Le couac, 1 novembre 1999, novembre
Courrier des lecteurs page 2 Lettre ouverte à Louise Cousineau, chroniqueuse à La Presse I Confit d'intérêts page 5 1 Découvrez le merveilleux monde de Brian Mulroney.fuvres" ^age^n H* mmtm Pierre Vadeboncœur se penche sur la nouvelle barbarie décrite par Paul Chamberland LU O CD t- V.LU -LU III z O en OC O LU en o en E Z —i LU S LA B LU LU —1 Z Un drôle d'oiseau 4911 SIC Vol.3 • n° 2 Novembre 1999 2,25$ pas en colonisés de service.C'est en lisant le Globe and Mail qu'on apprend quel genre de fonctionnaire est Rabinovitch: un homme de main de lean Chrétien.Un homme sûr.Triste quand même et en même temps révélateur, que l'information nous vienne de Toronto, parce que ce Rabinovitch, il travaille à deux pas, sur la rue Peel, dans l'ancien édifice de l'Hôtel Windsor, le le sais parce que j'y suis allé.Comme un innocent.Un amateur.Il y a une jolie plaque de métal à la porte.Ça dit «Claridge» tout simplement.Pour «Claridge Inc», une petite business des Bronfman.Contrôlées par quelle branche de la famille?je l'ignore.Et ce conglomérat, à quoi ça sert?Un amateur, je vous dis.L'affaire Rabinovitch Grossier et vulgaire Al'émission «Machin-Culture» ou un truc du genre à Radio-Cadenas, on annonçait, l'autre jour, la nomination de Robert Rabinovitch au poste de président de la SRC On précisait, tout en ne précisant rien du tout, suivant les bonnes habitudes de la maison, que le nouveau patron avait fait carrière dans la fonction publique.Point.Mais quelle fonction publique?Où?Quand?Comment?Avec qui?Aux ordres de qui?Pourquoi?Bref, le genre de questions à ne surtout pas demandera des journalistes de la presse québécoise écrite, parlée ou télévisuelle.C'est vrai qu'en ces temps de débandade et de débâcle générale vaudrait mieux oublier le terme de «presse québécoise» et revenir à celui beaucoup plus juste de «presse canadienne d'expres-sion-francophone-d'un-océan-à-l'autre».Soyons clair.Ces journalistes canadiens d'expression-francophone etc.ne sont pas du genre à questionner trop, trop, le boss.D'abord, c'est fatigant Ensuite, quand on chie dans seb culottes, vaut mieux rester assis sur son cul médiocre; c'est moins compromettant.En ce qui concerne Id télévision et le cinéma, vaut mieux se cantonner dans la critique de téléromans de mêmes ou, pour les films, dans le collage de petites étoiles dans la marge, comme des maîtresses d'écoles bien dressées.Aux petites étoiles certaines préfèrent les petits cassots de pop-corn.Ça fait plus «entertain-ment business» Mais pour comprendre minimale-ment les enjeux politiques de cette Opération «Conquête des cœurs et des esprits» de la SRC, vaut mieux se tourner vers Toronto.Les journalistes y sont moins nuls.Même ceux de Conrad Black, les plus à droite.Eux au moins ne pensent Tout ce que je sais, c'est que Rabinovitch y travaille comme « Executive vice-pres-ident», tout en s'occupant de quelques «bineries» genre Cine-plex Odeon, Netstar Communication et Home Satellite Broadcasting.Il s'occupe aussi d'autres petites affaires comme Mexlink Communications, Nunavut Trust, Policy Review Panel et Prime Restaurants Group C'est tout?Oui.À peu près l'oubliais, il siège aussi au Board of Governors de McGill avec Gretta.Vous savez Gretta, la sœur de Charles Taylor, le grand philosophe de la question nationale, très à la mode ce temps-ci à Voir, au Devoir et au pouvoir.En plus, il a travaillé comme conseiller au Order of Canada Comit-tee en 1985-1986.l'arrête là avant de me faire accuser encore une fois par Odile Tremblay de m'intéresser à l'origine ethnique des gens ou à leur origine de classe.C'est paraît-il très grossier et très vulgaire.|e laisse donc la parole aux journalistes du Globe and Mail qui sont moins grossiers et moins vulgaires.Ils sont aussi plus professionnels, moins naïfs et mieux payés qu'un amateur dans mon genre.Lisez: «Les liens de M.Rabinovitch avec le Parti libéral fédéral remontent à 1968, alors qu'il était haut fonctionnaire sous plusieurs gouvernements successifs de Pierre Elliott Trudeau.Il a fait partie d'un comité sur l'unité nationale, au bureau du Conseil privé, qui était mandaté pour prévenir une victoire du OUI au référendum [.] en 1980.» Et plus loin, on apprend que Rabinovitch «a été sous-ministre aux communications» puis qu'il «a occupé une haute fonction au sein du Secrétariat d'État jusqu'à son congédiement en 1986 alors que le premier ministre [.,[, le conservateur Brian Mulroney, avait limogé plusieurs hauts fonctionnaires qui avaient des liens avec le Parti libéral.» Enfin, on apprend que cette nomination met fin «à plusieurs semaines de lutte entre les partisans de Rabinovitch et ceux de lames McCoubrey, l'actuel président intérimaire de la SRC et le candidat préféré de Guylaine Saucier, la présidente du conseil d'administration |.|.Cette dernière serait une proche du premier ministre lean Chrétien Toutefois, M.Rabinovitch serait un ami du principal conseiller du premier ministre, Eddie Goldenberg Enfin, Rabinovitch aurait reçu l'appui de la ministre du Patrimoine Sheila Copps.» Comme on peut le voir, les intérêts du peuple sont entre bonnes mains Ces gens-là veulent notre bien.et ils vont l'avoir.Moi, je trouve tout cela plutôt «shocking» et même plutôt grossier.Même très vulgaire.Pas vous messieurs les journalistes canadiens d'expression francophone-d'un-océan-à-l'autre?Ah! oui, j'oubliais.C'est moi le grossier, le vulgaire, le malpropre.