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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Le couac, 2000-07, Collections de BAnQ.

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faoM cm Bruno Roy, président des Orphelins de Duplessis, en appelle à Lucien Bouchard.Biochem Pharma Ce qu'il faut savoir à propos de la spectaculaire réussite de Biochem Pharma.L'a b c des gènes pour mieux comprendre la mécanique complexe du vivant.Vol.3 • n° 10 Coûte, Cooke, Juillet 2000 2,75$ SctlUy aurait dépensé plus de 42 000$ pour faire croire qu'il était JOtiriISlllStG Les «explications» offertes par Robert Guy Scully par l'entremise des quotidiens pour expliquer ses écarts journalistiques lui ont coûté au bas mot 42 161 $.C'est à la suite de ces explications données via satellite depuis Rome que Robert Guy Scully a retenu et payé de pleines pages de publicité dans les quotidiens du Québec.Ces publicités ont été facturées à l'Information essentielle inc, la compagnie de production de Scully.C'est la firme Nationale, spécialisée dans les opérations de relations publiques, qui avait par ailleurs été engagée pour mener à bien le pendant télévisuel de cette opération d'auto-blanchiment.Au journal de Montréal, Scully aurait payé 8 321 $ pour une page complète.À La Presse, la facture s'élevait à plus de 1 2 500$, le tarif publicitaire de base.Des sources bien informées laissent entendre que Scully aurait déboursé dans ce cas 21 000$.Au Devoir, le prix de la page entière retenue par Scully est de 5 040$.L'Information essentielle inc a aussi acheté de la publicité dans Le Soleil de Québec et Le Droit d'Ottawa, pour des sommes qui avoisinentrespectivement 5 700$ et 2 100$.Au total, pour cette seule opération médiatique, la facture totale s'élève à 42 161 $, avant taxes.Vous en connaissez beaucoup des journalistes capables de payer une somme pareille, du jour au lendemain, pour dire qu'ils font « un travail sérieux»?Fait à noter, aucun journal anglophone n'a publié la charmante annonce de Scully.Doit-on déduire de ce ciblage médiatique que les anglos, eux, savent déjà que Scully est un bon gars du bon bord, victime des envieux et souveraineux, et qu'il peut donc dépenser en toute con-fidentialité les sous des Canadiens?On se demande qui est pétri de préjugés dans cette histoire.Scully lui-même ne se sent guère touché.Il écrit: «Ma seule querelle, semble-t-il, était avec les collègues».Aussi bien dire qu'avec sa conscience, il n'a éprouvé aucune difficulté.Même son de cloche sainte à la direction de Radio-Canada et au gouvernement.À entendre ce beau monde, le problème venait des «collègues» trop curieux comme Normand Lester.La belle affaire! «Aucun ne m'a jamais demandé de faire de la propagande», précise Scully.En faisait-il dans ce cas de plein gré?Scully n'est plus «journaliste», soit.Mais il reste encore réalisateur, producteur (des Minutes du patrimoine et autres bijoux de neutralité) et il est également toujours acteur.Il n'animera plus « un seul produit journalistique», écrit-il.Mais il continuera à en vendre et de satisfaire ses clients, qui sont les gens que l'on sait.LE COUAC EN DIRECT D'ITALIE.MESDAMES ET MESSIEURS, M.SCULLY S'EXCUSE.UME OicTATU A£,c'C$T UN A)ta£ft UNEtéHocflm&cssr Magnola Méchant investissement ! d jkit oi, j'investis dans ma santé », titre le journal Les Actualités ÎVI d'Asbestos (13-05).Sous ce joyeux slogan, on voit la photo de Michel Bédard qui remet un faramineux chèque de 14 000$ à la Fondation du Centre communautaire de santé local pour sa campagne de financement.Qu'est-ce qui cloche?Rien, à part peut-être le fait que le monsieur est directeur général de l'usine Magnola.Pour ceux qui n'auraient pas entendu parler de ce cadeau que nos gouvernements ont donné par décret au royaume de l'industrie Noranda, rappelons que Magnola sera la deuxième plus importante usine de magnésium au monde.Soucieux «d'investir dans la santé» de la population, ses dirigeants ont choisi d'utiliser un procédé d'électrolyse au chlore générant quatre des douze polluants les plus toxiques que nous connaissions (dioxines, furannes, hexachlorobenzènes et BPC).Ces derniers sont pourtant assujettis à une loi canadienne qui en rend illégale toute production.L'usine a commencé ses activités le mois passé.BRUNO DUBUC MALAISE A oTT/\WA : CHRÉTIEN SOUS LB" 5euil de la pauvreté' intellectuelle Savais pourtant demandé a pelletier de m'en acheter un quart de" IWRBCHEZ, wal-MART/ ^Sf^c- rf/ Fib 00 Manifestation À l'occasion du 100e anniversaire de naissance de la reine mère, une manifestation est prévue à Londres le 4 août.Il s'agit de montrer son cul devant Clarence House.Comme les Canadiens sont bien élevés, ils se contenteront de lécher le derrière du timbre que les postes ont émis pour cette grande occasion.Réalisations royales À l'occasion du 100e anniversaire de naissance de « Queen Mum», Postes Canada tient à souligner que la souveraine est colonelle en chef du Service de santé des Forces canadiennes, du Black Watch, du Toronto Scottish Regiment.On précise aussi, du même souffle, qu'elle a assisté en 1979 à la course de chevaux du Queen's Plate, à Toronto.Autre précision utile : on note qu'«elle fut également invitée aux courses qui eurent lieu en 1981 et en 1985.» Ses sujets hénissaient alors de plaisir à la voir, mais le communiqué oublie de le mentionner.Evêque mon cul Les évêques du Brésil viennent de se prononcer contre le condom «Ce n'est pas une protection efficace contre les maladies» Ils ont essayé ou quoi ?, AUQUCBeC POUR Gros profit du gros Ouellet André Ouellet, ancien ministre libéral devenu président-directeur général libéral des postes canadiennes, annonce dans son rapport annuel de 1999-2000 que la société d'État déclare un bénéfice de 75 millions de dollars sur des revenus de 5,6 milliards.Une augmentation de 50 pour cent du bénéfice en un an.«le suis ravi des résultats financiers de Postes Canada», a dit l'honorable Alfonso Gagliano, actuel ministre libéral responsable des postes et sans doute futur président-directeur général de quelque chose de libéral.À quand une subvention des postes à Robert Guy Scully?Cité rock-détente Aux poubelles Après avoir animé l'émission du matin pendant quatre ans, Gilles Payer a été mis à la poubelle par ses patrons de Cité rock-détente.Du coup, il a appris sa leçon: «trop bien servir un maître te joue des tours».Payer était plutôt heureux, malgré tout.«le suis libéré de |oe Dassin», a-t-ii dit.On est content pour lui, mais remarquez que même sans Payer, la station continue de diffuser un sirop d'un genre particulièrement difficile à avaler.Son congédiement ne décourage pas Payer de retravailler un jour la radio.Mais il tient à ce que ce soit alors «dans une station intéressante».En d'autres termes, Payer savait parfaitement que, jour après jour, il diffusait de la merde.Mais il continuait de le faire.La station comptait ce printemps 686 000 auditeurs par semaine.Une hausse par rapport à la saison précédente.Cela permettait à Payer de compter tranquillement ses sous, tout comme son patron, Sylvain Langlois.Cité rock-détente a-t-elle mis dehors Payer pour diffuser de la musique moins bête et des propos d'animateurs moins cons?En fait, la station cherche à améliorer ses «performances».C'est-à-dire qu'elle espère pouvoir vendre plus d'auditeurs à ses annonceurs.La recette: racoler avec un animateur vedette.Con, mais vedette.Genre Véronique Cloutier.La radio, au Québec, n'a plus rien à dire.Pour faire court, disons qu'elle n'a plus qu'une envie obsessive: se vendre sans rien dire.Et ce qui est incroyale, c'est que des gens achètent ça.Est-ce faute de pouvoir trouver mieux?IEAN-FRANÇ01S NADEAU il iH m I Le Couac, juillet 2000, page 2 Le président des «Enfants de Duplessis» en appelle à Lucien Bouchard Pour en finir avec la compassion Entre Lucien Bouchard et les enfants de Duplessis, l'incompréhension est-elle totale et définitive?Soyons prudents et ne répondons pas tout de suite.Rappelons plutôt cette affirmation du Premier ministre entendue à l'Assemblée nationale, le 6 juin dernier: « Elles (les religieuses) ont même permis à la plupart d'entre eux de se replacer dans la vie, d'être adoptés.» Replacés?Adoptés?Mais le Premier ministre — s'en aperçoit-il?— ne parle pas des enfants de Duplessis dont le portrait socio-économique après leur sortie de l'hôpital psychiatrique est catastrophique.Ce qui les définit, c'est leur exclusion sociale.S'ils avaient été replacés, adoptés justement, ils se seraient trouvés dans des filières éducatives normales comme l'ont été les deux soeurs de Bernard Landry que ses parents ont adoptées.Les enfants de Duplessis ne seraient pas, aujourd'hui, à < revendiquer une indemnisation individuelle pour préjudices subis.le le dis et le répète: dans notre dossier, il n'est pas question de tous les orphelins du Québec, de toutes les institutions.Le dénominateur commun des membres du groupe est l'internement illégal dans les hôpitaux psychiatriques et les faux diagnostics de débilité mentale.«Tout au contraire, écrit le sociologue Gilles Bourque, la dérogation dont on parle a visé objectivement, sciemment et résolument une population cible : celle des orphelins.Il s'agit d'un des cas les plus clairs de discrimination systémique qu'il soit possible de penser».Au sens où l'entendent historiens et soci-oloques, Gilles Bourque en tête, ce sont les enfants de Duplessis, ces enfants illégitimes pour la plupart psy-chiatrisés par défaut, qui constituent ce groupe cible.Pourquoi Lucien Bouchard persiste-t-il dans ce processus de désinformation qui consiste à ne parler que du général: les orphelins du Québec.Ce n'est pas d'eux dont il est question.Alors qu'il était lui-même ministre dans le gouvernement fédéral au moment où ce dernier, en septembre 1988, a compensé les Canadiens d'origine japonaise, son gouvernement d'alors n'a jamais confondu laponais et asiatiques.Il savait faire des distinctions.Pourquoi M, Bouchard trouve-t-il inappropriée la comparaison entre le dossier des enfants de Duplessis et le dossier des laponais?Parce que, dit-il: «ce sont des groupes ethniques qui ont été spoliés de leurs biens, arrachés à leurs terres, internés durant toute la guerre avec leurs familles et qui n'ont jamais pu, après, obtenir le remboursement de leurs biens.(.) C'est une situation parti- culièrement odieuse.M, le Président, c'était une grande tache.Et la démonstration était facile à faire, les dossiers ont été documentés, c'était clair».Il faut, ici, remercier M.Bouchard de me mettre les mots dans la bouche: les enfants de Duplessis, c'est un groupe cible formé d'illégitimes qui ont été spoliés de leurs droits, arrachés à leur famille, illégalement internés durant leur enfance et leur adolescence, voire le début de leur vie adulte, exploités et qui n'ont jamais pu, obtenir une rémunération pour le travail fait en institution ou dans les fermes et dont les profits ont été empochés par d'autres.C'était une situation particulièrement odieuse.M.le Premier ministre, c'était une grande tache.Et la démonstration est facile à faire, les dossiers sont documentés, c'est clair.En effet, ce sont les enfants dits de Duplessis qui, parce qu'ils étaient internés dans des hôpitaux psychiatriques à des fins administratives et financières, étaient sous la juridiction de la Curatelle publique, laquelle, il faut bien le dire, n'a pas exercé son devoir de surveillance.Cela est documenté.Il existe une fiche informatisée des membres de la Curatelle publique qui remonte à 1945.Nos dossiers sont donc vérifiables comme l'étaient ceux des laponais.Je me permets de citer à nouveau le sociologue Gilles Bourque: «La dimension juridique d'abord.