Le couac, 1 décembre 2001, décembre
Forghettos Les banlieues récalcitrantes de l'île de Montréal vues par Michel Rioux.Vol.5 • n» 3 1 Néoesclavagisme p.7 1 L'institut Fraser tape sur la justice sociale pendant que Claude Picher lui tient les mains dans le dos.Loi antiterrorisme p.10 Quand l'Etat terrorise les militants.Un historique des arrestations des deux dernières années.Décembre 2001 rôle d'oiseau 3,50$ Cootie Lénergie atomique au Canada Quand la mort gouverne PAR JEAN-FRANÇOIS NADEAU Connaissez-vous Deep River?C'est une ville perdue, au nord de l'Ontario, quelque part entre Ottawa et Sudbury.Pour ma part, je n'en connaîtrais pas l'existence si un policier ne me l'avait un jour présentée au passage, une contravention à la main et un sourire aux lèvres Deep River, c'est la ville où habite Mohamed Attiah, un ingénieur Attiah, cinquante quatre ans, a perdu son emploi le 20 septembre à la centrale nucléaire de Chalk River, vraisemblablement parce qu'il est d'origine arabe.C'est à cette centrale qu'Énergie atomique du Canada teste depuis quelques mois, à la demande des Américains, des résidus de plutonium russe pour les réintégrer à ses réacteurs.Né en Egypte, Mohamed Attiah est installé au Canada depuis 27 ans.Il est père d'une famille en bas âge de quatre enfants Et tandis que les autorités se montrent incapables de préciser les accusations qui pèseraient contre lui, le malheureux fait des pieds et des mains pour retrouver son emploi.La psychose sécuritaire bat son plein.Le 2 novembre dernier, Ralph Goodale, le ministre des Ressources naturelles, a déclaré que les centrales nucléaires du pays pourraient désormais être surveillées par des hommes en armes.Quelques jours plus tard, on apprenait que la Commission canadienne pour la sécurité nucléaire envisageait même d'entourer les centrales de missiles afin de les protéger contre d'éventuelles attaques de kamikazes.Le nucléaire, bien sûr, cela représente un risque énorme Même sans attaques terroristes: rappelez-vous de Tree Miles Island et de Tchernobyl Et faut-il rappeler qu'on se demande toujours comment gérer les déchets radioactifs?Comme le disait un jour le premier ministre Chrétien dans une de ses célèbres glissades linguistiques: «il faut pas laisser les enfants s'amuser avec le nucléaire, c'est dangereux ça ».Pris de frayeur depuis le 1 1 septembre à l'idée de la catastrophe que provoquerait l'explosion d'une centrale chez blier les serpents contenus dans pareille manne.Le Canada continue donc au meilleur de lui-même de participer à la mise en place d'un veritable désastre pour la sécurité de la planète « Les triomphes commerciaux du gouvernement canadien et de son agence nucléaire ne sont que des défaites que l'humanité s'inflige à elle-même.» centrées sur notre plan d'affaire afin que les investissements du pays en matière de technologie nucléaire soient pleinement utilisés et que de larges bénéfices en résultent » La bureaucratie financière avait parlé.Le reste n'avait qu'à suivre.Et il suivit.lui, le gouvernement canadien poursuit pourtant ses démarches afin de vendre des réacteurs à l'étranger Même au cours de ces dernières semaines particulièrement lourdes de menaces, il n'a pas cessé de considérer le nucléaire comme une simple manne économique La machine idéologique du capitalisme l'a convaincu d'ou- Le 27 septembre dernier, le gouvernement nommait au poste de président intérimaire du Conseil d'administration d'Énergie atomique du Canada limitée le «très honorable» Ray Frenette, ancien premier ministre du Nouveau Brunswick, soldat fidèle des libéraux fédéraux et grand prêtre de la privatisation dans sa province.En début d'année, le C.A.avait acquis une autre recrue de luxe en matière de saine gestion du nucléaire en la personne de Me Marcel Aubut lui-même Tous les Ayatollah du libre marché n'avaient plus qu'à se réjouir Et c'est bien ce qu'a fait Robert Van Adel, le président d'Énergie atomique Canada, dans une lettre adressée au National Post le 15 octobre Guère plus d'un mois après les attentats aux États-Unis, alors que la