Le couac, 1 avril 2000, avril
I Bombardier page 5 Un succès et des profits subventionnés par les contribuables.—i lu in m z 2 5 z îîî ° ^ u a.oq û Confit d'intérêts page 5 Lino Saputo: un passé trouble où il n'est pas seulement question de fromage.Un drôle d'oiseau Hommage à Marcel Pépin Au paradis, les anges adhèrent à la CSN et Dieu décrète un lock-out.Vol.3 • n° 7 Avril 2000 2,75 $ Entrevue avec Hélène Desputeaux Caillou, le Mickey Mouse de Cinar cai o Mon papa Avant Cinar, Caillou est un bébé tout doux.Avec Cinar, le gamin Caillou se casse la gueule ?Illustratrice de livres pour enfants depuis 1983, Hélène Desputeaux a créé Caillou en 1989 aux Éditions Chouette.Malgré des difficultés croissantes dans la perception de ses droits d'auteur, elle a signé une trentaine d'albums (dont une douzaine comme auteur) pour cette maison avant qu'un désaccord ne les mènent devant les tribunaux en 1995.Depuis, Caillou est devenu une vedette mondiale dont on ne compte plus les produits dérivés, y compris les séries télévisées produites par Cinar.Sans compter les shampooings, les pyjamas, les sacs de couchage, les disques et les cassettes vidéo.L'essor considérable qu'a connu le producteur montréalais avant d'être ébranlé par les scandales à répétition est attribuable en grande partie au succès foudroyant du petit garçon chauve.Or, comme on l'a vu récemment, Cinar semble porter peu de respect à la propriété intellectuelle des auteurs.Aujourd'hui mise à l'écart, dépossédée de sa création, Hélène Desputeaux répond à nos questions au sujet du petit bonhomme.Le Couac: Lorsque vous avez créé Caillou, quelles valeurs voultez-vous transmettre par son intermédiaire?Hélène Desputeaux: Certainement pas commerciales ! Au départ, ce n'était ni une fille ni un garçon.Il fallait que les enfants se reconnaissent en lui.Ce que je voulais, c'était un personnage humain, qui ressemble aux petits enfants, parce que souvent, les livres mettent en scène des animaux.Et Caillou était un bébé, à cette époque.Oui, il avait à peu près sept mois.C'était un tout petit bébé qui ne marchait pas encore.Au fil des livres, il a vieilli jusqu'à un an et demi, presque deux ans pour les derniers.Mais je ne voyais pas Caillou plus vieux, parce qu'il n'avait pas de cheveux, [e trouve illogique qu'on le fasse vieillir sans cheveux.C'est un enfant qui est malade dans ce cas-là.Le reconnaissez-vous tout de même comme votre bébé?le dis toujours: «il y a mon Caillou et il y a celui de Cinar».Sauf que chez Cinar, on a pris tout mon visuel et on l'a étiré.Le personnage a maintenant quatre ans, il a les bras plus longs, les jambes plus longues.C'est un peu disproportionné.Tout ce qu'il y a autour, ce sont mes choses, qu'ils ont pris dans mes albums.Il y a plus de trente albums Ils ont tout pris là-dedans.Vous voulez parler des décors?Oui.Mais pas tous, parce qu'ils en ont ajouté, des trucs de cirque par exemple.Ils ont mélangé un style et l'autre.Mais ils ont pris les couleurs Desputeaux et l'espèce de ligne assez pure que j'ai.Ils ont pris tout ça, ils l'ont mis dans un chaudron et on brasse.Ce que ça a donné, c'est Caillou à quatre ans.Caillou s'est donc transformé physiquement.Est-ce que moralement, la transformation est aussi nette?C'est un Caillou de quatre ans qui vit dans un environnement de deux ans, parce qu'ils prennent dans mes choses À cet âge-là, les enfants commencent à être beaucoup plus autonomes, à dire ce qu'ils ont à dire ou à rêver à partir d'un grain de sable.Ce que Caillou ne fait pas du tout: il pleure tout le temps, il a besoin de papa maman, l'ai vu quelques films et je me disais: «Mon Dieu, est-ce que c'est une publicité de Santé Canada?qu'est-ce que c'est que ça?» Il existe pourtant des séries pour les tout petits qui sont faites à partir d'albums, où on a gardé le respect de l'image, le respect du personnage.LES Mè$A*ltf*T(}*£ZT>* tflNAJ?ÛttT Utf EFFgT HéFA9TC SU* CAiLUXJ.Pensez-vous que Cinar a voulu étirer le concept de Caillou pour atteindre d'autres tranches d'âge?C'est ce qu'ils disent, bien qu'à un certain moment, on m'a demandé de lui mettre des cheveux sur la tête.Parce que c'est bien évident qu'à quatre ans, on a des cheveux d'habitude.C'est pour ça que maintenant, l'éditrice [Christine L'Heureux, présidente des Éditions Chouette] lui met une casquette, le ne sais pas.Il doit y avoir des raisons commerciales.Probablement aussi pour m'éliminer, parce que je suis un trouble-fête.Le créateur est souvent un trouble-fête.En même temps, n'est-il pas inéluctable qu'à un moment donné, un personnage échappe à son créateur, surtout lorsqu'il obtient un succès aussi considérable que celui de Caillou?Non, pourquoi?Regardez Tintin.Oui, il existe des bols Tintin et des tasses Tintin.Mais on retrouve des séquences tirées des albums.Il y a une tasse, mais il y a aussi le respect du créateur.Et puis, il n'y aura jamais d'arachides Tintin, ni de yogourt Tintin.Il y a un choix à faire,parce qu'avec les enfants, il faut faire attention.Il y a une réflexion à avoir avant de leur donner quelque chose.Des pinottes ou du yogourt, c'est se moquer d'eux.C'est s'adresser aux parents, pas aux enfants.Si on vous avait demandé votre avis pour faire des produits dérivés de Caillou, est-ce que vous auriez refusé?Non, il y en aurait eu.Et j'en ai d'ailleurs dessiné plusieurs.Mais j'aime bien qu'on se donne un temps de réflexion.Ce que je n'admets pas, c'est que c'est n'importe quoi et que c'est vite fait.