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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
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Le couac, 2000-10, Collections de BAnQ.

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L'industrie militaire Une industrie mortelle pour les uns, mais très rentable pour les autres 32/ 1 Le procès de José Bové p.5 1 Bové et les neuf autres condamnés pour le démontage d'un McDonald's à Millau iront en appel Pourquoi il faut exiger d'être bien informé sur le mode de production des aliments Vol.4 • n° 1 Octobre 2000 2,75$ CoiÏÏic Deux médailles d'or! La Presse a obtenu le scoop de l'année dans le merveilleux monde du sport: le Canada, dès l'ouverture des leux olympiques, a remporté deux médailles d'or par équipe.La première dans la catégorie amabilité, puisque «les athlètes canadiens sont considérés comme les plus aimables, selon un vote mené par les bénévoles».La seconde, encore plus impressionnante, remportée dans l'épreuve des poubelles à recyclage, car selon ce même jury, «le Canada est l'un des deux pays les plus disciplinés.» (Notez que le second pays reste mystérieux.) Les athlètes canadiens sont donc les plus aimables et les plus propres au classement olympique.L'important, ce n'est pas de gagner, c'est de socialiser.T.D due.Sport Après la nage synchronisée, un nouveau sport olympique: la plongée désynchronisée.Les marins russes partent favoris pour la médaille d'uranium.Pour bourreaux seulement Après Pinochet, voilà que l'ex-dictateur indonésien Suharto se déclare «malade» à son tour et voit son procès reporté (La Presse, 1-9).Après la tremblante du mouton la tremblante du dictateur?PALMARES DE LA BETISE Après l'avalanche des palmarès honorant les plus grands, les plus beaux et les plus riches Québécois dans un flopée de magazines allant de la revue Entreprendre au magazine français L'Express, Le Couac a pensé qu'il serait utile de compléter le portrait de famille de notre élite en publiant un palmarès de la bêtise made in Québec.À tout seigneur tout honneur, l'idée de ce palmarès revient à Nathalie Petrowski, potiche à stylo de La Presse.La dame s'était offensée de ne pas voir son nom figurer sur la liste des 100 personnes qui font bouger le Québec, publiée par le magazine français L'Express en juin dernier.Nous avons remédié à cette injustice en créant un palmarès sur mesure pour elle.Notre seul regret est d'avoir dû abréger notre liste pour aller à l'essentiel.Voici donc la crème des personnes qui emmerdent les Québécois.FRANÇOIS PATENAUDE ET NADINE VINCENT Arrivistes Denis Coderre Baudruche qui aspire à devenir politicien.Peut dire merci aux jeux olympiques pour capital politique obtenu.Sylvain Vaugeois Est un intime de Bernard Landry.Est responsable des généreuses subventions versées à Ubi-sofr, à la Cité du commerce électronique et à la Cité du multimédia.Prochain projet: subventionner la Cité des pyjamas électroniques.Anthony Housefather Conseiller municipal, partitionniste enragé, est à la tête d'Alliance Québec et lorgne le comté libéral de Ville Mont-Royal pour les prochaines élections.Son rêve: devenir président de la république autonome d'Hampstead.Pierre-Marc Johnson Ancien premier ministre du Québec.Jouit d'une réputation de quasi-socialiste et de presque-écologiste.Mais s'est déclaré en faveur de la marchandisation de l'eau et de la privatisation du système de santé.Coquilles vides Anne-Marie Losique Forme sous-évoluée de vie.Est secouée de spasmes violents à tout moment.Particularité: aucune activité cérébrale n'a été notée chez le spécimen observé.Pierre Pettigrew A déjà dit qu'il vaut mieux «être exploité qu'être exclus».Il vaudrait mieux qu'il se taise ou, mieux, qu'il cesse de respirer.Jacques Brassard Fait le vide dans la forêt québécoise avec tant d'application qu'il sera bientôt ministre des déserts du Québec.Robert Charlebois Chanteur ennuyant qui pète de la broue et joue au tennis avec les membres de la famille Desmarais.Girouettes Diane St-Jacques Chasseuse de têtes pour les Conservateurs, elle se guillotine elle-même et passe aux Libéraux pour garder sa pension.Sens des affaires: 10/10.Esprit d'équipe.- on repassera.Guy Laforest À la fois souverainiste, fédéraliste et adéquiste, mais refuse toujours de dire qu'il est le fils d'Elvis Gratton.Nie Leblanc Élu conservateur avec Mulroney, transfuge blocquiste avec Bouchard, Nic-j'aime le changement - Leblanc défendra maintenant l'Alliance canadienne à Saint-Lambert.périmés Jean Chrétien Si toute bonne chose a une fin, il doit en être de même pour les mauvaises choses.Guy Chevrette Oui, oui on le sait ti-Guy: dans les petits pots les meilleurs onguents.Mais quand le petit pot est périmé, l'onguent est obsolète.Jean Charest Il a beau être «jeune», il est fini et n'a plus rien à dire.À vrai dire, il n'a jamais rien eu à dire, c'est tout dire.Georges D'or La parole est d'argent.Jacques Godbout Hi, hi, hi, ha, ha, ha, hou, hou, hou.Dieu Devrait s'effacer, parce que toute œuvre est plus importante que son créateur.n'importe quoi Martin Masse Version destroy de son cousin, Mickey Mouse.Est directeur du Québécois libre, un journal qui est (entre autres) en faveur du port d'armes au Québec et ne jure que par le libre marché.Howard Galganov A défendu le Québec contre les « méchants séparatistes» pendant des années.Émigré maintenant en Ontario.pour bénéficier de réductions d'impôts ! Dangereux Lucien « mom » Bouchard Il ne fait pas ce qu'il dit et ne dit pas ce qu'il fait.et chaque fois on se fait avoir.Jean-Luc Migué Veut convertir l'État-providence en État-pénitence.Utilise son bébé, l'Institut économique de Montréal, pour parvenir à ses fins.Ne pas nourrir: il mord ! Pierre Fortin Prône des idées lumineuses pour renforcer le marché et assujettir la vie aux lois de l'économie.Mais malheureusement pour lui on n'y croit pas.François Legault Ancien homme d'affaires millionnaire recy- les 50 personnalités que emmerdent les Québécois clé en ministre de l'Éducation.Ambition: soumettre l'école publique aux besoins des entreprises privées.Constat: lâche pas François, ça s'en vient ! pompeurs de richesse La famille Desmarais Exerce un pouvoir politique démesuré grâce à ses milliards de $, à La Presse et à ses alliances avec les politiciens.PS.on est dû pour du changement et vous?Jean Monthy Grand patron de BCE.A congédié les téléphonistes de Bell.A récemment vendu des actions de sa compagnie (acquises à prix d'aubaine) et empoché 47 millions $ en une journée.A besoin de quelques coups de pieds au cul.André Bérard Grand boss de la Banque Nationale.Se présente comme un champion de la charité même s'il a déjà dit à propos des pauvres: « Placez-les dans un contexte où ils ont à se débattre (.) et vous allez être surpris des progrès qu'ils vont faire».nombrilistes Luc Plamondon Est-ce que quelqu'un pourrait lui dire que ça prend plus qu'une paire de verres fumés pour cacher un conard prétentieux?Jean-Marc Parent C'est un trou, c'est une fosse, c'est un cratère?Non, c'est le nombril de lean-Marc.Pas étonnant qu'il n'ait pas fini d'en faire le tour.Hauts parleurs de la bêtise Lysiane Gagnon Grâce à son esprit vif et alerte nous savons maintenant que les Rocheuses sont belles, que les ours mordent et que les Me Donald's sont des chiottes à touristes.Les lecteurs-trices de nouvelles de Radio-Canada Hauts-parleurs du pouvoir.Belles coiffures de rigueur.Pertinence du propos, sens critique et esprit d'analyse non requis.Jean-Luc