situation internationale est on ne peut plus tendue, ce monsieur jubile et déclare à ses croyants que la situation mondiale du nucléaire connaît «actuellement une renaissance» partout, «y compris au Canada».Et puis il confie ceci: «Les discussions d'Énergie atomique du Canada avec le gouvernement ont été En octobre, le premier ministre Chrétien se transforme en voyageur de commerce proatomique à l'occasion d'une visite en Chine pour le sommet Asie-Pacifique II se fait même un devoir de demeurer une journée de plus en sol chinois afin de mousser un peu plus la vente de réacteurs candus auprès de ses hôtes.Le projet nucléaire chinois de Qinshan, dans lequel le gouvernement Chrétien s'est engagé en 1996, fait pourtant l'objet d'une poursuite judiciaire: le Sierra Club du Canada affirme que les études environnementales appropriées n'ont pas été menées.Mais peu importent au premier ministre ces poursuites: il déclare en Chine qu'il espère y vendre encore «plusieurs autres » réacteurs.En octobre toujours, un autre membre du gouvernement, le leader parlementaire Don Boudria, se tranforme pour sa part en ouvrier des services après-vente du nucléaire.Moins de quinze jours après que les autorités roumaines aient annoncé qu'elles entendaient «réévaluer la sécurité» de leur site nucléaire de Cer-navoda, il se rend en effet visiter le réacteur canadien en question et s'adresse à des hommes d'affaires canadiens Suite du texte à la page 6 *~ COiÀo On s'en fout! Lulu et ses fils ont assisté à la première de Harry Potter.Ce mois-ci.Denise Bombardier interroge Noam Chomsky sur les femmes de sa vie.Stéphan Bureau prend le thé sous les bombes avec Oussama ben Laden.Georges-Hébert Germain révèle tout sur son projet de biographie de René-Charles, le fils clone de Senile Dion et René En Gélule.Bricolage: Claude Picher enseigne l'ABC de la construction d'un paradis fiscal.Jean Chrétien discute littérature et théâtre et dégage l'influence déterminante de l'œuvre de Marcelle Ferron sur la théorie moderniste de l'art occidental non figuratif.Ainsi que plusieurs autres niaiseries.Lisez cela n'importe où sauf dans Le Couacl Drame Les pères Noël se sont tous rasés la barbe dans Kaboul libéré.Anthrax Les lutins du père Noël refusent d'ouvrir les lettres des enfants.Pollution Québec s'attaquera aux surplus de fumier {Le Devoir 20-10); André Arthur renvoyé (La Press?7-11).Ici Radio-Cadenas E3 Même si son Livre noir du Canada anglais est publié hors des murs de la SRC, le journaliste Normand Lester est suspendu en attendant les résultats d'une enquête disciplinaire On lui reproche d'avoir manqué d'objectivité en brandissant une clause du contrat qui dit que « la crédibilité de l'entreprise et celle de ses journalistes sont indissociables et tributaires l'une de l'autre», en rajoutant encore que cette crédibilité dépend «de l'abstention par l'entreprise et les journalistes de tout contact ou association qui pourrait donner prise à des soupçons de partialité» Pourtant, Robert-Guy Scully est parti la tête haute au lieu d'être congédié après le scandale des « Minutes du Patrimoine».Qu'en est-il de lean-François Lépine, manipulé de son propre aveu par Pierre Elliot Trudeau lors de la série d'émission montée à grands frais par Radio-Canada?De Liza Frulla, de Claude Charron ?N'ont-ils pas eu, eux aussi, des «associations qui pourraient donner prise à des soupçons de partialité»?Et Rabbinovich, directeur de la télévision nationale qui est un fidèle soldat du Parti libéral fédéral, ne se trouve-t-il pas à miner la crédibilité de la maison?L'inceste qui s'observe entre Radio-Cadenas et le gouvernement fédéral ne date pas d'hier.On n'en finirait plus de donner des exemples.Ainsi avec à sa tête lean Pelletier, fils de feu le ministre Gérard Pelletier, l'information à Radio-Canada ne manque pas de faire sourire.|e retranscris ici un extrait d'une conversation téléphonique que j'ai eue avec ce monsieur en 1999 à la suite d'un reportage litigieux à propos des Entartistes.Cet extrait en dit encore plus long sur la télévision de nos impôts que sur ce monsieur qui en a la charge.Voici : - Donc monsieur Pelletier, si les bulletins d'informations relatent des faits erronés, c'est pas grave?