|e suis d'accord avec le fait de faire vivre les personnages en dehors du livre, mais pas n'importe comment.Il faut qu'il y ait le lien avec le livre, qui est le but premier pour moi.Il faut qu'il y ait le respect des enfants.Le respect des enfants serait pour vous la limite entre ce qu'on peut faire et ne pas faire?Oui.On les oublie là-dedans.La seule chose à laquelle on pense, c'est le commerce.On est rendus à une espèce de Caillou commercial.Vous ne touchez rien sur les produits dérivés?le ne sais pas.|e sais qu'il y a des sous placés en fidéicommis par Cinar, mais ils viennent d'où, ces sous?|e ne sais pas.|e viens d'apprendre qu'il y a des bottes Caillou,des imperméables Caillou, mais je l'apprends comme tout le monde, le ne sais rien.On a l'impression que la production de séries télévisées, comme celles de Caillou, ne s'apparente plus du tout à une activité artistique, qu'il ne s'agit plus que d'industrie.Le milieu culturel est comme ça depuis quelque temps: pro-industrie.On a besoin de l'œuvre de l'artiste, mais le discours est pro-industrie, les subventions vont aux industries.Dès que l'artiste se lève, on se dépêche de l'écraser.Il est comme une espèce de clown qu'il faut tasser de temps en temps.S'il parle trop fort, il dérange.Dans ce contexte, le système des droits d'auteur, qui avait été mis en place pour payer les artistes, ne semble plus vraiment adapté.Souvent, en édition, c'est à prendre ou à laisser: «tu signes là» ou bien «je t'enverrai le contrat plus tard».Et je sais que c'est comme ça aussi en production.Alors comme il faut bien manger, on fait des tonnes de compromis.Il n'y a vraiment rien d'arrêté, et quand c'est arrêté, ce n'est pas respecté.Comme dans votre cas?Oui.l'en ai, des contrats.Mais ils ne sont pas respectés.Ils savent très bien qu'un artiste n'ira jamais en Cour, parce qu'il n'en a pas les moyens.En édition, si on se tient debout, soit on pilonne nos livres, soit on nous envoie des comptes qui n'ont pas d'allure.On a des doutes, mais on n'a pas les moyens d'envoyer un comptable.Il y a même des écrivains qui se sont fait accuser de plagiat.Ce n'était pas vrai, mais c'est comme une démolition: on le tasse, le créateur.Et puis, on passe à autre chose: les subventions arrivent.Dans le cas du divertissement pour enfants, les enjeux sont grands.Cinar est une compagnie prospère.Oui, c'est étrange, non?Mme L'Heureux, mon éditrice, avait dit aux journaux que j'étais l'illustratrice la mieux payée au Québec, le n'avais même pas de chiffres et le lendemain de l'article, elle m'annonçait qu'elle ne me payait plus.Dès qu'un écrivain fait plus que deux ou trois mille dollars de droits, on s'organise pour qu'il n'en ait pas plus.Nathalie Petrowski a écrit une chronique sur le thème «Les artistes, restez pauvresl» On dirait que c'est devenu le discours dominant.Oui, je me suis fait répondre un truc comme ça au ministère de la Culture à Québec.Celle qui donne les subventions travaille, par hasard, comme écrivain pour Héritage, qui est l'actionnaire des Éditions Chouette.Elle m'écrit dans une lettre (très poliment, c'est pas dit comme ça): «Toi, retourne à ta table, tais-toi et dessine.» Alors des plaintes, j'en fais même plus, ce n'est pas écouté.On se rappelle que vous aviez dû prouver en Cour être une artiste professionnelle, il y a quelques années.A-t-on vraiment besoin d'un jugement pour être considéré comme artiste au Québec aujourd'hui?On dirait bien que oui.Si une éditrice l'a fait, tous les autres peuvent le faire.C'est terrible, c'est comme tuer quelqu'un.Moi, ça faisait quinze ans que je faisais ce métier-là et je me suis fait dire ça parce que j'avais déjà enseigné à temps partiel à des enfants.Alors que nous les créateurs, on a presque tous deux emplois.C'est très humiliant.C'est comme si on m'avait tout arraché.Le mot qui revient toujours pour moi, c'est le mot «respect».On pense qu'on en a parce qu'on reçoit nos droits, mais ce n'est pas vrai.On n'en a pas du tout.Mais, dans le fond, ces producteurs-là n'existeraient pas s'il n'y avait pas d'œuvres.(PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANE BATIGNE) Les journalistes et le cas Cinar Vous avez remarqué que Radio-Canada semble avoir abandonné l'enquête sur Cinar?Plus de révélations, sinon la simple reprise de communiqués ou d'informations pigées ailleurs.C'est au Gbbe and Mail et au National Post que les journalistes s'en donnent dorénavant à cœur joie.En effet, il ne se passe pas un jour sans que les quotidiens torontois fassent de nouvelles révélations sur cette affaire.Comment expliquer la désaffection de la SRC?C'est en octobre 1999 qu'éclate le scandale Cinar à la suite d'une question posée par le Bloc québécois à la Chambre des communes.Or.Radio-Canada enquêtait sur ce dossier depuis déjà quelque temps.L'objectif des jour-nalistes Sophie Langlois et Pierre Tourangeau était de dresser un portrait de la production privée canadienne (et québécoise) en s'attaquant d'abord à un gros joueur, Cinar.Mais dès que l'enquête a commencé à déborder du cas de Cinar, les producteurs, nerveux, se sont serrés les coudes pour tenter d'étouffer l'affaire.Vaut mieux sacrifier Charest et Weinberg plutôt que de devoir rendre des comptes, ont-ils semblé se dire.Au même moment, jouissant de son immunité parlementaire, le Bloc québécois révélait les liens entre Micheline Charest et le Parti libéral.Mais en visite en Californie pour promouvoir l'industrie québécoise de l'animation en compagnie de Lucien Bouchard, lean-Claude Scraire, président de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, a «invité» !e Bloc québécois à la prudence (La Presse, 23-10-99), Par la suite, selon les informations obtenues par Le Couac, des pressions auraient été exercées sur le Bloc afin de cesser ces «accusations» désagréables pour l'industrie.qui.rappelons-le cyniquement, fait la fierté du Québec et du Canada.Géant aux pieds d'argile, Cinar s'écroule.C'est une tragi-comédie fort divertissante.Il faut par ailleurs se rappeler que; la majorité des émissions de prestige diffusées par Radio-Canada viennent de la production privée.Que conclure?Que Sophie Langlois sera bientôt déplacée à la Semaine verte et que Pierre Tourangeau entreprendra une autre série de reportages choc sur Hydro-Québec et le Mouvement Desjardins.LE COUAC Grosse semaine La patronne de l'aéroport dé~ Montréal, sans doute une tablettée libérale bon teint, justifie son salaire de 185 000 $ en disant travailler 110 heures par semaine.A cinq jours par semaine, ça fait quand même 22 heures par jour.Pousse, mais pousse égale, memee.PIERRE FALARDEAU Géranium 1er continue son cirque À peine de retour de Trinité et Tobago où il tentait d'organiser un carnaval, le maire Pierre Bourque s'envole pour Paris (La Presse, 16-03).Les Parisiens ont-ils besoin eux aussi d'importer des clowns pour leurs festivités?Nez faste Au bulletin de nouvelle de Radio-Canada du 19 mars, on apprend que le gouvernement fédéral envoie au Kosovo trois nouveaux membres de l'équipe de Clowns sans frontière afin de soulager la population.«Les clowns amèneront avec eux près de 6000 nez rouges^en plastique».Comme coordonateur du projet, Pierre Bourque?Mathématiques Si un prête-nom de Cinar écrit 150 épisodes d'émissions de télévision en quatre ans, calculez combien la compagnie devra embaucher de prête-noms pour atteindre le rythme de production de Fabienne Larouche.Ça explique tout ?Des sources du Couac prétendent que Fabienne Larouche fait écrire les épisodes de Virginie par des enfants de huit ans aux Philippines.Productifs, ces petits.Devinette «Le bingo fait face à une problématique structurelle et organisationnelle qui finira par le vider du signifiant qui lui reste si on n'amorce pas rationnellement et au plus tôt un processus de reconstruction systé-mique.» Dans quel journal montréalais a-t-on pu lire cette phrase, en légende de photo?Dans le \ournal de Montréal ( 13-3), bien sûr. °l sa Le Couac, avril 2000.page 2 À quand le retour des vols à Mirabel ?Le scandale à la société Aéroports de Montréal (ADM), où l'argent coule sans contrôle et où l'on annonce de folles dépenses d'un milliard et un tiers à Dorval.était à prévoir.C'est le cas de dire que c'était écrit dans le ciel.En 1992, tout en conservant la propriété des aéroports de Mirabel et de Dorval, le gouvernement fédéral en a confié la gestion à cette société «sans but lucratif» (ce qui n'empêche pas les buts dépensiers) qui n'a de comptes à rendre à personne, sauf à un conseil d'administration fantôme.C'est inconcevable: ni Ottawa, ni Québec n'a le moindre contrôle sur cet OSBL (organisme sans but lucratif) d'un type nouveau.Ce tour de passe-passe a été présenté comme une privatisation.C'était un mensonge, car ADM ne fonctionne pas plus selon les règles d'une entreprise privée, qui veille aux profits des actionnaires, que selon celles d'une société d'État, qui protège les biens des citoyens.Les rapports de