Pierre Falardeau, notre élite petite-bourgeoise vient de montrer sa navrante incapacité à décortiquer le réel.Estomaquée devant la grossièreté des propos d'Elvis Gratton qui n'est que le pale reflet du discours démagogique d'un lean Charest en 1995, la confrérie clame son dégoût et crie à la supercherie.Mais elle reste muette devant l'imposture réelle, devant le clown ou les clowns ayant servi de modèle au personnage.Le clientélisme érigé en système, la corruption institutionnalisée au plus haut niveau, l'appui au partitionnisme, le colonialisme primaire d'Ottawa, cela ne porte guère à l'indignation Mais la dénonciation par Falardeau, tout cela fait soudain très mal.Un homme contre tous, ma sympathie va plutôt à l'homme Si nous avions affaire à de vrais intellectuels, plutôt qu'à des pourfendeurs de séparatistes, ce serait l'effet de système qui emprisonne les masses dans l'infantilisme et l'apolitisme, qui serait souligné.Le lessivage mondial des cultures, l'adhésion universelle aux valeurs néo-capitalistes de l'Amérique hollywoodienne sont illustrés de manière percutante et saisissante dans le film de Falardeau.C'est un propos universel, nouveau et pour ainsi dire, unique dans la cinematographic mondiale.Le jume- lage de la pensée fédéraliste avec ce délire de l'envahissement culturel anglo-américain est si bien accepté par l'élite journalistique qu'elle n'arrive même plus à le voir.Comme si elle y participait.Comme si elle en profitait Que tout le monde n'ait pas compris du premier coup, la portée d'un tel film, est peut-être normal pour le public moyen.Mais que tout le Montréal branché, rebranché, voire même plogué, se retrouve à hurler son dégoût à l'unisson, c'est inquiétant.Cela montre que nous vivons encore sous une sorte de régime à la Vichy où le contrôle de la presse par le camp fédéraliste a fini par porter fruit.Le régime ne manque guère aujourd'hui de serviteurs.Des gens qui croyaient n'avoir jamais affaire à la politique se retrouvent aujourd'hui à soutenir la droite la plus pure.Le Devoir, Voir et La Presse, désormais, même combat.On défend maintenant l'indéfendable au nom du bon goût.La médiocrité règne donc à Gratton Land.René Boulanger Montréal La théorie du pacte entre deux nations La récente proposition du Bloc québécois de rejeter le concept des deux peuples fondateurs a provoqué beaucoup de remous.Claude Ryan suggéra à l'occasion que rejeter ce concept c'est «nier l'histoire».La théorie du pacte entre deux peuples fondateurs n'est cependant pas une réalité historique, c'est un mythe qui a été inventé après la Confédération par Henri Bourassa.Ce dernier a inventé cette théorie afin de soutenir les actions des francophones hors-Québec.Lionel Groulx redéveloppera cette thèse dans les années 1930 et elle sera officialisée, grâce au travail de Richard Ares, dans le rapport Tremblay de 1956.La théorie du pacte entre deux peuples fondateurs est une idée conservatrice.|.| Elle signifie d'abord que toute modification constitutionnelle nécessite l'accord des deux communautés du Canada.Elle suggère que le bicul-turalisme est le fondement du pays et que le gouvernement fédéral est le protecteur et le promoteur de cette spécificité.Ce principe doit inspirer toute politique gouvernementale afin de respecter l'égalité des deux peuples fondateurs.Ce sont les fédéralistes qui soutiennent le plus volontiers cette doctrine.Ce n'est donc pas un hasard si les indépendantistes contestent cette vision de l'histoire.Stéphane Paquin Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H 1B9.Télécopieur: (514) 521-5599.Vous pouvez aussi utiliser notre site: www.lecouac.net 5 f\ CONTRIBUTION AUX FORCÉS D£PRIX Les Gazelles repartent Le Trophée des Gazelles, vous connaissez?Ça consiste à s'enfoncer dans le sable d'Afrique du Nord en 4x4.en évitant autant que faire se peut d'écraser les pauvres négros auxquels ont n'a guère le temps d'offrir l'aumône.C'est chouette.C'est de bon goût.C'est «sport», comme dirait Yvon Deschamps.Au dernier Trophée des Gazelles, 9 équipes du Québec sur 41.Pas mal Dans le colonialisme, on se rattrape donc.Claudine Tessier et sa coéquipière Anne-Marie Lefebre ont même terminé en 21e position.C'est extra.Pour le bénéfice des lecteurs de l'hebdomadaire Le Plateau, Claudine Tessier, toute joyeuse et heureuse, témoigne de cette expérience unique et enlevante.Sur la petite photo en mortaise, elle est radieuse.On dirait qu'elle revient de chez le coiffeur.Tout a été formidable, sauf les pneus: quatre crevaisons, à 250$ chacune.Mais elle a tout de même un regret, Claudine, un seul.«Le seul regret c'est d'avoir traversé un pays, avoir croisé plein de gens, mais d'avoir l'impression de n'avoir rien vu et de n'avoir pu parler à personne.Nous n'avons pas eu de véritables contacts avec les gens là-bas.» Pas grave, chère amie.Pas grave du tout.Envoyez un don à Vision mondiale et ni pensez plus.|FN Petites créances.Un titre du \ournal de Montréal (10-9) qui se passe de commentaires: «Condamné pour s'être masturbé: le juge lui vient en aide pour qu'il se prenne en main».Le Pape de Hitler Le pape Pie XII, accusé à plusieurs reprises d'avoir soutenu les régimes nazis et fascistes durant la Seconde Guerre mondiale, était-il antisémite?Dans Le Pape de Hitler, le britannique lohn Corwell cite une lettre du futur souverain pontife où celui-ci évoque un «révolutionnaire russe et juif», «pâle, sale, avec des yeux sans expression, la voix rauque, vulgaire, repoussant, avec un visage à la fois intelligent et sournois».Le jésuite français Pierre Blet, historien officiel du Saint Siège, rétorque que «le pape Pie XII était ami des Allemands, mais il n'était pas pronazis et il n'était pas antisémite».Il était donc seulement pape.Le Couac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec, H2H IB9 Téléphone: (514)521-5499 Télécopieur: (514)521-5599 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Éditeur et rédacteur en chef: lean-François Nadeau Collaborateurs: Sabina Badilescu, Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Victor-Lévy Beaulieu, Pierre de Bellefeuille, Marco de Blois, Julie Chateauvert, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, Philippe Gauthier, Ariane Krol, David Ledoyen, François Patenaute, Benoît Perron, Marion Piekarec, Michel Rioux, Suzie Suriam, Pierre Vadeboncoeur, Nadine Vincent.Illustration: Boris, Serge Ferrand, Filio, Mathieu Gaudreault, Luc Giard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Richard Suicide, Charb (avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo).Graphisme: France Mercier Visitez notre site Web: www.lecouac.net Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: Jean-François Nadeau au (514) 521-5499 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Abonnement Pour chaque abonnement régulier d'un an au Couac, vous pouvez abonner quelqu'un d'autre à moitié prix! Donc 28,76 $ pour le premier abonnement et 14,38 $ pour le second (taxes incluses)! Offre valable pendant tout le mois d'octobre.Téléphone:(514) 274-5468 1(800) 361-1431 par Philippe Gauthier & Francis Dupuis-Déri Petit lexique du contemporain Région ni.Pour savoir si vous habitez une région, veuillez compléter le questionnaire suivant: 1.Le maire de votre municipalité est-il le directeur de votre caisse pop?2.Là où vous habitez, trouve-t-on du porc en dehors du rayon des viandes de l'épicerie?3.Votre municipalité compte-t-elle moins d'habitants qu'il y a 10 ans?4.Le bar local propose-t-il un duo de danseuses nues composé de la mère et de la fille?5.Avez-vous déjà transporté un panache d'orignal sur le capot de votre véhicule?6.Faites-vous sécher votre linge sur la ligne à haute tension qui traverse votre cour?7.L'événement culturel le plus important de l'année est-il consacré à une production agricole locale?8.Êtes-vous surpris quand une voiture que vous n'avez jamais vue passe sur votre rue?9.Le plus gros employeur local a-t-il fermé ses portes six mois après avoir reçu des millions en subventions gouvernemental?10.Y a-t-il plus de motoneiges que de taxis dans votre municipalité?11.Harlez-vous havec un haccent homme ça?12.Louez-vous vos vidéocassettes à l'épicerie?Interprétation des résultats-.De I à 4 «oui»: Vous habitez sans doute Laval.Saint-Hubert ou Québec.De 5 à 8 «oui»: Vous pouvez cesser d'aller voter, car personne n'a l'intention de construire l'autoroute qu'on vous promet depuis Duplessis.De 9 à 12 «oui»: Ne paniquez pas et restez sur place, les secours arrivent.Réseau n.m.1.Nom donné au chaos quand on prétend en être le centre.2.Réseau informatique, -lien de communication permettant à tous les habitants de la planète de se parler d'égal à égal en toute liberté: selon les dernières statistiques sur le réseau informatique, 3 milliards d'humains n'ont pas accès au téléphone et 500 millions d'autres vivent dans des dictatures où l'accès à \nternet est interdit; sur ceux qui restent, 500 millions sont des enfants et des vieillards que cela ne concerne pas, 1,2 milliard sont analphabètes et 550 millions sont trop pauvres pour s'abonner, reste donc 250 millions d'usagers potentiels, mais comme 66% des utilisateurs sont des hommes, on doit retrancher 83 millions de femmes-, sur les 167 millions qui restent, seulement 20%, soit 33 millions, ont un ordinateur.