- Non, c'pas grave.- Mais, monsieur Pelletier, cela veut dire que la télévision d'État est muselée ! - Radio-Cadenas n'est pas une télévision d'État, c'est une télévision publique! - Pouvez-vous m'expliquer la subtile différence?- Le contenu éditorial d'une télévision d'État est dicté par l'État.Le contenu d'une télévision publique est dicté.par moi.Cette conversation est authentique L'enregistrement existe.Nous savons bien sûr que ce même directeur de la désinformation a, entre autres censuré les images de l'en-tartement de Chrétien durant la dernière campagne électorale Il a aussi censuré régulièrement le contenu de l'émission Infoman.comme le reportage sur la « morgue » des nouvelles, ces classeurs où l'on entasse les topos mortuaires de personnalités toujours vivantes C'est sans doute quelqu'un comme cela qui devrait être suspendu et mis sous enquête disciplinaire pour manque d'impartialité Mais nous savons que ce qui est reproché à Lester n'est pas son «manque d'objectivité journalistique», mais bien son manque de patriotisme pro-canadien POP TARTE 1! lit 1 Qg»R W L£ Couac, décembre 2001, page 2 COURRIER DES LECTEURS À chaque jour, c'est le 11 septembre ! À qui profite ce crime?À ben Laden?Aux Talibans?Par contre, depuis le 11 septembre, l'image de George Bush est passée de celle d'un idiot voleur d'élection à celle d'un grand chef d'État.11 a maintenant dans sa poche l'appui assuré du sénat et de la chambre des représentants, il n'a plus à tenir compte d'un paquet de procédures démocratiques avant de prendre des décisions discutables et il peut dès lors assouvir largement l'appétit des marchands d'armes qui financent son parti.Pendant ce temps-là, tous les ennemis (Afghanistan, Palestine, Lybie, Cuba, Irak, Chine) des USA sont pris entre l'arbre et l'écorce.La terre entière marche sur des œufs pendant que l'Amérique capitalise sur tous les fronts.Cette tendance ne peut que mener à un totalitarisme américain sur la planète entière.[.] L'histoire humaine est une guerre pour le frigo.S'il y a eu crime (Irak et Afghanistan) sur crime (le World Trade Center) et que ceux-ci profitent toujours à une infime partie de l'humanité, le tiers-monde continuera de croître tout comme le nombre de désespérés prêts à donner leur vie pour entraîner dans la mort ceux qui symbolisent leurs bourreaux.S'il y a un seul espoir pour que les innocents du 11 septembre ne soient pas morts en vain, celui-ci repose sur notre capacité individuelle et collective à transformer la mondialisation actuelle des marchés en une mondialisation des solidarités basées sur le partage des richesses, le respect de l'environnement et la reconnaissance des différences."Car comprenons ceci: si j'étais l'un de ces milliards d'êtres humains en manque de nourriture, de soins de santé et d'éducation, si, comme c'est de plus en plus le cas, j'avais parfois accès à des images me montrant l'opulence écœurante dans laquelle vivent les occidentaux, mon sentiment d'injustice à leur égard serait si profond qu'il ne pourrait être sondé.Si nous, occidentaux, étions moindrement conscients de l'histoire et des enjeux politico-économiques, nous comprendrions que nos belles démocraties ne sont pas étrangères à la profondeur de la détresse humaine d'une grande partie de l'humanité.Nous comprendrions aussi que nos démocraties se meurent à cause de notre passivité et de notre manque de courage politique individuel Et puisque les Lumières, les curés, les professeurs, les diplomates, les chefs d'État, les poètes, les philosophes et lésus en personne ne semblent pas avoir réussi, avec des mots, à éveiller l'inconscience crasse qui dort en chacun de nous, il ne sera peut-être pas inutile qu'un fou comme ben Laden (si toutefois c'est bien lui) serve à nous ébranler dans notre confort et notre indifférence face à la misère des autres.Le choc que nous ressentons tous depuis les événements du 11 septembre doit au moins nous faire passer de cette insouciance au sentiment d'impuissance qui précède le besoin d'agir pour ce qui nous tient à cœur.Or, l'humanité me tient à cœur et cette humanité, c'est bien plus que mon petit niveau de vie et ma sécurité d'occidental qui seront toujours menacés tant qu'ils seront notre luxe exclusif sur terre.Daniel St-|ean, Gatineau Pourquoi?Le chef de tout homme, c'est Dieu ; « le chef de la femme, c'est l'homme |.