vérification qui ont fait les manchettes au début de mars font la preuve d'une «gestion douteuse», pour reprendre l'euphémisme du Devoir.En 1996, sans consulter personne sauf des experts dont elle a rejeté l'avis.ADM a transféré tous les vols (sauf les nolisés) de Mirabel à Dorval.Québec, protestant contre cette décision désastreuse, a mis sur pied la commission Tardif, mais celle-ci s'est contentée d'examiner les moyens d'amortir le choc à Mirabel, moyens qui sont restés dérisoires.Bien à tort, la commission a prétendu qu'elle n'avait pas le mandat de réclamer le renversement de la décision.ADM.tentant de justifier le transfert, a prétendu que le maintien des vols à Mirabel aurait coûté des centaines de millions.Or elle annonce maintenant que les aménagements nécessaires à Dorval coûteront plus de deux fois plus.Tout milite en faveur de Mirabel où, à la fin des années 60, le fédéral a exproprié une vaste zone qui permettrait à l'aéroport de se développer.Dorval est en plein milieu urbain.Non seulement cela limite-t-il le potentiel de développement, mais cela crée un problème grandissant et insoluble: la pollution par le bruit.Les événements donnent raison aux défenseurs de Mirabel qui soutiennent que les aménagements routiers et la mise en place d'une liaison ferroviaire rapide entre Mirabel et le centre de Montréal coûteraient moins cher que les travaux proposés à Dorval.Seul le transfert des vols de Dorval à Mirabel peut dénouer l'imbroglio.C'est ce que Québec devrait réclamer d'Ottawa qui peut seul intervenir, par la voie législative si la persuasion échoue.PIERRE DE BELLEFEUILLE | L'AFFAIRE &ARNA*E\ NOIX MELANGEES ARACHIDES SALES Un policier de Montréal «Sanction exemplaire» C'est le titre d'un article de La Presse, repris de la Presse Canadienne (16-3).qui traite d'une sanction imposée à un policier de la ville de Montréal par un comité de déontologie policière.Le policier en question, Yvan Vinet, a été condamné à un an de suspension de ses fonctions.D'où le titre: «sanction exemplaire», sans doute.On n'insiste pas trop sur le fait que le policier Vinet a pris sa retraite entre temps.La suspension ne demeure donc que technique et sans aucune portée réelle.D'ailleurs, le comité de discipline précise que, compte tenu des fautes professionnelles de l'agent, il «aurait imposé une suspension sans traitement de quelques jours chacune pour les trois infractions commises» si le policier avait été encore actif.Le policier Vinet avait abandonné seul un citoyen encore au prise avec son agresseur.JEAN-FRANÇOIS NADEAU SALTED MIXED NUTS & PEANUTS m I imt«.'i»::M -i>;ii.s.hvUt nu Distributions Alimentaires Le MAROUIS Inc.Si-Hubert (Quebec?J3Y 8Y8 i*5 !"0S.Htr iMt.wMt room 0 202 rofV'1 'ifâe H.t 3.30 Clarté Les marchands d'alimentation ne sont pas très pressés de nous avertir que tel ou tel produit contient des aliments trangéniques, mais on tient à nous prévenir que les «Noix mélangées arachides salés» peuvent «avoir été en contact avec des arachides et/ou des noix».«À ce moment-ci, on peut dire que grâce à notre projet de loi, le Canada restera uni pour toujours», lance lean Chrétien à la fin des procédures expéditives entreprises pour adopter la loi sur la «clarté» référendaire.Un Reich de mille ans avec ça?Amusement «En démocratie, on peut faire le débat, mais à un moment, il faut appeler la fin de la récréation et commencer à travailler.» En clair, la démocratie est un divertissement, un amusement pas très sérieux qui s'arrête là où commencent les vraies affaires.L'auteur de cette réflexion?Alfonso Gagliano, ministre du gouvernement fédéral.Réalité 101 Question: vers où pointent les canons de l'armée canadienne installés devant le manège militaire de Québec?Réponse: vers le parc de la francophonie et deux immeubles du gouvernement québécois: l'édifice Marie-Guyart et l'édifice André Laurendeau! COURRIER DES LECTEURS En voiturel l'ai reçu ce message via Internet: «Le 30 avril 1999, une période pas de gaz avait été décrétée à travers le Canada et les États-Unis afin de forcer les pétrolières à baisser le prix de l'essence, et cela avait fonctionné.» Le petit malin s'est dit qu'il vaudrait la peine de recommencer.Le petit malin est un petit crétin.Ce n'est pas l'essence le problème, mais l'automobile.Pourquoi ne pas demander que le prix de l'essence soit multiplié par vingt ou par cent afin que plus personne ne puisse en acheter?Peut-être alors les gens se rendraient-ils compte que nous vivons dans un univers où les alternatives à l'automobile sont pratiquement inexploitées.Regardez autour de vous.