À tout moment.25 millions d'utilisateurs sont malades où en vacances et 4 millions font face à des pannes de réseau ou d'électricité; sur les 4 millions qui restent, pas moins de 3,999,999 sont incapables de communiquer parce qu'ils ne parlent pas la même langue ou qu'ils n'ont rien à se dire-, résultat, seul Bill Gates profite pleinement des réseaux informatiques, ce qui explique qu'il soit l'homme le plus riche du monde.3.Réseau de transport en commun, moyen de transport dont la popularité est maintenant à plancher surbaissé.4.Réseau d'affaires, forme de cartomancie où les entrepreneurs essaient de lire leur avenir dans les cartes d'affaires qu'on leur tend.Retraite n.f.Prélude désargenté à l'âge d'or.Révolution n.f.I.Soulèvement du peuple visant à améliorer le sort de ses dirigeants 2.Révolution tranquille, putsch durant lequel l'État québécois a pris le pouvoir.1 I COppS ME SAtT PLUS OU FL^TTeR SES £ AVEC ÇA 0ANS LE ' PATRlMoitiS CANAUX VNE2 ?AS\ti)S PLAINDREo J PLOGUES Mort à Vasphaltel Le mercredi 13 octobre entre 16h et 22 h se tiendra une manifestation à Montréal sous le pont Jacques-Cartier pour protester contre le projet de poursuivre l'autoroute Ville-Marie vers l'est.Pour plus d'info : Atelier du Patrimoine Urbain de Montréal (523-2500).Colloque sur la presse alternative Samedi ie !6 octobre au cégep de Drummonviile aura lieu le colloque sur la presse alternative.L'événement commence à 8h30 et se termine en fin d'après midi.Notre ami Normand Baillargeon prendra la parole.Pour plus d'info, contacter le coordonnateur, lean-François Saint-Onge, au (819) 475-3950.VLB et le loup Notre collaborateur Victor-Lévy Beaulieu lance un essai consacré à Yves Thériault, l'auteur dhgaguk, que VLB a bien connu puisque c'est même Thériault qui l'encourage à se lancer dans l'écriture.Un loup nommé Yves Thériault, aux Éditions Trois-Pistoles.Argument À surveiller la sortie en octobre du nouveau numéro de la revue Argument.Au sommaire, un dossier «musiques rock, punk et rap: culture ou imposture», comprenant des textes de Gaétan Soucy, Pierre Thibeault, Marc Chabot, etc.Et un débat autour de Fernand Dumont.Contrat mondial de Veau Le lancement public de l'Association québécoise pour le contrat mondial de l'eau aura lieu le 12 octobre prochain, à Montréal, à compter de 19h.au Quai des Brumes, 4481 rue St-Denis.Riccardo Petrella, secrétaire du comité promoteur mondial et collaborateur au Monde diplomatique sera sur place ainsi que quelques-uns des membres fondateurs de cette association. Ad rien ne 1ère, potiche à pattes Crest à croire que lean Chrétien, ce clown qui dirige le gouvernement fédéral, ne comprend pas la nature des institutions politiques britanniques et/ou canadiennes.Il vient de nommer la journaliste Adrienne Clarkson gouverneure générale du Canada.Or, sans vouloir faire de peine au démissionnaire, Roméo LeBlanc, la personne qui représente au pays notre chef d'État, Sa Très Britannique Majesté Elizabeth II, quels que soient ses mérites, n'est qu'une potiche à pattes.Sous peine de crise constitutionnelle, elle n'exerce aucune autorité.Elle ne doit exprimer aucune opinion politique.Tout au plus le G.G., comme on dit à Ottawa, peut-il souhaiter la bonne année et appuyer les bonnes oeuvres, mais seulement les œuvres charitables, certainement pas les causes dérangeantes comme, par exemple, Amnistie internationale.Or madame Clarkson est connue pour ses opinions tranchantes, jugées très à gauche par l'establishment torontois, opinions qu'elle sème à tout vent.Sera-t-elle heureuse, le bâillon sur la bouche?Évidemment, son conjoint, |ohn Saul, propagandiste fédéraliste qui n'a pas lui non plus la langue dans sa poche, peut prétendre conserver sa liberté de parole, mais il est à prévoir qu'on lui imposera le devoir de réserve qu'a su respecter naguère Maurice Sauvé, mari de la G.G.leanne.Chrétien pense peut-être que même si madame Clarkson fait des gaffes, on les lui pardonnera.Cela reste à voir.Il y a déjà eu, au Canada, une crise constitutionnelle de,cet ordre, en 1926, lorsque le G.G., lord Byng de Vimy, refusa de dissoudre les Communes comme le lui demandait le chef libéral Mackenzie King.Le conservateur Meighen devint alors premier ministre, mais il perdit rapidement la confiance du Parlement.Mackenzie King fit victorieusement de la question constitutionnelle l'enjeu des élections qui s'ensuivirent.Lord Byng fut rappelé à Londres.On ne joue pas impunément avec les règles constitutionnelles.Quoi qu'il en soit, les journaux de droite, à Toronto, voient d'un très mauvais œil l'arrivée à Rideau Hall de deux «socialistes de salon».PIERRE DE BELLEFEUILLE La paix Céline Dion, militante des droits de René Angelil, nommée «Artiste pour la paix 2001» par l'UNESCO.Parce qu'elle n'a chanté ni en exYougoslavie, ni au Timor, ni en Somalie?Les cratères de «La face cachée de la une» Nouvelle émission consacrée aux médias à Télé-Québec.Ça s'appelle «La face cachée de la une» Un titre prétentieux compte tenu des objectifs critiques limités que peut atteindre une émission pareille.«La face cachée de la une», c'est une création de Pierre Huet.Vous connaissez ce monsieur?Le fondateur de Croc.Le parolier de Beau Dommage «Ginette, Ginette, t'as mis de la brume dans mes lunettes», c'est lui.Moi, je ne le connaissais pas.Du moins, pas avant qu'il ne m'appelle en juillet.Ce monsieur se cherchait à la hâte des collaborateurs pour son émission.En fait, de l'émission, il ne tenait guère que le titre, l'ai fini par écouter Huet, tandis que je mangeais avec des baguettes.Son émission, de son propre aveu, n'avait aucune prétention à critiquer la structure d'aliénation dans laquelle se perpétue la pratique du journalisme.Rien de prévu, par exemple, sur les groupes de presse et leurs propriétaires luste des journalistes qui, en somme, après leur journée, font des révérences à leur travail tout en offrant le spectacle d'une autocritique sans conséquence Une autre merveilleuse émission de chaises parlantes, quoi.C'est ce que j'ai dit à l'ex-croc.Quand j'en ai eu fini de manger mes baguettes et les siennes, il ne pensait plus guère à moi comme éventuel chroniqueur.Qui sont-ils, ces chroniqueurs?Benoît Aubin, un ancien du Devoir, de la Gazette, de TVA, et de Global.Un informateur à gages professionnel.Il y a quelques semaines, Aubin écrivait dans le Globe and Mail que le plus grand directeur du Devoir des dernières années avait été Claude Ryan.Ça donne une petite idée de la pensée du monsieur.Huet comptait aussi sur Chantai Hébert, la grande, la très grande analyste, une combattante de première ligne, partie de La Presse auréolée du prestige d'une sainte qui n'a même pas su tirer la moindre analyse publique digne de ce nom de l'entreprise de muselage dont elle a été victime.Il était aussi question de Sylvain Cormier et, comme amuseur de foule, de Daniel Lemire.D'un autre aussi, que j'aime bien d'ordinaire: Serge Chapleau.Vous vous demandez ce qu'il est allé faire dans cette galère?Ma foi, de la caricature, comme d'habitude.Sauf que cette fois, Chapleau apparaît en quelque sorte lui-même comme une caricature.Seule différence, mais de taille.l'ai serré la main de Huet au coin d'une rue.Pas eu de nouvelles depuis.Bonne nouvelle.le croyais qu'Albert Millaire, avec sa belle voix grave de comédien, avait au moins un peu de plomb dans la tête.De quelqu'un qui avait fait la mise en scène d'une pièce de lacques Ferron, Les Grands Soleils, je pensais qu'il comprenait un tant soi peu quelque chose à la vie politique, le croyais en somme à un degré minimum d'éveil du citoyen Millaire.Eh bien, non.le me suis trompé en diable.Albert Millaire est un comédien en bas blanc et en petits souliers, comme bien d'autres.Sauf que lui, et quelques autres, ont cette immense prétention d'aller s'écouter à loisir déclamer des sottises en public.À «Point de vue» (5-9), animé par Gisèle Lalande, Millaire s'est fichu par terre comme un imbécile de classe internationale.Même quand l'animatrice lui tendait de grosses perches pour s'en sortir, Millaire réussissait le tour de force de s'en saisir pour s'en ficher des coups sur le crâne.Au sujet des référendums, le chic monsieur a commencé par nous dire qu'il n'aimait pas plus le mot que l'idée.Dans son esprit, c'est un très vilain mot.En bouche, ça donne mauvaise haleine.Comme démocratie, sans doute Et de là, le Millaire a filé tout droit jusqu'au Timor Oriental, à cause du référendum et de ses suites justement.Qu'en pense-t-il?«l'appelle ça une nouvelle d'été, le Timor.[.] l'sais pas qui a choisi les nouvelles là, mais.le me demande si CNN puis CBC ont accordé autant d'importance au Timor.» Il a raison, le monsieur en bas blancs.Le Timor, c'est juste un bonbon d'été puisque CNN, CBC et le Hew York limes n'en ont à peu près jamais traité jusqu'ici.Depuis l'invasion par l'Indonésie en 1975, on avait en fait à peu près jamais rien dit du Timor dans ce genre de média.«Il y a tellement de choses plus importantes qui se passent à travers le monde! (.) C'est pas un génocide, là.» Insiste le bon roi Albert?Tout de même Albert, sonne Gisèle Lalande, vous avez mis votre culotte à l'envers: 200 000 morts sur une population de 800 000.Mais Albert en rajoute plutôt que de se taire: «Il y a tellement d'autres pays qui sont.où des gens sont malmenés, enfin, en plus grand nombre.» Insignifiant Millaire.l'en ris, mais ce n'est pas parce qu'on rit que c'est drôle, comme disaient les ex-crocs.