|.Toute femme qui prie ou prophétise le chef découvert fait affront à son chef [.).L'homme, lui, |.| est l'image et le reflet de Dieu ; quant à la femme, elle est le reflet de l'homme.Ce n'est pas l'homme en effet qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme; et ce n'est pas l'homme, bien sûr; qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme.Voilà pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de sujétion [.).» Ce passage que plusieurs verraient très bien comme étant sorti du Coran est tiré directement de la première épître aux Corinthiens (11, 2-10) Scandaleux, dites-vous?Certainement.Mais aussi invraisemblable que cela puisse paraître, la religion et la culture dans lesquelles nous baignons sont aussi potentiellement intolérantes.Nous n'avons qu'à penser aux croisades (Xle-X11Ie siècle) et à l'Inquisition (Xllle-XVle siècle) qui ont ensanglanté des siècles entiers pour nous en persuader.Comme le souligne Alain Gresh, il est totalement absurde que les experts cherchent «à nous persuader que le Coran recèle les sources des maux des pays d'Islam» (Le Monde diplomatique, novembre 2001).Pour employer une contrepèterie marxiste, rappelons-nous que ce n'est pas la religion qui se révèle à l'homme mais l'homme qui révèle la religion, et ce, aussi grande et puissante soit-elle.La religion n'est qu'un instrument, voire un mode d'emploi, et à ce titre, nous pouvons l'interpréter de bien des manières.C'est dire alors combien il est absurde d'essayer de comprendre les événements qui ont cours en tentant de démoniser le Coran, la religion islamique car, en soi, elle n'est pas plus radicale ou machiste qu'une autre.[.] Nous croyons pourtant que cette tragédie est éminemment politique et qu'aussi longtemps que nous resterons aveugles à cette dimension, les événements qui nous bouleversent tous resteront incompréhensibles.(.) Notre thèse est que le message politique envoyé par les attentats du 1 1 septembre dernier en est un d'exacerbation des disparités Nord-Sud, source d'énormes souffrances.La première de ces souffrances et certainement l'une des plus fondamentales, est celle entraînée par la faim L'an dernier, plus de 36 millions d'êtres humains sont morts de faim, et ce, malgré le fait que les forces de production de l'industrie moderne soient en mesure de satisfaire largement à la demande.|.| La conférence de Vienne de 1993 sur les droits de l'homme accordait pourtant une priorité aux droits à l'alimentation.Ceux-ci devaient s'ajouter aux autres droits fondamentaux de la décla- ration universelle des droits de l'homme de 1948.Les États-Unis ont refusé de signer cette déclaration de 1993.Le Trésor américain n'y trouvait pas son compte.C'est ainsi que l'intérêt national des États-Unis mine les efforts du développement humanitaire mondial.[.] Mais là encore, l'intérêt national était invoqué et les États-Unis faisaient bande à part.Mais ce qui retient notre attention encore davantage, c'est ce qui s'est passé à Durban, en Afrique du Sud, quelques jours avant la date fatidique du I 1 septembre.Au début du mois de septembre, une conférence internationale sur le racisme s'est tenue.Peu médiatisés, les événements qui se sont produits lors de cette conférence nous montrent à quel point les politiques de deux poids deux mesures dominent notre paysage géostratégique.Lors de cette rencontre, une majorité de pays s'est rapidement élevée contre l'État d'Israël, l'accusant d'être raciste envers les Palestiniens N'écoutant que son courage, la délégation israélienne quitta la conférence en claquant la porte.Peu de temps après, les États-Unis, solidaires, quittèrent aussi la conférence sans avoir signé quoi que ce soit.II est éminemment souhaitable que nous nous demandions pourquoi les réparations que nous avons octroyées aux juifs blancs du Nord ne s'appliqueraient pas aux Noirs ou aux «indigènes» du Sud.Pourquoi le Nord bafoue-t-il si souvent les droits des peuples du Sud?Comment légitimer, encore à ce jour, la pérennité de l'attitude colonialiste présente au sein des rapports Nord-Sud?