Ça ne vous dérange pas cette intégration verticale totale de la SRC et du gouvernement canadien, bordel de criss?Ce contrôle sans faille du sommet de la pyramide jusqu'à sa base?Du Conseil d'administration jusqu'à la salle des nouvelles?PIERRE FALARDEAU Réduire les impôts?Non merci! Réduire les impôts.La promesse avait été lancée par le Parti libéral lors des dernières élections provinciales.Pris de court, le Parti québécois avait rapidement copié son adversaire.Cette politique semble d'ailleurs très populaire.Pierre-Yves Serinet coordonnateur et porte-parole de Solidarité populaire Québec, une coalition nationale regroupant des groupes populaires divers (étudiants, jeunes, syndicats, femmes, etc.), ne voit pas d'un bon œil la réduction des impôts.Son message est clair: «Non à la baisse des impôts!».En échange, il propose une véritable réflexion sociale.N'avez-vous pas le sentiment de ramer à contre-courant?Lorsqu'on demande aux gens s'ils souhaitent une baisse d'impôts, ils sont généralement d'accord.Mais si on demande aux gens de choisir entre une baisse d'impôts et une amélioration des services publics et des programmes sociaux, environ 75% des répondants privilégient une amélioration des services sociaux en éducation, en santé, etc.On nous explique pourtant qu'une gestion privée de la santé, par exemple, coûterait beaucoup moins cher et serait plus efficace.Des études au sujet de l'assurance médicament ont démontré qu'une gestion publique était plus efficace et moins coûteuse qu'une gestion privée, pour la simple et bonne raison que l'État dispose d'une infrastructure déjà existante, d'un vaste réseau informatique et de l'information pertinente.D'ailleurs, l'objectif du secteur privé est de faire des profits et non de s'occuper des besoins des gens.Ceux qui prônent une réduction d'Impôts n'ont-lls pas un bon argument lorsqu'ils soulignent que les Québécois sont les plus Imposés d'Amérique du Nord?Il est malhonnête d'uniquement comparer les taux d'imposition sans tenir compte des ser- vices publics offerts.Une étude du gouvernement lui-même démontre que le coût de la vie est moins élevé à Montréal qu'à Toronto et que dans la majorité des villes d'Amérique du Nord, précisément grâce aux programmes sociaux offerts par l'État.Bien sûr, on parle beaucoup des médecins, des infirmières ou des universitaires québécois qui s'exilent aux États-Unis.Mais la santé et l'éducation sont justement deux secteurs où les coupures ont été drastiques ces dernières années.Un Québécois va travailler aux États-Unis parce qu'il sait que ses conditions de travail seront meilleures : moins d'heures de travail, de meilleurs équipements, etc.Il n'est par contre pas nécessairement plus riche aux États-Unis car il doit payer pour des services qui sont ici publics.Nous voulons donc que les gens réfléchissent aux conséquences d'une réduction d'impôts ainsi qu'au rôle qu'ils veulent donner à l'État.Les citoyens doivent se demander s'ils sont prêts à sacrifier les CLSC, à voir les frais de scolarité encore augmenter, à payer plus de taxes municipales — tout cela pour une réduction d'impôts au provincial Les associations patronales affirment tout de même qu'une réduction d'Impôts stimulerait l'économie et créerait des emplois.La firme Informetrica a effectué une simulation économique pour le Canada révélant que si le gouvernement investissait un milliard de dollars — le montant qu'il promet de réduire en impôts — de plus dans la santé et dans l'éducation, cela produirait 25 000 nouveaux emplois dès la première année.Comparativement, une baisse d'impôts d'un même montant ne générerait que 9 000 nouveaux emplois.Mais le poids des Impôts entraîne des tensions entre les citoyens eux-mêmes.En effet, toute la frange inférieure de classe moyenne, très proche du seuil de la pauvreté, commence à développer un sentiment de ressentiment envers les plus pauvres.Il y a rupture de solidarité mais on se trompe de bouc émissaire.Il faudrait débattre de la contribution des entreprises qui elles aussi bénéficient des services publics et des infrastructures telles que les routes par exemple.Ces entreprises reçoivent des subventions, des crédits d'impôts en recherche et développement, etc.Mais elles ne participent pas suffisamment au au financement de l'État — elles ne contribuent qu'à 20% aux fonds publics — et ce sans rendre réellement de comptes sur l'usage quelles font des deniers publics.Les cas d'entreprises subventionnées pour se réorganiser et qui finalement mettent à pied des centaines d'employés sont aussi courants que bien connus.Pourquoi d'ailleurs les médias accordent-ils tant d'importance aux porte-parole de la Chambre de commerce et aux associations patronales dans ce débat sur la réduction des impôts?Ne parle-t-on pas d'une baisse d'impôts des individus et non de la fiscalité des entreprises?En principe, les impôts des particuliers ne devraient pas concerner les entreprises.Mais les associations patronales désirent évidemment que l'État se retire de plus en plus pour que l'entreprise privée puisse prendre la relève et faire des profits.Leur avis sur la question est donc très intéressé.Propos recueillis car FRANCIS DUPUIS-DÉRI Pour communiquer avec Solidarité populaire Québec: téléphone: {514] 598-2000; télécopieur |5I4| 598-2083; courriel: spq@cam.org; site internet: www.cam.org/~spq.Les estropieurs Géographe, Bill Clinton confond sans hésiter le Québec avec la France Quand on représente un Empire, Ja confusion s'explique puisque, après tout, on possède le tout.De passage au Québec donc, Bill Clinton affirme que le fédéralisme est un système merveilleux.Un système plein de grâces.Un système qui permet de parfaites nuances.Il s'en est suivi une réaction en chaîne parfaitement prévisible: suffocation de colère chez la plupart des provinciaux à la petite semaine qui siègent à Québec sur leur belle insignifiance; bonheur et contentement quasi indicible chez les nationalistes canadiens qui siègent en compagnie de leur arrogance à Ottawa.Bill Clinton voit pour ainsi dire une menace dans toute remise en question d'un système qu'il juge, lui, formidable.Mais quelqu'un s'est-il seulement demandé qui parle?Et de quel droit?Et au nom de quoi?Le président de la première puissance du monde, consacré par les intérêts des capitaux et du pouvoir qui en découle, et des circuits de ce pouvoir.Va-t-on me dire que je suis anti-américain pour signaler une évidence dont le poids compte tant?Ainsi donc, le premier homme des États-Unis