(.) Dans le cas des enfants de Duplessis, il y eut bel et bien violation des droits existants durant les années 1940 et 1950.A l'époque, les enfants dits normaux avaient effectivement le droit d'être inscrits dans des filières éducatives dites normales.Cet aspect juridique constitue en quelque sorte ie premier socle de la question.Nous ne sommes pas face à une demande dont la satisfaction risquerait d'ouvrir une boîte de Pandore d'où surgirait, devant le tribunal de l'Histoire, l'exigence de réparations de tous les torts inimaginables.(.) La violation des droits dont nous parlons s'analyse historiquement comme un abus de pouvoir qui a visé une population cible».«On ne peut pas refaire l'histoire» répète sans cesse le Premier ministre, mais le recours à l'argument de l'histoire ne peut déresponsabiliser un gouvernement, voire une société.Il faut en finir avec la compassion qui déresponsabilise.Et François Mauriac, que M.Bouchard a sûrement déjà lu et que je cite de mémoire, a bien raison: «Ce qu'il y a de plus horrible au monde, c'est la compassion séparée de la justice».BRUNO ROY Pis après ?Céline Dion est enceinte.On s'en fout René Angelil est-i! le père?Sports Des milliers d'êtres humains se sont massés autour du circuit Gilles Villeneuve pour observer une compétition entre automobiles.De fait, une des automobiles a gagné et les êtres humains l'ont applaudi.Insulte «La moitié des banlieusards se considèrent Montréalais» (La Presse, 10-6).COURRIER DES LECTEURS Lessence et le marché Une étude nous apprend que 70 % de la hausse des prix de l'essence est due à l'accroissement des profits des raffineries.On gagnera à s'en souvenir lorsque nos commentateurs éclairés de l'économie accuseront les vilaines taxes des gouvernements.Pendant ce temps, à ceux qui leur font remarquer qu'ils s'en mettent plein les poches, les porte-parole des raffineries, comme Louis Forget d'Ultramar, répondent que les lois du marché sont à l'oeuvre.Voilà une définition des «lois du marché» à retenir.Richard Saint-Gelais Saint-Lambert-de-Lévis La réussite scolaire Nous assistons actuellement à une offensive en règle des directeurs d'institution pour que les enseignants revoient et modifient leurs méthodes d'évaluation afin de favoriser une hausse de la réussite.Cette introspection obligatoire, qui s'appuie sur le graphitage et l'analyse des résultats obtenus aux examens du ministère, ne tient pas compte des facteurs humains et des conditions de travail qui prévalent dans le milieu scolaire.Dans un tel contexte, plutôt que de faire porter l'odieux des résultats à des enseignants consciencieux et débordés, il vaudrait mieux en cette période de réforme briser l'omerta entourant ces évaluations très coûteuses et modifier certains aspects du processus de correction et d'évaluation pour qu'ils deviennent l'affaire des enseignants et non du ministère et de ses docimologues.Pourquoi, permettre l'utilisation du dictionnaire et de la grammaire à l'examen de français écrit et non au test d'anglais?Pourquoi dans les examens de français écrit, les élèves perdent-ils de précieuses minutes à compter leurs mots à l'aide d'une calculatrice en soulignant le 100e, 200e?Pourquoi permettre un aide-mémoire de tableaux et de formules aux examens de sciences et de mathématiques?Pourquoi le MÉQ fait-il parvenir annuellement aux enseignants le plan détaillé du contenu de l'examen final?Pourquoi les questions objectives de t'exa-men d'Histoire nationale sont-elles toujours placées dans l'ordre chronologique?Pourquoi des examens d'une durée prévue de 2 Heures se terminent-ils toujours après I heure?Pourquoi avec un niveau d'échec supérieur à 30% à ses examens, le ministère procède-t-il automatiquement à une normalisation à la hausse pour tous les résultats des élèves?Pourquoi les questionnaires et les cahiers de réponse des examens du MÉQ sont-ils si volumineux (ex: 30 questions objectives sur 32 pages en Histoire)?Pour qui le MÉQ produit-il annuellement un tableau comparatif des résultats provinciaux par école et par commission scolaire?Pourquoi certaines directions d'école excluent-elles certains élèves moins performants des examens du MÉQ?Pourquoi la moyenne des examens corrigés localement par les enseignants est-elle supérieure à celle des examens corrigés par le MÉQ?Pourquoi les écoles privées obtiennent-elles généralement des résultats supérieurs aux examens du MÉQ?Pourquoi le MÉQ favorise-t-il actuellement la création d'une école publique à deux vitesses: un cours de niveau régulier et un cours international plus élitiste?Vous comprendrez que ces questions illustrent bien a quel point les décisions relatives à la réussite éducative sont prises loin des enseignants, mais, dit-on dans le meilleur intérêt des élèves." lean Léger info@prodmc2.qc.ca Écrivez-nous ! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions (beaucoup) les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H IB9.Télécopieur: (514) 521-5599.Vous pouvez aussi envoyer vos textes à : jfncouac@sympatico.ca À Montréal, écoutez Mononc' Serge tous les mardis, entre 10 heures et midi, sur les ondes deCJBL 101.5 FM Vient de paraître Le nouveau numéro d'Espaces de la parole, «revue québécoise d'analyse et de critique sociale».À lire notamment une entrevue de David Bersamian avec Noam Chomsky et un texte de Normand Baillargeon sur la responsabilité des intellectuels ainsi que plusieurs autres bons textes.Vient aussi de paraître Agone no 23, une «des meilleures revues de l'heure» selon Le Monde diplomatique.Ce numéro propose notamment des textes de Pierre Bourdieu, Jean Bricmont, Paul Veyne, Jacques Bouveresse et Noam Chomsky.Rebelles Le nouveau numéro du journal alternatif Rebelles est en.kiosque, enfin dans certains d'entre eux.N'hésitez pas à le demander à votre marchand de journaux.POUR S'ABONNER Par téléphone : (514) 274-5468 • (800) 361-1431 Par la poste: Rowecom Canada 2155, RUE GUY, # 950 MONTRÉAL (Québec) H3H 2R9 • Abonnement d'un an : 26$ + taxes = 29,91 $ • Abonnement de deux ans: 46$ + taxes = 52,91 $ • Abonnement institutionnel et de soutien: 50$ + taxes = 57,51 $ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution): 200$ + taxes = 230,08$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 42$ Nom Adresse Code postal_Téléphone Courriel__ Le Couac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec, H2H 1B9 Téléphone: (514) 521-5499 Télécopieur: (514)521-5599 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Rédacteur en chef : Jean-François Nadeau Collaborateurs: Gilles Archambault, Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Victor-Lévy Beaulieu, Pierre de Bellefeuille, Michel Bernard, Marco de Blois, Jacques Bouchard, Philippe Chénier, Barbara Debays, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, Léo Guimont, François Patenaude, Martin Petit, Benoit Perron, Martin Poirier, Michel Rioux, Guy Trottier, Pierre Vadeboncœur, Martin-Pierre Tremblay, Nadine Vincent.Illustrations: Boris, Serge Ferrand, Filio, LucGiard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Richard Suicide, Ramon Vitesse, Charb (avec l'aimable autorisation de Charlie Hebdo) Graphisme: Marguerite Nous remercions Charlie Hebdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité : François Patenaude au (514) 287-9467 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec L'IDÉAL DEToOTun pgugE: MêttFE le Puck DAKS le &of\l , SENS TOUT 00 J Pour services rendus?Doctorats décernés à Chrétien, Richler et Landry Atout seigneur tout honneur: ]ean Chrétien, Mordecaï Richler et Roger D.Landry viennent de recevoir des doctorats honorifiques d'universités canadiennes.Richler, célèbre pour son bon jugement, et Landry, père de Youppi, ont été célébrés par l'Université McGill.Au Centre Moison s'il vous plaît.Dommage, Céline n'a pas pu chanter mais le fantôme de Maurice était de l'événement.Quant à lui, le premier ministre Chrétien a reçu son doctorat honorifique de l'Université Memorial à Saint-lean Terre-Neuve, Le chancelier de l'université, l'ex-ministre conservateur John Crosbie, a remis au même moment un doctorat à Michel Chrétien, frère cadet du premier ministre, pour ses réalisations scientifiques.Le discours du chancelier laisse songeur: «il n'arrive pas souvent que nous honorions deux membres d'une même famille lors d'une remise de diplôme.Leur famille de 19 enfants a produit un premier ministre, et également son frère intelligent et intellectuellement avancé.» (La Presse, 25-05) Preuve est faite que maman Chrétien avait bien pris soin de ne pas tout cumuler en un seul homme.A bas la pub ! Ala télévision, la publicité est particulièrement détestable.À la radio aussi.Au moins, lorsqu'on circule le long des rues et des routes, on est libre de regarder ou de ne pas regarder les panneaux-réclames.De même, en lisant un magazine ou un journal, notre regard s'arrête sur les annonces ou passe tout droit.Quant à eux, les médias électroniques ne respectent pas notre liberté.Bien sûr, on peut changer de canal ou de poste ou carrément éteindre l'appareil, mais si par exemple on veut regarder un film, il est souvent interrompu plusieurs fois l'heure par des messages publicitaires qu'on n'a évidemment pas choisis.Devant un bon film ou une bonne émission de télé, unlien s'établit avec le spectateur.Une illusion se crée, un dialogue s'amorce.Les pubs rompent le charme.En elles-mêmes, elle sont rarement intéressantes.Selon un vieux principe de la propagande, on les répète pendant des mois afin de bien nous conditionner.C'est l'argent-roi.C'est pour l'argent qu'on se permet de charcuter ainsi la meilleure programmation.Globalement, la publicité cherche à nous convaincre que l'argent est la première des valeurs.Sans pudeur, dans un message qui nous vient d'une agence du gouvernement d'Ottawa, une fillette chante: « L'argent ne fait pas le bonheur Celui qui a dit ça Est un sacré menteur.» Dans certains domaines, la publicité est quasi criminelle.Celle des automobiles, dans la plupart des cas, est de nature à enseigner aux spectateurs à mal conduire, à enfreindre le code de la route et à commettre de graves imprudences.On montre par exemple de longs dérapages à grande vitesse, alors que dans la vraie vie, on ne circule pas dans un désert mais dans des lieux habités où il y a des piétons, des enfants, des camions et beaucoup d'autres voitures.Ces pubs exploitent la griserie de la vitesse, sans égard aux conséquences, plutôt que d'encourager la conduite sécuritaire.Les gens qui commanditent ces pubs répréhensibles sont précisément ceux qui réclament l'abolition des réglementations, ils méritent justement des lois plus sévères.PIERRE DE BELLEFEUILLE Rupert K.Faux! La commissaire aux langues officielles trouve que le gouvernement canadien néglige dangereusement la minorité francophone au Canada.Mensonge évident puisque le premier ministre Chrétien vient d'accorder une longue entrevue à Paris Match en français.Le gouvernement canadien néglige dangereusement la minorité francophone au Canada prétend la responsable des langues officielles.Erreur! Le gouvernement Chrétien a consacré 75% du budget de la fête de la Confédération aux Québécois.Les minorités francophones sont négligées, prétend la commissaire aux langues officielles.Manque de perspective! Avec une loi sur la clarté, la commissaire verra mieux où le gouvernement s'en va.On s'en crisse Michel Louvain donne un spectacle bénéfique pour la société des bingos du Québec.La reine mère En 1938, Adolf Hitler la déclarait la «femme la plus dangereuse d'Europe».La planète a appris récemment qu'elle avait un découvert bancaire de près de 1 million$.A l'occasion de son 100e anniversaire de naissance, les postes royales canadiennes viennent d'émettre un joli timbre commémoratif.Le «créateur» du magnifique timbre, un Montréalais, s'est dit «ravi» d'apprendre que la photo qu'on lui a donnée pour graver le timbre «avait reçu l'assentiment royal [.] puisqu'elle témoigne avant tout de l'humanisme de la Reine Mère».Une reine humaine, c'est bien sûr impossible puisque, comme le souligne la constitution canadienne, la souveraine tire son pouvoir de Dieu.Robert Guy Scully penset-il interviewer le cuisinier du beau-frère du graveur sur cette troublante affaire?