Le couac, 1 septembre 2000, septembre
Machines à sous La Chambre de commerce de Montréal et les parcomètres: une affaire de 250?1 On se tchèque p.6 1 Des vancances pour aller foutre le bordel à Prague.as/\ l?i 1 -Miilliii|^iffi^^i;ilittllite^|j|i| Une Bible de la Beat Generation 2,75$ «KM, « Contenu canadien » et émission pour enfants Une histoire de singe?Le gouvernement du Canada, par l'entremise du Fonds canadien pour la télévision, exige désormais que toutes les émissions présentent sous un jour favorable le Canada.Cornemuse, destinée à un public d'âge préscolaire, aurait déjà été embêtée par ce nationalisme mis de l'avant par le Fonds canadien pour la télévision.Aux yeux des fonctionnaires, cette émission produite par Téléfiction Productions de Montréal n'aurait pas présenté un contenu «canadien» suffisant: trop d'animaux étrangers parmi les personnages ! C'est du moins ce que laisse entendre plusieurs personnes du milieu.Cornemuse est un peu à l'enfance d'aujourd'hui ce que Passe-Partout était à celle d'hier.Diffusée sur les ondes de TéléQuébec, l'émission présente des personnages costumés en animaux.Ces personnages sont regroupés autour de familles qui évoquent, par leurs origines, les différents continents du globe : les singes, les tigres, les kangourous et les ratons laveurs.Des comédiens auraient-ils perdu leur travail parce qu'ils avaient le malheur d'interpréter un animal originaire d'un autre pays que le Canada?Un comédien de l'émission, qui tient à garder l'anonymat, a nié avoir entendu parler de ces problèmes de subvention avant d'admettre qu'il en avait bel et bien entendu parler, lui aussi.Une autre comédienne de l'émission a dit avoir souvent entendu parler de cette histoire, tout comme d'une autre qui aurait affecté l'émission pour enfants Dans une galaxie près de chez vous.Cette émission se déroule dans l'espace.Elle éprouverait tout naturellement des problèmes avec le «contenu canadien» puisqu'elle flotte en apesanteur.En entrevue, madame Lucie Veillot, responsable du marketing chez Téléfiction, a refusé de faire tout commentaire sur les exigences du Fonds canadien.«Je préfère ne pas répondre à cette question.Vous devriez parler à Mme Carmen Bourassa.» La réalisatrice Carmen Bourassa explique que, « cette année, on a eu nos points pour le contenu canadien.L'an passé, on ne les a pas eus, mais ça ne nous a pas empêché d'avoir le financement : nous en avions assez accumulé au total.» Carmen Bourassa n'est pas une novice dans le métier.Elle est aussi à l'origine d'émissions aussi célèbres que Passe-Partout et Pop-Citrouille.Ces dernières devaient-elles répon- dre aussi à des critères nationalistes pour être financées par le gouvernement fédéral ?«À l'époque, on ne se préoccupait pas de ça», explique Mme Bourassa.Ce contrôle du caractère canadien déplaît-il à la réalisatrice?«Très sincèrement, il faut expliquer ce qu'il y a [dans nos émissions] et réfléchir avec les gens qui font ça [les fonctionnaires] sur le sens de ce qu'ils font.Et j'aime ça.» Derrière des phrases semblables, on comprend que réalisatrice ne croit pas qu'il y ait un problème avec la façon dont fonctionnent les organismes subventionnâmes canadiens.Cornemuse a remporté 5 prix Gémeaux l'an passé.Cette année, l'émission est en nomination 7 fois dans 6 catégories.Du côté de Téléfilm Canada, un autre organisme fédéral qui subventionne les émissions pour enfants, Cornemuse apparaît dans un catalogue qui indique que « les œuvres présentées (.) témoignent du riche patrimoine culturel et historique de notre pays, donnent la parole à ses diverses communautés et célèbrent la beauté de ses paysages et de sa nature, tout en abordant certains des sujets les plus brûlants de l'heure.» En 1998-1999, Téléfilm Canada a versé 1 230 000$ en subventions pour Cornemuse.Imaginez ce qu'aurait touché la compagnie de production si Cornemuse avait présenté des orignaux, des castors et des wawarons en lieu et place des bêtes exotiques ! LE COUAC Propagande Le paragraphe 61 de la charte olympique indique qu'« aucune manifestation ou propagande d'ordre politique, rel gieux ou racial n'est autorisée dans l'enceinte olympique».Rien n'interdit la propagande publicitaire, en revanche.Ça tombe bien, non?MmB aoïi, CB&iT 7 Ginette Reno s'excuse d'avoir chanté pour les Hells.On attend toujours que Céline Dion s'excuse d'avoir chanté pour le Pape.HHH Le Groupe jeunesse et la formation des enfants Ça vous décroche un rêve Alors que l'on proteste contre la publicité dans les écoles, dans les autobus scolaires jusqu'à l'université, un organisme se charge de transmettre la propagande gouvernementale aux élèves.Le mot d'ordre du Groupe Jeunesse est d'ailleurs très clair: «Pourquoi "annoncer" quand on peut "communiquer"?» Formé de «spécialistes» en communication, ce groupe conçoit des «cahiers scolaires, guides de prévention, commandites d'événements scolaires et parascolaires.» Le printemps dernier, c'est le Groupe Jeunesse qui a préparé un bulletin pour le ministère de l'Éducation et le ministère du Revenu du Québec.Ce bulletin portait sur les taxes et les impôts, sujet édifiant entre tous pour des enfants de 6 à 11 ans.En plus de leur apprendre la différence entre les 4 paliers de taxation et comment ajouter 15% à une facture, les enseignants devaient lire aux élèves un charmant petit conte à saveur pédagogique dénonçant le «fléau» du travail au noir et de l'évasion fiscale.En voulez-vous un extrait?Asseyez-vous, versez-vous une tisane et, surtout, couchez les enfants ! « Léo, le lion, est le roi des prédateurs.» Dans le conte, il sym-bolise le gouvernement.Ça commence bien.«Il trouve injuste que la nourriture soit inégalement distribuée entre ses sujets.» Sujets, qui, il faut bien l'admettre, constitue l'essentiel de cette nourriture.«Tous devraient contribuer au mieux-être du groupe».Les petits, en se laissant manger, les gros, en mangeant ?« Brigitte, la panthère, ne voit pas d'un bon ceil de partager ses prises avec les autres ; elle décide donc de chasser la nuit et de cacher la nourriture dans une caverne.» Une panthère, la nuit, dans une caverne : y'a du travail au noir là-dessous.« Un vieux hibou, qui voit très bien la nuit, a surpris Brigitte et il en avertit Léo.» Un délateur! Et anonyme.Dans ma jeunesse, les hiboux représentaient des vieux sages.Les temps changent.Bien sûr, le délateur permettra la rédemption de la coupable.Léo gronde Brigitte rejoint dans le bonheur ses amis Natacha, la vieille louve, Hector, le tigre, et Robert, le vautour.Belle société! Ne cherchez pas les petits lapins: ils ont été digérés par le système.Le Groupe Jeunesse propose aussi les projets «Personnalité Jeunesse», conçus en collaboration avec Élections Canada.Ces projets servent d'initiation au processus électoral pour les élèves de quatrième et cinquième secondaire.« Ils visent à élire les élèves qui se distinguent par leurs résultats académiques, leur implication parascolaire et leur présence dans la communauté.» Et que gagnent ces élus, élite de demain triée sur le volet?Une session au Forum pour les jeunes Canadiens, d'une valeur de 1000 $ dollars.Cet organisme « non partisan » réunit des « étudiants désireux de se renseigner sur le pays et sur ses dirigeants, sur les rouages de l'État et sur le sens de la citoyenneté canadienne.» Très éducatif, donc, et essentiel pour tous.Une citation — non partisane bien sûr— accueille le visiteur du site Internet du Forum pour jeunes les Canadiens.Son auteur, reconnu pour sa neutralité, continue visiblement de planer sur les futures générations, que nous croyions épargnées.«Alors la vérité, la beauté, tout ça, ça me réjouit.Et on trouve cela chez un enfant, cette créativité, cet être qui se forme, qui se crée, qui apprend à vivre et je suis émerveillé de voir tout cela.» — Très honorable Pierre Elliott Trudeau.NADINE VINCENT Nouvelle réforme Rhétorique de bois - n apprenait dernièrement que les enseignants du primaire s'initieront dès cet automne — dans le cadre d'une énième réforme des programmes — à la pédagogie par projet et encourageront l'acquisition chez l'élève de compétences transversales.Opérations qui nécessitent, on s'en doute, la révision du déjà suspect matériel didactique.Le vieux Montaigne — qui n'avait pas ses entrées chez François Legault — est très clair sur la question : « J'aimerais mieux que mon fils apprit aux tavernes à parler qu'aux écoles de la par-lerie.» Est-il besoin de préciser que la terminologie des pédagogues du ministère est insipide?Que les établissements scolaires actuels sont contrôlés par des technocrates qui ne font que gérer des effectifs?Que les départements de pédagogie forment des surveillants et non des professeurs ?On se prend à rêver d'une rébellion étudiante pareille à celle des fameux Zéro{s) de conduite de Jean Vigo.Des jeunes qui mettraient la hache dans ce formatage incensé du savoir.Une manière de holà.Et qui, du coup, demanderaient qu'on leur trouve des profs — pas de ces matantes vidées, de ces dépressions en suspens qui abondent dans les écoles.Autre chose, finalement, que ces sous-produits de la pensée lyophilisée.M.