Le couac, 1 juillet 2002, juillet
|TdQ p.3 1 Le résumé d'une imposture ou le programme du «nouveau» parti.Pierre Vallières Le côté missionnaire de notre frère Vallières ï 'M I Environnement p.8 1 Le commerce de bois précieux menace les dernières canopées forestières drôl oiseau Vol.5 • n° 10 ILRT Juillet 2002 3,50$ Cotise, vte, Dumont nous a piqué notre programme économique L'ADQ et la révolution conservatrice S'il nous a volé quelque chose, c'est que c'est un vrai néolibéral.dl Au sujet de l'engouement soudain d'un certain public à l'égard d'une «jeune» formation politique, les commentaires de ses opposants ramènent sans cesse au passé, tantôt à celui de Maurice Duplessis, tantôt à celui de Robert Bourassa.Ces rapports tissés selon les humeurs et les besoins d'une opposition électorale du moment sont le plus souvent superficiels Ils interdisent de voir sérieusement l'ensemble des conditions d'ascension de ce chef à la fois insignifiant et habile qu'est Mario Dumont.Une exception dans les textes du genre: celui de Pierre Vadeboncceur, publié dans le présent numéro.Il faut dire que, au sujet de Duplessis et de Bourassa, l'ami Vadeboncceur en connaît un rayon.Mais à trop regarder du seul côté de Duplessis et de Bourassa, on s'installe au cœur de la manipulation de l'image, là où l'ADQ excelle précisément.Si on veut chercher des analogies qui n'occultent pas la part d'idées très actuelles de ce parti, il faut cesser de tourner les yeux du côté de l'inculture et de l'autoritarisme de Duplessis et des atermoiements et des retournements de Bourassa.II faut plutôt chercher du côté de la scène internationale actuelle telle qu'elle se dessine avec le triomphe arrogant du néolibéralisme.Cette politique du laisser-faire, élevée depuis Reagan et Thatcher en seul mode possible de réussite de la pensée politique, conçoit en fait ses supposés acteurs comme des marionnettes au simple service d'idées économiques tracées d'avance.Ainsi découvre-t-on que, loin de représenter une force nouvelle, les politiques aux dents longues de l'ADQ ne représentent tout au plus qu'une continuation locale d'un mode de domination international qui, tant sous Chirac, Blair ou W.Bush, a eu pour conséquence de faire de citoyens en plein désarroi de la simple chair à patron L'Alliance canadienne a plus ou moins fermé ses bureaux au Québec.Cela n'a choqué personne.Que l'ADQ, au même Loin de représenter une force nouvelle, les politiques aux dents longues de l'ADQ ne représentent tout au plus qu'une continuation locale d'un mode de domination international moment, en ouvre un peu partout au Québec devrait cependant inquiéter.En face de pareille révolution conservatrice, que faire?Les choix possibles sont fort minces.On se trouve devant des partis plus anciens qui, de plus en plus, en lieu et place de toute politique, se contentent d'habiller leurs retournements continuels d'un verbiage au goût du jour, au goût de la petite science poli- tique de fond de département comme de celui d'une certaine forme de journalisme voué avant tout à la constitution d'une opinion qui legitimise ses artisans.Dans pareil carcan politique, voter n'est peut-être jamais apparu aussi peu adapté à traduire l'intérêt du plus grand nombre.Le vote, plus que jamais, institutionnalise la passivité et le désarroi individuel devant un système politique qui présente des horizons de plus en plus nivelés.La légalité du vote individuel, élevée en principe de vérité politique, massacre ainsi la légitimité de l'intérêt du plus grand nombre.Pour que se resaisisse pareille société vouée, en définitive, au seul laminage électoral, il faudrait d'abord que les intellectuels, les mouvements communautaires, les syndicats et les divers responsables sociaux cessent d'obéir à l'actuel jeu débile du positionnement dans le jeu électoral pour se consacrer à rebâtir une véritable force critique sur laquelle pourra reposer l'intérêt commun.Le changement, ce pourrait donc être cela, avant tout.Et ce serait déjà beaucoup pour contribuer à se débarasser de toutes les engeances du type Mario Dumont.