£3c m Le Couac, juillet 2000, page 3 LE REGARD OBLIQUE La bêtise ordinaire Encore une fois, le p'tit gars de Shawinigan.H n'y a pas à dire, il devient dangereux de le laisser parler.Pourquoi, puisqu'on impose à certaines bêtes de compagnie le port d'une muselière, lui permet-on de dire ce qu'il pense en toutes circonstances?L'une de ses dernières bourdes a consisté à répondre à une journaliste qu'elle était jolie et qu'elle pourrait bénéficier du nouveau programme des congés parentaux mis de l'avant par le Québec.Une fois de plus on se serait cru en présence du discours d'un président de ligue de bowling éméché.Il y a eu des protestations comme l'on pense bien.Ce qui ne l'empêchera pas dans un avenir proche de récidiver.Justement, s'agit-il de méprises?Ne sommes-nous pas plutôt en présence d'une bêtise ordinaire, d'un état de vie courant, d'une vacuité de pensée consternante trouvant dans la vulgarité la plus plate un exutoire?Le Chrétien, on le connaît, il ne nous surprend plus.Ce qui étonne toutefois, c'est la facilité avec laquelle il obtient des échos à ses balivernes Des échos complaisants, cela va sans dire.Des associations vouées à la défense déjà cause des femmes ont protesté avec raison lorsque le successeur de Wilfrid Laurier a tenu les propos que je citais plus haut.Mais lorsque le Premier ministre dit que son parti entrera en élections pour contrer l'action de la droite canadienne, aucun journaliste ne songe à s'esclaffer.L'Alliance canadienne est de ce côté du balancier politique, mais où se situe donc le Parti libéral du Canada?Du côté progressiste peut-être?Si les amis de Preston, les pro-vie, les amateurs d'armes, les bannisseurs de tout acabit sont à vomir, est-ce une raison pour accepter de placer ailleurs qu'à droite les Dion, Martin, Chrétien, Rock et Copps?Peut-être peut-on, si on tient à marquer absolument une différence, employer le terme de centre-droite?Mais est-il si important de nuancer à ce point?Une chose est certaine, la démocratie est bien malade si l'opposition à la droite est de cette eau.Lorsque le Premier ministre dit que son parti entrera en élections pour contrer l'action de la droite canadienne, aucun journaliste ne songe à s'esclaffer Quant au sens de l'humour, il y a belle lurette qu'il a disparu du paysage politique.Le ridicule?Mais il y règne en maître.Il remplace même les idées dont on aperçoit parfois le spectre dans le rappel du passé pourtant lui aussi faiblard.GILLES ARCHAMBAULT Madame, Monsieur.je continue mes conneries Le Couac a réussi à mettre la main sur la liste des plus récentes émissions que serait à produire Robert Guy Scully pour la télé de Radio-Canada.Parmi ses projets les plus intéressants, tous produits par sa compagnie l'Information essentielle inc, on note: • Les demi-heures du patrimoine.• La nuit du patrimoine (une émission-concept sur le Canada qui aurait lieu le 24 décembre de chaque année) • Le Patrimoine contre-attaque (Un docu drame mettant en vedette Guy Bertrand et Stéphane Dion) • Mon patrimoine est plus long que le tien (la riche et glorieuse histoire du Canada par rapport à tous les pays du monde) • Le Canada cet inconnu (à chaque semaine, un fier Canadien présente son coin de pays) • Voir Ottawa et mourir (d'ennui?) FP HIT > Le Couac, juillet 2000, page 4 PIASTRE Une industrie hilarante ! (2* de 2) Un an après s'être livré à sa très sympathique «guerre humanitaire» au Kosovo, l'OTAN n'a toujours pas confirmé ce que plusieurs sales gauchistes (un pléonasme.) dénoncent depuis le début de ce bel épisode de fière libération : l'utilisation d'uranium appauvri par les forces de l'OTAN lors des bombardements en Yougoslavie.L'utilisation de cette substance prépare un deuxième désastre humanitaire et écologique en moins de dix ans.Précisons, dès le départ, que l'uranium appauvri (UA ou uranium-238) est beaucoup moins radioactif que l'uranium-235, ce dernier servant de matière première à nos centrales nucléaires.L'UA est le résidu de l'enrichissement de l'uranium, celui-ci menant à la création de l'uranium-235.Au Canada, la très bonne Commission de contrôle de l'énergie atomique réglemente et contrôle la gestion des déchets propres des centrales nucléaires.Aux États-Unis, le privé occupe une place de choix dans cette industrie.Le cas de Starmet La compagnie américaine Starmet (voir encadré et http://www.nucmet.com) offre différents produits à base d'uranium appauvri à ses nombreux clients parmi lesquels figure l'industrie militaire.En voici les principaux usages : - écran de protection contre les radiations en radiologie: utilisés dans les hôpitaux, ces écrans assurent une protection contre les radiations aux personnes opérant les appareils de radiologie.- fournisseur d'uranium pour fins pratiques de recherche et développement : fournisseur pour le Département d'énergie américain et la United States Enrichment Corporation (une entreprise enrichissant l'uranium), Starmet est la première source d'approvisionnement pour leurs travaux touchant les procédés d'enrichissement au laser; - contrepoids en aéronautique: l'uranium appauvri est 65% plus dense et deux fois plus lourd que le plomb ce qui en fait un matériau très prisé agissant comme contrepoids; - livraison aux «amicaux» militaires: Starmet fournit l'uranium appauvri utilisé comme blindage sur certains chars d'assaut tout en vendant le même produit servant à la fabrication d'obus à tête d'UA capables de percer ces blindages.De plus, la compagnie fabrique elle-même ce type d'obus.Elle déclare même sur son site internet que «nos munitions antiarmure de char d'assaut ont aidé à conclure rapidement l'opération Tempête du Désert».En intégrant une tête d'UA à certains obus ou missiles à haute vitesse, l'armée américaine a découvert qu'il est possible de percer à peu près n'importe quel blindage.Lorsque de tels obus atteignent leur cible désignée, ils s'enflamment et libèrent un aérosol mortel plus léger que la poussière d'uranium et pouvant s'étendre dans l'air ambiant jusqu'à 50 kilomètres de l'explosion.Les morveux de la gauche (un autre pléonasme.) disent que ces munitions largement financées par les dollars publics violent la convention de Genève touchant les armes nucléaires.Des obus et des impôts qui font du chemin Testés en Irak il y a près de dix ans lors de la guerre du Golfe, les obus à l'uranium appauvri semblent déjà avoir causé des problèmes de santé à «seulement» quelque centaines de milliers d'enfants irakiens et à des dizaines de milliers de soldats.Plusieurs scientifiques, dont la Dr Rosalie Bertell, spécialiste en radio-biologie, associent le syndrome de la guerre du Golfe à l'exposition des troupes étasuni-ennes à l'UA.Selon Mme Bertell, les symptômes des vétérans s'apparentent à ceux déjà observés dans d'autres cas d'irradiation: fatigue chronique, saignements de nez, de gencives et dans les selles, pertes de mémoire, diarrhées, problèmes de motricité, etc.Des 10 051 vétérans de la guerre du Golfe ayant ces symptômes, 82 % sont entrés dans des véhicules touchés par des obus à l'UA.La population civile en Irak est également touchée par cette poussière d'uranium: augmentation des cas de cancer des os, des poumons et, particulièrement chez les enfants, du sang (leucémie), malformations congénitales chez les nouveau-nés, problèmes rénaux et hépatiques (le foie et les reins emmagasinant les toxines).L'embargo commercial décrété par l'ONU depuis 1991 aggrave cette situation; les hôpitaux sont transformés en joyeux mouroirs faute de médicaments et d'équipements.Plus de 600 000 enfants de moins de cinq ans sont décédés des suites de cette guerre.Ciel, un avion! < Les «petits» symptômes des militaires éta-suniens ont également été observés chez un pompier ayant courageusement combattu un incendie suite à l'écrasement d'un Boeing 747 à Amsterdam en 1992.Car voyez-vous, plusieurs beaux modèles de 747 construits avant 1980 contenaient environ 1 500 kilogrammes d'uranium appauvri agissant comme contrepoids.Le Dr Robert Parker, a déclaré au Nature Magazine du 22 décembre 1988, la semaine même de l'écrasement d'un 747 à Lockerbie, que I 000 livres d'uranium appauvri comportaient des risques pouvant toucher la santé de 250 000 personnes.On comprend donc que 1 500 kilogrammes représentent un danger pour 825 000 personnes.Les salauds progressistes (décidément.) osent parler d'alternatives à la guerre mais proposent également une autre matière que l'UA : le tungstène.Selon Matt Kagan, expert en balistique, la technologie actuelle du tungstène est aussi performante que celle de l'UA.Toutefois, la rationalité du marché replace le tout dans une logique tout à fait compréhensible: le tungstène est plus cher et doit être importé, ce qui fait de l'UA le matériel de prédilection pour le remplacer.Abondant aux Etats-Unis et au Canada, les bons marchands d'armes peuvent se le procurer sans aucun problème.Encore une fois chers amis, réjouissons-nous puisqu'avec le consentement et le financement du gouvernement du plus-meilleur-pays-du-monde, le Canada demeure le plus grand vendeur de cette substance.MARTIN PETIT L'utilisation de l'UA, une décision tout à fait rationnelle Les étasuniens possédaient à la fin des années 90 une quantité estimée à 700 millions de livres d'uranium appauvri ; aux États-Unis, la gestion de ces déchets relève, dans bien des cas.de plusieurs compagnies privées.Parmi celles-ci, la compagnie américaine Starmet.anciennement Nuclear Metals inc.offre une variété de rayonnants produits dérivés de l'uranium et de déchets d'uranium.Les Hens très intimes entre le pouvoir politique, économique et l'industrie militaire ont donné lieu à un petit épisode de jolis conflits d'intérêts en 1991.Le Congrès américain a voté une loi obligeant le Pentagone à acheter 36 millions de livres d'uranium appauvri au cours des 10 années suivantes.Ce contrat a rapporté 180 millions$ à la compagnie Nuclear Metal Inc.alors qu'au même moment, une étude révélait que le gouvernement américain possédait assez de ce produit pour les 300 prochaines années.Mais ne vous en faites pas, ce n'est pas parce que Starmet a versé 425 875$ au Congrès américain lors des campagnes électorales de 1989 et 1990 que ce contrat a été voté, alors que le Département américain de l'énergie possédait une quantité telle d'uranium appauvri qu'il donnait ses stocks afin de s'en débarrasser.À méditer Le ]oumal de Montréal, intellectuel ?Il y a de quoi se poser la question depuis que le quotidien met en exergue une «citation du jour».Lundi 19 juin, la pensée était tirée des œuvres complètes de lacques Villeneuve: «|e voulais des pneus de pluie».