À qui profite vraiment l'automobile?Les assurances vivent de l'automobile.Les pétrolières aussi.De même qu'une bonne partie de l'industrie minière.Tout ce fric pour entretenir des véhicules de merde qui nous tuent et qui contribuent à détruire notre environnement.Payer une voiture 25 000$, payer les assurances, le stationnement et l'essence, tout cela pour avoir le plaisir d'attendre chaque matin 45 minutes dans les embouteillages, quel progrès pour l'humanité! Exigez que le prix de l'essence grimpe démesurément! Exigez que les rois du pétrole éclatent à force d'être gonflé de leur fric de rapace! Philippe Gagnon, Sainte-Foy Les cartes de téléphone [.} l'ai affaire à Weedon, 2000 habitants, d'où je dois effectuer un appel outre-mer.Le premier magasin me dit ne plus avoir de carte de téléphone, le deuxième non plus, pas plus que le troisième.Chez le quatrième, j'essaie d'en connaître la raison.La patronne m'explique qu'ils n'en veulent plus; les utilisateurs se plaignent de ce qui semble être une excroquerie: certaines cartes ne fonctionnent même pas.Obligée de faire ce court appel en France, je me résigne à demander pour 5$ de 25 cents, le compose enfin le numéro et reste figée: on me demande 6,45$ pour la première minute |.|, soit 20 fois le tarif depuis une ligne personnelle.Peut-on encore appeler ça un «service public»?|.| Sylvie Berthaud, Saints-Martyrs Canadiens Une sortie de secours en histoire?Doit-on en rajouter dans le long débat entre |ohn Saul et Gérard Bouchard paru dans Le Devoir?Non! Par ailleurs, le texte de locelyn Létourneau permet quelques réflexions.Il parle de Saul et de Bouchard qui «ont cherché tous les deux à rallier la matière du passé à des problématiques fortes, celle de la construction de la nation canadi- enne chez Saul et celle de l'émergence de la nation québécoise chez Bouchard».Il y a certainement ici un problème: le discours des historiens au Québec est-il dans une impasse?Comme la sempiternelle question constitutionnelle qui laisse pourtant froid la majorité des Québécois?Et si l'on parlait d'autre chose?Si les historiens pouvaient exprimer un discours extrait de ces ornières.Cela est-il possible?Faut-il prendre une sortie de secours en histoire du Québec?Peut-être bien.[.] Serge Gauthier et Christian Harvey Écrivez-nous! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H IB9.Télécopieur: (514) 521-5599.Vous pouvez aussi envoyer vos textes à : jfncouac@sympatico.ca Scoop! Chapeau bas à mes collègues journalistes, les vrais, les pros, ceux qui sont payés pour faire leur boulot de façon objective et rapporter les faits-juste les faits, ceux qui sont les champions du droit des citoyens à savoir tout et n'importe quoi et qui nous ont tenu informé minute après minute de cette affaire de la plus haute importance: le face-à-face lean Chrétien-Paul Martin.«Les Canadiens auront-ils un nouveau grand vizir?», la question est sur toutes les lèvres si l'on en croit mes collègues journalistes.En veux-tu de l'information pertinente?En v'Ià! À la «une» des journaux, aux nouvelles télévisées, à la radio, sur Internet, nous avons la chance de sentir, pantois d'émotions, le destin d'un pays se jouer devant nous.Et tout ça grâce au travail merveilleux de mes collègues journalistes.Ils ont couru les hôtels de Toronto sur la piste de réunions secrètes de conspirateurs, ils ont recueilli les propos cinglants de tel ou telle député et les rétractations de tel ou telle autre, ils ont rôdé dans les coulisses du congrès du Parti libéral, ils ont scruté les éditoriaux des journaux du Canada hors-Québec, ils ont assailli de questions le mili- tant de base, le président de circonscription, le garde du corps, le danseur à claquettes, la fille du capitaine et lojo Savard.Y a pas à dire, nous vivons une époque exaltante N'ayons pas peur des mots: nous nous trouvons à la croisée des chemins, à un carrefour historique, à un moment charnière, au seuil d'une nouvelle Révolution tranquille Bref, le printemps sera chaud, les amis.Un changement de boss, ce n'est pas rien.L'avenir de la nation est en jeu.Grâce à ces fins limiers toujours à l'affût, nous avons su: que lean Chrétien allait rester; que Paul Martin complotait; que lean Martin hésitait; que Martin Paul réfléchissait; que Paul Chrétien consultait; que Martin Chrétien s'entêtait.Dommage que personne n'ait pensé nous expliquer ce que cela changera réellement si Paul lean devient grand vizir à la place de lean Paul.Même si je ne suis pas payé un rond pour écrire cet article, même si je ne suis pas un champion de l'information objective et des faits-juste les faits, je vais vous dire malgré tout ce qui en sera, mais ne le répétez à personne, c'est un scoop.