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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
septembre
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
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Le couac, 2002-09, Collections de BAnQ.

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Michel Rioux Les débris d'un notaire sans la moindre poésie: Ghislain Lebel 1 Pierre Vadeboncœur 11 Une visite chez le docteur Norman Bethune, un homme libre (fer I Susan George p.8 1 La vice-présidente d'ATAC France se penche sur le scandale Bush-Enron Vol.5 • n° 12 Septembre 2002 3,50$ Un an après DES MILLIERS DE MORTS PLUS TARD La guerre est douce à ceux qui ne la subissent pas.hrasme Lm attaque du 11 septembre 2001 a tué quelque 3 000 innocents civils: il s'agit de l'attentat terroriste ayant causé le plus grand nombre instantané de morts en temps de paix.Quiconque a conservé un minimum de décence morale ne pouvait que ressentir une profonde indignation devant cette horreur et souhaiter vivre dans un monde où elles ne se produisent jamais.La façon civilisée de faire est que les coupables soient trouvés et traduits en justice, selon la procédure suivie en pareils cas par les États qui respectent le droit international.Pour éradiquer le terrorisme, on déclara plutôt qu'il fallait bombarder l'Afghanistan.Cette décision a été prise sur la base de (et malgré les) prévisions réitérées de toutes parts (par les organismes d'aide humanitaire et par l'ONU) qu'elle pouvait entraîner, par la famine, la mort de dizaines de milliers de personnes.La campagne de propagande lancée à ce moment prit la forme de parachutages de vivres décrits par les mêmes organismes comme inutiles, voire nuisibles.Mais on les décrira typiquement dans nos journaux comme un PAR NORMAND BAILLARGEON «important volet humanitaire» des «opérations déclenchées» (Mario Roy, La Presse, 9-10-01).Par définition, lorsque nous tuons, c'est toujours avec bienveillance.La «guerre au terrorisme» Se pOUTSUit depuis, avec la restriction des libertés civiles, les arrestations arbitraires et l'allocation massive de crédits aux budgets militaires.Le prochain acte se jouera vraisemblablement bientôt, avec le bombardement de l'Irak, pays exsangue et que rien ne semble relier aux attentats de l'an dernier.La réaction du grand public cependant, on le sentait nettement au lendemain de l'attentat, était différente Et plus saine.On s'interrogeait sur la nature du terrorisme, sur ses causes et sur les moyens appropriés pour lutter contre lui.Un vaste sondage international1 confirme cette impression et montre que, de par le monde, seule une minorité de gens, en certains cas une minuscule minorité, favorisait le recours à la force militaire Une tension apparaissait donc, bien saisie par André Pratte: « Depuis les attentats qui ont coûté la vie à plus de 5 000 personnes mardi dernier, La Presse a reçu plusieurs lettres de citoyens inquiets de la réaction «belliqueuse» des dirigeants américains.Ces Québécois, comme chacun d'entre nous, craignent l'escalade de violence.Craignent que d'autres innocents soient victimes de la revanche américaine.Ils souhaitent une autre solution.Cette autre solution n'existe pas.» ( 17-09-01 ) La machine médiatique se mit donc en branle avec ce présupposé, à ce point admis comme allant de soi qu'il n'a même pas été besoin de le justifier: il «n'y a pas d'autre solution» à la « revanche » américaine.Un an plus tard, que penser de la couverture médiatique de cette «guerre au terrorisme»?Au risque d'être injuste envers certains d'entre nous et en généralisant quelque peu, je pense qu'elle a globalement été conforme à ce que les précédents de la Guerre du Golfe, du Kosovo et de tant d'autres interventions militaires laissaient présager: pour l'essen- II y a un an, la machine médiatique se mit en branle avec ce présupposé, à ce point admis comme allant de soi qu'il n'a même pas été besoin de le justifier : il « n'y a pas d'autre solution » à la « revanche » américaine.tiel, un simple écho des positions adoptées par les États impliqués et leurs élites.Le modus operandi en est désormais familier: mise en évidence de manière aussi prééminente que possible de faits qui confortent l'analyse privilégiée et occultation des autres; convocation quasi exclusive de la parole des voix autorisées.Au total, notre refus de raisonner n'a eu d'égal que notre amnésie collective et notre incapacité à replacer les faits dans des contextes signifiants.Cette «guerre contre le terrorisme» est en fait la deuxième du genre, la première ayant été orchestrée il y a vingt ans par le Gouvernement Reagan.Elle emploie bien souvent la même rhétorique, le même argumentaire, met en jeu certains des mêmes acteurs: rien de tout cela ne fut vraiment examiné de manière significative et je pense qu'on n'en retiendra pas plus de leçons cette fois que de la précédente.Par exemple, la question générale mais importante de la nature et des causes du terrorisme ne pouvait être posée et ne le sera pas: c'est que toute analyse sérieuse conduit à constater que cette guerre contre le terrorisme est menée par une coalition qui compte en son sein bon nombre d'États terroristes ; qu'elle est, au mieux, une guerre contre une certaine classe d'actes terroristes soigneusement choisis par eux et en ignorant scrupuleusement leurs propres actes terroristes ainsi que tous ceux qu'ils permettent, approuvent et encouragent D'emblée , le grand public semble s'être posé la question, difficile, de la réponse appropriée à donner aux événements du 11 septembre.Il pressentait sans doute que la réponse de nos élites, indéfendable sur le plan humain et moral, serait aussi contre productive (la contre productivité de l'action militaire contre le terrorisme est un fait particulièrement bien établi) et incapable d'atteindre même les objectifs qu'elle se donne sans remonter la filière là où elle conduit, et donc, notamment, en Arabie Saoudite, ce que personne n'envisage sérieusement de faire.Comment la justifier?suite à la page 2: MILLIERS DE MORTS La faculté qui oublie Devant la recrudescence débridée de la torture à l'échelle internationale, certains États ont ressenti le besoin d'unir leurs forces pour endiguer ce fléau, d'où la récente ratification de la Convention d'Asuncion qui devrait mettre fin une bonne fois pour fautes aux déplorables et indignes écarts de conduite observés au cours des dernières décennies.Sous l'égide d'un nouvel organisme de surveillance, Amnésie internationale, les états signataires s'assureront que: 1° les brûlures sur le corps seront infligées avec des cigarettes à bout filtre seulement, en des lieux adéquatement aérés ; 2° le port du condom sera exigé lors des viols collectifs; 3° un avortement thérapeutique sera pratiqué sur les femmes enceintes avant de les torturer (usage de la pompe aspirante pour les embryons de dix (10) semaines ou moins, injection d'eau de javel pour les autres), et les fœtus âgés d'au moins cent quatre-vingt-deux (182) jours auront droit à une prière et à une place dans un charnier (en conformité avec le Traité de Belgrade), les autres serviront de guano (selon les dispositions de la Convention de Jakarta sur le recyclage de déchets humains) ; 4° la liberté de culte sera rigoureusement respectée et aucun individu ne sera égorgé un jour de fête religieuse (Albanie et Chine exceptées, conformément aux Accords multilatéraux de Tirana sur les exécutions sommaires dans les États post-maoïstes) ; 5° pour sauvegarder la couche d'ozone et protéger la reproduction des batraciens, le zyklon-B est proscrit (Arabie Saoudite exceptée [Traité de Ryadj, royaume exempt de batraciens) et les asphyxies ne seront per- mises qu'avec des gaz approuvés par l'OCDE et le FLA (Front de Libération des Animaux) ; 6° la présence éventuelle d'OGM dans les armes bactériologiques sera signalée par une étiquette, et le prisonnier d'opinion pourra exiger d'être tué par l'action de produits issus de la biochimie organique (en ce cas, les crédits d'impôt pour la recherche et le développement des trusts pharmaceutiques seraient remplacés par des points Air Miles ou des certificats-cadeaux Renaud-Bray) ; 7° les rapts seront archivés sur cellulose biodégradable (conformément à la Loi du 6 août 1945 sur l'Amnésie de plein droit en raison des intérêts supérieurs du complexe militaro-industriel), et les parents des victimes informés de l'exécution de leur(s) proche(s) par télégramme chanté; 8° les restes humains seront restitués aux familles dans les quatre-vingt-dix (90) jours suivant le trente et un (31) décembre de la dixième année anniversaire de l'exécution de l'individu indésirable; 9° dans le cas d'une immolation, l'État remettra gratuitement, agrafée au cadavre, en guise d'attestation d'identité, une fiche dentaire de l'individu supprimé (mais les radiographies, ainsi que le code génétique, resteront la propriété du ministère de l'Intérieur dudit État); 10° en cas de pendaison, les pantalons du pendu seront nettoyés à sec aux frais de la succession, mais un reçu d'impôt sera émis (feuillet n° RS10-24f.09t) ; 11° en cas de décapitation, la tête sera remise aux proches du décapité en même temps que le corps, et dans le même sac de plastique ; 12° les électrochocs sur les organes génitaux seront infligés à l'aide d'électrodes stérilisées au permanganate ou aux hypochlorites seulement (Traité de Beijing); 13° par souci de conservation d'énergie, les irradiations létales auront lieu le lundi en Afrique (là où la technologie le permet), le mardi en Europe, le mercredi en Asie (jusqu'au jour de son intégration imminente à l'Union européenne, la Turquie reste un État d'Asie, plateaux de la Thrace compris, et aucune exécution de Kurde n'y sera tolérée le mardi), le jeudi en Océanie, le vendredi dans les Amériques (Vendredi saint excepté, conformément à la bulle papale In vino Veritas) ; 14° l'enlèvement des ordures et des opposants au régime aura lieu le samedi; 15° le dimanche sera une journée universellement consacrée à la recharge des batteries.Les États qui contreviendront à l'une ou l'autre de ces «15 résolutions des sages» de la Convention d'Asunciôn seront sévèrement punis, soit par la défense faite à leurs citoyens de participer à certaines manifestations sportives et culturelles, comme le Championnat mondial de squash ou le Festival des quatuors à cordes d'Helsinki (Mundial de football et Jeux olympiques exceptés, conformément au Traité de Bogota), soit par une surtaxe de 0,01 % sur leurs exportations de tungstène et de saccharine.SYLVAIN TRUDEL Membre en règle d'Amnésie Internationale et du LE PEN Club.Bienvenue aux dames. Le Couac, septembre 2002, page 2 Jeux de maux: n Manifestant professionnel Pour les porte-parole de la police ainsi que pour de nombreux éditorialistes et chroniqueurs, il y aurait des « manifestants professionnels ».C'est ainsi que Mario Roy et Lysianne Gagnon, de La Presse, étiquettent les citoyens qui protestent contre la mondialisation du capitalisme.André Durocher, le porte-parole de la police de Montréal, procède lui aussi à cette fine identification sociologique.Ainsi, commentant une arrestation de 371 citoyens effectuée le 15 mars 2001 par son corps de police après une manifestation contre la brutalité policière, il déclara qu'il s'agissait principalement de «manifestants professionnels» (Voir, 11-17 avril).Voilà des citoyens pas trop respectables, on l'aura compris.Ils ont ce fichu défaut de s'occuper un peu trop de politique et de le faire dans la