-P.TREMBLAY Rectitude politique Le lancer du nain est désor-mais interdit aux Jeux olympiques.La discipline s'appellera désormais le lancer de personnes de petite taille.So-so-so-solidarité En signe de solidarité avec les victimes du Concorde, la marine russe envoie un de ses sous-marins par le fond. Le Couac, septembre 2000, page 2 ant Roger Taillibert, l'architecte du Stade olympique, doit sortir un livre prochainement.Il ne serait toujours pas achevé.Reno et les Hells Reno n'a rien à craindre : même les pieds coulés dans le ciment, elle flotterait encore.Excuses Ginette Reno s'excuse d'avoir chanté pour les Heils.On attend toujours que les Hells s'excusent de l'avoir fait chanter.Voyage à Fatima Ie reviens de Fatima.À l'auberge où j'ai séjourné, j'ai constaté en retard que les quotidiens, durant l'été, ont publié le texte intégral du troisième «secret» de Fatima, texte interprété par le pape comme étant une prédiction de son attentat.de l'opération de communication du Vatican : on a d'abord livré, grâce à la complicité habituelle des médias, l'interprétation du texte plusieurs semaines avant le contenu du texte lui-même, de sorte que le lecteur lise le texte à travers le prisme Le texte ne raconte pourtant pas un attentat contre le pape mais un épisode d'une guerre imaginaire où le pape traverse un champs de bataille, «prie pour les âmes des cadavres » et se fait finalement «tuer par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches ; et de la même manière moururent les uns après les autres les Évêques, les Prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories différentes.» Cette scène n'a bien sûr rien à voir avec l'attentat dont le pape a été la cible en 1981 et dont il est d'ailleurs sorti vivant, comme tous ceux qui l'accompagnaient.Pourtant, aucun média n'a rapporté cette non-concordance et tous répètent bêtement que, pour le Vatican, il s'agit de la prédiction de l'attentat contre le pape.Ce qu'il faut surtout noter, c'est l'habileté UEAM-PAUL SE LANlCE DAN5 LA PARABOLE ; L'HOMO- „ SEXUALITE MENE  ON CUL-DE-SAC ! sanSjaux mystère ses trois secrets : ce sont les plages désertes à perte de vue, le pot-en-pot, et le charme des belles Made-liniennes.Avec la divulgation du troisième secret de Fatima, le pape nous a montré que soit les dieux se trompent, soit qu'ils changent d'idées, ce qui revient au même puisque s'ils changent d'idées, c'est qu'ils n'ont pas vu juste du premier coup et qu'ils ne sont donc pas infaillibles.PAR CONTRE LE GRAND CAPITAL PEUT ENCULER LA PLANETE ENTIÈRE ¦ biaisé de l'interprétation qu'il a déjà en tête.L'esprit crédule et non sceptique n'y voit que du feu : à ses yeux le texte confirme ce que le pape a précédemment dit et le vieux bonhomme apparaît comme un miraculé.Mais tout ceci n'est que mensonge.)e reviens de Fatima et je peux vous révéler Le pape soutient en effet qu'il est la personne concernée par les propos révélés de «sources sures » par la Vierge elle-même et selon lesquels il aurait dû périr dans l'attentat dont il a été victime en 1981.Or le pape soutient en même temps que c'est la Vierge qui a détourné les balles de son agresseur.Ou bien la prophétie de 1917 était fausse, ou bien la divinité qu'est la Vierge a changé d'idées; dans le deuxième cas, pourquoi n'a-t-elle pas prévu en 1917 qu'elle interviendrait et n'a-t-elle pas plutôt annoncé qu'un évêque vêtu de blanc serait miraculé?Dures questions pour les théologiens.DANIEL BARIL A Angenot et Bertrand en cour m Etroitement associés dans la lutte contre le nationalisme et l'indépendance du Québec, Marc Angenot, professeur à McGill, et Guy Bertrand viennent de se retrouver sur une autre scène judiciaire et politique.Avocat de Léon Mugesera, réfugié rwandais accusé d'incitation au génocide en 1992, Me Bertrand a appelé le Dr Angenot à la rescousse de son client.Malheureusement, la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) a écarté de la preuve l'expert en analyse de discours des demandeurs.«M.Angenot ne parle pas le kiryarwanda.Il ne connaît ni le Rwanda ni le contexte rwandais.Il a travaillé sur une traduction et outrepassé sa tâche d'analyse de texte en substituant aux expressions du discours des mots qui n'y figurent pas», a plaidé avec succès la procureure de la Couronne, Me Cour-temanche.«M.Angenot a créé un sens totalement différent», conclut-elle {Le Soleil, 07-00).Comme quoi la sociocritique et la philosophie du ressentiment ne sont pas des sciences exactes.LAURENT MAILHOT COURRIER DES LECTEURS Comment agir?Un commentaire sur un article paru dans l'édition de juillet 2000, intitulé «Magnola, méchant investissement», écrit par Bruno Dubuc.Moi ça me révolte des histoires comme ça, des passes du gouvernement avec l'industrie et qui se foutent de l'environnement et du peuple.J'aimerais donc poser une action concrète pour faire savoir mon point de vue à des cons, ou participer à une activité visant à faire connaître publiquement notre point de vue.Mais il n'y a rien de précisé sur ce point.Et c'est là que je pense que vous pourriez aller plus loin dans votre rôle (plutôt que de juste gueuler dans un journal.) François Marginean Salut Gérard Sindon Sindon-Gécin Gérard vient de mourir.À 92 ans on meurt dans le silence.Les journalistes de la chose culturelle sont trop jeunes pour savoir.Il a été un extraordi- naire peintre.À la plume, du noir sur blanc.Certains qui n'utilisent que la couleur sont moins peintres que lui.C'est un paradoxe de plus.Gécin n'est que paradoxes.Il vivait dans le deuil et créait "espérément" pour sortir de ce deuil.Dresdner, c'est le nom d'une Galerie de Toronto qui opérait à Montréal, a drainé beaucoup de ses oeuvres dans l'Ouest.Gécin déroutait.On le croyait naïf et il ne l'était pas.11 suivait les conseils d'un père jésuite qui fut le conseiller de toute une génération d'intellectuels, de Jean Lemoyne et de Robert Elie.Gagnon était le confesseur de Gilles Marcotte.Chacun allait voir, qui son jésuite qui son dominicain.Afin d'obtenir des dispenses, Ernest Gagnon (notre grand collectionneur d'art africain), devant un tel acharnement à peindre, lui conseillait de copier les maîtres.Il l'a fait: Cézanne, Van Gogh et avec talent.Malraux répétait que «l'on marche mal sur du vide».Certains sont obsessivement incapables de s'arrêter de dessiner.Il était de ceux-là.Habité par la nostalgie du Dieu Mauve.Difficile à vivre parfois, souvent.Traits après traits, à la petite plume marquée British Pens Ltd, il a refait pour nous, des dentelles de sacristie et de rêves mêlées à des rêves de dentelles et de lumières sombres.Il sera oublié.Il a dessiné un grand oiseau qui plane sur la ville, qui lui ne sera jamais oublié.Pour nous un grand oiseau et un soleil calme comme un ostensoir veille à jamais.Gérard Sindon merci ! Gille Derome, Laval Écrivez-nous ! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions (beaucoup) les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon : Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H 1B9.Télécopieur: (514) 521-5599.Vous pouvez aussi envoyer vos textes à : jfncouac@sympatico.ca Fuck la joue gauche ! Ne reculant devant rien pour faire la preuve que le Québec est une république de bananes où, c'est la règle, un vote n'en vaut pas la pelure, Alliance Québec, grassement financée par la cassette personnelle de Sheila Copps-Drapeau, organise une exposition dans laquelle seront mis en vitrine des artefacts du référendum de 1995: des bulletins rejetés par des scrutateurs présumés trop scrupuleux.Fort bien.Comme il est généralement admis dans les milieux anglophones bien assis sur leurs préjugés que le Directeur général des élections est une fripouille, ce dernier, en conséquence, n'a pas trouvé là matière à pousser plus avant la chose, estimant impossible de prouver qu'il y ait eu intention criminelle.Mais il me semble que dans ce pays du Québec, qui laisse dire de lui et de ses habitants à peu près n'importe quoi, par n'importe qui et sur n'importe quelle tribune, il serait à peu près temps de cesser de pratiquer cette politique de la joue droite et de la joue gauche qui faisait peut-être l'affaire des pharisiens mais qui, appliquée à notre avenir, risque de nous conduire dans ce lieu où sont réunis tous les peuples suckers de la planète, l'entends par suckers tous ceux qui semblent prendre un plaisir qui confine à la maladie à se laisser insulter, humilier, calomnier sans rendre la pareille ou, à tout le moins, sans remettre les pendules à l'heure.Je propose donc ceci.En face de l'édifice où Alliance Québec compte exposer ses bulletins de vote, nous pourrions louer un local où seraient livrés à la curiosité publique les spécimens empaillés de celles et ceux qui, utilisant des subterfuges, ou encore jouant allègrement du mensonge, ont voté pour le NON sans en avoir le droit le 30 octobre 1995, dans le ressac de cette stupéfiante déclaration d'amour qui nous était tombée dessus deux jours plus tôt.Le cas des 37 174 nouveaux citoyens à qui Ottawa a allègrement accordé la citoyenneté canadienne dans les huit mois précédant le référendum afin de contrecarrer la volonté des Québécoises et des Québécois est différent.Grâce à la manière expéditive privilégiée par le fédéral — cinq ou six juges d'autres provinces, entre autres mesures non pas illégales mais à tout le moins douteuses —, c'est le double de nouveaux citoyens qui ont été assermentés durant cette période.Ce qui faisait dire à un Christos Sirros, livrant tout innocemment le mode d'emploi, que les nouveaux arrivants viendraient mettre un terme aux velléités souverainistes.Mais revenons à la vraie fraude.Un mien parent demeurant à la frontière de Town of Mount Royal eut la surprise de sa vie, en jetant un coup d'oeil sur la liste électorale publiée avant le référendum, de découvrir que sous le toit de son voisin où, depuis des dizaines d'années, résidaient deux personnes seulement, trois autres personnes, inconnues de lui, étaient inscrites pour voter.Alerté, le président des élections s'assura que ces démocrates soient dûment assermentés avant de pouvoir voter NON.