perçoit une menace.Tiens donc! Comme si ce n'était pas lui le danger qui guette, qui voit et qui frappe pour son profit.Depuis un siècle.Jean Chrétien, en modèle de dignité pensive, a approuvé les sages paroles de Bill avant d'aller jouer avec lui une petite partie de golf.Connaissez-vous quelqu'un qui a déjà vu se manifester la déconfiture de notre système sur un terrair.de golf?Non, bien sûr.Et on vous a déjà dit, évidemment, que quand le golf va, tout va.Les Canadiens sont de plus en plus mécanisés, à l'image des Américains.Ils n'ont donc plus à s'inquiéter des ratés continuels du système dans lequel ils vivent.Les structures sociales, politiques, économiques sont parfaites, puisque le président américain les approuve.Surtout, il faut combattre l'émergence de toute réalité nouvelle.11 faut s'empêcher de tout repenser à neuf.En un mot, il faut applaudir tous les estropieurs d'indépendance.En 1993, lean Chrétien s'est fait étire en promettant de rétablir certaines distances avec les États-Uniens.il s'opposait alors avec vigueur au principe même de ce qu'on nomme pudiquement le «libre-échange».Son prédécesseur, Brian Mulroney, avait chanté à Québec avec Ronald Reagan et sa femme.Puisqu'il fallait bien s'en distinguer, le Parti libéral dénonçait ces élans pro-américains.Chrétien était contre un rapprochement avec les États-Unis.Ses lieutenants étaient contre.Mais arrivés au pouvoir, pour ne pas risquer un affrontement, les lieutenants et le chef agissent comme s'ils étaient pour.D'une chose à l'autre, tout change sauf ceci: on prend toujours le peuple pour un gamin imbécile.En dix ans, l'intégration économique avec les États-Unis a doublé.Une intégration socio-culturelle de plus en plus poussée s'en est suivie.Raymond Chrétien, proche parent de Jean et ambassadeur du Canada chez nos voisins du Sud, souligne avec fierté au Hew Yorfe Times que «moins de 1% de nos échanges sont sujets à des questions juridiques».Les États-Unis exportent désormais au Canada plus que toute l'Europe de l'Ouest.Et savez-vous que les terrains de golf n'ont jamais été aussi fréquentés de part et d'autre de la frontière?Ce qui importe à tous nos estropieurs, c'est le maintien, dans un ordre végétatif, d'un régime de puissants que l'on engraisse de nos vies.Surtout, que les esprits ne tempêtent pas pour que les tirelires continuent de se vider au profit de qui vous savez.Bill Clinton est venu consacrer un peu de son temps personnel au Canada pour le remercier de ses beaux efforts en ce sens.C'est la politesse du grand au petit.Le lendemain de son grand battage en faveur du fédéralisme canadien, Bill est revenu aux choses sérieuses, il a conclu une entente avec lean Chrétien au sujet de la technologie militaire des deux pays, il y aura désormais plus d'échanges.Bravo.Aurons-nous enfin la chance de connaître le bonheur d'accueillir de nouveaux essais de missiles en territoire canadien?JEAN-FRANÇOIS NADEAU Le Couac organise une discussion publique sur la réduction des impôts.Participeront entre autres Pierre-Yves Serinet, de Solidarité populaire Québec (voir entrevue ci-contre), et François Pate-naude, collaborateur au Couac et membre de la chaire socio-économique de l'UQAM.Modérateur: Francis Dupuis-Déri.Quand?Lundi 8 novembre, 19h30 Où?Au resto bistro Le Pictavien, 300 Duluth Est, Montréal Info: (514) 279-0247 IS lit Le Couac, novembre 1999, page 2 MACADAM TRIBUS Un reportage presque imaginaire D'une île à l'autre: Jersey Jersey est la plus grande et la plus méridionale des îles anglo-normandes.Quoique loyale à la Grande-Bretagne et reconnaissant la souveraineté de sa majestueuse Elizabeth 11 d Angleterre, l'île ne fait pas partie du Royaume-Uni, pas plus qu'elle ne fait partie de la France, même si son histoire s'y rattache et qu'elle est peuplé de descendants français et anglais, qui vivent en harmonie parfaite.À preuve, il semblerait que la force policière bilingue des îles lersey ait éprouvé certains problèmes de communications lors d'une récente intervention visant à ramener le calme dans une discothèque de St-Hélier, le chef-lieu de lersey.Selon Mike Wavell, secrétaire du commissariat central de l'île, cet incident illustre éloquemment les difficultés qu'éprouvent les forces de l'ordre, l'une anglaise, l'autre française, à exercer leur métier côte à côte.Plus de 45 adolescents autrichiens, en visite sur l'île, auraient été victimes de harcèlement à la sortie de la discothèque Venue, un club réservé au moins de 18 ans situé sur la rue Beresford.Le constable français Bob Duc le Breton serait arrivé le premier sur les lieux, suivi quelques minutes plus tard du sergent lohn Rothwell.Ce dernier se serait enquéri auprès de son homologue trançais des causes du grabuge.Le Breton lui aurait répondu «Il y a eu assaut».Ce que Rothwell a interprété comme un mot anglais qui ressemble à assaut, mais qui peut être perçu comme une insulte visant une région bien précise du corps humain.Rothwell a rétorqué par un «Is, that true duke».ce que le constable Le Breton a interprété comme une insulte visant la même région corporelle.Les deux constables en sont venus aux coups et ont dû être séparés par les étudiants autrichiens, eux-mêmes séparés par de jeunes jersiais, les insultant tout en les aspergeant de ketchup et de moutarde de Dijon, selon leurs origines ethniques.Le secrétaire du commissariat déplore ces événements disgracieux et recommande fortement la distribution d'un glossaire pour aider les deux corps policiers à mieux se comprendre.Les deux constables impliqués dans ce triste événement ont été réunis pour qu'ils puissent s'expliquer.Rothwell, le premier à prendre la parole, a déclaré à Le Breton: «le te pardonne».Le Breton a répondu «Pars donc toi-même, pauvre rosbif demeuré».Les deux policiers en sont à nouveau venus aux coups.Leurs supérieurs ont tenté de les séparer à plusieurs reprises mais n'arrivent pas à réunir les conditions gagnantes IACQUES BERTRAND http.V/radio-canada