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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Le couac, 2001-01, Collections de BAnQ.

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Démocratie, jeune pousse fragile p.8 Vol.4 • n° 4 Un drôle d'oiseau anvier 2001 3,00$ S3t 3 Les grands conspirateurs Trois nouvelles récentes à peu près simultanées : l'opération concentration de la presse par Power Corp., la fusion Vivendi, Universal, Seagram et Canal+, et enfin l'achat du mastodonte Quaker Oats par PepsiCo pour 13,4 milliards US.Il ne s'agit pas de mentionner ces trois événements pour eux-mêmes, assez banals en soi, mais parce qu'ils devraient provoquer, comme des centaines d'autres, au-delà du fait particulier, une réflexion extrême sur tout ce qui tend à établir un nouveau règne politique, celui de la ploutocratie en voie de devenir le siège universel et usurpé du pouvoir politique.La phase de mise en place Il ne se passe pas de jour où l'on ne voie en effet se former au-dessus de nos têtes des galaxies économiques (et donc politiques) nouvelles, dans un univers à part et parfaitement indépendant des peuples et des gouvernements.Ceux-ci se montrent neutres, semble-t-il à jamais, devant une force économique en train de se constituer comme une toile universelle dans laquelle tout le pouvoir politique se sera fixé et concentré, illégitime, incontrôlé, souverain, et toute la force avec lui.Ce qui est en train de se former morceau par morceau, comme une station orbitale au-dessus des populations, ce n'est pas seulement l'organisation économique de la planète, mais c'est le premier pouvoir vraiment absolu de l'histoire humaine.Ce pouvoir aura le comble de la puissance et de l'indépendance à l'égard de tout contrôle - avec l'assentiment inconditionnel et servile des pouvoirs inférieurs que deviendront de plus en plus les États.Ce nouvel empire sans empereur formera sans doute un pouvoir unique avec celui des armées, lequel en fera partie intégrante.Le train-train des « observateurs » Ce qui se prépare là échappe pourtant à l'attention quotidienne, celle-ci étant trop ponctuelle.Tandis que les choses se passent à la vitesse de la lumière, on persiste à discuter les événements au cas par cas, un décallage qui ne permet pas de prendre la juste mesure des changements en cours.L'extrême Puissance dont l'Argent bâtit jour après jour la Superstructure mondiale ne donne pas lieu pour la peine à une projection dont on se servirait pour éclairer l'actualité courante.La plupart des ploutocrates ne s'aperçoivent probablement même pas de ce qu'ils font.Comme les journalistes, comme les personnalités politiques, comme le menu commerce, ils fonctionnent d'après des habitudes générales immédiates et des perspectives à l'avenant.Le monde est entraîné plus ou moins sans le savoir dans une très grande révolution, celle de la Finance, en passe de tout prendre et d'établir l'ultime Autorité, celle de la force enfin réunie sous une seule loi, la sienne, sans contrepoids.Tel est le sens de ce qui est commencé sous nos yeux.L'impérialisme universel.Le pouvoir suprême apolitique et néanmoins politique.L'accession des Grands Conspirateurs au titre de régnants.Cela se sera joué sous les auspices d'une démocratie complice.À terme, celle-ci se réveillera sous un Pouvoir inaccessible et inébranlable.PIERRE VADEBONCŒUR L'Inquisition au Parlement Cest le retour de l'In-* quisition.Le pavé de l'ours.Un tank pour écraser une mouche.En l'occurrence, une maladresse d'Yves Michaud qui, porté par le flot de ses paroles, s'est trouvé à dériver avec elles.Michaud, au moment où il prononçait les paroles pour lesquelles on l'a condamné, n'était toujours qu'un simple citoyen.Il souhaitait devenir député, il est vrai, mais il n'était alors pas même candidat officiel.De cette position, il avait droit à la liberté d'opinion, comme tous les citoyens.Et on avait bien sûr le droit - le devoir dirons certains - de le critiquer.Ainsi le premier ministre pouvait, tout à son aise, émettre des critiques.Mais en vertu de quel principe l'Assemblée nationale toute entière, avec la bénédiction du premier ministre, condamne-t-elle sur la place publique un citoyen pour ses opinions?Qu'une assemblée s'arroge le droit de contrôler la parole des citoyens est inadmissible.Michaud n'a pas eu la bêtise de prétendre que les camps de concentration nazis n'ont pas existes.Il ne nie pas non plus la tragédie de l'histoire juive à travers les siècles.Ce n'est pas un négationniste.Ses analyses sont cependant un peu courtes.Sans compter que quelques-unes des influences dont il se réclame, Maurice Barrés par exemple, n'inspirent rien qui vaille en matière de conception de la société.Cependant, qu'a-t-il dit qui ne pouvait être contesté dans un simple débat public?Est-ce que l'Assemblée nationale est intervenue ainsi lorsque des gens tels Howard Galganov ou Bill Johnson ont vomi sur les Québécois ?L'Assemblée nationale a-t-elle condamné Pierre Péladeau pour avoir tenu des propos anti-juifs?Bien sûr que non.Cette nouvelle condamnation faite suite à celle d'un livre d'André Pratte prononcée par la même assemblée.Pouvez-vous imaginez cela, une assemblée qui condamne un simple livre?Le rôle de Lucien Bouchard dans cette affaire est particulièrement dégueulasse.Au nom d'une vertu aussi fausse que fabriquée, il tente d'empêcher un homme de valeur, mais certes bavard, d'entrer dans un parlement où il a déjà siégé.La condamnation pour délit d'opinion, c'est bien la prémisse de temps plus sombres.LE COUAC MM MA &MFl£0& Nouvelle mesure progressiste L'avenir est dans la pisse JACQUES BOUCHARD On vit dans un pays formidable, le plus meilleur, tout le monde sait ça.Un comité scientifique de la Commission européenne a publié un rapport accablant pour l'Agence canadienne d'inspection des aliments.Pendant plusieurs mois, celle-ci a négligé de procéder à des tests d'urine destinés à mesurer les niveaux d'hormones dans la viande des animaux abattus pour la consommation humaine, parce que son équipement était défectueux.En 1998-99, sur une quinzaine d'échantillons destinés à l'Europe, la majorité contenaient des résidus d'hormones.Le nombre d'échantillons recueillis en abattoir par l'Agence des aliments canadienne ne cesse de diminuer depuis cinq ans.En 1998-99, on a prélevé un grand total de 41 000 prélèvements sur les millions d'animaux abattus dans l'ensemble des abattoirs du Canada L'Ontario veut rendre obligatoire la désintoxication des assistés sociaux.Les personnes dont les tests de dépistage s'avéreraient positifs et qui refuseraient de suivre une cure de désintoxication ne seraient plus admissibles à l'aide sociale.Petit détail, il y a 450 000 assistés sociaux en Ontario.À 41 000 prélèvements par année, l'Agence d'analyse des pipis canadiens devrait mettre plus de 11 ans pour passer à travers.Il va falloir augmenter les budgets universitaires, former des scientifiques en pipilogie, des techniciens en pipimétrie, et améliorer les technologies de prélèvement et d'analyse.Bernard Landry a sûrement des programmes de subventions en recherche et développement pour lancer quelque chose du genre au Québec.Le premier ministre Mike Harris a pris la défense du projet en disant qu'il visait surtout à aider.