À l'Université Bishop's de Lennoxville, les étudiants étrangers ne font pas que profiter de rabais extraordinaires au chapitre des frais de cours dont les font profiter le gouvernement.On y vole aussi au secours de la démocratie canadienne avec un tel zèle que 160 d'entre eux, Américains, Ontariens, etc., ont été soupçonnés d'avoir illégalement voté au référendum de 1995.Pour l'exemple et pour la forme, une dizaine furent condamnés.Combien de fois pareil stratagème s'est-il répété ?Bien malin qui saurait y répondre car de toutes façons, tant que l'État du Québec s'attendrira devant les coeurs saignants qui s'opposent à la carte d'électeur, il nous faudra compter, comme au golf, avec un handicap en partant.Et quand on sait que dans certains poils de l'ouest de Montréal, les fédéraux enregistrent des scores à faire rougir Saddam Hussein lui-même, peut-être a-t-il raison, le Sirros ! Quand Mordecai Richler écrivit dans The New Yorker, en 1991, que nos mères avaient assuré la reproduction de la race à la manière de truies, c'est tout juste s'il ne fut pas jugé inconvenant de souligner, mais alors très délicatement, la grossièreté de l'amateur de scotch de la rue Saint-Urbain.Quand Pierre Elliott, la même année, prédisait que pour sauvegarder la « société distincte », il n'était pas impossible que Québec s'estime autorisé à déporter plusieurs centaines de milliers d'indésirables, cela provoqua tout juste quelques légers remous d'opinion.Quand, interrogée à la télévision, une jeune fille de Burlington approuvait vers la même époque la décision prise par référendum de ne pas acheter d'électricité d'Hydro-Québec « pour ne pas participer au génocide des Indiens du Nord du Québec », rien n'y fit : nous demeurâmes, individuellement et collectivement, stoïques.Les Québécois sont en passe de devenir le peuple à qui, chaque année, on concède le trophée Lady Byng, décerné aux gentlemen qui, c'est bien connu, ne gagnent jamais rien.MICHEL RIOUX Le Couac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec, H2H I B9 Téléphone: (514) 521-5499 Télécopieur : (514) 521-5599 Fondateurs: Pierre de Bellefeuillc et Jean-François Nadeau Rédacteur en chef : |ean-François Nadeau Rédacteur en tout: François Patenaude Collaborateurs: Gilles Archambault, Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Victor-I évy Beaulieu, Pierre de Bellefeuille, Michel Bernard, Marco de Blois, Jacques Bouchard, Michel Chartrand, Philippe Chénier, Barbara Debays, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, Laurent Mailhot, François Patenaude, Martin Petit, Benoît Perron, Martin Poirier, Aude Ribis Michel Rioux, Guy Trottier, Pierre Vadeboncœur, Martin-Pierre Tremblay, Nadine Vincent, Léo Guimont, Thomas Déri.Illustrations: Serge Ferrand, Filio, Luc Giard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Charb Graphisme: Marguerite Nous remercions Charlie Hebdo pour sa collaboration.Abonnement el publicité : François Patenaude au (514) 287-9467 ISSN 1480-207-4 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprime au Québec > A Lenoumati j ^Jl^ whsagedu ÉW ^-s_ / J temm La porno «t i çchangtsme mis a nu Les résultats tk not'e sondaqe s Au /ci Montréal de l'empire Québécor World, les rédacteurs en chef se succèdent et les couvertures imaginatives aussi.Un autre grand succès du journalisme québécois.Trouver Terreur Suite à l'attentat à la tarte à la crème contre Jean Chrétien, on pouvait lire dans Le Devoir que «C'est la quatrième fois qu'il y a atteinte à la sécurité du Premier ministre.Il y a eu l'incident de l'individu armé d'un couteau au 24 Sussex en novembre 1995, suivi de î'affrontement avec Bill Clennett à Hull en février 1996.En mars 1996, un homme ivre était parvenu à franchir l'enceinte de la résidence personnelle du premier ministre au 24 Sussex.» (Le Devoir 17-8).Il faut vraiment avoir un esprit tordu pour dire que Bill Clennett a porté atteinte à la sécurité du Premier ministre, quand c'est ce dernier qui a étranglé Clennett.I Analyse Le naufrage du sous-marin Koursk prouve bien le niveau de délabrement de l'État russe.Et les écrasements à répétition d'avions américains et français, cela ne prouve-il pas que la dérèglemenation du transport aérien orchestrée par les États occidentaux commence à faire mal, très mal?Scoop Les marins du Koursk n'ont pas retrouvé Gerry Rouf.Un carnaval anticapitaliste Une CLAC contre la ZLEA ! Participer à un carnaval contre le capitalisme, ça vous intéresse?Le groupe de la Clac (Convergence des luttes anticapitalistes contre la zone de libre échange des Amériques) se prépare en vue du prochain Sommet des Amériques.Ils sont déjà quelques centaines à organiser une action anticapitaliste à Montréal en prévision de cet important rendez-vous.D'ici avril 2001, la Clac espère rassembler des milliers de personnes dans les rues du Vieux Québec afin de manifester clairement son opposition aux dérives qu'entraîne ce qu'on nous présente comme « la mondialisation des marchés».Du 20 au 22 avril 2001, la ville de Québec sera occupée par le Sommet des Amériques.Plus de 30 chefs d'Etat et leurs alliés financiers seront présents, tous plus occupés les uns que les autres par des cocktails, des réceptions et.des réunions à haute teneur économique.Le véritable objectif de ce sommet est en effet d'instaurer une Zone de Libre Echange des Amériques (ZLEA).La ZLEA est calquée sur l'ALENA (l'Accord de libre échange nord-américain).Ses négociations poussent la logique capitaliste toujours plus loin : la santé, l'éducation, l'environnement et les normes du travail sont dans le collimateur des négociations.Négocié à huis-clos, puis imposé unilatéralement, ce matraquage économique marque un pas de plus dans l'affaiblissement, voire la suppression des acquis sociaux.Les manifestations organisées à Seattle contre l'OMC ont fait connaître au monde entier l'existence d'un mouvement de résistance anti-capitaliste.Le même état d'esprit a prévalu à Washington en avril dernier, lors de la rencontre du FMI et de la Banque mondiale, et à Windsor au mois de juin, à l'occasion du sommet de l'Organisation des États américains.Le 30 juin, à Millau en France, près de 100 000 personnes ont manifesté contre les dérives qu'entraîne le désordre de la mondialisation pour l'alimentation de la planète.À Québec, au mois d'avril 2001, la CLAC participera à une vaste mobilisation populaire contre la ZLEA.En plus d'organiser un carnaval contre le capitalisme (actions directes, manifs, ateliers, concerts, théâtre de rue et bien plus encore), la Clac prendra part à la tenue d'une rencontre nord-américaine de l'Action mondiale des peuples contre le libre-échange (« Peoples' Global Action») en compagnie de plusieurs autres groupes.Du côté de l'action Vous habitez à Montréal ou prévoyez venir y passer quelques jours cet automne?La CLAC organise régulièrement des assemblées générales où vous êtes les bienvenus.Les prochaines rencontres publiques auront lieu le 6 septembre, 26 septembre, 17 octobre, 1er novembre, 21 novembre et le 13 décembre.Présentez-vous dès 18h à l'X, situé au 182 Ste-Catherine est (métro Berri-UQAM) pour assister à une présentation de la CLAC, de ses principes et de sa structure organisationnelle.Les assemblées commencent à 19h.Vous pouvez entrez en contact avec la Clac de différentes façons: par courrier électronique (clac@tao.ca), par téléphone (514-526-8946) ou par la poste (La CLAC, 2035 Saint-Laurent, 2e étage, Montréal, Québec, H2X 2T3).P.C.flupertK, L Le Couac, septembre 2000, page 3 LE REGARD OBLIQUE Plaidoyer pour l'élitisme f autre soir à la télévision, une occasion rarissime.Un intellectuel en chair et en os, le sociologue Gérard Bouchard, s'entretenait avec une journaliste.Habituellement, au petit écran, en pareilles circonstances, on nous présente un chanteur, un organisateur de festivals ou un politicien.Quelques jours auparavant, à la même émission, le progressiste Stockweli Day, amateur de fœtus et de familles nombreuses, ânonnait dans un inqualifiable sabir des parcelles de son credo politique.Il y avait donc net progrès.D'autant que notre universitaire passe bien l'écran.Même