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Laforest et Dufour au service de Dumont et compagnie La révolution par en arrière «o n peut quelquefois faire appel à des compétences», disait de Gaulle avec un indéfinissable sourire.Quelquefois.Des compétences.Faire appel.On peut.Et le Général continuait de sourire.Christian Dufour n'est pas rien.Politologue.Professeur à l'ENAR Conseiller politique public à l'instar de Léon Dion qui lui aussi, naguère, éclairait par en avant la réaction en lui traçant des voies nouvelles qui étaient en tout point comme les anciennes.M.Dufour, comme M.Guy Laforest, éclaireurs tous deux de la révolution par en arrière, ce qui revient au même, s'ébahit des nouveautés de Mario Dumont et de son parti «À droite, mais pas dogmatiques», dit-il d'eux.Pas d'enlisement «dans des débats futiles».Voyons cette droite.Voyons ces débats futiles.Primo, «s'être positionnés en dehors du clivage fédéraliste-souverainiste».Enfin des gens pour n'être ni l'un ni l'autre ! Ou bien pour être les deux en même temps, comme M.Laforest, selon son propre aveu Christiant Dufour, comme Guy Laforest, sont des éclaireurs de la révolution par en arrière qui s'ébahissent des « nouveautés » de Mario Dumont et de son parti.Secundo, par voie de conséquence, la réapparition des «débats SOCIAUX».Lesquels?- Le taux d'imposition uniforme.Fini de faire payer proportionnellement davantage les riches.- La privatisation partielle de la médecine.La médecine à deux vitesses, une pour les riches, une pour les autres - La sous-traitance des services non médicaux dans les hôpitaux.Plus généralement, l'abolition des « monopoles syndicaux ».Donc pour autant la paupérisation et la précarisation de la main-d'oeuvre.- La hausse des frais de scolarité.Donc la sélection plus accusée des étudiants selon la capacité de payer.- La réduction radicale de la fonction publique.On a parlé de 25%.- La réduction accentuée des impôts, par conséquent celle du social.Dumont et l'ADQ, dit Dufour, « incarnent le changement au niveau des valeurs».Il doit sans doute vouloir parler des valeurs mobilières.PIERRE VADEBONCOEUR André Pratte Tête d'oiseau Les journaux sont-ils libres, se demande André Pratte en page éditoriale de La Presse (23-06).Chez CanWest Global, déplore-t-il, on congédie à qui mieux mieux de pauvres journalistes qui ne suivent pas docilement la ligne du journal Pas de danger que de pareilles choses arrivent à La Presse.En effet, observe le bon Pratte, dès 1972, La Presse a jugé bon de produire une charte où elle proclame que le journal «est indépendant de toute formation ou de tout parti politique.Aucun gouvernement, aucune puissance financière, aucun groupe ni aucun individu ne le fera dévier de sa mission première, qui est d'informer le lecteur honnêtement et le plus complètement possible» Informer.Indépendance.Honnêteté.Qui en eût douté?Nul autre que Pratte: en 1998, à l'animatrice Anne-Marie Dussault de Télé-Québec, il déclarait «qu'il faut être fédéraliste pour être columnist à La Presse et que ses journalistes doivent être prudents lorsqu'ils traitent de Power Corporation, le propriétaire du journal » [Le Devoir, 16-05-1998).Eprouvé Le 17 juin, notre incomparable camarade Pierre Falardeau est frappé deux fois plutôt qu'une par l'adversité: augmentation du prix des cigarettes et élection de trois députés pour l'ADQ.Ça l'a figé: pas de texte de lui dans ce numéro ! Bonhomme sept heures Mario Roy profitait du congrès de fondation de l'Union des forces progressistes du Québec pour ridiculiser la gauche, en ironisant sur «la bonne vieille mondialisation néolibérale qui après sept heures le soir, sert à faire peur aux enfants ».(La Presse, 18-6) Ça c'est pour les envoyer au lit, Mario.Aux repas on leur dit: mange tes brocolis, sinon ton cerveau ne se développera pas normalement et tu seras aussi con que Mario Roy quand tu seras grand.Le pape à Toronto Toujours vivant ! Le gouvernement américain affirme que Ben Laden serait toujours vivant Remarquez que l'Église catholique affirme la même chose du pape.ta* 4* opfë Boules à mites À la une du Devoir du 18 juin, sous la plume de Caroline Montpetit, on apprend que (acques Attali, claxon à bêtises, est rien de moins qu'un «déboulonneur de mythes».On aurait pu ajouter que c'est un plagiaire, un vendeur d'armes, un conseiller pour plusieurs régimes dictatoriaux et un héros de notre cher Jacques Godbout (Voir Le Couac, mai 2002) 8 L
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