Le couac, 1 janvier 2000, janvier
Criminalité page 5 Le « modèle » carcéral américain vu par Loïc Wacquant Virer capot page 6 De Louise Arbour à Cohn-Bendit, la génération de mai 1968 adore le pouvoir, pense Lothar Baier Confit d'intérêts page 7 Être membre de la commission trilatérale a ses avantages S ?z 2 a.Jr .O ft 5 -¦ O moufle Vol.3 • n° 4 Janvier 2000 2,75 $ Cout\o DANS tE BUT DE PIENJENCADRÊR* UN ÉVENTU&L- REFERENDUM CHRÉTIEN ET DioN'fvccoucHewr oe UO R Hit M Normand Girard Journaliste privilégié Normand Girard, corresDondant au Parlement de Québec pour le journal de Montréal et pour le iournal de Québec est un journaliste qui bénéficie d'un traitement pour Je moins spécial.Depuis ses débuts à la Tribune de la presse de l'Assemblée nationale au milieu des années I960, ce journaliste, que certains considèrent comme un sympathisant libéral, conserve le vieux privilège de jouir d'un espace de stationnement gratuit sur les verts terrains de la colline parlementaire, au même titre que certains députés ou employés de la législature.L'espace de stationnement lui est concédé par l'Assemblée nationale elle-même.Or, il est le seul journaliste parlementaire à jouir de cet avantage.Par tes temps qui courent, son espace coûte aux contribuables de l'Etat québécois plus de 110$ par mois.Est-ce nécessaire pour que le journaliste présente une information claire et intelligente dans les précieux journaux de Québécor World?-L'émeute de Seattle- L,espèce d'émeute de Seattle, qui a pris de court l'engeance des i décideurs de la planète venus programmer l'avenir du fric, peut être considérée comme le premier désordre populaire transnational à survenir directement contre la domination des propriétaires privés de l'économie mondiale.Ce gros chahut, anarchique, symptomatique, chargé de sens et de contradictions, manifestation à la fois d'une impuissance et d'un sentiment de révolte, explosion démocratique soudaine, évoque le malaise agité de la classe ouvrière dans les débuts de la révolution industrielle au XIXe siècle.Comme jadis, on ne sait pas trop comment s'y prendre.On réagit d'instinct et avec des moyens dérisoires.«Le monde n'est pas une marchandise», clamait-on à Seattle, écho lointain des protestations ouvrières d'il y a plus d'un siècle et demi.La foule est venue de partout, déléguée on dirait par les peuples.Les commentateurs qui ne comprennent que la logique linéaire insistent pour dire que l'événement n'était pas rationnel.Bien sûr.Mais la question n'est pas là.La question, c'est qu'il y a un problème gigantesque, planétaire: le monde se sent dans le creux de la main d'un petit nombre de décideurs privés, eux-mêmes empêtrés dans leur propre système par une concurrence effrénée, sans mandat démocratique aucun, antidémocratiques partout où il le faut, supra-nationaux, supra-tout, avec la bénédiction des Etats affaiblis réduits à servir d'agents à ces individus.Ces dirigeants autoproclamés veulent décider de ce qu'il adviendra des peuples, des pauvres, des riches, de la culture, de l'environnement, des nations, de la démocratie sociale, en fonction des colonnes comptables de l'entreprise impérialiste.Pourquoi cette éruption subite à Seattle?C'est que, Internet aidant, des gens sans pouvoir, des groupes à travers le monde, des philosophes, des jeunes, des cultures, ont convergé, n'ayant aucune confiance dans la direction du monde assumée par les représentants des coffres-forts.Même Clinton, surpris, débordé, a essayé un moment de récupérer le mouvement en déclarant avec une benoîte hypocrisie que les opposants devraient se trouver dans l'enceinte plutôt que dehors et y faire valoir leurs points de vue.Qu'arrivera-t-il?Il est sûr que les super-puissants ne voudront rien céder.Ils mettront peut-être un peu plus de formes à leurs agissements.Ils se sont fait un moment démasquer, rien de plus.Leur discours seul est atteint.Mais il l'est.C'est toujours ça.Cependant, la suite?La fronde, gagnant de proche en proche, augmentant?Cette possibilité rappelle un souvenir: le mouvement d'opinion sans cesse croissant aux Etats-Unis contre la guerre du Vietnam dans les années soixante.Le piquetage tumultueux de la conférence de Seattle ressemble à cette histoire à son début.Il est bien certain que le genre humain devra s'organiser contre les usurpateurs de la puissance civile.Ce sera difficile, infiniment.Mais en tout cas, pour le moment, l'onde de choc de Seattle doit être reçue et prolongée.PIERRE VADEBONCŒUR es policiers de droite Daux intellectuels de gauche, les disciples de Rudoph Giuliani croissent et multiplient.Pourtant, la politique policière mise en place par le maire de New York n'est pas seulement ultrarépressive: elle est aussi inefficace.Dans un livre qu'il vient de faire paraître dans la collection de Pierre Bourdieu, le sociologue Loïc Wacquant décortique ce modèle en toc et ses modes de diffusion en Europe.Il offre un puissant antidote à cette hallucination collective qui tend à faire prendre les matraques pour des lanternes.De plus en plus d'hommes politiques citent en exemple le maire de New York, Rudolph Giuliani, pour ses résultats en matière de lutte contre la délinquance.A-ton trouvé la formule miracle pour transformer les coupe-gorge en havre de paix?Il est vrai que la sécurité est un peu plus grande à New York aujourd'hui qu'il y a quinze ans.Mais c'est dû en grande partie à sa prospérité économique.La criminalité avait Comment ce dispositif a-t-il pu trouver une telle résonance dans les pays européens?Il y a d'abord l'exportation brute, à travers les «think thanks» comme le Manhattan Institute, en direction surtout de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne.Bratton y a été reçu comme un messie apportant la lumière.Et puis il y a aussi les importateurs.On ne compte plus les missions d'experts envoyées à New York pour en ramener le Saint-Graal sécuritaire.Exemple: les auteurs du rapport les «violences Entrevue avec Loïc Wacquant, sociologue des politiques sécuritaires: De l'État providence à l'État policier ?À l'heure où l'exemple new-yorkais de «!'Etat-pénitence» est en train de se substituer un peu partout à «l'Etat-provi-dence», le sociologue Loïc Wacquant, professeur à l'Université de Berkeley en Californie, dénonce avec vigueur cette nouvelle conception de l'espace social dont l'influence se fait aussi fortement sentir au Canada.A lire en page 5 de ce numéro, un texte inédit de Wacquant.Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits d'une entrevue accordée par le sociologue à nos amis de Charlie Hebdo.commencé à y baisser trois ans avant l'instauration de la doctrine Giuliani.La même baisse a d'ailleurs été enregistrée dans des villes qui ne l'appliquent pas ou font tout le contraire, comme San Diego.Le seul effet tangible de ce «modèle», c'est que le volume des plaintes pour violences policières a enflé de 60% entre 1993 et 1996.Le prétendu «modèle» new-yorkais est une stupéfiante escroquerie.En quoi consiste ce modèle?Il découle de la théorie dite du «carreau cassé», qui soutient que c'est en luttant contre les petites incivilités que l'on fait reculer la criminalité.En gros, le graffitage mènerait au crime de sang.Cette théorie stupide a été inventée en 1982 par un criminologue ultra-réac, puis diffusée par un club de conservateurs très influent, le Manhattan Institute.Giuliani s'en est servi comme base idéologique pour sa victoire électorale de 1993 Résultat, une augmentation de 40% du budget de la police entre 1995 et 1998.Celui-ci a atteint aujourd'hui 2,6 milliards de dollars, soit quatre fois plus que les crédits alloués aux hôpitaux publics.Et pendant que Giuliani diminuait d'un tiers le budget des services sociaux de la ville, il augmentait de plus d'un tiers les effectifs de la police en embauchant 12000 agents.Sommée de faire du chiffre, la police a procédé à plus de trois cent mille arrestations en 1996.William Bratton, son chef, se compare lui-même à un banquier qui vérifie chaque jour le bon rendement de sa boîte urbaines» remis à Chevènement Iministre de l'intérieur français) en 1998.La mission interministérielle de la Ville leur a payé un séjour de trois mois à New York, durant lequel ils ont pieusement recueilli les préceptes des autorités.Il y a aussi le cas de ce conseiller social de l'ambassade de France à Washington, qui a dressé un tableau idyllique de la politique de couvre-feu menée dans certains quartiers pauvres.Où a-t-il trouvé ses informations?Dans un rapport produit par l'association des maires des grandes villes américaines.