Mongrain Est à l'information ce que le trou noir est à l'astronomie.Réjean Tremblay Scribouilleur sportif et pondeur de téléséries.Particularité: réflexe de Pavlov très développé.Il bave dès qu'il pointe un micro sous le nez d'un Jacques Villeneuve, Michael Schumacher, Charles Sirois et autres richards de ce monde.Caniches Claude Picher Chroniqueur économique à La Presse.A la subtilité d'un bison en rut quand vient le temps de démolir les pauvres ou d'encenser ses boss.Particularité: est toujours du bord du pouvoir.Robert-Guy Scully Fait de beaux yeux aux décideurs, donne la patte au fédéral et ne pisse pas sur le tapis.En échange il reçoit de gros sous.Nathalie Petrowski Zzzzzzz.En nomination pour les palmes d'or du Couac Lors du spectacle bénéfice du Couac qui aura lieu au Lion d'or le 24 octobre prochain, nous remettrons cinq prix à quelques chanceux triés sur le volet.Voici la liste des finalistes pour les prestigieuses palmes d'or du Couac.Le Canadien de l'année L'éditorialiste de l'année Le politicien de l'année L'entreprise de l'année Le boss de l'année ?Denis Arcand ?Richard Martineau ?Bernard Landry ?Bell ?Charles Sirois ?Guy Bertrand ?Mario Roy ?Stéphane Dion O Bombardier ?Claude Chagnon ?Pierre Elliott Trudeau ?Alain Dubuc ?Pierre Bourque ?Québécor ?Micheline Charest et Ronald Weinberg g m& m ^1 Le Couac, octobre 2000, page 2 Lf£H ÏM*€» §S>€« COMTE.§§€*€* MT m L'actualité expliquée par les gros titres de la grosse Presse net profite surtout aux étrangers en Afrique subsaharienne» (25-5).• «Le Canada, un repaire de terroristes» (13-1), «Les libéraux fédéraux se dirigent vers un troisième gouvernement majoritaire» (21-7).• « Day dit faire une percée au Québec» (4-8), «Des alliés de Stockwell Day accusés d'intimidation » (7-7).• «Le grand patron de la Royale touche une prime de 1 million malgré des performances décevantes» (13-1), «Des conditions de travail plutôt enviables» (25-2).• « Le G-8 veut brancher les pays pauvres» (23-7), « Inter- nee L'immersion en français de Day commence par une opération de relations publiques» (28-7), «Stockwell Day a déjà décrié le bilinguisme» (29-7).• « Les profits de Power Corp.Atteignent 226 millions» (28-7), «La routine du manger, pipi, caca, dodo.» (4-3).• «L'Alliance draine les conservateurs» (9-8), «Les mystères de l'effet placebo» (6-8).FRANÇOIS PATENAUDE Petite annonce Le Parti progressiste-conservateur cherche des membres.Vos conditions seront les nôtres.On s'en fout! Le plus gros mangeur de hot-dogs est Japonais (La Presse, 5-7).Politique et démocratie Il arrive parfois que les immigrants qui arrivent ici en demandant l'asile politique se retrouvent doublement exaucés : ils finissent élus à la Chambre des communes.\fenv u MÉPharriONi fit MAlAPÎE PU QUÉBEC.Un Hell's Angels qui tire sur un simple citoyen, c'est un fait divers.Un Hell's Angels (enfin, faut voir) qui tire sur un membre de la FP)Q, c'est une attaque à la liberté d'expression.Morale: si on tire sur les journalistes, il n'en restera plus pour couvrir les faits divers.C'W COMMUA te itf voue Petite annonce Un poste de journaliste à temps plein, spécialisé dans le crime organisé.Faites parvenir votre curriculum vitae au \oumal de Montréal.COURRIER DES LECTEURS Génocide pharmaceutique Y'a un génocide pharmaceutique qui est en train de se dérouler en Afrique présentement.Étiez-vous au courant?C'est drôle parce qu'on en entend pas vraiment parler dans les médias.C'est pourtant très simple ce qui se passe: l'Occident produit des médicaments qui permettent de freiner le virus du SIDA, mais il est seul à pouvoir se les payer.Pas l'Afrique! Donc, la solution existe, mais elle est pas appliquée.Moi, c'est ce que j'appelle un génocide pharmaceutique.Est-ce que c'est humainement acceptable de laisser un génocide comme ça se poursuivre sans dire un mot?Si la réponse est oui, on fait rien, on laisse les choses aller Business as usual.Si la réponse est non, on agit, c'est simple! Pis l'action aussi est simple.Elle s'appelle, pour le moment, trithérapie.Je dis pour le moment parce qu'elle pourrait bientôt s'appeler vaccin également.« Mais les traitements sont trop chers!» Oups! Excusez-moi.l'avais oublié.C'est préférable de les laisser mourir.Ou plutôt, si on faisait en sorte que l'argent prenne moins d'importance dans les décisions de santé publique?Les pilules contre le VIH sont pas faites avec de la marde de pape, à ce que je sache! Les ingrédients sont pas si rares que ça.Si on faisait avaler des diamants aux séropositifs, j'pourrais comprendre que ça coûte cher, mais là.Et la santé, c'est pas une marchandise.On parle de vies humaines, de santé publique.«Mais les compagnies pharmaceutiques vont dire: nous on a invessti dans la recherche et on veut un juste retour sur notre investissement.» Un juste retour sur l'investissement, l'aime bien le mot «juste».On va les prendre au mot.Je suis peut-être un peu trop zen, mais dans une situation catastrophique comme ce qui se passe présentement en Afrique, un peu de balance dans le jugement ça peut être utile, non?En toute justice, est-ce que l'argent devrait vraiment peser plus lourd que la vie de millions de personnes qui souffrent physiquement, psychologiquement et socialement du foutu virus?Les bénéfices escomptés des traitements sont pas supérieurs à leur coût, quand on met tout ça dans la balance?En passant, la balance c'est pas le symbole de la justice?Pour moi, c'est un crime contre l'humanité de ne pas agir en rendant accessible des traitements aux population qui en ont besoin Peu importe comment, je m'en fout.Mais il y a urgence d'agir! Le génocide se déroule parce que notre indifférence et notre ignorance le cautionne Vous savez, la révolte est légitime quand la justice est absente.Luc Gagnon Écrivez-nous ! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions (beaucoup) les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon: Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H 1B9.Télécopieur: (514) 521-5599.Vous pouvez aussi envoyer vos textes à : jfncouac@sympatico.ca Policiers à l'école On a enfin trouvé le remède radical pour combattre les motards et le crime organisé.Il fallait y penser, te Couac y a pensé.Offrir des cours spécialisés pour les policiers, le premier s'intitulant «Motards 101 ce», le second «Motard .12-coupé».Les intéressés sont priés de s'inscrire sous un faux nom.MOHAMED «THE KILLER» SMITH-GAGNON Un grain d'hérésie Rouler des yeux exorbités, ça impressionne peut-être les naïfs, mais ça ne garantit pas une information juste.