Ça ne changerait rien.FRANCIS DUPU1S-DÉRI Site Internet: nos excuses Le petit malin qui avait pris en charge notre site Internet (www.lecouac.net) œuvre sous le couvert aune entreprise baptisée Asymétrie Solutions Internet.En fait, pas de solutions, que des problèmes en ce qui nous concerne.Mais d'autres de ses clients, dont La Fin du monde, Coscient et les «jeunes» du Parti québécois ont peut-être un autre son de cloche.Toujours est-il que le petit malin en question, malgré notre bonne volonté, ne nous donne plus aucun signe de vie.Sa disparition a entraîné des soubresaults et des retards importants dans la mise à jour de notre site Internet.Toutes nos excuses.Si uelqu'un voit ce pauvre type, prévenez-le que nous sommes à l'ère es communications et qu'il peut se foutre sa souris où on pense.PLOGUES Insolite Ça devait arriver.Stéphane Batigne publie un recueil des savoureux Montréal insolite qu'il écrivait pour l'hebdomadaire Ici depuis près de deux ans.Montréal insolite, c'est Montréal par le petit bout de la lorgnette: des gens bizarres, des lieux secrets, des activités inhabituelles.Garanti 100% sans nouvelles tendances.Montréal insolite de Stéphane Batigne, chez Lanctôt éditeur.JFN Conférence par le rédac-chef sur l'histoire des journaux satiriques le lundi 3 avril à midi au Quai des Brumes, 4481 rue Saint-Denis, Montréal.Entrée livre.Boum ! Première édition de la Triennale de la relève québécoise en arts visuels, du 31 mars au 23 avrii (Marché Bonsecours, 350 rue Saint-Paul Est, dans le vieux Montréal}.Dix-sept artistes exposent leurs œuvres.Vernissage le 4 avril à I9h00; soirée débats le 11 avril à 19h30; encan bénéfice pour l'hôpital Sainte-lustine le 18 avril à I9h30.Ouvert tous les jours de lOh à 18h.Entrée libre.Pour info : (514| 270-4499 • www.artquifaitboum.qc.ca.Se faire justice?Projection publique et lancement du vidéo du conte urbain (OYEUX NŒL, IUL1E! d'Yvan Bienvenue, interprété par Sylvie Drapeau et réalisé par Jean-Claude Coulbois.À sa sortie de prison, un violeur est kidnappé par un collectif de femmes qui décident de lui faire goûter de sa médecine.Projection et débat en présence du réalisateur, de l'auteur et de l'interprète.Café-librairie L'Aparté, 5029, rue Saint-Denis, Montréal, téléphone : (514) 282-0911.Mardi 11 avril à 19h.POUR S'ABONNER Par téléphone : (514) 274-5468 • (800) 361-1431 Par la pOSte : PERIODICA II55.avenue Ducharme, Outremont (Québec) H2V 1E2 Via Internet : www.Iecouac.net • Abonnement d'un an: 26 $ + taxes = 29,91 $ • Abonnement de deux ans: 46 $ + taxes = 52,91 $ Abonnement institutionnel et de soutien : 50 $ + taxes = 57,51 $ • Abonnement de groupe d'un an ( 10 copies par parution): 200 $ + taxes = 230,08 $ • Abonnement d'un anà l'étranger : 42 $ Nom Adresse Code postal Courriel Téléphone Le Couac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec, H2H IB9 Téléphone: (514)521-5499 Télécopieur: (514)521-5599 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Rédacteur en chef: |ean-François Nadeau Collaborateurs: Gilles Archambault, Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Victor-Levy Beau lieu, Pierre de Bellefeuille, Oncle Bernard, Marco de Blois, (acques Bom hard, Philippe Chénier, Luis Cusino, Bruno Duhuc, Francis Dupuis-Déri, Michel Fortmann, Marie-Eve Lamy, François Patenaude, Martin Petit, Benoît Perron, Martin Poirier, Mi( hel Rioux, Pierre Vadeboncœur, Nadine Vincent.Illustrations: Boris, Serge Ferrand, Filio, Luc Giard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Luz et Charb (avec l'aimable autorisation de Ch.irlw Hcbdu).Graphisme: Marguerite Binette Nous remercions Charlie Hcbdo pour sa collaboration.Visitez notre site Web: www.lecouac.net Abonnement et publicité: François Patenaude au (514) 287-94(>7 ISSN l4tt()-2(>74 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprime au Québec Ce journal est certainement antiderrux ratique puisque les questions qu'il pose ne sont pas approuvées par le gouvernement canadien.Mefiez-vous ! 0282537503302 i mi.& Le Couac, avril 2000, page 3 CommunAuto Si j'avais un char.Jf en ai marre de me faire dire que collectivement, nous n'avons plus les moyens de nous permettre des services sociaux gratuits, de qualité, et bla, bla, bla.Il s'agit d'un faux débat.Si nous tenions véritablement compte du poids environnemental et social de plusieurs de nos choix collectifs, nous devrions rapidement nous rendre à l'évidence : collectivement, nous n'avons plus les moyens de nous offrir l'automobile comme principal moyen de transport.Prenons le cas des États-Unis, où l'on retrouve 15 millions d'hectares de routes, utilisés à 97,4% par les automobiles, et où il y a 1,75 personne par automobile.Ou encore Vancouver, où Environnement Canada évalue qu'aux heures de pointe, 98,4% de la circulation est constituée de voitures (qui ne transportent que 62% des voyageurs).On évalue qu'une personne seule qui utilise sa voiture pour se rendre au travail (disons 10 km aller-retour) monopolise environ 2050 m2 de sol écologiquement productif, comparativement à 420 m2 pour l'autobus et 120 m2 pour le vélo.N'oublions pas que la majeure