Évidemment, c'est plus commode de piocher dans une plaquette publicitaire.(.) À quel rythme le modèle Giuliani est-il en train de conquérir l'Europe?C'est variable selon les pays.Globalement, les gauches européennes sont en train de faire la même erreur que celle commise par les Démocrates américains dans les années 1970: elles ont accepté de jouer le jeu du marketing sécuritaire.La Grande-Bretagne est la plus en pointe.Depuis que Tony Blair est arrivé au pouvoir, la population pénitentiaire a augmenté de mille personnes par mois, soit dix fois plus vite que sous Thatcher.La loi sur le crime et le désordre de 1998 autorise la détention des plus de douze ans pour motif de «comportement anti-social».La première prison pour enfants d'Europe a été construite il y a un an, dans le Kent.Tout cela est cohérent avec le fait que la Grande-Bretagne est aussi le pays d'Europe où le travail précaire et la dérégulation sociale sont le plus avancés.|.| La fascination pour Giuliani répond aussi à une réelle demande de sécurité.Bien sûr.Mais la sécurité, ce n'est pas seulement la sécurité physique: c'est aussi la sécurité salariale, sociale, éducative, médicale.Or on veut nous faire croire que l'on peut traiter l'une sans l'autre.C'est une pensée béhavioriste, fondamentalement de droite, mais qui se répand par effet de contagion.Voir le fameux appel «Républicains, n'ayons plus peur!» publié dans Le Monde par Debray, Ozouf, lulliard et d'autres penseurs se disant de gauche.Ils s'y félicitent du «succès de la théorie du carreau cassé à New York» et préconisent de l'appliquer en France.Comme si une police encore plus agressive et une justice encore plus sévère allaient accroître les chances d'accès à l'école, à l'emploi et au logement.|.| Aujourd'hui, tout le monde parle de «tolérance zéro» Mais tolérance zéro vis-à-vis de quoi?Elle ne vise pas la criminalité en col blanc, qui cause pourtant des dommages économiques infiniment plus grands que tous les vols ou graffitages.La tolérance zéro, c'est uniquement pour les jeunes issus de la classe ouvrière en désagrégation et vivant dans des quartiers en jachère économique.C'est cuVieux-.alors que le néolibémlisme est devenu un gros mol, son corollaire répressif est présenté comme une «reconquête républicaine».Tout le paradoxe est là.Le projet néolibéral, ce n'est pas la disparition de l'État.C'est un État affaibli en matière économique et sociale, mais hypertrophié dans le domaine pénal et policier.On le voit très bien aux États-Unis, où le démantèlement de l'État-Providence — ou plutôt de l'État-charité — s'est traduit par une croissance exponentielle de la répression.Le danger, c'est qu'on ne nous vend pas ces politiques répressives comme néolibérales, mais au contraire comme des modes de réaffirmation de la force de l'État.C'est un non-sens.À qui fera-t-on croire que jeter en prison quelques milliers de jeunes en plus va changer quoi que ce soit aux conditions de vie des pauvres?PROPOS RECUEILLIS PAR OLIVIER CYRAN {Charlie Hebdo, N° 389) Loïc Wacquant vient de faire paraître Les prisons de la misère aux Éditions Raisons d'Agir.La haine du squeegee Tandis que les riches encouragent plus que jamais la charité individuelle comme seul remède à la pauvreté collective, on n'a jamais tant réprimé les manifestations de celle-ci sur la place publique, dussent-elles prendre les formes les plus bénignes.Plutôt que la précarité des emplois, l'absence de filets de sécurité sociale ou d'un système de redistribution de la richesse, c'est le pauvre qui est aujourd'hui pointé du doigt comme source de tous les maux.Un exemple de cette nouvelle façon d'envisager la pauvreté, peut-être le meilleur, celui du sort réservé aux squeegees à Toronto et Montréal.Ces démunis des coins de rues, les ruminations de quelques grosses têtes en ont fait, en quelques mois, le symbole du déclin social et moral de la société.Le maire de Toronto, Mel Lastman, avec l'aide de son service de police, a réprimé l'action de ces jeunes jusqu'à ce qu'ils aillent promener leurs désespoirs dans des lieux moins visibles du public.Latsman a agit à l'exemple du maire de New York, Rudolph Giuliani, expert en la matière de réprimer le plus petit désordre, même au prix des plus grosses extravagances policières.: en 1998, sur 345 130 arrestations enregistrées par les services policiers new-yorkais, 140 000 ont été déclarées sans objet et 18 000 ont été annulées avant même que la personne ne soit traduite devant la justice.Un record du genre.Entre deux voyages en Chine, le maire de Montréal, toujours à la remorque de tout, à commencer de sa bêtise quasi végétale, ne donne pas sa place en matière de crimi-nalisation de la pauvreté.En 1998, les deux commandants des postes de police du centre-ville de Montréal ont pris la route de New York pour en revenir plein d'idées sur la façon d'irradiquer la présence des pauvres.Les efforts de l'administration Bourque en la matière auront eu entre autres effets d'encourager les citoyens de l'île de Montréal à croire que les problèmes sociaux de notre société dépendent d'abord et avant tout du comportement des pauvres eux-mêmes, c'est-à-dire soit d'un manque d'aptitudes à la vie sociale, d'une absence de civisme congénitale ou de leur irresponsabilité quant au contrôle sur leur vie.Dans le chic Outremont, les élucubrations généralisées autour de cette «nuissance sociale» ont même conduit le caricaturiste attitré du journal local, par ailleurs collaborateur hebdomadaire de La Presse, à assimiler les jeunes squeegee à de simples mouches qu'il vaudrait mieux écraser.Sur la voie de cette répression du petit désordre quotidien pourquoi ne pas criminaliser au maximum les graffiteurs?Et pourquoi ne pas légiférer contre le manque de salubrité de ces gens qui osent déposer leurs ordures dans de vieux sacs d'épicerie, dut se dire le bon maire?Des étapes logique dans son effort d'assurer la «qualité de vie» des Montréalais puisque la ville s'était déjà occupée des délinquants qui promenaient leur chien sans médaille.Reste les mendiants, mais la police locale semble ne pas trop s'en faire: elle vient d'en tabasser un à mort.Le tour des autres viendra.