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Hépatite C Une des victimes du sang contaminé qui a contracté l'hépatite C a rencontré Pauline Marois, qui lui a annoncé qu'elle ne pouvait offrir que 10 000$ d'indemnisation à chaque victime.Madame Tuai, une des victimes, a déclaré suite à sa rencontre avec la ministre: «|e suis péquiste mais, croyez-moi, j'ai ma claque, l'ai honte de Mme Marois.» (Le Devoir, 26-8) Avec des propos comme ceux-là, on en viendra à croire que les citoyens ne sont pas conscients des efforts que font nos gouvernements.Faut pas oublier par exemple que les 30 avocats qui ont plaidé la cause fédérale ont empoché en tout près de 54 millions de dollars.Ce n'est pas rien, tout de même.Démographie Cinq ados de 13 à 15 ans assassinent une vieille dame de 81 ans (SRC, 22-9).Dites, les jeunes, fallait pas prendre Bernard Landry au pied de la lettre.On s'en fout Robert Guy Scully est devenu un habitué du restaurant Da Giovanni.Un autre beau projet Après avoir interviewé fa petite fiile de Picasso, le plombier d« Caroline de Monaco, b nièce d« Lady Di et le chauffeur éi Kennedy, Bob Scully annonce er primeur à Echo Vtsaettm qu'il ï er va à Rome pour «faire un paqye de cardinaux» ofsn d'avoÉf aons U lot le prochain pope:.Un mOKi pour le rw,it vur i.t torture essai 19,95 $ «On n&Jiraf pas ce livre sans ressentir la force et la nécessité de Taction de tous, pour soutenir les droits de tous.» PlKKRK SANK, Secrétaire général d'Amnistie internationale vlb éditeur www.edvlb.com i Le Couac, octobre 1999, page 5 J ¦ ¦ ¦ 1 I ¦.¦¦"¦Ill.¦ ¦ ¦ ¦ I ¦ ¦ I ¦ M\ Timor Le dimanche soir, Radio-Canada annonçait le départ de secours de l'armée canadienne pour le lendemain.Un terrible tremblement de terre venait de frapper la Turquie.Le lendemain lundi, au Téléjournal, pendant qu'on voyait arriver les premiers secours étrangers, on prévoyait pour le lendemain encore le départ de l'armée canadienne.Ainsi de suite tous les soirs de la semaine, jusqu'au dimanche.On vit alors une image qui eut inspiré Ionesco mais ne suscita aucun commentaire chez les ardents tenants du fédéralisme, ceux-là même qui font encore les gorges chaudes devant les cafouillages d'Emploi-Québec- alors que les premiers contingents de l'armée du plusse beau pays du monde arrivaient à l'aéroport, ils croisaient les soldats des autres pays qui, eux, quittaient la Turquie.Dans la langue de lean Chrétien, ça s'appelle ne pas être vite sur ses patins.La même chose risque de se répéter avec le Timor.Alors que les pays s'entendent sur l'envoi de troupes immédiatement après la décision d'intervention de l'ONU, M.Chrétien parlait, lui, d'un délai de 30 jours.Mais il y a une explication à cela.Nous sommes même en mesure aujourd'hui de dévoiler ce qui, dans quelque autre journal, ferait une manchette et accéderait de facto au rang de scoop.Le nôtre ne faisant pas dans la chose, nous nous contenterons de la page cinq du Couac\ Le seul mot d'indépendance provoque une montée d'urticaire chez la plupart des ministres fédéraux, à commencer par la Copps qui voulait coller un drapeau canadien dans tous les volumes publiés d'une mare à l'autre.Mais certains sont plus atteints que d'autres.Tel ce Stéphane Dion, épistolier invétéré, dont les délires et les diarrhées nous ont terriblement manqué ces derniers temps.Mais où était-il donc, le Stéphane à sa maman, alors que le Québec poursuivait sa progression inexorable vers l'indépendance, que Lucien Bouchard cravachait ses troupes avec des discours incendiaires sur la libération nationale, dans des envolées que n'aurait pas reniées le Fanon des Damnés de la terre, que Napoléon Landry lui-même, tournant le dos à ses professions de foi néolibérales, engageait résolument son gouvernement dans la restauration d'un État québécois enfin digne de ce nom?Mais où était-il donc?Nous avons retrouvé sa trace! Au Timor, dit oriental.C'est qu'à casser du sucre sur le dos des indépendantistes, le Stéphane s'est fait une réputation à la grandeur de la planète.On l'appelle.On le consulte.Il rédige des mémos.Sur les majorités simples, les majorités composées, les majorités absolues, les majorités claires, les majorités insuffisantes.Sur le souverainisme décrété crime contre l'humanité, sur les incomparables vertus des systèmes fédéralistes.Les fédérations en péril en ont fait leur saint Georges combattant l'hydre indépendantiste.Même l'indonésienne, musulmane de stricte observance pourtant.Quelle réputation en effet que la sienne! Un citoyen d'Alma passant par hasard à lakarta nous le jure: il a vu le Stéphane en tête-à-tête avec le président Bi|i Habibie et le chef des armées, le général Wiranto.Providentiellement posté près de la fenêtre présidentielle, tendant l'oreille, il avait entendu clairement le moloch canadien donner une leçon d'arithmétique à ses hôtes.«78,5% pour l'indépendance, ce n'est pas suffisant.Et j'ai un truc pour vous: videz le pays, expulsez les Timorais.Le pourcentage va encore baisser», disait-il en traçant des chiffres et des équations sur le tableau noir.Le 9 septembre, vous en souvient-il, la roupie indonésienne a piqué du nez.Perte de 5% de sa valeur.Comment expliquer le redressement spectaculaire qu'elle a connu en fin de journée?C'est cela.Vous avez compris.Quand les chancelleries ont su que Stéphane Dion lui-même était aux commandes, elles ont poussé un soupir de soulagement.L'Indonésie saurait bien se conduire et le Timor prendrait son trou.MICHEL RIOUX I II I I I I I ¦ I I I.Il.I.¦ l ¦ ¦ vï7 CONFIT D'INTÉRÊTS ' ?Les Avocats 't Voici quelques informations troublantes concernant trois des cinq plus importants bureaux d'avocats du Québec: Ogilvy Renault le plus grand cabinet d'avocats au Québec.La firme s'occupe de quatre grands secteurs: droit des affaires, litiges, propriété intellectuelle et droit du travail.Parmi ses clients Alcan, les Expos et Imperial Tobacco.La firme a été impliquée dans la tentative de fusion de la Banque Royale avec la Banque de Montréal.Le cabinet s'occupe aussi des contrats et de la législation pour les projets d'infrastructures de certaines firmes d'ingénieurs à l'étranger, notamment SNC-Lavalin et Hydro-Québec International et participe à des privatisations en Europe et sur d'autres continents.Le prestigieux cabinet peut compter sur l'aide de deux avocats non moins prestigieux, soit Brian Mulroney, ancien Premier ministre du Canada et Yves Fortier, ancien ambassadeur aux Nations-Unies Mulroney siège à des nombreux conseils d'administrations de grandes compagnies et son statut d'ex Premier ministre canadien lui permet d'obtenir de précieux rendez-vous avec des chefs d'États.Yves Fortier, quant à lui, siège à la Commission trilatérale, la crème de la crème des réseaux de contacts! Fondée en 1973 par David Rockefeller, la Commission trilatérale réunit 300 des personnes les plus influentes d'Europe, d'Amérique et d'Asie (100 par continents).Ces personnes sont les mieux informées des mouvements de capitaux et des changements politiques, et M.Fortier du cabinet Ogilvy Renault s'y retrouve en compagnie, entre autres, de Henri Kissinger, ancien secrétaire d'État éta-sunlen, Paul Desmarais de Power Corporation, Jacques Bougie, président d Alcan Conrad Black de Hollinger et proprio de la Gazette et du National Post Martineau Walker est le troisième cabinet en importance au Québec.Ce bureau d'avocats a orienté son développement en fonction des nouveaux secteurs forts de l'économie comme les télécommunications, l'aéronautique, le pharmaceutique, etc.Au cours des deux dernières années, Martineau Walker a assisté certains de ses clients dans leur développement notamment au Brésil, au Chili, en Colombie et au Pérou.Les bureaux du cabinet occupent cinq étages de la Tour de la bourse de Montréal! Enfin, ce cabinet d'avocats a eu l'insigne honneur de voir un des siens invité à un souper à l'automne 1996, réunissant 14 membres de l'establishment montréalais chez Lucien Bouchard qui voulait rallier ces membres important de Québec inc.à son plan de réduction du déficit.Outre l'avocat Eric Maldoff de Martineau Walker, on comptait au nombre des invités, Laurent Beaudoin de Bombardier, Pierre Péladeau de Québécor, John Cleghorn de la Banque Royale, Charles Sirois de Téléglobe, Jacques Bougie d Alcan, Gilles Jarry de la Banque de Montréal et sept autres personnes de poid$.Heenan Blaikie est le cinquième cabinet en importance au Québec.Heenan Blaikie a su se démarquer en se spécialisant dans certains secteurs tels que l'environnement, la santé et la fiscalité.Parmi ses fondateurs figure Donald Johnston, ancien ministre libéral fédéral et maintenant secrétaire général de l'Organisation de coopération de développement économique (OCDE) Au nombre des avocats du cabinet, on compte Pierre-Marc Johnson, ancien Premier ministre du Québec, et qui siège également à de nombreux conseils d'administration de compagnies, et Pierre Elliott Trudeau, ex Premier ministre du Canada.Le cabinet compte parmi sa clientèle de très grandes sociétés industrielles, commerciales, bancaires et institutionnelles, incluant des sociétés de la Couronne (dont certaines ont été privatisées).Nous n'oserons parler de conflit d'intérêt car il pourrait nous en coûter cher.M.Blaikie, un des fondateurs du cabinet, poursuit un journaliste du National Post pour un million de dollars.Le journaliste a dit que M.Blaikie (qui venait d'être nommé au conseil d'administration de la société Radio-Canada) avait été l'objet d'une nomination partisane de la part de Jean Chrétien Nous croyons pour notre part que M.Blaikie, partisan Libéral, dont le cabinet offre des services en matière de relation de travail à Radio-Canada (Heenan Blaikie a déjà facturé 36 000$ d'honoraires en un mois) est victime de persécution et qu'il est innocent.FRANÇOIS PATENAUDE ET BENOÎT PERRON | U'iMPDP^ANt C'EST LA POSE i 5EfiëMS DA90RDA M EXCUSÉE Pour moM A£SEMCE.LE/Vioi& PASSÉ.SB PARLAIS DE LA ?i£Gf £ ÇfiiB, LE DEE.'LE HOMO.cAti'ApMpLuwroat! 3E REPRENDS ' pouc! Ce-r-re Fois jVAiS UTîLiSEP Utit ÇAPA&OIZ i vous ME Suiv/EX rMA£iNlez Que je £oiS 6Kl TT?AiM DE LiRE /VIES MOUV/ELLEÔ ET QUE, El -ffeAVA'iLlAtfr A' LATeÏÉ ÇA S'est sa vire.XLY6l4 A AUTRE Qd\ N/OUlAiT OU'otJ LE SUi\/E AVEC PES PARABOLES, j'SAiS PLUS oui ?