rue.On n'en demande pas tant aux citoyens responsables dans nos «démocraties» libérales: qu'ils votent d'un simple X puis qu'ils se taisent.Mais s'il y a des « manifestants professionnels », y a-t-il des «manifestants amateurs» et des «manifestants surnuméraires»?Qu'arrivera-t-il si les «manifestants professionnels» font la grève?Devront-ils assurer des services essentiels?Et après combien de manifestations devient-on professionnel ?Combien de causes a-t-on le droit de défendre?Et qui décide des quotas?Voilà bien des questions soulevées par cette manie que partagent policiers et scribouilleurs de distinguer les «bons citoyens» des individus nuisibles.Une expression aussi clairement disqualifiante que celle de « manifestant professionnel » n'a pour fonction que d'exprimer un mépris, que de faire oublier une réalité pourtant si simple, à savoir que les seuls «professionnels des manifestations» sont les policiers qui sont payés, assurés, équipés et entraînés pour contrôler et possiblement réprimer les manifestants.Les voilà, les professionnels de la manifestation.FRANCIS DUPUIS-DÉRI Francisdupuisderi@hotmail.com nota-.Le mois dernier, nous pariions de l'expression «bombe sale» dont le nom est tellement moins joli que celui de «bombe intelligente», qui désigne de façon si neutre les joujoux de l'armée américaine.La succulante expression « dirty bomber» nous avait échappé.Nous l'avons retrouvée dans le titre d'un article du magazine Time, du 16 juillet 2002 (merci à Lazer Lederhendier pour l'info).Associée à une photo d'un éventuel terroriste ayant un visage aux traits qui évoque le désert, l'expression « dirty bomber» rime avec « dirty arab».mm m mmmm m mmm§ m mmm§ m ¦ an ¦ mm (Suite de la page 1) Milliers de morts On invoqua le fait que l'Afghanistan abrite des terroristes.Sans doute.Mais en vertu de ce principe, quel pays ne devrait-on bombarder?Puisque, depuis longtemps, Haïti demande sans succès l'extradition d'Emmanuel Constant, terroriste notoire réfugié aux Etats-Unis, doit-on conclure que Haïti serait en droit d'attaquer ce pays?Il restait la réponse respectant le droit international.Pourquoi ne fut-elle pas retenue?Voici une explication.Durant cette première «guerre contre le terrorisme» les États-Unis ont fait des dizaines de milliers de morts au Nicaragua.Ils furent pour cela condamnés pour recours illégal à la force par la Cour internationale de lustice (jugement du 27 juin 1986|.Le Conseil de sécurité des Nations Unies puis son Assemblée Générale allèrent dans le même sens.Rien n'y fit: adoptant un comportement de pays voyou, les Etats-Unis ne se conformèrent pas au droit C'est ce qu'ils firent cette fois encore.Mais soulever sérieusement de semblables questions, c'est se voir vouer à l'opprobre par une intelligentsia qui semble absolument incapable de distinguer entre comprendre les causes du terrorisme et l'approuver, ce qui est pourtant élémentaire et essentiel, et incapable d'admettre qu'au strict minimum un axiome de réciprocité doit gouverner ces discussions.En vertu de cet axiome, les principes qu'on invoque et au nom desquels on agit doivent en droit valoir aussi bien pour nous que pour autrui.Il s'ensuit que toute conclusion découlant d'eux et valant pour autrui doit aussi, dans les mêmes circonstances et toutes choses étant égales par ailleurs, valoir pour nous.Il n'est cependant pire crime que d'envisager de telles questions.Depuis un an, certaines de ce genre firent pourtant quelque peu leur apparition dans l'espace public.La Chaire d'études Stratégiques de l'UQAM s'empressa d'organiser un savant colloque sur ce péché capital.La nomenklatura put y venir payer ses hommages à l'Empire et fustiger, sous le nom d'anti-américanisme, toute velléité de penser.Les médias couvrirent l'événement avec éloges et empressement.En attendant, au moment où j'écris, les Afghans retombent peu à peu dans le grand trou noir de l'oubli, quelque part dans les dernières pages de nos journaux où on ne rapporte ni le fait que certains meurent dans des camps de réfugiés, ni le nombre de ces morts, qui n'intéresse personne.Pas plus qu'on ne s'intéresse à ces nouveaux maîtres de l'Afghanistan qui, il faut le craindre, sont à peine moins horribles que les Talibans, qui avaient eux-mêmes été hier mis aux commandes par les Américains.Si on juge de la réussite du travail des médias à l'aune de sa capacité à exposer, à justifier et à promouvoir les positions des institutions dominantes, il faut parler ici d'un (autre) remarquable succès.Mais si on en juge selon d'autres critères — par exemple la contribution à un débat public éclairé et informé sur des sujets graves — une autre conclusion s'impose.|e laisse à chacun le soin de conclure en toute conscience sur ce que cette supposée Guerre contre le terrorisme nous enseigne sur nous, sur nos élites, sur notre intégrité intellectuelle et morale et sur notre souci de la justice et du bien-être des êtres humains ici comme ailleurs.NORMAND BAILLARGEON Sondage Gallup, 14-17 septembre 2001 Une invitation.La Chaire d'études socio-économiques de l'Université du Québec à Montréal vous invite à un colloque sur «Les mouvements sociaux et l'action politique de gauche au Québec dans le contexte de la mondialisation néolibérale» les 20 et 21 septembre 2002 à la salle Marie-Gérin-Lajoie de l'UQÀM.Tous les détails au : http ://www.latribuduverbe.com/ archives/000525.html#000525 COURRIER DES LECTEURS La censure sous le soleil Est-ce que Jean-Guy Dubuc (parent avec l'autre du Soleil?) nous prend pour des caves avec ses conneries sur la liberté d'opinion de Power Corporation?[.] Dans un pays normal, chaque citoyen devrait avoir le droit d'exprimer ses idées librement, sans censure.Et les journaux de Gesca contrôlent cette liberté en se donnant le droit de couper un texte ou de le refuser.Ça veut dire que le Canada n'est pas un pays normal.Le bonhomme Desmarais pouvait bien parler de la Vérité avec un grand V; dans un pays comme le Canada, la «vérité» et l'opinion publique sont sous surveillance! Sans le dire ouvertement, les grands journaux ont des «comités de censure» qui surveillent les lettres d'opinion et jettent celles qui défendent l'indépendance ou qui critiquent les USA et publient d'autres qui vomissent sur les indépendantistes et qui approuvent le cow-boy Bush ! Alors mon cher lean-Guy, arrête de rire de nous, OK?On n'est pas des imbéciles ! Simon Linjure gratuite Le texte «Le pape à Toronto» (août 2002, p.2) se prétend être de l'humour.C'est plutôt de l'injure gratuite, du genre débile, comme celui dans lequel se complaisent des adolescents moroses.Faudrait élever le niveau de réflexion d'un cran ou deux pour rejoindre le palier de l'humour.Louis O'Neill Le traducteur traître Salut ceci est à propos d'une traduction à la première page du mois d'août 2002 Dans l'arti- cle de Michelle Loslier sur l'éditorialiste Mario Roy et God and ail, la traduction de la publicité patriotique aurait pu être encore plus en accord avec son sens et les propos de Loslier: One Nation Under God/ Un Pays sous la gouverne de Dieu, non?Je pense juste que cela aurait respecté un peu plus la photographie et les propos de l'article sur God and Uncle Scam.Merci et bonne chance, au plaisir de continuer à vous lire.Antoine Saint-Jacques Écrivez-nous ! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Le courrier électronique demeure la meilleure façon (texte@lecouac.org) Sinon une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.129 Suce, de Lori-mier, Montréal (Québec) H2H 2N6.Télécopieur: (514) 521-5599.Pour les travailleurs Au bas de l'échelle est un groupe populaire pour la défense des droits des travailleuses et des travailleurs non syndiqués du Québec.On consulte leur site à http ://www.aubasdelechelle.ca/ Tous contes faits Compter.De tout temps, des margoulins ont su transformer en or ou en papier (le billet vert), la matière et l'être humain.Et même la culture.Conter.De tout temps, le conte populaire a relayé réalité-fiction, réflexion-action, rêve-émancipation.En comptant jusqu'à dix seulement on réalisera que le FESTIVAL LES IOURS SONT CONTÉS EN ESTRIE fête cette année sa première décennie.Du 10 au 20 octobre, ce Festival qui table sur le conte pour solidariser le monde avec imagination, se programme dans une trôlée de villages sans trop de reconnaissance financière.Pour découvrir la programmation: www.productionslittorale.com Appel à ïaction Des représentants d'universités et d'institutions aussi «prestigieuses» que la Banque mondiale et l'OCDE seront à Québec pour discuter de leur vision de l'université de demain.Cette vision, dirigée par les impératifs de productivité et de compétitivité de l'entreprise capitaliste, est incompatible avec un projet d'éducation critique, émancipatrice, accessible et égalitaire.C'est pour protester contre cette conception d'une éducation asservie aux exigences de l'entreprise privée que deux journées d'actions et de conférences sont organisées du 18 au 20 septembre 2002 Campus l'Université Laval (Québec).Tous les détails au www.mobseptembre2002.4t.com SOUTENEZ-NOUS ! En kiosque, Québécor nous prend plus de 50%!.ABONNEZ-VOUS AU COUAC c.p.129, suce, de Lorimier, Montréal (Québec) H2H 2N6 Libellez votre chèque à : Le Couac.Nom Adresse • Abonnement d'un an : 28$ + taxes = 32,20$ Une bonne idée : vous vous abonnez et vous offrez un abonnement à un ami.Pour abonner ce tiers, il vous en coûtera : 21,73 $ + taxes = 25,00 $ • Abonnement de deux ans: 50$ + taxes = 57,50$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 50$ + taxes = 57,50$ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 220$ + taxes = 253,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 46$ Code postal Courriel Téléphone Le Couac c.p.129 Suce, de Lorimier, Montréal, Québec, H2H 1V0 Téléphone : (514) 521-5499 Télécopieur : (514) 521-5599 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Rédacteurs en chef de ce numéro : Bruno Dubuc, David Ledoyen Collaborateurs: Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, Jacques Bouchard, Charb, Louis Cornellier, Clôde de Guise, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, Susan George, Bob L'Aboyeur, Michel Rioux, Pierre Vadeboncoeur, Anne Sarazin (stagiaire), Mohamed Smith-Gagnon, Valentin Tardi, Sylvain Trudel.Illustrations: Boris, Charb, Filio, Luc Giard, Honore, Luz, Serge Ferrand, Richard Suicide, Ramon Vitesse, Caran dAche, Robida Graphisme : France Mercier Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo et Le Rire (France) et Le Journal du Jeudi (Burkina Fasso) pour leur collaboration.Abonnement et publicité: David Ledoyen au (514) 521-5499 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec NATIONAL Lebel exemple Les récentes incartades du dénommé Ghislain Lebel, ci-devant député du Bloc pour la circonscription de Chambly, ont mis à nouveau en lumière ce qu'il nous faut endurer, au plan de la cohabitation, tant que ne sera pas réglée cette fameuse question nationale québécoise.lacques Parizeau a raison quand il soutient que tous les groupes ont leurs rednecks, y compris les partis et mouvements souverainistes.Des plus à gauche, des trop à droite, des pas mal à l'extrême centre, pour faire comme le petit Dumont.Mais si, comme le disait à l'époque René Capitant, ministre de la Justice de de Gaulle, il était prêt à avaler quelques couleuvres pour la cause, mais pas la couleuvre Pompidou, il arrive que les limites soient atteintes quand il s'agit de ne plus tolérer ce qui, à un moment donné, relève de l'intolérable.Tant