(EAN-FRANÇOIS NADEAU Pour services rendus Alfred Dallaire, entrepreneur en pompes funèbres, a commandité la soirée commemorative pour les victimes de l'École Polytechnique (authentique!).Avec une pensée émue pour Marc Lépine?i Le Couac, janvier 2000, page 2 Faudrait savoir.Qu'est-ce que L'EPILEPSIE ?vow santé à coeur! L'épilgpsic(n'est pas une maladie)mais un symptôme d'un trouble du système nerveux L'épilepsie peut être considéré comme un état pathologique à long terme, lorsque surviennent deux ou plusieurs convulsions dont l'origine est inconnue.Les convulsions sont provoquées par une activité anormale des cellules nerveuses (neurones), ce qui produit des modifications de l'activité électrique du cerveau.Prévalence ; Environ 1 % à 2% de la population canadienne est atteinte d'épilepsie.Dans prés de 50 % des cas,(fa maladiç)se manifeste avant l'âge de 10 ans.Environ 14 000 nouveaux cas sont signalés chaque année; des personnes de tous âges et tous milieux en sont atteints.Jean Coutu publie des brochures consacrées à la santé.C'est déjà drôle.Mais savoir qu'il le fait sous l'égide de l'«Académie Jean Coutu Academy».C'est d'un crédible! Dans le numéro de Santé consacré à l'épilepsie, on apprend d'entrée de jeu que «l'épilepsie n'est pas une maladie».Et un paragraphe plus loin, on nous informe que «dans près de 50% des cas, la maladie se manifeste avant l'âge de 10 ans.» Faudrait savoir! Nucléaire La Russie vient de déployer une nouvelle génération de missiles dont la portée est de 10 000 km.Heureusement que la guerre froide est terminée.Nids'de* poulets Conflit en vue entre la Police et la Voirie: il paraît que les méthodes d'arrestation abiment l'asphalte.Faut dire que certains suspects ont la tête dure.SHOOpf pRexj) ft R6TKHTE- Cou@c! www.lecouac.net Qu'attend Jean Chrétien?COURRIER DES LECTEURS Crise identitaire Une question peut-être un peu niaiseuse, mais je me demande comment peut-on classifier le journal Le Couac?Est-ce un journal genre Canard enchaîné, c'est-à-dire, sarcastique et provocateur?Non mais, franchement, je ne le vois pas comme un journal politique, ni culturel, ni comme un journal d'information sur l'actualité, alors il est quoi au juste votre journal?Si je vous pose cette question, c'est que je n'ai rien trouvé sur les objectifs et les buts du journal sur votre site ouaibe.(.| Marcel Vaive Réponse Nous sommes plutôt genre Paris Match, avec une tendance mode très collection été-hiver.Cernez-vous mieux l'affaire?Etre ou ne pas être |.| Appartenir au Canada?Avec cette omniprésence, dans les médias, de l'œil de Big Brother.De l'arrière-goût de «soviétisme».Moi, non, je ne veux plus faire partie de ce pays-là.Le mot «canadiens-français» ne me fait plus rire, il me choque.Et être ou ne pas être.Claude Éthier ]e ne comprends plus le ne comprends plus le Québec actuel, le cherche un modèle en mesure à la fois d'expliquer la complexité des rapports politiques à l'intérieur de notre société et à la fois un modèle en mesure d'expliquer la perte des identités personnelles et tout autant, partant, en mesure d'expliquer en bout de ligne la perte de notre identité collective.|e ne trouve pas.l'ai l'impression que le citoyen n'existe plus sur le plan politique.C'est comme si nous étions à peu près tous et chacun réduit à rien dans une sorte de société de masse sous la botte d'un État policier.Il est devenu pratiquement impossible de se faire entendre au Québec.Nul endroit public pour se parler et nul endroit pour s'organiser entre nous, ou si peu.Tout et partout sur le territoire du Québec se présente comme sous occupation.Tout sous contrôle passant du politique au socio-culturel.Toutes organisations et toutes associations existantes se présentent comme sous influence indéfinissable.Tout serait apparemment sous contrôle d'un pouvoir occulte, et particulièrement le milieu médiatique.(.) Il existe un décalage extrême entre la dure réalité que nous subissons tous les jours et la réalité officielle telle que fabriquée et imposée au public par les médias et ses discoureurs de service.L'exclusion et l'oppression sous toutes ses formes (et sous total silence politique et médiatique).|e cherche à comprendre.Je cherche des explications.C'est comme si le Québec était revenu à l'Ordre de lacques Cartier des années 1920 à 1960.|.| le cherche un modèle politique en mesure d'expliquer l'Ordre politique qui règne sur le Québec (avec pleine collabo de toutes les forces du système).|.| La lutte pour la libération nationale ne devrait-elle pas revenir à ce qu'elle était à ses débuts: une lutte des classes?le ne comprends plus le Québec actuel Resterait-il sur le plan personnel un quelconque choix comme prisonnier dans un pays occupé?|e ne comprends plus (ou je comprends trop).Bernard LeBrun, Québec Songeur Que recherche, selon vous, le Premier ministre lean Chrétien en menaçant «d'encadrer» la tenue d'un hypothétique référendum au Québec?Rendre la souveraineté impossible?Pour moi, tout ca n'est qu'un autre truc pour animer ce qu'il y a de plus extrémiste dans notre société nationale.(.>]'Ainsi il pourrait mettre Lucien Bouchard sur la chaise qu'occupait Robert Bourassa en 1970.Ça légitimerait bien des choses, une monté aux barricades.Le poivre en premier.En tout cas, moi, ça me laisse songeur.Réjean Éthier Spermatos Vous trouvez pas ça bizarre vous autres?Voila que les spermatozoïdes du chum de Céline passent avant la question constitutionnelle.Réjean Éthier Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H 1B9.Télécopieur: (514) 521-5599.Vous pouvez aussi utiliser notre site: www.lecouac.net La loi sur la clarté Quelles sont les motivations tactiques qui ont poussé Jean Chrétien a vouloir faire adopter une loi sur la clarté?Le principe stratégique qui est en cause est celui qui dit qu'il n'y a pas de raison pour que ce qui a déjà marché une fois ne marchera pas une deuxième.Autrement dit, le premier ministre appuie sa décision actuelle sur une expérience antérieure qui remonte au rapatriement de la Constitution en 1982.On se souviendra que l'aventure a commencé par un jugement de la Cour suprême du Canada qui statuait que le rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne, souhaité par Pierre Elliott Trudeau, était légal mais contraire aux coutumes et aux traditions qui nécessitent l'accord des gouvernements provinciaux pour procéder à des amendements constitutionnels, donc illégitime.«J'ai sauté sur le mot légal et j'ai oublié le reste»: lean Chrétien qui était le ministre fédéral responsable du dossier s'en vante dans son autobiographie, où il y va même d'une réflexion philosophique.«En politique, les raisonnements intelligents sont souvent moins importants que l'impression qu'ils créent chez le citoyen.» Fait que si ça a marché une fois, ça devrait marcher une deuxième! D'autant plus qu'encore une fois, l'aventure débute par un jugement de la Cour suprême qui statue que le gouvernement du Canada a l'obligation de négocier avec le gouvernement du Québec suite à un référendum qui aurait dégagé une majorité claire à une question claire.lean Chrétien s'attend déjà à écrire dans la suite de ses mémoires: «j'ai sauté sur la clarté et j'ai oublié tout le reste!» C'est-à-dire la base même de la démocratie qui est l'égalité du vote de chacun et de chacune, l'avenir du Québec et le futur du Canada.Pour lean Chrétien comme pour Wilfrid Laurier, les Québécois n'ont pas d'opinions; ils n'ont que des sentiments ou des impressions.Si on emploie cette grille de lecture, force nous est de conclure que les Québébois ont présentement le sentiment et l'impression que Jean Chrétien radote, que Jean Charest ergote et que Stéphane Dion capote! JEAN-CLAUDE GERMAIN Le Couac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec, H2H IB9 Téléphone: (514)521-5499 Télécopieur: (514) 521-5599 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Éditeur et rédacteur en chef: Jean-François Nadeau Collaborateurs: Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Vktor-Lévy