/VlAiS je POiS.VOUS avouer QUE MEME SlJ'Ai les pieds plats ETUlJE PETITE CoUiLlE je Trouve que situer sa ' FfépTé AO rtiv/EAu DU CUL, C'EST la placed l)m PEU LA CECTiTUDEPoL/fiQUE EST PEVEMUE uw VERiTASLE , MACÇARTHY5MÊ DE LA OAUCVJE IMTETlo i L'ESTMETiSME DU, lah6aûe EST, AVEC L"iDEkIT»TE CULTURELLE-, LÀ^JUSTiRCATiOJj PASSE-PARTOUJ/ ^VPOUR UKi Bovl, C'EST pAs-rouKA, „J£\ MES mouv/ell6g A fAiCE.AAOi.Aumône La direction de l'Oratoire St-loseph a interdit de mendier sur les terrains du célèbre lieu de culte: ça dérange les fidèles Dieu a dit: «Heureux les pauvres car ils sont assis à la gauche de Dieu tandis que les autres sont assis sur le bord de leur piscine».Affaires Le Financial Times et le Wall Street journal ont lancé un journal d'affaires en Russie: Vedomosti.Première étape: contribuer à noyer la mafia russe dans le fric.Deuxième: affirmer qu'on est seul à bien nager sur les flots où tout le monde se noie.Le couizze du Couac Charles Sirois, le Penseur obturé Qui ne connaît pas la Cocheluche du milieu d'affaires québécois Charles Sirois.président de Télésystème et de Téléglobe?C'est lui qui a dépensé plus de 100 millions pour que ie nom de Téléglobe se retrouve sur le «char» de Jacques Villeneuve?C'est à lui que Jean Charest a demandé de recruter pour le parti Libéral des candidats provenant du milieux des affaires lors des dernières élections provin ciales.Et c'est Sirois toujours qui a publié il y a quelques mois un livre intitulé Passage obligé, passeport pour l'ère nouvelle.Le bouquin en question a été écrit par Marcel Saint-Germain, ex petit-gros des Cyniques recyclé en «communicateur» chez Bell Canada, désormais «conseiller en communication stratégique».1- Le livre de Sirois est empli de concepts surprenants et de nou velies vérités d'une folle originalité.Laquelle des sages paroles suivantes n'est pas tirée de son livre?A- «Une entreprise organique enlève sa veste lorsque souffle le vent du sud et enfile un pull de laine à l'arrivée d'un vent glacial.Elle s'adapte toujours à l'évolution qui lui apporte le déséquilibre nécessaire pour maintenir en état d'alerte son énergie et sa vitalité.» (p 108).B- «Comme la cellule, l'employé est excitabie et réagit aux fluctuations du milieu,» (p.89).C- «L'économie mécanique fonctionnait comme un gros Chrysler et l'industrie pétrolière était nécessaire à son bon fonctionnement Aujourd'hui, avec l'économie organique, c'est le fumier qui est le carburant de la croissance.» (p.101 ) D- «Tout bouge à un rythme tel que bientôt un siècle ne va durer que 10 ans.» (p.41).2- La démonstration scientifique ci-dessous est non seulement édifiante mais elle prouve hors de tout doute que le marché est vivant Est-elle oui ou non tirée du livre de Sirois?«Le vocabulaire utilisé pour décrire les états d'âme d'un marché boursier, par exemple, sort tout droit d'un livre de médecine psychiatrique Le marché boursier devient émotif, nerveux et même dépressif.Il s'énerve, s'emballe, s'emporte, s'excite (.) n'hésite pas à devenir compulsif et même hystérique; si tout va mal, c'est la déprime, la crise, le krach ou le burn-out (.) Cette litanie de diagnostics nous rappelle que ce marché est bien vivant.» 3- Nos Nostradamus d'occasion sont également poètes à leurs heures.Lequel des bijoux littéraire suivant n'est pas issu de l'Imaginaire limité de nos Verlaine et Rimbaud?A- «(.) l'eau et la pluie, c'est la richesse économique que les agents économiques entretiennent et alimentent sous un ciel ou fermentent la compétitivité, l'empioyabilité et l'accès aux marchés.L'État n'est pas une plante: il ne doit pas s'occuper d'ensemencer, mais il doit veiller à ce que les plantes puissent croître et s'épanouir dans un environnement favorable.» (p.121).B- «Ce n'est pas tout de déposer sur la table les clés de la richesse et de l'accession au savoir sur une nappe d'équité, il faut laisser aux convives ie privilège de décider comment et à quel rythme ils veulent se servir.» (?!?!?!) (p.122).C- «Mais tout organiques qu'ils soient, les marchés ne créent rien, ils n'ont pas de tête ni de coeur.Autrement dit, personne ne les contrôle et ils ne sont pas portés à l'affection ni à la tendresse.» (p.79).D-«Une fois mon mon'oncle y'a baissé ses culottes pis y m'a montré son code génétique.» (p.35}.4- Nos deux futurologues n'hésitent pas à se déguiser en biologistes pour nous rappeler quelques notions de base qui permettent de mieux comprendre comment fonctionne la gestion organique.Laquelle des citations suivantes est tirée du livre Passage obligé?A- «L'entreprise est un écosystème sous génétique.» (p.64).'influence d'un manipulateur B- «Si, par exemple, une entreprise se déguisait en organisme vivant, l'employé s'habillerait en cellule, le service en organe, la division en système, et le chef en cerveau.» (p.60) Et le syndicat, c'est le cancer?C- «Le dirigeant de cette société vivante devient l'ingénieur biologique, le manipulateur qui a la responsabilité de doter d'un code les cellules, les organes et les systèmes de l'entreprise.» (p.65).D- «Le système immunitaire fonctionne lorsque les codes génétiques qui forment l'encadrement sont clairs et assumés par l'ensemble des employés.Les déviants sont repérés.Ou bien ils corrigent leur tir ou leur façon d'agir ou bien ils ne cadrent plus dans l'ensemble et sont rejetés.» (p.106).E- Toutes ses réponses {choisissez cette réponse sinon vous serez rejetés par les codes génétiques du Couac).5- Laquelle des citations suivantes devrait nous réjouir le plus?A- «C'est néanmoins l'énergie et la puissance de l'économie des marchés qui, comme un écosystème, permettent et permettront une plus grande distribution de la richesse dans te monde.» (p.79).B- «L'insécurité au service de la richesse.» (p.112).C- «Cette mondialisation est alimentée principalement par l'énergie des entreprises productrices dont la vitalité est stimulée par la déréglementation et par la privatisation.» (p, 52).D- «Dès qu'on étatise ou nationalise, on limite et on brime la liberté de choix et la démocratie recule.» (p.126).FRANÇOIS PATENAUDE Réponse: 1- C, 2- Oui (p.78), 3- D, 4- E.5- Que j'en voie un répondre à ça! Le Couac, octobre 1999, page 6 Misogynie au bunker Que l'on sache, aucune femme n'occupe un poste influent au cabinet de Lucien Bouchard.Il n'est donc pas étonnant qu'une certaine misogynie règne dans cette coterie de «boys» Résultat: on assoit les femmes ministres sur des branches déjà sciées plus qu'à moitié.Le cas de Diane Lemieux est patent.La malheureuse, sans expérience politique, ce qu'on ne peut guère lui reprocher, s'est vue confier la lourde charge de la formation professionnelle à propos de laquelle les fonctionnaires n'avaient pas fait leurs devoirs les plus élémentaires.Le cas de Louise Harel est plus difficile à comprendre, vu sa déjà longue expérience ministérielle.Deux ministres, Serge Ménard et Robert Perrault, s'étaient déjà cassé la gueule sur le mur d'opposition à la création d'une vaste région métropolitaine.Ce projet, enfanté par des technocrates en goguette, repose sur des comparaisons avec d'autres villes, notamment Toronto.Comparaison n'est pas raison.Le cas de Montréal est particulier, vu un fait géographique fondamental: l'île.Et l'autre île, Laval.Que l'on admire ou non lean Drapeau et Pierre Bourque, des observateurs de plus en plus nombreux leur donnent raison quant au projet «une île, une ville» Pourquoi Louise Harel appuie-t-elle l'inexplicable obstination gouvernementale?Il y a enfin le cas de Pauline Marais.Les coupes aveugles dans le budget de la santé avaient désorganisé le système, comme en a témoigné la malheureuse grève des infirmières.Sans injections massives d'argent, Pauline Marais ne peut que gérer le désastre.Ce n'est pas ainsi qu'on va encourager les femmes à se lancer en politique.MAX Degré Véro Véronique Cloutier, niveau zéro de la télé de nos impôts: «Longtemps, j'ai joué à la "V|" dans ma chambre en imitant Sonia Benezra devant la caméra vidéo de ma mère» (PC, 12-9).Aujourd'hui, c'est bien différent: j'imite Michèle Richard devant la caméra de mon père.Le meilleur ami des bêtes L'actrice française Sophie Marceau se prête à la promotion de diamants extraits des mines d'Afrique du Sud et même du Zaïre où beaucoup de sang a coulé pour le contrôle de ces pierres précieuses.Commentaire de De Beer's, la firme qui l'engage, rapporté par te Figaro (9-10): «le diamant reste le meilleur ami des femmes».Pour les bêtes, peut-être.Cinéphilie Sheila Coops a vu le dernier film de François Girard dans une salle de cinéma de Paris et elle estime que c'est le meilleur film qu'elle ait jamais vu.Elle a beaucoup apprécié d'apprendre que le basket bail est une invention canadienne, mais la longue affaire avec le violon qui a suivi, ça, elle n'a pas trop compris.«Le Couac a raison»!!! Dans la revue qui sert de cercueil aux bonnes intentions des journalistes professionnels, Le -30-, Sylvain Cormier du Devoir commente les propos que j'ai tenus à son sujet, il y a quelques mois, dans Le Couac, l'écrivais, avec preuves à l'appui, que ce bon critique a mis sa plus belle plume au service de la promotion d'un spectacle avant d'en faire la critique dans son journal comme si de rien n'était.Un beau cas d'éthique quoi.Le Devoir n'avait rien trouvé à redire à l'affaire.On s'était plutôt contenté de se ficher la tête dans le sable.Mais écoutez plutôt ce que le bon critique trouve aujourd'hui à dire au sujet de cette affaire: «Le Couac a raison dans l'absolu.Mais la réalité est plus complexe.On s'indigne pour bien peu compte tenu que Marie-Claire Séguin est une artiste en marge.» Comme si l'important était Marie-Claire Séguin.Prenez donc acte, chers lecteurs: Le Couac a raison.Les critiques culturels, genre Cormier, se vendent à qui mieux mieux.Ils se vendent parce que les structures qu'ils soutiennent le réclament.Ils se vendent comme du savon à vaisselle, de la nourriture pour chien ou de la gomme à mâcher.Ils se vendent parce que désormais tout est à vendre, dans les médias comme ailleurs.Et il se trouve des journalistes, imaginez-vous, pour trouver cette situation normale, voire pour la défendre.Le cœur me lève.