ca/refuge/macadamtribus/index html par Philippe Gauthier & Francis Dupuls-Déri Petit lexique du Québec contemporain Rigueur n.f.Politique que proposent les politiciens quand ils n'ont plus les moyens d'être laxistes.Route n.f.Bitume embouteillé au Québec, prescrit par le médecin et héros canadien Norman Bitume (cette définition est une comandite de Patrimoine Canada).Rural adj.Se dit des endroits où l'on vit en rang.Dicton rural : La bouse ou la vie.Saint n.m.Patron des villages.Salaire n.m.1.Mauvais traitement : selon les employeurs, le salaire est un fardeau qui freine la prospérité du Québec.2.Salaire minimum, ça a l'air minimum.3.Salaire maximum, selon votre patron, celui que vous recevez en ce moment.Science n.f.1.Processus syncrétique de construction épisté-mologique dont l'approche méthodologique repousse la tentation téléologique et propose de systématiser et de théoriser l'organisation du chaos selon des paradigmes à caractère ontologique et phénoménologique et de la décrire en suivant une sémiotique positiviste quantitative niant l'indétermination qualitativiste, nous permettant ainsi de beaucoup mieux comprendre l'univers.2.Science politique, discipline qui tente de déterminer si des politiciens laissés en liberté dans une salle de grande dimension peuvent retrouver seuls leur siège à la sonnerie d'une cloche.3.Sciences pures, étude de l'infi-niment grand et de l'infiniment petit effectuée par des méthodes infiniment coûteuses par des gens infiniment prétentieux : Tout corps plongé dans l'eau déplace un volume égal à son égo (Psaume des sciences pures, verset 3,1416 du Quantique des Quantiques).Scrutin n.m.(étym du latin scrotum) 1.La veille de la journée où les politiciens commencent à regretter leurs promesses.2.Scrutin à main levée, hold up.3.Scrutin proportionnel, mode de scrutin dont l'attrait pour un parti est inversement proportionnel à la proportion de sièges qu'il détient au parlement : le principe du scrutin proportionnel est .Sénat n.m.Musée de sir Sexisme n.m.Le plus fidèle ami de l'homme.COURRIER DES LECTEURS Lettre ouverte à Louise Qousineau Chroniqueuse télé au journal la Presse Madame, le ne vous écris pas en réponse à l'une de vos chroniques mais en réaction à la grossièreté de votre comportement lors d'un visionnement de presse Permettez-moi de rappeler les faits Le mardi 5 octobre, la société Radio-Canada vous avait invitée avec quelques-uns de vos collègues de la presse écrite et électronique à un visionnement du document Le territoire du comédien, un film que j'ai réalisé sur l'homme et le comédien lean-Louis Millette.|.| Après une collation offerte par Radio-Canada, la projection commence.Dès les premières minutes du film, sans aucun respect pour les autres spectateurs présents, vous exprimez bruyamment votre incompréhension des images par des questions lancées à haute voix : «c'est qui?», «où est-ce qu'on est?», «c'est quoi la pièce?», suivies de grognements et autres borborygmes inintelligibles.Après dix minutes de projection, toujours ponctuées de vos dérangeantes interventions, vous vous levez pour sortir de la salle.À ce moment, Mme Evelyne Dubois, responsable des communications de Radio-Canada, se précipite à vos trousses et vous fait regagner votre place.Par la suite, cette employée de la SRC, en état de panique avancée, me saisit par l'épaule avec la violence d'un flic s'emparant d'un manifestant et elle m'ordonne d'aller m'asseoir à vos côtés pour, me dit-elle, «tout vous expliquer » Assis près de vous, je commence: l'est la pièce L'Ois«au vert de Gozzi.en répétition au ïhéàtre du Nouveau Monde —Grrrrrhfih le le vois bien que c est en répétition' —En voulez-vous ou pas des explications, Madame'^ Pas de réponse autre que des soupirs d'exaspération et des bruits d'estomac suspects trahissant votre digestion difficile Quelques instants plus tard, suite à ce dialogue de sourds, quand sur l'écran défilent des images de la mer vous émettez un nouveau grognement peu invitant, suivi d'une question sur un ton d'accusation: — C'est où?— En Italie, Madame.la Méditerranée — C'est où en Italie?— Positano — C'est où Positano?— Au sud de Naples, Madame, vous savez où est Naples, Madame?Pas de réponse En vous écoutant pendant une heure roter à mes côtés, sans un mot d'excuse, je me suis fait la réflexion que si peut-être vous aimiez le comédien lean-Louis Millette, vous ignoriez en revanche totalement les valeurs humaines que cet homme a toujours pratiquées avec une certaine noblesse dans la vie de tous les jours.|e pense particulièrement à l'humilité, la curiosité et le respect |.|.Ce matin-là, en dérangeant délibérément le visionnement des autres invités, vous m'avez fait réaliser qu'avec la disparition de cet immense acteur c'est aussi une partie des valeurs humaines qu'il incarnait qui s'en vont Dans la période de questions qui a suivie le visonnement, vous m'avez demandé si le film allait avoir des sous-titres le vous ai répondu que non, en vous expliquant que si cela avait été nécessaire ou pertinent pour comprendre les images, ceux-ci aurait déjà été inscrit dans la copie de travail visionnée de matin-là.Par votre question, j'ai réalisé une fois de plus le fossé (entre| l'écriture télévisuelle et le traitement cinématographique.Dans mon esprit il a toujours été clair que ce projet serait un jour un film et non un simple reportage pour un magazine télé.|.:.| * * * Par ailleurs, le silence complice d'une télévision d'État devant les extravagances de votre comportement m'amène à me poser des questions sur l'extrême tolérance dont vous sembler bénéficier [.