«Nous ne devrions pas, juste parce que quelqu'un dépend de la drogue ou de l'alcool, renoncer à l'aider.Nous devrions faire tout ce que nous pouvons pour fournir de l'aide et des traitements de réadaptations.» (La Presse, 15-11-00) Bonne idée, c'est un programme d'aide qu'il faudrait appliquer à tous les assistés sociaux, les petits comme les gros.Tous ceux qui reçoivent d'une façon ou d'une autre un chèque de l'État devraient y être soumis, surtout les chefs d'entreprises.Quoi de plus normal lorsque les gouvernements remettent les pouvoirs économiques de l'État à une poignée d'individus ou à des dynasties familiales, que de s'assurer que ces gens n'ont pas besoin d'être aidés, s'ils ont des problèmes de toxicomanies.Les Desmarais, les Péladeau, les Beaudoin, les Lamarre, les frères Lemaire, Brian Mulroney, jean Monty, Charles Sirois, les dirigeants de GM, de Kenworth, les présidents des grandes banques, des papetières, des alumineries, et des grandes sociétés d'État, Hydro-Québec, la SAQ, Loto-Québec, Air Canada, Via Rail, etc.Ce serait beau à voir.Toute la belle société de Québec Inc, celle qu'on voit dans Le temps des bouffons, faisant la queue avec les pauvres, pour aller pisser dans les centres de prélèvement, pendant que leurs chauffeurs attendent dans leurs limousines.Soirée de cinéma Le Couac ! Le Couac, votre canard préféré, présente A l'insu du plein gré, un film de Simon Galiéro sur le merveilleux monde du cinéma québécois.Venez entendre notamment Robert Morin, Micheline Lanctôt et Denis Chouinard raconter leur expérience dans ce joli monde contrôlé par Téléfilm Canada, la SODEC et quelques gros bonnets.Le samedi 20 janvier à 20 heures, au 3655, boulevard Saint-Laurent à Montréal.Contribution suggérée: 4$. ; m.\m i! IBM m Le Couac, janvier 2001, page 2 A CSAttfDRe! AU £AklADA, ibute eoKiMe ViAMoe j^eRA i A* ARQufc de ce : COURRIER DES LECTEURS Contre José Bovin Monsieur le rédacteur en chef, )e suis un lecteur assidu de votre publication.Je ne crois pas avoir manqué une ligne - que dis-je?un mot - de tout ce que vous ou vos scribes avez scribouillé depuis quelques belles lurettes.Un sujet me tient particulièrement à cœur: celui de la désinformation systématique entretenue par vous et vos pousse-crayons à propos de l'un des plus beaux fleurons de l'industrie mondialisée de notre fière aube du XXIe millénaire.Je veux bien entendu parler - vous l'aurez deviné, je suppute - du restaurant au grand M jaune.Oui, ce McDonald dont d'aucuns se plaisent et se complaisent à entacher le nom, à ternir la réputation, à friper l'im-maculation, à flétrir la fierté légitime, bref en un mot comme en sang, à déshonorer l'honneur.Des exemples?Vous me demandez des exemples?Vous qui, sous le couvert d'une liberté d'expression inlassablement galvaudée par vos vils desseins, ne cessez sans cesse d'abreuver le public à la source d'un antiaméricanisme primaire (pour ne pas dire primitif), vous me demandez de préciser?Eh bien, soit.Vous êtes-vous fait l'écho, oui ou non, de l'ignoble parole d'un certain losé Bovin (ou quel que soit le nom dont sa sinistre mère ait osé l'affubler) ?Avez-vous, oui ou non, cherché à infecter l'air pur de nos fières forêts boréales avec les bacilles roquefortesques et pestilentielles de ce médiéval mécréant, incapable de s'adapter au progrès de notre noble race humaine?Vous et vos suppôts idéologiques n'avez-vous pas soutenu la syndi-calisation des employés d'un restaurant du centre-ville de Montréal, alors que la tenue exemplaire de la direction à leur égard ne devrait souffrir qu'éloges, remerciements et révérences ?Ignorez-vous, monsieur le rédacteur en chef, que le commu- nisme, cette bête immonde, n'attend qu'un souffle pour renaître de ses cendres à peine tièdes et venir ipso facto menacer l'avenir de nos enfants?«Il n'y a pas de pire cendre que celle qui dort», comme dit le poète.Or, vous ne vous contentez pas de médire; il faut aussi que vous omettiez de transmettre toute information qui pourrait contredire votre discours partisan.)e veux parler - vous l'aurez deviné, je présume - de l'exploit réussi haut la main par les fiers employés du restaurant McDonald de l'avenue Rosemont, en ce 27 octobre dernier.Entre 12 h 10 et 13 h 10, soit en l'espace d'une heure, ces courageux artisans de la saine alimentation mondialisée ont servi la somme record de 102 repas à leurs sympathiques clients motorisés, battant par là-même leur précédent record, déjà fort enviable, de 83 repas 102 repas au volant! Votre )ojo Bovidé peut-il en dire autant?Positionner le questionnement, c'est le solutionner.Cette nouvelle-là, monsieur le rédacteur en chef, vous ne l'ignoriez pas.Vous saviez des choses et vous ne les avez pas dites.Pis : vous les avez cachées au public, vous avez continué à le tromper tout en connaissant pertinemment bien la vraie vérité.Ceci, c'est la goutte qui met le feu aux poudres, c'est l'étincelle qui fait déborder le vase.Et je pèse mes mots.Accablé partant d'impostures, je suis sûr que vous n'oserez jamais publier ma lettre.Vos lecteurs ne sauront donc jamais le fondement de cette triste affaire.Luis Cusino « FORE ! » Pour reprendre les traditions de certains «précieux» journaux, je profite de l'occasion pour vous féliciter pour votre mensuel marginal.Marginalisé, devrais-je dire, car c'est souvent l'autre qui nous pousse dans la marge.(Inspiré de Pierre Falardeau) Trêve de fleurs et attaquons-nous plutôt au «boguey» de Luis Cusino, lors de son article sur Tiger Woods.(Décembre 2000) Soyons clairs dès le «départ», ce n'est point sur sa « position-nementation » que je veux m'acharner mais plutôt sur son choix de bâton.Notre journaliste commence sa partie en comparant le Premier ministre du Canada au champion du monde de golf.« Un coup d'approche» raté, non justifié, bref non justifiable.Un bois trois pour sortir de la trappe de sable.Par la suite, il dénigre le choix de ce «bienfaiteur de l'humanité», qui par le golf, a choisi d'aider les enfants défavorisés de Thaïlande.Choix à discuter vous direz.Malgré tout, le golf infantile demeure, à mon avis, plus honorant que la prostitution du même qualificatif.Malgré ses intérêts surtout économiques, le sport reste un outil intéressant dans le développement des enfants.le préfère regarder ces petits bangkokiens (et non bangko-kois) défavorisés, ces «cervelles sous-alimentées », comme il dit si bien, réussir un trou d'un coup, plutôt que de servir de terrain de jeu pour des hommes d'affaires étrangers.En terminant M.Cusino, sur des sujets comme celui-ci, il est souvent préférable de jouer la « normale» plutôt que de tenter « l'oiselet » et se retrouver bêtement dans l'eau.Éric Boucher Saint-Roch-de-l'Achigan Écrivez-nous ! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Nous apprécions (beaucoup) les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon : Le Couac, 2124 rue Laurier Est, Montréal, H2H 1B9.Télécopieur: (514) 521-5599.Vous pouvez aussi envoyer vos textes à : jfncouac@sympatico.ca Le Couac 2124, av.Laurier Est, Montréal, Québec.H2H IB9 Téléphone : (514)521-5499 Télécopieur : (514) 521-5599 Abonnement : (514) 287-9467 Fondateurs: Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Rédacteur en chef : lean-François Nadeau Rédacteur à temps partiel: François Patenaude Collaborateurs: Cilles Archambault, Normand Baillargeoh, Stéphane Batigne, Victor-I evy Beaulieu, Pierre de Bellefeuille, Michel Bernard, Marco de Blois, Jacques Bouchard, Pierre Drolet, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, David I edoyen, François Patenaude1, Martin Petit, Aude Ribis, Michel Rioux, Pierre Vadeboncœur, Nadine Vincent Illustrations: Boris, Charb, Filio, tue Giard, Luz, Riss, Tignous, Serge Ferrand.Photographies: Isabelle Clément Graphisme: Marguerite Binette Nous remercions Charlie Hebclo et La Vache folle pour leur collaboration.Abonnement et publicité: François Patenaude au (514) 287-9467 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213I69 Imprimé au Québec Transgénique: un point de vue de René Riesel Qui est Monsanto ?Monsanto est, on le sait, une des toutes premières firmes à s'être engouffrée dans l'exploitation des technologies génétiques.Mais ce n'est pas le seul mérite de cet honnête industriel dont le métier, comme on dit dans son monde, a d'abord été la chimie.Célèbre pour avoir été le principal producteur de l'agent orange, l'efficace défoliant de la guerre du Vietnam, il a également conçu et fabriqué depuis 1901 de nombreux désinfectants, spécialités pharmaceutiques et pesticides réputés pour leurs propriétés cancérigènes ou leur teneur en dioxines.Rien ne saurait tenir un tel palmarès.Ni l'impressionnante sollicitude qu'il a constamment témoignée aux ouvriers et populations exposés aux contaminations dispensées par ses usines.Ni les centaines de millions de dollars dont il a dû s'acquitter en dépit, et parfois en raison, des manipulations ou des subornations de témoins et de membres de l'administration, auxquelles il s'est fréquemment résigné dans l'intérêt de la liberté du commerce et de l'industrie.Sa reconversion dans le génie génétique n'allait pas mener Monsanto à renoncer aux pratiques qui sont le fondement de sa culture d'entreprise.Contrats léonins imposés aux cotonniers nord-américains, poursuites judiciaires contre des agriculteurs soupçonnés d'avoir conservé une partie de leur récolte pour la resemer, mise sur le marché à grande échelle, en Inde et aux États-Unis, de variétés transgéniques défectueuses, pressions sur l'imprimeur britannique de The Ecologist pour l'amener à détruire un dossier consacré à la firme, incitations ouvertes à la délation, intox, recours aux plus sinistres polices privées, Monsanto continue de défendre la liberté de commerce et de l'industrie.RENÉ RIESEL (extrait de : Déclarations sur l'agriculture transgénique et ceux qui prétendent s'y opposer, Paris, Éditions de l'Encyclopédie des nuisances, 2000) PLOGUES Info-alternative Depuis octobre 2000, vous pouvez consulter sur la Toile le Centre des médias alternatifs (CMAQ) qui a comme objectif premier de diffuser de l'information portant sur la mondialisation et le Sommet des Amérique qui aura lieu en avril à Québec.En plus d'être accessible à quiconque cherche de l'information alternative, le CMAQ fonctionne comme une agence de presse libre : vous pouvez y publier vos reportages, entrevues, communiqués, photos, etc.et des médias peuvent s'y approvisionner en nouvelles (en citant la source, bien sûr).Le site est en français, en anglais et en espagnol, et comprend un calendrier d'infos sur toutes les activités organisées en marge du sommet officiel des Amériques.Adresse du site: www.cmaq.net.Courriel: info@cmaq.net.VLB Les Éditions Trois-Pistoles annoncent pour la fin janvier la parution de Bouscotle.le goût du beau risque, roman de notre collaborateur Victor-Lévy Beaulieu.Avant d'être le téléroman qu'on connaît, Bouscotte fut d'abord un roman que l'auteur écrivit il y a quelques années et qu'il laissa dans ses tiroirs, question d'accorder tout son temps aux exigences de l'écriture pour la télévision.Sa besogne étant maintenant terminée pour Radio-Canada, VLB a donc entrepris de peaufiner un livre qui compte 1 500 pages et que les Éditions Trois-Pistoles publieront en trois volumes.Le premier volume, Bouscotle, le goût du beau risque paraîtra donc le 5 février prochain.Le deuxième volume, Bouscotte, les conditions gagnantes, verra le jour en septembre 2001 et le troisième volume, Bouscotte, l'amnésie globale transitoire, sera édité en janvier 2002.Renaud Il a traversé la mer, ta-ta-tam ! Renaud est de retour au Québec.Il sera en spectacle un peu partout au cours du mois de janvier.POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 287-9467 Par la poste: Le Couac 2124, AV.LAURIER EST, MONTRÉAL (Québec) H2H IB9 • Abonnement d'un an : 26$ + taxes = 29,91 $ • Abonnement de deux ans: 46$ + taxes = 52,91 $ • Abonnement institutionnel et de soutien: 50$ + taxes = 57,51 $ • Abonnement de groupe d'un an ( 10 copies par parution) : 200$ + taxes = 230,08$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 42$ Nom_ Adresse_ Code postal Courriel_ .Téléphone m m & Le Couac, janvier 2001, page 3 Desjardins a cent ans Après s'être payé un publi-reportage télévisé sur TVA avec comme présentateur l'ancien lecteur de nouvelles lacques Moisan, la fédération Desjardins de Montréal annonce qu'elle poursuit la fête avec ses employés : 400 postes abolis et 200 immeubles vendus, a annoncé le président Proteau.BANLIEUSARDS TËTES-DE-LARD fOSWNS1 " iu flfNS WESDRorrs SOHTBtfbulS COMPRENEZ- Y A Bouchard ne sait plus où il s'en va Où est passé le Bouchard impétueux qui renonce à son poste de ministre et fonde le Bloc québécois?Où est passé le Bouchard volontaire qui tasse Parizeau pour imposer sa propre conception de la question référendaire?Voici maintenant que son gouvernement se lave les mains de l'enjeu souverainiste.Ce n'est pas tout.Le gouvernement Bouchard, au mépris d'une décision prise en mai dernier par le congrès national du PQ, refuse de présenter à l'Assemblée nationale le projet de loi antipauvreté.Se prétend-il encore social-démocrate ?Tout aussi incompréhensible-ment, Bouchard refuse d'intervenir pour suspendre l'acquisition par Power Corporation (La Presse) des quotidiens Le Soleil, Le Droit et Le Quotidien.La concentration de la presse et sa soumission aux grands intérêts financiers atteignent des proportions qui mettent en danger la libre circulation des idées, composante essentielle de la démocratie (voir Le Couac du mois dernier).La mollesse.Le piétinement.L'incertitude.S'agirait-il aussi de la peur de la critique?Pourtant, le gouvernement fonce à toute vapeur à l'appui des fusions municipales, malgré une énorme critique vociférante.Cette réforme, depuis longtemps nécessaire, a été mal préparée devant l'opinion, ce qui laisse le champ libre à la démagogie de maires qui, ne peut-on s'empêcher de penser, défendent avant tout leurs intérêts dérisoires.Mais, la partisanerie aidant, le bunker se dit sans doute : ce ne sont qu'une bande de libéraux.Et alors, les milieux d'affaires, qui blâmeraient le gouvernement de financer la promotion de la souveraineté, ce ne sont pas, eux aussi, en majorité, des libéraux?Oui, bien sûr, mais ce sont des poids-lourds, tandis que les maires.La question taraude les pé-quistes: Bouchard est-il souverainiste?Le conseil national du parti, début décembre, ne les a pas éclairés.Bien sûr, à la veille de cette grand-messe des militants, le premier ministre a fait à l'Assemblée nationale une envolée oratoire.« La jonction sacrée, dit-il, se fera.» Mais remettre sur pied le défunt conseil de la souveraineté, avec un soutien financier, pas question.Indépendantiste ou pas, le président du PQ.est assez futé pour savoir ce que les militants attendent de lui.Selon le même réflexe, à la veille du congrès de mai, il avait lancé une vigoureuse sortie en faveur de la souveraineté, ce qui lui a valu 90% d'appuis, de quoi le consoler de ses 74% de 1996 qui l'avaient envoyé bouder sous sa tente.Il ne suffit pas de gonfler l'ego du premier ministre.Il faut réclamer publiquement que le gouvernement passe à l'action.Le gouvernement, dit-on, ne sait que faire pour susciter un regain d'appui à la souveraineté.Aveu aussi étonnant que pénible.Relancer le conseil de la souveraineté, justement, serait un bon début.Bouchard a des scrupules jésuitiques.Le mandat du Parti québécois, dont la pierre d'assise est de transformer la province en pays, comporte évidemment le pouvoir et même l'obligation de promouvoir cet objectif enthousiasmant.En 1974, le PQ a choisi l'éta-pisme, c'est-à-dire procéder par référendum.Ce souci démocratique l'honore mais ne le condamne nullement à l'apathie.PIERRE DE BELLEFEUILLE Le dire et l'écrire Le ministre de l'Environnement, Paul Bégin, veut alléger la Loi québécoise sur l'environnement parce que, dit-il avec sérieux, en conférant aux pollueurs le rôle de «partenaire» du ministère, on accroît l'efficacité du régime environnemental.