s'il a tendance à céder aux tics des professeurs, c'est-à-dire tourner en rond plutôt que conclure, revenant sans cesse sur ce qu'on a compris La culture n'est ni populaire ni élitiste, elle n'existe que si elle change la vie.depuis pas mal d'instants, il sait captiver.En tout cas, il me captivait, moi.La télévision devenait intelligente.Il y avait bien la pub, aussi bête que d'habitude, qui venait interrompre le frère de l'autre, mais enfin on est prêt à tout.La télévision est un bordel et ce n'est pas dans un bordel qu'on s'attend à trouver la femme de sa vie.On est conciliant devant elle (la télévision), sinon il y a longtemps qu'on l'aurait jetée par la fenêtre.Tout cela pour vous dire que le Gérard, je l'aimais.Pourtant quand il s'est mis à dire que l'élite canadienne-française - il n'employait pas le qualificatif «québécoise» - avait privilégié la culture française aux dépens de la culture dite populaire tout au long de la fin du dix-neuvième siècle et de la première moitié du vingtième, je ne le suivais plus tellement De quelle élite s'agissait-il?Des quelques médecins, notaires ou avocats qui préféraient la lecture d'Anatole France ou de Voltaire aux bondieuseries que proposaient les curés?11 faudrait au contraire leur élever des statues - je déteste les statues - à ces petits-bourgeois qui avaient à coeur de s'élever contre la médiocrité dans la mesure de leurs modestes moyens.La culture populaire?Je me rappelle très bien des cantiques dont on nous abreuvait jusqu'à plus soif.D'une bêtise à faire pieurer un prie-dieu en merisier.Et les chansons à répondre bassement grivoises que nos oncles et nos pères éructaient dans les réceptions de fin d'année ?J'avais à peu près 16 ans quand j'ai compris que l'amour du peuple, qui ne va pas de soi, passe par le désir de l'amener avec soi vers le chemin de la connaissance.Plus tard, un livre extraordinaire, Changer la vie de Jean Guéhenno, a renforcé en moi cette certitude.La culture n'est ni populaire ni élitiste, elle n'existe que si elle change la vie.On «aime» le peuple que si on souhaite pour lui ce qu'il y a de mieux: Kafka, Grandbois, Flaubert, Mozart, Lester Young.Si on veut paraître l'aimer, on peut lui proposer Véronique Cloutier ou les mises en scène de Mme Filiatrault.GILLES ARCHAMBAULT J£JX OhlL£$?\aOBS Cruauté Ginette Reno et Jean-Pierre Ferland se produisent chez les Hell's angels.Décidément, ces cérémonies d'initiation sont de plus en plus cruelles.Influent Martineau En juillet, Richard Martineau prenait des vacances.Au même moment, le site web de Voir posait cette question aux internautes : «Êtes-vous en vacances?» Une majorité écrasante de 76% des répondants était en vacances.Martineau, un homme influent. PIASTRE Le Couac, septembre 2000, page 4 I.¦.¦.¦¦¦¦¦¦¦¦.¦ ¦ ¦.¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ l ¦¦¦¦¦¦¦¦¦ I ¦¦ I ¦¦¦ I ¦ I.Il L6S SUCC6SS sîon&s du copitolism© LA CHAMBRE DE COMMERCE DE MONTRÉAL et les parcomètres : une affaire de 25c?On peut difficilement qualifier l'histoire de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain de succès story-, ce n'est après tout qu'un simple regroupement de gens d'affaires qui n'a rien à voir avec les Coca Cola, Biochem Pharma, General Motors et autres entreprises d'envergure dont nous avons déjà parlé ici.Le sans-gêne avec lequel les dirigeants de la Chambre ont pigé dans l'argent des parcomètres montréalais mérite tout de même que l'on prête notre attention à cette auguste institution.Dans cette affaire, tout commence au début des années 90.La Chambre de commerce de Montréal fait alors face à de sérieuses difficultés financières.En 1992, la branche francophone fusionne avec son homologue anglophone, le Montreal Board of Trade, afin de sauver les meubles et tenter de redresser la situation financière.Suite à la fusion, le quart des employés est mis à pied.Le membership chute de 10 000 membres à 7000 membres.Pour son premier exercice financier (1993), la nouvelle Chambre de commerce a essuyé une perte de près d'un million de dollars pour des revenus de 3,1 millions.Or c'est également à cette époque la Chambre de commerce commence à s'intéresser aux parcomètres montréalais.Suite à une première proposition d'achat de la Chambre de commerce, la Ville de Montréal mandate la firme Stratem pour étudier la question.La conclusion de Stratem est sans équivoque : la proposition de la Chambre de commerce est la moins intéressante pour la Ville, qui perdrait plus de 500 millions de dollars en trente ans en confiant les parcomètres à la Chambre de commerce.L'étude de Stratem, réalisée au coût de 50 000$, ne faisait évidemment pas l'affaire de nos entrepreneurs en affaires municipales.La Ville de Montréal commande donc une deuxième étude, cette fois à la firme GTM Développement et Services, filiale de la Lyonnaise des Eaux (France).Le choix est-il fortuit?Rappelons que la Lyonnaise a défrayer les manchettes à plusieurs reprises pour des affaires de corruption, de pots-de-vin et d'abus de biens publics.Cette fois, l'étude réalisée au coût de 300 000$ est allée dans le sens souhaité par la Chambre de commerce : elle recommande la privatisation de la gestion des parcomètres en faveur de la Chambre de commerce.Fait intéressant à noter: l'étude n'a jamais été rendue publique, malgré l'insistance répétée de l'opposition à l'Hôtel de Ville.Fort de cette étude de GTM, le maire Jean Doré a donc privatisé la gestion des parcomètres.Ces machines à sous sont depuis juillet 1994 administrées par la Chambre de commerce La Chambre reçoit un montant fixe de 400 000$ par an pour les quarante années de l'entente; 16 millions de dollars pour gérer des parcomètres ! Cela s'ajoute évidemment aux salaires versés à la direction de Stationnement de Montréal, la filiale de la Chambre de commerce, de même qu'aux jetons de présence du conseil d'administration et aux frais de gestion exigés par Novaparc, une filiale de la Chambre de commerce.Bref, tout le monde se paye dans cette belle histoire1.Une partie des profits des parcomètres est même versée à un fonds de développement économique, le Fonds Ville-Marie, administré par nul autre que.la Chambre de commerce.La première année d'opération de ce fonds, la moitié des sommes versées ont servi à financer un projet de.la Chambre de com- merce.De 1994 à 1998, le Fonds Ville-Marie a ainsi pu bénéficier de près de deux millions de dollars en provenance des parcomètres.Et après que Stationnement de Montréal ait versé environ 700 000 $ à Parcoflex, une filiale de la Chambre de commerce, pour qu'elle développe une «nouvelle technologie», cette dernière s'est placée sous la Loi sur la faillite en décembre 1998.La Chambre de commerce s'était déjà distinguée en 1994 en réalisant une perte de 1,1 million de dollars au lieu du profit budgété de 1,8 millions2.Et dire que la supériorité de la gestion du secteur privé et le développement de nouvelles technologies ont été des arguments majeurs en faveur de la privatisation des parcomètres! Suite à sa gestion désastreuse, Stationnement de Montréal a été récemment placé en tutelle.En comptant les divers versements effectués aux haut-dirigeants de Stationnement de Montréal, à la Chambre de commerce et ses filiales et au Fonds Ville-Marie, de même que les mystérieuses pertes encourues en 1994, la gestion de la Chambre de commerce nous a coûté en moyenne deux millions de dollars par an pour 80 employés, soit 25 000$ de frais annuels par employé.Et n'oubliez pas que cela va se poursuivre pour encore 35 ans ! Sans ce fabuleux filon, la Chambre de commerce de Montréal, qui était en sérieuses difficultés financières en 1993, ne serait peut-être plus là aujourd'hui pour vanter les mérites de l'entrepreneuriat et défendre les intérêts des affairistes montréalais.MARTIN POIRIER 1.La Chambre de commerce s'est même créée artificiellement un capital-actions de 500 000$ dans Stationnement de Montréal au moyen d'une passe-passe comptable.Précisons que la Chambre de commerce n'a en réalité investi que 500$ dans les parcomètres.2.Laquelle perte a été effacée grâce à une autre passe-passe comptable.La Chambre de commerce a même eu droit à un partage des « profits » ! .¦.I II I I I II II I I I I I I I I I II I I II i i i i i n i i i i.¦.