|.Ce matin-là, en vous regardant agir à votre guise, avec une totale indifférence aux autres, je me suis demandé ce qui pouvait être à l'origine des relations troubles que vous semblez cultiver avec plaisir envers les employés de cette station.Que vous décidiez de partir durant une projection est un droit valable pour tous Comment la personne en charge des communications a pu penser que son travail, à cet instant, consistait à courir après vous?Pourquoi supporter avec docilité et résignation un comportement aussi outrancier que le vôtre?Est-ce que la SRC a tant besoin de votre présence, au point d'accepter tous vos caprices et autres manifestations d'arrogance?Comme, par exemple, cette autre crise que vous avez faite, lors d'un deuxième lunch qui vous était servi après la projection, sous prétexte qu'il n'y avait pas de poivre sur les tables! Pourquoi le délit de grossière indécence ne s'applique-t-il pas à ce genre de comportement?Que penser du silence de vos collègues, qui ont été comme moi, témoins de votre prestation ce jour-là?Abonnement Pour chaque abonnement régulier d'un an au Couac, vous pouvez abonner quelqu'un d'autre à moitié prix! Donc 28,76 $ pour le premier abonnement et 14,38 $ pour le second (taxes incluses)! Offre valable pendant tout le mois d'novembre.Téléphone: (514) 274-5468 1(800) 361-1431 ppopuofeuP pour ume crosse &cT\ra erû'me péfemps pas -CROP MAL.3 Rë^A&DÉ c& Que- AU1ft£ô ToMT, je.c\\m&£ -forte \/iR£ULE9 ô Aioure lime crosse vedette, vie PAie.^ l££ AUTRE9 AVEC I I a j |e ne vous remercie pas de m avoir confirmé, par votre présence, qu ici comme ailleurs, l'expression de lignorance est toujours violente Félix Leclerc pensait peut-être à des gens comme vous, lorsqu'il écrivait: «l'ignorance a le mépris facile.» Chez vous, cela se conjugue avec une arrogance que vous pensez, à tort ou à raison, justifiée par votre statut de chroniqueuse télé dans un quotidien.)e crois qu'en fait, vous profitez de cette tribune comme d'une situation de pouvoir pour pratiquer une sorte de terrorisme, le plus détestable de tous, celui de l'ignorance et du nivellement par is bas.|e crois, pour ma part, les téléspectateurs beaucoup plus informés, attentifs et cultivés que vous, le m'interroge enfin sur les origines de votre supposée représentativité [.] La détresse humaine qu'exprime votre attitude agressive envers les autres me fait penser à un comportement d'au-todestruction que l'on remarque chez certains dépressifs, qui pour fuir un triste tête à tête solitaire, se mettent furieusement à la recherche intensive de leur assassin, oubliant du même coup que c'est plutôt à l'intérieur d'eux-mêmes qu'il faudrait le chercher.|ean-Claude Coulbois Montréal, 12 octobre 1999 Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H IB9.Télécopieur: (514) 521-5599.Vous pouvez aussi utiliser notre site: www.lecouac.net où (us me cèDëttrttO\rs_parry's,j ajoute des BiPoMS-Er-^OU^VAiS CUeGCVlER UM MAX Pê „ A* MOM Mitliol! ^ % \)l l-fAXTArV/ PLOGUES La parole Un nouveau numéro d'Espaces de la parole vient de paraître.À lire, entre autres, un texte de Noam Chomsky consacré au Timor, une analyse d'Elvis Gratton II signée Yvon Laplante et une proposition d'économie participative développée par Normand Baillargeon.Espaces de la parole est en vente dans les kiosques à journaux.On peut aussi le trouver sur Internet à: http://cafe.rapidus.net/espaces/ La Bicicleta remet ça Cine Bicicleta, c'est l'aventure un peu folle de Patrick Carde qui par-courts l'Amérique du Sud à vélo afin de proposer des ateliers d'expressions avec les jeunes et de favoriser les échanges culturels entre eux.Son nouveau projet: présenter des films d'animation et des documentaires à travers le Chili et l'Argentine.Remarquez que Ça aurait eu du sens de le faire aussi au Québec, mais comme Carde veut pédaler pendant l'hiver.Enfin, il lui manque des sous, comme toujours, et un projecteur VHS.On donne un coup de main et on s'informe au (514) 526-9078 ou via kiox@sympatico.ca Le Couac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec, H2H 1B9 Téléphone: (514) 521-5499 Télécopieur: (514)521-5599 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Éditeur et rédacteur en chef: Jean-François Nadeau Collaborateurs: Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Victor-tévy Beaulieu, Pierre de Bellefeuille, Jacques Bertrand, Marco de Blois, Francis Dupuis-Déri, France Émond, Pierre Falardeau, Philippe Gauthier, David tedoyen, Jean Morisset, François Patenaute, Benoit Perron, Michel Rioux, Suzie Suriam, Pierre Vadeboncœur, Nadine Vincent.Illustration: Boris, Serge Ferrand, Filio, tue Giard, Bruno taporte, Gilles taporte, Charb (avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo).Graphisme: France Mercier Visitez notre site Web: www.lecouac.net Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: Jean-François Nadeau au (514) 521-5499 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec La deuxième ville française Le Couac, novembre 1999, page 3 Le maire Bourque gagne du terrain dans la campagne qu'il mène sur le thème «une île, une ville».Il a reçu l'appui - mitigé, il est vrai - de Claude Ryan dont l'opinion en la matière a un certain poids, vu qu'il a été naguère ministre des Affaires municipales.Mais le gouvernement dit toujours non.Les fonctionnaires sont empêtrés dans des plans nébuleux de vaste région métropolitaine.Dans l'entourage ministériel, on évoque une objection d'un autre ordre.Certains péquistes montréalais craignent que l'île devenue ville ne puisse résister à la pression du bilinguisme.Le gouvernement est apparemment sensible à cet argument, d'autant plus que sur la question linguistique, il n'a pas la conscience en paix.On se rappellera qu'à l'approche des élections de 1994 qui allaient remettre le PQ au pouvoir, lacques Parizeau et son état-major se sont engagés, avec force déclarations tonitruantes, à rappeler la loi 86 des libéraux qui avait adouci la loi 101, notamment en autorisant l'affichage bilingue.Une fois élu, Parizeau a aussitôt lancé la campagne référendaire qui a mené à sa démission.Son successeur Lucien Bouchard a fait savoir que la loi 86 resterait intacte.Faisant fi de l'engagement pris, il se drapa dans un manteau de démocratie pour dire aux péquistes que si la loi 86 était rappelée, il ne pourrait se regarder dans le