sur le fond que sur la forme, le dénommé Ghislain Lebel était devenu un objet honteux pour les souverainistes et ce fut lui faire trop d'honneurs que de lui laisser le loisir de quitter sa formation politique.Une seule forme d'action s'imposait dans ces circonstances: le pied bien appliqué au cul notarial.Il s'en est trouvé pour défendre la liberté d'expression du député à partir des insultes directement adressées au premier ministre d'un gouverne- ment allié, lequel fut accusé de trahison à l'endroit du peuple québécois.Rien de moins! Faut le faire! Disons, histoire de ne pas manquer de charité chrétienne à l'égard de ces personnes qui ont cru déceler chez ce Lebel une victime du bâillon, que ce cheval de bataille tient davantage de la pi-cou i 11 e que du pur-sang.On ne peut pas proférer n'importe quelle insulte et plaider la liberté de dire n'importe quoi.Le proverbe beauceron qui dit qu'on peut brasser de la marde, mais en autant que ce soit pour faire pousser des fleurs, est toujours de mise.Le notaire a toujours porté pas mal à droite.L'immigration lui donnait des boutons, dans le temps, quand le jeune Bock-Côté déconnait à pleines pages.La question de la citoyenneté a toujours posé problème à ce nationaliste du « Chaque notaire porte en soi les débris d'un poète », a écrit Flaubert.Chez le notaire Ghislain Lebel, aucune trace d'un poète.Que des débris.type goupillon et nation.Plus d'une fois, comme il le rappelait récemment, la présence d'un chef au passé marxiste-léniniste lui a fait le même effet qu'une shotte d'eau bénite sur le prince des ténèbres: il haït ça ! Sans avoir lu le document qui a fait l'objet d'une entente entre le gouvernement du Québec et quatre communautés autochtones, on peut être convaincu qu'il est possible de l'améliorer et que des contributions critiques feront avancer le débat dans une direction qui ne sera pas celle indiquée par le notaire de Chambly, marquée au coin d'un racisme rampant.Duplessis avait eu une vision : ce sont des communistes qui avaient provoqué l'effondrement du pont de Trois-Rivières alors en construction.On a su par la suite que c'était ses amis entrepreneurs qui avaient plutôt lésiné sur la qualité des matériaux.Quittant son parti, le notaire a lancé ce qu'il tient pour une grande révélation: le Bloc ne serait que le bras politique de la CSN ! Ayant fait mourir sur le bûcher les chefs des Templiers, Philippe LeBel ne leur survécut que quelques mois.Ce Lebel-ci ne survivra pas aux prochaines élections MICHEL RIOUX Pourquoi il faut changer de mode de scrutin Si vous ne vous occupez pas de politique, la politique va s'occuper de vous, dit le vieil adage.Mais que faire quand la politique nous a tellement déçu qu'on «n'y croit plus»?Et qu'on se fait gazer ou poivrer dès qu'on tente d'exprimer autrement son point de vue?Car ces «militants professionnels» qui descendent dans la rue, et que la police s'évertue à faire passer pour des casseurs sans foi ni loi, savent au contraire très bien que les injustices qu'ils dénoncent découlent directement de décisions politiques.Sauf que des manifs, on en revient souvent avec un doute sur leur pouvoir réel de changer les choses.Qu'on le veuille ou non, on vit dans un État avec un bras policier puissant qui applique des lois visant surtout à protéger les intérêts de l'establishment.Des lois votées au parlement par des députés censés représenter la volonté populaire mais que la logique de parti a tôt fait de neutraliser Et s'il existait un moyen intermédiaire d'améliorer les choses?Peut-être pas de rendre nos institutions politiques complètement transparentes du jour au lendemain, mais de transformer les assemblées élues en miroir fidèle des forces présentes dans la société québécoise?Pour le Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN), ce changement pressant pour l'avenir démocratique du Québec, c'est la réforme de notre mode de scrutin.Car depuis 1960, notre façon de compiler les votes a toujours donné au gouvernement élu plus de sièges que le nombre de voix réellement obtenues.Sans parler des trois mandats où le parti de l'Opposition officielle avait obtenu plus de votes que le parti au pouvoir.Ces aberrations sont une gracieuseté de notre mode de scrutin «majoritaire uninominal à un tour» que René Lévesque traitait gentiment de «démocratiquement infect».C'est donc ce mécanisme qui génère des comtés « châteaux forts » pour les gros partis que le MDN veut faire changer.Parce que rien n'est plus démotivant que d'aller voter dans un comté où si tu ne votes pas « du bon bord », ton vote ne vaut rien.Déjà que voter une fois tous les quatre ans est une bien étrange conception de la démocratie, mais bon, ça c'est une autre histoire.Or il existe au moins un mode de scrutin, la proportionnelle, qui permet à chaque vote d'avoir un poids dans la balance.Dans la forme la plus simple d'une proportionnelle, si un parti recueille 10 % des votes, il doit avoir 10 % de députés à l'assemblée nationale, et ainsi de suite.Un enfant de cinq ans comprendrait l'équité d'un tel système.Qu'on m'amène un enfant de cinq ans, comme disait Grou-cho Marx! Parmi les pays démocratiques du monde entier, il n'existe plus que trois pays (la Grande-Bretagne, l'Inde, les États-Unis) ayant un système électoral comme le nôtre, les autres ont tous un système de représentation proportionnelle ou un mélange des deux systèmes.« La proportionnelle rend les gouvernements instables, regardez l'Italie ! », martè-lent constamment ses détracteurs Pourtant, rien n'est plus stable que la Suisse qui utilise une forme très ouverte de cette proportionnelle supposément créatrice d'instabilité.Car au fond, les partis traditionnels adorent les gouvernements majoritaires que produit années après années le mode de scrutin actuel.Ils ne voient donc pas d'un très bon œil l'avènement au parlement de tiers partis aux idées souvent progressistes que favoriserait une proportionnelle.Et quand ils parlent d'instabilité, c'est sans doute davantage celle de leurs réponses hésitantes aux saines remises en question que pourrait amener la présence au parlement de petits partis qui ne sont pas là que pour attendre leur heure de gloire au pouvoir.Les trois principaux partis politiques du Québec ont beau se déclarer tous en faveur d'une réforme de scrutin, il ne faut pas donc attendre grand chose d'eux sur cette question.C'est pour cette raison que la consultation publique qu'a obtenue le MDN suite à une pétition signée par plus d'une centaine de chefs de file de la société civile québécoise est cruciale pour l'avenir démocratique du Québec.C'est à nous de faire en sorte qu'en faisant compter chaque vote, la politique cesse de n'être que politicienne et redevienne l'art de vivre ensemble auquel il est naturel de participer.Les échéanciers sont serrés et les mémoires seront acceptés jusqu'à la fin octobre par la Commission des institutions de l'Assemblée nationale.On trouve toutes les infos sur le site web du MDN (www.democratie-nouvelle.qc.ca).BRUNO DUBUC BP m Le Couac, septembre 2002, page 3 CHRÉTÎfN DÉMJSS JOHNEJMIS m TouTPE *J JTg Jean Charest se positionne au centre Jean Charest prépare «l'autre» révolution.«Le pari de Jean Charest pour «réinventer» le Québec est de le faire par le centre.» (La Presse 12-8) Pendant la dernière campagne électorale, Michel Chartrand a répété sur toutes les tribunes que pour lui, le PQ et le PLQ c'est la même paire de fesse.Le PQ la fesse gauche, le PLQ la fesse droite, et l'ADQ se situe au centre.Pour ajouter après un silence calculé.«.C'est le trou de cul, Christ!» Il faut croire qu'en se positionnant au centre, Jean Charest revendique la place qui lui est due.La dégringolade tranquille Quelle trouvaille! Jean Charest propose une nouvelle Révolution tranquille, rien de moins.Il espère sans doute épater la galerie et se refaire une belle image.Mais en réalité, son projet consiste à démolir les acquis de la Révolution tranquille.En effet, durant les années soixante et soixante-dix, le Québec s'est doté d'un État moderne.Or Charest, esclave des idées les plus éculées de la droite, entend déconstruire l'État québécois, déréglementer l'économie et réduire les impôts, à l'avantage des riches et de la classe moyenne.La série de scandales aux États-Unis, Enron et les autres, a pourtant démontré que le capitalisme, plus que jamais, doit être rigoureusement encadré, sans quoi il permet à quelques-uns de se bâtir des fortunes colossales, au détriment des actionnaires et des salariés.Voilà une responsabilité essentielle de l'État.Le capitalisme repose sur une promesse mensongère: nous serons tous riches.L'un de ses plus grands théoriciens, le Britannique Keynes, affirmait en 1930, au lendemain du grand krach : « Le jour n'est peut-être pas si loin où tout le monde sera riche.» Mais il ajoutait aussitôt : « Prenez garde ! Le temps n'est pas encore venu.Cent ans encore il nous faudra prétendre que, comme disent les sorcières de Macbeth, ce qui est laid est beau, car ce qui est laid est utile et ce qui est beau ne l'est pas.L'Avarice, et l'Usure, et la Méfiance sont des Dieux qu'il nous faut conserver encore un petit moment Car eux seuls peuvent nous guider à travers le tunnel des nécessités économiques, vers la Lumière.» Seuls les naïfs peuvent croire à la promesse mensongère de ce paradis capitaliste de l'argent-roi.Plus réaliste, Mario Dumont met plutôt l'accent sur la réduction des impôts, mais là encore on parle d'argent et non pas d'une société humaniste Charest emboîte le pas et prétend s'approprier le vote de droite.Il y a plus grave.Incompréhensiblement, de jeunes ministres péquistes, Facal, Legault et Boisclair, réagissent à l'effet Dumont en prenant eux aussi position à droite, à la défense de la « classe moyenne».Or en principe, malgré les hésitations de Bernard Landry, le Parti québécois est social-démocrate, donc à gauche (ou plus exactement au centre-gauche), à la défense des pauvres et à la recherche d'une société humaniste.Pour ce qui est de la classe moyenne, c'est sans doute la classe la plus heureuse au Québec, étant donné que la misère est pénible et que les grosses fortunes ne font pas le bonheur.Il y a donc maldonne.Le Parti québécois prétend-il gagner les élections en glissant à droite, où l'on constate un certain encombrement?Comment pourrons-nous, vous et moi, voter humaniste?PIERRE DE BELLEFEUILLE Compter les poux Combien de députés voteront pour lean Chrétien et combien pour Paul Martin?Et combien de ministres?Et qui était au BBQ organisé par l'un et par l'autre?Et combien ont-ils amassé de fonds dans leurs comptes de banques (sans compter ceux aux Bahamas) pour financer leur jeu de pouvoir?Et combien de journalistes vont nous emmerder encore combien de temps avec toutes ces foutaises?Du grand Elvis Réjean Tremblay, chroniqueur de lui-même au quotidien, est un « grand fan d'Elvis» (La Presse, 10-8).Elvis Gratton ?Dilemme Selon André Pratte (La Presse, 13/08), il faut que lean Charest mise sur ce qui le «distingue vraiment» de Dumont: l'expérience C'est bien connu, il vaut mieux être manger par un vieux chacal que par un jeune. I g^R IN Le Couac, septembre 2002, page 4 Sérieux dilemme Si le pape meurt le 11 septembre, les télévisions programmeront-elles en direct des nouvelles du Vatican ou de New York?Tout le monde s'en fout Le 11 septembre, anniversaire du coup d'État de Pinochet au Chili.Tout baigne dans l'huile Les médias nous inondent d'informations au sujet d'une éventuelle attaque des Bats-Unis contre l'Irak.Toutes