ÀTQS, le 7 septembre, Jean-Luc Mongrain, commentant le débat sur les regroupements municipaux, déclarait sentencieusement que « les municipalités sont aux provinces ce que les provinces sont au fédéral».La réalité, c'est que les provinces ont créé le fédéral, alors qu'elles n'ont pas été créées par les municipalités.Les provinces ont donc droit à un respect qu'Ottawa a tendance à leur refuser.MAX -PLOGUES UÉconoclaste L'émission économico-trash : l'Éconodaste, avec les camarades Benoit Perron, Martin Petit et Benoît Foisy est diffusée sur les ondes à C1BL (101,5 FM) tous les mardi soir de 18 heures à 19 heures.Théâtre et politique Le café-théâtre l'Aparté organise depuis plusieurs mois des soirées politiques.En octobre: le 10 à 19 h, lancement du livre Pour en finir avec octobre de Francis Simard.Les 15 et 16 à 20 h, théâtre d'actualité: Les armes de la gauche de l'ami François Patenaude.Les 22 et 23 à 20 h, lecture des procès de Chartrand, Vallières et Gagnon en 1971, avec Luc Picard et Denis Trudel.POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 274-5468 • (800) 361-1431 Par la poste: Rowecom Canada 2155, RUE GUY, # 950 MONTRÉAL (Québec) H3H 2R9 • Abonnement d'un an : 26$ + taxes = 29,91 $ • Abonnement de deux ans: 46$ + taxes = 52,91 $ • Abonnement institutionnel et de soutien : 50$ + taxes = 57,51 $ • Abonnement de groupe d'un an ( 10 copies par parution) : 200$ + taxes = 230,08$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 42$ Nom Adresse Code postal Courriel Téléphone Le Couac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec, H2H 1B9 Téléphone: (514) 521-5499 Télécopieur: (514) 521-5599 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau ; Rédacteur en chef : Jean-François Nadeau Rédacteur en tout: François Patenaude Collaborateurs: Cilles Archambault, Normand Baillargeon, Stéphane Batigne, Victor-Lévy Beaulieu, Pierre de Bellefeuille, Michel Bernard, Marco de Blois, Frédérique Cabanot, Michel Chartrand, Philippe Chénier, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, Léo Guimont, Marie-Ève Lamy, Marie Mazalto, Gabriel Pelletier, François Patenaude, Martin Petit, Benoît Perron, Martin Poirier, Aude Ribis, Michel Rioux, Pierre Vadeboncœur, Martin-Pierre Tremblay, Nadine Vincent, Paul Victor, Thomas Déri Illustrations: Serge Ferrand, Filio, Luc Giard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Charb Graphisme: Marguerite Binette, Isabelle Dubuc Nous remercions Charlie Hebdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité: François Patenaude au (514) 287-9467 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369' Imprimé au Québec À pleine pelletée «Déneigement: six entreprises coupables de collusion» (La Presse, 31-8).Elles ramassent le cash plus vite que la neige.Lumineux ! En croisant un lapin avec des gênes de méduse, des chercheurs ont obtenu un lapin phosphorescent (La Presse, 5-9).Une idée à retenir pour rendre Jean Chrétien plus brillant.Les 30 ans d'octobre Pour célébrer cet événement, le gouvernement rêve de suspendre les libertés fondamentales.ALENA, AMI, ZLEA OU les dangers du clonage.Le baromètre militant est à la hausse en ces périodes agitées.La mondialisation capitaliste, messieurs dames, frappe à votre porte et la coutume voudrait que l'on ne refuse pas un hôte si prestigieux.De là à lui tendre les bras, y'a des limites à ne pas dépasser ! Le scénario est simple.Prenez une capitale nationale, la ville de Québec Situons l'action en avril 2001.Les acteurs principaux: les 34 chefs d'États des Amériques, à l'exception du représentant de Cuba.L'histoire?Une négociation ayant débuté en 1994 à Miami, fortement encouragée par le président des États-Unis.Le but avoué est une libéralisation tous azimuts des échanges ouvrant la porte à une marchandisation de toutes les sphères de la vie.Le Sommet des Amériques, nouvelle chimère des promoteurs du libre-échange, débouchera donc sur l'instauration de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA).Après l'AMI (Accord multilatéral sur les investisse- ments), l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain), la ZLEA a un petit air de déjà vu.et pour cause.Nous entrons en plein dans l'ère du free-formol des acquis sociaux ! Comment faire passer la pillule?Commencez par endormir les populations en leur ressortant les chiffres de la croissance des PIB du Canada, du Mexique et des Etats-Unis depuis la signature de l'ALENA, organisez ensuite une petite consultation citoyennne sur la ZLEA par internet pour vous assurer de démocratiser l'affaire, enfin, assurez-vous d'une couverture médiatique minimale concernant les modalités d'application et les implications de l'accord, vous éviterez ainsi un nouveau Seattle.Mais c'est sans compter sur les résistances qui s'organisent déjà pour dénoncer les dangers de cet accord.Rien d'anti-démocratique dans la ZLEA?Ce n'est pas l'avis des dizaines de groupes, associations et individus qui se mobilisent contre la tenue du sommet de Québec 2001.Déjà, le Syndicat de la fonc- tion publique du Québec (SFPQ) s'indigne des mesures de sécurité que les gouvernements entendent mettre en place lors du Sommet des Amériques les 20, 21, 22 et 23 avril 2001.Le président général du SFPQ constatait début septembre que « encore une fois, la société civile est bafouée au nom de la promotion des intérêts économiques.Dans ce contexte, nous sommes en droit de nous attendre à de virulentes protestations».Six mois avant la tenue des événements nous vous invitons à vous informer sur la Zone de Libre échange des Amériques pour nous assurer collectivement d'être en mesure d'opposer une critique politique à la mondialisation capitaliste qui nous impose le devoir de déroger aux règles de l'hospitalité.Pour informations: http://www.zlea.n3.net MARIE MAZALTO Le Couac, octobre 2000, page 3 LE REGARD OBLIQUE De jeunes grabataires V ers la fin de l'été, la jeunesse libérale du Québec s'est réunie sous l'intime et chaleureuse protection de lean Charest.À ce qu'il semble, on s'y est recueilli comme à l'époque des retraites fermées de mon enfance.Suite à de profondes méditations, on y a voté à main levée au sujet de l'enseignement de l'anglais en première année.Si au moins on s'était contenté de répondre présent ; mais non, il a fallu qu'on justifie son choix.Pourtant, pas besoin d'avoir fait de longues études pour savoir qu'en Amérique il ne nuit pas de connaître en anglais autre chose que les paroles répétées d'un groupe de rap.Alors, ces faux jeunes aussi libertaires et audacieux que les rédacteurs des pages nécrologiques ou éditoriales de La Presse faisaient comme s'il suffisait de parler aussi mal l'anglais que le français à un âge précoce pour vous transformer en un candidat à la réussite sociale et économique.« Ces faux jeunes aussi libertaires et audacieux que les rédacteurs des pages nécrologiques ou éditoriales de La Presse.» Qui enseignerait l'anglais et dans quel esprit?J'aurais aimé l'apprendre.Car s'il s'agit d'inculquer à des bambins des rudiments d'anglais aussi primitifs que ceux qu'on ose à peine leur suggérer en ce qui a trait à leur langue maternelle, pourquoi s'énerver à ce point?Nous ne l'avons pas choisi, mais l'entarté de Shawinigan illustre bien le danger qu'il y a pour un esprit très moyennement doué de devenir supposément bilingue.On a l'air aussi primaire armé de la sorte à Vancouver qu'à Trois-Rivières.Le problème des jeunes québécois est bien plutôt de mal connaître le français, de l'ignorer, de le dédaigner.On est revenu au temps de mes parents pendant lequel on n'était instruit que si l'on parlait anglais.On le baragouinait un peu plus mal que le français, mais on se sentait de ce fait informé, un tantinet supérieur Aux nationalistes, les reposoirs eucharistiques et les assemblées duplessistes ; à soi, les petites assurances de faire partie (par la très petite porte) de l'Amérique.Pendant ce temps-là, il est devenu impossible (ou à peu près) de voir un film français à Montréal.Les pages dites «culturelles» de nos journaux sont remplies d'informations émanant de la supposée nouvelle culture américaine qui souvent a plus de cinquante ans.Pourquoi pas l'anglais en maternelle?Ou dans le fœtus quant à y être?Le Canada en sera plus uni et ne lira plus les éditoriaux de monsieur Dubuc.GILLES ARCHAMBAULT Statistiques Canada et les couleurs Au Canada, on en voit de toutes les couleurs.Poursuivant nos recherches démographiques, nous