¦ Truisme La Presse nous informe que l'ex-président étasunien Ronald Reagan "n'est plus capable d'avoir une conversation sensée" (28-7).Où est la nouvelle?On est jaloux ! Reader's Digest est le magazine le plus largement diffusé dans le monde (La Presse, 13-6).Gastronomie Poutine et sous-marin: un mélange indigeste.Récompense « Le FMI donne une bonne note à l'Algérie» (La Presse, 5/8).Sur l'échelle de Richter?Une idée qui somnolait i in il «Quarante ans plus tard, je suis toujours indépendantiste.Personne n'a réussi à ébranler les arguments élémentaires et fondamentaux dont d'Allemagne s'était servi pour me convaincre.» Pierre Bourgault Aurait d'Alu-magni! UNE IDÉE QUI SOMNOLAIT «j£KC d6pub ubowg3«S»rSîN o»t8ie ' 0UE8M 1 LIME W§ fi i n.t-f*i ODEStS : tIBgt 1 ^% « 1M ' QUÉBEC 1 im { n i n A0AO& Nom Adresse Code postal.Courriel_ .Téléphone.Une idée qui somnolait • 256 pages, 28,95$ Bon de commande à nous retourner par courrier: Comeau & Nadeau Éditeurs c.p.129, suce, de Lorimier, Montréal (Québec) H2H 1V0 Je règle par: Q Mandat Q Chèque Les « décideurs » du Québec veulent chasser les « parasites sociaux » Les patrons du Québec s'apprêtent à inaugurer un nouveau sport, la chasse à ceux qu'ils nomment les «parasites sociaux».Le Couac a pris connaissance de cette information en mettant la palme sur un magazine dont l'existence était encore inconnue du grand public:«Le Boss, le magazine des décideurs», un mensuel réservé exclusivement aux patrons les plus influents du Québec.Dans son dernier numéro, Le Boss fait la promotion auprès des «décideurs» québécois d'un nouveau sport: la chasse aux parasites sociaux.Le magazine écrit : « Cet automne, alors que le chasseur qui sommeille en vous se fera plus présent, posez-vous cette question : n'y a-t-il pas lieu de faire une activité plus utile en cette ère où la compétitivité des pays est de plus en plus cruciale?Désen-tripailler du chevreuil, canarder de l'oie blanche ou trouer de l'ours noir (cet incorrigible cro-queur de biathlètes) est-ce vraiment là une bonne façon de stimuler l'économie?Pourquoi ne pas joindre l'utile à l'agréable et chasser un gibier dont l'existence nuit à l'économie?Non seulement vous aurez le plaisir de le traquer et de le tuer, mais vous contribuerez aussi à diminuer les dépenses publiques et concourrez ainsi à rendre le Québec plus compétitif.» L'article évoque les retombées économiques que ce nouveau sport pourrait générer « Pensez aux Américains qui font la chasse aux immigrants mexicains.L'avenir est dans ce nouveau type de sports extrêmes.Rien qu'à Montréal, nous pourrions organiser des safaris à Pointe St-Charles, St-Henri, ou Côte-des-neiges.Sans compter que, lors des expéditions de chasse, on pourrait jumeler nos décideurs québécois aux grands patrons américains.Cela pourrait être une bonne occasion de créer de nouveaux partenariats et de signer des contrats lucratifs.Imaginez Charles Sirois et Bill Gates armés de lance-roquettes et roulant à toute vitesse dans une Jeep à la poursuite d'une couple de chômeurs.N'y a-t-il pas là une belle occasion de créer des rapprochements entre entreprises ?» Méthodes de chasse L'article du Boss souligne que l'idée a déjà reçu l'appui de différents ministères et que la chasse commencera cet automne de façon expérimentale.«Le ministère de la Solidarité sociale et celui du Tourisme ont montré leur intérêt pour cette activité qui attirerait ici les touristes fortunés.» S'ensuit une recension des différentes méthodes de chasse, car « les parasites sociaux ont leurs habitudes de vie.Le travailleur au noir est un animal vif et toujours aux abois ; dans son cas, le piégeage est de rigueur.Pour d'autres proies comme l'assisté social, la délation permet de le débusquer puis on peut organiser des battues avec l'aide de boubous macoutes.Le squegee, quant à lui, se chasse à courre avec des chiens.» « Il va sans dire que toutes les mesures qui amenuisent le filet social doivent êtres encouragées, car elles contribuent à les faire sortir de leurs tanières et facilitent la chasse,» poursuit le magazine.Nouvelle tendance L'article affirme que la chasse au manifestant est de plus en plus populaire.« Elle est toutefois l'apanage d'une caste privilégiée: les policiers.Il faudrait l'ouvrir aux décideurs, qui ont eux aussi besoin de se défouler, surtout depuis que les entartistes sévissent.Actuellement la réglementation, particulièrement la Charte des droits et libertés, rend ce jeu moins excitant en accordant trop de droits aux mani- festants.On peut espérer qu'il y aura déréglementation dans ce secteur.Il faudrait aussi réviser à la hausse les quotas de prises.Depuis décembre 1997, il y a eut 342 arrestations lors de manifestations à Montréal.C'est beaucoup trop peu.Il faudrait que les quotas soient haussés avant le Sommet des Amériques (qui aura lieu a Québec en avril 2001), car on y attend beaucoup de manifestants.» Comment apprêter le «gibier»?Les patrons aiment bien manger du pauvre, c'est connu.Le Boss nous le prouve de façon éloquente.« Une fois le gibier capturé, encore faut-il l'apprêter.Car que serait la chasse sans le plaisir de mordre dans sa proie?Dans le but de tirer le maximum de saveur de ces viandes que l'on connaît si mal, le ministère du Tourisme à engagé un grand chef français afin qu'il nous concocte quelques recettes pour apprêter les parasites sociaux.» Le lecteur apprendra ainsi que Didier Toqué a concocté un nombre incroyable de recettes « pour faire ressortir toutes les subtilités de ces viandes un peu grasses et molles mais très goûteuses.» Parmi ses plats préférés on retrouve: le chômeur en croûte sur son lit de pommes de terre, l'assisté social aux truffes et sirop d'érable, l'épaule d'itinérant aux pleurotes et le rôti de squeegee dans son jus.Qui a-t-il d'autre à ajouter au sujet de cet article paru dans Le Boss sous la plume d'un dénommé Claude Pichou?Rien, sinon que les «parasites sociaux» connaissent maintenant leurs prédateurs naturels.En terminant, une petite suggestions de dessert pour satisfaire ces messieurs décideurs: l'entartiste Chantilly flambé au cognac?FRANÇOIS PATENAUDE En vente dans toutes les librairies, 28,95$ ECONOMIE Le Couac, septembre 2000, page 5 Stockwell Day et ]ean-\Aic Migué Même combat La Presse à Desmarais, toujours solidaire des think tanks de droite, ouvrait ses pages, le 26 juillet dernier, à lean-Luc Migué, l'économiste ultralibéral de l'Institut économique de Montréal dont on vous a déjà parlé quelques fois dans ces pages.Migué y faisait l'apologie de Stockwell Day et de son cadeau aux riches: le taux unique d'impôt de 17 % pour tous.Actuellement, il est de 29 % pour les hauts revenus, 26 % pour les revenus moyens et déjà 17 % pour les bas revenus.«Voilà un bon programme économique, lance notre homme.Nous espérons simplement que Stockwell Day connaîtra tellement de succès à titre d'entrepreneur politique de l'impôt proportionnel qu'il sera bientôt imité.» Remarquons d'abord le terme «entrepreneur politique» qu'il juge adéquat pour Day.Les Québécois ont déjà refusé l'impôt à taux fixe lorsque Bernard Landry l'avait avancé à titre d'hypothèse : ils y voyaient un coup de force des privilégiés.Migué prétend que l'impôt progressif actuel est « hostile à la croissance et la justice».Le principe des taux «marginaux» d'impôt progressif est pourtant juste.Notre système de coopération sociale place les biens premiers des moins nantis au-dessus d'une consommation « marginale » du luxe par les biens lotis.Ceux-ci et les «hauts revenus» devraient d'ailleurs comprendre que c'est justement ce même ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^m système qui les enrichit les risques sociaux et qui crée les pauvres.Le système capitaliste arrive à survivre parce que l'État, avec son pouvoir fiscal, pallie les effets pervers les plus criants du marché.Donc, en payant des impôts progressifs, ceux du balcon d'en haut ne réalisent que leur propre intérêt personnel : ils financent de la sorte un système qui maintient leurs privilèges.Une immense campagne se dessine afin de faire abdiquer tout sens critique au nom d'une réduction d'impôt.Migué présente Stockwell Day comme le bon Samaritain des revenus inférieurs à 12 000 $, qui ne seraient pas imposés.L'exemption fédérale est fixée à 7000$ actuellement.Il passe sous silence le fait que, dans le programme de l'ultradroite, la baisse d'impôt est accompagnée d'une réduction drastique des programmes sociaux et des services publics.Les faibles revenus repaieront donc aux business privés plusieurs fois la réduction qui leur aura été consentie.Migué prétend ensuite qu'une «loi» économique prévoit que, à un certain niveau, lorsque les taux d'impôt baissent, les recettes fiscales augmentent.Il faut se rendre attrayant dans l'économie mondialisée, lutter contre les paradis fiscaux en baissant nos impôts, dit-il en substance.Pour que le gouvernement augmente ses recettes fiscales avec des taux d'impôt grandement diminués, le volume de l'économie devrait augmenter considérablement.Or, dès que l'économie accélère, une autre «loi» fait que l'inflation ronge le pouvoir d'achat et les banques centrales doivent intervenir en haussant les taux d'intérêts pour refroidir la machine.Avec la proposition Day-Migué, les citoyens se «peintureraient dans le coin».Et devant eux, le spectacle d'un État considérablement affaibli, pieds et mains liés face au capitalisme privé, avec des recettes fiscales diminuées et des programmes sociaux charcutés.L'avenir est dans la justice distributive et une redéfinition de la vie bonne plutôt que dans la multiplication des consommations et de l'affairement futile.Par la perception des impôts, l'État limite le monopole du capital, sa possibilité de se convertir en n'importe quel bien et de les redistribuer selon l'unique critère de la capacité de payer.Les impôts servent à acheter non les votes, comme dit Migué, mais les services publics.Ils servent à les redistribuer, non à ceux qui