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Science sans conscience.• Une dépêche Reuters publiée dans Le Devoir (15-9) cite David Aaron, le sous-secrétaire américain pour les Affaires internationales au département du Commerce (disons, le ministre au Commerce international, pour faire plus court), qui a déclaré que les États-Unis étaient en train de «perdre patience face à la résistance de l'Union européenne» dans les dossiers du boeuf aux hormones et des OGM.Pour l'affaire des bovins trafiqués, on se demande bien ce qui impatiente les Américains, puisque l'OMC leur a donné raison sur toute la ligne en les autorisant à prélever des taxes punitives sur les importations de produits agricoles européens.Pour les organismes génétiquement modifiés, c'est une autre histoire.En Europe, mais aussi au lapon et en Australie, les citoyens se mobilisent contre le défaut d'étiquetage spécifique et réclament le droit de savoir ce qu'ils achètent et consomment.Il faut rappeler que les exportateurs d'OGM allèguent pour leur part qu'il leur est impossible de conditionner séparément les stocks de maïs naturel de ceux de maïs transgénique.Passablement remués par cette levée de boucliers populaires, les gouvernements européens se retranchent désormais derrière le «principe de précaution», qui signifie en gros qu'en l'absence d'études scientifiques menées sur une longue période, il vaut mieux faire attention à ce qu'on fait.Le problème vient du fait que les principaux producteurs d'OGM sont américains (Monsanto, Du Pont, etc.).Y aurait-il de la part des Européens une résistance aux règles de libre-échange pour protéger leurs propres producteurs agricoles?C'est ce que les Américains croient, ou font semblant de croire, en brandissant le spectre d'un blocage des prochaines discussions de l'OMC.C'est pourquoi M.Aaron (toujours selon Reuters) appelle les gouvernements européens à «stopper l'hystérie», à refuser la «paralysie» qu'entraîne selon lui le principe de précaution, et à «revenir à la science».À la science! Elle a bon dos, la science.Il est clair que M.Aaron n'a jamais entendu parler de Rabelais et de sa réflexion célèbre («Science sans conscience n'est que ruine de l'âme») et que dans son esprit (si esprit il y a), la science exclut toute forme de doute et qu'elle se limite à une simple gestion du progrès technologique.Dénier le droit à d'autres peuples de penser autrement que le sien, se cacher derrière un pseudo-argument scientifique, profiter de son poids économique pour exercer un chantage odieux, tous les moyens sont bons aux États-Unis pour démontrer qu'ils sont le pays des libertés et de la démocratie.STÉPHANE BATIGNE À Radio-Canada Je choisis le barbu leudi 16 septembre, pendant son émission Indicatif présent, Marie-France Bazzo présente un dossier sur les barbus.Parmi ses invités: l'animateur radio-canadien lacques Languirand, l'ancien morning-mania-que exilé dans les matinées du week-end loël Le Bigot, ainsi que le chroniqueur vedette du \ournal de Montréal Michel C.Auger, par ailleurs président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Vous trouvez que le panel se mord la queue?Vous n'avez encore rien vu.Deux jours plus tard, sur la même radio, le même loël Le Bigot invite dans sa propre émission le même lacques Languirand pour fêter ses 50 ans de radio.Même jour, même poste, mais l'après-midi, l'émission Zap Radio rediffuse le même dossier d'Indicatif présent sur les barbus, mais aussi un extrait de l'émission nocturne du même lacques Languirand, ainsi qu'un passage de l'émission du même loël Le Bigot.De deux choses l'une: soit il existe une conspiration de barbus sur les ondes publiques, soit Radio-Canada souffre d'un sérieux problème de renouvellement de ses vieilles barbes.STÉPHANE BATIGNE Qu'est-ce qu'il fait, le ti'gars, là?La Cour suprême décide de reporter en l'an 2000 une cause sur la pornographie juvénile parce qu'elle manque de temps {La Presse, 22-9).Vous comprenez, nous désirons examiner consciencieusement les documents et il y a plusieurs photos qui sont floues.Je me souviens Reed Scowen, ancien député du PLQ et ex-délégué du Québec à New York vient de lancer en bilingual — une version française et une version anglaise — son livre Le temps des adieux, aux éditions VLB.Livre ridicule.Scowen parle entre autres choses de son enfance passée à East Angus, un village des Cantons de l'Est, région qu'il décrit comme «héritière d'une longue tradition de cohabitation harmonieuse entre anglophones et francophones».Et Scowen d'ajouter quelques pages plus loin: «je me souviens qu'étant enfant, nous nous battions souvent contre les petits francophones » Édifiant.Naissait d'ailleurs à la même époque et dans ce même village héritier d'une si longue tradition de cohabitation nul autre que.Pierre Bourgeault.Monarchies ?Curieux pays quand même avec sa police montée, ses castors empaillés et sa reine de carnaval importée.Un pays qui possédait déjà un parti à la fois progressiste et conservateur, des trotskystes tendance Power Coporation, un parti libéral fédéral avec une aile gauche, une chanteuse canadienne qui répand en américain la culture québécoise du Titanic, jouirait maintenant, paraît-il, d'une gouverneuse générale de gauche accotée avec un écrivain on-tarien progressiste.Un couple vice-royal de gauche! Comme c'est charmant.Des royalistes de gauche! Faut le faire, non! Des gauchistes torontois de Rosedale, journalistes à Radio-Canada! On croit rêver.Nos brillants intellectuels reprochent ensuite aux pauvres Québécois d'être un peu mélangés.?Entendu à la radio d'État fédérale, le jésuite de service, lacques Godbout, mouiller ses «canneçons» d'admiration en parlant de la nouvelle gouvernante générale.Une bien gentille madame à ce qu'il paraît: souriante, intelligente, cultivée, bien élevée, bilingue, biculturelle et propre de sa personne.Elle partage sa couche vice-royale avec un poulain de l'écurie Godbout aux éditions du Boréal, lohn Saul, écrivain célébré au moins deux fois par semaine chez Bazzo et autres.Mais qu'est-ce que la culture et la gentillesse peuvent bien changer à cette sous-monarchie de type colonial le plus grossier, Monsieur le Jésuite?On dit que la madame veut organiser des soirées d'échanges, à sa résidence de la citadelle à Québec, entre intellectuels canado-québécois-les deux-qui-parlent-bilinguens et leurs vis-à-vis canadiens.Des partouzes de beaux esprits, en quelque sorte, pour échangistes littéraires et artistes bonnententistes! Les têteux de crevettes professionnels pourront ainsi écouter lacques Godbout «Alouette» au coin du feu, en duo avec la chèvre du Royal «Van Douze», avant de recevoir leur prix du gouverneur général ou leur siège au sénat.La citadelle de Québec transformée en Maison du Egg Roll, haut de gamme! PIERRE FALARDEAU ?Le guide touristique du Saguenay—Lac Saint-lean produit par le ministère québécois du Tourisme affirme dans sa dernière édition que l'Anse Saint-lean est la «seule monarchie en Amérique du Nord».On suggère aux rédacteurs du guide la lecture des premières pages de la Constitution canadienne: ils apprendraient que le Canada et le Québec sont des régimes monarchiques.La presse compressée Quelques gros titres dans la grosse Presse • «Les Canadiennes voient l'âge d'or en rose» (15-9), «Les femmes: plus vieilles, plus pauvres et plus seules (9-9).• «lean Chrétien toujours populaire» (21-9), «Chrétien fait l'unanimité contre lui!» (4-9).• «La croissance des forts est liée à celle des faibles, dit Mike Moore (nouveau patron de l'OMC]» (8-9), «Riches et pauvres: des écarts sans précédent (\ournal de Montréal, 7-9).• «Pénurie d'eau et de liquidités dans les fermes américaines» (4-8), «Quatre États du Nord-Est américain sont frappés par la plus grave sécheresse jamais enregistrée» (7-8).«C'est confirmé: il y a de l'eau sur la lune» (6-3- 98).Ce n'était qu'un faux espoir, hélas.«L'annonce de la NASA n'implique pas une colonisation prochaine de la Lune» (8-3-98).• «Surplus budgétaires: faut-il imiter le modèle américain?» (8-9), «L'économie américaine favorise la précarité du travail» (7-9).• «Marie-Denise Pelletier en Afrique de l'Ouest» (9-9), «Chrétien ne croit pas que le Canada soit victime d'un exode massif des cerveaux (16-7).