Ça décoiffe, non?CONFIT D'INTÉRÊTS , i.rp rançois Patenaude et Benoit Perron sont $ m partis suivre un stage dans un paradis fiscal avec leurs petits amis du Beaver Club.Leur chronique sera de retour en septembre.MfltifCTiTVi6K! NORMAND.LESTE Charles Sirois, Excel et les pyramides Charles Sirois a toujours rêvé de percer l'immense marché américain de la téléphonie locale.Pour y parvenir, il a acheté Excel Communications en juillet 1998 pour 3,2 milliards $ US Cette entreprise fondée par Kenny A.Troutt, à Dallas, avait dégagé des bénéfices de 87,9 millions $ US sur des ventes de 1,45 milliard $ US en 1997, soit dix fois plus qu'en 1994.Parti de rien en 1988, Troutt a réalisé plus de 1,5 milliard $ US de revenus en 1999.Excel Communications est la compagnie américaine qui a connu la deuxième plus forte croissance de l'histoire des États-Unis.Avec cette acquisition, Charles se voyait tel un pharaon de la nouvelle économie au sommet de la pyramide, car Excel est une entreprise de marketing à paliers multiples, c'est-à-dire une structure pyramidale légale.La méthode Troutt est simple: attirer le maximum de vendeurs chez Excel en leur faisant miroiter le succès instantané pour tous et la chance de devenir rapidement millionnaire.C'est la bonne vieille technique des vendeurs Amway revue et corrigée et apprêtée au goût de la nouvelle économie.Excel Communications n'est rien d'autre qu'un système pyramidal légal où des vendeurs en recrutent d'autres pour faire plus d'argent.Plus il y a de gens à la base de la pyramide et plus les gens à son sommet (qui sont très peu nombreux), empochent.Troutt et Sirois n'ont qu'un seul objectif: faire des tonnes de fric rapidement en vendant des interurbains comme Amway vend des savons.Le succès d'Excel repose sur la présence d'une armée de vendeurs (aussi nombreux que ceux qui ont bâti les pyramides) qui ne coûtent rien.Voilà l'astuce.Du temps des pharaons, les esclaves effectuaient des travaux forcés pendant des heures interminables dans des conditions inhumaines pour le seul bénéfice du pharaon.Quelque 2700 ans plus tard les esclaves existent toujours.Il sont mieux traités que les esclaves de jadis, puisqu'ils peuvent quitter la pyramide quand bon leur semble (en laissant derrière eux leur fric et leur dignité, toutefois), un privilège que n'avaient pas les esclaves d'autrefois.Mais n'empêche, Excel ne verse aucun salaire à ses vendeurs, qui n'ont pas de congé de maladie ni de vacances payées.À l'époque des pharaons, les syndicats n'existaient pas.Dans la nouvelle économie, on les tolère mais on a un net penchant pour les employés non syndiqués.Excel a moins de 3 000 employés syndiqués.Sprint, son plus proche concurrent, en a 47 000.Chez Excel Communications, il y a plus de 200 000 vendeurs indépendants.Pour les motiver à vendre plus d'interurbains, on donne des dollars Excel à ceux qui performent le plus.Avec les dollars Excel, ils peuvent acheter des produits maison.Chez Excel, tout est à vendre.On aide les vendeurs indépendants mais ils doivent payer pour cette aide.Ainsi, pour les frais d'adhésion, il en coûte 75$.Pour avoir droit à la formation, au matériel didactique de promotion, de motivation, aux cassettes, etc, il en coûte 325$.Excel produit même des émissions de télévision pour ses vendeurs.5% des revenus annuels d'Excel proviennent de la vente de ses produits à ses propres employés, soit 75 milIions$ US! En bout de ligne, un vendeur Excel investit plus d'argent dans la structure pyramidale en achetant les produits Excel qu'il n'en reçoit en vendant des interurbains.Pour faire du fric, un vendeur doit y investir beaucoup de temps.Pas surprenant que plus de 85% des vendeurs Excel abandonnent après quelques mois seulement.À Dallas, le Better Business Bureau a reçu plus de 700 plaintes contre Excel au cours des trois dernières années.Environ 200 de ces plaintes provenaient d'anciens vendeurs d'Excel.Plusieurs plaintes concernaient des détournements d'abonnés (le fait de brancher un client sans son autorisation), ce qui est illégal.Excel a dû payer une amende de 80 000$ US à l'équivalent du CRTC américain en 1997 pour politiques commerciales déloyales.Cela a nui à son image.Son rachat par Téléglobe lui a donné plus de crédibilité.Le pharaon Sirois savait dès le départ qu'il achetait le mouton noir des télécommunications aux États-Unis.Peu lui importait.Pour Sirois, la croissance phénoménale d'Excel aux États-Unis était tout ce qui l'intéressait.C'était avant ses multiples déboires (voir Le Couac juin 2000).Pauvre Sirois, il aurait dû savoir qu'une structure pyramidale qui permet une croissance aussi rapide peut s'effondrer comme un château de cartes.BENOIT PERRON ET FRANÇOIS PATENAUDE ECONOMIE Le Couac, juillet 2000, page 5 ¦ ¦ i i i ¦ I I I I l i ¦ I i.i ¦ ¦ ¦.l ¦¦¦¦¦¦¦¦¦ l.I Les success stories du capitalisme BIOCHEM P H ARMA Biochem Pharma est sans conteste une grande réussite, avec une valeur boursière de 3,5 milliards de dollars et un produit vedette, le 3TC utilisé contre le SIDA, qui est devenu le médicament anti-VIH le plus prescrit dans le monde.Se souvient-on seulement que le 3TC est une découverte de l'Institut Armand Frappier (IAF), un centre de recherche de l'Université du Québec?Que Biochem Pharma était autrefois une filiale de l'IAF et se nommait d'ailleurs IAF Biochem?Que la croissance phénoménale de Biochem est due à l'exploitation commerciale du 3TC d'une part, et d'autre part aux nombreuses aides directes et indirectes que l'entreprise a reçues des gouvernements au fil des ans?Le dossier de Biochem comporte deux volets.Premièrement, le consortium composé du Fonds de Solidarité FTQ, de la Caisse de dépôt et de Cascades dépouillent l'Institut Armand Frappier en acquérant à un prix ridicule sa filiale IAF Biochem.Deuxièmement, IAF Biochem est gavée de subventions afin d'en assurer le succès et, par le fait même, la rentabilité du placement pour le Fonds, la Caisse et Cascades.Rappelons les faits.En 1988, l'IAF met en vente sa division de fabrication de vaccins en raison des pertes enregistrées par cette division.Pas question toutefois pour l'IAF de vendre sa participation de 45% dans la compagnie IAF Biochem.Au fil des mois, le Fonds de solidarité de la FTQ s'associe à Cascades et à la Caisse de dépôt et placement du Québec pour mettre la main non seulement sur la division de l'IAF, mais aussi sur IAF Biochem.C'est que la filiale de l'Institut Armand-Frappier accumule les bonnes nouvelles.En mars 1989, l'Institut Armand Frappier découvre ce qui deviendra le 3TC et qui sera commercialisé par IAF Biochem.Le même mois, Biochem annonce qu'elle a doublé ses revenus par rapport à l'an dernier.En mai, l'entreprise lance une nouvelle trousse de détection du SIDA et conclut une entente de recherche avec le prestigieux National Cancer Institute en juin.Bref, Biochem a le vent dans les voiles et le trio Fonds-Cascades-Caisse de dépôt salive à l'idée de mettre la main sur le magot.Comme c'est habituellement le cas pour une privatisation, le prix de vente est dérisoire et est qualifié à l'époque de «hold-up financier».Le consortium offre 12 millions de dollars pour un bloc d'actions qui en vaut 30 millions.Le porte-parole du Fonds FTQ déclare dans ce dossier: «Si on y va, c'est qu'on pense que ça peut être rentable.On n'est pas des Robin des bois.» Évidemment, le conseil d'administration de l'Institut Armand Frappier s'oppose à la vente ; il faudra une loi spéciale du gouvernement du Québec en décembre 1989 pour mettre en tutelle l'Institut afin de forcer la vente de Biochem.Maintenant que Biochem est privatisée, il faut bien sûr engraisser l'entreprise de subventions pour assurer les profits de ses actionnaires.En premier lieu, la transaction même prévoit que Biochem se porte acquéreur de la division des vaccins de l'IAF; le personnel de la division a été réduit au moment de la vente et c'est l'IAF qui a supporté les primes de séparation de 5 millions de dollars offertes aux employés.De plus, la division des vaccins reçoit de l'IAF un bâtiment, des terrains et de l'équipement d'une valeur de 11 millionsS pour seulement 3,2 millions.En 1993, le gouvernement du Québec donne le contrat de la distribution des vaccins au Québec à Biochem sans appel d'offres, même si la compagnie CGF Pharmatech offrait ce service depuis des années à un prix de 20% inférieur à celui de Biochem.Puis, c'est le déluge de subventions proprement dites: 5 millionsS d'innovatech (1993), 15 millions des gouvernements pour la construction de nouveaux locaux (1994), etc., sans compter des crédits fiscaux pour la recherche et développement parmi les plus généreux au monde.Rapidement après la privatisation de Biochem, toute référence à l'Institut Armand Frappier a disparu des médias.Déjà en 1990, le 3TC était devenu le produit d'un «petit laboratoire de Laval, IAF-Biochem ».IAF-Biochem a par la suite changé de nom pour devenir «Biochem Pharma» afin de faire disparaître le sigle de l'Institut Armand Frappier.En 1995, on pouvait même lire dans les journaux que le 3TC avait été mis au point grâce au financement du Fonds FTQ et de la Caisse de dépôt ! Résultat des subventions et de son développement sous l'IAF, Biochem connaît une croissance phénoménale; le bloc d'actions payé 12 millions $ en 1989 par le Fonds-Cascades-Caisse de dépôt vaut environ 400 millions $ en 1996.Quels ont été les bénéfices pour la collectivité québécoise?)ugez-en par vous-même: en avril 1995, Biochem décide de fabriquer le 3TC en Ontario et en Angleterre, créant plus de 200 emplois spécialisés et bien rémunérés à l'extérieur de la province.Quant à sa division des vaccins, Biochem a décidé de la vendre à la compagnie américaine Baxter en novembre 1999.MARTIN POIRIER ".».¦¦¦¦¦¦¦.I.¦.¦ ¦ I.té fowàft fougue CoHfRl* 2£ *fcHAR& Le couizze du Couac Les paradis fiscaux I-Vrai ou faux?On appelle «paradis fiscaux» les territoires qui ne lèvent pas d'impôts, garantissent le secret bancaire, offrent l'anonymat aux entreprises sur leur territoire et qui habituellement ne coopèrent pas avec les autorités judiciaires des autres pays (autant de facteurs qui favorisent la criminalisation de l'économie).2- Les îles Caïmans ne seraient pas aussi prisées des grandes entreprises si elles n'étaient pas un paradis fiscal.Laquelle des affirmations suivantes est vraie?A) Les îles Caïmans sont le quatrième plus grand centre bancaire au monde avec plus de 600 banques.B) 47 des 50 plus grosses institutions financières au monde se retrouvent aux îles Caïmans.C) Les îles Caïmans sont le deuxième plus grand centre de compagnies d'assurance au monde.D) Il y a plus de 35 000 entreprises aux îles Caïmans pour une population de.35 000 habitants! E) Toutes ces réponses.3- Vrai ou faux?Le montant d'argent caché dans les paradis fiscaux par les plus grandes richesses mondiales est estimé à environ 5 300 milliards $ US.Cette somme correspond à l'équivalent du produit intérieur brut des États-Unis.4- À qui profitent les paradis fiscaux?A) Aux gens riches et sans scrupules qui veulent échapper au fisc.B) Aux criminels qui veulent blanchir de l'argent sale et aux politiciens corrompus qui y cachent pots-de-vin et détournements de fonds.C) Aux grosses entreprises qui veulent soustraire une partie de leurs revenus à l'impôt.D) Aux TTE (tites-tites entreprises) du genre « le dépanneur chez Bob et Linda », aux itinérants, aux assistés sociaux et aux chômeurs.E) A, B et C.5- Les moyens existent pour mettre fin aux paradis fiscaux (faire pression sur les États constitués en paradis fiscaux, alourdir les sanctions lorsque des intermédiaires se font prendre, renforcer les moyens d'investigation du fisc au-delà des frontières, ériger la transparence au rang de principe général et l'anonymat à celui d'exception, etc); ce qui manque pour les faire disparaître, c'est: A) La volonté politique.B) La volonté politique.C) La volonté politique.D) Toutes ces réponses.FRANÇOIS PATENAUDE Réponses: 1- Vrai, 2- E, 3- Vrai, 4- E et 5- D.Bravo le gros ! André Bérard, champion du profit des banques, vient d'agir à titre de président d'honneur du «bal champêtre» de la maison Trestler, une maison de la culture «privée», comme il se doit.Rapport qualité-prix, à 200$ l'entrée on peut dire que les petits sandwiches aux œufs pas de croûte étaient excellents.Bon chien «Le dollar US régnera un jour au Québec» (La Presse 17-5).