ces informations prennent failure de potins: la Maison-Blanche a-t-elle un, deux, ou trois plans?Attaquerait-elle par la Turquie ou l'Arabie Saoudite?Avec 200 000 ou 150 000 soldats?Powel est-il d'accord?Qu'en pense le père de George W.Bush junior?Faudrait pas plutôt nous informer sur l'enjeu du pétrole?La honte « Il passe dans mon coeur un bateau lamais il n'ira sur l'eau Il reste enfermé dans la vague de la honte comme un escalier qui monte» Iean-Pierre Lizotte JJa.honte.)'ai honte de savoir mes frères, mes soeurs, obligés de quémander un repas dans les soupes populaires pendant que l'argent de nos taxes finance les dîners d'ambassadeurs dans les résidences secondaires d'Adrienne Clarkson.l'ai honte de savoir mes frères, mes soeurs, dormir à l'accueil Bonneau pendant qu'on déroule le tapis rouge pour héberger (à nos frais) ce vieux Pape.Depuis que j'ai entendu le verdict d'acquittement de Giovanni Stante, la honte m'a envahi davantage.J'ai honte de faire partie de cette société soi-disant « démocratique » qui tolère le meurtre des «laissés pour compte», comme s'il s'agissait d'une façon de diriger la «guerre contre la drogue et la pauvreté».La mort de Iean-Pierre Lizotte aura été aussi injuste que sa vie.Personne ne fait le choix de devenir toxicomane, alcoolique ou itinérant.Il vendait et écrivait dans un journal produit par des itinérants.Il participait à l'émission Souverains Anonymes.Malgré tous ses conflits intérieurs, la souffrance qui ne s'étanche qu'avec une dose d'évasion, il cherchait une façon de trouver le fil conducteur de son existence.Il était sûrement «pété» à mort lorsqu'il s'est branlé devant les clients du Shed Café.le «comprends » que les gens ne veulent pas voir un démuni se crosser devant eux lorsqu'ils dépensent leur fric à la terrasse du Pizzédélic de la rue St-Laurent et du Shed Café, deux endroits BCBG où la misère n'est pas bienvenue Quoique, je me demande des deux genres d'exhibitionnistes présents ce soir-là, lequel est le plus obscène.Il ne s'agit pas de faire l'apologie de la masturbation en public, mais croyez-vous sincèrement que cet homme, qui avait surtout besoin d'aide, méritait la mort pour autant?Les policiers ont agi en juges et bourreaux, ni plus ni moins.Aidés du portier, ils pouvaient (et l'ont en effet) maîtrisé.Pourquoi s'acharner sur lui?Pourquoi cette violence, cette haine manifeste qui devrait automatiquement disqualifier un flic de ses fonctions?Le jury a conclu à l'unanimité que l'agent Giovanni Stante n'était coupable d'aucun des chefs d'accusations (même pas une simple voie de faits), basant sa décision sur « les témoignages contradictoires» des témoins.Pourtant, les seuls témoignages «contradictoires» sont apparemment ceux de l'agent Stante et de son partenaire Sylvain Fouquet, ainsi que celui de Steve Deschatelets, le portier du Shed Café.En résumé, les trois fautifs, les seuls qui avaient avantage à mentir L'agent Stante a soutenu, lors de son témoignage, qu'il avait asséné les deux coups au visage à Jean- Pierre Lizotte alors que le sans-abri n'était pas maîtrisé.Pourtant, la plupart des témoignages contredisent la version des deux policiers et du portier, affirmant que Iean-Pierre Lizotte a été frappé par le policier une fois maîtrisé Quel intérêt auraient les clients présents lors du meurtre à mentir?Si Giovanni Stante n'avait rien sur la conscience, pourquoi a-t-il négligé de mentionner ses coups de poings dans son rapport, tout comme il avait oublié de mettre Jean-Pierre Lizotte en état d'arrestation formelle et de lui lire ses droits, sauf une fois qu'il fut menotte, sonné et en route pour l'hôpital ?Regardons les faits.Suite à une arrestation brutale, on emmène un homme à l'hôpital, souffrant de paralysie.41 jours plus tard, il décède de ses blessures.Les experts médicaux expliquent son décès par «une luxation des vertèbres résultant de l'application d'une force importante à l'arrière de sa tête».Plusieurs clients présents racontent comment le portier du Shed Café maintenait Lizotte avec ses mains derrière la nuque pendant que l'agent Stante le frappait.La plupart ont affirmé qu'ils ont été choqués par le comportement violent des policiers se «défoulant» sur un homme déjà maîtrisé qui ne représentait pas une menace.Quelle preuve supplémentaire faut-il au jury?Soyons honnêtes, ce verdict manifeste des préjugés de classe sociale.De toutes les aversions alimentées par les Jean-Luc Mongrain de ce monde, à coups de masse (média), contre les maudits BS, les itinérants, les quêteux, les drogués, les poqués, les fuckés.Cet homme n'étant pas considéré comme un « élément à part entière» de la société, on dirait qu'il ne possède pas les mêmes droits Son meurtre restera donc impuni.Le jury a tranché en faveur des «bonnes polices » qui nettoient les rues des «déchets de la société» Si les policiers avaient tué n'importe qui d'autre qu'un sans-abri, le juré les auraient-il acquittés?)e ne crois pas.Quoique, faudrait en parler à Richard Barnabe.Après l'acquittement des policiers qui avaient tabassé Rodney King à Los Angeles, des émeutes historiques ont eu lieu.Ici, la nouvelle retombera dans la vaste indifférence, et c'est bien la raison pour laquelle j'ai honte.Pour tout savoir sur ce dossier, consultez l'excellent site du COBP (Collectif Opposé à la Brutalité Policière) au http://www.tao.ca/ ~cobp/Giovanni-Stante-le-pro-ces-fra.html BOB L'ABOYEUR (La Tribu du Verbe, www.latribuduverbe.com) On est entre bonnes mains La guerre que les États-Unis mènent contre les forces du Mal dans 80 pays dépend entièrement d'un réseau d'ordinateurs reliés entre eux par satellites, par internet et par lignes téléphoniques Au début de l'été, The Guardian révélait que depuis six mois, les missions secrètes des avions espions de l'OTAN au-dessus des Balkans, les vols avec pilotes comme les drones, pouvaient être suivies «live» par les téléspectateurs européens équipés de soucoupes satellites.(Nou> snowing on satellite TV: secret American spy photos 13-6) «Les espions volants américains ont de sérieux problèmes de sécurité», écrit le journaliste Duncan Campbell.« Un problème qui permet aux terroristes d'accéder en direct aux activités de renseignement des États-Unis plus facilement qu'aux dessins animés de Disney, ou aux primeurs cinématographiques.» Campbell précise que les spectateurs à l'écoute le jeudi précédent ont pu observer en direct le déploiement des forces de sécurité pendant une alerte aux quartiers généraux de l'armée étasunienne au Kosovo et au Camp Bondsteel en Urovac.La semaine précédente, ils ont pu suivre du haut des airs un déploiement exceptionnel à la frontière du Kosovo-Macédoine, pour protéger des hauts dignitaires accompagnés de leurs gardes du corps.Les images sont transmises par satellite, et retransmises par internet une fois captées par une base terrestre, les rendant ainsi virtuellement accessibles aux internautes du monde entier.Le même jour, la BBC a aussi raporté l'histoire et diffusé des images.Les missions d'espionnage sont transmises par Airscan Inc.une compagnie privée basée en Floride qui «gère» aussi les autres missions de surveillance de l'armée à l'étranger, et les missions de surveillance aux frontières pour l'imigration illégale, le trafic de drogues, les plantations clandestines de cannabis, etc.Jonh Locker, un ingénieur britannique fanatique de communications satellites qui scanne de façon routinière l'ensemble des liaisons commerciales par satellite, a découvert le truc par hasard en novembre 2001.Il a rendu l'affaire publique après avoir alerté par courriel pendant des mois les autorités britanniques, étatsu-niennes et l'OTAN.On lui a répondu que le problème était «une limitation connue du logiciel ».Un beau mariage entre la privatisation de l'armée et la rationalisation des coûts, quoi.Saddam doit être un téléspectateur assidu.Ce n'est pas tout.« Des dizaines de milliers d'ordinateurs du gouvernement contenant des informations névralgiques sont facilement accessibles par internet» (ABC News, Reuters, 18-8).Un consultant en sécurité s'est retrouvé par hasard sur le réseau de la base militaire de Fort Hood Texas en travaillant sur le réseau d'un autre client.Le spécialiste a eu accès facilement à plusieurs ordinateurs en «devinant» leurs mots de passe, souvent le nom de l'utilisateur, ou en tapant simplement « password*.Il n'a pas eu accès à des documents ultra-secrets, mais il a obtenu différentes informations stratégiques, entre autres sur les systèmes de guidage au laser, et sur les déplacements de courriers transportant des documents secrets.Il a pu obtenir ces informations en s'introduisant dans un nombre restreint d'ordinateurs sur un seul site, alors que des dizaines de milliers d'ordinateurs gouvernementaux sont accessibles en ligne.Encore mieux! Le 5 juillet, le New York Times dévoilait l'existence d'un plan secret d'invasion de l'Irak obtenu on ne sait comment du CentCom (US Central Command, le quartier général de guerre de l'armée étatsunienne à Tampa en Floride).En consultant l'annuaire téléphonique, et en composant le bon numéro?Peut-être.Le 16 août, le Tampa Bay Tribune rapportait que deux ordinateurs portables contenant des informations stratégiques avaient disparu du CentCom.Le Tribune rappelait à l'occasion que ce n'est pas la première connerie, pardon, erreur humaine des hauts gradés du CentCom.Le capitaine Chis Koury a révélé au journal avoir découvert en avril 1999, alors qu'il était au service du département des renseignements du CentCom, que 100 répondeurs téléphoniques étaient comme autant de micros ouverts disséminés un peu partout dans le quartier général Koury a déclaré qu'au moment de l'achat des répondeurs, personne n'a pensé à la sécurité.Au lieu de commander des modèles sécuritaires par les filières militaires habituelles, l'armée s'est contentée de répondeurs ordinaires achetés chez un détaillant.Le hic, c'est que le modèle choisi avait été conçu pour permettre aux parents d'espionner leurs enfants et la baby-sitter.Il suffisait de composer le numéro du téléphone sur lequel le répondeur était branché, plus le code *91 pour entendre toute les conversations dans la pièce.Ces répondeurs étaient fonctionnels pendant l'Opération Renard du désert, nom de code des bombardement de l'Irak à partir de décembre 1999, pour punir le méchant Saddam, qui refusait encore une fois de se soumettre aux inspections de l'ONU.Le jour du lancement de l'Opération, Koury raconte que deux de ces répondeurs se trouvaient à portée de micro dans la salle où se tenait le briefing préléminaire aux frappes aériennes.Les frappes avaient pour cibles 11 des centres de commandement et des palais de Saddam, dans l'espoir de l'éliminer.Et d'ajouter, si ce dernier est encore vivant, c'est peut-être qu'il connaissait le bon numéro de téléphone.Il n'aurait eu qu'à composer le numéro de la salle où se tenait la conférence, numéro publié dans l'annuaire maison du CentCom.Un jeu d'enfant pour un bon espion.Quand Koury a informé ses supérieurs de sa découverte, l'armée a mis fin abruptement à sa carrière militaire, l'a retiré des forces actives, retourné à l'armée de réserve et à la vie civile, débranché les répondeurs, et étouffé l'affaire L'histoire ne dit pas qui a conseillé et vendu à l'armée ce modèle de répondeur téléphonique si bien adapté aux besoins de ses ennemis JACQUES BOUCHARD Aide sociale Le journaliste Laurier Cloutier profitait d'un voyage à Taiwan pour passer gratuitement un grand coup de langue dans le bas du dos de Laurent Beaudoin.