[.,.) Une justice internationale équitable doit remplacer le diktat de l'intérêt national en politique internationale.(.) Le conflit en cours est politique.Il s'explique donc politiquement.Il est le fruit de la déréglementation, du laisser faire économique, du tout-à-l'argent, de l'égocentrisme national, de nos intérêts partisans et des énormes dettes du Sud qui en découlent Le malaise ressenti par le Sud s'explique visiblement, du moins en partie, par le marasme dans lequel nous le plongeons.Pour espérer comprendre la situation, il nous faut retourner à nos politiques, prendre conscience de leurs conséquences désastreuses À ce chapitre, durcir les politiques d'immigration, comme le souhaitent plusieurs gouvernants, nous montre seulement à quel point notre aveuglement est total et combien, finalement, la «liberté immuable» de tous les peuples ne nous tient pas à cœur.Louis-Philippe Blanchette Ecrivez-nous ! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs Les textes doivent être courts.Nous apprécions (beaucoup) les disquettes.Pour nous rejoindre, le courrier demeure une bonne façon : Le Couac, CP.129 Suce, de Lorimier, Montréal (Québec) H2H 2N6.Télécopieur: (514) 521-5599.im ni in ni DÉSESPÉRÉMENT FILIO! Cher collaborateur(trice)?incognito, Vous serait-il possible de nous donner une adresse de courrier électronique pour que nous puissions vous tenir au courant des dates de tombée.Nous apprécions toujours votre travail, même si des contraintes de production nous ont malheureusement empêché de publier vos derniers dessins.r ¦ ~~ ¦ i L'oiseau est ¦ maintenant en ¦ ligne.I Visitez notre site ouaibe ! I ™ m www.lecouac.org mm m ¦hbm ¦ mm -PLOGUES Saviez~vous.que Condoleezza Rice, conseillère personnelle de Bush en fait de sécurité nationale, siège aussi au conseil d'administration de la pétrolière Chevron?C'est ce que nous apprend le journaliste Douglas Valentine dans un article publié dans le magazine électronique Counterpunch (http ://www.counter-punch, org/ homelandl.html).L'auteur discute également de la propagande déployée par l'administration Bush depuis les attentats du 11 septembre.Instructif et terrifiant.La Tribu du Verbe Les lieux de prise de parole politique qui échappent aux « filtres propagandistes» des grands médias sont toujours aussi difficiles à trouver.Nous devons donc saluer l'apparition d'une telle agora qui a pour nom La Tribu du Verbe.Il s'agit d'un forum électronique au look convivial et au contenu politique caustique.Les quelques internautes qui l'animent sont des rats de bibliothèque du cybermonde qui débusquent des petites perles d'information méconnues.Le Couac en publie d'ailleurs quelques extraits dans ce numéro.Le site se trouve au http://www.tnbu.blogspot.com/ Scrutin proportionnel?Initiée par le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN), quelque cent vingt-cinq chefs de file de la société civile québécoise ont signé une pétition demandant aux membres de l'Assemblée nationale de consulter les citoyens sur l'actuel mode de scrutin québécois et sur les changements qu'ils voudraient y apporter.En effet, lors de la dernière élection générale, tout comme lors d'élections antérieures, des écarts importants ont été enregistrés entre le nombre de voix et le nombre de sièges obtenus par chacun des partis en présence.En clair, le mode de scrutin actuel favorise le bipartisme aux dépens des tiers partis souvent plus progressites.Bien que les trois partis représentés à Québec se soient prononcés en faveur de modifications au mode actuel de scrutin, on sait que ce dossier se retrouve périodiquement à l'agenda de l'Assemblée nationale