- Lucien Bouchard On nous prend pour des Consommateurs Non, la pub n'est pas un sport dangereux Michel: écrabouillé sur une dalle de béton après une chute de dix étages, le regard fixé pour toujours vers on ne sait quoi, sa belle (osée peut-être, ou alors la fin de semaine qu'ils avaient prévu de passer en amoureux.Lucie Payette: le crâne explosé par un pare-brise, une mare de sang qui s'en échappe déjà, tandis que ses jambes tressautent dans un dernier réflexe nerveux.Ailleurs, un accidenté de la route gît sur un lit d'hôpital, emmailloté dans des bandes et des plâtres qui n'augurent rien de bon pour sa santé prochaine.Ces trois scènes ne sont pas tirées d'un quelconque film d'horreur, mais d'annonces conçues et payées par des organismes publics.les Alors que des études relèvent la con stante augmentation des scènes de vio lence à la télévision, il semble que campagnes d'intérêt public se soient donné le mot pour cibler la sensibilité des téléspectateurs avec des images dignes de Catastrophes ou de Scènes de crime.Le message ne passe-t-il plus sans son illustration hyperréaliste?Autrement dit: le public est-il plus réceptif aux images choc qu'aux discours?Il y a de quoi douter de cette stratégie.Dans le cas de Michel, l'ouvrier de la construction qui tombe tête la première de son chantier, le hasard (mais y a-t-il un hasard avec les publicitaires, eux qui se lèvent chaque matin avec l'ambition de dénicher une nouvelle «tendance»?) fait que cette campagne de sensibilisation aux dangers dans le milieu du travail soit apparue sur les ondes en même temps que celle de Volkswagen.Dans un petit film parodique empruntant aux poncifs du cinéma mélodramatique, on voit une femme en détresse tomber de la tour de l'Horloge jusque dans les bras de son sauveur opportunément arrivé sur les lieux du «drame».En dédramatisant la chute jusqu'à l'absurde, l'annonce de Volkswagen tue dans l'œuf l'effet visuel du message de la CSST.«Ce n'est pas grave, semble-t-elle dire.La réalité n'existe pas vraiment.On s'en sort toujours, car la vie, c'est du cinéma.» Mike, le téléphone cellulaire de Clear-net, va plus loin encore dans le détournement du drame de Michel : cette fois, c'est un cascadeur qui saute du haut d'un gratte-ciel interminable, un cellulaire à la main.Ici la négation du réel se démultiplie dans une mise en abîme vertigineuse (c'est le cas de le dire!).Nous assistons en effet au tournage d'un film truqué (le cascadeur doit agiter les bras pour donner l'impression d'une chute dramatique), mais ce que nous voyons est également faussé par des effets spéciaux (faux gratte-ciel, fausse chute).Bref, on nous montre que même le tournage cinématographique d'une scène de chute est sujet à suspicion.Après cela, comment croire que les téléspectateurs se sentiront le moindrement touchés par la chute de Michel.L'inscription qui indique au bas de l'écran qu'il s'agit d'une dramatisation est plus que jamais inutile.Expression «Venez découvrir une nouvelle façon de s'exprimer.» C'est le slogan qu'a trouvé Postes-Canada pour vendre son dernier gadget : le timbre personnalisé.Le principe est simple: vous vous faites tirer le portrait et, quelques minutes plus tard, une imprimante vous livre 25 timbres autocollants avec votre beau visage à la place de celui d'Elizabeth la seconde.De vrais timbres, à utiliser sur de vraies enveloppes destinées à de vrais amis vraiment époustouflés par votre façon de vous exprimer.Voilà que l'expression n'est plus dans le contenu de la lettre (d'ailleurs, a-t-on idée d'envoyer des lettres à l'heure des courriels?) mais dans son contenant.Si l'on en croit Postes Canada, le seul fait de coller sa photo sur une enveloppe est un acte expressif, le reflet d'une personnalité, un geste significatif, une forme d'art peut-être.Il n'est pas certain que ceux qui se sont battus pour la liberté d'expression avaient cette « nouvelle façon de s'exprimer» en tête.STÉPHANE BATIGNE INTERNATIONAL Le Couac, juillet 2000, page 6 i : ; Les charmes bucoliques des États-Unis La chasse aux Mexicains Chaque année, plus de 300 emigrants illégaux mexicains meurent en tentant de passer aux États-Unis.En général, ils meurent écrasés par des voitures, noyés en voulant franchir le Rio Grande ou de soif dans le désert de l'Arizona.• Mais depuis peu, les fermiers étasuniens leur livrent une chasse impitoyable.• Des éleveurs étasuniens ont tué trois émigrés mexicains et en ont blessé sept autres au cours des derniers mois.• En mai dernier, Eusebio de Haro, un émigré clandestin mexicain, a été assassiné par un couple de fermiers auquel il avait demandé de l'eau et de la nourriture.i GÉRONIMO TREMBLAY Des hélicoptères au service de l'unité ; A £ canadienne Une pleine page de publicité pour les hélicoptères Cormorant titrée «Bravo Canada» est parue dans La Presse (9-6).La raison: «nous avons le plaisir d'annoncer que le premier hélicoptère (.) a fait son vol inaugural la semaine dernière en Italie et entrera en service au Canada en février 2001.» Est-ce que cette anecdote vaut une pleine page couleur de pub à plus de 15 000$?Pas sûr.Par contre il s'agit d'un excellent prétexte pour vanter ce grand et beau pays qu'est le Canada.Cette publicité d'hélicoptère réussit en effet le tour de force de citer 20 fois le mot Canada (ou Canadiens et Canadiennes) en cinq petits paragraphes avec, en prime, un drapeau canadien et quelques logos de compagnies dont celui de Bombardier.À noter qu'on retrouve le mot hélicoptère à sept reprises seulement dans cette pub.d'hélicoptères! HERCULE POIVRON L'autre Chrétien race.à Paris en La Presse canadienne affirme (15 juin) que Raymond Chrétien, ambassadeur du Canada à Washington, sera bientôt muté à Paris.Elle rappelle que le neveu du Premier ministre a créé un certain embarras, la semaine précédente, en laissant entendre qu'à l'élection présidentielle américaine, le Canada favorisait le démocrate Al Gore plutôt que le républicain George W.Bush.Cette mutation à l'approche du scrutin chez nos voisins est inusitée.Elle a l'apparence d'une disgrâce, mais comme il s'agit du neveu du grand chef de la diplomatie canadienne, fin causeur devant l'Éternel, la disgrâce serait dorée.Personne à Ottawa n'ose parler de népotisme.Ce serait mal vu.!*¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦.¦.i.i*ttt Tu m'étonnes! Chrétien, docteur Jean Chrétien a reçu un doctorat honorifique de l'Université Memorial de Saint-lean (Terre-Neuve) en même temps que son frère, directeur de l'Institut de recherches cliniques de Montréal, Michel Chrétien.Le premier ministre, qui a été fait docteur honoris causa en droit, a eu ces mots pleins de lucidité pour commenter l'événement: « L'éducation était tout pour nos parents.Voir deux de leurs fils recevoir de tels honneurs le même jour les comblerait de fierté.Dans le cas de Michel, cela ne les surprendrait pas.Dans mon cas, je vous le dis, ils seraient ébahis.» L'ébahissement est partagé.Sk«a itouf FSrrfUwa Or v* :i(â*\ Chasse ouverte Le premier ministre anglais Tony Blair songe à faire interdire la chasse à courre, en général pratiquée par l'aristocratie anglaise.A quand l'ouverture de la chasse à la noblesse ?EURO CHARlERûl—Q, Céline Dion est enceinte Pendant que les médias nous tiennent informés pratiquement au jour le jour de la grossesse de la Céline Dion (celle qui avait chanté pour le pape et qui a vendu des millions de disques de chansons bilingues et qui a été engrossée semi-artifi-cieilement par le sperme d'un gérant multimillionnaire ayant survécu au cancer), les autres Céline Dion du Québec se demandent vraiment si le métier de journaliste et celui d'amuseur public n'ont pas récemment été fusionnés pour n'en former qu'un.Ces Céline Dion de Montréal Centre-Sud, de Gaspé ou d'Amos se demandent bien pourquoi les journalistes ne viennent pas chez elles leur demander si elles se reposent bien, si les hommes qui les ont engrossées les aiment un peu, beaucoup, passionnément et si le sperme utilisé pour la fécondation était bel et bien de catégorie triple A.Allez journalistes, champions du monde libre et du droit du public à savoir tout et n'importe quoi, encore un effort car au rythme où vont les choses, celui qui parviendra à filmer le moment où Céline et René couperont, émus, le cordon ombilical de leur rejeton, se méritera sans doute le prix Pulitzer.FRANCIS DUPUIS-DÉRI Aiûte Que cfér Qui&iTflâNS Cri ou chuch Otement • En Norvège, les musulmans ont récemment obtenu le droit de pratiquer l'appel public à la prière, équivalent en termes de décibels au carillon des églises.Qu'à cela ne tienne: les membres de la Société païenne de Norvège ont exigé le droit d'installer des haut-parleurs qui diffuseraient des appels à la laïcité (Rebelles, n° 49, été 2000).Malgré cela, ce n'est pas certain que tous ces gens s'entendent très bien.Monothéisme Le premier ministre israélien.Éhoud Barak, a déclaré que « Jerusalem dans sa totalité constitue une partie inséparable du territoire d'Israël ».rappelant ainsi qu'il s'opposait à ce qu'une partie de la Ville Sainte soit octroyée aux Palestiniens [Le Devoir, 2-6).Barak a ajouté que «seuls ceux qui n'ont pas de liens spirituels avec te peuple juif (.l peuvent envisager de céder ne serait-ce qu'une partie de lérusalem.» Le problème, c'est que les musulmans ont des liens spirituels avec le peuple juit.puisque luifs comme musulmans (et chrétiens) vénèrent le même Dieu.Ah I quelle tristesse de voir que l'éducation religieuse est si déficiente même en Terre liilllllllï'ï;.Un nouveau journal en France Pjt%'is#* lîv^ mac lu lltit III C |#«f.!» lU L'association de soutien au film de Pierre Caries, Pas vu pas pris, fonde un confrère français: Pour lire pas lu.Le numéro zéro a été lancé a Millau pour la manifestation autour du procès de losé Bové et ses partenaires du démontage du Me Do.Toute entier consacré aux médias, PLPL s'ouvre en entonnant: «Leurs crânes sont des tambours, leurs crânes sont des tambours.Écoutons le son qui en sort.» Voilà pour la musique.