avons découvert que le multiculturalisme provoquait des visions et nécessitait l'utilisation d'un langage très coloré.Quand on fait un recensement au Canada, les mots prennent un nouveau sens.C'est ainsi que Statistiques Canada a la gentillesse de mettre à notre disposition un dictionnaire dans lequel on trouve la définition suivante: «Population faisant partie d'une minorité visible: Inclut les répondants qui font partie d'un groupe de minorité visible.» Selon la loi sur l'équité en matière d'emploi (1986), font partie des minorités visibles les personnes (autres que les Autochtones) qui ne sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche.» Les mots comme noir, jaune, rouge sont devenus choquants, blessants.D'après la majorité invisible, «non-blanc» est beaucoup plus respectueux que «noir».Faut-il maintenant appeler un chat un non-chien ?THOMAS DÉRY SRASSeMEUT SURPAYÉ.!.,VOTRE VEMERè PRODUCTEUR A" LA SOLDE DES.rNMuLT»KlATioKlAL&S, A UKl ,„ 1/4 £ki vévrf de -Toutes LES CMOMfi\£â, MOUS., LES ••• Le 24 octobre 2000 au Lion d'or à 20 h 1690, rue Ontario Est, Montréal Pour informations: 287-9467 ECONOMIE Le Couac, octobre 2000, page 5 Lumière sur le prix de l'essence Révolte paysanne: le verdict.Lt injustice a encore tranché.i Le 13 septembre, les dix accusés de la Confédération paysanne ont reçu leur condamnation pour le démontage d'un McDonald's à Millau (Larzac-France) en août 1999: trois mois de prison ferme pour José Bové, deux mois de prison avec sursis et 2000 francs d'amende pour les huit autres, alors qu'un seul a été gracié.Pourquoi une peine plus sévère pour Bové?À l'audience, le 1er juillet dernier, le procureur Alain Durand avait requis contre le co-fondateur de la Confédération une «peine dissuasive », soulignant son rôle d'instigateur dans l'action contre le McDo.Toujours selon le procureur, les autres n'étaient que de «simples agents d'exécution aux ordres de leur chef».Non mais, quel paternalisme! Comme s'ils étaient incapables de penser et d'agir par eux-mêmes.Mais peut-être que les juges tentent-ils de diviser pour mieux régner?Qu'à cela ne tienne, la magistrature n'aura pas réussi à freiner les ardeurs de ces militants-paysans du Larzac puisqu'ils iront tous en appel, ce qui renvoie leur cause devant la cour d'appel de Monpellier et suspend l'exécution de leur peine.Leur lutte se poursuit et ils ne sont pas seuls.Réactions et appuis La gauche française est solidaire, s'indigne et dénonce leur condamnation «scandaleuse»-, le Mouvement national des chômeurs et précaires, la Coordination pour le contrôle citoyen de l'OMC, le Centre national des jeunes agriculteurs, la Ligue des droits de l'homme, les Verts et la liste s'allonge.Seule dissidence: la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), sorte de UPA française, et le porte parole du RPR, Patrick Devedjian.Voyez-vous, le maire de Millau est également membre du RPR, et quant à la FNSEA, la période d'élections syndicales pour les agriculteurs et les paysans approche.Drôle de coïncidence ! Petit rappel Rappelons le contexte du raid anti-McDo, Dans le cadre des négociations de l'OMC l'année dernière, l'Europe prenait la décision de mettre un embargo sur le bœuf américain aux hormones.La réponse des Etats-Unis a été de doubler les taxes d'importation sur plusieurs produits européens, dont le roquefort et le foie gras pour la France.Par la destruction d'un McDo en chantier, le 12 août 1999, la Confédération s'attaquait à un symbole de l'OMC.Il s'agissait de dire non à la « malbouffe » et à l'uniformisation à l'américaine des cultures.C'était dire oui à une agriculture paysanne et diversifiée, et aux droits des peuples de choisir ce qu'ils produisent et ce qu'ils consomment.La lutte de la Confédération paysanne ne se réduit pas au symbole roquefort contre McDo.Elle illustre ce qu'est véritablement la mondialisation : la concentration du pouvoir au sein de puissantes transnationales, au détriment des petits producteurs locaux.Ce sont les grands producteurs américains, appartenant à d'immenses conglomérats et principaux bénéficiaires des subventions à l'agriculture, qui étaient visés par l'embargo de l'Europe, alors que les producteurs de tait de brebis et de roquefort, paysans de génération en génération, ont des pratiques agricoles et d'élevage qui n'ont rien à voir avec la production de masse des Américains.Lors du procès le Ier juillet dernier, nous étions plus de 50 000 à Millau pour manifester notre appui aux dix accusés.Un immense festival de deux jours où femmes, enfants, jeunes, vieillards, paysans et militantes ont crié NON à la dictature de l'OMC.Rendez-vous à Montpellier! MARIE-ÈVE LAMY Le 11 septembre dernier, afin d'éclairer la population sur la hausse du prix de l'essence, Le Devoir a publié un article de Nicolas Cori, journaliste pour le quotidien français Libération, intitulé «Qui est responsable de la montée du prix du pétrole?» Suivons le raisonnement de M.Cori.Il aborde tout d'abord le sujet des réserves pétrolières mondiales.Il affirme que si le pétrole venait à manquer, le prix augmenterait considérablement1.Or, selon la pétrolière BP Amoco, il reste environ 41 ans de réserves pétrolières connues.Nous sommes donc loin de la pénurie.De plus, il est désormais possible d'aller chercher du pétrole à 3 000 mètres sous l'eau.M.Cori poursuit son raisonnement avec l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).Selon lui, « les pays membres ont tout fait depuis le début de l'année pour que le baril ne reste pas trop longtemps au-dessus de 30 dollars».Il faut noter ici que le prix de l'essence continuait à grimper même lorsque le prix du baril de pétrole demeurait stable sur les marchés internationaux.Afin de tenter de faire baisser le prix du litre d'essence, les onze pays membres de l'OPEP ont décidé d'augmenter leur production de 800 000 barils par jours.Réaction de Washington : «il est trop tôt pour savoir quel effet |cette augmentation] aurait sur la pénurie actuelle»2.Le lendemain de cette annonce, le cours du brut repartait à la hausse.Viennent ensuite les compagnies privées.Oui, elles ont réalisé des bénéfices extraordinaires.Selon Cori, «c'est, globalement, aux compagnies des pays occidentaux que l'on doit d'avoir depuis quinze ans un pétrole bon marché».Cori en rajoute en spécifiant que les investissements dans les plates-formes offshore a permis la garde des prix à un niveau «concurrentiel».Il n'est évidemment pas question du titanesque financement public de ces compagnies.Autre avantage, ces mêmes pétrolières ont «convaincu» les pays du tiers monde hors de l'OPEP de «leur concéder leur sous-sol - au prix de toutes sortes de corruptions entre autres».S'il avoue la corruption, M.Cori évite de parler des nombreux génocides perpétrés par les pays riches afin de contrôler le pétrole3.M.Cori ajoute: « Mais s'il fallait décerner la palme du responsable le plus irrationnel, on désignerait les Américains.» Car selon lui, la solution rationnelle à ce casse-tête se trouve en Irak.Il dit qu'il faut lever l'embargo qui perdure contre l'Irak afin d'exploiter la quantité phénoménale de pétrole qui s'y trouve.Peu lui importe si la guerre du Golfe et l'embargo ont tué plus de 600 000 enfants de moins de cinq ans, les affaires sont les affaires.En réalité, vous ne serez sans doute pas surpris d'apprendre que ce sont les compagnies pétrolières qui sont responsables du prix élevé de l'essence.Le Devoir avait publié un article le 11 novembre 