miroir.Depuis ce coup de guignol que les ministres et les militants ont toléré, la question de la langue sème la gêne.Elle sème aussi la confusion.Les Richler, Galganov et autres amis du Québec font des gorges chaudes au sujet des inspecteurs qui mesurent le lettrage dans l'affichage, et blâment les séparatistes.Cela ne rehausse pas la réputation du Québec à l'étranger.Or ces inspections sont le résultat de la loi 86 des fédéralistes.Le lien que certains établissent entre la protection du français et l'éventuel regroupement métropolitain est-il valide?Il est vrai que la proportion de parlant français est nettement plus élevée dans la couronne des banlieues que dans l'île de Montréal.Mais est-ce là une raison de maintenir un morcellement injuste envers la majorité des contribuables et qui nuit, presque tous le reconnaissent, au développement de notre métropole?N'y a-t-il pas d'autres moyens de soutenir le français, langue nationale et, selon Bouchard lui-même, langue commune?Le gouvernement pourrait par exemple cesser de pratiquer lui-même un bilinguisme insidieux dans les communications des ministères et agences.Il pourrait intensifier son action dans le domaine vital de la langue du travail.Il pourrait, bien sûr, rappeler la loi 86 qui a nui plus qu'elle n'a aidé.La loi 101 avait le mérite lumineux de la clarté Et la ville de Montréal pourrait, dans sa publicité, se vanter à nouveau d'être la deuxième ville française du monde, plutôt que de mettre de l'avant son cosmopolitisme qui n'a rien de dis-tinctif: à peu près toutes les villes moyennes et grandes sont plus ou moins cosmopolites.PIERRE DE BELLEFEUILLE Viva la tourist a! «Le nationalisme québécois n'est pas dangereux» a dit Stéphane Dion lors d'un voyage au Mexique (La Presse, 02-10).Avoir su on lui aurait payé un voyage plus tôt! Rupert K, Au cabinet du P'Cul Pauline Marois fait installer une toilette silencieuse dans ses bureaux.Pour évacuer discrètement le dossier des laissés-pour-compte d'Emploi-Ouébec?Utile! «Une toilette si Ça sert à quoi?» un lean Charest, ment indigné, iohn, si toutes étaient muettes drait beaucoup déclarations d politiciens ratés.encieuse!?s'interroge mécanique-Cher fean-es cuvettes , on enten- moins les e certains Clair obscurantisme «Tout n'était pas noir sous Duplessis», nous rebat-on les oreilles depuis quelques mois.En effet, les cardinaux étaient en rouge et les évêques en pourpre.%t$J> BARBU!* Ordures à Montréal La simplicité En l'absence du maire Bourque, parti faire son cinéma à Hollywood, c'est Noushig Eloyan qui a dû lancer officiellement la campagne d'information relative au nouveau règlement municipal sur les ordures.Selon le communiqué émis pour l'occasion, ce règlement prévoit «des dispositions simples.» La preuve, tout se résume par le slogan de la campagne: «Au bon moment, à la bonne place et.dans un contenant autorisé!» Le maire Bourque se promène avec un sac de poubelle plutôt que des idées, ça le présente nature.Le format • Les sacs devront mesurer au minimum 56 cm par 61 cm, être épais de 0,04 mm et peser moins de 25 kilos.Les poubelles autorisées doivent, quant à elles, contenir au maximum 100 litres, (amende possible: 50$ la première fois, 100$ la deuxième et de 300$ à 500$ pour les récidivistes) Le moment • Les poubelles doivent être sorties au plus tôt une heure avant le ramassage.Une disposition, soit dit en passant, très pratique pour arriver en retard au travail, (amende possible: entre 50$ et 500$).• Vous pouvez mettre votre bac de recyclage sur le trottoir dès 8 heures le matin, mais il faut l'avoir rentré au plus tard à 19 heures, (amende: de 50 à 500$).À la bonne place • En déposant son sac, il faut laisser un passage de 1,5m de largeur sur le trottoir tout en évitant que le sac ne tombe dans la rue.(amende: entre 100$ et 1000$).• Si vous ne recyclez pas les cannettes, le verre, le papier.l'amende peut aller de 100$ à 1000$.Mais attention! Il faut découper les endroits maculés de votre boîte de pizza avant de la mettre au recyclage.Puisque Bourque règne, soyons complice des ordures.Le Couac organise une discussion publique sur la réduction des impôts.Participeront entre autres Pierre-Yves Serinet, de Solidarité populaire Québec (voir entrevue en une), et François Patenau-de, collaborateur au Couac et membre de la chaire socio-économique de l'UQAM.Modérateur: Francis Dupuis-Déri.Quand?Lundi 8 novembre, 19h30 Où?Au resto bistro Le Pictavien, 300 Duluth Est, Montréal Info: (514) 279-0247 Placotting présidentiel Lors d'une tournée en Latino-Amérique de Ronald Reagan (pour ceux qui auraient oublié, il s'agit d'un vague figurant d'Hollywood recyclé en président), il y a quelques années, ce dernier, alors qu'il venait de mettre les pieds en Bolivie, avait manifesté son plaisir d'être là, au Brésil, parmi tous ces dignitaires clamant leur foi pour la liberté et la démocratie, il ne faut pas lui tenir rigueur de n'avoir pas su exactement dans quel pays et dans quelle langue il se trouvait; peu importe les détails, Reagan sentait fort bien qu'il n'était pas au Texas ni au Massachusetts.Mais, qu'en est-il du Président actuel?Dans ce que le Globe & Mail du 9 octobre dernier a appelé le «Presidentia! Small Talk» ou «léger placotting présidentiel», si la Maison Blanche autorise une telle traduction, je crois qu'il y a grave méprise.Bien au contraire, c'est un «Grand Parler», une harangue fort significative que William Clinton vient de prononcer lors de son passage à Mont-Tremblant.En gros caractères à la une, Le Devoir des 9-10 octobre titre: «Clinton réfute la thèse souverainiste [etJ offre le plus puissant appui au fédéralisme canadien jamais livré par un président américain.» Rien ne saurait être plus faux, à mon sens.De fait, c'est exactement le contraire qui se dégage du «small talk» en question.Relisons donc avec attention, pour tenter d'en saisir la portée subliminale, les paroles et les confidences émanant du cœur et du ventre de l'Instance suprême de la république étoilée.