«Les gros médias mentent.» Voilà pour le ton.Quant au thème, le premier dossier PLPL le décline assez clairement : « Les faux impertinents ».Les pitres de service ayant cessé de faire illusion leur inexistence, intellectuelle éblouit, leurs singeries ne font plus sourire, leurs éditoriaux et leurs débats suintent l'ennui, leurs livres de grabataires consternent les bacs d'invendus, une nouvelle génération de prébendiers se devait donc de surgir pour revitaliser le simulacre.Ils affectent de critiquer le pouvoir partout mais ils préfèrent le stigmatiser là où il a disparu.Naguère grinçants avec les puissants, ils monnayent jour après jour leur petit pécule d'irrespect.Ils prétendent à l'insoumission mais rêvent de pouvoir.Ils miment le tutoiement avec les grands et se montrent cassants avec les faibles.Ils courtisent une jeunesse supposée rebelle mais ne pensent qu'audimat Le babillement branché est leur univers, l'inconstance leur doctrine, les caméras leur extase.Volontiers moralisateurs sur des thèmes secondaires, ils chassent avec leurs maîtres quand pointe la vraie contestation : Cohn-Bendit braille à la télévision?Vive les Verts! L'OTAN manipule l'humanitaire?Vive la guerre ! Ils sont les faux impertinents.De Karl Zéro a Schneidermann, Val et Field en passant par Les Inrockuptibles et Télérama, on les retrouve et on les courtise.Canal +, France Inter et Libération sont les chenils d'où ils glosent.Ils grimpent comme ils rampent.Ils se flairent et ils se lèchent.PLPL promet de ne plus les lâcher.Longue vie à ce nouveau canard ! P.C.L'Opinion, ça se travaille «Cet opuscule qui ressemble fort à une grenade dégoupillée ne laisse indemme à peu près personne» Nicolas Beau, Le Canard enchaîné «Le petit livre de 94 pages rappelle des faits qui ne mentent pas» Yves Schaëfner, Id Serge HoRroi&OomWqaeVMbl l'OTAN & la guerre du Kosovo) L'opinion, ça se travaille» • 94 pages, 8,95$ Bon de commandée nous retourner par courrier: Comeau & Nadeau Éditeurs c.p.129, suce, de Lorimier, Montréal (Québec) H2H 1V0 Je règle par: D Mandat Q Chèque Nom I Adresse.Code postal _„ Courriel_ .Téléphone En vente dans toutes les librairies, 8,95$ Le Couac, juillet 2000, page 7 Ministre de la police Jérôme Choquette, ancien homme de main de Bou-rassa et, accessoirement baron d'Outremont, se félicite de l'adoption, il y a 25 ans, de la charte québécoise des droits et libertés de la personne {Le Devoir, 17-06).Et en octobre prochain, le monsieur se félicitera d'avoir soutenu l'adoption de la loi des mesures de guerres il y a 30 ans?Piment Brathwaite À l'époque où il faisait le clown pour les enfants à Pop citrouille.Normand Brathwaite tournait aussi des commerciaux pour la Chrysler modèle «k», voiture du prolétaire.Maintenant qu'il fait le con pour des vieilles citrouilles, il roule en Alfa Romeo décapotable et annonce des sushis, fî sera bien assez con pour tourner bientôt des émissions de cuisine si ça peut lui permettre de rouler en Ferrari.Rassurant ?Pour plusieurs, la réforme de l'éducation proposée par le ministre François Leqault ne semble pas très claire.Se voulant rassurant, le ministre a déclaré: «Il ne faut pas avoir besoin d'un dictionnaire pour comprendre la réforme.Il faut que même moi, le ministre de l'Education, je sois capable de comprendre.» (te Devoir, 30-5) Ministre ou sinistre?La vraie gauche.Le quotidien torontois The Globe and Mail est tenu depuis des années comme le journal de gauche du Canada anglais.Au sujet du Québec, le journal comptait déjà sur les services de la gauchiste Lysiane Gagnon pour informer ses lecteurs.Ne reculant devant rien, la direction du journal vient d'engager Bill lohnson comme chroniqueur régulier.L'ancien président d'Alliance Québec et chroniqueur à The Gazette est connu de longue date pour ses idées progressistes.Et après cela, qui s'étonnera que lean Chrétien se présente comme l'alternative de gauche pour contrer la montée de l'Alliance au Canada?\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\ PQ & À la fin de la session parlementaire, le PQ vient de passer sous le bâillon — c'est-à-dire sans que l'opposition puisse en discuter — quelques lois telle que celle interdisant aux hôpitaux d'être déficitaire, celle forçant les municipalités à fusionner, celle permettant à Hydro-Québec d'éviter un contrôle trop serré concernant les impacts environnementaux de ses projets de développement.Le système parlementaire est ainsi fait que le parti majoritaire en chambre — dans ce cas le PQ — peut adopter à peu près n'importe quelle loi.Les partis d'opposition?Souvent de simples figurants qui attendent d'avoir le premier rôle pour faire de même.Les citoyens?Des spectateurs.La démocratie?Un mensonge.Cuisine Mémé Dion, pour faire original, trouve que les blagues de Piment fort manquent de saveur.Elle le confie à La Presse { 15-6) : « l'appelle pas ce qu'ils font du talent, j'appelle ça rire des autres ! ».Et quand on n'a pas de talent et qu'on ne fait rire personne, on appelle ça comment mémé?Grimaldi Le turban rentre d'un voyage en Haïti.Gratuit?Chose certaine, son voyage à Cuba de l'hiver dernier l'était.Mais la dame précise qu'elle n'est «pas riche».Tout de même, elle a «parfois l'impression qu'ici les pauvres sont encore trop riches» (L'Itinéraire, mai).Et les connes d'ici, el sont trop intelligentes?es Bilinguisme, a Space Odyssey L'observation de la Terre par satellite vous intéresse?Le Centre canadien de télédétection (CCT), un organisme paragouvernemental, vous donnera toutes les informations désirées sur son site internet bilingue.Vous y apprendrez notamment que «les mesure-merits sont pris dans la plane horizontale ou dans la plane verticale.» Bref,;un BARBECUE CANADIEN Le gene en commandements Quand j'entends les médias rapporter la découverte du gène de la mémoire, du vieillissement ou, comme encore récemment, de l'acheteur compulsif, je ne peux réprimer un petit sourire en coin.Même chose lorsque j'entends dire que tel organisme transgénique a subi des tests et est sans danger pour la population.Car si l'étude de la biologie nous apprend une chose, c'est bien les limites de nos connaissances face à la mécanique extrêmement complexe du vivant.le crois cependant que tout le monde peut comprendre l'a b c de cette mécanique.Suffit de laisser le jargon au vestiaire.Et je parie qu'avec seulement quelques concepts de base en génétique, vous aussi pourrez arborer un joli sourire sceptique.Car il est faux de penser que «là où il y a du gène, il n'y a pas de plaisir».Et comme plaisir rime avec fruit défendu, je vous propose un abrégé du gène en dix commandements.- I - Tous les êtres vivants sont faits de cellules.Une cellule ressemble à un fruit comme une pêche, justement.Elle a une pelure que l'on nomme membrane cellulaire, de la chair que l'on nomme cytoplasme et un noyau que l'on nomme.noyau ! C'est justement dans ce noyau que l'on trouve les gènes.- II - Les gènes, ce sont les plans qui servent à construire tous les êtres vivants.Des plans que l'on ne retrouve pas sur du papier d'architecte mais sur une molécule, l'acide désoxyribonu-cléique (ou ADN).On peut donc dire qu'un gène correspond concrètement à un segment d'ADN.- III - Un gène ne fait qu'une chose, toujours la même : fournir les plans pour construire une protéine.Les protéines sont de grosses molécules considérées comme les «briques du vivant».Ce sont les hormones, les récepteurs membranaires, les enzymes, etc.- IV - L'information génétique réside dans l'ordre d'enchaînement de seulement quatre molécules différentes le long de l'ADN.Un gène peut compter plusieurs milliers de ces quatre molécules.Si l'alphabet de l'ADN ne comporte que quatre lettres, celui des protéines en comporte vingt.Le fameux «code» génétique est donc ce qui permet de traduire l'ADN en protéine.- V - La propriété essentielle de l'ADN est de pouvoir se répliquer pour transmettre les plans de la vie à la génération suivante.L'ADN y parvient grâce à sa structure très particulière de double brin qui ressemble à ceci (les quatre molécules sont désignées par les lettres A, T, C et G) : ATC AGGACCGTTC .TAGTCCTGGCAAG .- VI - Dans l'ADN, A est toujours associée à T, et C est toujours associée à G.Quand la molécule se réplique, chaque duo va se dissocier et s'ouvrir comme une fermeture Éclair dans le sens de la longueur.Chaque brin devient donc un moule pour les molécules complémentaires qui passent par là, reformant ainsi deux copies identiques de la chaîne d'origine.- VII - Chacune de nos cellules contient dans son noyau l'ensemble des 100 000 gènes nécessaires pour construire un être humain! Cependant, comme chacune d'elles est très spécialisée, seuls les gènes qui produisent les protéines dont elle a besoin sont actifs.Dans les cellules sanguines, le gène de l'hémoglobine est actif, mais pas ceux des enzymes de la digestion par exemple.Cela peut paraître trivial mais.- VIII - La régulation de l'expression des gènes compte parmi les mécanismes biologiques les plus complexes.Et donc, des moins bien connus.Voilà sans doute une chose à garder à l'esprit quand on parlera des manipulations génétiques.- IX - La plupart des fonctions normales du corps requièrent l'activité coordonnée d'une multitude de protéines.Par conséquent, d'une multitude de gènes.Il faut environ trois mille gènes pour faire un œil.Lequel est le gène de la vision?- X - Le code génétique est universel.A cause de l'origine évolutive commune de tous les êtres vivants, la façon dont l'ADN se réplique et est traduit en protéines est la même pour tous.C'est pourquoi, ayant développé des outils pour couper et isoler l'ADN, on peut maintenant introduire des gènes de n'importe quelle espèce dans n'importe quelle autre.C'est ce qu'on appelle les manipulations génétiques, que nous verrons un peu plus en détail le mois prochain.Nous constaterons alors qu'insérer un gène étranger dans un organisme peut avoir des conséquences pour le moins hasardeuses.BRUNO DUBUC Pour en savoir plus : Louis-Marie Houdebine, Le génie génétique-, de l'animal à l'homme?.Dominos Flammarion, 1996.NOUS AUSSi,ON l'a NcrfREtas D'OS DE 14-18! en FRANCE, A' ViMY, ILS OHT -rbutpesuïtesu que ci un canaoiem! 0(JA4M\ c'est pas le soldat imconmu, c'est mon LE RECONNAIS Ax ses tyQueftezi NOT (SEVERAL_ ON L'APPELAIT LE &O0CU&ZAti6lA't$-.YNOUS A FAiT CHARGER A" DÉCOUVERT, SUR LES MiklES.FACE AU* Mi-TRAiLLEUSES BOCHES.,, L ZOWT APPELÉ CA LA BATAILLE DELA £OM4*£.PACEQUE C'EST MOUS, LEiEKi Sur, -(Li l'auras •TA chamce FfSTON.EsJ ATTEUDAMT, CHAQUE il NOVEMBRE A% OTTAWA,LES BROUTEU* t>£ FEUiLLES D'ERABLE.PbURRoUTSÉ BRAMLEfc S?oSB'»F5= AKlGUA'lC Cité du commerce électronique Recto-verso «Le mouvement Desjardins, Canderel et AXOR sont fiers d'annoncer la création de la Cité du commerce électronique.» C'est le petit message d'autosatisfaction que les promoteurs dudit projet se sont payés sur une page entière (la B5) de publicité dans Le Devoir (17-05).Hélas pour les annonceurs, les journaux sont encore plus ou moins obligés de remplir par de vrais articles l'espace restant entre les publicités.En haut de la B6, on apprend ainsi que: «Le cyberconsom-mateur est trop imprévisible.» Résultat: «Bon nombre d'entreprises de commerce sur internet risquent de mettre la clé sous la porte dans les prochains mois.» Un conseil, les gars: construisez une cité sans portes ! SB. ECHOS Le Couac, juillet 2000, page 8 Le changement est-il facile en science?La science est une vieille réactionnaire Lt éthique affichée de la science voudrait que la valeur d'une i découverte soit jugée de manière objective et impartiale par des collègues anonymes et compétents.Lorsqu'il y a découverte, l'auteur va chercher à publier ses résultats dans un journal spécialisé prestigieux.Celui-ci va demander leur avis à d'autres chercheurs compétents, à la suite de quoi il décidera d'accepter l'article ou de le refuser.L'acceptation d'un article dans un journal est une forme de validation à court terme du