1999 expliquant l'accord des pays de l'OPEP et non OPEP visant à réduire la production mondiale de 2,1 millions de barils par jour4.On se demande bien pourquoi la rédaction du quotidien montréalais a fait appel à un journaliste français et n'a pas cru bon rappeler ces événements dans la recherche d'un coupable.En produisant moins, les pétrolières créent une illusion de pénurie justifiant ainsi l'augmentation du prix du baril de pétrole et, directement, de l'essence à la pompe.Pourquoi?Afin d'encaisser plus de profits, bien entendu, mais également afin de forcer tous les États du monde à baisser, voir annihiler les taxes sur l'essence.C'est d'ailleurs ce que recommandent les pétrolières d'ici avec leur campagne «expliquant le prix de l'essence».Moins de taxes, moins d'interventions gouvernementales dans leurs affaires.Et si le prix élevé de l'essence crée de l'inflation5, parions que les pétrolières pointeront du doigt les taxes et le gouvernement.Celui-là même qui a largement contribué financièrement à leur pouvoir hégémonique.avec notre argent.MARTIN PETIT 1 Et si on internalisait tous les coûts de l'essence dans son prix de vente (routes, accidents, pollution, éclopés, etc.), le litre serait tout simplement inabordable.2 Article avoisinant celui de M.Cori.3 Citons les cas du Timor Oriental, du Nigeria, de l'Algérie, de l'Irak et dernièrement, du Kosovo qui a entièrement perdu ses infrastructures pétrolières.C'est par la suite qu'arrivent en sauveur les pétrolières étrangères afin de prendre le contrôle du pétrole de ces pays.4 AFP, «L'or noir se vend.à prix d'or», Le Devoir, 11 novembre 1999.5 Une hausse générale des prix serait logique puisque tout ce que nous consommons est transporté par camion, bateau ou avion et nécessite donc de l'essence.En augmentant le prix de l'essence, on augmente tous les coûts des entreprises.Bande de Consommateurs Le prix des mots Imaginez un produit si bien fait qu'on n'aurait pas à en changer avant plusieurs années, un produit pratiquement indémodable, figé une fois pour toutes dans une norme quasi immuable.Imaginez maintenant les cauchemars de ses fabriquants, qui s'arrachent les cheveux en se demandant comment revendre leur produit à ceux qui l'ont déjà acheté un ou deux ans auparavant et qui en sont certainement satisfaits.Ce produit existe: ce sont les dictionnaires de langues.Pas les dictionnaires thématiques (ceux-là n'ont pas de mal à se renouveler: dico du cinéma, dico des plantes, dico des sacres, dico de la météo, dico des tueurs en séries.), mais bien les dictionnaires classiques, ceux qui recensent les mots d'une langue et qui en expliquent les sens, propres, figurés et giratoires.Un ouvrage comme le Petit Larousse présente environ 60 000 mots (noms propres exclus), qui couvrent non pas la totalité du vocabulaire français mais une bonne sélection de ceux que l'honnête homme de l'an 2000 est susceptible d'utiliser dans la vie courante.Idem (mais de façon un peu plus complète) pour le Petit Robert.Objectivement, ces deux ouvrages, qui comptent entre 1 500 et 2 000 pages, sont à peu près parfaits dans leurs créneaux respectifs.Bien sûr, il faut dépoussiérer les définitions de temps à autre, préciser un sens, introduire un nouveau terme, mais rien de majeur.Il s'agit simplement de tenir la maison propre, en quelque sorte.Chaque automne, à la rentrée des classes, Larousse, Robert et consorts s'évertuent pourtant à nous convaincre que la maison a brûlé et qu'il faut en acheter une nouvelle, datée de l'année suivante de surcroît.Gros défi car, malgré tout ce qu'on veut bien dire, la langue ne change pas si vite que cela.Il faut donc trouver de la matière nouvelle ailleurs.Pour ce faire, chacun a sa petite technique.Profitant du fait qu'il est imprimé en couleurs, le Petit Larousse donne dans l'encyclopédie en rythmant ses pages par des cahiers thématiques («Patrimoine mondial», «Machines à communiquer».).Intéressant, mais franchement hors-sujet.À quand la Playmate à la place des pages roses ?Autre truc, cette fois pour attirer les francophones hors de France: intégrer des mots locaux.La version 2000 du Larousse contenait déjà «bat-ture» et «poudrerie», celle de 2001 accepte «bibitte» et «enfarger».Est-ce qu'on ne s'enfargeait pas déjà l'an passé?Robert n'y échappe pas lui non plus: «bec» et «blonde» ne sont acceptés que depuis cette année, comme s'il s'agissait des derniers néologismes.Voyez l'astuce: on pourrait très bien insérer d'un coup tous les «canadianismes de bon aloi» (comme dit l'Office de la langue française), mais on préfère au contraire opérer au compte-gouttes, afin que chaque nouvelle année réserve de bonnes surprises aux gentils cousins canadiens, africains et autres consommateurs métèques.Dans le même esprit, les personnalités du monde francophone entrent sur la pointe des pieds dans la section des noms propres du Larousse.Luc Plamondon y accède vingt ans (et plusieurs centaines de chansons à succès) après le triomphe de Starmania.Quant à Louise Arbour, on ne l'accepte que l'année où elle quitte son poste de procureur du TPI pour siéger à la Cour suprême.L'important n'est-il pas que chaque pays, chaque année, en ait pour son argent ?Le Petit Robert, qui ne possède pas de section de noms propres, utilise la même grosse ficelle en intégrant les citations de nouveaux auteurs pour faire croire à un renouvellement.Dans La Presse du 3 septembre, on apprend ainsi que « Des auteurs apparaissent pour décrire les réalités d'aujourd'hui, dont le Québécois Réjean Ducharme cité à 14 reprises».Ducharme?Les réalités d'aujourd'hui?On croit rêver.Si LAvalée des avalés a attendu 35 ans pour être cité, on souhaite bonne chance à Normand Chaurette et Gaétan Soucy! Mais le gros argument de vente pour tous les dictionnaires, c'est de se déclarer en phase avec leur époque, à la pointe de la langue telle qu'elle se parle.Tandis que Larousse fait la part belle aux anglicismes de tout poil (un best of, un collector, une start-up) et aux étoiles filantes tirées de l'actualité (la malbouffe, une webcam), Robert (Robertine?) se lance dans la féminisation des titres et des fonctions.Ces grenouillages valent-ils 50$?STÉPHANE BATIGNE PS.Curieusement, on ne mentionne jamais les mots qui disparaissent.Trop négatif, pensez-vous?Il y a de ça Mais la vérité, c'est qu'il y a moins de mots qui sortent que de mots qui entrent.Le truc de ce tour de passe-passe (puisque le nombre de pages reste identique d'une année sur l'autre), c'est de raccourcir les définitions des mots dans la page où une nouveauté est apparue.11 fallait y penser. ECHOS Le Couac, octobre 2000, page 6 des, vieux.UtÊ" Eric Lapointe Le rocker tabassé lors d'un match de boxe.Une petite boule de graisse, c'est plus joli avec des taches bleues.TTT On s'en fout! Une bouteille de Château Pétrus 1990 coûte 2400$.MacDo et la pouléthique Cl est à croire qu'une vaste conspiration aux dimensions de la planète a tissé ses mailles aussi bien ici qu'un peu partout.]e parle de la conspiration des cœurs saignants.En effet de tendres âmes s'agitent, mères Teresa de la compassion organisée, pour voler au secours des faibles, des démunis, des sans voix et des sans défense.Brigitte Bardot, au sortir d'une rencontre fortuite avec Jean Marie Le Pen, s'en serait félicitée en débouchant une troisième bouteille de rouge.Mais de quoi s'agit-il pour qu'ainsi on en arrive à croire que l'humanité vient de franchir un pas de géant?Non.Je ne parle pas de la dernière constatation de la banque Toronto Dominion.Celle-là même qui nous apprenait il y a peu que les gouvernements, — qui l'avaient à son avis été terriblement — ne devaient plus être considérés comme des nuisances pour l'économie.Une fois le choc passé — car n'est-il pas normal de se demander, devant semblable assertion assénée de sang froid et comme un bulletin de météo, de quoi on se mêle?