depuis trois décennies.Il est à souhaiter que cette fois-ci sera la bonne Pour information: Paul-André Martineau, 514-354-9880 C'est Vhistoire de deux tours.Les Zapartistes présentent leur excellent cabaret politique sur les événements du 11 septembre à La place à côté (4571, Papineau), le samedi 1er décembre à 21 h et à L'Aparté (5029, St-Denis) les 5 et 6 décembre 21 h.Pour informations et réservations : 282-0911.POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 521-5499 Par la poste: Le Couac CP.129 Suce, de Lorimier, MONTRÉAL (Québec) H2H 2N6 Adressez votre chèque à : Le Couac.Abonnement d'un an : 28$ + taxes =JZ^V^ Offre de noël 25,00$ Abonnement de deux ans : 50$ + taxes = 57,50$ Abonnement institutionnel et de soutien: 50$ + taxes = 57,50$ Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 220$ + taxes = 253,00$ Abonnement d'un an à l'étranger: 46$ Nom Adresse Code postal Courriel_ Téléphone Le Couac CP.129 Suce, de Lorimier, Montréal, Québec, H2H 2N6 Téléphone : (514) 521-5499 Télécopieur : (514) 521-5599 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Rédacteurs en chef de ce numéro: Francis Dupuis-Déri, Bruno Dubuc et François Patenaude.Collaborateurs: Gerardo Aïquel, Normand FJaillargeon, Pierre de Bellefeuille, Jacques Bouchard, Thomas Déri, Francis Dupuis-Déri, Bruno Dubuc, Pierre Falardeau, David Ledoyen, Michelle Loslier, Jean-François Nadeau, François Patenaude, Martin Petit, Aude Ribis, Michel Rioux, Marco Silvestro, Pierre Vadeboncœur, Nadine Vincent.Illustrations: Boris, Charb, Filio (où est tu?), Luc Ciard, Luz, Serge Ferrand Caroline Ferguson.Graphisme: Marguerite Binette Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo et Le Rire pour leur collaboration.Abonnement et publicité: Catherine Desgagnés au (514) 521-5499 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec T§ Ik Le Couac, décembre 2001, page 3 Forghettos Dans l'île de Montréal, le Je me souviens risque de devenir 1 don't forget.Voilà l'une des tendances lourdes contenues dans les résultats des élections municipales du 4 novembre.Depuis cette date, c'est un fonctionnement politique consacrant la force de l'esprit de ghetto qui a fait son apparition.On peut affirmer maintenant qu'il a de l'avenir, l'esprit de ghetto, et que loin de se rétrécir et de réduire son rayonnement, il aura plutôt tendance à se répandre dans l'avenir.Les Anglais ont su tirer une leçon de la dernière déconvenue électorale qui leur soit arrivée, soit l'élection de 1976.Ils s'étaient à cette occasion payé le luxe de diviser leurs votes, faisant la nique aux libéraux de Robert Bourassa qui avaient glissé entre leurs dents serrées un bill 22 bien inoffensif pourtant.L'ont pas pris et ont préféré batifoler du côté d'une Union nationale travestie par Rodrigue Biron et William Shaw en Bonhomme Sept Heures linguistique à usage du seul West Island.Le réveil fut brutal, ils s'en souviennent encore et s'en servent pour faire peur aux petits qui ne veulent pas s'endormir.Les séparatistes s'étaient faufilés au pouvoir, au grand goddam des Anglais pour une fois floués.Mais on ne les y reprendrait plus, se sont-ils juré.Et depuis 1976, toutes les élections — fédérales, québécoises, scolaires ou municipales — prennent des allures référendaires.Comme en Afghanistan, on assiste à la lutte du Bien contre le Mal.de 61 pour cent des voix.C'est ainsi que dans l'arrondissement de Pointe-Claire, on a voté Tremblay à 92 pour cent, comme à Westmount, où le revenu familial se situe à 160 690$ Et dans celui d'Hochelaga-Maisonneuve, où le revenu familial se situe à 32 000 $, on a voté pour Bourque dans une proportion de 65 pour cent.On continue?Dans Mount Royal, où le revenu familial est de 116 735$ et où on clôt les entrées les soirs d'Halloween, Tremblay a recueilli 75 pour cent des voix alors que dans Rosemont-Petite Patrie, où on gagne en moyenne 39 714$, c'est Bourque qui était crédité Le clivage est tout à économique.a fois linguistique et En effet, même si une Grande Réconciliation a été annoncée récemment dans le rapport Larose, force est de constater que là où il y a une forte concentration de votants anglophones, on a donné à Gérald Tremblay des majorités comme les aiment Saddam Hussein et ses congénères.93 pour cent à Côte-Saint-Luc, 92 pour cent à Westmount, Beaconsfield et Mount Royal, 81 pour cent à Dollard-des-Ormeaux, cela s'appelle du vote concentré, du vote pas gaspillé, du vote stratégique.