(La Presse 22-7) «Morris Chang a transformé l'économie de Taiwan.|.| À sa façon, Morris Chang est l'équivalent de Laurent Beaudoin (.) Quand monsieur Chang parle, même le président écoute.» Compétence ou aide sociale?Le même jour, toujours dans La Presse, Maurice lannard écrit en page éditoriale : « Si le gouvernement fédéral n'avait pas pris à son compte, un jour, la dette totale de Canadair qui dépassait le milliard, la société Bombardier ne serait pas devenue le fleuron de l'économie québécoise qu'elle est présentement » Un milliard, ça change pas le monde, mais.Sans compter les plus ou moins quatre milliards de prêts garantis aux clients de Bombardier, qui pourrissent les relations commerciales et diplomatiques entre le Canada et le Brésil, et opposent les deux pays devant l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).En plus des centaines de millions d'aide sociale annuelle directe et indirecte de la panoplie de ministères et de sociétés publiques, dont la seule raison d'être est de soutenir les entrepreneurs riches et prospères.Par exemple, en août 2000, Bombardier annonçait un investissement de 170 millions pour construire une usine à Mirabel.«Une source bien informée» avait indiqué à La Presse que l'aide gouvernementale pourrait s'élever jusqu'à 200 millions.(12-8-00).C'est tu pas beau ça ! Une usine de 170 millions en cadeau, plus 30 millions à inscrire dans la colonne des profits avant même d'avoir signé un premier contrat.«Qu'Ottawa subventionne une entreprise qui a dégagé un bénéfice net de 718 millions l'an dernier, soit un rendement de 20%, mérite en effet bien des interrogations» (Serge Truffaut Le Devoir 10-2-1) On aimerait bien savoir, en effet, pourquoi les milliards d'aide sociale pleuvent avec autant d'abondance et de régularité sur Laurent Beaudoin?Et accessoirement, pourquoi plusieurs collaborateurs de La Presse lui lèchent si souvent gratuitement le bas du dos?B. I SagR in INTERNATIONAL Dfx ans après le sommet de Rio Parle, parle.jase, jase! Qui ne sait pas que ça va mal et de plus en plus mal sur la planète?Pluies diluviennes et meurtrières en Europe.Sécheresse record en Inde et dans les Prairies canadiennes.Moustiques infectés par le virus du Nil occidental qui tuent au Nord.Des glaciers, partout dans le monde, fondent presqu'à vue d'oeil.Des alertes au smog jusque dans la ville de Québec.Un « nuage brun» de pollution flotte au-dessus de l'Asie du Sud.Ce nuage de «merde», dont les effets ne sont pas encore diagnostiqués, peut parcourir la moitié de la planète en une semaine allant jusqu'à réduire de 15 % la quantité d'énergie provenant du soleil.Bref, aux quatre coins de la planète, les éléments sont déchaînés.Bilan négatif Dix ans après le Sommet de Rio, c'est à nouveau le temps de faire le bilan environnemental de la planète.Johannesburg, en Afrique du Sud, accueille plus de 50 000 délégués et observateurs des ONG, 10 000 médias internationaux et une centaine de chefs d'État.Toutes les rencontres préparatoires au Sommet, dont la plus récente à Bali en juin dernier, ont mis en lumière les dissensions de fond entre les groupes de pression et les représentants des gouvernements.Les groupes de pression dénoncent le programme de travail, les objectifs et les échéanciers flous.Ils condamnent la prédominance du commerce international dans les prises de décisions pour le financement de projets et déplorent le peu d'empressement à agir.Les trois grandes conventions-cadres des Nations unies qui ont été signées en 1992 à Rio stagnent : • Convention sur les changements climatiques - Le Protocole de Kyoto n'est toujours pas en vigueur et les émissions de gaz à effet de serre sont en nette croissance.Elles ont augmenté de 20 % au Canada depuis 1990.• Convention sur la diversité biologique - aucun consensus international n'a été établi pour la protection des forêts anciennes et des écosystèmes fragiles.La liste des espèces menacées d'extinction s'allonge.• Convention sur la désertification - phénomène vécu plus sévèrement dans le Sud, il n'y a pas de budget pour la lutte à la désertification.Pas étonnant que cette convention porte aussi le nom de convention des pauvres.Le bilan rapide des dix dernières années est affolant: la planète se réchauffe, le trou dans la couche d'ozone s'agrandit, la désertification progresse, l'eau potable se raréfie, les forêts disparaissent, la biodiversité est réduite, les déchets s'amoncellent, les océans se vident, la menace du nucléaire ressurgit, la pollution toxique nous empoisonne, les OGM se multiplient, etc.Pingre au Nord et malingre au Sud En 1992, à Rio, outre l'adoption de conventions environnementales, on avait élaboré un plan d'actions, l'Agenda 21, pour accroître l'aide aux pays en développement afin qu'ils mettent en place le développement durable.L'application de cet agenda nécessitait 125 milliards de dollars américains par année (soit 10 % des dépenses militaires mondiales).Il avait été convenu que les pays industrialisés consacreraient 0,7 % de leur PIB à l'aide étrangère.Seuls le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède ont respecté leur engagement.Le Canada ne consacre plus que 0,24 % de son PIB à l'aide étrangère, étant au 17e rang parmi les 22 pays donateurs (nous occupions le 6e rang en 1995).Il est clair et net que le Nord se fout du Sud et n'a aucune intention de financer son développement durable.sans que celui-ci ne soit lié à une dimension commerciale.Bla, bla, bla Même si le secrétaire d'État américain, Colin Powell, écrit dans la revue interne de l'agence des Nations unies pour l'environnement, Notre planète, que le développement durable est «incontestablement une question morale et humanitaire (.) et également un impératif de sécurité», un sommet comme celui de Johannesburg demeure un immense rassemblement de relations publiques et un cirque médiatique de m'as-tu-vu, en poignées de main et photos pour la galerie.Pendant quelques jours, on se berce dans l'illusion qu'on s'occupe de la petite planète bleue, mais les grandes décisions se prennent ailleurs, notamment, à l'OMC et au G8.Changement il y aura, lorsque les multinationales seront imputables de leurs activités de surexploitation des ressources humaines et environnementales.Au rythme actuel de la consommation nord-américaine, nous aurions besoin de trois planètes pour satisfaire à la demande des six milliards d'individus qui peuplent la terre.Déprimé?Un petit tonique santé pour se remonter le moral fait à partir de pénis de tigre - pénis vendu sur le marché noir plus de 3 000 $.Le tigre est en voie de disparition et le trafic des animaux sauvages est au second rang après le commerce de la drogue.Pas de doute on se fait couillonner! CLÔDE DE GUISE Le Couac, septembre 2002, page 5 Les enfants et le chocolat On sait que la Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, est régulièrement accusée d'importer du Sahel de jeunes enfants pour les faire travailler dans ses plantations.L'Institut international d'agriculture tropicale (IITA) est allé beaucoup plus loin que ce procès à la mode.Ses enquêteurs ont passé au peigne fin quatre pays: le Cameroun, le Ghana, le Nigeria et la Côte d'Ivoire.Ils ont visité 4 800 exploitations cacaoyères.Et l'on en apprend un peu plus sur le profil de ces quelque 200 000 enfants de l'ombre qui travaillent dans les exploitations de cacao d'Afrique occidentale.La majorité a moins de quatorze ans.Il y a 59% de garçons et 41% de filles.Un tiers de ces gamins n'a jamais mis les pieds dans une école.Et ils se divisent en deux grands groupes.Les enfants qui appartiennent à la grande famille du planteur et les autres, ceux que l'ont achète par exemple auprès d'un intermédiaire Les premiers sont majoritaires avec 87% de l'effectif.Cette distinction a son importance.Le traitement n'est pas le même pour le cousin de la famille et l'étranger qui est venu de loin pour trimer.Sans que cela soit une règle absolue, les enfants qui ne font pas partie de la famille sont souvent assignés aux travaux les plus ingrats et dangereux.Ce sont eux qui, en priorité, défrichent à la machette.Ce sont aussi eux qui appliquent les pesticides avec tous les risques que cela comporte.Mais qu'il s'agisse des propres fils du fermier ou d'un petit manoeuvre arrivé du Niger, ils ont un point commun.Ils ne sont jamais payés.Les exploitants cacaoyers rencontrés par l'IITA ne sont-ils alors que de monstrueux bourreaux d'enfants?Ou sont-ils comme le sous-entend l'IITA tellement pris à la gorge qu'ils n'ont d'autre choix que d'user au boulot des gamins qui ont encore l'âge d'être en caleçon?R.D.(www.joumaldujeudi.com) [journal du \eudi) Parrainez une cellule photoélectrique pour 10$! ESTEBAN ou la fin de la pollution automobile ?Ça vous dirait de rouler dans une voiture non polluante et silencieuse?Esteban 1, la voiture solaire des étudiants de l'École Polytechnique de Montréal, est peut-être le prototype des automobiles de demain.En août, elle s'est offert une petite balade promotionnelle à travers le Québec.Le but était de sensibiliser les passants à de nouvelles sources d'énergie non polluantes et renouvelables.La voiture Esteban 1 utilise l'énergie provenant des rayons du soleil.La puissance accumulée par les 8m2 de panneaux solaires est de l'ordre de 1000W, ce que nécessite d'ordinaire un grille-pain ou un sèche-cheveux Le projet Esteban a été lancé en 1998 par des étudiants de l'École Polytechnique de Montréal, regroupés pour l'occasion au sein de la Société Technique du véhicule solaire de l'École Polytechnique de Montréal.Depuis décembre 2001, l'équipe travaille sur un nouveau modèle, Esteban 2.Ce véhicule amélioré devrait avoir une vitesse de 100 à 120 km/h.Ses constructeurs espèrent le voir participer à plusieurs courses de voitures solaires organisées à l'été 2003 aux États-Unis, en Australie, au Japon et au Canada.depuis plusieurs années pour faire face à la pollution automobile croissante.Des modèles hybrides, comme la Prius et Vlnsight, sont d'ailleurs déjà sur le marché et fonctionnent partiellement à l'électricité.On n'est cependant pas près de rouler au quotidien dans une voiture solaire à moins d'être un écologiste au grand cœur et au porte-monnaie bien fourni: bien que la source d'énergie soit gratuite, l'installation demeure, elle, très coûteuse et le système reste dépendant de la présence du soleil.Une course automobile avec des voitures solaires est donc davantage prétexte à motiver les étudiants et les investisseurs, afin que la recherche dans le domaine des énergies renouvelables et non polluantes avance.En visitant le site http://esteban.polymtl.ca/, vous pourrez parrainer une petite cellule photoélectrique, acheter des chandails ou payer une bannière publicitaire visible sur la coque de Esteban 2! ANNE SARASIN http ://cedrl.mets.nrcan.gc.ca/ http ://esteban.polymtl.ca/ Nombreux sont ceux qui, des universités aux firmes automobiles, s'intéressent aux véhicules électriques fonctionnant à l'énergie solaire.Il faut noter que, au Japon, Toyota et Honda effectuent des recherches 1 Litre d'essence pour 3500 km Alors qu'à Montréal se préparait le Grand Prix de Formule 1 -summum en matière de ridicule automobile - l'édition 2002 de Eco Marathon avait lieu les 1er et 2 juin derniers à Nogaro en Gascogne (France).Le but de cette course organisée par Shell était d'utiliser le plus efficacement l'énergie.La voiture Tim 03 construite par l'Université Paul Sabatier et l'Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Toulouse a remporté le