partie de cet espace sert à absorber le C02.l'en ai marre de me faire répéter que compétitivité oblige, nous devons rationaliser les emplois en santé, en éducation, et bla, bla, bla.Il serait plutôt temps de songer à une rationalisation de l'usage de l'automobile! Il en existe au moins un qui a compris, et depuis déjà six ans à part de ça! Il s'agit de Benoît Robert, fondateur de CommunAuto, un système de partage de voitures qui a vu le jour à Québec et disponible à Montréal depuis 1995.Le principe est assez simple.Les frais d'inscription sont de 35 à 350$ par année, selon le forfait qui convient le mieux à l'utilisation que vous ferez du service.Vous devez également payer des frais d'adhésion de 500$, remboursables en tout temps.Après quoi vous avez accès à une voiture, à toute heure du jour, du moment où vous effectuez préalablement une réservation.Les voitures sont garées dans 26 stationnements répartis à travers la ville de Montréal et la plupart se trouvent près d'une station de métro.Lorsque vous avez terminé avec la voiture, vous la rapportez à l'endroit où vous l'avez prise et vous indiquez votre kilométrage, votre numéro d'abonné, ainsi que la date sur un coupon de bord que vous laissez dans la voiture.Vous recevez ensuite une facture mensuelle par la poste.Vous pouvez louer à l'heure, à la journée et même à la semaine.Pour les courtes distances, il en coûte 1,50$ de l'heure du mardi au jeudi, jusqu'à concurrence de 15$ par jour; du vendredi au lundi, le tarif passe à 2$ de l'heure, jusqu'à concurrence de 20$ par jour.Les assurances et l'essence sont incluses dans les prix, et CommunAuto assume également tous les frais d'entretien et de réparations.Vous avez également accès à des sièges pour bébé, des porte-vélos et des porte-skis.Abonnez-vous, il s'agit d'une alternative absolument géniale! CommunAuto à Montréal: (514) 381-8109; à Québec: (418) 523-1788.Pendant ce temps, d'autres illuminés s'évertuent à nous persuader que pour résoudre les problèmes li GS a la prolifération de l'automobile, il suffirait de construire un autre pont, et bla, bla, bia MARIE-EVE LAMY Bikini et mitrailettes Quoi de mieux qu'un beau pétard pour faire vendre de gros fusils?C'est sûrement ce que les vendeurs d'armes du IVeme Salon international de l'armement ont pensé en ayant recours à des tops models courtes vêtues pour vendre leurs machines à faire voyager l'âme.(Le Courrier international, no.440).Au zoo linguistique Lorsque le gouvernement du Canada fait la promotion dans les journaux de sa publication intitulée «)e parle français», il titre avec emphase «Vous serez fasciné par cette célébration de la culture et du patrimoine francophones».Pourtant n'est-ce pas le premier ministre de ce même gouvernement, un certain lohn Christian, qui prétendait à la veille du sommet de la francophonie de Monc-ton l'an passé: «L'assimilation, c'est la réalité de la vie»?On se rassure, le fascicule est «also available in English*.KupertK, LE REGARD OBLIQUE Une sorte d'exil Ie ne me remémore jamais sans une certaine nostalgie cette époque de notre histoire où nous disions avec un brin de fierté qu'un te! était indépendantiste.Cela voulait dire la plupart du temps que l'homme en question osait se démarquer des gens de sa caste.Il était, croyions-nous, pour le changement, il optait pour le Québec.Il pouvait arriver qu'il paie cher cette décision.Placé sur une voie de garage, tenu pour léger, casse-cou.voire écervelé.Tout naturellement, l'arrivée au pouvoir du Parti québécois en 1976 changea bien un peu les choses.D'avoir choisi l'indépendance ne nuisait pas en ces temps-là.Persistait quand même chez nous le sentiment bien ancré du statu quo.Le Canada apparaissait pour la plupart comme une force, une réalité alors que ie Québec était un rêve que l'on chérissait parfois avec chaleur.D'idéaliste qu'il aurait été alors, l'indé-pendantiste est devenu une sorte de paria dont la caractéristique principale serait ta petitesse.Il serait celui qui refuse de voir grand, celui qui prône des idées étriquées, essentiellement dépassées.Les journaux, la télévision, la radio n'abandonnent le territoire de l'insignifiance rentable que pour marteler des slogans à la gloire de la feuille d'érable rouge On y pense Vous pouvez désormais louer une Porche 911 2000 à compter de 869,00$ par mois.Industrie de mort Aux États-Unis, les accidents de la route ont fauché plus de 42 000 vies en 1998.Cela équivaut à la disparition de la population d'une ville de la taille de Granby! McDo Une centaine d'émeutiers devraient subir un procès pour avoir fracassé les vitrines de trois McDo et d'un poste de police à Montréal le 15 mars.Ils n'ont qu'à plaider que le coup est parti tout seul et ils seront acquittés.Ou prétendre que leurs fonctions intellectuelles sont