Beaulieu, Pierre de Bellefeuille, Marco de Blois, Thierry Disc epolo, Franc is Dupuis-Déri, France Émohd, Pierre Falardeau, )ean-Claude Germain, Ariane Krol, David Ledoyen, François Patenaute, Benoit Perron, Michel Rioux, Yves Schaeffner, Pierre Vadeboncœur, Nadine Vincent, illustration: Serge Ferrand, Luc Giard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Ramon Vitesse, Charb (avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo).Graphisme: France Mercier Visitez notre site Web: www.lecouac.net Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 3(>l-1431 Publicité: Jean-François Nadeau au (514) 521-5499 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Ce journal n'est pas testé sur Stéphane Dion ni sur les animaux.Abonnement Pour chaque abonnement régulier d'un an au Couac, vous pouvez abonner quelqu'un d'autre au même prix! Donc 29,91 $ pour le premier abonnement et 29,91 $ pour le second (taxes incluses)! Offre valable pendant tout le mois janvier! Téléphone: (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Lettre à Bernard Landry Cher Bernard, Permets à un ancien collègue de l'Assemblée nationale de te confier l'inquiétude que lui causent tes propos récents selon lesquels l'indépendance serait rétrograde.Mon inquiétude est semblable à celle qu'éprouverait un fédéraliste qui entendrait Stéphane Dion affirmer que le fédéralisme est rétrograde.Il n'en croirait pas ses oreilles Vu qu'au fond des choses aussi bien que dans l'entendement commun, l'indépendance et la souveraineté sont du pareil au même, tes propos, il me semble, peuvent nuire gravement à cette cause qui nous tient à cœur.l'imagine tout le kilométrage démagogique que nos adversaires pourront tirer de ce qu'ils appelleront «la conversion de Landry».Oh, je sais que tu as précisé : «l'indépendance pure et dure», mais ces qualificatifs ne représentent que de l'enflure journalistique.le m'étonne d'ailleurs que nos amis des médias n'utilisent pas l'expression «indépendantiste corrompu et mou» qui pourrait chausser bon nombre de pieds.Mais notre désaccord n'est pas qu'une simple querelle de mots.Il ne porte pas sur le sens de la souveraineté et de l'indépendance, mais plutôt sur l'insistance avec laquelle le PQ a marié la souveraineté, d'abord avec l'association, puis avec le partenariat.Vu l'attitude cent fois confirmée du Canada anglais, il n'y aura ni association ni partenariat sans que le peuple québécois ne soit d'abord parvenu à la souveraineté.Celle-ci lui permettra alors de négocier d'égal à égal, et non plus en tant que province comme les autres.Voilà, en toute honnêteté, ce qu'il faut dire au peuple québécois.Le bricolage de futurs accords politiques et économiques, qui passionne le Bloc plus encore que le PQ, n'est que politique-fiction et imposture.Quant aux envolées sur les solutions européennes et les tendances mondiales, elles ne seront pertinentes que lorsque le Québec sera libre.Nous pouvons évidemment prétendre que le cas échéant, le Québec et le Canada en viendront à s'entendre sur leurs rapports de bon voisinage, mais il est totalement prématuré de chercher à décrire dès maintenant ces rapports.Nos efforts doivent viser l'objectif essentiel : convaincre les Québécois de toutes origines et de tous âges que pour se réaliser pleinement, le Québec doit devenir un pays souverain et/ou indépendant.PIERRE DE BELLEFEUILLE POUR S'ABONNER Par téléphone : (514) 274-5468 • (800) 361-1431 Par la poste : PERIODICA 1155, avenue Ducharme, Outremont (Québec) H2V IE2 Via Internet : www.lecouac.net • Abonnement d'un an : 26 $ + taxes = 29,91 $ • Abonnement de deux ans : 46 $ + taxes = 52,91 $ • Abonnement institutionnel et de soutien : 50 $ + taxes = 57,51 $ • Abonnement d'un an à l'étranger : 42 $ Nom Adresse Code postal Téléphone PLOGUES Uanar Baillargeon L'ami Normand Baillargeon lance un petit livre intitulé Anarchisme.Il s'agit d'un survol de l'univers anarchiste, depuis ses origines jusqu'à nos jours.Le lancement a lieu le mercredi 12 janvier à compter de 18 heures à la brasserie artisannale L'Amère à boire, au 2040 de la rue Saint-Denis à Montréal.Bienvenue à tous! Raoul Servais La Cinémathèque québécoise accueille l'exposition Raoul Servais -Itinéraire d'un ciné-peintre, qui retrace le processus créatif de ce grand cinéaste d'animation.Cette exposition présente des éléments originaux de tous ses films, de même que des peintures, des dessins et des bandes dessinées exécutés à l'époque de sa jeunesse.Pionnier de l'animation belge, Servais aborde le mouvement à la façon d'un peintre.Attentif aux textures et à la composition, il met au point, au début des années 80, une technique inédite, la servaisgraphie, qui lui permet d'incruster des acteurs dans un décor tout en préservant à l'image son homogénéité graphique, influencé par le surréalisme (il a travaillé pour René Magritte), auteur d'une dizaine de courts métrages, Servais est un réalisateur inclassable.Artiste engagé, il a dénoncé la barbarie, le totalitarisme, même la langue de bois.Il est également l'auteur d'eeuvres étranges dans lesquelles, conformément au surréalisme, les éléments d'un monde de rêve et de fantasmes prennent vie.À la Cinémathèque québécoise, jusqu'au 30 avril 2000.Infos : (514)842-9763.4$.Mononc' Serge À l'adresse www.ddouble.qc.ca/mononc, on peut tout savoir sur le plus satirique des chanteurs à texte du Québec! Agone 22 Dans son numéro de novembre 1999, Le Monde dipbmatique écrit que la revue Agone est «une des meilleures revue du moment».Dans le numéro qui vient de paraître, on se demande pourquoi le capitalisme ne peut-il tolérer un fonctionnement authentiquement démocratique du politique.Des textes de Daniel Bensaïd, George Orwell, Immanuel Wallerstein, Michel Barrillon.Loïc Wacquant et Francis Dupuis-Déri.En vente dans quelques bonnes librairies, un peu partout au Québec. Justice magnifique À Montréal, le 24 novembre, 70 étudiants sont arrêtés pour avoir manifesté contre la présence de Coca-Cola à l'UQAM.Aux dernières nouvelles, Coke était toujours en liberté Site web www.lecouac.net Des textes, des films, des dessins.Party! Dans le site Web de Voir, les lecteurs pouvaient réagir aux éditoriaux de Richard Marti-neau.Mais la rédaction effectue désormais un choix parmi les réponses, publiant celles qu'elle juge «intéressantes» sous le texte du rédacteur en chef et déplaçant les autres ailleurs dans le site.Pour comprendre davantage le pourquoi de ce choix, il faut rappeler que Martineau est un jeune homme inspirant au sujet duquel il est si indiqué de plaisanter.En d'autres mots, c'est probablement la raison pour laquelle la rédaction à choisi de «tasser» les emmerdeurs qui n'arrêtaient pas de se foutre de la gueule du barbu pour privilégier trois pelés et deux tondus qui disent des choses creuses.La section des textes «intéressants» est ennuyante à mourir, alors qu'on s'amuse tellement dans celle des «exclus»! Accéder à la section des «intéressants» de Voir, c'est un peu comme le paradis à la fin de nos jours.