marathon avec une vitesse moyenne de 25km/h et une consommation d'essence de 1173500km.Suicide assisté Selon un médecin du camp de torture de Guantanamo Bay, au moins 30 détenus auraient «tenté de se suicider» (BBC 15-8).Les auteurs de la dépêche mettent eux-mêmes l'expression entre guillemets, car les blessures des victimes correspondent plus aux blessures laissées par une séance de torture musclée qu'à celles laissées par une tentative de suicide.Les autorités affirment que les prisonniers sans statut ont essayé de se supprimer en s'infligant des blessures avec des « instruments de confort».Ils auraient tenté de s'automutiler avec leurs ustensiles de plastique.D'autres se seraient frappé la tête contre les murs.On voit ça d'ici, un prisonnier désespéré essayant de se suicider en se « garrochant » la tête la première contre les murs de sa cage de broche.Surtout qu'ils ont beaucoup d'espace pour prendre leur élan, dans leur cage de 1,8 m par 2,4 m.Bonne nouvelle Les nouvelles cellules des prisonniers sans statut de Guantanamo Bay seront construites en «dur», et équipées d'un lit de métal, d'un matelas de mousse, d'une toilette et d'un lavabo à l'eau courante.Par contre, elle seront plus petites que les cages extérieures (1,8 m par 2,4 m).C'est vrai que pour 47 549 $ US l'unité (9,7 millions $ US pour 204 cellules), on ne peut pas tout avoir.Et puis les terrains libres pour construire sont si rare à Guantanamo Bay, et le chauffage des grands appartements hors de prix.C'est Halliburton qui a obtenu le contrat, la compagnie de fournitures de services militaires qui a rendu le vice-président Dick Cheney multimillionnaire, grâce à ses contacts privilégiés avec le Pentagone. ««i H» 8 B BLOC-NOTE Le Couac, septembre 2002, page 6 Norman Betfiune A propos d'un héros L ors d'un voyage dans la région du bas du fleuve, à la mi-juillet, ma femme et moi nous arrêtons à un relais routier où nous croisons deux couples d'Ontariens motocyclistes e tour de la Gas- faisant pésie.Au moment de les remplacer à leur table, je m'avise tout à coup que l'un des deux hommes, un type d'une cinquantaine d'années, ressemble au docteur Norman Bethune, l'illustre chirurgien canadien qui, en 1936 et en 1938, donc pendant la Crise, scandalisé par la misère sociale et devenu communiste, se rendit d'abord en Espagne et ensuite en Chine afin de prendre part, comme chirurgien, sur le front même, aux combats contre Franco, puis contre les laponais, qui avaient envahi la Chine.Étonné de cette ressemblance, j'hésite un moment, puis la mentionne au voyageur.Sur le coup, il paraît un peu surpris, peut-être simple- ment à cause de mon insolite remarque.Savent-ils seulement qui était Bethune, quelle fut son histoire?À ma grande surprise à moi cette fois, ils répondent que oui, ils savent de qui il s'agit, car ils habitent à.Gravenhurst, la ville natale de Bethune! Pour une coïncidence!.Mais ce n'est pas tout: l'autre homme raconte qu'il a même fait partie d'un comité formé pour ériger dans cette ville un monument à la mémoire de Bethune.Cette statue existe maintenant, ajoute-t-il, et la maison où il est né est un musée.Je me serais seulement amusé de tout cela un instant, mais l'affaire me touche de près et voici pourquoi.C'est que j'ai jadis connu Bethune.Quand j'étais enfant, il m'a opéré à l'hôpital du Sacré-Cœur.Je me souviens très bien de lui.Gravement malade d'une pleurésie, cette opération, un dernier recours, m'a, en fait, sauvé la vie.C'était deux ans avant le départ de Bethune pour l'Espagne.C'est ce que je raconte à mes quatre voyageurs, encore plus étonnés Ie me suis rendu peu de temps après à Gravenhurst C'est une ville proche du lac Simcoe, à 140 kilomètres au nord de Toronto Le musée est captivant.C'est une exposition, une biographie vivante du personnage.Cet homme était extraordinaire, un tempérament de héros, un passionné, une imagination brûlante ; dans sa vie personnelle, un non-conformiste, un artiste, assez doué pour la peinture; un homme contestant l'ordre social d'alors, critiquant publiquement ses confrères et leur philosophie bourgeoise; un chirurgien de premier plan; un homme séduisant par ailleurs, marié deux fois à la même femme et divorcé d'elle à deux reprises ! - et puis un caractère dominateur et irascible, idéaliste au demeurant et ayant décidé de mettre sa vie au service de l'humanité.Quand j'étais enfant, Bethune m'a opéré à l'hôpital du Sacré-Cœur, le me souviens très bien de lui.Gravement malade d'une pleurésie, cette opération, un dernier recours, m'a, en fait, sauvé la vie.C'était deux ans avant le départ de Bethune pour l'Espagne.Bethune est considéré comme un héros national en Chine, où on lui a élevé un mausolée.11 mourut en 1939, à 49 ans, d'un empoisonnement occasionné par une blessure qu'il s'était faite en opérant un soldat.Affaibli probablement par l'activité sans mesure qu'il déployait comme chirurgien de guerre, il ne put résister à l'infection.Lire la biographie de Bethune.Le sujet vaut grandement la peine.Voir aussi le film Bethune-.the Making of a Hero, avec Donald Sutherland dans le rôle-titre.Et passer, le cas échéant, par Gravenhurst.PIERRE VADEBONCŒUR Radio Canada La pizza jaune a 50 ans La télé de Radio-Canada célèbre son 50e anniversaire Aux plus âgés, cela rappelle de bons souvenirs des années 1950, alors qu'une télévision toute fraîche, toute neuve, nous apportait une grande richesse de connaissances et de divertissements de bonne tenue.Elle était sûrement un peu naïve, un peu amatrice, mais cela est infiniment préférable au visage blasé et suffisant qu'elle présente aujourd'hui.À ses débuts, cette bonne télé était perçue et se percevait elle-même comme un important instrument d'éducation populaire.Cette vision largement répandue dans le monde était soutenue par ['UNESCO.Radio-Canada collaborait étroitement avec l'Institut canadien d'éducation des adultes.Il s'agissait d'une télévision de qualité, ce qui est exactement le rôle d'une télévision publique.Peu à peu, au cours de ce demi-siècle, des gens à l'esprit mercantile ont asservi cette télévision aux normes qui sont plutôt celles de la télévision privée.Radio-Canada fait aujourd'hui de la télé jaune, comme dans l'expression «journaux jaunes».L'obsession des cotes d'écoute a remplacé l'obsession de la qualité.Parmi les télévisions que l'on connaît, il y en a une qui domine nettement quant à la qualité : c'est le Public Broadcasting état-sunien.Pourtant, il est de bon ton, dans le milieu radio-canadien, d'en dire le plus de mal possible, sans doute parce que ce réseau non commercialisé donne mauvaise conscience aux patrons de la tour du boulevard René-Lévesque.Il y a aussi la BBC britannique, qui a d'excellentes émissions, mais nous la connaissons moins bien que le PBS.Il y quelques bonnes émissions, à la télé de Radio-Canada, mais la fréquence et la longueur des pauses publicitaires rendent l'ensemble pénible.Certains de ces messages sont carrément criminels, par exemple ceux qui, provenant de fabricants d'automobiles, font la promotion du culte de la vitesse et de la conduite irresponsable.Outre l'esprit mercantile, il faut se rappeler que l'ultime patron de Radio-Canada, quoi qu'en disent les textes officiels, s'appelle )ean Chrétien.L'académicien Jean Guéhenno disait: «Il y a deux catégories de télévision : la télévision intelligente qui fait des citoyens difficiles à gouverner et la télévision imbécile qui fait des citoyens faciles à gouverner.» PIERRE DE BELLEFEUILLE Bien prévu S'il est fait prisonnier, Ben Laden engagera les avocats de Pinochet pour le défendre.Poulet à la King Réjean Tremblay, chroniqueur de lui-même au quotidien, est un «grand fan d'Elvis» (La Presse, 10-8).Elvis Gratton?Le petit cours d'autodéfense intellectuelle 12/12 Le kit de détection de poutine de Sagan Pour clore ce petit cours, je vous offre ce mois-ci le Kit de détection de poutine de Cari Sagan.Vous ne connaissez pas Sagan?Vous êtes bien chanceux, puisque vous allez faire une grande découverte.L'astronome Cari Sagan, qui a été un grand vulgarisateur scientifique — et -—-tous ceux qui ont vu la magnifique série télévisuelle Cosmos pourraient en témoigner avec enthousiasme — était également un sceptique eminent.Dans le dernier ouvrage qu'il fait paraître, The Demon haunted world (1996), Sagan a proposé ce qu'il appelle un Baloney detection kit, ce que je suggère de rendre ici par kit de détection de poutine.Il s'agit d'un ensemble d'outils sceptiques permettant de ne pas s'en laisser conter et de naviguer dans les eaux troubles des croyances de tout poil soumises à notre approbation.On y trouve d'une part des maximes qu'il faut connaître et suivre, de l'autre une liste de sophismes qu'il importe de savoir repérer.Voici donc ces outils servant à tester des arguments et à détecter ceux qui sont invalides ou fallacieux.• Lorsque cela est possible, il faut des confirmations indépendantes des faits.• Il faut encourager des discussions substantielles des faits entre des gens informés ayant différents points de vue.• Des arguments d'autorité n'ont que peu de poids (en sciences, il n'y a pas d'« autorités»), Envisagez plus d'un hypothèse et ne sautez pas sur la première idée qui vous vient à l'esprit.1 Essayez de ne pas vous attacher excessivement à une hypothèse simplement parce que c'est la vôtre.• Quantifiez partout où cela est possible.• S'il y a une chaîne d'argu-mentation, chacun des maillons doit fonctionner.• Le rasoir d'Occam : s'il y a deux hypothèses qui expliquent les données aussi bien, préférez la plus simple.• Demandez-vous si votre hypothèse peut, au moins en principe, être falsifiée (i.e.être démontrée fausse par un test non ambigu).En d'autres termes, est-elle testable?Les autres peuvent-ils reproduire l'expérimentation et obtenir les mêmes résultats?• Réalisez des expérimentations contrôlées — et tout particulièrement en double aveugle — de telle sorte que la personne qui prend les mesures ignore qui fait partie du groupe expérimental et du groupe témoin.• Portez une attention particulière à la mutiplicité des facteurs en cause et séparez les variables.Sophismes courants en logique et en rhétorique: • Ad hominem - attaquer la personne qui argue plutôt que l'argument.• Argument d'autorité • Argument mettant de l'avant des conséquences défavorables — mettre de la pression sur qui doit prendre une décision en rappelant les conséquences terribles pour lui d'une certaine décision .• Appel à l'ignorance — l'absence de preuve ou de témoignage n'est pas la preuve ou le témoignage que ce qui est recherché n'existe pas.• Présumer la question résolue — la formulation même de la question présuppose une réponse.• Observation sélective — compter les réussites et ne pas tenir compte des échecs.• Statistiques des petits nombres — par exemple tirer des conclusions d'un échantillon inadéquat.• Mauvaise compréhension de la nature des données statistiques — par exemple le Président Eisenhower s'étonnant et se troublant du fait que la moitié de Américains ont une intelligence inférieure à la moyenne.• Inconsistance — par exemple: les dépenses militaires du gouvernement se fondent sur les pires scénarii tandis que les projections scientifiques en matière de menaces environnementales ne sont pas prises en compte parce qu'elles ne sont pas « prouvées » • Nom sequitur— ou «ne s'ensuit pas».• PosIhoc, ergo propter hoc — c'est arrivé après donc à cause ; ou confondre cause et effet • Question dénuée de sens — qu'arrive-t-il lorsqu'une force irrésistible rencontre un objet immuable?