peuvent se les payer, mais à ceux qui en ont besoin.et sans pour autant leur dire comment voter.Lorsque l'État achète une œuvre d'art et la place dans une galerie publique, cela en fait une de moins dans les salons de Westmount et une de plus pour le plaisir esthétique du peuple ; l'université publique est ouverte aux talents et non seulement aux fils de riches, les services publics de santé aux besoins et non seulement à la capacité de payer, etc.Baisser significativement les impôts, c'est perdre une partie de ce pouvoir de redistribution.C'est changer la signification sociale des biens, par exemple l'accès à une chirurgie ou à une éducation supérieure.Une immense campagne se dessine afin de faire abdiquer tout sens critique au nom d'une réduction d'impôt.Appuyer, comme le fait Migué, un programme d'ultradroite avec son intolérance, sa détérioration des principes de coexistence, son attaque en règle contre les valeurs de solidarité pour le simple fait qu'il préconise des baisses d'impôts surtout favorables aux riches, témoigne d'un formidable aveuglement.MICHEL BERNARD I MQlHS P£ CHÔMAGE, PLUS DE PAUVRETTE ; XT U; X ( IBSlfiTlSTlQVte C'ESTfbuR f CHô/WGE \ l FA'tfE" OoUJR LANDRY, MOI serait J=—l uE"awPrEL£s pawiwps A LA f( 7^ 1\ C'EST PLUS /-^SCJEAf- Éthique, vraiment ?On parle d'investissement éthique dans les pages économiques du Devoir (8-8).Le journaliste, Manuel Piantin, précise que les investissements éthiques rapportent gros: ils «affichent des performances allé-chantes», «ils jouissent d'une rentabilité étonnante», ils sont «étonnamment rentables».Notons l'étonnement qui semble frapper le journaliste-économiste à l'idée qu'on puisse faire du fric tout en étant éthique.Mais notons aussi le renversement des valeurs : ce qui importe pour notre journaliste, ce n'est pas tant que ces fonds d'investissement soient éthiques, mais qu'ils rapportent gros.L'éthique des capitalistes reste donc intacte : capitaliser.De toute façon, ces fonds éthiques sont bien curieux, puisqu'on y retrouve des pétrolières ou des papeteries forestières.Qu'y a-t-il d'éthique à financer des compagnies pétrolières qui foutent en l'air.l'air qu'on respire?Manuel Piantin nous explique que les fonds éthiques ont l'avantage d'indiquer aux investisseurs la pétrolière qui est la moins pire.Quand il faut que ça rapporte du fric, l'éthique n'est donc pas la recherche du bien, mais du moins pire.$y CONFIT D'INTERETS Dick Pound Le futur boss des jeux olympiques ?En cette période olympique, nous n'avons pu résister à l'envie de vous parler de l'idéal olympien que représente l'avocat montréalais Dick Pound.M.Pound, qui est membre du Comité international olympique (CIO) depuis 1978, a gravi les échelons un à un et il occupe maintenant le poste de vice-président du CIO, juste derrière Juan Antonio Samaranch (marquis espagnol lié autrefois au sympathique général Franco, qui était aussi fasciste à ses heures), président du CIO depuis 20 ans.M.Samaranch quittera son poste en juillet 2001.Il pense que trois ou quatre candidats se présenteront à sa succession.On peut compter Dick Pound parmi ceux-ci.L'ami Dick a tous les atouts pour lui succéder, lui qui est un ancien athlète: il a été champion canadien et médaillé olympique en natation.Il n'a d'ailleurs rien perdu de ses réflexes de nageur comme on a pu le voir lors du scandale de Salt Lake City.Dick Pound a présidé une commission ad hoc qui enquêta sur les allégations de vente illicite de votes lors du processus de mise en candidature de Sait Lake City pour l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver de 2002.Bien que l'on ait pu s'attendre à une purge majeure au sein du CIO, puisque il est apparu clairement que Salt Lake City ne constituait pas un incident isolé (de nombreuses autres villes candidates affirmèrent avoir été victimes de la conduite inappropriée de certains membres du CIO), Pound n'as pas fait le ménage en profondeur.Il s'est contenté de sauver l'image du CIO.Rien d'étonnant à ce qu'il ait protégé les copains.Car la machine olympique est une machine a imprimer de l'argent.en autant que son image soit préservée.Cette image est garante de la prospérité olympique car les commanditaires ont un rôle clé à jouer dans l'existence des jeux, puisque le CIO est entièrement financé par des fonds privés.Ses recettes proviennent de programmes de marketing et de la vente des droits de retransmission à la télévision des jeux olympiques.Les sommes en jeu sont colossales ; un exemple : NBC a obtenu les droits de retransmettre les jeux de 2004, 2006 et 2008 pour 2,3 milliards $.À ce prix, il faut surtout éviter que l'image olympique soit ternie par les scandales.De quoi auraient l'air les multinationales qui commanditent l'événement si des athlètes étaient testés positifs et que l'idéal olympique était moins pur qu'on ne le prétend?Tant que les jeux olympiques restent propres, ils représentent un formidable véhicule promotionnel.Lors des jeux de Sydney, 12 000 journalistes rapporteront les faits et gestes des 10 200 athlètes qui y participeront.S'il devient président du CIO, l'ami Dick aura sûrement droit à une petite fête à l'Université McGill puisqu'après y avoir présidé le Conseil des gouverneurs pendant des années, il est chancelier de cette vénérable institution depuis l'an dernier.Gageons que les contacts prestigieux de M.Pound contribueront généreusement au financement privé de l'Université Me Gill.Car Dick est bien entouré au CIO, où pullulent les personnalités du monde des affaires et des reliques de monarchie (la princesse d'Angleterre, le prince Alexandre de Merode de Belgique, le prince Orange des Pays bas, le prince Albert de Monaco, etc).Être membre du CIO ne fait pas courir plus vite ou sauter plus haut, mais cela comporte bien des avantages.FRANÇOIS PATENAUDE ET BENOIT PERRON Bande de Consommateurs Gagner à tout prix «Le jeu doit rester un jeu», affirme Loto-Québec dans un exercice de dédouanement moral d'une rare impudence.Allons bon ! Voilà une compagnie (publique!) qui fait nos fonds de poche à longueur d'année en nous promettant des voitures de luxe, des vacances de luxe et des maisons de luxe, et qui vient nous rappeler sur la pointe des pieds qu'il ne faut pas trop consommer ce qu'elle nous vend avec de si gros profits! (Sur les 12 derniers mois, Loto-Québec a engrangé 2,5 milliards en ne redistribuant que 0,9 milliards aux gagnants).C'est comme si un marchand d'armes se payait une campagne publicitaire pour dire à ses clients qu'il ne faut pas trop s'entretuer avec les canons qu'elle leur vend.Hypocrites, va ! En fait, la question n'est même pas là.Elle est dans la ludifica-tion de toutes choses.Tout doit ressembler à un jeu, tout doit nous divertir, tout doit promettre un gain.Gagnez, gagnez, gagnez.Combien de fois par jour ce commandement si facile à suivre nous est-il seriné ?Gagnez un radio-réveil en vous abonnant à LActualité.Gagnez un téléphone cellulaire.Gagnez des patins en achetant un fauteuil chez Brault et Martineau.Gagnez des bons d'essence.Gagnez une New Beetle.Gagnez des places pour l'avant-première de l'avant-dernier navet.Gagnez une croisière.Gagnez un t-shirt des Expos.Gagnez une place dans une loge VIP du Centre Molson.Gagnez une soirée avec une star.Gagnez trois New Beetles.Gagnez un deuxième chausson aux pommes.Finalement, ce qu'il y a à gagner n'a pas vraiment d'importance: ce qui compte, c'est l'acte de gagner.Être un gagnant, dominer son sort, émerger de la masse des perdants, recevoir une récompense.Bon chien, va.Ce réflexe aveugle, qui est au fond plus infantile que pavlovien, les publicitaires le connaissent bien et ils s'en servent sans modération.Au début du mois d'août, la compagnie de bière Budweiser lançait un dirigeable à ses couleurs au-dessus de Montréal.Campagne publicitaire, pensez-vous?Pas du tout, le communiqué de presse (repris presque tel quel par certains quotidiens montréalais) indique plutôt que c'est une façon de «remercier les Québécois qui appuient la marque depuis 20 ans ».Et pour que ce soit bien clair, la compagnie «offre la chance à 72 gagnants de survoler la métropole et les différents événements culturels et sportifs de la région» dans l'engin.Merci qui ?Sport de consommation Avec le tournoi que vous savez, les médias de Montréal n'en ont eu que pour le tennis au mois d'août.Dès le jeudi précédent, l'hebdomadaire Ici avait donné le ton avec son dossier sur « Le nouveau visage du tennis féminin », un sujet crucial s'il en est.Larges citations autoglori-ficatrices de Richard Legendre, le boss de l'événement.Grande photo du même, tirée du dossier de presse.Insignifiances dans l'air du temps sur l'influence des petites culottes sur la vente des billets.Logo de l'événement au bas de l'article, comme s'il s'agissait de la signature du véritable auteur du texte.A-t-on affaire à un publire-portage?La question se pose d'autant plus que le tournoi de tennis s'est payé une pleine page de publicité dans le même numéro.La page précédente.Ceci dit, l'hebdo «alternatif» n'a pas fait pire que les quotidiens straight.Jour après jour, La Presse, le journal de Montréal et même Le Devoir se sont répandus en pseudo-analyses sur le succès croissant du tennis féminin, succès qu'ils se sont évertués à perpétuer par leur couverture apologétique du moindre pet de ces demoiselles.Anna (Ici nous a appris que les joueuses de tennis se font appeler par leur prénom) fait la gueule.Anna s'est entraînée.Le fiancé d'Anna est arrivé.Tout est sujet journalistique, puisque le tournoi a vendu tous ses billets.Le record a été battu! Ignorer un tel événement, c'est être ringard, déclassé, out.Télécité, le média du métro (par ailleurs étalon suprême des tendances populaires les plus lourdes), ne s'y est d'ailleurs pas trompé en lançant un jeu-concours sur le thème : donnez le nom de votre joueuse de tennis préférée.