travail qu'il relate.Le changement en science dépend donc des chercheurs eux-mêmes.Pour comprendre comment change la science dans ses méthodes et ses résultats, on peut distinguer grosso modo trois types de recherches.Premièrement, il y a les recherches qui s'apparentent à de la «production de résultats».On y applique des recettes toutes faites pour répondre à des questions, tranquillement assis sur un «plateau technologique et conceptuel».En général, ces recherches-là coûtent cher, mais elles rassurent ceux qui financent.Car c'est une science sans risques dont les résultats ont des chances d'être spectaculaires et bien médiatisés.Deuxièmement, il y a des recherches vraiment fondamentales, qui consistent à réfléchir sur notre manière de réfléchir, ou qui montrent que le plateau précédent était plein de failles.En général, ces recherches là ne coûtent rien et peuvent nous faire changer de plateau.C'est en revanche beaucoup plus dur à médiatiser.Troisièmement, il y a l'innovation technologique qui coûte cher, mais qui peut aussi nous faire changer de plateau.C'est une recherche risquée pour la bourse, mais qui peut rapporter gros, scientifiquement et financièrement (pensez à breveter).Alors, le changement est-il facile en science?Tout dépend des proportions des trois composantes précédentes dans le subtil cocktail de vos recherches.Le premier type de recherches produit des changements que l'on peut comparer à une vaguelette à la surface d'un lac.Les collègues sont rassurés, on publie facilement, on peut donc faire carrière.Ainsi, certains chercheurs finissent une carrière honorable sans avoir jamais vraiment réfléchi, même parmi les Nobel.Les recherches du troisième type se publient également facilement, parce qu'elles touchent au «ça marche».Quand «ça marche »„ ça peut servir aux autres.Donc, ça se répand à grande vitesse.Ça permet d'augmenter le rendement des recherches du premier type.Par exemple, la polymérisation de l'ADN in vitro (la fameuse « PCR ») a atteint tous les labos moins de cinq ans après qu'elle a été mise au point.Il est beaucoup plus difficile de publier des recherches du second type.Les changements qu'elles produisent peuvent se comparer à des tsunamis.Si vous avez une carrière derrière vous, passe encore.Si vous êtes jeune, vous n'avez aucune chance.Les chercheurs sont des gens comme tout le monde: peu acceptent que vous leur changiez leur façon de réfléchir.Ces recherches mettent un temps fou à être publiées par voie normale, parce qu'elles dérangent généralement les chers collègues en charge de les juger.Alors, ils pinaillent, cherchent la petite bête à l'infini, ou vont même jusqu'à aller chercher quelqu'un qui ne serait pas d'accord avec l'article.Conclusion pour faire rapidement carrière en science, mieux vaut ne pas trop réfléchir.GUILLAUME LECOINTRE (Charlie Hebdo, N°415) L'APARTE \Café du théâtre sur un plateau 5029, rue St-Denis, Montréal (face à l'École nationale de théâtre) Tél.: (514) 282-0911 i ¦ 111111 ¦¦¦¦¦¦¦ i Mort de peine Aux États-Unis l'appui à la peine de mort a chuté de 80% à 60% après qu'on ait exécuté un innocent (National Public Radio, 24-6).Commentaire de l'animateur: «les Américains n'aiment pas tuer quand ils ne sont pas sur de la culpabilité de l'individu».Réplique de George W.Bush, gouverneur du Texas: exécuter plus vite et vérifier la culpabilité plus tard.I l l l I I I I I ¦ ¦ ¦ I I l f Tradition Poutine a nommé le mufti pro-russe Akhmad Kadyrov administrateur de la Tchétchénie.Cette vieille politique du roi-nègre, ici on connaît bien.Des muftis québécois, on en a connu beaucoup depuis la conquête.On pourrait peut-être en exporter quelques uns?Docteur ès Big Mac Parlant mufti, Chrétien prononce un discours à la Sor-bonne.C'est un gag ou quoi?Cette andouille ne pourrait même pas passer son cours à l'université du hamburger de Me Do.Il l'a dit « La monarchie n'est pas un problème au Canada.Ce n'est pas même une question à envisager.» lean Chrétien, 14 novembre 1995 Commérages en Moronnie «Le canadien prendra en charge les cérémonies qui.euhhhl.commère mor-rons.le décès de Maurice Richard».Pierre Boivin, Directeur général du Canadien sur RDI.Avec le succès qu'a connu ce « Woodstock funéraire», il faut s'attendre à voir l'organisation du Canadien rappliquer avec une nouvelle demande de subventions aussitôt que les cendres du Rocket seront un peu refroidies.www.cancer.com «Mieux vaut être riche quand on est malade» titre Le Devoir (26-5).Les femmes atteintes du cancer les plus fortunées ont accès aux meilleures médicaments, tandis que les autres n'y ont droit qu'au "stade avancé de la maladie".Bonne nouvelle, grâce aux deux milliards que Bernard Landry s'apprête à dépenser pour stimuler le commerce électronique, les cancéreux qui en ont les moyens pourront commander leurs médicaments par internet.La mauvaise foi La crise de foie Madame Lysiane Gagnon, de La Presse, a absolument le droit de détester Gérald Larose.On la comprend d'ailleurs puisqu'il représente tout ce qu'elle tient en sainte horreur.Contrairement au pathétique cheminement qui fut le sien, passant de passionaria de l'indépendance du temps du RIN à porte-crottes fédéraliste en ces temps présents, Larose n'a pas dévié de ses convictions premières.Mais soyons charitable: pour paraphraser Vadeboncœur, s'il est triste de voir un Bethoveen finir en Rossini, il ne faut pas minimiser le drame personnel de la personne qui se retrouve au bas de cette pente; et c'est pourquoi nous offrons à madame Gagnon nos plus sincères condoléances pour ce qu'il est advenu d'elle.Mais puisque son drame personnel s'exprime sans pudeur aucune sur la place publique au moins trois fois par semaine, nous nous autorisons de cette fréquence pour dire ici ce que nous en pensons.Gérald Larose est nommé à la présidence d'une commission d'enquête sur la langue, qui doit culminer avec la tenue d'États généraux.Voilà qui devrait être une bonne nouvelle qu'une question comme celle-là soit étudiée de près par quelqu'un de ce gabarit.Un Michel Venne, du Devoir, ne s'y est pas trompé, quand il écrit: «Pour cette tâche, il faut un président, un porte-parole qui y croit.\l ne faut pas un technocrate ou un juriste.Il faut une personne capable de dire les choses telles qu'elles sont, de réconcilier les droits individuels et les droits collectifs, de s'adresser autant à l'ouvrier qu'à l'intellectuel, d'écouter l'un et l'autre et de rechercher les compromis politiques qui s'imposent pour ensuite les faire accepter par les parties en cause.1/ faut une personne capable de défendre avec fermeté les recommandations qui proviendraient de ces délibérations.Tiens, c'est le portrait d'un homme comme Gérald Larose, dont les états de service, contrairement à ce qu'on veut faire croire dans « certains milieux», font de cet homme un excellent candidat à cette fonction.» C'est justement là-dessus que dépasse le jupon de madame Gagnon, qui partage avec Don Macpherson, de The Gazette, une mauvaise foi dont on s'étonne qu'ils soient à peu près les seuls à n'en prendre point la mesure.Que reprochent à Gérald Larose ces deux thuriféraires de l'ordre fédéral établi?Macpherson, après avoir rappelé avec la délicatesse d'un camion de ving tonnes que le frère de Larose est un militant des droits du français, affiche ses vraies couleurs: l'ancien président de la CSN n'a pas la compétence et la crédibilité pour assumer cette fonction, étant identifié au mouvement souverainiste.Madame Gagnon, visiblement, a des problèmes avec ceux qui parlent clair et n'ont pas honte d'afficher des convictions qui ne s'agitent pas comme sur une corde à linge, balançant de gauche à droite.Privilégiant une approche élitiste, elle aurait souhaité « un président moins marqué et plus qualifié en matière linguistique, notamment au sein des milieux universitaires.».Mais ce sont les convictions souverainistes de Gérald Larose, «militant vociférant et sectaire-», qu'elle ne digère pas et qui provoquent chez elle une montée de bile telle que remontent à notre mémoire ses plus déshonorantes éructations du dernier référendum.Que fait-il, en effet, depuis qu'il a quitté la présidence de la CSN ?A-t-il renié tout ce qu'il avait soutenu auparavant?Est-il, par exemple, passé dans le camp du Conseil du patronat, geste qu'elle aurait certes applaudi à tout rompre?Ou encore, serait-il devenu un admirateur de Stéphane Dion, après avoir vilipendé ses politiques?Agir ainsi n'est pas le genre de la maison Larose.Et cela déplaît souverainement à madame Gagnon que Gérald Larose, « depuis qu'il est à la retraite, passe encore plus de temps à militer pour la souveraineté.» Larose a dit qu'il voulait aller au fond des choses et voir sous chaque pierre de quoi il en retourne en rapport avec la langue.La langue française, bien sûr, ce que fait semblant de ne pas comprendre Macpherson quand il écrit: « "les états généraux de la langue", not "des langues"».Phénomène étrange que celui-là, quand un excès de mauvaise foi provoque une véritable crise de foie ! MICHEL RIOUX Divagations transcendantales.ébec) H2L 3Z1 ) 525-75-37 La fondatrice de l'«Armée de Marie», une mère de cinq enfants qui dit avoir été pointée du doigt par une «voyante» la désignant comme «dame de tous les peuples», devait se douter que sa couronne aurait des épines.Avec la belle assurance des bien-pensants de l'idéologie dominante, l'archevêque de Québec l'a condamnée en disant que «les révélations privées, le merveilleux, aux yeux des gens qui souffrent d'insécurité, ça prend terriblement.» Pourtant, les au-delà, quels qu'ils soient, échappent par définition à la vérification.Le conte de fée supramondain de cette dame est-il moins crédible que le délirant récit surnaturel des deux petits bergers «voyants» que le pape est allé béatifier à Fatima ?Évidemment, la béatification prétend s'appuyer sur la surnature via un miracle vérifié : à Fatima, on avait déniché une paralysée mystérieusement guérie.Un journal portugais a révélé que tous les dossiers médicaux passés de la miraculée avaient disparus, sans doute par miracle; les médecins qui ont rédigé le premier rapport sur la miraculée étaient mari et femme actifs au sanctuaire de Fatima ; le médecin qui a révisé ce premier rapport était leur fille.