Évidemment, un enfant de cinq ans comprendrait qu'il s'agit là d'une véritable insulte à l'intelligence.Or, dans un rapport confidentiel sur lequel a mis la main Louis-Gilles Francoeur du Devoir (11-12-2000), les fonctionnaires du ministre eux-mêmes semblent consternés par le projet de leur patron.Concernant les supposés bienfaits de ce partenariat, ils affirment que «notre expérience |.| nous indique tout le contraire» et que de toute façon, la direction du ministère est si proche des industriels qu'on «voit difficilement comment elle pourrait faire davantage appel aux partenaires».En termes moins officiels, plus vendu que ça, tu meurs.Mais le plus beau désaveu se trouve un peu plus loin: «Le partenariat avec les associations industrielles influence les prises de décision gouvernementales et amène souvent des recommandations orientées vers la réduction des contraintes environnementales.» C'est dit comme ça, noir sur blanc.Faut-il en rire ou en pleurer?En tout cas, si vous continuez comme ça les gars, vous êtes aussi bien d'écrire directement dans le Couac! BRUNO DUBUC LE REGARD OBLIQUE La droite ou la gauche ?Etait-il possible de choisir homme plus pitoyable comme premier ministre d'un pays qu'on entend présenter comme possesseur de toutes les vertus, passées, présentes et futures?En grande majorité, on répond non.Pourtant, il est là, triomphant comme jamais, ce jean-foutre.Les Ontariens ont voté massivement pour l'arrogant fantoche.Les Québécois ont tergiversé comme ils le font souvent.Comme s'ils ne savaient pas qu'à cause de la répartition linguistique, on n'était pas ici en position de chipoter.Parce qu'on n'était pas d'accord avec les fusions municipales, parce qu'on estimait que le Parti québécois n'était plus social-démocrate ou parce qu'on croyait que Gilles Duceppe avait la diction trop molle, on a penché en certains quartiers pour des démocrates qui ont autant le sens des libertés que Georges W.Bush a celui de la vie humaine.« Ces gens-là ont si peur, ils ont si honte de ce qu'ils sont qu'ils sont prêts à toutes les collaborations.» Ces gens-là ont si peur, ils ont si honte de ce qu'ils sont qu'ils sont prêts à toutes les collaborations.Ils présentent leur joue, la droite ou la gauche, avant même qu'on leur demande de le faire.Ils voudraient tant être des Thompson ou des Johnson et vivre à New York ou à Toronto qu'ils se sentent malheureux d'être des Tremblay ou des Lavoie.Leurs joues sont en règle générale marquées de l'empreintre de gifles reçues, mais ils en redemandent.11 ne s'agit plus de croire s'ils sont ou non fédéralistes.Il suffit de constater qu'ils votent libéral comme les brebis qui, au centre Molson, scandent « Go Habs Go » même s'ils ne s'expriment pas en anglais.Tout simplement parce qu'au tableau on réclame qu'ils s'exécutent.Lisent-ils, ces voteurs, Lysiane Gagnon et Alain Dubuc, sont-ils influencés par une télévision et une radio si libérale de cœur?Je ne sais pas.11 semble bien qu'ils soient plutôt portés par des discours prônant avant tout le bien-être matériel et qu'ils se passent d'idées.Le statu quo est leur affaire.Mais il y a plus idiot.Par exemple, les sbires qui à la télévision - on ne souhaite pas autre chose au petit écran - qui vous disent qu'ils vont montrer à Lucien Bouchard où ils se logent dorénavant.Pas une question de sous - pas beaucoup - eux qui ont été indépendantistes, qui ont eu la carte du parti, annoncent qu'ils sont dorénavant du camp adverse.Comme beaucoup d'entre vous, je me console en pensant que l'option souverainiste a fait des progrès inouïs depuis quarante ans.11 m'arrive aussi de penser que nous manquons de fermeté.Nous voudrions bien l'indépendance, mais à condition qu'on nous l'offre.Comme si ces choses-là ne se méritaient pas.Voilà pourquoi nous sommes des Canadiens français.La droite, la gauche?C'est fou ce que nous aimons ça.GILLES ARCHAMBAULT Voter pour la pensée unique La dernière élection a démontré l'impossibilité tragique de renouveler les valeurs et le discours.En chœur, les principaux partis répétaient inlassablement le même credo : le Canada doit devenir hypercompétitif, fiscalement attrayant, faible en réglementations pour affronter la mondialisation.Malgré une croissance de 4,7% du PIB pour l'an 2000, comparée à quelque 3% dans le passé, l'automatisme du discours n'a pas changé.Le dogme de la croissance, moyen devenu fin en soi, est une fuite en avant qui se dissimule le mur dans lequel elle fonce.Une vraie communauté politique, c'est comme un orchestre: les actes individuels sont concertés pour créer une œuvre qui n'existe que collectivement.Si la moitié des spectateurs quittent la salle, ou si la société est injuste, les «musiciens» ressentiront personnellement l'échec d'un agir-ensemble.Le jour des élections, un tiers des musiciens ne se sont pas présentés au concert, pardon aux urnes.Mais quelle vision de l'humain avait-on présenté pendant la campagne?Celle d'êtres essentiellement en compétition dans leur poursuite d'objectifs privés.Des « solos », dans le sens de l'autarcie symbolique de ceux qui ne partagent aucun but commun qui les transcende comme individus.La mondialisation a été présentée comme l'excuse inattaquable de l'impuissance des États face aux multinationales, notamment les pétrolières.Aux consciences malheureuses du NPD qui s'indignaient des neuf milliards de profits des banques, on a rétorqué qu'ils devaient se réjouir car « nos » banques pourront mieux affronter la mondialisation devenue la causalité inéluctable de tous les excès, de toutes les concentrations y compris celle des médias.«Le pire ennemi de la souveraineté, c'est l'abstention» lance Bouchard avec esprit de sérieux, au Conseil national du PQ.D'abord, on nous lamine la cervelle à cœur de jour, nous intimant de compresser les impôts, les charges sociales, d'affaiblir les normes environnementales et du travail; après coup on pleure sur le déclin des idéaux civiques.Le même leitmotiv revient, inlassablement: l'hypercom-pétitivité, la représentation de soi-même comme bétail à profit, l'éducation supérieure subsumée sous le même «contrat de performance» que celui de chez Hygrade, les méga-villes et les méga-porcheries justifiées par le même déterminisme économique aveugle: tous les fourvoiements de la vision à court terme.On va aller loin avec du monde comme ça ! MICHEL BERNARD Renouveler le discours de la gauche ?Si il y a un consensus aussi bien chez les politiciens que chez les journalistes, les bons citoyens et les philatélistes, c'est bien que le discours de la gauche a besoin d'une bonne cure de rajeunissement.Il s'agit de prononcer des expressions comme «classes sociales» ou «capitalisme» pour que votre auditoire pousse un long soupir de découragement, roule les yeux au ciel et vous tape dans le dos en vous disant: «mon pauvre vieux, le discours