Ça paraît bien aux yeux de Dieu le père, mais le ciel, c'est plate, alors qu'il y a tellement d'ambiance en enfer.Desmarais La sainte famille Fils à papa venu aux affaires parce que le paternel y avait déjà dépecé quelques belles pièces de viande, André Desmarais possède les bonnes manières quasi légendaire de la famille.Comme son père l'avait fait avec les premiers ministres Trudeau et lohnson, il n'hésiterait pas un seul instant à offrir sa Rolls-Royce personnelle pour aller reconduire de pareils diables.En affaires, ces petits riens témoignent de la grandeur d'un carnivore du fric, tout comme la minceur des épluchures des soldats affirme celle des généraux.Les derniers jours du mois de novembre ont été bien remplis pour André Desmarais.Papa a de quoi être fier: fiston a célébré en Chine, et de belle manière, le mois des morts.Le 26 novembre, Radio-Canada annonce que, après des mois d'efforts, la famille Desmarais en est arrivée à ce que le gouvernement chinois se livre rouge: des entreprises canadiennes pourront désormais posséder plus de 50% des actifs d'une entreprise chinoise.Cela mène-t-il à une amélioration potentielle des droits de l'homme?Réponse immédiate d'un haut personnage officiel: il ne s'agit que d'accords strictement commerciaux.Dans l'opération, Power Corp et Bombardier ont décroché un contrat de 345 millions pour construire des wagons de train, avec une option qui pourrait porter l'affaire à 545 millions.Commentaire du chef de Power: «Les nouvelles activités manufacturières permettront au groupe Power d'établir les bases de sa croissance et de son développement futur dans ce pays dynamique».Un pays dynamique en effet.Et il le serait encore plus si Bombardier et Power unissaient cette fois leurs efforts pour vendre de l'équipement militaire.N'eut été d'un petit scandale à la chambre des communes, scandale provoqué par une enquête du National Post, novembre eut été un mois d'une réussite totale.Que racontaient ces vauriens du Post?Que le premier ministre Chrétien, dont un enfant a épousé un Desmarais, n'intervient pas dans une lointaine contrée d'Afrique parce que les messieurs de Power y brassent quelques petites affaires à travers la très respectable compagnie Total-Fina, une entreprise vouée à la défense des droits et liberté du pétrole un peu partout dans le monde.Des balivernes de journalistes, quoi.Sinon, vraiment, novembre eut été parfait.La grosse Pressé, dirigée par la bonne famille Desmarais, a même eu la gentillesse de publier une jolie photo de fiston Paul |r, honoré par l'Association des «Mastère Businesse Administrôcsion» en tant que MBA de l'année.Paul |r avait inauguré, deux semaines plus tôt, le «Centre international Power Corporation de formation pour cadres» à la faculté de gestion de l'Université McGill.Aucun lien avec la remise d'un prix, bien sûr.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Rupert K Le Couac, janvier 2000, page 3 [ue comme usual La municipalité d'Ottawa sera probablement obligée d'établir le statut bilingue de la ville contre la volonté du gouvernement Harris d'en faire un centre unilingue anglais.Déclaration du député libéral Don Boudria (R.-C, 8-12-99): «Ce sera une autre gifle pour le gouvernement Harris».Parce que les francophones eux, comme d'habitude, n'auront pas plus senti que compris que tout est pourri au royaume.Mais au fond, ils ont de la chance les francos locaux: les jeux de la francophonie qui se tiendront sous peu dans la capitale seront bilingues (La Presse, 17-12).Le gouvernement fédéral en fait une exigence.Alors on aurait des jeux francos en anglais.Pays de rêve.Et d'une clarté! Jean Chrétien Bilan de santé Ceux qui s'inquiétaient de l'état de santé de Monsieur lean Chrétien peuvent être rassurés.L'incontinence intellectuelle n'est pas une maladie grave, c'est un mal récurrent et incurable, mais on en meurt pas.Sauf qu'avec l'âge, l'incontinence a tendance à être plus fréquente.Plus les incontinents intellectuels vieillissent, plus ils ont tendance à prendre leur vessie pour une lanterne et plus ils sont incapables de se retenir de dire ce qu'ils pensent en public.La plupart des incontinents confirment qu'au moment où ça se produit, c'est sorti malgré eux, mais — dans tous les cas — que ça faisait longtemps qu'ils le pensaient.Un des effets secondaires de la maladie est de provoquer un faux sentiment d'invulnérabilité chez les incontinents intellectuels qui se persuadent qu'ils n'ont plus rien à perdre du fait qu'ils ne peuvent plus rien retenir.Les crises les plus aiguës surviennent généralement peu avant la retraite définitive.JEAN-CLAUDE GERMAIN Voyez-vous la différence?Y a-t-il une différence?À gauche, la photo de Maurice Richard oui vient de compter son 60O but en carrière.Elle était reproduite telle quelle le 13 novembre dernier par te Devoir.A droite, la photo de Maurice Richard qui vient de compter son 626' but.Elle est reproduite en couverture d'un livre d'histoire par l'image, Un Siècle à Montréal, qui vient de paraître aux éditions du Trécarré.Les amateurs de photos oseraient-ils croire que c'est celle-là qui a été trafiquée?ou@c! www.lecouac.net Que le vrai Jean Marc Léger se lève! Pour illustrer l'entrefilet annonçant que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a désigné l'ancien journaliste et délégué général du Québec comme Patriote de l'année, le ]ournal de Montréal du 16 novembre a publié la photo de l'omniprésent sondeur.Le Devoir, où le premier Jean-Marc Léger s'est illustré pendant une bonne partie de sa vie, ne s'est pas trompé de photo, mais, un tantinet mesquin, il a consacré encore moins d'espace à la nouvelle que la grosse Presse.Obélix chez les Losiks I Gérard Depardieu se joint au Conseil d'administration du Festival des films du monde de Serge Losique à titre de coprésident.Attention, les douanes exigent des frais quand on fait entrer au pays tout ce qui contient plus d'un litre d'alcool.Obélix chez les Losiks II Gérard Depardieu déclare que le FFM fait passer le cinéma «avant tout».Dommage qu'il n'en reste plus quand a lieu te festival.Obélix chez les Losiks III Si Gérard Depardieu devient coprésident du Conseil d'admni-nistration du Festival des films du monde de Montréal, est-ce que ça veut dire qu'on peut envoyer Donald Pilon siéger à Cannes?Les «correspondants» Le quotidien montréalais et montréalisant La Presse s'imagine d'une telle envergure que si vous tombez sur le message de mise en attente, vous entendrez défiler la liste de ses «bureaux et correspondants».On commence par Louis-Bernard Robitaille à Paris: il s'agit uniquement d'un pigiste qui travaille à partir de chez lui.Même chose avec Richard Hêtu à New York, un simple pigiste qui rédige à l'occasion des textes depuis le confort de sa résidence.On mentionne également Martin Vallières, à Toronto.Les farouches indépendantistes de La Presse devraient tout d'abord savoir que Toronto n'est pas une ville étrangère.Ensuite, ils devraient être informés que le journaliste Vallières travaille dans la salle de nouvelles du Toronto Star.En fait, La Presse n'a pas plus de correspondant véritable que les éditoriaux de Roger D.Landry n'ont d'intérêt.Harris-Chrétien : même combat Ottawa fusionnée avec ses banlieues sera une ville unilingue anglaise, annonce le gouvernement ontarien.La belle affaire! La capitale du Canada n'a jamais vraiment été bilingue.Le plus bref séjour sur les rives du canal Rideau suffisait pour dissiper toute illusion à ce propos.En parfait colonisé, l'éditorialiste du Droit, quotidien d'Ottawa-Hull, affirme que la majorité des Canadiens de tout le pays souhaite ardemment que la capitale soit bilingue.Passons.Quanta lui, le premier ministre du Canada fait mine de protester.