(Le vote stratégique, c'est un réflexe en voie de se perdre chez les francophones.) Ce vote se compare avantageusement aux scores accordés au Parti libéral lors des élections de 1998: dans Westmount (83 pour cent), dans Mont-Royal (85 pour cent), dans lacques-Cartier (90 pour cent), dans D'Arcy-McGee (95 pour cent).Dans la région de la capitale nationale, on a voté massivement contre le maire L'Allier dans ces ghettos cossus où se concentrent les plus fortunés qui, avec la fusion, voyaient disparaître ce privilège de jouir, sans qu'il ne leur en coûte, des avantages de la grande ville, avantages payés pourtant par le petit peuple de la basse-ville qui n'a pas, lui, les moyens d'en profiter.À 75 pour cent à Saint-Augustin, à 62 pour cent à Sillery.Non ! Non ! Qu'on se le tienne pour dit ! On ne nous verra pas ici tomber dans la plus vile démagogie en sortant des boules à mites ces allusions à l'argent et à la langue, d'un gauchisme et d'un racisme à faire vomir celles et ceux qui versent une larme de political correctness dans leur café le matin.N'empêche! Ces chiffres laissent songeur en révélant quelque chose qui ressemble à un repli sur sa langue ou sa fortune.Ou les deux à la fois, c'est selon.Mais une chose est claire: que l'on soit à Saint-Lambert, à Saint-Bruno ou à Saint-Augustin, ou encore à Mount Royal ou à Pointe-Claire, ce qui nourrit ce refus d'être confondu avec l'autre, c'est quelque chose qui n'est rien d'autre qu'un profond mépris.MICHEL RIOUX Tremblay, le pantin Aux questions insistantes des journalistes, le futur maire de Montréal Gérald Tremblay a répondu cent fois que tous les membres de son équipe vont travailler sans relâche au succès de la nouvelle métropole résultant de la fusion.Or, dès la mi-novembre, treize maires de banlieue, y compris plusieurs membres de son équipe, annonçaient qu'ils allaient plaider contre la fusion devant la Cour suprême d'Ottawa Tremblay est-il incroyablement naïf ou complètement fourbe?Ou les deux à la fois?C'est peut-être tout simplement l'homme qui dit n'importe quoi.Avez-vous compris pourquoi, le soir des élections, dans son discours d'acceptation, il a remercié tout le monde et en particulier les communautés religieuses?Et pourquoi pas la main de Dieu, tant qu'à y être?Ce serait du joli si la Cour suprême, celle qui, selon feu Maurice Duplessis, penche toujours du même bord, donnait raison aux maires de banlieue.Au fait, ça aurait peut-être son bon côté Ça aiderait peut-être les Québécois indécis à comprendre pourquoi l'indépendance est nécessaire.Quoi qu'en dise Tremblay, plusieurs membres de son parti sont des militants francophobes.Avec la majorité dont «l'Union» disposera au conseil, on peut s'attendre à une offensive majeure pour angliciser la métropole du Québec.Ainsi, les événements se chargent de réfuter le bon-ententisme qui suinte du rapport Larose sur la situation du français.C'est aussi le but principal de la fusion, la justice fiscale, qui est gravement compromis.Les maires de banlieue vont tout faire pour bloquer la répartition équitable des taxes municipales.Il faut donc craindre que les pauvres et la moitié inférieure de la classe moyenne continuent de payer pour les riches.Heureusement, il y aura une forte opposition au conseil municipal.Pierre Bourque connaît bien les dossiers.Nous pouvons sans doute compter sur lui pour veiller au grain et, au besoin, tirer la sonnette d'alarme.PIERRE DE BELLEFEUILLE r Bacon le/v/av.Cle/netit l^qyhot PRés/çfeA/f cte /A FPP tfKéTe/yd Que.Je Quebec av'a pAsde -pKobmes de.//s/eR./ 1 Ça se*/" ua> peu' 5AU àéhvit, MA /S OA/ S'hAbitue.|*FécféRA~tio»/ de* i>ftodocfeOfts
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