— on finit par comprendre que de nos jours, dans cette pyramide inversée des pouvoirs, ce ne sont plus les États ni les gouvernements qui se prétendent garants du bien public.Le bien public est maintenant sous la responsabilité des pouvoirs financiers.On ne se souvient pas du jour où cela s'est réalisé, par élection ou encore par référendum, mais le fait est là: c'est la banque TD qui distribue les bulletins de bonne conduite civique aux gouvernements.Faudra s'y faire.De quoi parlions-nous, déjà?De la pouléthique! 11 semble, comme le rapportaient les médias ces derniers jours, que, dans un souci de compassion qui est tout à leur honneur, les dirigeants de l'empire MacDonald's se soient émus du sort réservé aux poulets, qui se retrouvent les pattes en l'air dans leurs usines à haute teneur hormonale.On imagine la scène.À Chicago, dans une salle aseptisée du conseil d'administration de cette multinationale de la malbouffe, on aurait pu croire que c'étaient les odeurs d'oignons utilisés quelques étages plus bas dans les laboratoires ultra-secrets de l'entreprise qui avaient pu déclencher ce torrent de larmes qui avait frappé ces messieurs dames cravatés et pomponnées.Que non ! Ces larmes avaient été provoquées par la lecture d'un rapport portant sur le sort, décrit comme inhumain, fait dans certains poulaillers, aux poulets dont la destinée était de finir leurs jours entre deux tranches de ce pain lourd et sucré qui a fait la fortune des Big Mac et des MacPoulet.Selon les rapports de presse, ces poulets n'auraient pas un espace vital suffisant pour s'adonner au jogging ou à toute autre activité susceptible d'ensoleiller leur poulailler.«Il faut agrandir l'espace de 50 pour cent ! » a décrété le conseil, ajoutant qu'il fallait mettre fin à cette pratique barbare qui consiste à couper le bec aux poulets.Un défenseur des animaux a dit : «)e pense qu'ils font ce qui est juste.» Cette question apparaissait au point trois de l'ordre du jour.Le sujet suivant, évacué en trente secondes, portait sur une somme de 5 millions de dollars — US bien sûr — consacrée à la lutte contre la syndicalisation dans les restaurants MacDonald's.Histoire sans doute de leur clouer le bec ! Ne manquait plus que le départ d'Howard Galganov du Québec, parti sauver le ROC de la tentation de la droite.Même si on croit rêver, il faudrait quand même que quelqu'un prévienne les porte-drapeaux des lambeaux de la gauche canadienne qu'avec un allié comme le Galganov, ils pourront aisément se passer d'ennemis.MICHEL RIOUX Kosovo-Crimes de guerre Voilà que la Yougoslavie a inculpé quatorze présidents et ministres de pays de l'OTAN pour crimes de guerre (Le Devoir.30-08).Criminels de guerre, les dirigeants des pays de l'OTAN ?Possiblement, puisque ce sont eux qui ont autorisé les bombardements de cibles civiles lors de l'offensive aérienne de l'OTAN contre le Kosovo et la Serbie.On s'insurge depuis longtemps que les criminels de guerre vivent en paix dans plusieurs coins du monde.Il y a pourtant gros à parier que le FBI ou la GRC n'arrêteront ni Bill Clinton, ni Jean Chrétien, s'ils sont reconnus coupables de crimes de guerre.Savoir* vivre Les journalistes invitent les Hell's Angels à faire preuve de circonspection.À l'avenir, messieurs, dirigez vos fusils non pas vers les journalistes, gardiens de la liberté d'expression, mais vers ceux qui ne détiennent pas une carte de membre de la FPQ).Le conflit Lévesque-Lévesque Chroniqueur à l'hebdomadaire Ici, Robert Lévesque invente une nouvelle méthode journalistique: l'insinuation indirecte et sans preuves.Ainsi, selon Lévesque, Quand les hommes vivront d'amour de Raymond Lévesque AURAIT été écrit par une femme qu'il connaît mais dont il ne peut dévoiler l'identité parce qu'elle le POURSUIVRAIT Tous ignoraient que cette chanson AURAIT été volée par Raymond Lévesque, qui AURAIT toujours menti en s'en prétendant l'auteur.Raymond Lévesque est-il oui ou non l'auteur de cette chanson?Au bout du compte, on n'en sait pas plus, mais admettons que poser une telle question, ça épate la galerie et c'est ce qui donne du piquant au métier de chroniqueur.En fait, on peut insinuer n'importe quoi si l'on adopte la manière de l'ex-critique de théâtre : non seulement c'est efficace, ça fait jaser, mais ça n'engage en rien.Tout à fait safe.Exemple d'une autre utilisation possible de la manière Lévesque: à l'époque où il travaillait au Devoir, Robert Lévesque y AURAIT trafiqué plusieurs textes, dont un de Claude Corbo, ex-recteur de l'UQAM, afin de le faire passer pour un lepéniste, et il AURAIT ensuite menti en disant démissionner pour des raisons personnelles alors qu'il AURAIT en fait été foutu à la porte.Connaissant la vérité, les journalistes AURAIENT choisi de passer les détails de cette histoire sous silence puisque, par ricochet, elle AURAIT jeté le discrédit sur toute la profession.Mais nous ne pouvons dévoiler nos sources puisqu'elles nous POURSUIVRAIENT Également, Robert Lévesque SERAIT un admirateur secret de Mussolini et il lui ARRIVERAIT même de parader en petite tenue devant une reproduction grandeur nature du fachiste qui trône dans son salon.Amusant, n'est-ce pas?MARCO DE BLOIS Les manipulations génétiques III - Retour à la case départ ?P.lio00 Le 21 septembre dernier, Martin Petit comparaissait devant la cour municipale de Montréal.Son crime: être allé dans un supermarché coller des étiquettes informant les gens que les produits en question pouvaient contenir des organismes génétiquement modifiés (OGM).Dans ce dernier article consacré aux manipulations génétiques, je voudrais dire essentiellement deux choses.D'abord qu'il est insensé d'être pour ou contre le génie génétique dans sa globalité.C'est trop vaste, il y a trop de techniques impliquées, trop d'applications possibles.Seul le cas par cas peut nous permettre de départager les pratiques acceptables des autres.Le cas des OGM destinés à l'alimentation étant d'actualité, c'est lui que nous examinerons.Et nous verrons - c'est mon deuxième point -comment on en vient à inculper quelqu'un pour avoir agi en citoyen responsable.Pour le scientifique, les OGM destinés à l'alimentation n'ont rien de sacrilège en soi.Ce ne sont que des techniques qui permettent le même travail de domestication fait par les éleveurs avec les bêtes ou les plantes les plus prometteuses depuis toujours.Le problème, c'est la vitesse.La vitesse vertigineuse avec laquelle on passe maintenant de la mise au point d'un nouvel organisme à sa mise en marché.Dix ans à peine se sont écoulés entre la première plante transgénique créée en laboratoire en 1983 et le premier aliment génétiquement modifié vendu en 1994.Il faut avoir de bien piètres notions d'écologie pour penser que l'arrivée aussi soudaine, à l'échelle de l'évolution, de nouveaux organismes va être sans effet sur les autres organismes qui les côtoient ou les ingèrent.Mais pourquoi cette précipitation?Qui a avantage à ce que ça aille si vite?La réponse est malheureusement trop claire.Ce sont principalement les tyrannies privées (aussi appelées multinationales) qui développent en toute hâte ces technologies