gau-gauche, c'est archaïque.Il n'y a plus que les dinosaures qui parlent de "classes sociales" et de "capitalisme"».Pour s'inspirer, la gauche devrait peut-être aller voir du côté de la droite.Puisque personne ne dit que le discours de la droite devrait être renouvelé, c'est qu'il doit être vachement hip et terriblement hop.On trouve dans le discours de la droite l'idée incroyablement nouvelle que le libre marché mieux que l'État permet de produire des richesses.Autre idée toute neuve : la redistribution des richesses par l'État fait fuir les investisseurs, réduit la production et provoque un appauvrissement généralisé de la population.Woah ! En voilà de belles idées nouvelles.Autre exemple d'une idée qui a renouvelé dernièrement le discours de la droite : les services sociaux en général et les assistés sociaux en particulier coûtent trop cher à la société.D'autres exemples?Il faut baisser les impôts.Oh! la! Assurément du jamais vu pour un discours de droite ! Enfin, la droite parle de Dieu, allant même jusqu'à nier les théories évolu-tionnistes et déclarant, sur la foi de la Bible, que les êtres humains et les dinosaures faisaient copains-copains il y a 6 000 ans.Les données scientifiques des paléontologues démontrent pourtant que des millions d'années séparent les deux.Il n'y a pas à dire, politiciens, journalistes, bons citoyens et philatélistes ont bien raison : le discours de la gauche a l'air particulièrement ringard et dépassé à côté d'un discours de la droite si frais.FRANCIS DUPUIS-DÉRI INTERNATIONAL Le Couac, janvier 2001, page 4 La forteresse Mtf$fyHl&& ffàilPMœ'totfl&'mCHP&k)?européenne Les 6, 7 et 8 décembre derniers, avait lieu à Nice (France) le Sommet de l'Union européenne.Des millers de personnes étaient au rendez-vous afin d'élever leur voix contre la construction de ce qui, vous en jugerez par vous-même, s'avère une véritable forteresse.Les chefs d'État en sont arrivés à une entente de principe sur la modification de l'article 133 du traité d'Amsterdam, qui régit les relations entre les 15 pays membres de l'Union et la Commission en matière de commerce extérieur.Afin d'en comprendre les enjeux, revenons sur les grandes instances de pouvoir de l'Union européenne.Il y a d'abord la Commission, sorte d'exécutif, qui est formée essentiellement de fonctionnaires associés à différents cabinets d'experts, d'économistes et d'industriels.Son rôle est d'étudier et de proposer les différents projets législatifs, politiques, économiques et sociaux de l'Europe, ainsi que de gérer le budget et de le faire appliquer.Vient ensuite le Parlement, la seule instance directement élue, qui n'a qu'un pouvoir consultatif sur les propositions de la Commission.Les décisions finales reviennent au Conseil de l'Union, présidé à tour de rôle, pendant six mois, par le chef d'État d'un des pays membres.Tbut comme le Parlement, il suit généralement les politiques de la Commission.Avant de revenir à l'article 133, il convient de mentionner l'étroite collaboration entre la Commission et différents groupes de lobbies, notamment la Table Ronde Européenne des industriels (ERT), qui elle-même comprend les 48 plus grands patrons européens (Renault, TotalFina, Suez-Lyonnaise) et qui est actuellement présidée par le pdg de Nestlé.Il faut aussi préciser qu'au sein de l'Union, chaque pays dispose d'un nombre de voix proportionnel à son importance économique, pour un maximum de 10 et un minimum de 2.Un «fast track » à l'européenne La décision d'amender l'article 133 est en fait l'aboutissement d'un projet cher à notre grand copain Pascal Lamy, commissaire au Commerce, dont le but était de céder à la Commission des pouvoirs qu'elle était jusqu'ici contrainte de partager avec les États membres.À l'origine, tout accord dans les domaines des services, de l'investissement et de la propriété intellectuelle devait être ratifié par la totalité des pays membres de l'Union, chacun d'eux pouvant opposer son veto.Quant au secteur des biens industriels, une simple majorité qualifiée était exigée.Désormais, la majorité qualifiée s'appliquera également aux services, à l'investissement et à la propriété intellectuelle, à l'exception des accords dans les domaines de la culture, des services audiovisuels, de l'éducation, des services sociaux et de la santé, pour lesquels les États conservent leur droit de veto.Pascal Lamy doit littéralement jubiler.Lui qui, au nom des 15 pays membres de l'Union, négociait déjà avec des instances internationales, dont l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), devait constamment consulter les gouvernements nationaux.Il sera désormais tout à son aise de laisser libre cours à ses idées de grandeur et surtout, d'assouvir sa soif de pouvoir.Sous un tel régime, la France par exemple, ne pourra plus se retirer des négociations d'un accord et y faire échec, comme ce fut le cas pour l'AMl en 1998.Une Europe à deux vitesse dans laquelle nous retrouvons d'un côté, les pays qui ont le plus de poids décisionnel (France, Allemagne) et de l'autre, de simples gouvernements périphériques intégrés économiquement et soumis aux volontés de la Commission.Tout ça, pour le plus grand bonheur du patronat.MARIE-EVE LAMY fo\>! ÇA M La liberté expliquée à mon patron 11 y a une bonne et une mau-v'ivaise nouvelle dans cette livraison de l'index of Economie Freedom », affirmaient, le 1er novembre 2000, les auteurs de ce palmarès de la liberté économique publié depuis sept ans par le Wall Street journal et l'Héritage Foundation1.Ainsi présenté, leur raisonnement avait au moins le mérite de la simplicité: la bonne nouvelle, «c'est que la liberté économique continue de progresser à travers le monde, poursuivant l'incroyable avancée de la décennie précédente».La mauvaise, «que les économies non libres (unfree) continuent d'être plus nombreuses que les libres».En effet, sur les 155 pays classés2, 81 ont une économie «plutôt non libre» ou «réprimée», alors que 74 en ont une «libre» ou «plutôt libre».Constatant que le PIB par tête chez les 81 cancres est de 2 800 $ par an alors qu'il atteint les 21 200 $ chez les autres, les auteurs du rapport ont prononcé ce verdict sans appel : «Pour parler simplement, la différence entre pauvreté et prospérité tient à la liberté».Très simplement en effet car, sachant que la catégorie des pays « libres » ou « plutôt libres » comporte la totalité des pays de l'Union européenne, les États-Unis, le Canada et le lapon, ainsi que toutes sortes de micro-États et de paradis fiscaux, le raisonnement global est d'une honnêteté douteuse.Sans même parler du fait que, sur les 50 variables retenues pour établir le classement, aucune ne tient compte des disparités de revenus.La subtilité intellectuelle du rapport apparaît de manière plus saillante lorsqu'on s'arrête au «top 12» des économies «libres».On y trouve, aux côtés de pays anglo-saxons (Irlande, Nouvelle-Zélande, États-Unis, Royaume-Uni, Australie) et de paradis fiscaux ou bancaires (Luxembourg et Suisse), de véritables modèles de société comme la province «spéciale» de Hongkong (n° 1), la cité-État de Singapour (n° 2), le sultanat de Bahrein et la république bananière du Salvador (n° 9 ex œquo).Dans la fiche consacrée à ce dernier pays, les auteurs applaudissent le « niveau très bas de dépenses gouvernementales», conséquence des «efforts gouvernementaux en matière de déréglementation».Bilan enthousiaste qui se ternit cependant à la lecture de sources moins imprégnées de l'idéologie patronale.En effet, le rapport d'Amnesty International pour l'année 2000 au Salvador a surtout retenu que « la crise des institutions a été perceptible tout au long de l'année.Les instances mises en place au terme des accords de paix qui ont mis fin au conflit armé en 1992 |.