«Il y a un peu plus de dix ans, de raconter Clinton, je suis venu en France avec Hillary |sa femme et épouse, si on se fie au contexte], ma belle-mère ainsi qu'avec notre fille;encore jeune.Nous y avons célébré l'année nouvelle, avons vécu quelques jours merveilleux, à Montréal, pour faire ensuite route vers le Château Montebello.» Devant de tels propos, il y a deux interprétations possibles.Ou bien Montréal est une ville bucolique et festive se situant quelque part dans une France mythique et partant, le Château Montebello se retrouve dans une vallée de la Loire enneigée, bordée de sapinages de Noël.Ou alors, ce qui me semble plus près de la pensée de Clinton, la France est une partie intégrale d'une république libre et souveraine, accueillante et invitante, appelée Montréal.Bref, que ce pays s'appelle France ou Montréal, peu importe.it is french and henceforth free, enjoyable, celebrating and indépendant.Et, bien sûr.on y trouve des châteaux! le suis de ceux qui croient que les présidents ne mentent pas: ils s'expriment.Dans le fond, ce que Clinton vient de reconnaître, au verso de telles paroles, c'est que la souveraineté même du Québec lui sautait en plein visage, durant ces jours de douce libation.Et tout ce qu'il dira pour s'en défendre ne fait que mettre plus fortement en exergue la vérité de son intuition.Le discours officiel de Clinton est, en effet, truffé de propos moraux teintés de cet anachronisme puritain inhérent à sa fonction, et sur lesquels il importe néanmoins de se pencher.À l'inverse du Québec, suggère-t-il sans aucune pointe d'humour, certains peuples n'ayant rien à voir avec les irrédentismes religieux, ethniques ou tribaux particuliers auraient droit à leur souveraineté, faute d'avoir accès à cette fédéraiité qui leur siérait mieux, de toute façon, s'ils avaient la possibilité à l'instar d'Hawaii, de l'Alaska ou de Puerto Rico d'être librement associés et assimilés aux USA! Souveraineté légitime, faute de mieux, donc, mais pourvu cependant qu'elle procède d'un niveau de pauvreté acceptable et dans l'échelle de la souffrance internationale, et accréditée par les États-Unis des Nations-Unies! Assimilation dont le Canada constitue, aux yeux de Clinton, la pleine réalisation pouvant servir de modèle à l'univers entier.«Parce que nous, aux USA, ajoutera-t-il en substance, nous prenons exemple de vous jdans la même langue}, apprenons de vous fdans la même langue] et favorisons notre relation avec un Canada fort et uni [toujours, dans la même langue!.» Bel exemple de souveraineté partagée, isn't il?Car.«je souize chézè mouèh au Canada», conclue-t-il dans une langue autre révélant ipso facto l'extrême précarité de son «chez-moi».JEAN MORISSET Ces mots que l'on perd La mode, un des plus puissants moteurs des sociétés humaines, a parfois des effets destructeurs.Ainsi, elle s'empare de mots et les rend populaires en modifiant leur sens.C'est par exemple le cas du verbe «réfuter» que, depuis peu, on entend souvent à la radio.Les 9 et 10 octobre, Le Devoir titrait en manchette, à la une : «Clinton réfute la thèse souverainiste».On a le choix des verbes pour décrire la position énoncée par le président des USA au colloque de Mont-Tremblant.Il a contesté, rejeté, combattu, mis en doute l'option souverainiste, il s'en est dissocié, mais réfuter, c'est autre chose.C'est prouver la fausseté d'une idée, d'une thèse.Or chacun reconnaîtra que Clinton n'a rien prouvé, quelle que fût son éloquence.Si vraiment la rédaction du Devoir était d'avis que les propos de circonstance de l'éminent visiteur constituaient une preuve, il fallait présenter cette opinion dans un éditorial, et non pas en manchette à la une.MAX INTERNATIONAL Le Couac, novembre 1999, page 4 Après Hiroshima.— -vv**/ 11 n'est pas une semaine où l'on ne trouve, dans un journal ou l'autre, un fait d'actualité qui concerne le nucléaire.Mais avez-vous remarqué qu'on n'en parle plus aujourd'hui qu'au cas par cas, c'est-à-dire au gré des accidents?C'est comme si, devant l'énormité de cette menace, les médias étaient devenus incapables de percevoir autre chose que des détails, sans relations les uns avec les autres.Le 1er octobre, à l'occasion du 50e anniversaire de la révolution, l'armée chinoise défile au pas de l'oie pour accompagner la première sortie publique des DF-31, ses nouveaux missiles balistiques intercontinentaux.Le même jour, les résidants de Tokaimura, premier centre de l'industrie nucléaire japonaise, reçoivent les excuses du président d'une entreprise où une fission atomique imprévue a causé l'irradiation de près de soixante personnes.Au 300 000 autres qui vivent dans un périmètre rapproché de l'usine, il aura fallu douze heures pour apprendre des autorités qu'il vaudrait mieux rester à la maison jusqu'à nouvel ordre.Thomas McLaughlin, un spécialiste américain de Los Alamos, a déclaré à un quotidien français qu'il s'étonnait qu'une histoire pareille survienne au lapon plutôt qu'en France Les Japonais, affirme-t-il, sont si prudents dans leurs manipulations, eux.Rappelons tout de même pour mémoire qu'en 1991, un accident semblable avait failli se produire en Caroline du nord.En France, la saga du porte-avion nucléaire Charles-de-Gaulle se poursuit.Les matelots du bâtiment sont, semble-t-il, soumis à des taux de radiation excessifs.Plusieurs présentent en tout cas des troubles physiques préoccupants.Ce gros rafiot guerrier ne dit d'ailleurs plus rien qui vaille à personne sauf au pouvoir qui, dans son cynisme absolu, offre désormais à une ville et à son bon maire de le «parrainer».Mais les Français n'ont à s'inquiéter de rien Avec le nucléaire, tout est sous contrôle: les derniers essais atomiques de l'Hexagone se sont déroulés à Tahiti, bien loin de la capitale.Le danger ne se pose donc pas avec autant d'urgence que l'invasion du territoire national par McDonald.Du côté russe, que sait-on de ces sous-marins nucléaires dont on nous laisse entendre que plusieurs