coûteuses dans le but toujours aussi subtil de faire un maximum de profits en se contre-câlissant (pardonnez-moi l'expression un le secpèT pe Picasso enfin EE Ses Modèles bouffaient Des OGM ment plus complexe que la matière inerte (comme le plutonium), ça donne à réfléchir.Et où sont les scientifiques qui pourraient nous aider à comprendre tout ça?Pour une poignée de chercheurs qui osent s'exprimer en tant que citoyens (voir la lecture suggérée), combien d'autres, subventionnés par le privé, se taisent?Et assouplissent les principes de la science désintéressée pour la rendre conforme au plan de développement de la compagnie.L'idée d'un serment d'Hip-pocrate pour biologistes moléculaires est loin d'être folle.tantinet populaire) de pulation (justement.).a po- Intérêts personnels d'une petite caste au détriment du bien commun donc.Le refrain est connu.Pourtant ces hypocrites professionnels réussissent tout de même à faire croire aux gens qu'il y a urgence à répandre ces plantes dans l'environnement.En réalité, l'arrivée massive des OGM sur nos tablettes ne correspond à aucune demande sociale.Laisser les commerçants (et les politiciens qui leur servent de paravent) libres de décider de la façon de gérer nos forêts ou notre énergie n'est déjà pas une bien bonne idée, comme le passé nous l'a maintes fois montré.Je pense au nucléaire par exemple.Le rapprochement n'est pas gratuit, surtout en ce qui concerne les OGM répandus dans la nature.En effet, les deux requièrent des techniques de pointe exploitées rapidement après leur découverte.Les deux génèrent une pollution invisible mais quasiment irréversible.Et une technologie des plus «sûres» comme à Tchernobyl, Three Mile Island, etc.Sachant que la matière vivante est infini- En juin 1992, au Sommet de la Terre à Rio, plus de cents chefs d'État convenaient que lorsque les risques sur l'environnement ou la santé d'une nouvelle découverte ne peuvent être précisément évalués, il convient de s'abstenir.C'est le fameux «principe de précaution».Il devrait donc s'appliquer en priorité aux OGM destinés à l'alimentation humaine.Concrètement, cela signifierait d'en interdire la dissémination commerciale dans l'environnement et d'exiger des tests de toxicité chroniques durant plusieurs années.En attendant, il faudrait passer du statut de CONsommateur (d'ailleurs bien documenté par l'un de nos chroniqueurs.) à celui de consom'ACTEUR exigeant d'être informé sur le mode de production des aliments que l'on consomme.Et donc appuyer des initiatives comme celle de Martin Petit ou des entartistes de Chrétien qui exigent l'étiquetage des produits contenant des OGM comme le font déjà certains pays européens.Qui exigent, finalement, que nos élus travaillent une fois de temps en temps pour la population.BRUNO DUBUC Pour en savoir plus : Génie génétique-.Des chercheurs citoyens s'expriment, Collectif, Éditions Sang de la terre, 1997. BLOC-NOTE Le Couac, octobre 2000, page 7 Le petit observatoire des médias La foire d'Abbotsford ?Connais pas.Lr année qui vient de s'écouler pourrait i bien être retenue par la postérité comme celle de l'apparition du concept de guerre humanitaire dans les affaires internationales.Car la cause est entendue: notre intervention au Kosovo a été motivée par des préoccupations humanitaires et rien d'autre.Dociles, les médias et la plupart des intellectuels ont donc passé l'année à chanter nos vertus et celles du nouvel ordre international qui s'élabore grâce à notre croisade en faveur des droits de l'homme et de la démocratie .Les observateurs un peu attentifs ont cependant noté que quelque chose cloche dans toute cette histoire : c'est que les faits connus concernant la Guerre du Kosovo la contredisent à peu près entièrement.Mais dans de telles affaires, les faits sont évidemment des détails sans importance.En conformité avec ce que prédit le modèle progagandiste, on observe plutôt une constante et remarquable dichotomie dans le traitement par les grands médias de questions relevant de sujets comme la criminalité, la guerre, le terrorisme et ainsi de suite.Par exemple, une attention soutenue et critique est accordée aux crimes commis par les ennemis officiels alors qu'une attention remarquablement moins soutenue est accordée aux crimes attribuables à nos amis ou aux institutions dominantes.À partir de ce principe, des dizaines de prédictions très concrètes peuvent être faites et mises à l'épreuve des faits, notamment par des comparaisons fort insructives.On pourrait par exemple se demander comment sont traités des actes illégaux commis par des syndicats et comparer ce traitement avec celui qui est donné d'actes illégaux comparables (ou autrement pires) commis, dans le même temps, par les entreprises.Ici, il n'est pas sans intérêt de remarquer que la formulation même de cet objet de recherche pourra sembler à beaucoup très étonnante: c'est que la criminalité d'entreprise est à ce point passée sous silence que le concept reste étranger — comme celui, pourtant pertinent, de Bien-être Social pour entreprises.Et pourtant, les (trop rares) travaux qui ont été menés sur le sujet ne laissent aucun doute ni sur la réalité du phénomène de la criminalité d'entreprise, ni sur son ampleur: fraude, évasion fiscale, contrefaçon, versements de pots-de-vin, non-respect du droit du travail entraînant blessures ou morts, délits d'initiés, recours à des milices privées dans divers pays, occultation d'informations que le public devrait connaître (par exemple pour sa sécurité) et j'en passe.Ces crimes, on s'en doute, sont le plus souvent et par définition aussi peu punis que connus.Cette dichotomie des faits et de leur interprétation ne se vérifie pas toujours; dans certains cas, on note plutôt une occultation complète de certains faits — dont chacun doit comprendre qu'il ne serait pas bien élevé de les évoquer C'est le cas avec l'implication canadienne dans les ventes d'armement militaires.Certes l'image qu'on nous projette sans cesse est celle d'un Canada, gentil gardien de la paix.Mais cela ne résiste pas à l'analyse et à l'observation.C'est ainsi que la portion du budget militaire du pays consacrée aux missions de paix n'en représente qu'une infime fraction et est même bien loin de s'approcher du montant de nos ventes d'armes, le Canada restant un des premiers vendeurs d'armes au monde.Le Abbotsford International Airshow constitue le cas concret intéressant à examiner.Cette foire aux armes se tient à Vancouver (depuis 1961 ) et elle est désormais mondialement connue, du moins de ceux qui vendent et achètent de l'armement militaire : plus de 70 pays, des milliers de délégués et de gens d'affaires y accourent pour rencontrer des tas d'entreprises vendant des joujoux à tuer, dont notre assisté social Bombardier, mais aussi les bien-de-chez-nous Marconi et Bristoal Aerospatiale.Comment cette foire aux armes est-elle couverte par les grands médias?La réponse est sans équivoque mais prévisible : elle ne l'est pas.Distinguons le cas du Québec de celui du Canada anglais.Au Québec, j'ai eu beau chercher de diverses manières dans un banque de données, depuis 1985 on recense une poignée d'articles évoquant la Foire d'Abbotsford.Aucun n'est critique, aucun n'explique qu'il s'agit de ventes d'armes.Typiquement, on évoque une simple foire aéronautique, ici on nous rappelle que le bureau du Québec de Vancouver participe à cet événement qui a « un rayonnement international » (Les Affaires, 09-09-95, page 9), là, que «le