| étaient confrontées à de graves problèmes Ces difficultés provenaient essentiellement de l'absence de soutien du gouvernement, et de son inaction ».Ceci explique peut-être cela.On peut enfin déplorer qu'en se félicitant du «niveau très bas d'intervention du gouvernement dans l'économie», le Wall Street \ournal et l'Héritage Foundation aient fait preuve de précipitation.À en croire Amnesty International, les autorités et des représentants de l'État ont été accusés de corruption en liaison avec l'utilisation de l'aide reçue après les catastrophes naturelles telles que l'ouragan Mitch ».Après tout, le pillage des caisses est une forme d'intervention comme une autre.ACQUILÈS (La Nache folle.N° 28) 1.« Who's Free, Who's Not», The Wall Street \ournal interactive edition, 1er novembre 2000.2.Classement et fiches par pays disponibles sur www.heritage.org.La Heritage Foundation est un think-tank américain connu pour ses positions réactionnaires.Mpoftft l'AmltKM a "a/ Georges Aubin Au Pïed-du-Courant Lettres des prisonniers politiques de 1837-1839 Ce livre imposant rassemble toutes les lettres et les requêtes écrites par les patriotes de l'intérieur de la prison de Montréal,à l'exception des lettres de Chevalier de Lorimier.Au Pied-du-Courant • 462 pages, 29,95$ taxe incluse Bon de commande à nous retourner par courrier: Comeau & Nadeau Éditeurs c.p.12.9, suce, de Lorimier, Montréal (Québec) H2H 1V0 Je règle par: Q Mandat ?Chèque Nom_ Adresse.Code postal.Courriel_ .Téléphone.En vente dans toutes les librairies, 29,95$ ECONOMIE Koffi Annan, le secrétaire général de l'ONU, assistait à New York au mariage de Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones le 18 novembre dernier.On le voit ici à cette occasion, croqué au moment où il est en train de travailler à une très sérieuse résolution du Conseil de sécurité en compagnie de ses très sérieux conseillers habituels.Bande de consommateurs Métamorphose des Tubes STEPHANE BATIGNE II est curieux de constater qu'en matière de consommation, l'inertie de l'habitude peut se révéler aussi puissante que l'attrait de la nouveauté.Il est curieux de constater qu'en matière de consommation, l'inertie de l'habitude peut se révéler aussi puissante que l'attrait de la nouveauté.En fait, les deux forces s'affrontent sans cesse dans la démarche d'achat.Le consommateur aime essayer de nouveaux produits (de nouvelles «expériences», selon le jargon en vogue), mais il ne faut surtout pas que ses habitudes soient le moindrement changées.Dilemme?Pas tant que ça : les publicitaires sont passés maîtres dans l'art de faire miroiter l'un tout en assurant l'autre.C'est de cette manière qu'on nous vend le « nouveau » disque d'Isabelle Boulay ou de Céline Dion, en tout point semblable au précédent.Comme cela aussi qu'on fouette à peu de frais les ventes d'un produit déjà existant.Prenez ces préparations colorées à base de lait et d'additifs de toutes sortes qui se sont appropriées le nom amérindien de l'île d'Orléans pour séduire les BH^HHHH enfants.Jusqu'au mois dernier, les Minigo se vendaient par barquettes de six petits pots.Or, voilà qu'arrivent les nouveaux Minigo Tubes, à la composition en tous points semblable à celle de leurs prédécesseurs, mais qui ont sur eux l'avantage de se présenter sous la forme inédite et follement le fun de longs cylindres mous, les fameux Tubes.Ça se mange comme on peut, moitié en aspirant, moitié en léchant ce qui a coulé sur les doigts, mais surtout en moins de temps qu'il n'en faut pour sortir une cuillère du tiroir.Demandez à un consommateur-cible (un mini gogo) de choisir entre un Minigo traditionnel et un Minigo Tube: c'est bien sûr le dernier qui l'attirera.Pas seulement parce que la forme est nouvelle, que des personnages sympathiques y sont dessinés et que les emballages peuvent servir de marionnettes (c'est en tout cas ce qu'on prétend!), mais aussi parce que.le contenu ne change pas.Changer l'apparence, tant qu'on veut: après tout, la multitude des images n'est-elle pas le trait de notre époque zappeuse?Mais changer le goût, la saveur, c'est une autre histoire.Sait-on que le goût et l'odorat sont les sens les plus «primitifs » ?Les nerfs olfactifs et gus-tatifs rejoignent le cerveau dans des régions très profondes, où ils côtoient les zones liées aux émotions, aux souvenirs, aux instincts.Voilà pourquoi les Pour We ime um PUBUcfflifêilSufFir goûts, les saveurs et les odeurs sont souvent associés à des expériences émotionnellement fortes, comme celle de Proust avec sa madeleine.Malgré cela (ou peut-être à cause de cela), la gamme des goûts disponibles dans les magasins d'alimentation tend irrésistiblement à se restreindre.C'est comme si, après s'être ouvert aux ¦¦¦¦¦¦¦.autres tures, après avoir découvert les autres gastronomies, après avoir testé des produits de plus en plus exotiques, on se rabattait maintenant sur quelques goûts standards.Il n'existerait ainsi plus qu'une demi-douzaine de races de poulets sur le marché occidental, alors qu'au début du siècle, elles étaient plusieurs dizaines.Pareil pour les fruits, les légumes, et à peu près tout ce qui se mange.Pareil pour les chips (nature, barbecue, fromage cheddar, goût fumé), les croustilles (nature, barbecue, fromage cheddar, goût fumé) et à peu près tout ce qui se grignote dans le vain espoir de tromper son angoisse existentielle.Pour revenir aux Tubes Minigo, la métamorphose s'accompagne d'un prodigieux tour de passe-passe.Alors que les anciens Minigo se vendaient 2,89$ pour six pots de 60 grammes (soit 360 grammes), les nouveaux Minigo sont proposés à 2,79$ pour huit tubes de 40 grammes (soit 320 grammes).Vous voyez l'astuce?Dix sous de moins et deux contenants de plus.C'est la mère de famille qui est contente ! Elle fait deux lunchs de plus avec moins d'argent.Et en plus, le petit est ravi, il peut jouer aux marionnettes en regardant Teletoon.En attendant, la mère de famille a payé ses Minigo plus cher (8,72$ plutôt que 8,02$ le kilo) et fiston va vite se rendre compte que 40 grammes, ça ne fait pas lourd dans le corps.Le Couac, janvier 2001, page 5 Banque nationale Générosité bien ordonnée w a B.N.est pleine aux as », voilà ce que I La Presse révélait en première page de MmJ son cahier « économie » du 1er décembre.Ce beau titre plein d'enthousiasme renvoyait à un article chapeauté d'un titre évocateur: «La Banque Nationale atteint le demi-milliard de profits pour l'exercice : une hausse de 22% par rapport à l'année précédente».Depuis l'année dernière, les profits de cette banque sont passés de 417 millions à 509 millions, grâce entre autres à «un processus de réduction des coûts qui s'est traduit par la fermeture de près de 70 succursales.» Bref, la B.N.n'a pas fermé des succursales ni licencié des employés parce qu'elle était en difficulté financière, mais simplement parce qu'elle rêvait d'engranger encore et toujours plus de profits.Heureusement, le ]oumal de Montréal du lendemain nous apprenait que «les 7 grandes banques donnent un coup de pouce à la Guignolée Pierre-Péladeau ».On retrouvait bien sûr la Banque Nationale au nombre de ces généreuses institutions financières, ainsi que les banques CIBC, Royale, de Montréal, Laurentienne, TD et Scotia.Aux dernières nou- velles, les profits de ces banques s'élèvent à 9 milliards $.Alors combien ont-elles