• «Des employeurs aident leurs employés stressés» (9-9), «Québécor licencie plus de 150 employés» (15-7).FRANÇOIS PATENAUDE La vie de château Couette et café 3957, rue Dandurand Montréal 1-514-722-5493 1 -888-722-1 443 «J'observe, je recueille, je scrute : des signes, épars mais récurrents.D'une menace qui me paraît être celle d'une barbarie nouvelle.» ["] • l'HEXAGONE I—m—J www.cdhexagonc.com essais 19,95 S Présentement en kiosque Dossier Quand la culture devient marchandise Textes de Normand Baillargeon, Pierre Boglioni, Jean Pierre Lefebvre et André Roy Entretiens avec Alain Finkielkraut et Pierre Hébert m m ï Le Couac, octobre 1999, page 7 La philo pour tous: (2/12) Les Sophistes Athènes, Ve siècle avant I.C.Le jeune Lâchés s'est levé tôt.Il a mal dormi et il est très excité.Protagoras est en ville! Et tout à l'heure, Lâchés va le rencontrer et, espère-t-il, être autorisé à étudier avec lui Protagoras va de cité en cité et il vend — fort cher — un enseignement qui attire de nombreux élèves.Protagoras se définit comme un sophiste et il n'y voit rien de péjoratif, bien au contraire.L'histoire va en juger autrement et elle portera sur les sophistes un jugement très sévère.On trouve encore des traces de ce jugement très négatif dans le langage courant où le mot «sophisme», rappelez-vous, désigne un raisonnement invalide qu'on a avancé avec l'intention de tromper, ce qui est très vilain.Mais ce jugement négatif a commencé récemment à être nuancé et beaucoup pensent désormais que les sophistes ne méritent pas vraiment la terrible réputation qui leur a été faite.Pour vous aider à vous faire une idée à ce sujet, suivons Lâchés, alors qu'il se dirige vers la maison où habite Protagoras lors de ses séjours à Athènes.Ce n'est pas sans raison qu'il est à ce point excité, Lâchés.Les Sophistes ont une immense renommée: Protagoras, bien sûr, mais aussi Hippias, Gorgias et bien d'autres encore.La raison de ce succès des Sophistes?H se comprend à partir de l'importante mutation de civilisation que la Grèce traverse alors.Lâchés, comme tout jeune Athénien, sait ceci: La Grèce archaïque (VIII et Vil s.av.J.C ), celle que chante Homère, reposait culturellement sur un idéal aristocratique qui exaltait les vertus de l'honneur et de la droiture de l'homme «beau et bon».Les explications données du monde y reposaient sur le mythe.Mais bientôt, dans ces petites cités indépendantes des bords de la Méditerranée, une mutation fulgurante prend place.On l'a nommé le «Miracle Grec», histoire de bien souligner à quel point elle a été remarquable.En un mot, les Grecs ont alors inventé une manière d'ériger en norme la raison et la rationalité.Par nature, les être humains raisonnent et ils ont évidemment raisonné avant les Grecs.Mais les Grecs inventent une manière particulière d'être rationnel.Ce qu'ils savent et que d'autres ont parfois su avant eux, ils le savent autrement.Des écoles apparaissent qui s'efforcent de donner des explications qui ne sont plus mythologiques du monde.La philosophie et la science naissent de cet effort.Autre chose.Dans le même temps, notamment à Athènes, l'ancien ordre aristocratique cède la place à la démocratie, à l'idée de citoyen prenant part aux affaires publiques, aux débats, à la parole, il est vrai que les femmes, les esclaves, les métèques sont exclus de la démocratie, mais l'idéal démocratique vient bien de faire son apparition.C'est ici que sont apparus les Sophistes.La vertu, assurent-ils, loin d'être innée, s'en- seigne et nous l'enseignerons à qui veut l'apprendre.Et puisque la démocratie suppose l'usage de la parole, pour convaincre, débattre, et ainsi de suite, nous enseignons à être un citoyen vertueux en enseignant notamment la rhétorique, l'art de bien parler en sachant convaincre, toucher, émouvoir.Lâchés espère sans doute assister à une de ces spectaculaires séances que donnaient les Sophistes pour prouver leur savoir-faire.Ils émerveillaient le public avec des jeux verbaux et logiques qui permettaient d'enferrer un adversaire et de le contraindre à se contredire ou à avouer qu'il ne savait plus bien ce qu'il voulait dire.Protagoras est aussi très sensible à la relativité des points de vue et il va en tirer les conséquences philosophiques.Au total, il soutient qu'il n'y a pas de savoir absolu, que les vertus sont relatives et qu'il faut renoncer à la vérité avec une grand V.Bref: l'Homme, dira-t-il en une formule célèbre, est la mesure de toute chose.La connaissance est d'abord affaire de sensation pour Protagoras et, on le sait, les sensations varient.Il fait chaud pour Untel, froid pour un autre, et chacun est mesure de ce qu'il ressent et de sa vérité.Il en va de même pour les valeurs et les vertus, dont sont mesure les conventions humaines.Les humains sont mesure de ces choses.En pratique, puisqu'il s'agit de vivre ensemble, tout est alors question d'adaptation prudente des individus, des discours, des pratiques, à un environnement social donné.Protagoras a inventé le relativisme de la connaissance qui débouche sur le relativisme sociologique, il a inventé en même temps une certaine idée de l'éducation adaptés à l'un et à l'autre.Ce n'est pas rien! Mais on voit bien que des questions restent posées.Lâchés sera-t-il meilleur, plus vertueux du seul fait qu'il aura du succès à Athènes grâce aux enseignements de Protagoras?Mais on soupçonne que le succès n'est pas plus un critère de vertu que le fait qu'une opinion soit convenue n'est un critère de sa vérité.On se dit alors que Protagoras nous présente un savoir qui, renonçant à toute certitude, n'en est pas un; qu'il nous plonge dans un flux incessant de sensations subjectives ne débouchant que sur des propositions relatives, provisoires, ne valant que parce qu'elles sont convenues.Faudrait-il renoncer au Vrai?À des Valeurs qui soient autre chose que de simples conventions toujours révocables?La philosophie occidentale se voudra anti-so-phistique.Socrate, Platon, Aristote feront tout pour se démarquer et démarquer leur entreprise de celle des Sophistes.On leur doit pourtant pas mal de choses.Leur attention au langage a débouché sur la rhétorique, la stylistique, la grammaire, l'éty-mologie et plus tard sur la logique.Leur curiosité encyclopédique leur a fait envisager une éducation formant à tous les savoirs et à toute les techniques.Mais c'est surtout sur le plan politique que leur héritage est le plus chaleureusement rappelé par leurs défenseurs.Car par leur renoncement à la Vérité avec un grand V, les Sophistes invitent à la modestie et à l'anti-dogmatisme dans les affaires humaines.Ils refusent l'idée d'experts, convient au dialogue démocratique, au débat, auquel chacun peut prendre part.En ce sens, ils seraient des précurseurs du Siècle de Lumières, les ancêtres de ces intellectuels engagés dans leur époque mais aussi conscients des limites tragiques de leur savoir.Les Sophistes, en ce sens, seraient des démocrates au fond très modernes et très proches de (certains d'entre) nous.À l'inverse, concluent ces défenseurs des Sophistes, les philosophes comme Platon, dont nous reparlerons, préfigureraient le dogmatisme des experts et le totalitarisme politique.Et pourtant, d'un autre côté, on sait bien à quels dérapages peut conduire le renoncement au Vrai et la soumission à la parole séduisante, celle que les sophistes ont aussi pratiquée et enseignée, qui serait peut-être aujourd'hui celle des démagogues de tout poil ou de la pub qui convainc sans s'adresser à l'intelligence.Fichtre: ce n'est décidément pas facile.RAYMOND-LA-SCIENCE baillargeon.normand@uqam.ca Remue-méninges Protagoras en cour On raconte que Protagoras accepta un jour un élève qui, désargenté, promit de le payer sitôt un premier procès gagné.L'élève termine son apprentissage.Il se refuse à plaider et Protagoras n'est pas payé.De guerre lasse, Protagoras traîne son élève devant le tribunal.L'élève s'avance: «ce procès est inutile, dit-il, puisque quel que soit le résultat, je n'aurai pas à payer Protagoras.En effet, soit le tribunal me donne raison et, en vertu du jugement, je n'aurai pas à payer.Soit ce tribunal me donne tort, mais alors, en vertu de notre entente, je n'aurai toujours pas gagné de procès et ne lui devrai rien » Erreur, dit Protagoras quand il s'avance à son tour.«Quel que soit le résultat, cet ancien élève devra me payer.Car ou bien je perds cette cause et en ce cas il aura gagné un premier procès et devra donc me payer, conformément à notre entente; ou bien je gagne cette cause et il devra encore me payer, conformément au jugement.» Ces jeux préfigurent la logique, qui sera bientôt développée et codifiée par Aristote dans une forme qui restera à peu près intacte jusqu'au XXe siècle.Les Grecs devaient découvrir un grand nombre de propriétés du raisonnement valide.Et même des paradoxes et des contradictions qui remuèrent les méninges de bien des logiciens et mathématiciens.Le FLQ n'est pas un mouvement d'agression, mais la réponse à une agression, celle organisée par la haute finance par l'entremise des marionnettes des gouvernements fédéral et provincial.Oui il y a des raisons à la victoire libérale.Oui il y a des raisons pour que certains puissent se payer des « vaisseaux d'or » avec de la belle zizique et tout le fling flang.Nous vivons dans une société d'esclaves terrorisés par les grands patrons.Débarossez-vous des Écoutez ^101,5 FM* r l'iuturifat «Plll I III I v 1 lifcï I hlîp://www.cibl.coni.org ou sur le câble* 106,1 Le visuel rend-il aveugle?Vous avez vu le film?Cela s'appelle Buena Vista Social Club, documentaire de Wenders sur quelques musiciens populaires cubains, plus ou moins réduits à l'inactivité après la révolution faute d'argent américain pour une night life qui avait été si florissante sous Batista.Le cinéaste a retrouvé la trace de ces artistes dispersés, les a réunis, les a fait jouer, ils jouent fort bien, le plus vieux d'entre eux, un phénomène, quatre-vingt-dix ans, mais toujours vert et, ma foi, admirable.D'autres sont quand même plus jeunes: la révolution n'a que quarante ans, après tout.Tous ces récupérés se produiront.Un sauvetage inouï.Le succès fut colossal.Ils ont joué à Amsterdam, notamment.Mais le triomphe, ce qui s'appelle triomphe, a eu lieu à New York, au Carnegie Hall s'il vous plaît, devant une salle comble et délirante, sous des vivats qui n'en finissaient plus, après une séquence montrant une promenade des musiciens dans la ville, ébahis par les buildings, ces derniers montrés eux aussi comme pour une apothéose, la ville toute en puissance, toute en feux éclatants, la civilisation quoi! la victoire de la liberté et de la vérité, nul doute! Dont acte.Qu'est-ce que nous faisons, nous à Cuba, avec une révolution sur les bras?.