• Tiers exclu — ne considérer que deux extrêmes d'une éventail de possibilités (et faire paraître l'autre côté pire qu'il n'est).• Court terme vs long terme: (pourquoi poursuivre des travaux de recherche fondamentale alors que nous avons un grand déficit budgétaire?) • La pente glissante — qui est une variété de tiers exclu : extrapolation indue des effets: donnez un pouce, ils prennent un mille.• Confondre causalité et corrélation.• L'homme de paille: caricaturer (ou stéréotyper) une position de manière à la rendre plus facile à attaquer.• Suppression de données ou demi-vérités Mot équivoques ou ambigus: par exemple l'utilisation d'euphémismes pour désigner la guerre j.| Je laisse à Sagan le dernier mot de ce petit cours.Celui-ci a en effet développé l'idée de ce qu'il appelle un «exquis équilibre» entre deux extrêmes.Voici comment il la présente : « Il me semble que ce qui est requis est un sain équilibre entre deux tendances : celle qui nous pousse à scruter de manière inlassablement sceptique toutes les hypothèses qui nous sont soumises et celle qui nous invite à garder une grande ouverture aux idées nouvelles.Si vous n'êtes que sceptique, aucune idée nouvelle ne parvient jusqu'à vous -, vous n'apprenez jamais quoi que ce soit de nouveau ; vous devenez une détestable personne convaincue que la sottise règne sur le monde — et, bien entendu, bien des faits sont là pour vous donner raison.D'un autre côté, si vous êtes ouvert jusqu'à la crédulité et n'avez pas même une once de scepticisme en vous, alors vous n'êtes même plus capable de distinguer entre les idées utiles et celles qui n'ont aucun intérêt.Si toutes les idées ont la même validité, vous êtes perdu-, car alors, aucune idée n'a plus de valeun RAYMOND-LA-SCIENCE baillargeon.normand@uqam.ca LIVRES Le Couac, septembre 2002, page 7 Contre les riches, une anthologie contre l'esprit du temps, qu'il est faux de croire que l'on puisse, sur le plan moral, être riche impunément.« Dans la confusion du temps où nous sommes, écrit Lapaque, nul discours ne manque plus que la proclamation de la vanité des richesses et de l'insignifiance de l'accumulation matérielle.» Armées de la belle vertu d'indignation, les grosses pointures qu'il a convoquées résument, avec les mots de leur époque, les raisons de la colère et n'hésitent pas à faire retentir un «Malheur aux riches! » que n'entendent plus les hommes et les femmes d'aujourd'hui.Marx y est, bien sûr, et Proudhon, et quelques syndicalistes français de l'ancien temps.Lafontaine, Dostoïevski, LaBruyère et d'autres hommes de lettres ne manquent pas, non plus, à l'appel.Ce sont les chrétiens, toutefois, qui, dans ces pages, tempêtent avec le plus de fougue.C'est Péguy, qui clame que «le monde souffre infiniment plus du sabotage bourgeois et capitaliste que du sabotage ouvrier» et qui fulmine devant la «prostitution du monde moderne» qui «vient de l'argent».C'est l'impétueux Léon Bloy qui, «pour exaspérer les imbéciles», n'a de cesse d'accabler les catholiques hypocrites qui saignent le pauvre avant de lui faire l'aumône.C'est Bossuet.C'est l'évangéliste qui ferme presque la porte du Royaume au jeune homme riche.Mais c'est, surtout, ici, Louis Bourdaloue (1632-1704), un prédicateur français méconnu qui met les raffinements de sa pensée au service d'une morale courageuse.Écoutez-le citer saint lérôme pour qui «tout homme riche est, ou injuste dans sa personne, ou héritier de l'injustice et de l'iniquité d'autrui»; entendez-le décréter que, «quoi qu'il en soit, chrétiens, c'est un oracle prononcé par le Saint-Esprit, et vérifié par l'expérience de tous les siècles, que quiconque veut devenir riche tombe dans les pièges du démon, et s'engage en mille désirs non seulement vains, mais pernicieux, qui le précipitent enfin dans l'abîme de la perdition et de la damnation éternelle».Le riche de bonne foi?Bourdaloue refuse cette distinction oiseuse: «Malheur, parce que vouloir toujours s'étendre et ne nuire à personne, ce sont communément dans la pratique deux volontés contradictoires.» L'expression «mauvais riche» est pléonastique, écrivait Léon Bloy.S'ils revenaient aujourd'hui, ces prophètes que nous présente Sébastien Lapaque se feraient assurément traiter d'idéologues frustrés et séditieux.Leur parole de feu, pourtant, n'en appelle à rien d'autre qu'à l'instauration d'un monde commun à tous.Elle n'a pas vieilli.LOUIS CORNELLIER louiscornellier@parroinfo.net Dessin de Caran d'Ache pour la Revue Illustrée e scandale de la richesse, dans un monde peuplé de gens de peu, n'offusque plus, semble-t-il, les consciences.Le journaliste Jean-Claude Guillebaud, un des rares véritables moralistes de notre temps, diagnostiquait, en 1995, le nouveau règne de ce climat moral délétère qui tranche avec une certaine tradition occidentale: «Si l'argent tenait le pouvoir, au moins devait-il assumer l'illégitimité morale de son statut.Il eût semblé paradoxal -même à droite- qu'un artiste fît innocemment l'éloge du puissant ou, pire encore, du parvenu.Si l'argent avait la puissance, au moins n'avait-il pas (pas encore) la gloire.C'est avec cette régulation symbolique que l'on a rompu.Nous voilà dans une configuration nouvelle: non seulement l'argent gouverne mais il règne ! » «Mais qui fera peur aux riches, maintenant?», se demandait un ami du poète Claude Roy au lendemain de la chute du Mur de Berlin.Qui, en effet, pourrait leur faire peur, quand on constate que l'époque en est même rendue à se demander pourquoi même faudrait-il les dénoncer?««Il n'y a pas de honte à gagner de l'argent», répète la Grande Machine.Une richesse sans partage, sans devoir pour les opulents, sans enfer pour les mauvais riches, ordonne désormais toute valeur», écrit Sébastien Lapaque, en préface à cette anthologie qui vise justement à redire l'immoralité de cette richesse com-plaisamment assumée que chante même Denise Bombardier quand l'occasion se présente.Les textes réunis dans Malheur aux riches ! ne feront peut-être pas trembler les possédants, mais ils rappelleront au moins à tous, Malheur aux riches ! Anthologie présentée par Sébastien Lapaque, Librio, Paris, 2002 À Montréal, depuis trois ans, une bibliothèque ambulante, le Biblio-vélo, prête des livres à ceux qui, plus souvent qu'autrement, n'ont que la rue comme domicile.Cette très heureuse initiative renoue avec les bibliothèques ambulantes du XIXe siècle québécois, celle du journaliste révolutionnaire Aristide Filiatreault, notamment.(Photo: Méliza Ahs) Mario Dumont, le rebelle ! Tenez-vous bien : en novembre verra le jour une biographie de Mario Dumont intitulée Le RebeM C'est signé Julien Béliveau.Du dernier livre de Béliveau, un «gestionnaire et entrepreneur», on disait qu'il révélait «un auteur aussi hilarant que talentueux» (La Tribune, 11-5-02).Il faut sûrement avoir beaucoup de talent pour faire passer Mario Dumont pour un rebelle.Et surtout ne pas craindre l'hilarité.«A* Bordel russo~tchétchène Prix Albert Londres 2000, Chienne de guerre contient le témoignage de la jeune journaliste et politologue française Anne Nivat qui a couvert le conflit russo-tchétchène de septembre 1999 à février 2000.Rédigé sous la forme d'un long reportage très subjectif, cet ouvrage cherche moins à identifier les coupables de ce bordel qu'à décrire le désespoir d'une population écrasée sous le poids d'un affrontement confus.On ne débarque pas en Tchétchénie en prétendant tout comprendre et être en mesure de faire la part des choses facilement.Le conflit actuel a des racines anciennes qui remontent au milieu du XIXe siècle et met aux prises au moins trois groupes de belligérants (les indépendantistes tchétchènes, leurs «alliés» fondamentalistes religieux musulmans dits Wahhabites et les Russes fédéraux) dont les intentions demeurent souvent obscures.Anne Nivat le sait, et c'est la raison pour laquelle, malgré ses sympathies tchétchènes, elle fait preuve de prudence dans ses analyses.Ses réserves, toutefois, ne l'empêchent pas de constater que les principales victimes de ce second affrontement russo-tchétchène (le premier a eu lieu entre 1994 et 1996) sont les civils de la république indépendantiste et que « c'est à eux qu'il faut penser, et aux humiliations et violences innommables que sur place, ils subissent encore» dans la recherche d'une solution au conflit.Sur le terrain, au cœur de l'action (à quelques reprises, elle se retrouve elle-même, en compagnie de ses hôtes, sous le feu de l'aviation russe qui pilonne à l'aveugle des villages tchétchènes), Nivat échange avec les milliers de civils réfugiés dans la République voisine d'Ingouchie et avec des combattants de la base.Solidaires de leur peuple en lutte, plusieurs de ceux-là expriment néanmoins leur écoeurement devant un conflit qui s'enlise et dont les repères se perdent peu à peu.Les Tchétchènes sont unanimes à dénoncer l'impérialisme russe, mais ils s'opposent aussi, pour la plupart, aux Wahhabites auxquels ils attribuent le déclenchement du second conflit et dont les Russes se servent pour justifier leur répression sauvage sous le prétexte d'une « opération antiterroriste ».Pour ajouter à l'imbroglio, plusieurs civils tchétchènes contestent la légitimité de leurs chefs politiques et militaires et les soupçonnent de tirer personnellement profit de la situation.Pendant ce temps, ils assistent à la destruction de leurs villes et villages, à la disparition et à la mort de leurs proches et au déni de leur dignité.À travers ces témoignages crédibles et ceux, plus carrés, des leaders indépendantistes qu'elle est parvenue à rencontrer (surtout Bassaïev, chef de guerre, et Maskhadov, actuel président de la Tchétchénie), Anne Nivat cherche surtout à faire ressortir l'humanité blessée des victimes qui crient leur détresse aux oreilles indifférentes de la population russe et de la communauté internationale.Il y a des êtres humains en Tchétchénie qui souhaitent la paix des braves.Qui leur viendra en aide?LOUIS CORNELLIER Anne Nivat, Chienne de guerre Le livre de poche, Paris 2001 Dieu en Palestine ?Le livre de Charles Enderlin, Le Rêve brisé, qui retrace le processus de l'échec de paix au Proche-Orient de 1995 à 2002, est un document historique de premier ordre.Pas un poil de parti pris, pour aucun des deux camps, dans ce livre.Juste les faits.Et tant pis si les faits servent la cause palestinienne.Pour rester dans la même région, et dans un genre à peine différent, La Bible dévoilée, d'iraël Einlkelstein et Neil Asher Silberman, archéologues, explique que la Bile est une compilation d'histoires et de légendes écrites au Vile siècle avant Jésus Christ pour servir les ambitions d'un roitelet local, losias.il y a plein d'autres choses que l'archéologie nous apprend sur la Bible dans ce livre.Passionnant, comme dirait le critique littéraire.CHARB {Charlie Hebdo, n° 529) Charles Enderlin, Le Rêve brisé, Paris, Fayard, 2002 Iraël Einlkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, Paris, Bayard, 2002 Bulles explosives Si un auteur se plaît à faire chavirer les repères et à entrelacer des textes aussi luxuriants de surprises c'est bien loann Sfar.Le prolixe auteur se surpasse dans La Bar-Mitsva où un chat, épris de la fille du rabin, tentera ledit passage initiatique.L'animal s'approprie l'enseignement au point de bousculer les représentations traditionnelles et, c'est là que réside un formidable souffle rebelle.L'écriture cursive, le soliloque erratique du félin tout autant qu'un dessin électrisant et passionnément erotique fébrilement couché sur papier concourent à une lecture jubilatoire.