«Ottawa devrait être bilingue», dit-il.Ce conditionnel est un aveu d'impuissance, sinon d'indifférence.Du reste, le masque était sur le point de tomber.La loi Dion allait montrer que Chrétien, ce parfait alingue, accepte de bazarder tout semblant de démocratie pour empêcher les Québécois d'exercer leur droit à disposer librement d'eux-mêmes.11 se fait l'instrument de la volonté de domination du Canada anglais sur le Québec, volonté qui traduit une francophobie atavique sur laquelle ceux qui ne la partagent pas préfèrent fermer les yeux.Bien sûr, datant de 1839, le rapport Durham est une vieille affaire.On ne peut le citer sans risquer de passer pour un affreux nationaleux.Il demeure que son caractère prophétique est frappant.Citation : «|e n'entretiens aucun doute au sujet de ce caractère national qui doit être donné au Bas-Canada; ce doit être celui de l'Empire britannique; celui de la majorité de la population de l'Amérique britannique, celui de la grande race qui doit, dans un laps de temps de courte durée, être prédominante sur tout le continent nord-américain.» Durham nous reconnaît des qualités.Nous sommes «doux et bienveillants, (.) sociables, gais et hospitaliers».Mais nous sommes aussi «un peuple ignare et stationnaire».N'y a-t-il pas là, aujourd'hui, dans le mot «stationnaire», un message pour nos dirigeants?PIERRE DE BELLEFEU1LLE L'objectivité selon Salomon Lu dans le billet de l'éditeur du nouvel hebdo du quartier Plateau-Mile End.à Montréal: « Votre nouveau journal vous informera de façon objective, 50% de pour, 50% de contre sur les dossiers chauds » Ce qui pourrait donner des articles genre: «Ce bon maire Bourque / Ce connard de maire Bourque a décidé / a imposé sauvagement de planter des fleurs en plein hiver pour embellir la ville / une nouvelle façon de dilapider l'argent des Montréalais.» Après le bilinguisme et le bicul-turalisme.voici le regard à double foyer, aussi appelé bi-faux-cutisme.A.K INTERNATIONAL Le Couac, janvier 2000, page 4 Tchétchénie Victimes de la mode «Les Russes font la guerre à l'américaine» (Le Devoir, 13-12).Il paraît qu'ils ont «tiré les leçons» de l'Afghanistan et leur première expérience tchétchène.Quant aux Tchétchènes, ils meurent encore comme des Tchétchènes.M 2000 Regarde Ce cjuutt blanc Du r enfort I Les réflexions du Couac visant à faire un calembour avec le nom de Vladimir Poutine se poursuivent toujours.On pense appeler un humoriste à la rescousse.Un homme, un vrai Boris Eltsine est tout fier de montrer ses couilles, son armée en Tchétchénie et ses nouveaux missiles intercontinenteaux à ogives nucléaires.En espérant qu'il ne garroche pas sa bouteille sur le bouton.Le progrès Mars Polar Lander ne répond pas aux signaux des Terriens.Pas con, l'automate.Macabre Bonne année, Grozny.Pareillement, grandes dents.Cou@c! Notre site: www.lecouac.net Des textes, des films, des dessins.Les charmes bucoliques des États-Unis: Les joies de l'enfance • Les États-Unis n'ont pas encore ratifié ia Convention des droits de l'enfant adoptée il y a dix ans.Des 193 pays membres de {'ONU, il n'y a que les États-Unis et la Somalie qui ne l'ont pas signé! • Aux États-Unis, 24.7 % des enfants de moins de 6 ans vivaient en dessous du seuil de pauvreté durant les années 1992 à 1996.• Quelques 98 913 feunes de moins de 18 ans sont actuellement derrière les barreaux aux États-Unis.• L'Organisation internationale du travail (OIT) place les États-Unis parmi les pays où la situation est considérée comme médiocre en ce qui concerne l'exploitation des enfants.niilion de jeunes Chkanos sont employés aux travaux agricoles iifornie.• Un mi en Cal • Les États-Unis ont bloqué des tentatives récentes du Bureau international du travail (BIT) qui visaient à interdire le recrutement des moins de 18 ans pour en faire des enfants-soldats.Les États-Unis recrutent des soldats dès l'âge de 17 ans.• Dans son rapport de 1994 sur le progrès des nations en matière des droits de l'enfant, l'UNlCEF révélait l'ampleur du gâchis états-uniens en ce domaine.• En 1994, les États-Unis occupaient la deuxième position parmi les pays industrialisés concernant le plus grand nombre de décès de nourrissons par maîtraitance.• En 1991, il y a eu plus de 3 000 assassinats d'adolescents aux États-Unis.Ce taux est plus de dix fois supérieur à celui de l'ensemble de l'Europe occidentale pour la même période.GÉRONIMO TREMBLAY Nichel Barrlllon D'un mensonge "déconcertant" à l'autre.Rappels élémentaires pour les bonnes âmes qui voudraient s'accomoder du capitalisme Ce livre prend à contre-courant les manières de voir communément admises.Il dénonce les manipulations langagières qui travestissent les représentations du totalitarisme soviétique et des démocraties occidentales au point d'inhiber le désir de changer radicalement la vie.168 pages, 16,95$ Bon de commande à nous retourner par courrier Comeau & Nadeau Éditeurs c.p.129, suce, de Lorûtùer, Montréal (Québec) H2H 1V0 Je règle par : Q Mandat Q Chèque En vente dans toutes les librairies, 15,95 $ Diffusion Prologue Nom.Adresse Code postât Courriei Pense-petit Le Bioc québécois demande au ministre fédéral du Commerce international, Pierre Pettigrew, de se retirer du cabinet en raison des «allégations de financement électoral frauduleux le concernant» (Le Devoir, 30-12).Bon.Mais il ne viendrait jamais à l'idée des bloquistes de le faire parce Pettigrew passe son temps à accroître le commerce entre le Canada et les pays où on se fout des droits de l'homme.Cinar La présidente de Cinar, Micheline Charest, veut faire appel aux services de l'étranger parce qu'elle esfrme que la «production canadienne est repliée sur elle même».A venir: Caillou dans les bordels de Bangkok.Bonne nouvelle Pierre Pettigrew est revenu à peine décoiffé de i'OMC.Conférence de l'OMC L'état d'urgence pour une manif de citoyens! Meilleurs vœux La Commission des valeurs mobilières du Québec a choisi une illustration de circonstance pour sa carte de Noël corporative: une peinture québécoise intitulée «Un climat de grisaille».Il n'y a pas à dire, ia fin des transactions à la Bourse de Montréal a tapé fort sur le moral! Question claire Le Parti libéral du Canada règne sur la fédération même si il n'a receuilli que 38% des voix aux dernières élections fédérales.Les souverainistes n'auraient-ils donc besoin que de récolter 38% + I au prochain référendum pour l'emporter?L'Archipel du Nobel Après avoir rêvé à haute voix d'une Grande Russie historique, après avoir affirmé qu'il aimait bien le général Franco, après s'être prononcé en faveur du nationalisme le plus étroit et rétrograde qui soit, voici qu'Alexandre Soljénitsyne, Prix Nobel de littérature, approuve les actions de l'armée russe en Tchétchénie.Il mériterait plutôt le Nobel de la paix, Soljénitsyne.Après tout, Henri Kissinger et mère Teresa l'ont bien eu.Le premier en faisant bombarder le Vietnam; la seconde, en construisant un simple mouroir et en soutenant des racailles comme les Duvalier à Haïti et Enver Hoxha en Albanie.ONU Si dans l'avenir le Canac envoie des observateurs pot superviser au nom de l'ONÛ de 1 référendums au Timor Oriental en Tchétchénie ou au Porto Rîcc déclareront-ils que les sot verainistes de ces régions monde doivent obtenir 60% dï suffrages pour l'emporter?Seattle m'était contée Évolution Entendu au Point de Radio-Canada, le 7 décembre, cette magnifique analyse de notre représentant à Seattle, Pierre Pettigrew, à propos de la mondialisation des normes du travail: «Il est délicat d'imposer nos normes à des pays qui n'ont pas encore atteint notre niveau d'évolution.» En clair, si c'est dans leur culture de faire travailler des enfants dès l'âge de cinq ans, cela ne nous regarde pas, et nous serions bien stupides de ne pas en profiter pour leur faire fabriquer nos chaussures de course.Et Daniel Lessard, ce journaliste de haute volée, d'acquiescer du chef.tëSoi$pJur Le Couac, janvier 2000, page 7 CONFIT D'INTERETS Etre membre a ses avantages.La commission trilatérale