|e n'ai rencontré personne que ce film n'ait enchanté, séduit.Pour l'art qui s'y trouve.Pour la vie de la musique et pour la vie tout court.On n'y a vu que du (eu.Pas de réserve, d'aucune sorte.Pas de question.]e suis vraisemblablement le seul à être sorti de là dans une espèce de colère.Ce film excellent est une imposture subtile.Celle-ci me fait à moi l'effet d'une imposture violente.Le régime révolutionnaire dont la puissance américaine a fait sans interruption le siège, et le peuple qu'elle affame depuis quarante ans aboutissent symboliquement dans la liberté réactionnaire, grâce à monsieur Wenders.Le bonheur retrouvé où?Dans la capitale du capitalisme, par ces pauvres gens rescapés de la misère cubaine pourtant décrétée par rien d'autre que l'Argent même.Ce film, personne n'a l'air d'en apercevoir le subliminal message.L'œuvre se donne avec tout le soin voulu comme non politique.Imaginez un peu pourquoi a lieu et a été filmé ce triomphe incroyable d'une poignée d'artistes jusque-là malheureux, maintenant libérés du castrisme, devant le public argenté du Hall, un public qui n'en revient pas de retrouver en eux un Cuba légitime, ici à New York, de nouveau sous les fastes de l'impérialisme! Rapprochez cela d'autres séquences, à La Havane, les maisons lépreuses, des affiches gouvernementales elles-mêmes non entretenues, décrépites, annonçant en espagnol que "La Révolution est éternelle", ou portant en grosses lettres le nom de KARL MA X, grande affiche dont est tombé un R que personne n'a ramassé.Mais la critique de cinéma, qu'est-ce qu'elle fait?Le visuel rend-il aveugle?* + * C'est l'air du temps, je croirais bien.On gomme.Voici un autre cas.Vu et entendu, à RDI, début septembre, chez Maisonneuve.entre autres vasages de cette semaine-là soit sur Drapeau, soit sur Duplessis, quatre personnes réussir à parler de ce dernier pendant une heure sans évoquer les dures grèves qui se sont déroulées sous son règne et sous la matraque: entre autres, Sorel (1937), Asbestos (1949, celle-ci historique), Louiseville (1952), Murdochville (1956), tous cas de flagrante complicité avec le capital, tous marqués par la violence policière, y compris quelques tentatives d'assassinat par la police.Le dossier Duplessis est très chargé.Quatre personnes: un historien, deux ex-politiciens, un journaliste.Nul n'en a parlé.Même le journaliste, pourtant plus critique que les autres, semble avoir oublié de rappeler ces relents de la politique de république de bananes de l'Union nationale.PIERRE VADEBONCOEUR XYZ éditeur La biographie du maire de Montréal le plus populaire.et le plus populiste.Elu en 1928, Houde ne quitta la scène municipale qu'en 1954.Un inoubliable et faste règne ! Louis-Martin Tard Camillien Houde Le Cyrano de Montréal En vente dans toutes les librairies, 9,95 $ »__ Diffusion Prologue XV/.cilitt-ur 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: (S14) 525.21.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 Courriel : xyzed@mlink.net Le Couac, octobre 1999, page 8 En bref Laure Adler, après avoir signé une biographe de Marguerite Duras, propose cette saison une biographie d'Antoine Riboud, homme d'affaires, patron entre autres choses des yogourts Danone.Après la culture de gauche emballée sous vide, la culture de droite emballée avec une colonie de bactéries.Coco Richard Richard Cocciante, porte-parole des musiciens victimes de vilains avec des lunettes fumées : «Luc Plamondon a un contact très "relations publiques", pas moi.|.| Ce qui a été dur pour moi a été d'assister à l'élimination de mon personnage» (Le Monde 10-10).Après l'élimination du personnage, à quand l'élimination de ses mélodies?Misère La biographie autorisée de Ronald Reagan vient de paraître Livre «Des tonnes de crachat sur la criticature» De la théorie LEO FERRE Après le lancement de Miracle à Memphis pour la fête nationale à Elvis Gratton, le I" juillet, je me suis tapé l'autobiographie de Chaplin, histoire de me remonter le moral.Les Éditions Robert Laffont viennent de relancer «l'histoire de ce génie», comme ils disent dans leur présentation.l'aurais voulu vous parler de ce génie, comme le définissent, aujourd'hui, à l'unanimité les bureaucri-tiques et les petits professeurs de cinéma.Mais le Chaplin qui à chaque film s'arrache les tripes et meurt de peur, ne sait pas encore qu'il est un génie.Ni les minables trous du cul, journaleux, politiciens de droite ou censeurs patentés, qui lui crachent dessus, l'aurais aimé vous parler de cette idée du génie consacrée quelques années plus tard par les mêmes trous du cul.Toujours à l'unanimité.l'aurais voulu aussi vous parler de la biographie de Sartre et de celle de Léo Ferré, deux immenses bon-hommes ni toujours purs, ni toujours durs contrairement aux clichés éculés des penseurs à casquettes de scrou.Des hommes bourrés de contradictions, mais du moins terriblement vivants.C'est rassurant dans un monde où on voit ramper autour de soi des cadavres ambulants, des intellectuels embaumés d'avance, des artistes pourrissant sous les médailles et les honneurs.Mais je vous parlerai de Miles Davis et de lames Baldwin.Pourquoi ces deux grands artistes afro-américains?Tout simplement parce qu'ils m'ont sauvé du désespoir où me plongeait la série de textes fumeux du Devoir, «Repenser la nation».Semaine après semaine, pas le début du commencement d'un projet de brouillon d'idée qui puisse nous aider, collectivement, à mettre un pied devant l'autre, sur le long chemin de la libération nationale.Du vent.De l'air.Le vide intersidéral.Mais enveloppé de jolies formules universitaires.Embaumé de jargon vaguement scientifique.On dirait que ces belles âmes s'écoutent penser, isolées dans leurs bureaux universitaires en gyproc brun, à mille lieues du monde réel, grossier et vulgaire du néo-colonialisme canadien.On dirait qu'ils s'entreregardent jongler avec leurs concepts parfaitement inutiles, leurs grilles d'analyse d'urine, leurs montagnes de paperasses jaunies et sans âme.Heureusement il y avait Cantin, Baum et un jeune, dont j'oublie le nom, qui nous a parlé de républicanisme.Et j'ai manqué le texte de Bouchard.Le reste?Un désert d'idées.Si c'est tout ce que le peuple québécois a produit comme intellectuels ou plutôt comme pseudo-intellectuels, vaut mieux se suicider tout de suite.Collectivement, comme à lonestown ou à Waco.Miles Davis, lui, il souffle dans sa trompette comme un fou.Il crache sa joie, sa peine, sa rage.Les joies, les peines, les rages de son peuple.Il enrichit la culture universelle, à partir de sa condition de fils ou de petit fils d'esclaves.Il est brillant.Arrogant, ce nègre, avec sa Ferrari.Baveux Et fier.Droit.Debout.Et il crie, il baise, il compose.Il se démène comme un diable, en son nom et au nom de tous les siens.Il vibre au diapason de son peuple opprimé.Il n'oublie jamais d'où il vient, où ont poussé ses racines.Magnifique.Baldwin, pareil.Avec sa plume, ses tripes et son cerveau, il participe à la lutte commune, à son niveau.Lui, le petit homosexuel noir, il proteste, il dénonce, il s'indigne, il hurle, il encourage.Il voit mourir King, Malcom et les autres.Il défend les Black Panthers.Pour Baldwin, l'écriture n'est pas un jeu stérile pour le jet set universitaire ou médiatique.Il écrit pour survivre.Pour lui et pour tous les autres.Ses idées ont le poids du sang, des larmes et de la sueur.Elles sont nécessaires, essentielles comme l'eau ou le pain.Vitales.Il y a chez lui une nécessité, une urgence, comme chez Miron, Perrault, Vadeboncceur ou Dumont.Urgence de penser.Urgence de comprendre et de dire.Pour ne pas périr.Pour vaincre.Et il travail en toute humilité.Il fait simplement son métier d'intellectuel organique qui est de ne pas parler pour ne rien dire.«The fire next time.» Pour terminer, une petite phrase ramassée parmi mille autres dans la biographie de lames Connolly, ce nationaliste et révolutionnaire irlandais exécuté par les Britanniques après le soulèvement de Pâques à Dublin.Incapable de se tenir debout, à cause de ses blessures, on l'a fusillé assis sur une chaise.«Less theorising and more fighting.» PIERRE FALARDEAU Charles Chaplin, Histoire de ma vie.Robert Laffont.Miles Davis et Quincy Troupe, Miles, Presse de la Renaissance.Robert Belleret, Léo Ferré, une vie d'artiste.Actes Sud.C.Desmond Greaves, The Life and Times of \ames Connoly, Lawrence and Wishart lames Baldwin, Chassés de la lumière, Livre de poche.Laisse courir ta plume Une fin d'été de petite misère, comme ce que la télévision nous a présenté durant les vacances.Plein de vieux documentaires sur les chimpanzés, à croire qu'on habite tous la planète des singes, dans l'épaisseur de la simagrée et de la grimacerie.Pendant qu'on abîme de bêtises les enfants de Duplessis qui ont bien raison de se plaindre de l'État-Providence, on réhabilite le père de la Grande Noirceur, lean Drapeau meurt enfin mais c'est pour mieux ressusciter comme idole, avec cette vieille tantouze de Claude Charron pour lui mousser le créateur.Du bord de Pierre Bourgault, ça ne va pas mieux non plus : ses chroniques dans Le ]ournal de Montréal auraient pu, cet été, être signées par Roger-D.Landry tellement elles étaient pitoyables.Pensez donc ! Les syndicats ne sont même plus démocratiques comme dans ce temps béni de Ti-Oui Laberge qui fut pourtant mis en prison pour avoir dit qu'il fallait casser le régime à tout prix ! Et toutes ces niaiseries qui sont venues du Bloc québécois, à coiffer le bonnet d'âne tous les jours ! Et le gouvernement bancal du capitaine Achab enlisé dans ses foutues conditions gnagnantes ! Que vive heureux le peuple des babouins émasculés ! V Jacques Ferron (1921-1985) est l'un des grands prosateurs du Québec.Tout l'esprit de cet écrivain anticonformiste se trouve dans les lettres de jeunesse que viennent de paraître.