«Héraclès» s'avère du même tonneau en présentant comme protagonistes un barbare humain et un chien.philosophe ! VALENTIN TARDI Sfar, Le Chat du Rabin 1.La Bar-Mitsva, Coll.Poisson Pilote, Dargaud Sfar/Blain, Socrate le demi-chien 1.Héraclès, Coll.Poisson Pilote, Dargaud Lê Couac, septembre 2002, page 8 Corruption Bush et la filiale d'Enron «Washington.DC.Le Parti républicain a annoncé qu'il changeait d'emblème, remplaçant le traditionnel éléphant par le préservatif pour mieux symboliser sa véritable nature politique.En effet, le préservatif décourage la coopération, arrête la production, protège les cons et confère un sentiment de sécurité pendant que l'on baise les autres.» La blague est meilleure en anglais, où ce sont les « pricks » qui sont protégés à la fois «queue» et «types méprisables».En tête de ces « pricks » se trouve, comme il se doit, le président.George W.a fait fortune autrefois en vendant, par un pur hasard, au meilleur moment ses actions dans une compagnie pétro- _ lière qui s'est avérée par la suite être une écorce vide.C'est ramené à la lumière aujourd'hui.To u t le monde s'en fout.Son P-DG, Kenneth Lay, a personnellement versé plus de 300 000 dollars à la campagne présidentielle de son ami «W».Il pouvait se le permettre, puisqu'il a empoché quelques mois après 123 millions de dollars en stock-options d'Enron.D'ailleurs, les vingt-neuf cadres les plus importants d'Enron ont ensemble liquidé pour un milliard de dollars en stock-options, alors qu'avec la faillite les employés ont perdu à la fois leur job et leur pension.Bush se servait de l'avion privé d'Enron pour faire campagne.Lay a interviewé les candidats pour diriger le Département de l'Énergie — agence fédérale régulatrice d'Enron, qui avait constitué quelque 900 socié- Bush junior a fait transférer les dossiers officiels de son terme de gouverneur du Texas à la bibliothèque présidentielle de Bush père, où les documents ne seront accessibles qu'au bout de longues années.Serait-ce pour que journalistes et chercheurs ne puissent examiner les traces de ses rapports intimes avec Enron?C'est sûrement une coïncidence qu'entre 1999 et 2000, quand « W » a accaparé la présidence, les revenus du géant de l'énergie ont augmenté de plus de 150 %, de 40 milliards de dollars à 100 milliards de dollars, assez pour devenir la huitième boîte des États-Unis et la seizième du monde.U y en aurait pour des pages et des pages si on voulait décrire toutes les accointances politico-financiéro-criminalo-économiques entre Enron et la famille régnante américaine.tés écrans dans les paradis fiscaux.C'est encore Lay qui a sélectionné le directeur de la Securities and Exchange Commission.Au moins cinq membres du cabinet de Bush avaient, avant d'être nommés, des liens directs avec Enron.Malgré des profits record, Enron a payé zéro impôt fédéral dans quatre de ces cinq dernières années, et, pour la petite histoire, c'est aussi un ancien lobbyiste d'Enron qui préside aujourd'hui le Parti républicain.Il y en aurait encore pour des pages et des pages si on voulait décrire toutes les accointances politico-financiéro-criminalo-économiques entre Enron et la famille régnante américaine.Ces petits renseignements, je ne les ai pas obtenus en fracturant des coffres-forts ou en cultivant des camarades au sein de la CIA, mais en parcourant les informations dans le domaine public.Depuis le 2 décembre 2001, jour où Enron a déclaré officiellement banqueroute, les pages financières des journaux américains se confondent avec la chronique du crime.La litanie de scandales et de faillites frauduleuses de compagnies de plus en plus grandes semble sans fin.La complicité des commissaires aux comptes, comme Andersen, ou des investisseurs institutionnels, comme Merrill-Lynch, est documentée.Cette gigantesque escroquerie collective dépasse tout ce que ce pauvre XIXe siècle, pourtant riche en «barons voleurs», pouvait inventer.Les Bourses du monde, à la suite de l'américaine, plongent comme jamais, et les pauvres gogos qui croyaient prendre leur retraite grâce à leurs « investissements» vont devoir travailler jusqu'à ce qu'ils crèvent.Dans un pays sérieux, la classe politique aurait été ébranlée, châtiée, voire _ chassée.Dans la république ba-nanière que sont devenus les États-Unis, où tous les membres du Congrès sont achetés à des degrés divers à travers le système de financement des campagnes, il ne se passe rien.Le P-DG de la Bourse de New York dit que, malgré ces petits accrocs, le modèle capitaliste américain est « le meilleur système que le monde ait jamais vu».Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale, prétend que la régulation n'est pas utile car le salut viendra du marché lui-même: «La gouvernance des compagnies s'est déjà améliorée à cause d'une plus grande discipline imposée par le marché à la suite d'événements récents.» Merci, Alan, on avait eu chaud.SUSAN GEORGE journal mortriai M0RTIAL, TOUS LES JOURS QUE L'ARGENT AMÈNE I 50 AFfftffiES LE N°£ DES QUOTIDIENS FRANÇAIS CREUX D'AMÉRIQUE Le valet de Sun Media Pierre Francœur, patron du journal de Montréal et de l'Empire Sun Media, parle à livre ouvert de sa conception des journaux et du journalisme préparés à la sauce Québécor (AMPQ Magazine, juillet-août 2002).Lui-même journaliste formé à la brillante école de La Tribune de Sherbrooke, Pierre Francœur a appris par la suite sa chanson de patron en fabriquant des tabloïds, «c'est-à-dire comment faire un journal intéressant pour les lecteurs».D'ailleurs, ces journaux qui-sont-intéressants-pour-les-lecteurs offrent «plein d'opportunités pour les gens spécialisés dans les contenus » et I- permettent en même temps de faire tourner à plein régime les machines à imprimer du vide.Et à quoi servent encore ces journaux intéressants, plein d'oppurtunités, plein de contenus bien creux?À permettre à des Pierre Francœur de faire ce qu'ils aiment le mieux: «gérer la croissance».Et c'est bien ce qui compte, en définitive : « Dans mon métier, c'est la croissance du lectorat, la croissance des profits, la croissance de l'efficacité des opérations.» Francœur oublie sans doute de parler de la croissance de la bêtise déguisée en journalisme, pourtant une spécialité de la maison depuis sa fondation.Scandale financier au Couac a Maison Blanche a enfin émis un communiqué se Lvoulant rassurant pour tenter de stabiliser les marchés financiers suite au scandale financier qui vient d'éclater au sujet du journal Le Couac, premier producteur québécois de polémique et de satire politiques.Des enquêteurs financiers viennent en effet de révéler que ce mensuel avait produit une série de mauvaises blagues au sujet de la valeur de ses actions, ce qui avait entraîné une surévaluation de celles-ci.La surprise est d'autant plus grande pour les actionnaires que Le Couac occupait une position enviable sur les marchés internationaux, ayant scellé des ententes par l'entremise de sa branche CouacWorld avec les journaux français Le Rire et Charlie Hebdo, de même qu'avec Le journal du jeudi du Burkina Faso.Un prix Nobel d'économie a déclaré, sous couvert de l'anonymat, que «l'erreur du Couac fut de faire preuve d'anti-capitalisme primaire et gauchiste tout en offrant un produit sur le libre marché.Soumis à de telles contradictions internes, il était inévitable que les actions du Couac s'effondrent.» Les membres des services de lutte contre le crime économique de la GRC, de la SQ et de la police de Montréal ont voulu perquisitionner les locaux du Couac avant de découvrir, médusés, que ce journal n'avait pas vraiment de local.Flairant la magouille, les enquêteurs se sont alors rendus au domicile de Jean-François Nadeau, rédacteur en chef du journal, pour découvrir que ce dernier était en fuite, réfugié dans la zone franche de Mirabel, une autre mauvaise blague.Les enquêteurs ont voulu saisir la liste des salariés du Couac, mais n'en ont pas trouvé puisque les collaborateurs sont tous bénévoles.Bruno Dubuc, porte-parole de ces derniers, a d'ailleurs déclaré que c'était une « tragédie» pour les milliers de bénévoles du Couac qui se retrouvaient à la rue, sans bénévolat.Du côté des autres médias, tout a été mis en œuvre pour donner l'impression que tout allait pour le mieux.À la radio, CKOI FM continue à diffuser de la musique insignifiante, la télévision de Radio-Canada a repris la télédiffusion de La Fureur avec Véronique Cloutier et on s'attend à ce que La Presse ne mentionne pas l'affaire, préférant faire sa «une»sur le thème des couleurs chatoyantes de l'été des Indiens.La Gazette, le Globe and Mail et le National Post devraient d'ailleurs emboîter le pas.Quant aux banques, elles ont accepté de prendre des mesures courageuses pour juguler le désastre et aider l'administration intérimaire du journal à redresser la barre: elles ont consenti un nouveau prêt sans intérêt de plusieurs milliards de dollars et le représentant du journal n'aura pas à débourser 1,25$ lorsqu'il les déposera dans son compte par guichet automatique.Le marché a bien réagi à cette décision.On s'attend, enfin, à ce que la prochaine attaque contre l'Irak fasse oublier aux investisseurs ce triste événement et relance l'économie de la polémique et de la satire politiques.Aux lecteurs, Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale, a tout simplement recommandé de s'abonner au plus vite pour que la distribution assurée par Québécor cesse de s'en mettre plein les poches sur le dos d'une équipé bénévole.MOHAMED SMITH-GAGNON (envoyé spécial à Wall Street) The King must die (Le King mort est un must) Depuis le «centre de l'information à Montréal », Radio-Canada a dépêché un « envoyé spécial » pour « couvrir» le 25e anniversaire de la mort d'Elvis Presley, le King.De son côté, le journal La Presse, «plus grand quotidien français d'Amérique», a fait de même.De nos jours, on ne recule vraiment devant rien pour assurer au public une information de qualité.On a donc pu tout savoir, des imitateurs d'Elvis, des disques d'Elvis et des mêmes qui dépensent leur fric à Memphis pour acheter des « souvenirs » de pacotilles et voir les pantoufles roses de la star, a Mais voilà, on a oublié un fait grave: en si bon chemin, on aurait aussi dû nous dire dans quel état se trouve aujourd'hui le cadavre de Johnny Farago, cet extraordinaire imitateur d'Elvis bien de chez nous.Où va l'information?Suspense Après le juge et les jurés, Maurice Boucher déclarera-t-il qu'il veut se retirer du procès ?Mieux Suite au verdict d'acquittement du policier Giovanni Stante, Jean-Pierre Lizotte va mieux: il s'est retourné dans sa tombe.Mode d'emploi Les Canadiens ne lisent pas les modes d'emploi de leurs médicaments.(La Presse 22-6) Ils ne lisent pas non plus ni l'histoire de leur pays, ni le programme électoral du parti qu'ils élisent.Et ça, c'est drôlement plus dangeureux à long terme pour leur santé.De Tolérance 0 à Ground 0 Pour payer son divorce et se faire un peu d'argent de poche maintenant qu'il n'est plus maire de New-York, Rudolph Giuliani fait son show.Pour la modique somme de 100 000 $US, le roi de la Tolérance Zéro est venu tenir une «conférence» à la Place des Arts de Montréal le 6 août dernier.Devant des spectateurs qui ont acheté leur place entre 100 et 350$ (voire beaucoup plus), Giuliani a fait la promotion de son prochain livre: «Leadership», qui sortira le 1er octobre prochain.Vite, il ne va pas y en avoir pour tout le monde ! (AS.) LEADERSHIP^ RUDOLPH W.GIULIANI S
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