Canada a l'œil sur le marché asiatique en expansion » et «entend attirer des acheteurs» {Le Devoir, 06-09-1996, A-8), ou encore, youppi, que nos entreprises (dont Bombardier) sont attirées là pour prendre une part «au lucratif marché canadien des pièces de moteur d'avion » (La Presse, 06-08-97, B7) Bref: ça crée de l'emploi et c'est tout ce que vous avez besoin de savoir Au Canada anglais, la situation diffère un peu, surtout en Colombie-Britannique.C'est que là, le public est tout près.Résultat?On ne parle pas non plus de ventes d'armes et les dimensions militaires de l'affaire sont entièrement gommées; mais en conformité avec les dossiers préparés par les firmes de relation publique, la foire, comme l'a constaté le politicologue Ron Dart qui a étudié sa présentation dans les médias, est décrite comme « un bénin divertissement familial ».En d'autres mots, le petit Johnny peut dire: — Oh, le joli avion bombardier, maman.Mais surtout pas: — Dis, papa, c'est un gosse comme moi qui recevra ce missile sur la gueule?En conclusion: les phénomènes de dichotomie de l'information sont fort intéressants à étudier.Mais en certains cas, ces études sont impossibles parce qu'aucune information ne filtre.Le mot de la fin, George?— « Un lion bien dompté saute dans le cerceau au claquement du fouet; mais pour un lion très bien dompté, il n'y a plus besoin de fouet.» — Merci, M.Orwell.RAYMOND-LA-SCIENCE BAlLLARGEON.NORMAND@UQAM.CA Quiz du Couac Ils ne le savait pas mais ils l'a écrit pour Le Couac Jacques Prévert Il suivait son idée.C'était une idée fixe.Et il était surpris de ne pas avancer.11 y a des gens qui s'amusent d'un rien, faites comme eux, amusez-vous de Dieu.le désire que mes cendres reposent auprès de celles du peuple français, que j'ai tant aimé.- Napoléon Avec mon salaire, ils se payent ma tête.- Un manœuvre Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y.Quand la vérité n'est pas libre la liberté n'est pas vraie.Les vérités de la police sont les vérités d'aujourd'hui.Les enfants ont tout, sauf ce qu'on leur enlève.Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple.Le désordre des êtres est dans l'ordre des choses.N'agacez pas, n'empoisonnez pas, n'emmerdez pas la mer, elle est capable de se venger.Et si vous continuez à tourner la terre en dérision, un beau jour, elle vous éclatera de rire au nez.lacques Prévert, Œuvres complètes, La Pléiade, Gallimard, 2 volumes, 1992 et 1996.I I I I I I I TT Bonne Al Gore est fier de s'être porté volontaire pendant la guerre du Vietnam.«Si je n'y étais pas allé, explique-t-il, quelqu'un d'autre aurait dû y aller à ma place.» Bill Clinton, peut-être?Il 1111 II 1111111111111 Cinéma La vie après l'amour Il y a de ces actes coupables et sans plaisir dont on ne se vante que très peu.Il en est ainsi pour le visionnement du film La vie après l'amour.Pourtant, cette émission de télé déguisée en film n'a mis que neuf semaines pour devenir «le cinquième long métrage le plus populaire de l'histoire du cinéma québécois» (showbizz.net).C'est l'histoire d'un Gilles plate et ennuyeux comme le petit bourgeois de banlieue qu'il est, qui se fait plaquer par une Sylvie en manque de passion à renouvellement perpétuel.Elle se trouve donc un autre Iules, alors Gilles la harcèle jusqu'à ce qu'elle entende raison et revienne dans le giron familial.Bien plus qu'une comédie sur la peine d'amour, il s'agit d'une ode à la dépendance affective, d'une apologie du harcèlement moral et de la jalousie maladive Lors d'un bref séjour en prison (avec tous les clichés d'usage), l'amoureux éconduit se fait un ami viril qui fume du pot.Apparaît ainsi le personnage intéressant du film qui disparaît trop rapidement lorsqu'on apprend que ce salaud de pervers est un homosexuel qui n'en a pas l'air.Apprenant la chose, notre héros déguerpit illico dans un effet d'accéléré juvénile dont la qualité est inversement proportionnelle à l'homophobie qui l'anime.Que dire des préjugés ethniques, de l'image de l'Autre communiquée par le film?Tout bon Québécois blanc francophone et catholique comprendra qu'il faut éviter d'embaucher des immigrants puisque ceux-ci auront tôt fait de s'installer avec leurs coutumes, leurs odeurs et leurs familles envahissantes.La maturité psychologique du scénario rampe au niveau du discours de la droite chrétienne.Ainsi, la recette hollywoodienne du succès à la sauce québécoise est respectée autant sur le fond (la nécessaire réunification de la famille dans le respect des liens sacrés du mariage), la forme (copier-coller), que la mise en marché axée sur le star system.Le nom de Sylvie Léonard apparaît en grosses lettres à côté de celui de Michel Côté, alors qu'il s'agit d'une histoire de gars où la femme n'est qu'accessoire et n'apparaît que trop rarement.Mais, la fin est très belle.Le maie jaloux, possessif et incapable de respecter la liberté de choix de celle qu'il aime, est récompensé pour tous ses efforts, pour sa persévérance à harceler.Et elle, elle finit par comprendre à quel point il l'aime (mais est-ce vraiment de l'amour?).)e me demande si ceux qui ont aimé le film font semblant d'être surpris quand un jeune homme jaloux et possessif harcèle, voire assassine sa petite amie qui n'a eu que le tort de rompre Le hic, c'est qu'il y a un petit peu de nous autres là-dedans, ne serait-ce que par le biais de nos taxes et impôts qui y sont investis via Téléfilm Canada, la Sodec, etc.Pour le même prix, on finance au moins quatre films de Robert Morin.GABRIEL PELLETIER Bien antérieurs à «La Recherche-» et même à certaines esquisses de Proust datant de 1908 et 1909, il existe certains textes moins connus du public qui offrent de singulières anticipations de son chef-d'œuvre.En voici un extrait où il est question du souvenir des sentiments.Ce sont des lignes dont le sens et pour ainsi dire le climat se retrouveront si souvent dans La Recherche-.«Il me souvient d'avoir été joyeux sans que je le sois de nouveau, j'évoque ma tristesse passée sans être triste, je me rappelle avoir eu peur une fois sans avoir peur encore-, le souvenir d'un désir de jadis ne s'accompagne pas de ce désir.Parfois, au contraire, je me souviens avec joie de ma tristesse ancienne et avec tristesse de ma joie.D'où vient qu'à l'instant où je me souviens avec joie d'une tristesse passée, il y ait de la joie dans mon esprit et de la tristesse dans ma mémoire- que mon esprit se réjouisse de la joie qui est en lui, mais que ma mémoire ne s'attriste pas de la tristesse qui est également en elle?» YAVlh'M Les personnes qui pourront fournir l'exacte référence de cette citation sont invitées à la communiquer par écrit au Couac.Les cinq premières à le faire auront droit à une pièce de collection: un exemplaire d'un de mes propres ouvrages pilonnés par mes éditeurs.Et avec ma dédicace.Imaginez l'honneur.PIERRE VADEBONCŒUR La réponse se trouve en page 10.XYZ.La revue de la nouvelle Recevez en prime Cet imperceptible mouvement de Aude (valeur 14 $) avec un abonnement d'un an à XYZ.La revue de la nouvelle 1 AN / 4 NUMEROS (T.T.C.) Individu Institution Canada 20 $ Canada 25 $ Étranger 25 $ Étranger 30 $ 2 ANS / 8 NUMÉROS (TT.C.) Individu Institution Canada 35 $ Canada 45 S Étranger 45 $ Étranger 55 S 3 ANS / 12 NUMÉROS (T.T.C.) Individu Institution Canada 50 S Canada 70 $ Étranger 70 $ Étranger 80 $ Thème du numéro 63: Apparences NOM ADRFSSF VII IF ronF POSTAI TFI CI-JOINT ?CHÈQUE ?MASTERCARD Q VISA NO FXP./
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