donné à la Guignolée?Quel pourcentage de leur fortune les généreuses institutions ont-elles redistribué?En fait, ces sept banques ont simplement ouvert un compte spécial dans toutes leurs succursales afin que leurs clients puissent y déposer leurs dons.Les banques se feront ensuite un plaisir de faire parvenir à la Guignolée l'argent donné par leurs clients.Quelle belle générosité.Pour lean Robillard, chef des relations de presse à la Banque Nationale, cette même banque qui jongle avec plus de 500 millions de profits, «la Guignolée Pierre-Péladeau est un magnifique tremplin afin de faire connaître l'implication communautaire des banques ».Cette campagne permettra, toujours selon M.Robillard, «de mieux nous faire connaître sur |le| plan |des actions communautaires], en plus, évidemment, de venir en aide aux plus démunis de notre société.» De leur venir en aide avec l'argent des autres, évidemment.Devant tant de bonté, les cœurs saignent.FRANCIS DUPUIS-DÉRI & PIERRE DROLET RÉPRféE V/m Lfc SECTEUR AliMEMTAiRE aux ÉfAfe-Mfe Harmonium L'ancien gérant du groupe Harmonium soutient dans un nouveau livre que Serge Fiori faisait beaucoup plus d'argent que les autres membres du défunt groupe grâce à des contrats qui l'avantageaient personnellement.Et nous qui croyions jusqu'ici que Fiori était juste davantage sur l'acide que les autres.Tout va bien Jean Chrétien, ce drapeau canadien transgénique, n'a pas dit un mot sur la Tchétchénie au président russe lors de sa visite au Canada.Et il a annoncé que Team Canada irait en Russie prochainement.Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.Félicitations ! M.Ron Cohen, a qui l'on doit le développement des restaurants McDonald's au Canada, a pris sa retraite le 31 décembre 2000.M.Cohen était aussi responsable du développement de McDonald's en Russie.Assez curieusement, le président russe Vladimir Poutine n'a pas demandé à le rencontrer lors de sa récente visite au Canada, pays le plus meilleur du monde pour ses hamburgers, comme chacun le sait.15 février 1839 lettres d'un patriote condamné à mort «Au-delà des lettres de Chevalier de Lorirnier, il y a son combat.Et nous devons apprendre les leçons de l'Histoire pour ne pas répéter les mêmes erreurs.» Pierre Falardeau CHHWUER « 18BIMIE8 15 février 1839 Wires ifar> painds cw"aw6 a rw*t 15 février 1839 • 128 pages, 16,95$ taxe incluse Bon de commande à nous retourner par courrier: Comeau & Nadeau Éditeurs c.p.129, suce, de Lorirnier, Montréal (Québec) H2H 1V0 Je règle par: Q Mandai ?Chèque Nom.Adresse.Code postal.Courriel_ .Téléphone.En vente dans toutes les librairies, 16,95$ m film de PIERRE fAlARDEAU avec LUC PICARD SYLVIE DRAPEAU FRf MBir nil l F?WriiranMWf—¦¦¦ SODEC (SOCIÉTÉ DEDEVELOPPEMENTDES ENTREPRISES CULTURELLES - QUEBEC), GOUVERNEMENT DU QUEBEC - PROGRAMME DE CREDITS D'IMPOTS, FONDS CANADIEN DE TÉLÉVISION CRÉE PAR LE GOUVERNEMENT DU CANAOAET L'INDUSTRIE CANADIENNE DE LATÉLÉVISION PAR CABLE irBSSTT FCT : PROERAMK OE.OROI1S DE DIFFUSION El TCUFILM CANADA- PROCRAMHE OE PARTICIPATION AU CAPITAL PROGRAMME DE CRÉDITS D'IMPÔTS POUR LA PRODUCTION CINEMATOGRAPHIQUE CANADIENNE etlapmticipatimexcepimelleouCOMITé OU 15 FEVRIER 1B39 FlLMp.Ainsi que iacolluoration speciALt De la SAQ el H0NTA6E MÉTAPHORE nuWHMM TÉLÉ-QUÉBEC ei SUPER ÉCRAN une piuductionoe LA CORPORATION DE DÉVCLDPPEMENT ET DE PRODUCTION ACPAV INC.ezooo corpdmtidnoe DWEUPPEicin itoe pmdiictiiinacmïiiic.rW^^y%?A L'AFFICHE DES LE 26 JANVIER 2001 Au Venezuela de Chavez Tout va bien Depuis l'accession du commandant Chavez à la présidence vénézuélienne, la «révolution bolivarienne» a bouleversé l'ordre social.sur le papier.Si Nicole Notât avait été vénézuélienne, elle n'aurait pu faire adopter le PARE sans revêtir un treillis et fomenter un coup d'État.La Constitution de ce pays, adoptée en décembre 1999, consacre en effet le principe selon lequel «il est interdit de renoncer à ses droits sociaux» et préconise que « toute action, accord ou convention qui implique le renoncement à ces droits est nul».|.| À en juger par la flexibilité avec laquelle le nouveau pouvoir a interprété le texte constitutionnel au cours de l'année 2000, les bourgeois pourraient bientôt ne risquer la mort qu'en s'étouffant de rire.Non pas que le régime ait troqué sa rhétorique populaire contre une langue de bois dictée par les « réalités économiques».Il continue, au contraire, de pourfendre le « dogme néolibéral, ce fondamentalisme, cette pensée unique qui nie la diversité»1.Le problème est qu'en matière de diversité la coalition gouvernementale en connaît un rayon.Composée de militaires nationalistes, d'anciens guérilleros devenus syndicalistes et de militants d'une gauche jusqu'alors marginalisée, elle étale ses contradictions dès qu'il s'agit de faire autre chose que de condamner verbalement «l'oligarchie corrompue ».Après leur victoire aux élections de novembre et de décembre 1998, les «révolutionnaires» se sont néanmoins mis d'accord sur une chose : la convocation d'une Assemblée nationale constituante.Il fallait, en somme, changer de constitution pour changer la réalité.Malheureusement, au bout de quelques mois, la première fut remplacée sans que la deuxième ait franchement eu à en souffrir.Soucieux de faire taire les critiques précoces, Chavez a demandé, avec un sens du risque bien mesuré, à être jugé sur ses résultats.en 2011, c'est-à-dire au terme de son éventuel second, et en principe dernier, mandat présidentiel.Sachant que cette date coïncide avec la célébration du bicentenaire de l'indépendance du Venezuela, on devine que le pouvoir n'a pas, à cette occasion, l'intention de se répandre en autocritiques.Encore faudrait-il que les électeurs lui en laissent l'opportunité, car la nouvelle Constitution prévoit une procédure de « rappel » qui permet de déchoir n'importe quel élu de sa charge, même présidentielle, à la mi-mandat.Article 2 : des hyènes qui nous gouvernaient Comportant plus de 300 articles, le nouveau texte constitutionnel est un catalogue qui décrit, dans le détail, tout ce qu'il faudrait faire pour éviter que le nouveau régime ressemble au précédent, celui des pactes entre « oligarques », celui du règne de la «partitocratie».Cependant il ne suffit pas de l'écrire.En fait, dès que l'Assemblée nationale constituante a ouvert ses séances en août 1999, elle fut submergée par les demandes d'audiences émanant de toutes sortes d'associations et de groupes organisés.Chacun y est allé de sa revendication et de sa proposition d'élévation au rang constitutionnel de telle ou telle garantie.Résultat : certains passages du texte ont au moins le mérite d'être explicites.L'ancien régime était-il autoritaire?Il est désormais constitutionnelle-ment interdit que les policiers utilisent des « armes à feu et des substances toxiques» pour encadrer des manifestations pacifiques.Les fonctionnaires étaient-ils corrompus?Ils apprendront, en lisant la Constitution, qu'ils sont des serviteurs de l'État et «non d'un quelconque parti politique», et que leur dévouement, eût-il été sans limites, ne leur donne pas pour autant le droit de «cumuler plusieurs retraites».Les syndicalistes étaient-ils des pourris à la solde des patrons et du pouvoir?Il est écrit noir sur blanc que les représentants syndicaux qui détournent les bénéfices de la liberté syndicale à leur profit dans un but lucratif seront punis conformément à la loi».Quant aux nouveaux députés, compte tenu de la tendance irrésistible de leurs prédécesseurs à l'oisiveté et à la cupidité, il leur est rappelé qu'ils «doivent se