À gagner: 5 raquettes de tennis.Pratique pour les poulpes.En bref MacDo ouvrira cinq nouveaux «restaurants» par jour cette année dans le monde, qui s'ajouteront aux 27 000 antres de la macbouffe déjà répertoriés dans 119 pays du macmonde.Parmi ceux-ci, 270 sont localisés en Chine.Un MacCanard-à-l'orange® avec ça?STEPHANE BATIGNE INTERNATIONAL Le Couac, septembre 2000, page 6 Sous-marin russe Cadavres exquis Un sous-marin russe coule et voilà nos journalistes et russologues qui se transforment en anthropologues-vainqueurs, analysant l'ancien ennemi de la Guerre froide, vaincu, ridicule, misérable.Bien sûr, on a pitié de ces marins morts dans le Koursk, mais c'est une pitié trouble car elle nous réconforte dans notre sentiment de supériorité, dans notre certitude que nous sommes les meilleurs tant sur le plan politique qu'économique et technologique.Pouvait-on rêver d'un meilleur symbole que ces matelots russes enfermés — prisonniers — dans ce sous-marin qui coule, incarnation de la Russie post-Guerre froide qui n'en finit pas de sombrer dans le chaos et la misère?Quelle merveilleuse métaphore que ces victimes du Koursk, manquant d'air, prisonnières des ténèbres et du froid, incapables de communiquer avec l'extérieur et dont les corps seront retirés par des «Occidentaux»: voilà, symbolisée de façon tragique, l'image que l'on a entretenue de l'URSS totalitaire pendant la Guerre froide, et l'image que l'on se fait de la Russie d'aujourd'hui.On laisse entendre qu'un tel drame est infiniment plus significatif, politiquement parlant, que les accidents qui frappent nos joyaux technologiques, accidents souvent instantanés (la navette spatiale ou le Concorde) ou romantiques (le Titanic).Quant aux deux sous-marins nucléaires américains qui ont coulé dans les années soixante, on préfère les oublier.Le plus terrible, enfin, ce n'est pas tant que les dirigeants russes n'aient pas été capables de sauver les marins, mais bien qu'ils aient menti.Les journalistes et les russologues se délectent à le répéter dans les journaux et aux nouvelles télévisées.L'analyse se veut limpide : puisque le Président Poutine est un ancien membre des services secrets soviétiques, le KGB, il est donc hypocrite.Fine analyse.(Hey! mais journalistes et russologues semblent oublier que George Bush père, grand chef d'orchestre du cirque médiatique en Irak, a dirigé la CIA avant de se lancer en politique.) Il faut dire que c'est réconfortant de voir les Russes replonger dans l'esprit de la Guerre froide.Non seulement les Russes sont des incapables, mais ce sont aussi de mauvais perdants et de mauvais élèves.«Imaginez un peu», nous a répètent avec satisfaction journalistes et russologues, «.des politiciens qui mentent.» Oh là là ! les méchants Russes ! FRANCIS DUPUIS-DERI Franchement ! Plus de 15 000 journalistes ont couvert la convention républicaine (La Presse, 29-7).Pour mieux mesurer l'ampleur du vide?En France Une danseuse nue candidate du Front national L'hebdomadaire français Oise Hebdo a été condamné à verser 50.000 F (10 000$) pour « non-respect du droit à l'image» d'une strip-teaseuse, 16e de la liste électorale du Front national à une élection régionale.La candidate s'était jusque là présentée comme une «artiste».Le journal avait publié en première page, à la veille des élections de mars 1998, une photo couleur de la candidate, Candice Vignon, en habit de travail.Il avait aussi publié une reproduction d'une affiche où la candidate posait pour son travail.Les tribunaux français ont raison.Le droit à l'image doit être protégé.Surtout en politique.Sinon, ça finirait par avoir l'air d'une histoire de cul.Destination vacances : Prague ! Depuis Seattle, il semble bien que l'élite économique ne jouira plus de la liberté de se rencontrer en toute impunité, dans l'intimité la plus complète, afin de décider du sort de l'humanité.Quels pays mériteraient de se joindre à ceux qui possèdent, contrôlent, exploitent et détruisent?Lesquels subiront.Simpliste, mais non moins juste ! Enfin, près de 20 000 personnes se réuniront à Prague, du 26 au 28 septembre 2000, pour célébrer ensemble les réussites du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM).Coût estimé de cette grande fête : 935 millions de dollars.Des dollars qui proviennent des fonds publics, évidemment.Mais comme je le disais, ils ne seront pas seuls, les magouilleurs de la finance et leurs lèche-bottes.Un appel à l'action a été lancé par l'Initiative contre la Mondialisation de l'Économie-Prague 2000 (INPEG), une coalition de tous les groupes qui se préparent à réagir à ce 55e Sommet annuel du FMI et de la BM.Certains groupes de base de divers pays se sont déjà réunis à Prague, dont la République Tchèque, l'Allemagne, l'Autriche, la Hollande, la Suisse et la Grande-Bretagne, afin de jeter les bases de près d'une semaine d'actions.Du 22 au 24 septembre se tiendra un contre-sommet portant sur les véritables coûts (sociaux, environnementaux, économiques et politiques) des programmes d'ajustement structurel et des politiques de développement du FMI et de la BM.Au même moment, artistes, musiciens et troupes de théâtre participeront au Festival d'art politique.Une parade finale vers le contre-sommet est prévue pour le 24, suivie d'un spectacle.Plusieurs ateliers et formations seront offerts tout au long de la semaine: décisions en consensus, actions directes non violentes, les médias, premiers soins de rue, etc.Les protestations se poursuivront jusqu'au 29 septembre.26 septembre Afin que tous et toutes, d'un bout à l'autre de la planète, puissent agir en solidarité avec les protestations à Prague, le 26 septembre a été déclaré Journée mondiale contre le capitalisme, à laquelle 36 pays ont déjà confirmé leur participation.Tous les types d'actions sont possibles: désobéissance civile, carnaval, journée d'éducation populaire, occupation des rues, des écoles ou des logements.En septembre et octobre, une caravane anti-capitaliste sillonnera la France.En Hollande, des groupes autonomes prévoient une semaine d'action contre les banques.Baston ! Déjà à Prague, toutes les manifestations sont interdites.Parce que, vous savez, les manifestations gênent la circulation et la paix des habitants.Pourtant, un groupe d'extrême-droite aurait reçu l'approbation de la ville pour tenir un rassemblement à grand déploiement.De la bouche même du ministre tchèque de l'Intérieur, Stanislav Gross, certaines personnes soupçonnées de vouloir venir à Prague pour participer aux protestations risquent d'être refoulées à la frontière du pays.Afin que tous et toutes soient informées de leurs droits en cas d'arrestation, l'INPEG prévoit une distribution de dépliants et assurera également un service de conseils juridiques.À quoi doivent s'attendre les dizaines de milliers de mani- festants et manifestantes (mieux vaut prévoir le pire, si l'on se fie à l'expérience surréelle de Philadelphie)?Demandez donc aux 11 000 policiers qui seront en service à Prague.Non, mieux encore.Demandez au chef du FBI, Louis Freeh, qui rencontrait Stanislav Gross afin de finaliser l'ouverture d'un bureau à Prague.Allez-y voir ! Inpeg: www.inpeg.ecn.cz.Vous y trouverez, entre autres, une mise à jour des pays participant aux événements entourant le sommet, ainsi qu'un aperçu des actions qu'ils préparent.Également, des liens avec différentes organisations telles People's Global Action (PGA), Znet, Food not Bombs, le FMI et la BM, et à ne pas manquer, le site officiel du 55e Sommet annuel de la BM et du FMI.Des renseignements essentiels pour toute personne qui prévoit de se rendre à Prague : les documents à avoir sur soi pour entrer dans le pays, les principales raisons de refus d'entrée, les droits en cas d'arrestation.Si vous faites partie de médias indépendants ou si vous êtes intéressés à recevoir les communiqués de presse de INPEG, vous pouvez vous abonner à leur liste d'envoi, en faisant parvenir un message vide à l'adresse prahaPress subscribe@egroups.com.Journée mondiale contre le capitalisme : www.go.to/s26.www.prague.indymedia.org.L'idée est de mettre en place un centre indépendant de médias tel qu'expérimenté à Seattle, Londres et Washington.www.multima-nia.com/anticapitaliste.Caravane anti-capitaliste contre le Sommet du FMI et de la BM, qui sillonnera la France en septembre et octobre 2000.Pour savoir si des actions s'organisent au Canada, contactez la WTO Action Coalition à sid_lacombe@yahoo.com.MARIE-EVE LAMY DEPUIS 1977, AUX ETATS-UNIS ET EN SIBÉRIE, on séquestra te virus de la variole qui a tué des militons de personnes dans te momie »ntler._ L'Organisation mondiale àe% la santé projette de détruire I définitivement ce virus dans U» but d'éradiquer la maladie à tout jamais, siens que cer- j tains scientifiques souhaitent l'épargner.On nous en I explique tes raisons à Découd] verte, animé par Charles Tys-T sères, 18 h 30, ce dimanche, j à Radio-Canada.DE L'HUMOUR POUR TOUTE LA FAMILLE ?P m Si le virus de la variole ressemble vraiment à Charles Tisseyre, on se demande bien pourquoi Le Journal de Montréal hésite à le tuer.Lf.