rouillent, tout doucement, dans quelques eaux calmes du nord?Et je m'abstiens de parler des missiles parce que vous y pensez déjà.Toujours au mois d'octobre, mais en Corée cette fois, un réacteur canadien Candu perd plusieurs litres d'eau lourde.Il s'agit du onzième accident à survenir depuis le début de l'année dans une des seize centrales nucléaires coréennes.Mais il ne faut pas s'inquiéter pour rien.Les spécialistes du nucléaire l'affirment: l'atome n'est jamais en cause dans les accidents, c'est l'humain qui commet des erreurs 11 s'agit donc de demander à l'humain de se comporter comme un atome.Depuis 1986, rien d'aussi grave n'est survenu que l'accident de Tchernobyl.Pareil drame aurait pourtant pu se produire dès 1979, aux États-Unis, à Three Mile Island.Dernière nouvelle: le sénat américain vient de refuser d'entériner un traité international qui vise à interdire les essais nucléaires.Au nom de la démocratie, de la liberté et du bon sens, évidemment.Pendant ce temps, le Canada, lui, continue de vendre en douce ses réacteurs Candu à l'étranger.Après tout, on a vendu si longtemps des armes aux Indonésiens pour assa-siner les timorais qu'on peut bien continuer de vendre des atomes pour tuer l'humanité.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Autriche On avait beau s'y attendre, ça fait mal: 27,2% des Autrichiens ont voté pour lôrg Haider.Un Fuhrer déguisé en pop-star est parvenu à persuader près du tiers des électeurs d'un des pays les plus riches d'Europe que tout va mal.Et que des étrangers vont venir voler le travail des shorts en cuir de souche, alors que l'Autriche a un taux de chômage de 4,5%.Qu'est-ce qu'ils feront, les Autrichiens, quand ils auront un chômage à 11%, comme en France?Ils envahiront la Pologne?En attendant, le FPÔ devient le deuxième parti du pays, gagne douze sièges au Parlement et Haider est en position d'être vice-chancelier.Lui ou Thomas Prinzhorn, sa tête de liste, grand patron ultralibéral à la réputation de «brutal égocentrique».Bien sûr, les sociaux-démocrates et les conservateurs ont juré-craché qu'ils ne pactiseraient jamais avec Haider.Mais les conservateurs ont aussi dit qu'ils entreraient dans l'opposition si leur parti devenait le troisième du pays.Ce qui est fait.Même si l'actuel chancelier social-démocrate Victor Klima reste à son poste et parvient à former un gouvernement «technique» avec des petits partis, Haider pèsera lourd dans la balance politique.D'autant que les promesses sont une chose, les faits en sont une autre.Sociaux-démocrates, conservateurs et fachos ont déjà copine par le passé.Entre 1983 et 1986, le leader du FPÔ de l'époque, Norbert Steger, était vice-chancelier d'un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates.Et, en 1995, le ministre de la Défense conservateur, s'était fait remarquer à un congrès d'anciens de la Waffen SS.Le même congrès où, justement, Haider avait pris la parole pour dire combien il trouvait les ex-SS sympathiques.Il paraît que les Autrichiens ont voté pour ne plus voir les mêmes têtes, au pouvoir depuis cinquante ans.C'est bien.Mais ils auraient dût éviter de miser sur quelqu'un qui a l'intention de rester mille ans.GÉRARD B1ARD {Charlie Hebdo.N° 381) Un célèbre Autrichien, tel que vu en 1973 par le magazine Pi7ote.L'OTAN en Tchétchénie : bilan provisoire Il y a des normes universelles dont s'inspire le droit international.Les États-Unis.l'OTAN et l'ONU en sont les champions.Lorsqu'un gouvernement massacre allègrement la population qu'il a pour mandat de protéger, les États-Unis, l'OTAN ou l'ONU interviennent.Sans discrimination, car le droit international repose sur des normes universelles.D'où l'intervention rapide et enthousiaste des États-Unis, de l'OTAN et de l'ONU en Tchétchénie.Comment aurions-nous pu tolérer plus longtemps en effet que l'armée russe écrase ainsi froidement la population tchétchène, surtout lorsque l'on sait qu'une entente de paix avait été conclue à la suite de la première guerre en 1994.Ce n'est tout de même pas parce qu'une puissance comme la Russie siège au Conseil de sécurité et possède l'arme atomique que les normes universelles ne doivent plus s'appliquer.Saluons donc le courage des politiciens et des soldats occidentaux qui se sont portés à la défense des Tchétchènes et du droit international.Il faut dénoncer certes la censure des médias sous le contrôle des États-Unis, de l'OTAN et de l'ONU qui refusent de nous diffuser des images montrant les troupes de la coalition États-Unis-OTAN-ONU déployées en Tchétchénie.Dénonçons, oui, mais pas trop vivement car il ne faudrait pas que nos troupes sentent que la société civile les abandonne.Le moment est important : par l'action rapide de nos troupes, les démocraties libérales démontrent qu'il n'y a pas deux poids deux mesures et que quiconque malmène le droit international devra en subir les conséquences, que ce soit au Koweït, au Kosovo, au Timor oriental, au Panama, à la Grenade, en Colombie, en Tchétchénie.Vive l'Occident, vive la démocratie libérale, vive les droits fondamentaux et universels! MOHAMED SMITH-GAGNON En direct de la pub «L'an 2000 est en ville» annonce fièrement la ville de Montréal sur de jolis oriflammes colorés.Cette anticipation des grandis penseur?de Bourqueville, diffusée aux; frais des contribuables est tellement sûre qu'elle se réalisera aussi, à la même date et à la même heure, à Saint Rech-de Méianac et à Temboucfou.Tous ues animaux m&ettr tfeReserée/iuy.r sauf tes Moi«#H* er (£9SoURic£au** T ù xVHN$i QUÊTOUTES Lfô coHfo&'rrioN t&j*oQuerfê> 4u txstif-S turn Jument primée Fabienne Thibault reçoit la croix de chevalière de l'ordre du Mérite agricole, décernée par lean Glavany, ministre français de l'Agriculture et de la Pêche.Pourquoi?Parce qu'elle a endisqué une chanson sur les chevaux percherons.Le renouveau de la chanson jouai?îtéAU&TE Si .}£ SAVAIS RftPtÉftTbUf JëftXftttSDigëc£$uë 46fBUS£,
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