Au Québec comme ailleurs dans le monde, les patrons du fric ont leurs clubs privés, majoritairement composés de phallocrates riches, influents et blancs.Ils s'y retrouvent pour discuter affaires, à l'abri des regards indiscrets.N'y entre pas qui veut.Meilleur que le club privé: le réseau d'affaires.Un réseau d'affaires est différent du club privé.C'est un réseau d'influence tissé serré, composé de margoulins ambitieux issus de tous les milieux professionnels, publics ou privés, animés par des intérêts communs mercantiles.Pour en faire partie, il importe d'y être recruté par cooptation.Dans la pyramide de l'influence et du pouvoir, le réseau d'affaires trône au sommet tandis que le club privé occupe la base.L'un des plus influents et des plus discrets réseau d'affaires se nomme la commission trilatérale.Une véritable boîte de pandore insérée à l'intérieur d'une poupée russe, la commission trilatérale est un réseau à l'intérieur d'un réseau plus vaste, la table ronde des neuf.Le tri latéralisme est un terme dérivé de la commission trilatérale, fondée en juin 1973 par David Rockefeller (EXXON et Chase Manhattan Bank) et par Zblgniew Brzezinski (ex-conseiller pour la sécurité nationale sous jimmy Carter et spécialiste des «relations» internationales).Son but est de réunir dans un seul réseau les puissances de pointe des géants de l'industrie, de l'économie et de la politique des États-Unis, de l'Europe de l'Ouest et du lapon.Ce réseau politico-financier élitaire est composé de 300 membres (100 par continent), recrutés parce qu'ils sont des grosses légumes dans les banques, les communications ou membres de puissantes organisations politiques.Les 300 membres de la commission trilatérale se réunissent deux fois l'an dans le plus grand des secrets.Il ne s'agit pas pour autant d'une organisation secrète.Simplement, disons que la trilatérale est une organisation qui a des secrets.Beaucoup de secrets.Seul un initié pourra avoir accès à ces informations privilégiées.Plusieurs de ces initiés sont des hommes bien en vue et bien connus du public.C'est le cas du président américain Bill Clinton.L'Empereur américain dispose d'une garde prétorienne très active au sein de la Trilatérale, soit: Félix Rohatyn (Banque de New-York Lazard Brothers), Paul Vocker (Fed USA), Robert Hormats (Banque New-York Goldman Sachs), Paula Stern (conseillère au commerce), Warren Christopher (conseiller en politiques extérieures).Peter Petersen, Robert Rubin et Roger Altman (banquiers et membres du Brookings Institute).D'autres personnalités connues sont ou ont été membres de la commission trilatérale parmi lesquelles: les anciens présidents George Bush (ex-chef de la CIA en 1976), Jimmy Carter, l'aspirant-président Bill Bradley (sénateur démocrate du New-Iersey, vedette de basketball des Knicks et conseille de la banque |-P.Morgan), Henry Kissinger (ex-ministre des affaires étrangères sous Nixon), Robert McNamara (secrétaire à la défense sous Kennedy et lohnson, ex-président de la Banque Mondiale), John D.Rockefeller (EXXON), feu Edmond de Rothschild (banque, vin, Shell.), Hedley Donovan (Time Magazine).Gerhard Schroeder (chancelier allemand), feu Giovanni Agnelli (FIAT et Chase Manhattan Bank), Guido Colonno Di Palllano (La Rinascente), J.Paul Austin (Coke), I.W.Abel (United Steal Workers), Helmut Schmidt (ex-chancelier allemand et Power Corp), Ronaldo Schimtz (BASF AG), Théo Sommer (Die Zed).Patrick E.Haggerty (Texax Instruments), J.K.lamleson (EXXON), David Packard (Hewlett-Packard), Arthur R.Taylor (CBS), Arthur M.Wood (Sears et Roebuck), Alden W.Clausen (Bank of America), Lee L.Morgan (Caterpillar) et Raymond Barre (ancien premier ministre de France).Quelques rares Canadiens et rares Québécois en sont ou en ont été membres dont: Robert W.Bonner (Bonner & Fouks, Vancouver), Jean-Luc Pépin (Interimco Ltd), le quasi-Lord Conrad Black (Southam News et Hollinger), Paul Desmarais (Power Corp), Jacques Bougie (Alcan), Rémi Marcoux (GTC), Lowell Murray (ex-président du Sénat), Yves Fortier (ex-ambassadeur à l'ONU et avocat chez Ogilvy Renaud), Allan E.Gotlieb (Stikeman Elliot et ex-ambassadeur aux É.-U.), Marshall A.Cohen (Cassels, Brock S- Blackwell), Marie-Josée Kravis (Hudson Institute of Canada), H.Harrison McCain (McCain Foods Ltd), L.R.Wilson (BCE Inc.), Michel Bélanger (Provincial Bank of Canada), Robert Bonner (B.C.Hydro), Claude Castonguay (Assurances La Laurentienne du Canada), Gordon Fairweather (Commission canadienne des droits humains), John Fraser (ex-ministre de l'environnement), Donald Harvle (Petro-Canada), Alan Hockin (Banque T-D), Edgar F.Kaiser JR (Kaiser Resources LTD), Michael Kirby (Institut de recherches sur les politiques publiques) , Donald McDonald (ex-ministre de la défense et avocat chez McCarthy Tétrault), Mitchell Sharp (Northern Pipeline Agency et ex-ministre).Le contrôle de l'économie mondiale appartient déjà aux grandes puissances comme les États-Unis, l'Europe de l'Ouest, le lapon et le Canada, qui toutes servent les intérêts des corporations transnationales et des banques internationales.Dans ce cadre mondial, la commission trilatérale constitue un gigantesque incubateur de projets publics conçus pour le profit d'une oligarchie libérale privée.Ces oligarques se sentent en effet parfaitement autorisés à prendre des décisions qui affectent la vie de millions de personnes dans de nombreux pays.Face à l'existence de tels réseaux, le simple citoyen s'inquiète, avec raison.Qu'importe: les membres de la commission trilatérale eux croient dur comme fer qu'ils sont investis d'une mission divine.C'est sans doute pour se donner bonne conscience que 300 trilatéralistes furent reçus par Jean-Paul II au Vatican le 18 avril 1983 pour y recevoir la bénédiction papale.Avec le bon Dieu sur leur bord, les diablotins de la commission passent désormais pour des enfants de chœur revêtus de insigne trilatéral, soit un triangle noir sur fond rouge.BENOIT PERRON JT iS A/oT f/X/à5v/£"D.Amis couacquistes.Prenez note que Normand Baillargeon vient de publier un livre intitulé Anorchisme.Le lancement a lieu à la brasserie L'Amère à boire (2040, rue Saint-Denis à Montréal) le mercredi 12 janvier à compter de 18 heures.Raymond-la-Science a l'intention d'y être.Bienvenue à tous! ECHOS Le Couac, janvier 2000.page 8 À toutes vapeurs Passez au Village! Disons d'abord que nous aimons — j'emploie ici un nous inclusif qui signifie «tous autant que nous sommes» et non pas «ceux de ma gang-», une sorte de nous intégral qui inclut les gais et les pas gais, les lesbiennes et les pas lesbiennes, les gai(e)s et les pas gai(e)s, les non gai(e)s et/ou les non lesbien(ne)s et même ceux qui nous tombent carrément sur les nerfs — merde, j'ai oublié mon sujet, je recommence.Disons d'abord que nous aimons bien sortir en groupe.C'est normal.Tous les hommes et les femmes ont un côté grégaire.Nous aimons la compagnie de nos semblables surtout s'ils sont plus beaux et moins intelligents que nous.Cest tout à fait normal et ça a l'avantage de nous mettre en valeur quand nous sortons dans les beaux quartiers.Le Village gai existe grâce à ce désir de rassemblement.Pourtant, ce que chacun semble oublier (je dis ça comme ça, c'est peut-être faux, mais il faut bien que j'invente des arguments pour avancer dans ma dissertation, car après tout, y'a pas juste les autres qui peuvent dire n'importe quoi, Le Couac en a marre d'ailleurs d'être lu par les membres de l'aile jeunesse du PQ), ce que chacun semble oublier, dis-je, c'est que le Village ne date pas d'hier.En fait, dans ma folle jeunesse, quand