affaiblies, et ont les enverra au Chili.Les journaux, la télévision, la radio n'abandonnent le territoire de l'insignifiance rentable que pour marteler des slogans à la gloire de la feuille d'érable rouge et diffuser une information orientée.Comment dans ces conditions des jeunes gens aspirant tout naturellement à une carrière de journaliste peuvent-ils percer si leur démarche intellectuelle les a conduits à opter pour l'indépendance?Us ne peuvent y parvenir qu'en taisant leurs options.Autrement, on leur barrera la route.Ils sont donc condamnés à une sorte d'exil.S'ils ne sont pas trop bavards, ils pourront écrire des articles dans les sections sportives ou culturelles du journal, l'éditorial leur est à tout jamais interdit.C'est la chasse gardée des haut-parleurs du pouvoir, des penseurs rémunérés.Du sérieux, en voulez-vous, en voilà! Non, vraiment, il n'est pas toujours besoin de s'expatrier pour vivre en exil.Il suffit pour cela de n'être pas opportuniste.GILLES ARCHAMBAULT Compassion «Le passé de chaque voiture varie Certaines ont connu une existence facile, dorlotées, dormant sous un toit (.) D'autres ont été brutalisées, couchant à la belle étoile beau temps mauvais temps» (/.a Presse 20-3).A quand une association de protection des voitures sans abris?Aux chaudrons citoyennes! Madeleine Bélanger, député libérale des Cantons de l'Est, dresse un portrait de la situation socio-économique des femmes dans L'Echo de Frontenac (6-2).Le portrait rend compte de l'infériorité dans laquelle sont placées une majorité de femmes.Et le conseil de la député pour renverser cette triste situation?«Tout ce que je peux dire aux femmes [.] c'est: exigez un meilleur partage des tâches à la maison, foncez et prenez votre place.» Et vous trouverez la révolution au fond d'un chaudron?Petrowski ou le blues de la baby boomer vieillissante.c ¦ est pathétique.La façon qu'a Nathalie Petrowski de proférer des inepties avec assurance, de se reprendre quelques jours plus tard en déclarant «franchement con» ce qu'elle a écrit, puis d'en rajouter en avouant quelques paragraphes plus loin que «plus je me regarde aller, plus je m'écœure» (La Presse, 02-03), n'est pas écœurante, elle est pathétique.On apprend dans cette chronique que Nathalie ressent un «sentiment confus» qu'elle n'arrive pas à définir, un «malaise» qui lui ferait écrire des stupidités.Et comme elle n'a rien à cacher, elle livre aux lecteurs de La Presse le fond de sa réflexion: son malaise difficilement définissable proviendrait d'une «exaspération face à notre obsession du fric».On se demande où elle est allée chercher tout ça! Et la voilà qui énumère, mal camouflée derrière un «on» faussement impersonnel, les multiples stigmates de cette obsession.«On parle de fric à longueur de journée, rapporte-t-elle.On pense au fric tout le temps.On ne vit que pour le fric.Le fric remplit tous les interstices de nos maisons et de nos vies.On se délecte de la vie des gens riches et célèbres qui ont tellement de fric qu'ils ne savent plus quoi inventer pour le dépenser.On glorifie des types comme Charles Sirois parce qu'ils valent des milliards.On place notre fric, on compte nos cennes, on surveille nos investissements.» Tout le monde n'est pas Nathalie Petrowski et rares sont ceux qui ont comme elle le loisir de glorifier des types comme Charles Sirois à la une de La Presse : non seulement, elle est devenue experte ès dithyrambe des grands de ce royaume, mais c'est de cette façon qu'elle gagne sa vie.Chacun sait qu'il n'y a pas de sot métier, même chez les cireurs de bottes, mais Nathalie, elle, se tape un petit coup de blues.«Je ne dis pas que je suis mieux que les autres», admet-elle.Pour se remonter le moral chancelant, elle fait appel à sa folle jeunesse et jure qu'«il y a vingt ans, je ne pensais jamais au fric».Coucou, revoilou le nombrilou des baby boomers.Quand on était jeunes, on avait des rêves, on était engagés, idéalistes, pas épiciers pour un sou.Quand on était jeunes, on était beaux et libres.Quand on était jeune, on ne pensait jamais à l'argent.Maintenant, on est vieux et on y pense tout le temps.C'est grave, docteur?Nathalie Petrowski ne devrait pas se mettre dans des états pareils.Personne ne lui reproche de gagner sa vie en flattant les gens riches et célèbres dans le sens du poil.Et on se moque éperdument de savoir qu'elle achète des billets de loto «dans l'espoir de gagner tellement de fric que je pourrais me retirer et envoyer promener le monde entier.» À vrai dire, elle pourrait très bien se retirer maintenant et envoyer promener le monde entier: le monde entier ne lui en voudrait pas.Promis.STÉPHANE BATIGNE fOJU M OJI Oû ?OM JiO kJOnJ, le 60JV£CkJHM£»JT À DÉCIDÉ de LES IMPÔTS.ÉTÉÔ-VOJS èusfôts ?coj?l£ 2 CSVÉOJÔ
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