Ça aussi, c'est assez «privé» comme «révélation».Le Vatican a fermé les yeux.Les divagations de l'Armée de Marie sont ni plus ni moins crédibles que celles de Fatima, mais il est plus difficile de dire aux millions de pèlerins de Fatima qu'ils ont été victimes d'un «merveileux» destiné à calmer leur «insécurité» que de le dire aux 25 000 nouveaux adeptes du Lac-Etchemin.Au fond l'évêque a raison, l'insigne défaut de la révélation de la fondatrice de l'Armée de Marie est qu'elle est encore trop «privée».MICHEL BERNARD BLOC-NOTE Le Couac, juillet 2000, page 9 La philo pour tous: (11/12) Arendt et le politique Hannah Arendt (1906-1975) est aujourd'hui reconnue pour un des très grands noms de la philosophie politique du XXe siècle — avec [ohn Rawls et quelques rares autres.Vous ne la connaissez pas?Venez que je vous la présente.Née en Allemagne, juive, Arendt suit d'abord le parcours classique de la future philosophe: études (avec Martin Heidegger et Karl Jaspers), puis thèse avec ce dernier, sur le concept d'amour chez Saint-Augustin pour ne rien vous cacher (1928).Mais les Nazis se pointent et tout se bouscule.Arendt fuit d'abord à Paris (1933) puis aux États-Unis (1941), pays dont elle deviendra citoyenne.C'est là qu'elle va construire son œuvre de philosophe, dont une réflexion sur le politique constitue le cœur vibrant.C'est qu'Arendt a d'abord et avant tout cherché à penser te politique et tout le reste, chez elle, se rattache finalement à cet effort premier.Arendt soutient que la modernité s'érige de manière importante et significative sur un brouillage de catégories (notamment du public et du privé) qui accompagne un «oubli» du politique, qui est selon elle très lourd de conséquences.De quoi s'agit-il ?Essayons de le dire simplement.Arendt se représente ce qu'elle appelle parfois la rtin Magnifique chaouin Le Fred nouveau est arrivé.Fraîchement bricolé depuis son laboratoire bruitiste de St-Félicien.On l'attendait.Sur Le plancher des vaches (très belle jaquette et illustrations de Martin Bureau), c'est un Fortin différent qui se manifeste, plus folk (un folk sale, tout de même), plus introspectif ; les textes, rédigés dans un idiome québécois parfaitement arrimé au propos, font mouche : "GftHfàr j'me couche dans mon cerne de matelas ça m'écoeure pas c'est mon aura Alternant entre cabotinage et désespoir senti, la parole se travaille en creux, traite de manques, de ratages, de marde, de prélart, d'aurores, de chats (Gaspard, petit cousin du Belzébuth des Colocs?), et quoi encore: je n'fumais plus de gazon je n'buvais plus de Molson je n'avais plus de bouton je n'chantais plus de chansons cochons (sic) Ça et là des pointes d'humour trash, qui se moquent d'une blonde qui lave plus blanc (Monsieur Net), d'un club de hockey moribond (Canayens), d'une mouche privant son homme d'une baise historique (Bandé dedans mon lit) : rentrez-moé à l'asile garochez-moé dans l'tas peut-être là-bas y'a-t-il du gâteau au chocolat?Disons tout net que le travail de Fred Fortin ne doit - ni ne peut - être mis en comparaison avec celui d'autres chanteurs québécois «à texte» ; le chaouin ne fait pas partie de ces majorettes interchangeables de I'«industrie» du disque.La référence est à trouver du côté du rock indie américain, autant chez John Spencer Blues Explosion que chez Beck (celui de One foot in the grave), Sebadoh et Pavement, les Melvins et Folk Implosion - tous groupes chez qui les guitares sont en première ligne -, dans cette manière de faire boiter la rythmique, de jouer volontairement croche; ce côté slacker débraillé, qu'on aime et qu'on encourage.Des disques aussi vivants, aussi irrévérencieux, aussi pertinents, le Fred peut nous en chier des caisses, on le suivra; le Fred grincheux, avec sa slide, sa pedal steel et son banjo, qu'on écoute (depuis Sept-Iles, en ce qui me concerne) en pied de bas sur la gallerie, opinant du chef, absolument ravi.MARTIN-PIERRE TREMBLAY Fred Fortin, Le plancher des vaches , Disques La tribu, 2000.C'EST Pft& SAUF,.&>X OX./W6C.- 1ï> va*.fws> Ils ne le savait pas mais ils l'a écrit pour Le Couac Coluche Les technocrates, si on leur donnait le Sahara, dans cinq ans il faudrait qu'ils achètent du sable ailleurs.Il y a deux sortes de justice : vous avez l'avocat qui connaît bien la loi, et vous avez l'avocat qui connaît bien le juge ! Ça fait beaucoup marrer les gens de voir qu'on peut se moquer de la politique, alors que, dans l'ensemble, c'est surtout la politique qui se moque de nous.Je crois que la grande différence qu'il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c'est que, de temps en temps, les oiseaux s'arrêtent de voler.Dans le parti de Jean-Marie, on est à droite.Oui, c'est vrai, on est légèrement à la droite de Hitler! Un jour, Dieu a dit: «le partage en deux.Les riches auront de la nourriture, les pauvres auront de l'appétit.» Ce que je peux dire sur les uns et sur les autres : si ça amuse les uns, tant mieux; si ça fâche les autres, tant mieux! Coluche, Lhorreur est humaine, Éditions Michel Lafond, 1992.Le MaraVOIR JOURNAL D'OPINION ET D'INFORMATION iilB.fcl lIlHllVilBLUUWH WMm w^^^- Écrire, lire, penser Autrement Un empêcheur de tourner en rond.qui défrise le ridicule Disponible en kiosque partout, même à Montréal-Abonnement : 20$ pour un an (6 numéros) Informations : 418-724-6647 courriel : mouton@>moutonnoircom Adresse postale : C.P.113, Rimouski (Québec) G5L 7B7 Site web : www.moutonnoir com LIVRES Le Couac, juillet 2000, page 10 Mort aux pauvres Quand je raconte à mes amis que je suis plongé depuis quelques jours dans une biographie de Marie-Antoinette, ils me regardent en riant.Comme si j'étais .un demeuré.Évidemment ça fait un peu tarte sur les bords, mais c'est quand même moins bête que de se taper la pensée conforme à Mario Roy ou les clichés de la blondasse à Lysianne Gagnon.Du Ste-phan Zweig à petite dose.C'est quand même moins indigeste que du concentré de Paul Desmarais, mâchouillé et régurgité par des larbins de l'écriture.Et puis, Zweig a quand même écrit une biographie remarquable de loseph Fouché, cette vieille crapule.De petits esprits à courte vue me reprocheront sans doute encore une fois de me complaire dans le passé pour fuir un présent insupportable et incompréhensible.Pourtant, à suivre Marie-Antoinette à la trace, j'ai la curieuse impression d'être à la fine pointe de l'actualité, super-branché, «tendance» à l'os pour parler comme les chroniqueurs de Canadian Broadcasting Corporation version indigène.À suivre Marie-Antoinette à la trace, j'ai la curieuse impression d'être à la fine pointe de l'actualité Car, à quoi s'intéresse Marie-Antoinette, jour après jour?À elle-même, à ses robes, à ses coiffures, à ses bijoux, à son maquillage, à ses parfums.Pendant que le monde crève autour d'elle, la reine avec ses mignons et ses dames de compagnie joue à la bergère dans les jardins du Trianon, transformé en Disneyland aristocratique et aseptisé.À écouter papoter Marie-Antoinette on croirait entendre cacasser la Bazzo dans la basse-cour radiocanadienne ou roucouler René Homier-Roy devant son parterre de mémés-sur-le-retour-d'âge.Où est la différence ?À les écouter cancaner, on dirait que passé et présent se confondent.Après la révolution, la bourgeoisie a récupéré à son compte les valeurs et le style de l'aristocratie.Lentement ces valeurs bourgeoises se sont démocratisées pour ensuite lentement se prolétariser, répandues par une petite bourgeoisie qui se prend pour le summum de l'évolution.Aujourd'hui, on rêve casinos, croisières dans le sud ou hôtels de luxe; les poules se garrochent pour aller jouer à la bergère au Trianon de Walt Disney.Autour on continue à crever.Vivement la révolution.PIERRE FALARDEAU Stephan Zweig, Marie-Antoinette, Bernard Grasset, Paris ou Montréal, 1945.George Orwell Trois livres de George Orwell viennent de paraître en format poche aux éditions 10/18.Le plus important est sans conteste Hommage à la Catalogne, un récit auto-biographique dans lequel Orwell parle de son expérience dans les rangs des milices antifascistes pendant la guerre d'Espagne.On lira avec intérêt les annexes, dans lesquelles Orwell développe une fine analyse des manœuvres des communistes staliniens pour écraser leurs alliés anarchistes et troskistes, ce qui a facilité la victoire de Franco.Les deux autres livres sont des romans publiés à la fin des années 1930 et qui décrivent la vie des Londoniens de l'époque.Dans Et vive [as- pidistra^., Orwell constate que dans un monde capitaliste, tout s'effiloche — l'amour, l'amitié et même la création artistique — lorsque l'argent vient à manquer.Enfin, le roman Un peu d'air frais met en scène un Anglais de la classe moyenne insatisfait de sa vie rangée.Il est fascinant de constater que dans les trois livres, Orwell anticipait la Seconde Guerre mondiale et même les bombardements aériens contre Londres.Cette vision prophétique est tout particulièrement développée dans Un peu d'air frais.FRANCIS DUPUIS-DÉRI George Orwell, Et vive I'aspidistra], éditions 10/18, 337 p.Hommage à la Catalogne, éditions 10/18, 294 p.Un peu d'air frais, éditions 10/18, 309 p.La grande petite histoire Deux volumes, l'un de cette année, l'autre de 1986, portant sur l'histoire de la NRF, me tombent le même jour entre les mains.Le premier, un album de la Pléiade, m'a fait l'effet d'une merveille.De François Nourissier, un très bon texte, alerte, relevant en quelques traits vifs et précis tel ou tel événement, tels caractères, telle situation littéraire ou politique, quatre-vingt-dix ans d'histoire littéraire, s'accompagne de plus de trois cents illustrations, photos, fragments de documents dont plusieurs lettres, photocopies de pages-couvertures, etc., cette iconographie formant avec le texte un ensemble précieux et attrayant, avec typographie et mise en page de qualité sur papier glacé, bref un bouquin séduisant.Il s'agit de l'aventure hors du commun de la NRF, presque un siècle 4^ d'histoire littéraire, ce récit contenant ^ÈTM ^Èf^M l'essentiel et, heureusement, non exhaus-ËM M ~M~ tif.Du scripto-visuel, si je puis dire, à m %/ m M.son meilleur.Un texte, un texte qui court, environné d'images, comme si on y était.— Ce livre m'a enchanté.Mais il y a l'autre volume, une brique, plus exactement la troisième sur un sujet prestigieux mais restreint: quelques années de la NRF à son début, près de 600 grandes pages pour ce seul troisième tome ! (Pour être honnête, je n'en ai lu que le premier paragraphe.) Du fétichisme.On est en 1913.l'apprends avec un immense intérêt que Gide «a rapporté de Londres une de ces grippes si fréquentes chez lui qu'on a du mal à les distinguer les unes des autres»; qu'il a «retrouvé les tisanes de Madeleine le 4 ou 5 janvier» qu'il passe d'abord « une semaine au lit », mais qu'il « devra garder la chambre quatre jours encore»; que lacques Rivière «est rentré de Bordeaux le samedi 4 ou dimanche 5 lui aussi»; que le 8 ou le 9, Schlumberger « reviendra de Biarritz» ; que Gallimard prolonge sa lune de miel en Suisse, « non sans consacrer chaque après-midi quatre heures au travail» et qu'il «ne refera surface à Paris» que «mardi le 21 janvier».Quoi! au total mille huit cents pages de ça ?Mais enfin, pourquoi pas, puisque moi-même, un jour d'été, j'étais bien à Angoulème, vers trois heures de l'après-midi?justement, à cet endroit, une plaque de fonte est fixée au parapet des remparts dominant la Charente: «Paul Valéry s'est arrêté ici le 9 décembre 1931».Comme c'est extraordinaire! Alors, j'ai ajouté, au crayon : «Pierre Vadeboncoeur itou, le 8 août 1992».PIERRE VADEBONCOEUR Un siècle nrf, album de la Pléiade, Gallimard, mars 2000, 374 courtes pages y compris environ la moitié pour les illustrations.André Gide et le premier groupe de la Nouvelle Revue Française, Bibliothèque des idées, Editions Gallimard, 3e tome, 573 pages, 1986.Un bin beau show Ginette Reno a eu sa standing ovation.Méritée parce que Ginette a été parfaite, assure Louise Cousineau (La Presse, 1-6).«L'interprétation impeccable, qui arrachait des larmes.» Ça va faire un bin beau vidéo.On applôôôdit.Le cardinal Turcotte en a profité pour nous rappeler que toutes les religions ont besoin de poissons: «Au ciel il y a les apôtres qui étaient des pêcheurs.D'excellents pêcheurs».On applôôôdit.MiiiOTiHilift Pollution Nathalie Petrowski pique une crise parce qu'elle n'est pas dans le palmarès du magazine ('Express «Les 100 qui font bouger le Québec».|e n'y figure pas, ça m'écoeure au plus haut point (La Presse, 15-6).Chère Nathalie, toujours un peu à côté de ses pompes, elle aura confondu avec la liste des 100 plus gros pollueurs.ez -vous ! Par ^ffi* téléphone :
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