¦.' ¦.¦ y Le Devoir — magazine de mode Grâce au journal Le Devoir(8-8), le bon peuple du Québec a pu apprendre que Joseph Lieberman, le colistier de Al Gore, a une «diction traînante», un «physique passepartout » et qu'il est « l'homme aux cheveux blancs ».Comme il est juif, Le Devoir a cru pertinent d'ajouter qu'il «ne porte pas la barbe et ne se couvre pas la tête en public».Eh ! bien.Le Devoir prévoit-il une entrevue exclusive avec Monica Lewinski pour découvrir si le pénis de Lieberman est correctement circoncis?Le Devoir (15-8) apprenait également à ses lecteurs que lors de la convention démocrate, Hillary Clinton était «vêtue d'un tailleur bleu clair».Le Devoir informait également ses lecteurs qu'« au lendemain de la fin de la convention démocrate, Al Gore et Joe Lieberman (.) vêtus de chemises et pantalons sport, sans cravate (.) ont tenté (.) de galvaniser la foule».Enfin, concernant le naufrage du sous-marin Koursk, Le Devoir nous apprenait qu'un sous-commandant de la marine russe rappelé d'urgence était arrivé avec son épouse, « une femme bronzée, en corsage décolleté malgré les 10°C ambiants» (Le Devoir, 21-08).Avouons que ce genre d'information dans un journal d'idées et de débats comme Le Devoir a de quoi ravir les lecteurs, toujours avides d'informations pertinentes pour les aider à comprendre le monde étrange qui les entoure.On en vient à se demander si les éditorialistes du journal ne devraient pas nous indiquer les vêtements qu'ils portent lorsqu'ils rédigent leurs textes : un scaphandre pour nous parler du naufrage du Koursk, un uniforme d'Air France pour traiter de l'écrasement du Concorde, un sombrero pour nous parler des élections au Mexique, une tenue antiémeute pour condamner la lutte anti-mondialisation, une ceinture fléchée pour débattre de la souveraineté et un g-string mangeable à saveur de fraise pour analyser le défilé de Diverscité.MOHAMED SMITH-GAGNON (l'auteur de ce texte est habillé par Jean-Paul Gaultier) * '.¦.I I I ¦ I ¦ ¦ ¦ ¦.TT Le Couac, septembre 2000, page 7 Grosses huiles Dick Cheney, le colistier de George Bush fils, a été secrétaire «à la Défense».Lors du règne de George Bush père.11 a organisé l'invasion illégale du Panama et la guerre contre l'Irak.Plus intéressant : il s'est ensuite retiré de la politique et a travaillé pendant dix ans pour le compte de compagnies pétrolières.Comme le candidat Bush a lui aussi travaillé pour les compagnies de pétrole, il y a fort à parier que l'embargo qui frappe l'Irak ne sera pas levé si cette équipe remporte les élections présidentielles : l'affaire est extrêmement rentable pour les compagnies de pétrole américaines.Voilà une démocratie bien huilée.Kosovo - flop humanitaire Après la fameuse «guerre humanitaire» lancée par l'OTAN pour stopper les massacres commis par les Serbes, ce sont les Serbes qui se font massacrer dans un Kosovo sous contrôle de l'OTAN.Si certains esquissent un sourire en coin, laissant entendre que les Serbes l'ont bien cherché, d'autres comprennent mal pourquoi on massacre ainsi des civils serbes non-armés, parfois même des vieillards.Voici quelques mois, Amnistie Internationale avait dénoncé la situation.C'est maintenant au tour de Médecins sans frontières de protester contre le « nettoyage ethnique» ayant cours malgré la présence des troupes de l'OTAN.Dégoûtée, cette organisation a même décidé de plier bagages en guise de protestation contre l'incompétence de l'OTAN.Curieusement, les massacres commis au Kosovo ne font plus les manchettes.Propreté & nettoyage ethnique «Poutine pourra se présenter en «M.Propre» au sommet du G8» titrait Le Devoir (16-07).L'article expliquait, en reprenant l'affirmation du titre, que « Le président Vladimir Poutine pourra se présenter en «M.Propre» au sommet du G8 à Okinawa après les poursuites engagées contre des «oligarques» au moment où les Occidentaux attendent de Moscou une plus grande transparence de son économie et une lutte accrue contre l'argent sale.» Les lecteurs du Devoir apprenaient de plus que le nouveau Poutine « devrait plaire en particulier aux Français.Paris prône une nouvelle approche de la coopération avec Moscou pour faciliter l'émergence d'un État de droit, régulateur de l'économie».État de droit?Heureux sont les Tchétchènes qui se font massacrer par un monsieur propre.ES 4 0 1 < Tchétchénie Au mois d'août, un attentat à la bombe, non-revendiqué, ébranle Moscou.Les présumés coupables seraient les Tchétchènes.Cela semble logique.Et pourtant.L'offensive menée par les troupes russes contre les Tchétchènes depuis octobre 1999 avait précisément était lancée après une série d'attentats à la bombe à Moscou (août-septembre 1999).Presque 300 morts à l'époque.Moscou avait alors rapidement laissé entendre que les Tchétchènes étaient coupables.On avait mis sur pied une commission d'enquête mais avant même d'en connaître les conclusions, Moscou avait envoyé les troupes écraser les Tchétchènes.Le plus cynique, c'est qu'aucune preuve n'a été déposé à ce jour mettant formellement en cause les Tchétchènes pour les attentats de 1999.Et voilà que le cirque reprend : nouveaux attentats à la bombe, nouvelles accusations contre les Tchétchènes, nouvelle absence de preuves.Et le massacre continue en Tchétchénie.Quelles priorités à propos des langues ?La manœuvre du gouvernement péquiste à propos de la situation du français a réussi.Dans l'attente de ce qu'on appelle erronément les «états généraux», le silence règne.En revanche, beaucoup de gens, depuis les jeunes libéraux jusqu'au ministre de l'Éducation François Legault, s'inquiètent de la connaissance de l'anglais chez les francophones.Bien sûr, Nord-Américains que nous sommes, la connaissance de l'anglais nous est très utile, pour ne pas dire indispensable.Outre sa commodité, elle ouvre la porte à un univers culturel très riche.La question n'est pas là.L'appréciation d'une langue seconde - ou tierce - dépend strictement d'une connaissance approfondie de la langue maternelle.Par conséquent, il faut se préoccuper avant tout de l'enseignement du français aux francophones.L'état de cette question n'autorise aucun triomphalisme, comme l'ont montré plusieurs enquêtes.D'innombrables liens de parenté existent entre les langues.Ainsi, pour goûter pleinement la saveur de Shakespeare, que beaucoup considèrent comme le plus grand poète de tous les temps, il faut posséder à fond le français comme l'anglais, et être sensible aussi à l'évolution de ces langues au cours des siècles.Ainsi, lorsque le barde écrit : «God buy you», il ne s'agit pas d'achat mais d'accompagnement.Il utilise le verbe « defend » dans le sens français d'interdire.Pour lui, les «excréments» sont les cheveux et les ongles.Les «habits» sont les habits et non pas les habitudes.Et dans l'Angleterre élisabéthaine, la rébellion était impensable; le mot «révolution» n'évoquait donc qu'un simple changement.Sans une connaissance approfondie des deux langues, on est constamment piégé par les faux amis, c'est-à-dire les mots qui existent dans les deux langues, mais avec des sens différents.La liste est longue, depuis « confortable » jusqu'à « éventuellement ».De tous temps, les Britanniques, maîtres d'un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, ont eu tendance à imposer leur langue.Encore aujourd'hui, en ce mois d'août 2000, lorsque les Acadiens célèbrent leur fête nationale, leurs voisins francophobes montent des manifestations hostiles.Au Québec, selon les statistiques d'Ottawa, deux anglophones sur cinq ne peuvent parler français.Ce refus atavique appelle le bilinguisme.Celui-ci se répand.Même les organismes gouvernementaux le pratiquent, au mépris de l'objectif cent fois répété de faire du français la langue commune des Québécois.Ainsi, si l'enseignement des langues secondes fait problème, ne devrions-nous pas nous préoccuper principalement de la langue seconde des anglophones?Et, Latino-Américains qui s'ignorent, qu'attendons-nous pour imposer l'enseignement de l'espagnol, langue tierce?PIERRE DE BELLEFEUILLE QUÉSTiONl p6- L'Heure.g^hé^al p\kje-hochet: que p6msbz-vouô des MA.ÇAfArfPLOUpé 20 aQog Que.yé.-ToRfouRe HoMeçes, HArtDtCAPADOS YE SOUiS OUUÊ G&tfl elôexe Mo es IMPORTAI OlAkJDO yé COUPE OUNE COUiLLE y QUé Vé Viole olwê.poussa OUi, MAfe Les MOMOS, Voue» les AiMEZ OU QUO\?yé yAMAis R£âARDÉ#L MÊMECMEX Lfô âRi'MSOS p£ ÊSTADOS UMiPOS,,, fU»
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