je rampais sur les trottoirs brûlants du centre-viiie, le Village était à peine né.Le quadrilatère ne s'est rapidement développé qu'au début des années 90.Avant 1990, les commerces visant une clientèle gaie étaient davantage répartis dans Montréal (en fait, on parie ici du centre-vilie et de ses alentours puisqu'il n'y avait, à ma connaissance, aucun bar gai dans Roxboro ou Pointe-Claire, ces endroits se spécialisant davantage dans les orgies banlieusardes auxquelles participent ménagères décrépites et hommes d'affaires adipeux), le pourrais également vous expliquer que les descentes de police dans des bars de l'Ouest de la ville ont graduellement incité les gais à se déplacer à l'Est.Mais attention: les bars sur Sainte-Catherine, à l'époque, étaient pour la plupart de crasseux bouis-bouis où le client se saoulait la gueule en examinant, d'un regard éteint, le corps grêle de divers adolescents anorexiques qui, déjà marqués par la vie, se la faisaient aller sans conviction au rythme d'un slow de Lionel Ritchie.Il y avait aussi quelques endroits plus fancés où l'on pouvait boire une Labatt Classique en écoutant du René Simard, mais à cause de mes convictions politiques, de ma classe sociale et de mon signe astrologique, j'ai toujours été davantage attiré vers les bouis-bouis crasseux.Toutefois, une constance: presque tous les bars, crasseux ou fancés, étaient des endroits complètement fermés.Pas de terrasses, pas de fenêtres.Il a fallu quelques années pour que la communauté homosexuelle gagne en assurance.Maintenant, la majorité des bars du village ont une terrasse et laissent entrer la lumière du soleil.De plus, leur taille a pris de l'importance: les bars et discothèques sont devenus gigantesques.Les prix ont augmenté, aussi.Une variété de commerces est apparue: il y a maintenant des boutiques de vêtements d'avant-garde, quelques salons de coiffure, des restaurants pour gais et lesbiennes où l'on sert des moules gaies et des spaghettis lesbiens, quelques saunas, beaucoup de clubs de danseurs où se produisent des clones de Brad Pitt — et même, au Taboo, une paire de jumeaux, ce qui est tout de même assez intéressant —, des auberges, une boulangerie artisanale gérée par des adorateurs de Dalida, Télé-Métropole, Radio-Canada, des sex shops faisant le commerce de godemichés moulés sur le sexe de vedettes de films pornos, un gym high teck pour éliminer les surplus de graisse et de cervelle, des dépanneurs, sans compter la ribambelle de professionnels : notaires, avocats, architectes, dentistes, fleuristes, modistes, pompistes, arrivistes, étapistes.philatélistes et prêtres calvinistes.II est de bon ton de se réjouir de la force économique que représente la communauté gaie et lesbienne.L'argent rose impose le respect, assurent certains.Résultat: le Village devient le lieu de rassemblement de la bourgeoisie gaie.Or, si le Village est à sa ressemblance, il faut conclure qu'elle est orgueilleuse, prétentieuse et satisfaite d'elle-même Laissez-moi terminer ce récit par une anecdote navrante.L'an dernier, le Sky Pub avait une magnifique vitrine commanditée par les magasins Eaton.Enfin, nous les gais pouvions être fiers qu'une entreprise comme celle-là s'intéresse à nous.Quelques mois plus tard, Eaton fermait.Morale?Cette vitrine ne pouvait être commanditée que par l'énergie du désespoir.Le 6 décembre dernier, l'honorable Paul Martin était l'invité de la Chambre de commerce gaie du Québec.Est-ce que c'est à cause de ça qu'on va faire une parade?D'après la revue RG, Mohammed, le fils du roi Hassan U, serait gai.Vite, une parade.MARCO DE BLOIS marco@iecouac.net Cou@c! Notre site: www.lecouac.net Des textes, des films, des dessins.Chronique de deux morts annoncées Il faut se rendre à l'évidence : on ne respecte plus ce qui est vieux.Il en va ces temps-ci des personnes comme des usines.Des milliers d'employeurs n'hésitent pas à se départir d'un personnel, encore vert pourtant, mais ayant un singulier défaut : la cinquantaine a frappé.Place aux plus jeunes, parfois.Mais le plus souvent, place au néant.On débauche dans le seul but de satisfaire les appétits insatiables et surtout immédiats d'actionnaires qui deviennent subitement atrabilaires s'ils n'empochent pas du vingt pour cent sur l'investissement.Quant aux usines, même si elles sont performantes selon les lois de la productivité édictées par ces mêmes capitalistes ; même si elles sont rentables selon les critères de ces mêmes capitalistes, il n'y a pas de problème à les fermer si cela satisfait aux exigences de la géopolitique capitaliste.Qu'est-ce que la géopolitique capitaliste ?Pour se comprendre, prenons deux exemples.La Celanese à Drummondville, la Gaspesia à Chandler.À Drummondville, cela fait 73 ans que des ouvriers fabriquent des produits textiles dans cette usine.Une production diversifiée selon les décennies.Pendant la guerre, 6000 personnes y travaillaient.Depuis quelques années, c'est du fil d'acétate qui était enroulé sur les énormes bobines.Récemment achetée par la multinationale allemande Hoechst GA, l'usine fermera ses portes en mars.Quelque chose comme 400 ouvriers à la rue.Parlant des deux côtés de la bouche en même temps, la direction explique que le fil d'acétate est en perte de vitesse.On s'attendrait à ce qu'on cesse la production d'un fil ayant si peu d'avenir.Que non ! La production file.au Mexique.Du bon monde, Hoechst.Les ouvriers sur la liste de rappel reviennent travailler.Ils sont invités à contribuer, mais dans l'ordre SVP, au démantèlement des installations de Drummondville.C'est la première fois sans doute qu'on verra des ouvriers tisser eux-mêmes la corde qui les pendra.Une corde fabriquée en fils d'acétate, bien sûr ! En Gaspésie, Abitibi Consolidated ferme son usine, mais refuse de la vendre.Des acheteurs sont sur les rangs, prêts à produire.Car le marché est là; les profits aussi.Mais Abitibi Consolidated refuse que du papier journal soit produit plus longtemps à Chandler.Créant de la rareté et protégeant son marché, l'entreprise n'a cure de décréter la mort d'une région déjà sous respiration artificielle.Dire qu'une région meurt, c'est peut-être une allégorie.Mais ce n'est pas une figure de style de penser qu'il y a là des hommes et des femmes qui vont filer un mauvais coton.L'ancien maire songeait à exproprier les installations de la papetière.Fort compréhensible, pareil geste n'a pas obtenu la bénédiction de Québec, lacques Brassard, ministre d'État délégué à l'esbroufe, a reçu le mandat de faire diversion en préparant l'atterrissage, pour la forme : quelque 12 millions de dollars en BS.C'est d'ailleurs un signe qui ne trompe pas : si la Gaspésie avait eu une quelconque importance, c'est Bernard Napoléon Landry lui-même qui aurait pris les choses en mains.Les lois du marché, la mondialisation, la concurrence, aurait pu expliquer le ministre plénipotentiaire, interdisent que l'État agisse d'une manière qui pourrait être jugée impolie par le grand capital et, de ce fait, le froisser quelque peu.Ce que s'est chargé de rappeler à un Lucien Bouchard porté sur les trémolos le chœur patronal des pleureuses.MM.Ponton, de l'Association des manufacturiers et exportateurs, Audet, de la Chambre de commerce, et Taillon, du Conseil du patronat, lui ont fortement suggéré de ménager ce bon M.Weaver, ci-devant président d'Abitibi Consolidated, une si bonne personne qui fait vivre tellement de monde chez nous.Tiens ! On a envie de sortir nos papiers mouchoirs.MICHEL RIOUX Monarchies Un beau voyage au Canada
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