consacrer à plein temps à leur tâche» et que, dans l'exercice de leurs fonctions, il ne faudrait pas qu'ils s'amusent à octroyer, moyennant finances, des «concessions d'exploitation minière pour un temps illimité».Article 3 : de n'importe quoi Voilà donc que cette constitution tatillonne se révèle bien contraignante.Du moins si l'on ignore les passages trop visiblement concoctés par des sociologues, profession bien représentée parmi les constituants TE-SHIRTE Le Couac Un cadeau idéal, surtout si vous allez dans le sud.Tailles: médium, large Envoyez un chèque de 15 $ + 3$ pour les frais de poste à l'adresse du journal.Quantité limitée.Soirée de cinéma Le Couac ! Le Couac, votre canard préféré, présente A l'insu du plein gré, un film de Simon Galiéro sur le merveilleux monde du cinéma québécois.Venez entendre notamment Robert Morin, Micheline Lanctôt et Denis Chouinard raconter leur expérience dans ce joli monde contrôlé par Téléfilm Canada, la SODEC et quelques gros bonnets.Le samedi 20 janvier à 20 heures, au 3655, boulevard Saint-Laurent à Montréal.Contribution suggérée: 4$.MODE vénézuéliens.L'éducation, par exemple, y bénéficie de cette définition limpide : « L'éducation est un service public fondé sur le respect de tous les courants de pensée, dont la finalité est de développer le potentiel créatif de chaque être humain et le plein exercice de sa personnalité dans une société démocratique fondée sur la mise en valeur éthique du travail et sur la participation active, consciente et solidaire dans les processus de transformation sociale consub-stantiellement liés aux valeurs de l'identité nationale et avec une vision latino-américaine et universelle.» Bel exercice de pédagogie.Force est de constater, par ailleurs, que certaines dispositions traduisent un tel souci du détail qu'elles sont par avance programmées pour être violées, quotidiennement, 24 heures sur 24.Au grand dam de l'audimat et du syndicat des mimes, l'article qui rend obligatoire « le sous-titrage ou la traduction en langage des signes des émissions télévisées» est resté lettre morte.Les sourds-muets, toujours privés des frissons des feuilletons télévisés du soir, sont bel et bien les koulaks de la révolution bolivarienne.Sans parler des millions d'habitants des bidonvilles de Caracas qui comptaient sur la e-bourse pour sortir de la misère, désormais réduits au constat désespéré de la non-application de l'article qui garantit « l'accès aux nouvelles technologies» pour tous.Ils attendront, pour acheter en ligne les sacs de riz d'action contre la faim, la révision constitutionnelle qui leur donnera le droit inaliénable à l'électricité, à l'ordinateur, au compte en banque provisionné et à la carte de crédit internationale.Il faut dire que les autorités ne se sont pas démenées pour coller à la lettre de la Constitution.Au lendemain du référendum qui, le 15 décembre 1999, avait vu le texte plébiscité par plus de 70% des votants, l'Assemblée nationale constituante approuvait un décret dit du Régime transitoire des pouvoirs publics qui avait pour objet de.suspendre la Constitution.Jusqu'à la tenue des «mégaélections» qui, le 30 juillet 2000, allaient relégitimer la quasi-totalité des charges électives, du président de la République aux maires, il valait mieux, pour être efficace, faire abstraction de la nouvelle charte.C'était bien parti.Article 4 : de l'annulation de la constitution Lorsque l'État de Vargas fut submergé par des coulées de boue qui ont coûté la vie à plusieurs dizaines de milliers de personnes en décembre 1999, l'autorité régionale a eu beau invoquer l'article qui consacrait «la décentralisation comme outil démocratique», elle n'a pas été associée aux plans de reconstruction des zones sinistrée.L'aide internationale et les crédits exceptionnels sont restés entre les mains du pouvoir central.Il s'est agi, ensuite, de désigner les membres de la commission «indépendante» chargée d'organiser et de surveiller le scrutin de juillet.Impartial, le gouvernement a nommé cinq de ses proches, passant outre la procédure constitutionnelle qui prévoyait une consultation large.Cette équipe a vite fourni la preuve de son incompétence en provoquant une monumentale panne informatique qui a entraîné le report des élections.Lorsqu'il a fallu la remplacer par une autre moins nuisible, un haut responsable a avancé que « la désignation de la nouvelle commission respecterait l'esprit et non la lettre de la Constitution», sans quoi les élections finiraient par avoir lieu «dans un an», avant d'ajouter, exaspéré, qu'on n'allait «quand même pas se réunir dans un stade pour demander son avis à tout le monde sur la question »2.C'eût été, en effet, anticonstitutionnel.L'opposition ne fut pas en reste.Depuis la chute des «oligarques», elle est menée par un ramassis de jeunes gominés qui prétendent ne voir en Chavez qu'un nazi, dès lors que celui-ci n'expose pas un projet de transformation du pays en une vaste zone franche.Leur aspiration à l'établissement d'une démocratie libérale à l'américaine emprunte surtout à cette dernière son volet de manipulation électorale.En vaillants résistants au régime du Kaiser des tropiques, ils se sont jetés sur les places laissées vacantes par la direction déchue de l'organisme électoral.Histoire, disaient-ils, de garantir la transparence du scrutin.Peu importe si leur propre élection était en tout point illégale.De toute façon, à quoi bon respecter une constitution qui, au goût de cette jeunesse dorée, sent un peu trop la vieille gauche?Autant faire comme elle et en profiter.Aquilès (Extrait de La Vache folk, No 28) i gam Le Couac, janvier 2001, page 7 MUS wmHii 1.Discours de Chavez devant la Constituate, 5-08-1999.2.El Universal, 31-05-00.fOfAÎSQUoi.-roi, CûN*glAMAUVAr# L'imposture néolibérale MIEITT DE F* R R PII X R E J.-Claude St-Onge Les Juifs d'Outremont Retour des tensions entre les juifs et les non-Juifs d'Outremont.Est-ce parce que les Juifs ont demandé de nommer une rue, une ville, voire le fleuve d'après le nom d'un personnage sacré du judaïsme, ou encore parce qu'ils auraient réclamé que leur fête du Yom Kippour soit un congé national?Heureusement que non.Ce serait été aussi ridicule pour notre Québec laïque que si Noël ou Pâques étaient déclarés jours fériés, que si toutes nos rues ainsi que nos villes portaient le nom d'autant de saints.Mais les Juifs d'Outremont ont fait bien pire pour un Québec laïque: ils ont demandé le droit de poser au sommet des poteaux de téléphone un fil qui entourerait leur quartier.Ce fil permet aux Juifs orthodoxes de contourner l'interdit que leur impose leur religion de transporter des objets hors de chez soi le jour du shabat.Grâce à un fil spécial, le eruv, un espace public peut être considéré comme un espace privé, ce qui permet aux Juifs d'y transporter une poussette pour bébé ou un parapluie.Les laïques québécois se sont élevés avec un courage exemplaire contre cette demande absurde et ont proposé aux Juifs de revoir leurs lois religieuses et d'abroger cet interdit stupide.Bravo à nos preux laïques ! Imaginez un instant que les Juifs ajoutent leur petit eruv à l'enchevêtrement de fils électriques et de fils téléphoniques qui obstrue déjà notre ciel.Ce nouveau fil risquerait de ruiner le plaisir que nous avons à admirer le ciel de notre Québec laïque et la majestueuse croix du Mont-Royal qui, la nuit, brille de tous ses feux.MOHAMED SMITH-GAGNON éœoàitt L'imposture néolibérale Marché, liberté et justice sociale *
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