à ses deux soeurs Madeleine et Marcelle.Du côté paternel, on a affaire à un monde petit-bourgeois, affairiste et politicien; du côté maternel, c'est la neurasthénie, la tuberculose, voire même la folie : lacques Ferron a longtemps cru que le grand-père Caron, complètement halluciné, était mort à l'asile de Beauport.Quant à sa propre mère qui faisait de la peinture, elle se laissa emporter par la maladie dans la fleur de l'âge plutôt que de résister.Et c'est d'abord ce que racontent les lettres du jeune lacques Ferron : quand on devient orphelin de mère et qu'on est l'aîné de la famille, quel comportement doit-on tenir ?Avec ses soeurs, Ferron adopte la pose olympienne du protecteur; il sermonne, donne des conseils, critique et ironise, surtout aux dépens de Madeleine qui rêve elle aussi à l'écriture malgré la mentalité de nonnette qui l'habite.Elle parle pointu, tire du grand et a toujours les fesses serrées.Tout le contraire de Marcelle, dissipée et exubérante.Par endroits, on frôle le fantasme i ncestueux, comme dans cette lettre à Marcelle, Ferron y écrivant : Mais trêve de cochoncetés puisqu'il nous reste au moins lacques Ferron à lire et à relire, grâce au courage de l'éditeur lacques Lanctôt qui a entrepris la publication des Cahiers }acques-Ferron.Deux cahiers ont été édités jusqu'à maintenant : Papiers intimes et Laisse courir ta plume.Que voilà de la belle ouvrage, admirablement bien commentée par Ginette Michaud et Patrick Poirier.Que voilà aussi une essentielle introduction à l'œuvre de celui qu'on appelait l'Oracle de Longueuil, un médecin qui faillit pourtant devenir notaire pour faire plaisir à son père qui faisait partie de la confrérie tout en étant un important organisateur d'élections pour le Parti libéral.Dans Papiers intimes comme dans Laisse courir ta plume, c'est le lacques Ferron de l'enfance et de l'adolescence qu'on découvre grâce aux lettres qu'il écrivait à sa famille et plus particulièrement «le veux devenir maniaque, puisque tu prétends que je serai célibataire étant trop lent et d'un nez trop long; mais n'oublie pas ma sœur que monsieur |os Lambert vit avec sa sœur loséphine; tu seras ma loséphine !» Tout l'esprit de lacques Ferron se retrouve donc dans ces lettres qui constituent l'apprentissage brillant et émouvant du plus grand écrivain que le Québec ait produit.À ceux qui en douteraient encore après la lecture de Papiers intimes et de Laisse courir ta plume, je leur conseille d'acheter Le ciel de Québec que Lanctôt Éditeur vient aussi de republier.Us en oublieront la planète des singes sur laquelle on a vécu tout l'été, entre la tantouze Claude Charron et la mort de Pierre Bourgault comme chroniqueur, avec, en plein milieu, le capitaine Achab, ses conditions gnagnantes et la gueule de bois qu'il nous donne à tous.VICTOR-LÉVY BEAULIEU Modeste Sollers Philippe Sollers à qui on a demandé d'indentifier les livres les plus importants du siècle cite Femmes, de Philippe Sollers bien sûr, et Sollers écrivain, de Roland Barthes (Livres Hebdo, 3-9).C'est pas modeste ça?É m 9 Solidarité avec les hamburgers Les restaurants Planet Hollywood ne cessent de connaître des ennuis.La chaîne du gros Stallone et de ses amis les vedettes est surendettée.A quand une nouvelle manifestation monstre à Montréal pour soutenir ces entrepreneurs en détresse?Qu'attend le maire Bourque pour intervenir?Stratégie À l'affiche dans 117 salles en France, Les Boys 2 n'attire que sept spectateurs par projection.Commentaire du producteur français Claude Berri: «Faites jouer la Zamboni par le gros Depardieu.» Nomination Mario Roy, ancien responsable du cahier culturel de La Presse, a été nommé éditorialiste.C'est bien la preuve qu'il était nul.Le du cinéphile las La cinéphilie contemplative Il m'arrive d'avoir des discussions avec des amis au sujet de la critique de cinéma.Souvent, nous nous demandons si l'approche traditionnelle, qui consiste à faire la recension des films à l'affiche en descendant les navets et en encensant les grandes œuvres, ne comportait pas quelques limites.Car cette approche, qui fonctionne au cas par cas et que l'on pourrait qualifier de «cinéphilie contemplative» (Oh! Le beau film! Oh! Le mauvais film!) devient tellement attendue, prévisible.Les distributeurs de film le savent si bien qu'ils sont en mesure d'évaluer l'accueil que recevra leur film.Et s'ils savent que celui-ci n'est pas du genre à plaire à la critique, ils éviteront de le présenter en projection pour la presse.Et quand les premiers articles paraîtront, la gent critique se défoulera comme des ados de Littleton en déversant sa rage sur la chose.(On a assisté à cela cet été.) La critique de cinéma devient redondante.Elle s'enferme dans un discours ronronnant dont la rhétorique d'usage l'emporte sur le jugement, l'analyse et la mise en contexte.Plusieurs textes sont comme un assemblage de mots choisis avec goût mais qui paraissent surfer sur du vide (et je m'inclus là-dedans).Exemple: «Attendu depuis plusieurs années, le dernier opus de (nom du cinéaste) réjouira ceux qu'inquiétaient les récentes dérives de cet auteur.(Titre) s'avère somme toute une œuvre sympathique, d'ailleurs l'une des meilleures de la saison.Il fait bon s'y laisser emporter, car elle apporte un peu d'air frais dans une filmographie qui tardait à se renouveler.» «Comment rester insensible aux charmes de (titre)?Cet (homme/femme), ancien assistant de (Scorsese ou Rivette), a définitivement retenu les leçons de celui qui fut son mentor, mais (il/elle) les a, en quelque sorte, mûries.Les plans, d'une beauté à couper le souffle, évoquent (Lars von Trier ou Régis Wargnier, au choix).Par la force d'un montage d'une précision diabolique et d'un scénario habilement ficelé malgré ses quelques longueurs, (réalisateur) arrive à nous faire croire au drame de (personnage), jeune (fille/homme) comme il s'en rencontre beaucoup de nos jours.» «Il faut dire que la photographie somptueuse de (chef opérateur) souligne avec délicatesse les émotions des personnages.Ajoutons que (acteur/actrice) est une découverte qui se révèle une véritable force de la nature.Bouleversant de naturel, il défonce littéralement l'écran.Un nom à retenir.Quant à (acteur/actrice), (il/elle) tire élégamment son épingle du jeu.Un film délicieux à ne pas manquer.3 étoiles sur 5 » Cette année, mon travail m'a tenu loin du Festival des films du monde, l'ai lu les critiques de films dans les quotidiens.Ces textes ne me disaient pas grand-chose sur le cinéma, sinon que Machin-chose a bien aimé ceci, que Untel a détesté cela, qu'il y avait bien des films moches et quelques trucs biens, je sais pourtant que les critiques - surtout ceux des quotidiens écrits et électroniques - travaillent fort, surtout en période de festival, mais leur travail repose sur une conception stakhanoviste du compte-rendu, de la copie à produire.Et le cinéma, si vous voulez mon avis, n'en finit pas de se porter plus mal.Dans UActualité, Richard Martineau écrit, au sujet de South Park: «Autres adeptes du low-tech: Trey Parker et Matt Stone, les créateurs de la série de dessins animés South Park.|.| Ces deux zigotos se foutent complètement de la réalité virtuelle et des «nouveaux médias»; ils continuent à découper leurs personnages dans du bon vieux papier de bricolage.» Ça fait belle lurette que les «deux zigotos» ont abandonné leur papier de bricolage pour utiliser l'ordinateur.Le dernier bout de papier auquel ils ont touché est leur chèque de redevance sur la vente des produits dérivés.Morale: faut pas croire ce qu'on lit dans les revues de dentiste.Lu dans le site (nfoculture de Radio-Canada: «Une centaine de personnes ont manifesté hier à l'occasion de l'ouverture du Festival international des films de Toronto.La manifestation, organisée par la Coalition ontarienne contre la pauvreté, visait à démontrer aux invités du festival que la pauvreté est encore bien présente dans la métropole.Le cinéaste canadien Atom Egoyan a réagi en dédiant son nouveau film aux sans-logis.» Un type engagé, cet Egoyan.Les amis, je vous quitte, le veux dire: je reste au Couac, mais je quitte cette page.Vous venez de lire la vingt-quatrième chronique de la série.C'est la dernière.Mais une petite chose avant de terminer.L'été dernier, je vous entretenais du producteur Roger Frappier À un journaliste de Qui fait quoi, il déclarait que tous - y compris les journalistes - devaient participer à la mise en marché des films.Or, sa compagnie Max Films produit cette année une émission sur l'actualité du cinéma qui sera diffusée à Télé-Québec dès le 7 novembre (avec cette gougoune de lean Barbe comme chef de pupitre et co-anima-teur).La business de Frappier tend un peu vers la concentration verticale.Et c'est notre tévé nationale qui est derrière ça, en plus.Mes camarades critiques n'ont rien écrit à ce sujet.Pourquoi ne sautent-ils pas sur leur plume pour dénoncer tout ça?Parce que s'attaquer à quelqu'un comme Frappier risque de leur nuire professionnellement.Alors, ils font de la cinéphilie contemplative.Réflexe de protection.MARCO DE BLOIS marco@lecouac.net
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